Mémoires et compte-rendu des travaux de la société des ingénieurs civils
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- La Société n’est pas solidaire des opinions émises par ses Membres dans les discussions, ni responsable des Notes ou Mémoires publiés dans le Bulletin.
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- MÉMOIRES
- ET
- COMPTE RENDU DES TRAVAUX
- DE LA
- SOCIÉTÉ
- DES
- INGÉNIEURS CIVILS
- FONDÉE LE 4 MARS 1848
- RECONNUE D’UTILITÉ PUBLIQUE PAR DÉCRET DU 22 DÉCEMBRE 1860
- ANIVÉE 1885
- DEUXIÈME VOLUME
- PARIS
- SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ
- 10, CITÉ ROUGEMONT, 10
- 1885
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- MÉMOIRES
- ET
- COMPTE RENDU DES TRAVAUX
- DE LA
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS
- JUILLET 1885
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- Sommaire des séances du mois de juillet :
- 1° Observations de M. Quéruel au sujet de la communication de M. de Bruignac sur les hélices propulsives, réponse de M. de Bruignac et remarque de M. de Comberousse (séance du 3 juillet, page 8) ;
- 2° Décès de M. Henri Tresca (séance du 3 juillet, page 9) ;
- 3° Lettre deM. Fabry, président de l’Union des Ingénieurs sortis des écoles spéciales de Louvain et extrait d'une lettre de M. de Matthys, président de l’Association des Ingénieurs sortis des écoles spéciales de Gand, au sujet du décès de M. Tresca (séance du 3 juillet, pages 9 et 10);
- 4° Décès de M. Husquin de Rhéville fils, attaché au secrétariat de la Société (séance du 3 juillet, page 10);
- 5° Lettre de M. Bômches (séance du 3 juillet, page 10) ;
- 6° Lettre de M. Francisque Reymond (séance du 3 juillet, page 11);
- 7° Communication de M. Abel Pifre sur son Nouveau système de Moteurs domestiques (séance du 3 juillet, pages 12 à 16) ;
- 8° Observations de MM. Contamin et Edmond Roy sur cette communication (séance du 3 juillet, pages 16 et 17.)
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- 9° Note de M. Touchet sur le Rouleau compresseur électrique, de M. E. GeHerat, lue par M. Giraud (séance du 3 juillet, pages 17 à 22);
- 10° Compte rendu par M. Quéruel des essais faits en mars dernier sur une machine à vapeur de son système, construite par M. A. Cres-pin (séance du 3 juillet, pages 23 et 24) ;
- 11° Observation de M. Douane sur ce compte rendu (séance du 3 juillet, pages 24 et 23) ;
- 42° Lettre de M. J. Morandiere au sujet de l’exposition d’Anvers (séance du 17 juillet, page 26) ;
- 13° Hommage à la Société, par M. Fleury, delà part de M. des Tour-nelles, du Catalogue détaillé de la section des travaux publics à l’Exposition coloniale française, à Anvers (séance du 17 juillet, pages 26 et 27) ;
- 14° Lettre de M. G. Cadolini, président du Collège des Ingénieurs et Architectes de Rome, au sujet du décès de M. Tresca (séance du 17 juillet, page 27);
- 13° Cinquantenaire de V établissement du chemin de fer de Saint-Germain et du réseau français, paroles de M. de Comberousse (séance du 17 juillet, pages 27 à 29) ;
- 16° U entraînement et le transport par les eaux courantes des vases, sables et graviers; communication de M. Yauthier, au congrès de Blois de l’Association française pour l’avancement des sciences; analyse par M., Auguste Moreau (séance du 17 juillet, pages 29 à 35) ;
- 17° Communication de M. A. Potel sur les intérêts français au point de vue industriel et commercial, dans les pays de la Plata (séance du 17 juillet, pages 36 à 52) ;
- 18° Observation de M. Seyrig sur cette communication (séance du 17 juillet, page 52) ;
- j 19° Notes sur l’Exposition d’Anvers, par M. J. Morandiere (Annexe au procès verbal de la séance du 17 juillet, pages 54 à 61).
- Pendant le mois de juillet, la Société a reçu :
- 1° De M. Corthell, membre de la Société, un exemplaire d’une brochure intitulée : Tehuantepec Ship Railway; !
- 2° De la Société française de Physique, un exemplaire du tome II de la Collection de Mémoires relatifs à la Physique;- u.;
- 3° De M. Girard, membre de la Société, un exemplaire du 2e rapport relatif aux Travaux du Laboratoire municipal de Chimie de la ville de Paris sur les falsifications des denrées alimentaires;
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- 4° De M. Piarron de Mondésir, membre de la Société, des observations techniques à propos du mémoire de M. Boudenoot sur la distribution de la force motrice à domicile, au moyen de l’air raréfié;
- 5° De M. A. Mallet, membre delà Société, un exemplaire du rapport de M. H. Tresca à la Société d’Encouragement, sur le système de locomotive Compound de M. A. Mallet;
- 6° De M. L. Poillon, membre de la Société, un exemplaire du tome Ier de son Traité théorique et pratique des pompes et machines à élever les eaux (Texte et Atlas) ;
- 7° De M. Dubuisson, membre de la Société, deux mémoires faisant suite aux deux premiers et intitulés : Essais sur Vamélioration des tra-vaux publics, conciliation entre le travail et le capital, et réorganisation du corps des ponts et chaussées;
- 8° De M. Gillot, membre de la Société, un mémoire intitulé : De la nature et de la cause de la chaleur et de la lumière et de quelques-unes des lois qui les régissent;
- 9° De M. Goupil, membre de la Société, une Étude sur l'hélice aérienne;
- 10° DeM. Carimantrand, membre de la Société : 1° Navigation intérieure, louage et transports de la Seine, 1873, 1 volume; 2° Suppression des droits de pilotage de la Seine, 1878, 1 volume; 3° Enquête relativeau traité de commerce avec VAngleterre, 1861 et 1862, savoir : 8 volumes; 4° Exposé de la situation de l'Empire de 1861 à 1869, 10 volumes; 5° Code des Ponts et Chaussées, 1836, 1 volume; 6° Notice sur un projet de canal de jonction des voies navigables de Paris, par M. Veaux, 1861, 1 volume.
- Les membres nouvellement admis sont :
- MM. Boveyscha présenté par MM. Gottschalk, Lavàlley et Moîinos.
- Dareste de la Chavanne présenté par MM. Carpentier, Chevalier et Pettit.
- Ennes présenté par MM, Cauvet, Hegelbacher et Tresca.
- MM. Heilmann — Guyenel, Robin et Rouget, . •
- Louisse : 11 - Denis, Dornès, Molinos. - to i
- Maximôvitch — Gottschalk, Lavalley et Molino's.,
- Thomas j‘— , " ' .Hamoir, Joubert et de Schryver.
- Türpin — ° ' Dufrené, Gérard et Vée. 5
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- RÉSUMÉ
- DES
- PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES
- Dû MOIS DE JUILLET 1885
- Séance du 3 Juillet 1885.
- Présidence de M. de Comberousse.
- La séance est ouverte à huit heures et demie.
- M. le Président demande s’il n’y a pas d’observations sur le procès-verbal de la dernière séance.
- M. Duroy de Bruignac indique une rectification à faire à la première formule de la page 300, où il faut remplacer tg5 a par tgïa.
- M. Quéruel dit que, lors de la communication deM. de Bruignac sur les hélices, il n’avait pas en main quelques documents pouvant offrir de l’intérêt dans cette occasion. Il les a extraits de l'ouvrage de M. l’amiral Pâris, et serait bien aise de les voir figurer au procès-verbal de la séance de ce jour. Ces documents montrent combien l’utilisation de l’hélice croît en raison de la réduction de la surface des ailes. Le maximum indiqué sur le tableau dont M. Quéruel demande l’insertion, est en faveur des ailes étroites, dont la projection ne dépasse pas 0,281 de l’unité de surface du cercle. •
- M. Duroy de Bruignac fait des réserves au sujet des résultats auxquels M. Quéruel se rapporte, tant au point de vue du mode d’évaluation qu’à celui delà construction des hélices. Si l’on mentionne, au procès-verbal, des résultats d’expériences empruntés à l’ouvrage de M. l’amiral Paris, il faudrait aussi noter que ces expériences ont été étudiées et appréciées d’une manière différente dans le travail de M. de Bruignac.
- M. le Président croit qu’il faut prendre une mesure de principe, et décider que ce qui a été dit en séance peut bien être complété, mais que ce qui n’a pas été dit ne doit pas figurer au procès-verbal.
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- Dans l’espèce, il suffira de mentionner au procès-verbal de celte séance l’observation faite par M. Quéruel, qui montre qu’on pourra utilement consulter l’ouvrage de M. l’amiral Paris, devant la compétence duquel il faut s’incliner, et d’enregistrer les réserves de M. de Bruignac.
- M. Quéruel n’insiste pas sur la question.
- Le procès-verbal de la séance du 19 juin, rectifié d’après l’indication de M. de Bruignac, est adopté.
- M. le Président se fait l’interprète des sentiments douloureux éprouvés par la Société tout entière par suite de la mort de son éminent Président honoraire, M. H. Tresca. C’est un malheur qui a vivement frappé chacun de ses membres. Aussi le Comité a-t-il pensé qu’il convenait de porter le plus tôt possible à la connaissance de tous, les discours prononcés sur la tombe de M. Tresca; ces discours, au nombre de sept, seront, en conséquence, annexés au procès-verbal de la séance de ce jour, afin que tous les membres de la Société soient informés sans retard des témoignages de sympathie et de regret, donnés à leur éminent Président honoraire.
- Cette grande perte a été ressentie à l’étranger comme en France, ainsi que le prouvent les lettres suivantes, venues de Belgique, et dont M. le Président croit devoir donner connaissance à la Société.
- M. le Président de T Union des Ingénieurs sortis des Écoles spéciales de Louvain noïïsécriten ces termes :
- 'X monsieur le Président et à Messieurs les membres de la Société des Ingénieurs civils de France.
- « Messieurs,
- « Bruxelles, le 26 juin 1885.
- « Nous venons d’apprendre, avec un douloureux étonnement, la mort de M. Henri Tresca, président honoraire de la Société des Ingénieurs civils.
- « Au nom de l’Union des ingénieurs sortis des Écoles spéciales de Louvain, nous vous adressons, messieurs, nos condoléances les plus vives et les plus sincères.
- « Monsieur Tresca avait, par ses remarquables travaux, conquis une place éminente dans le monde scientifique; ses brillantes qualités intellectuelles l’avaient fait hautement apprécier par les savants, mais c’étaient surtout les qualités de son cœur qui lui avaient attiré les sympathies universelles et des affections impérissables.
- « Pour nous, messieurs, nous n’oublierons jamais l’intérêt que votre regretlé Président voulait bien porter et témoigner à l’Union des ingénieurs de Louvain, et nous garderons à la mémoire de l’illustre défunt un souvenir pieux et reconnaissant.
- « Veuillez agréer, messieurs, l’assurance de notre respectueuse considération.
- « Le Secrétaire, Le Président, 1
- « Bon Albert de Fjerbaut. H. Fabry. »
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- De son côté, M. de Matlhys, président de Y Association des ingénieurs sortis des Écoles s»ÿ^Trfe„^!n37accûsant réceptfdiî lie"Ta lettre que votre président lai avait écrite à propos de l’aimable accueil qui nous attend en Belgique, s’exprime ainsi sur la mort de M. Tresca :
- « Gand, le 27 juin 1885.
- 'a A monsieur le Président de la Société des Ingénieurs civils.
- « Monsieur le Président.
- Nous avons appris avec une vive douleur la mort de M. Tresca, votre président honoraire et membre honoraire de notre Association.
- « Ce décès est une perte irréparable pour nos deux Sociétés et laissera un vide profond dans le monde savant* où l’éminent M. Tresca occupait une place des plus distinguées.
- « Veuillez agréer, etc.
- « Le Secrétaire, Le Président,
- « E. Prayon. H. de Matthys. »
- Ces témoignages de sympathie seront insérés au procès-verbal.
- M. le Président annonce à la Société, le décès de M. Giraudeau et celui de M. Husquin de Rhéville fils, attaché au secrétariat.
- Il dit que la Société prend la plus grande part au malheur qui vient de frapper son secrétaire-archiviste, et que les membres qui ont pu apprécier le caractère sympathique de M. Husquin de Rhéville fils, ont été très péniblement impressionnés par sa mort si prématurée.
- La Société n’oubliera pas les services dévoués que M. Husquin de Rhéville lui rend depuis sa fondation, c’est-à-dire depuis 37 ans, et elle fera tout ce qu’elle pourra pour adoucir sa douleur. (Approbation unanime.)
- M. le Président donne lecture de la lettre suivante de M. Bômches.
- « Trieste, le 20 juin 1885.
- « A monsieur le Président de là Société des Ingénieurs civils.
- « Monsieur le Président,
- i.
- « Je vous demande la permission de vous adresser ci-joint la note promise sur la communication sur le nouveau porLdeJEdfiSte, que j’ai eu l’honneur de faire à la Société des Ingénieurs civils de France dans la séance du 8 mai passé, . f j f!,
- « Je saisis avec empressement, l’occasion, d’une part, pour remercier l’honorable Président de la réception^gracieuse dont j’ai été l’objet pendant mon séjour à Paris, et, d’autre part, pour exprimer à la Société tout entière ma vive reconnaissance poür l’intérêt bienveillant prêté à ma communication. J’en suis d’autant plus flatté, que l’intérêt prouvé a été
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- dicté non seulement par les sentiments d’une politesse internationale, mais aussi par le zèle traditionnel avec lequel les Ingénieurs français poursuivent toutes les œuvres techniques, n’importe où elles sont exécutées, dans leur pays ou à l’étranger.
- « Veuillez agréer, etc.
- « Signé : Bomches. »
- M. le Président ajoute que M. Bomches vient d’être nommé chevalier de l’ordre de François-Joseph. C’est la deuxième distinction que lui valent les travaux du port de Trieste; M. Bomches avait obtenu, en 1875, la grande médaille d’or pour les arts et les sciences.
- M. le Président rappelle que la Société a bien voulu applaudir à l’initiative prise par notre collègue M. F. Reymond, à la Chambre, lors de la discussion de la loi sur le recrutement. M. Reymond nous écrit h ce sujet la lettre suivante :
- « Paris, le 3 juillet 1885.
- « Mon cher Président,
- « Si, comme je le crains, je suis encore empêché de me rendre demain au Comité et à la séance, veuillez, tout en m’excusant, dire à nos collègues combien j’ai été touché de la bienveillante appréciation que vous avez faite de mes paroles à la Chambre, et de la façon dont cette appréciation d’un ami avait été accueillie par la Société.
- « Votre bien dévoué,
- , « F. Reymond. »
- MBaSHOS:
- M. le Président signale parmi les ouvrages reçus :
- Une brochure de M. Gorthell, membre de la Société, intitulée Tehuan-tepec ship railivay.
- Un très beau volume de la société française de Physique. La société publie, en ce moment, tous les travaux des créateurs de la physique moderne. Le premier volume comprend les travaux de Coulomb. Le second, celui que nous venons de recevoir, contient des mémoires très intéressants et très importants relatifs aux travaux d’OErsted, d’Ampère, d’Arago, etc., les maîtres de l’électricité.
- Enfin, de M. Girard, membre delà Société, un exemplaire du deuxième rapport relatif aux travaux du Laboratoire . mmicipüLde«.K<Mhùme.,Âa^la ville de Paris On sait que ces
- rapports sont extrêmement remarquables et importants, et certainement ils seront consultés à la bibliothèque par tous ceux qui ont besoin de se défendre contre la falsification.
- L’ordre du jour appelle la communication de M. Abel Pifre sur un nou-veau système (le sien, car il lui appartient), de moteurs domestiques. M. Abel Pifre a la parole. • ; -
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- M. Abel Pifre commence sa communication en rappelant à la Société le problème dont il l’avait entretenue en 1880, et relatif à l’utilisation de la chaleur solaire. Après avoir montré en quelques mots à quelles recherches ce problème l’aconduit pour l’utilisation parfaite de la vapeur obtenue par les réflecteurs, il ajoute que les résultats acquis de ce côté l’ont mis sur la voie d’une autre question également pleine d’intérêt. Cette question est celle du perfectionnement de l’outillage de la petite industrie en France. M. Abel Pifre estime que, si le développement de la machine à vapeur porté à sa plus haute puissance et à son plus haut degré de perfection a été la cause majeure de la révolution industrielle qui s’est étendue h tous les pays civilisés, la même machine à vapeur, appropriée aux besoins de la petite industrie, comme elle l’a été aux besoins des grandes entreprises, doit opérer une contre-révolution salutaire au moment où la plupart des grands ateliers sont en souffrance.
- A son avis, il doit se produire dans le domaine industriel, représenté actuellement par les grandes usines et les centres de production intensive, la réaction féconde qui s’est produite dans la propriété territoriale en France lors de son morcellement, il y a bientôt un siècle.
- Imbu de cette opinion, que l’avenir appartient à la petite industrie bien outillée et bien comprise dans un pays qui brille par son esprit individuel et démocratique, M. Abel Pifre, fort aussi de l’expérience acquise par ses recherches sur l’utilisation pratique et abordable à tous de la vapeur produite par la chaleur solaire, s’est appliqué à créer un petit moteur simple, économique, peu encombrant, et pouvant être conduit par tout le monde, aussi bien dans les villes que dans les campagnes. Il ne prétend pas avoir créé de toutes pièces et d’un seul coup un moteur répondant absolument à son idéal, mais les résultats pratiques et satisfaisants qu’il a obtenus lui permettent de penser qu’il a fait entrer la machine à vapeur dans une voie nouvelle et féconde, et c’est à ce titre qu’il présente son nouveau moteur à la Société.
- Ce moteur, il l’a baptisé d’un nom qui rappelle le but de sa création. Il l’a nommé « automoteur » pour indiquer que l’artisan, le petit industrie], le cultivateur, ont en lui un moteur pouvant fonctionner pour ainsi dire de lui-même pendant un temps suffisamment long, sans que sa surveillance soit jamais une sujétion ou une source de dépenses hors de proportion avec le travail qu’il produit et avec les ressources de celui qui l’emploie.
- M. Abel Pifre a demandé celte solution à la vapeur d’eau, comme étant l’agent de transformation de chaleur en travail le plus simple, le mieux connu, le plus facilement à la portée de tous et en tous lieux applicable. Mais, tout en s’adressant à la vapeur d’eau comme agent, il a visé la simplicité de mise en action et la facilité de conduite des moteurs à gaz, la vapeur d’eau n’intervenant que par ses qualités spéciales qui sont l’économie, la souplesse d’action, la simplicité et le petit nombre des organes mécaniques. Pour remplir ce double but, il ne s’agissait pas de
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- faire un diminutif de la machine à vapeur actuelle. En effet, ce qui rend inapplicable la machine à vapeur ordinaire à la petite industrie, c’est la surveillance qu’elle exige et qui est la même, quelle que soit la force utilisée.
- Or, si l’industriel qui emploie une machine de 2b chevaux peut regarder comme insignifiante la dépense d’un chauffeur mécanicien spécial, il n’en est pas de même pour celui qui n’a besoin que d’une force de 1, 2, 3 ou 4 chevaux.
- M. Abel Pifre passe alors à la description détaillée de son automoteur, qui comprend trois parties principales :
- 1° Le générateur ;
- 2° Le moteur proprement dit;
- 3" Le condenseur.
- Le générateur est vertical. Il est surmonté d’un couvercle comme les poêles-calorifères ordinaires, et c’est par ce couvercle que se fait le chargement du combustible, au lieu d’avoir lieu par une porte latérale, à la manière ordinaire. Le combustible versé par le couvercle s’accumule dans une sorte de trémie intérieure qui descend à une certaine distance au-dessus de la grille placée tout au bas, sur un cendrier muni d’une porte d’air. On peut donc ainsi accumuler dans cette trémie du combustible pour une durée de plusieurs heures, suivant les cas, et la combustion n’a lieu qu’au bas de la trémie, d’une façon absolument continue et régulière.
- Le moteur est également vertical, du type si connu et si peu encombrant dit joilon, et placé à côté du générateur sur le même socle. Il comporte deux tiroirs de distribution qui ont pour but de diminuer l’étendue des espaces nuisibles. Son cylindre est tout entier en bronze, son piston et ses tiroirs en un métal spécial composé par M. Abel Pifre et analogue à l’anti-friclion. Sa particularité importante est de n’exiger d’autre lubréfiant que la vapeur d’eau qui circule à son intérieur, et de supprimer ainsi toute dépense et sujétion de graissage.
- Le condenseur est un condenseur à surface dont les formes varient suivant les installations ou applications et la quantité d’eau de réfrigération dont on peut disposer.
- M. Abel Pifre,1 après cette description faite devant la Société sur un dessin dont les détails seront reproduits dans le Bulletin, explique le fonctionnement de son automoteur.
- La chaudière étant remplie d’eau à la hauteur indiquée devant l’indicateur à tube de verre dont elle est munie, on allume le feu exactement comme s’il s’agissait d’un poêle-calorifère ordinaire, avec un peu de menu bois sur la grille, la trémie.étant remplie ensuite de combustible. La vapeur produite pas.^e dans le cylindre où elle effectue son travail. L’absence complète de graissage dans ce cylindre permet à cette vapeur de rester pure de tout corps gras, et elle se rend, convertie en eau distillée par son passage à travers le condenseur, dans une petite boîte où la pompe alimentaire la prend pour la réintégrer dans la chaudière. Puisque cette dernière reçoit
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- ainsi toute l’eau qu’elle a perdue par le faitde la vaporisation, on conçoit que le niveau de l’eau y reste à peu près constant et qu'un ou deux litres, ajoutés à longs intervalles, suffisent pour réparer les pertes que quelques petites fuites peuvent avoir occasionnées. Au cas où la pompe viendrait à s’arrêter, un flotteur électrique placé dans la boîte d’alimentation fait aussitôt résonner une sonnerie, et le propriétaire de la machine averti, réamorce cette pompe au moyen des écrous et robinets spéciaux dont elle est munie à cet effet.
- Il s’établit de la sorte, dans l’automoteur en fonction, un cycle fermé qui dispense de toute sujétion, puisqu’il supprime les soins à donner au feu et l’entretien du niveau de l’eau. Or, ces deux points sont ceux qui, dans toute machine à vapeur ordinaire, absorbent au plus haut degré l’attention du conducteur de la machine.
- M Abel Pifre a construit sur ce principe des automoteurs de quart de cheval, demi-cheval, 1 cheval, 2, 3. et 4 chevaux. Il en fait d’ailleurs de forces supérieures, mais il pense qu’au delà de 10 chevaux, par exemple, son système perd de son intérêt spécial parce que, au delà de cette force, la présence d’un chauffeur spécial cesse d’être une dépense hors de proportion avec le travail produit.
- M. Pifre a attendu pour exposer ses idées à la Société qu’elles fussent passées de la théorie à la pratique. C’est avec confiance qu’il livre ses travaux à l’appréciation de la Société. Il se met à la disposition de tous ceux de ses membres qui désireraient quelques détails sur la question de principe qu’il vient d’exposer, et il se fera un plaisir de joindre la démonstration à ses explications pour tous ceux qui désireraient visiter quelques-unes de ses installations (Applaudissements).
- M. le Président ayant demandé si quelque membre de la Société veut faire des observations à la suite de celte communication, un grand nombre de questions sont posées àM. Abel Pifre, notamment par MM. Forest, Crespin, Roy, etc., sur les détails de construction de son automoteur, sur la consommation de combustible, le réglage, la résistance au feu des diverses pièces du foyer, etc., etc.
- M. Abel Pifre répond successivement à ces questions. Le diamètre de la chaudière est pour un demi-cheval, de 0m,50, la surface de chauffe de lm2,25 par cheval, la grille ayant 18 décimètres carrés. Durant des essais prolongés, on est arrivé, comme chiffre le plus bas, à une dépense de 27 à 28 kilogrammes de vapeur pour produire un seul cheval ; il va sans dire qu’au fur et à mesure que la puissance de la machine diminue son rendement devient moindre.
- Le poids d’une machine d’un demi-cheval est de 550 kilogrammes : pour 1 cheval, le poids est de,650 kilogrammes; pour2 chevaux,de 1150 kilogrammes. Les poids subissent une diminution de 250 kilogrammes, pour les applications aux canots à vapeur, pour lesquels on supprime le bâti horizontal.
- Le réglage de la marche du feu se fait par la porte du cendrier et par
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- la clef de la cheminée ; mais il est préférable de n’utiliser, dans ce but, que le premier moyen, caria clef, complètement fermée, pourrait donner des inconvénients au point de vue hygiénique. La porte du cendrier fermée et la clef à moitié fermée, le feu s’assoupit assez pour tenir la chaudière en pression, prête à mettre le moteur en marche. La clef ouverte et la porte fermée, l’automoteur tourne à vide sans monter en pression. La porte à moitié ouverte et la clef ouverte, l’automoteur fournit sa force effective. Enfin la porte et la clef ouvertes en grand, la chaudière fournit tout ce qu’elle peut produire de vapeur, et l’automoteur est à son effet maximum.
- Le réglage se fait directement par la personne qui emploie la machine ; on n’a pas essayé des mouvements automatiques.
- Le combustible est chargé dans un cylindre ou une trémie en tôle de 3 millimètres. Celte pièce est rapportée, elle peut être facilement changée sans refaire de rivure; sa durée est assez grande.
- L’automoteur d’un cheval consomme, en moyenne, un hectolitre de coke par 10 heures de travail, allumage et repos -de midi compris, ce qui correspond à 4 kilogrammes de coke par cheval et par heure. Les automoteurs de 4 chevaux ne consomment que 210 litres de coke pour le même temps, ce qui fait un peu plus de 2 kilogrammes par cheval et par heure.
- L’emploi du coke est recommandé de préférence, parce que c’est un combustible propre, homogène, facile à trouver presque partout, ne donnant pas de fumée, et, surtout, descendant facilement dans la trémie de l’automoteur parce qu’il ne s’agglutine jamais.
- Les essais faits avec la houille, tout en donnant un bon fonctionnement, ont montré que, dans ce cas, il fallait rendre hermétique la fermeture du couvercle, afin d’éviter toute odeur, et qu’il fallait également donner de temps en temps un coup de ringard dans la trémie pour faire descendre les morceaux agglutinés ensemble. En élargissant la trémie, on peut chauffer au bois.
- Les gaz sortant de la cheminée n’ont pas été analysés; on n’a pas à redouter, du reste* une combustion incomplète du coke, car bien qu’il soit chargé sur une hauteur considérable, la zone-annulaire où passe l’air n’a que 8 à 10 centimètres d’épaisseur, ce qui rend la combustion très complète. î, .
- La mise en pression de l’automoteur exige environ vingt minutes. ,
- La conservation des tubes de la chaudière est assurée par leur position à la partie inférieure de l’appareil, là où l’eau ne peut jamais manquer, et par leur verticalité. Aussi n’a-t-on jamais constaté un cas de brûlure avec la disposition actuelle. Primitivement, lorsque ces tubes étaient placés presque horizontalement, la circulation s’y faisait mal, et il y a eu quelques cas de détérioration. C’est là ce qui a conduit au dispositif avec tubes verticaux. ;/
- Les incrustations sont à peu près impossibles dans ces tubes, vu larapi-
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- dité de la circulation de l’eau à leur intérieur, où rien ne la gêne. 11 faut d’ailleurs ne pas oublier ce fait concluant, que l’automoteur employant toujours la même eau, les dépôts ne pourraient être que ceux provenant des deux ou trois litres d’eau ajoutés tous les jours pour réparer les pertes dues à quelques fuites ou joints mal entretenus.
- M. Abel Pjfre ajoute encore qu’il a établi des comparaisons de prix avec les moteurs à gaz, mais qu’il ne veut pas entrer dans ce détail, s’étant borné à exposer à la Société une question de principe; on peut, d’ailleurs, comparer les machines, sachant que l’automoteur consomme un hectolitre de coke par cheval et par jour.
- M. le Président donne la'parole à M. Contamin qui a une observation à présenter.
- Contamin constate qu’il résulte des chiffres cités, qu’avec 4 kilogrammes de coke par heure, on produit un cheval : c’est bien en dessous de la consommation de nos petites locomobiles installées pour un faible travail. Seulement, il faudrait savoir quelle est la quantité d’eau nécessaire pour condenser la vapeur. Cette eau, à Paris, coûte très cher.
- Mv Ap_L Pifre répond qu’avec son condenseur à surface placé auprès 5e l’automoteur, avec seulement 2 ou 3 mètres de longueur de tube d’échappement, il faut compter sur une dépense de 270 litres à l’heure pour l’automoteur d’un cheval, de 500 litres pour celui de 2 chevaux, et de 700 litres pour celui de 3 chevaux. Mais en augmentant la longueur du tuyau d’échappement avant son arrivée au condenseur, on descend bien au-dessous de ces consommations. Il cite pour exemple un automoteur d’un demi-cheval, qui, avec un tube d’échappement de 25 à 30 mètres, placé le long d’un mur, arrive à se passer d’eau. M. Abel Pifre ajoute qu’il expérimente depuis quelque temps un nouveau condenseur qui semble devoir diminuer considérablement la dépense d’eau pour ses automoteurs de 1, 2, 3 chevaux et au-dessus. Mais il n’est pas suffisamment prêt pour entrer dans le détail de sa construction.
- M. Contamin dit que, dans les localités où il n’y a pas de gaz, cette disposition peut évidemment présenter de grands avantages sur les petites locomobiles qui exigent un grand entretien. Mais là où l’on a du gaz, il faut tenir compte, pour apprécier l’économie de l’automoteur, et du prix du gaz et du prix de l’eau, lorsqu’elle coûte cher.
- M. Abel PJfre répond que la comparaison entre l’automoteur et le moteurTgaz peut être faite immédiatement, car ce sont précisément les meilleurs moteurs à gaz, ceux qui dépensent le moins de gaz à force égale, qui nécessitent de l’eau pour leur refroidissement, Or ces moteurs exigent en service régulier un minimum de 40 litres par heure pour ceux de un cheval, 90 litres pour deux chevaux, et il faut y ajouter un demi-kilogramme d’huile par cheval et par 10 heures rien que pour leur cylindre, dépense qui est nulle dans l’automoteur.
- M. Abel Pifre, répondant ensuite à des questions qui lui sont posées sur les formalités administratives nécessaires pour l’installation de son
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- moteur, dit qu’une simple déclaration suffit. Vu la faible quantité d’eau contenue dans les chaudières, on pourrait obtenir une dispense spéciale, ainsi qu’on vient de le faire observer; mais M. Abel Pifre a préféré satisfaire d’abord aux règlements, en plaçant sur ses automoteurs le luxe d’appareils de sûreté qu’ils comportent, notamment la bâche d’alimentation qui constitue une contre-partie de l’indicateur de niveau d’eau, son avertisseur électrique, etc- Tout cela ne fait, effectivement, qu’augmenter la confiance de l’acquéreur, et c’est lorsque ses automoteurs seront répandus en grand nombre, qu’il déposera sa demande de dispense, désirant qu’elle soit appuyée par la preuve incontestable qu’il ne peut arriver aucun accident.
- M. Roy demande quel est le prix du petit moteur d’un cheval.
- M. Abel Pifre dit que s’il a passé sous silence les prix de ses appareils, c’esTqu’il a tenu à laisser à sa communication le caractère d’un exposé de principe.
- L’automoteur d'un cheval coûte 2 000 francs; celui de deux chevaux 2 500 francs; et celui de trois chevaux, 3 000 francs.
- M. Roy ajoute que c’est aussi une question de principe que celle du (5pïtâî"a dépenser pour faire l’acquisition d’un moteur. Évidemment, le travail exigé par la construction de la chaudière, de la machine et des appareils de condensation est important, d’où les frais de premier établissement assez considérables.
- M. le Président remercie M. Abel Pifre de sa communication, qui a vivement intéressé la Société. La discussion a été très longue et prouve avec quelle attention on a suivi ses explications. Nous sommes heureux d’avoir entendu M. Abel Pifre montrer que la machine à vapeur pourrait soutenir la comparaison avec le moteur à gaz. Une petite excursion à bord du bateau qu’il a construit permettrait de mieux juger encore la valeur de son système.
- M. Abel Pifre dit que les membres de la Société qui voudraient faire celle excursion seront les bienvenus.
- M. le Président informe la Société que M. Touchet, dont la note sur le rouleau compresseur électrique de M. E. Gellerat est à l’ordre du jour, se trouve5 rïïfenù a VersâÏÏti^, etl’a prîe de faire lire son travail par l’un des secrétaires. M. Giraud donnera lecture de la note, très courte, mais très intéressante. On est surpris de voir qu’on peut arriver à faire mouvoir une machine aussi lourde que le rouleau compresseur par l’électricité, qui est si capricieuse. Tl y a eu un échec relatif, mais l’essai reste digne de remarque.
- M. Giraud lit la note suivante :
- Une intéressante application de la machine dynamo-électrique a été faite, àla fin de 1883, par M. E. Gellerat, entrepreneur de travaux publics,
- BULL. 2
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- chargé depuis un grand nombre d’années, du cylindrage des chaussées macadamisées de Paris.
- Le soussigné, qui a eu l’honneur de collaborer à l’expérience, demande à la Société la permission de lui rendre compte, en quelques lignes, des résultats obtenus.
- Le problème que M. Gellerat s’était posé était complexe : il s’agissait de faire mouvoir sûrement, à l’aide du fluide électrique, à une vitesse de trois ou quatre kilomètres à l’heure, un rouleau compresseur analogue à ceux qu’il emploie, c’est-à-dire capable de marcher avec une égale facilité, en avant ou en arrière, et assez lourd pour produire sur les empierrements à comprimer le maximum d’effet utile. L’appareil devait porter avec lui son générateur électrique.
- Enfin, le mécanisme de la direction qui, dans les cylindres à vapeur, est commandé à bras d’homme, devait être mû électriquement.
- Comme il ne s’agissait pas seulement de l’étude sur le papier d’une machine plus ou moins heureusement combinée, mais qu’on voulait acquérir, par une série d’expériences pratiques, suffisamment prolongées, la certitude que l’appareil était susceptible d’un emploi industriel régulier, il fallait, tout d’abord, s’enquérir d’une source électrique puissante.
- Des piles primaires, faciles à recharger et, par conséquent, d’une durée indéfinie, eussent été préférées à tous égards. Mais aucune de celles actuellement connues ne paraissant présenter de garantie suffisante, le prix de celles dont il était le plus avantageusement parlé se trouvant beaucoup trop élevé, l’idée de leur utilisation devait être momentanément écartée.
- Les piles secondaires ou accumulateurs pouvaient seules donner, à un prix abordable, la force dont on avait besoin. L’inconvénient que présentent les accumulateurs lorsqu’on le? destine à actionner un véhicule automoteur servant aux transports, c’est-à-dire leur poids considérable, devenait un avantage pour les rouleaux compresseurs, puisque le résultat produit par ceux-ci est le résultat d’une combinaison intense de poids et de vitesse.
- M. Gellerat se décida, en conséquence, à se servir des accumulateurs et, parmi les divers types connus, choisit les accumulateurs Faure comme les plus parfaits et les seuls applicables pour le moment.
- Les conseils et les indications pratiques de notre éminent collègue, M. Raffard, lui furent précieux à cette occasion. Ils lui facilitèrent beaucoup ses recherches et lui évitèrent bien des tâtonnements.
- Un dernier point restait à trancher : quelle machine dynamo emploierait-on comme machine motrice? Les dynamos Siemens furent choisis comme les plus simples et comme ayant fait déjà leurs preuves dans diverses applications.
- Pour perdre le moins de temps possible en constructions spéciales, M. Gellerat prit le parti de faire usage du châssis d’un de ses plus petits
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- cylindres à vapeur en le laissant monté tel quel sur ses rouleaux. On se borna à enlever la chaudière, le moteur à vapeur et sa transmission, ainsi que les caisses à eau qui devenaient sans objet.
- Il resta, par conséquent, une plate-forme d’environ 5m,50 de longueur sur 2 mètres de large, portée sur deux rouleaux de fonte de lm,20 de diamètre et de lra,40 de génératrice. Le tout pouvait peser à peu près dix à onze tonnes.
- Cette plate-forme fut fermée par une rampe continue en tôle, et reçut une couverture de même nature supportée par des montants en fer. Ces montants, au moyen de deux rangs de tablettes également espacées entre le plancher et la couverture, permirent de caser, en trois étages, 104 accumulateurs Faure du type pesant environ 60 kilogrammes, ce qui représentait une surcharge de 6 000 à 6 500 kilogrammes.
- Vers l’axe transversal de la machine, on avait réservé un espace vide pour le moteur et sa transmission, ainsi que pour le moteur de l’appareil de la direction et l’ouvrier chargé d’en surveiller la marche.
- Dans un réduit ménagé à l’arrière, du côté droit, se tenait le mécanicien ayant sous la main les commutateurs, les appareils de résistance et ceux destinés à mesurer la dépense de force électrique.
- Moteur
- Les dynamos et les différents organes dé la transmission devaient peser environ une tonne. Le poids total général du système, avec les accumulateurs, devait donc être voisin de 18 tonnes. (Lorsque l’appareil fut terminé et chargé, on le conduisit sur un pont à bascule et son poids exact fut reconnu de 18500 kilogrammes.j:
- Les cylindres à vapeur du même poids ont un moteur faisant normalement 10 à 15 chevaux, mais capable de donner exceptionnellement et pour un coup de collier, uiie force beaucoup plus considérable.
- Il était donc de toute nécessité de munir le rouleau électrique d’un moteur ayant la même force nominale et pouvant, le cas échéant, la dépasser.
- Le dynamo Siemens du type D2, à la vitesse de 800 à 1000 tours, correspond à 6 chevaux-vapeur. C’était trop peu et cependant il était désirable de pouvoir employer ce type sur lequel on possédait les meilleures et les plus complètes indications. M. Gellerat fut donc conduit à munir son rouleau électrique de deux dynamos D2 actionnant le même arbre, ce qui, à une vitesse relativement réduite, devait donner douze chevaux-vapeur qui pouvaient être considérablement dépassés, s’il était nécessaire, par une simple augmentation de vitesse. ;
- Pour actionner la direction, on prit une petite dynamo D4 faisant normalement un cheval et quart, ce qui était bien plus que suffisant puisqu’il ne s’agissait que de remplacer la force d’un homme.
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- Transmission
- Ces points étant réglés, voici quelle fut la disposition arrêtée.
- Les deux dynamos D2 furent installées sur un bâti spécial horizontal, un peu en contre-bas du plancher inférieur. Elles furent placées parallèlement et symétriquement de chaque côté de l’axe transversal de l’appareil.
- L’extrémité de l’axe de chacune d’elles était muni d’un pignon denté : les deux pignons engrenant avec une même roue dentée calée sur un arbre horizontal.
- Cet arbre commandait à son tour, par un engrenage droit d’un rapport convenablement choisi, l’arbre qui, dans les cylindres à vapeur, transmet le mouvement aux pignons qui portent les chaînes-galle entraînant les rouleaux, et qui est dénommé : « arbre intermédiaire. »
- Cet arbre est muni du côté opposé à celui où il reçoit la commande du moteur, d’une petite roue droite engrenant avec deux petites roues semblables calées sur deux bouts d’arbres parallèles au premier et symétriquement placés dé chaque côté. Ces bouts d’arbres portent, en outre, chacun, un pignon sur lequel vient s’enrouler une chaîne-galle très résistante et, en même temps, très simple.
- Disons, en passant, que ce type de chaîne-galle, imaginé par M. Gellerat, est maintenant couramment employé dans les transmissions d’un grand nombre d’appareils et notamment des excavateurs.
- La chaîne entraîne une grande roue dentée parallèle au longeron et qui, par l’intermédiaire d’un toc, commande le rouleau, quelle que soit sa position par rapport à l’axe de la machine.
- Les rouleaux sont fous sur leur essieu qui ne peut tourner mais dont une des extrémités peut se déplacer horizontalement. L’autre extrémité, terminée par un renflement sphérique qui lui sert de rotule, est emprisonnée dans le moyeu de la roue à chaîne.
- Ces dernières dispositions n’avaient rien de spécial au rouleau électrique : ce sont celles des cylindres à vapeur.
- Direction
- La direction, comme pour les cylindres à vapeur, était obtenue par la convergence des rouleaux vers le centre de la courbe à parcourir.
- Cette convergence résulte du rapprochement ou de l’éloignement des extrémités libres des essieux.
- Ces extrémités libres sont rattachées à des tirants partant des écrous
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- dans lesquels passe une même tige horizontale dont les (deux bouts sont filetés en sens inverse. Au milieu de cette tige, est un petit engrenage d’angle qui permet de la faire tourner à volonté d’un côté ou de l’autre.
- Ce petit engrenage est commandé par un arbre vertical portant un volant manœuvré par un homme.
- Dans le rouleau électrique, le volant était remplacé par une roue d’angle engrenant avec un pignon calé sur l’axe d’une petite dynamo D4.
- Fonctionnement de l’appareil
- Les machines D2et D4 étaient pourvues chacune d’un changement de marche à quatre balais.
- Un levier actionnant un mouvement de sonnette et placé sous la main du mécanicien permettait à celui-ci de changer instantanément la marche du moteur, sans même interrompre le circuit. Cependant, pour éviter les étincelles et les détériorations des dynamos qui en sont la conséquence, il est préférable de ne changer la marche qu’après avoir interrompu le courant.
- Pour la dynamo de la direction, le levier de changement de marche était vertical. Le pilote, en l’inclinant tantôt à droite et tantôt à gauche, dirigeait la machine avec autant de sûreté et sans plus de fatigue qu’un barreur à l’arrière d’un canot.
- Le rouleau électrique portait, comme on l’a vu plus haut, 104 accumulateurs d’une puissance approximative de 2 volts chacun, ce qui.représen-tait environ 200 volts.
- Dix-sept accumulateurs étaient réservés à la direction lorsqu’il était nécessaire de la faire agir. Le surplus était employé, soit partiellement, soit en totalité, pour la progression du rouleau. Mais, sur un terrain ferme, cinquante accumulateurs suffisaient avec une intensité de courant variant entre 30 et 40 ampères, ce qui représentait une force de
- 100k X 35 10
- a
- - = 350 kilogrammètres ou 4 à 5 chevaux-vapeur. Toutefois,
- avec cette faible dépense, on n’obtenait qu’une vitesse d’environ 2 kilomètres à l’heure, ce qui serait insuffisant dans la pratique.
- Après diverses évolutions facilement obtenues, le rouleau fut conduit hors de la cour, où les premières expériences avaient eu lieu, et dirigé sur un empierrement voisin.
- Cet empierrement, en silex roulé de carrière, avait une épaisseur de 20 à 25 centimètres. Il était établi sur un remblai en partie argileux et recouvrant une voûte d’égout récemment construite; la chaussée présentait une déclivité de deux à trois centimètres par mètre.
- Aussitôt la machine sur l’empierrement, les cent quatre accumulateurs lurent mis en action, le cylindrage commença à une allure normale de
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- trois à quatre kilomètres à l’heure et se poursuivit pendant près de trois heures, avec autant de facilité que si la machine employée eût été actionnée par la vapeur.
- La dépense d’électricité se mesurait elle-même à la résistance rencontrée dans la chaussée. L’intensité du courant, qui était moyennement de 35 ampères, atteignit dans un passage exceptionnellement pénible jusqu’à 75 ampères, ce qui, pour les 104 accumulateurs, correspondait à un effort
- , 75a x 200V _n .
- de x rygkgm — 20 chevaux-vapeur.
- Après une expérience aussi satisfaisante, la machine fut ramenée à son dépôt.
- Les accumulateurs avaient fonctionné pendant quatre heures. Ils n’étaient pas à moitié déchargés, car chacun d’eux accusait encore plus d’un volt.
- Hâtons-nous de dire, toutefois, qu’il est probable qu’ils n’auraient pu servir longtemps encore si l’expérience avait dû se prolonger.
- CONCLUSION.
- En présence d’un pareil résultat, on peut affirmer sans utopie que l’électricité est la véritable force motrice de l’avenir.
- Jamais, croyons-nous, ce fluide n’avait mis en mouvement des poids comparables aux 18500k du rouleau électrique.
- Cependant, l’emploi industriel de cet appareil ne paraît pas encore possible. L’inventeur n’a même pas pu reproduire publiquement ses expériences, au centre de Paris, comme il en avait l’intention ; les accumulateurs Faure s’étant trouvé appartenir à une société financière qui a sombré.
- En outre, et en laissant de côté cette fâcheuse circonstance, nous sommes forcés de reconnaître que le renouvellement, après chaque période de quatre heures, d’une charge de 5 000 à 6000ks d’accumulateurs, ne semble pas bien facile.
- Il faut donc attendre, soit des accumulateurs de même puissance que ceux de Faure mais d’une plus grande durée et d’un poids relativement faible, soit une pile primaire efficace et économique.
- Beaucoup d’ingénieurs d’une compétence particulière poursuivent parallèlement, en ce moment, la recherche de ces deux solutions. — Tout permet d’espérer que, dans peu d’années, elles seront acquises à l’industrie. Il surgira alors, sans aucun doute, des applications innombrables. Celle du rouleau électrique aura été une des premières en date, et M. Gellerat pourra, avec justice, en revendiquer l’honneur.
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- M. le Président remercie M. Giraud d’avoir bien voulu lire la note de M. Touchet. L’essai de faire mouvoir par l’électricité un rouleau compresseur d’un poids aussi considérable, méritait d’être porté à la connaissance de la Société.
- L’ordre du jour appelle le compte rendu, par M. Quéruel, des essais faits au mois de mars dernier sur une machine à vapeur de son système, construite par M. A. Lrespin.
- M. Quéruel a la parole.
- M. Quéruel expose d’abord le programme des expériences qu’il a entreprises. Le programme était ainsi fixé :
- 1° Relevé de diagrammes correspondants au moyen de deux appareils ;
- 2° Pesée de l’eau d’alimentation;
- 3° Jaugeage de l’eau à l’issue du condenseur;
- 4° Calorimétrie;
- 5° Application du frein.
- La machine soumise aux essais est verticale (type pilon), à deux cylindres, manivelles à 180 degrés.
- Les diamètres des pistons sont :
- Petit cylindre, 0m,315.
- Grand cylindre, 0m,600.
- Course commune, 0m,725.
- L’expérience B au frein a eu lieu le 15 mars 1885. Sa durée a été de 3 heures 10 minutes.
- Eau d’alimentation par heure............441k
- Puissance indiquée........................ 75chv,83
- Puissance nette au frein................. 69chv,00
- Rendement..................................... 0,91
- Eau d’alimentation par heure et par force de cheval effectif.......................... 6k,390
- Ce nombre 6k,390 était plus élevé qu’à l’ordinaire. La machine, en effet, n’avait point été visitée depuis plus d’une année et les ressorts étaient un peu détendus. La vapeur cotait 14 pour 100 d’eau.
- Après avoir remédié par un léger serrage au désordre passager des tiroirs, deux nouveaux essais ont été faits en marche industrielle.
- La moyenne de ces deux essais a été ;
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- ESSAI G 29 avril 1885 à 13 pour 100 d'eau ESSAI D 2 mai 1885 à 11 pour 100 d’eau
- Eau d’alimentation par heure 398k,79 361k,6
- Puissance indiquée 75ch,07 72cll,17
- — effective 68ch,31 65°h,67
- Eau d’alimentation par cheval effectif. 5k,83o 5k,527
- Ainsi avec fuites au tiroir et vapeur à 13 % d’eau B = 6k,390 Fuites arrêtées. Vapeur à 13 °/0 d’eau .... C — 5\835 — — 11 °/0 d’eau .... D — 5k,527
- Essai du 23 janvier 1883 à 5 °/° d’eau . . . . A = 5\011
- On voit par ces nombres décroissants, à mesure que la vapeur devient plus sèche, l'importance de bonnes chaudières pour la production de vapeurs sèches.
- Comparé avec les systèmes les plus en faveur :
- Essai B du 15 mars (système Quéruel) réalise une économie
- sur la moyenne des Gorliss.... 0,2811 sur la moyenne des 2 cylindres 90u . 0,1840
- Essai A du 23 janvier 1883 (système Quéruel) réalise une économie
- sur la moyenne des Corliss . . . . 0,4363
- sur la moyenne des 2 cylindres 90°. . 0,3601
- Enfin, la calorimétrie des trois essais B, C, D a permis de contrôler les opérations analytiques et a donné la preuve de leur précision.
- M. le Président demande si quelque membre a à faire des observations sur la communication de M. Quéruel.
- M. Douane prend la parole pour affirmer les résultats que M. Quéruel a aimoncesTlf a collaboré à ces expériences et d’autres personnes qui les suivaient aussi, sont là toutes prêtes à certifier l’exactitude des résultats indiqués par M. Quéruel.
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- A l'expérience du 15 mars, les assistants ont jaugé l’eau et ont trouvé 6 kil. 390. Ce chiffre a une grande importance, vu la faible force de la machine, qui est de 69 chevaux et n’a que 40 mètres carrés de surface de chauffe. C’est ce qui explique parfaitement les entraînements d’eau dont M. Quéruel a parlé tout à l’heure.
- M. le Président remercie M. Quéruel d’avoir apporté à la Société les résultats de ses essais, qu’il continue avec un grand courage, depuis longtemps. On ne peut qu’être heureux des résultats qu’il a indiqués, et des progrès accomplis dans les recherches à l’aide desquelles ces résultats ont été obtenus.
- MM. Boveyscha, Dareste de la Chavanne, Ennes, Heilmann et Maxi-movitch ont été reçus membres sociétaires.
- La séance est levée à 11 heures.
- Séance dn 17 Juillet 1885.
- Présidence de M. de Comberousse
- La séance est ouverle à huit heures et demie.
- M. le Président demande s’il y a des observations sur le procès-verbal de la dernière séance.
- Le procès-verbal de la séance du 3 juillet est adopté.
- M. le Président a le plaisir d’annoncer à la Société que trois de nos collègues ont été nommés chevaliers de la Légion d’honneur. Ce sont : MM. Gontamin, A. Mallet et Léon Francq. Ces trois nominations seront accueillies avec la plus vive sympathie.
- M. Pasquier a reçu l’Ordre de chevalier de la Couronne de Fer d’Autriche et du Sauveur de Grèce.
- M. le Président signale, parmi les ouvrages offerts: Un exemplaire du Rapport présenté à la Société d’Encouragement, par M. Tresca, sur le système de locomotive Compound, de M. A. Mallet ;
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- (Cette publication doit être recommandée spécialement comme la dernière œuvre de notre Président honoraire et le dernier rapport fait par lui à la Société d’Encouragement.)
- Des observations techniques formulées par M. Piarron de Mondésir, membre de la Société, à propos du mémoire de M. Boudenoot sur la distribution de la force motrice à domicile au moyen de l’air raréfié ;
- Un exemplaire du tome Ier du Traité théorique et pratique des pompes et machines à élever les eaux (texte et atlas), par M. Poillon, membre de la Société.
- Cette publication promet d’être extrêmement complète. Elle comble une lacune dans la partie de la littérature technique qui se rapporte à l’élévation des eaux. Il n’y a aujourd’hui sur ce sujet que l’ouvrage de M. le général Morin, et les deux gros volumes que M. Poillon fait paraître en ce moment sont une œuvre importante.
- On trouvera plus loin le détail des dons faits à la Société.
- M, le Président a reçu la lettre suivante :
- « Paris, 16 juillet 1885.
- « Monsieur le Président,
- « J’ai l’honneur de vous remettre pour la Société : 1° Un plan portatif de l*Exposi.tiqp .d'Anvers9 ayant au verso un plan de la ville, indiquant l’emplacement de l’Exposition, près de l’avenue du Sud;
- « 2° Quelques notes sommaires prises dans une courte visite au commencement de juin dernier, concernant les ponts et chaussées de Belgique et le matériel des chemins de fer.
- « Si vous jugez que ces renseignements offrent quelque intérêt pour nos collègues, ils pourraient être insérés à la suite du compte rendu de la séance du 17 courant, dont le procès-verbal sera distribué pour la séance du 7 août, c’est-à-dire avant le départ pour Anvers.
- « Veuillez agréer, etc.
- « J. Morandiere. »
- M. le Président remercie M. Morandiere de son attention. 11 croit utile, en vue du prochain voyage des membres de la Société, de publier, comme annexe au procès-verbal de cette séance, les notes recueillies par notre collègue.
- Il fera distribuer également, aux. membres de la Société qui se rendront à Anvers, le petit plan dont M. Morandiere nous a rapporté un specimen.
- M. Fleury a la parole pour un hommage à la Société.
- M. Fleury a l’honneur de déposer sur le bureau de la Société quelques exemplaires du catalogue détaillé de la section des travaux publics à
- Sosition coloniale française71 Anvers. C’est plus et mieux qu’un cata-'. Chaque article esfsuïvî^3’umTnoîice intéressante, très complète et
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- très exacte. C’est un de nos collègues, M. des Tournelles, chargé de l’organisation de cette partie de l’Exposition, qui’aTë'digl ces notes, et qui a chargé M. Fleury d’en faire, en son nom, hommage à la Société.
- M. le Président remercie MM. Fleury et des Tournelles. donne connaissance de la lettre suivante :
- « Rome, le 20 juillet 1885.
- « Monsieur le Président,
- « C’est avec une vive douleur que nous avons appris la mort de M. Tresca, Président honoraire de votre association.
- « Interprète des sentiments éprouvés par tous les membres de notre association, aussi bien que par tous les ingénieurs de la ville, je vous adresse les expressions de la plus sincère condoléance, en vous priant d’en faire part aux membres de votre Société distinguée.
- « J’ai l’honneur, Monsieur le Président, d’être, avec la plus parfaite considération,
- « Le Président du Colleqe des Inqénieurs et Architectes de Rome,
- « G. Cadolini. »
- Nous envoyons à nos confrères italiens l’expression de notre gratitude pour lehr sympathie.
- M. le Président prend la parole en ces termes :
- Messieurs,
- Avant de suivre l’ordre du jour, j’ai à vous demander la permission de saluer, avec vous, un anniversaire qui me semble ne pas pouvoir passer inaperçu à la Société des Ingénieurs civils.
- L’établissement du premier chemin de fer français, complètement armé pour le transport des voyageurs comme pour celui des marchandises, a été décrété, il y a juste cinquante ans, le 9 juillet 1835.
- C’est, en effet, la date'de la loi par laquelle Émile Pereire fut autorisé à construire, à ses frais, risques et périls, la ligne de Paris à Saint-Germain.
- Ce n’était qu’une petite ligne par son étendue, puisqu’elle n’avait que 18 kilomètres de longueur, mais elle était grande par ses conséquences certaines.
- Les premiers essais, vous le savtez, avaient été faits à Saint-Étienne et à Andrézieux, où le génie de Marc Seguin venait d’inventer, avant Georges Stephenson, la chaudière tubulaire avec tirage par jet de vapeur. Mais le chemin de fer de Saint7Germain offrait le premier type achevé de ce nouveau moyen de locomotion qui allait transformer si profondément les conditions de la vie moderne.
- Nous pouvons donc saluer et honorer hautement le nom du courageux
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- ingénieur qui, avec une intuition singulière et une prescience passionnée, vint apporter à la monarchie de Juillet cette puissance nouvelle et cet agent de civilisation.
- Ce cadeau ne fut pas accepté sans résistance. Il fallut lutter pied à pied et avec une rare énergie. Émile Pereire se dépensa pendant trois ans en efforts, en démarches, en éloquentes démonstrations, pour parvenir à faire sortir des cartons de la Chambre le projet de loi nécessaire pour obtenir la concession. C’est le 7 septembre 1832 qu’il apporta à la Direction générale des ponts et chaussées les plans du chemin de fer de Paris à Saint-Germain; c’est le 9 juillet 1835 qu’il eut enfin gain de cause auprès des Chambres et du gouvernement.
- Les hommes d’État souriaient et se moquaient un peu ; les savants les plus éminents craignaient et doutaient.
- M. Thiers disait à Émile Pereire : « Votre chemin de fer n’est qu’un joujou pour amuser les Parisiens. Jamais vous ne pourrez le faire servir au transport des marchandises. » L’illustre Arago secouait la tête et murmurait : « Ce n’est pas pratique. C’est très ingénieux, très intéressant ; mais ce n’est pas pratique. »
- Seulement, Émile Pereire avait pour lui cette force immatérielle qui transporte les montagnes et finit par réduire les obstacles quels qu’ils soient : il avait foi en son idée, il croyait à l’avenir.
- Il eut le bonheur de trouver, comme directeur général aux Travaux Publics, M. Legrand, homme d’un mérite supérieur et dont le nom ne peut être oublié. M. Legrand fut, dans les régions officielles, son plus fidèle auxiliaire et son dévoué défenseur. Sans lui, il eût sans doute succombé.
- Les banquiers, chose singulière, étaient encore plus hésitants, plus récalcitrants que les savants et les hommes d’État. Et pourtant que fallait-il pour la construction du chemin de fer de Saint-Germain, d’après les plans et devis déposés ? Six millions, pas plus. Qu’est-ce aujourd’hui qu’une pareille goutte d’eau pour les capitalistes ! Il y a cinquante ans, Émile Pereire ne les trouvait pas pour une création qui devait révolutionner le monde.
- Enfin l’habile ingénieur triompha. MM. Adolphe d’Eichtal et Auguste Thurneyssen furent les premiers convertis et déposèrent ensemble le cautionnement de deux cent mille francs exigé par le gouvernement. Un peu après, MM. de Rothschild et Samson-Davillier se laissèrent convaincre à leur tour, et formèrent avec les deux premiers capitalistes le conseil d’administration de la nouvelle entreprise.
- Du jour où le nom de M. de Rothschild fut prononcé, les difficultés et les hésitations disparurent et, trois mois après, la concession fut obtenue.
- ' Je n’ai pas besoin de dire le succès magnifique qui récompensa Émile Pereire de ses efforts. Secondé par son frère Isaac qü’on ne peut séparer de lui, il inaugura, comme directeur, le chemin de fer de Saint-Germain, le 27 août 1837. Ce chemin était, dans sa pensée, l’amorce du réseau' de l’Ouest. La ligne dujNordj suivit bientôt ; puis, celle d’Orléans, celle de
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- Lyon, celle de lJEst et celle du Midi : les chemins de fer français étaient créés.
- Émile et Isaac Pereire ne furent pas seuls; comme tous les initiateurs, ils surent grouper autour d’eux une légion d’hommes d’élite. Citons au premier rang Stéphane Mony, l’un de nos présidents et le frère aîné d’Eugène Flachat., Lamé, Clapeyron, Eugène Flachat lui-même, Fournel, Petiet, Lechâtelier, Maniei, Collignon, Surrell. N’oublions pas, dans les autres compagnies qui se formèrent, Vuigner, Polonceau, Yuillemin, Love, et tant d’autres, honneur du génie civil. (Très bien! Très bien!)
- Le chemin de fer de Saint-Germain peut être fier de ses enfants. En cinquante ans, le réseau français a passé des 18 kilomètres de cq joujou h. 31 560 kilomètres en exploitation. Sa valeur est de 12 milliards. Ses recettes brutes s’élèvent à 1150 millions et ses recettes nettes à 500 millions. Il transporte annuellement 180 millions de voyageurs et 85 millions de tonnes de marchandises. Il donne à l’État 83 millions d’impôts, sans compter le bénéfice des transports gratuits de la poste et des réductions de prix consenties pour l’armée. Enfin, son personnel forme une armée de 223000 hommes.
- Notre Société s'associe de tout cœur au cinquantenaire de la création des chemins de fer français, elle s’incline devant cette œuvre immense, elle honore profondément la mémoire de ceux qui ont tant contribué à l’accomplir. Nous retrouverons bientôt, chez nos confrères belges, Fexpres-sion de la même sympathie et de la même reconnaissance pour les auteurs de leur réseau. J’ai tenu à ne pas rester en arrière pour la France.
- Puisqu’il faut qu’il y ait toujours un point noir dans les choses humaines, permettez-moi de dire en terminant que, si les progrès moraux effectués pendant ce demi-siècle avaient été à la hauteur, des progrès matériels obtenus, c’est l’âge d’or qui commencerait sur la terre. Malheureusement, nous n’en sommes pas encore làl (Applaudissements.)
- L’ordre du jour appelle l’analyse par M. Auguste Moreau de la communication faite par notre confrère, M. Yauthier, au congrès de l’Association française pour l’avancement des sciences, tenu à Blois en 1884, sur l'entraînement et le trmsp.ort Mrks.rmMpasourantes des vases, sables et qra-viers. La question est délicate et intéressante. M. Vauthier avait promis ct’assister à la séance. Nous regrettons qu’un empêchement survenu au dernier moment nous prive de sa présence.
- M. Auguste Moreau a la parole.
- M. Auguste Moreau expose un résumé du travail de M. Vauthier.
- Après avoir bien posé la question qui consiste à étudier les mouvements dans l’eau courante, de certaines matières de densité supérieure à la sienne, M. Vauthier constate qu’il n’existe pas encore d’étude bien approfondie sur ce sujet, qu’il se propose de traiter. Pour cela il commence, en s’appuyant sur les formules de Dubuat, basées elles-mêmes en grande partie sur les expériences de Newton, à préciser les conditions du mouvement d’un corps
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- ayant la densité de la pierre et descendant dans l’eau sous l’action de la pesanteur. Il rappelle rapidement les formules de Dubuat qui vont lui être utiles à chaque pas dans la suite.
- En supposant simplement un corps sphérique descendant sous l’effet de la pesanteur dans une eau en repos et prenant le mètre pour unité de longueur et la seconde pour unité de temps; appelant en outre : g l’accélération due à la pesanteur, soit 9m,8088 ou 10 en nombre rond v la vitesse ; '
- e la base du système des logarithmes népériens ; s l’espace parcouru;
- d le diamètre du corps sphérique considéré ;
- D sa densité;
- K coefficient de résistance du liquide au mouvement du corps plongé. — Cette résistance étant considérée, ainsi que tout le monde l’admet aujourd’hui, comme proportionnelle au carré de la vitesse de déplacement et à la section « du corps normale à la vitesse (maître couple des marins) — le terme exprimant la résistance R est de la forme:
- v2
- R = K » .
- Cela bien établi, si l’on pose pour simplifier :
- et si l’on admet que la vitesse et l’espace parcourus sont nuis pour £ —0", on obtient pour valeur de la vitesse l’expression transcendante :
- eN* — 1
- (A) .. e**+i,
- et pour celle de l’espace parcouru :
- La première chose à faire est de déterminer la valeur du coefficient de résistance K dans l’hypothèse de l’eau et d’un corps ayant la densité de la pierre.
- M. Yauthier s’arrête avec Newtoii1 et Dubuat à'K= 0,50, tout en faisant remarquer que K n’entrant dans les expressions précédentes que sous le
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- radical, des hésitations sur le choix de ce coefficient n’entraîneraient pas de grandes différences dans le résultat final.
- Quant à la densité des corps entraînés par les eaux, elle varie entre 1. b et 2. b ; pour simplifier les recherches on adoptera le chiffre moyen 2. En admettant, comme plus haut, que <7 = 10, on arrive alors aux résultats
- v t = b, 16393 V~d 1, 93648
- N = -
- Vd
- suivants :
- Pour les corps de très faible diamètre d, la valeur de N est très grande; il en est donc de même à plus forte raison de eN qui entre dans les deux formules (A) et (B) précédentes.
- Donc, dans (A) la fraction
- Ni .
- e — 1 eNif +1
- 1 — 4,
- qui peut s’écrire--------j-tend rapide-
- 1 +
- e™
- ment vers 1 lorsque N tend vers oo ; donc w tend vers vx et on a à la limite v = vr
- Pour la formule (B), le terme transcendant devient absolument négligeable pour les mêmes motifs.
- Néanmoins, comme tout ce qui précède est vrai pour des valeurs de d aussi grandes qu’on voudra, M. Vauthier examine ce que deviennent les termes transcendants des formules (A) et (B) pour des sphères ayant respectivement pour diamètres :
- d = 0m,0001 soit 1/10® de millimètre. d = 0m,0100 soit 10 millimètres. d = lm,0000 soit 1000 —
- {i
- On trouve aisément que, dans les deux premiers cas, les termes en question diffèrent assez peu, l’un de l’unité, l’autre de 0, de sorte qu’il n’y a pas lieu d’en tenir compte.
- Mais il n’en est plus de même dans le dernier qui donne:
- Vl = b,16397 N = 1,936b .
- N i
- e = 6,9344 ou 7 environ.
- de sorte que l’on a, en supposant t — 1 :
- N .
- e — 1
- N . . ^
- e -j-1
- 3 K?-;
- 1’ -si
- et
- ~ /. (I+7) = 0,1931.
- Donc, pour un bloc de \ mètre de diamètre, la vitesse à la fin de la pre-
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- mière seconde de chute, n’est encore que les trois quarts de la vitesse limite et, dans la mesure de l’espace parcouru, le terme transcendant n’est plus négligeable.
- Si l’on fait t — 2, on a :
- et
- g2N — 1
- = 0,96,
- g2N _|_ 1
- = 0,0008561.
- On voit donc que, même pour de très grands blocs, la vitesse converge avec une grande rapidité vers la vitesse limite; en même temps, l’influence du terme transcendant sur l’espace parcouru tend rapidement à s’annuler.
- Pour bien mettre en évidence quelle est pratiquement la période de temps pendant laquelle il peut y avoir lieu de s’inquiéter de l’accélération de la vitesse et de l’espace parcouru, on développe v en série. En effectuant simplement la division indiquée, il vient :
- r4 2,2 2 , u
- v —* Vl 1 Ni 2fU 3NÜ etC*
- l e e e J
- Or, sauf pour de très gros blocs, e est tellement grand qu’on peut se contenter du premier terme. Si l’on veut savoir à quel moment la vitesse différera de la vitesse limite d’une quantité donnée 0,001, par exemple, on n’aura qu’à poser
- 2 _ 1 eN* ”1000
- eN* = 2000 N t log. e = log. 2000 log. 2000 3,3010300 _
- ~~ N log. e ~~ N log. e ’
- ce qui, appliqué aux trois dimensions considérées plus haut, donne :
- pour d = 0,0001 t = 0",0393
- d = 0,01 t — 0",3925
- d — 1,00 t — 3", 9251.
- En calculant les espaces correspondants, on voit que les blocs de grosses
- dimensions seuls peuvent exiger l’étude spéciale de la période de vitesse accélérée; pour les vases, sables, graviers, etc., ce serait un pur exercice d’analyse.
- Gela posé, M. Yauthier a dressé un tableau concernant treize blocs sphériques dont les diamètres varient depuis 0m,0001 jusqu’à 1 mètre, avec les valeurs de K et de D admises plus haut. Ce tableau donne pour chaque
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- cas, le temps au delà duquel la vitesse réelle diffère de la vitesse limite de moins de 1/1000 et les espaces parcourus dans les quatre premières secondes de la chute.
- On voit à l’inspection de ce tableau que, pour les neuf premiers de ces corps jusqu’au diamètre de 0m,05, il est inutile de pousser le calcul au delà de la deuxième seconde et ce n’est que pour les quatre derniers qu’il y a quelque intérêt à pousser jusqu’à la quatrième seconde : c’est pour le dernier seulement que l’espace parcouru dans la troisième diffère sensiblement de et encore l’écart est-il très faible.
- Le point saillant qui se dégage de tout cela, c’est la rapidité avec laquelle la vitesse de chute se rapproche d’une vitesse limite qui, théoriquement, n’est jamais atteinte.
- Gela se comprend facilement lorsqu’on observe que cette vitesse limite est notablement plus faible que celle qui résulterait de la force accélératrice qui entraîne les corps au départ, avant que soit née, sous l’influence du mouvement lui-même, la résistance de l’eau qui les ralentit.
- Cette force qui est égale au poids du corps diminué de la poussée du liquide s’obtient au moyen de l’égalité.
- D X <7 — 1 xg= Dy
- , D - 1
- On voit ainsi que, dans le vide, ces petits corps devraient parcourir 2m,50 sous l’action de cette force tandis qu’en réalité ils ne parcourent que quelques décimètres ou même quelques centimètres seulement.
- Même pour les corps très volumineux, les vitesses s’écartent très rapidement de ce qu’elles seraient sous l’action de g'; le tableau précité le montre pour la sphère ,de 1 mètre de diamètre,^ A, là fin des quatre premières secondes, les vitesses réelles sont, avec les vitesses résultant de la relation u = gr t, dans les rapports exprimés -par les fractions suivantes ;
- A la fin de la première seconde . 0,77 , .
- — • deuxième — 0,50
- — troisième — 0,34
- — quatrième ;— 0,26 ..,r.-: ;
- La vitesse limite, dont la valeur numérique joue un rôle si important dans ce qui précède, pourrait d’ailleurs être obtenue immédiatement en exprimant qu’au moment de l’équilibre il- y a égalité; entre le; poids.du corps diminué de..la poussée,et .la résistance du liquide au mouvement descendant : . ...f!y.r-:.- --
- d’oit
- 1È
- Q
- (D:— 1) =
- V, sas-2
- gd^-T' i) - 3 R :
- 3
- BULL,
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- Le seul point utile à savoir que met en lumière l’analyse, c’est la rapidité avec laquelle le corps tombant tend vers cet état asymptotique d’équilibre qui, dans la plupart des cas, est le seul qu’il y ait lieu de considérer-
- Gela posé, un corps abandonné dans un courant de vitesse u est sollicité à prendre cette vitesse u en même temps qu’à tomber verticalement sous l’influence v' d’unevitessequi,sauf pour les blocs très gros, est rapidement iq; il suivra donc, en réalité, au bout d’un temps très court, une direction
- t V
- dont le coefficient angulaire est ~. Si le corps est abandonné à une hauteur h au-dessus du fond, il gagnera ce fond en un temps représenté à très peu près par t = — et à une distance du point de départ qui se rappro-
- v i
- îl
- che beaucoup de d = h —.
- • i h .
- L’angle de la trajectoire avec l’horizontale est d’autant plus faible que vl est petit par rapport à u; mais, néanmoins, cet angle est sensible pour les corps les plus ténus.
- Ainsi, supposons u = lm,00, h — lm,00; un corps de 0m,0001 de diamètre (vase) gagnera le fond en 19",38 à une distance du point de départ égale à 19m,38. Si le grain a0m,001 (sable),les chiffres précédents deviennent 6",12 et 6m,4 2. Enfin, pour un grain de 0m,01 (gravier), 1",94etlm,94. Ges chiffres approximatifs suffisent pour exprimer nettement la physionomie des effets produits.
- En réalité, en pratique, la trajectoire ne sera pas une ligne droite, mais une courbe à point d’inflexion à cause des variations de vitesses des différents filets d’eau dans une même verticale.
- Or, dit M. Yauthier, si un corps tombe dans l’eau avec une vitesse ux, il sera retenu en équilibre par un courant vertical ascendant de même vitesse. Mais, dans un cours d’eau naturel, il se produit, au contact des parois, et à une distance plus ou moins grande, suivant les aspérités de celles-ci et la vitesse de l’eau, des courants partiels qui s’écartent plus ou moins du parallélisme avec la surface du courant.
- Supposons un des corps considérés précédemment placé dans un de ces courants dirigés vers le haut. Si la composante verticale de la vitesse de ce courant est égale ou supérieure à la vitesse limite correspondant à ce corps, il y restera suspendu au même niveau ou remontera avec lui, tout en s’abaissant relativement de ^à chaque seconde. Et si la vitesse du courant partiel qui entraîne le corps s’affaiblit, il regagnera de nouveau dans un délai plus ou moins court, le fond d’où il avait été enlevé.
- Gette observation semble suffire pour se rendre compte de l’action de l’eau courante sur les éléments qui composent les parois de son lit; et les chiffres donnés dans le tableau annexé montrent combien cette action est variable suivant la grosseur de ces éléments.
- M. Yauthier a pu comparer les résultats de ses calculs avec différentes
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- tables (Gneiss, tables anglaises, etc.), donnant les vitesses de fond correspondant à l’entraînement des particules des parois du lit des cours d’eau, et il a constaté que les résultats de l’expérience confirmaient d’assez près ceux de l’analyse. La loi de progression de la vitesse avec la grosseur y est surtout nettement retrouvée.
- Ce n’est pas qu’il y ait similitude complète entre le fait d’entraînement de corps donnés parallèlement ou en contact avec les parois du lit sur lequel ils reposent et la suspension momentanée dans un courant tel qu’elle a été considérée. Mais il n’a pas paru à M. Vauthier qu’il y ait lieu de poser et d’essayer de résoudre théoriquement le premier problème, eu égard aux effets de la cohésion, ou de l’enchevêtrement des éléments qui exercent, dans ce cas, sur les effets produits, une action plus importante que celle qui résulte de leur poids ou de leur forme En somme, les considérations précédentes suffisent pour rendre compte des effets de transports d’éléments plus ou moins volumineux effectués par les eaux courantes, normalement ou accidentellement animés de vitesses considérables, «Sans qu’il y ait lieu de faire intervenir dans la question une puissance de suspension spéciale dont l’eau serait douée ainsi qu’on l’a quelquefois supposé.
- Après avoir appuyé ses théories d’exemples puisés ,-dans les matériaux charriés par 1a. Garonne* la Loire et les égouts de Paris, M. Vauthier tire les conclusions suivantes : ï,
- 1° L’eau ne jouit pas d’une propriété spéciale en vertu de laquelle elle tiendrait en suspension des matières quelque ténues qu'elles soient, d’une densité supérieure à la sienne ;
- 2° Ges matières tendent toujours à gagner le fond avec une vitesse qui dépend de leur densité et qui est inverse de la racine carrée de leurs dimensions transversales ;
- 3° Eu égard à la grandeur desdites vitesses, pour des matières d’une densité semblable à celles qui forment les parois des lits des cours d’eau, les effets de déplacement et de transport observés dans les fleuves et rivières s’expliquent très bien par le fait seul des courants permanents ou accidentels qui agissent sur le fond ; , ^..f, ^ v
- 4° Dans l'appréciation de ces effets, il faut tenir compte* dans une mesure large, du degré de ténuité des matières à entraîner, et ce*qui est erai pour des matières extrêmement divisées comme celles qui troublent par exemple lai Garonne à la hauteur de Bordeaux et tous les cours d’eau petits ou grands pendant leurs.crues, est absolument faux pour des matières de tenuité moindre. .ssU?*> \r - é i
- Enfin M. Vauthier termine en signalant Futilité qu’il y aurait à reprendre de nos jours et avec les appareils perfectionnés que nous possédons actuellement, les expériences de Newton etde Dubuat qui sonti nos seules bases pour l’étude de toutes les questions de ce genre. r i, m
- M. le Président remercie M. Auguste Moreamde son analyse très exacte qui sera insérée au procès-verbal, puisque l’étude de M. Vauthier a déjà
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- paru dans le volume qui rend compte du congrès tenu à Blois, en 1884, par l’Association française pour l’avancement des sciences.
- L’ordre du jour appelle la communication de M. A. Potel sur les intérêts français, au point de vue industriel et cpmmjrc^ les pqys^dç lu
- J3
- M. le Président présente à l’assemblée M. A. Potel qui n’est pas membre de la Société, et dont il se fait aujourd’hui le parrain. M. A. Potel veut bien nous apporter un résumé des observations très intéressantes qu’il a pu recueillir pendant ses voyages dans les pays de la Plata où tant de sympathies nous sont acquises. Nous croyons qu’il n’est pas inutile pour nous d’être renseignés sur l’industrie et le commerce de ces contrées lointaines où nos compatriotes luttent contre la concurrence étrangère.
- M. A. Potel a la parole.
- M. Potel prend la parole en ces termes :
- La crise industrielle et commerciale que la vieille Europe traverse en ce moment, a provoqué de toutes parts un mouvement d’étude des meilleurs moyens à employer pour amener un développement plus grand des échanges avec les pays non producteurs.
- Les avis se sont partagés. Pour les uns, la conquête ou l’achat de colonies nouvelles est indispensable pour atteindre le but proposé; pour d’autres, et je n’hésite pas à me ranger parmi ceux-là, la solution immédiate pourrait se-trouver dans une meilleure organisation de nos forces commerciales, en nous contentant de mieux exploiter les pays déjà vieux comme civilisation, c’est-à-dire riches, ayant des besoins; les pays où les mœurs sont sensiblement semblables aux nôtres, mais qui ne sont pas encore devenus producteurs. Pour spécifier, nous citerons le Transwall, l’Australie et spécialement les États compris dans la vaste péninsule hispano-américaine, États latins comme nous, et que la race anglo-saxonne n’a pas encore accaparés.
- Parmi ces États, nous nous occuperons tout spécialement aujourd’hui, de deux républiques, la République argentine et celle de l’Uruguay, que je viens de visiter.
- Ce fut Jean Diaz de Solis qui découvrit le Rio de la Plata, en 1516. Parti du port de Lepe le 8 octobre, il relâcha aux Canaries, puis, poursuivant sa route, reconnut la magnifique baie où se bâtit plus tard la ville de Rio-de-Janeiro; enfin, continuant à longer les côtes, il arriva dansun vaste estuaire qu’il prit d’abord pour une mer intérieure et, à cause du peu de salure de ses eaux, il la dénomma Mar dulce.
- Onze années plus tard, Sébastien Cabot s’embarquait à Cadix et -venait visiter à son tour ces mêmes parages. La légende raconte qu’en arrivant, sachant déjà avoir devant lui un fleuve et non une mer, il jeta par-dessus son bord une pièce de monnaie et dénomma ainsi la Mar dulce de Solis, le Rio de la Plata ou Rivière de l'argent.
- La république orientale de l’Uruguay, qui s’est fondée sur la rive gauche
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- du Rio de la Plata, république dont nous voulons plus spécialement nous occuper, est située entre le 305' et le 35° de latitude sud et les 56°15' et 60°45' de longitude ouest du méridien de Paris.
- Presque tout son territoire est entouré d’eau; on peut le considérer comme une vaste péninsule réunie à l’extrémité méridionale de l’empire du Brésil. jj
- (M. Potel accompagne ses explications de nombreuses projections sur le tableau, exécutées par M. Molteni.) ........... :
- Ainsi que l’a constaté le générai Uruguayen Reyes en 1856/la ligne de! démarcation de cet État est restée la même que celle du temps de la domination espagnole. Cette ligne a environ 450 milles géographiques d’étendue ; ; elle passe par les crêtes des monts Aedo etSanta-Anna, jusqu’à la rencontre; à l’ouest, des sources de la rivière Couarim, qui débouche dans l’Uruguay, et, à l’ouest, de celles du Yaguaron qui débouche dans le lac Mérim.
- Son périmètre ressemble à un polygone de plusieurs côtés; il est bordé^ à l’ouest par le Yaguaron, au sud par le Rio de la Plata, au sud-est par l’océan Atlantique, à l’est et au nord-ouest par le lac Mérim et des rivières secondaires.
- Le général Reyes a calculé que la superficie de cette République est de 186 920 kilomètres carrés, soit un peu plus du tiers de la France, deux fois la superficie du Portugal.
- Son sol est alternativement composé de monticules et de vallées. Il est arrosé par une multitude de rivières et de cours d’eau, presque tous assez abondants. Il est d’une fertilité remarquable et produit tous les fruits et les légumes d’Europe. On voit dans les jardins qui entourent Montevideo, capitale de la République, les pommiers à côté des orangers, les cerisiers et la vigne à côté des figuiers dé Barbarie, c’est-à-dire les fruits des tropiques à! côté des fruits de nos climats tempérés. i
- Les fleurs sont magnifiques et en telle abondance, qu’elles servent à orner les plus pauvres demeures.
- La vie matérielle, en ces pays, est à très bon compte. La . viande vaut 30 à 40 centimes le kilogramme, le vin 80 centimes le litre, le pain et les légumes le même prix quJen France, un beau poisson coûte quelques sous, les loyers ! seuls sont d’un prix aussi élevé qu’à Paris. , ... !
- Dans la campagne, vingt-cinq livres de viande de bœuf se vendent ordinairement 4 francs. À !|
- Notre but étant de nous occuper ici tout spécialement de commerce et d’industrie, nous ne dirons pas comment se sont formées les populations' qui habitent ces pays, nous nous contenterons simplement de constater comment elles sont composées à l’heure présente. r
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- RÉPUBLIQUES
- ORIENTALE1 ENSEMBLE
- de ARGENTINE 2
- l’Uruguay.
- Italiens 36.303 123.641 159.944
- Espagnols 39.780 59.022 98.802
- Français 14.375 55.432 69.807
- Brésiliens 20.178 » 20.178
- Argentins 15.546 » 15.546
- Anglais 2.772 17.950 20.722
- Allemands 2.154 8.616 10.741
- Autres nationalités... 9.143 99.084 108.227
- Total 140.222 363.745
- Nationaux 298.023 2.578.255 2.876.278
- Ensemble 438:245 2.942.000
- Total général .. 3.380.245
- Nous venons de donner le chiffre de la population, nous allons donner maintenant le chiffre de la fortune foncière dans ces pays, par nationalité3.
- RÉPUBLIQUES
- ORIENTALE de l’Uruguay ARGENTINE ENSEMBLE
- francs francs francs
- Italiens 123.156.973 165.159.115 288.316.088
- Espagnols 139.203.576 45.774.265 284.977.841
- Français 72.271.197 53.519.700 125.790.897
- Anglais.. 43.023.160 32.318.795 75.341.955
- Allemands 16.860.868 16.180.725 33.041.593
- Autres nationalités... 237.516.196 88.197.660 325.713.856
- Total..... ‘ 632.031.970 401.150.260
- Nationaux. 476.564.952 552.226.990 1.028.791.942
- . Ensemble.... 1 108.596.922 Total général... 953.377.250 2.061.974.172
- Le climat* de la Plata est généralement sain et tempéré; cependant, dans les villes du littoral, il est sujet, vers certaines époques de l’année, à des variations brusques de température, comme du reste dans les villes du
- 1. Recensement de 1879.
- 2. — de 1881.
- 3. Tous les chiffres que nous citons sont extraits des documents officiels relevés dans les pays que nous avons visités.
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- midi de l’Europe avoisinant la mer. Dans les mois les plus chauds, c’est-à-dire en décembre et janvier, correspondant pour notre hémisphère aux mois de juillet et d’août, la température maxima dans l’Uruguay est de 31° centigrades, et dans les mois les plus froids, c’est-à-dire juillet et août, le thermomètre descend rarement à 0°.
- L’émigration européenne pour les pays de la Plata est considérable. Elle provientsurtout de l’Italie et de l’Espagne. Pour laFrance, la majorité des émigrants est de provenance basque, mais leur nombre est bien moins considérable que celui des Italiens, pour la plupart Napolitains,. Milanais ou Génois. Il est du reste facile de se rendre compte de la proportion des émigrants en consultant le tableau de la population, que nous avons donné plus haut.
- En 1878 et 1879, dates de la dernière statistique officielle, publiée en 1882, pour l’Uruguay, nous avons pu constater qu’il était
- entré.............................. 20 224 personnes
- et sorti........................... 12 989 —
- D’où une différence à l’entrée de 7235 personnes.
- Sur ce nombre 3 881 immigrants s’étaient présentés à la commission locale d’immigration, commission qui ne fait aucune propagande en Europe. Elle en avait placé 3 033.
- Malheureusement, dans le nombre des personnes qui vont chercher l’aisance dans les pays de la Plata, la plupart n’ont aucun état manuel, de sorte que les hommes de peine et les domestiques sont en grand nombre ©t les gens de métiers font défaut, ce qui est très regrettable.
- Nous croyons que c’est la place, ici, de donner le montant des salaires ordinairement payés dans ces pays.
- Un ménage de laboureur gagne par mois, avec nourriture
- et logement...........................................fr. 125 à 170
- Un laboureur seul, avec nourriture et logement. ....... 70 à 100
- Les journaliers pour chemins de fer ....................... 80 à 100
- ou de 0 fr. 80 à 2 francs du mètre cube suivant la nature du terrain, toujours avec nourriture et logement.
- Jardiniers (logement et nourriture, au mois). . ........... 90 à 110
- Cuisinières — — . . ............ . 80 à 100
- Servantes — — 70 à 80
- Perruquiers — — 100 à 120
- Mécaniciens — — . ................. 300 à 350
- Relieurs — — 100 à 150
- Tailleurs — à la journée................ 7 à 10
- Charpentiers — — .......... 5 à 10
- Cordonniers — — 5 à 10
- Forgerons — — .......•. .... 7 à 10
- Ferblantiers ' — — ...... ... . 6 à 10
- Maçons — — 7 à 10
- Selliers — — 0 à 10
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- Si des travailleurs u’ayant que leurs bras comme avoir, nous passons à ceux qui, munis de quelques capitaux, voudraient aller tenter fortune dans ces pays d’outre-mer, nous leur conseillons de se grouper; car là, comme en Europe, il faut de l’argent pour organiser un établissement quel qu’il soit.
- Jusqu’à présent, il n’y a à peu près que l’élevage des bestiaux qui soit régulièrement exploité, mais il faut d’assez gros capitaux pour le tenter. Voici, quelques chiffres de rendement que nous a donnés un de nos bons amis, établi estanciero dans la Plata, depuis une dizaine d’années.
- Nous prenons comme exemple une ferme ou estancia de 8 suertes ou environ 6 lieues carrées qui servirait exclusivement à l’engraissement et à l’élevage. Il est possible de mettre sur cet espace environ 12 000 animaux.
- Première année :
- 180000 francs. 21600 —
- 60000 —
- 261600 francs.
- 31392 francs. 60000 --352992 francs.
- 32359 francs. 72000 —
- 467 351 francs.
- 52 949 francs. 520300 francs.
- Or le prix de vente des bœufs de quatre ans a été
- en 1881 de 82,50
- en 1882 de 87,00
- en 1883 de 75,00
- 244,50
- r , 244,50 „
- La moyenne est donc de —^— = 81 fr. 50
- soit pour 10 200 bœufs, mortalité déduite, à 81 fr. 50. 831 300 francs.
- Bénéfice réalisé........... 311 000 francs
- en trois années ou plus de 100000 francs par an, en dehors des 12 pour 100 d’intérêt annuel du capital employé.
- Achat de 12000 veaux mâles à 3 piastres,
- soit 15 fr...............................
- 1 année d’intérêt à 12 pour 1001,. ......
- Location du terrain et frais par animal 5 fr. .
- Ensemble........
- Deuxième année, animaux de trois ans :
- Intérêt à 12 pour 100, soit............. .
- Location et frais...........................
- Ensemble.......
- Troisième année, animaux de quatre ans :
- Intérêt.....................................
- Location et frais, 6 francs par animal......
- Ensemble.........
- Mortalité générale évaluée 15 p. 100, moyenne prise sur la deuxième année................
- 520 300 /c, OK
- so,‘ ^43lr.3S.
- j, \ 2 pour 190 «si le taux ordinaire de l'argent dans la Plata,
- V a ;
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- Voilà pour les gros capitaux; pour les capitaux plus restreints, voici ce que peut donner l’élevage du mouton, plus spécialement tenté dans la République argentine. Je cite ici M. Daireaux, qui a étudié cette importante question pendant un séjour de douze années dans la Plata.
- « L’estancia consacrée à l’élevage du mouton est généralement composée de terrains restreints; cependant il y a de riches propriétaires qui occupent cinq, six et même dix lieues. Pour un troupeau de 2 000 têtes, 200 hectares, 250 au maximum, suffisent; la terre se divise en conséquence, et, sur une lieue de pâturages passables, on peut placer de dix à douze troupeaux de cette importance. On trouve facilement des terrains à louer, bien qu’ils soient chaque jour plus recherchés.
- « Le système pratiqué est celui de l’association : le propriétaire ou locataire du terrain fournit un rancho: 1000 brebis, 200 hectares, à un métayer qui, fournissant également 1 000 brebis et entrant pour moitié dans les frais d’installation, aura la garde du troupeau. Tous les produits se diviseront par moitié; le métayer cependant a le droit de nourrir sa famille en tuant les animaux nécessaires à sa consommation; il doit compte, bien entendu, de chaque peau provenant de ces abatages quotidiens; d’octobre à décembre a lieu la tonte; en mai, avant la mise bas d’automne, qui-commence à cette époque et qui est la plus productive, on peut vendre les animaux gras ou vieux et faire place ainsi aux agneaux.
- « Le produit de ce genre d’industrie est vraiment prodigieux. Nous avons pris au hasard le compte de rendement d’un troupeau de 2 040 moutons élevés par un métayer soigneux, associé par moitié. Il fut payé, en avril, 5 francs par tête, soit 10 200 francs; en décembre, le produit net en laine fut de 2200 francs; les peaux provenant de la consommation du métayer et de quelques animaux morts donnèrent 420 francs; en avril suivant, on put extraire du troupeau 800 animaux choisis que l’on vendit 9 francs pièce, soit 7 200 francs, et le troupeau, augmenté déjà des mises bas d’avril, resta encore de 1 900 têtes à la veille de la mise bas d’automne, qui devait donner au moins 500 agneaux, soit un revenu de près de 100 pour 100 en une seule année, pour un troupeau très ordinaire. Certes, il y a des métayers peu soigneux et des propriétaires négligents qui détruisent ou laissent perdre leur troupeau peu à peu, et, au bout de quelques années, sont plus pauvres qu’au début; mais l’homme travailleur et sobre ne trouvera nulle part un emploi plus avantageux d’un petit capital. Ce premier capital, l’immigrant qui fera preuve de qualités sérieuses ne manquera pas de propriétaires qui le lui prêteront, trop heureux de s’attacher un homme capable de faire prospérer leurs intérêts en même temps que les siens propres; mais il ne faut pas croire que cette vie soit des plus douces; le seul charme, pour celui qui aime le farniente le plus invariable, c’est l’oisiveté absolue. »
- L’année dernière, on a abattu dans la Plata 1057 000 bêtes à cornes et recueilli 57 millions de kilogrammes de laine. Il en est ainsi depuis plusieurs années.
- A côté de l’élevage, de nombreuses industries pourraient être installées
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- dans la Plata; elles offriraient de grands avantages à ceux qui se livreraient à leur exploitation. Nous voulons parler entre autres de distilleries, de tanneries et surtout d’entreprises de travaux publics.
- Lors de la conquête par les Espagnols, de nombreuses tribus indiennes habitaient les plaines de la Plata.
- Dans la République argentine, elles ont été continuellement poursuivies et refoulées plus avant, vers la Patagonie. Le même sort leur est réservé qu’aux tribus du Far-West de l’Amérique du Nord. Toutes celles qui veulent garder leur indépendance, qui ne veulent pas se fondre avec l’élément blanc, sont fatalement destinées à disparaître par extermination.
- L’historique de ces peuples peu connus, nous entraînerait trop loin pour que nous puissions le faire dans ce court opuscule. Disons seulement que la dernière tribu qui fut détruite dans l’Uruguay fut celle des Charruas. C’est en 1831, près Maldonado, qu’ils furent vaincus. Depuis trois siècles, ils luttaient contre les Espagnols, avec une intrépidité et une ténacité véritablement extraordinaires.
- En 1800, un historien espagnol Araza, écrivait :
- « Peut-être les Charruas ont-ils coûté plus de sang à l’Espagnol que les nombreuses armées de l’Inca et de Montezuma, et cependant leur nombre ne s’élève pas au chiffre insignifiant de quatre cents; on a essayé contre eux, toujours en vain, de petites et de grandes.expéditions;, sobres, agiles et forts, plus grands en moyenne que les Européens, tous coulés dans le même moule, au visage énergique et bronzé, encadré de cheveux longs et touffus, ils ont l’œil perçant, l’ouïe extraordinairement fine, les dents blanches, la main et le pied petits. »
- Les cinq ou six Charruas qui survécurent au combat, furent faits prison-niers et confiés à Montevideo à un directeur de cirque français, qui les amena à Paris, où le dernier d’entre eux finit misérablement dans un hôpital.
- Aujourd’hui l’homme qui a remplacé l’Indien dans la prairie, qui prend soin de la propriété et se livre aux rudes travaux des champs, s’appelle le Gaucho. Descendant des premiers Espagnols qui ont occupé le pays, et des China ou filles d’indiens, il tient des deux races : de l’Espagnol il a la fierté ; de l’Indien, la ruse, la souplesse, l’adresse et le génie d’observation de la nature dans ses lois les plus communes. ,
- C’est l’homme primitif dans toute l’acception du,, mot. De taille moyenne et bien prise, bronzé par le sang de sa race et par le soleil qui le frappe en pleine face du .matin au soir, lorsqu’il traverse sur son cheval l’immense plaine appelée pampa, à peine garnie de loin en loin par un ombou, il est toujours d’humeur gaie et égale s’il a son morceau de viande fraîche à faire rôtir dans la prairie (assado) et son verre ;d’eau journalier; quant au pain, qu’il en ait peu ou point, cela lui est égal-..
- Grande et large est son hospitalité.*, I,L reçoit le voyageur comme un frère, ne lui demandant jamais où il va, ni d’où il vient. Il partage avec lui tout ce qu’il possède, sans vouloir accepter le moindre payement, à
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- moins que ce ne soit à titre de cadeau ou de souvenir et encore faut-il que ce 11e soit pas de l’argent.
- Pour lui-même, il n’a pas de coquetterie. De larges pantalons appelés chiripa, une veste de drap noir, une ceinture dans laquelle est passé son couteau, un poncho, ou couverture de laine douce, rayée, percée en son centre d’un trou pour passer la tête et un sombi'ero en feutre, voilà son accoutrement.
- Dans la prairie, il est ordinairement chaussé de bandes de cuir souple, attachées à ses pieds et le long de sa jambe jusqu’au genou au moyen de lanières, à la façon indienne ; mais lorsqu’il vient en ville, il met de belles bottes à l’écuyère en cuir verni, et je vous assure qu’avec son costume original, il a alors fort bel air.
- S’il n’est pas très coquet pour lui, il n’en est pas de même pour son cheval. Il n’aime pas la selle anglaise de nos pays, il lui préfère son recado, qui lui compose un excellent lit lorsqu’il couche dans la plaine. Ses étriers sont souvent en argent massif, d’une forme très haute et toute spéciale; il en est de même de la garniture du mors et de la bride, de ses éperons, de la poignée et du fourreau de son couteau. Tout l’argent qu’il pourra gagner passe dans ces ornements, à moins qu’il ne boive la cagne ou eau-de-vie de canne à sucre à la pulperia, et ensuite qu’il ne joue, car le jeu est la passion dominante chez lui. Les cartes et les dés l’attirent, et ce vice est tellement enraciné chez le gaucho que, s’il devient soldat, bien qu’il lui soit interdit sous les peines corporelles les plus graves d’avoir des cartes ou des dés, il invente mille combinaisons pour satisfaire sa passion. Une, entre autres, m’a paru singulièrement originale. Deux petits tas de sucre à peu près égaux étant formés, et deux mouches étant attrapées, les deux joueurs tirent au sort le tas sur lequel chacun d’eux place sa mouche. Celle des deux qui a le plus tôt fini son tas de sucre, fait gagner le propriétaire du tas. km!
- Dans la campagne, lorsque le gaucho a tout perdu et qu’il soupçonne son adversaire d’avoir triché, ce qui arrive souvent, le drame succède au jeu : les couteaux sont tirés et presque toujours un homme reste sur le carreau le ventre ouvert. Comme la justice est loin, le plus ordinairement le dénouement de ces scènes tragiques reste ignoré.
- Jamais le gaucho ne vous volera de l’argent, — je parle ici du travailleur et non du bandit qui parcourt les plaines, celui-ci n’étant plus heureu sement qu’une exception. Mais s’il peut vous prendre un morceau de cuir capable de servir à l’ornement de sa selle ou de sa* bride, il, le fera sans vergogne ne considérant pas cela comme un larcin.
- L’élevage du bétail étant, comme nous l’avons dit, la seule industrie véritablement grandement établie, c’est au gaucho que les soins'tout primitifs qu’elle nécessite sont dévolus. Ges soins portent sur trois points.'
- Lorsque les jeunes taureaux ont six mois, on les marque : quand: ils ont deux ans, on les castre, et, à quatre ans, on les vend,q pour être tués et salés, puis expédiés au Brésil et à la Havane, où ils forment la meilleure
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- partie de la nourriture des noirs et le mets national, composé de cette viande cuite avec des haricots rouges, que les Brésiliens appellent Fejoade.
- Nous avons démontré plus haut, ce que peut rapporter l’élevage du bœuf et du mouton, nous allons maintenant parler de l’industrie du tueur, c’est-à-dire du saladerista.
- Il existe dans les deux républiques dont nous nous occupons 28 155 249 bêtes à cornes et 68 063 619 moutons.
- L’histoire de la création de cet immense troupeau est réellement très curieuse. En 1553, c’est-à-dire cinquante ans après les premières descentes des Espagnols sur les rives du Rio de la Plata, les frères Goës, deux Portugais dont l’histoire a conservé les noms, amenèrent de Sainte-Catherine sur la côte du Brésil, par la roule de terre, jusqu’à l’Assomption du Paraguay, huit vaches et un taureau, source de tout ce bétail. Pour récompense de ce voyage, qui dura six mois, ils reçurent une vache.
- Pendant de longues années, le gouvernement espagnol se refusa à laisser faire aucune espèce d’exploitation, de sorte que ce bétail se reproduisit en liberté d’une façon prodigieuse. Les propriétaires ne connaissaient pas le chiffre de leurs troupeaux, ce qui permettait aux voleurs indiens et à ceux venus, du côté du Brésil, d’exercer en paix leur coupable industrie.
- Enfin, en 1794, cinq matelots irlandais venus sur la côte de Patagonie pour la pêche de la baleine, se trouvant échoués et recueillis à Buenos-Ayres, eurent l’idée d’appliquer àla conservation de la viande les procédés de salaison et de séchage employés à celle du poisson ; c’était fort simple, mais l’ignorance des colons était telle, ils avaient eu jusque-là si peu d’intérêt à s’occuper de ces questions, que la révélation de ces cinq matelots fut accueillie comme une découverte des plus merveilleuses.
- On fit des essais qui réussirent parfaitement: des échantillons expédiés par des navires en partance firent le tour du monde sans s’altérer ; en un mot, le résultat fut du premier coup si satisfaisant, qu’après quatre-vingts ans aucune modification n’y a été apportée.
- De ce jour, l’industrie si importante des saladeros était créée. Cependant il ne fallait pas songer à fabriquer du jour au lendemain des quantités considérables de viande salée. Ce qui faisait défaut, c’étaient non seulement les hommes entendus et pratiques dans ce travail nouveau. Mais encore le sel, les tonneaux, et, ce qui était plus grave, les capitaux. Il fallut, comme toujours, que les hacendados s’adressassent au roi, lui demandant de favoriser la création de cette industrie, d’autoriser la venue de cent ouvriers irlandais catholiques qui pussent enseigner aux nègres ce travail nouveau; on demandait aussi la fondation d’une compagnie qui pût acheter et centraliser tous les produits que l’on préparerait dans les estancias pour les exporter dans les autres colonies et le continent européen.
- Ces pétitions restèrent sans réponse, et les colons durent se contenter d’employer le nouveau système de salaison, chacun séparément, suivant le nombre de ses troupeaux et des esclaves dont il disposait, mais sans que l’on pût songer à établir des saladeros. Ce ne fut que de longues années après
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- que quelques-uns furent créés à Buenos-Ayres,assez peu importants du reste au début pour qu’ils n’aient pas laissé trace dans les documents publics.
- En 1822 seulement, l’existence en est constatée par un règlement qui les atteint. Ils s’étaient groupés autour de Buenos-Ayres et devenaient assez gênants pour la ville, qui s’agrandissait et les englobait, pour qu’une ordonnance leur enjoignît de s’éloigner à une demi-lieue au moins du palais municipal, le Cabildo. Enfin le traité de 1825 avec l’Angleterre, en autorisant celle-ci à faire le commerce, leur donna une impulsion rapide, décida par cela même la fortune des hacendados, quintupla la valeur des troupeaux et contribua à la création d’une aristocratie de propriétaires qui vint prendre la place des riches négociants espagnols expulsés en 1810. A la même époque, un estanciero platéen, voyageant en Europe, envoyait à Buenos-Ayres pour y perfectionner la fusion des graisses, un chimiste français, M. Antoine Cambacérès, neveu du prince de l’empire, qui devait consacrer sa vie au progrès de cette industrie, et qui créa, au bout de quelques années de séjour, un établissement modèle, aujourd’hui encore exploité par son fils.
- Aujourd’hui, plus de vingt saladeros fonctionnent dans les deux républiques et on y abat annuellement 1 200 000 têtes de bétail. L’industrie de l’élevage du mouton est également très prospère. L’année dernière elle a donné comme rendement près de 60 millions de kilogrammes de laine, vendus 119 millions de francs.
- On compte que le bénéfice du saladerista est d’environ une piastre, soit un peu plus de cinq francs par tête d’animal abattu.
- Nous avons dit que la population totale des deux républiques était de 3380 245 individus, et que la fortune foncière s’élevait à plus de 2 milliards ; nous allons maintenantindiquer le chiffre général du commerce de ces contrées, en chiffres ronds, pour les années 1882 et 1883.
- 1882 1883
- République de l’Uruguay ........ 211 237
- — argentine........................ 618 700
- Soit ensemble................ . 821 et 937
- millions de francs.
- Bans ces chiffres, la France est comprise pour 173 millions 1/2 en 1882, et pour 232 millions 1/2 en 1883, se décomposant ainsi pour 1883.
- Importation dans ces républiques.
- République de l’Uruguay. . ........... 18 mil. 3/4
- — argentine............... 87 » 1/2
- Soit : . . . 106 mil. 1/4
- Exportation en frange.
- République de l’Uruguay............ 21 mil. 1/4
- — argentinè.......... 105 »
- Ensemble. . . . 126 mil. 1/4
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- Eh bien, messieurs, ces chiffres qui semblent magnifiques au premier examen, sont au fond moins brillants que ceux qui se rapportent au commerce de nos voisins. Pendant que nos transactions avec ces pays ont augmenté depuis quatre ans dans la proportion de 50 pour 100, celles des Anglais ont augmenté de 80 pour 100 et celle des Allemands de 400 pour 100.
- Je sais bien que si je prends les chiffres relevés dans la statistique du ministère du commerce, les 232 millions 1/2 que je citais tout à l’heure deviendront un peu plus de 348 millions; mais, si je prends ce dernier chiffre, je devrai augmenter dans la même proportion ceux relatifs h nos voisins et le résultat restera le même. La différence sensible, que je signale, entre les chiffres donnés par la statistique locale des douanes et le chiffre du ministère du commerce français, provient du taux élevé des droits d’entrée qui fait qu’on ne déclare presque jamais la valeur réelle des marchandises importées. Voici, du reste, les chiffres donnés par le ministère du commerce, par nature de marchandises, en 1883.
- Pour prouver que le chiffre de nos transactions n’augmente pas dans la même proportion que celui de nos voisins, nous allons citer quelques phiffres extraits du dernier rapport de M. G.-B. d’Anglade, gérant du consulat général de France à. Montevideo, adressé à M. le ministre du commerce le 16 août de l’année dernière.
- « La France, dont les produits industriels étaient autrefois presque sans rivaux, bien qu’elle soit encore aussitôt après l’Angleterre, dont les importations dans l’Uruguay sont les plus considérables, n’augmente pas son commerce avec ce pays-ci dans les mêmes proportions que l’Allemagne et l’Italie, par exemple.
- « En 1880, la France avait importé dans l’Uruguay pour
- en 1881, le chiffre diminuait et tombait à................
- de même en 1882, à......................................
- et l’augmentation de l’année 1883 (4572169 fr.) ne donne
- qu’un chiffre de.......................................
- à peine supérieur à celui de l’année 1880.
- t .... ï
- 18 204 480 fr. 15 697 508 — 14183424 —
- 18852793 -
- « Voici, au contraire, quels sont les chiffres des importations de l’Italie dans l’Uruguay : '
- ..1878. i!.................... 4.683.652 francs.
- 1879 ........................ 5.905.677 —
- 1880 ...................... 8.226.252 —
- 1881 ..................... 5.573.847 —
- 1882.. ...................... 6.715.283 —
- 1883.. ...........è . 7.093.623 —
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- « Les importations de provenance allemande, ont suivi une marche plus rapide encore :
- 1878 ........................ 4.368.249 francs.
- 1879 ..................... o.026.968 —
- 1880 ........................ 5.957.609 —
- 1881 ........................ 6.378.183 —
- 1882 ........................ 7.585.336 —
- 1883 ........................ 10.961.244 —
- Et M. d’Anglade continue ainsi :
- « Ce sont là des chiffres éloquents, et il y aurait lieu pour l’industrie et le commerce français de se préoccuper d’un pareil état de choses qui, s’il continuait, pourrait lui devenir fatal sur le marché de la Plata, grand débouché destine à devenir plus grand encore.
- « J’ai interrogé à ce sujet la Chambre consultative du commerce français, qui est certainement compétente, et parmi les raisons nombreuses, mais d’un ordre tout spécial, qui m’ont été fournies, j’ai le devoir d’en signale, une à la bienveillante attention de Votre Excellence.
- « Les produits de l’industrie française arrivent tous sur le marché de Montevideo avec des prix trop élevés; certainement il faut mettre en ligne de compte la main-d’œuvre plus chère en France qu’en Allemagne ou en Italie, mais aussi la connaissance plus exacte du marché par le commerce allemand et italien.
- « Le public étant habitué ici aux produits français, qu’il payait des prix très élevés, le commerce allemand et italien, qui fabrique tout spécialement en vue de l’exportation, a copié nos modèles en flattant les goûts du pays et est arrivé à produire, aux dépens de la qualité de l’objet, des meubles par exemple tout couverts d‘ornementation dans le goût oriental à un prix bien plus bas que les produits similaires français beaucoup plus simples.
- « D’après l’avis de la Chambre consultative du commerce français, si notre industrie veut pouvoir lutter avec avantage, il est indispensable qu’elle produise en vue de l’exportation sans chercher à imposer son goût pour le simple et le beau. »
- Pour compléter et avant d’indiquer aussi exactement que possible les divers articles fournis en plus grande quantité par nos voisins que par nous-mêmes, nous allons faire connaître en chiffres ronds le chiffre du commerce anglais dans la Plata, toujours d’après les douanes locales : Importations d’Angleterre dans la Plata 54b 000 000 Exportations de la Plata en Angleterre . . 5 000 000
- Ensemble. . . . 550 000 000
- .... îUïiUVÆ .
- On remarquera évidemment que nos exportations dépassent nos importations de 20 millions, quand, chez les Anglais, c’estde.çontraire qui existe. C’est que nous sommes, avec les Belges et les Allemands, les grands ache-
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- teurs de laines de la Plata, tandis que les Anglais approvisionnent leurs usines dans leurs colonies d’Australie, ce qui, pour eux, présente un double bénéfice, trop facilement appréciable, pour qu’il soit nécessaire d’insister sur ce sujet.
- Voici maintenant les divers articles sur lesquels nous appelons toute l’attention des industriels de notre pays, articles relevés sur la statistique des douanes locales :
- FIL DE FEU POUR CLOTURER LES PROPRIÉTÉS
- L’Angleterre a fourni l’année dernière..... 15.400 tonnes
- La France.................................. 5.400 —
- La Belgique.................................... 3.500 —
- L’Allemagne................................ 2.000 —
- FERS-BLANCS.
- L’Angleterre............................... 868.000 kilog.
- La Belgique................................... 36.000 —
- La France...................................... 1.325 —
- COLONNES EN FONTE ET POUTRELLES EN FER.
- Belgique.. Angleterre France...
- 300.000 francs 150.000 — 200 —
- COGNAC.
- La France en a fourni pour 4.400.000 francs L’Allemagne (?) — pour 1.650.000 —
- Puisque je suis sur la question des liquides, voici la quantité de vins exportée d’Europe à la Plata:
- Espagne, 41 millions et demi de litres représentant 18 millions de francs France, 31 millions et demi — — 16 — —
- toujours, comme argent, d’après l’appréciation donnée par les douanes de La Plata.
- CHAUSSURES.
- Belgique .. France.... Angleterre
- 870.500 francs 700.000 -
- 500.000 —
- CHEMISES DE TOILE ET DE COTON.
- Pour cet article, .c’est nous qui tenons la tête.
- France ................................... 26.000 douzaines
- Angleterre....................... .... 18.000 —
- Italie.,................................... 5.600 —
- Allemagne.................................. 5.900 —
- TOILES D’EMBALLAGE.
- Angleterre.................. 4.000.000 de kilog.
- France...................... 31.000 —
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- TOILES DE COTON.
- République argentine1 :
- Angleterre........... 4.700.000 kilog. + 6.200.000 mètres
- Allemagne.............. 286.000 — + 1.000.000 —
- États-Unis............. 184.000 — + 407.000 —
- France................. 134.000 — +2.780.000 —
- République de l’Uruguay :
- Angleterre.................................... 12.000.000 —
- France........................................... 400.000 —
- Allemagne........................................ 330.000 —
- États-Unis....................................... 280.000 —
- TOILES DE FIL.
- Angleterre (R. A.)....................... 660.000 mètres
- Belgique......................................... 650.000 —
- France.......................................... 250.000 —
- Allemagne....................................... 170.000 —
- TISSUS DE LAINE.
- Allemagne...................... 650.000 mètres + 12.500 kil.
- Angleterre..................... 400.000 — + 20.200 —
- France......................... 332 000 — +53.000—
- Belgique....................... 67.000 — + »
- Bonneterie de toutes sortes.
- Allemagne................................... 220.000 douzaines
- Angleterre.......................................... 210.000 —
- France.............................................. 135.000 —
- Mouchoirs.
- Angleterre.................................. 465.000 douzaines
- France............................................. 28.000 —
- Allemagne........................................... 12.500 —
- Papiers.
- à écrire d’imprimerie d'emballage
- Angleterre...... 105.000 kil. 450.000 kil. 182.000 kil.
- Italie........... 116.000 — 92.000 - 1.105.000 —
- France........... 100.000 — 55.000 — 82.000 —
- Espagne......... 95.000 — » »
- Allemagne....... 75.000 — 478.060 - 20.000 —
- Belgique.......... 65.000 — 580.000 - 75.000 —
- Papiers peints.
- France...................... 70.000 kil. pour 150.000 francs
- Allemagne..................... 30.000 — 40.000 —
- Angleterre.................... 18.000 — 25.000 —
- 1. Il existe un droit d’entrée différentiel pour tous les articles où nous indiquons séparément les kilogrammes et les mètres.
- bull. 4
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- — SO —
- Machines.
- États-Unis........................... 23.000 charrues.
- Angleterre.............................. 300 —
- France......... .......................... 9 * —
- Machines d’agriculture diverses.
- Angleterre........................... 1.150.000 francs.
- États-Unis............................... 575.000 —
- France.................................... 75.000 —
- Machines diverses et moteurs a vapeur.
- Angleterre............................. 1.575.000 francs.
- États-Unis............................. 1.375.000 -
- France................................... 420.000 —
- Allemagne........................... 300.000 —
- Machines a coudre.
- Allemagne......... 7.746 machines pour 825.000 francs.
- États-Unis........ 2.400 — — 250.000 —
- Angleterre........ 1.028 — — 100.000
- France....’............ 438 — — 50.000 —
- Sucres.
- France.......... 10.700 tonnes, représentant 10.200.000 francs.
- Allemagne....... 4.700 — — 4.790.000 —
- Belgique.......... 2.300 — — 2.140.000 —
- • Hollande........... 1.600 — — 1.500.000 —
- Charbon de terre.
- Angleterre.......................... 200.000 tonnes.
- États-Unis................................. 2.900 —
- France.............................. néant.
- Le prix de la tonne de charbon à la Plata, est de 50 francs.
- Toiles cirées.
- Angleterre.............................. 70.000 mètres.
- Allemagne...................;....... 11.000 —
- France..................................... 8.000 —
- Toiles a voile.
- . Angleterre.......... 530.000 kil. -{- 220.000 mètres.
- États-Unis............ 280.000 ----f- 50.000 —
- France................. 60.000 ----j- 843 —
- Verres a vitres.
- Belgique............................... 450.000 francs.
- France.................................. 60.000 —
- Angleterre.............................. 25.000 —
- Meubles.
- France................................. 670.000 francs.
- Allemagne.............................. 450.000 —
- États-Unis....... 550.000 —
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- Bougies, industrie créée en France.
- Belgique.. Hollande.. Allemagne Angleterre
- Italie....
- France ,..
- 365.000 kilog. 164.000 -122.000 — 124.000 — 27.000 -7.800 -
- Ciments.
- Angleterre........................... 10.000 tonnes. ' ’
- France................................... 1.776 — '// 1
- Belgique......!....................... 993 —
- Allemagne................................ 660 —
- Ainsi que le constatent les rapports de nos consuls, et ainsi que j’ai pu le constater par moi-même à la Plata, notre infériorité relative qui, malheureusement va en s’accentuant, tient surtout à l’organisation de notre' commerce. Pendant que nos concurrents vont vendre, directement leurs produits, s’informant sur place des besoins de leurs acheteurs, nous attendons patiemment, dans nos usines, les ordres que l’on veut bien nous transmettre.
- Il nous faut absolument changer cette façon d'opérer, sous peine 'd’une1 ruine certaine. Deux moyens se présentent à l’esprit; tous deux sont faciles et pratiques. L’un des deux- consiste h former des syndicats d’industries diverses, permettant l’envoi de représentants sur place tout en diminuant les frais pour chacun; l’autre, à créer des musées industriels et commerciaux dans les grands centres que nous voulons exploiter. Mais cela fait* il1 y aura encore une grande question à résoudre.
- On a vu plus haut que la Plata contient 70 000 Français; que leur for-lune foncière et commerciale était estimée à plus de 250000000 de fraiies; que nos transactions annuelles avec ces pays se montent à 232 millions.' Eh bien, l’énorme mouvement d’argent que supposent de pareils chiffres se fait par les mains des étrangers, car nous n’avons pas de banque française dans la Plata !
- Montevideo et Buenos-Ayres possèdent huit grandes banques : une est italienne, une espagnole, trois anglaises disposant d’un capital de plus de 50 millions, trois sont locales, et il y a aussi quelques maisons de commerce émettant du papier sur leurs succursales d’Europe. Le bilan d’une de ces banques, la London and River Plate Bank Co, arrêté au 30 septembre der-nier, accuse les résultats suivants : • h »*.
- « Déduction faite des créances douteuses et des intérêts courants, un bénéfice net de 161600 £, soit: 4 025 000 francs; de celte somme les directeurs proposent : (A) de payer le 22 décembre un dividende de 4 pour 100 et boni de; 3 pour 100, ce qui fait, avec le dividende payé en juin der-rier, une distribution de 11 pour 100 pour l'exercice5 terminé, impôts déduits ;î(B) en outre',1:de placer 25,000 £ au capital de réserve, qui s’élèvera
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- ainsi à 210000£, soit, 5250000 francs; de sorte qu’il restera encore un solde de 10 600 £ à porter au compte nouveau de profits et pertes.
- Nos commerçants et nos industriels sont.trop intéressés à ces questions pour que ces r ésultats magnifiques ne les frappent pas. Car ce n’est pas seulement notre argent dont l’étranger profite au moyen de ses banques, mais bien aussi de nos affaires elles-mêmes. Quand un Français va porter son papier à escompter dans une banque anglaise ou allemande, le directeur de celle-ci voit avec qui notre compatriote trafique et il s’empresse d’en faire part à ses compatriotes. Voilà le vrai danger et celui auquel il faut porter un remède immédiat.
- Le jour où une banque française sera fondée dans la Plata, il sera facile d’avoir des renseignements certains sur les affaires qui se présenteront et cela dispensera d’utiliser les intermédiaires qui prélèvent sur les produits français des commissions considérables.
- Alors l’industrie française pourra lutter avantageusement contre les produits allemands et anglais. Si nos articles sont un peu plus chers que ceux de nos voisins, ils présentent plus de garantie de solidité et d’élégance que les leurs et sont plus appréciés.
- En outre, de grands travaux publics restent à faire dans la Plata. Des ponts, des roules sont à créer; et, dans l’Uruguay, une loi spéciale autorise le pouvoir exécutif à traiter avec telle compagnie qui se présentera pour ces constructions, en l’autorisant à accorder un droit de péage qui ne pourra excéder trente années pour payer ces travaux.
- Dans ce pays, dont la superficie est égale au tiers de la France, il existe seulement 205 kilomètres de chemin de fer. Citer ce chiffre, c’est dire ce qui peut être fait. Certaines provinces sont complètement dépourvues de routes, et les nombreux troupeaux qu’elles renferment restent sans valeur à cause des difficultés que cet état de choses crée pour leur transport. La banque pourrait et devrait aider les constructeurs et les entrepreneurs qui demanderaient des concessions. Son devoir serait d’informer nos compatriotes des entreprises lucratives qui pourraient être tentées et d’assurer le vaste mouvement quelles nécessiteraient avec la France.
- Nul doute, que nos compatriotes établis dans la Plata et dont nous disions le chiffre de la fortune tout à l’heure, voyant ce mouvement se dessiner dans la mère patrie, ne concourent à son développement en y apportant leurs capitaux et ne fournissent ainsi à la France un vaste champ d’exploitation pacifique, qui profitera à notre pays dans une large mesure et augmentera le bien-être des populations qui habitent les républiques qui bordent le Rio de la Plata. (.Applaudissements.)
- M. le Président demande si quelqu’un a des observations à faire à M. Potel. M. Seyrig a la parole.
- M. Seyrig ne croit pas, le fret-étant de 35 francs, qu’on puisse livrer à la Plata le charbon français en concurrence avec le charbon anglais, qui arrive même jusqu’à Paris ? Il ne voit pas comment on pourrait souhaiter voir apparaître le charbon français sur le marché delà Plata. Nous sommes
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- dans des conditions d’infériorité réelles, quant aux prix de revient et de transport. Il y a intérêt, au contraire, à faire des efforts pour les produit s manufacturés, parce que, malgré la concurrence de l’Allemagne et de l’Angleterre, nos articles sont encore préférés sur certains marchés.
- M. Potel. Absolument préférés, parce qu’ils sont meilleurs et mieux fabriqués. Malheureusement, nos produits sont copiés par les Allemands, qui les vendent sous une marque française.
- M. Simon demande à M. Potel s’il pourrait donner quelques renseignements sur le lavage des laines. Il désirerait savoir si les lavoirs se développent dans la République argentine.
- M. Potel. — Pas encore, ils ne se développent pas, parce qu’ils ne savent pas travailler, ils ne font que commencer.
- M. Simon. — Ces lavoirs sont-ils dirigés par des Français?
- M. Potel répond qu’il y a un Français, à Montevideo, qui s’en occupe; il n’en connaît pas dans la République argentine.
- M. le Président remercie vivement M. Potel de sa très intéressante conférence; elle sort un peu de nos études ordinaires, mais il n’est pas mauvais que les ingénieurs civils français voient un peu et sachent ce qui se passe à l’étranger. M. le Président est de l’avis de M. Seyrig, pour la houille : nous n’en avons pas assez nous-mêmes pour aller la vendre à la Plala. Mais au point de vue des objets manufacturés, il en est autrement. L’idée de M. Potel de fonder une banque française pour sauvegarder les capitaux français, est excellente; c’est là le point de départ à créer; mais ceci n’appartient pas aux ingénieurs civils, qui font gagner de l’argent aux autres, et ne sont pas assez riches pour fonder une banque.
- M. Potel nous a montré qu’on pouvait gagner sa vie à la Plata : il y aurait là, pour les populations malheureuses de notre payé, un exutoire qui vaudrait mieux que ce qu’on sera forcé de faire pour dés récidivistes. Il vaudrait certainement mieux aller là-bas gagner sa vie honnêtement et fructueusement que de croupir dans le vice en France.
- MM. Louisse, Thomas et Turpin, ont été reçus membres sociétaires.
- La séance est levée à onze heures. \
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- ANNEXE AU PROCÈS-VERBAL
- de la Séance du 17 juillet 1885'
- Noms.
- SUR L’EXPOSITION D’AN VE RS
- Par JM. JL MOR4NDIERE.
- NOTE SUR L’EXPOSITION
- DE L’ADMINISTRATION DES PONTS ET CHAUSSÉES DE BELGIQUE
- L’exposition de TAdministration des ponts et chaussées de Belgique se trouve à côté de la section de l’enseignement. Elle comprend des modèles et plans de travaux fort importants, de diverses natures, des cartes, dessins et photographies représentent l’ensemble de l’amélioration projetée et en partie exécutée des cours de l’Escaut et de la Meuse. Deux méthodes différentes sont appliquées.
- Les indications des hauteurs journalières de d’Escaut sont prises à diverses stations, et des appareils mis à ces points sont reliés par des fils électriques à des tambours enregistreurs,’ sorte de marégraphes, tous concentrés dans le bureau de l’ingénieur à Anvers. Actuellement ces appareils sont réunis à l’Exposition où on les voit fonctionner.
- Des dessins représentent également les beaux travaux exécutés pour deux canaux à grande section. On trouve, pour l’un d’eux, un élévateur hydraulique de beaucoup plus grande dimension que celui d’Anderton en Angleterre. Des écluses, d’une disposition nouvelle, sont flanquées de deux bassins dont les fonds sont à des hauteurs intermédiaires entre le plan d’eau supérieur et le plan d’eau inférieur. Des portes latérales permettent de remplir ces bassins, dont l’eau est ensuite remise dans l’écluse, en évitant la perte d’une égale quantité à chaque éclusée. On a exposé un modèle de cette écluse.
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- Une partie importante de l’exposition des ponts et chaussées est consacrée aux travaux du port d’Anvers. Le port est divisé en deux parties, savoir : 1° les bassins à Ilots, où l’on trouve les entrepôts et la grande gare maritime du chemin de fer ; 2° les quais de l’Escaut, obtenus par la régularisation du lit du fleuve, et donnant une profondeur d’eau d’au moins 8 à 9 mètres contre le quai à marée basse. Un spécimen du quai existe dans le parc. Tous ces bassins et quais, desservis par des voies ferrées, sont munis d’engins hydrauliques pour la manutention. On peut citer : une grande bigue de 120 tonnes et un pont roulant pesant37o tonnes, donnant une passe libre de 27m,50. Salongueur est de 48m,36. Il est levé au moyen de deux plongeurs hydrauliques de lm,80 de diamètre-, et tiré par des chaînes actionnées à l’aide de plongeurs de 0m,61 de diamètre.
- Les dépenses effectuées à Anvers peuvent se monter à 124 millions de francs.
- Le mode de construction des quais de l’Escaut a d’ailleurs été déjà signalé à la Société par M. Hersent (Bulletin d’avril 1882), où l’on trouvera un plan d’Anvers avec indication des travaux projetés, aujourd’hui terminés. A droite de ce plan, on voit une grande gare appelée station du Sud, actuellement ouverte, et tout contre laquelle se trouve l'Exposition avec sa principale entrée dans Y avenue du Sud.
- On trouve en outre des renseignements sur Anvers, ses bassins et son trafic, dans les ouvrages suivants :
- Annales des ponts et chaussées, 1878.
- 1er Semestre. Mémoire de M. Quinette de Rochemont, Annales des ponts et chaussées, 1882. 2e Semestre. Note par M. G. Lechalas.
- Génie civil, 1er semestre 1884.
- NOTES SÛR L’EXPOSITION DES CHEMINS DE FER;f
- 1. Matériel fixe. — A l’Exposition d’Anvers, le matériel fixe n’a point été groupé dans un endroit spécial et les chemins de fer de l’Ét&t n’ont point exposé, Les quelques objets isolés et épars que l’on rencontre, sont d’ailleurs uniquement des spécimens de fabrication. Il est donc difficile de citer autre chose que l’exposition des signaux de Saxby, une autre installation d’aiguilles et de signaux de M. Flamache, et la collection complète du Grand Central belge. Signalons aussi les appa-
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- rails électriques de la compagnie du Nord, dans l’exposition de M. Mors.
- 2. Matériel roulant. — Un très petit nombre de pays ont envoyé du matériel roulant de chemins de fer à l’Exposition d’Anvers. La Belgique seule montre de très nombreux spécimens, mais les voitures à voyageurs, et, d’une façon générale, les types courants devront être étudiés sur les chemins de fer eux-mêmes. Notons d’ailleurs que tous les produits sont exposés par les constructeurs, et que l’administration, des chemins de fer de l’État belge n’est point exposante.
- Locomotives. — L’usine delà Société CockerillàSeraing amis dans son groupe spécial, situé au milieu de la galerie des machines, trois locomotives.
- 1° Citons d’abord la machine la plus intéressante de toute l’Exposition par sa nouveauté. Elle a été construite sur les plans de l’État belge, en vue de remorquer les express sur les fortes inclinaisons de la rampe du Luxembourg belge. C’est une machine à tender séparé, montée sur quatre essieux, dont trois accouplés avec roues de lm,70 de diamètre environ. L’essieu porteur d’avant est muni de boîtes radiales du système Roy. Les cylindres inclinés sont placés entre le premier et le deuxième essieu; le tiroir est accessible de l’extérieur, et la distribution est du système Walchaerts. Les glissières de tête du piston sont à la partie supérieure seulement. La chaudière est de très grande dimension, et le foyer, très long et très large, est situé au-dessus des roues d’arrière. Ce foyer manquait de hauteur, et l’on a eu, dit-on, recours à un artifice, lequel a consisté dans l’isolement du corps cylindrique et du foyer, avec deux niveaux d’eau différents ‘. Une communication existe entre les deux chambres d’eau, et une autre entre les deux chambres de vapeur, munies chacune d’un dôme avec tuyau de jonction. (Notre collègue, M. A. Mallet, a publié une disposition analogue dans la Revue industrielle du 27 octobre 1875.) Le foyer est pourvu de quatre portes et les hommes de service sont à une hauteur inusitée, de telle sorte que l’abri a dû recevoir des parois latérales fortement cintrées à la partie supérieure pour entrer dans le gabarit, et assez prolongées pour empêcher ceux qui sont sur la plate-forme de passer la tête au dehors. Le mécanicien ne trouvant pas sa place sur la plate-forme d’arrière, à cause des quatre portes de chargement, a été mis dans une cabine sur
- 1. La machine exposée à Anvers n’a pas deux niveaux différents. Le projet avait élé fait et doit être repris. <
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- le côté droit de la machine, et, comme il est impossible de se rendre de l’avant à l’arrière de la machine, ce mécanicien communique par un acoustique avec les chauffeurs.
- Parmi les détails à signaler, il faut citer l’emploi d’un changement de marche à vapeur; l’adoption de soupapes chargées directement par deux ressorts et un balancier suivant la disposition Attock ; l’usage de balanciers, entre la première et la deuxième paire de roues et entre la troisième et la quatrième ; les balanciers' du premier groupe ont leur pivot attaché à un grand balancier transversal, de telle sorte que la répartition de la charge à l’état statique se fait sur trois points. Les ressorts sont du modèle en usage depuis deux ans environ sur l’État belge; ils sont assez longs et fabriqués avec des lames qui ne reçoivent aucune courbure initiale, de telle sorte que les lames sont toutes horizontales quand le ressort n’est pas monté. Sous l’influence de la charge, le ressort fléchit au-dessous de l'horizontale, et ses conditions d’établissement sont telles que la ligne des appuis passe sensiblement par le milieu de la hauteur du ressort, lequel prend alors une courbure symétrique en forme de poisson. La machine est, comme toutes les machines à voyageurs de l’État belge, munie du frein automatique à air comprimé système Westinghouse, avec sabots agissant sur les roues motrices. La cheminée, dans le but d’offrir un large passage aux gaz, est de section rectangulaire terminée par un chapiteau carré.
- 2° La deuxième machine exposée par Seraing est établie d’après le dernier modèle de locomotives à marchandises à six roues accouplées de l’État belge, dont plusieurs spécimens sont en service depuis quelque temps déjà. Les dispositions des cylindres intérieurs et du bâti du modèle qui a précédé (et qui est exposé par Haine-Saint-Pierre), ont été sensiblement conservées, mais la chaudière a été élevée afin de mettre le foyer au-dessus des roues d’arrière et de porter la grille à lm,90 de largeur. Les parois latérales du foyer sont inclinées. Le mécanicien peut encore sortir sur le tablier qui règne autour de la machine, au moyen d’une porte ménagée à cet effet dans la face avant de l’abri, comme dans les machines américaines. Le poids total en service est de 43 tonnes, et la surface totale de chauffe est de 133 mètres carrés,*en prenant pour les tubes le diamètre extérieur. On trouve dans cette machine plusieurs des dispositions de détail déjà signalées pour la première machine de Seraing, telles que : changement de marche à vapeur, ressorts à courbure symétrique,cheminée carrée, etc.
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- 3° La troisième locomotive de Seraing est du type Nord à huit roues accouplées, construite pour le Nord-Belge en 1872; cette machine a parcouru 462 276 kilomètres, et, sans l’inscription placée dessus, on pourrait la croire neuve à quelques petits détails près.
- L’exposition de la Société de Marcinelle-Couillet, qui se trouve vers l’extrémité belge de la galerie des machines, comprend 4 locomotives, dont une seule à la voie normale de lm,50. Cette machine est d’un modèle courant de l’État belge, à 6 roues accouplées d’environ lm,70 de diamètre pour remorquer les trains de voyageurs ou de marchandises sur les lignes à profils accidentés. Elle pèse 34 tonnes à vide, et 37‘,5 en charge. La deuxième machine est pour un chemin de fer du centre de l’Italie, à voie de 1 mètre. Elle pèse 18*,5 à vide, 24 tonnes en charge, et est montée sur 6 roues accouplées de 1m,04 de diamètre. Les cylindres sont extérieurs ainsi que le bâti, et la distribution, qui est du système Walchaerts.
- Les deux autres machines de Couillet sont de petites locomotives-tenders à 4 roues, pour voies de 0m,60 à 0m,50 du modèle bien connu, et qui fonctionne avec succès sur les chemins de fer du type dit Decau-ville. L’une pèse 6 tonnes à vide, l’autre 2*,5.
- Les autres locomotives de la section belge se trouvent dans la partie réservée du matériel de chemin de fer, et vont être décrites dans l’ordre où elles se présentent, en partant du centre de la galerie.
- Carels, de Gand, expose 2 machines, une grosse et une petite. La grosse machine est du modèle express de l’État belge à cylindres intérieurs et bâti extérieur, roues de 2 mètres de diamètre. Quelques changements ont été apportés au type usuel ; notamment en ce qui concerne la distribution, laquelle a été adoptée du système Walchaerts, afin de pouvoir reporter les tiroirs vers l’extérieur et de les rendre plus accessibles. Le changement de marche à vapeur est placé contre le mécanicien, sur un coffre établi à cet effet le long de l’abri. Les ressorts sont à courbure symétrique et ceux des deux premiers essieux sont réunis par des balanciers. La glissière des têtes de piston est placée à la partie inférieure.
- La petite machine de Carels, située sur une voie latérale, est destinée aux tramways, et est munie de la distribution du système Joy.
- , Viennent ensuite les, objets de la Société métallurgique, ateliers de Tubize, au nombre de trois :
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- 1° Une voiture à vapeur du type État belge à peu près analogue à celles exposées en 1878 à Paris ;
- 2° Une très grosse machine-tender qui passe pour une des plus fortes construites. Cette locomotive est montée sur 5 essieux dont 4 accouplés, chargés de 15 tonnes chacun. Le poids utile pour l’adhérence est de 60 tonnes, et le poids total dépasserait 75 tonnes. On a pris comme point de départ la machine de rampe à cylindres extérieurs de l’État belge, et l’on a augmenté la chaudière et les approvisionnements en ajoutant à l’arrière un essieu porteur à déplacement radial. La distribution est du système Walchaerts-Stewart sans excentriques. La cheminée est rectangulaire. Les soutes de cette machine contiennent, dit-on, 10 500 litres d’eau et 4 500 kilogrammes de combustible. La surface de chauffe serait de 160 mètres carrés.
- La troisième machine de Tubize est une petite locomotive de tramway, d’un type primé par la Société des chemins vicinaux.
- La Société de Haine-Saint-Pierre a envoyé deux locomotives :
- 1° Une machine à marchandises à 6 roues accouplées et à cylindres intérieurs, du modèle courant de l’État belge ;
- 2° Une petite locomotive-tender.
- La Société de Saint-Léonard de Liège est représentée par une loco-tive-tender destinée au chemin de fer d’Anvers à Gand, dont la voie a seulement lm,10 de largeur, et qui, ouvert en 4847, est l’un des plus anciens avec voie étroite. Le profil étant très facile, il n’y a qu’une seule paire de roues motrices, le bâti est extérieur ainsi que les cylindres. La distribution est du système Walchaèrts. Le frein est à patin.
- Sur la même ligne que les locomotives belges et vers l’extrémité de la galerie, se trouvent 3 locomotives-tenders à 4 roues des types bien connus de Krauss, de Munich. La plus petite pèse environ 2 tonnes.
- La Société de Dyle et Bacalan a exposé un tender destiné à accompagner la machine express à 6 roues accouplées de Seraing.
- On ne trouve plus maintenant de locomotives exposées que dans la section française, à la gauche de l’emplacement occupé par la Société des anciens Établissements Cail, lesquels ont envoyé 3 locomotives : L’une appartenant à la Compagnie d’Orléans (M. Forquenot, ingénieur en chef du matériel et de la traction) est du modèle à voyageurs à 4 roues accouplées de lm,80 de diamètre, et à 4 essieux avec foyer
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- Ten-Brinck. La surface totale de chauffe est de 143m2,60, et le poids total se monte à 42l,5 dont 26 tonnes utiles pour l’adhérence. Ces machines font avec succès le service des express sur les-lignes à profils accidentés, comme par exemple entre Toulouse et Capedenac.
- La deuxième machine exposée par Cail est une machine-tender exécutée sur les plans de la Compagnie de l’Ouest (M. Clérault ingénieur en chef du matériel et de la traction), et d’un modèle récent, destinée à remorquer les trains de Paris à Saint-Germain sans changer de machine au Pecq, comme on le fait aujourd’hui, pour gravir la rampe de 0m,03S de l’ancien chemin de fer atmosphérique. Cette machine est à 6 roues accouplées de lm,54 de diamètre, et son poids en charge est de 39 tonnes 1/2. Elle est munie du frein Westinghouse à air comprimé comme presque toutes les locomotives à voyageurs de la compagnie des chemins de fer de l’Ouest.
- La troisième locomotive envoyée par la Société des anciens établissements Cail est une petite locomotive à voie de 0n,,60 environ du type des exploitations de cannes à sucre, avec cheminée à étouffoir.
- Dans la section française, on trouve des dessins représentant les diverses locomotives construites jusqu’à ce jour dans le système Com-pound, sur les plans de notre collègue M. Mallet, lequel a été le premier à faire cette application aux locomotives, dont on trouve maintenant des spécimens en France, en Russie, en Angleterre, en Allemagne, en Grèce, etc.
- Dans la grande halle générale, à l’extrémité de l’exposition française, et séparée de celle-ci parla salle réservée à l’Etat libre du Congo, se trouve la salle spéciale de M. de Lesseps, Suez et Panama. Dans cette dernière, on voit une petite machine locomotive exécutée par la Société franco-belge, d’après le système Bourdon, lequel dérive des machines Brown, de Winterthur, à balancier de renvoi.
- Plusieurs machines de tramway, au lieu d’être exposées dans la galerie, prennent part à un concours de traction sur le tramway allant de l’Exposition à la place de la Commune. Ce tramway est à trois files de rails de manière à admettre des véhicules aux voies de lm,50 et de 1 mètre. On y voit notamment une machine de Tubize, une de Krauss, de Munich; une de Kessler, de Esslingen, et une voiture à vapeur du système Rowan, construite par la Société franco-belge.
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- Voitures et Wagons. — Il n’existe que fort peu de voitures à voyageurs, et parmi celles-ci nous citons : une voiture mixte avec frein à vide exécutée par la Compagnie du Grand Central belge dans les ateliers de Louvain.
- Une voiture à voyageurs, à guérite et à frein par un constructeur italien et destinée aux chemins de fer de la haute Italie.
- Une voiture mixte avec perron, par la Société de Malines pour le chemin de fer Lloyd-Rostock.
- Les chantiers de la Dyle et Bacalan exposent une voiture à voie étroite, montée sur bogies, avec perrons extérieurs, et aussi une voiture de lre classe à 6 roues pour l’État belge.
- On trouve également plusieurs véhicules de tramway ou de chemin de fer à voie étroite de divers constructeurs.
- Dans la section française est un véhicule pour tramway, consistant en une terrasse terminée à chaque extrémité par un compartiment. Ce véhicule a été construit à Blanc-Misseron (Nord).
- Le matériel à marchandises compte de plus nombreux spécimens, parmi lesquels :
- Un grand wagon à 6 roues du Grand Central belge.
- Un wagon plat à 4 roues de la même compagnie, construit par la Société des grosses forges de la Hestre.
- Un wagon à houille à bords en bois, à frein, à huit sabots et à guérite, pour l’État belge, par le même constructeur que le précédent.
- Un grand wagon à 20 tonnes et à 2 bogies de l’État belge, par 1a. Société de Morlanwelz.
- Un châssis de wagon du même constructeur, avec frein à hélice, système Gambaro.
- Un wagon à bois par Neulise de Bracquegnies.
- Un wagon-tombereau, type de l’État belge , avec frein à main Stilmant par la Société de Nivelles.
- Un wagon à bords en tôle très hauts, pour le transport des combustibles et laines, destiné à l’État belge et construit par Halot de Louvain.
- En dehors de ces machines ou véhicules complets, on voit, dans les sections belge et française, de très nombreux spécimens’de pièces de forge et de détails, roues, essieux, ressorts, etc., exposés par les constructeurs qui livrent ces pièces aux ateliers de construction.
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- RECHERCHES
- SUR LA
- CONSTRUCTION THÉORIQUE
- HÉLICES PROPULSIVES
- Par M. IH IÎOI DE BRVIGMC
- Cette étude, en cherchant à analyser le fonctionnement d’une aube d’hélice, donne les moyens de résoudre un double problème : construire une aube réalisant un effet demandé ; déterminer l’effet d’une aube donnée quelconque.
- L’hélice propulsive classique est essentiellement une surface héli-coïde engendrée par le mouvement d’une ligne droite s’appuyant sur une hélice à pas constant et sur l’axe de celle-ci auquel elle reste toujours normale. On nomme la ligne droite génératrice et l’hélice directrice; et on a conservé ces désignations, par analogie, dans les propulseurs où on a diversement modifié et contourné ces lignes. Ordinairement, chaque aube de l’hélice est limitée par un cylindre concentrique à base circulaire et par deux plans normaux à l’axe.
- On a imaginé des hélices de bien des sortes, en vue d’en améliorer l’effet. Nous ne pouvons songer à les décrire dans une simple note; elles se trouvent dans les ouvrages spéciaux. D’ailleurs cette revue offrirait peu d’intérêt, et la comparaison des divers systèmes avec le nôtre ressortira naturellement de l’exposé suivant.,.
- La préoccupation principale qui s’est montrée dans les diverses formes d’hélices était celle-ci : 1° maintenir la pression de l’eau pendant son parcours sur l’aube au moyen d’une directrice à pas croissant ;
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- 2° annuler le plus possible « l’action centrifuge » de l’hélice, comme inutile à la propulsion et par conséquent nuisible.
- Le meilleur exemple, peut-être, de ce système, est l’hélice Hirsch, parue il y a environ vingt ans et légèrement modifiée depuis. L’aube est comprise, comme dans l’hélice ordinaire, entre le cylindre concentrique et deux plans normaux à l’axe; la génératrice et la directrice sont des courbes tournant leur concavité très accentuée dans le même sens, celui de l’action sur l’eau. Au début, ou peu après, M. Hirsch adopta pour génératrice une spirale d’Archimède.
- Cette hélice a été perfectionnée notamment par M. du Rocher du Quengo qui, par des motifs calculés, substitua la spirale logarithmique à la spirale d’Archimède et adopta pour directrice une sinusoïde. Du reste, il ne paraît pas avoir décidé s’il convenait de se borner à la partie concave de la sinusoïde, ou bien de l’employer tout entière, afin de laisser décroître la vitesse de l’eau sur l’aube après un certain point, et de l’abandonner sans vitesse.
- D’autres auteurs, comme M. Thornycroft et lord Dundonald, ont adopté des génératrices paraboliques diversement tournées ; mais celles-ci, au lieu d’être contenues dans un plan normal à l’axe, comme la génératrice Hirsch, sont dans un plan passant par l’axe .... Nous nous bornerons à dire que ce dernier système diffère entièrement du système Hirsch et de ses dérivés. Au système Thornycroft peut s’appliquer ce que nous dirons dans la suite... Nous croyons ce système inutile et même défectueux pour l’hélice considérée isolément; bien que la disposition des courants le long du navire puisse peut-être le recommander1...
- Le reproche principal qu’il est permis de faire à ces systèmes, comme à tous ceux parus jusqu’ici, c’est que leurs éléments essentiels, — génératrice, directrice ou autres, —.sont choisis trop arbitrairement; par une intuition générale du phénomène, par une impression de sentiment, plus ou moins nette, sur la manière dont l’aube agit sur l’eau... mais nullement par des motifs de calcul ou des considérations de mécanique précises. — Sur ces bases trop vagues, certains auteurs ont édifié des calculs remarquables, indiquant bien l’action d’une surface donnée ; mais évidemment ces calculs ne pouvaient diminuer l’incertitude du point de départ. t
- 1. Dans ce qui suit, à moins de mention contraire, nous ne parlerons que des génératrices courbes dans le plan normal à l'axe de rotation. ’ ->
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- L’étude suivante, au contraire, a pour but de déterminer exactement, autant que possible, ce que doivent être la génératrice et la directrice, ou les éléments par lesquels on serait conduit à les remplacer, pour satisfaire à la condition initiale du problème.
- Effet centrifuge de /’hélice. Génératrice. — Il importe de montrer d’abord que l’effet dit centrifuge de l’hélice est inévitable et résulte de sa constitution essentielle; qu’il n’est pas proprement nuisible ; qu’en le supprimant plus ou moins on n’améliore pas le rendement, au contraire, et qu’on n’obtient qu’une illusion.
- Soit (fig.A,pl. 101), un élément de surface hélicoïde ordinaire fixé à l’extrémité d’un rayon géométrique, et subissant le double mouvement propre à l’hélice pendant un temps dt assez court pour que ce mouvement se projette sur une étendue sensiblement plane du cylindre concentrique de même rayon ; AB est la projection ou trace sur le cylindre de la position initiale de l’élément de surface au début du mouvement ; A'B' sa projection à la fin ; le point A est la projection du rayon. AG est le mouvement réel, normal à AB‘, d’une particule d’eau partant de A. GH est la projection de ce mouvement parallèlement à l’axe de l’hélice, c’est la composante utile à la propulsion. AH est la composante normale à la translation du bateau; elle est inutile à la translation mais inévitable avec le mode d’action biaise de l’hélice. Ym est la vitesse de marche du navire et n le nombre de tours de l’hélice par seconde.
- La vitesse CH n’est aucunement centrifuge. La vitesse AH n’est pas centrifuge relativement au rayon qui la cause, puisqu’elle lui est normale ; mais elle l’est relativement aux autres rayons placés tout autour de l’axe au même instant, comme aux autres positions du rayon considéré. Le cône tronqué d’eau agitée qui suit une hélice est l’effet de ces composantes AH tout autour de l’axe... A un instant considéré, cette « excentricité » à la surface de l’eau n’est pas due aux aubes alors horizontales, mais aux positions antérieures de celles-ci et aux autres aubes... Bref, il n’y a pas de tendance centrifuge autre que l’effet inévitable de l’une des composantes de l’action biaise de l’hélice.
- 1 . AC est normal à AB si l’on néglige le frottement de l’eau sur l'aube ; c’est presque exact et beaucoup plus simple; les auteurs, sans exception, je crois, le font ainsi. — Du reste, on pourrait appliquer le procédé général de celle étude après l’introduction d’un coefficient de frottement, c’est-à-dire d'un coefficient d’inclinaison de CA sur AB.
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- Par suite, il n’est pas utile de combattre l’effet, dit centrifuge, de l’hélice tant que l’on emploie ce genre de propulseur; on n’a qu’à donner à chaque élément l’angle, mesuré sur le cylindre concentrique, qui convient le mieux à la propulsion.
- Sans doute, on peut aisément diminuer l’effet « centrifuge » par une courbe convenable de l’aube; c’est ce qu’à fait, par exemple, l’hélice Dundonald ; — on y réussirait bien mieux encore en enveloppant l’héiice d’un cylindre concentrique à son axe de rotation! — mais l’effet obtenu ne serait qu’un trompe-l’œil; on n’aurait augmenté aucunement la propulsion, au contraire, et on aurait seulement créé un travail nuisible de frottement latéral.
- Il convient d’appuyer sur ces notions.
- Yoyons comment agirait un élément d’aube courbe. Quelle que soit la forme du solide reliant cet élément à l’axe de rotation, on peut le considérer comme fixé à l’extrémité d’un rayon géométrique ; seulement, au lieu que ce rayon soit en contact avec l’élément suivant une ligne droite, comme dans le cas précédent, ce rayon percera l’élément en un point.
- Pour que cet élément d’aube courbe soit comparable à celui d’aube ordinaire considéré tout à l’heure, il faut que sa trace sur le cylindre concentrique fasse toujours l’angle a avec un plan normal à l’axe. Nous supposons que l’élément est tourné de façon à exercer sur l’eau une action centripète ; mais le raisonnement serait semblable pour une direction inverse. Nous considérerons le même mouvement, 2 r^rndt, Ymdt.
- Le mouvement réel de la particule d’eau est toujours normal à la surface. Il peut alors se décomposer en trois composantes, l’une parallèle à CH, l’autre parallèle à AH, la troisième parallèle au rayon. Cette troisième composante est centripète , c’est elle qui cause l’effet désiré ; mais il est facile de voir qu’elle n’augmente aucunement la propulsion.
- Il faut même remarquer que la composante de propulsion utile, analogue à CH, est nécessairement moindre dans ce second cas que CH dans le premier cas, figure A.
- Pour présenter cette démonstration commodément, il suffit d’observer qu’elle revient à la forme suivante d’un théorème de descriptive usuelle, dans lequel nous conservons les lettres de là figure A :
- Soit (fig. B) un point A situé dans le plan vertical de projection et un plan oblique CA'N, qui n’est autre que le plan de l’élément d’aube Bur.L. . 5
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- après le mouvement, lequel plan passait par A au début du mouvement. CA'T est l’angle de propulsion. Si l’on mène une perpendiculaire AC à la trace verticale et une perpendiculaire AC' au plan, le pied C' sera plus rapproché du plan horizontal que C, tant que A'N fera un angle aigu avec la ligne de terre, c’est-à-dire tant que l’élément d’aube ne sera pas dirigé selon le rayon, comme figure A. Or, cette distance du pied de la perpendiculaire au plan horizontal de projection est précisément égale à la composante de propulsion utile plus l’avancement 'Nmdt du bateau. On peut donc conclure l’énoncé suivant: Pour le meme rayon, le meme angle de propulsion et le même mouvement élémentaire, la propulsion dans le sens de la marche de l'hélice à génératrice droite selon le rayon est toujours supérieure à celle de l'hélice à génératrice courbe, ou droite dans toute autre direction gue celle du rayon.
- On peut étudier le même effet en supposant aux aubes, non plus le même angle de propulsion, mais à chacune l’angle de propulsion maxima qu’elle comporte. Nous emploierons (fig. C) une épure analogue à la précédente.
- Les éléments A, A', A'N, etc., sont les mêmes que dans le cas précédent. Si l’on veut bien anticiper par la pensée des développements que nous donnerons plus loin, on reconnaîtra facilement le procédé par lequel nous déterminons les angles a, a', de propulsion maxima pour chaque hélice ; ces angles sont donnés par les points MM', culminants relativement à LT, des demi-circonférences construites sur AA' et AA". On voit aisément que M' est plus près de LT que M, et qu’il en sera toujours ainsi pour toute direction de A'N autre que la normale à LT, c’est-à-dire pour une direction quelconque de la génératrice courbe ne se confondant pas avec la génératrice droite selon le rayon. On peut donc conclure l’énoncé général suivant: Pour un même point, la propulsion maxima dans le sens de la marche que comporte l'aube à génératrice droite selon le rayon est toujours supérieure à la propulsion maxima que comporte T aube à génératrice courbe, ou droite dans toute autre direction que celle du rayon.
- Ces considérations, à la brièveté desquelles le lecteur suppléera aisément, nous font adopter un rayon comme génératrice initiale. — On verra bientôt que la construction méthodique de l’aube déforme progressivement les génératrices à partir de la génératrice initiale, en sorte qu’il n’y a qu’une seule espèce d’aube, d’ailleurs médiocre, qui
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- ait toutes ses génératrices droites selon le rayon. Mais nous donnerons ensuite, à l’article aube striée, un moyen de conserver à toutes les aubes, dans toute leur étendue, les qualités de propulsion de la génératrice droite selon le rayon.
- Directrices; méthode de construction. — Étant donnée la première génératrice de l’aube, ou arête initiale, qui aborde l’eau la première, le système logique de construction de l’aube nous paraît le suivant : reconnaître quel serait le mouvement de l’eau résultant de la propulsion voulue, et construire l’aube conformément. Autrement dit, concevoir l’aube comme formée de la juxtaposition des directrices ou trajectoires de l’eau réalisant les conditions données de la propulsion. — Le raisonnement consiste à admettre que les directrices étant conformes au mouvement de l’eau jsous l’impulsion voulue, réciproquement elles imprimeront à l’eau cette impulsion.
- La condition qui nous semble préférable est celle-ci : une fois déterminé, par des considérations que nous indiquerons, l’angle initial d’une directrice, construire celle-ci de façon que la propulsion dans le sens de la marche reste constante sur toute sa longueur. — Bien entendu, nous considérons les directrices non pas comme des lignes géométriques, mais comme ayant une largeur suffisante pour agir. Nous admettons aussi que cette surface de la directrice est dirigée de façon à causer la propulsion que suppose l’épure, c’est-à-dire dirigée suivant le rayon. On verra, à l’article «. aube striée, » quel moyen peut être employé pour assurer cette condition à toutes les aubes. S’il n’en était pas ainsi dans un cas donné, il faudrait en tenir compte, ce qui est facile, la suite montrera comment. i
- En essayant le problème, on ne tarde pas à reconnaître qu’on ne peut pas utiliser par analogie les méthodes de calcul des autres machines hydrauliques, telles que : action d’une veine fluide frappant une surface, quantité d’eau passant entre les aubes de l’hélice, théories des roues ou turbines, pompes centrifuges, etc. En voici les motifs : 1° toutes ces méthodes renfermeraient une pétition de principe en supposant connu le mouvement de l’eau qu’il s’agit précisément de déterminer; 2° l’hélice a une condition toute spéciale, celle de prendre l’eau sans mouvement et de l’abandonner animée delà vitesse nécessaire à la propulsion; 3° l’eau, dans l’hélice, n’est aucunement guidée en dehors de la propulsion, et ne travaille pas proprement par pesanteur; 4° le
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- moteur fuit, condition toute particulière; 5° les méthodes connues ne permettent pas de distinguer les diverses accélérations de l’eau, différentes aux divers points de la trajectoire.
- Ce dernier motif conduit à considérer l’action isolée d’une particule d’eau. C’est le seul moyen de calculer réellement la croissance du pas. Pour cela, il faut supposer la particule d’eau douée de la résistance qu’elle ne doit en réalité qu’à l’ensemble de ses voisines. Outre que cette simplification est inévitable, on reconnaît, en pénétrant dans le problème, qu’elle est satisfaisante. — Nous ne ferons pas intervenir le poids de la particule d'eau, parce qu’il n’agit pas, en effet, à la façon ordinaire, aucune des particules ne tendant à tomber relativement à ses voisines.
- Les éléments principaux de la trajectoire sont : le rayon et l’angle de propulsion initiaux; la variation d’angle résultant de l’accélération et causant la croissance du pas ; la variation de rayon résultant de l’accélération et causant l’excentricité ; l’angle de rotation ; l’angle de retard de la particule d’eau relativement à l’arête initiale.
- Lorsqu’on cherche à exprimer ces variables par une formule, on reconnaît qu’elles ne sont pas séparables exactement, en sorte que l’on est conduit à opérer par approximations successives.
- La marche la plus simple consiste à supposer d’abord l’accélération nulle ; puis, sur la trajectoire ainsi construite, à édifier la variation du pas et l’excentricité. — Ces deux phases de construction formeront les sujets de deux chapitres.
- La justesse de cette marche et de l’hypothèse fondamentale nous paraît incontestable ; en tout cas, elle est confirmée parles observations suivantes : 1° l’hypothèse de la particule isolée, indispensable au second chapitre, pour discerner l’accélération, est sans inconvénient au premier, car les calculs resteraient les mêmes si l’on considérait à la fois toutes les particules se suivant sur une trajectoire, ou bien la masse d’eau réellement en cause au contact de la zone hélicoïde considérée ; il n’y a donc pas là, pour le premier chapitre, de limitation réelle ; 2° le calcul du premier chapitre convient, non seulement au cas limité de ce chapitre, mais à la zone initiale de l’aube dans l’hypothèse la plus étendue du second chapitre ; c’est donc un calcul par lequel il faudrait débuter en toute hypothèse ; 3° l’hypothèse de la particule isolée donne évidemment des résultats plus forls que la réalité pour l’excentricité et la variation du pas ; lors donc que les calculs du
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- second chapitre montreront que ces éléments sont très petits et souvent négligeables, on sera certain à fortiori qu’il en est réellement ainsi ; 4° la variation relativement très faible de pas et de rayon permet d’atteindre du premier coup l’approximation suffisante, et ôte ainsi toute obscurité à la méthode suivie.
- Ace qui précède se présente une ob-jection d’apparence formidable : si la génératrice droite est la meilleure et si le pas ne doit pas croître pratiquement de manière sensible, comment se fait-il que des hélices à génératrice et directrice très concaves, comme l’hélice Hirsch, aient donné des résultats positivement meilleurs que les hélices anciennes ?
- La réponse est principalement celle-ci : Les directrices très concaves débutant par un angle beaucoup trop petit et finissant par un angle beaucoup trop grand, rencontraient quelque part dans leur étendue l’angle de propulsion maxima, que l’hélice classique ne savait pas calculer et n’avait pas, ce qui leur donnait une supériorité sur cette dernière malgré leurs défauts.
- Pour ne pas trop étendre une note qui doit être brève, nous ne nous arrêterons pas à des objections secondaires, dont la réponse ressortira d’ailleurs de la suite de notre exposé.
- CHAPITRE PREMIER
- ÉTUDE DK L’EFFET DES HÉLICES ORDINAIRES ET DES DIVERSES AUBES AYANT DES DI R ECTRICES A PAS CONSTANT.
- Lorsque la particule d’eau, poussée par l’aube, n’acquiert pas de vitesse, ce qui est la condition fondamentale de ce premier chapitre, elle reste toujours à la même distance de l’axe de rotation, c’est-à-dire se meut sur la surface du cylindre concentrique ayant le rayon initial pour rayon.
- Il en résulte qu’on peut considérer le mouvement pendant une durée quelconque, 1" par exemple, ce qui est commode pour la position des formules ; c’est ce que nous ferons ci-après. I »ft.p-' ,
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- Bien que la même particule ne reste pas au contact de l’aube .pendant 1", tant s’en faut, on peut raisonner comme si cela était, parce qu’il revient au même que la même particule glisse (dans ces conditions) sur une aube indéfinie, ou que plusieurs particules se succèdent sur une aube ordinaire dans des conditions identiques. — En tous cas, il est légitime, pour simplifier les formules, de rapporter à la 1" un mouvement qui ne devrait durer effectivement qu’un temps beaucoup plus court.
- I. -- FORCE PROPULSIVE, VITESSE DE PROPULSION \
- Puisque la particule d’eau se meut, aussi longtemps qu’on veut la considérer, sur un cylindre concentrique à l’axe ayant pour rayon le rayon initial, on peut figurer sa trajectoire en supposant ce cylindre développé sur le plan tangent au cylindre à l’extrémité de l’arête initiale. Dans la suite, nous supposerons toujours un semblable développement. La figure (1) représente divers développements analogues correspondant à trois rayons différents et à la durée de 1".
- Soit, par exemple, le développement AC2A2. Le point À est la projection de l’arête initiale; AB2 est le développement d’une partie de la directrice, qui fait en A l’angle initial de l’aube a = B2AT, et propulse la particule d’eau. Pendant 1", A subit un mouvement A A2 dont les composantes sont : AO — Ym, vitesse démarché ou de translation du bateau, parallèle à l’axe de l’hélice; et un mouvement de rotation A20 2 mî, n étant le nombre de tours que fait l’aube par 1".
- Y
- A A2 O est Vangle de marche a,„, dont la tangente est -—
- À J7U T 71
- La particule d’eau, d’après notre hypothèse, se déplaçant normalement à la surface propulsive, il s’ensuit que la trajectoire réelle de la particule d’eau pendant l"est AC2 normale à AB2, l’angle AC,2A2 étant droit. A2C2 est le mouvement apparent de la particulé relativement au point A de l’arête initiale, d’où elle est partie. C2H est la composante 'dans le sens de la marche du mouvement réel de la particule ; AH es* la composante dans le sens de la rotation.
- La composante de rotation AH du mouvement réel de la particule,
- 1. Sauf mention contraire, nous entendrons toujours dans la suite par propulsion, vitesse de propulsion, force propulsive, etc., celles dirigées dans le sens de la marche du bateau parallèlement à l’axe de rotation de l’hélice; . . ;
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- conséquence inévitable de l’action biaise de l’hélice, est entièrement inutile à la propulsion puisqu’elle est normale à la direction de marche du bateau, tandis que la composante parallèle à l’axe du mouvement réel de la particule, II C2 = Vp «vitesse de propulsion, » est entièrement utile à la propulsion. La propulsion résulte de la résistance de la particule au mouvement réel que l’aube lui imprime.
- Yp est donc l’élément essentiel du calcul de l’action propulsive d’un élément d’aube.
- Connaissant Yp au moyen d’un calcul que nous allons donner, on peut déterminer la pression qui en résulte sur l’aube par divers moyens ; nous adopterons ici le suivant.
- Nous admettrons comme sensiblement vrai, pour l’eau comme pour l’air, que les pressions normales aux surfaces, résultant de vitesses du fluide, sont proportionnelles aux carrés des vitesses, c’est-à-dire que l’on a
- (1)
- p1_ T ~ Y'2"’
- pn étant la pression normale du fluide sur une surface normale à
- son mouvement, et Y la vitesse du fluide relativement à cette surface.
- . 1
- Les données expérimentales de cette équation pour l’eau, paraissant encore trop incertaines, nous emploierons celles de l’air, à savoir : Pour une vitesse de 10 mètres par i", la pression du vent par mètre carré de surface normale, pn = 13k, etc. Et nous appliquerons cette
- base à l’eau en l’affectant du coefficient , rapport des poids du
- 1,0
- mètre cube d’eau et du mètre cube d’air.
- Yoici comment on opère pour déterminer Yp. Soit toujours pour exemple la section A A2C2, pour laquelle l’angle de l’aube C2 A2 0 — a. Les triangles rectangles C2A2I, AC2H sont semblables, avec les angles C2 A2 0 = A C2 H = a ; en sorte que l’on a :
- AH HC2 4- H1 HC2 ~ IA2 ’
- ou bien, en prenant les notations pour 1",
- ÏE113- Vp+V
- 2 izrn — Yp tga
- , 2 ic r w tg a — |YP t g2 a = Yp -}- Vin,
- Y„ =
- 2%rn tga — Y,n 1 -J- tg2 a
- (2)
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- Si, ayant Vp, on cherchait a, on tirerait de l’équation précédente
- (3)
- Le double signe du radical convient aux deux solutions possibles, pour la même valeur de Vp, C2A20, C'gAaO; mais la solution C2 A2 O, correspondant au radical négatif, est évidemment la seule à prendre, parce que, pour la même propulsion, elle donne moins de résistance de torsion.
- Ces relations, entre l’angle d’une section et la vitesse de propulsion qu’elle cause, sont tout à fait générales, c’est-à-dire s’appliquent à toutes les aubes comprises dans ce premier chapitre, à la seule condition qu’elles soient, comme elles sont en effet, des hélices à pas constant.
- Ces formules déterminent entièrement une trajectoire du premier chapitre, puisque celle-ci n’a ni excentricité ni relèvement; mais elles sont encore nécessaires au second chapitre pour déterminer l’angle d’attaque de l’arête initiale, autrement dit la directrice base sur laquelle on applique l’excentricité et le relèvement.
- Les formules précédentes se modifient dans certains cas particuliers, dont quelques-uns seront exposés plus loin; nous croyons préférable de ne pas les anticiper ici.
- Ce qui précède permet déjà les remarques suivantes :
- 1° Pour calculer une aube exactement, il faut admettre une certaine vitesse de translation et de rotation ; en dehors de ces données son action change.
- On peut calculer cette nouvelle action, en toute hypothèse, par le même procédé que précédemment ; et on peut calculer pareillement l’effet d’une aube donnée quelconque. Dans ce dernier cas néanmoins, il faudrait voir dans quelle mesure la direction générale de la surface peut modifier l’action des directrices considérées individuellement, et en tenir compte ; car la propulsion totale est toujours normale à la surface générale de l’aube, tandis que sa composante parallèle à l’axe intervient seule dans le travail utile de propulsion. Notre procédé de calcul s’applique toujours, moyennant que l’on détermine bien la composante de propulsion parallèle à l’axe. Pour une aube à construire, on verra, à l’article « aube striée, » comment on peut toujours faire que l’élément propulseur soit dirigé selon le rayon.
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- La vitesse et le nombre de tours sont ordinairement fixés par des conditions préalables. S’il n’en était pas ainsi, il paraîtrait facile de les choisir; car, d’une part, la résistance du navire croît environ comme le carré de sa vitesse, et, d’autre part, l’hélice fonctionne d'autant plus avantageusement (on le verra) que ses angles sont plus petits, c’est-à-dire sa vitesse de rotation plus grande. Il est donc probable que l’on fixera du premier coup la rotation la plus rapide possible et la vitesse de translation nécessaire dans le cas particulier.
- 2° C’est une conception fausse dans une certaine mesure, et dangereuse, de prendre pour vitesse théorique maxima de translation d’une hélice son avancement « comme dans un écrou solide ; » (ce qui supposerait, par exemple, AA2 en prolongement de AB2) ; car ce cas diffère essentiellement de la réalité, dont la condition fondamentale est que le fluide fuit et l’aube le suit en le pressant. On ne peut pas conclure légitimement de l’hypothèse de « l’écrou solide » vers la pratique, parce que la base du raisonnement et sa conclusion sont placées dans des conditions contradictoires; la « vitesse de propulsion, » essentielle au calcul des hélices, est alors rigoureusement nulle.
- 3° On ne peut pas comparer directement Fessai d’une hélice en marche ou bien « tirant sur un point fixe ; » car les vitesses de propulsion développées dans ces deux cas sont très différentes.
- Si l’élément d’aube AB2, précédemment étudié, tirait à un point fixe pendant 1", A n’irait pas en Aa mais en A's. La particule d’eau aurait pour trajectoire vraie une normale à A B2 prolongée jusqu’à la rencontre d’un cercle de diamètre A A', = 2 % rn; ce mouvement serait beaucoup plus étendu que AC2. On trouve aisément, par un calcul semblable au précédent, que la vitesse de propulsion dans ce cas serait
- (2')
- 2'Krn.tga
- V— 1 ’
- ce qui revient à l’expression (2) dans le cas où Vm = 0. Si, essayant le même élément « au point fixe, » on voulait en tirer une conséquence pratique, il faudrait conclure Ypi de l’effort de traction mesuré, puis calculer Yp en marche par la relation des formules (2) et (2'). On voit aisément que cette relation est
- 2 tu rn.tga.
- = YD|
- Ym
- 1 -J- tg*<x
- (2") Vp = Ypr 1-
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- La formule (2) étant générale, ce qui précède s’applique aux directrices d’une aube quelconque prises individuellement.
- Mais la question est loin d’être aussi simple en pratique^ car on n’a pas une directrice seulement, mais une aube entière dont la vitesse de propulsion varie avec le rayon... Le dynamomètre ne donnant qu’une résultante de traction, il faudrait calculer la traction théorique au point fixe propre à chaque zone au moyen des formules (1) et (2') ; réduire ces tractions proportionnellement à la résultante du dynamomètre ; en déduire la vitesse de propulsion réelle sur chaque zone ; la transformer en vitesse en marche par la relation (2//), puis en conclure la pression en marche sur chaque zone et le travail... Encore la comparaison ainsi faite ne serait-elle jamais exacte, parce que fessai au point fixe cause plus de remous d’eau autour de l’hélice que l’essai en marche... D’aucune manière donc, l’essai « au point fixe » ne nous paraît recommandable ; mieux vaudrait, lorsque le loch est trompeur, parcourir un espace de longueur connue.
- IL — Aube a propulsion maxima.
- Dans le cas particulier où, comme pour la section A A, Ci, le sommet Ca du rectangle se trouve au sommet du cercle ACiAlf c’est-à-dire au point de tangence d’une parallèle à At 0, on remarque que Ct I est un rayon prolongé, en sorte que A1I = I0 = icrn; il en résulte les valeurs particulières suivantes de Yp et a, que, pour les distinguer, nous désignerons par YPo et a0.
- AH C^-f-HI HC, ~ Ai I
- La figure montre que le signe positif du radical est le seul bon ; car, dans cette section spéciale,
- A1K = KA = KC1,
- en sorte que l’expression (4) revient à
- Yp = K C, — KH.
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- Pour déterminer a0, on a directement
- ^ , %r0n
- (5) tgao = -— =
- vp„
- \ +
- TC Ta ïl
- ou encore, tgu0 =
- On pourrait trouver aussi, en substituant la valeur (4) de Vp
- tq a0
- +
- <j$
- t +'•*
- ou bien
- (»")
- y
- t q a0 = ------------- -J-
- J y. t r n •
- v2
- ' m
- + 1,
- 2Tcr0n V 47Cr0n‘ en divisant la valeur (5') par tc r0 n et multipliant le tout, haut et bas, par
- Vm
- +
- V for.n
- i + l +
- 2 TC r0n
- On reconnaît aisément que, lorsque la vitesse de propulsion atteint le sommet du cercle, comme HC^, la section cause la propulsion la plus grande que comportent son rayon et les vitesses données. Pour cette raison, nous nommerons une telle section section de propulsion maxima, ou d'utilisation maxima. — Pour des raisons que l’on verra, nous nommerons parfois le rayon r0 de cette section rayon minimum.
- Il est utile de pouvoir trouver à priori l’angle ou le rayon d’une pareille section, si on a l’un ou l’autre.
- Si l’on a choisi r0, les formules (4) et (5) donnent VPo et a0.
- Si, ayant Tp par une donnée quelconque, on cherchait r0, l’égalité
- donnerait
- (6)
- \ + y»
- tc r0n
- %r0n
- V(Vp„+.y-)\
- tc n
- (Si l’on introduisait cette valeur dans l’expression (3) celle-ci se réduirait à l’expression (5), ce qui doit être.)
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- Nous indiquerons plus loin, au sujet de diverses aubes, comment y rechercher la section de propulsion maxima.
- Si l’on construisait une aube dont toutes les sections fussent à propulsion maxima, on aurait Yaube à propulsion maxima, la plus puissante que les vitesses données comportent.
- Pour avoir la formule des tangentes de cette aube, il suffirait de prendre l’une des expressions (5), en y faisant r variable; par exemple
- Cette expression devient
- si l’on veut exprimer r en fonction d’un rayon particulier r0, en posant r=zKr0.
- La figure (1) indique trois sections d’une pareille aube, celles B'iA,, B2" A2, Bs" A3, correspondant aux sommets Ci, M*, Ms. La figure (4) représente le schéma de cette aube, pour certaines données calculées au chapitre III. L’arête initiale AB est seule droite; toutes les autres génératrices sont de plus en plus courbes.
- On pourrait trouver commode de construire cette aube, non pas avec ses tangentes, mais au moyen des «distances circulaires, » c’est-à-dire des arcs de cercle décrits sur le plan final entre la projection de l’arête initiale et la trace finale de l’aube. Voici comment on opérerait.
- Si l’étendue de l’aube était rapportée à la 1", les distances circulaires cherchées seraient de la forme générale tc r n, et la limite supérieure de l’aube, contenant tous les points tels que C, M2M3, serait une ligne située dans un plan passant par l’axe.
- Mais si on limite l’aube, comme à l’ordinaire, par un plan normal à l’axe tel que CtF, les distances circulaires deviendront telles que A3I et auront évidemment pour valeur
- AaI —%rn
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- en nommant YPo la vitesse de propulsion de la section initiale tangen-tiellement à laquelle passe le plan CXF, et Y la vitesse de propulsion variable dans l’aube de propulsion maxima.
- Si la distance entre les plans initial et final, au lieu d’être Ym -}- Yp
- comme ci-dessus, est h, et la distance circulaire correspondante de la section initiale, w0r0 au lieu de tc r0 n, les distances circulaires seront :
- A, =r,rn~—
- Y n
- v„ + V V,„ + V
- ---------------- •-— rp _-----------
- Y 4- Y 0 Y 4- V
- ’ m “ ’ P|t T m “ ’
- car
- A=(v” + \)4
- D’ailleurs Yp^ aura évidemment une expression générale telle que (4)
- (8) \ = + + = + -V,„);
- par suite, \ a l’une ou l’autre des valeurs suivantes :
- (9)
- 2 m0r -f- Y PJ 2 r. hr, n
- Ym + V'4r^ + Yfn “ Ym + V '4^42-fVfn ‘
- On voit qu’il suffît d’avoir h pour construire toutes les sections, même celle initiale, avec la deuxième formule (9).
- L’aube à propulsion maxima ayant, en chaque section, l’angle le plus grand que celle-ci comporte théoriquement, on peut prévoir que les résultats du second chapitre ne s’appliqueront pas à elle. 11 faudra faire cette aube assez étroite pour que l’accélération de la particule fluide parcourant une directrice, c’est-à-dire la variation de pas, soit négligeable. On verra que cette aube comporte néanmoins une étendue pratique très suffisante.
- La disposition de cette aube est telle que la génératrice initiale est seule rigoureusement droite selon le rayon, les génératrices suivantes se courbent ensuite de plus en plus. Un effet semblable se produit dans toutes les aubes autres que celle ordinaire à pas constant. On trouvera à la fin de ce chapitre, à l’article aube striée, un moyen de conserver toujours l’effet de la génératrice droite selon le rayon. Quant à l’aube à propulsion maxima, dont l’effet propre n’est que légèrement centri-
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- pète, il n’y aura peut-être pas d’importance à la corriger par les stries.
- III. — HÉLICE ORDINAIRE A PAS CONSTANT
- Cette aube, nous l’avons rappelé, a pour directrice une hélice à pas constant, et toutes ses génératrices droites, normales à l’axe. Sa projection sur le plan final est un secteur. Toute section par un cylindre circulaire concentrique est une hélice de même pas que la directrice. — La figure (1) représente trois sections d’une telle aube A. Ci Ai, A C2 A2, A C3 A3.
- Les tangentes de cette aube ont pour expression h étant la dis-
- tance entre les plans extrêmes et o> l’angle du secteur.
- Si l’on exprime cette tangente en fonction des quantités de la section d’utilisation maxima, qui se trouve quelque part dans cette aube on a :
- (10)
- ou encore
- si l’on remplace r variable par k r0, r0 étant le rayon minimum, c’est-à-dire à la section d’utilisation maxima.
- Il est souvent utile, comme on le verra par la suite, de trouver cette section d’utilisation maxima; voici comment on opérerait pour l’aube à pas constant.
- On a, d’après la figure (1), pour une section quelconque, de rayon r et d’angle a,
- B A. — 2% r n t g a, — Vm
- (JD O = D A —j— Yni est le pas rapporte à la seconde; toutes les sections convergent en D parce que toutes ont le même pas constant.)
- On remarque ensuite que, dans la section d’utilisation maxima,
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- Ci I étant un rayon prolongé du cercle A Ci A*, on a Ai R'zrKÀ, Aj 1 = 10, At Ci = Ci D, ce qui fait que les triangles A, Ci A et A Ci D sont égaux, et Ai A = A D ; d’où
- AD2 —Yfn = 2TCr0722 = 2 7cr»^«—Vm2 —Y^;
- d’où, en réduisant,
- (11) r0= r l g tg a— — j.
- Ce qui importe principalement, c’est de connaître les vitesses de propulsion Y^dansles diverses sections de cette aube. La figure (1) indique que ces vitesses, telles que HC0 HC2, HCS, croissent rapidement avec le rayon.
- Si on introduit dans l’expression (2), qui convient à toute section, la valeur de t g a dans le cas présent, il vient :
- (12)
- (2\ + v.)
- remplaçant %rn par K* tctvï2, et se souvenant que l’expression (6) donne w r0 n = (VPu -j- Ym) YPq, il vient :
- K2 Yp (2 Yp +Vm)
- /jq/\ V — oV ° ' r
- Pï_ Ym + YPo(l + K2)‘
- Si l’on cherche la différence entre VPv et Vp , on obtient
- . PT-.(8T-.+T.) „ \(V. + \)(K’-l)
- V„+VPc()+K >y-\- V„ + V,o (l + K2) •
- K étant toujours plus grand que 1, cette différence est toujours positive, ce qui manifeste la croissance constante de YPv avec le rayon.
- Bien que YPy croisse avec le rayon, il n’augmente pas indéfiniment, il a même une limite rapprochée qui est 2 YPo -f- Yra. En effet, si l’on
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- suppose K infini dans la formule (12'), il reste sensiblement y —o V 4- V
- pT— ^ vp0 v"'*
- La figure (1) indiquait une limite, en montrant que tous les angles convergent en D, en sorte que les vitesses propulsives ne peuvent dépasser AD.
- On voit d’ailleurs, par suite des propriétés de la section d’utilisation maxima, que A D = 2 VPo -J- Vm. En effet, At I = I O, d’où Ct I^DD' — Yp +Vm; d’où AD = 2 Yp + Vm.
- Tous les angles A Ct D, A C2 D, A C3 D étant droits, et leurs côtés convergeant en A et en D, les points Cl5 C2, Cs, sont sur une demi-circonférence.
- Comparaison entre les hélices à pas constant et à propulsion maxima. — La figure 1 donne pour différence des tangentes de ces aubes, pour un même rayon
- 19 > — t g a
- \+v.
- t-rn
- Vp„+V, ttrn
- — Vp
- * O
- tcm
- Cette différence ne paraît pas donner de réduction intéressante entre les formules (7 et 10).
- La différence des distances circulaires est
- r. 2(v”+\) i r\ù;^,+’n--(v11,+2vl,)
- d — o>0 r S 1 —-p=== I = <»>0 r I----- —--------
- [ v.+ \/4«-n‘+V*J [ + .
- Cette différence s’annule pourr —r0, ce qui devait être, la quantité sous le radical devenant
- y/*SS?+'vi=v/*(vr.+vj\+n=v/(v.+av,#)'=(v.+8V0
- Cette différence est positive pour r >> roi et négative pour r << r0. Cela montre, comme on pouvait le prévoir, que la trace sur le plan final de l’aube à propulsion maxima croise l’arête finale de l’aube à pas constant à la section d’utilisation maxima de celle-ci.
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- IV. — AUBE A VITESSE DE PROPULSION ÉGALE.
- Lorsqu’on étudie le travail d’une aube, comme nous ferons plus loin, on voit que le rendement varie inversement à la puissance. Par suite, si l’on n’a pas besoin de toute la puissance possible, on évitera l’aube à propulsion maxima, qui rend le moins et par conséquent coûte le plus, pour préférer des formes plus adoucies.
- Il se présente naturellement de faire une aube dont la vitesse de propulsion reste la même à tous les rayons, à partir d’une section initiale qui peut, soit être prise arbitrairement moyennant que ses éléments concordent, soit être une section d’utilisation maxima. C’est ce second cas que nous considérerons dans la suite.
- L’expression (3) étant tout à fait générale s’applique au cas présent, moyennant que l’on y mette pour vitesse de propulsion constante Vp de la section initiale; on aura donc pour l’aube à vitesse de propulsion égale
- (13)
- Si l’on exprime le rayon variable r en fonction du rayon de la section initiale en posant r = Hr0, l’expression précédente devient :
- et, d’après l’expression (6)
- (14)
- 6
- BUI.L.
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- La figure (1) indique aisément la formation graphique de ces angles, tels que P2A20, P3A30, la section initiale étant ACt At et Vp = CiH
- =p2h=p3h.
- Pour avoir les distances circulaires, servant à construire l’aube autrement que par les tangentes, on opérera comme suit.
- Soit Ac cette distance, et h la distance entre les plans initial et final ; on a évidemment
- (15)
- h
- ____h__ h
- 1
- Vn
- 1
- tgac lga0 K—y'K2—1 y Vm +YPo' K—
- 1
- AB = o)„r.
- K—s/r—i
- selon que l’on emploie h ou bien la distance circulaire à la section d’utilisation maxima, o>0r0.
- Si, pour représenter la forme de l’aube à vitesse de propulsion égale, on calcule la formule (lo) pour quelques valeurs, il vient
- pour K = 1 k—i 1 Ac=(o0r0. 1
- — =4,25 — =2 — = — .2
- — =4,50 — =2,61 — = — .2,61
- — =1,75 ' — =3,18 — = — .3,18
- — =2,00 — =3,73 — = —.3,73
- Pour K<< 4, le radical devient imaginaire, et, par suite, Ae. En eflet,
- la figure (1) indique que, au-dessous de r0, toutes les vitesses de propulsion sont moindres que VPo. La trace de l’aube à propulsion égale sur le plan final s’arrête à la section de rayon minimum. C’est dans ce cas que r0 est bien nommé le « rayon minimum » de l’aube utile.
- Comparaison entre les hélices à pas constant et à vitesse de propulsion égale. — Pour comparer ces aubes, il faut les placer dans des conditions aussi semblables que possible; ce sera en leur supposant même arête initiale et même directrice au rayon minimum ; elles seront confondues en des deux points.
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- Si l’on nomme a les angles de l’hélice à pas constant et acles autres, les formules (10) et (14) donneront pour différence des tangentes.
- Iga — tgo.i =
- v.. + v». fi
- Vp0 Vk
- — K + V^K2 - 1 )
- Voici cette différence calculée pour diverses valeurs de K
- pour K= 1
- — = 1,25
- — = 1,50
- — = 1,75
- — = 2,00
- tga — t g a. t=z
- + Vpo
- x 0
- X 0,30 X 0,286 X 0,257 X 0,232
- Ces différences décroissent à mesure que le rayon augmente ; il n’en est pas de même des distances circulaires entre les traces; celles-ci seront
- (16) D = ©0r,
- K —
- 1
- K —VK* — 1
- VX^+Vv).
- ^(k-----]-
- wn\ K —VK*
- On obtient, pour diverses valeurs de K,
- Pour K =1 D
- — = 1,25 -
- — ^ 1,5 -
- — =1,75 -
- Le signe négatif des différences premières prouve que la trace de l’aube à propulsion égale est plus éloignée que l’autre de la projection de l’arête initiale, ce que l’épure et les données indiquaient. La décroissance des différences secondes d montre que la trace de l’aube à propulsion égale tourne sa concavité vers l’autre trace tout en s’en éloignant de plus en plus. En dessous de r0 il n’y a plus de différences puisque A est imaginaire ; la trace de l’aube à vitesse de propulsion égale s’arrête en ce point.
- On pouvait prévoir que les différences posées dans le sens de la for-
- = o
- . = -o.75.v/vl>(y.+yv;i
- -1,13.
- -1,44.
- -1,73.
- d = 0,75.y/vPo(Vm+VpJ.' il"
- - — 0,38. — —
- — = 0,31. — _
- — 0,29. — —
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- mule (16) seraient négatives, car le dénominateur K — y K2— 1 est évidemment positif, et, d’après l’équation générale
- ______1
- “K=b v/ K2 —T
- la différence K —
- 1
- K— v/K*—1
- égale — j/ K'2 — 1 •
- — Le facteur
- variable de la formule (16) est l’ordonnée d’une hyperbole
- ________ 1 _______________________________________________
- V — \/ K2 — 1, puisque K— — V K2 — 1.
- En changeant le signe des radicaux, on obtient des différences positives ; c’est la 2e solution signalée parla figure, mauvaise parce qu’elle cause plus de résistance de rotation pour la même propulsion.
- La différence des vitesses de propulsion des deux hélices, pour un même rayon, sera d’après la valeur (12') de VPo
- „ KJyPt(2YPo + V.) _V„n(Vm + VPo)(K’-l) °~v„+ VPb(1 +K») Vm + VPo(K’ + l)
- Cette différence est la même que celle trouvée, dans l’aube à pas constant, entre les vitesses de propulsion aux rayons r0 et r; on comprend, en effet, que : La différence des vitesses de propulsion des aubes à pas constant et à vitesse de propulsion égale pour un meme rayon, égale la différence des vitesses de propulsion dans l'aube à pas constant entre le rayon minimum et le rayon considéré.
- "V. — AUBE À VITESSE DE PROPULSION ÉGALE EN TOUS POINTS, NORMALEMENT
- A SA SURFACE.
- On peut se proposer bien des conditions auxquelles une aube serait astreinte ; il suffira d’indiquer les principales.
- Dans le cas d’une propulsion égale normalement à l’aube, il faut
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- évidemment, comme pour la vitesse de propulsion égale dans le sens de la marche, choisir un point de départ; ce sera une section initiale quelconque, ou bien à utilisation maxima, définie par ses quantités r0, Yp et a0.
- Si, par exemple, cette section initiale est À Ci At (fig. 1), toutes les vitesses de propulsion normales, égales à A C t, seront déterminées par l’arc Cj N dont le centre est en A. Il faut en déduire, pour un point quelconque de rayon r, l’angle a et la vitesse de propulsion Vp, à laquelle il faut toujours revenir pour calculer l’effet utile.
- Soit le point c, dont l’angle a est C A3 0 ; A C A, étant rectangle en C, on a !
- (17)
- sin (A A 3 C) —sin (a — am) —
- A C A An
- \
- — cos a0 -__
- '1t. ni -
- V„ cosam :
- ‘o
- t rn cos a0
- cos am
- a rn = AA3 0 étant l’angle de marche de la section cherchée, et ayant A C — A C,, par définition.
- On a aussi, d’après la propriété générale de toutes les sections et par définition,
- (17')
- cos a0
- cos a
- V
- , Yp -- --------.
- COS a 0
- L’aube dont il s’agit est, à lafois « à vitesse de propulsion égale et à pression égale normalement à sa surface. » Cette pression est la pression réciproque de l’eau et de l’aube, résultant de la vitesse de propulsion. On verra que cette aube est la seule pour laquelle la pression et la vitesse de propulsion puissent rester à la fois constantes.
- Cette aube est notablement plus puissante que celle à vitesse de propulsion égale dans le sens de la marche, comme le montre la figure.
- Bien que cette aube causât probablement moins de tumulte dans l’eau qu’une autre, elle en produirait encore parce que les vitesses absolues de l’eau, quoique égales entre elles, ont des directions divergentes. La pratique permettra de juger selon les cas quelle peut être l’importance d’amoindrir les remous.
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- VI. — AUBE A PRESSION ÉGALE, DANS LE SENS DE LA MARCHE, EN TOUT POINT DE SA SURFACE.
- La formule (1) s’appliquant aux pressions et vitesses normales aux surfaces, convient à la pression de l’eau normalement à l’aube ; mais les projections, parallèlement à l’axe par exemple, ne sont plus dans le même rapport,
- Ainsi, si l’on cherche la pression de propulsion p parallèle à l’axe en un point dont la vitesse de propulsion est Yp et pv la pression normale à l’auhe, on posera, d’après l’expression (I),
- 13*
- 102
- — P*
- \cos a J
- 13 Vn;
- 100 cos2 d
- 13 VD2
- ; et p = pa cos a = —--------;
- 400 cos a
- 13 p
- tandis que l’on aurait un résultat faux en posant — = , ou telle
- autre expression qui ne reviendrait pas à la première. —Pour l’eau, on
- \ 3 yn
- aüi*ait p =ïpu cosa—
- 100 cos a 1,3 cos a
- Par suite si l’on prend pour base de l’aube à pression égale dans le sens de la marche dont il s’agit, une section initiale a0 Yp , l’équation générale de condition sera
- - (W
- Y 2 y 2
- 100.--^-= 100 —Ü2_ , VP = VP
- C9Sa cos a0 5
- cos x COS a0
- Comme seconde équation pour déterminer a, si l’on ne découvre pas, comme dans le cas précédent, une expression plus commode, on serait réduit à l’équation (3) ; elle conduit à un calcul compliqué, parce que a né s’y présente pas sous la même forme que dans l’expression précédente. r' ; • ‘; : .........
- ; Aussi, on peut préférer obtenir le résultat par tâtonnement, ce qui est facile lorsqu’on a préparé l’aube à vitesse de propulsion égale. On s’en rendra compté par l’exemple donné plus loin.— Du reste, j ’incline à penser que l’aube à vitesse de propulsion égale serait pratiquement meilleure que celle-ci, parce qu’elle imprimerait un peu moins de trouble à l’eau.
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- VU. — AUBE A RENDEMENT ÉGAL EN TOUS SES POINTS.
- Nous parlerons plus loin du travail et du rendement des aubes. Disons dès maintenant que le rendement est le quotient du travail propulseur dans le sens de la marche, divisé par la somme de ce travail propulseur et du travail purement résistant causé par la rotation.
- L’équation de condition, résultant de cette définition et de ce qui sera dit plus loin du travail, est
- 4 00^-Vm -f 100 -^2 Tzvn sin a cos a 1 cos2a
- et en simplifiant,
- T
- tg a0 r0 — tg a r, tg a = tg a0 ^, ce qui est la tangente de l’aube ordinaire à pas constant.
- L’aube ordinaire à pas constantest donc aussi à rendement constant. On verra plus loin que ce rendement est médiocre, et que l’on peut obtenir un rendement très supérieur ; en sorte que l’égalité de rendement n’a pas d’avantage.
- V2
- 100 -A_ Vm cos oc0
- mhLyn + m2lL2%r0nsma0
- cosa0 cos2 a0
- VIII. - AUBE A PROPULSION M1N1MA ET A RENDEMENT MAXIMUM.
- Il est naturel de penser à une telle aube lorsqu’on n’a pas besoin de dépasser une certaine vitesse de marche et que les conditions de l’hélice laissent beaucoup de marge, comme il est ordinaire.
- Nous ne nous arrêterons pas à chercher les formules de cette aube* qui paraissent devoir être compliquées, parce qu’il est facile, et, par suite préférable, de la construire par un léger tâtonnement, lorsqu’on a préparé l’aube à vitesse de propulsion égale. On le verra plus loin par un exemple. ^
- Cet exemple montrera que, dans cette,aube, le rendement croît avec le rayon et inversement à l’angle. On peut donc améliorer le rendement
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- empiriquement, soit en retranchant les moins bonnes parties de l’aube, soit en diminuant les angles à partir du plus grand rayon, dans la mesure que permet le travail nécessaire.
- IX. -- TRAVAIL MOTEUR d’uNE HÉLICE.
- Nous ne considérerons dans tout ceci que le travail propre de l’hélice, indépendamment du moteur et de la résistance de la transmission.
- Ce travail se compose de deux éléments distincts : 1° le travail propulseur, parallèle à la marche, correspondant à la résistance à la translation du bateau ou autre appareil propulsé ; 2° le travail de rotation proprement dit de l’hélice.
- Nous regarderons comme évident, d’après ce qui précède et la définition du travail, que : \0 le travail propulseur est le produit de la pression de l’eau sur l’aube dans le sens de la marche, multipliée par la vitesse de translation Ym; 2° le travail de rotation est la somme des produits obtenus en multipliant la pression de l’eau sur l’aube en chaque point normalement à l’axe, par le chemin circulaire 2 %rn parcouru par le point en ï".
- La vitesse de propulsion Yp n’intervient pas directement dans le travail ; elle n’est, comme la rotation, que l’une des causes servant à entretenir pn, laquelle intervient dans le travail. Yp et Yp tg a sont les deux projections du mouvement réel de la particule fluide, lequel cause la résistance pn élément du travail. pn est facteur du travail, mais nullement la vitesse correspondante de la particule. C’est donc par une appréciation fausse, à notre avis, que l’on a quelquefois regardé le travail propulseur comme proportionnel au cercle entier décrit par l’hélice. On en a conclu que le nombre des aubes importait peu, ce qui nous semble inadmissible. Si l’expérience a paru le confirmer, c’est que les essais ou évaluations étaient faits dans des conditions si incorrectes, que diverses causes d’erreur étaient réunies.
- Les pressions, parallèle et normale à l’axe, dont nous parlons, n’étant que les projections de la pression réelle de l’eau qui est normale à l’aube, il s’ensuit que la surface à considérer dans le calcul des travaux est la surface même de l’aube, et non pas sa projection parallèlement ou normalement à l’axe.
- Ainsi, s étant une partie d'aube assez petite pour que la pression de
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- l’eau sur elle soit regardée comme uniforme, a son angle, r son rayon moyen, etpa la pression normale à cette surface par mètre carré, les travaux de cette surface seront :
- pn.s. cos a. Ym et pn. s. sin et. 2%rn.
- Ici et dans la suite nous laissons de côté, pour plus de simplicité, les coefficients de correction que l’expérience indiquera ; mais il est entendu que nos formules sont théoriques et comportent ces coefficients.
- La formule géométrique exacte des travaux pour les trois aubes que nous avons précisées davantage parce qu’elles paraissent le plus utiles, est facile à poser, ne pouvant s’intégrer exactement, et longue à calculer approximativement. Par conséquent cette formule a peu d’intérêt et nous ne la donnerons pas. En pratique, puisqu’il faut de toute façon en venir à une approximation, il vaut beaucoup mieux calculer directement les travaux en prenant des zones circulaires d’aube assez étroites pour que la pression puisse être regardée comme sensiblement égale sur toute leur étendue.
- Certains auteurs ont pensé que le travail de l’aube était égal, mais de sens contraire, à celui de l’eau poussée par l’aube. Il importe de remarquer que cette assimilation, vraisemblable à première vue, est tout à fait fausse. Les considérations précédentes, examinées de près, peuvent en convaincre. Mais on en trouve la preuve évidente en supposant que l’eau, devenant de plus en plus visqueuse ou lourde, finisse par résister comme un écrou fixe ; on reconnaît, dans ce cas, que le travail de l’eau tendrait vers zéro tandis que le travail de propulsion tendrait vers son maximum.
- X. — RENDEMENT.
- D’après la notion générale du rendement, nommant Tp et' Tr les travaux de propulsion et de rotation, on aura comme expression générale du rendement R sur une zone circulaire mince z, '
- (l9)R___ cos et.
- Tp —(— Tr z.pa.cos a.~Vm -f- z.pa sin a. 2 itm
- ________COS a Vm
- cos et. Ym-J- sin et. 2%
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- Cette expression montre que le rendement croit inversement à l’angle, et aussi inversement au rayon à moins que la décroissance de l’angle inversement au rayon ne soit assez rapide pour compenser ce second effet. Cela a lieu dans l’aube d’égale vitesse de propulsion.
- Nous ne donnerons pas l’expression géométrique exacte du rendement dans les diverses aubes, pour la raison même qui nous a dispensés d’en formuler les travaux. En pratique, on calculerait le rendement moyen en faisant la somme des travaux partiels et les introduisant dans la formule précédente. On en verra l’exemple plus loin.
- En appliquant la formule générale précédente à l’aube ordinaire à pas constant, ontrouve, comme on l’a déjà vu, que son rendement est le même dans toutes les zones. En effet, nommant z la longueur d’une zone circulaire d’aube suffisamment étroite et h la distance des plans limites de l’aube, on a
- 0)°r. y
- ,.q« cos a. Vm ___ z m . G)0Ym
- cos a. Yœ' + sm a.2iïffi (à0.r ^ i h ^ w0Vm4-h 2nn ’
- 1 ----• Ym H— 2 izm 1
- 2 1 z
- expression de laquelle toutes les quantités variables ont disparu.
- XI. — DISPOSITION DES AUBES.
- 1° Arête initiale. — Nous avons expliqué au début pourquoi l’on doit, selon nous, préférer l’arête initiale droite. Il convient néanmoins de remarquer que les constructions indiquées dans ce chapitre, et celles même du second, pourraient s’appliquer à partir d’une arête initiale quelconque, et quelles conserveraient leur valeur générale, sauf l’amoindrissement résultant de l’action centripète ou centrifuge dont nous avons montré l’inconvénient. Cet amoindrissement serait même évité par l’emploi de stries convenables dont il sera parlé.
- 2° Partie inerte de l'aube, ou bras. — On sait que les hélices ordinaires ont une action propulsive très faible près de l’axe, et que cette partie cause surtout des remous nuisibles. Il y a là un travail nécessairement perdu, parce qu’on ne peut éviter, avec la forme ordinaire en cette partie, que l’eau poussée par une aube n’aille heurter la précédente.
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- Nous croyons préférable, en général, de renoncer entièrement à utiliser pour la propulsion une certaine étendue d’aube à partir de l’axe, et de faire cette partie de forme telle qu’elle ne gêne aucunement la marche et ne joue plus que le rôle de bras.
- Pour cela, il suffit de donner à la surface géométrique médiane de cette partie la forme d’une hélice ordinaire à pas constant, ayant pour angles les angles de marche, dont les tangentes ont pour expression
- On comprend qu’une telle surface géométrique traverserait Peau sans lui imprimer ni en recevoir aucune pression. —Nous nommerons aube inerte ou bras, cette partie de l’aube, et aube utile la partie qui lui fera suite exerçant la propulsion.
- La longueur du bras correspondra généralement à r0 ; à son extrémité sera située la section initiale a0, Yp, par laquelle débuteront ordinairement les aubes utiles.
- En pratique, pour la solidité, l’aube inerte aura ses sections de forme lenticulaire allongée, forme conciliant la résistance nécessaire avec la facilité de translation dans l’eau. Cette aube inerte peut aussi être diversement épaissie, évidée ou échancrée, tout en conservant son inclinaison principale.
- En général, il conviendra de faire le bras aussi long que possible. Toutes les indications de cette étude conseillent de faire l’hélice du plus grand diamètre que permettent le tirant d’eau et les autres conditions du navire. A partir de l’extrémité du rayon, on prendra la longueur nécessaire pour l’aube utile, et tout le reste jusqu’à l’axe, le plus possible, sera aube inerte... — Telle est l’indication principale pour la plupart des aubes. Toutefois, il faudra examiner soigneusement l’influence du rendement, si la question d’économie domine.
- On peut se demander quel deviendra le rôle du bras inerte lorsque le navire ne marchera plus aux vitesses normales pour lesquelles le bras a été calculé. . < > ô
- Si les vitesses, de translation et de -rotation, varient dans la même proportion, l’action du bras sur l’eau restera nulle.
- Si ces vitesses varient différemment, le bras exercera une propulsion utile tant que la vitesse de rotation sera proportionnellement supé-
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- rieure à la vitesse de translation par comparaison à leur rapport primitif.
- Si la vitesse de translation devient proportionnellement supérieure à l’autre, le bras exercera une action retardatrice. Mais ce second cas paraît devoir être très exceptionnel.
- Quand l’hélice sera traînée folle par le navire, allant à la voile ou autrement, le bras résistera plus que le reste de l’aube; mais ce cas n’a pas grande importance.
- L’ensemble de ces aperçus est tout à fait en faveur du bras inerte. Ce sera d’ailleurs au constructeur à mettre en balance les éventualités prévues d’un navire proposé et à choisir en conséquence. Il semble qu'une forme de bras, non pas trop théorique, mais convenablement épaissie, évidée ou échancrée, conviendra le plus souvent.
- 3° Nombre des aubes. — Ce nombre dépend de diverses conditions.
- La puissance, ou pression propulsive, étant proportionnelle à la surface utile des aubes, il faut mettre le plus d’aubes possible, si l’on cherche à atteindre le plus possible de puissance. Mais le nombre et l’étendue des aubes doivent être limités par cette double condition, que les aubes ne se gênent pas entre elles et que l’eau circule entre elles assez facilement.
- Pour qu’une aube ne gêne pas l’action propulsive de la suivante, il nous paraît suffisant d’admettre, comme limite inférieure de l’écartement, que les normales à la surface d’une aube le long de l’arête initiale ne rencontrent pas l’aube précédente.
- Faut-il s’imposer aussi que les normales à l’aube ne rencontrent pas le courant entraîné à l’arrière de l’aube précédente ? Si ce courant est normal à l’aube, la condition précédente suffît. Mais si, comme il paraît probable, le courant d’eau entraînée est parallèle à l’angle de marche, ou d’une direction intermédiaire entre celle-ci et les normales, nul espacement ne suffira théoriquement pour que ce ^courant ne soit pas rencontré par les normales à l’aube suivante... Il serait pratiquement assez, à notre avis, que les normales ne rencontrassent pas l’espace où des arrachements d’eau et des vides se produisent encore ; cet espace doit être peu étendu; en sorte que un espacement un peu plus grand que celui résultant de la première règle conviendrait probablement.
- Pour que le « débit » entre les aubes reste suffisant, il faut tenir compte à la fois de leur épaisseur et de leur angle.
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- Ainsi, R étant le plus grand rayon de l’hélice, la quantité d’eau à débiter âu travers par 1" est sensiblement tc R2 Ym. Pour tenir compte des obstacles, le débit des aubes doit rester notablement supérieur à ce cube ; il a environ pour expression
- (20)
- )’o ao
- d, variable, étant la plus petite distance normale entre les aubes dans chaque zone, r0 et a0 correspondant ici au point où l’aube est franchement dégagée du moyeu. En pratique, ce cube pourra s’évaluer approximativement, sans intégration.
- S’il y a des « couronnes, » dont nous parlerons, on en tiendra également compte.
- L’expérience des navires a paru conseiller des aubes très rares, deux, trois, quatre au plus, alors Imême qu’elles étaient très étroites. Cette distance a été adoptée parce qu’on a reconnu qu’un plus grand nombre d’aubes n’augmentait pas la propulsion. Nous pensons que des aubes mieux étudiées pourraient être rapprochées davantage, comme nous venons de le dire, et qu’une aussi grande distance n’est pas nécessaire pour laisser l’action de chaque aube suffisamment indépendante. Les résultats observés peuvent tenir, soit à la forme des aubes, parfois remarquablement mauvaise théoriquement, soit à ce que l’aube active était prolongée jusqu’au moyeu. Il doit en résulter, près du moyeu, un tumulte violent, qui n’a peut-être même pas pour compensation une propulsion insignifiante, et absorbe inutilement un grand effort, lequel augmente rapidement avec le nombre des aubes. On a donc reconnu l’utilité d’avoir moins d’aubes, sans discerner toutes les causes du mal ni le meilleur moyen d’y remédier.
- 40 Couronnes. — Les considérations'précédentes suggèrent, pour accroître la puissance au moyen du nombre d’aubes, de diminuer autant que possible le nombre des bras, trois ou quatre au plus, et de placer un nombre plus grand d’aubes utiles sur une couronne, qui serait schématiquement un tronçon de cylindre concentrique à l’aube; les bras reliant le moyeu à la couronne.
- La section d’une couronne selon une génératrice, c’est-ù-dire parai-
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- lèlement à l’axe, sera lenticulaire on demi-lenticulaire, le pins effilée possible afin d’offrir moins de résistance au passage dans l’eau. Cette résistance sera peu importante comparativement à celle du reste de l’aube, parce que, dans tous les cas, la couronne traversera l’eau dans la direction du grand axe de sa section lenticulaire.
- S° Poupes. — Nous inclinons à penser que « l’arrachement » d’eau produit à ]'arrière de l’aube est utile à la propulsion, parce qu’il cause à l’arrière de l’aube une traction de même sens que la pression à l’avant.
- Toutefois, si on voulait supprimer ou atténuer notablement cet effet, on y parviendrait en armant l’arrière de l’aube d’un développement en forme de poupe, dont les surfaces de départ suivant les arêtes initiale et finale seraient dirigées selon l’angle de marche.
- Peut-être vaudrait-il mieux que ces surfaces de départ fussent d’abord évasées sur une plus grande largeur que celle des aubes afin d’accompagner la forme des remous.
- Dans ce cas, la distance des aubes se mesurerait depuis l’extrémité d’une poupe jusqu’à l’aube suivante, et la question du « débit» prendrait une importance particulière.
- Dans les hélices à eau, auxquelles seules cette construction peut s’appliquer, on annulerait presque complètement le surpoids de cette poupe en la faisant creuse et hermétiquement close.
- 6° Zones de raccord. — Toutes les aubes dont il a été question abordent l’eau avec choc, ce qui peut causer une perte de travail et un ébranlement... Pour que l’aube abordât l’eau sans choc, il faudrait qu’elle le fît selon l’angle de marche ; pour cela il suffirait de faire précéder l’aube utile d’une bande parallèle à l’arête initiale, s’y raccordant tangentiellement à l’aube, et terminée de l’autre côté selon l’angle de marche. Cette bande, dont la surface serait d’apparence un peu conique, devrait être très étroite, pour ne pas trop affaiblir l’action de l’âube ; car il est évident que l’entraînement graduel ainsi donné à l’eau affaiblirait sa résistance utile dont le choc est peut-être un élément à conserver... Ne perdrait-on pas en force, par accroissement de poids et de largeur de l’aube, plus que l’on ne gagnerait en douceur? Aussi donnons-nous cette indication sous toutes réserves, et surtout pour en signaler les côtés dangereux.
- Quant à une zone postérieure, qui s’infléchirait de façon à laisser
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- l’eau diminuer de vitesse sur l’aube et la quitter plus ou moins tranquille, nous n’y verrions aucun avantage... L’action essentielle de l’hélice consiste à imprimer à l’eau une vitesse réelle pour qu’elle résiste... Dès que l’eau ne sert plus ainsi, mieux vaut l’abandonner tout à fait : l’aube et l’eau se quittent alors, animées de vitesses réelles de directions différentes et presque contraires, et sans plus exercer l’une sur l’autre la moindre action... L'eau à peine quittée, même dans sa plus grande vitesse, n’est plus rien à l’aube. — Ceci doit s’entendre au point de vue pratique, mais non pas rigoureusement au point de vue théorique d’actions assez faibles pour n’avoir guère qu’un intérêt de curiosité.
- 7° Zone finale flexible. — Il convient de mentionner une disposition des aubes, qui n’appartient plus à l’hélice proprement dite et ne semble pas devoir s’appliquer aux aubes à eau, mais qui aurait peut-être assez d’avantage pour qu’il fallût l’essayer dans une étude de construction aéronautique. Ce serait d’ajouter à l’aube une zone finale flexible comme l’extrémité des plumes ou le tour des ailes.
- La partie flexible ayant ses normales plus rapprochées de la direction de marche lors de la flexion qu’au repos , pourrait donner ainsi une meilleure propulsion. Cet effet va croissant vers le bord. Il semble que les ailes d’oiseaux propulsent surtout par cette flexion de leur frange. Chez les insectes, l’action de l’aile ne paraît due généralement qu’à sa flexion seule, c’est-à-dire que le plan de l’aile battante reste normal au battement, ce qui n’a pas lieu chez l’oiseau, à cause de l’action aviatrice que l’aile doit en outre exercer.
- On pourrait examiner aussi la construction d’aubes progressivement flexibles à partir d’une certaine zone initiale, dirigée selon un certain angle, probablement égal, au moins, à celui de l’aube rigide.
- 8° Aube striée, — Ce que nous avons dit de l’avantage d’une génératrice droite dirigée selon le rayon géométrique ne s’accorde pas entièrement avec les formes suggérées par ce chapitre; l’aube ordinaire à pas constant est seule à avoir une pareille génératrice, et elle a d’ailleurs des conditions de grande infériorité. ....,.
- Un moyen de tout concilier serait de donner à la surface de l’aube utile, conservée toujours très lisse, une disposition striée... Ces stries seraient comme de petites marches formées, d’un côté par un triangle
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- effilé de cylindre à peu près concentriquel, de l’autre par une zone d’hélicoïde à pas constant dirigée selon l’angle convenable ; l’arête finale serait une ligne en zigzag formée de petites parties de rayons et de petits tronçons de génératrices de cylindres, et les stries iraient toutes mourir sur l’arête initiale droite.
- On jugera, en pratique, si l’on croit cette disposition préférable ou s’il suffit, au moins parfois, de s’en tenir à la surface uniforme. Cela doit varier selon les cas. Nous en dirons quelques mots dans l’exemple du troisième chapitre.
- Au moyen de semblables stries, une aube d’ailleurs incorrecte pourrait devenir bonne. Ainsi, une aube telle que celle de lord Dundonald, ayant une génératrice courbe dans le plan de l’axe, pourrait avoir des stries directrices conformes à nos calculs. La génératrice courbe dans le plan d’axe, toujours inutile2 à notre avis, n’aurait du moins plus d’inconvénient. En somme, les directrices convenables peuvent s’appliquer sur une arête initiale quelconque, moyennant une disposition qui sauvegarde leur action individuelle.
- Action centrifuge de l’hélice. — Nous avons parlé, au début, de l’action dite centrifuge des hélices, d’où résulte derrière le navire un cône tronqué d’eau agitée ayant pour petite base le cercle de l’hélice. Des auteurs ont pensé que cette action centrifuge était un défaut, et qu’une hélice parfaite ne déterminerait derrière elle qu’un cylindre d’eau agitée ayant son cercle pour base. A nos yeux, comme nous l’avons dit, l’effet centrifuge que l’on observe est inséparable de l’hélice, et n’est pas autre que le résultat de l’ensemble des propulsions normales à la surface de l’aube dans toutes ses positions successives. Ici, comme ailleurs, la force centrifuge n’est qu’une force apparente, la force réelle étant tangentielle.
- On pourra remarquer, il est vrai, que les hélices formeront un cône d’eau agitée d’autant moins divergent que leur rendement sera meilleur ; mais cela tient seulement à ce que le rendement croît, comme on l’a vu, inversement à l’angle.
- Recul positif et négatif. — On nomme recul positif d’une hélice la
- 1. Sauf la petite excentricité calculée au deuxième chapitre.
- 2. Quant à l’hélice prise isolément, et sauf la réserve déjà faite à l’égard des courants le long du navire.
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- différence entre la vitesse de marche et celle que causerait l’hélice si elle tournait dans un écrou solide ; ce cas étant regardé comme la limite idéale de l’action de l’hélice.
- L’analyse des mouvements, que nous avons donnée au début, montre qu’il y a une différence radicale entre les actions théoriques de la vis et de l’hélice propulsive, et qu’on ne saurait les assimiler. Si l’hélice tournait comme dans un écrou solide, c’est que Vm serait devenu suffisant pour que les angles de l’a-ube fussent des angles de marche, alors la propulsion serait rigoureusement nulle. « L’écrou solide » implique un milieu solide ; dans un milieu fluide, il ne peut y avoir de propulsion que si Vp est réel. Vp est le recul théorique, qui ne peut ni ne doit disparaître. L’avancement dans un écrou solide serait le pas, 2 (Vm + VpJ à la 1", dans les aubes à pas constant.
- Il arrive assez souvent que le recul devient faible, moindre probablement que nos formules ne l’indiqueraient. Il arrive même que le recul devient négatif, c’est-à-dire que l’hélice avance plus que si elle tournait dans un écrou solide!... Les expérimentateurs eux-mêmes (amiral Paris, Traité de l'hélice propulsive, o2 et suiv.), en admettant ces observations pour certaines, leur attribuent des causes qui laissent intactes nos déductions : ils pensent que l’entraînement de l’eau par le frottement du navire et le gonflement de l’eau au-dessus de l’hélice, causent un courant surtout superficiel, plus ou moins rapide, poursuivant le navire et aidant l’action de l’hélice. — Nous pensons que les formules ne doivent pas être établies pour les conditions d’expériences dans lesquelles il est admis que les indications de vitesse sont inexactes ; qu’il convient, comme nous l’avons fait, de baser les formules sur des hypothèses ou données précises; et que les perturbations diverses, que l’on ne peut pas circonscrire ni prévoir exactement, ne doivent intervenir que sous la forme de coefficients empiriques de correction des formules... Du reste Vm est essentiellement relative, c’est la vitesse du bateau relativement à l’eau ambiante; si donc cette eau, par une cause quelconque, a une vitesse propre, on prendra Vm en conséquence, et les formules resteront les mêmes.
- Mise en marche. —On a vu, par les remarques de l’article I, que, pour une même rotation, la propulsion croît inversement à Vm. Il en résulte que la mise en marche ne peut pas présenter d’obstacle, puisque
- BULL. 7
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- l’hélice développe alors un surcroît de puissance qui amène progressivement le bateau à sa vitesse normale.
- CHAPITRE II
- RECHERCHE D’UNE AUBE A PAS VARIABLE.
- Etant donnée une arête initiale, non pas purement géométrique mais de largeur suffisante pour agir, déterminée par la méthode du 1er chapitre, c’est-à-dire présentant une suite d’angles initiaux calculés pour un efïet voulu, nous nous proposons de trouver la forme de l’aube, à la suite de l’arête initiale, propre à continuer cet effet1, c’est-à-dire à maintenir égale sur chaque trajectoire la pression dans le sens de la marche qui engendre le travail utile de propulsion, la particule fluide étant ici supposée capable d’accélération.
- Cette forme sera trouvée, si l’on détermine la trajectoire de chaque particule fluide dans les conditions de ce chapitre ; car la surface de l’aube résulte de l’ensemble des trajectoires des particules fluides.
- Nous ferons cette recherche pour une seule trajectoire, toutes les autres se déterminant exactement de même.
- Nous admettrons que la particule fluide, tout en s’accélérant, continue à agir par une résistance propre et non par le concours de toutes les particules voisines ; cette simplification (nous l’avons remarqué au début), nécessaire à la présente analyse, ne fausse pas gravement le phénomène et donne des résultats forcés dans le sens utile.
- N’ayant affaire qu’à une trajectoire, nous nommerons a0 ,r0, Yp, les éléments au point de départ sur l’arête initiale ; a et r seront les éléments variables dans la suite de la trajectoire en conséquence de l’accélération de la particule qui la décrit.
- L’angle de l’aube en un point sera déterminé par deux plans contenant ce point, l’un normal à l’axe, l’autre contenant le rayon en ce point et l’élément infinitésimal de la trajectoire.
- La trajectoire n’est pas une ligne purement géométrique, mais de
- 1. Parmi les conditions diverses que l’on pourrait poser, celle-ci nous paraît la plus naturelle ; nous n’en considérerons pas d'autre.
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- largeur suffisante pour agir et dirigée selon les rayons, comme il a été dit au 1er chapitre.
- On a vu au 1er chapitre (article Y) que la vitesse et la pression de la particule ne restaient constantes à la fois que normalement à l’aube ; or, la condition adoptée tout à l’heure étant que la pression de propulsion restera constante sur la trajectoire, il s’ensuit que la vitesse de propulsion y variera. Comme il revient au même que cette vitesse varie entre des trajectoires d’angles constants, comme au 1er chapitre, ou sur une même trajectoire d’angle variable, comme ici, puisque la condition de l'article YI est établie d’une manière générale, on aura encore la formule (18) pour expression de la vitesse de propulsion variable le long de la trajectoire, soit :
- (21)
- et par suite,
- (22)
- V'r=W^;
- p \ cos ao
- Y — i_i /c^il
- p" COS a V c°sa0
- \/ cos a COS an
- Nous prendrons pour coordonnées : un plan normal à l’axe passant par l’arête initiale, contenant les ouvertures angulaires oj décrites par l’aube; des normales z à ce plan, parallèles à l’axe; des rayons r, qui seront des droites parallèles au plan des w et coupant l’axe.
- Afin de simplifier l’introduction du temps dans le calcul, nous le représenterons en fonction du mouvement angulaire de l’aube w, qui est uniforme, en posant t = Kw, w étant l’angle décrit dans le temps t. Or on a évidemment : , .
- t Ko) 1" ,, , v 1 , (br ' '
- —-.= —- = -—; d ou K (o (o 2%n Âr.n -r 1 r. n
- Les temps, comme les w, seront comptés à partir du moment où la particule fluide, qui décrit la trajectoire, rencontre l’arête initiale.
- Les variables du problème ne pouvant, comme on le verra, être séparées complètement, il nous3 a paru que la marche la plus simple, sinon la seule praticable, était de considérer les mouvements élémentaires du second ordre. Cette méthode a été présentée dans les Mémoires de la Société des Ingénieurs civils {Remarques sur /’effet d'une force,
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- août 1884) ; il est nécessaire de s’en souvenir pour poursuivre ce chapitre.
- Yoici la suite des déductions qui basent les raisonnements de ce chapitre.
- L’eau ne résiste à l’aube, et par conséquent ne propulse, que par la partie de la vitesse à elle imprimée qu’elle n’a pas encore acquise. A mesure que l’eau acquiert de la vitesse propre, la propulsion diminue d’autant, et c’est précisément cette perte de vitesse qu’il faut rétablir pour conserver la propulsion égale.
- Cette partie de vitesse imprimée, qui est acquise, correspond à l’accélération due à une force constante, car l’action de l’angle constant est naturellement telle, et nous nous proposons précisément de la maintenir toujours la même. Par conséquent, le relèvement de l’aube, devant accompagner la particule d’eau pour maintenir la propulsion, sera précisément celui correspondant à l’accélération due à une force constante.
- La vitesse élémentaire due à une force constante, désignée par ; dans la formule usuelle, est ici Yp, puisque Yp est la vitesse de propulsion de l’angle initial, qui est facteur des impulsions acquises et doit l’être par conséquent des impulsions à restituer.
- I. —' RECHERCHE DE L’ORDONNÉE Z PARALLÈLE A l’aXE.
- L’ordonnée z étant mesurée à partir du plan normal à l’axe qui contient l’arête initiale, devra tenir compte de la translation de l’aube. Après un temps / = KQ, correspondant à un mouvement angulaire Q, le déplacement, tant apparent que réel, de la particule suivant les z, sera Ym t, plus Yp t, plus un terme correspondant à l’accélération de la particule relativement à l’angle initial. Posons d’abord l’expression de z cherché pour l’expliquer ensuite :
- Z = V„K£) + V„KQ +
- ü A w. a.
- / / ’Y
- •Y O «o O a0
- cos a
- K Va)2.
- Le premier terme se comprend de lui-même.
- Dans le second terme, Yp reste constant, bien que le rayon et l’angle
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- varient dans la partie de la trajectoire considérée, parce que ce terme représente le mouvement du 1er chapitre auquel l’accélération ne fait que s’ajouter. — Le mouvement réel YpKw suffisait à la propulsion lorsqu’il n’y avait pas d’accélération; lorsqu’il y a accélération, l’action propulsive s’amoindrit d’autant; par conséquent cette action sera maintenue ce qu’elle doit être si le parcours réel de la particule égale la somme de YpKw et de l’accélération.
- Le troisième terme est l’intégrale des mouvements élémentaires Y'p dt2, projections des impulsions de la pression normale variable et de leurs répétitions par suite de l’inertie. Si l’impulsion projetée dans le sens des 2 était constante, l’expression sous l’intégrale serait YpK2do)2, analogue à / d t2.
- L’expression développée de z est donc :
- Généralement, ce troisième terme et autres semblables ne peuvent pas s’intégrer exactement. Pour éviter l’intégration double approximative, qui est très longue, il conviendrait d’employer la formule modifiée qui en dispense (J. A. Serret, II, 693) ; elle est tout à fait générale pour ce cas.
- Nous reviendrons à l’expression de z ; on verra qu’elle peut souvent se simplifier en la suivante, immédiatement calculable,
- (23')
- dans laquelle c est une constante convenablement choisie. — On verra plus loin que le troisième terme de z suffit en pratique pour déterminer convenablement a.
- II. -- VARIATION DE L’ANGLE a,
- Pour chercher a, nous considérerons un élément de trajectoire correspondant à un mouvement angulaire infiniment petit tfw, et déterminé par son angle et son rayon a et r, (fig. 2). n itî>-
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- Pendant que l’aube décrit A' O = rda> en avançant de AO=YraKrfw, la particule fluide s’avance, non plus normalement à l’élément d’aube en AC, comme au 1er chapitre, mais obliquement en AB', par suite du mouvement normal D A, composé d’une impulsion nouvelle
- -----K2 du2.
- I/ COS a CO S a0.
- qui ne peut pas se voir sur la figure, et d’un entraînement sans vitesse acquise DA, de même direction, et de la résultante DB', résultante des projections sur le plan de la figure de toutes les impulsions antérieures, une seule de chaque L — Tous ces effets ont lieu simultanément.
- Bien que l’on ne connaisse pas l’obliquité de B'A, on peut trouver a, au moins approximativement, par les considérations suivantes.
- On remarque d’abord que B'I n’est autre que la différentielle de z tirée de l’expression (23).
- A'I — î’4 — IO? La composante AD, étant un entraînement sans vitesse acquise (sauf un infiniment petit), est normale à A'B', c’est la projection de DD', différentielle du second terme de 2 ci-dessus, en sorte que sa projection AD' a pour expression Yp K du tga..
- Pour exprimer D'H, reste de 01, c’est-à-dire la projection deDB', il faut remarquer que la suite d’impulsions originelles, dont les projections parallèles à l’axe forment le troisième terme de dz, ont été exer*-cées en des points divers du mouvement, faisant chacun avec le plan de la figure un angle variable fa— y); en nommant Yi l’angle de déplacement réel de la molécule correspondant à la figure (2), et y la valeur variable de cet angle ; y est mesuré à partir de la position initiale de de l’arête initiale.
- Ces considérations conduisent immédiatement à poser la formule suivante de la tangente de a1? valeur particulière cherchée de a :
- VmKd<o + VpKrfû> +
- tg*i=
- — tga.cosh—t)Pdnf
- COS a0
- r d w — Yp K d <0 tg aj —
- 1. Si l’on considérait un mouvement üni, quelque petit qu’il fût, il y aurait une intégrale double de mouvements élémentaires, ce qui compliquerait beaucoup; pour un mouvement do», il n’y a que l’intégrale simple.
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- Supprimant partout t/w, facteur commun, et remplaçant K par sa valeur, il vient :
- (24) t g at
- L’expression précédente ne peut être calculée que par approximations successives, parce qu’elle contient réunies deux qualités « et w dont la relation est précisément cherchée; de plus r est variable. Mais cette expression se simplifie dans certains cas, comme on va le voir.
- Notons d’abord que si l’on peut, dans certains cas sur lesquels nous reviendrons, poser :
- [c et c' étant des constantes bien choisies), et que l’on remplaçe a et r variables par at et r0, la formule (24) devient :
- (24')
- formule qui, indépendamment des constantes ccf à déterminer, donne at fort. On en tire :
- (24"')
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- On remarque de plus que le groupe des impulsions élémentaires différentes, dont D B' est la résultante, disposées successivement en polygone dans l’ordre de leur apparition, forment une courbe hélicoïde1 parlant de D pour aboutir en B' ; son pas, variable par suite de la variabilité de a et des éléments de la courbe, correspond à y = 360° ; son rayon, variable par les mêmes raisons, est tel que la circonférence décrite avec Jui2 est égale en longueur à la somme des projections, sur le plan des w r, des éléments de cette hélicoïde ; l’axe de cette hélicoïde est parallèle à Vm, et les éléments ont pour valeur
- VP
- 'FA)2, y cos a cos a0
- Il résulte de là que le troisième terme du dénominateur de l’expression (24) disparaît pour toutes les valeurs de a correspondant à y multiple de x, soit y —180°, 360°, 540°, 720° etc. La résultante DB'(fig. 2), normale à A'O dans tous ces cas, oscille autour de cette position pour toutes les valeurs intermédiaires de a. On a exactement dans ces cas,
- (25) tg cct =
- 2 tm 2 %n
- r-v, i/
- J 0ocn v
- COS et.
- 1
- cos a„ 4 Ti;2n2
- du
- âüà**'
- Si, dans des cas que nous examinerons, on peut, avec une approximation suffisante, remplacer
- I/ cos a. cos a„
- 1. Pour que le polygone des impulsions acquises, en un point, soit sensiblement une hélicoïde, il faut considérer seulement des épures ou expressions différentielles, comme la figure (2) et l’expression (24); toute épure ou expression finie donne un polygone des impulsions très notablement différent de P hélicoïde, parce que les côtés du polygone sont alors des sommes de longueurs très diverses au lieu d’être des éléments à peu près pareils (v. fig. 16).
- 2. Cette circonférence n’est pas exactement fermée puisque le rayon varie un peu.
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- par une constante c convenablement choisie, et supposer r constant, l’expression précédente devient
- (25'
- d’où
- tg a,
- Y Y y-
- 2ic»^2rc» ‘ 4rc2rc21
- VP ,
- /OK/a I ^ ^ A ! f
- (25 ) =+x z y (-^j -1 -‘-ss;
- et aussi
- (25'") c,Ul = 2™[— /ÿ>o1 + ^î2(ÿ«, — y1 — 1]-
- Les remarques suivantes permettront d’apprécier quand et comment on peut simplifier, ainsi que nous l’avons indiqué, les formules (23), (24) et (25).
- 1° Comme a va croissant à partir de «0, le facteur
- co s a cos a0
- est fractionnaire pour toute valeur de a autre que a0. De même cos (Yt —y) est toujours fractionnaire, sauf le cas extrême où il serait égal à \. Enfin r est toujours plus grand que r0. Si donc, dans les expressions simplifiées des formules (23) à (25), on fait, selon le cas, c =1, d— i et r — roy on aura toujours des résultats forts. Si, d’ailleurs, ces résultats sont encore très petits, on en conclura a fortiori qu’ils sont bien réellement tels.
- 2° Dans les limites ordinaires, la variation de a est très petite. On peut le reconnaître d’abord au moyen du 3® terme de z qui correspond au relèvement de la directrice. f
- Si l’on prend, par exemple, des valeurs qui se rencontreront au 3e chapitre, en posant : Vp = 2ni,184 ; Vra = 8 mètres ; w— 1,5; r0 = lm,50; et que l’on calcule z pour w == 45° — 0“,785 et
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- o/ = 90°= ]m,571, on obtient, avec La formule (23'), en y faisant c — 1.
- Pour 45°,
- V, V , i V
- 2 kïi ' 2 %n ' 2 4 tz2 r?
- 8.0,785 . 2,181.0,783 2,181.0,616225
- — 9,42 9,42 2.88,7364
- = 0m,666622-f 0m, 18635 + 0m,00775 = 0m,86072.
- Pour 90°,
- z' = lm,333334 + 0m,3727 + 0ra,031 = lm,737.
- 45°
- Pour to= —, l’ordonnée serait
- À
- z — 0m,3333 + 0m,093175 4~ 0m,00194 = 0m,4284.
- Ces valeurs, supérieures à la réalité, montrent que la courbure de l’aube est très faible, surtout dans les petits angles.
- Ce troisième terme de s permet aussi de calculer la variation de a, caron a sensiblement pour les petites valeurs de (a — a0), en nommante l’arc compris entre la directrice du premier chapitre et celle du second,
- K VoKW
- = COS a0, X
- Vn Jv* ÜTCO
- Vp ü)2 COS a0
- 2. 4 Tz*n2’
- Dans le cas de l’exemple précédent, pour w — 45° et a0 = 39°31', on a
- x = 0m,00775 X (0,77144 = cos 39°31) = 0m,00597866;
- Ce petit arc x est décrit par un rayon sensiblement égal à
- _*_= «*§«2. = 1- SB-
- sin a0 ' 0,6363 - - ’ , w. - ^
- ce qui fait que x ramené à i mètre devient 0m,00443, correspondant environ à un quart de degré d’ouverture angulaire ; la tangente fait donc à peu près un demi-degré avec la direction initiale. C’est ce 0que le troisième terme de z avait indiqué.
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- 3° Puisqu’une valeur de w assez grande, telle que 45°, correspond à une variation très petite de a (30'), on peut prévoir qu’une différence a — a0 considérable, 20° par exemple, correspondrait à une très grande valeur de w, de plusieurs tours d’hélice, c’est-à-dire à une aube imaginaire beaucoup plus étendue qu’on ne les fait. D’ailleurs, on reconnaîtra tout à l’heure que l’oscillation de DB' (fig. 2), ou la projection D D", reste toujours comparativement petite. Il en résulte que, dans les cas ordinaires, on peut évaluer la valeur de w correspondant à l’angle maximum par la formule (25"'), qui se prête à une approximation plus sûre avec les fortes valeurs que la formule (24), et que l’on aura un résultat suffisamment exact même si y n’est pas multiple exact de tc. Cette déduction s’éclaircira par l’application suivante.
- Yoici, d’abord, l’exemple du calcul de o> correspondant à l’angle maximum, par la formule (25'"), avec les données et les éléments du cas déjà considéré
- £^2(59°45)—2,9403
- Ces éléments, introduits dans la formule 26", donnent cw, =32m,97. Si c = 1, o)j =32m,97, valeur faible correspondant à
- 32“*,97 „ OR #
- -6^r=8’28fcW5'
- Il faudrait donc au moins 5,25 tours de l’hélice pour que la trajectoire considérée de l’aube atteignît l’angle maximum de 59°45'.
- Si l’on prenait pour c la valeur moyenne approximative 0,90, on aurait
- 36 63 * -
- o), r=36m,63... correspondant à= 5,83 tours...
- Cette valeur, pour certaines raisons, nous semble moins approchée que
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- la précédente. En tout cas, il est préférable, pour les évaluations, de prendre les limites dont le sens d’erreur est connu.
- La figure (3) représente, pour l’exemple précédent, la construction de la formule (24) et notamment l’application de la formule (25').
- On y remarque que la verticale DB' de l’épure est bien égale
- à 0m,809, valeur calculée de Cela prouve que, du moins à la
- suite des simplifications introduites, la valeur maximum de a correspond sensiblement à une valeur de y multiple exact de x, puisque le polygone des impulsions élémentaires se ferme sur une résultante verticale.
- Yoici maintenant l’évaluation de l’oscillation de DB', toujours pour le même exemple.
- Pour la calculer, il faut avoir la valeur de y correspondant à celle de wj qui vient d’être obtenue1. Bien que nous n’ayons pas encore établi la formule de y, ce qui précède suffit pour reconnaître que l’on a sensiblement
- Q, A Q A w( «i v ir\/ a d or ta a
- J YPK^ffa-^_ J j „ *
- o a0 o a0 o a0
- et à peu près, comme valeur forte,
- __Yp K Q t g «t , c.YpK2Q2 tg
- ^ r0 ' 2 r0
- c remplaçant le radical, comme plus haut, t g ^ étant une valeur moyenne, et r0 renplaçant r, qui varie très peu comme on le verra.
- Cette formule, calculée pour 32,97, a1=49°38', valeur moyenne dont la tangente est 1,17638, etc = 0,9 qui convient sensiblement dans ce cas, avec
- ________________— 0 154
- 1,5X6,28X1,5“ 1 ’
- donne
- 09 q y
- t — (0,154 X 1,17638 X 32,97 =5,973) + 5,973 X X 0,9 = 1S“,3S0.
- 1. En général, on peut évaluer l’oscillation directement en faisant yi = 90° dans le troisième terme du dénominateur de (24) et prenant «i correspondant à l’aide de la valeur de y ci-dessous égalée à 90°
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- -g égale 2,45, c’est-à-dire 2,5, sauf les erreurs d'une formule que
- nous savons être seulement approximative, puisque le résultat doit être un nombre entier de demi-tours. Ainsi y = 2,5 tours.
- Pour Y:=:2t,5, le pas de l’hélicoïde, dont la résultante verticale est 0m,809, est
- 0,809
- 2,5
- 0m,3236
- et son rayon sera sensiblement :
- au
- au
- début, -°’326y * = fegffig = Q-,042 = r,
- sommet, ^g^^°’32366j-71473 = 0,087 ^R.
- Cette hélicoïde est tracée sur la figure (3). Les parties vues correspondent au sens de mouvement de la figure (1). Nous avons construit sur cette épure a correspondant à y = 180°. Pour trouver un angle sur l’épure à l’aide d’une ordonnée calculée, il faut un tâtonnement ; mieux vaut calculer l’angle par la formule et contrôler le résultat par l’épure.
- On peut trouver, au moyen de l’hélicoïde ainsi tracée, l’inclinaison de la composante DB' (fig. 2) pour un angle quelconque ; il suffit de construire au point D, correspondant à ce cas, une partie de l’hélicoïde tracée pour l’angle maximum; son extrémité supérieure donnera le point B'. Cette hélicoïde est toujours la même pour une même directrice, sauf que la partie à employer dans l’épure varie, avec l’angle, en longueur et en position initiale.
- Ces divers essais nous paraissent montrer que la formule (25') permet, dans tous les cas, une évaluation suffisante de la valeur de w correspondant à l’angle maximum, ou a de fortes variations de a ; cette formule ayant l’avantage d’un dénominateur plus exact que la formule (24'). On voit au moins comment on peut utiliser les formules sans les calculer exactement par approximations successives.
- 4° Pour les petites variations de a, qui sont celles de la pratique, il convient d’employer la formule (24), applicable à tous les cas, parce que, alors, les simplifications nécessaires sont plus exactes. Dans ce
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- cas, c — 1, sensiblement. On peut donner la même valeur à c' qui s’en éloigne peu.
- Toutes ces simplifications rendent encore plus forte la valeur de ai (24').
- Si l’on applique ces hypothèses à la formule (2 4") pour o> = 45°=0,785, avec toutes les données prises plus haut pour exemple1, il vient tgoi = 40°34/, ce qui est environ 1° de variation avec a0. En réalité, la variation de a est moindre, comme le troisième terme de z l’a montré. L’indication delà formule (23) paraît la plus approchée, puisqu’elle est moindre que celle-ci et encore forte.
- Lorsqu’on veut essayer, d’après les indications précédentes, la variation de a pour une section d’aube donnée d’ouverture w0 et de hauteur h, il faut trouver w correspondant à cette section. Pour cela, on tire directement de la figure (1), en nommant r le rayon de la section considérée et Vp sa vitesse propulsive :
- , r = io0 r -j- Yp K o Çtg a =
- (Vm + Vp)Kü>
- >
- w r
- = w r I (Vn, + mKW
- 0 ' l.\ ’
- d’où
- w0 r1 4 z2 w2 / / 4 tc2 ri1 w0 r2 V2 w02 r2 4 r2 n2 2('Ym + Vp)Vp— V \2 (VB + VP) Vp] ~ (YB + Yp)Yp-
- Si la section était à utilisation maxima, cette expression se réduirait àe=r2w0, ce qui doit être.
- Pour éviter Yp, il suffit de remarquer que
- tga—
- A
- w0 r
- (Ym-f- Vp) K o)
- u0r
- d’où A=(Vm + Yp)K(o.
- Il vient
- d’où
- (26) ’«
- cùf=a>0r-|- (h—Ym Kù) — ;
- ' iù0r
- o)0a r2 —(— K1 __ w0- r2 -|- h2
- Wo^+YmKA“ s , H,
- 0
- —- = 0,0832885 ;—A——= 0,9231 ; 3,239. 0,9231 =2,9899209 1,083885
- (2,9899209)2 = 8,93962698825681 ; 3,668. 0,9231 = 3,3859308
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- Si'l’on a une épure, on pourra, en général, obtenir o> suffisamment en le mesurant sur elle.
- Nous résumerons ce qui précède après avoir examiné les variations de y et de r.
- III. — DÉTERMINATION DE L’ANGLE Y-
- L’angle y, dans le plan des w r, estl’angle dontla particule s’est déplacée réellement depuis le début du mouvement jusqu’à l’instant considéré ; c’est l’angle entre la position initiale de l’arête initiale et la position actuelle de la particule sur la trajectoire. Par conséquent, w — y est la mesure angulaire du retard de la particule relativement à l’arête initiale. Le centre de tous ces angles est toujours l’axe de rotation.
- On comprend que ^Yest formé de deux éléments; un mouvement dû à l’accélération antérieure et par conséquent inutile à la propulsion, et un entraînement sans accélération augmenté d’une impulsion nouvelle. Ce second élément, essentiel à la propulsion, est considérable dans les aubes d’hélices propulsives. (Ce double mouvement a été étudié, au point de vue général, dans les Remarques sur l'effet d'une force.)
- Si l’on rapproche les indications précédentes des généralités des Remarques sur l'effet d'une force, on arrive à poser aisément comme formule générale de tg y
- ,n r a
- ,n r A üq Yj a
- /Y"nL‘v*d“cosi +f fyV
- (27) t9V=H
- cos f
- o a0 o a0
- f l /toa ---
- r.7J J
- oa0 Oa0
- F est la valeur cherchée de y correspondant à une valeur O donnée ; Wi Yi sont les valeurs particulières en chaque point considérées comme limites des intégrales premières; w,y sont l’expression variable. Les projections sont faites sur la position initiale de l’arête initiale et sur une normale à cette arête partant^ de l’origine de la trajectoire. Les
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- intégrales simples représentent l’entraînement sans accélération, les intégrales doubles le mouvement acquis par la molécule ; le radical n’intervient pas dans les intégrales simples parce que celles-ci, comme on l’a vu au sujet de z, ne représentent que l’action de la vitesse initiale.
- La figure (16) représente approximativement la génération deT pour le cas simple où il n’y a que les intégrales doubles et où l’impulsion est constante. Cette figure représente le mouvement dans le sens habituel des figures qui n’est pas celui de la figure (1). Pour voir la figure (16) dans le sens de la figure (1), il faudrait regarder la première par transparence, en plaçant le plus grand rayon en bas.
- Si l’on connaît le rayon, ou sa formule approchée, il est plus simple de prendre le sinus ou le cosinus ; ainsi
- rnrA r»nTk
- do? cos y.
- Ce que nous avons dit pour a et ce que l’on verra pour r permettent souvent de simplifier cette formule en évaluant le radical et prenant, soit r0 constant, soit une formule simplifiée de R.
- Les formules (27) se développent dans le plan des u r. On peut, comme nous l’avons déjà dit incidemment, déduire des figures (1 à 3), normales au plan des w r, la formule suivante de y
- (28) r
- -f
- n RA
- /» fi R A /»«,»•,a, ______
- J J r krci? COSa0
- dis? — yj -j- ‘(i
- Cette formule, qui exige également r, se simplifie comme la précédente ; elle est plus simple que celle-ci lorsqu’on peut poser r0 = r. h est la partie de y correspondant à l’entraînement sans accélération ; y2 correspond à l’accélération.
- Dans toutes ces formules, les variables sont réunies ; pour les séparer, il faut faire disparaître les signes I par différentiation. Cette opération
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- est, sinon courte, du moins possible, parce que, ainsi qu’on le démontre par des considérations qu’il serait trop long d’introduire ici, il faut
- différentier, dans ce cas, par simple suppression du signe jf sans addition de terme.
- Mais le calcul de y est généralement inutile en pratique, une évaluation peut suffire. T ne sert que pour calculer a et r; on a vu qu’une évaluation approximative suffisait souvent pour a; on va voir qu’il en est de même et plus encore pour le rayon.
- 1Y. — Détermination du rayon.
- La croissance du rayon à partir de r0, ou excentricité, est causée par l’intégrale des impulsions reçues par la particule et leur reproduction par inertie, projetées sur la direction du rayon ; c’est l’effet étudié dans une partie des Remarques sur l'effet d'une force.
- Dans le mouvement réel de la particule compris par y, ce n’est pas le mouvement de simple entraînement correspondant à yi qui cause l’excentricité, mais l’accélération correspondant à y2. Dans la formule du rayon, yi et y, doivent intervenir de la manière qui a été vue dans les a Remarques. »
- On sait (J.-A. Serret, If, 703) intégrer une expression de la forme
- (Jp- p y , r
- — rfy2, dans Ie cas °ù T varie uniformément; et (d’après une
- démonstration que je ne puis introduire ici) il est probable que cette intégration s’applique au cas où y varie irrégulièrement. Quoi qu’il en soit, comme y varie peu irrégulièrement, et eu égard aux circonstances du problème actuel, l’intégration dont il s’agit s’appliquera toujours suffisamment au cas présent pour fournir l’évaluation approximative que nous cherchons.
- Si l’on détermine les constantes de l’intégrale j* = rfy? j pour
- rfy constant, on parvient à l’expression :
- (29) , =
- BULL.
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- . On a vu, dans les « Remarques » que cette valeur du rayon n’est pins exacte lorsque y est mixte, c’est-à-dire composé d’accélération et d’entraînement simple, comme dans le cas de l’hélice. Mais, en faisant des hypothèses simplifiées sur le rapport de y, et y„ on pourra appliquer la formule (29) avec une approximation suffisante1. La précaution à prendre, comme pour a, sera de reconnaître dans quel sens l’erreur est commise.
- Prenons l’exemple déjà cité.
- Pour un mouvement w et un angle constant a, on a vu, et on reconnaît aisément, que l’entraînement simple est :
- V- ^a = YP2^' tgo"
- Pour (o=45°=0m,785 ;ro = lm,50;ao=39°3i ; Vp=2m,181 ; ra=l,5 on aura, par suite de la faible variation de a, une valeur de y beaucoup trop forte en posant tg a. = 1... On aura d’abord :
- ?’0yi—"Vp- 2^' ^7a — 2Ui,18l
- 0n\785
- 6,28.1,5
- 1 = 0“,1816773^=0“,1211.
- Le relèvement de a étant moindre que 1°, comme nous l’avons vu, il est très exagéré d’admettre que ce relèvement intercepte 1° sur le plan des wr; prenant néanmoins cette valeur trop forte pour y2, il vient :
- 0 0174
- Tl = 0m, 1211 ; y, = 0",0174 ; y = 0"\1385 ; m =ü^^ = 0,125632
- V 0,125632 = 0,3544... 0,3544.0,1385= 0,0490844;
- d’où r=i-l,So( e0’04908 +e-o.o«x>8^;
- loge. 0,04908 = 0,021317... nomb. = 1,05 + = 0,952 ;
- r = - lm,50 (1,05-
- + 0,952) = lm,50l5.
- Cet accroissement du rayon, de 0m,0015, bien que négligeable, est notablement supérieur à la réalité, puisque tous les éléments sont forcés.
- On voit donc qu’en exagérant tous les éléments, on ne trouve cependant, dans les cas ordinaires, qu’une variation de r négligeable.
- 1. Dan» ce cas, m est le rapport de y, à y.
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- Conclusion du second chapitre.
- Ce qui a été dit dans ce chapitre suffit pour indiquer la marche à suivre pour déterminer directement et avec une exactitude suffisante a, y et r, au moyen des formules qui, prises rigoureusement, sont inévitablement fonction l’une de l’autre, et ne peuvent se calculer alors que par approximations successives. On voit par quelle voie, relativement simple, on peut se donner, dans chaque cas, des limites de ces quantités et juger ce que l’on peut négliger. —Il sera toujours prudent de faire ces essais, au moins pour les points culminants du cas traité.
- Il est probable que, dans la pratique, la variation du rayon sera généralement négligeable et que la croissance du, pas se déterminera suffisamment à vue d’œil à l’aide d’une limite extrême. L’aube, alors, sera construite comme au premier chapitre, et on appliquera sur l’arête finale le relèvement jugé nécessaire; le reste de la directrice ou trajectoire sera courbé approximativement en conséquence.
- On verra l’application de ces remarques dans l’exemple suivant.
- CHAPITRE III
- CALCUL D’UN EXEMPLE.
- Nous prendrons pour cet exemple les données d’un navire qui a été construit ; c’est un croiseur.
- Ym — 16 nœuds ; sensiblement, pour simplifier, 8mpar I". n — 1,5 nombre de tours de l’hélice par 1". . *
- tirant d’eau 7m,i0 : : : •«;
- longueur 99m,00
- largeur 15m,40
- déplacement 5 740,00 tonneaux.
- Au maximum d’effort, ce croiseur développait, dans les cylindres, 7 400 chevaux. ,
- Avec ces données, nous calculerons : les principales dispositions d’aubes du premier chapitre, — à propulsion ïnaxima, à vitesse de
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- propulsion égale et à pas constant, — dans quelques cas ; les travaux de ces aubes, pour les comparer ; la variation du pas et du rayon résultant de l’accélération, pour apprécier leur importance.
- Diamètre de l'hélice. •— D’après le tirant d’eau, nous prendrons 6 mètres comme diamètre extérieur de l’hélice ; il ne semble pas prudent de dépasser ce chiffre.
- Angles de marche. — Ces angles ayant pour tangentes —, on
- trouvera aux divers rayons :
- au rayon de lm,00, tgct., „ = 0,8488 : 1 = 0,8488, ara = 40°19'
- 1 ,50, = : 1,5 = 0,5658, = 29°30/
- 2 ,00, = : 2 = 0,4244, = 23° »'
- 2 ,50, = : 2,5 = 0,339 , = 18°44'
- 3 ,00, = : 3 = 0,2829, = 15° 4 8'
- Aube à 'propulsion maxima. — Les angles de cette aube le long de l’arête initiale et les vitesses de propulsion correspondantes seront, d’après les formules (7) et (8) :
- pour r = lra,00, ig= 2,16 ,
- = 1 ,50, = 1,7145,
- = 2 ,00, = 1,5107,
- = 2,50, — 1,3961,
- = 3 ,00, = 1,3222,
- S = 65°10' YP|l = 59°45'
- = 56°29'
- = 54°23/
- = 52°52/
- = 2™, 181 = 4 ,122 = 6 ,235 = 8 ,440 = 10 ,690
- Aube ordinaire à pas constant. — L’aube de ce genre qui nous paraît se rapprocher le mieux de l’aube précédente est celle qui a même section au rayon de 1 mètre. Pour avoir les tangentes aux divers rayons, il suffira de diviser la tangente en ce point (2,16), par le rapport des rayons. Les vitesses de propulsion se calculeront par la formule (12'). Il vient :
- pour k— 1 , tg a =
- 2,16
- 1
- 2,16,
- a = 65°10', Yp = 2m 181
- *v 5
- = 1,5,
- = 2 , = 2,5, = 3 ,
- Mi
- 1,5
- = 1,44,
- = . . . = 1,08, = . . ..= 0,864,
- = 0,72 ,
- = 55°14' = 4 ,02
- = 47°13/ = 5 ,70
- = . 40-50' =.7 ,07
- = .35°46' = 8 ,14
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- Ces résultats permettent une première comparaison des aubes; elle sera complétée par le calcul des travaux.
- La figure (4) représente1 l’aube à propulsion maxima que nous venons de calculer ; la figure (S), l’aube à pas constant; la figure (6), l’une et l’autre superposées, coïncidant par : l’axe, l’arête initiale et la section BIVG, à i mètre de rayon. Les lignes H.. I.. sont les intersections de plans normaux à l’axe.
- La figure (7) représente la même aube à propulsion maxima munie d’un bras inerte de 1 mètre de rayon.
- On sait que l’aube à propulsion maxima a le pas de chaque directrice nécessairement constant. Ce que nous avons dit de la variation de a, et le faible angle au centre de cette aube, parait permettre de donner ici à l’aube 0m,50 de hauteur parallèlement à l’axe. Mais il est prudent de contrôler cette appréciation par un calcul.
- Pour évaluer approximativement la variation de a au plus grand rayon de l’aube, figures (4) et (7), afin déjuger si la hauteur prévue de 0m,50 n’est pas trop forte, on mesure sur l’épure que w0, pour ce point, est environ 7°30', de sorte que la formule (26) donne pour la valeur de o) correspondante :
- 9. (J, 1307 -j- 0,25
- 9.0,1307
- 9,42
- 9. 0,01708249 +0,25___0,4037
- 9.0,1307 + 0,4246 ~1,6Ü09
- Avec cette valeur et la formule (23'), on calcule approximativement (fort) le troisième terme de a, pour le même point :
- 1 Ypw2 * ' 1 10,69.0,2522 10,69.0,063504
- 2 4rc2»8 ~~.2 88,7364 — 177,4728
- Cette valeur étant trop forte et le relèvement2 étant moindre qu’elle,
- 1. Toutes ces représentations sont schématiques, par simple épure géométrique. Les habitudes de la construclion et ce que nous avons dit suffisent pour tracer aisément l’aube véritable. L’hélicoïde du bras, là où elle est représentée, est supposée prolongée jusqu’au plan final ; ce n’est évidemment pas nécessaire.
- 2. Dans cette aube, je le répète, le relèvement n’est qu'une hypothèse pour apprécier la
- diminution de pression qui peut se produire.
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- il paraît, d’après l’ensemble de l’étude, que l’accélération réelle serait négligeable, et que l’on peut admettre par conséquent la hauteur d’aube de0ra50. Tout au plus,: l’aube perdra-t-elle un peu de pression vers son angle final extrême. C’est, du reste, au constructeur à apprécier chaque cas.
- Ce que nous axons dit de l’espacement des aubes ne permet pas à l’hélice à propulsion maxima d’avoir plus de quatre aubes comme celles figures (4) et (7) ; mais, à l’aide de couronnes, on peut augmenter le nombre des aubes. On en verra l’avantage au calcul des travaux. 1
- La figure (8) représente l’hélice à propulsion maxima calculée plus haut, ayant huit aubes de 1 mètre de longueur sur couronne avec quatre ou trois bras inertes de 2 mètres. La figure (8') indique la construction pratique de l’hélice entière.
- L’hélice maxima, figure (9), a seize aubes de 1 mètre sur couronne, avec quatre bras inertes ; seulement, l’espacement requis entre les aubes a nécessité de ne donner à l’hélice que 0m ,36 de hauteur au lieu de 0ra,50.
- L’hélice maxima, figure (10), a seize aubes de 0m,50[sur couronne, avec quatre bras inertes ; ce raccourcissement des aubes a permis d’élever la hauteur de l’hélice à 0m,46. On verra plus loin la comparaison des travaux de ces diverses dispositions.
- Aube à vitesse de propulsion égale. — Un mètre nous paraît la plus petite longueur qu’il convienne d’attribuer ici à l’aube inerte ou bras. Pour calculer une aube à vitesse de propulsion égale à partir de la section de propulsion maxima au rayon de 1 mètre, nous emploierons la formule (14) avec la tangente 2,16 déjà calculée pour cette section. On obtient :
- pour K = 1,0, tga0 = 2,16 , a
- = 1,8, tg*e = 0,8258 ,
- = 2,0,, = 0,57888,
- = 2,5, = 0,45036,
- = 3,0, = 0,37152 ,
- On remarque que, vers le plus grand rayon, ces angles se rapprochent assez de ceux de marche ; on verra par le calcul du travail la puissance qui leur reste. .....
- 65°10', Yp 39°31 ,
- 30° 4, 24°15 , 20°23 ,
- 2m,18t
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- — 119
- Cette aube est représentée figure (11). Théoriquement, la section enC n’a pas d’étendue puisque l’angle y est maximum ; nous axons tracé ainsi le schéma figure (11); pratiquement, il faudrait donner à cette section l’étendue B1VG de l’aube à propulsion maxima figures (4) et (7).
- sont toujours les intersections de plans normaux à l’axe pour montrer la forme.
- La figure (12) représente la même aube dans laquelle, seulement, le bras inerte est prolongé jusqu’à lm,50 pour des motifs que l’on verra en calculant le travail. L’hélice ainsi disposée pourrait avoir huit aubes.
- L’aube, figure (13), est encore à vitesse de propulsion égale avec un bras de lra,50; mais, au lieu d’être i’aube précédente rognée comme celle figure (12), elle débute par la section de propulsion maxima à lm,50 ; elle est moins étendue et plus forte que l’aube, figures (11) et (12). Yoici les éléments de cette aube, calculés comme précédemment :
- = 1,0 (r = l,50), tga0 = 1,7145 , a = 59°45, Yp =1 im 122
- — 1,333 ( =2,00), tga — 0 1121 , = 37°42, = id.
- — 1,666 ( —2,50), = 0,5713 , = 29°45, = id.
- = 2,0 ( =3,00), = 0,45828, = 24°37, = id.
- La figure (14) représente l’aube figure (13), dont on a diminué l’angle empiriquement depuis S jusqu’à B'"B, afin que la trace devienne SO ou SI, au lieu de SE, dans le but d’améliorer le rendement dans la partie de l’aube où il est le moindre.
- Sur les figures (11) et (14) est indiquée en ponctuée la limite des aubes pour huit aubes, c’est-à-dire la trace sur le plan final des normales à l’arête initiale de l’aube suivante. Cela indique la limite extrême du rapprochement possible des aubes.
- La figure (15) représente l’aube, figure (14), simplement prolongée sous les mêmes angles dans la partie SS' jusqu’en SK parallèle à la limite. Cela montre un des moyens d’augmenter le travail d’une aube calculée lorsqu’elle n’atteint pas l’étendue possible. — Les lignes H..I..S..J.. sont les intersections de plans normaux à l’axe.
- On a rencontré, au second chapitre, un essai de la variation de a relatif à la section moyenne de l’aube figure (11). Nous allons faire un
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- 120 —
- semblable essai pour la section extrême de l’aube figure (13). Les formules (26) et (23') donnent :
- 9.0,3662 + 0,2o _ 1,455
- 9.0,366 +0,4246 — 3,7186
- 1 VPM2 _ 4m, 122.0,3912
- 2 4 t;2 ri1 ~ 177,428 '
- 0m,39l; 0m,0035.
- Cette valeur de la partie de l’ordonnée correspondant au relèvement de l’aube étant supérieure à ce relèvement, on reconnaît, eu égard à la longueur de la directrice au point considéré, que a — a0 est moindre que un demi-degré.
- Nous ne pousserons pas plus loin les recherches de ce genre, ce qui précède suffisant pour l’indication qui est le but de cet exemple. En pratique, on jugera combien de points il est bon de vérifier.
- Travail et rendement des aubes. — Pour calculer le travail des aubes, il faut mesurer leur surface par zones assez étroites pour pouvoir y regarder la pression comme uniforme. Nous nous contenterons ici de prendre des zones de 0m,50 de largeur dans le sens du rayon. Cette approximation paraît suffisante pour la comparaison dont il s’agit. En pratique, on prendra les zones aussi étroites qu’on le croira utile; quelques essais de calcul montreront vite la limite convenable.
- Les dimensions circulaires normales au rayon seront mesurées sur les épures des diverses aubes précédemment indiquées.
- Nous ne considérerons ici que le travail sur la face active de l’aube. Le travail à l’arrière manque de données tant soit peu précises, et ce n’est que par une hypothèse évidemment risquée qu’on l’égalerait au travail à l’avant. D’ailleurs, il paraît préférable de réserver ce travail comme surcroît de puissance.
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- 121 —
- Aube à propulsion maxima, travail et rendement.
- 1° Aube, fi g. (7), ou %. (4) en négligeant la partie entre Taxe et 1 mètre de rayon.
- RAYON ANGLE a Longueur des direc-tric es mesurées ou cal- culées Surfaces des tra- pèzes Vitesses de propul- sion \ Vitesses de propul- sion normales à l’aube \ COS a Pressions normales à l’aube par m. q. Pn •= ...(Vf \COS a/ Pressions dans le sens de la marche par m. q. pn. COS a Pressions dans le sens de la rotation par m. q. pn.sin « Pressions dans le sens de la marche par trapèze Pressions de rota -tion multipliées par le rayon moyen, par trapèze
- m. m. m. q. m. m. k. k. k. k. kgm.
- 1,00 65°,10 0,55 2,181 5,193 2 693,61 1 131,26 2 444,53
- 0,2825 635 1 487
- 1,50 59o,45 0,585 4,122 8,182 6 691,24 3 370,84 5 780,16
- 0,2950 1 535 4 235
- 2,00 56°,29 0,60 6,238 11,297 12 7-46,41 7 038,31 10 627,70
- 0,3050 2 935 9 494
- 2,50 CO (N 0,62 8,442 14.496 20 967,04 12 210,36 17 044,73
- 3,00 0,63 0,3100 10,692 25 004,65 4 827 17 922
- 52°,52 17,711 31 364,41 13 933, iô 9 932 33 138
- Travail propulseur (4 aubes)
- 9 932k X 4 X 8m = 317 824k*ra (4 237 chevaux).
- Travail de rotation (4 aubes)
- 33138 X (9,42 = 2%n) X 4 = 1 248 639b®m,84 (16 648 chevaux).
- Rendement de l’hélice — — 20,2.. p. 0/0.
- 16 648 -f- 4 237 r '
- On peut remarquer, par le détail des calculs, que le rendement paraît diminuer vers le plus grand rayon; en sorte que, en cas d’une pareille aube, on peut étudier la solution d’un rayon moindre que le plus grand possible... — La comparaison de ces hélices avec les autres résultera des calculs qui vont suivre. — Pour les autres dispositions de l’aube à propulsion maxima, nous nous contenterons de donner le travail de propulsion.
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- — 122 —
- 2° La même hélice avec 8 aubes de 1 mètre (fig. 8).
- (2 933 -f 4 827) X 8 X 8ra = 496 768kgra (6 623 chevaux).
- 3° La même avec 10 aubes (elle peut les admettre, la formule donne même 11..)
- (2 935 + 4 827) X 80 = 620 960kgm (8 279 chevaux).
- 4° 16 aubes de 0m,36 de hauteur, avec 1 mètre de longueur utile (fig. 9).
- 0mq,2187
- 0raq,2237
- 7 038k + 12 210k 2
- 12 210k-f 18 933k 2
- = 2 104,.. = 3 483,..
- >5 587 X 16x8 — 715136kgm
- (9-535 chevaux).
- 5° 16 aubes de 0m,46 de hauteur, avec 0,50 de longueur utile (fig. 10). ,io 91 ok —U l s u qqic
- 0mq,2875 — — X 16 X 8 =573 031kgm (7 640 chev.).
- Ce qui précède suffit pour indiquer la comparaison entre les diverses dispositions à propulsion maxima. L’hélice la plus puissante aurait une longueur utile entre 1 mètre et 0ra,50, voisine de 1 mètre probablement, avec 16 aubes et la hauteur correspondante ; elle approcherait de 10 000 chevaux propulseurs théoriques. — On voit que cette hélice comporte une marge considérable en plus de la puissance réalisée par le croiseur.
- On reconnaît que cette aube aurait une action légèrement centripète comparativement à celle de rayons géométriques5Toutefois cette action étant faible et de sens plutôt favorable, il serait probablement sans intérêt de s’astreindre ici à la petite complication des stries.
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- Aube ordinaire à pas constant ; travail et rendement.
- RAYONS ANGLES Lon- gueurs des direc- trices
- m. m.
- 0,50 0,51
- 1,00 65°,10 0,55
- 1,50 55°, 14 0,61
- 2,00 47 o,13 0,68
- 2,50 O "en O 0,76
- 3,00 35o,46 0,85
- Pressions Pressions Pressions Pressions de rotation
- dans dans dans
- le sens le sens le sens multi-
- ' de la marche de la rotation de la marche pliées par le rayon
- parm. q. parm. q. par moyen
- pn. COS a pa.sin a trapèze par trapèze
- k. k. k. kgm.
- 196 317
- 1 132,56 2 840,73 2 446,90 4 107,46 576 1 187
- 1 231 2 870
- 4 793,45 5 200,11
- 2 053 4 431
- 6 616,98 5 741,30
- 2 977 6 448
- 8 176,73 5 911,73
- 7 033 15 253
- Surfaces
- des
- trapèzes
- m. q.
- 0,26
- 0,29
- 0,3225
- 0,36
- 0,d025
- Vitesses
- de
- propul-
- sion
- V„
- 2,181
- 4,02
- 5,70
- 7,07
- 8,14
- Vitesses
- de
- propul-
- sion
- normales à l’aube
- COS a
- 5,193
- 7,067
- 8,410
- 9,360
- 10,044
- Pressions normales à l’aube par m. q. pn =100 x
- (V C0Saf
- 2 696,72 4 994,25
- 7 072,81
- 8 760,96 10 090,00
- Travail propulseur (4 aubes)
- 7 033k X X 4 =r:225 056kgffl (3 000 chevaux).
- Travail de rotation (4 aubes) :
- . 15 253kgm X 9,42 X 4 — 574 732kgm (7 660 chevaux).
- Rendement —28,14.. p. 0/0.
- 10 660 r
- Si l’on applique ce rendement à l’hélice du croiseur pris pour exemple, laquelle développait au maximum 7 400 chevaux moteurs, on trouve
- 7 400 X 0,28 — 2 072 chevaux.
- Il est probable que le travail utile, c’est-à-dire la résistance à la translation du navire, augmenté de toutes les pertes, dépassait peu 2 000 chevaux.
- On voit que le travail propulseur de l’aube à pas constant n’est pas les 3/4 de celui de l’aube comparable à propulsion maxima ; par contre,
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- le rendement est meilleur... C’est le but à atteindre qui réglera le choix... Mais on va voir que, si l’on n’a pas besoin de toute la puissance possible, l’aube à vitesse de propulsion égale, ou les aubes voisines, seraient préférables.
- Aube à vitesse de propulsion égale; travail et rendement. Aube théorique, fig. 11, ayant 2 mètres de longueur utile.
- R AVONS. ANGLES. Lon- gueur des direc- trices. Sur- faces des trapèzes Vitesse de pro- pulsion vp Vitesses de propul- sion nor- males à l'aube, yp COS a Pressions normales à l’aube par m. q. pa =;ioo x (IlY \cos a J Pressions dans le sens de la marche, par m. q. pn. COS a Pressions dans le sens de la rotation par m. q. pD sin a Pressions dans le sens de la marche, par trapèze. Pressions de rotation multipliées par le rayon moyen, par trapèze.
- m. m. m. q. m. k. k. k. k. kgm
- 1,00 65 o,10 0 2,181 5,193 2 696,72 1132,57 2 447,36
- 0,1975 172,72 826,72
- 1,50 39°,31 0,79 ï) 2,827 799,19 616,53 508,53
- 0,4475 260,92 323,70
- 2,00 30°,04 ' 1,00 )) 2,520 635,04 549,59 318,16
- 0,5525 295,94 343,82
- 2,50 24", 15 1,21 » 2,392 572,17 521,68 235,00
- 0,6600 339,15 380,87
- 3,00 20°,03 1,43 2,321 538,70 506,05 184,69
- 1068,73 1875,12
- Travail propulseur 1 068 X 8 " X 8* = = 68 399kgm (912 chevaux).
- Travail de rotation 1 875 X 9,42 X 8 = 141 309kgm (1 884 chevaux).
- 91900
- Rendement ± ^ = 32,60 p. 0/0.
- On remarque que le rendement est surtout compromis par la partie de l’aube la plus voisine du bras ; on peut corriger la forme de façon cà amoindrir cet effet. Si l’on supprime simplement cette partie pour n’avoir que lra,50 d’aube utile, il vient (fig. 12) :
- Travail propulseur 896k,01 X 8 X 8 == 57 344kgm (764 chevaux).
- Travail de rotation 1 048k,39 X 9,42 X 8 = 7 9006kgra (1 053 chev.).
- Rendement Tëîÿl'ÔBl = 42’°- P- °/0-
- Ce rendement paraît voisin du meilleur que l’on puisse atteindre; mais cette hélice est probablement trop faible pour le navire considéré.
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- Sans chercher à augmenter sa force en étendant sa surface, comme la figure (15) en offre un exemple, il y a lieu d’essayer l’aube, figure (13), qui part d’une section de propulsion maxima au rayon de lm,50.
- Yoici les résultats relatifs à l’aube, figure (13). Nous calculerons en prenant à l’origine de l’aube utile, c’est-à-dire à lm,50, toute la longueur de la directrice à propulsion maxima comprise entre les plans initial et final; c’est évidemment ainsi qu’il convient de faire en pratique, sans s’arrêter à la forme purement théorique que nous avons signalée dans le cas précédent.
- 1.50
- 2,00
- 2.50
- Vitesses
- de
- propul-
- 59°, 45 37°,42 29° ,45
- 3,00 240,37
- 4,122
- Lon-
- gueurs
- des
- direc -trices
- 0,58
- 0,82
- 1,02
- 1,21
- Surfaces
- des
- trapèzes
- m. q.
- 0,35
- 0,46
- 0,555
- Vitesses
- de
- propul-
- sion
- normales à t’aube
- 8,182
- 5,290
- 4,740
- 4,534
- Pressions normales à l’aube par m. q. pa =100 x
- (il_y
- \COS a J
- 6 694,51 2 798,41 2 246,76 2 051,71
- Pressions dans le sens de
- la marche parm. q.
- k.
- 3 372,49 2 214,16 1 950,63 1 868,86
- Pressions dans le sens de
- la rotation par m. q. pn sin a
- 5 782,98 1 711,31 1 114,86 856,30
- Pressions dans le sens de la marche par
- trapèze
- Pressions
- de
- rotation multi-pliées par le rayon moyen par
- trapèze
- 2 295,03 L 462,45 1 504,12
- Travail propulseur 2 995 X 8m X 8a = 191 682hf;m,56 (2 555 chevaux).
- Travail de rotation 5 261,6 X 9,42 X 8 = 396 512kgtn (5 286 chevaux).
- Rendement = 32,88 p. 0/0.
- On remarque que le seul fait de construire cette aube sur l’angle maximum à lm,50, au lieu de cet angle à 1 mètre, a presque triplé la puissance. Quant au rendement, il est resté le même.
- Si Ton cherche, comme précédemment, à améliorer le rendement en supprimant la première section, qui est la moins favorable, il vient : Travail propulseur 2 017h,49 X 8 X 8= 129 119hgra,36 (1 721 chev.).
- Travail de rotation 2 966k,57 X 9,42 X 8 = 223 560kgm,71 (2 980 ch.).
- i 794 OA
- Rendement -1721 + 2 980 = 36’60 p- 0/°-
- Mais ce procédé de retranchement n’est admissible que si Ton dis-
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- — 126 —
- pose d’un excès de force suffisant; dans notre exemple, il faudrait probablement conserver 2 000 chevaux propulseurs. En pratique, on pourrait employer quelque moyen semblable aux suivants.
- 1° Essayer une nouvelle aube, de rayon inerte compris entre i mètre et im,o0, dont on pourrait retrancher la partie comprise entre l’origine et lm,50. Cela suppose encore que l’on dispose d’un certain excès de force.
- 2° Substituer empiriquement, à l’angle initial de 59°,45, un angle continuant la forme des angles suivants ; par exemple, 46° au rayon de lm,50. Cela donne le contour KSI, fig. (14). On obtient pour cet essai :
- Pressions e marche par trapèze Pressions de rotation multi- pliées par le rayon moyen par trapèze
- k. kgm.
- 700,53 1 075,97
- 957,72 1 462,45
- 1 059,77 1 504,12
- 2 718,02 40 42,54
- 1,50
- 2,00
- 2 50
- 3 00
- 46°
- 37“,42 29°,45 24',37
- Vitesses
- de
- propul-
- sion
- y„
- 3,20
- 4,12
- Direc-
- trices
- 0,70
- 0,82
- 1,02
- 1,21
- Surfaces
- des
- trapèzes
- 0,38
- 0,46
- 0,555
- Vitesses normales à l’aub;
- 4,606
- 5,29
- 4,74
- 4,53
- Pressions normales par m. q.
- 2 121,52 2 798,41 2 246,76 2 051,71
- Pressions dans le sens de
- marche par m. q.
- 1 473,37
- 2 214,16 19 50,64 1 868,87
- Pressions dans le sens delà rotation par m. q.
- 1 525,72 1 711,31 1 114,86 856,31
- Travail propulseur 2 718 X 8x8 = 173 953**1" (2319 chevaux).
- Travail de rotation 4 042 X 9,42 X 8 = 304 646bgm (4 062 ehev.).
- T) , + 2 31900 A,n
- Rendement 2 319 + 4 oe2 = 36,34 p. 0/0.
- On voit que ce procédé empirique a amélioré le rendement presque autant que le retranchement précédent, tout en conservant suffisamment le travail moteur.
- On aurait pu également continuer le contour K S de l’aube, fig. (14), jusqu’en 0, par exemple ; l’angle résultant en 0 est environ ol°. On aurait ainsi une aube plus forte, mais de rendement moindre.
- Si, le travail propulseur nécessaire étant exactement donné, on continuait le tâtonnement précédent (et l’importance du résultat en vaut la peine),; en diminuant progressivement les angles et rognant les par-
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- 127 —
- ties les moins favorables, on arriverait à améliorer encore notablement le rendement.
- On pourrait, comme pour l’hélice à propulsion maxima, relier par une couronne la partie interne de ces aubes, afin de n’avoir que 4 bras au plus pour les 8 aubes. On pourrait peut-être encore, à l’aide de la couronne, avoir plus de 8 aubes ; on examinerait alors s’il vaut mieux, pour améliorer le rendement, adoucir les angles ou se rapprocher de l’aube, figure (12),... Nous n’entrerons pas plus avant dans ces détails, ce que nous avons dit suffisant pour les signaler ; en général, une étude de construction devra s’y arrêter.
- Le genre de tâtonnement dont nous parlons conduirait vers l’aube à propulsion minima et à rendement maximum, dont il a été question au premier chapitre. Ce serait un procédé probablement plus simple, en général, que l’emploi de formules compliquées. On peut juger que l’aube à vitesse de propulsion égale, facile à calculer, serait une bonne base pour ce travail parce qu’elle n’est pas éloignée du but.
- Pour augmenter la force d’une aube calculée, on procéderait inversement. On se rapprocherait ainsi de l’aube à pression égale, puisque les calculs précédents font voir que les pressions décroissent un peu inversement au rayon dans l’aube à vitesse de propulsion égale. Celle-ci serait une base d’autant meilleure que son rendement est le plus grand.
- 3° Étendre l’aube, autant qu’on le juge possible, vers la limite extrême fixée par l’aube suivante. La figure (15) en offre un exemple.
- Le rendement des diverses zones augmentant un peu avec le rayon, le mode d’extension de l’aube le plus logique serait par zones concentriques atteignant la limite, à partir de l'extrémité du rayon... On peut se borner à étendre l’aube parallèlement à la limite, comme le représente la figure (15).
- Pour consolider au besoin une aube ainsi étendue, on pourrait prolonger l’aube du bras sous l’aube utile et placer entre elles des arcs-boutants; ou bien, déplacer un peu le bras afin qu’il fût symétrique en projection à la projection de l’aube... Ce dernier genre de construction est généralement recommandable.
- Il convient de remarquer que la suppression de la zone de moindre rendement est utile pour diminuer l’effet centrifuge que les stries dont nous avons parlé ont pour objet d’annuler... Toutes ces considérations, que nous ne pouvons qu’indiquer ici, devraient être pesées ensemble dans une étude pratique. Nous pensons que l’on serait généralement
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- conduit vers la solution d’aubes courtes sur couronne, adoucies le plus possible, et dont l’action centrifuge ou centripète sera parfois assez faible pour dispenser des stries.
- Ce qui est essentiel pour ces calculs, et pour toute sorte de calcul sérieux, c’est de connaître suffisamment la résistance propre à la translation du navire. C’est vers ce point, encore mal connu, que doivent tendre les recherches.
- Sans conclure rigoureusement de l’exemple précédent à d’autres cas, il semble permis d’indiquer qu’une bonne construction rendra possible : soit d’accroître de 33 pour 100 la puissance d’une aube à pas constant ordinaire, si l’on cherche la plus grande force ; soit d’obtenir un rendement de 33 pour 100 supérieur, si l’on vise à l’économie. Avec la disposition d’aubes sur couronne, on irait jusqu’à tripler la puissance comparativement à l’hélice ordinaire.
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- TABLE DES MATIERES
- PREAMBULE............................................................................. 62
- Effet centrifuge de l’hélice. Génératrice........................................ 64
- Directrices. Méthode de construction.................................................. 67
- Chap. Ier. — Étude de l’effet des hélices ordinaires et des diverses aubes ayant des
- directrices à pas constant........................................... 69
- I. — Force propulsive, vitesse de propulsion................ 7 0
- II. — Aube à propulsion maxima. .................................. 74
- III. — Hélice ordinaire à pas constant............................. 78
- Comparaison des hélices à pas constant et à propulsion maxima.......................... ...................... 8 0
- IV. — Aube à vitesse de propulsion égale..................... 81
- Comparaison des hélices à pas constant et à vitesse de propulsion égale....................................... 8 2
- V. — Aube à vitesse de propulsion égale en tous points, norma-
- lement à sa surface................................... . ' 84
- VI. — Aube à pression égale dans le sens de la marche en tout
- point de sa surface....................................... 86
- VII. — Aube à rendement égal en tous ses points.................... 87
- VIII. — Aube à propulsion minima et à rendement maximum. . . 8 7
- IX. — Travail moteur dhine hélice................................. 88
- X. — Rendement................................................... 89
- XI. — Disposition des aubes....................................... 90
- 10 Arête initiale........................................ 90
- 2° Bras................................................... 90
- 3° Nombre des aubes....................................... 92
- 4° Couronnes............................................. 93
- 8° Poupes............................................ j 94
- 6° Zones de raccord....................................... 94
- 7° Zone finale flexible................................... 95
- 8° Aube striée............................................ 95
- Action centrifuge de l’hélice............................... 96
- Recul......................'........................... 96
- Mise en marche......................................... 9 7
- Ciiap. 11. — Recherche d’une aube à pas variable................................ 98
- 1. — Recherche de l’ordonnée ;.............................. 100
- II. — Variation de l’angle a................................... 101
- .111. — Détermination de l’angle -y.............................. 111
- IV. — Détermination du rayon.................................. 113
- Conclusion du deuxième chapitre........................... 115
- Chap. 111. — Calcul d’un exemple................................................... 115
- BUL! .
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- DISCOURS PRONONCÉS
- AUX OBSÈQUES DE M. TRES CA
- Discours de M. Maurice LEVY.
- MEMBRE DE L’ACADÉMIE
- Messieurs,
- On dirait presque que le confrère éminent que la mort vient de nous enlever, avait le dédain de la vie, tant il prenait peu de soin de la sienne, tant il écoutait peu les avertissements de la maladie.
- L âge et la souffrance n’ont pu fléchir cette nature de fer. La mort l'a trouvé debout avec la fermeté d’âme antique ; ni les inquiétudes de ses enfants, ni les conseils affectueux de ses amis n’avaient réussi à calmer, un seul instant, son ardeur au travail, son infatigable activité.
- Membre de l’Académie des sciences, membre et plusieurs fois président de la Société des Ingénieurs civils, vice-président de la Société d’encouragement, membre du Conseil supérieur de l’enseignement technique, président du Conseil de perfectionnement de l’École centrale, membre du conseil du Conservatoire des Arts et Métiers, président de la Commission des poids et mesures, secrétaire de la Section française de la commission du mètre, vice-président de la Société des électriciens, membre, et depuis la mort de Leverrier, président de la commission d’unification de l’heure, il était partout présent et partout actif, préparé à toutes les questions, toujours prêt à prendre la parole en public ou dans les commissions ; véritable accapareur de travail, il commençait toujours par se charger de la part la plus lourde, ne trouvant jamais, quand l’intérêt de la science ou le bien
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- public était en cause, aucune tâche ingrate, aucun effort au-dessus de sa volonté.
- Vendredi dernier, il assistait à la réunion hebdomadaire delà Société des Ingénieurs civils, plein de vie, remplissant la séance de cette parole calme et persuasive, toujours écoutée, que l’Académie connaît si bien.
- En sortant de la salle, il s’affaissa pour ne plus se relever.
- Dimanche, il rendait le dernier soupir, sans avoir souffert, sans avoir repris connaissance.
- S’il avait eu à choisir sa mort, il l’eût souhaitée telle.
- Henri-Édouard Tresca est né à Dunkerque le 12 octobre 1814. Il fut reçu à l’Ecole de Saint-Cyr en 1832; mais ses goûts et ses aptitudes pour les sciences le portaient tout naturellement vers l’École polytechnique.
- Il y fut admis en 1833, après avoir remporté, au concours général, le premier prix de physique de la classe de mathématiques spéciales. Il sortit de l’École dans les ponts et chaussées, mais il n’y resta pas longtemps. Nommé élève ingénieur en 1835, il donna sa démission en 1841, pour exercer la profession d’ingénieur civil.
- Il commença par la construction de deux usines pour la fabrication de l’acide stéarique et la distillation des huiles minérales, trouvant, chemin faisant, un moyen nouveau d’extraction des huiles et un vérin hydraulique portatif qu’il proposait d’appliquer au pesage des voitures sur les routes.
- Il cherchait alors sa voie. Mais un homme de sa trempe n’est pas long à découvrir le fil d’Ariane qui le conduira désormais sûrement dans le labyrinthe de la vie.
- Il le trouva à l’Exposition de Londres en 1850.
- C’était la première exposition universelle. Tout était à créer.
- M. Tresca fut nommé ingénieur chargé du classement des produits français.
- Son activité et ses connaissances étendues appelèrent bien vite l’attention sur lui et, en 1852, il entra dans ce Conservatoire des Arts et Métiers, auquel il consacrera le meilleur de sa vie, auquel son nom, avec celui de Charles Dupin et du général Morin restera attaché.
- En 1854, il succéda au général Morin dans sa chaire de mécanique, fut nommé membre du jury chargé de désigner le personnel de nos Ecoles d’arts et métiers et inspecteur de ces Écoles.
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- Cette dernière fonction, il en fut investi à un moment où elle ne présentait rien d’enviable. Le choléra sévissait avec violence dans le midi de la France. M. Tresca part pour inspecter l’Ecole d’Àix.
- La capitale de la Provence, d’habitude si animée et si exubérante, était plongée dans un silence morne ; les rues désertes n’étaient parcourues que par de funèbres convois. M. Tresca fait l’inspection des services de l’École et prend, de concert avec le directeur, les mesures sanitaires exigées. Sa tâche remplie, il se rend à son hôtel.
- Là aussi, la table d’hôte était vide. M. Tresca y était seul.
- Un convive pourtant devait l’y rejoindre : c’était l’un des professeurs de l’École qu’il venait d’inspecter; mais il manqua au rendez-vous donné.
- Il était mort; il venait de succomber à une attaque foudroyante.
- À cette nouvelle, sans peser la responsabilité qu’il assumait, M. Tresca retourne à l’École et, de sa propre autorité, en ordonne le licenciement.
- Un inspecteur, en France, n’a, et avec raison, aucun pouvoir propre. Si M. Tresca s’était borné à proposer le licenciement dans un rapport, il était certain, ayant agi régulièrement, d’obtenirl’approbation ministérielle.
- Il préféra celle de sa conscience. Il eut les deux.
- À partir de 1854, le nom de M. Tresca va grandissant et sa carrière s’élargissant rapidement. L’Ecole centrale et l’Institut agronomique, à l’exemple du Conservatoire, vont bientôt lui confier leurs cours de mécanique appliquée. Ses expériences feront loi, non seulement en France, mais aussi à l’étranger. Les architectes et les ingénieurs en accepteront les résultats et iront puiser largement dans ses procès-verbaux d’expériences, d’abord simplement manuscrits, et, plus tard, publiés en grande partie dans les Annales du Conservatoire, une de ses créations.
- Mais ce qu’il plaçait au-dessus de tous les services qu’il rendait ainsi à l’industrie, ce qui l’a préoccupé sans cesse dans les vingt dernières années de sa vie, ce sont ses études nombreuses, variées, théoriques et appliquées, sur ce qu’avec une grande audace, mais une parfaite justesse, il a appelé Xécoulement des solides.
- Ce n’est pas le lieu ici d’indiquer en détail les prodiges d’habileté qu’il a accomplis pour découvrir expérimentalement les lois de ces phénomènes. Nous dirons seulement qu’il est parvenu à pénétrer, en
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- quelque sorte, à l’intérieur de la matière ductile, à y introduire des nuées d’éclaireurs qui lui apportaient un compte fidèle des modifications profondes qu’y déterminaient les colossales pressions auxquelles il la soumettait.
- Les résultats qu’il a obtenus démontrent une fois de plus l’unité des lois physiques et sont aussi importants à ce point de vue que par leurs applications industrielles.
- Personne n’ignore les services rendus, par lui, dans la commission du mètre ; mais ce que ceux-là seuls qui l’ont, suivi peuvent apprécier, c’est le talent, la persévérance, le dévouement qu’il y a montrés.
- C’est lui qui, après une étude approfondie de tous les côtés de la question, a proposé la forme qui a été définitivement adoptée par la commission internationale pour les mètres-étalons à distribuer à toutes les nations.
- Elle procure, à poids égal, une résistance vingt-cinq fois plus grande que l’étalon de nos archives, ce qui fait, ainsi qu’il aimait à le dire, qu’on pourra se donner des coups de bâton avec son mètre sans l’altérer.
- Il semble que, chez M. Tresca, l’acuité d’esprit et l’aptitude à se mettre au courant de questions nouvelles, n’aient fait que croître avec l’âge.
- Il en a donné une dernière preuve bien frappante lors de l’Exposition d’électricité de 1880.
- Il y entra novice et en sortit oracle.
- Parmi les physiciens de profession et de grand renom qui concoururent aux essais des appareils exposés, quoique non préparé, il prit immédiatement la tête; cela est si vrai que, depuis, il ne peut plus être question d’expériences à entreprendre sur la lumière électrique, le transport de la force par l’électricité, sans que son nom vienne sur toutes les lèvres.
- A l’avenir il n’en sera plus parlé sans qu’un soupir s’échappe de tous les cœurs, et les électriciens se joindront aux mécaniciens pour pleurer sur une aussi grande perte.
- Les humbles et les débutants de la science la pleureront aussi. Car ils sont nombreux, ceux à qui il a rendu service. Son cabinet du Conservatoire était envahi par les demandeurs, même après qu’il eut cessé d’y remplir des fonctions administratives. Tous étaient reçus et, pour peu qu’ils en fussent dignes, servis.
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- Adieu, cher confrère et vénéré maître. Ta vie qui n’est qu’un labeur ininterrompu, un effort incessant et désintéressé vers le bien, sera un grand exemple pour tous.
- Ton nom honoré reste représenté, parmi nous, par tes trois fils dignes tous les trois de le porter. Deux d’entre eux t’ont secondé avec un dévouement sans bornes et sont, sur bien des points, les héritiers de ton œuvre qu’ils connaissent dans ses moindres détails; le troisième, sorti avec éclat de l’École polytechnique, est aujourd’hui ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Tu laisseras un grand vide, non seulement à l’Académie des sciences, mais partout où tu as passé.
- Nous qui t’avons suivi dans ta superbe carrière, dans ta prodigieuse activité, nous le savons.
- Tous l’apprendront.
- Adieu.
- Discours de M. le colonel LAUSSEDAT
- DIRECTEUR DU CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS
- Messieurs,
- Tous ceux qui ont eu l’honneur de connaître l’éminent collègue que nous accompagnons au bord de cette tombe savent que jamais existence n’a été plus laborieuse ni mieux remplie que la sienne.
- Tresca est mort et devait mourir sur la brèche. Nul, en effet, ne se préoccupait moins que lui de l’état de sa santé, nul n’a bravé plus stoïquement la douleur et jusqu’à la mort qui, depuis plus de deux ans, le menaçait. C’est avec un sentiment de fierté mêlé de tristesse que nous rendons cet hommage à sa mémoire, dans un temps où l’on est disposé à admettre que les générations actuelles sont moins énergiques que celles qui les ont précédées. Quel éloquent démenti à cette insinuation, venue du dehors, que la vie de ce travailleur infatigable, de cet esprit si ouvert pourtant, si accessible à toutes les manifestations de l’intelligence, qui ne trouvait ou plutôt ne cherchait systématique-
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- ment de distraction que dans les séances de l’Académie et des nombreuses associations scientifiques dont il était presque toujours le membre le plus assidu et le plus actif.
- Quel plus fortifiant exemple à offrir à toute cette jeunesse qui nous écoute et à laquelle nous n’hésitons pas à dire que nous comptons sur elle dans l'avenir, dans un avenir prochain peut-être.
- Tresca (Henri-Édouard), né à Dunkerque, le 12 octobre 1814, appartenait à une famille distinguée, je devrais dire à une famille illustre, car elle comptait Jean-Bart au nombre de ses ancêtres.
- Après avoir fait de brillantes études littéraires et scientifiques au collège Louis-le-Grand, il entrait en 1833 à l’École polytechnique, d’où il sortait en 1835 dans les ponts et chaussées.
- Ses condisciples à Louis-le-Grand, ses camarades à l’École polytechnique, et il en est un que je ne veux pas oublier de nommer, l’illustre artiste Gustave Froment qui était son meilleur ami et qui fut lui-même un prodige, qualifiaient de merveilleuse la facilité avec laquelle Tresca s’assimilait tout ce qu’on leur enseignait.
- Celui-ci eut une occasion de donner une preuve bien frappante de cette facilité qui allait jusqu’à l’intuition. L’École ayant été licenciée en 1834, à la suite de troubles politiques, les professeurs et les élèves se concertèrent pour que les cours ne fussent pas interrompus, et Thénard, qui avait distingué Tresca, le chargea de réorganiser au dehors, le cours de chimie, le prit pour préparateur et, au besoin, pour suppléant. On m’a assuré que Tresca alla jusqu’à faire des leçons à ses camarades.
- A la sortie de l’École des ponts et chaussées, une longue maladie le détermina à renoncer à une carrière dans laquelle il eût, on ne pourrait en douter, rendu les plus grands services ; un peu plus tard, il se fit ingénieur civil et s’occupa de travaux industriels.
- Il avait été nommé, en 1851, par le Gouvernement français, inspecteur principal de l’exposition universelle de Londres. C’est dans cette situation qu’il fit la connaissance du colonel, depuis général Morin, professeur de mécanique appliquée au Conservatoire des Arts et Métiers et directeur de l’établissement. Après avoir échangé, dans la halle des machines en mouvement qu’ils visitaient ensemble, quelques idées sur l’utilité qu’offrirait à Paris une installation permanente analogue, pratiquée toutefois sur une moindre échelle, le colonel Morin frappé
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- du grand sens et de la sagacité de son interlocuteur, lui offrait, séance tenante, l’emploi d’ingénieur au Conservatoire. Cet emploi, à la vérité, n’existait pas, mais le colonel savait qu’il en obtiendrait aisément la création. Il s’agissait, effectivement, de réaliser une de ses plus heureuses conceptions, un projet de laboratoire de mécanique industrielle, qu’il avait formé longtemps avant l’exposition de Londres et qui avait même reçu un commencement d’exécution, dès 1843. Il lui avait seulement manqué jusque-là un auxiliaire capable et convaincu et il venait de le trouver.
- Dans tout ce que j’ai à dire des améliorations introduites au Conservatoire, à partir de 1852, je ne saurais séparer le nom du général Morin de celui de son collaborateur dévoué, qu’en toutes circonstances il se plaisait à appeler son ami, son bras droit.
- Le public nombreux qui visite la nef de la merveilleuse église de Saint-Martin-des-Champs, dans laquelle sont installées les machines en mouvement, n’y voit tout d’abord qu’un spectacle fait pour éveiller sa curiosité. Il ignore généralement, mais ni les savants, ni les constructeurs n’ignorent que c’est dans ce laboratoire de mécanique qu’ont été entreprises et menées à bonne fin des expériences fondamentales et exécutés des essais innombrables de machines et d’appareils dont il s’agissait de reconnaître, d’apprécier, de mesurer le degré de puissance et d’utilité pratique.
- Les recherches personnelles de M. Tresca sur le poinçonnage et le rabotage des métaux qui devaient le conduire à formuler les lois de l’écoulement des solides et celles de la déformation des corps, en général, bien qu’elles aient été exécutées au Conservatoire des Arts et Métiers, avec les ressources dont cet établissement seul disposait alors, seront appréciées avec une plus grande autorité que la mienne. Il en sera de même des expériences entreprises en commun avec M. Ch. Laboulaye pour la détermination de l’équivalent mécanique de la chaleur ainsi que les autres expériences de physique et de mécanique qui ont attiré l’attention du monde savant et ouvert à notre collègue les portes de l’Institut. Ma tâche est d’ailleurs encore bien vaste et je crains déjà de ne pas la remplir comme je le désirerais; je me bornerai donc à l’énumération nécessairement succincte des services rendus à l'industrie dans le laboratoire de mécanique. Si l’on se reporte à trente-cinq ans en arrière et si l’on se représente les efforts incessants tentés depuis cette époque jusqu’à ce jour, pour créer ou perfectionner
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- les machines et les appareils de toute nature proposés à la grande comme à la petite industrie, on comprendra, je devrais dire, on devinera le rôle considérable de ce laboratoire.
- Il importait, parmi tant d’inventions, de reconnaître celles qui pouvaient devenir fécondes, produire des résultats vraiment économiques, augmenter les ressources des fabriques, sans compromettre les capitaux engagés, sans gaspiller les forces que bon employait, qu’il s’agît de forces naturelles ou des matériaux, combustibles ou autres, qui servaient à leur donner naissance.
- Les expériences instituées au Conservatoire, à l’aide d’instruments dus, pour la plupart, à nos grands ingénieurs français et au général Morin en particulier, et exécutées avec une habileté et une conscience à l’abri de toute critique et de tout soupçon, ont joué, je le répète, un rôle considérable dans le triage qu’il fallait faire entre les machines récemment inventées et dans le classement même de celles que l’on employait déjà depuis un certain temps.
- Aucune, en effet, n’échappait à ces épreuves, à ce contrôle délicat, et, quand les chiffres qui servaient à traduire les résultats des expériences étaient publiés, personne n’en a jamais contesté l’exactitude. La machine ou l’appareil soumis à ce critérium était jugé.
- Le portefeuille industriel du Conservatoire .qui est, sans aucun doute, le recueil le plus précieux dans son genre, contient les dessins de la plupart des machines expérimentées.
- Les procès-verbaux des expériences sont également accompagnés de dessins exacts, et, à partir de 1860, date de la création des annales du Conservatoire dont M. Tresca fut un des fondateurs et le principal rédacteur, ces procès-verbaux furent publiés par leur laborieux auteur dans plus de quatre-vingts articles sur la mécanique appliquée.
- Pour compléter ces indications bien sommaires, j’ajouterai que le directeur et M. Tresca, qui lui avait succédé dans la chaire de mécanique et avait reçu le titre de sous-directeur, avaient encore installé tous les appareils nécessaires pour les essais relatifs à la résistance des matériaux.
- Les administrations de l’État, les administrations locales, les architectes, les propriétaires de carrières, les industriels, en général, connaissent bien cette organisation du service des expériences et y font un appel incessant.
- Je ne crois pas avoir besoin de dire que l’administration actuelle
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- s'efforce de répondre à toutes ces demandes et qu’elle continue la tradition dont elle a l’héritage, en suivant attentivement tous les progrès des arts mécaniques. En ce moment même, elle fait construire un laboratoire d’électricité qui peut être considéré comme le complément indispensable du laboratoire de mécanique.
- On me permettra sans doute de rappeler ici que l’outillage du Conservatoire fut utilisé pendant le siège de Paris par Tresca et par ses collègues du génie civil, pour les essais de bronze employé à la fabrication des canons de la défense et pour la vérification du matériel de guerre. Pendant cette période douloureuse, Tresca se montra ce qu’il a toujours été, plein d’activité et de ressources, et tous ses collaborateurs témoigneraient, comme moi, de l’ardeur patriotique qui l’animait et qui doublait ses forces.
- Je ne veux pas entrer ici dans tous les détails relatifs au développement des différents services du Conservatoire, à l’accroissement des bâtiments et des collections provoqué par l’administration à laquelle a appartenu M. Tresca ; je me bornerai à dire, et cela suffira pour donner une idée de l’activité déployée par le directeur et le sous-directeur, que, dans une période de quinze ans, de 1853 à 1869, la valeur totale des objets composant les collections avait plus que doublé et qu’il en avait été de même de l’étendue des galeries ouvertes au public.
- Je ne saurais omettre de signaler encore, parmi les travaux accomplis au Conservatoire par M. Tresca, les comparaisons délicates qu’il entreprit avec la collaboration de Silbermann, des étalons prototypes des poids et mesures des archives et du Conservatoire.
- Il préludait ainsi à l’organisation d’un service très important de vérification confié à l’un de ses fils, qui a été et qui est encore d’une grande utilité, tant pour les besoins de l’administration française que dans nos relations avec les pays étrangers, au point de vue de l’extension du système métrique décimal. C’est à ces travaux, en quelque sorte préparatoires, qu’il faut également rattacher la participation considérable du Conservatoire et celle de M. Tresca lui-même à l’œuvre non encore terminée, mais très avancée de la commission internationale du mètre.
- Dans les moments de liberté assez rares que lui laissaient son enseignement et ses expériences, M. Tresca trouvait le temps de visiter les usines les plus intéressantes, en France et même à l’étranger, et il s’y
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- créait de précieuses relations dont bénéficiait le Conservatoire. Il suivait avec non moins d’intérêt les progrès de nos écoles d’arts et métiers et de nos autres écoles industrielles. A l’époque de l’annexion de la Savoie, il fut même chargé de la réorganisation de l’école d’horlogerie de Cluses. Aussi les avis qu’il émettait devant le conseil supérieur de l’enseignement technique, dont il a fait partie pendant de longues années, étaient-ils écoutés avec la plus grande attention. Tout récemment encore, et malgré l’état de sa santé fortement ébranlée, il présentait à ce conseil qui s’occupe d’organiser sérieusement l’enseignement industriel et les études commerciales, un rapport étendu et lumineux dont les conclusions seront sans doute adoptées dans leur ensemble.
- J’ai essayé, Messieurs, de retracer, bien imparfaitement sans doute, mais avec un vif désir de la faire apprécier comme elle le mérite, la carrière de Tresca, professeur et sous-directeur du Conservatoire des Arts et Métiers. L’activité de cet homme remarquable ne s’est pas arrêtée au seuil de notre grand établissement, mais il appartient à d’autres orateurs de la suivre au dehors et de vous dire ce qu’ils savent mieux que moi. J’ai cependant encore à m’acquitter de deux missions qui m’ont été confiées par M. le Directeur de l’Institut agronomique et par M. le Président de la Société internationale des électriciens.
- A propos de l’Institut agronomique, je rappellerai que M. Tresca a contribué, toujours avec le général Morin, à installer provisoirement cette école créée en 1848, délaissée sous l’empire et réorganisée en 1876, dans les bâtiments du Conservatoire des Arts et Métiers.
- C’était un grand service rendu à la direction de l’agriculture qui est devenue aujourd’hui un ministère, et un service d’autant plus méritoire que le Conservatoire lui-même était déjà bien à l’étroit. M. Tresca fut nommé professeur de mécanique à l’Institut et il a occupé cette chaire, comme il occupait celle du Conservatoire et celle de l’École centrale, avec une rare distinction et, le dirai-je, avec l’énergie qu’il dépensait partout à la fois, jusqu’à l’épuisement de ses forces.
- En ce qui concerne la Société internationale des électriciens, je me bornerai à dire que son sympathique président, M. Georges Berger, m’a écrit la lettre la plus émue en me priant simplement de rappeler sur cette tombe que Tresca était membre fondateur et zélé vice-président de cette Société dont il avait pressenti la très grande importance scientifique et industrielle.
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- J’aurais terminé, Messieurs, s’il ne me restait un dernier devoir de cœur et de conscience à remplir.
- M. Tresca avait une famille nombreuse et excellente au milieu de laquelle il se reposait de ses travaux et qui lui prodiguait des soins qui l’ont préservé, à coup sûr, pendant longtemps [du danger auquel l’exposait son imprudente confiance dans la force de sa constitution. Je ne me permettrai pas de louer autrement les femmes de cette famille si dignes de notre respectueuse sympathie, mais je peux du moins parier des hommes pour lesquels je professe autant d’estime que d’affection.
- Toutes les personnes qui ont fréquenté le Conservatoire savent avec quel dévouement deux des fils de M. Tresca, Alfred et Gustave, l’ont assisté dans ses travaux. Il a fait d’eux d’habiles expérimentateurs et je suis heureux de saisir cette occasion, si douloureuse qu’elle soit, de rendre publiquement justice à leur mérite dont le Conservatoire a déjà tiré un grand profit.
- J’ai eu, directement ou indirectement, sous mes ordres, le troisième fils et le gendre de M. Tresca, et je me plais à reconnaître que, chez eux comme chez les deux autres, j’ai retrouvé ces grandes qualités, une intelligence sûre associée à un dévouement sans bornes.
- N’y a-t-il pas là une tradition digne d’être signalée en ce moment et n’est-ce pas encore faire l’éloge du père qui a su inspirer à tous les siens cet ardent amour du travail qui le caractérisait à un si haut degré, qui a fait sa force, et, en fin de compte, sa gloire !
- Car, Messieurs, c’est une personnalité considérable que nous voyons disparaître, dont nous avons le droit d’être fiers et que nous ne saurions trop regretter.
- Adieu, Tresca, adieu mon cher et honoré collègue.
- Discours de M. A. GAUVET
- DIRECTEUR DE L’ÉCOLE CENTRALE.
- J’ai la triste et douloureuse mission d’adresser, au nom de l’École centrale des Arts et Manufactures, une parole d’adieu à son éminent Professeur et au Président vénéré de son Conseil. Nous aimions tous,
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- et bien profondément, ce savant infatigable, cet ingénieur si distingué, ce cœur bon et généreux, cet homme droit, aimable et désintéressé. Nous étions heureux d’avoir au milieu de nous ce haut représentant de la science française, aussi renommé dans sa patrie que dans les pays étrangers. Son nom suffisait à donner de l’éclat à notre enseignement. Sa parole nette, franche et persuasive éclairait nos délibérations.
- Au début de sa carrière d’ingénieur, il pressentit bien vite qu’étant sous l’empire de son esprit étendu et investigateur, il aurait de la peine à se maintenir dans les limites imposées à des fonctions brillantes et honorées, mais quelquefois resserrées par les liens nécessaires d’une administration publique. Il fut attiré par les horizons lointains de la haute science et de ses applications : il voulut rester libre et s’appartenir. En 1837, à peine âgé de 23 ans, il avait déjà quitté le service des ponts et chaussées, où l’avaient appelé ses brillants succès à l’Ecole polytechnique, et débutait dans l’industrie en construisant une usine destinée à la fabrication de l’acide stéarique.
- Jusqu’en 1832, il se livra à divers autres travaux industriels, tous importants par leur nouveauté et donnant la mesure d’un esprit ardent et entraîné par l’amour du progrès.
- Au commencement de cette même année, un événement décisif imprima à la carrière de M. Tresca une nouvelle direction : il fut appelé au Conservatoire des Arts et Métiers où il se consacra plus spécialement à l’enseignement et aux travaux de mécanique appliquée. — Cet enseignement présentait alors de grandes difficultés. Plus que tout autre, il procède par démonstrations rigoureusement scientifiques, ayant leur origine dans les faits de l’expérience et de la pratique. Or, à cette époque, les résultats de l’expérience n’offraient pas encore aux jeunes savants les richesses dont ils peuvent disposer aujourd’hui. M. Tresca ne sépara jamais ces deux éléments, théorie et pratique, si nécessaires l’un à l’autre. Au moyen d’un vaste laboratoire de mécanique, qui était sa création, les propriétés des matériaux, le mode de fonctionnement des machines et leur rendement, livrèrent au Génie civil leurs secrets les plus profonds et les plus variés.
- Une parole plus autorisée vient de mettre en lumière la part si féconde que prit M. Tresca dans les travaux et l’administration du Conservatoire des Arts et Métiers. Le renom qu’il y acquit rapidement le fit rechercher partout en France et même à l’étranger, là où il y
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- avait une institution, une société ou un enseignement s’occupant des choses de la technologie. En 1854, l’École centrale s’empressa de lui ouvrir ses portes, en l’appelant à siéger dans le jury d’admission. Ces fonctions d’examinateur à l’entrée ne prirent fin qu’en 1865, alors qu’il fut nommé professeur du cours de mécanique appliquée de deuxième année, succédant dans cette chaire à notre illustre maître Belanger. Cette nomination eut pour conséquence de le porter au conseil de l’École. En même temps, il fut désigné comme Président du jury d’admission.
- Du jour où M. Tresca siégea dans les conseils de l’École, il prit une part des plus importantes dans toutes les discussions où s’agitaient ses grands intérêts. En 1874, une commission ministérielle fut formée en vue d’étudier les dispositions à prendre pour l’installation future et définitive de l’École. M. Tresca en fit partie. Cette étude n’était pas une nouveauté pour cet esprit investigateur et toujours dévoué au bien public. Bien avant cette date, nous avions agité ensemble cette question dans nos entretiens particuliers, même jusqu’au sein du Conseil, et ces discussions avaient conduit à formuler par avance ce qui est devenu aujourd’hui une réalité.
- En 1875, M. Philipps, ayant sa santé altérée et ayant dû abandonner la chaire d’hydraulique de 3e année, M. Tresca laissa son cours de 2e année pour succéder à son éminent collègue de l’Institut.
- Depuis son entrée au Conservatoire des Arts et Métiers, c’est-à-dire depuis 1852, M. Tresca, chercheur infatigable du vrai, doué d’une activité et d’une puissance de travail extraordinaires, menait de front des publications d’ouvrages, les travaux du savant, ceux du professeur et de l’ingénieur. Ses découvertes, ses ouvrages, ses travaux scientifiques lui méritèrent un fauteuil à l’Académie des sciences.
- L’armée, la défense nationale, l’agriculture, l’industrie, le commerce, les travaux publics, l’instruction publique, les jurys des expositions universelles n’avaient pas réclamé en vain le concours du savant, du professeur et de l’ingénieur. Les écoles, les sociétés scientifiques et industrielles, s’honoraient de l’appeler dans leur sein et n’avaient pas de membre plus actif et plus fécond. Il était partout, toujours à la hauteur de sa tâche et jouissant partout d’une autorité incontestée. Ses œuvres sont immenses et il est difficile de le suivre dans le vaste ensemble de ses occupations si nombreuses et si variées. Rien n’a manqué à cet aimable et vaillant caractère. C’est ainsi qu’en 1870 les élans
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- de son ardent patriotisme inspirèrent ses prodigieux travaux pour l’artillerie de la défense de Paris, et, un peu plus tard, sa courageuse résistance, si grosse de périls, aux injonctions persistantes de la Commune.
- Dans ces derniers temps, deux études semblaient surtout l’intéresser. Il s’était attaché plus particulièrement, d’abord au problème du transport de la force à distance au moyen de l’électricité, secondement, à l’organisation et au développement de l’enseignement technique. Son rapport sur cet enseignement,# publié dernièrement par les soins du Ministère du commerce, est une œuvre considérable où on trouvera certainement les principaux éléments de son organisation définitive.
- Pendant que M. Tresca était arrivé ainsi à l’apogée de sa gloire, un grand deuil nous affligeait profondément. Le plus éminent des fondateurs de l’École, l’illustre Dumas, avait été enlevé à notre affection le 11 avril 1884. Il n’avait pas cessé d’occuper la présidence du Conseil depuis plus de cinquante ans. Un sentiment intime, et on peut dire unanime parmi ses collègues, indiquait le nom de M. Tresca comme devant succéder au grand nom de Dumas. La situation était critique et difficile. Quelques mois à peine nous séparaient de notre installation définitive dans les nouveaux bâtiments de l’École. La rentrée des élèves, qui même, dans les temps ordinaires, est une lourde tâche, était, cette fois, toute pleine de difficultés et de complications : elle exigea des efforts surhumains. M. Tresca ne voulut pas se ménager, et ses forces, usées avant la fin, trahirent son courage. Il tomba et fut atteint par une maladie grave. C’était la seconde fois, et à court intervalle, qu’il subissait une crise des plus inquiétantes. Sa forte et puissante organisation vint encore à bout de cette violente attaqué du mal. Ses forces se ranimèrent assez rapidement et avec elles reparut son étonnante activité. En le voyant reprendre une à une ses immenses occupations, on pouvait croire que sa riche nature lui permettait de braver impunément le poids des ans et les fatigues d’un travail excessif. Vainement des amis, tout soucieux de ces cruels avertissements, cherchaient à le rappeler à la raison, en lui observant qu’à son âge, on ne devait plus se livrer à de tels labeurs : « Que voulez-vous, répondait-il avec un sourire plein de1 finesse et yle bonhomie, cela durera tant que ce sera possible; mais je ne saurais m’arrêter. »,,
- C’est ainsi que ce puissant athlète a été foudroyé en plein champ de bataille. Mais la mort, toute soudaine et terrible qu’elle a été, a su^le
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- respecter en lui réservant une fin digne d’une aussi belle et aussi glorieuse existence. Jusqu’à sa dernière heure, M. Tresca a vécu comme il avait toujours voulu vivre : il a travaillé et enseigné !
- Gloire et honneur à ceux qui comme vous, cher Maître, ont atteint les limites de la vie dans toute la plénitude de leur intelligence et dans toute la force de leur génie ;
- A ceux qui, par leurs vertus, par leur courage et leurs utiles travaux, ont contribué si largement à la grandeur morale et matérielle de la patrie ;
- A ceux enfin qui, jusqu’à leur dernier jour, ont été les serviteurs dévoués du bien, de la science et du progrès.
- Ceux-là ne périssent jamais. Les générations futures gardent et vénèrent leur souvenir.
- Puissent ces consolantes pensées, ainsi que les témoignages de notre vive et affectueuse affliction, adoucir la douleur de son excellente famille, qu’il aimait tant et dont il était adoré.
- Adieu, cher Tresca, adieu!
- Discours de M. HATON DE LA GOUPILLIERE
- MEMBRE DE L’ACADÉMIE.
- AU NOM DE IA SOCIÉTÉ D'ENCOURAGEMENT POUR i/lNDUSTRlE NATIONALE
- Messieurs,
- La Société d’encouragement pour l’industrie nationale vient de faire l’une des pertes les plus sensibles qu’il pût lui être donné d’éprouver. M. Tresca, son vice-président, était pour notre Comité des sciences mécaniques l’un des pionniers les plus dévoués et les plus infatigables. Membre de la Société depuis 1855, il a, pendant ces trente années, tracé dans l’œuvre commune un sillon profond et ineffaçable. D’un esprit perspicace pour l’analyse, d’un jugement net dans les conclusions, mettant un caractère ferme et loyal au service de ses convictions, il apportait dans nos travaux un concours doublement précieux, comme
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- savant et comme expérimentateur. La Société d’encouragement ne se limite pas. en effet, aux questions que le savoir suffit à résoudre directement ; des expériences, spéciales à chaque cas, deviennent parfois nécessaires. M. Tresca y excellait, comme nous le savons tous. Expérimentateur de premier ordre, il pouvait revendiquer tout entier le mérite du secours qu’il nous apportait sous cette forme; car les moyens d’action que lui fournissait, au Conservatoire des Arts et Métiers, la galerie des machines en mouvement, avaient été créés par lui, et il les mettait en œuvre avec l’aide de ses fils, ces ingénieurs si distingués qu’il a formés à son école.
- Les rapports dont il a enrichi notre Bulletin y dépassent le nombre de cent. Bornons-nous à citer au hasard un important travail sur l’histoire et l’avenir des moteurs à gaz, ses expériences sur la machine à air chaud de Belou, sur la roue Sagebien, l’accumulateur Armstrong, le régulateur Farcot, sur la résistance comparative des diverses sortes de courroies, sur la flexion et la torsion poussées au delà des limites d’élasticité. Notre Bulletin, dont il était le fécond pourvoyeur, a, le premier, donné asile à son beau mémoire sur le rabotage des métaux, qu’a depuis revendiqué la collection des mémoires de l’Institut. Des voix autorisées vous ont retracé tout à l’heure l’œuvre considérable de science générale qui a été accomplie par Henri Tresca. J’évite d’y revenir, de peur d’en affaiblir l’écho, et parce que le riche tribut qu’a reçu en propre la Société d’encouragement constitue à lui seul une œuvre complète, dont il me suffît de rappeler toute la valeur.
- La Société n’a pas voulu être ingrate envers celui qui a tant fait pour elle, et l’a appelé l’année dernière à la vice-présidence de son Conseil. Que l’hommage douloureux déposé sur cette tombe par ses collègues puisse apporter à cette famille si dévouée à son chef quelque adoucissement pour les déchirements de la première heure ! Quant à nous, qui l’aimions, et qui ne possédons plus que son souvenir, nous remettons avec confiance au Dieu de justice celui qui a poursuivi avec tant d’ardeur la justice et la vérité !
- BULl..
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- Discours de M. DE COMBEROUSSE
- PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS
- Messieurs,
- C’est au nom de la Société des Ingénieurs civils que je salue une dernière fois, avec vous, M. Henri Tresca, son Président honoraire, et que j’exprime à sa famille la plus douloureuse sympathie.
- Après les voix éloquentes et autorisées que vous venez d’écouter, je ne m’étendrai pas sur sa carrière scientifique ; mais je vous demande la permission d’insister un instant sur quelques détails qui nous appartiennent peut-être plus spécialement.
- M. Tresca, comme on vous l’a dit, entra à l’École polytechnique après de brillantes études. Il passa le troisième dans la première division et fut nommé élève-ingénieur des ponts et chaussées en 1835.
- La carrière s’ouvrait donc devant lui, toute tracée. Une cruelle maladie, supportée avec un courage et une énergie qui devaient la vaincre, l’empêcha de suivre régulièrement la filière accoutumée.
- En 1841, il était démissionnaire et, comme un certain nombre de ses camarades, il se tournait du côté de l’industrie privée, il devenait ingénieur civil.
- Il le resta toujours, montrant déjà.cette activité singulière qui est l’un des traits distinctifs de sa physionomie.
- En 1837, à l’âge de 23 ans, il construisait une usine pour la fabrication de l’acide stéarique ; (en 1838, il inventait un nouveau procédé d’extraction des huiles minérales; en 1842, il imaginait un mode de pesage des voitures sur les routes, à l’aide d’une presse hydraulique portative. i „ ,
- En 1846, nous le trouvons ingénieur des mines de houille de Cham-bois (Saône-et-Loire); et, en 1847, il élève une usine d’extraction et de distillation d’huile minérale à Buxière-la-Grue (Allier).
- En 1850, la fondation de l’Institut agronomique de Versailles le ramène vers d’autres préoccupations. U concourt à la fois pour la chaire de génie rural et pour celle de physique, et lutte courtoisement
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- avec son futur collègue au Conservatoire des Arts et Métiers, M. Emile Trélat.
- En 1851, il part pour Londres où s’ouvre la première Exposition : universelle. Il y débute comme inspecteur des machines et y reste comme inspecteur principal.
- Il est alors attaché, en 1852, au Conservatoire des Arts et Métiers, comme ingénieur chargé des expériences ; et, à partir de ce moment, c’est l’enseignement qui, sans l’absorber, devient la partie la plus importante de ses travaux, c’est à la science appliquée qu’il consacre ses veilles et ses efforts. Il rentre, pour ainsi dire, dans le monde officiel qu’il avait abandonné en 1841.
- Je tenais à rappeler ces faits peu connus, qui ont permis de regarder M. Henri Tresca, avec un autre de nos présidents, M. Yvon-Villarceau, comme le représentant du génie civil à l’Académie des sciences.
- Il appartenait à notre Société dès 1853. Il en devenait le président en 1862 et, en 1871, pour reconnaître les services qu’il avait essayé de rendre à la Défense nationale, en y associant notre profession autant qu’il était en lui, nous l’élisions notre Président honoraire à côté d’Eugène Flachat et du général Morin.
- Il est difficile de parler de cette année que j’aime mieux appeler lugubre que terrible ; car on résiste à ce qui est terrible et l’on est accablé par ce qui est lugubre. Cependant, devant cette tombe ouverte, nous ne pouvons oublier une des pages les plus remarquables de la vie de celui que nous perdons,
- Au mois d’août 1870, M. Yuillemin, alors président de la Société, avait, en vue de l’investissement possible de Paris, offert au Ministre des Travaux publics le concours des Ingénieurs civils pour la défense delà capitale. Cette offre avait été acceptée. D’autre part, sur la proposition de notre collègue Yictor Bois, et à la date du 13 septembre, une Commission de cinq membres avait été instituée par M. Dorian au Conservatoire des Arts et Métiers, afin d’utiliser et de répartir dans les directions nécessaires les services et le dévouement de nos confrères.
- Cette commission, dite du Génie civil, qui représentait les Écoles scientifiques et industrielles : École polytechnique, Ecole centrale, Écoles d’arts et métiers, était composée de MM. Tresca, . Laurens, Yuillemin, Martin et Martelet. îl ,
- Nous ne serons contredit par personne erg rappelant que M. Tresca, son président, en fut l’âme et le moteur infatigable, r; h>V(Ui ,
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- Je n'ai pas besoin de louer le patriotisme et le désintéressement de la commission du Génie civil et des nombreux ingénieurs qui l’ont aidée dans l’accomplissement de sa tâche. Tout a été gratuit. Tous les marchés ont été passés aii grand jour. Tous les industriels capables ont été sollicités. Et, l’on a pu affirmer hautement que, malgré les conditions si défavorables où l’on était placé, les travaux exécutés sous la direction de la commission du Génie civil ont soutenu largement la comparaison avec les travaux similaires accomplis hors de Paris, au point de vue de la bonne fabrication et de la modicité des prix.
- Avoir montré à l’Etat qu’il pouvait, qu’il devait désormais compter sur l’industrie privée pour la fabrication des armes et de tous les engins de guerre, c’est une importante lumière dont une part considérable revient certainement à M. Tresca, et que nous ne pouvions pas voiler sur sa tombe.
- Son rôle, relativement aux Expositions locales, nationales ou universelles, fut réellement extraordinaire. Nous avons parcouru la liste de ces Expositions où M. Tresca était membre des comités, directeur des expériences, président de classe ou de groupe, vice-président du jury international des récompenses, et nous nous sommes demandé comment il avait pu résister à un labeur si écrasant. On le voyait partout, le premier et le dernier aux visites et aux séances. Les nécessités delà vie matérielle disparaissaient pour lui. On était obligé de l’arrêter et de le supplier en se plaignant soi-même, pour qu’il consentît à prendre quelque nourriture. Il a dû sans doute user peu à peu, dans cet incroyable entraînement, sa robuste constitution.
- En 1878, notre Société, pour mieux prendre part à la grande solennité qui se préparait, pria M. Tresca de redevenir son président actif, et elle lui adjoignit comme vice-présidents quatre anciens présidents. M. Tresca répondit à cet appel, malgré le lourd surcroît qu’il avait accepté à l’Exposition universelle. Il alla plus loin. Il aida à la formation d’un Congrès international du génie civil, et y prit la part la plus active comme président. C’était un nouveau service rendu par lui aux Ingénieurs civils.
- Dans son allocution à la dernière séance du Congrès, il disait :
- « Messieurs, les prix sont décernés, le Jury international a terminé ses délibérations. Je suis tenu au secret, je ne puis citer aucun des lauréats. Mais je puis, du moins, vous dire que le génie civil, sous toutes ses formes, recevra plus du tiers de la totalité des récompenses.
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- J’avais donc raison de prétendre que ses travaux sont bien ceux qui caractérisent notre siècle... »
- C’est là comme le testament qu’il laissait à notre Société, l’encourageant dans sa marche continue et progressive.
- Mais il ne nous quittait pas, il s’intéressait toujours à nos succès, il en prenait sa part.
- L’année dernière, il présidait la brillante réception faite à Paris, par la Société des Ingénieurs civils de France, aux ingénieurs belges et hollandais. Il restait le plus vif, le plus jeune de tous. Nos hôtes partirent charmés ; lui, ne l’était pas moins.
- Il se promettait une grande joie à retourner cette année en Belgique où, à leur tour, nos confrères étrangers veulent nous recevoir. Il manquera à la Société, heureuse de se grouper autour de son Président honoraire; il manquera à nos amis qui l’attendaient de l’autre côté de la frontière. La vie est ainsi. Les couchers de soleil sont souvent bien doux et bien beaux; mais ce sont des disparitions, et la nuit est proche.
- Je vous demande pardon, je n’ai pu m’arrêter. Il y a tant à dire sur des jours si remplis.
- Ici, dans l’enceinte où nous sommes, ceux qui sont fatigués se reposent. Mais si notre Président honoraire pouvait se lever à notre voix, lui qui a tant mérité de se reposer, il nous répondrait : « Je ne suis pas fatigué. »
- Il semblait, en effet, de fer et d’acier comme les machines qu’il aimait. Il bravait tout. Il n’a pas vieilli. Il a obéi à une loi inéluctable, sans subir aucune décadence. Il n’a cessé de travailler qu?en finissant de vivre.
- C’est là une bénédiction que son énergique volonté et son infatigable ardeur scientifique méritaient.
- Et, maintenant, nous lui disons un dernier adieu avec une émotion bien vive et de plus près peut être que ses autres amis ; car c’est dans l’hôtel de la Société qu’il a subi la première et brusque atteinte, c’est au milieu de nous que ses yeux ont commencé à se fermer. ' >
- Adieu, mon cher collègue, adieu, mon cher Président. , '
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- Discours de M. Louis PASSY
- SECRÉTAIRE PERPÉTUEL DE DA SOCIÉTÉ NATIONALE D'AGRICULTURE.
- Mercredi dernier, Tresca assistait à la séance de la Société nationale d’agriculture, et, avec sa lucidité et son autorité ordinaires, discutait une question délicate soulevée dans la section de mécanique agricole et d’irrigation; vendredi, Tresca était frappé, frappé à mort. Et le voilà perdu pour toujours, arraché subitement à l’affection de sa famille, de ses confrères, de ses amis ! Dans le concert de toutes les sociétés savantes qui s’empressent de rendre à sa mémoire un solennel hommage, la Société nationale d’agriculture tient à mêler sa voix et à dire ses regrets. Son deuil est grand, mais le grand deuil aujourd’hui est conduit par le Conservatoire et l’Ecole centrale dont Tresca a été, pendant tant d’années, l’inspiration vivante, et, pour me servir d’une expression scientifique, l’infatigable instrument.
- L’histoire du Conservatoire des Arts et Métiers et de l’École centrale des arts et manufactures est tellement liée à la vie de Tresca qu’il appartenait aux représentants de ces grandes et nobles institutions d’en retracer les épisodes scientifiques : mais l’homme, l’homme avec l’originalité de sa nature et de son talent, appartient à tout le monde. Quand, au nom de l’Académie des sciences, il prononça l’éloge de Frédéric Sauvage, Tresca définit l’inventeur de l’hélice « un chercheur obstiné. » Tresca aussi était un chercheur, mais ce chercheur ne permettait guère à la méditation de prendre le tour de l’imagination. Il suivait le côté pratique des choses plutôt que le côté artistique ; l’attrait de la nouveauté ne lui faisait pas perdre de vue l’utilité véritable d’une combinaison, et chacun sent bien que c’est surtout par la finesse et la sûreté du jugement que le professeur de mécanique appliquée pouvait et devait rendre à l’agriculture de réels services. Heureux ceux qui ont le don de première vue et qui* reçoivent la lumière soudaine de la découverte, mais honneur à ceux qui savent, par des qualités presque contraires de bon sens, de critique et de science, reprendre cette lumière, l’analyser, la mesurer, et mettre en œuvre cette découverte que le hasard dispute parfois au génie de l’homme !
- Si l’on ne peut pas dire que la vocation naturelle de Tresca fut le
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- professorat, on peut noter que les circonstances en avaient fait la condition de sa vie. « Le professorat, a-t-il dit un jour, est une mission laborieuse dans laquelle le professeur se donne tout entier. » Et Tresça. se donna tout entier au Conservatoire, et à l’École centrale ! L’enseignement delà mécanique appliquée offrait des difficultés particulières. Il s’était rendu compte, par exemple, que son auditoire, dont la conquête était l’objet de ses continuelles préoccupations, que cet auditoire, dis-je, était saisi bien plus vivement par l’exposé de faits clairement expliqués, que par des déductions théoriques. Tout l’effort de son enseignement se concentra dans un heureux accord et dans un perpétuel échange de théories soutenues par des expériences spéciales, expériences destinées à pénétrer, à découvrir, à juger toutes les questions que soulève l’étude de la mécanique depuis la découverte des forces naturelles jusqu’à la simple démonstration des principales, machines de l’agriculture et de l’industrie. Tresca n’aurait pas pu mener à bonne fin l’éducation de son auditoire et la solution de ces: problèmes s’il n’avait eu la fortune d’aider à l’établissement, dans les salles du Conservatoire, d’un laboratoire et d’une galerie de mécanique , et de contribuer à la création de ces Annales du Conservatoire,; où il consigna le fruit de ses longues et‘patientes, recherches.
- A l’influence et à la notoriété i qu’il avait conquises par ses travaux dans le public des sociétés savantes et des écoles spéciales, Tresca avait ajouté l’autorité du grand public, par son action prépondérante, dans les expositions universelles de 1851, 1855 et 1862, par sa ferme et patriotique conduite pendant les épreuves de 1870 et les jours ensanglantés de la Commune, et par certains incidents de sa carrière professionnelle. Tresca était Tresca, à l’Académie des Sciences* au Conservatoire, à l’École centrale, à la Société d’encouragement, à la Société des Ingénieurs civils,!lorsque, en 1876, il y a neuf ans à peine, il entra dans notre compagnie, Je m’em souviens. Séguier mourut ?et Tresca souhaita le remplacer. Chacun se fit honneur de sa venue, et Tresca prit place dans la Section de mécanique agricole, à côté du général Morin, d’Hervé Mangon et de Delesse, -tous, trois ses iconfrères à l’Académie des sciences. L’entrée de Tresca à la Société d’agriculture ne fut donc pas un des échelons de sa fortune et un des degrés dé sa. renommée. La Société ne fut pas non. plus une de ces arènesrscientifiques où il aimait à porter fièrement le drapeau de la bataille,u mais une retraite où ib vint se reposer, de ses luttestetide ses travaux, et
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- donner en passant la preuve de son dévouement à l’agriculture. Il trouvait d’ailleurs dans notre Société, non seulement des études qui lui étaient familières et chères, mais des amis de vieille date, et entre autres le général Morin, dont l’amitié remplit toute sa vie, et régla pour ainsi dire toute sa carrière !
- J’ai nommé le général Morin et je m’explique. Quand on veut connaître Tresca, il faut lire le discours qu’il prononça sur la tombe de notre éminent confrère, de son intime ami, le général Morin : « C’est l’homme de bien, dit-il le jour des suprêmes adieux, c’est l’homme que j’ai le plus aimé. Pendant trente ans, il m’a été donné de vivre à côté de lui, de recevoir chaque jour ses conseils et d’admirer l’esprit de sagesse et d’indépendance qui dictait toutes ses déterminations. » Quels aveux, Messieurs, et quelle lumière sur toute la vie ! Ne voit-on pas ces deux hommes vivre pendant trente années de la même science et du même cœur? Ne sent-on pas l’ascendant que Morin avait pris sur Tresca, et l’influence qu’à son tour Tresca devait exercer sur Morin? Quand Tresca loue dans Morin l’esprit de sagesse et d’indépendance, ne semble-t-il pas se louer lui-même? Quand il rappelle la parfaite obligeance avec laquelle Morin prodiguait ses conseils et son temps à tous ceux qui voulaient les prendre, ne se souvient-on pas de l’abandon avec lequel Tresca se donnait pour ainsi dire à tous ceux qu’il en croyait dignes? M. Boussingâult ayant dit un jour que Morin était un caractère. « Oui, s’écria Tresca, Morin était un caractère dans lequel le cœur ne vieillit jamais. » La note du cœur reparaît toujours, et Morin est bien l’homme que Tresca a le plus aimé. Tels nous avons vu Tresca et Morin à la Société d’agriculture, vifs, nets, sincères, mais supérieurement distingués dans leur indépendance : telle nous apparaît encore l’image de nos deux confrères, partageant la même tâche en partageant les mêmes sentiments, et, pour ainsi dire, enchaînés l’un à l’autre dans les labeurs de la vie scientifique par la communauté des études, aussi bien que par la ressemblance des caractères.
- En rappelant ses propres paroles, en nommant le compagnon de sa vie, en louant les qualités de son cœur et la nature de son talent, j’ai l’espérance 4’avoir rendu à Tresca un hommage qui l’aurait touché. Après tant de discours qui relèvent au plus haut point les titres de sa renommée, je ne puis rien faire de mieux, ce me semble, que de prendre d’une main le souvenir des amis qui sont morts, et de l’autre les regrets des amis qui demeurent, et de tresser, avec les souvenirs
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- du passé et les regrets du présent, une pieuse couronne pour l’offrir à la famille de celui qui est encore là, sous nos yeux, et qui, dans quelques instants, n’y sera plus.
- Discours de M. NOBLOT .
- PRÉSIDENT DE L'ASSOCIATION AMICALE DES ANCIENS ÉLÈVES DE L’ÉCOLE CENTRALE DES ARTS ET JI AN U FACTURES
- Messieurs,
- L’éloge de l’ami que nous venons de perdre si inopinément a été fait par des voix plus éloquentes et plus autorisées que la mienne ; je ne saurais rien y ajouter.
- J’ai cependant à remplir un devoir auquel je ne veux ni ne puis me soustraire ; ce devoir, c’est de dire à Tresca un dernier adieu au nom de l’Association des anciens élèves de l’École centrale.
- Tresca, en raison de son origine, ne faisait pas partie de l’Association; mais il lui appartenait, par l’intérêt puissant qu’il n’a cessé de témoigner à cette œuvre d’union fraternelle ; il lui appartenait par son fils, notre camarade, si cruellement éprouvé, dont nous partageons la douleur, et qui, j’en suis certain, suivra vaillamment la voie de travail et d’honneur que son père lui a tracée.
- Ainsi donc, mon cher Tresca, au nom de tous nos camarades, au nom surtout des vingt promotions qui ont profité de votre enseignement, au nom de l’amitié et de la reconnaissance, je viens vous dire, non pas adieu, mais, au revoir!
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- CHRONIQUE
- Sommaire. — Chaudières en acier. — Frein restituteur pour tramways. — Les patentes eu Angleterre. — Assainissement de la ville de Blankenberghe. — Les télégraphes aux États-Unis. — Le touage. — Le pétrole en Amérique.
- Chaudières en acier. — La question de l’emploi de l’acier pour la eonsîrïïction"3ês chaudières a été traitée dans une récente communication de M. Smart, à Y Institution of civil Engineer s.
- L’auteur rappelle que la tôle de fer était, jusqu’à une époque très rapprochée, la seule matière employée couramment dans la construction des chaudières à vapeur. On a commencé récemment à se servir d’acier doux et l’emploi de ce métal se répand très rapidement. Le premier avantage de l’acier est sa plus grande résistance, qui est de 30 à 36 pour 100 supér-rieure à celle du fer. Les chaudières d’acier peuvent donc, à pression égale, être faites plus légères qu’en fer; c’est un très important avantage pour certaines applications. On peut aussi à poids égal faire supporter aux chaudières une pression plus élevée, point intéressant dans le cas cle chaudières chauffées extérieurement, où il y a une limite à l’épaisseur des tôles, ou encore, dans ce cas, donner aux chaudières un plus grand diamètre.
- On peut ajouter que l’épaisseur modérée des tôles que permet l’emploi de l’acier est une condition très favorable pour la bonne confection des joints, les diverses parties peuvent être p^lus facilement cintrées et embouties, l’assemblage et le rivetage se font mieux et onr ést!plus assuré de la perfection du travail.
- La plus grande résistance n’est pas le seul avantage de l’acier; il a de plus une ductilité supérieure et une limite d’élasticité plus élevée par rapport à la tension qui détermine la rupture. Malheureusement, si on peut invoquer comme avantage la ductilité supérieure, on doit ajouter que ce n’est qu’à condition que cette ductilité existe réellement, ce qui n’a pas toujours lieu. On ne peut nier que des cas bien constatés n’aient, malgré l’extension rapide de l’emploi de l’acier pour les chaudières, laissé subsister des doutes dans certains esprits relativement à la sécurité de l’emploi de ce métal.
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- Il est juste de dire que la plupart des échecs observés étaient dus à l’emploi d’acier impropre à l’usage prévu, notamment d’acier dur, mais on a également pu constater des défauts très graves dans certaines tôles d’un lot ou même dans certaines parties d’une tôle, le reste étant parfaitement sain; des tôles déjà cintrées et embouties sans accident ont éprouvé des ruptures dans la suite du travail. Toutefois, à mesure que les chaudronniers se sont familiarisés avec la manière de travailler les tôles d’acier, on a eu moins de faits de ce genre à constater. On a remarqué en effet que, lorsqu’une tôle est chauffée sur toute son étendue dans un four et que le rabattage se fait sur la circonférence entière, il y a beaucoup moins de chances de fissures que lorsque la tôle est chauffée par parties à la forge et rabattue en plusieurs fois.
- Le chauffage de la tôle entière supprime ou atténue les tensions locales dues aux différences de dilatation et de contraction, et il y a moins de chances de trop chauffer le métal. L’èxpérience semble indiquer que l’aciér se comporte très différemment à des températures différentes; à froid ou à la chaleur rouge, il supportera un traitement qui amènera sa rupture en fragments ou tout au moins sa détérioration complète à des températures intermédiaires.
- L’inspection des tôles avariées fait voir que la ductilité a fait défaut dans les parties où se sont produites les fractures, et que ce fait est dû moins à la qualité de la matière qu’au travail effectué à une température trop basse ou trop élevée.
- C’est une simple affaire de précaution, et on peut dire que l’acier de qualité convenable pour la confection des chaudières étant plus ductile et plus homogène que le fer se laissera mieux travailler que ce dernier; on sait, en effet, qu’il faut des qualités spéciales de fer pour supporter un travail un peu délicat et que même les meilleures marques sont sujettes à présenter des défauts de fabrication. Mais, quel que soit le mode de chaufi fage employé pour l’acier, four ou forge, le métal doit toujours être recuit après le travail.
- Malgré ces difficultés, l’usage de l’acier se répand et il existe déjà actuellement des milliers de chaudières de ce métal; il n’y a donc pas eu d’inconvénients graves dans la fabrication ou dans l’emploi de ces engins. M. William Parker, inspecteur en chef du Lloyd, dans un mémoire lu én 1881 à Y Institution of Naval Architects, constatait qu’à part le cas bien connu des chaudières du Livadia, yacht de l’empereur de Russie, uil avait eu à inspecter la construction de onze cents chaudières emacier, sans avoir constaté un seul fait de fracture dans les tôles pendant le travail. <
- 11 est bien reconnu que la ténacité et encore plusda ductilité sont modifiées dans le métal des chaudières par un long usage. Pour apprécier à quel degré se produisent ces modifications pour l’acier, M. Barnaby a fait récemment une série d’expériences aux Gyclops Works à Sheffield. If a pris une série d’échantillons de tôles d’acier Siemens et Ressemer et de fer de Gammeli et de Bowling et les a soumis à des chauffages et refroidissements
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- répétés, de manière à reproduire les conditions de travail des chaudières à vapeur. Les essais faits ensuite sur ces échantillons n'ont indiqué aucune détérioration sensible du métal, bien que certaines pièces aient été chauffées et refroidies soixante fois. D’autres expériences ont été faites en laissant les échantillons seize jours sous l’autel d’un four à recuire, de manière que, sans éprouver l’action directe de la flamme, ils fussent soumis pendant le jour à la chaleur rouge et à une plus basse température pendant la nuit. Pendant ce temps les pièces perdirent trois millimètres d’épaisseur par l’oxydation. Les essais faits ensuite firent voir que l’acier avait conservé ses qualités primitives beaucoup mieux que le fer, ce qui n’est pas de nature à décourager dans la voie de l’extension de l’usage de l’acier pour les chaudières.
- On commence à employer également l’acier pour les rivets; on doit les chauffer à une température moins élevée que les rivets en fer, et, comme il serait difficile avec les moyens ordinaires d’apporter assez de précaution dans cette opération, on doit conseiller l’emploi de fours à chauffer les rivets maintenus à une température très régulière.
- Les rivets d’acier sont déjà très employés dans la construction des navires et leur usage deviendra bientôt général dans celle des chaudières. Ils ont une plus grande résistance, et une autre considération porte à leur donner la préférence, c’est l’action corrosive que le fer exerce sur l’acier, lorsque ces deux métaux sont en communication électrique. Les personnes que cette question intéresse sauront gré à l’Amirauté des expériences très concluantes qu’elle a fait faire à Portsmouth, où des plaques de fer et d’acier, les unes en connexion et les autres en non-connexion électrique, ont été immergées pendant six mois. Les expériences, qui ont été communiquées à Y Institution of Naval Architects en 1883, par M. J. Farquharson, ont montré que, dans le cas de la connexion électrique, la perte de poids par oxydation avait été double de la perte dans l’autre cas. D’autres expériences ont confirmé ces faits. Il en résulte également que l’acier est en lui-même un peu plus sujet à la corrosion que le fer; mais la différence est assez faible et la supériorité de l’acier à d’autres points de vue assez grande pour que l’acier soit appelé à se substituer au fer pour la construction navale.
- Une précaution très importante dans la construction des chaudières est d’enlever l’oxyde de la surface des tôles. Des expériences faites par l’Amirauté ont montré que la présence d’une couche d’oxyde à la surface de tôles d’acier dans certaines places amène la corrosion rapide des parties où il n’y a pas d’oxyde, comme le ferait la présence du cuivre. On conseille donc de décaper les tôles avec de l’acide chlorhydrique étendu ou avec une dissolution de sel ammoniaque.
- Il y a encore une remarque à faire au sujet de la comparaison entre le fer et l’acier. Les meilleures marques de tôles de fer sont d’un prix élevé et on les réserve pour les coups de feu, pour les parties qui doivent être fortement embouties ou rabattues, etc., mais pour le reste beaucoup de chaudronniers se servent de fer de qualité ordinaire, quelquefois très mé-
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- diocre. On voit même trop souvent employer des tôles qui ne devraient pas entrer dans la construction des chaudières ; ainsi certains fabricants sont obligés de poinçonner les tôles d’abord et de les cintrer après, pratique qui est toujours mauvaise, mais qui est extrêmement dangereuse avec des tôles médiocres, parce qu’il peut, pendant le cintrage, se produire des commencements de rupture dans la ligne des trous de rivets. L’inconvénient signalé ici delà différence de qualité des tôles dans les diverses parties des chaudières est beaucoup moins à craindre avec l’emploi de l’acier.
- Pour le rivetage, il faut avoir grand soin d’enlever les bavures produites par le forage des trous; avec le poinçonnage, il y a une autre précaution à prendre, c’est d’avoir à l’intérieur le petit diamètre des trous; il faut donc poinçonner les tôles supérieures sur la face inférieure et les tôles de dessous sur la face supérieure.
- L’effet du poinçonnage sur les tôles d’acier varie non seulement avec la .qualité de la matière, mais encore avec l’épaisseur des tôles.
- Les expériences faites sur les tôles des chaudières du Livadia ont fait voir que le poinçonnage de tôles Bessemer ou Siemens d’une épaisseur supérieure à 15 millimètres, avec le maximum de différence entre les diamètres des poinçons et des matrices compatibles avec un bon travail, fait perdre à la tôle 30 pour 100 de sa ténacité, tandis que l’alésage des.trous et le recuit des tôles leur rend leurs qualités primitives.
- Le professeur Kennedy, dans les expériences qu’il a faites pour Y Institution of Mechanical Engineers, en opérant sur des tôles d’acier de 6 et 9 millimètres d’épaisseur, a constaté que la ténacité du métal était augmentée entre les trous de rivets par la localisation de l’extension et que l’affaiblissement dû au poinçonnage se trouvait ainsi plus que compensé; une différence de 1 1/2 millimètre sur le diamètre des matrices pour des tôles de l’épaisseur indiquée ci-dessus ne donne d’ailleurs pas d’affaiblissement sensible dans la résistance du métal.
- L’accident du Livadia avait, pendant quelque temps, fait renoncer au poinçonnage, mais on y revient maintenant.Toutefois, certaines maisons de premier ordre continuent à le proscrire; elles forent les trous en poinçonnant un petit trou qu’on alèse pour l’amener au diamètre définitif; quelquefois on profite de cette opération pour forer les trous de la tôle inférieure préalablement assemblée avec l’autre par quelques boulons.
- Les joints longitudinaux à recouvrement sont mauvais avec les tôles de forte épaisseur, on doit employer des assemblages à couvre-joints à double et triple rang de rivets. Les couvre-joints doivent toujours être pris dans des tôles et non dans des fers plats. Les joints circulaires se font générale-ment à recouvrement et à simple rang de rivets, mais pour les chaudières marines il est préférable d’avoir deux rangs.
- Dans la discussion qui a suivi la lecture du mémoire de M. Smart, il a été présenté d’intéressantes observations. M, Webb a signalé le bon effet sur la conservation des tôles d’acier du zinc dont il met 12 kilogrammes dans la poche de vidange de ses chaudières de locomotives; avec cette précaution
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- il assure la durée à peu près indéfinie de la partie extérieure des chaudières.
- M. Lavington E. Fletcher a indiqué plusieurs faits pour appuyer les observations du mémoire sur les précautions à prendre pour le travail des tôles d’acier; il faut éviter le chauffage inégal des tôles; aussi est-il préférable de cintrer à froid lorsque l’épaisseur le permet; sinon il faut employer de grandes précautions pour chauffer également les tôles de forte épaisseur comme celles des chaudières marines; on peut citer un cas tout récent où une chaudière de ce type de 3m,96 de diamètre et 4m90 de longueur, s’est rompue à l’épreuve à la presse hydraulique sous une pression de 17 kilogrammes par centimètre carré, et l’insuffisance de résistance doit être attribuée à la cause qui vient d’être signalée.
- Frein restitutenr pour tramway. Nous avons, dans la Chro-ni^Tï^^ârf8BÜ,"’^gë'"'êl3r']^afl(êÿ;“ÏÏeTessai fait à Londres d’un appareil dit en anglais restarter, destiné à faciliter le démarrage des voitures de% tramway en rendant à ce moment la puissance détruite par l’action du frein lors de l’arrêt. On a depuis beaucoup étudié cette question et proposé divers systèmes, mais aucun ne paraît avoir réussi, car, dernièrement encore, une Compagnie de tramways proposait un prix pour la meilleure solution du problème.
- Il a été fait, au mois de mars de cette année, une communication sur ce sujet au club des Ingénieurs de Saint-Louis (États-Unis), par M. J.-B. Johnson. . t
- L’auteur constate que, dans tous les essais dont il a eu connaissance, les ressorts servant à emmagasiner l’énergie lors de l’arrêt ont invariablement cassé. Il a donc cherché à se rendre compte de l’effet et a fait la théorie de ces appareils.
- , Nous ne donnerons que les conclusions.
- Si on appelle P" le poids de la voiture chargée de voyageurs, et P' le poids du ressort, on a P = P' -{- P".
- L’auteur, en prenant pour point de départ que de l’acier ayant une résistance extrême de 42 à 45 kilogrammes par millimètre carré peut emmagasiner 2 kilogrammètres par kilogramme, arrive à établir une expression de
- |V,°™IC ' Msssôct)'**-
- V étant la vitesse exprimée en pouces par seconde.
- Si la vitesse.de la voiture est inférieure à la racine carrée de 55 300, e’est-à-dire moindre que 6m,10 ou 21600 mètres à l’heure, le poids P pourra avoir une valeur finie, mais, à cette limite, pour une valeur finie de P" le poids du ressort aura une valeur infinie. Si P" est nul, P' sera indéterminé, c’esl-à-dire qu’à cette vitesse, quelles que soient les dimensions du ressort, il ne pourra emmagasiner que l’énergie due à son propre poids. Au delà de cette vitesse, il ne pourra même pas emmagasiner l’énergie due à son poids, car P" deviendrait .négatif. '
- Si on prend le cas d’une voiture ordinaire des tramways de Saint-Louis
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- pesant 2 083 kilogrammes vide et 6 206 kilogrammes avec sa charge maxima de 65 voyageurs, on tirera de l’équation ci-dessus pour P' une valeur de 1540 kilogrammes. Il est évident qu’un ressort de cette dimension ne saurait être installé sur une voiture de tramway.
- L’auteur va plus loin et examine la question sous les trois points de vue suivants :
- 1° Calculer l’épaisseur d’un ressort en spirale de diamètre et longueur donnés capable d’absorber l’énergie de la voiture en mouvement;
- 2° Calculer la section et la longueur d’un ressort capable d’absorber l’énergie de la voiture sans faire glisser les roues ;
- 3° Calculer l’effet d’un ressort de section raisonnable proportionné de manière à ce qu’il arrive h sa limite de travail lorsque les roues commencent à glisser sur les rails. /
- Dans le premier cas, si le diamètre de la spirale est de 0m,375 et sa longueur de lm,250, le ressort devant peser 1540 kilogrammes, le diamètre de l’acier serait de 0ra, 150, dimension qui rendrait impossible la confection du ressort, mais, lors même qu’on pourrait le faire, l’effort exercé à la circonférence des roues, 27600 kilogrammes, amènerait le glissement immédiat de celles-ci sur les rails, comme on peut s’en rendre compte facilement.
- Dans le second cas, on trouverait pour le ressort de 0m,185 de diamètre une longueur de 4m,50, la course de compression atteindrait lm,45; c’est inadmissible en pratique.
- Enfin, pour la troisième question, on trouve qu’un ressort du poids de 225 kilogrammes, en acier de 25 millimètres de diamètre, enroulé en spirale sur 0m,375 de diamètre et 1 mètre de longueur, calculé pour un effort maximum de 3 850 kilogrammes à la circonférence des roues ce qui correspond au commencement du glissement des roues avec leur charge maxima, ne pourrait emmagasiner que 15 pour 100 de l’énergie de la voiture en mouvement. Ce n’est pas la peine d’employer un appareil donnant une si faible restitution.
- M. Johnson pense que la solution de la question serait plutôt dans l’emploi d’un ressort d’air comprimé; le poids de l’air est insignifiant et le degré de compression n’a pour ainsi dire pas de limites. L’élévation, de température déterminée par la compression n’est pas à craindre, parce que la chaleur sera instantanément absorbée par le métal de l’enveloppe.
- On pourrait arriver à un cylindre de lm,50 de longueur et 0m,25 de diamètre en fer, pesant avec ses accessoires 110 à 112 kilogrammes. Cette solution est réalisable;) maintenant le bénéfice est-il suffisant pour justifier l’emploi de l’appareil?
- La puissance vive de la voiture en mouvement sur niveau n’est pas supérieure à 1650 kilogrammètres, dont les deux tiers seulement, soit 1090, peuvent être utilisés pour la remise en marche, et cela dans le cas du chargement complet de 65 voyageurs. Si le nombre des voyageurs est <bien moindre, 25 par exemple, la puissance vive ne sera plus que de 994 kilo-
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- grammètres dont 656 seulement seront disponibles ; ce chiffre représente le travail dJun cheval pendant 10 secondes ou celui de deux pendant 5 secondes. Si on suppose 20 arrêts par voyage aller et retour et 2 voyages de
- 1 heure et demie chacun pour le travail journalier d’un cheval, l’économie totale de travail réalisée correspond au travail d’un cheval pendant3 minutes et un tiers, soit 2 pour 100 du total. Si on considère que le démarrage se fait au pas, ce qui fatigue beaucoup moins les chevaux, on peut se demander si l’appareil en question a réellement quelque utilité, lors même qu’il n’y aurait aucune difficulté à le réaliser.
- Les frais de traction proprement dits sur les tramways à traction animale représentent à peu près 30 pour 100 des dépenses totales d’exploitation, de sorte qu’une économie de 2 pour 100 sur les premières conduit à un bénéfice définitif de 6 pour 1000. Ce serait encore acceptable, malgré la modicité de ce chiffre, s’il n’y avait pas de compensation ; mais, si on suppose que l’appareil pèse 135 kilogrammes, ou 4 pour 100 de la charge à traîner, la traction coûtera 4 pour 100 de plus et, comme l’économie n’est que de 2 pour 100, le résultat net de l’opération se chiffrera par une perte de
- 2 pour 100.
- M. Johnson conclut donc que :
- 1° 11 est absolument impossible d’emmagasiner la puissance vive d’une voiture de tramway chargée et marchant à dix kilomètres à l’heure dans un appareil consistant en ressorts d’acier.
- 2° Une partie importante de cette puissance vive peut être recueillie dans un cylindre contenant de l’air qui se trouve comprimé et peut être utilisée pour la remise en mouvement du véhicule;
- 3° Le travail imposé aux chevaux pour la traction du poids supplémentaire représenté par l’appareil restiluteur est supérieur à l’économie de travail qui peut résulter de l’emmagasinage de la puissance vive du véhicule en mouvement.
- L’auteur termine en citant la description donnée, par un journal soi-disant sérieux, d’un appareil destiné à remplacer les chevaux pour la traction sur les tramways et composé de 80 ressorts d’acier qu’une machine fixe devait tendre pour qu’ils donnassent ensuite le mouvement à la voiture. L’inventeur avait poussé la précaution jusqu’à placer un appareil de remontage à bras que le conducteur aurait fait mouvoir au cas où, par accident, le ressort serait arrivé à fond de course avant que la voiture n’eût atteint son terminus. Il est clair que le susdit conducteur ferait beaucoup mieux, én pareil cas, de descendre de sa voiture et de se mettre bravement à la pousser en recourant à la bonne volonté des voyageurs ou des passants, il utiliserait beaucoup mieux son travail.
- Nous rappellerons qu’au congrès du Génie civil, en 1878, notre collègue M. Fontaine, avait, dans une très intéressante communication sur les moteurs domestiques, donné quelques chiffres sur cette question des ressorts au point de vue de la mise en mouvement des machines à coudre et montré l’extrême faiblesse du rendement. Il indiquait que, si on admet que un
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- kilogrammes d’acier peut emmagasiner un travail de 20 kilogrammèlres, il faudra pour faire mouvoir une machine à coudre exigeant un kilogrammètre pendant une heure, avec 50 pour 100 d’effet utile, un ressort pesant 300 kilogrammes. On peut juger d’après ces chiffres ce que pèserait un ressort pour voiture de tramway. Or, le chiffre de 20 kilogrammètres par kilogramme d’acier est très supérieur à celui qu’admet l’auteur américain.
- Les patentes enAugleterre. Le contrôleur général des patentes (brevets d’invention) vient de publier son rapport qui est le second depuis la mise en vigueur de l’acte de 1883 qui a, comme on sait, modifié l’ancienne législation sur la matière. On peut juger si les nouvelles dispositions sont appréciées des inventeurs par le fait que le nombre des patentes prises chaque année qui avait d’ailleurs toujours été en augmentant, de 1211, par exemple, en 1852 à 6 241 en 1882, a sauté à 17 110 en 1884. En 1883, le chiffre avait été plus faible à cause du changement et en fait 1884 donne accroissement de 95 pour 100 sur 1883.
- 79 pour 100 des demandes ont été faites par des personnes résidant dans le Royaume-Uni, dont 12356 pour l’Angleterre et le Pays de Galles, 901 pour l’Ecosse et 254. seulement pour l’Irlande; Sur le reste la plus grande partie, 1181, appartient à des habitants des États-Unis; lés Allemands figurent pour 890 et les Français pour 788. Des résidents dans 27 autres pays, dont 13 étant des possessions britanniques, figurent sur la liste pour 175 patentes; il y en a 3 pour l’Égypte. Il n’y a eu en 1883 que trois cas d’appel contre les décisions de contrôleur, ce qui semble indiquer que ces décisions donnent satisfaction aux intéressés. Le plus grand nombre dé demandes correspond au mois de janvier qui donne 2 499; le plus faible au mois d’août 992. Le plus grand nombre pour un seul jour correspond au 1er janvier où on a reçu 266 demandes.
- On ne fait pas encore connaître le nombre de patentes délivrées sur les 17110 demandes déposées.
- La bibliothèque publique du Patent-office a reçu, en 1884, 39 508 visiteurs contre 32 748 dans l’année précédente. Les publications du Patent-office ont été envoyées à 46 villes et à un grand nombre d’administrations publiques et de sociétés savantes du Royaume-Uni, h 9 colonies britanniques, et à 9 Étals étrangers. Les Séries complètes des spécifications abrégées ont été envoyées à 280 sociétés savantes ou littéraires du Royaume-Uni et des États-Unis. J
- Le nombre de dessins enregistrés en 1884 a été de 19 515, contre 17166 en 1883, et celui des marques de fabrique de 7104, contre 4105 pour l’année précédente. Les recettes du Patent-office se sont élevées au chiffreCon-sidérable de 2 593200 francs, dont 2 224 900 pour les patentes, 87 000 pour les dessins, 175 000 pour des marques 'de fabrique et 106 000 pour les ventes de publications. , '
- L’excédent des recettes sur les dépenses donne un" chiffre rond de-un million de francs. Les plus grosses dépenses sont les traitements, des fonc-
- BULL. 11
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- tionnaires et employés, 900 000 francs eu nombre rond et les impressions 425 000 francs.
- la Tille J®*?l“ïtei,,,i*,ePS®,e- Le Bulletin de f.^Association des Ingénieurs sortis de l’Ecole de Liège contient une communication faite à la section de Bruxelles le 24 janvier dernier par M. Ken-nis sur un projet d’assainissement de la ville de Blankenberghe dont il est l’auteur.
- Blankenberghe, qui est une station balnéaire très connue, voisine d’Os-tende, occupe une superficie d’environ 30 hectares dont un cinquième est bâti. La population normale est de 2 500 habitants, mais la population étrangère peut atteindre 15 000 âmes aux mois d’août et de septembre.
- La situation topographique de la ville peut se résumer en un promenoir longeant la ville, se dirigeant de l’est à l’ouest et légèrement incliné vers l’ouest; parallèlement au promenoir se trouvent deux rampes d’accès; l’une partant du centre de la ville vers l’est, dite digue du comte Jean, l’autre vers le phare, à l’ouest, dite la rue du Port. Ces deux voies de communication ont à peu près la même inclinaison.
- La digue du comte Jean et la rue du Port sont reliées au promenoir par des rues secondaires dites « Rampes », au nombre de sept.
- Les promenoirs à la mer sont en outre reliés au centre de la ville par trois escaliers, d’une hauteur d’environ 4 mètres, suivis de rampes.
- Les pavages de la ville ne présentent pas une variation de niveau de 50 centimètres.
- Les eaux de la surface sont conduites dans les fossés des wateringues à l’est et à l’ouest de la ville. Après chaque averse, on trouve dans les iilets d’eau de la voirie plusieurs mètres cubes de sable très fin que l’eau pluviale a enlevé dans tous les recoins et sur toutes les saillies des. façades des maisons. Les eaux ménagères sont actuellement jetées dans les filets d’eau de la voie publique au moyen de tuyaux venant des éviers et débouchant sous la bordure des trottoirs. *
- Les matières fécales sont accumulées dans des fosses plus ou moins étanches. Toutes les maisons sont infectées des gaz de la fermentation qui se produit dans ces fosses. Les eaux qui servent à l’alimentation sont chargées de matières organiques.
- Le projet consiste dans l’établissement d’une canalisation souterraine pour conduire les matières fécales, les eaux ménagères et les eaux de chasse dont on peut calculer le débit de manière qu’après le départ des matières fécales et des eaux ménagères tout le périmètre et la section mouillée par celles-ci soient rincés par le passage des eaux de chasse. En n’admettant que des liquides dont on peut très approximativement calculer le débit, on réduit à un minimum les variations de niveau dans l’égout et l’on ne s’expose pas aux émanations que donnent dans les égouts les parois successivement mouillées et .exposées ensuite à l’air. L’admission
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- des eaux pluviales dans les égouts expose à de grandes variations de niveau et à l’introduction des sables fins dans les égouts.
- La section transversale de l’égout est constituée par un tiers de cylindre de 0m,15 de diamètre pour radier, deux plans inclinés à 60 degrés rejoignent les banquettes à 0m,50 au-dessus du radier. L’accès pour la visite et le curage est assuré par deux pieds-droits de 0m,17 de hauteur au-dessus des banquettes surmontés d’une voûte en plein cintre de 0ra,84 de diamètre. Dans cette section libre peut circuler sur les banquettes un wagon muni de vannes de curage.
- La section transversale de l’égout projeté s’écarte tant soit peu de la section ovoïde que l’on donne ordinairement aux égouts. Le passage des matières y subira, îi la vérité, un frottement plus considérable ; mais aussi, pour la même raison, le rinçage des parois par les eaux de chasse :serâ plus efficace et cela d’autant plus que tous les radiers sont inclinés au minimum à 3 millimètres par mètre, beaucoup ont des pentes de plusieurs centimètres et les eaux de chasse sont projetées tangentiellement aux radiers avec une vitesse dépassant lm,20.
- Ces pentes relativement considérables, eu égard à la situation topographique de la ville, ont été obtenues en divisant le réseau en 31 tronçons se réunissant dans un émissaire unique et en réduisant ainsi à un minimum les longueurs à parcourir par chacun des tronçons.
- Les tuyaux de chute venant des maisons sont moulés dans les parois de l’égout en même temps que celui-ci et dans une direction obliqué par rapport à l’axe. En face de chacun d’eux se trouve moulée une rainure empêchant les matières des tuyaux de se relever et de souiller les parois.
- Les tuyaux de chute seront prolongés au travers des maisons pour 'déboucher au-dessus des toitures. Il n’y a que les communications dés tuyaiix d’éviers et water-closels qui seront munis de siphons en S avaiit leur jonction avec les tuyaux de chute. Ceux-ci mettront donc constamment l’air des égouts en communication avec l’atmosphère. La ventilation des égouts sera en outre prévue par les dispositions prises dans la construction des réservoirs de chasse.
- Au fur et h mesure que la section d’écoulement devra être rendue plus considérable, les tuyaux de chute déboucheront dans l’égout à une hauteur plus grande au-dessus du radier.
- La section de l’égout sera constante dans toute la ville et construite dans le systèihe monolithe en béton de ciment a pierrailles de moins de 0m,02 et sur moules en tôlë' avec glissières coniques et appareil de déciritreméht mécanique employés dans la plaine de Gennevilliers. Des longueurs de 3 mètres seront ainsi successivement coulées. Après quinze ou vingt minutes on décintrait, on avançait le moule et les collerettes. * ’-'y
- Lés réservoirs dé chasse sont obtenus par lé prolongement de 4 métrés de régout au delà dif dernier tuyau de chute de chacun des 31 tronçons d’égout. Un mur pignon en amont et’un autre en aval donnent une capacité pour l’eau d’environ 2 000 litres. .....
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- Ces réservoirs sont munis d’un siphon annulaire formé d’un tuyau et d’une cloche.
- Le tuyau traverse le fond et plonge dans une cuvette dont le niveau d’eau est à quelques centimètres au-dessus du sommet du radier de l’égout. La cloche est posée concentriquement au tuyau qui reste avec son extrémité supérieure à quelques centimètres en dessous du dôme de la cloche, tandis qu’au bas de la cloche un espace est réservé pour permettre l’accès de l’eau dans l’appareil.
- Un robinet de 0m,03 de diamètre de passage alimente le réservoir. L’eau montant successivement chasse l’air de la cloche.
- La chute de l’eau dans le tuyau central détermine une succion qui amorce le siphon et donne lieu à la vidange de tout le réservoir par un tuyau de 0m,10 de diamètre.
- Toutes les matières d’égout et les eaux de chasse, les eaux drainées le long des parois extérieures de l’égout sont réunies dans une citerne dont l’air se trouve en communication directe avec les cendriers des générateurs à vapeur.
- Les pompes sont du système Western, à action directe, dont tous les organes sont combinés pour le service spécial des pompes à « sewage. »
- Dans une même salle de machines se trouvent deux de ces appareils (alors que l’un d’eux est en mesure d’assurer le service), et les pompes du même système pour élever l’eau du canal de Bruges à Blankenberghe dans un réservoir château-d’eau de 450 mètres cubes de capacité établi dans les combles du Casino, h 22 mètres au-dessus du niveau général des rues de la ville.
- De ce réservoir rayonnent des conduites dans toutes les rues pour alimenter les réservoirs de chasse et les robinets du service d’incendie. Ultérieurement, quand on aura drainé les eaux des dunes, toutes les installations prévues pourront conduire les eaux potables à domicile.
- Les eaux pluviales continueront h circuler le long des filets d’eau de la voie publique, y déposeront à chaque averse leurs sables et se rendront ensuite dans les deux waleringues où, depuis de nombreuses années, elles ont été des plus utiles pour les pâturages pendant les grandes sécheresses.
- Les matières d’égout sont aspirées par les pompes dans la citerne et refoulées à deux kilomètres de Blankenberghe vers trente-deux hectares de terres d’un même tenant, situées dans une direction telle que les vents dominants de la contrée passant sur elles vont directement à la mer sans passer ni sur Blankenberghe, ni sur le village de Wylkerque, ni sur aucune agglomération bâtie. Ces terres, fortement chaulées et drainées, auront pour émissaire principal du drainage un petit cours d’eau qui, en serpentant ensuite au travers des pâtures, retournera l’eau au canal. Les matières d’égout, filtrées au travers de ce sol, laisseront leurs principes fertilisants au sol, et l’eau claire et limpide, comme on en obtient aux drains de la plaine de Gennevilliers, retournera au canal.
- L’ensemble du système fait donc servir l’eau du canal à l’assainissement
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- de la ville et k la fertilisation des champs. Le montant du devis, y compris les conduites d’eau, château-d’eau, service des incendies et des irrigations et 5118 mètres d’égouts, s’élève à 460 000 francs, en nombre rond.
- Les télégraphe» ««f-„ États-Unis. D’après une note que nous trouvons^ans l'Engineering News, les États-Unis auraient 263950 kilo-, mètres de lignes télégraphiques, 14402 bureaux et auraient : expédié, l’année dernière, 57 942 247 télégrammes. Ces chiffres:donnent plus dit triple comme longueur, et presque le double comme nombre; de bureaux et de télégrammes, par rapport h ceux des autres pays qui, viennent en tête.
- Comme longueur, ces derniers seraient la France avec 73 860 kilomètres, l’Allemagne avec 72560; l’Autriche avec. 50 100, et, dit le journal Américain, l’Australie avec 35150 [kilomètres. La Grande-Bretagne ne viendrait qu’après comme longueur de lignes, mais elle tient la tête ppur le nombre de télégrammes, 31 345 880, ce qui fait un peu plus de la.moitié du chiffre correspondant pour les États-Unis.
- Pour le nombre des bureaux télégraphiques, l’Allemagne vient la première avec 7 366, et. la Bulgarie la dernière avec 37.
- Le touage. Malgré les avantages importants qu’il présente pour la traction" des bateaux sur les voies navigables intérieures, le louage est relativement peu employé. Ainsi il n’existe pas en Angleterre; aux États-Unis, on en a fait l’essai avec très peu de succès sur une faible partie du canal de l’Érié. En Belgique, il y a 28 kilomètres de chaîne pour 2 000 kilomètres de voies navigables, ce qui représente 1 1/2 pour 100; en France, les diverses compagnies de touage de la Seine et celle de l’Yonne, ont 441 kilomètres de chaîne pour 13 000 kilomètres de voies navigables, soit 3 1/2 pour 100. En Allemagne, il y a, pour 11 600 kilomètres de voies navigables, 883 kilomètres de chaîne, soit 8 pour 100, et 120 kilomètres de câble ou 1 pour 100, ensemble 1003 kilomètres ou 9 pour 100. L’Autriche a 180 kilomètres de touage à chaîne, sur le Danube entre Presbourg et Pochlarn.
- Le pétrole en Amérique. Le production du pétrole brut aux États-Unis s^es'r^Bv^ enTBSf au chiffre formidable de 24089758 barils de 42 gallons, soit 160 litres; la presque totalité provient des puits de Pensyl-vanie et de l’État de New-York, car les autres n’ont fourni que 467 000 barils. La valeur totale de la production, au prix moyen sur place de 4 fr.-25 le baril (un peu plus de 2 1/2 centimes le litre), représente une somme de 102 millions de francs. . :i
- L’année précédente, la production avait été inférieure de 689529 barils, mais comme le prix moyen sur place était de 5 fr. 50, la valeur totale de la production a été, en 1884, malgré l’accroissement notable de cette production, inférieure de près de 27 millions de francs h-celle de l’année précédente. « > t -
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- Un fait intéressant à noter est le développement de la production du pétrole en Californie; cet État vient aujourd’hui comme importance à ce point de vue, immédiatement après la Pensylvanie et l’État de New-York; après la Californie, viennent la Virginie occidentale, l’Ohio et le Kentucky. Le Colorado, le Wyoming et le Nouveau-Mexique ne donnent encore que des traces de pétrole.
- < La Californie n’a produit en 1878 que 15 227 barils de 42 gallons; en 1879, 19 858; en 1880, la production s’élevait à 42400; en 1881, à 50 000; en 1882* h 70000; l'augmentation s’est accentuée encore en 1883, et on pense que la production de 1884 aura atteint 100 000 barils. La totalité de cette production est consommée dans l’État même, plus une notable quantité importée des États de l’Est.
- - La valeur du gaz naturel employé en 1884 aux États-Unis pour les emplois industriels et domestiques est évaluée à 7 millions de francs, en nombre rond, contre 21/2 millions en 1883; cette valeur est celle du combustible solide que remplace le gaz naturel.
- COMPTES RENDUS
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- - v;,: . MAI 1885.
- Rapport de M. Tresca sur le système de locomotive Compoimd,
- de M. Mallet.
- Nous devons nous borner à rappeler que ce rapport est le dernier fait pour la Société d’Encouragement par notre très regretté Président honoraire et à exprimer à cette occasion nos sentiments de reconnaissance à sa mémoire.
- -Rapport de M. Lavollée au sujet d’une proposition de M. Delaurier, relative à la révision de l’article 20 de la loi de 1884 sur les brevets d’invention.
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- Cet article dispose, comme on sait, que la cession totale ou partielle d’un brevet ne pourra être faite que par acte notarié et après le payement de la totalité de la taxe.
- Cette obligation est particulière à la France, et le rapporteur est d’avis que, gênante pour les inventeurs et rendant plus difficile la cession des brevets, elle peut être supprimée, sans perte pour le Trésor, et avec profit pour les brevetés.
- Clapet de retenue pour appareils à vapeur. A la suite de l’accident de Marnaval, l’administration a recommandé aux maîtres de forges de faire usage d’un clapet d’arrêt de vapeur à installer sur chacun des générateurs constituant un groupe desservi par une conduite commune. Le clapet doit se fermer automatiquement en cas de rupture.
- Une disposition construite dans les ateliers de M. Artige, à Grenelle, est ici décrite.
- C’est un clapet soutenu par un ressort et intercalé sur la conduite de vapeur. A l’état normal, ce clapet reste suspendu et n’oppose pas d'obstacle à l’écoulement de la vapeur; mais si, par suite d’une rupture, cet écoulement prend une intensité anormale, il s’établit une différence de pression entre le dessus et le dessous du clapet, lequel vient s’appliquer immédiatement sur son siège.
- Cet appareil a été expérimenté sur une conduite de 45 millimètres de diamètre, on a reconnu qu’il remplissait les conditions suivantes :
- En service normal, il ne crée aucune résistance nuisible sur le passage de la vapeur;
- En cas de rupture de la conduite ou de l’un des récipients qu’elle dessert, il se ferme immédiatement et sans choc et empêche la vapeur de sortir de la chaudière sur laquelle il est fixé.
- Enfin, dès que l’avarie est réparée, il s’ouvre de lui-même et se trouve de nouveau prêt à fonctionner.
- Notes sur les dessèchements de la vallée du Pô, par M. A.
- Hérisson. ' •
- ; H.
- De l’Iridinm, son état naturel, sa fusion, son dépôt par voie électrique et ses applications dans les arts. (Traduit du journal Of the School of Mines.) >
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- ANNALES DES PONTS ET CHAUSSÉES
- mai 1885.
- Étude sur la résistance des matériaux dans les murs de soutènement, par M. Hetier, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Le but de ce travail est, en profitant des résultats acquis, d’établir à l’aide des principes de la résistance des matériaux des formules et des procédés pratiques pour construire des murs solides sans dimensions exagérées. On y étudie les murs qui doivent soutenir de l’èau ou murs-barrages. et ceux qui doivent soutenir des remblais ou murs de soutènement.
- L’auteur examine successivement la manière dont cèdent les murs de soutènement, l’évaluation de la poussée dans les divers cas, les pressions et,les tensions dans les sections du mur et leurs variations, et arrive à poser les équations différentielles du problème. Après ces généralités, les murs-barrages avec ou sans contreforts et les murs de soutènement également avec ou sans contreforts, et les murs en pierres sèches, les perrés, etc., sont étudies en détail et des applications numériques sont faites dans chaque-cas.
- Noté sur l'installation de l’éclairage électrique à l’Iiétel de xille, ipar M. Bartet, ingénieur en chef des ponts et chaussées,
- Celte note décrit l’installation exécutée et les résultats obtenus >dans la période du 20soctobre 1883 au 26 avril 1884.
- On disposait, pour la force motrice, de vapeur à 6k,5 fournie par deux chaudières de Naeyer; cette vapeur est utilisée dans deux machines Com-pouiid de 50> chevaux- nominaux-chacune,, actionnant un même arbre de transmission qui donne le mouvement aux machines dynamos.,Celles-ci, au nombre de deux, sont du système Edison, type K ancien modèle, et pouvarihalimenter chacune 250 lampes:A. de*16 candies; les machines sont accouplées en batteries, elles ont. une force Alectromotrice de 110 volts et chacune peut fournir un courant de 190 ampères; la vitesse de rotation est de 920 tours.
- Les lampes du plus petit modèle sont seules installées deux à deux sur le même circuit; la majeure partie des lampes est placée en dérivation, c’est-à-dire que le courant ne les traverse pas successivement, mais se ramifie en autant de courants dérivés qu’il y a de lampes. Cette disposition, en offrant un grand nombre de débouchés au courant, diminue la résistance du circuit extérieur. Il faut toutefois avoir la précaution d’installer près des dynamos un régulateur agissant directement sur l’intensité du
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- courant dérivé qui traverse les électro-aimants, pour faire varier l’intensité du courant général.
- Il y a 447 lampes appartenant à trois modèles : les lampes A, de 32 candies; les lampes B, de 16, et les lampes G, de 8; les premières sont au nombre de 429. Un cheval alimente 4,5 des premières, 7,5 des secondes et 15 des troisièmes; en moyenne, on obtient la lumière de 13 carcels de 9,5 candies par cheval.
- La dépense totale d’exploitation pendant la période indiquée ci-dessus a été établie comme suit :
- Salaire des électriciens et mécaniciens. ...... fr. 5039 80
- Huile, bidons, chiffons, tresses en coton, etc ... 1 568 20
- Location du matériel d’éclairage et lampes . . . . 2 330 »
- Dépenses diverses................................... 3190 41
- Total.........fr. 12128 41
- Mais, comme les dépenses diverses constituent en réalité des dépenses d’installation qui avaient dû être imputées au crédit d’entretien, il ne faut prendre que 8938 francs et y ajouter 5 868 fr, 24 pour 139 720 kilogrammes de charbon brûlé ; en comptant pour intérêts et amortissement 10 pour 100 des 100000 francs qu’a coûté l’établissement du matériel moteur, et du matériel électrique, on arrive à un total de 24806 fr. 24, qui donne 0 fr. 1386 par foyer heure. Il faut retrancher de ce chiffre la partie correspondante à la location des appareils pour faire la comparaison avec les autres systèmes d’éclairage ; il resterait donc seulement . 0 fr. 126; la dépense serait pour l’éclairage à l’huile de 0 fr. 130, et pour le gaz de 0 fr. 058.
- L’éclairage électrique par incandescence est donc, à intensité égale, plus coûteux que le gaz, mais c’est un mode d’éclairage agréable et qui, avec les soins d’une bonne exploitation en régie, peut arriver à la régularité et.à la fixité. Sous ce rapport l’expérience de l’hôtel de ville est concluante.
- Note sur un appareil enregistreur pour la détermination simultanée de la résistance de rupture et de la déformation des matériaux de construction, par MM. H. Le Chatelier, ingénieur des mines, et L. Le Chatelier, ingénieur des ponts et chaussées. , < ;
- Note sur un appareil enregistreur de niveau, par M. Le Chatelier, ingénieur des ponts et chaussées. s
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- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE
- AVRIL, MAI, JUIN 1885.
- Notes diverses de chimie analytique, par M. Ch. de la Harpe.
- Rapport général sur la marche de l'Association alsacienne des propriétaires d’appareils à vapeur, à la fin de son dix-septième exercice 1884, présenté à l’assemblée générale du 14 janvier 1885, par M. Ernest Zuber, président du conseil d’administration.
- Rapport de M. Walther-Meunier , ingénieur en chef de l’Association alsacienne des propriétaires d’appareils à vapeur sur les traxaux exécutés sous sa direction en 1884.
- Les chaudières inscrites sur les registres de l’Association, au nombre de 2133 à la fin de 1883, ont eu une augmentation de 247 et une diminution de 99, ce qui porte le chiffre, au 31 décembre 1884, à 2 281, dont 1 510 en Alsace-Lorraine, 733 dans les départements français limitrophes et 38 dans le Luxembourg.
- Le rapport donne les résultats du service ordinaire, visites, consultations, etc., et clu service extraordinaire, essais à la presse, essais de machines et chaudières, etc. Parmi ces derniers figurent les essais d’une locomobile de MM. Quiri et Ce, de Schiltigheim et d’une machine Corliss, du Greusot; nous avons, dans une chronique précédente, donné les résultats de cet essai. Il y a également des expériences faites sur des foyers fumivores Zacharias et Orvis, et des analyses chimiques exécutées sur des matières désincrustantes.
- Le rapport se termine par le chapitre des accidents, heureusement peu nombreux, comprenant des fuites à un générateur par manque d’eau, la rupture d’un assemblage dans une chaudière à petits tubes à eau, l’explosion d’un bouilleur, celle d’un récipient d’eau chaude et enfin la rupture d’une conduite d’alimentation en fonte.
- jf
- Essai du compteur à eau, système Schmid [de Zurich), rapport présenté au nom du comité de mécanique par M. W. Grosseteste.
- Nous avons indiqué le principe de cet,appareil dans la Chronique d’avril 4885, page 582 ; il a été installé chez MM. Schlumberger fils et G0 sur l’alimentation de quatre générateurs de la filature.
- Mis en place le 30 septembre 1883, il a fonctionné d’abord jusqu’au 17 octobre, placé entre le réchauffeur et les générateurs ; l’eau mesurée marquait jusqu’à 158° sans descendre au-dessous de 90°. Le 17 octobre, il
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- fallut le démonter et il fut trouvé garni intérieurement d’incrustations i^ues à la haute température de l’eau.
- Réparé, il fut mis en place le 27 décembre 1883, entre la pompe d’alimentation et le réchauffeur, mesurant ainsi de l’eau h la température de 10° à 15°; depuis ce jour, il a fonctionné d’une manière satisfaisante.
- Le contrôle se faisait par l’emploi de deux réservoirs de 3 000 litres chacun, dont l’un se vidait pendant que l’autre se remplissait et où puisait la pompe alimentaire; les chauffeurs notaient chaque jour le nombre de capacités employées.
- Dans une très longue période (du 28 mai au 13 décembre) où il a mesuré 14 086 695 litres, soit en moyenne 83 353 par jour, on a fait des observations très précises qui ont donné des différences de 1,65 pour 100 en moyenne, l’écart maximum étant 1,80.
- Il y aurait, paraît-il, déjà beaucoup de compteurs de ce système en service. M. Schmid a envoyé une liste où 227 sont indiqués, répartis dans les pays les plus divers.
- Le rapport fait observer que l’exactitude de ces appareils dépend uniquement des soins apportés à la construction, et l’on peut dire que chacun d’eux devrait être contrôlé avant l’emploi et même, pendant l’usage, être essayé de temps à autre. Cette réserve faite, il n’en est pas moins établi qu’il est possible d’avoir, par cet appareil bien construit, une mesure exacte du volume de l’eau d’alimentation des générateurs.
- Aussi, considérant que l’appareil a subi d’une manière satisfaisante les épreuves imposées, et qu’il a rempli les conditions formulées au programme des prix, le rapport conclut à ce qu’il soit décerné à M. Schmid le prix proposé. '
- Note sur quelques faits relatifs à l’acide oxalique et à l’alumine, par MM. Camille Koechlin et L. Mathieu-Plessy.
- Note sur la production du noir d’aniline, par M. Ch. Zurcher.
- Note sur un procédé pour remplacer la terre de pipe dans l’impression sur tissu, par M. O. Brener.
- Il s’agit de l’emploi d’amidon blanc délayé avec un peu d’eau et ajouté à froid, soit aux couleurs toutes faites, soit à l’épaississement qui sert à les couper. Le prix de l’amidon blanc étant plus élevé que celui de la terre de pipe, ce procédé ne réalise pas d’économie, mais ce point est compensé par les avantages obtenus.
- Analyse d’une note sur la mesure du pouvoir lubrifiant des huiles, par C. Woodbury, présentée par M. Poupardin..
- Dans l’appareil employé, l’huile à essayer se trouve entre deux plateaux; celui du bas reçoit un mouvement de rotation et tend à entraîner le plateau supérieur; ce dernier a la forme d’un disque creux, terminé à sa partie inférieure par une surface bien plane. L’espace annulaire, laissé libre à son intérieur, permet de le faire traverser par un courant d’eau froide, afin
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- d’empêcher sa température de monter, par suite du frottement et de la maintenir à un point donné. Lorsqu’on veut au contraire étudier l’effet de l’augmentation de température, on arrête cette eau ; un thermomètre plongé dans un tube de cuivre qui traverse le plateau jusqu’à sa partie inférieure permet de relever exactement la quantité dont cette température s’élève.
- Le plateau supérieur est chargé d’un certain poids et un dynamomètre, ingénieusement disposé, indique l’effort qui tend à entraîner le disque supérieur suivant le mouvement du disque inférieur.
- L’auteur a étudié la variation de cet effort pour des températures variant de 4 à 38 degrés et la pression de 0ks,07 à 2kg,80 par centimètre carré. La force qui tend à entraîner le disque supérieur ne croît pas proportionnellement à la pression et cet accroissement n’est pas uniforme; cela tient à ce que l’huile qui est entre les surfaces provoque elle-même, par sa propre cohésion, une résistance.
- D’une manière générale, le coefficient de frottement diminue d’une part avec la pression et de l’autre avec la fluidité de l’huile accusée par la température. La présence d’un lubréfiant fait que la constance du coefficient de frottement pour les différentes pressions n’est pas rigoureusement exacte; le problème dans ce cas se rapproche de celui de l’bydraulique concernant l’écoulement de liquides à travers de minces orifices.
- On doit faire remarquer d’ailleurs que, bien que le coefficient de frottement diminue avec l’augmentation de la fluidité de l’huile, il ne faudrait pas pousser à l’extrême l’emploi d’huile très fluide, sauf pour de très faibles pressions, car la couche d’huile, pour être efficace, doit toujours pouvoir être assez épaisse pour empêcher tout contact des deux pièces métalliques considérées.
- Réponse de M. Scheurer-Kestner à M. F. Fischer, concernant les
- analyses des produits gazenx delà combustion de la houille.
- Note sur l'imprégnation des échalas à la créosote « par
- M. Ch. Zundel.
- M. Fiedler, directeur de l’École d’agriculture de Rouffâch, a recommandé depuis plusieurs années ce procédé pour donner aux échalas mt tuteurs une durée de vingt-cinq à trente ans et permettre d'employer à cet usage toutes les essences de bois, au lieu d’essences fort chères de chêne et de châtaignier.
- Ce procédé est aujourd’hui très employé dans le Palatinat et dans les vignobles du Rhin et de la Moselle et réussit parfaitement; de plus, la dépense est insignifiante. v
- Les échalas sont placés dans une chaudière verticale en tôle de 2m,75 de hauteur sur lm,25 de diamètre chauffée par le bas par un foyer. Cette chaudière est remplie de créosote de houille ; on chauffe pendant six à huit heures et on laisse refroidir. La créosote bouillant au-dessus de 125 degrés, chasse feau du bois et la remplace dans l’intérieur. On compte que mille échalas absorbent 100 kilogrammes de créosote valant 12 francs.
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- M. Fiedler a calculé que, pour l’Alsace-Lorraine, l’économie serait d’au-moins 1 250 000 francs par an, sans compter la main-d’œuvre que demandent 14 000 000 d’échalas pour être appointés chaque année, et, si cette opération se faisait sur tous les tuteurs, poteaux, perches à houblons, clôtures et autres qu’emploie la culture, cette économie serait doublée.
- COMPTES RENDUS MENSUELS DES RÉUNIONS DE LA SOCIÉTÉ DE L’INDUSTRIE MINÉRALE
- Séance de Montckanin le 19 avril 1885.
- Communication de M. Ronnotte sur le transport de la force motrice an moyen de la Tapeur dans les travaux du puits Saint-Léger, n° 1, aux mines de Saint-Rerain.
- Il s’agit d’un treuil à vapeur alimenté par de la vapeur venant du jour. La notice, devant figurer in extenso au Bulletin, n’est pas reproduite dans les procès-verbaux.
- Communication de M. Mathet sur l’emploi de la dynamite gelée et les moyens propres à conserver la dynamite plastique.
- L’exsudation de la nitro-glycérine étant la cause des accidents qui se produisent lorsqu’on fait dégeler la dynamite, on doit rejeter tous les moyens qui tendent à produire cette exsudation en portant la substance explosive à une température qui, comme on va le voir, ne doit pas atteindre 25 degrés, même en utilisant le bain-marie.
- La note signale un certain. nombre de faits d’explosions dus à cette cause; de plus l’auteur a fait, avec le concours deM. Nivon, ingénieur aux mines de Blanzy, une série d’expériences sur le dégel de la dynamite, dont les résultats sont de nature à faire modifier les termes de la circulaire du 9 août 1880, en ce qui a trait particulièrement au mode de dégel de la dynamite au bain-marie.
- On peut en effet conclure de ces divers faits et expériences que :
- 1° L’opération du dégel de la dynamite est toujours dangereuse par le fait de l’exsudation de la nitro-glycérine;
- 2° Que cette exsudation se produit à une température qui ne dépasse pas 25 degrés;
- 3° Que l’usage du bain-marie pour dégeler des quantités notables de dynamite est tout à fait impraticable à cause du long temps qu’il exige..
- L’application rigoureuse des termes de la circulaire du 9 août 1880, dans
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- son acception la plus étroite, serait donc la mise en demeure d’arrêter tout emploi delà dynamite parles temps froids.
- Il serait nécessaire de modifier les termes de la circulaire :
- 1° En tolérant le transport de dépôt à dépôt de la dynamite gelée;
- 2° En supprimant la recommandation de l’opération du dégel au bain-marie;
- 3e En autorisant la création de dépôts journaliers, à proximité ou dans l’intérieur même des travaux, où s’opérera le dégel de la dynamite sans aucune espèce de danger.
- A la suite de cette communication, M. Walckenaer a appelé l’attention sur la solution employée en Allemagne, qui consiste à établir des dépôts souterrains où, par suite de leur disposition même, la température est telle que la dynamite ne peut geler.
- Ces dépôts sont soumis à des réglementations particulières et leur contenance est limitée à 300 kilogrammes d’explosifs de toute nature. C’est probablement là la solution la plus satisfaisante pour la conservation, à l’état de plasticité, de la dynamite employée aux travaux souterrains, et il est à désirer que l’Administration des mines modifie dans ce sens ses dernières circulaires.
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS ALLEMANDS
- N° 26. — 27 Juin 1885/;
- Métier à tulle avec mécanisme Jacquard, par Ernest Muller [fin).
- Mesure de la vitesse des projectiles, par H. Lehmann.
- Appareil mélangeur de Schlickeyem.
- Métallurgie. — L’or.
- Groupe de Berlin, — Application ded’électricité au transport par terre èt par eau. — Écoulement de la vapeur.
- Groupe de Bergues. — Inconvénients de la fumée des* cheminées de fabriques. — Appareil pour prévenir les incendies, de Wilmsmann. C
- Patentes. I i 1 ‘O
- Bibliographie. — L’éclairage électriqueipar le Dr Ernst Hagen. — Anvers et l’Exposition universelle de 1885. — Bibliothèque de voyage de Griebe.— Ouvrages adressés à la Société. < ,
- Variétés. — Gaz à l’eau. — Production de pluie artificielle. — Assemblée générale de l’Association «d’hygiène technique. — Coupole de l’observatoire de Nice, /Lobi
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- N° 27. — 4 Juillet 1885.
- Principes de construction des soupapes pour pompes et machines soufflantes, par A. Rieder.
- Ponts. — Construction des ponts métalliques.
- Machines-outils. — Machines à fraiser.— Mécanisme de descente de porte-outils, de Fontanié.
- Groupe de Cologne.
- Groupe de la haute Silésie. — Programme de rassemblée générale.
- Groupe de Siegen.
- Patentes.
- Bibliographie.—Loi des résistances proportionnelles et ses applications, de Fried. Kick. — Ouvrages adressés à la Société.
- Variétés. — Lancements et essais de navires. — Vingt-cinquième réunion annuelle de l’association allemande pour les questions de gaz et d’eau. — Installation de l’éclairage électrique sur le navire-école d’artillerie le Mars. — Navigation sur les voies navigables de Berlin. — Service des patentes. — Résistance au feu des colonnes métalliques et des piliers en maçonnerie. — Éclairage électrique de l’exposition des inventions à Londres.
- N° 28. — 11 Juillet 1885.
- Ordre du jour de la vingt-sixième réunion générale de l’Association à Stettin.
- Principes de construction des soupapes pour pompes et machines soufflantes, de A. Rieder {fin).
- Électrotechnie. — Nouvelle application de l’électricité pour la métallurgie du plomb.
- Groupe du Palatinat et Saarbruck. — Fabrication du coke avec condensation des sous-produits.
- Variétés. — Assemblée générale de Tassociation allemande des maîtres de forges à Dusseldorf. — Amélioration de la navigation de la Moselle entre Metz et Goblentz. — Présence de l’ammoniaque dans les gaz des hauts fourneaux au coke. — Modèles pour l’enseignement.
- Patentes.
- Le Secrétaire-Rédacteur,
- A. Mallet.
- Paris. — lmp. E. Capiomont et V. Riînault, rue des Poitevins, 6.
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- MÉMOIRES
- ET
- COMPTE RENDU DES TRAVAUX
- DE LA
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS
- AOUT 1885
- N» 8
- Sommaire des séances du mois d’août :
- 1° Congrès métallurgique et géologique tenu à Budapest, les 14, 15 et 16 septembre 1885 (séance du 7 août, page 179) ;
- 2° Fondation d’une Société nouvelle $ ingénieurs et d'industriels belges, lettre d’avis (séance du 7 août, page 180) ;
- 3° Chemin de fer métropolitain (Lettre de M. Haag relative à son) (séance du 7 août, page 181);
- 4° Dynamomètres de traction et de rotation de M. Taurines (Lettre de M. de Cossigny). (Séance du 7 août, page 183);
- 59 Observations de M. Mallet sur la lettre de M. de Cossigny (séance du 7 août, page 185) ;
- 6° Compte rendu, par M. Edmond Roy, des résultats des Expériences sur un bateau à hélice' mobile de son système (séance du V août, pages 186 à 196) ;
- 7° Observations de MM. Quéruel, Carimantrand et Edmond Roy, sur la communication précédente (séance du 7 août, pages 196 à 200) ;
- 8° Communication de M. A. Bonnet sur un Appareil élévatoire de 30 mètres avec chariot transbordeur (séance du 7 août pages 200 à 207).
- BULL.
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- 9° Remarques de MM. Forest, Badois et Quéruel, sur la communication précédente (séance du 7 août, pages.207 et 208).
- Pendant le mois d’août, la Société a reçu :
- De M. Barré de Saint-Yenant, membre de l’Académie des sciences, un exemplaire de sa Notice sur le but théorique des principaux travaux de Henri Tresca.
- De M. Yauthier, membre de la Société, deux exemplaires de sa déposition devant la commission des Yoies navigables, sur l’endiguement et les mouvements des fonds de l’estuaire de la Seine.
- De M. Auguste Moreau, membre de la Société, un exemplaire d’un Rapport sur le chemin de fer métropolitain de Paris.
- De M. Alexis Godillot, membre de la Société, un exemplaire d’une Notice sur son appareil distribuant mécaniquement le combustible sur la grille des générateurs.
- De M. J.-A. Normand, membre de la Société, un exemplaire de son Étude sur les torpilleurs.
- De M. Tellier, membre de la Société, un exemplaire d’une note intitulée : le véritable Métropolitain.
- De M. Munster, éditeur, un exemplaire de l’ouvrage de M. G.-B. Bia-dego, intitulé : Monographie technique (Texte et Atlas).
- De M. Camus, éditeur, un exemplaire du Manuel des candidats aux Écoles nationales d'Arts et Métiers, par M. Delacroix.
- De M. Gallizio Pietro, un exemplaire de sa notice intulée : Di alcuni casi di resistenza dei maleriali e délia annualité per l'impianto e la conservazione in perpetuo di una costruzione.
- Les membres nouvellement admis sont ;
- MM. Gassaud présenté par MM. Édoux, Marguerite Delachalonny et Ver-
- gnol.
- Yerrier — Gottschalk, L. Martin et H. Tresca.
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- RÉSUMÉ
- DU
- PROCÈS-VERBAL DE LA SÉANCE
- DU MOIS D’AOUT 1885
- Séance du 7 Août 1885.
- Présidence de M. de Comberousse.
- La séance est ouverte à huit heures et demie.
- Le procès-verbal de la dernière séance est adopté.
- M. le Président a le plaisir d’annoncer à la Société, que notre confrère, M. Appert, a été promu Officier de la Légion d’honneur, et que nos confrères, MM. E. Cacheux, Ernest Herscher et Morel, ont été nommés Chevaliers de la Légion d’honneur.
- M. Vernes a reçu la Croix d’officier du Nicham.
- M. le Président regrette d’avoir à faire part du décès de MM. Grieumard et Louis Parent.
- La Société a reçu de Budapest, au nom des Miniers et Métallurgistes hongrois, réunis aux membres de la Société géologique hongroise, une invitation au Congrès minier, métallurgique et géologique, qui se tiendra dans cette capitale, à propos de l’Exposition nationale hongroise, les 14,15 et 16 septembre 1885. A partir du 17 septembre, des excursions de trois ou quatre jours auront lieu dans différentes directions, intéressantes pour les géologues,
- Le Congrès a pour but de permettre aux mineurs, aux métallurgistes et aux géologues de faire connaissance, de nouer des relations entre eux, d’échanger leurs vues et de se communiquer les résultats de leurs études et de leurs travaux. Le Règlement dit qu’on se servira des langues hongroise, allemande et française.
- . Ce Règlement mentionne qu’il est désirable que chaque communication
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- ne dure pas plus d’une demi-heure. Les personnes désireuses de prendre part à ce Congrès sont priées d’en informer, avant le 10 août, le Comité qui siège à Budapest, afin d’obtenir les facilités de^parcours, assurées déjà par les Compagnies de chemins de fer.
- Le Président est M. W. Zsigmondi; le Vice-Président, M. de Kespely.
- M. le Président laissera la lettre, adressée à la Société, avec les indications données en langue hongroise et allemande, à M. Husquin de Rhéville, afin que ceux de nos collègues qui auraient le désir d’aller à ce Congrès puissent avoir tous les éléments d’information nécessaires.
- M. le Président ajoute qu’il a été donné avis à la Société des Ingénieurs civils de la fondation d’une Société nouvelle : la Société belge des Ingénieurs et des Industriels. Voici la lettre qui nous a été adressée dans les termes fês plûs’'cdrcliaux :
- Bruxelles (Palais de la Bourse, rue du. Midi), le 28 juillet 1885.
- (.< Monsieur le Président,
- « Nous avons l’honneur de vous faire part de la constitution de la Société belge des Ingénieurs et des Industriels, dont le siège est établi à Bruxelles, au Palais de la Bourse de cette ville, et de vous communiquer, avec ses Statuts, une circulaire qui indique son but et son programme.
- « Nous saisissons avec empressement cette occasion, Monsieur le Président, pour adresser en son nom, à la Société des Ingénieurs civils de France, que vous présidez, l’expression de ses sentiments de haute estime et l’hommage de ses cordiales sympathies.
- « Ainsique le portent les articles 41 et 42 de ses Statuts, notre Société donne accès dans.ses locaux aux ingénieurs et aux industriels de l’étranger présentés par un de ses membres.
- « Nous vous prions, Monsieur le Président, de bien vouloir inviter, en notre nom, Messieurs les membres de votre Société à nous faire l’honneur d’user largement de cette prérogative pendant les séjours qu’ils seront appelés à faire à Bruxelles, et de les assurer qu’ils seront reçus parmi nous avec la plus franche cordialité.
- ' a Nous serions infiniment honorés aussi, Monsieur le Président, s’il nous était donné de compter de vos Sociétaires parmi nos membres. Ils rencontreraient dans nos rangs l’accueil le plus empressé.
- « A ce sujet, nous croyons utile de vous faire remarquer que, selon les dispositions de nos Statuts, la cotisation annuelle est réduite à dix francs en aveur de nos Sociétaires qui sont membres des Associations d’ingénieurs sortis des Ecoles techniques tant de l’étranger que de la Belgique.
- « La Société des Ingénieurs civils compté un grand nombre d’ingénieurs qui sont dans les conditions voulues pour jouir de cette réduction.
- ~ Permettez-nous, Monsieur lé Président, de vous prier de vouloir bien es instruire de cette disposition.
- « Le but commun de nos Sociétés et la Confiance quelles ont assurément
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- toutes deux, dans l’efficacité de l’union de tous les efforts, nous font espérer, Monsieur le Président, que des relations actives et cordiales s’établiron t entre elles et ajouteront un lien de plus à ceux qui unissent si étroitement déjà la France et la Belgique. ::
- « C’est dans cette pensée, Monsieur le Président, que nous vous'prions d’agréer l’assurance de notre haute considération et de nos sentiments dévoués. •—' >..; =
- v Pour la Commission administrative ; ' .
- « Un Secrétaire, « Un Vice-Président, " “ ‘’ i
- « Cu. Legrand. « C. de Berlet. » J
- M. le Président croit au succès de la Société belge des Ingénieurs et des Industriels et remercie ses fondateurs de leur cordial témoignage. Nul doute que leur appel sympathique ne soit entendu de bon nombre de nos collègues. i
- M. le Président doit signaler encore, parmi les pièces de la correspondance, une lettre de M. Haag, relative à son projet de Métropolitain. Elle est une suite nécessaire des importantes communicationTque MTEaiag a bien voulu nous faire, et elle est accompagnée d’un tableau synoptique qui sera également inséré au procès-verbal.
- Voici la lettre de M. Haag. ‘
- , Paris, 1er août 1885. .
- « Monsieur le Président,
- « C’est par une communication à la Société des Ingénieurs civils que j’ai fait connaître pour la première fois mon projet de chemin de fer Métro-politajn dans Paris : depuis lors, j’ai tenu moocioteexactement au courant du développement et du progrès de mes études, et le bienveillant accueil que j’y ai constamment rencontré m’a été d’un puissant secours dans la campagne difficile que j’ai entreprise.
- « Permettez-inoi donc, Monsieur le Président, de protester encore anjour-d’hui, dans le sein de cette même société, contre des allégations systématiquement reproduites à l’égard de mon projet, et qui ne tendraient à rien moins qu’à le faire passer pour une conception absolument chimérique et fantaisiste.
- « On a répété dernièrement encore, devant la commission de classement des chemins de fer, que le kilomètre de mon projet coûterait 100 et même 200 et 300 millions. La Société des Ingénieurs civils, qui connaît mes estimations et les études laborieuses sur lesquelles elles reposent, sait à quoi s’en tenir sur la valeur de ces critiques sans bases sérieuses. Elle sait, d’après ma dernière communication (séance du10 avril dernier), que l’ensemble du réseau que je projette avec un ‘développement de 21 1/2 kilomètres, dont 3 1/2 à quadruple voie, nécessiterait une dépensé totale maximum de 360 millions; ce qui porte à lUl/2 (millioniOe'prix kilométrique. Mais il y a plus ; ce prix, en effet, ést destiné,à s’abaisser aûlur et
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- à mesure que le réseau métropolitain se développera, les nouvelles lignes à construire devant être en général bien moins coûteuses que celles du premier réseau, pour la création desquelles la grosse difficulté du percement central de Paris se trouve une fois pour toutes résolue.
- Enfin, depuis le mois d’avril dernier, j’ai fait faire d’une part un relevé exact des résultats des dernières expropriations faites dans le centre de Paris, et d’autre part des démarches auprès des propriétaires d’un certain nombre d’immeubles situés sur le tracé de mon artère centrale, en choisissant plus .particulièrement les maisons d’angle. Les prix auxquels j’ai été conduit par ces derniers renseignements, et qui se trouvent consignés dans le tableau résumé ci-joint, permettent d’espérer que le chiffre moyen de 2 000 francs par mètre, auquel correspondent mes évaluations, laisse encore une marge plus que suffisante pour parer à tout mécompte.
- « Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments les plus distingués.
- « Paul Haag. »
- CHEMIN DE FER METROPOLITAIN.
- Projet Haag.
- Tableau synoptique indiquant les résultats obtenus ou les prévisions de la ville de Paris pour quatre-vingt-onze immeubles similaires ù ceux atteints par le tracé du chemin de fer métropolitain, Projet Haag.
- RÉCAPITULATION
- Prix moyen par m. q.
- Il immeubles pour l’agrandissement de la gare Saint-Lazare... 1 452f39 5 immeubles pour l’agrandissement de la Bibliothèque nationale............................ 2488 24
- 75 immeubles pour l’ouverture de la rue Dussoubs et la création d’un opéra populaire au boulevard Bonne-Nouvelle............. 1403 30
- PRIX MOYEN GÉNÉRAL.
- 29 892 920f 00 19 023m,97~
- i 571f27.
- Nota. — L’estimation des immeubles à exproprier pour l’ouverture de la rue Dussoubs et la création d’un opéra populaire au boulevard Bonne-Nouvelle, a été confiée par M. Allard, ingénieur en chëf de la ville de Paris, à M. Chevirott, commissaire voyer des 2e et 10® arrondissements.
- Situation synoptique des pourparlers avec divers propriétaires pour obtenir des cessions amiables de dix-sept immeubles sur le tracé.
- RÉCAPITULATION
- Prix moyén par m. q.
- Section de la gare Saint-Lazare
- au carrefour Drouot............ 1618f81
- Section du carrefour Drouot à la
- rue Saint-Martin............... 2347 33
- Section de la rue Saint-Martin à
- la gare de Lyon................ 1389 31
- PRIX MOYEN GÉNÉRAL.
- Foncier......... 9 464 000f00
- auquel il y a lieu d’ajouter 33 0/0 pour indemnités locatives....... 3 134 666 66
- Total...... 12 618666f66
- 6836“,79
- = 1 840f31
- Nota. — 11 est indispensable d ; faire observer que les pourparlers ont été engagés pour 60 immeubles, tous, maisons d’angle ou les plus belles du parcours, et que, dans un temps relativement court, il pourra être ajouté les demandes des propriétaires qui ont un gérant intermédiaire,
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- M. le P.résident fait remarquer que, d'après le tableau dressé par M. Haag, tandis que la Ville atteint dans ses expropriations analogues lé chiffre moyen de 1 571 fr. 27 par mètre carré, M. Haag, en s’adressant aux propriétaires, arrive au prix moyen de 1 840 fr. 31; d’où, une différence en plus de 269 francs par mètre. Mais il faut ajouter immédiatement que M. Haag a choisi, pour son évaluation, les maisons d’angle, les maisons les plus luxeuses et les plus importantes distribuées sur le parcours de son tracé. Si, avec ces maisons luxueuses, il parvient au prix de 1 840 francs par mètre carré, le prix de 2 000 francs qu’il s’est fixé ne sera jamais dépassé, et il obtiendra certainement un prix inférieur.
- Nous espérons que M. Haag, après la rentrée, fera connaître à la Société les nouvelles études qu’il poursuit en ce moment.
- M. le Président prévient enfin ses confrères qu’il aura à les prier de transformer en Assemblée générale extraordinaire la seconde séance du mois d’octobre. Dans cette séance, le Comité aura à proposer à la Société l’acceptation du legs Fusco, sous bénéfice d’inventaire. Une fois la décision de l’Assemblée acquiseTfes démarches nécessaires seront faites auprès de M. le Ministre du commerce et auprès du Conseil d’État. Plus tard, le Tribunal civil devra, sans doute, prononcer sur la marche à suivre par la Société des Ingénieurs civils et par l’Association amicale des anciens élèves de l’École centrale, après l’acceptation du legs et leur mise en possession.
- Si l’on se plaignait que le Président eût un peu tardé à saisir l’Assemblée, il ne pourrait qu’accepter ce reproche qui s’adresserait à sa prudence, et non à sa négligence. Les intérêts d’une société comme lanôlre ne doivent pas être engagés à la légère, lorsqu'il s’agit d’une réalisation complexe et à longue échéance.
- M. le Président, sur la demande de M. Quéruel, et avant de passer à l’ordre du jour, fait donner lecture d’une lettre de M. de Gossigny, qui se rapporte à la communication faite par M. Mallet, dans la séance du 10 avril dernier, en rendant compte de l’ouvrage dé M. Buchetti sur l’essai des machines à vapeur.
- « Courcelles-Clérey (Aube), 7 août 1885.
- « Monsieur le Président, !
- « Dans l’intéressant compte rendu, fait par M. Mallet, de l’ouvrage de M. Buchetti : Guide pour V essai des machines à vapeur, etc., je lis la phrase suivante : « Le plus grand dynamomètre dq_traction, qui ait jamais été exé-« cuté est probablement l*apparaiî construit en 1844, pour l’arsenal de « Woolwich, par notre vénéré collègue M. Colladon, dans le but ,de me-« surer le travail transmis aux roues des bateaux à vapeur. » Cette assertion, quieût.été vraie peu de temps après 1844, est tout au moins douteuse aujourd’hui, car il y a environ trente ans que la marine nationale française -possède aussi, non seulement des dynamomètres de traction, mais encore
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- des dynamomètres de rotation, aussi précis que puissants et susceptibles d’être adaptés aux plus grands navires; instruments dont l’invention aussi bien que la construction sont absolument françaises.
- « Les appareils que je viens rappeler ici sont dus à Taurines, un ancien professeur à l’École d’artillerie de marine de Brest; qui, dès 1848, je crois, entreprit à ses frais personnels et sur un canot de petites dimensions, une série d’expériences dans le but de déterminer les proportions et les formes les plus avantageuses pour les hélices propulsives des navires.
- « Taurines ne put aller loin dans ses recherches sans éprouver l’insuffisance des moyens dont on disposait alors pour évaluer les quantités de travail transmises par les divers organes des machines en mouvement; et c’est ainsi que la création de dynamomètres spécialement applicables aux navires à vapeur devint sa principale préoccupation. Plusieurs appareils, d’une très grande puissance, ont notamment été fournis par lui à l’État vers le commencement de 1856.
- « Ainsi que je l’ai dit, les dynanomètres dont il s’agit sont de deux sortes; le dynanomètre de rotation, qui donne la quantité de travail transmise, pendant un temps donné, au propulseur par l’arbre de couche qu’actionne la machine à vapeur; et le dynamomètre de poussée qui donne la mesure de la force horizontale qui fait avancer le navire.
- « Les énormes arbres de transmission des grands bâtiments à vapeur sont généralement composés de deux et, plus souvent même, de trois pièces, disposées presque bout à bout, suivant un même axe rectiligne. Les bouts contigus sont reliés entre eux, dans le service ordinaire, à l’aide de divers dispositifs qu’il ne s’agit pas ici de décrire. Or, lorsqu’on se dispose à faire une série d’essais, on supprime les pièces d’accouplement d’un quelconque des joints de l’arbre, et on leur substitue le dynanomètre de rotation, Quant au dynanomètre de poussée, il est disposé de manière à recevoir la pression du bout de l’arbre porteur de l’hélice, préalablement disposé, par des moyens assez simples, de manière à pouvoir se mouvoir longitudinalement de quelques centimètres dans ses coussinets. Chacun des dynamomètres proprement dits commande un appareil enregistreur qui permet de prendre, de temps à autre, autant de diagrammes qu’on le désire; et qui fait mouvoir, en même temps, un compteur-totalisateur, à cadran et à aiguilles, fonctionnant d’une manière continue pendant un temps en quelque sorte indéfini. Le cadran du premier appareil donne, à un instant quelconque, le nombre de kilogrammètres transmis par l’arbre moteur depuis le commencement de la mise en marche. Le cadran de l’autre dynamomètre marque le nombre qui, divisé par celui des tours de l’arbre, comptés également depuis la mise en marche, donne pour quotient l’effort moyen, en kilogrammes, qui a déterminé la marche du navire.
- « Pour la construction de ses appareils, Taurines avait établi à Clichy un petit atelier où il surveillait lui-même la confection et la trempe de ses ressorts, où il les essayait’et les tarait à l’aide de procédés ingénieux. Quant aux enregistreurs, aux organes plus délicats, il en avait confié la construc-
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- tion à l’ingénieur Froment, constructeur d’instruments de précision à Paris; j’ai eu, moi-même, à en étudier certains détails et à en diriger l’exécution L
- « Les instruments de Taurines et les belles expériences qui ont été exécutées, avec leur aide, d’abord sous sa direction, et ensuite par plusieurs ingénieurs de la marine, ont jeté un grand jour sur le rendement réel des-machines à vapeur marines, sur l’influence des diverses dispositions des hélices propulsives, sur celle des différentes formes des coques relativement à la marche. C’est en définitive à ces travaux que sont dus, en grande partie, les immenses progrès réalisés dans la navigation à vapeur. Aussi, en 1873, sur le rapport du général Morin, l’Académie des sciences a-t-elle décerné à l’auteur un prix de 3 000 francs. Cette récompense bien méritée avait d’autant plus d’à propos que Taurines est un des exemples de ces hommes instruits, intelligents et laborieux qui, tout en rendant service à leur pays et à l’humanité, n’ont pas su trouver pour eux-mêmes le chemin de la fortune. La dernière fois que j’ai eu l’occasion de le rencontrer (il y a déjà pas mal d’années de cela) il habitait un très modeste logement aux Batignolles; l’éloignement me l’a fait depuis perdre de vue, mais il était déjà âgé, et doit être mort depuis lors, vraisemblablement.
- « Si vous croyez, Monsieur le Président, que celte notice puisse avoir quelque intérêt pour les membres de la Société, veuillez, je vous prie, la porter à leur connaissance, soit en en donnant lecture à une séance, soit en la faisant insérer dans le Bulletin.
- « Agréez, Monsieur le Président et honoré collègue, l’expression de mes sentiments les plus distingués et les plus dévoués.
- « J. DE CoiSSIGXY. ))
- M. Mallet ne fait aucune difficulté de rendre pleine justice aux travaux de M. Taurines, qui lui sont bien connus, mais il avoue ne pas se rendre bien compte des motifs de la réclamation de M. de Cossigny.
- Dans son analyse de l’ouvrage de M. Buchetli, en exprimant le regret que celui-ci n'ait pas cru devoir y comprendre les ’ ’ ' ;, il a cité en
- passant les noms de quelques membres de la Société qui avaient attaché leur nom à des appareils de ce genre, mais il n"a pas eu la prétention d’effleurer même la question. On ne saurait donc lui reprocher d’avoir passé sous silence le nom de M. Taurines, pas plus que celui d’autres constructeurs de dynamomètres, quel que soit d’ailleurs leur mérite.
- M. Mallet a indiqué, il est vrai, que le dynamomètre de Woolwich était probablement le plus puissant dynamomètre de traction qui ait été construit. La lettre de M. de Cossigny, qui semble prendre cette assertion pour
- 1. Ceci se passait en 1855, année d’une exposition universelle. Froment désirant être libre de se consacrer entièrement à l’étude de l’exposition et à ses fonctions de membre du jurj, je m’étais chargé provisoirement de la direction et de la surveillance de ses ateliers. •
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- point de départ ne l’infirme en aucune manière, puisqu’elle ne .lui oppose que des appareils dont le mode d’action et la disposition sont différents..
- M. Mallet se bornera à ces courtes observations, il serait heureux.de cet incident si M. Colladon voulait Bien en profiter et envoyer sur celte question intéressante une de ses communications toujours si bien accueillies par la Société.
- M. le président. L’ordre du jour appelle le compte rendu, par M. Edmond Roy, des résultats des expériences sur un bateau àhélicemqbile de son système. M. Edmond'KÔÿ'â’ïa'parole’.’"...
- M. Edmond Roy, avant de décrire les dispositions du bateau dont il veut entretenir la Société, demande la permission d’exposer l’état actuel des voies de navigation et des moyens de traction qui y sont en usage. On comprendra mieux ainsi pourquoi il s’est livré à la recherche de nouvelles dispositions.
- M. Edmond Roy donne communication de son mémoire sur les voies et le matériel flottant de navigation intérieure. Depuis une dizaine d’années, il a été apporté de notables améliorations aux voies de navigation : on a unifié la longueur des écluses, relevé quelques biefs, et assuré, en temps de sécheresse, l’alimentation de quelques canaux. Ces travaux modestes, faits avec une dépense relativement faible, rendent déjà et rendront un bien plus grand service au pays que certains travaux et dépenses énormes faites en vue d’un intérêt local.
- Bien que ces voies de navigation soient encore loin d’avoir l’unité de régime de profondeur nécessaire, pour en obtenir tous les résultats économiques quelles pourraient donner, telles qu’elles sont actuellement dans le Nord, l’Est et le Centre-Est, elles n’en constituent pas moins depuis l’unification de la longueur des écluses, avec le bassin de la Seine, vers lequel elles convergent toutes, un assez beau réseau de voies de navigation.
- Mais le matériel flottant employé répond-il aux améliorations de la voie? à la régularité et à la célérité de marche que les chemins de fer assurent au commerce et à l’industrie?
- Sur la basse Seine, on peut dire oui. Le touagé, les remorqueurs assurent une marche régulière; mais , sur tous les canaux et rivières canalisées afflûentes, c’est toujours le vieux bateau, lourd, informe, remorqué à bras d’hommes ou par des chevaux, d’il y a deux cents ans, mettant autant de semaines que le chemin de fer met de jours, à parcourir la distance d’un point à un autre.
- M. Roy s’est occupé, il y a déjà plusieurs années, d’étudier les différents modes de traction de la batellerie, pour se rendre compte de la raison d’êlre et du prix de revient de chacun d’eux.
- Régime des écluses, — Dans la partie inférieure des fleuves, là, où le
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- régime des pentes est faible, les écluses sont assez éloignées les unes des autres, en moyenne de 20 à 25 kilomètres; l’emploi d’un moteur spécial, toueur ou remorqueur, traînant des convois de cinq à six bateaux, y donne . un bon effet utile, mais il ne présente un avantage sérieux que sur un parcours très faible, relativement à l’ensemble du réseau indiqué, et avec la condition expresse d’avoir dépensé une somme de 60 millions sur un faible parcours de 240 kilomètres, pour construire des écluses gigantesques, pouvant contenir un train de six à sept bateaux avec son toueur ou son remorqueur.
- C’est là une solution qui ne saurait être appliquée à l’ensemble de nos voies de navigation.
- Renseignements officiels. — D’après les documents officiels publiés par le ministère des travaux publics, le développement de nos voies navigables ayant des écluses ne pouvant contenir qu’un seul bateau, est de plus de 8000 kilomètres.
- La distance moyenne entre deux éclu-ses, sur les rivières canalisées, est de 6 700 mètres.
- Pour les canaux proprement dits, cette distance est de 2400 mètres.
- Le nombre d’écluses ne pouvant contenir qu’un seul bateau sur ces deux types de voies navigables, est de 2450.
- Les dimensions réglementaires de ces écluses sont aujourd’hui. :
- Largeur............................. 5m,20
- Longueur utile......................38m,50
- Le maintien de ce type d’écluse, pour l’ensemble de nos voies de navigation intérieure, s’impose donc ; il est du reste très suffisant, puisqu’il permet d’avoir, avec une profondeur d’eau de 2 mètres, des bateaux de formes convenables, portant 250 à 260 tonnes de marchandises; mais, malheureusement, sur la plupart des rivières canalisées et canaux situés à l’Est de Paris, dans le Centre et dans le Midi, la profondeur normale ne dépasse pas lm,60.
- Unité de profondeur, défense nationale. — Si la profondeur de 2 mètres est nécessaire sur les grandes lignes de navigation intérieure au point de vue économique des transports, elle s’impose aujourd’hui au point de vue de la défense nationale, ainsi que nous l’a prouvé le récent voyage du Havre à Marseille du torpilleur n° 62 par l’intérieur de la France, mais auquel il a fallu mettre une allège pour pouvoir passer par la haute Seine, la Saône et le Rhône. Quel puissant moyen de défense donnerait à ce nouvel engin de guerre l’approfondissement à 2 mètres des canaux du Midi et latéraux à la Garonne, lui permettant de passer sans coup férir de l’Océan à la Méditerranée, sans avoir recours à la solution utopique et antinationale d’un canal intérocéanique à travers la France, pour permettre aux navires de passer directement de la Méditerranée dans l'Océan, au
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- profit des puissances du Nord et au détriment du transit par les voies de communication françaises.
- Passage des faîtes. — La chute maximum des écluses ordinaires est de 3 mètres; souvent, en arrivant au faîte des canaux à point de partage, la distance entre deux écluses consécutives ne dépasse pas 100 à 200 mètres; quelquefois, dans des passages difficiles, quatre ou cinq écluses sont superposées l’une à l’autre, là, ce serait le cas d’appliquer le sas hydraulique.
- Dans ces conditions, le voyage des bateaux ne saurait s’effectuer par groupe de plusieurs bateaux traînés par un toueur ou un remorqueur, par suite des pertes de temps qui en résulteraient au passage des écluses.
- Comme exemple de lignes de navigation en communication avec Paris, M. Roy indiquera sommairement quel est le régime des pentes des deux plus importantes.
- Ligne du nord. — 1° La ligne de Paris aux bassins houillers du Nord et du Pas-de-Calais et à Dunkerque, dont la longueur est de 478 kilomètres, emprunte la Seine sur 72 kilomètres, avec trois écluses seulement; l’Oise canalisée, sur 104 kilomètres, avec 7 écluses; puis les canaux du Nord qui, sur un parcours de 305 kilomètres, présentent jusqu’à Dunkerque soixante-cinq écluses à franchir, soit des distances respectives entre écluses :
- Sur la Seine de.............................. 24000 mètres.
- Sur l’Oise canalisée de...................... 15 000 —
- Sur les canaux de............................ 4600 —
- Le faîte de cette ligne est situé sur le canal de Saint-Quentin, à l’altitude de 83m,30, il est franchi par un grand souterrain de 5 670 mètres de longueur.
- Ligne de Lyon. — 2° La ligne de Paris à Lyon qui suit la haute Seine sur un parcours :
- De. . ............. 101 kilomètres. 12 écluses.
- L’Yonne canalisée 81 - 17 —
- Le canal de Bourgogne . . . 242 — 191 —
- La Saône canalisée 212 — 11 —
- Total ........ 636 kilomètres. 231 écluses.
- Présentant une distance moyenne entre écluses:
- Sur ,rivières canalisées de. . . ..... . . . . 10 kilomètres.
- Sur le canai de . . . . . . . . . . . . • . • , . • . 1 270 mètres.
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- Le faîte de cette ligne, est à l’altitude de 378m,80, il est-franchi par un souterrain de 3 300 mètres de longueur, situé sur le canal de Bourgogne.
- Ce sont là deux types principaux de voies de navigation, — c’est donc sur les moyens de les parcourir dans leur ensemble, dans les meilleures conditions de vitesse et de dépense, que devrait être établi le matériel flottant d’un service sérieux de transports à longues distances.
- Longueur des biefs. De l’examen du régime éclusier des deux grandes lignes de navigation qu’on vient d’indiquer, il résulte que la longueur
- moyenne des biefs est :
- Sur les principales rivières canalisées.......... 14 000 mètres.
- Sur les canaux.................................... 2 900 —
- Vitesses de marche. — La vitesse de marche d’un toueur ou d’un remorqueur, remorquant un train de 4 à 6 bateaux, est de 6 000 mètres à l’heure en rivière.
- De leur marche sur canaux, nous ne nous en occuperons pas, puisque nous avons déjà expliqué pourquoi leur emploi n’y était pas possible, sauf quelques cas isolés, tels que passage de souterrains et très longs biefs.
- La vitesse d’un bateau à vapeur porteur est en moyenne également :
- En rivière canalisée de.............. 6 000 mètres à l’heure.
- En canal de ....*'................... 4 000 — f
- Celle d’un bateau halé par des chevaux ne dépasse guère.......................... 3 000 —
- Temps pour franchir une écluse. — L’expérience démontre que, sur les rivières canalisées, où se trouvent des écluses permettant au remorqueur de se loger avec deux bateaux, comme sur l’Yonne, le temps nécessaire pour franchir une écluse, pour le loueur ou le remorqueur avec quatre bateaux, est au moins de 60 minutes ; pour un bateau à vapeur
- voyageant seul........................ 10 à 15 minutes.
- Pour un bateau halé par chevaux. .......... 25 minutes.
- Vitesses effectives. — Si de ces données on déduit la vitesse effective de chaque mode de traction, en tenant compte de la dimension/des écluses pour les trains remorqués par toueurs ou remorqueurs, on trouve pour vitesse effective à l’heure :
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- SUR RIVIÈRES CANALISÉES AVEC LONGUEUR MOYENNE
- DE BIEFS DE Canaux
- bief moyen
- de
- 24 000 mètres 14 000m écluse pour 6 700 mètres 2900 mètres
- écluse écluse écluse
- pour tout train basse Seine 3 bateaux 1 bateau 1 bateau 1 bateau
- mètres. mètres. mètres. mètres. mètres.
- Toueur ou remorqueur... . 5400 4200 3200 2050 »
- Bateau à vapeur porteur... 5600 5400 5400 4900 2900
- Bateau halé par chevaux.. . 2800 2750 2750 2500 2070
- Inutilité des grandes écluses. — On voit par ces résultats que les écluses gigantesques de la basse Seine n’ont rien fait gagner pour la célérité, des transports, comparativement au bateau à vapeur, qui ne demandait pas tant de sacrifices superflus. Nous verrons plus loin ce que vaut le touage, comparé, au point de vue économique, avec le bateau à vapeur porteur.
- En ce qui concerne les avantages du bateau à vapeur sur le halage par chevaux, et sans tenir aucun compte des pertes de temps auxquelles donne lieu le service de relayage, ils sont trop palpables et ne se discutent pas.
- Distances virtuelles. — De ces comparaisons de vitesses de marche, réduites en raison de la diminution de la longueur des biefs, autrement dit de la multiplicité des écluses, il résulte un fait, sanctionné par la pratique, sur lequel 11 faut appeler l’attention, c’est que le nombre des écluses que l’on rencontre sur le parcours d’un canal, donne la mesure pratique des distances virtuelles, chacune d’elles étant évaluée comme équivalente à un parcours de 1 kilomètre.
- De la résistance à la traction. — En matière de transports par voie d’eau, l’accélération de vitesse de marche est une chose qui coûte très cher, bien plus cher que sur la voie ferrée, où la résistance de traction par tonne change peu avec l’accroissement de vitesse; tandis que sur la voie d’eau elle croît comme le carré des vitesses. Pratiquement, et pour des bateaux à marchandises, auxquels on ne saurait donner des formes très fines, afin d’utiliser le mieux possible la longueur et la largeur des écluses; transporter la plus grande quantité de marchandises que comportent les dimensions du bateau qui doit franchirces écluses; pratiquement, disons-nous, il faut comptersurunerésistance par mètre carré de section de maître-^ couple immergé, de 10 kilogrammes en rivière et 30 kilogrammes en canal, pour une vitesse de 1 mètre par seconde et ajouter encore 0ks,25 par mètre carré de contour mouillé; c’est ce qui explique les faibles vitesses sur les-
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- quelles les comparaisons de marche ont été établies, suivant les différents modes de traction, vitesses qui correspondent, néanmoins, à un parcours journalier de 70 à 75 kilomètres sur rivières canalisées, et de 40 k 45 kilomètres sur canaux, à charge complète, en eau moyenne, pour la traction à vapeur en ne marchant que pendant 14 à 15 heures par jour.
- Cette marche correspond à celle des marchandises en petite vitesse sur les chemins de fer. Au point de vue de la célérité, la navigation à vapeur peut donc rendre les mêmes services que le chemin de fer.
- Conditions économiques. — D'après tout ce qui précède, le bateau à vapeur porteur se présentant comme la solution la plus rationnelle, au point de vue de l’exploitation de l’ensemble des voies de navigation, il faut qu’il réponde aussi bien aux conditions économiques qu’à celles de célérité et de régularité de marche : il doit, comme tout autre véhicule de transport, pouvoir voyager à vide, en utilisant bien sa puissance motrice; son poids mort doit être aussi réduit que possible, pour bien utiliser la faible profondeur des cours d’eau au profit de la charge utile.
- Nécessité de l'immersion constante de Vhélice. — Si en charge il peut avoir un enfoncement de lm,80, tandis qu’à vide il n’aura plus que 35 à 37 centimètres d’enfoncement moyen, l’hélice, qui ne peut être d’un trop petit diamètre, ne sera donc noyée qu’à moitié. Il est donc impossible, dans ces conditions, de faire voyager le bateau à vapeur ordinaire; il manque de moyen d’action pour marcher aussi bien à vide que chargé.
- M. Roy a cherché une solution pratique permettant d’immerger l’hélice, quelle que fût la condition de chargement du bateau.
- Description du mécanisme de Vhélice mobile.— C’est cette solution, et les résultats économiques de son application qu’il a^ l’honneur de communiquer à la Société.
- Ainsi que vous le voyez par le petit modèle que vous avez sous les yeux, l’hélice et le gouvernail sont mobiles dans le sens vertical, jusqu’à possibilité de l’immersion complète de l’hélice, lorsque le bateau est vide.
- A cet effet, la tête de l’arbre de l’hélice est terminée par une partie sphérique, par le centre de laquelle passe un fort tourillon. Cette partie sphérique s’emboîte exactement dans une demi-sphère creuse faisant partie de l’arbre moteur, plus un segment de sphère creuse, relié avec l’arbre moteur par des boulons, pour maintenir la sphère de l’arbre de l’hélice dans la coquille de l’arbre moteur, surtout pour la marche en arrière» Deux rainures, dans lesquelles s’engagent les deux extrémités du tourillon de la sphère, munies de taquets rectilignes, sont pratiquées dans la coquille et dans le segment relié à l’arbre moteur, et servent à l’entraînement rotatoire, quelle que soit la position de l’arbre de l’hélice»
- L’étambot est en forme de fourchette à sa partie inférieure ; dans cette fourchette glisse un patin qui maintient l’arbre de l’hélice dans le sens transversal.
- L’extrémité de l’arbre de l’hélice i’epose dans un palier supporté par le gouvernail; disposé à cet effet en forme de béquille.
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- La lige du gouvernail est filetée, passe dans la tête de l’étambot sur lequel elle repose par un fort écrou, lequel sert à faire descendre ou remonter le gouvernail et en même temps l’hélice, de la quantité nécessaire pour que celle-ci puisse être toujours noyée, quel que soit l'enfoncement de la coque du bateau.
- Par cette combinaison de solidarité de l’enfoncement de l’hélice et du gouvernail, on assure la sécurité de pouvoir, dans tous les cas, bien gouverner le bateau, ce qui est un point important.
- Le joint d’étanchéité est fait par un presse-étoupe ayant un large patin en forme d’arc de cercle, dont le centre est le même que celui de la sphère; ce presse-étoupe suit les mouvements verticaux de l’arbre de l’hélice, et son patin ferme, dans tous les cas, l’orifice du fourreau en tôle, rivé sur l’étambot, dans lequel passe l’arbre de l’hélice.
- Dimensions du Descartes. — Le bateau à vapeur le Descartes, de ce type, queM. Roy afait construire, a les dimensions ci-après : il fut construit avant l’achèvement de l’allongement à 38m,50 de toutes les écluses des canaux du nord, et n’a pas, par suite, toute la puissance de tonnage qu’on pourrait lui donner aujourd’hui, sans avoir besoin d’augmenter la puissance de sa
- machine :
- Longueur d’étrave en étambot................... 35ra,40
- Largeur intérieure.............................. 4m,92
- Hauteur sous pont............................... 2m,25
- Épaisseur des tôles de la coque............. 4, 5 et 7 mil.
- Volume des chambres de chargement........... 280 m. cubes
- Enfoncement moyen à vide avec tous ses agrès et
- 10 tonnes de charbon dans les soutes...... 0,370
- Chargement utile correspondant à chaque centimètre d’enfoncement......................... 1500 kilog.
- Chargement avec lm,80 d’enfoncement.......... 215 tonnes
- Machine à vapeur sans condensation, du type Compound, à pilon.
- Puissance utile maximum..................... 35 chevaux
- Surface de chauffe de la chaudière........... 26 m. carrés
- Timbre — ........... 9 kil.
- Diamètre de l’hélice......................... lm,300
- Les péniches du nord, de 35 mètres de long, portent 250 tonnes.
- Le rapport de tonnage utile de ce type de bateau à vapeur, par rapport aux bateaux les plus informes et les plus lourds à traîner, portant le plus
- de charge, est donc comme
- 215
- 250
- soit 0,86.
- Prix de remorque. — Le prix de remorque des bateaux ordinaires, soit par chevaux, soit par le touage, sont les suivants :
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- Bateaux chargés remorqués par chevaux, par kilomètre :
- Sur l’Oise canalisée, en descente.............. 0 fr. 70
- Sur les canaux du Nord, en moyenne............. 1 »
- Sur le canal de Bourgogne et l’Yonne........... 1-20
- Bateaux vides sur rivières canalisées (moyenne) . . » 40
- Sur canaux..................................... » 50
- Remorque par le touage, en remonte, pour bateaux chargés. De Conflans à Paris à 0 fr. 008 par tonne et par kilomètre.
- Soit pour un bateau de 250 tonnes......... 2 fr. » par kilom.
- De Paris à Montereau, pour la coque du bateau, vide ou chargé (100 kilom.). ..90 » —
- Plus par tonne................................ » 01 —
- Ce qui fait ressortir le prix de remorque, par tonne et par kilomètre, pour un bateau chargé de 150 tonnes, à 0 fr. 016,
- soit....................................... 2 50 —
- Sur l’Yonne, la remorque par le touage en remonte est de 0 fr. 01 par tonne et par kilomètre, soit pour 150 tonnes............ 1 50 —
- Pour La traversée du canal de Bourgogne, les bateaux accélérés, marchant jour et nuit pendant cinq jours, chargés de 140 à 150 tonnes, ont 7 hommes et 4 chevaux, ce qui fait ressortir' le prix de halage à............................. 1 30 —
- Sur la haute comme sur la0 basse Seine, les bateaux à vapeur remorqueurs ont pour ainsi dire annihilé les services de touage; leur prix de remorque est moindre de 25 h 30 pour 100 que celui du touage.
- Expériences du Descartes. — Le bateau à vapeur le Desçartes, pour faire le voyage de Paris à Lyon, aller et retour avec 130 tonnes de charge en allant, 30 tonnes seulement en retour a dépensé :
- Charbon, 15 200 kilogrammes à 30 francs................ 456 francs.
- Mécanicien et chauffeur................................ 305 —
- Huile, graisse, chiffons............................... 70 —
- Petit entretien de la machine.......................... 60 —
- Pour intérêt et amortissement de la machine à 10 pour 100 l’an, pour le voyage. . . : :............................. 100 —
- Total............................. 991.francs.
- 13
- BULL.
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- Le parcours aller et retour étant de 1 276 kilomètres, le prix de remorque par kilomètre est ressorti à 0 fr. 71.
- Il a effectué le voyage à l’aller en 13 jours.
- Et au retour, en 12 jours.
- Les bateaux accélérés de Paris à Lyon, remorqués par vapeur jusqu’à Montereau, par le touage de Monlereau à Laroche, par chevaux (canal de Bourgogne), de Laroche à Saint-Jean-de-Losne etpar vapeur sur la Saône jusqu’à Lyon, mettent 14 à 16 jours pour effectuer ce voyage.
- Pendant les grandes crues de la Seine du mois de décembre dernier, alors que tous les vannages des barrages étaient abattus, le Descaries est descendu de Paris à Rouen avec 227 tonnes de chargement en 27 heures; il est remonté à Paris avec un chargement de 140 tonnes en 45 heures : sa consommation de charbon a été, pour aller et retour, de 6 500 kilogrammes, •sa dépense de traction comptée comme plus haut est revenue à 460 francs, pour un parcours de 490 kilomètres.
- Soit par kilomètre, 0 fr. 95.
- Si on compare ces prix de traction kilométrique avec ceux du touage et de remorque par chevaux, on voit qu’ils leur sont inférieurs de 50 pour 100, qu’ils sont inférieurs à ceux du halage par chevaux, et donnent sur l’ancienne batellerie l’immense avantage de la régularité et de la célérité des transports.
- Prix de revient kilométrique de la tonne. — Si on veut se rendre compte du prix total de revient des transports effectués dans ces deux voyages, qui caractérisent pour ainsi dire les prix extrêmes, désavantageux et avantageux, attendu que dans le voyage de Paris à Lyon, le Descartes est allé avec une charge de 130 tonnes, et est revenu avec 30 tonnes seulement.
- Les dépenses totales du voyage compris frais d’assurances, chargement et déchargement des marchandises, toutes de première catégorie, sucres, étoffes, papiers peints, fécules, etc.
- Se sont élevées à. . ................................ . 2 316 francs.
- Ce qui, pour 1 276 kilomètres et un chargement aller et retour de 160 tonnes de marchandises, donne un prix de revient kilométrique par tonne utile de. . ,......... 0 fr. 01135
- Le voyage de Rouen peut être considéré comme un voyage à pleine charge, avec des marchandises de peu de valeur, des pyrites de fer pour descendre, des avoines pour remonter.
- . Le prix de revient total, non compris chargement et déchargement s’est élevé à.....................697 fr. 40
- Soit pour 227 -f- 130 tonnes et un parcours total de 484 kilomètres, par tonne et par kilomètre.................. 0 fr. 008
- On voit par ces résultats que le bateau à vapeur porteur est bien le type
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- m —
- qu’il convient d’employer pour rendre aux transports par voie d’eau leur ancienne vitalité, et que le commerce et l’industrie ont .beaucoup à en espérer.
- Comparaison avec les chemins de fer. — En ce qui concerne la comparaison avec les chemins de fer, il convient de reconnaître, qu’en moyenne, les distances à parcourir par voie d’eau, pour aller d’un point à un autre, sont 50 pour 100 plus longues que celles de la voie ferrée : si donc aux prix kilométriques de la tonne transportée par voie d’eau, qui précèdent, on ajoute 50 pour 100, on arrive à 0 fr. 017 et 0 fr. 012, en ne comptant que la distance par chemin de fer.
- Sur les chemins de fer, rien que le prix de revient kilométrique de traction de la tonne utile, est de Ofr. 009, ce prix ne représente que40/100 du prix de revient total, comprenant tous les frais d’entretien, d’exploitation et d’administration, soit 0 fr. 0225.
- Donc, les voies de navigation peuvent, pour les marchandises en petite vitesse, lutter très avantageusement avec les chemins de fer, à tous les points de vue.
- En faisant cette communication à la Société, M. Roy a aussi songé à répondre, en partie, au remarquable travail sur les principales voies de navigation d’Europe, sur celles de la France en particulier, offert à notre Société par notre éminent collègue, M. Nordling.
- Ce travail, qu’à son grand regret il n’a pu suivre dans tous ses détails, parce qu’il est imprimé en allemand, comporte des renseignements très précis et pleins d’intérêt sur le régime des déclivités des principales voies navigables ; renseignements que l’on ne trouve dans aucune publication française en vente dans le commerce.
- Notre éminent collègue pense, que les voies de navigation, ne peuvent rivaliser avec les chemins de fer pour le bon marché et la régularité des transports.
- M. Roy a fait de son mieux pour les réhabiliter, bien moins par l’exposé de la question qu’il vient d’avoir l’honneur de faire, que par les résultats d’expériences qu’il a présentés, concernant l’amélioration du matériel flottant, sans laquelle celle de la voie ne donnerait que des résultats secondaires. a
- M. Edmond Roy, après cet exposé, indique une autre nouveauté que comporte son bateau. Le mode dé chargement adopté rend la chaudière parfaitement fumivore. C’est ce qu’à constaté l’année dernière une commission prise dans le sein du Comité technique des chemins de fer. Après un voyage de cette commission sur le bateau en question, le ministre des travaux publics a adressé le 7 juin 1884 la circulaire suivante aux administrateurs des grandes compagnies de chemins de fer. , u
- c: « Messieurs, mon administration, a été saisie de l’examen d’un,appareil fumivore, pour foyer de machines locomotives, .imaginé par.M.;Edmond Rpy* ; . .... .. -, ..... .. ud
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- « J’ai soumis cette invention au comité de l’exploitation technique des chemins de fer.
- « D’après le rapport qui lui a été présenté par un de ses membres et dont le comité a adopté les conclusions « on est en droit d’espérer que « l’appareil de M. Roy, rationnel dans son principe et dans ses disposi-« lions, réussira dans l’application ; une adaptation partielle, constatée d’ail-« leurs par deux membres du comité, a déjà donné, sur un foyer de chau-« dière de bateau, une fumivorité très satisfaisante... il serait désirable « qu’un essai de cet appareil fût tenté, notamment sur les lignes qui ont « intérêt, par leur situation, à se servir de combustibles menus ou tout « venants. »
- « En suite de cet avis, que j’ai approuvé, j’ai l’honneur de vous signaler l’appareil de M. Edmond Roy, en vous invitant à examiner s’il n’y aurait pas lieu de l’employer sur tout ou partie de votre réseau.
- « Je vous serai obligé de me faire connaître, à bref délai, les intentions de votre compagnie.
- « Recevez, messieurs, l’assurance de ma considération très distinguée.
- « Le ministre des travaux publics, « Signé : D. Raynal.
- « Pour ampliation :
- « Le conseiller d État, directeur des chemins de fer, « Signé : Gendres. »
- Et j’ajouterai, dit M. Roy, que nos grandes compagnies se sont empressées de n’en rien faire.
- Dans l’appareil de M. Roy, le combustible n’est jamais jeté directement sur la grille. Il est reçu dans une espèce de réservoir où il commence à s’échauffer. Ce réservoir a pour fond une palette mobile qui, par la position qu’on lui donne, permet de charger la grille à volonté, soit d’un seul coup, soit dans la proportion voulue. Une ouverture permet de laisser passer la quantité d’air nécessaire à la combustion des gaz. Ce dispositif très simple n’entraîne aucune modification importante dans la chaudière. [Applaudissements.)
- M. le Président remercie M. Edmond Roy de sa très intéressante communication.'
- M^Quéruel désire, à propos de la communication de M. Roy, dire quelques mots sur la question des écluses. On a parlé des écluses, en général, et de leurs dimensions. On est d’accord sur leur manque de longueur. L’administration s’est bornée à les allonger de 3 ou 4 mètres: c’est un tra-
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- vail insuffisant. Pendant qu’on remaniait les écluses, il fallait en doubler encore la longueur; et le meilleur argument en faveur de cet allongement a été donné par M. Roy, lorsqu’il a dit que, actuellement, on fait des bateaux de formes cubiques, lourds à la traction, qui occupent entièrement le cube libre de l’écluse. Pourquoi ces formes défectueuses? parce qu’il y a insuffisance de longueur. Si on avait une plus grande longueur, on, façonnerait les extrémités des bateaux, et la dépense de traction serait beaucoup moindre.
- Quant au tonnage, M. Quéruel est d’accord avec M. Molinos. Il conviendrait de faire des bateaux de 500 tonnes au moins, de manière à permettre la réduction du prix du fret.
- La Société devrait appuyer cet ordre d’idées, parce qu’il en résulterait un grand avantage pour la navigation.
- M. Quéruel veut dire encore un mot sur la machine sans condensation qui a été employée par notre collègue. A son avis, lorsqu’on a de l’eau en abondance, ce n’est pas une bonne solution de ne pas profiter de tous les avantages que procure la condensation. En la faisant par surface, on emploie alors l’eau distillée, dans les chaudières, et ses inconvénients peuvent être conjurés par un mélange d’eau naturelle. On arrive ainsi à avoir des chaudières qui se conservent parfaitement bien.
- M. Garimantrand. En ce qui concerne les dimensions des écluses, elles sonî^gëneralement limitées par la quantité d’eau disponible dans les canaux. Dans cette saison-ci, la plupart des canaux manquent d’eau.
- Au canal de Saint-Denis, on avait augmenté dans les projets la longueur des écluses, et au moment de l’exécution on a été obligé de la diminuer; cela pour économiser l’eau. M. Garimantrand demandera à M. Roy s’il a connaissance du système dans lequel il s’est rencontré avec M. Lacroix, qui a eu la même idée que lui : savoir, faire varier la hauteur des hélices, parce que les bateaux en effet ne ramènent rien, à la descente vers Paris, et qu’alors les hélices ne sont plus suffisamment immergées et perdent leur force propulsive effective. Seulement, M. Lacroix, au lieu de faire monter son hélice avec une vis, la faisait monter avec une crémaillère. En 1862, il a formé une Société dénommée, Compagnie générale de Navigation à vapeur sur les canaux, à l’aide de l’hélice mobile, système Lacroix. Cette compagnie fit construire, chez M. Joly àArgenteuil, dix-huit bateaux de ce système, qui ont fonctionné sur les canaux du Nord pendant sept ou huit ans; ils ont disparu, sans qu’on sache pourquoi, et M. Garimantrand a pensé que M. Roy pourrait le savoir. Ces bateaux avaient les mêmes dimensions que ceux de M. Roy, c'est-à-dire celles des péniches.
- M. Edmond Roy n’a pas eu connaissance de ce système. Il a fait construire sorTBatëâu"lans le Nord, et on ne lui a pas parlé de ce type de bateau.
- Il répondra à M. Quéruel au sujet de l’allongement des écluses et des bateaux de 600 tonnes. Si on les doublait de longueur, on arriverait h avoir des bateaux ayant 4m,90 de largeur au maximun, pour une' longeur de 50 à,60 mètres. Mais alors, ce n’est plus un engin de navigation pratique.
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- Ensuite, pour la navigation intérieure, il ne partage pas du tout l’opinion de ceux qui veulent de grands chargements, parce que, 600 tonnes de marchandises, cela occupe le bateau longtemps. Le bateau de 600 tonnes peut avoir sa raison d’être sur la basse Seine, ou püur apporter les pierres ou les marchandises très lourdes. Mais, pour le transport de marchandises à détailler par colis, le bateau de 600 tonnes est très dispendieux, surtout par suite des nombreux chargements et déchargements.
- De plus, il y a 2 500 écluses faites; on a fait une dépense qui a considérablement amélioré la navigation, mais on aurait dû faire une dépense plus grande encore. Ce qui serait à désirer, c’est que, sur les canaux où il y a un trafic important, on fît des écluses doubles, c’est-à-dire permettant simultanément à un bateau de monter tandis qu’un autre descend, pour doubler la rapidité de l’opération. Mais, dans les canaux alimentés par des prises d’eau secondaires, avec ce système, on accroît considérablement la dépense d’eau, et on pourrait n’en avoir pas assez.
- Pour la machine, M. Roy comprend qu’une machine de bateau soit à haute pression. Son avis est celui-ci : c’est que la vapeur dont il se sert est à 9 kilogrammes; le rapport des cylindres est de 2 1/2, si l’on détend de 1/5, on arrive à avoir huit ou neuf fois le volume primitif de la vapeur. M. Roy pense que, lorsqu’on a utilisé la vapeur à huit ou neuf fois son volume primitif, c’est un bon résultat.
- Puis, il y a à considérer la légèreté de l’engin. On a vu que le bateau présenté ne cale à l’arrière, avec une provision de 10 tonnes de charbon, que 65 centimètres; c’est parce que M. Roy a une machine très simple : c’est la locomotive qu’il a appliquée au bateau ; cela s’appelle la locomotive Com-pound, si vous voulez, avec sa distribution et toutes ses dispositions, c’est tout à fait la locomotive. Il fait travailler la vapeur à six ou huit fois son volume. Il doit ajouter que cette machine développe au maximum 35 chevaux; elle a 25 mètres carrés de surface de chauffe. Quand elle fait 35 chevaux, elle fait 160 tours par minute. En marche normale, elle fait 100 tours à peu près. En marche normale, quand elle ferait 20 chevaux, cela irait encore, mais ce serait un peu juste. Mais, quand on porte la vitesse à 180 mètres, quand on remonte un courant, ou un pont, si l’on a une machine à condensation, on ne peut pas profiter de l’échappement, on ne fait pas varier la puissance de la chaudière suivant les besoins. C’est là un grave défaut, au point de vue des bateaux, parce qu’il faut avoir des machines dont les dimensions correspondent complètement à l’effort maximum à exercer.
- Il faut tenir compte aussi de la simplification du mécanisme. Dans les bateaux, on a un mécanicien qu’on n’a pas sous les yeux; ce n’est pas comme dans les chemins de fer, où il y a des chefs de dépôt et des chefs mécaniciens qui exercent une active surveillance.
- Dans les bateaux, on envoie le mécanicien en route, et il est abandonné à lui-même. Il y a des mécaniciens maladroits; s’il survient quelque dérangement à la machine, ils ne savent pas le réparer et perdent la tête. M, Roy
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- a voulu réduire la machine simplement au piston et au tiroir. Du reste, il avoue que c’est le reproche qu’on fail, à première vue, à cette machine; on s’imagine, quand on voit ce petit joujou, qu’il ne peut pas remonter le courant. C’est pour cela que M. Roy lui a fait remonter la Seine, avec les plus grandes crues, et il avait encore de la vapeur de reste, parce qu’il avait un échappement qui activait le feu comme dans les chemins de fer. Pourquoi les machines à grande vitesse ont elles relativement peu de surface de chauffe? parce qu’elles ont un échappement très intense qui active le feu. Voilà les motifs qui ont guidé M. Roy. D’abord, la possibilité de faire varier la puissance de la machine suivant les besoins; et ensuite, la simplicité:des pièces mécaniques, parce qu’on confie ces engins aux mains d’un homme qui n’est pas habile mécanicien.
- M. Carimantrand. Les marins et les bateliers ne sont pas d’accord avec M. Roy, car, pour la marine marchande, on fait de plus en plus de gros navires. Sur la Seine, il y a quelques années, on ne voyait pas de bateaux de plus de 300 tonnes, personne ne voulait de bateaux de 500 tonnes, on disait qu’on ne pouvait pas les gouverner.
- Aujourd’hui, depuis l’amélioration apportée dans le régime du fleuve, il il y a des bateaux, de 500 et de 600 tonnes; et quand les travaux de la Seine seront terminés (on promet qu’ils le seront dans deux ans), quand le canal de Tancarville sera fini, on pourra faire des bateaux de 1 000 tonnes, et avec cela, on abaissera de 40 pour 100 le prix de revient des transports, parce que il y a des frais fixes constants, qui restent les mêmes pour 1 000 tonnes que pour 300 et 600 tonnes.
- Sur le Rhin, il y a déjà des bateaux de 1000 tonnes; ce tonnage sera' bientôt atteint sur la Seine. Il est vrai qu’on n’a pas toujours 1 000 tonnes de marchandises à mettre, mais les bateaux qui apportent le charbon et les céréales peuvent en apporter 1 000 tonnes, et d’ailleurs le matériel flottant ne marche pas toujours à pleine charge.
- Les mines d’Anzin et toutes les mines du nord, savent parfaitement qu’on arrivera à diminuer beaucoup les frais de transport en augmentant le tonnage des bateaux : ils demandent qu’on fasse creuser un canal, qui coûtera 100 millions, d’une profondeur de 3 mètres^ dans l’espoir d’avoir de grands bateaux. C’est une demande universelle dans les régions du. nord.
- M. Roy répond qu’il.s’est placé surtout au point de vue de la question des transports, en général, pour le commerce et l’industrie, entre Paris et! Rouen. On a fait une canalisation. Il y a deux points extrêmes : Paris et Rouen; on ne parle que du transport de la marchandise d’un de ces points vers l’autre, et on laisse de côté le service' des points intermédiaires. Dans la prévision des bateaux de 800 tonnes, on ne songdqu’à prendre du charbon/ par exemple, ou toute autre marchandise à Rouen, pour l’apporter à Paris/ et vice versâ; mais, pour l’industrie courante, ce n’est pasdp cas, et,ce n’est pas le cas des voies de communication dont il a entretenu la Société.''Dans; les canaux allant sur l’est, Nancy, Charleville, ou vers. Lyon, iliaut consi-’
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- dérer les transports pour desservir les localités qu’on rencontre entre les points extrêmes. Ce n’est pas avec des bateaux de 800 tonnes que, dans ces conditions, on abaisserait le prix du transport; cela l’augmenterait, au contraire, parce que l’on ne peut pas employer une masse comme celle-là pour faire des chargements et des déchargements sur tout le parcours. Ces bateaux peuvent être utiles pour un service local ; mais, jusqu’à preuve du contraire, il n’est pas très convaincu. En ce qui concerne la navigation fluviale, pour la Seine, il aurait mieux valu qu’on coupât les boucles que de laisser les parcours aussi longs : le trajet est de 80 pour 100 plus long que celui du chemin de fer. La dépense qui a été faite n’a pas apporté une grande amélioration à la navigation.
- ^JVI. Carimantrand. Les transports par eau ne sont pratiques que pour les grandes quantités.
- M.JR.OY. Dans ces conditions-là, ils peuvent à peine l’être, parce que les distances sont trop grandes.
- ARIMANTRAND- Si le trajet est plus long par eau que par chemin de fer, là situation est la même pour les petits bateaux que pour les grands.
- M. Roy répète qu’il y avait autre chose à faire que ce qui a été fait. Si on avait raccourci le parcours de 45 kilomètres, avec les grands bateaux, il aurait pu y avoir une lutte sérieuse avec le chemin de fer.
- M. le Président. Est-ce que M. Quéruel a quelque chose à dire?
- M. Quéruel. Il est trop tard pour présenter des considérations étendues , maflrîf y aurait des raisons à opposer à l’argumentation de M. Roy.
- M. le Président. Au retour des vacances, la parole pourra être donnée à M. Quéruel pour faire des observations à propos du procès-verbal ; il lui sera ainsi possible de compléter ce qu’il a dit aujourd’hui.
- L’ordre du jour appelle la communication de M. Bonnet sur un Appareil élévatoire de 30 mètres avec chariot transbordeur
- M. Bonnet nous avait promis de prendre la parole devant la Société beaucoup plus tôt ; il avait l’intention de nous entretenir de questions importantes sur l’organisation des services et la partie mécanique du nouvel Hôtel des Postes, à l’installation duquel il a contribué dans une assez grande proportion; mais il a remis cette communication à la rentrée des vacances, parce que, alors, il pourra nous conduire visiter le nouvel Hôtel des Postes, avant que le service ne soit mis en train. Pour nous dédommager un peu, M. Bonnet a bien voulu nous entretenir de cet appareil élévatoire, disposition très ingénieuse qu’il va exposer devant la Société. Encore a-t-il attendu cette dernière séance, qui est un peu défavorable, pour être sûr que l’appareil fonctionnait dans de bonnes conditions; il a été jusqu’au bout, comme un bon ingénieur qui ne montre son travail que lorsqu’il est sûr que l’appareil imaginé par lui est tout à fait pratique.
- M. Bonnet remercie M. le Président de la manière dont il vient de parler
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- de sa communication, et il compte sur la bienveillance de ses collègues pour écouter sa monographie.
- M. A. Bonnet commence parfaire l’historique de la question.
- Au mois de février 1881, il a été appelé, lors de la construction du gros œuvre de l’Hôtel des Postes, à étudier un moyen permettant une pose rapide des pièces formant l’ossature extérieure de la future construction.
- Les assises devaient être amenées aune hauteur de 12 mètres, au-dessus du niveau du trottoir des rues environnantes, sur un développement total de 380 mètres, en une seule campagne.
- Pour atteindre ce résultat, les moyens mécaniques ont été substitués aux moyens en usage dans les chantiers de Paris.
- L’appareil employé a été une grue à balancier, dont la charpente entière était en bois de sapin, et la hauteur de 13m,500. Cette grue se déplaçait sur une voie de lm,750 de largeur.
- Les résultats ont été satisfaisants et le problème résolu.
- Pour diverses raisons, un appareil plus puissant ne fut pas demandé et l’achèvement de l’Hôtel eut lieu avec les méthodes habituellement employées par les poseurs de pierre.
- Au mois de juin 1882, il a été demandé, à M. Bonnet, un appareil semblable à celui employé aux Postes, pour l’édification de la nef au chantier de Montmartre.
- Il s’agissait de construire cette nef sans employer une charpente considérable qui eût coûté plus de 500 000 francs.
- Le premier appareil monté au chantier de Montmartre avait 15 mètres de hauteur totale.
- Les résultats ayant pleinement confirmé les prévisions, M. Bonnet a été appelé à résoudre un problème plus complexe. C’est la solution de ce problème qui fait l’objet de la communication.
- Le programme imposé se résume de la manière suivante :
- En hauteur l’appareil doit pouvoir opérer la pose des assises jusqu’aux sommiers des voûtes, poser les sommiers et établir les voûtes; l’extrados étant à 27 mètres du sol de la nef.
- En déplacement, la grue doit desservir les deux côtés de la nef et tout le pourtour du chœur.
- La nef s’étend sur une longueur de 52m,500 et le chœur a un rayon de 7m,280 dans œuvre.
- Ses piliers ont 4m,500 d’épaisseur.
- La partie centrale de l’ensemble de l’édifice devait rester entièrement libre.
- La translation, dans la nef et au pourtour du chœur, étant nécessairement effectuée à la volonté d’un mécanicien, et suivant les besoins du service, par des moyens mécaniques dont la puissance molrice serait demandée à une machine à vapeur placée sur la plate-forme de l’appareil.
- Un homme seul devant suffire à la manœuvre complète.
- Dans la partie correspondant au chœur, l’axe du rail extérieur pouvait
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- avoir au maximum 6m,860 de rayon. Le passage dans cette partie ne pouvait être obtenu qu’en rendant mobile l’un djes essieux ou en employant un appareil auxiliaire.
- Le poids total est de 25 tonnes ; la manœuvre d’un essieu mobile est dangereuse dans de telles conditions de charge, on a donc dû recourir à un appareil auxiliaire spécialement disposé pour transborder l’appareil élévatoire.
- L’étude comprend donc trois parties distinctes :
- 1° l’appareil élévatoire;
- 2° le chariot transbordeur;
- 3° la voie.
- APPAREIL ÉLÉVATOIRE.
- La pose doit avoir lieu à 27 mètres au-dessus de la nef, comme hauteur maximum.
- Certaines obligations locales ont conduit à surélever le rail de 2 mètres au-dessus du sol de la nef. Le plan supérieur de pose se trouve ramené à 25 mètres du niveau du rail.
- Afin d’atteindre le porte à faux, assez considérable, de 4m,500, demandé par l’épaisseur des piliers, l’axe du balancier a dû être établi à 25 mètres au-dessus du rail.
- Le balancier a 11 mètres, ce qui donne une hauteur de 30m,50 au-dessus du rail pour l’axe de la poulie recevant la chaîne de charge.
- Balancier. — Le balancier est formé par deux poutres en treillis montées parallèlement sur un axe en fer qui les traverse toutes deux dans des tourteaux en fonte rivés sur des tôles qui forment l’âme des poutres au milieu et aux extrémités.
- Ces poutres sont entretoisées de distance en distance par des entretoises intérieures.
- Aux deux extrémités du balancier sont placées deux poulies : l’une la poulie recevant la chaîne de charge, l’autre la poulie servant au rappel du balancier.
- L’axe d’oscillation porte aussi une poulie qui sert à renvoyer la chaîne de charge au treuil de manœuvre placé sur la plate-forme inférieure.
- Les pierres employées à Montmartre sont toutes des pierres dures de Château-Landon ; le levage est fait à la louve, les pierres arrivant toute taillées.
- Le balancier doit opérer la pose directement sans bardage supplémentaire ; il doit donc pouvoir prendre toutes les positions, depuis la position horizontale jusqu’au relèvement total limité par la chaîne de charge ramenée contre les montants.
- Pour que cette manœuvre soit régulière, le centre de gravité du balancier a dû être fixé un peu en dessous de l’axe d’oscillation au moyen d’un contrepoids spécial.
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- Pylône. Le pylône, portant le balancier à la partie supérieure et la machinerie à la partie inférieure, est formé de pièces de charpente en pitchpin.
- Il est composé de deux montants verticaux assemblés dans un des longerons du châssis inférieur et réunis entre eux, à diverses hauteurs, par des entretoises. Dans le plan vertical des montants, deux contre-fiches latérales viennent buter ces pièces. En arrière des montants, deux autres contre-fiches.
- Pour la constitution de cet ensemble, le métal devait être rejeté :
- 1° par suite du poids qui aurait remonté le centre de gravité total et compromis la stabilité;
- 2° comme rendant très difficile l’assemblage au moment du montage sur place ; .................
- 3° par raison d’économie de premier établissement.
- Les pièces travaillent toutes à compression sauf les contre-fiches d’arrière qui travaillent à traction, l’emploi du pitchpin est motivé dans cette application. .
- Les voies d’accès de la butte Montmartre ont obligé à constituer les pièces en deux parties, le passage ne pouvant s’effectuer au delà de 17 mètres de longueur.
- Les pièces sont assemblées à traits de Jupiter de 3 mètres de longueur.
- Les deux longerons sur lesquels sont boulonnées et encastrées les pièces du pylône, sont formés de deux morceaux de chêne de fort équarrissage. Ils sont réunis entre eux par deux traverses également en chêne et boulonnées.
- Les longerons et leurs traverses forment un châssis sur lequel est installée la machinerie.
- Tout l’ensemble est porté par deux essieux en fer sur lesquels sont calées des roues en acier de 0m,60.D.de diamètre.
- La machinerie est complexe, elle doit répondre aux besoins suivants :
- 1° élévation du fardeau ;
- 2° manœuvre du balancier;
- 3° translation de la grue;
- 4° translation du chariot transbordeur.
- La puissance motrice est demandée à une machine à vapeur, mi-fixe, verticale.
- Cette machine commande, au moyen d’une courroie, un arbre de la transmission, lequel arbre donne le mouvement :
- 1° au treuil de charge;
- 2° au treuil de rappel du balancier;
- 3° à la translation. .
- Treuils. Les treuils sont du système « Bernier » afin de ne pas former un matériel hors série pour l’entrepreneur et de conserver les habitudes des ouvriers du chantier. Les débrayages de ces treuils sont ramenés près de la machine sous la main du mécanicien, ,
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- Le treuil de charge est entre les deux montants, le treuil de rappel du balancier est fixé aux contre-fiches d’arrière.
- Ces treuils sont à deux vitesses, mais ils fonctionnent toujours :
- Le treuil de charge à la grande vitesse.
- Le treuil de rappel à la petite vitesse.
- La descente des pierres ou des bennes à mortier s’effectue au frein.
- 1 Translation. La translation est obtenue par des engrenages commandant l’essieu placé sous la machine et elle est mise en mouvement, à la main, par un embrayage à doubles cônes de friction permettan t le renversement du sens de la marche.
- Le dernier engrenage, qui communique le mouvement à l’essieu moteur, est monté fou sur cet essieu et il n’en devient solidaire que par le moyen d’un embrayage à emboîtements qui est manœuvré du plancher même de la machine.
- Puissance de l'appareil élévatoire. La puissance de l’appareil a été calculée pour résister aux efforts provenant d’une charge de 2800 kilogrammes, ce qui correspond à un volume de lm3,200, la densité du Château-Landon étant de 2 400 kilogrammes environ.
- Dans ces conditions, le fer travaille à 6 kilogrammes par millimètre carré pour le balancier (flexion et compression), à 6k,50 pour les essieux; la fonte à 2 kilogrammes par millimètre carré pour les dents d’engrenages; le bois de pitchpin k 0k,061 par millimètre carré pour compression seule et à 0k,850 par millimètre carré lorsqu’il travaille à flexion et compression à la fois.
- L’appareil peut lever et poser 80 à 100 mètres cubes par jour suivant les conditions d’alimentation du chantier et de hauteur de pose. La hauteur n’a d’influence que dans les valeurs extrêmes, le montage se faisant pendant que la translation s’effectue.
- Stabilité. Une des questions les plus importantes est la stabilité.
- Le moment résistant a été trouvé de
- 27 750
- Le moment de renversement maximum est donné par la charge 2800, le balancier étant horizontal; sa valeur est de
- 14280
- Rapport du moment résistant au moment renversant
- 27750
- 14280
- 1,943.
- donnant une sécurité absolue dans le cas le plus défavorable.
- L’influence du vent est considérable au point élevé où fonctionne l’appareil.
- En tenant compte des circonstances locales, la stabilité n’est compromise que lorsque le vent a une intensité supérieure à celle qui correspond à une pression de 162 kilogrammes par mètre carré, le balancier étant
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- droit, et de 222 kilogrammes par mètre carré, le balancier étant horizontal, et encore faut-il que la direction soit normale à l’axe de la voie et à l’arrière de l’appareil.
- Sécurité des manœuvres. Depuis 1881, il a été constaté qu’il ne s’était pas posé moins de 15 000 mètres cubes avec ces appareils, non seulement sans danger pour l’existence des hommes qui ont été employés, mais encore sans qu’aucun d’eux ait été seulement blessé.
- CHARIOT TRANSBORDEUR.
- L’appareil auxiliaire devant transborder l’appareil élévatoire, doit se déplacer sur une voie circulaire dont le rail extérieur ne peut avoir plus de 6m,860 de rayon, à l’axe.
- Les essieux de la grue étant distants de 5 mètres, le chariot à 6n‘,500 de longueur totale.
- Conditions d’établissement. Les conditions d’établissement du chariot transbordeur sont les suivantes :
- 1° Permettre l’accès facile à l’appareil venant des voies latérales ou s’y rendant.
- 2° Il doit être relié à la voie latérale jusqu’au moment où l’appareil devient solidaire du chariot.
- 3° Le chariot et l’appareil doivent être rendus solidaires par un mouvement automatique, et cette solidarité doit exister pendant toute la translation autour du chœur.
- 4° Le mouvement moteur doit être pris directement sur le mouvement de translation de l’appareil.
- 5° Le chariot étant nécessairement relié à la voie latérale sur laquelle l’appareil pose les pierres de la nef, pendant cette période, il y a enclenchement des pièces mobiles du chariot afin que l’appareil ne puisse s’engager sur ce chariot, sans que celui-ci ne soit prêt à le recevoir.
- Chariot. Le chariot est formé par un châssis métallique composé de deux longerons, de deux traverses et de plusieurs entretoises. La rigidité de l’ensemble est assurée par des goussets et deux contreventements horizontaux. Les roues sont extérieures, avec supports spéciaux, disposition donnant la hauteur minimum. Leur nombre est de cinq pour assurer la stabilité du côté de la charge. “
- Liaison du chariot et des voies d’accès. — La liaison du chariot et des voies latérales est obtenue par des verrous fixés sur les traverses et raànœu-vrés au moment du départ, l’enclenchement se fait automatiquement. Dans cette position, les voies du chariot sont rigoureusement dans le prolongement des voies d’accès. Les longerons reposent sur des patins en acier légèrement inclinés afin d’éviter le frottement au départ.
- Solidarité de l’appareil et du chariot. A chaque extrémité des rails du chariot est disposé un verrou en fer forgé coulissant dans des guides èn fonte. i;i” :
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- Ces verrous sont manœuvrés par des bielles mises en mouvement par un levier à contrepoids. Les bielles sont en deux parties avec écrous de réglage.
- Le Fonctionnement est automatique au moyen d’un taquet de butée fixé sur le longeron de la grue. Le taquet entraîne le levier et les verrous viennent buter sur les boudins des roues; dès que le mouvement de l’appareil a son amplitude complète, les boudins découvrent les verrous qui, rendus libres, achèvent leur fermeture sous l’action du contrepoids. L’ouverture se fait à la main.
- Mouvement moteur du chariot. Une des particularités du système adopté consiste à demander le mouvement moteur du chariot à l’appareil éléva-toire lui-même.
- Ce mouvement est pris sur le dernier engrenage de la translation monté fou sur l'essieu.
- Un ensemble de deux harnais de roues coniques transmet le mouvement au chariot au moyen d’une crémaillère scellée dans le sol du chœur.
- Pour éviter les erreurs de mise en route, le sens de marche des roues du chariot est le même que celui de la grue pour un même déplacement du levier d’embrayage.
- Enclenchement des pièces mobiles. Il y a lieu de se préoccuper de rendre impossible un accident résultant de ce que les pièces mobiles du chariot, manœuvrées pendant que la grue fonctionne sur les voies latérales, aient pii amener l’ouverture de tous les verrous à la fois.
- On a acquis toute sécurité en terminant l’arbre des bielles des verrous par une série de leviers actionnant un étrier qui, doué d’un mouvement en sens inverse de celui du levier auquel il est relié, vient entourer l’extrémité du second levier et empêche le déplacement de celui-ci.
- VOIES.
- Les voies latérales sont formées de deux alignements droits raccordés par une courbe de 106m,75 de rayon. ,
- Les voies de la nef ont 2m,880 de largeur d’axe en axe.
- Les rails sont en acier, type du chemin de fer du Nord, pesant 30 kilogrammes le mètre. Ils sont posés sur longrines entretoisées. Il y a trois entretoises par largeur de rail de 8 mètres.
- Les rails du chariot sont établis à 0m,595 en contre-bas de ceux des-voies latérales. La voie a 3m,l00 de largeur, le rail extérieur étant cintré, comme il a été dit, a 6m,860 de rayon.
- Levctge sur place. -Le levage sur place s’est fait avec une grande facilité ,en utilisant une charpente existante de 13 mètres de hauteur. Il a été fixé, sur cette charpente, deux sapines inclinées l’une vers l’autre, reliées par des traverses. La traverse supérieure portait la chape d’une poulie sur laquelle s’enroulait le câble d’un treuil placé sur le sol de la nef. La poulie était à 30 mètres du sol; 1 ..
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- L’appareil élévatoire et le chariot transbordeur ont été exécutés d’une manière remarquable dans les ateliers de MM. Rénaux fils et Bonpain, à Rouen. M. Bonpain est un de nos collègues les plus sympathiques.
- Le levage a été fait avec une précision parfaite.
- M. Bonnet ajoute qu’il aurait pu aborder plus tôt cette communication, mais que, d’accord en cela avec notre cher et éminent président, il a voulu attendre que l’expérience ait apporté une consécration à ses prévisions : aujourd’hui l’expérience est complète, et, depuis la mise en service, les appareils n’ont pas cessé de donner une solution complète du problème qui avait été posé. (.Applaudissements.)
- M. le Président. Quelqu’un a-t-il quelques observations à faire sur la communication de M. Bonnet ou des questions à lui poser.
- . M. Fqrest demande à M. Bonnet de vouloir bien donner un aperçu du prix de revient de l’appareil pour des installations de différentes hauteurs.
- M. Bonnet. L’ensemble coûte à peu près 33 000 francs pour une hauteur de 30 mètres. La charpente des bas-côtés a coûté 720 000 francs; celle du chœur aurait coûté 500000 francs au moins.
- M. Forest. Est-ce que les voies sont comprises dans ce prix?
- M". Bonnet. Il y en a pour 3 000 francs, les rails compris. Quant à la charpenïeparticulière de la crypte remplaçant le sol, c’est un cas spécial dont il n’y a pas à tenir compte dans le prix de revient.
- M. le Président. Les observations qui viennent d’être faites prouvent l’importance et l’intérêt de ces grands appareils élévaloires, puisque, pour les grandes constructions, ils peuvent remplacer les charpentes énormes qu’on est obligé d’établir. D’après les chiffres que vient de donner M. Bonnet, s’il s’agissait d’une dépense de 500 000 francs, et que l’emploi de cet appareil permît de n’en dépenser que 33 000, on réaliserait une économie considérable.
- M. Bonnet. Deux mois après que l’appareifest en marche, l’entrepreneur l’a déjà payé, il y a une économie de main-d’œuvre énorme.
- M. Badois. Gomment se fait la pose des pierres? Est-ce par assises ou n’importe comment?
- M. Bonnet. M. Badois signale là un des grands avantages de l’appareil. Oh prend la pierre et on la pose n’importe où, quand elle arrive, à condition, naturellement, que la pierre sous-jacente puisse la recevoir. Il y a quelquefois trois ou quatre assises montées dans un coin, et rien dans l’autre. On peut poser, dans une assise, toutes les pierres et laisser celle du milieu; quand elle arrive, elle se pose parfaitement;
- M. Badois. Gomment l’entrepreneur règle-t-il son chantier avec cet appareil?
- M* Bonnet. — D’après la dimension des pierres qui arrivent; il fait tailler
- igFiBnBmnæx . . 1 r 1 J
- quelquefois trois assises à l'avance* on na plus besoin de poser les pierres par assises complètes, comme nous le disions tout à l’heure.
- M; Badois. —• Le mouvement du balancier se fait-il facilement?
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- >1...Bonnet. —Très facilement,. On prend la pierre, et on va la porter quelquefois à 15 mètres à l’endroit où elle doit être posée. Pendant ce temps, le mécanicien règle le balancier, monte la pierre, et donne du nez s’il y a lieu; mais, il est presque toujours sûr d’arriver à l’endroit voulu ; il n’y a presque pas de fausses manœuvres. Le mécanicien sait où la pierre va, et quand elle arrive, il la pose exactement à la place qu’elle doit occuper.
- M. Quérüel. — Avec ce système, il y a moins de danger d’écorner les pierres?
- M. Bonnet. — Et les hommes. Il y a pour eux comme pour les pierres, une sécurité absolue.
- M. Forest. — Gomment procédera-t-on pour les voûtes?
- ^M. Bonnet. — On battra en retraite.
- vHSjL le..Président. —Y a-t-il encore d’autres observations? Si personne ne demande plus la parole, je remercierai M. Bonnet de son très intéressant travail, et je le prierai de vouloir bien penser à nous fidèlement à la rentrée, pour faire une visite h l’Hôtel des Postes, comme il a bien voulu nous le promettre.
- Le chariot transbordeur, sur lequel M. Bonnet aurait pu appuyer davantage, est une œuvre remarquable au point de vue mécanique et au point de vue de la précision.
- Le mémoire de M. Bonnet sera publié in exlenso dans le Bulletin.
- MM. Gassaud et Verrier ont été reçus membres sociétaires.
- La séance est levée à onze heures et quart.
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- APPAREIL ÉLÉVATOIRE
- DE 30 MÈTRES DE HAUTEUR
- AVEC CHARIOT TRANSBORDEUR
- Par M. Auguste BONNET
- Historique de la question. — Au mois de février 1881, lors de la construction du gros œuvre de l’Hôtel des Postes, à Paris, nous fumes appelé à étudier un moyen permettant une pose rapide des pierres formant l’ossature extérieure de la future construction.
- 11 s’agissait d’amener les assises à environ 4 mètres au-dessus du niveau du plancher haut du rez-de-chaussée, sur un développement d’environ 380 mètres, en une seule campagne : celle qui commençait deux mois plus tard, en avril 1881.
- Pour atteindre sûrement le résultat demandé, il était de toute évidence qu’il fallait substituer les moyens mécaniques aux moyens habituellement en usage dans les chantiers de construction de Paris.
- Après des études et des tâtonnements, nous avons été amené à l’établissement d’une grue à balancier dont la charpente entière était en bois de sapin, balancier compris, et qui était mise en mouvement par une machine à vapeur du système mi-fixe.
- Cette grue, de 13m,500 de hauteur totale, était établie sur une voie de lm,750de largeur entre axes des rails.
- L’étude détaillée et la construction, de l’appareil, n’ont permis sa mise en service que vers le 15 mai.
- Les résultats ont été satisfaisants et le problème résolu : du jour de la livraison de la grue à la fin du mois de septembre de la même année,
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- UULL.
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- les assises étaient amenées à un niveau de 12 mètres au-dessus des trottoirs, sur tout le périmètre de l'édifice.
- Pour diverses raisons un appareil plus puissant ne fut pas demandé et l’achèvement de l’Hôtel eut lieu avec les moyens habituellement employés par les poseurs de pierre.
- Au mois de juin 1882, M. Riffaud, l’habile entrepreneur de Paris, chargé de la construction de l’église de Montmartre, fut frappé de la rapidité et de la précision de manœuvre de la machine employée l’année précédente à l’Hôtel des Postes. Il avait remarqué aussi que les charpentes, servant au bardage des pierres, étaient supprimées complètement.
- Ce dernier avantage était d’une importance de premier ordre pour l’édification delà nef, au chantier de Montmartre. Après un bienveillant examen, M. Rauline, architecte, remplaçant l’architecte en chef, M. Abadie, alors malade, nous a demandé l’établissement d’un appareil semblable à celui employé à l’Hôtel des Postes avec de légères modifications : l’appareil fut porté à 15 mètres de hauteur totale.
- C’est dans ces conditions que l’on est arrivé à la 23e assise; à Montmartre les assises sont réglées en hauteur à 0m,45.
- La marche des travaux ayant été très régulière et l’économie résultant de la suppression des échafaudages se chiffrant par plus de 200 000 francs, l’année dernière nous avons été appelé à résoudre un problème beaucoup plus complexe.
- C’est sa solution qui fait l’objet de cette communication.
- Données du problème. — Le programme qui nous était imposé se résumait de la manière suivante :
- En hauteur, l’appareil devait pouvoir opérer la pose des assises, non seulement jusqu’aux sommiers des voûtes, mais encore poser ces sommiers et établir les voûtes, l’extrados de celles-ci étant à environ 27 mètres du sol de la nef.
- En déplacement, la grue devait desservir les deux côtés de la nef et tout le pourtour du chœur.
- La nef s’étend sur une longueur de 52ffl,500 et le chœur a un rayon de 7m,280 dans œuvre, ainsi qu’on peut le constater sur le plan des voies annexé à ce mémoire.
- * Les piliers ont 4m,500 d’épaisseur.
- 'Lapartie centrale de l’édifice devait restef entièrement libre pouf
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- permettre de satisfaire aux besoins du culte pendant la construction.
- La translation étant nécessairement effectuée, dans la nef et au pourtour du chœur, à la volonté d’un mécanicien et suivant les besoins du service, par des moyens mécaniques dont la puissance motrice serait demandée à une machine à vapeur placée sur la plate-forme de l’appareil.
- Un homme seul devant suffire à la manœuvre complète.
- Tout en remplissant ce programme, il ne fallait pas songer à opérer, par l’appareil élévatoire seul, la translation dans une courbe intéres-santles deux tiers d’une circonférence, l’axe du rail extérieur devant avoir un rayon de courbure de 6m,860 au maximum.
- Le passage, dans une courbe d’un aussi faible rayon, ne pouvait être obtenu qu’en établissant l’un des essieux en deux tronçons très courts, recevant chacun une roue, et se déplaçant afin que les trois essieux soient dirigés suivant des rayons de la courbe. ?
- Le poids total est d’environ 25 tonnes, soit 6 250 kilogrammes sur chaque roue; dans ces conditions de charge les essieux ne pouvaient être mobiles.
- Un appareil auxiliaire, spécialement disposé pour transborder l’appareil élévatoire, d’un alignement droit à un autre, devenait indispensable.
- Notre étude comprend donc trois parties distinctes :
- 1° L’appareil élévatoire;
- 2° Le chariot transbordeur;
- 3° Les voies.
- I. APPAREIL ÉLÉVATOIRE
- i-
- Conditions d’établissement. — D’après le programme imposé nous devions réaliser la pose des pierres et la manœuvre des services accessoires, tels que les bennes contenant le mortier, à environ 27 mètres du sol de la nef.
- Comme nous le constaterons dans l’étude* de la voie, par suite de certaines obligations locales, le rail a dû être surélevé de dm,400 par rapport au sol de la nef, surélévation qui a été portée à 2 mètres pour permettre l’établissement du chariot transbordeur.!
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- Le plan supérieur de la pose se trouvait donc ramené à 25 mètres du niveau du rail.
- En choisissant le type adopté précédemment d’un balancier oscillant établi au sommet d’un pylône en forme de pyramide, il devenait nécessaire de prendre la hauteur de 25 mètres comme cote de la distance de cet axe au rail, afin de permettre d’atteindre le porte à faux assez considérable, de 4m,500, demandé par l’épaisseur des piliers : le service extrême devant s’effectuer avec le balancier placé horizontalement.
- Nous avons arrêté la hauteur du pylône à 25 mètres et la longueur du demi-balancier à 5ra,500, soit une hauteur totale de 30m,5Û0 au-dessus du rail pour l’axe de la poulie recevant la chaîne de charge, le balancier étant redressé.
- Les deux parties de ce balancier sont symétriques afin de n’amener aucune modification dans la répartition des charges, et par conséquent nous avons donné au balancier une longueur totale de 11 mètres entre les axes des poulies extrêmes.
- Les dimensions principales motivées, nous allons décrire le mode de construction adopté et l’ensemble des engins mécaniques assurant le service complet.
- Balancier. —Cette pièce importante ne pouvait plus être constituée, comme dans les premiers appareils, par deux poutres en bois armées de tirants en fer boulonnés dans des sabots en fonte recevant les axes des poulies et l’axe d’oscillation.
- La longueur de 11 mètres devait rendre difficile une égalité de résistance nécessaire, et, de plus, le poids de l’ensemble devenait plus considérable qu’avec deux poutres formées de treillis en fer : l’emploi du métal s’imposait donc, les conditions de légèreté et de régularité de résistance étant de premier ordre à une hauteur de 25 mètres et primant toutes les autres-, notamment celles de l’économie dans la dépense d’établissement.
- Le balancier a été formé par deux poutres en treillis de fer, ayant 0m,410 de hauteur à l’axe et 0n,,250 à chaque extrémité. Ces poutres sont montées parallèlement sur un axe en fer qui les traverse toutes deux dans des tourteaux en fonte rivés sur des tôles qui forment l’âme des poutres au milieu et aux extrémités.
- Pour augmenter la résistance tout en réservant le poids, ces poutres
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- ont été armées de tirants en fer à la partie supérieure ; de distance en distance des entretoises évidées, placées à l’intérieur, maintiennent un écartement invariable entre les deux flasques.
- A chaque extrémité de ce balancier sont disposés des axes tournant dans des coussinets en bronze montés dans les tourteaux en fonte ; ces coussinets portent des graisseurs de la Goux contenant de l’huile pour plusieurs mois, le nombre des remplacements du corps lubrifiant devant être réduit autant que possible ; des poulies, calées sur ces axes, reçoivent, l’une la chaîne de charge, l’autre la chaîne de retenue ou de rappel du balancier.
- L’accès de ces extrémités du balancier est rendu possible par des échelons rivés sur le dessus des cornières supérieures du balancier, les tirants formant une sorte de double rampe de sécurité.
- La chaîne de charge, visible sur l’ensemble de la grue (pl. 102), porte à la partie inférieure un crochet sur lequel sont frappés les contrepoids nécessaires pour opérer la descente de la chaîne à vide. Ces contrepoids pèsent ensemble ISO kilogrammes environ, formant l’équilibre d’une partie de la chaîne et du frottement de la poulie supérieure.
- Cette chaîne, après son enroulement sur la poulie supérieure, passe entre les deux flasques du balancier et, s’enroulant de nouveau sur une deuxième poulie montée folle sur le milieu de l’axe d’oscillation, est renvoyée au treuil de charge placé sur la plate-forme inférieure, dont nous parlerons plus en détail en étudiant la machinerie.
- Les pierres employées à Montmartre sont toutes des pierres dures provenant des carrières Civet et Cie à Château-Landon ; le levage est fait à la louve, les pierres arrivant toutes taillées et moulurées.
- Le balancier doit permettre la pose des pierres directement à leur emplacement définitif sans aucun bardage supplémentaire ; il est donc nécessaire qu’il puisse prendre toutes les positions depuis la position horizontale jusqu’au relèvement total limité par la chaîne de charge ramenée contre les montants.
- En calculant la position du centre de gravité, on le trouve situé à 0m,210 au-dessus de l’axe d’oscillation; il résulte de cette situation que, lorsque le balancier dépasse la position faisant un angle de 50 degrés avec l’horizontale, il ne doit plus obéir à la chaîne de rappel et qu’il doit s’appliquer brusquement sur la charpente du pylône.
- Pour donner au balancier une manœuvre régulière, il devient néces-
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- saire de ramener son centre de gravité en coïncidence avec l’axe d’oscillation, de le placer même en dessous- de cet axe.
- Cette manœuvre régulière est réalisée par des contrepoids réunis à la partie inférieure du balancier par des cornières et des tirants ; le dessin montre parfaitement l’ensemble de ces dispositions.
- Charpente. — Le pylône, portant le balancier à la partie supérieure et la machinerie à la partie inférieure, est formé par un ensemble de pièces de charpentes en bois, à l’exclusion de toute partie métallique en dehors des boulons d’assemblage.
- Il est composé de deux montants verticaux assemblés dans un des longerons du châssis inférieur et réunis entre eux à diverses hauteurs, par des entretoises; extérieurement, et dans le plan vertical contenant les axes des montants, deux contre-fiches viennent contrebuter ces pièces avec lesquelles elles sont boulonnées et entretoisées.
- En arrière de chacun des montants deux autres pièces inclinées, «. les contre-fiches d’arrière, » reliées aux autres pièces principales par des boulons et des étriers, que les desseins montrent très clairement ; la liaison est complétée par des entretoises.
- Pour la constitution de cet ensemble l’emploi du métal n’était pas indiqué pour diverses raisons :
- 1° Le poids qui eût remonté le centre de gravité total à une trop grande hauteur au-dessus du sol et aurait compromis la stabilité ;
- 2° La difficulté d’assemblage des pièces au moment du levage ;
- 3° L’économie du prix de premier établissement.
- Les pièces travaillent toutes à la compression sauf les contre-fiches d’arrière qui travaillent à traction ; l’emploi du bois de sapin est favorable, il est plus léger que le chêne à égalité de volume et au moins aussi résistant dans les conditions des efforts agissant sur les montants elles contre-fiches.
- Le bois de sapin se fend facilement, cet inconvénient présente une certaine gravité dans l’application spéciale dont nous nous occupons, aussi avons-nous cru devoir choisir un bois de même nature, mais plus ferme ; la charpente est exécutée en pitchpin.
- Ce bois se trouvant en très beaux échantillons dans les provenances du Yénézuela, il nous était possible de composer la charpente d’éléments d’une seule pièce.
- Il fallait se préoccuper du transport et, malheureusement, si l’on pouvait admettre les longueurs de 21 à 22 mètres jusqu’au pied de la
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- butte Montmartre, les voies d’accès à notre disposition pour parvenir au sommet ne permettaient le passage que jusqu’à 17 mètres de longueur, encore en prenant des précautions spéciales et en s’arrêtant au niveau du sol de la crypte du monument.
- Nous avons donc été conduit à l’emploi de pièces fractionnées : les montants et les contre-fiches d’arrière sont formés de deux parties assemblées à traits de Jupiter de 3 mètres de longueur dont, les dessins font voir les étriers à la partie supérieure pour les montants au tiers inférieur pour les contre-fiches.
- Les pièces formant le pylône sont assemblées avec deux longerons à la partie inférieure. Elles sont reliées à ces longerons par de fortes ferrures boulonnées et encastrées, et ceux-ci sont réunis entre eux par deux traverses, ayant le même équarrissage; et des boulons; leur longueur est de 6m,500.
- Ces quatre pièces, longerons et traverses, forment le châssis recevant un plancher sur lequel est installée la machinerie ; elles sont exécutées en chêne, les efforts qui agissent étant des efforts de flexion.
- Tout cet ensemble balancier, charpente du pylône, châssis, est porté sur deux essieux en fer de 0m, 150 de diamètre, distants de 5 mètres et sur lesquels sont calées des roues en acier de 0m,600 de diamètre à la circonférence de roulement.
- Machinerie. — La machinerie est complexe elle doit répondre aux besoins suivants :
- 1° Élévation du fardeau ;
- 2° Manœuvre du balancier ;
- 3° Translation de la grue ;
- 4° Translation du chariot transbordeur.
- La puissance motrice est demandée à une machine à vapeur du système mi-fixe, qui a été choisie verticale afin de trouver plus facilement son placement sur le plancher du châssis.
- Cette machine est du type construit par MM. Boulet et Cie, elle est de la force de cinq chevaux de 75 kilogrammètres, l’arbre moteur tourne à 105 tours par minute. < J
- Cette machine met en mouvement un arbre de transmission secon? daire au moyen d’une courroie.
- Cette transmission auxiliaire 'est établie sur une charpente spéciale formant un entretoisement de toutes les pièces, elle est située à
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- 4m,S00 au-dessus du plancher sur lequel est fixée la machine motrice et elle donne le mouvement :
- (a) Au treuil de charge ;
- (P) Au treuil de rappel du balancier ;
- (y) A la translation.
- Treuils.-—Il s’agit, pour les treuils, de choisir un type en usage dans les chantiers de Paris, qui ne forme pas un matériel hors série pour l’entrepreneur et dont les ouvriers ont la constante habitude.
- Pour répondre à ces conditions nous avons cru devoir appliquer, à l’appareil élévatoire, deux treuils « Bernier » disposés pour fonctionnement à la vapeur et mettant en mouvement une chaîne de 0m,017 de diamètre aux maillons.
- Pour les applications de l’appareil élévatoire où le système « Ber-mer » ne s’impose pas par les considérations qui précèdent, il y a avantage à manœuvrer les chaînes de charge et de rappel du balancier, par les treuils du système Mégy, Écheverria et Bazan.
- En effet, les treuils de ce dernier système donnent une sécurité complète, dans la manœuvre, en limitant la charge à élever à une valeur maximum qui sert à régler l’action du ressort transmettant le mouvement moteur au tambour du treuil.
- Les débrayages des courroies des deux treuils, quel que soit le système employé, sont ramenés près de la mise en marche de la machine motrice afin d’être absolument sous la main du mécanicien sans qu’il y ait, pour celui-ci, aucun déplacement.
- Le treuil de charge est placé entre les deux montants verticaux, le treuil de rappel est fixé entre les deux contre-fiches d’arrière. Les dessins montrent très bien l’installation particulière de chacun de ces appareils.
- Ces treuils sont à deux vitesses, mais ils fonctionnent presque exclusivement :
- Le treuil de charge, à la grande vitesse ;
- Le treuil de rappel, à la petite vitesse ;
- La descente des pierres et des bennes à mortier s’effectue au moyen du frein comme sur tous les chantiers de construction. 11 en est de même pour l’abaissement du balancier.
- Translation. — La translation s’effectue par transmission d’engre-
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- nages à l’essieu placé sous la machine molrice et elle est commandée à la main au moyen d’un engrenage à doubles cônes de friction; suivant celui des cônes qui est attaqué par le débrayage, le déplacement de la grue a lieu, sur la voie, dans un sens ou dans l’autre avec une vitesse de 0m,09o à 0m,100 par seconde.
- Le dernier engrenage, qui communique le mouvement à l’essieu moteur, est monté fou sur cet essieu et il n’en devient solidaire qu’au moyen d’un embrayage à emboîtements, qui est mis en action par le mécanicien agissant sur un grand levier vertical placé près des autres manœuvres sur le plancher même de la machine.
- Ce dispositif est établi pour pouvoir réaliser le mouvement de translation de la grue, lorsqu’elle est placée sur le chariot transbordeur, comme nous le verrons en étudiant celui-ci.
- Puissance de la grue. Résistance. — La grue a été calculée pour résister aux efforts provenant d’une charge de
- 2 800 kilogrammes.
- La densité des pierres de Chateau-Landon variant de 2380 à 2430
- le volume maximum qui peut être élevé, au chantier de Montmartre, est de
- l'nc,200.
- Dans ces conditions : le fer travaille à
- 6k,500 par millimètre carré
- aussi bien à la flexion qu’à la compression pour les éléments constituant le balancier ; à
- 6 kilogrammes par millimètre carré pour les essieux ; la fonte travaille à
- 2 kilogrammes par millimètre carré pour les dents d’engrenages ; le bois à
- 0k,061 par millimètre carré pour compression seule ; et à
- 0k,850 par millimètre carré
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- lorsqu’il est soumis à la fois à un effort de compression et à un effort de flexion, comme cela a lieu pour la partie supérieure des montants au-dessus de l’assemblage des contre-fiches.
- L’appareil peut lever et poser 80 à 100 mètres cubes par jour suivant les conditions d’alimentation du chantier et de hauteur de pose.
- La hauteur, cependant, n’a d’influence sur la rapidité de la pose que dans les valeurs extrêmes parce que le montage se fait en même temps que la translation s’effectue.
- C’est ici le moment de faire remarquer que les pierres peuvent être mises en place, en n’importe quel point accessible à la grue, sans qu’il soit besoin de régler la pose par assises horizontales ainsi que cela a lieu avec le bardage ordinaire.
- Certains points de la construction peuvent même être en avance de plusieurs assises sur d’autres points ce qui permet à l’entrepreneur de régler son chantier de taille non plus absolument sur l’état d’avancement, mais bien sur les dimensions des pierres qui lui arrivent de la carrière, diminuant ainsi les déchets et les fausses coupes et réalisant une économie.
- Stabilité. — Une des questions les plus importantes à résoudre était d’assurer la stabilité de l’appareil.
- Comme nous l’avons indiqué précédemment, le poids total des pièces, après exécution, est de 25 000 kilogrammes, c’est ce poids réparti convenablement qui doit assurer l’équilibre.
- Le centre de gravité total, étant calculé par les méthodes habituelles, s’est trouvé :
- 1° A une hauteur de 7m,740 au-dessus du rail extérieur ;
- 2° A une distance de lm,l00 de la verticale passant par l’axe de ce rail;
- 3° Et dans le plan vertical passant par les axes des montants et des contre-fiches d’arrière.
- Le moment résistant est donc de :
- 25 000 X 1,100 = 27 500
- Le moment de renversement maximum est donné par la charge 2 800 kilogrammes,
- le balancier étant horizontal; dans cette position, l’axe du rail, autour
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- duquel tend à se faire la rotation, est situé à 5“,100 de l’axe de la chaîne de charge. Ce moment de renversement est donc :
- 2800 X 5,1 = 14280.
- Le rapport du moment résistant au moment de renversement est donc ;
- 27 500 14 280
- = 1,925
- donnant ainsi une sécurité absolue.
- Il convient d’ajouter que la manœuvre avec le balancier horizontal n’est qu’un cas presque accidentel.
- On peut se rendre compte de la valeur variable de la stabilité par le tableau ci-après :
- Rapport du moment de résistance au moment de renversement. Coefficient de sécurité. Distance du crochet de chargement à l'axe du rail extérieur. Charge d’équilibre qui ne doit pas être dépassée. (Sans influence du vent.)
- 1,925 mètres. 5,100 (bal.horizont.) kilogrammes. 5420
- 2,195 4,500 6140
- 2,440 4,000 6875
- 2,820 3,500 7900
- 3,270 3,000 9166
- 3,950 2,500 11050
- 4,880 2,000 13750
- 9,760 19,520 1,000 27500
- 0,500 55000
- Nota. — La charge que l’on ne dépasse pas est de :
- 2 800 kilogrammes.
- L’influence du vent a une grande importance dans l’étude de la stabilité d’un appareil de ce genre.
- A l’altitude assez haute où se trouve la grue et à cause de l’isolement complet de la butte Montmartre, les ouragans sont fréquents : deux ont sévi pendant la belle saison, cette année.
- Dans l’application particulière dont nous nous occupons il y a une
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- circonstance très favorable à la résistance à l’action du vent : la grue est protégée, dans la partie inférieure, sur une hauteur d’environ 12 mètres, par les charpentes et les parties construites de l’édifice que l’on voit très bien sur la partie gauche du dessin.
- 11 reste cependant 18 mètres entièrement exposés à l’action totale des ouragans, ces 18 mètres étant dans la position la plus défavorable à la résistance.
- , Nous avons cru devoir appliquer, à l’appareil élévatoire, le mode de calcul qui servit à déterminer les conditions de stabilité lors de la construction du phare d’Aar-Nem dans la baie des Trépassés (Finistère).
- Cette méthode de calcul est déduite d’une série d’expériences faites par l’administration des phares et tient compte de toutes les circonstances particulières aux constructions élevées et isolées.
- Ces calculs nous ont conduit aux résultats suivants :
- La direction du vent étant normale à la voie et agissant à l’arrière de la grue, pour que la stabilité soit sur le point d’ètre compromise, il faut que la pression par mètre carré soit de :
- 162 kilogrammes le balancier étant droit, et de 222 kilogrammes le balancier étant horizontal.
- Ces chiffres supposent la grue non chargée ; seul cas à prévoir pour ces actions extrêmes puisque bien avant qu’elles ne se réalisent, les ouvriers doivent avoir cessé tout travail sur le chantier.
- Sécurité dans les manoeuvres. — En terminant cette étude, nous devons attirer l’attention sur un fait que nous avons constaté depuis 1881 et qui, pour nous Ingénieurs ayant la responsabilité de la vie des hommes qui travaillent sous nos ordres, est d’un grand intérêt : la pose de 15 000 mètres cubes de pierre, par ces appareils, s’est effectuée non seulement sans danger pour l’existence des personnes qui y ont été employées mais encore sans qu’aucune d’elles ait été blessée sérieusement.
- II CHARIOT TRANSBORDEUR
- Conditions d’établissement. — L’appareil élévatoire, ainsi que nous l’avons dit en commençant, doit permettre la construction des murs du
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- pourtour du chœur, le nu des soubassements de cette partie de l’édifice appartenant à une portion de cylindre de 7ra,280. La voie qui dessert cette partie du chantier ne peut avoir plus de 6m,860 de rayon pour l’axe du rail extérieur.
- Les essieux de la grue étant distants de 5 mètres on adonné une longueur de 6m,5U0 au chariot transbordeur, longueur égale à celle des longerons du châssis inférieur de l’appareil élévatoire.
- Les conditions spéciales d’établissement du chariot, sont les suivantes :
- 1° Il doit permettre un accès facile à l’appareil, soit en venant des voies latérales soit en se rendant à ces voies;
- 2° Le chariot est relié à la voie latérale, par laquelle arrive la grue, jusqu’au moment où la grue devient solidaire du chariot ;
- 3° Le chariot et la grue sont rendus solidaires par un mouvement automatique et cette solidarité doit exister pendant toute la translation autour du chœur ;
- 4° Le mouvement moteur du chariot est pris directement sur le mouvement de translation de la grue ;
- 5° Le chariot est relié à la voie latérale, sur laquelle se trouve la grue, lorsqu’elle opère la pose des pierres dans la nef; pendant cette période il y a enclenchement des pièces mobiles du chariot afin que la grue ne puisse s’engager sur ledit chariot sans que celui-ci soit prêt à la recevoir.
- Description. Le chariot est formé par un châssis métallique, à âme pleine, composé essentiellement de deux longerons entretoisés par deux traverses extrêmes, deux traverses intermédiaires et deux con-treventements horizontaux.
- La rigidité de l’ensemble est encore augmentée par des goussets G (fig. I, pl. 103) reliant les entretoises et les longerons.
- Les longerons ont 6m,500 de longueur. Les poutres formant les longerons et les traverses ont 0m,370 de hauteur.
- Le chariot est établi sur roues extérieures au châssis reposant sur des supports spéciaux B (fig. I), disposition qui permet de donner à l’ensemble le minimum de hauteur.
- Ces roues sont au nombre de 5, afin d’assurer la stabilité ; elles ont 0m,600 de diamètre au roulement, et elles sont calées sur des essieux dirigés suivant le rayon m n de courbure de la voie.
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- Liaison ou chariot et des voies latérales. Accès. — Pour opérer la liaison du chariot avec les voies latérales, les deux traverses extrêmes portent chacune un verrou que l’on voit très nettement en avant du dessin. (pl. 102.)
- Le déclenchement du verrou se fait à la main au moment où la grue quitte le chariot ; l'enclenchement est automatique et s’effectue dès que la traverse extrême du chariot arrive en contact avec la traverse de butée de la voie latérale.
- A ce moment les rails du chariot et les rails de la voie latérale sont rigoureusement dans le prolongement les uns des autres.
- Les longerons reposent, dans la position du contact de butée, sur des patins en acier légèrement inclinés afin d’éviter le frottement au départ.
- Ces patins ont pour but d’empêcher le chariot transbordeur de basculer quand la grue s’engage sur ses rails, le moment donné par le poids du chariot par rapport à l’axe passant par le point de contact des roues sur le chemin circulaire étant, à cet instant, inférieur au moment donné par le poids de la grue par rapport à ce même axe.
- ? Les rails du chariot sont montés sur les longerons par les moyens habituellement employés pour fixer les rails, sur les plaques tournantes, dans les chemins de fer : ils reposent sur des sellettes et sont boulonnés par l’intermédiaire de crapauds en fonte.
- Solidarité de la grue et du chariot. — L’appareil élévatoire étant arrivé sur le chariot, il est nécessaire que la solidarité de l’ensemble soit rendue complète.
- A chaque extrémité des rails il est disposé, à cet effet, un verrou en fer forgé coulissant dans des guides en fonte établis dans des conditions de solidité exceptionnelles.
- Ces verrous et leurs guidages se voient au premier plan de la planche 102. Ils reçoivent la butée des boudins des roues de la grue.
- Ces verrous sont manœuvrés par des bielles actionnées par un levier à contrepoids L (fig. II, pL 103) semblable à ceux employés par les compagnies de chemins de fer pour les changements de voies.
- Les bielles sont en deux parties avec filetages en sens inverse et écrous de réglage.
- Le fonctionnement de ces leviers, et par suite des systèmes qu’ils commandent* est automatique, il a lieu de la manière suivante :
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- Les verrous sont ouverts quand le lévier a dépassé légèrement la position verticale, quand il est en m n (fig. II, pl. 103).
- Lorsque la grue est près d’être complètement engagée sur le chariot, un taquet de butée, qui est fixé sur le longeron de la grue, entraîne le levier à contrepoids hors de la position verticale, jusqu’au moment où les deux verrous qu’il commande viennent buter intérieurement sur les boudins des roues.
- Dans cette position, le taquet est dégagé du contact de l’extrémité du levier, les verrous sont prêts à se fermer et la grue peut achever son mouvement.
- Dès que ce mouvement a son amplitude complète, les boudins découvrent les verrous qui, rendus libres, achèvent leur fermeture sous l’action toujours croissante de la pesanteur du levier de manœuvre.
- Le taquet de butée se voit sur le longeron de droite du châssis de la grue (pl. 102). Le levier a terminé son mouvement et les verrous sont fermés.
- L’ouverture des verrous ne peut avoir lieu que sous l’action volontaire du mécanicien, par une manœuvre à la main. La solidarité est donc complète pendant toute la période de translation de l’ensemble autour du chœur.
- /
- Mouvement moteur du chariot. — Un des points intéressants du système adopté consiste à demander le mouvement moteur du chariot, autour du chœur, à l’appareil élévatoire lui-même.
- Nous avons indiqué que le dernier engrenage placé sur l’essieu moteur delà grue était monté fou sur cet essieu et qu’il en devenait solidaire au moyen d’un embrayage à emboîtements.
- Dès que l’appareil élévâtoire est placé sur le chariot et que les verrous sont fermés, le mécanicien débraye le manchon au moyen du levier vertical qu’il a sous la main. s
- Un aide vient, à son commandement, faire glisser l’engrenage I (fig. III, pl. 103) placé sur l’arbre auxiliaire AB appartenant-au chariot. Cet engrenage I est relié à l’arbre AB* au moyen d’une longue clavettej et il est manœuvré par un levier d’embrayage LL^ dont les positions extrêmes sont assurées par une broche b s’engageant dans un arc de cercle. Cette broche est reliée au châssis par une chaînettei
- Sur l’arbre auxiliaire AB se trouve calé un engrenage conique m*
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- qui donne le mouvement à une autre roue n, calée sur l’arbre J, dirigé suivant un rayon de la circonférence de Taxe de la voie desservant le chœur.
- Sur cet arbre J est calée une roue légèrement conique O, qui engrène avec une crémaillère scellée sur le sol du chœur entre les deux files de rails et très visible dans la planche 102.
- Le sommet des surfaces coniques de la roue O est évidemment le centre des voies de service du chariot.
- Le fonctionnement devient alors fort simple ; le mécanicien, en agissant sur le débrayage à cônes de friction, transmet le mouvement à l’engrenage, O, roulant sur la crémaillère en passant par l’essieu de la grue qui est devenu un axe de rotation pour l’engrenage qu’il reçoit. L’ensemble, chariot et appareil élévatoire, manœuvre comme nous l’avons expliqué pour l’appareil élévatoire seul.
- Afin d’éviter les erreurs dans la mise en route, le sens de marche des roues du chariot est le même que celui des roues de la grue pour un même déplacement du levier d’embrayage.
- Lorsque l’appareil élévatoire doit quitter le chariot, la manœuvre se fait en sens inverse de celle que nous venons de décrire.
- L’aide mécanicien fait glisser, en sens inverse de celui indiqué ci-dessus, l’engrenage moteur du chariot I (fig. III,,pl. 103), le mécanicien embraye le manchon à emboîtements de l’essieu de la grue. Le levier L (fig. II) des verrous, du côté de la voie latérale, est relevé et l’appareil élévatoire, devenu libre, fonctionne normalement laissant le chariot solidaire de la traverse de butée et prêt pour recevoir ultérieurement l’appareil élévatoire.
- Comme nous venons de le voir, le levier a été relevé pour rendre la voie libre, il y a donc à se préoccuper de la rencontre du taquet automatique d’enclenchement des verrous, situé sur le longeron du châssis de la grue, qui va attaquer l’extrémité du levier en sens inverse du mouvement de bascule qu’il doit communiquer à celui-ci.
- Il faut supprimer son action, c’est ce qu’il a été facile de réaliser en rendant ce taquet mobile autour de son axe, en le maintenant dans sa position normale par un étrier servant de butoir et en le ramenant au contact de ce butoir par un contrepoids fixé à l’extrémité d’un levier d’équerre avec le taquet lui-même.
- , Lorsque l’extrémité du levier sera rencontrée par le taquet, au moment où la grue quittera le chariot, ce taquet oscillera autour de son
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- axe sans actionner le levier et il reviendra automatiquement à sa position normale aussitôt que l’obstacle sera dépassé.
- Enclanchement des pièces mobiles du chariot. — Nous venons d’expliquer comment le chariot laissait toujours libre l’accès de la grue. Il y avait lieu de se préoccuper de rendre impossible un accident résultant de ce que les pièces mobiles du chariot, manœuvrées pendant que l’appareil élévatoire fonctionne sur les voies latérales, aient pu amener l’ouverture de tous les verrous à la fois. En effet les deux leviers étant verticaux la voie est libre et la grue ne rencontrant aucun arrêt dépasse l’extrémité du chariot.
- On acquiert toute sécurité en terminant l’arbre de commande des verrous, du côté opposé au levier, par une manivelle et une bielle b' (fig. II, pl. 103) qui actionnent un étrier E, en lui donnant un mouvement en sens inverse de celui du levier qui est relié avec lui.
- Dans ce déplacement l’étrier E vient entourer l’extrémité du levier L et empêche qu’il soit possible de relever celui-ci. Ce dispositif existant de chaque côté du chariot, il en résulte qu’on ne peut relever un levier, tel que L, sans avoir, préalablement, abaissé l’autre.
- Les leviers, dans la position basse, correspondent à la fermeture des verrous, par conséquent on ne peut rendre la voie libre, d’un côté, qu’après l’avoir fermée du côté opposé. La grue ne peut s’engager sur le chariot sans que, automatiquement, les verrous extrêmes ne forment butée car, s’il en était autrement, ce seraient les. verrous du côté de la voie d’accès qui eussent été fermés et la voie n’eùt pas été libre.
- La sécurité est donc complète.
- III. — VOIES. «
- Pour terminer cette étude nous n’avons plus que quelques mots à dire des voies sur lesquelles circulent les appareils que nous venons de décrire.
- La configuration générale du plan de ces voies (pl. 104) est formée, par deux alignements droits, continués par deux courbes de 106m,750
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- de rayon prolongées par deux nouveaux alignements droits, ayant une longueur de 6m,700, qui donnent la direction de Taxe du chariot à chacune des butées.
- Les voies de la nef ont 2m,880 de largeur, les rails sont en acier et ont été pris sur le type de 30 kilogrammes de la compagnie du Nord. Ges rails sont fixés sur des longrines entretoisées par des madriers et des boulons. Il y a trois entretoisements par longueur de rails de 8 mètres.
- Les longrines sont posées sur un plancher général régnant sur toute la crypte, les voûtes qui reçoivent les mosaïques du sol définitif n’étant pas encore construites.
- Les rails desservant le chœur sont établis à 0m,595 en contre-bas de la voie de la nef afin de permettre l’interposition du chariot entre ces deux niveaux.
- Le sol définitif étant préparé dans cette partie de l’édifice, les longrines sont scellées dans la maçonnerie recouvrant l’extrados des voûtes de la crypte.
- La voie a une largeur différente de celle indiquée pour la nef puisqu’elle doit recevoir les roues du chariot qui sont situées en dehors des longerons de celui-ci ; cette voie a 3m,100 de largeur, l’axe du rail extérieur étant cintré suivant une circonférence de 6m,860 de rayon, celui du rail intérieur n’étant que de 3ra,760.
- La crémaillère placée entre ces deux files de rails a 4m,470 de rayon ; sur ses faces latérales roulent quatre galets qui concourent avec les boudins des roues à empêcher tout déraillement.
- Le plan complet des voies comprend tous les développements nécessaires et donne tous les détails d’installation (pl. 104).
- LEVAGE SUR PLACE
- Le levage de l’appareil élévatoire s’est fait avec une grande facilité, en utilisant une charpente de 12 mètres de hauteur que montrent les dessins (pl. 102) et qui a servi à l’édification des bas-côtés du monument.
- On a fixé sur cette charpente deux sapines légèrement inclinées l’une
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- vers l’autre, distantes de 4 mètres environ à la base et réunies entre elles par des traverses formant échelons. La traverse supérieure, constituée par des madriers moisés à la tête des sapines, a reçu la chape d’une poulie sur laquelle s’enroulait la corde d’un treuil placé sur le sol provisoire de la nef. Cette poulie était à 36 mètres du sol.
- Les sapines étaient retenues par des haubans dont on réglait à volonté la tension pendant le levage des pièces les plus pesantes.
- L’ensemble de l’appareil élévâtoire et du chariot transbordeur a été exécuté d’une manière remarquable dans les ateliers de MM. Rénaux fils et Bonpain, à Rouen. M. Bonpain est un de nos collègues les plus sympathiques.
- Le levage a été fait avec une précision irréprochable.
- Nous aurions pu aborder plus tôt cette communication; mais, d’accord en cela avec notre cher et éminent Président, nous avons voulu attendre qu’une expérience de quelques mois puisse apporter une consécration à nos prévisions ; aujourd’hui cette consécration est complète, les appareils n’ont pas cessé de fonctionner régulièrement depuis la mise en marche et de donner une solution du problème qui nous avait été posé, avec tant de hardiesse, par l’architecte M. Rauline.
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- CHRONIQUE
- Sommaire. — Locomotives employées aux travaux du tunnel de l’Arlberg. — Les ateliers de Baldwin. — Les Aciéries de Bilbao. — L’industrie minérale en Belgique. — R. Fairlie. — Observations sur le fonctionnement des machines à deux cylindres.
- Locomotives employées aux travaux du tunnel de l’ArllKer.g, Nous trouvons dans les abstracts of papers in foreign transactions, contenus dans les publications de XInstitution of civil Engineers, le résumé suivant d’une note parue dans le Zeitschrift fur Berg-Hütten und Salinen Wesen sur les locomotives employées aux travaux du tunnel de l’Arlberg. .
- Le tunnel, de 10 270 mètres de longueur, est en alignement droit, mais avec des inclinaisons différentes ; la rampe, en partant de l’entrée ouest, est de 15 millièmessur 6 170 mètres, etest suivie d’une pente de 2 millièmes sur les 4100 mètres restant, ce qui place le point culminant à 1 035 mètres au delà du milieu. Ce fait, joint à celui que l’avancement a été plus rapide sur l’attaque est que sur l’autre, puisque les deux galeries se sont rencon-rées à 5 500 mètres de l’entrée est, a rendu nécessaire l’enlèvement des déblais sur une rampe de 15 millimètres de plus de 1 500 mètres de longueur, ce qui a exigé l’emploi de moteurs mécaniques.
- Le tunnel a été exécuté dans le système anglais, avec la galerie d’avance* ment à la partie inférieure ; cette galerie, de 2m,50 de hauteur sur 2m,75 de large, était reliée, à des distances de 65 mètres environ, par des ouvertures de 3 à 4 mètres carrés de section avec une autre galerie placée à la partie supérieure et percée à la main, tandis que la galerie inférieure était percée mécaniquement. La galerie supérieure servait à l’élargissement qu’on pratiquait de haut en bas sur 1 500 mètres environ de longueur, la construction du revêtement en maçonnerie suivant à mesure de l’élargissement. Comme le contrat stipulait que le tunnel devait être entièrement terminée 180 jours après la rencontre des deux galeries d’avancement, la question de l’enlèvement des déblais, qui devait être opéré par une voie unique, dans la galerie inférieure, prenait une importance capitale.
- Le cube, par mètre linéaire du tunnel à double voie, était de 80 mètres d’une densité moyenne de 2,8; de plus, le revêtement employait environ 29 mètres cubes d’une densité de 2, 6; en ajoutant les outils, les bois rails, etc., on arrivait à une charge de 90 vers l’ouest et de 340 tonnes vers l’est, par mètre courant, soit,'avec un avancement de 5m,50 par jour,
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- à une charge totale de 1815 tonnes utiles représentant 3 025 tonnes brutes par jour à enlever sur chaque extrémité du tunnel.
- La voie était établie à l’écartement de 0m,700; les wagons de 2m,57 de longueur à l’intérieur, lm,18 de largeur et 0m,53 de hauteur, portaient 2, 30 mètres cubes de déblais correspondant à lm,30 d’excavation.
- Les trains devaient se succéder d’après un horaire parfaitement réglé, de manière que les ouvriers pussent connaître le moment précis où le chargement ou le déchargement des wagons devait être terminé. Il y avait 12 trains dans chaque sens à l’est et 16 à l’ouest; sur ce dernier sens, le retour s’effectuait par la gravité seule. Chaque train avait un conducteur et chaque chantier de travail était désigné par un numéro. Le conducteur recevait à chaque chantier, en passant, l’indication des matériaux ou wagons vides nécessaires, et on constituait le train suivant de manière à satisfaire à ces demandes; ce train se dirigeait vers une station centrale établie dans le tunnel le plus près possible des chantiers’de travail, d’où on conduisait à la main les wagons à chaque chantier. De même pour le retour.
- Les locomotives, construites par Krauss et Gie, de Munich, étaient disposées de façon à fonctionner dans le tunnel d’après le principe de l'eau chaude. C’étaient des machines-tender ordinaires avec des chaudières très volumineuses relativement et pouvant supporter des pressions de 15 atmosphères, de manière qu’on pût, par le chauffage ordinaire, emmagasiner dans l’eau assez de chaleur pour fonctionner dans le tunnel sans combustion dans le foyer, la cheminée étant hermétiquement fermée; on a appelé ce mode de fonctionnement système à chauffage intermittent. Il y avait deux types de machines dont les dimensions sont données dans le tabeau ci-dessous.
- 1 Diamètre du cylindre d mètres. i 0,23 à ii 0,25
- 2 Course des pistons l — 0,30 0,30
- 3 Diamètre des roues motrices D. . — 0,58 0,58
- 4 Écartement des deux essieux. . . — 1,40 1,40
- 5 Surface de chauffe mètres carrés. 18,01 27,59
- 6 Surface de grille — 0,30 0,425
- 7 Pression maxima p atmosp. effectives. 15 , 15
- 8 Volume de vapeur de la chaudière décimètres cubes. . 660 945
- 9 — d’eau — — 2,340 3,500
- 10 Capacité des caisses à eau. . . . — 660 765
- 11 — soutes à combustible — 235 495
- 12 Poids en service. tonnes 10 14,5
- 13 Hauteur maxima de la machine. . mètres. 3,50 3,50
- 14 Largeur — 1 — — 2,10 2,10
- 15 Longueur — — — 4,35 4,95
- 16 Effort de traction à 12 atmos-/ 0,6X12#/>1 . . ; , 2,328
- phères y D J s *
- 17 Effort de traction en fraction f rl a n ( 0.6 d21 \ n~ P) 1,642 p. 1,939;
- de p....................V D
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- Les dispositions spéciales de ces machines, en vue des parcours souterrains, comprenaient :
- 1° Un régulateur établi pour fonctionner comme détendeur;
- 2° Un double clapet placé dans le tuyau d’échappement pour permettre à la vapeur sortant des cylindres de passer dans la cheminée ou dans un: tuyau spécial aboutissant à l’extérieur; •
- 3° Deux injecteurs aspirants de Kœrting;
- 4° Des enveloppes non conductrices spéciales autour de la chaudière pour protéger celle-ci contre le refroidissement ;
- 5° Des dispositions pour fermer hermétiquement la cheminée et le cendrier, depuis la plate-forme ;
- 6° Un frein à action rapide et puissante, système Exter, et une sablière. Ces deux appareils sont disposés sur la droite de la machine qui ne porte qu’un seul homme; celui-ci est dans une cabine close, et le mécanisme est entièrement'entouré.
- La note originale discute le travail développé eu égard à la pression, la vitesse, etc., d’une manière trop détaillée pour qu’il soit possible de la reproduire in extenso. La limite inférieure de pression à laquelle on ait trouvé utile de marcher est de 6,7 atmosphères pour la plus grande machine, et 5, 4 pour la plus petite; mais, en service courant, on ne descendait pas au-dessous de 7. La charge maxima, traînée par la petite machine, était de 117 tonnes sur rampe de 2 millièmes, et par la grosse, de 50 tonnes sur 15 millièmes.
- Dans le premier cas, la machine pouvait parcourir 4 340 mètres sans chauffage, et dans le second, 3 675 mètres. En pratique, ces distances ont été trouvées un peu moindres. Si on suppose que la petite machine travaille à niveau, elle pourra, en utilisant son adhérence entière, traîner 100 tonnes sur une rampe de 1 ,25 millièmes ou 148 tonnes sur une pente de même valeur ; avec des wagons pesant 350 kilogrammes à vide et 850 en charge, ces efforts de traction correspondraient à un train de 174 wagons chargés ou 286 wagons vides remorqués sur une distance de 3 500 mètres. Mais on n’a pas, en pratique, à rencontrer des cas semblables, ou bien on a de plus longues distances à parcourir. Or, comme les charges à remorquer sont beaucoup moindres, on peut employer de plus petites machines.
- En somme, les résultats obtenus au point de vue de l’absence de fumée ont été très satisfaisants; quant à l’échappement de vapeur à l’extérieur, il n’a occasionné aucune gêne. Pendant les derniers mois de l’achèvement des travaux, il a été nécessaire de marcher avec combustion dans le foyer sur à peu près 2 kilomètres, à partir de l’entrée, pour avoir assez de pression pour achever le parcours.
- La vitesse de marche était de 2m,10 à 2m,30 par seconde, sur le côté est, et de lm,50 à lm,80 sur la partie ouest.
- L’auteur de la note pense que ce système est le meilleur pour la traction mécanique souterraine. Le tableau page 231 résume les résultats des expériences faites pour apprécier le fonctionnement de ces machines.
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- Double traction
- -J 05 Ü5 ({s* 02 tO ». Numéros des parcours.
- Est montée .. . — descente . , — montée . .. — descente . . Ouest montée.< ( 1 ( ~~ { i DIRECTION.
- S-l ^“t |— |HH| Type de machines.
- 1\S 1x2 1x2 LO LO LO tO Li ’-j »j h*, ia ixs ta .3 OOi 00 00 05 <31 05 Lx2 ' © O O 0.000 Longueur du parcours sans chauffage.
- i>E> CO l>£> H- h*- K- OO O Ci» 03 O 05 O Durée du parcours en minutes.
- 15.0 10.2 15.0 9.4 14.9 14.8 15.1 15.0 15.1 Pression initiale en atmosphères.
- -~i o oo -J ta <l O 1 pressjon finale en atmosphères, OlîxO^^IOtO^OiîxO 1
- H-** (-U. 1^0^0 ^ 0 0 0 0 CX o ex o_ CX O O O O Poids adhérent de la machine.
- 88.0 180.0 87.0 197.0 70.0 ) ) -103.95 50.4 Charge remorquée.
- 696.0 580.0 689.0 631.0 1.914.5 2.594.5 1.312.5 Effort de traction.
- CO <1 ex H*- H*- h*-
- • • a * • Travail
- 03 ïn£> CO CO ex CO oc
- 00 K)' bO CO 03 bô ex •*4 Hi- o tf*- ex effectué par la machine
- -3 ^3 CO' O h5*» GO en kilogrammètres.
- CX >-ï- O O to
- O O _ o O O O O
- 203.8 186.6 203.8 183.2 203.0 202.0 204.0 203.8 204.0 Température initiale de la vapeur en degrés centigrades.
- 1 Température finale. io to O O O GO to CX 03 1
- 666.0 661.5 665.5 660.8 665.0 665.4 664.1 663.8 665.2 Nombre de calories.
- 80.8 56.1 100.0 50.0 159.1 87.5 214.3 150.4 165.0 Eau dépensée en litres.
- 02 1x2 02 1x2 02 1x2 1-2 1x2 1x2 CFÎ020ï02 0t 02 02 G202 ooooooooo Poids d’eau dans la chaudière.
- 1.616.000 1.122.000 ,2.000.000 1.000.600 •4.930.000 ) 1 ) -7.294.000 ) 3.300.000 Travail développé par la vapeur.
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- Les ateliers de Baldwin. Les ateliers de construction de locomotives de Baldwin furent fondés pfar Mathias W. Baldwin, qui exerçait la profession d’orfèvre. En 1825, il s’associa à un mécanicien pour fabriquer des outils de relieurs et des cylindres pour l’impression du calicot. Il eut occasion de construire, pour son propre usage, une petite machine à vapeur dont le fonctionnement fut si satisfaisant qu’on lui demanda d’en construire d’autres, de sorte qu’il se trouva conduit à s’occuper de la fabrica-cation des machines à vapeur. En 1831, il fit un modèle réduit de locomotive pour une exposition, et la parfaite exécution de ce modèle engagea une compagnie de chemins de fer à commander à Baldwin une locomotive pour une petite ligne dans un faubourg de Philadelphie. Les difficultés que comportaient l’exécution de cette commande sont difficiles à apprécier à notre époque. On ne possédait pas alors de machines-outils : les cylindres étaient alésés avec un burin emmanché dans un bloc de buis et tourné à la main; il fallait apprendre aux ouvriers tout ce qu’ils avaient à faire, et Baldwin dut faire de ses propres mains une partie du travail. C’est dans ces. conditions que fut faite la première locomotive qui fut baptisée Old Ironsides et essayée sur la voie le 23 novembre 1834. Elle fit immédiatement un service très actif et le continua pendant une vingtaine d’années. C’était une machine à quatre roues, pesant un peu plus de cinq tonnes, avec des roues motrices de lm,35 de diamètre et (les cylindres de 0m,24 de diamètre et 0m,45 de course. Les roues avaient des moyeux en fonte avec rayons et jantes en bois et des bandages en fer.
- La chaudière avait 0m,75 de diamètre et contenait 72 tubes en cuivre de 37 millimètres de diamètre et 2m,13 de longueur. Le prix avait été fixé à 20 000 francs, mais la compagnie du chemin de fer, par suite de diverses circonstances, ne paya jamais que 17 500 francs. La machine atteignit une vitesse de 48 kilomètres à l’heure, et on dit qu’elle était supérieure aux locomotives anglaises de l’époque, par son faible poids, ses dimensions réduites et la simplicité de son mécanisme.
- En février 1834, Baldwin termina une seconde locomotive pour un chemin de fer de la Caroline du Sud. Cette machine avait un essieu coudé du type bien connu depuis, dit Halfcrank, pour lequel Baldwin avait pris une patente; cette disposition, plaçant les manivelles contre les roues, permettait de faire le corps cylindrique de plus grand diamètre et d’en abaisser l’axe.
- Les roues motrices étaient fondues d’une seule pièce en bronze, les roues en bois et fer n’ayant donné que de médiocres résultats. Baldwin avait obtenu une patente pour le mode de construction des roues en bronze; il pensait qu’en variant la dureté du métal, on pourrait modifier l’adhérence sur les rails. Ces roues s’usèrent très rapidement, et on dut y renoncer ; mais, pour le reste, on conserva les dispositions de cette machine dans toutes celles qui furent construites pendant plusieurs, années. Le mouvement des tiroirs était donné par un seul excentrique fixe pour chaque cylindre.
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- Cinq locomotives furent construites en 1834 et inaugurèrent une fabrication courante; en 1835, on construisit des ateliers qui firent, jusqu’à l’année dernière, partie de l’établissement actuel sur Broad Street, ces batiments servant de magasins et d’ateliers de chaudronnerie et de fabrication de roues. Le 4 août 1884, toute la façade sur|Broad Street fut incendiée, avec quantité d’outils et de modèles. On a remplacé cette partie par des bâtiments en briques.
- Les machines construites en 1834 avaient diverses parties brevetées, telles que l’essieu coudé, les joints dressés pour les tuyaux de vapeur, la pompe alimentaire formant guide, un truc à quatre roues à l’avant de la machine, et une seule paire de roues motrice à l’arrière du foyer. Les Anglais faisaient les joints des tuyaux de vapeur avec de la toile et du minium, ce qui ne supportait pas des pressions supérieures à 4 ou 5 kilogrammes, tandis que les joints des machines de Baldwin permettaient des pressions de 8 à 10 kilogrammes.
- Dans les six années de 1835 à 1840, les ateliers de Baldwin construisirent 152 locomotives et, bien que les dispositions générales ne fussent pas sensiblement modifiées, ces machines étaient de plus en plus puissantes. On faisait alors trois types : machines de 12 tonnes, à cylindres de 0m,32 sur0m,40; machines de 10,5 tonnes à cylindres de 0m,30 sur 0ra,40 et machines de 9 tonnes à cylindres de 0m,27 sur 0m,40.
- En 1842, Baldwin prit une patente pour ce qui a été. depuis considéré comme un très important perfectionnement dans la construction des locomotives, la machine avec six roues accouplées et un truc à quatre roues à l’avant. La première machine de ce type pesait 12 tonnes, et elle donna des résultats tels que d’autres semblables furent immédiatement exécutées; l’adoption de ce type conduisit à un rapide accroissement .de poids, et, dès 1844, on faisait des machines de 18 à .20 tonnes. En 1845, on adopta le modèle actuel à 4 roues accouplées et un truc à quatre roues à l’avant, avec les cylindres et le mécanisme extérieurs. En 1848, Baldwin s’engagea à livrer au Yermont Central Railway, pour la somme de 50 000 francs, une locomotive pouvant remorquer un train de voyageur à la vitesse de 96 kilomètres à l’heure. Cette machine avait une seule paire de roues motrices de lm,985 de diamètre, placées à l’arrière du foyer, et des cylindres de 0m,44 de diamètre et 0m,50 de course; elle fut en service pendant plusieurs années, et il fut, à diverses reprises, constaté qu’elle pouvait démarrer et parcourir un mille (1610 mètres) dans une durée, de 43 secondes.
- L’introduction de l’acier dans la construction des locomotives fut un fait caractéristique de la période de 1861 à 1862. On mit pour la première fois des bandages d'acier à des machines du chemin de fer de Don Pedro II du Brésil. Son adoption générale aux États-Unis suivit de près. On n’en fabriquait pas alors dans le pays, et, comme il fallait de 60 à 90 jours pour les avoir d’Angleterre, on était exposé à voir, en cas de rupture d’un bandage, une machine immobilisée longtemps., Pour répondre à cette objection, la maison Baldwin fit venir 500 bandages, dont une partie fut
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- gardée en réserve pour rechanges. Les premiers bandages en acier, employés en 1862 sur les machines de Don Pedro II, avaient un épaulement à la partie intérieure, épaulement qu’on rabattait sur la jante de la roue. Tous les^bandages actuellement employés dans les ateliers Baldwin sont fabriqués aux États-Unis.
- Les foyers en acier furent d’abord appliqués à des machines du Pensyl-vania Railroad, en 1861. On se servit d’abord d’aciers anglais durs, et les foyers se fendirent dès le montage; on dut les enlever et les remplacer par des foyers en cuivre.
- De l’acier fondu homogène américain fut employé sur les machines 231 et 232 du Pensylvania Railroad, en janvier 1862, et les résultats furent très satisfaisants ; on mit des foyers de ce métal à la plupart des machines faites depuis cette époque, et, en 1866, l’emploi de l’acier était devenu général pour les foyers. Il est bon de dire que toutes les tôles qui entrent dans la construction des chaudières sont recuites avant leur emploi ét que celles qui ont subi un travail de cintrage ou de rabattage sont recuites une seconde fois.
- Après la mort de Baldwin, survenue le 7 septembre 1866, l’affaire fut réorganisée sous le nom de : ateliers de locomotives de Baldwin, Baird et Gie. MM. George Burnham et Gh. T. Parry, qui étaient depuis longtemps dans la maison, le premier pour la partie financière, le second pour la direction des ateliers, devinrent associés avec M. Baird. Trois ans après, MM. Edward H. Williams, William P.1 Henszey et Edward Long-streeth devinrent également associés. Le premier avait, depuis 1850, été dans les chemins de fer, le second était ingénieur-mécanicien, et le troisième de ces messieurs était depuis longtemps dans la maison Baldwin.
- En 1873, M. Baird vendit sa part à ses associés, et une nouvelle société fut formée sous la raison Burnham, Parry, Williams et Gie.
- En juillet 1866, la machine Consolidation fut construite pour le Lehigh Valley Railroad ; elle était destinée au service du plan incliné de Mahanoy, dont la pente est de 25 millimètres par mètre. La machine avait des cylindres de 0m,5Ü0 de diamètre et 0m,610 de course, et quatre paires de roues motrices de lm,22 avec un truc Bissel à l’avant ; le poids en service était de 41 000 kilogrammes, dont 36 000 sur les roues motrices. Cette machine donna son nom à un type de locomotives très répandu depuis, non seulement aux Étals-Unis, mais encore au Mexique, au Brésil, en Australie, etc.
- Le type dit Mogul, qui a trois paires de roues motrices et un truc Bissel à l’avant, a été construit, pour la première fois, en 1867. On en a fait de diverses dimensions, principalement avec des cylindres de 0m,40 à 0m,48 de diamètre et 0,m44 à 0m,61 de course, les roues ayant de lm,10 à lm,42 de diamètre. Ces machines utilisent la plus grande partie de leur poids comme adhérence. Les essieux moteurs du milieu et d’arrière sont conjugués par des balanciers, de même’que les roues motrices d’avant et celles du Bissel ; la suppression des boudins aux roues motrices du milieu permet à ces machines de passer sans difficultés dans des courbes de faible
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- rayon, aussi le type Mogul est-il généralement adopté pour l’exploitation économique des lignes ayant un fort trafic de marchandises.
- (A suivre.)
- . Industrial Review.
- Les aciéries de Bilbao. Le premier des deux hauts fourneaux con-struits par la Sociedad de los Altos Hornos y fabrica de hierro y acero de Bilbao, a été mis en feu le 2 janvier de cette année. Ces appareils sont du type le plus récent et munis des derniers perfectionnements. Ils ont 24,40 de hauteur, 4, 85 de diamètre aux étalages, 2,90 aux tuyères, et une capacité de 350 mètres cubes.
- Il y a deux prises de gaz latérales avec une disposition pour le dépôt des cendres. Le vent est chauffé dans deux appareils Gowper de 21m,30 de hauteur et 7 mètres de diamètre pour chaque haut fourneau; la surface de chauffe est de 6 200 mètres carrés. Le vent est chauffé à 750 degrés centigrades, et les gaz de la combustion sortent à une température qui ne dépasse pas 50 degrés.
- On traite des minerais du pays et on emploie du coke anglais; les matières premières sont ainsi obtenues à bon compte. Il y a deux machines soufflantes verticales donnant, par minute, 390 mètres cubes d’air, à une pression de 0m,30 de mercure; les volants de ces machines pèsent 25 tonnes chacun. La vapeur est fournie par 30 chaudières Galloway et des économiseurs Green chauffent l’eau d’alimentation avant son entrée aux générateurs.
- L’aciérie comporte deux convertisseurs et trois cubilots pour la fusion du spiegel. La machine motrice des laminoirs peut développer 2 000 chevaux; les cylindres ont respectivement 0m,813 et lm,524 de diamètre et lm,524 de course. Un nouveau train à rails est en construction dans les ateliers de la Teesside Iron and Engine Works Company, à Middles-brough. Il est du modèle le plus récent, avec grues hydrauliques pour la manœuvre des blooms, système hydraulique pour le serrage des cylindres, etc. Il comporte un train dégrossisseur et un train blooming de 0m,975 dont les cages pèsent 20 tonnes et les cylindres 14 et 15 ; le train finisseur de 0m,75 pourra laminer des rails du plus fort modèle sur des longueurs de 54 mètres. Les mêmes constructeurs fournissent également une cisaille pouvant couper des blooms de 0m,30 sur 0m,30; cette cisaille pèse, complète, 75 tonnes, et la plus grosse pièce qui entre dans sa construction pèse 27 tonnes,
- L’iudustrie mincralcen Bclgiqiit;. D’après les statistiques offi^ ciellès'-pül)Tîeés‘'ppur ’ î?§f,' la production houillère de la Belgique s’est élevée, dans cette année, à 18177154 tonnes, soit un accroissement de
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- 480 765 tonnes par rapport à l’année 1882. Cette production se répartit comme suit :
- Province de Hainaut.......... 13 497 113 tonnes.
- — Namur.................. 485 450 —
- — Liège.................. 4195191 —
- Total. . . 18177 754 tonnes.
- En 1883, il y a eu en feu 36 hauts fourneaux, qui ont employé 3 750 ouvriers. Ces hauts fourneaux ont traité 192 308 tonnes de minerais belges, 164115 tonnes de minerais étrangers et 270 996 tonnes de laitiers.
- La production de ces appareils se répartit, au point de vue de la nature de la fonte, comme suit :
- Fonte de forge....................... 564 417 tonnes.
- Fonte de moulage...................... 68 921 —
- Fonte Spiegel.......................... 9 572 —
- Fonte pour Bessemer.................. 127 313 —
- Fonte pour procédé basique............ 12 690 —
- Moulages en première fusion....... 540 —
- Total. . . 783 453 tonnes.
- En 1883, on comptait 82 forges employant 16854 ouvriers; leur production totale s’est élevée à 487226 tonnes de fer marchand.
- Quatre aciéries ont été en marche avec cinq convertisseurs et un four à sole, employant 2 839 ouvriers. La production totale d’acier Bessemer et d’acier sur sole a été de 179 489 tonnes de lingots et 156 301 tonnes de produits manufacturés. Il a été employé, pour la production des lingots, 144 577 tonnes de fonte belge, 58277 tonnes de fonte étrangère et 18 929 tonnes de recoupages.
- R. Fairlie. M. Robert Fairlie, ingénieur bien connu par le système de lo^^^ffve^quî porte son nom, est mort le 31 juillet dernier, à sa résidence de Woodlands, à Clapham, près Londres. Fils d’un ingénieur civil distingué, il était né en Écosse en 1831 ; après avoir fait son apprentissage technique h Crewe et à Swindon, il devint ingénieur et directeur du chemin de fer de Londonderry et Coleraine, en Irlande, puis occupa des fonctions importantes au chemin de fer de Bombay et Baroda.
- Il prit, en 1864, une patente pour la locomotive à double bogie qui porte son nom, et la première de ces machines fut construite en 1866, pour leNeathand Brecon Railwayj parMxM. James Crosset Cie, de Saint-Helens. Cette machine avait huit roues motrices de lm,372 de diamètre et quatre cylindres de 0“,380 sur 0m,560; elle pesait 46 lonnes.
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- Peu après, des machines du même type furent faites pour le Vénézuela. Toutes ces locomotives étaient à voie normale.
- Si on peut contester à M. Fairlie l’originalité de son type de machine et rappeler l’analogie qu’il présente avec des spécimens exécutés dès l’origine des chemins de fer, avec la machine Seraing, présentée au concours du Semmering par la société John Cockerill,et avec les types Thouvenot et Meyer, antérieurs comme date, on ne peut nier que l’ingénieur anglais n’ait admirablement compris la portée de ce type de machine et l’influence qu’il pouvait avoir sur la construction économique des chemins de fer. En effet, si la plus grande adhérence et la facilité de passage dans les courbes permettent, en augmentant la puissance des machines, d’accroître la capacité de transport d’un chemin de fer donné, il en résulte qu’on peut opérer un transport d’une importance déterminée avec un chemin de fer présentant des courbes et rampes plus prononcées et avec un moindre écartement de voie, c’est-à-dire de construction plus économique.
- M. Fairlie s’appliqua avec toute son énergie à la vulgarisation de ce fait, et il en fit une remarquable démonstration sur la petite voie de 2 pieds d’écartement du Festiniog, dans le pays de Galles, en construisant, pour elle, la célèbre machine Little Wonderk huit roues motrices de 0m,71 avec quatre cylindres de 0m,21 sur 0m,33, pesant 19 500 kilogrammes.
- Les idées de M. Fairlie ne furent pas acceptées sans discussion; elles soulevèrent des polémiques très vives et donnèrent naissance à des montagnes de publications dont la plus connue est la célèbre brochure intitulée : Aurons-nous des chemins de fer ou nen aurons-nous pas ? traduite en français par notre collègue M. Jules Morandiére.
- Quoi qu’il en soit, cette campagne contribua puissamment à l’adoption de la voie d’un mètre pour l’Inde et pour d’autres pays, et M. Fairlie vit ses efforts et sa persévérance récompensés par de nombreuses commandes de machines. Son type est actuellement en usage sur une cinquantaine' de lignes de chemins de fer à voies diverses depuis 0m,550, en Russie, à la Nouvelle-Zélande, en Australie, en Suède, au Gap, à Montevideo, au Brésil, au Pérou, dans l’Inde, etc. Les plus puissantes locomotives sont celles du chemin de fer d’Iquique, au Pérou. Elles pèsent 85 tonnes environ, et ont 12 roues motrices en deux groupes et quatre cylindres de 0“,44 sur 0,56; il y a de plus, aux deux extrémités, des trucs Bissèl à deux-roues, ce qui fait en tout 16 roues.
- Les dernières machines Fairlie construites furent celles destinées^ au chemin de fer mort-né de Suakim à Berber; elles n’ont, du reste* pas*quitté l’Angleterre. 1 .
- Dans un voyage au Yénézuela, en 1873, M. Fairlie avait été frappé d’une insolation compliquée de fièvre pernicieuse; on dut le ramener mourant en Angleterre; il ne se remit jamais complètement de cette atteinte et* vers? la fin de sa vie, il avait dû cesser de s’occuper de la partie active de ses-affaires, dans laquelle il était d’ailleurs remplacé par ses fils qui continuent son œuvre.
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- On peut regretter que M. Fairlie ait quelquefois étendu à outrance le principe très rationnel de ses machines, de manière à le détourner entièrement de son principe, et à arriver à des types dont il est impossible de comprendré le but, tel que celui qui était exposé à Paris, en 1878; mais on ne doit pas moins reconnaître que son activité et sa persévérance ont réussi à faire*entrer dans la pratique des chemins de fer un modèle de machines qui pourra, avec.des modifications et surtout des simplifications, jouer un jour un rôle important dans l’exploitation des voies ferrées.. Le nom de M. Fairlie restera donc honoré dans l’histoire des chemins de fer.
- OI>9cpvatioiis sur le fonctioiiiiemeiit des m^hines^à «[eux cylindres. Nous trouvons, dans une communication faite par M. McfïTi’/nsTîÏMfton of Civil Engineers, sur les machines élévatoires, quelques considérations sur le fonctionnement des machines à deux cylindres qu’il nous paraît intéressant de résumer en présence des discussions qui se sont produites, il y a peu de temps, au sujet de la présence de l’eau dans les cylindres des machines à vapeur.
- Dans la plupart des machines élévatoires uniques, on applique aujourd’hui la disposition de Woolf, avec le grand cylindre égal à trois et demi ou quatre fois le petit. Il y a une vingtaine d’années, on ne dépassait pas la pression de 4 kilogrammes, mais actuellement l’introduction des tôles d’acier a permis, à égalité d’épaisseur, de porter la pression à 4, 5 ou 5 kilogr.
- L’auteur ne voit pas qu’il y ait d’intérêt à détendre la vapeur à plus de 8 à 10 volumes dans le premier cas; et 10 à 12 dans le second, et il a pu constater, dans plusieurs occasions, qu’il peut être avantageux de réduire le diamètre du grand piston, pour diminuer le frottement et les fuites de cet organe, lesquels compensent largement l’accroissement de l’effet utile de la vapeur. C’est ce qui se produit notamment avec les cylindres sans enveloppes où le refroidissement joue un rôle capital. Dans ces machines, surtout lorsqu’elles fonctionnent lentement, il y a toujours de l’eau dans le grand cylindre, et la température y est notablement inférieure à celle de la vapeur qui s’échappe du petit cylindre. Il en résulte une condensation abondante de cette vapeur et une chute de température considérable entre les deux cylindres; le travail est réduit au grand cylindre dans des proportions telles qu’il devient quelquefois presque insignifiant.
- Dans des expériences faites en 1877 sur une machine de ce type,M. ftich a constaté que* si on ne prend pas des précautions particulières pour purger les cylindres de l’eau de condensation, le grand cylindre reste relativement froid pendant des heures entières après la mise en marche, et, même avec des purges répétées* ce cylindre ne s’échauffe que lentement. Dans cette machine, une heure et demie, après la mise en marche* l’eau, dans la partie supérieure du grand cylindre, n’était qu’à la température de 05 degrés centigrades.pendant l’admission, au bout de .2 heures 15 mi-hutes* la température était de 68, après È heures 5 minutes, 79, 4 heures
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- 55 minutes, 88 degrés. Une fois cette température atteinte, si on laissait les purgeurs ouverts, réchauffement s’opérait rapidement et la marche de la machine devenait plus libre et tendait à. s’accélérerL
- Dans une autre expérience, le robinet purgeur du haut du grand cylindre étant ouvert, la température de l’eau étant de 85 degrés montait, 2 minutes après, à 91, et, 3 minutes après, à 95 degrés 12 minutes plus tard, le robinet purgeur étant fermé, la température de l’eau s’était abaissée à 84 degrés; mais, en rouvrant le purgeur, on la faisait, en 2 minutes, remonter à 93 degrés. On a relevé un diagramme sur la machine deux heures après la mise en marche, alors que la température de l’eau était de 65 degrés, et un autre diagramme après 5 heures de marche, la température étant à plus de 92 degrés. Dans le premier cas, la pression moyenne effective sur le grand piston n’était que de 0ks,314 par centimètre carré, et ce piston ne faisait que 24 pour 100 du travail total de la machine, tandis que, dans le second cas, la pression moyenne effective s’était élevée à 0ke,590 par centimètre carré, et le grand cylindre faisait 41 pour 100 du travail total.
- Il est donc très important d’assurer l’évacuation de l’eau de condensation de la partie supérieure des cylindres verticaux ; on peut, à cet effet, disposer une soupape dans le corps même du piston pour amener an bas l’eau qui se trouve au-dessus.
- Le mieux est de mettre des enveloppes de vapeur au grand cylindre; mais, lorsqu’on ne peut pas le faire, il est bon de réchauffer ce cylindre en y envoyant de la vapeur de la chaudière avant la mise en marche et même encore quelque temps après.
- 1. Voir au sujet de la possibilité de l’accumulation de l’eau dans les cylindres, Mémoires et comptes rendus des travaux de lu Société des Ingénieurs civils, 187 7, page 906.
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- COMPTES RENDUS
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 13 juillet 1885.
- Sni* le bat théorique des principaux travaux de Henri Tresca, par M. de Saint-Venant.
- Bien que les œuvres de cet éminent et si regretté membre de notre section de mécanique, à l’esprit si juste et si droit, aient été bien caractérisées dans les paroles du cœur prononcées sur sa tombe par notre confrère M. Maurice Lévy, un courant d’opinion semble se former, qui, par cela seul que Tresca a été un grand expérimentateur, ferait de lui un homme de pure pratique, c’est-à-dire du nombre de ceux qui se dirigent dans ce qu’ils font, soit d’après des analogies que leur instinct tire de ce qu’ils ont vu, soit en appliquant, avec une certaine habileté, les formules théoriques ou empiriques construites par d’autres qu’eux.
- Il importe de montrer, dans l’intérêt de son mémoire, comme dans celui de la vérité scientifique, que Tresca fut un esprit plus large, un homme de vraie science et, par conséquent, de théorie dans la meilleure et la plus saine acception de ce mot si souvent mal compris, si fréquemment accusé par légèreté ou en haine systématique de la science, de n’exprimer que des chimères.
- Voyons. Nous avons parlé d'expériences. Or, quel est, au demeurant, le but de celles qu’on fait? Est-ce seulement de déterminer, par une suite d’essais ou de tâtonnements, les meilleurs moyens d’exécution pratique, ou bien l’application des principes déjà connus et de formules déjà construites en conséquence ? Non; c’est bien plutôt, ce qui déjà est tout à fait scientifique, de fournir, de mesurer les valeurs des constantes ou coefficients numériques de ces formules, avant de pouvoir les appliquer. Mais c’est aussi, chose encore plus théorique, de faire apercevoir, de démêler, de déterminer, à l’occasion, les principes eux-mêmes, ou les lois spéciales, les Bases scientifiques de l’établissement des équations, généralement différentielles, qui en seront l’expression et que l’on n’aura plus qu’à intégrer, soit rigoureusement, soit par approximation, pour obtenir les solutions que l’on désire.
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- Or, c’esl ce qu’a fait M. Tresca; il a eu le mérite de cette double hardiesse, et c’est ce dont il a exprimé le résultat principal dans la conclusion de son capital mémoire sur le poinçonnage des métaux.
- Remarquant très bien que la déformation de ces corps comprend trois périodes, celle de l’élasticité parfaite, étudiée par Navier, Cauchy, etc., puis celle de l’élasticité imparfaite ou de déformations partiellement permanentes, enfin, celle de plasticité, comprenant le laminage, le forgeage, l’emboutissage, etc., il aperçut, dans cette dernière période qu’expressi-vement il appela aussi de fluidité, où l’élasticité est comme vaincue, que l’effort à exercer normalement à travers toute face intérieure pour produire une petite extension ou compression normale d’une proportion déterminée, est de même intensité que l’effort de cisaillement à exercer tan-gentiellement à cette petite face pour produire un glissement relatif de même proportion ou mesure ; ce qui se traduit en disant qu’à travers les facettes intérieures de même superficie, la résistance à la compression ou extention permanente s’exprime avec un coefficient de même grandeur que la résistance au glissement permanent ou au cisaillement.
- Ce principe théorique nouveau de l’égalité des deux coefficients de déformation plastique, normale et tangentielle, aperçu par M. Tresca, s’est trouvé vérifié au moyen d’expériences comparatives nombreuses et variées, en en substituant les résultats dans l’équation différentielle qui exprime la conservation des volumes des deux ou trois parties en lesquelles il concevait partagé chaque bloc soumis au poinçon.
- Et ce même principe simple a été, le jour même du rapport approbatif, l’objet d’une communication où nous en démontrions la parfaite ration-nalité théorique, basée sur l’évident théorème de l’équivalence de toute déformation par glissement devant une face à une compression et à une extension simultanées de proportions moitié moindres opérées dans des directions inclinées d’un demi-droit sur cette face.
- Ce principe de M. Tresca étant ainsi doublement vérifié, il n’y avait plus qu’à exprimer analytiquement les relations qu’il fournit entre les forces extérieures exercées et les forces intérieures dues aux déplacements relatifs, pour construire les équations différentielles de la nouvelle branche de la mécanique instaurée ainsi par lui et qui reçut le nom, paraissant adopté, de plasticodynamique.
- C’est ce qui a été fait bientôt en commençant par le cas simple où la déformation n’affecte que deux des trois dimensions du bloc ductile supposé rectangulaire.
- Peu après, et répondant habilement à un appel que nous faisions aux lecteurs de cette note, M. Lévy a établi les équations différentielles analogues pour des déformations étendues aux trois dimensions et, surtout, pour le cas le plus intéressant peut-être (c’est le cas des expériences de M. Tresca), à savoir le cas, dit semi-polaire, de symétrie des déformations autour d’un même axe fixe.
- Enfin, des applications en ont été faites à divers cas plus particuliers, en bull. 16
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- s’aidant, pour l’un d’eux, d’une hypothèse plausible, afin de suppléer à une intégration impossible dans ce cas-là.
- Quelle est la portée de cette nouvelle branche de la dynamique mathématique, régissant théoriquement un bon nombre d’opérations de l’industrie et quels services elle est appelée à rendre un jour? Nous ne saurions ici le prévoir. Toujours est-il que son invention a comblé une vraie lacune qui, probablement, serait restée bien longtemps ouverte, si M. Tresca, au lieu de son profond sentiment théorique et de ses souvenirs de fortes études mathématiques, n’avait eu que son ingéniosité d’exécution et sa dévouée persévérance dans l’usage des procédés pratiques.
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- juin 1885.
- Rapport de M. Ed. Collignon sur le système de HiauivcIIe hydraulique de M. J. Muller.
- M. Muller propose de remplacer les mécanismes de distribution en usage actuellement sur les machines à vapeur, et notamment les locomotives, par le déplacement d’un tourillon commandant la bielle du tiroir, ce tourillon pouvant occuper les diverses positions qui correspondent aux introductions différentes pour les marches en avant et en arrière. Ce déplacement est opéré d’une façon très ingénieuse, le tourillon étant porté par un cylindre qui se meut sur un piston fixé à la contre-manivelle de l’essieu; le cylindre est plein de liquide dans ses deux capacités, lesquelles sont, par des tuyaux de faible diamètre, en communication avec un autre cylindre servant d’appareil de changement de marche. Les tuyaux sont repliés plusieurs fois sur eux-mêmes nour avoir assez de flexibilité pour suivre le déplacement du tourillon, et il y a, de plus, un. joint étanche permettant la rotation de l’appareil.
- On conçoit que, si le machiniste déplace plus ou moins le piston de son appareil de manœuvre, la transmission hydraulique donne un déplacement correspondant au cylindre qui porte le tourillon actionnant la bielle du tiroir.
- L’auteur invoque comme avantages : :
- 1° La réduction au minimum du nombre des articulations du mécanisme;
- 2° La réduction du poids de la machine.
- 3° La réduction possible du diamètre des roues motrices et de leur poids.
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- Cette dernière considération tient à ce que M. Muller pense que son système permettrait d’augmenter le nombre des coups de piston donnés par la machine dans le même temps.
- Rapport de M. Layollée sur le livre intitulé l’Économiste pratique, de M. E. Cacheux.
- Rapport de M. Schlemmer sur le Hecueil des éléments constants des prix des travaux ordinaires de construction de
- M. A. Megrot, conducteur des ponts et chaussées.
- Nous avons rendu compte de cet ouvrage dans le Bulletin de mars 1885, page 478.
- Notice sur Y. A. Jacquelain, ancien membre du Comité des arts chimiques, par M. F. Le Blanc.
- Nous rappellerons qu’un grand nombre de nos collègues ont connu Jac-quelain à l’École centrale où il a été, pendant plus de quarante ans (1832 à 1873), préparateur des cours de chimie. Il avait publié de nombreux travaux intéressant la chimie générale, la chimie industrielle et la chimie analytique. On lui doit une expérience, devenue classique, celle de la transformation du diamant en graphite, entre les électrodes en charbon d’une batterie voltaïque, expérience qui démontre que le diamant ne saurait s’être produit à des températures très élevées, ainsi qu’on était tenté de l’admettre.
- Chimie industrielle. ÏL’Antipyrine (extrait de la Nature). L’intérêt de cet article est principalement dans la discussion d’un point de droit concernant les brevets d’invention. L’antipyrine, alcali organique oxygéné, possédant des propriétés thérapeutiques très remarquables ne peut être breveté comme remède, l’article 3 de la loi de 1844 disant formellement que les remèdes ne sont pas susceptibles d’être brevetés. Mais les pharmaciens ont-ils le droit de la préparer, le procédé de préparation étant breveté? H y a là une distinction entre le produit et le procédé qui, le procédé de préparation étant unique jusqu’ici, est très délicate à établir et aurait besoin d’être tranchée juridiquement.
- Rapport sur l’extraction dm sucre de sorgho sucré àux États-Unis, en 1884, par M. Henry Grojean , inspecteur de l’enseignement agricole.
- Sur diverses maladies cryptogamiques régnantes de la vigne, par M. H. Marès.
- Traitement des foois pour traverses de chemins dç fer.
- Le sulfate de paratoluidine, réactif de l’acide azotique. [Extrait du Moniteur scientifique.)
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- ANNALES DES PONTS ET CHAUSSÉES.
- juin 1885.
- Parole» prononcée» aux funérailles de RI. Malezieux,
- inspecteur général des ponts et chaussées, par M. Martin, inspecteur général des ponts et chaussées. .
- Parole» prononcé» aux funérailles de si. Collet-Ulcygret,
- inspecteur général des ponts et chaussées, par M. Martin, inspecteur général des ponts et chaussées.
- Sur quelques changements dans la disposition et les procédé» de tarage de» instruments de Jaugeage et dans le mode de calcul des débits, par M. Ch. Ritter , ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Ce mémoire, très considérable, étudie successivement les tubes jau-geurs et les moulinets, décrit ces instruments et leur mode de tarage, puis donne le calcul des observations moyennes et des débits, l’approximation des jaugeages, les erreurs d’observations, etc.; il termine par un grand nombre d’exemples et de comparaisons numériques.
- Le» ingénieur» de» pont» et cliau»»ée» à l’expédition d’Égypte, par M. Tarbé de Saint-Hardouin, inspecteur général des ponts et chaussées en retraite.
- C’est une note fort intéressante sur le rôle joué dans l’expédition d’Égypte par les ingénieurs des ponts et chaussées, avec des renseignements biographiques sur les vingt-quatre membres de ce corps qui prirent part à l’expédition.
- Note sur la stabilité des voûte», par M. Léon Durand-Claye, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Il s’agit d’une observation relative à un mémoire récent de M. Later-rade, ingénieur en chef des ponts et chaussées (voir comptes rendus d’avril 1885, page 585), par laquelle M. Durand-Claye indique qu’on peut faire disparaître le caractère de tâtonnement des calculs donnés dans ce mémoire, en profitant de la vieille remarque de La Hire, savoir: qu’une portion de voûte est un coin en équilibre. Il suffit, {pour donner un caractère de générosité aux propositions de M. Laterrade, d’y substituer à la notion de l’ouverture celle du rayon de l’intrados ou sommet.
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- COMPTES RENDUS MENSUELS DE LA SOCIÉTÉ DE L’INDUSTRIE MINÉRALE
- Séance du 4 juillet 1885.
- Communication de M. Chansselle sur le guidage métallique des puits,, système Briart.
- M. Briart, ingénieur en chef des mines de Mariemont et Bascoup, a simplifié le mode de construction des guidages métalliques par l’emploi d’une seule traverse dans l’axe du puits, portant les quatre guides, deux pour chaque cage ; ces traverses sont des poutrelles métalliques fixées horizontalement à des distances égales de lm,50 et sur lesquelles sont fixées, avec des griffes, des entretoises et des boulons, quatre files, opposées deux à deux, de rails-guides verticaux, dont les champignons sont saisis par des mains-courantes fixées aux cages d’extraction.
- A Bascoup, 348m,60 de profondeur, le prix total, main-d’œuvre et fourniture, s’est élevé à 21 595 francs, soit 61 94 par mètre courant; aux mines de Lens, pour 360 mètres, les chiffres correspondants ont été de 22 984 et 63 fr. 81.
- Ces prix sont très comparables à ceux des guidages en bois et le guidage métallique en rails doit durer bien plus longtemps.
- Communication de M. Rouff sur la pipette Peter et Rouff.
- C’est une pipette pour dosages à l’aide d’une liqueur titrée portant h la partie inférieure un robinet à trois voies la mettant en communication, à volonté, avec le tube de remplissage ou avec le tube de vidange; de sorte qu’on peut, sans difficulté, prendre très exactement' un volume déterminé du liquide.
- Communication de M. Deverne sur les signaux électriques installés à la fosse Dupont des mines de Nocux.
- Ces signaux ont été installés en août 1883 et fonctionnent depuis cette époque à la plus entière satisfaction des exploitants; ils ont été installés par M. Mors, ingénieur électricien à Paris.
- Le courant est produit par 20 éléments Leclanché, 10 pour les signaux et 10 pour la sonnerie, qui est .une trembleuse ordinaire. Ces 20 éléments sont remplacés, au moyen d’un commutateur à fiches, le jour suivant, par 20 autres, pour éviter la production trop rapide des courants secondaires.
- Les conducteurs se composent, au jour, de fils ordinaires enveloppés de coton et, au fond, d’un gros câble coupé aux accrochages et d’autant de petits câbles qu’il y a d’accrochages.
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- Le gros câble est formé de 7 torons de 7 fils de cuivre de 1/2 millimètre, recouverts de gutta-percha et de coton goudronné. Le tout est recouvert d’une enveloppe de plomb.
- Les tableaux sont de trois modèles : un pour le mécanicien, un pour la recette et un pour les tableaux du fond. Les signaux sont écrits en grosses lettres sur de petits disques en papier coton fixés à des aiguilles aimantées pouvant osciller autour d’un axe sous l’influence de petites bobines.
- Les tableaux exigent peu d’entretien, et le fonctionnement est parfait à la seule condition de maintenir les piles en bon état. Avec un peu de soin, celles-ci peuvent facilement aller pendant un an.
- L’installation a coûté 2 725 francs, comprenant 350 mètres de gros conducteurs et 850 de petits, 2 tableaux pour le jour et 4 pour les accrochages de 200 à 290 mètres.
- Dimensions des principales pièces de machines à Tapeur.
- M. le Président indique à la réunion, d’après le journal le Crédit minier, les formules adoptées par l’une des plus anciennes compagnies de construction des États-Unis, la Phœnix-Iron C°, pour le calcul des machines à vapeur. Ces formules seront certainement remarquées au point de vue de leur simplicité.
- Nous regrettons d’ajouter que cette simplité est leur unique mérite. Donner les dimensions des différentes pièces d’une machine à vapeur en fonction du diamètre du cylindre n’est plus de notre époque; c’est ce que faisaient des anciens auteurs qui, admettant que toutes les machines à vapeur de 1/2 à 500 chevaux sont faites rigoureusement sur le même type, remplissaient des pages entières de tableaux donnant minutieusement toutes les'dimensions des machines, croissant par cheval dans les limites ci-dessus indiquées, travail de patience, qui n’a jamais eu la moindre valeur pratique.
- Les dimensions des pièces dépendent essentiellement de l’effort auquel elles sont appelées à résister et les rapporter au diamètre du cylindre suppose une égalité constante de pression par unité de surface.
- Ces relations donnent, comme l’indique la note, des dimensions très exagérées; de plus quelques-unes sont inintelligibles. Nous nous demandons,
- par exemple ce que signifie : l’épaisseur du cylindre égale à ~ -{- 0,15.
- 1D
- Quant au diamètre de l’arbre égal à la moitié du diamètre du cylindre, à
- celui du bouton de manivelle égal à ? et à la largeur des glissières (?) égale
- à 5/6 D ou D, cela paraît singulièrement exagéré. Nous croyons inutile de reproduire ces relations; nous supposons que, données d’abord en mesures anglaises, on n’indique pas dans quelle publication, elles ont été mal traduites, au moins pour quelques-unes, en mesures françaises.
- ‘ Communication de M. Ghansselle sur les» machines corliss «lu Creusot»
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- Il s’agit des essais faits par M. Walter Meunier sur une machine Corliss du Creusot, installée à Beaulieu, chez MM. Peugeot frères, et dont nous avons rendu compte dans le bulletin de Mai 1885, page 709.
- Communication de M. Simon sur les travaux de la commission prussienne du grisou.
- C’est une traduction du journal Gluckauf, du Tl juin, d’où il résulte que de nouvelles expériences semb lent indiquer que la dynamite constitue un explosif inoffensif en présence des poussières et des petites quantités de grisou. Il n’y aurait donc lieu d’interdire que le tirage à la poudre noire dans les mines à grisou et à poussières. Le côté économique de la question s’en trouverait considérablement éclairci et simplifié.
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS ALLEMANDS.
- N° 20. — 18 juillet 1885.
- Compensation hydraulique ou pneumatique des tiges de pompes des machines d’épuisement, par H.-L. Oeking.
- Le ferro-manganèse et sa fabrication, par Fritz Liirmann.
- Nouvelles aciéries Bessemer, par R. M. Daelen.
- Groupe d’Aix-la-Chapelle. — Extraction du sucre de mélasses de betteraves par la chaux et la strontiane.
- Groupe de Francfort.
- Groupe de Hesse. — Construction et exploitation des grands marchés. — Limite nécessaire au développement des chemins de fer, par A. Har-mann.
- Patentes.
- Variété. — Institution d’enseignement et d’expériences pour l’industrie de la brasserie. — Chemin de fer à crémaillère du Pilate. — Nouvel outil pour tracer. — Expériences sur l’éclairage par lampes artificielles.
- N° 30. — 25 juillet 1885.
- Signaux de chemins de fer avec appareil central de manoeuvres, de Schon.
- Manœuvre hydraulique du pont tournant d’Anglesea, à Cork, par Ad. Ernst.
- Nouveau procédé pour la détermination du moment d’inertie des figures planes, par J. Kreuter. 1 :
- Qualité du fer forgé d’après les observations au microscope^
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- Transformation dans les procédés de meunerie, ses causes et ses effets, par Félix Wyngaert.
- Groupe de Bavière. — Extraction pneumatique.
- Groupe de Hanovre. — Céramique et verrerie. — Tracé des dents de cardes, par W. Frankel.
- Groupe du Rhin moyen.
- Patentes.
- Bibliographie. — Ouvrages adressés à l’association.
- Correspondance. — Machine à colonne d’eau de Mayer. — Accumulateurs électriques.
- N° 31. — 1er août 1885.
- Les petites installations Bessemer et leur intérêt en Allemagne, par W. Stercken.
- Transformation dans les procédés de meunerie, ses causes et ses effets, par Félix Wingaert {fin).
- Fours de fusion chauffés au gaz à l’eau, par Fritz Lürmann.
- Machine à mandriner les tubes.]
- Groupe d'Aix-la-Chapelle. — Nouveau procédé de chauffage de Fr. Siemens.
- Groupe de Poméranie. —Installation et emploi des appareils culinaires qui fonctionnent sous une certaine pression.
- Patentes.
- Bibliographie. — Comparaison entre les coûts de transport par chemins de fer et par voies navigables, en France, Allemagne et Autriche, par W. von Nordling. — Ouvrages adressés à l’Association.
- N° 32. — 8 août 1885.
- Les petites installations Bessemer et leur intérêt en Allemagne, par W. Stercken {fin).
- Ponts. — Répartition de la charge sur les poutres des ponts. — Yiaduc de Salterhebble. — Travail des assemblages sous des charges variables.
- Groupe du Rhin inférieur. — Construction des cheminées. — Chemins de fer électriques souterrains. — Accidents de chaudières à vapeur. — Régulateurs de machines à vapeur.
- Exposition du travail manuel et de la petite industrie à Koenigsberg.
- Patentes.
- Bibliographie. — Le gaz d’éclairage comme moyen de chauffage domestique, de D. Coglievina.
- Variétés. — Construction de navires dans les chantiers de la société de Stettin, précédemment Moller et Holberg, à Grabow.
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- N° 33, — 15 août 1885.
- Résistance du plomb à la compression, par G, Bach,
- Structure microscopique du fer et de l’acier.
- Moulage de précision pour briques et tuiles, de G. Schlickeysen.
- Bateau de sauvetage, de Norton.
- Cahiers des charges pour les adjudications de travaux publics.
- Groupe de Bavière. — Accident à bord du vapeur Cari. — Construction du port franc de Hambourg.
- Bibliographie. — Règles pour le calcul graphique des constructions en fer, de H. Schlosser.
- Correspondance. — Lancements et essais de navires. — Conférence internationale pour les télégraphes à Berlin.
- Bibliographie.
- iUanuel de» candidat» ans école» nationale» de» art» et métier», par M. Delacroix, professeur retraité de l’École nationale d’arts et métiers de Châlons-sur-Marne (librairie du progrès scientifique et industriel de L. Camut, 15, quai Malaquais).
- Cet ouvrage, contenant les matières exigées pour les examens d’admission aux écoles d’Arts et Métiers, nous a paru conçu avec une méthode et une clarté qu’on ne rencontre pas toujours dans les manuels de ce genre. Il est au courant des nouveaux programmes qui ont relevé le niveau des connaissances exigées des élèves à l’entrée, programme dont l’élaboration, soit dit en passant, est due à MM. Tresca et de Comberousse, qui ont ainsi mérité la reconnaissance de tous ceux qui s’intéressent à ces Écoles, d’où sont sortis un nombre important de nos collègues.
- L’ouvrage contient des renseignements généraux sur la préparation et les examens, l’arithmétique, l’algèbre, les problèmes et exercices d’arithmétique et d’algèbre, avec solutions raisonnées, les problèmes et exercices de géométrie avec les solutions et les épreuves écrites complètes de chacune des années de 1874 à 1884. Il est accompagné d’un atlas contenant les planches de géométrie et les épures de dessin à demi-grandeur d’exécution données en composition dans les onze dernières années.
- Le Secrétaire-Rédacteur,
- A. Mallet.
- Paris. — lmp. E. Capiomont et V. Renault, rue des Poitevins, 6.
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- MÉMOIRES
- ET
- DE LA
- SOCIÉTÉ DSS INGÉNIEURS CIVILS
- SEPTEMBRE 1885
- No 9
- Pendant le mois de septembre la Société a reçu :
- ï)e M. l’amiral Paris, membre honoraire de la Société : 1° trois' exemplaires de son Discours aux obsèques de M. Dupuy de Lomé; 2° trois planches appartenant à son ouvrage : les Souvenirs de marine conservés.
- De M. Paul Terrier, membre de la Société, un exemplaire du tome II de l’ouvrage intitulé Leçons de statique graphique, par A. Favaro, traduites de l’italien par M. P. Terrier, avec Notes et Appendices du Traducteur.
- De l’Université de Tokio, trois brochures : 1° Appendice of the Memoir, n° 5; Measurement of the Force of G ru vit g and Magnetic constants, n° 11; 2° et 3° System of Iran railroad Bridges for Japon (Texte et Atlas).
- De M. Gibon, membre de la Société, deux exemplaires de sa brochure intitulée : Le Patrimoine de l'Ouvrier.
- De M. René Benoît, membre de la Société-: 1° un exemplaire de l’ouvrage sur la Construction d'étalons prototypes de Vohm légal, 2° un exemplaire de l’ouvrage sur la Construction des étalons prototypes de résistance électrique; 3° un extrait de la première partie du tome III
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- des Travaux et Mémoires du Bureau international des poids et mesures.
- De M. Osmond, membre de la Société : 1° un exemplaire de ses Essais sur le magnétisme permanent des aciers; 2° un exemplaire de sa Méthode calorimétrique de dosage du manganèse.
- De M. Paul Barbe, membre de la Société, un exemplaire de la traduction française de la brochure allemande : la Question du Grisou, par Transe.
- De M. Maurice Demoulin, ingénieur, un exemplaire de son Étude sur les locomotives anglaises.
- De M. Alfred Cottrau, membre de la Société., un exemplaire de sa brochure intitulée : Ponts polytétragonaux portatifs.
- Du Ministère des Travaux publics du Mexique, les nos 43 à 72 du Bulletin du Ministère des Travaux publics.
- Un exemplaire du Catalogue allemand de la Bibliothèque de l'Ecole royale supérieure technique de Berlin.
- De M.H. Keller, une brochure intitulée : Die Anlage der Fischwegue.
- De M. Paul Dreyfus, un exemplaire de son journal T Exportation française, nu 6.
- De M. Chevalier, architecte, une Note sur les Honoraires de VArchitecte en matière d'expertise et en matière de travaux particuliers.
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- CALCUL DES POUTRES CONTINUES
- MÉTHODE GÉNÉRALE ANALYTIQUE ET MÉTHODE GRAPHIQUE
- Par M. BERTRAND DE FONTVIOLANT.
- Nous présentons ici deux méthodes de calcul des Poutres Continues, l’une analytique, l’autre graphique. Elles dérivent toutes les deux de quelques principes très simples, qui n’ont pas encore, croyons-nous, été appliqués. Au-delà de ce point de départ qui les rattache l’une à l’autre, elles n’ont plus rien de commun.
- Nous avons tenu à donner sous cette double forme la solution des questions dont il s’agit, estimant que la statique graphique, c’est-à-dire la géométrie appliquée à la mécanique statique, bien qu’inférieure à l’analyse comme puissance de recherche et insuffisante en face de certains problèmes, peut néanmoins, dans des cas nombreux, et notamment en ce qui concerne les Poutres continues, conduire au résultat cherché plus rapidement et* non moins sûrement. Elle offre d’autant moins de prise aux erreurs grossières qu’en général chaque tracé comporte une vérification immédiate très simple. Quant1 au degré d’approximation obtenu, qui d’ailleurs dépend des échelles choisies pour les épures, il suffit amplement, car les formules de la flexion plane ne sont elles-mêmes qu’approchées.
- Nos démonstrations sont fondées sur des propriétés connues de toutes les personnes qui s’occupent de la résistance des matériaux. Nous avons cependant cru bon pour la méthode graphique.de rappeler certains principes qui en sont la base, et dont la connaissance est due à MM. Mohr et .Culmann. • !ti
- On trouvera, résumée à la suite des théories que nous exposons* une application de chacune des deux méthodes. ' A •
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- PREMIERE PARTIE
- CHAPITRE PREMIER
- Méthode générale de calcul des poutres droites à plusieurs travées, reposant librement ou encastrées sur leurs appuis.
- Sommaire : Détermination des réactions des appuis et des moments aux points d'encastrements : i° cas général ; 2° cas usuel. — Influence de la compressibilité des appuis. — Influence de la flexion des piles dans le cas d’un assemblage indéformable de ces dernières avec la poutre. — Influence de la dilatation dans le cas où la poutre est ancrée sur les piles. — Cas particulier de la poutre à une seule travée encastrée à ses deux extrémités'.
- Détermination des réactions des appuis et des moments -aux points d’encastrements.
- -àk-'. 1°. CAS GÉNÉRAL
- 1. r Introduction. _— Nous nous proposons de traiter ici le problème le plus général qui puisse se présenter dans la flexion plane des solides prismatiques à grands rayons de courbure. Nous en formulons T énoncé comme suit :
- Un solide prismatique de section variable repose sur des appuis situés à des niveaux différents ; certains de ces appuis sont simples, et lés autres comportent des encastrements sous des angles donnés. On demande de calculer les réactions des appuis et les moments aux points cüencastrements, développés sous l'action de charges distinctes P', et dé chaînes AP' réparties suivant des lois déterminées. f Nous cherchons à calculer directement les réactions des- appuis et 'les moments d’encastrements (et non les moments fléchissants sur les appuis, comme on le fait ordinairement), car en mettant ces éléments en évidence dans nos équations, nous pourrons sans difficulté Tenir compte ultérieurement de la compressibilité des appuis* et de la flexion des piles. ’
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- * 2, Notations. — Nous supposerons que la poutre comporte N travées que nous numéroterons de i à N, c’est-à-dire (N -J-1): appuis A, que nous numéroterons de 0 à N ; de ces (N 4-1) appuis, P sont accompagnés d’encastrements - et les (N — P -j- 1) autres sont simples. Nous rapporterons leurs positions à deux axes coor-’ donnés (fig. 4) : l’axe des x sera la droite joignant les points d’appuis.
- % 1 .. A-iu a» _ b,- . : ; : i7”* K * ’V . f. Au 0
- i «B.. 4 " / j Uea*»-**, | a», •1* i 1* - • ; ï ;
- -- * ' - ‘ * ' * f '*'*' )i
- X. ’ i
- y Pi’ t
- extrêmes A0, AN ; l’axe des y la perpendiculaire élevée en AQ à les x seront comptés positivement de A0 à AN, et les y descendants seront pris avec le signe 4-. X et Y, affectés de l’indice convenable (*)', seront les coordonnées d’un point d’appui déterminé, a, affecté de l’indice du point d’appui correspondant, désignera la tangente de l’angle d’encastrement en ce point d’appui, angle qui se mesurera avec la partie positive de l’axe des x. .-=/_ » - 4.
- Pi représentera une: charge distincte quelconque définie de position par les abscisses 1., P. ' , •
- AP,., une charge répartie suivant une loi déterminée. 4 .. .
- R^, la réaction d’un appui intermédiaire quelconque , dont les:
- abscisses sontXn, Xn. ' >. ry.,.......... y A A. : : vA
- Ces ,trois genres d’efforts P., AP/C, Rn sont, estimés : suivant la direction AQy ; , ce sont donc les composantes perpendiculaires à AqÂn des efforts verticaux Pt, AP^., R'n. A 4
- ('*) Pour un appui quelconque, l’indice, qui dans les applications aura une valeur numérique variable d’un appui à l’autre, sera représenté d’une manière générale dans nos démonstrations, par la lettre r.
- L’indice q sera le symbole général d’un appui avec encastrement. f r i
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- — 258 —
- \xem sera le moment équivalent au fait de l’encastrement en un appui Am, dont les abscisses sont Xm, Xm.
- L, la longueur totale de la poutre.
- I, le moment d’inertie variable tout le long de la poutre, d, le produit El du coefficient d’élasticité par le moment d’inertie.
- 3* — Nous avons comme inconnues ;
- (N + 1) réactions des appuis Rn.
- P moments d’encastrements p, ,
- Total : (N -j- P — 1) inconnues.
- Les conditions d’équilibre statique entre les forces P., APa , Rn et les moments p,m se réduisent à deux :
- 4° Une équation de projections :
- ^proj.^P, iPt, R,J = 0.
- 2° Une équation de moments :
- Les (N -f- P —1) autres équations qui nous sont nécessaires vont résulter de l’étude des déformations de la poutre.
- 4. — Nous établirons d’abord les trois lemmes suivants ;
- En chaque point de la ligne moyenne fléchie :
- Le moment fléchissant p, est la somme des moments fléchissants p.p , p,Ap provenant des charges P.., AP/f, et des moments fléchissants
- Fy > F'r provenant des moments d'encastrements \icm et des réactions des appuis Rn, — tous ces moments fléchissants étant supposés développés par les efforts R:, APfc> pem, Rn, dans la poutre AQAN dont on aurait supprimé les appuis intermédiaires et les encastrements (*).
- 2° L'inclinaison a de la ligne moyenne fléchie est la. somme algébrique des inclinaisons ap , aAp , prises sous l'action des charges
- P., ÀPA agissant seules sur la poutre A0AN dont on aurait supprimé (*) Le môme énoncé s’applique aussi aux efforts tranchants.
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- les appuis intermédiaires et les encastrements, et des inclinaisons a , a développées dans cette même poutre par l'application des
- V'çn}
- réactions ft?| des appuis et des moments d'encastrements \xem agissant seuls,,
- 8° La proposition qui vient d'être énoncée pour les mclinaisons, s'applique également aux ordonnées de la ligne moyenne fléchie,
- Ces trois énoncés se traduisent par les trois relations suivantes :
- (1)
- (3)
- y?i
- a =
- aP;
- y=\2J l
- J'AFfe
- 4-
- aAP,
- ,2/ap
- +
- +
- X + 2x J '
- La première proposition est évidente par elle-même ; elle résulte de la définition même des moments fléchissants.
- Quant aux deux autres, elles sont des conséquences immédiates du principe de la superposition des effets des forces. On peut d’ailleurs les démontrer analytiquement en partant de l’équation (1) qui donne pour chaque section de la poutre :
- Multipliant les deux membres par dx et intégrant :
- fy*=[ +2/•>•-]+[ +1 f~r
- d’où :
- a“[i/aP(^ 2 aAP J + [ 2 x + 2 Xm] *
- De même qu’en partant de l’équation (1), nous venons d’établir l’équation (2), nous arriverions à l’équation (3) en multipliant les deux membres de (2) par dx et intégrant.
- 5. — Dans tout ce qui suit, les points d’appuis sans encastrements doivent être regardés comme des points donnés de la fibre moyenne"
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- auxquels on applique des efforts R ayant des intensités telles que ces points occupent après la flexion des positions définies par les coordonnées X.r, Y’. De même, les points d’appuis avec encastrements doivent être considérés comme des points de la digne moyenne auxquels on applique des efforts lin (réactions) et \xem (couples-réactions), tels que : l°ces points occupent après la flexion des positions définies par les coordonnées X^'; Y9 ; 2° les tangentes
- à la ligne moyenne, en ces points, fassent des angles donnés a1 avec l’axe des œ.
- Appliquons les équations (2) aux points de la ligne moyenne qui correspondent aux encastrements, et les équations (3) à tous les points d’appuis indistinctement :
- a devient la tangente de l’angle d’encastrement au point considéré, c’est-à-dire a5; Y devient l’ordonnée de l’appui considéré, c’est-à-dire Y*’. Nous obtenons dès lors ;
- Pour un point d’encastrement :
- Pour un point d’appui quelconque :
- *-[2*+2rfd+|;2*+2d
- où : (4) 2Y+2-Y =«"-[24 + 24 p„|:A
- (3) 2AY2Y. =v-[2A+24p,( : ii
- Il faut écrire l’équation (4) pour chacun des points d’encastrements, et l’équation (5) pour chaque point d’appui indistinctement, qu’il comporte ou non un encastrement. Nous avons donc P équations (4) et (N—-1) équations (5). -,
- Les seconds membres de ces relations sont faciles à calculer
- ,(*) “p. doit se traduire par : Inclinaison produite par la charge P,: au point d’indice q. —Traduction analogue pour les symboles : .... yp, yr^ ...., etc.
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- numériquement:
- aq et Y' sont des données ;
- et
- SA + 2>A]
- sont aisés à obtenir, puisque ce sont : les
- inclinaisons que prendraient, — sous l’action des charges P£ et AP^ agissant seules, — les tangentes à la ligne moyenne aux points situés à l’aplomb des appuis avec encastrements, -— et les ordonnées que'prendraient, sous ces mêmes charges, les points de la ligne moyenne situés à l’aplomb de tous les appuis , intermédiaires, ces appuis étant supprimés.
- On rentre donc, pour le calcul des 4., , yP. » y'^Pfc, dans le
- cas de la poutre à une seule travée reposant librement sur ses
- appuis A0, Air
- Quant aux premiers membres,
- +
- 7>j et [2Xn 1 2Xm] '
- ils peuvent être facilement évalués en fonction des moments d'encastrements [j,m et des réactions R , qui sont les inconnues, puisque ces premiers membres représentent les inclinaisons et les ordonnées prises par les points de la ligne moyenne situés à l’aplomb des appuis avec encastrements et des appuis simples, sous l’influence de ces moments d’encastrements et de ces réactions agissant seuls sur la poudre A AN privée de ses appuis intermédiaires.
- - O. — En résumé, ayant calculé les termes (SA+SÂj
- pour les points d’encastrements, les termes Pour
- tous les points d’appuis intermédiaires indistinctement, et évalué,
- — en fonction des u, . et des R. — les termes VaJ. + ,
- em t n ln ****
- 'S\yr„ + TV’- ? pour ces mêmes points, nous aurons
- j£mà itn J .v A 1 -4* Y,:
- P équations (4), N — 1 équations (5),
- dans lesquelles les P moments d’encastrements p.gm, et les N — -.1 réactions des appuis intermédiaires sonten évidence, d
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- - m
- Il y a donc (N -j- P — 1) équations, et (N + P — 1) inconnues.
- A ces équations s'ajoutent les deux équations d’équilibre statique
- entre les charges Pi? AP/f,les moments |j.em et les réactions Rfl> R1.
- Rn.....Rn _ 1, Rn de tous les appuis ;
- ' Aq (Pi’ R0’ P(|) 'i' ~~ P
- Ces deux dernières relations, font connaître Rfl et. RN après que les Rn et les \iem ont été déterminés par les équations (4) et 5).
- Il est évident que l’application de la méthode est pénible dans le cas où la section de la poutre est variable, le calcul des inclinaisons et des ordonnées ne pouvant se faire autrement que par quadratures, car il n’existe pas, en général, de relation algébrique entre les abscisses des sections et leurs moments d’inertie.
- Nous allons indiquer comment on peut rapidement conduire les calculs dans le cas où la section de la poutre est constante.
- Remarque. — Dans le cas où il n’y a aucun appui avec encastrement, il n’y a pas lieu d’écrire les P équations (4) ; les (N — 1) équations (5) font connaître les (N—1 ) réactions des appuis intermédiaires.
- 2°. CAS USUEL.
- T. — La section de la poutre est constante, les appuis sont à des niveaux différents ; les charges se composent de poids distincts P^et de poids pk uniformément répartis par mètre courant sur différentes parties de la poutre.
- A. — Calcul (en fonction des chargest données P., AP;.) des termes + ^^p/c| pour chaque appui Aq avec encastrement, et
- Pour chaque appui intermédiaire Ar.
- Voyons quelles sont les expressions générales des termes qui figurent sous les signes ^ :
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- 4°’ ap., ?/pf.--rrr- Qn sait que les inclinaisons et les ordonnées de la ligne moyenne d’une poutre (fig, 2) fléchie par une charge P., sent données par les formules suivantes ;
- Tronçon A0B. :
- œ [ — œ2
- Tronçon ANBf :
- Ces formules appliquées'aux points Aq et A(, donnent : I Si la charge est à droite du point Aq :
- j Si la charge est à gauehe du point Aq :
- Au point A
- .(l)
- (III)
- Au point A}, :
- ' Si la charge est à droite du point A?, :..
- ... ^i=pixr[-xî+L--iv]
- dSi la charge est à gauche du point Ar ; !
- (h y
- ^ = Pr6i;V,HX'î + L*-ft]
- (IV).
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- — m —
- 2°. o^p/i ^P// ~ AP/C représente ici une charge uniformément
- répartie. Nous considérons deux cas :
- (ci). La charge pk = AP/c s’étend sur toute la poutre A0A .
- On appliquera dans ce cas les formules connues :
- Au point A, : = fi|+ ^
- i rx,. i/
- Au point A,. : <f/APj. = pk ^ Xr ^ - LX2r + ^
- W
- (VI).
- (6). La charge occupe une travée, ou une portion de travée.
- Il faut calculer les inclinaisons et les ordonnées de la ligne moyenne dans les deux tronçons A0C, DAN (fig. S). On sait qu’une
- V
- % 3
- ------X
- R.ar i
- Aa
- *
- cr
- charge P produit, dans le tronçon de la poutre situé à gauche de son point d’application, une inclinaison et une ordonnée dont les valeurs générales sont : i
- <fap“P2L(“œ + ~"d
- W-L
- / 2L
- — xH +
- LH — P1 d
- = vLx(_.,^Jrù- xH + (LH - P) x]
- Dans cette formulé, faisons P — pkdt, àp et yp ‘deviennent da^Pjt et dyà?k:
- c^aAP/c ~ 2L [ 4
- ^Vnvu = [— xH'dï \-
- LHdï —PdP\
- '3 J
- (.LHdl’ — l'W) x\.
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- .-.En intégrant ces deux équations depuis ï — (l'k — jusqu’à ^ H-aA)j on obtient les inclinaisons et les ordonnées, dans le tronçon A0C, produites par la'charge <pk agissant sur la longueur <J2ak ; on trouve
- Tronçon A0C :
- | *** = pt V* | - «• + g (L* - q - 4)
- ^AV„ = P„ ^«[-Kf + yr- n ~ <4
- On obtient de même pour le tronçon DA :
- [ , akh r, „ i
- \ caAP,.=ibc— l+œ“-
- Tronçon DA
- I ~ Pk "^Î7 œ | ~ x2 4- L2 — l\ — a\
- Les formules qu’il convient d’appliquer sont dès lors
- j ~-=Pk ^7 j + «’2 — 3 (L* — il — al
- Si la charge est à droite de Aq :
- Au point A :
- „ ad’,, r
- 6cLtfk — Pk~jf
- — xî + s(L’—rî—«î
- (VII)
- Si la charge est à gauche de A :
- Au point A(. :
- =A tt [+ -5 A- ï - “})] («)
- Sijla charge est à droite de A^:.
- P„ = P/, X,[rX‘ + Lï-il: (VIII)
- 'j Si la charge est à gauche de A,..;
- «
- Nous savons à présent calculer les termes «({', y’^p . Il
- reste à former les sommes :
- Les. calculs, peuvent être disposés.comme le montre-|l*exemple développé dans l’Annexe I. - -
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- 8. — B. — Calcul (en fonction des inconnues R t et des termes 2aR ^ 'P0ltr °haflue aPPui Ag avec encastrement, et
- V?/ + 7V’ pour chaque appui intermédiaire A,.
- Évaluons les éléments qui figurent sous les. signes ^ : d°. , y1R . — La flexion est ici produite par la réaction Rvj appli-
- quée en An (fig. 4).
- L’inclinaison en un point Aq dont les abscisses sont Xg et X'? est donnée par les formules connues :
- ' Si An est à droite de Aq :
- En A, :
- — r xr V+L,-X»l
- aB» — K» 2L [_ H 3 J
- Si An est à gauche de Aq :
- V —R v,fi V» L‘~x"l
- ’‘icL+ " 3 J
- L’ordonnée en un point Ar est donnée par :
- Si An est à droite de Ar :
- j Si An est à gauche de A}1 :
- (XI)
- (XIII).
- (XII)
- ^=R»«Lx'-t-x’î+L,-xa . (xlV>-
- En A,. :
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- Nous ne mettons pas en évidence le signe de Rn parce qu’on ne le connaît pas toujours a priori; il sera donné par la résolution même des équations.
- 2°. zq , yr . — L’effort déterminant la déformation est un cou-
- rem rem
- pie \xem agissant sur une section dont les abscisses sont Xm, X'm
- (fi9- 3)‘
- Fiq. 5
- Calculons les inclinaisons a , et les ordonnées y en tous les
- points de la ligne moyenne fléchie ; soit x l’abscisse générale d’un point quelconque. Les réactions Q0 et QN ont les directions et les sens indiqués sur la figure. En prenant successivement les moments autour de A0 et autour de AN, on a :
- |,“‘-<yJ = 0 et |J.e„-Q,L = 0; d’oùO„ = üs=^f.
- Les moments fléchissants ont pour expressions ;
- Tronçon A0Am : u. æ
- Tronçon A„A„: i* = + ^ ce -On en déduit par intégrations :
- Tronçon'A, A*: %„, = ++ C,
- Tronçon A„A„ : ^ ^ + C
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- 268 —
- Tronçon A„Am : £yPm = + '-|ï - 4- Cp + C,
- Tronçon AmAs: £9fm = +^|— !*„y + C* + C.
- Les constantes C, Cv C', Gli se déterminent en exprimant qu’il y a raccordement tangentiel entre les deux tronçons de la fibre moyenne déformée au point A.m, et qu’aux points A*0 et AN les valeurs de y,, sont milles ; on trouve ainsi :
- C = P,mi!r + IJr) ; Cl = Perl&r ~ Xm + C' =--------ÉT Xm ’ C#i = 0 •
- *v'e?n\ 3 1 o2Ly> m glj x*in 1 3y’ ^ 2 "l’
- Portant ces valeurs dans les expressions de y ^ et de , il vient :
- ip2 + Xi .... L
- lL|
- Tronçon A0Am : C°Vem
- Tronçon AmAN : C7‘!hm
- 'Tronçon A0AW : C?/r-em
- Tronçon Am AN:
- Appliquons ces formu
- finalement :
- 1 p
- æ2 4- X2.
- 2
- ' — Læ
- LX,n + y
- L2
- ï]
- ï]
- 1 6L I
- Xa-
- Si Am est à droite de Aq :
- <;•*’ =u irxt + x»
- Pem ' em
- Au point A
- L L 2 ;auch
- I Si A„„ est à gauche de Aq :
- X2 -J- X2
- Au point Ar
- 2
- Si Am est à droite de Ar :
- C=^6TiX’ + 3X
- | Si Am est ii gauche de A(. : X
- ! - LX»> + v] . (XV)
- L*~l
- “'S 3 1 (XVII)
- 4-6LXffl + 2L»] (XVI)
- = V-m
- 6(yX?-3LX,. + 3X>. + 2L»)-XJ.
- (XVI 11).
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-
- Nous savons maintenant calculer les éléments des sommes
- , sommes qui représen-
- + et [2X +
- tentles premiers membres des équations (4) et (5).
- Les calculs numériques peuvent se disposer de la même manière
- que pour les sommes . -|-
- II n’y a pas lieu de nous arrêter à la résolution des équations (4) et (5), qui forment un système de N -j- P — 1 équations du premier degré à N + P — 1 inconnues.
- <x«
- AP/C
- et
- yAP/c]‘
- Influence de la compressibilité des appuis.
- — Nous nous plaçons dans le cas général défini au n° 1 en faisant toutefois une restriction : la différence de niveau entre les appuis extrêmes est nulle, ou assez faible pour que l’on puisse regarder les réactions au contact de la poutre et des appuis comme sensiblement verticales.
- Considérons, par exemple, une poutre métallique reposant sur des piles de maçonnerie ou de métal :
- Sous l’influence des actions verticales exercées par la poutre, le sol de la fondation, la fondation, et les piles elles-mêmes se compriment, de sorte que les différences de niveau existant entre les appuis se modifient.
- Soient (fig. 6) H0, Hj, H2,„..... .HNH, H^, les hauteurs des piles
- Licy 6
- tr
- correspondant aux appuis A0, A.n À2.................AN ,AN, et AH0,
- AH|, ÀH2.......ÀHn-i’ AHn, les variations que subissent ces hau-
- teurs sous l’action des efforts transmis par la poutre ; soient AS0,
- 18
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-
- AS*, AS2....... . ASN_15 ASn, les quantités dont s’abaisse le sol de la
- fondation pour ces mêmes appuis.
- Nous rapporterons maintenant les ordonnées de la fibre moyenne fléchie, non plus à la droite A0AN Gomme axe des x, mais bien à la nouvelle position A’0AN de cette droite.
- A0, Aj. ... .Ar... .A^, An, sont les positions des appuis avant flexion.
- A'0, .... A'r.... A'^, A'N, sont les positions des appuis après
- flexion.
- Donc :
- A,A'f. = AHr + ASr.
- Or AHr et ASr, quantités dont se compriment la pile et le sol au point Ar, peuvent être regardées comme proportionnelles à la réaction R en ce point d’appui ; on peut donc poser :
- . ArA'r = krRr
- où kr est un coefficient qui dépend de la hauteur H, de la pile, de sa section et de la nature de la pile et du sol.
- D’autre part la figure donne les deux relations suivantes :
- Yr = Yr + ÀA'r - arar = T + kfiT - arar
- arar = A0A'0 D’où :
- AnA'n — A0A0
- Tr=r+- M. - /;l1, Xr.
- C’est cette valeur de Yr qu’il convient de faire entrer dans l’équation (5) qui prend la forme :
- — Y" ~ 2>Ar,)
- =Yr+*A-w(‘ -r) r- (2^ + 2>A)-
- En groupant dans le premier membre les termes contenant les inconnues, il vient :
- (s bis). [2 A.+2> A]+K (4 _ t) r°+,fN x Rn “,IrK-'
- = ïr-(2X. + 2»At)
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- On voit que la formule (5) n’a, en définitive, changé que par l’addition, dans son premier membre, de trois termes contenant la réaction R. au point d’appui A;, pour lequel on écrit l’équation, et les réactions R0 et RN aux appuis extrêmes A0 et AjV
- Il faut remarquer que les équations (4) et (5) ne contenaient pas les inconnues R0 et RiV, ce qui permettait de les résoudre indépendamment des équations (6) et (7), tandis que le nouveau système (4), (5 bis) renferme R0 et RN, ce qui exige qu’on lui adjoigne, — pour sa résolution même, — les équations (6) et (7).
- Dans le cas du n° 5 on n’avait à résoudre qu’un système de (N -[-P — 1) équations du premier degré; dans le cas actuel, le système comprend (N + P -f- 1) équations.
- Influence de la flexion des piles dans le cas où celles-ci sont assemblées avec la poutre d’une manière indéformable.
- IO. — Plaçons-nous encore dans les conditions définies au numéro précédent, et reprenons les équations (4), qui tiennent compte des encastrements :
- =*" - [2A+
- °^p k
- a1 est la tangente de l’angle (*) d’encastrement à l’appui considéré Aq. Après que la flexion de la poutre s’est produite, la pile ayant été entraînée dans la flexion, l’inclinaison ofl s’est modifiée
- et est devenue aq -f- Aa1 (fig. 7). A cet instant, le fait de l’assemblage indéformable de la poutre avec la pile équivaut: pour la poutre, à l’application en Aq d’un cou-
- Fig. 7
- i. Encastrement
- (*) Angle qui se mesure, comme il a déjà été dit, avec la partie positive de la droite A0AN»
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-
- 272 —
- pie -\- \xcrj ; et pour la pile, à l’application d’un couple égal et contraire
- — IV
- La formule (4) devient alors :
- a!' = a5 + Aaf/ —
- [2aL + 2a^p/c] w-
- Aa? s’évalue aisément en fonction de \xeq : rapportons en effet la flexion de la pile aux axes oxq, oyq (ox'q est la tangente, en 0^, à la ligne moyenne fléchie de la pile) ; nous supposerons que l’axe de la pile était vertical avant la déformation; dans ces conditions, Aa7 est l’angle de la tangente en Aq à la ligne moyenne fléchie de la pile avec l’axe ox .
- <i
- Tout le long de la pile, le moment fléchissant est constant et égal à —peq. On a dès lors :
- A a9 —
- où lq est le module d’élasticité constant ou variable delà pile de rang q.
- Posons :
- t ne dépend que des dimensions de la pile de rang.;/.— Aa7 s’écrit maintenant sous la forme :
- Aa« =
- Veci'
- (*) Dans le. cas particulier où la section.de la pile est constante :
- la
- H
- B
- q
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- Substituant dans l’équation (a) :
- 2a l + 2aL=a,+v«
- ou, en groupant dans le premier membre les termes contenant les inconnues :
- (4 6«). - V«i = - [2H + 2“"»]
- Cette équation ne diffère de l'équation (4) que par l’addition, dans son premier membre, du terme correctif — , qui tient compte
- de la flexion de la pile. — Elle remplace (4) de même qu’au n° 9, 5 bis remplaçait 5.
- Nota. — En ce qui concerne la pile elle-même, elle est soumise aux deux efforts R et a .
- q ‘ cq
- Influence de la dilatation dans le cas où la poutre est ancrée sur les piles.
- 1 i. — Supposons qu’à la température du montage, les axes des piles soient verticaux. Puis admettons que la température varie, s’élève par exemple de t°: la poutre se dilate; cette dilatation étant gênée par les piles, il se développe dans la poutre des compressions longitudinales C, que nous nous proposons d’évaluer.
- Soient Cv_1, Cv, Cv+1 les compressions développées dans les travées ov_ 15 ov, ov+1 (fig. 8,’.
- <rv.x ;AV^ «s.
- ^*1 A,
- Les points ÀY_1, Av, Av+1 ne sont plus, après déformation de la poutre et des piles, à la même distance les uns des autres que
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- _ 274 —
- primitivement, car les piles ont fléchi; les longueurs initiales
- oy___^, ov, ov + 1 ont donc changé; les nouvelles longueurs peuvent
- s’évaluer de deux manières différentes : •
- 1° La longueur cv , par exemple, serait devenue, si les piles n’avaient pas gêné la dilatation :
- oy('l -j- Mt) (m = coefficient de dilatation)
- mais la résistance opposée par les piles en Ay_, et en Ay a produit dans la travée Av-1Ay une compression Cv qui a réduit la longueur cy('l + w-f) à :
- ÔV H” ^0 ------ Cy
- •æv = 3(i +mt)
- dxv
- où Qv est la section supposée variable de la poutre entre Av_( et Ar
- Posons :
- 0
- La valeur de la distance finale entre les points Ay et Ay devient :
- a) ' 8V(1 + mt) — pYCv (:!:).
- 2° Cette distance finale peut encore se calculer comme suit :
- La pile OyAy a été fléchie; soit fy la flèche prise par le point Ay; nous compterons cette flèche positivement si elle s’est produite à droite de l’axe de la pile, et négativement à gauche ; il en sera de même pour toutes les autres piles. La distance finale cherchée a pour valeur :
- \ + —
- (*) pv ne dépend que des dimensions de la poutre entre Ay-1 et Ay, et se réduit, dans le cas où la section Qy est constante, à :
- _ ov(1 + mt)
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-
-
- La flèche fy est produite, dans la pile 0'VAY, en Av, par un effort (Cv-Cï+() ; elle a dès lors pour expression :
- où x'y est l’abscisse générale d’un point de la pile, et £'y le module d’élasticité correspondant; fy peut s’écrire sous la forme :
- /v" 9v(^v ^V —-t)
- en posant :
- 1Y—Ldxy= ôv(*.) cv
- Par analogie, on a :
- fy-i = °v—i(cv-i ~cv)
- d’où:
- H- /v /v—i ~ ®v(^v h) ®v—i(^v—i ^v)
- — Sy + (Oy + ôy_1)Cv OyLy^^ Oy_1Ly_-1 {b)
- Egalant les deux résultats (a) et (6), il vient :
- Oy(l H- mt) PyCy — 8y (6y -f- 0 y _ ^ j Cy QyCy^ 0 V _ •) ^y _ ^
- ou :
- - Ôy_1Cy_1 + (Oy + 0V._V + PyjCy - OyCy + 1 = 8y«f (8) (^)
- (*) Oy ne dépend que des dimensions de la pile, et se réduit, quand la section de la pile est constante, à :
- (**) Dans le cas où la poutre et les piles sont de sections constantes, (8) prend la forme :
- H3
- °v-i
- 3<Tv-i
- H£
- 3é‘y
- 4-
- 8v(l+mi)-|n B2yJGv
- H3
- — r 3£, v+*
- owmt.
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- — 276
- On écrira l’équation (8), de proche en proche, en allant d’une extrémité à l’autre de la poutre, c’est-à-dire en faisant varier V de 1 à N, ce qui donnera N équations entre les N compressions C.
- Nota. — Ces compressions n’ont, en général, pas beaucoup d’influence sur les conditions de résistance de la poutre; mais il n’en est pas de même en ce qui concerne les piles qui ont à résister à un moment de flexion dont la valeur générale est, pour la pile de rang v :
- valeur qui atteint son maximum à la base de la pile (pour æ'y = O) ;
- K„=[Cv-Cï+,]Hv.
- Cas particulier de la poutre à une seule travée, de section constante, encastrée à ses deux extrémités,
- 12. — Soient a0 et a1 les tangentes des angles d’encastrement de la poutre, en A0 et (fig. 9j.
- Fier, 3
- Nous laisserons indéterminée la nature de la surcharge. Appliquons la formule (4) de la théorie générale aux points d’appuis avec encastrements, c’est-à-dire aux points A0 et At :
- 2 A+ 2aL=- 2 A+ 2“^,
- (a)
- son^ nu^s’ Pu^sclu’^ n’y a Pas ici d’appuis intermédiaires.
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- D’autre part :
- y a» =a°u -fa® ;
- Jmà Vcm V‘e 0 ^el
- 2 a1 zz: a1 -j- a1 Vem \oT
- Les valeurs des termes en a de ces deux dernières équations se calculent par les formules (XV) et (XVII) du n° 8 ; on a dès lors :
- en faisant X0=:O et Xj^zL, on trouve, toutes réductions faites :
- p'e°3 ~ [J'C0 6
- U* = V-ci
- éf :
- txc 1
- L
- ^6*
- L
- ^3*
- D’où :
- 2-L=?l[^.-b4
- et :
- 2 7>c m ~ i 1J [ 6 [J'e 0 3 [J'e 1] ‘
- En substituant dans les équations (a) :
- f f, = E [*”- (2<< + 2^*)]= M-
- - f o+g i*..:= z [«•* - (2>p, + 2^*)]= N-
- d’où l’on tire :
- !f o —
- [j.c1 ~ 2M -f 4N.
- Dans chaque cas particulier, on remplacera M et N par leurs valeurs qui dépendent de la nature de la charge.
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- — 278
- CHAPITRE II.
- Complément de méthode analytique ayant pour objet la détermination directe des moments fléchissants dus aux réactions sur piles.
- Sommaire. — Remarques préliminaires. — Poutre reposant librement sur scs appuis : — 1° La section de la poutre est variable. — 2° Elle est constante.
- — Poutre encastrée sur scs appuis : — 1° La section de la poutre est variable.
- — 2° Elle est constante. — Cas particulier de la poutre à une seule travée,
- — de section constante, — encastrée à ses deux extrémités. — Influence de ia flexion des piles dans le cas où celles-ci sont assemblées avec la poutre d’une manière indéformable : — 1° La section de la poutre est constante. — 2° Elle est variable.
- Remarques préliminaires.
- 13. — Les données du problème sont toujours celles indiquées au n° 1. Cependant, pour la facilité de la démonstration, nous scindons notre étude en deux : — 1° la poutre repose librement sur ses appuis. — 2° Elle est encastrée sur ses appuis.
- Nous verrons par la suite qu’il est plus simple de faire entrer dans les équations les Moments développés en chaque point d'appui par les réactions que d’y introduire les Réactions mêmes des appuis. On devra donc, pour la rapidité des calculs, rejeter la première méthode indiquée aux nos 5 et 6, toutes les fois que l’on n’aura pas de raison spéciale pour déterminer immédiatement les réactions des appuis. On devra y revenir dans le cas contraire, par exemple lorsque l’on voudra tenir compte de la compressibilité des appuis.
- Nous montrerons en effet que les équations entre les moments fléchissants sur appuis, dus aux réactions, ne contiennent chacune que trois moments consécutifs, tandis que les équations entre les réactions contiennent chacune toutes les réactions sur les appuis intermédiaires; ces dernières sont donc plus longues à former et à résoudre.
- 14. — Nous désignerons les moments dus aux réactions et aux moments d’encastrements agissant seuls sur la poutre AQAN, pri-
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-
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- vée de ses appuis intermédiaires et de ses encastrement*, par l’expression : Moments de réactions.
- De même, nous appelerons Moment de charges en un point le moment qui serait développé en ce point, par l’application des charges données, sur la poutre AflAN privée de ses appuis intermédiaires et de ses encastrements.
- Le premier lemme du n° 4 se traduit dès lors comme suit :
- En chaque point de la ligne moyenne fléchie de la poutre continue, le moment fléchissant effectif est égal à la somme algébrique du moment de charges [j-pap, et du moment de réactions p.R[J .
- On sait déterminer en chaque point la valeur du moment de charges; il suffit donc, pour connaître le moment fléchissant définitif, de calculer en chaque point le moment de réactions; c’est le but que nous allons poursuivre.
- Nous adopterons égalementles expressions : Inclinaison déchargés, Inclinaison de réactions; Ordonnée de charges, Ordonnée de réactions; ce qui transforme les énoncés 2 et 3 du n° 4 en deux énoncés semblables à celui qui vient d’être donné pour les moments.
- 15. — Rer menons les équations (4) et (5) :
- (4) 2al+2aL=“‘"- -(5H+Ib'k
- (S) IX+I>L=r- (IX+I>W
- Les premiers membres représentent les inclinaisons de réactions, et les ordonnées de réactions. Au lieu de les calculer en fonction des Rn et des p,m, — comme nous l’avons fait jusqu’à présent, — on peut les calculer en fonction des moments de réactions sur appuis. Ce calcul mettra en évidence, dans les premiers membres de (4) et (5), ces derniers moments de réactions qui sont les inconnues.
- Quant aux seconds membres, on sait, les calculer par quadratures en fonction des charges. Toute la question est donc d’évaluer les premiers membres de (4) et (5) en fonction des p.R(Ji aux appuis.
- Nous allons voir successivement comment on peut le faire dans les deux cas indiqués au n° 43.
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-
-
- — 280
- Poutre reposant librement sur ses appuis.
- 4° La section de la poutre est variable.
- 16. — Puisqu’il n’y a pas d’encastrements, les équations (4) et (5) se réduisent à :
- (4)
- 2A=y’-(IX+2>A
- La ligne représentative des moments de réactions est un polygone dont J es sommets se trouvent sur les perpendiculaires à AQ AN menées aux points d’appuis (fig. 40), puisque les réactions sont des efforts distincts.
- Fier. 10
- Soient^, [j^, .... (iR~1, Au, .. .. [if} les moments de
- réactions sur les appuis AQ, Av A2, . A,)._1, Ar, . A^, AN.
- Appliquons les formules (4) et (5) au point A?, : les premiers membres représentent l’inclinaison de réactions aR, et l’ordonnée de réactions Yr au point A?, ; d’où :
- (0) 4= " - (2X+ 2“APt)
- ^ Y»=Y'-(2^+2v:pt)
- Evaluons maintenant l’inclinaison de réactions et l’ordonnée de
- n
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-
-
- — 281 —
- réactions YR pour un point quelconque de la ligne moyenne défini par son abscisse x :
- !j-r ,
- EÎ*0
- a Rdx
- x = o
- En choisissant ce point dans la travée de rang r, on peut écrire :
- Dans l’intervalle compris entre XJ._1 et a?, aR variant suivant la formule (a), on a :
- Substituant dans YR, il vient :
- D’autre part, d’après la figure 10, on peut écrire :
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-
-
- (et) devient dès iors :
- — 282 -
- Posons (x— ^=xr; xr sera l’abscisse d’un point quelconque
- de la travée A A;. par rapport à l’extrémité A.),_1 de cette travée; par suite de ce changement de variable, les équations (c) et (d) prennent la forme :
- Si l’on applique ces équations au point A;., c’est-à-dire si l’on y fait xr = §r, ctR et YR deviennent : a!, YR; d’où :
- Gt
- H
- ær = 5,,
- xrdxr
- ~ër
- (9)
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-
- — 283 —
- (h)
- r:
- v+
- *Xr — 0
- dxy
- ï/,Tr = 0 <!^/Xr=0
- f~hXy = xy
- xydxr
- ~ËT
- - 0 x- — 0
- Les intégrales, qui figurent dans les seconds membres de ces deux dernières équations, ne dépendent que dos moments d’inertie et de la longueur de la travée de rang r; elles sont donc indépendantes des valeurs de , gR, <xR~\ aR, YR~1, YR; posons :
- (g) et (h) s’écrivent dès lors :
- (8) 4—<pY_,+ +,(4—y1)
- (9) K-iT' =SY'++*Mh- Y')
- On peut-poser les équations (8) et (9) pour chaque travée. Éliminons les inclinaisons a[g~1, ,a?R; à cet effet, écrivons l’équation (9) pour la travée de rang (r -f-1) :
- (9bù) x+'-ra=K+{4+s,+,X,.+,4+8,+A+.(4+,-4)-
- Si de (9) et (9 bis) on tire aR 1 et aR et si on substitue dans (8), on trouve, tous calculs faits :
- (10)(cPr ’É-—yj-----^r)>aR (4r V l“Xc + .-l Y + •! ) Ihl “É +
- \r \r Yr~ 1
- 1 n *11 A R
- u+i
- Jr+-
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-
- — 284 —
- Cette équation ne contient plus comme inconnues que [/R-1, ’
- [j.R+1, c’est-à-dire trois moments de réactions sur piles consécutifs. Les Yr qui figurent dans le second membre, se calculeront, en fonctions des charges, par la formule il) que l’on appliquera à chaque point d’appui.
- On écrira cette équation des trois moments de réactions sur piles, de proche en proche, depuis une extrémité de la poutre jusqu’à l’autre, et l’on en tirera les moments de réactions sur piles, en remarquant que |j,R = [j,R = 0.
- 2° La section de la poutre est constante.
- 41?.— Si l’on calcule, dans cette hypothèse, les valeurs de <pr, ér, yr, 'Çr,— ce qui s’effectue en faisant sortir I du signe de l’intégration, — on obtient :
- \
- El
- y.r —
- 2E1
- Ces valeurs portées dans, l’équation (10), avec les valeurs de meme forme de donnent :
- (10 bis)
- m H" •+2(8-+WU’]
- T
- R
- -Y5'-
- -R
- 48.— Une fois les moments de réactions sur piles connus, on en tirera les moments définitifs sur piles, en les cumulant avec, les moments de charges sur piles. (Voir n° H.) — On en tirera également, si on le désire, les valeurs des réactions sur piles.
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-
-
- — 283 —
- ' • . J-'.'.
- Poutre encastrée avec ses appuis,
- 4° La section de la poudre est variable.
- 49.— Les équations (4) et (5), appliquées à l’appui Ar, donnent:
- 2“B„+2ctL=c‘’' -[2^+2*^,]
- Les premiers membres représentent les inclinaisons de réactions sur piles, et les ordonnées de réactions sur piles. (En comprenant, dans le terme Réactions, aussi bien les moments d’encastrements [xc que les réactions R.) Nous représenterons ces premiers membres par
- a
- Ru/
- Y
- d’où :
- (il) *s*=‘r-(2*ï+2‘«.) ; .
- (**> y^=y'-(2»p,+2»a'.)
- Sur chaque appui, le moment de réactions a deux valeurs : l’une correspondant à une section prise à gauche de l’appui, l’autre à une section prise à droite. En effet, on sait que le diagramme des moments développés par les réactions R est un polygone convexe, dont les sommets sont situés sur les perpendiculaires à AQAN menées par les points d’appui. (Diagramme I.) — Quant au diagramme des
- Diagramme I
- %
- Diagramme R
- K A, A,
- K,
- moments développés par un couple-réaction p,e, il se compose de deux droites parallèles;i issues de A() et de AN, et se terminant sur
- 19
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-
-
- — 286 —
- la perpendiculaire à AN menée au point d’appui encastré considéré ; (Voir n° 8.) ce diagramme présente donc un décrochement en A . (Diagramme II.)
- Quand, pour avoir le diagramme final des moments de réactions, on cumulera les ordonnées du diagramme I avec celles des diagrammes tels que II, obtenus pour chaque couple-réaction, ces décrochements subsisteront aux points d’appuis. En chaque appui le moment de réactions a donc deux valeurs......
- Pour l’appui de rang r, nous représenterons ces deux valeurs par !- . p.'^. La différence de ces deux quantités représente préci-
- sément la valeur dumioment d’encastrement,-c'est-à-dire du couple-réaction à l’appui considéré..
- En effet, considérons l’appui Ar (fig. '12); soit ;/ le couple-réaction
- de cet appui ; pff est le moment dé réaction immédiatement à droite de l’appui ; p,^ est le moment de réactions immédiatement à gauche ; dans l’intervalle agit le couple réaction p/ ainsi que la réaction R,; on a donc, en prenant toujours les moments des forces agissant à droite de la section considérée : '
- i • i t
- 1L IL I r JL
- ou
- .[J. _ p.
- ipv-- «
- : :En résumé, le diagramme des moments de réactions entre trois appuis consécutifs présentera une disposition analogue à celle de la figure 13.
- Les moments de réactions varient dans chaque travée suivant les
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-
-
- — m —
- ordonnées d'une droite; les calculs du n° 16 ayant précisément ce fait comme point de départ, s’appliquent encore ici ; on peut donc encore poser les équations (8)-et.(9)/à la condition, toutefois, de
- (13)
- P" et :j-r Par :
- + ^ ùY-YY)
- -v=
- D’autre part, les formules (11) et (12); permettent de calculer numériquement aï, , a'-1, Y' , Y'-* en fonction des inclinaisons
- A !xc nIJ-c n !J'c MJVj
- a , ar—1 des encastrements, — des ordonnées Yr, Y' -1 des appuis, — et des charges P., APa, — quantités qui sont toutes des données. Posons : ' ; ........
- (15)
- (16)
- *Ru
- Yr __Yr_
- a 'y1-1 r
- Yr Yr“ 1
- lRa —
- V
- où S}, et T(, représentent des quantités connues. Les équations (13) et (14) deviennent :
- (17)
- (îf+ +,•!%, = S'
- («) . :: y*.......
- On voit donc que les moments aux deux extrémités d’une même travée sont liés par un système de deux équations du premier degré, d’où l?on tire.;: .....
- yC’Y;1 <*>) %
- ,.a x :
- : (tr— +.0 îr-(XrT-.&)+« (T,. — +r)Tr—(z,.— ?,.)Sr'
- “(?,•- (x,
- ' (Le dénominateur de ces (.'‘ fractions peut s’écrire si) u s la forme;plus simple,: ,
- 11 suffît de faire varier 1’indice__ne.de 1 à N pour obtenir les formules donnant les moments de réactions aux extrémités de chaque travée.,y,, ,.... . . .m . > a,;.*.::Yr i Y ...J.
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- — 288 —
- 2° La section de. la poutre est constante.
- £Of —; Les valeurs de <pr, yr, £r, qu’il convient de substituer dans les formules (19) et (20), ont été déjà indiquées aun°17. On en tire :
- ® _tL --Jjl fr 2EI 1 r 2EI
- :!/ -tl;q ', g g.
- l — _!L y —l — _J1
- r~ 6EI Lr '— 3EI
- Ces valeurs, portées dans (19) et (20), donnent, après réductions : i /r —-1 9FI f "1
- (49 =17L3T'_S--|
- (*»») ^,=tK-3TJ
- Cas particulier de la poutre à une seule travée, de section constante, encastrée à ses deux extrémités.
- Si. — Les formules à employer sont: (15), (16), (19 6ts) et (20 bis). Y’’^ , Y't~1, qui représentent les ordonnées de réactions à
- l’aplomb-,des appuis, sont nulles, puisque ces Y concernent ici les appuis extrêmes, la poutre n’ayant pas d’appuis intermédiaires; (15) et (16) se réduisent à:
- — aRixe aU,ae
- ! s: -I .T"—'_____«o ' d -t» t.-'
- *1— aR[J.e
- Les formules de résolution (196»s) et (20 bis) deviennent alors, en
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-
- — 289
- y remplaçant Sr et Tr par les valeurs de St et Tt calculées ci-dessus, et 8r par la portée L de la poutre :
- ~ ‘a W-c — 17 3aH^“ aKp. + Vc) = — T“[2aWe+ aR j
- 2F [ / \ 2FTr i
- >v, =w.,, = T7(2“^-&H,+3“Vt)= -tK+sJ
- En se reportant à l’équation (11) et au n° 12, où il a déjà été
- El El
- traité de la poutre encastrée, on voit que —2”^ , et ne sont
- autres que les quantités que nous avons représentées par M et N ; de sorte, qu’en adoptant ces notations il vient :
- K, [xc — -f- 2N)
- :-h,=+(4N + 2M)
- Pour avoir les moments fléchissants effectifs aux extrémités de la poutre, il faut ajouter aux moments de réactions , les
- valeurs des moments de charges aux extrémités, moments qui sont nuis ici : et ^ sont donc précisément les moments fléchissants
- effectifs aux extrémités de la poutre encastrée.
- Si l’on désigne, comme au n° 12, par pe0, p, les moments d’encastrements, on a :
- ^o = - !V=4M + 2N
- fV, = + îV= 4N + 2M
- Ces résultats sont les mêmes que ceux du n° 12.
- Influence de la flexion des piles dans les cas où celles-ci sont assemblées avec la poutre d’une manière indéformable.
- y. La section de la poutre est variable.
- 22* — Reprenons l’équation (4 bis) du n° 10 : . ' .
- (ibis) 2*».+2“L~w=*r“SHrç){
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- 290 —
- dans laquelle :
- vc' — II„
- Cette équation peut se traduire ainsi : Au sommet de chaque pile, la différence de l’inclinaison de réactions (2<+2‘L) dans la poutre, et de l’inclinaison de réactions iq\\q, dans la pile, est égale à la différence de l’inclinaison initiale de l’encastrement et de l’inclinaison de charges dans la poutre.
- En appliquant cet énoncé, avec les notations actuelles, au point
- A.. :
- «•*,—*#*=*'— (2K+2****
- Or, nous avons vu au n° 19 que :
- D’où :
- (11 bis) ' - (2a?p.t + 2a^p*)
- Cette équation remplace ici l’équation (11) du n° 19..Quant aux équations (12), (13) et (14) du même n°, elles ne changent pas. Le système d’équations dont nous disposons est donc :
- (Il Ws) «Bt*,- h-'R^) = V - (2 A +
- <«> Y^.= ^-(2^+2^.)
- (13) «^-47;= f4,'+
- (14)
- p[J-é
- En-.adjoignant aux équations (11 bis) et (12), les équations de même forme relatives à la travée de rang (r — 1), puis, tirant des quatre équations ainsi formées les valeurs de , Yl~',
- i\ \J'e
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- — 291 —
- YJ , et enfin substituant dans (13) et (14), ii vient, après réductions :
- () Tf-iî4^+(Xr—; V^’
- () ^ (?r “ ’lr" Tr-1)!/R^,, '+ ('K“ R^- Ur*
- où U}. et Vr ont pour valeurs :
- u-'=«r-(2^+2*^,,) +(2‘ïr1+2*0
- ' 'y,-Y';"'+(2^:,+2«)i-(2Æi+2^1)!
- —“r '+( 2 “p( ' v 2 *W
- et ne contiennent que des quantités connues, ou que l’on sait déterminer.
- On peut remplacer les deux équations (a) et (b) par l’équation (a) et une équation obtenue en retranchant (a) et (b) membre à membre :
- (21) +,(Xr- ~ Tr-i)Hv.el + ^Rrc . • Vr>
- (22) («pr ïr):Jl{^ + (^ — ^- Tr)9R,,e + ^R^ ür“ Vf
- (Ur — Vr) a d’ailleurs pour valeur
- yr—y
- ü).-vr=,.'-(2«’p,+'2“ip»j'
- 1+( 2C+2*,;) ~ (2!/p,+2!/ap1)
- K
- On écrira les équations (21) et (22) de proche en proche d’une extrémité à l’autre de la poutre, et on tirera du système ainsi obtenu les valeurs des moments de réactions sur chaque pile, en remarquant que, à gauche de la pile A0 et à droite de la pile AWJ
- les moments de réactions sont nuis, c’est-à-dire que : ! ~ ‘
- V - ' A t: -y : -v-KàiohAànl
- - 9'Rr,—0 u- v., : 9-r^—0
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- 2. La section de la poutre est constante.
- 23• — Dans cette hypothèse, ©r, /r, prennent les valeurs
- indiquées au n° il, et les équations (21) et (22) deviennent dès lors :
- (21 bis)
- ' +
- dEI
- _ \ ’>• — i j_________________r r __________________\r
- 'r-iJVnv.' +6EI'R^
- (22 bis) 1 + (jjjj — + Tr'J’R[J.
- =ur-.vr
- Vr et U?. — Yr conservent les valeurs indiquées au n° précédent.
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- DEUXIÈME PARTIE
- CHAPITRE PREMIER
- Détermination graphique des moments fléchissants développés par l’application de charges quelconques, dans une poutre continue reposant sur des appuis situés à des niveaux quelconques.
- Sommaire : Rappel de quelques propriétés des polygones funiculaires. — Poutre continue de section constante reposant librement sur ses appuis.
- — Poutre continue de section variable reposant librement sur ses appuis.
- — Poutre continue, de section constante ou variable, encastrée sur ses appuis.
- Rappel de quelques propriétés des polygones funiculaires.
- — Les principes que nous allons rappeler brièvement sont démontrés tout au long dans le traité de statique graphique de notre savant professeur M. Maurice Lévy et dans le traité de construction de ponts du D1' Winckler.
- Premier polygone funiculaire.— Étant donnée (fig. U) une poutre droite reposant librement sur ses deux appuis A0, AN, soumise à l’action d’un certain nombre de charges P0, P„ P2, Ps, P4 (auxquelles pourraient, d’ailleurs, s’adjoindre des charges réparties), si l’on trace, — avec une distance polaire quelconque A, — un polygone des forces et un polygone funiculaire correspondant à ces charges; si, enfin, on mène la ligne 'qui joint les points d’intersection des côtés extrêmes du polygone funiculaire avec ;les verticales des appuis A , AN (ligne que l’on appelle ordinairement ligne de fermeture) :
- I. En un point M quelconque de la poutre (*), le moment fléchissant
- est égal au produit de la distance polaire A (mesurée a l’échelle des
- ( . ' ' ’ A ;ï
- (*) Voir Statique graphique, par M. Lévy. — Voir aussi l’Annexe II. urif;4
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- — 294
- forces), par la portion de verticale QR (mesurée à l’échelle des longueurs), menée en ce point, comprise entre le polygone funiculaire et la ligne de fermeture.
- j^PMUncejoloiTÊ « AjnAjrga.,
- C’est-à-dire que si est l’échelle derréduction des.longueurs, et-si (f) kilogrammes est ta force représentée sur l’épure :parl mètre
- on. a :
- d’où il résulte que (QR) représente le moment .gM, au- point M à
- l’échelle de
- IL Si l'on mène, dans le polygone des forces, un rayon parallèle à la
- ligne de fermeture, cette parallèle et les rayons extrêmes du polygone des forces interceptentr sur la. ligne des, charges ,B0, B3, deux, segments KB0, B5K, qui représentent (à l’échelle des forces) les réactions des appuis A0, Av • ;C'- . I ; - " -
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- ; III.-L'effort tranchant en tin point quelconque est représenté*(à l'échelle des forces) par la portion 'de la ligne des charges, comprise entre le rayon du polygone des forces parallèle à la ligne-de fermeture, et le rayon du polygone des forces parallèle au coté du polygone-funiculaire correspondant au point considéré. ..A A
- Exemple : Au point M correspond le côté (I) ; l’effort tranphant en M est représenté par BjK ; d?où l’on conclut que si.Ton prend la droite KK' pour axe des x, le diagramme des efforts tranchants est celui qu’indique la figure. . * : / :
- *£5. — L'igne moyenne fléchie (*). — Imaginons que l’on considère, en chaque élément de longueur dx de la poutre, une charge
- fictive jg^dx, |j. étant le moment fléchissant correspondante l’abàcisse
- de l’élément dx, et qu’avec une distance polaire B, on trace le polygone des forces, et la courbure funiculaire correspondante ces
- charges élémentaires. ^ dx (fig. 45); M. Mohr a démontré que ;
- B:\En chaque point, le produit [de
- portion de - verticale comprise
- entre la courbe funiculaire et la. ligne de fermeture par la distance polaire B', est égal a1 l ordonnée "de la lignevmoyennel fléchie* appoint considéré (la flexion étant.produite, par les charges qui donnent naissance aux moments A la condition toutefois de lire la portion de
- mh - V.
- (*) Voir, à la fin, l’Annexe III.
- m
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-
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- verticale à Véchelle des longueurs, et la distance polaire à l'échelle des
- valeurs de ~dx.
- El
- Cet énoncé donne lieu aux remarques suivantes :
- Remarque I. — Soient :
- 1
- j l’échelle de réduction des longueurs ;
- id. id. moments fléchissants ;
- id. id. coefficients d’élasticité ;
- id. id. moments d’inertie ;
- B la distance polaire mesurée en mètres sur l’épure même ;
- y la portion de verticale d’un point M quelconque, comprise entre la courbe funiculaire et la ligne de fermeture, portion de verticale lue en mètres sur l’épure même.
- L’échelle des dx est dès lors : --. » et il résulte de l’énoncé
- El jml\
- \ei )
- précédent que l’ordonnée y au point M a pour valeur :
- ,inml . Bl2m y — y lB — = y —— y 3 ei y ci
- y représente donc l’ordonnée y à l’échelle de
- Remarque H. — Si, au lieu de construire la courbe funiculaire en partant de charges élémentaires ^ dæ, — c’est-à-dire en prenant pour surface de chargement l’aire limitée par la courbe représentant les valeurs de -r^p, — on construit la courbe funiculaire en partant
- de charges jdx : les lignes qui, sur l’épure, représentaient les
- charges j^-dx dans le polygone des forces, sont multipliées par
- _1_____
- B£2to\ ei I
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- /E\
- f-j ; d’où il suit que, sur l’épure également, les valeurs de y sont
- multipliées par ; on en conclut que y sera donné par :
- y~~ y E ci ~ y E i
- y représente donc y à l’échelle de
- Bfm
- Ei
- Remarque III. —- Au lieu de construire la courbe funiculaire avec l’aire de la courbe des ^ comme surface de chargement, on peut
- construire cette courbe en partant de l’aire de la courbe des ^ (où
- A est une longueur arbitraire que nous fixerons cependant plus tard) ; — cette nouvelle manière de procéder équivaut à diviser,
- sur Députe, les longueurs qui représentaient les charges ~dx par
- !
- d’où l’on tire comme précédemment :
- y représente y à l’échelle de
- , A B l2rn
- 1
- y=y TTS~—'J
- , AB Im ËT:
- /AB lm\
- vhëtJ
- Remarque IV. — Dans le cas où la section de la poutre est constante, on peut prendre pour charges fictives ^dæ, au.lieu àz~dx; cette façon d’opérer équivaut à multiplier les longueurs qui représentaient, sur l’épure, les valeurs de — dx par ^ ; et les valeurs de y sont également multipliées par ce facteur; d’où :
- 'i/SBlm . , AB lui
- y=y i~w=y iir;
- l’échelle des y est donc ici -r.T,. . •
- m’y-îv.
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- , Ces remarques, un,peu longues peut-être, étaient nécessaires, eu égard à l’importance des échelles dans les calculs graphiques.
- II. En chaque point, le produit de Vinclinaison sur la ligne de fermeture de la tangente à la courbe funiculaire par la distance polaire
- (cette distance étant toujours mesurée à l’échelle des dx) est
- égal à V inclinaison sur l'horizontale de la tangente à la ligne moyenne
- fléchie. .............
- 11 faut entendre par inclinaison de la tangente, en M, par
- exemple (fig. 15), sur la ligne de fermeture, le quotient —, de l’ordonnée y de la courbe funiculaire en M, par la distance horizontale z- de ce. point M-aü-point d’intersection de la tangente à la funiculaire en M, avec la .ligne de fermeture, soit : d.
- L’inclinaison a de la tangente à la ligne moyenne fléchie sur ^horizontale est donnée par a—’-f, où z. est la distance horizontale
- du point M au point d’intersection de la tangente à la ligne moyenne avec l’axe horizontal de la poutre'avant. déformation; on a. tu
- que si l'on prend la courbe des ^ comme surface de chargement,
- , B l m ,, , . i.
- y— y—t—; or, s étant une longueur, z=zzl;
- d’où :
- ___y___y B Im _ , B Im t
- s z ei ~ ~ ci ’
- à = ^ représente donc a à l’échelle de
- , /B lm\ \~ëT J
- De même :
- ;67 :
- Si Von prend la'courbe des ^comme surf< de- chargé ! à=oi ai représente a à l’échelle dé
- ,Blmt E»;î
- /Blm
- \ËÏ
- , ÀBm
- Si Von prend la courbe des — comme surf, de chargé « — ’
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-
-
- a' représente a à l’échelle de
- Si l'on prend la courbe des ^ comme surf, de chargé
- - AB m
- y ----1
- El !
- a représente a à l’échelle de
- v-, W\
- 26, — Deuxième polygone funiculaire, t- Si, au lieu de tracer le polygone des forces et la courbe funiculaire au moyen des
- charges élémentaires ^ dx, on décompose d’abord la surface de hiL
- chargement en plusieurs segments par des verticales (fig. 46), et
- Fier. 16
- qu’à l’aide de forces égales aux aires de ces segments, supposées appliquées aux centres de gravité de ces mêmes segments, on trace un polygone des forces et un polygone funiculaire (la figube 16 montre le tracé de ce polygone ^funiculaire que l’on appelle deuxième polygone funiculaire, pour le distinguer de celui du n° 24) :
- I. Les ordonnées des points de la ligne moyenne fléchie, situés sur les verticales qui divisent la surface de chargement, sont égales aux produits des portions de ces verticales comprises entre le polygone funiculaire et sa ligne de fermeture (ces verticales étant mesurées à l’échelle des longueurs) par la distance polaire, choisie (cette distance
- polaire étant toujours évaluée à l’échelle des ^ dx).
- Exemple : L’ordonnée de la ligne moyenne fléchie au,point M est
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- 300 -
- égale au produit de PQ mesuré à l’échelle des longueurs par la distance polaire P> mesurée à l’échelle des ^ dx.
- IL. Les inclinaisons avec F horizontale des tangentes aux points de la ligne moyenne fléchie situés sur les verticales qui divisent la surface de chargement, sont égales aux produits des inclinaisons, sur la ligne de fermeture, des côtés du polygone funiculaire guipassent en ces points, par la distance polaire. (Cette distance polaire étant mesurée comme il a été dit précédemment, et l’inclinaison des côtés du polygone
- funiculaire évaluée toujours parle rapport
- III. Les deux pr incipes précédents sont encore vrais si on divise les segments définis plus haut en un nombre quelconque de parties par des lignes quelconques, et si on applique aux centres de gravité de ces parties des charges égales à leurs superficies respectives.
- Par exemple : Si le diagramme des moments est un polygone à côtés rectilignes (cas des charges distinctes), et si la section de la poutre est constante, une décomposition que l’on peut adopter et que
- nous retrouverons plus loin est la suivante : soient jjq, g2, p,3.les
- moments correspondant aux sommets du polygone ; on prend comme
- B mètres
- surface de chargement l’aire limitée par le diagramme des moments, et on tire, — ainsi que l’indique la figure 17, — une des diagonales de chacun des trapèzes du diagramme: la figure est ainsi décomposée en triangles aux centres de gravité desquels on applique des efforts ver-
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- 301
- ticaux ^-2....proportionnels à leurs aires respectives.
- (À est une longueur quelconque.) Le polygone funiculaire correspondant donne les ordonnées de la ligne moyenne fléchie aux points
- A-n Aa, A3.
- à l’échelle de
- AB/m\ El /
- mêmes points, à l’échelle de
- et les inclinaisons. &ïi ces
- Il faut remarquer que les verticales des centres d e gravité des triangles
- de décomposition divisent chaque intervalle A0Al5 AjA2, A2A3.......en
- trois parties égaies; on leur donne le nom de verticales trisec-trices.
- Nota. — Tout ce qui a été dit au n° 25, au sujet des échelles, s’applique encore ici.
- Poutre continue de section constante. reposant librement sur ses appuis.
- ST. — Il convient de rappeler d’abord les trois principes suivants. (Voir nos 4 et 44.) '
- En chaque point de la ligne moyenne fléchie de la poutre continue :
- I. Le moment fléchissant effectif [j, est égal à la somme algébrique du moment de charges ;jJp et du moment de réactions qR : p. = [JT + p,R.
- II. L'inclinaison effective de la ligne moyenne est égale à la somme algébrique de Vinclinaison de charges et de Vinclinaison de réactions : a == ap ~h aR •
- III. L'ordonnée effective est égale à la somme algébrique de l'ordonnée de charges et de l'ordonnée de réactions : y = yp + yR.
- S8. — Nous pouvons aisément déterminer, en chaque point, le moment de charges jj.p, d’après la construction indiquée au n° 24, c’est-à-dire en formant un polygone funiculaire correspondant aux charges données.
- Il reste donc, pour connaître le moment fléchissant effectif en chaque point, à déterminer, également en chaque point, le moment de réactions. Al'
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- A cet effet, nous allons étudier les déformations de la poutre.
- 33. — Nous construirons d’abord, à l’aide de la surface limitée par la courbe des moments de charges comme surface de chargement, le deuxième polygone funiculaire défini au n° 26, en prenant pour verticales décomposant la surface du chargement, les verticales des appuis, et pour efforts, dans le polygone des forces, les valeurs des quotients des aires de décomposition (*) par une longueur À, que nous nous donnons arbitrairement. C’est-à-dire que nous transformons les aires de décomposition en des rectangles de même base À, et qu’au lieu de prendre les aires comme forces, nous prenons les hauteurs des rectangles, qui leur sont proportionnelles.
- Dans ces conditions, — d’après le n° 26 et le n° 25, rem. IV, — les portions de verticales des appuis, comprises entre le deuxième polygone funiculaire et sa ligne de fermeture, représentent, à
- l’échelle de
- les ordonnées de charges aux appuis inter-
- médiaires ; et les inclinaisons des côtés du polygone funiculaire sur la ligne de fermeture représentent les inclinaisons de charges à
- l’échelle de ;. ; • Nous donnerons à ce polygone funiculaire le
- /ÀBm\ 1
- YËT7
- nom de deuxième polygone funiculaire des charges.
- 30. — En résumé, nous venons de déterminer trois éléments :
- 1° Le moment de charges en chaque point;
- 2° L’inclinaison de charges en tous les points d’appuis ;
- 3° L’ordonnée de charges en chaque appui intermédiaire.
- D’autre part, nous connaissons, — comme étant une donnée du problème, — Y ordonnée définitive en chaque appui intermédiaire.
- Or, on sait que l’ordonnée définitive en un point est égale à la somme algébrique de l’ordonnée de charges et de l’ordonnée de réactions. Il en résulte que nous avons facilement la valeur de l’ordonnée de réactions, en chaque appui, comme différence entre l’ordonnée définitive et l’ordonnée de charges (**).
- (*) Les aires de décomposition peuvent elles-mêmes être décomposées d’une manière quelconque en plusieurs parties (n° 26).
- (**) Dans le cas où les appuis sont de niveau, l’ordonnée définitive est nulle;
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- Il est évident que, pour effectuer cette différence, il faut avoir soin de prendre, pour échelle des ordonnées définitives, celle à laquelle, sur l’épure, sont déterminées les ordonnées de charges; — 1
- c’est-à-dire l’échelle de
- AB/m'
- ~W
- 34. — Le problème se pose maintenant ainsi :
- Étant données les ordonnées prises par la ligne moyenne fléchie d’une poutre, aux points d’application d'un certain nombre de forces inconnues (réactions), on demande de déterminer quelles sont les intensités de ces forces, ou plutôt quels sont, en tous les points de la poutre, les moments fléchissants engendrés par ces forces (moments de réactions).
- On sait que le diagramme des moments de ces efforts, qui sont des efforts distincts, est un polygone dont les sommets se trouvent
- sur les verticales des points d’application A15 A2... AN_ 2, AN_1 de
- ces efforts ; il suffit'donc, pour connaître le diagramme en entier, dedéterminer les moments en ces points A1? A2-----AN_2, AN—1, c’est-
- « v 1 2 N—2 N — -I
- a-dire p.R, ..... , [j.r
- Sur une épure (fig. 48) indiquons au-dessus ou au-dessous de la ligne A-0AN, suivant leurs signes, les ordonnées de réactions dont nous avons fait connaître précédemment la construction, ce qui donne une série de points Kv A'2, A'3 .... A'N de la ligne moyenne fléchie.
- Supposons, pour un instant, que les moments gj,, ;j.r, ;j,R...
- soient connus et que le diagramme de ces moments ait été tracé. D’après ce qui a été dit au n° 26-III, il suffit, pour déterminer les ordonnées de réactions, aux points Ad, A2 A3...... AN__| de tracer un
- 1 1 * 2 a
- polygone funiculaire en partant de forces égales à , —-, ,
- 2 s [J.RÔ
- 2^-.....appliquées suivant! es verticales trisectrices desintervalesAoA.^
- 1
- ABIm ’
- AjA2, A2A3...; etles ordonnées cherchées sont,—àl’échellede
- l’ordonnée de réactions est dès lors égale et de signe contraire à l’ordonnée de charges.
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- — les .segments interceptés sur les verticales , des points A1(; A2,
- A3.AN—1 par les côtés de rang impair du polygone funiculaire et la ligné de fermeture de ce polygone (*).
- Or, ce sont ces segments, ces ordonnées que nous connaissons : Si donc, en partant de ces segments, nous pouvons reconstituer le deuxieme polygone funiculaire des réactions, le problème sera résolu, car on remontera aisément de ce polygone au polygone des forces
- correspondant, et ces forces ont précisément pour intensités
- . -1 *
- V_2 !J-R52
- '2à'’ 2A
- valeurs d’où l’on tirera aisément
- Examinons de plus près le deuxième polygone réactions : il jouit des deux propriétés suivantes :
- 1 2 :!
- !J-|{ ’ f‘R ’ ‘JjR
- funiculaire
- des
- ’ 3â. —I. Contre-verticales sur piles. —- Les côtés de rang pair du 'deuxième polygone funiculaire des réactions se coupent deux à deux sur les contre-verticales sur piles.
- Considérons les côtés 2 et 4, par exemple (flg. 18); prolongeons les jusqu’à leur intersection B2. On sait que le point d’intersection
- (*) Nous appellerons ce polygone funiculaire : deuxième polygone funiculaire des réactions; le diagramme des moments de réactions sera le premier polygone funiculaire des réactions. Ces expressions sont les mêmes que celles adoptées déjà pour les charges. :
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- — 305 —
- do doux côtés d’un polygone funiculaire, appartient à la résultante-des forces comprises entre ces côtés. — B2 est donc un point de.la
- résultante P11 2 J~ 31 des forces et qui sont dirigées
- suivant les verticales trisectrices g2g2, ^2^2» voisines de la- pilé A23 En prenant les moments autour du point A2, il vient :
- :4S252 (4h ?js i4B2 +
- 2A 3 - h 2A 3 — 2A 1
- d’où :
- Oï----ô,
- Ps=
- C’est la verticale V2V2, d’abscisse p2 relativement au point A2, que nous appellerons contre-verticale sur la pile A2. La position de nette '
- verticale est indépendante des valeurs de ^............Donc, quel que}
- soit le système de valeurs de p.^, pj...'.., qui ait servi à tracer le-deuxième polygone funiculaire des réactions, les côtés de rang pair de ce polygone se coupent deux à deux sur les contre-verticales sur piles.
- 33. — IL Points fixes. — Dans des polygones funiculaires différents, — tracés en partant d'une direction arbitraire du côté 0, — dont les côtés de rang pair satisfont au théorème précédent, dont les côtés 0,1,3,5:. . .:
- sont assujettis à passer par des points donnés A0, A', A'2, Ag.A^_1?
- et dont le dernier côté n’est pas astreint à passer par AN, les côtés de' rang pair correspondants passent par un point fixe.
- Traçons un de ces polygones (fig. 49). A cet effet, menons d’abord toutes les contre-verticales sur piles, et toutes les verticales trisectrices. Mettons également en place les points Ai, A'2, A3...... par où
- doivent passer les côtés de rang impair 1, 3, 5......
- Cela posé, nous donnons par hypothèse une direction quelconque au côté 0 qui passe par A0 ; le côté 0 rencontre la première verticale trisectrice gigi en un point (0, 1) appartenant au côté 1, qui dès lors est déterminé par les points (0,1) et Ai. Le côté 1 rencontre la deuxième verticale trisectrice g\g en un point (1, 2) appartenant au côté 2; —^ d’ailleurs^, d’après le théorème précédent, les., çôtés O,et 2 se coupent sur la contre-verticale de la pile Alt en un poinL Bi qui s’obtient, en .prolongéant 0 jusqu’à y fVj ; — le côte 2 est donc.)
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- — 306 —
- déterminé par (1, 2) et B4. Ce côté 2 coupe en (2, 3) la troisième verticale trisectrice, ce qui fait connaître un point de 3; mais 3 doit passer par A^; il est donc défini de position par (2, 3) et A2.
- On continuera ainsi, de proche en proche, la construction des côtés, en se basant toujours sur ce que les côtés de rang pair se coupent sur les contre-verticales sur piles, et que les côtés de rang impair sont assujettis à passer par les points Aj, A2, A3.... Le dernier côté du polygone ne passera pas par le point AN, puisque le premier côté 0 a été mené dans une direction arbitraire.
- Revenons maintenant au commencement de ce tracé :
- Considérons le triangle [(0, 1) (1, 2) BJ : quelle que soit la direction donnée au côté (0, 1) B15 c’est-à-dire au côté 0 : 1° les trois sommets (0,1), (1, 2), Bt, sont astreints à se trouver sur trois droites déterminées qui sont les deux premières verticales trisectrices et la contre-verticale de la pile At; 2° les côtés 0 et 1 sont assujettis à passer par des points donnés A0 et Aj.
- De la première de ces conditions il résulte que, si, partant de A0, on donne au côté 0 des directions différentes, les triangles tels que’[(0, 1), (1,2)6*], correspondant à ces directions, sont perspectifs (sommets correspondants situés sur trois droites concourantes; ici le point de concours est à Vinfini) ; donc, d’après un théorème connu, les points d’intersection des côtés correspondants de ces triangles sont en ligne droite.
- Or, d’après la deuxième condition, nous connaissons déjà deux de ces points d’intersection qui sont A0 et Aj, car les côtés 0 et 1 des différents triangles doivent passer tous par ces points.
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-
- Donc, le troisième point d’intersection L2 s’obtient en tirant AoAi et prolongeant jusqu’au côté (1, 2) B1 ; et le point L2 est fixe de position quand on fait varier la direction du côté 0.
- Le même raisonnement s’applique au triangle [(2, 3), (3,4) Baj, dont les côtés 2 et 3 passent constamment par les points L2 et A'2 ; le troisième côté passe donc constamment par un point fixe L3.
- En résumé, les côtés de rang pair passent par des points fixes L,, L3, Lj etc., faciles à déterminer en traçant un polygone funiculaire d'essai, en partant de A0.
- On remarque maintenant que ce qui vient d’être dit, pour les polygones funiculaires tracés en partant du point A0, est vrai pour les polygones funiculaires que l’on tracerait en partant du point Ar D’où l’on conclut à l’existence d’une deuxième série de
- points fixes LN-1, LN _9....., L',, L' par lesquels doivent passer les
- côtés de rang pair des polygones funiculaires ayant pour origine le point An.
- Finalement on voit que :
- 1° Les côtés de rang pair des polygones funiculaires, dont le
- premier côté passe par A0, passent par des points fixes L2, L3, L4.,
- LN_Ln.
- 2° Les côtés de rang pair des polygones funiculaires, dont le premier côté passe parAN, passent par des points fixes L'N_1....,L'.
- Donc :
- Les côtés de rang pair du polygone funiculaire cherché (dont les côtés extrêmes passent par AQ et AN) sont déterminés par les couples de point s fixes (La, L'a). (L3, L'3)., (LN_1, L^).
- Quant aux côtés extrêmes, ils sont déterminés par les couples de points fixes (A0, L') et (A„, LN).
- Nota. —Nous donnons toujours aux verticales trisectrices et aux contre-verticales sur piles le n° de la pile voisine; tandis que les points fixes portent le n° de la travée qui les renferme.
- 34. — Les propriétés que nous venons de démontrer suffisent pour tracer le deuxième polygone funiculaire des réactions. La marche à suivre sera en résumé la suivante : #
- 1° Mettre en place sur l’épure les points A', A'a, A'....,., AN_,,
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- comme il a été dit au n° 31 ; tracer les verticales trisectrices et les contre-verticales sur piles.
- 2. Déterminer les couples de points fixes conjugués, définis au n° 33, en traçant un polygone funiculaire .d’essai partant de A0 avec une direction arbitraire pour son côté 0, et un polygone funiculaire d’essai partant de AN avec une direction arbitraire pour son côté n.
- 3° Joindre les points fixes conjugués, deux à deux, ce qui met en place sur l’épure les côtés de rang pair et les côtés extrêmes (Vérification : les prolongements de ces côtés doivent se couper sur les contre-verticales sur piles.)
- 4° Tracer chaque côté de rang impair en joignant les points d’intersection des deux côtés de rang pair adjacents à ce côté avec les verticales trisectrices qui comprennent ce même côté. (Vérification : Les côtés de rang impair doivent passer par les points A), A'2, A3...., AN_1j. Exemple : 3 est déterminé par les points d’intersec-
- tion (2, 3), (3,4) des côtés de rang pair 2 et 4 avec les verticales trisectrices g2g2, g’zg2-
- 35. — Si maintenant, — conformément à ce qui a été dit au n°31, —nous remontons du deuxième polygone funiculaire des réactions au polygone des forces correspondant, ces forces auront
- précisément pour valeurs Ï5-L ..., —^Lii, —??.-
- F F 2A 2A 2A 2A 2A 2A
- A cet effet, il suffira de mener, par un pôle quelconque/des rayons
- parallèles aux côtés du deuxième polygone funiculaire des réactions,
- et de couper ces rayons par une verticale située à une distance du
- pôle égale à la distance polaire B admise dans le tracé du deuxième
- polygone funiculaire des charges : les segments interceptés sur
- ^
- 2A ’ 2A ’
- t y [jJ O (A1
- cette verticale par les rayons sont égaux à ALi>
- N.-U . N — -iss . °N — \ °N
- 2A ‘ ! 2A
- On remarque que le tracé des côtés de rang impair du deuxième polygone funiculaire des réactions est inutile, puisq_u’à l’examen de cedeuxième polygone funiculaire et du polygone des forces correspondant, on reconnaît que les rayons du polygone des forces, parallèles aux-côtés -extrêmes et - aux côtés de rang pair du deuxième polygone
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- — 309 —
- funiculaire, interceptent, sur la verticale des forces, les quan-
- A+s3 n-A-h+'§n r\ \ a
- -•••••' |ar ^—-v On peut donc se con-
- tités
- tenter de mener les côtés de rang pair et les côtés extrêmes du deuxième polygone funiculaire des réactions, et conserver la construction des côtés de rang impair comme une vérification de l’épure.
- (j
- Des valeurs de [j^-
- 2A
- _2, ,j.a 2 1 1 2 A
- -............. H
- 2A
- —j on tire, par
- des quatrièmes proportionnelles, |j.2......., qui permettent
- de tracer le diagramme des moments de réactions.
- Nota. — Dans le cas où plusieurs travées seraient égales entre elles, il sera avantageux de donner à A la valeur de la longueur o de ces travées, car si l’on considère deux travées consécutives S , B Lj
- parmi ces travées égales, on aura : |i±l — pÿ
- 20 2g
- \ipr se lira donc directement sur la verticale des forces, et il en sera de même pour tous les moments de réaction sur les piles adjacentes à deux travées égales à §.
- Dans le cas où toutes les travées seraient inégales, on pourra prendre pour A la valeur de la moyenne arithmétique des longueurs de deux travées consécutives, ou de la moyenne arithmétique des longueurs de toutes les travées, ou une quantité s’en rapprochant.
- Finalement, on cumulera les valeurs des moments de réactions avec celles des moments de charges, et on aura les moments définitifs en chaque point. : ::
- 36. — En résumé, la série des constructions à effectuer pour déterminer les moments fléchissants, dans une poutre continue, est la suivante :
- 1° Tracer le premier polygone funiculaire des charges. (Moments de charges. — Voir n° 28.)
- 2° En déduire le deuxième polygone funiculaire des charges, c’est-à-dire les ordonnées de charges aux points.^-, A2' AN_V (N° 29)
- 3° Tirer de là, par différence entre les ordonnées définitives données, et les ordonnées de charges, les valeurs dés ordonnées de réactions en ces mêmes points. (N° 30.) - • -
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- 4° Tracer, au moyen de ces ordonnées de réactions, le deuxième polygone funiculaire des réactions (n° 34), et remonter, de ce polygone funiculaire, aux valeurs des moments de réactions sur piles. (N° 35).
- 5° Cumuler, en tenant compte de leurs signes, les moments de charges et les moments de réactions, ce qui donne les moments définitifs. (N° 35.)
- 3^o — Remarques sur les points fixes et le tracé nu deuxième
- POLYGONE FUNICULAIRE DES RÉACTIONS.
- Pour une même poutre, lorsque la charge change d'intensité et de position — c'est-à-dire lorsque les ordonnées de charges, et par suite les
- ordonnées de réactions A(A', A2A'2, A3A'3.., AN_1A'N_1, varient, —
- les points fixes LL3, L/(.. LN ; L', L',..., L'N_ 1, se déplacent sur des
- verticales.
- Pour le démontrer, il suffit de faire voir que l’abscisse du point L2 est indépendante de l’ordonnée de Ai ; que l’abscisse de L3 est
- indépendante de l’ordonnée de A'2 et de celle de L2, etc....
- A cet effet, reprenons la figure du n° 33, et traçons, en partant de A0, un deuxième polygone funiculaire d’essai analogue à celui déjà tracé.
- Pour distinguer l’un de l’autre ces deux polygones funiculaires, adoptons, pour l’un, des lettres majuscules et des chiffres arabes; pour l’autre, des lettres minuscules et des chiffres romains. (PI. 405,
- fis- -20.)
- Cela posé, on a :
- (1,2) (I, ü) _
- (0,1) (0, 1)
- (0,1) (0,1)^
- ba "
- a, constante indépendante de l’ordonnée de Ai ;
- b, constante indépendante de l’ordonnée de Ai ;
- Multipliant membre à membre :
- (1, 2) (I, II)
- BA
- = ab.
- Le rapport de ces deux lignes étant indépendant de l’ordonnée de Ai, l’abscisse de L2 est elle-même indépendante de l’ordonnée de Ai. Le lieu décrit par L2, quand Ai se meut verticalement, est donc une verticale.
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- On a de même : »
- (3, 4) (III, IV)
- (2, 3) (II, III) / où a’ et b' restent constantes, quand L2 et A'2 se (2, 3) (II, III) L, ( déplacent verticalement.
- BÂ ~b j
- Et en multipliant membre à membre
- (3, 4) (III, IV) _,t,
- BA —at)-
- Ce rapport est donc indépendant des ordonnées de L* et de Ài2. D’où l’on conclut, comme précédemment, que, lorsque L2 et A2 se déplacent sur des verticales, L3 décrit aussi une verticale.
- On démontrerait de même que les lieux décrits par tous les autres points fixes sont des verticales, quand les points Ai, À2v. ... décrivent eux-mêmes des verticales.
- De ce qui vient d’être dit, il résulte que l’on peut, à priori, avant d’avoir construit les points A', A'2, A'3., AN_1? déterminer les verti-
- cales des points fixes : il suffit, en effet, de se donner arbitrairement
- les points A', A'2.... A'N_ et d’appliquer à ces points le tracé du
- polygone funiculaire d’essai défini au n° 33. En particulier, on peut
- supposer que A', A2...... A'v_1 coïncident avec A , A„.... , AN_ , et
- la construction devient la suivante :
- De A0 mener une divergente quelconque A^pq qui rencontre glgl en ml et VAi en n, ; tirer miAi et prolonger jusqu’en p\ ; mener nxp\, qui coupe A0A1 prolongé en 4; 4 appartient à la verticale du point fixeh2 ; car 4 est le point fixe autour duquel tourne le côté ntpi du triangle mpqpi lorsque les sommets de ce triangle décrivent les verticales g$u V/Vi, g\git et que les côtés m{nu m{p\ oscillent respectivement autour des points A0 et Aj, — de même que L2 est le point fixe autour duquel oscille le côté Bj (4,2) du triangle (0,1) (1, 2) Bt, lorsque les sommets de ce triangle décrivent les verticales g{gu VjVi, g\g\, et que les côtés (0,1) B15 (0,1) (1, 2) oscillent respectivement autour des points A0 et Ai.
- La verticale du point fixe L2 est donc 44-
- La verticale du point fixe L3 se détermine en répétant, relativement aux points 4 et A2, la construction qui vient d’être effectuée pour les points A0 et At. Cette construction se justifie comme celle de la verticale de L2, c’est-à-dire en remarquant d’analogie
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- des conditions dans lesquelles se trouvent les deux triangles m2n2p2 et (2, 3) B2(3,4).
- Nous venons de retomber ainsi sur la construction des verticales des points fixes donnée pour la première fois par M. Mohr.
- La construction des verticales de la deuxième série de points fixes L', L2..., Ln_^ s’effectuera de la même manière, mais en par-
- tant de An au lieu de partir de AQ. — Les deux séries de verticales des points fixes sont construites sur lafig. 21, (PL 105) pour .une poutre à cinq travées.
- Une fois les verticales des points fixes construites, pour avoir les
- points fixes L2, Lg..., LN de la première série, il suffira (fig. 20) de
- mener A0Aj qu’on prolongera jusqu’à son intersection L2 avec L2 est un des points fixes; puis de tirer L2A2 qu’on prolongera jusqu’à son intersection L3 avec y3; L3 est un des points fixes, etc.; en un mot, pour déterminer un point fixe, connaissant le point fixe précédent, on joindra ce dernier point fixe à l’extrémité de l’ordonnée de réactions située à sa droite, et on prolongera la ligne ainsi obtenue jusqu’à son intersection avec la verticale du point fixe cherché.
- Les points fixes delà deuxième série se détermineront de la même manière, mais en cheminant dans le sens ANA0.
- Ces constructions ont été faites (PL 105, Fig. 21) pour une poutre à cinq travées.
- Il suffit, à présent, de joindre les couples de points fixes, comme il a été dit au n"; 34, pour obtenir les côtés de rang pair du deuxième polygone funiculaire des réactions ; —c’est ce que nous avons fait
- (iki- M)-
- ... Ces côtés de "rang pair doivent se couper sur les contre-verticales, sur piles (N° 32).
- , Nous n’avons pas tracé les côtés de rang- impair qui. sont inutiles', ainsi que nous l’avons fait observer au n° 3o.
- Nota. —- Il faut remarquer que la ligne A AN,- c’est-à-dire la droite à laquelle on rapporte les ordonnées de réactions, n’a pas besoin, dans l’épure, d’être tracée horizontalement; la condition d’horizontalité de cette ligne n’est, en effet, entrée dans aucune de nos démonstrations. -
- 38.—r Réactions des appuis.—r Ayant déterminé le diagramme des1
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- moments de réactions, ou premier.polygone funiculaire des réactions, on mènera, par un pôle quelconque, des rayons parallèles aux côtés de ce diagramme, rayons que l’on coupera par une verticale distante du pôle de Ainètres(*) : les:segments interceptés sur cette verticale, par les rayons, représenteront les réactions sur les appuis intermédiaires, à l’échelle adoptée pour les forces dans les tracés précédents.
- Cette construction n’est que la construction réciproque de celle indiquée au n° 24, 1; en effet, au lieu de déterminer, comme au n° 24, les moments, en partant des forces, nous déterminons ici les forces, en partant des moments.
- Poutre continue, de section variable, reposant librement sur ses appuis.
- 30. La marche à suivre reste celle qui a été résumée au n° 36 pour la poutre de section constante. Les différences ne portent que sur la manière de réaliser chacune des opérations indiquées. Nous allons les examiner successivement.
- 4:0. — Tracer le premier polygone funiculaire des charges.
- La construction reste la même que dans le cas précédent, puisque la section de la poutre n’intervient pas. Ce tracé donne les moments de charges p,p en chaque point.
- 41. — Déduire du premier polygone funiculaire des charges, le deuxième polygone funiculaire de ces mêmes charges, c’est-à-dire les ordonnées de charges des points A^, A2 ..... AN_1.
- Ici on prendra pour surface de chargement l’aire limitée par la
- courbe des—^, ainsi qu’il est indiqué au n° 25, Rem. III; ce qui
- 1
- donnera les ordonnées de charges à l’échelle de • Ou, ce
- (~ir )
- qui revient au même, on prendra pour surface de chargement l’aire
- !J.„ , ,y-, , .
- des y,' et l’on réduira chaque aire de décomposition a la base A.
- (*) A a ici la valeur qu’on lui a' donnéè pour tracer le premier polygone funiculaire des charges. Ao
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- Il faut remarquer qu’on peut se dispenser d’effectuer le quotient \K
- -y en chaque point. Pour cela, il suffit de prendre l’aire des ;j.p
- comme surface de chargement et de faire varier, dans la construction du deuxième polygone funiculaire, la distance polaire B, en lui donnant constamment la longueur BI.
- Fier. 23
- Fier. 2 2
- Comparons en effet ces deux constructions (fîg. %% et : dans l’un et l’autre cas, on divise la surface de chargement en éléments de largeur (Aa?) assez faible pour que, dans l’intervalle (Aa?), on puisse considérer l’ordonnée de la surface de chargement comme constante. Donc, dans l’une et l’autre construction, les verticales des
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- centres de gravité de ces surfaces élémentaires occupent la même position.
- Dans la première construction (fig. 22), les surfaces élémentaires
- [Xp
- ont pour valeurs — (A,r); dans la deuxième (fig. 23), elles ont pour valeurs [xp(Aæ); et les lignes qui* servent à former l’un et l’autre
- polygone des forces, ont pour longueurs :
- I
- (A*)
- et
- iXp(Aæ)
- A A
- Dans la première construction, la distance polaire B reste constante; dans la deuxième, nous partons d’une première distance polaire BI*, — étant le moment d’inertie supposé constant entre les verticales qui limitent la petite surface de chargement 1', — et
- nous dirigeons le premier rayon du polygone des forces
- P'p(A^)
- rallèlement au premier rayon du polygone des forces
- A
- [Xp(Aæ)
- IA
- pa-
- ; soit
- Oj le pôle ainsi obtenu. Le deuxième rayon du polygone des forces est la droite 2'); ce rayon est parallèle au rayon 0(1,2) du [xp(Aa?)
- polygone des forces-y-y-, car les deux triangles [0M('l,2)]et
- [Od M' (!', 2')] sont semblables, comme ayant les angles M et M'-égaux, et leurs bases et hauteurs homologues dans le rapport de 1 àl*.
- Prenons maintenant, sur le rayon 01 (!', 2'), un nouveau pôle 02 à une distance polaire égale à BI2, et menons le rayon 02(2', 3'); ce rayon est parallèle au rayon 0 (2,3), pour les mêmes raisons que
- 04 (4i 2') est parallèle à 0(1,2).. En construisant, de proche en
- g (Au?)
- proche, les rayons du polygone des forces —^— , on verrait, comme
- précédemment, que tous ces rayons sont parallèles aux rayons
- [X (Aæ)
- correspondants du polygone des forces —- y-•
- En résumé, les verticales des centres de gravité des surfaces élé-[xp(Aæ)
- mentaires
- I
- • et |xp(Aa?) occupent les mêmes positions, et les . [xp(Ao?) i* (Aa?)
- rayons des polygones des forces —yy— et —^— sont respective-
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- ment parallèles ; donc les polygones funiculaires correspondants sont superposables.
- 43. — Tirer, par différence entre les ordonnées définitives et les ordonnées de charges aux appuis intermédiaires, les valeurs des ordonnées de réactions en ces mêmes points.
- Cette différence se fera naturellement en évaluant les ordonnées définitives, qui sont des données, à l’échelle des ordonnées de charges qu’on vient de construire, c’est-à-dire à l’échelle de
- 43.— Tracer, au moyen des ordonnées de réactions, le deuxième polygone funiculaire des réactions, et remonter, de ce dernier, ceux valeurs des moments de. réactions sur piles.
- Supposons, pour un instant, comme nous l’avons fait pour la poutre de section constante (n° 31), que les moments de réactions
- / AB/m\ * V Ei )
- sur piles soient connus. D’après le n° 25, il faut, pour déterminer les ordonnées de réactions aux points A^, A2, AN__+ (fig. M),
- considérer une surface de chargement limitée par la courbe des
- (gR et I étant le moment de‘ réactions et le moment d’inertie en un point quelconque de la poutre), et de construire le deuxième polygone funiculaire correspondant. *. . . V
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- Nous savons que, pour déterminer ces ordonnées, (n° 26) on peut décomposer la surface de chargement en segments par les verticales des points A.,, A3........A^^, puis considérer les aires de ces
- segments comme condensées en leurs centres de gravité respectifs.
- Nous savons de plus (n° 26, III) que chacun de ces segments peut lui-même être décomposé, d’une façon quelconque, en autant de parties que nous voulons. Considérons F un quelconque d’entre eux,
- — celui limité par les verticales des points A2 et A2 par exemple,
- — et voyons quel mode de décomposition il convient de choisir.
- En un point quelconque de l’intervalle A^, le moment [j,R a pour
- valeur :
- {"•R . , :4
- 'Ar 8, ^ A- 8
- d’où, pour le point considéré :
- îÇr _ du m i-R m
- I “ 8, 1+ o„ I
- 'XR X
- On peut donc regarder chaque ordonnée y de la surface de char-
- A ,
- gement comme formée de deux parties : - et —-ï.. Soit M ie point.
- de séparation de ces deux parties. Le lieu des points M est une courbe C^. Cette courbe divise la surface de chargement A1C1C2A2 en deux régions A^A^ et A2C1C2; ce sont ces deux aires que nous prendrons comme aires de décomposition. : e-t .
- Évaluons-les, et cherchons-en les centres de gravité : -
- dx •
- x' — 0
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- De même :
- La position des verticales des centres de gravité des surfaces de chargement ACjMA^ AgMC^ est donc indépendante des valeurs de y.'R et de [x®. Ces verticales sont analogues aux verticales trisectrices dont nous nous sommes servis dans le cas de la poutre de section constante; aussi leur conservons-nous la même dénomination, bien qu’elles ne divisent pas la travée en trois parties égales.
- Admettons que l’on ait mis en place, dans chaque intervalle A^,
- A1A2, A2A3 ..... An_2An_j), An_1An, les verticales trisectrices. (Nous
- verrons plus loin comment on peut faire graphiquement cette opération.)
- On doit considérer, comme agissant suivant ces verticales, des charges fictives :
- proportionnelles aux aires A^Cj, A1C1MA2, A2MC1C2 ...., etc (*).
- Si les moments p,®......étaient connus, ces charges le
- seraient également; et si l’on construisait le polygone funiculaire correspondant à ces .dernières (deuxième polygone funiculaire des
- (*) A a ici la même valeur que dans le tracé du deuxième polygone funiculaire des charges.
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- — 319
- réactions), les côtés de rang impair de ce polygone funiculaire et sa ligne de fermeture intercepteraient, sur les verticales des points
- , ,, 1
- A(, À2, ...des segments représentant à 1 echelle de -
- vêt)
- les ordonnées de réactions, que nous connaissons précisément.
- Si, inversement, partant de ces ordonnées connues, nous pouvons reconstituer le deuxième polygone funiculaire des réactions, le problème sera résolu, car on remontera aisément du polygone funiculaire au polygone des forces correspondant; et ces forces ont pour valeurs :
- d’où l’on dégagera les inconnues g^, g,-* .etc.
- 44» — On voit maintenant qu’il y a une analogie complète entre le cas actuel et celui de la poutre de section constante. Les divergences portent seulement sur les deux points de détail suivants :
- Dans la poutre de section constante : 1° Les verticales trisectrices partagent chaque travée en trois parties égales. — 2° Les forces servant à former le deuxième polygone funiculaire des réactions ont pour valeurs :
- 2A 2A 2A
- Dans la poutre de section variable : 1° Les verticales trisectrices ne divisent plus les travées en trois parties égales. 2° Les forces servant à former le deuxième polygone funiculaire des réactions ont pour valeurs :
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- — 320
- On démontrerait de même qu’au n° 32 que :
- Les cotés de rang pair du deuxième polygone funiculaire des réactions se coupent deux à deux sur des verticales, dont la position est indépendante des ;q( sur piles, et gue nous appellerons encore contre-verticales sur piles.
- Au n° 32, la contre-verticale de la pile A2, par exemple, est la verticale du centre de gravité de l’aire ici la contre-
- verticale de la même pile est la verticale du centre de gravité de l’aire A2C1C2C3 (/ùy. 24).
- La propriété du deuxième polygone funiculaire des réactions relative aux points fixes subsiste ici et se démontrerait comme au n° 33.
- En résumé, de tout ce qui précède il résulte qu’à part la mise en place des verticales trisectrices, et des contre-verticales sur piles, la marche indiquée au n° 34, pour la construction du deuxième polygone funiculaire des réactions, dans le cas où la section de la poutre est constante, s’applique encore au cas de la section variable.
- Considérons, par exemple, l’intervalle A*A2. Les verticales trisec-tri'ces sont les verticales des centres de gravité des aires AjAdVICp
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- — 3-21
- AgMCiCa- La position de ces verticales est indépendante des valeurs de |jl^, ainsi que l’ont montré les formules (2) et (2 bis)r du n° 43. Il suffit donc de chercher les centres de gravité des airès
- OC 00
- limitées par les courbes représentatives des valeurs de ~ et de
- ce qui peut se faire (fig. 23) en décomposant ces aires en éléments
- 10 00 '
- y(A.r), j(Ar), qu’on réduira à la base commune A, et en traçant
- le polygone' des forces et le polygone funiculaire correspondant à chacune de ces aires.
- Mais on peut opérer plus simplement (c’est-à-dire éviter de faire les quotients en chaque point), en se basant sur la construction employée déjà au n° 41 pour le tracé du polygone funiculaire, correspondant à la surface de chargement limitée par la courbe des
- a !
- y. La construction de chacun des polygones funiculaires actuels (fig, 26) se fera comme celle du polygone du n° 41, eri remplaçant
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- — 322
- g par x ou ai. Les prolongements clés côtés extrêmes de ces polygones funiculaires donnent, par leurs intersections, des points situés sur les verticales des centres de gravité cherchés, c'est-à-dire sur les verticales trisectrices. (La figure n’indique la construction que d’une des deux (verticales trisectrices de l’intervalle AjAg.)
- On remarque que si l’on mène, par un pôle quelconque, des paral-
- lèles aux rayons des polygones des forces
- x(à.x) x'(Ax)
- 5 et si on les
- coupe par une verticale située à une distance du pôle égale à B, on
- oo ( àx) x ( A/y?)
- reproduit précisément les polygones des forces y ; les
- portions de cette verticale comprises entre les rayons extrêmes de ces derniers polygones des forces ont pour valeurs :
- >x' — Oa
- - dx
- x' — 0
- Exemple. — Pour déterminer la dernière de ces quantités, on mènera (fig. 26) par un pôle quelconque des parallèles aux rayons extrêmes C^K, 09L, et on coupera ces parallèles par une verticale GH, distante de B du pôle : GH représentera la quantité cherchée. — Construction analogue pour la première intégrale.
- Nous savons maintenant construire les verticales trisectrices et
- les valeurs des intégrales : y
- jdæ- |
- ix' — ô„
- y dx , pour la travée
- X — 0 fX x'=z{)
- A^. Supposons que ces opérations aient été faites pour chaque travée, et passons à la construction des contre-verticales sur piles :
- D’après le n° 44, la contre-verticale de la pile A2, par exemple, est la verticale du centre de gravité de l’aire A2MC1C2C3 (fig. 26). Or, nous connaissons les verticales des centres de gravité des aires A2MC1C2, A2C2C3, qui sont les verticales trisectrices, et nous savons de plus que ces aires ont pour valeurs (n°43 ) :
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- Il suffit donc, pour obtenir la contre-verticale de la pile A2, de chercher la résultante de deux forces verticales proportionnelles à ces valeurs et supposées appliquées suivant les verticales trisectrices voisines de la pile A2. On sait faire cette recherche. On peut prendre comme forces proportionnelles :
- et
- I S2 I x' ,
- li / idx’
- «-/,T = 0 KS-af — 0
- qui sont connues, puisque nous avons vu comment, dans chaque travée, on construisait les quantités de la forme ^ I -jdx, ^ I y
- 40. — Le deuxième polygone funiculaire des réactions étant tracé, voyons comment on peut remonter aux valeurs des moments de réactions sur piles:
- Si l’on construit, avec une distance polaire B, le polygone des forces correspondant à ce polygone funiculaire, on détermine ainsi des forces ayant pour intensités (n° 43) :
- etc.
- ont été construites au n° 45 ; on o2, ..... sont connus.
- D’où il résulte que \jéR, p,|, .. etc., s’obtiendront par une série
- de quatrièmes proportionnelles entre trois lignes connues qui sont pour par exemple :
- 1 A
- i
- Enfin, pour avoir les -moments fléchissants effectifs, on devracumu-
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- — 324 —
- 1er, en tenant compte de leurs signes, les moments de charges et les moments de réactions.
- Poutre continue, de section constante ou variable, encastrée sur ses appuis sous des angles donnés.
- 4T. — Dans cette hypothèse, — que la section de la poutre soit constante ou variable, — voici la marche à suivre qui est beaucoup plus simple que celle indiquée pour les poutres reposant librement sur leurs appuis :
- On tracera le 'premier et le deuxième polygones funiculaires des charges, comme il a été dit nos 28, 29, 30, 40, 41, ce qui fera .connaître :
- 1° Le moment de charges en chaque point.
- 2° L’inclinaison de charges en chaque point d’appui.
- 3° L’ordonnée de charges en chaque appui intermédiaire.
- On tirera de ces deux derniers éléments :
- 1° L’inclinaison de réactions en chaque appui, par différence entre l’inclinaison définitive donnée (inclinaison de l’encastrement à l’appui considéré) et l’inclinaison de charges.
- 2° L’ordonnée de réactions en chaque appui intermédiaire, par différence entre l’ordonnée définitive donnée et l’ordonnée de charges.
- Le tracé du deuxième polygone funiculaire des réactions est dès lors facile :
- Admettons que l’on ait mis en place les verticales trisectrices (*) Marquons, sur l’épure, les ordonnées de réactions aux appuis intermédiaires : soient A', A'2, A'3 .....A)v_1 les points ainsi obtenus.
- Puis, par A , A', A) ..... A^_4, AN, menons des lignes ayant sur
- AflAN des inclinaisons respectivement égales aux inclinaisons de réactions aux points A0, A|5 As .....AN_i, Av Ces lignes représen-
- (*) Ici la première et la dernière travée ont deux verticales trisectrices, et non une seule, comme cela avait lieu dans le cas du repos libre sur les appuis, car les moments de réactions en A0 et en AN ne sont pas nuis, et donnent lieu à deux surfaces de chargement qui, dans le cas de la poutre de section con-[j.U, [AL
- stante, sont proportionnelles à -^r- > -r— • za za
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- tent précisément les cotés du deuxième polygone funiculaire des
- réactions qui passent par A0, A', A^ ....... A'N—1, AN, c’est-à-dire
- les côtés de rang impair.
- Pour obtenir les côtés de rang pair, on limite les côtés de rang impair à leurs points d’intersection avec les verticales trisectrices, et on joint, deux à deux, ceux de ces points qui se trouvent sur les deux verticales trisectrices appartenant à une même travée.
- Le deuxième polygone funiculaire des . réactions étant tracé, on remonte au 'premier polygone funiculaire des réactions comme il a été dit aux nos 35 et 46. Sur chaque appui intermédiaire on trouve deux moments de réactions : l’un correspondant à une section située immédiatement à gauche, l’autre à une section située immédiatement à droite de l’appui.
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- CHAPITRE II
- Complément de méthode graphique
- Détérmination directe des moments fléchissants sur piles,
- 48. — Considérons une travée quelconque de la poutre : celle de rang (m) par exemple ; soit DGE la portion du diagramme des moments de charges comprise dans cette travée; soit HK la droite représentative des moments de réactions dans cette même travée. Nous superposons ces deux diagrammes pour faire plus facilement la différence de leurs ordonnées.
- On sait qu’en un point M quelconque on a ,
- = qp + u-R.
- Sur la figure, (-f- p,p) est représenté par MP et (— p.RJ par MN. D’où :
- g. = MP — MN,
- et :
- ;v. = (MP — ML) — (MN — ML) = LP — LN.
- Nous appellerons la quantité (-(-LP) moment de charges réduit, et la quantité (— LN) moment de réactions réduit. Nous les représenterons respectivement par Mp et MR; d’où :
- u. =. Mp -j- Mr.
- Cette relation se traduit de la manière suivante :
- I. —• En chaque point de la ligne moyenne fléchie de la poutre continue,
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- le moment fléchissant définitif jj. est égal à la somme algébrique du moment de charges réduit Mp et du moment cle réactions réduit MR.
- Nous appellerons maintenant :
- 1° Inclinaison de charges réduite <xp, et ordonnée de charges réduite y‘p en un point, l’inclinaison et l’ordonnée qui se produiraient, en ce point, dans la poutre A ÂN, privée de ses appuis intermédiaires, reposant librement sur ses appuis extrêmes AQ et AN, et fléchie par des efforts tels que les moments fléchissants correspondant à ces efforts soient précisément égaux aux moments de charges réduits. — C’est-à-dire que oî et y'p sont données par :
- 2° Inclinaison de réactions réduite aR, et ordonnée de réactions réduite y en un point, l’inclinaison et l’ordonnée qui se produiraient, en ce point, dans la poutre A AN, privée de ses appuis intermédiaires, reposant librement sur ses appuis extrêmes Afl et AN, et fléchie par des efforts tels que les moments fléchissants correspondant à ces efforts soient précisément égaux aux moments de réactions réduits. — C’est-à-dire que aR et i/R sont donnés par :
- De ces définitions, et de la relation précédemment énoncée entre les moments définitifs, les moments de charges réduits, et les moments de réactions réduits, on déduit, — de la même manière qu’aux nos 3 et 14 de la méthode analytique, — que :
- En chaque point de la ligne moyenne fléchie de la poutre continue :
- IL — V inclinaison définitive est égale à la somme algébrique de Vinclinaison de charges réduite, et de P inclinaison de réactions réduite.
- III. — Ü ordonnée définitive est égale à la somme algébrique de F ordonnée de charges réduite et de l’ordonnée de réactions réduite.
- D’autre part là figure même montre queC sur une pile quelcon-
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- que, le moment de charges réduit est nul, et par suite : le moment fléchissant définitif sur pile est égal au moment de réactions réduit.
- Donc, si nous pouvons déterminer les moments de réactions réduits sur piles, nous aurons, par cela même, déterminé les moments définitifs sur piles.
- Or, de ce qui a été dit précédemment (I, II, III), il résulte que, — les moments de charges réduits, les moments de réactions réduits jouissant, les uns relativement aux autres, et relativement aux moments définitifs, des propriétés mêmes dont jouissent les moments de charges et les moments de réactions, — les constructions, indiquées pour déterminer les moments de réactions en fonction des moments de charges, s’appliquent en tous points à la détermination des moments de réactions réduits, en fonction des moments de charges réduits.
- Il reste à voir comment on peut construire les moments de charges réduits.
- Pour cela, il suffit de remarquer que le moment de charges réduit n’est autre chose que le moment fléchissant qui serait développé, par les charges données, dans la travée considérée Am_1Am, si cette travée n’était pas solidaire du reste de la poutre. En effet, le diagramme ODPEQ des moments de charges développés dans la poutre AQAN est le polygone funiculaire correspondant aux charges agissant sur AQAN ; la portion DPE de ce diagramme est donc le polygone funiculaire correspondant aux charges agissant sur le tronçon considéré Am_ Am, et DE est la ligne de fermeture correspondante. D’où il suit que (n° 24; I) les portions de verticales comprises entre DPE et DE, — qui, par définition, représentent les moments de charges réduits, — représentent également les moments fléchissants qui seraient développés, dans la travée A ,A , si cette travée n’était pas solidaire du reste de la poutre.
- On construira donc, pour chaque travée, le diagramme des moments fléchissants, en supposant que les travées ne sont pas solidaires (n° 24; I); puis on juxtaposera ces diagrammes les uns à la suite des autres pour former le diagramme des moments de charges réduits pour toute la poutre A AiN.
- Puis, ainsi qu’il a été dit précédemment, on se servira, pour dé-
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- terminer les moments de réactions réduits sur files, (c’est-à-dire les moments -fléchissants définitifs sur files) des constructions indiquées pour déterminer les moments de réactions sur piles.
- •4Î). — Efforts tranchants. — Supposons que le diagramme des moments définitifs soit tracé. D’après le n° 1, III, si Ton mène, par un pôle quelconque, une parallèle au côté n du diagramme correspondant à un point M (fig. 28) et une parallèle à la ligne de fermeture A0An du diagramme, et si l’on coupe ces parallèles par une verticale distante du pôle de A mètres, le segment intercepté par ces parallèles, sur cette verticale, représente l’effort tranchant en M, à l’échelle adoptée pour représenter les charges dans le premier polygone funiculaire des charges.
- ITR = (Effort tranchant RenM,
- On sait donc construire l’effort tranchant en chaque point.
- Si le diagramme était curviligne, la parallèle au côté du diagramme, dont nous venons de parler, se transformerait en la parallèle à la tangente au diagramme, au point où l’on veut déterminer l’effort tranchant.
- Dans le cas particulier où les charges sont uniformément réparties dans chaque travée, l’effort tranchant varie, dans chaque travée, suivant les ordonnées d’une droite; il suffît donc de déterminer les efforts tranchants sur piles. A cet effet, on peut, — ainsi que l’indique le D1' Winkler, — prendre, sur la ligne A0AN(fig- 29), à
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- droite de chacun des points d’appui A.m_1JA))lde la travée considérée et à une distance A, un pèle p; puis, par les deux pôles ainsi obtenus, mener des lignes respectivement parallèles aux tangentes pCm_^ pCm aux points extrêmes Cm_15 Cm • ces lignes coupent les verticales des appuis Am_1 et Am en des points m) tels que A^^
- i et A t représentent les efforts tranchants en A . et A à l’échelle adoptée pour représenter les charges dans le premier-polygone funiculaire des charges ; tm est le diagramme des efforts tranchants.
- Nota. — Les tangentes à la parabole des moments fléchissants, en Cm_, et Cm se déterminent en -prenant sur l’axe vertical de la travée une longueur np = 2mn et tirant pGm_ et pCm (Propriété des tangentes aux extrémités d’une corde Cm conjuguée à un diamètre np).
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- 6JA.
- ANNEXE I
- Application de la méthode analytique au calcul d’une passerelle à trois travées.
- Les deux poutres du tablier métallique (fiy. 30) sont encastrées chacune sur quatre piles également métalliques.
- 1%. 3 0
- Ao Az
- XI1XIXIXIXIXIXIXIXIXIXIXIXIXIXI XIXIXX XIXIXIXXMXIXIXIXIXIXIXIX xj-
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- I
- !
- Les moments d’inertie de la section verticale de la poutre, et des sections horizontales des piles ont pour valeurs :
- 106I = 14.209 ; 10% = 10% = 22.020 ; 10% = 10% 21.
- L’aire de la section verticale de la poutre est égale à ;
- Q = 0m8,001480.
- Calcul des moments de charges.
- Soient px, pn, pm, les charges par mètre courant agissant sur les travées A^, AjA2, A2A3.
- Les moments de charges étant les moments fléchissants développés par les charges, dans la poutre A0A3 privée de ses appuis Ai et A2. et reposant librement sur A0 et A3, se calculent comme suit ;
- êjS"'
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- En prenant les moments autour de A3 (fig. 31), on trouve :
- PiV'i +PiA,2 h +Ams„/„,
- Fier. 31
- ï;r~ L-,
- Lu ..Lui.
- En effectuant :
- û4P = -21,82p,-4,ISp,,-6,(fipm. et, par suite de la symétrie de la poutre :
- Q'ap = — 6’07Pi — 4>1SP,I — 21 >82pm.
- Les moments de charges ont dès lors pour expressions et pour valeurs :
- (1) \ Ap= Qap5« +î>i i — 219,80 p, 115,78pu —169,40 pv
- Æp = Q'aA. + Pm f = "169’40 A - 11S’78 Pn - 219,80 pn
- Calcul des moments de réactions.
- Les formules (21 bis) et (22 bis) du n° 23, appliquées en y faisant successivement r — 1, 2, 3, en chassant le dénominateur El, et en remarquant, comme nous l’avons déjà fait au n° 22, que donnent:
- (I-elK+ K,= eiv-1^+(I - Eh‘)>* ^ ei(e^ Vi)
- Ek'^ + (x-Eh'K+ 7^ = »».
- +$-Ekh>-e+ EIt2ilL =
- ei^ + (t-h^K.+ tA,= e1v*
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- (a) Valeurs numériques clés coefficients des premiers membres. Quand la pile est de section constante, — ce qui est le cas ici, — le ternie général -q relatif à cette pile de rang (q) a pour expression (n° 10) :
- où lq est le moment d’inertie de la section horizontale de la pile. D’où:
- Indication des PILES H« I?X106 EIV No9des Travées O ô 3 O 6
- A() 6,80 22.020 EI*o = — 4,-12 1 S = 27,9 si 3 = 9,30 20 II roH |:o 8 3 — EIt0= 13,72
- 6,85 21 Eli! = — 4634,81 2 Ô.I = 8,3 3n 3 ~ 2,77 —1,38 .Sj 3 - EI4 = 4644,14
- A 2 6,85 21 EIt3 = - 1634,84 3 8n, = 27,9 V 3 = 9,30 > = 4,68 °n 3 — Ehi^ 4637,61
- A3 6,85 22.020 EIt3 = - 4,42 Su 3 — EIt2=4637,61
- 8m 3 — Eha = 4644,14
- 3 — EIt3= 13,72
- (b) Valeurs numériques des coefficients de pj5 pn, pm, dans les seconds membres.
- Les expressions générales des seconds membres sont (n° 22) :
- , Y - Y"“'+(2»;r' +2*;) - (2»;,+2Ap)
- 8,.
- -t‘,'_1+(2t‘L'+2 «a*Ï)\
- y~+(2ç +2æ;)-fe+2^t)
- r V'“ 8 „
- +«'-(2*ï(+2“4pJ-
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- 334 —
- Elles se réduisent ici, puisque les angles d’encastrements de la poutre sont nuis, et que les appuis sont de niveau, et qu’enfin il n’y a pas de charges distinctes, à :
- , 2^-2^*. v
- -------rr-------
- 2^a P,1 —2^ap;,
- U_ — Vp =----------^---------
- V
- Le calcul des valeurs de aAP , i/AP , qui entrentdans les expressions ci-dessus, s’effectue par les formules VII, IX, VIII, X du n° 7 (b).
- Dans les tableaux qui suivent, nous avons soin d’indiquer la position de chaque charge, yq, pu, pm, relativement aux points
- A0, A15 A2, A3, pour lesquels nous calculons-les a et les y ; de cette manière, on voit immédiatement quelle formule on doit appliquer.
- CALCUL DE 2a#Ap*
- Charges sitnées à droite de A, Charges situées à gauche de A„
- Pi ))
- 71 );
- i 11
- Pm )>
- A
- = Pi
- jy- + -a- ))=-f5.090,27p,
- aJ 11
- Ai ” 111 L
- 1 ain^ni
- P 1 m T 1 J1I -L-
- Xï+îp-r;,
- x:+hi2-ri,
- 3.764,14pni)
- CALCUL DE
- Charges situées à droite de A.
- EXPRESSIONS ET VALEURS NUMÉRIQUES DES TERMES
- v —il—v
- 1n 1
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- — 335 —
- CALCUL DE 2/!/APfe
- Charges situées à droite de A, Charges situées à gauche de A,
- »' Pi
- Pu '»
- Phi »
- EXPRESSIONS ET VALEURS. NUMERIQUES CES TERMES
- à/Pl — Pi ~ (— Xfï + L2 — l\ ~a\ )-+ 88.256,00p.
- *4 =p« L*-r*„ -«;,) = + «.H3,«oftl ) =
- <4,„ = P*^f *.(-« + - fm - »;,) = + 83.0«,87p,
- Par suite de la symétrie de la poutre, on peut immédiatement écrire :
- ;2“+=—1 - . «W»fc,
- ^ ~ - 3.IU0,!7?m
- ^2yAP, = 83-0-H>87Pi 4- H3d3,60pH +88.ÎSM0P,,
- 2^/APk — 2yAPfc —0
- Les valeurs des sommes ci-dessus calculées, portées dans les : expressions de Yr et de Ur — Vr donnent : • :
- I S^ap^^^Àp;,
- i Ëi Y, ^ + cp+^--------+r^------hé‘ >«\p =1.9-26,97/},+ 538,40p.. + 787,72p.,
- 0| “ &
- I 2^AP/.'~S^AP,.
- ; Kl (U, - Y,) - é‘ ....----------- - cf Va*, = 2.949,04^ + 4.076,79;».. +1.575,46 p.
- y Oj Mmà k
- 2yAPfc“2yAP/£
- El Y2
- - + é:2*Àpfc= 842,45p. + 504,33 p,. + 772,74 p.
- ; Ël(U,-Vo)^-é'^ 7-APft . - <f y. **Ap. = ?72,74p.+ 504,33p.. + 842,45p...
- o2 •* •
- i È1 y, : = + ^-A,..^‘ + ; V..\l,, = iÆ5i«)>, + 1.078,79.p,1+2-M9)04î>„,
- .'.T . On u 'C
- ; El(U,- V,) = - <?^ÿAPY =' 7W,»ft + 338,«))„ +1 .«MWflp,,,
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- — 336 -
- Les équations entre les moments de réaction sont dès lors :
- 13,72 (/r^ 4- 4,63 [j. K[XC = 1.926,97 p, 4- 538,40 pn + 787,72p,
- l>639R(le 4- 4.644,14 [a. -4.634,84 9R|JLe- = 2.949,0ip,4- 1.076,79p„ 4- 1.575,4679,
- - 4.631,84 [^ 4-4.637,61 [Ji - 1,38 9 û — = 842,43 p,-f 504,33 p,, -9 772,7479,
- CO oc "P -4 4.637,61 [j. 4.634,84 9RP.e= = 772,74p, 4- 304,33 pn 4- 842,4579,
- — 4.634,84 a ;![Jg 4- 4.644,14 ,a W' 4,63 9^ = - 1.373,4679,4- 1.076,79 pn 4-2.949,04p,
- 1,63 ;4 13,72; 1Ru,, : 787,72 p, 4- 538,40p„ 4-1.926,97 p,
- En résolvant ces équations, on trouve :
- j 9^/- 16,3079, — 1 Pu -f 3,38 pm
- 9~ 277,7974 4~ U","9pn + 16i,79pm [Jc = 277,76Pl + 117,82p„ +161,78 Pll[ 3- *R[jlc = 16'E78 P. i" 117,82 Pu + 277,76 PlII V-lv.= 161,79 Pl +117,79 Pll + 277,79
- 3>S8P.“ *.26 P..+ 46,30 pm
- Moments fléchissants sur piles.
- En cumulant les moments de charges et les moments de réactions précédemment calculés (1, 2), on obtient les valeurs suivantes des
- moments fléchissants sur piles : 9° = 46,30 p, — 1,26 pn 4- 3,38 pm 91 = 37,99 p, + 2,01 pn — 7,61 pin a'i = 37,96 p, 4- 2,04 pn — 7,62 pUI
- !J-2 = — 7,62 p, + 2,04 pn + 37,96 pm =—7,61 Pj 4- 2,01 p„ 4- 37,99 pI(I 4-3,38 p-1,26 p„ 4-46,30 pUI
- Moments d’encastrements sur piles.
- D’après le n° 19, les moments d’encastrements ont pour expressions : 1
- 9c = 9rjj„ - 9 r Vl= — 46,30 p, 4-1,26 pn - 3,3 8pnl 9e = 9^ - 9 V = °’03 P. - °’03 Pn + 0,01 PIU
- 9e = 9Î<|Jle—9 = — 0,01 P, 4- 0,03pn— 0,03 p„i 9e — 9r^c !j- = 3,38/9, —1,26 pu 4- 46,30pni
- Réactions sur piles.
- Si l’on considère la poutre A0A3 comme soumise seulement à l’action des réactions R1? R2 des appuis intermédiaires, et des moments d’encastrements de tous les appuis, on sait que le diagramme des moments fléchissants développés dans la poutre est alors celui des moments de réactions représenté par la figure 32.
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- — 337 —
- Soient, dans ces conditions de flexion, QR^ , Q'R[j , les réactions
- sur les appuis extrêmes ; on a, dès lors :
- 1 Hc
- et
- d'où: Q'p = -
- 5,67Pl + 4,26p„ + 8,29pm.
- Et, en vertu du principe de la superposition des effets des forces : '
- R, = Q'ap + Q'B[le - - 0,40ft + 0,11 pn - 13,53pm.
- Enfin, par suite de la symétrie de la poutre :
- R, = -13,53 p, + 0,11 p„ - 0,40 p,„ R, = - 22,27 p, - 4,26 p„ + 8,30 pm.
- Effet de la dilatation.
- La formule, liant entre elles les compressions développées dans trois travées consécutives, est (n° 11) :
- H3.
- 3<f,
- -cv_,+
- H»v
- 3éf,
- H3
- °v0
- H3
- C — —-LC = 8 mt.
- v 3<f'„ v-‘
- 3^_, RÛ,
- En faisant successivement u = 'l, 2, dans cette relation, et en remarquant que CA = C3 :
- Nous supposerons que la variation de température ne dépasse pas 25»; ce qui conduit à prendre mt = 0,0003 ; nous attribuerons au
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- 338 -
- coefficient d’élasticité la valeur £) = 18 >< 10°. Dans ces conditions les formules deviennent :
- Ces compressions développent, à la base des piles, des moments fléchissants qui ont pour valeurs :
- !J-o — H — QH = 168.243. m — ;j-2 = (C2 — Cfi H = 21.
- Nota.—Nous ne pousserons pas plus loin ces calculs numériques: il nous suffisait, en effet, de montrer comment les moments fléchissants, les moments d’encastrements......., etc., pouvaient se calculer
- en fonctions des charges jq, jpn, pm. L’examen des diverses hypothèses de surcharges se ferait d’ailleurs aisément au moyen des formules à coefficients numériques ci-dessus établies.
- Il faut remarquer qu’eu égard à la faible valeur des moments d’inertie des deux piles centrales, nous aurions pu, sans commettre une grande erreur, négliger la flexion de ces piles, c’est-à-dire admettre que la poutre reposait librement sur elles, sans encastrements; cette hypothèse nous eût conduit à faire dans les formules :
- ANNEXE II
- Note sur le premier polygone funiculaire.
- La démonstration que l’on donne ordinairement du principe 1 du n° 24 est purement géométrique; le Dr Winkler en donne la démonstration mécanique suivante :
- « Si, en une section quelconque de la poutre, nous coupons le poly-« gone funiculaire en menant une verticale QR (fig. 74), et si du point « R nous abaissons une perpendiculaire RV sur la ligne de ferme-« ture CD, en désignant par H l’effort horizontal, par S l’effort funi-« culaire dans la ligne de fermeture, et par la somme des moments « de toutes les forces extérieures situées à gauche de QR, nous « aufons, comme condition d’équilibre s’opposant à tout mouvement « de rotation autour du point R : p. = S. (RV) = S. (QR) cos QRV,
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- 339 —
- « ou bien, puisque QRV = l’angle de S et de H, et que S. cos (S,H) « = H :
- ij. — (QR).H.
- « H représente la distance polaire ; (puisque dans tout polygone « funiculaire, la projection horizontale des tensions dans les diverses « barres est constante et égale à la distance polaire évaluée enKr/s.) « par conséquent, le moment fléchissant, en tout point, est propor-« tionnel à la hauteur verticale correspondante du polygone funiculaire. « En prenant H égal à l’unité de forces, ce qui est certainement à « recommander, on aura :
- i* = (RQ),
- « et l’on pourra poser le théorème suivant :
- « Le moment en une section quelconque de la poutre est représenté par a la hauteur verticale correspondante du polygone funiculaire (*).»
- Nota. — Dans la citation que nous venons de faire, (QR) n’a pas la valeur qui lui a été attribuée au n° 24. (QR) est ici une longueur mesurée en vraie grandeur, tandis qu’au n° 25 (QR) est la ligne qui
- représente cette longueur sur l’épure, de sorte que si -j- est l’échelle
- des longueurs, la longueur (QR) du n° 1 est l fois plus petite qu’ici. Donc, si l’on donne cà (QR) la signification qu’il a au n° 1, on doit écrire :
- {* = (QR)/.H.
- Mais H est la distance polaire en kilogrammes ; si cette distance polaire est représentée sur l’épure par une longueur A, et si (/) kilogrammes est la force représentée-par l’unité de longueur, on a : H = f.A. D’où :
- p-=(QR)A./‘.f,
- qui est bien la formule du n° 1.
- Il n'y a rien de particulier à dire au sujet des principes II et III du n° 1. Le principe II résulte du mode de décomposition connu des forces parallèles en deux forces parallèles passant par deux points donnés A0 et AN.
- (-*) Extrait du Traité de construction de ponts du Dr Winkler, professeur à l’École polytechnique de Vienne.
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- Quant au principe III, l’examen de la figure suffit pour faire voir que la ligne, que nous avons dit représenter l’effort tranchant en un point, est bien la somme algébrique des lignes représentant les charges et la réaction situées à droite du point considéré.
- ANNEXE III
- Sur la représentation graphique de la ligne moyenne fléchie.
- Voici comment s’exprime le Dr Winkler au sujet du tracé de la ligne moyenne ou ligne élastique fléchie :
- (c L'équation différentielle de la ligne élastique est, comme on ce sait :
- cPy___ p,
- doc2 = El'
- « L’équation différentielle d’une courbe funiculaire, correspondant « à une charge q par unité de longueur horizontale et à une tension « horizontale constante, est :
- <Py____q (*) dx2~~R *
- « Il en résulte que la ligne élastique n’est autre chose qu'une courbe « funiculaire, pour laquelle la charge (variable) rapportée ci l’unité de « longueur horizontale est représentée par le [moment \x, ou le quotient
- « j, et où El, ou respectivement Où, représentent la tension horizon-
- « taie H(**).
- (*) Cette équation est établie dans tous les traités de mécanique au sujet des courbes funiculaires et des ponts suspendus.
- (**) Cette démonstration est insuffisante : on peut, en effet, se demander ce que deviennent, dans le tracé de la courbe funiculaire, — autrement dit, dans l’intégration graphique, — les constantes qui entrent dans l’intégration algébrique.
- Pour répondre à celte objection, considérons une poutre AflAN dans laquelle nous supposons que les lois de variation de j sont les suivantes : dans un
- premier tronçon
- fi{x): dans un deuxième tronçon E-j — f2(x);..., etc. Les
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- « Il faudra donc considérer la surface des moments comme une « surface de chargement, et construire la courbe funiculaire corres-« pondante.
- « C’est ainsi que M. Mohr a, pour la première fois, effectué la « représentation graphique de la ligne élastique.
- «Si, au lieu de supposerlatensionhorizontaleégaleàEI ouàE, onia
- .11
- « suppose égale à - El, ou - E, les ordonnées de la ligne élastique
- 1
- « seront n fois plus grandes ; et si — représente sur l’épure l’échelle
- « de réduction adoptée pour les longueurs, on obtiendra les ordon-« nées de la ligne élastique en vraie grandeur.
- «Si l’on divise la surface des moments en plusieurs parties par des « lignes verticales, et si l’on suppose chacune de ces surfaces élémen-« taires concentrée en son centre de gravité, celles-ci déterminent un « polygone funiculaire dont les côtés sont des tangentes à la ligne « élastique aux points situés verticalement au-dessous des lignes de « séparation des surfaces élémentaires; d’où il résulte qu’on peut « mener un nombre quelconque de tangentes à la ligne élastique. Il « faudra naturellement, dans le polygone des forces, porter les sur-« faces représentant les moments positifs, en sens inverse de celles « qui représentent les moments négatifs.
- « Si, au lieu de di-« viser la surface des « moments par des « lignes verticales,
- « on la divise par des « droites obliques (fig.
- « 33), la direction des « côtés extrêmes du « polygonefuniculaire « sera la même que « dans le cas d’une division par des lignes verticales, car la hauteur
- équations différentielles de la ligne moyenne fléchie dans ces tronçons sont dès
- lors respectivement— = p;(æ) ;-/à(æ);........, etc. L’intégration de
- ces équations différentielles introduit, pour chacune d’elles, deux constantes. Ces constantes se déterminent par la condition du raccordement tangentiel des divers tronçons entre eux, et par la condition de nùllité des ordonnées de la
- îicp 33
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- « verticale entre les rayons correspondants du polygone des forces « correspond à la totalité de la charge. Donc, dans ce cas aussi, les « côtés extrêmes du polygone funiculaire sont des tangentes à la « ligne élastique aux points extrêmes de la portion considérée de « cette ligne. »
- ANNEXE IV
- Application de la méthode graphique à une poutre de pont à cinq travées.
- (Voir l’épure ù 1a, planche 106).
- , , , ( 5.. = 33= 45m,525
- Portées des travees l „ _
- { $2=s3 = 54 = 56m, 000
- Poids mort par M. courant de poutre p'—-1.150 k.
- Surcharge id. id. p" = 2.000 k.
- La poutre est supposée de section constante.
- Ses six appuis sont de niveau.
- 1° Moments fléchissants.
- Nous appliquerons la méthode du n° 48 dans deux hypothèses de surcharge :
- 1° Travées 1, 2, 4, 5 surchargées.
- 2° Travées 2, 3, 5 id.
- La détermination des moments fléchissants (nos 48 et 36) comporte les opérations, suivantes :
- ligne moyenne fléchie en A0 et en AN. — Les constantes n’interviennent donc, dans le calcul algébrique, que pour exprimer ces deux dernières conditions, qui sont précisément remplies dans le tracé de la courbe funiculaire :
- 1° Celle du raccordement tangentiel, par le tracé lui-même.
- 2° Celle de la nullité des ordonnées extrêmes, en A et AN, par la position que l’on donne à la ligne de fermeture. Donc on peut affirmer que lo courbe funiculaire a même équation que la ligne moyenne fléchie.
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- T Tracer iepremierpolygonefuniculairedes chargesrédiUt, (Diagramme des moments de charges réduits.) —- Nous devons, à cet effet, supposer que les travées ne sont pas solidaires, construire les diagrammes des moments fléchissants qui y seraient produits dans ces conditions, et juxtaposer ces diagrammes les uns à la suite des autres.
- On peut faire cette opération graphiquement (n° 24, I),—• Si nous adoptons pour échelle des longueurs, 0m,002 par mètre, c’est-à-dire 11“
- e^’ Pour c^es f°rces 0“\005 pour 10,000, c’est-à-
- qjre ^ 1
- f~~ 2.000.000’
- et si nous voulons que les moments soient
- 1 1
- représentés à l’échelle de 0m,005 pour 100.000, ou —cunwnro
- r m 20.000,000
- nous devons (toujours d’après Ion0 24),prendre pour distance polaire
- A, la longueur donnée par :
- kfl — m,
- m 20.000.000
- fl — 2.000.000 X 500—
- 0,n,020J
- Mais ici le tracé graphique n’est pas aussi rapide que le calcul, car, les charges étant unifor- ^ ^
- mément réparties sur chaque ^ a a a a.
- travée, on sait que les courbes des moments de charges réduits (fig. 34) sont simplement des paraboles dont les axes coïncident avec les axes verticaux des travées, et dont les ordonnées Mmp des sommets
- sont données, d’une manière générale, par Mml> = gp32.
- Ces maximum sont, pour chaque travée, les seules quantités intéressantes. Leurs valeurs sont, dans les deux hypothèses de surcharge ci-dessus définies :
- r» hypothèse 2e hypothèse
- 1™ travée.... M^p = .... g (p' +/)3= = 816.057 .... g p'8? = 297.925
- 2a id........M^p = .... g (pr = 1.234.800 .... g (p' + p")3; = 1.234.800
- MJ,P = .... g p'8a3 = 450.000 .... | (p' + p")Si = 1.234.800
- 3* id.
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- — 344
- 4° id. .. .. ic-.. l(P+pyi = 1.234.800.. 1 ... 450.800
- 5e id. .. .. M?np=.. ..i(p'+«p")3?= 816.057.. i g(p'+p")3i = 816.057
- 2° Déduire du premier polygone funiculaire des charges réduit, le deuxième polygone funiculaire des charges réduit, cest-à-dire les ordonnées de charges réduites aux points A4, A2, A3, A4. (Voir nos 48 et 29).— Les .aires de décomposition de la surface de chargement sont ici (fig. Si) des segments paraboliques, dont les surfaces ont pour expression 2
- générale «TM 3; et dont les centres de gravité sont situés sur les o
- axes verticaux des travées.
- Prenons A — o2 = c3 = c4, il vient, pour valeurs des efforts fictifs servant à tracer le deuxième polygone des forces, et le deuxième polygone funiculaire des charges réduit :
- l!'° hypothèse 2e hypothèse
- lre travée... .|mL, %=.... 544.038 .... 198.617 ^
- 3 02 o2 ci2
- id. .. - M2 • • 3 iumP ' • • 2 o ..823.200 .. ..823.200-
- 3e id. .. • • 3 — • • ..300.533 .. ..823.200-
- 4e id. .. - M4 — • 3 ramP ~~ • ' ..823.200 .. ..300.523
- 5e id. .. -Ms —1 — * • 3 m P 32 “ • ...544.038^., °2 ...544.038 J o2
- Nous donnons à la distance polaire la valeur B = 0m,100.
- Les efforts fictifs correspondant aux travées intermédiaires sont évalués numériquement dans le tableau qui précède. Quant à ceux correspondant aux travées extrêmes 1 et 5, ils sont les produits de
- quantités connues ^ M?1np * ^ M^p par un rapport constant ^ • Au lieu o o o2
- d’effectuer ces produits, nous construisons géométriquement la ligne B^, ainsi que l’indique l’épure ; puis, sur une verticale a /" , située à
- ôi 1 1
- o 2 , 2
- une distance B ^ du pôle 0, nous portons les longueurs g.M^p>^M^p
- correspondant aux travées extrêmes, ce qui revient àu même que de
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- 2 o 2 •• c
- porter les longueurs ^M1 sur la verticale a J distante
- o m o2 3 ' c2
- de B du pôle, car
- 9 9 o 9 9 a
- -M1 -M'1 — -M5 -M" —
- 3iV1mP 3 'WP B., 3mmP 3 aiP ï
- "2 ^ et —— :
- B^-
- B
- B^
- B
- !?. Ainsi,
- pour la première hypothèse de surcharge, par exemple, on porte
- 9 , ab g
- ttï =r;Mfflp) et l’on a , en tirant oa\, ob': ~rj7^=—— ; d’où 0 1 afii
- o 9,i o
- — — ^ est donc bien la charge fictive.
- Le polygone des charges fictives, ou deuxième polygone des forces, correspondant à la première hypothèse de surcharge est cipcdej^ celui qui correspond à la deuxième est <hAicu^iAi/ir
- Les polygones funiculaires correspondants, oudeuxièmespolygones funiculaires des charges réduits, sont respectivement ^AioAihiW Leurs lignes de fermeture ancru n’ont pas été tracées comme étant inutiles.
- 3° Tirer, par différence entre les ordonnées définitives données et les ordonnées de, charges réduites, les ordonnées de réactions réduites aux points d’appuis intermédiaires. — Ici, les appuis étant de niveau, les ordonnées définitives sont milles, et les ordonnées de réactions réduites sont égales aux ordonnées de charges réduites et de signes contraires. On peut donc dire, en renversant la convention relative aux signes, que les ordonnées de réactions réduites sont représentées par les portions de verticales des appuis comprises entre les deuxièmes polygones funiculaires des charges réduits et leurs lignes de fermeture.
- Ces lignes de fermeture ne sont pas nécessairement horizontales ; ce qui n’influe nullement sur les constructions ultérieures.
- 4° Tracer, au moyen des ordonnées de réactions, le deuxième polygone funiculaire 'des réactions réduit, et remonter de ce polygone funiculaire aux moments de réactions réduits sur piles, c’est-à-dire aux moments
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- fléchissants sur piles. — Le tracé du deuxième polygone funiculaire des réactions réduit s’effectue comme il a été dit n° 37. Nous ne traçons que les côtés de rang pair qui seuls sont utiles.
- Pour remonter aux valeurs des moments de réactions réduits sur piles (ou aux moments fléchissants sur piles qui leur sont égaux), on s’appuie sur ce que les parallèles aux côtés de rang pair du deuxième polygone funiculaire des réactions réduit, menées par un pôle quelconque, interceptent, sur une verticale située à une distance B de ce pôle, les quantités :
- i V+V ..2°2~h°3
- 2A
- 2A
- :3 + .
- 2A ;
- t °4 i~;
- 2A
- ou, puisque A := o2 = o.]-~ 34, et que c.i == or, :
- /'h : L>,
- °i + °2 .
- 23,
- Au lieu de mener ces parallèles, nous traçons, à gauche, par exemple, des contre-verticales des piles A2 et A3, des verticales distantes de B de ces contre-verticales; les segments, interceptés sur ces verticales par les côtés de rang pair qui se coupent sur les contre-verticales considérées, représentent [P et [P (à l’échelle de 0m,005 p. 100.000). — A gauche des contre-verticalçs des piles A4 et A4, et
- 23.
- à une distance B f2-, nous menons des verticales sur lesquelles
- Ô-1 I °2
- les côtés de rang pair, qui se coupent sur ces contre-verticales.* interceptent les quantités (P, [P (à l’échelle de 0il,,005 p* 100.000)»
- La construction de la longueur B
- 3A-f c
- est indiquée sur l’épure»
- Nous donnons aux moments sur piles ainsi déterminés un indice en chiffres romains, qui indique le numéro de l’hypothèse de sur^ charge à laquelle ils Correspondent»
- if Cumüler, eh tenant compté dé leurs sujnes, les moirtènts de chargés déduits, ét les montent s de réactions réduits, ce qui donne les Moments définitifs en chaque point. —1 Nous traçons d’abord le diagramme dés moments de réactions réduits A0(C1)I(C2)1(C3)i(C4)iAg pour la première hypothèse et Aü(C1)n(C2)H(03)n(C4)u A^ pour la deilxiènle. Cela fait; cdn-Sidêrons la travée de rang 3, par exemple : CA y représente les
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- moments de réactions réduits, et la parabole A2AA3 les moments de charges réduits (fig. 35). En cumulant les ordonnées de la parabole A2kA3 et celles de la droite C2C3, on obtient une parabole C2wC3 passant en un point (m), tel que mn — kl —
- (np étant l’axe de la travée.)
- Les tangentes en C2 et C3 à la parabole se coupent en (p), tel que np==%nn —
- On peut, dès lors, construire cette parabole comme enveloppe d'une droite dont la projection horizontale est con-
- g
- s tan le et égale à -j), et dont les extrémités
- s'appuient sur C2p et C3p.
- Cette manière d’engendrer la parabole donne immédiatement la construction du moment maximum dans la travée, En effet, en ce point (u) la tangente à la parabole est horizontale; elle rencontre C2p et C3p en (q) et (r) ; la projection horizontale de qr est égale à
- Fier. 35
- d’après ce qui vient d’ètre dit; donc qr~^. D’où la construction
- suivante : porter st — ^ et mener tq parallèlement à C9p : l'horizontale du point (q) est la tangente cherchée ; son ordonnée représente le moment maximum dans la travée A2A3,
- Iï° Efforts tranchants.
- Nous leur appliquons la méthode du n° 49. D’après ce qui a été dit plus haut, pour que] les efforts tranchants soient obtenus à l’échelie de 0m,0Û5 p. 10.000, on doit prendre les pôles (p) à des distances A des appuis, égales à 0m,020.
- Nota> —> Le point où la droite représentant les efforts tranchants dans une travée rencontre l’horizontale des appuis correspond au maximum du moment fléchissant dans la travée. La verticale de ce point passe donc par le sommet de la parabole des moments* sommet dont la tangente à été déterminée précédemment.
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- TABLE DES MATIÈRES
- Pages
- Préambule........................................................... 235
- PREMIÈRE PARTIE
- Chapitre premier. — Méthode générale de calcul des poutres droites à plusieurs travées, reposant librement ou encastrées sur leurs appuis. 236 Chapitre II. — Complément de méthode analytique ayant pour objet la détermination directe des moments fléchissants dus aux réactions sur piles............................................................. 278
- DEUXIÈME PARTIE
- Chapitre premier. — Détermination graphique des moments fléchissants développés par l’application de charges quelconques, dans une poutre continue reposant sur des appuis situés à des niveaux quelconques . 293
- Chapitre II. — Complément de méthode graphique ayant pour objet la détermination directe des moments fléchissants sur piles ........... 326
- ANNEXES
- Annexe I. — Application de la méthode analytique au calcul d’une passerelle à trois travées............................................. 331
- Annexe II. — Note sur le premier polygone funiculaire............... 338
- Annexe III. — Sur la représentation graphique de la ligne moyenne
- fléchie.......................................................... 340
- Annexe IV. — Application de la méthode graphique à une pou tre de pont à cinq travées..................................................... 342
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- CHRONIQUE
- Sommaire. — Le gaz naturel aux. États-Unis. — Les ateliers de Baldwin (Suite et fin)-— Sous-produits de la fabrication du coke. — Le système métrique et ses adversaires. — Les chemins de fer au Japon.
- Le gaz naturel aw^ ^tatsgüiüs* — L’emploi du gaz naturel conTine^eoînlmi’fibic semble être entré tout à fait dans la pratique industrielle dans certaines régions des États-Unis. Voici, à ce -sujet, d’intéressants renseignements extraits d’une communication faite' par M. A. Carnegie à Ylron and Steel Institute.
- On avait depuis longtemps remarqué que certains puits forés pour obtenir du pétrole ne donnaient que du gaz au lieu de liquide, et on avait, dans plusieurs endroits, utilisé ce gaz pour le chauffage des chaudières des machines servant à pomper l’huile; mais ce n’est que plus tard qu’on eut l’idée de conduire ce gaz à distance pour l’employer dans les usines métallurgiques de Pittsburg, la localité industrielle la plus voisine. Les premières applications ne furent pas assez heureuses pour attirer l’attention; on eut beaucoup de désagréments par suite du débit irrégulier des puits, des fuites dans les conduites et de défauts dans les appareils brûleurs.
- Il y a environ sept ans, une compagnie forait un puits à Murrays-ville, à 30 kilomètres environ de Pittsburg. On était parvenu à la profondeur de 400 mètres, lorsque la sonde fut brusquement refoulée et projetée en l’air à une grande hauteur, tandis que la chèvre était brisée et les fragments dispersés par un terrible échappement de gaz.
- Le bruit causé par la colonne gazeuse s’entendait à 10 kilomètres. On ajusta des tuyaux de 5 centimètres à la bouche du puits et on enflamma le gaz, ce qui produisit une flamme énorme qui éclaira tout le pays. Bien que le puits ne fut pas à une bien grande distance d’usines métallurgiques, on laissa brûler en pure perte ce combustible naturel pendant cinq ans. A cette époque, le charbon était moins cher qu’aujourd’hui et on ne voulait pas mettre une somme assez importante aux travaux de conduite du gaz. On dépensait 3 fr. 75 de combustible par tonne dé' rails
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- achevés, et cette dépense 11e paraissait pas assez importante pour justifier l’immobilisation d’un capital de plusieurs millions de francs.
- Il y a deux ans, une compagnie offrit de poser les conduites et d’amener le gaza ses frais dans les usines, moyennant le payement annuel d’une somme égale à la somme dépensée pour le charbon jusqu’à concurrence du prix d’établissement des conduites,l’annuité étant, après,réduite à la moitié de la somme qui aurait été dépensée pour le charbon. Il a suffi de dix-huit mois pour payer la conduite, et maintenant les forges réalisent une économie de moitié sur leur dépense précédente de combustible. Depuis, d’autres compagnies ont établi deslignes de conduites des puits jusqu’à des distances de 25 à 30 kilomètres.
- M. Carnegie, en visitant le district principal du gaz naturel, â Murrays-ville, a constaté l’existence de neuf^ puits, dont l'un est estimé débiter 800,000 mètres cubes de gaz par vingt-quatre heures. La partie où se trouve le gaz a 800 mètres de large sur 6 à 8 kilomètres de longueur. Au delà, on trouve des sources d’eau salée qui empêchent le dégagement du gaz. Il y a une dépression qui interrompt la couche, et on n’en a pas encore recherché la continuation, mais on la trouvera sans nul doute à quelque distance. Il y a un autre district, celui de Washington,'à 30 kilomètres au sud-ouest de Pittsburg, ou il y a quatre puits en fonctionnement et plusieurs en forage. Plus à l’ouest, est un autre gisement qui alimente quelques usines àRochesteret Bever-Falls. Enfin, en continuant à tourner autour de Pittsburg, 011 rencontre au nord-ouest le gisement de Butler, et, près de la rivière Alleghany, celui de Terentunq qui fournit une partie importante du gaz consommé dans le pays. Il y a donc cinq gisements de gaz autour de Pittsburg, aune distance de 25 à 30 kilomètres de cette ville. Dans la ville même, on a foré quelques puits, mais la faille existe probablement au centre du cercle, car,1 bien qu’on y ait trouvé du gaz, l’irruption de l’eau salée a arrêté son dégagement.
- A Murraysville, la sortie du gaz a lieu avec une vitesse telle, par des tubes de 0m,15 de diamètre, que le gaz ne s’enflamme qu’à une distance de près de 2 mètres de l’orifice, La flamme forme une colonne de feu, sans donner la moindre apparence de fumée.
- On estime le coût des conduites au prix, assurément très bas, de 23,000 francs le kilomètre, de sorte que la dépense pour amener le gaz à Pittsburg s’élève à 675,000 francs. Le forage coûte à peu près 25,000 francs. Voici comment on procède : on installe une chèvre et on commencé par descendre dans le terrain d’alluvioli un tube en fer de 0111,15 de diamètre jusqu’à une profondeur de 20 à 30 mètres. On emploi ensuite des trépans pesant de 1,200 à 1,500 kilogrammes, avec une levée delm,20 à lm,50, mus par la vapeur, laquelle est obtenue avec du gaz amené des puits voisins par une petite canalisation provisoire. On fore ainsi un trou de 0ul,20 jusqu’à une profondeur de 150 mètres, et on y met un tube de 0m,14 pour empêcher l’accès'de l’eau des couches supérieures: on continue le sondage sur 0m,15 de diamètre jusqu’à ce qu’on trouve le gaz 5. on tube alors avec des tuyaux de 0m,10 de diamètre. Le forage du puits et
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- le tubage durent de quarante jours à deux mois. La plus grande production atteinte par un puits est de 800,000 mètres cubes par vingt-quatre heures, comme il est indiqué plus haut, mais la moitié de ce chiffre est indiquée comme un bon rendement. La pression à la sortie du puits atteint quelquefois 14 kilogrammes par centimètre carré et,- sur les lieux de consommation, c’est-à-dire à 15 ou 20 kilomètres du puits, la pression est encore de 5 kilogrammes. On fait souvent, aux environs des puits, agir la pression des gaz sur de petites machines pour obtenir..de la force motrice.
- Il y a actuellement onze lignes de conduites différentes pour desservir les établissements industriels des environs de Pittsburg. Le diamètre maximum atteint 0m,30o ; le diamètre de 0m,20 est très employé ; à l’origine, on n’avait posé que des tuyaux de 0m,15. On perd encore actuellement la plus grande partie du gaz en attendant que son emploi soit devenu général dans les usines.
- On estime que les forges et aciéries de la ville de Pittsburg consomment environ 166,000 bushels (1) de charbon1 par jour, et, bien que le combustible gazeux ne soit en usage que depuis deux ans, on en consomme déjà l'équivalent de 40,000 bushels de charbon par jour, soit à peu près le quart de la consommation totale. Des verreries, qui brûlaient journellement 10,000 bushels-de charbon, n’emploient plus que le gaz naturel.
- En dehors de la ville même, la consommation de gaz est à peu près la même. On estime que l’emploi général du gaz économiserait le travail journalier de 5,000 ouvriers.
- A côté de l’économie, il y a'la question très importante de la pureté du combustible, avantage capital pour la métallurgie, la verrerie et autres applications industrielles. ’
- Eu présence de la quantité indéfinie de gaz dont on peut disposer, on n’a pas jusqu’ici cherché à l’économiser et on n’a employé pour le brûler que des dispositions primitives. Mais on s’occupe maintenant d’employer ce gaz pour l’éclairage, pour lequel il a une grande supériorité sur le gaz de houille ; on dit même que, fût-il cher au lieu de l’être beaucoup moins, il y aurait encore avantage à l’employer pour l’éclairage.
- L’emploi du gaz naturel a amené un résultat très appréciable à première vue. Une région primitivement aussi noire qu’aücun district métallurgique au monde, est en train de devenir aussi propre qu’un pays ou la houille serait inconnue. Des aciéries où on voyait trente chauffeurs nus jusqu’à la ceinture, travaillant pendant huit heures (soit 90 chauffeurs pour les 24 heures), au chauffage des chaudières dévorant 400 tonnes de combustible par jour, n’exigent plus qu’un seul homme pour veiller, à l’ar limentation de tous les générateurs. On ne sait plus ce que c’est que la fumée. Les parois des anciennes soutes à charbon avoisinant les fours à puddler sont aujourd’hui peintes en blanc........... ; J
- Il ne faut pas se dissimuler qu’il y a .certaines précautions à prendre
- (1) Le bushel de Pittsburg est de 76 livres, soit 34^5 Icildgrammésj .
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- avec l’emploi du gaz. Les canalisations sont à surveiller; les fuites de gaz ont quelquefois amené des explosions, surtout en hiver, lorsque la terre est.gelée et s’oppose à l’infiltration du gaz qui, alors, se répand dans des espaces où il peut s’enflammer. Dans les usines, on place autant que possible les tuyaux hors du sol.
- Le rapport suivant, rédigé par une commission de la Société américaine des Ingénieurs Mécaniciens, peut donner une idée de la valeur du nouveau combustible.
- Le gaz naturel est. après l’hydrogène, le combustible gazeux le plus puissant; il est en même temps très économique, parce qu’on peut utiliser presque toute sa capacité calorifique. Comme il est très pur et notamment exempt de soufre, il est bien supérieur à la bouille pour les applications industrielles. Son emploi est très avantageux pour la production de la vapeur; on peut régler l’arrivée de l’air d'une manière constante, sans que l’ouverture des portes vienne amener des refroidissements; on n’a plus besoin d’hommes que pour surveiller l’alimentation d’eau, et encore on peut s’en dispenser si on consent à s’en rapporter à des appareils automatiques. La durée des chaudières est prolongée, car on n’a plus à craindre les effets dangereux des dilatations et contractions amenées par les courants d’air froid qui viennent frapper directement les parois chaudes des surfaces de chauffe.
- On a fait des expériences au point de vue de la valeur du gaz naturel pour la production de la vapeur au moyen d’une chaudière de 1 mètre de diamètre et 3 mètres de longueur, munie de tubes de 0m,10. On la chauffa d’abord avec de la houille de Youghiogheny, cassée en morceaux d’environ 0m, 10 de grosseur, et le chauffage fut conduit de manière à avoir les résultats les plus avantageux, le tirage se faisant par une cheminée ordinaire. La plus haute valeur de la vaporisation a été 9 kilogrammes de vapeur par kilogramme de combustible ; celui-ci donnait ainsi 61 pour 100 en nombres ronds de sa capacité calorifique théorique.
- On brûla ensuite du gaz sous la chaudière, mais en modifiant le foyer; en admettant le poids spécifique du gaz à raison de 0k,649 le mètre cube, la vaporisation a atteint 20,3 d’eau pour 1 de combustible, soit 83,4 pour 100 de la capacité calorifique. théorique. La combustion se faisait lentement avec de la vapeur à une pression très voisine de la pression atmosphérique. La vaporisation se faisait presque entièrement par l'enveloppe de la chaudière et presque pas par les tubes, dont on pouvait boucher la plus grande partie, à l’exception de ce qui était nécessaire pour le passage des, gaz brûlés.
- M. S.-A. Ford, des aciéries d’Edgard Thomson, une des premières autorités du jour sur la question, a fait de nombreuses analyses du gaz naturel; il constate tout d’abord que la composition du gaz est très variable d’un puits à l’autre. Ainsi, par exemple, pour l’azote, la proportion varie de 0 à 23 pour 100, pour l’oxygène, de 0,4 à 4 pour 100, etc. 1
- Nous croyons devoir reproduire quelques-unes de ces compositions. Les quatre premiers échantillons ont été pris sur le même puits, à des
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- époques peu différentes ; les deux autres proviennent d’autres puits. On y a joint le pouvoir calorifique par mètre cube.
- No 1 No 2 N »3 No 4 N» 5 No 6
- Date des essais 28 octo- 29 octo- 24 novem- 4 décem- 18 octo- 25 octo-
- bre 1884 bre 1884 bre 1884 bre 1884 bre 1884 bre 1884
- Acide carbonique... 0.80 0.60 0 0.40 0 0.30
- Oxyde de carbone.. 1.00 0.80 0.58 0.40 1.00 0.60
- Oxygène 1.10 0.80 0.78 0.80 2.10 1.20
- Gaz oléfiant 0.70 0.80 0.98 0.60 0.80 0.60
- Ethylène 3.60 5.50 7.92 12.30 5.20 4.80
- Gaz des marais... 72.18 62.25 60.70 49.58 57.85 75.16
- Hydrogène 20.02 26.16 29.03 35.92 9.64 14.45
- Azote 0 0 0 0 23.41 2.89
- Pouvoir calorifique. 7.287 6.988 6.272 7.458 5.923 7.456
- Si on compare le pouvoir calorifique à volume égal avec celui du gaz provenant des gazogènes Siemens, on constate une supériorité énorme en faveur du gaz naturel, les pouvoirs calorifiques de 1 mètre cube de gaz des gazogènes variant, selon les échantillons, de 3,300 à 3,800 calories.
- Si on prend, pour le gaz naturel, la composition moyenne suivante :
- ;i
- Pour HÔO
- Acide carbonique. . . . . . ... . 0,60
- Oxyde de carbone............. . . . 0,60
- Oxygène.................. ; . . . 0,80
- Oaz oléfiant ..................• . 1,00
- Éthylène. . . ............... 3,00
- Oaz des marais. . . . -.VA. 'AH V 67,00
- Hydrogène. . . . . . ........... 92,00
- Azote.............................. 3,00
- 100,00
- A i 1
- En admettant un poids moyen de 0k,6486 par mètre cube et en prenant les pouvoirs calorifiques de chaque élément combustible, on arrive à un pouvoir calorifique total de 7,897 calories.
- Par un calcul très simple que nous ne reproduirons pas, on trouverait que 1 mètre cube- de gaz naturel, pesant 0k,6486, a la même puissance calorifique que 0k,913 de carbone; par conséquent, une tonne de coke contenant 900 kilogrammes de carbone, aura pour équivalent calorifique 986 mètres cubes de gaz naturel. nmn'nV
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- Si la tonne de coke coûte 14 francs, le mètre cube de gaz vaudra 0 fr. 014 environ, eu égard à son pouvoir calorifique.
- Disons, en passant, que le puits dont il a été question plus haut et qui débite 800,000 mètres cubes par vingt-quatre heures, représenterait une production de houille de 1,000 tonnes et une valeur de 11,200 francs par jour, sur les bases ci-dessus.
- Si on fait la même comparaison entre le gaz naturel et le charbon bitumineux de Pensylvanie, on trouve qu’une tonne de ce dernier a pour équivalent 867 mètres cubes de gaz naturel et, si ce charbon coûte 7 francs la tonne, le gaz naturel vaudrait 8/10 de centime par mètre cube.
- Enfin, la comparaison avec l’anthracite donne un équivalent de 929 mètres cubes par tonne, et, en comptant le prix de l’anthracite à 30 francs la tonne, on trouverait 3 cent. 25 pour la valeur du mètre cube de gaz naturel.
- Il est difficile de formuler des prévisions sur la permanence de ces énormes quantités de gaz; mais, lorsqu’on voit des territoires d’huile qui donnent 70,000 barils de pétrole par jour et dont la production s’accroît d’année en année depuis vingt ans, on ne peut s’empêcher d’admettre l’opinion des personnes compétentes, qui pensent .que la région gazifôre suffira aux besoins de Pittsburg et de ses environs, au moins pendant la génération actuelle.
- Dans la discussion qui a .suivi, M. J. Lowthian-Bell a fait observer avec beaucoup de justesse que les énormes volumes de gaz débités par les puits dont il a été question, feraient supposer, à moins d’admettre une condensation sous des pressions dépassant tout ce qu’on peut admettre raisonnablement, l’existence de cavités souterraines d’une étendue non moins difficile à admettre; comme, de plus, on constate que la pression considérable sous laquelle le gaz se débite n’a pas varié sensiblement depuis plusieurs années, on est conduit à conclure que le gaz se produit constamment au fur et à mesure de sa consommation par une réaction qui nous est encore inconnue.
- Les ateliers de Baldwin (suite et fin). — La production des atenèrs, qui :'s est largement deveioppeo avec 1 accroissement du réseau de chemins de fer des États-Unis, s’élevait en 1871 à 331 locomotives et en 1872 à 422.
- Parmi les commandes importantes, on peut citer celle de 90 locomotives faite en 1870-71 par le Northern Pacific Railroad, et celle de 124 du Pennsylvania Railroad en 1872-73,
- Le chemin de fer russe de Veronef-Rostoff commanda, en 1872, dix locomotives pour brûler de l’anthracite, dont six types Mogul, à cylindres dé 0,483X0,610, avec roues de lm,372, et quatre û voyageurs, modèle américain, à cylindres de 0®,432 X0ra,6'10, et roues de lra,677, Il a été également fourni;':en 4872-73, neuf machines type américain, h cylindres de 0m,382><;0mj610 et roues de lm,525 pour le chemin de fer dé Hango-Hywingèi eii Finlandei
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- Les premières locomotives américaines pour les Nouvelles-Galles du Sud et le Queensland furent construites chez Baldwin, en 1877, et furent suivies de nouvelles commandes en 1878 e.t 1879. Six machines, type Consolidation, pour voie de lm,067, furent construites pour la Nouvelle-Zélande et deux machines à marchandises à six roues couplées et avant-train mobile, pour le gouvernement de Victoria.
- Quatre machines du même type, à dix roues, dont six accouplées et à cylindres de 0m,405 X 0m,610, ont été fournies aux chemins de fer nor-wégiens., , -v--.; .
- Les ateliers Balwin ont construit en 1878 quarante fortes locomotives type Mogul, à cylindres de 0Qb483X0m,610 et roues de lm,372 de diamètre pour deux lignes russes, le chemin de Kourslc, Oharkof, Azof, et celui d’Orel (triarzi. La commande fut faite le 16 décembre 1877, et, comme les machines devaient être livrés en Russie au mois de mai suivant, on dût organiser le travail en conséquence.
- Le personnel fut porté en quinze jours de 1,100 à 2,300 ouvriers, et la première machine fut achevée de monter et essayée sous pression le 5 janvier, trois semaines après la commande ; la dernière fut achevée le 13 février. Les quarante machines furent donc construites en huit semaines, pendant lesquelles on travailla également à vingt-huit autres machines qui furent en partie achevées et livrées pendant cette période.
- C’est en 1878 que fut achevée, pour le New-Mexico and Southern Pacific Railroad, la plus forte machine construite jusqu’alors par la maison Baldwin. C’était une machine type Consolidation, à cylindres de O111, 508x0m,662 et roues de lm,066 de diamètre. Cette machine portant ses approvisionnements pesait 52,000 kilogrammes; elle était destinée au service d’une-ligne provisoire à forte rampe traversant les Montagnes* Rocheuses. c
- La situation des ateliers, dans une des grandes villes manufacturières des Etats-Unis, est particulièrement favorable ; elle facilite les approvisionnements en matières premières et combustibles par la proximité des centres de production ; le recrutement des ouvriers spéciaux est aisé. On fait dans les ateliers toutes les pièces entrant dans la construction des locomotives et tenders, à l’exception des tôles, bandages, roues en fonte trempées et tubes de chaudières. Le matériel est très complet et. comprend nombre de machine-outils spéciales pour le travail des locomotives. On conserve les dessins et modèles complets de plus de cinq cents types différents de locomotives pour tout écartement de voie et toute espèce de service.
- Les ateliers se sont agrandis successivement au fur et à mesure de l’extension de la production, et ils occupent actuellement près de 40,000 mètres de terrain; la façade est sur Broadstreet et s’étend de'Pennsylvania Avenue à Spring Gardenstreet et de Broadstreet à la quinzième rue; les établissements occupent, en outre, un îlot complet entre les quinzième et seizième rue et Hamiltonstreet et Buttonwoodstreet, ainsi
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- que la plus grande partie de deux autres îlots situés entre les dix-septième et dix-huitième rues et Buttonwood-street et Pensylvania Avenue. On a éleVé récemment à l’angle de Broad-street et de Spring Garden-street une grande construction en briques, dont le premier étage est occupé par l’administration et le second par le bureau de dessin.
- A côté de ce bâtiment est le montage, au sud duquel sont la chaudronnerie, l’atelier des roues et l’atelier d’ajustage, qui occupent tout l’espace entre Broadstreet et la quinzième rue et Buttonwoodstreet et Hamilton-street. Les constructions qui occupaient primitivement cet espace et qui avaient été élevées en 1835 par M. Baldwin, ont été incendiées en 1884, et on les a remplacées par un bâtiment à quatre étages, dont trois sont occupés par des machines-outils et dont le quatrième sert de magasin.
- Dans l’atelier des roues, on ne fait que les tourner, elles sont faites au dehors. Dans la chaudronnerie, la plus grande partie du rivetage est fait à la presse hydraulique, qui,a remplacé les riveuses à vapeur employées précédemment. Le reste des bâtiments en façade sur Broad-street est occupé par l’atelier des modèles et de la forge. La fonderie, fer et cuivre, occupe en entier l’îlot dont il a été question plus haut, et l'ilot partiel, dont il a été également parlé, renferme les ateliers de| bois, des ressorts et des tenders.
- La plus forte locomotive construite jusqu’ici par les établissements Baldwin a ôté terminée au mois de mars de cette année, c’est le Decapod auquel nous avons-consacré un article dans la chronique d’avril, page 579, destiné au chemin de fer de Don Pedro II du Brésil.
- Une particularité caractéristique du travail dans les ateliers de Baldwin est l’emploi général des calibres et des gabarits, lesquels sont confectionnés et conservés dans un atelier spécial contenant .des outils appropriés et un personnel uniquement consacré à ce travail. Les calibres originaux servent d’étalons et ne sortent jamais de cet atelier, c’.est d’après eux qu’on exécute les calibres de travail qui sont fréquemment vérifiés d’après les types.
- Tout est fait d’après les calibres; les longerons sont rabotés, mortaisés et percés sur calibres, les cylindres alésés et dressés, les bandages tournés intérieurement et extérieurement, les essieux, toutes les pièces du mouvement sont travaillées de même; il n’est pas un trou qui ne soit percé d’après un calibre, de manière que toutes les pièces semblables des machines soient rigoureusement uniformes et puissent être remplacées les unes par les autres. Ce système était déjà en usage avant la mort de M. Baldwin.
- Les ateliers en plein travail occupent 3,000 ouvriers et peuvent produire 600 locomotives par an. | .
- , L[Industrial Review, de laquelle nous avons résumé ce qui précède, donne année par année la production de locomotives depuis 1842. Nous nous contenterons de reproduire quelques-uns de ces chiffres.
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- Années. Locomotives. Années. Locomotives.
- 1842 14 1869 235
- 1843 12 1870 280
- 1844 22 , 1871 331
- 1845 27 1872 422
- 1846 42 1873 437
- 1852 49 1876 232
- 1853 60 1877 185
- 1854 62 1878 292
- Î855 47 . 1879 398
- 1861 40 1880 517
- 1862 75 1881 555
- 1863 96 1882 563
- 1864 130 1883 557
- 1865 115 1884 429
- Le nombre total (le locomotives construites depuis 1842 jusqu’au 1er janvier 1885 s’élève au chiffre énorme de 7,415.
- — Dans une
- usine de la haute Silésie, où les fours à coke, au nombre de trente, ont ôté modifiés pour permettre de recueillir les sous-produits de la fabrication du coke, le docteur W. Colin a constaté les résultats suivants.: 100 kilogrammes de charbon donnent 3 kilogrammes de goudron et 1 kilogramme de sulfate d’ammoniaque. On traite, dans les trente fours à coke, 50 tonnes de charbon par jour, ce qui produit 1,500 kilogrammes de goudron et 500 kilogrammes de sulfate d’ammoniaque. A raison de 5 fr. 60 les 100 kilogrammes pour le goudron et de 31 fr. 25 pour le sulfate d’ammoniaque, et en déduisant les frais de traitement des eaux ammoniacales pour leur conversion en sulfate d’ammoniaque, on arrive à un produit de 184 fr. 30 par jour. Si on déduit l’intérêt, l’amortissement et l’entretien des appareils, etc., il reste 125 francs nets par jour, lesquels, appliqués à la production de 32,500 kilogrammes de coke , donnent une économie de 3fr. 85 par tonne de coke, c’est-à-dire de moitié des frais de production. La fonte brute produite dans cette usine exige 2 tonnes de coke par tonne de fonte ; donc l’utilisation des sous-produits .de la fabrication du coke permet de réduire de 7 fr. ,70 le prix de revient de la fonte brute.
- Le système* iiiéti»ique et ses ticlvei'îsaii*es. — Nous avons signalé,’^^i,11TDEFoîïï^e,i3?mLT§§,5, page ^96,' Tes progrès incontestables que faisait le système métrique aux États-Unis. Il ne faudrait pas en conclure que ses adversaires se tiennent pour battus ; on en a une preuve remarquable dans une communication faite récemment à YInstitution of civil Engineers, à Londres, sur la comparaison entre les mesures
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- métriques et les mesures anglaises au point de vue de l’art de l'ingénieur et surtout dans la discussion qui a suivi cette communication.
- Bien que la majorité des membres qui y ont pris part ait paru favorable à l’emploi du système métrique, les autres ont invoqué contre lui des raisons qui méritent d’être rapportées.
- Nous donnons, d’après Y Engineering News, un résumé des arguments présentés par les partisans des vieilles mesures.
- Sir Frédéric Bramwell, président de l’Institution, qui s’est distingué dans la défense du système anglais, a cru devoir rappeler le passage suivant d’un discours prononcé jadis au Parlement :
- « Comment faire comprendre au vulgaire la traduction des demies et des quarts en langage décimal? Un 5 avec un point à gauche et.25 également avec un point en avant ! Les gens familiers avec l’arithmétique comprennent et s’y habituent ; mais il est beaucoup plus difficile de faire admettre ces relations par ceux qui n’en comprennent pas le point de départ. »
- M. Barry repousse, pour sa part, la division décimale du pied; c’est fort heureux que le pied soit divisé en 12 parties. Quiconque a un peu de pratique apprécie les avantages de la divisibilité par 2, 3, 4 et 6. Avec le système décimal, la plupart des divisions ne donnent pas de chiffre exact, comme avec le système duodécimal; ce dernier est infiniment préférable pour l’ouvrier et également pour le calcul de tête.
- M. Young appuie sur le point de la facilité du calcul : « Si, dit-il, un marchand cherche le prix de 17 yards à 5 pence 3/4 la yard, il ne commence pas par réduire les pence en farthings pour les multiplier après par 17 et revenir aux schellings et aux pence; il considère simplement que 17 six pence moins 17 farthings font 8 shellings 6 pence moins 4 pence 1/4, soit 8 shellings 1 penny 3/4, ce qui est fait en un instant.
- « Avec le système décimal, il faudrait réduire en farthings et multiplier par les yards, de sorte que, à chaque moment, le marchand devrait recourir au crayon et au papier pour faire des calculs qu’il fait actuellement de tête. De plus,.,avec le système décimal, il faudrait mettre 25 farthings aux six pence au lieu de 24, ce qui serait très gênant, parce que 25 n’a qu’un diviseur, 5, tandis que 24 en a six : 12, 8, 6, 4, 3 et 2. »
- Ce dernier argument amuse beaucoup les Américains, qui n’ont pas le malheur d’avoir 25 farthings dans six pence, mais celui bien plus grand d’avoir un dollar divisé en 100 cents et qui ne- s’aperçoivent pas du tout de la gêne extraordinaire que cette division doit introduire dans leurs transactions commerciales.
- Les dollars et les cents sont en usage à Terre-Neuve, au Canada, au Honduras et dans quelques parties des Indes occidentales, à Hong-Kong, à Singapore, etc.; les roupies avec division centésimale sont employées à Ceylan et à Maurice.
- Enfin, les monnaies avec divisions décimales sont adoptées sur tout le continent européen, au Mexique et dans l’Amérique du Sud, en Chine
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- et au Japon, Les millions d’hommes qui peuplent ces contrées ignorent les avantages de la division duodécimale si appréciée par les populations de la Grande-Bretagne et de quelques colonies anglaises.
- Le journal américain raille aussi agréablement M. Barry au sujet de la prétendue supériorité de la division duodécimale du pied, division fort peu employée aujourd’hui aux Etats-Unis, ce qui n’empêche nullement d’y faire des machines, des navires, des chemins de fer, etc.
- Un des arguments les plus extraordinaires invoqués dans la discussion qui nous occupe en faveur des mesures anglaises est la difficulté'qu’ily a à on apprendre l’usage, ce qui est passablement en contradiction avec quelques-unes des raisons mises en avant par d’autres partisans de ce système.
- On a avancé, dit M. Rodolphe de Salis, que le système métrique ou décimal était plus facile à apprendre ; c’est exact, mais c’est loin d’être un avantage; on peut poser la proportion : le grec est au français comme le système des mesures anglaises est au système métrique au point de vue de l’éducation, et l’étude ardue des mesures anglaises doit développer les facultés mathématiques des élèves comme l’étude du grec développe les facultés littéraires. s
- h’Engineering News fait justement observer qu’on pourr ait aller loin dans cet ordre d’idées et pense qu’on pourrait peut-être apprendre à lire aux enfants avec des lettres gothiques, comme l’ancien alphabet allemand, ou à compter avec des chiffres romains, pour leur donner un peu plus de peine et mieux développer leurs facultés.
- Il est à remarquer toutefois, au milieu de cette discussion émaillée d’arguments grotesques, qu’on s’étonne de voir invoquer dans une société aussi éminente, que les adversaires sont tous d’accord au moins sur un point, la facilité avec laquelle peut être appris le système métrique. C’est ce qui ressort de plus net de la discussion.
- Nous nous reprocherions toutefois de passer sous silence quelques-uns des arguments par lesquels les défenseurs des mesures anglaises invoquent en leur faveur l'avantage de la simplicité.
- On dit qu’avec le système métrique il y a identité entre le litre d’eau et le kilogramme, le mètre cube d’eau et la tonne, et que, par conséquent, on connaît immédiatement le poids d’un volume d’eau.
- Sir Frédéric Bnamwell fait remarquer que cette identité n’est qu’exceptionnelle, attendu qu’elle suppose de l’eau distillée à son maximum de densité, cas qui ne se présente, pour ainsi dire, jamais en pratique. D’ailleurs, il en est de même pour les mesures anglaises; une hauteur d’eau de 1 pouce, couvrant un acre de terre, représente 100 tonnes, ou, pour être tout à fait exact, 101 tonnes. Un tuyau de 1 pouce de diamètre contient par 10 yards de longueur 1 gallon à bière. Le journal américain fait remarquer que cet inappréciable avantage du système de mesures anglaises est malheureusement d’une utilité très limitée en pratique, attendu que le gallon à bière est une vieille mesure qui a disparu depuis longtemps et dont l’usage est aujourd’hui interdit sous peine
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- d’amende; il termine en émettant le vœu que les autres gallons, les yards et toutes les baroques divisions de ce système suranné aillent le plus tôt possible rejoindre le gallon à bière.
- Les chemins de fer ati Japon. —La longueur totale des ,chemins de fer en exploitation"**âHueÏÏement au Japon est de 386 kilomètres; la. première ligne ouverte est celle de Tokio à Yokohama, de 32 kilomètres, mise en service en 1872. Cette ligne, qui a cinq stations intermédiaires, a coûté près.de 15 millions de francs et a été faite par des ingénieurs anglais.
- La ligne de Hiogo à Osaka a été ouverte en 1874; mais depuis elle a été prolongée par les deux extrémités et relie actuellement Kobe et Otsu sur une longueur totale de 100 kilomètres environ II y a seize stations intermédiaires, et la ligne traverse les parties les plus riches du centre du Japon; elle transporte de la soie, du thé, du coton, du riz, des céréales, etc., et de plus elle amène à l’intérieur les marchandises arrivant à Kobe, de l’étranger ou même du pays par mer. Ce chemin s’arrête à Otsu, sur les bords du lac.Bima; mais un autre commence sur la rive opposée de ce lac, à Nagahama et va de là au port de Tsuruga, sur la mer du Japon; la distance est de 44 kilomètres. Cette dernière ligne a été ouverte en 1882, de sorte qu’on peut actuellement traverser le Japon entier en chemin de fer, à l’exception du lac.Bima sur lequel est établi, entre les deux gares, un service de bateaux à vapeur.
- Il a été établi une troisième ligne entre Magahama et Sekigahora Ohogaki sur une longueur de 98 kilomètres. Le terminus de Ohogaki, jusqu’où la ligne a été étendue tout récemment, est le chef-lieu de la province de Mino et une des places les plus commerçantes du Japon. La quatrième ligne n’a été commencée qu’en juin 1882; mais, au mois de juillet de l’année suivante, les trains allaient déjà jusqu’à Kumagai à 60 kilomètres de la capitale, et la ligne entière jusqu’à Takasaki a été inaugurée ce printemps par l’empereur en personne, ce qui indique la manière dont les chemins de fer sont considérés au Japon. Cette ligne après de 100 kilomètres; elle transporte à Tokio de grandes quantités de soie, de thé et de tabac provenant de diverses provinces.
- Deux autres lignes sont en construction ; l’une va de Shinagawa, station du chemin de fer de Tokio à Yokohama, à Kawagutchi et l’autre de Takasaki à Mayebashi, un des centres de la production de la soie ; cette dernière, qui n’a que 11 kilomètres de longueur, sera ouverte cet automne.
- Cinq.autres lignes vont être entreprises; la première de Urawa, station de la ligne de Tokio à Takasaki, à Aomori, ville à l’extrémité septentrionale de l’île de Niphon, longueur 720 kilomètres ; la seconde, de Takasaki à Ohogaki et Yokkaitchi, longueur 320 kilomètres ', la troisième, de Oneyda, dans la province de Shinavo, à Niiguta, longueur 24:0 kilomètres ; la quatrième, de Osaka a Sakai, longueur TI kilomètres, et enfin la dernière, de Shizonoka à Shimidyn, dans la province de Tesu-
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- ruga, longueur 10 kilomètres. Ces lignes réunies présenteront un développement total de 1,300 kilomètres. On doit, en outre, exécuter sans délai une ligne de tramway entre Tolcio et Kofu.
- COMPTES RENDUS
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE.
- .Juillet 1885.
- Rapport de M. Brull, sur le - Guide pour l’essai des machines à vapeur, par M. Buchetti.
- Rapport deM. Dufresne de Saint-Léon sur les procédés démoulage à l’aide de la gutta-percha rendue soluble par les corps gras, dus à M. Pellecat.
- La gutta-percha se ramollit à chaud dans l’huile de lin, et la matière devient assez plastique pour donner un moulage parfait et elle, durcit en se refroidissant.-
- Rapport deM. Bardy sur l’emploi d’un .nouveau, produit-dénommé caoutclioutine, présenté, par M... Ch.. Barbier, pour l’entretien, la régénération et l’imperméabilisation .des cuirs ouvrés en service.
- Ce produit est un liquide qui sert à :
- • 1° La régénération des cuirs indurés ;
- 2° L’imperméabilité des cuirs neufs ;
- 3° L’entretien des cuirs en service.
- Le rapporteur, après avoir passé en revue ces trois parties dé la question, conclut que si l’on se rend compte de la diversité et dél’uiii-versalité de l’emploi du cuir dans lé monde entier (pour la France seule, le chiffre. dépasse annuellement 300 millions), on doit comprendre qu’un procédé, permettant de prolonger la durée de service du'cuir et s’opposant dans une certaine mesure à sa détérioration, doit avoir une grande portée économique.
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- La caoutchoutine semble résoudre heureusement les divers points du programme, et, si la pratique industrielle vient justifier les espérances fondées de l’auteur et sanctionner les expériences faites par le rapporteur, ce liquide paraît appelé à rendre de réels services.
- Obsèques de M. Tresea.
- Discours de M. Maurice Lévy.
- — de M. Haton de la Ctoupillière.
- — de M Ch. de Comberousse.
- — de M. Laussedat.
- — de M. Cauvet.
- — de M. Noblot.
- — de M. Louis Passy.
- Chimie agricole. Dosage de l’acide phosphorique, par M. Aubin.
- Notices industrielles. Les progrès de l’électricité en Amérique.
- Nous trouvons dans le procès-verbal de la séance du 26 juin 1885 le résumé d'une communication faite par notre collègue, M. Ed, Simon, en offrant à la Société d’Encouragement, au nom de son auteur, un ouvrage intitulé : le Tonkin industriel et commercial, par AL Calixte Imbert, négociant àHaï-Phong; voici les points les plus importants de cette communication :
- Le Tonkin a, sur la Cochinchine, un premier avantage climatérique, la saison hivernale. Le pays n’est pas affligé d’un été perpétuel, dont les chaleurs consécutives abattent les Européens. De mai à septembre, les fortes chaleurs coïncident avec la saison des pluies; mais, de septembre à avril (saison sèche), la température varie entre 15 et 7 degrés au-dessus de zéro. Beaucoup d’Européens, fatigués par les grandes chaleurs humides, se remettent très bien pendant la période hivernale.
- Le Tonkin ne saurait être, d’après l’auteur, une colonie d’émigration pour les travailleur européens; d’ailleurs, la main-d’œuvre ne fait pas défaut dans le pays. Les qualités natives, les habitudes professionnelles des indigènes assurent, suivant AL Imbert, l’avenir industriel et commercial du Tonkin. Par contre, la sobriété et les goûts des Annamites et des Chinois, qui se contentent des produits du pays et d’une nourriture tout à fait insuffisante pour l’Européen, ne permettent pas de compter avant longtemps sur l’exportation de produits français de grande consommation.
- Les colons doivent avoir pour objectif l’exploitation des richesses locales, le riz qui tient la première place et se prête à la création de fabriques d’alcool et d’amidon, les arachides, la canne à sucre, le café, les fibfes textiles, coton, chanvre, ramée, soie, l’indigo, les bois, les minerais de plomb et de cuivre, extraits de longue date par des procédés primitifs qui n’ont point épuisé les gisements;
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- M. Imbert a recueilli et offert au gouvernement une collection soigneusement classée de ces produits, laquelle se trouve exposée au ministère du commerce.
- Des données qui précèdent résulte l’opportunité pour la France d’être représentée par la qualité bien plus que par la quantité de ses colons. Là s’ouvre pour nos jeunes compatriotes sortis des écoles de commerce, d’arts et manufactures, d’arts et métiers, d’agriculture, un champ nouveau et productif, à la condition de ne pas s’expatrier sans l’appui effectif de maisons sérieuses et de ne point chercher la fortune dans un simple voyage d’exploration.
- ANNALES DES PONTS ET CHAUSSÉES
- Juillet 1885
- Note sur la détermination graphique des moments fléchissants dans les pièces chargées de poids discontinus, par M. Ed. Collignon, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Cette note indique une méthode géométrique permettant de résoudre, d’une manière simple, rapide et rigoureuse, le problème des charges discontinues agissant sur une travée unique. Elle pourrait même s’étendre, à titre d’approximation, ! aux poutres droites à travées solidaires, sauf à prendre arbitrairement ou à déterminer par avance les points d’inflexion des diverses parties. Elle s’applique aussi, sans grande complication, au problème des charges discontinues pour les pièces courbés. Cette méthode a de plus Davantage, dit l’auteur, de donner une traduction géométrique immédiate de ces quantités complexes que l’on nomme moments des forces et qui jouent un rôle si important dans la mécanique rationnelle.
- Les machines mag’iiéto-éleetriques et l’arc voltaïque des phares, par M. F. Lucas, ingénieur en chef des ponts et chaussées. «
- Cette note étudie la production de l’arc voltaïque au moyen des diffé^-rentes machines magnéto-électriques en usage, la machine de l’Alliance, la plus ancienne, et la machine de Meritens la plus récente, en donnant la théorie de ces machines; elle examine ensuite la question des câbles conducteurs, des crayons à lumière et de l’arc voltaïque. O' A ,
- La conclusion esfque, si les arcs voltaïques sont des foyers lumineux d’une grande puissance> ils sont malheureusement imparfaits, quant à la
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- stabilité de la lumière, et ils exigent une grande surveillance, de plus réchauffement est très rapide. Un progrès considérable serait réalisé le jour où les grands foyers d'incandescence pourraient être substitués aux arcs voltaïques, et c’est dans cette voie qu’il faut chercher la future solution du problème de l’éclairage électrique des phares.
- Modification de la formule d’intégration approchée de Simpson, par M. de Perrodil, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Note sur le classement des routes départementales,
- par M. P. Étienne, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Note sur le Traité des ponts métalliques de M. J. Resal, ingénieur des ponts et chaussées, par M. Flamant, ingénieur en chef des ponts et chaussées,
- ILes eaux de Londres et d’Amsterdam, par M. Couche, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Ce travail est un rapport destiné à l’Administration municipale, et ayant pour but d’examiner, si, dans le système absolument différent du nôtre qu’ont adopté nos voisins, on pouvait faire pour Paris des emprunts utiles.
- La note examine rapidement l’alimentation d’eau de Londres, la provenance et la composition des eaux, lesquelles offrent des conditions analogues, quoique un peu inférieures, à celles de nos eaux de la Seine et de la Marne; puis l’outillage, dont le caractère essentiel est le morcellement, puisqu’il n’existe pas moins de huit compagnies indépendantes qui desseï1-vent chacune un quartier déterminé ; puis vient le mode déexploitation et l’emploi de l’eau. L’auteur examine ensuite en quoi l’exemple de Londres peut nous éclairer.
- Ses conclusions sont qu’il faut à Paris plus d'eau qu’à Londres, parce que le climat l’exige et surtout d’autres eaux qu’à Londres et distribuées tout autrement.
- Il faut à Paris de l’eau de rivière pour les usages nombreux qui n’exigent pas de l’eau de qualité supérieure, parce que l’eau de source est nécessairement chère, et qu’il serait d’une souveraine imprudence de faire trop exclusivement reposer l’alimentation de la capitale sur des dérivations lointaines, impossibles à défendre en temps de guerre. Les eaux de source doivent être réservées exclusivement à l’alimentation. C’est dans cet ordre d’idées qu’on doit continuer les améliorations de la belle création de M. Belgrand.
- M. Couche décrit sommairement le service d’eaux d’Amsterdam qui a pour particularités qu’il n’y a aux environs d’Amsterdam ni véritables sources, ni rivières d’eau potable, et qu’il ne s’y rencontre pas une éminence sur laquelle on puisse établir un réservoir de distribution.
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- L’eau pluviale est extraite des dunes d’Haarlem par un drainage très étendu formé de canaux qui n’ont pas moins de 18 kilomètres de longueur; l’eau est ensuite filtrée, puis refoulée par des machines jusqu’à Amsterdam. La distribution est continue, sur colonne et sans réservoir. Le volume journalier est de 16 à 18,000 mètres cubes seulement pour une population de 350,000 habitants, dont la propreté est proverbiale; il faut dire que toute l’eau de lavage se prend dans les canaux qui sillonnent la ville.
- Construction d’un tunnel sous 1’Hudson. Extrait du rapport de mission en Amérique de M. Cadard, ingénieur des ponts et chaussées.
- Documents' annexés au rapport de mission en Amérique de M. Cadard, ingénieur des ponts et chaussées.
- Note bibliographique de M. Ed. Collignon, ingénieur en chef des ponts et chaussées, sur le cours de mécanique et machines, de
- M. Bresse, inspecteur général des ponts et chaussées.
- SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE DE MULHOUSE
- Juillet 1885
- Note sur la protection delà propriété industrielle, par
- M. Ch. Orosseteste-Thierry.
- C’est un résumé comparatif des législations des grands États de l’Europe, relativement aux brevets d’invention, avec quelques considérations sur la convention internationale de 1883.
- Note sur un nouveau bleu pour impression, par M. Ed.
- Ullricii.
- Étude sur la composition, la chaleur de combustion et le rendement pratique d’une houille de la Ruhr
- (mine d’Altendorf), par M. Scheurer-Kestiner.
- L’analyse élémentaire de cette houille a donné une proportion de cendres de 1.10 à 2.27 pour 100, la houille brute renfermant de 10 à 14. La composition de la houille peut être établie comme suit en moyenne :
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- Houille pure. Houille brute.
- Cendres 0, 1,58
- Carbone 89,92 88,50
- Hydrogène 4,11 4,11
- Azote ........ ...... 1,00 0,99
- Oxygène. ...... 4,97 4,82
- 100,00 100,00
- La chaleur de combustion a été déterminée dans l’appareil Favre et Silbermann, et dans les conditions indiquées par MM. Scheurer-Kestner et Meunier Dollfus en 1879. On a trouvé 9,111 calories par kilogramme pour moyenne de trois expériences. Le calcul par la formule de Dulong donnerait 8,477 calories.
- L’auteur, ayant toujours trouvé que le pouvoir calorifique, mesuré au calorimètre, est de 7 à 8 pour 100 supérieur au résultat que donne la formule de Dulong, conclut que celle-ci ne peut pas être considérée comme applicable aux houilles.
- L’essai pratique a été fait avec les chaudières qui ont servi aux expériences de l’auteur en 1869. Il a duré cinquante-trois heures pendant lesquelles ont été vaporisés 57,920 litres d’eau à 26°,7, ce qui donne les résultats suivants :
- Rendement de la houille brute humide en eau à 0° ...... 7,82
- — — — sèche — 8,26
- —- — pure et sèche — 9,41
- Rapport sur une demande de concours des prix de MM. Dietschfrères, présenté, au nom du comité de chimie, par MM. G-. Schaeffer, Koechlin et Noelting. ,
- Note de M. le docteur Schoellhammer sur le travail de M. Mandel, intitulé : la Phtisie animale et la Transmission à l’homme.
- Résumé météorologique de l’année 1884, par M. G-. Zweifel.
- Notice nécrologique sur M. Zweifel, présentée par M. Aug. DollfuS.
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS ALLEMANDS
- N° 34. -22 Août 1885.
- Coup d’œil sur la vingt-sixième réunion générale de l’Association, à Stottin.
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- Exposition d’industrie et du travail manuel, à Gorlitz, en 1885, par II. Maihak.
- Métallurgie. — Appareil à chauffer l’air de Long. — Laminoir à blooms des forges d’Ebbw Vale. —Arrêts de cages des mines de H. Oehwadt.
- Groupe de Saxe. — Assimilation du système de la circulation du sang chez les animaux à une canalisation de distribution d’eau.
- Patentes.
- Bibliographie. — Prix de revient des transports par chemins de fer et par canaux, de Sympher.
- Correspondance. — Régulateurs pour pompes à vapeur. — Système de chauffage de Frédéric Siemens.
- N° &>. — 29 Août 1885.
- Transmissions par câbles, de K. Keller.
- Exposition d’industrie et de travail manuel, à Gorlitz, en 1885, par H. Maihak (suite).
- Construction des courbes de la forme pvl\ = const., par J. Taubeles.
- Distribution d’eau d’Eupalinos (Grèce).
- Machines-outils.
- Groupe de Magdebourg.
- Groupe de la Haute-Silésie. — Inondation à Czentochau.
- Groupe de Saxe. — Assimilation du système de la circulation du sang chez les animaux à une canalisation de distribution d’eau (fin).
- Appareil de graissage à pompe, de Rost.
- Graisseur Mollerup.
- Patentes.
- Bibliographie. — Ouvrages adressés à l’Association.
- Correspondance. — Système Clapp-Griffith.
- Variétés. — Tramways à câbles. — Expériences sur la vaporisation.
- Le Secrétaire-Bédacteur,
- A. Mallet.
- l’AHIS, IMPMMK1UK CHAIX (S.-O.). — 25962-5.
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- MÉMOIRES
- ET "
- COMPTE RENDO DES TRAVAUX
- DE LA
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS
- OCTOBRE 1885 ' A
- rs° 10
- Sommaires des séances du mois d’octobre : -
- 1° Lecture, par M. A. Mallet, d’üne lettre ou note de M. Daniel Colladon sur ses grands Appareils Dijnamométriques applicables Iaux Machines marines et sur ceux de M. Auguste Taurines (séance du 2 octobre, pages 374 à 391); /a a? gi
- 2° Lettre de M, W. Nordling, relative à la* communication faite par M. Edmond Roy à la séance du 7 août 1885 (séance du 21 octobre, page 391); r
- 3° Lettre de M. A. Léger sur le chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon et sur ses origines, et remarque de M. de Comberousse (séance du 2 octobre, pages 392 à 394) ; - T olî o o*’'
- 4° Lettre du Syndicat des entrepreneurs àe travaux, publics de France, annonçant, pour le mois de décembre prochain,, une ’Expo-
- , â.>
- BULL-.
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- sition de l’Outillage dos travaux publics , (séance du 2 octobre, page 394);
- 5° Circulaire de M. le Ministre de l’Instruction publique, relative au Congrès des Sociétés savantes en 1886 (séance du .2 octobre, page 395).;,, ; . H r.ujv
- 6° Exposé par M. de Comberousse de la partie officielle du voyage de la Société en Belgique, du..8..août au 12 août 1885 (séance du 2 octobre, pages 395 à 406) ; , r.
- 7° Compte rendu par ,M. BriUl des excursions organisées en l’honneur de la Société par ïAssociation des Ingénieurs sortis de l'Ecole de G and, du 13 août au 15 août 1885 (séance du 2 octobre, pages 406 à 410) ;
- 8° Compte rendu par M. Auguste Moreau, comme suppléant de M. Périssé, des excursions organisées en l’honneur de la Société par Y Association des Ingénieurs sortis de l'Ecole, de Liège, du 13 août au 15 août 1885 (séance du 2 octobre, pages 411 à 421) ;
- 9° Annonce par M. de Comberousse de la . signature du Décret autorisant la Société à entrer en possession du Legs Gi/fard (séance du 46 octobre, page 422);
- 10° Note de M. Anthoni sur l’ouvrage de M. Emile . Cacheux, intitulé : Y Économiste pratique(séa.nce du 16 octobre,pages 423 à 428) ;
- 11° Note de M. Edouard Simon sur la Convention internationale pour la protection de la propriété industrielle (séance du 16 octobre, pages 428 à 434) ; - . !
- 12° Communication de M. Ch. Assi, en son nom et en celui, de M. Louisj Genès, sur la Convention internationale pour la protection de la propriété industrielle {séance du 16 octobre, pages 434, à, 444)
- 13° Observations présentées sur la note et la communication précédentes par MM. Casalonga, Albert Cahpn, . Edouard Simon, Ch. Assi, Genès, Armengaud et Mardelet (séance, du i6 octobre, pages 444 à 450);
- 14° Rapport présenté par M. de Comberousse, au nom du Comité, sur la donations faite à la Société, par madame Eusco (séance du 16 octobre, pages 450 à 453):;: i -,:i|
- 15° Vote de l’Assemblée*, constituée en Assemblée générale,extraordinaire* acceptant à l’unanimité, conformément*à la.proposition du Comité* le Legs Fusco sous bénéfice d’inventaire (séance du 16 octobre* page 453),
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- Pendant le mois d’octobre, la Société a reçu :
- 1° De M. D. Colladon, membre de la Société, un exemplaire'3d!ün rapport de MM. Poncelet, Piobert et Coriolis, sur rin 'mémoire de M. Dï’Colladon, relatif à un nouveau mode de mesufe du travail des machines marines à vapeur et à un moyen d’évaluer la résistance que les navires à vapeur éprouvent dans leur marche (extrait des Comptes1 rendus des séances de l' Académie des' Sciences), et un exemplaire d’une note sur la b al an ce=h y namom étriqué établie a T arsenal royal de Marine' à Woolwicli, pour l’usage de P Amirauté anglaise, par M. D. Colladon (extrait des Comptes rendus).
- 2° De M. Berthot, membre de la Société, un mémoire sur les Forces mutuelles et leurs applications aux phénomènes mécaniques, physiques et chimiques ; '
- 3° De M. Seyrig, membre de la Société, un exemplaire de son ouvrage intitulé’: Éléments de Statique graphique appliquée aux constructions (textè et atlas) ;
- 4° De M. Vuiliemin, membre de la Société, un exemplaire des tomes II et III de son ouvrage sur le Bassin houiller du Pas-de-Calais ;
- 5° De M. Albert Urban, membre de la Société, deux exemplaires d’une noté sdh les Carrières de porphyre de Quenast;
- 6° De M. Max de Naiisouty, membre de la Société, un exemplaire de sa note sur la Télégraphie optique) ' ^
- 7° De M. Maisonneuve, membre de la Société, deux exemplaires de sa note sur une Machine thermique ;
- 8° De M. Boügarel, membre de la Société, un exemplaire du compte rendu de la 'Distribution des prix aux apprentis de l'École professionnelle fondée par M. Gérard, mécanicien; "
- 9° De M. Brehm, ingénieur, un exemplaire d’une notice sur les Voitures et'''vapeur Roivcm pour Vexploitation de tramways1 et de chemins de fer secondaires ;
- 10° De la Société >rde Géographie ' italienne, un exemplaire du 2e volume des Actes' du 3° Congrès international de> Géographie, tenu à Venise, du 15 au 22 septembre 1881 ; ^ " : ‘
- 11° Un* exemplaire des1 procès-verbaux des séances du Congrès international de Navigation intérieure, tenu à Bruxelles, du M mai au % juin, et un exemplaire Mes Mémoires publiés à l’occasion de ce même congrès. : «G
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- 12u De M. Gabriel Thareau, .membre de la Société, une note sur
- î. B ? ? ‘f
- l’Association parisienne des'industriels, pour préserver les ouvriers des accidents du travail ; ; .
- ^arimantrand, membre de la Société, un. exemplaire d^umàKiclb sur la navigation de la Seliic^ (E^t^ait5 dû. >Pem Mpl-
- listé) ;
- f-j<j
- 14° De M. Corthell, membre de la Société, un exemplaire d’une brochure intitulée : The interoceanic ProbVém and its scientific solution ;
- 45° De M. Louis Parent, vmembre^de la Société, de la part de M. le docteur Paul Redard, un exemplaire de son ouvrage sur le transport par chemin de fer des blessés et malades militaires ;
- 46° De M. Brochocki, membre de la Société, un exemplaire de sa notice sur la charpente rigide à articulation démontable et extensible, destinée à la construction des ponts-volants et d’abris de toute nature. )U-i- - ,
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- Les Membres nouvellement admis sont : Membrés SBéietairés 'Uimmu «
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- GAIEEE,,;, f. Jousselïu, Legkï’et ’P'éîguôt.11 n,,y! '
- Gruner, — Hallopeau, Périssé >cti Seÿri#g'.u? 1 '
- Guasco, — Barauger, Chassèvcnt Jbt L: MaiClibS
- Delong, " \-; . Brûlé, Cerbelaud etHauef.., v.
- Mlodecki, r — . > Benoît-Duportail, A. Mallet et Reguard
- MüSNIER, ' — -'t.Vi. ,jde Comberpusse, Bouriy,etjPérissc.
- Saintigeon, — - BrichautjnLeverbe et..Tailtinger.
- T)e Schclïuep, -
- Membres Associés :
- srr; o
- de: Combero;USSe;,E.I?olonceau et Périsse.
- MM. Rogerson, présenté par MM. Gottsclialk, LaValiejsét Molinos. Voisine, — BrichàüH Leverbe^tTaittingern'
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- RÉSUMÉ
- DES
- PROCÈS- VERBAUX DES SÉANCES
- DU MOIS D’OCTOBRE 1885
- .Séance du 8 Octobre 1885
- PRÉSIDENCE J)E M. ..de COMBEROUSSE
- La séance est ouverte à huit heures et demie.
- M. le Président a le regret d’annoncer le décès de M. Bougère, ancien élève de l’Ecole centrale, banquier à Angers, membre de la Société depuis 1848, et celui de M. Jean Fleury.
- Plusieurs de nos collègues ont reçu dès décorations étrangères.
- M. Charles Bourdon a été nomme chevalier de l’ordre de Léopold, M. Adolphe Violet, officier de l’ordre du Cambodge, et M. Letalle, commandeur de ï’or^re impérial dé TOsmaüm. - t, ?..
- Le procès-verbal dé la jde’rhière' séance est adopté, en tenant compte dés: développements ci-api’ès.’ i ..•.o . f.. .
- M. le Président Tàppëllé'qne, dans la dernière séance, .M., fie Cossi-giiy avait écrit'unë lettre ‘fort’intérëssante à propos des inventions dy-nam'ôndétriqües dé Ni. Taurines : il comparait ses travaux, à .ceux de M. Colladon'.îM. Mallèt!'a répondu quelques mots, à ce sujet,,,et pous a fait espérer que M/Cdlladon pourrait;nous donner des? détails précieux sur ses propres travaux, et sur le dynamomètre employé en Angleterre, à l’arsenal de Woolwich. . ' > • /
- En;!effet,,M.y Mallet;a rapporté de ,s,on voyage en Suisse une note très instTuetiy.e.(jejM',,P;oR^on> etil_tYja, nous la 'communiquer/'comme se rapportant au procès-verbal de la dernière séance. y <
- M. Mallet a la parole..
- M. Mallet expose d’abord sommairement le but de M. Colladon. En dehors des-explications qu’il donne sur les expériences qui ont servi de
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- point de départ à rétablissement de l'appareil de Woolwich, qui, a rendu de grands services, M. Colladon s’est proposé,de répondre à la lettre de M. de Cossigny sur deux points. Dans l’état actuel de la question, on pourrait supposer qu’il y a un certain antagonisme entre M. Taurines et M. Colladon. M. Mallet croit bonde dire, dès à présent, que ce, sont d’anciens, amis et ?qu’ils ont toujours conservé;, entre eux d’excellentes relations, comme on le verra dans la lettre qu’il va lire.
- Il y a un second point sur lequel M. Colladon tient à fixer l'attention de la Société; c’est que l’appareil de M. Taurines aurait été construit et employé en France et serait un appareil français,tandis que celui de M. Colladon aurait été construit et employé en Angleterre. Si l’appareil de M. Colladon a été construit en Angleterre, c'est parce qu'il n’a pas pu le faire exécuter chez nous, car, AI. Colladon a fait presque toute sa carrière en France; ses expériences ont été faites sur la Seine et sur le Rhône, et s’il n’a pas exécuté son appareil en France , c’est parce que la marine française ne l’a pas accepté, tandis que, en Angleterre, son appareil a été immédiatement accepté et exécuté.
- M. Mallet donne, comme il suit, lecture de la lettre de M, Colladon,
- « Monsieur le Président, ^
- << Dans la lettre que M. .Jules de Cossigny vous a adressée et dont il a été fait lecture à la dernière séance de la Société, il fait allusion à mes anciens travaux sur la mesure du travail des machines à et rappelle ceux plus récents de mon ami M. l’ancien professeur, Auguste Taurines.
- » Je crois convenable, pour éviter toute interprétation erronée, de rédiger pour nos mémoires un résumé historique fort abrégé de mes anciennes études théoriques, basées sur de très nombreuses expériences bien antérieures à 1850, pour déterminer l’effet utile des machines à vapeur destinées à la navigation, et de rappeler quelques travaux originaux bien oublies aujourd’hui, sur les avàntages des roues de navigation à palettes mobiles et sur une méthode de mon invention, destinée à suppléer à l’insuffisance du frein de Prony pour mesurer la force en chevaux des machines marines, réalisée sur l’arbre des roues d’aubes, par des moteurs à vapeur d’une puissance quelconque, fut-elle même égale à plusieurs milliers de chevaux.
- » Le frein de Prony , appareil d y n a m orné trm[u e si précieux pour déterminer les travaux mouvants ou résistants, inférieurs ’ â '60 ou 100 chevaux, devient d’un emploi dangereux et même impossible, lorsque la valeur du travail correspond à un nombre supérieur. Je" crois‘"utile de rappeler que j’ai eu l’idée, dès l’année 1835, de rèùiplacër pour les essais sur la .force en chevaux des machines à vapeur marines, quelle que soit leur puissance, l’appareil du frein par une autre méthode dé mon? jnyen-
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- tiôni dans laquelle je fais servir l’action rotative des roues à aubes dont les palettes ont été convenablement déplacées, en combinant le chemin'' décrit dans un temps donné parle centre d’impression d’une de ’ ceS palettes, avec la tension d’un câble d’arrêt horizontal, qui retient’!le,: navire sans suspendre ou diminuer la vitesse normale des machines.
- » Pour mesurer la tension de ce câble, j’ai démontré par de nombreuses expériences qu'om peut, dans tous ces essais, se servir d’une balance à équerre capable de mesurer une force horizontale de plusieurs milliers de kilogrammes en établissant l’équilibre par des séries dé poids suspendus au bras horizontal de la romaine en forme d’équerre et en leur ajoutant la résistance élastique d’un dynamomètre de force médiocre , ayant une échelle d’extension suffisamment grande pour enregistrer sur le cadran d’un totalisateur à horloge, les variations que peut subir la tension du câble. J’expliquerai plus loin pourquoi l’emploi de cette balance peut être quelquefois préféré à celui de puissants dv-! namomètres à ressorts, quand on se propose d’obtenir des mesures délicates et très précises; je décrirai en même temps la balance romaine en équerre que j’ai fait établir à poste fixe en 1844 à l’arsenal maritime de "Woolwich, pour servir à l’essai des machines marines les plus puissantes des vaisseaux à vapeur du gouvernement Britannique.
- » Les essais nombreux et variés que j’ai pu faire par l’emploi de
- cette nouvelle méthode pendant trois années, (1838 à 1841) sur quelques bateaux à vapeur de la Saône et du lac de Genève (1), m’ont démontré :
- » i° <5ue cette nouvelle méthode donne pour les machines à vapeur marines des mesures du travail effectif, autant ou même plus précises que celles (qu’aurait j pu donner le frein de Prony, si son usage eût été possible > pour des moteurs d’une( puissance supérieure à 100 chevaux. • ( ( ' > f , - ' , , ; t
- » 2° Que son emploi peut être continué^sans interpuption .pendant plus de 24 ou 48 heures, si on désire prolonger les essais.
- » 3° Que cette longue durée ne peut occasionner aucun danger quel-
- conque pour les organes de la machine, lors même que leur force effective serait égaie à plusieurs iniliiers de chevaux, f.. y.j, 'j é. ,
- » 4° Que l’on peut utiliser cette méthode pour mesurer .exactement la résistance, des,carènes pendant leur marche en eau>calme,tà . différents
- degrés de vitesse. 1 " * y .,y - ,
- » 5° Enfin, qu’il serait souvent possible d’employer cette méthode d’essai, pendant le,stationnement d’un navire a.yapeur proues dans pn port, pour étudier l’influence utile ou nuisible que peuvent avoir certaines’ modification^ dansfle mode.; d’emploi de^la yapeur, ( ou dans la disposition de^leurs^organes, pour la bonne marche du navire.
- (1) En particulier sur lés deux plus grands bateaux à vapeur de ce lac, étdblis en 1839 et 1840, XAigte) la- force., de quatre-vingt-dix chevaux, et. le Léman ^ de soixante-, six et demi. r>'
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- ^^•Tc’tiffaiit le second 'fitVai’t 'cïù dix-rieuvièmo siècle, les ^'âiilôntês^ma^ 'inkffMb's des divers pays éülieiit'dûnsffobligation d’accepter les! pai^antes 4fr’aëhte!e'é marines bomiiiabdées pour leur usage, • sans avoir Itréaiï1 pto-^é'é'd’é^qtiièl'ebdqfue- po'ur mesure!’ ou estimer leur pouvoir1‘iégiïlier- effectif èür1l*â¥M*êlffè&boues motrices, que l’appareil cônüu’sôUsde'eiOiUuffin-"èlé'a-Wüï*d;é''Wâtt;; : ''‘t'Mù.t.D; uiairrn» e
- u>‘ 1 ÿ f M’ai»1 Cet1 in stAviüent ne peut d é terni mob' que1 ’ le' travai 1 pdtéiiti el! d e la vapeur sur le ouïes pistons dans l’intérieur des cylindres, et il est paUfkitemeüt rèconnu que! l’étude des'diagMulnaé^tracés^pap cet appareil ne donne qmvdès indications probables ''ttiélk*iltiffettfdfit certaines, éur le pouvoir fin al effectif disponible1 rpie d’olt1'désire en définitive obtenir'sur ff-aTbre des:roues motrices (1). ir 1 rii>'.ci r-.. i:!' -
- 'EXPÉRIENCES COMPARATIVES SUR LE TRAVAIL UTILE EFFECTUÉ PAR DES ROUES jï.iO -h ‘MOTRICES A PALETTES FIXES OU MOBILES (1827 à 1829). ï
- 5*'» ’ Pendant le
- second semestre dé
- if&r^-’-
- j’aVais rédigé un travail
- assez'considérable sur la résistàncff"des corps flottants et sur l’effet
- utile des roues motrices de bateaux a' vapeur,uiiasé sur des expérien-, , , „ ., , ;bi XIOM.eq <• • •
- ces très nombreuses faites a mes frais. .. ^
- Ces études m’avaient amené à rècominandër i’émploi d’un nouveau système de roues à palettes mobiles/"dontffes'’au 1ms dirigees)^'par un mécanisme solide ^et d’uii coût modéré reiativeme^t'* l^é'coijomïe1)qûi en résulte par une meilleure utilisation* de la ^orce motrice,* me paraissait mériter l’approbation''de rAcadèmié''dés sfeien'ces1 1 ét‘ quelques ; n .lui ?»i .j-.fiéanivia x>,\ o mmUiiom omoao >, .ru'.uïrv/iiTHi:
- essais faits en grand aux frais de 1 amirauté française.
- T x!i •*-g•).<>unui .y; aimd)lu> |O’lq viiuoiif un ,ffrio« >:M,rtMi sie .1; xmiîv.
- » Les roues a palettes fixes, quelle que soit leur construction, et les ••UMyO/u tw.-iq. un S'.iiteîuiqi'îjou xn;o •-.mi tu ou •liovi; Jinjrnxe/i
- roues
- estent cons-
- '•.ifM.Ut/fi ïumç. un S'.lj-ieîuuifîJOu xit;f» •-.‘m.-niou •uovi; J;
- sa palettes mobiles, dites du système Morgan, quL r
- M.,W t •/UOtjfi'i 'llldipitiiS" -.11101(0 -.un T» ><mu •UlUtfi mt0.1,?i!;7iVÎÏ :
- tamment verticales pendant.la marche du navire,occasionnent une dépense
- considérable et inutile 'ciel à 'force motrice toutes"les fois que le navire est ,,Mri vent n .h. uoixmm'Uü -uie b mor>>vi shll .mu;, .•^niup.vr;-
- fortement charge;ou que la lame est forte,ou que le vent latéral faisant pen-
- cher le navire,une des roues a aubes est trop profondément immergee. S il .•/.n'.-rujUr un vc*! .n• 'Tmuxn.CMi - î'sox-'m’s ,/n ut;trfi *tiï**»<,*i u? 'i.
- (1). En voiçif un exemple jfrappant, qui mérite) d’être connu des ingénieurs; --En-grand atelier de Dijon, qui a construit de nombreux moteurs à vapeur,,s’était engagé à livrer à de grands propriétaires fabricants de sucre de béttéraves à1’ Toürnuà, une machiné à vapeur à haute pression,,du, pouvoir, .effectif, de.seize, chevaux pour broyer-les racines. — Ces fabricants comptant sur ce pouvoir avaient fait leurs achats en conséquence. Lorsqu’on voulut fabriquer, le môteurinë'put.'prodüh’é ‘que le quart,Oèt;’mêmë moins de la puissance promise, A la suite (du procès intenté $aux conS:tructetirs,}la Cour de Dijon nomma trois experts, ÀiMl Payèn et Malinvant, ingénieurs au corps royal des mines, et moi;, pou n vérifier! avec uiidrëmu de :'Prony,'la : force utile rde ldi machine. — Pendant nos essais, nous pûmes constater, que l'indicateur de Walt, dormait ponr0i’action de là vapeur1 dans lé! cyUûdrè !ti;n!lirà,vàil àüpériéûr1a' sëizèMchëvaûx),intaisqüé;le travail utile sur l’arbre moteur ne put jamais surpasser quatre chêyawX) effectifs».m uioy A m m La machine avait un cylindre vertical avec son arbre rotatif en dessous, que mettaient en mouvement !deùx bielles làtéràléséottinàfidéés^adiindyëfi!d’!ufï,tF(fixé à‘l’extrémité supérieure, de ,1a tige,.de- piston;, pour maintenii’içette tige., dans,ppc,direction verticale, 'l’ingénieur avait eu la fatale idée de lui donner la* forme d’un tube et de la faire glisser le long d’un arbrë*êéntral fixé à son extrétnité'inférieure au 'centré du t fond ; du^.çyliiidre .et à son bout supérieur au ujafond. -rLe» frottements qui, Résultaient de dèttë cbnàbinaison absorbaient plus dés trois qüàrts du travail'effectué par la ya-ipeur sur le ])islon. -r ' "' .'M-so mi;!; ->ur
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- étaitpossible d’obliger les palettes,même pendantlesplusfortes impiersîons, à, .entrer .etsortir du liquide par leur tranchant et à 11e de venir, verticale s par* rapport à la surface de niveau, . que pendant Je temps, de le,ur. ;reç,ul absqju, -déduction faite de la marche en^avant du navire, auquel elles participqnt^les inconvénients que nous venons d’énumérer disparaîtraient, ou seraient beaucoup atténués, on obtiendrait plus de douceur et d’uniformité dans da marche et une;.bonne économie .pour, l’emploi,de,la force motrice. •..«.•jJmjfy , ‘Ui'tl'i’-Uu': Vv. HO >! •>!<. •«jpuk
- J’aireconnaidèsd’annéeiiBâlTj.que ce résultat désirable, peut être-obtenu par l’emploi de. paletteiSimobiles pouvant tourner autour: d’un axe horizontal correspondant avec le. milieu de leur surface plane, dont les mouvements, relativement à la circonférence de la roue, sont .réglés par un puissant excentrique fixé au bateau, et entourant l’arbre.
- - * : Sur cet excentrique, on établit un collier d’une force suffisante ^portant à sa circonférence extérieure» des appendices équidistants, dont le nombre égale celui des palettes et chacun de ces appendices est muni d’une bielle dont l'autre extrémité commandera position de chaque palette au moyen de courtes manivelles fixées à l’extrémité de leur axe de rotation la plus voisine des parois du navire.
- Dès la fin de 1827, .j’avais fait fabriquer un petit bateau en tôle, n’ayant que deux métrés environ de longueur et quarante-cinq centimètres environ cbe Iargémù pour faire, dps essais comparatifs sur le travail utile qu’on
- jiüUH,!' >->;i 1
- peut obtenir de divers systèmes de roues a palettes,fixes, comparative -nn '•jt-üo.ni ofvior i;r i 1
- vèment a celui que peuvent réaliser des roues a .palettes mobiles, dont le
- ••• 1-.' V-Jt. 11!;: -.,1 ; i ! 11 i ; i S : ‘ 1 i i i .* r. :
- mouvement s opère comme il est dit ci-dessus, lorsque le bateau et ses
- • fcMoilH'li Mf-M ••tuîi; ! ' i [r «,"t î 1 î > i f r*-.
- roues à palettes sont plus ou moins profondément immergées. /
- ‘ «' Désirant avoir pour p<es essais comparatifs un petit moteur capable d’un travail total limite, mais d’ùnë valeur égale pour chaque essai, j’avais
- fait'construire par l’iiabile horloger, ’ M'. Wagner,'de iParis, un barillet
- •••‘'.-.i. -m, ; !<v »'*' - un..» ° » >:=•;, > i°.:> "hnns- > vo
- grandiose, muni d un ressort d une dimension et d une puissance tout à
- fait exceptionnelles,, et ce barillet fut fixé solidement sur le fond intérieur du bateau. Le travail1 du ressort se transmettait par un engrenage !.>àd?arbre sur^lequel^étaient;fixées-les roues & palettes ‘ayant 0m;35 de
- ;<fXamèthÿ!et fl^l^-âeibrgliS0^ SS
- -141 » Ces roues étaient*,disposées de^ahièreminil fut possible et facile de
- M pKtv.fl Vf- <'S U<*/U"î . f / ‘.V . _, . „ ..
- ^varier 1er,nombre..des palettes,,leuritormenetdeur inclinaison* J avais lait ‘ ^|^i^'^rpi^è^‘!1de'.‘Version portant chacune
- posé commeailrest di#ci-dessiis; vw.tiq-ws uemni mq ,,j.3 A';Dai^lii5nejllpngneje^e.dtes^ai;S,faits-surJe .canal de lOurcq, en octo-bre'ét !nbltenibré'!l1827, tôiiïté's!;’lëh'"foisi îque/le: témps; ‘était calme,'essais
- n»P V» etOxl «Ob ‘‘fiTSû; '«l *i«flaob ail sü Si f&H'* v «qfean
- ^penouveles .eii-.iSeptembrevet en octobre ,1828). en presence de quelques :nS^t£çpit^^>|iffflB|i|f ^^^|d^i,ér-epîa',‘ingénieur^ construçte;urs^!|ir'fiit constaté -que le bateau prenait pins de vitesse et parcourait un chemin
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- plus'considérable toutes les fois qu’il était mû par les roues;â palettes mobiles. L’avantage de ces dernières roues sur celles à palettes fixes était d’autant plus marqué que leur immersion était plus grande par suite des charges supplémentaires placées dans le fond dû bateau.
- » Ces expériences avaient entraîné pour moi des dépenses au-dessus de mes ressources personnelles et je me décidai à retarder la présentation à l’Académie de l’ensemble de ce travail, pour le faire admettre au concours du prix Montyon, qui devait être décerné au printemps de 1829,
- » Les académiciens nommés pour juger le non cours étaient M1VL Navier, Ctirard, Arago et Molard, rapporteur.,! < >.o »i... * b m *.
- » M. Arago, qui s’intéressait vivement aux progrès de la marine à,vapeur,,: était très favorable à mes conclusions; mais M, Molard, alors directeur du conservatoire des Arts et Métiers, déclara magistralement qu’aucun système quelconque de roues avec des,palettes mobiles ne pourrait résister à la violence des coups de mer, et la majorité de la commission,, impressionnée par son affirmation, ne voulut m’accorder qu’une mention honorable et la faculté d’insertion dans; les Savants Étrangers.
- » Moins de deux ans après le dépôt- de mon Mémoire, j’avais la consolation de voir deux bateaux à vapeur munis de machines à cylindres oscillants, pour un service de marchandises] sur laibasse: Seine, munis de roues à palettes mobiles exécutées conformément à mes-propositions et à mon petit modèle h Et peu après j’apprenais;Mqueoces mêmes roues, à palettes mobiles venaient d’être adoptées pour le, service , en mer, par d’habiles constructeurs anglais, MM. Maudslay,, et,,MM.;<Miller ntilia-venhill. sü, -1= ~ a:, , . nm, V. . .in*!->i, .me
- » La solidité de ce système et ses ayantages étaient même, si-bien constatés au bout de -quinze années, que, lorsqu'on 1843.q b’Amirahtcibritan-nique chargea MM. Maudslav, Field et-Cie,. d’établirt des, moteurs de 400 chevaux de force sur-le navire Victoria et Albert-, destiné au service particulier de ,1a Reine, ces habiles, constructeurs n’hésitèrent pas à employer, pour ce beau navire, des roues à palettes mobiles^commandées;, comme ,il est dit ci-dessus, c’est-à-dire d’après le système que j’avais présenté, en 1828, au jugement de la Commission du prix Montyom,
- » De 1830 à 1840, j'ai eu à diriger, comme entrepreneur à .forfait, ou
- 1. M. Cave a été chargé en 1828 ou 1829 de remplacer par dés machines à cylindres oscillants les lourds moteurs à vapeur de deux bateaux, construits à Gharenton, pour un service sur la basse Seine. Ces bateaux avaient des roues à palettes rotatives ; chaque palette était formée de deux pelles' fixées à l’extfémité de deux hayons 'dé la roue parallèles entre eux. Ces rayons recevaient un mouvement rotatif autour de leur axe, au moyen d’un pignon conique placé sur ce rayon près de l’axe et de deux roues coniques immobiles fixées à la charpenté du bâtëaü, — J’étais occupé, a dessiner ce'système de roues, quand MM. Dalloz, Chapron et Çavé,,qui .s’nçcnqaienf du changémériCpi'oÿe.té.n ces machines et que je connaissais, me demandèrent mon"ayis* sur , cetterdispqsitioh. Je leur exposai les défauts de cette combinaison ëije leur dessinai.ybrplace èt,expliquai l’emploi bien préférable de palettes mues par un collier excentrique à l’axe et .forçant les palettes, par des bielles, à entrer et à sortir du liquide tangentiellement à la( courbe hélicoïdale que décrit ;ie centre dé chaque palette quand, fenayire,/est , pn.,marche. MM. F. Mathias et Ch. Callon ont rappelé ma. priorité,de ï’idée pour ce , mécanisme, dans*leur tfaitê sur la navigation fluviale VLddpi^L'.püb'li'é chez îugusteLMalluas ën 1846 (voir la page 194). ’ " " .
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- comme simple ingénieur, l’exécution ou la restauration de plusieurs moteurs à vapeur de navigation pour bateaux de force médiocre ou moyenne.,.,, tels que la Seine, l'Yonne, faisant un service de voyageurs en amont de Paris, la Ville d’Elbeuf allant de Rouen à Elbeuf 1.
- » J’ai fait construire aussi les machines du premier Papin, pi du Chérubin à Lyon, de YÈcho sur le lac de Genève, etc.
- .» CONSTRUCTION ET ESSAIMES MACHINES DU BATEAU( ,le Papin 2.
- » Les avantages notables que j’avais obtenus pour l’écononiie du combustible dans les bateaux naviguant sur la Seine, décidèrent eh 1834/J a Compagnie lyonnaise dite: des commissionnaires à me commanderbles doubles machines de quarante chevaux de force totale minima, garanties pour dépenser moins de quatre kilogrammes de houille par cheval et par heure, avec la promesse de ma part de rester en dessous de trois kilogrammes. — La Compagnie exigeait que la construction se ht en Angleterre, je mis la condition que les chaudières seraient faites en France et je me réservai le droit de faire aux machines des modifications que je jugerais utiles. Il fut enfhrconvenu que, après la mise en marche, la force effective sur les roues serait mesurée par des essais: faits par deux freins de Prony appliqués à l’arbre des roues. > e-
- » Ces essais avec deux freins ont été dirigés par les experts, MM. Taba-raud professeur et'Renaud. Il fut constaté par uii procès-verbal que je possède* que la force régulière indiquée par les freins, dépassait soixante chevaux, les5machines marchant’’à la pression de trois kilogrammes et demi, avec détente, et que la consommation de combustible, en ayant égard à ce pouvoir)normal, ne représentait que deux kilogrammes et demi par cheval et pâr heure 3. >
- » Les vibrations continuelles des aiguilles des dynamomètres à ressort des freins, me donnèrent'alors’l’idée d’entreprendre un autre système d’essai des machines ^marines, en faisant usage des roues à palettes elles-mêmes pour disposer d’une résistance uniforme mesurable avec une balance des forces horizontales et servant à mesurer la puissance des moteurs.
- » Le Papin devant entrer immédiatement en service, je dus remettre à une autre époque les expériences projetées et la vérification expérimentale de l’efficacité de cette nouvelle méthode, dont j’entrevoyais déjà la très facile application aux plus puissants steamers'et devenant une base
- 1 ’ fiUi-'.-t Mo;.)*;” c -nr-
- L Dans la plupart de ceë restaurations,Remployais une pression de vapeur de deux à trois atmosphères, la détente et des chaudières tubulaires, et j’obtenais une réduction notable du poids, une diminution de moitié et même plus du combustible consommé par cheval et par heure et une forte augmentation de pouvoir.
- %. J’àietéf je Crois,Me'premier1 Ingénieur qui a donné je nom de Papin à un bateau à vapeur. ; : y..:'j'yR .V ’u\ ... ..... '
- 3. Gettë* faibte’cônsofrirn'a'tion mej’valut uneprniie exceptionnelle’de 2,500*francs!*Les autres bateaux à vapeur existante'eetle époqué sur la Saône et le Rhône étaient,, sans., aucune'ëxcdjîtiôn, dés bâtéaux de construction anglaise à basse pression et sans detenfè, " brûlant en'movenné six à huit kilogrammes de houille par cheval, et par heure.'
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- pouri:1a solution clos, questions les plus essentielles de In,,.mécanique navale. . üiusîm»-.:,. . ,
- » En 1837, un riche capitaliste anglais, M. Haldimand, nichargé de construire pour lui un bateau à vapeur de plaisance, de 12 àjjjy rche-vauxv; pour lai navigation sur le lac de Genève. Il avait é,téppnyqjni que ce bateau devrait être à ma disposition pendant les dernpmespemàjnes d’avril-pour une série d’expériences d’après .nia méthode dynamomé-triqtteluGes expériences étaient commencées,,,lorsqu’une, très grave et longue indisposition me condamna à un repos absolu de quelques, mois.
- • nPlus tard, préoccupé de mes courspt.d’autres,ti;ès nombreuses,pccu-pations, je n’ai pu recommencer qu’en 1810, ce,s expériences dynamométriques sur deux grands bateaux à vapeur du. lac deGenève: mais,j’entrée-pris dès 1839 des expériences destinées ,à;contrôler l’exactitude de mon procédé. Pour cela, je fis installer sur une, grande chaloupe mise à rmt disposition, un mécanisme figuré sur la figure annexée à cette lettre.,
- » Il se compose de deux roues à palettes de deux mètres de diamètre, portant chacune douze palettes légères., destinées à fonctionner sur les flancs de la chaloupe et,qui sont liées,pay ipysybge transversal, muni dans sa partie centrale d’un,.gros, eylin,dre j enijbqis pu tambour T, d’un demi-mètre de longueur destiné à recevoir une corde mince,zzs et pouvant faire environ cent tours, sur ce-premier,^îp^our,.,, s » La vue de la figure ci-dessous explique . suffisamment le mécanisme dynanométrique funiculaire, auquel,j ’ai ,eu re.çpuys, tp,ouy transmettre à ces roues à palettes, le travail moteur de deux forts.jpqtu oeuvre s. agissant sur un second tambour S. Pour rendre ce. travail uniforme et d’une valeur bien connue, j’avais adopté la disposition représentée sqr cette figure: 5 •"û-u.... m .,i, =------ ^^7- ,.r,ii'.;.n ,,
- :.-!!! ,11-. G. i H 1 ; .iUM-.ir'iîrVU •}>:
- UUïy .•i'UV. UV
- o ; 'ustri.üi
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- eu même’ temps cètte corde sur le tambour" T en lui transmettant un mouvement de rotation, qui est communiqué aux palettes. .tdc'im H))' ï:>'en'd:düt,'itcette expérience la tension dèr la- corde s est rendue coïistâiitè ôt égale à 1/2 (P —|—/?), P étant la valeur > en- ; kilogrammes^ dù^pbrd^istfepèndu' a la poulie mobile pr et q, le: -poids^dei lajr*pouliecjjpr ct''déasôii'!érbBbét.;' * né Jimob ojmjmi .-m
- '» liés' inanèeuvréS règlent'leur action de manière que to>q)oulie: p’ et son ' poids ‘‘P ’ rëstènt ' "à; f>!éU près à la même hauteur pendant: la rotationi,î,:',"i' >uiY^ OU . -'/--«Hpiimi unyjy
- » Il éSt facile 'alors ’dë!: mesürër ‘ la somme des •travaux nésis-tants que l’eau oppose aux p'alettés^endânt une rotation entière des roues, ou pendant un nombre quelconque n de rotations. : •
- '*’» Pour cela, au lieu dë laisser avancer le bateau, on''le retient-immobile par une corde de retenue horizontale R, dont ou i mesure ila tension avec une balance en équerre, ou un dynanomètre. D*>.qam » La chaloupe se trouve' ainsi eh équilibre entre des forces, (horizontales opposées, l’ünc^est l’impulsion, ou plutôt la moyenne des impulsions horizohtalésudesi;palëttès'’pendant leur immersion et l’autre la résistance de la ébëdë K'ihésuréé à la!bâlance eu équerre ou au dynanomètre/5 5 ,i:: ’’û!! ! -eové
- » Il semble quë,l,'àiétïotn:d!è'S'palettes variant par courtes périodes, maillé’* d(i '^ÿÜèèèîbmfetre-'-1''devrait- osciller fortement, et cependant cllë3 'r!ést!éia ’sënsîbïëhiën't'* stationnaire, 1 cette - stabilité -est, ; causée •-par l’Inertie' Wlit''ëH&lotipë1 ët par celle de Son; chargement^ qui viennent Vintèiqibscr cÏÏtï^'ï’tictibh' Impulsive* des,: palettes^ et*-la : résistance de la'cordé eoni-o.-.via i:- •‘'•joim zt*c/r.'i
- » Los petites variations périodiques de la force impulsive des palettes se dépensent ainsi sur une masse considérable et leur effet est presque insensible sur la co^de R.
- » Une conséquence bien/ intéressante à prévoir, c’est que, si la puissance du moteur et IpS? variations périodiques de l’impulsion des palettes augmentent, paf contee/l’inertie ,du navire et celle de son chargement, s’accroissent dans* une proportion progressive encore plus rapide, en sorte que, même,pour les trëé grands navires à vapeur, de 500 et 1,000 c^éVaux par éxemplq, l’indei du dynanomètre, ou l’équilibre de la^rbmaine, qui ëe^vent/lt mesurer la tension du câble, restent stationnaires tant qde lq -ppüvoir moijèur -des machines sur leur arbre ne> varie pa^,/"'-r-.:^
- » C’est 1 action d’un
- dynanomètre, par celle d’une puissante romaine eu forme d’équerre et à couteaux. Cette stabilité permet aussi de placer sur le long bras
- les faibles/“variations ’ de tension "qui peuvent se prôduirë5 péüdaÏÏt la marclic, en'lui^ajoutantVn ‘enregistreur à liorlo'ge muni rid’n,tf'ioâdraü
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- en' papier, sur lequel un crayon trace la série de ces variations. On peut ainsi mesurer à un ou deux centièmes près le travail' en chevaux transmis à l’arbre des roues par les plus puissants moteurs qu’emploie'la marine. ' ",i!"
- » C’est un appareil de ce système que l’amirauté anglaise a adopte eü: 1843, pour être établi à poste fixe dans rarsenal matltime' de Woolwich et pour lequel elle m’accorda un prix de' huit cents livres sterling ; la seule condition essentielle à remplir était la possibilité de déterminer avec mon appareil la force en chevaux de tous les moteurs dés navires à roues appartenant au gouvernement britannique, quelle que fut leur force, jusqu’à mille chevaux, pouvoir qu’aucun navire du gouvernement anglais n’atteignàit en 1843.
- » L’appareil dont j’ai dirigé toute la construction en 1844, sur le bord du vaste bassin du roi William, à AVoolwich, a été installe à poste fixe, dans un petit bâtiment spécial, et il a été adopté définitivement à la suite des premiers essais' faits 'en octobre 1844 sur la frégate à vapeur de cinq cents chevaux, le Télémaque, en présence de plusieurs membres de la Société royale et dé1 près de cent officiers supérieurs ou autorités civiles de la marine anglaise.
- » L’appareil établi à Woolwich est d’ailleurs construit dans toutes ses parties avec une solidité suffisante pour pouvoir servir avec sécurité à des épreuves de machines marines de 4,000 chevaux et plus.
- » M. le général Morin a fait placer une élévation ’de cette balance dynamomêtrique dans les salles du Conservatoire Mes arts et métiers, et j’ai, l’avantage d’offrir à la Société un dessin éolorié de cetté'Machine en élévation, avec ses fondations vues en coupe, que je joins à ce mémoire h La disposition que j’ai adoptée pour Woolwich''permet de disposer instantanément la balance dynanométriqüe des forces horizontales dans la direction du navire dont on Lent mesurer la force normale des machines et en outre, quels que Soient le poids et la direction du câble qui retient le navire, la balancé indique la composante horizontale de la traction" produite sur le câble par la; rotation des aubes. C’est cette composante seule qui doit eritrer dans l’expression du travail effectif. ’’
- » Voici maintenant le' principe théorique 'de cette méthode‘qui permet de mesurer, avec un degré suffisant d’exactitude, le pouvoir normal en chevaux transmis à l’arbre moteur des roues.'
- » On fait d’abord marcher librement le navire que Ton1 veut essayer, dans une eau calme, et Ton détermine lé nombre' des coups de 'piston,
- ' m:* : ri> ' U •- :-ï U : Cil
- 1. Lors de mon traité avec l’amirauté en 1843, la marine britannique nç,.possédait encore aucun navire de la force de 1,000 chevaux, mais elle avait commandé une machiné de cette lorce pour un vaisseau de guerre en construction, la Pénélope, à l’un de ses. constructeurs habituels, M. Seawarçl, et .je luspaveiHqpar, cet. habile ingénieur qu’on ne tarderait pas, probablement, à en établir d’une puissance.double ou triple,’ ce qui me décida à donner à toutes les pièces,tde, ma balance dyriaihométrique des jdirneusions suffisantes pour pouvoir mesurer le pouvoir de machines marines»de quatre mille chevaux et plus. 1 ‘
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- ou celui des tours de roues qui correspond à cette allure régulière prolongée, on note en même temps la tension moyenne de la vapeur et celle du vide dans le condenseur. Le navire étant ensuite rentre dans le port, on diminue la hauteur h d’immersion maxima des palettes et on les rapproche de l’axe des roues des trois cinquièmes de cette hauteur,/t. Après cette opération, on attache le navire à un quai par un câble d’une certaine longueur et on fait marcher les machines à la même tension de la vapeur dans les chaudières et dans la chambre du vide, que lorsque le navire cheminait librement en temps calme. — Il est évident que, dans ce cas,, les machines faisant le même nombre d’oscillations des pistons développent sur l’arbre, des .roues un. pouvoir moteur rigoureusement le même que pendant la marche du navire, en liberté. , . ,
- » Si le câble est fixé à la balance des forces horizontales, cet, appareil indiquera une résistance R qui, multipliée par la vitesse de rotation V du nouveau centre d’impression de la partie immergée (maintenant fort étroite) des palettes, donnera un travail résistant R V égal à un ou deux centièmes près, à celui développé par les machines sur l’arbre des roues à aubes. Si le câble R qui retient le navire à une balance en équerre, d.e mon système, ou à un dynanomètre dont l’échelle des flexions doit avoir une étendue suffisante pour qu’il puisse indiquer de faibles^.variations itd,e; tension de ce câble, on pourra faire dans le port des essais éminemment avantageux pour déterminer la meilleure disposition des, organes des machines, ou la pression de vapeur qui donne,1e maximum d’effet utile, en dépensant un poids donné de vapeur à diverses tensions, >et..par l’emploi de. détentes variables ou d’autres transformations possibles1. ,
- i(>) Les( règles imposées ,aux Directeurs des ports et des arsenaux maritimes, en Angleterre, n’autorisant aucune communication, orale ou écrite, sur les divers essais faits par, .ordre ( de l’Amirauté, je n’ai pu connaître ^u’imparfaitement les expériences exécutées après mon départ de Londres, mais j’avais fait antérieurement, sur le lac de Genève, en 1840 et( 1841, (des expériences nombreuses sur deux grands bateaux â vapeur, l'Aigle, de 96 chevaux de force et le Léman, de 66 chevaux et demi,, dont!les principaux résultats ont,été communiqués à l’Académie des sciences de Paris à diverses époques, en 1841 et 1842. i( „
- » Ces mémoires renfermaient les données essentielles déduites de
- mes mespres pour déterminer : , lL l.es travaux , réalisés sur l’arbre des roues,,à apbes, ; ,2°Hïes , vitppses obtenues, en temps parfaitement calme par l’action des roues à palettes de diverses formes et dimensions ; 3° la
- résistance des carènes? ' ;
- - i,i.u n*Wj;
- 4) j.-i’1 •: Vi >•'. .fXiüoin
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- H. Dans fiiib expërîcticefeèldbhdairë'iaiïé 4 Woolwich en 1844, pal montré qu’> d’un ou dëüic' de^réàJsëüleihétït/rbuveRuré d’un robinet d’introduction de l’eau froide dans la chambre du Vidè'V lk balance dynamotnétrique indiquait instantanément qu’pn léger chatigéméii't veinait’d’ëtté dpêfb'sür l’iih des organes des moteurs; ' !
- en variant eau froide
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- ^;L‘i}iiportauçc dos résultats., obtenus - sur le lac de Genève par mou nouveau, système dynamométrique, en substituant au frein de.Erony l'action des roues motrices i avec leurs palettes conyenablement rapprp-ehéeSide ,l'axe de rotation, m'avait engagé à faire breveter: ice; procédé nouveau et jà entreprendre une tractation avec le département de la marine ,pour rétablissement à ses frais dans un des ports de l’état, d,’uno balance des forces horizontales destinée à des expériences;sur le,,travail utile transmis à l’arbre de rotation des roues par les machines des.grands steamers et, pour étudier des données d’une haute importance pour le,s progrès de ja'navigation à vapeur francaisé', telles que :
- » 1° La mesure, exacte du combustible dépensé par cheval et par heure avec les diverses machines, achetées pour compte de l’Etat ‘
- » 2° Les augmentations d’effet utile qu’on peut obtenir par des modifications dans le degré de la pression et dans le mode d’emploi de la vapeur avec divers degrés de détente.
- » 3° Des mesures précises sur la résistance des carènes pour des vitesses déterminées. - i
- » La note supplémentaire qui termine, ce mémoire et qui est une copie textuelle du discours du député du département de l’Ain, M. d’An-gevillc, ancien officier de la marine de l’État (séance de la Chambre des
- députés du 5 mai 1847, pages 1058 et 1059), montrera la façon plus que cavalière dont pouvaient être traités, à cette . époque,' les inventeurs
- rps ae la marine ; on remarquera ce peu de l’amirauté pour les décision^’ et les''recommaiîdât:ibhs’ del’îhstitut, dans un cas où elles contrariaient lès"‘Aonvenmiices'!de famille d’un mem-
- bre très influent de ce conseil et ‘malgré lfe désir"tl’autres membres plus scrupuleux. Éette note expliquera comment après" dés démarches’proloh-gées pour obtenir que le conseil dè’i’àmirauté française voulut's’occuper de mes procédés qui devaient lui fournir d’impo’ftàntes‘données pour les progrès de la marine à vapëuiç‘ je fus contraint de m’adresser auucohseil de l’amirauté anglaise qui s’empressa d’accueillir ma inétliôdé^ accordant plus dé créait aux rapports et aux décisions de l’Institut1 dé France, qu’on n’en avait montré' à Paris dans le conseil'de'ramïrautè’ française.
- M. Taurines, 'de son côté, n’à pas été, semble-t-il, "r^éompebse’ par.le département de la clarine française, comme'il' aurait dù'l’efré à'la suite de ses très importantes études expérimentales faites à ses frais, au moyen d’un canot mû par des hélices de formes diverses et!a U moyen de dynamomètres !à ressorth;défectüëux d’abord, mais*dont i'Pest parvenu % perfectionner la construction, de 1850 à 18511! nxind m 5 , -u n ;
- Celui qu’il avait envoyé à l’Exposition universelle de- Londres en 1851 m’avait déjà paru à cette époque excessivement remarquable, et il a exécuté depuis des dynamomètres aLessorts,
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- applicables aux plus puissants bateaux à*vapeur à hélice et'qüi' Ont rendu dès services d’une incontestable utilité pour la marine û vapet#" du gouvernement français. Il est donc profondément- -regrettable* cons'eibdè Pamifàuté ne lui ait pas décerné une récompense exception-' nelle et Stiffisante'.pour des inventions d’une aussi grande valeur.1 ’>u
- La" Société d’èncouragement èn France et l'Académie dès ëCïéncés," ont1 réparé eir'quelquéri sorte cètte souveraine injustice, par des recotii-’ penses tardives'vètéès en faVeur de M!1'Taurines. ! "!l" 1 * •»* *>“
- En 18651 la société'' d’encouragement lui a voté une médaille cTor'et l’Académie des sciences lui a décerné une première fois en 187-i et une seconde fois en 1883, un prix!de trois rdille francs représentant la moitié
- du prix de six mille francs qui' porte le nom de prix Plumey.
- Ces deux dernières récompensés ont'été votées à l’occasion de deux rapports éminemment favorables , le premier rédigé par M. l’amiral Paris, et en 1883 conformément aux conclusions du regretté Dupuis de Lôiné!
- J’ai donc été le premier en ma qualité de membre du jury X à l’exposition universelle de Londres de 1851, à demander et à obtenir en'faveur de M. le professeur Taurines, laplds’ haute récompense accordée aux exposants, pour son invéOtiOii dirdyïiamoïnètrë qui faisait partie de l’exposition française. ' r’ *
- Il n’a jamais existé 'entre1 M. "Taurines et moi, ni à cette époque, ni depuis, de" rivalité ou'ctè’discussion quelconque sur nos expériences dy-namométiTqüés)' et nouasommes restés liés depuis lors par une durable estime et’Une sincère amitié. '
- • <!-=•> lit! !•>,Il «}•$.,"il.' 1 •••• •U’I !
- « M. Tauriips, clans le s lettres qu’il m’a adressées et dernièrement encore dans son iniportante. publication de 1884*, pour laquelle il a reçu de l'Académie des, sciences,, en 1883,. la moitié, du prix Plumey, dans le but d’en faciliteri’impressipn, M* Taurjnes.g.jtenu à. rappeler mqs anciennes expériences antérieures aux siennes, .et.,1’iptérêt que, j’avais mis en ma qualité de juré.àj’expqsition de 1851 à, luiTaire .obtenir la plus haute récompense (coundL medal), quoiqu’il fût* devenu en quelque sorte mon concurrent. Il m’,est permis^ de, reproduire en son entier le paragraphe de la page 45 de sa dernière publication,perce paragraphe fait, il me semble, plus d’honneur à l’élévation.sde son caractère, qu’il ne peut m’en ,faire,,à moi-même pour mon iippartialité en ma qualité de juré.^Ce paragraphe montre bien que chez. M, ^aurine§ la mépoirgdu çœu^ne^’pffaqejpas avec le nombre des années^ -, ?.<>(«,up.Hihmjxu km bain *v.tn!<vnçuu. =•
- « *Les-difficultés que..l’pn rencontre,, dans lea expériences au point fixe » avec lesmavires àrhélice^avaient.été levées-..ptjl,842> pour, les bateaux .à.
- » roues, par M. Colladon de|,Çtpièvoj,Correspondant.de>ltInstitutvfCet » illu«tre>saya::Pt'>.F1Qn moins,mélèbre,.comme Ingénieur, depuis hyperce-o ; • /fdmèrïr.jfm Ovunc r-> - - : 5
- 1. Éludes sur les machines à vap.cur, par Auguste Taurines, imprimeur, quai des AùgufetinS, 55, à Paris. ’
- Bull.
- — Gauthîer-Viiiars, libraire*-
- T" 1
- 2ti
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- ') .ment du mont Saint-Gothard, avait trouve-qu'en relevant iesaubes, eu » les faisant reculer vers l’axe des--^ environ de leur partie plongée, la
- ’> machine ainsi allégée pouvait, toutes choses égales d'ailleurs*pour la » pression, l'ouverture des valves, etc., fonctionner avec la mèm<£vitesse ’> de régime que celle correspondant au navire en marche, La position du centre d’action sur les aubes, autrement dit du point d’application de la - résistance utile, devenait ainsi facile à déterminer dans d’étroites limites. » L’effort de traction sensiblement constant était mesuré, au point fixe, à » l aide d'une romaine particulière.
- » Dans ces conditions il put mesurer la force en chevaux de 75 kilo--» grammètres de plusieurs machines de bateaux à roues. Des essais satis-» faisants furent faits sur le lac de Genève, ainsi qu’en Angleterre, devant ’> les lords de l’Amirauté. Il existe, à ce sujet, un rapport de Coriolis à » l’Institut, année 1843, lor trimestre, page 101. Ce sont les seules re-» cherches qui ont été faites anciennement pour mesurer la force des » machines marines.
- » Chose bien rare et non moins intéressante, cpiê je dois ici mentionner: » à l’Exposition universelle de Londres de 1851, M. Colladon était membre » du jury international, dans la classe des instruments de précision, oii « figurait mon nouveau dynamomètre de rotation. Dominé avant tout par » l’amour de la science et du progrès, cet honorable savant examina » sérieusement cet appareil, et, après divers essais’concluants, en reconnut » la supériorité, sans la moindre hésitation. C’est sur sa proposition, et à » la suite de ses actives démarches pour l’appuyer, que la grande me-» daille (council medal) me fut accordée. » ''
- En résumé’: " “
- Les méthodes et les appareils que M. Taurines et moi avons employés dans des buts à peu près-semblables présentent cependant des différences sensibles et ont des mérites spéciaux.
- Je me suis proposé dès 1835 de fournir à la navigation à vapeur un procédé de mesuré de la force effective des plus puissants navires à vapeur munis de roues à aubes. A cette époque, et jusqu’en 1845, il n’en existait pas d’autres que l’indicateur de Watt. 1
- J’ai prouvé, par un grand nombre d’expériences faites en 1837, 1838 et plus tard, que mon procédé qui est absolument sans danger pour les machines, quelle que soit leur‘force effective, donne la mesure de la force finale réalisée sur l’arbre des rodés1 motrices et que l’erreur commise no dépasse pas deux centièmes en plus Ou eü moins. ' "i '
- Ceux qui liront le rapport préseiité'à I’Ànédémie ctes'sciencés, dans la séance du 16 janvier 1843 sur mon précédé, rapport rédigé par MM. Poncelet, Piohert et Coriolis, pourront se convaincre que je n'ai exagéré en
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- aucune manière les mérites de mon invention pour résoudre les: grands problèmes de la navigation à vapeur, savoir:
- 1° La puissance réalisée sur l’arbre des moteurs à roues par les machines marines d’une puissance quelconque ;
- • ï2° La:résistance spécifique de leurs carènes àdi fier en ts degrés d'immersion .ou de vitesse ; : ;
- 3?. L’utilisation des propulseurs à palettes fixes ou mobiles* m--Les commissaires reconnaissaient que l’emploi demion-procédé--devait être préféré à celui du: frein, même pour les navires d’un assez faible pouvoir pour que les mesures au frein leur fussent applicables, -iet. ils terminaient ainsi leur rapport :
- h Vos commissaires vous proposent de donner votre approbation au travail de M. Colladon, et de décider que son Mémoire sera inséré dans » le Recueil des Savants étrangers. i
- » Le procédé imaginé par l’auteur devant être très utile à la navigation et à l’étude des effets des grandes machines placées sur les batiments à » vapeur, ils vous proposeront aussi de communiquer ce rapport à M. le » Ministre de la marine, en lui exprimant, de la part de l’Académie, le vœu » qu’on donne à M. jÇolladon le moyen de continuer ses utiles expériences.
- » Les conclusions de ce rapport ont été adoptées. »
- J’ai expliqué que, par suite d’un intérêt de famille, mes propositions au Conseil de l’amirauté française et les recommandations pressantes de l’Académie avaient, été laissées de côté par la majorité de ce Conseil, et que je n’avais eu à la suite de cette indifférence malveillante.d’autre ressource pour fairevaloirïes avantages de ma méthode que de m’adresser au Conseil de l’amirauté anglaise', où mes ouvertures pour faire adopter ma méthode et l’emploi de ma puissante balance dÿnamomêtrique, furent accueillies avec une extrême bienveillance par les lords de l’amirauté, par sir Edward Parry (le célèbre navigateur), superintendant à cette époque de la marine à vapeur du gouvernement! britannique,- uit :par. Ai M. Lloyd : et Murray, directeurs de la construction des machines-de navigation ,4-l’arsenal'de la marine à vapeur du gouvernement,-fà Woolwich. h rm* m
- Je donne, en terminant cette .notice.,'vie-rapport fait le 5 mai 18-4? à la Chambre par M. d’Augeville > député de l’Ain et ancien officier de la marine de l’Était, sur les divers incidents de ma correspondance, d’une part avec le Conseil de l’amirauté en France, et d’autre part avec l’amirauté anglaise;. .y. .. .. . ^ . ;i.. ir . ...
- Quelque^ plaintes,, que .laisse, échapqjer |i. l)amnnes dans son dernier mémoire sur, l’ig'nprance ou on l’a. longtemps laisser en France sur les résultats obtenus avec scs dynamomètres, semblent indiquer qu’il existe encore un peu de mauvais vouloir, env.erS les InVenteurs qui ont fait leurs preuves, quand ils ne font pas partie du corps même de la marine.
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- ANNEXE A LA LETTRE DE M. COLLADOA
- MONITEUR OFFICIEL I)E FRANCE
- Séance de la Chambre des députés du 5 mai 1X47, pages 4,058 et /,050.
- M. le comte (TAngeville, député du département de l’Ain :
- ...Maintenant on a parlé du Conseil d’amirauté anglaise et du Conseil
- d'amirauté en France.
- Permettez-moi à cette occasion de vous citer un l’ait qui prouve de quelle manière on fonctionne dans les deux pays, il est assez grave pour exiger un peu d’attention de la Chambre.
- L’année dernière dans la commission de la marine, nous étions fort embarrassés pour savoir comment on pourrait expérimenter la force d’un bateau à vapeur. Plusieurs membres prétendaient qu’il n’y avait aucun moyen ; qu’on pourrait se tromper de 100 et de 150 chevaux sur un navire de 450 chevaux.
- J’ai pris des informations, je savais qu’en Angleterre on expérimentait dans les arsenaux les bâtiments à vapeur, je demandais comment les faits qui se passent en Angleterre ne peuvent se passer en France.
- En recherchant j’ai découvert qu’un ingénieur civil étranger, M. Colla-doii, dé Genève, homme du plus haut mérite et de la plus grande modestie, avait fait cette découverte; il l’a proposée et fait adopter en Angleterre, mais après l’avoir proposée à la France. Vous allez voir comment les faits se sont passés en France, et vous verrez après comment ils se sont passés en Angleterre. (Écoutez! écoutez!)
- La première lettre qu’on a écrite au ministère de la marine, en Franco, est du 14 octobre 1842. Ce fait n’est nullement relatif à M. le baron de Mackau qui, je dois le dire, en matière d’expérimentation, est plus hardi que les ministres précédents ne l’ont été. Il n’y a, sous ce rapport, que des éloges à lui donner.
- En 1842, l’inventeur de la machine écrivait au ministre de la marine :
- « Par acte du 1er avril, je suis breveté pour dix ans pour un nouveau moyen de vérifier la force des machines à vapeur navales.
- » Par son application, je puis obtenir les mesures et les nombres suivants qui ont un intérêt immense pour les progrès de la navigation :
- » 1° Constater si une paire de machines fait en réalité et régulièrement, autant, moins, ou plus de force en chevaux que le nombre stipulé ;.
- » 2° Établir, sans danger pour aucune des parties des bateaux ou des machines, la consommation régulière du combustible pendant: une expérience non interrompue de vingt-quatre heures au moins!. » o -
- Voilà la proposition que l’on faisait au ministre de la marine, /
- On a été trente-neuf jours à répondre, au bout desquels on a écrit :
- « Le conseil des travaux de la marine, à l’examen duquel j’ai soumis ce
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- mémoire, a reconnu l’intérêt qui s’attache à 1a, solution du problème que vous vous êtes proposé; mais il a pensé qu’avant d’arrêter aucun programme des expériences qu’il pourrait tyavoir lieu de faire ultérieurement pour constater les avantages de l’application de votre système, il serait convenable d’avoir l’avis de l’Académie des sciences sur sa valeur théorique. »,
- A la, suite de cette lettre, M. Colladon s’est adressé à l’Académie des sciences qui a examiné cette intéressante découverte.
- L’Académie des sciences, sur le rapport de MM. Poncelet, Piobert et Coriolis, a dit, après avoir complètement approuvé l’esssai :
- a Le procédé imaginé par l’auteur, devant être utile à la navigation et à l’étude des effets des grandes machines placées sur les bâtiments à vapeur, ils vous proposeront aussi de communiquer ce rapport àM. le ministre de la marine, en lui exprimant, de la part de l’Académie, le vœu qu’on donne à M. Colladon les moyens dé continuer ces utiles expériences. »
- Telles ont été les conclusions de l’Académie des sciences. Elles sont à la date du 16 janvier 1843.
- Vous allez peut-être croire que l’affaire va marcher? Pas du tout. Le ministre répond, le 17 avril, ce qui suit à M. Colladon :
- « Monsieur, le conseil des travaux de la marine s’est occupé de nouveau de l’examen de votre mémoire sur l’évaluation du travail des machines à v.apeur marines, au sujet duquel il avait ajourné son jugement jusqu’à ce que l’Académie des sciences eût décidé sur la valeur théorique du principe.
- » Cette nouvelle discussion a donné lieu de reconnaître que les questions soulevées par votre mémoire ne sont pas entièrement nouvelles, et que, depuis deux ans environ, MM. Joffre 1 et Dupuy, ingénieurs de la marine, ont fait à Toulon, au sujet de l’appréciation du travail des machines, des expériences dont les résultats offrent beaucoup d’intérêt. »
- L’inventeur écrit de nouveau au ministre; sa lettre est datée de Paris, 28 .avril 1843.
- « Monsieur le ministre,
- » J’aiireçu votre lettre du 17 courant, en réponse à celle que je vous avais adressée au mois d’octobre 1842,.
- » Vous me faites observer, monsieur le ministre, que les questions que j’ai soulevées dans cette lettre et dans la note que j’ai remise àla marine à la même époque, ne sont pas nouvelles, et que‘ MM.. Joffre et Dupuy, ingénieurs, de * la marine, avaient fait antérieurement sur le travail des machines à vapeuiy à Toulon, des expériences dont les résultats offrent beaucoup d’intérêt. !vr.uüm n.•>
- » A l’époque où je me suis adressé à la marine, je ne connaissais pas
- L L’un (le ces deux ingénieurs était le gendre de M. B., membre tout puissant, m’a-t-on dit, dans le conseil de l’amirauté de la marine française. (D. C.)
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- les expériéucs de MM. Jotfrc et Dupuy, qui n’étaient pas encore publiées. Les principaux résultats de mes propres expériences ont été présentés à J'Aeadémie des sciences dans deux mémoires : le premier, déposé à l’Institut, lé 1er novembre 1841, a été l’objet d’un rapport favorable de M. le baron Charles Dupin, au mois de mars 1842; le second mémoire, présenté en octobre 1842, a donné lieu au rapport du 16 janvier dernier, présenté fiat1 MM/ Poncelet, Piobert et Coriolis, et approuvé par l’Académie. — •' i
- » La spécification de ma méthode et des moyens nouveaux que j’ai employés pour mes recherches, a été déposée à la préfecture de la Seine, antérieurement à ces deux mémoires, à l’occasion d’une demande de brevet. Enfin, il me sera facile d’établir que, dès 1838, je m’étais occupé de ces recherches, et avais fait plusieurs des principales expériences dont j’ai signalé les résultats dans mes deux derniers mémoires.
- » Des travaux aussi persévérants, des études théoriques accompagnées de nombreuses expériences faites à mes frais, doivent attirer sur mes recherches l’attention bienveillante de la marine, quoique je ne sois pas attaché à ce corps, dans ce moment surtout où l’administration se propose de.rédiger un programme d’expériences quif devront être suivies dans les ports de l’État. » - nM .!.-m. r. uOjV.-;re cette lettre est restée sans réponse. . .• J-h ni- M-mb j.-:> i >•.
- Ainsi, première lettre, réponse au bout de trentef-neuf jours;; ;la deuxième lettre exige encore plus de temps, et la troisième est sans1 réponse, Voilà comme on procède en France, alors qu’il s’agissait cfune découverte qui intéressait au plus haut point notre marine' militaire;; Qu’avait alors à faire l’inventeur ? Unuuauvais vouloir aussi'systématique -ne;laissait aucune espérance d?uti.liseri lé brevet en France. Ml ; s’est adressé à l’Angleterre; ; on va voir comment les choses marchent dans ce pays, et avec le conseil d’Amirauté-, dont M, le ministre faisait hier la critique.
- Je lis la note telle qu’elle m’a ôté remise-. ; m . ; ; c
- Notes sur ma correspondance avec l’Amirauté anglaise, relativement union invention pour mesurer la force en chèvaux des machines à vapeur des bâtiments à roues.
- 1843. 8 mai. M. Colladon écrit à sir John Barrow, secrétaire de l’Ami-auté.
- « Il demande que son invention soit examinée par les ingénieurs du gouvernement, et d’être admis; A donner des -explications verbales;' !» ; \ : 19 mai. Sir J. Barrow, à M.fColladon : •? ... « B,]/ -
- « Veuillez vous réheontrer, lé 22 courant, à l’bfflce'1 fl&lfeâ&tafe:'’â Vapeur1 dé sir Ed. Pàfrÿ, ÀùhëfbÉt M. LldyÜ";’directeùFdû pbftÉe Woblvvich1, et MM. Seawàrd, W. Fàirbairn*et Field;! veD-mF su-Fil .la.mimex- u 22lÿML,'Conférence',a-V1ec MM.rEd. Pa^yi'LlbydBÉièld; SéaHVard!,fFair-bairn’Àqui1 doivent faire un rapport sur faon invention A ‘01,J «nr 2d m®. P. Ronev, secrétaire de Sir Ed. Parry, à M. Colladon.
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- (Questions relatives au prix demandé pour construire un appareil.)
- juin. F, Roney, de la part des lords de l’Amirauté, à M. Colladon,:,
- « Re.s lords de.l’Amirauté me chargent de vous demander si vous pour-., riez faire, un appareil de votre invention capable de mesurer des machines à vapeur jusqu’à mille chevaux. » A-) n-i.
- 16 juin-. Sir Ed. Parryyà M. Golladon: •< ;
- « M. Colladon voudrait-il ne placer son appareil qu’en 1841, h Wool-wich, parce qu’il y aurait des difficultés pour le placer cette année ? » ni 21 juin. Sir Ed. Parry, à M.iColIadon : "M; .
- <c Les lords de l’Amirauté m’ordonnent de vous faire savoir qu’ils sont disposés à traiter avec vous et à vous payer la somme stipulée par votre lettre, après que vous aurez rempli votre engagement de poser un appareil de votre invention capable de mesurer jusqu’à mille chevaux, l’année prochaine, à Woolwich. »
- Voilà donc cinq lettres reçues et une conférence en trente-deux jours; j’avais .meme eu deux autres conférences privées dans le même intervalle, En France, il a fallu un mois et demi etdeux mois et demi pour une réponse, • - U
- Après l’achèvement de mon appareil,: en octobre 1844, et sa réception, j’écrivis le 23 octobre à sir J. Barrow pour mon paiement.
- « Sa réponse est datée du 25 : il m’annonce que le contrôleur générai a déjà reçu rordre.de': me payer. »
- « Le 31 ; octobre, i j’ai reçu une autre lettre désir J. Barrow, en réponse à une lettre du même jour. » : :v r :
- Voilà comment -lès affaires se mènent (en Angleferrè par le conseil d’Amirauté, Il n’yi;lalà- que trois ou quatre commis où nous en plaçons vingt ou trentej et tout marche plus vite et mieux. Il n’y a surtout pas à craindre de jalousie de corps savants-et lesaembarras indirects qu’ils apportent à tout ce qui ne sort pas de leur propre corps.s Savez-vous, messieurs, la conséquence des faits que je viens de signaler? C’est que tous les inventeurs et hqmmes de génie qui, sont dans notre pays, sont obligés de faire passer par l’étranger les découvertes qu’ils font, et nous sommes à la remorque des autres nations, alors que nous devrions les procéder. ,
- Je suis aise d’avoir pu en donner ici une preuve à la Chambre. [Très bien! très bien!)
- M. le Président croit que nous devons remercier, et, pour sa part, il remercie M. de Cossigny d’avoir été! cause de la communication de ce travail de M. Colladon,, notre vénéré et éminent collègue, qui, il ne faut pas l’oublier,/,a 83 ans sonnés, aujourd’hui. M. Mallet en passant à Genève, et en examinant les listes électorales, a /vu la date de sa naissance, et a(/ pu constater que ce,paillant (travailleur, toujours jeune par le cœur, parc-le génie mécanique et par ,1a science, a bien cet âge. Nous devons nous .. honorer des travaux de M. Colladon ; il n’a pas voulu être membre hono-(.
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- .faire de notre Société,; il dit, -— et il a raison : —• Je suis.,encore trop , jeune pour passer à 1’,ho,norariat. ,
- Nous remercions M. Mallet d’avoir bien voulu nous présenter ce travail;1 qliisera imprimé in extenso dans le procès-verbal,;l ainsi que le 1 diicotirs 'db M. le comte d’Ange ville à la Chambre des députés* !en 1847, l!Cb''diScdurs: fait toucher du doigt le danger de privilèges'trop'étendus accordés aux grands corps fermés. Ces grands corps, qui Sont' pôurtant , l'honneur de la.France, laissent de temps, en temps et comme, malgré eux, passer l’üitérèt personnel avant l'intérêt général(Tçè.s. fiien !. très bien! t—a Applaudissements.) /{ 7;-,
- M. le Président a reçu d’autres lettres^se^ rapportant aux séances précédentes. Il fait d’abord donner lecture de celle de notre éminent collègue, M. W. Nordling. -
- «. Vienne, le 2 décembre 1883.
- » Mon cher Président,
- » Je reçois à l’instant le compte rendu do la séance de la Société du 7 août, et 11e puis que remercier M. Edmv'Rôv aies termes dans lesquels il a parlé de mon livre sur les voies navigables, livre de circonstance, écrit en langue allemande. Mais je crois devoir.‘relever une erreur involontaire que notre collègue a commise en me faisant clire d’une manière
- trop générale : « Que les voies de navigation ne‘peuvent rivaliser avec » les chemins de fer pour le bon marché et la réguiqritéf dés transports.»
- » Je ne suis arrivé à cette conclusion qu’autant qu’il s'agit d’un canal nouveau à construire à côté d’un chemin de fer existant, parce que, en ce cas-là, la question se complique des interets "du'capital àdépenser pour la voie navigable, intérêts qUi viennent plus que compenser l’éco-
- nomie à .espérer dans dès. frais de transport proprement dits.,,>/
- » La.conclusion deimôü livire-^-:ic’est ainsi iquei je^ me suis exprimé dans ila* séance du 22 mai 1 dernier-—...est,:-:»; Que la France fait très bien
- » de conserver et de perfectionner les canaux qu’elle possède, mais qu’il » n’y a aucune raison pour, em commencer la construction dans un pays n aussi accidenté que l'Autriche. » ....
- » Voulez-vous, mon cher Président, porter cette lettre àula connaissance de la Société et agréer une nouvelle expression de mes sentiments les plus dévoilés.!!:'!-;:;: -‘>U .<U0"'O ••,(!!,M-: i; nojm-V,
- imaiq "IJ--a ;ù; » W; ÙSORDLING. • » r
- l'iîi.-îV
- Notre collègue de Lyon, M. A. Léger, l’habile ingénieur et l’écrivain si distingué, nous écrit dans les termes suivants :
- . u--. ,w: moq ub V r t-n .ig Dyoii^O'UbÛt iM. "
- 'ni* i; r. • . -ia> jb ; j el > nonsmuiiieoi .moi
- » Monsieur et cher President.’.
- ViUi) 1 • • ' iuu i i;.uno.. inrintj vi u: •
- m» Dams la dernière séance de la Société, vous., i avez vouluj.-saluer les moqes d’or du rail et de la locomotive, le cinquantenaire denos chemins de
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- fer français. En réalité, nous avons manqué l’anhiversairé dé'la première représentation, et nous cherchons à hôtis ràh'attre sur lùirfe‘$$séHfiî’*l.83o.
- " î ' I r ; : •! h : . 1/ -J)--- : >.Ui}/_
- », ,N,ous,n!avons rien à gagner à sacrifier ainsi bénévole,rnent,nos droits fi'ii’ancigiineté : nous, arriverons dans l’histoire des.-chjem jps. .^e,.,fe^ bien après l’A.ngleterrç, en retard même sur la Belgique,;tout,]epipaltraitant fort lajVéritç. Wj.u,{. ... ; 20c *àh«»•>'.!:•
- » Sans attendre'l,é( 'chëhïin‘îde fer 'dé' Saint-^^ërlm^iii1 * ëiV’lB38,; nous avions depuis'çèafre atis,1 'au fend deTa pr0vince, m'ais‘ eîi1 pleihc"'Francc, un chemin de fer de 57 kilomètres, or complèteihèfft'uâiwô:4]1)'i6tijih^ le trans-» port des voyageurs comme pour celui des marchandises; d marchant avec des locomotives, et transportant déjà, au moment où ,1’dn. décrétait seulement la ligne de Saint-Germain, 430,000 tonnes de marchandises et 180,000 voyageurs par an. C‘est notre ligne deJSajgt-Étienne à Lyon dont j'ai pu reconstituer à grands traits l’intéressante genèse, en puisant aux sources les plus sûres de nos diverses archives; j’ai publié cette étude dans le Génie . civil des 5 et 19 avril 1884, et dans les numéros du Lyon scientifique et industriel que, j’ai l’honneur de mettre sous vos yeux.
- n En prenant rang a cette* date certaine de 1831, pour notre premier
- chemin. (Je ’fey complet, nous débutons dans cette admirable carrière assez
- peu.après l’Angleterre, et nous ne sommes plus devancés par la Belgique;
- et l’on ne "peut .clire que cette première ligne de Saint-Etienne fut une
- grossière ébqucKe": sa construction fut si bien entendue, avec une si juste
- intuition-'des^ exigences dé ^avenir, qu’à la reprisé'par le Grand-Central,
- éü 1853! oh fut . stupéfait des Insignifiantes réfections à faire pour "
- •e:• i.wqtp),ni,i ••upxauïn-a mua*'.un m .«a- *..•
- ce tronçon a 1 unisson du reseau français !..,
- mettre
- 'iup •'^‘.'•miui'.'ddîmi'/tui 'do/
- » Nos ingénieurs^ lyonnais -et stéphanois, -plusi abandonnés à eux-mêmes que leurs‘contemporains-dé‘Paris, pluë élodg'nési'quieti'xedesileçons de rexpériencmanglàise/ m’eurent pas 1 um>mince hiPrife>à résoudre un problème aussi difficile! et aussi1 nouveautuavète les faibles ressources techni-
- ques ;-et'industrielles- dont ! ils disposaient; uEn parcourant'les archives de cette remarquable entreprise, on est!'frappe! à ;qhaqueb instant ides solutions ingénieuses que l’on rencontre, deux fois'admirables pour leur temps : c’est ainsi qù’ils construisirent,!fort peu après'1835;-pour l’exploitation d’une section à fortes rampes de 0m015, des machines à quatre cylindres pour u t ili s e rd ’ ad h é r e 11 c e du tender ; cette première application qui rendit les plus grands services, ne sera repri notre ingTéWé'nikître Petiét'p’Kt l/; . ...
- :'-ÎUé7j|[> ,•',!! «')! >‘!.IO|( 1J‘.<4Î;SV J t : :
- se que vingt fins ]fius tard par
- » P^nis^ une (part de gloire assez belle pour ne rien envier de ce qui revient légitimement à la province p et à la suite des grands noms que vous avez évoqués parmi les fôhifatéurs dé notre'génie civil, vous ferez, monsieur le Président', UciéGlè' haute justice en sauvant ‘de* l’oubli nos ouvriers! de la!première heure et’ren inscrivant les noms des Brét, des
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- Millet, des Henry, des Séguin, des Verpilleux et des Locard,,qui furent indiscutablement les premiers créateurs de nos chemins de fer français,.
- » Veuillez agréer, monsieur le Président, l’expression de ma conSidé-* ration la plus distinguée. » A. Léger. » ..i:m.
- M. lé Président fait remarquer que la lettre de M. Léger se rapporte 7TMa~séahce du 17 juillet. Dans cette séance, M. le Président avait demandé la permission de fêter le cinquantenaire du chemin de fer de Saint-Germain, cjui avait été l’amorce véritable dp.s:chemins,de fer français. Il avait eu soin de citer les chemins de fer de Saint-Etienne et d’Andrézieux, où les premiers essais avaient été faits; mais il croit que, si le chemin do fer de Saint-Germain n’avait pas ôté construit, le chemin de fer de Saint-Etienne serait resté un chemin de fer d’intérêt local. Le chemin de fer de Saint-Germain nous a donné bientôt le chemin de fer de l’Ouest, puis le chemin de fer du Nord, et enfin, successivement, tous les autres réseaux, tandis que le chemin de fer de Saint-Etienne, chemin de fer restreint, établi surtout au point de. vue du, transport de la houille dans la région qu’il traversait, n’aurait pas entraîné lp gouvernement ni les grandes entreprises à projeter et à construire des .nombreux chemins de fer qui, depuis, ont sillonné la France,
- Cependant, cemme il s’agit de gloires françaises* nous -sommes heureux do l’occasion que nous donne M. Léger, de les salueriet . de leur : rendre plus complète justice une fois de plus ; car nous n’avionS'.eitjgardo ;d’ou-:, blier le grand Séguin. • u,
- Le Syndicat des Entrepreneurs de travaux publics de France .nous, écrit
- la lettre suivante : ,
- ••U *jifiï u-lib-j.
- a - ï ü.ni a.
- « Monsieur de'Président de la Société des1 Ingénieurs civils,'""
- » Le Syndicat'des‘ Entrepreneurs de travaux publics de France, a l’honneur de vous informer qu’il organise,' pour le mois de décembre prochain, une exposition dm l’outillage des travaux publics, dont nous vous y adressons-conclus le programme. a
- » En prenant’cette initiative, le Syndicat a surtout pour but de1 mettre
- sous les yeux des intéressés le plus 'grand nombre possible de dessins, photographies, modèles en réduction, etc., des engins; machines, appareils divers appliqués oit applicables aux travaux publiés. f,'J
- » Le Syndicat espère, monsieur le Président, que vous' voudrez bien donner connaissance aux membres de votre honorable Société, du pro-
- P . t ! S ' s 1 1 ' : . L
- gramme de cette Exposition, et nous vous prions d agréer, avec nos remerciements anticipés, l’expression de nos sentiments les plus distingues.
- » Le Président1 du. \Syndicat,1 ! ’
- . !!'*( ‘U
- , .1 » A. : P RI MORIN. »
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- Le programme dont il est parlé, sera déposé sur le bureau de M. Hus-cjuiii de Rhéville, pour que ceux que cette Exposition-intéresse puissent en prendre connaissance. i ru
- M. le ministre de l’instruction publique nous a adressé5 une nouvelle circulaire à propos du Congrès des Sociétés savantes, qui doit se tenir en ;J88.6...Nous lui donnerons, comme précédemment,, toute n,qtre;,-publi- : cité ; et nous ferons insérer au Bulletin le programme, de ce Congrès, en mentionnant surtout les questions qui. peuvent intéresser nos collègues.
- M. m 'Président:L’ordre du’jour appelle maintenant, messieurs, le compte rendu succinct du $py agg.$q la Société en Belgique, compte rendu que je vous demanderai la permission de faire, pour les quatre, premiers jours de réception officielle; je prierai ensuite M. Brüll de prendre la parole pour raconter l’excursion dans le pays de Garni et dans la contrée de Charleroi. M. Périssé s’était chargé du compte rendu de l’excursion du côté de Liège et de Spa : il est souffrant ; il est à peine remis d’une indisposition longue et pénible, et il vient de prier M. Moreau, qui a suivi l’excursion comme1 M. Périssé, de vouloir bien le remplacer. Messieurs, je commencerai par vous exprimer le regret que la Société tout entière n’ait pas assiste à cette magnifique réception que les ingénieurs belges ont bien voulu faire à la Société des Ingénieurs civils. Il est certain que, si les deux mille membres de la Société s’étaient rendus en Belgique,' nos hôtes ^auraient été fort embarrassés pour nous recevoir, mais je crois, tellement leur cordialité a été grande, je crois qu’ils sellaient encore parvenus à nous fêter tous.
- Vous savez comment la Société s’est trouvée engagée à faire ce voyage. Il y a eu un tel empressement, de la part de nosrcoiléghès belges, qu’ils ont voulu nous recevoir en partie double ; c’est-à-dire que les ingénieurs sortis de l’Ecole.de Liège* d’une part, ont voulu nous accueillir, et que, d’autre part, les ingénieurs de Gand, réunis là céuxi de Louvain et de Bruxelles, ont voulu aussi nous avoir de sorteque, en réalité, dans, cette excursion, nous avons fait deux voyages. Des deux côtés, nous avons contracté une dette de reconnaissance :.je compte sur la
- Société pour que cette dette sqit payée,, mais nous aurons beaucoup de peine à faire mieux ou aussi bien . (par,nous ne devons pas rester en
- arrière) que^ nos collègues belges. ,iS
- Le départ a eu lieu le samedi soir, 8 août, peux qui ont assisté à cette expédition s’en souviennent. Je.dis expédition, car il semblait vraiment que nous eussions conquis pacifiquement la Belgique, tant était grand l’affectueüx empressement de nos amis. — Nous, sommes partis parun train spécial, grâce a l’extreme courtoisie de la Société internationale de s wagons-lits, des wagons-restaurants, de cette grande Compagnie d’un luxe si nécessaire qui.a^intransformer les plus pénibles parcours en véritables parties de plaisir. Elle agissait d’ailleurs au nom des ingénieurs de Liège. C’est M. Nagelmackers, directeur de la Compagnie des wa-
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- gons-lits ; M. Léchât, secrétaire général ; M. Taillard, administrateur, nos très; aimables • collègues ; car, avec une délicatesse qui appelle toute notre, gratitude, MM. Nagelmackers et Léchât ont demandé immédiatement à faire partie cle la Société pour que, chez eux, nous fussions encore mieux chez nous ; ce sont ces messieurs qui ont organisé le train spécial, qui nous était bien du ; car je pense que si les chemins de fer sillonnent aujourd’hui la France, la Société des Ingénieurs civils a un peu contribué à leur, dév.e lo ppc ment ; et il y a beaucoup de membres de la Société qui peuvent,peut-être revendiquer le même privilège que, celui qu’on accorde souvent aux sociétés orphéoniques. (Bravo! bravo! applaudissements!)
- Le dîner était servi. La cordialité la plus franche n’a cessé de régner. M. Nagelmackers, directeur de la Société, retenu au Congrès des chemins de fer, a quitté Anvers à 11 heures du soir et est venu nous attendre à Malines, pour nous faire les honneurs du débarqué, à Anvers. Nous arrivions 140 ou 150 ; on avait pris toutes les précautions, mais il était une heure moins le quart du mâtin !... et nous avions peur que quelques-uns de nos camarades fussent forcés de coucher a la belle étoile ou de passer la nuit dans les wagons-lits',’qui, d’ailleurs, sont destinés à cet usage ; mais toutes les mesurés étaient’tellement bien prises, que tout le monde a ôté parfaitement casé et a très bien dormi.’
- Le matin, nous nous sommes trouvés àM’Ëxposiiïon, où les ingénieurs sortis de l’École de Liège nous ont souhaité la!,biërivéhuéFdané la salle des fêtes. Nous avions bien reposé, le temps s’ôtait ^ihistie la partie, le ciel nous aidait, et toutes les circonstances accessoires :qui tendent un voyage plus ou moins agréable nous favorisaient."M. Trasenster nous a reçus, entouré dé’ses collègues ; il nous a tenu un discours fort éloquent, nous rappelant'combièn il ôtait chagrin de voir que M. Tresca, notre président honoraire^.manquât-à l’appel ; il a exprimé tous ses regrets de cette grande perte, et a donné à la mémoire de M. Tresca, très aimé à Liège,1 le témoignage, d’une profonde sympathie. Ces sentiments traduits par M. Trasenster et soulignés par les ingénieurs qüi l'entouraient, nous ont été précieux; et son discours nous a vivement émus. Votre Président y a répondu de son mieux, en disant qu’il eut bien préféré avoir à marcher derrière Mi Tresca, qui se faisait d’avance une "joie dé guider la Société dans cetté excursion mais qu’il1 était heureux d’entendre son éloge de la bouche de M. Trasenster, et qu’il se ferait un devoir de vous rapporter des paroles si 'élevées et qui font honneur'à la fois à M. Tresca et à la Société qui.Lavait placé à sa tête. : : v
- Après cette bienvenue, Ml avait ôtéî'réglê qu’on aurait sa liberté jusqu’à l’heure de l’a réception à l’Hotel dé’Ville. Oeux^que lès beaux-arts attiraient allèrent voir les tableaux, entre autres le tableau de Patria, qui nous a fait le même effet, dans cette belle galerie française'd’Anvers, qu’à l’Exposition de 1878. Le plus grand nombre de nés collègues visitèrent le musée Plantin, sous la conduite de M. de Keyser, qui est à la
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- tète de la section de l’Association des ingénieurs sortis de l'École de Liège, dont le siège est à Anvers. M. de Keyser a été un guide charmant ; ila expliqué-les merveilles du musée Plantin avec Une érudition remarquable, et tous nos camarades ont emporté de cette visite une excellente impression;i -m
- Vous savez que, à Anvers, il y a beaucoup de souvenirs délit'Fraiich1.'' Lorsque j’ai été à Anvers, pour les opérations du Jury,'’!én'th\Versanti;la grande avenue de 1’ExpOsition, j’avais éprouvé un sentiment âs^èz pénible en voyant annoncer en lettres gigantesques un panorama d^KeiscHoffen ; mais, cinq cents mètres plus loin, j’avais retrouvé le boinbardémcnt de la citadelle d’Anveris par le maréchal G-érard, et je m’étais dit : 11 y a compensation.
- Plantin, c’est un bon Français, du bon pays de Tours, exilé lors delà Réforme. En visitant la maison de ce vieil imprimeur français, nos camarades ont su grand gré aux Anversois d’avoir conservé si religieusement la maison de Plantin et tout ce qui lui a appartenu. On y admire les portraits des membres de sa famille, depuis 1549, et on trouve là de belles dames en costume de Catherine de Mêdicis et d’autres en costume de Marie-Antoinette. Les génératiçns se sont succédé pendant trois cents ans, suivant les traces de?ce brave imprimeur, qui, en trente-deux ans. a donné le jour à l,âO() éditions précieuses.
- Dans la cour carrée intérieure, se trouve une vigne, qui a pris des dimensions extraordinaires. Il est probable que Christophe Plantin l'a plantée lui-niême, ,en sogyenir de son bon vin de Touraine, car il ne devait
- pas aimer la bière [(rives),.. i}.,....,l;. . .-k, •
- . Le soir,,à ciuqh.eures;,;mous devionsiêtre reçtiiS'par Mule bourgmestre d'Anvers,, pour boireTe yin/d’honneur-i.M., de AV.ael,ureitenu un moment A l’exposition coloniale .française;,.'pour(rec!evoir:M.i Cambon, motremésident à Tunis, nous a fait prier de- l’attendre ; M. Trasenster nous a‘ - présentés à lui et il nous a accueillis par des paroles> courtoises.j/ disant jqu’il était heureux de. recevoir des ingénieurs étrangers,, qu’il se mettait à notre disposition, que les portes de l’Hôtel de Ville nous étaient ; ouvertes et que toutes facilités nous étaient accordées..-- J’ai pris la parole, au nom de la Société, et je lui ai répondu que les ingénieurs français étaient excessivement heureux,de yisiter la ville d’Anvers;.et de voir les progrès immenses, accomplis, sous son gouvernement municipal. En effet, Anvers comptait 80,000,habitants, jil y a vingt.ans; aujourd’hui, il»-y- .a .210,000 àmeS. Il s’est produit là une extension; énorme qui fait-grand honneur aux efforts du gouvernement et aux effortsi de la municipalité', anversoise. J’ai témoigné à Mi de^WaeLlesisentiments d’admiration dada Société. Je lui ai dit modestemeut que nous n’aurionSipeutTêtre pas dersi beaux travaux que ceux.dont:iliPQUVait;etre.ifier à montrer eu France;; maisj’ai iajouté que nous noqS; efforcerions,de.marcher surlesltraces de nos amis,.; et que
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- iipus espérions regagner le terrain perdu et faire de grandes • choses à notre tour. '
- Le soir, devait avoir lieu le banquet offert par l'Association: des» ingénieurs sortis de l'Ecole de Liège. é :
- 11 a été admirable de tous points, non seulement par la cordialité qui y a rpgné, mais par la salle même où nous avons ôté reçus :: c'est la,grande Sqlledes fêtes du Cercle artistique; et, quand nqus aurons à bâtir l’hôtel définitif de la Société, ce sera un excellent modèle à suivre. Je regrette que M. Lavezzari ne soit pas ici, noms lapiderions d’aller visiter cette salle; elle est magnifique. Au fond, on a ménagé une estrade, derrière laquelle s’élèvent des gradins où l’on peut mettre des arbustes, des plantes et cacher un orchestre. Il y a deux bas-côtés et une nef, soutenue par des colonnes; et cette disposition permet de faire le service avec une grande facilité. Ce qu'il y a d’admirable, c’est que tous les membres du Cercle qui sont artistes peintres, ont voulu orner cette salle d’une oeuvre signée de leur nom; ils ont voulu donner un témoignage à leurs collègues, en déployant le meilleur de leur talent. Cette : salle des fêtes du Cercle ressemble donc à une salle du Louvre. Je ne. connais pas de salle pareille, à Paris. . ( ;.r.(> ...
- La Société des Ingénieurs civils ne peut pas .avoir les peintures de scs membres, dans son hôtel; mais nous pourrions, le cqs échéant, demander à tous nos collègues et à tous les constructeurs d’exposer leurs inventions et leurs modèles, et je crois que nous remplacerions ainsi, le moins mai possible, les peintures murales qui nous manqueront. ,in;. ,, •.
- J’ai commencé par porter la santé du roi des Belges,,.et.M, Trasenster m’a répondu en portant la santé du Président de. la République, Ces deux toasts ont été très bien accueillis. M. Trasenster nous a fait ensuite un discours très éloquent, dont j’aurais bien voulu garder la trace:, sur le rôle de l’ingénieur dans les temps modernes. Je prierai M, Trasenster de nous le communiquer; je ne sais pas si les journaux belges l’ont reproduit, je ne le crois pas; c’est uü discours excellent. — J’ai répondu; je no me souviens pas de mes paroles; mais, entraîné par le sujet choisi: par M. Trasenster, j’ai dit ; — Je vais faire un souhait, c’est que, dans les Assemblées délibérantes, car nous sommes maintenant sous un régime électif qui se répandra dans toute l’Europe, — il y ait ün peu moins de médecins, un peu moins d’avocats, et uii peu plus d’ingénieurs. (Rires.
- Très bien! — Vifs applaudissements.) On me dira : « Vous êtes orfèvre ; » —muais je crois que i’idée que j’ai émise est juste et fera(,un peu son Chemin; Je ne dis pas qu’il faille complètement supprimer les, avocats et les médecins; mais, je crois que l’ingénieur ne nuirait, pas,, et que les parties positives du budget s’en trouveraient bien... ,(,iU, y1
- M. Briill, ensuite, a porté un toast à l’Exposition uniyersclle d’Anvers. Cette Exposition est très belle, et M. Briill en a fait ressortir habilement les parties les plus intéressantes; il a rendu pleine justice aux ingénieurs
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- de-'-Franco; la galerie des machines est le clou de l’Exposition générale, et l’Exposition coloniale française est le deuxième clou, lequel'nous appartient. M. Brüll a été très applaudi, et c’est M. Victor Lynen, président de la commission exécutive de l’Exposition, qui lui a répondu aveü lâplus grande affabilité, en remerciant M. Brüll'dë tout Ce qu’il avait dit et eii déclarant que, sans la promesse formelle du concours de la France, il n’aurait pas osé tenter l’Exposition universelle' d’ÀnVers,
- 11 y eut ensuite une cérémonie touchante, M. Trasenster avait voulu nous attendre et remettre un prix fort intéressant ét'fort important à la lin ale notre banquet. ! ;l ' -m
- Un généreux anonyme avait fondé un prix de 5,000 francs pour être décerné à la mine à’grisou qui aurait eu le moins de victimes dàns ufi temps déterminé. L’Etat,'approuvantl’idée du donateur, avait ajouté 5,000francs; il s’agissait donc d’un prix de 10,000 francs. On a fait comparaître les mines à grisou, et, finalement, le prix a été décerné à une miné dont je ne me rappelle pas le nom et qui dans le temps prescrit, dix ans, je" crois, n’avait eu que deux victimes à enregistrer!
- Et voyez ce que c’est que la chance : au moment où on jugeait le concours, un accident arrivait dans la mine même qui recevait le troisième prix, et si l’accident avait eu lieu un mois plus tôt, elle n’aurait peut» être pas été1 mentionnée.
- Jé'toe sufe*permis de féliciter lès directeurs de la mine signalée qui siégeaient au ^aniqùèt au‘milieu de nous, et je leur ai dit que nous tâcherions de fonder,^eiiEràfice, un prix analogue. !M:;
- Le lendemain matin, le rendez-vous était à huit heures et demie sur la piatë-forme^dù' grand escâliêr qui conduit à la galerie dés machines. Nous avons été reçus par ;M. Trasenster, et'nôus avons visité l’Exposition à sa suite. Puis’,1 undùiïch' â!eu lieu dans lès^vvâgons-rè’stÉiurahts placés dans les'jardins attenant àü palais dè rEVpOsitioiil Àprés’ ce'Second1 déjeuner, offert par les Liégeois^ ’clsàdiiti étaif libre jusqu’au .soir où nous devions retrouver llos hôtés'à la salle’des fêtes du1 Cercle artistique, pour leur faire nos adieux, Là, nous avons remercié !M, ffrasenster et ceùx qui l’avaient aidé à préparer cette*magnifique réception, Sans oublier aucun •de ses collègues; car tous ont contribué a rendre notre visite fructueuse et agréabie. On me permettra pourtant de citer M. Habets, le sympathique secrétaire'général de i’Aasociation de Liège ; M. de Keyser, le chef de la sectionaFAnvers ; M. Ndblèt, lë 'fils ét' le successeur de l’éditeur bien connu. C'est un: ancien sénateur, dont jè' ‘regretté* clé ne pas retrouver lé uonipdùï'est'dirécteùr du Cercle artistique',* et’il à été touché des éloges qué-nbns'hë lui avons pas ménagés, f
- Le lendemain, ce soiit lëS'ingénièùrs sortis dé l’EcOle de Gland qui prenaient possession d'éfibùS',lavée les ingénieurs de Louvain etudé Bruxelles. NoùS avoiis *010'reëùs dairs !là Salle des’Fêtes de l’Exposition universelle par M/’dc Matthys',’i,qùiiHëst actuellement président de la"''Société
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- (les Ingénieurs sortis do l’École de ffaud,, avec une effusion et. une cor-dialLtédophnous conserverons toujours le souvenir. Ou voit^quCj.-M. de Matthys ai.me la France pomme sa seconde patrie , et nous avons, été .très touchés,ses .-.paroles de bienvenue. Il était accompagné,,de- M(< .pieyr monÉ .ajncieujpr.ésideiat, de MM. de Beil et Lahaye, membre^,dp Cpml-té central de.ja même Association, de M. Eabry, président,de l'Assojciatiqu de,s;Ingénieurs,d.e?Lp,uy|aiuet. du vice-président de l’Association (les nieur.A SQr(ti:S:,;d.el.irÉcple.;ide Bruxelles, société beaucoupi;plus jeune et moins importante,que leacleux. autres, nmis.jqui., avait tenu, à.se,.réunir à ses, iainées pO:Uri(.nons, recevoir,. Nous ayons. heureusement, eonseryé le discours .de M. de Matthys, et nous aurons soin de,le donner dans notre compte rendu complet. C’est après avoir prononcé ce discours que, par une attention délicate, il a remis à chacun,de nous un exemplaire d’une notice très complète sur les travaux que nous allions visiter.
- Aous avons commencé par parcourir,avec nos hôtes, la salle consacrée à l’exposition du corps des ponts et chaussées de Belgique, qui travaille
- beaucoup. Notre impression a été très vive, et nous avons admiré ce que les Belges ont fait dans cette direction, et au point de vue de la question des ports et canaux. AI. Hersent n’était pas avec, ,nous A, nous l’avons regretté, car nous l’aurions félicité pour la magnifique installation maritime des quais d’Anvers. Il avait laissé ses instructions à son,liabile,ingé-uicur, M. Coiseau. Il était attendu à Lisbonne, ..pour,,une grande affaire qui l’a forcé de partir. Si nous, avions pu couper le filj télégraphique qui l’a appelé, nous l’aurions fait, quitte à lui avoiiepensuite,, ^notre, pardonnable trahison.
- . -ij'iîp.îfnit''.-. • .v : • "ij u-:> «üo!'1! *tu>n *
- M. Coiseau, qui suppléait M., Hersent, a 'dirigé tpus{,i^viravaux. de l’entreprise depuis,,1877 jusqu’à 1884; par conséquent, jl a été le bras droit de l’entreprise Hersent et,Çquvreux. On a établi, dans le sous-sol de l’Exposition, la reproduction^ d’un caisson destiné a la construction d’un tronçon de quai, et nous y sommes descend ns comme si nous étions dans .l’Escaut. 11, y avait(dans.cette, espèce yle cave un lunch très bien servi, qui nous a permis de prendre utiiëment des forces’avant de continuer; car la journée, a été une des plus rudes .que nous a^ons passées en Belgique. Çettej,vis,ite ,dans ce caisson souterrain^ nous a beaucoup intéressés. Nous, avons, .admiré .l’éjecteur employé pour enlever les déblais : il ressemble à ja pompe ^ sable émpïo^ées.qn .Amérique, ^ et qui est décrite dansde. rapport;, jJ&MÇ Malézieux; seulement, il y a cette différence que la pompe, à sable,.agit,par la pre!ssiqn,deMl’eau, jandis qu’avec l’éjecteur, c’est l’air, comprimé jni-mêmp quq agit. On mélange les déblais avec une certaine quantité d’eau venue de l'extérieur, et la pression de. l’air rejette le tout.au,,dehors,. .Cet.appar.eil^rend , de granff services et
- pourra .en rendre dans toutes les circonstances analogues".
- A ' '‘".y 'P-.• ••U1»: c CV i(V) v-
- Noussavons ensuite visite les.quais; nous, avons' passe par tous les
- / "''A t' t'"" 'éSSSA«!#!f;,;ClMiyi quais nouveaux, et nous avons ete lrappes de leur immense développe-
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- meut. Nous avons été aussi frappés par l'aspect delà Hotte, au milieu d’une ville située à quinze lieues dans l’intérieur des terres ; rien de pittO1 resque comme ces mâts de navires qui se confondent avec les flèches 'et! les clochers de la cité. On nous a montré le bassin Napoléon. Nkpoléoli' avait de‘grands projets sur Anvers; il a donné le premier coup* de proche à ce bassin, et son nom lui est resté ; de sorte que, à Anvers; Où il 'ÿ'-’y,-^o,000: Allemands, on trouve le Français à chaque'pas; !à 'Ànvërs!lé ilôm des rues est én flamand et en français : lé flamand- est ùù-desküS** etHle: français âu-dessous ; à Bruxelles, c’est le* contraire,1 et Cela'sé ,! conçoit1 U plus on s’enfonce dans le pays, plus le flamand dominé ; mais le français est toujours là; il y â toujours assez de Français pour qii’il soit nécessaire de conserver notre langue. ’ -!;i
- Après avoir vu le pont roulant et les écluses, nous avons atteint te bord de l’Escaut, où nous attendait M. de Naeyer, dont nous devions visiter les usines. Il nous a traités royalement. 11 avait frété un steamer pour nous recevoir; nous étions deux cent cinquante assis pour déjeuner admirablement; c’est très difficile à organiser sur un bateau à vapeur» Pour nous embarquer, nous avions traversé un steamer de la Red star Dîné où AI. Von der Bêché Voulait nous recevoir" et nous retenir, mais M. de Naeyer nous pféssàit tant‘qu’il pouvait, tenant à 11e pas voir déflorer son splendide lunch; " “ i
- Une fois installés Shr lé'steamer de M. de Naeyer, nous avons vu des barques V a v'khcêf, ornées de banderolles, et d’où partaient des coups de revolvers,* des'pétards, dés salves de mousqueterie, qui nous annonçaient que nous étions en pays ami et que la fête commençait. U11 grain semblait devoir nous atteindre ati moment où nous, quitterions l’Escaut pour arriver à l’embouchure du Rupel : je ne sais pas si les salves de mousqueterie ont dérangé les nuages, car nous avons été reçus comme des souverains; mais, vers quatre heures, le temps est devenu magnifique; et, quand nous sommes arrivés à l’embouchure du Rupel, en approchant du petit village de Boom, nous avons été frappés du mouvement de la population ; tout le monde nous attendait, tous les habitants avaient mis leurs habits de fête; les hommes, les femmes, les vieillards, les enfants étaient sur pied ; les coups de fusil ne cessaient pas. Les inscriptions surtout nous ont ôté au coeur. On nous a fait passer sous ùn arc de triomphe élevé aux Représentants, du Génie français. Un pëtf plus loin : Vive la France ! Un peu plus loin ‘encore \'la Science'né donnait pàs de frontières! Et quand nous avons afïte.iixt>’'Willebrbéck,: 'où !sont! situéesiles usines de M. de Naeyer, toute la population nous* a salués'de tout son coeur. Nous avons été forcés, de quitter le; steamer',!':parëé qü’iln’ÿf avait plus assez de tirant d’eau dans' le canal de Wilïébroëck, 'et M. de Naeyer a eu cette idée délicate (il n’en a pas eu d’autres, du reste, jusqu’au soir) de nous conduire jusque chez'lui sur un bateau français qui avait amené de- la houille du Pas-de-Calais. Il avait établi un plancher sur ce bateau et en Bull. 2?
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- avait fait une espèce de cadeau, et un journal belge remarquait que ce n’était pas le radeau de la Méduse. (Rires.) — M. de Naeyer nous a dit que ces bateaux amenaient le charbon du Pas-de-Calais à Willebroeck, à meilleur marché que si on le prenait à Mons : il y a là une bien habile combinaison de tarifs.
- Nous avons débarqué au grand Willebroeck, et le même enthousiasme de la population s’est manifesté. M. de Naeyer a dit : Il ne faut pas s’amuser, il y a un train spécial pour vous ramener, mais il n’y a pas de temps à perdre. Je veux vous faire voir mes usines sans vous faire grâce de bien. Il a pris ses bottes de sept lieues, attachées à des jambes qui ouvrent un compas proportionné à sa taille.
- M.deNaeyerestungéantdesixpieds. Ilm’appelaitetme disait sans cesse aimablement*. Monsieur le Président, venez donc avec moi! J’avais beaucoup de peine à le suivre; j’étais un nain, à côté de lui, et je faisais deux pas quand il en faisait un. Il a commencé par nous montrer sa papeterie; il nous a fait traverser les salles où l’on prépare les pâtes de bois ou de paille, les débris de coton; il nous a fait voir leur trituration et les appareils qui transforment ces pâtes en papier. Nous avons parcouru ensuite ses ateliers de fabrication de chaudières, et admiré le joint conique qui a rendu son nom célèbre. 11 a 1,500 ouvriers, aujourd’hui.
- Nous nous sommes arrêtés dans les écoles de jeunes filles et de garçons fondées par lui et dirigéeé par Mme de Naeyer. Frappée dans ses affections les plus chères, elle a reporté son amour maternel sur les enfants des ouvriers et sur leur famille. Elle est l’âme'de la maison.
- Après cotte visite au pas do course, nous sommes entrés dans la salie qui précédait celle du banquet. Là, il y avait des cylindres eii mouvement, dont l’un déroulait du papier bleu, l’autre du papier blanc, l’autre du papier rouge, de sorte que le drapeau tricolore semblait flotter devant nous et nous saluer. : • >
- Au fond de la salle du banquet, se tenait Un orchestre de 80 ouvriers de l’usine, instruits; je crois, parle chef de musique du régiment des grenadiers de la garde, qui vient deux fois par semaine de Bruxelles pour le s* diriger, et nous avons été très surpris de la manière dont ils attaquaient les morceaux. Ils ont joué la MaPseillaisôj bien entendu, et la Brabançonne n’a pas tardé à être demandée, pour rendre la politesse< Vous connaissez la musique de la darde républicaine; en fermant les yeux, on aurait pu s’y tromper, e ‘ 1
- Au dessert, les discours Ont été chaleureux. Ali dé Naeyer 'a bu cordialement à la France'; il a parlé) en termes émus'de notre Société. AI. de Matthys a porté, avec son feu ordinaire et communicatif, la santé de AI. et Mme de Naeyer. J’ai pris ensuite la parole pour tâcher' d’exprimer ce que nos collègues sentaient en face de cette réception étonnante, que je n’ai retrouvée nulle part. Partout nous! avons‘été u bien fedus; mais' vous savez que, dans lès courbes, f il y a; en général; nh maximum; eli
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- bien, c'a été là le maximum. Pourquoi donc? Je crois le deviner, c’est que c’est le seul endroit où il y ait eu une dame pour nous recevoir et pour nous présider. (Très bien! très bien! Applaudissements prolongés.) J’ai témoigné, autant que je l’ai pu, toute notre reconnaissance à M^de Naeyer et je l’ai remerciée respectueusement d'avoir bien voulu présider cette fête avec une si touchante cordialité.
- La fin de la soirée a ôté un conte des Mille et une Nuits. Sur 1-è monticule qüi domine les bâtiments, on avait tracé en lettres de feu : Yivc la France! — Il y avait des lanternes vénitiennes le long du canal reproduisant les couleurs françaises, des lanternes bleues, blanches et rouges, qui se reflétaient dans l’eau, de sorte qu’il semblait que c’était le drapeau tricolore qui ondulait indéfiniment le long- du fleuve. Tout le monde paraissait heureux.
- Quand le train spécial commandé et mis par M. de Naeyer à notre disposition est arrivé, il y a eu une fausse manœuvre ; M. de Naeyer ne se possédait pas; il voulait que le train s’arrêtât juste devant nous, comme s’il se fût agi d’y faire monter l’impératrice Catherine. Je le vois encore criant : — Attendez, Messieurs, ne montez pas! Le train recula, et ii semblait que c’était la main de M. de Naeyer crispée contre les wagons qui le repoussait. C’est un géant industriel! (Bravo! Bravo! — Applaudissements!) Nous n’oublierons, ni Willebroeck, ni M. et Mme de Naeyer.
- Le lendemain, nous avons été reçus par M. Louis Meeus à Wyneghem ! c’est la plus grande fabrique d’alcools de grains et de genièvres connue ' en Europe.. Là,.-c’était autre-chose : c’était l’ordre flamand dans ce qu’il, a de plus remarquable. Nous n’avons pas. été émus, mais nous avons admiré de toutes .nos forces, pendant les trois heures que nous avons passées dans l’usine. Nous n’ayons pas été émus, parce que cet ; alcool est inquiétant, et quand on voit les flots qui sortent de cette usine, bien que ce poison soit fait dans les conditions les plus scientifiques, o'ii éprouve un sentiment désagréable. Mais, cè sentiment mis de côté, Oii est frappé d’admiration. Commet je l’ai dit en remerciant M. Meeûs « Vous. nous,aveZ heureusement avertis que volts aviez soin d’enlever le dessus du liquide et le. fond dans vos appareils de distillation. » Il paraît qüe la première couche renferme les substances les plus perfides et que c’est au.fond que.Se déposent.les poisons. M. Meeûs appelle cela, pittoresquement, enlever la tète et la queue, et il ajoute avec bonhomie : te Oh! quând on boit mon genièvre, on ne s'èn trouve pas mal; les personnes qui; en boivent sont...complètement inoffensivés et ne battent jamâis:.le.urs femmes. » — Cette affirmation nous a un peu réconciliés avec: ce genièvre, qui,, je; crois,. est excellent, malgré le danger qu’il peut présenter rsLl’pn.envabuse; —mais ce.qu’il y a d’admirable dans cette usine, c’est la somme.effrayante.de travail qüe l’on fait,; avec un très petit nombre d’ouvriers. Quand la campagne est ouverte, iln’y a pas plus de cent ouvriers dans l’usine de Wyncghëin; et les bâtiments couvrent.
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- deux hectares. M. Meeùs, qui est associé avec ses trois frères, et qui a commencé en 1870, en produisant 715,000 litres, en a produit*'plus de
- 10 millions en 1884, et, de ce fait, il paie près de 26,000 francs pàr jour
- à.l'Etat belge, ' "M:
- Il a importé, je crois, en 1884, 46 millions de kilogrammes cUb grains, pour sa fabrication, et il a exporté deux millions de litres d’alcool et dé genièvre. Vous voyez que c’est gigantesque. Mais, cé qui est surprenant, je le répète, c’est l’ordre inouï, la propreté merveilleuse qui régiïe dans ï’usine. Tout l’outillage est conçu dans 'l’esprit'le plus scientifique* de sorte qu’en pleine campagne, je l’ai déjà dit! iï ne faut pas plus de cent ouvriers pour faire tout le travail.
- Une exploitation agricole est jointe à l'usine. On y engraisse annuellement 3,600 têtes de bétail.
- Gpàce aux eaux sales de l’usine, on a converti les terrains do la C-ani-pine en belles prairies, où l’on fait quatre coupes par an ; on a, à ï’hee-tare, 14,000 kilogrammes de foin. C’est un résultat magnifique.
- La marque de la maison est connue ; c’est une clef, rappelant le proverbe de Franklin : Clef non touchée, clef rouillée. Il y a là une espèce de calembourg flamand : le mot Rust, qui veut dire repos, ressemble au mot Roest, qui veut dire rouille. La banderolle"qui entoure la clef porte ccs deux mots: Rusl Roest, eue nous devons lire : Repos rouille. M. Meeûs
- : r.ü<: v., à- : j
- ne se repose pas. '
- Le lunch a eu lieu dans une des vastes salles dé la’Malteric, inoccupées l’été. Nous étions trois cents, et nous étions jmrdus au’1 mjii'ëu de cette immense salle. Je vous demande pardon d’èntrer 'dans tous'ces détails, je suis peut-être un peu long. (Non! non!) ‘ " 1511 '’n,A< ! i
- J’ai oublié de vous dire qu’on avait tait aussi tin train specitil pouf nous mener à Wyncghem, c’était, un tramway ’ a vapeur qu’on inaugurait. Il devait commencer à marcher, huit jours après ; le Üirecfeiû’VM.'dè Ëürïét, a voulu nous faire cette bonne'grâce d’avancer le jour de î’inâUguration.
- 11 s’est pressé; il a fait, la'veille de notre arrivée, un voÿugë'd’ess'âi, sc
- disant : « Si cela marche bien, j’emmènërai les ingénieurs français ! » de sorte que nous avons été les premiers à voyager sur ce tramway, qui va d’Anvers à Hoogstraçtcn, eu passant par Wyneghcm, et toute la population nous faisait fête. Un journal a eu l’amabilité de dire qu’elle ne savait pas que c’était l’élite du génie frauçais qu'elle vbyait passer devant elle. :
- Nous sommes rentrés rapidement a Anvers,” et nouè'*so‘Mmes partis pour Bruxellek, où devait avoir liéii le banquet dés ingénieur s réunis’ ides Ecoles de Gland, de Louvain ët de Bruxelles. lia éu’iïetf au Grand-Hôtel, où la salle, bien que très belle, est inférieure à Ia saïlè' du 'Cercle1 artistique d’Anvers. Mais la cordialité de nos hôtes, remplaçai!1 lés magnificences de la salle du Cercle artistique," "
- M. de Matthys a porté la santé du roi, dans uu”toast clialéureuv.
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- Puis M. Fabry.» président de l’Association de Louvain, a porté le toast du Président de la République, que nous avons applaudi avec plaisir, M. Périsse a porté un toast aux villes de Belgique, que nous avions parcourues et à celles que nous allions parcourir.
- J’ai pris ensuite la parole pour remercier nos hôtes de la"veille et du jour, et aussi pour inviter nos collègues à venir à Paris en 18^9.".Je leur ai promis, au nom de la.Société, que nous ferions les plus grands' efforts pour atteindre le degré de cordialité et d’amabilité qu’ils avaient moritré à notre égard s que nous les recevrions avec toute l’amabilité française ef que nous ferions tout pour leur montrer combien nous leur étions
- , ' M i ) t I I ’ > I ; | 1 , ... .
- reconnaissants de leur magnifique réception.
- M. Bède fils a porté un toast très applaudi à la presse scientifique. Son père, M. Bède, a ôté pendant quatre ans le préparateur, à la Sorbonne, de Victor Régnault, notre grand physicien. Je regrette de rie pas avoir retenu les noms des journalistes qui ont répondu au toast de M. Bède.
- Enfin, M. Wellens, l’inspecteur général des ponts et chaussées, qui'a dirigé les travaux du, Palais de Justice de Bruxelles,nous a remerciés de nos toasts. ....
- Vous savez que c’est, i’architecte Poelaert qui a fait les plans du Palais de Justice,,. et que, les travaux ont été exécutés conformément à ses plans. ,, \
- Il est peut-être trop grand pour Bruxelles; mais, quand on entre sous la première yoûtq.avec ces statues magnifiques à la partie supérieure, on est frappé de sa majesté puissante, et l’on doit éprouver une impression semblable.lorsqu’on pénètre daris un temple égyptien, à Memphis, ou dans un temple de l’Inde. L’œuvre est évidemment hors ligne.
- Poelaert est mort fou, cela arrive très souvent, aux hommes de génie: on dit qu’il n’y acju’un fil entre la folié et le génie; — espérons qu’il y a un .jieurid’èxa^éçation. j\
- Quoi, qu’il en soit, ori peut mourir quand ori .laisse une pareille œuvre; et M,/VVellens s’est honoré en suivant les plans artistiques de Poelaert avec l’admiration qu’on doit à une grande conception qu’on est chargé de réaliser. V .....
- Nous nous sommes donc, séparés de nos collègues, en leur donnant rendez-vous pour 1889. Ils nous ont promis d’y être fidèles.
- Je termine en disant à la Société'que je la prie de se souvenir de la réception qui nous a été faite.
- Nous tâcherons de donner un compte rendu complet de notre voyage, en y introduisant, les, travaux, techniques qui s’y rapportent, et en demandant, a ces messieurs leurs discours, de maniéré a les donner aussL
- •1 ’>!, K'! ' tjk ji'iiî il-': t: îf vt.!. -,-y ;r-‘ i -,j- -1', - . ! ,
- çqmplètemenf; que possible, d’espere que ce^compte-rendu fera plaisir à tout le monde. ,. ; ' "'y ' -
- :ni;mlfrrnM [ tgVod uqu 7>h . Vciiuc:.,. , . i.:p . . . •
- Si 1 Exposition de 1889 a lieu, — car voila Liverpool qui en préparé une pour 1886, et Berlin pour 1888,’ c’est-à-dire un an avant' nous, —
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- si la nôtre a lieu, elle sera la plus belle de toutes;* à ce moment-là, nous aurons une dette de reconnaissance à payer à nos collègues belges ; il faudra que la Société ne reste pas en arrière et fasse son possible pour que le dernier mot nous reste. (Bravo! bravo! —. Vifs applaudissements.)
- La parole est à M. Briill, qui a bien voulu se charger du compte pendu de l'excursion du coté de Grand,
- M, Hauet, Je demande la permission de dire deux mots, Monsieur je Président,
- M, le’ Président. Si M. Brüll le veut bien, M. Hauet a la parole,
- M. Hauet, Dans l’exposé très intéressant qui vient d’être fait par notre Président, il y a une chose qu’il n’a pas dite, et qu’il ne pouvait pas dire ; c’est que l’accueil si chaud, si cordial qui nous a été fait en Belgique, nous le lui devons en partie. Nos collègues belges connaissaient notre Président comme ingénieur, comme mathématicien : ils ont pu le juger comme orateur. Le tact exquis de ses discours, les sages doctrines qu’il a exposées à Anvers sur l’instruction publique, son patriotisme élevé lui ont conquis tous les cœurs belges, comme il possédait déjà les nôtres. (Bravo! bravo! — Vifs applaudissements.)
- J’allais vous proposer de lui témoigner nos vif remerciements; vous l’avez fait à l’avance, (Applaudissements prolongés.), .
- M. le Président, Je remercie M. Hauet et je remercie mes collègues : rien ne peut me faire un plus grand plaisir que leur témoignage. (Applaudissements.) ! .
- M. Brüll a la parole, :
- _ M. Brüll rend compte des excursions organisées par l’Association. des ingénieurs sortis de l’École de Garni. Elles ont eu .lieu les jeudi 13 et vendredi 14 août. Pour le jeudi, on avait arrangé toutes choses pour montrer, dans Ja matinée, le Palais de Justice de Bruxelles, et, dans l’après-midi, les grandes carrières de porphyre de Quenast situées à une vingtaine de kilomètres au sud de Bruxelles.
- Nous avons été reçus devant l’entrée principale du Palais de Justice par M. Wellens, le constructeur de ce magnifique monument, inspecteur général des ponts et chaussées et la plus haute autorité du corps des ponts et chaussées en Belgique ; M. Wellens a eu la bonté de nous conduire lui-même, assisté de ses deux principaux collaborateurs, dans toutes lés parties de l’édifice. . !
- M. Wellens a consacré dix-sept années de travail;à cette œuvre gigantesque dont’M. le Président vient déjà de donner une idée; L’impression en est saisissante. La situation de ce palais en est merveilleusement choisie: il domine toute la ;ville;jiL domine mêmejjai'province. Sans doute les plans primitifs n’ont pas été changés dans leur ensemble, mais il y a eu, dans cette longue période de travaux, de très ^grandes
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- difficultés d’appropriation pour arriver à l'exécution. Le monument est construit sur un mamelon irrégulier: il est au niveau du sol à trois: étages différents ; il y a trois rez-de-chaussée. L'édifiee a une grande hauteur, et la charge sur le sol est énorme. De là de grandes difficultés de fondation. Il s’est présenté, aussi des problèmes très délicats à résoudre, sur lesquels M. Wellens a bien voulu appeler notre attention. Entre autres, la façade principale présente au-dessus du portique < une gaiilie d’un porte-à-faux considérable, dont il s’agissait de soutenir la. masse très importante. La réussite de cette conception si hardie, obtenue par des moyens très ingénieux, est un véritable tour. de force.
- Nous avons examiné les aménagements intérieurs de l’édifice, et nous avons été frappés, entre autres, par la grande magnifioenoe de la salle où siège la Cour de cassation, toutes chambres réunies, C’est une œuvre imposante,
- Après un échange d’allocutions cordiales, nous avons été priés d’inscrire nos noms et observations sur'le registre des visiteurs qu’on inaugurait ce jour-là, et nous y avons consigné le témoignage de notre admiration.
- En sortant du Palais de Justice, sous la conduite obligeante de M. Verstradten, nous avons visité quelques-uns des monuments intéressants qui se trouvent dans lé voisinage, et, en particulier, le Musée,1 où il y a une remarquable collection d’histoire naturelle et do paléontologie,
- L’après-midi, un train spécial nous a conduits à la grande carrière de porphyre do Quonast. Il est merveilleux de voir l'extension qu’a prise cette exploitation ouverte autrefois dans les proportions les plus restreintes sur un1 gisement de roohe porphyrique (diorite> ou eurite) qui g’ost épanché à travers les schistes'siluriens i à voir l’échantillon de cette roche, on ne pourrait guère se douter de’l'énorme développement qu’a reçu l'exploitation de; cette matière de si modeste apparence, des débouchés qu’elle a: trouvés dans des pays fort lointains : tous ces résultats ont été atteints par là puissante Société qui exploite actuellement ce gisement, sous l’habile direction de M. Adolphe Urban, et qui, depuis vingt ans, a suivi de ferme propos le plan établi dès l’abord pour .l'aménagement de ces carrières. Elle occupe aujourd’hui 2,500 ouvriers, et arrache le cube énorme de roche nécessaire pour fournir 100,000 pavés par jour, en dehors du macadam, du‘ballast et du sable. Toute l’exploitation est aménagée avec un art merveilleux. •• i :
- La carrière est éxploitéeipar le système dés gradins droits. Il y a déjà six gràdins: ayant environ 8 mètres fie hauteur-chacun Ces ; gradins s’étendront; lorsque le plan*•définitif aura pu être réalisé, sur une longueur de près de 1,500 mètres.’Actuellement, il y a encore trois- carrières •.isolées, et-lés-gradins sbnt disposés dé façon à sé réunir plus tard: * fieux tunnels- dé-jonction permettent de réaliser dès à présent en partie les
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- avantages que cette réunion pourra donner. L’abatage.se fait à la poudre, etMlëNS’ofrfs domines;'autrefois faits à la main, sont aujourd’hui .percés pair»des ' maehibe^1 péf'foratrice s mues à l’air comprimés. Ges : perforatrice sôùt '!d’un!:modèlei'combiné1dans l’établissement même; et quotient ;des: typêsddeiuconflus dedngersoll et de Dunn. -u/;
- Les trous sont forés à 6 ou 7 mètres de profondeur, soit uivpeiinpiojiis. que lu- hauteur -du gradin ils sont à3 mètres environ du. bord de la roche, eh onf lés place à uneidistance de 3 oui<4,mètres*Kimrjâe^iaitttBe.; , >...
- Le sautage: deh'mines; se fait trois foisîpar)jour aides heures:dêtermL nées, mais M. Urban nous avait ménagé un.vspectacleticurieux etiimpo-, saint1, Un grand nombre de mines-avaient été réservées,-et,, placés bien àd’abri sur une sorte de. belvédère; nous avonspu voir près de dix minutes;, d'ë'suiteydes puissants gradins: du colossal •ataph-ithéâtre s'effondrer-en., cent places •’étagées, au milieu du bruit tantôt sourd, tantôt éclatant.des détonations successives. - • •..* ••
- -'Les plus gros blocs sont débités à: l’aidé de-pétards; pour débiter les, blbes- de moyennes dimensions, on pratique dés Stries, à leur surface, et, avec de lourdes masses,-en frappant; à? la-même place-,.plusieurs fois de süite; on parvient à rompre ces blocs s uivant: le s.tr aée s faite s à l’avance. En les divisant successivement,et^mi'n placëyion-abtient; un.bloc ;.capable d’un type déterminé' de- pavé. On fait' ensuite(ifépinçage.qui donne au pavé:-sa forme définitive. • • !• r.:?-. • • •?.?. >.-,u «.m.»* -,
- Il y avait à se débarrasser dhme grande quantité) «de. idéohets- qui /for-dent déjà une montagne ;dè grande hauteur, ili fallait conduire; la-,partie impropre à la production*desi.pqvés à/£une'’insin«poiiy>àilhi;idé->de concagr seurs'puissantsy^.oimiproduitdei-macadam, puis; poasfcpr.toîus-les?produits jusqu’à-uné- immense-igà/redjeueheminide: fèry idontilessaïomhreqseÿî-voies sont bordées de: quiaisdïemmàgasiinage et.de, chargement.;?Tbus ce'tftrans? portS'Seyfont'ïniécàniqüémentiparain ssystème-dej ohemim de.îifmtà; chaîne flottante, animé par un.mbteur.idevl20'|cheivaux' qdi' Sert! aiissi- à? d’iaùtres usage'Si La chaîne cOnsbmmeià pbu-prèsileütiers'dè:cette-force.'.;;
- • ; Mi‘ Brüll présente 'à l’assemblée lune s vue; d’ensemblequi estiune pho-? tographiedlun modèle en relief dèS'.carï’ièresde Quenast exposé-h Anvers en ce moment. -s-;
- ,. M. Urbah fet s'on?flls ont étéî pidurmous, tous :de' la plus? charmante,nma-b i lité, et la musique! des ouvriers, de l’établi ssem e nt n ous ! a jou é la Marseil• toise et des airs'iquinousiontcharmés^; ?,T u,;-,y •?î.-.:
- . M. Urban-nous, a-offert. des irafraîchissements' dansi.KhâteLïOÙ '.-les-ou-vriers célibataires sont logés et nourris. Nous,avonsivisité..ia-veol intérêt cèt établissement; que daiSoicié té/a .Installé? dan'siles: meilleures conditions. -<;Elle,a aussiconstruit un.gçàhd nombre'.de maisons indépendantes!pour les'Ouvriers mari,ésv- •*!*<«»»» •**w -m» h -euhimu vy. .ntMrJ'i so-Jôif « bAprèscette intéressante visite,-? nous. i sofnmes? rentrés sàfi BruxOlJes.: par notre; train-spécial, non- sans nous arrêter, un instant&.Tubize-pour y par-
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- eoùrir les ateliers'de : construction dé la ; Société ianétallurgiquy,» .où.;,,4t oui-, fait des docômotives. Cette importaaté.'.usmè-'.esîtidirigéé-.par ingénieur. Qn y* construit une locomotive, qui'pèse., fî 0,000 kilogrammes*| en ordre'de marche, ainsi que de petites machiiieSi;pour.iÇhemin,Sî'de.ifer^ sur routes. Nous avons vu les ateliers «des forges, |de.:lare1h.au!dpQnnepip,(t de'l’ajustage^ tous puissamment outillés. e , -Vtor tm;,*
- Et'conkme, • dans i ces «ourses? charmantes, que nous : avensi ifaites «,n; Belgique, le champagne était toujours de la partie.^nous avons, .trouvé, le-temps dans-cette rapide ïvislteïjçdeilroiro'à la.i santé.,dejMmSeqanbet àlia prospérité de l’usineidesTupizea iL .-u, -.mm iwair i J/ -nuâ ;<*>;*!•
- Le lendemain vendredi; noùs sommes allés passer la.journée à Gand, Là nous avons été reçus à la gare par M. Mossau, le président ,de l’Association des anciens élèves de Gand; pour la section de.•-Grand-,.,et;.pfti$.un, grand nombre de membres de la-section., Nous avons visité,- dans- la ma-, tinée, un grand établissement horticole. Quoique l’horticulture.soit, en dehors de nos préoccupations habituelles, nous avons tous été très intéressés par cette visite:.i>I/hOrtiçul.tureua pris, ,à ;Gand, une très grande; importance; on produit paivcentaines./de mille toutes, sortes de heurs, en choisissant les plantes* s les., plus -rares ; rétablissement Linden et Ci® dont nous avons pU'.vMter, les .nombreuses; serres, emploie jusqu’à neuf personnes expertesrbotainistes éméritespdont la mission,.consiste.à. voyager à la suite des expéditions qui ouvrent à la civilisation dos contrées nouvelles,' comme; !aü Congo, et au Tonkin1; ces introducteurs recueillent, à travers bienides* obstacles, des^plantesy desigrainesr des morceaux; de tiges s de vâriétésIinc.onnus.'ênEurope, expédient, lênrbutin .<& Clan fl» à la maiéon'îmèueiiLà, aprèsj avoir recto,unipetitjbdutûdeutige^(desséché,5qui pourrait paràîtrednsignifiànty 011 t»btient.:en-peu idetemps,;;par d’ingénieux procédés» de<• cultureeforcée, , jume dizain egdeajeunes /plantes-qu’on-jvend 1 ;000 et 2;000 -francs>là. pièce, à d’autres maisons! d’horticulture .qui ont la spécialité de là,reproduction des .plaintes! nouvelle s m >ià<\ ùinin/: .mu,. iî Nous avons,vu- la.plante.qui mauge.de la, viande;, la plante qui attrape lesimouches : et.nous avons .vupar milliei'S.desplantessoonsidtérées;comme très rares. C’est surtout dans les pays-du Nord queucës .(grands h,ortieuL leurs trouvent des débouchés. ïosu/./r :
- 1; Nous .avons;,ensuite* visité la? grande/hlature de coton de MM. de Ilemp-tinne,«C’est un puissantiétablisse,mènti>Nous ne savons. s’il y a là quelque procédé nouveau qui mérite l’étude ;éilien serait .autrement; sans doute, si notre ami Mei&imon,! ouuquelque; spécialiste de nos collègues,'avait fait partieide/notreiexcuîision.^u.»/; .*m«on in aègoi taon ^aui.ü.'Lnrd.Hà- •• sAprèstla ^visitelideda(ïiilathréjfMM. lest IhgékiéursjdeeGand mous ont £ait>.; la>gràoieusété/ dteonous iteeevoirn àdéjçunerjuJnidois dire .quéküos aimables hôtes étaient au nombre d’une trentaine et .que.! nous-/ne formions» liLus;qîii’un bien .petitnidétachement^ de sorte quel nons>;’.avo»sMù nous exeusersiir .notre.petit! nombre; dont .nous avons reporté la .cause» à
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- la variété des plaisirs dont nous comblaient nos amis de Belgique, puis= qu’il y avait le même jour trois excursions divergentes. Cette circonstance n’a pas empêché la plus franche cordialité et l’échange des toasts Jes plus amicaux. !
- M, Massau nous a fait faire alors la connaissance de M. Braun, l’ingénieur de la ville de G-and, et ces messieurs nous ont fait faire Une jolie promenade sur l’Escaut et nous ont montré les installations maritimes qui viennent d’être construites ; on n’attend plus que le drainage du chenal pour faire de Grand un port maritime pouvant recevoir les navires de 4 mètres de tirant d’eau. La ville de Grand est remarquable par ses filatures et son industrie ; elle reçoit et exporte un tonnage important, et cette facile communication avec 1a. mer rendra un puissant service à la ville et à toute la région. On a quelque peu toasté encore pendant ce charmant après-midi : sur la terre et sur l’eau, on nous a versé partout les vins de France, Le soir venu, nous sommes rentrés à Ctand, et, de là, à Bruxelles,
- Le dimanche a eu lieu, à Bruxelles, un cortège pour lequel on avait bien voulu nous réserver des places ; on fêtait le cinquantenaire de la création des chemins de fer belges. Là, nous avons vu se succéder la reproduction fidèle des moyens de transport employés en Belgique depuis le radeau des temps barbares, jusqu’aux locomotives les plus puissantes, jusqu’au tramway à vapeur, en passant par le carrosse, la berlines, la diligence, et sans oublier le premier train x]u chemin de fer de Bruxelles à Anvers.
- M. Brull a rapporté un petit album qui donnera une légère idée de ce qu’était ce remarquable cortège si artistiquement disposé.
- Enfin, dans la soirée, une fête était donnée, à la Bourse de Bruxelles, par les négociants qui forment le Comité do la Bourse des métaux et charbons. Le Palais de la Bourse de Bruxelles est fort beau, comme chacun le sait; il avait été luxueusement décoré pour la circonstance par des fontaines, des fleurs et des lumières électriques. C’est là qu’a eu lieu, depuis huit heures jusqu’à minuit, une réception magnifique, avec concert donné en partie par les musiciens de l’iisine de Willebroeck.
- Nous nous sommes approchés de11 M. Ernest Rollin, président de la Bourse des Métaux de Bruxelles, et nous lui avons exprimé, avec nos compliments, les remerciements de la Société pour avoir bieiv'voulu envoyer à chacun de nous une invitation. Il a répondu qu’il était bien naturel aux négociants et industriels de Belgique de faire accueil aux ingénieurs français, qu’il y avait des'liens étroits entre les industriels et'lès ingénieurs, qu’on devait en grande partie à ceux-ci le brillant développement qu’avait reçu l’industrie, et qu’il était heureux de voir que iiôus étions répondu à son invitation. Nous étions une trentaine à! cette'fêtë1, qui a formé le 'digne couronnement de nos excursions.' (Applaudissements).
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- M? le Président, Je remercie M. Briillde son très intéressant et substantiel résumé, et je demanderai avec lui si quelqu’un de nos collègues présents est allé à Charleroi ? Personne ne peut nous dire un mot de cette excursion? —• Alors, je vais donner la parole àM- Moreau,-qui veut bien remplacer M. Péris.sé, Comme je vous le disais tout à l’heure, notre coh légué a été souffrant, et il a prié M. Auguste Moreau de vouloir bien le remplacer pour le compte rendu de l’excursion du côté de Liège et de Spa.
- M, Auguste Moreau a la parole.
- avait' préparé' un compte rende assez complet,1 mais, l’heure étant très avancée, il va l’écourter le plus possible,
- PREMIÈRE JOURNÉE. s,..
- Jeudi i3 août.
- Le jeudi 13 août, à 7-h, 23 du matin, la plus grande partie do nos collègues, en tout environ HO personnes, prenait un train spécial à la garo du Nord, à Bruxelles, et partaitpour Liège. — L’administration des chemins de fer beiges avait d’ailleurs, comme la Compagnie du Nord en France, jnjs gracieusement à notre disposition des billets à demi-place que l’on délivrait sur la présentation de cartes d’identité spéciales, distribuées par les soins de1 nos confrères belges.
- A 9 heures et demie on arrivait à Liège où nous ôtions reçus à la gare des G-uillemins par une délégation d’ingénieurs liégeois, ayant à leur tête leur Président, l’honorable M. Trasenster, M. Habets, le secrétaire do leur association, et M, Canon, le secrétaire de la section spéciale delà ville de Liège. Ces messieurs, inspirés par notre sympathique confrère AL Taillard, dont le dévouement et l’activité ne se sont pas. démentis un seul Instant, avait eu la délicate pensée d’amener à la gare une grande voiture, dans laquelle s’empilèrent tous nos bagages sortant des fourgons du chemin de fer, et qui alla déposer nos malles et nos valises aux différents hôtels qui nous étaient désignés.
- A 9 h. 43, nous repartions par un nouveau train spécial du tramway à vapeur Liège-Seraing, et à 10 h. 13 nous arrivions à O agrée où nous ôtions appelés à visiter les forges, aciéries et hauts fourneaux qui portent ce nom. j : :
- Une étude détaillée ,de ces installations sera donnée dans le compte rendu complet que nouSipréparons en ce moment. Nous nous bornerons donc, pour aujourd’hui, à donner quelques renseignements sommaires sur les usines visitées,dg,ps cette .excursion. v.- i
- La fabrique de fer d’.Ougrée date de 1846. — En 1838 on y adjoignit l’usine pour la fabrication des bandages par le procédé Petin et G-audet
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- de, jlj^e-dé-Giep. Cette adjonction lui a valu, pondant plusieurs, années, le monopole de la fabrication des bandages en Belgique. ;,,iiH ,ltPepuis 1858 on a beaucoup agrandi l’usine et renouvelé les-installations,; la fabpipation , s’est adonnée surtout aux spécialités exigeant, le puddlagéndn fey à grain fin et l’acier puddlé. Puis l’apparitioni de facier Besse.mer ,et ,du procédé Thomas est venue envahir toutes,les spécialités qui constituaient la puissance de la Société. Aussi celle-ci, menacée dans sesjoeuvres vives, a-t-elle décidé, en 1$80, l’installation du procédé Bes-semer dont nous avons pu voir fonctionner, les convertisseurs. Les produits fabriqués sont surtout les rails de grande longueur, les. bandages, les essieux, les lames de ressort, les barres '.marchandés et les tôles, La Société possède d’ailleurs, à côté de l’usine, une mine de houille permet-fanpd’extraire 40Cttonnes par jour. Le charbon donne un excellent coke.
- Le Président du Conseil d’administration, M. Mockel, et le Directeur des forges et aciéries, M. Aug. Raze, nous firent eux-mêmes, avec, la meilleure grâce du monde, les honneurs de cette vaste installation.
- A 11 heures seulement on put se diriger vers les hauts fourneaux, qui constituent une usine spéciale dirigée pafi.MmChenenx. En entrant, on constate que le pavillon français flotte partout à côte du drapeau belge au sommet des principales halles. Ces hauts fourneaux sont au nombre de 4, dont 3 ont été reconstruits depuis 1878. Ils ont 17 mètres, de hauteur et 5,n,25 de diamètre. Iis présentent un volume intérieur,de246 mètres. La production journalière par fourneau est de 60 à 70 tonnes, On y fabrique la fonte blanche, ja fonte Spiegel, la fonteBessenyer, la fonte Thomas. La production obtenue avec deux hauts fourneaux pendant la campagne 1883-84^a été de 44,000tonnes. ' ”, ' V
- Les g-ueulards sont à prises de gazf^ceux-qi suffisent aq chaufFagq de l’air et à la production de la vapeur nécessaire' a la marche de la. souf-flerie, des monte-charges et des moteurs accessoires. L’air est chauffé à 600° paf dès âpp&rëïls a briques,’ système'Whïtweil, au nombre de quatre par fourneau. 1 ‘
- Lès niâchines1 soufflantes ao’nt au’nombre"'dë 3 ; 2 du système'Evans à balancier'eCünè'du1 type dè‘Sérain'g.
- La Société fabrique elièlmêmè son coke au moyen de fours Âppolt. — La productionéii’’l8S3-6’4V"a été dé'85',000 tonnes',1 f '**•'-*1 Les minèrais'Aiènhént1‘de’ Namûr efidu Luxembourg’'pour le fer; d’ÀL lemagne, de Grèce et d’Espagne pour l’acier. ‘ 1 ’ " '
- Le. chârbonnàg&’ë’etëhd sôustinë 'surfaéë' de '378 hectares‘et1 a une profondeur dé 300 mètrèls. Ti’éxtractïohën i8'83-8-4' a été1 sdé '87*000 tonnes.
- - - (?«•:"» -..t,<>.•>(•»•)'{ nb -.àlu ’VîéuiîO'iq ri onp a’ibnojàaq •floinov
- (?iAu jour^des'installatiQnsTpryntpre^aiitfi^^otit d$}p(ps!$apréparation, le triage et. ,1e lavage (U}.-,ejh(8irhon?r)lef
- iajP* Aénî; i; f .MH'vnfoaôfc atnulihd albm é *Tyvî*m'*nio»j arm,••
- ..•fé^açtp.ut cm remarque l’absence presque çpmplqfe.jde .piain-d’oeuvre et
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- bon nombre de travaux même assez durs sont1 exécutés par dèls fénihiek que l’on emploie le plus possible. "i|î :>i
- " Enfin1,* le'tout est complété par des cités ouvrières très iütéllig’èiiirilèiit disposées de manière à recevoir en abondance l’air et laîurnièrè 5 un Tait caractéristique1,* Uèst la grande variété qui a été recherchée dansiaedhL positiondeS façades à ce point qu’on y trouverait diffiéiléiaièht' dèïii' ïa-çadès identiques'. ; , 11 ’ ' ',i;u ::i
- Les maisons Soht iSôiéèS'dù gbdiipées par deux, trois ou quatreâti plus! Le groupement de quatre maisons en carré a été iugoureusëmèiit écarte comme's’opposant a' uiië Üonnè'ventiiâtioh et présentant le gravé inconvénient du dépôt, au devant des habitations, des objets sales et 'encombrants'qui, dans les groupés en long, trouvent place derrière les mai sons. Chaque habitation est d’ailleurs entourée ‘d’un jardin. Par huit habitations, il ÿ a un fournil et line borne fontaine. ' 'l'l< '' ' ‘
- Tout le monde fut frappé en visitant ôes belles' installations, de Tordre',‘ de l’activité et de récohbinie ' qü! régnent partout. Ou a entre autres,' comme nous l’avons déj à i signalé p i poussé,; jusqu’aux dernières1 limites l’art de supprimer la imain-d’œuvre et de n’employer que les moyens mécaniques. • **C ••nv. k umn.im ‘-ind! mdi: .
- A midi précis\',ohJpasse hans.‘les salons de'i’habitàtion de M. Cheneux, où 'nous, est servi un splendide déjeuner qualifie modestement par nos
- j a 'j ' -i 1 il h ) i.' | 11 î '•*/ Tl ' LÎjfl ’ 1 * ( i i î ' | 1 - 1 1 • i i 1 11 M * • •. •
- Jiotes du îiôm de lunm, {
- pans; un' très remarquable ‘toast ' porté au‘ dessept et' très chaleureuse-ment applaudi, M;1 (meneux "exposé iés‘‘progres 'important^ qui ont été réalises eh métàllurgie 'dans 'fés’usmes belges,1 rend' justice 'a,la '.science des ingénieurs et a la modération des exigences de la mam-d œuvre
- 7,. i * ;»u s, i r . j.,*, i i i ’ j [ i i u i.> -.o*., ‘ ‘d) t • i *- J i i i j v v~-n n .
- en Belgique et paye un juste tribut de reconnaissance a la métallurgie
- française dans les termes suivants : 1 , ! ,
- a.i; J , mm osmose '-••uionmi )•> mganim-ojmmi *-.mj
- « ( Cette science, c’est bien-souvent à des sourcesfrançaises que nos ingénieurs vont la puiser. Qui ne se rappelle, àFExposition dè'Pans.en l878,
- les magnifiques travaux de, la Société. de. Terre-No,jrie sur lpSj.alliages du silicium, du tungstène, du chrome, s,ur le(s ferpo-manganèses,. surlaçom-position, des fontes de moulage et celle des ^aciers,^ eniinj précisément, sur la composition d’une i'ontq.^estinéq à k prpduqjtjon. d’un fer donné ! Qui, ne se souvient raus&i si\r le s f même s {objets, iA(î{ la .b elle . exposition de MM. Jacoij-Hoi'zeï* et C» f i'^ T T,
- « Parmi le^qu^vrages-technique^ que np.us^ avons journellenient entre les'mains^jle^tmtéj de M.j^ijii.per, estime, couvre claa^u^-pleine de révélations. Sans vouloir prétendre que la première idée du procédé Thomas ait’ gériû'e dâiis^Hëttè' jJiiblicatibiiV'bi^ 'doit‘hvbuér'tjiitLïeS cbnsidératîons nombbèusés'ët h^e^èb‘Iqü,elPëMheh!terhiè ’sur^é sujét/'iralçaient la vôïé’ii suivre pour arriver à cette brillante découverte. Un autre ouvrage qui vient dê’paéaitrè skr M^ftibhbaiiônlà "fôkie et qui renferme’dhsujiper-
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- eus tout à fait nouveaux, est- dû encore à un des vôtres, à M. L.-D. Va-thaire.
- « Je m'arrête. • :: s';
- ‘1*1=.-.
- « J’en ai dit assez pour motiver la joie que j'éprouve à lever mon verre ; à la science et à l’industrie française, à leurs dignes, représentants, messieurs les membres de la Société des Ingénieurs civils et à leurs dignes président et vice-president. »
- Nos collègues ont été d’autant plüs frappés et touchés de cet acte de justice de M. Cheneux, qu’ils savaient tous qu’en France, certaines personnes professent, jusque dans ies grandes écoles officielles, une estime fort modérée pour la métallurgie française et une admiration aussi exa* gérée qu'injuste pour la métallurgie allemande.
- Notre vice-président, M. Périssé, remercia les Sociétés d’Ougréc de leur accueil si cordial et reporta la plus grande partie du succès de ces usines modèles à leurs deux directeurs si distingués, MM. Raze et Che-lieux, Cés éloges si mérités furent couverts d’applaudissements.
- Quelques minutes après, tout le monde s’embarquait sur un bateau à vapeur, le Michel-Orban, pavoisé aux couleurs belges et françaises et arrivait à deux heures précises au pont de Seraing.
- Sur ia rive était le directeur général, M. Sadoinç, entouré d’un état-major d’ingénieurs,chefs des différents services de l’usine Cockerilî,parmi lesquels on remarque M. Kraft, ingénieur chef de la construction des machines et M. Greiner, ingénieur chef des aciéries!1"
- Ces vastes établissements datent de 1817; à cette époque un Anglais, John Cockerilî, vint s'installer dans l’ancien château historique desprinces-èvéques de Liège et y établit dans le parc les premiers éléments de son usine. Régis jusqu’en 1860 par le fondateur, les établissements furent à sa mort dirigés par son neveu et collaborateur G. Pastor jusqu’en 1868. Depuis cette époque, ils sont placés sous la direction d’un homme éminent, M. E* Sadôine, ancien ingénieur en chef de la marine L
- Ces établissements sont immenses et leur valeur actuelle est d'environ 33 millions de francs. Depuis l’arrivée de M, E. Sadoine, cette valeur s’est accrue du chiffre colossal de 30 millions; c’est un établissement de premier ordre, le premier de la Belgique et l’un des plus importants du monde entier. Il occupe 11,000 personnes, compte 382 moteurs fournissant au minimum 14,500 chevaux de force, Il est le premier éii Belgique qui ait mis en pratique l’idée de créer pour son compte une flottille composée de 10 vapeurs pour les approvisionnements èn minerais 'etles expéditions par voie de mer de ses produits, Le chantiër'dé Construction navale lui appartenant est à Hoboken près d’Anvers, sur l’Escaut; on y a construit
- .,;s, -m .-vi
- l.cRttppeions qüe M. Sadoine vient d’ètrfe lionilné. réefelimiitnl baion .pâf S, il. te Hoi des Belges/ ‘ M
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- depuis sa fondation plus de 300 navire,s de toutes espèces d'un tonnage total de Ii20,00() tonneaux.
- Les appointements et salaires du personnel, non compris environ 300,000 francs distribués en secours et pensions, s’élèvent annuellement à plus de 10 millions.
- La visite cle l’usine eut lieu sous la conduite de M. Sadoine lui-même, (pii avait tout réglé et lit tout exécuter militairement. A l’entrée de chaque atelier, M. Sadoine présentait à notre vice-président, M. Périssé, le chef de service en le priant de fournir aux ingénieurs français tous les renseignements qu’ils pourraient lui demander. On visite ainsi les forges, fonderies, aciéries, hauts fourneaux, chaudronneries, ateliers de construction, les salles du génie, de photographie, le modelage.
- Les visiteurs sont surtout frappés par les aciéries et la magnifique installation des convertisseurs avec les hauts fourneaux, leurs voisins. Les lingots fondus ne sont pas réchauffés, on les porte simplement dans les pits gjers ou fours en matériaux réfractaires et non chauffés. Mais la chaleur centrale du lingot vient elle-même réchauffer la surface qui a commencé à se figer , celle-ci ne pouvant plus , se refroidir en face des parois de ce four déjà' chauffées par les lingots précédents.
- On y fabrique depuis très longtemps déjà des rails à trois longueurs: c'est d’ailleurs la première usine de Belgique pour les progrès réalisés dans la fabrication de'l’acier.
- On remarque fort aussi un atelier de moulage de pièces mécaniques où les moules sont confectionnés sans modèle, et rien que sur le dessin en taillant le sable L . ^ s ^ ( ,
- tîif tramway spécial à l’usine emmène ensuite tout le monde au sommet d'ulie véritable montagne artificielle créée par les dépôts de scories et de laitiers accumulés,depuis la fondation. uhdi -L :i
- Puis on se rend à la houillère ( Collard. On avait déjà , visité le puits Marie avec son grand ventilateur^ Guihal et ses perforateurs. , ;
- On remarque au passage l’atelier yle construction de roues* système Arbel.
- Au siège Collard, nous rencontrons les jeunes enfants de l’orphelinat de la Société. Cette institution élève cent vingt-sept orphelins.
- Au puits Collard, l’attention était attirée surtout par le tambour d’ex5 traction hélicoïdal avec câble rond en métal. , . ...
- Enfin le même tramway nous ramenait au point dé'départ émerveillés de la tournée^ Un verre de vin de Champagne gracieusement offert avant de prendre congé* fournit à M< Périssé l’occasion de porter, avec succès* üii toast de remerciement à,M: Sadoine, l’habile directeur de ces vastes
- ^ A ' éj. - ’ ' Uq •- _ :n
- 1. Les bâtiments de chaque génre dé fabrication sont peints d’une couleur spéciale renouvelée chaque année. PartQut règne uïie propreté et une bonne tenue que;mous ti’avoris jamais vüës rtüllé pifi-t aillburâ.J " (
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- usines, « qui, dit M. Périsse, a fondé une seconde fois les établissements C-ockerill ».
- Enfin, à fi heures on reprenait le bateau pour Liège et aussitôt en mouvement, après avoir quitte le rivage, on acclama le personnel de l’usine et spécialement M. Sadoine, par une triple salve de bravos.
- Le soir à 9 heures, on se retrouvait au Trink-Hall de Liège pavoisé de drapeaux français et l’orchestre en nous apercevant nous accueillit en jouant la Marseillaise. Notre confrère belge, M. Canon, y fit les honneurs avec beaucoup de cordialité.
- M. Auguste Moreau expose ensuite le programme réalisé pendant la seconde journée.
- DEUXIÈME JOURNÉE
- Vendredi 14 août.
- Nous étions encore environ 80 ingénieurs français les uns partant de la gare de Liège-Longdoz à 8 heures 30 pour Chênée, les autres nous retrouvant à l’usiné d’Angleur, dite de la Vieille-Montagne.
- M. de Sinçay, directeur général de tous les établissements de la Vieille-Montagne, vint lui-même à la gare nous attendre et nous conduire à l’usine d’Angleur.
- M. de Sinçay, français d’origine, a repris depuis près de quarante ans ces établissements classiques de la fabrication du zinc ef les a complètement transformés, de sorte qu’ils constituent aujourd%ui une des plus importantes installations qui existent dans ce genre. . '
- À notre entrée dans la cour de l’usine, l’excellente harmonie des éta-
- blissements joue la Marseillaise et est fort applaudie. Puis, nos collègues sont divisés en plusieurs groupes conduits par MM. de Sinçay, père et fils. M. Yappart, le directeur technique de l’iisine d’Angleur, MM. De-joler et Badoul, anciens élèves de l’École Centrale de Paris. Pendant deux heures, on parcourt toutes les parties de cette vaste usine, se rendant compte de toutes les phases de la fabrication et des importants progrès réalisés dans ces dernières années, spécialement dans la disposition des fours. On remarque surtout la fabrication des produits réfractaires qui est faite avec un soin extrême ; les creusets sont confectionnés mécaniquement d’une façon fort ingénieuse. Partout règne l’ordre le plus grand et l’absence presque complète de main-d’œuvre : tout se fait mécaniquement
- On admire fort les broyeurs de M. - Yappart qui broient ïà1‘calamine et le charbon devant fournir le mélangé passé au creuset; on'est'frappé de l’absence complète de la plus légère poussière, 1 '* ! lMt' 5 '' ' "
- Mais ce qui a excité le plus l’admiration, c’est* le travail du laminoir. 11 y a une équipe d’une habileté surprenante et quf fait en se jouant
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- un, travail des plus difficiles et des plus délicats avec une . production journalière de beaucoup supérieure à ce qu’on obtient oifii liai ré ment-. *
- L’optillage pour travailler le zinc est. d’ailleurs très, puissant#nop y remarquait, entre autres une énorme cisaille recevant son mouvement, de la partie inférieure. - y ;î; ,in,t .
- Unpxeellent déjeuner réunissait ensuite tous les excursionnistes,dans la grande salle de l’établissement, et au dessert, M,; de.Sineay.,porte.,un toast, de bienvenue et de remerciements aux ingénieurs.français qqi(ont bien voulu s'arrêter à la Vieille-Montagne. Il prononce [ quelques, paroles d’à-propos sur la crise industrielle qui n’est qu’un excèsj.detproduction de la vieille Europe, crise qu’il espère voir cesser par l’ouverture de contrées jusqu’ici inaccessibles comme le Congo et le Tonkin.
- Ce toast est très chaleureusement applaudi.
- M. Périssé remercie, aux applaudissements de tous, M. de Siuçay de l’accueil si cordial qu’il a fait aux ingénieurs français et boit à la santé de M. de Sinçay et de M. Vappart.
- M. Trasenster recommande aux ingénieurs de ne pas négliger les. études commerciales qui leur font si souvent défaut. C’est ce qui a fait en grande partie le succès de, la jVieille-Montagne qui a des usines dans le monde entier. ,11 porte également la santé de M. de Sinçay,
- Ce toast a été vivement-applaudi.
- A une heure on reprenait le chemin de fer et l’on partait pour leïrooz, toujours en.trainnp.épial, MM. Montefiore-Lévi, sénateur ,-etBuls,:-bourg-mestre.dCr.BruxellçSj Se joignent àn.ous. et tout ce.monde descend a une heure vingt.à la{gare.;çle Trooz, où Ton est reçmpar M. le Sénateur d’An-drimont, administrateurqgérant.des.Charbonnages du Hasard et pardons les ingénieurs de larSociétç, parmi .lesquels^MM. Paul et Maurice d’An-drimont, fils de JÆ. i’Administi’ateur-gérant. L’harmonie des.,Charbonnages joue là Màrseillaise aüx grands applaudissements de;tous,,(etq après les. présentations, le train,/ où nous remontons, est remarqué jusqu’à la garé privée du Boy-Bonnet, L’harmonie du Hasard, installée sur,une plate-forme, joue pendant tout ce temps les plus beaux,morceaux de son répertoire^ Le paysage est splendide, et nous sommes ici fort loin des plaines immenses et uniformément plates des Flandres. Le chemin de fer se déroule‘au fond d’une étroite vallée encaissée clans des montagnes escarpées et couvertes de forêts de pins.,Le bâtiment de service de la gare de Irooz est lui-meme en ^harmonie avec le. paysage et présenté la physionomie '' d’un ,petit pavillon ^mo^en^ âge^de: l'effet le' plus pittoresque.
- . Arrivés,àil’inSitajlation dp, BoyrBqnnpt, on an’nmarqué le..transport par chaînes flpttant^.qui, (apipne,f es. ,charbpns ,à. î du, ni v.esau jd’un puits yer-
- tical situé à plus'de 3 kiloprèitrgS^C'ÿihhétPH^d^^.Wtïd éhaîneffiotT tante, inclinée .à 30
- clans une assez lorte proportion dans tes houilles exr
- m V. 'n|!.!|T!i|.||l. ; I I. : i ... -H- -, ...
- Bull. ' 28 ‘
- UOUUUf!! nu- lur/.q
- pierres qui entrent
- i°, remonte au sommet,.par le flanc de la montagne,les U a! ,ïho > .novirunUMn-vii'O m •••'q»-... • m- ;
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- traites. Tout cela fonctionne avec une régularité parfaite depuis la création,, c’est-à-clire depuis 1871. f : n; .!/. C
- Le classement, le triage, le layage des charbons et la fabrication mécanique des briquettes agglomérées se font d’une façon des plusiperfectionnées et pouvant passer pour des modèles. : *i;du wio"!' 1 . .
- Puis de là, ou s’est rendu, partie eu voiture, paidie àpiednàd kilomètres de distance,:'à Mieheroux, ap sommet dç la montagne, où se troqye la bouche le mouliuage du puits précité., i-. >ng ne f .-o.hj L’installation la plus intéressante de ce plateau est l’hôtel Louise» créé par AL d’Andrimout, et à ses frais, ppur .'loger ..teSieuiineurs,-célibataires. Ceux qui sont quiriés ont de cburmànts ipetits cottages un peu plus loin dans la campagne. Dans cet hôtel, moyennant 1 fr. 50 par jour, les mineurs font quatre repas ! Ils trouvent, en outre, à prix coûtant, un magasin d’étoffes pour habillements, des costumes tout prêts, de l’épicerie, des objets de consommation, etc. Dans tout cela, M. d’Andrimout prend libéralement à sa charge la plus grande partie des frais généraux et ne prélève aucun bénéfice.
- Pendant ce temps, un certain nombre de nos collègues et la femme de l’un d’eux, madame Chevalier, étaient descend us "dans la mine et se faisaient photographier à la sortie ; la photographie'à1,été envoyée depuis au secrétariat. ; 'i'-r; hos-m^v.
- La propreté est excessive partout;» les -mineurs ofit chacun deux costumes, et tous les jours ils en ont un dé lavé qu’ils retrouvent propre le lendemain. En outre, des salles de bains sont' àCleur disposition ; ou trouve dans l’hôtel jusqu’à une grande salle de 'concert,»‘lune sorte de casino, où M. d’Andrimout-- nous offrit un lunch pendant que l’harJ •infinie, logée dans les galeries supérieures, jouait de!nouveau 'la, Marseillaise, qui» était suivie de fort jolis morceaux de son répertoire.
- Au dçsserf, AL! d’Audrimqnt, dans une improvisation pleine de cordialité et de bonne humeur, boit à la sauté de Aime Chevalier, qui • avait courageusement1 nccqmpdgné son!mari dans; cette fatigante excursion, à la Société des Ingénieurs civils -de France,' dans la personne de M. Périssé, qu’ibse rappelle déjà avoir vu il y à douzeians,-alors4qu’il était , délégué de la Société, à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de -la fondation cle l’école de Liège ; à l’union des‘Charbonnages du ÎSiord t]e la France, dans la personne de leur président, AI. ‘Vuillemin.
- Ce toast est couvert» de chaleureux applaudissements»/!M; Vuitlemin remercie en termes pleins de cordialité fi ’» eu; :» » mbu-L afj AI. Périssé»,o rappelant la phrase»!de Aimé- de’ -SéVignél1 pOrtèiufi5 toast au plus galant; aucplus empressé, etc.,rdes hommes qué-tout le, monde va nommer. • - brio mrtfoo-zùi. vijraoj a» -trieimofl .oanpt nue--
- Tout le monde, en effet,hionime àJhi/fonfM, d’Andrirn’ont, pour léqùel on pousse un formidable hourra4!î::i ''iU!l1 enîq. /'a ouüi
- A 6 h. 30 on repartait par train spécial à Liège» et lé' 'soir !à 0"heures
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- on soretrouvait en grand nombre à l'Institut électro-technique fondé'-' par M. Mqntefioro, qui ouvrit dans ce but un crédit de 100,000 francsp proipettant de faire plus si cela était insuffisant. -'-.cr, ,i
- On apprécia beaucoup une conférence de M. Bric Gérard indiquant le but et l’organisation de l’Institut, le système d'études suivi et les épreuves (à subir pour obtenir le diplôme d’ingénieur-éleptricien. muG La soirée se termina par une promenade dans les laboratoires et par l’étude sur place d’un grand nombre d’appareils des plus intéressants. h - • i i•, -ii. • c, : <1, '
- M. AugusteMoreau termine par la troisième journée : celle qui a été consacrée exclusivement à l'excursion dans la ville et les environs de Spa.
- TROISIÈME JOURNÉE
- Samedi 45 aoiU
- Nous étions encore une cinquantaine d’ingénieurs français pour aller à Spa. Comme on le voit, c’est avec ténacité que l'on était rpsté jusqu’au bout en nombre. 1 i
- Arrivés à la gare de Spa vers 11 heures du matin, nous étions reçus par le comité local des ingénieurs sortis de l'École de Liège, .composé de MM. Noblet, président ; Deck, ingénieur de la ville de Spa ; Bourgeois et Dechoisneux, et d’une trentaine d’ingénieurs liégeois. Accompagnés par ces messieurs, nous nous rendons au salon du Pouhon où se trouve,;la source de Pierre-le-Grand, et où nous sommes reçus de la façon la plus-courtoise par M. Lezaak, bourgmestre dp Spa, et MM. Lousberg et Fontaine, échevins. M. Lezaak nous adresse quelques paroles de bienvenue très goûtées. r c
- En fait dleau .ferrugineuse, on nous offre dfexcellent vin de Champagne, ces qui n’empêche pas quelques fanatiques de goûter quand même l’eau de la source. s;mr.-r.-. ,;i t ‘ .
- On visite ensuite la source du Pouhon, celle du prince de Condô, l’établissement des Princes, le'Casino* la galerie de ;tableaux, le théâtres Dans la grande salle de l’établissement, nous entendons une conférence fort intéressante de M. Deck sur les eaux de’Spa, leur compo+ sition, les principaux travaux pour la captation des sources et le chauffage des eaux qui, sont naturellement,froides,uetc.
- De là qn se/dirige Aers le parc, on parcourt la classique allée de Sept-Heures. On étudie en passant le filon $-Eunite.,ckevA tous les géologues, et à une ,heure* un. .splendide lunch réunit f ous les excursionnistes belges et français, dans da galerie Léopold, magnifiquement décorées pour la circonstance. Pendant ce temps, l’excellent orchestre du Casino, gracieusement prêté par, le,concessionnaire des installations balnéaires, M, Gi-rpndeau, joue ses plus beaux morceaux sous la direction de f émin,eut artiste M.Xecoeq, p. .pp-j ,K f.bp ir ;.KV /
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- Au lunch, assistait M. le général Lombronitzky, commissaire général de l’exposition russe à Anvers, qui nous accompagna clans toutes nos excursions de l'après-midi. Ce déjeuner en plein air devant les grands arbres du parc, avec la montagne verdoyante en face de soi, et la musique de la symphonie était vraiment une chose délicieuse et fut particulièrement apprécié. —- L’amabilité de nos hôtes fut d’ailleurs sans
- a ; ! , ,1,: : t U :. Il ‘i ! ; : :
- limite et se traduisit dans tous les détails. Ainsi M. Noblet n'eut-il pas la pensée éminemment délicate d’offrir à chacun de nous un petit bouquet de bruyère blanche, un produit des plus rares et des plus recherchés du pays? ,, '
- Le toast porté par l’infatigable M. Trasenster au dessert fut particulièrement aimable. « Les ingénieurs français ont pu croire, dit-il, comme le bruit lui en est venu aux oreilles, que leurs collègues belges voulaient les exterminer jusqu’au dernier à coups de festins et de champagne; ils peuvent aujourd’hui se convaincre qu’il n’en est rien, puisqu’on les a amenés dans la ville de Spa, qui est le véritable temple de la santé. Il boit aux ingénieurs civils de France et au plaisir de les voir revenir individuellement dans le pays de Liège. »
- Le toast obtient un succès considérableM»,, Périsse remercie l'Association des ingénieurs sortis de l’École, de Liège,,pie leur réception royale, car on ne ferait pas mieux pour une Majesté, .comme l’a. si bien dit ailleurs notre président,! M. de Comberousse. En, présentant .nos adieux à nos excellents confrères et amis belges, il désire-porter un toast spécialement à AL Trasenster, à M. Habets, le dévoué secrétaire de l’Association liégeoise, et à MAL Noblet, Deck, ainsi ijifdü’comité local de Spa. '
- 4 ^ / ; { ; • ; ' ' , j
- Il porte ensuite un toastatM. Lezaak,bourgmestre,et à la municipalité de Spa, ainsi qu’à AL Girondeau, le fermier des établissements balnéaires, qui a contribué pour une si large part à la cordiale réception qui nous a été faite.
- 1 -.1 i i : Tl IM!1' •
- AL Lezaak répond pu. exprimant sa reconnaissance pour la marque de sympathie dont il est l’objet et, à la demande de tous, la symphonie joue la Marseillaise, puis la Brabançonne, au milieu de l’enthousiasme.
- général. rq ? ;
- Après une promenade dans le. parle, nous montons: dans une vingtaine' do voitures de toutes sortes, mails, breaks, landaux, paniers, .etc., et nous faisons las promenade classique du tour des fontaines accompagné de AL de Sinçay, ancien directeur ..général de la Vieille-Montagne, qui n’avait pu assister au lunch et était Veini nous rejoindre? Nous jouissons d’ailleurs d’un temps superbe qui permet d’autant mieux d’apprécier les frais ombrages de la forêtX’et là limpidité des-'éàux1dés-cascades1 de la-promenade de Aleyerbeer. A chaque source nouvelle, le Barissard, la Cféronstère, laSauvenière, le Tonnelet,etc., on descendait de voiture pour
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- prendre un verre offert par nos hôtes et qui contenait, il faut bien l’avouer, tout autre chose que de l’eau, fût-elle minérale.
- Enfin, on rentre à Spa où l’on admire encore les nouvelles écoles communales dont l’architecte M. Houzac fait les honneurs, et le soir on’jso dit adieu dans le parc en entendant le grand concert de l’allée de Sept-Heures.
- La tournée dans le pays de Liège était terminée, mais non. l'excursion on Belgique. La plupart de nos collègues en effet se retrouvaient le lendemain dimanche à Bruxelles, pour assister à la grande cavalcade historique des moyens de transport aToccasion du cinquantenaire de la
- création des chemins de fer belges et dont M. Briill a rendu compte il y quelques instants. Des places réservées nous avaient été offertes par le sympathique bourgmestre de Bruxelles, M. Bulls. Nous avons retrouvé là ceux de nos collègues qui avaient suivi l’excursion de Gand et qui, comme nous, revenaient enthousiasmés de l’accueil si 'cordial qui leur avait été fait partout.
- Après la soirée ou, comme on dit en Belgique, le raoût offert par la Bourse des [métaux et charbonsp un grand nombre de nos collègues se sont décidés à revenir le soir'même, en passant la nuit en chemin de fer. Il y avait, en effet, impossibilité* complète, si l’on-n’y avait pensé à l’avance,' de trouver ce soir-là dans tout Bruxelles un simple cabinet pour se coucher. 1
- ' 11'-1 Ut " .iliU'OiC M : ’ i'
- M. Auguste Moreau conclut enfin en disantmue cette tournée a été excellente sous tous les rapports : excellente au point de vue technique, excellente sous le rapport de la confraternité professionnelle, et excellente* au point ae vue plus'élevé du rapprochement, entre deux peuples uq. ' « O ». Au {-», r.L AJml.-uw.un,» . i/ mu. . 1 r
- qui doivent etre amis. , \ ,
- Nos hôtes ont été d’ailleurs partôut^admiraliles d’empressement et'de cordialité, et nous ne saurions terminer ce compte rendu rapide', et d’ailleurs provisoire,’ sans vous proposer de vous'joindre à nous pour remercaér nos 'confrères de l’Association des ingénieurs1 soitis de l’Ecole de Liège et particulièrement M'.Trasenster, Tinfatigàble président,
- M. Habets, le dévoué secrétaire, M. Canon, secrétaire du comité local
- de Liège, et Mu(Noblet, président du comité11 local de la ville de Spa. (Applaudissements.)* '• !
- M. le Président. Je remercie M. Auguste Moreau ‘ d avoir si bien
- , :i..')i;V!;nioi/v'Uh'n / u igc:U' o:>!nu>: , .a>mr •: et si consciencieusement remplace M.,Périsse,. , ,
- - - • : r t.> ,r mD/; ‘-nii/ojo': -i.no il un-. èium .i munit ne m ~
- MM.t Bouron, Çraiffe,,tiGruner,; Guasço ^Delong, Mlodecki, Musnier,! Saintignon et de Schulthep, ont (été, .reçus membres sociétaires.
- t, AiV'Wi'fNl ’V /Jjm/UOU f'IIjiMÎ- -t-ir.xs-: *-f-,f/
- MM. Rogerson et voisine ont ete reéus membres associes.
- im.i i-oOmy obnu - m*Eüe,:"" -à
- La séance est levée à onze heures et demie.
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- Séance «lu I<» octobre 1835.
- Présidence de M. Ue Courerousse
- La séance est ouverte à huit heures et demie. :
- Le procès-verbal de la dernière séance est adopté.
- M. le Président. Nous avons le plaisir d’annoncer à la Société la promotion au grade de commandeur* dans l’ordre de la Légion d’honneur, de notre collègue, M. Ronna, directeur de la Société autrichienne des chemins de fer de l’État.
- Dans la dernière séance* parmi les Ouvrages offerts à la Société* M. le Président a oublié de mentionner le Traité de Statique graphique appliquée aux constructions, de notre eollëgùe S. S'eyrig; Il s’est reproché* àprêFcôlfp7"devoir*oublié de lé mentionner en séance. C’est un ouvragé complet, texte et atlas. M. Seyrig est trop connu de la Société pour qu’il soit nécessaire de recommander son ouvrage. :!,tl
- Parmi les ouvrages offerts aujourd’hui à la Société, il faut signaler le Catalogue de. llExuosition-coloniale dë la République française à Anvers, dû à notre collègue, M. des Tournelles, qui ôtait commissaire-adjoint à cette exposition coloniale, et deux autres volumès imprimés à l’Imprimerie nationale, renfermant des documents fort intéressants sur l’Exposition coloniale française d’Anvers. Tout ceux qui ont visité l’exposition d’Anvers savent que cette exposition coloniale française a été une des choses les plus remarquables de l’exposition. Ces notices coloniales sont très importantes, et un dé nos secrétaires, M.1 Auguste Morëaii* pourra nous en donner un résume : Il y est question de là (jochincliine, du Tonkin, de nos possessions daiisl’Océanie et au Sénégal; enfin dé toutes nos colonies. É’iioiineür dé' l'ëxëeütioh de cës deux vdlumés doit être surtout réporté à M. Orodet, qui, sous-directeur des colonies ait ministère de la marine et des colonies, se trouvait être le ëdmmissaire dû gouvernement français! pdür cétte elpositidfl cbloüiitlë i M* Gfrodfet a fait là un travail très utile ! comme voué lë kebbèz jjàf lë ré§ümé qui ëii sera donné, et nous ne pouvons que le remercier de l’envoi qu’il veut bien nous faire. mu i
- Nous avons reçu une lettre de notre collègue,’ M. Bancilhpn, qui se rapporte au canal de Panama; elle est intéressante; mais* Conmfe elle touche un peu la question financière, et qüè nous n’avons pas pour habitude de traiter ces sujets ëfi àêdhëë, ïic»üë dépdsëfoiis la lèttrë de
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- M. Bancilhon au secrétariat, à la bibliothèque, aflh que ceux que là question intéresse puissent la consulter.
- Nous avons reçu àu nom de M. Taillard üneréelamâtion. Dans l’exposé rapide de notre excursion en Belgique, M. le Président a dit que Mi Tàil-lard était administrateur de la Société des wagons-lits. Il s’est ému de cette qualification, parce que c'est notre collègue, M. Nagelmaclcers, qui est directeur et administrateur de la Société. Nous donnons acte à M. Taillard de cette reètification. Mais il a été si aimable avec nous, il nous a témoigné à tous tant de bienveillant dévouement, que notre erreur est bien compréhensible.
- Enfin, M. le Président ne veut pas tarder à annoncer une excellente nouvelle à la Société : c’est que le legs G-iffard est enfin sorti des limbes où il demeurait depuis trois ans et demi.
- C’est grâce à M. Hervé-Mangon que nous sommes arrivés à ce résultat tant attendu. Il a bien voulu nous écrire aujourd’hui pour nous l’annoncer. Les décrets ont été signés le 7, ils ont paru le 11 au journal Officiel, la Société des Ingénieurs civils va entrer en complète possession dé cette généreuse donation^Le Comité pourra sans doute indiquer, avant la fin de l’année, de quelle manière il conviendra d’honorer la mémoire d’Henri Giffard. ,!
- L’ordre du jour appelle la lecture de la Note de M. G. Aiithoni, sur l’ouvrage de M. Emile Cacheux, intitulé : VÉconomiste pratique.
- M.. (G.fAiütîïOn^,donije (comme il suit communication de l’analyse qu’il a faite de .l’ouvrage de M. Emile Cacheux, intitulé : Y Économiste
- 1 / i: î'UH.VPcm -V • 'i
- ... .
- L’amélioration du sort des classes laborieuses, tel est en quelques mots
- .-"'U' • çiüH -"MM U.Î.V ) fil.. •. ,• •: il, : . . L 1
- e but de l’ouvrage, consciencieux et contenant un si grand nombre de
- le
- locuments intéressants, que M. Émile Cacheux a'publie'et dont il fait
- hommage à notre Société.
- MI
- Danspriutroductipn, l’auteur rappelle que, d’après une statistique récente de M. Bertillon,la misère fait périr tous lés ans 1)0,000 Français, et cette niasse de victimes ira toujours en augmentant par suite de l’élévation du prix des choses nécessaires à la vie, si on ne cherche pas, pour remédier au mal, des moyens plus efficaces que ceux qui étaient usités jusqu’à ce jour. , . _ . ‘ b‘..
- « Personne,messieurs, disait en 18l2 notre ânciefi Président,M. Muller, n’est aussi bien placé que.l'ingénieur pour être le trait a union entre le capital et le thàvàil et poür détruire l’antUjgbilisifieTfüi^ existe ëfitre ies diverses classes (de. là société. îi y a dés années qtdüné fôulë d’éssâis ont été tentés; il faudrait en connaître lés résultats. Nous devons tous nous éclairéiqpar le.travail de chacun, slif toutes les Matières de ce terrain brûlant.. .. ... . ; - . .....
- :1 C’est justementeejravàilque M,( Cacheuk a entrepris; il s’est proposé de réunir lës dObUfiiënts épars qui se rapportent à cëttë question, qu’il
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- m
- trayaillejdepuis de longues années, ,d’en faire un recueil, et c’est l'ensemble très complet de ces documents qui forme Y Économiste pratiqua, ouvrage de:plus de 800 pages, accompagné d’un atla,s de 7î2 planches., . aO
- 'dvoùvPàge est divisé en quatre parties : ',l!
- T La! première partie est consacrée à l’étude des 'habitations'ouvrières. Pour améliorer le sort du travailleur, il faut commencée jbar le loger convenablement, drâce à M. Muller, qui s’est( ld'rigùëmènt occupé de ces questions, le problème qui consiste à'rendre propriétaire?, au bout d’un certain nombre d’années, le locataire qui s’acquitte régulièrement de son lover, est aujourd’hui résolu théoriquement.
- Pour résoudre la question pratiquement, M. Cacheux a fait des essais sur une centaine de maisons et sur 300,000 mètres de terrain bâtis et vendus suivant le système de vente usité à Mulhouse et combiné à celui qui est adopté par les « Buildings societies; >> ce système consiste à avancer aux acquéreurs de terrains la somme nécessaire pour construire à leur guise en leur donnant la facilité de se libérer par annuités. M. Cacheux a aussi contribué à la formation de la Société des Habitations ,a. .. . ...'.a •.• ifM'Jvnfu -‘O'-'
- ouvrières de Passy-Auteuil, présidée par M. Dietz-Mopnin, en lui cédant, à prix coûtant, le terrain clés groupes de maisons sises impasse Boileau et les dix premières maisons construites suivant un tyq)e( très,,éconpniicjue créé par lui. < ,
- Dans cette première partie, l'auteur passe entrevue ^es îpaisonSj à ptages
- et les maisons isolées et étudie les divers essais nui ont été faits à Mul-
- ru... . üi-svi. . •sjtiL.i \u>". - roi:.-,)i» ih: •> ;
- house, à Parisien Angleterre et ailleurs, pour loger cqnvenpblpnient.les ' travailleurs et pour rendre l’ouvrier propriétaire-. . -, -.
- Une première série de pièces annexes comprend un grand nombre de
- t'i.î >1 . •.•«iîML'UU u '"i-V-ii pi i mu • i-Cu >[>:> -i-s 9>-l > : .’ '‘a .
- documents relatifs1 à la formation de Sociétés d’habitations ouvrières, et
- n-..: . ->P I OU .iOi;«n)T>uo -. O'iCjV". '!>, i!0n:> >rn
- des modèles d actes concernant les opérations immobilières. ...
- Une deuxième série comprend les statuts de Sociétés.de bienfaisance
- M!-!,,,;. i !.f-ii - *'JU- noiviqiiu- • '.'.‘U : ;
- ayant pour‘but de loger à prix réduits les travailleurs. ...
- J i 1 . • iiCli; Jih ' I. ; •,.» » vi ..'i-;; iC :> '-j-.j li-m
- Une troisième série comprend des .documents concernant la législation
- 1 bj oi-.oi ü'iUJ I f ! i .. .Pu-.my.'ur
- des logements insalubres. ‘ ? s.
- D . .1 .(. : Ci -?0'iy. i n t ::u . a -..O
- L’atlas c'qmpreiid,un grand immbre cle. plans d’habitatiqnsiouv,rièresjl.de
- maisons pour ouvriers célibataires, d’hôtels-restaurants pour ouvriers,
- d’habitations économiques parisiennes et quelques détail^ c.oncqrnant les
- appareils .de vidange et les égouts., . ,,,, ... 5 , „ ,,, A fn ,
- 1 L J: .... . 9 J t j; = U.:.r ' -~lP> ' UO i ,i Uti i > irll-iq C( •)() ‘ S* .01.1 V OlJg.-J-
- La deuxième partie.^e.XÊççpqmist^ pratique, a pq^rditre, n.Étûdes des crèches, salles (Basile,et établissements id’instrnctiqnrt boï-tigoiS .]/.!/. • Comme c’est principalement sur l’enfance que sévissent des, jcaus.es de mortalité.et de dégénérescence-,physique,ucqui,,affligen;ti4e.S:,ielasseSi)lab,o-rieuses, l’auteur étudie d’abord cette question,,.d’niie, importance,si: capitale, la population j augmentant fort peq, en, Uranceirelativement; à|.celle d’autres pays voisins. Puis il .étudie en détail le.sj;c;rèches,ilesisalles d’.asile
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- ou écoles maternelles, en se servant des documents mis à sa disposition par MM. Marbeau et Turquet. ,
- Dans la première série de pièces annexes, on trouve de nombreux documents relatifs aux crèches et dans hq deuxième série, ceux concernant l’instruction des enfants et des adultes ainsi que les règlements sur l’or-T ganTsatidh'de'ràppréhtissage.. ! r * >t C-ui 1 i
- L’atïas de la deuxieme'partie donne les plans d’un grand nombre de crèches, de la nourricèrié et du pouponnât créés par M.Ctodin à Guise et d’écoles communales, avec des détails établis d’après les instructions ministerielles.
- La troisième partie s’occupe du développement du bien-être matériel et moral dans les classes laborieuses. On y passe successivement en revue l’alimentation économique deToüvrier, les bains, les lavoirs, les sociétés coopératives et les moyens pratiques à employer pour procurer aux travailleurs le plus possible des avantages d’une société civilisée. L’auteur rappelle d’abord les expériences faites sur la préparation des aliments, sur l’évaluation de leur richesse ; il décrit les divers appareils de cuisson, les fourneaux et leurs différents modes de chauffage, les appareils à air libre ou à vases fermés, lés‘cuisines économiques populaires et celles pour l’armée. Il insisté sûr T’utilité des réchauffoirs, installés en Alsace, où l’ouvrier pleut'màngér en famille les aliments apportés de chez lui ; une grande salle garnie çle tables, une plaque de fonte que l’on peut chauffer avec qùiélqüès!ichantons’,‘suffisent pour empêcher le travailleur d’aller perdre: aû'dehdts èdii t'èmps et son argent. Luis, après avoir passé en revue lès'bâms ét'iès lavoirs, l’auteur étudie successivement les sociétés coopératives d’alimentation'' dé crédit', d'achat, de'production, de fabrication ;!llës'sociétés dé sé'cburs'mutuels'', les caisses' d’épargne, les caisses
- de retraite!,et ehfîh'lés‘sociétés’s’occiipant’ de l’instruction de l’adulte, les
- , , , ....V'id-.Mj'.n,- vu-jtTiîu'xnr a-»! .irtcrrroouoo vdoe h
- rausees et les cercles populaires. ' , , - ; „
- D!es pièces annexés' complètent tcle riième'cëtte; troisième’partie, qui constitue en quelque sorte*Te ïésumè des travaux 1faits jusqu'à ce jour, notamment par !M. le capitâiné ‘Corbin sur la ' comparaison des divers appareils de cuisson; par M. Egrot sur la cuisson à vapeur ; par M. E. Muller pôurTétablissement dès bains etlavoirs ;,‘pâr MM.' Schulze-Delitsch et Luzzati pour l’organisation des sociétés 'coopératives,; par MM. de Malârc’èVFdügèréüssë*, Ciiaix/'ltobertj'ètc.1,' pour développer le goût de l’épargne et le système de la participation aùx bènéfices; par MM. Tournasse, Groult, 'Jean Macé pour' répandre l'instruction dans lés masses, et par MM* Siegfried frères* pour fonder'les cercles populaires.
- L’atlàs de ‘là téôisièmè pàétie'doiihë les plans de réchauffoirs, de restaurants économiques;-, dé ’cuisines à vapeur, d’un fourneau pour maison paî,ti culièreV de bains publics!,0dè lavoirs, d’appareils à lessiver , de séchoirs et enfin dé déùx éëtéleS^ôüiè oùvriëés, lë-cérclë Franklin au Havre et le cërcld;pepûlâire^mùlhoü;siéhl,hnièh u;> >n-• è!i'*'
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- L’üné des plus remarquables solutions dü problème, qui cpiisiëte ît assurer au travailleur non seulement une vié à l’abri du bèsoiii, .màis aussi des avantagés qui, jüsqii’ici, paraissaient réservés à la riehëssë,.,ë-st due â M. Ctodin, grand ihdüstriël à Guise, qui logé ses ouvriers dans un vaste bâtiment, parfaitement aménagé, dans lequel ils’ëst réservé.:ppU,f lai-môme un appartement. :: m n ,ryw;.sAÏ(
- La quatrième et dernière par lie de l’ouvragé Co.nsid érable de. M,,^aqheux traité des moyens pratiques de Venir en aide aux personnes qui tonifient à la charge de la société. On y passe éü rèyue les institutions protectrices de l’enfance, les orphelinats, le placement des adultes, lés sociétés de bienfaisance et de secours aux indigents capables de travailler, lés hôtels pour loger la huit les malheureux sans abri ; iê traitement des malades à domicile ; les hôpitaux et leurs divers services^ les hospices spéciaux, les caisses de sëcoürs, les Sociétés d’assistance, etc. On y trouve enfin des pièces annexes comprenant dés règlements d’orphelinats, d’hospices, de bureaux de bienfaisance, etc. • .
- L’atlas donné lés plans de plusieurs etablissements de bienfaisance, d’hôpitaux, d’un asile de nuit pour deux cëiits personnes et d’iih poste de secours polir iës blessés. ' ^ , .. .Si.,. . .
- Dès les premières pages de- soit travail, M,.iÇaeheux. .exposé l’avaht-pbojet d’iiiië Société dont- le but serait de rechercher et de ,mettre en «ouvre les moyens les plus efficaces pour améliorer lé .sort çlëS classés laborieuses. «.'mi'f inaqspd*! .-.h uL
- A Paris, plus rjüe danS d’autres villes, oü,.trouvé, des ,Soçiptés fondées pour venir en aide à l’iiifortüiie ; maihëiireusemeilt.le, p.itblic, së.çonteiitë de donner son argent et s’inquiète fort peu de la manière, dont, il est employé ; or, il est incontestable.qUe .s.i l’argent était biéiqdëpéfisé, les résultats Obtefiüs sefâiëht!bëUUeoüp plus considérables. u!,,r; q;;;
- Le programme de,la Société projetée, paraît très,vaste, à première,vue ; mais comme il ëst déjà rempli' en partiefpar beaucoup, de Sociétés philanthropiques, il suffirait de les développer Ou de les compléter; M.,Ca-cheux pense qü’ainsi ce programme serait facile à réaliser, vu le .grand nombre d’hommes éniinëüts qiii,se dévouent aux questions de ce genre.
- Ëh s’occupant, comme le propose M. Cacheûsq des sources dë travail à créer oü à développer, On tendrait Service npii Seülëiheiit aUxjàUVriërSj mais aussi aüx ingénieurst .car leur nombre àügmehte.tOüs^lëSqans, ainsi qüë la difficulté dë troüvér;des- sitUatiôiis:c6nvéhables;rrAssociatioii amicale dë l’École centrale, dé même que d’autres-du même genre, Cherchent à procurer à un grand nombre de noë jeunes. camarades dës< positions en rapport àvëc leurs capacités.«Avecde concours des.ianciens, .dont le« devoir est de tendre la main aux jëühespën leuiy signalant les positions à ÔCéüpër, On pourrait développer' le-s sources, de travail parties moyens
- Suivants. l'iauT^^q' ! ni. i,0j-yoî Ziïo'ï 'iù'iïix
- 1° Bu exploitant les richesses naturelles dü sol et en déVolopfialitJes
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- Sociétés agricoles de façon à encourager remploi dés outils perfectionnés, dès engrais; dés lionnes semences, des irrigations et en envoyant dans les départements des professeurs d’agricüitnre pratique. -*i.
- 2° En développant lés travaux publics par l'emploi d’une partie dés bénéfices fëdliSëS par dès caisses d’épargne créées sur lé modèle des caisses d’épargnë libres d’Italie* d’Àlleniagtté et des pays du Nord en général.
- 3° En donnant aux jeunes ingénieurs la direction de Sociétés coopératives Où de prévoyance: qui tombent en général faute d’uiië bonne administration * quand le nombre dés membres devient considérable; L’assacia-tiou dés ouvriers constitué une force puissante qui demande une direction intelligente et éclairée. En Angleterre* les Sociétés coopératives disposent de trëS forts capitaux et sOnt dirigées par des hommes éminents qüi j trouvent des situations assez lucratives pour leur consacrer tout leur temps et toute leur intelligence. i
- Ëtt ËrUiicë, les ouvriers commencent à reconnaître la Valeur d’ün bon gérant;- ainsi M. Godin, a Guise, a cédé son établissement a ses ouvriers, qtii admettent très bien tpi’il lui soit 'attribué* pour sa direction/ Une bonne part du bénéfice;
- Lës pièces annexes donnent tous les-détails nécessaires pour permettre à un ingénieur d’organiser une Société de prévoyance ou de bienfaisance, et fie construire* suivant les règlements et les ordonnances ministérielles, les bâtiments qui éü1 dépendent.-
- 4° Ëil développant l’industrie en général,- et notamment: i,
- Les constructions a bon marché, ho Voirie économique* les logements hÿgiêüiqUéSj'l’Utilisâtion dés baux ménagères èt des vidanges, lës cuisines populaires* leS bains et les lavoirs, le chauffage, les Cercles1 populaires* etc* Pour développer l’industrie* on pourrait’'' aüssisuivre l’exemple donné par la Société pour l’èncouragement âü travail 'des habitants-de l’Érzge-birge et du îtieseiigebirge. Cette'Société envoie des professeurs d’industrie et lés entretient a ses frais dans les contrées où l’industrie n’a pas bncore pénétré, jusqti’à ce qüëde résultat désiré soit obtenu. r-On viendrait efficacement en aide aux travailleurs s en subventionnant dés industriels capables de créer une nouvelle industrie ou d’éteiidre une branche de leur fabrication. g u if*
- Enfin on développerait rindiistrië?pars des Sociétés se chargeant d’é-cOülerlesproduits fabriqués et fui donneraient dmtravail aux jeunes gens sOrtdiitclos écoles commerciales; Unê Société‘de'ce genre vient d’être fondée, ët'â pourprêsidèfit M.’Diëtz-MOniiirti ’hhî'/’ -U'm'A-
- •‘Le but de i’auteùr* !èn'publiant ï Économiste pratique, a été de répandre, lé plüS'pOSSiblëpies'documents concernant le> bien-être des travailleurs,’ documents qüi peuvent être de la plus grande utilité polir un grand iioiubrë d’iiigëiîienrS; il termine es disant qu’il recevra avec reconnaissance tous les documents qui lui permettront de compléter ou de rectifier
- son travailir: -.-ww; "
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- • En répondant à l’appel de M. Emile Cacheux, soit par l’apport de. documents nouveaux, soit en l’aidant dans la mesure de nos moyens, nous contribuerons à l’amélioration du sort des classes laborieuses,, nous maiïir tiendrons l’accord indispensable entre le capital' et le travail , et nous contribuerons,', par l’étude approfondie du vaste programme que je viens de résumer/ a la solution progressive des questions sociales. (Applaudissements.)
- M! le Président. Quelqu’un a-t-il des observations à.faire sur le résumé que vient de nous présenter M. Anthoni? S’il'n’y 'a aucune observation, je le remercierai de son résumé intéressant, qui ne nous dispense pas de lire à fond le livre de M. Cacheux; les questions qui y sont traitées'sont très importantes, et il faut féliciter ceux qui veulent bien donner des documents sérieux, de manière à permettre l’étude également sérieuse de ces questions. Peut-être, après avoir entendu l’exposé de ce vaste programme, pourrait-on dire que le titre de l’ouvrage de M. Cacheux, au lieu d’être : l’Économiste pratique, pourrait être, pendant un certain nombre d’années, l’Économiste idéal. Voilà la seule chose à objecter. L’idéal! nous ne pouvons pas toujours l’atteindre, on en reste lé plus souvent bien loin ; mais il faut toujours encourager ceux qui veulent donner un coup d’aile de ce côté-là.
- L’ordre du jour appelle la note de M. Édouard Simon siirVà Convention internationale pour la protection de la propriété indùs'iriélle. Il semble que nous soyons, aujourd'hui’, à une séance de la Société'd’économie politique ; mais vous me pardonnerez, si . vous êtes de inon avis, à Savoir"que' les ingénieurs sont, par la’forcé des choses, s’ils veulent embéasser leur carrière dans • toute sa plénitude' obligés d’étudier ces'questions; et nous avons réüniprécisémentlànote de M. Anthoni sur l’ouvrage de M. Cacheux, celle de M. Édouard Simon sur'Za Convention internationale poiir là protection de la propriété industrielle, et la communication de MjVL Ch. Assi et L.! G-enès. sur cette même'convention internationale, pour que nous restions pendant cettè séance dans cet ôrdrè d’idées.
- M. Simon a la parole. ’ .
- M. Édouard Simon. Dans la séance du 1°1' juin 1883, nôtrè confrère, M. Émile Barrault, nous fit une intéressante communication sur les origines et la teneur de la Convention internationale pour la protection de la propriété industriellei. Cette communication, reproduite in extenso dans le Bulletin de la Société2, donne le texte ainsi que le commentaire.dés dix-neuf articles de ïa cônventiôn.'li n’ést clone pas utile de. revenir .sur Tliisto-rique de l’œuvre préparée, d’at)oi,d,"à titre officieux/à l’Ëxpdsitiôn universelle de Vienne en 1873, reprise lors de l’Exposition universelle de. Paris, en 1878, dans un congrès spécial dont les résolutions ’furéiit soumises aux gouvernements étrangersqiar les soins du gauv.eimem,entfrançais
- 1. Bulletin de la Société des Ingénieurs civils, année 1883. 1er vol., p. 757.
- 2. Bulletin de la Société des Ingénieurs civils, année 1883, 2* vol., p. 197.
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- et devinrent l’objet de deux conférences diplomatiques, successivement tenues au ministère des affaires étrangères, en novembre 1880 et en mars 1883. Nous nous bornerons à rappeler qu’après de longues et minutieuses délibérations, les délégués de la Belgique, du Brésil, de l’Espagne, de la France, du .Guatemala, de l’Italie, des Pays-Bas, du Portugal, du Salvador, de la Serbie et de la Suisse signèrent le texte de la convention.
- Cet ^instrument, contresigné plus tard par les chargés de pouvoirs de l’Angleterre, de la Tunisie, de l’Équateur, de la République Dominicaine , fut déposé au Sénat par le ministre des affaires étrangères, M. Challemel-Lacour, le 24 mai 1883, rapporté par M. de Parieu le 14 juin suivant, et adopté sans débats le 30 du même mois.
- Rapportée à la Chambre des députés par M. Fourcand, le 12 novembre 1883, et également adoptée sans discussion le 19 janvier 1884, la convention fut promulguée le 23 janvier, et enfin ratifiée le 6 juin de la même aimée; elle est ainsi devenue exécutoire dans notre pays.à dater du 6 juillet 1884, en vertu de l’article 18.
- Depuis, l’Union de la propriété (Liidustriellc, dont le but est de ’« constituer une sorte d’assurance mutuelle contre le plagiat et la contrefaçon1 »M a été très vivement critiquée. Des chambres de commerce, des chambres syndicales, des organes spéciaux, préoccupés des fâcheuses conséquences économiques qui leur semblent devoir résulter de la mise en pratique de
- certaines dispositions insérées dans la convention internationale ont déjà présenté les réclaiçatiqns de groupes importants de producteurs.et demandé la révision, voire même la résiliation du contrat. Les articles 14 et 18 de la convention prévoient 1 un et 1 autre cas.
- Aux termes _des Larticle 14 une première réunion des délégués des Etats contractants devait se tenir à Rome en 1885. D’autre part, les organisateurs de l Exposition aesjnyenÿom. breveté^,. ouverte à Londres au cours de la présente année, eussent souhaité que cette exhibition moti-
- . /Opu; Kf- ibiaiV irqjîy.i/i :'
- vat le choix de la capitale anglaise pour,rendez-vous..de la conférence.
- - / ; î; U. ' • Ac.'O nu mr pC'-n ;V/,w i)«-v •AriCC. ,U jy
- Apres avis des divers departements commerciaux et par suite de la pro-
- mulgation récente de la convention, il fut décidé de remettre à l’année 1886
- la révision des articles dont l’expérience aurait démontre les inconvénients.
- La Société des Ingénieurs civils peut ainsi apporter en temps utile,
- l’ensemble des observations qu’elle est à même de recueillir et le résultat
- de ses investigations! L’utilité d’une pareille enquête nous a,déterminé à
- .'-.i-U: f,\- mou.'"'u mm-.- .«-. s u :
- provoquer la discussion et à vous soumettre quelques remarques suggérées par la lecture de la convention. ...... .
- 1 :‘ -, "'O -Uii -,JU ' A: is*} ' ' ’MS-’ -A !U‘ A î 7 ' ' i AOUAD “ AT' «•;,*>
- 1. Parmi les'Etats, adhérents à TUnion figurent les Pays-Bas et la Suisse qui^ jusqu a ce jour,, n accordent pas de brevets. Cette anomalie ne peut se jjei^étuer 'équitablement,si l’on se reporte aii libellé de l’article 2 ainsi,conçu . v , V ‘ :
- oi:j a'.'j oudu.ul-.: v: . .J ' .o.
- IA Paroles plmnoricées par^M: Téisserenc de Bort, ministre du commerce, lors de l’ou-' verlure du congrès de 1878, et rappelées par ML Barrault.
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- <c Les sujets ou citoyens des Etats contractants jouiront dans tous
- lps autres États c}e rUnion, en çe qui concerne le$ brevets d’inven-» £ûm,;les dessins qq. modèles industriels, les marques de fabrique ou çip » eoniinerce etle nom commercial, dos avantàgps que les lpis respeetivps » aeeqrtlent annuellement pu aceqnderqnt par la suite qu^ nationaux: Ln >' .conséquence-,..ils auront la même protection que ceux-ci et lp.môme )> recoups iegal contre toute atteinte portée à leurs droits,, spUStréserye » .de. l’ape.pinplissenicnt!. dps formalités .et.des. conditions imposées.,aux. )? nationaux par la.législation intérieure de chaque État. » .... .
- Le principe de. réciprocité, inscrit :dans..cet- article, ne; .doit pas en-fraîner seulement à un engagement moral, mais à une sanction effective. La délégation suisse l’avait si bien compris que, dans la deuxième séance de la conférence de 1880, M. Kern lut, au uom du Conseil fédéral, la déclaration suivante : « Il n’est pas douteux qu'il ne se soit produit en Suisse,
- » ces:dernières années, dans l'opinion publique, un mouvement important » au sujet des brevets d’invention. Le Conseil national, nanti par 1-ini-» tiative do l’un de ses membres d’upe proposition relative à cette ques-» tion, a voté à l'unanimité la prise en considération de cette proposition,
- » en invitant le gouvernement fédéral à examiner s’il ne serait pas dans » l’intérêt de la protection industrielle d'introduire en. Suis.se le système f> des brevets d’invention dans le domaine de l’industrie et du commerce,
- » ^invitant en même temps, au cas où cette question recevrait une réponse » affirmative, à présenter un projet de loi sur la; matière.,Le .projet de » loi est déjà élaboré par le département du Conspil fédéral au ressort » duquel appartiennent les questions de cette nature. Ce projet de loi est » imprimé et accompagné d’un exposé de motifs, dans lequel le départe-» ment se prononce d’une manière très positive pour l’utilité et la néces-» site d’une protection de cette partie de la propriété industrielle. Les » sociétés d’industrie, se faisant l’organe des intérêts de l’industrie et du » commerce suisses, se sont prononcées itérativement et d’une manière » catégorique dans le même sens. » Le projet de loi, auquel le délégué suisse faisait allusion, fut soumis, il est vrai, au vote populaire, en 1882, mais rejeté en bloc avec d’autres propositions. D’après la constitution fédérale, une nouvelle présentation pourrait avoir lieu en 1886.
- Le délégué des Puys-Bas s’e?t borné à faire çles réserves ù l’égard des brevets. La Hollande, connue la Suisse, se trouvant dans une situation exceptionnelle, il eût été vraisemblablement préférable de conclure, à titre provisoire, des arrangements distincts avec ces Etats, qui consentent à protéger certaines branches de la propriété industrielie a l’exclusipn des inventions. .................
- Un contrat analogue interviendrait utilement av.ec.:lp.siÉtfi'ts-rUni§, clput la législation générale sauvegardé' lés droits, de ^Hnvéfitèiir^maiH laisse y en matière de marques de fqir-îqup pu..çle. cp^înerpoy^çïinpun^tlPs'Éiàt^
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- de l’Uqiqn ajnéricaine, la faculté de légiférer dans une mpsure déterminée. d.V .
- 2. M: BaiTâult avait eu soin de signaler l’addition de l’article 3, pésuL tant des: ,« difficultés soulevées sqr la question de savoir si lps dispQsi-» tions de’ la convention devaient être uniquement applicables aux rps-» sortissants des États contractants, ou bien étendues aux sujets des États » qui né font pas partie de l’Union 2 ». - ^ ' >
- Introduit sous forme d’amendement par le délégué de . la Suède, dans l’une des dernières séances de la conféreuce de 1880, le texte laborieusement remanié de la proposition primitive est devenu ce qui suit : « Sont » assimilés aux sujets où-citoyens des États contractants les sujets ou » citoyens des États ne faisant pas partie de l’Union qui sont domiciliés » ou ont des établissements industriels ou commerciaux sur le territoire » de l’un des États de l’Union. » u
- Ce texte laisse supposer qu’il suffit à un étranger de posséder, ‘ dans l’un des ’pays de l’Union,un dépôt de marchandises ou un office de correspondance, pour jôuir; de tous les droits accordés aux citoyens dudit pays. Si telle devait*’êtrë1 l’interprétation, l’article 8 ne serait pas de nature à gagner dé^ômbféüx adhérents à la convention et se trouverait en complet désaccord avéc,:les 'observations de l’un des délégués français, M. Jagerschmidt, s’expriihant en ces termes : « Une convention ne sti-» paie jamais que pour les États contractants... Quant aux étrangers, on » n'ani àlëur jacCord!éri n!(à leur refuser le bénéfice de la convention; » on rie s’en occupé pas1': chaque Etat reste libre de leur appliquer sa » légisMi'ôn pdftidulièrè, sans être obligé envers eux en quoi que ce soit » parla conVéntiôfi 3ü»b •' 1 en Vi vian.
- 3. L’article 4 ne soulèveras d’objections ; il justifie le* principe de l’Union, basé sûr'iareconnaissaiicé tnternàiiorlaïè'.'àelB. propriété industrielle, ce droit (proclame par le congrès de 1878, au'nom du monde'"Civilisé) des inventeurs et des auteurs industriels sur leurs œuvres, des fabricants sur leurs/; marque s de fabrique/'droit reconnu parla France, il y a prés d’un siècle,* et èloiuemment' soutenu par 'M. de^èouffiérs' dans un rapport sur
- les brevéts'çi’inventicm que l’Assemblée nationale approuva lé 30 décembre 171)0 !' ' ‘ ’ ' -- C'T,-*.1 V i O isOî ! if.j'jiji t - 1 i'-'il Ç- ‘
- 11*serait souhaitable, toutefois,1 que"îdM.:'fies^ingénieurs-conseils en matièrej d’inventions 'voulussent bien* nous''dire, d’après leur propre expérience,''s’ils estiment suffisants les 'délais de priorité accordés' pour le( depot,"dans les diverses contrées de' l’Union,-des brevets/ dessins ou modèles’industriels, niarques de‘fabriqué1 ou’ijè* commerce.’ * l.
- i'fXfrWf&lX ifitëhUMi'pouï Upmectio^de la propriété industrielle. 1^3, p. yl. Ifécla-
- ration ne M?jdélégué des Etats-Unis,,......................... '
- 2. Bulletin des ingénieurs civils. 1883, '2* vol., b. 201.
- Conférence internationale^)IbfijU p. d29. '»«??!• d'h >•* • .»«* . ui.iqjr.ih
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- • o,$b>Lelpi?<imjeriparagraphe de Karticle 5; est en confradictipniaviec da loi l>aDçais:ë?deil844aW,les]3i?e'Vî€itsid1mYentioii. .... î h Vn>d -».?L
- ,.,JlMyiestidéplapéqai|e><e|ldjate0cluctioû{parile breveté.,, dan s leqpapsujù le »;ibre^àt aiété;4élivré,( d'objets fabriqués dans l’un ou l’antrPîfiesiÊtuts $ idetliUfti0tt^#^#tiiaîner,apas la déchéance s- -mna-l m Or, la loi du 5,juillet 1844, qui n’a été.abrogéeefhmodifié^iCQ-nkijeut de déchéance ainsi »,u!
- 'sW^era déch?qude;fous ses.droits, ornu-'d'an* **<# *&& ^sqic-mri'ii tt.u> f tîuijotrolq/’)’!» 'i-îsf;L «C »')•«. trt'f ;se **f*vf{tiV<lh «I -jj-
- !.-»j-idn1 '♦!*!» }!u;t n-t 'wb^idÎ! fout •>£>?•««$ -d» bd uf --lud'
- ,«•.#, 3°. M< fireyqtÇ,tm.i..üurafintroduit; enrFuancq4esobjets fabriqués, .en *. «s étranger, pt,semblables à ceux qui sont garantis par son,brevet.
- )> Sont exceptés de^dispositions du qu’éç.édent paragraphe les. modèles }> çte,* machines dpnt.Je ministre de l'agriculture et du commerce pourra U laatorise’r rintpoçluctipn clans Je Vcas,pr(évu par, .d’article 29, »,, , v Auipointidei yue.juridique, l]insertipn.dans la convention internationale 4.4, premier,paragraphe de, r,articlej^uannulert-elle, Je cas de. déchéance édicté par lalpi del834.?|(rIielle,n’étaitqjasAa4Pen8ée..4ejlM, Barrault, lors-.qUP,notre confrère, tout en; approuvant la-mepçe, projetée,fnous disait : «,.Par,une ,modifipation, législative7qui >va. ètippréventée.. aux Chambres, » la suppressi on de cette interdiction sep^Jfp^jicc ,et las loi de . 4841, » ainsi allégée, deviendra-meilleure,1. »,.* .tuiUm>. w.Uliwiftil» oie, >
- . Cependant tuue circulaire,, ministérielle|4- jpppajtyê^d^} l^f, dipectipiq du commerce intérieur, ne . met-pas.en doute ^^U^lit/li^^jft^i^^tipn.pou-yentionnelle d’article,$ -rn.éSt-iCécrit dan.^lpjfpyj^irqf-Fl,cpnti-put » une disposition,,sur;laquelle il. y adieu d’iftsi^t.ep4pP|0$^pp^qp’elip,c.pa-» stitue une dérogation à la loi du ^ juillet 1844;..^fi!| .„]> fnn,t hs-». Les titulaires de breypts français qqij. veulent intrp.du.irÇ/èn France »,,des,objets semblables^à^coux, ,qpi-qont ..garantis par, (le ur$,.brevets,et » fabriqués sur,1e,territoire .dp^unidej?*États-çoncordataircs.,. .n’opt plus, » en çonséquenco, de-demande à adresser danseee but auidépartepient fla » commerce,j-et ils.peuvppt introd'uinemesiiObjets.librement. MajsJlsTes-» tent, comme par, le,passé, .soumis, uux^dispositipns de, rarticle ,32 pré-» cité de la loi du § juillet 1844 ejo^eeiqui concerne les objets,4a]miqués » hors territoire d’iUn desïpays...d.e|l’,1[Jnio;n?,(.,,» . KVfs... s.
- Malgré la source officielle dej.ceC-avis^ l’importation.d’oIJ.cts .brevetés en France ,e,t{ fabriqués. à.rétrangerüid^UîhHsdes,,pa^4e J’Uniqn, né paraît p asj exempte - 4è( ^4%W@?ruB°-W$ Aèt rtjtu lftipp, ; car^ en. pré-
- sence des( termee lOiimels,- dc..la1l)oL,-ila décisipn. des,, tribunaux ne serait peut-être.pas- oonfonim6 fi la,circMaÂ’0‘ administrative^.,.
- La questionine.ee.bppe^ pas, à^un point,do,.droit,rl’ai’tichç5niet oji cause le régime iéconomiq.ue .du-pays. Lqs, partisans,âç %qet3 article affir-
- w!,ï. Bulletin dés'ingéhiêurs civils,% 188$,’ tJItV'PV^OSV^ ’»l!y«*.»»<r>1 s“d. r-| •
- -i2.VMinist; du Commerce, 20 août 1884.1)Circul. n*i,123„p. l2.ç 1 i,
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- mont que1 >Fimpossibilité, pour le breveté étranger, d’introduire1 des5 objets fabriqués hors de France, place notre'industrie en état d’infériorité vis-à-vis des, pars voisins et la prive dé moyens de production perfectionnés, que! le titülâire du brevet peut rarement s’imposer la charge d’un ^éta-blissement en France et ne rencontre pas toujours un industriel apte à le représenter set à exploiter l'invention avantageusement. p>
- Les adversaires objectent qu’à là faveur de la convention, la production française ne sera pas seulement amoindrie de la majeure partie des objets étrangers brevetés^ en France (la clause d’exploitation insérée dans la loi de 1844 devenant fatalement illusoire en tant que fabrication), * mais que nombre d'inventions françaises seront exclusivement exploitées à l’étranger au détriment de nos manufactures et eu raison de l'inSuffisance des droits stipulés par les traités commerciaux. 1
- ‘Ces observations nous obligent à! constater une fois déplus que le régime inauguré en 1860 est la négation de l’indépendance nationale et n’offre de la liberté que l’étiquette. Si la France était libre dans son allure économique, si élle était maîtresse de ses tarifs douaniers, les produits étrangers pourraient payer;des taxes proportionnelles aux charges qui pèsent sur l'industrie' française et les objections tomberaient d’elles-mènies. Mais jusqu’en '1892, les traités de commerce nous contraignent à la plus grande circonspection.
- Cette difficulté ne semble pas insoluble; Si le dernier paragraphe de l'article 32 deMa^oi de T844 (cité plus haut) était largement interprété, il déviéhdrâit'possible ‘d’introduire les objets brevetés en France et fabriques hors de'dôy frbntièrës, non pas d’une façon illimitée mais dans une mesure suffisante'pour garantir à la'fois les intérêts de l’industrie nationale et ceux des inventeurs étrangers.
- '5.-À l’exception de l’article 11 , qui sauvegarde d’ime façon permanente lesMnventioiis *brèvetableSp les Messins,'modèles et marques des produits figurant àuxiexpositionsmfficiellemeiït recofinües des pays contractants, les Articles 6 et suivants sont surtout d’ordre administratif et ont pour* but fie régler-lé-fonctionnementfefè; TUnion. Cette dernière partie de la convention n’a point, croyôns-nousj provoqué de critiques. Toutefois, nous voudrions pour conclure, exprimer'un regret» et un vœu.
- D’après l’article 12, chacune des hautes parties contractantes s'engage à établir un service spécial de la propriété industrielle et un dépôt central pour la communication au public des brevets d’invention, des dessins ou modèles, des marqües!idé fabriqué ou de commerce. L’administration française n’a pas encore donné satisfaction à ce desideratum. La» création du Bull'Un officiel, oh sef trouvent juxtaposées les'listèS des brevets et les marques de fabrique, :ne compense pas la suppression du catalogue des brevetSpquLpréaéntàitTè*doublé avantage de ne point coûter cher et,de faciliter les recherches. Le,Bulletin officiel se termine 'annuellement par une table incomplète ; l’insuffisance du nouvel organe nécessitera tôt oit
- 13 U LL. 29
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- tard la réfection d’un catalogue d’autant plus onéreux à reconstituer que la lacune aura été plus longue. ,f
- Nous souhaitons enfin que la Confédération suisse qui, en raison de l’accord sympathique de tous les pays contractants, est devenue,le .centre de l’Union (art. 13) et qui; par l’organe de ses délégués, a promis à cette, œuvre un'concours aussi dévoué qu’à Y Union internationale des Télégraphes et à l’Union universelle des Postes, fournisse, à bref délai,.une,nouvelle preuve de son esprit d’équité en adoptant la loi projetée sur les brevets d’invention.
- M. le Président remercie M. Simon de son intéressante communication, et donne la parole à M. Charles Asshsur le même sujet. M. Charles Assi va parler en son nom et en celui de M. Louis Ctenès.
- Çh»,. Assi^Messîeurs, comme vous le disait tout à l’heure M. le Président, notre séance se trouve transformée aujourd’hui en. une séance semblable à celle d’une Société d’économie politique, on pourrait presque dire en une séance de législation. Je regrette que le sujet soit peut-être un peu aride, mais je tâcherai d’être court, et me référant, pour plus de détails, à notre note écrite que vous pourrez lire,, au Bulletin, je m’abstiendrai d’analyser la convention, qui vous est déjà,connue parle résumé do M. Simon et par la communication précédente de M. B.arrault ; jo rappellerai seulement en deux mots que, d’une, façon générale, la convention a eu pour but de faire disparaître certaines, difficultés,pratiques que l’on éprouvait souvent à garantir d’un pays à liautre soit.une invention, soit un nom commercial, soit une marque oiv un dessin de fabrique.
- Cette observation faite je me bornerai à présenter quelques remarques sur certains articles, et spécialement sur ceux qui ont fait d’objet de critiques, fondées ou non. v , ;
- Par la convention du 20 mars 1883, coinme vousAÇjsavez,' Messieurs, quinze.États parmi lesquels se .trouve-la France, qui a été l’initiatrice, du mouvement, ont constitué entre eux une union pour la protection des différentes branches de la propriété industrielle, et les ressortissants de chacun des pays^ contractants doivent jouir du traitement national dans tous les autres États de l’Union. Il en résulte — en nous plaçant au point de vue des intérêts français — que tout pays étranger concordataire qui, par exemple, donnera des brevets à ses nationaux, sera tenu d’en donner aussi aux inventeurs français ; mais si, au contraire, ce pays étranger n’a pas de loi sur les breVéts et n’en fait pas une, le Français ne pourra pas y faire protéger son invention, bien que la France- protège les inventions émanant du pays en question ; c’est ainsique les citoyens,/de la Suisse, de la Hollande et de la Koumaniè"'obtiendront. des ,hrey^ts, eh France, > tàhdis que les FYaüçais ne b pourront pas en obtenir dans ‘ces pays, pas plus que les nationaux. À,r ........... • " ' ; l * / ,
- L’admission‘dans l’Union,,, de , pays . tels que, ge ilx-là,/qui. actuollcmen t ne nous accordent pas la réciprocité/;en,,ô.ç. qui ^concerne spécialement;
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- les brevets, a été un'des motifs qui ont fait critiquer fortement la convention. On a dit : La France a fait un métier de dupe ; elle donne tout et ne reçoit rien. Il suffit d’un mot pour répondre à cette critique. La convention n’a rien innové sur ce point; déjà, sous le régime de là loi de 1844, la'France accordait des brevets aux étrangers sans condition de réciprocité. Ce n’est donc pas à là convention du 20 mars 1883 que la responsabilité en revient. Il convient d’ajouter que tous les pays qui ont une loi sur les brevets protègent aujourd’hui les inventions étrangères sans condition de réciprocité.
- On a fait à la convention fine autre objection, encore à propos des brevets.-On a dit : avec l’article 2, la France va accorder des brevets sans examen préalable aux citoyens de certains pays étrangers adhérents à la convention dans lesquels les Français ne peuvent obtenir des brevets qu’après un examen préalable, qui est un moyen détourné de rejeter la demandé. — Nous répondons : D’abord il en était déjà ainsi avant la convention ; ensuite l’examen préalable n’est pas une manière de refuser les brevets, mais un moyen de leur donner une plus grande autorité ; enfin, quoi qu’il en soit de la valeur de ce système, il suffit de répondre aux personnes qui critiquent la convention à ce point de vue, que, si la France jiige avantageux d’établir l’exàmèn préalable, rien ne lui sera plus facile, attendu que là convention Préservé à chaque pays le droit de conserver sa législation pàhiiciilièrè ou de la modifier comme il lui conviendra.
- Ainsi fiéus voyons d'ôjà que deux des reproches que l’on adresse à la convention sont pinément imaginaires. i
- Ses'âdversaihës !à!üràiè’nt pu, aVec plus de raison, faire remarquer que, pour protéger iez marques des étrangers, la loi en vigueur en France exigeait la réciprocité, tandis que la convention lié l’exige'plus,'imitant en cela ce* qui existait déjà polir les‘Brèvéts. Nous nous1 livrons par conséquent,'potirrait-ôn'dire, etToii pourrait Jy voir'un grand'danger’. Quoique-je ihe; propose surtout1 de faire ici des observations et non pas d’émettrè des opinions, perméttez-ihoi de vous dire 'que je vois un plus gràiid danger à ' n'è pa's faire respecter' toutes lés marques ; on‘peut admettre que les intérêts français soient favorisés par certains moyens, à rencontre des' intérêts étrangers,1 mais je ne sais pas s’il était bien sage d’autoriser én France la copie d’fihe marque, alors que nos lois punissent, en général, tout ce qui ressemble à une'mànceuvré'frauduleuse.
- Remarquez quef à moins d’fin hasard bien rare, oiï ne copie pas une marque sans le vouloir,‘fit que le commerçant'qui fait une semblable imitation‘commet'un'Véritable'délit ; je ne vois pas' dfinconvénient a ce qu’on fasse’1 disparaît'reubetté’impünité accordée’ à un négociant français qui spéculerait sfifiTimitàtion du lâf’fiiaf què! cl’un étranger.
- À propos de cette suppression de la condition de réciprocité pour la garantie des marqfiesV pèrihettéz-môi dé'' rappeler fin précédent • qfii'-ten-drait'à prouver que ce n’fiét pedtLHre:’pàs!'toujours le m'oyeü le moins
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- pratique d’arriver à défendre ses propres intérêts, que d'être honnête sans condition, au risque de paraître un peu naïf.
- En 1852, un décret a déclaré que la France protégerait les oeuvres littéraires provenant de tous les pays étrangers et qu’elle n’exigeait aiicuné’fèciprocité ; nous ne vous demandons pas d’en faire autant pour nous,’ disait-on aux étrangers, mais, chez nous on ne copiera pas vos œuvres.* 'Or, en ce temps-là, les oeuvres ,littéraires n’étaient guère protè-gées'riulle part; aujourd’hui elles le sont à peu'près partout, et, dans le mois'de septembre qui vient de s’écouler, ôii a'pu travailler à la conclusion d’unè convention analogue à celle qui‘existe |)Our ia propriété industrielle. A en juger par cet exemple, renoncer, nous Français,'à copier les marques des étrangers est peut-être le meilleur moyen d’obtenir la protection partout pour les nôtres. En fait, d’ailleurs, la plupart des pays
- ont une loi sur les marques, de laquelle nous profiterons. Pour les brevets, je le répète, la convention n’a rien innové au point de vue de la réciprocité. Par conséquent, je ne vois réellement pas que l’article 2 puisse être dangereux, soit pour notre industrie, soit pour notre commerce.
- Par contre, la convention renferme des articles très utiles, notamment l’article 4, qui est un des principaux de la’convention,' car s’il est vrai que, avant sa conclusion, les étrangers, jbuissaïentUdu traitement national dans la plupart des pays, du moins'pour les brevets ? il restait à surmonter des difficultés pratiques que l’on rencontrait1 'pour'garantir une invention d’un pays à l’autre; difficultés!'çt‘un'.ordre*qnatériel, qui résultaient soit d’incompatibilités entre différeiltps législations, soit de la force des choses! Or, l’article 4 permet à l’inventeur, après qu’il a fait un premier dépôt pour constater ses droits, !dans ui}'des pays dp l’Union,
- de profiter d’un" délai de six mois, pour former ses demandes de brevets , q i . i. U ' y içm.-f ?! -v c.nrpi -m ,
- a 1 etranger ; tout ce qui se passera pendant ces six mois ne nuira pas a
- ses brevets S s’il éprouve le besoin de fàirej des expériences,1 publiques,
- de faire- !des 'publicationsi ou s’il a des difficultés budgétaires qui né lui
- permettent pas de faire toutes .'ses demandes à,la fois, il ,n’a pas à
- craindre que, ses brevets’solent entachés de nullité parce qu’un journal
- , . Uoiêrrîiiiü , un-' > 'ici . ,. . ' ><' -
- quelconque aura inséré une note sur son invention. ,
- Les adversaires fié la convention* affectent de voir dans cet article
- une disposition très peu utile, attendu que,, disent-ils, il était toujours
- facile de se,faire breveter partout simultanément. Cette allégation dénote -no- ... poy.!1 _ un vlv -;’v- ,,vPnns- n
- une expenence insuffisante du sujet, et je crois au contraire que, sur ce
- point,*la convention est d’une utilité très grande/1 ’ ’V' *
- il y a encore, dans la convention, tout un groupe( d articles auxquels
- je ne vois pas d’iuconvénients possibles. Du reste, même Jes Adversaires . -, c ; ; ; •ïouàu an , 5 ( :ï îi; : ..-.uni r 1
- de la convention ont ete unanimes a.reconnaître que ces articles ne pou-
- ..uMfi'.inm .1 • qo.!:rnfV/n! ^o!/ uorio-itouq ébunoo ici'>u nu çc v. .
- valent soulever aucune objection : ce sont ceux qui ont pour but de.pro-
- „'Vufîr- .il-ptl^OUXU • i D |C!.frjt < '-7 PU .ÇÇii1 - '
- teger dune maniéré efficace soit les marques de fabrique, soit le nom commercial soit les noms de localités. Ici est, entre autres, 1 article ,6.
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- On éprouvait beaucoup de difficultés à faire enregistrer sa marque dans tous les pays, parce qu’ils n’avaient pas la même législation; pa£.exemple, si une .marque consistait en chiffres, en lettres ou en caractères, quelconques, certains pays ne voulaient pas l’admettre au dépôt. Ils disaient : Nous voulons bien garantir votre marque, mais à condition que voùs la modifierez; ; — et alors le commerçant n’avait qu’à renoncer au dépôt, car, une fois modifiée, la marque n’aurait plus été la sienne.
- En dehors de l’article Susmentionné qui permet à un commerçant de déposer sa carte telle quélle, il y a un article, l’article 8. qui protège le nom commerciàl d’une façon absolue; cette fois, la réciprocité, est rigoureuse, car tous les pays signataires ont accepté que le nom commercial serait protégé chez eux; il,devient une espèce de propriété de droit commun. Il suffit de prouver qu’on est propriétaire de tel nom,et qu’on est commerçant pour pouvoir faire saisir à l’importation les marchandises sur lesquelles ce nom aurait été apposé. ..
- Pour les noms de localités, on a fait quelque chose d’analogue, par l’article 10, et cela était désirable. La majorité des membres de la conférence a pensé cependant qu’il n’est pas possible d’interdire d’une , façon absolue l’emploi d’un nom de localité, parce que certains noms de cette classe sont devenus de simples noms génériques désignant la nature du produit. Ainsi iin fabricant envoie dans un autre pays une marchandise avec une* étiquette portant : Eau de Cologne ; bien que Cologne soit le nom d’une .localité, auj ourd’hui cette dénomination ne fait pas penser que le. produit vient de Cologne ; c’est un nom générique, qui désigne simplement le produit, (l’est pourquoi on a exigé, pour qu’il y ait fraude certaine, runioil de ^dêux conditions. L’emploi abusif d’un nom de localité ne tombe sous le coup de l’article 10 que si l’on y joint un nom per-sonnel
- ii ' :t
- un pays seulement
- en vertu de l’article 10; mais, si je mets : Jacques à Sedan, et quoique Jacques n’existe pas à Sedan, comme cela donne à la marchandise l’apparence de porter une marque d’origine, je tombe alors sous le,coup de cet article. Cette disposition a été acceptée /par tous les pays. C’est encore ime 'dérogation aux lois nationales. Sur ce point-là, comme sur quelques autres, la convention constitue un véritable code,international,
- 1 , - - » i . ! ] ); ; f £ï i ) * iil» -) i • t f> C ( i- !}.. ?
- mais limité:à quelques points et laissant les autres soumis aux lois de chaque pays, Les, articles dont il vient’‘d’être question,s'ont, en somme,
- rfulmrij; P :>(: UOJ .1: . . • > i ' Uon O •- -11..;!
- approuves par tout,1e monde. ^
- Un article, l’article 11,’est une espece dé complément .de celui qui accorde un delai pour là protection des inventions, il concerne les mar-chandises envoyées .a une exposition officielle avant que 1 inventeur
- n’àit eu le tenips mêiuo dé /taire lé premier, dépôt qui doit lui assurer le
- , ' .i •’.lJllM .1*0 t/I J 'i!i .,)•.! j;
- delai de six mois.
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- s En France, depuis 4868, nous protégeons les inventions envoyées aux expositions.: La même disposition a été mise obligatoirement dans la convention, avec cette réserve que les pays qui n’auraient, par exemple, pas dé loi sur les brevets ne seraient pas tenus de donner une garantie provisoire !aux objets exposés, parce qu’ils ne pourraient pas faire succéder à*' cette protection provisoire une protection définitive ; mais les autres'‘pays sont obligés de donner la garantie provisoire, pendant un délai qui n’a pas été fixé. Sur cet article je me permettrai de faire une réflexion, c’est que la convention aurait pu et même aurait du aller plus loin ; son titre de convention internationale l’exigeait. Il peut déjà être intéressant que les objets envoyés à une exposition jouissent d’une garantie dans le pays même, en attendant que l'inventeur ait pu remplir les formalités nécessaires pour obtenir son brevet. En France, quand nous avons fait, en 1868, une loi en ce sens, cela suffisait* car nous ne nous occupions alors que du pays lui-même, et notre loi n’avait rien d’international; mais, dans une convention internationale, je crois que 1 article ainsi fait manque son but et est incomplet.
- En effet, il s’applique au cas où les objets ont ôté envoyés à l’exposition, sans que l’inventeur ait eu le temps de prendre un brevet; s’il avait eu le temps d’en prendre un dans un seul pays cle l’Union, il n’aurait pas besoin de cette article 11,étant protégé par 1’artiele 4. On aurait donc dû dire que l’admission à l’exposition aurait’lesifiiêmes effets que le dépôt prescrit à l’article 4. Au lieu de cela, d’après.l’article111,-fil’inventeur ne sera protégé que danslepaysde l’exposition;comme une;exposition attire beaueoup’de visiteurs, les objets exposés éveilleront l’attention,on les voudra connaître partout dans les autres Etats ded’Union, et l’inventeur n’y' : jouissant d’aucun droit de priorité, sonn invention t lyu.-tombera dans le domaine public!1 Sur ce point, peut-être, serait-il intéressant de réviser l’artieleiEt je suis heur'eux de constater que la même idée (avait été présentée sous forme d’amendembnt, :n la conférence,parM. Indelli, délégué de l’Italie:Mais d’auteur deTamendement l’a retiré àpropos d’une question decfixation de délais, sans que l’attention eût été appelée sur l’esprit général dans lequel il était rédigé.
- Quoi qu’il en soit, ‘cet article ne' peut pas faire de mal; il assure du moins la protection dans le pays de l’exposition, mais, si on veut être garanti! dans les autres pays, il .importe qu’on soit prévenu qu’une demande de brevet'est nêcessaire.UvM, ! :uenut i> >'uà n->
- Je passe sans insister sur certains articles, dont Futilité n’est contestée par personne bt dont lalecturè suffit pour faire voir?quel! est'leur but, et j’arrive à un articlé^'qui a fait l’objet dej vives 'critiques^et qui est, iau fond, la seule raison]pourlaquelle!on*attaque lasconvéntion du >20 'mars ‘•1883 ; c’est l’article 5 qui permet d’introduire - en France fies objets brevetés dans cé pays. Àuxtermes de rarticle'Sâ de la loi de 1844(modifié en 1856), il y avait déchéance pour le breveté s’il introduisait en France un
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- seul exemplaire: d’objets conformes à son brevet.'La convention a, supprimé cette, prohibition ; on s’en est ému ‘beaucoup je crois que- cela .tient Ace que la portée de cet article a été exagérée parce qu’il a été- mal jiir terprété. .QuanLàmaoi,- il me semble,que l’article ne. .doitjpas., avoir pour conséqueace.;de--causer.• deaimportations..très considérables. Je..:m[explir que,. Messieursk:-On prétend «qu'un- inventeur, dorénavant et , en,-slap-puyant.sur l’article 3..de:la convention, pourra s’adresser, à L’industrie étrangère pour - se. procurer tous les produits faisant l’obj et de son brevet et-qu’il vendra en .France, tandis qu <’autrefois-c’était défendu. L’article 5 dit : « L’introduction, par lei breveté^ -dans, le pays où le,brevet a été «• délivré, d’objets fabriqués -dans l’un ou- dùns l’autre des États de l’U-« nion, n’entraînera pas la-déchéance, » -, y- . . v
- C’est le premier paragraphe,mais je vous lirai le second toùt à Theure et vous verrez quelle importante restriction iL y apporte. Mais je ;voudrais vous dire auparavant-que, le droit d’introduction ne fut-il pas limité, il me semble qu’on n’accorderait encore à l’inventeur qu’un droit qu’il est injuste de. lui.contester,-quoiqu’on l’ait fait jusqu’ici en France. Il est possible que fimportation de.;marchandises fabriquées à-l’étranger soit nuisible à l’industriefrançaise, au travail; national; mais, Messieurs, la question n’est pas- seulement de, savoir si l’on peut regretter les importations- d’objets brevetés,-41 faut se demander aussi siJ’on a vaiment. le droit de les - interdire - ambre veté. Je suppose que la loi-s’exprime ainsi:— Il est désitable de-protégerle travail national,et,pour cela, il fautdemander à l’industrie'étrangère, le: moins de'produits .possible. En conséquence, la moitié ides citoyens-français aura : de, droit; d’iintroduire. des objets de-l’étranger en-France et Pautrcmoitié ne l’aura pas;-rtous.; ceux, dont les noms commenceront par . une; lettre allant ffe, A à :Ch, par exemple,' auront le droit d’introduction, et ceux.dont les noms;iront,dp B[;à;Z.ne l’auront point. Vous diriez- immédiatement .:: Cette . loi est absurde et. inique, parce: que les uns jouiront d’une liberté,complète,..et,que les,autres n-èn j ouiront pas ; : quand même le résultat: à ; atteindre:serait d’un, intérêt général, il faudrait l’obtenir par d’autres moyens, fout au moins tiror.au sort. Eh bien, de ce qu’une personnesest;inventeur, :ce.n'est,pas'une raison pour qu’on lui interdise d’introduire, : des. ' produits étrangers - en France-, pas plus que parce 'qu’elle: porterait un, nom, commençant par A ou par Z. En effet, rintroduction-; d’une machine.breyetée’ne fait pas plus do tort au travail national qiiè • FintrOduétiph- -çFujQè machine :qui; n’est pas brevetée;-une; machiné qui entre-;eü;:Franpe,breyëtée où non, ne privera toujours-lé travail national .qiiè/de la..construction d’un,e seule machine. Voici uni; îencrier,: je suppose. qu’il .à 'été importé. de Belgique ; c’est:im encrier,:,de moins quprF.O,Pcà;éuy'.a-faire en France, mais qu’il soit breveteiou qu’il,ne-de.soif i;p.dsy/petV importe au point dé'vue qui,nous occupe. Iliiï’ÿ:a.donc pas dé raison de défendre d’introduire l’ün: plutôt que l’autre,. puisque -le -.préjudice ; sera :1e; même. Par conséquent,'j.jibur
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- jystifiér cettedifférence de traitement’entre l’inventeur bïeveté1 et ceux qui lie sont pas inventeurs, ir'favidràit une autre îviison ; il faudrait queie brevet 'plaçât l’inventeur daiis une Situation particulière/ ‘ètnque l’on put dire alors(que si, en effet,‘on lüi impose une certaine Obligation/.ce n'est' tju^-cause’ d’autres avantages qui lui sont' faits. 'MaiS^'il1 m’èir est rien! Ônf!'essaje de ^donner un argumehty,oii<dit1':!''FàrübiîffiVfobsmê pouvez.'pas etrë;placé' sur le'même pied que' lions; pabëè qUQ;deômme-'Vôtre inuUmh JiiïiM /«ui.i. ; •. a,.1 i-yi ....(
- intention est brèvetee, nous ne pouvons pas, noué les tiers/ d'aire* concurrence. à’cés'produits’ que vous faites fâb’riqü'ér à’ffëtrabger, tandis' que nous pbuveii.y faire* concurrence' a cèu’i1 qufhé séüt'pas brèvetési-1 -r;:
- 11 y a là une erreur. On pourra faire1 côhciirréhcë'au breveté avec des objets analogues. Je ne sais pas si je me fais bieii comprendre, je crains beaucoup de ne pas être très clair;mais si jë pouvais vous exposer bien clairement la question dans cettê1 comtfiüùicâtion forcément écourtée, vous reconnaîtriez, Messieurs, que ri en-absolument ne justifie l’application d’un traitement différent à l'industriel qui est breveté et à celui qui ne l’est pas, au point de'vue de'l’importation des produits de leur commerce. /' d -jn-gibu. -inv.
- Je vais plus loin. Non sèulémèui uM'mârchdhd*de machines â coudre, par exemple, peut demander ses macbinè's a rétràii^yt/bièn qu’il soit breveté, comme le fait son confrère bon brév'ètèV’sâiite iiüïrb’pTUS que 'celui-ci à l’industrie nationale 'au point de vue ,de la ïftiaiitité' dê mâiii-dîèetiTre qui lui est enlevée ; noii seulement il est 'fàïïi dé1'dite qtïè’l’bn1 ne:ipeut pas faire concurrencé à une machiné brevetéè’^éâr !ôlV lèvent' sinè'n avec le même' système,y clu ni oins avec lès’ systèmes' aiiRiégfië^tothbés dàiis le domaine public et avec'd’aütrés systèmes 'houVëàüii'èt'brëŸëtéségale-ment; niais’, bien plus1,'là ëôheirrrèiicë étranglèrènsët'ait‘iübiîis' à redoüter, si on avait le droiélîliitrodüirë'sëülèihe'ht dès ôbjèts''bèèvètéS/Kéti-qu’on n'eût’pàs^e‘droit d’infrbdui'ré cèiix^qüi'néïé sont pas: JÉn èffet/ffùahd un objet est' breyétê,' l’iiiVehteür pèdt ‘tènir’sês prix,1 pèrSoUnè iliê!'pbüvant lui faire concurrence'Rve’c le mêfidè1 bbjêt'i or, s’il tient‘ses prix/on évite le plus grand'danger délai côhcùrrehcé étrangère1,' qui n’est tfëdoutaMè:que par le bas prix et nbn^parç’è^qu’-eïïë ddiihe dès produits meilleurs1; 1--inventeuraura t’ait* fabriciuér’ 'à mèïHëur’marché, il mettra plus d’argent dans sa poche, voila tout1;’aÜcuff cdhStructeur étranger lie 1 pouvant faire la même machiné que lui.raVilissèmênt ‘dès prix h’è’ét’paS à cèàittdre. En réalité, on aurait "donc plutôt dès'raisons‘pour ihterdirë'd'introduire les objets qui lié sont pâs brévètê^què ceux qui soht’breveték. !^M| Je riè'm’arrêterai "pas plus ïqhgtempstà\discÜtér,s,iu;pdint',dé!'rüê ,dff droit,; cette question,‘ — purement1 hypotHètiquè; — d'une faculté illimitée*d'introduction laissée à l’inventeur, et, rentrant sur le terrain des faits*,je vais
- recbércltèr dans' quèllé 'îüêsubè1 la!'cèhrèhtibn1'dti âè •mai‘Silui!permét l’in-
- ........ 'éqfnr- te but >mlq tiulbV, ‘
- il)
- lii
- troddetion. ^
- L’émoi qu’il y a eu dans lés! chambrés d.en'côimriiercëlviléht!dë)'ée qù'on
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- a cruiqu’elle supprimait, pour l'inventeur,Ja^nécessité cle fabriquer eu France,,..JeuOTois .que c’est tout à fait inexact, et ie suis d’accord avec'1.4 thèse .soutenue,.dans un journal industriel pay un avocat frés competent^ Il y ?l’î^fticiqt5,. ejn,effet, un second .paragraphe ainsi ^concu^r1 .V V’
- :Toutefois.,],,de ...breveté restera soumis à robligatioiFd’exploiter son brevet, cqoforméipe ut aux,lois diypays. où il introduit les objets brevetés. !>>
- •i .H-fau^p^pliqu^r lojtfi;ançaise contenait,.f eutre’,^ujtres^deux c_àîi-
- ses dedéchéaucesj: l’puç étai^ riutroduction ; bantre .était^le défautVl^ex-ploitatipn- A, Jql;çp.nféren,eej.ipn î a.,agité la question fde savoir s’il' fallait supprimer,nette .qqpofl/jp. ùausq de.déchéance^ comme la,, première, mais on n’a pas. pu ,se înettred’qeeord surjCe point, On a donc ajouté ie paragraphe, 2 pour établir que,laquestion était réservée, et que chaque jpays conserverait, à cet égard, sa.loi partiçulière. U n y a donc rien de chaîiig’é en. France,, quant à l’obliga(tion d’exploiter.
- ,tQr, la jurisprudence .française a toujours été que, exploiter c’était construire et fabriquer, en France, même-.. , ..
- ’ ' r : 11 ". i i ; ni" • *. • • • r * * » » ’urn m; h tour
- Donc, je crois que dç^^tribpnaux n auronti qu à persévérer dans leur jurisprudence pour obliger le breveté à fabriquer en France sous peine, de déchéance, ^i.jejp’oypbé^s'qmparaint.du.,paragraphe l0r de l’article 5, dit : Je peux,4njyo,fl|dçon17n 9ui,(lu.i r^pondraj le tribunal, mais cela ne doit pa.spop^titne^dp I]flncip,al.pioyep de remplir vos magasins: Le second paragraphe, n’quruij^pqs ,4e-,raison,d’être s’il n’avait pas ce sens-là ; je croisa dé?lot'St? Féftt-étée.unpeudroj:» peur, et je , remarque que,
- parud.tceux^^ujj çp4-é!9nd4p4^1’^r1iiiéiçî.)5i cette interprétation d’après laquelle .qnjU’^uyqltj^u^ fabriquer .en France,’perspnne'n’a parlé
- du.paragraphe.iSeqoud^^S^l seutqpuye uiyp,dv|ersaire de laj convention qui puisse,noxpiiqperr poqrqupf, , pg, ^ee.ondjp^^raphe ( ja été jntfo duit,' ' si’ c e n’eebdan^oe^eps-jà^e ^or^?M^eqx>^.i;pn^ndïbhh’'_ ^
- » ^iparquez,,^^.^^»- qfqf^^;prpl9.è.s-v.ç^a^ndi la conférence montrent ,bien qu'on, nia existait.fdanè plaque
- payss, au, point, de,.vuejd-e rexpjoitaüpd^C^Mfthe.j.tpar.conséqueritt^la,. jurisprudence | de nos ,tri!bujQap$)rdpii,^^^ eiçit. On
- u’auna.plue,ihesoin,4e. demqudey la,permission au ministre" ^pur introduire, utais rien, ne,.sera.changé,,à jpart cela. Jl,^(qura une appréciation de fait, po(ur les,(trfib.unaux,, qu^ diront.,|f ÿq.içi. un, breveté qui a introduit 2 maedineSiSu^jipiû, qujil{q yqodu.eSj, ,il,q’c pas abusé du, droit que lui con-fèrej l’aqtiqlé , ht., I^u,, autre iJ( pu contraire ?, sfurf ^0, Oî)^ machine s, en aura fait venir, .9,,000 d.o^ljéJranger ppelpi-çisnjauic. exploité en France que pour la. forpft, e^ou^eru^déolioiqi.onjbpeyc^. questions de fait,
- et es %e>flions de
- .* U • i‘(7 ii ! •"
- ce:genre,.'!- *0b iibrrmj; ol n11.v. jurmufri m /jjfo.tnovnj t j- w>iuJ
- , Alln d’^njirQd^ctip^ était
- une cause des inconvénients,
- tm nr.Tir^TTu/ rutniîuvrro"! .tm »n••tu* -roms
- de déchéance, c’était plus net et plus simple, mai^ il y’, avait
- qnients,,, qb qq pu q, souvent constaté. Je suppose,qu]im de-, vous,
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- établi 'à T'étranger, prenne nn brevet « en France ; la loi l’obligeant à exploiter,1 il y aurait quelque inconséquence à lui retirer les moyens de lè'faire ? on doit tenir compte qu’il n’est pas facile d’installer à des centaines cle lieues de distance une fabrication nouvelle. Or, -avant'la convention on n’avait le droit d’introduire un modèle que pour lesunaobioes, et, lorsqu’on demandait un permis au ministre, pour autre chose qu’une ma'chihepon ne l’obtenait pas, même pour un seul modèles‘L’articlei5y*en supprimant toutes!ces entraves, semble devoir être le meilleur moyen de répandre les-inventions' étrangères en France1; ibfaut seulement que cela n’empeche pas de fabriquer chez nous l’objet de l’invention. Remarquez, qu’un pays, très'souvent, s’enrichit au moyen d’inventions provenant de l’étranger. Autrefois, on introduisait subrepticement quelques modèles, pour tâter le terrain, et savoir quelle'chance on avait de réussir ; pour provoquer une commande, on mettait une machine en essai dans une fabrique française. La chose se fera maintenant ouvertement. On a souvent cité l’exemple de M. Siemens, qui a quitté son pays, l’Allemagne, parce qu'il n’y trouvait pas une protection sérieuse (on disait aussi, en Allemagne, alors qu’il fallait être très dur pour les inventeurs, afin d’assurer la liberté du travail national)" et cet inventeur de grand talent, qui désirait récolter ce qu’il'àurait semé est allô en'Angleterre, où il a fabriqué, bien qu’èn1 Angleterre on soit libre d’exploiter son brevet simplement en introduisant de l’étranger, Si onde trouvé meilleur1.:-:; m-n:
- 'J’insiste sur ceci, que1 si l’inventeur est en présence '-d’uneiloiaquiidit de fabriquer tout en France,! et qu’il n’y trouve pas intérêt; il se résigne à"la‘déchéance et introduit'sans permission : on fait Üé choir sonibrevet pour ce fait; maintenant,uoniie le pourra plus. Mais1 l’Angleterre et tous les pays, à rexception! s'd’un1 ‘Seul,"n’ont pas cru avoir besoin de: cette arme. Y a-t-il chez nous une" situation économiquempafticuiièremqui ne nous1 permette ' pas de 'faire ‘ce que font les autres mations? Je ne l’exhmi-nerâi pa's, îflâis jë ne crois pas qu’iUÿ*ait1 grand danger â permettre l’introduction, surtout s'i cétte faculté est balancée par l’obligation'd’exploiter, car il ÿ'à'la'ressourcé* def prononcer s,Ja',déchéancey le jourîoùdon abuserait de là fa'culte d’introduire1.'11 1 ‘me "p cpo; :f
- Je dois ajouter; pour être complet sur!cet!articleyque ses- adversaires ont cru que,* en lé combinant avec d’article 3p pm7 assimilé: * aux citoyens d’un État les étrangers'qui!y1 demeurentïôu y onU'un établissement, il permettrait - d’introduire en'France des objets breveté s--"fabriqué s hors de l’Union.'Gétte1 crainte''est sans1 fondement, "car’ Particle 3 dôîMofà''l’étranger le même'droit 'qu’au national; or, le* nation al méopeut introduire lui-mêmé que' deSJpàyS1 qui sont àdhérents'à la econventiono Quand * on a dit que l’Allemagne et les États-Unis allaient introduire chez nous une grande quantité dé produits brevetés^et noùs'en inonder, dn s’.ésf trompé; ce né sont pas des pàÿs dont ôn puisse faire Venir desimarchandises,; car ils n’ont pua adhéré à la convention;'jusqii’à'présenti cf O b Uo rie i’U moût
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- On a,prétendu que la convention était , ruineuse pour la franco,..et qu’aussi tous les États étrangers s’étaient empressés d’y adhérerv>iÇjela n’est pas exact, car la moitié seulement des. États représentés à la, conférence ont adhéré; les États-Unis et beaucoup d’autres, nations,;,s,e.sont abstenues..' ,
- En résumé, Messieurs, je crois que, dans cette convention,, on ne peut considérer comme; pouvant être dangereuse, qu'une seule innovation, c’est celle , apportée par l’article5, qui permet d’introduire; mais,, d’après notre jurisprudence,! en France, je crois!: aussi (pie, le mal aura peu d’étendue et ne. sera .pas sans contre-partie. Je crains;de n’avoir pas été assez heureux pour me bien expliquer sur ce point,.mais je persiste.,à croire qu’on n’a aucune raison, ni de droit, ni çle fait, pour, empêcher l’inventeur d’introduire de l’étranger en France, en le soumettant seulement à des droits protecteurs, comme les, autres importateurs, ,,si Uon juge nécessaire d’en établir. Et si l’on m’objecte qu’on ne, ,1e peiit.0pas parce que nous ne sommes pas actuellement maîtres de nos tarifs,, je réponds : De quel ; droit ; ferait-on payer la rançon par une classe, :d.e citoyens plutôt ;que par :une autre ? - ; r UUv -Ür; ;
- J’ai cru, Messieurs, ,que cette importante question de la, convention internationale sur la propriété industrielle devait être portée devant vous.Il v, a,en ce moment,une véritable campagne menée contre celle-ci, campagne dont le 11 promoteur est un journal de droit qui a .rallié à son opinion;plusieurs chambres de commerce, J’ai .là par exemple, le rapport adressé à la Ch ambres de commerce de Paris; en y,déclare,la convention mauvaise, et ,on demande la dénonciation. Je crains que le mouvement ne se continue dans le.; m,ême sensu.LSi la .iSpciétélUdeSj, Ingénieurs civils devait: étudier la question à fond, je voudraisquella pût lire ce rapport présenté,àia Chambre ide commerce/de,Paris. \orfv b ;? P.Sî:
- Il me paraît l’enfermer .des erreurs très évidentes,koji.jperjt être partisan de tel ou tel système, sans doute,ornais,,,,ici, jl y a des erreurs de fait incontestables et on ne peut douten qu'elles,. m’aient^.qu une grande influence sur le vote et sur le vœinqu’oiL,a transmis quministre., ;j
- Il importe de remarquer que la convention div20. .mars n’a pas,été,une affaire ibâclée, ce n’est pas simplement l’œuvre de ^quelques s .diplomates; tout cela avait été travaillé depuis vingt ans, cela, a fait l’objet de deux congrès, oùèily avait beaucoup de,,gens expérimentés ; tout le monde avait donné son avis : la Société des ingénieurs allemands,; la Société des ingénieurs et architectes do .Vienne, des., sociétés d’ingénieurs .anglais, etc., s’étaient,prononcées dans le sens.de la conyentionAinsi, pendant vingt sans,! tonsi-less hommes compétents réclament, une certaine mesure, après quatre ans d’efforts j le gouvernement français, ,qut a pris la cause en.main, décide quatorzeïautres États à s’entendit,avec lui sur ce,sujet; et puis s voilà qu’aussitôt.après,. des chambres de commerce demandent la dénonciation de la • convention* ,etiidéçlarent que jee travail, préparé fpen-
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- dant vingt années de laborieuses études, n’a pas le sens commun ! II y a!lc'értkinèmônt quélqu’iiii fjlii a¥àison : ou ceux qui demandent de dé-ribnêer' la’iébliv’étitîô'n;f’dii ’è’éui'IjUiV plus éclairés, l’ont réclameé;J Il faut chbisirWffiéA’bpiiiioh dès'unsAt îles' autres, et' si les preniiers' se trom-péiit ilèst ufgœnt dé le dire. : ’i-
- Si cette question ne vous intéressait pas,'je n’aurais 'pas 'traite Ici un sujet aride, qui n’a rien d’attrayant par lui-rnémè, maiS cela’tbucliè^mo-fdfidéliiëiit’â l’indiVstiuéé'et voüs'1ïrouv'èréz’ 'dans!‘les 'mémoires envoyés par les sociétés d’ingénieurs de l’étranger aux congrès rappelés ci-dessus, des propositions dans le’ tsens-de la convention, f Or, si cette convention: al oit être avantageuse, il ne faudrait pas que le- ministre eût, en quelque sorte, la main forcée par les ' objurgations des chambres ale commerce, car, après avoir déchiré lui-même d’œuvre de la France, il ne-pourrait pas la refaire de sitôt.
- !îEh terhünantj jê remercié l'assistance'dé'‘Sa bienveillante attention; je n?ki pWsdà1 prétention* d’avôib bièn; plaidé fûW caûse, mais, quant à moi, Meh ’qüë je1 ne trouve pas la Convention Jparfaitëi‘(j’ai ëh moi-même occasion 'd’écrire - au Bureau iiiterhâtiôrlàl pbW'déhliàÜdêr des explications sur,;deSJ’articles inSüffisàmrû,éü!t, clàit*s)î, jé’ërôis qitè'lé fond en est bon ; il convient donc de se faire une opinion pôûF ’ënràÿef1 !le : mouvement d’opposition, si réellementviBprovient dbmjugehienït imàl éclairé,s;t • F
- M. le Président remercie M. Assi de sa commun^ca^ipn^^la question est'un‘peu délicate, très intéressante et très importante^ Quélpue^mem-bre de la Société a-t-il des observations à présenter?, :
- TivrPcV.n ..IVr -il !" 4-, i.i -,-n) D.-> 110) mono -xi'; >
- M. Simon demande la parole a propos d un passade de la commumca-yT ,—^,ri iAu Jiov ito Aobii'-l ë L .. "UK'-m ,>iAs m- in.-
- tion de M. Assi sur les marques de, fabrique.. Il a dit, que, lorsque sur . dœua AT y i ici «.i-ivnh -.-d imm u-rfijAmO:» 040
- les obiets fabriques le nom d une ville figurait seul, on,ne pouvait pas i,e •! v A >.m r, pAmu-py Ap :
- poursuivre en contrefaçon. M. Assi n a-t-il pas ete un peu loin, et la loi mu ovm/ü.a JO ,oJUitjo : -nmeno n i:«o qnyi.Tjj-. .
- française n autoriserait-œlle pas la chambre de commerce de Sedan, par ImimM -io<- 'mou .dnm-u -lio/R :q' iMb' ''A,AvA M
- exemple, a poursuivre les etrangers .qui mettraient sur leur étoffé : Drap ,!!'• e,'OoiMiiusVP;ità-l;" ’um- oVmimdV. oA - 01m ui'V. - -y-y : -0U.J de Sedan, M, Simon croit pue cela suffirait pour qipon put saisir ;la
- marcliàndise corhme marchandise contrefaite.
- M. Assi. Cela a été jugé en sens contraire.
- «pawssssjCTans*®*' u kj
- MuAuBERTi CAHENl;,Ii,y'ia üii arrêtde1 !la Cour dé cassation 'qui donne appui àd’observation1 de MASîiftbn, ^ -•‘•ojmüc, .m-> »uj)
- M. Simon. Il n’est’paS' pbsëible de difë -quê rôh' peut vendre Din'e'mar^ chandise portant unefibmdé Ville'dont cette-*miàrchandiée n’ëst p'as'brigD naire, et qu’il êst ihterdifedèJpOÜhsüivée ën! cbhtrefaèbn A -"M1 -'•'"l >«'-’
- M. Assiv1 Je;parlais d’dbhéSl'à1 dbiWêntibniMï)?aprèsJIà? cbirVfiniib'n,'quand vouS" ne faites^ qtf emplôyeÉ! sle!:hfb,m ide( la fôéaïitô^bnhiè'^eûtdia's^vbus saisir. Tous échappez à l’article 10. . : looiio; u-uî j>-
- I;Mq Simon. Je t crois "qu’iluest hoir clééné,!Jp'à(S ‘7Sbutënif,''!élétté opinion, parce qui’il yfadà uiUfaitde1 ceilthéfaçoii;1 et'blf lii1a>jiaS'fpiil;FautoM'Seri' M. Assi. Le terme de là cbnventidü-'-'ëkt'fô'ÉifiëL' (Ltëe&fàV}0
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- ’n 11 ;
- L'H!i:
- JjC vais le lire. (
- ?. Art10. —,Les dispositions de l’artijCle ^^épédeiit (,saisie,(^à,;, 1 ’,ivxiqi-T » t^t^pn) .seront applicables à tout. proj.lui^ 1por|,iant!ilXi,;usse^iientJI>| qorqigq ^indication, de provenance, le, nom}jd,uue,^oca;^tp{4éjie^mijeéç^lora(!p]iei » cette indication sera jointe à un nom commercia^tjptjf.opi einppupté
- .W&WWltta&âîW1»^ : - -, : : ; in 1
- iH&ï.c8a.6°- «te-, ", . . .. ,r, ,i „ j„,,
- Pu reste, M.(Barrapit a^il déjà .signalé ce fait^iq^ime eommiinjear; tioiis-.l^é.c##.* >ûc!^.no>i >tur; '»ij -rî!.“im/£afb sol î<-.>|'
- StMOK. iLe fait a oété jugé; Pbéei.sément des mhambréb-1 de 'comiPeree ont été» croyons-nous»! autoriséesiù’ poursuivreîen leur nomdolleètifplors-qull n’y a pas un nonCd’individii. n..,; -.mriot .numi <;• •/upi‘»ii!,
- Mi Albert Cahen. C’est jiig-e's:‘‘ u-mmum,
- M. Armengaud. Tout récemi^en,t.ja;,ebambre de commerce(JderJLy;em, d’accord,ayec la chambre, 1;syn,dicÊde^deSjfaJ.nâçantSjde soie, a,s décidé jefè; faire apposer une ipas^qîA^ jSur,,tou. articles de la fabriçarri
- tioii lyonnaise .:^lep,|^rjçne,S|tde;laj ville, de,,]^y.pn„p.aril|exemple.ou. myaym-v b oie unique, ,de f!Ça£op ,îyieqqn.c,tti;p aux fabricants, .lyonnaisale se, défendre contre la. cpncprrpnp1enétran)gère?!,)h.j(10 .+m, ;rUi:;1 ,i>; .?J. /n0-; ;;
- M. GENÈstnCé»'{Mètitfemeriti et'bruüîf;m'^ftVl,‘1
- brrrr"”,,,.,;î : n<ù.jmkui»<!finf<'v> .i:.< eh I/; o.rrnïiOM '*• -dé
- M. lePrésident. Messieurs, nous n avons pas encore agite ,1a sonnette 'ttw!—rrrHttU. yxiruiriotTnii hou; ; - •.nr-.yAim ..-«wfmor un .*• cette année. (Rifes.j 1 ^ ( s . ^ i ^,
- Cette question est très'ctelicate, et'ies jurï^consultès^nc''son.£ pas,'^accord1 sur les mêmes Mïs'(jjuanci.on$tîu4ie iiairol on voit qu’il, ,y a dix
- .•fliV •Mî'OHMOi :tOO . .!"lll *i M. )(! eUHtiit jU.v-OiU HOl ‘1 JJ* . if -H* ,u i ; ;i
- îugcments contraires pour les memes faits, Pendant quatre ,ans, on juge , n n/uoq mémo .ismÿ .îj/curait i >mn b mon pi Amp mus; °
- dune,certaine façon, et, les quatre années suivantes, il y a un avocat îj ;:nnï. nob ua.'d/i *.r.u h-,T-« u .caxA ..fioonio*Mti<r» cm :/i/miwmim distingue qui a change 1 opinion rognante, et on1 juge dune.autre ma-’ '.i,u MCfiob -ih -üimiîuuvi 'pi u-viminb .si ïm uUp,-Jnm3nOJ(js;.i> .-.»aypnJy'>i mere, de sorte qu il faut toujours avoir leqjnte, pour soi. Quaud on
- s amuse a mettre le nom d— - ----------------------1.J—a* ••••
- vole la ville tout entière au
- ou
- -• >:-»*i -uio.-i .,= <•- •.M-M>;,î1unuu uf.y, luruvi >.wi .yivuiffiuw .<> r;vu=«n
- s amuse a mettre le nom d une ville étrangère sur sa marchandise,
- ; V!ho,n /smui -iiniOtlua ei-'O nnp iioip m.my/1 .
- le tout entière au lieu de ne voler qu un individu : le vol est , ,. .... i.titî'priiifoa mu mon ernuumuru;..:-:
- plus considérable, voila tout. . ' , , ,/
- •(‘HCMinoo :-.nov- nu o,1u «mni,i*<A m
- ,M..,Çasalo;NGA. Je dcmambv laqiaroie,. Je commencerai: pafâmliminer tout ce qui est relatif aux marques de ia)ji;iquqf<et.de!COmmerce, au nom connnç^çjalyqqt , anijUpin^de lqcalitéj,; yjpsiîqaiièpes^ont ici! encore plus étrangères qne!pc]Lle^ lrelatj;Yles ,aax lipeyetsi ,d,iniyention^ et i d’ailleurs s ce n’est pas là que .résiAeqle, pointje.pln^jiup^r,tant,i.dujdébat j-ije-m’appe-santipa.i^fiealqniept, sur,l’artiple,.^.qui,.çsf l#i geapd icheval de.'Jmtaille.de laidisc.d^ftW.quijjajliep.pCjSpir ipi,e,t autres,discussions-qui mut déjà eu lieu ailleurs. fit yioi-binM n soqqeib'1. uo /
- TawÇjàt il.- meaémblait remarquer qu’il
- faisait,)imejepi5tqiéQ!j;j(|opfn^qa.auiosMjiét.jde:)lahfacultéî diiiitroduiroomn;; France des objet&yjireyctéSiptifabpiquéSià,!’6tranger. ; ;,J „m.h M'
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- Je ' crois! qu’il ne remarquait pas suffisamment qu’il s’agissait ici de bfevdts pris par des étrangers/ et que le législateur de 1844 avait, à tort ou à raison, cru devoir défendre l’industrie nationale contre là fabrication'étrangère. Yoilàle point de départ; c’est pour cela qti’on n’avait jamais admis l’introduction d’objets fabriqués à l’étranger, et c’est1 pourquoi il'ÿ a oü un toile général qui a trouvé ''fin écho ’dàns les chambres de commerce même. ; ! ’ ->-ï. -
- Quant a’ savoir si l’bfi juge bien aujourd’hui ce point, c’est une autre question ; je crois qu’il y a un peu d’exagération et que, autant que j’ai pu le retenir/l’opinion de M. Simon s’en ressent ; il ne faut pas considérer comme un mal très grave la permission accordée aux brevetés étrangers d’introduire leurs machines en France. Ce n’est pas qu’il faille croire qu’il existe encore quelque chose de la barrière élevée par l’article de la loi de 1844; et MM. Simon et Àssi me paraissent avoir oublié que, péiidaiit’plus de deux ans, lès étrangers ont la faculté pleine et entière d’introduire ; conséquemment s’il devait en résulter un dommage, ce dommage pourrait être très grand : il ne faut pas se le dissimuler, pendant les vin gt-hüit ou vingt neuf premiers mois, les’étrangers peuvent introduire très largement, sans aucune !entravé et sans que même la rigueur des tribunaux puisse s’exercer. Ce'm’est1qu’aprës ce délai que l’exploitation devient obligatoire en France, et que les tribunaux pourraient mettre un frein à l’abus de l’introduction des produits étrangers ; mais qui sait ce qu’ils décideraient et comment ils distingueraient entre l’exploitation à exiger de l’étranger et celle à exiger du rôgnicolc breveté? ’t'1 \ . / n-nc-vuc-. y 'mnr-
- Ce doute est permis, alors qu’on pourrait presque’Se demander si vraiment un magistrat français ne ferait pas de l’introduction un cas de déchéance ; car la” loi de 1844, maigre la convention, qui n’a fait que passer sans discussion devant les Chambres/ n’a été ni abrogée, ni modifiée. : - " : ; • »
- M. Assi. Pardon, la convention a été soumise aux Chambres et promulguée à Y Officiel.' '”;l '
- M.JCasalongÂ. Eh bien, j’admets que, sur ce point, les tribunaux pourront se monïrer sévères’; mais la'barrière n’en doit pas moins être considérée résolument comme tout à fait abaissée pendant pltis que les deux premières années, et é’est suffisant pour causer du dommage êül’industrie française!1,11 ' - J. mina flou
- Seulement, je le' répété/’ je ne crois pas que l’inconvénient soit aussi grave qu’èn paraît le redouter/'car si‘d’une part il ^éfi^rèsUltèr' ‘de ' l’introduction un certain dommage'pour l’industrie nationale/ d’àutrerpart, il y a, surtout’pour1’les consommateurs, une compensation’;'1 en effet, quand on introduit une machinôrcoh'struité* à d’étranger,' Cèttë fiitiéhine, qui travaille dans le pays, produit des résultats 'qui donnent !uhé large compensation, Donc, il ne faut pas considérer'nommé tin grand malheur
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- que les? étrangers amènent des machines quittant généralement, perfectionnées, nous donneront des produits meilleurs et à meilleur marché^. .et noiis,:apprendront à faire aussi bien, si ce n’est mieux. ,,r;.
- Ce qui rend cette question délicate, c’est que l'on ,y trouve toujours en opposition ces deux intérêts contraires, auxquels faisait allusion M. Simon, en, rappelant les traités de 1860 ; il s’agit de la lutte qui. existe, entre les libres-échangistes et les protectionnistes ; les premiermsont consommateurs, les seconds sont producteurs; on conçoit qu’ils, ne puissent pas être traités par,une méthode,.unique. ? > ;u
- Je crois cependant qu’on pourrait peut-être satisfaire, les (deux intérêts opposés, en décidant que toutes les machines qui, étant brevetées en France, y viendraient de l’étranger, seraient frappées à l’entrée d'un double droit; moyennant lequel l’introduction serait permise.;, Je pense que ce serait une manière équitable de trancher la question! eu donuaut satisfaction à une minorité importante, qui a créé un courant d’opinion, très accentué et, en apportant cet amendement à l’article en question, je ne m’effrayerais pas qu’il fût maintenu. ... .
- Je ne sais pas quelle est sur ce point l’opinion de M. Simon, mais je ne serais pas d’avis qu’on se prévalût de l’article 5 considéré pour dénoncer la convention. Si cela arrivait, les États étrangers prendraient probablement la mêine, mesure à.notre égard et ne permettraient pas aux machines françaises, brey,eté,es| de, pénétrer en Italie, s’il s’agit des Italiens, ou en Espagne,,/ s’il ,s,’ngit: dps Espagnols. Je crois que . ce serait un mauvais conseil Ù, donner aux Chambres, au ministre, que de leur demander de dénoncer la convention à cause de l’article S.
- En somme,,j ççttq convention,: qui est susceptible de,perfectionnement, a peu changé, popr.ce; qui est des brevets d’invention, Uétat ,de choses existant,, ses seuls points saillants sont : que\ l’introduction des''objets brevetéa.provenant des États contractants sera permise,,;et;que six mois de privilège seront accordés aux inventeurs de ces États. C’est déjà quelque chose,, et .c’est une base qui peut permettre ,de faire quelque chose de mieux plus tard, si. nous avons la bonne fortune .d’amener nos collègjies a se passionner ma peu pour ces questions, qui leur sont restées jusqu’ici,un peu étrangères. (Très bien! — Applaudissements.)
- —.M. MARDELEj^qM.. Casalonga vient d’expliquer comment l’article 5 n’a pas d’inç.opyôniont, au point,de vue, de l’introduction dés objets brevetés. Notre collègue M. Simon paraît avoir visé spécialement les pays qui n’pnt, pas, .ad^érqla .convention.internationale,,pù bien qui .n’ont- pas de lois pour, la protection de, la propriété industrielle ; il paraît s’attacher surtout àJjÀllemagn,e,jà1l’4îU:triçhe,a la Spisse,pt à, la Jlollande, etgnter-,prêtant ï’article ,5, IJLdit,:y II,suffira..aux,.étrangers qui n’ont pas adhéré à lamqnyention d’avoir .unjp.etit,établissement industriel, ou même june, agence cpnmereialje eirSuisse, ..pays ,qui n’accorde pas de garantie pour les inventions,, pour qn’ils puissent introduire en France, par la, Suisse,,
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- les produits allemands, de telle sorte que les fabricants français qui exploitent des industries analogues ne seront pas fondés à considérer le brevet français comme déchu, et ne pourront pas, par conséquent, fabriquer dans notre pays ces produits brevetés, pendant que notre marché continuera à être inondé de produits de provenance étrangère. Je crois que M. Simon n'a pas bien compris le sens précis de l’article 5 dont le premier paragraphe est ainsi conçu : « L’introduction par le breveté,
- » dans le pays où le brevet a été délivré, d’objets fabriqués dans l’un ou » l’autre des Etats de l’Union n’entraînera pas la déchéance. »
- On ne peut donc, d’après cela, introduire en France, que des produits fabriqués dans un pays de l’Union; on n’aurait pas le droit d’introduire en France des. articles fabriqués en Allemagne, en les faisant passer le canal d’un pays adhérent, de la Suisse par exemple; la convention n’autorise çlonc pas absolument l’introduction des produits non fabriqués en France. Je tenais à insister sur ce point.
- 11 y a un autre point important à signaler : c'est l’avantage que présente l’article 4 de la convention, en vertu duquel le breveté français a un droit de priorité absolument établi dans tous les pays adhérents, pendant un certain délai : six mois, pour les brevets d’invention. Anciennement, lorqu'un inventeur français avait payé à grand’peinc les frais de son brevet, il était obligé, pour s’assurer de la propriété de son invention dans les autres pays, de faire de grosses dépenses auxquelles il ne pouvait pas toujours suffire; tandis que maintenant, il a six mois devant lui. L’introduction possible de produits et de machines des pays étrangers en France et le droit de priorité sont deux avantages"impor-tants de la convention internationale et qui ne peuvent qu’être appréciés par les ingénieurs.
- _JVL Simoun. Un mot seulement. Je suis très heureux de toutes les observations qui m’ont été faites et qui prouvent la nécessité de cette discussion. Pour répondre aux questions de M. Casalonga, j’ajoute que je suis partisan de la convention, en principe, mais je crois qu’il convient de la réviser; la,loi de 1844 coexiste avec cette convention et il y a un certain danger à ne pas mettre la loi de 1844 d’accord avec la convention internationale. En ce qui concerne l’introduction, je pense que l’article 5 ne limite pas suffisamment cette introduction, qu’elle est nécessaire pour l’industrie française mais non d’une façon illimitée, aussi longtemps que nous aurons des traités de commerce. Enfin, il est un point que j’aurais voulu voir traiter par notre collègue. D’après la convention, les brevetés français ont le droit de faire fabriquer à l’étranger et d’introduire en France ces produits fabriqués à l’étranger...
- M. Mardelet. La convention dit : «.dans un pays deTUnion. » "MTSmoN. Vous voyez qu’il y a nécessité àdiinitcr l’article 5, car il n'esüpas possible que certains de nos nationaux échappent aux charges qui, pèsent sur les autres. Un industriel français, parce qu’il a une inveii-
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- tion brevetée, peut faire fabriquer à l’étranger, où la main-d'œuvre,, est a meilleur marché et introduire en France des produits qui échappent à la main-d’œuvre française.
- jhC-GASALONUA,-Fa question que soulève M. Simon miiérited^ife considérée^, et j-e-s crois qu’il-ine faut pas la résoudre à la légère' ; Il s'agît/,"’én en effet,! de! savoir si lai-convention -doit assimiler, em’Francé,’ l'Inventeur national àffUiiventèurlétrangeP' : iiÿ faut beaucoup' réfléchir.^Nous sommes, du reste, aucun terrain,sur lequel je ne penèe jm^qllembus ‘ayons à nous placer cersoicrïoüt-à lffieurey on me faisait le reprèche de m'avoir pas r discute i certains points- ou. répondu à certaines critiques. 11 y11 aurait beaucoup à dire; et le temps nous fait défaut ; il y a cependant uhë question importante, à laquelle je regrette que l’on n’ait pu s'arrêter1: !c?ëst celle de l’examen préalable. J’espère bien que, pour mon pays/Jamais’ô'ïi n’adoptera ce système détestable/ Je: vous demande pardon dé ff'expres-' sion, mais elle rend bien ma pensée/ - mm : . F
- M. le Président. Je demande iapermissioh.de' clore la discussion ;.car nous avons encore une question importante a’traiter. ...
- Albert Caiiex n’ajoutera qu'un mot à la discussion qui vient d’avoir lieu, l’heure avancée ne, permettant pas d’entrer dans les développements ([ue coin porterait une question aussi grave.
- L’article 3â, pqragTgphe 3,, dont la convention industrielle internationale, a prononcé.l,a,réypoation, ;était un véritable leurre, une disposition puremeutthéç^iq.ue^.iuupplicable dans la pratique.. v
- En effet.,-e^t aijtifiié 4it,j -,if ../vanm A.
- « Sera déchu de tous ses droits, le breveté qui aura introduit en France » des pbjets,fahriqué§i,en, pays étranger “et semblables-à céuxvquf sbnt » garantis-par .sombreveh, », m,*, 3- mUm mp -
- La déchéancupréyue. par .cet article: n’était donc encourue qudllorsque le fait d’introduction était personnel au brevetétlui-même,det!qu'and des tiers,venaient invoquer cette déchéance devant dès tribunaux, soit par-yoîe d’action principale,, soit .comme moyen d’exception dans une action en contrefaçon, c’était à eux affaire la preuve de cette introduction personnelle, du fait du breveté, Or, il faut bien le reconnaître, cette preuve est-impossible à faire.
- D’autre part, le breveté étranger qui voulait tourner cette disposition illusoire de la lobe n’avait » que-iff'embarras' du choix parmi les 'moyens à employer, Il livrait sef.i(produits à un tiers, dahs soh pays ; et c’était cè tiers qui, en seconde main, introduisait, sensément a ses risques et périls à lui, lesi;Pbjçtsven;B'ranceUiEt la ffarce'fétait jouée f F:
- FautffFserplaindreeque lafoonvention ait fait disparaître de telles dispositions ,surunnéfS!et inapplicablesüdaüis'laî pratique, l'orateur né le pensqupas.,- et cette seule raison de l’impossibilité d’appliquer un tel -article de la loi devrait suffire à justifier sa suppression.
- Bill.
- 30
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- ^ 3V1. Assi. M. Casalonga disait tout à l’heure qu’on aura au moins deux années pour introduire librement; mais il se passe toujours un certain temps avant que la fabrication ne commence ; donc, dans les deux premières années, on introduira peu.
- M. le Président. Je crois que nous devons arrêter là la discussion, maisyëlle, n’est pas t complète ; c’est une question très délicate qu’il faut approfondir, et je ne doute pas que nous n’ayons une nouvelle*'séance pour traiter un jour cette importante question.
- .*» M. Armengaud. Il y a un projet de loi, pour réformer la loi de 18-44, qui a été déposé à l’ancienne Chambre, et tendant en particulier à prolonger la durée du brevet de quinze à vingt ans. Il faudra en( profiter pour mettre,la nouvelle loi en harmonie avec la convention internationale et,pour qu’on ne retire pas d’un côté ce qu’on ajoute de l’autre.
- M.-Assi. Il y aurait intérêt à reprendre bientôt la discussion pour déci-cTeFsi Ta convention doit être maintenue ou abandonnée, car en Allemagne, il se produit un grand mouvement en faveur de l’adhésion et les chambres de commerce d’Allemagne la proposent. En Espagne, on s’est ému des critiques que la convention a soulevées chez nous, et voilà un certain nombre d’Espagnols qui demandent que leur pays se retire de l’Union. ,,,
- M. le Président. Nous donnons rendez-vous, à une séance ultérieure,
- à tous ies membres que la question intéresse, et lions fermons la discus-
- M. le Président. Messieurs, nous arrivons "a la quatrième'partie de Tordre, du jour. Je vous demande donc de vous transformer, par un'vote spontané, en Assemblée générale extraordinaire, si personne n’y fait opposition. s (! , , ,, :
- Nous sommes donc'constitués en’ Assemblée ''générale’ extraordinaire, ettnous pouvons examiner la question qui vous est soumise.
- Vous savez que nous âvons^ reçu, au mois de janvier dernier, de la part de madame Fusco, soeur de notre regretté collègue, M. G-eyler, une munificence .considérable, puisqu elle nous instituait ses légataires universels, concurremment avec nos amis de l’Association amicale des anciens Élèves de l’École centrale..Le premier testament de madame Fusco, qui avait été, fait sous rinfiuên.ce de son frère et sous l’influence de l’àmi intime de celui-ci,.. M.^.Huet^ce pTemier testament‘nous'‘était très favorable ; il n’y avait pas de ^disposition qui put iioiis embarrasser et nous inquiéter un(peu et la décision à prendre aurait ôté très simple. Mais il y a eu trois ou quatre testaments, il y a eu d’qs bo'ijîéiliè’s ‘qui’sont venus modifier les premières disposition s •’ de sortêVue noü's!nbusnSÔmniês trou-Ves dans une situation un peu délicate ; c est pourquoi nous sommes arrivés du mois de janvier au mois d’octobre salis vous^âvbïr èhcorc con-'suites'' v,l ?noTin; -non •
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- Dès. lepremier moment, on voyant ces difficultés apparaitre,.uous avons du nous, munir,, de conseils pour sauvegarder,les intérêts de la Société. Nous ayons demandé au Président du Tribunal civil de nommer un administrateur judiciaire, et nous avons constitué notaire et avoué. le notaire désignera été .pelui de madame Fusco, et, pour avoué, nous avons choisi’ un des plus, estimés de Paris. 1 ^
- Nous avons f dû d’abord nous préoccuper du paiement des droits.* Nous étions très embarrassés; si nous avions, dépassé les six mois fixé!? par la loi, l’État serait venu et aurait dit: Tant pis pour vous, vous payerez lés doubles droits; — et,1 comme! ils sont considérables/nous aurions une fort mauvaise affaire. Comme il y a dès legs particuliers, — comme madame Fusco a laissé notamment à sa cousine, madame Regnieiyun legs de 30,000 francs, — nous avoils prié le Président du Tribunal de vouloir bien examiner la question, et il a décidé que nous n’avions qu’à» payer les droits pour la totalité, mais au nom de madame Regnier, héritière du sang. C’èst ce qui a été fait en temps voulu. Puisque nous ne; sommes pas parents de la testatrice, nous aurons à payer plus tard une certaine différence ; Thais tant que nous ne serons pas en possession du legs universel, l’Etat n’a rièn à nous demander ; nous ne pouvons pas être poursuivis et forcés de payer double droit.
- Mais, au cours de ces incidents et au cours des inventaires, qui sont
- toujours très longs,il^st;.survenu.certaines, difficulté^. U;nej(despersonnes
- ayant obtenu uiifSOivyeniiycle..madame Fusco;,demandé, quej.es legs en
- sa faveur qui se trouvaient répétés inégalement dans deux testaments
- distincts vinssent,,.se cumuler, De là, uii premier nrocès. L’inventaire y y -.y,i: ya;es1 y , T
- n ayant pas. ete,. j.e ne. sais pourquoi, accepte par Te quatrième executeurr
- testamentaire,, qui a, refusé,de le. signer,’ nous ii’avonsDu donner à
- madame Regnier le mobilier qui lui a été légué et nous avons été forcé
- do laisser., courir,le bail de,J’appartement occupé par madameFusco ;
- madame Regnier,, voyant que nous ne pouvions pas lui livrer lé mobilier,
- nous.a fait..un second procès. Tout ceci vous explique pourquoi nous h’a-
- '1' , '-..J _ -'i.. ..-UU' 'S ' ' • f t, f>, '
- co le
- de madame Fusco, la première pour les ueux tiers et la seconde pour
- > 1 -l’un dp >>.- uf.U'wo*:»» ••’i.kue .fum. </.»• - - 1 •, ^ =
- tiers restant, ne.courent absolument aucun risque a accepter, des a pré-' • ‘ ’ .. -• *iç>, v ;tvî‘, oniq-> m . -n-;. ..,i, 1
- sent, lejtestamentptres genereux a notre( egard, de ^madame Fusco, mais
- seulement sous, bénéfice d'inventaire ; ‘cette 'acceptation nous'permettra 2np*i' oqr ’»p-n-* me v<.n . ymy
- s indispensables auprès du Ministre du Com-
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- voir, être ^ mis en possession!, la question- est tellement .délicate ,• . à -certains points de vue, que nous serons certainement obligés de'venir'devant le
- Président du Tribunal civil, pour le prier de nous guider et de nous dire do que.lleimanière nousépourrons et nous devrons remplir les obligations qurmons! sont, imposées par le testament de madame Fusco J Ces obligations sont telles qu’on peut affirmer que la généreuse donatrice net son frère ont plutôt pensé à nos fils qu’à nous-mêmes. Comme la Société est établie.sur des bases solides, cela n’a pas d’inconvénient.Il faut que, sur les'capitaux qui nous reviendront, nous prélevions une somme de 100,000 francs, et que cette sommé soit placée à intérêts composés, de manière a produire une seconde somme de 100,000 francs. Quand cette seconde soïriine'aura vu le* jour, nous aurons le droit de la verser dans nôtre caisse, 'et1'’alors, nous devrons reprendre les premiers 100,000 francs et les replacer de nouveau.
- ' Vous vous rappelez, d’après vos études d’algèbre, que si on place uii céntiMe'à''intérêts composés, au’début de l’ère chrétienne, cela finit11 par fairé'une somme qui ne peut pas Se ‘lire, tellement il y a de chiffres accumulés. Il psttclai.ç,que,.dans . cinq cents aps^oq^aurons..une fortune considérable,, mais nousm’en sppimeqpas encope là.,
- S’il est prouvé néanmoins que nous pouvons réaliser ces 100,000 francs et les placer à intérêts composés,nnous n’avons qu’àïobéir aux-conditions dû testamentéde. madame Fusco. quand même nous isebions:gênés peu»
- dant quelque temps pour * supporter les charges* momentanées iqüc sa vo^-lonté nous a imposées.
- J’ai dit qu’il a été décidé que nous accepterions sous bénéfice d’inventaire : c’est à cause de la nature1 des valeurs constituant la majeure'par-
- tie de la fortune de madame Fusco ; si cette fortune avait consisté en immeubles dans Paris ou en rentes sur l’État, nous accepterions immédiatement, et d’une manière ferme ; mais, malheureusement pour nous, la fortune de madame Fusco est en valeurs industrielles, et nos statuts nous disent que nous n’avons pas le droit d’avoir dans les mains des valeurs industrielles.Ce sont des questions à soumettre au Conseil d’État. Comme c’est un don fait d’une manière spéciale à la Société, il est possible que le Conseil d’État nous accorde de conserver ces valeurs industrielles; il est possible aussi qu’il nous dise : Il faut les transformer en valeurs fer-
- mes : il peut avoir ses raisons pour cela. Vous savez qu’on ne peut jamais répondre de valeurs industrielles ; il peut arriver qu’une entreprise croule, sans faute aucune, et les revenus sur lesquels nous comptons pour satisfaire aux conditions imposées par madame Fusco, pourraient nous manquer. Elle impose la fondation d’un prix de 5,000 francs, elle impose une bourse à créer et à entretenir à l’École centrale, il y a plusieurs dispositions qui nous obligent. Vous vous expliquerez facilement qu’en raison des valeurs industrielles dont j’ai parlé, nous soyons forcés d’accepter cet héritage sous bénéfice d’inventaire. Jusqu’à ce que le Conseil d’État
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- ait tranché la-question an mieux de a intérêts de la Société,, nous ne. cou* l'ons aucuns danger. -mn - -m:n • • Ab- ..tiMmj
- M. (dey 1er a eu les intentions les plus-.[généreuses pour.îla Société j madameiFnscô les a suivies ; M. Huet, nôtres collègue,yyanparticipé de son mieux'.! Un refus me se comprendrait donc pas. Maisja prudence-non s est -commandée/iet personne ne peut nous la reprocher;-< «*.iw .une. -.nuit
- oui 'nvil
- Je propose deux choses distinctes à 1 Assemblée : 5 '
- . ’ i.-aice-Uî'ù /—O j n Kry --.h üi- '-i’br!-.
- 1° I). abord de remercier .très vivement M. Huet de ce au il a fait
- M"? -diWM / ,Ai'..-'hi ".{Mie v. ''n'nrl ni- i
- auprès de madamet Fusco? pour que la succession de son frère vSoit laissée à la Société des Ingénieurs civils et à,l'Association amicale, comme il eh
- :''i - : ° •: 1 000 Ou; -O uu.v Vj j.
- avait manifesté l’intention, et ensuite de nous associer dans un profond ' . a : T. 0 0 -.nuu —
- sentiment, de reconnaissance envers madame Fusco, qui, en somme, se
- • I " i : - -O iiV.jV < . i! y-ibs .-va!,; ,!V u,-.
- trouve notre bienfaitrice directe. ‘ ,
- • -• O-'-i. Vis î
- °2° Je demande à l’Assemblée générale extraordinaire qui siègejtçjyce moment, d’approuver les démarches faites par le Comité et d'accepter!la donation faite à la Sqçiétç.p.ajr madame Fusco,.sons bénéfice d'inventaire.
- Les deux propositions de M. lê ! Président * sont mises séparément et
- SUCCESSIVEMENT AUX VOIX, Éh L'ASSEMBLÉE: LÉS ’ÀDÔPTE ‘à’ L'UNANIMITÉ,;‘'*'’
- ’ !;(' loH-tleou Hirev ubq -.tma .«up mimum-vu àvuhv: -U" !; ÿ •
- Mule Président; Lu (décision que vous venez.de prendre sera transmise
- à nos collègues îde-1’Association amicale* qui [veulent marcher avec nous
- la main dans.lai mainycet-. qui nous aideront comme nous tâcherons de les
- aider nous-mêmes. (Approbation). - .•-uâyaqmi ji il
- •.nv/îii’i* u.-ut'uiyd -nyo >?h;« ‘-obvl; v-.lh'f. IFî*j» rib-'îyM:'
- La seance est levee a onze heures et, quart, . , . .
- •• |;s,j i.U-vu'-v:'/ - : 1 :v SüM, vu u ’- > ù i.1
- V!v;yv vçiM-ud &.r..tuo. ’• * üuon'd nfifJïbCfil 0.b àh.uHo't jp ai» 11 bb.fjimj vUv'-bjbîovor smwi yjébiJ 'ni?. *o.ioou no jLtoV.i’iç'-J*if ob*îdifM'>.mn<i i-; -.< rmq .b.-.ViV-*«>••• -abvu ..3.1 b bi : min•..•'} ’.rtôtwîïu oi-u'h <;t .inMity;
- •-unn .-;.tu.i.ai>->.oh lu >;pifoki3ulufii>Tuatb?.'«.‘' 'feu ooou'b oui a b coi ou omiriot •'•0.1'h.rf f'/*b •h'icui ' : i MfOTIi' b iiOM'h p.i. <Slj-KUO^ii’u RU OU OU P tua*; b
- iüi.iîi' ) ...î kCi b j y. u vijyoo r. *i;o.tiyoup. *:>b H).oo j'OyûHoi'O^obiH
- •udi*.*uq o— u .OOvO y 'Â*.[ v—j*. •i.uyhkftrp -lourb tu/i iu»i) ou r* >:‘
- v -Ovh *f;:v!y • '' V 0i>,a0’bvb .-u-tOv.i: )v.ÿl j> li'Ot;' 1 ;U
- -OtP >ù; " H~J- •.i.Um'U.ho.'.U-'O i ÎQiiVii. ^ .1 b Pilou U Pj! iO>.0.K cour-:-::::;.' V
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- NOTE
- SUR UN PAVAGE EN CÉRAMITE
- par M. A. GOUVY
- Parmi les nombreux et intéressants produits qui figuraient à l'Exposition nationale hongroise de Budapest, l’on remarquait dans le pavillon réservé aux matériaux de construction , une exposition d’un caractère tout spécial appartenant à, la a Société des houillères et briqueteries » de Budapest; elle se composait principalement, d’échantillons de pavés artificiels,, de diverses grandeurs, dits : pavés de « Céramite », de briques ordinaires, et d’un modèle à petite échelle d’une chaussée pavée avec les briques en céramite. A la suite des discussions soulevées récemment au sein
- . , O i -i k t'I •
- de la Société des Ingénieurs Civils, sur les pavages en bois et en asphalte, l’étude de ce pavage spécial peut présenter. quelque intérêt. , """ '
- Résistance de la céramite. — Les pavés en céramite, fabriqués parles établissements de la (( Société _des houillères et briqueteries >j à Rakos, près de Budapest, nont pas été obtenus tout d’abord avec la qualité actuelle; la •fabrication courante a été. précédée d’essais continués pendant 1 plusieurs années à partir de 1875, époque à laquelle les usines étaient peu occupées et cherchaient à utiliser les neuf grands fours Hoffmann, construits en vue d’une plus forte production.
- En 1878, grâce aux matières premières excellentes dont on disposait, ces travaux111 furent couronnés de succès, et les essais faits, aussi bien au laboratoire du Polytechnikum dé Budapest qu’à l’Académie royale des Arts et, Métiers-de: Berlin, 6ht indiqué des chiffres de résistance non rencontrés jusqu’ici pour la pierre artificielle : ’v’': ’v Vv‘- ' " '"'AV-
- Les essais de Budapest, conduits par'le professeur .T. Horvàth,
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- ont porté sur 10 cubes; les résultats à la compression ont été les
- , a i > ré-
- solvants :
- Kgs par N'° (Je l’essai ; c/m.q.
- 1. . . . 1896
- 2 . . . . 1902
- 3 . , . , 1910
- 4 . . . . 2023
- 3 . . . . 2166
- 1
- ]>.s cubes d’essai . ont été désagrégés à la limite indiquée
- Kgs par
- N° de l’essai c/m q.
- 6 ... ! 2364 1 ... . 2425
- 8 . . . . 2796
- * 9 . . 2562
- 10 ... . 3172
- I Cubes désagrégés A la | limite indiquée.
- ! Cubes restés intacts sous la pression ma-xima de la presse hydraulique.
- De ces essais faits concurremment avec d’autres essais sur 22 blocs de granit provenant de trois carrières différentes des environs, il est résulté que les blocs de granit ont été broyés par une charge minima de 866,20 kgs et par une charge maxima de 1631,62 kgs par centimètre carré, tandis que des dix cubes de céramite,, huit n’ont cédé que sous les pressions indiquées, et deux
- sont restés complètement intacts. e;s; i
- Les résultats obtenus à T Académie de Berlin par le docteur Bôhme , et s’appliquant à 23 cubes d’essai sont les suivants :
- DIMENSIONS ' N"» DIMENSIONS
- Nos DES CUBES- ' SURFACE LIMITE DES CUBES SURFAÇE LIMITE
- des comprimée de des. comprimée de
- long' (argf haut1 J eu résistance long’- largr' hautr eu résistance
- essais Centimètres cent, carrés kflS.p.c.in.q. essais Centimètres cent, carrés kgs.p.c.iu.q.
- ; i. : ii. ; • r- Si'- • -J \ U H -.--y • .. \ i
- 1 6.2 5.8 5.4 35.96 2 292 13 5.6 5.4 5.0 30.24 3 315
- 2 5.8 5.7 5.5> 32.96 2 350 14 .5.8 5.2=, 5.0 i J 30.16 2 800
- 3 5.7 5.7 5.4 32.49 ~ 2 283 15 „ 5.3 b&.ti 5.1 5.0 27.03 3 400
- 4 5.6 5.6 5.4 31.36 2 308 16 i 5.8 5 5.8 - ,i 34.180 3 041
- 5 5.9 5.5 5.2 32.45 2 317 17 5.8 5.8 6.0 33.64 3 437
- 6 5.8 5.3 5.1 30.74 2 628 18 *5.9 5.7 5.2 33.63 3 213
- .7 5.6 5.4 5.3 30,24 2 800 i 19 5.7 5.7 5.3 32.49 2 931
- 8 5.9 5.6 5.6 33.04 2 191 20 515 5.5 5.0 ! 30.25 3 645
- 9 6.0 5.7 5.5 34.20 2 574 21, ,5.3 5.3 4.8 28.09 3 704
- 10 5.7 5.5 5.2 31.35 2 878 22 5.-7 5.6 5.3 31.92 3 350
- 11 5.7 5.5 5,2 31.35 2 487; 23 i é.9;; :t 5.8 5.3 34.22 3 190
- 12 5.7 5.7 5.1 32.49 2 314
- 'uelihaxo -O'C - A.’*- • _ • . -, S
- Il résulte de ceÿtableau que la pésistancemiinima par centimètre carré a été de 2,lOlqkgSjjfql.a^ résistance.;maxima dq,^,70-4 legs ; la moyenne 65.448 CV.Q.ly.
- donne " - ^ ==: ’2,845 kgsépar Centimètre carre.
- V;iê ,/ 1 s'il ffiVUli ; UO-'-AQ-'’: ,
- Application pratique de la céramite. — A l’epoque où ces essais étaient faits, la commune de Budapest cherchait précisément à
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- 3
- îT
- Coupe suivant al>
- (xnc )
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- modifier les anciens pavages, ou à les remplacer par des matériaux répondant mieux que le simple granit aux exigences d’une capitale moderne. ~ ;
- Les essais à la compression ayant été répétés sur tous/les pavages employés jusque-là, les résultats obtenus ont mis. hors de doute les avantages de la « Céramite » au point de vtae de la résistance et de l’usure. - i ;i
- Restaient à étudier les j propriétés de ce nouveau pavé relativement au roulement des voitures-et aux sabot s'deà chevaux; c’est ce qui a été fait dès 1879". !..'..v *
- On a choisi dans une rue des plus fréquentées dé la ville de Budapest, qui conduit à la gare des marchandises du chemin de fer de l’État Hongrois, un espace de '1,070 mètres'carrés, et on a procédé à la pose du pavage; .
- Ce pavage se compose de deux couchesUnen distinctes à savoir: i.n la couche inférieure, qui n’est autre qu’un muraillement complet du sol'naturel, au moyen de briques ordinaires bien cuites, placées de champ, et 2° la couche supérieure formant le pavé proprement" dit,' composée de pierres en céramite de 20/10 centimètres et"8cl”-d*épaissem\ du petit modèle.
- La figure (À)/indique le système employé dans la rue de l’Université à Budapest, avec pavés grand /modelé 20/20/10cm.
- Procédé de pavage. — Pour poser Je pavage eii céramite, le sol naturel ést d’abord dressé conformément au profil..: de la rue, et soigneusement damé; sur le sol on. place simplement de champ des briques ordinaires bien cuites; ce/vbriques ont des dimensions de 30/11/9,5cm dans le cas d’emploi des pavés, petit modèle, et on en consomme alors 40 pièces par métré carré.; avec les pavés grand modèle (fig. ' A) elles'-.ont 30/14/14/1 et il en faut 20 pièces par-mètre carré/dans lés joints entré lés briques, on coule du mortier de cimént. Sur les briques vient alors une couche d’environ 2 centimètres de sable ordinaire qui reçoit les pavés de céramite plaO.es en diagonale sur l’axe de la chaussée et à sec; dans les joiptâ de ces pavés est coulé un mélange de :
- 1 partie de goudron de houille chauffé,
- 4 parties de poix ordinaire,
- 13 à 20 parties de sable (suivant la grosseur du grain de ce sable).
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- Au lieu de briques pour le radier de la chaussée, on peut parfaitement employer «le béton comme cela se fait avec l’asphalte; il.est dans tous les cas nécessaire d’attendre alors la solidification complète de ce béton avant de procéder à la pose des pavés; cependant le béton n’a pas été utilisé jusqu’à présent par la raison que la maison qui a obtenu ces entreprises, produisant elle-même les briques, celles-ci lui reviennent à 20 kreutzer (fr. 0,-40) par mètre carré meilleur marché que le béton.
- L’épaisseur des joints entre les pavés est généralement, de 10 centimètres; elle peut cependant varier suivant la grosseur du grain du sable mélangé au goudron et à la poix de remplissage, ce mélange devant s’introduire sans aucune difficulté dans les joints.
- Rues pavées en cèramUe à Budapest. — Le premier essai ayant été jugé très satisfaisant, on a procédé en 1881 aux pavages de la rue de l’Université, avec 1,127 mètres carrés, de la rue de l’Hôtel-de-Ville, 584 mètres carrés et de la rue de Kecskemét, 2,036 mètres carrés; en 1883 on a pavé en céramite la rue des Serpents,soit 800 mètres carrés, et enfin en 1885 le grand carrefour,à l’extrémité de la rue de Kerepes,'devant la gare centrale du chemin de fer de l’État Hongrois et comprenant 4,500 mètres carrés.
- Nous ne mentionnerons pas ici les applications multiples des pavés et plaques en céramite de moindres dimensions pour les cours ««et porches de presque toutes les maisons construites à Budapest dans ces derniers temps; cette seconde application présentant moins d’intérêt que le
- Vue en Plan
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- pavage de chaussées fatiguées par une forte circulation; la céramite a été appliquée dans ce cas à environ 20,000 mètres carrés!..
- Formas, 'poids et prix des pavés en "céramite.—La forme donnée aux 'pavés pour chaussées, a été choisie de telle sorte que le poids de chaque pièce soit aussi faible que possible et que cependant la résistance en cas de porte-à-faux en soit suffisante. La figure ci-contre donne le détail d’un pavé de grand modèle de 20/20/i0em.
- Quant aux poids et aux prix des pavés en céramite rendus à Budapest, ils sont indiqués dans le tableau suivant qui comprend aussiles pavés pour cours, et les plaques ordinaires.
- DÉSIGNATION DES MODÈLES des pavés en céramite POIDS de la pièce Kilogs PRIX du mille Florins DÉPI par mêtr. cai PIÈCES :xsé ré de pavage FLOUINS
- Grand modèle 20/20/10 °/ra 10 240 22 % 5,40
- Petit modèle 20/10/8’°/™.' . . . . . . . 4 110 46 5,06
- Plaques pour trottoirs 20/20/4%,,. . . 4 155 23 3,56
- Plaques striées,unësèüle teinte 17/17/2,6 1,7 140 34 4.76
- t— en deux couleurs 17/17/2,6 1,7 160 34 5,44
- Plaques pour cuisines 17/17/21' /,,, . 1,5 120 à 180, „ 34 4,08 à 6,12
- Les prix des'plaques pour cuisines varient suivant le nombre des teintes’. ' "y ; i
- Prix dit pavage en céramite. ’—f La dépense d’installation du pavage céramique, y compris le radier en briques ordinaires, et la main-d’œuvre, s’est élevé à Budapest pour pavés avec briques petit modèle à florins 8,85 ('.17 fr. 79) Q pour pavés avec briques grand modèle à florins (19 fr,. 20) le mètre carré.
- Ces dépenses peuvent se décomposer comme suit par mètre carré : ;
- Grand modèle PeLit modèl
- :L" Aplanir, dresser) damer le sous-sol.?:. .... .Florins.' 0.10 0.10
- 2° 40 briques ordinaires de 30/11/6,5 à 2 fr. pièce. . > — » 0.80
- 2° 'bis 20 — — 30/14/14 à-5;fr. — — 1.00 »
- f . 3° Mortier dejciment pour le joint des hjriques. . . — 0.16 0.16
- 4° Pose des briques et jointoiement des briques . . — 0.25 0.25
- 5? Couche de sable de 2 c/m., matière et main-d’œuvre, v— 0.10 0.10
- 6° 50 pavés de céramite de 20/10/8 à fr.s 110 0/00 . •-------- » 5.50
- 6° bis 25 * — — ' : 20/20/10 à fty 240 0/00.. — 6.00
- 7° Goudron, poix et sable pour joints . >„....... — 0.48 0.48
- a'ijgrt Pose dès piivés èt main-d’oeuvre du jointoiement. — 0.46 _ 0.46
- Totaèv--. . -V-.---------Florins. 8.55 ____________7.85
- 1. On peut prendre pour la transformation de la valeur autrichienne en francs le cours actuel de francs, 2,01 par florin.
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- A ajouter :
- 1° La quote pour la garantie (L'entretien delà ehanssée pendant les cinq premières années.....................Florins. 0.50 0.50
- 2° La quote pour les travaux de* réparation pouvant
- devenir nécessaires dans la même période.. . — 0.50 0.50
- D’on total par mètre carré..........Florins. 9,55 8 85
- En regard du prix du pavage en céramite, il peut être intéressant d’indiquer le prix des autres systèmes employés à Budapest; ces prix par mètre carré sont les suivants :
- 1° Pavage en céramite 'comme ci-dessus... \ Florins. 8.55 soit francs 17.79
- ( et — 9.55 — 19.20
- 2° Granit [des carrières de Maiithaüsen] . . ... - 10.76 _ 21.63
- 3° Bois imprégné (système Rüttger) . . . . ... — 9.50 — 19.10
- 4° Asphalte comprimé ... — 8.00 — 16.08
- 5° Asphalte double coulé ... - 7.15 — 14.37
- La garantie de cinq années pour l’entretien est comprise dans ces prix; le chiffre demandé et accordé pour cet entretien est le même pour la céramite, le granit et l’asphalte; ’ à savoir franc 0,50 par mètre carré et par an; pour le bois iï a été fixé par contre à fr. 0,60. ,:'1 no
- Il résulte de ce qui précède qu’au point de vue de la dépense de première installation, l’asphalte est la chaussée' la plus avantageuse; puis viennent la céramite et le bois, et en dernier lieu le granit.
- Quant à ï.T entretien, l’asphalte, la céramite et le granit sont comparables ; avec le pavage en bois ces dépenses sont augmentées de 1/5.
- Comparaison des divers systèmes de pavageù, Budapest. —Asphalte. — Au point de vue de l’égalité de la chaussée, l’on sait déjà ce que les récentes conférences faites au sein de la Société des Ingénieurs Civils ont fait ressortir à plusieurs reprises, à savoir que c’est l’asphalte qui satisfait le mieux à cette condition; on a fait ressortir aussi les inconvénients qui en résultaient à cause du glissement des chevaux. .f... , . '
- A Budapest l’expérience a démontré que la circulation des voitures dans les rues asphaltées diminuait beaucoup,, cette circulation se reportant de préférence sur les ^oies ^parallèles; leubruit des, voitures dans les rues asphaltées est dpnç ygduit au minimum
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- aussi bien à cause de la surface lisse quai cause de la réduction de la circulation.
- Les rues asphaltées de Budapest sont les rues de Hatvan et de Vàcz, les rues Dorothée, Palatine et Sébastien; puis la place Gizella en partie, et la place Christophe.
- Dans toutes, ces chaussées la couche inférieure a été formée de 20. centimètres de béton qui ne recevait la couche d'asphalte qu’après un séchage de . deux à trois jours.
- Bois. — Le pavage em bois a été établi en certains points de la ville, et notamment sur toute la longueur de 2 kilomètres du boulevard Andrassy (autrefois rue Radiale), le plus fréquenté de tous pendant l’Exposition. La superficie totale de ce boulevard est de 38,000 mètres carrés dont 30,000 mètres carrés ont été pavés en 1884 avec cubes en bois de sapin imprégnés d’après, le système Rüttger.
- Ce pavage présente au moment de la pose une surface aussi belle que l’asphalte, si la pose a été effectuée avec soin et tant que les cubes de bois n’ont pas encore été détériorés par les actions mécaniques auxquelles ils sont soumis; le bois a en outre l’avantage, d’offrir la rugosité nécessaire au sabot des chevaux. On a observé cependant que dès que les cubes commencent à s’écorner, les voitures éprouvent des secousses qui augmentent successivement et rapidement jusqu’à atteindre un degré insupportable.
- Céramite. — La céramite disposée avec soin, permettrait d’obtenir une surface lisse analogue, à celle des ^haussées en asphalte et en bois, mais plus dure que ces dernières ; cependant en vue d’éviter le glissement on a mis . des congés aux . angles (voir fig. Ç), ce qui donne il est vrai une prise aux sabots des chevaux, mais occasionne par contre un certain bruit, bien moindre cependant que celui occasionné par les pavés en granit.
- Granit. — En ce qui concerne le granit, on connaît suffisamment ses inconvénients; la surface rugueuse de ces pavés et leur usuré’vers la périphérie, qui a pour effet de né laisser subsister que des caMtés’ ^phefiiqués^ augmente encore le bruit; lés rodés des voitures ne foulent plus après un certain temps, mais ellé^1
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- sautent d’une calotte sur l’autre, ce qui est évidemment aussi désavantageux pour l’ouïe que pour les propriétaires, tenus de réparer leurs véhicules et pour les voyageurs. -„P v,
- Les pavages au point de vue hygiénique. —• La municipalité • de Budapest a étudié aussi la question au point de vue hygiénique.
- De-'ce côté, c’est'asphalte qui fournit encore la chaussée la plus recommandable, cette matière ne donnant lieu qu’à une usure minima dont les produits ne sont pas considérés comme nuisibles, et étant de plus hydrofuge.
- Il en est de même de la céramite avec laquelle on a constaté une usure presque nulle ; les poussières produites ainsi en très faibles quantités, ne présentent pas non plus d’inconvénients hygiéniques. La propreté peut de plus être parfaite avec un arrosage suffisant, sans que l’eau s’introduise entre les pavés et sans que le glissement soit augmenté comme c’est le cas,pour l’asphalte.
- Le granit présente déjà une usure plus forte, surtout en raison de sa surface rugueuse, et les cristaux résultant de cette usure paraissent être très nuisibles aux organes respiratoires; on sait de plus que ces chaussées sont facilement traversées par les eaux qui se rassemblant sous la couche de pavés, donnent lieu à des miasmes dont on peut se rendre facilement compte lors d’une réparation.
- Si l’on considère enfin le pavage en bois, c’est celui qui s’use le plus vite; laissant de côté la pourriture et les miasmes qui peuvent s’y rassembler grâce à la porosité de cette matière, ce qui ne peut être évité qu’en partie par l’imprégnation, il reste toujours à tenir compte des produits de cette usure qui ne sont autre chose que de fines parcelles de bois produisant un très mauvais effet sur les poumons.
- Bn résumé, les essais faits à Budapest tendent à établir les avantages de l’asphalte et de la céramite sur tous les autres procédés employés jusqu’à présent;
- L’asphalte coûte moins cher d’installation et d’entretien, et on ne peut lui reprocher que le glissement.
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- La eéramite coûte un peu plus cher comme installation première, les frais d’entretien sont les mêmes que pour l’asphalte, la propreté ne laisse rien à désirer, le glissement est évité complètement, et l’usure est presque nulle. Ilne reste donc que l’inconvénient. du bruit produit par le roulement des voitures, mais ce bruit peut être réduit à un minimum suivant la largeur donnée aux joints, et suivant l’amplitude des congés (voir la figure, p. 458).
- Le pavage en eéramite présente donc un intérêt particulier, qui le rend digne d’une étude plus approfondie en vue du pavage des grandes chaussées à forte circulation, sur lesquelles doivent passer de lourdes charges que ne supporte pas toujours l’asphalte, d’autant plus que par suite de l’élasticité de cette dernière matière, un démarrage est plus difficile que sur une surface lisse et dure, qui ne cède pas à la roue.
- En tous les cas une visite des rues de Budapest, indiquées ci-dessus, permettrait de se rendre compte plus exactement encore de ce qui vient d’être dit, que cela n’est possible par cette simple notice.
- Vienne, Août 1885.
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- ESSAIS
- SUR UINE
- M ACHINEX 'VAPEUR1
- SYSTÈME A. QUÉRUEL
- Construite par M, Æ. OIXESX^XIS
- ~.... COMPTE RENDU
- PAR M. A. QUÉRUEL
- L’essai, que M. Crespin et moi avons annoncé dans le procès-verbal de convocation du 6 mars dernier, a eu lieu à la date indiquée : le 15 de ce même mois.
- Le programme de cet essai consistait :
- 1° Relevé de diagrammes au moyen de deux appareils ;
- 2° Pesée de l’eau d’alimentation ;
- 5° Jaugeage de l’eau à l’issu du condenseur ;
- 4° Températures de l’eau injectée et de l’eau de sortie ; Calori• métrie.
- 5° Application du frein.
- DESCRIPTION DE LA MACHINE
- La machine est un bicylindre du type pilon à manivelles à 180°.
- La plaque sur laquelle est constitué l’ensemble de la machine est du type tubulaire et porte, de même fonte, les trois paliers qui reçoivent l’arbre.
- Les cylindres chemisés d’une même fonte, sont assemblés entre eux par un boulonnage et portés par quatre piliers tubulaires légèrement arqués. Disposition, du reste, très connue qui nous dispense d’entrer dans de plus amples détails.
- 1. La machine est installée dans les ateliers de M. Collin. 3U, rue Saint-Sébastien, à Paris.
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- Les particularités qui distinguent cette machine sont :
- Les orifices de distribution à larges sections et en ligne droite, sont aux extrémités des cylindres? Le petit cylindre porte quatre orifices dont deux pour l’admission et deux pour réduction. Le grand
- En somme, les trois orifices d’un même bout de cylindres sont en prolongement d’une ligne droite et l’on peut les traverser en file par une tringles droite. "*
- Les brides de raccordement des deux cylindres sont ondulés de telle manière qu’ils réservent une capacité intermédiaire entre eux.
- C’est dans cette capacité que se meut le tiroir dit : de transvasement. Nous n’entreprendrons pas de décrire en détail cet organe : disons
- simplement que ce tiroir est compensé et équilibré de manière à assurer sa fonction dans les conditions les plus satisfaisantes d’étanchéité.
- Au côté opposé du petit cylindre se trouve la capacité dite : boîte du tiroir initial.
- Ce tiroir, ainsi que celui de transvasement, est partagé en deux parties pour desservir les orifices des cylindres dont l’espacement est un peu plus grand que la course des pistons.
- Le tiroir initial est du type Farcot avec des modifications qui permettent l’introduction jusqu’à 0.70 de la course du piston et donne une fermeture aussi rapide et aussi nette que les systèmes à déclic les plus en crédit. Les diagrammes de la machine en témoignent.
- La détente est produite par un régulateur type Larrivière modifié. La pompe de ce régulateur, actionnée par le prolongement de la tige du tiroir initial, envoie la vapeur ainsi comprimée dans un petit cylindre placé dans l’axe de butée des tuiles de détente. Dans ce cylindre, qui reçoit la vapeur comprimée par son milieu, sont deux pistons qui s’écartent par la poussée de la vapeur, et agissent par leurs tiges sur les tuiles de détente. Une disposition mécanique relie et solidarise le. mouvement des deux pistons, et les quotités d’admission sont.indiquées à l’extérieur sur un cadran. Cette disposition cinématique réalise fia correction des inégalités proportionnelles de course engendrées par l’obliquité, de la bielle.
- Afin de compléter ce système et donner une régularité parfaite à la vitesse dé dotation a la machine, un très petit régulateur conique Bull. 31
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- règle l'échappement de la vapeur comprimée dans l’appareil, de détente.
- Ainsi donc, la vapeur de la chaudière arrive dans l’enveloppe du petit cylindre, pénètre par l’ouverture d’un registre à tiroir dans la boîte initiale, entre en distribution dans le petit cylindre, sort après fonction par l’orifice opposé, traverse en droite ligne le tiroir de transvasement, travaille dans le grand cylindre, sort, ensuite par le même orifice et débouche dans la capacité intermédiaire pour, de là, , se rendre au condenseur. Ce condenseur est formé, de l’un des piliers arqués qui soutiennent le grand cylindre. ,......
- La pompe à air est à fourreau ; elle reçoit son mouvement au moyen d’une paire de balanciers attelés sur la crosse du grand piston. Sa course est moitié de celle du piston.
- La pompe alimentaire est placée sur l’un des côtés de la pompe à air; elle reçoit son mouvement de Lun des balanciers. Sa course est le quart de celle du piston.
- L’arbre de la machine est à deux coudes à 180 degrés l’un de l’autre ; il porte deux excentriques, un pour l’initial, l’autre pour le transvasement.
- Tous les mouvements de cette machine sont verticaux et aucune pièce, aucun organe n’est en pénétration dans le soL b"
- DISPOSITIF POUR L’EXPÉRIENCE ( ^ •
- Chaque cylindre avait été muni de deux robinets pour la fixation de deux appareils à relever les courbes de pression.
- Le premier appareil était un « Thomson », le second, un « Richard ». On plaçait ces deux appareils de telle sorte que l’on pût prendre les courbes successives des deux cylindres, c’est-à-dire d’une même vapeur dans sa double évolution. Ainsi la vapeur a du petit cylindre ayant inscrit sa courbe de pression à l’appareil Thomson, devenant A par le transvasement, inscrivait pendant cette seconde phase sa courbe négative au Thomson, pendant qu’elle inscrivait sa courbe positive au Richard. >0 v •„
- En sorte que cette concordance bien établie nous a permis de recueillir des diagrammes qui relatent les .effets successifs,d’un même volume de vapeur — conditions essentielles pour une -ana-
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- Bien que nous ayons eu à notre disposition un réservoir jau-* geable pour l'eau d’alimentation, nous avons établi un réservoir spécial sur une balance bascule. De cette façon l’eau d’alimentation a été pesée.
- Dans l’étude de la machine, la question du jaugeage de l’eau de sortie du condenseur a été prévue. s
- Une gaine cylindrique en cuivre de 0m 25 de diamètre et de lm 20 dé "hauteur a été établie pour jauge permanente des eaux du condenseur. L’écoulement se fait par le fond de ce cylindre il est réglé par une rondelle tournée et amincie en sa paroi.
- La vitesse d’écoulement et son coefficient de contraction ont été vérifiés par deux épreuves; elles sont conformes à la formule
- v = \J 2 g h
- Le coefficient de contraction est 0,621.
- La température de l’eau à injecter a été prise un grand nombre de fois dans le réservoir et dans le courant remous causé par le jet de la pompe de puits.
- La température de l’eau de sortie était notée de 5 minutes en 5 minutes sur l’observation de deux thermomètres.
- Pour l’application du frein on a dû, par nécessité, ajouter une poulie-volant de 3 lionnes. 'Ce deuxième volant était monté sur l’extrémité de l’arbre en dehors de tout palier, par conséquent en porte-à-faux; condition manifestement désavantageuse par ces deux motifs : aggravation de la charge d’une part, et porte-à-faux de l’autre. Un supplément de graissage a été nécessité par réchauffement accidentel du palier-porte-charge.
- Enfin, la vitesse de la niachine était contrôlée par un compteur.
- L’appareil générateur de vapeur se compose de deux chaudières : la première semi-tubulaire à bouilleurs et à tubes de 35 à 40 ma. de surface de chauffe. La deuxième est une chaudière à bouilleurs de 25m2. de surface dé!'chauffe. Cette dernière était en réparation.
- L’expérience et celles qui ont eu’ lieu ultérieurement et dont nous parlerons plus loin, ont été faites uniquement avec la chaudière semi-tubulairè; Cet appareil, en médiocre état, était peu propre pour l’expérimentation;’‘les* fuites, m'aintes fois observées, s’élevaient à 35 millimètres d’eau perdue en 11 heures, soit 14 litres par heure.
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- Pour l’exactitude des résultats il y a donc eu lieu de tenir compte de ces pertes. .
- TABLEAU Nü 1.
- Dimensions nécessaires pour les calculs. 1
- SIGNES DÉSIGNATION PETIT CYLINDRE GRAND CYLINDRE
- £ Diamètres des pistons — des tiges Surlàces des pistons, haut — — moyennes .... Cubes engendrés, moyens Course des pistons Espaces nuisibles proportionnels, moyens 0m,315 0,050 O"'2,07793 0,07695 O'"3,05587 ir,726 0,04833 0m,600 0,075 0™1,28274 0,28053 0,20280 0"1,723 0,3223
- ESSAI AU FREIN Dü Ri MARS 1885
- Les observations pendant l’essai ont été faites par six opérateurs:
- Deux opérateurs aux appareils à relever les courbes de pression.
- Un observateur enregistrant les pressions indiquées par un manomètre sur la boite à tiroir initial et les admissions dans le petit cylindre indiquées au cadran de détente à chaque relevé de courbe;
- Un observateur aux thermomètres de l’eau de condensation en sortie enregistrant ces températures et les hauteurs de charge au-dessus de l’axe de l’orifice d’écoulement;
- Un observateur de niveau d’eau à la chaudière et à la pesée de l’eau d'alimentation; . ,
- Un observateur du frein aidé par trois hommes pour le serrage et le- mouillage du volant-poulie.
- La durée de l’essai a été de trois heures et dix minutes.
- Les diagrammmes tirés de 5 minutes en 5 minutes et les observations relevées aux mêmes instants. ’
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- — m —
- TABLEAU N° 2.
- Essai du 15 mars 1885. Résumé des notes d’observations.
- DÉSIGNATION TOTAUX PAR HEURE
- Durée de l’expérience : 3 h. 10 m. Rev.
- "Nombre de tours de la machine . . . 10.758 3394,1
- Eau d’alimentation pesée 1.442"
- Dont à déduire les Cuites constatées de
- la chaudière 44k
- Eau d’alimentation nette par heure . . 441"
- Eau sortie du condenseur 50345‘,:1 15900s3
- Température de l’eau d’injection . . . 13» ,30
- Température moyenne de l’eau de sortie. 30°,137
- Température acquise. . - 16° ,837
- Rayon du frein 2-,32
- Poids total du frein 371"00
- Travail de la pompe de puits à ajouter
- en kilogm 72""’
- De ces observations e.t des calculs préliminaires qui annonçaient une dépense d’eau d’alimentation de 12 pour centplus élevée qu’elle n’était il y a 2 ans, il résultait que des désordres d’importance secondaire s’étaient produits et qu’il y avait lieu de vérifier les organes internes de la machine.
- On a reconnu, en effet, 1° que les ressorts qui pressent les tuiles sur le dos du tiroir initial étaient trop adoucis par l’usage et qu’il y avait lieu de leur donner un peu de bande. — 2° que le tiroir de transvasement avait par les mêmes raisons été affaibli dans le ressort réactif entre les deux surfaces et qu’il y avait fuite au premier moment de mise en communication. Désordre d’ordre inférieur qui, tout en entamant l’économie du fonctionnement, n’avait encore pu être remarqué par l’industriel qui faisait usage. 1
- Toujours satisfait du fonctionnement économique de sa machine, M. Collin n’avait pas cru devoir la faire visiter et nous assurait de la continuité de son bon état.
- L’épreuve, devons-nous le faire remarquer, a eu lieu dans des conditions défectueuses et, si les- résultats pi’ont pas été ceux qui appartiennent réellement à la machine, ils n’en ont pas moins été supérieurs et de beaucoup à ceux des machines les plus en renom.
- Nous aurions donc pu borner notre communication à l’énoncé des résultats bruts de l’essai, mais nous avons considéré que le travail
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- serait incomplet et indigne d’être présenté devant une société savante s’il n’était accompagné d’une analyse qui mette à jour les différents phénomènes de l’épreuve ; c’est un travail aride et fatigant, nous en convenons, mais qui ne sera pas sans utilité pour l’avancement de la science de la machine à vapeur.
- Nous ne donnerons donc, tout d’abord, que les résultats sommaires du frein, nous réservant de ne produire les résultats analytiques qu’avec trois autres observations destinées à corriger la première.
- Travail effectif :
- T V Y) T)
- T m — ——= 68cllï 05 60 X 75
- -|- travail do la pompe de puits 0 95
- Total du travail effectif 69chx 00
- Dans laquelle,
- r = 2m320, levier du frein.
- n = 56r 621, révolutions à la minute.
- p = 371k000, poids effectif sur bras du levier.
- Le rendement de l’indiqué à l’effectif est :
- Frein 69ch 00
- ------ --- () LM
- Rend1 indiqué 75,83 ’
- Le dénominateur 75,83 est pris dans le tableau du résumé des quatre essais. L’épreuve du 15 mars est sous la lettre B.
- Cette première étape établit que la machine a un rendement ordinaire de 91 0/0 malgré la disposition défavorable du frein sur un volant en porte-à-faux.
- Après avoir remédié au désordre des organes en donnant le serrage convenable aux tiroirs, deux épreuves ont été faites sur la machine en service courant. La première, le 29 avril, sous l’indication de la lettre C; la deuxième, le 2 mai, portant l’indication D.
- Les essais comprennent :
- 1° Jauge de l’eau d’alimentation; ,, ; ,
- 2° Jauge de l’eau de condensation;
- 3° Chaleur acquise par cette dernière ;
- 4° Relevé de diagrammes doubles et concordants.
- , Pendant l’essai du 2 mai, une extraction partielle de l’eau con-
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- densée dans la boîte initiale a été pratiquée. Cette extraction a été*13d3,30.
- A ce sujet de purges nous devons dire que, pour des raisons de convenance de l’industriel, le système de purges des enveloppes, et des boîtes à vapeur a été modifié et altéré. L’extraction partielle du 2 mai avait pour but de corriger les mauvais effets causés par la suppression partielle de ces purges.
- Le tableau qui suit résume les quatre essais dont nous avons parlé.
- La première ligne, sous l’indication de la lettre A, contient le résumé de six diagrammes doubles pris dans une série relevée le 23 janvier 1883.
- La deuxième ligne, lettre B, donne là moyenne de 12 diagrammes doubles pris dans la série de 32 diagrammes relevés pendant l’essai au frein du 13 mars 1883.
- La troisième ligne, lettre C, donne la moyenne de 10 diagrammes doubles relevés le 29 avril 1883.
- Enfin, la quatrième ligne, lettre D, donne la moyenne de 10 diagrammes doubles relevés le 2 mai 1883.
- Diagrammes moyens tirés pendant l’essai du 15 mars 1885.
- ORAND CYLINDRE.
- Mach. n° 7.
- Date in mars 85. Ressort 30 ,n/m. Adm. 6,20.
- Press. 7k,82.
- Vide 0,71.
- atm... 1.033.
- ....... 0;> Yil
- PETIT CYLINDRE.
- Mach. n° 7.
- Date 15 mars 83. Ressort 8 "'/m. Adm. 0,20.
- Press. 7k,82.
- Vide 0,71
- atm.
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- TABLEAU N° 3
- Machine système Queruel n° 7, construite par M. A. Crespin, à Paris. Résumé des quatre expériences faites chez M. Collin, rue Saint-Séhastien, à Paris. Petit Cylindre Grand Cylindre
- DÉSIGNATION PRESSIONS f P C/3 -pq P Cd C# POIDS PRESSIONS PUISSANCES POIDS
- W ffu DE LA VAPEUR DÉTENTE TOTAL DE LA VAPEUR INDIQUÉES DE VAPEUR
- SÉRIES ) cn P c-* • < P cn cq < w H A J-H Z HH cn H P < 2 M MOYENNES INDIQUÉES | DIFFÉRENCES EN MOINS^ SUPPLÉMENT PAR GRAND CYLINDRE j ADMISSIONS DE Y EN DÉCIMALES puissanc: EN CHEVAUX 1ND1 PAR HEURE \ Qo P O» 3 5 o Cn P > H W P INITIALES GRAPHIQUES \ i CALCULÉES PAR FINALE j CALCULÉES PAR CHUTE | C/3 a < 'S, MOYENNES INDIQUÉES | C/3 P r.n o M z * s Z 5 a w r-< ^ § S W pq C g S Z •< P a p < H &H O c-l P ce P a P O1 P CHEVAL INDUSTRIEL ^ 4
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 J 2 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22
- kil. kil. kil. kil. kil. course chev. kil. kil. kil. kil. kil. kil. kil. kil. volum. chev. chev. kil. kil.
- A 23 janv. 83 7,515 1,527 3,173 0,0333 0,2360 0,2236 44,77 331,2 7,387 1,396 1,452 1,393 0,407 0,626 0,0085 15,82 32,09 76,86 350,07 4,560
- B 15 mars 85 7,256 1,702 3,034 0,2395 0,3160 0,2553 42,65 363,9 » 1,496 1,618 1,539 0,460 0,651 0,0561 13,49 33,25 75,83 394,60 5,193
- C 29 avril 85 7,522 1,681 3,110 0,1752 0,6200 0,2399 42,83 352 8,193 1,494 1,675 1,520 0,471 0 645 0,0677 13,637 32,24 75,07 398,79 . 5,310
- D 2 mai 85 8,222 1,607 3,142 0,1887 0,2870 0,2138 42,81 334,8 7,823 1,402 1,512 1,470 0,443 0,594 0,0522 16,01. 29,36 72,17 361,60 5,030
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- Je ne reviendrai pas sur la méthode de calcul du diagramme, méthode d’ailleurs exposée maintes fois en séance L Ce sont au surplus des travaux fort longs qui nécessitent l’emploi de nombreux chiffres., et, pour en donner une idée, les quatre lignes du tableau donnent le résumé de calcul de 184 diagrammes qui n’ont pas nécessité moins de 25,000 nombres et l’emploi de 76,000 chiffres.
- Lorsqu’il s’agit d’analyser un essai sur le diagramme, la vérification de la courbe positive est l’opération la plus importante. L’écart entre la courbe recueillie et la courbe théorique indique l’état interne de la vapeur.
- La colonne 6 du tableau donne la moyenne différence en moins de cet écart pour le petit cylindre. La colonne 17 indique l’écart en moins dans le grand cylindre.
- Les nombres de la colonne 7 proviennent des différences en moins entre les pressions initiales calculées au grand cylindre et celles qui résultent de la reconstitution de la courbe théorique par la pression finale de ce même cylindre. Ces différences du grand cylindre reportées au petit cylindre sont nécessairement multipliées par le rapport 4, afin de lui donner la valeur qui lui appartient.
- Les nombres des colonnes 6 et 7 ajoutés à ceux de la colonne 5, pression moyenne indiquée, donnent le travail théorique qu’aurait du engendrer le poids de vapeur en fonction dans le petit cylindre.
- Le nombre de la colonne 17, ajouté à celui de la colonne 16, pression moyenne indiquée sur le grand piston, donne le travail théorique du grand cylindre. ?
- En ajoutant ces deux travaux théoriques on arrive à Légalité sensible avec la formule :
- Q
- Ce qui fait là preuve^ de la justesse des opérations, ainsi que nous allons le voip dans les tableaux numéros 4 et 5.
- :1. Séance du 4 octobre 1878, pages 725 et 871. Séance du 2 mai 1884, page 573.
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- TABLEAU N° 4
- Essai B au frein, du 15 mars 1885.
- Calculs pour servir de preuve de justesse de l’établissement de la courbe théorique de détente.
- PARIA FORMULE N 0 1 m PAR T l-TQ PRPQQinxrc i vnirmiiTrc ; —;
- q~ ( Puf K n po\ n p ; *Vr -p LES DIFFÉRENCES AU-DESSOUS DE LA COURBE THÉORIQUE
- NOMBRES LOGA- RITHMES NOMBRES NETS NOMBRES LOGA- RITHMES NOMBRES NETS
- - S P 7k256\ .-. ? A. . . ?... . . V lm3 .. -, . 2 Kn 33,860km- . n 13vol49. .A. . .. po 0h 155 :x 10,000‘ - = . . . . S à 7k256 . ;•>. ... 13' 49 1.530 » J,13001 3,19039 4,32034 .0,86070 Petit cylindre P-, Pression moyenne indiquée. . -f Différence entre courbes. . . -j- Supplém1 par grand cylindre. 3k034 0 239 0 316
- Nombre concret en log. . 3 589 0,55531 1,14796 -
- y -U- ‘ -, . A « :3- -• P. . ; . . - \ • 7k256 1,70330 50dix50
- • _
- C.* .2? -i. "0 ’-j. ‘ 2,882k 3,45964 ; ~ Grand cylindre
- 8 à 7*?â86“ decsité .2. . ... . . Tm 1 jcchéval-heure: '. .... ' 3k793 270 000 V 0,57898 5,43136 p-_Pression moyenne indiquée. . -{--Différence entre courbes. . . 0k65i ~ 0 056 0 710 9|85126 1 <70788
- <..À '.V '•£ O ‘X’*' .'1* h-*», 6,01034 4-' " Nombre Concret en log. .
- Kn iW1f° =: 39)978 =À log. . '. p 7,236 — S .g v.. :. . . 4,49103 0,86070 r-, • 1, 35914 ' r 36 24
- : •• Tm En chevaux A 86 74 2
- Q Poids de vapeur. ...'.. Tm ......... 394k60 86 74 2|59616 1,93822 >
- £*•* If. ~ :A'-' ' . 5,35175 .. S
- q ' Poids de vaprpar cliev. et heure 0,65859 4^556 q Poids de vaprpar cliev. et heure 0,;65794 . 4k530
- - . .. ' ' :
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- TABLEAU N°
- Résumé de la vérification de la courbe théorique. q exprime le poids de vapeur par cheval indiqué.
- DÉSIGNATION 1 DES EXPÉRIENCES PAR LA FORMULE >.ti/ 8T" (p,k.!£) PAR l’ordonnée moyenne DU DIAGR. PLUS LES DIFFÉRENC. ENTRE COURBES THÉORIQUES ET GRAPHIQUES DIFFÉRENCES entre ç, et
- A qt 4k,344 ÇS 4k,342 + 0k,002
- B q, 4, 556 q, 4,550 + 0,006
- C ,f çt '4, 469 * ?.. 4, 461 4- 0, 008
- D Al 4,356 4, 451 — 0, 095
- Afin que l’on puisse vérifier le mode de calcul, nous donnons un exemplaire de chaque opération. Le tableau n° 4 donne la double opération de contrôle de la courbe théorique. Le tableau n° 5 est le résumé de quatre opérations semblables dont la concordance est très satisfaisante pour l’analyse.
- POIDS DE VAPEUR CONSOMMEE
- Le critérium principal du fonctionnement d’une machine est le poids de vapeur consommée par cheval et par heure.
- Or l’essai A dp. 23 janvier 1883 donne la valeur 4k,560 de vapeur pour cette consommation, tandis que les trois essais B. C. D. considérés par leurs diagrammes, donnent une moyenne de 5k,177; c’est-à-dire 12 0/0 d’augmentation de ce chef. *
- Quelle est la cause de cette perturbation constante et marquée? On ne peut l’attribuer au désordre passager qui a été constaté pendant l’essai du 15 mars, puisque létaux du fonctionnement 5k,!92 est sensiblement égal à 5k,170, moyenne des expériences B et C qiui ont été faites après ce redressement. *
- ' Il faut donc chercher ailleurs. Notre première pensée a été de vérifier le fonctionnement des purges des enveloppes; nous avons reconnu que, à part la suppression de la purge permanente de la boîte à tiroir initial,, suppression pour laquelle nous faisons*des réserves, les-purges des enveloppes étaient efficaces et leur fonctionnement normal.
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- Restait la qualité de la vapeur.
- Quelle différence pouvait-il y avoir entre la vapeur du 23 janvier 1883 et celle de ces jours derniers? ,r ; -
- On n’est pas encore bien fixé sur les causes de saturation d’eau de la vapeur; certaines chaudières donnent de la vapeur relativement sèche; d’autres, au contraire, dans des conditions qui semblént’plus favorables à la production de la vapeur sèclie, donnent une vapeur très chargée d’eau.
- Quelques praticiens, chauffeurs attentifs et observateurs, m’ont affirmé qu’ils se tenaient plus aisément en pression, pour un travail donné, avec un niveau d’eau élevé aux chaudières qu’avec un niveau d’eau bas. Ils prétendent employer moins d’eau à l'alimentation et brûler moins de charbon. C/est un fait qui reste à vérifier et, quoi qu’il en soit, je me souviens d’avoir assisté à la mise en marche d’une machine demi-fixe de mon système, avec un niveau d’eau perdu au-dessus du tube indicateur. Néanmoins, la machine a fonctionné sans accident depuis 6h,55 du matin jusqu’à 8h,55, C’est-à-dire pendant deux heures pleines, sans aucune alimentation: rIl a fallu ce laps de temps pour descendre au niveau réglementaire fixé à la demi-hauteur du tube. M
- Cette machine, au service des Postes et Télégraphes, produisait alors 46 chevaux indiqués; la consommation d’eau était 240 à 250 kil. par heure, soit un demi-mètrë cube1 environ,1 pour les deux heures.
- Ce fait m’a frappé, car je n’ai rien remarqué d’anormal * dans la marche de la machine et, malgré ce surcroît d’eau qui obstruait la chaudière et réduisait5 considérablement le plan d’évaporation, la vapeur m’a semblé d’aussi bonne qualité que!de coutume.- 1
- Je ne serais donc pas éloigné'd’admettre, par suite de cette 'observation, que l’épaisseuf de la couche d’eau au-dessus des surfacës chauffées ne soit pas indifférente au degré de saturation ’d’eaii de la vapeur. • 1 n -
- Mais cette digression, utile-à certains égards*,’ne nous donne pas l’explication que nous cherchons.“ Peut-être les conditions de! fourniture de vapeur nous donneront-elles plus de lumière.
- Pendant le relevé des courbes du 23 janvier 1883, la vapeur était fournie par les deux chaudières que nous avons décrites. Partagée dans ces deux générateurs, l’ébullition était nécessairement très calme et la vapeur qui en sortait très peu chargée d’eau. De plus
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- la purge de la boite à vapeur initiale existait, l’eau de cette boite retournait directement à la chaudière, y portant des traces d’huile qui favorisaient la production de la vapeur sèche. La tuyauterie,, à cette époque, était de section insuffisante, l’écoulement de la vapeur des générateurs à la machine devenait en quelque sorte constant. L’intermittence, on le sait, provoque l’ébullition tumultueuse dont la conséquence est la saturation. Ces causes réunies, deux chaudières, la purge de la boîte et une canalisation restreinte, ont livré une vapeur faiblement saturée< d’eau qui a fait que la consommation de vapeur était à ce moment (Essai A du 23 janvier 1883) 4k,560 par cheval indiqué. La vaporisation pendant les détentes dans les deux cylindres accusait une augmentation de poids de vapeur de 0,048.
- Dans l’essai B au frein, du 15 mars dernier, les conditions de fourniture de vapeur n’étaient plus les mêmes; au lieu de deux générateurs il n’y avait plus qu’une seule chaudière, plus de purge initiale et la canalisation rectifiée, présentait une section suffisante pour, créer l’intermittence de l’évaporation.
- Les troisa séries de^ diagrammes B C D, qui ont été relevées dans ces conditions, présentent toutes ce caractère, défaire apparaître pendant; le,s détentes successives dans les deux, cylindres, une nouyeljè vapeurvdont le poids est de 13 0/0 supérieur à celui attribué,par l’appareil des détente, soit 0,082 (Supérieur à l’essai A.
- De ces comparaisons on peut . donc conclure que les expériences récentes B ,(3, D sont empreintes d’un élément perturbateur, c’est-à-dire faites avec une ,vapeur très ^saturée d’eau que l’analyse fixe à 14 ou 15 0/0 du poids total..,t ,, i;. , ^ 1 uVe,
- L’explication du passage de 4k,560, poids de vapeur à celui de 5j',177 reconnu ultérieurement, n’a pas d’autre cause.
- Nous allons.,examiner maintenant le poids supplémentaire d’eau d’alimentation constaté dans l’essai B du 15 mars.
- Mais avant d’entre^ .dans cet examen, particulier, nous devons jeter un cpjupfd’œil sur. la, .partie. similaire .des essais postérieurs CD,
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- JUSTIFICATION
- DE LA POSSIBILITÉ d’APURÉCIER ET DE FIXER TRÈS APPROXIMATIVEMENT LES POIDS DE VAPEUR ET LES CALORIES QUI TRAVERSENT LES CYLINDRES DES MOTEURS A VAPEUR.
- Sur ce point très délicat, nous avons attaché tous nos soins pour éliminer les causes de trouble et d’erreurs afin de déterminer exactement les valeurs cherchées.
- Pour arriver à ce résultat, nous avons relevé sur les trois séries les plus intéressantes, celles que nous étions en mesure de contrôler par la calorimétrie, les poids de vapeur accusés par les diagrammes.
- Ces poids comparés avec ceux des pesées d’eau d’alimentation nous ont fourni les valeurs inscrites dans le tableau n° 4.
- Nous remarquons à l’essai B que les 20 diagrammes non calculés en toutes leurs parties, le poids de la vapeur seul relevé, donnent un nombre 392k,6.Ce nombre est fort rapproché de celui 394k,ô résultant des 12 diagrammes pris à peu près indistinctement parmi les 32 composant la série B. Ce fait est très explicable : on travaillait au frein, c’est-à-dire à puissance constante. Néanmoins on peut reconnaître ce qu’il y a de sérieux et d’exact dans ce genre d’analyse.
- La moyenne de ces deux valeurs étant de 1 kil. au-dessous seulement du chiffre précédemment trouvé, nous n’avons pas cru utile de retoucher le travail pour une aussi mince différence.
- 394k,6 reste donc la valeur de Q.
- 46k,4 le poids de vapeur et d’eau échappé, soit par fuites, soit par eau entraînée, forme le complément des 441 kilogrammes d’eau pesée introduite pour l’alimentation de la chaudière.5 Cette différence sera spécifiée à l’article de la calorimétrie. ?
- L’essai C présente en comparaison deux valeurs un peu plus distantes pour chaque demi-série de diagrammes : 12k,50 de différence. La moyenne de ces deux nombres 392kj54 est très sensiblement la même que celle de l’essai B (393k,6) ce qui implique une puissance moyenne à peu près égale à celle développée avec le frein, ainsi
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- qu on le voit à la colonne 20 du tableau n° 2. Mais cette puissance n’a pu être constante et toujours en harmonie avec les 20 diagrammes à cause des intermittences de puissance employée. C’est ce qui fait que! le poids de vapeur semble être supérieur de 9 kilogrammes à celui de l’eau alimentaire.
- Pour ce point, c’est à la calorimétrie que nous demanderons des éclaircissements.
- L’essai D du 2 mai, par suite des variations de puissance, présente des valeurs un peu plus écartées. Entre les 10 diagrammes calculés et les 24 diagrammes non calculés, il y a 35 kilogrammes de différence.
- Cependant en faisant la moyenne de ces deux valeurs on arrive à 6 kilogrammes près de celle des deux précédents essais.
- Cette dernière moyenne est sensiblement7 l’égalité avec le poids de l’eau d’alimentation, la différence en moins étant de 2k,!5,
- 1
- c’est-à-dire pour cent.
- De cette étude, il ressort clairement que l’essai B au frein, celui qui a été. suivi par un certain nombre de membres de la Société, a été altéré par les désordres des organes internes de la machine, et qu'il y a eu 46 à 47 kilogrammes d’eau d’alimentation qui, tant,en, vapeur qu’en eau transportée, ont passé à travers les organes sans produire de travail.
- La quotité Q de vapeur inscrite dans les diagrammes du grand cylindre est au contraire constante pour les trois essais.
- j 1> 75 ch-ï-83 = 393k 60 0 75 07 = 392 54
- D 72 17 = 386 45
- TABI.EAi: A" 6.
- Poids de vapeur sensible et eau pesée
- B. ESSAI UU 15 MARS C. ESSAI DU 29 AVRIL D. ESSAI DU 2 MAI
- VAPEUR S KAli TAPEl'It EAU vapeur EAU ;
- venant du labl. 2 u*.q .U/> Série non càücul, 301,6X0,5 I ^ - 1,392 ,*6X0,5 ICY7 Qft 398,79X0,5 386,30X0,5 199,39 193,15 361,6X10 106,45 280,00
- ItLf ,oU 196,30 A 34 396,8X24
- : f i ’ ' Si
- .'Eau-alimentaire . 441,00 383,50 388,60
- Moyenne .... u onpilq 393,60 392,54 386,45
- Différencié'4-' — 10 p x 9,04 2,15
- \ .'ii- !'s 1 ; 1. 441-, 00 441,00 392,54 392,54 i i 388,60 388;00
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- Puissance théorique et puissance indiquée. Rendement.
- ESSAIS THÉORIQUE Tn, 1NDIQDÉ RENDEMENT RENDEMENT l
- I 2 :i moyen (4)
- ,..f, v, chevaux - -chevaux -T'-’ f ! :
- A, B "u C D (. 80,77 • . 86,74 89,41 81,24 76,86. 75,83 75.07 72,17 0,875 0.840 0,889 0,952 Les nombres de la première colonne sont formés de la puissance indiquée T,„ plus le complément entre les courbes graph. et théo-
- 2,604 0,868 riques.
- 3
- Par lé rapprochement de valeurs donné par ce tableau on reconnaît la constance de consommation dans les trois essais B C D, leurs rendements étant sensiblement les mêmes et en écart moyen de 9 pour cent de celui de l’expérience A.
- L’influence de la vapeur très saturée d’eau dévient donc dé plus en plus manifeste et c’est à cette cause qu’est dûTaccroissement de consommation de vapeur que nous avons constaté. "
- De 4k,560 qu’elle était avec vapeur relativement sèche à 5 0/0 d’eau, la consommation s'est élevée à 5k,177 avec de 'la vapeur à 15-0/0' d’eau. ’ - °v"- ' ' - /y"-
- PRIX DE REVIENT DU CHEVAL EFFECTIF
- Le travail industrierile“la”machine Toumise aux essais peut être évalué à 69 chevaux effectifs et constants.
- Les personnes qui ont assisté à l’expérience ont dû remarquer la qualité inférieure du charbon. Le prix de ces charbons est de 19 francs les 1,000 kilos rendus.
- Or, 2,000 kilos de ce charbon, allumage compris, fournissent 33 heures de marche, soit .60k,6 à l’heure.
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- Pour produire 69 chx effectifs,
- 60,6
- on-p = *878
- et en coût -8-'8 * 19 = 0fr 0167
- 1.000
- C’est de la force motrice qui revient à 1 centime et deux tiers par force de cheval effectif et par heure pour son combustible.
- CALORIMÉTR1E
- Lorsqu’il s’agit d’observations expérimentales sur des moteurs à vapeur, la„calorimétrie est indispensable pour contrôler et compléter l’analyse de ces observations.
- M. Jules Armengaud l’a bien certainement compris ainsi, et c’est pour ce motif et en vue de l’avancement de la science, que mon estimable contradicteur m’a donné de bienveillants encouragements pour continuer mes recherches dans cette question encore obscure.
- Pour répondre également aux critiques, très courtoises d’ailleurs, de notre honorable collègue, M. Piarron de Mondésir, qui à émis des doutes sur la rectitude de mes procédés d’analyse et de calculs, j’ai' mis en un tableau ci-après les calculs en détail des trois essais calorimétriques qui font l’objet de ce mémoire.
- u u..
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- 3' S
- NOMBRES
- LOGARITHMES
- CALORIES
- NOMBRES
- LOGARITHMES
- NOMBRES
- LOGARITHMES
- CALORIES
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- b£)
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- TABLEAU N° S bis
- Galorimétrie des trois-essais B. C. D.
- CHALEUR RECUEILLIE
- CUBE DE' L’EAU ESSAI B ESSAI’ C 1 ESSAI Jt •
- DE Zfl j: ~ zO é
- CONDENSATION ET ,TEMPÉRATURE; NOMBRES H +* " O O CALORIES NOMBRES 3 52 H S . O O -> h] crf ‘ ... O J- O NOMBRES &3 ÎS « H < O ; . CALORIES
- • h4
- 0 Orifice d’écoulemenl 01110 Ii 5 i 0ln043 * 0 045 | f-XI: 1 ! r, 4.. : cv t 4 c f ; : : 1
- II Hauteur de charue . i D 1 020 1 036 i 0295 - -ni C.DjKV"
- s Section de l’orifice . I5o29043 lo°"9043 lS'i29042
- V Vites. d’écuul. 1 ar A"”. 7 3 4n‘308 4 496 •> ' ; -•
- k Coefficient de const. 0 621 0 621 a • ' 0 621
- Ecoulem. par heure. lSm3900 1 6m-,027 13 980 ‘ i
- To Temprodel’eau sortie 30ü137 28°21 28 466 .. .. i
- t » de l’eau d’entr. 12°300 13°30 13 300 c? r»
- T — t . i Calories.’. 16°837 I4°91 la 166 , . ^ .. -V
- i - ••• < 1 • * -.,
- Ecoulem..par heure. 15n,3900 4,20131 I 19m3027 4, 204 SI) ‘V i5"'3980 4,20iîoo
- î /A'. -* ' - ifc'..-
- T — t 16“837 1 ,22625 U 010 1 ,17348 lb°l 66 1 ,18078
- • • 'V'i.î \) t- ••lï - iixn?/! . .f i.j-», c? v.,,
- 5*42776 207.767 5,37837 239.000 5,38431 242.300
- 1 ’ ’• 'i .] for • ••• -V- 1 ‘i’;. • t ^ Î4--Î ' : Âu.-.A .
- Q° -f-l'éaude sortie pro- 'an-! . t T I'.' V
- ven. de vap. cond. /.•VI1'00 XI 3"30 5.863 3S3U30 X13°30 3.100 388k60 XI3” 30 ;3.108
- ‘ pj-. Ât.SIÀîr *A|y
- -|- pertes de chaleur |
- 2 % rayon1 contact -./AL; su'' . ' ' '
- 1 % tuée du condr - . ; 1 AL - 'Ü -ah I'aej-x vU- -
- _:*••• { i i •ÏWNSfe- . • -.n. <*****»»’ ; ' \T:-: >ï> sh [Ai: e!
- 3 % au total, i f 1 'j-' ’ J:- ) .. ...ijî f -.--b ilO R: .11
- Calories. . . | . t 273.032 X 0j 03 8.208 •i 244 100 X Oj 03 7 ..323 247.408. X 0 03 C •, U, • 7-424 : •{.
- ...... . , îr - 1 I ., ---j I- si rju,.
- Différences en moins j- 677 900
- - ' " •*'I*- - V h ., • ' ri A ;• ‘Ois
- A i . i :'~i • --.'b 5 281 .j&Q (sh'S|, ' i . . 232,400 i *-ï 253.792
- -r f i î i : : - i •. ùli ,T9 :*!uf r-' . i - * L 5 i
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- . Bans l’essai au frein du 15 mars, nous avons constaté entre l’eau d’alimentation pesée et le poids de la vapeur sensible relevé sur les diagrammes, une différence de 46 kilom. 40. Ce n’est qu’au moyen de la calorimétrie qu'on peut déterminer la nature de cette différence .
- La chaleur recueillie dans l’eau de condensation augmentée des pertes ordinaires, le contact de l’air et le rayonnement, donnent un total de 281,840 calories1.
- La moyenne des 12 diagrammes calculés indique 394k6 de vapeur sensible qui ont fourni au condenseur 259,220 calories, soit une différence de 22,620 calories dont il importait de retrouver l’équivalent.
- La calorimétrie répartit ainsi le poids complémentaire 46k40 :
- Vapeur. .... 30k42
- Eau chaude. . . '15 98 Total..........46k4Ü
- Dans l’expérience C,le poids de vapeur Q calculé sur diagrammes dépasse de 9k 04 celui de la pesée d’eau d’alimentation Q0. Ce fait n’a rien d’anormal. Dans cet essai en marche industrielle, il y a eu des variations de. puissance et toutes les phases iront pu être enregistrées par les diagrammes. Il suffit de quelques courbes relevées plus dans un sens que dans l’autre, pour altérer la moyenne et présenter des différences assez notables. Par ces considérations nous pouvons admettre qu’il y a eu égalité entre Q0 ét Q et que le vrai poids de vapeur est bien 383k50. En établissant les calculs sur cette base, on trouve, en effet, des produits très approchés, puisque le nombre de calories en moins est de 677; équivalent sensible d’un kilogr. de vapeur, soit 1/4 0/0 sur la totalité.
- L’expérience D présente une légère différence entre Q0 et Q. C’est le poids de vapeur qui est moindre de 2k!5 que celui de l’alimentation.
- L’équation calorimétrique est 'établie sur le poids net de ,1’eau d’alimentation Q0 = 388k60. Ce calcul donne un excès de 900 calories sur la chaleur versée au condenseur. Mais si le calcul eût été établi sur le poids.moyen de vapeur sensible Q0 —- 386k45, la différence deviendrait en moins de 515 calories.
- 1. Par kilogr. de vapeur, la quotité de l’eau de condensation, se chargeant dé 15°65, a été de 40 d 3. ......
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- — 485
- On voit par l’extrême rapprochement de ces nombres que les opérations présentent un caractère d’exactitude sur lequel nous nous appuierons pour conclure sur ce sujet.
- CONCLUSION
- Le but de ces expériences consistait :
- 1° A rechercher le minimum de consommation en eau alimentaire et en vapeur sensible que pouvait réaliser le fonctionnement de la machine à vapeur soumise à ces épreuves, soit en puissance'brute. sur le piston, soit en puissance nette sur l’arbre ; d,h:
- 2° A établir le rapport entre ces deux puissances ; f:
- 3° A déterminer le rapport entre le poids de l’eau d’alimentation et celui de la vapeur sensible ;
- 4° A connaître l’écart entre le fonctionnement pratique et le fonctionnement théorique et faire la preuve de la justesse de l’opération ;
- 5° Enfin, à établir la contre-épreuve calorimétrique tant au point de vue de l’étanchéité des organes que de celui des quantités de vapeur mises en fonction dans la machine et le sort delà chaleur de cette vapeur.
- Sur la première question: vapeur consommée, nous avons reconnu que l’état incorrect de la machine, lors de l’essai B, du 15 mars dernier, a donné pour résultat de consommation :
- Eau alimentaire pesée .................. 6k390
- Vapeur sensible........... , 5k707
- Les deux essais C et D faits après resserrement des ressorts n’ont guère modifié la dépense de vapeur puisque la moyenne de ces deux essais est de 5k 685, faisant observer que, dans cës trois épreuves, la saturation de la vapeur était de 1 1 à 13 pour cent.
- Mais l’essai A antérieur île deux années fait" avec deux chaudières fournissant de là vapeur à 5 pour cent de saturation, seulement, a donné un cheval effectif avec 5k 011 de' cette vapeur. Les essais C et' D eussent donné les mêmes résultats si la livraison de v-âpèur avait ; été dans les mêmes conditions. n îq Vf
- Ainsi donc, la qualité de vapeur saturée d’eau en excès, que nous
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- avons constatée dans les essais B C D, ne peut être mise au compte d’un appareil qui y est totalement étranger, et l’on peut conclure que la cote de la machine qui a été soumise à ces expériences,-est bien5k 001 de vapeur,qualité courante,par cheval effectif et par heure.
- Cependant, pour répondre aux plus exigeants en cette matière, nous concédons que l’essai A du 23 janvier 1883 a été fait hors contrôle; qu’il n’y a, pour cet essai, que des diagrammes détachés ne présentant pas toutes indications pour une analyse comme les essais.B Ç D dont l’eau d’alimentation à été pesée ou jaugée.
- oMais- si- Fessai B présente une discordance entre la pesée de l’eau alimentaire et le poids de vapeur accusé par les diagrammes, fait accidentel dû à un désordre reconnu et corrigé, les essais Cet D qui ont eu lieu après correction, sont en concordance sensible pour ces deux mesures. Et, en ne considérant que les indications données par les diagrammes, on a pour la moyenne des essais B C D 5k 692 de dépense de vapeur, à 13 p. 0/0 d’eau, par cheval effectif et par heure. Valeur qui,- à la rigueur, pourrait être admise. -
- Enfin, si l’on tient absolument à l’essai B au frein, du 15 mars, et à l’eau pesée sans admettre le désordre accidentel qui a été constaté, et, en considérant cet état exceptionnel comme 'l’état1 normal de la machine, la consommation de cette dernière demeurera encore bien au-dessous de celles réputées des meilleures et’*'sortant de nos premiers ateliers, avec lesquelles nous pouvons entrer en comparaison.
- TABLEAU N° 9. r. u!i
- Tableau de comparaison du taux de consommation de divers systèniès 'de machines à vapeur. 1 :-‘V-' »
- ANNÉES EXPÉRIMEN- TATEURS SYSTÈMES DE MACHINES CONSOMMATION PAR - EAUALIMENTAIRE CHEVAL & PAR MEURE CHEVALEFEECTIE
- INDIQUÉ effectif RFNDEM1 CHARBON
- 1864 Leloutre Mono-cylindre à surchauffe système Hirn. O1*,208. l1, ,265.
- 1878 IValther-Moiinier Corliss. Thau (Alsace) 0,370 0,913 1,334
- 1880 — Deux cylindres manivelles àoo° 8,800 0,866 1,248
- 1881 Sçhrôter — . . • • — àsoupap. 6k,624 7,048 0,860-
- 1884 Staline Cherbourg Corliss.,... O . . . . 7,000 8*536 0,820
- » Ville de Paris — élévation d’eau (St-Maur) 8,250 1,100
- » .— — — ... eau d'égout (Glichy) , . . 7,213 ,8,792 Ivi
- » Delafond Corliss ... .. . . 7,750 0,500 0,815
- » Marine Cherbourg Deux cylindres manivelles à 90° t 6400 7,045 1 o!866
- 1885 Queniel et Douane — — ài80°.Ess. Bj-Frelii. 5,103 . ,p6,390 0,910 . y.
- s> Queruel - — — . C'et D. 5, *170 5’, 685 0>I0
- 1883 Queruel “ :r“’ 4,560 -;5,011 0,910 ...A/..
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- Et si l’on serre la comparaison de plus près.
- COMPARAISON PAR CHEVAL EFFECTIF DIFFÉRENCES EN MOINS * en.faveur syst. Queruel
- Divers.systèmes MOYENNES SYSTÈME QUERUEL . , EN . • KILOGR. PROPOR- • TIONNELLES
- Avec l’essai B : Système Corliss — 2 cyl. maniv. à 90°. . . . Avec l’essai A : Système Corliss — 2 cylindres maniv. à 90°. . Ci, «TH OO CO GO OO qo t-* 6k 390 6 390 2k499 1 441 0k2811 0 1840
- 8k889 7 831 ok0U 5 011 3k878 2 820 0k4363 0 3601
- Sur la deuxième question: le rendement de la puissance indiquée en puissance effective.
- Le tableau ci-dessus indique pour la machine Corliss, expérimentée par M. Walther-Meunier, un rendement de 91,3 pour cent, tandis que la moyenne de pareille machine construite au Creusot n’a donné que 81,5 pour cent ; celles de M. Farcot, 82 pour cent à la force nominale. — Les deux derniers rapports sont concordants, mais celui de la machine alsacienne est bien plus élevé.
- La différence entre le poids de l’eau d’alimentation et celui, de la vapeur sensible peut être considérée comme nulle dans de bonnes machines fonctionnant avec de la vapeur saturée à 5 p. 0/0 d’eau entraînée. Mais au delà de 5 p. 0/0 il peut prendre un écart dans les machines à puissance vaporisatrice faible. Remarquons cependant que, jusqu’à 14 p. 0/0, la machine soumise aux essais atout vaporisé.
- En ce qui touche l’utilisation de la vapeur inscrite au diagramme et l’utilisation théorique, la machine a donné aux épreuves B C D, avec vapeur saturée à 13 p. 0/0 d’eau, une utilisation de 88 p. 0/0. A l’essai A à 5 p. 0/0 d’eau, l’utilisation a été 95,6 p. 0/0.
- Les contre-calculs nous ont donné la preuve de la justesse de notre méthode par là! reconstitution de la courbe théorique.
- Il est à' remarquer que l’expérience A, qu’on peut désigner sous, l’appellation « normale », est sensiblement la reproduction du fqnc-':
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- tionnement économique de la première machine de ce système dont il a été rendu compte dans la séance du 18 juillet 1879, présidence de M. J. F-arcot.
- Enfin la calorimétrie, inséparable, je le répète, de toute analyse sérieuse du fonctionnement de la machine à vapeur, nous a permis, à la fois, de compléter notre travail et de continuer à considérer que toute la chaleur passant dans l’intérieur des cylindres et versée au condenseur se retrouve entière dans l’eau de condensation, sauf les 2 à 3 p. 0/0 perdus par le rayonnement et le contact de l’air.
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- SUR LA. : -&-r: - ">& 90 SS?
- CONVENTION; INTEMATIONALE; DU 20:;:MAM 4883
- . POUR LA PROTECTION DE LA PROPRIÉré mDUSTBIELTÆ ; ^
- ET EXAMEN DES CRITIQUES QUELLE :>A
- iü v v - r?V’ T'; Y? /
- ; par MM. Ch, ASSI ot L. GENÈS t;.f:,raiîtie
- ~ • -;ib Vjv,hv>
- EXPOSÉ
- A la date du 20 mars 4883, une Convention a été signée entre les représentants de la France et d’un assez grand nombre de puissances d’Europe et d’Amérique, en vue d’assurer une protection plus efficace à la « propriété industrielle », désignation qui comprend les brevets, les dessins et modèles industriels, les marques de fabrique ou de commerce et enfin les noms commerciaux.
- Les membres de la Société connaissent déjà ce fait par. la communication qui a été faite par M. Em. Barrault dans la séance du 3 août 4883, et ils peuvent même retrouver le texte de la convention au Bulletin, avec les commentaires dont M. Barrault l’a accompagné.
- Nous ne reviendrions donc pas sur ce sujet, si depuis lors l’existence de la Convention internationale, dont la promulgation ne remonte cependant qu’au mois de juillet 4884, .n’avait été mise en péril par des critiques qui nous paraissent mériter peu d’attention, mais qui ont été jugées autrement par un certain nombre de Chambres de commerce, celle de Paris entre autres, car elles font parvenir successivement leurs doléances aux ministres compétents et ne demandent rien moins que la prompte dénonciation de cette Convention.
- Si cette campagne continuait, il deviendrait bien difficile au gouvernement de résister à des objurgations aussi unanimes, jusqu’à présent, qu’elles nous semblent peu éclairées, et c’est pourquoi nous jugeons utile de demander à la Société de soumettre la ques-
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- tion à un examen plus sérieux avant, que la France se résigne à dénoncer elle-même, et si peu de temps après sa signature, une Convention qui n’a été conclue que sur son initiative et à la suite de quatre ou cinq années d’efforts persévérants.
- On doit hésiter d’autant plus devant cette dénonciation‘qù’avant que le gouvernement ne prît en main cette question d’une union internationale contre la fraude industrielle, elle faisait depuis plus de vingt ans l’objet des études d’hommes appartenant à tous les pays et à toutes les professions, et possédant toute la compétence nécessaire pour résoudre cet important et délicat problème; deux fois ils se sont réunis en congrès, d’abord à Vienne lors de l’Exposition de 1873, et ensuite à Paris pendant l’Exposition de 1878, et leurs délibérations en commun ont abouti à des résolutions dont la Convention du 20 mars s’est inspirée, autant qu’il était possible dans cette première réalisation d’une entente internationale. Le président de la conférence officielle de 1880, dans laquelle a été préparé le texte de la Convention, n’était autre d’ailleurs que M. le sénateur Bozérian, qui avait présidé le congrès de 1878. ’
- Comme on le voit, l’oeuvre dont la Convention a été le premier couronnement est une œuvre essentiellement privée; le monde industriel, et notamment les sociétés d’ingénieurs à l’étranger (Angleterre, Autriche, Allemagne, etc.) y a collaboré ; c’est ci priori une garantie que la Convention répond à un besoin réel ; il ne faut donc pas laisser compromettre, par sa dénonciation irréfléchie, le résultat de tant d’efforts. C’est pourquoi, nous le répétons, nous appelons sur ce document l’attention de la Société des Ingénieurs civils qui, assurément, a autant d’autorité que les Chambres de Commerce pour se prononcer sur ce qui peut être utile ou nuisible aux intérêts immédiats de l’industrie et à son avenir.
- Pour l’intelligence des ! critiques adressées à la Convention internationale, ainsi que des réponses que l’on peut y faire, il est nécessaire de rappeler les dispositions qu’elle renferme. Toutefois, le texte de ce document ayant déjà été publié au v.Bulletin, nous nous bornerons à un résumé dans lequel nous tiendrons compte des éclaircissements apportés au texte des articles par les procès-verbaux des deux conférences où ils ont été élaborés,c’est-à-dire celle de 1880 tenue par des délégués spéciaux des Puissances) n’ayant reçu qubin mandat d’étude, et celle de 1883, à laquelle ont pris part les
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- plénipotentiaires qui devaient signer pour leurs gouvernements après accord définitif. ”^ "
- Peut-être un court préambule ne sera-t-il pas inutile pour indiquer tout d’abord à quoi la Convention tendait, à quels desiderata elle devait donner satisfaction.
- •' ''1 ' :
- D’une façon générale on peut dire que ses rédacteurs, se plaçant à un point de .vue pratique, se sont proposé de faire disparaître des difficultés — équivalant souvent à des impossibilités — que l’auteur d’une invention ou le propriétaire d’un dessin ou d’une marque de fabrique éprouvait, soit pour obtenir un brevet valable soit pour faire un dépôt efficace de sa marque ou de son dessin, ou encore pour faire ensuite sanctionner ses droits par les tribunaux, quand des contrefaçons se produisaient. Enfin, par cette convention du 20 mars, on a voulu combler une lacune qui existait dans beaucoup de législations, soit,en ce qui concerne la protection du nom même du commerçant, soit en ce qui concerne la garantie temporaire des choses nouvelles envoyées à une exposition officielle avant que les intéressés aient pu accomplir les formalités conservatoires. 0
- Les parties contractantes ayant été d’accord pour bouleverser le moins possible les législations particulières des États — précaution qui n’était pas inutile, étant donné qu’on en était à faire le premier pas dans la voie : d’une législation commune et que les lois les plus diverses se. trouvaient en présence — .on comprend; donc que le premier principe dont on s’inspira* ce fut de réclamer simplement de chaque pays le traitement national pour les., citoyens ou sujets de chacun des autres, et qu’aucune des parties contractantes n’essaya d’imposer sa propre loi, ce qui eût amené, infailliblement l’échec des négociations. La Convention n’est donc point basée sur le principe de la réciprocité stricte, et les parties ne se sontumposé des dispositions uniformes que sur les points pour lesquels on a jugé que c’était indispensable sous peine de ne pas .obtenir une protection réciproque effective.: ^; ^ - :;j
- Non seulement il fut permis' à chaque État de garder sa loi particulière sans modification, sauf'sur les points auxquels nous venons de faire allusion’, mais on admit même, dans l’union internationulè, des pays qui ne protègent pas toutes les branches dé la propriété!
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- industrielle : c’est ainsi, par exemple, que la sSuisse, les Pays-Bas et la Serbie ne délivrent pas de brevets.
- Ce n’est pas, d’ailleurs,sans quelque hésitation que leur admission fut décidée, mais en définitive on reconnut qu’il y avait intérêt à lier ces pays pour le jour où ils feraient une loi, et que cet avantage n’était compensé par aucun inconvénient sérieux, les principes posés par la Convention étant déjà, pour la plupart, appliqués au traitement des étrangers, sans condition de réciprocité.
- Nous répondrons, du reste, plus en détail tout à l’heure aux objections faites à la Convention sur ce terrain, ainsi qu’aux autres objections dont elle a été l’objet au point de vue spécial des intérêts français. Il faut d’abord que nous rappelions brièvement ses stipulations.
- Analyse sommaire de la convention internationale do 20 mars 1883. — L’article premier déclare qu’une union est formée entre les États suivants, pour la protection de la propriété industrielle :
- Belgique, Brésil, Espagne, France, Guatemala, Italie, Pays-Bas, Portugal, Salvador, Serbie et Suisse.
- A ces pays, il faut ajouter :
- L’Angleterre, la Tunisie, l’Équateur et la Suède qui ont adhéré depuis la signature. u .
- L’Union ne comprend donc pas aujourd’hui moins fie quinze États.
- Il est intéressant de remarquer que la Confédération Argentine, l’Autriche,*les «États-Unis d’Amérique, le* Luxembourg, la Russie, la > Turqme> r’T'UrugUàÿh et le Vénézuela, qui avaient envoyé des délégués à la Conférence; n’ont pas jusqu’ici fait parvenir leur adhésion, înmjoo. - ....
- Quant à l’Allemagne, elle n’a même pas pris part à la Conférence. ->. .........................
- La seule observation que nous ayons à faire sur ce premier article, c’est qu’il ne s’explique pas auJsujet des colonies; toutefois, en ce qui1 concerné l’Angleterre et Ta Hollande, il a été entendu que l’adhésion de la ' métropole n’entraînait pas: celle des colonie_s. La question n’a^paS^été tranchée^ pour'leâ autres'pays ; le , Bureau international Officiel; duquel nous avions 'sollicité un éclaircissement à ce sujet, auuhois de1 novembre^dernier, n’a pu nous le fournir. .m s.b .f.••
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- L'article % assure le traitement national, à tout moment de la duree de; la Convention, aux citoyens ou sujets des États -concordataires en ce qui concerne la protection des inventions brevetables, des dessins ou modèles industriels, des marques de fabrique ou de commerce et des noms commerciaux.
- L'article 3 assimile aux nationaux d’un pays les personnes'qui y posséderont un établissement industriel ou commercial.
- Nous avons été les premiers à dire que c’est peut-être aller bien loin et que cette assimilation, votée seulement en seconde lecture et assez précipitamment, est peu compatible avec le désir que l’on avait témoigné jusque-là, dans la discussion, de limiter le bénéfice de la Convention aux nationaux des pays qui y adhéreraient et chez lesquels, par suite, les étrangers jouiraient de là réciprocité.
- Toutefois, en y regardant de près, on reconnaît que cette assimilation était presque forcée, étant donné l’usage de traiter de la même façon tous les commerçants, régnicoles ou étrangers, établis dans un pays; on reconnaît surtout qu’elle n’aura pas les inconvénients redoutés, si par une interprétation inexacte on ne donne pas à un autre article, l’art. 5, une portée qu’il n’a point.
- a\;p Aïvcat p.i : - -
- L'article 4 dispose que quiconque aura fait régulièrement le dépôt d’une demande de brevet ou celui d’un dessin ou d’une marque aura un délai pour faire la même demande dans le reste de l’Union. Ce délai est fixé à six mois pour les brevets et à trois mois poulies marques et les dessins, avec un mois supplémentaire ..pour les pays d’outre-mer ; tout ce qui pourra seK passer dans cet intervalle sera sans influence sur la validité du titre obtenu ultérieurement. f . .. ,
- Il a été formellement entendu que, pour bénéficier de cet article, l’auteur du premier dépôt ne doit pas seulement l’avoir effectué dans un des pays de l’Union; il faut encore, que lui-même appartienne à unjde ces pays, soit par sa nationalité, soit pan son domicile, soit enfin parfle siège denses établissements.^ m\< si
- Il résulte, d’ailleurs, des:termes généraux de l’article, ..quelle premier dépôt peut être fait ;indifféremment dans-Fun quelconque des États concordataires il.r n’est pas nécessairetque ce-soit le pays d’origine de l’invention, du dessin ou de la marque.? r.en ^
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- U article 5 décide qu’il n’y aura plus une cause de déchéance dans le fait d’introduire, dans le pays du brevet des objets fabriqués d’après ce brevet, mais à la condition toutefois que le lieu de fabrication fasse partie d’un des pays de l’Union.
- Il est stipulé que cette faculté d’introduire ne préjudicie pas à l’obligation d’exploiter le brevet conformément à la loi du pays où il a été obtenu.
- Nous reviendrons tout à l’heure sur cet article, car c’est sur lui que les' détracteurs de la Convention s’appuient pour en demander la. dénonciation; nous aurons donc à rechercher si, même en le combinant avec l’article 3 qui assimile au national le propriétaire d’un établissement commercial ou industriel, il peut avoir lés conséquences qu’on lui prête.
- L’article 3 ci-dessus est le seul qui s’applique exclusivement aux brevets; il ne modifie d’ailleurs la législation que d’un seul pays, la France; partout ailleurs l’introduction d’objets brevetés, accomplie par le breveté lui-même, était déjà permise.
- Les articles qui suivent, jusqu’au dixième’ inclusivement, portent sur les marques de fabrique, les noms commerciaux et lès noms de lieu d’origine : '
- Varticle 6 renferme une dérogation aux* lois particulières des États,dans l’intérêt des fabricants et des commerçants : il oblige ces États à protéger telle quelle une marque étrangère déjà admise au dépôt dans le pays d’origine, alors même que les signes qui la composent ne présenteraient pas les caractères exigés par leur législation.?: Exception» a seulement été faite pour les armoiries publiques et les ^décorations (art. 4, § 2 du protocole de clôture). .... -
- L’utilité de cet article saute aux yeux. Il est clair qu’une marque, parfaitement licite dans un pays, peut ne pas l’être dans un autre, par exemple parce qu’elle sera composée de lettres pen pareil cas, le propriétaire!ne/pouvait pas réussir à faire enregistrer sa marque partout, à»son grand préjudice. Cet inconvénient disparaît grâce à l’art 6, qui, à lui seul* répond donc déjà à ceux qui prétendent que la Convention n’est même pas un premier pas fait dans la voie d’une entente internationale et que la-France n’a rien obtenu en échange
- de ce qu’elle donnait. *•;-................. . . vi.- ,v
- ‘ Qu’est-ce qui sera regardé comme pays d’origine ?nCela a été fixé dans la discussion : le pays d’origine sera celui où le déposant a son
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- principal établissement ou, à défaut par lui d’avoir un établissement dans l’Union, ce sera son pays natal ; quant à son domicile, il ne pourra pas en exciper ; ceci, d’ailleurs, n’est pas contraire à l’article 3, car l’article 3 n’accordé aux personnes domiciliées dans l’Union que le traitement national, et la faveur accordée par l’article 6 est quelque clip se de plus.
- L’article 7 stipule que la nature du produit auquel la marque est destinée à s’appliquer ne pourra pas être un obstacle à l’enregistrement de celle-ci.
- Le dépôt d’une marque ne pourra donc plus être refusé sous prétexte qu’elle est appelée à recouvrir des marchandises dont le débit est prohibé. C’est une clause utile, car la prohibition peut être levée plus tard, et il est bon qu’alors l’intéressé n’ait pas perdu ses droits sur la marque. La Convention a distingué avec raison la question de propriété de la marque de la question du droit de débit.
- Comme on le voit, les articles 6 et 7 créent une obligation pour les États contractants.
- 11 en est de même encore de l’article 8, qui exige que le nom commercial soit protégé dans toute l’Union, sans obligation de dépôt, en faveur des ressortissants des États concordataires ; et il faut entendre par là ceux qui en sont natifs et ceux qui y ont leur domicile ou un établissement ; cela ressort de la lecture des procès-verbaux des séances de la Conférence.
- Inutile d’insister sur l’intérêt de cet article.
- L’article 9 est aussi une clause obligatoire. Il dit que les marchandises portant une marque contrefaite ou un nom commercial frauduleusement emprunté, pourront être saisies à l’importation, à la diligence soit du ministère public, soit de la partie lésée, suivant la loi du pays. Ceci ne s’applique pas à l’importation en transit, mais seulement à l’importation en consommation, à moins, bien entendu, que la loi nationale ne permette de saisir en transit.
- Il nous paraît évident que cet article, comme, les articles 6 et 7, n’est applicable, dès à présent, que là où il existe une loi sur les marques de fabrique ; c’est d’ailleurs le cas général pour les États de l’Union. ’ '
- L’article 40 étend les dispositions du s précédent aux produits portant faussement, comme indication de provenance,'le nom d’une
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- localité déterminé,e, quand il y sera joint un nom commercial fictif ou emprunté dans une intention frauduleuse. :, u
- L’application de cet article peut avoir lieu immédiatement partout, puisqu’elle n’est pas subordonnée à l’existence d’une loi nationale dans le pays où l’on aura à la faire.
- Pourquoi exige-t-il deux conditions réunies? Parce que certains noms de localités sont devenus de véritables désignations génériques (exemples: draps d’Elbeuf,de Sedan,deLouviers, velours d’Utrecht, eau-de-vie de Cognac, eau de Cologne, etc,) et que l’on n’a pas cru, dès lors, pouvoir considérer l’emploi de ces noms comme une fraude. Le cas devient différent si un nom de personne accompagne celui de la localité, même si le premier n’est qu’un nom supposé.
- Le § 2 de l’article reconnaît partie intéressée tout commerçant ou fabricant engagé dans la fabrication ou le commerce des mêmes produits et établi dans la localité indiquée comme lieu de provenance. Tous ceux qui seront lésés sont donc certains de ne pas voir leur plainte repoussée pour défaut de qualité.
- L'article U oblige les États contractants à accorder une protection temporaire aux inventions, dessins et marques de fabrique figurant à une exposition officielle ou officiellement reconnue organisée sur leur territoire. Toutefois,les États qui n’auraient pas de loi sur les brevets, par exemple, ne sont pas tenus de donner aux inventions une garantie provisoire, puisqu’ils ne pourraient pas y faire succéder une protection définitive ; de même pour les marques et les dessins.
- Cette garantie des objets exposés, qui existe d’ailleurs en France, comme on le sait, n’est certes pas sans intérêt ; mais il nous semble que la Convention aurait dû aller plus loin.
- Cela nous paraît, en effet, une véritable anomalie, que cette convention faite en vue d’assurer une protection internationale n’accorde à l’exposant qu’une garantie provisoire limitée au pays de l’exposition; une pareille limitation ne se comprend que dans une loi faite pour un seul pays en particulier, telle par exemple que la loi française de 1878. L'inventeur français, par exemple, qui exposera son invention à Anvers avant d’avoir pu la faire breveter nulle part n’aura pas lieu d’être entièrement satisfait s’il en conservera propriété en Belgique, mais la perd en France; en Angleterre1 et'dans
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- tous les autres pays de l’Uniori, en raison de la publicité résultant de l’Exposition. Il est vrai qu’il évitera ce danger s’il peut seulement déposer une demande dans un pays de l’Union; mais dans cette hypothèse l’article 11 devient complètement inutile. Ainsi, cet article, ou fait double emploi, ou bien n’a que des effets trop limités pour être en harmonie avec le but général de la Coüvention.
- Le délégué de l’Italie à la Conférence, M. Indelli, avait parfaitement compris cela, et il avait déposé un amendement tendant à donner à l’article 11 des effets internationaux; mais il dut retirer cet amendement devant les objections soulevées au sujet d'un détail (fixation de la durée de la garantie temporaire) et sans que personne semble avoir remarqué que le sens général de l’amendement était tout autre que celui de l’article en discussion, qui fut voté.
- Par l’article 12, les États contractants s’engagent à établir chez eux un service spécial de la propriété industrielle et un dépôt central pour la communication au public des brevets, dessins et marques de fabrique.
- Excellente création, dont on sent tout de suite l’utilité. Espérons que la France, qui a rédigé le projet de la Convention, ne tardera pas à réaliser chez elle ce service spécial et ce dépôt central unique qu’elle recommande aux autres nations"; espérons-le, car ce n’est depuis longtemps un secret pour personne que, de tous les grands pays, la France est celui ou ce service est le plus défectueux, ce qui tient surtout à la loi elle-même et à la manière dont les choses sont depuis longtemps organisées. D’autres pays ont déjà obéi aux stipulations dé l’article 12, sans parler de ceux qui avaient pris les devants.
- L’article 5 du protocole de clôture- dit que l’organisation du service spécial susmentionné comprendra, autant que possible, la publication d’une feuille officielle périodique. On de'vine facilement quelles matières y trouvèrent place : liste des brevets demandés, délivrés ou cédés et des dépôts de dessins ou de marques ; avis de T Administration; législation et jurisprudence spéciales, etc. / j
- Varticle, '/3 ordonne la création à Berne d’un bureau central, entrer tenu par une contribution des États adhérents, placé sous l’autorité Bull. 33
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- de la Suisse, et destiné à servir de centre, de siège social, pour ainsi dire, à l’Union. Il doit aussi publier une feuille périodique aux termes de l’article 6 du protocole de clôture, et en effet il la publie depuis le commencement de cette année.
- Les. articles restants, jusqu’au dix-neuvième et dernier, ne sont destinés qu’à pourvoir à l’existence de la Convention, sans négliger son f amendement progressif, à assurer l’accroissement de ses forces, et enfin à la prémunir autant que possible contre la mort. Ce n’est peut-être pas la partie la moins habile ni la moins pratique de l’œuvre.
- .iGj’est ainsi que Y article 14 prévoit des révisions périodiques dans des conférences qui auront lieu successivement dans chacun des États.
- D’autre part, Varticle 15 donne aux Puissances unies la faculté de conclure entre elles des arrangements particuliers, pourvu que ces arrangements ne contreviennent point à la Convention.
- Ce moyen d’aplanir des difficultés résultant d’incompatibilités entre les législations de deux pays avait déjà été quelquefois employé, notamment par la France, au sujet du dépôt* des dessins et marques de fabrique. :t; ! v •. •
- Varticle- 46, pour ouvrir toute grande la porte de l’Union,1décide que de nouveaux États pourront y adhérer par une simple notification adressée à la Suisse. Comme on l’a vu plus haut, plusieurs pays ont déjà profité de cette faculté.
- L'article 47 se borne à spécifier que la mise en vigueur de la Convention est subordonnée, en tant que de besoin, à l’accomplissement des' formaiitésimposées par la Constitution de chaque1 pays.
- Varticle 48 dispose qu’elle ;sera exécutoire un mois après sa ratification et demeurera en vigueur jusqu’à l’expiration d’une année à partir de la dénonciation, étant entendu que la dénoncia-
- tion n’aura d’effet que pour.le pays qui l’aura faite. ,
- an .! j.'.O O J-iVî., :• :i- JîifiV.y •<
- Enfin, l’article 49 stipule ^.quelles ratifications seront échangées à Paris dans le délai d’un an au plus tard. Én fait, elles n’ont pu l’être^ que le 6 juin 1884. et,le,,decret de: promulgation^est daté
- du 6 Juillet suivant.
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- üt O.?,
- DISCUSSION DES OBJECTIONS
- U.» U &
- Telle est, en résumé, la Convention internationale qui a encouru la désapprobation de plusieurs Chambres de Commerce,tel est le traité duquel on demande à la France de se dégager en condamnant ainsi elle-même une œuvre qui est devenue surtout la sienne, puisque c’est elle qui est parvenue à faire l’entente réclamée depuis si longtemps par l'industrie et le commerce.
- On soutient que son exécution serait ruineuse pour l’industrie française, attendu qu’elle accorde aux étrangers toutes espèces d’avantages sans aucune compensation.
- Comment cela? D’abord, dit-on, parce que, en permettant de prendre un brevet en France pour une découverte qui est déjà publiée depuis plusieurs mois dans d’autres pays, ce que ne permettait pas la loi de 1844, on favorise les étrangers aux dépens du public français auquel on retire la jouissance d’inventions qui seraient tombées dans son domaine.
- Mais, cette facilité donnée aux inventeurs pour se faire breveter est réciproque ,:e,F-,les Français en profiteront à.l’étranger comme les étrangers en France ; il y a donc égalité de traitement, et toute la question est de savoir s’il vaut mieux que les inventeurs puissent être pillés partout ou soient protégés partout. Les .adversaires de
- la Convention penchent visiblement ..vers la première solution ; ils en ont le. droit quoique tous les hommes compétents la condamnent aujourd’hui; mais, en tous cas, ils ne sont pas fondés à dire qu’une inégalité a été créée au détriment de la France par l’article 4.
- La France, disent-ils encore, a, fait un marché 'de dupé en ce qu’elle a admis dans l’Union "(les'"pays qui n’accordent pas de brevets.
- Mais, avant la Convention, la' France ^donnait ^ cïéjâ des brevets
- aux étrangers sans aucune condition 'de réciprocité ; la Convention ,m. n>oüo ...liai nd .jyjîsJ-:*ukT- nn «•& m/'v v '
- na donc rien innove sur ce point; au surplus, nous répétons que
- c’est l'intérêt01 <l‘un payé d^âttirér a lui les inventions étrangères, et
- il ne peut y parvenir qu’en leur assurant une protection ; ces' deux
- vérités ont si bien été reconnues aujourd’hui que la même règle est
- suivie à peu près partout. Cependant quelques pays arriérés pen-
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- sent encore comme nos adversaires, et par exemple le délégué de l’Uruguay a déclaré au sein de la Conférence que son gouvernement préparait un projet de loi refusant le brevet aux inventions.:étrangères ; voilà ce que l’on aurait évité si l’on avait pu obtenir l’adliér sion de l’Uruguay à la Convention. i ,r( u ;
- En revanche, nos adversaires auraient pu dire avec plus de raison que jusqu’ici la France exigeait la récipriocité, sinon en matière de brevets, du moins en matière de marques de fabrique, et que-la Convention ne lui permettra plus cette exigence vis-à-vis des États qui viendront entrer dans l’Union et qui n’auraient pas de loi sur. les marques. Mais, les marques étant aujourd’hui protégées dans la plupart des pays, le danger, en réalité, est faible et, au surplus, ce ne serait pas un grand malheur que d’empêcher en France les falsifications de marques étrangères, même sans réciprocité ; la moralité y gagnerait en même temps que le public ne serait plus trompé. Ce n’est pas encore cela qui ruinera notre industrie et notre commerce; nous aimons à penser qu’ils ont d’autres ressources.
- Mais, nous objectera-t-on, si les étrangers !sônt protégés’ chez nous sans réciprocité, ils ne nous protégeront jamais cliez eux!
- En est-on bien sûr? En 1852 un décret rendu par lé gouvernement français déclara que les oeuvres littéraires et artistiques’ëtraiigèréS seraient garanties,en France sans aucune condition 'de réciprocité. A cette époque la propriété littéraire n'était! guère protégée nulle part ; aujourd’hui elle l’est à peu près partout, et au mois de septembre dernier une conférence s’est réunie pour conclure en cette
- 0: ?mi>h ,1 r
- matière une Convention internationale analogue à celle que nous défendons. '
- Voilà un exemple rassurant et qu’il est bon de méditer, car il prouve que des vues larges ne sont pas nécessairement de la naï-vete, ou, si l’on préféré, que certaines naïvetés sont profondément habiles et que la spoliation n’est pas le seul ni le meilleur moyen de s’enrichir! iI u
- . On dit encore que la France 'accorde les brovets sans- examen et qu’on a accepté dans l’Union des États1 qui ne des délivrent qu’après un examen préalable, ce "qui est un moyens-déguisé* de les refuser.
- ^ Tel n’est pas le but de!l’examen,mâisp eiVtout cas/ si da-France jugeait bon d’appliquer aussi'ce système,la Convention lui en lais-
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- serait', toute liberté, puisque chaque pays reste maître de, sa législation.< • " ,yfl
- 'De -plus, l’objection est mal fondée en fait, car les deux seuls pays à examen : l'Allemagne et les États-Unis, n’ont adhéré ni l’un ni l’autre.
- Nous ne relèverons pas dans le rapport présenté à la Chambre de Commerce de Paris, auquel nous empruntons ces objections, et qui n’est d’ailleurs qu’une deuxième édition abrégée, mais ni revue ni corrigée^ des articles parus dans un journal qui mène toute la campagne depuis son début— nous n’y relèverons pas des puérilités telles par exemple que le regret de voir réglementer par un même document les brevets, les dessins et les marques « malgré les. différences de bases que présentent ces trois questions, » au lieu d’avoir « plusieurs conventions sous des rubriques différentes ». Les objdotions de cet ordre sont, en effet, les seules auxquelles on ne puisse rien répondre, car c’est pure question de goût. L’Angleterre, les États-Unis ont compris dans une même loi toutes les branches de la propriété industrielle ; le rapporteur de la Chambre de Commerce préfère la division : nous n’avons rien à y voir.
- En négligeant.quelques autres critiques de l’importance de celle-ci, nous ne trouvons plus dans le rapport qu’une seule objection contre la Convention du 20 mars, elle concerne’!la faculté donnée à l’inventeur, .par l’article 5, d’introduire dè l’etranger des objets fabriqués d’après son brevet. * m .... •-.,.!?•
- L ,in t y • !(.; ûy-. n imi.• jed'b'ij).:ni: ,
- Si l’interprétation donnée^ cet article^par ie rapporteur était
- exacte, Il y aurait là. une question très sérieuse, les conséquences prévues de son application sont même la cause principale, sinon la cause unique, de l’opposition que la Convention a rencontrée de in part ries Chambres de Commerce, i ; Quelle que soit la portée, que l’on attribue certainement une modification û l’état de. a donc lieu d’examiner si l’on n’en a pas exagere beaucoup les conséquences, faute de. l!ayoii];bieA,Uuot t)ien interprété.. v.
- Réfutons ^toutrd’abordu,une; erreur, consistant à croire que l’Allemagne etile.s Etats-Unis^en particulier,,, vont .pouvoir, >grâce à l’article 5,;nous inonder de)produits^fabriqués sur leurs territoires. On ne pourra rien iintroduireiCle ces deux pays, par la raisQnt,bien
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- simple»qu'ils n’ont pas adhéré à la Convention et qu’ils ne pourront donc pas en réclamer le bénéfice,
- C’est pourtant là l’épouvantail dont on s’est servi pour soulever le 'monde commercial contre la Convention ! - o i-. h
- Remarquons, à ce propos, qu’ils sont nombreux les pays qui n’ont pas adhéré, et que les adversaires de l’Union internationale ne sont pas bien d’accord avec les faits quand ils la présentent comme teintent défavorable à nos intérêts que toutes les puissances étrangères se sont empressées d’y entrer pour se partager nos dépouilles. En Europe seulement, l’Allemagne, l’Autriche, la Russie, la Turquie, la Grèce, la Norwège, le Danemark, sont restés en dehors ; il en est de même des États-Unis ; et cependant, la Convention est signée depuis le 20 mars 1883 et ces pays ont donc eu le temps de réfléchir.
- • Nous venons de faire remarquer que l’on ne pourra pas importer en France des objets brevetés dans ce pays et provenant d’États étrangers à l’Union, et cela d’après les termes mêmes de l’article 3. Est-ce que ce serait nous qui nous* tromperions, est-ce qu’il y aurait un autre article qui viendrait modifier ? celui-là sur le point en question? <" Un7'--.-, ".um/
- Autant que nous pouvons comprendre l'argumentation de ceux qui soutiennent' l’opinion contraire à la notre'/1 ce oserait effectivement le cas, et l’article 3 effacerait la restriction ique l’article 3 renferme ; toute personne, d’une nationalité quelconque, pourrait introduire dans lé pays du brevet des produits venant d'Allemagne, des Etats-Unis,'Ou de tout'autre pays étranger à Y Union, à la seule condition»d’avoir un établissement industriel,ou commercial dans une des parties de cette Union.
- Ce serait là une interprétation absolument inexacte. f L’article 3 assimile aux citoyens d’un pays compris dans l’Union tous les étrangers qui y posséderont un établissement commercial ; par là, jl leur accorde les» mêmes droits, mais rien-derplus assurément. Or, le natibnal îi’aefle droit d’importer'que «i des objets fabriqués dans Tun ou l’autre des États de l’Union;j >arm,{f r Donc, nous avions raison de dire ; que rien/dans lai iConventionj ne/permet d’introduire ent France* des objets brevetés; venant d’Allemagne ou des États-Unis, tant que ces États/ î^anront- pas radhéré àd’Uniop, •' 1 -no eo *
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- Nous nous empressons d’ajouter qu’ils peuvent le faire ; demain; en tout cas, ce qui ne sera pas vrai.pour eux le sera pour d’autres;.: Laissant de côté la question de savoir de quels pays on introduira, il est donc très intéressant d’examiner quelles proportions l’importation d’objets brevetés pourra prendre. :,,urr{
- : Les adversaires de la Convention n’hésitent pas à penser; que les étrangers possédant un brevet en France feront venir de chez eux tous les objets dont ils auront la vente, au lieu de les faire fabriquer en France comme la loi de 1844 les y obligeait par son article 32 (Soit dit en passant, cet article est inexactement cité dans le râpé port présenté à la Chambre .de Commerce, ainsi que dans les publia cations qui l’ont inspiré; on néglige de tenir compte du changement qu’une loi de 1856 a apporté à la loi des brevets de 1844, sur ce seul article. Cela suffirait à montrer que nous ne sommes.pas en présence de spécialistes familiers avec les questions dont ils s’occupent). . sf" ••il
- L’obligation de fabriquer en France est-elle réellement supprimée par la Convention? Le contraire nous parait certain.• ? ' K:: l
- Ses adversaires ont sans doute négligé de remarquer le paragraphe 2 du même article 5, qui dit : ,,i; q
- «• Toutefois j de. breveté restera soumis à l’obligation i d’exploiter » son brevet • conformément aux lois du pays où 1 il introduit les » objets brevetés:i».rijft:-r; ... "./riŸn K Mbui-un* .te m mnivr
- Or, .notre loi.surdes brevets, en outre diFparagraphe, prononçant la déchéance pour introduction — et qui vient d’être supprimé — contient,un autre paragraphe qui oblige le breveté; sous\la même peine, à exploiter son brevet à partir de la.seconde année.1 Q.u’est-ce qu’exploiter? La jurisprudence,a toujours étéiqueiC’était fabriquer en France, et elle n’aurait même pas pu être différente, du moment que l'introduction était prohibée, car, dans ces,conditions,le breveté ne pouvait évidemment se procurer des produits qu’en les fabriquant.
- Il suffira donc amos, tribunaux de persévéreri dans une jurisprudence constante pour que le danger que l’on redoute soit évité, et ce sera même pour» eux un devoir strictcar la loi ri est en rien modifiéeà l’égard del’exploitationoiü en no dm. Kfxwm ,v. •• i
- Dans la Conférence, oriisavait.agité cette question.; quelques-uns avaient voulU!Supprimer,jl!obligatipn,i! d’autres la maintenir.-; ifaute de pouvoir s’entendre, on décida que la Conférence laisserait de" côté
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- cettWLfc[ifestioil ;! de sorté’que chàqu'é État continuerait d’appliquér sa loi particulière, etrie pàrdgràphe cité plus haut fut ajouté1 pour éviter1 trout1 malentendu. Effectivement, si le paragraphe '% n’avait4 pas ce'iraf^oiïtrie’s’expliquerait pas ce‘qu’il vient faire, !!>v> ®w»
- Toüïe Hésitation nous paraît d o n c i m p o s s ibl e s u r 1 e s en s d e l’ar ticl e 5, quand1 oir "lé lit" jusqu’au bout. Nous sommes heureux, d’ailleurs, que !nôtre: dpiitiôit sur ce point soit corroborée par celle,;de: M. Geor-ges Plé, avocat, qui a soutenu exactement*la même* thèse 1 dans ' un joûmat industriel et qui a, sur ses contradicteurs, l’avantage ‘d’être plüS vërsé dhnsda connaissance de la loi des brevets, à enjugerpar la façon dont il en parle et par sa qualité de secrétaire d’un jurisconsulte faisant autorité en ces matières, M. Pouillet. :; r i -
- Ainsi donc, il paraît certain que la Convention n’a d’autres conséquences relativement à l’introduction, que de dispenser le breveté, quand il veut introduire une machine brevetée, d’en demander l’autorisation au préalable; de lui permettre, en outre, d’introduire des échantillons de l’invention quand il s’agit de produits autres que des machines, cas dans lequel la loi de 1856 né'permêtt'ait'pas au ministre d’autoriser l’introduction; enfin, de ’he’plus1 limiter"’ à lin seul le nombre des objets introduits. ,î!s,; j !
- Cette absence délimitation du nombre ’aihènefa-b-elle ‘dés abus, et
- les inventeurs établis a l’étranger profiteront-ils de ce que le fait d’introduction enlui-mème n’ésri plus délictueux péùr satisfaire â une partieude la’dëmahde'auhmoyen de piWuits1 simplement5 importés ?-M ^ jni-iuislngè -r.nq .v ‘<f ou . = mou :•
- Nous avouons que cela nous paraît probable, mais eiVrépétant quèLles tribiinaü?i:(sbnt^ parfaitement ‘armés contre ces infractions.
- Us pourront d’autant plus sûrement les réprimer que lorsqu’ils ont à à se prononcer sur la déchéance d’un brevet, c’est sur ria demande d’un tiers intéressé; or, quand on remarque combien les intéressés savaient, sous lë régime de la loi de 1844, découvrir et 'signaler un
- unique fait d’introduction, pour les brevets qu’ils avaient intérêt à faire tomber, on- peut’ être tranquille •:* les tribunaux' trouveront en
- eux des auxiliaires Aigilants^burleuh-signaler lej chiffre des Importations; à eux alors d’appliquer la déchéanée^shls^écènnaissënt’que rèsprit ;de la loi a été-violéîn'E f'i“ * !î s<len gnq xovob en >m i J Cependant, h’y a-t-il pas à°craindre qu’il'ne se forme une nouvelle jurisprudence d’après laquelle;3 étant'donné que l’introduction n’est
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- plus interdite,, les tribunaux déclareraient, la, ,,loi. satisfaite, du m.ç>-; . ment que le. breveté aurait fabriqué en . France, si peu que. Cela-nernous paraît pas à redouter, car ce serait une doctrine ,p.eu.,,, sérieuse que celle qui obligerait le breveté, pour, le .cas .d’une vente .. de cent machines par an, ,par exemple, à en. fabriquer imeenFlrance, en lui permettant de fairo venir du dehors les quatre-vingt-dix-neuf ,,, autres. En matière. d’exploitation les tribunaux,.se préoccupent .sur-tout de ce qu’il a été possible à l’inventeur de faire; on trouve, des arrêts, validant des brevets, bien que l’exploitation n’en . ait pas. été : commencée dans les délais prescrits, parce que l’inventeur n’avait pas pu faire mieux; mais, réciproquement, nous ne croyons pas que le breveté qui ne ferait qu’une exploitation pro formel eût chance , de trouver grâce devant les tribunaux.
- Quoiqu’il en soit, ceux, qui font tant de bruit pour quelques produits brevetés qui pourront, maintenant entrer en France seraient, pensons-nous,bien embarrassés pour justifier leur prétention d'interdire cela à l’inventeur , . blon seulement on ne. peut sans injustice lui refuser, ce droit, mais,i,l .aurait: même celui d’importer la totalité des marchandises, dont,il fait, .commerce,
- Il faut favoriser le travail national ! dit-on. Fort bien, mais pourquoi un! Français. qui . est breveté le favoriserait-il plus qu’un Français qui n’est pas breveté ?; ; Un, commerçant, fût -il même étranger, a le droit d’importer ,en France tous les produits qu’il voudra et en aussi grand nombre ,qu’il voudra, quand ils appartiennent au domaine public ; pourquoi donc ne le pourrait-il pas également pour les produits qu’il a fait breveter ? . .....
- Est-ce fqu’en privant le travail-national de là fabrication des uns on lui fait-moins de tort, qu’en lui retirant celle des, autres ? Évidemment: le résultat est le même, dans les deux cas, et à ce point de vue il importe peu que la cisaille ou la. machine à coudre achetée en Angleterre, ou en Belgique soit brevetée ou ne soit pas brevetée en France. . ir-,
- Voici , par, exemple, deux marchands, dont l’un exploite , une machine à coudre 1 ;brevetée ; de -,sonoinyention : et l’autre,, une machine à< coudred’un:;type;banal..
- — Vous ne devez pas acheter à l’étranger, dirait.'celui-ci.au breveté •j-ra!5S!ez.î.s^aiitres.Je..-fqntridéjâ,- et moi tout le premier notre industrie isouffre, et: comme il; faut bien que quelqu’un se sacrifi.e:
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- pour la sauver, ce sera vous. Renoncez donc aux avantages que l’importation vous procurerait, La patrie avant tout !
- Mais, pourrait répliquer l’autre, si je comprends bien, vous me proposez de sacrifier mes convenances et mes intérêts aux vôtres ; votre: s patriotisme se drape dans un manteau fait avec ma laine, Expliquez-moi, au moins pourquoi je dois être la victime plutôt que vous. ;
- >— Ah ! c’est que, comme votre machine est brevetée, nous ne pourrions pas faire concurrence aux fabricants étrangers par-qui vous la feriez construire,
- — Pardon, vous pouvez parfaitement leur faire concurrence, soit avec-1 des machines à coudre du domaine public, soit avec de nouveaux systèmes que vous ferez breveter également. Vous ne pouvez pas fabriquer précisément mon système, cela est vrai, parce qu’il y a là une question de propriété, mais elle est entièrement distincte de la question du préjudice que fait subir à notre industrie nationale la commande de machines aux constructeurs étrangers : une machine, arrivant toute faite,raura beau êtrei brevetée, elle ne représentera toujours qu’une machine de moins à faire en France. Il y aurait même un avantage évident pour le pays à permettre plutôt l’introduction des-produits brevetés que celle des autres, car * précisément à cause ide son privilège, le breveté pourra .tenir ses, prix* aussi élevés que .s’il avait fait, fabriquer en France moins économiquement; s’il a payé bon .marché il en .profitera, mais sans<jque ses confrères aient à souffrir de la baisse, rie prix qui résulterait d’une (rivalité entre les maisons .étrangères.,;.. . . v/J--ru : ......
- En tout cas, pourrait ajouteiyle.breveté, s’il est i.vrai que notre industrie soit impuissante à lutter contre la concurrence étrangère, qu’on établisse des droits protecteurs, je les paierai comme vous, mais à cette condition je dois pouvoir introduire comme vous.
- Objecterez-vous qu’à l’égard de certains pays la France n’est plus maîtresse de ses tarifs? Alors, subissons le mal, < mais subissons-le ensemble;, pourquoi paierais-je votre rançon ?, .Est-ce parce que, en cherchant le progrès, j’ai rendu service à mon pays ? Singulière façon d’entendre l’adage: Tout service se paye !, Ici jriLserait-'-payd pari,celui qui le rend. -.qjnnnq vd elorm'l tu* .auonriH.O--iü Je .ssais bien que l’on dit : le brevet est .un privilège, et la loi peut mettre à son octroi telles conditions i qu’elle ijugera convenables,
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- Encore faut-il que ces conditions »se justifient par quelque choseï Or, il s’agit ici d’un privilège qui ne confère » aucun monopole et dont Finventeur jouit sans entraver aucune exploitation similaire, En réalité,-une invention industrielle, comme toute oeuvre de l’intelligence, constitue une propriété que la loi ne crée I pas,^ qu’elle n’a qu’à Constater en vue de la protéger, Quand un inventeur vienti lui demander de constater qu’il est propriétaire de telle idée, elle n’est donc pas fondée à lui imposer des conditions uniques ou vexatoires, Bans doute, matériellement, elle le peut faire, et' iF faudra bien que l’inventeur s’y résigne, sous peine de tout perdre, mais elle commet alors un véritable abus, comme un magistrat qui vendrait la justice. La seule différence, c’est que ce magistrat serait*passible d’une peine, tandis que le législateur peut abuser impunément, ucm/ L’équité commande de n’intervenir dans la réglementation deda propriété des inventions que pour sauvegarder l’intérêt général, et l’on ne peut regarder comme d’un intérêt général d’interdire à quelques individus*des actes, tels que l'introduction, qui sont permis à tous les autres et qui ont les mêmes conséquences dans tous les cas indistinctement, si même dis n’ont pas moins d’inconvénients de la part des brevetés, q -, i
- Pour admettre qu’une loi sur les brevets peut mettre à'leur délivrance'des conditions1 arbitraires, il faudrait admettre que la délivrance d’un brevet est une mesure purement gracieuse du'Pouvoir, ce quif est incompatible avec l’idée5«qu’une inventioimest'une propriété préexistante k la «loi qui la* réglem enter !Or^ telles est lai conception moderne du droit des inventeurs.-Nous sommes' foin du temps où Mirabeau lui-même disait qu’une inventioncesse d’appartenir à son auteur dès qu’elle quitte1 son « cerveau; ce qui est à peu près comme si l’on disait que l’on n’est plus propriétaire de sa bourse si on ne l’enferme pas soigneusement dans sa pocherc ’ ;
- — Ainsi pourrait parler l’inventeur « et Inous* ne voyons pas ce qu’on lui ,objecteraituNous pensons même que, pour plusieurs raisons, il devrait être libre de ne pas exploiter du tout, «sans encourir pour cela la* déchéance ;« mais nous n’avons /pas ? à examiner cette question ici.' ©ynq y* oonno* Lr-Vj l a?» ont* a- .• .»<«*.*
- Concluons, sur l’article 5, qu’en principe il permet d’introduire eniFrance ides produits»' brevetés « fabriqués dans un autre pays de l’Union,muais qu’il'ne 'dispense pas pour cela1 d’exploiter les brevets
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- par. une fabrication ayant lieu en France ; de sorte que les [craintes des , adversaires de la convention nous paraissent mal fondées.
- - Nous no voyons,pas, dans le rapport présenté à la Chambre de commerce, d’autres objections à laquelle nous ayons.à répondre.;,
- , i;[Kn revanche., le rapporteur reconnaît que la Convention « accorde un droit nouveau aux inventeurs français », celui de ne faire leurs dépôts à l’étranger,qu’un certain temps après le .. dépôt en France, sans avoir à redouter les conséquences de la publicité qui se produirait, dans l’intervalle. :
- Mais « l’avantage est mince », dit-il, car il était facile de déposer partout simultanément. De plus, cela « retire aux inventeurs la fa-> culté d’user des anciens délais qui se trouvaient auparavant beaucoup plus longs dans les autres pays de l’Union » . Nous voudrions bien connaître ces anciens délais ! En tout cas, s’il en existait, les inventeurs pourraient encore en user, puisqu’ils profitent de la loi du pays et que le délai de six mois n’est qu’un minimum assuré.
- Le rapporteur reconnaît aussi qu’en ce qui concerne les marques de fabrique, les articles 9 et 10 « donnent satisfaction à un des voeux les plus chers de la Chambre de commerce,de,{Paris. »; que «l’adhésion des Puissances contractantes à; ces deux articles constitue un progrès réel dans la voie de la protection internationale des marques de fabrique,,»;il regrette seulement que l’on n’ait pas interdit l'indication h’un; faux lieu de provenance, même; quand il ne s’y joindra pas l’indication d‘un nom personnel, ne se rendant peut-être pas bien compte du motif de cette .double condition (nous l’avons indiqué plus, haut). fî« rm* -v.:. .••••>' «r. 1
- Cette approbation .partielle n’a pas empêché le rapporteur de conclure que la « Convention a compromis la liberté de l’industrie française, en la privant d’une partie de son travail national, sans compensation apparente que les commissaires, français qui l’ont négociée ont commis de, «;.lourdes fautes, si toutefois,/relies ne sont pas intentionnelles », et qu’en définitive nous n’avons ,qu’à nous retirer au plus)vite d’une union que nous avons provoquée; Le rapport ne laisse raême.pas.le choix:entre la dénonciation et le choix entre la révision. ^ diedp duo udeino eue toen&emtüêlo’r
- C’est ce rapport qui a été voté à l’unanimité «pair ** Ja** Commis? sion, de; législation, de la. Chambre de Commerce de PariS:,,et,qui a.-étépimprimé pour être distribué }• aux Chambresndesq départe-
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- monts. Il faut s’attendre à ce que plusieurs de celles-ci, prenant comme exactes toutes les affirmations 'de ‘ce document, suivent l’exemple qui leur vient de si haut, la mode étant d'ailleurs aujourd’hui ; de trembler au seul mot de concurrence étrangère1;/' ce qui enlève le calme nécessaire pour contrôler des appréciations trop pessimistes et; par exemple, pour constater combien il est peu exact que tous le s* pays étrangers se soient 'empressés d’adhérer à la Convention, Oh a vu plus haut que, en réalité,1 près de la moitié des États représentés à la Conférence, entre! autres beaucoup de Puissances européennes, n’ont pas voulu adhérer : il n’y a donc de ce côté aucune présomption que la Convention :favo^ rise les pays étrangers au détriment de la France. 1
- Il n’en est pas moins devenu nécessaire, en présence de; l’opposition qu’elle rencontre inopinément chez nous/que tousJ ceux que la question intéresse se fassent une opinion à la suite d’un examen sérieux. Nous* n’avons, pour notre part, aucun parti pris; nous croyons que la Convention marque un progrès réel; les arguments invoqués Contre elle1-ne nous touchent pas, parcé qu’ils nous paraissent porter à'faux ; mais une cause peut être'mal défendue et pourtant être juste, au moins en partie; une discussion plus éclairée sera donc très utile. L'! 5
- Elle le sera d’autant plus que l’influence de da-Convention internationale peut'chaque jour s’accroître par “l’accession de nouveaux États.1 Depuis quelque temps,'d’Allemagne,1*' èn particulier, se demande si elle n’a pas eu tort de se tenir a : l’écart ; les Chambres de Commerce sont consultées et, en géhéral,helles recommandent l’entrée dans l’Union; la' Société 'des Ingénieurs allemands' - —- société importante 'comptant’°5,0G00 membres11 et qui depuis bien longtemps donne toute son'Attention aux questions de propriété' industrielle, — travaille9 dans le’ ' même sens, et il n’est pas*impossible que le nom de FAllemagné'ne s’ajoute bientôt à la liste des Puissances adhérentes.^1 ‘ ' ;
- Cela ne‘prouverait1 certainement0pas‘‘que1 la Convention est mauvaise* pour1 nous/Car,1 eiv principe, lorsque1 deux parties font volontairement une entente, c’est qu’elle est jugée'profitable pour rune^éCpoùr 'FautrélrnnBnïJ\,s ft“0v B :ifP r^r,-"e r.- •-*
- L’Unioh^phür la’ protection11 de : la 'propriété industriellé^ pëiif êtré^bohne^pour tout^lè mondé,’ comme l’Union postale y œfÜhïoh
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- télégraphique, rUnion monétaire, l’Union des poids et mesures, que l’on a déjà conclues; comme l’union pour la protection delà propriété littéraire, qui est; en train de se faire.
- Mais enfin, il est bon que le monde industriel français se fasse une opinion et puisse faire entendre un avis éclairé, venant corroborer ou combattre celui d’un certain nombre de Chambres de Commerce, qui ne nous paraît pas, jusqu’à, preuve du contraire, mériter la même épithète.
- Dans ce dernier cas, on pourrait enrayer^un mouvement qui risque d’amener, sans motif plausible^ la "dénonciation d’une Convention que la France ne serait sans doute pas près de refaire après l’avoir condamnée elle-même une première fois . Cette dénonciation si rapide d’une œuvre qui est la sienne serait d’ailleurs peu dénaturé à augmenter son prestige, et c’est une nouvelle raison, même au point de vue de nos intérêts industriels et commerciaux, pour ne laisser qu’à bon escient dénoncer la Convention du 20 mars 1883, à peine entrée en vigueur depuis le milieu de l’année dernière. '
- C’est dans ces vues que nous avons 'pris la liberté de porter la question devant la Société.
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- CHRONIQUE
- Sommaire. — Machines de laminoirs. — Dock flottant de Rotterdam. — Utilisation des vieux rails d’acier. — Déplacement d’une cheminée. — Résistance de la glace.
- Machines tlç laminoirs. ~~ MM. Kitson et Cle, de Leeds,' ont fourni récemment aux forges.de Dowlais des machines de très;'grande puissance pour commande de laminoirs. Ces machines ont deux cylindres horizontaux de lm,525 de diamètre et lra,o25 de course, agissant sur lp même arbre, l’un sur un coude venu de forge avec l’arbre, l’autre sur mi plateau manivelle calé à l’extrémité; ce plateau fretté en acier porte un contrepoids venu de fonte et destiné à équilibrer le mécanisme; le contrepoids formant le balancement de la seconde machine est disposé dans le plateau de jonctionnement de l’arbre moteur avec l’arbre de transmission. t
- Les bâtis des machines se composent de quatre poutres creuses boulonnées ensemble à l’une des extrémités, et assemblées par l’autre extrémité, élargie à' cet effet, avec une poutre transversale qui porte les plateaux d’avant des cylindres. Les cylindres se trouvent ainsi en porte-à-faux par rapport aux bâtis principaux et sont supportés par un petit bâti additionnel placé au-dessous de leur extrémité arrière, lequel bâti supporte également les glissières de guidage des contre-tiges.
- L’arbre moteur est supporté par trois portées dont la premièr a 0lll,ê>ati de diamètre et les autres O"1,530,la longueur étant pour toutes de 0m,735 ; les coussinets sont en quatre pièces et ajustables; ils sont en bronze phosphoreux, les chapeaux des paliers sont en acier fondu. L’arbre est en fer de riblons forgé avec tout le soin possible.
- Les tiges de piston ont 0"’,2i5 de diamètre; elles sont égaiemèht cil fer de Ciblons; les pistons portent des contre-tiges qui sortent par le plateaü arrière des cylindres et portent un coulisseau guidé par une glissières Les glissières avant sont venues.ale -fonte-avec les bâtis et sont garnies de règles en fer cémenté et trempé.
- Les tiroirs sont placés en-dessus des cylindres ; ils sont en forme de pistons et leur diamètre est de 0m,685; l’évacuatiou de l’eau condensée est, à cause de cette disposition des tiroirs, assurée par des soupapes de purge à fonctionnement automatique placées au-dessous des cylindres.
- Les tiroirs sont commandés par un arbre auxiliaire parallèle à l’arbre moteur et situé au-dessus dans le plan horizontal passant par les axes des tiges de tiroir. Cet arbre est commandé par un jeu de roues d’engrenages en acier fondu avec dents à doubles chevrons ; il porte les excen-
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- triques à ses deux extrémités. Cette disposition présente certaines facilités d’accès et de plus elle permet l’emploi d’excentriques de faible diamètre relatif, tandis que, s’il fallait mettre ces organes sur l’arbre moteur, on arriverait, avec le diamètre considérable qu’a celui-ci, a des dimensions fabuleuses pour les excentriques, ce qui entraînerait des pertes importantes de travail par frottement et surtout des échauflfements difficiles à combattre.
- En effet,il n’aurait guère été possible de mettre sur l’arbfe deOm,55 de diamètre des excentriques de moins de l111,200 de diamètre, lesquels, à la marche de 120tours par minute de l'appareil, auraient eu une. vitesse à la circonférence de 7nl,540 par seconde.' Cette considération est assez sérieuse pour faire accepter dans certains cas la complication de la transmission par engrenage à l’arbre de-distribution.
- La machine étant du système réversible, le changement de marche s’effectue par une coulisse droite, type Allan, manœuvrée par un cylindre hydraulique.
- Ces puissantes machines, de dimensions qui leur permettent de développer plusieurs milliers de chevaux, viennent seulement d’ètre mises en service, mais des machines semblables sortant des mêmes ateliers et ayant des cylindresde lm,220 de diamètre et lra,370 dè course fonctionnent avec plein succès dans les mêmes forges depuis 1881.'
- Les dessins des machines que nous avons décrites plus haut oiit été donnés dans YEnginering. .u; .
- IïocîK flottant de Rotterdam.— lia ville dé-Rotterdam exploite depuis 1883 un dock flottant en fer et en deux parties qu’elle a fait construire et placé dans uii bassiif creusé à cet effet, sur'la rive gauche de la Meuse, près du petit’port de' Clïarlois. A la côte de 5m,66 sous l’étiage de Rotterdam (désigné par R. Pl abréviation des mots hollandais' Rotter-damsche Pdl)j ce bassin à .350 mètres de longueur moyenne et 150 de large. La profondeur générale est de 5m;66, mais, à l’endroit où doit pouvoir plonger le dock tout entier, il y à 9m,66 et, sur lemouillage spécialement affecté à là plus petite dès deux parties, 8m,66 sous R. P.
- Chacune des deux parties forme à elle seule un dock distinct et toutes deux présentent le même système de construction. L’une a 90 mètres, l’autre 48 de longueur. Réunies; elles forment un dock dé 138 mètres. A l’ordinaire toutefois, les deux parties; qüe nous nommerons simplement le grand et le petit dock; sont mouillées isolément l’une eiv arrière de l’autre et, pour eri'facilitef l’emploi séparé, l’axe'du petit dock est placé latéralement à celui du grandf Les largeurs communes' aux'deux docks sont les suivantes t à l’extérieur hors œuvre 27m,40 f Ad’intêriéur' entre les parois des caissons latéraux'20m,40 sur le plafond et 2lm,40 au sommet. - '
- ! Le corps se compose d’un caisson de fond et- deux caissons latéraux.
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- La hauteur clu caisson de fond est au milieu de 3 mètres et sur les cqtés de 2m,70. De cette moindre hauteur part l’élévation des caissons latéraux hauts de 7U1,5(J et larges, au niveau du plafond, de 3m,o0, et au sommetdo 3 mètres seulement. r;.
- .. Le caisson de fond du grand dock est divisé en douze, celui du petit en hpitcompartiments. Cette division est obtenue au moyen de cloisons étanches longitudinales et transversales dont voici la disposition^-..Au milieu,.de chaque caisson, ils yt :a d’abord une tgrande . cloison longitudinale qui en occupe toute lajlongueur.>De chaque côté se?trouvent,quatre cloisons transversales dans,, l.e, grand dock et deux dans-,le petit. Ces cloisons atteignent toute la hauteur des caissons latéraux. Il y a ensuite deux autres cloisons longitudinales,.mais qui ne régnent qu’au milieu de la longueur, entre une. paire ude cloisons transversales de. chacun des deux docks. , v,. n
- Les caissons latéraux sont couverts d’un plancher en, tôle quadrillée sur lequel sont placés les cabestans ainsi que les treuils pour la manœuvre des espars de serrage et des tins de fleur. Sur chaque caisson latéral il y a une logette avec les,dépendances nécessaires.,;,,,
- Les appareils d’épuisement consistent, sur^chacun des docks en deux machines actionnant (directement des pomp.es .centrifuges, fournies par la maison J. et XI.-,(Xwynne, de Londres, Çesr,machines reposent avec leurs fondations en ,maçonnerie sur un .plancher,en fer établi à l’intérieur du compartiment milieu des caissons latéraux.,,.à 'à mètres au-dessus du plafond.
- Les pompes du. grand ,dock, ont 0in,o00 et,, celles clg,:}g$tit*. diamètre. Les tuyaux de la,conduite qui introduit.jUU.^Qplèye^,l’e,au.jdans les divers compartiments ont le même, diamètre,.que,la pompe,, à laquelle ils s’attachent. Ceux dépendant de 1’uue, des machinas de chaque dock communiquent à, volonté avec la machine, du c.ô,té ,opposé, de, façon qu’en cas d’accident elles puissent se^suppléer jl’une,l’autre,,. La^prise- d’eau consiste ©mune, large ouverture, fermant par,une vanne et située aussi bas que possible dans la paroi extérieure de chaque, caisson latéral. X/entrée, et l'a .sortie de l’eau .sont réglées par, de, gros robinets,qu’on manœuvre de la chambre des machines où des. flotteurs permettent de lire le niveau de l’eau dans chaque compartiment.
- Les pompes vident chaque dock en deux heures de .temps. Los chaudières des. machines sont tubulaires à haute pression et éprouvées conformément à ia.loi du pays à 5 1/2, atmosphère s. v
- Dans les paroisses caissons latéraux sont percés, L25, hublots. ,,, t Pour mettre, en communication,.les voies^de passage au .sommet des deux caissons latéraux, le-..grand- -dock. -est. munira jChacune de ,ses extrémités dame,--,passerelle à grueuft d’une passerelle,..%.,bascule en doux parties chacune. Le petit dock n’a que des passerelles à grues, immiœ Toute la.,,construction ,,est calculée pour levage de navires pcsanti i-i Bull. 34
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- tonnes;par mètre courant. Outre son poids, le grand dock peut soulever 4 -000 jtonnes et le petit environ 2,000.
- i Riemque leurs longueurs respectives ne soient, comme on l’a déjà..vu, que de 90 et 48 mètres, le grand dock a pu recevoir un navire de 108 mètres et le petit un navire de 70. Pour des bâtiments plus longs, on enchaîne les deux docks l’un derrière l’autre, de manière à en former un seul tout. :
- ' • L’amarrage des docks sur leur emplacement ^présentait lassez de difficultés,! tant a raison des grands efforts qu’ils /.déterminent que par suite de certaines circonstances. - ..'mcfi otc-i. A
- Ainsi, sur un dock de 90 mètres, flottant à toute élévation et portant ünrgrand navire sous gréement complet, l’effort du vent est toujours extrêmement considérable. Dans un bassin comme celui de Rotterdam, fréquemment exposé, sur une rive plate et ouverte, à toute la violence des Vents d’ouest, il y avait encore plus à se prémunir contre ce péril.
- Les grosses chaînes nécessaires à l’amarrage des docks ne pouvaient être fixées ni à des pieux sur la rive, ni sur ancres perdues.
- Elles auraient trop entravé la circulation dans le bassin.: D’un autre côté, quelque solide qu’elle fut, aucune palée d’amârre ordinaire ne pouvait offrir par dix mètres de fond l’énorme résistance indispensable.
- M. Witrop Koning, ingénieur chargé de la conduite des travaux, a fait adopter une disposition spéciale. Le corps fie chaqnè appareil*d’amarrage consiste en un pieu fie cime, fixé dans un massif de maçonnerie et de béton de 5 mètres de côté et de 4 mètres de hauteur. Ce massif repose sur 63 pilots 'disposés emcarré régulier et répartis eni9 groupés de 7 pilots chacun. Les * groupes extérieurs présentent une, paroi verticale, du côté du dock et des autres côtés une;paroi en devers. vh dfivdr?' - ruM-
- Après avoir battu tousdles pilots en place, on suspendait par-dessus, au moyen de grosses visèet de fortes traverses,*'un caisson de charpente destiné à servir de basehi la maçonnerie. Les traverses étaient fixées sur la tête des pilots^ de centre de chaque groupe, tenus à cet effet de lm,50 plus longs que'les pilots environnants. Dans le fond du. caisson étaient réservées les ouvertures nécessaires pour laisser passer la tê.tc des neuf groupes de pilots. qftaiy;;; ’ V" !
- On chargeait alors le caissonide béton et on le faisaitfiês'c'éndfe régu» ïièrementfié'maniéré"^que Elmf>!'plah ' restât^ paîfâîtemlnf^iiônlôiitar. Le béton était déposé au fur et à mesure eli tas. pyramidal et, quand la ligne de joint fie ce tas'fivec la paroi du caisson était arrivée â^attëihdré une hauteur un peu Supérieure à la ligne de niveau Jd’eaufbasse, Vnprofitait du jusant pour maçonner uifimur tout à l’entour."On co'inblait'èiifin tout l’espace encore vidé au moyen d’une dernière coulée defiéton.rLéS Sdni» frets du groupe des pilots,5 liés par des cblliers enfer, sonl’ainsi’ehëastf's dans le béton.'Sut le bout pitis élevé dii pilot central ést pdsé "et solidement arrêté le pieu de cime fin fonte crfiuse, rempli de béton, noyé lui»
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- même de lm,20 dans le lit de béton et dépassant d’un mètre le plan supérieur du bloc de maçonnerie réchampi en ciment. C’est sur ce pieuKde cime que sont frappées les grosses chaînes du dock. Les massifs, d’amarrage sont au nombre de huit. • ;,i i î
- Il est nécessaire de pouvoir nettoyer et au besoin réparer à l’extérieur le dessous du dock. Dans ce but on a construit un appareil en bois ressemblant lui-même à un dock très court, avec caisson de fond ouvert ait sommet. On le noie d’abord à la profondeur nécessaire et on le conduit à l’une des extrémités du dock, sous lequel on l’engage de façon que son caisson de fond, dont les dimensions intérieures correspondent aux dimensions extérieures du dock, porte en travers de celui-ci. On vide ensuite à la pompe l’eau qui remplit l’appareil. Il s’élève avec une force suffisante pour que ses bords supérieurs munis d’une garniture en cuir s’appliquent à joint étanche contre le fond du dock. Les ouvriers pénètrent par les caissons latéraux qui émergent le long des côtés du dock et le travail se fait avec facilité partout où il est besoin.
- Pour permettre l’emploi de cet appareil, les massifs d’amarrage devaient être tenus à* une certaine distance des parois du dock, Il était cependant indispensable d’assurer à celui-ci la stabilité la plus parfaite, dans la partie de 90 mètres surtout, qui donne plus de prise à ia violence du vent. Dans me but on emploie de forts caissons flottants* noyés jusqu’à mi-hauteur entre les parois du dock >et les massifs et qui peuvent recevoir un mouvement vertical régularisé par des guides enfler.
- L’emploi .du dock, flottant est réglementé par mi arrêté municipal du 12 juillet 1883* dont nous reproduirons les principales prescriptions, u-
- Le capitaine désirant faire usage du dock s’adresse par écrit au directeur qui tient registre des demandes. Dour-jles bâtiments à vapeur, rinscrip-tioir peut avoir lieu dès.»avant leur entrée pn rivières Le .capitaine verse entre î les mains du directeur une somme de 265 fi\ 50 c. (125 florins) comme garantie de sa soumission aux conditions du règlement.* Cette somme est portée en déduction des frais de location du dock. Le droit pour l’emploi du dock et de ses accessoires est payé d’après,1e tarif suivant:
- . CATÉGORIES DE NAVIRES ENTRÉE ET SORTIE PAR MÈTRE CU11KM
- ' ''.himrû Lélhuii d. :-
- De 250 mètres cubes et au-desSoüs . L' J U 11'-
- à 400 mètres cubes, . , . .. . -, ..... i. = . 0fl 19
- De 40i à 450 mètres cubes . . 0 18 ‘ '
- De 451 à ! 500 .o. •v
- De .501 à .,,750
- De 701 à 1VOOO ' Jil. \ h ' 0 15' 1 'M'
- De 1.001 à 2,0C0/ „, — nuüo 0<14 vu; J
- De 2.001 à 3.000 — - ... - 0 13 ;
- De 3.0111 à 4.500 J 1 ’ ‘.|jl. 0 12
- Au-dessus de4.S00, •; — —U 1 . : : ; .1 Ui.'j'; .L.v; i 0 11 |
- LOCATION DU' DOCK
- ! PAR JOUR
- Pour les cinq premiers jours :
- 0 fr. 06 par mètre cube et par jour.
- *' Pour les jours suivants : v
- 0 fr. 04 par mètre cube et par jour.
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- _ ï'Ge tarif est augmenté cle 25 0/0 pour les navires qui bffijffÔIèËtfle’s'fllmx docks à? la fois et de 50 0/0, pour ceux d’une construction particulièrement lourde, comme les navires cuirassés. >n .ui:.*d,ïut»u«C4 .
- Le tarif s’applique sur la jauge brute en mètres cubes, constatée conformément à la loi du J3 juin 1875 et à l’ordonnance' royale du 21 août suivant et d’après la teneur d’une ordonnance ministérielle clu^12 iiovemtro" de la même aimée. Une table jointe à cette instruction sert à convertir en mètres cubes le tonnage dès bâtiments non mesurés’suivant le procédé Moorsom. - ' - ^
- ... • j h» j ; • • ÎU • : : : » ’! I •.
- Lorsqu’à son entrée dans le dock un navire se trouve sous charge par» tielle ou entière, le droit est perçu, non seulement sur la capacité brute du navire, mais encore sur le volume du chargement évalué sur le pied dé 2*c,83 pour 1,000 kilogrammes de poids.
- Les réparations et autres travaux nécessaires aux navires qui se servent dît dock ne sont pas faits par le personnel de la Ville, mais laissés'à.l’industrie privée. Deux compagnies ont loué à cet effet des terrains attenant au bassin du dock et y ont établi des ateliers.
- Il y a encore à Rotterdam un dock (flottant eu bois de construction ancienne et de faibles dimensions et une cale de kalage, sans compter un certain nombre de cales de construction et de réparation. n<- -ui :
- Les renseignements qui précèdent sont extraits d’une note sur le Port de Rotterdam, ses établissements, son exploitation ët! son mouvement commercial, par M. .J.-H. Neiszen, ingénieur'îdirecteur'adjoint dès travaux de la Ville... . / -/t: ; m mim tu' ïbumsmm j;;
- -•.! -MW! • «’ x<f‘*b cvoictiiu " •
- —On a fait récemment,
- à Colombus/(Géorgie), des essais intéressants pouff tirer parti" ctek vieux rails d’acier, en les transformant: en objets divers eneacier coulé, tels que sabots derfreins, mues de wagonnets, etc.:
- M. Masters qui s’occupe de cette question avait opéré d’abord sur de l’acier provenant principalement, d’outils agricoles ; il en a traité plus de 30,000 kilogrammes, dans un. simple cubilot avec 1 partie de coke pour 6 3/4 d’acier; la fusion de l’acier demande plus de temps que celle de la fonte, mais, lorsque,; la ^ température nécessaire est atteinte, l’acier devient très liquide; il so.refroiditplus vite que la fonte et devient assez Vite pâteux, néanmoins; oir a le,temps 'de couler d’assez grandes quantités de métal; Le métak. obtenu a];des soufflures,ornais^ usb on .m soin de fondre l’acieiyayec un.sixième foute,, on pbtienti un métal très sain et à grain fin, .lequel, d’après-M.;, Masters,;j-aj'plus- dé.irôsistancerque la fonte et même que le fer et est préférable pour les.Oobjets , de faible dimepsion. , du.ùrioqtmb h noixoli cl ,é ml> Ukî mue?
- Ces.essais présentent un grand intérêt ôL peuvent!donner naissance à une industrie d’avenir* • nr-uh '-mmur xuub ucî oètmo- ...Un-/no»;
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- Déplacement «l’une cliemiiiee. — Le déplacement ide' mai»
- r , _ . ,
- sons, ou autres constructions est une operation, connue et celui du phare de Sunderland est un des plus remarquables exemples, mais nous'n’avions pas encore entendu parler de déplacement de cheminées d’usine* ci c . !
- C’est pourtant ce qui a été, d’après Y American Architeçt,. réalisé tout: récemment à Salepi, Massachusetts,. a •.»
- Cette cheminée a 27 mètres de hauteur et seulement.2 mètres 4e dia--mètre; elle est en briques,, et presque cylindrique, de sorte .qu’il a fallu de très grandes précautions pour ne pas la renverser. On a commencé par entourer la cheminée d’un échafaudage en charpente qui la maintenait complètement, puis on a pratiqué dans la base des trous ou on a passé des traverses qui/ soulevées par 34 vérins, ont permis de 'passer, sous la cheminée une plate formé en bois avec laquelle on l’a, conduite,, sur des rouleaux à sa nouvelle place située à une trentaine de mètres do l’emplacement primitif. On a employé six hommes et doux chevaux pour toute l’opération; le poids à déplacer était de 130 tonnes environ. . . '
- Ce fait n’était d’ailleurs pas sans précédent, car nous avons appris qu’en 1878, à une usine de Brunswick appelée Cabot Mills, également aux États-Unis, une cheminée en briques de 2m,40 de côté à la base et lm,70 au sommet, contenant environ 40,000 briques et pesant plus de 100 tonnes, fut déplacée de 6,mètres pour permettre l’agrandissement d’un atelier; 011,;opéra, en faisant glisser sur un plancher en bois bien graissé une plate-forme.:-portant la base de la cheminée; l’opération demanda huit jours et; demi entre le moment où on commença à toucher à la cheminée et celui où la fumée des fourneaux y passaule nouveau ; on employa deux vérins pour tout matériel.
- Résistance Æei la glace. •— «11 a été fait Ipùr Ml? A. Friihling d’intéressantes expériences, sur la résistance'dé lasglace, expérionces dont il a été rendu compte dans le Bulletin de ïAssociation ‘des Ingénieurs allemandsvm. ). oùjo i:b ' '
- Les essais à la trac tion ont été faits'avec une'machiné'"à essayer les ciments;, ils ont'donné'des résistances'variant de 10 à 15,3 kilogrammes par centimètre carré.. .n-'»ii i
- Les essais à l’écrasement ont indiqué les 'particularités suivantes. A des pressions variant de 9 al5Jkilog. pàkcëntimètre carré/il se produit dans les blocs de glace des fissüres'partant du centre et s’étendant rapidement dans tout de-bloc' à; hièsure qne Ia!préSsiôn -augmente, puis les blocs commencent àndiminùéT'ùle hauteur ëtafitiiSsent par s’aplatir complètement sans jamais sé détruire/4a¥édfétiôh4e^h8Luteur commence à des pressions variant def17 'à>27dcildg. par centimètre carré. / '
- On a fait des essais à la flexion à diverses températures; on a constate qu’une pièce 4e i400) millimètres'' dedàrgé' Sur 43 dé hauteur débitée a la scie pouvait, portée sur deux appuis distants de 300 miliimètréSibsu^1
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- porter au^milioiifcinié“ di&gér d$ '30 kilojgranimés, elle tràAailMtfMli# co cas à 12 ltilog. par centimètre carré. Une antre pièce de 52 millimétrés dé large sur 38 d’épaisseur supportant 23,5 kilog. avec 600 millimètres de portée a travaillé à 28 kilog. ^
- On a constaté que la résistance augmentait avec l’abaissèiiVéhl1 de la température. Les résultats sont d’ailleurs très varia Ides d’ün échantillon à l’autre, d’après la nature de la glace. 1 : > '
- . .h.: . j hin U .uj;•)j. , ,
- ‘ i CO . -îï; sA. .-s s* t* ^ X » '<3 A î ' 5.« -;t
- f;irvV.:ïlïi ,-.;i 1 j.7 "1. . X V.’.i . ... . i ;
- COMPTES RENDUS
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- août 1885
- / /. A.
- Rapport de M. Brull sur l’ouvrage de M. G. Richard, intitulé
- Moteurs à Gaz.
- Rapport de M. Layollée sur l'Association parisienne «les
- Industriels pour préserver’dès accidents du travail les ouvriers de toutes spécialités.,,,. ; J(l. , ,, ;
- O11 sait due la première association de ce genre a été formée,on 1867, à Mulhouse/sous la direction de AL Engel Dollfus, entre les principaux industriels d’Alsace. Des associations analogues ont ôté organisées à Rouen et à Lille. L’Association parisienne, constituée en 1883, compte déjà près de 400 membres, et tout permet d’espérer une extension rapide et un succès d’autant plus honorable qu’il sera entièrement dû aux efforts de l’initiative privée. ,ri.„,Vl
- Discours prononcé par AL Bardy, à l’occasion dé l’érection1 de la statue de Nicéphore Niepce, à “Chaton, le 22 juin dernier. ' ’ ; •
- .•.u;-' Tj;r .fuf.i-iMj-' m; . , iiiioq .-miaU
- Note sur le: monument'-à'élever à la mémoire de Nicolas (Leblanc, par M. Eugène Peligot (Extrait des comptes rendus del’Académie des Sciences).
- ....... r"' ' "*: û' !!: •• )‘ù: , to j;i j.! v^SU'U;.'
- Industrie de la Magnésie, par M. Schloesing.,_,nr-
- 'i'
- 7 Mu gaz naturel et de ses ajiiilicoliong Industrielles
- fÉçctràit de VEngineering). c, mo r
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- Soudure et réparation (les ^ase^ tle platine au lal»o« jratoire,.par M. J. W. Pratt (Extrait'du ,ÇIimiiml'tNews)., ,"'”/**!”m<!
- L’auteur emploie pour boucher les trous qui se produisent dans les vases de platine, au lieu de fils d’or, du perchlorure .d’or qui.par!la.chaleur abandonne son chlore et laisse de ï’or métallique. Si îes" timus sont plus grands, on mélange de l’éponge de platine avec le pércïilorure‘d’or. On peut également employer des cristaux de perehiorurVdiQr pour! souder des feuilles de platine au chalumeau, l
- Sur une nouvelle méthoded’analyge volumétrique applicable aux essais des bioxydes de manganèse, par M. P. Charpentier (Comptes rendus de l'Académie des Sciences).
- I**’ • -jU f /i >f > r? h i.j i;' f V ’
- Etude calorimétrique des effets de la trempe et de récrouissage sur l’acier fondu, par M. Osmond, (Comptes rendus de VAcadémie des Sciences),
- \ ' ANNALES LES"PONTS ET CHAUSSÉES
- '.ïmÉüiH’0 ,):C U :•/ .
- &r %M*mîc®kés.mg
- O j 1 •• àUH'V'nb rot
- août 1885
- i•.'OY/uï : vM. - -*.-h1 , -7ii.i'-r .. V’Hfq ÏHOC
- . Paroles prononcées sur la tombe de M, Bellot, Inspecteur' général desJPl)htsTHÊhausSêes,purMM. DEMôtÉyminiktrendës Travaux:Publics ; Ma;rHW,uInspecteur général des' Ponts et Chaü'ss^hstet'F. Mallet/ Président de la Chambre de commerce du Havre. i(i - b
- .'-A- : • -.-.r •:oiï--^o% = .flT AÜJ r =7 •'?
- Note"'stir la Statique graphique, par-MAUuîLL^UME, Sous-Ingé-nloùr des Ponts et Chaussées. 1 ' AvA'- •UqUA'-'- -
- La première partie de cette étude est consacrée aux principes généraux et aux applications aux poutres droites; duos .les différents cas qui peuvent se présenter pour pelles-ci, poutres posées, sur deux appuis, poutres encastrées, poutres continues reposant sur plusieurs appuis,
- La deuxièmeqmrtie comprend les applications . aux ponts métalliques à arcr dans lesMiveramaa suivants^ arçs avec rotules aux naissances et charnière à la clé ; arcs reposant en un seul point sur chacun des appuis et sans charnière'&H&vclév Al ny -y -
- ^lEpprep^ericai^jt l’aut^u^n’^pas été^réalisé,3sans doute à cause des difficultés d’exécution de' la charnière à la clé, mais ,il permet* d’ex-
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- ..po&e-ritrAsmaihdement laméthode:dans son ensemble ;lo second am contraire est entre dans la pratique des constructions.
- • fPÊhtiéièniùkè- Écolë'"‘es -1 Ponts -et Chaussées, par 'M'.: 1 Tardé de Saint-Hardouin, ancien directeur de l’Ecole des Ponts et Chaussées, L’origine de l’École des Ponts et Chaussées se trouve, dans.le bureau des dessinateurs, placé le 14 février ,1747, sousiiaîdirectionJ,cle.Perrqnet et qui,d’après les termes de l’arrêt, devait remplir le double ,objet;d’exécuter les plans des grandes routes et former des sujets capables pour les meplois d’ingénieurs des Ponts et Chaussées. ! . .
- Le titre d’École des Ponts et Chaussées apparaît officiellement en 1777; mais l’École Nationale des Ponts et Chaussées fut instituée par l!a‘loi du 19 janvier 1791, laquelle supprimait les Écoles des Ponts et Chaussées établies par les États de Bretagne et de Languedoc. Il est intéressant de faire remarquer que cette loi supprimait également la dénomination de sous-ingénieur en lui substituant celle d’ingénieur,et l’instruc-tioiidü 7 avril, suivant indiquait qu’il conviendrait de désigner le premier 'grade parle titre d’ingénieur ordinaire, la dénomination d’ingénieur étant générique. i!; —
- Le programme d’enseignement date de;Tan ;VIï (1799); il comportait quatre cours : mécanique appliquée et théorie dèsvôûtes; stôrôotomio et charpente; architecture et travaux publics;''minéralogieét ‘chimie appliquée. En 1810, la stéréotomie fut réunie à ParchiteBturô proprement dite, et üiï cours spécial de construction fut instituéjcé ceUrs fut eil 1831 divisé en um certain nombre de cours correspondant aux diverses * branchés de Part1 de l’Ingéniéùr : Riôutesf-— Pontst*-^ Navigation intérieure. —• Ports de mer. ^ Service hydraulique. — Chemins1 d'à fer.1 ! '
- C’est également en 1831: qu’a ôté institué lé cours\lë'Droit'administratif, qui Occupé 'aujourd’hui une place considérable dans 5 renseignement. -:-a uofjeoilqqr l of oe.u,,, ....... ,,i;uuv.- >>!.
- ;.-.ü Û-JV'r .ijC-i'i'JiHl iiü ' ' J .= CI C.? P '
- Etude sur le mocle «le navigation à appliciuei* entre Lyon et Marseille, par M. Jacquêt, inspecteur général des Ponts et Chaussées. ' ,:M ....,. ' ' .
- L’auteur a, fait..sur lepRhônmdes*expériences ayant.^pour objet de reconnaître la,possibilité d’y appliquer{le touage , .et a ,.été;ponduit à formuler un proigTamme, de, matériel do. transport à employer putreJ^arseille et Lyon. ; ; o • aoé/seÂcq' ' a air bioo- ‘i r d-omett ofc uxtjefjrmq bd -moû /-
- L’instrument type de- transport est la péniche/flamande, portant environ 300 tonnes à charge, complète,' émvudi deilaquelleiisont ouvragés' les canaux. Ce bateau qui exige un tirant d^eau deT ,2; Èiètifes*aaenpeut naviguer sur le Rhône> ; on devra employer ploüruMl porteur entré Lyon et Arles, des chalands, écluses, de rivière remorquésipartouage!',sur chaîne
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- noyées ci,neutre la Tour-Sain-b-Louis et Marseille; dcs*'buteatix-éclu'Séso<}e mer. nilir'f;vu ni b *>*;tfj*- >U: o-iicit
- Au point de vue du mode de traction, le mémoire examine les objections faites au louage sur chaîne noyée qu ’ il r ec ommande ; le s .pbj,e c ti o n s
- sont,*,,,;;!' i ; ... -1 tu
- 4°'L’enfouissement dé la chaîne dans les graviers; 1 2° "1(0 danger résultant de la rupture de'lachaîne ;u »u>!j
- 3° Les dangers' cle'bôllisioii; ’ -, -, b.iupm
- - 4° L’usure de iachaînepar les graviers ; ; ' ! - :-eb >;n-';L.>
- 3° Le déplacement de la chaîné. ‘‘‘ 'col(i',fa
- L’auteur répond à ces diverses objections et propose certaines dispositions mécaniques du toueur, permettant de faire agir le moteur à la fois sur la chaîne et sur un propulseur, roues ou hélices, mais de, .telle sorte que le propulseur ne batte l’eau qu’avec une vitesse à peu près égale à celle du courant. Toute la puissance se porte alors, sur la chaîne;,,mais si celle-ci vient à casser/la puissance n’étant plus équilibrée se portera tout entière sur le propulseur, et le toueur sera instantanément et d’une manière entièrement automatique transformé en remorqueur ordinaire. L’abandon à volonté de/la chaîne nécessite l’emploi d’une poulie à empreintes, placée, latéralement.
- Les expériences,t..:q.uij,ont été faites avec un matériel de cette nature ont montré en effet; que les objections ci-dessus n’avaient pas’'la gravité qu’on leur attribuait..f On a constaté notamment que la chaîne pouvait rester,longtemps,,sans rêtre.. soulevée et que heffort 'dinbateau était toujours suffisant pour la ramener? à la. surface. On a.pu'le faire au,bout d’un an de repos dans un endroit où les graviers sont en, mouvement et les craintes d’enfouissement ne se sont pas réuliséès. jri'omMnni*
- Le, résultat,.de ces expériences permet à,Tauteur,.de considérer comme résolue au point de vue technique la question de l’application du touage sur chaîne noyée à la navigation du Rhône. On pourrait avec ce matériel faire normalement en cinq jours la remonte d’Arles à Lyon comprenant un parcours de 283 kilométrés, ce qui suppose une marche moyenne de 60 kilomètres par jour et une vitesse* absolue dé inS40 par'seconde, correspondant avec des courants de2m,60, aune vitesse relative de 4 mètres.
- Un train1 composé d’un toueur et dékleux^djàtëàùx-éclusès exigera un travail d'e!415 èhevaux pour le courant ét’d'è 43 environ poui là gravité, total T 28 r bu qui conduira :à donner aü tbueùbmne'force dc'150 à 200 chevaux pour lui permettre de franchir certains passages où la vitesse du courant est supêrieuremcè qu'iqa été comptétplus haut; - le" .
- (La chaîne serait en fer'det 25?'miEimètresi pesant? 44 kilog. pan mètre courant; Umpourràit par:-ceosystèmer!arriver:à faire les transports* entre . Lyon et Marseille*‘sur 375"kilométrés;.au prix de >7 francs la tonne,esoit moins de 2 mentinresjoaritonne et par kilomètre/ ' xybyeeiàA
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- : L'auteur discute sommairement un projet de louage par relais au moyen de cables en acier de 10 kilomètres environ amarrés à une extrémité à un point fixe et s’enroulant sur un treuil porté sur le loueur. Ce système, outre les incertitudes qu’il présenterait, et 1 e s cl s an ces • d e fai bl o durée du câble, nécessiterait la construction immédiate d’un matériel considérable, probablement 30 toueurs de 200 chevaux chacun. L’exploitation se ferait donc par ce système dans des conditions: défavorables tant que l’on n’aurait pas un très grand trafic, parce que le travail de la traction d’uu train serait divisé successivement entre plusieurs appareils h vapeur dont chacun ne serait en service utile que pendant peu de temps,
- bfous pouvons ajouter que le programme formulé par M,:, Jacquet a soulevé de vives objectiqns y il paraît en effet bien difficile d’arrive11 à des résultats économiques avec l’énorme exagération du poids .mort,à laquelle conduit l’emploi des bateaux-écluses,
- Durée des éclusages et marclie des liateaux sur le canal «le Bourgogne^ par M, Bazin, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, I bv: é; u.t&f* O <jw• ->‘i1i- m•.) ••
- Cette note forme le complément d’un , mémoire,sur l'allongement des écluses du canal de Bourgogne inséré dans, Iqs Annales de mars 1885 (voir comptes rendus de mai 1885, page 701), , ,K, y .
- . - On -admet.généralement pour les éclusages des chiffres exagérés. Les bateaux àuvapeur portant 100 à 150 tonn.es de marchandises^ éclosent généralement en 8iminiites et quelquefois en 6, et cette,durée peut être «encore réduite,pour des bateauxjplus petits; [ainsi le yacht j/e Mapouin a éclusé en moins de 6 minutes .en moyenne au, mois.. d’ayn],,der,niçr„ .. Il.a franchi le canal de Bourgogne en 49 heures dont 31 h, 1 /2 de marche et 17 1/2 d’éclusages soit un moyenne 5 à^6 iniputes par écluse. ^
- Avec le torpilleur n° 68, en faisant agir simultanément l’équipage e/ les agents du canal, on a pu opérer certains éclusages en 3 et 4 minutes, Cette rapidité tient principalement à l’adjonction aux écluses des vannages latéraux qui. permettent de remplir et de vider le sas en 2 minutes. .1 ' ’r in-!' i- - . ,
- La Compagnie de navigation qui est actuellement en possession de la majeure partie du trafic, emploie des bateaux de 38 mètres de longueur portant 210 tonnes au plus avec le tirant d’eau do |lm,35 'quc la profondeur de l’Yonne ne- permet pas de dépasser ; J ce chargement- descend généralement plus bas et peut être considéré comme compris en moyenne entre 130 et 180 tonnes. La durée totale du trajet de Paris à Lyon est de 11 à 12 jours, arrêts compris, et la traversée fiu canal fie-Bourgogne se fait en 6 à 7 jours, quelquefois même en 5. La traction fié ces bateaux a lieu, sur la Seine et l’Yonne par.le louage;1 sur le «canal par fies chevaux, et sur la Saône par des remorqueurs, :» • . .m- -.'"v-y1,, -
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- ‘Jjr conclusion de cette note est que la recherche pour un bateau ; du maximum; de tonnage possible basée uniquement sur les dimensions/des écluses n’est pas toujours un bon calcul, Un bateau, comme ceux qui font actuellement le service entre Paris et Lyon, à raison de 35. kilomètres par jour, rend plus do services que si on portait sou chargement à,273 tonnes en réduisant la vitesse à 20 kilomètres ; l’amortissement/ulu.matériel et les Irais généraux se répartissent ainsi sur un plus: grand. nombre de voyages et, somme totale, sur un pdus fort tonnage.transporté,,,jLes petitg.bateaux, dits-berrichons,- de 23 mètres de'longueur et,de 2m,50de largeur, qui ont transporté les matériaux destinés à rallongement des écluses entre Laroche et Raviôres ont, par suite de la facilité et de lanapL dité de leur manœuvre, en ne portant que 78 tonnes, effectué plus de transports que les bateaux ordinaires du canal, plus lourds et moins maniables. Il ne faut pas forcer outre mesure les conditions dans lesquelles fonctionne la voie navigable, et le maximum de l’effet utile ne correspond certainement pas au maximum de chargement des bateaux uniquement calculé sur la capacité des sas 'd’écluses.
- Note sur un répartiteur d’eau et sur son application à la police des irrigations, par M. Pelletreau, Ingénieur' des Ponts et Chaussées.
- "Cet appareil a pour but de diviser le débit variable d’un canal en parties proportionnelles à. des nombres donnés.’ïl se compose de vannes en tôle disposées de! ïùaiiière qu’une fois réglées,:'Hielles sont maintenues dans leur position par une fermeture compliquée pour laquelle il faut l’usage de plusieurs clefs-’; 'des échelles graduées11 permettent 'de donner aux vannés, d’après la position du niveau dans le bief d?amont, la levée
- correspondanterau! débit proportionnel voulu,1
- un ; j R ri,cm-
- Pont roulant
- ‘O n.f . -j ; '
- de l’eelwse
- :_rur'
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- R.
- () ..... Saint-mràaBàire, par M.
- Iverviller, ingénieur en chef des ponts efichaussées.! ,U!'’ iw
- -• ' ?oi .myr no,!.! ne-' -y nuffié- -
- Ce pont roulant a été exécuté par la maison Cail. sur un projet présenté par elle et.choisi au concours ; mais le, pont roulant,,.ayant été reconnu comme ne satisfaisant pas entièrement aux conditions exigibles, a été terminé par MM. Bon et Lustremant, Il fonctionne d’une manière parfaitement satisfaisante depuis le 1er mai dernier.
- La grande écluse que dessertne pont a 25/mètres de.largeur; le pont a 43 mètres-- de longueur, dont.28 pour la volée et 17,pour la culasse ; il pèse 300 tonnes'dont 80: de contrepoids en fonte à l’extrémité .deda culasse. Il a 8 mètres de largeur em dehors des poutres de rive ; Celles-ci ont 3m60 de hauteur ét:sont; réunies; à la.partie inférieure par des pièces ,de pont
- de 0m 65 de hauteur; ai rJ è m •:= -.yd .
- Pour manoeuvrer le pont, on le soulève d’abord verticalement de/toute la hauteur des pièces de pont sous rails, soit 0m,95, au.moyen d’un piston
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- Vertical,de presse hydraulique de 0m,90 de diamètre, portant une traverse avec quatre galets de 0m,60 de diamètre sur lesquels roule le pont.
- -nLg, traction se fait par une chaîne de Galle, engrenant avec'uri'pignon actionné par un treuil hydraulique Brotherhood. i
- La manoeuvre s’exécute en quatre minutes et consomme 1,500 litres d’eair a- 50{atmosphères. 1 ' 1 " ‘ ,
- Résistance dés matériaux. — 'Expériences suivies coionnes en fonte,1 én fer et lès piliers en maçonnerie (Voir Clironiquè de juin 4885, page 805). ' ' : ; 1 11 ' -
- TM'I
- -/ :i Hliü! ; /;
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- ANNALES DES MINES
- :: . V -;()£ ;; liéi . .
- 2rae livraison de 1885. _
- v’, .a,!:.:..- -, •
- Mémoire sur ,1a .Géologie, générale étqsur -les Mines «le
- diamant de l’Afrique du Sud, par M. A. Moulle, Ingénieur civil de^Mine-sife|M*iaj»^ «««jG h..... lw$ n.i*
- Ce mémoire' comprend deux parties, l-\i'ûd'1‘ëoiîIfcr^è*U,'ïcèïti^^'if^nlrale de l'Afrique méridionale au point de vuè gôolagiq(ie,’Lauli?ÿ comprëna'nt' l’étude spéciale1 des'minesJ de diamants. '!ii uî< ’*
- La seconde paftiei':'cjuilést îa plus intôfessantej 'clonhë d’abord1' l’historique des mines de dMhànt'ètlèhriiüportan^^^^
- -Là’décoùvertè'dtüdianiaht dans l’Afrique du Süd’femdnte à 1867;.mais /exploitation h’a! comhiéncé sëriéüsémënt qu’en 1870 ; eh 1872, a Kim-berley, certaines conCëSSidiiS'b'u'h/aim'de 31 pieds sur’’31 pieds)'atteignaient déjà une*‘Valeur èohiinefciale'de 3,000 à 100,000 francs, justifiée par ce fait que, certains travailleurs avaient fait ‘foidune eh moins d’un mois ; on en cité un qui trbuva en' 15 jours pour plus dé 250‘,00Ô' francs do diamants.---* i: u>;mJ*hhusm -- .Mtshu* n eu. ,
- De 1871 à 1875, la production des mines de diamant au Cap a ctû monter à environr'31-milli6lnsad’ë:''câràts!,'Jîc>orréspdhdàhtità'' une1 valeur d’au moins 900 millibhS ;dé 'ffâftcA; Wpolds' fépréselit'é' plus de‘6! tonnés de diamants hrütS:ûJtev’i;:^ü00 ^ ^ et aau
- Il ÿ'a cinq gisements ^M3i|i,àli!!t,'liplô'it^uéëVfèti'sém'^ilf)'Jô'elüi1c(e’Éim-berley seul compte sept Compagnies importantes,'’sahS parler1 d’autres plus petites.
- Certains gisements sont assez riches pour fournir 2 1/2 et 3 carats par
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- mètre cube de terrain diamantifère; on a même constaté la teiieür'tle'B carats, Or\ le; carat vaut 30 à 35 francs. : ; ' :
- L’exploitation s’est d’abord faite à ciel ouvert, mais elle tend dé plus en plus, à mesure de l’approfondissement, à devenir souterraine.'nu;
- La gi’ave question est celle de l’eau nécessaire pour le. lavage, des terres; on à du faire des travaux considérables; ainsi, les quatre'grandes; mines du G-riqualand-West ne comptent pas moins de 376 machines à vapeur, représentant plus de 4,000 chevaux, dont 11QSmachines?.po.nn le lavage.'* La consommation de. combustible de ces machines s’est élevée,; pour 1882,â 15 millions de frâncs. Ce combustible était d’abord élu-bois,, lequel étant hors de prix, est actuellement remplacé par du charbon anglais' qui ne revient pas à moins de 250 francs la tonne rendu à Kimberley. Aussi l’eau a-t-elle valu jusqu’à 14 francs le mètre cube ; elle se délivre aujourd’hui, au prix de 3 fr. 70 le mètre cube.
- Il est certain que l’établissement du chemin de fer, notamment entre Kimberley et la rivière Orange, aura une immense importance.
- La main-d’œuvre est également très chère ; les nègres se payent de 31 fr. 25 à 37 fr. 50 par semainé pour 5 3/4 journées de travail, et les ouvriers blancs de 150 à 200 francs par semaine.
- Exposé des Résultats «le l’eii«|uête concernant l’âge et la durée dmservioA#esmihenESÿpar.M'i.s(â’K®LÈEB, Ihgémeumendief des Minés, 'motif ma ni .a.niuoï/;' .A •. 1/: ur ’ uh oypr*®!
- Résistance «lu sel gemme aux efforts de compression
- et conséquencesau point de vue «le l’exploitation du
- sel en roches, par M. Tournaire, Inspecteur généraLdes Minê$y/: n ,j Des essais faits sur dès cubes ont donné .pnOjTésistancef.moyenne à l’écrasement ; de 393 kilogrammes.; qn. voit, que sous jçe^rapport le sel gemme est comparable aux très bonnes pierres, calcaires^ >gffpnr iyn>.>?, Ces échantillons avaient été pins dans .laqnasse, .exploitée,;,ils «provenaient des, mines de Meurthe-et-Moselle, Saint-Nicolas et (Yarangevine ; les parties près.du mur avaient moinsvde.résistance.;,n.v *0 air Ton-
- On, peut conclure . que la , ,charge. des, piliers ne . doit pas ,' dépasser 200* kilog. par centimètre • carré ; t or,f!sij la,.pesanteur spécifique des terrains/-“écpuvraotile gîte est estimée*,à, 2. 2,;.et si les pleins occupent le quart de la surface, cette pression se manifesterait à 225 mètres de
- profondeur. J;i,;(lî,u ;,b -mn:: norhubo'œ G n Sl C a
- 11,faut de plus, .remarquer.que.Xemplqi systématique ded’eau en grande quantité,, .lancée _ptn, jefts, Yi'gqjireuxHpour creuser les entailles;préliminaires Lie l’abatage/est incompatible' avec la conservation des cavages
- souterrains,(iiComûrq,il’n;,démputr^iÇeifqn4rppput lié,.la. mine - de Saint-|q'|8^nfi^oami àbin.'àiWmoO-An* iïqàW luné vuKo
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- 5mu livraison cle '1885. ' '• ' .,1' ' * •
- . (xisenients de phosphate de ehaiivdiaeentee de la France, par M. de Grossouvre, Ingénieur clés Mines. -, :
- Les conclusions pratiques à tirer de cette, étude sont d’après l’auteur:
- 1° Les gisements phosphatés sont très abondantsclans- la -série des terrains rudimentaires; si leur recherche était poursuivie avec méthode, on arriverait, sans aucun doute ^ à en trouver'qui? seraient suseëptihles d’exploitation dans beaucoup de régions où on ne soupçonne meme pas leur existence.
- 2° Il existe une connexion, sinon absolue, du moins très générale, entre les gisements phosphatés et les horizons ferrugineux ou fossilifères : les recherches doivent donc être dirigées nie préférence sur les couches qui offrent l’uu et l'autre de ces caractères .
- Sîote sur l’étal actuel «le la législation «les mines au Brésil* par M. A. ue Bouet, ancien élève de l’École nationale supérieure des Mines. "
- Discours prononcé aux funérailles «le II.uliait, Inspecteur général des Mines, directeur de l’École nationale supérieure des Mines; par MM; Tournaire, vice-président du‘conseil^général des'miiies; de Chancouktoïs; Inspecteur ...général des ùMines'j'U'GASTEL; >inspecteur' général des mines,--président de la Société1 de l’Industrie minérale^ Lévy, Bargy, et général Goloniéu. G ^'"'-n. .us, lun.-.'
- Explosion «l’une chaudière verticale aux forges tl’EurVilIe, — Le rapport de la Sous-commission, composée de MM. Luuyt, Larcot, Ilaton de la Goupillière, Hirsch et Julien, constate que la chaudière verticale n° 4 qui a fait explosion le 10 novembre 4 884,' en faisant 55 victimes, (22morts et 33 hlessés);'-n’avait cessé de donner lieu depuis? sonpnstallatiôn à-des fuites, des ruptures locales et des ^réparations, symptômes qui dénotent un .-étal instable eh sont toujoursd.es présages menaçants.'^ 1..u, il ; ;ua:.
- La cause est l’effet destructif des flammes des fours venant-débouclier sur la virolefdm coup- de Teu^ -nou ''protégée,1 eL recevant 'presque normalement J’attaqueMës'flaMmeSiùlGavùK,: ih--u o.qprmmjV;.,o?,r -, ..a
- A la suite des explosions de Marnaval et d’Eurville, survenues dans des conditions identiques, on doit rappeler que les parties des chaudières situées en face du rampant doiventjétre protégées par l’établissement d’un rampant en maçonnerie, éloigné de 8 à 10 centimètres de la surface des tôles ; que les matériaux de la chaudière, pour les parties les plus
- lit
- - Wf ; i.i
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- exposées aux flammes, doivent être de premier choix; qu’il est bon d’employer pour les parties sujettes à de brusques variations de dilatation et de contraction . des .ciauures à deux rangs de rivets. Il faut ajouter à ces précautions une alimentation autant que possible continue éfl l'adjonction sur la chaudière de clapets de retenue^ automatiquesïpour isoler les corps de chaudières les uns des autres. < : ! • '*'«<>» =• v :
- Ces diverses conditions n’étaient pas remplies dans la chaudière qui a fait explosion à Eurvillc.
- liégaslaticm des mines ma Japon, par M. Aguillon, Ingénieur en chef des Mines. "v. m .
- Note sur le grillage de la lileiide, par M. Mauler, Ingénieur civil des Mines. ... . . .
- Cette note donne la description des fours silésiens d’Oberhausen et d’Àmmeberg, des fours Hasenclever et des fours à ràblage rotatif, également employés à l’usine d’Oberhausen qui appartient à la Société de la Vieille-Montagne, -ml ^ : . .n
- Théorie des appareils employés au lavage des matières minérales, par M. Badoureau, Ingénieur des Mines.
- L’auteur expose que les cuves de lavage, les appareils à. courant ascendant, les airs de,,lavage , les tables à secousses, les tables de Rittinger, les cribles à piston, le laveur hydraulique Bazin, etc., reposent tous sur le principe suivant : une grenaille placée dans de l’eau en repos ou.en mouvement’, soit au milieu du liquide, soit sur un fond solide, décrit un mouvement différent, selon sa (grosseur et sa densité. On arrive donc à séparer les grenailles d’après leur densité, à la condition Me ne traiter simultanément que .dos grcnailles jà peu près fl’egale grosseur. h >
- Le .^mémoire examine successivement Tes questions suivantes] : chute dans de l’eau en repos ; chute dans, de l’eau animée d’une vitesse horizontale ; chute d’une grenaille placée en repos à une petite hautour,au-dessiis d’une table horizontale dans un faible c.qurant d’eau; mouvement communiqué sur une table par un courant d’eau; mouvement’communiqué dans l’eau sur une table par une secousse ; mouvement communiqué'par de l’eàu coulant:sur une table inclinée* avec pmsans seco'usSe; stratification des grenailles sur un tamis par* les Impulsions de l’eau et, enfin, mouvement dans un vase sphérique plein d’eau et tournant autour d’un axé vertical.
- \ ‘îr'.j
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- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS ALLEMANDS
- N° 36. — 3 septembre 1885.
- Assemblée générale de l’Association à Stettin, le 16 août 1885.
- Fonçage de puits dans les terrains mouvants par le procédé Ilaase, par Or, Kohler.
- Modification du tube de Pitot, par le I)1' E. Clieseler.
- Action du blanchiment sur la résistance des tissus de lin, par Ernst Müller. "! v
- Groupe de Saxe. — Appareils de chauffage. — Procédés de mouture des grains.
- Patentes.
- Bibliographie. —Valeur comparative des fers à double T du type normal allemand en fer et en acier, par L. Tetmajer.
- N° 37. — 1% septembre 1885.
- Vingt-sixième réunion générale de l’Association à Stettin.
- Développement de l’industrie des ciments en Allemagne et méthodes d’essais des ciments, par le D1’ Delbriick.
- Progrès de la construction des navires en fer et en acier en Allemagne et particulièrement à Stettin, par R. Haaclc.
- Le paquebot de la Compagnie H amb o u r ge ois e - Am ér ic ain e Uugia, construit par la Société de construction « Vulcan ».
- Réduction des dépenses de combustible des locomotives.
- Courbures prises par les ressorts, par M. Westphal.
- t. - J <
- Patentes.
- Bibliographie. — Calcul graphique et statique graphique, par v. Ott. — Ouvrages adressés à l’Association.
- N° 38. — 19 septembre 1885.
- Vingt-sixième réunion générale de l’Association à Stettin (fin).
- Exposition d’industrie et de travail manuel à Oorlitz, en 1885, par H. Maihak (suite).
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- Appareils de levage à l’Exposition internationale des inventions à Londres, par Ad. Ernst.
- Groupe de Breslau. — Procédé Becker pour la cuisson des aliments au bain-marie. — Système Stellwerck pour l’épuration préalable des eaux d’alimentation des chaudières. — Moteur Lilienthal.
- Patentes.
- Variétés. — Papier de cellulose.
- N° 39. — 26 Septembre 1886.
- Expériences sur une machine Corliss au Creusot, par S. Nimax.
- Exposition d’industrie et du travail manuel à Goerlitz, par H. Maihak, (suite).
- Chauffage et ventilation. — Chauffage et ventilation de l’Ecole Monge à Paris. — Hôpital de Langensalza. — Rafraîchissement des locaux fermés.
- Groupe de Bavière. — Fabrication de la pâte de bois.
- Groupe de Saxe. — Emploi de l’électricité pour le contrôle de la marche des trains, des températures et des phénomènes à retour périodique. — Manchons à embrayage. — Travail d’aspiration des pompes à air des machines à condensation.
- Patentes.
- Correspondance. —Expériences de vaporisation. — Poutres en fer et en acier.
- Bibliographie. — Géométrie descriptive et projections, de Peschka.
- N° 40. — 3 Octobre 1885.
- Influence de la position de l’indicateur sur le cylindre d’une machine, sur les diagrammes obtenus, par F. Frese.
- Machines à travailler le bois.
- Congrès de la navigation intérieure à Bruxelles.
- Groupe de la Ruhr. — Acier coulé.
- Patentes.
- Bibliographie. — Emploi de la méthode des moindres carrés en géométrie, par C. Koppe. — Emploi du gaz, pour le chauffage, la cuisine et les usages industriels, de J. G. Wobbe. j;w |v|.
- Bull.
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- Variétés. — Emploi des tuyaux en fonte asphaltés pour conduites d’eau.
- N° 41. — 10 Octobre 1885.
- Exposition industrielle de Gorlitz en 1885, par H. Maihalc, (suite).
- Établissements d’instruction dits « Realgymnasien », par le Dr CL Holzmiiller.
- Réduction d’épaisseur des tubes de chaudières par l’emploi de l’acier.
- Groupe de la Ruhr. — Filature et tissage de coton de O. Boninger, à Duisburg. — Portes d’écluses du bassin de Duisburg.
- Groupe de Saxe-Anhalt. — Usine métallurgique de Thaïe.
- Patentes.
- Correspondance. — Expériences sur une machines Corliss du Creusot.
- • Bibliographie. — Recueil de problèmes de mécanique analytique, par F. Kraft. — Formules, tables et croquis pour l’étude des projets de machines, par O. Grove. — Ouvrages adressés à la Rédaction.
- N° 42. — 17 Octobre 1885.
- Exposition d’Anvers, par Herm, Fischer.
- Exposition industrielle de Gorlitz, en 1885, par H. Maihalc (finj.
- Contrôle de la vitesse des trains de chemins de fer, par C. Finck.
- Chemins de fer. — Barrières de passages à niveau.
- Métallurgie. — Expériences avec un haut fourneau presque cylindrique.
- Électro-technique. — La première station centrale pour l’éclairage électrique de Berlin.
- Groupe de Francfort. — Fabrique de glace de Francfort.
- Groupe de la Ruhr. — Qualités des matériaux réfractaires et leur emploi dans la métallurgie.
- Patentes. ,
- Bibliographie. —Travaux préliminaires pour la distribution d’eau de Mannheim, par O. Smreker. f.
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- N° 43. — 24 Octobre 1885.
- Exposition d’Anvers, par Herm. Fischer (suite).
- Expériences sur la chaudière à soude de Honigmann, par F. G-uter-muth.
- Groupe de Hanovre. — Procédé Bower Barff pour la préservation du fer.
- Groupe de la Ruhr. — Propriétés des matériaux réfractaires et leur . emploi dans la métallurgie, (fin).
- Patentes.
- Bibliographie. — Notes sur les chemins de fer des États-Unis, par J. Brosius, — Ouvrages adressés à la Rédaction.
- Variétés. — Comparaison du coût de l’éclairage électrique pur incandescence et de l’éclairage au gaz.
- Le Secrétaire-Rédacteur, A. Mallet.
- l’AHIS. — IMPRIMERIE CENTRALE RES CHEMINS DE FER.
- IMP. CIUIX, RUE BERGÈRE, 20. — I435-G.
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- MÉMOIRES
- ET
- COMPTE RENDU DES TRAVAUX
- DE LA
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS
- NOVEMBRE 1885
- »» il
- Sommaire des ^séances du mois de novembre :
- 1° Observations de AL Assi sur le procès-verbal de la séance du 16 octobre. (séance du j 6 novembre, page 537);
- 2° Lettre de M. Jules Garnier sur son projet de métropolitain (séance du 7 novembre, pages;[538 à 540); r . rî;
- 3° Lettre de M. J. de Cossigny, au sujet de la communication faite par M. Mallet au nom de, M. Colladon, dans la séance-du 2 octobre (séance du 6 novembre, pages 540) ; r, {.r
- . 4° Lettre de M. Ch. Cotarçl, accompagnant l'hommage à la société de l’ouvrage de AL Laroche, ingénieur en chef .des,ponts et chaussées, sur les Ports de commerce (séance du 6 novembre, page 541); J... ,,, ' r ,,
- 5° Présentation de M. H..de Alatthys, comme membre honoraire
- " ' r -D'- Ilïfr no'l'.- ' .
- (séance du 6 novembre, page 541) ;
- MJ LL.
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- „6° Hommage à la Société, par M. Louis Trasenster, de Fou-vrage de son fils, M. Paul Trasenster, intitulé : Aux Etats-Unis, notes de voyage d’un ingénieur (séance du 6 novembre, pages 541 et 542) ; ' 1 ''
- 7^ Communication de M. Berthot sur les forces mutuelles et leurs applications aux phénomènes mécaniques, physiques et chimiques (séance du 6 novembre, pages 542 à 547);
- 8° Communication de M. Hauet, sur VAssainissement de Toulon. — Avant-projet de M. l’ingénieur en chef Dyrion. —1 (Séance du 6 novembre, pages 547 et 548) ;
- 9° Communication de M. Jules Gaudry sur les Machines marines à -Vexposition universelle d’Anvers (séance du 6 novembre, pages 548 à 550);
- 10° Note de M. Durupt sur la catastrophe de Chancelade (séance du 6 novembre, pages 550 à 553);
- 11° Observation de MM. de Comberousse, Badois et Gruner, sur la note de M. Durupt (séance du 6 novembre, pages 553 à 555);
- 12° Lettre de M. Casalonga, relative aux observations présentées par M.Àssi dans la séance précédente (séance du 20 novembre, page 556) ; i .
- 13° Communication de M. Guadet sur le Nouvel Hôtel des Postes de Paris : partie esthétique et construction proprement dite (séance du 20 novembre, pages 557 à 562) ;
- 14°. Seconde note de M. Durupt sur la catastrophe de Chancelade (séance du 20 novembre, pages 563 et 564);
- 15° Communication de M. Ch. Cotard sur les Ports de Commerce en France et à l’Étranger. Analyse de l’ouvrage Me M. Laroche, ingénieur en chef des ponts et chaussées (séance supplémentaire du 27 novembre, pages 565 à 571) ; ;
- 16° Observations techniques de M. Piarron de Mondésir, à propos du mémoire de M. Louis Boudenoot sur ldi distribution de la force motrice à domicile, au moyen de Vair raréfié (séance supplémentaire du 27 novembre, pages 571,à, 575);, ^ > u
- 173 Lettre de M. Mékarski sur le meme sujet,(séance supplémentaire du 27 novembre, pages 575 à 578); C , .
- . ,<u,. .-v' . IV y vyy ,uc h.
- 18° Communication de M. Cerbelaud snr^rEmplphdç la^dynamite
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- pour Je sautage des grosses Mines (séance supplémentaire dm 27 novembre, pages 578 à 580).;
- 19° Observations présentées par MM. Ch.alon, Georges Blanchi* de Cordemoy, Cotard et Cerbelaud, sur la communication précédente (séance supplémentaire du 27 novembre, pages 580 à,585).
- Pendant le mois de novembre, la Société a reçu :
- 1° De M. L. Trasenster, membre honoraire de la Société, un exemplaire de l’ouvrage de M. Paul Trasenster, intitulé : Aux Etats-Unis, notes de voyage d’un ingénieur ;
- 2° De M. Albert Gendebien, ingénieur, un exemplaire de ^ sa note sur la houille, le grisou, les dégagements instantanés ,' ;v
- 3° De M. A. Hauet, membre de la Société, une Note sur Fassainissement de Toulon (avant-projet de M. l'ingénieur en chef Dyrion); m !/.,,«. :r,:i </:,
- 4° De M. Albert Gahen, membre de la Société, deux ‘exemplaires de sa brochure sur la convention internationale' pour la protection de la propriété industrielle conclue à Paris entre divers États, le 20 mars 1883;-; , .
- 5° De M. Max Lyon, membre de la Société, un exemplaire d’une Note sur les chëmins de fer du Brésil ; .-•ww-wG
- 6° De M. Cotard, membre de la Société, de la part de ’M. Laroche, ingénieur en chef des ponts et chaussées, un exemplaire de son Etude 'sur les principaux ports de commerce européens rde la Méditerranée ; •
- 7° De M. de Swarte, ingénieur, un exemplaire de son Mémoire sur la soupape Barbe et l’appareil de sécurité Delsart contre les explosions des chaudières
- 8° De M. Cerbelaud, membre de la Société, une note sur VEmploi de la dynamite pour le sautage des. grosses -.mines
- 9° De M. Cottrau , membre de la/Société,,; un ^exemplaire de chacune des brochures suivantes : 1° Le Diretissime Roma-Napoli e la Bitriangolare ; 2° Sulla Importazione temporanea ;
- 10° De M. Hallopeau, membre de la Société, deux exemplaires de sa note, sur le Montage des rotondes de 90 mètres (54 machines) de la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée ;
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- de sa Note sur une Nouvelle méthode d'analyse volumétrique applicable aux essais des bioxydes de manganèse ;
- pli0” jpef j$. 'Æhjstave Hanarte,.- membre de .la /Sociétés un. exem?
- ' t. 'X ?.. . ‘ „i ", # •„ > i* ;.4.ï î ii-'.i | , *' H ,î.f $
- plaire de sa Notice sur son système de pompe a tuyeres paraboliques,
- convergentes et diveraent.es. , ,, , ,
- ^ ^ | /i >/ jjl < |.(1 J/. jU
- Les Membres nouvellement admis sont :
- Membre honoraire f ^
- M. H. de Matthys, présenté par MM. Briill, de Comberousse et Périsse.
- Membres sociétaires :
- MM. Béliard, présenté par MM. Béliard, Bougault et Sévérac.
- Ciampini, —- ’ Duval, Lecœuvre et Pihet.
- Coiseau, — de Comberousse, Flachat et Herseut.
- de Cordemoy,— - Le Brun, Rev d H, Yallot. > .
- de Clomesnil, — Carimantrand, Delhi et Mallet..
- Dejey,
- Desrosiers, —
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- RÉSUMtÉ
- DES
- PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES
- DU MOIS DE NOVEMBRE 1885
- Séance «in O novembre 1885.
- Présidence de M. de Com rerousse
- La séance est'oiiveirte à huit heures et demie.
- JVI. le Président demande s’'iï u y a pas d’observations sur' le procès-
- verbal de la séance du 16 octobre.
- AI. Assi désire .dire un mot. à ce sujet.
- M. le Président. M. Aspi a la parole.
- M. Assi..D$ns la réponse cle Ml Casalpnga, consignée au procèS-verbal, il esVcfit que jé n’ai peut-être pas suffisamment remarqhe^ qtîe'Fârticle de la Convention^ relatif a l’introduction des objets brevetés et ïgüiriqpés à l’étranger* vise^ surtout les étrangers. Çe n’est pas tout à faitIJe&4ct. Il faut indiquer, au procès-verbal, qu'il’p’j a aucune distinctionétablie entre les inventeurs français et les.’inventeurs étrangers; ce h’èkVpas une faveur faite aux inventeurs étrangers plutôt qu’aux i’nveilleurs1 français.
- M. Casalonga pensait qu’il serait difficile aux tribunaux dé:*se prononcer : ces difficultés n'existent pas, puisque l’article de la Convention ne fait aucune distinction entre les inventeurs français et les inventeurs étrangers. Le texte que l’on a donné de la loi française dans la communication de M. Simon n’a pas été donné tout à fait exactement. Cet article de la loi 'de.’ïàÜ' a été modifié en 1856^, ^'tM loi'de 1856 hé'distingue pas enire Èrançais'eUéirangefs>;,n6'n^était obligé de demander'la permission au ministre, qui ne l’accordait que difficilement, tandis qu’aujour-d’hui on ne la demande plus, mais les Français sont également sur le même pied que les étrangers.
- M. le Président. Ces observations de M. Assi seront consignées dans
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- le prochain procès-verbal. Sauf ces observations, le procès-verbal est adopté. -i: :
- — Nous avons le chagrin d’avoir à annoncer à la Société le décès d’un trop grand nombre de nos collègues.
- Nous avons perdu, comme vous le savez, M. Victor Forquenot, ingénieur eii chef du niatérieFet de la, fraction' du chemin de fer d’Orléans. Ce n’est pas ici qu’on peut avoir à faire l’éloge de M. Forquenot, qui a été plusieurs foiSjVice-président de la Société,, et qui aurait été président s’il avait bien voulu"accepter les suffrages de ses collègues. Il a fait ensuite, pendant longtemps, partie de notre comité. On connaît ses travaux remarquables sur les locomotives et sur tout ce qui touche à l’organisation des chemins de fer. Il sera regretté de tous les collègues qui ont eu des rapports avec cet éminent ingénieur.
- Nous avons perdu aussi M. Mesmer, directeur de l’usine de Graffens-taden; M. Cournerie, ancien élève de 1 Ecole centrale, promotion de 1837, fabricant de papier à Prouzel (Somme) ; M. Parlier, ancien élève de l’Ecole centrale, promotion de 1857; M. Schaller, ingénieur de la marine impériale et royale d’Autriche; enfin, M. Hermann Lachapelle, membre associé, dont le type de machine à vapeur est bien connu et a rendu de grands services! 1
- Notre collègue, M. Doat, a été nommé chevalier de l’ordre de Léopold.
- M. le Président signale; dans la correspondance, des -lettres intéressantes de nos collègues.
- D’abord, une lettre de M. de Cossigny au sujet1 de la communication faite dernièrement par M. Mallet au nom de M. Colladon, et indiquant qu’il n’a voulu en quoi que ce soit toucher aux travaux de M. Colladon, qu’il admire et pour lequel il a beaucoup d’alfectiOO et de*vénération.
- Ensuite, une lettre de M. Jules Garnier à propos* de son projet de Métropolitain.' • ; 1 ' - 'L ‘''""i'""
- La Société se rappelle que M. J. Garnier a développé ici avec grand talent son'projet dé Métropolitain’à travers Paris; il a étudié la question sur dé;:nouvelles'bases et^‘éhèrché ’à! diminuer les inconvénients que poüVait'présenter l’exécution de son projet. La bienveillance-que' la Société lui a montrê’é,f lui a fait' fin'devoir'de: nous écrire et! d’indiquer la nouvelle voie daifs’Iàijuellé'il à! pensé qu’il fallait entrer.
- M.' le Président fait donner lecture1 de la lettre de M. de Cossigny et dé celle de M. "Jules Garnier.' u''r"; ' 1
- Lettré (le iM.vîjules Garnier) .....
- ; •! fWfr'Tf-?:,. ' • j- fi K! i. U-.. • •• -O. ,-jA.t •
- -:U!;v;,(( Monsieur le Président et cher Collègue,. , ;; ,
- »'Les discussions de’ihon projet dé chemin de fér métropolitain devant la Société^'dès Ifigén’Mirs civils ont établi;'jè' ebois, qUe si' l’on peut reprocher à cette solution* d’aughiehtér'lé ôriHrdanS'les rues où il'passerait et de nuire à Yaspect général des voies qui seraient Suivies, elle présente’, par ailleurs,'dès avantagés indiscutables)par exemple : Exécution rapide.—
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- Connaissance exacte de la dépense pour l’installation.—Frais de construction assez réduits pour qu’il n’y ait pas besoin, au moins dans une mesure importante, de recourir aux garanties de l’Etal. /
- » Toutefois, préoccupé des critiques ci-dessus et voulant en tenir compte, j’ai entrepris l’étude d’un nouveau projet qui n’a certainement pas la même simplicité que le premier, bien qu’il puisse remplir ,sur différents points, les desiderata du public. Les éléments -dont .ilsfaut tenir compte dans ce projet sont nombreux, son étude complète exigera beaucoup de temps-, aussi n’est-ce que le principe sur lequel il repose que je vais avoir l'honneur d’exposer, : : • y
- » On peut considérer la , ville de Paris comme composée d’une série d’îlots dont la plupart sont limités sur leurs pourtours par des rangées de maisons en façade sur les rues,,pendant que l’intérieur, do Pilot comprend des bâtiments d'une importance secondaire, des .cours etd.es jardins. Il résulte de cette disposition générale qu’on peut emprunter à, un îlot quelconque, une bande étroite de terrain dont la valeur ne serait, élevée qu’à l’entrée et à la sortie de l’îlot. — Se basant sur ce fait, on voit la possibilité, par une patiente étude, faite sur une carte très détaillée de Paxis, d’arriver à tracer des voies, parfois un peu sinueuses, qui n’entraîneront qu’une série d’expropriations relativement peu, coûteuses. — En somme,[les, voies à'tracer seraient commandées par l’économie, dans les'frais- diexpropriation, l’assainissement de certains .quartiers* et non point absolument par l’idée de se rendre d’un terminus à un autre par le plus court chemin possible. — Ces voies, tout en se tenant*.à proximité des -artères, principales, assainiront, animeront .et - embelliront les quartiers négligés. . -, , ;••:*!. Ü v wijM.v .! H !i
- » Tels, sont-les. principes-suivant lesquels je me, iprpposei.de faire les tracés du-réseau métropolitain dans Paris. / -, ... ,,
- » Reste maintenant le système de viaduc à employer et yoici celui; que je compte adopter. y - u;-..r .*• . '
- « Considérons d’abord que les difficultés, de, tracé, et les,, frais .d’expropriation diminueront dans une proportipn considérable à; mesure que l’on pourra'réduire, davantage la largeur de la bande de terrain exigée pour le passage du viaduc ; il est donc, d;importance, majeure,, au point de vue économique, que le viaduc soit aussi étroit que possible : dans ce but, je me propose d’employer deux plates-formesns,uperposées, portant généralement deux voies à la partie supérieure,et-deux voies à la partie inférieure. Ces plates-formes auront 8 mètres environ, de^argeur et seront en maçonnerie partout où ce sera nécessaire.
- » Ce viaduc se présentera de trois façons principales,- suivant les trois cas spiyantsUiiiutraversée destrueSjQu .des,.places publiques ; 2° traversée devlmaisop.s de façade des Différents. îlots,limités par les rues ; 3°,.traversée des cours,. et j'ardinsDvSitpés à, l’intérieur des îlots de maisons. ExaminoqSjOe,s trompas ; , - , ,J Ciinn ah ,
- 1° A la traversée des rues et des places publiques, on sera en présence
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- d’unvmduç.à.(leux plates-fprmes superposées, bien ajourées et dont l’ar-cliitectqrej.sqra, en harmoniç jxy1ep:jpellei cpi caractéi'ise le quartier .lui-même,. i:ir. ; ..
- » 2° A la traversée des façades des îlots de maisons, les plates-formes, conservantdeur même section, seront bordées latéralement par des murs qui se trouveront mitoyens avec les immeubles adjacents, disposés pour la circèristanc'è^dé lar sorte, la voie inférieure'sera én: tunnel, "pendant que la vôie‘‘supërieurë sera, soit à ciel ouvert; soit même en tunnel, suivant
- que les .côtés des voies,f par rapport à la hauteur de l'immeuble. traversé, permettront l’un ou l’autre ; enfin, l’espace vide'compris entre deux piles inférieures successives, communiquera avec les immeubles en bordure et sera utilisé, suivant le cas, connue magasin, cave, etc.
- 3° A la traversée des cours et jardins de l’intérieur des îlots de maisons, leSi deux plates-formes superposées s’élèveront à l’air et à la lumière et leSj espaces libres au-dessous de la plate-forme inférieure seront utilisés comme remises, écuries, logements à bon marché, ateliers, etc.
- » Ce viaduc ne sera qu’une succession de tunnels aériens de faible longueur, alternant avec des. parties ajourées, d’une architecture simple dans l’enceinte des îlots de maisons et plus recherchée à la traversée des rues, des places, et des carrefours.
- » Tel est, en substance, Monsieur le PrôSid’éni, le projet que j’ai commencé à étudier dans ses détails et qui me semble réunir des ' éléments sérieux’de succès. La bienveillance avec laquelle la Société a accueilli mes premiers travaux sur le même sujet, me faisait un devoir de lui adresser11 Ht1'de soumettre 'à sa hautd'appré^iatîoüV^cëtte ‘ autre manière‘de comprendre le chemin de fer métropolitain 'de' T*ariS.
- Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de mes Sèntnnènts^
- les plu S1 di sti h gii é s /1 °11 ‘ : ^ ^
- :,n v1, " ' ri-; il ii on a-'-a I- Ü .1/J) •! ü ) i cr ".Iq./ui'iû."'. . -Mi, -O-,
- Lettre- devM; J.1 déjCossjigny. ^ r
- « Monsieur le Président,, . v
- -rJ.î.i.jp i:: >,’) .-.1 ; -j lu-:..' " ( :1 j ) • > r * '
- ». M. Mallet, rendant,coin pie d’un livre, a. soulevé la question d’une catégorie d’appareils donti’autour avait omis de parler,; Cela m’a remis tout naturellement .en mémoire .les. tra vaux intéressants de; M. Taurine s et je suis parti dejlà poujr lcSirappeler. .,Mais il faut quetma plume ait bien, mal rendu ma: pensée. intime, pop® qu’on1 ait pu.,.voir,( dans la; .tour-
- nure de phrase dont je me suis servi pour entrer en matière, l'intention d’unè critique^d’égardd^mqhLflueaCèoSQiL'uianj^gui '.m 'il
- »,Toute idée de; conapaKaiso® p@tt^bligéante;, jétait.; d’atitant» plus loin de moi,; que M.b Mallet, i bien que je] i m’aie ,p as d'honneur de le connaître personnellement, s’est acquis toutes.mes®ynipattiies pah ses comtounica-tionsaque je lis en général .aveçijUnfAntérêt toutfp.artiçiiliervllSt; quant à MkjtGolladon, personne ne peut,,avoir plus que.moi.,,aléa vénération pour
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- son caractère et sa personne, et d'admiration pour ses nomltreux travaux;1
- » Veuillez bien m'excuser, Monsiéurle Président-'si jè vouslmportuttdéft-revenant sur un incident de peu d’importance, et agréer l’assuranëëW#
- mmoonsidération distinguée et dévouée, V r V é L °£; <«
- : ii,i11‘ • ». J. DEtCOSSIONYiu>v•;iio;/
- ;i ' •'.i;h .-V; j',iur • /-.(lie mOT.msoat oï, jup
- ».N,ot^.—Si ma..lettre est tardive c’est que le compte rendu de la précédente séance,ne m’estjparvenu, qu’après que.,la suivantç^^aiteu lieu.»j
- M. le'Président’Mï part a l'a Société de la lettre’ suivante 'dé' noire collègue, M. Cotard. ....... . " ,
- « Monsieur et cher Président, ,,,.- 1 *,
- » M. Laroche, ingénieur en chef dés'ponts et chaussées, a ‘bien Voulu me charger'‘d’offrir à notre Société un exemplaire de son Etude"sur lè^ ports de commerce qui vient d’être publiée, par ordre du ministère déê1 Travaux publics, à l’Imprimerie nationale'.' u,‘ <
- » Je vous adresse cet'intéressant ouvrage en vous exprimant'le désir d’en présenter moi-mémé' uh‘compte rendu”'à. une,Me' nos'^prochainéè séances. ”'’1" 1 •
- » Veuillez agréer, Monsieur, et cher Président,..l’assurance de, mes sentiments les. plus',dévoués. ....... ,,V ^
- , v’f.. nv v . i ». Ch. Cotard, » ,;u
- -1,i- , ;i . i, ! ü., . - , i^su; i >'
- ' i r i • îïeVj-w ma t -V {,f î >; -ut . ;;i - : fur •rp/f.' ülivipv-..
- M. iæ P:RÉsipEN;T, Noua Sommes très heure.ux .de la promesse que nous.
- fait M. Cpta|rd.|,de j.npus. présenter un compte^rendu.,,^l’ouvrageMde
- m.Larché:,'; r/V,,nié,-éW,L.nfotV!
- M. Durupt, notre collègue, présent à la séance, nous.é^i^également qu’il s’est trouvé à même de visiter, samedi dernier, les carrières de Chan-celade après la catastrophe qui vient d’avoir lieu, qu’il a recueilli sur place des notes intéressantes, et qu’il se mett à; notre, disposition pour nous les communiquer.
- Si nous avons quelques instants à la'fin'delà! séailcèi, niôüs donnerons volontiers' la parole à M. Durupt queundus devons i-remërcierïde la hâte qu’il a mise ainousvapporter ces rënseigneihéntsuoiémivmajqeù./f,,,pn-:,, Mv le (Président edemande la permissibn f-deuprésenterua da Société, au nom alu comité1,!momme! membre! honoraire,1 MdLL depMatthys -prési-r dent actuel ideTlVssoeiation .desMlngénieursHSortisq'desvEcoïes"* spéciales de Gandin ,‘Mf.tmu. tr* •u>,\nt-) uuoq ivuAfpq* ÿ|q.oh.yafrùiq ,
- M. II. de Matthys, ingénieur-directeurdeSponts1 eLchaussées de Belgique,-.auteur;! de sa projets^ dlïïstkllation mâritimiendéAiiivers!' dont al a suivLl’exôcutioh danPtdus- ses dét&ils;.nous a'témoigné',lors du dernier' voyage i.dénia Société, lajiplugicordiale' elfusion.'llh semble que la EranGê: soit sa secbüdeqtktriè^iNoùgiiietpouvônsMTieUXhXprimer notre réconnais^ sauce à;cèt éminenttngéhieùiéqtdkn luVeonférant la^plus hautèvdiktihéK
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- s tion dont puisse disposer la Société, .Son élection aura lieu^.dans notre seconde séance après celle-ci,c’est-à-dire le 27 novembre prochain.
- AL le Président signale enfin, parmi les ouvrages reçus par laSociété, un volume qui nous est envoyé par M. Louis Trasenster, membre honoraire de la Société et Président de l’Association des Ingénieurs ;sortis des Ecoles spéciales de Liège, qui nous a si bien accueillis en Belgique, Ce volume, intitulé : Aux Etats-Unis^notes de voyage d’un ingénieur. a pour auteur son fils, MTT’âuTTrasenster. Jel^PparcounTavec un vif plaisir. Celui qui l’a écrit est certainement un esprit primesautier, qui voit vite et bien, et a encore cette charmante bonne foi de la jeunesse qui met la vérité au-dessus de tout. Ces pages rapides, tracées le soir avant l’heure du repos ou, le plus souvent presque au moment même de l’impression éprouvée, sont pleines de renseignements utiles et intéressants, donnés avec une pointe d’humour qui ne gàtq rien, Tous les/mem-,bj?es,jde la Société y,trouveront à glaner,
- On verra plus loin l’indication des autres dons faits à la Société...
- , , L’ordre du jour appelle la communication dp M. ..Berthot sur les forets mutuelles et leurs applications aux phénomènes mécaniques, physiques et jues. La parole est à M. Berthot.
- M. Berthot ne présentera à la Société qu'un résumé de son mémoire qui doit être publié au Bulletin.
- On connaît l!hypothèse généralement admise /de la 'poÀôsïtè dbs'corps c’est-à-dire de forces attractives et de'forces'répüisive's1 agissant à-distance. En ‘partant de cette _ hypothèse, nous ' ayons! pu détbhminer ’ une faction.repréàéntée par une courbe fort simple'^âarisldquëile !iioùs avons retrouvé la plupart des lois de îà’Physiqué' générale'.1 1 '
- Si nous supposons deux masses m et m’ liées entre elles dans lànli-rectièm de Taxê-dess®' par-' une: forée qui. tende ailes amener!au.contact, et't si noüsîinterposbns entré ces-deux-massesnme aütrèiforçe agissant: en sens contraire et empêchant ne même contact,-11 s’établira un étatîd-?équilibre pour une distance d que nous appellerons distance moléculaire.m •uOn peut matérialiser'ce systè'hie en réunissant deuxhilleS d-?ivoire avec un ressort pouvant les amener au contact l’une de l’autre et en interposant entre elles un autre rêssortuempêchant ce contact. 1 " " .
- .•‘Si nous représ e nton s/ p an F <;(x) la résultante inconnue idebcesH. ressorts pour une distance* quelconque;® des masses m et>m'y cette fonction devra :
- 1° Être proportionnelle au produit des masses m et m', afin, de tenir compte de leur action réciproque ;
- ' 20S’annuler pouf tc==iddcest-a-dire avoir'pour rafeirrë Algébrique1 d—x; nous pourrons donc!écrire; «eb.emmua cl u •yiegé Tnt ày.rrym/’ •
- F (x)—mmr (d — x) <p (æ) a:. éhqcmj; n: — c :
- maintenant nousfsupposons que l'action.'demla (résultante iàu lieu d’êtiieydranmise aux masses pari desjressortsyile( soit dans,,lîespace au moyen'd’intermédiaires tout égauxtet parfaitement élastiques;,' ces organes
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- m —
- de transmission se répartiront également entre eux, et par couches'concentriques 'le!‘travail réel ou virtuel des masses m et m'. En conséquence., ces masses s’actionneront mutuellement en raison inverse du nombre d’intermédiaires contenus dans une sphère ayant la distance x pour rayon ; nous sommes donc autorisés à écrire :* ' - f ij.
- t,/!!"(!.'
- r(*y=
- d’où
- F(æ)
- mm
- 3
- ,d
- TC XJ
- X
- 4 S
- (æ).
- Nous nè pouvons plus maintenant que faire des‘hypothèses successives sur ^ (x), et rechercher " celle de ces hypothèses qui donnera des résultats conformes aux lois1 de la’'physique. "
- Commençons par la plus simple, b'ëst-à-dire par^ (x) = Constante, nous aurons la formulé'empirique :H‘ a ' ••• ^
- (1)
- F (x) = K mm'
- d — x . x3
- Dqns (deux,Hnotes ,quiJfont ,eùv les honneurs, de l’impression dans les comptes .rendus • de l’Académie des Sciences, nous .avons fait l’étude .analytique de , cette ,':fonction et en avons déduit mathématiquement les huit conséquences suivantes dont les calculs sont, reproduits dans les notes iointes à notre mémoire. Voici les énoncés de ,cés huit consé-
- iîy >'< I. ... '•1.01 >•»!.. l'tCli'IOM ri ov.lt I I
- quences : , . . , , '
- n -M- O" = ) IJ : • >U m- xosb -, l>v r.;M ji.| if-
- r i. La fonction représente la différence d’uneehyperbole du 4e degré eb d’ùne ‘hyperbole» du 3VSF0n construit lafcourbeh(ffg;iil)}eu bornant l’examen aux valeurs des m. positifs,, on (obtient mm. tracé ( dans ^lequel les valeurs positives,;jde y donnentjla force'..répulsive, et les.^valeurâ négatives la force attractive. La courbe part de y =iv{r- ce pour x — o,
- \i o|!hF:'r'- ’’iJ ' -.blùvi-ri'-W'AÇ-rn ;
- coupe l’axe dés çc pour# = présente un minimum quand x — — d et
- un point d’iùftëxion pour 2 d ; pùis lesqvàleurs .del y continuent à! être négatives, ’làVforce restant - attractiveyûeL l’on ia y = o pour
- ar==Mô6’N*****f«r’feodf-wr*'.! ^
- m “ ' : - -ni» •yuiqmàqmèb
- ,11. .,La. sommef.des travaux de la force répulsive depuis x = -jusqu’à
- x == d est égale à la somme des travaux" derlaëforce attractive ^depuis1 x — d jusqu’àx = aç>. lo
- III.‘'Si on considérée trois molécules égales m, m' et m% placées originairement sur une même ‘droite * à une distance 'd l’uneide .l’autre, la molécules m"> sollicitée par l’action attractive de m, ne pourravrester
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- eu équilibre et se rapprochera ,de ( 77g ; mais l’action répulsive de in sur m" se développera, et m" atteindra une position d’équilibre, en un point Cr tel que CrK=C'L. Remarquons qu’il se sera produit dans ce cheminement un travail négatif représenté par la surface Çr Çlil, fot un travail positif beaucoup plus considérable représenté par la surface C'CLN. Par conséquent, pour ramener la molécule dans sa position primitive d’équilibre, il faudra lui fournir un travail représenté par la surface C L N, la ligne courbe C L étant symétrique de la ligne CK,
- gAjÇ.-.d°» g»*_______
- IV. La sommation des forces attractives agissant* sur in", en supposant une file indéfinie de molécules placées ;à gauchir de! cette:même molécule m", donne une quantité finie, correspondant: à ,une.yalejnr BC" = 0,73173... d (maximum de contraction,possible). >,.r -
- V. Si on.prend successivement un nombre demolécules' !un: re -,u<
- . J ‘ . -g. - T* 10. 20. n 40.''"'!' '6b " ' *
- On troiiye pour kçp n^ractipn.g,, . a w>t:
- ,:Ch : ,0,80.q;.-'0,771 : 0,7ü -, -0,74 , 0,73 ; /
- qu i cô r bë&p b n d ut luri ë rs ôfn mè! de* forcé s’1 a ifracti' res.!;''
- 0. 0,137 0,391 0,o0i 0,592 ! 0,631 0,688
- .... H • i NÏ. <Wt\ :i;i;tV ‘U (>«-. tu- r: I :: I f.l . Ci O ’*y
- Il suffit donc _ de considérer,, au. point de vue graphique, un petit nombre de molécules (pour( pouvoir déterminer les lois résultant do l’action d’un nombre, infini,de,molécules placées .en ligne ^roite et, en vertu de la conséquence cpli<3r,d'un corps. soli.de« h :.oi lÿl VI. Si on considère ,pinpi file de .mpléçules s’étendant ^indéfiniment à gauche d’une mol.écqle .wf., il,existe à,; droite., de., cette molécule et sur la même ligne droite un maximum d’attraction situé à une.distance 0.4699. .. >d. Cette .proposition étant étendue aux corps solides, par la conséquence VII, on doit s considérer lésdcorps solides comme i entourés d’une auréole attractive.
- ’*VïîfkL’action d’un corps"’ quelconque forme'‘dm’IfÜef d'e'molécules pa-râlièlé?è”S/Hrois plans’ données sur une molécule' extérieure ’M,’ peut être
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- remplacée par colle d’une file de molécules passant par M et perpendiculaire à l’un des plaus. Elle donne, en outre, deux composantes dirigées1 suivant des perpendiculaires aux autres plans. Ces* composantes s’ànilulent dans le cas où les trois plans sont perpendiculaires entre eux!1 et, si, ’ën même temps, m = m'. ' ., .
- ' VIII. à (distance d’équilibre moléculaire) est une Constante:; .de rla 3NTattire, c’est-à-dire a la même valeur pour tous .les corps.
- Ces préliminaires étant établis, M. Berthot passe à la discussion de la formule, en distinguant d’abord deux cas : 1° celui où m et m' n’ont pas de vitesse initiale; et 2° celui où ces masses ont des vitesses initiales. \ ; ,
- 1er cas
- si d est négligeableqpar rapport à x, on peut écrire
- ("• I) : ,
- ,, , , , \x / K mm
- F (æ) -K-mw - - ' — - .....-
- cm
- XÂ
- formule qui donne-la loi de Neirlon avoc-L4Qute&;As.|ss conséquences, et parmi celles-ci lds-lois-de-ia'pesaktëttr........
- Si c/'n’est pas négligeable, on peut faire deux hypothèses :
- 1°, On ne tient pas compte des valeurs relatives de m et de m' ;
- 2° On tient Compte:,de, leur valeur relative. : rd !
- 10! Après1 avoir établiiqùé! les changements d’états correspondent aux changements de coordonnées indiqués sur la figure, M. ‘Berthot trouve aussi un grand nombre'de lois relatives aux corps solides,! liquides et gazeux; parmi cellestçi, nous citerons;:les chaleurs latentes des solides représentées par la surface CL N, celle des gaz par la surface BPQ, l’élasticité des solides par la courbe KT, celle*dés‘liquidés';pài’ ‘là ligné brisée NI T, et eiïlîn ceHe“dès gaz Yproporti'ohnellè'àüx efforts')1 qui donne dans le cas des pressions la loi de(Mariottep, et dansule cas,.des(extensions, la
- constance de a coefficient de. dilatation;
- nnto.u i i,.i î ! ! ;l . Uk,td iffb.U .b J,U •.»
- 2° Remarquant qu’on ne peut faire m ou m[ égale zéro sans annuler la fonction, il S’ensuit que celle-ci11 définit .les corps par le produit de deux masses éfpar îa'reprèsentâtiôh dés forées"^ attractives . et répulsives qui s’exercent é’Éitrë1 ellest’D’autifé‘patft'j ia^Valëur^^'e^rf étant constante, on en déduit la loi d’Àmpere et d’Xvôgrklio', c'èét-à-Üîre1 que1 tous les gaz simples;^oùSdesUiêhïéS températures' ét lés mêmes pressions, renferment le mêmëmornlvre d’utomës'ét'tpié cëùi‘-cii dbivent’êtrë représentés par
- deüx voiùihèS. K hoï.KjrïH.».'b mmm'xmvt ne -ono'ib . mmn
- il -u.-,q ,-'.omjo* rirroo i iu; -mima,!" i
- Prenant ensuite deux-corps KM'2
- d
- lU.ijuem -m
- x , d —• etlvwP—
- X
- X4
- x°
- et appelant F
- 11 ; u: e tu !
- l’action de M sur m( augmentée { ou diminuée des forces extérieures,/il peut arriver,que 'F spit en meme temps plus petite que la t somme j.de.s forces attractives des molécules M et plus petite ue celle des molécules
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- m. Dans ce cas, on a des actions de contact, et, comme en vertu de la conséquence V, on peut, sans erreur sensible, considérer la somme dés forces attractives comme indépendante de l’épaisseur des corps, ûn retrouve toutes les lois de la capillarité calculées par Laplace.
- Si F est plus petite que la somme des forces attractives des molécules M et plus grande que celle des forces attractives de m, les liaisons des molécules de ce corps seront détruites, et tout se passera comme s’il était devenu à l’état liquide. M. Berthot se sert de cette remarque pour déterminer les principales lois des phénomènes de dissolution et de cristallisation.
- Enfin, si F est plus grande que la somme des forces attractives de M et de m, les liaisons de ces deux corps sont rompues et iLse forme deux mo-
- ^ __ QQ
- lécules d’un corps défini par une nouvelle formule IlMm--------— . C’est un
- phénomène chimique, et la discussion donne les lois des proportions multiples, des volumes, de la thermochimie, etc.
- Passant ensuite à l’examen des chaleurs spécifiques, l’auteur, par un calcul que l’on trouvera reproduit m extenso dans son mémoire, établit la loi de Dulong et Petit,, et. fait remarquer que le; résultat indique que le produit des poids atomiques des corps simples, solides et liquides, par leur chaleur spécifique est à peu près constant, et que celui du poids atomique des gaz par leur chaleur spécifique doit être un peu plus grand que la moitié de celui des solides et des liquides. Il appelle l’attention sur ce fait, conforme à l’expérience dont, suivant lui, aucune théorie n’avait donné l’explication jusqu’à ce jour.
- 2e cas. —• m et mr ont des vitesses initiales.
- Ramenant ce cas à celui où la masse m' seule serait animée d’une vitesse relative, pâr rapport à la masse m considérée comme fixe, M. Berthot suppose successivement que cette vitesse est d’abord dirigée dans le sens de la droite mm,’, puis obliquement à cette direction. Il se propose de faire ultérieurement l’examen complet de la première hypothèse j se contentant de donner l’équation du temps employé pour le parcours d’un espace x et l’expression générale de la vitesse. Comme application, il en déduit la vitesse du son dans l’air pour laquelle il trouve, avec une approximation en moins, provenant d’un terme négligé, 326m,26 à 0° au lieu de 331m,13, résultant des expériences des Membres du bureau des longitudes.
- Dans le cas où la vitesse est oblique à la direction mm', on trouve pour équation polaire de la trajectoire p (l —{— a cos \Jc a>) = [3 dans laquelle
- Si on néglige d, cette équation représente une section conique du se* condfiegré et on retrouve les lois de Képler. . ... ,.p, ms î . y.
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- — $m —
- Si d a uno petite valeur, la courbe présente un phénomène analogue à celui de la précession.
- Enfin si d a une valeur importante, on se trouve dans le cas de vibrations interparticulasres qui correspondent aux vibrations lumineuses et calorifiques. , .j
- Se basant sur les expériences de M. Janssen, M. Berthot.considère l’œil comme un appareil analyseur, insensible aux vibrations longitudinales. Il retrouve ainsi toutes le,s,(formules de la théorie, de la lumière conformément, à la théorie des ondulations, puis il revient aux idées de, Cauchy sur la propagation de la chaleur par les vibrations longitudinales. Il démontre qu’avec le mode de vibrations provenant de sa formule, la chaleur peut se polariser et éprouver la double réfraction. On sait, que c’étaient ces deux derniers faits qui avaient fait repousser la théorie de Cauchy. \ .mr.
- L’auteur conclut en disant que sa formule, n’étant que l'expression d’une force, ne peut jamais être en désaccord avec les lois de la'mé-canique générale, et que, puisqu’un grand nombre de faits (le nombre des lois indiquées dans le mémoire est de quatre-vingts) se passent comme si elle était exacte, on peut la considérer comme une loi synthétique donnant' des valeurs plus approchées que les lois qui l’ont précédée. y ‘:1 ' ""l
- Il termine en demandant là 'permission de payer un tribut de reconnaissance à- soni illustre' et*!vénéré maître, H. Tresca, qui l’a soutenu et encouragé 'dans^sofi ttàvail ; il tient aussi à remercier MjVI. de Saint-Venant et MaüriCë’LéVy -dont les bienveillantes "critiques 5l’ont 'aidé à perfectionner son oeuvre, ainsi que son ami M. Raoul Costéàù’V ingénieur civil des mines, ancien élève 'de l’École polytechnique dont lè concours lui a été,très précieux. (Applaudissements répétés t)
- M. - le;, Président. Nous: remercions beaucoup ,M. Berthot id’avoir apporté à la Société son travail, certainement‘extrêmement intéressant, et qui nous; semble fort important au, point de vue de i da; philosophie naturelle comme à celui'des applications* r : ,i:; ; . : - . v.
- M. Tresca, en effet, s’était vivement intéressé au travail de M. Berthot; il en avait conféré avec ses collègues de l’Académie, M* Maurice Lévy et M. de Saint-Tenant, en particulier;, par conséquent, nous pouvons être certainsqiuey;sous;le rapport analytique.,,le. travail-Me; M. Berthot est un travail extrânreppLÇftt sérieux. ,<Jp ne. le metsipasisem discussion aujourd’hui ; il faut avoir lu avec beaucoup de soin le travail de, M.-, Berthot pour lui demander des explications et le, discuter. Ce travail sera publié en entier dans le-Bulletin de la Société, qu il enrichira. (Applau-
- dissemtmts.r':b ' —J .. . " ’
- L’ordre,^du jour appelle laj.note,|id,e,!M,pHauet: sur Y g^sams^B^j dp, Toulon. (Avant-projet cle M. l’ingénieur en chef Dyrion.) M. Iiauet a la jîarole. . , . p, moi-?-- ouu .q.;, v—. : q ' ,;r-, . lu.dy .> ç. !
- M. Hauet dit que c’est à la suite du choléra de 1884 qüe Mr l’in-
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- g'éüieur en chef Dyrion fut chargé de dresser un projet d'assainissement de Toulon.
- M. Hauet, après avoir donné quelques détails géographiques! et historiques sur Toulon, fait connaître, d’après le rapport de M. Dyrion, les coefficients de mortalité de Toulon et les causes d’insaluhrité de cette ville.
- Il dït'què1 le projet de M- Dyrion peut se résumer’ainsi : réunir à l’aide d’une banalisation de faible diamètre''toutes les eaux vannes et matières alvines sur un même point clé la ville ; 'installer sur ce point des pompes actionnées par des machines à vapeur puissantes et refouler le liquide jusqu’à la mer, au delà de l’isthme des Sablettes à la pointe de Fabrigas, en utilisant sur le parcours tout ou partie du liquide, dans lequel sont dilués 50 mètres cubes de matières alvines dans 10 000 mètres cubes cl’eau, pour l’irrigation des terres.
- M. Hauet fait remarquer une certaine analogie du projet de M. Dyrion en ce qui touche la canalisation, l’exclusion des eaux pluviales et les chasses, avec le système du colonel Georges Waring, expérimenté en 1883 à Paris par M. E. Pontzen, membre de la Société.
- M. Hauet termine en formulant l’espoir .que i, l’assainissement de Toulon, qui est d’intérêt national, n’atteiqdra plus longtemps sa déclaration d’utilité publique. (Applaudissements.)^
- (Le mémoire de M. Hauet sera inséré in - extenso dans, le Hulletin. avec les croquis nécessaires.) .ko ime ;v- u'cGloé.--
- M. le Président.- Je remercie beaucoup M. Jiauet d'avoiri bien voulu nous faire un,résumé si net et si clair de l’avaut-projet de M. T’ingénie ur en chef Dyrion, et j’espère, comme lui, que F assainissement de Toulon m’attendra..pas longtemps, de la nouvelle Chambre1 qui va se réunir, de voteodu crédit nécessaire. C’est une- chose indispensable pour le commerce^français et nos expéditions lointaines. Nous remercions encore.iune fois M. Hauet.
- L’ordre du jour appelle la communication de M. Jules Gaudry sur les machines marines à Vexposition universelle d’Anvers. M; Jules Graudry a la parole.
- ' «• "G- * i ' ' t i {} ‘ • i e. ' J . -M \ - J - • s*'
- M. Jules Gaudry. Avant de faire le'compte rendu dont m’a chargé M. le Président, j’avais à remplir une mission qui m’a été donnée comme un des doyens d’âge : c’était., de 'provoquer un/.vote de reconnaissance ' et de 'félicitations pour M. de Comberousse, notre président, qui a représenté^, ^notre Société desvIngénieurs et la France, avec tant de dignité et un rare .bonheur ..d’expression. A la dernière séance, un autre de nos collègues a/léj à provoqup ces, remerciements, mais il me serâ permis fié ne pas i mef considérer comme dégagé de ma mission et de nié faire fié nouveau L'interprète de ceux qui ont fait avec nous le voyage de Belgique.
- ,i J’ai également des reraeéciements à demander pour nos secrétaires
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- et commissaires, pour M. Husquin de KLéville, pour tous ceux, ; en un mot, qui ont eu la laborieuse tâche d’organiser nos excursions tsî bien réussies. ,,
- (Le compte rendu de M. Gaudry devant être inséré in extenso au Bulletin, il n’en est ici donné que le résumé.) i
- M. Gaudry appelle d’abord l’attention sur la difficulté d’études qui naît toujours dans une exposition, du défaut de concentration jdes spécimens ‘d’une même industrie, et ‘ de leur éparpillement, au contraire, dans les, diverses, ^ections du palais et de la multitude detsqs annexes. * ' ' “ . . !
- Si digne d’admiration que soit ,l’Exposition universelle , d’Anvers, elle n’a pas plus que les précédentes, échappé à cette observation, et il faut faire des vœux pour que la commission de la future Exposition de Paris trouve un mode de classement plus favorable, jà d’étude ; en particulier pour la marine qui a toujours été sacrifiée à cet égard.
- A l’Exposition d’Anvers, la galerie des machines contient trois machines marines' : deux belges et’une de notre collègue Claparède; plus/également dans’la Section frànçaisë, dès appareils de machinerie secondaire tels que ’les^treuils de Caillard, du Havre, les gouvernails à servo-motëur de; Stàpfer, de Marseille, -etc'... et on pouvait croire d’abord que c’était là toute l’exposition maritime. |r"’-ÎJ
- Non sans laborieuses recherches, avec le concours de MM. Mallet, Qué-ruel, de Quillacq et autres collègues, de très intéressants "objets d’étude ont pur enfin être : trouvés', ‘ tout au moins sous forme* de! plans' et modèles dans les sections française, anglaise, allemandeitalienne et hollandaise. • - - ->00 . u;1 omc; • ; , » mu <// m . ; no mil LirL ns.--mont
- M. Gauduy passe .en s revue les diversesusectionsî internationales-, et d’abord.,la i grande machine belge, 1 de Seraing, Compound à<Itrois cylindres sur la même ligne, pour lé .cuirassé russe tefTc/iesma/d’un travail très soigné, et très bien disposée pour la vMte/ét lés soins à donner en marche..;ti;.> M- e-e ucûst.&MCumwiOî* .4 œtteq/qfr.W-di uü.-ïçKo /
- En rappelant la: réception si courtoiseqqui aiétéïfaite-aux ingénieurs français à Seraing, M. G-audry insiste sur la tenue ( merveilleuse des ateliers et sur les institutions moralisatrices et bienfaisantes qui abondent pour le personnel. --:
- Passant à l’Exposition française, dont1 les'produits onïfété rarement aussi choisis et aussi libéralement exhibés pour l’instruction publique, M. Gaudry décrit d’abord la3 grande machine de notre collègue Claparède pour aviso-eclaireur et torpilleur de. première clas|ei. . . . ,
- On l’a appelée l’ün des'cZows de1 rËxpôsitiom parce qu’elle se montre avec umgrand intérêt ^tôut ^ütiefè daîis toutes ses dépendances, telle qu’elle doit , être; éT hobd du navire et; parce qu’elle est présentée comme type classique de'‘la hiafinè'actuelle” en France. k .^.e;.
- Parmi les nombreux modèles et dessins qui composaient en outre l’expo1-Buia. :î:; ' l:": 37 ' '
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- sition Claparède ayant reçu un diplôme d’honneur, M. G au dry signale les canonnières françaises au Tonkin avec leurs formes étranges et leurtirant d’eau réduit à 50 centimètres : ensuite le torpilleur de haute mer, le Gagry0 pour laRussie, lequel a fait, par de très mauvais temps, son voyage de Paris à Sébastopol, et sè comportait en bon marin dit le rapport du commandant.
- Parrüi lè’s’'autres torpilleurs de M. Claparède, il faut remarquer le numéro .qui,( a servi cle modèle dès 1873, les n08 50 <?t 52 qui ont donné 20^nœuds^passés et le n° 39 qui a atteint,,près de 21, noeuds, soit la plus,, grande vitesse réalisée encore en mer. ,,
- L’exposition française contient d’autre part les trois modèles de la Société des chantiers de la Loire, savoir: un aviso rapide de la marine militaire , un paquebot de la Compagnie des chargeurs, et un de ces puissants .yachts de plaisance qui, même en France, constituent aujourd'hui une classe importante de navires.
- La ^Compagnie transatlantique expose aussi le magnifique modèle des nouveaux paquebots, longs de 155 mètres et puissants de 8,000 chevaux, qui vont venir dans sa flotte de 70 navires en addition de la Normandie que ,1a Société connaît,, mais qui, depuis les retouches faites à Saint-Nazaire devient, de plus en plus, l’un des meilleurs paquebots existants pour la vitesse dans de satisfaisantes conditions de houille consommée.
- M. Gaudry passe, de même en revue les expositions maritimes de l’Angleterre, de la Hollande et de l’Italie celle-ci se caractérisant par des constructions géantes. • ,,,
- Arrivant enfin à l’exposition allemande, M. Gaudry décrit les modèles de ses,deux cuirassés, l’un à artillerie concentrée au,milieu du navire au-dessus des machines et des chaudières avec leur quatre cheminées ;l’autre au contraire où,une nombreuse artillerie est divisée dans .tout le bâtiment. Mais^es, mpdèles^àrticulièrement intéressants par leur actualitôiSont.ceux des cuirassés j construits .en Allemagne pour les Chinois, à grande, yitesse et-A^tiraiif dlqau .6 mètres, que nos flottes ont eu récemment à combattre, rrï -'.j
- En terminant, M. Gaudry recommande cle ne pas se laisser impressionner parles qualités si remarquables quelles puissent être de la marine allemande ou chinoise et de ne pas oublier qu’à Anvers même sont exposés des machines marinesu.et des modèles de navires français qui sont aussi l’expression des derniers progrès de la science navale. (Applaudissements.)
- M. le* PRÉsiiJENTG 'Jé lremercie: iMv Gaudry cle tout ce qu’il a " bien voulu nous dire. Il nous a'fait* faire un' * voyage autour du monde, tout en restant à;l’Expositibhld’AnvérsiS’il‘nous a donné des. nouvelles un peu inquiétantes defûôs Voisins,:iFà-Heüfeüsémént terminé pardes éloges et des encouragementsIà'l’adresse de nos constructeurs!.1-’'^ !0 1 JJe demande la permissibnMe remercie^ aussi* Mi-Gaudry dés aimables paroles qu’il a prononcées5 au èomi-nencémënt clé s'â communication, et qui s’adressent aussi bien au P i1 é s i cl en t d e 1 a S o ci été- q a ’ au x ' Vice-Présidents,
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- aux;Secrétaires, et aux Sociétaires, , qui nous, ont aidés ,à .être, dignes de la réception que nos hôtes belges ont bien voulu nous faire. Les paroles sympathiques de M. Gaudry s’appliquent à tous ceux qui ont fait le voyage, et on peut les adresser très justement à lui-même, qui est l’un des plus anciens,membres de la Société, et qui représente si,bien parmi .nous l’étude des machines à vapeur et des constructions navales. (..Applaudissements.)
- M. le Président. Comme il nous reste encore un peu de temps1,'je'puis donner la parole à M. Purupt. Comme je l’ai annoncé au commencement de la séance, notre collègue veut bien nous entretenir d!è la catastrophe de Chancélade ët clés Pauses qui ont pii l’amener. M. Purupt1 a là parole.
- M. Purupt. Je ne répéterai pas tout ce cpii a été écrit sur la catastrophe de Chancelade; des récits détaillés en ont ôté faits par les'journaux de tout le pays ; vous connaissez le grand intérêt porté aux victimes, ainsi qu’aux ouvriers que l’on considère comme existant encore "'dans ‘les carrières. Je veux seulement décrire l’état des lieux et vous faire connaître le rôle joué par l’administration‘ des minés dans le sauvetage de ces malheureux.
- Les carrières bordent la ligne du chemin cle fer de Périgueux à Paris, qui les traverse en tranchée. '
- 11 y avait deux carrières : l’une, dite la carrière de Chaigneau vers Périgueux, l’autre, dite la carrière d’Imbert vers le nord. Les carrières étaient exploitées depuis l’année 1847 ; c’est à cette époque que l’on a tiré de Chancelade les premières pierres pour la construction du pont de Coutras, et depuis;1 la compagnie d’Orléans a été son'mëilléur client pour ses ponts etées gares* du réseau central. Les carrières étaient soutenues par dés piliers de place en place, qui devaient être assez forts, puisqu’ils ont résisté pendant un certain nombre ’d’années ;!Ces‘ piliers formaient uuë'espôce de damier et Soutenaient le reste de là montagne qui s’élevait de 30 ou 70 mètres au-dessus. Les galeries libres servaient au passage des ouvriers et à celui des wagonnets,'pour aller à la carrière en exploitation. Presque toutes les galeries de la carrière Chaigneau étaient transformées en champignonnières. . ' ? .i-
- Vous savez que l’accident s’est produit, il y aura- dimanche prochain quinze jours. ' -i v ' '
- Certains piliers trop faibles auront cédé ’et se seront écrasés ; puis une grande partie du poids de la montagne s’est reportée de proche en proche sur ceux plus solides qui avaient résisté, jusqu’alors ; il s’est produit un affaissement général de la partie qui, est en avant vers le chemin de fer et les masses sont venues s’écraser à l’intérieur sur le sol des carrières et ;en ont .fermé; toutes les issues, de. sorte, que, dans lapartie nouvellement exploitée,, cinq ^ouvriers qui travaillaient n’ont pas été atteints, oiii le suppose,,du niôins, mais n’ont pu s’échapper. Aussitôt lapa-nique,passée,,oneheieha le. moyeu de sauver les victimes, d’abord} jçel-les de l’extérieur ai l’entrée des, {carrières, et celles sur la montagne ou
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- les1 villages et les maisons n'étaient plus qu’un amas de décombres; puis, on songea aux malheureux prisonniers.
- Les propriétaires qui exploitent ces carrières et dont ce désastre ruine aussi les intérêts, n’étaient peut-être pas très au courant de ce qu’il y avait à faire pour opérer le sauvetage ; ils n’avaient pas d’ailleurs la liberté d’hgiiq puisque les carrières sont sous la surveillance immédiate et le contrôle du service des mines; ils n’ont donc pu rien faire par eux-mêmes. D’autre part, les ingénieurs des ponts et chaussées et de la Compagnie d’Orléans se sontmis aussitôt au travail du sauvetage desmalheureux ensevelis sous les décombres. On est descendu dans les failles, dans les crevasses qui s’étaient produites. L’une d’elles, vers le nord, a la forme d’un triangle de 36 mètres de profondeur, 3 mètres de base au niveau clu sol et plus de 30 mètres de longueur en ligne droite ; elle est entièrement dans le rocher. Là, il s’est produit au fond une espèce de grotte dans laquelle un ingénieur des ponts et chaussées très hardi a pénétré; c’est non loin de là qu’on a vu sortir de la fumée. On ne sait pas si ce sont les carriers qui ont fait du feu, car ils avaient des matières combustibles et des vivres, ou si c’est un choc qui aurait fait jaillir des étincelles et enflammé des bidons de pétrole qui se trouvaient - emmagasinés pour les besoins de l’exploitation. Une autre faille a produit un affaissement de 4 mètres sur une largeur de plus de 13 mètres. Les deux bords sont à pic et laissent voir la terre végétale. Enfin partout le sol bouleversé est traversé de sillons plus ou moins sinueux ou la terre s’éboule et près desquels on ne s’aventure qu’avec prudence. — Il y avait ici (comme on peut le voir sur le plan) de petites maisons et plus loin un village qui ont été complètement démolis et dont les habitants sont ruinés. On est resté pendant cinq ou six jours à discuter pour savoir comment on sauverait les malheureux ensevelis. On a d’abord fait venir l’ingénieur en chef des, mines de Paris, qui était préposé au contrôle des carrières;iPuis,le préfet a demandé un inspecteur général des mines, qui a pris à son arrivée la tête du mouvement d’exploration. Ce n’est donc que samedi dernier que l’on a déterminé le point approximatif où, en forant un trou, on avait des chances d’aboutir à la galerie libre que les carriers doivent occuper.
- Ou a commencé le travail de forage qui est exécuté par l’initiative privée. Ce sont des entrepreneurs du pays qui s’en occupent ; ils sont arrivés à 26 mètres de profondeur, et ils ont 60 mètres à traverser. L’ad- , ministration a d’abord fait déblayer les ouvertures de la carrière fermées par d’énormes blocs éboulés, et elle a bien voulu tolérer que les entrepreneurs privés fissent le trou dont je viens de parler, car elle avait en vue un autre procédé. Voici ce qui s’est passé : Un certain nombre de piliers sont restés intacts, dans la partie située vers Périgueux au plus près des voies du chemin de fer, mais par suite de réboulement, les vides existant entre les piliers se sont comblés. L’administration a trouvé le
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- moyen suivant pour aller à la recherche des carriers, qui se trouvent à peu près à 300 mètres de Tentrce de la carrière.
- Elle a dit : Nous allons faire un trou à travers ces piliers. (Rires.)G est la vérité absolue ; et voici que l’on pratique des ouvertures de lm60 de large sur 2 mètres de haut dans ces piliers rectangulaires etique l’on diminue par conséquent leur section; or, quand on fut arrivé'à ISO mètres, tout s’effondrait, et de nouvelles victimes, parmi lesquelles de hauts personnages, auraient pu être faites. C’était facile à prévoir.
- Maintenant on fait avec énergie le déblaiement des orifices et on compte un peu plus sur le trou de sondage ; ce dernier est fait avec des trépans appartenant aux carrières du pays, lesquels ont été réparés par la Compagnie d’Orléans qui en a construit un double.On amis des tuyaux pour tuber, il y en avait dont le diamètre ne concordait pas, soit avec celui du trépan, soit avec celui du trou déjà fait. Or, si ce travail avait été conduit par des entrepreneurs spéciaux (et vous savez, Messieurs, qu’il n’en manque pas à Paris), on saurait aujourd’hui à quoi s’en tenir.
- Voilà à peu près l’état de la question : on est arrivé à 26 mètres de profondeur et on doit aller à 60 mètres au moins.
- Il paraît qu’on a entendu hier, en appliquant l’oreille sur les .rochers, les carriers frapper; on a la certitude que ces hommes sont vivants ;. il n’y a rien d’étonnant àeela, ils ont de l’air, de l’eau, et pour se nourrir des champignons de1 couche. Ils devaient avoir avec eux quelques vivres; il y a donc lieu de croire qu’ils existent encore, et s’ils ne sont pas sauvés, il sera peut-être permis de se demander si certaines responsabilités ne seront pas pénibles à envisager.
- On peut conclure, de la manière dont les travaux de sauvetage ont ôté dirigés et conduits par le corps administratif, spécialement préposé à la surveillance de ces carrières, que cé n’est que poussé par la force de l’opinion publique , par la pression du sentiment populaire, que les recherches ont été d’abord autorisées, puis ensuite poussées avec fine activité louable, mais dont les moyens n’étaient pas tous assez homogènes, ni bien coordonnés. ? : - : t v-
- L’impulsion unique, la direction éclairée et pratique a manqué.— Les outils n’étaient pas parfaits. — Les ouvriers ne connaissaient pas le travail spécial qui leur étaient demandé alors que, dès le jour de la catastrophe, il était facile d’appeler des spécialistes de Paris, qui avec leur engins puissants, leurs hommes habiles auraient pu,uà raison de 5 ou 6 mètres par jour, forer un trou et arriver ainsi en 10 ou 12 jours au plus à atteindre les galeries restées intactes où les malheureux ouvriers, hier encore, révélaient leur présence1 par des coups dont la provenance ne fait aucun doute pour les nombreux1 témoins qui les ont entendus.— Le trou une fois percé et! lla possibilité dë passer des aliments aux ouvriers engloutis étant obtenue file reste- n’était plus qu’une ( question de temps! Le déblaiement dés galeries pouvant toujours s’opérer, dût-on
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- employer pour cela des boisages ou tout autre procédé d’étançonnement, auquel du reste on n’a pas eu recours, ce qui explique l’impossibilité de poursuivre les travaux d’avancement dans les galeries abandonnées aujourd’hui, par suite de nouveaux éboulements provoqués sans douté par l’attaque des piliers qui restaient seuls pour soutenir encore l’énorme masse.
- Mais si l’imprévoyance administrative ne peut être mise hors de doute (les carrières avaient été visitées, paraît-il, officiellement il y a un mois à peine), si l’insuffisance et le manque d’unité des moyens employés pour le sauvetage ont été constatés par tous les visiteurs, si les retards inconcevables mis à décider et à employer ces procédés constituent une faute, il est une chose digne d’être notée, et je n’étonnerai personne en le faisant ; c’est l’élan généreux des cœurs français, toujours prêts à secourir les grandes infortunes, les victimes du travail et du devoir, — car ce sont bien des victimes du devoir que ces pauvres ouvriers qui, eux, risquent leur vie tous les jours et à toute heure du jour.
- Une grande souscription s’est ouverte spontanément, elle a recueilli les dons généreux et en même temps l’obole du pauvre, le sou de l’ouvrier, le frère en devoir de ceux pour qui on travaille aujourd’hui àChan-celade, et je voudrais, Messieurs et chers collègues, qui n’avez encore rien envoyé, vous engager à souscrire séance tenante pour les familles des victimes, n’ayant pas besoin pour cela de vous , rappeler que nous sommes tous des travailleurs et que, dans ces catastrophes, conséquences malheureuses de l’activité.industrielle, trop souvent imprévoyante, il n’y a pas que des ouvriers qui peuvent être atteints, mais aussi ceux qui les commandent et les dirigent.
- En répondant à mon appel, vous aurez, Messieurs, fait une bonne œuvre, car il y à aussi 100 ouvriers sans travail, dont plus de .70 sont pères de famille. [Applaudissements.) ,
- M. le Président! Je remercie M. Durupt d’avoir bien voulu nous appor-leUces' renseignements. Je ne m’associe pas pour le moment à ses critiques contre l’administration, parce que, quand des catastrophes arrivent, il est bien difficile de faire remonter les responsabilités tout a fait à qui de droit. Ce qui me le prouve dans le cas dont il s’agit, c’est' qu’une visite officielle avait été faite un mois avant la catastrophe," et qu’on avait trouvé la carrière en bon état. Yous savez que les maçonneries
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- n’indiquent pas le moment ou elles vont se rompre, et que la période de rupture y est pour ainsi dire très courte. Les pierres s’écrasent1 sous une forte charge, sans que des charges moindres aient amené'aucune déformation bien sensible. Ce. n’est pas comme pour l’extension, où l’on voit les phénomènes d’allongement s’accumuler en faisant’pfé voir le moment
- où la. on va
- rupture va se produire. Mais, avec la maçonnerie,’' arriver à l’écrasement, et*'rien ne l’indique’f’dë*'si
- on" est surpris ; sbrte'que l’ingé-
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- nieur qui avait visité ta carrière un mois avant la catastrophe, n’avait pu prévoir ce’qui allait se passer.
- Il faut considérer aussi que le terrible accident a eu lieu près de Pè-rigueux, à la campagne ; et notre centralisation est telle que, quand on n’est pas proche d’une grande ville très bien outillée, on a beaucoup de peine à faire le nécessaire pour opérer un sauvetage. Il y a là Un certain point de vue à considérer.
- Dans tous les cas, nous n’avons qu’à nous associer à cé'qü’a tlemàüdé M. Durupt, et si nos collègues sont de cet avis, M. D'urupt voudra bien prendre un chapeau, puisque nous n’avons pas d’aura o ni ère, et nous y mettrons chacun le don qui nous paraîtra convenable.
- Un Membre. Je crois que nous ne sommes pas assez nombréirs. Peut-être vaudrait-il mieux prendre des mesures pour que la somme donnée par la Société ne fût pas aussi faible qu’elle pourrait l’être ce séiï, malgré notre bonne volonté. . v. m. -ti-m;*;.:
- M. le Président. Dans ces conditions, ce sera une question à''soumettre au comité, qui sera saisi de l’appel1 fait à la Société par'MÛDu-rupt.
- M. Eadois. Je voudrais demander si l’on s’est bien rendu compté des causes de l’éboulementC M. Durupt nous dit que delà' pourrait provenir de ce que les piliers sé sont écrasés. Il y a bien®d’autres suppositions qui pourraient être faites ; et pour ma part/je crois’qu’il y a peut-être'là un phénomène plus général que l’écrasement des piliers. M. Durupt a dit qu’il y avait !de"!,I:eàu dans lé fond de la carrière.'A-t-on examiné î le passage'UèTeau souterrainement ? ! ; i .
- M. Durupt. Parfaitement; il y a des endroits bubon est obligé d’aller en bateau. . awrçmb *jwt ^ j-n • r
- Büdois; 1 Aux ''environs de Périgueux', il y de, : curieux; phénomènes. Il existe dans les terrains calcaires des espèces dé cours d’eau intérieurs ; j’ai eu occasion de le remarquer; des affaissements;surproduisent comme si la roche et l’argile avaient été emportés, et cela forme de grands trous au fond desquels on entend l’eau souterraine ; il y là des luyières!,qui'se perdent. Qui dit qu’il n’y a pas eu à Ohancelade un phénomène semblable? Cela déchargerait beaucoup r administration ;lcaî*', je1 suis de l’avis de M. le Président, il peut y avoir à la catastrophe Une cause échappant àla première impression, d’autant plus qu’à Périgueux,'' coïnm'é ’ il * est ' facile de le constater sur la carte de l’étàt-major/il y a eu des''affaissements dus à l’eau souterraine, dans divers endroits! ?
- M. Durupt. Des personnes .que je considère comme sérieuses, ont "constaté que certains piliers avaient présenté‘Un commencement d’effritement à la surface.; beaucoup de colonnes de maçonnerie s’effritaient; et, ces personnes, en sortant des carrières, étaient bien aises de revoir la lumière du jour. On rencontre chez les gens qui ont-été se promener là comme curieux, ce sentiment : c’est que l’administra-
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- tion n'a pas été prévoyante. Les carriers qui font cette exploitation ne sont pas des hommes techniques : ce sont des ouvriers qui exploitent ces carrières par des procédés assez simples: ils ne se rendent pas un compte suffisant des.-,,• risques qu’ils courenWIls faisaient ce qu’on leur disait de faire. L’opinion publique, dans les environs de Périgueux, est qu’on ne les a pas suffisamment prévenus.
- M.^R&gnard. Quelles sont à peu près les dimensions des piliers et leurs distances ? Car je suppose qu’ils n’ont pas tout à fait la régularité d’un damier? Cela pourrait être ,intéressant pour se rendre compte s’ils étaient suffisants ou non pour justifier l’hypothèse de l’écrasement.
- M. Durupt. Si j’avais eu le temps, j’aurais fait le plan au tableau; mais je puis montrer le plan de la carrière,
- M. le Président. Je ne puis qu’approuver les observations de M. Badois, et prier M. Durupt de rechercher si ces rivières souterraines auraient pu occasionner l’accident aussi bien ou mieux que la faiblesse ou l’usure des piliers.
- M. Durupt. Il y a un ruisseau qui passe à côté de la carrière.
- -M. Gtruner. On peut citer un fait analogue à celui dont nous nous occupons : c’est le grand accident de Bellegrade^pù il s’est produit, il y a quelques années, un éboulement qui ..a., entraîné un tunnel. L’accident a eu lieu à la suite d’infiltrations d’eau prolongées., Ici aussi, c’est à la suite de grandes pluies; or, , cette eau,, souterraine dont M. Durupt a parlé, en répondant à la question qui lui fétait faite, indique aussi l’existence de couches argileuses le long desquelles a dû se produire l’affaissement; car enfin, si les piliers avaient jété trop faibles, l’administration l’aurait remarqué. . ..,,
- M. le Président. Je remercie M. Gfruner de .ses observations qui peuvent’ éclairer Un peu sur? ce qui s’est:jpassé. Enfin, je remercie encore M. Durupt et je. le prie) de nous donner de nouveaux renseignements, si cela lui est possible, afin de pouvoir mieux juger ce triste événement. ^ ... . . ;, . . , , si. y
- MM. Béliard,. de Çordemoy, de( Clomesnil, Desrosiers, P. Jacquemart, Léchât, Lafitte, Nagelmackers, Portier, Rambaud, ont été reçus membres sociétaires. , , i:
- MM. Dumont et Maugin ( ont été reçus, membres associés. , r .r, . La séance est levée à onze heures et quart. , ,...... ,,
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- Séance du 30 Novembre 18S5
- ' Présidence dé M. de Comberousse
- La séance est ouverte à huit heures et demie,
- M. le Président annonce à la Société la nomination de M. Richou comme officier de l'instruction publique, celle de MM. Edmond Michaud, Guigon Bey, comme officiers d’Académie, et celle de M. Decauville, comme chevalier de l’ordre de Charles III d’Espagne.
- Le procès-verbal de la dernière séance est adopté, après lecture de la lettre suivante de M. Casalonga.
- « Monsieur le Président
- » Ne pouvant me trouver ce soir à l’ouverture de la séance, je viens vous demander la permission de présenter quelques observations à propos du procès-verbal de la séance du 6.
- » M. Assi m’v fait 'dire « qu’il n’avait peut-être pas suffisamment re-» marqué que l’article de la convention relatif à l’introduction des objets » brevetés et fabriqués à l’étranger vise surtout les étrangers.
- » Il y a là une erreur.
- » Répondant à certaines considérations exposées par notre collègue, par exemple à celle-ci (page 463 du procès-verbal), de quel droit ferait-on payer la rançon par une classe de citoyens plutôt que parque autre, j’ai entendu parler (page 466), de la loi de 1844, et non cle la convention.
- » L’interprétation relative à l’article 5 de la pconyention a été de ma part, à la .suite d’une question posée par M. Ed.Bimon, page 469, l’objet de réserves, sur le fait de savoir si, pour l’exploitation comme pour l’introduction, le breveté nationalitévait être assimilé au breveté étranger. Il me paraissait difficile, si les tribunaux devaient se montrer sévères au sujet de l’exploitation par lès étrangers, que la même rigueur fût appliqué aux régnicoles. Par ce coté, l’article 5 serait donc pour eux une aggravation de la loi de 1844.
- » M. Assi dit encore que l’article 32 de la loi de 1844, modifié par la loi du 20 mai 1856, ne distingue pas entre Français et étrangers.
- » Il est au moins permis d’avoir quelques doutes à ce sujet.
- >» La loi du 20 mai 1856 a bien étendu les attributions du ministre, mais n’a pas modifié l’esprit de l’article 32. Il eût été singulier que
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- l’on eût admis que l’inventeur français, résidant en France, pouvait avoir besoin de faire introduire un modèle en France même.
- » Veuillez agréer, monsieur le Président , l’assurance de mes sentiments dévoués,
- » D. P. Casalonga. »
- M. le Président. L’ordre du jour appelle la communication de MM. Guadet et A. Bonnet sur le nouvel Hôtel des Postes. M. G-uadet a bien voulu se charger de nous exposer aujourd’hui la partie esthétique, et c’est notre collègue, M. Bonnet, qui. nous décrira, dans une séance ultérieure, les services et la partie mécanique.
- Nous sommes reconnaissants de cette communication à M. Guadet, l’éminent architecte, qui est bien connu aujourd’hui, non seulement des membres de laSociété des Ingénieurs Civils, mais de tout le monde, par la construction si réussie de l’Hôtel des Postes. J’ai pourtant, d’après le règlement, le devoir de vous le présenter. M. Guadet a été envoyé à la villa Médicis; il a été grand prix de Rome, et sa carrière s’est développée comme se développe la carrière de ceux qui ont été ainsi distingués, dans leurs premières années de virilité, et qui ont été envoyés à cette villa Médicis, où s’achèvent et se perfectionnent la plus grande partie des talents que nous applaudissons plus tard. M. Guadet, aujourd’hui professeur à l’Ecole des Beaux-Arts, a fait comme ses collègues... Il a lutté et attendu. Il arrive maintenant au grand jour avec un monument, ou il a déployé tout son sens de l’art et employé toute la fertilité de son talent. Il avait de, grandes difficultés à vaincre : il va nous les exposer, et je ne doute pas que, lorsque sa communication sera terminée, vos applaudissements ne le remercient comme je le remercie moi-même d’avance, sachant le plaisir que vous aurez à l’entendre.
- M. Guadet à la parole.
- M. Guadet rend tout d’abord hommage au dévouement et à la coopération de plusieurs des membres de la Société qui, soit par le fait d’une adjudication, soit par voie de soumission, sont devenus les collaborateurs de son œuvre; puis il expose l’historique de la reconstruction de l’Hôtel des Postes avec ses phases diverses, et les difficultés de toute îiature dont seule devait triompher la volonté persévérante de M. Cochery. (Applaudissements.)
- L’emplacement actuel était indiqué par sa situation au centre. de Paris, mais le xerrain est restreint, et il a fallu multiplier les surfaces par la superposition. Il n’y a pas eu d’ailleurs, de programme proprement dit, mais l’architecte a dû étudier en détail le fonctionnement et les besoins de la Poste : il a également étudié les principaux hôtels des Postes à l’étranger, et en a rapporté la confiance que les établissements rivaux n’étaient pas pour inquiéter sur le compte de celui' que la France allait créer. [Applaudissements.)
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- Un Hôtel: des Postes est en réalité destiné à un travail comparable à celui d’une usine, et doit avant tout se prêter à des modifications profondes des installations. Il faut donc avant tout de vastes salles libres, et le moins possible de murs intérieurs et de points d’appui. Cependant' M. Güadet n’a pu songer à un édifice de plain-pied dans toutes SeS 'parties, ce qui eût demandé un terrain et partant une dépense én'ormés. Mais ;pour installer la Poste avec des superpositions d’étages,'il'fallait toutes les ressources de la science moderne appliquée aux constructions métalliques et a la machinerie. La multiplication des surfaces1 a1-!été réalisée en faisant évoluer les voitùres sous les salles mêmes de'travail, installées sur des planchers à très grandes portées, et tout un système de machinerie assure les communications verticales entre les divers services.
- M. G-uadet avant d’entrer dans le détail, explique le travail de la Poste ; il expose les manipulations successives qu’y subit la lettre qu’on envoie, puis la lettre qu’on reçoit, et montre comment à Paris le système de la Poste est la centralisation complète, tandis qu’à Londres le service est décentralisé.
- ' Il ressort de'- ce' qui précède que l’Hôtel des Postes de Paris se compose tout d’abord d’iih grand .bureau analogue sauf dimensions à ceux de quartier, et d’une-partie plus considérable, interdite au public, et qui comprend les services de manipulation et de transit.
- La partie publique est en façade sur la rue du Louvre, et comprend le'péristyle; avec boîtes’aux lettres et aux imprimés, bureaux de vente des timbres, etc. ; la salle du public avec tous les services d’affran^-chisseméiit, mandats-, chargements, télégraphe,'etc. ; la salle de la Poste restante et des abonnés;puis parallèlement à. la salle du public, mais de l’autre côté du local réservé aux employés;Ha réception des périodiques, c’est-à-dire des imprimés, journaux, revues, prospectus, etc'., qui arrivent par ballots, dans- des voitures particulières qui entreront par la rue Etienne-Marcel pour sortir-par fia rué Gutenberg.
- A cétte partie publique se rattachent indirectement-dans les étages les services administratifs de la'direction, de fia--recette principale, des rebuts et réclamations, tous en façade sur là rué du Louvre. -Après là cour des périodiques commence la partie interdite au public, comprenant au rez-de-chaussée,fie transbordement entre les cours d’arrivée et do départ. Le transbordement apour fonction de recevoir les sacs de*dépêches, les reconnaître, les diriger sur les services qui doivent les ouvrir, et réciproquement de recevoir de ces services les sacs à expédier, et d’en assurer la direction sur les diverses gares. C’est donc lé point 'de réunion des voitures, à l’arrivée d’un côté, au départ de'fi’àiitrefiTout.- est: disposé pour ;que les voitures évoluent toujours'dans le'même sens, sans croisements’ni retours. '
- Le premier étage est affecté au service de la distribution,c’ést-à-
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- dire à la préparation des distributions de lettres et imprimés dans Paris; le deuxième étage est réservé au service dit du départ, c’est-à-dire à la direction des correspondances de toute nature, sauf celles à destination de Paris, sur les bureaux ambulants des chemins de fer.
- Les étages supérieurs sont donc alimentés par le transbordement et aussi par les périodiques, de là un mouvement ascensionnel- énorme; à leur tour, ils livrent au transbordement, et le mouvement de descente qui en résulte est colossal aussi, et de plus il est bien peu simultané; c’est donc le moment d’expliquer comment ont été conçues ces communications verticales, véritable clef de toute l’organisation.
- De bas en haut, il y aura des monte-charges, mais l’ascenseur ordinaire, quelle que fusse sa puissance et sa rapidité, n’aurait jamais suffi; seul le principe de la noria, avec ses passages continuels de récipients disponibles pouvait donner satisfaction, et c’est en effet ce système qui a été adopté, mais avec tout un ensemble de conditions spéciales très difficiles dont M. Bonnet exposera les solutions. Les monte-charges ainsi établis pourront élever 120.000 kilogrammes par heure.
- Pour la descente, ces monte-charges eux-mêmes ne seraient pas assez rapides. M. Guadet a donc dû ,chercher une solution qui soit une véritable chute presque instantanée des sacs de dépêches, avec une disposition qui modérât suffisamment cette chute pour éviter l’écrasement des correspondances. Il a combiné, dans ce but des , descentes en hélice, contournées deux par deux, et dont il expose un modèle réduit.
- De tout ce qui précède, il résulte que l'utilisation du terrain a été poussée aussi loin que possible.
- M. G-uadet produit quelques chiffres à cet égard.
- La surface construite étant de 7.750 mètres carrés environ, le total des surfaces utiles atteint 28.046nKl ,45, soit 3mq ,62 par mètre carré de construction.
- Le tonnage total des constructions métalliques est de 4.461.100 kilogrammes, soit un poids moyen de 575 kilogrammes par mètre carré.
- Les calorifères chauffent un cube d’air de 116.706 mètres cubes, équivalant à une hauteur de 15m,46 sur la totalité du terrain.
- Il y a, à ce jour :
- 8.420 mètres de tuyauterie d’eau;
- 17.400 mètres de canalisation de gaz;
- 42.912 mètres de fils électriques pour ssonneries, etc.
- Abordant l’examen de l’Hôtel des Postes au point de vue de la construction, M. Gruadet expose qu’il a fait en réalité une construction métallique, solidaire par elle-même, et que lesifaçades ne sont en réalité que de simples clôtures. c ,010 ^
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- Ce parti pris offre l’avantage d’une plus grande unité dans l’ossature métallique, et permettait de ne pas recourir à l’emploi de la pierre dure pour les piles de façades.
- Après divers détails sur la maçonnerie, la couverture, etc., M. Gu a-det constate donc que la charpente métallique a été la plus importante de la construction, en raison surtout des très grandes portées des planchers.
- Les fers ont été calculés pour un travail de 6 kilogrammes par millimètre carré ; le poids moyen par mètre de plancher et de comble ressort comme suit :
- Planchers à poutres décoratives à treillis :
- Travées de 12,80 X 5,08 le m. q. 128kg,500
- — 16,80 x 5,08 144kg,600
- — 15,24 x 5,15 153kg,300
- Plancher à poutres droites à âme pleine et solivage en poutrelles, sous le troisième étage, très chargé :
- Travées de 12,80 X 5,08 le m. q. 134kg
- — 15,24 X 5,15 150kg,800
- Combles, compris fermes et pannes :
- Travées de 12,80 X 5,08 le m. q. 62kg,640
- — 16,80 X 5,08 91kg,520
- — 15,24 X 5,15 62kg,600
- Comble de la salle des Périodiques, compris plafond vitré, 110kg,700.
- L’hygiène a été une des grandes préoccupations de M. Gfuadet ; l’eau sera abondante à tous les étages, et les cabinets d’aisances et urinoirs ont été traités avec un luxe de précautions de propreté. Les sièges sont en marbre, et toutes les déjections tombent toujours dans de l’eau renouvelée par des chasses automatiques puissantes. M. Gfuadet décrit en détail cette installation et les garanties minutieuses qu’il a voulu avoir contre toutes émanations. La ventilation sera d’ailleurs assurée été et hiver par des appels combinés avec l’action du. chauffage. Celui-ci est assuré par la vapeur, qui seule était assez ductile pour pouvoir transmettre la chaleur dans un édifice où il n’y a pour ainsi dire pas de points d’appuis. Les calculs ont été* faits en vue du renouvellement intégral de l’air des salles dans l’espace d’une heure.
- L’éclairage se fera par le gaz ; les solutions qui pourraient être demandées à l’électricité sont, quant a présent, réservées.
- M. Guadet indique brièvement l’emploi de divers objets spéciaux à la Poste, notamment les casiers de tri, tout en fer et verre, et les cadrans indicateurs des heures de distribution, éclairés en transparence, qui remplaceront les petits indicateurs émaillés si difficiles, à lire. 11 fait voir des spécimens de ceux de ces divers objets qui
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- étaient assez portatifs pour pouvoir être mis sous les yeux de l’assistance.
- Cette étude serait incomplète si l’architecte ne disait quelques .mots de l’architecture du nouvel Hôtel des Postes. Il a cherché avant tout à rester dans la mesure et dans la proportion que comportait, son sujet, à ne pas se laisser entraîner aux tentations séduisantes qui circonviennent l’artiste, à renoncer à toute originalité qui ne. serait pas celle même du programme, usine et monument à la fois. Il s’est astreint à une fidélité invariable aux exigences des besoins à satisfaire et aux nécessités de la construction; et c’est au nom de l’art supérieur qu’il affirme cette sincérité absolue de l’artiste dans son oeuvre. [Applaudissements répétés.)
- C’est dans le même esprit qu’il a étudié ses façades, dont le caractère ressort uniquement des proportions de pleins et de vides, des saillies et des divisions de travées que commandait la disposition nécessaire de l’édifice. Il estime d’ailleurs que cette vérité, dont il s’est fait une loi, a logiquement assuré les effets architecturaux que comportait un emplacement qui ne permet de voir le monument que sous des perspectives obliques et ramassées. Il a suivi ces principes sans déviations, voilà tout ce qu’il peut affirmer; mais en art, il faut aussi et surtout le bonheur : l’a-t-il rencontré? Il n’a pas à le dire, il ne peut être juge et partie. (Applaudissements.)
- Demandant d’ailleurs à élever la question, M. Guadet cherche à dégager le caractère et les tendances de rarchitecturc contemporaine, héritière comme tous nos arts de plusieurs siècles .d’imitations, mais appelée, elle aussi, à bénéficier du grand souffle de liberté qui nous a valu l’afiranchissement de la pensée et 1 ’ a ffr an classement de la science. Mais la liberté oblige, et M. Guadet rappelle cette belle parole de M. Guillaume, président de l’Académie des Beaux-Arts, proclamant que la marque de l’art moderne doit être la conscience. C’est dans cette voie, dans la sincérité absolue de l’artiste, dans son identification sans réserves avec l’essence intime du sujet, que l’architecte doit chercher et trouver la valeur morale et la valeur artistique de son œuvre. [Applaudissements.) .
- M. Guadet, en terminant, rappelle que sa communication n’est que la préface d’une conférence d’un caractère plus scientifique qui sera prochainement faite par M. Bonnet sur la machinerie de l’Hôtel des Postes, et fait connaître son intention de demander à M.le Ministre l’autorisation d’inviter MM. les membres de la. Société à lui faire l’honneur de visiter le monument dont. il vient de les, entretenir. [Bravo! Bravo! Vifs applaudissements.) l:, ..... i,..
- M. le Président. Messieurs, vous me permettre^ 4 e remercier en votre nom, comme je l’avais fait d’avance et (comme,/yos, applaudissements viennent de le faire, M*. Guadet,j,de, ce qu’il a. bienjvoulu dire
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- aujourd’hui. Le savant professeur de l’École des Beaux-Arts, l’architecte éminent, nous a donné, en même temps qu’une exposition pleine de charme de ses travaux, une grande leçon morale dont les ingénieurs peuvent tirer parti. Oui, il nous a montré que le talent, aujourd’hui, devait surtout avoir pour soutien la conscience, et que c’était la conscience du sujet, la volonté de lui donner tout ce qui était nécessaire, sans aucune superfétation prétentieuse et personnelle, qui soutenait le talent et donnait à l’art toute sa grandeur. Les ingénieurs, eux aussi, dans leurs travaux, dans leurs constructions de machines, peuvent mettre de côté leur vanité et faire ce qu’on leur demande avec le plus de précision, de solidité possibles, sans oublier toutefois que la grâce et l’élégance simples ne sont pas défendues ; M. Guadet nous en a donné la preuve.
- Il vient de dire : «J’ai fait ce que j’ai pu, à vous de dire si j’ai réussi.» Je crois que la population parisienne, qui a vu le nouvel Hôtel des Postes, lui a déjà aussi bien répondu que le suffrage de ses collègues les plus autorisés. Je suis convaincu que le serrement de main de M. Guillaume, quand il est venu visiter le nouvel Hôtel, a été une affirmation bien complète et a fait comprendre à la modestie de M. Guadet qu’il avait réussi.
- Nous serons heureux que M. le Ministre des Postes et des Télégraphes donne à la Société des Ingénieurs Civils l’autorisation de visiter l’Hôtel des Postes sous la conduite de M. Guadet et de notre collègue M. Bonnet.
- M. Guadet a dit une parole qui m’a causé une gTande joie, c’est lorsqu’il nous a entretenus de la mission qui lui avait été confiée pour visiter, dans les pays étrangers, les hôtels des postes les mieux entendus. M. Guadet nous a dit : « Nous n’avons rien à craindre des autres ; nous pouvons faire aussi bien que les autres, et il ne nous est pas difficile de faire mieux. »
- Je le remercie de ce sentiment patriotique. Nous doutons trop de nous-mêmes aujourd’hui; nous avons devant les yeux un crêpe qui nous cache le ciel; nous croyons que les étrangers ont fait des pas prodigieux dans la voie du progrès et que nous sommes restés immobiles. Je crois que c’est un sentiment contre lequel il faut réagir, ingénieurs et architectes, aussi bien que marins et soldats, en un mot, toute la France.
- Permettez-moi d’ajouter que, pour faire cette grande oeuvre, l’économie n’a pas été négligée : ce monument n’a pas coûté dix millions. Je ne sais pas si, dans un autre pays on serait arrivé à faire à ce prix ce que M. Guadet a fait. Mais, pour cela, il faut chercher les hommes et les trouver. Il faut que le Ministre trouve dans les hommes qu’il choisit la volonté de bien faire ; il faut surtout qu’il rencontre des hommes de conscience. La moitié du succès de M. Guadet a été l’idéal qu’il avait devant les yeux et qu’il a si bien rempli. (Bravo ! — Applaudissements.)
- Si quelque membre' avait des observations ou des demandes à adres-
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- -ser-ràrM. Guadet, je lui donnerais la parole. M. Gu ad et sera rd’ailleih<s présent à la séance prochaine. D’ici là, on aura lu son résumé. M. Bonnet nous fera son exposé, le ^décembre. M. Guadet y assistera;'et si quelque membre veut prendre la parole, il pourra s’adresser à là fois à M. Guadet et à M. Bonnet. vr v-iünié
- . Je. n’ai,pas besoin de rappeler que le travail de M. Guadet Sêfa publié in extenso dans le Bulletin, où nous serons heureux de l'e'consèrvèr. ...iJbnous reste encore quelques minutes.' M; Durü^t!nous^à :dëhiandé la,parole à .propos de l’accident de Ghancelade*) Aala dernièrë séance, il avjait pensé qu’il pourrait nous apporter des documents complémentaires et des renseignements plus précis sur cette catastrophe. Je prie Mv Dù-rupt d’être surtout technique, et de laisser de côté, autant que possible, le point de vue très délicat des responsabilités. -!i; ' ‘
- 1 Mi Dchupt a la parole : .
- , j « Messieurs,
- »,A la suite de ma communication rapide sur la catastrophe clq„Qhan-celade, M. le Président a bien voulu me demander de nouveaux renseignements. Je viens vous les apporter, non sans uii profond sentiment de tristesse à la pensée*des souffrances ' que ces malheureux ensevelis ont dû éprouver jusqu’au jour où, privés de nourriture et n’ayant plus l’espoir d’être sauvés, ils se sont sans doute vus mourir au fond de l'espacé noir qui leur sert provisoirement de cercueil; Si jvài1‘cru’''quë'iiréboule-ment les avait épargnés, si j’ai pensé qu’ils*'pourraient1 vivre1 quinze jours et,trois; semaines — au prix de quelles souffrances? ^niiîJje n’ose pas croire aujourd’hui qu’ilsaoient encore vivants après vingt-six jours deMouleqrs morales et .physiques inimaginables . 't akr.4 tu* m- - *:•# .
- » Cependant on continue de; sauvetage avec plus7 d’activité;qùe jamais, après une période ide découragement qui, suivit la rupture do1 la corde d’amarrage duitrépan restéiau fondidu 'trou dé sonde ayant déjà 32 mètres de-profondeur, eGabandonné là’sans’que Me judicieux efforts 'pour le ramener aient été -tentés. -^Lîemploi de’l'acide pour ronger la piérre et d’une louve à griffes d’acierpdévait pourtant venir ad’esprit dés ])èr-sonnes dirigeant le travail;' ces mdyènsMnt été, du reste1, conseillés*''î!
- » Aujourd’hui la maison •'Mpmann, connue de nous tous, a entrepris le forage d’un second trou» à-côté Mu premier; elle espère'obtenir 6 à 7 mètres d’avancement pairjourjlihy a ce»soir-l§ mètres1 dé! percés.’ ilp '
- » On-a proposé de même lè creusement d’un puits carré de' lm','40 de côté pour permettre le saùvetage des ouvriers, aùprèh;dû trou de sonde par où on devait leur' passer des aliments ;d_uce7puitS; boisé-àùrâit pu être terminé quelques jours après le' tr ou,? et il ° e s b idéni ë perihisd’adrhet-tre que, si l’on eût commencé dès le lendemain 'décideatâ'StrbjDliW, on sé-rait arrivé à ce jour jusqu’auqjlafond de la gà'lerïe ’ndn 'effondrée; n': *
- ,»i Quant aux causes de 1 ’accideut, voussavez, Messieurs, l/he trois ex-
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- perts ont été nommés par le juge d’instruction, pour les rechercher; ce sont : , i. ' •
- » MM. Nivois, ingénieur en chef des mines, professeur à l’école des ponts et chaussées ; ,
- » Muller, architecte-expert; •
- » Dorion, ingénieur, directeur des mines de Decazevillè, ancien élève, de l’Ecole centrale, membre de la Société.
- Il est donc probable que l’enquête poursuivie par ces trois ingénieurs éclairés nous apprendra les causes de cette catastrophe et vous comprendrez, Messieurs, que je ne puis insister personnellement sur ce sujet extrêmement délicat dans lequel des responsabilités/considérables.peuvent être mises eii jeu, 1 .. '
- ' Tout ce que je puis dire, et pour répondre aux intéressantes observations faites par M. Badois, c’est que l’existence du courant souterrain n’est rien moins que démontrée et que si l’eau a pu jouer un rôle funeste, ce n’est certainement pas dans ce sens qu’il faut l’envisager, mais plutôt dans celui des infiltrations traversant la, niasse rocheuse de haut en bas et pouvant déterminer des plans de glissements sur les lames d’argile que l’humidité rend savonneuse.
- » Quant au rôle joué par l’administration des Mines pendant la période de sauvetage, cette question rentre complètement dans le domaine public -et chacun est libre en récapitulant les hésitations de la première heure, les déclarations faites aux entrepreneurs dont l’initiative courageuse était à la hauteur du dévouement le plus désintéressé, les autorisations de travailler arrachées .plutôt qu’obtenues avec empressement, chacun est libre, dis-je, de ne point se montrer satisfait, d’accord en cela avec l’opinion publique en Périgord qui a déjà manifesté son sentiment sur cette manière de procéder.
- » Ce qui n’est pas en notre pouvoir, puisqu’une enquête est ordonnée, c’est de rechercher si la surveillance de ces carrières était réellement effective, si le garde-mine qui dressait tous les mois un état d’avancement des galeries allait lui-même sur place vérifier, si1 les piliers ménagés étaient en nombre suffisant, s’ils n’étaient pas en mauvaise pierre remplie de poches d’argile, les carriers préférant extraire la bonne pierre et laisser la montagne s’appuyer sur des matières d’une résistance douteuse, enfin si dans la répartition de ce damier de piles, on a bien tenu compte de l’accroissement du poids, au fur'et à mesure que l’on s’avançait dans les flancs de la roche; car il,, ne faut pas oublier,que, si au-dessus des anciennes carrières, vers .l’extérieur, au bord , du. chemin, ] qui. est en bas des pentes,, il y a de ÎH à 20 mètres de..hauteur,vjerSi le.fond, ..avant M’arriver au massif qui était exploité, il y-..a..a.6Q-; métrés, de charge, qo-.. ; i. v ' :,p , .q .. « On a dit,aussi que depuis plusieurs années certains ‘piliers* paraissaient s’enfoncer, et je répète que , les^ visiteurs de cés travaux Bwu,. 38
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- reUîontaient des galeries avec unei mauvaise impression, et bien heu->reux de isentir leurs ; épaules débarrassées de l’énorme masse qui ; sembla] eut les 'menacer, . dn.djui .- , .:t,Leu,
- ® 1 Je!'m insiste pas davantage, Messieurs, et je veux-yn terminant remercier notre honorable président qui: peut allieps.à,,une,,,science profonde servie !par une éloquenee que vous appréciez, les plus hauts sentiments1' de confraternité et -d’humanité,,ga^yeux, le remercier de l’accueil bienveillant qitil a faittà mai:communication<,jet;Ud.e;:)l’intérêt qu/iL a'témoigné- eh (faveur des,^..victimes de petite tpiste. catastrophe, (Applaudissements.)A~ U-ü,, -. ,-r v jc-ticn ;.>.} ..!'>!> -unou. uniuM'.-:;.--M. >le Président, Messieurs, la question, n’est pas encore absolument tranchée; il y a une enquête qui se poursuit; la Société n’a donc qu’à S'incliner et à attendre le résultat auquel elle aboutira. Je remercie Durupt de nous avoir donné de nouveaux) détails,, nous devons en rester là. Lai lumière se fera, isans doute, et satisfaction sera donnée à l’opinion publique. P ; i -t , ,
- MM. Coiseau, Giampinq Dejey, Jourdan, Monnfer,ont été reçus membres sociétaires-.b :;ü m a;) ... uî ,•
- La séance est»levée à onze heures moins un quart.
- ;M '':i :'T “U-,ihV'>H|in :jt = • ‘h>11.3&•••>.•> ôiHiUuo.’j , i.\iïi--j- J
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- >q w,;:q ;;sl ' .pï,MG;i 'i-rvui'?;! Y-;, i
- f 1 C "YUm " y ;. ; ' l'.quî: j;i J.:: UC Jt .0~.n«î
- •a,u 'séance1 supplémentaire (lu %9 hovembré l§$5. '
- -Îiir;;, nu-m-mmy.ier -an • .oücio -uroq *yr^iHyh;hconMtni n.non .y,-b «muvini. wr-tunm A n-c ,****;• -fî!«-f -'.h ,ï-r-jinoftçb na',);;xù: -aoi.campbb ,-:ou:apn
- cmht oh ’ioq/w^v.- >: ...-Uipiwn/r./rp ao.j; i;1.. fwp .zaàn An.:? -.s.;,.,
- '^^'^i^^PhÉstoÉNCE DE Mi DE GoMBEROUSSEi>' ut uo (HWKiKlr. w.Uftt i.tnovno» oabh c -nu-nb .. ,.,r, ^
- ' La séance est ouverte à huitdieures et demie, :i;!, ,, ,
- ‘ M. le^î>R’ÉStDÎEiv,il'fait^rehiarquer quë'lé procès-verbal de fla dernière séance îi’ést pas eh'cbré,'i'mpi,ihié;' puisqu’il s’agit aujourd’hui d’une séance intercalaire f^pUt’boiiSêquéht, il n’y a pas lieu de y le mettre ‘aux* voixiui 'w'v f**-* aJite'/uenr'uiitnu • 'h;- i- : -y yu-
- M. LE;'PùfesiDÈNT0£tilër rë'ÿët>WahnoncerJà là'1 Société le décès de M., Audenet, àncieif^ügèmeuT dë^^marihét’^"*ieob m-ya-j-y nat-. A M ! le PRÉsiDkhi’1 àhnÔhëé^rà ! Tàt 'Société qu’elle !>a - reçu le deuxième tv61ùmèllâe rôuvrage'lsi^iütërëàsànt^p'üblié pàr ‘hotre''collègue,M. Paul Terrier. Il s’agit des leçons de Statique graphique d’Antonio Favaro, professeur à l’université royàlê!tlé PadoUé. Le’ travail de M.;Terrier est pïûs 'èt mieux qu’une traduction'^ îië‘1 premier volume^était; consacré à la ^pometrie ’de position?'iIJe!deuxlèhiëivôïùhLié traité dU 'Calcul graphique.
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- Le troisième nous donnera la statique graphique proprement dife;oB_ans-ïè"’tïétiXiêine: volume qui vient de paraître, Mv Terrier a réuni àveGEun grand talent tout ce qui a rapport au calcul graphique,ret il; a s ajouté a'ü'tëxte italien un grand nombre d’appendices et-de no.tesupersOnnels que tous'des ingénieurs, qui ont à se servir des procédés graphiques pour abréger ou vérifier leurs calculs, liront avec fruituy.^*. r.«bmâo'ru L'ordre-dh "jour' appelle la communication de »MmGh. fàotwànSmi’ks-. ports de commerce1 en :jFrance et<à Vétranqer. »Mu Gotard ^ afia parole^; i ! Mv Gifr^CÔTlffi.' M'G Laroche p ingénieur en chef des-ponts: et ' chaussées, ancien ingénieur de la compagnie du canal de Suez, à Portr^'aid, a hièh r voulu me charger1 de présentèr et d’offrir à notre Société! un exemplaire de son « de^ commerce de
- la Méditerranée jp, qui vient d’être i publiée à l’Imprimerie nationale, par ordre du ministre des travaux publics. ». ... -,^ou. -jqmjffl.
- C’est un fort bel ouvrage, orné de planches, qui contient .l’étude comparative et détaillée des ports de Barcelone, de Gênes, de jiVenise, de Trieste et de Fiume, tant au point de vue technique-de l’art des* constructions maritimes qu’au point de vue de l’exploitation proprement dite, de l'organisation commerciale, de d’outillage et de la réglementation.
- Cette étude continue et complète un ensemble de recherches du même auteur ^entreprises,,-d’abord, en collaboration avec M. l’inspecteur général Plocq sur les principaux ports de l’Europe septentrionale. L’autorité et la compétence incontestées de ces deux ingénieurs, leur grande? expérience, des travaux mar^ti^e^.^ijii^l^^^i^nt naturellement désignés pour accomplir les missions successivement ordonnées par le ministre des travaux publics, donnent à de telles recherches un intérêt dè premier ordre et en font un document des plus précieux pour tous ceux qui ont, à un titre quelconque, à. s’occuper de l’amélioration et du développement de notre * outillage maritime.
- Nous avons, en effet, dans cette matière, à faire souvent notre profit de ce qui se pratique à T étranger; nos: divers ports.,, grands et petits;, s’abritent trop volontiers;fsouslIa,,tptelle administratife^et parlementaire et . se laissent distancer par ^ceuxvj qui,»n’ont à compter que sur leurs propres ressources et leur;, seule .initiative, K,)ljV . i;;;p
- C’est ce que signale l’auteur de cette nouvelle étude eu notant « les marques d’étonnemeh.f critique,Y recueillies., notamment r en Angleterre, sur la façon dont on conçoit, ^en E^ancç^qçept^ines; questions relatives aux ports- deçcommerçex;>>. etr;gut>ajoptanLque’a«, jamais .il,n’a entendu exprimer par , nos ivoisins le,'désir, que., leurs ports ^ressemblent aux
- nôtres.,», ofnÀ’b ynpidqïri^ oh samel s&b 'tfo*
- sdlHfait .ressortirvGAf fait çpractéristiqiie:'e.t nvraiment. capital 'quelles •ports leSi plus.,)pro!Spère,Sf .de. T étrangère sont ; exploités - • d’une manière exclusiyemenâiudustrlelle etcojmm^dc grandes gares de transbordement;
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- tout y est subordonné aux convenances et aux exigence^,.du,, .commerce ; on n’y à pas en vue, comme cela arrive trop, souvent, ; chez nous;- de faire des ouvrages de grande apparence, généralement, jtrop cdûteuxp mais, plutôt, des installations aussi simples que ppssjüb.le et conçues 'Uniquementdans le but de satisfaire aux besoins,,du.trafic, ^Làp>rien{-n!est négligé de tout ce .qui peut faciliter. et abréger f(les, opérations. Les quais ont une grande largeur.;fpt .sont . desservis ..par des! àppareils! perfectionnés et par de nombreuses voies, ferrées. ,qù les locomotives ‘circulent aisément sans plaques touimantes..,çmpêfih,ant de conduire1 des trains entiers au bord .desoquais-..,$0^-, trouve. ::de.vastes hangars où la marchandise se débarque, se reconnaît et se manutentionne! a l’aise et en sécurité,, ainsi que de sgrands magasins pour les dépôts'de quelque durée, dans lesquels la valeur des marchandises, se. mbbilise au moyen des warrants. . e, . miVr,,,, ..
- 'D'usage des quais et des bassins est pratiquement réglementé sans formalités inutiles aussi,bien*que sans faiblesse; les navires ne doivent réster-à'quai que le temps, strictement nécessaire pour leur opérations rendues aussi promptes que. .possible •, par.. des grues hydrauliques mobiles. Le tout est exploité commercialement,te,tfi.par..des gens qui sont eux-mêmes des commerçants* Ce , libre exercice,..des i intérêts privés donne de si ; excellents résultats que, partout, les parties,(,des ports les plus recherchées: du commerce;: celles où.leSi aménagements, ç.t l’joutiilagç sont le plus pratiquement organisés, et où la réglementation,,est,.,le mieux entendue, sont celles qu’exploitent d.es;,compagnies, ou,des associations privées^ Là,;est le secret des résultats yraimçnt (frappants qui, sont obtenu»ütefâtabeaucoup de ports.jdont-,nous,, aifm.irjQns ,4’otcftiy.ijté croissante. imLnPim-tmcn • •-•>'> y* ..vfliv ne • .m«m vvî')
- disconvient;-de 1 -reconnaître/ que,- ce. ,quij fait,( .en, somme,, Jpj supériorité dé? cesi yastes mitésimaritimesjiic’estüque l'organisation, .économique aie leurs pays deurdaisse; ladlibre/disposition,,de. leurs, ressources et,qu’elles àgissentocomme- de i vastes f,associations commerciales, avec lp plénitude de leurs moyens d’action, ne faisant<sque ce, qui est; nécessaire, .mais leôfaisant auùmornent opportun* ayec .une, puissance/ de s conception; /et une rapidité que nlentcavent [aucunes formalités administratives ni gQUr vernementales. . ü‘ge">: li-u|i'noï-t^erm - .j. :> Vu- mpium; /ni
- Dans/ces pays. •0ii:.ia:ÆnisqiÇï£i!'-§ratique-ce. pri n c i p e, féco nd.. d e ,l’autonomie idesodiyersngroupenmntg de ,liactivité sociale*,(1 qui^assigne,.aux attributions conférées là, r-État.j de s jlinasitesp aussi),étroites, que » possible •
- : C’est ce qu’a -si remarquablement iexprimé ,-le> .grand .économiste, anglais Stuart Mill dans ses Bmncipes d’économie politique,, eq, gisant ^ce qui suit : *j znp .eôaabnoqàbm aaôù ci à .eomDbem
- 'ttUc IDn’est ipas moinS;. important»,’Soue
- quêesous tout-autre^ode- 'SurveillerjaveCi^uineeiîiiquiétudeiîyiigilantej^ toute tendance; de la pàrti desi dépositaires. ideeVautdidtéfc pub%W^’ h étendre
- ,v« ... Jv„i»,, CT ..I, f.. . ...
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- hhir intervention et à prendre un' pouvoir quelconque',' autre que le pouvoir indispensable. ; ,,:>><, <c.- -.!<.k . n ifv .,
- » Toute attribution nouvelle conférés ad gouvernement est une nouvelle occupation imposée à des personnes déjà1 ; surchargées ide fo:nctions.q>La conséç[tieiic;é!'nàturelle est que les fonctions sont mal» .remplies ou me le sont pas dü tout, pârce que le gouvernement nepàaiti agir?;qu-avec.: une lélifeUr fatale'â toute affaire. .-v.- -if'jip --J. .wjobirmqo
- i> Dans les Sociétés les ‘plus civilisées, les choses sont-plus mal faites par l'intervention1 dit ‘gouvernement que par les individus intéressés,, L-infériorité1'du gbüvernëhientl dans la'plupart des opérations de d'industrie, est attestée par cé fait que le gouvernement ne peut guère soutenir la concurrence des particuliers. Alors' même qu’un gouvernement serait .supérieur en intelligence et en science a tout individu pris isolément, il doit être inférieur à l'ensemble des particuliers composant la nation.! Le gouvernement, en excluant ou en remplaçant l’action des particuliers, substitue sa manière de faire les choses à l’infinie variété des méthodes qui seraient essayées par un certain nombre de personnes tendant au même but, ce qui;est une concurrence infiniment plua favorable au progrès que tout système uniforme. v: .mmo-. . r
- a) En un mot, lé laisser faire doit'être laf règle * générale. Toutes les fois qu’on s’en écarte,' à moins que cela ne soit absolument nécessaire pour1 réaliser quelque-' 'chose de: grand, et de bon,'mil fait mal,- très cer-tainementiJi)'îlï'M0:;iî'S','; . .-'n m;-'.s,"
- U n ëst'pà's ihütile 'dë rappeler ces paroles remarquables, pour. apprécier lé'éhemih qüé’hbUs avons à faire, dans notre pays!, pour arriver, (à, la" mise' Wn pratique die ceS saines doctrines de liberté'économique,, hf.. '
- Chez nous, en effet, avec notre système de centralisation excessive, nous réfnnttbhs, 'aü’contraire, toutes nos; ressources entre i les mainsjdë' l’Etat et“iïottsJiioüS !éh fibnà à !sa sollicitude potth'qui’il-enisoit' fait le meilleur Usage’ possible'. ’Le pays Tie1 se i "composey i dedplusnbmfplus* • que de contribuables ‘ehtretèriUnt ' une armêè>: de-: fonetibnnair’es >quiy au; nom r de l’État, disposent dé l’épargme communef ' an. .uohpdb *a'> /;om vumi . "
- 1 Un tél système né peut* manquer de portérqses fruits uEmcer qui concerne Seulèment lés1 travaux publics*1 et/* plus ' spécialement les travaux maritimes, puisque c’est de cette question qu’il s’agit, nous voyons une quantité déports atteints dans leur1 développement par leunqnque d’amé-' liorationsindispensables; on eu voit, et dessins*1 grands, danu l'impuissance oU lés: hiétjlaHuteiléTIed’ÊtaV àttèndré, ‘depuis hdes années, des travaux*ühgents et1 assistér ainsi'àléur'pubjtne déchéance, a,
- Ily a-Ioiii, servitude soû vivent nos plus, grandes.'
- cités maritimes, à la fière indépendance qui caractérise cette réponse' duport déoRottéUdariïfà un fonctionnaire étfàn: ger'quf pirésëhtai^SéS lettres d’introduction adressées au gouvernement]/ « ïl/ity a fpaS/dbl;hde' 'gôWè'rnêihentfdibUaiîdais, lui ‘dit-on,^il ln:yua' que'* la municipalité de Rotterdam/))........................ '•y - r
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- tL’ïiïtënœntîoirmâlencontreuse ctè l’Etat dans l’aménagement et l'organisation de nos ports de commerce ne conduit pas seulement à des retards regrettables dans l’élaboration des projets et leur mise en œuvre, à l'exécution^ gènéralemént onéreuse, d’ouvrages insuffisants - ou répondant' imparfaitement aux besoins, à des réglementations d’une pratique incommode ; elle a cette autre conséquence, plus grave encore, d’éteindre toute initiative locale et de priver complètement les ports qui n’ont temporairement aucun secours à attendre de l’Etat, de toute possibilité d’amélioration. . > 5
- Tel eSt le résultat d’un système qui- consiste à exécuter,, à titre de dotation gratuite et au compte du trésor public , des travaux qui devraient être laissés à la charge de ceux qui s’en servent. Et, en effet, comment tel port, oublié, sans doute, dans la distribution des faveurs administratives ou parlementaires, pourrait-il songer à entreprendre, dans dé telles conditions, le travail le plus urgent et le plus indispensable ?'N’a-t-il' pas déjà aliéné en faveur de l’Etat la meilleure part de ses ressources? Il n’a pas même la possibilité de recourir à l’établissement de taxes qui lui permettraient d’assurer'la rémunération des capitaux à engager; car il se mettrait, par cela même, en état d’infériorité vis-à-vis de tel autre port voisin qui, plus heureux que lui, aura obtenu ces mêmes travaux sans bourse délier et, par/conséquent, sans qu’il ait besoin d’imposer aucune charge à son trafic. Force lui sera donc d’assister, impuissant, à la mauvaise marche de ses affaires et de se réduire, faute de mieux, au rôle médiocre de solliciteur pour tâcher d’obtenir aussi quelques miettes du festin budgétaire. Malheureusement, dans cette concurrence assez malsaine, il n’est pas donné à tout le monde de gagner la course.
- Est-ce à dire’qu’il faille désespérer de voir s’acclimater chez nous les principes d’indépendance économique des pays du nord de l’Europe qui ont une habitude séculaire et non interrompue de la vie communale? Il semble que non. Dunkerque et Calais sont, sous ce rapport, presque aussi flamands qu’Anvers, et Boulogne n’est pas sans, subir l’influence des mœurs commerciales de l’Angleterre. Un pareil changement sera peut-être plus difficile- dans le Midi où les populations sont façonnées depuis,l’époque romaine, à la tutelle administrative. L’exemple de Barcelone est là, cependant, pour montrer ce que peuvent pro-
- duire les initiatives locales. Mais il n’y a pas à se faire illusion, il faudra, sans doute, bien du temps pour que nos1 mœuts économiques et administratives sé /modiKent* ' et" tout ce(' que l’on peut 'faire, c’est d’habituer peu à peu lés1 'esprits a'cet ordre d’idéeà nouvelles.'
- Un pouvoir central autocratique’' a pu*1 lêtré nécessaire,1 à!'l’origine
- des'sociétés/ pour former les nations, en fondant, en un tout homo-gJéné'”des populations quif/ bien que 'natùrelleihênt pôrtée&'â sè grouper/ manquaient encore de cohélioh; ’mairiténaflt qùe'cette œuvre d’uni-
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- fication est accomplie, il appartient à notre civilisation plus avancée de rendre aux parties de ce tout, dans une .évolution inverse, la part d’indépendance et d’autonomie qu’elles peuvent légitimement revendiquer et, qui, par l’émulation d’efforts locaux et individuels s’exerçant alors spontanément, au profit de la collectivité, en une sorte d’anarchie harmonique, ne saurait manquer de concourir efficacement à la prospérité et à la grandeur de la patrie. t,'.,
- J’avais, Messieurs, à vous rendre compte d’un ouvrage spécial , sur les ports de commerce et je me suis laissé entraîner à., des considérations générales qui, sans: m’éloigner de mon sujet, ne rentraient peut-être pas absolument dans le cadre où j’aurais dû me renfermer. Je me hâte donc de revenir à l’objet principal de cette communication qui était de vous donner, tout au moins, un résumé des diverses questions traitées dans l’étude dont il s’agit. / t ^ , :
- M. l’ingénieur Laroche fait d’abord ressortir la différence fondamentale qui distingue les ports de la Méditerranée, dépendant tous, sauf celui de Barcelone, de leurs États respectifs, d’avec ceux de l’Europe septentrionale, dont les principaux appartiennent à des villes, à des associations ou à des compagnies qui les construisent, les. exploitent, les administrent et les réglementent.
- A Barcelone, l’État, depuis plus de treize ans, ne contribue en rien, aux dépenses des travaux et l’administration du port est confiée à un. comité local appelé « Junta ». La Junta est presque tout, l’État presque rien, et le résultat de cette administration locale a été des plus satisfaisants. On lira avec le plus grand intérêt l’histoire instructive de cette Junta du port de Barcelone; on verra « dans quelles circonstances,, calamiteuses pour l’Espagne, elle a dû se créer et fondeivson crédit, aujourd’hui de premier ordre, » puisqu’il lui a permis d’exécuter, sans rien demander à l’État, pour près de vingt millions de francs de travaux; on verra « comment elle a su grouper et faire concourir au succès de l’entreprise les représentants les plus intelligents et les plus expérimentés des intérêts du port; avec'quelle netteté- on y a compris les conditions à observer sous lè rapport économique et technique dans l’exécution de pareils travaux et dans1 leur exploitation. »
- M* Laroche examine, pour chacuii des1 ports* que comprend son
- VAdministration, qui, lorsqu’elle manque d’unité, amène des rivalités qui causent des, pertes de temps préjudiciables à l’intérêt général;
- Les l'axes, perçues .par l’État, sauf àÉ Barcelone où elles sont encaissées par la Junta, avec, une tendance peut-être excessive à en réduirev-le nombre;
- Les Douanes,rqui dopnent .lieu à des plaintes générales contre^la.. ' gêne qu’elles imposent au .commerce par la trop courte durée du temps?
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- pendant lequel' les -agents dé f cette -administration sont à la disposition du publie ; • -s- -m * j>.:>
- Les Finances, c’est-à-dire les divers modes d’exécution des travaux pat les EtatSj, par » leurs moyens ordinaires de trésorerie, soit pat*' l’in' dustnedprivéencomme -à Barcelone, où la Junta s’est procuré les> fonds dont» elle savait'besoin au moyen d; emprunts garantis; par uneutaxe spéciale--sur'le mouvement des marchandises; . vv-'omm huu--.., aménagement > des* ports, concernant les conditions; que l'on odoit chercher1 à*remplir et qui-sont les survantes-i-Ç'pm>-. Ouw-. v.t’,1 ;
- Importer la largeur des quais à 100. mètresHau: moins; 1 ;
- : 2° Etablir des hangars ou abris sur les quais ; n- ; . r
- M°‘Munir les quais d’engins de manutention;
- . AbBarcelone, tous les quais sont munis d’un: 1 système très complet de grues hydrauliques;
- dy-Réglementer l’usage des quais ainsi outillés de façon à leur faire rendre la plus grande somme d’utilité possible;
- Sur ce point encore, la supériorité d’organisation appartient au port de Barcelone ou la*Junta, maîtresse de l’administration, a édicté un réglement détaillé p yniiM O >•<(..!o> .'> .y;'.xp;.-
- 5° Favoriser la fréquentation du port par lés navires.
- Ce but est obtenu' • >à< Barcelone où les navires 11e payent pas d’après* leur tonnage, mais, seulement, -pour le chargement Cet le décharge- * ment des marchandises,’ ce qui est très îàVan'tàgènxlépOur deSï vâpeürs faisant un service d’escales ; uivèmVguïM M ,->h duiA.ïr/v oL -O
- 6° Favoriser le service de transit, en amenant jnsqùe'i dans‘;le* port et/'sur- les tquàis l’es--'grandes voies’ ’de communication; extérieure » eP en créant des * magasins* :êtM es entrepôts à tarifs ‘fixé s "p ‘nmq '.ymorm -mmu 7° *Voics*ferrées dès quais; en 'évitant autantquebpossible'-la-disposi-' tion des môles perpendiculaires aux rives, qui force de recourir à l’emploi CoiHânueLdesnpiaques-tournantes ; !-’ > tm-vn; .ùmo -be .C -P-8° Gare&TmaritirheS î; ; utilité ' d!e1; donner à Ces gares' tout le développement de rails nécessaire ;
- 9° 'Magasins* et -entrepôts;1 nécessité de créer des magasins^ warrants. À Barcelone, l'exploitation de cés magasins est déjà* mise en'ligueurr par la Junta.-^ouç H Hjqr Lmbiv-V - ù ' -‘-C V a ytttîV •
- 10°^Offrir à la inavigationO’des moyens de radoub en nombre suffisant et suffisamment puissants. ,rxodqKou;j.n:a;o
- -Telles sont* les cquestiOns^ue''orautéU:rbtraitè ëm détailùpour les poids indiqués plus.-haute éntfoüMsSaüt^ pour 1 chacun ;id’eufc;Odè*nombrénsès : données statistiques qui v ië mi eht° ufi lernent; c orrobdr en lés ^Conclusions de^cétte étude CompuratifVeiï aùokrMh aol 4uob u:oÜBajI^iuia: anuT ubfe,., En* me voyant* ainsi rédu'it 'à,!ne pouvoir'fâiré^lu’lln^'éttüniération : sommaire.ÿ de ces * divers iéhapitres • qui auràient ^ toUs' m mieuxn développés ;;Tje‘:,me.prends l‘à- ‘çràindrèpdë^i^être-^
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- acquittéj-die ma tâche. Mais j/ospère que l'insuffisance... exposé donnera le désir de mieux connaître l’ouvrage, et, c’estléb hutf;lerplus;:aitile que je pouvais me, proposer. i
- - Quelles que soient, aussi, les. ,, Opinions . que -il’on ,pj[ofesse' J sur ly, graver question,' que j’ai scruidevoir aborder à cette occasion^ jde.i$utb tervention des l’ÉtatudanS;:le.,(domaine de l’industrie .maritime»[ion i^ei: saurait contester qu’il y a-énormément à faire-ipouy tmettreunos,}ports> marchands au* niveau?udes ports; les plus prospères.Me./inoauVvoMas^et rivaux. Une étude comparative .des différents ports ., de. l’Europe s'était, donc, à ces divers, poin-ts^dei vidé, ,des -plus s opportune s. set utes.lplUS; instructives, et il convienti de féliciter hautement le ministre-qiii La ordonnée aussi bien que n l’éminent ,ingénieur qui l’a poursuiyieuavec tant de consciencieuse et impartiale , exactitude et. un aussi - .remarquable talent (Applaudissements.)
- M. le Président remercie vivement M.,Cotard de; son compte, rendii. C’est une digne préface duhbel ouvrage de M.. Laroche, et rassemblée ! remerciera doublement; M>àCo tard, lorsqu’elle .saura.-qu’il? est arrivé,Me Bretagne aujourd’hui-pour.nous faire cette, communication. . v/nui -si;
- L’ordre du jour appelle les observations techniques . de; M. ' Piarrony de Mondésir à propos -du .Mémoire , de, <M...[Louis .Boudenoot sur la distribution, de la.fprce rmotrice ;à domicile, au: moyen _de. l’air raréfié. CaTpâroleiiest à M.îPiarronjde Mondésir.i.-- „• a...... , a
- M.HPiAKRqN;DE<jMoNDÉsiR-:;Bien do plus simple et,de. plus pratique, que le système de M. l’ingénieur Boudenoot. ,,,i; h .y, j • i
- Ub; ouvrier , parisien, qui, travaille dans sa-, chambre, a besoin ..d’une force - motrice,, . em général: 1 peu considérable, un-j dixième Me,;cheval*; et même moins, pour réaliser des merveilles; de l’industrie-: ipurisienne,' qui . n’ont >;pas,,iencore ,.d’égales,,. -malgré . les efforts --de 1 a-n c once r r ence, étrangère,*:^ eh- yoaoi lop src> ip\ • -ztuï aaaiid'uoîbuaqaoq..-gqiôflï. soL y.-;--M. Boudenoot prend cette force! i mo trice ;, alan s- l’atmospbère^elle-.. même , de la chambre de , l’ouvrier. Elle yne, saurait Mtr e-plus/; à sa portée. ' 6'ii.iïgeay^ft «iiea-uah ÿ-uyoLvc
- La . pression de . l’atmosphère s’exerce -sur. la face- amont d’uns piston glissant dans un ^.cylindre horizontal, - Mais, pour, que ce piston, puisse progresser dans le cylindre, il est évident que la pression en ayal doit, être .moindre, que-la pression en amont,,.c’est-à-dire inférieure à ; une atmosphère. • ,«nusHèiuq ....
- Cette pression j,aval est eutretéuueif .uussi, uniformément <lue possible, à un, quart; dîatlhqaphère,5,au (moyeni d’nnegup.ompe i d’extraction, située dans.une;;.usine;] c eutraie* c> laquelle! ,pr o du if «le / vide .relatif dans l’ensemble d’une canalisation dont les derniers rameaux remontent jusque ,,; daaSjilp^j,chambres tèwAÇfSOSft.. «yiennenL se souder; aux -eylindrea
- le -rom-,que.;M. -B.ouden.oot donne- aux** pe^t!foappj^ils3i)^%niqije^^i^jyistalleJ.(lan^,>la.,chaD[ibr.e de l’ouvrier.)..a
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- Celui-ci possède alors une force motrice, de trois quarts d’atmosphère, qu’il utilise suivant les besoins de son industrie. « '
- Outre sa simplicité, ce système comporte sur tous les autres un grand avantage : c’est qu’il est hygiénique, puisqu’il renouvelle l’air de la chambre de travail. Il tend même à le refroidir* par1 suite'du jeu de :lu détente de la machine réceptrice, comme nous le verrons tout à,d'heure. Ce sera peut-être un petit inconvénient pendant l’hiver auquel il sera facile de remédier par le chauffage; mais ce sera, à coup sûr, un grand avantage pendant l’été, puisque l’on aura ainsi une chambre de travail ventilée1 et rafraîchie, ce qui n’existe guère aujourd’hui dans l’industrie parisienne.
- Quant à moi, qui me suis beaucoup occupé d’air comprimé, au point de vue théorique et même au point de vue de ses diverses applications, si l’on m’eût fait l’honneur de me consulter sur la question d’unevdistribution de force motrice dans les chambres des ouvriers
- .. K- i ‘ _ ,
- parisiens, j’aurais certainement conclu en faveur d’une distribution d’air comprimé. Mais je me plais à reconnaître ici que l’air comprimé, distribué à domicile, ne peut être avantageux que dans le cas ou l’on a besoin d’une forcer motrice assez considérable, et que pour les petites forces motrices nécessaires à l’industrie en chambre, il est préférable d’avoir recours à l’air ,raréfié, comme le fait; M. l’ingénieur Boudenoot.
- Après les considérations générales, j’aborde dans mon Mémoire la question technique que M. Boudenoot a traitée lui-même,,yy y Je demande à mes auditeurs la permission de ne pas les fatiguer1 par la lecture de calculs abstraits, qu’il, convient de lire, a y tête reposée, et de me borner aujourd’hui à un simple résumé,
- 1° MàchiNEs hÉOEPTitiCES. Pour calculer le? pilus simplement possible, l’utilisation de la force motrice dans le cylindrq de jla machine réceptrice,, je supppsepaijtque la longueur,de ce cylindre, est A, et que la section droite est d’un mètre carré.
- Il s’agit,plqrsj de déterminer la longueur A, correspondante au maximum de travail ^mécanique d.’ un, mètre cube d’air atmosphérique.
- Cet air sera d’abord introduit à pleine pression dans le cylindre sur la longueur lr; , puis .if se, [détendra sur, la longueur A — 1. ,
- M. Boudenoot base son,calcul,,de détente sur la loi de Mariotte, en faisant abstraction complète du froid de la .détente, .y, 8 'Cy
- Il arrive ainsi, enjdésignupt par T le, travail produit par am mètre eube d’air à la, pression atmosphérique, à la formule, (f;Jy,, () ,
- (1)
- ‘/éüïlOMO X.................
- ’tq •!(!.)
- >1 "wk "j'ihivji •jijphoèiîj
- A
- Üj
- ' v . >r' 'îfI.<lï• -U JiX'U O.tuoùîiiO : „ __... .
- dans laquelle il faut prendre pouçjunité ;de. .travail la pression • atmpsphé-rique exprimée en Mlogrâmmètres, .p jmbouim a •♦m ‘
- En différentiant l’équation (1), on reconnaît de suite,que, le maximum
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- de T ‘èbrréspondrait à une longueur, X‘= 4,~si "les choses se passaient conformément à la loi de Mariotte. Mais comme les choses ne se passent! pas ainsi, ’M. Boudenoot, après avoir interrogé'l’expérience, a adopté
- <u-Ki 8 vi,
- pour la longueur -au lieu de 4. . ^ > ..
- J’ai'rèpris le calcul, en me fondant sur la loi nouvelle, que j’ai donnée dânS mes Dialogues sur la mécanique et dans Une communication à la Société en octohre 188Î!; et je suis arrivé a la formule, K 4
- (2): • "HiT'=±2 — i—i. :
- ** . Ifi-'i! > !. -U i’H ...ti.-n b-X.J’jtïh:.
- Elle donne À == 2, pour le maximum de T. ' J ‘ >v
- Dans cet appareil, où l’air serait introduit à pleine pression sur la Ion- ' gueur d’un mètre, pour se détendre ensuite sur une longueur égale,ü l’abaissement de température, produit par "la détente,1 serait de 185 degrés, et, la. contre-pression à l’arrivée ' du piston au fond du "cylindre'4 serait nulle, " ' ‘
- 8
- * i i/.
- Pour la longueur1 X = - , adopté par ?M.'i Boudenoot, le froid de la ;
- , O
- détente sera de 168° 75, et la contre-pression serait de —, supérieure à
- •. v'f.iu.l.v'i *vi> H-t • : •; u.
- — d’atmosphère,
- 1“ ;;m;i -. : i
- Enfin, pour ladongueur X = 4, le froid de la détente atteindrait 202° 50,
- - mUA)*)!?'! VKju.ij' 3 . -U.-i! :.ùi L.u . A„i
- avec une cQntre-prqssion de —. Il est probable que,, dans ce ca^ extrême,
- le piston’h’ârrivefait pas à fond de course>,i s»b nox4^«'-eiu.:
- Telles sont les indications données par1 l’appliôatidn{’vdeMa nouvelle -' théorie. - 1 ’ "-•''-i-u üu i& iiaeeJiou.uîù jfyk
- La longueur, -X!=2, serait donc la" plus favorable" a!) l’expansion du .travail mécaniqu'è, si l’appareil pouvait* être''conStituë-déunaïïière à con^'1 server àlT air moteur le froid intégrât dd lài'détéiïte^5006 .-ni; • u
- On voit en résumé que la différence essentielle éntre'l’appareilprati- 1 que de M. Boudenoot et l’appareil que je déduis1 de la théorie nouvelle, peut se définir le plus simplement possible dé la manière suivante :
- M. Boudenoot prend* un cylindre d’une Ion gueur quelconque ; il trace sur la génératrice huit divisions égales ;aibunfcfddùit l’air atmosphérique du moteur à pleine pression sur les trois premières divisions; puis il le laisse se détendre sur les cinq dernières: C’est la détente aux 5/8.
- L’appareil théorique comporte le même nombre de divisions que celui de' M.' Boud enoot;? Mais1 au lieu d’introduire à pleine pression sur. trois1 divisions seulement, on introduit sur leS' quatre premières, et'ontiais^ë-i détendre : sur les quatre autreSP C’estf Une détente aux 4/8i tt-''s‘iû
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- fio'f . 'ir: .'n>(vp-
- 2° Machine d’extraction. Le problème à résoudre ici consiste.à entre-tenirydpns la canalisation pue pression d’un quart d’atmosphère,, aussi conotante que possible,; .c’est-à-dire, à rejeter.en dehors, par un appareil extracteur,,installé à l’usine centrale, la quantité d’air en excès refoulée par les. machines réceptrices dans la canalisation, au fur, et(à mesure que.,ç,et excédent se,produit. . , (. >ri< ?
- ij^.ouriRpla^M. Boudepoot emploie unp pompef qui ,refoule l’air ,de, la canalisation,,le comprime., et lui,communique la pression nécessaire pour le rejeter ,dans l’atmosphère en forçant une soppape. i(, ,,
- ;L'air ainsi comprimé et échauffé est, rqfroidi au ,fur. qt ,a .mesure par des injections d’eau froide. . , ;,,, ; ........ ;
- ,Ç’est la compression dans un calorimètre quii(enlèverait une notable portion de la chaleur de compression.
- ,Alors.M. Boudenoot se trouve autorisé, jusqu’à un certain point, à appliquer ici la loi de Mariotte. ; ; ;
- Supposons que l’appareil_d[extraction comporte un cylindre de 4 mètres de longueur, avec section droite d’un mètre carré, rempli d’air à 1/4 d’atmosphère. Le calcul de M. Boudenot, hbasé! sur la loi de Mariotte, donne, pour le traypil mécanique nécessaire, pour expulser dans T atmosphère 4 mètres cubespl’air raréfié f à 1/4 d’atmosphère r
- (3) T = l. 4 x & =1.386 X 10 368
- ii 370 kilogram’mètres.
- Il est à remarquer que ce travail est îd’eniiqùë1 a’ celui' qu!c'!cionné la formule (1), quand on y fait X = 4.
- "MU'- ’.IV" T i ' . ' ' ‘i i / j i'j i>.' !<!()(! J tJ *t • ,,'J
- ,Dans l’appareil pratique de M. Boudenoot, la chaleur décompression, qm tend, a .^jgroenterJlatpre^slon de 1 air compriment par suite a faciliter sa, ,soptiévdans jl’atmosphère . .par ;la soupape| n jest pas 'utilisée.’ -‘Au cphtradfje o,ji; tc<her.(?hptia! la, déLuiire^par des injections d’eau v froicle, pour rpénagpr les.garnitures,. \ "r ' '_/
- L abonne dans.jmon mémoire, ,1a description .d’un appareil purement théorique .qui me permet de calculer le minimum mécanique nécessaire pour refouler .clans hatmpsphère. ,4, Tpè.tres, cubes d’air raréfié à 1/4 cl’at-mosphére, , ,V, 1 „
- Ce, travail est égal à 10 368 kilogràmmètres.
- Il est à ^remarquer que7jce trayail. minimum (est. précisément égal à
- celui que donne la formule i2Lfquand onr y fait X = 2."" . " ,
- .,7.. .;i*a iru-f • ü0^i.ïri.>.:ij«îOy' .ni xtJWf--
- tlçi .se. .terminent me:s obseryatlous,techniques.],/ -.-.x-x
- c Jetconsidèreçiénrprincipe üjlapqUpatipn ^dq^iryf^^^cppfunè-- très. avantageuse, pourida'petite industrie parisienne. g^Æ(lgsiir|,ïlaiJyoir se.: développer*surp tufo ,.g'yand§péche.Ue..-î^slè?riBëï;IHaM
- tenrs/fiexcevinoAiye^^^1^^^! Çjfy l4llf P^s:^ ;
- p^yfoiidrontc à fréàlisen cdes^méli<pation^/(fi4^^tn^^«entÇfi^^t ^i x r xé
- M. le Président/remercie : {M. LPiarron de. Mondésir, de ' ses.. ob.ser-.
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- rations.r Son mémoire sera publié in extenso au Bulletin, ; où l’on pourra'suivre ses calculs. ',‘1 •/“l‘ ,Art,/3< ,l -^«h.-.aI/ t'..
- \ M.' Bôudenoot aurait bien voulu' aàsistër ^'’oette séance ;’1:mâis!lseS cièyoïte comme conseiller général du Pas-de-Calais l’ont forcé;'de:'partir’ce'matin meme. Il m’a chargé d'exprimer tous sëS'ré’grèts ' aTÂé-sémbiec et’â MtPiarron'de Mondésir dont il s’empresséhd !dë lirë 1 ëë observations et. les réflexions encourageantes,' d’âbord^ afi procès-verbal et ensuite' dans le‘Bulletin, et qu’il remerciera pebsohhëllèmékt.
- M1. le "Président' annonce'que Mékarski'^uï a eilvoÿé;' iFy'à quelque temps, un:eslëttré reiaiive} aussi au mémoire dè'ÎVI.''Boude-noot, et ôîi il défend "la sbl'utibV'de là11 meme qUeStioh aü’moÿb'n !de l’air comprimé. La lettre de M. Mékarski sera publiée iti ëxtéiiào ali procès-verbal, et M. Boudènoot'pourra lui répondre s’il lè jtigè' Convenable. ' " i:; .'d* |Ui..!.l-u>q
- i ' ' ï' •”!:..!>/
- Lettre de M. Mékarski; ;w M :bBdi-ij,,
- ' "'''y ' Douloin lé’13 octobre 18831''"::;
- • • ‘ -•'l'Ur, 's*! > • • • i •; . ' -.U Mj
- « Monsieur de'’Président,’> l /i.a l J/
- liras
- » La communication motrice à domicile,
- iicatioh de'M; Éoùdeiiob't‘’àüi*'là/' 'flisirifôü'tibir de la forcé icile/ aü moyen de l’air'ràréfïél devant prochainement
- L , r-— ---------------— - .
- venir en discussion devant notre Société, ienrois devoir présenter à . •rü'uuunn^onÿl (h 5 — y , il - OHt. ! . . ' i . v .
- ce sujet quelques observations dont je vous serais reconnaissant de
- vouloir bien faire donner lecture dans la séance où la question sera
- < q>.’ -’iiu 'iüT,.:; ‘ i IM H U l • ! M .,i|; ; .iuru + i-n j; W,A
- discutée. j ,^ ^
- » Le but que poursuit M. Petit, avec l’intelligente collaborationde M*,1 Bpudenoot, ' sufM; 1 assurément‘ a ' inénter 'à ’’leurk'!ti*aVâù!x!:lès' 'sympathies 'genëraiës'.^Quelqüè11 opinion que*Ton pnîskë'Uvoür^üh iall|fdie;ur de
- prochainement
- un grand nombre de petits ateliers parisiens troü'iteiit1dès',;a présent1 te se servir de la force 'motrice^niïsë’'ainsi1leur dispo-
- avantageux de sé servir de là
- s iti on'..
- çt ojj .marmq.oqi iup,.apnr
- . » Ce succès-industriel ne'sâuràït’*'tbuteîoisuë’mpecher:U;ïès'’>ingénieursJ
- d’examiner si les moyens mis en pratique .^our l’obtenir sont’réëlle-ments rationnels et si l’on ne fûtj'pas dérive aiPmêmé’résultat, avec moins’rde frais,^h'knstanPdaiïë IJùnèJ' Vôi'b 'piivbikiè depuis 1 longtemps-.
- » Dans la compâra^s6li’fo4w>'i^‘fail1èfè‘^>diVêi‘s^yÿèlféillé!à, de®'transmission des forces motrices, Mt'Bëtfdëfiyot^'aftribnëbà d’diîr irarêfiéppar rapport à! rhi'd 'co’âipWmé",lrdivérfe 'àWntst^ë^^ù’îlPâf^éM vraimèrit- impossible, dé: lirff rèBliiàfée.-?ü£1^8; ‘moq
- >>i,À,l‘èo1ï! aÿ&j lèkj;itfâëHidéBaà ; faire4 tMëbfMràiêüt! moins " compli-1 quéés qil^ leë èbriiptësëëtirë ''(Pair1;1-1 la!1 perté-dé-chargé'1 dans la ëanàli-J satiou seëaft^lÙdMd^^^tNi’a^rki^ê' t^?ayëcl DairVcOmprimé ^èhfin!^
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- deuprémier pourrait plus facilement ique le. second travailler avec -détente. , , i( „ -,
- » Ces suppositions sont-elles fondées? , ,s
- s» M. Boudeiioot paraît perdre de vue que le même poids d'air, sous n’importe quelle pression, travaillant ou non avec détente, fournit le même travail mécanique, dans les mêmes conditions cTexpansion, lorsque le rapport de la contre-pression à la, ipression active reste constant. ; - -r , i ,q.-« .
- » Ainsi, un kilogramme d’air à la pression,;?atmosphérique, agissant sur un piston derrière lequel on entretient-Ain, vide de|3/4 d’atmosphère ou une contre-pression de 1/4 d’atmosphère,, ne fournit ni plus ni moins de travail qu’un kilogramme d’air à,,4 atmosphères agissant sur un piston soumis de l’autre côté à la pression atmosphérique.
- » Inversement, le même poids d’air, pris dans une canalisation d’air raréfié à 1/4 d’atmosphère et refoulé dans l’air extérieur, absorbe pour cette opération autant de travail moteur que la compression de un kilogramme d’air atmosphérique, refoulé dans une canalisation à 4 atmosphères.
- » Le rapport des pressions étant seul à considérer, tout système de transmission par l’àir/raréfié a exactement son? équivalent dans un système fonctionnant pari’air comprimé. i • MTl. .
- » Bien que ce petit rappel aux principes ne me paraisse pas pouvoir rencontrer de contradiction, je ferai observer à ceux dont les idées ne seraient pas fixées sur ce point que le travail fourni par une masse d’air occupant le volume Y, sous la pression p0> k la température t0, et agissant-1 sur un piston soumis extérieurement , à aine iContrerprèssion px, s’exprime, dans chaque cas particulier, pars les. formules suivantes» :
- i° Lorsdh® fluidè agit à pleine pression'15
- v*(' - /)-
- ; i hnïr Po/
- 1^(273-j-i
- 4*"-s)
- eb! u-oiit'/bq»
- = Yp0 — Vpx = Yp0
- 7t représentant le poids d’air employé ;
- » 2° lorsque l’on détend complètement, l’hypothèse où la température ne varierait pas (loi de Mariotte)
- (1)
- c est-à-dire de p0 kpx et dans
- T2 m — Ypoiog. nép/^2
- 9,28 7: (273 -f- 4) log. né]). — - (2)
- J’v" i >,K ‘tcflffîJs;?? '
- » 3° Dans les « mêmes conditions, mais en admettant «que la température s’abaisse suivant les-,dois- de la ithermodynamique.q-.^^jq
- .•sdïtxu-bme
- T.m ==
- » On voit que, dans toutes les hypothèses, le trakaihfo'uïni-éStJprôpor-i:Y-- mm -• » du a (daé'dl ahé m.f/.,'vaaàmmm • - ui-ve1 dev w
- tionnel au poids et ne dépend que de Y-* Il est donc constant pour^une
- même Valeur41 é'ce rapport; ' 4 .
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- » Gèla étant, la substitution dê l’ain raréfié à l’air comprimé ne peut avoir d’autre résultat que d’amener à forcer les dimensions des moteurs, delà canalisation et du compresseur. ,
- » En quoi, d’ailleurs, sauf ses dimensions, ce dernier appareil peut-il différer dansdès deux systèmes? Il comporte, évidemment, ; dans d’un et l’âütrey'une ou plusieurs soupapes d’aspiration, une soupape de refoulement, un piston dont la garniture doit présenter les niêmes. garanties d’étanchéité, car celle-ci ne dépend également que du rapport et non-de la différence' arithmétique des pressions s’exerçant sur ses deux faces.
- » ’A. l’égard dë la[jCânàlisation, si l’on veut que la perte de charge soit la mêmédans les deux càsyifair raréfié àl /4 d’atmosphère occupant un volume seize fois plus grand que son équivalent en air comprimé à 4 atmosphères, mais sa densité étant seize fois moins grande, il faudra que le diamètre ide i: 'i'“) _L ’i • - - l;i
- la conduite soit, pour le premier \/l6 = 1.74 du diamètre convenable pour le second. ,j, irr-
- » Enfin, en ce qui concerne le refroidissement qu’éprouve'l’air î'cèm-primé pendant la détente, comme il est donné par la relation
- u.2734-.*t
- tç> \po/ ‘‘ X^l/ u
- 273 -f
- » On voit qu’il doit être absolument le même pour l’air raréfié, à valeurs
- égales dë — oit dë —.J- ' :: : f m
- P°r>i O V\ -n-'-i»
- » Ili:n’y! a douc aucuneraison sérieuse pour que le rendement soit plus élevé dans un Système que dans l’autre. On sait, d’ailleurs,, que celui del’air comprimé peut être doublé, dans certains cas, pai* un réchauffage préalable,, par voie de mélange avec une certaine proportion de vapeur.
- 1 » Ea conclusion de Ce qui précèden’est-ellepasque, pour trouver les concours nécessaires à leur réalisation, lés idées ont besoin de se présenter sous une forme nouvelle, avec un certain attrait de jèuhesset sans lequel elles ne’rencontrent le plus souvéiit qüél’indilFêèènëét0 : W- -J J -» Combien de fois des savants distingués n’bntfilsfpas mis en avant des projets en somme identiques à celui-que MM. Petit et Boudenoot ont heureusement mené à exécution, avec une variante à iaquelle ils n’attacheront sans douté pas toujours autant de valeur ? *Les avantages que les premiers attendaient de la réalisation dë lëürs projets étaient biën ceux que l’application faite par MM; Petit et Boudenoot ont mis en pleine lumière, mais, pour que des èapitalistes y devinssent'sensibles, il a fallu changer le nom, sans prnftt.po^iarOhosë.âl^^énâoqYfi ^
- » Veuillez bien agréer, Monsieur le Président, l’hommage de mes sen-timentsiréspectùeüV!^ ':'v Mi! t
- éV
- >> L., MeKARSKI; ><
- *: *ï>V4'ï&. i-f.k
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- ,'M. le Fhéside.nt. L’ordre du jour appelle la communication de M. Cerbe-làud sur Y Emploi de la dynamite pour le sautage des grosses mines. M. Cer-
- 1 1 WW-.U y.-tirO-- -m- , . lîrr r, ; I , •
- belaud a la parole. :
- M. Cerbelaud dit qu’on a beaucoup parlé, dans ces derniers temps, des gigantesques travaux sous-marins entrepris dans la rade de New-York, pour faire sauter les récifs de Hell-G-ate (porte de l’Enfer), qui rendent la navigation difficile en cet endroit. ,•
- Sans parler de mines exceptionnelles comme celle de New-York, M. Cerbelaud constate que ce grand événement technique a appelé de nouveau l’attention sur les services que peuvent rendre les explosifs, employés en grandes masses, dans les travaux publics, pour le sautage des mines à forte charge ou « grosses mines ». ' - . .
- ’ Il lui a paru, par suite, intéressant de dire quelques mots de divers types de mines qui, — pour être de proportions plus modestes, — se rencontrent plus souvent dans la pratique ordinaire des travaux.
- Les exemples choisis par M. Cerbelaud se rapportent à des grosses mines pratiquées en Italie, sur l’initiative des sociétés de dynamite Nobel, dans le but de déplacer d’un seul coup, de grandes masses de terrain, et de se procurer, en même temps, des matériaux de construction.
- Avant de rendre compte de ces opérations, il justifie le choix de l’explosif employé, qui est la dynamite n° 3 de Nobel, dont M. Brüll a donné précédemment la composition : : ’
- Nitrate de soude 1 . . ... 70
- Charbon ... 10
- Nitroglycérine . . . . • • 7-muSO
- - ;f! 1 ° O 1 «e*
- C’est un explosif à base activent à faible teneur.,611 nitroglycérine. Cette dynamite produira,un effet utile plus ,considérable que la dynamite n° 1 à 75 0/0 de initroglycérine, laquelle serait trop brisante et triturerait davantage la roche dans le voisinage immédiat de la charge, sans étendre au loin son action de rupture.;La dynamite n°3, au contraire, sans triturer autant que la précédente, amènera la disjonction dérocher, sa rupture en gros blocs dans un rayon plus étendu, et cela sans produire d’effets de projection. mm- ...r.-xAi)
- 1 A ce sujet, M. Cerbelaud dit quelques mots de l’ingénieuse théorie de Malher qui classe les dynamites, au point de vue dejleur.action , ;en dynamite s fortes ou brisantes et en dynamites faibles ou poussantes. La,dyna-mite n° 3 est dans cette dernière catégorise.,.t
- M. Cerbelaud arrive ensuite à la description des grosses mines dont il est question plus haut.* Il s’occupera successivement de; la mine de Vado pour les travaux du port de Savone, de^ celle de Gênes également pour les travaux du port de cette ville, et des mines* dufBruciato eb'-du Lo-
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- drïào- ‘pffur1 la construction de forts exécutés ' 'én"lligurie‘ par* l'e! génie militaire'italien. ' . .»} *>»?.
- Il donne seulement la description détaillée de la première dé cès "mines et'leS'résültats obtenus par le sautage des autres. Ces 'dernières* sbnt, difréste, décrites en détail dans le mémoire. /,l: /V!l
- Â'VeûIo, !la chambre déminé fut établie dans une? galerie en zigzag de 21 mètres de développement, et à 36 mètres âu-dess'6ü!Sfdu sô’mnïe't'd'é JrtoY -oh uikm.mnm--’--- :up. -mutu '>!> "r>hu^
- la -carrière'; liaoehargei/ieaMuléeuam moyen de là formule,sfPi=s± — è>w'3:(l) -r/oiymr .-uLüjqv-a püum'. ur-'\>1 im-, : ; il ' b; ? • - ? f f : ' '
- fut flx§e à :3,00ftkilogram.ïues de, dynamite n° 3. L’amorce était ? formée par du fulmicoton, placé au centre de la charge et mis en .communication avec, des capsules peliées, à ,leur tour, à des fils électriques' etjà; fine mèche, en gutta-percha, Le bourrage fut constitué par uneMmaçonnepie Solide, d’abord en mortier de ciment, puis à pierre sèche, consolidée! par des angles en charpente, et remplissant, une grande partie de la galerie d’accès. L’explosion eut lieu le 8 juillet 1883. Elle, réussit parfaitement et produisit 20,000 mètres cubes de déblais, sans aucun effet- de projet tion. La fabrique de dynamite d’Avigliaua^près Turin, avait fourni l’explosif, nécessaire et .exécuté lgiSautage.pour la .somme à forfait de 4,000 francs. ,, /u-b .judob -.à ;ï • .a L Bq. h ;.
- Lamine de (rênes fut encore plus importante. On y employa 5,000 kilogrammes de dynamite n° 3, et, en raison des excavations que présentait déjà le front delà carrière, on obtint le cube' énorme de 120,000 mètres de déblais. *$ette mine fut exécutée dans tes' mêmes conditions
- que la précédente/'pour la somme de 8,000 francs.1
- Au Bruciato et aupLodrino, les mêmes procédés furent suivis avec le même succès.
- . AuJBÏuciaïola mine1’tut'chargée: de'l;‘5ÔÔ Icil^glminmes' tfë' dynamite. Afi’]jbdfiinbv1bfi\prâtl^M;>'tfoîi'ffo^rïiéâ^X'f(l\if‘¥ëkii?ën%-+Bé^pè'fetiféiiiefi.t 1,500 ldlograinfiies]rl,300 Lilôgffamméff etl4;600%îfôgt'i^fiïesï:d^èxplôsuf; so'iffati tétait,400 ldlogramm’é’shL’eÀplosion di3tcéis 'thoié*fourneaux*-- eut lieu siifiiiltânément, les: effets idé,'projèctiô'fi|,fürè'ntliiulsf.''M ltr' %u.
- '’M. Cerbelàud ajoute qu’ilii’à pas été''possible:de déduire’ des exemples qui précèdènt un détail des priid'de revi'efit dé^uhàque;';'Opération ; mais
- on peut affirmer, par l’expérience acquise dans les travaux de sautage auxqüelseéitx qüi précédentffnFsër'vi'dè !fypbS',';î‘qüe ï!e pfrix de revient des rhatériàüx:'ëxtràits !au mb^ëif'd’ë'grbsSéb ihliïèAvarie entre 0 fr. 15 et 0 fib 20 l'e hîèt'fô'b'übe’tlè defeàlà prbdtiit^süfi le édifié au de la carrière, lesquels peuvent renfermer jusi^'à^è^oiî-r'100 *de1 matières utilisables. Quaiit ^uiïÊendemenfe âl'Ipeutlattemdre;/ pour des mines bien faites, 15 à 20'mèüièactrttesipffrM,lo(gram;me‘.'de 'clypamitêfidinployée. a •< -nA. ,t,- (< .
- -'ï. î)anaceVte^formulë^è^p^seÜtele"’poidsf;ffe la chargé en kilogrammes/ c'est un. coefficient,, déterffiiaé'par-l'expérience1, et variant suivant la nature, du terrain et celle de l’explosif employé; m est la ligne de moindre résistance en mètres.
- Bull. 39
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- M. Cerbelaud conclut en recommandant l’emploi dos grosses mines comme étant de nature à faire réaliser de sérieuses économies d'ans l’exécution des grands travaux publics. ;,i'
- Puis, il dit un dernier mot de l’explosion de Iiell-Gate, et justifie le procédé suivi par le général Newton, qui n’a pas pratiqué, polir ce1 sautage, des grosses mines comme celles décrites ci-dessus,1 parce que, dans ce cas, il fallait triturer le plus possible la roche pour débarrasser la rade des récifs qui l’obstruent, et non se procurer des blocs utilisables. Le général Newton a dû, pour cela, créer de nombreux centres d’explosion ou de trituration, — selon l’expression de Malher, — c’est ce qui explique le prodigieux travail de perforation qu’il a dû effectuer préalablement pour loger ses 45,000 cartouches.
- De là aussi une autre grosse difficulté relative au mode de sautage et l’adoption de ce moyen, exact au moins en théorie, de l’explosion far influence.
- M. Cerbelaud termine en rendant hommage à notre éminent collègue, M. Alfred Nobel, qui, le premier, a doté le génie civil de la dynamite, ainsi qu’aux ingénieurs, — et parmi eux se trouvent plusieurs de nos collègues, — qui en ont vulgarisé l’emploi. (Applaudissements.)
- (Le mémoire de M. Cerbelaud sera inséré in extenso dans le Bulletin, avec les croquis nécessaires*) 'v
- 'M* le Président. Je remercie M. Cerbelaud de son intéressante communication qui complète... qui continue, pour mieux dire, les communications faites à la Société, depuis plusieurs' années, sur cé même sujet des explosifs et, en particulier, des dynamites.
- Quelqu’un demande-t-il la parole? o ;
- M^JImlon veut faire une observation. À Hell-Gate; ce n’est pas de la dynamite qu’on a employée, c’est du rackarok.
- M. .Cerbelaud. Parfaitement; aussi, en parlant de Hell-Gate. je n’ai pas dit idynamite, je me suis servi â dessein du mot explosif. Et, si vous voulez bien vous le rappeler, j’ai ajouté : les explosifs modernes sont seuls capables de rendre ces immenses services; j’ai voulu dire parla les nouveaux explosifs, comme la dynamite et celui que les Américains ont appelé rackarock. Je crois que ce dernier doit renfermer de la nitro-benzine.
- M. Chalon. C’est un mélange de. nitro-benzol et de chlorate de potasse. '
- Je voulais dire aussi,-pour répondre à une remarque de M. Cerbé-laud relative au sautage par petites mines, que ce procédé n’a pas été employé particulièrement/ dans le but:de broyer les roches, mais surtout afin d’éviter les effets d’une commotion trop violente’"effets1'qui eussent
- été dangereux pour la Aille de1 New-York. f ....m : '
- / Quant au broyage dés'Toèhesf jemrois qub'Gés grande8frùinës par charges: compactes eussent donné/un meilleur1 résultat. Les dernières nou-
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- y elles,,de-New-York nous apprennent, en effet, qu’à lai suite du sautage du FloodnRock, .on a trouvé d’énormes blocs, dontam de 50 tonnes environ, qu’il sera impossible d’enlever à la drague. ' tsu
- Ce njétait donc pas précisément pour faciliter le dragage qu’on a employé les. petites mines, mais pour, éviter, comme je viens de le dire, une commotion qui aurait été terrible pour New-York;
- :Quant,à la troisième-:observation de M. Cerbelaud, relative à l’explosion par,, influence, je dois .dire que,l’explosion par influence n’est plus une,question théorique,(mais -un fait pratique parfaitement acquis.-Toutes les explosions ont été faites par influence ; on avait disposé une grande, quantité de mines, et c’est, par influence qu’on a fait sauter ces mines.
- ^ M. Cerbelaud regrette que notre vice-président, M. Brüll, ne soit-pas ici, ca-r’îTTui disait encore aujourd’hui qu’il regardait comme une idée un peu américaine cette influence pour le sautage des mines, -et surtout la disposition adoptée par le général Newton consistant à remplir complètement d’explosif le trou de mine et même à faire émerger l’explosif-au dehors. Généralement,, quand on fait un trou-.ide mine, on le fait d’une profondeur déterminée par des raisons théoriques, mt on place l’explosif au fond du trou : ou ne songera jamais ,à le mettre à l’entrée, attendu que l’explosif placé ainsi ne,remplira pas le but; quant à celui qui sortira du trou, je ne sais pas ce qu’il pourra produire. - ' fj: ,
- M-.,- Chalqn. On a fait sauter, toutes ces mines par influence. Ce n’est pas de la théorie, c’est de la pratique. .--m ; ;
- M. Cerbelaud ajoute que sa, communication n’avait pas-,pour but, de parler du beau sautage , de Hell-Gate ; cependant, puisque nous sommes sur ce sujet, il lui semble que la quantité énorme d’explosif, employée par le, général NewtoUî n’a pas servi tout entière au sautage,-;, et il croit se souvenir que, dans les récits qu’il, a lus deicette opération,mtout le monde est d’accord pour,dire-qu’après que le>,premier nuagejde vapeur d’eau, d’eau^pulvérisée plutôt, se fut -[.dissipé,:.TBs’éleva: dansd’air une colonne de vapeurs nitreuses. Ne serait-elle autre chose que le - résultat de la combustion subséquente d’une partie de l’o xplo s if • qu i m ‘ aura i t pas produit son-effet? .u ' ; ;:-r èhemoftEwb.-jY
- M. Cualon. Tous ces phénomènes sont subséquents dans les explosions sous-marines ; c’est une règle générale. . u- mj-u-,.
- M. Cerbelaud. Cela n’enlève rien à ma conviction,que peut-être, ton tes les cartouches n’ont pas atteint le but proposé. s
- Yousm-avez faik une autro objectiorivii si-ivous voulez bien mê la rappeler ? -m ,feisip.ù:g80.jw& n.....-.- -m
- M. Chalqn, J’ai dit quefla multiplicité deSfmines avait eu surtout pour but .d>éyitqr,la.o.q-iïimatioiîiv:::(|-o^ r„.j m 1 ,t#;
- M. Cerbelaud, sur ce point, nfest,pas,tout, à-Sfait de l’avis, de son collègue ; car, dans, les mines dpntrij, aipurkqeh qui sont, Redoutables, quoique plus modestes,r entre ; autres celle, daNumes, oii. dl y , avait 5,000,i kilo»
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- grammes d? explosif, on peut'voir sur les photographies exposées sur le bureau qu’il existait des constructions dans le voisinage. .,La‘iSociéténde dynamite avait pris tout à sa charge, et les constructions voisines,n’ont pas été affectées par l’explosion. :
- L’usage d’une dynamite faible pour charger de grosses mines évite toute' espèce de projection. Il est douteux que, siyon employait., des charges comme celles de New-York, on eût un résultat aussi peu violent qu’avec 5,000 kilos de dynamite ; maisienhn:, avec il'emploi; de, la, dynamite n° 3, il n’y a jamais de projection. JLest.probable.qu’àïNew-York, cela se serait produit comme sous toute autre .latitude.,o-m- i;.-, :im :,>: __M. Chalon. On ne pouvait pas, et on ne, devait pas, exposer une ville aussi considérable que New-York, aux effets d’une violente commotion. Le général Abbot, chef du service'des torpilles aux États-Unis, et le général Newton, ont acquis, depuis quinze ans, une très grande expérience en matière d’explosions; et c’est la pratique seule, non la théorie, qui les a conduits à employer, de. préférence à tout autre, le système des sautages par petites mines simultanées..
- M. Cerbelaud. Il'n’y a pas de comparaison possible à établir entre les travaux exécutés par le général Newton.4ett les, travaux industriels dont j’ai essayé de vous^rendre compte, pare.e.;qu’à New-York, il fallait à tout prix débarrasser la rade des récifs qui,l’obstruaient. : Or, la question d’argent était secondaire; lestAméripain^,n’ont paSiPegardé à la dépense; quand les travaux de dragage seront .faits, dix millions auront été dépensés. • , u .ikoI-hu! rno iup .
- J’ai parlé tout! à l’heure du génie militaire,:iau,s,ujet.,du .priXile,revient^; !il''s’agit là-encore, det . travaux exécutés.,par. ,1e,.génie,,, et., la dé? pensem’est pas entrée, en ligne de compte; cela» ,a< été (.une question secondaire. D’après ries (.renseignements .donnés., par ,.les organes techniques,'des' crédit»fvotéS'primitivement ont été largement dépassés,;;.il. a failli procéder 'par rerédits successifs, ,etiou n’est, pas au,bout. Ce ne sont pas là-'évidemment/des travaux industriels pour lesquels il faut établir un? prix de i revient^ v o , .nt ..-un , . a(M.îi,m.r .q,
- M. Georges IBianchi veut! faire une observation relative à,l’explosion des mines pour obtenir des pierresipour la construction. Dans le Brésil, il a eu occasion d’exécuter un pont dont les fondations étaient faites avec des pierres provenant d’explosions produites ave,c de la dynamite n° 3. Au bout de quelque temps,i>des affaissements,, seus,qnt produits .dans les fondations du» pont;o et jfonbs’esi, aperçu i que des gmatériaux avaient été attaqués parla dynamitej ill pense que.la poudre.comprimée:est de beaucoup préférableuurfiôajelfmel a Lovés .0 ni.Jaoqmr aov
- M. Cerbelaud n’a pas voulu ouvrir une discussion, qui pourrait: être ’-trêntbigue, survies . avantages comparés,: de la, (dynamite,.,et de la poudre; La dynamite n° 3 est un .explosif lentqlapouûpe .-.est-ju-n explo--sif encore plus lent. Il y a des icasdon laiipoudre,.iqui|.es;t un?explosif
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- lentp'est 'à'recommander de préférence. Ge fait se produit, par exemple, dânsleS'cârriéres-que les ingénieurs civils ont eu ^occasion de visiter en Belgique; lors do leur dernière excursion, et dont M. Briill a parlé : les carrières de porphyre de Quenast, où l’on fabrique spécialement des pavés.-A'Quenast; après avoir essayé tous les systèmes d’explosifs, ion est révenu!,ià!l’emploi de la poudre, parce que, avec les autres explosifs* il sd produit* dans’les déblais, des tissures qui ne seraient pas, gênantes pour.des1 matériaux d’enrochement, mais qui se révèlent sous île choc du martéaii; lôrsqidoih-fabrique dés pavés, par exemple, il se détache .un angle, qui correspond à ùiir clivage repéré par l’effet de l’explosion.
- Bans les fondations du pont! dont parle M. Bianchi, il est probable qu’on avait employé des charges trop fortes ou un explosif trop brisant;
- M.! Georges Bianchi. Quand on a commencé à frapper la pierre avec le marteau, la désorganisation s’est produite.Cela se produit principalement sur le granit porphyrique. • i . < . •
- M. Cerbelaud.Cela n’a pas de rapport avec les mines dont j’ai parlé et qui étaient destinées à produire des matériaux d’enrochement qui devaient être ensuite coulés'1 dans la mer pour construire les; môles* les jetées des ports de Savone et de!Gêues.,î 7 ; -A. -w:q *> ni
- M. de Gordemoy Voudrait 'prier M. Cerbelaud de bien insister sur la différence entré lés milles cfù’il a citées et celles de Flood-Rock. Il croit, contrairement ;V l’o p i ni onHomotre collègue , que lle général Newton, par son dispositif*‘à vôüïù hem seulement éviter la trépidation des terrains avoisinants, ce qui est surtout une affaire de direction>.des couches géologiqüéis/iliai'SfS'ùrtOùt préparer les déblais pouf le dragagemltérieur. Si1 voüs1'Voùil1èZGaVbir des'matériaux qui puissent servir, à la^construction, emploÿëz là!rdÿn'amitëinf) 3 etles fortes mines ; »mais si vous voulez draguer après* lie rëboiirëz 'qü'à la dynamite ui^ d p ou mieux, encore: .à: la dynamite-gomme, ét'ënflânkmèz en même temps de nombreuses mines rapprochées, héqui* en augmentera’le'rendement dei20 et mêrnede 30,p.0/0. !"La théorie! de Mal hcr est en 'effet exacteriLa' ’ dynamite m0/ 3 .donne moins de trituration et plus de rupture. Or, c’est le contraire que Toii 'cherche dans les'dragages, car draguer des blocs même d’un .demi-mètre èubë:,lc’estlùile grosse affaire p surtout “s’ilS j se touchent. Il faut donc les briser coihm'é'j!ô‘viè:ns ride le direy-et je ne ns aurais trop insister sur les minés simultanées, le plus grand1 nombre ailleurs! partant par influence. car la dybainitè détone par influencé ) ibestrfacileadels’ien convaincre : en plaçant a la: filé'dès cartouches lespadées-de 50* centimètres, et en «allumant là' premièré'hltô'ùtes'partiront en mêmeütempsjulllfaütv.insister sur ce fait, important à savoir à cause de l’emplacement i des dépôts de dynamité!!:>q inp .,noia8if08ib. &mi. 'ihcviio. riliipv snq o’np»*r; >
- - J’ai èiicoré'Oùiïèdautreobbservatién à''présenter; Orna employé, dites-vous/ comme amorce1/'dé1 «là djmàmite-gommeç c’est une faute; heureuse-lmeht> 'oûuÿ à- ajouté bè!aùd0up! defulmi-coton; c’est lui qui ai été l’amorpè.
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- Là dynamite-gomme, en effet, justement parce qu’elle est un produit très stable, ne détone qu’avec difficulté; et pour la faire partir, on est obligé de'mélanger à ses cartouches des cartouches de dynamite n° 1, en outre des amorces. C’est même ce qui fait qu’en définitive, la gomme n’est pas employée avec plus d’avantage que la dynamite ordinaire souS l’eau, comme durée de conservation, puisqu’on est obligé de se servir de celle-ci simultanément.
- M. Cærbelaüd. Dans les faits qui nous occupent, il ne s’agit pas de mines sous l’eau. ' •
- M. de Cordemoy. Non. Mais, dans tous les cas, il ne faut pas se servir de gomme comme amorce, à moins de lui ajouter beaucoup de fulmi-coton. Ce que j’ai tenu surtout à établir, c’est qu’il ne faudrait pas être exclusif, car la dynamite n° 3,qui est bonne dans certains cas, ne le serait pas pour des mines sous-marines.
- _Mi,~£ERBELAUD. Notre collègue abonde dans mon sens, et, pour lui donner satisfaction, je n’ai qu’à relire un des derniers paragraphes de ma communication.
- : « Lé général Newton n’a pas pratiqué pour ce sautage des grosses » mines en chambres et en galeries, parce que, dans ce cas, il fallait tri-» turer le plus possible la roche pour débarrasser la rade des récifs qui ï>. l’obsffruent et non se procurer des blocs utilisables. »
- Ce n’est pas autre chose que cé que vous venez de développer.
- . M. Cerbelaud. « Le général Newton a dû pour cela créer de nombreux » centres d’explosion,—ou de trituration, suivantl’expression de Mallier, » —' c’est ce qui explique lé prodigieux travail de perforation qu’il a dû >> effectuer préalablement pour arriver à: loger ses 45,000 cartouches. »
- - Cela/est donc parfaitement dans le sens de votre observation.
- Quant à la dynamite-gomme, employée comme amorce, je ne suis pas
- aussi exclusif que vous l’êtes; il suffit, pour faire partir les cartouches de gomme,'d’employer des capsules appropriées.
- - Avec des capsules extra-fortes, on obtient parfaitement l’explosion
- des cartouches de dynamite-gomme. M. Àug. Moreau, notre collègue, peut répéter ce qu’il a dit ici à ce sujet. Quand on emploie la dynamite-gomme, à l’exclusion d’autres dynamites, c’est la dynamite-gomme elle-même qui sert d’amorce; il n’est pas nécessaire d’employer des amorces spéciales. .
- Dans les chantiers, il arrive parfois que les ouvriers'coupent une cartouche en deux pour faire une amorce.
- •r M. de Cordemoy. La compagnie Nobel elle-même, dans ses prospectus, recommande d’ajouter des cârtouclies de dynamite' n°' l - à celles de gomme. Pour mon compte',‘je n’ai jamais pu réussir autrement ; et l’on •s'exposerait, en employant la gomme seule, à de' nombreux ratés. .
- - _,M. Cotard. A cette occasionne voudrais rappeler un fait qui confirme l’utilité des explosions nombreuses, qui's’est passé à ma connaissance,et
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- auquel j’ai participé de mes mains au moment de l’inauguration du canal de.Suez:; quelques semaines auparavant, lorsque les souverains ôtaient déjà en marche pour venir inaugurer le canal, il s’est trouvé, entre deux sondages, une roche très dure qui affleurait à quatre mètres du niveau de l’eau . Il fallait avoir un tirant d’eau de sept mètres pour permettre le passage des navires. Nous avons été pris de très court ; nous n’avions pas à cette époque de dynamite à notre disposition, et nous..ayons été obligés , d’employer, la poudre. Nous en remplissions de grands bidons de 100 à 150 litres que l’on descendait sur la surface de la roche. A ces bidons étaient soudés des tubes assez longs pour que leur extrémité dépassât le niveau de l’eau .Dans ces tubes descendait la mèche qui mettait quelques minutes à brûler pendant lesquelles on avait le temps de s’éloigner. Nous étions arrivés à faire ainsi plusieurs explosions par heure et en travaillant ainsi jour et nuit, nous sommes parvenus, au moyen de ces coups de pilons répétés et rapprochés les uns des autres, à pulvériser et à abaisser peu à peu ce rocher de gypse sur trois mètres d’épaisseur.
- Je me permets de rappeler ce fait, parce qu’il montre que, même lorsqu’on ne peut agir qu’à la surface d’une roche, les explosifs peuvent avoir d’excellents effets. J’ajouterai que les;explosions qui avaient le moins d’effet étaient celles qui produisaient les plus forts soulèvements d’eau. En voyant les dessins figurant l’explosion d’Amérique, j’ai été étonné de voir le soulèvement d’eau qu’elle a produit; car, les coups dont je parle, qui ont été les plus efficaces, occasionnaient seulement un frémissement sur l’eau, mais sans'aucune projection.
- M. CERBELAurr .est heureux de ce que vient de dire M. Cotard, parce que cela1 confirme une observation à laquelle il a répondu tout à l’heure, lorsqu’il a rappelé^ue le travail du général Newton, n’était que la continuation des travaux primitifs entrepris en 1858 .par.un,„de nos., compatriotes, M. Maillefert; et précisément, il a lu, ces J.o.urs-ci,, que le moyen employé par M. Maillef'ert pour commencer le dérqchementde Hell-Cfate, était justement le procédé indiqué par Ml Cotard. Il perforait le rocher peu à‘peu à la surface, et descendait des cylindres de poudre qu’il faisait sauter ; et, petit à petit, il a commencé ainsi le uérochement de la passe ; et peut-être qu’en continuant de cette façon-là, on serait arrivé, surtout par l’usage des nouveaux explosifs, à avoir .aujourd’hui le même résultat, avec une dépense beaucoup moins considérable. (Applaudissements.)
- M. le Président.Messieurs, je crois que la discussion peut être fermée; elle a été'très intéressante et a bien accompagné la communication de M. Cerbelaud. , • <*,. , r y- A
- M. le Président rappelle que la Société a à voter sur l’admission de M. H. de Matthys comme membre honoraire.
- .j---U. m'U : f‘V V ‘‘‘>1 il'r {:H ils • ' '
- Le scrutin est dépouillé et M. lé Président proclame M. II. de Matthys /vo-.y; A * mneif eumtm
- membre honoraire. j ,iiCj. h ^ ]
- FiAgneau a été reçu membre sociétaire. ' ' \ ,
- :rr- v- : ,r jro ;.1 j = . . -
- La séance est levée à onze heures et quart.
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- DES FORGES MUTUELLES
- et de leurs applications
- aux phénomènes mécaniques, physiques et chimiques.
- Par M, P. BERTHOT;
- Tantum élément,a qutninl penmit.ato ordine solo. Al rerum quœ sunt Primordia, plura adliiben: Posntnl, vn.de queant varice res quœque creari, T, Lucretii Cari, I, vers. 827 et s.
- DE RüfRUM NATURA.
- C’est en pensant à la formule de Newton,* qui ne trouve pas son application à des distances moléculaires, ç’ést en pensant à la porosité des corps, que nous avons été amené à poser la formule suivante :
- T, , V , d — X
- F (x) — K mm —-—,
- formule, dans laquelle F (a?) représente l’action mutuelle de la masse m sur la masse m et qui, disons-le de suite, devient la formule de Newton, quand d (distance moléculaire) est négligeable par rapport à x, distancé d’ailleurs quelconque de m et de m.
- -•si m;> foqv'U •• . . - .
- Cette formule peut s établir par les considérations suivantes :
- 9 U O ! t ? i.i' \ f
- Si nous supposons deux masses m et m liées entre elles dans la direction de l’axe des x par une force qui tende à les amener au contact, et, si nous interposons entre ces deux masses une autre force agissant en sens contraire et empêchant ce contact, il s’établira un état d’équilibre pour une distance d, que nous appellerons distance moléculaire.
- On peut matérialisée ce 'système en réunissant deux billes d’ivoire avec un ressort pouvant les amener au contact l’une de l’autre, et en interposant entre elles’1 un’ autre’ ressort empêchant'1 ce contact.
- Si nbus représentons'par ‘P1 -(a?)'- jla * résultante inconnue dermes ressorts pour une distance quelconque, x des Omisses in et m', cette fonction devra :
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- 1° Etre proportionnelle au produit des masses m et m', afin de tenir, compte de leurs actions réciproques ; . . r T -,
- 2° S’annuler pour #= ri, c’est-à-dire avoir pour racine algébrique (ci—x).
- Nous pourrons donc écrire :
- F (x) = mm' (d — x) ® (x). '
- Si maintenant nous 'supposons que l’action de la résultante, au lieu d’être transmise aux masses par des ressorts, le soit, dans l’espace, au moyen d’intermédiaires tous égaux et parfaitement élastiques, ces organes de transmission se répartiront également entre eux et par couches concentriques le travail réel ou virtuel correspondant aux forces vives des masses m et m. En conséquence, ces masses s’actionneront mutuellement en raison inverse du nombre d’intermédiaires contenus dans une sphère ayant la distance x pour rayon; nous sommes donc autorisés à écrire :
- ' fW^
- 5*03*
- O
- cl’où :
- miuii! rF (m) — mm’
- O
- V, ;m.i
- Nous ne pouvons plus maintenant que faire des hypothèses successives sur i (x) et rechercher celle de ses hypothèses' qui donnera des résultats conformes aux lois de la physique.
- Commençons par la plus simple, c’est-à-dire :
- . .. . /(*).
- ' = K
- r
- nous aurons la formule empirique :
- • ,;inf xl,Eh ’"(!) F'fx) = Kmm’ iïr£-:;r. ,, :
- - :• i >i, "u! 1-1 rn JiU-::- : ' •.<;!!. MX'
- Dans deux* notes,u qui j ont pu les: honneurs de l’impression dans les Comptes; rendus de l’Académie des Sciences du 30 juin 1884 et du 20 avril >1885, nous -, avons fait d’étude analytique de cette fonction et nous allons résumer ici les conclusions formelles . qui
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- s’en déduisent mathématiquement et qui sont utiles pour l’étude des applications que nous allons présenter. Les calculs justificatifs complets, extraits des Comptes rendus, sont reproduits dans les notes placées à la fin du mémoire.
- I. La fonction (I) représente la différence d’une hyperbole du 4° degré et d’une hyperbole du 3U degré. Si on construit la courbe, en bornant l'examen à celui des x positifs (les valeurs négatives ne donnant que des solutions algébriques), on obtient le tracé de la Fig. 1 (PL 107),dans lequel les valeurs positives dey donnentla force répulsive, et les valeurs négatives la force attractive (voir Note I).
- IL La somme des travaux de la force répulsive depuis æ = ~ jus-
- qu’à x == d est égale à la somme attractive depuis x. = d jusqu’à x co (voir Note II).
- III. -— Si on considère trois molécules égales, m, m', m" (fig.2) placées originairement sur une même droite à une distance d l’une de l’autre, la molécule m" sollicitée par l’action attractive de m, ne pourra rester en équilibre et se rapprochera de m' ; mais l’action répulsive de m' sur m" se développera et m" atteindra une position d’équilibre en un point C' tel que C' K = C' L. Remarquons qu’il se sera produit dans ce cheminement un travail négatif représenté par la surface C C K et un travail positif beaucoup plus considérable représenté par la surface C' CL N. Par conséquent, pour ramener la molécule dans sa position primitive d’équilibre, il faudra lui fournir un travail représenté par la surface C L 2V, la ligne courbe C L étant symétrique de la ligne C K.
- IY. — La sommation des valeurs de CK, en supposant un nombre infini de molécules placées en ligne droite, donne une quantité finie, correpondant à une valeur de x = 0,731,735 d, (maximum de contraction possible) (voir Note III).
- V. Si on prend successivement un nombre de molécules
- 1. 2, 6. 10. 20. 40. 00
- On trouve pour les contractions :
- 1. 0,90 0,80 0,77 0,75 0,74 0,73
- qui correspondent à une somme de forces attractives.
- 0. 0,137 0,391 0,504 0,892 0,631 0,688
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- Il suffît donc de considérer au point de vue graphique un petit nombre de molécules pour pouvoir déterminer les lois résultant de l’action d’un nombre infini de molécules placées en ligne droite, et, en vertu de la proposition YII, celles d’un corps solide,
- VI. — Si on considère une file de molécules s’étendant indéfiniment à gauche d’une molécule m, il existe à droite de cette molécule et sur la même droite un maximum d’attraction situé à une distance x ==0,47 d et le minimum de la courbe est placé à une distance 4,47 d aulieu de'ladis-
- 3 .
- tance ^ obtenue quand on ne considère que deux molécules (voir Note IV).
- Cette proposition étant étendue aux corps solides par la proposition VII, on doit considérer les corps solides comme entourés d’une auréole attractive.
- VII. — L’action d’un corps quelconque formé de files de mo-
- lécules parallèles à trois plans donnés, sur une molécule extérieure M, est la même que celle d’une file de molécules passant par M et perpendiculaire à l’un des plans. Elle donne en outre deux composantes dirigées suivant des perpendiculaires aux autres plans. Ces composantes s’annulent dans le cas où les plans primitifs sont perpendiculaires entre eux et si, en même temps, . mi:— m' (voir Note V). . , . .ne-:
- VIII. d (distance moléculaire) est une Constante de la Nature,c’est-à-dire a la même valeur pour tous les corps (voir Not,e VI).
- ,Ces préliminaires étant établis, nous allons passer à la discussion de la formule en distinguant d’abord deux cas :
- 1° Celui ou m et m' n’ont pas de vitesse initiale ;
- 2° Celui ou m et m ont une vitesse initiale,
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- !
- PREMIÈRE PARTIE
- / /. i
- ,)!i .ET ni N’ONT PAS DE VITESSE INITIALE f
- Pour simplifier la discussion, nous diviserons cette première partie en deux chapitres :
- Chapitre I : cl est négligeable par rapport à! x.
- Chapitre II : d n’est pas négligeable 'par rapport â ce,
- CHAPITRE PREMIER :
- ,i ni. - d est négligeable par rapport à x
- ^Dàns ce cas, nous remarquons que nous pouvons mettre la formule sous la forme suivante :
- mm! rd
- „ , , T, mm rd
- d
- Si - est négligeable par rapport à l’unité, on a :
- X . f i -
- (2)
- F, (x) = - K
- _ m m
- xÀ
- Cette expression donne : ' ' '
- 1° La loi de Newton avec toutes ses conséquences èr parmi
- . -1 . ! , ‘Ml I 1 ' i
- celles-ci, ainsi qu on le sait ; -
- 2° Les lois de là pesanteur '(voir Note VIÏ). ' ’ ljl’'1"
- L’erreur commise est égale à i, et l’erreur relative m’affecte que
- la troisième'décimale si on prend a; = d iOOO 'dj'quantité jusqù’a présent inaccessible âAio's' mesures.111 faut remarquer toutefois’ que si on néglige d, on doit* considérer les corps comme non poreux et m et m! sont égales aùx massés totales des corps considérés.
- iûiIjh ,ï iioiv-.fi- : ; j i t j î i< i a /. ,
- CHAPITRE II
- d n’est pas néqliqeable par rapport à x m. -;:.j 'V SAnvUm'C <é'
- Les phénomènes résultant de cette hypothèse étant! très nom-
- T r>' „ 'WiWV-wrv, ! 111 • [ j t -,i;
- breux, nous établirons les deux subdivisions suivantes c 9,. § l1t on.ne tient pas cp;ipptp,.|ies1{y|ale/ur^ relatives.,^e .(?nfret de fri; § 2, on tient compte des Amleurs relatives de m et !de m'.
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- ON NE TIENT PAS COMPTE DES VALEURS RELATIVES DE m ET DE m!
- Propriétés générales de la matière. — Changements d’état.
- Nous avons vu que l’action des molécules d’un corps les unes sur les autres, mesurée suivant une direction donnée, peut être ramenée à celle d’une file.de molécules équidistantes (proposition VII) ; nous avons vu également qu’en l'absence de force ou de trayaiL extérieurs suffisants, ces molécules se rapprochent jusqu’à une distance x — 0,73273 d, et dégagent; chacune séparément un travail égal à la surface CLN. (III et IV)‘ '
- Ce cas correspond évidemment à celui des corps solides au 0° absolu et se traduit géométriquement par un déplacement parallèle de l’axe des æ de O en Or, puisque c’est en ce dernier point-(que l’équilibre a lieu entre les forces attractives et répulsives (fig. 2) (1).
- CORPS SOLIDES
- ' C ! I < * . -CIC. .
- 3° Si donc on fait agir, à un moment quelconque, une force
- également quelconque, sur un corps solide, c’est-à-dire sur la file
- de molécules qui le représente, il se produira un déplacement A x
- qui engendrera un travail déterminé E. Réciproquement, il faudra Mu m • . ; •• ndvm?/ u’\ ».•. ;
- toujours dépenser le meme travail E pour produire le même
- déplacement A x,ce qui permettra d’établir^Véquivalence des' forces
- ,, -te • -UM/ -i\ 'i\i /.u-A ,->*•
- naturelles.
- 4° 'Des (portions successives de la courbe pouvantis’assimiler à des
- lignes droites d’inclinaison,peu variable, jusqu’aux enyjrons du point
- T (fig. 2)?r,il. en résulte que le rapport de rallong’ement de la ifile de
- molécules à un effort extérieur de traction est à peu près propor-/ tf'i'O'iq JlOi) no 1 \ I r
- tionnel à cet effort. Toutefois, ce rapport va constamment en crois-
- il; , .MgfcJîflï Vfjrj;
- sant. Au point T, l’allongement devient infini pour une très petite variation de l’effort, ce qui caractères f la rupture. On retrouve ainsi très exactement :
- _ i 'TW > zm, c
- Les lois de l élasticité de rupture représentée par la formule con-
- •oui! îio'iFlêéUè •>«od,l«.oYÜ afroù eh
- nue I — 0 dans laquelle''! représente 1 allongement total, F l effort
- be.OJflfiVf.fj,; XilUI» £01 ./.-iUr-< .dfi.!-• T/md.
- l.(Figjï2,UfiLViv7^-par le point-,, vvy 9 b
- fijixè Ô^'ic^hbif p^ssét 'pafle point îl au’*lieu' dd passer ^füdifiv -v.ib .r.; .. n,) .g o,.-_
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- de traction, S la section, L la longueur et i l’allongement de l’unité de longueur sous l’unité de charge.
- On peut du reste remarquer la parfaite similitude de la courbe K T avec les courbes expérimentales de la résistance des matériaux.
- 5° L’auréole attractive qui existe en dehors des corps (VI) diminue la cohésion des molécules superficielles ; par conséquent, une force suffisante, mais inférieure à celle qui produirait la rupture des molécules intérieures, fera glisser et prendre un nouvel état d’équilibre aux molécules extérieures. Dans ces circonstances, les corps sont déformés et, par suite, ils possèdent : une limite d’élasticité pei'manente.
- 6° Si cette action est prolongée, toutes les molécules pourront successivement subir ce déplacement et nous serons en présence du phénomène étudié par notre Illustre et Vénéré Maître M. Tresca, sous le nom d’écoulement des solides.
- 7° Si on soumet un corps solide à un effort de compression croissant, on voit qu’il sera promptement désagrégé, car la force répulsive croit rapidement jusqu’à l’infini et la force attractive qui réunit ses molécules a une valeur finie.
- 8° Chaque molécule ne recevant d’action répulsive que de ses voisines immédiates, si, par un artifice quelconque, on enlève une molécule à la surface d’un corps solide, le travail latent de solidification sera mis en liberté; comme il ne peut s’anéantir, il se traduira par un dégagement de chaleur ou d’électricité produisant ou capable de produire un travail équivalent.
- Les intensités relatives de ces deux phénomènes (dégagement de chaleur et d’électricité) paraissent être liées entre elles par la différence de conductibilité des molécules intérieures et des molécules extérieures moins condensées.Dans tous les cas, l’ensemble des faits est connu sous le nom de : Loi de Joule.
- 9°, 10° Il est clair que si des forces extérieures exerçaient leurs actions sur les molécules avant l’application d’une nouvelle force, il serait facile de tenir compte de ces^actions en déplaçant l’origine O' d’une quantité représentant la valeur de ces forces. Ainsi se trouve démontrée l'influence de la température sur les coefficients d'élasticité et sur le dégagement du travail qui a lieu .d’après la loi, de Joule, u\
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- CORPS LIQUIDES
- Fournissons maintenant à chacune des molécules m et m', fri" (fig. 2) le travail supplémentaire C L N indiqué dans la proposition III; nous avons un nouvel état d’équilibre correspondant à l’état liquide, et le travail C L N représentera la chaleur latente de fusion. Géométriquement, J’axe des x est transporté parallèlement à lui-même .à ,,une distance, A O" =-C N. Remarquons en outre que toute contraction a disparu , c’est-à-dire que les molécules, s au lieu d’être à une distance 0,73...h, sont aune distance égale à d.
- Un examen de la figure ainsi obtenue donne immédiatement, de visu, les lois suivantes;
- 11° La cohésion des liquides est beaucoup plus faible que celle des solides puisqu’elle est représentée par l’ordonnée Q R beaucoup plus petite que l’ordonnée K L qui convient aux solides ;
- 12° Par suite, Vauréole attractive des liquides est également plus faible que celle des solides;
- 13° Leur compressibilité, quoique un peu plus grande que celle des solides, leur est comparable ;
- 14° Le point de fusion est fixe pour chaque substance, car il est donné par une valeur déterminée CN de l’ordonnée de la courbe ;
- 15° La fusion commencée, la température des corps ne s'élève plus, car le point N (fig. 2) ne saurait être dépassé sans changement d’état (v. pag. 611). A partir de ce moment, tout travail calorifique ne peut plus servir qu’à rendre l’équilibre stable et passe par conséquent à l’état de calorique latent ou potentiel de fusion;
- 16° Les tangentes en allant du point N au point / (fig. 2) sont de signe contraire à celui des tangentes dé 1 à T \ il s’ensuit que, le signe négatif de ces dernières convenant 'aux dilatations, le signe positif des premières indiquera une contraction ; par conséquent, toute première addition de chaleur, à partir du point de formation des liquides, produit'une contraction1,'souvent très appréciable, comme dans le cas dé l’eau (maximum* dé densité de ’ l’eau) et dans le cas des métaux qui flottent sur leur*bain métallique (platine,bismuth, etc).
- 17° Ainsi que mous l’avons1 ^remarqùé’l'ci-déssus (9°! et 10°), on peut se rendre dompte Jpafiltinl simplëVtdêp'laàèment de l’axe désir, de' ractioiRdes ' forées èxtêriëurés’U Oii ëfU déduit l'influence uâè*la compression sur la liquéfaction et la solidification. La compression^
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- en effet, augmente la valeur de l’ordonnée QR, et, par suite, il faut une plus grande force calorifique pour amener les molécules au point N.
- CORPS GAZEUX
- 18° Fournissons aux molécules m, rrï, in", un travail égal à la surface BPQ ; toute force attractive sera détruite et les molécules deviendront libres les unes par rapport aux autres. Ce phénomène répond à T’état gazeux, et, la surface BPQ représente la chaleur latente de valorisation, surface beaucoup plus considérable que la surface CLN représentative de la chaleur latente de fusion.
- 19° Dans le cas qui nous occupe, l’origine des coordonnées est transportée au point Ow(fig. 2). Au moment de la formation du gaz, la dis-3
- tance moléculaire devient -x d ainsi que l’indique la figure; plus exac-A
- tement 1,4699 d (VI), on pourra donc obtenir des gaz d'un volume peu différent de celui des liquides qui leur ont donné naissance.
- Puisqu’il n’y a plus aucune force attractive réunissant les molécules, l’action des forces extérieures, quand T'équilibre est établi, devient proportionnelle aux masses, par conséquent le coefficient d’extension ou de compression est le même pour tous les gaz et on a AF
- — — y., ce qui donne :
- 20° Si on considère des pressions, la loi de Mariotte.
- 21° Et si on considère les forces d’extension telles que la force calorifique, l’équation suivante :
- a, coefficient de dilatation,— constante.
- 22° Quand les molécules d’un liquide sont parvenues au point Q, elles ont une tendance extrême à passer à l’état gazeux puisqu’en deçà et au delà de ce point la force attractive diminue. La vapeur se formera donc en empruntant au liquide ou aux corps environnants la chaleur latente nécessaire pour rendre son équilibre stable. Il n’est même pas nécessaire que le corps soit à l’état liquide pour qu’il puisse se volatiliser. Il suffit que ses molécules superficielles soient très voisines du point Q et que l’extérieur fournisse un travail suffisant. Ce phénomène se produira donc pour les corps très cassants et exigeant peu de chaleur latente (arsenic, etc.). a tî:;
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- 23° La production de vapeur aura lieu superficiellement et par suite lentement si la force résultant du travail calorifique n’est capable que de vaincre successivement la cohésion des molécules Superficielles (évaporation)', elle aura au contraire lieu tumultueusement (ébullition) si cette même force est égale ou supérieure à celle qui réunit les molécules intérieures. On peut remarquer l’analogie de ces phénomènes avec ceux résultant de l’élasticité permanente et de l’élasticité de rupture. i!' ,!;v''
- 24° Dans un espacé clos, quand l’équilibre de température est établi, la quantité de vapeur formée (tension de la vapeur) a pour mesure le travail calorifique assimilable. Cette tension est donc indépendante des pressions existant antérieurement dans le vase. En conséquence, si plusieurs liquides émettent des vapeurs dans la même enceinte de température constante, ces vapeurs atteindront leur tension limite qui s’ajouteront. (Loi de Dation sur les vapeurs saturées.)
- 25° Dans la liquéfaction des gaz, il faudra d’abord annuler les forces répulsives extérieures ; par conséquent il faudra d’autant moins de pression que la température des corps à liquéfier sera plus basse.
- 26° Si le travail calorifique incessamment fourni par l’extérieur est égal à la chaleur latente dégagée, le gaz ne pourra se liquéfier quelle que soit la pression extérieure (voir n° 19) c'est le point critique du gaz.
- 27° Puisque l’on peut remplacer les corps par des files de molécules (VU), on pourra représenter les volumes moléculaires par la formulé kd (1 -f-A x) dans laquelle on fera successivement:
- 4 = 0,73, et Ar=0 pour les solides au 0 absolu, c’est-à-dire en l’absence de toute force ou de tout travail extérieur ;
- 4 = 1,00 et Ar = 0 pour les liquides au moment de leur formation; 4 = 1,47 pour le gaz et Ax quelconque, puisque dans ce cas (•l -J- A.r) est inversement proportionnel aux forces extérieures (20)
- Il suit de cette remarque que, quel ^que soit le corps considéré, dans un volume, représenté par 1000, il y aura :
- 4° 1tnoIécùïé,>'dhuh corps'solide au 0 absolu;
- .731 , Jt :..qjj:- ,
- 2° ..ïvlfjlr1 môléculesVrun liquide au moment de la liquidité parfaite ;
- 3° ..molécules des * g’âz au moment de leur formation.
- Bull.
- 40
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- Pour ces derniers et quels qu’ils soient, A# pouvant être quelconque, le, pombre des molécules sera toujours le même dans des volumes égaux, soumis à la même température et à la même pression; c’est la loi d’Ampère et d’Avogrado étendue, avec certaines restrictions, aux solides et aux liquides.
- § 2
- ON TIENT COMPTE DE LA VALEUR RELATIVE DE 171 ET DE m'
- GÉNÉRALITÉS On voit que dans la formule générale
- F(x)=Kmmr-—— xi
- on ne.peut faire m ou mr égale à o sans annuler F (x), ce qui veut dire qu’une masse unique dans un espace indéfini ne présente aucune des. propriétés principales de la matière ; elle ne possède en effet ni poids ni porosité, etc.
- Il résulte de cette remarque que la formule i : définit les corps (ainsi que nous l’avons déjà dit dans la note V) par le produit de deux masses et par la représentation des forces attractives et répulsives qui s’exercent entre ces masses. cv.-
- Pour distinguer ces masses élémentaires des atomes, tels qu’on les comprend en chimie, nous les appellerons micrômes, de telle sorte qu’un atome d’un corps quelconque sera, composé de deux micrômeA/3ir devient ainsi insécable par définition, puisque chaque micrôme pris isolément ne possède pas les propriétés de la matière telle que nous la’connaissons.
- Prenons deux corps différents, l’un formé de micrômes égaux M, l’autre de micrômes plust petits m, remplaçons ces corps par des files de molécules (VU) placées à une distance d les unes des autres et mettons ces deux files bout à bout en ligne droite, également à une distance- d T’une et l’autre.
- Appelons Ym*. la . somme négative des forces attractives, du corps : _ M considéré sous l’un des trois états ;
- V( V Ÿm2 celle des forces attractives de,m dans les mêmes
- ojuraéAUr.. m.. - i vif- • . . -mm. c-- --v
- conditions^ ..... . ,y i
- qui -u.'j • MYK.abiH.n :-.b;u;v<q ...
- Yj/m l’action de M sur .Hrr
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- © la résultante des forces extérieures sur if. "
- 9 la résultante des forces extérieures sur m (voir ncrte YIÎI).
- Il n’y aura de possible que les trois combinaisons de signes suivants :
- (A) — Y Mm <C — Y M2 -J- 9 et < — Ym2 -j- 9'
- (B) —^ A Mm <C — Y M2 “J~ 9 ef A- — Ym2 -j- 9
- (C) — Y Mm > — A M2 -j- p et > — Ym2 -j- 9
- (A) Les liaisons des micrômes M et celles des micrômes m ne sont pas rompues, les deux corps restent donc définis par leurs formules ; tout se borne à des actions superficielles d’attraction, ce sont des actions de contact.
- (B) Dans cette hypothèse, la limite d’élasticité des micrômes m
- est dépassée ; tout se passe donc comme si le corps m2 était devenu liquide, et nous sommes en présence d’un phénomène de dissolution. •
- (C) Sollicités par une force supérieure, les micrômes M et m ne peuvent rester unis à leurs homologues; il se forme, en vertu de la prépondérance de l’attraction dumicrôme M sur le micrôme ?n, un atome représentant un corps complètement différent des deux premiers.
- hn effet, il sera défini par une nouvelle formule
- F3 (cc) = KMm v> . u
- différente de celles des deux premiers corps Ft (x) = KM2 - X
- ... Q2 f
- et F, (x) — Km2 ------C’est le fait connu sous le nom de combi-
- 2 v ' X*
- naison chimique.
- Nous allons examiner successivement plus en détail ces trois cas particuliers. (
- (a) actions de contact. .
- Aï- >i .
- 28° Si on mélange deux liquides de même densité, ne se dissolvant pas et ne se combinant pas entre eux, les atomes du liquide qui possède la plus grande1 forcé attractive, se réuniront ensemble et tendront à prendre incessamment une forme symétri que par rapport à un atome central, c’est-à-dire la forme sphérique. Nous
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- disons,: tendront incessamment, car l’équilibre de molécules équidistantes en nombre quelconque sous la forme sphérique est une limite qui ne saurait être atteinte, puisqu’on ne peut placer plus de vingt molécules équidistantes à la surface d’une sphère; l’icosaèdre régulier circonscrit à cette surface est, en effet, le polyèdre régulier qui présente le plus grand nombre de points de contact avec elle.
- Cette forme sera modifiée aussitôt que l’on mettra en contact avec cette sphère un corps solide quelconque, (tel qu’une carcasse en fil de laiton), et cela en vertu de l’auréole attractive, relativement considérable, de ces corps. (VI). Ce sont les résultats trouvés par M. Plateau.
- 29° Supposons le corps m2 à l’état liquide, et le corps M* à l’état solide, on aura nécessairement à choisir entre les deux relations:
- qui, d’après la démonstration géométrique de ClairauL indiquent si le liquide mouille ou ne mouille pas le corps i¥2.
- 30° La variation de la valeur de © suffit pour changer le sens primitif de l’inégalité ci-dessus, ce qui montre l'influence de la pression et de la température sur les phénomènes capillaires.
- 31° Comme corollaire de ce que nous venonsde ..dire, si on chauffe un liquide, dans un vase, on pourra toujours donner à ? une valeur suffisante pour que le liquide ne mouille pas le vase et obéisse à l’action de ses propres molécules. C’est l’état sphéroïdcil des corps. Dans ce cas, la surface du liquide prend des formes remarquables etiabsolument semblables à celles qu’indique le calcul quand on/considère la force mutuelle, comme une force centrale, agissant sur une molécule extérieure douée d’une vitesse initiale. C’est ce que nous verrons dans la‘deuxième partie.
- 32° La proposition V montre que l’action attractive^est à peu près la même pour des files de''molécules dont le nombre de molécules placées à une distance 4,jVarie dp 40 à c© . Tout .se passe donc comme si la force capillaire était indépendante de l’épaisseur des corps.
- 33° Si on plonge un tube jcapillaire, dans un liquide^ il résulte de la loi (32°) que la,hauteur h de dénivellation, est indépendante de l’épaisseur du tube et par. suite on pourra écrire immédiatement Ivéquâtioiï d’équilibre existant entre la force capillaire du,!tube, pro-
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- portionnelle à sa circonférence, et le poids de la colonne1 dé liquidé' ayant h pour hauteur. •
- En appelant D le diamètre de ce tube et 8 la densité du liquide, on aura : : • . . ,
- + h.s ; ;:'r:
- d’où ,
- J M—Yjfm+9)
- ' m
- S’il s’agissait de deux lames de longueur l placées à une distance D, on aurait de même :
- 21{ —Yj)f7n-|-cpj =: IDo h ' ' '
- d’oà: t='g.!-Y* + T)
- Do
- On a retrouvé ainsi toutes les autres lois de la capillarité déterminées par Laplace, car —Y Mm -f- <? n’est autre chose que son intégrale II, représentant la force capillaire « qui décroît avec une » extrême rapidité et devient insensible quand la différence (/^devient » sensible », intégrale qui, comme on le sait, sert de base à tous ses calculs. : '1
- 34° Si au lieu ' de' prendre un nombre infini de micrômes, on en prend un nombre ; assez petit pour que la somme des ordonnées — Ymv-f- ? devienne plus petite que —r Y Mm on rentrera dans le cas B, c’est-à-dire que i’action de masse du corps M2 produira la dissolution dit corps ??i2. ' " ; v-j ••••••• :
- 35° Si on construit les courbes', on voit qu?il y a uh dégagement de: travail, analogue à celui développé1 par la compression; il se traduit ainsi que nous l’avons vu dansdador de Joule (8°) par un dégagement de chaleur et d’électricité. Le premier de ces phénomènes a été observé par Pôuillet. •• >•••
- --.b , B, DISSOLUTIONS^ DILUTIONS . .
- 36° Si lë corps est à l’état solide, tbut se'passant, ainsi que. nous l’avons vu, comme' s’il devenait liquide',' il devra emprunter soit à lui-même, soit àuxcorps enviroiinantsy là chaleur latente nécessaire pour rendre sdh équilibré. Stable: Il y aiirà; âiüsi une première: causé
- (1) La .différence f représente l'épaisseur de la couche extérieure du corps sq-lide qui a^it''stir!lè’liqùide.'(Vi Lapla'cé.;'Capillarité.) UvULanp;» i
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- d’abaissement de température à laquelle s’ajoutera, ainsi que nous allons le voir, celle de la dilution du nouveau'liquide dans l’ancien.
- Dans ce cas, les actions du liquide M'z sur le liquide m2 sont identiques à celles qui se produisent pendantles dilatations de ces mêmes liquides; il y a donc encore absorption de chaleur.
- 38° Le calcul donne pour le phénomène de saturation, en appelant Nr le nombre de micrômes capables de dissoudre IV micrômes m :
- N = N
- Y Mm— h jjn-j-cf
- En effet la force dissolvante de N' micrômes M, résultant pour chacun d’eux, pris isolément, de l’action (— Y Mm) diminuée de l’attraction (— Yji/2 -j- <p), a pour valeur :
- N' [“Y*. - (-Y» + ?)]•
- Dans le cas de saturation, cette quantité doit faire équilibre aux attractions de N micrômes m, on trouve donc finalement l’équation N' (- Y,/m +Yi¥2 - *)= N (- Ym, + Y)
- de laquelle on tire
- N = N,Yto-1Y^_cp Ym= “ ?'
- 39° Si Ym2 a une valeur relative assez grande, c’est-à-dire si le corps m est solide, on voit que la solubilité augmente avec les valeurs de <p et de / qui peuvent être représentées par l’élévation de température. Ce phénomène se produit tant que le numérateur reste positif ou en d’autres termes tant qu’il n’y a pas de combinaison chimique.
- Il suffit, pour s’en convaincre, de remarquer que les relations relatives aux actions de contact et de dissolution (À et B) donnent
- Y Mm — Y M > —j— cp > 0
- tandis que Y Mm — Y 3/2 —f— <p < 0 convient aux actions chimiques ; par conséquent, pour que N soit > 0, il faut que Y Mm — Yjp -f 9 soit positif, car Ym2 — 9 est toujours positif tant qu’il s’agit de corps solides où liquides.
- 40° Si Ym2 est très petit, Ym? — 9 restant positif (corps liquides), N devient très grand, par conséquent les liquides se diluent en grande proportion les uns dans les autres.
- 41° Dans le cas des gaz la formule doit être transformée, car le
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- — 603 —
- dénominateur devient négatif et il faut par suite changer le signe de <pr. -roi!..
- En effet, dans ce cas Ym2 = 0, on a donc
- (1) N = N' —
- Yjp+o
- ?'
- et N est négatif. Pour rendre sa valeur positive, il faut remplacer la force répulsive par une force attractive, ce qui revient à soumettre le gaz à une pression extérieure (— ©').
- D'après les considérations desnos20u et 21° on a, en appelant x l’espace parcouru sous l’influence de la force f , ’ 1 ‘ *
- (2).
- . — (—
- mais x représente aussi le volume d’une molécule gazeuse (VII) , par suite, en appelant n0 le nombre constant (27°) de molécules d’un gaz quelconque contenu dans l’unité de volume à la température 0° sous la pression <p', et n, le nombre contenu à la température t, sous
- 71
- la même pression, on a les deux équations (3) n = ^ Y) ^ et
- (4) 1 = n0 x ; éliminant n0 et x entre les équations 1, 2, 3, 4, on trouve finalement :
- N _ Nr Y Mm—
- — cc(l-f af)
- Par conséquent, les gaz sont insolubles dans le vider puisque dans ce cas n0 = o.
- 42° Le nombre de molécules de gaz dissoutes est proportionnel au nombre de molécules de gaz contenues dans l’unité de ce volume sous la pression <p ('première loi de Ballon) et diminue avec la température.
- 43° Quand YMm — YM2 + ? devient très petit, c’est-à-dire quand le liquide est voisin de son point d'ébullition, la solubilité devient également très petite. ':r : 1 '
- 44° La formule étant indépendante de YTO2, il s’ensuit que les gaz qui n’exerceront pas d’action chimique les uns sur les autres se dissoudront indépendammentfles ,unes des autres (2e loi de Ballon).
- 45° Dans le cas de dissolution de plusieurs corps solides ou liquides! dans un même liquideil faudra au contraire (Ym-2 n’étant pas nul),
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- tenir compte des attractions de ces corps entre eux. Les équations deviennent alors très compliquées, mais il suffit de remarquer que la solubilité du corps m2, par exemple, sera généralement modifiée en plus ou en moins, par la présence des autres corps dans la-dissolution.
- On sait le rôle très important que joue ce' phénomène dans les analyses chimiques.
- 46° Si le liquide, saturé à chaud, se refroidit, les molécules devenues insolubles se déposeront de préférence sur les corps solides, en vertu de l’auréole attractive que ceux-ci possèdent.
- 47° Nous avons vu, dans la proposition VII, que tout corps solide pouvait être considéré comme donnant trois composantes attractives (généralement différentes), suivant trois axes déterminés. En conséquence, les molécules qui ne peuvent rester dissoutes par suitede la concentration du liquide se grouperont proportionnellement à l’intensité de ces composantes comme la limaille de fer autour des pôles d’un aimant. Ces molécules prendront donc des formes géométriques ou cristallines que l’on pourra rapporter à trois axes. Ces axes seront déterminés par les valeurs relatives de M, m, ni. . , c’est-à-dire parla composition chimique des corps (VII).
- 48° Il est clair que si les composantes de deux corps dissous m et m sont proportionnelles entre elles, ces corps pourront se substituer ou se remplacer pendant l’accroissement du cristal, à la condition, toutefois, que leurs molécules n’exerceront ni action chimique ni action dissolvante les unes sur les autres. Dans cette dernière hypothèse, les corps cristalliseraient chacun séparément. En d’autres termes, pour que la substitution puisse avoir lieu, il faut qu’il n’existe entre m et ni que des actions de contact.
- Si, maintenant, dans un composé chimique représenté par la formule
- ^ __ QQ
- KMm-------— , M est relativement grand par rapport à m, on voit
- OC
- que si l’on substitue km des valeurs mr, m!'... de même ordre, les composantes varieront peu et par suite les différents corps Mm, Mot’, Mm", etc., offrant la même composition, cristalliseront dans le même système (isomorphisme). .u.
- (Nous verrons dans les applications de la formule à la chimie comment a lieu le polymorphisme). ! o..- ,u uh,
- J49° Toute modification apportée aux composantes les affectant
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- également clans le sens positif et dans le sens négatif, puisqu’il s’agit cle forces mutuelles, on en déduit immédiatement la loi de symétrie des cristaux.
- 50° On voit que toutes ces considérations et toutes ces formules n’infirment en rien les explications des phénomènes d’osmose données par Liebig. Elles les confirment, au contraire, en établissant matlië--mathiquement les considérations sur lesquelles il les a basées.
- En effet, Liebig explique les effets de l’osmose en établissant que « les membranes absorbent par cohésion des quantités différentes de liquide. » Cette cohésion n’est autre que l’auréole attractive. Notre théorie, en in di quant les modifications que la température et les combinaisons chimiques apportent à cette auréole, rend compte de faits que l’explication de Liebig était impuissante à démontrer.
- 51° Il est à remarquer que l’action de masse peut déterminer des combinaisons chimiques, il suffit pour cela que le nombre de mi-crômes M soit suffisamment petit pour que la somme de ses actions attractives Y Nu soit > que Y Mm + <p*
- Y c:— ACTIONS CHIMIQUES.
- il-'- !..
- 52° Nous avons vu que si on prenait deux atomes de deux corps
- définis par les formules KM2 —-----et K m2------- et que si, par suite
- æ3 æ3
- des forces extérieures, on avait les relations: ' * :i
- .. -i -nq :
- (a) —Y.)/-,» > —Y.ip-f-9-ni onuv.!io^:o
- (b) — YMm > -
- ’ i h Y ; -
- il se formait deux atomes d’un nouveau corps défini par la relation
- __ /JQ
- KMm——p. Nous disons d’un nouveau corps, car la nouvelle courbe
- étant différente des deux premières donnera des coefficients d’élasticité, des chaleurs latentes, des densités et par suite des aspects également différents.,
- 53° On voit à priori, et sans qu’il soit. s nécessaire de construire les courbes^ que l’équilibre existera quand l’ordonnée Yjrw== —Y.,/)n représentant.la force répulsive existant entre la molécule intégrante M et sa voisine immédiate m sera égale à Y^-f- Ym„ augmeptés^u-
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- diminués des forces extérieures © et ©'. Le travail produit T sera donné par l’équation :
- (1) - 6Y„, + ® (T + ?') + T = 0.
- 54° Si les valeurs algébriques de © et de y varient, elles pourront changer le sens des inégalités (a) et (b). Dans ce cas, la combinaison sera détruite, il y aura dissociation. Dans les espaces clos, s’il se dégage des gaz, leurs pressions s’ajouteront aux valeurs de © et de ©' et quand la somme atteindra une valeur convenable pour changer le sens des inégalités (a) et (b), le phénomène s’arrêtera; c’est la tension de dissociation de MM, Sainte-Claire-Deville et H. Debray.
- 55° En additionnant les deux inégalités (a) et (b), on voit qu’il faut, pour qu’il y ait dissociation ou décomposition chimique, que la somme algébrique — 2FMto — <p — ©' soit plus petite ou au moins égale à — Ym — Ym2, et que l’extérieur fournisse ou reçoive un travail égal à celui produit pendant la combinaison. Il suit de cette remarque que dans Yélectrolyse, le nombre de volts disponibles, (représenté par l’ordohnée © -}- cp') indique si la décomposition est possible, et que le nombre de volt-ampères dégagés, ou travail, détermine le poids de la matière décomposée.
- 56° Pour examiner les combinaisons de plusieurs corps simples, il
- suffira défaire dans F(x)-KMm-^ æ, Mm — y et d’opérer comme
- ci-dessus avec une nouvelle molécule m. Il faut seulement remarquer que le travail = — ©YjVot ayant une valeur finie (voirNote III),
- on nepeut obtenirindéfiniment des combinaisons d’une masse M avec des masses m, m', m"....Le maximum est donné par la valeur entière de N dans la relation :
- eYfc=N(6Ylfî+SYmj).
- 57° En considérant les places que M et m peuvent occuper à droite ou à gauche l’une de l’autre (fig. 3), suivant la valeur des forces extérieures <p et <p', on remarque que ces deux masses peuvent donner lieu à 2 valeurs de T, car la valeur de l’espace parcouru A x est différente. Par conséquent le même corps composé de deux micrômes différents M et m peut avoir deux chaleurs latentes de combinaison différentes et, par suite des composantes suivant trois axes également
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- différentes (VII). Ils sont donc susceptibles de prendre deux formes cristallines. En étendant cette observation à plusieurs micrômes (56°) on trouve le polymorphisme des substances.
- 58° Le travail T étant indépendant du temps,on voit que la combustion vive et la combustion lente produisent la même quantité de chaleur.
- 59°, 60°, 61° Dans le cas des gaz 6 Yj}/2 et Ym2 deviennent égaux à O puisque Ym et Yma sont eux-mêmes égaux à O. On sait, d’autre part, que les molécules étant très éloignées les unes des autres, YMm sera négligeable. En conséquence, pour que l’équation du travail puisse être satisfaite, il faudra, comme dans la dissolution des gaz, changer le signe de la somme © et ©’, c’est-à-dire ramener les molécules gazeuses à une distance suffisante pour que SY^ prenne une valeur convenable.
- Cet effet s’obtiendra :
- 1° Par une pression extérieure;
- 2° Par le choc produit par une force répulsive extérieure, telle que celle résultant du travail dégagé par un corps en ignition;
- 3° Par l'auréole attractive d’un corps solide condensant suffisamment les gaz à sa surface.
- On comprend, d’après les explications antérieures, que ce phénomène se produira d’autant plus efficacement que le corps sera plus dense et plus divisé ou plus poreux (force catalytique).
- 62° L’équation du travail appliquée aux combinaisons de plusieurs micrômes montre, ainsi que l’a formulé M. Berthelot, qu’il se développera toujours le travail maximum possible dans les conditions de l’expérience. Cette loi, comme on le sait, comprend celles de Ber-thollet, convenablement modifiées. Il est toutefois à remarquer que l’un des deux corps formés peut absorber un travail plus grand que le travail T à la condition que le second fournisse la différence. Le phénomène inverse se produira évidemment lors de la dissociation.
- 63° La valeur de d étant une constante de la nature, et les corps étant définis par l’action de deux micrômes, on peut dire que ceux-là sont tous composés d’un nombre pair de micrômes.
- Si on prend pour unité de volume, celui d’un micrôme (loi d’Ampère et d’Avogrado 27°), on peut également dire, que tous corps
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- simples sont représentés par deux volumes, et les corps composés par mr nombre pair.de volumes.
- Par conséquent :
- un volume se combinant avec un volume, donnera deux volumes; un -volume avec deux volumes donnera encore deux volumes, etc.
- C’est la loi des volumes et par suite celle des équivalents et des proportions multiples. n . ,, ......
- En résumé, la formule générale proposée, en donnant d’une part, pour la force répulsive exercée entre une molécule et sa voisine immédiate une valeur variant de o à go , et en donnant d’autre part des valeurs finies pour la somme des forces attractives d’un nombre infini de molécules, ainsi quô des valeurs également finies pour la somme des travaux de ces mêmes forces, cette formule, disons-nous, nous a permis d’établir avec les plus grandes facilités un grand nombre des lois de la physique et de la chimie.
- Nous allons terminer cette première partie par l’étude des chaleurs spécifiques,
- CHALEURS SPÉCIFIQUES
- Remarquons que : dire que la température d’un corps a été élevée de 1°, c’est dire que les molécules composant l’unité de volume de ce •* corps- ont reçu, par l’intermédiaire de la * chaleur, • un travail équivalent à celui nécessaire pour augmenter d’une quantité constante (a), l’unité de volume d’un gaz simple quelconque à la pression constante - o;
- Cette définition n’est en réalité que celle du thermomètre à gaz, le seul appareil qui mesure exactement les températures par suite delà constance de la valeur de a (21°).
- On a donc, en appelant y cette quantité et E l’équivalent mécanique de la chaleur De
- ,. yE — ,aP0 , d ou y — constante, y.,
- Si p est le poids atomique d’un corps, V soni volume apparent et kd (1 -J- A x) son volume moléculaire (27°), on aura, en appelant xS le poids de l’unité de volume apparent uqhh mmob r.
- • % d (iVAm)'
- ...Y,'- 1 xn =p —> r--------L. ,,
- Y
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- En divisant y par ce poids, le quotient donnera la quotité de chaleur nécessaire pour élever l’unité de poids de 1° soit la chaleur spécifique C, on a donc : L’
- yV
- pkd (1 -f- Axj
- d’où pC :
- yY
- k ci (1 -|- Ax)'
- Remarquons maintenant, qu’à l’état de liquidité parfaite toutes les molécules sont à une distance cl, et appelant le volume réel correspondant,'(le même"pour tous les corps simples), e la'température mesurée entre lés'changements' d’état, o le coefficient cubique de dilatation ou de contraction à partir de l’état parfait de liquidité, on pourra écrire : m
- «*(*+/••) ,
- ce qui donne : ; n " 1 ' *; : u'f--'n
- (1)
- T vi ( !
- PC:
- +/*")
- sriM.ï t-!
- k d (1 -f- Ax)
- ou en réunissant les constantes :
- '•n n.ii ô
- A ‘Il M
- >'» " cm i yi. A _______________________
- al) oUoir!' umWQ'À 1-f-Aæ
- eup
- rrj;j;; .t-s'o ..
- Si dans cette formule on fait A x,= o, pujs 0 = o, on (.obtient la loi Dulong et. Petit ainsi modifiée et_étendue )ii mloo t hé fir/JL 64° Le produit des .poids atomiques, des^corpso simples par, leur chaleur spécifique est un nombre constant pour _chaque état des t corps. -"/o fiOitliin&b ojo.'.
- Ce nombre <est inversement proportionnel ài;, c’est-à-dire à 0,73, 1,00 et 1,47 suivant qu’il s’agit de l’état]solide au 0 absolu, de l’état liquide parfait, ou de l’état gazeux*).(voir -27°).'oqqo f.
- Si on prend la moyenne de k pour les solides jet les liquides (0,865), ce qui correspond à peu près aux expériences faites sur ces corps, et si on les compare à celle des gaz 1,47, on trouve que ce dernier; nombre dorLêtre un peu plus grand que la moitié du premier:^ no qHiin aoy(^riÿ) amujoôloo:£ :>;naioy no>5 j * ..,y; . N L’expérience a donné d’après Wurtz 6,4.!ct 3,4. Nous nous permettrons d’insister sur ce résultat qu’aucune autre théorie n’a expliqué jusqu’à ce jour. “• ; ' ç
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- 65°, 66° La formule (2) indique encore la relation qui existe entre les chaleurs spécifiques et la température ou Y élasticité.
- 1 4- / 8û6
- 67° Si le volume du gaz est constant, la fraction-;—;—:— sera cons-D 1 -J— Acc
- tante, par conséquent la chaleur spécifique des gaz à volume constant
- est constante.
- 68° Pour passer des corps simples aux corps composés, il suffira de faire dans la formule (1) P = Poids atomique du corps considéré et Va —son volume apparent.
- On aura ainsi en posant A' =
- lli
- d
- d’où :
- A'
- k '
- 1 -f- Aæ
- Cette formule, appliquée aux gaz, démontre les deux lois de Duleng sur les capacités des gaz composés, lois ainsi énoncées par lui.
- 69° « 1° Les gaz composés de gaz simples,, qui dans leur réunion » ne sont pas condensés, ont une même chaleur spécifique rapportée » au volume que les gaz simples ;
- 70° « 2° Les gaz composés.dans 1a, formation desquels il y a une » même condensation des gâz constituants ont des chaleurs spé-» cifiques égales, quoique très différentes de celles des gaz » simples. »
- 71° S’il n’y a pas eu condensation, on a d’une manière générale, en appelant n, ri, n'\ le nombre d’atomes combinés et p, p’, p" leur poids atomique*
- P = np -f- rip' 4- n''pr> -|- • • • et V.t ni\ ritq .-f- = Nuis
- mais PC = -
- N», i+f‘
- 8dG AT1 1 -f J 8a0
- NA
- kd ’ L -{- Aæ k -l ~j- Aæ
- JA
- or, N =n-j- ri^-ri'^-;. *
- 83O
- . Éliminant N* et remarquant ciùe r7- -r-^—:-------= nc = ncr =
- u -p-- .»l-f-Ace mA.v 1
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- On a finalement, à la variation cle G et de A x près :
- PC
- (nA -f- nr À -f- ... ) -
- 1 -I- f o3Ô
- 1 -j- Ax
- npc-\-nrp'c'~\-...
- C’est la loi de M. de Wæestyn et de M. Hermann Kopp.
- En résumé, nous retrouvons toutes les lois des chaleurs spécifiques et leurs anomalies apparentes.
- De ce qui précède, il résulte que tout se passe comme si les corps solides étaient formés de groupes de deux micrômes dualisés (ou atomes) placés au 0 absolu à une distance = 0.73... d (IV).
- Le premier effet de la chaleur, ou des travaux des forces extérieures, est d’augmenter la distance entre chacun de ces micrômes jusqu’à ce que les atomes viennent tous à une distance d les uns des autres. Arrivés à ce point, l’action des micrômes placés en avant du micrôme considéré s’oppose à un travail d’extension, et le travail extérieur, s’il continue à affluer, crée un nouvel état d’équilibre en passant à l’état latent, phénomène qui se traduit géométriquement par un changement d’origine des coordonnées.
- Les mêmes remarques sont identiquement applicables au passage des corps de l’état liquide à l’état gazeux; l’axe des x devient alors tangent au point minimum1 ‘des courbes.
- IIe PARTIE
- m ET m' ONT UNE VITESSE INITIALE j - m-
- En imprimant au système mmr unè vitesse égale et contraire à celle de la masse m, nous n’aurons à considérer que la vite.sse relative v de la masse m!. Cette vitesse pourra être dirigée :
- § 1. Dans le sens de la droite qui réunit la masse m à la masse mf ; § 2. Obliquement à cette droite.
- Ce premier cas1/'dont l’exposition comprendrait la résistance au choc, le travail élastique et les différentes conductibilités, sortirait des limites que nous nous sommes imposées dans ce mémoire ; nous nous contenterons de donner l’équation ^générale du temps employé
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- pour le parcours d’un espace x et l’équation de la vitesse v avec une application.
- Il suffit, pour avoir la valeur du temps T, de remarquer que
- cl__x s2x
- F (x) = K mm'----g— = m' —
- x° d r
- Intégrant 2 fois et faisant partir les origines de ~ pour éliminer les deux constantes, on a immédiatement :
- T est donc représenté par les ordonnées d’une parabole divergente (fig. 4), qui se confond avec une seconde parabole cubique T2 = ax3, quand d devient négligeable par rapport à x. En effet, on trouve pour x = 100 d, a = 2,03 et pour x = oo , a = 2.
- On peut donc dire qu’à partir de 100 distances moléculaires, les carrés des temps sont proportionnels aux cubes des distances, (analogie avec la 3eloi de Képler).
- Nous venons de voir que la valeur du temps était donnée par la 1 1
- relation T2 = g— ^ (x -j- df (2 x — d). En diffôrentiant cette équation
- on obtient la valeur de —, c’est-à-dire la vitesse moléculaire en fonc-3 1
- tion de K,de m et de a?. Toutefois,il est plus simple de prendre la formule
- du travail compté à partir de ~ (voir Note II) et de l’égaler à la demi-
- force vive de la molécule m ; ori a ainsi :
- T/ ,2æ — d 1 ,
- Kmm ~2æ* =ïm V*
- d’où :
- (3;
- v2 — Km
- 2 m — d
- on voit que la vitesse relative est indépendante de la masse en mouvement relatif et ne dépend que de celle qui est en repos relatif (Chute des corps). C’est la traduction algébrique du principe de l'indépendance des'petits-mouvements." q-
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- on trouve :
- — 613
- Divisant (3) par F =Kmm ---------~
- x*
- v2 (2 x — d) x ' , F (2 ce— cl) x
- TT — —771-----S ci OU V1 = —-T-n---------H—. :
- b m (cl — x) m (a •—• x)
- Telle est la formule générale de la vitesse de la molécule m' en fonction de la force élastique.
- 72° Comme application, cherchons la vitesse de propagation d’un ébranlement moléculaire, tel que le son, dans un gaz à la pression Pi et à la température t.
- F, représentant de la force élastique du gaz est égale et de signe contraire à Pd on peut donc écrire, en divisant le numérateur et le dénominateur par x :
- ou, en négligeant la valeur de - (rapport du volume du liquide à celui
- CO
- du gaz), ce qui donnera la vitesse avec une approximation en moins :
- m'
- mais m' représente la masse d’un microme contenu dans le volume
- 3
- cZ; à l’état gazeux, ce microme occupe un volume ^ d (plus exactement 1,47 d (27°) et sous la pression Pt un volume x. On a donc en appelant m" la masse gazeuse contenue dans l’unité de volume :
- 1,47 ce
- d’où V% :
- 2 Pi
- 1,47 m'r
- D’autre part, en appelant D0 la densité du gaz à la pression atmosphérique P0 et à la température de 0°, on a :
- m" g — D0
- 1 P,
- (l + a*)Po
- mais P0= 0m76x A, A étant la densité du mercure à 0°. Substituant, on a finalement :
- v =
- ]f 2 ]fg i. 0,76(1 +al)
- ' :l,« ' D„
- = 1,168 X 279m 33 = 326,26 à 0°
- ÙUI.L.
- 41
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- — 614 —
- quantité très rapprochée en moins de 330m70 donnés par les expériences de Régnault.
- La formule de Newton ne donnait que la quantité contenue sous le radical, soit 279m33.
- 73° Si on voulait chercher la vitesse du son dans les liquides et
- , p (%x-d)
- les solides il suffirait, dans la formule vl —U oc, de substituer
- . m d-x
- , P P
- à rri sa valeur — et de remarquer que — — p poids de l’unité de 9 x
- longueur, ce qui donne :
- F 2 x — d
- v * = 9 - . —,-----
- p d — x
- D’âutre part, si on appelle i l’allongement par unité de poids de l’unité de longueur et l celui de l’unité de longueur sous l’action du poids p, on aura :
- , „ , „ 9 ^$oc-d
- l = pi d ou v2 = -7. Fï —,—
- 1 l d-x
- L’allongement dû à la force élastique F. par unité de longueur
- est évidemment égal à
- , ce qui donne la relation
- F i =
- Substituant dans l’équation ci-dessus on a :
- . V == mais dans les solides et les liquides ^ est à peu
- près égal à i, on retrouve donc la formule de Laplace v2 = (j .
- . § 2
- En effectuant les calculs, on trouve que la trajectoire exprimée en coordonnées polaires est donnée par l’équation î.
- (l.f|r;:a.:ÇClS j/'c 10) ^
- dans laquelle p est le raydh lecteur;.Aé.n -v Lr.--.
- y. et 6 des coefficients constants et . " w.
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- — 615 —
- Dans cette dernière équation, K, M et d conservent leurs valeurs
- ' ';:>( .4.- , • 1 : >«.< • .-u'U'OJ.-.ï ;«< v*U»umO;'M •' :*‘i ; euntfilü |>
- ordinaires et K' représente l’aire décrite par le rayon vecteur^pendant l’unité de temps (voir Note IX). , , . jt y ' h'air>ot ? f 74° Si nous négligeons la valeur de d, ^ devient égaleù l,:etnous retrquyonq^ainsi, qu’on devait, s’y attendre., la 'première;Jpi.de. Képier.
- 75° Si \/c = '4:-£-ïétant très petit, nous avons encore une courbe'de second degré, dont le rayon vecteur se déplacé lehtèihent
- en produisantun mouvement de précession (fig. 5). On peut remarquer i fj - ‘id-tir - £>- Ve -i
- l’analogie delà force — avec les forces perturbatrices, également du œ/ ' - V . inseeuM
- troisième degré, qui agissent sur les mouvements des astres.
- 76° Si \/c = n, n étant un nombre quelconque plus grand que plusieurs unités, la trajectoire est représentée par une courbe périodique autour d’un cercle ayant ?o pour rayon (fig. 6). Les excès des valeurs de p sur p0 varient comme les rayons vecteurs d’une section
- conique dont l’équation serait p (1-f- «costo') = p avec les conditions
- w .-h ,(v.
- Tout, se passera donc-dans l’espace, comme si la masse se mouvait sur cïès surfaces de second degfê formant des protubérances à la. * surface d’une sphère qui tournerait*- lentement autour d’un de ses diamètres, pris comme axe instantané de rotation. Le mouvement des liquides à l’état sphéroïdal peut donner une idée de ce phénomène . . . ; t ’
- Toute force extérieure de direction constante apiâtira ^cette sphère et ses.,; .protubérances ; mais, •• comme mon jne VpjBulX détruire celles-ci tant que n conservera sa valeur, on ne pourra non plus annuler en fnèm "tempsJ leurs. : projèctionsrsurDdeuxs aXes perpendiculaires.
- Si n est très grand, c’est-à-dire si d a une grande valeur re-
- lative par rapport à l’unité, nous nous trouverons dans le cas des vibrations' interparticulaires"1 qui "'correspondent aux" vibrations lu-
- , . . niM.i.k.ann i w, &>!isem -..
- mineuses et calorifiques. - : .
- D’après les expériences de-M;‘ Janssei( les milieux de l’oeil absorbent les .vibrations calorifiques ^d’autre ,f.part, -le travail mécanique ne peut se produire que dans 4 la, direction de la .force,
- c’est-à-dire du rayon veçjienr ; ceci revient à admettre avec Cauchy que la chaleur est due aux vibrations longitudinales. Nous verrons
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- — 6'16 —
- tout à l'heure comment notre système 'vibratoire permet d’expliquer la polarisation et la double réfraction avec la propagation dans le sens du rayon.
- Ces remarques nous autorisent à considérer l’œil comme un appareil analyseur, percevant les vibrations transversales entre certaines limites et dans lequel les protubérances s’aplatissent perpendiculairement au rayon lumineux.
- 77° Tout se passe* donc comme si lai'lumière se propageait par des vibrations perpendiculaires à la direction du rayon, et la différence entre les longueurs d’ondes tiendrait à'la projection, avec la même vitesse, sur la rétine, des protubérances d’une vibration complète.'
- 78° II':est évident qu’en ne considérant que la projection d’une seule protubérance, on retrouvera toutes les formules de Fresnel relatives à la théorie des ondulations.
- 79° Les objections que l’on avait faites jusqu’à ce jour aux idées de Cauchy sur. la propagation de la chaleur tpar des vibrations longitudinales, consistaient en ce que la-chaleur se polarise et éprouve la double réfraction; mais,1 dans le case du1 mouvement vibratoire exposé ci-dessus, n étant plus grand que• l’unité* on ne peut annuler la vibration suivant deux- axes• sans les1 supprimer sur le troisième: il en résulte que la polarisation1 peut déterminer des phénomènes identiques pour la lumière et pour4aJ:chaleun bmé
- 80° ILo en est de même pour la double/réfraction. Les résistances dueso aux auréoles moléculaires et aux composantes des cristaux à. un oul deux axes déterminant la décomposition des ondes lumineuses en deux systèmes ondulatoires, existent aussi pour le troisième axe ' dirigé suivant le rayon. Par suite;i on doit considérer la double-réfraction de la lumière aussi bien que œelle de la chaleur; lesnnouvelles composantes transversales et longitudinales pouvant être ràmenéesnpar une rotatibno convenable du cristal dans- deuxiplaces'perpendiculaires, on obtiendradèixx rayons de lumière et de chaleimpolarisés:obijh.rr.ig mxjbn ob non-
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- CONCLUSION
- .. i . .
- ''Miin:
- Nous arrêterons ici.,les déductions de la formule que nous avons proposée ; mais . on remarquera quen combinant ces lois les unes avec les autres, on pourrait en augmenter le nombre. ^
- En résumé, la formule contient la loi de Newton avec toutes ses conséquences et se prête à l’explication d’un grand nombre de phénomènes appartenant à différents domaines de la Physique Générale. Elle est basée : 1° sur l’existence de la matière (min)y 2°
- sur la porosité (d — x) ; 3° sur l’action à distance (—] \ et 4° n’admet
- aucune autre hypothèse- (yv (x) = K). N’étant que l’expression d’une force, elle ne peut jamais être en désaccord avec les lois de la Mécanique Générale, et puisqu’un grand nombre de faits se passent, comme si elle était exacte, nous pouvons dire que, dans ces limites* -on.-peutda.iconsidérer comme une loi synthétique!donnant des-valeurs-plus approchées que les lois,qui l’ont précédée.
- Qu’il nous,!isoitrpermis, ! en terminant, de payer*itmùtribut'- de*«reconnaissance ..-.à. .notre - Illustre et Vénéré Maître H. Tresca^ qui nous a soutenu et encouragé dans notre travail, dont il avait présenté les parties analytiques à l’Institut. Nous tenons Aussi ki remercier publiquement M. Barré de Saint-Venant (voir le* comptei rendu de l’Académie ades sciences du 7ijuillet 1884) et M. Maurice * Lévy.pour les encouragements et les critiques ‘bienveillantes qu’ils nous ont adressés, ,et qui nous ont permisde , perfectionner notre travail.
- Nous ^prions, enfin notre excellent ami, AL R.> Costeau, ingénieur civil..des}Mines,ban,cienii.élève ide PÉcoleoPolytéchnique, d’agréer l’expression de notre gratitude pouiVéleîAoqncoürs) précieux qu’il nous a donné dans le cours de ce travail et pour la rédaction de cette note.
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- NOTES JUSTIFICATIVES
- Note-1
- Soit la formule
- d — œ
- L’ordonnée y représente la force attractive ou répulsive, suivant que x est plus grand ou plus petit que d. En différentiant deux fois, nous aurons trois relations :
- V =
- d — x
- x:i
- dx x*
- • 3 d),
- '—H — Ü (îll
- dx$ - aP \ ,t
- On voit ainsi,en ne considérant que les valeurs positives de ai (les sein les qui nous importent), que la courbe pai’t dé y == -}- œ pour x ~=z 0 (fig. 1), coùpe Taxe des x pour x = </, présente un minimum quand
- x — ~ d et un point d’inflexion pour x = 2 d ; puis les vàle’urs de y
- continuent à être négatives, la force restant attractive, et l’on a // — () pour x — go .
- (Extrait des Comptes Rendus, 30 juin 18S4/)
- La différentielle seconde montre que depuis a? — 0 jusqu’à a? — 2 d, la courbe tourne sa convexité vers Taxe des a?, et, que depuis x~%d jusqu’à x = ac , elle tourné sa concavité vers ce même axe.
- L’équation de la tangente en un pointa?' //, est donnée par l’équa-
- 2x' — 3d
- tion y — y. —-----77—,(a? — ça).
- Quand on fait a?=0 et qu’on remplace y' par sa valeur, on trouve :
- y —
- i d — 3 a-'
- am!
- quantité qui s’annule pour x' = zh c© , d’où Tga — 0.
- Par conséquent, la courbe est assymptotique à l’axe des x:
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- On trouverait semblablement en faisant y — 0 :
- r 3af — U
- X----X —-----;--jr-j
- 2cc —3d
- ^ '% i 'A . I I I
- quantité qui s’annule pour x’ = 0, d’où Tga = ao\ ' ; ?
- Par conséquent, la courbe est également assymptotique à l’axe des y.
- Note II
- Si nous faisons maintenant la quadrature de la courbe, nous avons J V dx — ^ ^1 — -f- C, ce qui nous donne les intégrales définies
- À
- ydx = O, f ydæ = ~d + C, J^ ydx — G,
- desquelles on tiré f y d x -j- f ydx — 0, ce qui veut dire que la
- J <i ' J d
- 'b
- somme des travaux de la force répulsive depuis x = ^ jusqu’à x — d
- est égalé a la1 somme des 'travaux de la force attractive depuis x==^d
- iusqu’à x = 4- oo. <•; . „ , e
- •’ 1 1 ' •: ' CûiX.-'îOef L> Aûu>ü im le h ~ .
- (Extrait des Comptes Rendus, 30 juin 1884.)
- /dnvo.ü -niy n îuo.u(wjn
- •v. -mou u
- Note III
- Effectuons le calcul pour une file . indéfinie de molécules placées en ligne droite,à la gauche de la molécule et aune distance d les unes des autres., Soit e la quantité dont,pes^ molécules se sont rapprochées sous l’action de leurs attractions..,, ,La seconde molécule mr sera la seule qui exercera sur m une action ^.répulsive dont la valeur sera donnée par la substitution^e cl — à la place de a? ; on aura
- donc, en allant de gauche à droite, , , , .
- • ' — 1 \ f-.eP,iiq U Al ,i5- f no lip le U"=r-?fc $«*»• • *
- , , x d — (d — ci
- Force répulsive pour ap— (d1— e), . . . y — ——----------------gÿT^*
- Force attractive! pouirœ =ziiï(d— e)
- d — n (d — e) n3 [d — è)*
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- Remarquant que la valeur de la force répulsive doit faire équilibre à la somme des forces attractives depuis 2d jusqu’à ne/, nous aurons: cl— (cl •— e) n cl — n (cl — e) r 11 d — n (d — c) n
- (d — e)3 ==2^2 n*(d — c)a ’ ° °U n3 (d — e)3 = ’
- mais,
- STnd—' n {d — c) d 1 1 1
- 2-i\ ns [(i _ eyt (ci —. n3 (d — n2
- D’après les formules connues de l’intégration des puissances inverses, nous avons:
- R n*
- 1,202058... et
- - = 1,6449340... , n*
- ce qui donne (d — e) — 0,731735 d.
- Cette valeur correspond à une force répulsive égale à 0,68793 et
- à un travail négatif égal à 0,0684793..
- Pour avoir la somme des travaux positifs, il suffira de faire la quadrature ü de la courbe pour x — 2 d, 3 e/, ..., nd, et d’on retrancher la somme des valeurs pour x — % d— e, 3 d — e, ..., nd — c.
- - , j ! ! l
- On a, pour l’expression générale de Q, en faisant d-~ 1 : Q — - — —
- (voir note II) et, pour celle de ür , Qr"!= le travail positif depuis 2 jusqu’à n sera donc
- n — e 2 (n
- Ut;
- O (n
- eV-’+S
- i y’_L
- On2 J n n — e
- Il est très facile d’obtenir par la formule de la sommation des puissances inverses, la valeur de la quantité comprise entre parenthèses. Il n’en est pas de même pour les séries harmoniques
- / f - et 2_j -----• Pour les transformer, nous remarquerons que
- J2 n — e e.
- r, quantité que nous remplacerons par
- n n — e n (n — e avec une erreur que l’om pourra rendre aussi petite que l’on voudra en calculant directement un certain nombre de valeurs de n (l’erreur
- est en effet plus petite que -A
- En calculant directement les neuf premiers termes de
- 10 j
- —1 nous avons eu pour valeur du travail)total positif
- 2 n n
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- — 621 —
- avec six décimales exactes 0,175296, quantité environ trois fois plus grande que le travail négatif correspondant.
- Il faudra donc fournir un travail égal à 0,175296 — 0,068793 0,106503 pour faire passer les molécules de l’état de condensation complet (solide au 0 absolu) à l’état d’équilibre (liquide à l’état parfait), . /
- (Extrait des Comptes Rendus, 30 juin 1884.)
- Note IV
- Appelons u la somme des forces attractives, on aura, d’après la formule (1) de la note précédente :
- d’où :
- d «
- __ a ^ î
- (d — e)3^2 n3
- 3 d i
- {d — c
- 1 -2‘i.
- d {d — e)
- +
- 2
- (d — e)i^2 [d — e) 3 d
- A
- J___r2 y”'1!
- — c)H L n‘l (d — e)-“a n3_1
- (rf
- égalant à 0 la quantité placée entre parenthèse, on trouve pour la valeur du maximum :
- f d — e\
- "s «s 3 0,202058 , ,„n ,
- -----r = v » d — 0,469d.
- 1 2 0,64493
- 2 Y —
- -^2 a2
- Note V
- Soit une file de molécules m équidistantes et placées sur une droite parallèle à OY, à une distance x de cet axe. Cherchons l’action de toutes ces molécules, suivant la direction OX, sur une molécule M placée à l’origine dés coordonnées. Une molécule quelconque delà file, placée à une distance r de M, aurait pour action, d’après la
- formule précitée, fi — KMm —— - ; mais r = Y—, d’où
- i d 'I \ - i >-/
- /( = KM.m-^cosî a —cos3, aj. Noire but étant de considérer
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- des files de molécules qui en contiennent le même nombre par unité de longueur, quelle que soit la valeur de a?, nous aurons pour l’expression At/j , comptée sur la tangente d’une circonférence ayant l’unité pour rayon, et en appelant Avy la distance réelle des molécules : A?/! = Ce sera cette valeur qui devra servir à calculer
- la variation de % et à intégrer les termes en cos4 y. et cos3 ?.. x est constant pour la file considérée, et, en passant à la limite, on aura
- *y TV a/ Da .
- — = d - = 3. Iga —----------- d ou ;
- x X COS2 7.
- ://
- +~
- cos47.37/.j Z= f cos2y.pa = ~ et j cos3aC>y1 = j cosa^a:
- + C)
- Nous aurons pour l’action totale de la file de molécules sur la molécule M, suivant la direction OX :
- Fr = KM m I
- /tc d 2\ u2 KMm /r.d \
- \2 x'1 x-J x3 \ 4 /
- Si maintenant nous considérons, ' dans l’espace, un plan parallèle au plan ZOY, sur lequel serait placée une série de files équidistantes, parallèles à OZ, files composées de molécules également équidistantes et si nous cherchons la projection sur OX de l’action des molécules contenues dans ce plan sur une molécule M placée à l’origine des coordonnées, nous pourrons, d’après la formule ci-dessus, remplacer toutes ces files de molécules par des molécules équidistantes, appartenant à la trace du plan considéré sur le plan XOY. Il est évident qu’en appliquant un calcul identique au calcul précédent, on obtiendra pour l’action totale du plan dans la direction OX,
- /F2 d 4\ KMm / A \
- "-=KMn!(ï 5î-^)=4 raXîA-y)-
- On pourra donc remplacer l’action totale d’une série de plans parallèles au premier (soit celle d’un solide) par celle d’une file OX de molécules également équidistantes.
- Pour effectuer le calcul dans le cas de files composées de masses inégales, il suffit de remarquer qu’on ne peut annuler ni m, ni m'
- dans la formule générale K mm' —— sans annuler la fonction elle-
- OC‘
- même. Celle-ci définit donc les corps par le produit de deux masses,
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- et par la représentation clés forces attractives et répulsives qui s’exercent entre elles ; par conséquent, toute file de molécules d’un corps ayant des dimensions déterminées devra contenir un nombre pair de ces masses élémentaires ; si ces dernières sont alternées et si la file commence par, une masse m, elle se terminera nécessairement par une masse m'. On calculera l’action de ces masses sur une masse M, placée à l’origine des coordonnées (l’axe OX étant perpendiculaire sur le milieu de la file) en faisant la somme des actions de deux files, l’une composée de masses m, placées à une distance a y, l’autre île masses m" ^ — m, placées à une distance 2 Ai/. On devra
- remarquer également que les masses m" ne sont pas distribuées symétriquement par rapport à l’axe des x ; leurs distances comptées
- ayant une valeur déterminée. Ce raisonnement s’appliquant aux files parallèles à OYy et par une simple décomposition de forces à des files obliques, nous pouvons déduire de ce qui précède la conclusion suivante : L’action d'-un corps quelconque, formé de fi,les de molécules parallèles à trois plans donnés sur une molécule extérieure M, est la même que celle d'une file de molécules passant par M et perpendiculaire à l'un des plans. Elle donne, en outre, deux composantes, dirigées suivant des perpendiculaires aux autres plans.
- Ces composantes peuvent s’annuler dans certains cas, et toutes ces actions peuvent être représentées par la formule empirique
- KM (m)
- \ J /y>.j
- (Extrait des Comptes Rendus, 20 avril 1885.)
- ' Note VI
- En effet, l’attraction de l’unité de masse sur l’unité de masse à l’unité de distance est fine constante; ori a donc, en faisant dans la for-
- mule F (x)
- Constante = K (d — 1)
- d = constante > C. Q. F. 1> ,r
- d’où
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- - 624' -Note VII
- La formule (2) permet de calculer la valeur numérique de K. On a, en effet, en appelant P le poids d’un corps de masse ??i',Mla masse de la terre et R son rayon :
- rri g
- KMm'
- R*
- d’où
- g R*
- M
- Note VIII
- Nous ne connaissons pas les corps au o absolu, ils ne se présentent à nous que sous l’influence d’un travail calorifique plus ou moins considérable.
- Pour tenir compte de ce travail, il faut retrancher (fig. 2), du travail total de solidification, une surface égale à celle du travail calorifique , en le considérant d’abord comme un travail de dilatation, puis de changement d’état, s’il y a lieu. On en déduira d’après l’équivalence des forces naturelles (3°) la valeur d’une force quelconque produisant le même effet sur un corps solide, liquide ou gazeux. En faisant le calcul pour M et pour m et en ajoutant à chacune de ces valeurs la somme algébrique des forces extérieures, on aura les valeurs de © et de ©\
- Note IX.
- En appliquant l’équation du travail élémentaire exprimé en coordonnées polaires, on a d’une part :
- (1) 1\ KMm-----^ 3 o = mvdv.
- • . , , p3
- D’autre part, la force étant une force centrale, la loi des aires donne : . '
- (2) p* 1 2Dco = K'3 t
- et l’expression générale de n ^en fonction de la vitesse angulaire donne également : . ^ , \!
- O ' 1 3 P2 + P23w2
- -f/i .() •irH'ifrfiip i! yqi! ah .n:) .nto ! Jnr.Hv.imofio ufi
- Éliminant d t, entre (2) iet<(3|iet prenant daLdifférenfielleyonttrouve :
- K -fl (' ?)’è+7>]
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- 625
- d’où :
- KM[p3f-?]= K'S3[(J
- Cette équation intégrée une première fois donne :
- KMd , KM , IC2 r / 1\2 1 . 1 q
- -^. + T + c = t[(3?)^+? J
- d’où on tire :
- en posant :
- on trouve
- 0 or — —
- H'a
- KM /KMd . K'2\ t .
- 2 C
- KM
- KM d
- b— K'*> c — 1 i. K'2
- 3 03 —
- ±3 " P
- "" " |/œ + 26- -c-i
- ; .... r-.,; r • P P2
- qu’on.peut transfortneriainsi
- ±\Tt,‘
- C D co
- 7\~ 2 •
- ' /V£_,i \
- ";Vp " y/c/
- (1’ 5
- 0 + 7 .
- équation qui intégrée donne immédiàtëmënt :
- . ,\(ç
- ' • r=: arc^CÔS ^ ^ C* '
- . .. , : V
- En choisissant l’origine de faqon que pour w‘— 0, l’arc soit égal à G': ='0. On ^'-donc-iînaletaen'tame équation-de la forme : L!;iiU'~ l P’ (l i"<x éos. ’y|ci co) = ^'
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- 6â6 —
- . i>rl fï a
- TABLE DES MATIÈRES
- PAGËS
- Préliminaires. . ,.................................................. 088
- Propositions fondamentales.......................................... 590
- PREMIÈRE PARTIE m et m n’ont pas de vitesse initiale
- Chapitre TL—d est négligeable par rapport à x. ...... 592
- Chapitre IL —d n’est pas négligeable par rapport à x. . . . 592 SI- — On 11e tient pas compte des valeurs relatives de m et de m 598
- Corps solides............................................. 593
- Corps liquides ............................................ 595
- Corps gazeux............................................... 596
- § II. — On tient compte de la valeur relative de «V et’ 'àem! . V11' 598
- Actions de contact................ . ATL “A . . È ! '599
- Dissolutions, dilutions. . . . , . •. . 601
- 'Actions chimiques ,, . ... . . . . . . . ' . V . . ' 605
- Chaleurs spécifiques . » .... . . . . . . : 608
- ; .....: .A ^ . DEUXIÈME partie.
- m.,.et.m'ont une vitesse initiale
- § I — La vitesse relative de m! est dirigée suivant la droite qui
- joint m et mr . . . . . ......................' . . 611
- § II—La vitesse relative’de m' est dirigée obliquement à la
- droite qui j oint îfiAt m' . . . . . ... : . . 614
- Conclusion. A . .* ;>jt T A .... ’ é A ' À7".J '• • 617
- Notes justificatives ATT yeplbim / , ; _ .dhr% 618
- . ,r:u'n'i.r-i‘ï:;)::tVibq ,v«îoq un OArnTÎ' v :'v
- itiBjïiôimvi.'O'g îior "me a";.-.
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- LA MARINE
- L’EXPOSITION UNIVERSELLE D’ANVERS
- PAR .m - i(,
- M. JULES GAUDRY
- Les industries maritimes à l’Exposition d’Anvers, dont j’ai reçu mission de présenter le compte rendu, offrent un grand intérêt; non que ses spécimens soient nombreux et d’un principe nouveau, mais parce qu’ils sont typiques, c’est-à-dire qu’ils, caractérisent les tendances et systèmes actuels de la plupart des,, peuples d’Europe, non seulement pour la marine de guerre qiii subit en,jce moment de si profondes transformations, mais aussi pour la marine commerciale qui n’importe pa^môinS ànlâ!'puissance et à la sécurité de la nation, ce qui n’a plus besoin' d’être démontré.
- Les peuples qui s’appliquent aux .industries de la navigation n’ont pas tous exposé à Anvers : Il n’y a rien de la Russie qui a, dit-on, une magnifique marine de guerre,et d’importantes entreprises de navigation fluviale, ni de la . .Suèdq.dont les constructions sont si originales et si soignées, ni de l’Autriche qui a sur le Danube et ses affluents une batellerie considérable et qui vient de faire à Trieste un port des plus perfectionnés, ni de l’Espagne qui a deux grandes Compagnies transatlantiques protégées à tout prix par son gouvernement, ni de.~ la Suisse dont il ne faut pas rire, car elle a sur ses lacs des flottilles nombreuses très réussies et elle a deux ateliers qui excellent à construire pour l’étranger
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- les instruments de navigation. Il n’y a rien non plus à Anvers des Etats-Unis, la seconde des puissances maritimes du monde, et dont les navires ont un caractère tout spécial, ni du Mexique qui veut aussi être une puissance maritime et fait concurrence aux Compagnies d’Europe avec de très beaux navires de construction anglaise.
- La Belgique, la France, l’Angleterre, l’Italie, la Hollande, l’Allemagne nous montrent seuls à Anvers, tout au moins, des modèles et plans de leurs constructions navales propres à nous préciser les systèmes actuels et l’état de la science.
- 1° BELGIQUE
- Commençons le compte rendu par les Belges, nos hôtes (1). Us nous ont d’abord fait visiter leur port d’Anvers, dont nos collègues Hersent et Couvreux, entrepreneurs français, sont sur le point d’achever les derniers grands travaux, notamment les 3 kilomètres de quai sur l’Escaut si ingénieusement fondés sur caissons de tôle.
- Les Français qui ont conçu et commencé un port à Anvers au début de ce siècle et qui ont entrevu son grand avenir, ne s’étaient pas trompés. Il nous a été donné d’étudier à Anvers le port de commerce accessible à toute heure de marée, le mieux compris et outillé, le plus intelligemment administré (2), sans ces abus de bureaucratie qui font en d’autres lieux le désespoir des marins.
- Le port d’Anvers est par excellence le port international ouvert à tous les pavillons; mais où celui de la Belgique jouit en même temps, sinon, de faveurs spéciales, tout au moins d’appui et de sympathies locales qui devraient servir deleçon à-certaines Chambres de commerce prêtes à inviter tout d’abord les étrangers, prétendant que le pavillon national viendra toujours chez lui forcément.
- (1) On ne peut se rappeler le voyage que la Société des ingénieurs de France vient de faire en Belgique sans' avoir besoin d’exprimer la reconnaissance pour les réceptions distinguées et parfois triomphales qui nous ont été faites et pour, ce libéralisme qui est une des gloires de la Belgique, avec lequel nous, avons été admis à étudier tout ce qui pouvait nous instruire.
- (2) Un commandant de paquebot espagnol nous disait : « Je fais en 3 jours à Anvers les manœuvres qui me demandent 8 jours au Havre. Je ne vais que lorsque j’.y suis forcé, chez les Anglais, avec lesquels le libre échange n’est eu fait qu’une illusion. J’aime beaucoup les Français, mais je ne vais dans leurs ports que lorsque je ne suis pas pressé.
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- An point de vue de l’outillage et de la simplicité des rouages administratifs, Anvers nous a £aru aussi une grande leçon : Les Belges, qui veulent se donner des ports, ont commencé, comme les Italiens à Gênes, par ne faire que celui d’Anvers où ils ont consacré toutes leurs ressources. Les derniers grands travaux auront duré 3 ans et c’est seulement aujourd’hui que l’œuvre peut être considérée comme achevée et propre à satisfaire pour longtemps aux besoins présents et futurs de la marine, qu’ils pensent à créer d’autres établissements.
- Je crois être l’interprète de nos camarades du voyage en Belgique, en formulant le vœu : que la France consacre pareillement les crédits de ses budgets et l'activité de ses chantiers à compléter, au plus vite et avec ampleur de prévisions, un petit nombre seulement de poids principaux, au lieu de travailler, comme il se fait en ce moment, sur 52 places de nos plages dont aucune ne pourra offrir avant 10 ans le port perfectionné qu’attend la marine moderne; sinon la loi récente sur la marine marchande n’atteindra qu’im-parfaitement son but et la France, avec son beau matériel naval de créatiqn récente, ressemblerait à un réseau de chemins de fer bien outillé de locomotives et de wagons, mais qui n’aurait pas de gares.
- L’outillage du port d’Anvers, que l’administration locale nous a fait visiter en détail, est le même que celuFqui abonde en Angleterre, au petit port de Leith, comme à Londres et à Liverpool, et qui active si merveilleusement les manutentions aussi bien dans les ports que dans toutes gares de chemins de fer. Ce sont les ponts, grues et treuils, généralement actionnés automatiquement suivant le principe hydraulique d’Armstrong. Ce sont les gigantesques appareils élévatoires, pour mater et réparer les navires, enlever les chaudières de steamers, charger et décharger les plus lourds fardeaux.
- On a fait spécialement manœuvrer sous nos yeux, sans avis, préalable, nous a-t-il été assuré, le grand appareil élévatoire qui a monté en 8 minutes, à 40 mètres de haut, une charge de 100 tonnes. Puis, ensuite, un pont long de 48 mètres qui, en une minute et demie, s’est effacé pour donner passage aux navires et pareillement, en une minute et demie, est revenu rétablir la circulation de la rue. ; w
- Bull. , 42
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- Tous ces instruments d’exploitation maritime sont, à Anvers, si nombreux, si bien distribués sur les quais, que les navires n’ont presque pas besoin de se déplacer pour venir les trouver ; de même qu’il n’est pas besoin d’aller laborieusement chercher, soit; ; la permission d’emploi, soit-le mécanicien de servicey A*:, ï!
- Ce qui impressionne également dans la visite du port d’Anvers, comme dans les grands ports anglais, ce sont des quais magnifiquement spacieux, remplis de voies ferrées, avec locomotives spéciales prémunies de toutes manières contre le danger d’incendie, lesquelles vont:partout, jusque dans les docks, pourvus eux aussi, d’élévateurs, de treuils et des rails.
- Le port tout entier d’Anvers semble une immense gare de chemin de fer largement reliée à tout le: réseau continental, avec de telles combinaisons de services et de Tarifs, qu’entre autres' exemples, nous pouvons citer celui d’un de nos )^constructeurs de machines, qui charge dans sa cour sur wagon, : transborde dans le navire d’Anvers directement et expédie pour; Bordeaux, avec plus de facilité et d’économie que par toutes autres (voies, -bien qu’il soit moins éloigné de trois ports français. - " wdi jîinhigr-^ni
- De la marine belge, il y a peu à dire : d’après uni état officiel du fin décembre 1876, elle comprenait 48 navires - do > commerce, non compris les bateaux de pêche. Mais tous les peuples; envoyant à Anvers leurs bâtiments, le mouvement annuelrse totalisait, par plus de trois.umillions de tonneaux.. Depuis, les progrès^belges ont été considérables,, aussi bien pour le nombre des navires ;que pour le mouvement du trafic, sans que le premier ait, pris, sà‘beaucoup près, le développement du seconda-
- On ne nous a signalé que deux grandes flottes commerciales propres à la Belgique, celles de là ifed-.Star line et de la Compagnie Wcdfort. Encore croyons-nous que.j cersont plutôt deux compagnies étrangères (portant: pavillon belge, plus ou moins protégées et qui ont à Anvers leur tête de ligne et leurs agences.
- .- On nous a fait visiter un des paquebots de la Red-Slar Une, bien ;
- (1) Nous savons très bien que dans d;autres ports et gares que ceux de la Belgiqué e t' d’Angleterre, il y a des grues et des ponts du système Armstrong. Ils ne servent ni ne som demandés. Ce qui est. dit de la .multiplicité sous toutes formes et du libéralisme dqjfeqp-ëmploi, l’explique. L’armateur . aime mieux, s’en passer que , d’aller les trpuyiep; parois en, d’au très bassins, et, .cfaitendre qu’il, ait liberté, de s’en servir pra-tiqpèinën,LfbtpuS: ne parlons pas., des, indignes oppositions de .pQrie-faixiînpjio.poÜ-seurg^qu’qn.. n’a pas le courage de vaincre, ni,ide, certaines exigences,(fiscales .qui. rendënt inutiles ae magnifiques travaux.,. / xnwjtw -uoo u;r .ei,- v:
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- installé à la moderne- et de grandes dimon «ions avec machine Compound à deux cylindres; bon type, enmn mot, des paquebots ordinaires à moyenne vitesse pour transport de fret et passagers de toutes classes: ' ip
- Le Westernlmid est le plus nouveau et le plus perfectionné des paquebots- de la Red-Star Une; construit en 1883, par Laird, de Birkenhead sur la Mersey, il est entièrement en acier; il a 138 mètres de long, 14m75 de large, llm50 de creux, 6,000 tonnes de déplacement au tirant d’eau de 7m90. L’intérieur est divisé en quatre étages, plus les superstructures ordinaires et considérables du haut pont. Le navire est gréé, comme la plupart des: grands paquebots modernes, avec quatre mâts et deux-cheminées. La machine, du type pilon Compound à deux cylindres, peut fournir une puissance motrice de1 6.000 chevaux, limitée ordinairement à 4,000 chevaux nets indiqués-. '
- La Compagnie Walfort a;d’autre part, à Anvers un matériel considérable et un très vaste réseau de lignes sur toutes directions. Ses relations-, sont surtout très développées avec l’Espagne.
- La navigation fluviale et celle des canaux sont importantes en Belgique. i Ce que nous-savons de la batellerie qui les exploite ne donne lieu :à: aucune,remarque. Les steamers pavoisés aux couleurs françaises1 et Relgesy^qui, sur la Meuse et sur l’Escaut, nous ont conduits • l’un >à Seraingql’autre k Villebroeck cheziMi de Naeyer (1), où nous a été faite une si magnifique réception, • datent de plus de trente ans ; cependant les machines'pourraient encore presque servir de modèle, si le principe Compound ou Woolf, qui leur manque, n’était aujourd’hui la loi générale, maya uh mmuoip;
- La Belgique construit des navires ode ' tous uordres jusqu’aux plus grands cuirassés, sinon pour sâ'pfopre"marine, au moins pour l’étranger, notamment, à l’heure actuelle; pour la Russie, et je crois pour l’Italie; mais, en ce qui concerne celle-ci,à l’état seulement de pièces détachées, car l’Italie est très fière de construire elle-7 même sa marine, comme au temps du consul Duilius, dont:onDa donné le nom au plus remarquable denses, cuirassés, cloisonnés. (l
- - mono; '*u :’f : b-1 ' - vo-v , i- ..vio-vi-pA']
- (1) Il est malheureusement hors1 de notre'Compte rendu de parler de Timmensb*' papeterie modèle deM.de Naeyèlyde ses ateliers accessoires et des institutions’W* bienfaisance'Organisées et dirigées pahM&damë de Naeyer, lesquelles ùdUsr dUPSi* vivement impressionné. Les ateliers de; construction rentreraient'presque'1 dUïiS'* nos études'maritimes par la fabrication des chaudières a évaporation ràpidé'tgéiifë0' Belleville) qui constituent 1 e système de Naeyer. "• •Jiiobae
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- Les Belges n’ont qu’un seul établissement de constructions maritimes, mais c’est celui de Seraing. (sur la Meuse, près Liège) que nous avons été admis à visiter avec une exquise courtoisie.
- On sait que c’est un des établissements les plus gigantesques du monde, où sont réunis les mines,, les hauts fourneaux et fours à coke, les forges et aciéries, les ateliers pour toutes sortes de machines, locomotives et marines comprises; enfin un immense chantier pour la construction des ponts et charpentes en fer, plus les habitations ouvrières, le tout réuni dans la même localité.
- Le compte rendu spécial qui sera fait sur ces immenses usines dira comme nous avons été impressionnés d’abord par les institutions moralisatrices et de bienfaisance qui abondent pour le personnel de tout grade, et ensuite par l’ordre et la tenue qui, d’ailleurs, paraissent généralement caractériser l’industrie belge.
- Il nous a été affirmé que cet ordre et cette tenue n’étaient pas autres que ceux de tous les jours et que les résultats économiques sont considérables.
- C’est une particularité de notre voyage très importante à constater, à propos d’un peuple qui, par le bas prix de ses produits, fait à nos industries une dangereuse concurrence et paraît avoir toute raison pour lui de nous demander le libre échange.
- Nous devions nous appliquer à étudier si ces bas prix belges avaient pour raison d’être un outillage et des procédés particuliers de travail. Il ne nous a pas paru que les systèmes et méthodes fussent différents de ceux de nos bons ateliers français.
- En ce qui touche spécialement la marine, à laquelle est consacrée à Seraing une halle de montage haute et vaste comme une cathédrale, nous avons cependant remarqué deux outils curieux appliqués à la fabrication des chaudières, en tôles épaisses et dont on fore les trous à rivets, au lieu de les poinçonner.
- L’un de ces outils est une batterie de foreuses multiples et articulées pour travailler ensemble sur place, en tout endroit de la chaudière, avec une grande rapidité.
- L’autre machine est une sorte de raboteuse qui découpe oralement les trous d'homme et ceux des tampons de lavage de ces mêmes chaudières.
- Nos constatations n’ont été ni bien accentuées ni même exemptes d’un peu de contradiction sur le fait, aujourd’hui capital en éco-
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- nomie industrielle, du même ouvrier conduisant plusieurs machines-outils, multipliant les couteaux tranchants, combinant leurs passes débauchage et de finissage, et dressant partout une pièce sur la même machine-outil autant qu’il se peut faire, surtout si elle est de celles que leur grandeur et leur poids rendent dispendieuses à manutentionner.
- On sait que c’est là ce qui caractérise les ateliers anglais, où l'ouvrier débite l’ouvrage avec tant de rapidité et finalement avec grande économie, bien que les salaires soient très élevés. C’est ainsi que nous avons vu chez Penn, à Greenwich, ajuster en 15 jours à quatre couteaux un arbre de machine marine, qu’on ne peut pas fournir autre part en un temps double.
- Quoi qu’il en soit, nous sommes revenus de Belgique avec la conviction que nos ouvriers ont à perdre bien désillusions, à modérer leurs exigences, et surtout à rendre leur production beaucoup plus active, s’ils ne veulent pas, étant les premières et plus intéressantes victimes, voir fermer les usines françaises écrasées par la concurrence étrangère, contre laquelle ils ne permettent pas la lutte, comme avaient disparu presque tous nos chantiers de constructions maritimes.
- Or, comme nous savons bien tous qu’il ne faut plus compter sur la protection douanière à outrance, c’est là une vérité déjà rendue évidente par les faits, qu’à notre retour du voyage en Belgique, nous ne saurions trop faire entendre à nous-mêmes et à nos collaborateurs, les ouvriers.
- Ces considérations d’ordre général ne sont pas étrangères à notre compte rendu de l’exposition maritime, car c’est la construction même des machines marines à Seraing qui nous les a inspirées.
- La fonderie de ces usines nous a fourni un spécimen curieux de l’habileté et de la patience des ouvriers c’est une machine marine où les deux cylindres, le condenseur, la base et les bâtis, tout l’appareil, en un mot, est coulé d’une seule et même pièce d’une .très belle venue; il va sans dire qu’on ne nous a montré là qu’un tour de force de moulage pour l’exposition., sans aucune idée d’application courante. t
- Quant à la grande machine de Seraing, à l’exposition d’Anvers, c’est l’une des deux jumelles dïun grand cuirassé russe à deux
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- hélices, dont la coque est en construction aux chantiers d’Hoboken,. succursale que la compagnie de Seraing possède sur l’Escaut en aval d’Anvers. ! - ; 1
- Suivent les principales dimensions du navire, appelé Tchesma :
- Longueur ..........................................95m
- Largeur............................................21m
- Déplacement. ......................................8500 tx
- Puissance motrice indiquée......................... 9,000 ch.
- Vitesse demandée...................................15 nds.
- Hélice-diamètre............. .................. . 5m40
- Pas.............. 1.. . . . . . .'"V . 5ra60
- Nombre de tours par minute. V : : .ij!. . ’. . 90 u
- Cylindre diamètre H.’P.' . . ’. '''! . ".’ V1. . lm70
- ' ' B. P. . . . . V'.' . 7lV'i:l A 2m10
- Course...............................’ '. lm145
- Chaudières : nombre..................... .;'.aa . n. 14.
- Surface de grille totale .'. . . . . . . -1. fdumn;:. 100ma
- Surface de chauffe id................'. -vA aAo ^ 3,035m(ï:
- Pression au manomètre...................v.» 6k , 68
- On remarquera, dans ce tableau, la rapidité des mouvements imprimés à la machine par les 90 tours, correspondant à,mue, vitesse de 3m43 par seconde pour le piston, dont la course est réduite à lnv14. C’est le système opposé à celui de nos grands paquebots de-dernière construction, où' la course varie de lm70 à lm83 avec une rotation de 55 à 60 tours.
- Quant à la puissance motrice,, la notice distribuée à l’exposition dit qu’elle pourra être poussée jusqu’à 11,280 chevaux.
- Nous ne connaissons pas le tirant d’eau du Tchesma. Les diverses marines en font un peu mystère, car il s’agit aujourd’hui, en guerre navale de ne plus rester en ces grandes profondeurs, oùï!on a été forcément tenu dans les dernières expéditions. Il nous a paru que le tirant d’eau d’environ six mètres, assez général en de moment, était à peu près celui du Tchesma.
- "Bien que la machine du Tchesma soit la plus importante de fëxpô'sitioiff1 d’Anvers, nous pouvons1,nous dispenser' dé? la1 décrire et d’en reproduire le dessin qu’on a bien voulu envoyer( à la.
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- Société des, ingénieurs .c’.est» un spécimen du type aujourd’hui classique dit r Compound Vertical sur colonnes, à trois cylindres sur la même ligne, les manivelles conjuguées à |120 degrés, le. cylindre du milieu étant celui qui le premier reçoit la vapeur à haute pression, laquelle se déverse dans les deux autres cylindres dits à basse pression.
- C’était le type du grand appareil du Creusot à l’exposition parisienne de 1878 et du modèle anglais de Penn au même concours international. C’est le système ordinaire de notre Compagnie française des Messageries maritimes et de plusieurs des grands paquebots anglais de construction récente, notamment YUmbria, le nouveau grand coureur de la Compagnie Cunard. fV
- 11 est l’opposé du système Woolff proprement dit, à cylindres superposés, qui est celui de la City of Rome et de l’Orégon, et que nous allons retrouver dans nos paquebots de la Compagnie transatlantique française.
- La machine marine de Seraing qui est exposée est très soignée, comme isa jumelle que nous avons vue en montage aux ateliers. Elle est en outre très bien disposée et dégagée pour la visite et les soins à donner en route ; ce qu’il faut louer, car il n’est pas rare que les machines marines soient une inextricable forêt de tiges dont/on ne peut approcher pour serrer un joint ou tâter mr coussinet, sans être forcé de stopper.
- On remarque également que les poids des pistons et bielles sont équilibrés avec soin par ceux des pompes a air qui fonctionnent en sens contraire, par l’intermédiaire de. balanciers, en vue de neutraliser des actions perturbatrices bien connues, ce qui cependant ne se fait pas toujours, au grand préjudice du jeu facile et économique, et de la douceur de mouyement des machines.
- A l’exposition d’Anvers, il était très intéressant de voir fonctionner le grand appareil du Tchesma, non par la vapeur, mais par pression d’air que fournissait une de ces belles machines soufflantes, système vertical bien connu de Seraing, qui était exposée à .côté de la machine marine. Cette soufflerie,, l’une des plus .grandes ,dp son, type,,, était, comme t le Tchesma,-- construite pour : U RussÂenqui fait aujonrdjhui ses fers comme, presque, tous les peuples, ..et 7qni a exposé aussi à Anvers ses combustibles^ et. ses mineraisqv
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- Pour cette même nation, les établissements de Seraing avaient aussi construit, dès 1884, de nombreuses canonnières blindées.
- Tant pour la Belgique que pour divers peuples, nous comptons un grand ensemble de bâtiments de guerre et de commerce, desquels on peut conclure que l’établissement de Seraing figure parmi les grandes entreprises de constructions maritimes d’Europe.
- A l’exposition d’Anvers était une autre machine marine de cette maison : Compound proprement dite, à deux cylindres inégaux, montée comme la précédente, verticalement sur colonnes, appareil de 800 chevaux destiné à un de ces navires de transport qui, sous le nom de Cargoboat, constituent l’outil économique de la marine moderne et rendent impossible avec lui la lutte de l’ancien outillage maritime.
- 2° FRANCE
- On sait qu’à Anvers l’exposition française, non seulement était considérable, mais qu’elle a été rarement aussi choisie dans toutes les industries, avec cette sincérité et ce libéralisme que nous avons admiré chez les Belges.
- La France a onze grandes entreprises de transport maritime et huit principaux établissements de construction, non compris ceux de l’État. Mais en comptant les établissements des Messageries maritimes à la Ciotat et ceux de la Compagnie transatlantique à Saint-Nazaire, qui n’ont guère encore travaillé que pour leurs propres besoins.
- Bien que la plupart de ces établissements soient puissamment outillés et qu’ils n’en soient plus à faire leurs preuves de bonne et rapide production, on va voir qu’ils sont bien peu nombreux comparativement à ceux des Iles britanniques, lesquels sont en outre presque tous merveilleusement favorisés par leur situation, mais surtout, comme, à Seraing, par la réunion au même lieu de toutes les industries principales et accessoires qui intéressent la construction maritime, à commencer par les forges spéciales pour les tôles et membrures. Celles-ci ont les laminoirs et les fours toujours prêts à fonctionner aussitôt la commande, si les magasins ne sont pas à l’avance
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- •approvisionnas suivant les types consacrés et pour ainsi dire classiques, dont les Anglais ne sortent que rarement ('! ).
- Bien contraire a été jusqu’ici la situation des chantiers français n’ayant pas de forges spéciales en travail courant et où nous avons eu à attendre les fers jusqu’à 6 mois.
- Si nous devons nous féliciter de voir nos chantiers et ateliers maritimes se compléter en améliorant leur situation, ne faisons cependant pas des vœux pour qu’ils se multiplient et s’accroissent, puisque le nombre est déjà plus que suffisant pour nos besoins et qu’ils ont déjà peine à assurer le courant de leurs travaux.
- De nos établissements de constructions maritimes, trois seulement ont exposé à Anvers, savoir .-notre collègue Claparède, la Compagnie générale transatlantique et la Société des forges et chantiers de la Loire.
- La section française contenait aussi, à l’usage des navires, des appareils d’armement de toutes sortes, sur lesquels nous regrettons de n’avoir pas pu recueillir des renseignements, car toutes .cette machinerie secondaire de la navigation a pris une grande importance et elle constitue des industries spéciales considérables.
- Les bâtiments de guerre et de commerce ont d’abord le guindeau ou grand cabestan, les ancres et tout leur attirail mécanique, les treuils, au moins quatre par grand navire, pour toutes sortes de manutentions et manœuvres,dont le mécanisme actionne en même temps les pompes à incendie, à nettoyage et épuisement de voie d’eau.
- Viennent ensuite, pour la machine et lès services divers, une multitude de pompes et autres engins ; puis, fes élévateurs à escarbilles et ceux des offices, etc. ; les installations de timonerie avec seruo-moteur, mécanisme de gouvernail, frein, drosses, axiomêtres, transmetteurs d’ordre à répétition, les compas et boussoles.
- L’éclairage électrique existant aujourd’hui sur tout navire soigné a sa machinerie et son puissant moteur; le chauffage et l’aérage ont leurs ventilateurs, une tuyauterie de longueur kilo-
- (1) On sait que les dimensions réglementaires et consacrées des navires qu’on veut faire garantir par la cotte et assurer sont consignées a la publication du Veritas et du Lloyd.
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- métrique et une multitude de^yalves. Il y a les signaux et phares à feux de nuit. y-, ,, :
- t; . Enfin les navires de guerre ont toute leur machinerie pour la manœuvre automatique des canons, de leur, ^culasse., mobile, de leur charge, de leurs tourelles tournant comme nos tapies tournantes de chemins de fer, tantôt par la vapeur, tantôt par la pression hydraulique.
- Et le jour n’est pas loin où la plupart des manœuvres de la mâture et le chargement des foyers de chaudières se feront mécaniquement avec le personnel le plus réduit à bord.
- Voilà toute la machinerie secondaire du navire, dont nous voudrions pouvoir entretenir la Société des ingénieurs, autant pour appeler de nouvelles études que pour signaler les travaux des habiles spécialistes existant non seulement en Angleterre, mais aussi en France, tels que Caillard et Bossièrei duf Havre, Stapfer de Marseille, Farcot, notre collègue de Paris, l’auteur des études sur les servo-moteurs, et autres. 1 'M 1>
- Très intéressante aussi serait l’étude du matériel de la Com-
- pagnie de sauvetage à l’aide duquel s’accomplissent dans nos ports presque chaque jour de si héroïques dévduèmen!ts'.uuu la' ’
- Mais obligés de nous concentrer au 'principal matériel naval exposé à Anvers, nous nous occuperons d’abord des produits de notre collègue Claparède, qui a eu un diplôme"' d’honneur. Sa grande double machine a été appelée l’un des clous 'dé- l’exposition d’Anvers, non seulement parce qu’elle est le typé1‘du moteur des nouveaux grands cwiso-éclaireurs à deux hélices et à faible tirant d’eau de la marine française, mais aussi parce que tout était montré au complet, à Anvers, comme-il sera dans l’installation à bord, en boxes distinctes,chaque appareil pouvant fonctionner indépendamment des autres, ^avariés par projectiles ou autrement: par exemple, la chaudière de bâbord avec le mécanisme moteur de tribord ou inversement. Les condenseurs, leurs pompes, les ventilateurs, tant ceux !qui soufflent les chaudières que ceux qui assainissent le navire, ont pareille indépendance. Un plan indiquait à Anvers le cloisonnage du navire et le curieux réseau de la. tuyauterie. ,, Comme système, ce sont deux machines Compound horizontales sous la ligne de flottaison, qui se regardent et qui ont le mouvement" et la^distribution hle "vapeur dés IbcomotiVeSvh n^h'tltb'
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- Nous sommes dispensés de décrire plus amplement cette machine et d’en donner ici le croquis ; le journal hebdomadaire anglais VEngiheer, s’èn est chargé dans ses numéros 1554 à' 1556 du mois d’octobre 1885, auxquels il suffît de renvoyer, en relatant simplement les dimensions principales.
- Puissance motrice ordinaire.................... 1.700 ch.
- _ , r , ( H. P............ . 0m60
- Diamètre des cylindres . ^ ^ ,
- Course commune......................... 0n’50
- Nombre de rotations par minute . . . .160
- Surface condensante . . . . . ; .... . .. 280m2
- Surface de chauffe . . . . . . . ... . . . 328m2
- Surface de grille-. . ^ . . . . :. . . .. . ... 8m2
- Pression manométrique1] i ..... .................6 kil.
- '.H.u> : r’i j. '-t.: . . •
- La machine a été prise sans choix parmi les douze semblables qui sont à livrer, sans aucune toilette d’exposition, sans même avoir ses enveloppes^ dont l’absence fait voir la sincérité du travail, et nous n’étonnons .personne en ajoutant que les résultats d’essai ont donné plus que les ( exigences du programme.
- Autour de la ,grande machine qui précède, la maison Claparède avait exposé à Anvers les dessins modèles et cartons de plans de quatorze types^de navires (1) de construction récente, tant aux ateliers de Saint-Denis qu’aux chantiers de Rouen. Nous passerons en revue les principaux. x , . ,
- 1° Le Gcigry, torpilleur de haute mer construit pour la Russie — à peu près le modèle de celui !qui a récemment traversé Paris. Ce petit navire a fait le voyage de Saint-Denis, près Paris, à Sébastopol, viâ Brest, Lisbonne, Cadix, Alger,-le Pirée, par de très mauvais temps, au milieu desquels il s’est comporté en bon marin, dit le rapport de l’officier. C’est là un» ,fait significatif pour ce nouveau système de navire, appelé à jouer un grand rôle dans la guerre navale. La planche 108, figures 1 et 2, représente le navire enu coupe extérieure et en coupe longitudinale, par l’axe.
- ; >3 "'nou v- . •'.niüuoü
- 1 ol ’J-'p : — •ip ni ruov
- (1) Les photographies de la plupart de ces types et la notice ont été déposées au secrétariat de la Société. 1 -, " -.y. -u jiterri
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- Suit d’abord la correspondance des lettres.
- a. Chaudière. Type locomotive.
- b. Machine Compound à trois cylindres.
- c. Ventilateur en forme de manche à vent.
- d. Tube à lancer la torpille.
- ,e. Torpille-Cigard de rechange.
- /'. Parallélogramme à charger la torpille.
- g. Compresseur d’air à lancer la torpille.
- h. Timonerie à servo-moteur abritée.
- i. Seconde timonerie dite du pont.
- j. Gouvernail d’avant, sous le navire.
- k. Gouvernail d’arrière, ordinaire.
- l. Bossoir ou potence de l’ancre.
- m. Treuil Guindeau.
- n. Stoppeur de l’ancre.
- o. Petits canons à tir rapide.
- La chambre d’équipage à l’avant, celle des officiers à l’arrière /de 9 à 16 hommes), les caisses à eau, à provisions, à munitions sont suffisamment indiquées dans le dessin, ainsi que la toiture .qui enferme la coque par dessus et en fait presque un bâtiment sous-marin.
- Les soutes à houille contenant douze tonnes sont latéralement 4e part et d’autre des machines et chaudières. On remarque la position de l’hélice en contre-bas, enfin le cloisonnement de la .coque 'avec sept murs étanches en travers.
- Restent à relater les dimensions principales.
- Longueur........................................39m
- Largeur.........................................4m10
- Greux ..........................................4 “95
- Déplacement en charge...........'...............75tx
- Hélice : diamètre...............................lm90
- Pas......................................... . 2m108
- Nombre de tours par minute..................340
- Vitesse.........................................18 n.
- Puissance indiquée.............................. 750 ch.
- Pression manométrique . ......................7k35
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- Cylindres, nombre Diamètres .
- O
- O
- 1. H. P. . ................0'n42
- 2. B. P................0m50-
- Course commune.............................. 0m38
- Surface condensante............................76m2
- Surface de chauffe.............................. 124m2
- Surface de grille.............................. . 2m240
- Poids de la machine............................8.500k
- — des chaudières........................... 10.600k
- — tout en ordre, machine, avec eau, mais
- sans le charbon........................ 24 tonnes-
- Un autre dessin de M. Claparède est relatif à un modèle à peu près analogue de torpilleurs qui sont en grand nombre dans la marine française. Le n° 1 a servi de modèle en 1873; les nos 51. et 52 ont réalisé une vitesse de 20nds31 et 20nds34, soutenue sans fatigue pendant l’essai réglementaire do trois heures. Le n° 39 a atteint près de 21 nœuds, soit l’une des plus grandes vitesses obtenues en mer et nous allions dire la plus grande quand on nous a affirmé que la marine italienne a un torpilleur, de construction anglaise, ayant donné 22nds46. Outre que nous ignorons dans quelles données de service, on s’étonne que l’événement, tout au moins bien propre à émulation, n’ait pas fait plus de bruit.
- L’exposition de M. Claparède, à Anvers, nous montre encore les types suivants :
- Les canonnières Lionne et Crocodile, à puissance motrice de 425-chevaux sont des types de service courant, ayant été reçus avec éloges aux essais.
- Le Lynx est un autre type de canonnières qui a été reproduit douze fois.
- Les avisos Bisson et Hussard, à machine de 700 chevaux, ont pour particularité leur service économique, leur légèreté de machine, 375 kilogr. par cheval, l’excellent aérage de l’intérieur et leur chaudière à tirage forcé.
- Les transports Saône, Drac et Prévoyant, les paquebots-poste des lignes corses , les beaux et puissants cargo-boats Neustria-
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- et Druentia étaient également exposés à Anvers par leurs, dessins, et ils prouvent qu’en France aussi, nous arrivons à ces élégantes formes de navires, où excellent les constructeurs anglais.
- Le Laborieux est un remorqueur à hélice, de 600 chevaux^ dont la vitesse en route libre, de 12 noeuds, demande une,,,consommation de 815 grammes de houille par cheval et par heure. D’autres remorqueurs de la maison Claparède sont à roues avec un ingénieux mécanisme pour rendre très rapidement les deux roues indépendantes, en vue d’accélérer les manœuvres.
- Le Laprade et Y Albatros sont des exemplaires d’avisos également à roues, types devenant rares. Ils ont été lancés à Saint-Denis en Seine et seront probablement les derniers navires importants qu’on verra mettre à l’eau aux environs de Paris, à cause des récents endiguements du fleuve.
- Il nous reste à signaler, dans l’exposition de Claparède, à Anvers, deux types qui ont un intérêt particulier.
- C’est d’abord la machine du croiseur la Nayade, triple Compound horizontale, avec distribution à soupapes, qui rappelle un peu dans son principe celle des classiques machinés ’ de Fl achat'Aiu chemin de fer atmosphérique de Saint-Germain A" lé' rapport de réception de la Nayade signale spécialement làAptomptitudëAià 'Aûreté et la facilité avec lesquelles se font toutes leS? manœuvres';'ce qui est d’une bien grande importance, surtout pèuf^les1 bâtiments de guerre. , ;
- La distribution à tiroir, dite en mouvement de locomotive, était devenue à peu près générale en marine, pendant qué’ les Américains persévéraient dans leur classique machine à clapets et que partout, dansides machines d’usine, on adoptait pour la distribution de la vapeur le joli mécanisme à clapets de Sulzer ou les valves tournantes de Corliss. La grande machine de la Nayade, par Claparède, va peut-être ouvrir la nouvelle voie à la marine et on peut dès à présent signaler comme particulièrement applicable, cette variété du principe Corliss, si remarquable de simplicité radicale et d’élégance, qui constitue. (le système Weelock, déjà connu, et mis, en France, en exploitation par notre collègue Quillacq, concessionnaire du brevet. - <i .
- ; Le -dernier type de navire remarqué dans l’exposition de M. Claparède, à Anvers, a surtout un intérêt d’actualité. C’est celui des
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- canonnières françaises dites dës:''rivières'*du < Tonkinp à’ tirant'(beau-de 50 centimètres.- l: ' ' • : 1 ' ‘ s • ; •
- La: plan ch e ' pré cité è la mohtr’é'en vue extérieure et en coupe longitudinale" par-Taxe . 11 •' ; ' ' ' ' '• • ' • ;
- C’est un ponton contenant les provisions et munitions, ainsi que les chaudières,' sur lequel' s’élève un vaste rouff ou sont la machine à' barrière, les chambres d’officiers d’équipage dans les meilleures conditions d’habitation.
- Le dessus du rouff est le principal poste de combat; il • est entouré et couvert d’an blindage d?acier suffisamment'protecteur contre les balles ennemies. ' - ••••'
- Une particularité1 cürièusè est: l’observâtoire également blindé que surmonte une'' tour oit -'cheminée dans ' laquelle on' monte pour arriver à l’observatoire où est uh canon revolver du1 système Hostchkiss. • •> . .a - ......
- Suit la concordance des lettres indicatives" des principales parties du bâtiment sur 'le' plan.
- Au-dessous, magasins de vivres, agrès et munitions.
- a. Chambre.-.des. machines.
- b. Quartier des .officiers.
- s •• i!î:•; u • •• •• •
- c. . Quartier, i( de l’é.quipage,
- d. Çhaqdièi:es,f 'type.j locomotive avec 2 cheminées, de . front.
- e. Magasins de, munitions.
- f. Puits et soute aux chaînes.
- g. Post.e blindé du commandant et timonerie.
- h. Observatoire,et mat de signaux.,
- i. Cheminée..d’accès avec échelons.,; i!r,
- Dans le navire et son armement "toùt est1 un-prodige de légèreté, sans préjudice de la solidité; ,.u;, -i
- Le propulseur est une paire dè;-rôties à Pamère, actionnées par l’intermédiaire d’engrenage à1 denta obliques' par une 5 double machine:à mouvements rapides,‘ type de locomotive. ! • : :
- Nous-devons ajouter que le singulier navire de M. Claparède n’est'déjà plus un type isolé : il s’en est-fait en-Angleterre'pour les1 rivi:ètesnpëü: profondes'dé -plusieurs de ses nombreuses' colonies ;• non seulement pour la guerre, avec tôlage protecteur, mais àuSSî avec pleines ouvertures 'latérales - pour service de transpàrt^èt d’ekplOtatiôh; !->' 1 '•
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- Quant au système de roues en arrière, il y a longtemps qu'il est adopté en France, notamment sur la Saône, qui avait sa Compagnie des mono-roues. Notre vieux maître Cave, dont Claparède est le successeur, a mis aussi ce système en pratique.
- Après la considérable exposition de la Société Claparède, mais dans une autre partie éloignée du palais d’Anvers, on trouvait les modèles et dessins de la Compagnie transatlantique et de la Société des Chantiers de la Loire.
- La Compagnie transatlantique, prochainement riche de soixante-dix paquebots, est une de celles qui ont puissamment contribué aux exigences des dernières expéditions militaires, et il suffirait des résultats effectués par ces flottes commerciales pour, s’il était encore besoin, démontrer quelle protection patriotique et populaire leur doit un pays. L’Angleterre, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie ne s’y trompent pas.
- Les paquebots de commerce, même ceux des services postaux subventionnés, ne sont pas faits pour le combat,comme le demande encore l’ignorance, mais ils font les transports d’hommes et de matériel avec cette rapidité et cette économie que réalise seule la pratique de l’exploitation commerciale ; ils peuvent en outre rendre de grands services comme éclaireurs, comme uhlcms maritimes, a-t-on dit, et on paraît se proposer de les armer au besoin en croisière ou en corsaires.
- On a donc eu bien tort d’en faire les ennemis de la marine de l’État. La nécessité est égale de part et d’autre pour la défense nationale, avec des conditions de service toutes différentes : sur le navire de guerre, il y a beaucoup plus de monde à bord qu’il n’est besoin pour les manoeuvres, parce qu’il faut prévoir la part du feu; l’art du commandant est moins de se presser et d’économiser la main-d’œuvre que d’occuper tout son monde pour le sauver de l’oisiveté. Sur le paquebot de commerce, au contraire, la loi est de produire le plus de travail avec le maximum d’économie et de personnel.
- Le magnifique modèle que la Compagnie transatlantique a exposé à Anvers (modèle si complet qu’on peut étudier le navire mieux qu’à bord où on se perd dans son immensité), ce modèle, disons-nous, est celui d'un de ces paquebots postaux qui doivent être, comme
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- transporteurs rapides,les auxiliaires inévitables de la marine deguerre. Et on l’a si bien compris qu’on a été jusqu’à obliger la Compagnie à donner à ses navires les dispositions voulues et la consolidation pour les armer, au besoin, de sept canons de 140 millimètres, exigences dispendieuses du cahier des charges que nous relatons sans les juger.
- Pour la construction et l’entretien de cette nouvelle flotte, la Compagnie transatlantique (comme l’a fait précédemment, à la Ciotat, la Compagnie des messageries), a créé à Saint-Nazaire un établissement de constructions navales de première importance, qui dès à présent dispense des commandes à l’étranger, sans empêcher cependant de prendre à L’industrie privée proprement dite, non seulement les fers et autres matériaux, mais les grosses pièces de machines et même des navires entiers et complets.
- C’est ainsi que la Compagnie des forges et chantiers de l’Océan et de la Méditerranée à la Seyne, qui avait récemment rétabli après avaries, en l’améliorant sensiblement, le Charles-Quint, de la flotte d’Algérie, a eu la commande de deux des nouveaux paquebots, la Bourgogne et la Gascogne. Les deux autres, la Champagne et la Bretagne, restant aux établissements de Saint-Nazaire qui venaient de construire la Ville-de-Tunis, remettre à neuf le Saint-Germain, la France, le Saint-Laurent et autres, qu’on peut regarder aujourd’hui comme des navires neufs perfectionnés.
- Dans l’un et l’autre chantier], ces constructions ont eu d’abord pour particularité une rapidité d’exécution dont on ne croyait capables que les chantiers de la Clyde. Les commandes ont été faites vers la fin de 1884 et voici la date du lancement des quatre paquebots :
- l01' Champagne, le 15 mai 1885 ;
- 2e Bretagne, le 9 septembre;
- 3° Bourgogne, le 8 octobre;
- 4e Gascogne, le 5 janvier 1886.
- L’essai de réception aura lieu au printemps et, bien qu’il y ait eu retard de deux mois, par force majeure imprévue, sur laquelle il s’est répandu bien des erreurs, les quatre navires seront mis Bull. 43
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- en service à l’été prochain, soit vingt-deux mois après la commande.
- Les quatre nouveaux paquebots vont constituer la flotte à grande vitesse de la ligne de New-York, avec la Normandie, déjà en service et qui est connue de la Société des ingénieurs. Mais, depuis que nous l’avons visitée au Havre, elle a subi aux ateliers de Saint-Nazaire des retouches et perfectionnements. Elle a acquis de nouvelles qualités nautiques, et une des plus belles vitesses connues. Une des dernières traversées entre le Havre et New-York (1) s’est faite en sept jours et dix-neuf heures. Celle au départ du Havre le 21 octobre, s’est faite en huit jours une heure et dix minutes, emportant 272 passagers et 14,152 colis; le retour s’est fait avec 483 passagers et 11,843 colis en huit jours onze heures et 35 minutes.
- Il est remarquable qu’avec les données si variables de la mer, on soit arrivé à une telle uniformité de service ; on l’obtient d’ailleurs aujourd’hui avec presque la totalité de deux grandes flottes françaises, Transatlantique et Messageries.
- Le Saint-Germain, qui n’a relativement qu’une faible puissance motrice et qui a effectué, récemment un si beau voyage de transport au Tonkin, vient de faire mieux encore sur sa ligne ordinaire de New-York où il a gagné vingt-trois heures sur sa marche réglementaire.
- Les quatre nouveaux paquebots, dont le modèle était à Anvers, sont en plus grand et avec plus de puissance, à peu près la reproduction de la Normandie. Ce sont les mêmes formes de coque, mais avec plus de finesse ; c’est le même gréement à quatre mâts de tôle d’une seule pièce, dite à pible, et deux cheminées, celles-ci, sur les nouveaux paquebots, ayant forme elliptique, intérieurement divisée en quatre cloisons, forme déjà usitée en notre marine de l’Etat et aux Messageries maritimes.
- La disposition intérieure des nouveaux navires est la même que dans la Normandie. Aménagements de première classe vers le milieu, là où on souffre le moins des oscillations du navire. Puissent
- (1) Quand on compare les traversées des paquebots anglais et français, on oublie que nous les comptons toujours du quai du Havre au quai de New-*York, et non, comme souvent les Anglais, de Sandy-hook à Queenstown, à quoi il faut ajouter plus ,d’un .jour pour arriver en France avec trois transbordements. Il en est de meme dé certains tarifs dits réduits, qui laissent en dehors le service, le vin, le médecin,j.etc,, qui sont compris en bloc sur nos principaux paquebots français.
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- les nouveaux paquebots avoir la stabilité de la Normandie, dont ils dépassent la splendeur décorative et le confortable, étudiés avec des soins nouveaux !
- j ) * ' - ^ \
- On a dit qu’un paquebot postal de première classe est le grand Hôtel mis sur mer. D’autres l’appellent un Casino flottant. Rien ne manque en effet aux nouveaux transatlantiques : escalier monumental à cariatides' de bronze ; panneaux d’onix et d’émail dans les salons ; le principal de ceux-ci a une haute coupole vitrée et une multiplicité de hublots (fenêtres lenticulaires) ayant le diamètre inusité de 30 centimètres ; salle à manger pour 130 couverts avec fauteuils revolver en bois doré, permettant à chacun d’entrer et de sortir isolément, ce qui ne se peut avec les bancs classiques ; salles de bains et de coiffure ; pharmacie et infirmerie ; chambres, de luxe à large lit unique ; bibliothèque, boudoir de dames, quartier des enfants, fumoir, buffet, offices avec monte-plats ; cuisine avec tous appareils de cuisson à vapeur et appareil distillatoire; fabrique de glace à rafraîchir et à conserveries vivres; lingerie, buanderie, séchoir, boulangerie ; cages à bêtes vivantes venues des fermes spéciales cle la Compagnie.
- : I i 't '
- Enfin, signalons les soutes curieusement disposées, garnies et protégées pour les 'dépêches, le trésor, les poudres et artifices à signaux.
- Conformément àla méthode généralisée aujourd’hui, la Compagnie transatlantique a adopté l’éclairage électrique distribué dans tout le navire au moyen de 600 lampes dites à incandescence,, que chaque passager dans sa cabine règle, éteint, et,conserve^ à sa volonté. Le chauffage est fourni par tuyaux à vapeur.,;,; .q, *,ai,Y
- Pour la ventilation à tous les étages etudans toutes les chambres, on avait à choisir entre les ventilateurs jcomme ceux des mines et les tuyaux à pavillon dits manches -à vent qui dépassent le haut-pont. C’est ce dernier système qui a été adopté. Les nouveaux paquebots ont 57 manches à vent, dont 21 pour les chambres.
- En cas d’incendie et de voie d’eau, de même que pour tous besoins de service, il y a une multitude de pompes : 12 dans la machine, 8 sur le pont, toujours prêtes à fonctionner au premier ordre,
- Un système nouveau de suspension et de descente des canots déls.aiu vetage rend leur disponibilité très rapide et beaucoup plus siifp.h:0il fait fréquemment en voyage l’exercice de tous ces appareils de saü-
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- vetage, même celui des ceintures (1) à l’usage des passagers, afin de ne pas être pris au dépourvu.
- Enfin, comme sur la Normandie, dans le fond du navire est un Water-ballats de 750 tonnes, série de caisses étanches qu’on emplit d’eau à volonté pour faire lest et maintenir les meilleures conditions d’immersion pour le tirant d’eau et la stabilité du navire, quels que soient le chargement et son arrimage. Cette disposition, qui caractérise les Cargo-boats on navires à marchandises, semble aujourd’hui devoir s’appliquer à tout navire à voyageurs, afin qu’il soit moins sujet au fatigant roulis en cas d’insuffisance de fret ou défaut à.’arrimage.
- Les nouveaux paquebots diffèrent au contraire de la Normandie et même entre eux par plusieurs particularités. D’abord, ils ont une finesse de façons extrêmes surtout vers l’arrière, qui égale au moins celle du célèbre Per sia des Anglais et du Pêreire de notre marine française.
- L’avant et l’arrière du haut-pont sont, comme presque partout aujourd’hui, couverts d’une toiture arrondie dite Turtle deck ou pont en carapace de tortue (2), mais beaucoup plus développée et plus élégamment agencée, celle d’avant avec un brise-lames puissant dont les bons effets paraissent acquis par l’exemple de la Normandie.
- Dans celle-ci, le fera été généralement employé. Dans les nouveaux paquebots, on a adopté l’acier doux à 45 kilog. d’effort de traction. Le navire, plus léger, à égalité de solidité possède un tirant d’eau moindre, ce que recherchent aujourd’hui toutes les marines.
- Si les superstructures du haut-pont n’ont pu être épargnées, elles sont du moins bien ménagées.
- Les phares des feux de nuit dans leurs tourelles, les guérites des veilleurs au bossoir sont, ainsi que la timonerie réunis, à la passerelle de commandement, au-dessus de la chambre meme du capitaine, pour ainsi dire sous sa main et à proximité du carré des officiers ; le tout sous des formes harmonieuses dans l’ensemble des lignes du navire.
- Dans les deux paquebots de Saint-Nazaire, les murailles sont droites. Dans les deux du chantier de la Seyne, elles sont un peu rentrées par le haut.
- (1) On ne saurait trop recommander cet exercice en présence des passagers, particulièrement celui des ceintures qui, mal adaptées, ne sont qu’un danger.
- (2) Nous demandons au lecteur pardon de l’tmploi de tous ces mots empruntés aux Anglais, mais i's sont adoptés partout.
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- Les chaudières des premiers sont en tôle d’acier, et au diamètre de-5 mètres. Dans les seconds, ces chaudières sont un peu plus petites et en tôle de fer.
- Dans les quatre navires, les arbres de couche sont en acier, au diamètre de 676 m/m; pareils arbres en fer auraient 700 m/m. Les-arbres creux de Withwort sont peu employés en France. Dans les deux paquebots de la Seyne, les arbres d’acier viennent des forges de Saint-Chamond ; ceux des deux autres sont fournis par le Creuzot.
- Les machines offrent une particularité qui donnera lieu plus tard à d’intéressantes comparaisons, et aucune Compagnie ne pourrait mieux faire celles des divers systèmes de machines, car elle a dans sa flotte presque tous ceux qui sont usuels dans la marine commerciale, savoir :
- d° Quadruple machine horizontale du Lafayette pour deux hélices ;
- 2° Double machine pour deux hélices, forme pilon, à cylindres égaux, du WashingtQn, de la Ville-de-Brest et ses pareils ;
- 3° Compound proprement dite à deux cylindres inégaux, côte à côte, forme pilon, du Saint-Germain, du Saint-Simon, de la Ville-de-Tunis, du Fournel et de leurs pareils, très nombreux avec des variantes de détail;
- 4° Woolf à deux paires de cylindres, type Labrador, Ville-de-Paris et Saint-Laurent ;
- 6° Enfin : Woolf à 3 paires de cylindres de la Normandie.
- Un sixième système manque à la Compagnie transatlantique, c’est la Compound à trois cylindres, celui de la haute pression mis entre les deux autres à basse pression, type de la machine de Seraing précitée, qui constitue le système ordinaire des Messageries maritimes.
- Les machines des quatre nouveaux transatlantiques sont, en plus’ puissantes et sur treize mètres de hauteur, les mêmes que celles de la Normandie, c’est-à-dire Woolf à trois paires de cylindres sur la même ligne, les cylindres à haute pression mis en tandem au-dessus des grands cylindres à basse pression, chaque paire et même chaque cylindre pouvant être isolé au besoin.
- Mais, entre les quatre paquebots, il existe une différence carac-
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- téristique, qui, lorsque les résultats seront acquis, donnera lieu à de très intéressantes discussions.
- Dans les deux paquebots de Saint-Nazaire, la machine Woolf est disposée, par le jeu de la tuyauterie et de la distribution pour fonctionner à volonté, soit à double, soit à triple expansion.
- Dans ce second cas, la vapeur, à la pression manométrique de six kil., n’est introduite que dans l’un des trois petits cylindres du haut; puis elle passe dans les deux autres, chacun de même capacité, et offrant par conséquent un volume double à la détente delà vapeur,—puis enfin elle est déversée aux trois grands cylindres ensemble et de là aux condenseurs tubulaires. En cette triple utilisation d’un même volume de vapeur pris à la chaudière, la force totale développée serait de 6,500 chevaux.
- Pour la double expansion seulement, la vapeur des chaudières est admise simultanément dans les trois petits cylindres du haut, d’où elle est déversée par chacun, en dessous, dans son grand cylindre respectif. En ce cas., la puissance pourra être poussée jusqu’aux 8,100 chevaux voulus pour les grands efforts à certains jours. Ordinairement, en modérant l’introduction, en augmentant la détente, on pourra ne marcher qu’à la puissance suffisante de 6,500 chevaux. , t
- Les deux autres paquebots, qui sont ceux de la1 Seyne, auront seulement la faculté de la double expansion avec ' variation très étendue de l’introduction de vapeur et de la' détente!
- Sauf ces différences qui viennent d’être relatées et quelques autres minimes, voici les dimensions principales des quatre nouveaux paquebots transatlantiques, dont l’exposition d’Anvers nous montre le modèle :
- Longueur.....................................155,n
- Largeur......................................15m70
- Hauteur sous plafond du salon et cabines.... 2m60
- Creux........................................ilm70
- Tirant d’eau d’essai.........................7ra30
- Déplacement correspondant .................. 6,800 tes
- nnyitesse demandée aux essais . . . . . ... . 18 n.
- '’dPuissanee indiquée correspondante . .........8,100 ch.
- Diamètre d’hélice............................ . 7in
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- Nombre de révolutions . r-. .
- Diamètres de cylindres . | o g ' p
- Coursé commune...................
- Pression manométrique............
- Diamètre des foyers .............
- Nombre de foyers ................
- Capacité des soutes..............
- Surface de chauffe...............
- Surface de grille................
- 60
- lm07 2m03i lm70 i 6 k. lm25 36
- i ,850 mo
- 2,315
- 90mc[
- On espère que pour une vitesse de seize nœuds en service, la consommation ne dépassera pas 150 tonneaux par vingt-quatre heures, quand les machines auront bien leur libre jeu et que le personnel aura''acquis son expérience.
- La Société des Ateliers et des Chantiers de la Loire, qui a exposé ses modèles et dessins à Anvers, est, après la Société des Forges et Chantiers de la>Méditerranée et de l'Océan, celle qui possède en France les plus.;grands, établissements de constructions navales. Outre ses ateliers du Havre (anciens ateliers Nillus) et ceux de Nantes, elle a créé à Saint-Nazaire, à côté des installations de la Compagnie transatlantique, un immense chantier, avec un outillage généralement à pression hydraulique.
- Suivent les,.spécimens de la Société des Chantiers de la Loire exposés à Anvers : ce sont trois beaux modèles de navires caractéristiques, accompagnés de dessins très complets, savoir : le Milan, le Saint-Joseph et le Rio-Negro.
- 1° Le Milan, navire de guerre dit éclaireur d’escadre à grande vitesse, pour aller à la découverte de l’ennemi, est en même temps lui-même une très puissante arme de combat. La coque est en acier,*à tirant d’eau relativement très faible; il y a deux hélices et quatre machines Compound horizontales, deux de chaque bord pouvant être découplées et isolées. Elles sont assez analogues à scelles de Claparède qui précèdent. Les chaudières sont à vaporisation rapide, du système Belleville, ce qui (.constitue évidemment,! avec l’emploi de la haute pression à dix. kil., sa principale particularité. Le bâtinient est gréé en trois,,mâts-goélette, ‘avec deuxéchemi-nées et il est armé de cinq canons. H i-m ^iôrnrn i
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- Suivent les dimensions relatées en la notice de l’exposition ;
- Longueur.........................................921U40
- Largeur..........................................10m
- Creux sur quille.................................6.435
- Tirant d’eau.....................,...............4.60
- Diamètre d’hélice................................3.60
- Pas d’hélice.....................................3.90
- Vitesse aux essais............................ 18 n. 40
- Puissance motrice............................... . 4.100 ch.
- On nous dit qu’un croiseur, du même principe, mais d’une dimension jusqu’ici sans précédent en France, serait commandé au même constructeur. Il aura 118 mètres de long et 12.200 chevaux de puissance indiquée pour une vitesse voulue de dix-neuf noeuds aux essais.
- 2° Saint-Joseph, yacht de plaisance du marquis deX., appartement flottant fort bien installé. Les yachts de ce genre constituent, même en France, une classe assez importante de navires, généralement remarquables par le fini de leurs formes élégantes et leur grande vitesse. Le Saint-Joseph est gréé en goélette-latine, avec machine-pilon Compound ordinaire à deux cylindres inégaux, et deux chaudières cylindriques à deux foyers chaque. Suivent les
- dimensions :
- Longueur .......................................52m
- Largeur.........................................7m20
- Creux sur quille................................4m70
- Tirant d’eau (arrière). ........................3ra80
- Puissance indiquée.............................. 700 ch.
- Vitesse de service.............................. 13 à 14 n.
- 3° Le Mio-Negro a un double intérêt: d’abord comme oeuvre réussie des chantiers de la Loire; et ensuite parce qu’il représentait à Anvers l’importante Compagnie des Chargeurs réunis, lignes du Brésil et la Plata, ayant leur port d’attache au Havre où un bassin entier leur est affecté.
- Sà flotte, on peut dire entièrement construite en France, se compose en ce moment de 26 paquebots jaugeant ensemble 54,000 tonneaux, avec une puissance collective de 25,000 chevaux.
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- Le Rio-Negro, construit parles chantiers de la Loire, est précisément celui dont, au voyage de la Société des ingénieurs au Havre, les honneurs nous ont été faits par le directeur, M. Poudavigne, qui nous fit une intéressante conférence sur son projet de perfectionnement du port.
- Depuis notre visite, le Rio-Negro a transporté en 30 jours 1,300 hommes de troupes au Tonkin, et Y Uruguay, son frère de chantier, vient à son tour d’être réquisitionné par le gouvernement pour un service analogue.
- Le Rio-Negro est un paquebot mixte à trois étages et pont supérieur, dit spardeck, avec grand rooff-salon sur l’arrière, une teugue à l’avant, belles installations pour quarante passagers de cabine et cinq cents émigrants ; gréement de brick, dont les deux mâts, dits à Pible, sont d’une seule pièce en tôle — système presque partout remplaçant aujourd’hui les anciens mâts à plusieurs pièces de bois rapportées ; machine Compound verticale à deux cylindres inégaux; quatre corps de chaudières marines ordinaires, mises en long sous une même cheminée. Suivent les principales dimen-
- sions :
- Longueur........................................106m
- Largeur........................................ . 12m20
- Creux sur quille . ........................., 9ra45
- Tirant d’eau....................................6m30
- Tonnage en douane...............................2.200 tx.
- Puissance indiquée.............................. 1.800 ch.
- Vitesse de service..............................13 nœuds
- 3. ANGLETERRE
- Les Belges, qui ont si courtoisement proclamé qu’ils devaient à la France une bonne partie du succès de leur exposition d’Anvers, ne doivent pas être trop satisfaits des Anglais, notamment pour les industries maritimes. Cette nation, qui compte à elle seule autant de navires et plus de constructeurs que le reste du monde réuni, n’avait relativement qu’une très minime exposition maritime à Anvers : aucune machine marine, alors que les transports étaient cependant exceptionnellement facilités par
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- la possibilité d’embarquer à l’atelier même, presque toujours situé, en Angleterre, sur un rivage, et de débarquer à l’exposition même d’Anvers.
- Aucune indication sur le chauffage au pétrole qui paraît à la veille de se généraliser dans la marine, et dont on se promet de grands résultats économiques par la simplification du service, la réduction du personnel et la diminution du poids et du volume des approvisionnements.
- Non plus aucune indication sur la marine de guerre que l’amirauté britannique est en train de transformer, parait-il, sur des données nouvelles, et qui vient de commander d’un -seul coup, à l’industrie privée, 32 navires de guerre, plus 22 torpilleurs, lesquels, entre autres particularités, seront tous éclairés à la lumière électrique et pourvus de très énergiques appareils de ventilation.
- Suivent quelques renseignements qui nous sont parvenus sur l’un de ces nouveaux grands bâtiments : la coque ai.03m63 de long sur 21m34 de large et 8,31 de tirant d’eau pour un déplacement de 10,300 tonneaux; trois ponts complets et deux «ponts partiels forment six étages. Le pont supérieur est entièrement libre. La machine est à triple expansion, système pilon vertical, pour 8,300 chevaux de puissance, correspondant à une vitesse de seize nœuds et demi. Les huit chaudières sont réparties en quatre^ chambres distinctes sous deux cheminées placées de front ; la pression mano-métrique serait, affirme-t-on, de 34 livres (quatre atmosphères), ce qui serait bien opposé au principe des très hautes pressions, qui se généralise au contraire en France.
- L’armement du cuirassé anglais est formidable : outre douze puissants canons en batterie et deux lance-torpilles, il y a dans les hauts, sous coupole, à cuirasse de 437 millimètres, trois canons monstres, comme ceux que nous allons voir dans la marine italienne : ils pèsent 110 tonnes et ont treize mètres de long ; le projectile a 900 kilogrammes de poids, 412 millimètres de diamètre, 624 mètres de vitesse initiale, et il parait qu’aux essais il a crevé, à un kilomètre de distance, un blindage de 730 millimètres, eh Toutes ces puissances de dimensions seront, paraît-il, dépassées dans-1 e Polyphemus. ; .m « .: mum
- o L’exposition d’Anvers ne contenait,mien de ces intéressantes données, sur. ,1a marine militaire des Anglais. Elle n’était guère mieux
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- favorisée- pour leur marine commerciale et postale, alors que le praticien espérait voir au moins les modèles ou dessins de YOrégon, qui a pris à Y Alaska son nom de lévrier de l’Océan ; de YUmbria, le nouveau grand coureur de la. compagnie Cunard, avec 13,000 chevaux de puissance motrice; de Y America, dont notre collègue Mallet a fait ressortir les conditions économiques; du plus grand steamer existant, la City of Home, aux trois cheminées et aux formes élancées, comme celles d’un yacht; non plus que les autres paquebots qui font en ce moment l’orgueil.de la marine anglaise, avec juste raison.
- C’est à Y Exposition clu travail à Paris, et non Anvers, qu’il a fallu venir pour voir deux modèles de la Palmer s Steel Ship Building C,J à Jamnv-on-Tyne : celui des nouveaux transatlantiques italiens, dont il sera parlé au compte rendu de l’exposition d’Italie, et un autre modèle de Palmer, qui mérite la plus vive attention; c’est le grandiose projet de paquebot à vitesse de 19 nœuds 1/2 et dont voici les principales dimensions d’après l’inscription attenante au modèle :
- Longueur
- Largeur.
- Creux .
- Puissance motrice ....
- .P 7 ' ' ( HP
- Diamètre de cylindre
- J ! BP
- Course commune ....
- 137»' » 19 46 11 58
- 13,000 chev. im 25 2 30
- On remarquera que le bâtiment proposé diffère (des derniers grands paquebots postaux, en ce qu’il est! plus (.ramassé. Sa longueur étant ramenée à 137 mètres , alors qu’on va au delà de 160 mètres; la largeur étant au contraire (portée i à près de 20 mètres, ce qui n’est pas inusité en marine militaire, mais sans autre précédent en marine commerciale que celui du fameux Great-Eastern, qui est resté à peu près un navire mort-né; a.
- La particularité caractéristique du projet Palmer est qu’il est surmonté d’un haut-pont complet, monté sur^colonnettes affleurant la muraille du navire et laissant en dessous un vaste -promenoir, autour d’un grandi rouf.1 Ce haut-pont est presque entièrement libres et" dégagé de ces superstructures élevées parfois
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- en double et triple étages sur plusieurs des paquebots modernes,, lesquels étonnent et inquiètent les vieux marins habitués à la correction des lignes des anciens navires.
- L’historique de cette accumulation d’étages et de superstructures n’est pas sans intérêt, et elle résulte des exigences sans cesse croissantes des passagers, qui ne veulent plus des étroits emménagements du passé.
- On a vu, par la description ci-dessus de nos nouveaux transatlantiques, tout ce qui compose le paquebot postal actuel. On ne pouvait descendre le navire dans l'eau, c’est-à-dire augmenter son tirant d’eau, qu’on s’attache au contraire à réduire, grâce aux constructions en acier. La longueur de 160 mètres et la largeur de 16 mètres sont bien près d’être des limites pratiques; il n’y avait donc plus qu’à gagner par les hauts, ce qui n’est pas sans danger de verser dans les grands roulis; bien que cette élévation du centre de gravité ait rendu plus doux et moins fatigants les mouvements de retour du navire à son assise normale sur les vagues.
- Ceci posé, les anciens navires modèles, comme le célèbre Persio: des Anglais et le Perdre de notre marine française, eurent sur Vuper-deck classique un long rouf contenant les salons, offices, chambres d’officiers et coupole des machines, etc.
- Puis, ces navires à rouf étant devenus aussi redoutés qu’ils-avaient été en faveur, on les a couverts d’un toit protecteur dit spardeck, d’abord assez léger; il est devenu ensuite un pont complet, un étage de plus, ne portant qu’un petit nombre de roufs indispensables et séparés, n’offrant que des surfaces insignifiantes aux coups de mer et laissant le haut-pont aussi libre et dégagé que possible.
- Tels furent le Shannon des Anglais et Y Adrialic (1) de la Compagnie américaine, qui venait au Havre avant l’existence de notre Compagnie transatlantique . La Société des Ingénieurs, en sou voyage à Anvers, a vu ce célèbre et vraiment magnifique navire, non plus sous sa forme primitive de steamer, mais à l’état du plus beau voilier qui existe peut-être.
- Le Labrador et ses pareils de notre marine française sont de
- (I) Le steamer Adrialic a été décrit dans une notice à la Société des Ingénieurs en 1855.
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- même du type dit paquebots à spardeck proprement dits, que les marins considèrent souvent comme l’idéal du paquebot stable, sûr, pratique à tous les points de vue étayant, aussi peu qu’il se peut faire, à redouter les coups de mer.
- Mais on a eu de nouvelles exigences, en même temps qu’on retrouvait la nécessité de protéger tout ce qu’il fallut installer sur le nouvel étage n’ayant plus de spardeck que l’ancien nom; alors sont venus, de nouveau, les grands roufs pour le fumoir, le salon dit de conversation, la belle coupole au-dessus de la salle à manger, le carré des officiers, etc. ; en même temps qu’on couvrait l’avant et l’arrière du navire par les teugues dites turtle-deck. On a relié le tout par un nouveau pont incomplet, qu’on appelle le pont-promenade ou terrasse, et finalement celui-ci a reçu encore des superstructures.
- Dans le projet Palmer, il est devenu un nouvel étage, un nouveau pont complet presque entièrement libre et dégagé, comme dans le Labrador précité, avec la rectitude classique des lignes. Presque tout ce qui est superstructure ordinaire a trouvé place en •dessous à l’abri des coups de mer.
- Les renseignements que nous , avons recueillis sur les établissements Palmer , ont achevé de nous révéler l’incomparable puissance des constructions navales en Angleterre. Nous avions peine à croire que le colossal établissement d’Elder, sur la Clyde, eût des analogues (1).
- Puis, nous avons connu les chantiers de Barrow qui nous ont fourni en France la Normandie. Mais voici les indications que nous recueillons sur les établissements de Palmer, .comprenant, comme à Seraing : mines, fourneaux, forges, laminoirs, ateliers et chantiers; ils couvrent 30 hectares de terrain ayant 1,120 mètres de
- (1) La maison Elder, qui a fourni la plupart des paquebots anglais les plus •célèbres, n’en compte que peu, au contraire, en France, dans cet effectif naval que l’erreur législative avait forcée de demander à l’étranger.
- Cet immense établissement, où nous avons vu les quatorze cales de construction occupées par des navires en montage, est loin de représenter à lui seul ia puissance de production de la contrée.
- Les vingt-un constructeurs réunis de la Clyde, depuis Glascow jusqu’à Dumbarton et Greenock, totalisent environ soixante cales de construction, avec un outillage d’une puissance extraordinaire pour la réparation, comme pour la construction; témoin l’une des cales sèches de Greenock, parallèle au fleuve et munie de deux portes extrêmes, où nous avons vu ensemble trois navires en radoubage. Mais aujourd’hui que la Grande-Bretagne n’est plus le fournisseur du monde et que la plupart des peuples construisent leur marine, les industries navales y subissent une crise dont on ne prévoit pas l’étendue, malgré d’immenses besoins personnels.
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- façade sur le rivage de la Tyrïe. En ces derniers temps, les chantiers ont produit par an de 28 à 35 navires en fer ou en acier et les forges 130 tonnes de fonte ou fer. De 1878 à 1884, la construction totale des navires représente 293,435 tonnes et 149,648 chevaux de puissance, dont 9 cuirassés , 10 puissants torpilleurs et 14 paquebots de premier ordre.
- L’amirauté anglaise a 31 bâtiments de guerre de ce seul constructeur.
- Si les Parisiens ont à remercier M. Palmer de leur avoir montré ses modèles, les visiteurs de la section anglaise à l’Exposition d’Anvers ont été réduits, en objets maritimes, aux quelques modèles du façonnage extérieur de la coque envoyés par quatre constructeurs, et aux aquarelles représentant les principaux paquebots de la Compagnie Péninsulaire Orientale, l’une des plus puissantes d’Angleterre.
- Créée en 1837 avec deux petits paquebots à roues, elle eut en 1842 son premier navire en fer, en 1880 son premier navire en acier; le nombre actuel de ses navires en acier est actuellement de 13, totalisant 57,000 tonneaux. Cette Compagnie marque aussi dans l’histoire de la marine, non seulement parce qu’elle avait ïAtrato et le Shannon qui furent des types, mais parce qu’elle est entrée à peu près la première, tout au moins résolument, dans l’application de l’hélice et dans le système ' du rallongement des navires, qui fut alors si contesté. Avec le même entraînement pour le progrès, elle adopta dès le principe les condenseurs à surface, les machines à rapide rotation directe et la haute pression.
- Sa flotte est composée actuellement de 57 paquebots généralement de première classe; alignés à la suite,-dit la notice, ils formeraient une file de près de 7 kilomètres et demi.
- En tête de ces paquebots sont le Rome et le Carthage, ayant quatre mâts, 130 mètres de long, un port de 5,000 tonneaux et une puissance de 5,000 chevaux. Ils se caractérisent par un vaste rouf, recouvert d’un pont-promenade qui déborde de part et d’autre, portant sur colonnettes, comme dans le projet Palmer qui précède, mais'‘seulement au milieu du navire, en formant galerie couverte? Le reste du pont, à l’avant et à l’arrière, est libre.et dégagé; les flàhcs!du navire sont percés de grandes fenêtres carrés*ou sabords,
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- suivant l’usage pour les pays chauds, comme le Saint-Simon, et YOlinde de notre Compagnie transatlantique pour la ligne des Antilles ; comme vient aussi d’être refait à neuf le paquebot la France, actuellement occupé à transporter les troupes au Tonkin, et sur lequel plusieurs de nos camarades de la Société des Ingénieurs sont sortis du port, dans notre voyage au Havre, pour l’inauguration de la Normandie.
- Les quatre constructeurs anglais qui ont exposé à Anvers sont d’abord :
- Swan, de Newcastle, et Harland, de Belfast; ce dernier est l’auteur de ces grands paquebots de la White star C° qui ont été le point de départ de la fièvre des grandes vitesses où se débat en ce moment la marine. A côté de son Britannic, long de 140 mètres et à 4 mâts, il est curieux de mettre en comparaison son Schannon (second du nom), long de 126 mètres, à machine de 4,500 chevaux et gréé seulement de 2 mâts, de part et d’autre des 2 cheminées.
- Les deux autres constructeurs anglais exposant à Anvers sont Thomson et Caird, très connus en France. Le premier, qui fut longtemps le constructeur attitré de la Compagnie Cunard, a donné le Saint-Germain à notre Compagnie transatlantique. De ses trois modèles d’Anvers, deux sont assez caractérisques, l’un comme type de paquebot rapide de dimensions réduites ; les voici :
- Longueur. .............
- Largeur................
- Creux .................
- Tonnage ...............
- Vitesse................
- Puissance motrice ind. .
- CylindreS 'J H P.......
- Course commune . , . .
- !09m80 13 80 7 60 36801 15 nd
- 4,000 chev.
- 1 ml 25
- 2 250 1 050
- L’autre modèle de Thomson paraît être celui d’un de ces paquebots que divers constructeurs anglais ont construit pour :1e Mexique, lequel est en train de se créer une marine,),protégée!A outrance de toutes manières par son gouvernement, pour conour-
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- rencer les marines d’Europe. Il a, sur notre ligne du Havre à Vera-Cruz, 4 beaux steamers de Napier.
- Celui de Thompson a les dimensions suivantes :
- Longueur.........
- Largeur ....
- Creux..........
- Tonnage ....
- Puissance motrice
- Cylindres \ \ ^ ^
- J ) IBP
- Course commune
- Caird, de Greenock, est celui des constructeurs anglais qui a eu le plus de clientèle française. Parmi ses modèles exposés à Anvers, nous remarquons d’abord ceux du Rome et du Carthage de la Compagnie Péninsulaire, qui précèdent, celui du Massilia pour la même Compagnie, construit avec un peu moins de longueur, mais un peu plus de largeur et de creux, et la même force de b,000 chevaux ; comme disposition générale, le Massilia rappelle complètement notre Labrador de la Compagnie transatlantique, qui, avec son pont dégagé, reste un type.
- L’une des récentes oeuvres de Caird est le Coromandel, type actuel du paquebot rapide ne sortant pas des dimensions moyennes. La coque est en acier Martin-Siemens, à 3 ponts principaux, avec teugues aux deux extrémités, 8 cloisons étanches dont les portes se ferment du haut du pont supérieur, gréement en 3 mâts, installation pour 111 passagers de cabines. Ventilation très complète. Suivent les principales dimensions :
- Longueur...........................
- Largeur............................
- Creux ............................
- Tirant d’eau en charge............
- Déplacement.......................
- long larg
- Salon des secondes, long..........
- Salon des premières (sur l’avant) <
- 120m »
- 13 50 8 90 7 50 8,000^ 45“ ».'* i 6 30 13 ».
- 113m40 13 10 7 70 4,660c 3,700 chev. lm25 2 35 1 42
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- Machine Compound, 3 cylindres
- Diamètres 2Bp.................
- Course commune................
- Pression manométrique.........
- Nombre de foyers..............
- Surface de chauffe............
- Surface de grille.............
- Surface condensante...........
- Vitesse promise...............
- Vitesse réalisée..............
- 0ra90 1 30 1 65 8k 21 »
- 29mq 50 1,750 »
- 14ndsl/2 15 .1/4
- En outre de ce qui précède, la section anglaise, à Anvers, avait un grand étambot de navire à cage d’hélice d’une seule pièce, probablement en acier et exposé sans doute comme spécimen d’un beau travail de forge; puis un singulier essieu coudé, pour locomotive aussi bien que pour la marine. Partant de ce principe que ce qui casse le plus, c’est la soie ou la partie voisine des manivelles, quelque soin qu’on prenne d’éviter les angles vifs, les manivelles sont en 2 morceaux assemblés à queue d’aronde et reliés par deux énormes boulons.
- ¥ LA HOLLANDE ET L’ITALIE
- La Hollande est depuis longtemps une puissance maritime. Mais les 45 modèles exposés à Anvers ne donnent que la forme extérieure de la coque nue et ne suffisent pas pour l’étude.
- L’Italie devient une grande puissance maritime. Outre ses arsenaux et ports militaires, elle a pour le commerce son port de Gênes, perfectionné et outillé en 3 ans pour être dans la Méditerranée ce qu’Anvers est dans le Nord. Maintenant on va s’occuper du port de Naples et d’un bon port sur l’Adriatique.
- L’Italie avait deux Compagnies de paquebots de commerce qui ont récemment fusionné en une seule grande et puissante entreprise, laquelle fait une vive concurrence à nos services français. Elle n’a exposé à Anvers aucun de ces modèles complets comme ceux de la section française, mais avec ses 13 modèles donnant la forme extérieure de la coque, nous trouvons des dossiers de plans d’exécution très intéressants.
- Bull.
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- Bien que l’Italie tienne à honneur de construire son matériel naval, sa grande Compagnie a cependant commandé en Angleterre plusieurs de ses transatlantiques, et c’est, nous, l’avons.dit, non à Anvers, mais à l’Exposition du travail, à Paris,,..que nous trouvions le modèle complet de ceux qui ont été construits par Palmer de Jarrow-on-Tyne. Ils appartiennent à la classe des,,.paquebots mixtes et à toutes fins, à vitesse moyenne et. service, économique, qu’on pourait comparer à nos trains omnibus de chemin de fer. C’est à peu près notre type français, avec un gréement de brick à 2 mats carrés. Ils sont aménagés avec 8 canots de service ou sauvetage, pour 91 passagers de première classe et 50 de seconde classe. Voici ses dimensions ;
- Longueur. . :.'
- Largeur . \ . . .
- Creux..................
- Tirant d’eau . ' . . Déplacement correspondant Tonnage en douane . . . ,
- iH P
- bp' i !
- Course commune .... Puissance indiquée . . .
- 122m »' fi3 »
- 10 ,;-" 7 W •' -
- 8,8001 " 4,500 ‘ lra20 2 40 50 5
- " ' 3j600 chev.
- L’Italie, disions-nous, fait aujourd’hui elle-même, le plus qu’elle peut sa flotte. Nous lui connaissons trois principaux établissements de constructions navales et elle ne recule devant aucune puissance d’engin.
- Témoin le Pilon-Géant, de 100 tonnes et à quadruple montant de tôle, pour les forges, de Terni. Cet instrument, l’un des clous' de l’exposition d’Anvers, a été construit par les ateliers de Serain'g particulièrement pour forger ces canons-monstres qu’affectionne l’Italie, comme les. Anglais. On se souvient de celui qui est venu à notre exposition.de 1878, sur un wagon à 12..r.oues et qui mesurait plus de 2 mètres à la frette des tourillons..., Les canons que forgera le marteau de Terni doivent peser 100 à ll| tonnes. Le canon de Bange, qui figurait aussi à,l’exposition d’Ânvers, pèse 37 tonnes et on attend de lui, paraît-il, le.,même travail que du canon italien. ....
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- Dans sa flotte militaire, comme dans son artillerie, l’Itaïie aime à-faire grand ; elle semble en tout se soüvenir de ses iiW comparables moments de l’antiquité et du xvie siècle.
- Son nouveau cuirassé le Morosini, qui vient d’être lancé si solennellement à Venise, caractérise cependant une réaction; c’est un bâtiment à 2 hélices, avec ce cloisonnement en tous sens dont .l’Italie piaraît avoir eu l’initiative. La coque en acier a 100m seulement de long sur 19ra80 de large et 7m65 de tirant d’eau.
- La puissance motrice est de 10,000 chevaux pour une vitesse de 46 nœuds. Les machines sont indépendantes ainsique les chaudières en des chambres distinctes ; l’armement consiste en 4 ca nons du poids de 106 tonnes chaque, 2 autres gros canons un peu moindres, ;3 lance-torpilles dont une à. l’arrière, plus un grand nombre ; de canons-revolvers. La cuirasse du navire varie de 36 à 45 centimètres.
- La construction du Morosini, effectuée en 4 ans, témoigne que l’ancienne cité des doges a des moyens d’exécution considérables,
- <m: 5° ALLEMAGNE
- La sectipfl allemande était une des plus intéressantes à Anvers ; elle offrait ffesjmodèles complets de navires comme ceux,del’exposi-tion française, avec des plans, dessins et notices.
- Le tout exposé'par là seule Société Vûlcan de Stettin; mais il s’en faut dé beaucoup qu’il n’y ait que ce seul établissement de construction maritime en cette Allemagne eh train dé ' devenir une puissance navale à inquiéter même l’Angleterre.
- D'autant plus que l’Allemagne, noùs 'sommës’ forcés de l’avouer, construit ses navires en des formes un "peu massives, mais avec une méthode, une étude des détails éf un fini peu communs en Angleterre où on s’est trop habitué à faire vite' ét économiquement plutôt'qu’avec l’ancienne perfection de W- Pénn et de Nàpier père.
- Il faut' ajouter que les navires' allemands sont tenus avec une remarquable1 propreté. ;i
- Noùs igriqrôùâ si la' mârin:é‘ .militaire aileïhànde est suffisamment^ connue éh 'Fràncè ' nous ' allons5 voir' ci-après detd .de ses tÿjfes cte cuifàsàés; {t'1’•Ai"•"
- Quant à sa marine, commerciale qui ocèupàif un rang supérieur a'
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- celui de la France il y a peu d’années, nous lui connaissons deux principales Compagnies postales qui ne remplissent que trop bien le fameux programme allemand : battre les Français commercialement sur tous les marchés, après les avoir battus militairement''sur leur territoire.
- Ces paquebots postaux, après avoir fait la cueillette’"du fret sur toutes les côtes en venant de Brême et de Hambcfurg, viennent dans nos ports où ils n’ont qu’à compléter leur chargement, en prenant le fret à tous prix, l’enlèvent ainsi à nos navires en vertu de la maxime : faire leur bien premièrement et puis le mal d'autrui. Elles sont servies à cet effet par de très habiles agences répandues sur toutes nos places, accaparant surtout certaines industries d’exportation dont trop souventles fabricants et les commissionnaires, même à Paris, sont étrangers, et se font un honneur national d’eniever le plus qu’ils peuvent à notre marine, ce que notre commerce français n’imite pas assez (1).
- Autrefois les paquebots allemands appartenaient par principe, à la classe des navires mixtes à moyenne vitesse, réalisant surtout le plus économique service. Ce fut le temps des beaux revenus,de cette ma-
- rine- i
- L’une de ces Compagnies, la Hambourgeoise amépicpinp, paraît
- persévérer dans ce système. Nous avons son,.type ^classique de paquebot dans le Saint-Simon et le Saint-Gepmain.,de,-.neutre Compagnie transatlantique et nous allons voir ci-après .lin spécimen de ses dernières constructions qui ne diffèrent des précédentes que par un peu plus de vitesse, restant cependant toujours dans la moyenne.
- L’autre grande Compagnie allemande, le Germon Lloxjd, est au contraire entrée dans la voie'des grandes vitesses avec tous les perfectionnements mbdernesvDe ee^paquebotsrapides, actuellement au nombre de 5 et que vont suivre 3 autres en construction, les plus réputés sont Ëider et FuldaSl Ils ont 43$ mètres de long, 14m75 de large, llm75 de creux et 7,500 chevaux de puissance motrice. Lesformes générales, avec superstructure, le gréement en 4 mâts et 2 cheminéesyda dis-
- (1) Nous ayons plus d’une .fois entendu formuler celte maxime .que, la, marchandise n'a pas de patrie et nous avons à ce moment sous les yeux lé Bullétin d’un paquebot allemand jportaut pour le.)Havre, Bordeaux et Paris 8,000 colis, .quû.eussenl bien fait i’aü'aire du pavillon français.Profitons de la présente note pour dire combien ces mêmes Compagnies étrangères-ont à remercier nos administrations, qui ont interdibPéntrée des viandes américaines; par nos ports. Elleslmous.i viennent sous le nomede'jambon de Westphalie, par les frontières de l’Est et du, Nord vviâ, Hambourg et Anvers.Mais nos paquebots français y ont perdu une recette-annuelle de 500,000 francs.
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- position intérieure, les machines Compound sont à peu près les mêmes que dans notre paquebot français la Normandie, et on peut dire que-la marine n’a plus guère partout,qu’un système, sauf dans les machines, où subsistent encore des variantes pour le mode de, détente.
- La plus gramle partie de ces flottes allemandes est venue des chantiers anglais ; mais on s’adresse aujourd’hui aux établissements allemands qui sont, tout au moins, bien près de suffire entièrement au pays.
- Ceux de Stettin (1) nous montraient à Anvers d’abord le modèle de l’un des paquebots de la Cil! Hambourgeoise, nommé Rugta.
- La coque est en acier, aménagée pour 100 passagers de cabine sur l’avant et 1,200 émigrants dont les chambres sont ventilées par six manches à vent. La machine est du type Compound vertical à deux cylindres. Il a trois chaudières timbrées à à 5 i atmosphères, à double façade, posée en long. Douze foyers en tout, une seule et même cheminée, et un gros tube sécheur de vapeur commun aux trois chaudières.
- Lohgtieur de coquet total.............113 » m.
- Largeur — ............ 13 33
- Tii4âÏÏ't'':'d,êàui’ëh'charge ....... 6 90
- Déplacement correspondant. .... 6.500 t.
- ‘Vitesëe'Wrdihairé '. '. . .- . . . -12' nli '
- Püisâh'cë'hiotrice indiquée . . .. . . 2.400' ch.
- Consommation diurne de houille . . ' 42'tl'
- Yen aient‘•ensuite à Anvers, dans l’exposition ides chanti.ers de Stettin, les modèles de deux grands-cuirassés pour la marine allemande qui sont, au point de vue de.• L’armement, . la contre-partie l’un de l’autre. . • . .. •
- Dans le premier, une nombreuse, artillerie est répartie dans, tout le navire, sur le pont supérieur et en dessous en-batterie tirant par des sabords,. sur les flancs du navire, lequel est d’ailleurs à éperon et partout puissamment blindé. Sur le pont supérieur sont 4 canons pfïhci^au^' àbritës dans dés tourelles1 couvertes,1 2r; au milieu;' 1 à chaque-'bout ; en tout 16 canons proprement dits,splùs Î2' revoip
- (1.) Les'.ictoantiersude Vulcany dit la notice;de d'exposition, fondés: en* 1831 üocdur pent 3,5U0 iouvriefs et ils ont construit; rien que pour TAllemagne : 22 s/puissanté navires de-guerre..- :.-••• < f. • : ' r- • »»/ ::e
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- vers. 20 manches à vent aèrent l’intérieur à tous les étages. Le navire est à 2 hélices. Voici ses principales dimensions :
- Longueur............................ 120 » m.
- Largeur.............................. 18 60
- Creux................................ 12 95
- Tirant d’eau. ........................ 7 75
- Puissance motrice indiquée........ 10.000 ch.
- Vitesse .......................... 16 nd.
- Dans l’autre modèle allemand, qui est celui du cuirassé, également à 2 hélices, Erbau, l’artillerie consiste en 6 canons du plus fort calibre, qui sont réunis et concentrés au. milieu du navire dans une sorte de forteresse non couverte, où s’élèvent aussi les quatre cheminées des chaudières., Tout le milieu du navire est très puissamment cuirassé et sa consolidation, pour porter au centre de la coque toute la masse du moteur et de l’artillerie, est très intéressante à étudier. Nous n’avons pas pu réussir à nous procurer les dimensions de YErbau, qui autant qu’on puisse en juger sur un modèle, nous ont paru à peu près les mêmes que dans le précédent cuirassé; mais avec moins de creux et. un tirant d’eau très réduit. Nous croyons savoir qu’il est très, .cloisonné en tous sens, avec 36 manches à vent pour l’aérage des compartiments.
- Nous sommes aussi portés à croire que VErbau serait une application d’un système du savant amiral Paris qui concentre, de même, pour ainsi dire l’âme et la vie du navire de guerre, au milieu parfaitement protégé par le plus épais blindage,, les, deux parties, arrière et avant de. la çocpie? relativement construites avec légèreté, ne servant que pour, le, déplacement d’eau qui équilibre le poids total et ne contenant plus au-dessus de flottaison que des logements et magasins, .gui peuvent être plus ou moins détruits par l’ennemi sans faire inévitablement sombrer le navire.
- si.Mais ce qui étonne dans; le cuirassé allemand et ce qui dépasse certainement le but de l’amiral Paris, c’est l’érection des 4 grosses cheminées au centre du fort renfermant toute l'artillerie. ,et invitant en quelque sorte l’ennemi, à porterr là ses coups.) qq, ;
- D’autre part, il est certain que l’artillerie de Y Erbau est réunie là;.où ,1e navire a le moins d’oscillations, et pourra,,tire,r, très juste.
- L’exposition allemande à Anvers a enfin un modèle et les des-
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- sins de navire de guerre d’un intérêt tout actuel, par lequel se terminera notre compte rendu :i; 1
- Ce sont ceuxride ces corvettes rapides que l’Allemagne a construites pour ,1a Chine et que nos escadres françaises connaissent bien. Ces batiments, cuirassés, très intelligemment éperonnés, cloisonnés et agencés pour torpilleurs, sont surtout remarquables par leur tirant ,d’eau réduit à 6 mètres.
- Une puissance motrice de 6,000 chevaux leur assure une vitesse courante de 14 nœuds qui peut être de beaucoup forcée pour se dérober à la poursuite. Us sont à deux hélices mues par une paire de machines Compound horizontales à 3 cylindres avec bielles en retour, système Claparède. L’armement principal consiste en 4 puissants canons sous tourelles blindées; l’intérieur de la coque est divisé par 16 cloisons transversales et une en long de bout en bout. Le blindage varie en épaisseur de 25 à 35 centimètres. La coque a 91 mètres de long sur 18 mètres de large.
- Tel est l'échantillon de‘la flotte chinoise que nos escadres vien-
- nent de combattref 1
- Si intéressantes et1 si redoutables que soient les marines étrangères qui viènriénUd’être passées en revue, je ne voudrais pas laisser le lectehf sut des impressions décourageantes en ce qui touche notre mâfih;è’'îfrâhçaisè.1' On a vu à l’exposition ’maritime d’Anvers que nouë à!fdris aussi''des bâtiments de guerre et’flëmommerce, puissants, râpidéâV à tirant d’eau réduit et possédant les1 perfectionnements modernes. ' ,’i •• ' !l!l1 '
- D’autre part, il ne fallait pas taire dqüe 'hbus':sommes très en retard, et peut-être seuls en retard,’ pdttr’âvoif’des!ports appropriés à la marine moderne par 4éuf'WôéssibilitéV l’outillage et leur système administratif. h iJf’
- Nous sommes très en retard1 aussi ' pour l’enseignement maritime ; à ce point que nos premières écoles‘d’ingénieurs et d’ouvriers n’ont pas de cours spéciaux. Dans’ nos’1 Académies et'Socié-
- tés savantes, la marine ne tient pas la place que lui 'donnent'lès
- , ..f- . •, .riic-- • ‘ .. .'1:0: - ; S t-, • ••>!>;
- autres peuples nos rivaux.
- On a dit que dans la plupart des’industries, tout est créé aujourd’hui’ ’’èt'vqu’il n’y â^pliis1 de plàôé que (pour5 uii ttèS" p’etit nombre d’ingénieurs. Là* mariné* de;ur‘ offre au contraire un Jvastb horizon. ' ‘
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- Des perfectionnements merveilleux ont succédé enfin à la longue routine; mais il reste beaucoup à étudier et à faire.
- La mer a encore trop “dè )se#ets.|Pjçn |est de même de la puissance et de l’utilisation de la force motrice. Les navires sont trop lourds et trop peu gouvernables ; plus d’une partie de la construction continue à sentir l’enfance de l’art.
- Puisse le long exposé qui précède, à l’occasion de l’exposition d’Anvers, avoir inspiré à nos camarades le goût de la marine et de ses œuvres qui sont assurément les grandes industries de l’avenir. -v
- ,p.7 r. ! j) f
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- CHRONIQUE
- Sommaire. — Ponts à bascule à Rotterdam. — La Compagnie Péninsulaire et Orientale. — Moteurs à gaz. — Pyromètre calorimètre, — transports dans Paris par omnibus et tramways.
- Ponts » bascule à Rotterdam. — Nous empruntons à,la, no-tice publiée par M. Nieszen, dont nous avons extrait l’article sur le dock flottant de Rotterdam contenu dans la chronique d’octobre, les renseignements suivants sur divers ponts à manœuvre hydraulique établis dans la ville de Rotterdam.
- Ces ponts à bascule double et à plan horizontal ont remplacé d’anciens ponts datant de vingt-cinq à trente-cinq ans, fort étroits, construits très légèrement et à vantaux contre-boutant au repos ; les nouveaux sont en fer comme les précédents, mais considérablement plus forts' et construits d’après des calculs exacts.
- Les tabliers et les trottoirs sont en bois; dans ces derniers temps, le revêtement de la voie charretière a été fait en pavés de sapin rouge. Sous charge, ces ponts présentent un plan horizontal; ceux qui partent des voies de tramways ont toutefois une coupe longitudinale parabolique à très grand rayon au sommet, c’est-à-dire au point de contact des poutres; la largeur des voies charretières varie de 4™o4 à 5 mètres ; celle des trottoirs latéraux de lm34 à 2 mètres, et la hauteur libre sous volée, de 9in90 à 13m64, à la cote 2m50 sur R. P. (R. P. désigne, comme nous l’avons dit précédemment, l’étiage de Rotterdam). Chaque poutre peut porter isolément sa charge mobile; mais, pour égaliser la flexion au milieu du pont et répartir plus uniformément la charge, l’extrémité libre de chaque poutre est munie de pattes en fer, soit fixes, soit en verrou, qui font supporter l’effort parles deux poutres à la fois ; celles-ci sont disposées de façon à ne pas contre-bou-ter afin d’éviter la poussée sur l’axe du mouvement de bascule.
- Deux de ces ponts présentent cette particularité qu’entre les fondations des deux canaux situés sur chacune des deux rives, et aussi bas que possible, on a placé une forte armature de fer en châssis, afin de maintenir invariable l’écartement des culées. Quand on est tenu à conserver une profondeur déterminée pour le passage des navires, cette précaution entraîne souvent à de grandes dépenses; mais, dans des terrains présentant aussi peu de stabilité que ceux des villes hollandaises, elle est extrêmement utile, comme le démontre ce fait que, malgré leur massive fondation sur pilotis, les ponts dans la construction desquels
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- on n'a pas pris oetto précaution, présentent une variation de deux centimètres au joint des poutres, suivant que, la hauteur d’eau varie entre les points extrêmes do l’échelle d’étiagë, ! . : n •
- Trois de ces ponts sont disposés'pour être manœuvrês par la pression hydraulique, Tous peuvent cependant se manœuvrer' à la main au moyen d’engrenages logés dans les piédestaux des réverbères de tête et de secteurs doutés fixés sur les maîtresses poutres.
- Les bascules sont construites de façon à rester en équilibre dans toutes leurs positions; aussi, malgré son poids, qui varie de 3,500”à 72,000 kilogrammes, chaque poutre est-elle aisément ouverte à 80 degrés par un geul homme, avec un vent ordinaire.
- La force hydraulique est fournie par une prise d’eau sur les conduites de la Ville, qui débitent sans interruption ’ et peuvent donner environ trois atmosphères de pression, soit le double de ce qui est necessaire.
- Les appareils hydrauliques consistent eh cylindres oscillants, recevant l’eau par un de leurs tourillons' et: contenant des pistons dont les tiges agissent sur de forts bras d’équérre en fonte fixés par des collets de fonte aux axes des bascules et à la paroi des maîtresses poutres extérieures.' Les cylindres ont des boîtes à tiroir et les appareils comprennent les réservoirs d’air, tuyaux1 de'distribution et robinets de divers genres nécessaires. " 1 ' " i!'
- Au Stokkenbrug, pont reconstruit en 1881, on à mis deux cylindres à chaque poutre, un de chaque côté de la culée ; les' deux cylindres de chaque paire sont réunis par une conduite de communication pour en rendre l’action solidaire, principe sur lequel repose tôütë la disposition de l’appareil, ..... , ..,j.
- A l’ordinaire et lorsque la pression du vent ne’dépasse pas 10 kilogrammes par mètre carré, un seul cylindre suffit'pour Aever la poutre correspondante, en une demi-minute environ; on peut donc manœuvrera demi-force, ce qui se fait au moyen d’un distributeur qui neutralise la pressiqn,. de,l.’equ dans le second cylindre. Si le vent est plus fort, on emploie les deux cylindres, et on peut alors ouvrir le pont sous des pressions de vent allant .jusqu’à 50 kilogrammes par mètre carré. Les cylindres ont 0m69,de diamètre, et les pistons lm40 de course.
- La mise en action se fait au moyen de leviers que les gardiens manœuvrent sur la voie publique ; le mouvement alternatif de ces leviers .agit sur un tiroir analogue à celui des machines à vapeur qui distribue l’eau dans le cylindre, soit en avant, soit en arrière du piston.
- Par les froids ordinaires, l’allumage de quelques becs dè ga'z!dans >les jçaveaux suffit à prévenir lai congélation de l’eau ; en temps de forte ge-dée>npB/se sert, d’un petit poêle ài-gazv • udo •'* • ; nu <
- ••mulfie^périencë1 a conduit- à 'quelques modifications dans)Tâ'lcb'ftstrüction de deux ponts plus récents* le Jan-Kuitenbrug et le Spanjaardsbrug.
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- Il n’y a plus qu’un, seul.cylindre:par poutre, et l’appareil de demi-force se trouve .par conséquent supprimé, in-, . • -< >
- La réunion des poutres au repos a lieu au moyen dTin système de ver-roux qui, reculent d’e,ux-mêmes, quand se ferment et font saillie lorsque s’ouvrent les barrières du pont, ,, .
- Tous les ponts mobiles construits dans ces derniers temps ont été éprouvés sous charge uniforme de 500 kilogrammes par mètre carré, et en y faisant passer au pas et au trot de 4 à 6 gros camions portant cha= cun 4,000 kilogrammes, avec lm80 à 2 mètres d’écartement d’essieux, Les trottoirs étaient en même temps chargés aussi lourdement que possible. U
- Un des ponts les plus remarquables est celui qui a été récemment établi par la Société de Commerce de Rotterdam sur le Binnehhaven, près de Koningshaven. .q.y,, i ù. . :
- Ce pont est le plus grand des ponts,à bascule qui existent actuellement, et sert pour,la circulation ordinaire et pour le passage des trains de marchandises du chemin de fer, tii- . ,<
- Son établissement présentait des difficultés spéciales; le terrain était mauvais, et il fallait satisfaire à la double condition de sept mètres de passage sous le pont à marée haute et de 10 mètres d’élévation de la voie au-dessus du plafond du bassin.
- Pour atténuer l’effet du vent sur la très grande surface des tabliers à l’ouverture des ponts, on a élevé de chaque côté deux pavillons formant
- portique au-dessus delà voie de passage.
- Voici leSj dimensions principales :
- Longueur des poutres entre culées................:i. . . . . 24m »
- Largeur • d° : . . .' . fy-. . .'L1 t . 10.50
- Distance, des axes des bascules . . . .... . 'i' n . '. b '. . 27 »
- Longueur-!du fléau des eontre-poidss en arrière des axes 1 . ;‘r" 5.30
- Hauteur du dessus du tablier sur eau basse M: . ; . ’ . . . 4.36
- Hauteur du passage sous le milieu du pont stir eau basSe. . 3.87
- Hauteur du plan de la voie sous les'portiques 1’ .. . 4.90
- Longueur de la voie entre colonnes. -U 'Ç5 U‘L1 b" . . 8 »
- Longueur des trottoirs de chaque côté1 d&* la voie. .!,!v . . . 1.25
- Les fondations des canaux situés de i :chaquéi côté1 èntreTe pont et les pavillons, lesquelles forment un tout avec celles de deux chéneaux' dé communication de 4 mètres de section, pratiqués sous(le'!paVilléh,;i!oht 38 mètresfde*(longueur sur 15 environ de largeur.J;ii - ! lUi0 *•>
- Le pont esUconstruit aussi légèrement que-possible-T diaprés lë ’sys-tèmes .de poutres contre-boutantes,' s et a un rltablier ale révêtement ' !en bois qui repose sur un nombre suffisant d’entretoises! fixées aux >qudtrè poutres principales i qui, foripept^phaqua» partien du pont.oiiCesnqpotitres sonti arquées ,an dessous avec la ,partie supérieure droitei.et, Tjeopont
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- fermé, reportent l’effort, par une réaction horizontale, sur la maçonnerie des culées; les points d’application de cet effort sont à 2m48 en contre-bas de la surface du tablier.
- Entre chaque paire de maîtresses , poutres pénètrent} deux fortes solives en fer à parois pleines fixées à l’axe de bascule et reliées transversalement entre elles et aux poutres, ('es pièces forment les côtés du fléau dont la culasse reçoit le contre-poids. Le pont fermé, cette disposition fait porter toute la charge propre sur l’axe des bascules, de telle façon que les maîtresses poutres n’aient plus à supporter que la charge mobile.
- (A suivre.)
- Compagnie de navigation Péninsulaire et Orientale.
- t- , .,T« -i f *Y»*xmmz**&**SIMa**?‘ » f '»«""» jrr~
- — La Compagnie Péninsulaire et Orientale est la plus ancienne Compagnie de navigation existante ; elle a été incorporée par charte royale en 1840; mais, dès 1837, sous le nom de Compagnie Péninsulaire, elle commença à faire le service postal entre Falmouth, Lisbonne, les principaux ports d’Espagne et Gibraltar ; ce ' service, se faisait auparavant par navires à voiles aussi rapidement que le vent et la merle permettaient; il fallait souvent trois semaines pour amener les correspondances de Lisbonne à Londres, période qui suffit-, actuellement pour les communications avec Bombay par la voie de Brindisi.
- Les services de la Compagnie Péninsulaire et : Orientale^ s’étendent actuellement à l’Inde, la Chine, le Japon et l’Australie ; l’ensemble des parcours effectués par la Hotte de la Compagnie s’élèvent annuellement à plus de 2,344:000 milles marins, soit 108 fois le tour JhTla terre.'*
- Les premiers navires de la Compagnie, de 1837 à 1842, étaient en bois; c’est à-La-dernière-de ces dates que remonte son premier navire
- en fer. A partir de cette époque, le fer remplaça rapidement le bois, et depuis 188Q1 il commence 'à être à son tour remplacé par l’acier ; c’est à cette date«quê;’fut Construit le premier navire en acier de la Compagnie ; elle possède actuellement 13 navires en acier de 57,300 tonnes de jauge totale.
- I En 1837, la longueur était environ 5 fois la largeur; le rapport fut progressivement augmenté^ jusqu’à 10, puis revint à 8 et 9, la proportion généralement usitée actuellement. A l’origine, les lignes étaient lfêitic6ûp~pü^'^lëmës"0,a^anff''qïi,à l’arrière; rexpérience"a"'proüvé'qiïc c’était un défaut au point de vue de la vitesse àréaliser pour les services postaux aussi la Compagnie a-t-elle, entre 4844 et 1852,1 allongé plusieurs ^e «es màVires et obtenu un accroissement de vitesserfVeirSl'1857
- et 1859, lorsque le besoin d’un accroissement de tonnage se faisait sen-tifl^On ^llqfi^ëa; deux h a virés a^nl^dë^yro'émes^ fipe.S;i affx^é^i^hntés et oni-réaiisa.nimei.réduction défia consommation pair tonne. D’autres navires
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- furent plus tard rallongés par le milieu pour'des raisons de divers or-
- • I r Si ' : •• i I ‘ I ' •' ' i II' i < : ‘
- dres. ,
- Les précautions de sécurité ont toujours été l’objet d’une attention particûlîèrë ; "dés 1840, les navires de la Compagnie étaient’munis’ de cloisons étanches i ils sont actuellement construits d’après les prescriptions dé’rÂmiràtitê pour pouvoir être employés comme croiseurs ou transports en temps dé guerre par le gouvernement.
- Les lourdes machines à roues à marche lente furent remplacées, vers 1852, par dés machines à hélice àengrenages à marche plus rapide, qui cédèrent elles-mêmes, vers 1855, la place aux machines à action directe à allure accélérée; dans ces derniers temps, la vitesse des pistons a encore été accrue. Le condenseur à surface fut introduit en 1861 avec les premières .machines Gompoun,d (1) ; les. surchauffeurs apparurent vers looU et donnèrent alors de notables économies de combustible.
- Jusqu’en 1847, les' pressions effectives ne dépassaient "pas 1/2 kilogramme y rhais après cette époque, elles .s’élevèrent successivement jusqu’à l.o kilogr./depuis ljadoption clés condenseurs à surface et .des machines Compôund, la pression Vest élevée ,de 1.75 à 3 kilogr.; en 1881 on a atteint 6.5 kilog., et, avec les nouvelles machines à triple expansion, on ne craint pas d’aller a'10 kilog.
- Le premier navire à hélice de la Compagnie Péninsulaire et Orientale date de 1851 ; depuis cette époque, elle cessa de faire des navires à roues. ' ’ ,
- . P s;!|!'U'0 l !, .;i
- Voici quelcjups chiffres relativement à l’accroissement opéré depuis dix ans dans le trafic de la Compagnie :
- ; : ! f i ! M i'. (Ii'1 V; 1 D ' ’ - M ' •’ i > ,! -
- ' .2181 >58! '.i- . . (1874 i ,,.1884 , , i AUGMENTATION
- ‘1 *'' '1 “i " ' ’ !" Tonnage total de la flotte de la Compagnie . . § ”''416.295 'i • > 1, V.tïr 172.694 m i i • . ’ , ' 56.399 .y,y *
- Puissance totale de chevaux effectifs. ... . i i u 96.637 M(160.600 63.963
- i ’ ;;{ t Parcours total en milles marins 'ï.l635!.768 ' 2.34V2é4 708.496
- Consommation totale de combustille. , 1,280.0,00 ,403.9.00 123.900
- Consommation par mille marin. . . . • "• ! 171:lkg.‘ “^1721 kg. •? 1 •’ ‘ 'M’yr^y V <K‘*
- Ou voit par les chiffres du tableau cpie la consommation 1 par mille parcouruini’p; pas,; varié sensiblement pour un ...tonnage detprès de; (50, pourf 1.00 supérieur ;, en outre, la, vitesse, s’est accrue de;f 2,0tpour, 100. >en*
- ! i opmiui».'1 • é.) ru'iftoi^uu-rto,.; (w h oupaiof . 0d81 .to
- (1) Ces. maçbines étaient des machines Woolf, à .cylindres superposés, de (llpni-p phrys et Tehûaht,' montées sur1 l'és steaniers'Poona/i/il/ôo^aW. Delhi, etc-, dont les résultats;'.furent)assez médiocres 'Surtout i «par- suite deocertains défauts 'dhi-chn^1 struction. (Voir Société des Ingénieurs civils, 1873, pages 783 et 828.)
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- moyenne. Ces résultats sont dus aux perfectionnements apportés aux appareils moteurs, et, dans une certaine mesure, à l’amélioration des formes.
- En 1837, la flotte de la Compagnie Péninsulaire eCOrientale se bornait à deux petits vapeurs en bois à roues, jaugeant au plus 300 tonneaux chacun ; elle comprend aujourd’hui 52 grands vapeurs à hélice en fer et en acier, jaugeant collectivement 181,695 tonneaux, soit une moyenne de 3,492 tonneaux chacun. 1
- On peut donner une idée de l’importance de cette Hotte en indiquant que ces navires, placés bout à bout sans intervalle, occuperaient une longueur totale de quatre milles.
- Dans les douze dernières années, la Compagnie a vendu un nombre de navires représentant près de 50,000 tonneaux, et les a remplacés par des neufs, dont la jauge totale atteint 140,000 tonneaux, de sorte que la Hotte actuelle est en très grande partie neuve. *
- Les navires du modèle le plus récent représentent, avec leur armement et chargement complet, un déplacement de plus de 9,000 tonneaux.
- Ainsi, le Tasmania, livré en 1884 par1 Caird et Cie, a 122 mètres de longueur, 13m72 de largeur, 9m60 de creux, et jauge 4,500 tonneaux de gross tonnage ; la puissance-effective de ses machines 'est de 4,000 chevaux.
- On a eu 15 nœuds et demi de vitesse aux essais .- Cé ne sont pas là évidemmentles dimensions qu’atteignent aujourd’hui les paquebots destinés à la navigation transatlantique ; mais la nature du service est totalement différente.
- Il y a..trente ans, les plus gros navires de ia Compagnie Péninsulaire et Orientale,, tels que le Pera, avaient 92 mètres de longueur, 12m80 de largeur et8m20 de creux, avec 2,200 tonneaux de gross tonnage et des machines à engrenages de Rennie donnant 30 à 32 tours par minute, et développant environ 1,100 chevaux indiqués ; ces navires ne donnaient guère plus de 10 nœuds de vitesse moyenne et consommaient 50 tonnes par 24 heures, alors que le navire dont il a été question plus haut, le Tasmania, ne dépense pas plus de 70 à 75 tonnes pour un tonnage double et une vitesse une fois et demi supérieure.
- IVlofeiirN à- jk«k. •— L’institut de Franklin avait nommé une com-missioTTpour elludienspécialement les moteurs à gaz à l’Exposition internationale d’électriciténorganisée par lui à Philadelphie en 1884, et pour faire toutes les expériences qui paraîtraient utiles, dans le but d’élucider les diverses questions relatives à cqs moteurs. -^ mm -
- Cette-,-/commission avait élaboré un programme d’expériences très complet, comme on pourra en juger d’après ce qui suit : n-,
- -L.es-expériences se diviseront en deux parties : emn-u m, mb -
- 1° Des essais pratiques dans le but de rechercher l’effet utile des moteurs dans les conditions qui. seront jugéesi lesi plus* favorables' par les
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- constructeurs* pour arriver à reconnaître1 lai valeur industrielle des appareils .au point,de vue de la dépense et du bon fonctionnement. a ;
- Ces essais comprendront : ..
- Un essai de dixlieures sous charge maxima; ' . ; ,v|
- Unessaindje dix ,heures sous charge moyenne, la machine étant arrêtée à la fin de chaque heure et le temps nécessaire pour la remettre en
- marche noté........... . -
- Les observations à recueillir sont :
- Les diagrammes d’indicateur;
- Les résultats de l’essai au frein de Prony; -,
- La vitesse et la régularité de la rotation;1' - • a-
- Le nombre total de tours ; - ; ;
- Le nombre total d’inflammations/ai o ' •
- Les températures de l’air ieb du !gazià l’entrée; * ->*•
- Les températures du gaz à l’échappement; ; >• ' ' -
- Les températures de l’eau à l’entrée et à. la sortie - :
- Les pressions ’de l’air et du gaz à l’entrée;
- La composition du gaz às l’entrée ; - 4
- La composition'du gaz à la sortie. » n
- 2° Des * essais scientifiques dans le but de constater certains faits au sujet de l’action du gaz dans le cylindre, faits intéressants à connaître pour améliorer l’état très imparfait encore de nos connaissances sur la théorie destmachines* à gaz,.
- On devra donc choisir un moteur et exécuter sur lui l’étude des questions suivantes : -..vtuL
- Température des* gaz après l’explosion; on se servira/à cet effet, de la résistance électriqueid’un fil fin de platine placé dans le cylindre. '* Effet desulivers degrés de compressiôni- ,*:.*• 'h nt"/. .
- Effet des diverses proportions de mélange. :i 4. - Him-
- Effet de1 la compression préalable du gaz et de .1 son emploi au moyen d’un régulateur: dei pression. on .,îiy -*>L -.iiic-ou :,M 4-
- Effet du chauffage préalable des gaz. , * ; ),m -4 > -
- Inflammabilité de la charge par l’étincelle, électrique à -divers points du cylindre. iurb : • 'i«<>
- Effet de la variation de la vitesse et des: modifications dans les tiroirs. Expériences sur la dissociation. - rai'...
- Comme on le voit, ce programme ne laissaitrien àîdésirer, ‘et, sULeût pu êtreméalisô, il n’est pas doqteux que ces expériences n’eussent fourni des renseignements de la plus haute valeur; malheureusement, ib’> partagea le sort,de beaucoup de programmes. Les exposants refusèrent nettement de se prêter baux expériences qu’on leur demandait/! et la bOoffU1 mission dut se borner à faire amosimple rapport r sur lesumachines-'ei-posées. L •.Sim' î?:*i; 1 i i* j-i 1 • ii• <->0 '4s u;4 >i -oü::h i •':?«.<.» 1 °!
- Ces machines'ôtaient d’ailleurs peu nombreuses., - * i - ; >< -4 -ao.b **i.u.*
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- La Compagnie des machines Clerk, de Philadelphie, exposait deux machines, une de huit et une de dix chevaux, actionnant des dynamos unipolaires de Bail; la première machine entretenait six lampes à arc et la seconde 80 lampes à incandescence.
- Les machines de ce système ont deux cylindres : un cylindre moteur oh le mélange de gaz et d’air fait explosion à chaque tour, et un cylindre de déplacement par lequel les gaz brûlés sont expulsés du premier cylindre, et une nouvelle charge de mélange détonant est fournie à celui-ci.
- La pression dans le cylindre de déplacement ne dépasse jamais un tiers d’atmosphère ; le volume de ce cylindre est plus grand que celui du cylindre moteur; son piston est actionné par une manivelle à angle droit et en avance de celle de l'autre cylindre.
- Ce piston aspire de l’air et du gaz pendant la moitié de sa course, et de l’air seul pendant l’autre moitié ; pendant la moitié de la course de retour, il refoule l’air dans le cylindre moteur, et pendant le reste de la course, le mélange combustible. Au moyen du calage indiqué pour les manivelles respectives, la première moitié de la course de retour du piston de déplacement correspond au dernier huitième de course d’un sens et au premier huitième de l’autre sens du piston moteur; de sorte que l’air envoyé par le premier piston lave et rafraîchit l’intérieur du cylindre moteur pendant que le piston est aux environs^è Féxtrémité de sa course. J 1 "
- L’échappement du cylindre moteur se fait par des luihïères annulaires découvertes par le piston à fin de course et, pour qhe 'L’air puisse s’échapper et le mélange combustible être admis clans lë'ilcÿlïn'dre avant que ces lumières ne soient fermées, le volume du cylindre de déplacement est plus grand que le volume du cylindre moteur augmenté de son espace neutre. . r \-y-\
- Au retour, le piston moteur comprime le mélange à une pression d’environ 3 1/2 atmosphères, et l’explosion porte la pression à 12, à 13.
- L’inflammation se fait au moyen d’un bec Bunsen et d’un tiroir d’allumage.
- Les machines portent un dispositif pour les mettre en marche au moyen des gaz comprimés.
- Il y a un réservoir dans lequel le cylindre de déplacement peut comprimer du mélange détonant à une pression de 5 atmosphères, au moyen d’une soupape qu’on fait agir un instant avant l’arrêt et qui empêche le mélange détonant de passer au cylindre moteur; cette compression s’opère par l’effet du volant.
- Voici les résultats obtenus par une machine de 10 chevaux, résultats fournis par les constructeurs :
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- Puissance développée à l'indicateur sur le piston
- moteur........................................, .
- Pression moyenne...............................
- Pression maxima.......................... .
- Pression avant l’inliammatiou..................
- Nombre de tours par minute.....................
- Diamètre du cylindre moteur. ..................
- Course du piston moteur........................
- Gaz par cheval indiqué et par heure............
- 12.75' chevaux. 5.10 kilogh 15.60 4 »
- 154 0.177 0.305 590 litres.
- Voici quelques renseignements sur les éléments de plusieurs grandeurs de machines Clerk :
- Nos du Type........... 1 2 3 4 > 5
- Puissance indiquée.......... 4 à 5 8 à 9 10 à 14 15 à 17 25 à 27
- Diamètre du cylindre........ 0.127 0.152 0.178 0.205 0.229
- Course du piston. . . . . . . 0.205 0.253 0.305 0.407 , 0.610
- Nombre de tours............. 210 180 150 140 120
- Longueur occupée............ 1.80 2.40 2.70 3.60 3.90
- Largeur d° ................. 0.90 1.05 1.10 1.15 1.50
- Poids de la machine complète . 950 k. 1220 k. 1720 k. 2620 k. 3570 k.
- La maison Schleicher, Schumm et Cie, de Philadelphie, exposait trois machines Otto de quatre, sept et quinze chevaux ; la première actionnait une dynamo Edison de 25 lampes, la seconde une machine Bernstein de 40 lampes. Ce type est trop connu pour qu’il soit nécessaire de s'étendre sur ce point,,, ,, ..
- MM. Queeu et Cie, de Philadelphie, exposaient une petite machine à vapeur chauffée au(pétrole. La chaudière de cette machine consiste en une caisse en.fonte d’où partent cinquante tubes , également eii fonte, de 30 millimètres de diamètre, et 0m22 de longueur ; le tout est contenu dans une enveloppe en tôle surmontée d’une cheminée. Le chauffage s’opère par la flamme de pétrole pulvérisé par un jet de vapeur fourni par la chaudière et réglé suivant la pression à la chaudière par un système automatique, qui maintient cette pression absolument régulière. L’alimentation d’eau est également réglée par .un appareil automatique. Il y a, en outre, comme d’habitude, un manomètre, une soupape de sûreté et un niveau d’eau à tube de verre.‘ i
- La machine est renfermée dans une caisse en fonte où se fait l’échappement, le bas de cette caisse reçoit l’huile et l’eau condensée et les manivelles en battant dans ce mélange le projettent sur toutes les pièces du mécanisme qui se trouve ainsi largement lubrifié. La machine est à pilon à deux cylindres à simple effet, l’un au-dessus de l’autre, avec un robinet de distribution entre eux deux. Les pistons n’ont pas de garnit ares, leur tige commune traverse la boîte à vapeur intermédiaire et la bielle motrice est articulée ' directement au piston inférieur.
- Le robinet de distribution est actionné par un excentrique dô’üt' le Buu. 45
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- calage variable est réglé par un système centrifuge agissant contre un ressorti L?échappement se fait par des lumières ménagées dans les parois des • cylindres ’et découvertes ’ vers la fin de là" coursé par les pistons. , !n!""
- Sur la demande de MM. Queen et 0iû et, en présence : dè!’ïèor représentant, il a été fait un essai le 18 octobre 1884, lequel’à "donné les résultats suivants. " '”1 ‘ 'l/
- On a d’abord fait faire quelques tours à la machinera la main et en arrière de manière à comprimer l’air dans la chaudière à un degrq suffisant'pour'faire fonctionner le pulvérisateur ; en quelques minutes la pression est montée à 7 kilogrammes. On a alors pesé l’huile et l’eau ét ajusté le frein et on a commencé l’essai, lequel a duré plus d’une heure,’la machine faisant 500 tours à la minute ; avec la charge complète sur le frein on n’a pu maintenir la pression à plus .de 5 à 5 1/2 kilogrammes. La machine a développé quatre dixièmes de cheval avec Une consommation de un peu moins de 2 1/4 kilogrammes d’huile et 12 litres d’eau par heure, t Ces résultat^ ne. sont, pas mauvais pour une si petite force.
- Pyromètre calorimètre. -— Le journal de Vlron and Steel 1ns-titute (Toiinê," diaprés une "revue suédoise, la description d’un pyromètre destiné à la mesure des températures dans les foyers.métallurgiques, dû à M. S. A. Andrée. ,M „,r.
- Cet appareil n’est pas autre chose qu’un calorimètre, jijua,is il a été étudié avec soin et on dit qu’il permet d’obtenir,les.températures avec une approximation de un pour cent, c’est-à-dire ayec,,,une exactitude bien' supérieure à celle des pyromètres de diyei;», systèmes employés pour l’appréciation des hautes températures.
- Les pièces d’essai sont des morceaux de fer du poids exact de 23,5 grammes. Le thermomètre est divisé en dixièmes de degrés, lesquelles divisions ont 1 millimètre, de sorte qu’on peut apprécier très facilement des vingtièmes de degré.
- Le récipient contènàüt l’eau est cylindrique et, pour que la surface de refroidissement 'soit minima, la hauteur est égale au diamètre ; il contient 300 centimètres cubes d’eau et a 80 millimètres de hauteur eh de diamètre, 2 centimètres de hauteur ôtant prévus pour l’agitation de l’eau opérée par un agitateur formé d’une plaque de cuivre percée de trous, fixée à une tige de baleine qui sert à la déplacer.
- ?Lé'vase est supporté sur quatre pieds en bois et placé dans une càisfeé en bois avec l’intervalle garni de ouate. Le couvercle est en vprpe.et a .deux ouvertures, l’une pour le thermomètre, l’autre pour ia tiges.de l'agitateur et un trou fermé par une soupape se refermant d’cjle-même, par lequel est introduite!la pièce d’essai qui'tombe dans un panier en toile métallique disposé au milieu du liquide,
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- On détermine l’équivalent en eau cle l’appareil en y introduisant une pièce d'essai aune température .connue,,telle que 100 degrés ou zéro."
- Le point délicat est évidemment la connaissance exacte de la capacité calorifique du métal aux diverses températures ; la note entre dans de grands détails sur la manière d'en tenir compte et contient des tables destinées à faciliter l’emploi de cet appareil qui donne, parait-il, de bons résultats et est d’un maniement très facile.
- Transport dans Paris par oumibas et ti'iiiimays. —
- Le journal de la Société de Statistique de Paris donne des renseignements très intéressants sur les modifications qu’a produites sur la circulation dans Paris le changement de matériel effectué par, la Compagnie des omnibus ; cette modification remonte déjà à quelques années, mais elle n’en est pas moins' 'opportune à rappeler au moment où la question des transports en commun excite a juste titre les préoccupations. ' " .
- En 1874, la Compagnie des Omnibus ne disposait que de voitures à 26 ou 28 places ; à cette date, un cheval attelé à une voiture de ce type, transportait 41 voyageurs; en 1881, il ne transportait plus, attelé à une voiture de ce modèle, que 35.3 voyageurs, et cela à causpdu re-port de l’ancien matériel sur les lignes à plus faible circulation.
- En revanche, attelé à une voiture à 40 places, il transportait en 1881 43.1 voyageurs et, attelé à une voiture de tramways, 62.2, soit en moyenne, pour rehsëihble du service, 45.5 voyageurs.
- Il en résulte'que, de 1874 à 1881, le nombre des voyageurs transportés, par journée dé 'cheval, s'est élevé de 41 à 45,5, soit 4,5 d’augmentation ainsi'repartis*: •
- Intérieur................ 1.3
- Impériale ....... 3.2 , ,
- y .'> i
- Le plus grand nombre de places offertes proportionnellement à l’impériale, où les dames sont admises dans les grandis pmqibus et les tramways, a amené mie augmentation, notable de la proportion des voyageurs d’impériale. wat'u'iutUM-'-'
- Cette proportion (pii était, en 1874, do ... f , « ........... 72.8
- S’est élevée en 1881 :
- Pour les voitures à 40 places, à. . :. ... ..-y V. . : 83.0
- Pour les tramtvays, à.................... , , . n . . ,, , . . v. 87 .4
- Soit, pour l’ensemble des services, à' , . . ............. . .84.3
- Or, comme le nombre des voyageurs augmente, il faut en' conclure qu’il n’y a pas dans ce fait un simple déplacement des voÿageurst'de l’intérieur,à d’impériale, mais bien la création d’un trafic supplèmcili-taire do voyageurs d’impériale résultant du'plus grand nombre'de5plaèek offertes.
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- COMPTES RENDUS
- SOCIÉTÉ D ’KN COU RA O EM ENT POUR L'INDUSTRIE NATIONALE
- SEPTEMBRE 1885
- Rapport de AL le colonel GtOULIer sur une .Machine à diviser, présentée par AL E. Péraux.
- AI. Péraux a imaginé une règle à calcuDàMeux méglettes^çlput le but est de procurer une exactitude double ou quadruple de celles qu’on obtient avec les règles ordinaires de même longueur ; pour l’exécution de ces règles, il a exécuté des machines à,. diviser, entièrement en bois, dont le principe est celui de Ma similitude des triangles; un coin, incliné au dixième, déplacé entre une règle fixe et un chariot mobile dans un sens perpendiculaire à l’une des faces du coin, repousse ce chariot d’une longueur~ égalé Mu^ffilièifiê^fie son propre, déplacement. ’1 1
- Dans,t, les..;applications de cette machine, U’àüieu'r: s’est trouvé amené à interposer , fies divisions croissantes ou décroissantes Antre des traits ,,dont les,, positions étaient données par des expériences ou par le calcul., II. a imaginé, pour cela, de faire usage de divisions harmoniques, ou autrement,fiit?i des échelles de perspective ou de fuite; ce principe, combiné,na)ieC| de^ dispositions de détail très bien étudiées, a permis d’établir fies, machines très simples et d’un prix d’établissement modéré qui.,peuvent,rendre de réels services dans les ateliers de dessin et .fie,.gravure., ,
- Rapport . de ,AL Ifi. jP^ugot, sur 1° un appareil permettant d’ouvrir et «le fermer les compteurs à distance, 2°
- un hec de gax automati*|ue, présentés par AI AL Gros'et AIura-
- TORI i
- L’appareil comprend un obturateur, lequel peut remplace1!* !le robinet d’admission du compteur et se compose d’une cloche • contenant du Miëédüré dhnsMequel plongesam^ajutage,,’ ,%le ^fiéplaccquent^ de çct ajutage ouvre ou ferme le passage, qg, gaz et,est déterminé par îe fonctionnement d’un aspirateur en communication avec T obturateur par un
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- cordon d'air d’une longueur quelconque; cet aspirateur est également constitué par une cloche à mercure.
- Cette possibilité-d|îf fehmfi||in ^oi|pitmY’|à distance pourrait, dans certains cas, présenter ° le danger de* fàiré ^négîigbr la fermeture des becs et des explosions auraient pu se produire au moment de l’allumage.
- Pour combattre ce danger, les inventeurs ont imaginé une disposition par . laquelle, les becs sont fermés automatiquement dès que le compteur est fermé et que le gaz n’arrive plus,' mais sont!rbiivérts seulement par une manœuvre spéciale.
- Cette disposition consiste encore dans une petite cloche à mercure qui retombe lorsqu’on ferme l’arrivée du gaz dans la conduite et la seule pression du gaz, quand - on rétablit la communication, ne suffit pas pour faire remonter la cloche, niais elle est assez forte pour la maintenir soulevée ; il faut donc soulever la cloche pour rendre le gaz au bruleur, ce qui s opéré avec * une petite tige i.qu on [manœuvre.
- Industrie eotoiiniere, remarques sur quelques défauta ,de fabri-catiori! • ... :
- Ces 'remarques: sont dues à M. Bowman etonCçté faites tdans une série de* conférences, faîtes à l’Ecole technique de Bradforcl p elles sont shihbut rèlatives à la teinture et à l’impression des tisssus de
- coton. "ii;' '•fiil'. ... ((! ^ _
- UTote»,sur les dégras, composition, analyse, essai"'des.- huiles pour le chamoisage, par M.' Ferdinand -Jean. ;
- On sait que les peaux de cerf, de daim et d’agne'au, destinées à la confection,,.des objets d’habillement et à la ganterie, ainsi que les peaux de,, .boeuf et de veau, qui servent à faire leslbuffleteries, sont soumises, à une préparation qu’on désigne sbüs lëi nom ùè chamoisage, laquelle constitue un véritable tannage a rhuilép oh} emploie des huiles de baleine ou de poisson; l’excès d’hViilo’ èët'hètiré ensuite par torsion ou par pression et est vendu'’squSle1^'Apm^dW'dégras aux cor-royeurs qui s’en servent pour nourrir'léJc'hir êt lui''donner de la souplesse ; les dégras que l'on trouvé'!dansJ le bbinmercé présentent des compositions très variables et les corroyeurs'‘âürâiént très grand intérêt „ à n’acheter ce produit que sur analyse.
- ....,Re$ jjdégras constituant un mélangé’*dé 'diverses' matièrësb'leur analyse jnéç.essite la détermination de'î’è'aif, dlfs Tnaft’èMs^ÉDÎMàMg^ des cendres, de l’huile, des matières saponifiâblës;i'deS’m'atî'èVeSoté'siîi'bïdes,
- de l’alcali ou de l’acide. Chacune de ces déterminations estïétudiée
- ''l!'’: j.nn.nqqn'J.
- ai'i^tfrmoa- u-h ü'oîaftrrahrH.) '
- ApiKiréils 1 i nulle a leurs f, «le1 niveau _ d’eau, f, de- .Leeèvre : et RENAuni’ et!:,de LeMPERT ?èt''LENGENSÏEPEN;M • d m '.••rr/'tfô w.m -
- séparément dans la note de M. Jean.
- -‘•‘a -‘Voqmuo Ma <>
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- Il serait très difficile de faire comprendre le fonctionnement de ces appareils sans l’aide des figures jointes à l’article ; la description du premier, est extraite des Annales industrielles, et celles du second, du Dingler’s polylechniches Journal.
- L’eau oxygénée, sa préparation et ses usages, par W. Lindner, (Extrait du Ohemiker Zeitung).
- Il paraît que la consommation de l’eau oxygénée va en augmentant d’année en année; on la prépare toujours au moyen du bioxyde de baryum qu’on décompose avec un acide, généralement de l’acide fluorhydrique, phosphorique ou même oxalique.
- On l’emploie pour le blanchiment de rivoire, des cheveux, soies, plumes, etc. , ainsi que de la laine ; elle est aussi susceptible de nombreux usagés domestiques, enlèvement des taches de vin, fruits, herbe, encre, etc;, désinfection des petites plaies , etc.; on fait, en ce moment, des essais sur l’emploi de l'eau oxygénée pour la régularisation des fermentations et la conservation des fruits et légumes.
- On obtient l’eau oxygénée à 3 0/0 à assez bas prix.
- î ’ „
- Llxtraction «le l’or, procédé électrolytique de M. Henry R. Cassel (Extrait de la Nature). ; ..
- Sur les alliages «le cobalt et «le cuivre, par M. O. Guil-lemin (Extrait des Comptes rendus de rAcadémie des Sciences).,, ,
- lies puits » pétrole.eu Amériyue (Extrait de la Revue scientifique). U,
- > = .. U * " '
- ANNALES DES PONTS ET CHAUSSÉES
- septembre 1885
- Notice biographique sur M. Comoy, inspecteur général des Ponts et Chaussées, par M. Martin, inspecteur général des Ponts et Chaussées. ,
- , f
- Commission technique «le l’assainissement «le Paris*
- lUMi :> :
- résumé des travaiix et resolutions a«loptees», r Y( f.
- Cette Commission, composée d’inspecteurs généraux et d’ingénieurs
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- en chef des Ponts et Chaussées, d’ingénieurs, civils, d’hygiénistes, d’architectes et de | membres de la .Commission des logements insalubres, a été nommée en octobre 1882 ; elle a arrêté les principes généraux dont elle recommande l’application à l’Administration municipale.
- r . 1 7/ . '< H if ’i a t îü a îï*» .1
- L’étude de l’assainissement part du logement ; elle pose le principe du cabinet spécial à chaque logement et de l’emploi de l’eau à la dose minitna de 10 litres par jour et par personne ; le siphon hydraulique est exigé pour les sièges des cabinets et pour les eaux ménagères ; le tuyau de chute doit être prolongé au-dessus du toit, et des réservoirs automatiques doivent assurer des chasses intermittentes dans les tuyaux de chute.
- Au point de vue de la réception des matières, la Commission condamne le système des fosses fixes, de même que celui des récipients, fosses mobiles, tinettes, etc., qui s’opposent au libre et rapide écoulement des matières, et, quant au mode d’évacuation, après de savantes discussions, la Commission a admis, à une forte majorité, le principe de l’énvoi direct des matières de vidange à l’égout.
- On devra améliorer le système central des collecteurs, devenus aujourd’hui insuffisants; en créant de nouvelles galeries’ pouvant "débiter 400,000 mètres cubes et transformer les machines élévatoires de Clichy, pour assurer l’écoulement et prévenir la stagnation des eaux d’égouts.; "..i v
- Les résolutions, dont nous venons d’indiquer les bases, comprennent 34 articles.
- - va
- Mémoire sur l’AssaiEiisseineiit de 1» Seine, par M. A. Du-
- rand-Claye, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées.
- Cette note contient l’historique des études et expériences, qui, entreprises dès 1867, et poursuivies sans interruption depuis cette époque, ont abouti à la grande démonstration de la plaine de Gen-nevilliers, dont la salubrité et la prospérité^ sont1 aujourd’hui indiscutables.
- Les ingénieurs du service municipal ont dressé un projet comprenant la continuation des irrigations dans la plaine de Gennevilliers et leur extension sur les terrains domaniaux situés sur le territoire d’Achères, à l’extrémité nord-est de la forêt de Saint-Germain,
- Un projet de loi dressé conformément, est actuellement soumis à l’exàmen d’une Commission parlementaire. . j
- L’assainissement de la Seine comprend deux services : 1° le ser-
- et travaux neufs. , ,, „ .. ^
- La note de M. Durand-Claye examine successivement^ pour.. la^pre-mière partie : 1° l’alimentation, comprenant l’égout partant du colîee-
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- teur Nord de Paris à la porte de l a Chapelle et amenant des eaux de l’autre coté de la Seine, en face de Saint-Oucn et la seconde: dérivation, : allant du'collecteur d’Asnières à Clichy, où soi trouve • d’usine élévatoire. Cette usine comprend trois groupes de machines iet pompes, représentant une force collective de 1,100 chevaux -, mou
- 2° La distribution dans la plaine de (tcnnevilliersy i au moyen de 34,000 mètres de conduites de diamètres divers, de 1 mètre à 0m,30.
- 3° Le drainage destiné à abaisser le niveau de la nappe souterraine, établi en 1878-79.
- 4°'Les résultats, lesquels sont mis en évidence d’une manière remarquable* par l’accroissement de 34 0/0 de la population de Penne-villiers. .
- La seconde partie comprend :
- 1° Les études pour l’extension des' irrigations pour les eaux d’égout sur lesiderritoires domaniaux. d’Achères; ; : non- u
- 2° Les études pour l’épuration des eaux des égouts départementaux et de la partie Est de la capitaleu r,. u. n;ni,i •
- 3° Les études et travaux en vue de l’assainissement de Paris.
- Ces dernières études ont conduit à l’application du système dit : « Tout à l’égout » à l’Hôtel de Ville, à la caserne Schomberg de la Garde républicaine, d’un groupe scolaire, rues Cujas et Victor-Cousin, d’un des théâtres de la place du Châtelet, de deux pavillons de la caserne de la Cité, et d’un certain nombre; de maisons particulières. *-d> nmm-ùmT- :
- Les procédés- .appliqués dans chacun de ces édifice s, nonL été. partout fondés sur les principes indiqués par la Commissionu technique dans les 34 articles de: ses résolutions, et dont nous <avons,!fait Connaître plus haut les-b(ases..,,.1i-.j;: -. ; ' f v '.npiiKM.-
- Notice sur le» prix, de revient de la traction et sur les économies réalismes par l’application de diverses modifications aux machines locomotives, par M. Ricour, ingénieur en chef,des Ponts ci Chaussées.
- • i • •• <
- M. Ricour avait, dans un; précédent Mémoire (voir Comptes rendus de Juin 1884), fait connaître^es ..avantages réalisés par l’emploi des soupapes de rentrée d’air et les .tiroirs cylindriques appliqués à plusieurs machines des chemins de fer de l’Etat. Depuis, l’expérience a été étendue sur une plus vaste échelle, et l’objet de ce ce nouveau Mémoire est d’abord d’indiquer les avantages et les inconvénients que la pratique a définitivement fait reconnaître à ces nouveaux organes., .ainsi que les précautions spéciales qu’en exige..l’emploi.
- Euspiie, l’auteur signale de nouvelles modifications tendaht/comme les premières, à réduire l’usure des machines et'à augmenter leur effet n utile,,.. puis, il recherche dans quelle mesure les1'améliorations
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- réalisées •manifestent leur!t'influence sur le».prix de revient do la-tonne kilométrique. t- ' - ^ ^ - h ,
- D’après M. Ricour, les tiroirs cylindriques n’auraient que 1 millimètre d’usurè pour 200,-000 kilomètres de parcours, alors que les tiroirs plans no --feraient que 3,300 kilomètres pour \ millimètres d’usure, [îe frapport serait donc de 1 à 60. L’augmentation de durée du mécanisme de commande est dans la même proportion.
- Il y a eu également prolongation considérable de la durée des chaudières et suppression totale des dépôts adhérents.
- Les relevés faits au dépôt de Saintes montrent que, du 1er janvier au 31 décembre 1882, alors que toutes les machines avaient des tiroirs plans, le combustible brûlé par 1000 tonnes kilométriques atteignait 73 kil. 033 et que du 1er janvier au 31 : décembre 1884, alors que 30 machines sur'40 avaient des tiroirs1 cylindriques, de poids du combustible brûlé pour 1000 tonnes kilométriques était- descendu h 66t,181, soit une ; augmentation d’effet--utile- de >13,4-0/0. -q ;u
- M. Ricour explique que la réduction du travail résistant des tiroirs a pour effet de diminuer l'écart de l’effort i minimum et de l’effort maximum agissant <à t lae circonférence des roues! pendant un tour de roues et, par suite, de permettre à l’effort moyen de se rapprocher
- - > t ' > it i t : i Jj
- du coefficient d'adhérence ——davantage qu'avec les tiroirs plans.
- (Nous renverrons 'jjouC Fintelli'genoe de ces considérations, à la note sur l’adhérence des locomotives, par M. A. Fligner, dont nous avons avons donné mun résumé dans la chronique d’août 1884, page 169). Les nouvelles1 modifications dans les locomotives consistent dans des
- écrans'réfractaire,s • dans les foyers des machines , à l’imitation de ce qui se pratique d’une manière générale en Angleterre èt'dans Remploi de surfaces de moindre résistance, pour réduire la résistance de l’air.
- Les écrahs FéfMctaires : ;sont fofmés8*!dë- 'Brique^ appuyées sur des tubes à eaiF'nllant du bas de bY plaque diibulaArnhlaff ciëFdti foyer, mais ces tubes ne sont pas dans;'-le’"lfiême‘fcf)llîf,*|,têa*soÿtêiîquearécran forme une sorte de Y qui divise le foyer èii deux' compartiments et dirige la flamme en partie vers les parois1 l'àtérâléb. :
- La résistance de l’air, aux vitesses :ufitjièfi’l!cbh'sidérablêsi'r,Mdéviënt dominante dans l’ensemble des résistances d’ùri train. - q ^u
- L’auteur du Mémoire a fait des expériéiic'és sur ce sujet/a l’aiÜe de balances installées à droite et à gauche de l’hbri d’une locom’otive ; le plateau" avait 1 décimètre carré de surface ét une aiguille indica-
- trice, faisait':voir la pression exercée Contre un1 'ressort par la résis-tance de l’dirqMèette résistance Adrië^coMtoè1 'le carré de la3"vïtesse'';'": elle a,, été? (trouvée-1 ide 49. kilograrhm.es par- mètre ? carré / à la^VfMsie de 70 kilomètres à l'heureuoi-mm ho b .-.r.wu'l r : >i p .::--mhn.,m| aol
- Comme - la. ; surface résistante dame • 'machine et de soir tend'èfi/ nôï*£ '1
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- male me ut au sens de . la marche.- peut être • estimée *4-,42^ mètres carrés, la résistance de l’air est,u 4.4a vitesse .indiquée plusuhauR de 612 kil. 50. -'Vne.i-'l- M : ; r 10 ï ' i" V'.djiC''
- On réduit considérablement cette résistance par d’emploi de surfaces inclinées, lequel, d’après les calculs de M. Ricour, peut amener une augmentation en travail utile de > 0/0 ;uces -plans‘inclinés ont ôté
- appliqués à quelques machines du réseau de l’Etat. .«Xli
- Dans le dernier chapitre de la notice, M. Ricour recherche le prix de traction sur les grands réseaux français, et, de cette comparaison avec le prix obtenu en 1884 sur ;le réseau de l’Etat, conclut, en faveur de ce dernier, à une économie de 9,1 0/0 sur les prix les plus bas obtenus en France, et de 12,9 0/0 sur les prix moyens de l’ensemble des réseaux français. --- -------—
- Une partie de cette économie est due à l’amélioration du profil par la réduction des rampes.
- M. Ricour conclut qiiei, lorsque Moût-léi matérièl dieëéchemins de fer de l’Etat aura reçu les modifications diverses qui ont été indiquées, les dépenses de traction seront réduites de 4,000 francs par machine et par an ; cette réduction, appliquée aux 7,000 machines qui existent en France, produirait une économie annuelle sur les frais de traction de 28 millions de francs pour l’ensemble des chemins de fer français.
- Note sur la résistance comparée «les constructioms semblables, par M. de Perrodil, ingénieur 'en clief des Ponts et Chaussées.
- L’expregsion semblable est ici employée dans le sèns/gëohrétrique, deux constructions semblables étant celles qui sont ‘composées de parties de même nature, satisfaisant comme solides ''géométriques aux conditions (b; la similitude, tels que seraient deux ouvrages ou appareils construits, d’après un,même projet à des échelles différentes. Les résistances.!s(Qnti!entrèj,1e)le^[jpomme les carrés des dimensions homologues.
- Note sur l’influence «les joints «lans la résistance à l’écrasement «les maçonneries «le pierre de taille, par
- M. Tourtay, ingénieur des; Ponts,.et Chaussées.
- Les conclusions de ce Mémoire sont, que l’écrasement du mortier a lieu sous des pressions très supérieures à la résistanee intrinsèque de ce ïüortier, mais très inférieures à la résistance de la'* pierre)1 que la pression qui produit la désagrégation des mortiers est èn*uraison iiwerse'’dé: l’épaisseur idu joint, toutes;!choses égalés1/*'et qu’il yMa intérêt1,à réduire l'épaisseur 'des joints' au minirnüm êOmpati’ble avec une >‘bonne' fabrication. Lés pierres superposées SdnS'',jiôirit’s;^donnent une résistance inférieure J;à eêllé de la^piérre ellèuMêmt^ iMiSt! Supé-
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- rieure à celle des maçonneries avec joints cle mortier; enfin, les blocs réunis par un simple coulis de ciment paraissent travailler comme des monolithes et donnent des résistances très supérieures à celles des’ maçonneries avec joints,
- • • ; 5 ' ! {1 -
- Note sur/ l’explosion «l’une eltautlière aux forges «l’Eurville.
- Ce rapport a déjà paru dans les Annales des Mines, 3me livraison de 1885. (Voir compte rendu d’octobre, page 526),
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS ALLEMANDS
- : ,.V,i -h: OOU/'
- V."èj
- 1 'l- 44. — 31 octobre 4888.
- Les machïn ely’ii!@isÊxposition B, Salomon.
- universelle d’Anvers,
- en 1885, par
- Les gymnases et les écoles dites « realschule » au point de vue des études scientifiques et. techniques, par le Dr Lunge .
- Machines agricoles. — Semoirs.
- Groupe de Hanovre. — Tuyaux à ailettes pour!chauffage. Association*des chemins de fer. — Exploitation par le block-système sur les lignes à une seule voie. —'Nouvelle horloge de 24 heures. — Chemins de fer Alpins.
- Patentes. „ •
- v-? & swls ^»îbo.îs?Imï I
- lem aoifo
- N° 45. — 7 novembre 4888. ' 1
- - .rvy j;,.. UO
- Les machines à l’Exposition universelle d’Anvers en 1885, par B. Salomon"(suite). - q. j.
- Ponts. — Assurance des ponts contra, les ruptures. — Chute >d’un ont routepà, Salez-Bpchs. — Pont.ssur,ile Schwarzwasser en Suisse,q — Indicateuiîfd’effprts de ÉrapkqL Système pour, libre;*; dilatationi des poutres, dp^pjonts.;,— Pont tsur l’Indus, à Altock, — Pont;sur lm
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- rivière Fraser. —- Fondations. pai| le froid, système Poetsch. — Pont sur le Dnieper à EkaterinoslaV. £ r ; ^
- Électro-technique. — Comparaison entre les lampes à arc et les lampes à incandescence.
- Groupe de Brunswick. — La plus < grande ^sucymne^e^Rrap^ep,*— Enveloppes non conductrices contre ïès^déperaitfonT âeC(ftiaîlur," J1 ' Groupe de Carlsruhe. — Appareil pour l’application de la viscosité des huiles. — Assemblage clc tuyaux. — :;A !(\
- Patentes.
- Bibliographie. — Moteurs à gaz, par Cf. Richard. — Machines à gaz, par W. Mac Gregor.
- *s &!«*»#»*-*|q pttiiitttf ->il
- A A / v.V -.in Le secrétaire-rédacteur,
- A. Mallet.
- •! ; / < AU Àfd Af AfplAd An i
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- -.homa nu afrioaf s?:.a
- d -U ;Y yn\\yVx\,v.d) -ianvuo km àan i;
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- ANNEXE
- ADX
- PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES
- DU MOIS DE NOVEMBRE 1885
- Réunions supplémentaires
- dut 30 Octobre et du 43 Novembre 4883
- CONFERENCES SUR LES LANGUES INTERNATIONALES
- Réunion du 30 octobre 1885
- Présidence de M. de Comberousse
- Conférence de M. E. MA LD AN T, Membre de la Société.
- La séance est ouverte à neuf heures moins un quart.
- M. le Président. — Mesdames et Messieurs,
- M. Maldant a à vous parler d’un sujet extrêmement intéressant et qui, au premier abord, semblerait néanmoins ne pas devoir s’adresser directement aux Ingénieurs; mais, si on y réfléchit un peu, aujourd’hui que les chemins de fer ont transformé absolument la face du monde, on s’aperçoit bien vite que toutes les nations, malgré leurs querelles et leurs haines, ne forment, pour ainsi dire qu'un seul peuple et ont, par conséquent, le plus grand intérêt, à savoir ce qui se passe les unes chez les autres. Il en résulte que, si on pouvait trouver un moyen de n’être étranger à aucune invention, à aucune théorie, à aucun des travaux qui se font chez les différents peuples, on rendrait à l’humanité un très grand service, et il est probable que cette diffusion, que cette langue internationale dont veut vous parler M. Mal-
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- dant, amènerait un peu d’adoucissement dans les haines qui nous séparent et qui, malheureusement, suivant toute probabilité, nous sépareront bien longtemps encore. Je vous demande pardon de la comparaison ; mais, dans le règne animal, n'y a-t-il pas des chiens et des chats, et 11’est-il pas difficile de les faire s’aimer? On est arrivé, cependant dans certaines maisons, à les faire vivre, côte à côte. Mais pour les hommes, c’est plus difficile, et les efforts de M. Maldant méritent d’être encouragés. Je lui cède immédiatement la parole, en m’excusant de 11e la lui avoir pas donnée plutôt.
- M. Maldant prend la parole et s’exprime comme il suit :
- Mesdames, Messieurs, L
- Permcttez-moi, avant de vous parler de la-langue internationale, de remercier notre excellent Président et tout notre Comité, de la grâce si parfaite avec laquelle ils ont voulu m’accorder1 une séance tout entière pour vous parler d’un sujet qui f au premier abord, pourra surprendre beaucoup de monde, mais qui, je l’espère, finira par vous paraître digne du temps que vous aurez bien voulu y consacrer aujourd’hui,
- Je l’avoue, il y a des questions qu’il est difficile d’aborder sans un peu d’inquiétude, devant une Société sérieuse ! comme lfi nôtre ; ce sont celles dont le simple exposé provoque habituellement’;ùn sourire d’incrédulité, même quand on a l’indulgence de ne;, pas les ^reléguer tout simplement parmi les utopies. ; ;n-;>un v<p:
- La Langue internationale est certainement l’une de ces1 questions épineuses; aussi, avant de l’aborder, mon premier besoin est-il de faire appel à votre bienveillance, ' - '
- Il y a plus de deux cents ans que Leibnitz, attribuant aux langues la plus profonde influence civilisatrice, prétendait créer un langage et une écriture universels. Et pourtant, malgré leur incontestable nécessité, malgré tous les efforts nouveaux tentés depuis, pour amener leur réussite, > ce langage et cette écriture n’existent pas encore. cm>;. .
- La difficulté à vaincre est-elle donc bien terrible ? Et l’utilité d’une langue internationale est-elle suffisamment démontrée?
- Ces deux questions peuvent-être, l’une et l’autre, hardiment résolues par. l'affirmative, --na
- Oui y' tous » les peuples que rapprochent, de plus en plus, les relations' scientifiques, commerciales ou industrielles ont impérieusement besoin de se comprendre p et c’est précisément pour cela que l’étude des' -principales' langues vi vantes prend une place Si - gfande;!Jêt sotie vent; si*absorbante* dans d’instruction générale des nationswc$ilisées.
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- La diversité des;(langues-mst, bien »évidemment, l'un des plus grands obstacles àn l’entente , cordiale et. au rapprochement des peuples ; et grâce,,aux merveiHeusess transformations sociales, qui découlent partout des .applications! progressives de la vapeur, de l’électricité et de toutes les branches ,de l’activité humaine, cet obstacle funeste et barbare devient, chaque jour* de plus en plus intolérable.
- Chaque s jour, en effet, et malgré toutes les entraves, nous voyons les progrès tutélaires de la science pénétrer chez tous les peuples.
- Chaque jour, nous voyons se multiplier leurs rapports commerciaux et intellectuels, et nous admirons leurs efforts de rapprochement par l’organisation des Expositions universelles, des Concours généraux et des Commissions internationales.'
- Mais lorsqu’il nous est permis d’assister à quelques - unes de ces grandes assises humaines, il nous est absolument impossible de nous défendre.,dm* profond sentiment de tristesse: et d’humiliation ! i Nqus constatons,toujours, .en effet," que, dans cès nouvelles tours de Babel, les. intelligences, .même les plus élevées, demeurent fatalement séparées par toutes les profondes ornières, du passé ; et cela, surtout, parce qu’elles ne se comprennent pas..et que c’est à grand’peine qu’elles parviennent quelquefois, en rompant avec toutes leurs habitudes, à pouvoir échanger partiellement et fugitivement quelques unes de leurs p en èé es 'les. plus i e s se n ti elle s.
- Il est. dopp-jffen,.manifeste que pendant que la science progresse, pendant ,guqnl&f,;des- lumières s’opère chez tous les peuples, pendant que j les., applications de la vapeur et de l’électricité diminuent ou suppriment les distances; en un mot, pendant que les frontières artificielles, s’abaissent,.,l’adoption d’un langage international devient non seulement;une. nécessité de premier ordre,'mais encore uneinécessité inéluctable et dont l’urgence grandit chaque-'jouBJu»veom :-r*nv; n ;
- Mais si la langue internationale est bien» réellement une nécessité, quel est donc l’obstacle redoutable qui peut, (Uni retarder si .malencontreusement l’avènement ? '!• .r-inf-.rivitsb- ywVrvw
- Cet obstacle, c’est l’amour-propre national-,;: c’est (l’exagération du patriotisme individuel. Chaque peuple .reconnaît, bien ,1e caractère urgent de cette grande réforme humanitaire, et chaque peuple veut bien admettre une langue internationale: ; mais, c’est à la condition que cette langue sera la sienne. "de uod;'nn Uü, engin
- La langue internationale ne devra jamais être qu’un instrument de raison, de progrès, de paix sociale et de civilisation. Son but. suprême est l’entente;iqt, le- rapprochement des hommes : elle a donc, nécessairement contfiepielleÿnffout ce quiia tendance ou intérêt>à lesusêparero La constitution .d’un langage.* international aura toujourslogiquement, pour ;adversaires, jtous;les,despotismes et toutes les étroitesses d’esprit;.;(MaisL!aussi» par contre, , ello a< leqdroit de compterusur 1#
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- concours de tous les esprits généreux et élevés, qui savent placer l’intérêt général avant l’égoïsme ou l’intérêt particulier.,. C’est à ce titre surtout,. que. nous réclamons ici, pour elle, tout votre sympathique appui,
- Lorsque, il y. a bientôt 40 ans, j'ai commencé à penser sérieusement à cette question, j’habitais Tours, et j’y vivais en contact presque continuel avec des Anglais, des Espagnols et des Italiens. Pendant longtemps ma principale préoccupation fut de comparer la langue de ces peuples étrangers, avec le latin et le français, et je m'efforcais alors de me rendre compte de leurs dissemblances et de leurs irrégularités.
- Toutes les langues, tous les idiomes qui se parlent en ce moment sur la terre, sont l’œuvre d’un passé plus ou moins lointain. Ils ont donc été nécessairement commencés par l’ignorance. Peu à peu, seulement, ils se sont complétés, enrichis, perfectionnés ; mais ils ont tous conservé, plus ou moins, leurs irrégularités, leurs longueurs et leurs vices originaires.
- Aussi, procédant d’abord par analyse, j’essayais laborieusement de supprimer, dans chaque langue, tous les illogismes et toutes les irrégularités. Mais je ne tardais pas à m’apercevoir qu’en supprimant ainsi, et bien avant même d’avoir pu remonter jusqu’aux origines et aux principes des langues, il ne me restait plus rien du tout!
- Un jour j’assistais, à Tours, à l’inauguration de la statue de Descartes, et je méditai longtemps sur cette phrase célèbre de notre grand mathématicien philosophe (phrase écrite sur le socle, de sa statue) : Cogiio, ergo sum (Je pense, donc je suis). ,
- Je fis, alors, un peu plus connaissance avec Descartes'; et quand j’eus bien compris que, pour se faire des idées philosophiques plus acceptables que celles qui avaient cours de son temps, il avait résolu d’édifier, de toutes pièces, un nouveau système rationnel, en s’imposant l’obligation de commencer d’abord par douter de tout : Alors je compris bien que sur cette vérité primordiale : cogito, ergo sum, il avait pu ériger logiquement tout son système.
- Mais je pensai en même temps et je compris aussi, pour la première fois, que la langue universelle ou internationale 11e pourrait être logiquement, elle aussi, qu’une langue rationnelle, absolument neuve et faisant résolument table rase du passé.
- -C’est donc dans cet ordre d’idées que j’examinai, dès lors, les premiers signes, et que j’écrivis plus tard les premières règles de la langue internationale que je vais examiner rapidement devant vous. n-Mais je dois vous dire, tout d’abord, que je n’ai jamais .eu la pensée téméraire de présenter ici, et du premier -coup*- une œuvre parfaite; Je n’ai pas songé davantage à saper ou à détruire aucune des langues existantes, car personne, plus que moi, ne respecte tous leurs
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- chefs-d’œuvre. Je crois fermement, au contraire, que tout en apprenant le moyen facile, logique et prompt de correspondre, par un nouveau langage, avec tous les autres peuples de la terre, chaque peuple isolé doit cultiver et conserver utilement sa langue maternelle.
- Pour avoir toute l’utilité et surtout toute l’autorité qu’il comporte, le travail dont nous allons nous occuper devrait émaner d’un Congrès international, seul capable de faciliter son adoption et sa propagation générale. Mais pour qu’un tel congrès puisse examiner utilement et sanctionner un langage général, il faut, tout au moins, lui en soumettre les bases. C’est ce que nous essayerons de faire dans l’étude sommaire que nous allons présenter, ici, pour la formation, de toutes pièces, d’un nouveau langage rationnel écrit et parlé.
- Notre principale préoccupation, en composant ce nouveau langage, a donc été de le faire entièrement neuf ; c’est-à-dire sans attaches directes avec aucune autre langue et, par suite, sans préférence ni servage d’aucune sorte.
- Je commencerai par examiner ce qui est absolument nécessaire à toutes les langues, c’est-à-dire l’émission des sons, et leur articulation plus ou moins complète. Evidemment on se trouve immédiatement placé, dans cet ordre d’études, entre un attrait et un écueil : l’attrait, c’est de faire simple ; l’écueil, c’est le risque de ne pas faire complet.
- Pour faire simple, on veut diminuer le nombre des éléments ; mais, si on fait trop simple, on s’aperçoit bien vite qu'on est obligé de répudier les prononciations ayant cours chez la plupart des nations ; et, par conséquent, la reproduction des mots et des noms propres, géographiques ou autres, devient absolument interdite. Il faut donc qu’une langue nouvelle tienne un compte sinon absolu, complet, de ce qui est nécessaire aux diverses langues, tout au moins qu’elle en tienne un compte qui permette d’exprimer les noms propres et de mettre en rapport les différents peuples sans les troubler trop profondément.
- Quand il s’est agi d’émettre des sons, j’ai trouvé que dans toutes les langues, il y avait cinq sons qui se prononçaient facilement par tout le monde. Mais il y en a un, dans notre langue, qu’il faudra répudier pour une langue internationale, c’est notre son u.
- Tout le monde sait que les Anglais ne prononcent pas facilement notre u, que les Italiens ne le prononcent pas du tout et qu’un' certain nombre de peuples ne peuvent parvenir à le prononcer comme nous. : ra
- Cette lettre-là, que nous ne prononçons aisément que parce aque nos gosiers s’y sont habitués dès l’enfance, ne peut pas être conservée ; il faut donc lui ‘donner une autre prononciation. Nous prendrons à sa place, la prononciation toute naturelle de ou ; ce sera notre u international. 'JO .-i|>-ai-y-
- JJUI-L.
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- Nous prendrons donc pour nos cinq voyelles les cinq sons qu’un Français prononcerait ainsi :
- a, e, i, o, ou. .
- Maintenant, je passe aux consonnes. Je me suis demandé souvent combien je devais en adopter? Après bien des tâtonnements, j'en avais mis 12, puis 20, puis 18, puis 19, puis 16 ; enfin je suis resté au nombre 16, après une série de péripéties qu’il serait trop long de vous énumérer ici, mais qui avait toujours pour base la grande loi dont je vous parlais tout à l’heure : celle de dire assez, et celle de ne pas nuire à la simplicité du langage, en voulant être trop complet. J’ai donc pris 16 consonnes. Mais, je me suis bien vite aperçu que je pouvais prendre n’importe quel alphabet, sans rencontrer aucune logique dans la façon dont se prononcent partout les consonnes.
- Prenons, comme exemple, notre langue française et demandons nous s'il n’est pas bizarre de voir que nous disons un b (bé), et que nous disons un l (elle), un k (ka), un % (zècle), un f (effe), etc. ; autant de consonnes, autant de sons différents, autant d'irrégularilês.
- Il fallait une règle, que nous avons trouvée dans un sixième son, qui était aussi un son naturel qu’on aurait pu ajouter, au besoin, aux voyelles : c’est le son de Ye muet. Nous n’avons pas fait une voyelle de l’e muet, mais nous nous servons utilement de ce son pour articuler toutes les consonnes.
- Je vais donner un autre renseignement sur les articulations. Notre c se prononce che ; nous avons été obligés de le conserver parce que le che est répandu avec profusion dans presque toutes les langues de la terre.
- Il avait ôté supprimé d’abord puisque le c (dur) était remplacé par la consonne k (que), et le ç par le s (se). J’ai donc rétabli le c en lui donnant la prononciation de che, de sorte que mes 16 consonnes sont représentées par les prononciations suivantes :
- Be Che De Fe
- Gue Je Ko Le
- Me Ne Pe Re
- Se Te Ve Ze
- On voit que, dans tous ces sons-là, il n’y a rien de baroque, et il en est partout de même.
- Maintenant, ceci fait, il fallait écrire les lettres. Quelle était Yécrn ture qu’il fallait adopter? Encore même difficulté, car nous rencontrons presque autant d’écritures que de langages. Il fallait donc adopter logiquement, un genre d’écriture qui fût simple, qui ^distinguât les voyelles des consonnes et qui ne fut pas tout à fait fantaisiste.
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- Dans presque toutes les écritures, il y a deux choses dominantes : la ligue droite et la ligne courbe. Seulement, ces lignes s’y mêlent sans aucune espèce de règle ou de nécessité. Faisant une langue nouvelle, rien ne nous était plus facile que de distinguer, par l’écriture, les sons des articulations.
- Donc, prenant la courbe et la ligne droite, nous nous sommes servi de la ligne courbe pour exprimer les voyelles, qui sont moins nombreuses que les consonnes ; et nous les avons représentées par ces deux signes o, c, en faisant varier, comme ci-après, les positions du second :
- a e i o u
- O C 3 o o
- Tous voyez que, pour les quatre dernières voyelles, c’est toujours la même lettre, placée dans des positions nettement différentes et ne pouvant pas être confondues. La lettre complètement ronde, —je dis ronde pour ne pas compliquer le langage, puisque c’est seulement une coiirbe fermée et non une circonférence, un ovale ou une figure régulière — la lettre ronde est notre a (O) ! notre lettre é sera un demi-rond debout (C) f i sera le même demi-rond dans une position contraire (0) ; o 'sera représenté par ce demi-rond couché (o) ; et u par un demi-rond ( couché en sens inverse (O). De sorte que, avec ces deux caractères 0, c, je fais simplement et aisément toutes les voyelles.
- Vous allez voir, maintenant, qu’avec les quatre caractères suivants, je fais tout l’alphabet : 0, C, I, 1. Deux de ces caractères me servent pour les voyelles (0 C) ; les deux autres (| JJ feront les seize consonnes sans aucune confusion.
- La première de ces lettres est un bâton (|') ;i la seconde est un bâton avec un petit crochet (L). Le crochet sera tantôt à gauche, tantôt à droite, quelquefois on bas. J’ai indiqué ci-après les quatre consonnes placées verticalement; je les appellerai, si vous voulez, chefs de file:
- 1 r j ,
- : •• ' •
- '. 1 : !1 f ’ iV‘
- Eh bien, ces quatre caractères feront toutes les consonnes. II suffira, pour cela, de îles iécrire chacune par groupe de quatre (comme ,da,n,s le tableau suivant) : la première reste placée verticalement; la seconde est inclinée r.d’environ ,45 degrés de droite à .gauche ; ,1a troisième,,, ^st
- b
- I
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- <"’ j
- inclinée de 45 degrés de gauche à droite1; et "la “qïiàïrïemë.......e"H cou-
- U ' , '
- chéc horizontalement. ’ * i
- Bc 1 Ohe \ » De / Fe f f !
- (lue ,1e Ko Le ^ ! *
- 1 _J -,
- Me Ne Pc Rc
- r r —i
- Se Te Yc Ze '
- J J L_ ”
- Pour les commençants, qui n’auront jamais écrit ieeSj signes, jon ira qu’à prendre du papier quadrillé, et on fait bientôt-de la nall-igraphïe aussi nette que si c’était tracé avec nn$(,règle. J’aiy.çherché„,be;aucqup et c’est ce que j’ai trouvé, de.plus simple .et de plus—logique-; Tous ces caractères peuvent se faire d’un seul coup, sans lever le icrayon ou la plume; ce qui permet, avec un peu, : d’exercice,. d’arriver à une très grande rapidité d’écriture. Ceci étant fait, l’alphabet^tant écrit, les lettres se placent et se prononcent comme ci-aprëS( Voir page 349.)
- Après la confection de l’alphabet, j’ai commencé à accoupler les lettres. Ainsi je suis arrivé |i écrire, en commençantiles mots-par les’consonnes, tous les.mots de deux lettres : . 1
- 10 IC 10 lo ___________________________Ta j
- : i ' A1 • ; i;
- ,ba be bi bo "bu, etc..
- Ensuite, en commençant les mots par les voyelles,.j’ai eu :
- or ci oi oi oi
- ' '* ; > i i i -ni:- ; ;
- ab|.i ebou,-H'm.ib ob ub, etc.
- J’ai eu, ainsi, deux fois 80 mots différents ; on en tout 160 mots (160), et toutes les combinaisons de deux lettres, (voyelles et consonnes) ont été épuisées. ( . . .
- Je suis passé alors aux combinaisons de trois, puis de quatre, puis de cinq lettres. Mais je me suis bientôt aperçu qu’en faisant des mots de cinq lettres on peut arriver à avoir plus de 150,000 combinaisons différentes^ et par conséquent plus yle 150,000 mots. Donc.,, il^est j inutile de( mettre, plus de cinq lettres pour écrire le mot le plus long d’une langue(.internationale ayant les éléments (dont nousMisposons, puisque les langues les plus longues n’emploient guère qu’uff-màximum qe 30 à
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- ALPHABET DE LA LANGUE INTERNATIONALE
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- 40,000 mots dont beaucoup, même, sont des homonymes, des synonymes et des mots peu usités.
- Avec 150,000 mots, nous avons donc une inépuisable réserve pour l’avenir.
- Mais, il y a encore, ici, un point bien intéressant, qu’il est bon que je vous indique de suite.
- En écrivant tous les mots commençant par une consonne, je me suis aperçu que ces mots étaient deux fois un tiers plus nombreux que les mots commençant par une voyelle.
- Au premier abord, cela ne semble pas avoir beaucoup d'intérêt ; mais, une autre remarque que j’avais déjà faite a donné à celle-ci beaucoup plus d’importance. J’avais pris cinq dictionnaires de différentes langues, et j’avais additionné tous les mots de 250 pages de cha-t cun de ces dictionnaires. Ensuite, j’avais re-1 commencé l’addition des mêmes 250 pages, mais en comptant seulement les substantifs ou r les noms; et alors j’étais arrivé à cette con-’ ” statation curieuse : c’est qu’il y a à peu près deux fois et un tiers plus de substantifs qu’il n’y a de tous les autres mots réunis. De sorte que j’ai pu utiliser cette heureuse coïncidence, en admettant comme principe, et sans apporter aucun trouble par ailleurs, que tous
- les substantifs delà Langue internationale commenceraient par une' consonne ; et que tous les autres mots commenceraient par une voyelle. J’obtenais ainsi, sans inconvénient, une distinction fondamentale des plus précieuses.
- Maintenant, je pourrai continuer ces explications'pàrqùeïqûës courts exemples de composition de grammaire.' Je dois vous dire,
- tout de suite, que la grammaire n’est pas entièrement terminée', le dictionnaire non plus ; mais nous y travaillons, sur les basés
- que vous commencez à voir së dessiner de-1 vant vous.’'Seulement, jë nevoudrais pas aller ’plus vite que mes honorables collaborateurs.. J1 " ’; Je ' vais toutefois vous indïcilier'11 certains
- ' points' assez importants. Je prends, par exeni-
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- pie, le verbe, Y article : fallait-il admettre, clans cette langue, les déclinaisons telles qu’elles existent en latin ou dans d’autres langues ? Je ne l’ai pas cru, parce que la déclinaison est incomparablement plus compliquée que l’admission de l’article ; et que je peux remplacer les déclinaisons par l’article ; car, si je prends l’article et le pronom personnel pour indiquer et distinguer le substantif, c’est-à-dire pour lui donner le genre et le nombre, je n’ai plus besoin de faire varier tous les substantifs. Nous avons pris l’article singulier, masculin et féminin, et nous avons fait, aussi, l’article masculin et féminin au pluriel; de sorte que, avec cet article, nous pouvons désigner tous les noms sans les faire varier, au masculin ou au féminin* au singulier ou au pluriel. Pour vous donner un exemple, voici notre article singulier : 0> pour Ie masculin, et C> pour le féminin. Quand vous verrez ce rond 0> qui est (a), vous saurez que c’est le signe du masculin; et quand vous verrez ce demi-rond C? qui est (é), vous saurez que c’est le signe du féminin. L’article singulier O (a) veut dire le et C (é) veut dire la.
- Pour le pluriel, nous avons : O J ias) et CJ (&)• .
- OJ veut dire les, masculin; :'e ' --
- CJ veut dire les, féminin. --‘U 'U-dipii'.
- Si je veux maintenant désigner le cheval, la jument, les chevaux, les juments ; vous voyez déjà que, si cheval s’appelait^. q(,(cAo), nous aurions :
- Le cheval O La jument C Les chevaux O J Les juments C J
- \ o (a cho). \ O (é cho). Vo (as cho). \ o (és cho).
- -U
- !: i
- Le substantif resté ’ absolument le même et invariable, que ce soit cheval ou jument, au singulier ou au pluriel; le nom est donc invariable ; il n’y à de variation que dans l’article, ou le pronom.
- Je me suis encobe1 dem'àndè 's’il était nécessaire de conserver aussi cette énorme difficulté des multiples conjugaisons, devant laquelle pâlissent tous les peuplés : Ceux de l’Asie surtout — qui cherchent à apprendre nos langues ? On ne comprend- pas, en effet, comment nous pouvons avoir besoin, pour nous exprimer, de faire autant de conjugaisons que nous avons à exprimer d’actions ou de sensations.
- D’autres peuples ont trouvé des combinaisons plus simples que les nôtres. Quand j’ai examiné ces moyens, j’ai vu 'qu’on1 petit aisément tout éonjugner avec un seul verbe: le verbe être. Les conjugaisons des autres verbes ne sont que des complicatiohs fâcheuses, ét nous pouvons
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- nous en passer, en en faisant des adjectifs verbaux. Par exemple : je marche,je suis marchant; nous voudrions, nous serions voulant, etc.
- Il y avait encore un point très important à résoudre , c’était celui de, la composition d’un dictionnaire logique. Quand on examine la façon , dont se composent les dictionnaires de toutes les nations, on voit que cjest la fantaisie la plus complète qui a présidé à leur établissement, (comme nous l’avons déjà vu pour l’articulation des consonnes). On voit que partout on a procédé par tâtonnements et que les éléments ont été posés comme au hasard. Ce n’est que plus tard qu’on est arrivé laborieusement à faire un tour de force extraordinaire, en donnant des qualités relativement merveilleuses à des langages qui semblaient n’avoir rien, en eux-mêmes, pour recevoir ces qualités-là.
- Dans toutes les langues existantes, le sens et la valeur des racines et des mots sont indépendants des lettres qui les composent.
- Dans une langue internationale, au contraire, il peut être précieux et il est nécessaire que le nombre des lettres, aussi bien que leur ordre alphabétique, deviennent autant d’indications logiques et précieuses pour reconnaître l’importance et la signification des mots.
- Chaque lettre de l’alphabet ayant une prononciation invariable, tant qu’on n’emploie pas les accents, et tous les mots étant nettement distincts les uns des autres, les idées découlant directement du langage et de l'écriture, Seront donc nécessairement toujours claires et précises.
- La langui internationale pourra devenir ainsi, comme me l’écrivait récemment M. Jules Simon dans une intéressante lettre sur ce sujet, un précieux ad,jurant. Et de plus, bien loin d’être une menace pour les langues actuelles, elle leur fournira, au contraire, le meilleur moyen de pouvoir se comparer les unes aux autres, de faire connaître et de propager tous les chefs-d’œuvre, et de concourir ainsi, en commun, à l’élévation et au bien de l’humanité.
- Je ne voudrais pas terminer cet exposé, déjà bien long quoique encore sommaire, sans dire au moins quelques mots* des langues vivantes, et sans indiquer les moyens principaux qui devront concourir, le plus efficacement, à l’éclosion, à la propagation, et aussi à la conservation d’un langage international. ,,i
- La première de toutes les. nécessités, pour tous ceux qui veulent s’occuper utilement de questions générales si hautes et de l’institution d’un langage international, c’est de se débarrasser de tout sentiment exclusif ,et relativement étroit de patriotisme et de nationalité, C’est, en un mo;t,, d’attribuer partout et résolument la première place k.Vhumanité. (Mouvements cliveri.) , r:;, ... (<
- Il faut surtout que chaque nation comprenne et sente bien qu’on a.trayailléupour elle, en travaillant pour tous; et que, dans lia mesure
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- compatible avec la généralisation de-.,l’œuvre,* il a été ,tenu ^.compte, de ses aptitudes et de ses besoins particuliers. ,é - ,,j; r ,
- La plupart des tontatiyeShqui se sont;^ro.dui.tes • ,jusq!u’icL!avaient exclusivement en vue les rapports et les .intérêts européen»,...Mais pour qu’une langue quelconque puisse devenir internationale,,iJL,,faut,nécessairement, aujourd’hui, quelle tienne le plus grand ,compté;ides .immenses agglomérations asiatiques qui représentent, à elles seules,.plus de la moitié de la population du globe; il faut enfin;.quelle puisse être acceptée dans toutes les parties du monde.
- J’ai pu avoir, auprès de quelques sinologues distingués, des renseignements précieux sur le langage et l’écriture des Chinois. Je ne saurais mieux, >faire, pour vous en donner une idée, que de vous lire quelques courts, extraits des notes qui m’ont été, écrites, sur,ice, sujet, par mon, ami, Mm Lemaire, .notre,, ministpej plénipotentiaire en Annam et au Tonkin. : ;C.’:/;:[ ub .Inun'd ;non • j ; j, / ;n
- M. Lemaire, en assistant à cette séance,,,, ,• a, biennvoulu y, apporter aussi son utile concours enjtraçant, sur. b; tableau, tous les caractères chinois que vous y voyez .écrits, .nn., n -ivid !-. /a•'
- « Les Chinois, dit-il, se communiquent verbalement leurs pensées, à l’aide de 420 monosyllabes tels que : ni, ta, ouanghtchoug-, von; ai, etc. qui sont invariables, indéclinables, et qui ne-se décomposent pas alphabétiquement. i i i i r ( il U O :>
- Chacun de ces monosyllabes peut avoir plusieurs;icentainèsi'.d.e,significations : le chinois est donc la langue des homonyme*». lies monosylla-bes s’accouplent par deux et par trois et forment desnmotseCOmposés.
- Le même monosyllabe est représenté, dans l’écriture ,chinoise,!par un hiéroglyphe différent pour chacune de ses significationsiuLèS:ihiérogly-phes en usage aujourd’hui sont au nombre de 2(),00()!env;iron;.'ils.se composent généralement de deux parties : le • radical et :»la{phonétique.- Le radical est:!le plus .,souvent .placé à gauche, parfois; à la partie supérieure ou inférieure, pmiseparement à droite. , un.- -.-n
- Il y a :214 radicaux is-.ü-v- sont; des /caractères qui ont leur (signification propre çtoqui peuvent,être, [employés seuls; mais quand ils entrent dans la composition d’un hiéroglyphe, ils y font l’office de classificateurs. ')f!V,;!0 > .fi'J'r/'lKriXp) morne La. .plupart desn,dictionnaires chinois ont]pour base les 214 radicaux, _que les sinologues appellent aussi des clefs. Il y aida clef de la main, du pied, des métaux,-ides herbes, des habitations, du cœur, de Yoreille,\do Yœif des passions, - de Y homme, de la femme/ des. pierres, des richesses,.ide-s-Maladies,-!du-Mois,. etc., etc. Tous les caractères chinois, ont.ipu! .être rangés méthodiquement, dans des dictionnaires ;draprès ce^,214,radicaux, OU, çlefS,. q ,m - ou .iuiiC : . '.imoqomdl
- Lorsque le radical de la main entrera dans la composition d’un hiéroglyphe, .celui-ci [exprimera.!généralement uneuaction.ananuèllevLe
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- radical*• du pied indiquera la course, da " marche, le déplacement du corps. La clef des herbes vous représentera les fleurs, les légumes ; celle du coèur désignera les passions, les sentiments de l’âme, les sensations 'de’peine et de plaisir, etc., etc. «-
- La phonétique, est la partie du caractère qui est supposée lui donner le son-'huais cette1 règle est loin d’être invariable.' ;
- En résumé, à'l'aspect d’un caractère chinois, qui lui tombe pour la première fois sous les yeux, le plus habile lettré ne peut guère que présumer sa signification par l’inspection du radical, et sa prononciation par celle de la. phonétique ; mais il a besoin* pour être absolument fixé sur l’une et sur l’autre, de consulter un dictionnaire.(Rires).
- L’écriture chinoise est en usage en Chine, au .lapon, en Corée,aux îles Lieon-Kieou, au Tonkin, en A imam , en Cocbinchine. Dans chacun de ces pays les hiéroglyphes conservent leur signification;1 mais leur appellation varie non seulement de pays à pays, maisgdanS chaque pays, de province ' à province. » - - n . 'nmü-.à r.
- Ce simple exposée rapproché des caractères écrits que vous avez sous les yeux, est si lucide et si clair, qu’il suffit pour nous montrer que la langue chinoise osLAino admirable langue passionnelle, sentimentale iet''poétiquey pleine'de subtilités et d’interprétationsun peu facultatives i‘Maiso c’est-aussi .une langue permettant, de bonne foi, les plus réelles confusions. En un mot, c’est une langue essentiellement natïonâle>,i-l($ii qui" doit' rester nationale.
- Mais',l’,inspectièn.'m'êmô^;dé' ces hiéroglyphes, dans lesquels la ligne droite,"la1 ligné courbe et les inclinaisons diverses' ont tant1' de' précision et de'Variété,-nous prèuve de suite que l’écriture'de'nos'caractères internationaux >üe>sera qu’un jeu pour le;s:'Chih'oiS;‘-ét qu’ils les écriront prébaMementnplhskvite et mieux q;üe B'OUëru,°ffJI: o’g>.;eü tm-Quant àviros'«règles, l’opinion des sinologues i* que ’ j’ar consultés1 est que le Chinois lès. apprendra tout aussi^facilement’que dès Européens, parce qu’elles sont simples et qu’elles''procèdent1,1 sous1'certains rapports, comme les siennes mêmer Mais iledes’lapprédidra'facilement, aussi, parce qu’il aime passionnément l’éttfâe’ét -'qtië, comme lebJaponais, il est très intelligent. ; -'igoAmi mi'b nuilLoqium, jsî ou-.- -or La seule difficulté réelle que le Chinois éprouvera, comme tous1 les autres peuples asiatiques, sera dans - la 'prononciation' de hotr1éilconi sonne R;> consonne dont, pourtant, toutes"des autres langues né sauraient guère se passer. Mais cette difficulté'est bien loin d’êtrë inbtü’-montablev et.>l’Asiatique la vaincra peu à peuMpar«l!’étude;';et'si;1 finale" ment, sa manière particulière de prononcer !de R, ressemble pluÀa! la prononciationevibréendes-chanteurssqu’à*'la1prononciationguttUràlë' dé' la masse des Européens, personne ne s’en plaindra, et'pérdonhe- h-eh sera gênéufivoqùioa ul .mb .nmhm «v&w M ou ifcairuri ai atrpjytod. Maisudei'même *qu’un a ditos!àtrTel>.'pèrëj‘i!tèl fils, A1 de mêinë'éôh>
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- pourrait dire, avec plus de vérité encore, « telle langue, tel peuple.»
- Cabanis a écrit, sur ce sujet, ces remarquables observations :
- « Premier lien des hommes épars, doux fruit des premières relations fraternelles, les langues, après avoir fait et scellé toutes les conventions des peuples naissants, ont confondu de plus en plus les intérêts et les efforts des individus, les ont dirigés par une impulsion bientôt indépendante d’eux-mêmes; et se mêlant à tous les détails de la vie publique, et privée, elles ont exercé la plus puissante influence sur toutes les habitudes des sociétés. Partout où les langues étaient bien faites, les progrès de l’état social ont été rapides et sûrs : partout, au contraire, où les circonstances avaient fait adopter un mauvais système de langage et d’écriture, les peuples ont' croupi dans l’ignorance ou gémi sous l’oppression 1.
- Cabanis reconnaît aussi, comme nous, qu’il faut surtout se défier des fausses richesses des langues, et que le plus grand vice des mots est d’être confus, vagues ou susceptibles de 'plusieurs sens.
- Il constate et reconnaît encore que la plus essentielle qualité d’une langue c’est de produire la netteté, la rapidité, l’énergie et la simplicité des impressions diverses qu’elle apporte à l’esprit : impressions qui deviennent elles-mêmes, la cause déterminante et directe de beaucoup d’idées qui, sans elles, n’eussent jamais été produites.
- La synthèse et la constitution logique d’une langue rationnelle doivent donc nécessairement, selon nous, procéder du simple1,au composé, comme l’esprit humain procède scientifiquement du êônhù à* l’inconnu.
- ‘ C’est ainsi qu’on devra sagement s’efforcer de guider les- 'esprits des nouveaux apôtres de la langue internationale, sous là sauvegarde et avec l’appui de la raison, de la logique et de la vérité.
- Le projet de la langue internationale dont je viens d’indiquer, à grands traits, le mécanisme, les règles et les caractères généraux, sommeillait depuis une vingtaine d’années dans un coin de mon bureau quand j’ai eu, assez récemment, la bonne fortune d’en entretenir M. le Ministre des affaires étrangères, Je lui remis aussi, vers la même époque, un mémoire sur un projet d’organisation générale de commissions internationales et de concours généraux théoriques et pratiques, pendant les grandes fêtes: ^projetées du Centenaire et de l’Exposition de 1889. :;r ,
- M. le Ministre fit un excellent accueil à ces communications, et c’est sur son conseil même que j’adressai mon Mémoire sur les concours généraux1, à M. le Ministre du commerce. ‘fi...ni'
- Pendant un de ces interrègnes, auxquels les hasards de? la politique obligent si souvent nos hommes de gouvernement, j’avais déjà parlé -•è M. dei Freycinet de ce projet de langue internationale ; et je lui
- (lj Cabanis, Œuvres complètes (Firmin-Didot) 1823. mtn'ms 'ïuoq
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- avais aussi demandé son avis sur les moyens propres à obtenir l’appui ou le concours du Gouvernement pour une œuvre si essentiellement humanitaire, qui me paraissait digne de justifier ee concours; et qui devait, en même temps, en bénéficier dans l’intérêt de tous.
- M. de Freycinet me répondit alors à peu près ceci : Pour que le Gouvernement puisse s’occuper utilement d’une telle question, son utilité seule ne suffit pas : il faudrait pouvoir lui imprimer encore un caractère d’urgence. Croyez bien que pour tous les hommes qui sont au pouvoir, le plus grand obstacle à l’utile, c’est l’urgent. Et il ajoutait, avec son fin sourire : « Et l’urgent n’est pas toujours utile! »
- Depuis plusieurs mois, je considérais mon Mémoire sur l’organisation des concours généraux, comme oublié ou enterré dans les cartons du Ministère du commerce, quand lë Petit Journal en reçut une copie qui, paraît-il, lui parut intéressante. Sous le titre :; « A propos de l’Exposition », ce journal publia un extrait de mon Mémoire, dans son numéro du 27 août dernier. e;
- Cet article ne parlait de mon projet de langue internationale, que d’une manière tout incidente ; mais il paraît, toutefois, qu’il a suffi pour attirer au Petit Journal un certain nombre de lettres, de ses testeurs, qui réclamaient des explications complémentaires, et auxquels il voulut ^ssayer de donner satisfaction.
- C’est ainsi que je reçus, quelque temps après, la visite d’un des rédacteurs du; Petit Journal, qui me demanda beaucoup de renseignements et qui prit,, séance tenante, des notes nombreuses et très circonstanciées sur mon projet de langue générale.
- A la suite de cette visite le Petit Journal fit paraître, le 22 septembre dernier, un long article intitulé La langue universelle; article répondant à ses lecteurs et entièrement consacré, à cette question.
- Les lettres et les visites que j’ai reçues,: depuis cet article, se comptent par centaines; et j’y ai surtout puisé cette encourageante conviction que si cette grande question humanitaire; est encore,'; pratiquement, bien peu avancée, elle est mûre,( tout au moinsy ; dans presque tous les esprits généreux et élevés-, ioeeoo oh v> vnUvmsPu- u,sr.
- Un premier congrès d’adhérents français et étrangers se forma comme par enchantement; et, dès les premières réunions qui murent lieu, M. Henri Taupin et M. Peynaud acceptèrent la tâche de 's’occuper, avec moi, de la composition immédiate de la grammaire etidu dictionnaire, sur les bases que j’ai précédemment indiquées.'n
- On s’occupe activement de ce travail; maisi il exige, vous le comprenez, beaucoup de soins. Tout ce que nous pouvons espérer,, c’est qu’il soit terminé vers la fin de cette année. Mais ce que (nous. [désirons, surtout, c’est qu’il soit fait dans des conditions générales assez bonnes pour mériter, en 1889, l’approbation de la commission interna-
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- tionale officielle ët diraient autorisée, sans laquelle1 son existence, comme celle de toute autre langue générale, resterait*'éphémère.
- ‘'Mais'^d’ici là* la porte est largement ouverte à tous ceuxqui voudront bien, sous notre direction provisoire, se dévouer 'à'd’étude, d’abord, puis à la démonstration et à la propagation du nouveau langage; car il est absolument nécessaire de présenter a la grande commission internationale, des faits acquis, à côté et à l’appui des théories.
- C’est pour cela, surtout, que nous devons faire appel' à1 l’aide des puissants, et au concours sympathique de toutes les bonnes volontés, pour grossir le premier noyau des adhérents et des propagateurs de la langue internationale. Nous inscrirons et nous conserverons précieusement tous les noms de ceux que l’amour de l’humanité et le sentiment profond et généreux de l’intérêt général, disposeront à nous aider dans cette tâche difficile. '
- L’objectif suprême et nécessaire de tous ceux qui peuvent-s’occuper de questions de cette nature, il faut qu’on le sache 'bien, c’est la sanction et la, consécration d’une commission internationale régulièrement constituée, et, sans laquelle, riën dé durabïé! h?est possible.1""
- Mais, non seulement l’autorité de cette grande1'commission''est nécessaire pour faire admettre et adopter, par les1 'diverses hâtions étrangères, le langage qui aura été choisi par elle;' non seulement elle sera, seule, capable d’en amener la prompte vulgarisation y mais encore, cette même commission devra commencer par proclamer1 lé'principe même de sa permanence et de ses réunions périodiqu'é's OU facultatives ; conditions qui sont indispensables pour éviter à la Langue internationale les lacérations arbitraires, aussi bien (pie pour approuver les perfectionnements qu’elle jugera utiles et pour conserver ainsi,01 â la langue nouvelle; soli '‘unité internationale.
- Maintenant,1 Messieurs, permettez-moi de vous demander pardon d’avoir retenu,dsi0longtemps, votre bienveillante attention sur un sujet nouveau qui sort un peu' du cercle technique dans lequel1 se renferment habituellement 'nos discussions.
- En tout1 cas, ce ' n’ést pas sans hésitation que je l’ai fait; et il n’a fallu rien moins, pour m’y décider, que l’enthousiasme réel que j’ai vu sénmanifester^'autour de moi;-pour cette grande idée, si généreuse et si essentiellement humanitaire, de l’institution d’une langue internationales II1 a fallu11 aussi toute la bienveillance de notre Président et de notre Comité,1 ainsi que la confiance que j’ai depuis si longtemps' dans votre'indulgence et1 dans vos sentiments de bonne confraternité.^ " ,uMâis 'en me faisant aujourd’hui, devant vous, l’humble ‘écho11 d’une de ces grandes pensées, d’une de ces nobles aspiratious 'frâtèraèllès qui gi^oridêfiftoujours, plus ou^inbiü^1 sourdement, “dada tollé lés ^coeurs; diihâi-jè'/’ài,' mon grand regret,1 allumé simplement uh1 'feu de1 paille pour éclairer de lueurs incertaines et fugitives... un fantôme ?';n UJ J'
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- lJermettezrmoi.,d’espérer que vous- verrez plutôt, dans, cette communication,, le,premier flot de celte grande marée montante de l’opinion publique,qui.nous, répète chaque jour, et, sous toutes, les formes ;.que les relations, internationales doivent être mises, sagement et progressivement, on rapport, avec unis les progrès généraux de la science,,,du commerça,de,, T industrie et de la raison humaine. (Applaudissements répètes.) ) • , ,, • ,.
- m. le président. — Si quelques-uns des Membres de la Société ou des personnes assistant à cette réunion avaient des explications à demandera M. Maldant, je leur donnerais la parole. :,j;....
- un membre.— On n’a pas songé à la langue hongroise, intermédiaire entre les langues asiatiques et les. langues,europénnes; et, dans cette langue, les consonnes ont un caractère spécial. Pour passer,de ce qui est matériel à ce qui est moral, on prend la lettre s,; la lettre r à la,,signification,de , la Eprce : la. lettre,.n- signifie intérieur. ; Dans la langue hongroise,- ou pourrait prendre la signification logique des consonnes. Quant aux, voyelles, la ; langue italienne leur a donné aussi des significations,; o signifie,de.).masculin ; n signifie le féminin pyous avez aussi, , des augmentatifs ef des diminutifs. Je suis loin de critiquer ce quittait M- Maldant; au, r contraire, je voudrais ajouter l’idée hongroise à iÇOi^qunl; a fait,/] pour donner aux consonnes ainsi qu’aux voyelles une,signiûçatiqn.plus logique.
- m. maldant.. —j Jç, n]j cçois pas qu’il y ait autre chose à répondre aux observationSj dp ,nQ.tte,,fipnpi'ahle confrère, que de dire que ces re-marquesrlà dojypjnt être prises en sérieuse considération pouiptrouver leur place,, phus, ( fard.,, ..Mais, je ne pars pas, du même principe [que lui. Dans toutes les langues,,, il y a une classification plus pu moins logique ; mais ees classifications ne concordent pluss d’une Jangfie. à Vautre;, les distinctions],des lettres, si certaines langues les admettent,,,seront différentes dans( les .autres langues. S’il y , avait,,unitp0çomplète,,fians les diverses langues,-à. ce point de vue particulier,,, ou pourrait tenir un grand compte de cette remarque. Ces observations sont d’ailleurs, toujours excellentes en elles-mêmes, et elles ,doiventttrouver leur, place naturelle dans l’ensemble des appréciations,j(ie.s,poinmissi.o,ns, réunies qui s’occupent de la classification et de la règle ;,p’est-à-.dire du; dictionnaire et de la grammaire. , -b nmmnfiun'vom i,
- M, le,Président. — M. Maldant,,me permettra-t-il. fie lui] fair^. remarquer , que , nous avions mis comme t titre s de sa conférence : pop,fé rence dé MmMaldant sur la langue internationale pont il est Capteur. nrr et qu’il ayait jbien voulu ajouter ce membre de phrase : Comparaison avec divers, au, tres.sy s Unies. ir :. ,!i)(W5Ta 0p
- M. Maldant sait, qu’il y)ua,[.une tentative qui a fait beaucoup, fie, bruit ^plaphlg. ^pus,., serions. .très, heureux s'il ypulait,yfii,ejq
- en dire un mot. . , 4, ...... rt ,,4
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- M. MaldjINT. — Monsieur le Président, j’ai fait tout mon possible pour avoir ici, ce soir, M. Kerckhoffs; je ne sais pas' s’il est présent à la séance : s’il est présent, ce serait plutôt à lui cle' répondre à la question qui vient d’ètre faite, qu’à moi. • !;!i'
- " M. Kerckhoffs est le propagateur en France de ce système de langue qu’on a nommée le Volapük et je crois qu’il pourrait donner, à ce sujet, des indications plus complètes que moi-même, puisqu’il en est jusqu’à présent le vulgarisateur dans notre pays.
- M. Kerckhoffs. — Je ne demande pas mieux que de donner un exposé du Volapük, seulement, comme l’heure est déjà avancée, je préférerais que M. le Président voulût bien me permettre de le faire un autre jour. Le sujet est d’ailleurs des plus complexes, et ne peut être traité, même superficiellement, en quinze ou vingt minutes de temps. La question doit, en effet, être étudiée à différents points de vue : il y a là à considérer les sons, les signes graphiques qui doivent les représenter, l’accentuation, la grammaire proprement dite et le dictionnaire ou la formation des mots.
- J’aurais voulu examiner avec vous le' système de M. Maldant, mais le peu qu’il nous en a dit ce soir, ne me permet pas encore de me prononcer, ni dans un sens ni dans un autre.
- Je me bornerai à deux petites observations concernant le nouvel alphabet. Les caractères sont des plus simples,: il • est • vrai, ‘mais la très grande simplicité n’est peut-être pas dans le cas présent l’idéal de la perfection; la valeur d’une langue universelle ne doit,-ni ne' peut être appréciée qu’ail point de vue pratique. Vous aurez beau faire une làngtie' universelle plus riche que le sanscrit, plus simple que l’anglais,, si' elle' pèche parle côté pratique, vous ne la ferez jamais adopter. Or, rien que l’introduction dans une langue universelle d’un nouveau système d’écriture-peut être un obstacle insurmontable à son adoption paroles différents peuples de l’Europe. Il faut un temps rela* tivement lôhg pour se familiariser avec l’écriture des langues dont l’alphabet graphique diffère ' complètement de celui de notre langue maternelle : nous ne pouvons prendre ici pour point de comparaison les alphabet allemand, russe ou grec, qui présentent la plus grande analogie avec l'écriture latine. J*ajouterai même que les nouveaux caractères sont d’autant plus difficiles à retenir et donneront dJautant plus facilement lieu à dés erreurs et à des confusions, qu’ils seront plus simples et; différeront moins entre eux. Tel me paraît le cas atec Talphabét graphique que nous avons là devant les yeux. !
- M. Maldant nous fait observer qu’il s’agit de plaire avant tout aux Chinois et aux Japonais, qui, à eux seuls, constituent la moitié delà ^àpüràtidh1 terrestre, " '
- ' ' Je ne puis admettre que les Orientaux aient une si grande horreur de nos caractères latins ; je serais plutôt tenté de croire qu’ils donne-
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- raient la préférence à une écriture et à des caractères dont la connaissance les familiariserait du même coup avec la lecture de tous les noms propres de l’Occident.
- Le point essentiel dans la question qui nous occupe n’est pas tant de plaire aux Chinois et aux Japonais que de faire agréer la nouvelle langue aux trois grandes nations de l’Europe : aux Français, aux Anglais et aux Allemands ; la langue internationale qu’adopteront ces trois peuples deviendra nécessairement, n’en déplaise aux Orientaux, la langue universelle du monde entier {Rires).
- L’alphabet de M. Maldant prête encore à la critique quant au choix même de certains sons : l’adoption simultanée des sons français çh et j, s et z est, à mon avis, une faute des plus regrettables. Fort peu de peuples ont les deux sons à la fois, les Allemands ni les Anglais n’ont notre/; les Allemands ont même les plus grandes difficultés à prononcer notre s dur initial. Or, la confusion des consonnes est bien autrement grave que celle des voyelles ! .
- Mais ce ne sont là que des questions secondaires : la grammaire et le dictionnaire sont les seules véritables pierres de touche de toute langue universelle. J’espère que M. Maldant nous mettra bientôt à même de les apprécier. (Applaudissements.)
- M. Maldant. -— Messieurs, ie crois avoir quelque chose à répondre à ce qui vient (Têtr-e dit par M. Kerckhoffs, et je m'applaudis d’avoir fait tous mes efforts pour l’amener à assister à notre séance, car ses observations ajoutent certainement beaucoup à son intérêt.
- M. Kerckhoffs nous a dit qu’il sera beaucoup plus facile pour nous d’écrire nos caractères ordinaires que de prendre des caractères nouveaux. C’est incontestable. Mais il nous dit aussi, comme correctif, que les Chinois, par exemple, qui ne goûteront pas nos caractères, seront bien obligés de faire comme nous voudrons. Ici, je demande la permission de ne pas être de l’avis de M. Kerckhoffs : je crois que les Chinois ne feront pas du tout ce que nous voudrons; ils feront au contraire ce qui leur paraîtra juste et logique, ce qui leur paraîtra meilleur que ce qu’ils font. .....
- M. Kerckhoffs nous a dit encore que certaines consonnes avaient des articulations bien rapprochées les unes des autres, le ch et le j, l’s et le z, et qu’il y avait certaines suppressions à faire,.à.,.cet égard. Mais ,je dirai à M. Kerckhoffs que le Volapük a encore plus de consonnes que nous, et qu’on pourrait lui faire des reproches plus mérités à ce sujeL Mais, je dirai surtout que, dans les réunions de ce Congrès un peu improvisé qui s’est formé comme je l'ai indiqué tout à l’heure, il(s’est passé un fait très curieux au point de vue qu’indique précisément M. .lierCjkf hoffs. J’avais présenté la classification que vous voyez là pour les voyellep et les consonnes; et pour la formation ,de s mots; Alors les observations de M. Kerckhoffs ont été faites par .divers, membres de ces réunions, (,%11 .q,
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- Dans la première réunion, on proposait de revenir an point d’où j’étais parti il y a 25 ou 30 ans, c’est-dire, simplification des sons et suppression des consonnes qui ont une certaine similitude. En- somme,,on demandait douze consonnes au lieu de seize. v,
- On a aussi proposé d’adopter un autre ordre pour les consonnes, et de les classer en labiales, dentales, gutturales, puis en douces, .fortes, sifflantes, demi-sifflantes, aspirées, etc. Toutes ces classifications ont été faites; elles ont, été discutées pendant plusieurs séances, et il est arrivé que, après avoir entendu le pour et le contre sur les différents projets, on a fini par admettre et par conserver la classification qui est là, aujourd’hui, sous vos yeux.
- Comme le disait .tout à l’heure M. Kerckhoffs, il y a des questions qui ne peuvent pas se trancher en quelques minutes; et si, à un moment quelconque, M. KerckhoilS; veut... bien nous faire l’exposé complet du Volapük, je serai enchanté de répondre à un certain nombre de points qu’il a indiqués comme désavantagés, et qui m’appai’aissent au contraire comme les plus graves inconvénients pour faire jamais du Volapük une langue internationale, ç.......U:,'.? ;
- Aujourd’hui, ce serait peut-être entrer dans des considérations, bien longues et un peu prématurées et cependant il me semble que ce 11e serait pas bien difficile à démontrer. )HhV ion-...
- M. le Président. — M. Maldant veut-il me permettre.;deslui dire que nous avons ici M. Petiton qui a fait une communication très-importante sur le Volapük à l’Association française pour l’avancement des,sciences, au Congrès de Grenoble. Je lui donnerais volontiers-, la parole ; il est très au courant de la question, et les personnes; qui: no, pourront pas assister à une autre séance, emporteront de celle-ci [une ..-idée, de ce qu’est le Volapük, si M. Petiton veut bien se rendre, à mon invitation.
- M. Petiton. — Je ne me permettrais pas de parler,du Volapük ici; jVsuiVa”peine élève de VI. Kerckhoffs. Quand je suis allé à , Grenoble, il y a deux mois, Je ne connaissais pas du tout cette langue ; je l’ai trouvée tellement simple.,, que je me suis décidé à en parler à Grenoble; et je n’ai pas été le seul;,de cet avis. Je crois que, dans cette séance, M. Kerckhoffs est plus autorisé que personne à prendre la parole ; seulement j’aurais été désireux d’entendre les objections que M. Maldant pourrait faire, s’il a connaissance du Volapük.
- M. Maldant. — Il y en a quelques-unes qui pourraient être faites au pied love. c,, =
- ...Ainsi, le Volapük n’èst pas une langue sui generis : c’est un,mélange d’autres langues, emprunté à l’allemand, au français, à l’anglais; Il prend des racines et des mots de tous.les>côté.s,;. comme pour .essayer de donner^ satisfaction à chacun ; mais ce; n’est nullement un langage rationnel et,,acceptable pour tous. Je crois que. le Volapilk, nonvpas qu’il 11'ait pas, de qualités remarquables, non-pas, quql ne,,soit,pas uneulangue
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- assez ingénieuse * mais j e crois •-qu’il'* est arrivée à des complications d’une grave importance, et'qu'il a:.'eu pour principal* objectif, celui de satisfaire tout le monde (Rires). Permettez, tout le monde qui nous entoure, c’est-à-dire, les Européens. Mais, quand on'èst'vefiu dire, tout .'à'-l’heure, que cette énorme masse de population, dont je ne vous ai dit qu’un mot, mais qui représente plus de la moitié de la population du globe, devra se contenter de la langue qu’on voudra lui imposer et qu’on lui apportera toute faite, je crois qu’on a commis une bien grosse erreur. 11 " !
- M. Kerckhoffs trouve que l’on doit conserver les‘ caractères européens, latins si vous voulez; car enfin, il y a rallem'ànd,‘le1 russe, et d’autres peuples autour de nous, qui ont des caractères qui ne'sont pas comme les nôtres ; mais* prenons le caractère latin : croyëz-vôus que le Ghinôisp-ou que. celui qui n’aura jamais appris a,ucufie langue latine ou européenneytrouvera plus de facilité à écrire tous nos caractères‘cbrnpli-qués,* que ces quatre signés que je vous donne là: (OC I 1);? Demàn-dez le donc'aux Chinois^ vous verrez ce"qu’il diront. Les caractères chinois sont très difficiles à apprendre, mais ils ont absolument tous les éléments et toutes les inclinaisons de’ ceux que j’ai tracés devant vous. Voici,’ par exemple un radical chinois, vous voyez que ce radical, qui signifie homme, est composé d’une inclinaison de 45 degrés de gauche1 à'droite/et d’une autre de 45 degrés de droite à gauche. Vous voyez * encore* ûeip un autre radical entourant une phonétique : ceci indique uii'lroyaümèU'Tout cela est beaucoup plus difficile et plus compliqué quë’ce qüe* noùs faisons ; mais nous pouvons en déduire, en toute assurance,'',qüe,> les* Asiatiques qui ont l’habitude de faire’ correctement les courbes et1 lés lignes horizontales, verticales ou inclinées, écriront sans doute1-''l'es caractères de notre projet MéMàngüe internationale, mieux et plus‘vite'que nous-mêmes. 11
- Un Membre!1*—'Je trouve le choix que M. Maldant a fait de la ligne courbe pour'les Voyelles et de la ligne droite pourTes^diverses articulations, très heureux; mais je lui demàuderài poutpüoiiili‘a groupé les signes des consonnes suivant l’ordre de l’alphabèt français, aü lieu de les grouper suivant la ressemblance dans -les Consonances, comme p et b, par exemple. !
- M. Maldant.— Cette observation, comme je l’ai déjà dit* est d’autant plus intéressante qu’elle a occupé deux des séances de'notre petit congrès préparatoire.
- L’opinion qtt’indique en ce moment la personne qui vient de parler est partagée par beaucoup d’autres linguistes. Il a été souvent ‘question dé modifier la place qu’occupent les consonnes ; seulement, on 'est arrivé*à faire des objections qui ont paru beaucoup plus sérieuses què' l’avantage prétendu qu’il s’ugissait d’introduire dans la classification des lettres.* Lai prononciation de'toutes les lettres n’est pas,! d’ailleurs/ Bull 47
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- la même dans toutes les langues existantes ; ainsi, par exemple, le 5 dans un certain nombre de langues, se prononce ls : ci; bien ! ce n’est évidemment pas là un son très doux,: et pourtant, nous considérons le % comme une douce et l’s comme une dure. Par conséquent, il est difficile de trouver qu’il y a là une classification rigoureuse, et qui s,’impose .logiquement à tous. C’est pourquoi toutes ces nouvelles classifications n’ont pas été prises en considération ; on a trouvé qn’il était préférable de conserver l’ordre des consonnes, qui est celui de presque tout, le monde ; et cela d’autant mieux que les Chinois qui n’ont pas de lettres, eux, puisqu’ils n’ont que des monosyllabes, ne se trouveront gênés par aucune classification.
- M. Brull. — Je voudrais demander une explication complémen-taire à M. Maldant. Il a cherché à faire, à proposer une langue expéditive, c’est-à-dire, qui pût s’écrire vite et se prononcer facilement. C’est sur le second point, sur la prononciation, que je ne me trouve pas complètement édifié. Si j’ai bien compris, ..pour parvenir à une écriture rapide ; M. Maldant voudrait composer les mots d’un minimum de lettres ; il a dit que, avec cinq lettres seulement, en groupant dans tous les arrangements possibles les 21 lettres qui composent son alphabet, on pouvait créer . facilement 150,000 mots, et que. cela répondrait largement à tous les besoins des nations. Je voudrais savoir de M. Maldant comment ou pourra prononcer ces assemblages de lettres ; ne faudra-t-il pas en écarter le plus grand nombre que le hasard fournira, comme ne pouvant pas être prononcés?,, .,1
- M. Maldant : — Il n’y a pas une seule de . ces prononciations qui soit difficile, parce que ce sont toutes prononciations de consonnes simples, suivies de voyelles; ou de voyelles suivies ,de consonnes. Quand vous avez prononcé ba bé bi bo bu, toutes les difficultés sont vaincues ; vous n’avez pas d’autres difficultés dans la prononciation. Prenez un mot de quatre lettres, par exemple un \ (ch) et un 0 (a)* un / (d) et un 0 (0) ; voilà quatre lettres : cela nous fera \ Q /q (chado). Vous voyez que ce ..n esc,pas difficile ; ce sera toujours la prononcia-tion d’une consonne ayec une voyelle, ou d’une voyelle avec une consonne : les- mêmes sons se retrouveront constamment. Et de plus, il y a ceci d’assez curieux, c’est que malgré cette grande simplicité, il est impossible, absolument, de confondre un mot avec un autre; parce qu’il 11’y a pas d’homonymes ni de synonymes.
- M. Brull. — Ce sont donc les syllabes qu’il faut considérer et non les mots?
- M. Maldant. — C’est-à-dire que chaque syllabe se compose généralement de deux lettres, rarement de trois ; de sorte, qu’un, mot de quatre.,lettres se composera de deux syllabes'. Mais vous, ayejz toujours le scpi d’une, voyelle suivie d’une sconsonuo, ou d’une,,consonne suivie dune voyelle; il n’y a donc pas de difficulté, ;de prononciation.;
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- M. le Président. — M. Casalonga a la parole.
- M. Casalonga. — Je voudrais simplement demander à notre col-lègue, M. Maldant, puisque tout à l’heure il a été question du Volapük, si en même temps il a examiné un autre système bien connu depuis longtemps chez nous et qui est fondé sur l’application des notes musicales : le système Sudre, qui a créé bon nombre d’élèves. Il semble que ce système présente de grandes facilités, puisque le langage serait fondé sur la simple combinaison des notes de la musique. Je crois que, pour que la discussion soit complète, il est bon aussi que nous entendions parler du système Sudre.
- M. Maldant : — Ce système Sudre a été l’objet d’expériences publiques très intéressantes. On a pu voir, en effet, deux personnes très accoutumées, et il faut l’être, à l’exercice de ce langage, et on aperçoit l’une d’elles jouant du violon tandis qu’une autre personne connaissant le langage vous dira ; on vient de dire telle chose. L’expérience est très intéressante ; seulement, il faut des oreilles spéciales pour pouvoir saisir ces nuances, et le système de M. Sudre, bien qu’il ait été expérimenté depuis longtemps, n’est pas arrivé à faire beaucoup d’élèves, parce que peu de personnes ont les qualités nécessaires pour pouvoir saisir toutes les nuances musicales, sans faire de confusion.
- M. Kerckhoffs.—Je vais sastifaire M. Casalonga. La langue universelle de’'Sîrdre"''esrvd’u].ie simplicité qui ne laisse rien à désirer; il n’entre dans la formation des quatre mille mots qui composent son dictionnaire que les sept syllabes de la gamme musicale : do, ré, mi, fa, sol, la, si Eb bien, c’est1 cette simplicité même du matériel phonétique de la langue qui en constitue le principal défaut ! Habitués que nous sommes à manier des milliers de combinaisons binaires, tertiaires et quaternaires différentes, nous ne pouvons nous reconnaître au milieu de ce singulier assemblage de mots, qui tous semblent avoir le même aspect extérieur. ’’ 11 '
- Je sais bien que Sudre a fait un classement de nos idées en sept groupes, auxquels correspondent autant de clefsdifférentes, mais il y a pTésidé un esprit d’arbitraire tel qu’aucun principe de mnémotechnie li’y saurait trouver son compte : c’est ainsi que la clef de do, ou liste des mots cdmmenCant par d'ô, qui est dite « consacrée à l’homme physique et moral » contient les expressions suivantes, qui seraient tout aussi bien à leur place dans n’importe laquelle des six autres classes11: esprit-, pied-, verbe, canard, témérité, fromage, richesse, bougie, nord. S/
- Un autre inconvénient non moins grave résulte de l’extrême pauvreté des syllabes formatives : comme les sept notes se combinent indifféremment entre elles, il est bien difficile d’arriver à une intel-* ligence exacte du texte parlé, dès que la rapidité de la prononciation* supprime les intervalles de repos établis par l’écriture entre lêS diffe-1' rents éléments de la phrase.r - m - m-to. -mou
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- Le côté peu pratique du système Sudre -ressort partieulièrefnent dans la formation des mots : au lieu d’avoir des' raci’fïeS 'ei' des> àffixes, les uns représentant l’idée générale, l-és; autresipefrhettaritbd’em'Pendre les diverses nuances, il n’a comme le chinois que des mots-raoinesdll s’ensuit que non seulement la création de-mots nbureaux,;ali ïnoyëü- 'd’éléments déjà connus est chose impossible, mais que la1 traduction d’un terme non encore inscrit dans le dictionnaire est même um problème insoluble. -;-!i
- L’accent, qui dans le langage parlé a une si grande importance, est traité par Sudre avec la plus étrange désinvolture, je dirais presque qu’il lui fait jouer un rôle contre nature : au lieu de tomber sur telle ou telle partie déterminée du mot, comme dans nos langues naturelles, il se promène'1 capricieusement, et cela sous une1 triple forme, d’une syllabe à l’autre, affectant les consonnes comme les voyelles, et servant à la fois à indiquer les rapports de genre et de nombre/ eûà distinguer entre eux les substantifs, les adjectifs, les verbes'et lés adverbes; seul le verbe à l’infinitif est dit né jamais recevoir l’accent. • -
- Un exemple va vous faire comprendre'lé procédé de Sudi,e!:i-mi-/a-re-do, prononcé sans accent, représenté le verbe railler ;,!-en ' recevant successivement le rinforzando, comme dit l'inventeur; sur chacune des quatre syllabes, ce même mot va cl’abord signifie^H'aükriei1 railleur, sarcastique et sarcastiquement ; en recourant ’ensuité'mux doux autres accents, on lui fait exprimer les notions respe'ctives'de'genre, dehiombre et de temps que peut comporter chaque forme isoléeiUffffe-si admirateurs les plus distigués du système Sudre, M. Joseph'Yihotp affirme-dans la Science pour rien (n° 7) que grâce à ces déplacements'successifs de l’accent, le mot mitia-re-do peut correspondre à au' moins vent/ expressions différentesrdev la langue française. Vous aurez-quelque -peine à. croire que cet étrange jeu de l’acèent constitue aux yeux du commentateur le principal mérite de. l’invention de Sudre ! : un-.1
- Quant à là grammaire, elle me semble à peine ébauchée : l’auteur a si peu songé a u x ' b e s o in s >g é n é r aux du langage qu’une seul et même forme, mi-re, doit à la-fois traduire les différents pronoms et adjectifs relatifs et interrogatifs qui, quepquoiy quel1, lequel, etc., et jouer le rôle de signe indicateur du'! subjomctif. Dans la'monjugaison des verbes les idées de temps passé et futur sont rendues par des formules telles que do-do et mi+mi, auxquelles ne -s’attache aucun sens déterminé. : 0
- langue musicale universelle, ainsi qu’elle a été appelée: par son auteur,- n’est autre chose qu’une ingénieuse téléphonie : les diverses- commissions de l’Institut et des ministères de là Guerre et de1 la Marine, à l’examen desquelles elle a été soumise de 1827 à 1864, ne l’ont pas entendu autrement. Les séances publiques queJSudre a donnéés dans les théâtres et salles de concert de Paris, Londres, Bruxelles et Berlin n’ont dû leur succès qu’à la partie musicale du programme ; les spectateurs
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- étaient, émerveillés,. et,ma foi. non sans raison, de voir l’inventeur et l’artiste,/qui-l’aceompagnaient se. transmettre à distance leurs idées au moyeniid’uiinsimple!, violon..-Les;journaux de Plombières ont même rapporté ; daim lei temps quel fut l’étonnement de Napoléon III, lorsque le compagn ou.jde,Sudru rôpéta textuellement la phrase écrite sur un bout de papier par l’Empereur et jouée ensuite par le conférencier sur son violon, « le premier qui fut'roi fut un soldat heureux. »
- J’aurais mauvaise grâce à ne pas ajouter que l’invention de Sudre a été jugée digne par le jury international de l’Exposition universelle de 4855 d’une récompense exceptionnelle de 10,000 francs, et qu’elle obtint une médaille d’honneur à l’Exposition de Londres, en 1862.
- En résumé, l’invention de Sudre, considérée commq téléphone musical me semble aussi.simple qu’ingénieuse ; considérée comme langue universelle, soit parlée, soit écrite,,: elle ne me paraît avoir ni valeur linguistique, ni valeur pratique.... ......
- ,.M, Lkvkl.,,— 11 est clair, d’après ce, que -nous ...avons entendu, que le temps est encore,.loin de nous où M, Jourdain fera de la prose universelle sans le .savoir, Mais/, d’après ce qu’on nous a dit, je pense qu’il serait lion de> consacrer; une séance au V.olapük, pour nous en faire uneiddée, carr.c’est une question très intéressante. Pour ma part, j’estime,qnevjSIrfvMaldant.;a été,bien inspiré de terminer par sa conférence cetteii semaine*..*,où nous.-, avons appris les beaux travaux de M, Pasteur :Snr )la3rage,îe;t.la réussite des expériences de M. Marcel Leprez ani.ehemi#'lde-,fer( du. Nord : je crois que M. le Président pourrait nousMsdhrei.; quelques.! [mots de ces expériences/, pour que ce fût consigné.au-pracèsvverbal d[une séance comme celle-ci,, : . ,5oq
- M. le Présipent,,-rpr.Je ne peux pas répondre.•au*4é^'d.e>,M.--)Level, h’âyant paTiTes détails nécessaires pour parler de ces .expériences, et
- n’en connaissant lé résultat que par de hâtives etivagues,informations. Je me garderai donc bien de m’avancer.' Mais, ,;d’après co que M. Ker-ckhoffs • a ibien voulu nous promettre, jeacrois que,nnous-, demanderons à la Société de tenir une réunion supplémentairéÿ?'pour achever de nous initier un peu à ces questions der .langues universelles.
- M. KerckhofFs, probablement, n’a pas. voulu,!;déflorer,,1e sujet, .etsil tient à le traiter d’une manière complète pjc’ésteequeî nous lie prierons, sans doute, de vouloir bien faire dans une .autre séance, M. Maldant fera des objections à son tour, et j’espère que cette-seconde séance sera aussi intéressante que la première, dev.sorte que nousj;viendrons encore- en. très grand nombre, pour applaudir,' comme je vous demande de le. rfair.ei Aujourd’hui. (Applaudissements)^>o m uuMnm.n. ^b scioiar.im
- T tu oi eu c hoI jb . ixntHUM ai
- La seance est levee a onze heures.
- •ifo sui 1 -)!i\'>ÿeI.» ücmaz'é.l
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- Réunion «lu 13 novembre 1885
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- PRÉSIDENCE DE M. DE CoMBEROUSSE
- Conférence de M. KERCKHOFFS.
- La séance est ouverte à neuf heures moins un quart.
- M. le Président. — Mesdames et Messieurs, nous avons eu une
- très vive inquiétude. Il est arrivé un accident à M. Kerckhoffs, non
- pas à lui personnellement, mais il a été victime d’un accident de circonstance. Il nous apportait des documents excessivement intéressants, et, entre autres, cent sept lettres venant de personnages considérables, écrites toutes en Volapük, et montrant par expérience que cette langue est facile à apprendre et à appliquer. M. Kerckhoffs a oublié sa serviette dans sa voiture après laquelle il a couru et fait courir inutile-
- ments. Je suis convaincu que cette perte lui donnera le même coup de fouet que son cocher trop pressé a donné à son cheval, et que nous y gagnerons au lieu d’y perdre. Je donne la parole à M. Kerckhoffs.
- M. Kerckhoffs prend la parole et s’exprime comme il suit :
- Mesdames, Messieurs,
- J’éprouve en ce moment un double embarras à venir défendre devant vous la cause de la Langue Commerciale Internationale.
- Non seulement je ressens vivement la perte que je viens de faire de notes presque indispensables et d’une collection de documents précieux, que je tenais a mettre sous vos yeux, mais encore je me vois obligé de vous confesser, dès mon début, qu’en me faisant, au sein de votre illustre Société, le champion du Volapük, je vise indirectement à battre en brèche le projet de langue universelle, présenté par un de vos confrères les plus distingués.
- Je ne me sens quelque peu à mon aise qu’à la pensée que l’éloquent plaidoyer de M. Maldant, en faveur d’une langue internationale artificielle, a porté la conviction dans fos esprits et donné au moins gain de cause au principe même qui a inspiré l’oeuvre que je vais avoir l’honneur de vous exposer.
- ,i Je croirais faire injure à votre sens pratique, si je cherchais à excuser l’auteur du Volapük de .ne pas être né sur les bords de la Seine : la ! question de nationalité n’a rien à voir dans une œuvre qui est appelée ,à rapprocher les peuples et à faire tomber pour un grand nombre .d’entre eux les dernières barrières que l’ignorance et les préjugés ont
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- élevées sur leurs frontières. Nous n’avons donc pas à nous demander, aujourd’hui, lequel des deux, de M. Maldant ou de M. Schleyer a eu la bonne fortunè^dè* ne pas naître%ür les bords du lac de Constance, mais tout simplement quel est celui des deux qui a su combiner la langue, la plus simple et la plus pratique.
- Et que je vous dise tout de suite que vous ne vous trouvez plus en présence d’un système qui attend son achèvement de la bonne entente d’une demi-douzaine de collaborateurs ou du concours problématique d’une commission internationale quelconque ! Le Volapük est une langue qui s’écrit, se parle, et s’imprime aux quatre coins de la terre.
- En effet, quoique les premières publications de M. Schleyer sur la langue universelle datent à peine de 1881, il existe déjà, de par le monde, 67 Sociétés qui se sont fondées dans le but d’en favoriser la propagation, et cela non seulement en Suisse, en Allemagne, en Autriche, mais en Hollande, en Suède, en Angleterre, en Belgique, en Espagne, même aux Etats-Unis et jusqu’à Beyrouth, en Syrie. J’ai reçu ce matin même la nouvelle dè la fondation d’une société de Vola-pükistes à Madrid: à leur ' tête se trouve un des médecins les plus connus de l’Espagne.
- Nous élaborons en cé moment, à Paris, les statuts d’une Association française pour la propagation de la Langue Commerciale Universelle, dont le Comité de patronage compte un grand nombre d’ingénieurs distingués ; qu’il' me suffise do nommer MM. Dormoy et Petiton qui ont défendu Si brillamment la cause du Volapük au congrès de G-re-noble, M. Max de Nansouty, le rédacteur en chef du Génie civil, M. Juclier, ingénieur de la Compagnie des Messageries’ maritimes de Bordeaux; M. Chevard, de RochefortjM. Fraval, de Quintin ; M. Jou-glet, de Pontavert. Une dizaine de cours publics et gratuits pour 1’enseignement de la nouvelle langue vont être ouverts, à Paris, sous les auspices "de l’Association française ; ! plusieurs villes* de France, entre autres Marseille, Bordeaux, Rochefort !sè proposent de suivre notre exemple.
- Je publierai en février un annuaire contenant la liste de toutes les personnes d’Europe et d’Outre-mer sachant correspondre en Volapük. Vous y verrez figurer un très grand nombre de maisons de commerce de tous les pays, chez lesquelles les commandes venant de l’étranger, peuvent être faites, dès maintenant, dans la Langue Internationale.
- Je me suis également entendu avec quelques professeurs distingués pour faire paraître, dans le courant de l’année prochaine, déS^dic-tionnaires i:et des grammaires à l’usage particulier des Anglais, ' des Italiens; des Espagnols et des Russes. 1
- J’avais apporté avec moF une centaine de’! lettres écriteslên Volapük que j’ai’te'çüesfide tous les pays de l’Europe; je regrette* d’autant plus de në pouvoir" les montrer"rqu’il:‘était dans l’intérêt de la causé1 tjiie^e
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- défends que -l’exactitude de mes affirmations .pûh être 'publiquement contrôlée : il y en avait là d’ingénieursy de professeurs, 'd’instituteurs, de journalistes, de ‘prêtres!' de négociants1.1 'Quelques-unes dcnes‘lettres m’ont ‘été écrites vingt-quatre heures après -que leurs’‘autesunsi avaient commencé l’étude de la langue; telle est,‘entre autres;1 Scelle de M, Fraval, ingénieur à Quintin; M. Camille Magüé, le hnaird de: La Flotte, dans l’île de Ré, 11e m’écrit plus, depuis deux mois,-:que dans la Langue Internationale. r ?
- Lé Volapük, ainsi que je vais vous le démontrer, ne présente, en effet aucune difficulté : toute personne, douée d’une intelligence moyenne, peut, au bout de trois ou quatre semaines, écrire correctement dans la nouvelle langue. L’épreuve en a d’ailleurs été faite à l’École des
- Hautes Étudiés ‘Commerciales :< huit, leçons; ontrsuffi-pour mettre Hes élèves en état de correspondre avec les volapüldstes des .autres pays de l’Europe. . ... , .
- L’étude de toute langue comporte, comme vous le savez', la connaissance des so7is, celle de la grammaire et celle du dictionnaire.
- Passons rapidement ;ces» trois points en, revue no A-; -, vp/j mumi -h Alphabet. — Le Volapük a les mêmes sons que le français et il emploie comme lui les caractères iatins poüF dés Représenter;' il n’y a
- d’exception que pour les lettres w, c et iSur léft&,utdeim !SQntaprpnoncés à l’italienne et le as à l’allemande. Les.so.nSjfcançWf^'i^-i^ sont.,figurés comme suit : a, ii, 0.
- Comme chaque lettre a toujours le mênie 'sbh, il,'fie 'êfili\'ifiit''y avoir ni
- difficultés de prononciation, ni difficultés d’prthpgrap.Jne{^ les,îp.01s^ sont toujours pronpn.cés tels qu’on les écrit, et sont toujoj^s jécçitp tqls qu’on les prononce.
- Le principe de l’accentuation est le même qu’en français, l’accent tombe toujours'SfirUa syllabe'-finale : penede, prononcez pé-né-dè. -
- Substantif. — Lè Volapük n?a qu’une seule déclinaison, qui est la même pour toutes les parties déclinables du discours; en voicuun exemple :
- -'.'A À i
- d-‘N. Stud, bf l’étude.
- Stada ôW de stud, de l’étude.
- ';':i D. Stude où al stud, à l’étude.
- -CFA. Slucli, -0* l’étude.
- On forme le pluriel par l’addition d’un s : studs, studas^ ou de studs,
- studes^etc.. Quelques personnes trouvent étrange la présence . d’un a au génitif ; * d’autres condamnent la double forme du génitif1 et !du datif;
- quelques-unes s’étonnent même qu’il y ait une déclinaison en volapük.
- Les arguments ‘en faveur;d’un génitif s'appuient.ésur l’analogie
- du latin; mais’ on 11e songe \pas que toutes nies langues t modernes de l’Europe qui ont une simple'Voyelle au.»'.génitif,? et notamment les lan-
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- g'ues;islav,e^!ont:.,ad,opté,la>!lettre;[^:;jeDfLii la double, forme du génitif et du datifieiaiiiiiidispQiisable, à.,eause.de vl^tljifficulté qu’il y. aurait à , dé-, terminer^- avec. quelquq précision quand les préposition s t françaises de et : à, ou ,les prépositions anglaises of et lo correspondept à un, génitif et à un datif, ;Supprinier, complètement la déclinaison rendrait bien difficile, la formationiades noms, [composés, témoin ce qui se passe dans les langues,romanes. >,
- Genre. — Tous les noms sont du genre masculin, à l’exception de ceux qui désignent des êtres du sexe féminin. On forme le féminin, comme en anglais, en préfixant le pronom of. elle, , au masculin :
- Flen, ami ; of-flen, amie. Blod, frère; of-blod. sœur,
- Adjectif, — L’adjectif se forme du substantif par l’addition de; la désinenceA/c:; il reste toujours invariable;. - >•! -.h u
- -j
- Dol, douleur ; dolik, douloureux. , ‘
- Fam, gloire; , ‘ J ' famik, glorieux.'1
- • nHïinnHei'U ein.-v j- •^•avmv.’iuino
- On forme l’adverbe en ajoutant un o à l’adjectif :
- !-' J -if'p / i . . i; ;
- Doliko, douloureusement; fami ko, glorieusement.
- Le comparatif et le superlatif sont formés à l’aide des adverbes uni, plus, ün^M pînsf ajbtrtêsnaiùtpositif : .
- glorieux; famikün, le plus glorieux.
- Noms de WDMBfiki1—TiéAnoms de nombre sont leslstfivànts (on remarquera que iy y ' cl ïz sl} Ü b’s sont formées des unités parla Simpléi addition d’un s) : ...
- m.-! ob eqmnnq o..
- Aeve-sln venu en s Bal. i : iÆO'HÜjiiv* uiLr:
- , . tffâ. îS; ! I: : TCI. r 2Q;. >{.iiqjî]'oV Te^S-, i-m k
- Kil. ^ .3,0.;iîj*>;'>],> - .iKils. ,.
- 4. Fol. 40. Fols.
- 5. Lui. 50. .Vv.^r Luis.
- 6. Mal A 00. nbnfô ‘Mais.
- 7. Vel. lQ. i Vels.
- * 8. Joli 80. AnçV> J ois.
- 9. Zül. 90. Züls.
- b J r 100. Tum. 1000. j Us; O {•Mil, ' t ‘ euCCO'î fjO
- eu (a;, - . ,, , i
- ./• hm ^ruj jm \ h ap wvjixi Jfio/irtoî.v >
- .Imufl :îuBcèlidjiiqqnprémieraidm-yg ms Balikyià .simplemiugau 'ynnohomTelidp.u:i deuxième. uiq> Velik, -ui doublent ; nijjel nb %ol hiouKilidy m troisièmes; nJlavo Küik^n.-. triple, iup oqoaodU
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- Pronom, — Les trois pronoms personnels sont: ob,je; oü, tu; om, il; Ils se déclinent comme les substantifs?-: •'’••• yféuv
- riiimvib- .rnébè? ; rdurnob .V- V- 1
- Ob, obs, je, nous,
- 01, ois, tu, vous. ' ! _ _i( j "" : ( ! : ’
- Om, oms, il, ils. ’
- Les adjectifs possessifs sont formés des pronoms par l’addition de la désinence ik:
- Obik, obsik, mon, notre.
- Olik, olsik, ton, votre,
- Omik, omsik, son, leur.
- Les pronoms démonstratifs ce* celui-ci, celui-là se traduisent par at et et; le premier sert pour les objets rapprochés, le second pour les objets éloignés, • V--/: ,v .
- Tab at e stul et, cette table-ci et cette chaise-là,
- Le pronom interrogatif qui se traduit par Mm; quel ci lequel, se rendent par kiom, ,,, ,
- Kime penols?, à qui écrivez-vous?. . i
- Püki kiom studols?, quelle langue étudiez-voü'é?!üî}
- Le pronom relatif qui se traduit par kel : ' U1 '’ a '
- Pük keli studob, la langue que j’étudie1, • 1 <
- . ,,vA
- Verbe. — Le radical du verbe est généralement un substantif. L’infinitif se (termine toujours en on; les personnes sont marquées par les pronoms personnels ajoutés au radical ; les divers temps sont caractérisés par des augments.
- Stud, étude; studon, étudier; spel, espoir; spelon, espérer.
- Indicatif présent : ‘Kma-y •
- Studob, studobs, j’étudie’ nous étudions, i;: Studol, studols, tu étudie, vous étudiez.
- Studom, studoms, ul étudie, ils étudient.
- Uihj .....y ..... ... i.f ! . y;s,, .'T
- Divers temps: >.:
- Imparfait . . . Parfait ... . Plus-que-parfait faso an Futur présent . b ’ Ol'OFutur passé . .
- uy '.^j’étudiais. v j’ai étudié. , studob, j’avais "étudié.
- yvvï. le ôffîoü 'U] jumb
- uo j j’étudierai. u j'aurai étudié. ! h ‘ ho : sic ut ou:-
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- Ces différents augments servent également à la formation des adverbes de temps: adelo, aujourd’hui; adelo, hier; edelo, avant-hierq odelo, demain ; udelo, après-demain.
- On forme le conditionnel et l’impératif au moyen des désinences ov et od ajoutées aux temps de l’indicatif :
- Astudob-ov, j’étudierais ;
- Istudob-ov, j’aurais étudié.
- Studols,-od, étudiez.
- Il n’y a à proprement parler, pas de subjonctif en volapük, l’impératif y suppléant là, où l’emploi de ce mode paraît indispensable aux Français.
- Quant à l’interrogation, elle est marquée, comme, en russe, par-le préfixe li (est-ce-que) :
- Li-studols volapüki?, étudiez-vous le Volapük?.
- Adverbe. — Voici uneJliste des principaux adverbes:
- Si,'oui; 7s,'ici; Lino, autour.
- No, non; * Us, là; Sun, bientôt.
- Vemo, très ; Ino, dedans ; Nu, maintenant.
- Liko, comment ; Seo, dehors ; Poso, après.
- Préposition : Les prépositions sont toujours suivies du nominatif;
- Al, à ; Fa, par ; Nen, sans.
- De, de ; In, dans ; Su, sur.
- Du, durant; Jü, presque; Ta, contre, u
- Conjonction. — Les principales conjonctions sont les suivantes:
- Ab, mais; Do, quoique;-Ni, ni. ;quîi
- Bi, comme; 7, aussi; U, ou. .
- E, et; Ibo, car; Ven, lorsque.
- Dat, afin que; If' si; Yed, cependant.
- Construction. — La construction; en Volapük se Tësume dans ce principe général que le déterminé doit toujours précéder le déterminant. Il en découle les trois règles suivantes: 1° l’adjectif suit le substantif ; 2° le sujet précède le verbe ; 3° le complément ou l’attribut se place après le verbe. vvml
- Doms at smalik lonoms Mode obik; -t > : 1 *
- Ces deux petites maisons appartiennent à mon frère'.1'
- . î"l : : ,-iv.^ AwïUV? Vf! -tp- -àuf'i.
- Dictionnaire. — Un dictionnaire complèt doit contenir au moins cent mille mots; celui de M. Schleyer n’en compte encore que 131000; il
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- sera complété dans un prochain' avenir. - Grâce,: cepcndant-y-a'-la faculté que-possède le Volapük de^cré'er, ^avec:'les;;ressources de-’sën propre fonds, des mots nouveaux, intelligibles--pi'our-tousi;è;t'in'e;!idôitnttttt lieu à-aucune ambiguité,' la1 'nouvelle làngue se prête,'!dèS' Maintehant, à toutes les exigences d’une correspondance- internatiohaléb' ;i;
- Les radicaux sont généralement des substantifs; ils- ont été' empruntés aux diverses langues romanes et germaniques, mais 'principalement à l’anglais et au français.
- 'Voici qiielques mots empruntés aux langues romanes :
- Dol (dolor)., .douleur;. Lug (lugs), deuil.- • ............r..
- . Flwn (flumen),..fleuve:; Pag (pagus).: village..
- .. . Fug. (fuga)* fuite,; .T- Stel (stella),...étoile;.e..}, •. ...
- Mots empruntés, aux langues g'ermânique's'Ç'\ *’
- Beg-(tobeg), prière-my'\SmaL *(small), petitesse. . .. -.v..
- K et (kette), chaîne ; Smok, (smolce), fumée.
- Nef (neffe), neveu ; Tim (time), temps.
- Les mots’ dérivés sont 'formés dé substantifs' ràdicaük avecié'bccou'rs de suffixes et'de préfixes1; chaque partie d'à d'isidôi!irs:â's!és'''!àiflixes propres. ’’ ; en
- Parmi les suffixes des substantifs, les üiré/èèrvèfnV1 'ékcïüisivément à former de's: noms d’êtres vivants, tels sont ':1 al\ àrlf'ëif’il’alüreVforment des noms concrets de choses, comme ad', ad, dt, m /Vhfih'éfauires encore, coüimë- al, dm, iav, forment-des noms abst'râït'd/M''1ï; 'L
- Commé:ile procédé clé dérivation est toujours le‘ rÜéfùW-'èn Vôlapük, comme TadjnetitV lé* v'erbé ët l’adverbe j sont i,,éguïiei?è,m!è1ùt'fprmés du substantif ’éi"ont înfariableinent la mêmë't'érminâisôriÿ'-irstiffit’en quelque sorte d’apprendre quelques centaines de substantifs'et une trentaine d’àffixes lipo'ür''Connaître ‘bbiiS les- mots du dictionnaire. '
- Voici un..exe.mple;...(lqi:dérivation fourni par. le radical pük, langue.
- Pûk, langue ; puliïkf qui a rapport à la langue ; pulcôn, parler.
- Piikat, discours ; jnikatil, petit discours ; pükaton, prononcer un
- * : :s ! U -f1 i >• S- -U JOi;î : ; 'i;- '-î’..' .
- discours.
- Piiiïab^ pHilold^ie’;'’’pûkHvilc,'philologique.
- '"''M^è'^’sehténce; 'pukèdik, sentencieux. ! ;e'//'
- Pilkel, orateur; . pühelik, oratoire. n '**
- Püküf, éloquence ; pükpfik, éloquent ; pükofav , art /oratoire,..
- ’ j pükpfavzk, ‘‘qui 5a rapport (à. f art oratoire. ' i ',.'..
- ^ t 'Piikoi, çausérie j piikotik, loquace, ÿiikoifîf,.Ioquaci^..'.
- 1 ! Chacun i de cëS dérivés peut, '&•’ sofrt&üiv^o'üér lë: fêle'^e''radical et
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- m -
- former, .au moyen,-des. préfixes,. feate nneijS.éyie de. nouveaux dérivés.: Bipük» préfet U-djpükr. contestation gepük,* réponse ;t lepük, , affirma-, tion ; dypuli,) bavardage,; ; nep.uk,> süenc;e,. ;etc. > ( u Ce,fiUPfjie.Viieuside vous, exposer,,.Messieurs,:m’est cer.tes-.pas la: gram-maire tout eatiièrej...ripais;,c’en ,,est,toujours la,bonne moitié, ; le .reste., est l’a.flÇairp ,,d!uqe,heure', d’étude,.. En,Tous, cas vous en .savez, 'dès maintenant, .assezwpqnr:. pouvoir vous,,rendre compte -du..texte- qui suit : ,•.
- Plofecled lilerat aliladom vôno in hlad funa,pükatii de . Flëchier su Turenne.
- Mayed stüla e subim tikas âlega-loms julelis valik, a bal de oms asagom kofiko nilele • om isk •; ; •' « Kiiip okanol mekon pükcili^ su- ( mik ?. » — « Ven obinol Turenne; » ‘ volik agesagom.
- Un professeur de littérature lisait un jpur en. class.e l’oraison funèbre de Fléchier sur Turenne.
- La majestédu style et l’élévation . des pensées ravirent tôus'ïés'élèves,
- : èt‘Tun d’eux dit ironiq'umeht à son ^voisin : « quand pourras-tu faire un discours pareil ?. » — « Lorsque tu seras'.'.Turenne; » répondit-l’autre.
- Un graye peprqche^a.été^d^essé.à M, Schleyep, au.sujet, du .caractère essentiellepien^ syntb.ptifiée 4& ses formes, grammaticales. Quelques. ,linT guistes font,’ en effet, observer que le développement de l’esprit humain.s,qjfaiit)d,ans.le.,,seus.,de,l’analyse, et ils citent à l’appui.de, leur thèse, fi’.exe^pïp-de.tçmtç^ les langues modernes, de l’Europe et.de l’Inde.
- J’avouef 1.queM^elle. av été également ma première.opinion,...niaisune étude plus attentiye,..,^},la., grammaire m’a, convaincu^ iqu’pne .forme moins . symtfié.t.iqiiqr ep aurait. considérablement augmenté,les., .difficultés ; d’ailleurs, jl’^^e.ç^oii; que jè viens de yappelepji.pt, qp’onâ’ettouve seps diverses, fprnies; jchez,., les : philologues,. comnppj jcfie^.lps philosophes,; est au fond plus spéei.qus.e que,fondée., ,V!bu,^!jqi. j. is>> ..
- La forme, analytique de nos langues n;pdeçp^pI^t,le.,pr9dû.i.t,,-npu d’une certaine tendance de l’esprit vers telle ou telle forme extérieure de la pensée, mais l’effet du simple déplaCeiiieht 'dé-^aééenli't'Gniqtiej ou, pour
- parler plus clairement, de la perte en intensité, .de l’açcent, secondaire au profit de l’accent principal. . ''''i-.,'ri>v V^iuoVsïb
- Quelques personnes pensent qu’il ne sera guère facile .d’arriver jamais
- à une prononciation uniforme du Yo,lap.qk,(iet eües eraignent que les
- communications directes entre individus 4e nationalités différentes ne A • •. • • . >rv'-;,u(î •
- soient par la meme rendues impossibles,., J
- les Français.de Lille jirphpucèrit ' tonif airtrprnènï r.qiië "ceux^^ Bordeaux, et l’àïlemand de Minich sonne'presque comme un'dialecte étranger .au;x.,QrejjUes;; 4’PP Haniboui]geo;i;s.. Or, pe.s différences, ii:emp.êcfeent
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- nullement Français et Allemands de s’entendre parfaitement entre eux. Il en sera de même de la diversité d’intonation que pourra affecter, chez quelques peuples, la prononciation de trois ou quatre lettres de la Langue Internationale et notamment des voyelles a (=è), o (— eu), ü (= u).
- Avant de terminer je ne puis m’empêcher de vous faire part de certaines appréhensions que m’a fait éprouver, à votre dernière séance, la communication de M. Maldant.
- Il nous a avoué avec une franchise qui l’honore et dont les hommes d’un mérite réel sont seuls capables que, tout en travaillant depuis vingt ans à son système de langue universelle, il. n’en était encore arrivé qu’à se mettre d’accord avec ses collaborateurs sur le nombre de lettres que doit composer son alphabet et sur les signes qui doivent les représenter.
- Mais ce n’est là que le commencement du commencement : il lui reste à élaborer sa grammaire et son dictionnaire, travaux bien autrement difficiles que la détermination de quelques signes graphiques; et encore ces derniers les a-t-il empruntés à la langue universelle de l'abbé Sotos Ochancfo.
- N’y a-t-il pas lieu de craindre que ni vous ni moi ne voyions jamais la fin de cet enfantement si laborieux? De quel droit pourrions-nous engager à la patience la jeune génération qui s’élève autour de nous, alors que rien ne nous autorise encore à émettre le moindre jugement favorable sur la valeur du nouveau système ?
- M. Maldant ne peut m’en vouloir de mon scepticisme. Lesiaffirmations de ses amis nous ont déjà ménagé une singulière déception : alors qu’ils faisaient annoncer par la voie des journaux que grammaires et dictionnaires étaient à l’impression, l’auteur nous a déclaré ici-même, il y a quinze jours, qu’il n’avait pas encore arrêté le plan de sa conjugaison .
- Je sais bien que M. Maldant, dans le but de hâter l’achèvement de son oeuvre, s’est entouré de quelques collaborateurs distingués. Mais c’est cette collaboration même qui m’inspire les plus vives appréhensions : il me semble* en effet, que c’est se méprendre singulièrement sur ce qui constitue l'essence même d’une langue que de se figurer que c’est là un travail qui puisse être > fait à plusieurs.
- Dans aucune oeuvre humaine l’unité de conéeption n’est plus nécessaire que dans la création d’un idiome artificiel : on ne fait pas plus une langue à cinq ou à six qu’on ne s’associe pour éomposer un poème épique ou un système de philosdphie.
- M. Maldant s’efforcera tdut à l’heure de calmer notre'juste et légitime impatience; d’autres après lui viendront également vous assurer (juteux du leurs amis tiennent à votre disposition la réalisation du rête de!Descartes et de Leibnitz! Mais c’est le langage que deux ou trois douzaines de penseurs illustres et containcusnous ontdéjà'tenu depuis
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- le xvn° siècle : leurs amis les ont crus un instant sur parole , et chaque fois la plus cruelle déception les a attendus !
- Aujourd’hui, pour la première fois, nous nous trouvons en présence d’une langue qui vient de faire ses preuves au grand jour et devant l’aréopage des savants et des lettrés des principales nations de l’Europe.
- Il me semble, Messieurs, que cette fois-ci la sagesse humaine doit vous engager à ne pas attendre jusqu’à demain pour juger, conclure et agir. (Applaudissements.)
- M. le Président. — Nous avons parmi nous le général Tcheng-Ki-Tdhg7“qïïT,”"Somme l’a très bien dit M. Kerckhoffs, est un des représentants les plus distingués de l’Empire Chinois. M. Maldant avait fondé l’emploi de ses caractères sur cette idée généreuse de faire participer plus facilement les peuples de l’Orient à la langue universelle, et il lui avait semblé que le système des hiéroglyphes se rapprochait plus facilement des caractères qu’il employait que les caractères européens, dont M. Kerckhoffs vient de nous faire l’éloge. Je crois qu’il est naturel, puisque nous avons le plaisir de posséder le général Tcheng-Kh-Ton'g parmi nous, de nous en rapporter à son opinion; personne mieux que lui ici ne connaît le chinois (iapplaudissements), et ne peut mieux juger de la valeur de l’argument de M. Maldant. Si le général nous disait qu’il penche, un peu vers le système de M. Maldant, notre confrère pourrait s’en prévaloir. Si le général veut bien prendre la parole et nous éclairer' à ce sujet, nous lui en serons très reconnaissants.
- M. le général !Tciieng-Ki-Tong. Mesdames et Messieurs, puisque M. le Président alllen voulu me demander mon opinion, je vais lire une petite note J que j’ai préparée à la hâte, lorsque tj’ai reçu son aimable invitation, ce matin, c’est-à-dire trop tard pour faire mieux.
- En prenant part à cette discussion si intéressante à tous égards, je n’ai que l’intention de vous donner l’opinionM’un Chinois sur la délicate question qui vous occupe. Je neu suis pas assez présomptueux pour espérer vous apporter une solution. 1 ; m
- Mais comme vous cherchez dans l’immense magasin des merveilles qui sont encore à découvrir, la langue universelle, et comme à titre de collègues de la même société humaine nous ne pourrons pas ignorer cette langue, puisqu’elle sera universelle, il m’a semblé que vous auriez, après l’honneur que vous m’avez fait de m’inviter, la bienveillance et la courtoisie de m’écouter un instant sur ce sujet. (Bravo! Bravo! Applaudissements.) se , , ...
- Je désire d’abord vous faire connaître mon opinidn. ' i.' - ;-r
- Je suis un fervent partisan de l’admirable progrès que vous cher-U-chez à réaliser; ; et j’ajouterai que c’est une pensée heureuse i et ingéfp nieuse aussi* qUe celle qui vous a' conduits, -vous - Ingénieurs, A-vèiisb préoccuper»dei.cètte découverte. Je crois que le siècle qui vientwserât
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- appelé le siècle des Ingénieurs; il sera peut-être plus heureux que le siècle des avocats ; (triple scdve d’applaudissements.) car, selon la prétention d’un de nos proverbes, les actes valent mieux que les paroles. {Très Bien! Très Bien!)
- Vous êtes les représentants les plus autorisés de là civilisation universelle — un titre qui ne lui plaît pas beaucoup et qu’elle ferait bien d’adopter — et vous faites oeuvre grande, vraiment humaine, en facilitant à tous les hommes les moyens de se comprendre et, par suite, peut-être de s’entendre. Ce sera certainement la plus grande des merveilles. {Applaudissements.)
- Y a-t-il, Messieurs, des conditions à remplir pour que cette langue nouvelle, qui est encore muette, ait des chances de faire son tour du monde ?
- Je erois que oui.
- Je crois que si elle est intelligente et libérale, elle réussira à franchir les distances. Par le mot libérale, j’entends qu elle ne soit pas la cliente de telle grande famille qui trône dans la tribu des langues. En général, chaque peuple défend sa langue. La raison en est simple: c’est notre langue que nous parlons le mieux. Nous l’appelons même la langue maternelle, pour bien indiquer que nous lui sommes attachés invinciblement. C’est ce motif qui nous empêche leS uns et-les autres de convenir d’adopter une langue vivante et de lui décerner, après concours, le titre d’universelle. {Bravo! vifs applaudissements.)
- Il y a cependant certaines classifications que vous connaissez. Il y a la langue de la diplomatie, la langue du commerce, il y a même la langue de l’amoilr. Cette dernière pourrait bien, il me semble, aspirer au grand honneur de l’universalité; (rires et applaudissements.) mais, même sur ce chapitre intéressant, les hommes n'ont pu se mettre d’accord. Nous en; tenons tous pour notre idiome.
- Ce serait donc à désespérer d’arriver à une solution pratique, si le grand nouveau maître de l’épopée moderne, l’intérêt, n’apportait ' pas aux innovateurs son concours le plus actif. La langue de l’intérêt, voilà bien la langue universelle; et si vous voulez dès lors la fonder, il faut nécessairement consulter son maître et seigneur, l’Intérêt; c’est logique.
- Eh bien, l’intérêt recommande .de respecter tous les intérêts particuliers et de n’en négliger aucun. Il recommande de ne pas adopter capricieusement telle racine plutôt que telle autre; mais bien de chercher dans l’arsenal des mots et des radicaux tous ceux qui ont quelques droits à être choisis. Cette langue idéale ainsi formée sera composée de mots ayant cours; il y aura du Français, de l’Anglais, de l’Allemand, de l’Italien — et aussi du Chinois (.Applaudissements), car je voulais en venir, vous le devinez bien, à cette conclusion. Nos 450 millions de sujets, puis le Japon, l’Indo-Chine, le Thibet, l’Annam,parlent tous des langues qui se rapportent ,au même type, le type chinois.
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- ;m —
- Serait-il juste que nos monosyllabes dé figurassent pas clans le dictionnaire de-la-nouvelle-langue'.Universelle?-SeraitTil juste qu’à une . époque où toutes'des: nations -du globe •concourent - au- même ;but,i sous les ordres du même maître : l’Intérêt, avec tous les ; dévouements . qu’il comporte;,-!icergrancl'empire^ ne fût;pas appelé à travailler, lui aussi, à la rédaction du-dictionnaire de la langue universelle? . Ce serait, je crois,:-excessif1.'Je sais bien que ma prétention,est audacieuse : mais les Ingénieurs ; sont de la famille des audacieux, qui excusent* toutes les expériences. (Bravo! vifs applaudissements.)- -
- Quoiqu’il en soit, il m’a paru possible de revendiquer pour, ma--laiir gue maternelle une petite place,. modeste, qui- puisse, v,oor tenir /ses mots, les plus heureux et les plus simples. . :• mu
- Nos compatriotes les retrouveront avec plaisir dans la fo.uleodes autres mots inconnus; ceux-ci feront passer ceux-là : =et -déjà çette. langue, universelle^'-auraè-W'&ir1 de'‘damille.,-.qui- séduira; elle-.; aura des traits de- la--langue ^maternelle sera .plus üne.-langue;étrangère,
- Ce. ..sentiment (jùé j’exprime1 ide1 confiance, - chacun l’éprouvera, à sa manière1,-:-selon-, son-tempérament-.; mais,- ‘sûrement, il..ne nuira- pas au succès définitif de la 'langueuniverselle^ (Bravo ! Bravo ! Applaudisse-ments:- prolongés•• .- .
- _JVL le Président. --t- M. le général Tchehg-Ki-Tong vient évidemment de lever des doutes que le 'comité aurait pu encore conserver sur la nécessité de . ;p)u'Mier'les1,'-procès-verbaux de ces réunions -supplémentaires.'- Àprôsii-lesï-'iparoles.- que notre hôte vient de, prononcer, nous sommes1 obligés^ de le‘faire.1 • I .
- Le général nousua; prouvé, que si le rêve de .la réalisation .de la langue ;uiîivers-ôll!èHi'’ài}Outit pas, il y a une .langue qui.rsera [toujours la languè-'universelle- : c’est la langue de l’;esprit,:'du1- tact;.:et de la généreuse franchise. (Très bien! Très bien!,Applaudissements.)..
- Nous avons :dit que nous aurions une discussion-, japrôs.,l’exposé du Volapük; quelques personnes se sont fait-; inscrire,^pour, parler sur la langue universelle. En premier lieu, M., Auguste -Moreau, à un point de vue particulier; M. Gassaud le suivra, et ;je donnerai ensuite la parole à M. Maldant, qui voudra sans doute répondre.,, ... .....
- M. Auguste Moreau a la parole. -. . . -,
- M. Auguste Moreau. — Messieurs, qe ne viens pas à la tribune, pour critiquer- ouTattàquer en quoi que de soit les travaux-qui - viennent 4!^©. exposés.1 En pareil cas, il y a avant tout à rendre hommage au.i-trayail-r acharné,1 au courage persévérant, à la formidable dose de !patienee.!et; d’esprit-'de?'recherche qu’il a*‘fallu•-montrer.pour constituer;,cee .UQ-Ut; veaux -• langages;? si •:>, simples : 'qu’ils-1 soient, en -installer i les i-.bas.es-.-.qtj | eui fabriquer d'é toùtés .pièces-les -grathmaires et -les. dictionnaires.iurbvrév Mais j-’ai^uhe!facôii' un peu: 'drfféfieïitè. des tprécédentes de\ compreutl?& cette Question de, la -.langue- universelle i Je l’exposerai branchement à/ ^lÿ Bull. 48
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- Société en insistant bien sur ce point que, dans tout ce qui va suivre, il n’y aura jamais en jeu que des théories et des idées opposées, et que, même quand je me verrai forcé de citer des noms, je n’aurai nullement l’intention de faire des personnalités .
- Le besoin d’une langue universelle paraît préoccuper deux catégories de personnes : d’abord les théoriciens qui croient arriver par là à supprimer les barrières qui existent entre les peuples, M. Maldant est de ceux-là : il nous a nettement dit qu’il ne parlait pas pour les personnes imbues de ces idées étroites de patriotisme et de nationalité, mais pour celles qui mettent, bien au-dessus de ces petites questions, l’amour de Vhumanité.
- M. Maldant. — Je demande la parole.
- ^MTÂuguste Moreau. — Une autre catégorie au contraire, est composée de gens pratiques, qui disent : nous voulons faire des échanges, nous voulons faire du commerce, nous voulons comprendre tout le monde, être facilement compris par tous ; par conséquent il nous faut "une langue commune[pour réaliser ce désidératum. Nous savons très bien que nous ne supprimerons ni les nationalités ni les frontières, mais nous aurons déjà réalisé un grand progrès en créant un idiome au moyen duquel tout le monde pourra facilement s’entendre.
- Je m’occuperai d’abord des premiers. J’avoue que l’humanité m’intéresse d’une façon assez, secondaire. Je suis de ceux qui pensent que chacun de nous doit répandre la dose d’affection que lui'a léguée le Créateur sur sa patrie, sa famille et ses amis; s’il lui en reste >alors, 11 peut rationnellement en faire bénéficier l’humanité, et encore à la condition qu’elle lui soit rendue ; ce à quoi l’humanité n’a guère habitué la France depuis la guerre de 1870! (Bravo! Applaudissements.)
- Or, depuis les cruels événements de cette époque, devant l’attitude dédaigneuse' ou hostile du . monde entier, les Français sont en grande partie guéris de ces idées de fraternité à outrance et sans aucun retour, qui leur ont toujours fait jouer le rôle de dupes, et les ont le plus souvent livrés, désarmés ou affaiblis, aux coups de leurs ennemis 1
- Certes, il serait fort désirable qu’il n’en fût pas ainsi! mais il faudrait pour cela que les hommes, fussent exempts de passions, d’intérêts, de besoins; qu’il n’y eût ici-bas aucune lutte pour l’existence, en un mot que nous vivions dans une sorte d’âge d’or avec des hommes parfaits! Non seulement nous en sommes loin, mais cela n’arrivera jamais parce que cela est profondément contraire à la nature humaine. La guerre sera donc de tous temps uiie malheureuse nécessité, et le mieux qu’on ait à faire c’est de s’y préparer constamment et le mieux possible. Les frontières seront toujours indispensables ; lorsqu’elles ne seront pas hérissées de difficultés naturelles, il faudra les bien fortifier J Et quant àtsoumettre les conflits"à une sorte de tribunal suprême, on peut se demander comment serait composé ce tribunal, quelle garantie l’on
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- aurait de son impartialité et quelle est la gendarmerie qui en ferait exécuter les sentences?
- J’insiste., avec d’autant-plus d’énergie pour combattre ces . utopies qu’elles constituent un très grand danger et forment pour un peuple, l’élément.le plus énervant et le plus dissolvant qu’on puisse rêver.
- Comment obtenir, en eifet, d’un citoyen, en admettant même qu’il soit courageux, qu’il combatte avec la vigueur et la volonté voulues l’ennemi de son pays, alors qu’il marche avec cette arrière-pensée que le patriotisme est un sentiment absurde, qu’il estle jouet- d’un emperéur, d’un-roi ou d’un président encore arriéré par rapport aux idées de progrès: et que le soldat qu’il va trouver en face de lui est un frère, homme, comme lui et méritant tous ses égards? Cela nous a été d’autant plus funeste; à nous Français, que grâce à notre nature généreuse, jusqu’à l’ingénuité., on nous a toujours fait facilement tomber tête, baissée dans, toutes ces mauvaises plaisanteries, , alors que nos adversaires , étaient, loin d’être animés d’aussi, fraternelles intentions et. profitaient cruellement de ces indécisions, pour nous écraser ! (Bruit.)
- _M,._ Maldant. — J’ai demandé la parole.
- _M. Auguste Moreau. — Je le répète, nous ne faisons pas de per-sonnaHîeT" ”maîs' nous ne pouvons pas laisser dire, sans protester, que le patriotisme est un sentiment étroit; nous ne pouvons pas laisser passer, par-dessus les questions de patriotisme, les questions d’humanité. (Mouvements divers,)
- M. CoTAfp. — Pérmettez-moi de vous demander si vous parlez en votre nom ou^ au nom de plusieurs.
- M. Auguste Moreau.—Je dis noust comme on le dit ordinairement par bienséance;, mais je parle en mon nom seul quoique certain de ne pas être seul à penser de la sorte. Il n’y a aucune considération politique qui puisse faire que des raisons qui sont des utopies ne restent pas des utopies. — Tout cela était un peu plus développé dans.: le texte que j’avais préparé mais je ne veux pas fatiguer l’Assemblée en entrant dahs plus de détails ; ce que j’ai dit sera imprimé et lu, à côté de ce qui a été dit en sens contraire ; c’est tout ce,... que.;, nous.:.désirons. (Bruit.)
- Je conclus donc que toute tentative de langue, universelle qui .voudrait englober l’humanité tout éntière est fatalement vouée à l’avortement parce que le principe en est absolument erroné. - ,
- Que si au contraire, l’on Se borne, sans vouloir supplanter, les langues actuelles,. à propager simplement une langue pouvant servir , corn-, modément aux échanges de tous, la question peut-être ainsi très sérieusement examinée .et a parfaitement sa raison d’être.
- La Vérité sous ce ? rapport : est certainement: avec Mv Kerchoffsy; diâant qu’il est absolument superflu de se préoccuper de ce que peuV Vent penser'à, ce sujet les Hottentots ou même les Chinois,: et, qu’il suffit de satisfaire les peuples les plus civilisés ou plutôt ceux dont
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- les langues sont les plus répandues, et. qui. font le plus d’échanges-de toutes sortes. ' ' ’ ' ' \
- On aura déjà obtenu ainsi un résultat important, et les autres peuples suivront de près ou auront à souffrir de leur isolement volontaire. ,
- Je ne suis plus cependant d’accord avec M. Kerchoffs lorsqu’il s’agit du choix des langues mères. J’ai en effet parcouru les deux Amériques à un âge encore tendre où les impressions reçues sont profondes et durables, et j’en connais bien le génie et l’atmosphère. Mais, sans même y être allé, tout le monde sait que la moitié environ du nouveau monde et de l’Océanie colonisée parle l’anglais et l’autre moitié l’espagnol ou le portugais.
- Et dans toutes ces contrées, sans exception, comme d’ailleurs chez tous les peuples d’Europe, toutes les personnes instruites, lettrées et ayant reçu une instruction et une éducation.;,tant soit peu sérieuses apprennent le français. {Mouvement.) Mais on a beau chercher, nulle part on ne parle l’allemand, si ce: n’est en Allemagne!
- Les émigrés allemands, il est vrai sont très nombreux, et c’est par centaines de mille qu’ils s’en vont chaque année peupler le nouveau monde. Il faut croire que, malgré leurs récentes victoires, l’amour du métier militaire n’a pas encore passionné à ce point les Allemands,-que bon nombre d’entre eux n’éprouvent le besoin d’aller dans des contrées plus hospitalières, respirer un air meilleur et exempt de punitions corpdrélles. Mais dans tous les cas, l’émigré allemand est celui qui prend avec le plus de facilité les moeurs et coutumes des pays où li se'trôuVè'et l’usage de la langue allemande ne va jamais au delà de la seconde génération : en un mot elle ne fait jamais souche et nulle part on ne là voit vraiment implantée et parlée d’une manière générale;1 L’Allemand en s’expatriant, perd rapidement et très aisément sa nationalité,1-en même temps que toutes1 les» traditions de la mère patrie : il diffère, en cela, complètement denl’AnglaisVet du Français.
- Une langue universelle .conçue impartialement ne se serait donc nullement préoccupée de rallemâncl?! dont personne n’a besoin. Les Français seuls cependant doivent en faire l’objet d’une étude approfondie et pour cause! . . .
- a-ivmi VU)/ .il < = -' .
- Mais il serait vraiment. trop fort d’en vouloir imposer, mêmes les racines, dans une langue ayant la prétention d’être universelle.
- Je'crois en somme que, jsi une langue internationalel'estréeUement utile,'5iF serait préférable, de beaucoup, de voir se ' propager une des langues'Vivantes actuellement( existantes , celle qui' est parlée, dès auToufd’liùu par le plus grancl nombre de personnes chez tous les peu-pies civilises. I) apres ce qui [a ietei dit plus haut,,.,on ne peut donc
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- hésiter qu’entre l’anglais, le français et l’eSpagnol dont le portugais n’est qu’une variante.
- Pour ces deux dernières langues, elles peuvent facilement être remplacées l’üne par l’autre à cause de leur génie commun, de leur même origine et du grand nombre de mots analogues qu’elles présentent. (Bruit.).
- Une, voix. — Plus de Pyrénées!
- M. Auguste Moreau.—-Nous pensons cependant très impartialement que le^lrançais doit être préféré, non seulement à cause de sa clarté et de sa précision exceptionnelles mais surtout et aussi à cause de son manque absolu d’accent : ces intonations plus ou moins chantées que prennent les autres langues constituant, en effet, une difficulté énorme pour les parler et surtout pour les comprendre. Cela est tellement vrai, que bien des personnes lisent à livre ouvert certaines langues étrangères et qu’il leur est impossible d’en comprendre le premier mot prononcé par un indigène avec l’accent national.
- Restent donc en présence le français et T anglais. La comparaison est peu soutenable pensons-nous,, si l’on recherche les qualités des deux langues rivales. 11, faut reconnaître cependant, que l’anglais est déjà, en grande partie, la langue des affaires et du commerce : si l’on veut adopter « une , langue exclusivement destinée à la catégorie des trafiquants, .ejqst certainement l’anglais qui doit avoir la priorité,
- Mais,,qsi-.l’qn ^eut,,satisfaire à tous les besoins intellectuels et matériels, à tout pe qui, a trait à'd’intelligence, à l’esprit, au goût en même temps qu’aux (besoins commerciaux, il n’y a pas d’hésitation, le choix est tout indiqué) (dans le français. (Interruptions, bruit,) /.
- En dehors de .ses belles qualités, le français, est actuellement la langue quimaUétudiée par le plus de sujets dans le mondeècivilisé : ce qui fait tomber^,.d’ailleurs les obj cotions ? relatives, à la difficulté de la grammaire,,} ,des verbes, de la syntaxe, y etc. Ues , objections ne seraient fondées que si l’on voulait apprendre,aine, langue absolument
- inconnue et nouvelle à beaucoup de gens r elies tombent si l’on choisit une langue que tout le monde cultive déjà'par, goût> a, l’avance. Nous sommes donc convaincu que la langue înternationalé' doit être lé français! (AjjplaUdissements.) ‘ •...' ’
- Oui, on aura beau faire et imaginer de toutes pièces des Tangues destinées, à faire échec au français et à en jempêcher fia propagation on échouera complètement dans cette entreprise parce qu’on no s’oppose pas à la marche de la vérité. Le Français sera quand même et malgré ses ennemis;' la 'langue de toutes les transactions et de tous les
- & .jof. >n ,, a0„;ry.; ;... : a «s.-v a \l
- échanges; et Cela sera d’autant plus vrai, que 1 instruction se dôve-loppera, que les masses seront plus éclairées et que le niveauintellectuel montera-partout, caf alors'on'désirera de plus en plus, partout apprendre le français.Enfin, sîfious jetons les regards loin de notre horizon
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- vers une époque qui est peut-être assez rapprochée, nous pouvons affirmer que, par ses qualités brillantes et ses nombreux chefs-d’oeuŸre, le français est appelé à remplacer ou à accompagner le latin dans toutes les éducations honorables, comme aujourd’hui le latin remplace ou accompagne le grec dans les mêmes circonstances, (Bravo! Bravo! — Applaudissements.)
- M. le Président. —Il ne faut pas oublier, Messieurs, pour bien com-pf'êndf é'lës paroles de M. Auguste Moreau, qui ont suscité tout à l’heure un petit mouvement dans certaines parties de l’assemblée, qu’il existe aujourd’hui, fondée depuis très peu de temps, une Société très importante, pour l'a propagation de la langue française. (Vifs applaudissements.) On a senti, en France, que la langue était un instrument si important de civilisation et d’influence, qu’il ne fallait pas le laisser aller à la dérive,
- Ôn Vvu que les Anglais faisaient des progrès inouïs, à ce point de vue de la vulgarisation de leur langue, que les Allemands marchaient sur leurs traces, et il est permis a un patriote de se dire ; Mais ou allons-nous ? Il y a deux siècles, la langue la plus répandue était le français,' pourquoi n’essaierions-nous pas de rémonter le courant? M. Auguste Moreau n’a’pas voulu dire autre chose. (Très bien! Applaudissements.) Il n’a pas voulu attaquer les efforts des savants et des hommes généreux qui cherchent à aller plus loin ; il ne faut pas laisser la jeune génération souffrir comme nous avons soufferFpendanf Vingt-cinq ans, il faut chercher à remonter à la surface. Si l'Assemblée . n’a pas bien compris le sens des paroles de M. Auguste Moreau, j e la prie instamment de vouloir bien se rappeler ce que le général Tcîieng-Ki-Tong nous a dit tout à l’heure, avec grand sens; — Ou est le dieu du mondé', aujourd’hui? — Il a'clif ':!>— 'de n’est pas l’amour, c’est l’intérêt. .‘.ér !Qii est l’intérêt? ~ ’(Q’est^d’avoir‘un’é 'langue propre à tous les usagés, claire et forté^’ét de la' répandre parmi ceux qui ne la parlent pas encore. Si la langue française ne peut pas devenir la langue universelle, faut-il au moins la "défendre et tâcher de la propager! (Bravo! Bravo ! Vifs applaudissements.) . .
- Je,, donne .la.parole i. à. M. Maldant, très attaqué, et qui va, je l’espère, répondre aux observations qui viennent d’être présentées,.
- . ,M. Maldant.,,— Je demande ,à,dire un seul mot maintenant; je par-'lQHn'toiTt'"lM’heure sur, la .communication de M. Kerckhoffs. Je t.tiens surtout à,.bien préciser le sons de l’espèce de reprocheMmméritê.qui m’a été adressé par un,de nos collègues, quand il a .dit que j’avais qualifié le patriotisme de sentiment étroit. — Jamais je n’ai exprimé cett;e:opinion, et notre collègue s’est absolument trompé en me prêtant 4e§:};pensées:npàreilles,;JjÆ,- :m .. tb .m
- gxéJ’aii dit fceoi : c’est que, .lorsqu’on veut faire quelque chose;d’universel, .dïhümanitaire> quelque chose pour tous, il faut savoir placeréfhumanité
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- avant même ce grand .sentiment.que j’appelle le patriotisme, (Très bienl Applaudissements.)
- M. Auguste, Moreau. — Je suis heureux de la protestation de MT' MaîdantT^gavais entendu, dans sa dernière communication, que, quand on veut, faire quelque chose pour l’humanité, il faut se mettre au-dessus de ce sentiment étroit du patriotisme. >
- M. Maldant. — J’ai dit relativement étroit par rappoi’t à l’hu-manrîeT~voyez, au besoin, le manuscrit que j’ai remis à M. le Président.
- M. le Président. — M. Gassaud à la parole. m
- TvrrtxASSAUD.— Quoique je n’aie pas demandé la parole’sur le Volapük, mals'^Bien’^sur la Conférence de M. Maldant, je présenterai, toutefois, quelques observations sur ce qui a été dit par M. Kerckhoffs, et spécialement sur la petite notice et annonce de librairie, qui nous a été remise à notre entrée dans la salle.
- Et d’abord, M. Kerckhoffs a dit qu’il ne reconnaît pas comme compétentes dans la discussion les personnes qui ne connaissent pas le Yolapük. Je ne puis admettre cette manière de voir* qui supprime toute discussion, lorsqü’irs’agit d’une science nouvelle.
- Chacun de nous a quelques connaissances de philologie, puisée dans l’étude comparée des langues qu’il a apprises, ou seulement, dans l’étude de sa langue ; il est apte au moins à une discussion préalable, ou il s’agit de décider si'oii entreprendra ou non l’étude du Volapük.
- Dans la petite' notice à laquelle je faisais tout à l’heure allusion, M. Kerckhoffs parlé de la langue des diplomates : j’aurais été bien aise qu’il mentionnât expressément que c’est le français, qui, par ce fait, se trouve, au‘point de vue officiel, une langue universelle, et actuellement la seule. En 1871, il est vrai, certaine personnalité d’outre-Rhin a voulu supprimer cette langue comme langue diplomatique... [Bruit), mais nous savons qu’elle a abouti à un échec. Devons-nous croire que ce désir, qui s’est manifesté à ce moment, n’existe plus 1 Je nef.le pense pas. (Agitation.) ! ” ‘ '
- Or, le Yolapük est une élucubration allemande ; la notice nous dit que M. Schleyer, son inventeur, est un "polyglotte ''étranger,1’il est bon de préciser : M. Schleyer est un Allemand;‘qüdi|iië Bien voisin1 de la frontière suisse,mais delà Suisse allemande,c’ést-à-dired’unè région oiil’on parle u exclusivement l’allemand... [Interruption) et où l’influence ^allemande est prépondérante... [Cris : Assez ! Assez!)'?je suis donc fondé à croire que l’on veut faire aujourd’hui indiréctèment'-ce que l’on n’a pu imposer éii! 1871. [Vive agitation.) -ekemriJnq; u oiMeup
- 'Je remarque eh outre qu’onf an n on c e ’c o m me devant p araître ( prochai-nement le dictionnaire volapiik-français et français-volapük“étI'cbmmé en préparation * les 'edictionnaires volapiik-anglais, volapük-itaïien, volapiik-espagnol, îvolapük-russeÿ'iet qiüon a Jsoin de ne pasirindiqüër
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- que le dictionnaire volapük-allemand et allemand-volapük existe déjà; on a donc voulu masquer l’orignc allemande du Volapük;(Vive agitation. — Gris : Assez\ Assezl)
- M. Kerckhoffs. —Je proteste contre ce que l’orateur vient de dire. £1 je n’ai pas parlé du dictionnaire allemand, c’est que je liât-oublié : si j’avais eu mes notes, j’aurais donné des détails auxquelsje n’ai pas songé.
- M. G-assaud. — Ce que je viens de dire se rapporte exclusivement à la noïfce que l’ai sous les yeux, et à l’annonce qui y est jointe. J’ai bien le droit de m’étonner qu’une annonce de librairie indique des ouvrages qui n’existent pas encore, et ne mentionne pas ceux qui ont déjà paru.
- M. Kerckhoffs aurait ses notes avec lui que cela ne changerait pas, j’imagine, l’imprimé en question. (Bruit.)
- M. Kerckhoffs. Quant à la création du Volapük, j’ai déjà dit que les racines sont empruntées, en majorité, à l'anglaise '
- VI. G-assaud. — Parce que l’Anglais est en grande partie un succédané de l’allemand ; mais-il n’y a pas de racines françaises..
- .Kerckhoffs. —• Là question de nationalité n’a rien à faire ici. (Mouvements divers,—diruit.)
- M. Gassaud. — Ce n’est pas mon avis, et le Volapük n’aura pas, je fespère, la sympathie des Français. (Bruit.)
- C’est une opinion que je partage avec plusieurs de nos confrères qui m’ont chargé d’être ici l’interprète de leurs sentiments.; (Mouvement.)
- Leur sympathie est acquise à l’Association pour la. propagation du français, association qui a déjà obtenu de beaux résultats; et une Société qui se fondé ultérieurement pour propager une langue issue de l’Allemand, ne peut trouver en eux aucun appui. C’est une1 concurrence analogue à celle, si fréquente, où l’on cherche aussi à nous exclure en dissimulant l’origine allemande des produits offerts1; on fait valoir dans un cas le bon marché de ces prôduits, on annonce dans celui-ci la grande facilité de l’étude proposées facilité bien exagérée, je crois. (Agitation.)
- Mais, comme je le Misais dès le début, j’ai demandé la parole avant la séance d'aujourd'hui:, et par conséquent sur la communication de notre très honoré confrère M.; Maidant ; c’est à lui que je m’adresse maintenant. 1 "'p V.- U!" -
- Jedui ferai tout*d’abord remarquer qu’il nous avait annoncé une conférence sur G a langue internationale dont il est l’auteur, et la comparaison de sa méthode avec:les autres'systèmes. M. Maldant nous a bien exposé son système, maisn il s’est dérobé à la dernière partie de son programme. M. le Président le lui a fait observer à la fin de-la dernière ‘séance, etije n’insiste pas sur ce point. -<. : m
- > Mais, qu’il me permette de-lui dire que sa communication, en dehors de considérations très intéressantes sur le vocabulaire des langues existantes,u sur: leurs irrégularités et lesidifficultés de prononciation,-*n’a pour ainsi dire: pas été un exposé de< son système deedangue ,rimais plutôt
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- une conférence sur l’alphabet de sa langue. Il a ajouté, toutefois, qu’elle n’admet ni déclinaison, ni conjugaison et nous a entretenus de quelques difficultés que présente là confection du vocabulaire, et, si je ne me trompe, c!est à cela que s’est bornée sa conférence. .
- Cet alphabet, du moins, ne peut-il pas être attaqué ? M. Maldant ne semble pas s’être préoccupé de ce fait, que dans presque toutes les langues actuelles il y a deux alphabets : l’alphabet manuscrit et l’alphabet imprimé. Tout le monde sait qu’il est pénible de lire un ouvrage manuscrit, les liaisons nuisent à la netteté des caractères, elles sont cependant indispensables pour l’écriture rapide. Personne ne conteste qu’il soit plus long d’écrire en caractères grecs qu’en caractères latins, parce que les lettres ne sont pas comme on dit liaisonnées, il faut, par suite, lever la plume après chaque caractère ; ce même fait se retrouve dans l’alphabet de M. Maldant; cela me semble un défaut très important. Je reconnais que les anciens Grecs m avaient pas deux alphabets, mais ils n’avaient pas non plus l’imprimerie. (Mouvement.)
- M. Maldant nous a dit encore que son alphabet a un avantage : c'est le petit nombre de caractères employés, quatre seulement; un même signe pouvant suivant son orientation représenter plusieurs lettres différentes. Cela existe déjà dans notre alphabet d’imprimerie pour le b et le d, pour le p et le q ; or, on ne constate pas que ces lettres soient retenues par les enfants 'plus tôt que les autres, au contraire ; ce n’est donc pas un avantage. r.<Cet inconvénient sera plus grand encore pour la lecture des manuscrits que pour celle'de l’impression ; deux caractères identiquement les mêmes,et ne différant ;que par une faible modification de l’orientation, seront bien difficiles (à distinguer, si on ne donne qu’approximativement l’orientation^ .comme cela aura lieu d’ordinaire dans l’écriture.
- Il est vrai, que M. Maldant trouve aces caractères un autre avantage, c’est leur analogie avec l’alphabet chinois ; cet avantage ne me séduit pas. Tout le, monde sait qu’il faut en Chine,,; de, longues années d’étude pour arriver à savoir lire : j’en conclusijqué quelqu’ingénieuse que soit l’écriture chinoise, elle est à ce;point de.iVüo, -.capital 'pour moi, défectueuse. Mais, peut-être va-tmnf insister en me disanfique les peuples orientaux, ou du moins ceux qui ont adopté l’écriture chinoise, sont si nombreux qu’il faut bien tenir compte1 de ce fait quand' on veut créer une langue universelle ; et l’alphabet proposé facilitera beaucoup à ces peuples l’étude de cette langue. M. Kerckhoffs, en se plaçant à un point de vue plus pratique, mais moins élevé, il est vrai, a déjà fait justice de cette objection. n-e.-'- { ' vn-
- Du reste, pour faire cette objection, il.faudrait au moins présenter un chiffre approximatif de la population lettrée des ,pays dont on parle ; mais la proportion serait peut-être alors renversée. v.rr ïo * eb
- J’aj outeraiï que, lorsque des i Européens étudient la création d’une ! langue universelle,),il me semblerait étrange de les voir accepterai]} alpha-
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- bet, qu’ils considéreraient comme mauvais, par ce motif qu’il constituera un avantage pour les Orientaux, et par conséquent un désavantage pour eux.
- Enfin, pour terminer ces observations sur l’alphabet de M. Maldant, je dirai qu’il y aune lacune grave, c’est l’absence du son de l’e muet, si fréquent en français et dans la plupart des langues. Ce son sert, il est vrai, à la désignation des consonnes de cet alphabet, mais il n’en est pas moins absent de tous les mots de la langue.
- Passant maintenant à ce qui a été dit au sujet du dictionnaire, je reconnais que M. Maldant a eu de très bonnes raisons pour limiter sa conférence à. l’alphabet, en nous disant que le dictionnaire serait l’oeuvre d’un congrès. Examinant, en effet, les difficultés qui se sont présentées à lui à ce sujet, il reconnaissait qu’il est impossible d’avoir un dictionnaire absolument logique ; c’est qu’en effet, le classement des substantifs est contingent, puisqu’on ne peut détèrminer, d’une manière absolue, l’importance de tel ou tel mot. Il nous a dit, lui-même : des per* sonnes diront que le mot le plus important est Dieu, d’autres, l’Homme, d’autres, la Cause ; il y a 300 ans, on aurait certainement considéré le mot Dieu comme le plus important ; la majorité serait-elle encore aujourd’hui du même avis ? On ne pouvait mieux prouver que l’importance des mots est sujette à variation, et que par suite, il ne faut pas eh faire la base d’une classification, si on veut qu’elle soit immuable, (Bruit,)
- Au sujet des autorités qui ont été citées comme ayant appuyé le projet de M. Maldant, je ferai toutes mes réserves. En réalité, je n’en vois guère qu’une, à savoir : deux articles du Petit Journal. Cela me semble d’autant plus insuffisant que des relations d’amitié décident souvent un journaliste à écrire une chronique bienveillante ou même élo-gieuse ; mais, si spontanés qu’aient pu être ces articles, ils ne sauraient avoir une autorité scientifique : le Petit Journal n’a-t-il pas été appelé, le Moniteur officiel des personnes qui ne savent ni lire ni écrire ? (Bruit. Cris : assez ! assez /) Il est vrai, qu’il y a eu près de deux cents lettres qui sont venues corroborer les articles de ce journal : Ce nombre est quelque chose en lui-même, mais si on le compare à celui de trois millions et demi de lecteurs, c’est encore bien peu.
- ...jjQuant aux congrès grands et petits, dont il a été parlé, je vais m’en expliquer ; mais en passant je crois qu’il y a une erreur à signaler : c’est que, lorsqu’on fait un projet, quel qu’il soit, on doit le faire seul}| sauf à le soumettre ensuite à une commission, qui le critique ou l’approuve ; mais un projet ne peut être l’œuvre d’une collectivité. , ,Mi.
- On a souvent plaisanté de l’aréopage de l’Académie r se réunissant pour discuter sur le Dictionnaire ; ne serait-il pas alors plus/ étrange de voir un1 Congrès ou une Conférence de plénipotentiaires discuter le même sujet?iPuis, aboutirait-on? L’excm le de la'Conférence > monétaire où
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- il s'agissait de, questions d’un intérêt immédiat, entre peuples peu nombreux, et se connaissant bien, n’est pas précisément encourageant. .
- Mais, si M. Maldant n’a pas encore soumis son travail à un Congrès, formé de représentants de différents Etats, délégués par leur Gouvernement, il l'a déjà soumis à ce qu’il a appelé un petit Congrès, formé de personnes qui se sont déléguées elles-mêmes, il est vrai. Je ne parlerai pas de ce petit Congrès... (Rires. —Mouvements divers), je n’en parlerai pas, dis-je, parce qu’il me semble qu’il ne peut pas, dans les conditions où il a été formé, être cité comme une autorité, et on l’a fait à la dernière Conférence. Toutefois, il se pourrait qu’il y eût parmi ses membres, quelque philologue considérable, un grand nom, un Bur-nouf, par exemple, et dans ce cas, je m’inclinerais devant son autorité, qui pourrait bien se passer d’une nomination régulière : voilà pourquoi je disais, il y a un instant, que je ne parlerais pas de ce petit Congrès ne connaissant pas les noms des personnes qui le composent.
- Examinons maintenant d’où proviennent ces essais de langue universelle : ils proviennent évidemment d’un besoin qui se fait sentir. Mais ce besoin lui-même d’où provient-il ? Il provient, à mon avis, d’un vice de l’instruction actuelle. On a voulu, à tort, supprimer le latin et on a supprimé du même coup l’instrument des relations internationales du monde savant. Lorsque Newton écrivait un ouvrage, il le faisait en latin et tout le monde pouvait le lire ; aujourd’hui, il n’en serait plus de même,, le latin ayant été quelque peu laissé de côté.
- Du reste, beaucoup de personnes pensent que le latin se prête mal aux relations orales et usuelles et qu’une langue universelle nouvelle serait plus commode pour l’expression des besoins ordinaires de la vie, pour les affaires, pour les expositions par exemple : c’est peut être là une erreur, 'U;
- On ne songe pas assez que ce n’est que par un long usage et une étude laborieuse que l’on arrive à parler une langue qui n’est pas votre langue maternelle, et surtout à la bien comprendre on parvient assez vite à s’expliquer, tant bien que mal, mais on à beaucoup de peine à saisir les paroles de son interlocuteur, soit qu’il parle trop vite pour vous, soit qu’il prononce ou accentue autrement. Un Anglais et un Français parlant une langue universelle s’entendraient, je crois, difficilement, parce qu’ils ne prononceraient pas de la même façon’, en5 dépit des règles de prononciation de la langue apprise par eux. j.'ù. v
- Quant aux rapports écrits des savants, je crois qu’aucun ne' consentirait à écrire dans une langue manquant forcément de littérature .
- Une langue universelle n’aura donc d’utilité qu’au point de vue des mercuriales et de la correspondance commerciale. (Bruit.<) <; aü Est-ce une raisoiTsuffisante pour chercher à créer une langue nouvelle ? Je ne pense pas; car ce n’est -pas seulement dans la syntaxeslatine qu’il faut se préoccuper de la question de: temps, ëxcusez-moi de paraître faire
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- un jeu de mots; mais il me semble que le moment est mal choisi pour développer en France des idées qui découlent plus ou moins du cosmopolitisme. (Vive agitation.)
- Je crois avant de terminer devoir, moi aussi, relever une phrase prononcée à la dernière séance par M. Maldant et qui avait, paraît-il, été mal interprétée (Bruit) ; mais je suis heureux de savoir qu’elle avait été mal comprise. (Nouvelle interruption.)
- M. Cotabd. — Je demande à M. le Président de vouloir bien ramener Ta‘'discussion à son caractère philologique (Bravo ! — Vifs applaudissements.)
- M. Gassaud. — Je crois que le caractère particulier des séances de notre. Société n’est pas le caractère philologique. A l’occasion de ces conférences, il a été dit des choses qui ont blessé certaines personnes et il me semble que j’ai bien le droit de les relever.
- Je continue.
- En résumé, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup à sc préoccuper do ccs tentatives destinées à amener la création d’une làngue universelle, que Descartes, Leibnitz et tant d’autres ont recherchée en vain. L’histoire nous apprend, d’ailleurs, que l’humanité, issue d’une origine commune, a vu son langage se différencier en même temps que les racés se sont fixées et que l’esprit humain s’est développé, je ne crois "pas que l’on réussisse à lui faire remonter le cours des âges. ‘ "f .
- Du moment que les différentes nations conserveraient leur langue propre, il n’est pas établi, d’ailleurs, et ceci a une importance capitale dans la question, il n’est pas établi, dis-je, qu’une langue universelle, en admettant qu’on put réussir à en faire adopter une, abaisserait les barrières qui séparent les peuples. Il se pourrait que ce fut le contraire qui se produisit, chacun n’étudiant plus que sa langue maternelle et la langue universelle. t)n abandonnerait complètement l’étude des langues étrangères,'en' France du'moins, où nous ne nous livrons qu’à regret à ces études; on serait'plus qu’aujourd’hui étranger au mouvement intellectuel qui se produit au delà des frontières, de là des inconvénients et des dangers 'sur lesquels* je n’ai pas besoin d’insister. (Applaudissements. — Mouvements divers.) ^ '
- M. le Président. —Jé! n’avais pas besoin que M. Cotard m’engageât à prendre la parole/ puisque je me l’étais demandée tout à l’heure à moi-même et que je me l’étais accordée généreusement : je vais en profiter. (Rires et applaudissements.)
- Il ÿ a dans tout ceci, une chose évidente: c’est l’extrême difficulté qu’on aurâ'!à créer une langfie~ universelle. Mais je crois que M. Gas-sâùdJfi’ëst tout à fait mépris sur une phrase de M. KerclihofFs; et, comme ' M: Kerckhoffs est notre hôte et notre invité,’'nous lui devons l.à’Tlü's grande courtoisie'et1 noub'dévdiis 'comprendre1 !de 'tirés'-près ce qu’il a voulu dire. Il n’a pas dit qu’il fuyait les critiques/‘if a dit
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- si ma mémoire est fidèle : « ne prétendez pas d’avance que le Volaptik est difficile a apprendre; çonsacrez-y quelques heures, et vous, verrez, qu’il remplit' uii‘ des desiderata de la langue universelle.,» .{Très. bien!, très bien! Applaudissements.) Je vais à bâtons rompus, pour ..suivre le discours • dé ' notre camarade, M., Gassaud. Je rends justice, à ,ses sentiments patriotiques, que je partage de la manière la plus corn--plète. (Cris : tous! tous !) Seulement, il y a le moment,, il y a l’heure. [Bravo! bravo! applaudissements prolongés.) .Que M. (Gassaud me per-, mette d’ajouter qu’il m’a fait un peu de chagrin quand i,l. a traité, assez mal le Petit Journal et qu’il a dit que cette feuille populaire passait pour le., moniteur officiel des gens qui ne savent ni lire, ni écrire. — Malheureusement,, c’est une grande, partie, cle la.populatipn qui ne sait ni bien lire ni bien écrire. Je me rappelle .qu’un-,de nos. écrivains les plus distingués,; mort aujourd’hui, me disait : <ç La première chose que je lis le matin, c’est le Petit Journal, pour .me.mettre en contact avec ce grand .nombre de lecteurs qui le lisent chaque jour. » — Je crois que le Petit Journal rend de grands services, et. qu’il né. faut pas le coiifondre avec cette .presse à .bon marché qui rend à là population des services tout contraires. Ce sont des sentiments honnêtes et le désir du bien qui l’animent ; c’est un flambeau qui n’a pas un rayonnement excessif,.mais dont la lumière a.été utile; et je crois’ que le pays perdrait quelque chose si le Petit Journal disparaissait. etf était remplacé par une de ces feuilles que vous con-, naissez . (Très bien ! très bien !— Applaudissements.) .
- L’Inventeur du Volapük, M. Schleyer, est un Allemand;, mais je crois qu’on,peut.accorder qu’en créant cette nouvelle langue, il n’a pas songé à'; faire tort aux autres langues : il a. pensé af faire une langue universelle, mais il n’a pas .eu pour but de .détruire :les autres langues. Comme le, disait M. le général Tchengrlü-Tong.tout à l’heure, on a tous sa langue maternelle, qu’pu gardera, jusqu’au dernier soupir.
- On m’a reproché de consacrer, deux réimiqns . à . ce. sujpt;. mais,. M. Kerckhoffs a été si aimable que. j’aj cédé ' yolpntiers à son désir que des Membres de la Société appuyaient ^Afiplaudissjeviienfs.)^ .
- Je crois que la Société des Ingénieurs civils est faite popr . tout comprendre et tout entendre. Le général ’rcheng-Ki-Toiig.disait :.Votre siècle est celui des Ingénieurs... Yous devez donc être_ selon. nqoi un aréopage ouvert à toute vérité et à toute lueur, et l’on vous deman.de d’étudier les questions parce que vous.êtes des travailleurs...Yous deye.z, avoir fies clartés de tout, comme disait Molière ; il.’ les réclanaait pour les femmes, il . faut au moins que les. Ingéni eurs ..le? possèdent (BrappJ Applaudissements !),Il y a eu un peu. de bataille, un peu d’ébullition^ ce soir, c’est,parce qu’.on.ne.ts’est pas .bien, compris^ .mais., npus.^’qn-r,. trons dan.s.;le c!alme,il.et si M. Maldant a quelques m.ojts à..dire, j.eqiuLj donnerai;la.parole.,^ i*;: .... .. -. .* jpyn
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- M. G-assaud : — Je prie M. le Président de me laisser dire aupara-vanTquT'j'e n’ai jamais eu l’idée de contester les services rendus par le Petit Journal; mais je pense qu’un article d’une feuille quotidienne quelconque ne peut être présenté comme une autorité scientifique. Le Petit Journal n’a d’ailleurs pas cette prétention, précisément à cause du public auquel il s’adresse spécialement.
- M. Maldant : — Ce qui vient de se passer dans ces derniers instants doit nous montrer à tous — ce que nous savons déjà — que la critique est aisée ; seulement, .il est bien difficile de critiquer et de concilier, avec la critique, la mesure qu’on doit conserver dans une critique; c’est-à-dire, de critiquer la pensée de celui dont on parle, et de la critiquer justement. Eh bien, j’avoue que, dans les différentes critiques qui ont eu lieu tout à l’heure, je ne me suis pas reconnu du tout; et cela a été pour moi une satisfaction, car j’aurais été désolé du contraire.
- On a critiqué deux points : J’ai répondu au premier, je n’y reviendrai pas. Mais on a fait aussi, de l’exposé que j’ai eu l’honneur de présenter, dans la première réunion, une critique qui le rend tout à fait méconnaissable, et je crois qu’il y a intérêt à vous dire que, cette fois encore, on s’est trompé.
- Je n’ai pas dit, par exemple, que le dictionnaire et la grammaire de la langue, dont j’ai donné les éléments, n’étaient pas faits, parce qu’il avait fallu vingt ans pour poser seulement la base de mon sys= tème ; je n’ai pas dit cela, attendu que l’achèvement de là grammaire prendra tout au plus deux mois, et que le dictionnaire est presque terminé à l’heure qu’il est Donc, il ne faudra pas, pour les établir, le temps incommensurable, dont on a parlé tout à l’heure. J’ai indiqué seulement ceci, c’est que, pour faire une langue internationale, à mon Sens, il faut tenir compte d’une telle quantité de susceptibilités, qu’il faut penser tout d’abord à faire le sacrifice de toute langue existante ou de toute langue morte; de toute langue qui a vécu, qui a formé üh certain nombre de langues qui sont devenues ses adeptes, ses auxiliaires. ;— Pour ce qui me concerne, je suis de ceux qui admH rent les travaux de M. Schleyer, je suis de ceux qui admirent lès efforts de M. Kerckhoffs,* les efforts et les travaux de touS ceux qui se sont adonnés à cette grandé, noble et belle pensée de faire une langue internationale, Sanâ se préoccuper de leur personne, ni mêmë dé leur natidn. (Bravol Brdvô ! —? Applaudissements.)
- Messieurs, il faut* bien le’dire; Ce soir on a beaucoup critiqué, et je dois rèconnaitre qiie M, Kerckhoifs excelle dans la critiqué. MP:Kefckhoffs a critiqué, à notre précédènte' séance; la langue Sudre; j’ëfii avais dit quelques mots, mais ce que j’en avais dit était plutôt en1 sa1 faveub; ‘seulement; cümme là lafigué Sudre était une langue mtisicalet ce n*est pas tout le mttntle qui pbhtait la' parler; ’Elle së
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- compose des sept notes de la musique. Eh bien! il y avait, dans cet effort, certains côtés intéressants qui méritaient des éloges, à côté des critiques. '
- Certes, Messieurs, M. Kerckhoffs a absolument terrassé la langue Sudre ; j’aurais eu plus d’indulgence pour elle, je lui aurais réservé certaines compensations légitimes, si j’avais eu à la critiquer.
- Mais, je remarque que M. Kerckhoffs, dans une petite brochure, qui est la grammaire du Volapük, passe en revue certaines personnes qui se sont occupées de la langue internationale ; il a fait une étude assez complète car je ne connais que cinq ou six noms qu’il n’ait pas indiqués ; il y en a la une nomenclature qui commence par Descartes, qui se termine par les derniers systèmes de ces temps récents et qui finit à Letellier. Cette nomenclature est très complète, et voici comment il s’exprime après l’avoir terminée :
- « Des trésors de science et de patience ont été épuisés dans l’étude » de cette question, et, cependant il serait difficile de citer, parmi » quarante ou cinquante langues universelles imaginées dans le cours » de ces deux derniers siècles, une seule ayant une valeur pratique » quelconque, c’étaient, ou bien des systèmes pasigraphiques uni-» quement compréhensibles à la lecture ou bien des langues compré-» hensibles seulement à des intelligences d’élite, ou tout simplement » encore, quelque, langue existante plus ou moins intelligemment » estropiée
- Voilà,;Messieurs, tout ce qui est dit de toutes les tentatives faites, jusqu’aujourd’hui,, par tous les hommes qui sont morts sur la brèche, et qui sont morts, après avoir essayé de doter l’humanité de ce grand progrès. Je trouve que cette critique est bien dure. Si on examine le tableau du Volapük, qui a été exposé; n’y trouvons nous pas exactement un arrangement qui a pour but d’estropier plus ou moins ingénieusement des langues existantes? Et n’est-il pas juste de se demander si on ne pourrait pas légitimement retourner cette critiqué contre le Volapük lui-même?
- Messieurs, il y a certainement un grand écueil à faire une langue avec d’autres langues, et même en choisissant;, ces autres langues parmi deux ou trois de celles qui nous entourent; j’ai dit à la dernière séance, et je chois que je l’ai expliqué assez longuement, combien de difficultés rencontrerait un projet de eefte nature; j’ai aussi dit que certainement les populations asiatiques, dont; pôur. ma part, je fais un,très grand cas, par cette excellente raison qu’elles contiennent plus dé la moitié de la population du globe, j’ai dit que du moment Où vous Voudrez*! faire une langue universelle ou internationale, vous ne pouvez .paStf avoir la prétention de ne pas y faire participer cet énorme contingent/:
- Donc, j’ai( idit que je faisais grand cas de cette immense pdpulatidm• asiatique de plus de 500 millions(d’habitants; j’ai dit qu’on ne pouvait péSu
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- faire une langue internationale sans l’agrément et sans le concours de ces populations-là; j’ai dit aussi qu’aucune langue, pas plus la mienne que le volapük, ne pourra devenir une langue générale, que lorsqu’elle aura été présentée à un Congrès international, dûment autorisé, qui aura examiné les différents projets qui lui seront soumis et qui aura adopté l’un de ces projets : voilà seulement ce qui peut être, et ce qui sera la langue universelle. [Très bien! très bien!— Applaudissements.)
- Messieurs, nous n’avons pas la prétention ici, ni les uns ni les autres, d’imposer nos travaux, mais nous avons le sincère désir de les présenter, dans quelques années d’ici, à cette Commission Internationale, dont nous prévoyons la réunion, à ce moment, grâce aux circonstances qui nous permettront probablement de la voir se former chez nous, au moment du Centenaire, que nous avons tous en perspective.
- Je dis que, à ce moment-là, il sera intéressant d’arriver devant la commission internationale, non seulement avec une théorie, mais avec la pratique.. Eh bien! à l’heure qu’il est, nous nous occupons de faire de la pratique, avec la langue dont j’ai posé ici les éléments; comme M. Kerclchoffs s'occupe à en faire, avec un peu d’avance sur nous; mais nous ne pouvons travailler, l’un et l’autre, que pour une future, commission internationale. Seulement, pour qu’on ne se méprenne pas sur ce qui a été dit, j’ai besoin d’expliquer pourquoi et comment notre dictionnaire et notre grammaire ne sont pas finis.
- J’entends faire une langue absolument neuve, faisant table rase du passé, c’est-à-dire, ne s’occupant pas plus des habitudes ni des goûts des Français, — tout Français que je sois de coeur, — et j’ai prouvé clans toutes circonstances, que je suis aussi bon Français, que qui ce soit. (Bravo! Bravo!—App>laudissenients),—ne s’occupant pas plus, dis-je, des convenances • particulières des Français que de celles des autres peuples. J’ai dit aussi que j’avais voulu faire surtout une chose logique, et j’ai expliqué de quelle façon je m’y suis pris, et de quels éléments je suis parti pour faire une langue rationnelle. En partant d’abord d’une langue faite, je me suis efforcé d’en enlever toutes les irrégularités, pour arriver aux racines.de la langue; et je vous ai dit qu’en étudiant trois langues, dans cet ordre d’idées, étant arrivé à peine à la moitié du chemin, il ne me restait plus rien du tout. Je me suis donc dit : s’il n’est pas possible de faire une langue logique avec les langues. existantes, il faut faire quelque chose de mieux, de plus régulier,,ne donnant pas au choix de ses éléments, d’autres préférences que celles qui doivent exister, quand on cherche à faire quelque chose cle bien et.de vrai. C’est pour c.ela, notamment, que j’ai établi une distinction précieuse entre les mots commençant par une voyelle et les,, mots commençant par une consonne. Ayant remarqué qu’il y avait deux fois .et un tiers plus de substantifs que de tous les autres mots réunis, j’ai dit : nous avons un moyen facile, logique, conforme au
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- principe même que j’avais adopté, de les distinguer : ce moyen, c’est de faire commencer tous les substantifs par une consonne, et tous les autres mots par une voyelle. C’est ainsi que je suis arrivé, rationnellement, à former la grammaire et le dictionnaire, et à établir les règles de la composition des mots. Il y a un petit livre qu’on appelle dans les classes un Pautex ; il'n’a aucune prétention, il est pourtant devenu classique et a été tiré à un million d’exemplaires, pourquoi? Parce qu’il a donné satisfaction à une des idées que je considère comme absolument nécessaires à réaliser dans une langue internationale, langue qui doit être un lien entre les autres langues sans prétendre en supprimer aucune. (Applaudissements).
- Ce Pautex, qui contient 4,000 mots dans son ensemble, a classé les mots du dictionnaire dans un ordre logique : il a mis ensemble tous les mots qui se rapportent à l’homme, à l’alimentation, aux maisons etc, il a groupé les grandes idées,’ et il a réuni tous les mots qui s’y rapportent ; il a montré que, avec un nombre de racines restreint et en les groupant, d’une façon intelligente, on peut établir un certain ordre logique, — c’est ce qu’a fait le Yolapük, auquel je rends cette justice, d’avoir tenté de faire un travail intelligent. Mais, pour moi, le Yolapiik ne sera jamais la langue universelle ; c’est ma pensée, et c’est ma conviction profonde et intime, parce qu’il ne pourra pas soutenir l’examen de la commission internationale dont je parlais tout à l’heure, car dans cette commission il y aura non seulement des Français, des Anglais et ’ des Allemands ; mais des Espagnols, des Russes, des Chinois, des Siamois, des'Arabes; des gens de tous les pays. Je désire, pour les Yolapükisfos, me tromper; mais j’exprime sincèrement mon opinion sur leur oèlivre, comme ils en ont exprimé une sur la mienne.
- M. Derennes : — Je demande la parole.
- M. Maldant. — Je ne demande pas mieux que de’vous céder la parole (Voix nombreuses :—Finisses! finissez!).
- J’ai examiné beaucoup la question àu point de vue d’une langue morte, et si une langue morte a bien mérite du monde, c’est le latin; mais, je ne crois pas que le latin puisse devenir une langue universelle, parcé que, en définitive, il aura peut-être avec lui les races latines, mais il aura certainement contré lui, et chez les autres races,' toutes ces questions de patriotisme et de personnes, dont nous avons constaté tout à 1 heure toute la vivacité : vivacité qui peut nous faire comprendre ce que serait un congrès où il y aurait des gens de toutes les nations, en face d’une langue déjà connue. Donc, j’ai compris qu’il est absolument indispensable de faire une langue neuve, cp.fi n’emprunté rien à personne, et s’oit bâtie avec des matériaux solides’, dont on ne-puisse'pas suspecter l’origine. C’est pour cela que je me. suis arrêté à un point déterminé, non'pas par impuissance d’ail èr plus loin ; maisilp8Êrcê que, à ce moment, j’ai senti que la classification, pour
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- être logique, doit commencer, par les mots les plus importants.1 Je me suis trouvé alors en présence de là difficulté indiquée'to:it: à l’heure ; et je me suis demandé si je devais faire tout seul cette classification?
- Je pourrai me demander: Tel mot ou tel ordre de mots est-il plus important qu’un autre? Il y a des réponses sérieuses qui'peuvent être faites en sens contraire. Là, je me suis momentanément arrêté ; mais, la règle étant posée, il n’y avait plus qu’à procéder selon Cette règle pour composer la grammaire. Eh bien! ce travail devant lequel je me suis arrêté, parce qu’il constituait une faculté, c’est-à-dire qu’il m’était facultatif de le faire comme je l’entendrais, il se fait dans ce moment-ci le mieux possible; il ne sera peut-être pas irréprochable, mais il sera très certainement plus logique que tout ce que nous pourrons voir dans les langues existantes. Et il faudrait être bien maladroit pour qu’il n’en fût pas ainsi, lorsqu’on est maître de sa'classificationb comme pour ce Pautex dont je parlais tout à l’heure;1 lorsqu’on peut mettre en ordre logique, et en même temps en ordre alphabétique tous les mots nécessaires : Nous avons ainsi lë moÿèn def tout faire bièn à lfifois; c’est donc pour cela seulement, que jusqu’à présent!'jè n’ai pa's encore achevé cette langue; mais je m’y suis profondément attaché, comme on s’attache à la vérité, et parce qu’elle m'a paru meillèure que les autres. (Applaudissements). 1 emmof m;
- ^ M. Derennes. — Me sera-t-il permis de faire une observation au point de vïïfT'clè la philologie rationnelle ? Je donne tous mes1 éloges aux deux tentatives qu’on nous a exposées, mais j’ai le regret dê^fairë!!üné petite critique qui ne tient peut-être qu’à une lacune. Il me semble qu’on donne une part beaucoup trop faible à la dérivation'dès mots. Le Vo-lapük prend une racine et en fait un substantif,1 un adjèctjf, un verbe et un adverbe ; au moyen de terminaisons, il forme la déclinaison et la
- conjugaison ; et c’est tout.
- D’un autre côté, M. Maldant ne nous a pas parlé1 de la dérivation des mots, mais, il admet que tous ses mots seront formés au plus de trois ou quatre lettres : Cela nie paraît tout à fait limiter le champ dans lequel doit se développer une langue. Si nous prenons les langues existantes, nous voyons f'qué les mots les plus usuels ont des racines de5 deux, trois ou quatre lettres, et qu’on en déduit par voie, soit de flexion, soit de dérivation, soit de composition, une immense quantité ,de mots quL'deviennent très longs. Prenons les mots les plus, communs, agir,-t par exemple, dont le radical est ag, on en fait acte, acteur, agissement, agencement, agilité, actualité, activité, action, réac-
- tionnaire-,(Rires). Prenons le mot latin sto; avec le radical St ô‘n a fait pester, arrêter, circonstance, obstacle, instantané, et, en' passant1 par sta-tj^^^of^tiluertjusq^^'anûconstitùtionnellèmeni'^àilk' fifiéLri'chesse quej.nqus rencontrons^’ilans toutes les ' langfiiès1,1 et'qfi’iP !ttifi''j!pàràît! intéressant ~ de ^conserver‘soit’-'dan^'l'e ToiWpük, sort dàns^ ja;)I'àngue de
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- M.. Maldant ;, seulemeut, dans ,lgs langues actuelles, le procédé de dérivation: est. teüement. i.Frégulier,jet. tellement arbitraire qu’on a souvent de la difficulté à soupçonner le point de départ. Je,.citerai par exemple les mot & journal, journaliste, dont le radical est (lies, jour, d’où l’on a tiré (Humus* .-diurnalis', de là journal. Il faudrait régulariser tout cela. En. fin .mot,, je voudrais que dans les deux langues dont on vient de nous (parler,,on pût d’une souche simple exprimant une idée simple, faire diverger, par voie de ramification rationnelle, des groupes de mots dérivés se rapportant à des modifications de l’idée mère.
- Je ferai encore une autre observation. La langue de M. Maldant, c’est la langue de l’écriture. Il est évident que, lorsqu’on a en sa possession kune langue, aussi simple, aussi belle, avec une orthographe aussi facile, les caractères sont très heureux,,pour la rapidité de l’écriture; mais, il me parait essentiel de les lier, comme on fait en sténographie, ; Il faut .lier,,entre elles les lettres qui concourent à la formation de chaque,.,mot?i;et. cessera .la vraie sténographie. (Applaudissements.)
- M. Kerckhoffs, — Je, voudrais répondre à l’objection qui vient d’être falte^âïrTpiapük concernant la dérivation. Elle se fait avec une régularité qui ne laisse rien r. fi j désirer.' Lé Yolapük, dont le dictionnaire contient 13,000 mots, n’a pas plus de 800 racines. Tous les mots y sont formés comme en allemand ou en grec, où la dérivation se
- fait sentir, le mieux je crois même que c’est le côté où M. Schleyer a excellé.—-.J’aurais été enchanté d’entendre de M. Maldant une critique du Yolapükjjpjdois conclure de ses diverses observations qu’il n’y trouve guère rien à redire. (Rires.) Il aurait bien voulu que les racines n’eussent pas été, prises,dans les langues existantes ; mais, ce n’est pas là un inconvénient, aisse^ sérieux pour empêcher l’adoption d’une langue universelle., Il nous, parle d’un congrès;'— je ne crois"pas qu’on parvienne jamais à réunir un congrès international pour 'discuter d’avance upe langue. .Réunissez un congrèsr lorsque vous aurez une langue toute faite. LesYplapükistes ont décidé, qu’un congrès aurait lieu en 1889 ; les délégués des cinq parties du monde s’y trouveront réunis pour examiner l’oeuvre de M. Schleyer. M. Maldant ‘! nous ’dit! qu’il sera difficile défaire adopter le Yolapükpàr lés autres'nations de l’Europe, les Espagnols entre autres.^ — ^bienîiiousMnous trouvons en présence de faits'qui démentent ces affirmations; ôe matin même, j’ai reçu une lettre d’Espagne m’informani 'qu’une société’1 de'Vola-pükistes vient de se constituer à Madrid ’; il y on a soixante-huit autres-,0yous ai-je dit, répandues dans toutes lés grandes villës'^dé 1 Europe.,;, . ; 0,;, ’ -v;cq "V
- Je . .veux ..encore faire ,une observation, au sujet des caractères de
- LJ i . e.'., ., ü. j .n •a.iv.v , -ne v «y •„ ... „V( ,
- M. Maldant./.ill faut,que. la langue universelle serve à là"'correspbii-dance télégraphique,: il importe, donc que vous puissiez transmettre sans difficulté. vos .jmots avec Les caractères télégraphiques'exiëiàiité^P
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- Un Membre. — ,Avec le système^ Morse, on., supprime!bien lps lettres latines, on peut Bien les remplacer par les lettres Maldant..f.vnrloor
- M.,,Kerckhqffs.. — Oui,..jnaip;, vous êtes.^obligés;,d’établir .iiflüBf^èïJie spécial5; il serait bien plus* simple d’acloptem.nos;,. c.aractè3?es( français.!!;
- M/'MaldanTj' — Je t voudrais, rappeler ...seulement.. aiqffab.leiau, pour 'un instant, en quoi'consistent ces/,caractè.pps, 4°nt.,pn,5jsu..!’j&w(tfl$•.'faire si grand écueil. Vpici'tous les caractères, avec desquels o,n ipeut écrire la langue'internationale : vermpu,,u
- • ‘U r p u • ~ '
- 7 /7/; y':/;:;7 ;:7o c i i p/"',’’:
- Voilà1 tous les' caractères ;’ iî/n’j en, a/jpai^ Vautres c’est fini ! (Âp-piàudëseümts:)'- ^ ' ; '.m,™,
- il est impossible de trouver,’sans partions,, çjue^pes. .carqeteres-la sont compliqués ’ leil trop ' ' difficile s apppepd.re.(.( ^uq j$u ils,. f ne. f soient pas nombreux, ils ont .(le/ grpnde^. ^u^’li|és(,^ jj^s .^.çuit simples ils peuvent, tous, s’écrire 7™seul _ti11.0Ù'p |,jpliime.;r(.tpliites, tlqs lettres sé font donc'd’un sedi cbujif.7.LeMet'lre|M>]ilps0!çpnipl^qpppr,est..celle-ci : “|. Ces lettres ont encore un av^ntage.,<.[c|ep!tt..d^tablir.„.upei7^àiwcft'o.n entre les' voyelles et”'ïesf consonne^ ^oiqJ|R<içjça;i. le^fcr.^ ronde ou demi-ronde, O, c, ce sont les voyelles,;, vbici^M^ux.dp.tfedS/jnune^droite et une droite avec crochet, | “| ; ce_ sp^lpjiP^iéP^^pdfP/ ebt impossible de les r confondre. ï' ' 'VjVb «nomr/sncn ym.
- Ce crochet "sera tantôt en haut, à gauchje tantôt embas,
- à gauche. '11 exprimera différentesiflettres*..,puiyanfp,'j3,ep| différentes positions,' mais c’est toujours le même caractère qui sert, et sans
- aucune confusion.fpopsible. .;;.i: , ,!t!,Mn *„0.} Hmih si m-
- Maintenant, 011 a cite tout à l’heure,., avec beaucoup., de,maison, un
- ••rntf/u rio.i -iwo<f ’üi'yu! -on ’*V V, yVV.......
- nom que, pour ma part, je Respecte profondepie4ît,,,(ct;é^ftuieG'Uom de
- l’abbé /^'oïqs^Ocliaiffïo^Vest^ un Espagnol qui aij%itj,pput-ètre,la langue internationale, à^ipon. sèn^ la.(plus intéressante ,et. laf)plus habile qui ait, iusqu’ici’ e,té .imprimée., Danscette langue, ies,me suis rencontre sur quelques points,..avec lui, pay. suife de circonstances bien, extraordinaires, car .je .cminaissai^lu.^om de M. Ochando, mais je n’avais pu me procurer^ rien ^ éprit, quand, parmi les personnes
- qui ont bien'voulu me faire, l’honneur de venir me voir récemment,
- , ÏBÜ ;!fîi'iO rî' ).l ; ..UfUiOU "-Ut ' . .
- s est trouvé ..un_ monsieur^ qui est ici présent, et qui m a jliE: il y a quelque chose clef très' curieux dans vos caractères; ils ressemblent, en partie aux caractères de M-,Ochando ; connaissez-vous son ouvrage? — J’ai répondu : non ;, j’ai fait toute, espèce . d’efforts pour. mêi lo iprocurer, et je^jn’m jamais 'pukyi; parypniri/—-,II m’aqdit : j’ep ai tim elèinplaire, et jCj(y(ofus,le, ferai, 1 y pimr—,f,Et il.m’:a>communiqué cet! ouvragei Ses carpètèpes 9ht..jrpn ^l^hni-jdQ./Similitudeatavec * lesq miens,ïu;cer qui prouve quelles mpme^, idées,,î:mçme,i;iGhezifdeS:.HgenS;fqui -lieuse sont
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- jamais vus et n’oht jamais eu entre eux aucune relation, peuvent se rencontrer.
- L’alphabet de l’abbé Ochando ne distingue pas les voyelles des consonnes : il n’a que des caractères droits, mais il y a aussi des crochets. Voilà tout son alphabet : |, “1, L- C’est encore plus simple que le mien, mais cela prête à quelques confusions, et je crois que, à ce point de vue-là, il y a grand avantage à adopter des formes différentes pour distinguer voyelles et consonnes. Ce qu’il y a de particulier, c’est surtout l’inclinaison du même caractère ; ainsi, par exemple, ceci est un b: | ; j’incline de 45 degrés, environ.le caractère, de droite à gauche \ , je fais c ; en l’inclinant de 45 degrés dans l’autre sens /, je fais d ; et, pour f, je le mets horizontal _. Vous voyez qu’il n’y a., pas de confusion possible. L’abbé Ochando a placé une partie de ses caractères de la même façon ; de sorte que nous nous sommes trouvés d’accord sans nous être jamais vus ni connus. Nous avons eu, ensemble, la même idée ; car notre alphabet date, à peu près, de la même époque : il n’a adopté que la ligne droite, tandis que j’ai distingué les voyelles des consonnes, chose capitale selon moi.
- M. Saillard. — Je demanderai à M. le Président la permission de prendre la parole. Je ne suis pas Ingénieur; on vous a parlé, jusqu’ici, de langue universelle. Mais si M. Kerckhoffs a été un peu bref dans l’exposé du Volapiik que j’ai appris, et je ne suis pas le seul, et.au bout de deux heures, nous lisions déjà des morceaux de Volapülc, je dois dire que le but du Volapiik est de faire une langue, non pas universelle, — je préfère le mot de langue internationale, — mais, commerciale. : in
- Comme le disait tout à l’heure avec beaucoup de bon sens M. le général Tcheng-Ki-Tong, il faut faire une langue pour ies intérêts qui sont en jeu dans le monde, et le Volapiik réalise ”les conditions demandées. On a reproché au Volapiik ses racines, oii lui reproche de les prendre, en majeure partie, à l’Allemand; or , les personnes qui ont appris l’allemand verraient, si elles étudiaient le Volapiik, qu’il y a beaucoup plus de racines anglaises que de racines allemandes. L’alphabet, comme l’écrit le Volapiik, est écrit par la moitié de la population terrestre; le russe, aujourd’hui, s’écrit avec les caractères latins.
- Comme cet alphabet du Volapiik nous est connu, qu’il est connu par les populations qui habitent le globe, je ne vois pas pourquoi oii ne le prendrait pas. .
- On a reconnu que la langue latine n’était plus propre à devenir une langue internationale. Les premiers éléments du Volapiik ont été enseignés à Paris, en premier lieu, par M. Kerckhoffs, qiii a ensuite répandu sa méthode parmi des jeunes gens d’intelligence ordinaire, qui ont pu, non pas le parler, rnàis0 l’écrire'et 'correspondre, au! bout de six leçons, sans aucune difficulté. Voilà ce que j’ai à'dire.
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- M. Pesce. :— Messieurs, à la suite de cette longue 'discussion, vous v^T'etes probablement posé la, même question qu'e mbi," ëüffla langue universelle. : ..la .langue, internationale est-elle bien^ne'éd'ssairë1? (Rires).
- , Eîst-elle.,surtout, pratique? Plus on connaît de' iidügu'espiàoiiis'mn sent le besoin de cette langue internationale. Tbute^’lès1 personnes !qui en connaissent un certain nombre n’éprouvent pas lé!!bé!sbih"d’avbir une langue internationale. (Bruit.) ’ ’ 'ilf " ’1 f,)
- C’est un simple point d’interrogation que je pose.' Én admettant que cette langue fut necessaire, il faudrait la considérer à un point de vue plus .élevé que celui, auquel on s’est place jusqu’à présent, à un point de vue philosophique, et voir à quels besoins elle doit répondre : c’est au besoin de relations de peuple à peuplé.'’llfaut donc tenir 'compte des
- besoins des différentes nationalités.
- 1 U 11!'
- ' f J>’.| i t J ; " 3 ’ r j
- Je trouve dans. le...Yoiapülv...un premier’ cl e faut’, c^èst^qu’il part de l’alphabet latin....Si ,1’ou considère ayec(un.1 esprit' libéral ’quêllës sont les nations qui occupent la surface( .du globe et à quels besoins répondrait cette langue ,il (faut se , rappeler '.que l^s" trois quarts1’du“ globe terrestre sont, occupés par lesi Orientaux’/et’’ un1 quart 'seulement par les Occidentaux. (Bruit.) ' ' '' '
- M. le Président. — Je demande encore une' minute d’attention à l’Assemblée, pour entendre M. Cotard et M. Casaloiiga', qui^ômt'demandé la parole. ., f , . ’
- M. Pesce. — M. Kerckhoffs, au contraire, 'prëndHdes'ratlïcàux. dans les langues occidentales; il prétend qu’une langue''ïot^Lee^a^Bc trois ou quatre .langues occidentales s’imposerait'au reste^du mondé. C’est peut-être., autoritaire ; c’est peut-être juste, puisque ' souvent • la force prime..,1e droit; (Bruit.) mais, je crois que, dans'ce cas, ïa!Chose ne serait guère, réalisable.,.,. ; |i -.y.n.on .‘iq
- M. le . général] Tcheng^Ki-Tong a dit,*’ avec beaucoup "'d’esprit, que ce qui régit,1e in,onde, aujourd’hui, c’est l’intérêt. Si Ton'5 veut faire une langue, nouvelle, chacun partira de sa langue' propre, à moins d'avoir le, sentiment de ,M. Maldant, qui a eu le courà’ge de dire que le patriotisme était uii; sentiment relativement étroit. L’égoïsme , partant de l’individu, s’étend à la famille, à la patrie, au monde : c’est pourquoi, dajis l’établissement d’une langue universelle, il faudrait faire entrer en,ligne,.de compte tous les peuples, aussi bien Orientaux qu’Oçcidentaux. (Bruit.)
- M. le Président; — M. Cotard a la parole. •mutim-.m 1 '• M. .Cotabd. — Messieurs, il y a.une idée qui doit'nôus0 frapper, — car cette salle entend habituellement des études plüè,j parti ctüiëremênt techniques, -j- il y a^une i’dée^qui doit nous frapper1,^e'n"écoutant ces discussions,];, c’est que .les Ingénieurs,'' eh’ facilitant,'-par léùr industrie,, les, communications r sur la surface’ ‘ciu^ moheim ont donné1 tout à coup au problème social des relations interaatiohalés uiié4 importance
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- considérable. Le;s populatiçn^. qui n’avaient, naguère, aucun contact,, •sont.(mises ! aujourd’hui, en rapport'"’par l’établissement dés: chemins de-fer, '.;desii;ip.fe^ux ^à: vapeur et des télégraphes';'de sorte que coite idée .dp langu.e, universelle moderne, 'qui'est à peine ébauchée aujourd’hui,pe.pput manquer de s’imposer tôt ou târd.!i Cela'est-tellement vrai, fiu’autrefois, dans notre France, on n’apprenait que le latin, le grec et le français et qu’aujourd’hui, on sent la nécessité d’introduire, l’étuçle, des langues vivantes. On peut se demander si'c’est un bien, et nous avons peut-être plus de raison 'que d’autres do nous le
- demander. En Orient, à Constantinople, en Russie, les personnes qui sont un peu répandues dans le monde sontObligées do savoir cinq ou six langues, et, quandnnous allons à rétfangerO’jé''crbi:éliqhë'ibeaucoup
- de Français l’ont éprouvé,' on est pris d’unL sehtiiheh’t ‘d’inquiétude, je ne dirai pas de honte, en se ’clemandani’ln— 'ïhhis/’est-Cè que la quantité Ides, gangues que'' l’on 'Sait' serait "une ''méSüré - Ou 1 développement intellectuel ' Voila ( la quéstibh! ,qttii se^posép-à'savoir : si la multiplicité dés langues apprises'èst un bien Uii un niaij et s’il ne serait pas'préférable de bien "savoir saJ’lahgue propre, sa langue maternelle, la langue avec laquelle on Oit et on' meurt, et, avec cela, de posséder, en outre, une langue unique, universelle;i, internationale. (Applaudissements). 0n satisferait ainsi pleinement, pair ces deux expressions de la pensée, au double sentiment qui honore toutes les
- nations, celui de la Patrie et celui.de 1 Humanité. (Bravo ! Bravo ! An-
- ph-i y-,n nqtmi y r
- plqudissements.f ;f :
- il,.}; a un mot ' qui a été prononcé ici,. apporté de l’autre bout du monde,, par l’homme distingué que nous avons le bonheur d’avoir parmi nous,, c’est de mot humanité. Ce mot est néjJënu France; d’autres peuples le prononcent, c’est nous qui,"les prêhiiersjli,dui)-avons donné son sens’élevé de solidarité et de continuit'é,J'hümainëV ‘c’est nous qui l’avons appris aux autres peuplés, éLa'dangue 1 Fran'çâisé a d-té pour ainsi dire, la langue universelle, pourquoi? d?ést"qu’au-deSsüs5des questions d'intérêt et’ de patriotisme xétroit,'!:'ellèi; a"' su"pôrtéri:au - monde entier, sur ses ailes légères, les belles !’ët ^énëréns'ës' peliséès d’humanité qui font l’honneur et la véritable 'gloire’ de nôtre pays, (Sensation.. Applaudissements.) " "
- Ce sont les idées d’humanité qui ont rendu notre langue* universelle, et la langue française conservera ce1 caractère de langue1 universelle, à condition que les idées étroites ne pénètrent pas dans' notre pays. (Bravo! Bravo! Vifs applaudissements.) 'Il y a donc'un -grand intérêt dans.,la haute question qui a été soulevée ici, et ' qu’il ned’aut pas faire, dévier par d’autres questions qui se trbuvent on jeu"et qui ont failli apporter quelque trouble1 dans une1'salle où il n’y eh l à1 jamais eu. Je dis que cette question estu dé la plus grande valeurgparCeioqu’elle touche au développement intellectuel de l’humanité. Personne ne hontes-
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- tera qu'un citoyen n’aime son pays, sa famille, sa langue ; c’est sa per-sonnepnême ; il ne peut penser que dans sa langue. Mais, à côté de cela, il y a les.relations humanitaires; et la science qui en ..est l’organe: à mesure que l’humanité sera plus instruite^. le nombre des savants augmentera partout. Prenons garde d’être devancés, par les autres ,qui sont peut-être plus attentifs et plus désireux de, s’instruire que nous, qui vivons pleins de confiance sur un passé intelligent. (Applaudissements.)
- Pensons que si, par les efforts d’un grand citoyen de l’humanité, on trouve un moyen de relations qui soit commun à toutes les populations de la terre, il sera reçu à bras ouverts par tout le monde, parce qu’il sera un moyen de communication, de paix et de science ; par conséquent j’applaudis aux efforts faits dans, ce but; qu’ils viennent de Chine, d’Angleterre, ou d’ailleurs, cela m’est égal ! ...
- Nous ne sommes mus que par cette pensée t d’avoir une, langue commune et de répondre à l’épouvantable légende de la Tour de Babel, qui a jeté la confusion surla terre. (Applaudissements prolongés.)
- M. le Président. — M. Casalonga a la parole.
- M. Casalonga. M. le Président, il est bien tard, et par suite de l’im-{frffssTorT'que vient de produire M. Cotard sur l’Assemblée, je crois que, si j’abusais de la parole, je perdrais une excellente occasion de me
- taire- ’ , r; : -,
- J’aurais voulu cependant dire quelques mots, pour ne pas laisser tomber complètement dans l’oubli la mémoire de Sudre; il me semble que, dans cette discussion, on ne s’est pas assez occupé de cet inventeur. Depuis 1827 jusqu’à 1867, toutes les classes de l’Institut de France, plusieurs commissions d’officiers généraux, diverses Académies, plusieurs Jurys d’Exposition, àParis en 1855, à Londres en 1862, La Société d’Encouragement, le Ministère de l’Instruction 'publique, n’ont cessé de décerner des éloges, des encouragements, et jusqu’à un prix de 10,000 francs à la méthode de Sudre : et je m’imagine que si cet inventeur eût été vivant, et présent ici ce soir, il eût défendu avec succès cette langue universelle qu’il avait si bien combinée et perfectionnée, et dont un Dictionnaire existe dans plusieurs bibliothèques de l’État.
- Je regrette qu’il n’y ait pas ici quelqu’un de ses élèves pour défendre sa méthode, comme j’ai essayé' de le faire la dernière fois. J’avais pris alors la parole, comme aujourd’hui, à la fin de la séance, et je n’ai pu entrer dans de longs développements. Le peu que je connais de cette langue me permet de croire qu’elle mérite une sérieusse attention et qu’elle répond avec succès aux critiques qui ont été adressées au Volapiik et à la langue de M. Maldant.
- Sudre adopte un alphabet simple : les sept notes de la musique ; et, en ce qui concerne le nombre de cohibinaisons auxquelles ces sept
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- ob 6.1 ôo r <«iiiM. .ongni;! Jîa k'A'fïh onp Mrnmoq ir»»q ou Il- ; 'iuü.hh omio
- notes' ^iflôniier 'Mu, il1,'est ÿiii’s’quë1 kù^è's'aidi'/puiHqu-'®'"Ker-'
- gatïorié tP'ühé'lk.tfg’ifè1 ùnivei’s'élleï — J*atirais b'ien 'des clldses à eh dire ; maih'l'liMVè?esi‘hVitiïcee; je ne Véiix pas abiiser^dé la' bienveillance de l’Assemblée en continuant. . ^ ^
- M. lé1 PrésidentI. — Dans tous les cas, c’est hne'bdnhe inspiration qu’à eue MACasalonga de parler à’la fin de 1 notre 'séance' de la,langue de ' Sudre, puisque'“c^èst1 la langue ‘dé l’harmqriiëj et gue,f ps|r conséquent, cette ‘ pensée ddit contribuer ' à ' effacer ies“ petites uyà^ues güi se1 sont produites b'ü'h ho'tré !’rhef/'ila'biitüellement') très' calmé et très' hcieiitlfiquêl (Applaudissements.) 'u'"b i5" m l'"J" jn l’"'
- Il ne s agit, dans is. S i\sstii',ii soulèveUm delitterature, m d art, rnaiÿ
- , . , , , .«i mAuiUdnan') .U. .. rlmnc-un bu tv
- de science, et surtout ^industrie, |t de, commerce,. , ,y, ^»-/r
- Si’'là Tangue universelle''; parvient ’iamais^'â^ s’établir,' c’est dans cet. i .i-ii •»-<io*i- * ••l v.oliinfOiîOt q n'> inutol o,'' *|i: ht Ai 1 m'u < 'iiqs ou-,<"'t ordre'de conceptions, quelle sera utile et profitable. ,
- :u ob noumooo oluodooiio onu afn-.îrtj u .-n m >if.>.uo.
- La séance est levée à onze heures et demie.
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- MÉMOIRES
- COMPTE RENDU DES TRAVAUX
- DE LA
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS
- DÉCEMBRE 1885
- 13
- Sommaire des séances du mois de décembre :
- 1° Souscription officielle de la Société pour l’érection d’une statue à Denis Papin, dans la Cour d’honneur du Conservatoire des Arts et Métiers (séance du 4 décembre, page 755).
- 2° Souscription spontanée des membres de la Société, pour les victimes de la catastrophe de Chancelade (séance du 4 décembre, page 756).
- 3° Communication de M. A. Bonnet sur l’organisation et le service mécanique du nouvel Hôtel des Postes (séance du 4 décembre, pages 756 à 760).
- 4° Observation de M. A. Quéruel sur la communication précédente (séance du 4 décembre, page 760).
- 5° Exposé de la situation financière de la Société, par M. G. Loustan, trésorier (séance du 18 décembre, pages 762 à 764).
- Bull. 50
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- 6° Election des membres du Bureau et du Comité pour l’année 1886 (séance du 18 décembre, page 765).
- Pendant le mois de décembre, la Société a reçu :
- 1° Du Ministère des Travaux publics, un exemplaire de Y Album de statistique graphique pour 1884.
- 2° De M. Ernest Polonceau, membre de la Société, un exemplaire du Catalogue des objets exposés dans le pavillon de la Société autrichienne-hongroise privilégiée des chemins de fer de l’Etat, à l’exposition internationale de 1885, à Budapest.
- 3° De M. Hersent, membre de la Société, un album do photographies représentant les nouvelles installations maritimes d’Anvers, dans l’ordre de leur développement, de 1877 à 1884 ;
- 4U De M. Hauet, membre de la Société, un exemplaire de sa Note sur le Chemin de fer de grande ceinture de Paris ;
- 5° De M. O. Keller, ingénieur des Mines, un exemplaire de son Exposé des résultats de Venquête concernant l’âge et la durée du service des mineurs et un exemplaire de son Rapport à M. le Ministre des Travaux publics sur la statistique des caisses de secours pour les mineurs et des autres institutions de prévoyance ayant fonctionné sur les houillères en 1882 ;
- 6° De M. Melon, membre de la Société, deux exemplaires de sa Note sur la ventilation des ateliers industriels au moyen de l’aéro-phore ;
- 7° De la Société technique de l’industrie du gaz en France, un exemplaire du compte rendu du douzième Congrès, tenu les 16 et 17 juin 1885, à Bordeaux ;
- 8° De M. Lucien Wyse, membre de la Société, un exemplaire de son ouvrage sur le Canal de Panama ;
- 9° De M. Georges Bianchi, membre de la Société, un Mémoire relatif à la barre de Rio-Grande du sud (Brésil) ;
- 10° De M. Parent, membre de la Société, un exemplaire de l’ouvrage M. le docteur Paul Redard, médecin en chef des chemins de fer de l’État, sur la désinfection des wagons ayant servi aü transport des animaux.
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- RÉSUMÉ
- DES
- PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES
- DU MOIS DE DÉCEMBRE 1885
- Séance «lia 4L Décembre 1885
- Présidence de M. de Comberousse
- La séance est ouverte à huit heures et demie.
- Le procès verbal de la séance du 20 novembre est adopté.
- M. le Président annoncé que M. Grenier a été nommé officier de l’ordre de Léopold.
- Il signale parmi les ouvrages envoyés à la Société :
- Un exemplaire de 1 ’ Album de statistique graphique pour 1884, adressé par le ministère des travaux publics ;
- Un exemplaire du catalogue des objets exposés dans le pavillon de la Société aütrichienné-hongroise privilégiée des chemins de fer de l’État, à l’Exposition ^internationale de 1885, à'Budapest, adressé'par M. Ernest Polonceau, membre de la Société; "‘—P-
- Un exemplaire d’une Note sur le chemin de >fer de grande ceinture, de Paris, par M. A. Ilauet, membre de la Société. :
- On trouvera plus loin le détail des dons faits à la Société.
- M. le Président croit devoir faire part1''a la Société du très beau cadeau que vient de lui offrir M. Hersent.!Il à' bien voulu ‘faire rassembler pour nous les photographies admirablement venues de'tout ce qui concerne les installations maritimes d’Anvers , depuis le commencement des travaux jusqu’à leur achèvement. . •
- Ces photographies sont renfermées dans un magnifique album qui restera à la bibliothèque, où tous nos collègues pourront venir l’admirer. (Très bien! très bien! Applaudissements.)
- M. le Président veut dire encore à la Société que, à la suite d’une
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- lettre qui nous a été adressée à la fois 'par M. Féray, sénateur, président de la Chambre syndicale des Mécaniciens , et par M. Laussedat, notre collègue, Directeur du Conservatoire national des Arts et Métiers et membre honoraire de la Société , il a été décidé que la Société souscrirait une somme de 500 francs pour l’érection d’une statue à Denis Papin, dans la Cour d honneur du Conservatoire. ‘Nous : avons dejàTAotTscrit une somme de 500 francs pour l’érection d’une statue à Nicolas Leblanc, dans l’enfoncement de gauche de la cour d’honneur; il restait une place libre, à droite; il fallait combler cette lacune, en choisissant la gloire française la mieux appropriée. On avait élevé une statue à un grand chimiste sacrifié, il était naturel d’en élever une à un grand mécanicien malheureux.
- M. Aimé Millet a bien voulu donner l’autorisation de faire une seconde coulée du bronze qui se trouve vers le haut du grand escalier de la ville de Blois ; et cette somme de 500 francs que nous souscrivons contribuera à donner à la Cour d’honneur du Conservatoire, cet aspect artistique que nous serons heureux d’admirer quand nous irons contempler ces deux grandes gloires françaises.
- M. le Président a enfin un vœu à présenter à la Société à propos' de l’accident de Chancelade, dont nous nous sommes déjà entretenus.
- Il y a deux séances, nous avions suivi un premier mouvement, après les paroles émues de M. Durupt, et j’avais dit : faisons une collecte. Un membre avait pensé alors que le Comité pouvait intervenir, et faire participer la Société à cette œuvre. Je m’étais arrêtéHàipette solution par respect pour le Comité; mais, rentré chez moi, j’ai compris;que je m’étais laissé entraîner un peu trop loin; car le Comité;a ,1a garde de la caisse de la Société, et nos ressources seraient bien vite épuisées, si nous entrions dans cette voie. Le Comité a bien voulu adopter un moyen’ terme et autoriser, pour aujourd’hui seulement, une souscription, dont M. Husquin de Rhéville, notre secrétaire-archiviste, ouvrira la liste à son bureau. Ceux des membres qui avaient voulu apporter leur obole, s’inscrirait après la séance. Il n’y aura rien de personnel, et nous avons prié M. Durupt d’adresser en Périgord la somme recueillie, comme collecte faite à la Société des Ingénieurs Civils. Le Comité a jugé, avec raison, que c’était la meilleure manière de faire participer la Société à cette œuvre de générosité. Nous avons songé à la gloire en souscrivant pour Denis Papin; je crois que la Société voudra bien songer aujourd’hui aux malheureux qui, eux, n’ont pas la gloire, pour se consoler dans leur détresse. [Bravo! Applaudissements.)
- M. le Président. — L’ordre du jour appelle la communication de M. Bonnet sur l’organisation et le service mécanique du nouvel Hôtel dus Postes, faisant suite à lavcommunication de MV Grimdet,1 qui, àda séance cKT 20 novembre, nous a exposé la partie esthétique avec l’am-
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- pleur.que vous avez, appréciée. M. Bonnet va nous faire l’exposé de toute la partie ménanique, dont la conception lui appartient.
- M. Bonnet à la parole.
- M. Bonnet rend hommage au talent de M. G-uadet, l’éminent architecte, qui a bien voulu exposer lui-même les idées générales qui ont présidé à l’établissement du projet de reconstruction du nouvel Hôtel des Postes.
- M. Bonnet rappelle que, pour diverses raisons qui ont été détaillées, les services ont du être superposés, de là obligation de l’emploi de moyens puissants pour envoyer les produits postaux aux divers- étages. Les dispositions mécaniques employées sont considérées par M. G-uadet comme la véritable clef de toute l’organisation.
- Les correspondances sont divisées en « périodiques » et « transbordement. » .
- Pour les périodiques, il y a un premier classement fait par les administrations qui expédient les imprimés. Ce classement doit être conservé et il faut des appareils spéciaux pour opérer la descente des ballots qui doivent recevoir le timbrage dans les salles du sous-sol. •
- Du sous-sol, les périodiques doivent être expédiées au premier étage où se fait le-« départ. »
- Le troisième- étage doit être' réservé aux périodiques pour les besoins clés dépôts du matériel et du service spécial du jour de l’an.
- Le « transbordement » n’a d’envois à faire qu’au premier étage et au deuxième-étage. Le point de départ est le rez-de-chaussée où arrivent les tilburys- et fourgons de la poste. '
- La distance’ dès deux services est de 40m,60.
- M. Bonnet fait remarquer que la transmission du travail moteur en ces deux points 'se fera facilement , si l’on peut disposer , d’un local entre le transbôrclement et les périodiques. Il’ n’en est pas ainsi* .
- Les machines des services de l’hôtel ne sont pas les seules à prévoir dans l’installation, il y a à ajouter .les machines du service pneumatique et les machines motrices des dynamos quand le nouvel hôtel
- sera éclairé à la lumière électrique.
- La grande façade de la rue Étienne-Marcel' a seule permis de rencontrer les conditions indispensables au groupement des services, moteurs.
- Il résulte du choix imposé à cet emplacèment qu’il y 'a upe distance de
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- de la salle, dès machines.au transbordement, ce qui.porte à-. v !•
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- la distance dç cette même salle des machines aux périodiques.
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- M. Bonnet indique qu’en plus des services des périodiques et du transbordement, il faut assurer les services de l’eau dans l’hôtel.
- L’eau de l’Ourcq est fournie gratuitement par la Compagnie générale des eaux. Le niveau statique est . très variable , suivant les' heures de la journée; mais, dans tous les cas, ce niveau ne permet pas d’alimenter directement le premier étage, et par suite le deuxième et le troisième étage ; il y a lieu d’établir des pompes pour envoyer cette eau de l’Ourcq dans les réservoirs établis dans les combles.
- Le service d’incendie est assuré indépendamment du service intérieur par des conduites spéciales branchées directement sur le réseau de la Ville.
- Le sous-sol ne peut verser directement à l’égout les eaux-vannes du sous-so-1 ; ces eaux doivent être réunies dans une citerne et de là enlevées par des pompes qui les déversent dans l’égout de la rue Etienne-Marcel.
- M. Bonnet passe ensuite à la détermination du travail moteur nécessaire :
- 1° Aux élévateurs des périodiques et du transbordement.;
- 2° Aux services des eaux.
- 1° Travail des élévateurs. — Lorsqu’il s’est agi de fixer les chiffres devant servir à établir le projet définitif, on a demandé à la Direction des Postes le mouvement de détail des produits postaux pendant vingt-quatre heures. Les résultats des essais qui ont été faits ont servi à établir des graphiques qui sont mis sous les yeux des membres de la Société.
- Les unités de temps et de quantités qui ont été choisies sont les suivantes :
- Le quart d’heure pour le temps ; le panier d’un modèle spécial sur roulettes pour les quantités.
- Le chargement maximum d’un panier est de 170 kilogrammes , ce qui constitue un poid brut, panier et chargement, de 200 kilogrammes.
- De ces graphiques, il résulte que le maximum de travail se produit pour le soir de 6h,15' à 6h,30-' au moment du départ des courriers; sa valeur est de
- 581 kilogrammètres par seconde.
- On peut remarquer que c’est le service du transbordement qui a la plus grande importance, à la Poste. ^^
- 2° Travail des services des eaux. ;
- En ce qui concerne l’eau d Ourcq, d après les niveaux qu’il s’agit de desservir, le travail se trouve être calculé de
- 9 chevaux environ sur l’arbre de la machine motrices
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- Pour le service des eaux-vannes, le calcul ne donne que 1 cheval environ.
- La puissance de la machine motrice est alors déterminée par les considérations suivantes.
- Le service des élévateurs demande :
- 1 581 kilogrammètres par seconde, non compris aucun terme de rendement.
- L’administration a cru devoir prendre un coefficient de sécurité égal à 2 en doublant 'tout le matériel et en exigeant les essais sur l’ensemble.
- On a donc 45 chevaux utiles et, avec un rendement de 50 0/0,
- 90 chevaux sur l’arbre.
- Avec le service des pompes, la puissance totale est de 90 —{— 9 —|— 1 = 100 chevaux.
- M. Bonnet passe ensuite à l’examen du mode de transmission de la puissance motrice aux élévateurs qui sont situés aux distances de 51m,2â et 91m,82 de la salle des machines. Après avoir discuté les moyens connus aujourd’hui et employés industriellement, il conclut à l’emploi de l’eau sous pression de 50 kilogrammes par centimètre carré.
- 11 indique ensuite le programme qui a été imposé par l’administration pour l’établissement des machines et des pompes, ainsi que pour les élévateurs.
- Pour les machines motrices, l’emplacement disponible a déterminé le groupement du système.
- Les accumulateurs de pression sont dans la chambre des machines, ce qui a conduit à adopter deux étages pour l’ensemble des pompes et des machines. Les pompes sont en batterie et en partie placées sous la passerelle du service des machines.
- Les conditions de marche intermittente , résultant des graphiques, indiquent que la mise en route doit être facile en tous les points de la course des pistons. On est donc amené à constituer chaque groupe de deux machines jumelles avec manivelles à 90° agissant sur un même arbre.
- Il y a quatre pompes à mettre en mouvement par une commande directe ; la disposition, qui se présente naturellement comme( donnant un groupement facile et symétrique, est celle qui serait formée cie deux machines Compound, chacun des quatre cylindres commandant une pompe. "' V b /'A /'
- Les machines sont du système Woolf, les petits cylindres action-’ nant les pompes de compression de l’eau motrice des élévateurs, les
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- grands cylindres donnant le mouvement aux pompes de l’eau d’Ourcq et d’eaux-vannes.
- La pression de la vapeur à l'entrée des cylindres est de. 8 kilogrammes par centimètre carré.
- Il y a deux groupes semblables afin de constituer un rechange en cas d’accident.
- Les accumulateurs peuvent fournir l’eau nécessaire au fonctionnement des élévateurs pendant 3 minutes 30 secondes , temps pendant lequel l’un des groupes peut être mis en route s’il arrive un accident à l’autre groupe.
- L’eau de condensation doit être rejetée aux égouts à la température de 30° centigrades; elle est fournie par un puits artésien foré par l’administration des Beaux-Arts (Rires. Pourquoi les Beaux-Arts?). '
- M. Bonnet. — C’est l’administration des Beaux-Arts qui est chargée de la construction et de 1’installation de l’Hôtel, et l’administration des postes et des télégraphes reçoit l’Hôtel construit, complètement installé et prêt à fonctionner, clefs en mains. Yoilà la véritable situation.
- M. Bonnet explique ensuite, sur les dessins exposés devant les membres de la Société, les détails de la canalisation dans la chambre des machines, puis il passe à la description des élévateurs des périodiques et du transbordement, et des dispositions spéciales qui: ont été adoptées, pour le service même et pour la sécurité des employés dos postes.
- M. Bonnet termine en donnant tous les détails de l’ingénieuse application du frein Mégy, faite par MM. Sautter et Lemonnierj pour opérer la descente des ballots remis aux comptoirs des-, périodiques, sans modifier le classement fait par les administrations qui envoient les imprimés ou échantillons (Applaudissements). .
- M. le Président remercie M. Bonnet de sa très intéressante communication, qui complète celle que M. G-uadet a bien voulu faire. Il y aurait certainement lieu de demander des explications et d’ouvrir une discussion sur ce sujet ; mais cette discussion sera beaucoup plus précise quand, sous la conduite de MM. G-uadet et Bonnet, nous aurons visité l’Hôtel des Postes ; de sorte que, si quelques membres désiraient demander quelques explications, nous leur donnons rendez-vous à une séance ultérieure, lorsque la visite aura eu lieu. Cette visite sera d’ailleurs annoncée, pour que nous puissions profiter en grand nombre de cette gracieuseté de M. G-uadet. Nous remercierons ensuite M. le Ministre.
- M. Quéruel demande la parole.
- M. le Président. — M. Quéruel a la parole.
- Quéruel. — Il est certainement désirable qu’il y ait une discussion sur un sujet aussi complexe et aussi considérable ; mais il est une question qui peut être posée dès ce moment. Il y a un point qui
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- a fort étonné M. Quéruel, c’est que M. Bonnet ait pensé que clans les machines à vapeur , telles qu’on peut les construire aujourd’hui , le maximum de rendement de vapeur soit à dix volumes de détente. Cette question a été fort controversée ; M. Quéruel peut dire qu’on a réalisé, depuis sept ou huit ans, des maxima de détente qui atteignent jusqu’à vingt-cinq volumes. Il lui paraît surprenant que M. Bonnet ne soit pas au courant de cet avantage.
- M, le Président dit que M. Quéruel peut faire cette observation , car tout membre est libre de présenter des observations ; mais notre collègue doit être sûr que M. Bonnet est parfaitement au courant de cette question; et, s’il a employé telle ou telle disposition, c’est que, bien certainement, il en a pesé tous les avantages et tous les inconvénients.
- Si M. Quéruel avait dit : Je désirerais que M. Bonnet nous indiquât pourquoi il a adopté tel ou tel système, M. Bonnet pourrait répondre; mais venir dire à brûle-pourpoint : Je suis étonné cpie M. Bonnet n’ait pas eu connaissance de ce perfectionnement, M. le président trouve qu’il est dangereux de parler ainsi.
- M. Bonnet veut-il répondre un mot à M. Quéruel ?
- M. Bonnet répondra lors de la discussion générale.
- M. le Président. — Nous renvoyons donc ce point intéressant à la discussion générale. M. Quéruel pourra alors renouveler sa demande, et M. Bonnet'aura, sans aucun doute, une réponse à lui faire.
- Personne’Vâ'!d’âùtre observation à présenter?
- Messieurs,’ nous remercions encore M. Bonnet , et nous vous donnons rendez-vous à une séance ultérieure , lorsque nous aurons visité le nouvel Hôtel des Postes. -i
- La séance est levée à dix heures et demie.
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- Séassce «igg 18 Décembre 1885,
- Présidence de M. de Comberousse
- La séance est ouverte à huit heures et demie.
- Conformément à l’article 17 des Statuts, M. le Trésorier donne communication de l’exposé de la situation financière de ia Société.
- M. Loustau indique que le nombre des Sociétaires, qui était, au 19
- décembre 1884, de.......................................... 2068
- s’est augmenté, par suite de nouvelles admissions, do. . . 102
- 2170
- À déduire , par suite de décès , démissions, et .
- radiations pendant l'année................ 89
- Nombre total des Sociétaires au 18 décembre 1885. 2081
- Les recettes effectuées pendant l’exercice de 1885 se sont élevées à :
- 1° Pour le service courant (droits d’admissi cotisations, locations de salles, intérêts d’o gâtions, vente de Bulletins, annonces) . .
- 2Ü Pour le fonds social inaliénable, 11 exor
- rations............................ 6 600
- 3° 7 dons volontaires............ 1 799
- 4° Conversion en espèces de 15 obligatr au porteur provenant du legs Lé Roy . .
- Il reste à recouvrer en droits d’admission et cotisations. 14 824 »
- Total de ce qui était dû à la Société. . . . 106 819 79
- Au 19 décembre 1884, le solde en caisse était
- de . . ; . ........................... 10 371 55
- Les recettes effectuées pendant l’exercice 1885 se sont élevées à....................... 91 995 79
- 102 367 34
- bli-
- 78 203 84 j
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- Report...........102 367 34
- Les sorties de caisse de l’exercice se sont élevées à :
- 1° Pour dépenses courantes diverses (impres- \
- sions, appointements, contributions, assurances, J
- affranchissements, intérêts de l’emprunt, etc.). 79 262 09v 85 262 09 2° Emploi du fonds du capital inaliénable : \
- remboursement de 10 obligations........... 6 000 »/
- Il reste en caisse à ce jour........... 17 105 25
- D’après le détail de la situation présentée par le Trésorier, le fonds courant et le capital inaliénable sont constitués de la manière suivante, à la date du 18 décembre 1885.
- L’avoir du fonds courant se compose :
- 1° De l’encaisse en espèce................................. 4 549 03
- 2° De 262 obligations du Midi, ayant coûté.............. 92 720 54
- Total du fonds courant................. 97 269 57
- La Société possède en outre comme fonds social inaliénable :
- 1° En espèces.............................. 12 556 221
- 2° 19 obligations du Midi, provenant du i 18 556 22
- legs Nozo................................. . 6 000 »)
- 3° Un hôtel dont la construction a coûté. . 278 706 90) .
- sur lequel il reste à payer.............. 9 000 259 705 90
- Total de l’avoir de la Société................. 385 532 69
- M. le Président fait remarquer que le legs Gtffard, encaissé enfin le
- 16 décembre, ne figure pas dans le Résumé qui précède.
- M. le Président met aux voix l’approbation des comptes du trésorier ; ces comptes sont approuvés à l’unanimité.
- M. le Président remercie M. Loustau de son zèle et de son dévouement aux intérêts de la Société.
- M. Loustau demande la parole.-— Il veut annoncer à l’Assemblée qu’il donne sa démission des fonctions de Trésorier qu’il a exercées pendant trente-quatre ans, c’est-à-dire depuis 1851. Il croit servir les intérêts de la Société, en proposant de les confier à un plus jeune que lui, et en recommandant la candidature de M. Hallopeau, dont le mérite est connu de tous. (Applaudissements.)
- M. le. Président exprime les regrets que cause à la Société la décision prise par M. Loustau. Il espère que M. Loustau pourra ne pas nous quitter, entièrement et nous faire profiter encore de ses lumières et de son dévouement. (Approbation.) - *
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- ÉTAT COMPARATIF DES EXERCICES DE 1878 A %885
- J INDICATIONS 20 DÉCEMBRE 1878 19 DÉCEMBRE 1879 v 17 DÉCEMBRE : 1880 g 16 DÉCEMBRE 1881 15 DÉCEMBRE 1882 21 DÉCEMBRE 1883 ; 19 DÉCEMBRE 1884 15 DÉCEMBRE 1885
- Nombre de Membres-... 1526 1577 = : ^ 4800 ' ;; . .. £ 1922 1984 ’K -2037 2068 2081
- Membres admis pendant l’Exercice 150 93 | cT - 264 r . ... 180 £ UO r i13? 98 102
- | Membres décédés 18 17 ? > 5.. - - 21 f ‘ r 24 23 r- 36 34 31
- 1 Membres démissionnrcs. 13 14 . **rv ' 7 17 8 f 17 11 I0r
- 1 Membres rayés........ 13 ! 16 13 .17 u 17 26 22 C 48
- Membres exemptés..... J H 5 3 25 *** g - 10 11 17 '
- Exonérations de 600 fr.. 13 9 23 16 - & 7 - 11 5 £ 11
- T'esrs Gil Claudio 5.00Jfr » » 2 legs à recevoir Le Roy 5.000rr 1.368 25 1 legs àYcce voir 2 legs à recevoir(*)
- Dons volontaires ...... , » ' 72fr » 3.658fr 75 6.509r,'25 03.128f‘'50 -:673r‘- ' » PC 1.799fr 75
- Encaissements de l’Exer- cice................ ; , 63.612fl'74 \ 68.345 74 81.454 84 89.090 33 77.373-68 83.675 93 82.5S5 84 91.995 79
- Achat d’Obligations du Midi . • *»•»•••*•*...•• (»}' 10.605 25 (») 9.552 54. ** ' «*• 's* • • (!/lT ,5.348 50. £«)£" 10.323 95 ' i i,#) 3.730 » («):. 17.429-'65 » (3S) 10.358 28-
- Remboursement d’Obligations sociales ..... ;(«) 7.000 » (9) 4.500 » 10.000 g» C-< 5 7; f3).l 16r5O0 -» (M) 16.500 » i1 71000 » (*•) 5.500 » LO 05 • O ; O i- O
- Sommes dues ......... c 16.577 » 11. 847 >? 13.521 r.» 5 12.576 » 15.893 » ' 17.217 » 18.064 » »
- 1 Sommes restant en caisse ? 18.529 04 19.400 26 | 21.142 ~63 I 5 17;. 699 89 A — . ."'«s. 7-" * 15.279 30 13.518 31 10.371 55
- ! Dépenses de l’Exercice.. : 45.131 10 52.371 27- fl 57.570 343 ’. ; ; 65.709 12 59.564 27 66 007 27 83.232 60 79.262 09
- (*) Le legs’ Giffart, n’ayant été délivré que le 16 décembre, ne pourra figurer que dans la deuxième quinzaine de décembre 1883.
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- Il est ensuite procédé au vote pour l’élection des Membres du Bureau et du Comité pour- l-année 1886.
- Ces élections'-; ont donné le résultat suivant :
- BUREAU
- Président :
- M. Hersent (Hildevert).
- Vice-Présidents
- Secrétaires .
- MM. Contamin (Victor). Brüll (Achille). Eiffel (Gustave). Périssé (Sylvain).
- MM. Bertrand de Fontviolant(Euj ). Clerc (Jules-Auguste). Vallot (Henri).
- Max de Nansouty.
- Trésorier : M. Hallopeau.
- COMITÉ
- MM. Bonnet (Auguste). Mallet_(A:natole). Garnier (Jules). Lavezzari (Émile). Boistel, (Georges).
- Rey (Louis). r Reymond (Francisque). Herscher -(Charles). Cotard (Charles). Salomon (Georges).
- MM. Carimantrand (Jules). Armengaud (Jules). Buquet (Paul).
- Badois (Edmond). Flachat (Ivan). Boudenoot (Louis). Regnard (Louis). Morandière (Jules). Hauet (Alfred). Simon-(Èdouardj.
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- L’ASSAINISSEMENT DE TOULON
- 11... ' • • -
- AVANT-PROJET
- DE
- M. L’INGÉNIEUR EN CHEF B YIII ON
- Note par M. Alfred Hauet
- Lorsqu’en 1884, le choléra désola le midi de la France, faisant de nombreuses victimes et produisant chez les populations un affolement qui se traduisit, dans certaines villes, par un exode des habitants, qu’on devait croire incompatible avec notre degré de civilisation; les médecins et les hygiénistes pensèrent que l’insalubrité de Toulon pouvait bien n’être pas étrangère à l’éclosion et surtout à la propagation du terrible fléau.
- Une commission, sous la présidence du maire, se réunit à Toulon le 26 juin i885; elle était composée de deux médecins, de sept ou huit ingénieurs de l’État et de trois conseillers municipaux. C’est à la suite de cette réunion que M. l’ingénieur en chef Dyrion dressa T avant-projet dont je vais donner un résumé succinct.
- Quelques mots sur Toulon ne seront assurément pas superflus.
- On connaît la situation topographique de cette ville sur la côte de Provence, adossée à des masses calcaires, avec sa grande rade séparée de la haute mer par la presqu’ile de Cépet, reliée à la terre ferme par l’isthme des Sablettes, de formation récente, n’ayant que 200 mètres de largeur et 2 mètres de hauteur ; sa petite rade au nord de laquelle se trouvent ses ports et l’enceinte fortifiée qui enserre la ville et les établissements militaires.
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- Toulon n’a que 60 jours de pluie par an et le mistral, ce vent froid et violent qui balaie la Provence, n’j souffle guère. Mais, s’il ne pleut pas souvent, les pluies de O1'1,04 par heure n’y sont pas rares. ^ ^
- Le Toulon que nous connaissons date de Louis XII, qui fît la grosse tour. Il existait déjà cependant à l’époque romaine, car j‘ai lu quelque part qu’il y avait alors une teinturerie de pourpre utilisant le petit coquillage appelé murex.
- Henry IV s’intéressa à Toulon, mais c’est Vauban et Louis XIV qui firent l’enceinte actuelle.
- Nous nous rappelons tous les deux fameux sièges de Toulon : celui de 1707, parce que les femmes aidèrent les Toulonnais à repousser les assiégeants ; — celui de 1793, parce qu’il est intimement lié à la fortune naissante de Bonaparte alors que les royalistes d’Aix et de Marseille avaient livré la ville à l’Étranger.
- On nous a appris que Bonaparte qui commandait l’artillerie par intérim émit l’idée que, pour se rendre maître de la situation, il fallait prendre le fort de l’Eguillette, réputé imprenable. Thiers raconte que ce fut un capitaine d’artillerie du nom de Muiron qui, dans la nuit du 18 décembre, monta à l’assaut pendant un orage épouvantable, surprit les occupants et les chassa, ce qui fit fuir la flotte ennemie.
- A l’époque contemporaine, c’est de Toulon que partit la flotte de 600 navires qui alla prendre Alger; c’est à Toulon encore qu’on arme les bateaux et qu’on embarque les troupes qui vont dans les mers d’Orient à la conquête de terres nouvelles. Il est donc d’intérêt national de rendre Toulon salubre. M. l’ingénieur en chef Dyrion nous donne les renseignements suivants sur l’insalubrité de cette ville.
- La population civile est de 68,000 habitants. La mortalité en temps normal est de 33,8 par 1,000 habitants, dont 1 pour mille de fièvre typhoïde. A Londres, pays de brouillard et de misère, elle n’est que de 23 pour mille. *
- La mortalité d’ensemble pour la population militaire de 12,000 hommes est de 30,30 pour mille, dont 13,20 de fièvre typhoïde*!
- La moyenne des fièvres typhoïdes dans l’armée de France .est de 3,30. Toulon, arsenal militaire, port d’embarquement de troupés,
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- a donc, au point de vue du typhus, un coefficient de mortalité quatre fois plus désavantageux que le reste de la France.
- La fièvre typhoïde ne frappe, à Toulon, que les étrangers à la ville. M. Galliot, médecin de la marine, a démontré qu’une maladie qui atteint les toulonnais dans leur très jeune âge les vaccine pour ainsi dire et les met à l’abri du typhus.
- A l’heure présente, sur 3,500 maisons dont se compose la ville, à rues généralement très étroites, il y en a 3,000 qui sont complètement dépourvues de tout ce qui constitue l’hygiène la plus élémentaire, les 500 autres ont des tinettes ou des cabinets d’aisances. Les produits nocturnes de ces 3,000 maisons sont jetés au ruisseau et se rendent partie dans la vieille darse, partie dans les fossés des fortifications de l’Est.
- On voit, sans qu’il soit nécessaire d’insister, ce que doit être à certains moments l’atmosphère des appartements, celle de la rue et la qualité de l’eau des puits.
- Nous pouvons nous en faire une idée, en été, par les odeurs de Paris où les bouches d’égout, par un motif que j’ignore, mais qui doit être bien puissant, ne sont munies nulle part, je crois, des fermetures hermétiques qu’on rencontre dans quelques villes en province. 1
- De cette situation de Toulon, M. l’ingénieur en chef Dyrion conclut que la chose la- plus urgente à faire, c’est de recueillir les eaux salies et les matières alvines dans une canalisation souterraine et de les conduire au loin en mer sans laisser séjourner les unes et les autres ni dans les appartements, ni dans les égouts ; et, cela fait, ou en cours d’exécution, de s’occuper de l’haussmani-sation de la ville.
- Je ne vous entretiendrai que de la chose urgente.
- Quel système d’égouts convient-il d’établir? C'est la première question que l’auteur du projet s’est posée à lui-même.
- Faut-il des égouts recevant en même temps que les eaux salies les eaux pluviales; ou bien doit-on s’en tenir à des égouts recueillant seulement les eaux salies ? C’est à ce deuxième parti1 que s’est arrêté avec raison M. Dyrion, et l’ensemble de son 'projet*'peut se résumer ainsi : -,vr omêi.do-; «...
- u ‘Réunir toutes les eaux salies et matières alvines sur 'un* point de la ville, installer en ce point des pompes puissantes et refouler le
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- liquide jusqu’à la mer avec la possibilité d’utiliser tout ou partie du liquide pour l’irrigation des terres.
- En quel endroit de la côte peut-on rejeter les eaux? (Fig,,,4 , PL 109). . ' ir,
- A l’est, la plaine de la Garde a une grande étendue, les terrains sont argileux et peu perméables ; d’autre part, le cube non utilisé devrait être déversé à la mer près de Sainte-Marguerite ; mais il y a des villas nombreuses qui s’accommoderaient mal de ce voisinage ; en outre, les courants renverraient les immondices vers la rade.
- La plaine, entre Ollioulles et Saint-Nazaire à l’ouest, se prêterait bien à une solution technique satisfaisante ; mais ce sont les habitants de Saint-Nazaire qui se récrient.
- Reste une troisième solution, au sud, qui parait la plus rationnelle et que l’auteur du projet adopte parce qu’elle réunit les conditions de refoulement économique et d’évacuation convenable se répandant au large sans incommoder personne. La conduite de 14 k. 5 de longueur sans dénivellation bien sensible (Fig. 2, PL 109) viendra aboutir au sud de l’isthme des Sablettes du côté de la batterie, des Fabrégas.
- Ce point acquis, il convient de fixer l’emplacement delà station des pompes.»
- A la première inspection du plan, il semble que le Pont-du-Las doit être choisi, mais,en étudiant de près la question, en considérant les altitudes, les profondeurs respectives des tranchées des conduites; cette opinion première se modifie, d’autant plus qu’outre la conduite de. refoulement principale, il y a lieu d’établir une conduite de refoulement accidentelle pour les cas extraordinaires et pour l’écoulement des eaux qui arriveront^la nuit. On est amené ainsi à faire déboucher cette conduite accidentelle par le tunnel de La Malgue à l’extrémité de l’égout existant au Mourillon. De la sorte les deux conduites de refoulement formeront un circuit autour de la ville. L’auteur du projet, tous calculs faits, place, par raison d’économie, la station des pompes en arrière du bassin de commerce de, la Rhode.
- Le problème ainsi posé, les autres inconnues se déterminent, à l’aide de données connues ou prévues en chiffres. d’une approximation suffisamment voisine de la^vérité. ëlbN fd
- La population de 70,000 habitants comprend 10,000 marins qui
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- BULL.
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- logent à bord et 10,000 suburbains ; c’est donc en réalité 50,000 habitants qu’on doit desservir.
- Toulon dispose journellement de 14,000 mètres cubes d'eau ; or, des expériences faites en 1869 par MM. Mille et Durand-Claye il résulte que le débit à l’extrémité des collecteurs de Paris, est de ‘ 0,70 de l’eau distribuée. A Toulon l’évaporation sera plus considérable ; en admettant néanmoins ce coefficient, on voit qu’il faut pourvoir à l’enlèvement de 10,000 mètres cubes par jour à la station dès pompes.
- Dans ces conditions, en supposant que les tuyaux couleront à moitié pleins, en fixant les pentes des collecteurs principaux et secondaires de façon à assurer une vitéSse de 0m,75 qui permet aux immondices de parcourir en une heure Te trajet qui sépare l’extrémité du réseau de la station des pompes, M. ' l’ingénieur Dyrion donne :
- Au collecteur principal, qui part dé l’altitude 22m,64 pour aboutir à celle—3 mètres, un diamètre intérieur croissant de 0m,20 à 0m,625 ;
- En divisant la ville par sections de 5 à 6,000 habitants, il donne aux collecteurs secondaires un diamètre de 0m,20,;à 0m,25 avec des pentes supérieures à 0,005 pouvant débiter 20 â-25 litres ;
- Aux branchements de canalisation un diamètre ne dépassant pas 0m20; • • --:-
- Aux tuyaux de chute 0m,10, et aux siphons des éviers et des closets de 0,07 à 0,10. . ru; '
- Les collecteurs principaux sont prévus à 2m,50 de profondeur mesurés de la génératrice' supérieure des tuyaux.
- Les collecteurs secondaires s’y raccordent de façon à obtenir une chute de la" hauteur du diamètre à l’entrée du collecteur pnncipal. ’ " 'yic' '
- La canalisation sera formée d'éléments rectilignes, àvec regards a chaque changement de direction espacés entre eux de 60 à 100 mètres en moyenne; ces regards seront recouverts par des plaques en fonte (Fig. 3 , PI. 109) percées d’ouvertures Concentriques qui, grâce à la vitesse de 0m,75‘, formeront appel d’air éiitrâîhaht’ les émanations ; une1 gouttière en tôlé recueillera lés "détritus" sable, etc. , ’de la rue et les empêchera d’obstruer la conduite. • ’•'•'- :-v- 1
- :, I1: y!aurai en outre en ;tête,; dé' chaque collecteur^ünël'chambre
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- de chasse de 5 mètres cubes, ainsi qu’au droit des sept fontaines publiques monumentales qui assureront une chasse toutes les deux heures.. Des chambres de 500 litres (Fig. 8, PI. 109) seront placées à l'extrémité, dés canalisations de rues qui ne pourront pas recevoir l’eau d’un collecteur.
- Toutes ces chambres espacées en moyenne de 450 mètres seront alimentées par les eaux de la ville, les fontaines et les eaux pluviales de la toiture d’une maison sur quinze tombant directement dans la canalisation et pouvant prendre la direction du ruisseau par les pluies exceptionnelles.
- Les dimensions des tuyaux déterminées, l’auteur du projet par des considérations générales et locales très étudiées est amené à conclure qu’on pourra faire usage de tuyaux en ciment ou en poterie posés au ciment sur certains parcours ; que sur d’autres points, il conviendra de poser des tuyaux en poterie, à la condition de faire tous les 2 mètres des joints en corde goudronnée et argile; et enfin, que là où on rencontrera l’eau, la canalisation devra être, établie, en fonte ainsi que celle des collecteurs.
- Un fait., signalé par M. Dyrion pourrait bien finalement faire adopter la fonte d’une manière générale.
- A Toulon il existe peu d’usines susceptibles d’envoyer des eaux acides dans les conduites, et les matières alvines et urines forme-
- 4 ! ê.
- ront un volume de 50 mètres cubes seulement (îdilués dans 10,000 mètres d’eau.
- Le fait signalé est celui-ci : une conduite en jfonte de *0m,10 de diamètre sert depuis 25 ans à l’écoulement d’un urinoir ; cet urinoir n’est pas lavé par un filet d’eau, on l’a retiré,il était revêtu intérieurement d’une crasse qui enlevée a mis le métal à nu et a fait voir une usure de 1 millimètre sur le fond seulement où se fait l’écoulement; or, ajoute M. Dyrion, ce tuyauta subi depuis 25 ans l’influence de tous les sels et acides employés comme désinfectants pendant les épidémies.
- Ainsi que nous l’avons dit 3,000 maisons ayant quatre et cinq étages sont dépourvues de tout récipient à immondices et à eaux sales; il ne suffira donc pas , d’établir des canalisations souterraines il faudra encore relier ces canalisations à chacun des étages de ces 3,000 maisons et d’un certain nombre des 500 autres. Or, l’exiguïté de certains appartements est telle qu’on ne peut installer def cabi-
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- nets à l’intérieur et que les jettoirs devront être appliqués contre le mur à T extérieur. . , n .
- M. Dyrion projette des tuyaux de chute verticaux allant jusqu’à la toiture pour l’aération, avec branchements aux étages et'réservoirs de chasse (1).
- Au bas du collecteur principal à la cote — 3, toutes les eaux arriveront dans une chambre d’épuration (Fig. 4, PI. 109) divisée par trois grilles destinées à arrêter les menus détritus de cuisines, papiers , bouchons, etc., pour aboutir au puits d’aspiration des pompes dans lequel des boites de clapets seront placées suivant une ligne d’axe.
- La conduite de refoulement (Fig. - 2, PL 109) dont nous avons parlé précédemment en fonte de 0m,60 de diamètre à cordon et emboîtement avec joints au plomb sera munie de vannes et de ventouses. A son extrémité, en avant de la vanne d’arrêt, se trouvera un embranchement aboutissant au sommet d’un mamelon de 30 mètres de hauteur. r;
- Cet embranchement sera terminé par une cheminée de 7 mètres de hauteur qui aura pour effet de régler la pression dans la conduite ; un flotteur permettra de constater la charge pendant les irrigations, cette cheminée servira en même temps do1 soupape de sûreté. ’’ i; -
- A l’arrivée à la mer sur 300 mètres la conduite sera plongée pour atteindre les fonds de 3 mètres; dans cette partie on emploiera les tuyaux à! joints sphériques (2) du système de notre* confrère Badois (Fig. 5, PI. 109). Le liquide mettra sept heures à faire le trajet. . y'' ^!
- Le bâtiment des machines aiira 31 “30 sur 24m30.
- Il y aura 3 machines Compound de 60 chevaux sur les pistons, avec pompes en prolongement de la tige de piston de la machine.
- Au sujet de ces machines, M. Dyrion s’exprime textuellement ainsi rlans son rapport :
- er tt j lies dimensions des pompes et des machines devront 'être déter-
- it-s bf-'O ^ ^ -j fj tj OÜ9i-mtC ? -
- (1) M. Cerbelaud, membre de la Société, donne une description ae'ces chasses dans les annales de la construction d’Oppermann,! numéro de< juin(1885. (
- On trouve aussi des détails sur l’application de ces réservoira dans le bulletin dé‘laJ Société; de mai 1885.< Communication de M.tP. Guéroult, page ..677.
- (2) Des applications de ces joints ont été faites à-Corinthe, à Panama, à Evreux
- et à Albi, etc., etc. -,
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- » minées'par:i le constructeur auquel seront fixées les conditions » à remplir. Il convient de lui donner toute liberté d’action. »
- Néanmoins, M. Djrion donne un calcul de la machine dont les données sont':
- 100 litres montés à 30 mètres (travail maximum à réaliser par une machine,)
- Travail en eau montée, 40 chevaux,
- 20 tours par minute, (
- Travail sur le piston à vapeur 40 X 1,50 = 60 chevaux ou 4,500 kilogrammètres.
- Pression de la chaudière, 5 kilog.,
- Introduction dans le petit cylindre, 0,40.
- Rapport des surfaces des cylindres, 3.
- Je ne parle pas des bâtiments qui rentrent dans les types connus et je ne mentionne que pour mémoire un égout pour les eaux pluviales à construire sous le boulevard de Strasbourg, suivant le type de Berlin. (Fig. 10, PL 109).
- En résumé la dépense de construction s’établit ainsi:
- Canalisation .....................
- Jonctions des maisons.............
- Station des pompes............... .
- Machines . .......................
- Conduites de refoulement . . ... . Egout du boulevard de Strasbourg.
- Somme à valoir Vio environ. . .
- 955,691 fr. 57 78,125 00
- ., 258,926 83
- 220,000 00 1,255,343 50
- 134,638 10
- 2)903,725 fr. 00 "'296,275 00
- 3.200,000 fr. 00
- La dépense à faire dans les maisons peut s’élever suivant°lës cas !à-> 140/1215) 225 et 260 francs, correspondant à une dépense d’eau annuelle de 6 francs pour les premier et deuxième cas, et de 10 etil5üfrancs pour le* troisième, et le quatrième.^, Lt
- :.i : • orr -..-./O -v a. ' ... fl.'H
- Les travaux incombant1 directement aux'propriétaires de, ce..; chef monter6ftWqehvirl)ii' -700,000- fferids.
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- Quant aux dépenses annuelles d’exploitation M-' Dyrion les fixe ainsi :
- Personnel 23.000 fr. 'u"_
- Charbon 33.000 comprenant 3,500fr. d’octroi (à raison de 2,500 kil. par jour) soit 90 francs.
- Divers 42.000
- Soit en chiffres ronds 70.000 fr. correspondant à 1 1/2 0/0 delà valeur locative des maisons delà ville.
- Un chapitre très intéressant du projet est celui relatif à l’utilisation agricole.
- M. Dyrion donne d’après le docteur Francklan, la réponse à la crainte exprimée qu’à la longue les irrigations n’aient des effets funestes et puissent engendrer des maladies par suite de la présence de certaines bactéries dans le sevage, j’emploie ce mot usité chez les Anglais à défaut d’autre équivalent en français; « Il a » été maintes fois constaté en Angleterre que, même infecté par » le choléra ou la fièvre typhoïde, le sevage n’a jamais, lorsqu’il » a été employé aux irrigations, transmis de maladie, soit à ceux » qui vivent sur les terres arrosées, soit à ceux qui en consom-» ment le produit. » ) ; <
- Le cube de sevage rationnel paraît être de 8,000 ^mètres par hectare, M. Dyrion cite ce fait de terres qui ayant reçu 7,500 mètres cubes, ont donné le même produit que d’autres analogues ayant été recouvertes de 44,000 mètres!
- Le prix de la dépense supplémentaire pour élever les eaux dans les terrains à irriguer, est évalué à 0 fr. 03 le mètre cube, correspondant à une redevance de 220 francs par hectare. Il n’est pas douteux qu’à ce prix, dit l’auteur du projet, avant un certain nombre d’années, tous les propriétaires intéressés s’empresseront de demander l’eau d’irrigation et on n’aura plus rien à envoyer à la
- mer- -«ifi,:. .v.r.b-GD-. «ilo-
- euLe système que par l’étude et le raisonnement * M. l’ingénieur Dyrion a été amené à adopter pour - la.réunion dess eaux vannes et-matières .alvines sur .un < point déterminé, ,a beaucoup, d’analogie avec celui qui a été expérimenté avec succès à Paris même, dans
- ÏOUSOHff.il! r<V. : a ' ' f •, j f j_.0 . ;’f
- le quartier du Marais, par notre confrère. M. E./Pontzèh.f- C’est le
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- système du colonel Geo, E. Waring dont M., Dyrion ne connaissait point les ouvrages, système dont la première application a été faite à Memphis aux Etats-Unis. Memphis ville de 40,000 habitants, était insalubre à ce point qu’en 1879 1a question fut sérieusement agitée de savoir si on ne la ferait pas disparaître parce qu’elle était un foyer d’incubation des épidémies menaçant toute la vallée du Mississipi. Dans une brochure de M. Pontzen (1), qui se trouve à la bibliothèque de la Société, on trouve des détails très intéressants et j’en extrais le principe fondamental du système Waring précisé par les quatre points suivants :
- 1° Emploi pour la construction des égouts de conduites de faible diamètre, uniquement affectées à l’évacuation des eaux-vannes et des matières fécales, à l’exclusion des eaux de pluie ;
- 2° Ventilation obtenue dans les conduites et dans les embranchements en communication avec les maisons particulières par un certain nombre de prises d’air et de cheminées d’appel s’élevant au-dessus des toits;
- 3° Communication directe de chaque branchement particulier avec la conduite, sans interposition d’aucun diaphragme ni aucune fermeture hydraulique;
- 4° Lavage journalier des conduites au moyen de chasses pour lesquelles on utilise l’eau accumulée dans des réservoirs placés à leur origine d’amont; é
- Les réservoirs et les chambres de chasse dans le système Waring (Fig. 6 et 7, PL 109) comme dans celui adopté par M. Dyrion (Fig. 8 et 9), quoique d’un dessin différent, sont conçus dans le même esprit.
- Pour mettre à exécution le projet que je viens de résumer trop incomplètement peut-être, on conçoit qu’il est nécessaire d’édicter des prescriptions administratives. M. Dyrion en donne le libellé complet, ainsi que celui du projet de loi qui devra forcément les pré-
- céder.
- Enfin, un dernier chapitre indique les formalités à remplir avarit d’arriverçà la promulgation de la loi à intervenir; — je vous en fais grâce. — Ces formalités minutieuses sont, je le sais, la sauvegarde de la chose publique; mais il arrive quelquefois que ceux quif sont
- 'îîi(0£U .!' ,v -f3V(S
- (1) Baudry, éditeur, 15, rue des Saints-Pères, Paris. « Première application à Paris en lb83 de: l’assainissement suivant le système Waring. » ai; J
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- chargés de les accomplir s’arrêtent plus à la lettre qu’à l’esprit qui les a dictées. C’est ce qu’on appelle .dans le langage courant : les lenteurs administratives.
- En terminant, je crois devoir faire remarquer que le projet de M. Dyrion est surtout un programme; que cet ingénieur ne préconise nullement le mode d’exécution directe par l’administration et qu’il semble au contraire faire appel à l’initiative privée ; ce qui nous parait à nous le système préférable; les ingénieurs * de l’Etat exerçant alors une mission de contrôle, une sorte de magistrature des travaux publics.
- Alors qu’on voit chaque jour au Journal officiel des concessions de chemins de fer dits d’intérêt local ou- colonial, en avance d’un siècle, peut-être, sur le trafic qu’ils sont appelés à desservir, espérons que l’assainissement de Toulon n’attendra plus longtemps sa déclaration d’utilité publique.
- Octobre 1885.
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- OBSERVATIONS TECHNIQUES
- *..
- A PROPOS D UN
- irHtfWWUW il
- MEMOIRE DE M. L’INGÉNIEUR B0UDEN00T 0)
- SUR LA
- W..
- au moyen de l'air raréfié
- PAR
- M. PIARRON DE MONDESIR
- J’ai lu avec un grand intérêt ce mémoire très remarquable, dont l’auteur est en même temps un savant et un praticien.
- Il s’est proposé, avec le concours de M. Petit, de donner à la petite industrie parisienne un moteur économique et peu volumineux basé sur une différence de pression de 3/4 d’atmosphère.
- Pour cela, ces ingénieurs établissent un atelier central dans lequel une pompe d’extraction entretient une pression, aussi constante que possible, d’un quart d’atmosphère, dans une canalisation dont les rameaux viennent se terminer aux petits moteurs qu’ils installent dans les chambres des ouvriers.
- La force de ces petits moteurs peut descendre à un dixième de cheval, et même au-dessous, suivant les besoins de l’industrie en chambre.
- Comme c’est l’air atmosphérique lui-même qui agit sur le piston du moteur, en se détendant et en se refroidissant, la température de la chambre de l’ouvrier ne peut que s’abaisser.
- Ce sera un inconvénient pendant l’hiver, auquel il sera facile de remédier par le chauffage ; mais ce sera un avantage en été, et
- :i) Voir le Bulletin de mars 1885. '
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- même un grand avantage, car il est plus facile de combattre le froid que la chaleur. • •b
- Cette application nouvelle comporte une grande .simplicité.
- Elle est hygiénique, et rendra certainement service à la petite industrie parisienne.
- Je ne m’étendrai pas davantage sur le côté pratique de la question, Les observations qui vont suivre sont de l’ordre théorique. El . auront trait d’abord au fonctionnement des moteurs en chambre, où, pour me servir de l’expression de l’auteur, des machines réceptrices, puis ensuite au fonctionnement de la pompe d’extraction.
- Les valeurs et formules, sur lesquelles je baserai mes calculs, ont été publiées dans deux communications‘a’la Société, en mars et avril 1881. Je les rappelle ici :
- a coefficient de dilatation des gaz . . ................
- sr pression atmosphérique harmonique par mètre carré. . Poids atomique de l’air, celui de l’hydrogène étant 1 . . Poids du mètre cube d’air sous la pression harmonique zô et à la température o..................................( .
- Chaleur spécifique de l’air à pression constante...........
- 1
- 270 10,368lc 14 40
- lk296
- 1
- 14.40
- E équivalent mécanique de la chaleur............-
- Compression des gaz, sans chaleur (loi de Mariotte) . Compression des gaz, avec chaleur (loi nouvelle) . .
- 1280 3 "
- Po
- _p
- Po
- 426.67
- V_
- v0
- 1° MACHINES RÉCEPTRICES
- MM. les ingénieurs Petit et Boudenoot introduisent d’abord l’air atmosphérique moteur à pleine pression dans le cylindre s de la machine réceptrice. Il y pénétre ainsi sur une certaine longueur
- : .H ... . • £ £
- arbitraire l\ et comme, la longueur totale du cylindre est.de —,
- g l
- il se détend ensuite sur la longueur —.Y
- --'V VI ; 32L,1 '': ' T y ï
- Dans son calcul, M. Boudenoot suppose que l’air se détend, sans
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-
-
- 779
- subir aucun refroidissement, et suit par conséquent la loi de Mariotte dans son mouvement de détente.
- Je vais d’albord reprendre ce calcul, dans cette hypothèse, et je le simplifierai autant que possible, en admettant que la section droite du cylindre de la machine réceptrice soit d’un mètre carré, et en prenant pour unité de travail la pression atmosphérique harmonique, c’est-à-dire 10,368 kilogrammètres.
- Soit en général X sa longueur du cylindre. '
- Le travail dû à l’introduction à pleine pression d’un mètre cube d’air sera égal à. ...... ’f. . . ‘ ! :. . . f. . . . ‘ 1.
- 'i.
- Celui dû à la détente, sur la longueur X — 1, s’évaluera par l’intégrale,
- dans laquelle p représente la pression de Pair, supposé non refroidi, quand il occupe le volume y, ou, en d’autres termes, quand il est détendu sur la longueur y. Or, on a, dans ce cas, suivant la loi de Mariotte, ]i
- P8Ê1! p y z= 1.
- i:..y ; f
- L’intégrale précédente peut donc s’écrire ainsi :
- Il convient maintenant de retrancher le travail de la contre-pres^ sion qui est,
- 4
- i ! S
- x x
- ÏIV-H/PX
- À
- T’
- en admettant une pression constante de dans la canalisation.,,^ i' ';ï Le.travail total est donc pour un cylindre de longueur X, et pour un mètre eube^d’air atmosphérique : 5 *u'' ? u-inyindlfe
- (1) T
- , hmièb or -via
- CX .LV-wwitxrd'--
- = i + J,Al - 2_ = 1
- i c I ui:.. a - VntM f f ». +-a.i if >i I i fi, h
- injèîrse fi
- + l. *
- r* ci A»,
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-
-
- — 780 —
- Pour X = - , on a :
- \ \ 8
- (ibtt) T==3+H
- C’est un résultat conforme à celui donné parM.o;B.e>udènoot,
- g
- page 438, et multiplié par —.
- Quelle est maintenant la valeur de X qui correspond au maximum de T ?
- Oi| --jîî-.'r :î . .-.u, :
- Elle est donnée par l’équation différentielle,
- ÆT = ^_^ = 0,
- X 4
- Cette valeur est donc X = 4, et le travail correspondant gérait (1ter) T (maximum) ,== /. ,4. ,
- Il est presque évident a priori que dans un cylindre de 4'“,00 de longueur, le piston n’arriverait pas à fond de course, la pression de
- 1
- l’air moteur détendu tombant notablement' au-dessous d’un —=—,
- 4
- comme nous le verrons tout à l’heure. , m m ru
- M. Boudenoot a été conduit par l’expérience à. limiter la,longueur
- 8 i
- de son cylindre à —. Dans ces conditions, le calcülrle la formule (\bis) donne approximativement, . ’
- T == 43,530 kilogrammètrcs ,
- résultat théorique qu’il convient de multiplier par 0.45, pour obtenir le résultat pratique qui est de 6,075 kilomètres (page 396).
- Je vais maintenant établir le calcul du travail de la détente, dans un cylindre de longueur X, en admettant qu’elle s’effectue sans aucun gain de chaleur.^ ")à 1 ’’
- • Dans ce cas le premier et le dernier terme de la formule (1) seront conservés ; mais l’intégrale ne sera pas la même.
- La pression p de l’air 'détendu sur la longueur ?y, ne sera plus
- 4 1
- '^^Prhaisbien* —attendu que dans le cas considéré1 les pressions ^ y d.sl km.'-
- ne varient plus en raison inverse des volumes, suivant la loi de
- Mariotte, mais en raison) invef^eqidu^c.arré des volumes,^suivant la loi nouvelle. (Voir mes Dialogues sur la Mécanique).
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-
- — 7,81 —
- La nouvelle intégrale sera donc,
- fAîi
- J,
- et la formule donnant le travail total,
- (2)
- T = 1
- _|_ Cl ’tl _ = « _ ! _*
- J, y' 4 - x 4'
- La longueur X correspondante au maximum de T est donnée par l’équation différentielle,
- X2 4
- d’où l’on tire 'X ±= 2.
- Le travail maximum a pour valeuiH
- {%>*)
- rnVU: Viy;' ô) 1 ^
- I (maximum) = 2 — --; = 1.
- v ' . 24
- Celui qu’on'obtient avec la longueur X
- 4- - réduit à®, o z4
- D’après la théorie mécanique de là chaleur, le travail produit par un gaz qui se ‘ détend est représenté par le nombre de calories du froid de la détentp.
- Dans le cas qui nous occupe, le travail total produit par la détente a pour expression mécanique,
- s(* -i)=5r(Li:i)-
- Son expression calorifique est
- E c 3 ô,
- 0 étant le degré de température du froid de la détente.
- Je puis donc calculer 9 par Légalité,
- /X — 1\
- Ec o 0 =
- En donnant aux quatre quantités E, ç, 3 et sr les valeurs; indiquées
- ci-dessus, j’obtiens, tout calcul fait
- v mh
- (3)'
- ‘O-="270
- X
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-
-
- — 782 —
- Pour X — 2, on a 0 = 135°; pour X — -ÿ-, 0^ = ll50 75 ; ot
- pour le cas extrême X = 4 , O = 202° 50.
- Le degré de froid de la détente d’un gaz ne peut dans aucun cas atteindre 270° au-dessous de 0. (Voir le Dialogue mYlfi.)
- Quant à la pression finale; sa valeur est . : ;
- 1
- Pour X = 2, elle est égale à et le piston arrive alors à la
- fin de sa course sans contre-pression.
- 8 9
- Pour X = —-, la pression finale est -jrr, et la contre-pression o o 4
- serait,
- 16—9
- 64
- , plus d’un dixième d’atmosphère. Pour le cas
- . . . .., |
- extrême de X — 4, la pression finale serait }de et la contre-pres-
- sion de
- _3
- 16'
- Telles sont les indications fournies par la nouvelle théorie sur les effets de la détente des machines réceptrices. .,-4îj)ls'^ ,
- La pression d’un gaz, qui se détend en vase clos, ne varie pas en pratique dans la proportion inverse du volume, suivant la loi de Mariotte,;par la raison que la chaleur, qui peut être.communiquée au gaz par ses enveloppes, ne saurait compenser le froid de là détente. Elle varie théoriquement en raison inverse du carré du volume, suivant la loi nouvelle; mais en pratique un tel effet ne peut être réalisé, par la raison que le gaz qui se détend reçoit toujours de ses enveloppes une certaine quantité de chaleur.
- La longueur X la plus favorable, au point de vue pratique, doit être déterminée par desi expériences.
- Or, il résulterait des premières expériences de MM. Petit et Boudenoot. que cette longueur la plus favorable devrait être fixée à 8
- —, c’est-à-dire à 2m.67, pour un cylindre d’un mètre carré de sec-
- o j;,:. fg<:
- tion droite.
- "av- ! f •••loqiT; U: .>
- - En d’autres termes, MM. les ingénieurs ïfetit et Boudenoot prennent un cylindre d’une longueur quelconque ; ils tracent sur sa génératrice huit divisions égales; ils introduisent l’airJ atnïo sphérique
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-
- — 783
- moteur à pleine pression sur les trois premières division, puis ils le laissent se détendre sur les cinq dernières.
- 5' ^!;v . .
- C’est la détente aux -.
- L’appareil théorique comporte le même nombre de divisions. Mais au lieu d’introduire à pleine pression sur trois divisions seulement, on introduit sur les quatre premières, et on laisse détendre sur les
- 4
- quatre autres. C’est la détente aux - (1).
- 2° MACHINE ASPIRANTE
- Le problème à résoudre pci consiste à entretenir dans la canalisation une pression constante d’un quart d’atmosphère, c’est-à-dire à rejeter au dehors, par un appareil extracteur, la quantité d’air en excès refoulée par les machines réceptrices dans la canalisation, au fur et à mesure que cet excédent se produit.
- Pour cela, j’admettrai que la canalisation se termine à l’usine centrale par un cylindre d’un mètre carré de section droite et de 4 mètres de longueur.
- Une soupape* ouvrant de dedans en dehors et communiquant avec l’atmosphère ambiante, est placée au fond du cylindre.
- Un piston, actionné par un moteur, refoule ePcomprime l’air dans l’intérieur du cylindre, en augmentant successivement sa pression qui finit par atteindre celle de l’atmosphère. En ce moment, là soupape s’ouvre et le piston achève sa course en* refoulant la masse d’air qu’il a comprimée et qu’il rejette dans l’atmosphère.
- . Le calcul de cette machine a été fait par M.Boudenoot, en admettant que la compression de l’air, dans le cylindre d’extraction, ne développe aucune chaleur, cet air étant refroidi au fur et à mesure par des injections d’eau froide. -.#
- °K OTUv , , v ; -, ''
- C’est la compression dans un calorimètre. ' * £
- .«UiA'jf) floT
- (1) M. Boudenoot m’a écrit à la date du 26 décembre 1885, qu’il avait été ‘con-
- ' ; ; J f - J , i ' -r . , 5 s .
- duit à modifier le résultat des premières expériences’ de détente aux ~,;et a se : jnoi-,;v;.. .o^pnonf ur.;: _ -u..„--mnivo nu
- rapprocher de, la détente aux . v-...
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-
- 784
- Je vais d’abord reprendre ce calcul en supposant que la pression delà canalisation reste absolument constante.
- Quand le piston aura progressé dans le cylindre extracteur sur une certaine longueur y, la pression p de l’air comprimé et supposq complètement refroidi sera donnée par la loi de Mariotte :
- 1
- p(4-ÿ)=4x^=l,
- soit p = —-—.
- 1 4 — y
- Le travail de la compression sera :
- ry° *v
- l. 4 _ /. (4 _ y,).
- Mais, y0, limite où l’air comprimé atteint la pression atmosphérique, est donné par l’équation :
- 4 — y0 = 1, soit y0 = 3. L’intégrale ci-dessus aura donc pour valeur,
- LA — IA = IA.
- C’est le travail nécessaire pour faire franchir au piston les ^ de
- « ï" a>aa oh
- mî.io.î noveV;
- la longueur du cylindre.
- Pour le faire arriver à fond de course, il faut refouler, la pression atmosphérique sur la longueur d’un mètre, c’est-à-dire développer un travail égal à 1.
- .;(] f; ° HJ 7 fvO ; -7
- D’autre part, la pression constante de la canalisation a produit
- 1
- un travail égal à 7 X 4, c’est-à-dire égal à 1, pendant l’évolution 4
- du piston. ; é r
- Ce travail devant être compté en moins, on voit en définitive que le travail total T nécessaire pour rejeter dans l’atmosphère 4 mètres
- 1
- cubes d’air raréfié à la pression au moyen d’une pompe dont la
- K ; , -,îi .
- chaleur de compression serait enlevée au fur et à mesure de sa production, est précisément :
- "(if ' '** T = sr X IA — 1.386 ><: 10,368 == 14,370 kilo mètre.'
- C’est le résultat final indiqué par’ M. BoudenooC (page 409).
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-
- 785
- Il est ‘à remarquer que le1 travail de la pompe aspirante est égal à celui de la machiné''réceptribe défit le cylindre aurait la longueur 4/ ' 1 î ' ;t i'H-îiViJc*
- ‘ Je vais maintenant me proposer' de résoudre le problème au moyen de l’appareil ci-contre au fonctionnement duquel je vais appliquer la nouvelle théorie.
- Un cylindre vertical ctbcd, dont la hauteur est de 4 mètres et la capacité 'de 4 mètres cubes, contient) de!l’air raréfié à
- vide
- <f a
- poids du piston cd=r
- f
- la pression -j- et à là température 0.
- d'
- J’enlève le fond supérieur du cylindre, et pour maintenir l’air en équilibre, je remplace ce fond par un piston massif cd,
- dont le poids sera j, et au-dessus duquel
- , le vide sera censé exister. :. n: . i
- Le problème consiste à faire descendre le piston massif c d dans l’intérieur du • q un riiioü.- cylindre, en comprimant l’air jusqu’à la
- pression de manière à forcer la soupape s1, et à expulser tout le volume aérien contenu dans le cylindre. J u0 A
- Pour obtenir y erésultat, je place sur le piston cd un cêrtàin'pqids additionné! ÿ,ndo'htujè déterminerai plus loin la^aleur. *^ r .
- Condamnons d’abord la soupape s , et voyons ce" qui Và se "passer. T ,, .r, i t \ ... Ji&ssifi fît *..f
- L équilibre du système sera détruit. t
- Le piston cd va descendre dans le cylindre, -puisque son poids
- 27
- y- ~h q est supérieur à la pression de l’air raréfié qui n’est que 4
- de
- —. Il tombera d’une certaine hauteur y, en comprimant l’air, t et
- s’arrêtera dans une certaine position d d!, où sa vitesse verticale'
- s’annulera. .
- „ O’ur- . ; .v .vüâ, . - ,.. Mr ei;-- .-7^0'--hv-r . •r'isl-E.sh
- En ce moment la pression de 1 air comprime, sous le volume,
- aie
- abc'dr, sera ( 7-.-ko J (1 4-.,a6), conformément à la loi de Gav-Lussac; 0^ étant. le, ^egré^dejtempérature de la compression. |gî),y5
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-
- — 786
- Le piston c d ne pouvant rester en équilibre, dans la position c' dr, puisqu’il est sollicité de bas en haut par une force élastique supérieure à son poids, sera remonté jusqu’à sa position primitive, et l’air, en se détendant, reviendra à sa température primitive o.
- Puis le piston c d continuera à osciller verticalement entre c d et d d'.
- Ce mouvement oscillatoire, qui serait perpétuel, sans les résistances passives, est la conséquence immédiate de ce grand principe : Le travail mécanique se transforme, mais il ne s'anéantit pas.
- Voici comment les choses se passeront, si la soupape est condamnée, quel que soit d’ailleurs le poids additionnel q.
- Je vais d’abord analyser ce mouvement oscillatoire.
- Soit P la pression de l’air comprimé sous le volume (4 — y).
- La loi de Gay-Lussac donne,
- p = (ï+?) +
- La loi nouvelle donne,
- (S) p=ra -
- En égalant entre elles ces deux valeurs de P, on obtient une première équation,
- (6) (l + î) + =ÎT=W*’
- entre les 3 quantités q, y et 0.
- On en obtient une seconde en posant,
- (7) Ec86 =(f+?) 3^
- Celle-ci exprime à volonté, suivant le principe fondamental de la Thermo-Dynamique : ou bien que la chaleur de compression représente le travail perdu pendant la période de compression, ou bien que cette même chaleur représente le travail produit par la détente.
- Les équations (6) et (1) permettront de déterminer y et 0, pour une valeur quelconque de q,
- . .Déterminons d’abord ce poids q par la condition, 3!? ,
- P = ST; ,
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-
- — 787 —
- L’équation (5) nous donnera de suite,
- y == 2.
- L’équation (6) se réduira alors à,
- soit,
- (l + q) t1 + 31 °) =
- & . _ v>
- j +q — r+Tô*
- En reportant cette valeur de -{- q dans l’équation (7), elle deviendra,
- 2-sr
- Ec80 :
- ' 1 + a 6'
- Il est facile de voir que,
- Eco
- — a>
- avec les valeurs données précédemment.
- On a donc finalement, pour déterminer 0, 2
- œ 0 ==
- soit y.2 02 -J- y. 0
- 2.
- 1 -J- a 0’
- La racine positive de cette équation du second degré est,
- a 0 :
- 1,
- ce qui donne 0 — - — 270°
- Ce résultat est conforme à la théorie exposée dans le Dialogue n° 15, ou l’on démontre que le degré de chaleur de compression
- 1
- d’un gaz, dont le volume est réduit de 2 à 1, est égal à —.
- y.
- L’équation (6) nous donne enfin, en y faisant y = 2 et a 6 == 1,
- 2 (4 + cj) =
- soit*
- ï = T
- 4*
- Ainsi, avec un poids additionnel q = nous provoquerons^ chute du piston c cl sur une hauteur de 2 mètres • nous amènerons
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-
-
- la température de l’air comprimé au degré —et la pression de
- cet air échauffé atteindra une atmosphère. .
- Au moment où la vitesse verticale du piston c cl s’annulera en c' d, la soupape s s’ouvrira, la pression étant devenue égale de part et* d’autre. Théoriquement cette ouverture de la soupape peut être remplacée par l’enlèvement du fond a b du cylindre.
- Alors l’air comprimé ne trouvant plus de point d’appui sur le fond du cylindre pour remonter le piston c d, il est clair que ce piston descendra jusqu’en a b, en refoulant dans l’atmosphère toute la quantité d’air contenue dans le cylindre.
- On voit ainsi que pour résoudre théoriquement le problème, il
- suffît de remonter un poids à la hauteur de 4 mètres, c’est-à-dire de développer un travail égal à,
- (8) T = zo = 10,368 kilogrammètres.
- Ce travail est un minimum théorique; et il est à remarquer qu’il est précisément égal au travail théorique maximum* de la ‘machine réceptrice donné par la formule (2 bis).
- Ici se terminent les observations techniques que je tenais à présenter à la Société, au sujet de l’application de l’air raréfié, comme moteur, pour la petite industrie parisienne. ,t\ y ,)mr,
- C’est un complément de l’étude théorique de M. l’ingénieur Bou-denoot.
- Neuilly, 9 juillet 1885.
- APPENDICE
- JtJ '
- A la séance supplémentaire du 27 novembre 1885, où j’ai eu l’honneur de donner à la Société un résumé de ce mémoire,, M. le président de Comberousse a donné connaissance d’une (lettre de M. Mékarski dans laquelle cet ingénieur établit les deux propositions suivantes : mu mini.-
- 1° Un Ml. d’air agissant à la 'pression atmosphérique sur un piston!’y'derrière lequel on entretient une contre-pression dun quart d’al-
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-
-
-
- mosphère,. ne fournit ni plus ni moins de travail qu’un kilog. d’air à quatre atmosphères agissant sur un piston soumis de l’autre côté à la pression atmosphérique.
- 2° Inversement, le même poids d’air pris dans une canalisation d’air raréfié à ùn quart d'atmosphère et refoulé dans l’air extérieur absorbe, pour cette opération, autant de travail moteur que la compression d’un kilogramme d’air atmosphérique refoulé dans une canalisation à quatre atmosphères.
- Je profite de l’intervalle de temps compris entre le 27 novembre 1885 et la mise à l’impression de mon mémoire, et ce avec l’autorisation de notre honorable président de 1885, pour ajouter cet appendice dans lequel je me propose de discuter scientifiquement les deux propositions de notre collègue, M. Mékarski.
- En ce qui concerne la première ,! je suis complètement de son avis.
- En effet, la nouvelle théorie donne pour le travail d’un mètre cube d’air atmosphérique dans le cylindre de la machine réceptrice, avec contre-pression..d’un quart d’atmosphère.
- L'application1 !'dé cette théorie à un mètre cube d’air, moteur comprimé à 4 atmosphères, dans le cylindre de la même machine, avec contre-pression d’une atmosphère, donnerait : .-•, ;Hj j :.
- c’est-à-dire un travail quatre fois plus grand.
- Donc le travail par kilogramme d’air moteur serait absolument le même, dans les deux cas, comme M. Mékarski l’énonce dans sa première proposition.
- Mais en ce qui concerne sa deuxième proposition, je ne suis nullement de son avis. onf :- -p l
- Dans le cas de l’air raréfié, j’ai.démontré que l’on pouvait ^obtenir Légalité théorique entre le travail lait à l’usine centrale ;et .le.travail réalisé par les machines réceptrices, f,ou plutôt entjje le travail minimum de l’usine centrale et le travail maximum^des machine s réceptrices;-Co rvnvmq .îéV.l* V, \a:A u . çq ...,
- Aveoff’airWaréfié,queh que soit d’ailleurs le dégré de raréfaction,
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-
-
-
- — 790
- on peut donc obtenir, théoriquement la restitution dans.la machine réceptrice du travail dépensé à l’usine centrale.
- Mais cette restitution théorique n’est possible qu’avec l’air raréfié. Elle est impossible avec l’air comprimé. '
- Pour le démontrer reportons-nous à l’unique figure de ce mémoire.
- C’est un cylindre de 4 mètres de hauteur et dont la section droite est d’un mètre carré. Sa capacité est donc de 4 mètres cubes.
- Quand il est rempli de 4 mètres cubes d’air raréfié au quart, j’ai démontré qu’il suffisait de développer un travail théorique représenté par 1, pour expulser dans l’atmosphère ambiante ces 4 mètres cubes, qui se résument en un mètre cube d’air atmosphérique.
- Supposons maintenant le cylindre rempli de 4 mètres cubes d’air atmosphérique, et proposons-nous de réduire les 4 mètres d’air en un seul, c’est-à-dire d’obtenir un mètre cube d’air comprimé à 4 atmosphères.
- Le piston j, de la figure, au-dessus duquel le vide existe, devra être remplacé par le piston et pour obtenir le résultat cherché, il nous faudra placer sur ce piston sr un piston supplémentaire égal à 3 sr.
- Le piston total 4 v>,' suivant la théorie exposée ci-dessus, descendra dans le cylindre sur une hauteur de 3 mètres, et l’air réduit au volume d’un mètre cube, s’il conserve intégralement sa chaleur de compression, se trouvera comprimé à 4 Y, suivant la théorie actuelle, et à 4% soit 16 atmosphères suivant la théoiie nouvelle.
- Cette pression sera réduite à 4 atmosphères, d’après la loi de Mariotte, après l’évanouissement intégral de la chaleur due à la compression.
- Ainsi pour obtenir, ou pour employer une expression plus pratique, pour fabriquer un mètre cube d’air comprimé et refroidi à la pression de 4 atmosphères, il faudrait développer à l’usine centrale un travail représenté par l’élévation du poids 3 ts à la hauteur de 4 mètres, soit un travail égal à 12, puisque nous prenons ici pour unité le zs kilogrammètre.
- Quel sera maintenant le travail théorique restitué à la machine réceptrice?
- Il est donné par la formule (6); et si nous faisons dans cMle for *
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-
-
- — 791 —
- 4ème
- mule X = 2, longueur correspondant à la détente au nous au-
- o
- rons :
- T = 8 -T- | — 2 = 4.
- D’où il résulte qu’avec l’emploi de l’air comprimé à 4 atmosphères, le travail théorique développé^à l’usine centrale serait 12, alors que le travail restitué par la machine réceptrice ne serait que 4.
- Ce qui démontre l’inexactitude de la deuxième proposition de M. Mékarski.
- Cela du reste se comprend a priori et sans le secours du calcul en observant que dans le cas de l’air raréfié, la chaleur de la compression peut être utilisée pour la propulsion de l’air de la canalisation dans l’atmosphère, tandis que dans le cas de l’air comprimé, la chaleur de compression ne peut être utilisée pour le jeu de la machine réceptrice, puisqu’elle se perd presque intégralement par radiation.
- Neuilly, 23 mars 1886
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-
-
- EMPLOI DE LA DYNAMITE
- POUR LE
- SAUTAGE DES GROSSES MINES
- PAR
- M. G. CERBELAUD
- On a beaucoup parlé, dans ces derniers temps, des gigantesques travaux sous-marins, entrepris dans la rade de New* York, pour faire sauter les récifs de Hell Gâte (porte de l’Enfer), tqui rendent la navigation dangereuse en cet endroit. i;:'
- Les publications techniques , qui ont donné une description détaillée de cette opération, nous apprennent que la hiine qui a fait sauter l’écueil de Hell Gâte connu sous le nom de Flood-Rock comportait une charge totale de 137 tonnes environ d’explosif, divisée en 45,000 cartouches de 3 kilogrammes chacune. Le général Newton qui fut chargé de ce remarquable travail est le même qui se distingua, il y a quelques années, par la destruction des rochers de Ballets Point, voisins de celui de Flood-Rock. Cette première mine, tirée le 24 septembre 1876, ne contenait que 49,915 livres d’explosif; elle constituait la continuation du travail de déblaiement sous-marin de Hell-Gale, commencé, il-,yü andéjà une quarantaine d’années, par un de nos compatriotes MioMail-lefert.^' ou- - -i mob ^snim toer-
- Cet événement a appelé de; nouveau l’attention suivies services queypeuvent rendre, dans les travaux publics, les explosifs modernes,; s pour le sautage des mines à forte charge ou grosses (mines. Ces? grosses>mines sont employées, avec isuccès toutes les fois qu’il
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-
-
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- s’agit d’opérer, d’un seul coup et sans projections, le déplacement de grandes masses de terrains. Ajoutons que, grâce à la composition de la dynaiiiite''employée/pôurHes travàùxdde cette nature, on peut, comme nous le verrons plus loin, obtenir les déblais résultant de l’explosion en blocs plus ou moins volumineux suivant l’usage auquel on les destine.
- Sans parler des mines exceptionnelles, comme celles de la baie de New-York, il nous a semblé qu’il pourrait «être intéressantcde dire quelques mots d’opérations de sautage, de proportions plus modestes, mais où cependant la quantité d’explosif employé à la fois est encore assez considérable pour leur valoir le nom de grosses mines, et qui, dans tous les cas, se rencontrent plus souvent dans la pratique ordinaire des travaux.
- L’usage de ces sortes de mines n’est pas, d’ailleurs, une nouveauté; et, en France même, nous pouvons citer entre autres, la tranchée de Cerbère (Pyrénées-Orientales) ouverte au moyen d’une mine chargée de 900 kilogs de dynamite, les travaux du Frioul pour 1 extraction des blocs destinés au port de Marseille, où l’on a tiré des < mines chargées de 1,400 kilogs de dynamite, etc.
- Quoiaqu’ilienAsoit, les gi'osses mines n’étaient, en quelque sorte, jusqu’à ces dernières années, que l'exception , tandis que maintenant ce procédé- tend à entrer de plus en plus dans 4^’pratique courante’ 'desr grands'i/travaux, Y Ymo on oML-t “
- A Panama]'par exemple, on a déjà fait sauter>plusieurs grosses mines pour activer l’avancement des tranchées- profoi)des, et se procurer, en même temps, des matériaux de construction:
- En Italie, grâce à l’initiative prise par les Sociétés1 de dynamite Nobel, l’emploi des grosses mines s’est rapidement répandu : au port de Savone, au port de Gênes et dans divers 'travaux militaires, on en a fait usage. / •»'•£ ,n,av «vw:.. vu;
- C’est là que nous choisirons les exemples qui font l’objetr de cette communication. ’iiah- unie r né
- Choix de- la dynamite à employer.—Avant de' décrire les grosses mines dont nous voulons parler, disons quelques mots-de F explosif Ajù’iP convient'-d’employer pour les charger iaD
- NouSnë referons pas à 'ce 'sujet l’histoire des dynamites 7et !1?énué mératiom*de^leùrs; -avantages relativement à;da poudre'hroiré brdi^ naire. Cette étudètesh-déjà connue de vous, grâce aux remarquables
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- travaux et communications de nos collègues MM. Brüll, Barbe, Caillaux et Aug. Moreau.
- Nous voulons simplement déterminer la raison qui fait préférer pour le chargement des grosses mines l’explosif désigné sous le nom de Dynamite n° 3 de Nobel.
- La dynamite ne 3 renferme de 20 à 23 0/0 de nitroglycérine associée à une poudre binaire à base de nitrate. M. Brüll donne la composition suivante pour la dynamite n° 3 fabriquée à Paulille :
- Nitrate de soude. . . 70
- Charbon................. 10
- Nitroglycérine.... 20
- 100
- La chaleur d’explosion de cette Substance développe 740 calories et le volume de gaz dégagé est de 370 litres par kilogramme (1).
- C’est un explosif à faible teneur en nitroglycérine et à base active.
- L’effet utile obtenu avec cette dynamite employée en grande quantité, est assurément supérieur à celui de la dynamite n°l (à 75 0/0 de nitroglycérine). Il s’agit, en effet, de soulever une grande masse de terrain, pour la diviser, la fragmenter, en évitant les projections, ce que la dynamite n° 1 produirait infailliblement.
- Pour nous servir d’une comparaison vulgaire, qui peint bien la différence d’action des deux dynamites, nous dirons : pour briser un carreau, il suffît d’un coup de poing, tandis qu’une balle de revolver le traverserait en n’y faisant qu’un petit trou.
- Quelques mots de la théorie de Malher. — Un praticien autrichien, M. Jules Malher, a donné, sur l’action produite par les diverses dynamites, une théorie ingénieuse, qui peut paraître un .peu subtile, mais qui, néanmoins, se vérifie assez bien dans la pratique.
- t« Les dynamites , dit-il (2)., font explosion avec une immense 'rapidité, et, dans un temps infiniment court la décomposition des gaz s’opère, qui se répandent dans toutes les directions avec une
- (1) A Brüll; Étude sur la nitroglycérine et la dynamite, (Extrait des mémoires de la Société des Ingénieurs Civils, 1875).
- (2) Jules Malher, La technique de sautage, Vienne 1878.
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- force uniforme. II.en résulte que dans le milieu ambiant se produit un espace d’explosion sphérique dans le centre duquel se trouvait la charge, dont l’entourage immédiat a été brisé et autour duquel on voit des fissures radiales et tangentes.
- » La poudre de mine fait explosion plus lentement; les premiers gaz produits agrandissent l’espace de charge et opèrent des fissures radiales, qui sont progressivement élargies par les gaz développés ultérieurement.
- » Dans les mines sautées , on peut observer les résultats suivants :
- 1° La sphère de trituration,
- 2° La sphère de dérangement,
- 3° La sphère de rupture.
- » Plus la matière explosive était brisante, plus grandes seront, — toutes choses égales d’ailleurs, — les deux premières sphères ; avec un décroissement de la qualité brisante de l’explosif employé, décroissent les capacités cubiques des deux premières sphères, et par contre croît la sphère de rupture.
- ..... La dynamite n° 3 produira des triturations très petites,
- une sphère moyenne de dérangement et une très grande sphère de rupture.
- » La dynamite n° 1 (1), au contraire, montrera des triturations plus considérables, un dérangement de la même grandeur et une petite sphère de rupture. La dynamite n° 3 aura produit de grands blocs et ébranlé la cohérence de la masse à une grande distance, les pierres en résultant peuvent servir de pierres de taille ou a bâtir. La dynamite n° 1, au contraire, aura fait beaucoup de nouvelles ruptures, réduit par conséquent les pierres en petits morceaux et ébranlé moins loin.
- » Cette différence dans l’effet produit résulte de la nature des deux matières; dans le n° 1 prévaut la quantité de nitroglycérine, dans le numéro 3 le corps absorbant (une poudre déminé mélangée mécaniquement). Les fortes dynamites : dynamite-gomme, dynamitesiJh0S 1 et 2, triturent et rompent les parties avoisinantes de la charge,*-et leur effet est exactement limité. Les sortes-n08 3 et 4 (dynamites faibles) ne triturent que dans le voisinage immédiat, mais font des ruptures au loin vers les couches ouvertes.
- (1) La dynamite n° 1. est formée de 75 0/0 de nitroglycérine et de 25 0/0 de silice (ldeselgukr). t, ; v
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- » En un mot, l’effet des dynamites fortes est brisant, celui des dynamites faibles poussant. oiü;
- » Par suite, pour percer ou foncer des puits ou galeries étroites dont la perforation exige beaucoup.de temps et d’argent, .les fortes dynamites sont préférables. En les appliquant exactement,les plans avoisinants ne seront pas gâtés et les travaux subséquents faciles. >
- » Pour l’élargissement de tunnels, pour l’exploitation de pierres de taille et à bâtir, pour de larges tranchées, on doit préférer les dynamites moins fortes.
- » Pour d’autres corps, il faut aussi d’autres dynamites ; ainsi, pour faire sauter dubois ou du fer pari des. t cartouches posées librement sur leur surface, on se sert des dynamites les plus fortes, parce que dans ce cas, on n’a besoin que de la force brisante. En général, on peut dire, en principe, que, plus il faut de force brisante ou écrasante pour faire sauter une mine, plus forte doit être la dynamite, et par contre, lorsqu’on n’a en vue! qu’une simple disjonction, moins forte doit être la dynamite à employer, y .
- -uo "oui ,:iriv.O
- Description de quelques grosses ; mines. Nous arrivons maintenant à la description des mines italiennes que nous.,avons citées plus haut. Nous nous occuperons successivement de la Mine de Vado,, pour les travaux du port de Savone; de là Mine de. Gênes, également pour les travaux du port de cette ville ; et|, enfin des mines du Bruciato et du Lodrmo inferiore, pour la construction des forts dits Passo del Giovo dans la Ligurie.
- !i‘l0 Mine de ^ Vado. L’entreprise Caréna etParodi, qui est chargée de la construction du nouveau port de Savone, tire les matériaux nécessaires â ce travail, — c’est-à-dire les blocs et les piêrresf — de'ria barrière !de Bergeggi, située sur le bord de la mer en face le phare de Vado. - „-}jm
- Outre les nombreuses petites mines qu’on creuse dans cette carrière, on y établit aussi de temps en temps, surtout dans les
- endroits où les parois atteignent une certaine hauteur (30 à 50 métrés)', \dé’'grosses'1minés "hui avaient "été, àri’orihmèiritoujours ' qs o,.u ( .mu . , • -> •....... omnhugèi fnhmoni
- chargées avec de la poudre noire. v U1 ’Cest au mois de juillet 1883 qu’on employa polir’la?première fois
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- la dynamite pour le sautage d’une de ces grosses mines. Cette opération nécessita l’emploi de 3,000 kilogs de dynamite n° 3. ((
- Installation de la mine. —Dans une paroi d’une hauteur de 33 à 40 mètres et à 8 mètres au-dessus du niveau de la carrière, on avait d’abord poussé une galerie a 6 de -16 mètres de long (pl. 110, fig. 1 et 2), au bout de laquelle on avait pratiqué normalement sur la droite une galerie transversale c d d’une longueur de 6 mètres; puis on avait fait un ressaut de 2 mètres au-dessous du sol de cette transversale et, de là on avait continué une galerie d f de 5 mètres de long, dans une direction parallèle à la première galerie de 16 mètres. A son extrémité, on avait pratiqué sur la droite un puits de 2 mètres de profondeur et de 1"\50 de diamètre qui devait servir comme chambre de mine.;
- Ainsi, la chambre se trouvait à 4 mètres au-dessus du sol de la carrière et à 21 mètres dans l’intérieur de la paroi ; laquelle avait une hauteur de 36 mètres au-dessus delà chambre, soit 40 mètres au-dessus du sol de la carrière. (Fig. 2). La ligne de moindre résistance avait, par conséquent, 21 mètres.
- La galerie d’accès avait, sur toute sa longueur jusqu’à la chambre, 2 mètres ! de hauteur et lm,20 de largeur, dimensions surpassant de beaucoup celles qu’on devrait employer en pareil, cas. La chambre‘dekmine ne se trouvait pas dans le rocher compact, j mais une couche sableuse d’environ 0m,30 le traversait et sortait à la surface, à quelques mètres au-dessous de la galerie d’accès; en outre, de la partie supérieure descendaient des fissures remplies de terre qui pouvaient faire craindre un échappement des gaz au moment de l’explosion. En résumé, la mine ne se,.trouvait pas dans de bonnes conditions. eum,;-:, n
- ' 'U UU ; • :
- Calcul de la charge. — Pour calculer la charge de dynamite, on se sert de la formule '
- h mué ÀrouiuR • P ==t> c m ; .
- "*3 ’momûfi . , . : . j MJ9
- dans laquelle;P ;est ler.poids de là charge en kilogrammes, m laligne
- de moindre résistance en mètres, et c un coefficient qui variemvec la nature du.^terrain et la sorte de dynamite employée. Il . esidonc
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- essentiel de le déterminer par quelques expériences préliminaires et en observant l’effet des premières explosions.
- Pour les dynamites faibles, M. Barbe donne pour c les valeurs suivantes, qui peuvent servir de termes de comparaison (1) :
- Pour une vieille maçonnerie très ferme ... 1,00
- Pour le grès dur. . ........................0,70
- Pour le grès tendre.........................0,45
- Pour les roches moins résistantes...........0,36
- . C’est en appliquant la formule précédente au calcul de la charge de la mine de Yado qu’on détermina le chiffre de 3,000 kilogs indiqué plus haut.
- Chargement. — La dynamite arrivait sur les lieux dans les caisses qui servent ordinairement aux expéditions de cette matière. Chaque caisse contenait un sac paraffiné renfermant 20 kilogrammes de dynamite. Le chargement était dans ces circonstances, une opération très facile. On forma dans la galerie qui conduisait à la chambre de mine, une chaîne d’ouvriers lesquels se passaient entre eux un sac après l’autre. Le chef mineur se trouvait seul dans la chambre où il recevait les sacs pour les placer dé manière qu’ils fussent bien adossés aux parois et bien serrés entre eux.
- Lorsqu’il y eut une première série de sacs de dynamite sur le fond de la chambre, on installa juste au centre une amorce de fulmicoton de 4 mètre de longueur, qui resta debout au milieu et qu’on mit en communication avec plusieurs capsules qui se trouvaient unies, à leur tour, avec un fil électrique et une mèche de gutta-percha. Cela fait, on continua à remplir tout le vide jusqu’à ce que la chambre contînt toute sa charge de 3,000 kilogs. Cette première partie de l’opération, y compris l’amorçage, fut effectuée en 3 heures.
- Bourrage. — L’espace vide qui restait dans la chambre au-dessus de la charge fut rempli avec des sacs de sable. On fit ensuite une première clôture consistant dans un mur de ciment pur de 2m,50 de longueur, puis on continua à maçonner la galerie avec des pierres et du ciment jusqu’à "2 mètres en arrière 'du ressaut
- r-"' *l! ;îl O- t;i•. • çVu.Rvr. ,-t'Oqu'i.iii ?.-
- (1) Barbe, Manuel dit Mineur. Paris 1880.
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- et à partir de là on employa simplement de la maçonnerie à pierre sèche jusqu’au point où commençait la traverse. Alors, entre le mur à pierre sèche et la paroi opposée de la galerie ab, on intercala, comme dernière résistance, de forts morceaux de bois. La première galerie seule restait donc vide.
- Ce travail, vu les dimensions exagérées des galeries et la crainte qu’on pouvait avoir que la charge ne vînt à partir par là, occasionna une dépense considérable de ciment.
- Allumage. — L’amorce de fulmicoton installée au milieu de la charge avait été mise en communication avec diverses capsules lès unes destinées, à enflammer la charge au moyen de l’électricité, les autres, le cas échéant, par une simple mèche de sûreté. Pour protéger les deux fils isolés et les deux mèches de sûreté dans leur trajet jusqu’au, dehors, on les avait introduits dans des tuyaux de plomb de 3m/m de diamètre.
- Tous ces travaux furent exécutés depuis le 5 juillet jusqu’au 8 au matin, jour fixé pour le sautage. Alors, à l’heure indiquée (11 heures du matin), en présence d’un grand nombre d’invités et d’un grand concours de spectateurs, la machine électrique étant en place et reliée aux fils conducteurs, trois pétards de dynamite donnèrent le signal de l’explosion. On imprima une trentaine de tours à la manivelle de la machine électrique, une légère pression fut faite sur le bouton et aussitôt on entendit une détonation sourde qui fut suivie du fracas des blocs* roulant au bas de la montagne.
- Effets produits et coût de l’opération. — L’effet produit par l’explosion fut plus considérable qu’on ne. l’avait espéré. La sphère de rupture qu’on voulait obtenir avait été circonscrite à la surface par des piquets. Non seulement la montagne avait cédé jusqu’aux points marqués, mais encore au sommet, elle présentait de larges • fissures à 15 ou 20 mètres en arrière de la chambre. La masse détachée comportait environ 20,000 mètres cubes de . .déblais,;-chiffre répondant aux exigences de l’entreprise. Enfin, aucune projection ne s’était produite. s. , • . ,
- Pour le sautage de la mine de Vado, la Société de dynamité,, qui exploite l’usine d’Avigliana près de Turin, avait traité à forfait avec l’entreprise des travaux, dans les conditions suivantes :: '
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- L’entreprise avait exécuté tous les travaux préparatoires, c’est-à-dire qu’elle avait établi les galeries d’accès et la chambre de mine. Tout le reste, savoir : fourniture et transport des matières, chargement, bourrage, allumage, etc., restait à la chargé de la Société de dynamite, qui endossait en outre la responsabilité de tous les dommages que l’explosion aurait pu occasionner au matériel de l’entreprise ou aux propriétés voisines. La Société de dynamite s'engageait enfin à fournir un minimun de déblais de 15,000 mètres cubes (lequel fut largement dépassé, comme nous venons de le voir). Le tout moyennant la somme de 4,000 francs qui ne représentait même pas le prix de la charge de 5,500 kilogrammes de poudre qu’on voulait employer primitivement. Ce prix fait ressortir à 0 fr. 20 le mètre cube de déblais produit, sur un total de 20,000 mètres.
- 2° Mine de Gênes. — Le succès delà grosse mine tde Vado, amena, dès le mois d’août 1883, l’entreprise des travaux du port de Gênes à traiter avec la Société de dynamite Nobel d’Avigliana pour le sautage d’une mine encore plus importante.
- Installation de la mine.— Les dessins qui accompagnent cette note (pl. 110, fig. 3, 4, 5 et 6) donnent une idée assez exacte de la disposition de cette mine. On avait déjà excavé tout le front de la carrière sur une profondeur variant de 20 à 26 mètres, en laissant seulement debout 8 piliers comme supports. Dans la partie gauche, les piliers 1, 2, 3 et 4 ffig. 3) étaient tellement affaiblis qu’ils résistaient à peine à la pression de la montagne surplombante. Çette partie en surplomb visible dans la coupe E F (fig.6), s’appuyait à gauche sur la montagne et à droite sur le pilier du milieu n° 5.
- A une hauteur de 28 mètres environ f Fig. 5 ) , on poussa la galerie d’accès horizontalement, mais en formant zigzags, comme il est indiqué sur le plan. Elle était beaucoup mieux faite qu’à Vado; ses dimensions (lm,50 X0ra>90) permettaient simplement le passage d’un homme, et tous les angles étaient exécutés bien reçtangulai-rement. Au bout de cette galerie, on creusa un puits d’un nrntre de diamètre et de 8 mètres de profondeur, qu’on élargit au fond de manière à obtenir une chambre de mine de 5? mètres cubes environ. ..... (! , .....
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- Chargement et sautage. — La charge, calculée comme précédemment, fut fixée à 5,000 kilogrammes de dynamite n° 3.
- L’opération du chargement fut commencée le 24 août et tout était prêt pour le sautage le dimanche 26 août au matin. Chargement, bourrage, mise de la conduite électrique et des mèches, tout avait été exécuté comme à Vado, avec cette seule différence qu’au lieu d’une amorce de fulmicoton, on s’était servi d’une caisse de dynamite-gomme qu’on avait divisée en deux amorces. Quant au bourrage, une fois la charge de 5,OUO kilogs à sa place, on mit une série de sacs de sable pour remplir le vide existant dans la chambre de mine, puis on remplit également tout le puits de 8 mètres avec du sable, et arrivé à la galerie d’accès, on boucha avec de forts morceaux de bois et avec un chapeau en ciment. Ensuite, on maçonna la galerie comme à Yado, en plaçant encore sur les angles des verrous en bois jusque derrière le cinquième angle à 10 mètres de distance à partir du puits.
- Le 26 août, à midi, la mine sautait. Le résultat de l’explosion dépassa toutes les prévisions. Les piquets qu’on avait placés pour marquer le rayon que la mine devait abattre avaient été tous entraînés par l’éboulement de la montagne qui avait cédé jusqu’à 10 mètres en arrière de la chambre. La sphère de rupture est indiquée sur la figure 3 par les lettres a, 6, c, d, e, /’. Aucune projection n’avait eut lieu.
- Le rendement avait atteint l’énorme chiffre de 120,000 mètres cubes de déblais ('blocs et pierresj. On ne peut toutefois, tirer de ce chiffre aucune conclusion sur le prix de revient, la Société de dynamite Nobel ayant exécuté le sautage et fourni la dynamite pour la somme totale de 8,000 francs, et de son côté, l’entreprise Ossesia ayant mis à la disposition de la Société de dynamite tout le personnel et le matériel nécessaires au chargement et au bourrage. “
- 3° Mines du Bruciato et du Lodrino. — Bruciato et Lofirino ne sont'pas des localités proprement dites; ce sont de simples lieux dits,'sur lesquels le génie militaire italien établit actuellement des forts, casernes, etc. Ils font partie d’un groupe de forts dits « Passo'dek'Giovô, » en‘“Ligurie, dominant Varazzè surka mer et Sassello dans l’intérieur. — Ces mines ont été exécutées Bull. 53
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- pour aplanir des collines et se procurer les matériaux nécessaires à diverses constructions militaires.
- Mine du Brueiato. — Il s’agissait d’excaver et d’aplanir un monticule représenté en plan et en coupe sur le dessin (pl. 110, fig. 7 et 8). Ce monticule avait une hauteur totale de 16 mètres comprise entre les altitudes 602m et 618m. Chaque versant était-limité par des parois presque à pic, présentant des ressauts de peu de largeur et d’une grande hauteur.
- L’excavation devait être exactement limitée au nord et au sud par deux lignes, distantes d’une vingtaine de mètres, sur lesquelles on devait établir des murailles. En outre, on avait le plus grand intérêt à ne pas trop bouleverser la surface à aplanir et qui devait recevoir ultérieurement des constructions.
- La nature du terrain est indiquée dans la coupe A B (fig. 8). C’est d’abord, en partant du sommet, une légère couche de terre végétale recouvrant une agglomération de cailloux cimentés naturellement. Ce conglomérat devient un véritable poudingue à mesure qu’on descend. Le tout traversé de fentes et de bancs de tuf qui pouvaient malheureusement donner une issue partielle aux gaz de l’explosion.
- On établit le sol de la chambre de mine au niveau 604 mètres, juste au-dessous du sommet du monticule (618 mètres). La ligne de moindre résistance se trouvait être, par suite, de 14 mètres. La galerie d’accès était analogue à celle de Yado.
- La charge théorique, calculée toujours d’après les mêmes principes que précédemment était de 1,386 kilog. 66. On la . porta à 1,500 kilogrammes en raison des nombreuses fentes qui faisaient craindre un résultat peu satisfaisant.
- - La composition de l’explosif employé différait un peu de celle indiquée pour la dynamite n° 3 de Nobel. Il était formé de :
- Mi-partie 85 poudre binaire (nitrate de soude et charbon),
- — 15 nitroglycérine; J " -
- Et mi-partie 90 poudre binaire ("nitrate de soude et charbon)’"
- — 10 nitroglycérine. --4, - • •
- La charge contenue dans des sacs paraffinés i fut disposée comme
- f" . f T , f
- dans les mines^precedentes. L amorce était formée_par^un bk)c
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- de gélatine explosive (dynamite-gomme) de 5 kilogs, an centre duquel étaient placées 4 cartouches (de 30 grammes chacune) de fulmicoton destinées à recevoir deux capsules électriques et deux capsules"ordinaires, celles-ci fixées sur une mèche gutta-percha.
- Le bourrage, d’une longueur totale de 8m,60, fut d’abord constitué par un remplissage en béton et en ciment depuis la partie supérieure de la charge jusqu’à la voûte de la galerie, puis avec de la maçonnerie à pierre sèche jusqu’au dernier coude de la galerie qui était fermée par un anneau en maçonnerie de ciment.
- L’explosion eut lieu le 15 septembre 1883. L’effet fut tel qu’on pouvait le désirer. Toutefois, il ;se produisit de nombreuses fentes au delà de la limite sud. L’éboulement, comme l’indique la figure 8 eut lieu du côté du versant ouest; quoique fendue en nombre d’endroits, la paroi est resta débout. Les effets de projection furent nuis.
- Mine du Lodrino inférieur. — Le but de cette mine était exactement le même que pour la précédente. Il fallait excaver et aplanir une-zone dé terrain d’une assez grande étendue représentée en piàii'ct en coupes dans notre dessin(pl. 110, Fig. 9,10, 11 et 12). .
- Au sommet; le terrain était presque horizontal et à la cote 664m,12. !Au nord,'la zone était limitée à une paroi découpée par deux grand s gradins dont, la surface plane intermédiaire- atteignait la hauteur moyenne de 656m,50. La base de la paroi était à l’altitude de 64Qm50-. L’étendue de cette zone variait / entre 42 et 47 mètres de l’est à l’ouest, et entre. 20 et 40 mètres du nord au sud.
- Le .terrain était formé de trois couches peu inclinées sur la verticale. La couche supérieure renfermait plusieurs espèces de calcaires très durs mélangés dei quartz; celle du milieu était, de serpentine tendre et la couche inférieure d’un : conglomérat de gros rocs très fendillés. • h:-:- : t.• v;;; -.b.b-:.
- Pour, obtenir d’un seul coup l’excavation voulue, on jugea àpro-pos de faire trois puits de mines dont lé; fond atteignait, pour tous les trois, lé; niveau 65.0 ; mètres, de sorte que la ligne de moindre, résistance était dèb 14*12v La disposition des. fourneaux. et la ai-, rection des . galeries sont représentées en détail dans, le dessin. >b'
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- Les calculs de charge donnèrent les résultats suivants
- Pour le fourneau n° 1 : 1.400 kilogrammes qu’on porta à 1,500 kilogrammes pour vaincre les résistances latérales ;
- Pour le fourneau n° 2 : 1,386 kilog. 66, qu’on réduisit au contraire à 1,300 kilogrammes, car, dans ce cas, il ne s’agissait que d’obtenir un grand entonnoir entre les fourneaux 1 et 3/
- Pour le fourneau n° 3, enfin : 1,400 kilogrammes, mais comme cette charge était destinée à déplacer tout l’éperon situé vers la limite est et formé de roches très dures, elle fut portée à 1,600 kilogrammes. — Soit au total, 4,400 kilogrammes de dynamite de même composition que pour Bruciato.
- Le bourrage et l’amorçage furent aussi les mêmes que pour cette dernière mine.
- L’explosion simultanée des trois charges eu lieu le 7 octobre 1883. Elle réussit parfaitement. Le dessin représente la nouvelle forme du terrain, pour chaque section, après l’explosion. Les effets de projection furent nuis.
- Prix de revient et rendement. — Il n’a pas été possible pour ces deux mines, de même que pour les précédent es, d’établir un détail du prix de revient de chaque opération. La fabrique d’Avigliana n’a eu en effet, à fournir que la dynamité'’et’ les accessoires nécessaires pour le sautage; les autres travaux de1 galerie et de bourrage ayant été exécutés par le génie militaire. Mais on peut affirmer, par l’expérience acquise dans les travaux de sautage auxquels ceux que nous venons de décrire ont servi de type, que le prix de revient, sur le carreau de la carrière, des matériaux extraits au moyen des grosses mines, varie entre 0 fr. 15 et 0 fr. 20 le mètre cube de'déblais produits , lesquels peuvent renfermer jusqu’à 80 0/0 de matière utilisable.
- Quant au rendbment, on peut l’estimer, pour les mines bien établies, et dans les conditions normales, de 15 à 20 mètres cubes
- de déblais par kilogramme de dynamite emplovée. ''
- •• A " o es-
- uü-r-âe ; :
- Conclusions. — Il resuitede ceî qui précédé que" l’usage des
- grosses mines dans l’exécution dés grands travaux'publics est de nature faire réaliser une sérieuse économie dans la main-d’œuvre et dans l'extraction des matériaux de carrière, tout en per-
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- mettant d’accélérer beaucoup le travail. Pour ces diverses rai-
- r ( 1 1 rï :
- sons, il doit être sérieusement recommandé.
- ’ i. - U». Mivro..,,1.,! \Hjy i i ;
- En terminant, disons encore un mot de la mine de Hell Gâte qui, avec^ses 45,000 cartouches, n’est pas, à proprement parler, une grosse mine, du type de celles dont nous venons de nous occuper.
- On peut se demander tout d’abord, pourquoi le général Newton n’a pas adopté, pour ce travail, le système des mines à fortes charges en puits et en galeries, ce qui eût diminué considérablement la dépense.
- La réponse est facile. Le but à atteindre à Hell Gâte n’était pas du tout le même que dans les travaux décrits plus haut. Il ne s’agissait pas, en effet, d’obtenir des blocs propres à la construction, mais bien de débarrasser à tout prix la rade des récifs qui l’obstruaient, en réduisant ces récifs en fragments aussi menus que possible qui pussent être enlevés ensuite facilement par voie de dragage. On a dû, pour cela, créer dans toute la roche un très grand nombre de centres d’explosion, devant produire, eu égard à la force de l’explosif ^employé, autant de sphères de trituration, pour nous servir,.de l’expression de Malher. C’est ce qui explique le prodigieux travail, de perforation auquel il a fallu d’aoord procéder,pour découper le rocher comme un véritable gâteau de miel, dans lequel on a,.pratiqué ensuite les 45,000 alvéoles destinées à recevoir les cartouches.
- Dans un cas comme dans l’autre, qu’il s’agisse de creuser des tranchées ou des ports, d’obtenir des blocs utilisables' ou de rèdûire en poussière de redoutables récifs, on doit' reconnaître que les explosifs modernes, et en particulier les dynamites, sont Jseùls! capables d’assurer pratiquement de semblables résultats. *
- , .sïoù.bïïi ai O'V ; i j
- Il nous a paru, par suite, équitable de ne pas négliger cette occasion, de^rendre encore hommage à notre éminent collèguë'M. Alfred Nobel, qui, le premier, a doté le génie civil de ces incomparables moyens d’action, ainsi qu’aux Ingénieurs, — et pârnii eux se trouvent aussi plusieurs de nos collègues, ment contribué à en généraliser l’emploi.
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- qui ont puissam-
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- Novembre '1885. x; ,:
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- NOTICE
- SUR LA
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS
- PAR
- M. A.-C. BENOIT-DUPORTAIL
- i , -
- A la suite de la mort de mon camarade de promotion et ami Louis Richard, qui a eu l’honneur d’être Président 'de la Société en 1876, l’idée m’est venue de voir combien nous hvons perdu de nos camarades et combien il reste de survivants, dont les plus jeunes ont maintenant soixante-un ans. Le nombreides morts de la promotion 1844 de l’École Centrale est de dix-sept' êt celui des survivants de vingt-neuf, sur un total de quarante-six, c’est-à-dire que le tiers d’entre nous, plus deux, manque à l’appel. ’ mEn faisant le même releAm pour la première » promotion de la Société, la promotion de 1848, dont je fais partie, onJtrouve que, sur les cent trente-cinq sociétaires admis définitivement à cette époque et qui1 figurent sur l’Annuaire, la mort en a enlevé soixante-dix-neuf, soit cinquante-huit et demi pour cent, et qu’il n’en reste que cinquante-six, soit quarante-un et demi pour cent. R
- ' Cette forte proportion Ale mortalité pour les fondateurs de la Société s’explique très bien par ce fait que nous^étions rtous de tout jeunes gens en sortant de l’École Centrale, tandis qu’une grande partie des fondateurs de la Société étaient déjà des hommes faits et quelques-uns même des vieillards il y a trente-sept ans.
- Mes souvenirs se reportant ainsi à l’origine de la Société, j’ai pensé qu’il ne serait pas hors de propos, non pas det faire son
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- histoire, mais une notice sur son origine, ses débuts et ses développements, au moyen des notes que je possède, comme ayant eu l’honneur d’en être membre dès le premier jour, et des renseignements très intéressants qui nous ont ôté donnés par nos présidents, MM. Eugène Flachat, Emile Muller et Ch. de Combe-rousse.
- ORIGINE DE LA SOCIÉTÉ
- Lors de la Révolution de février 1848, les élèves de l’École Centrale se sont demandé, comme cela était naturel en pareille circonstance, ce qu’allait devenir l’École, ce qu’allait devenir la profession d’ingénieur civil et quel serait notre rôle dans la nouvelle organisation sociale qui se préparait.
- Un grand nombre d’entre eux pensèrent que, en tout cas, le moment était venu de se grouper fortement et de constituer définitivement une Société des Ingénieurs sortis de l’École Centrale, comme on avait déjà tenté bien des fois, mais sans succès, de le faire.
- C’est le 4 mars 1848, comme l’ont rappelé, le 7 juin 1872 et le 19 juin 1885, nos Présidents, MM. Emile Muller et Ch. de Combe-rousse, que MM. Alcan, Ch. Callon, Faure, Laurens et Thomas se sont rencontrés sur la place de l’Hôtel-de-Ville, et résolus à fonder la Société, ont dit : Cela sera.
- MM. Alquié, Arson, Alexis Barrault, Benoît-Duportail, Victor Bois, Blard, Boudsot, Bricogne, Chabrier, Chevandier de Valdrôme, Clémandot, Deligny, Forquenot, Ganneron, d’Hamelincourt, Jullien, Loustau, Félix Mathias, de Montcarville, Nozo, Jules Pétiet, Camille Polonceau, Francis Pottier, Priestley, Scribe, Emile Trélat, Valérie, Yvon-Villarceau et un grand nombre d’autres, se joignirent à eux avec empressement. ,i;;
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- ORGANISATION PROVISOIRE, PREMIERS''STATUTS!
- ; < ' • ; \i'\ \[.
- , Une Assemblée générale eut lieu immédiatement dans ,1m des amphithéâtres de l’École Centrale, avec Passentiment deM. Lavallée et du Conseil de l’École.
- Le bureau provisoire, composé de :
- MM. Ch. Callon, président ;
- Faure, secrétaire-rapporteur ;
- C. Laurens;.
- A. Boudsot;
- et F. Scribe, ' A;:f ^
- fut autorisé à s’adjoindre un certain nombre de camarades pour rédiger un projet de statuts qui fut présenté le PI mars à une seconde Assemblée générale tenue également à l’École Centrale.
- Les membres adjoints étaient : MM. Alquié, Arson, Blard, V. Bois, Bricogne*, Ganneron , de Montcarville, Nozo et Yvon-Villarceau.
- Un certain nombre de membres, animés d’un esprit ^libéral dont nous n’avons qu’à nous féliciter, firent observer que,, indépendamment des anciens élèves de l’Ecole Centrale, il y avait d’autres
- i loy; -1 i: ï,.
- Ingénieurs distingues qui honoraient notre profession et qui étaient d’ailleurs ànimés pour l’Ecole des sentiments les plus sympathiques ; et ils proposèrent de les admettre également, co qui fut adopté.
- Il y a lieu'’de'1 remarquer que cette disposition qui faisait de la Société dèsTngéniéursficivils une grande Société savante et industrielle, lui ôtait une partie des caractères d’une association amicale et a retardé de quatorze ans la création de celle-ci.
- On avait proposé aussi d’admettre les Ingénieurs des^Ponts et Chaussées et des Mines ; mais les plus distingués d’entre nous, tout 'en "reconnaissant qu’il y avait parmi eux beaucoup d’hommes de mérite, furent d’avis qu’il ne convenait de recevoir parmi nous que ceux qui auraient quitté le service dej.l’État, à cause de la nature
- même des fonctions de ceux qui sont chargés d’exercer un .contrôle [ggjjO'-i 'jOï'CQfï •' 'Je ... ,•«s•'»ut..
- gouvernemental et une sorte de juridiction sur, les Chemins de fer
- et sur l’Industrie en général ; ils pensaient avec raison que la
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- situation de ces derniers créerait nécessairement beaucoup de difficultés ? pour tout le monde. Leur opinion prévalut et il fut décidé que l’on n’admettrait pas comme membres de la Société les Ingénieurs des Ponts et Chaussées et des Mines au service de l’Etat, quéllé:que fut la sympathie que l’on pût avoir pour eux personnellement;'
- Il a, du reste, été bien entendu que l’on se ferait un plaisir, non seulement de recevoir, mais même d’inviter ces Messieurs, soit lorsque l’ordre du jour appellerait des questions importantes qui pourraient les intéresser, soit, réciproquement, lorsqu’ils auraient à faire des communications qui nous intéresseraient, et c’est ainsi que les choses se sont toujours passées.
- Le titre primitif de la Société, inscrit sur les premiers statuts, était :
- Société Centrale dés Ingénieurs Civils fondée par les anciens élèves de l’École Centrale des Arts et Manufactures.
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- ’ t#> organisation définitive
- Par 'suiter'fie la décision prise le 11 mars 1848, des démarches furent’faites près'de MM. Eugène et Adolphe Flachat, Degousée, Goiiin, ’Grouvelle, Houel, Pépin Lchalleur, le major Poussin, Serve!, Vuigner et d’autres encore qui acceptèrent avec plaisir de faire partie de la Société.
- » Le Bureau et le Comité définitif ont été nommés le 25 mars (1), » au scrutin de liste, et ont été composés de la manière sui-» vante :
- » Membres du Bureau :
- » MM. Eugène Flachat, Président; Ch. Callon et Degousée, » Vice-Présidents ; Victor Bois et Scribe, Secrétaires ; Priesttey, » Trésorier/
- îîffar-'! ,• ... • .
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- » Membres du Comité :
- i:
- » MM.J Boudsot, Alcan, Pétiet, Laurens, Nozo,le major Poussin, ')!tGrouvelie, PauÉSégmim
- jm A: *»î «b , A ! * * •.
- (I) Voir Le compte rendu n° 1 de 1848.
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- Le Bureau et le Comité se sont constitues! le 30 mars. ‘
- Le titre de la Société a été modifié comme suit, par suite de la nouvelle organisation:
- « Société Centrale des Ingénieurs Civils, fondée le 4 mars 1848. »
- Le mot Centrale a été supprimé à partir du lor janvier 1850.
- Les membres de la Société ayant des origines diverses, nos réunions ne pouvaient plus avoir lieu à l’École centrale ; la Société n’eut pas de siège pendant quelque temps et le compte rendu n° 1 de 1848 porte, page 9, les mentions suivantes :
- ..........toutes les communications doivent être adressées
- » franco, pour ce qui concerne la discussion des questions étudiées » par la Société, ainsi que les demandes d’admission, à M. Victor » Bois, secrétaire, place du Havre n° 14.
- >v2° Pour ce qui concerne les procès-verbaux et les vacances » intéressant les membres delà Société, à M. Scribe, secrétaire, » rue Blanche, 29.
- » Les cotisations doivent être adressées franco à M. Priestley, » trésorier, rue Pavée-au-Marais, n° 3. » 1
- La Société se réunit successivement à la Société d’Encourage-ment, alors rue du Bac, au manège de la rue Duphot, rue des Bons-Enfants, à l’Imprimerie Chaix, 20, rue Bergère.
- Cet état de choses ne pouvait être que provisoire : il n’était pas possible que la Société restât nomade, comme elle l’était, et que nos archives fussent disséminées en plusieurs points, au domicile personnel de certains membres.
- Aussi, dès que le Bureau se fut entendu avec M. Chaix, le siège de la Société a été établi à son imprimerie, rue Bergère, n° 20, comme on le voit snr la couverture du second cahier.
- Avant d’aller plus loin, il importe de remarquer que, bien qu’un certain nombre d’ingénieurs éminents, on peut même dire illustres, d’origines diverses, aient eu une part considérable dans le développement de la Société, presque depuis son origine, néanmoins sa fondation est due exclusivement, comme on le voit par ce qui précède, aux anciens élèves de l’École Centrale qui, animés d’un esprit libéral qui leur fait honneur, ont appelé au milieu d’eux tous lësdiommes qui exerçaient d’une manière honorable la profession d’ingénieur Civil, et notamment M. Eugène Fl achat, dont le
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- grand mérite, la haute position et les qualités précieuses ont puissamment contribué à donner à la Société l’importance et l’éclat dont elle jouit. ,
- Il me paraît donc de toute justice, je dirai même de toute nécessité., d’inscrire dans notre annuaire la composition du Bureau provisoire qui a présidé à la première organisation de la Société en tête de la « Liste par années des anciens membres du Bureau et du Comité. »
- L’esprit libéral qui animait alors et qui anime aujourd’hui les élèves de l’École Centrale qui ont formé longtemps les trois quarts du nombre total et qui en forment maintenant plus de la moitié, y compris les membres associés, est tel qu’ils n’ont pas hésité à appeler à la Présidence des Ingénieur^..djprigines diverses quand ils leur ont reconnu des .titres sérieux.,.. ..
- De (1848i; à 1860, le fauteuil, de la Présidence a été occupé neuf fois par des Ingénieurs Civils .d’origines^ diverses. (M, Eugène Flachat, 5 fois, M. Perdonnet, M. Yuigner, 2 fois, et M. Stéphane Mony);fet 4 fois seulement par des Centraux (MM. J. Pétiet, C. Polonceau, Ch. Gallon et A. Kaure). .
- De 1861 ;qà, 1870, 4 fois par des Ingénieurs d’origines diverses (M. Flachat., ç2 Joûp M. H. Tresca et M, le général Morin), et 6 fois par des Centraux (MM. J. Pétiet, Salvétat, Nozo, Love, Alcan et Vuillemin). . , .
- Enfin, de 1871 à 1886, 3 fois seulement par des Ingénieurs d’origines diverses (MM. Lavalley, H. Tresca et L; Martin) et 12 fois par des Centraux (MM. Yvon-Villarceau, Emile Muller, Molinos, Jordan, Richard, de Dion, J. Farcot, Gottschalk, H. Mathieu, E. Trélat, Marché et de Comberousse).
- Les esprits chagrins pourront .se dire : on voit bien par ces chiffres que les Centraux d’aujourd’hui sont devenus exclusifs et qu’ils ne laissent arriver à la tête de la Société que ceux qui sont sortis de leurécole. h
- Il est facile de montrer en quelques mots qu’ils se trompent. En 1848, les Centraux les plus âgés avaient à peine quarante ans et il.n’y en avait qu’un .petit nombre qui eussent;acquis une réputation solide, *,j , }r;.|Up uivr>-
- Depuis cette époque, la .^plupart de nos devanciers ont.disparu et, grâce à rjnstruction que l’on reçoit à l’École Centrale* unejpartie
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- de ses élèves, qui étaient alors des jeunes > gens inconnus,' sont devenus des hommes éminents et ont succédé naturellementflà nos premiers maîtres. :• r-- .î.- - k?
- ' En terminant ce chapitre, je dois dire que le Bureau définitif, nommé le 25 mars et installé le 30 du même mois, a-/bientôt reconnu la nécessité de se renforcer en s’adjoignant un troisième secrétaire, M. Adolphe Bellier, ce qui portait à sept le nombre des membres du Bureau, et en augmentant le nombre des membres du Comité qui a été porté à onze dont une partie se trouvaient déjà dans le premier Comité et d’autres ont été introduits un peu après.
- Lés nouveaux membres étaient MM. AlexisiBarrault, Vuigner, Polonceau, Faure et Léonce Thomas. - fü
- MM. Boudsot et le major Poussin s’étaient «retirés. s M .1H Le Comité se trouvait ainsi composé de : MM. Alcan, Laurens, AlexisBarrault, Jules Pétiet, Nozo, Grouvelle,Paul Séguin,Vuigner, Polonceau, Faure et Léonce Thomas. ? nm; V;.
- p~ pkâ. à
- PREMIERS TRAVAUX. : ' ‘-nioBvici-. >
- nul» ne
- La situation politique de la France à cette épôqüëFbevàit "nécessairement exercer une influence considérabledsur! les ' premiers
- travaux'de la Société, qui ont eu pour objet : :
- -é ^ P‘A èj; ji : i oh -.lié -
- -La réorganisation j des Ateliers nationaux; f)
- L’organisation, du sCorps.. des Ponts et Chaussées et. du Corps
- des Mines ; e'iloa eup -P.
- J L’organisatiom de Cours publics à l’usage des ouvriers et autres ; otsEt la ire vision des statuts de la Société, n!Les •• Ateliers »Nationaux ont disparu promptement.-L’organisation du Corps des Ponts et Chaussées et du Corps- des Mines n’a pas été sensiblement modifiée jusqu’à présent et je ne me crois pas apte à émettre une opinion à cet égard, parce que la question est excessivement complexe, p .
- L’organisation des Cours publics et de conférences ne pouvait avoir .qujune importance .secondaire eu, égard^ux^cqurSetrèsAnom-breux^duÆoême genre; qui, existent^déjà à- Paris. ^L,;
- y^Enfift, 1-^irevision ,despstatuts{ aqdonné lieunà de^idqcisipns qui
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- ont; reçu sans ire tard leur.! application.^•Diverses modifications ont été introduites successivement depuis cette époque. . ^ ir,
- Les questions dont nous venons de parler n’avaient qu’un caractère éphémère et s’éloignaient même du but que la Société se proposait.
- Les trois premiers mémoires techniques rentrant dans le cadre ordinaire de nos travaux ont été présentés par notre cher collègue, M. Yvert, ami ou camarade de beaucoup d’entre nous, et avaient trait : •:> :
- Le premier au pont tubulaire de Conway ; vn,;?: -:;? c
- Le deuxième à un système de poutres creuses pour la construction des ponts ;
- Et le troisième à un Système pneumatique pour enfoncer les pilotis.
- lis sont traduits de l’anglais.
- Un quatrième mémoire a été présenté par notre collègue, M. De-ligny, également ami ou camarade de beaucoup d’entre nous, « sur la chute du pont du Chemin de fer de Paris à Saint-» Germain, à Asnières, incendié le 25 février 1848. et sur le pont » provisoire en charpente établi par M. Eugène Flachat, ingénieur » en chef. »
- C’est, un .mémoire original.
- Je .li ai point la prétention de faire ici rénumération des mémoires qui vous ont été présentés, et mon intention a été. seulement de rappeler ici les premiers pas qui ont été faits dans la voie qui a mérité à la Société le rang quelle’oAéupe.’"0
- Je crois0 remplir un devoir en signalant spécialement "les mémoires nombreux et très intéresssants que notre cher et regretté collègue, Alfred Nozo, a présentés-ndansvT'origineUde la Société sur l’entretien des roues, l’entretien des Aubes, ^ l’équilibre ides locomotives, etc. La Société a récompensé son. précieux concours en leynommant Président en 1866. ;; • U ..-- -c - t. • i
- -yot'js-jfio; ,vv; ' IA—e -s: âii màM ;
- Smp-éùïBii jvz " : ) zïfûcnü/mi'
- STATUTS DÉFINITIFS, '-.ns ^
- -v^;jrvq 9fl ?.90-a0“*)h:o«) ob jo ey-Yirq ymo '^C;fM8r!Thg,ioyr!j’: ;
- Les statuts-définitifs diffèrent péu dès statuts* provisoires."'dovfi
- Les principales modifications/fésültent?-de - ce que les élèvës^de l’École^ Centrale,! fondateurs'de' la^Société^ont renoncé, pour - eux
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- et pour leurs futurs camarades, aux prérogatives qu’ils s’étaient réservées d’abord et sur lesquelles il est inutile d’insister.
- Ces nouveaux statuts ont été adoptés par l’Assemblée générale du 13 juillet 1848.
- Actuellement, le bureau est composé de :
- 1 Président ;
- 4 Vice-Présidents (au lieu de 3) ;
- 4 Secrétaires (au lieu de 3) ;
- 1 Trésorier.
- Et le Comité est composé de ;
- 20 Membres au lieu de 11) ;
- Des Présidents honoraires ;
- Et des anciens Présidents. ' ?
- Il y a un point sur lequel je crois devoir appeler l’attention en terminant ce chapitre : .
- Depuis 1876, les anciens Présidents font, de droit, partie du Comité. .
- Cette mesure est très louable en elle-même : il est convenable que les hommes à qui nous avons confié la direction, de la Société continuent à être appelés à donner leur avis sur les questions . importantes. Mais elle a eu un résultat regrettable que l'on ne pouvait pas prévoir : c’est que les anciens Présidents ne se mettent plus sur les rangs pour être nommés une seconde, une troisième fois, comme l’ont été plusieurs de leurs prédécesseurs (MM. Jules Petit, H. Tresca et Vuignier, chacun 2 fois) sans parler de M. Eug. Flachat, qui a été nommé 7 fois.
- Je ne demanderais assurément point de rapporter cette mesure, qui me parait excellente, mais j’exprimerai le vœu qu’elle soit complétée en décidant que le titre de Président honoraire soit conféré de droit aux membres qui auront été appelés trois fois à la présidence : ce sera un stimulant qui engagera à se représenter des hommes que nous serions heureux,.de voir de nouveau à la tête de la Société.
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- DÉVELOPPEMENT DE LA SOCIÉTÉ
- INAUGURATION DE SON HOTEL ACTUEL
- Après avoir eu son siège rue Bergère, 20, pendant dix-huit mois, la Société qui avait grandi pendant ce temps, se sentant solidement assise, et voyant ses ressources suffisantes, a loué, rue de Buffault, n° 26, un local encore modeste, mais répondant alors a ses besoins, et dans lequel elle est restée plus de vingt-deux ans.
- C’est là qu’elle a été reconnue d’utilité publique.
- Enfin, elle a pu se faire construire, cité Rougemont, n° 10, son Hôtel actuel dont elle a pris possession le 7 juin 1872.
- Dans la séance d’inauguration, M. Eugène Flachat, président honoraire de: la' Société, a prononcé un discours remarquable, où il a rappelé l’origine de notre profession et les luttes que les Ingénieurs civils ont eu longtemps à soutenir ; et M. Emile Muller, président pour l’année 1872, a fait rapidement, d’une manière également remarquable le tableau des progrès de la Société.
- Il faut lire le discours de M. Eugène Flachat dans notre Bulletin, alors trimestriel d’avril, mai et juin 1872; j’en citerai seulement les passages suivants : .
- « Les premiers pas du Génie civil en France ont été difficiles et » incertains; l’accès en était interdit aux hommes qui, témoins des » services rendus par les Ingénieurs civils dans un pays voisin, vou-» laient fonder en France cette profession : il fallait tout conqué-» rir et nous étions sans force et sans influence; il nous fallait dis-» puter pied à pied le terrain sur lequel devait s’exe’rcer notre acti-» vité, et nous n’étions que des hommes obscurs, nouveaux venus', » dans une carrière dont le nom n’existait même pas.
- » Il n’y avait pas de travaux 'publics accessibles à d’autres Ingé-» nieurs, qu’aux Ingénieurs de l’État. » a <:&.&*! pif Ms
- Après avoir exposé le mauvais état des routes et des voies-navigables à cette époque, les entraves que l’administration publique mettait à leur usage, la mauvaise qualité des matériaux employés
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- à leur construction et à leur entretien, M. Eugène Flachat a rappelé d’une manière saisissante la part brillante que les Ingénieurs civils ont prise dans la création des chemins de fer, dans l’établissement de certains canaux, dans la construction des ponts suspendus, dans l’application du fer à la construction des ponts et des charpentes, dans le développement de la métallurgie et des ateliers et établissements industriels de toute espèce.
- Avant de faire l’historique de la Société, M. Emile Muller a répondu les paroles suivantes :
- « Notre cher président engage tous les ingénieurs à l’union.
- » Elle est certes dans tous nos cœurs, car, aujourd’hui, plus que jamais, nous savons que seule, et prise clans toutes ses acceptions, elle peut rendre à notre chère France, sa grandeur et la haute situation qu’elle avait su conquérir.
- » Mais je vous en conjure, que ce mot ne laisse pas naître dans votre esprit la pensée du silence ; le silence sur toutes les . grandes et difficiles questions laisserait supposer l’Union, mais serait infailliblement l’abaissement de notre Société, serait peut-être sa mort.
- » Ne craignons pas les désaccords passagers, ne nous laissons pas entraîner par ceux qui en redoutent les conséquences .l’esprit de notre Société est trop élevé pour que nos relations, amicales souffrent d’une discussion, même ardente. >;noUlmû'i Toforrcc
- » Nous devons tout discuter et surtout, en ce moment) lés questions d’intérêt général qui ont trait à notre profession. - jrio-; v
- » Rejeter de nos séances de certaines études, parce que les débats pourraient devenir passionnés, serait, à mes yeux, urié grande faute, ce serait amoindrir le rôle que votre Société, si vous le voulez résolument, est destinée à remplir un jour.
- » Rester modestement une Société d’appréciation et de discus sion technologique n’est pas à la hauteur de la mission du Génie civil dont les premiers efforts viennent d’être exposés à nos méditations. * '
- » Ce serait renoncer d’avance à une partie de notre but, à celui de représenter librement, en dehors de~ toute attache .administrative, l’intérêt public, si souvent négligé. . ^ ‘ "
- » Ce serait manquer au but .des f. fondateurs Me notre Société,
- a-• 1 i ;i. O U; ! ...J-n
- que, je(itrouve si nettement formulé dans les^. premières lignes
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- écrites,5il vi:a aujourd’hui même vingt-quatre ans, imprimées à la première page du premier compte rendu des séances. » ' 'r
- » Rappelons-nous sans cesse que, pour conquérir l’influence' qui doit couronner notre œuvre, il faut le travail et le dévouement de tous les membres de là Société.
- » Notre devise doit être :
- « Labor omnia vlnoit. »
- Après avoir exposé le développement successif de la Société, M. Emile Muller donne à son tour des renseignements très intéressants sur la construction de T hôtel dont le terrain a coûte 86,223 fr. 07 c., la construction proprement dite 143,633 francs et l’installation et le mobilier 40,000 francs. Ensemble 269,856 fr. 07 c.; et il signale le zèle et le dévouement de notre regretté collègue, M. Demimuid, architecte, chargé de diriger les travaux.
- MM. Emile Muller et Ch. de Comberousse ont habilement retracé, le 7 juin 1872 (nous venons de l’indiquer pour M. Muller) et le 19 juin 1885, rhistorique de la Société, dont je vais essayer de donner un résumé.
- A la fin dé la première année, le nombre des membreque l’on peut appeler fondateurs était de 135, dont la liste se trouve à la suite de M présente notice; à l’heure où j’écris ces lignes, 56 seulement sont survivants..
- La Société n’avait pas alors de fonds social et elle n’en a pas eu jusqu’en 1860.
- En 1849, on compte 34 nouveauxmembres dont 21 sont survivants.
- Le nombre des sociétaires est ainsi porté à 169.
- Il atteint’ presque 500 (498) dix ans plus tard, en 1859, sous la présidence de notre sympathique et regretté collègue, M. A. Faure, l’un des fondateurs.
- Il s’élève à 519 en 1860, sous la présidence de M. Vuignér. l’uiy des fondateurs.
- C’est àjcette époque que, grâce à l’activité et au dévouement de M. Vuignér, la Société commença à avoir la solidité et l’importance auxquelles elle était naturellement destinée. Il poursuivit activement la demandè?ïén recbhnaisSâhce^ d’utilité publique. Cette fééorinais-sànce nécessitait des modifications aux statuts et la formation’d’un
- BULL.
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- fonds inaliénable de 50,000 francs : des 'souscriptions;, des dons volontaires et des exonérations delà cotisation permirent de réaliser ce capital qui fut converti en 190 obligations de'chemins de’fer.
- Enfin la même année, le 31 décembre 1860,1a Société ’ voyait; ses travaux persévérants de douze années couronnés de succès par la reconnaissance d’utilité publique.
- En 1864, sous la présidence de M. J. Pétiet, qui avait déjà été président en 1853, la Société prend un développement nouveau : 154 membres sont admis, grâce à sa persévérante activité ; le nombre des sociétaires s’élève ainsi à 750, et, parmi eux, les présidents des cinq grandes Compagnies de chemins de fer, qui firent chacun un don de 2,000 francs- à la Société. Le fonds social est porté à 80,443 fr. 90.
- En 1865, sous la présidence de M. Salvétat, 25 membres souscrivent pour donner une médaille d’or au meilleur mémoire remis à la Société dans le courant de l’année.
- Cette médaille est décernée l’année suivante, 1866, sous la présidence de M. Nozo, à MM. Huet et Geyler pour leur mémoire sur le traitement des minerais.
- La Société, suivant cette louable impulsion de l’initiative personnelle, décide que, à l’avenir, une médaille d’or sera décernée tous les ans, dans l’assemblée générale de juin, au meilleur mémoire remis dans le cours de l’année précédente. - .
- La première médaille a été décernée en 1867 àMCArson, pour son mémoire sur l’écoulement des gaz.
- En 1867, M. Perdonnet, que la Société a perdu cette même année, a offert un prix représenté par une médaille d’or de 2,000 francs pour le meilleur travail sur les conditions techniques de traction des trains.
- Ce prix a été décerné l’année suivante à MM. Vuillemin, Guébhard et Dieudonné pour leur mémoire sur la résistance des trains et la puissance des machines, : ~
- L’année 1867 était signalée par une grande Exposition universelle qui a laissé des souvenirs ineffaçables. -vvîfuu:i -iïj -, i
- ^ La Société veut avoir à sa tête, pour cette solennité, ringénieur éminent qui a soutenu ses premières années et dont elle'Sait P inaltérable c‘et l’infatigable dévouement, et elle appelle à la présidence,
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- pour la septième fois, M. Eugène Flachat, auquel elle décerne, l’année suivante, le titre de Président honoraire.
- L’Exposition de 1867 éveille, comme l’a très bien dit M. de Corn-berousse, les ambitions de la Société qui compte déjà plus de 900 membres ,et dont le capital est près d’atteindre 100,000 francs. Elle veut être chez elle et avoir son Hôtel, comme les Ingénieurs anglais.
- En 1868, le capital atteint 106,910 francs et l’encaisse est de 3,968 fr. 45.
- M. Love, alors président, s’occupe avec activité de. l’acquisition d’un terrain.
- En 1869, son successeur, M. Alcan, un des fondateurs de la Société, poursuit et mène à bonne finies négociations qu’il a entamées et, le 11 février, 199 mètres de terrain sont achetés, cité Rougemont, n° 10, au prix de 390 francs le mètre.
- Un concours est ouvert, suivant un programme arrêté par le Comité, pour la construction de l’hôtel, et notre regretté collègue, M. Demimuid, ancien élève de l’École Centrale, est chargé de l’exécution, son projet répondant le mieux aux conditions du programme.
- Les travaux!sont commencés en mai 1870, pendant la présidence de M. Vuillemin, sous la surveillance d’une commission composée de MM. Eugène Flachat, Crétin, Émile Muller et Vuillemin; et ils sont poussés avec une telle activité, un tel dévouement qu’on peut heureusement les couvrir au mois de septembre de cette année néfaste. Pendant nos désastres, les baies de l’hôtel sont fermées avec des planches clouées, et il attend, comme nous, de meilleurs jours.
- Enfin le 7 juin 1872, sous la présidence de M, Émile Muller, la Société prend possession de son hôtel , comme il est dit plus haut. *
- Les élections pour l’année 1871 furent retardées par suite de l’investissement de Paris et des douloureux événements qui ont suivi le siège, et ce n’est qu’au mois de juin de cette année que M. Yvon-Villarceau fut appelé à la présidence. ,, ,.,ft u .
- Ën vertu de la décision, prise , par l’assemblée générale jdu 21 juin 1872, le remboursement de l’emprunt contracté^par la Société^pour la construction,de son hôtel devait se faire en quinze
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- années, à partir de '1877, de manière à être complètement opéré en 1892. -le
- Beaucoup de souscripteurs avaient-'cru alors* faire ;tih’ dofiïà la Société, comme l’a justement fait remarquer nôtre président?'jMÔ de Comberousse, dans son discours du 19 juin 1885, auquëb^eihjlrhhte ce qui suit, parce que ces lignes ont trait surtout à l’avenir de la Société: .B
- « Qu’est-il arrivé, cependant? A partir de 1877, les intérêts ont été régulièrement soldés, les tirages se sont continués et les obligations ont été remboursées année par année. Et, aujourd’hui, en 1885, nous avons le plaisir, comme le disait M. Loustah tout à l’heure, de ne pas faire de tirage au sort1, parce que nous' rem-
- boursons tout ce qui reste, parce que nous;‘ lïquidhns'Tdp’éfHtion.
- » Et nous arrivons à cet heureux résultat à peu près'à ïa! moitié du temps fixé. . ’........ i. > mo.
- 1 1 ' >0- - Tjji.ï :
- » Il n’y a pas j à insister, les chiffres ont une éloquence que rien ne peut remplacer. f , f j|(.;
- A 09 Vf
- » Permettez-moi seulement d’ajouter que.la. ^oei^é) a~d,qnné, là une preuve de puissance à laquelle ses meilleurs ami§(,nq^attendaient pasm-Elle n’a plus qu’à vouloir , pour, i: attejnçjp^bientèt l’épanouissement, l’extension à laquelle elle,. aCidroiQetpdofd elle a
- besoiniunmj!-:)
- (JJS SlbiV: : i
- »’rJe’nïéTange^ parmi les prudents, je désire nquiorLiaoerp-isse les ressources avant de rien 'entreprendre de nouveau. Maisï! si pourtant on rencontrait une de ces occasions qu’on regrette trop ensuite d’avoir laissé échapper, l’expérience que nous venons de faire me rendrait audacieux et je n’hésiterais pas à la recommencer pour donner à la Société une demeure plus vaste, mieux éclairée, répondant à tous ses besoins, vraiment digne d’elle, en un mot, et de ses destinées. Quand nous atteindrons le chiffre de 3,000 membres, il n’y aura pas d’ailleurs à hésiter.
- » Ainsi, pas à pas, nous grandissons et nous faisons de plus en plus honneur aux efforts de nos dignes et éminents fondateurs.
- » Nos budgets aussi ont grandi, mais c’est pour que nous puis-sions tenir notre place et mieux remplir nos devoirs.
- » En 4875, les Bulletins sont trimestriels, et nos impressions de toutes sortes (les reliures comprises) atteignent 17,672 francs. Je
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- n’entre pas dans le. détail, qui nous conduirait trop loin : je dis ce qu'on a payé en bloc.
- » Enjl876, les Bulletins deviennent bimensuels, et, de ce fait, la dépense^,au chapitre des impressions, s’élève pour 1877, à. 25,452? drancs.
- » Les Bulletins deviennent mensuels en 1880, sous la présidence de M. Gottschalk, et nous payons, en 1881, une somme correspondante de 33,590 francs.
- » Les dépenses de personnel qui, en 1875, ne comptaient que pour 6,640 francs, montent en 1881, avec la nouvelle organisation reconnue nécessaire, à 14,560 francs.
- » Ce sont là, avec raison, nos deux chapitres les plus chargés.
- » Maintenant que nous sommes entièrement propriétaires de l’hôtel, que nous n’avons plus d’obligations à éteindre, nous pouvons dire, en chiffre rond, 1 et, sauf les dépenses exceptionnelles qu’il faut toujours prévoir, que notre budget des dépenses va osciller,'pendant plusieurs années, autour de 60,000 francs.
- » Avec 2,000 membres, non exonérés, le budget des recettes serait d‘é'72,000 'francs ; avec 2,500 membres, de 90,000 francs; avec 3,000'membres, dé 108,000 francs.
- » Vous ; pouvez juger maintenant pourquoi j’ai indiqué tout à l’heure hV'chiffré de 3,000 membres comme celui qu’il. fallait atteindre au plus tôt, et qui nous donnerait toute la confiance et toute l’élasticité-nécessaires pour tenter une nouvelle migration, cette fois définitive, au moins pour de longues années. »
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- PIÈCES ANNEXES
- Bureau provisoire du 4 mars 1848
- MM. Ch. Càllon, président :
- A. Faure, secrétaire-rapporteur ;
- C. Laurens, A. Boudsot, F. Scribe.
- Membres adjoints pour la rédaction des Statuts :
- MM. Alquié, Arson, Blard, Victor Bois, Bricogne, G-anneron, de Montcarville, Nozo et Yvon—Villarceau.
- 1er Bureau définitif, nommé le 25 mars et installé le 30 mars 1848.
- MM. Eug. Flachat, président ;
- Ch. Callon et Degousée, vice-présidents ;
- Victor Bois et Scribe, secrétaires ;
- Priestley, trésorier.
- Membres du Comité :
- MM. Boudsot, Alcan, Pétiet , Laurens, Nozo, le major Poussin, Grouvelle et Paul Séguin.
- 1er Bureau modifié au 13 juillet 1848.
- MM. Eug. Flaschat, président ;
- Ch. Callon et Degousée, vice-présidents ;
- Victor Bois, F. Scribe et Ad. Bellier, secrétaires ; Priestley, trésorier.
- Memhres du Comité :
- MM. Alcan, Laurens, Al. Barrauld, Jules Pétiet, Nozo, Grouvelle, Paul Séguin, Vuiguer, Polonceau, Faure et Léonce Thomas.
- LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ ADMIS EN 1848
- MM.
- MM.
- Armengaud aîné, père. Arson. *
- Aboitard .
- Aby.
- Alcan (Michel). Alguie.
- — Bardou.
- — Barrault (Alexis).
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- MM.
- Bartiiolomey. Benoit-Duportatl . Bergeron.
- Biver.
- Blaciier.
- Blanche.
- Blard.
- Bois (Victor).
- Bonnet (Auguste). Bonnet (Victor). Bordet.
- Bouc art.
- Boudent.
- Boudsot.
- Bougèrei
- Bourcart.
- Bourdon.
- Bourguignon (Etienne) Boussou.
- Boutin.
- Bricogne (Charles). Bridel .
- Ciievandier de Valdrome. Chobrzynski.
- Cornet.
- Courtépée.
- Daguin .
- Dauré .
- Darblay (Paul).
- Derauge .
- Degousée père.
- Dkligny,
- Delom.
- Desmazures.
- Donnât (Charles). Dufournel.
- Duméry.
- MM.
- Durocher.
- — Edwards.
- — Faure (Auguste).
- — Faure de Villatte.
- — Fèvre (Léon).
- — Flachat (Adolphe).
- — Flachat (Eugène). — Forquenot (Victor).
- Fresnaye.
- Ganneron.
- — Gardissal.
- — Gayraiid.
- — Gerder.
- Germon (Alexis)
- — Geyler.
- — Grenier.
- Guérard (Paul). Guittier.
- Guillaume (Charles) Guillaume (Henri).
- — d’Hamelincourt. Hermary .
- — Holcroft.
- — Houel.
- —- Hubert.
- Huet (Alfred).
- — Julien Laborie.
- Labouverie.
- — Lacambre.
- Laligant,
- Lalo.
- La salle.
- Laurens (Camille). Lecler (Achille). Lebon.
- Lecoeuyre.
- — Lemaître»
- Lemoinne (Lucien).
- — Lependry.
- — Le Roy.
- — Lorentz.
- Caillé..!
- Cavé (François).
- Ciiabrier.
- Chapelain.,
- Charpentier (Joseph-Ferdinand) .
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- MM.
- Loustau.
- — Mangeon.
- Mariotte.
- Math[AS (Félix.). Mathias (Ferdinand).
- — Mesdacii.
- — Meyer (J.-J.).
- — Mirecki.
- Mitchell.
- Nancy.
- — Nozo (Alfred).
- — - Pépin Le Halleur.
- — Perdonnet.
- — Pétiet (Jules).
- — Picard.
- — de Planhol.
- — Poinsot.
- — Polonceau (Camille).
- — Pot.
- Pothier (Francis). Pottier (Ferdinand).
- — POUPÉ.
- MM.
- — Priestley.
- — DE PüRY.
- Redon.
- de Régel.
- — Rfioné.
- Salleron.
- — Salyétat.
- — Saulnier.
- — SCRIRE.
- — Séguin (Paul).
- — Servel.
- — Thomas (Léonce).
- — Thomas (Frédéric).
- — Thomé de Gamond. Trélat (Emile).
- — Valério (Oscar). Véron.
- — Vollant.
- — Vaigner.
- YVERT.
- — Yvon-Villarce^u.
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- CHRONIQUE
- . • M
- Sommaire. — Les premiers chemins de fer français. — Essais à l'indicateur sur des locomotives. — Enveloppes calorifuges. — Prix Fourneyron.
- lies prejBBiers chemins de fer français. — La Belgique a célébré cette année , avec un éclat dont un certain nombre de; (membres de la Société ont pu se (rendre compte de visu, le cinquantième anniversaire de la' création de .ses chemins de fer.
- Notre Président'avait rappelé auparavant, dans une de nos séances, que cette même année marquait le cinquantième anniversaire de la concession du chemin de, fer de Saint-Germain, point de départ de la construction du réseau des chemins de fer français. Un de nos collègues , M. A Leger, a réclamé énergiquement en faveur du chemin de fer de Saint-Etienne à Lyon, qui . dès 1831 , c’est-à-dire quatre ans avant qu’on songeât seulement à décréter le chemin de fer de Saint-Germain, était exploité avec des locomotives et transportait déjà, bon an mal an, en 1835, 200.000 voyageurs et 500,000 tonnes de marchandises.
- Notre collègue a publié, dans le Lyon Industriel, sous le titre de « les Premiers Chemins de fer frdnçais, » une intéressante notice dont nous donnons ci-dessous un résumé succinct.
- Le chemin de fer de Saint-Etienne à Andrezieux avait été ouvert dès le mois d’avril 1828, la traction était faite par des chevaux; cette ligne fut entièrement remaniée pour faire place à la ligne de Saint-Etienne à Montbrison ; elle fut abandonnée en juin 1864, après avoir servi pendant trente-six ans; elle n’est citée qu’en raison d’un intérêt historique; le premier chemin de fer construit en France et méritant réellement ce nom est le chemin de fer de Saint-Etienne à Lyon, lequel, mis en adjudication le 27 mars 1826, fut adjugé à 33 p. cent de rabais consenti sur le tarif maximum de 0 fr. 15 c. par tonne kilomètre, à une compagnie représentée par MM. Seguin frères et Biot.
- L’étude de cette ligne fut faite avec le plus grand soin et le tracé fut établi si judicieusement que, vers 1853, à la reprise du chemin par le Grand-Central, il n’y eut que des réfections de détail très peu importantes à faire pour mettre cette ligne à la hauteur des progrès réalisés depuis vingt-cinq ans.
- Le prix d’établissement avait été seulement de 270,000 francs par kilomètre, c’est-à-dire, très inférieur à celui du chemin de fer de Li-verpool à Manchester, bien que la ligne comptât des travaux d’art
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- importants, entre autres 4,100 mètres de tunnels,' sur une longueur totale de 56 kilomètres. ,
- La ligne avait été établie à double voie, sauf pour les trois grands tunnels de la Mulatière, de Rive-de-G-ier et de Terrenoire,dont le dernier avait la longueur, considérable pour l’époque, de 1,510. mètres. Les courbes avaient un rayon minimum de 500 mètres, et les rampes, de 5 à 6 millièmes entre Lyon et Rive-de-Gier, s’élevaient à 15 millièmes de Rives-de-Gier à Saint-Etienne.
- La voie était établie en rails de fer à simple champignon pesant 13 kilogs le mètre, posés sur dés en pierre, écartés de lm, 05; dès 1836, le poids des rails fut porté à 26 kilogs, c’est-à-dire au double du poids primitif.
- La ligne ne fut terminée qu’en 1833, la première section,, celle de Givors à Grand-Croix, ayant été ouverte en 1830; les acquisitions de terrain, difficiles à réaliser en l’absence de l’expropriation qui ne fut réglée que par la loi de 1841, firent perdre beaucoup de temps et firent dépasser notablement les prévisions du devis.
- A l’origine la traction se faisait par des chevaux ; il y avait des trains mixtes, voyageurs et marchandises, et des trains spéciaux de voyageurs, comprenant des voitures dites financières, imitées des diligences, avec deux coupés, deux compartiments d’intérieur et une impériale pour les bagages. .
- Dès 1831 les locomotives de M. Seguin aîné avaient étév-mises en service; elles avaient des cylindres verticaux actionnant les manivelles des quatres roues par des balanciers et des bielles pendantes; le tirage de la chaudière tubulaire était activé par des ventilateurs: placés sur le tender; ces machines pesaient 6 tonnes et remorquaient 16 à 18 wagons de 4 tonnes en palier, 7 à 8 sur rampes 'de 6 millièmes et 2 à 3 sur les fortes inclinaisons de 15 millièmes ; comme elles étaient trop légères, on dut créer en 1833 des machines de 10 tonnes , du type des machines anglaises, lesquelles remorquaient 80 à 85 tonnes en palier, 40 sur les rampes de 6 et 12 à 16 sur les rampes de 15 millièmes.
- Ce dernier résultat n’était pas encore suffisant pour assurer l’exploitation économique des rampes et on trouva, sur la section spéciale de Grand-Croix à Saint-Etienne, avantage à revenir à l’emploi des chevaux, jusqu’en 1844 où M. Verpilleux créa le type à tender moteur- qui prit son nom, pesant en tout 26 tonnes avec 4 cylindres et 8 roues'motrices. • : itoii
- MiLes tarifs étaient trop bas pour que le produit de l’exploitation fût suffisamment rémunérateur; on dut demander, dès 1831, lo relèvement de 0 fr. 098 à 0 fr. 12, et, avec une exploitation à 75 ,pc cent des recette s obrutes, la compagnie do Saint-Etienne à Lyon put de 1835 à
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- 1840, réaliser en moyenne 700,000 francs de bénéfices annuels, soit environ S pour cent du capital d’établissement.
- Des dégâts causés par les inondations vinrent compliquer la situation; les dépenses résultant de cette cause et celles nécessitées par des agrandissements devenus indispensables, durent être opérées au moyen d’avances faites par l’Etat et remboursées par des surtaxes établies sur les transports.
- En résumé, comme le fait observer M. Léger, alors que le chemin de fer de Saint-G-ermain n’existait encore que sur le papier, la région lyonnaise avait un chemin de fer en pleine exploitation pour voyageurs et marchandises avec des locomotives, sauf sur les rampes de 25 millièmes, venues trop tôt, mais dans tous les cas, exploitées avec les machines Verpilleux dix ans avant qu’on osât admettre de telles inclinaisons nulle part ailleurs.
- La ligne d’Andrezieux â Roanne offre un exemple non moins remarquable; destinée à porter les houilles du bassin de Saint-Etienne à un point où la Loire devient plus facilement navigable, elle fut adjugée en 1828 à MM. Mellet et Henry, et fut ouverte ail commencement de 1833, en avance de deux ans et demi sur le délai fixé pour l’achèvement et, chose non moins remarquable, avec une économie très importante sur le‘prix prévu d’établissement; elle a coûté 107,000 le kilomètre pour simple voie. La longueur totale était de 67 kilomètres, et comportait plusieurs sections à déclivités modérées séparées par des plans inclinés jautomoteurs dont les rampes atteignaient 45 et 50 millimètres; des machines, fixes étaient installées au sommet des plans inclinés pour compenser les différences de chargement; on simplifia même la solution en attelant une locomotive au train descendant qui remorquait du même coup le train montant avec son câble agissant comme prolonge de 3 kilomètres de longueur; cette disposition ingénieuse a été proposée souvent depuis.
- La partie de la ligne comprenant ces plans inclinés a été rectifiée en 1856 par le tracé actuel; mais le reste a été conservé par la ligne actuelle, ce qui fait croire que cette construction était loin de représenter une simple ébauche. ' :,vr{ t
- Les locomotives furent introduites dès 1834 sur la section à déclivité modérée du chemin de fer d’Andrezieux à5 elles .étaient de construction anglaise et remorquaient 120 tonnes en palier, elles traînaient même 3 wagons ou 12 tonnes hrutes sur la rampe de ,45 millièmes du Bernand; ces machines pesaient 6 à 7 tonnes. On . organisa de bonne heure des trains de voyageurs avec des voitures à.trois compartiments contenant-30 personnes, i ••••
- L’exploitation j de cette* ligne fut peu rémunératrice ;Hès recettes n’atteignirenb que le tiers des chiffres prévus et ne permirent que la
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- rémunération . à 11/2 pour cent du capital engagé la situation ne s’améliora que bien après 1840,,, , , .
- M. Leger cite encore le cas du chemin de fer sur route da.Mont-rond à Montbrison, concédé en 1835 à M. Cherblanc ; cette ligne de 15 kilomètres fut exploitée jusqu’en 1811( et on peut dire que l’essai, fut au point de vue technique absolument satisfaisant, mais le ^succès financier ne fut pas réalisé et l’entreprise dut se mettre en liquidation.
- Notre collègue rappelle avec raison ces utiles et glorieux souvenirs, bien moins obscurcis toutefois qu’il ne parait le croire ; il insiste particulièrement sur ce fait, intéressant à noter, que ces entreprises hardies et profitables furent conçues et réalisées par l’initiative locale simplementjmise en œuvre par un groupe d’hommes qui ont été les véritables pionniers des chemins de fer français, Beaunier, les frères Seguin, Biot, Co'ste, Mellef, Henry, Clément Desormes, Locard, etc. U ne fut point nécessaire, dit *M. Legeiq de‘recourir: au "concours des puissances financières en renom ‘sans lesquelles, en plein Paris, on ne fût point parvenu, en 4835, à trouver, les 1&- millions- nécessaires à la création du petit chemin de fer de Paris à Saint-Gfermain, alors que, de 1825 à 1835, l’épargne lyonnaise et stéphanoise avait pu suffire, sans effort et sans éclat, à fournir les 26 millions.!que ^coûtèrent les quatre premières lignes de chemin de fer établies en Frappe.ij
- Dans la situation difficile que traverse en ce moment l’industrie de Rhône-et-Loire, ces grands exemples d’initiative fie doivent pas être perdus, ils doivent au contraire être invoqués pouPdéfendcé ejt sauver la fortune industrielle de ces régions, gravement mepaeése dans, les circonstances: actuelles. : .. K,
- 1 '.M i OMO ;
- 1 ; |
- Ijgsttl» à l'imlieate«ir sur des locomotives. Le ’Rciüroad
- Gazette a donne récemment les résultats dune série,Messqis faits sur une locomotiye à .voyageurs du Philadelphia and Readirig Raiïroad par MM. Abbey et O Baldwin, étudiants à l’Institut de Stevens. !
- Cette machine n° 169, ^construite aux ateliers de Baldwin en 1882, est du type ordinairedeJa..Compagnie ; en voici les principales dimen-sions : .
- . Diamètre des cylindres...................... 0m,456
- A,., . Course desr.pistons . . .................... 0m,610
- . Diamètre, des 4 roues couplées . . . lm,720 , ( (V:
- h Surface de grille. ........................ 3m,, 60 m2lU ' ^ ‘’i’ /
- iib 'Vjii,j'.)Surface de chauffe totale .,...........127m, 00, ^
- te rapport de* la'surface de1 chauffe a'la’grille est dë.;35;&ÿlautiiyère d’échappement' a une 'section'égale ;ày0,375 de la! sèctibn totale desMeux tuyauxyd’échappement. ' ai. lib Dm. il mlm top ; eomfnnugolbi.
- ta;machinér 'faisait' le servi ce’'ênlirê ’ :Jérseÿ‘"City èt''BOtifidIfBr'ook en
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- traînant des trains de 4 ou 5 voiture y ; la distance de 52 kilomètres était franchie en 35 à 45 minutes, ce qui'tïon’ne unie vitesse moyenne de 89 à’70‘kilomètres. • ,! ' i<• m-
- Le’é'‘'éxpeÿiënce'é11 oiit comporte une* série ' de relevés de diagrammes d’indicateur, 'àvec"mesure du 'combustible brûlé et jaugeage de l’eau d’alimentation'/' ' . "
- Nous nous bornerons à donner le résumé des résultats obtenus, en y joignant quelques remarques suggérées par le caractère particulier des conditions dans lesquelles les essais ont été faits. '
- Le tableau ci-dessous donne les résultats constatés par les diagrammes..
- t'VnVl i|i; lit :
- NUMÉROS DES DIAGRAMMES ADMISSION ;en"centièmes ‘ ‘(3 , , « ^ ' 'H ,.2,nS. en ^ en < w. d ai K z Z W-O O B $ -M- O 1/3 CZ2 Z 3 en w S W--B < É? o „H ! «H 0 [vj D G L i • < l H Z y g H O W W £ z-£ pw.| Z -Phi S-iiB S O . -:HC: 'I 25 <o VO (vj ^ , « Z • M; ‘Z i SL. W si -S - • se; o - C^3 ! NOMBRE DE TOURS PAR MINUTE -VITESSE DES PISTONS' [ PAR- SECONDE VITESSE EN KILOMETRE A l'heure ... PUISSANCE EN .. CHEVAUX INDIQUÉS
- ..t.' ; kîif ‘ ' k'il. ' kil. m.
- 2 Ï'0.20 ü ; 9.6, i'; 7.3 i : 7,u,i 0.70 365 i 7.42 118 444
- 3 0.20 ! ^ 9 ! 6 '‘O# 5‘9 0.85 340 6.91 110 368
- • ^ ‘1 j 4 )utU 1. , ,0,23- ,) i l O j l >..l‘ j Ci H i j i , 9.G >1) :jii ^8.4r 7.1 0.92 268 5.45* 87 363
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- 7 0.40 9.6 7.8 6.2 1.77 368 5.00 118 i;!448’
- 00 >0.40 ,,#>'6 1, u, 8,0 6.8 0.92 365 ? . 7.42 n118 ,i;444 .
- '9 iit ÔVIO J10.3- 8.0 6.8 1.13 390 u m.7.93 1260 , 349
- 10 ' '' ' illvH 0.20 : 10.3 '! ' 7.4 6.8 1.13 1 ! ; i i) l i 390 - i'.> . UJV 7.93' UlflL ( 126 M ) J O / •; ; ' '345 dé/, d
- ,, ; , . /,• | f 9.8 1 7.7 6.7 r.03! ! 350 * ..,1 •! ‘•H7.12 ! O'UJU M;u3 : 402 V.!
- On remarque que la différence entre'‘ia’qiréssidii5 de*’ la vapeur à la chaudière et la pressi on au commencement dé'la coursé desu pistons est considérable.;, elle va jusqu’à 2 kilogrammes par centimètre' carré ; on constate une différence également importante entre là pfësstbn au commencement de la course et la pression au moment de la: fèrineture du tiroir. ; de. sorter que la chute,, totale entre la pression de la chaudière et la pressio.n au:début;,de lat détente^.est,.,dans^certains cas,, déplus de 3 kilogrammes ; cet effet tient, dit la note, en partie à l’ouverture par-^ tieïîe du régulateur, et en partie .à;l!insuf:iîsance des passages ,a des vitesses aussi considérables que celles auxquelles ont été relevés les diagrammes.
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- La contre-pression est également très élevée ; elle est en moyenne de 1 kilogramme au moins en dessus de la pression de l’atmosphère ; cette forte contre-pression est motivée par l’énergie du tirage nécessaire pour brûler la grande quantité de combustible consommé par la machine.
- Les passages de vapeur sont évidemment encore insuffisants, pour les conditions de vitesse réalisées dans ces essais; les lumières des cylindres ont 0m,406 X 0,041, soit 1,663 décimètre carré, ou très sensiblement un dixième de la section du piston. Ce rapport est certainement très satisfaisant au point de vue absolu, mais, si on remarque que la vitesse du piston s’est élevée parfois aux valeurs excessives de 7m,42 et 7m,93, on trouve que la vitesse moyenne de la vapeur atteindrait déjà, dans l’hypothèse de l’ouverture complète des lumières, 74m,3 et 79m,30 par seconde, vitesses qui en réalité s’élèvent beaucoup plus haut et doivent entraîner des chutes de pression considérables, surtout si, comme il est très probable, la-vapeur contenait une proportion d’eau un peu élevée.
- Les relevés directs ont fait constater une consommation de combustible de 1080 kilogs à l’heure ; c’était de l’anthracite des mines de Upper Lehigh ; cette consommation ressort au taux de 300 kilogs par mètre carré de grille et par heure. La dépense d’eau a été de 7675 litres, ce qui donne 7,107 d’eau pour 1 de combustible et une production de vapeur de 60 kilogrammes par mètre carré de surface de chauffe.
- Ces consommations de combustible et d’eau rapportées à ,la; .puissance indiquée moyenne de 402 chevaux, donnent une dépense de, 2,70 kilogrammes de combustible et 19,2 kilogrammes de vapeur par cheval indiqué et par heure. ;
- On peut dire que, pour une machine à vapeur fonctionnant avec des pressions à la chaudière de 7,5 à 10,5 kilogs par centimètre carré et des admissions de 0,20 à 0,25 de la course, s’étant exceptionnellement élevées à 0,40, ces résultats n’ont rien de satisfaisant.
- Nous croyons toutefois qu’il ne faut pas les prendre absolument au pied de la lettre, et que les dépenses de combustible et d’eau sont faussées,'la première par un énorme entraînement de charbon échappant à la combustion, entraînement occasionné par un tirage très violent et rendu d’ailleurs plus facile par la nature du combustible employé, et la seconde par un entraînement d’eau dû à la vaporisation exagérée demandée à la chaudière.
- On ne doit pas perdre de vue qu’un travail excessif imposé à une partie d’un appareil moteur à vapeur entraîne des conséquences défavorables pour toutes les autres parties.
- o.Dans l’espèce, le mal provient d’abord de vitesses excessives^imposées
- fies machines non appropriées à ces vitesses; il en ..résulte,, .immédiat t e m e 111 u n e,, v it e s s e de piston exagérée, laquelle, en présence d’orifices devenus ^insuffisants à ces vitesses, fait agir la machine comme si. on lui
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- avait attelé, d’une part, ' né pompe à faire le vide et, de l’autre, une pompe de compression d’air. De là une exagération du travail à fournir, laquelle exige un supplément de dépense de vapeur ; la chaudière est donc conduite à produire par mètre carré une quantité de vapeur excessive, laquelle amène nécessairement l’émersion du niveau d’eau de là chaudière d’un volume plus considérable de vapeur, une vitesse d’émersion plus grande et finalement une proportion plus élevée de l’eau mélangée avec la vapeur. Cette modification de la nature du fluide moteur agit défavorablement sur la marche de la machine proprement dite; la résistance dans les passages augmente encore et la vapeur humide travaille moins bien, de sorte que non seulement il y a plus de travail à fournir, mais que chaque unité de ce travail coûte plus à produire et que par conséquent on a encore plus de vapeur à demander à la chaudière; c’est un cercle d’où on ne peut plus sortir.
- Le foyer vient également se mettre de la partie; il faut brûler un poids de combustible exagéré, c’est-à-dire augmenter la combustion par unité de surface; il faut forcer le tirage, d’où contre-pression derrière les pistons et augmentation de travail à fournir par la machine, entraînement d’une partie du combustible non utilisé et dès lors nécessité d’accroître encore la quantité de combustible à jeter sur la grille, nous ne disons' pas à brûler.
- On arrive ainsi à gaspiller en pure perte le combustible et la vapeur.
- Ces : considérations sont justifiées, non seulement par les dépenses excessives de combustible et d’eau rapportées à l’unité de puissance développée, mais également par les températures constatées dans la boîte à fumée. Les expérimentateurs se sont servis à cet effet du pyromètre de Bulldej-; là température qui ne dépassait pas ISO degrés pendant les statiorinnements s’élevait à 650, c’est-à-dire au rouge naissant, dans la marche à 100 kilomètres. v: ; ) '
- Ces expériences sont très intéressantes. Doit-on en conclure que la traction à très grande vitesse est nécessairement coûteuse comme combustible? Ne doit-oh pas admettre plutôt qu’elle démontrent qu’il faut avoir des machines appropriées aux divers services et que des locomotives convenables pour des vitesses de 70 à 80 kilomèlres ne sauraient fournir avantageusement des vitessesjde 100 à 120 kilomètres?
- Il est très possible que sous ce rapport la pratique américaine de la construction des locomotives ou plutôt de leur usage ne soit pas à imiter.
- Eaiveloppes calorifuges. Nous trouvons dans VAmerican Engi-neer une d’une manière frappante l’avàntage'des
- enveloppés0côntre le refroidissement et permet de chiffrer cet avantage*
- Dansuûneuusine de fabrication de matières grasses, ofi a^opéré^Sur deux réservoirs en tôle de lmj83 de diamètre 'et 3,66 de’ hauteur^ées réservoirs atmient leur basé' protégée par le soubassement en1 maçonnerië
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- sur lequel ils 'reposaient ; les parois et le couvercle étaient exposés à l’air, cette surface représentant 21 mètres carrés, en nombre rond.
- Un des réservoirs reçut sur ses parois une couverture en mastic d’amiante, tandis que l’autre conserva ses parois nues ; on, maintint dans lés!Üéux'réservoirs une pression de vapeur de 2 1/2 kilogrammes effectifs, et on recueillit l’eau condensée dans chacun, laquelle était pesée avec exactitude.
- On constata que le réservoir à parois nues condensait 66,14 kilogs de vapeur par heure, et le réservoir à parois protégées 24,46, différence 41,68. Les chiffres correspondent à 3,16 et 1,17 kilogrammes de vapeur condensée par mètre carré et par heure, ce qui s’accorde d’ailleurs.bien avec les chiffres généralement admis.
- Les 41,68 kilogrammes de vapeur économisés représentent, à raison de 7,o kilogs de vapeur par kilog de combustible , 6,60 .kilogs.de combustible à l’heure, ou 132 par journée de 24 heures. A 16 francs la. tonne, c’est une dépense de 1 fr. 98, soit 2 francs en nombre, rond. On peut évaluer à 10 francs le mètre carré , le prix de l’enveloppe protectrice, soit 210 francs pour le réservoir; la dépense serait donc couverte par l’économie représentée par 106 jours de travail;, soit 3 mois et demi et, à partir de ce moment, on réaliserait un bénéfice net de 2 francs par jour et par réservoir. L’usine dans laquelle a été faite l’expérience employant 16 de ces réservoirs, l’économie^ fmnuelle,atteint presque 12,000 francs. . (t... •. ?r, f
- •'.immimjqüîovbU •'•hi.
- Prix l’ourneyroti.— L’Académie des sciences, a, dans sa, séance publique annuelle du 21 décembre 1886, décerné le prix,,Fpuriieyron à notre éminent et vénérable collègue, M. Daniel Collad.on.t
- Voici les termes du rapport de la commission,' composée,,de MM. Phillips , Lévy , Haton de la G-oupillière, Lalanne, et Lésai, rapporteur. . ),
- « L’Académie avait proposé pour sujet du prix qu’elle doit décerner cette année, la question suivante : Etude théorique et pratique sur les accumulateurs hydrauliques et leurs applications.
- Aucun mémoire ne lui étant parvenu sur cette question, la commission a cru devoir se livrer à des recherches sur les travaux actuels qui; par leur nature, rentrent dans le programme général tracé .par le fondateur du prix; son attention s’est arrêtée sur M. Daniel Colladon.
- M. Colladon est le premier qui ait proposé (1862), l’emploi de l’air comprimé Substitué aux câbles pour transmettre la force dans les tunnels et C’est d’après ces idées que l’on a établi les compresseurs de Mbdane'êt“de Bardoilnèche,régions exfrênies^du tunnel du Mpnt-Çpnis.
- Eiî 1871,. M. Colladon inventa pour. la., compressions,de l’air,-une poïhpB dont'le'piston et. la tige prolongée- . .au delà ilu cylindre sont crBui; leur intérieur est constamment refroidi par de l’eau amenée
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- dans un tube concentrique à la tige et qui ressort par l’espacet annulaire/ : ; ' 1 ; ! ' / ’/’/ / ^
- Les turbines d’Airolo, de 200 chevaux chacune, faisant 330 ’ révolu-
- . , . . , ... | • • i . . l'i.UCJ O,,!..' -i
- tions par minute, M. Colladon a fait établir les^pompes de son. système à raison de 80 tours de manivelle dans le même temps, ce qui lui a,, permis de n’employer qu’un seul engrenage, comme transmission, de la roue tangentiellc à chaque arbre moteur. Pour éviter l’emploi des volants, les pompes ont été groupées an nombre de trois, supportées par un même bâti et actionnées par une manivelle triple. Cinq groupes ont alimenté lés cinq compresseurs. t {
- La même disposition a été adoptée du côté de Goschenen; seulement les arbres à manivelles n’ont fait que 60 tours par minute. ;
- On a constaté que les pompes à grande vitesse du système, Colladon ont donné deux fois plus de puissance en air comprimé que les appareils du Mont-Ccnis; d’ailleurs l’emplacement occupé a été réduit. ( de 1/5 à 1/6 et la dépense de un tiers. ,
- Il résulte de cet exposé que M. Colladon est le véritable créateur des compresseurs (dont dès l’origine il avait établi la théorie) et qu’il a apporté au Saint-Gothard des améliorations considérables sur les anciens appareils du Mont-Cenis.
- Pour ces motifs, la commission décerne le prix à M. Daniel Colladon et propose d'ort porter exceptionnellement la valeur à 3,000 francs. » Ces cohhidërànts ’ sont certainement des plus flatteurs pour notre collègue et on conçoit que le rapporteur ne pouvait entrer dans de grands développements à ce sujet. On nous pcrmettra. donc^de# compléter cet exjidsé" en signalant deux points d’une importance capitale dans cette question et qui ont été omis dans les considérants que nous venons de1 ! rëpfoduire. . /
- Le premier est que, si M. Colladon a pu songer à; réaliser l’emploi de l’air comprimé pour la transmission des forces à distance, c’est parce que des expériences longues et minutieuses, commençôes par lui dès 1850 et terminées en 1852, sur la circulation -de l’air, en lon-
- gues conduites, lui ont démontré que les formules adoptées comme générales pour les petits, moyens et gros diamètres, à la suite des expériences de d’Aubuisson et Girard, qui n’avaiënt opéré que , sur des conduites de 0“,10 de diamètre au maximum, étaient erronées pour des diamètres notablement plus grands et que,’pour des canalisations en fonte de 0m,20 à 0m,25 et plus de diamètre, bien nettoyées et lisses à l’intérieur avec des joints convenablement faits, la perte de charge n’est guère que la moitié de celle que donneraient ues formules. , Le second point est que le perfectionnement capital appliqué _aux compresseurs dès 1812 par M.1' Colladon est l’injection d’eau pulvérisée à l’intérieur des cylindres, ce qui'a été le seul procédé efficace pour obtenir une'1 marche très rapide ^200 coups et plus par minute^ sans Bui.l. ” ; 1 r: 55
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- que l’air comprimé à 8, 10 et mêmej 11 atmosphères s'échauffât de plus de 20 degrés.
- Ce dernier perfectionnement a eu une influence décisive, tant sur l’économie de travail dépensé pour la compression que , sur l e vol unie d’air obtenu d’un appareil de dimensions données; ce dernier avantage s’est traduit par une réduction considérable du prix ; des appareils et de remplacement qu’ils exigent; il est facile de comprendre l’importance de ces résultats pour les transmissions de force à distance, problème dont l’importance devient tous les jours plus capitale.
- COMPTES RENDUS
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDU STRIE. .NATIONALE
- Octobre 1885
- Rapport de M. de Luynes, sur les procédés de MM. Appert frères, pour l’appUéation de Pair comprimé an travail et au soufflage du verre.
- Ces procédés ont été décrits dans la séance du 19 octobre 1883 de la Société des Ingénieurs civils (1883, vol. II, pages 368 et 416).
- Rapport de M. Le Roux, sur l’appareil dit compteur hydraulique d’électricité, de MM. Marchand et Gerbon.
- • Cet appareil est un compteur horaire totalisateur, destiné à mesurer les temps pendant lesquels ont fonctionné un nombre quelconque d’appareils dans lesquels l’électricité peut avoir à jouer un rôle; il ne donne pas. les quantités d’électricité. iMri-v-o.K-
- Le principe de cet instrument consiste à faife sôulêvePune' Sam pape par un électro-aimant qui fonctionne dès que le courant passe^ cette, soupape laissant écouler de l’eau dont le volume mesuré est proportionnel au temps de l’écoulement, c’est-à-dire du., fonctionnement
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- des appareils électriques, tels', par-exemple; que des lampes incandescentes.
- Cet appareil n’a encore été réalisé que sous la forme d’un modèle de démonstration. e !;l
- Rapport do M. Bardy sur un appareil destiné à la conservation des boissons, de M. A. G-ay.
- L’auteur propose de conserveries liquides sujets à altération parle contact de l’air, tels que les Poissons fermentées, vins, cidre, bière, dans des récipients cylindriques en verre, de 25 litres environ de capacité, entourés d’un clissage en osier; ces vases ont leur bord supérieur rodé, ce qui permet la fermeture par des couvercles en verre s’appliquant sur ces bords par l’intermédiaire d’une mince bague de caoutchouc; des tubulures, fermées de la même façon et placées à la partie inférieure, servent à faire la vidange, des récipients.
- Lorsqu’on veut mettre des liquides • en consommation , on substitue au bouchon du bas un robinet en verre et on place par l’ouverture supérieure une membrane ou ballon en caoutchouc très flexible, qui aurait, une fois entièrement gonflée, le volume total du récipient; ce ballon est fixé au bouchon, et mis en communication avec l’air extérieur par un canal pratiqué dans ce bouchon. On conçoit des lors que lorsqu’on 46utirè^dû liquide par le robinet inférieur, l’air introduit
- dans la poche la gonfle et la fait s’appliquer sur le niveau du liquide qui ne se trouve jamais lui-même en contact avec l’air.
- Un seule poche suffit, quel que soit le nombre des récipients, puisque le bouchon auquel cette poche est fixée peut s’appliquer sur tous les récipients.
- Un point délicat,, est l’emploi du caoutchouc qui peut donner du goût aux liquides; ce‘ caoutchouc, pour éviter ceUinconvénient, ,-yloit être spécialement” préparé à cet effet, par un procédé .dont, l’auteur garde le secret.
- Le rapporteur a pu constater que du vin, dans lequel des feuilles de caoutchouc étaient restées immergées pendant près de deux ans, étaient resté intact et franc de goût. ^ ^
- :/ly vb A'A--: li
- Notice nécrologique sur Walter Welrtoii, membre de la Société
- royale Vie Londres, ex-président de la Société des industries chimiques (traduit du 'Journal ofthe Society of Chemical industry). ;
- Photographie isochromatique, par M. Fred. E. Yves. (Traduit du Journal^dejllnstitut de, Franklin.). muiiq'oJ.
- DispbSitif-téléphoniqué ' pôur°lés5auditions musicales a distance', construit par la Société1 privée des!'télégraphes de Vienne pour rExpositipn 'viennoise ide 4883. (Traduit du journal polytechnique 'de Dinglerï)Av<!
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- Le telpherage. (Extrait' du'-journal Nature.)^'/u\ i; , to .yrièm j. qq , M
- De l’utilisation de l’acide sulfurique ayantsebVr'a püriftéP'des*pétroles ou des carbures de goudron'. (Traduit au'‘Cliëmilier Zèït'iM§:tyyrAÜ «a J
- ?C<' ' c y->\) ,Î9 p-tlirr
- Sur le traitement du mildew et du rot, par AL A. Mi Harde t. (Extrait des Annales de la Société d’agriculture de là Gironde.), . (lu
- J • ' ' /ni-Tixt H j -.
- Influence du silicium sur les propriétés de la foutes (Extrait ,du Bid-etindu Comité des Forges.) - . .1m !(=, mmir--
- Les.partons pelliculaircs au gélatino-bromure d’argent. (Extrait de la Nature.) ' v
- ' - ^ . »/.. y;;., ,. ,v
- O’. H/. Mi ;>b Ovîi>.'i .1;!. j:i j‘> *t.
- (’ " "'b:/, i -ai'- o.b mue •=,>.
- ANNALES DES PONTS';‘ih r
- : büi 7.0;.b Oliuacrio
- Octobre 1885 - k,c.hoq .•mojocn .-.b
- - .U0i>.||-H;)J) &h,.
- Note sur les moments Iléclilssants sur les appuisbd’une l»olitre droite continue, produits par la surel» arge for-
- méë de «charges isolées ou non, par MM.mEv-iAoatLvussEB.v'iiu.génie ur en chef des Ponts et Chaussées, et L. CuNQy'Chefadeysection au chemin1‘de’ fer du 'Midi. J ’-«a* -d o;q oè.noqqm- •»•
- Les auteurs’'se sont proposé de donner une méthodeodirecteÿjpour le calcul des1 moments fléchissants sur les appuis * d’uhelpoutrè à.;plusieurs travées solidaires, quels que soient le nombre, la' position et l'importance “d'é s chargés; cette' méthode, pleinement générale, repose sur les
- principes de la'‘stati'qiiè' graphique. 7 mm
- Lma ;r j -mbu-;: , - -.mm; . . !:.r,,
- Note sur la construction dupont Saint-Jean sur l’Adour,
- â! Saiibusse'1 (Lan&eé), pàP ML'Trepied , ingénieur des Ponts et Chaussée^;1 ' u:;‘" "! T. 7--...: . .:Mtl uj..
- Le pont de SatibusSe a été construit de 1880 à 1882, grâce Æ. la .générosité de Aime veuve Desjobert, qui a donné 400,000 franqî%,p.p^ l’édification decet ouvrage.-d’art. . y
- Le pont, dénommé pont Saint-Jean d’après (la volonté.déjà donatrice, comprend sept arches-elliptiques de 24 mètres d’ouverture et 7m, 50 de montée. Les piles''ont*été fondées av;éC°des enceintes en pierre et pal-^iâriches’dhny'fësqhellesflon draguait -’àr- une certaine profondeur au-des-souè Hé? ’Téfiage; on' battait''dans** Ces enceintes desi pieuxp espacés de
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- 0m,80 à 1 mètre et, après-avoir/recepé-ices. pieux. à une..hauteur uniforme on coulait, du béton dans la fouille..
- Les maçonneries sont^en; moelIons?,'les bandeaux des voûtes, les socles des piles et partie des avant et arrière-becs en'pierre de taille ; les
- :i /-cl J , î'dm;: ! d-/ . .v, V-1 ;,
- g’arde-corps sont entonte. - 1
- La dépense totale s‘est' êïevéè'’à 380,000 francs, ce qui donne 1,588 fraiicS'lpdrenaètre linéaire, fondations comprises, et 178 francs par mètre superficiel en élévation, également fondations comprises.
- i 1*
- Note sur les ponts suspendus de Saint-Ilpize et de li%-
- niotlte, par M. Nicou, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées;- •
- On construit encore des ponts suspendus en France, mais on y a introduit des perfectionnements importants; on lira donc, à ce titre, avec intérêt la note de M. Nicou.
- Le pont de Saint-Ilpize sur l’Ailier a été construit en 1879; il a trois travées de 68m’4c7''!4’^j'rPr?iHr^''Ç0ÎJ?- la/i^avéç centrale et 15m,10 pour les travées latérales.
- La hauteur de la première au-dessus des basses eaux de l’Ailier est de 26 mètres au milieu. Le pont a 4 mètres de largeur entre garde-corps.
- Sur chacune des deux piles se trouvent deux obélisques de 3 mètres de hauteur, portant des secteurs eu fonte sur lesquels s’amarrent les câbles de suspension, savoir les câbles soutenant la travée centrale et les"éâblessal!lia:pé s%barrer aux massifs de retenue placés dans les culées.
- ' I/es>dæm qîeéitesfe trâvéasg etdes deux portions extrêmes,, de la, travée centrateTsonfilsontefiueS' {par: des haubans inclinés amarrés,^ux secteurs reposant>-sur!')lè's ,obélisques; i la partie milieu de la., travée,, centrale.est seule supportée par le câble à courbure parabolique^ Le, ç^ble-et les haubans he^'.sôntèpaSi dans un plan vertical,-,mais, bien dans , un, plan pré-sentantmn fruit de 1/40 par rapport au plan vertical, cc:ci, dans le,but de diminuer les oscillations horizontales.. ,.-hti-1-
- Les tiges de suspension, en fep rond,,,ont leur extrémité supérieure contournée de manière à embrasser les,câbles,, tandis..que leur extrémité
- inférieure traverse les poutrelles du tablier et se termine par une partie filetéeÊrëcevant: un écroiu ;-ùh noltentten,* ,1. ./?
- Le garde-corps est disposé en forme rdeypoutre à .croisillons dont^. les éléments diagonaux sont assemblés avec les lisses horizontales par le moyen, de sabots en fonte.. Ce garde-corps à lm,40 de .hauteur. : ...
- ’-^Lé^pri#-d'établissement de l’ouvrage a été le: suivant :-.rtIvC -u -Ahdm
- f , Maçonneries...................TJ‘ 33.194 francs
- Itteuob olrCb b.f!
- UO
- :mi m o'/
- .. i^K.ion ' 'gdepensibn ’ët tablier . .m 37.308 •—1 tinm
- 1><H> fe «ta»:,;, -upijq.if-rr—J. i.:p3 b,Â,.u
- 1:* m •yrioiq ne vMtuùom 89To^rr:v^fntdi* Jàèi/idfii
- LebonLdeLamothe,- établi y sur nd’Allier* près -, de Brioude,, ^es^t. plus important que *le précédent-ÿ>i il peut supporter des chargements de il
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- tonnes sur un seul essieu. Il n’a qu’une seule: travée de illlrmètres de portée et le tablier est à 5m,45 au-dessus des basses eaux de la rivière. La largeur entre garde-corps est de 5m,50 et comprend;nuneovoie charretière de 4m,10 et deux trottoirs1 de 0m,J70 chacune mm, inuro La travée est supportée de chaque côté sur llm,25 à* partir défia pile par 4 haubans inclinés, la partie médiane étant soutenue par: des.câbles paraboliques. .a, ri
- Les obélisques placés sur les culées portent des chariots ? à galets auxquels sont amarrés les câbles et les haubans. Il y a dix câbles de suspension dont 5 de chaque côté du pont.
- •Le tablier est presque entièrement métallique, composé de: poutrelles enfer laminé à section de double T à ailes larges et pesant 73 kilogs le mètre courant. Les poutrelles de la partie centrale sont soutenues par les tiges de suspension et celles des extrémités par des longrines d’encorbellement également en fers a double T auxquelles elles* sont reliées par des étriers ; ces longrines sont -soutenues elles-mêmes par les haubans. ?>•.
- Le garde-corps n’est pas destiné, comme dans le pont précédentj adonner de la raideur au tablier; on a cherché au contraire à le i faire le plus léger possible, il est composé de potelets verticaux en fonte, de cornières formant lisses supérieure et inférieure et de tirants .eu fer rond; des cordelles en fils de fer diminuent les vides laissés par les tirants dans le garde-corps. '»èn s.p.q-i?,<=dn jfV>
- i La voie charretière et les trottoirs sont en madriersfIongitudiimux de bois de chêne avec doublage transversal en peuplier,,,, xn.no !«<{ soi
- Le pont de Lamothe a coûté
- : *1 ' }(> •Urr:->>.
- ofrfiot
- ro'r.'v,.;,rnrurf)t>^i
- Pour la maconneri e......................... 79.200, francs
- a ! ! ; ; ! >.j ji(V
- Pour la suspension et le tablier............ 104.239
- *m .m. Total.................... 183.439
- ; hn-bv.-' nui: dj/n! |V- ' . •
- L’emploijdes dispositions spéciales, telles que les haubans et les câbles en fils tordus, ont donné à ces ponts une stabilité qu’on n’est pas habitué à trouver dans les ponts suspendus; on a pu faire parcourir le pont de Lamothe par une assez lourde voiture à deux essieux au trot et au galop,sans qu’aucune oscillation d’amplitude notable se soit produite.
- Les câbles et haubans travaillent à 16 kilogrammes par millimètre carré, ils'sont formés de fils de fer; on fait obsêrver que leHpÔnt de’ Lamothe, pouvant supporter des voitures chargées de 11 tonnes, pourrait, fiiâfis grand surcroît de résistance, donner passage à de>petïtës'Tdcomo-llivës dêséervant üne ligne d’intérêt local. !l rrr' '-hmi ol miotho. *ïuoq
- -'.i i "L i>iiisU)--,- iijmq otufia oh. vm.fi
- lie jiorl <le Saint-Pétersbourg et le nouveau canal ma-
- ^rftiiiié'f ;ï|iàr Petsche," ingénieur des*Pontshet Ghaussêè^i fiuiffi,y.
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- Om sait Sque. les barres de la Néva empêchaient l’arrivée, à Saint-B.éters-bourj» de navires calant plus de 2m,4Q, lesquels devaient être déchargés à Cronstadt. • - : Oc m. .
- Le canal maritime, commencé en 1877 et achevé au' commencement de cette année,permet l’accès des -navires- qui peuvent arriver à Cronstadt. Il a 27-:Mlomètres de longueur; on peut évaluer les dépenses à 26 millions de francs.
- Notre collègue, M. SergueefF, a fait sur ce sujet une intéressante communication à la Société, 1883, vol. I, pages 480 et.mm*.-aiauprir-?
- Note sur le calcul aies poutres droites à travées solidaires, par Mb de Lagarde, ingénieur des'Ponta et- Chaussées,,ut,a aol m»
- :-'-C iUir S .;->( r • *m .• . Vjlop: P
- Note sur’ la profondeur à donner aux écluses et-;sur . rin-iluenoe qu'exerce au-point de vue du remplissage du . sas la. position des ventelles des portés d’amont -par M. Barbet; ingénieur. i-deS- Bopts et Chaussées. . -w. .:
- La question ' de la durée''des éclusages est d’un intérêt considérable pour les-voies navigables très fréquentées; la rapidité du remplissage et celle de l’entrée des bateaux dans le sas y jouent un rôle important.' -
- Los expériences; qui font le sujet de cette note ont conduit l’auteur à conclureu:-mq rob; ' • . ...
- 1° Qu’il n’est pas nécessaire de donner au mouillagp .sur le busc cd’a-val unë'VMÏé'hPSufSériéuré à 2m,2S ou 2m,30, si l’on veut accélérer l’entrée des bateaux montants et diminuer par suite d’une manière notable ladurée totale; d’une éclusée, même pour des ypies navigables à très grande fréquentation, comme le canal de la Sensée et ïaScarpq moyenne sur lesquels l’auteur a opéré ; b timH.
- 2° Que l’on pêntésè borner à; cette’'profondeur%ahs!:qu’il en résulte d’inconvénient sérieux pour la rapidité ‘des manœuvres, au moins lorsqu’il s’agit d’anciennes écluses à remanier,-pour lesquelles une retaille plus importante dés radiers pourrait comproméitfè''ïa solidité' des .ouvrages ou donner lieu à de trop grandes dépensés1;^’,!A\ ’’ *
- 3° Que la hauteur à laquelle lès ventelles des portes d’amont doi-vent être établies en contre-bas du niveau d’aval est une fonction’du mouillage, mais que cette fonction varie ^dans^cles limites très rapprochées. lorsque) le mouillage reste compris lui-même entre z mètres et qq' "• "-P 0 tiîs 'lii u*>* -aimæiio*.;!aou-ku• .
- • •• ' ’ •l-*’q ,«nrjuo^ ïi-: -b asWJ&rm&bi 'io.i’ïOf;qiJ8bia!''Jtvrjo^i;q4qjéti>!®.'
- 4°?oQu’enhn,K;dans ces., conditions,!, la. hautepr à. laquelle^, ilu^., p Jjeu, pour obtenir? le minimum de fhiré.q ,duurqmplissage(/dp - sas,r d’araser,de mur de chute paraît être voisine de 1 mètre,...; . , ,} j ^
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- Roug-e.
- Canal '<lefi8!ueW,) ‘fidr M! S^JjamInt,1J'‘ingénieur ''en'cîief1 des Ponte ci Cfâili'é’è^ mhtuob ^‘irfOTj^i^-nny Gunnqqe o‘wgd(> «on aurons -j*
- 7,io h nîjjjiiii’1 fijIm111).i',i -irif; 1 >iî;»s = ;>.t:>]qfnoa noi-inio'/yï oun %'ioin j-uoi s ^Commiision, avait .eu à, e^mm^r trois, p.roj pfe 0 commuais pu s
- ayant pour But de répondre à la conditijpipj.du^passageiipar.^p papal, d’un traflç annuel dépassant dix millions 4p,. .tpnpes^ ^piip|;uliwïj)n ;
- 1° .Le. .douhjfiinont; do la voie maritimes par élargissemeati pur- et siînqiPtM uoiiia* oan ftuib jin-n»-.--* .-im*’* .-.uommiîm >«oi uûl> eo'soa; vf ' -Q?j;Le idoublemPntiparrfconstruetion d’une seconde voie G ,J'-‘ ju 3° Le doublement mixte ou combinaison des dëüx premières hypothèses.
- *ïfrfÈRêiïîfiiâfoli 'éb^^fU^Mal|ih'î1té''€fntfâyem?de ïafpreîniere*méthode,
- rëlaégMsldMilt! pur ‘"'etiifei*d u^cdnkl1 cte''l^.iit^iienancc i *M"mer n______ .dtarPoi no «z'jV'jssul'O sn sjjioM aon jjmno'g "ïm>r..
- JO
- Jâ\ m-ç IB* »w.
- d abord et qu un approiondissement 4p 0“,p0, .fgpyant^
- compléter la profondeur de 9 mètres, devra former la demi ère. phase
- d’exécution des améliorations. , .... .
- ucnty* -iuo.'j. m;.p •loeiuihiftunH oh «ommrr.-exo «oh aoq«m; -
- La largeur, mesurée à 8 çpDêtres sous l^niv^u,)^esj|bpjSsp^ -piers qie
- vive eau ordinaire,' sera portée^ d’une ..part,, entre. (.Pprtq^ïd .p^lqs Lacs
- Amers,’"’a 65 mètres" dans les parties ,rectiligne^ àj.75, les
- courbes de'grand rayon et a 80 mètres^ dans,, le s. jt^urlîp^ déplus faible
- rayon ''d’autre, part, entre les Lacs ’Amers et pue'^jà,,/^ pi^pe,^ danp.. les
- parties réctilignes et 80 mètres dans les courtes .^upi.s^ntyjtoutep,, de
- «,b ’i,nd,é,ddr,.
- Là Commission approuve également les profils, types ^pi^éseiiités.^ par la. ^?“5il.ë™?Fnoq mi.îo 'ddobv .->%tb jnohnvoh aaodo..
- Note surdë&’téléinarégraiiltes ou maragraphes dür^gistreurs â dis" tahcè'>ëtdbiy;flê''lrdhgridë l’Escaut et de ses affluentsVpdriMVdV'rFROOST, ingénieur en chef, directeur du service de l’Escaut.
- Ces appareils étaient installés à l’Exposition universelle d’Anvers ; ils ont été construits par M. Schubart, à Gund.
- Le principe dé] deux moteurs à mouvement uni-
- forme placés l’un au poste d’observation, l’autre à la station d’enregistrement; le mouvement’dudpi*e'rfiiéi?" moteur est përiodiquemeiit emprunté par un frotteur ou observateur qui relève la position occupée par un indicateur de la marée et la transmet par un courant électrique au burin de l’appareil enregistreur .qurda grayer!;sur un cylindre actionné par le second moteur.
- Un seul fil suffit au^lraüsMfsiods jfà qüdïre^postes d’observation, tpaol:snii#»ion^;fuiâsontïàjissi«nregistrées'ipa{pi<uh .Mérite bûtiff^W^ütf 'àeul cylindre. '
- .MiLxéhrbgididéiÉeht se)laàt;périodiqitemèntd^WlOiitêii'd'e')é,iyq,1ëii éiMéf ou
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- de dix en dix. minutes. 11^ est commandé^par uaie ihorlo,g||-j(liiiiijd,écljeJi^î(b.€^ le' moteur des quatre appareils- Enregistreurs, dont les'' cylindres récepteurs-, font alors une révolution complète pendant laquelle chacun d’eux énrë^'i;ê!ti!‘yn!Sucédëssitémient'1 les indications !des ' postes - d’observation placés v^ùr dailign'é â^laquèlle il est 'relié. " . ‘ ‘ , . /
- L'administration des Ponts et Chaussées de Belgique a installé, le long de l’Escaut maritime et . de ses affluents, quinze de ces appareils observateurs de la marée dont les indications s’enregistrent dans une station centrale qui avait été temporairement transférée à l’Exposition jd’Ànverspcompartiment des ponts et chaussées.
- Les Ingénieurs des Pouls et Chaussées à l’Expédition d’Égypie. Noie, complémentaire, par M. Tarbé, de Saint-Hardouin, ins- ; pecteur général des Ponts et Chaussées en retraite. •
- " Wt'iési'stàiië'è au féii «fiés éléments métalliques «les bâtimentspar’ M. DE'^^RE'Àîitiïii'u, ! mgëhïeur èn'!bhef des Ponts*’et' Chaussées:"1’- "/a_ ; ’y1':-; -
- A propos des expériences de Bauschinger que nous^avons. Signalées dans là 'Chrôbfqué’de1 jüïnlil88S/page'J8po,''ik.S de Preaüdeàu cité des observations intéressantes'faites 'par M. Barret, ingénieur de la Com-paghijés,des/6‘^èSk:d'net'' Ëntré^ô't§'i dé Marseille sur les incendies survenus h' dïvèrs'^e’ni^ejiqts ; 'AL Barret propose d’assembler les ^colonnes en foiité'ci’eu’sé'S jiâr'des joints étanches et d’en relier'la base à la dis-tribution°(l’ëaü"dé'ila ville ; la circulation d’eau qui s’opérerait ainsi, la partie supérieure des colonnes étant d’ailleurs ouverte, empêcherait la fusion de'ih ’fôïiie et probablemént la destruction des bâtiments. Les planchers devraient être établis en briques creuses et les poutres métalliques devraient . être noyées dans la maçonnepje,.tandis, quq leurs extrémités reposeraient sur des sabots en fonte pour permettre• la dilatation.
- COMPTES RENDUS MENSUELS
- DE LA SOCIÉTÉ DE L’INDUSTRIE MINÉRALE
- Réunion de Saint-Étienne Séance du 3, octobre 4883.,
- Communication de M. Imbert sur une machine à essaye*'-tels chaînes.
- Cette, inachine d'une extrême simplicité se compose d’un vbrihdiydràu-
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- lique de 8 tonnes dont la tête agit sur l’extrémité d’un levier formé d’une barre d’acier Bessemer de 150 x 30 m/ra de section,
- A cheval surmé'levier est une chappé'én acier coulé- portant à sa partie inférieure une noix ayant l’empreinte de trois demi-maillons successifs de la chaîne à essayer; une chape semblable fixée à un bâti, (ei/fopt bois de chêne complète l’appareil. Un manomètre indique la pression..
- G-râce à la disposition spéciale des deux chapes, on peut éprouver une chaîne de longueur quelconque par portions égales successives. En plaçant la chape à différents points du levier, on peut obtenir des efforts en rapport avec les bras de levier; ainsi, avec un vérin de 8 tonnes, on peut éprouver une chaîne à 24, 32 et 40 tonnes. Pour une chaîne en acier à:maillons de 20 m/“l, ces efforts représentent respectivement 38, 50 et 63 kilogrammes par millimètre carré. Un appareil de ce genre ne revient pas à plus do,400 francs dont 200.-. pour ; le vérin.
- ^Communication Ae ... M^.Uh, Buisson , sur ft;Jes aecideiiti'lltilts « Coups «le poussières » dans les mines à grisou et les moyens de les
- 'ëvitéf’yf*** w « r *sv. • 'A ; - t kI?
- . u t". -5- M•»:4 -«-''U -s
- Commissiou prussienne du grisou, traduction par M, G-. Simon
- d’une note parue dans le Glückauf. ui-u/U-. duoirndouoe > /)
- ••bm.j -Vvoauo m:q fa Un ima:.
- Communication de M. Euverte, sur les/'tube^.j », fanons en acier Martin non martelé sans soufflures.
- Ces tubes à carions sont fabriqués à l’usine de Bofors, en Suède, d’après le procédé créé par l’usine de Terrenoire. !
- La matière se compose de fonte provenant exclusivement de minerais de premier choix, de fonte blanche, de déchets de fer forgé et d’une petite quantité de ferromanganèse contenant du silicium ; ce mélange est traité au four Martin ; les tubes sont coulés dans des lingotières én fonte chauffées et garnies d’une mince couche> de terre réfractaire.
- L’acier obtenu est absolument sans soufflures ; on le réchauffe et on le laisse-refroidirdans-sdu poussier de charbon; cette opération régularise les tensions.': intérieures et fait acquérir à la matière une élasticité et une résistance! très élevées/La résistance à la rupture était en moyenne det61 kilogi avecîallongemerit de 43.0/0, la limite d élasticité de 22 kilog, iet[ la diminution idçda section de rupture - dé 14,4 0/0. -. au i»
- >t On a employé également d’autres proportions d o nn anUun métal plu s doux, présentant 54 à 57 kilogs de résistance à la rupture, de 25 rà 30 de limite ' d’élasticité avec/M ,à . 23 0/0 d’allongement. Ce métal ayant été trouvé un peu doux, on est revenu à des proportions idorinant diesujiro-priétés intermédiaires entre les précédentes: tnluBn euMuam
- upBeSr©anonsfde/8.4 centimètresj ,-ainsi fabriquésÂ.ontnSubiiili’épreriye de 2000 coups à la charge de, service, sans dégradation ,ni agrandissement deblamhambré à poudred^v'd riiaOqiinadïîHdea-, v
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- Séance tenue a Alais le 8 novembre 1885,
- Communication de M. Yillot sur l’analyse rapide des gaz avec l’appareil Bunte et l’appareil Yillot.
- La méthode est celle d’Orsat avec emploi de la burette de Bunte, caractérisée par le mesurage des gaz sous une pression qui n’est pas exactement la pression atmosphérique, mais cette pression augmentée d’une petite hauteur liquide toujours la même. M. Villot décrit également un appareil qu’il propose et qui n’est autre que le précédent simplifié efimis en oeuvre autrement.
- Discussion sur les revêtements en fer pour travaux des mines.
- Commission prussienne du grisou. — Conclusions «lu rapport sur les lampes de sûreté, communication de M. Mar-saut.
- Ces conclusions ne contiennent pas moins de LOI articles;.le rapport officiel n’est pas encore publié, mais il a été communiqué à M. Mar-saut j>ar lé "président dé la sous-commission des lampes.
- Réunion de Saint-Étienne Séance du 7 novembre 4883.
- Installation de la station centrale d’éclairage électrique de Saint-Étienne, communication de M. Allimant.
- La force motrice de la station centrale est constituée par quatre machines Woolf à cylindres de 0m,220 et 0m,380 dé diamètre et 0,600 de course, marchant à 450 tours auxquelles la vapeur est fournie par 4 chaudières semi-tubulaires de 90 mètres de surface cle chauffe chacune. Avec une pression de 7 ldlogs, chaque machine peut fournir de 75 à 130 chevaux effectifs. Avec la pression maximum de 12 kilogs, . à laquelle les chaudières sont timbrées, la puissance développée par chaque machine atteint 490 chevaux.
- Chaque moteur porte deux poulies-volants de 2m,20 de diamètre, qui actionnent par courroies, l’arbre général de transmission tournant'1.à 367 tours par minute ; cet arbre porte 8 êmbrayages à friction dont
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- 4 correspondent aux moteurs et 4 aux dynamos; ces dernières sont des machines Edison, type 500 lampes A de 16 bougies ; l’armature tourne à 740 tours par minute en donnant au circuit ouvert tüiëyfôrce éleetroihôtrice :‘de 110 Volts." Àu sb'rtirf dès5 dynamos, le"cWfâh’t "passe dans'une salle d’épreuve où üii' table ail portant divers 'Appareils 'régulateurs permet de faire varier l’intensité du champ1 magnétique de chaque machine et de régler isolément celles-ci ; de là le-courant passe au réseau d’éclairage.
- Communication de M. Clermont sur le transport de la force par l’électricité.
- Il s’agit de la" communication faite à 1’Aaadéinie des sciences par M. Marcel Deprez, le 22 octobre 1885.
- Communication de M. Clermont sur la production du gaz hydrogène pur par le procédé Hembert et Henry.
- Ce procédé, tel qu’il est décrit par les aùfemrs ,daùS"'lëùr 'Communication à l’Académie des sciences,!bomqforteûdeux opérations distinctes: la première est la décomposition-de;. la «y’apeur ' d’eauitpar du. coke incandescent en hydrogène et en oxyde . de s carbone;,, etldà^econde la décomposition-de la vapeur d’eau surchauffée au pQi^vde^dis^picjation en présence de l’oxyde de carbone, décomposition qui donne de'.l’acide carbonique et une nouvelle quantité d’hydrogène ; on peut obtenir pratiquement 3,200 mètres cubes d’hydrogène par 1,000 kilogrammes de coke; le prix de revient est d’environ 1 1/2 cèiitime p’ùi4^ifîëtrë,l'èube.
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS ALLEMANDS
- N° 46. — 44 Novembre 4885.
- Exposition universelle d’Anvers, par Herm. Fischer (fin). Exploitation des mines. — Indicateur de ventilation.
- Croiseur-torpilleur le Scout.
- «oUnOè ta ».• Dttof IV! ur> •:;>*
- Groupe de Berlin^ rr^~, Expérience; sur raréfaction de. l’air. veaux règlements pour les chaudières a vapeur!
- Groupe de Wurtemberg. — Les arbres,^ leur croissance et’ leur
- No titrai-
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- tement.— Machines à écrire. — Brûleur pour chauffage a l’huile minérale.
- Pafeptes.
- Bibliographie.^- JStpdq qpr Jg^ thpprie Xides corps 5élastiques., dp J.apql> Tepb:ne,fi.')-3m|qi3oji;t, dç cherpip $$uteVt spp la Save...à,.- Brod ,,, par,,MorL; Bockf j vttû i ,Quÿpages adressés : à ,1% Rédaction.
- Correspondance.—' Cages d’extraction.
- Variétés. — Lancements et essais de navires.
- N° 47-, — 21, Novembre,1 88 b »
- Matériel roulant de chemins de. fer à l’Exposition d’Anvers, par B. Salomon (suite).
- Nouvelle, formé , de cubilot.
- Machines agricoles. -ri:SemoirsJésuite)..
- Groupe délHanoVreJi+H/Lie Pimenta i et: -ses u falsifications. — -Applica-* tions de l’aeidé; carbohiqiie Uiqùide.
- Groupe de Saxe. — Lavage des charbons. — Filature‘de la laine peignée.
- Patentes.
- Bibliographie, — Principe de la conservation de l’énergie du I)1' Jacob Weyrauch. — Ouvrages adressés à la rédaction. 1
- Variétés. — Concours et prix proposés. — Action du feu et de l’eau sur les colonnes métalliques.
- N° 48. — 28 Novembre 488b.
- Compresseur à sec à tiroirs, patente Burclcardt et Weiss, par J.-F. Weiss.
- Machine à air chaud de la Société de construction de Berlin-An-halt.
- Groupe de Francfort.
- Groupe de Manheim.
- Groupe du Rhin inférieur. — Caractères du fer fondu et soude. — Appareil de sûreté pour chaudières de 'Schwar tzkopffj Association des chemins de fer.
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- Écoles supérieures, par ;le I)1' Krurnme. "bh. .-w.vhV'ïD
- Patentes.
- jh h ürüjfidr:?
- Bibliographie. — Exploitation des houillères, par M. Demaiietftraduction allemande de CCLeybold. — Lettres sur 'PExpositiOiP d^iiÉers parues dans la Gazette de Cologne , par le D1’ W. Molir.— puvrages adressés à la rédaction. /\v, -
- Variétés. — Lancements et essais de navires.
- N0’ 49. — 5 Décembre 4885.
- Distribution de Klûg pour machines à vapeur, par H. Ebbs. Compresseur à sec et à tiroir, patente Burckardt et Weiss, par J.-F. Weiss (suite).
- Matériel de chemins de fer à l’Exposition d’Anvers, par B. Salomon (suite).
- Groupe de Wurtemberg. — Expositions de Londres, Anvers et Grorlitz. — Clé hélicoïdale de Clarfeld et Kockler. — Usine électro-technique de Canstadt.
- Patentes.
- Correspondance. — Appareils de graissage pour cylindres à vapeur.
- Variétés. — Revue des patentes, de Lürmann. — Éclairage électrique intérieur des chaudières à vapeur.
- N° 50. — 4% Décembre 1885.
- Distribution de Klüg pour machines à vapeur, par H. Ebbs (fin). .Matériel de chemins de fer à l’Exposition d’Anvers* par B. Salomon (suite).
- Compresseur à sec et à tiroir, patente Burckardt et Weiss (suite). Chemins de fer. — Freins continus.
- Électro-technique. — Expériences de Marcel Deprez sur le transport électrique de la force*
- Perfectionnement au tube de PitoL
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- Groupe de Hanovre. — Déviation dans le tir des armes à feu. — Distribution d’eau de la ville de Hanovre.
- Patentes.
- i l • •
- Bibliographie. — Ouvrages adressés à la rédaction.
- Correspondance. — Croiseur-torpilleur le Scout.
- Variétés. — Station d’essais électriques de Munich. — Construction de navires en Allemagne.
- Le Secrétaire-Rédacteur,
- A. Mallet.
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- ANNEXE
- AU BULLETIN DE DÉCEMBRE 1885
- CONGRÈS DES SOCIÉTÉS SAVANTES EN 1886
- CIRCULAIRE
- de M. le Ministre de l’Instruction publique.
- Paris, le 7 septembre 4885.
- Monsieur le Président,
- J’ai l’honneur de vous adresser le programme du Congrès des Sociétés savantes en 1886, en vous priant de lui donner toute la publicité désirable. Comme les années précédentes, il comprend cinq parties distinctes afférentes aux cinq sections du Comité des travaux historiques et scientifiques.
- Les Sociétés savantes ont collaboré dans une large mesure à l’ensemble de ce programme ; en réponse à ma circulaire du 12 mai dernier, elles m’ont transmis un grand nombre de sujets qu’elles jugeaient dignes de figurer à l’ordre du jour du Congrès, et le Comité, en arrêtant la rédaction définitive, a essayé de tenir compte de tous les vœux, s’attachant seulement à généraliser les termes de certaines questions quand elles ne semblaient viser qu’un intérêt local.
- Un assez grand nombre de sujets d’études, surtout ceux quiinté-ressent les historiens et les archéologues, vous avaient été déjà Bull. 66
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- soumis dans des sessions antérieures ; vos Sociétés ont compris que les nombreuses et intéressantes communications auxquelles ils ont donné lieu n’avaient fait qu’en accentuer l’intérêt, et, devant les vœux émis, le Comité a cru devoir, cette année encore, les maintenir au programme.
- L’initiative prise par vos Sociétés et que je tiendrai toujours à leur laisser, m’est une garantie précieuse pour l’avenir: j’ai la confiance que l’an prochain, sur tous les points qui constituent ce programme et que j’ai choisis d’accord avec vous, MM. les délégués apporteront les résultats de leurs travaux et seront prêts à soutenir des discussions qui assureront l’éclat de votre Congrès et en démontreront de plus en plus la haute importance scientifique.
- Agréez, Monsieur le Président, l’assurance de ma considération la plus distinguée.
- Le Ministre de VInstruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes,
- René GO BLET.
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- PROGRAMME
- DU
- CONGRÈS DES SOCIÉTÉS SAVANTES
- A LA SORBONNE EN 1886
- I.
- SECTION D’HISTOIRE ET DE PHILOLOGIE
- 1° Mode d’élection et étendue des pouvoirs des députés aux États provinciaux. • AL 10 ' s w, .
- 2° Les esclaves sur les bords de la Méditerranée au moyen âge.
- 3° Recherche des documents d’après lesquels on peut déterminer les modifications successives du servage.
- 4° Origine et organisation dés anciennes corporations d’arts et métiers.
- 5° Origine, importance et durée des anciennes foires.
- 6° Anciens livres de raison et de comptes et journaux de famille.
- 7° Liturgies locales antérieures au dix-septième siècle.
- 8° Origine et règlements des confréries et charités antérieures au dix-septième siècle.
- 9° Étude des anciens calendriers,
- 10° Indiquer les modifications que les recherches les plus récentes permettent d’introduire dans le tableau des constitutions communales tracé par M. Augustin Thierry.
- 11° Des livres qui ont servi à l’enseignement du grec en France, depuis la Renaissance jusqu’au dix-huitième siècle.
- 12° Les exercices publics dans les collèges (distributions de prix, académies, représentations théâtrales, etc.), avant la Révolution.
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- 13° Anciennes démarcations des diocèses et des cités dé la Gaule, servant encore aujourd’hui de limites aux départements et aux diocèses. '
- 14° Étude des documents antérieurs à la Révolution' pouvant fournir des renseignements sur le chiffre de la popùlàtioü dans une ancienne circonscription civile ou ecclésiastique.
- 15° L’histoire des mines en France avant le dix-septième siècle.
- 16° De la signification des préfixes EN et NA devant les noms propres dans les chartes et les inscriptions en langue romane.
- 17° Objet, division et plan d’une bibliographie départementale.
- 11 '
- • G F: : ! ; t T
- ip_ jY'm >>
- SECTION D’ARCHEOLOGIE
- 1° Quelles sont les contrées de la Gaule où ont étér signalés des cimetières à incinération remontant à une époque ‘hntëHéhre à la conquête romaine? —Quels sont les caractères distinctifs1 de ces cimetières? - ‘ ‘ !'f 1 *
- 2° Dresser la liste, faire la description et rec;h'êrêlïéril’origine des œuvres d’art hellénique, des inscriptions et' de à mhrbrës grecs, qui existent dans les collections publiques ou privées des’-divers départements. Distinguer ceux de ces monuments qüi sont’'de provenance locale de ceux qui ont été importés dans les temps'modernes.
- 3° Dresser la liste des sarcophages païens sculptés de la Gaule. En étudier les sujets , rechercher les données historiques et les légendes qui s’y rattachent et indiquer leur provenance.
- 4° Signaler les nouvelles découvertes de bornes militaires ou les constatations de chaussées antiques qui peuvent servir à déterminer le tracé des voies .romaines en Gaule ou en Afrique. ,T 5? Grouper les renseignements que les noms de lieux-dits^ peuvent fournir à l’archéologie et. à,la géographie antique. ,
- 6° Signaler dans une région déterminée les édifices antiques de l’Afrique tels que arcs de triomphe, temples , tliëâtre^V1 cirques, poptes^de ville, tombeaux monumentaux, "aqueducs, pdiifS'/ètc., et dresser le plan des ruines romaines les plus intëfessahtés?00 ^
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- 7° Étudier les caractères qui distinguent les diverses écoles d’architecture religieuse à l’époque romane en s’attachant à mettre en relief les éléments constitutifs des monuments ('plans, voûtes, etc.).
- 8° Rechercher, dans chaque département ou arrondissement, les monuments de l’architecture militaire en France aux différents siècle du moyen âge; en donner des statistiques, signaler les documents historiques qui peuvent servir à en déterminer la date.
- 9° Signaler les constructions rurales élevées par les abbayes, telles que granges, moulins, étables, colombiers ; en donner autant que possible les coupes et plans.
- 10° Étudier les tissus anciens, les tapisseries et les broderies qui existent dans les trésors des églises, dans les anciens hôpitaux, dans les musées et dans les collections particulières.
- 11° Signaler les actes notariés du quatorzième au seizième siècle, contenant des renseignements sur la biographie des artistes et particulièrement les marchés relatifs aux peintures, sculptures et autres œuvres d’art .commandées soit par des particuliers, soit par des municipalités ou des communautés.
- 12° Étudiep des produits des principaux centres de fabrication de l’orfèvrerie en France pendant le moyen âge et signaler les caractères quLpermettent de les distinguer.
- '13° Quelle^; mesures pourraient être prises pour améliorer l’organisation des, musées archéologiques de province, leurs installâ-t.ions, le.uc mode de classement et pour en faire dresser ou perfectionner. les catalogues ?
- SECTION DES SCIENCES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES
- 1° Des procédés de mobilisation de la propriété foncière expéri-mehtés ou proposés en France ou à l’étranger (cédules hypothécaires, dettes foncières, billets de banque fonciers, etc.), m&r
- .rspïfpÿi«b. adoftihé oèalanoJtu. , v , . . ..h 'ïohïjroP Uï
- 2° De la propriété en pays musulman. ' ^ -
- • nM/vo < coTu-Fj . mjvïjâ'l
- & 3?, Analyse des,, dispositions prises, depuis le seizième siecle jusqu’à nos jpurs^ppuq. créer et; développer la vicinalité. Avantages èt
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- inconvénients de la prestation en nature ; appréciation des conditions actuelles de la législation sur les chemins vicinaux.
- 49 Historique de la législation ayant eu pour but de conserver les forêts sous l’ancien régime et de nos jours. Indication de* quelques mesures à prendre pour prévenir les défrichements et les exploitations abusives de bois et forêts des particuliers.
- 5° Réforme de l’impôt foncier des propriétés non bâties.
- 6° Quelles étaient les données générales de l’organisation des anciennes universités françaises? Y aurait-il avantage à créer des universités régionales ? Quels services pourraient-elles rendre?
- 7° De l’enseignement agricole dans les écoles primaires.
- 8° Ouvrages anciens et tentatives diverses pour la réforme et l’amélioration des prisons avant 1789.
- 9° Messagers, messageries, courriers, poste dans une région donnée, du moyen âge à la Révolution. f
- 10° La diminution de la population rurale.
- 11° Étudier la valeur vénale de la propriété non.bâtie^au dix-huitième siècle dans une province, et comparer cette valeur avec la valeur vénale actuelle.
- 12° Du crédit agricole et des moyens de l’organiser efficacement, son fonctionnement en Allemagne et en Italie. Syndicats d’agriculteurs pour l’achat des instruments et des engraiset .pour^la vente des produits ; ne serait-ce pas là le moyen dé résoudre la question du crédit agricole? .
- 13° Étude des résultats statistiques de la participation aux bénéfices dans T industrie.
- 14° Pourrait-on reprendre la frappe des pièces de 5 francs en argent sans avoir ‘à redouter un rapide drainage de l’or?
- 15° Des conditions d’exécution qui peuvent justifier le rang que la transportation et la relégation occupent dans l’échelle des peines établies par le Code pénal et par la loi de 1885.
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- IV
- SECTION DES SCIENCES MATHÉMATIQUES, PHYSIQUES , CHIMIQUES ET MÉTÉOROLOGIQUES
- 1° Étude du mistral.
- 2° Méthodes d’observation des tremblements de terre.
- 3° Électricité atmosphérique.
- 4° Recherches sur la présence de la vapeur d’eau dans l’air par les observations astronomiques et spectroscopiques.
- 5° Comparaison des climats du midi et du sud-ouest de la France.
- 6° Des causes qui semblent présider à la diminution générale des eaux dans le nord de l’Afrique et à un changement du climat. 7° Etudes relatives à l’aérostation.
- 8° Étude de la gamme musicale, au point de vue historique.
- SECTION DE SCIENCES NATURELLES ET DE SCIENCES
- 1
- GÉOGRAPHIQUES.
- 1° Étude du mode de distribution topographique !des espèces qui habitent notre littoral.
- 2° Étude détaillée de la faune fluviatile de la France. Indiquer les espèces sédentaires ou voyageuses et, dans ce dernier cas, les dates de leur arrivée et de leur départ. Noter aussi l’époque de la ponte. Influence de la composition de l’eau.
- 3° Étude des migrations des oiseaux. Indiquer les dates d’arrivée et de départ des espèces de la faune française. Signaler les espèces sédentaires et celles dont la présence est accidentelle.
- 4U Étude des phénomènes périodiques de la végétation ; dates du bourgeonnement, de la floraison et de la maturité. Coïncidences de ces époques avec celles de l’apparition des principales espèces d’insectes nuisibles à l’agriculture.
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- 5° Examiner et discuter l’influence qu’exercent sur les insectes les températures hibernales et leur durée plus ou moins longue,
- 6° Étude des insectes traducteurs .de miel eu de- cire.
- ^ ï ii h ? j' O; § 's. Lfï f. I
- 7° Etudier au point de vue dè l’anthropologie les différentes populations qui, depuis les temps les plus reculés, ont occupé, en totalité ou en partie, une région déterminée* d'e-la Éfarïcèf^^
- 8° Époque, marche et durée des grandes épidémies au moyen âge et dans les temps modernes.
- 9° Comparer entre eux les vertébrés tertiaires des gisements de la France, au point de vue des modifications successives que les types ont -subies. Ê '
- 10° Comparaison des espèces de vertébrés1 cle l’époque quaternaire avec les époques similaires de l’epoque actuelle. **1.^*^ :
- 11° Comparaison de la flore de nos départements méridionaux avec la flore algérienne. 1 ncn- .»««»**«*.«•>»?***
- 12° Influence des plantations d’eucalyptus au point' de vue de l’assainissement des terres marécageuses. Utilisation de pes" arbres.
- 13° Étude des arbres à quinquina, à caoutchouc et mgutta-percha. Quelles sont les conditions propres à leur culture ? De fleur introduction dans nos colonies. . • ;> à
- 14° Étudier l’influence de la chaîne des Cévennes' dânlTle’s "limites apportées à la propagation vers le Nord des espèces végétales et animales de la région méditerranéenne. ^ ,
- 15° Exposer les découvertes archéologiques qui ont servi ;à-déterminer le site fies villes de l’antiquité ou du moyens âge, soit en Europe, soit en Asie, soit dans le nord de l’Afrique.- • •
- 16° Signaler, les documents géographiques curieux (textes et cartes manuscrits) qui'-peuvent exister dans les bibliothèques publiques et les archivés des départements et des communes.
- 17° Étudier les mouvements généraux des sables en Afrique et en Asie. Déterminer des régions où les sables reculent et celles où ils progressent. ,î;a • **«***>•»
- 18° Étudier les résultats géographiques obtenusa" la^suite’' de grandes explorations accomplies récemment au Congq,f|dqjasJ’Indo-,ÉÉine,etau.Tonldnl1'"/-’1 J K ^ t », *
- ( h aoiioiaoiflit/.; .or.; n-n*. .-4^,
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- TABLE DES MATIERES
- TRAITÉES DANS LA CHRONIQUE DE 1885,
- Acier (Production des fers et) en Allemagne, Juin, I, 805; — (Chaudières en) Juillet, II, 154 ; —• Utilisation des vieux rails d’), Octobre,
- IIP 516.
- Aciéries (Force motrice dans les forges et), Janvier, I, 103; — de Bilbao, août, II, 235.
- Agrandissement d’un tunnel, Janvier, I, 111.
- Air (Machines à) chaud, Février, I, 265.
- Alimentation d’eau de l’expédition du Soudan, Mars, I, 463; — d’eau dés villes de l’Amérique du Nord, Avril, I, 581.
- A r 1 b erg ( h o c o ni o t i v e s employées aux travaux du tunnel de 1’), Août, IIU 228.
- Assainissement de la ville de Blankenberghe, Juillet, II, 162.
- Ateli.^rsnd®) Baldwin, Août, II, 232, Septembre, 354.
- Canal de?. ÎÉrié (Trafic du), Avril, I, 574.
- Chaudières en acier, Juillet, II, 154.
- Chemins de fer (Vitesse des trains de), Février, I, 270 ; — à cré-maillérëy;Mars, I, 467 ; — à traction électrique, Avril, I, 576 ; —: au Japon, Septembre, II, 360. — ( Les premiers) français, Décembre, II, 825.
- Cheminée (Déplacement d’une) d’usine, Octobre, II* 517.
- Coite (sous-produits de la fabrication du), Septembre, II, 357.
- Colonnes (Résistance au feu des) en fonte, Juin, I, 805,
- Compagnie de navigation Péninsulaire et Orientale, Novembre, II, 672.
- Compteur d’eau, système Schmid, Avril, I, 582.
- Crémaillère (Chemin de fer à), Mars, I, 467.
- Déplacement d’une cheminée d’usine, Octobre, II, 517.
- Distribution d’eau de Stuttgart, Janvier, I, 113.
- Docksttid)ttarit ’de Rotterdam, Octobre, II, 512.
- Eau (Distribution d’) de Stuttgart, Janvier, I, 113; — (Alimentation d’), de l’expédition du Soudan, Mars, I, 463; — (Alimentation d’) des villes de l’Amérique du Nord. Avril, I, 581 ; — (Compteur d’) système Schmid, Avril, I, 582.
- Éclairage électrique de l’Atlantique, Mars, I, 466.
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- — 858 —
- Electrique (Eclairage) de l’Atlantique, Mars, I, 466 ; — (Chemin de fer à traction), Avril, I, 576; —- (Phare) transportable, Juin, 1,^797. Envelognie^ calorifuges, Décembre, II, 831. , " •
- Escaut (L’) et le port d’Anvers, Mai, I, 694. ’ ' h \~tf
- Essais à l’indicateur sur des locomotives, Décembre, II, 828.7 Expédition du Soudan (Alimentation d’eau de 1’), Mars, I, 463. Expériences de consommation sur une machine marine,. Février, I, 258 ; Mars, I, 455.
- Fairlie (R.), Août, II, 236.
- Fer (Production du) et de l’acier en Allemagne, Juin, I, 805.
- Feu (Résistance au) des colonnes en fonte, Juin, I, 805, ,
- Force motrice dans les forges et aciéries, Janvier, I, 103; hydraulique pour le percement des grands tunnels, Juin, I, ,801.7.. Frein restituteur pour tramways, Juillet, II, 158. u,/ y Frottement dans les grues à bras,.Février, I, 267. . w.,v-;rv,:J,
- t*iw naturel aux États-Unis, Septembre, II, ; — (Moteurs à), Novembre, II, 574. - : t 7
- Glace (Résistance do la), Octobre, II, 517.
- Gotlaaa°d (Trafic du), AIai, I, 693.
- Grue* ( Anciennes ) hydrauliques , Février , 1, 266 ; ^T( Frottement dans les) à bras, Février, 1,267. ’-Unî!. : = -
- Ilonunae (Travail développé par 1’) dans un court espace do. temps, Mai, I, 697. \ v(.
- Hydrauliques (Anciennes grues), Février, I, 266j; — (Forces "motrices) pour le percement des grands tunnels, Juin, I, 801. >*-*’*'" * Indicateur (Essais à F), sur des locomotives, Décembre,*IIf"828.* Industrie minérale en Belgique, Août, II, 235.
- Ingénieurs (Travaux des Sociétés d’), Janvier, I, 108.
- Easninoirs (Machines de), Octobre, II, 511. -v
- Eoconaotives Deccipocl, Avril, I, 579;—(Tiroirs équilibrés pour), Juin,I, 799 ; — employées aux travaux du tunnel de l’Arlberg, Août, II, 228 ; — (Essais à l’indicateur sur des), Décembre, II, 828. Haclaines à air chaud, Février, I, 265; — marine (Expériences de consommation sur une), Février, 1, 258; Mars, I,v455; — élévatoi-res américaines, Mai, I, 689 ; — à deux cylindres (Observations sur le, fonctionnement des), Août, II, 238; —de laminoirs, Octobre. Il, oii.
- métrique (Le système) aux États-Unis, Mai, I, 695;
- et ses adversaires, Septembre, 11, 357.
- Moteurs à gaz, Novembre, II, 674.
- Navigation sur les lacs, des États-jJnis, Janvier, I, 112; ^(((ÿmpa-gnie de) Péninsulaire et Orientale^ Novembre II, 672. > i * "clm'
- Navire» à vapeur (Les grands), Juin, I, 803.
- - (Le système)
- h:
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- Observations sur le fonctionnement des machines à deux cylindres, Août;Mn, m. i;
- • • i : [ | J i \ . ; i .
- Origine du mot tramway, Mars, I, 464.
- Patentes en Angleterre, Juillet, II, 161. **;••*
- Phare électrique transportable, Juin, 1,797.
- Pétrole “ en AÎmérique, Juillet, II, 165.
- Pont de Brooklyn (Tramway du), Février, I, 271; — à bascule à Rotterdam, Novembre, II, 669.
- Port d’Anvers (L’Escaut et le), Mai, I, 694.
- Prix Fourneyron, Décembre, II, 832.
- Production du zinc en Espagne, Mai, I, 696; — des fers et aciers en Allemagne, Juin, 1,805.
- Pyronaètre calorimètre, Novembre, II, 678.
- Rails1 :(Usure des), avril, I, 574; — (Utilisation des vieux) d’acier, Octobre, II, 516.
- Résistance au feu des colonnes en fonte, Juin, I, 805; — de la glace, Octobre, II, 517. '
- Sous-proeluits de la fabrication du coke, Septembre, II, 357. Systèaaie métrique (Le) aux États-Unis, Mai, I, 695; — (Le) et ses adversaires, Septembre, II, 357.
- Télégraphes aux États-Unis, Juillet, II, 165.
- Tiroirs équilibrés pour locomotives, Juin, I, 799.
- Touage (le),. Juillet, II, 165.
- Traction électrique (Chemin de fer à), Avril, I, 576.
- Trafic du Canal^de l’Erié, Avril, I, 574; — du Gtothard, Mai, I, 693.
- Trains (Nïtessejdes) de chemins de fer, Février, I, 270.
- Tramway du pont de Brooklyn, Février, .1,271 ; — (Origine du mot;, Mars, I, 464; — (Frein restituteur pour), Juillet, II, 158^ — (Transport dans Paris par omnibus et), Novembre, II, 679.
- Transports à bon marché, Février, I, 269; — dans Paris par omnibus et tramways, Novembre, 11,679.
- Travail développé par l’homme pendant un court espace de temps, Mai, I, 697. "U!
- Travaux des Sociétés d’ingénieurs, Janvier, I, 108; — du tunnel de l’Arlberg (Locomotives employées aux), Août, II, 228.
- Trevithieh (Richard), Janvier, I, 109.
- Tunnel (agrandissement d’un), Janvier, I, 111 ; —- (Forces motrices hydrauliques pour le percement des grands), Juin, I, 801 ; — (Locomotives employées aux travaux du) de l’Alberg, Août, II, 228.
- Usure des rails, Avril, I, 5 *4. ^ .
- Utilisation des vieux rails d’acier, Octobre, II, 516. •<d- JN
- Vitesse des trains de chemins de fer,! Février, 1, 270. R
- *inc; (Production du) eii Espà'ê’hé,'Mai, ïf 696. ' **«**««*
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- TABLE DES MATIÈRES
- DEUXIÈME SEMESTRE. - ANNÉE 1885
- Appareils dynanoxnétriques applicables aux Machines marines (grands). Note de M. Daniel Colladon sur ses appareils et sur
- ceux de M. Auguste Taurines, lue par M. A. Mallet...............
- Lettre de M. de Cossigny au sujet de cette lecture............
- Appareil élévatoire de 30m, avec chariot transbordeur, Communication et mémoire de M. A. Bonnet.........................200 et
- Remarques de MM. Forest, Badois et A. Quéruei, sur la communication précédente............................................
- Assainissement de Toulon (Avant-Projet de M. l’Ingénieur en chef
- Dyrion), Communication et note de M. Alfred Hauet..........547 et
- Bateau à Hélice mobile (système Edmond Roy), compte rendu d’expériences et considérations générales sur la Navigation intérieure, par
- M. Edmond Roy...................................................
- Observations de MM. A. Quéruei, Carimantrand et Edmond Roy, sur la
- communication précédente...................................
- Lettre de M. W. Nordlingy relative au même sujet................
- Calcul des Poutres continues (méthode générale analytique et méthode
- graphique), mémoire par M. Bertrand de Fontviolant..............
- Catastrophe de Chancelade, notes de M. Durupt (sur la). . . 55$ et Observations do MM. de Comberousse, Badois et Grüner sur la première
- note de M. Durupt............................ . ...........
- Souscription spontanée des membres cle 1a, Société pour les victimes
- de cette catastrophe.......................................
- Chemin de 1er de Saint-Étienne à Lyon, lettre de M. A. Léger (sur les Origines du), et remarque de M. de Comberousse à ce sujet . Chemin de fer Métropolitain, lettres de M. Haag et de M. Jules
- Garnier, relatives à' leurs projets respectifs (de)........181 et
- Cinquantenaire (de l’Etablissement du chemin de fer de Saint-Germain
- et du Réseau français), paroles de M. de Comberousse............ .
- Congrès métallurgique et géologique, tenu à Budapest .... Congrès des Sociétés savantes à la Sorbonne, en 1886. Circu-
- 374
- 540
- 200
- 207
- 766
- 186
- 196
- 39/
- 255
- 56^
- 55$
- 756
- 392
- 538
- 27
- 179
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- laire de M. Je Minis Ire de l'Instruction publique et programme, du. .. Congrès........................................................... 849
- Convention internationale pour la protection de la propriété, industrielle:
- Note de M. Édouard Simon.........*..........' ..'A...
- Communication et note, de MM. Ch. Assi et L. Gènes....... 434 et 489
- Observations présentées sur le même sujet par MM. Casalonga,
- Albert Galien, Armengaud, Mardelct. Edouard Simon, Ch. Assi
- et L. Gcnès....................................... 444, 537 et 536
- Décès : MM. Henri Tresca, Giraudeau, Gricuniard. Louis Parent, Bougèrc, Jean Fleury, Victor Forquenot, Mesmer. Cournerie, Parlier, Sclialler, Hermann-Lachapelle, Audenet, Sordoillct (*), Husquin de Rhéville fils (attaché au secrétariat de la Société). 9, 10, 179, 373, 538 et 566
- Décorations françaises :
- Commandeur de la Légion d’Honneur : M. A. Ronna . . . . . , . ' 422
- Officier de la Légion d’Honneur : M. Appert................. 179
- Chevaliers de la Légion d’Honneur : MM. V. Contamin, A. Mallet,
- Léon Francq, E. Cacheux, Ernest Herscher, Morel.......25 et 179
- Officier de l’Instruction publique : M. Richou. . . . • . . . . . 557 Officiers d’Académie : MM. Edmond Michaud, Guigon Bey .... 557
- Décorations étrangères :
- Ordre de François-Joseph: Chevalier, M. F. Bômches. . i : Fl
- Ordre de la Couronne de fer d’Autriche : Chevalier, M. Pasquier , . 25
- Ordre de Léopold : Officier : M. Greiner............... . . 755
- Chevaliers: MM. Ch. Bourdon et Doat.,|,.fi.v 373 set 538 Ordre de Charles III d'Espagne : Chevalier, M. Dccauville, v 557
- Ordre du Sauveur de Grèce : Chevalier, M. Pasquier. . . . ^ 25
- Ordre du Cambodge: Officier, M. Adolphe Violet. . . . 373
- Ordre impérial de VOsmanié : Commandeur, M. Letalle.. . . A’ 373 Ordre du Nicham : Officier, M. Vernes.................... 179
- Distribution de la force motrice à domicile au moyen de l’air raréfié, observations techniques présentées par M. Piarron de Mondésir, à propos du mémoire de M. L. Boudenoot et de la lettre
- de M. Mékarski. ............................................ 57^ et TijH
- Lettre de M. Mékarski sur le même sujet..................... 57$
- Dynamomètres de traction et de rotation, lettre de M. J. de
- (Cossigny sur les appareils de M. Auguste Taurines........... 183
- Observations de M. A. Mallet sur la lettre précédente....... . 185
- ^Économiste pratique (F), jhete-d^ M. G. Anthoni TouM’age dev”'‘
- " M. ,E. Cacheux (intitulé).......... ! f,'423
- Élection des membres du Bureau et du Comité,pour l’an-,f née 1886 ........................ . . . . . . . . .............. 765
- .t .. ->SÎ.{T , OXSlëOCfxA J 8SÙ'Î
- Érection d’une statue à Denis Papin,idans la cour d’honneur, du t .'A
- ^Conservatoire des Arts et Métiers. Souscription officielle de la Société. ' 755 *- ’• ; - "r ' " . eitîtôG amj&iabiï'xz
- (<*) Le “décès de M. Sordoillet, mort à Panama en novembre 1885, n’a pu être annoncé à la Société qu’à la séance du 8 janvier 1886. a ! !
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-
- — 863 —
- Exposition universelle d’Anvers, lettre et notes de M. J. Moran-
- dière (sur l’)1........................................... . 26 et 54
- Exposition de l’outillage des travaux publics, lettre du Syndicat'des Entrepreneurs de travaux publics de France (annonçant F). 394
- Fondation d’une Société nouvelle d’ingénieurs et d’industriels belges, lettre d’avis...................................... 180
- Forces mutuelles et leurs applications aux phénomènes mécaniques, physiques et chimiques, communication et mémoire de M. P, Berthet (sur les)'.............................542 et 588
- Hélices propulsives (Recherches sur la construction théorique clés),- mémoire de M. Duroy de Bruignac...............................
- Observation de M. A. Quéruel sur la communication précédente, de M. de Bruignac (séance du 19 juin 1885),et réponse deM. de. Bruignac .........................................................
- Hôtel des Postes de Paris (Le nouvel), communication de M. Giuidel sur la partie esthétique et la construction proprement dite; communication de M, A. Bonnet sur l’organisation et le service mécanique 557 et 756
- Observation de M. A. Quéruel ................................. 760
- Langues internationales (Conférences sur les), par MM. E. Maldant,
- A. Kerckhoffs. m?>7°Q
- Discussion : MM. E. Maldant, A. Kerckhoffs,j Brüll, Casalonga,/le
- 62
- 8
- général Tcheng-ki-Tong, Auguste Moreau, Gassaud, Derennes,
- 689
- 36
- 453
- Saillard, Pesce, Ch. Cotard...............•.......................
- La Plata (Les' intérêts français, au point de vue industriel et commercial, dans les pays de), communication de M. A. Potel....................
- Observation de M. Seyrig à propos de cette communication ..... 52
- Legs Fusco, rapport présenté par M. de Comberousse, au nom du
- Comité, sur la donation faite par Mme Fusco à la Société.)............. 450
- * Vote de l’Assemblée, constituée en Assemblée générale, acceptant à l’unanimité, conformément à la proposition du Comité, le Legs Fusco sous bénéfice d’inventaire. . ................................ ’V
- Ot'. ' /»$>" .HV.-cT
- Legs Giffard (Signature du Décret autorisant la Société à entrer en possession du)..............................................................
- Lettres de M. Fabry, président de l’Union des Ingénieurs sortis des, écoles de Louvain ; de M. de Matthys, président de l’Association des Ingénieurs sortis des écoles de Gand ; de M. G. Cadolini, président du Collège des Ingénieurs et Architectes de Rome au sujet du décès de
- M. Henri Tresca............................................ 9, 10 et
- Machine à vapeur (Système A. Quéruel), compte rendu par M. A.
- . Quéruel"des essais faits sur une machine a vapeur de son système,
- construite par M. A. Crespin................................... . 23 et 464
- Observation de M. Douane sur ce compte rendu. ......
- agBfr Qèit
- 27
- (f nu j "LLj
- Machines “marines à l’Exposition universelle d’Anvers?'communication et*'mémoire de M.1 Jiiles'Gaudry (sur les). . . ?-sVA%48iê§î*62i&
- !t."V ^ - .Mi !, i : ‘-'lr 1. 1 -i-Ofïlj
- Membres admis (Nouveaux). .‘ .................................7,
- Membre honoraire : M. H. "de Matthys .,
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- 178, â72' ëi 836
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-
-
- 864
- Moteurs domestiques (Nouveau système de), communication de
- M. Abel Pifre ................................................. 12
- Observations de MM. Contamin et Edmond Roy sur cette communication.................................................. 16
- Pavage en céramite (Nouveau), note par M. A. Gouvy................ -loi
- Ports de commerce en France et à l’Étranger, considérations générales et analyse de l’ouvrage de M. Laroche, ingénieur en chef
- des ponts et chaussées, par M. Charles Cotard..............
- Obsèques de M. Henri Tresca, président honoraire :
- Discours de MM. Maurice Lévy, A. Laussedat, Cauvet, Haton de’ la
- Goupillière, de Comberousse, Louis Passy et A. Noblot........... 130
- Remerciement (Lettres de) à la Société :
- De M. F. Bômches...................•............................ 10
- De M. F, Reymond . ........................................... il
- Sautage des grosses mines (Emploi de la dynamite pour le), communication et mémoire de M. G. Cerbelaud..................... 578 et 792
- Observations sur la communication précédente, par MM. Chaton,
- G. Bianchi, de Cordemoy, Ch. Cotard et G. Cerbelaud........ 580
- Situation financière de la Société (Exposé de la),par M. G. Loustau
- (Assemblée générale du 18 décembre)............................. 762
- Société des Ingénieurs Civils (Notice sur la), parM. A.-C. Bcnoit-
- Duportail....................................................... 806
- Table des matières traitées dans la chronique de 1885 . . 857
- Vases, sables et graviers (L’entraînement et le transport par les Eaux courantes des), analyse par M. Auguste Moreau de la communication faite sur ce sujet, par M. Vauthier, au Congrès tenu à Blois par l’Association française pour l’avancement des Sciences............ 29
- Voyage de la Société en Belgique :
- Exposé, par M. de Comberousse, de la partie officielle du voyage. 395 Compte rendu, par M. Brüll, des excursions organisées en l’honneur de la Société par l’Association des Ingénieurs sortis des écoles de
- Gand................................................................ 406
- Compte rendu, par M. Auguste Moreau, comme suppléant de M. Périsse, des excursions organisées en l’honneur de la Société par l’Association des Ingénieurs sortis des écoles de Liège............... 411
- O) hju. OL ê ^ efG/'WvP . O-LC/H- (O» utfecK'
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- IMPRIMERIE CENTRALE DES CHEMINS DE FEU. — IMPRIMERIE CUA1X. — 20, RUE BERGÈRE, PARIS’. — GA'iü-6.
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- iemeS èrie. 11 eme Volume
- CONSTRUCTION THEORIQUE DES HÉLICES PROPULSIVES
- PI.101
- Fig.11
- _ A7Û‘lkXl\-L 3T°?L
- SociAé des Inx/éniears CwiLs.
- Bulletin de Juillet 1885
- Auto. Imp. A. Broise
- pl.101 - vue 861/870
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- 4e série, 11° volume
- GRUE DE 30“ ET CHARRIOT TRANSBORDEUR
- Pl. 102
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS.
- Bulletin d'août 1885.
- pl.102 - vue 862/870
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- 4reSérie ll"meVolmue
- GRUE DE 30? ET CHARIOT TRANSBORDEUR
- PI. 103.
- to
- s
- .2s_ai
- Société cùys iTujémmrs Cù?ils.
- Bulletin d'Aout 1885
- À-uto. lmp. A. Broise & Courtier, 43, rue de Dunkerque, Paris.
- pl.103 - vue 863/870
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-
- rmeSèrie ixenxeVolume
- VOIES POUR GRUE DE 301? ET CHARIOT TRANSBORDEUR
- PI. 104
- Echelle de r/iso
- ÉHtiVit duSpcle
- A-Rcï!ùL jül JSQQQ
- - t-.------A&L.. de?- SlQpq
- iflâjpsde&~Anfdç
- 6_ Ka(Jjs_ _de/,_Sj'ooo_
- La coupe hornumtale* dés maçonneries est faite* sur le*socle .
- Bads de H.’ooO Cio *rtcia\ ti/pc Nord.)
- Sol du* Choair
- Tracé de la Voie.
- (Ane du rail extérieur.) -
- AliÿWwÆ- jti&ièiOaè^v^S^F'-.-HBtàakïh .'X. X1
- --------i
- k--------ÿTCo-°- - ~V-------d-------J-,2Sa---------
- Société des Ingénieurs Civils
- __________________________________________________________2932
- Auto. Imp. A. Broise <fc Courtier, 43, rue de Dunkerque, Paris.
- Bulletin. d/A.out 1885.
- • vpoç np n/i
- pl.104 - vue 864/870
-
-
-
- V®1!16Série 11 èf?e Volume CALCUL DES POUTRES CONTINUES PL 105
- lmp. Outioo, Pca*is.
- Bulletin de Septembre 1885
- Société des Ingénieurs Civils
- pl.105 - vue 865/870
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- ^eme Série. 11eme Volume
- PL 106
- CALCUL DES POUTRES CONTINUES
- Moments fleclussaut
- Deuxièmes polygones des forces
- Efforts trnncLants
- es desj Points /fixes
- DeiDtièmes polyxjbnes funiculaires ;s CLjarges et de4 Réactions déduits
- p (Moments sur piles ) !
- Construction des Longueurs
- (Lon<jiLeup,$:01Jloo2 jj. l^Pooo Echelles des : {Moments ; OV oo5p.loo.ooo
- \E££arts tranchants : 0Jf*oo5 p. lo.ooo
- Bulletin de , S eu te mire 1 8
- pl.106 - vue 866/870
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- „ Point d'inflexion.
- LES FORCES MUTUELLES ET LEURS APPLICATIONS.
- PI. 102.
- Série, HT”Volume.
- 3361.
- Société des Ingénieurs Civils.
- ïkületiiL de JdovOTibie 1885.
- Auto. Imp. A. Broiae & Courtier, 43, r. de Dunkerque.
- pl.107 - vue 867/870
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- 4 éme Série. 11ême Volume .
- LA MARINE A L'EXPOSITION UNIVERSELLE D'ANVERS .
- Fl. 108.
- CanoTmiêre en acier.
- Le (tAGÎvY, Torpilleur de haute mer,
- Société, des Inxjériu>iu‘s Civils
- Bulletin, de Novembre 1885.
- Auto. Imp. A. Broise & Courtier, 43, r. de Dunkerque.
- pl.108 - vue 868/870
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- PI. 109.
- ASSAINISSEMENT DE TOULON
- $e“e Série. 11™ Volume'
- Fig.î. PLAN GENERAL
- Echelle de. soioo .
- Chambre de chasse de 500 litres.
- Réservoirs de chasse pour l'intérieur, des maisons
- 'Chambre dépuration et puits d'aspiration mis à l'abri de l'influence solaire sous unhsmgar couvert.
- Coupe en Ionj.
- .OLLIOULES
- . Système Warincp.
- \Ca-nal de déchmvrp.
- À. Gouttière
- mers moyennes.____
- La section est circulaire .
- Faits d'aspiration.
- Iliamèüedu tube-0,10. \Biamèwe de l'enveloppa 0.22.
- RA B E
- la(j. 3. Couvercles des regards en fonte, tampon en bois et crouttjiére en tôle.
- Chambre de chasse' de 4*80 litres.
- Cap Cepet
- Pig.10. Section delejoût dufPdeStrasboiipp Ïjl<j. 5. Tuyaux à joints sphériques E 3 adois
- À Eapie en Fonte émaillée.
- B Couvercle enlms Tecowart de pailla-
- IC/te l
- = la section est circulaire. .
- MER
- MEDITE
- Cap Sieie .
- Fig-. 2 . Profil en long- de la conduite de refoulement principale.
- Diamètre du tube
- Section ef
- l) » 1,26-1,14-0,
- D - o,l5
- 'Flèche dn. serment 0,03 .
- H » 1', g 0-1,70-1,20
- a . Tore en caoutchouc ou autre matière spéciale qui assure T étanchéité.
- La section de l'anneau interposé en caoutchouc est inférieure a l'aire irLiip et supérieure au codé inscrit.
- Cotes (U terrain naturel.......
- Kilomètres...L
- Auto. lmp. A. Broise & Courtier, 43, r. de Dunkerque.
- Société des Itujétùeups Civils.
- .Bulletin de Décembre 1885
- pl.109 - vue 869/870
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- Société des Ingénieurs Civils. Bulletin de Décembre 1885.
- III. Mine du Brueiato.
- Limite
- Fig.I. Plan.
- Sud.
- Fig. 8. Coupe AB.
- (618.00)
- Limite
- inférieure.
- IV__Mine du L o drino .
- limite-- .
- inferieure .
- Fig. 11. Coupe CI).
- Limite
- inférieure,
- Fig. 12. Coupe EF.
- Limite
- inférieure.
- I. Mine de Vado.
- Fig. 1. Plan.
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- 3.oa Geo 3.00. -12.25' l5.bo l5.5o
- _ Fig- 5.
- Coupe CI). Êwéf i»i! i-.-,- ! pp'"n
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- Fig. 6. Coupe EF.
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