Mémoires et compte-rendu des travaux de la société des ingénieurs civils
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- SOCIÉTÉ
- DES
- INGÉNIEURS CIVILS
- IDE FRANCE
- ANNÉE 1S11
- Bull.
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- MÉMOIRES
- ET
- COMPTE RENDU DES TRAVAUX
- DE LA
- SOCIÉTÉ
- INGÉNIEURS CIVILS
- DE FRANCE
- FONDÉE LE 4 MARS 1848
- RECONNUE D’UTILITÉ PUBLIQUE PAR DÉCRET DU 22 DÉCEMBRE 1860
- AHÏM13I2 ff»Af
- PREMIER VOLUME
- PARIS
- HOTEL DE LA SOCIÉTÉ
- 19, RUE BLANCHE, 19
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- La Société n’est pas solidaire des opinions émises par ses Membres dans les discussions, ni responsable des Notes ou Mémoires publiés dans le Bulletin.
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- MÉMOIRES
- COMPTE RENDU DES TRAVAUX
- DE LA
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS DE FRANCE
- BULLETIN
- DE
- JANVIER 1911
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- OUVRAGES REÇUS
- Pendant le mois de janvier 1911, la Société a reçu les ouvrages suivants :
- Chemins de fer et Tramways.
- Cipriani (G.). — Informe del Ingeniero Sr. César Cipriani sobre la Ruta Perené-Ucayali (Ministerio de Fomento. Junta Consultiva del Ferrocarril al Oriente) (in-8°, 250 X 165 de xx-58 p., avec photog.). Lima, Imprenta del Estado, 1906. (Don du Minis-terio de Fomento.) 46806
- Costa y Laurent (F.). — Resena historica de los Ferrocarriles del Perû, por Federico Costa y Laurent, 1908 (Ministerio de Fomento) (in-4°, 295 X 215 de 292 p., avec photog. et carte).* Lima, Carlos Fabbri. (Don du Ministerio de Fomento.) 46811
- Chimie.
- Ramsay (Sir W.). Traducteur, Miffonis (H. de). — La Chimie moderne, par Sir William Ramsay. Ouvrage traduit de l’anglais, par H. de Miffonis. Première partie. Chimie théorique. Seconde partie. Chimie descriptive (Actualités scientifiques) (2 vol. in-16, 185 X 120 de 162 p. et de 276 p.). Paris, Gauthier-Villars, 1909,1911. (Don de M. H. de Miffonis, M.de la S.). 46842 et 46843
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- Construction des Machines.
- Association des Propriétaires d’Appareils à vapeur du Nord de la France.
- Exercice 1908-1909. XXVIe Bulletin. Exercice 4909-1910. XXVIIe Bulletin (2 vol. in-8°, 250 X 165 de 194 p.. et de 225 p.). Lille, L. Danel, 1909, 1910 . 46840 et 46841
- Mariotti (E.). — Motore a petrolio pesante àpplicato ad una automotrice ferroviaria, per Ing. E. Mariotti (Estratto dall’Ingegneria Ferro-viaria N1 20, 22 e 23, 1910 (in-8°, 270 X 185 de 42 p., avec 20 fig.). Roma, 1910. (Don de l’auteur.). 46814
- Éclairage.
- Société technique de l'Industrie du Gaz en France. Compte rendu du trente-septième Congrès, tenu les 20, 21, 22 et 23 juin 4910 à Paris (in-8°, 250 X 160 de xxiv-792 p., avec xxvi pl.). Paris, Imprimerie de la Société anonyme de Publications périodiques, 1910.
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- Électricité
- Gérard (É). — Leçons sur VÉlectricité, professées à l’Institut électrotechnique Montefiore, annexé à l’Université de Liège, par Éric Gérard. Tome premier et Tome second. Huitième édition (2 vol. in-8°, 255 X 165 de xn-975 p., avec 459 fig., et de vm-989 p., avec 489 fig.). Paris, Gauthier-Vifiars, 1910. (Don de l’éditeur.)
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- Législation.
- Annuaire de la Société des Architectes diplômés par le Gouvernement. 4e édition, par Aug. Jalabert (in-8°, 240 X 155 de 351-22-6 p.). Paris, Siège social, 1910. (Don de M. le Président de la Société des Architectes diplômés par le Gouvernement.) 46845
- Société Amicale de Secours des Anciens Élèves de l’École Polytechnique. Annuaire arrêté au 10 octobre 1910 et Compte rendu de la 43e Assemblée générale, tenue le 23 janvier 4910 (in-8°, 215 X 130 de xxviii-546 p.). Paris, Gauthier-Villars, 191 0 . 46848
- Médecine, Hygiène, Sauvetage.
- Marage (Dr). — Les Bourdonnements d’oreille, par le Dr Marage (Comptes . rendus, 7 novembre 1910) (in-4°, 270 X 220 de 3 p.). Tours, Deslis frères. (Don de l’auteur.) 46833
- Métallurgie et Mines.
- Grussard (L.). —Exploitation des Mines. La taille et les voies contiguës à la taille, par L. Grussard (Encyclopédie scientifique publiée soüs la direction du D1' Toulouse. Bibliothèque de Mécanique appliquée et Génie; Directeur : M. d’Ocagne) (in-18, 185 X 115 de x-393-xii p., avec 190 fig.). Paris, Octave Doin et fils, 1911. (Don des éditeurs.) 46802
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- Fustek (Éd.). — Le Syndicat des Houilles d’Essen et l’organisation de la production. Contribution à l’histoire de la concentration industrielle, par Édouard Fuster (in-4°, 285 X 225 de 268-42 p., avec
- 1 carte). Paris, Société d’Encouragement pour l’Industrie
- Nationale, 1910. (Don de M. E. Bousquet, M. de la S., delà part de M. Ed. Gruner, M. de la S.) 46812
- La Metalujia del Fierro en Cliile (Siderurjia) (Exposiciôn international de Agricultura i nacional de Industrias) (in-8°, 265 X 185 de 16 p., avec 12 photog.). Santiago de Chile, 1910. (Don de M. Ch. Yattier, M. de la S.) 46817
- Launay (L. de). — La Géologie et les Richesses minérales de l’Asie. Historique. Industrie. Production. Avenir. Métallogénie, par L. de Launay (in-8°, 245 X 165 de 816 p., avec 82 fig. et 10 pi.). Paris, Ch. Béranger, 1911. (Don de l’éditeur.) * 46821
- Mahteil (V.). — Manuel pratique du Fondeur. Tome I. Fonderie de Fonte.
- Tome II. Alliages et Fonderie de Bronze, par Victor Marteil
- 2 vol. in-8°, 245 X 160 de vin-309 p., avec 232 fig. et 5 pl., et
- de vin-187 p., avec 127 fig.). Paris, Loubat et Cie, 1909, 1910. (Don des éditeurs.) 46834 et 46835
- Robin (F.). — Report on the Wear of Steels and on their Résistance to Crushing, by Félix Robin (Paris) (Reprinted from Carnegie Scholarship Memoirs N° II for 1910) (in-8°, 215 X 1^0 de 270 p., avec 94 fig.). London, Published at the Offices of the Institute, 1910. (Don de l’auteur, M. de la S.) 46826
- Navigation aérienne, intérieure et maritime.
- Aéro-Manuel. Répertoire sportif, technique et commercial de V Aéronautique, par Ch. Faroux et Et. Bernard, paraissant le 1er octobre de chaque année. Année 1911 (in-8°, 245 X 165 dexiv-507 p., avec nombreuses figures). Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1910. (Don des éditeurs.) 46839
- Calderara (M.) et Banet-Rivet (P.). — Manuel de l’Aviateur-Constructeur, par M. Calderara et P. Banet-Rivet. Deuxième édition revue et notablement augmentée (in-8°, 180 X125 de vm-320 p., avec 170 fig.). Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1910. (Don des éditeurs.) 46838
- Description détaillée du monoplan Blériot, avec 39 photog., croquis, plans; description des moteurs « Anzani » et « Gnome » (Avia. Monographies d’Appareils d’aviation. N° 1) (in-4°, 265 X 215 de 32 p.). Paris, F.-Louis Vivien, 1911. (Don de Féditeur.) 46830
- Rondet-Saint (M.). — Les Ports et leur fonction économique. Tome cinquième. Seattle et Tacoma, par M. Rondet-Saint (in-8°, 250 X 160 de 20 p.). Louvain, Secrétariat de la Société scientifique, 1910. (Don de l’auteur, M. de la S.) 46805
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- Périodiques divers.
- Paris-Hachette. Annuaire complet, Commercial, Administratif et Mondain. 45e année 1911 (in-16, 200 X 140 de xxiv-1096-632-804-368-xxviii p., avec 1 plan). Paris, Hachette et Cie. 46801
- Physique.
- Brisset (D.). — Le Magnétisme et VAimant, par D. Brisset (in-18, 185 X 120 de 41 p.). Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1911. (Don de l’auteur.) * 46844
- Loverdo (J. -de). — Monographie sur l'état actuel de l'Industrie du Froid en France; publiée à l’occasion du IIe Congrès international du Froid, Vienne, 6-11 octobre 1910, par le Comité français de participation, sous la direction de M. J. de Loverdo, avec la collaboration de MM. le D1' d’Arsonval, le Dr A. Perret; Astruc; H. Baretta ; Georges Claude ; A. Gay ; Lebrou ; J.-E. Lucas ; Maurice Roux (in-4°, 275 X 220 de 440 p., avec photog. et 10 pl.). Paris, Siège social de l’Association française du Froid.
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- Routes.
- Boletin del Cuerpo de lngenieros de Caminos. Nos 1, 2, 4 (3 brochures in-8°, 235X160 de 39 p., de 79 p., avec 4 pl., et de 20 p., avec 2 pl.) (Ministerio de Fomento). Lima, Federico Barrionuevo Palomino y Cia, 1905, 1907. (Don du Ministerio de Fomento.)
- 46808 à 46810
- Liger (E.). — Sur le terrain. Guide pratique de topographie usuelle, par E. Liger (in-8°, 200 X 130 de 110 p., avec 4o-vi fig.). Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1910. (Don des éditeurs.) ’ 46799
- Sciences mathématiques.
- Résal (J.). — Poussée des terres. Deuxième partie. Théorie des terres cohérentes. Applications. Tables numériques, par Jean Résal (Encyclopédie des Travaux publics, fondée par M.-C. Lechalas. Cours de l’École des Ponts et Chaussées) (in-8°, 255 X 165 de xi-346 p., avec 115 fig.). Paris, Ch. Béranger, 1910. (Don de l’éditeur.) 46803
- Résal (J.). — Poussée des terres. Stabilité des Murs de soutènement, par Jean Résal (Encyclopédie des Travaux publics, fondée par M.-C. Lechalas. Cours de l’École des Ponts et Chaussées) (in-8°, 250 X165 de viii-254 p., avec 134 fig.). Paris, Ch. Béranger, 1903. (Don de l’éditeur.) 46820
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- Sciences morales. — Divers.
- Hippolyte Fontaine. 1833-1910. Discours prononcés sur sa tombe. Notices nécrologiques (in-8°, 285 X 195 de 30 p., avec 1 photog.). Paris, Gauthier-Villars. (Don de M. Ph. Boisserand, M. de la S.).
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- Technologie générale.
- Address of Alexander Siemens, President of the Institution of Civil Engi-neers 1, November 1910 (in-8°, 215 X 135 de 18 p.). London, William Clowes and Sons. 46824
- Association Internationale permanente des Congrès de la Route. Commission internationale permanente. Séance tenue à Bruxelles le 31 juillet 1910. Procès verbal (in-8°, 235 X 155 de 15 p.). Paris, Lahure, 1910. (Don de M. le Secrétaire général de l’Association). 46827
- Association Internationale permanente des Congrès de la Roule. Rapport du Bureau exécutif sur la situation générale de VAssociation Internationale des Congrès de la Route au cours de l’année 1909 et jusqu’au 31 mai 1910 (in-8°, 235X155 de 41 p.). Paris, Lahure, 1910. (Don de M. le Secrétaire de l’Association.) 46828
- Association Internationale permanente des Congrès de la Route. Rapports de MM. James et A. W. Pine, George G. Warren et H. T. Wa-.kelam (3 brochures in-8°, 235 X 155 de 13 p.; 7 p. et 2 p.). Paris, Lahure, 1910. (Don de M. le Secrétaire de l’Association).
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- Boletin del Cuerpo de Ingenieros Civiles. N° 6 (in-8°, 245 X 170 de 122 p., avec photog. et 2 pl.) (Ministerio de Fomento). Lima, Carlos Fabbri, 1909. (Don du Ministerio de Fomento.) 46807
- Centenario de la Repüblica Argentina. Exposiciôn internacional de Ferrocar-riles y Transports terrestres. Catalogo oficial. Buenos Aires, 1910 (in-8°, 260 X 180 de 273 p., avec 1 pl.). 46813
- Minutes of Proceedings of the Institution of Civil .Engineers, with other selected and abstracted Papers. Vol. CLXXXIF, 1909-1910. Pl. IV (in-8°, 215 X 135 de vm-492 p., avec 7 pl.). London, Published by the Institution, 1910. 46823
- Schlomann (A.). Urtel (R.). — Dictionnaires techniques illustrés en six langues : Français, Anglais, Allemand, Russe, Italien, Espagnol, par Alfred Schlomann. lome X. Automobiles et Canots automobiles, par Rudolphe Urtel (in-16, 175 X 100 de xvi-996 p., avec 1800 fig.). Paris, II. Dunod et E. Pinat, 1910. (Don des éditeurs.)- 46804
- Siebenundvierzigstes Bulletin der Gesellschaft ehemaliger Studierender des Eidgenossischen Polytechnikums in Zurich, Dezember 1910 (in-8°, 215 X 160 de 71 p., avec 1 photog.). 46816
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- The Institution of Civil Engineers. Report of the Proceedings at lhe Ceremony of Laying the Foundation Stone of the New Building 25 th. October 1910 (in-8°, 215 X 135 de 12 p., avec 1 photog.). London, William Glowes and Sons. 46825
- The Journal of the Iron Steel Institute. Vol. LXXXII. N° II, 1910 (in-8°, 220 X 140 de xvi-601 p., avec 1 photog. et xxi pl.). London, E. and F.-N. Spon, Limited, 191 0 . 46849
- Travaux publics.
- Annuaire d’adresses des Fonctionnaires du Ministère des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes, des Chemins de fer, de la Navigation, des Mines, de l’Industrie et des Banques. 1911 (in-12, 175 X 105 de 450 p.). Paris, au Bureau des Huissiers du Cabinet du Ministre. 46800
- Annuaire du Ministère des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes. Service des Travaux publics. 1911 (in-8°, 220 X 135 de x-838 p.). Paris, A. Dumas, 1911. (Don de l’éditeur.) 46836
- Des Fondations par la compression mécanique du sol. Le Compressol. Société anonyme de Fondations, 1, rue Danton, 1910 (in-8°, 270 X 135 de 66 p., avec 50 fig.). Paris, J.-E. Watelet. (Don de la Société anonyme de Fondations.) 46822
- Gérard (G.-L.). — Notes de Construction métallique, par Gustave L.
- Gérard (Extraits de la Revue universelle des Mines, etc., tome XXV, 4e série, p. 140, 53e année 1909, et tome XXXII, 4e série, p. 508, 54e année, 1910) (in-8°, 240 X 160 de 33 p.). Liège, Charles Desoer, 1910. (Don de l’auteur.) 46618
- Recueil publié à l’occasion de la millième adhésion à la Société des Architectes diplômés par le Gouvernement (in-4°, 370 X 280 de ix-68 p., avec i-lxi pl.). Paris, Librairie de l’Architecte, 1911. (Don de M. le Président de la Société des Architectes diplômés par le Gouvernement.) < 46846
- Voies et moyens de communication et de transport.
- Annales des Postes, Télégraphes et Téléphones. Recueil de documents français et étrangers concernant les Services techniques et T Exploitation des Postes, Télégraphes et Téléphones. Publié par les soins d’une Commission nommée par M. le Ministre des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes. Paraissant .tous les trois mois (lre année. N° 1) 1910-1 (in-8°, 245 X 160 de 132 p.). Paris, A. Dumas, 1911. (Don de l’éditeur.) 46837
- Douzième - Exposition de VAutomobile, du Cycle et des Sports, organisée par les Chambres Syndicales des Industries de l'Automobile et du Cycle. Catalogue officiel. Grand Palais (Ghamps-Élysées), 3-18 décembre 1910 (in-8°, 215 X 135 de 296 p., avec 2 pl.). Paris, J. Dumoulin. (Don de M. A. de Dax, M. de la S.) 46798
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- MEMBRES NOUVELLEMENT ADMIS
- Les Membres nouvellement admis, pendant le mois de janvier 1911, sont :
- Gomme Membre d’Honneur, M. :
- P. de Frontin, présenté par MM. J. Bergeron, P. Bodin, J. Carpentier;
- Gomme Membres Sociétaires Titulaires, MM. :
- G. Audigier, présenté par MM. Hillairet, Cornette de Venancourt,
- Lorin.
- M. Biver, —
- L. Collier de la Marlière, — J. Dejust —
- J.-G. Delmas, —
- A. Dumas, —
- A. Faure, —
- G. Gautier, —
- J. Godfernaux —
- W. Guérin-Lesés, —
- J. Haviland, —
- R. J. Le Blanc, —
- Bergeron, Gouriot, E. Biver. Bergeron, Hebert, Delvaux.
- P. Buquet, Gouriot, Monnory. Letombe, Bourrey, Breuil. Touchon, da Costa Couto, da Silveira.
- Despaux, Bergeron, de Dax. Gornuault, L. Mercier, R. Cottin. Molinos, L. Salomon, R. Godfernaux.
- Bergeron, Despaux, de Dax. Bergeron, Despaux, de Dax. Bergeron, Eude, de Dax.
- Comme Membre Sociétaire Assistant, M. :
- J. Bebougne de Juniac, présenté par MM. E. Barbet, de Zévallos,
- Hugentobler.
- Gomme Membre Associé, M. :
- L. Spilijaert, présenté par MM. Bergeron, Belmère, Taupiat de
- Saint-Symeux.
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- RÉSUMÉ
- DES
- PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES
- DU MOIS DE JANVIER 1911
- PROCÈS-VERBAL
- DE LA
- SBANOB DU 6 JANVIER 1911
- I
- Présidence de M. J. Bergeron, Président sortant.
- La séance est ouverte à 8 heures trois quarts.
- M. J. Bergeron, Président sortant, prend Ja parole et prononce le discours suivant :
- Messieurs,
- Avant de vous parler pour la dernière fois comme Président, j’ai voulu m’inspirer de nos traditions et j’ai relu les discours d’adieu de mes prédécesseurs. Tous témoignent de sentiments que j’éprouve moi-même aujourd’hui : reconnaissance profonde pour votre bienveillance à l’égard de votre Président et admiration sincère pour le travail que vous avez fourni durant toute l’année. Vops êtes habitués à ces remerciements et à ces éloges; venant après tant d’autres, les miens n’auront rien de nouveau ; je le sais ; néanmoins vous me permettrez de vous les répéter, parce que je suis très sûr qu’aucun de mes prédécesseurs ne vous aura exprimé sa gratitude et son admiration avec plus de conviction que je ne le fais.
- Puisque, conformément à l’usage, je dois revivre avec vous notre vie commune de l’année dernière, il me faut rappeler nos deuils aussi bien que nos joies. *
- Nos pertes ont été nombreuses. J’évoquerai tout d’abord devant vous le souvenir de notre ancien Président, M. du Bousquet, qui 'fut, ainsi
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- qu'il a été rappelé à ses funérailles, l’Ingénieur modèle, dont le savoir et le caractère ont toujours été à la hauteur l’un de l’autre.
- M. Octave Ghanute, qui fut un des premiers à chercher la solution du problème de l’aviation et à qui nous avions été heureux de décerner le titre de Membre d’honneur de notre Société, lors de son passage à Paris, au mois de juin dernier, s’est éteint à peine de retour en Amérique. Il semble que nous n’ayons eu le plaisir de le connaître que pour sentir sa perte plus vivement.
- J’aurais voulu donner à chacun de nos Collègues disparus une pensée particulière, rendre hommage à tous ces collaborateurs qui, de façons différentes, ont travaillé à l’éclat ou à la prospérité de notre Société; mais le temps me presse, et d’ailleurs, dans notre course en avant, il nous faut serrer les rangs à chaque Collègue qui tombe, sans nous arrêtera compter nos morts, toujours trop nombreux.
- Nos joies sont de celles que procure le travail, nous les tirons du sentiment du progrès accompli ou de récompenses justement méritées. Deux de nos anciens Présidents ont été élevés au grade de Commandeurs de la Légion d’honneur : M. Reumaux, Directeur général de la Compagnie des Mines de Lens, et M. Paul Buquet, Directeur honoraire de l’École Centrale. Tous deux ont su inspirer à ceux, bien nombreux, qui ont eu affaire à eux, des sentiments d’affection et d’estime tels que l’on peut dire que notre Société tout entière a ôté heureuse de ces promotions.
- Quatre de nos Collègues, MM. P. Fougerolle, L. Iiarant, F. Honoré et J. Prévet ont reçu la rosette d’Ofïiciers de la Légion d’honneur. Bien que j’empiète sur vos droits, mon cher Président, vous me permettrez, vu la date à laquelle les dernières promotions ont été faites, de féliciter en même temps que les Officiers de 1910, les nouveaux promus de 1911 : MM. Herdner, Chagnaud, A. Mange et Loutreuil.
- Vingt-quatre de nos Collègues ont été nommés Chevaliers de la Légion d’honneur, vingt-trois Officiers de l’Instruction publique, trente-trois Officiers d’Académie; un Commandeur du Mérite agricole; cinq Officiers et seize Chevaliers du même ordre.
- Les nominations et les promotions dans les ordres étrangers ont été également nombreuses.
- Il est encore d’autres récompenses obtenues par nos Collègues, et qui ont d’autant plus de valeur qu’elles leur ont été attribuées par leurs pairs.
- M. Letombe a reçu une médaille d’or de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale. M. Guvelette a reçu notre Prix annuel. Le Prix Michel Alcan a été décerné à M. Baraduc-Muller; le Prix Hersent, ex-œquo à MM. Michel-Schmidt et Charvaut; le prix François Coignet, à M. Marié, et le Prix Émile Chevalier, à M. Moutier.
- A l’Exposition universelle de Bruxelles, beaucoup de nos Collègues ont obtenu de nombreuses récompenses ; notre Société y a remporté un Grand Prix, à ajouter à tous ceux qu’elle a déjà recueillis aux autres Expositions universelles.
- Il est encore bien d’autres distinctions qui ont été attribuées à de nos
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- Collègues; si je les passe sous silence, c’est parce que le temps me fait défaut pour les énumérer; cependant plus elles sont nombreuses, mieux elles établissent la notoriété de notre Société.
- Cette notoriété, d’ailleurs, commence à être reconnue par les pouvoirs publics. Pour la première fois, depuis soixante-deux ans qu’elle existe, notre Société a été appelée par M. le Ministre de l’Intérieur à figurer au sein d’une Commission officielle, à côté des représentants de l’administration. Le Président de la Société et le Président de la lre Section de son Comité ont été désignés comme membres de la Commission chargée de rechercher les causes des inondations de 1910 et de proposer les moyens propres à empêcher le retour de pareilles calamités.
- Enfin M. le Préfet delà Seine demandait, il y a quelques jours, à la Société des Ingénieurs Civils de lui désigner deux de ses membres pour’ faire partie d’une Commission chargée d’examiner à nouveau le mode de traction électrique à adopter pour les tramways de Paris.
- On pourra être surpris de voir que nous nous réjouissons de faits de si minime importance; mais il faut tenir compte de ce que ce sont les premières fois qu’il est fait un appel officiel aux compétences que renferme notre Société. Et cependant, depuis plus d’un demi-siècle qu’elle existe, les hommes de valeur ne lui ont pas manqué !
- Il suffit de relever le nombre des communications qui nous ont été faites durant l’année 1910 et les sujets qui y ont été traités, pour être convaincus que notre Société est toujours égale à elle-même. Pendant l’année écoulée, il nous a été fait quarante-sept communications orales, reproduites pour la plupart dans notre Bulletin. Il y en a de relatives aux travaux publics, notamment aux ports ; aux chemins de fer ; aux constructions navales ; aux aéroplanes et à l’aérodynamique ; aux turbo-machines; aux mesures de sécurité dans les mines; à la métallurgie et aux méthodes les plus récentes d’études métallurgiques ; à la fixation de l’azote de l’air; aux phares, etc. '
- Aucune Société technique n’est plus vivante que la nôtre : tous les sujets d’actualité ou d’intérêt général y sont abordés; elle fait plus encore : elle envoie des délégués aux différents Congrès avec mission de lui rapporter ce qu’ils y ont vu ou entendu de nouveau. C’est ainsi que, au moins de juin, elle a chargé MM. Gouvy, Guillet et Bousquet de la représenter au Congrès international des Mines, de la Métallurgie, de la Mécanique et de la Géologie appliquée, qui s’est tenu à Düsseldorf. Nos Collègues, dans la séance du 21 octobre, nous ont mis au courant des choses nouvelles qu’il leur avait été donné d’apprendre. Plusieurs d’entre nous ont assisté, à Bruxelles, au mois de septembre, au Congrès de l’Enseignement technique supérieur. J’ai eu l’honneur de vous en rendre compte. Enfin, au mois d’octobre, s’est tenu à Vienne le Congrès du Froid; notre délégué, M. Barbet, notre ancien Président, vous entretiendra d’ici peu des récents progrès réalisés dans cette branche nouvelle de l’art de l’Ingénieur.
- Répondant à l’invitation de nos Collègues de l’Ouest de la France, une centaine d’entre nous se sont rendus dans la vallée de la Loire. Si
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- notre programme n a pu être réalisé complètement par suite de circonstances absolument imprévues, nous avons du moins rapporté un excellent souvenir de l’accueil qui nous a été fait et de tout ce que nous avons vu. La renaissance à l’industrie et au commerce de la basse vallée de la Loire est certainement une des choses les plus curieuses qu’il nous ait été donné d’observer.
- A l’occasion d’une visite à l’Exposition de Bruxelles, nous avons fait en Belgique un voyage des plus intéressants. Nous y avons reçu, comme toujours, le plus çordial accueil, et les visites que nous avons faites nous ont permis d’apprécier par nous-mêmes la puissance industrielle de nos voisins. Je suis très heureux, ayaut près de moi, au Bureau, notre nouveau Vice-Président, M. Louis Rey, de pouvoir le remercier encore de la façon si libérale et si charmante dont il nous a reçus à Louvain ; la Société a été très heureuse, et le nombre de vos suffrages est là pour confirmer mes paroles, de l’appeler à une Présidence qui lui était due depuis longtemps.
- Si nos traditions de travail se sont toujours maintenues, grâce à la générosité de quelques-uns de nos Collègues, il pourra encore en être de même de nos traditions de charité : c’est avec un sentiment de profonde reconnaissance que je remercie, au nom de la Société, MM. Bol-laert, E. Biver et Grosdidier qui, par leurs dons, ont augmenté notre fonds de secours auquel, malheureusement, nous sommes trop souvent obligés de puiser.
- Que M. Jules Gaudry, notre doyen d’âge, me permette de le donner à tous comme exemple : il défie la vieillesse et ne semble plus compter les années que par les dons généreux qu’il nous fait chaque hiver. Au nom de tous les malheureux qu’il nous permet de soulager, en notre nom à tous, je le remercie et je lui souhaite la continuation encore pendant bien des années de son existence si dignement remplie.
- Nous devons exprimer notre gratitude d’une façon toute particulière à Mme Husquin de Ré ville, veuve de notre premier secrétaire archiviste, de celui qui fonda chez nous, pour les secrétaires, les traditions d’activité et de dévouement que M. de Dax a scrupuleusement conservées. Elle a tenu à ce que le nom de son mari, déjà inscrit parmi ceux de nos Collègues qui ont rendu le plus de services à la Société, figurât encore parmi les donateurs; c’est une délicatesse dans le bien qui ne peut que nous toucher davantage quand nous savons que Mme Husquin de Réville nous apporte ainsi le denier de la veuve.
- Mme veuve Goiseau a désiré que le nom de son mari restât encore parmi nous, et elle a fondé un Prix triennal qui portera le nom de Louis Coiseau et sera destiné à récompenser un mémoire sur les travaux publics. Nous remercions Mme Goiseau de nous donner ainsi le moyen d’attacher encore le nom de son mari à des œuvres pour lesquelles les propres travaux de M. Louis Coiseau auront servi bien souvent de modèles.
- Je terminerai la liste des dons faits à notre Société en rappelant que M. Fortin-Hermann nous a légué une somme de 30000 f pour la création et la dotation de prix quinquennaux. A cet acte généreux est asso-
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- ciée une pieuse pensée : le donateur a voulu que notre Société reçût, en plus du montant des prix, le médaillon en bronze de son grand-père Nicolas Fortin : le petit fils a désiré sans doute que, à son propre souvenir restât attaché celui d’un aïeul qui. dans son cœur et dans son imagination d’enfaut avait été l’idéal des Grands-Pères et des Ingénieurs.
- Au mois de juin dernier a eu lieu une Exposition des œuvres techniques des Membres de la Société. Bien qu’elle ait été pour ainsi dire improvisée, grâce à notre Secrétaire administratif et à ses collaborateurs, grâce surtout au dévouement de plus de cent de nos Collègues, qui avaient envoyé des dessins, des photographies ou des modèles, cette Exposition a été une manifestation très appréciée de notre activité.
- Dans le courant de l’année, à l’instigation du Président et du Vice-Président de la Ligue maritime française, MM. Pierre Baudin et de Ghasseloup-Laubat, nous avons tenu une séance, de concert avec cette Société; nous avons eu ainsi double plaisir en entendant les communications de ses membres et des nôtres. ,11 me semble que cet exemple devrait être suivi de temps à autre entre Sociétés s’occupant de questions de même ordre. Pourquoi, en effet, les Sociétés techniques n’as-socieraient-elles pas leurs efforts de manière à jouer un rôle plus important dans la vie du pays, par suite de la force que leur donneraient le nombre et les compétences qu’elles représentent? Certainement, il ne pourrait résulter do cette association que de grands avantages pour l’industrie comme pour toutes les Sociétés techniques ; c’est pourquoi il faut essayer de la former.
- Ainsi qu’il ressort du rapport que vous a présenté, dans la dernière séance, notre trésorier, que je remercie de son inlassable dévouement à nos intérêts, la'situation de notre Société a tout lieu de nous satisfaire.
- Ayant constaté que la Société dont vous m’avez confié la direction est dans un état prospère à tous les points de vue, je devrais laisser la parole à mon successeur et rentrer dans le rang, mais il me semble que je n’aurais pas rempli tout mon devoir si je ne vous demandais, à l’exemple de plusieurs de mes prédécesseurs, de chercher à rendre notre Société plus puissante en lui amenant de nouveaux membres. Notre accroissement, d’ailleurs continu, se fait trop lentement. Nous avons admis cette année 489 membres nouveaux; mais, par suite des décès, des démissions et des radiations, notre Société ne s’est accrue que de 56 membres; c’est à peu près la moyenne. Malheureusement, M. Barbet, mon prédécesseur, a emporté avec lui le charme tout personnel avec lequel il avait su,nous gagner un nombre plus que double d’adhérents.
- Pourquoi ne comptons-nous, comme membres de la Société, que le quart environ des Ingénieurs français ?
- Si l’on demande à ceux qui se tiennent systématiquement loin de nous les raisons de leur abstention, les réponses sont les suivantes, à quelques variantes près : On ne peut faire partie de toutes les Sociétés, même seulement des plus intéressantes. — Le temps manque et il est bien fatigant de sortir le soir, quand on a travaillé toute la journée. — Il
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- vaut mieux consacrer son temps et son argent aux Sociétés qui s’occupent particulièrement de la branche dans laquelle on s’est spécialisé. — Enfin, la cotisation est d’un prix bien élevé !
- Messieurs, toutes ces excuses sont parfois plausibles ; mais que de fois elles sont de simples défaites, et que pèsent-elles à côté des raisons que l’on peut avoir de se joindre à nous?
- Quand il n’y aurait que le charme de nos relations, toujours si courtoises, et l’intérêt que nous pouvons tirer de nos conversations entre Ingénieurs d’éducations scientifiques différentes, ce serait déjà beaucoup. Mais il y a plus.
- Grâce à la variété des communications qui nous sont faites et qui nous sont fournies par nos six sections, nous .sommes au courant de bien des questions que nous ne connaîtrions, sans cela, qu’à la condition de faire partie de plusieurs autres Sociétés.
- Pour ceux qui n’auraient pas le temps d’assister aux séances ou que les sorties du soir pourraient fatiguer, le Bulletin avec le compte rendu des séances, le texte des communications et le résumé des discussions y suppléent de façon suffisante.
- Est-ce véritablement lé rôle de l’Ingénieur, chef ou voulant être chef d’industrie, de se spécialiser au point de ne vouloir rien connaître en dehors de sa spécialité? Non, certes, et j’ai entendu dire à plusieurs de nos Collègues, qui sont des màîtres dans leurs parties, qu’il leur était souvent arrivé, en entendant des communications sur des sujets très différents de ceux dont ils s’occupent, de concevoir des méthodes nouvelles de travail. La somme consacrée à faire partie d’une Société qui vous donne occasion de trouver de nouvelles méthodes de travail plus simples et plus économiques est-elle dépensée inutilement. Je n’ai pas besoin de formuler de réponse; elle est sur toutes les lèvres.
- Le prix de notre cotisation est peut-être élevé pour les bourses de débutant, surtout la première année, quand il faut y ajouter le droit d’entrée; mais quand on veut le progrès, et il me semble que c’est l’idéal de tout Ingénieur, il faut bien faire quelque chose pour l’obtenir, soit par des travaux personnels, soit en aidant les autres dans leurs travaux. Le rôle de notre Société consiste précisément à grouper les travailleurs et ceux qui veulent les aider en leur permettant de publier les résultats qu’ils ont obtenus. Elle doit donc réunir tous les hommes de progrès. Ils sont légions et noùs sommes à peine 4000 ! (Applaudissements.)
- (Se tournant vers M. J. Carpentier, nouveau Président.)
- En parlant des hommes de progrès qui, par leurs travaux, rendent service à l’industrie, je pensais à vous, mon cher Président : les vôtres, dans les différentes branches de la physique, sont connus de tous parce que vous ôtes bien un savant de notre temps ; vous avez le don de faire profiter tout le monde de votre science; vous la mettez pour ainsi dire entre les mains de tous. Mais vous n’êtes pas seulement le savant qui rend service aux profanes ; les hommes de science s’adressent également à vous lorsqu’ils sont embarrassés par la complexité des mécanismes qu’ils étudient : vous procédez toujours par les méthodes les plus simples et vous trouvez toujours la solution.
- Bull.
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- C’est donc un vrai savant que la Société a appelé à sa présidence, voulant témoigner par là que pour elle la science et le progrès marchent toujours ensemble. Aussi est-ce avec une joie très réelle que je vous invite, mon cher Président, à prendre place à ce fauteuil, parce que je suis sûr que, sous votre direction, notre Société brillera encore d’un plus vif éclat. (Applaudissements vifs et prolongés.)
- M. J. Carpentier, nouveau Président, après avoir serré la main de M. J. Bergeron, Président sortant, prend place au fauteuil et prononce le discours suivant :
- Mon Cher Président,
- Je suis infiniment touché par votre bienveillance et en même temps confus de vos éloges. Au moment où je prends en mains la Présidence que vous me transmettez, les mérites que vous avez la bonté de m’attribuer me paraissent peu de chose auprès de ceux que je voudrais posséder pour servir dignement notre chère Société. Mes prédécesseurs ont laissé des souvenirs qui me paraissent lourds et la préoccupation me saisit de ne pouvoir les égaler. Je vous envie d’en être arrivé à l’heure où vous pouvez regarder en arrière et vous sentir satisfait de l’œuvre accomplie.
- Dans le cours de l’année qui vient de s’écouler, je vous ai suivi pas à pas et je ne saurais comment vous exprimer le surcroît d’estime que m’ont inspiré pour vous la conscience et la distinction avec lesquelles vous avez rempli vos devoirs présidentiels, si je ne pouvais vous dire que mon ambition est d’arriver à mériter de la Société aussi bien que vous en avez mérité vous-même.
- Guide attentif et éclairé de nos travaux, sans cesse à l’affût de ce qui pouvait animer notre vie intérieure et notre vie extérieure, vous avez eu les plus heureuses initiatives. Je ne songe pas à les énumérer ici. Mais je ne saurais omettre de rappeler l’excursion dans la région de la Loire navigable et l’excursion en Belgique qui ont laissé, à ceux qui ont eu le plaisir d’y prendre part, les souvenirs les plus agréables et les plus intéressants. Je rappellerai surtout, sous l’impression persistante de son attrait, l’Exposition des travaux des Membres de la Société que vous avez conçue et si heureusement réalisée. Vous avez trouvé là un succès inoubliable et donné à vos succeseurs un exemplê à méditer dans l’avenir pour le plus grand profit de notre Société. (Vifs applaudissements.)
- Laissez-moi donc, mon cher Président, vous exprimer un vœu : que le charme de la retraite ne vous éloigne pas trop de nous. Continuez à fréquenter tout au moins nos séances de Comité. Votre successeur trouvera dans vos conseils un singulier allègement de la tâche qui désormais lui incombe. (Applaudissements prolongés.)
- Mes Chers Collègues,
- Au moment où je prends possession de ce fauteuil, mon premier devoir est de vous adresser de sincères et vifs remerciements. Agréez l’expression de ma profonde gratitude.
- En m’élevant à la Présidence de la Société des Ingénieurs Civils de
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- France, vous m’avez conféré un honneur dont je suis très fier et dont je m’efforcerai de me rendre digne.
- Messieurs,
- Une tradition, depuis longtemps observée à la Société des Ingénieurs Civils, veut que le nouveau Président, dès son entrée en fonctions, vous adresse une allocution et vous y entretienne d’un sujet se rattachant â la branche d’industrie à laquelle il a particulièrement consacré son activité. Quoi de meilleur que cette tradition qui fait ainsi entrer en contact avec vous celui à qui est échu l’honneur de vous représenter, en même temps que le plaisir de diriger vos travaux et le devoir de veiller à vos intérêts !
- La construction des mécanismes de précision, qui, depuis trente-cinq ans, a absorbé et passionné votre nouveau Président, n’est pas, à proprement parler, une industrie. C’est, permettez-moi de vous le dire, sans aucune prétention, un art, qui ne vaut que par les services qu’il rend tantôt, à la Science, tantôt aux industries.
- Aussi bien, votre Président a-t-il eu, comme vous savez, l’occasion de toucher à des applications bien variées des connaissances humaines. S’il en est une, toutefois, à laquelle il se soit particulièrement attaché, c’est incontestablement l’application de l’électricité à la télégraphie. C’est pourquoi il prendra la liberté de vous faire jeter ce soir un coup d’œil sur l’évolution de la télégraphie en France et de retracer devant vous, en quelques larges touches, les étapes par lesquelles elle est parvenue au point où elle en est aujourd’hui.
- Quelque intérêt que je souhaite donner à mon exposé, je négligerai le secours de la divinité du jour, de la télégraphie sans âl, qui, clamant à travers les espaces, joue pour elle-même le rôle de la Renommée aux cent bouches. La télégraphie sans fil, dont jadis, dans une autre enceinte, j’ai esquissé le premier épanouissement, cette télégraphie-là est trop indépendante au regard de l’artiste mécanicien. Issue des propriétés des fluides impondérables, elle palpite dans le monde des invisibles et dédaigne la cinématique matérielle.
- C’est la vieille télégraphie avec âls, celle qui emploie des télégraphes, que nous allons considérer, si vous le voulez bien. Sa destinée n’est point achevée; elle a pour elle d’éminents mérites : avec peu de bruit, elle fait encore beaucoup de besogne. Voyons donc comment elle est née, comment elle a évolué, dans notre pays surtout, quelles sont ses ressources actuelles et ses ressources de demain.
- En appelant votre attention sur la télégraphie, ou mieux, sur la télécommunication électrique, je ne puis songer à faire, dans le court délai qui m’est imparti, un exposé détaillé de son histoire ou de ses moyens d’action. Les problèmes soulevés et résolus dans cette branche, un peu isolée, de la Science sont en effet tellement variés que l’ingénieur non spécialisé serait tenté de n’y apercevoir que désordre et confusion.
- A y regarder mieux cependant, on saisit bien vite quelle logique a présidé à son évolution et aussi quels services éminents l’étude des courants faibles, seuls utilisés par elle, a rendus à l’électricité industrielle qui intéresse particulièrement l’ingénieur.
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- Je dirai plus, il semble qu’à moins ignorer la technique des courants faibles et les remarquables travaux des spécialistes qui s’en sont occupés, l’industrie trouverait encore un profit singulier.
- Messieurs, je ne rappellerai rien qui ne soit déjà connu de vous, quand je vous dirai que, par une heureuse fortune, la science de la télécommunication électrique est proprement d’origine française.
- * Le jour où Ampère formula les lois qui régissent l’action réciproque des courants sur les courants ou sur les aimants, ce môme jour il annonça que le problème de la transmission des signaux à distance était résolu (2 octobre 1820). Douze ans plus tard, en découvrant avec la collaboration d’Arago l’électro-aimant, il donnait du même coup l’instrument définitif destiné à la mise en œuvre de cette solution.
- Et, Messieurs, puisque nous explorons les sources de notre patrimoine scientifique, permettez-moi d’évoquer ici un souvenir plus récent, mais bien précieux, et de rappeler comment le téléphone, lui aussi, dès 1854, fut entrevu et décrit par un autre français, le télégraphiste Bour-seul : c Imaginez, publiait-il alors, qu’on parle près d’une plaque mobile, assez flexible pour ne perdre aucune des vibrations produites par la voix; que cette plaque établisse et interrompe successivement la communication avec une pile, vous pourrez avoir à distance une autre plaque qui exécutera en même temps les mêmes vibrations. La parole sera transmise par l’électricité. »
- Ainsi donc, s’il est une science qui nous appartienne à juste titre par ses origines, c’est bien celle-ci. Mais là ne s’est point borné notre rôle et, en suivant les transformations de la télégraphie, nous aurons à chaque pas à relever, non sans fierté, combien l’activité de notre pays est demeurée féconde et productive.
- Au moment où l’idée de la télégraphie électrique fut lancée à travers le monde, les diverses nations qui étaient à la tète du progrès attaquèrent sa mise en œuvre par les voies qui leur étaient propres. Personne cependant ne soupçonnait alors l’avenir qui lui était réservé et les premiers réalisateurs n’eurent qu’à moitié le sentiment des obstacles qu’il convenait d’écarter pour assurer son développement. C’est ainsi que la multiplicité des fils ne parut pas tout d’abord une objection dirimante. Sans s’arrêter aux vues d’Ampère, homme de théorie, dégagé de toutes les contingences de la pratique, qui avait aperçu le télégraphe avec autant de fils que de signes à transmettre, on constate que le premier essai sérieux tenté pour appliquer l’électricité à la transmission des signaux, fut fait en Angleterre au moyen d’un appareil conçu et construit par le célèbre Wheatstone et comportant six fils de ligne, avec cinq aiguilles aimantées, dont les mouvements simultanés fournissaient instantanément la désignation de l’une quelconque des vingt principales lettres de l’alphabet. Ce premier modèle ne vécut guère. Dès que les premiers réseaux se développèrent, on comprit que la condition primordiale de l’exploitation ôtait d’économiser les fils de ligne. Le modèle anglais primitif fut remplacé par un autre modèle à deux, puis à une seule aiguille, dont les mouvements successifs servaient à constituer les différentes lettres.
- Tandis que chez nos voisins on acceptait ainsi ce code de signaux
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- fugilifs et arbitraires, en France, la préoccupation s’imposa de rattacher l’écriture télégraphique à des signes connus : la constitution des appareils s’en ressentit.
- Beaucoup d’entre vous ont certainement oublié que, à l’apparition de la télégraphie électrique, la France était dotée d’une puissante organisation télégraphique, fondée sur l’emploi du système aérien des frères Ghappe. La télégraphie aérienne (c’était déjà une œuvre bien française et non des moins considérables), si préhistorique qu’elle paraisse aüjourd’hui, donnait alors des résultats de première importance. Presque accaparée par l’État, auquel elle apportait un précieux instrument de gouvernement, elle s’étendait dans les derniers temps de son fonctionnement, sur un réseau de 4 000 km, avec 19 embranchements et 556 stations; elle était desservie par un personnel nombreux, très exercé, mais exclusivement habitué aux signes géométriques alors en usage.
- La télégraphie électrique ne pouvait se substituer à la télégraphie aérienne qu’en passant aux mains des mêmes agents. Par suite, elle dut, dès le début, se confiner dans un vocabulaire sensiblement identique à celui de Cbappe. Gela explique la forme sous laquelle vint au monde le premier « télégraphe français à signaux », avec, bien en évidence sur sa face antérieure, ses deux petites aiguilles conjuguées, semblables aux indicateurs de Ghappe, exécutant, pendant la réception, leurs mouvements saccadés.
- La création de ce bel appareil était due à notre célèbre constructeur Louis Bréguet qui, par la suite, durant sa longue carrière, apporta à la télégraphie la plus habile et la plus féconde collaboration.
- Le nom des Bréguet, Messieurs, sachez-le, nous tient de près. L’ancêtre dont je viens de parler et dont nous nous glorifions à juste titre appartint pendant nombre d’années à la Société des Ingénieurs Civils, et son fils, contemporain et ami de votre Président, fut également des nôtres. Destiné par sa belle intelligence à honorer grandement, lui aussi, le corps des Ingénieurs français, Antoine Bréguet devrait être aujourd’hui parmi nous : la mort cruelle l’a fauché en pleine jeunesse.
- Le télégraphe à signaux, derrière sa façade, aujourd’hui archaïque, contenait un mécanisme des plus ingénieux, au moyen duquel Bréguet avait réussi à lier, à travers un simple fil, la rotation d’une manivelle au poste d’émission, et la rotation d’une aiguille au poste de réception. Ce mécanisme n’a pas vieilli et sa simplicité mérite encore toute notre admiration. C’est lui qui permit de réaliser, à côté du télégraphe à signaux, le fameux télégraphe à cadran, à l’usage de ceux qui, ignorants des signaux Ghappe, se contentaient de connaître les 25 lettres de leur alphabet. Le télégraphe à cadran a longuement assuré le service çies Compagnies de chemins de fer et il n’en est pas encore, à l’heure qu’il est, tout à fait délogé.
- Tandis que l’Europe adaptait, ainsi que je viens de vous .le dire, la télégraphie à ses conceptions et à ses traditions, l’Amérique s’emparait, elle aussi, du nouveau levier que l’homme venait de conquérir et le forgeait à l’image de son indépendante nature elle dotait le monde de l’appareil Morse. Que vous dirais-je, Messieurs, de cet appareil qui ne
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- soit au-dessous des services immenses qu’il a rendus au monde entier et qu’il ne cessera jamais de lui rendre? L’appareil qui inscrit des points et des traits sur une bande de papier et qui martelle à notre oreille ces petits chocs inégalement espacés qui forcent l’attention, cet appareil vous le connaissez tous, je dirais dans ses détails, si son véritable mérite, dans son extrême simplicité, n’était pour ainsi dire d’être dénué de détails. Mais le Morse, Messieurs, en réalité, ce n’est pas un appareil, c’est un principe ; c’est un principe duquel sont sortis une écriture pour les yeux, un langage pour les oreilles, écriture et langage les plus simples qu’il soit possible de concevoir, on peut l’afïirmer, puisqu’ils ont pour base deux modules rudimentaires véritablement irréductibles : un signe court, un signe long. Quand on considère la simplicité de la fonction du Morse et l’universalité de ses applications, on se sent animé d’une profonde reconnaissance pour l’homme inspiré qui a mis au service du monde cet outil génial. (Applaudissements.)
- Yous venez de voir, Messieurs, sous quelles formes le télégraphe prit naissance dans le berceau des nations. Dans notre pays, à côté du système Morse, qui ne tarda pas à être adopté, les appareils à signaux alphabétiques, répondant sans doute à un besoin de clarté qui nous est propre, subirent de nombreux avatars. Le perfectionnement de beaucoup le plus important dont ils furent l’objet consista à les rendre imprimeurs. La facilité de la réception et son exactitude, l’authenticité des dépêches remises aux destinataires firent de cette innovation comme une nécessité. Pour atteindre ce but, ce qui se dépensa d’efforts industrieux est chose à peine croyable. Faire devant vous une simple revue de tous ces dispositifs ingénieux qui virent le jour, mettre en évidence leurs côtés originaux, souligner leurs particularités, serait pour votre Président un réel plaisir, bien en harmonie avec la curiosité de son tempérament. Ce n’est point ici le lieu. Au surplus, la plupart de ces productions, émanant d’inventeurs féconds, mais médiocrement informés, mécaniciens habiles, mais électriciens encore illusoires, présentèrent un caractère plutôt académique et ne résistèrent pas aux épreuves du service.
- Quoi qu’il en soit, avec l’accroissement incessant du trafic, il fallait accroître le débit des lignes : les idées se portèrent vers l’amélioration et l’accélération de la transmission. Deux inventeurs de haute valeur firent faire à la question un grand pas dans cette voie : Hughes, pour les appareils imprimeurs, combina un appareil dans lequel un simple appui du doigt au poste de départ suffit pour faire imprimer la lettre désirée au poste d’arrivée et cela sans le moindre arrêt des mécanismes ; Wheatstone, pour l’appareil Morse, imagina de confier la manipulation à un transmetteur automatique.
- Dans le Hughes, l’idée initiale est la suivante : faire tourner synchroniquement aux deux postes correspondants deux roues portant sur leur tranche la série des caractères d’imprimerie et mettre aux mains du manipulant un clavier permettant, par l’abaissement d’une touche correspondant à une lettre, d’envoyer un courant au moment précis où la lettre choisie occupe dans les deux postes une position déterminée, de telle sorte que l’impression s’en puisse faire sur une bande de papier, à la volée.
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- Dans le Wheatstone, d’autre part, on garde la série des signaux conventionnels ; mais, pour en activer la transmission, on compose à l’avance une bande perforée et c’est le passage de cette bande dans le transmetteur automatique, passage naturellement très rapide, qui provoque la série des émissions utiles.
- Ainsi donc, voici deux, principes nouveaux posés : le principe du synchronisme et le principe de la transmission automatique avec composition préalable. Mais, pour atteindre leur application, concevez-vous quelles études s’imposèrent ? Études mécaniques et études électriques. Ce n’est point une minime difficulté que d’assurer l’absolue concordance de rotation de deux disques tournant à 120 tours par minute. C’en était une plus grande encore que d’accroître le nombre des émissions successives sur une ligne de manière à passer de 150 en moyenne par minute à 3 000. Subitement surgirent une foule d’obstacles imprévus ; on se heurta à des phénomènes mal étudiés, phénomènes dus à la charge des lignes et à la self-induction des récepteurs. Le fait est qu’on commençait à utililiser des courants en formation, c’est-à-dire, dans la période variable.
- Réfléchissez, Messieurs, qu’à cette époque il est à peine question d’unités électriques ; que la capacité d’une ligne n’est ni définie exactement, ni mesurée; qu’aucune indication de mesure n’existe encore pour la self. Vous vous rendrez compte des services que les télégraphistes d’alors ont rendus en débrouillant un pareil chaos et vous réserverez dans votre estime les places d’honneur qu’il convient aux grands noms que représentent Gounelle, Blavier, Raynaud, pour ne parler que des français — Gounelle, construisant la première grande ligne française Paris-Rouen et l’utilisant peu d’années après, en collaboration avec Fizeau, pour effectuer une détermination de la vitesse de l’électricité — Blavier donnant, par l’assimilation du mouvement de l'électricité dans les fils à celui d’un fluide dans un tuyau, la plus grande clarté aux phénomènes, parvenant à imposer l’emploi des unités de l’Association britannique, déterminant la capacité d’un fil par rapport au sol et celle de deux fils parallèles ; donnant la formule de position d’un dérangement sur une ligne— Raynaud, enfin, établissant, par l’application des méthodes analytiques inaugurées par Fresnel, les premières formules de la période variable et préparant les matériaux avec lesquels son élève Vaschy édifiera bientôt son beau traité d’électricité et de magnétisme.
- Ainsi, précisément pour avoir ignoré la ligne et l’avoir laissée en dehors du problème, on était venu se heurter contre les embûches qu’elle tenait en réserve ; force avait été d’entreprendre la lutte contre les difficultés nouvelles, lutte féconde par les succès qui la couronnèrent. Méthodes pratiques pour repérer les défauts ; connaissances approfondies de la constitution des câbles sous-marins et souterrains, ainsi que des phénomènes dont ils sont le siège; réalisation de lignes artificielles, permettant d’équilibrer les lignes réelles et d’obtenir le duplexage, telle fut la moisson immédiate.
- Cependant, les types d’apparéils regardés comme perfectionnés, le Hughes et le Wheatstone, devenaient insuffisants et ne répondaient plus aux besoins. Il fallait trouver mieux. On avait commencé à regarder la
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- ligne de plus près ; on s’avisa qu’elle était mal utilisée ou plutôt qu’elle restait inutilisée pendant une bonne partie du temps. L’idée vint de chercher à améliorer son rendement en l’employant à charrier une suite ininterrompue de pulsations électriques utiles. Ce jour-là, l’idée des appareils multiples était créée.
- Dans l’impossibilité où je suis d’entrer dans le détail des solutions variées qui furent successivement proposées pour réaliser cette idée, je me contenterai de rattacher les appareils multiples à deux types : le type des multiples à division du temps et le type des multiples harmoniques.
- L’idée fondamentale sur laquelle repose le système des multiples à division du temps est la .suivante : le temps nécessaire pour fabriquer une émission, soit à la main, soit mécaniquement, est supérieur au temps de propagation du courant le long de la ligne. Si donc deux correspondants communiquent entre eux au moyen d’une ligne, celle-ci est en fait inutilisée pendant une partie notable de l’intervalle séparant l’envoi de deux signaux successifs. Aussi est-il rationnel de chercher à prêter la ligne à un autre couple de correspondants, pendant qu’elle est inemployée par le premier couple, et même de chercher à la prêter successivement à plusieurs couples de correspondants, si l’intervalle de temps à partager est suffisant. Tel est le principe des multiples dits justement « à division du temps ». Pratiquement comment réalisera-t-on le colportage de la ligne d’un couple à l’autre ? Le plus simplement du monde.
- Imaginons qu’à ses deux extrémités la ligne soit électriquement reliée à deux bras métalliques entraînés par la rotation de deux arbres tournant dans un synchronisme parfait. Ces deux bras métalliques frottent par leur extrémité sur des anneaux tronçonnés en un même nombre de secteurs. Considérons comme appairésles secteurs sur lesquels, aux deux extrémités de la ligne, les deux bras terminus passent simultanément. Attribuons les secteurs de chaque paire à un couple de correspondants et nous aurons constitué l’organe propre à la distribution de la ligne : nous aurons constitué le distributeur pour l’appeler par son nom. Pour chaque couple de correspondants la durée d’un tour sera divisée en deux parties : l’une assez longue, consacrée à la préparation mécanique du signal, l’autre très courte, suffisant'à l’envoi sur la ligne du train électrique constituant le signal. A l’arrivée, ce train sera reçu soit dans des organismes à forte impédance, manœuvrant par suite comme si le courant était émis sans discontinuité, soit dans un relais extrêmement sensible commandant à son tour une série de manœuvres aussi indépendantes de la circulation sur la ligne que l’a été la fabrication mécanique de l’émission.
- Mise en avant pour la première fois dès 1860 par Rouvier, l’idée du multiple à division du temps fut reprise plus tard, non sans succès par Meyer. Mais elle a trouvé son expression parfaite dans le merveilleux appareil dù à Baudot.
- Qu’il me soit ici permis de m’arrêter un instant devant la haute figure de ce grand inventeur, à qui la France doit non seulement de posséder un outillage incomparable, mais d’avoir conquis dans le monde une
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- suprématie non contestée. Qu’il me soit permis de payer à sa mémoire un légitime tribut de reconnaissance et d’admiration.
- Enfant du peuple, fils de cultivateurs, Baudot quitta la charrue en 1869 pour entrer comme surnuméraire dans l’administration des télégraphes. Il n’avait d’autre bagage que les simples connaissances acquises à l’école primaire, mais il possédait le génie des petits mécanismes et le sens profond de ces équilibres délicats qui s’y établissent sans cesse entre les forces mises en jeu et les résistances à vaincre, presque de môme ordre. Travailleur acharné et infatigable, il consacrait ses jours et ses nuits à la poursuite de ses idées, épuisant sa maigre bourse en essais ininterrompus, mais enrichissant son cerveau d’incessantes conquêtes scientifiques. Dix années cependant ne s’étaient pas écoulées qu’il avait créé son appareil à transmissions multiples et recevait du Gouvernement, lui, simple employé de deuxième classe, au poste central de Paris, la croix de la Légion d’honneur. Continuellement absorbé depuis par le perfectionnement de son système, il est arrivé, par une accumulation de dispositifs admirablement conçus, à en faire un véritable monument aussi puissant qu’harmonieux et l’a plié à la solution des problèmes les plus variés et les plus ardus. Terrassé, hélas ! par un excessif labeur, il a succombé trop tôt; car s’il a vu le premier essor de son télégraphe à travers le monde, il n’aura pas assisté à son triomphe définitif qu’affirme à l’heure actuelle son adoption par toutes les nations civilisées. ( Vifs applaudissements.)
- Le principe de l’appareil Baudot est trop connu pour qu’il soit utile de le décrire. Les lettres sont formées par l’émission de cinq courants émanant d’un manipulateur à cinq touches. Le distributeur, au départ, •au moyen d’un bras tournant, met la ligne successivement en rapport avec cinq plots correspondant aux touches du manipulateur. A l’arrivée, un distributeur identique, au moyen de cinq plots analogues, met la ligne, ou plutôt un relais de ligne très sensible, en communication avec cinq relais puissants, actionnés par un courant local; ces relais agissent sur des leviers aiguilleurs et leur font reproduire la combinaison de signaux qui a été émise par le manipulateur. Une disposition mécanique très ingénieuse traduit la combinaison emmagasinée et produit l’impression de la lettre alphabétique correspondante.
- Une fonction vitale dans le Baudot est le synchronisme parfait qui doit exister entre la rotation du distributeur de départ et celle du distributeur d’arrivée. Le problème du synchronisme à distance comporte des difficultés toutes différentes, suivant les conditions dans lesquelles il se pose. Certains d’entre vous, Messieurs, familiarisés avec les questions de l’accouplement des alternateurs, accouplement où des efforts formidables sont en jeu, pourraient se faire illusion sur la facilité avec laquelle il leur semblerait possible d’accrocher deux rotors, fussent-ils à grande distance l’un de l’autre. En télégraphie, où les actions, dont on dispose pour la régulation, sont comparables à de simples souffles et chevauchent avec d’autres souffles porteurs de signaux, le problème est infiniment délicat. Baudot l’a résolu d’une manière complète, irréprochable, et cela par des moyens simples, tout à fait élégants et pleins d’intérêt.
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- Je craindrais de vous lasser, Messieurs, en énumérant les ressources inépuisables du système Baudot, et pourtant il faut que je vous dise encore que, mieux qu’aucun autre système, il permet d’assurer une utilisation de la ligne aussi complète que possible, si l’on a soin de déterminer convenablement le nombre de plots du distributeur de départ et sa rapidité de rotation, de manière que les signaux se succèdent avec la vitesse maxima compatible avec une bonne réception; il faut que je vous dise que sa portée, déjà considérable en ligne directe (puisque pour un appareil double elle atteint dans un fil de cuivre près de 2000 km), que sa portée peut être accrue presque sans limite par l’emploi d’un petit organisme complémentaire, le retransmetteur, qui, placé dans le récepteur même, fonctionne comme un véritable manipulateur et lance sur le prolongement d’une ligne des courants identiques aux courants issus du poste de départ; il faut enfin que je vous dise que, grâce aux combinaisons auxquelles se prête le distributeur, plusieurs postes échelonnés sur une longue ligne peuvent arriver à correspondre ensemble dans une entière indépendance.
- Ce serait une erreur de croire, Messieurs, que l’œuvre de Baudot a été limitée à la création de son admirable système. Baudot a formé des disciples distingués qui, depuis sa disparition, ont continué à travailler sans relâche. Plusieurs ont, à leur tour, développé ses méthodes et obtenu des résultats de premier ordre. Je ne parlerai pas des vivants... Mais je veux du moins rendre hommage à l’un des plus habiles récemment disparu, à M. Picard, un modeste lui aussi, qui est parvenu à faire fonctionner le télégraphe Baudot à travers le câble Paris-Alger et à vaincre ainsi une difficulté longtemps regardée comme insurmontable.
- En face de la prépotence conquise de haute lutte par le multiple à-« division du temps », par le Baudot, quelles ressources pouvaient mettre en ligne les multiples harmoniques dont Elisha Gray avait créé le type classique?
- Dans ce système de multiple, singulièrement ingénieux et audacieux, au lieu de chercher à utiliser électriquement la ligne sans aucun répit on cherchait à y superposer au même instant une série de propagations vibratoires, recueillies à l’arrivée dans des postes de réception convenablement accordés. Mais, servi par des organes minutieux et précaires, ce système ne semblait pas pouvoir sortir du laboratoire et affronter les aléas de l’exploitation.
- Brusquement la téléphonie, au cours des études qu’elle suggéra, vint lui apporter un concours inespéré.
- Nous arrivons alors à l’ère contemporaine, à ce que j’appellerai volontiers la télégraphie en formation. Ne croyez pas, d’ailleurs, Messieurs, qu’au seuil de cette ère nouvelle le rôle de la France soit terminé. Au contraire, les appareils qui semblent appelés aux destinées naissantes sont encore dus à un Français, au savant Ingénieur Mercadier, aidé par son collaborateur M. Magunna.
- L’organisme comprend : d’une part, les électro-diapasons, générateurs de courants vibrés de fréquences diverses mais strictement invariables ; d’autre part, les monotéléphones récepteurs, exclusivement sensibles au pur régime de vibrations avec lequel ils peuvent èntrer en réso-
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- nance. Electro-diapasons et monotéléphones sont si fidèles, si stables, qu’ils constituent à cette heure un indéfectible outillage.
- Ne croyez pas, Messieurs, que le nouveau multiple harmonique puisse éparpiller les efforts des télégraphistes, en détournant leur attention des procédés précédemment introduits et actuellement en pleine activité.
- Les courants vibrés sont des agents nouveaux, individuellement doués d’une personnalité précise, qu’il est possible de superposer grâce au pouvoir séparateur exquis du monotéléphone. Ils peuvent être utilisés par tous les télégraphes existants et notamment par ceux qui ont été conçus pour fonctionner avec du courant continu.
- Quelle extension va prendre du coup le champ d’action de la télégraphie! Déjà, grâce aux courants vibrés, douze Morse peuvent fonctionner simultanément sur une ligne ; vingt-quatre Morse en duplex. Bientôt peut-être, sinon demain, douze Baudot quadruples pourront faire passer par un seul fil plus de 50 000 mots à l’heure.
- Messieurs, nous venons de constater une des plus heureuses répercussions de la téléphonie sur la télégraphie; avant qu’elle se soit produite, que de découvertes théoriques furent nécessaires ! C’est ici le champ réservé d’un homme trop ignoré, dont j’ai déjà prononcé le nom ce soir et qu’il importe de mettre à son rang. C’est à Yaschy, en effet, que nous devons les études magistrales qui, de 1883 à 1889, lui permirent d’établir définitivement les formules de la propagation du courant; puis les études relatives aux coefficients d’induction, amenant la découverte de la destruction possible des effets de la capacité par ceux de la self, et fournissant les formules de la neutralisation, études dont nous voyons aujourd’hui la consécration éclatante dans l’emploi généralisé des câbles pupinisés ou du type Krarup.
- Une dernière région du domaine télégraphique semblait avoir échappé jusqu’ici aux recherches des télégraphistes. La transmission avait été transformée par l’automatisme; le rendement des lignes avait été étonnamment accru par le multiplage ; cependant on se contentait encore de récepteurs admirables, mais d’un fonctionnement relativement lent. Une dernière conquête est aujourd’hui réalisée. Au relais chargé de déclancher le mécanisme imprimeur, relais qui paraissait hier vif et alerte, mais qui paraît aujourd’hui inerte et lourd, Pollak et Yirag, d’une part, Siemens et Halske, d’autre part, ont substitué le rayon lumineux et la bande photographique.
- Quels progrès restent donc à réaliser? Le cycle n’est-il pas aujourd’hui fermé ? Le passé garantit l’avenir; la marche en avant est continue et je ne voudrais pas risquer d’être mauvais prophète en déclarant que les voies sont fermées.
- Résumons par quelques chiffres les étapes parcourues :
- Au début, le Morse envoie pratiquement 500 mots à l’heure; puis le Hughes 1 200; ensuite le Baudot sextuple 7 000. Enfin, le Mercadier, le Pollak et Virag semblent aujourd’hui pouvoir dépasser 40 000. Sur un même fil peuvent circuler simultanément vingt-quatre dépêches et une conversation téléphonique.
- Messieurs, si j’ai tenu à tracer devant vous les grandes lignes de
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- l’évolution télégraphique, c’était certes pour vous faire admirer l’essor prodigieux d’une branche de l’électricité qui semble toucher à la perfection; mais c’était aussi pour noter au passage, comme je l’ai fait, les travaux sur lesquels elle s’est étayée et qui servent maintenant de base fondamentale à l’électricité industrielle. Il m’a semblé utile de rappeler que, si tant de merveilles sont devenues réalisables dans la technique dont vous vous occupez plus spécialement, c’est pour une bonne part grâce à l’effort désintéressé, continu, souvent ignoré, quelquefois dédaigné des Ingénieurs télégraphistes. Dans le silence des administrations de l’Etat, sans souci du paraître, ils nous ont apporté des unités et des lois devenues aujourd’hui d’une conception si courante qu’on ne songe plus aux difficultés rencontrées pour les établir. Avant nous, pour nous, ils ont étudié le courant faible, accomplissant la même œuvre que le biologiste qui étudie la cellule et prépare les merveilles de la grande chirurgie.
- Et mon objet n’a pas été seulement de distribuer une sorte de justice rétrospective un peu vaine. Il est surtout de vous inciter à ne pas vous désintéresser de cette technique spéciale où il semble possible de trouver non seulement des enseignements, mais encore des solutions. (Applaudissements chaleureux.)
- IL
- Présidence de M. J. Carpentier, nouveau Président.
- Le Procès-verbal de la précédente séance est adopté.
- M. le Président a le regret de faire connaître le décès de MM. : P.-E.-F. Desgranchamps, ancien élève des Écoles d’Arts et Métiers (1855), membre de la Société depuis 1882. Ancien Ingénieur du Chemin de fer de Paris-Lyon-Méditerranée, lauréat de la Société des Anciens Élèves des Écoles d’Arts et Métiers et de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale ;
- F. Sl-C. Ed. Gravin, membre de la Société depuis l’année dernière. Ingénieur de la Maison Agar Cross, à Tucuman (République Argentine) ;
- G. -Ch. Delettrez, membre de la Société depuis 1890, fabricant de corps gras pour le graissage des machines.
- M. le Président adresse aux familles de'èes Collègues l’expression des sentiments de profonde sympathie de la Société.
- M. le Président a le plaisir de faire connaître les décorations et nominations suivantes.
- Ont été nommés :
- Officiers de la Légion d’honneur: MM. A.,Herdner, A. Mange,
- L. Ghagnaud, A. Loutreuil ;
- Chevaliers de la Légion d’honneur : MM. L.-A. Brévillé, Ch. Lépine,
- M. Dibos ;
- Officier d’Académie : M. G. Mignot;
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- Chevalier de l’Ordre du. Cambodge : M. M. Dibos;
- M. Dibos est également lauréat (médaille d’or) de la Société Nationale d’Encouragement au Bien.
- M. le Président est heureux d’adresser à ces Collègues, au nom de la Société, ses félicitations bien sincères.
- t
- M. Jean Rey, l’un des délégués de la Société que le Comité avait désigné, sur la demande de M. de Selves, a été nommé rapporteur de la Commission chargée d’étudier les conventions relatives aux nouvelles concessions de tramways de Paris et du département de la Seine.
- Ont été nommés à l’Exposition Internationale de Turin (Italie) :
- Président du Groupe IV (Mécanique générale), M. Ch. Compère;
- Président de la Classe 36 (Génie civil), M. Aug. Moreau ;
- Président de la Classe 116 (Explosifs, Pyrotechnie, Allumettes), M. L. Barthélemy.
- M. le Président adresse à tous ces Collègues les vives félicitations de la Société.
- M. le Président dépose sur le Bureau la liste des ouvrages reçus depuis la dernière séance. Cette liste paraîtra dans l’un des prochains Bulletins.
- La Société Nationale d’Encouragement à l’Agriculture organise un Congrès de Mécanique agricole, qui doit avoir lieu les 22 et 23 février prochain.
- M. le Président, d’accord avec les membres du Comité, présente comme Membre d’Honneur : M. Ch. de Ilieronymi, Conseiller actuel intime de S. M. I. et R. François-Joseph, ancien Ministre royal hongrois de l’Intérieur et du Commerce, Ministre actuel des Travaux publics et du Travail en Hongrie, membre correspondant de notre Société en Hongrie.
- Il est donné lecture, en première présentation, des demandes d’admission de MM. G.-J. Delmas, J. Godfernaux, R. Le Blanc comme Membres Sociétaires Titulaires, et de :
- M. L. Bégougne de Juniac comme Membre Sociétaire Assistant.
- M. Paolo de Frontin est admis comme Membre d’Honneur ;
- MM. G. Audigier, M, Biver, J. Dejust, A. Dumas, A. Faure, G. Gautier, W. Guérin-Lésé, L. Collier de la Marliêre, J. IJaviland sont admis comme Membres Sociétaires Titulaires, et
- M. L. Spilliaert comme Membre Associé.
- La séance est levée à 10 heures 5.
- L’un des Secrétaires techniques, A. Gosse.
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- PROCÈS-VERBAL
- DE LA
- SÉANOB T>TJ 20 JANVIER 1911
- Présidence de M. J. Carpentier, Président.
- La séance est ouverte à 8 heures trois quarts.
- Le Procès-verbal de la précédente séance est adopté.
- M. le Président a le regret de faire connaître le décès de :
- M. A.-H. Rouart, Membre de la Société depuis 1889, chevalier de la Légion d’honneur, Ingénieur civil, de la maison Rouart frères et Cie, Constructeurs-Mécaniciens.
- M. le Président adresse à la famille de ce Collègue les sentiments de profonde sympathie de la Société.
- M. le Président est heureux d’annoncer les nominations suivantes :
- MM. P. Mallet, A. Girard, J. Brichaux et Ch. Prévet ont été nommés Membres du Comité consultatif des chemins de fer pour 1911-1912.
- MM. J. Coignet, Gruner et Lahaye ont été nommés Membres du Comité consultatif des Chemins de fer, faisant partie de la Commission permanente de ce même Comité.
- M. J. Hersent a été nommé Membre du Comité consultatif de règlement amiable des Entreprises de Travaux publics et des marchés et fournitures y afférents, au Ministère des Colonies.
- MM. Boutan, Harlé, Hillairet, Labour, Picou et A. Sartiaux ont été nommés Membres du Comité permanent d’Electricité pour 1911 et 1912.
- M. A. Chélu, Directeur dé l’Imprimerie Nationale et des journaux officiels d’Égypte, correspondant de notre Société dans ce pays, vient de recevoir de son S. A. le Khédive d’Égypte, la dignité de Pacha, en considération des services qu’il a rendus en Égypte et de la publication de son dernier ouvrage : Le Nil et son Bassin.
- M. le Président adresse à ces Collègues les félicitations de la Société.
- M. le Président dépose, sur le bureau, la liste des ouvrages reçus depuis la dernière séance.
- Cette liste sera insérée dans l’un des prochains bulletins.
- M. le Président fait connaître que, conformément au règlement, le Comité, dans sa séance de ce jour, a nommé Membre du Comité, dans la Deuxième Section, pour deux ans, en remplacement de M. Herd-ner élu Président de la Troisième Section, M. A. Moutier.
- Le Comité a également nommé, pour trois ans, Secrétaire technique
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- de la Première Section, M. F. Taupiat de Saint-Symeux, et Secrétaire technique de la Troisième Section M, L. Sékutowicz.
- M. le Président rappelle que le Prix Giffard 4908 prorogé 4944 et le Prix Giffard 4944 viennent à échéance cette année.
- Conformément à l’article 7 du règlement de ce prix, qui fixe la composition du Jury, trois. Membres ont été nommés par le Comité, savoir : MM. Clausel de Coussergues, Mariage et Fichet.
- Trois autres Membres doivent être nommés par la Société, dans la séance de ce jour. En conséquence, il est procédé au vote et MM. Mar-quisan, Leroux et Letombe sont nommés Membres du Jury du Prix Giffard.
- M. le Président fait connaître qu’à la date du 13 janvier courant, M. Jean Rey, de la maison Harlé et Gie, a déposé un pli cacheté qui a été enregistré sous le numéro 70.
- La Direction des Routes et de la Navigation du Ministère des Travaux publics fait connaître qu’une Exposition internationale de moteurs et autres machines pour les embarcations et les barques de pêche se tiendra, en 1912, à Copenhague. Le programme provisoire de cette Exposition peut être consulté à la Bibliothèque de la Société.
- La Société Industrielle d’Amiens a adressé le programme des questions qu’elle met au concours pour l’année 1910-1911. Ce programme comprend un grand nombre de questions et on peut le consulter à la Bibliothèque de la Société.
- M. E. Barret a la parole pour sa communication sur Le compte rendu du IP Congrès international du Froid, tenu à Vienne, en octobre 4940.
- M. E. Barret, en prenant la parole, constate qu’il a l’honneur d’é-trenner la Présidence de M. Carpentier; il en profite pour saluer le grand savant dont les inventions ont popularisé le nom. Depuis bien des années, le fauteuil n’avait pas été occupé par un membre de l’Institut; M. Barbet demande qu’il soit indulgent à ceux qui aborderont la tribune, et il ne doute pas que sous sa haute direction la Société des Ingénieurs Civils de France ne brille cette année d’un éclat tout particulier.
- o M. le Président J. Carpentier, répondant à M. E. Barbet, prononce les paroles suivantes :
- « Mon cher Président,
- » Il m’est impossible de vous laisser continuer sans riposter. Si je » suis à cette place, c’est beaucoup à cause de vous. Quand, il y a » bientôt quinze mois, une députation d’anciens Présidents vint m’offrir » l’insigne honneur d’être mis à la tête de la Société, mon premier » mouvement, bien sincère, fut de décliner cet honneur que je n’avais » jamais envisagé et qui m’éblouissait. Je me défiais de mes forces. » Pris à la gorge, pour ainsi dire (hilaritéj, par la très flatteuse et très » cordiale insistance des amis qui m’entouraient, (vous étiez des plus » éloquents), je dus me rendre.
- » Mon devoir, aujourd’hui, est donc de vous remercier publique-
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- » ment. Si de ma présidence il découle quelque profit pour la Société » des Ingénieurs Civils, celle-ci devra vous en savoir gré comme à l’ün » des auteurs responsables.
- » Mais tout à l’heure vous avez fait appel à mon indulgence. Eh » bien ! voulez-vous que je vous fasse un aveu très sincère : c’est que » je me trouve petit garçon au milieu de vous. J’ai suivi, pendant » l’année dernière, toutes les communications faites ici et je me suis » pris du plus vif regret de n’avoir pu venir que si rarement à la Société, » depuis trente-deux ans que j’ai l’honneur d’en faire partie. Les com-» munications que l’on entend dans cette salle sont le plus souvent de » premier ordre.
- » Je considère que la Société des Ingénieurs Civils constitue la plus » merveilleuse École d’application que l’on puisse rêver. Les cours y » sont faits par les compétences les plus variées et les plus averties, et » ceux d’entre nous qui peuvent les suivre y trouvent un précieux » moyen de compléter leur éducation d’ingénieur. Cette année-ci, » Messieurs, je compte bien apprendre beaucoup à votre contact.
- » Ceci dit, je vous rends la parole, mon cher Président, pour l’exposé » de votre communication. »
- M. Barbet, abordant alors le compte rendu du Congrès, auquel il avait été délégué par la Société, dit combien cette réunion eut de succès. Il fait ressortir l’importance exceptionnelle de la participation française qui apporta beaucoup de travaux originaux, et en première ligne une magnifique Monographie de letat actuel de l’industrie du froid en France, publiée sous la direction de M. de Loverdo, Secrétaire général de l’Association Internationale du froid. Il vante tout particulièrement le Président de cette Association, M. André Lebon, ancien Ministre, qui est membre de notre Société, et ne saurait assez dire avec quel tact, avec quel charme de parole, avec quel ascendant sur ses auditeurs internationaux, M. Lebon a su maintenir à la délégation française une situation vraiment hors de pair. Du reste, les étrangers ont été unanimes à reconnaître les services exceptionnels rendus à la cause du froid par la France, au point de vue scientifique, par les Faraday, Carré, Cailletet et d’Arsonval ; au point de vue industriel par Charles Tellier, Mondésir, Paul Gifïard, Mignon et Rouart, et enfin, par notre savant Collègue Georges Claude.
- M. Barbet dit que l’application maîtresse du froid consiste dans la conservation des substances alimentaires, et particulièrement des denrées saisonnières périssables. Le froid permet aussi aux nations défavorisées par la nature d’aller chercher ces aliments périssables, viande, œufs, légumes et fruits, dans les pays qui les produisent en excès.
- Au point de vue de l’agriculture nationale, protégée par des droits de douane élevés, M. Barbet démontre que le froid interpose, entre le producteur agricole et le commerce des aliments, fine manufacturalion dont les avantages sont nombreux, comme dans toutes les autres industries agricoles. C’est une thèse qui est chère à l’orateur, et qu’il a déjà développée, il y a trois ans, au sujet de l’industrialisation de la fermentation du vin.
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- M. Barbet démontre que l’industrie de la viande économise les trois quarts des frais de transport qui grèvent les convois de bétail vivant; que le commerce aura des entrepôts de viande, analogues aux entrepôts de blés, de sucre, et stabilisant les cours; que le consommateur trouvera une viande plus saine et mieux surveillée; enfin, que, rien que par pitié pour les animaux, cette évolution économique sera amplement justifiée, car les bêtes souffrent énormément en cours de transport.
- Pour les légumes, les fruits et les fleurs, M. Barbet signale la création de la station frigorifique de Ghateaurenard, près d’Avignon. On y a expérimenté des méthodes très simples de 'préréfrigération des légumes, à + 1 degré. Les caisseà d’emballage et les wagons sont également réfrigérés, et l’on a pu de la. sorte faire parvenir des légumes dans un état de fraîcheur irréprochable jusqu’à Saint-Pétersbourg.
- Passant en revue les travaux les plus remarquables, qui furent présentés à Vienne, M. Barbet insiste sur ceux de la Première Section, présidée par M. G. Claude, et ayant pour programme la science des très basses températures. Il rappelle que les appareils Claude permettent de livrer à l’industrie de l’oxygène pur à raison de 1 cheval et quart par mètre cube; autrement dit, tous frais payés, la. tonne d’oxygène n’est pas plus chère que la tonne de charbon.
- Il signale les applications, fort intéressantes, de l’oxygène à bon marché à la suroxygénation de l’air : pour les hauts fourneaux, pour la production électrochimique de l’acide nitrique, pour la thérapeutique.
- L’azote pur sert de son côté à la fabrication de la cyanamide, le nouvel engrais azoté artificiel.
- On retire encore, de l’appareil qui rectifie l’air liquide, les gaz rares de l’atmosphère, l’argon, le néon, le crypton et l’hélium. Le néon a servi à M. Claude à fabriquer des lampes électriques de 8 000 bougies, d’une belle coloration rouge, qui ne dépensent que 0,60 watt par bougie-heure.
- Quant à l’hélium, M. Kamerling Onnès, de Leyde, est parvenu à le liquéfier, de sorte qu’aujourd’hui il ne subsiste plus un seul gaz permanent! M. Kamerling Onnes est parvenu à réaliser la température de — 270 degrés, de sorte que nous ne sommes plus qu’à trois degrés du zéro absolu. Mais M. Barbet fait comprendre combien la difficulté augmentera pour ceux qui voudront approcher encore davantage du zéro absolu.
- Les très basses températures servent encore, par une méthode calquée sur celle de l’air liquide, à produire de l’hydrogène à bon marché, en. le séparant des autres gaz qui constituent soit le gaz de houille, soit le gaz à l’eau.
- Dans les sections des applications industrielles du froid, on a été émerveillé de l’éclosion et de la mise au point d’une masse de procédés nouveaux, capables de modifier de fond en comble les anciennes méthodes techniques. M. Barbet en donne une longue nomenclature; faute de temps, il ne peut entreprendre de faire le moindre résumé explicatif au sujet de ces applications originales et souvent fort inattendues. Mais il engage tous ses Collègues à se reporter d’abord à la Monographie française dont il a parlé, puis aux travaux mêmes du Congrès. Il n’avait Bull. 3
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- pas d’autre ambition, en acceptant de faire son compte rendu, que de faire toucher du doigt l’importance, pour l’ingénieur, de tant d’industries nouvelles ou métamorphosées. Tl y a là un filon d’une richesse-incomparable, digne de tenter l’ingéniosité de nos Collègues. Pour les constructeurs enfin, quel beau débouché, quel bel avenir lorsque l’on considère tout ce qu’il reste de machines à faire, d’entrepôts frigorifiques à édifier, et de wagons spéciaux à fournir! L’Association Internationale du froid, en créant les Congrès internationaux périodiques,. s’est donné spécialement une mission de vulgarisation méthodique, et l’on peut prédire à courte échéance une évolution manufacturière qui surprendra le monde par sa fécondité et par ses bienfaits.
- M. le Président remercie M. E. Barbet de la communication très intéressante qu’il vient de faire et dans laquelle il a exposé, avec une très grande clarté, la question importante du froid à l’occasion du Congrès de Vienne.
- Non seulement il nous a fait toucher du doigt tout l’intérêt économique que présente, au point de vue local, au point de vue du pays, peut-on dire, ces applications du froid, mais il a également montré, et ceci est plus particulièrement intéressant, qu’il est possible, dans toutes les sphères d’action, d’arriver à tirer un parti très avantageux de ces procédés nouvellement découverts par la science.
- M. E. Barbet a la parole pour sa communication sur les Chutes d’aéro planes et leurs causes probables.
- M. Barbet dit que l’opinion publique s’est vivement émue, dans les derniers jours de l’année 1910, d’une douloureuse série de chutes d’aéroplanes.
- M. Bouchaud-Praceiq crut en avoir trouvé l’explication dans les effets gyroscopiques de l’hélice et du moteur; il fit à ce sujet des expériences très simples et qui parurent si probantes, que M.. Barbet résolut d’appeler l’attention de tous ses Collègues sur cette question qui s’impose comme un problème humanitaire de la plus grande urgence.”
- S’il y a une idée vraie dans les principes de M. Bouchaud-Praceiq, s’il y a surtout un remède facile, il ne faut pas perdre une minute à en faire l’étude et l’application; ce sont des vies humaines qui en sont l’enjeu.
- Quel fut le point de départ de M. Bouchaud-Praceiq ? Il remarqua que. dans la plupart des comptes rendus de chutes d’aéroplanes, l’on disait d’une façon presque uniforme, presque stéréotypée : « Au moment où l’aviateur commençait un virage, on vit brusquement l’appareil se cabrer (ou piquer du nez) et capoter. » Conclusion ; le virage, voilà l’ennemi.
- Mais pourquoi est-il l’ennemi? Pourquoi détruit-il les conditions normales de sustentation de l’appareil ? Évidemment tout virage, dans les airs comme sur l’eau, amène une diminution de vitesse, en raison de la résistance provoquée par le gouvernail, et comme la vitesse est le facteur indispensable de la sustentation en l’air, l'aéroplane se trouve en condition anormale.
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- Soit ! mais il devrait descendre en vol plané, et non pas capoter. Il y a autre chose.
- Cette autre chose ne serait-elle pas la résistance de l’hélice et du moteur, agissant comme des gyroscopes, et comme tels s’opposant violemment à tout changement de direction ? Alors que le gyroscope est si souvent employé comme stabilisateur, ne serait-ce pas lui qui, luttant contre la volonté de l’aviateur qui veut changer son plan de rotation, se déroberait en faisant un brusque et irrésistible écart ?
- Pour s’en rendre compte, M. Bouchaud-Praceiq fit l’expérience avec une simple toupie-gyroscope. Prenons un de ces petits gyroscopes qui servent de jouet, et faisons-le tourner au moyen d’une ficelle. Une fois qu’il est lancé, essayons de faire un virage, c’est-à-dire de violenter son besoin de stabilisation.
- Si l’on vire à droite, l’appareil pique du nez, et si l’on vire à gauche, au contraire, il se cabre. Si l’on veut s’opposer à ces écarts, on est surpris par la force vraiment inattendue que l’on a à exercer pour faire obéir le gyroscope. Or, ce jouet ne représente pas une force d’un vingtième de cheval; quelle doit être la puissance de dérobade de l’hélice et du moteur ? Et où l’aviateur peut-il trouver son point d’appui quand il est dans les airs pour dompter sa monture et la maintenir dans son chemin? S’il a viré trop brusquement, le gauchissement des ailes ne peut le sauver; et si, réagissant dans un effort désespéré, il demande à ses tendeurs une résistance pour laquelle ils n’ont pas été calculés, ils se brisent, l’aile se relève’ verticalement et l’aéroplane tombe.
- La première constatation expérimentale fournie par le gyroscope, amena M. Bouchaud-Praceiq à faire un autre essai plus démonstratif encore. Sur une planchette, figurant un aéroplane, il installa deux gyroscopes, l’un représentant le moteur et l’autre à l’avant représentant l’hélice. La planchette est suspendue à deux fils attachés à son centre de gravité.
- Faisons tourner les deux gyroscopes dans le.même sens, puis essayons de faire virer l’aéroplane sur lui-même. Dans un sens il s’obstine à piquer du nez, et dans l’autre sens de rotation, il se cabre invinciblement.
- Mais maintenant donnons aux deux gyroscopes des sens de rotation inverses, et essayons à nouveau de faire virer l’aéroplane. Que l’on vire à bâbord ou à tribord, la planchette reste parfaitement horizontale.
- M. Bouchaud-Pràeeiq avait trouvé le remède, et il est d’une application élémentaire pour un ingénieur: il faut faire tourner fhélice en sens inverse du moteur, et il faut combiner les masses en mouvement avec les rayons de giration de telle sorte que les couples giratoires qui én résulteront se contrebalancent aussi bien que possible.
- Si l’hélice est sur l’arbre même du moteur, il n’y a qu’à la commander par l’intermédiaire d’un différentiel; si elle est sur un arbre situé à peu de distance, une paire d’engrenages droits résoudra le problème. Enfin si les deux axes sont à une certaine distance, on peut parfaitement commander l’hélice par une chaîne croisée au lieu d’une chaîné droite. .
- Dans les biplans Wright à deux hélices, l’Américain a eu le flair de
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- faire tourner les deux hélices en sens inverse, l’une par chaîne droite et l’autre par chaîne croisée. Les effets gyroscopiques des deux hélices s’annulent donc, mais il reste encore le moteur. En tout cas, l’influence ennemie est diminuée d’au moins 50 0/0.
- Dans l’appareil Ligez, l’hélice est commandée par une paire d’engrenages multiplicateurs, afin de permettre au moteur de tourner beaucoup moins vite que l’hélice. Il y a donc dégyroscopage, et les récentes expériences faites à Issy-les-Moulineaux avec l’aéroplane Ligez, semblent justifier entièrement la théorie et les expériences de M.Bouchaud-Praceiq.
- Gomme il l’a dit en commençant, M. Barbet n’a pas eu d’autre but que d’ouvrir le débat sur un sujet qui demande à être tout de suite élucidé; il fait appel à ceux de ses Collègues qui se sont distingués et spécialisés dans l’étude théorique et pratique de l’aviatiun pour que dans un délai aussi rapproché que possible, ils viennent nous donner leur opinion réfléchie, avec le résultat de leurs calculs et de leurs expériences sur les divers types d’aéroplanes.
- M. Barbet ne peut terminer sans rappeler que, depuis les débuts, les théoriciens de l’aviation ont pour ainsi dire la hantise du gyroscope ; notre regretté Collègue Regnard voulait installer sur l’aéroplane un gyroscope stabilisateur, mais c’était un poids supplémentaire à soulever. M. Soreau a fait plus d’une fois mention d’une utilisation des forces gyroscopiques.
- Mais il semble résulter des expériences de M. Bouchaud-Praceiq qu’il n’y a pas besoin de rajouter un gyroscope, et, qu’au contraire, le véritable problème consiste à bien analyser les influences gyroscopiques qui existent sur l’aéroplane pour les annihiler.
- Lequel a raison? Chacun pensera comme M. Barbet que c’est une question troublante, angoissante, et l’on excusera la hâte qu’il a mise à poser le problème, afin qu’il ne tarde pas a être résolu; il y va de l’avenir même de l’aviation.
- M. Marcel Armengaud, au sujet de la communication de M. Bouchaud-Praceiq, croit devoir présenter les observations suivantes :
- On s’est déjà préoccupé des effets gyroscopiques produits par les moteurs rotatifs à grande vitesse angulaire tels que les turbines à vapeur, notamment dans leur application à la propulsion des navires. La même question a été également étudiée par là Société Bliss et Cie pour l’utilisation de sa torpille propulsée par une turbine Curtiss tournant à grande vitesse. Dans ces applications, les effets gyroscopiques de ces moteurs provoquent des réactions très violentes sur les paliers ou sur les arbres des turbines, pouvant amener leur rupture; en particulier, dans les torpilles, le choc de la torpille contre l’eau au moment où elle y pénètre, a pour effet de la faire dévier de sa direction, c’est-à-dire de lui faire donner ce que l’on appelle en terme de marine « un coup de queue, »
- Tout récemment, plusieurs ingénieurs ont déjà signalé que le moteur rotatif Gnome devait donner naissance, en raison de ses effets
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- gyroscopiques, à des réactions sur les aéroplanes qui pouvaient avoir, au point de vue de la résistance de ces appareils, les conséquences les plus fâcheuses. On sait, en effet, que le couple produit par la déviation d’un .disque gyroscopique de son plan de rotation, est proportionnel à son moment d’inertie, à sa vitesse angulaire de rotation et à la vitesse angulaire de la déviation. On conçoit donc que, malgré que le produit des deux premiers termes, dans un moteur Gnome, ne soit pas très grand, puisqu’un moteur de ce genre est un moteur à marche lente et de masse relativement faible, le couple de réaction soit assez violent et puisse mettre en danger l’appareil si la déviation qu’il subit, par suite d’une perturbation atmosphérique brusque et puissante, est rapide.
- En particulier, si la déviation se produit dans un plan horizontal, c’est-à-dire transversalement à la marche et dans un plan déterminé, ledit couple, qui s’exerce dans un plan normal à celui de la déviation, peut avoir pour conséqueùce de faire piquer ou cabrer l’appareil.
- Gomme on le voit, il faut donc admettre des rafales 'assez violentes, déterminant des déviations rapides de l’appareil, pour que les inconvénients dus aux effets gyroscopiques puissent se manifester.
- Or, on a déjà proposé, pour compenser les effets gyroscopiques, de faire tourner les masses en sens inverse, et cela notamment dans les torpilles. De même pour les moteurs rotatifs d’aviation, on a songé à faire tourner les cylindres et leur carter dans un sens, et l’arbre et l’hélice dans un autre.
- M. Armengaud mentionne, en particulier, un brevet français Canton et Unné, n° 397 499, du 13 décembre 1908, dans lequel un moteur rotatif actionne des propulseurs qui tournent en sens inverse de son sens de rotation.
- Il signale aussi deux autres brevets français ; dans le premier, du 14 avril 1904, n° 342900, de Sawtelle et Spiegl, est décrit un moteur à cylindres étoilés, dans lequel les cylindres tournent dans un sens et l’arbre moteur dans l’autre, ces deux systèmes d’organes étant reliés par des engrenages.
- Dans l’autre, au nom de M. Piel, du 27 avril 1910, qui décrit un moteur imaginé par M. Ligez, il est prévu que les systèmes tournant en sens inverse (cylindres et arbre moteur) devront être établis de manière à annuler les effets gyroscopiques, c’est-à-dire qu’ils devront satisfaire à la relation Slco = 0, où I et w désignent respectivement les moments d’inertie et les vitesses angulaires des systèmes tournants.
- M. Robert Esnault-Pelterie dit, qu’en effet, la remarque de M. Barbet au sujet de la cause apparente constante des différents accidents d’aéroplane, lui a semblé digne d’intérêt.
- Il regrette que des travaux multiples l’aient détourné ces derniers temps de l’exécution de sa promesse à MM. Barbet et Bouchaud-Praceiq concernant les expériences à faire sur un véritable aéroplane. Pour retardés que se soient trouvés ces essais, ils n’en seront pas moins faits, et M. Robert Esnault-Pelterie demeure à la disposition de ses collègues.
- Il lui apparaît que ces expériences seront pleines d’intérêt, car il faut bien remarquer que l’effet gyroscopique d’une hélice est très par-
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- ticulier et totalement différent de celui que produit un corps de révolution.
- En effet, si l’on soumet ce phénomène au calcul, on s’aperçoit que, comme dans tout phénomène gyroscopique, un couple perturbateur prend naissance dans un plan perpendiculai re au mouvement angulaire secondaire que l’on communique au corps tournant.
- Mais une différence capitale réside en ce fait que dans le cas du corps de révolution, ce couple perturbateur possède une valeur constante, si la vitesse angulaire secondaire est elle-même constante, tandis que dans le cas d’une hélice (ou pour être plus exact, dans le cas de deux masses diamétralement opposées à égale distance de l’axe), la grandeur de ce couple serait représentée par une sinusoïde redressée, de même période que la rotation du moteur.
- Il est donc assez délicat de prévoir quelle va être l’action de semblables forces irrégulières, et l’expérience présentera un grand intérêt.
- Toutefois, dans des conversations que M. Robert Esnault-Pelterie a eues ces derniers temps avec plusieurs aviateurs, en particulier avec Leblanc, il semble ressortir que, dans le cas d’un moteur fixe où l’hélice seule joue un rôle gyroscopique, l’effet est à peine perçu par le pilote; au contraire, dans le cas d’un moteur rotatif, l’effet est sensible, mais l’aviateur en prend très vite l’habitude, et le gouvernail de profondeur lui suffit amplement à s’en rendre maître.
- Un autre effet 'très curieux à noter est celui du faux départ en chevaux de bois, qui se produit chez tous les débutants et même fréquemment chez des pilotes entraînés. Il résulte de brusques accélérations angulaires dans le plan vertical dues au choc du sol sous la queue au départ ; les vitesses angulaires qui en résultent étant assez grandes, provoquent l’apparition d’un couple dans le plan horizontal, lequel couple a pour effet de faire brusquement virer l’aéroplane toujours dans le même sens (vers la gauche si l’hélice tourne à droite, et inversement).
- Les expériences, qui seront faites sur un appareil suspendu par son centre de gravité, donneront les grandeurs de ces couples.
- M. R. Soreau croit devoir rappeler que les effets gyroscopiques dans les virages des navires aériens ont été signalés, dès 1904, dans les Annales des Ingénieurs de Gand, par Massau, Directeur des Ponts et Chaussées belges, qui fut un Ingénieur distingué et un grand savant. Avec son humour coutumier, Massau définissait l’effet gyroscopique une obstination à 90 degrés, alors, ajoutait-il, que le chien de Jean de Nivelle, qui s’enfuit quand on l’appelle, présente une obstination à 180 degrés. Dès que le couple du gouvernail de direction fait tourner le navire dans un plan horizontal, le gyroscope intervient pour produire un couple perpendiculaire au premier, qui abaisse ou relève l’avant, suivant le sens de la rotation.
- Aujourd’hui, dans le monde de l’aviation, personne n’ignore l'effet gyroscopique de l’hélice et du moteur rotatif ; mais, si on ne l’ignore pas, on le connaît assez mal. M. Soreau craint que l’expérience de ce soir n’en donne une idée inexacte : la grande amplitude du déversement obtenu pourrait faire croire que la rotation d’une seule hélice pro-
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- duit nécessairement des effets désastreux dans les virages, et suffit à •expliquer la plupart des accidents d’aéroplanes. Il y aurait là une grande exagération : l’appareil présenté est, pour ainsi dire, tout en gyroscope; il n’a ni la masse d’un aéroplane, masse importante par rapport à celle de l’hélice, ni l’effort de traction et la vitesse de propulsion qui engendrent des couples considérables, avec lesquels le couple gyroscopique est bien forcé de composer... en se composant. Toute la question est d’apprécier l’ordre de grandeur de celui-ci par rapport à ceux-là.
- A ses effets destructeurs de la stabilité, il serait intéressant d’opposer les heureux effets stabilisateurs que peut produire la rotation de l’hélice et du moteur. Il n’en est pas moins vrai qu’on doit prêter aux premiers une sérieuse attention, notamment quand l’aéroplane vient à perdre une notable partie de sa vitesse.
- Des observations de M. Barbet, M. Soreau retient celle qui est relative à l’annulation de l’effet gyroscopique par l’emploi de deux hélices tournant en sens inverse. Ce desideratum se marie fort bien avec la conclusion que M. Soreau a tirée de ses études sur les hélices. Avec une seule hélice, la surface propulsive est assez limitée, de sorte que, pour obtenir une traction susceptible de donner aux aéroplanes les vitesses actuelles V, on est conduit à compenser la petitesse de la surface propulsive par une grande vitesse de rotation a>. Or, dans une bonne
- hélice de rayon R, le rendement optimum s’obtient quand la quantité
- ou est comprise entre 1,5 et 2; avec les valeurs moyennes
- n = 900 tours par minute, soit 15 tours par seconde, R = 1,50 m, Y = 20 m par seconde, la quantité ci-dessus est 7 environ : le rendement maximum, est alors d’environ 10 0/0 inférieur au rendement optimum. De là cette conclusion que les hélices des aéroplanes actuels tournent généralement trop vite, du moins eu égard au rendement; pour améliorer celui-ci, tout en conservant R et Y, il suffirait de diminuer w, ce qui conduit, pour obtenir le même effort de traction, à augmenter le nombre des pales ou à doubler l’hélice.
- Ainsi, pour une fois, les desiderata d’ordre expérimental exprimés par M. Barbet s’accordent avec les desiderata d’ordre théorique. L’emploi de deux hélices, dont Wilbur Wright s’est fait le défenseur irréductible, est courant à bord des dirigeables; mais il présente quelques inconvénients, pour les aéroplanes du moins, et nécessite des précautions spéciales. . . , ,
- M. le Président dit qu’il ne veut pas laisser se clore cet échange de vues sans remercier M. E. Barbet de nous avoir fourni l’occasion d’envisager une question qui présente autant d’intérêt en pratique qu’en théorie. Le gyroscope est un mécanisme dont les propriétés ne rentrent pas encore dans les notions usuelles de l’Ingénieur. Ges propriétés méritent une étude sérieuse ; leur connaissance approfondie non seulement •est propre à mettre en garde contre des effets nuisibles, mais, ainsi
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- qu’on le constate à chaque pas, elle conduit à de fertiles applications. En navigation, et plus particulièrement en aviation, le gyroscope est à la veille de jouer un très grand rôle.
- . M. Jean Rey a la parole pour sa communication sur Quelques remarques sur la constitution intérieure du globe terrestre.
- M. J. Rey expose combien la constitution intérieure de notre globe est un problème captivant qui a exercé la sagacité de nombreux savants.
- Bien que la géologie puisse nous donner des renseignements intéressants sur les matières qui composent la croûte terrestre, jusqu’à une profondeur de 15 ou 20 km, elle est réduite, au delà, à des hypothèses. La théorie de la nébuleuse de Laplace, avec les modifications qui y ont été apportées ultérieurement, montre que la terre a dû passer de l’état nébuleux à l’état gazeux, puis à l’état liquide, avant de se recouvrir d’une croûte solide.
- Cette croûte surmonte-t-elle un magma à l’état fluide ou solide ?
- C’est là une question pour laquelle la méthode expérimentale n’a fourni jusqu’ici aucune réponse précise.
- Le présent travail a pour but de rechercher quelles peuvent être les conséquences mécaniques de l’hypothèse de la fluidité du globe.
- Nous avons cherché, tout d’abord, quelle peut être la loi de densité des matériaux superposés formant notre planète, et, en second lieu, quelles peuvent être les conséquences des diverses hypothèses sur cette loi de densité, soit au point de vue de la gravité, soit au point de vue des pressions qui s’exerceraient sur les différentes couches sphériques, à diverses profondeurs.
- Les matériaux qui composent le globe ont dû s’étager suivant une densité croissante, puisque la densité à la surface est bien inférieure à la densité moyenne du globe.
- On peut donc admettre que la densité la plus forte se trouve au centre de la sphère.
- Pour simplifier le problème et permettre de le soumettre au calcul, nous supposons une loi algébrique de la densité, c’est-à-dire un accroissement continu de la surface au centre.
- Toute loi algébrique de la densité doit satisfaire à deux conditions.
- A la surface, la densité doit correspondre à la densité moyenne des couches terrestres qui est d’environ 2,7.
- La seconde condition résulte de la densité moyenne du globe. La somme des masses des différentes couches doit être égale à la masse totale de la planète.
- Nous avons choisi comme loi algébrique une loi exponentielle renfermant trois coefficients. Cette loi devant satisfaire aux deux conditions indiquées plus haut, la détermination de deux des coefficients dépend de la valeur choisie pour le troisième. .
- La formule en question donne la valeur de la densité aux différentes profondeurs.
- En faisant varier le coefficient que nous prenons pour variable indépendante, nous pouvons établir ainsi toute une série de lois de densités fort différentes.
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- Pour nos calculs, nous avons pris trois valeurs différentes de ce coefficient qui correspondent à des densités au centre allant de 9 fois jusqu’à 22 fois la densité de beau.
- Nous appliquons ensuite ces fonctions ainsi déterminées à la recherche de la valeur de la gravité aux différentes profondeurs. Nous trouvons ainsi qu’à chaque loi de densité correspond naturellement une fonction pour la variation de la gravité. Chose intéressante, ces fonctions indiquent que la gravité doit augmenter avec la profondeur jusqu’à un certain maximum, pour décroître ensuite jusqu’au centre où sa valeur est zéro.
- Nous en venons au calcul des pressions internes aux différentes profondeurs dans la masse supposée fluide.
- Le calcul est facile à effectuer à l’aide des coordonnées sphériques.
- Ses résultats montrent que la pression, par centimètre carré, atteint des valeurs considérables à mesure que l’on s’enfonce en profondeur.
- Au dixième du rayon, la pression dépasse 200 000 kg par centimètre carré; elle atteint, à la moitié du rayon, près de 4 millions de kilogrammes, et, aux neuf dixièmes du rayon, soit près du centre, elle dépasse 100 millions de kilogrammes par centimètre carré.
- Le calcul fait découvrir, d’ailleurs, que, quelle que soit la loi de densité choisie, les pressions internes sont à peu près les mêmes à la même profondeur.
- Les hypothèses que l’on peut faire sur l’étagement des matériaux qui constituent le globe terrestre ne modifient donc que fort peu la valeur des pressions que l’on trouve par le calcul.
- Il résulte de ces chiffres que les pressions internes sont véritablement énormes et dépassent de beaucoup les pressions les plus élevées que nous pouvons réaliser dans nos laboratoires.
- Autre remarque assez intéressante : bien que la variation de la pression unitaire avec la profondeur soit très rapide, la pression totale sur chaque couche sphérique varie beaucoup moins vite. Le calcul montre, en effet, qu’à partir de la moitié du rayon, la pression totale ne varie guère que dans le rapport de 2 à 3.
- En terminant, il est intéressant de rappeler que les mesures de la déviation du fil à plomb, à l’aide de pendules placées dans des puits, ont montré que la terre n’a pas une rigidité complète et que la croûte terrestre ne doit pas s’étendre au delà d’une certaine profondeur.
- Il est difficile de dire quel est l’état de la matière soumise à des pressions aussi énormes, pressions qui suffiraient à liquéfier tous les corps solides, même à la température ordinaire.
- M. J. Bergeron considère comme particulièrement intéressante parmi les questions traitées par M. Jean Rey, celle relative aux pressions. Si comme l’a dit notre Collègue, la masse centrale se trouve dans des conditions dont nous n’avons pas idée, on conçoit cependant que, sous les pressions qu’elle supporte, elle puisse perdre les caractères qui distinguent les matières en fusion à la pression ordinaire, et se comporter, au point de vue des vibrations qui donnent lieu aux tremblements de terre, comme si elle était solide.
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- En tenant compte de ces pressions formidables, on comprend mieux les faits suivants : les observations géothermiques nous portent à penser que, entre 60 et 100 km de profondeur, toutes les roches que nous connaissons doivent être à l’état de fusion ; on admettait autrefois que c’était dans ce bain fondu ou à son voisinage que se trouvaient les centres de vibrations des tremblements de terre. Mais il est bien établi maintenant que ces centres sont situés beaucoup plus près de la surface. Pour les séismes qui sont d’origine tectonique, le centre de vibrations est situé entre 6 et 16 km de profondeur, alors que les roches n’ont, à cette profondeur, d’après les données de la géothermique, qu’une température de 500 degrés. Les phénomènes tectoniques sont donc indépendants des phénomènes calorifiques; ils sont seulement en relation avec la pression; à la profondeur de 100 km, les roches sont fondues; mais les pressions qu’elles subissent de tous côtés sont sensiblement égales; elles sont dans une sorte d’équilibre; bien que plastiques, elles ne peuvent se déplacer; au contraire, à la profondeur de 16 km, alors qu’elles ne sont qu’à une température de 500 degrés, par suite de la pression relativement faible qu’elles supportent du côté de la surface, elles peuvent subir l’action des poussées internes et se déplacer avec production de cassures, de déchirures, donnant naissance aux vibrations caractéristiques des tremblements de terre.
- M. Bochet dit que M. J. Rey vient de montrer que les résultats sont' indépendants de la loi de variation de densité. Néanmoins, il est intéressant d’être fixés sur cette loi de densité : les divers auteurs qui ont présenté des lois ont apporté à leur appui des justifications fort sérieuses. Il y a entre autres un mode de vérification qui a été appliqué il y a une vingtaine d’années, par M. le colonel de Ligondès, méthode très séduisante, et qui l’a amené à vérifier l’exactitude de la loi de Roche. Ce procédé repose sur cette hypothèse assez justifiée que, le globe s’étant solidifié à un moment donné, mais non pas totalement, ses conditions d’équilibre sont telles, que si l’on tient compte naturellement des mouvements de la terre, et des conditions d’équilibre dans l’espace, en fonction de îla loi de Roche, on peut calculer très facilement la forme de la terre : la comparaison entre les résultats obtenus par ce calcul et la connaissance que l’on a de cette forme permet un rapprochement et un contrôle. Or, Fétude du colonel de Ligondès a fait ressortir précisément l’identité de la forme ainsi calculée et de la forme observée.
- M. le Président remercie M. Jean Rey d’avoir attiré l’attention de lalt Société sur ces questions, qui ne sont pas souvent traitées devant elle. En nous faisant pénétrer dans ces profondeurs, M. Jean Rey nous a, non pas- ouvert des horizons nouveaux,, mais fait entrevoir des points de vue attachants et qui portent à réfléchir, comme l’a fait M. Jean Rey lui-même. ,
- M. L. Lebrec a la parole pour sa communication sur l’Étude générale de la flexion dans les poutres de ciment armé (1).
- M. Lebrec s’est proposé d’établir une méthode graphique sur les
- (1) Voir sous le même titre, le mémoire de M. Lebrec au Bulletin' de ce mois.
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- mômes hypothèses et avec le même degré de précision que la méthode analytique contenue dans la circulaire ministérielle du 20 octobre 1906; il trouve, en effet, à cette dernière l’inconvénient de donner trop étroitement la solution qu’on attend d’elle, alors que l’Ingénieur a surtout besoin d’avoir une vue d’ensemble sur les solutions possibles et de ne se fixer sur l’une d’elles qu’après une discussion.
- Il rappelle que les principes qu'il mettra en jeu sont d’une portée très générale, mais il croit devoir insister tout particulièrement sur la forme la plus courante, qui consiste essentiellement en un hourdis rectangulaire comprimé, armé ou non, appuyé sur une nervure qui contient à la base les armatures tendues.
- Il se limite volontairement au calcul de résistance, ce qui lui permet de regarder tous les efforts intérieurs comme élastiques.
- Dans ces conditions, la somme algébrique des efforts intérieurs est égale, au signe près, à la force normale, finie ou nulle, qui crée la flexion.
- Mais comme ces efforts sont aussi les moments des sections par rapport à la fibre neutre, il suffit de regarder ces sections comme des forces d’un nouveau genre et de tracer leur polygone funiculaire ; la différence d’ordonnée des éléments extrêmes de ce polygone sur la fibre neutre reproduira précisément la force normale.
- Un des points essentiels de la méthode de M. Lebrec, est le choix des unités pour les échelles dans la construction du polygone ;. choix tel que deux éléments linéaires seuls varient quand un quelconque des paramètres de la section se modifie, mais que la branche curviligne (béton) reste indéformée.
- On peut remarquer aussi que l’introduction de deux échelles graduées évite de construire le polygone dynamique auxiliaire de ce funiculaire.
- Ce polygone construit, on obtient immédiatement « la fibre neutre de flexion simple » au. centre de gravité de la pièce fléchie. Une vérification géométrique très simple permet de placer la fibre neutre dans le hourdis ou dans la nervure. Dans ce dernier cas, la recherche du centre de gravité est subordonnée au tracé du prolongement de l’élément du polygone qui coïncide avec la naissance de la nervure.
- La fibre, neutre de flexion composée s’obtient à l’aide d’un polygone intégral tracé une fois pour toutes et dont il suffit de chercher l’intersection avec un polygone réduit du polygone funiculaire des sections.
- C’est dans la considération de ce polygone — ou plutôt de la courbe cubique — intégral que réside la principale économie de la méthode de M. Lebrec, car la difficulté du 3e degré est ainsi localisée dans un tracé préalable et se trouve épargnée à chaque problème qui n’appelle plus que la construction d’un segment de parabole.
- L’auteur fait donc observer que sa méthode abaisse en fait la solution générale au 2e degré, puisque la courbe intégrale est un invariant.
- Il convient de dégager un cas de flexion composée qui est toujours du premier degré ; c’est celui dans lequel la fibre neutre est rejetée hors de la section. Le centre de gravité est alors l’objet d’une construction particulièrement rapide. L’auteur propose d’appeler ce : cas spécial « pression composée ».
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- II faut noter la correspondance réciproque entre la position de la fibre neutre et la position de la charge.
- Pour la discussion, M. Lebrec distingue quatre cas rattachés par la continuité d’un déplacement du centre de pression depuis l’infini jusqu’au centre de gravité. Ces cas sont : flexion simple — flexion composée — pression composée — pression simple. Il détermine les valeurs critiques de la position du centre de pression.
- Il y a lieu enfin de déterminer les fatigues maxima du métal et du béton ; l’auteur propose à cet effet de diviser le plan en un quelconque de quatre réseaux de courbes dont chacune (dans chaque réseau) correspond à une valeur déterminée d’un des quatre rapports —, —, —, -,
- Vb Va \b
- [x étant le moment réduit, vj l’effort réduit, et va vb les fatigues maxima (du métal et du béton) : il suffit de lire sur quelle courbe tombe le point de rencontre de la fibre neutre avec la première ou la deuxième droite du polygone funiculaire suivant le cas.
- La seconde fatigue du métal découle immédiatement de la première, si on n’a fait emploi que d’un seul réseau.
- Cette méthode, dont le mécanisme est développé plus amplement au bulletin, est avant tout un moyen de vérification. Mais on peut en tirer toutes les formules de construction possibles. L’auteur prend un exemple.
- Enfin, M. Lebrec reprend dans une seconde partie toute la question par l’analyse et démontre qu’il retrouve la méthode de la circulaire comme une des trois méthodes qu’il avait été conduit à présenter graphiquement. Il présente un ordre de classement des trois méthodes, mais renvoie pour tous les détails du calcul au mémoire qui paraîtra dans le bulletin du mois.
- Adhérence (1). — La vérification de ce mode de résistance est une de celles que l’Ingénieur doit opérer avec le plus de soin et dans les conditions de sécurité les plus larges en raison de la sensibilité toute spéciale avec laquelle l’adhérence est influencée par la qualité, et le mode d’emploi des matériaux. Or, M. Lebrec démontre qu’on peut substituer au calcul d’adhérence une simple vérification portant, dans les cas pratiques, sur le rapport du diamètre de l’échantillon de ces matières à la portée de la pièce. Ce rapport doit'ètre au plus égal à une quantité X.
- X est une fonction : du mode de surcharge, de l’intensité des encastrements, du rapport des armatures dans les deux sections les plus fatiguées respectivement à la flexion et au glissement, mais strictement indépendante —: et c’est ce qui en donne tout l’intérêt — de la valeur de la surcharge.
- L’organe de butée s’impose, si la relation précédente n’est pas satisfaite, comme un appoint de. sécurité essentiel, mais il faut considérer cette butée comme étant un expédient et toujours lui préférer, dès qu’il est possible, l’attache par adhérence, c’est-à-dire une valeur de X suffisamment faible.
- (1) Voir sur ce sujet la communication de M. Lebrec à la Revue internationale des Méthodes d'essai (janvier 1910).
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- Il se dégage du tableau des calculs qu’on trouvera au mémoire que X n’atteint dans aucun cas 0,005.
- M. le Président dit que ceux qui ne sont pas familiarisés avec l’emploi du ciment armé ont été frappés de voir appliquer des méthodes de calcul aussi précises à des matériaux aussi complexes. Il remercie donc M. Lebret d’avoir exposé des méthodes de calcul qui semblent devoir mener à des résultats certains.
- Il est donné lecture, en première présentation, des demandes d’admission de MM. E. Bardin, Ch. Baudart, F. Bonnasseau, P. Bouillod, Ii.-T. Burls, M. Gherville, A. Destombes, A. Evette, R. Furet, A. Ha-nicotte, A. Héritier, E. Lafont, L. Lanave, H. Moineau, J. Monniot, II. Roussel, comme Membres Sociétaires Titulaires; de
- MM. R. Valois et R. Pinget, comme Sociétaires Assistants et‘de :
- MM. R. Claude et M. Debelmas, comme Membres Associés.
- MM. J. Delmas, J. Godfernaux et R. Le Blanc sont admis comme Membres Sociétaires Titulaires, et :
- M. J. Bégougne de Juniac, comme Membre Sociétaire Assistant.
- La séance est levée à 11 heures un quart.
- L’un des Secrétaires techniques,
- F. Taupiat de Saint-Symeux.
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- NOTE SUR UNE RÉCENTE ENTREPRISE
- DRAGAGES AURIFÈRES
- EN
- GUYANE FRANÇAISE
- PAR
- Leon DELVAUX
- Dans une communication antérieure (Bulletin de février 1908)' nous avons défini les conditions particulières que doit remplir l’industrie relativement récente du dragage des terres aurifères, les difficultés à vaincre et les dispositions caractéristiques des appareils employés dans les divers districts miniers. Nous avons exposé quel était alors le développement de cette industrie dans les différents pays, et décrit avec quelques détails les difficultés particulières à la Guyane et les essais qui y avaient été tentés.. Nous nous proposons, dans la présente note, de rendre compte de l’installation d’une nouvelle drague, que, en collaboration avec notre Collègue M. L. C. de la Marlière, nous avons étudiée et montée en Guyane française pour la Société « Syndicat Mana »-et des résultats industriels que cette drague a donnés.
- Emplacement et prospection.
- Cette drague a été installée sur la crique Roches, affluent dm « Lézard », dans le bassin de la Mana. Cette crique, qui prend sa source dans la région très aurifère du « Placer Enfin », présente, à l’endroit où la drague a été montée, une largeur d’environ 10 m; elle est assez sinueuse, comme toutes les rivières de la Guyane, mais sa vallée est particulièrement étroite et encaissée, la largeur de la partie plane du fond de vallée variant de 30 m< à 100 m.
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- La prospection à été faite au moyen de puits boisés, selon la méthode que nous avons décrite dans notre communication précédente (Bulletin de février 1908, p. 222). Ces puits étaient distants entre eux d’une cinquantaine de mètres et pratiqués alternativement sur l’une et l’autre rives de la crique.
- La constitution stratigraphique du terrain ne diffère pas beaucoup de celle des autres vallées que nous avions eu précédemment l’occasion d’étudier en Guyane. Sur le bed-rock, constitué par une glaise compacte provenant de la décomposition en place de la diorite sous-jacente, repose [un lit de graviers, agglutinés par un mélange de sables et d’argile. C’est ce lit de graviers, que les Guyanais appellent la « couche », qui contient la presque totalité de l’or. Cependant, la glaise qui constitue le bed-rock est fréquemment aurifère à sa partie supérieure sur plusieurs centimètres,, particulièrement lorsqu’elle est friable.
- Au-dessus de la couche, dont l’épaisseur varie depuis quelques centimètres jusqu’à 1 m et plus, et dont la richesse est souvent en raison inverse de l'épaisseur, on trouve par endroits une couche de sables fins, parfois aurifères, notamment dans le lit de la crique, mais le plus généralement stériles. En d’autres points, la couche est directement surmontée de ce que l’on nomme en Guyane le « déblai », terre ocreuse, souvent très collante et toujours stérile, dont l’épaisseur atteint fréquemment 4 m.
- L’exploitation actuelle nous a permis de constater un fait que la prospection qous avait déjà fait pressentir : c’est que la répartition de l’or est loin d’être régulière dans une même section transversale. On constate à peu près partout la présence d’une veine riche, d’une largeur variant de 4 à 15 m, parfois sur un des côtés de la vallée, mais plus généralement au voisinage de la crique même. Puis la teneur diminue de part et d’autre de cette veine, et les côtés sont souvent stériles.
- L’or, en particules beaucoup plus grosses que dans les gisements californiens par exemple, est cependant relativement fin, si on le compare à celui que l’on recueille dans les placers guya-nais exploités au sluice. Les particules d’or présentent des traces manifestes de transport et d’attrition, et, comme d’autre part, les versants des collines adjacentes à la crique ne présentent pas de caractères de minéralisation, nous croyons pouvoir attribuer l’origine de l’or déposé dans le lit de la rivière aux gisements du Placer Enfin, situés à une vingtaine de kilomètres en amont. Toutefois l’entraînement ne s’est pas produit sous forme d’or libre, car les
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- particules de métal, en raison de leur densité, se seraient classées tout près du gisement dont elles proviennent, à la faveur des roches et des bois qui constituent dans le cours d’eau autant de rifïles naturels; et elles n’auraient pas pu être entraînées aussi loin. A notre avis, ce sont les quartz aurifères qui ont été entraînés et roulés par les eaux, et, par l’incessant frottement auquel ils étaient soumis, ont déposé tout le long de la rivière les particules d’or. Cette hypothèse explique que la teneur, sans être uniforme, soit cependant plus continue que dans d’autres criques que nous avons étudiées, et où l’or, anguleux et peu roulé, était manifestement encore très proche des gisements desquels il avait été libéré.
- Montage et lancement.
- Le peu de largeur de la vallée ne nous laissait guère de latitude pour le choix de l’emplacement où devaient se faire la construction et le lancement de la coque.
- La crique ne présentant qu’une largeur moyenne d’une dizaine de mètres, égale à celle de la coque, il fallait, de toute nécessité, creuser un bassin artificiel d’environ 30 m X 30 m où l’on pût maintenir une profondeur d’eau de 1,50 m à 2 m.
- Les travaux en Guyane furent commencés en août 1909.
- Après quelques sondages préliminaires, destinés à déceler la présence éventuelle de roches qui auraient rendu le travail beaucoup plus dispendieux, l’emplacement fut judicieusement choisi par M. de la Marlière, sur une zone sableuse que les ouvriers purent attaquer rapidement à la pioche et à la pelle. Entre le bassin de lancement et la crique, on réserva une banquette d’environ 5 m de largeur, destinée à défendre le bassin contre les crues et à éviter qu’une fois rempli, il ne se déversât dans la crique placée en contrebas. En effet, afin de réduire autant que possible la dépense et la durée du travail, le bassin ne fut creusé que jusqu’à la profondeur strictement nécessaire pour que la drague puisse y flotter aisément. Le bassin fut alors rempli au moyen d’un pulsomètre alimenté par une petite chaudière verticale et cette installation, après le remplissage du bassin, fut maintenue en marche quelques heures chaque jour pour compenser les pertes par infiltration. Précédemment, pendant que l’on excavait le bassin, ce pulsomètre avait été employé inver-
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- sement pour assécher la fosse et faciliter ainsi le travail des ouvriers.
- La coque, dont le rivetage avait été terminé quelques jours avant l’achèvement du bassin, fut lancée le 27 novembre 1909, le montage de la superstructure fut commencé de suite, et les machines furent mises en place à la fin de janvier 1910.
- Vers le milieu de février, tandis que l’on procédait aux essais, un barrage fut construit en travers de la crique de façon à en remonter le niveau jusqu’à atteindre celui du bassin de lancement. Cette opération était assez délicate : il fallait opérer très rapidement afin de se soustraire, dans la mesure du possible, aux dégâts qu’une crue subite, probable en cette saison, pouvait causer; le barrage, tout en étant d’une construction aussi économique que possible, en raison de son caractère provisoire, devait cependant résister à une charge d’eau d’environ 3 m sur une largeur de plus de 10 m; enfin, il fallait éviter que pendant la construction du barrage, l’eau ne vînt à passer par-dessus, ce qui aurait affouillé les encastrements des poutres et détruit tout l’ouvrage.
- Voici la disposition que nous avons adoptée (fig. 4) : une dérivation, présentant une largeur de 2,50 m fut ouverte latéralement pour offrir à la rivière un passage suffisant, et éviter ainsi que la crique, lors de la construction du barrage, ne montât plus vite que l’ouvrage lui-même et ne le submergeât. Le barrage fut constitué par deux files de lambourdes en bois brut, épaulées à chaque extrémité dans les berges. Sur chacune des files s’appuyèrent des tôles ondulées placées verticalement, assujetties à coups de masse dans le lit de la crique, et l’intervalle entre les deux parois ainsi formées, soit environ 4 m, fut rempli de terre qui avait été accumulée au préalable sur les berges, et que l’on damait en place au fur et à mesure. Les lambourdes avaient pu être placées quelques jours d’avance : la pose des tôles et l’exécution des coffrages furent faites en 36 heures. La rivière, dont le niveau avait monté de 2 m environ, s’écoulait dès lors par la dérivation.
- Il nous fut alors facile, en barrant cette dérivation avec quelques feuilles de tôle ondulée, appuyées sur des traverses en bois brut, et renforcées par un massif de terre, de regagner le reste de la différence de niveau entre la rivière et le bassin, et d’ouvrir la communication directe entre eux, à travers la banquette de terre ferme. Et dès que la drague eut excavé cette banquette, Bull. 4
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- lr.e Phase
- R assm
- Lancement
- Pulsométre
- Roches
- Rivière
- Coupe AB
- Phase
- Coupe AB
- Fig,l. Lancement et mise enroule de la drague
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- elle se trouva dans une large pièce d’eau où elle pouvait évoluer facilement. Onze mois s’étaient écoulés depuis que la drague avait été commandée au constructeur et six mois depuis le début des travaux en Guyane.
- Description de la drague (fig. 2) et (PL l).
- La drague « Mana n° 1 » a été construite par MM. Lobnitz and C°, de Renfrew (Écosse). La coque, en tôle d’acier, présente les di-
- mensions suivantes :
- Longueur............... 24 m
- Largeur ............. 10 m
- •Creux .................... 1,75 m
- Tirant d’eau en ordre de marche. . . 1,30 m
- La chaîne à godets est du type à connexion alternée (godets et maillons). Les godets ont une capacité de 100 1 et sont entiè-
- Pig.2. Drague "Mana N°l”en service au Placer Omon (GuyeFse)
- rement en tôle d’acier. L’élinde est établie de façon à permettre une profondeur de dragage maximum de 5,40 m.
- La chaudière est du type Babcock et Wilcox, marin, de 89 m2 de surface de chauffe, avec un réchauffeur indépendant pour l’eau d’alimentation. La machine principale, qui fonctionne à condensation, est du type horizontal compound, à 2 cylindres,
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- et commande : 1° la chaîne à godets, au moyen d’une courroie Titan de 300 mm et de deux arbres intermédiaires dont l’un porte un embrayage à friction; 2° le cribleur au moyen d’une courroie Titan de 150 mm; 3° la pompe à air et la pompe alimentaire par des excentriques calés sur le premier arbre intermédiaire de la transmission du tourteau.
- . L’eau est fournie par une pompe centrifuge du type de 12 pouces (300 mm), attelée en bout par un accouplement élastique avec une machine à vapeur verticale, compound, à deux cylindres et graissage forcé sous pression. Ce groupe (pompe et machine) provient des ateliers Belliss et Morcom, de Birmingham, ainsi que le groupe électrogène, composé d’un moteur vertical à un cylindre, à graissage sous pression et d’une dynamo à quatre pôles de 3 kw à accouplement direct. L’emploi des machines à graissage forcé, qui sont assez coûteuses d’achat, offre, par contre, l’avantage du graissage automatique, indépendant des négligences du personnel : c’est une sécurité appréciable en raison du manque de soin et d’expérience du personnel que nous employons.
- Le treuil est du type courant de Lobnitz and G0, avec quelques modifications que nous avons apportées aux embrayages pour assurer une plus grande rapidité de manœuvre.
- Dans les dragues que nous avions précédemment employées en Guyane, nous avions souvent constaté que dans des déblais collants, les godets se vidaient peu ou point à leur passage au tourteau supérieur et redescendaient à peu près pleins. La capacité de production se trouvait ainsi réduite dans une proportion considérable ; l’amélioration de la forme et du profil des godets ne suffit pas à supprimer ce grave inconvénient. Nous avons établi, pour assurer le vidage des godets, un dispositif débourreur spécial, composé d’une pelle en acier avec ressort, montée sur un cadre oscillant. Cette pelle s’arrête automatiquement en position pour décoller du godet la matière qu’il contient et la force nécessaire est entièrement empruntée au mouvement même de la chaîne à godets. L’ouvrier stationné en permanence près de l’appareil n’a qu'à en surveiller le fonctionnement et à aider au retour en position de la pelle. Ce dispositif, très simple et très robuste, a fonctionné depuis le début et donné d’excellents résultats ; dans certains déblais, il augmentait la capacité de dragage de plus de 50 0/0.
- La matière déversée par les godets tombe dans un cribleur-
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- propulseur à secousses, d’un modèle nouveau, qui constitue une des particularités caractéristiques de cette drague> Le mécanisme de commande de ce cribleur (système Marcus) consiste en un arbre coudé qui entraîne le cribleur par l’intermédiaire d’une bielle; mais cet arbre coudé est lui-même entraîné par l’arbre de transmission par l’intermédiaire de deux manivelles excentrées, de telle sorte que le mouvement du cribleur n’est pas uniforme : il est accéléré dans la course vers l’arrière et retardé dans la course vers l’avant. Aussi ce cribleur agit-il en même temps comme transporteur, éliminant par l’arrière de la drague, les roches et les gros graviers. Gomme cribleur, j’ai trouvé cet appareil supérieur au trommel, sur lequel il présente l’avantage de répartir la matière sur une surface utile plus grande et de faciliter le remplacement des tôles perforées après usure. La matière en cours de criblage est bien à la vue ; les engorgements, plus rares, sont aussi plus faciles à dégager. Gomme transporteur, l’appareil rend inutile l’emploi onéreux de l’élévateur, cause de nombreux arrêts et de fréquentes réparations. L’entretien du mécanisme de ce cribleur-transporteur était, au début, assez onéreux ; nous lui avons, avec le concours des constructeurs, apporté divers perfectionnements qui ont supprimé cet inconvénient. Le cribleur est divisé en sections munies respectivement de tôles aux perforations de 6, 8, 10 et 12 mm. Une conduite perforée, de 250 mm dont les trous sont répartis en éventail,-court au-dessus [du cribleur et assure l’irrigation et le brassage de la matière,
- .Les tables de récupération sont au nombre de cinq de chaque côté, chaicune d’elles comportant trois échelons. Elles sont munies de rifïles mobiles en bois, maintenus avec des coins en bois, et rendus étanches au moyen de glaise ; à intervalles réguliers, — toutes les deux heures environ, — du mercure est répandu en fines gouttelettes en avant de chaque rifile. L’emploi de ce dispositif, très simple, dont le principe est le résultat de l’expérience locale dans l’exploitation au sluice, présente l’avantagé de se prêter à une levée particulièrement rapide de la production. Or, en raison des hautes teneurs et de la présence de l’argile, l’expérience nous a montré la nécessité de procéder fréquemment à ces levées de production — en moyenne tous les deux jours; — et la réduction de la perte de temps causée par cette opération offre ainsi un intérêt particulier. Pour réduire encore cette perte de temps, nous avons disposé dans le fond de chacun
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- des deux canaux d’évacuation une ouverture, qu’une plaque-tampon obture pendant la marche. Lors de la levée de production, cette ouverture permet d’envoyer tous les concentrés dans un bac : on peut ainsi remettre de suite la drague en marche, tandis que le chef laveur, assisté d’un aide, reprend ces concentrés dans le bac pour les laver dans un petit long-tom.
- La concentration de l’or dans les couches inférieures de l’al-luvion nous a amenés à draguer le terrain en deux passes successives. La première n’enlève que du déblai stérile, qui est évacué par le cribleur, en donnant le minimum d’eau nécessaire à la translation de la matière. La deuxième passe, pour laquelle les rififles sont mis en place, s’attaque à la partie payante, avec le surplus stérile qui a été laissé au-dessus par sécurité lors de la première opération.
- La drague opère par avancements successifs variant de 6 à 10 m, selon que l’abondance du déblai rejeté à l’arrière le permet. Un avancement exagéré expose à des difficultés dans l’évolution et le papillonnage de la drague, lorsque celle-ci doit revenir en arrière, le déblai fini, pour commencer i’exploitation de la zone payante.
- La crique Roches coulant au milieu de l’épaisse forêt tropicale, les berges sont garnies de nombreux arbres qu’il faut abattre d’avance et qui laissent des souches et des troncs dont il faut se débarrasser lors du dragage. La drague porte dans ce but à l’avant une solide potence, munie d’un puissant mouflage commandé par un des tambours du treuil : on enlève ainsi facilement des souches pesant plusieurs tonnes : au moyen d’un câble de retour bouclé sur un tronc en place, ces souches sont entraînées soit sur le côté, soit en arrière du bassin.
- Fonctionnement et Résultats.
- La drague marche continuellement de jour et de nuit : l’arrêt hebdomadaire a lieu le dimanche, à six heures du matin ; la reprise, le lundi à la même heure. La drague est desservie par trois équipes, chacune d’elles travaillant huit heures. Chaque équipe comprend: un treuilliste-chef de manœuvre, un machiniste-graisseur, un chauffeur, un chef-laveur, et quatre manœuvres employés au déblaiement des bois et de la brousse en avant de la drague, ou aux manœuvres de câbles, ou, pendant le lavage, au dégorgement des tables et à l’entretien des
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- riflles, La consommation en bois de chauffage est, par vingt-quatre heures, d’environ douze tâches ou cordes d’un stère et demi chacune.
- La capacité de dragage, d’après le cube effectivement mesuré pendant les premiers mois de l’exploitation ressort à environ 12 000 m3 par mois. La différence entre ce rendement pratique et la capacité théorique s’explique par le temps passé aux manœuvres de câbles et de bois, aux levées de production, à l’entretien et d’autre part, par l’impossibilité de draguer à pleins godets dans la couche payante, sous peine d’avoir un lavage défectueux, et, comme conséquence des pertes d’or.
- Le prix de revient ressort à environ 1,50 f par mètre cube dragué: il est influencé par le coût de la main-d’œuvre, chère en Guyane bien qu’elle soit médiocre, et par les frais généraux relativement élevés en raison du climat et de la distance. Il serait susceptible d’une diminution notable par l’adj onction d’une ou plusieurs autres dragues.
- Depuis sa mise en marche (fin'février 1909), la drague a donné les productions suivantes :
- Mars 1910 11102 grammes
- Avril 8 697 —
- Mai 20 700 —
- Juin. .... 15 010 —
- Juillet. ......... 9180 —
- Août 7 507 —
- Septembre 14836 —
- Octobre . . 15 700 —
- Novembre 15400 —
- Décembre (arrêt pour les fêtes). . 10 300 —
- Au TOTAL , 129 032 grammes
- soit une moyenne mensuelle de 13 kilogrammes environ.
- Conclusion.
- j?
- La Guyane présente, en ce qui concerne le dragage des allu-vions aurifères des conditions très différentes de celles qui caractérisent la Californie, la Nouvelle-Zélande et la plupart des autres pays où cette industrie est organisée. On peut résumer la situation de la Guyane à ce point de vue en disant que d’une part, la teneur y est très élevée, de l’autre l’exploitation très
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- coûteuse : en cela, elle se rapproche de l’Alaska, où les difficultés, quoique très différentes, sont tout aussi grandes, et les gisements également riches.
- Les principales difficultés qu’une entreprise de dragage aurifère rencontre en Guyane sont : des transports longs, précaires et onéreux, l’absence d’ouvriers spécialisés dans les applications mécaniques, la rigueur du climat, le coût de la main-d’œuvre, l’éloignement considérable de toute usine ou de tout centre industriel, la présence, dans l’alluvion, de grosses souches, de troncs énormes et parfois de roches, l’existence au-dessus de la couche aurifère, d’une partie stérile notamment plus épaisse que la couche elle-même et fréquemment collante, enfin la nature souvent argileuse aussi bien du dépôt aurifère que du stérile qui le recouvre. Aussi n’est-il pas surprenant que notre prix de revient atteigne 1,50 f par mètre cube, tandis qu’il varie de 0,25 f à 0,50 f dans des contrées mieux situées et mieux outillées: Californie, Nouvelle-Zélande, etc.
- Par contre, nos teneurs sont très supérieures à celles de ces régions, comme le prouve notre rendement pratique de plus d’un gramme par mètre cube pendant toute la période déjà écoulée.
- Les conditions très particulières du dragage en Guyane nous ont conduits, M. de la Marlière et moi-même, à établir une drague très différente dans ses dispositions du type que l’expérience a consacré en Nouvelle-Zélande, et de celui qui est maintenant largement employé en Californie. Les productions obtenues depuis sa mise en marche par la drague « Mana n° 1 » prouvent qu’elle est bien adaptée aux exigences de l’exploitation à laquelle elle était destinée.
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- ÉTUDE GÉNÉRALE
- DE
- LA FLEXION DANS LES PIÈCES
- DE
- CIMENT ARMÉ w
- PAR
- M. Léon LEBREC
- Une section travaille à la flexion quand elle résiste à un couple extérieur; flexion simple ou composée, suivant que ce couple est accompagné ou non d’une force normale. Si ce couple a une composante suivant une direction du plan de flexion, le problème se complique d’une torsion.
- Nous réservons pour une étude ultérieure les cas qui contiennent des torsions; nous avons ici en vue ceux qui se rattachent à des flexions composées de traction ou de compression ou à des pressions composées (**) et, comme cas particulier, aux flexions et pressions simples.
- Cette étude embrasse donc la presque généralité des cas pratiques.
- On convient généralement de n’envisager que des efforts élastiques, d’abord parce que, dans les limites de fatigue admises, béton et métal suivent, le premier pour sa compression, assez sensiblement la loi de Hookes, et enfin parce que les efforts qui se développent dans le béton tendu n’offrent, au-delà d’une faible valeur, qu’une sécurité insuffisante.
- Cette manière de voir, très juste quand il est question de résistance, n’est plus défendable s’il s’agit de déformations; or, nous ne traitons ici que le problème de résistanpe, laissant là encore à une étude ultérieure le soin de traiter la question générale des déformations et de l’hyperstatisme.
- (*) Voir procès-verbal de la séance du 20 janvier 1911, page 32. f**) Voir plus loin le sens précis que nous donnons à ces expressions « flexion composée de traction, flexion composée de compression, pression composée ».
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- Au point de vue des hypothèses nécessaires, nous considérons comme acquises les lois de Hookes et de Navier (proportionnalité des forces aux déformations, conservation des sections-planes). Nous nous empressons d'ajouter que cette reconnaissance est purement provisoire et nous est inspirée dans un but de simplification ; nous verrons plus tard quels effets peuvent avoir des hypothèses plus larges sur le mode de déformation de la matière. *
- Nous supposons une section rectangulaire de hauteur h, de largeur bl (sur l’arête comprimée et sur une épaisseur Cj) et bt dans l’épaisseur complémentaire c2 (c2 = h — c4).
- Les armatures se divisent en deux groupes : l’un comprimé de section Ac, l’autre tendu de section At, ayant respectivement leurs centres de gravité aux extrémités supérieures et inférieures de la hauteur h. h est souvent appelé hauteur utile par opposition avec la hauteur totale.
- Un des points les plus importants de notre méthode consiste-dans le choix spécial des unités, qui sont :
- Pour les longueurs, la hauteur h ;
- Pour les surfaces, la surface bth;
- Pour les réactions moléculaires par unité de surface de section, celle qui correspond à la rotation relative de la section.
- Si on appelle s la distance d’une section à un point fixe quelconque de l’axe de la pièce, comptée suivant cet axe, ds la distance de deux sections infiniment voisines à l’état de repos, diû la variation de leur angle mutuel après l’application descharges ; l’unité d’effort est :
- Ceci posé, nous remarquons que les efforts moléculaires croissent linéairement avec leur distance à l'axe neutre. Cet axe est la ligne qui sépare les efforts de tension des efforts de compression.
- Cet axe jouit des propriétés suivantes :
- 1° Par définition : tous les efforts de tension sont d’un côté,. tous les efforts de compression de l’autre ;
- (*) E désignant le coefficient d’élasticité, Ei, pour le téton, E„ pour le métal avec la» JE«
- notation m pour le rapport — .
- hb
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- 2® Par voie de conséquence : si on affecte d’un signe la distance à cet axe de tout effort élémentaire, comme cet effort,, à un facteur constant près, est le produit de la surface de l’élément par la distance de l’axe, l’axe contient, si la flexion est simple, le centre de gravité de la section ;
- 3° La distance a de la force normale N à l’axe mesure la. valeur du couple par son produit par la force :
- aN.
- Si a = 0, nous avons compression simple ;
- Si a = o=, nous avons flexion simple.
- La flexion composée correspond à toute valeur intermédiaire de a. Nous verrons plus loin (page 67) quelles catégories nous serons conduit à distinguer dans la flexion composée, suivant la valeur d’un autre paramètre, de mesure immédiate.
- Les valeurs des efforts sont (après intégration) :
- Béton (comprimé) :
- Armatures (comprimé)
- Armatures (tendues) :
- Nous désignerons par
- les pourcentages.
- La seconde propriété de Vaæe neutre signifie donc que l’axe est
- le centre de gravité des sections > wi<pc, m<pt, où qu’il contient un point de la résultante de ces mêmes quantités regardées comme des forces.
- Nous avons donc à tracer les polygones dynamique et funiculaire de ces forces ; nous obtenons, en prenant h comme distance polaire, c’est-à-dire l’unité, les figures 1 et 2. Soit, le polygone dynamique At, A2, A, A3, B, 1e polygone funiculaire B', A', B, A".
- BA" est une parabole (P), si on suppose la pièce rectangulaire de largeur uniforme, mais si cette largeur ne règne que sur une épaisseur ei pour tomber, au delà, à une valeur la parabole P
- jfGHi)
- A A
- çpc, 91 les quantités — , qui sont
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- aura toutes ses ordonnées, par rapport à sa tangente au point de
- changement G, réduites dans le rapport ce qui la transformai
- mera en une parabole P' plus tendue que P si b2 < b{, comme c’est le cas généralement (fig. 2).
- Nous remarquons que la figure 1 est un intermédiaire inutile si nous nous rappelons que :
- AA' = AA2 = rn<pc,
- BB' = AtAa = m<pt,
- et que la parabole P (de laquelle on peut tirer directement P') a pour équation Y — = 0.
- Il nous suffit de tracer à l’échelle m deux graduations sur lesquelles on lira les pourcentages <pt suivant BB' et ?c suivant AA' ; l’intersection de A'B' avec P ou P', suivant les cas, donnera le point G de l’axe neutre. Nous avons (PL 2) l’épure qui contient
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- la parabole et les deux échelles, avec laquelle nous pouvons déterminer l’axe neutreG de toute section courante moyennant le tracé d’une seule droite (A/B').
- La parabole est, en effet, un invariant : ne dépendant ni des dimensions de la section, ni de la valeur des forces extérieures, ni des pourcentages de métal ; on la tracera une fois pour toutes et elle servira pour tous les problèmes.
- Nous ferons ici remarquer que nous pourrions, par des considérations géométriques très simples, discuter l’effet d’une modification quelconque des pourcentages ou de la valeur de m, prise dans l’exemple de la figure 7 égale à 10 (*), ou résoudre les combinaisons de pourcentage déterminant une fibre neutre préalablement donnée.
- Ayant déterminé, pour un cas quelconque, le centre de gravité, nous distinguerons maintenant suivant que la flexion est simple ou composée.
- A. Flexion simple. — La fibre neutre coïncide avec l’axe de gravité.
- Les deux résultantes des réactions moléculaires de tension et compression sont arithmétiquement égales, et ont pour valeur le quotient du moment de flexion par leur distance mutuelle, bras de levier du couple antagoniste qu’elles constituent.
- Ayant le bras de levier, il nous sera aisé d’avoir les fatigues par la première méthode indiquée plus loin au chapitre de leur recherche ; mais nous ne rappelons cette méthode que pour mémoire. Elle n’a en effet d’intérêt qu’en l’absence de notre abaque. Sinon, les deuxième et troisième méthodes sont supérieures à la première et doivent lui être préférées.
- Nous nous proposons donc de chercher le bras de levier.
- Or, le point d’application de la résultante des tensions est en A; quant à celle des compressions, elle est la somme des composantes, fournies l’une parle béton, l’autre par l’armature comprimée. Cette dernière s’applique en B, l’autre aux deux tiers de BG à partir de G, soit en A,.
- Mais les ordonnées du polygone funiculaire A", B, A, B', A'sont les moments des sections, regardées comme des forces, dont la ligne d’action est rencontrée par lui entre la tangente de réfé-
- (*) La valeur 10 pour m est, en effet, celle qui ressort des expériences directes à la compression. Les valeurs 20 et 15, pas plus que la variation entre 8 et 15, ne semblent correspondre à la réalité expérimentale.
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- rence et les abcisses dont on considère les ordonnées., moment pris par rapport à ces ordonnées, Ils sont aussi, d’après ce qui a été dit au début, les efforts moléculaires eux-mêmes totalisés entre les mêmes limites.
- La résultante de compression a donc pour valeur GO" et ses composantes sont :
- Béton : GG",
- Armature : G'G".
- En prenant BG comme distance polaire, nous pouvons considérer G"G'GB comme un polygone dynamique et BCD' comme
- Tïg-.S.
- A,
- un polygone funiculaire de ces deux forces composantes; D' est donc un point de la résultante et le bras de levier est AD.
- On peut pratiquement se borner à déterminer D], quitte à prendre le tiers de DJDi et à considérer comme bras de levier
- Si le béton n’est pas armé en copipression, G" coïncide avec G'.
- Si la fibre neutre tombe dans la région d’épaisseur b2 (nervure), la résultante de compression.
- GG" = GG" + G'G" — G'G".
- Traçons les lignes d’action AjA2 des deux forces positive et
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- — 63.—
- négative dont le siège est le béton. Le point D' de la résultante s’obtient par la considération des polygones dynamiques B, G, >G', G'", G" et funiculaire BE, FD'
- Le bras de levier est AD (fig. A).
- B. Flexion composée. — Le centre de gravité s’obtient par la méthode précédemment exposée, mais qui ne donne plus cette fois en même temps la fibre neutre.
- Le couple est, en effet, ici constitué nécessairement par une force finie N située à une distance a finie du centre de gravité; portée à l’échelle des forces, N doit être la distance F'F-i qui sépare sur l’ordonnée de la fibre neutre, la trace des éléments extrêmes du polygone funiculaire A"BA'B'.
- La force normale, qui est le premier terme du moment, peut être une compression ou une traction. Mais pour reproduire une distribution semblable des réactions moléculaires, la force ne doit pas être du même côté de l’arête tendue suivant son signe. Si la compression qui tend (A) est à sa gauche (fig. 5), la traction qui produit le même effet est à droite.
- De même la fibre neutre est du même côté que la force par rapport au point (G).
- ; En égalant les moments par rapport à la fibre neutre qui est à trouver (deuxième équation d’équilibre), il vient :
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- — 64 —
- |n . c = Surf.(BF'FiA')
- = s(bf'f;af;) = s(bfaf;) — s^ff^a),
- |Nc + S^F'FiA) = S(BF'AF2)
- = S(BFA) + S(BF;A),
- avec la convention St — + S si N est une compression, i=: — S — traction.
- S(FT1A) = Ncj,
- S(BF;.4) =
- S(BF'A) = f'\Mdx + f (FF'A),
- d’où N(c + Xct) =% [ 2/(p)dx + (FF'A) -|- m©cc2,
- avec À = H- 1 (compression), a = — 1 (traction).
- Dans les deux cas, c + Xct = d, distance de la force à l’arête tendue.
- Quant à N, il a pour valeur :
- \{yP — 2/a'b') \
- mais, comme la relation ne contient que N . d, c’est-à-dire :
- i
- Hy* — y^d,,
- ou X%P — yx,v),
- on peut poser que d est >> 0 ou << 0, suivant que N est une compression ou une traction, et si on pose :
- Q = ^/‘‘y.dx + S(FF'A)],
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- — 65 —
- la relation est générale et s’écrit :
- IN (1 M -f" 1)1 'Ïrf-C) ( ' ) •
- Si on a tracé la courbe y — ü et qu’on la réfère à l’axe BA', les nouvelles ordonnées ont pour valeur ü -j- m<?cc2. Il suffit de tracer, en se référant à ce même axe, la parabole (P")y = Ndy
- l’axe neutre passe à la rencontre F4 (flexion composée de compression) ou F3 (flexion composée de traction) de P" (qu’on tracera a propos de chaque problème) et de y = ü, qu’on aura tracé une fois pour toutes.
- G. Pression composée (tout le béton est comprimé).— Si, dans le cas d’une flexion composée de compression, le point F* était rejeté hors de la section, par suite d’une valeur suffisamment faible de d, il suffirait de substituer aux courbes ü et P' leurs tangentes à la sortie de la section : le problème tombe alors du troisième au premier degré (**). F2 est à la rencontre de deux droites dont l’une (Q) est fixe et l’autre (P") tourne autour de T1? projection de T' sur A'B (PL 2).
- (*) Voir, infra, la solution analytique.
- (**) Voir, infra, solution analytique.
- Bull.
- 5
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- — 66 —
- D’ailleurs N, dans ce cas, peut s’écrire :
- 1
- N = c + 9 + m?ci + m?c(^ + cj,
- Ü
- ô + cii
- d’où
- — + m^d + g H- m<?c
- (1 + m?c + ^
- ou, en tirant au contraire d :
- d =
- (ü> + Ci + + mcpc^
- (1 + mfc + m?t)ci + Q + mfc)
- Il y a correspondance, par réciprocité au signe près, entre d et Ci.
- Les premières équations supposent ci essentiellement positif, ce qui limite les cas de pression composée à ceux où d est compris
- entre d{ et d2 : d{ < C d < d2,
- avec d — 1 , - + m?c Ci = 0
- '1 , ^ ~r m<?c
- d = 1 , g -t“ m?c Ci =. CO
- 1 -f- wîf c + myt ’
- (Ci = 0, valeur qui limite la flexion composée de pression proprement dite.)
- = <=©, pression simple.)
- Le problème le plus général revient donc à chercher l’intersection de la courbe ü (du troisième degré), construite une
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- — (>7 —
- fois pour toutes avec une parabole formée par les ordonnées réduites d’une parabole (P) déjà tracé (*). Problème très simple graphiquement (PL 2).
- On connaît donc les valeurs de d pour lesquelles cl est positif ou négatif, celles pour lesquelles le problème passe de la flexion composée à ce que nous appellerons la
- *
- pression composée (ct O 0).
- On a pu voir que, dans ce dernier cas, il est particulièrement simple de déterminer graphiquement la ligne d’action de la force pour une fibre neutre donnée ou inversement (intersection de deux droites — l’une, construite une fois pour toutes (Q) avec une seconde (P) dont un point est immédiat, et dont le coefficient angulaire est connu) (PL 2).
- En résumé, il convient donc de distinguer tous les cas suivant la valeur de d, conformément au tableau ci-dessous :
- SIGNE DE LA force N VALEUR DE d (distance de N à l’arête tendue) VALEUR DE c, CORRESPONDANTE (distance de la fibre neutre à l’arête comprimée) QUALIFICATION PROPOSÉE par M. Lebrec pour chaque cas CONSTRUCTION A FAIRE sur l’abaque (planche) pour déterminer la fibre neutre
- compres- + oo (opposé à l’arête tendue) x1 [racine de l’équation 10 (solution < analytique)] « 1) ( flexion simple ' flexion composée de ‘ compression tracer une droite tracer un segment de parabole
- sion i \ d.i 1 (côte arête tendue) pression com/posêe tracer une droite
- v — > + oo [pression simple tension simple f traction composée j »
- traction ( + ) 0 o : i ( flexion composée de ) traction tracer un segment de parabole
- — oo (côté arête tendue) 4 « d flexion simple tracer une droite
- Détermination des fatigues.
- Première méthode. — Nous avons donné plus haut le moyen de déterminer le bras de levier des réactions intérieures : le même
- (*) Voir, infra, la solution analytique.
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- procédé est applicable au cas d’une flexion composée, le polygone funiculaire aurait simplement un côté de plus.
- Soit donc AD le bras de levier dans tous les cas, la fatigue maximum du métal est
- _ bh2
- Va “ AD X «p*
- et du béton Yô =
- me.
- Nous ne recommandons cette méthode que si le bras de levier est immédiat : (<pc = o) il a alors pour valeur \ —-q(*)- Sinon, il vaut mieux prendre une des méthodes suivantes :
- Deuxieme méthode. — Dans le cas de flexion composée (flexion simple exclue), la différence des ordonnées n entre la parabole (P) et la droite B'A', au droit de la fibre neutre, est, mesurée avec les unités convenues, la force N (PL %)
- v N
- Nous avons : n — —-------
- Mais, en nous rappelant la double identité :
- il vient :
- Posons
- B. „V- ,
- dw x m(\ — x)
- N ___ n ____ n
- bh ~~ x b ~~ m{ 1 — x)
- n __ 1 n _ 1
- x ~ \ ’ C1 — æ) ~ \ ’
- (*) On pourrait, dans ce cas, construire une fois pour toute la courbe y =
- *-?
- de sorte qu'ayant la libre neutre, il viendrait immédiatement :
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- — 69 —
- et traçons sur le plan les paraboles :
- x
- y* -
- V
- Ve —
- (l-æ)
- correspondant à toutes les valeurs de et de X2 et sur lesquelles seront chiffrées les valeurs de X auxquelles elles correspondent. Nous obtenons deux réseaux de paraboles (P4), (P2) ; il suffira, les ayant tracés une fois pour toutes, de lire le Xt ou le X2 de la courbe qui passe au point où la droite B'A' coupe la fibre neutre pour déduire Mb ou Ma par la relation :
- V„ = X,
- N_ bh’
- v _ , N
- Ma — m . X2. bh .
- Mais s’il n’a été tracé sur le plan qu’un seul des deux réseaux, Ma ou Mb une fois connu, l’autre s’en déduira par l’ordonnée de
- Y
- même abscisse de la courbe — tracée une fois pour toutes sur
- * b
- l’épure.
- On a, d’ailleurs :
- •V*
- x
- m(t — x) '
- Gettç méthode a l’avantage de permettre une déduction symétrique des ordonnées, par l’un ou l’autre des réseaux. Son inconvénient est d’être inapplicable à la flexion simple : aussi préférons-nous la méthode suivante, qui est de simplicité équivalente et qui offre l’avantage d’une généralité plus grande.
- Troisième méthode. — La différence des ordonnées ^ entre la courbe (Q) et la droite BA' est, mesurée avec les unités convenues, le moment M rapporté à la fibre extrême tendue (PL 2).
- Nous avons
- M
- y. =
- . bh3
- Uü)
- M_ _ bh2 ~
- P
- m( 1 — x)
- . Y..
- d’où
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- — 70 —
- Posons : — = ~ .— ------—
- ® 'm (1 — x) k-> ’
- et traçons sur le plan'les cubiques :
- cc
- correspondant à toutes les valeurs de X{ et de a2 et sur lesquelles seront chiffrées les valeurs X auxquelles elles correspondent.
- Nous obtenons deux réseaux de cubiques (P'), (P'); il suffira, les ayant tracés une fois pour toutes, de lire le >M ou le X2 de la courbe qui passe au point où B A' coupe la fibre neutre pour déduire Yh ou Y„ par la relation :
- bh2’
- M
- Mais, s’il n’a été tracé sur le plan qu'un seul des deux réseaux, on opérera pour la seconde fatigue d’une façon semblable à la deuxième méthode, dans le même cas.
- Nous avons fait abstraction, dans ce qui précède, de la faible couche de béton qui recouvre toujours les armatures comprimées. Si nous voulons en tenir compte, il nous suffira d’utiliser le prolongement à gauche de B en menant à une distance de ce point égaie à l’épaisseur en question une tangente à la parabole, et d’abaisser tous les points de A'B' de quantités égales aux ordonnées correspondantes de la tangente. (PL %).
- Complément sur la détermination des centres de gravité (pression composée). — Nous avons vu la solution du problème dans l’hypothèse d’une flexion composée, mais il s’agit de pression composée (piliers) la solution est un peu différente. Il faut encore chercher le point de rencontre des éléments extrêmes du polv-
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- 71 —
- gone funiculaire des sections; mais, comme tout le béton est intéressé à la compression, c’est la tangente en A", dont la ren-
- contre avec A'B' sera le point G; or, cette tangente T est la droite à 1/1 menée 'par* le milieu de AB : tout le problème est donc dans le tracé de A'B'.
- Formules de construction.
- La précédente méthode vise plus particulièrement la vérification des sections; mais elle contient comme cas particulier tous les problèmes de construction, c’est-à-dire ceux dans lesquels les données sont précisément les fatigues des matériaux Va, Vh.
- peut tracer immédiatement sur l’épure (PL 2) l’ordonnée (A) qui lui correspond ; l’épaisseur comprimée est le chiffre lié à son intersection (G) avec P ou P' (cas des figures 2 et 3).
- Gela fait, de deux choses l’une :
- a) On sera disposé à accepter le b . h2 le plus pauvre en arma-
- M
- tures' et alors on lira à quel ^r2 correspond l’intersection de A
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- — 72 —
- avec AB(*) { on pourra, dans ce cas, se donner b ou h et on
- déduira la seconde dimension par la formule bh‘
- b) On se sera imposé les deux dimensions b et h, ce qui reviendra à s’être fixé une valeur de À, (aJ : il faudra prendre le point d’intersection de A avec la courbe correspondant à cette valeur. Ce point sera joint à l’origine et la droite ainsi tracée coupera
- Fu,,Z
- l’échelle de ?c à la graduation, qui donnera le pourcentage comprimé à employer; cette graduation jointe à G déterminera une seconde droite dont la trace sur l’échelle de <pt donnera le pourcentage tendu.
- (*) Exemple. On a pris :
- on en déduit :
- Va — 15 kg par millimètre carré, Vo = 50 kg par centimètre carré ; c., = 0,25,
- et si b est donné :
- avec (si on se place dans le cas : a) \
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- On peut se rendre compte ainsi que les deux pourcentages augmentent simultanément en raison inverse de bh2 (exactement inverse pour ©, et à une constante près pour ©r).
- Remarque sur le degré du problème (flexion composée). — Solution analytique.
- Comme la courbe intégrale (ü) est une cubique, il semble que son intersection avec une parabole (P') donne six solutions; mais en remarquant que (Q) et (P') sont osculairices à Vin fini, le nombre des solutions finies tombe à 3 et le polynôme dont ces solutions sont racines est bien du 3e degré.
- Nous nous rendons compte que la seule racine qui convienne est celle qui est réelle, positive et inférieure à l’unité, il en est toujours au moins une (flexion composée de traction), et, dans le cas où plusieurs rempliraient ces conditions, la plus grande d’entre elles se rattache à la flexion composée de compression.
- Analysons d’ailleurs la question :
- Prenons comme axes les deux droites rectangulaires du point B.
- L’équation de la parabole (P) est :
- y - y = °- [i]
- Celle de la courbe intégrale (Q) est :
- Va = /-KG A t J ydæ = 2f |W(,-x)ï = ï-!8 • [2]
- Celles de B A' et de B'A' :
- BA' : y -f- m<fcæ = 0. [3]
- B'A' : y - - m<ft + m(<fc + <?i)æ = 0. [4]
- Celle de la parabole P' est :
- = (2/1* — y (B' A'))d + 2/ua', ' [5]
- soit : y = [ÿ + m(<pc + 9i)æ — [#]
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- 74 —
- Équation applicable à la flexion composée de traction, à condition de compter d négativement dans le sens opposé à la section, hypothèse déjà faite, d’ailleurs, page 5.
- En égalant l’ordonnée finie des équations [2] et [6], nous obtenons l’équation aux x de la fibre neutre :
- X1 X']
- U
- wî(ç,. d- — im<^[
- d — mycx, [7]
- qui devient, après ordination :
- xs + 3(d — 1). x- + 6m[(©c -j- <ft)d — <pc] . x — 6motd = 0. [8j
- Prenons comme nouvelle origine le centre de pression, c’est-à-dire le point ayant pour coordonnées dans le présent système :
- { x = c,
- I y = o.
- En posant c -- 1 — d (c est la distance du centre de pression à la face comprimée).
- Substituons dans [8] x + c à x et 1 — c à d, l’équation devient, après ordination :
- x^ -f- [— 3c2 — bmc<^c + Qmyt(tc)]x + |"— 2c3 — 6mc2 . <pc — 6m<^(te)2] =0. [9]
- Forme plus simple, puisque le terme en x2 a disparu, mais nous reconnaissons là l’équation de la circulaire, qu’en raison de l’identité des hypothèses, nous devions inévitablement retrouver.
- La forme [9] est d’emploi meilleur pour une résolution numérique, mais il vaut mieux revenir à la forme [8] pour la discussion qui suit.
- Formons les produits de substitution de (0) et de (1) à x dans la forme [8] :
- /‘(O) = — 6m<?d
- /‘(l) -f- d — ^3 +
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- a) Flexion composée de compression (d j> 0).
- Tontes les valeurs de d (essentiellement positives) font /(O) < 0 ; quant à f( 1) il n’est > 0 (c’est-à-dire il n’y a véritablement
- flexion composée) que si d > dl avec di > •
- Valeur critique déjà dégagée dans la discussion graphique et au-dessous de laquelle toute valeur de d implique une pression composée.
- b) Flexion composée de traction (d <f 0).
- Nous avons /'(O) > 0, /'( 1) < 0. Il y a toujours une solution et une seule comprise entre 0 et 1 et [la discussion précédente nous l’apprend] entre 0 et xr
- Pour d infini, son coefficient [équation 7] doit s’accumuler et cette relation est effectivement celle qui donne l’a? — xi de la flexion simple :
- [10] + m(a, -f- o)x — ma, = 0.
- Zi
- Quand d décroît à partir dedi (pression composée), la fibre neutre s’éloigne de l’arête tendue jusqu’à l’infini. Elle l’atteint d’ailleurs lorsque les tangentes de sortie des courbes Q et P' sont parallèles, flexion simple, c’est-à-dire lorsque leurs coefficients angulaires sont égaux soit par l’égalité des expressions :
- KL,=l>(‘-f)14 [Û]
- (â-X-, “ \ix + m^c + ^\d ~ m(?c [P’]
- = (1 -p myc -p m<?,) d — ma,, )
- soit pour la valeur de d égale à d2 avec :
- 1 ,
- 2+m?e
- d, = -— ---------—- (centre de gravité de flexion simple).
- 1 + m(?e + <pt) v 17
- Nouvelle valeur, elle aussi, déjà trouvée par un autre raisonnement.
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- Détermination des Fatigues.
- La méthode de la circulaire a été celle que nous avons donnée plus haut en second rang : il suffit, pour le démontrer, de rappeler que nous avons posé :
- —— = n et de développer n,
- Eb Ç-bh*
- dbi
- -ôjr H- m?+ m{x — 1)?<j
- ou en prenant le centre de pression comme centre de coordonnées :
- n
- + m<pc(a? + c) — m( 1 — x — e)ç(.
- Mais nous insistons, là encore, sur la troisième méthode par le moment de flexion, qui nous paraît plus avantageuse, même comme solution analytique pour la raison indiquée plus haut :
- x% x3 .
- \>< =-j — J +
- On en tirerait :
- avec p.
- M
- eAw
- du)
- E „£-h = ----“-----
- cUi) xA x6 ,
- ___q_
- Vf, __ Vq x ~ m( 1 —œY
- d’où va et v6.
- Remarque. — L’emploi des solutions analytiques nous paraît contre-indiqué et le graphique préférable quand le profil com-porte'des largeurs différentes, à l’arête comprimée et à la fibre neutre, car il introduit des complications dans les expressions (circulaire).
- Au contraire, il est toujours simple d’apprécier exactement et rapidement les nouvelles ordonnées de la courbe intégrale (Q)
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- ainsi que de la parabole (P) ; le mieux est d’évaluer directement la surface qui forme l’écart entre les surfaces d’intégration des cas de la section pleine et de la section nervurée et de diminuer de cette valeur l’ordonnée de l’intégrale. Quant à la détermination des fatigues, elle n’est pas autrement modifiée (PI. 2).
- Remarque sur la déformation des sections fissurées. — Nous nous permettrons sur ce sujet un seul mot, réservant de le développer, comme nous l’avons annoncé au début, dans une étude ultérieure.
- L’équation fondamentale de notre théorie est :
- M — ü -{- mçcCg,
- M étant la longueur mesurée à l’épure, soit, avec d’autres unités :
- M
- ds _ M
- du E bbh3(Q + mo.c.fj'
- Si d prend deux valeurs égales et de signes contraires, c’est-à-dire si un même moment est réalisé successivement par traction et par compression par la même force, comme dans le premier cas, le dénominateur (ü + mçcc2) est plus petit que dans le second, Y angle de déformation élémentaire est plus grand pour la flexion composée de traction que de compression.
- Adhérence (*).
- Nous terminerons par quelques considérations sur , un dernier calcul'(adhérence) auquel nous attribuons une grande importance, plus grande même,- si possible, qu’aux calculs de flexion proprement dits, car il a pour objet de vérifier l’équilibre d’un genre de résistance très inégale suivant la qualité des matériaux et leur emploi. Il convient donc : 1° de ne pas négliger d’en
- (*) Voir la communication de M. Lebrec à l’Association internationale pour l’Essai des Matériaux de construction (séance du 29 janvier 1910).
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- opérer la vérification ; 2° de s’imposer un taux de fatigue qui soit d’une très large sécurité.
- Or, nous allons démontrer que, dans la pratique actuelle des projets, la vérification en question peut s’opérer indirectement par une remarque immédiate sur l’échantillon des armatures. Le calcul de flexion fixe, en effet, la section Q de l’armature (proportionnelle au moment maximum extérieur M) alors que la stabilité au glissement implique une surface de contact déterminée par unité de longueur, autrement dit un périmètre minimum pour les armatures, et ce périmètre est proportionnel à l’effort tranchant maximum T :
- Û = M, 'F = T, d’où:|^|.
- L’intérêt de cette dernière proportion est dans ce fait que le second rapport, contenant, haut et bas, la charge au premier degré, est indépendant d’elle; étant, d’autre part, le rapport d’une fonction à sa dérivée, il contient au premier degré la variable c’est-à-dire la portée.
- Quant à il est une fonction linéaire d’une dimension transversale quelconque des armatures, par exemple de leur diamètre d; la relation peut donc s’écrire :
- 7 , d T
- d :=: l, ou - := L X a.
- 1 est un nombre qui contient évidemment un numérateur : a) le taux de fatigue admis pour le glissement (circulaire ministérielle : 4,5 à 5,6 kg) même avec le taux admis pour la tension (12 à 15 kg) (v); b) la surface de section des armatures de la section de poutre de glissement maximum mesurée avec celle des armatures de la section de flexion'maximum, comme unité (S); c) un coefficient caractéristique du système de distribution des charges et qui n’est autre que le moment maximum de flexion mesuré avec, pour unité, le produit TV (ce coefficient varie avec le degré d'encastrement).
- La seule approximation que nous nous permettrons sera dans le fait de négliger les variations de hauteur utile.
- Yoici le tableau des valeurs maximum de ^ dans d’hypothèse :
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- — 79
- s — 1 et suivant les valeurs de v et du moment d’encastrement (charge uriif oune).
- Moment d’encastrement : v = 4>5 4,5 5,6
- 1 500 1 200 1 200
- (parfait) 0,001 0,0012 0,0016
- pP 24 0,002 0,0024 0,0032
- ' pl2 40 0,0024 0,0030 ‘ 0,0038
- 0 0,0030 0,0038 0,0047
- On voit que le maximum maximorum . est de 0,005 à peine
- on doit donc dans les projets s’imposer strictement les règles suivantes :
- 1° Les armatures longitudinales constantes des poutres posées et uniformément chargées doivent avoir des diamètres au plus égaux aux
- cinq millièmes des portées;
- 2° Cette proportion diminue quand l’encastrement augmente.
- Dans le cas d’armatures partielles il suffirait de prendre pour l M
- leur longueur et pour ^ le rapport dans lequel M est la partie
- du moment, T la partie de l’effort tranchant qu’elles équilibrent.
- Si, pour des raisons pratiques, difficultés d’échantillonnage, nombre excessif de barres, le constructeur est conduit à dépasser la valeur de j qui correspond à son cas, il doit nécessairement ou prévoir des organes de butées (queues de carpes, crochets) ou mieux mais moins simple, recourir à des profils de grande adhérence (barres plates — barres crénelées spéciales) ou à toutes combinaisons de ces différentes solutions.
- Influence des appuis. — Il faut enfin se rappeler que la courbe des moments à une valeur nulle à Vextrémité de la poutre et non dès l’arête de l’appui. Par suite, la portée de poutre est le siège d’efforts de glissement sensiblement égaux à ceux pour lesquels ont été prévus, dans la portée, les étriers et les barres de faibles échantillons; il y a donc dieu de continuer sur l'appui la répartition des étriers avec une densité égale à celle qui correspond à l’effort tranchant maximum.
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- QUELQUES REMARQUES
- SUIl
- LA CONSTITUTION INTÉRIEURE
- DU
- GLOBE TERRESTREl,)
- PAR
- IVI. Jean RJSY.
- L’hypothèse de la nébuleuse, due au génie de Laplace, avec les modifications que les découvertes de la science ont permis de lui apporter dans le cours du siècle dernier, aussi bien que les résultats des sciences géologiques, confirment l’opinion que le globe terrestre a passé successivement de l’état gazeux à l’état liquide pour en arriver à l’état qu’il possède actuellement.
- Quelle est exactement la constitution intérieure de notre planète? Est-ce une.masse solide pouvant renfermer des parties liquides ou gazeuses? Ou, au contraire, est-ce une masse liquide ou fluide? On peut donner des. arguments dans les deux sens.
- Nous rappelons, à ce propos, la discussion qui a eu lieu ici même, en février 1895, à la suite de la communication de M. L. de Longraire sur les séismes (2), où des hypothèses intéressantes ont été émises par plusieurs de nos collègues.
- En se basant sur le phénomène des marées et certaines observations astronomiques, plusieurs auteurs ont prétendu démontrer l’état solide du globe.
- Si, d’autre part, on considère le phénomène général de l’accroissement de la température en profondeur, quelle que soit la valeur que l’on attribue d’ailleurs au degré géothermique, on arrive à la conclusion qu’à une profondeur relativement peu élevée, 60 à 101) km, la température doit atteindre le degré de
- (1) Voir Procès verbal de la séance du 20 janvier, 1911, p. 40.
- (2) Bulletin de novembre 1894.
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- — 81
- fusion des roches et, par suite, que ces dernières ne peuvent exister à l’état solide.
- Beaucoup d’autres observations rassemblées par la géologie, sans parler du phénomène général du volcanisme, sont de nature à faire admettre l’hypothèse de la fluidité.
- Néanmoins, il paraît difficile, dans l’état actuel de la science, de se prononcer d’une manière définitive.
- En réfléchissant à cette question, nous nous sommes demandé quel pouvait être l’état d’une masse fluide comme la terre, étant donnée la densité de ses diverses couches?
- En raisonnant au point de vue purement mécanique, nous sommes arrivés à pouvoir démontrer que les pressions subies par les parties internes de notre globe, supposées fluides, sont tellement élevées qu’elles ne permettent plus de se prononcer sur l’état de la matière soumise à des effets mécaniques d’une pareille puissance.
- Sous des pressions beaucoup moins élevées, l’expérience montre qu’à la température ordinaire, les corps solides deviennent fluides ën changeant d’état.
- Il nous parait qu’il y a là un argument fort important en faveur de l’hypothèse de la fluidité du globe, argument qui permettrait d’expliquer, non seulement l’état fluide des masses internes, mais la transformation ou même la transmutation des éléments chimiques que nous connaissons, en d’autres éléments dont nous n’avons aucune idée.
- Nous avons jugé intéressant de résumer ci-dessous les calculs qui permettent de se rendre compte des pressions à l’intérieur du globe et de la variation de la gravité.
- Loi de la densité.
- Le premier point à fixer pour étudier les pressions internes d’une masse fluide est de connaître la densité, ou masse spécifique, de chacun de ses éléments.
- En ce qui concerne notre globe, on ne peut faire, sur la loi des densités, que des hypothèses ; mais il est intéressant de comparer les résultats que peuvent donner diverses hypothèses partant de données numériques notablement différentes les unes des autres.
- On peut poser en principe que la densité ou masse spéci-
- Bull. . 6
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- — 82 —
- üque de chaque couche terrestre va en augmentant avec la profondeur.
- Pourvu que la masse ait été fluide- à un moment donné, il est facile de voir que les éléments les plus denses ont toujours cherché à se rapprocher du centre.
- En effet, si l’on suppose une couche sphérique quelconque composée d’éléments de densités très différentes-, l’attraction exercée sur chaque, élément étant proportionnelle à la masse même de cet élément, et à la masse du la sphère limitée à la couche qui la renferme, la. force centrale qui attire l’élément vers le centre sera donc proportionnelle'à sa densité.
- Les éléments les plus denses- tendront donc à s’enfoncer dans la masse fluide jusqu’à ce qu’ils aient trouvé une couche dont la densité moyenne soit égale à la leur.
- Cette loi a dû forcément s’établir à partir du moment oit la condensation de la nébuleuse, constituant le globe terrestre, a été telle que la force centrifuge développée en chaque point de a masse par la rotation, soit inférieure à» la force d’attraction même s’exerçant en ce point..
- Cette condition est réalisée depuis de longues périodes ; la force centrifuge ne peut, donc plus entrer dans le calcul pour la répartition des densités.
- En dehors de. la remarque générale que nous venons de faire, que la densité doit croître de la surface au centre de la sphère, nous ne possédons aucun critérium nous permettant de fixer la loi des: densités des matériaux qui composent le globe terrestre.
- Nous ne pouvons donc que faire des hypothèses au sujet de cette répartition. Toutefois, quelle que soit l’hypothèse choisie, elle devra satisfaire à deux conditions inéluctables : la première, que la densité à la surface soit bien la densité moyenne que nous constatons pour les matériaux qui composent la croûte terrestre ; en second lieu, que la loi de densité choisie donne une densité moyenne totale qui soit bien celle que les mesures physiques nous-- ont permis de reconnaître. Il faut, en effet, de toute évidence, que la somme des masses de chaque couche sphérique1 soit bien égale à las masse totale du globe.
- La densité moyenne à la surface est relativement facile à évaluer en partant des données de»I:a- géologie et de la pétrographie; les matériaux qui composent la croûte terrestre ont une* densité variant entre 2 et 3, la densité de l’eau étanl prise pour unité.
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- — 83 -
- En tenant compte de la répartition des.- roches et des sédiments, de l’altitude moyenne des terres émergées et de leur volume, on peut estimer que la densité moyenne par rapport à l’eau est de 2,7 pour l’ensemble de la croûte terrestre sur une épaisseur de 16 km environ. On néglige, bien, entendu, dans les calculs qui conduisent à ce chiffre, le volume des mers et l’atmosphère, dont la masse est absolument négligeable vis-à-vis de la masse totale du globe.
- Le deuxième terme auquel doit satisfaire toute loi de densité est la valeur moyenne de la densité du globe. Cette valeur moyenne, telle qu’elle résulte des dernières observations, peut être prise égale à 5,5 par rapport à l’eau choisie comme unité.
- Nous admettrons, d’autre part, que la variation de la densité soit continue avec la profondeur. 11 est à peu près certain que l’étagement des matériaux qui constituent 1e. globe terrestre doit s’être fait suivant une loi à peu près continue ; mais comme cet étagement dépend des proportions respectives des différents corps, rien ne dit que cette loi ne subit pas de grandes variations locales dont la valeur nous est absolument inconnue.
- Nous admettrons donc que la loi de densité est une loi algébrique correspondant, pour la surface, a une valeur de 2,7 et donnant, pour la masse entière du globe, la valeur correspondant à la densité moyenne de 5,5.
- Parmi les nombreuses lois algébriques que l’on peut imaginer, nous avons pris l’une des plus simples, que nous représentons par la formule suivante, soit :
- o la densité en un point du globe terrestre dont le rayon est r.
- Pour éliminer la valeur même du rayon, nous prendrons comme variable auxiliaire :
- R étant le rayon terrestre à la surface.
- La variable -x est donc le rapport du rayon en un point5 au rayon terrestre. Cette variable est donc toujours plus petite que l’unité jusqu’à la surface. Sa valeur au centre est 0.
- Nous posons, comme loi de densité, la, fonction :
- o — a — bæm, [1]
- a, b, m étant trois constantes à déterminer.
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- — 84 —
- Cette loi exponentielle conduit à un accroissement plus ou moins rapide de la densité avec la profondeur suivant la valeur des trois constantes a, b, m.
- En prenant comme unités le kilogramme, le mètre et la seconde, et en appelant g l’accélération de la pesanteur à la surface, la valeur de la densité à la surface est la suivante :
- 2700
- O — ------.
- 9
- Nous rappelons ici que o n’est pas le poids spécifique, mais la densité ou masse spécifique de l’unité de volume, c’est-à-dire du mètre cube.
- Pour satisfaire à la deuxième condition, nous posons :
- M = la masse totale de la terre de rayon R.
- Mr = la masse de la sphère de rayon r.
- On a immédiatement :
- Mr = 4itr2 X o X dr.
- Comme r = Ra?, on en déduit :
- dr = Rda?, r2dr ~ R2a?2Rdx = JEV*x2dx,
- et Mr = 4ttR3J^ %2dx X o.
- Si l’on applique cette formule à la masse totale de la terre, on trouve :
- M = 4tïR3J^ x2dx(a — bæn
- D’autre part, puisque l’on connaît la densité moyenne de la terre, la masse totale :
- M = |dR3 x W = |*R8 X
- ,, 4 ,^5 500
- ou M = ^R3-----
- 4tcR3J^ x2dx(a — bxm).
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- — 85 —
- On tire de là :
- d’où
- ou enfin :
- x2dx(a — bx'") = ^
- / x*V /, xm+3 X1
- (“3 ). ~ (''.T+bA
- 1 5 500
- g ’
- 5500
- 3 g
- a b _ 5 500 3 m -f- 3 — 3g
- [2]
- et
- 2 700 0
- [3]
- pour la surface.
- Les équations [2] et [3] permettent de déterminer a et b, si l’on se donne a priori la valeur de la constante m.
- Nous avons calculé ces constantes a et b pour un grand nombre de valeurs m. Nous nous contenterons de donner ici les valeurs de a et 6 pour trois valeurs de m :
- m = 0,5, m — 1, m = 2.
- Les voici sur le tableau ci-dessous :
- VALEUR DE m VALEUR DE a OU DENSITÉ AU CENTKE VALEUR DE b
- m = 0,5 22 300 . 19600
- a = 9 13 900 ’ b 9 , 11200
- m — 1,0 a = 9 _ 9 700 9 b _ 7 000
- m = 2,0 ü ~ 9 “ 9
- Dans ces trois hypothèses, la valeur de la densité au centre du globe varierait de 22,3 fois celle de l’eau à 9,7 fois. Cette troisième valeur est probablement trop faible, les métaux tels que l’or, le platine, sans parler des corps radioactifs, étant beaucoup plus lourds.
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-
- — 86 —
- En parlant de l’une ou l’autre des trois valeurs de m données ci-dessus, il est facile, à l’aide de la formule c = a — bx1'\ de calculer la valeur de la densité en fonction du rayon depuis le centre du globe jusqu’à la surface.
- J’ai réuni ces calculs dans le tableau suivant :
- Valeurs de la densité terrestre en fonction de la profondeur.
- m — 0,5 m = 1 m — 2
- COURBE LIGNE COURBE
- CONCAVE DROITE CONVEXE
- t, — 0 ail oonfro.. . ... „ _ 22 300 g __ 13 900 ^ 9 700 :
- °_ 9 “ 9 9
- x 0,25 au 1/4 du rayon . . ... 12500 „_11100 9 230 “ 9
- 10 “ g 0 — g
- x — 0,50 à la moitié du rayon . 8 460 8300 ^ 7 950
- °~ 9 9 g :
- x — 0,75 aux 3/4 * 5 330 8 — 9 5500 0 — g g=5_2æ ' 9
- x — 1,0 à la surface „ 2 700 0 1= 9 g_. 2 700 ° “ 9 ^ 2 700 9
- La figure 1 donne ces trois courbes en indiquant la variation de la densité avec la profondeur suivant les trois hypothèses choisies. On remarquera combien les valeurs de la densité s’écartent les unes des autres à mesure que la profondeur augmente.
- Gravité terrestre. Sa variation avec la profondeur.
- Une fois choisi la fonction hypothétique qui relie la densité terrestre à la profondeur, il est facile d’en déduire la variation de la gravité avec la profondeur.
- Soit f l’attraction terrestre sur un point de la sphère dont le rayon est r et la masse m\ Soit 7 la gravité ou accélération de la pesanteur en ce point. On a :
- f = 7m, si ni = J, masse du point égale à l’unité,
- . / = v-
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-
-
- Valeur de<S
- D’autre part :
- f = K
- M, étant la masse de la sphère jusqu’au rayon r; K la constante de l’attraction universelle.
- m
- Valeur de X
- 'Fig. 1. — -Valeurs de la densité en fonction du rayon terrestre.
- ©r, nous avons trouvé plus haut que ;
- M,. = :4tïR3 J æ2d.xo = 4-R3 x2<læ(a — bœm),
- ou
- M. = 4*R3
- 0$
- a — &— S m
- A
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-
- d’où
- d'où
- pour
- d’où
- — 88 —
- / = K X 4t:R3
- / a-3 xm+i \ ,
- ( a-Q — b----—tt )m
- 3 \ 3 m + 3/
- a?2R2
- f = K X 4t:R( a~—l 1 \ 3 m -f- 3
- m' = 1, f —
- car r2 = æ2R2
- \ 3 m -f 3/
- °5-6iT+-3>
- K, constante de l’attraction universelle, a pour valeur, avec les unités choisies, en faisant le calcul à la surface du globe terrestre :
- K-_______?8Î_
- WR X 3800’
- d’où
- 3o2 f x , xm+' 1
- T ~ 8 500 3 6 m + 3 J
- [4]
- Cette formule se vérifie en faisant x = t, car y = £/ valeur de la gravité à la surface du globe, et l’on a :
- 3g2 (a 5 500 \3
- a — 36
- 1 _ 5 500
- m -f- 3 ~ g ’
- qui n’est autre que l’équation [2],
- L’équation [4] permet de calculer la valeur de la gravité y pour différentes valeurs de x, c’est-à-dire du rayon r, à différentes profondeurs. Ce calcul s’effectue une fois les valeurs des coefficients a, 6 et m fixés, la loi de la densité étant choisie.
- En posant pour m les trois valeurs 0,5, 1 et 2 que j’ai indiquées plus haut et qui correspondent aux lois choisies pour la densité et indiquées sur la figure 1, on trouve pour l’équation [4], les valeurs numériques suivantes :
- Pour m = 0,5 :
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- /22 300 16 800 15\ nr,/|U Q AM
- Y = 9 ('55ÔÔ œ"“ ’55ôÔ"Æ / = 9 — 3,0o45æ1’-'),
- Pour m = 1,0 :
- Y = 9 (jffijfr x ~ ^2) = 9 (2,5272 x — 1,5272 x2), [6]
- Valeur de x
- Fig. 2. — Valeurs de la gravité en fonction du rayon terrestre.
- Pour m = 2,0 :
- Y = ÿ(|gÜDæ — HüÜ*3) = S(*>7636a! — 0,7636 x3). [7]
- Quelle que soit la loi choisie pour représenter la variation de la densité, on constate immédiatement que la valeur de la gravité passe par un maximum. On trouve ainsi :
- Pour m = 0,5 et x — 0,7830 y = g X 1,0583 m = 1,0 x = 0,8274 y -0X 1,0455
- m — 2,0 x = 0,8774 y = g X 1,0317
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- — 90 —
- La gravité passe donc par un maximum de quelques centièmes au-dessus de la valeur de g, à une profondeur au-dessous de la surface variant de 22 à 13 0/0 du rayon terrestre.
- Les trois expressions [5], [6] et [7] de la gravité permettent de la calculer pour une valeur quelconque du rayon. "Nous avons effectué ces calculs pour sept valeurs du rayon en dehors des valeurs extrêmes, et ils se trouvent résumés dans le tableau suivant dont la figure 2 n’est qu’une traduction graphique, dans les trois hypothèses indiquées pour la loi de la densité :
- Valeur de la gravité.
- VALEURS DU RAYON m = 0,5 m = 1,0 m = 2,0
- x — 0 (centre) ï — o Y — 0 T = 0
- x = 0,25 (1 /4 du rayon). Y — <7 X 0,6318 Y = g X 0,5364 Y —9 X 0,4290
- x = 0,50 (1/2 du rayon). Y — 0 X 0,949 Y = gX 0,8818 T = #X 0,7871
- x = 0,75 (3/4 du rayon). Y = J X 1,0570 Y — g X 1,0364 Y —p X 1,0007
- x — 0,7830 Y —9 X 1,0583 (maximum) » »
- x — 0,8274 ...... » Y = 0X1,0455 (maximum) »
- x 0,8774 » » T = 0X1,0317 (maximum)
- x = 0,9 (9/10 du rayon). Y —g X 1,0405 y = 0 X 1,0374 T = 0X1,0306
- a; = 1,0 Y — 9X1 Y — 0 X 1 Y = S' X 1
- Pressions internes.
- La loi qui relie la pression interne d’une sphère fluide à la profondeur,, peut s’établir, en toute rigueur.,-dès que laloi de la densité est fixée.
- La figure 3 représente l’élément :de surface sphérique de = MM'NN' tracé en coordonnées sphériques r, 0 et <p.
- La pression supportée par l’élément de provient, tout d’abord, de l’attraction exercée sur l’élément de volume ayant pour base de et pour hauteur dr par la sphère de rayon r aboutissant à cet élément.
- A cette pression vient s’ajouter la somme des pressions dues aux éléments de volume surmontant de j usqu-’à -la surface exté-
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- 91
- rieure du globe, pressions qui sont égales chacune à l’attraction de la sphère interne sur l’élément correspondant.
- Fig. 3. — Pressions internes.
- 'L’attraction exercée sur l’élément de volume et que je désigne par df est égale, d’après la loi de Newton, a :
- df = K
- M,. X
- Mr est la masse de la sphère interne du rayon r; d,\i la masse de l’élément de volume de base cfa,
- d’où dy. = dr X da X S = drda(a — bxm).
- K est la constante de l’attraction universelle.
- /x F 7^ /yiWi+3 j
- x2dx(a—bxm) = 4i:R3 I — b ^73 L
- d’où
- df= I(x4xR3
- x3 7 xm+3 ~] dnicr(a—bxm)
- a—— b-----—k-----^—5----,
- d m + 3J rl
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- — 92 —
- mais
- r = #R, dr — R dx,
- d’où
- df = K X 4-ttR
- b
- Æ,R dxd?( a — bxm ) m +3^ x2
- La figure 3 donne MM' = rd0, NM = r sin 0dy, d’où MM'NN' = r2 sin 0dGd<p — ds = ,jc2R2 sin OdOdç,
- dcr
- R2 sin OdOd©,
- d’où
- d/1 = K X LttR4
- ' iX3 Ɠm+3 1
- a—----l)------— [a — bxm)dx sin OdGd^.
- o m X 3J
- L’intégrale de cette quantité prise de la valeur x =. x à la valeur x = \, donne la pression totale qui s’exerce sur l’élément de surface dcr. En divisant cette pression totale par la surface même de cet élément do- nous obtiendrons la pression par unité de surface sur la sphère de rayon r, pression que je désigne par le symbole P,..
- En faisant l’intégration puis le quotient, et en remarquant que sin d6d<p est constant pendant l’intégration, on trouve :,
- P,. = K X 47uR4(sin dôdçp)
- / ^.,3 1-3 \
- a;2R2(sin Gd0d<p)
- ou
- mais
- Pr — K X 4ttR2
- 3 ff
- i't
- 7 a?m+3
- 4i-X
- 3)
- bxm)dx
- K =
- WK d’où KX^2=|f0.
- On arrive ainsi à la formule :
- p _ 3g2R ~ a2 l — xi b2 1 — x2m+i
- ’~~ 5 500 12 x2 (m + 3)(fw + 4) x2
- . m + 6 1 — ær)H4d
- 1:1 3(m X 3)(ra X 4J x2 J’
- [SJ
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-
-
- — 93 —
- qui donne la pression Pr par unité de surface pour une valeur quelconque de x.
- A la surface du gdobe x — 1, Pr — 0 résultat évident.
- Au centre x = 0, P,, = oo, ce qui est aussi évident, la surface d'j de l’élément se réduisant à zéro, tandis que la pression sur chaque élément devient maxima.
- La valeur de la parenthèse est uniquement fonction des coefficients a, b et m de la loi de densité et de x fraction du rayon terrestre où l’on veut connaître la pression par unité de surface.
- Avec les unités choisies, la pression Pr est donnée en kilogrammes par mètre carré. En faisant sortir de la parenthèse le 106
- terme commun -y- et en divisant par i O4, l’expression devient :
- Pr = 347180 k
- g/cm2
- 1 -- X1
- b'2
- a b'
- 1 (m + 3) (2m + 4) 6 1 _ #«>+*-
- 3(m + 3)(m + 4) x2
- Dans cette expression a et b' sont égaux à :
- a + b
- ïôÜiTÿ et TüÜÔÿ*
- La valeur du rayon terrestre R a été prise égale à 6 365 000 m.
- Le tableau suivant donne pour les trois valeurs de m choisies plus haut m = 0,5, 1 et 2 et pour trois valeurs de la profondeur x = 0,9, x= 0,5, x — 0,1, les valeurs de la pression P en kilogramme par centimètre carré.
- Pression interne P.
- x — 0,9 x = 0,5 x — 0,1
- n „ (347 181 kg/cm2 X 0,672 m 0,5 | _ 233 305 kg/cm* . A (347 181 kg/cm2 X 0,674 m ~ 1,0 ( — 234 100 kg/em* 1 347 181 kg/cm* X 0,694 m = 2,0 | _ 241 000 kg/cm* 347 181 kg/cm2 X 10,90 = 3 786 000 kg/cm2 347 181 kg/cm2 X 10,56 = 3 668 000 kg/cm* 347 181 kg/cm2 X 18,52 = 3 653 000 kg/cm* 347 181 kg/cm2 X 329 ^ 114 100 000 kg/cm2 347481 kg/cm2 X 316 = 109 600 000 kg/cm2 347 181 kg/cm2 X 303 = 105 100 000 kg/cm2
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- L’inspection des nombres inscrits dans cetahle.au montre tout d’abord l’énormité des pressions internes. A une profondeur égale au 4/1:0' du rayon terrestre, soit à 6:00 km, les pressions atteignent déjà plus- de 300-000 kg par centimètre carré.
- Au. 9/10 du rayon,, la pression dépasse 100 millions de kilogrammes par centimètre carré, nombre qui n’a plus pour nous aucune signification.
- • Une autre remarque fort importante est que la valeur des pressions internes varie fort peu avec la loi de la densité. Pour trois hypothèses' aussi différentes que celles qui correspondent aux valeurs de ni = 0,5,1 et. 2, c’est-à-dire lorsque les valeurs de la densité au centre varient de 22.3 fois celle de l’eau à 9,7 fois c’est-à-dire dans le rapport de 2,3 à 1, les valeurs de la pression interne varient seulement de 3 0/0 à une profondeur égale au 1/10 du rayon terrestre, 3,5 0/0 à une profondeur égale à la moitié du rayon et de 8,5 0/0 à une profondeur des 9/10 du rayon.
- On peut donc énoncer la loi suivante :
- Les pressions internes aux différentes profondeurs du globe terrestre sont à peu près indépendantes de la loi de densité supposée, pourvu que cette loi satisfasse aux deux conditions fondamentales indiquées plus haut.
- On. pourra donc imaginer, pour représenter la loi de densité des matériaux superposés qui constituent notre planète, un grand nombre d’autres fonctions toutes hypothétiques, si ces diverses fonctions satisfont à, la condition de donner à l’ensemble du globe la masse qu’il possède et d’indiquer à la. surface une densité moyenne égale à celle de la croûte terrestre, les pressions internes que l’on pourra déduire de ces diverses hypothèses seront à peu de chose près les mêmes.
- La conséquence à tirer de nos calculs est que les pressions internes auxquelles sont soumises les diverses couches du globe sont énormes..
- Sous quelle forme peut exister l’un de nos éléments chimiques soumis à quelques millions d’atmosphères de pression et à une température de plusieurs milliers de degrés! Nous n’en avons aucune idée. Les transformations ou les transmutations les plus extraordinaires sont possibles, et peut-être que le seul état d’équilibre dans ces conditions est celui du radium ou de corps analogues.
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- Pressions totales sur chaque couche sphérique.
- Le tableau précédent montre l'énorme accroissement de la pression par unité de surface avec la profondeur.
- En passant d’une profondeur égale au 1/10 du rayon à une profondeur égale aux 9/10, soit neuf fois plus forte, la pression grandit dans la proportion de 1 à 465.
- Si l’on calcule, au contraire, la pression totale qui s’exerce sur chaque couche sphérique, on constate, au contraire, qu’elle varie peu. Il suffit, pour s’en rendre compte, de multiplier la valeur de la pression unitaire Pr par la surface de chaque couche sphérique hir2. soit LL la pression totale sur chaque couche sphérique :
- II = Pr x 4xr2 = P, X 4-æ2R2.
- La pression Pr ne variant que faiblement avec la loi de densité .choisie, comme nous l’avons indiqué plus haut, il suffit, pour chaque valeur de æ, de prendre la moyenne des trois valeurs de P}. pour m =. 0,5, 1 ou 2.
- On trouve ainsi pour :
- æ = 0,9 P,..= 347 181 X 0,680; a? = 0,5 P,.= 347181 X 10,66; x = 0,1 P„ = 347 181 X 316.
- Pour calculer II, il faut multiplier Pr par 4tcR2 (R = 6 365 000 m) et par x2.
- On trouve ainsi pour x~ 0<9 :
- ou
- n = 347181 X 4:c(6 365 000)2 X ^2 X 0,680, * = 17 666 X 1016 X a*- X 0,680.
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- En posant 17 666 X 10lc = A constante qui ne change pas avec x; on a :
- II = A X P2 X 0,680 = A X 0,5508.
- Pour x — 0,5
- Il = A X 2,666;
- x — 0,1 Tl — A X 8,16;
- x — \ II — 0.
- Il reste à voir si pour x = 0, Il a une valeur limite.
- En se reportant à l’équation [5] qui donne Pr et en la multi-
- Fig. 4. — Pression totale sur chaque couche sphérique.
- pliant par x2, on trouve que la limite de l’expression entre crochets est donnée par :
- a2 b'2 m + 6
- Ï2 + (ni + 3) (2m + 4) ~ a 0 3(m + 3) (m + 4)*
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- — 97 —
- Cette expression pour m =_ 0,5 donne 3,29;
- m =. 1,0 3,165;
- m :2,0 3,03.
- La moyenne de ces trois valeurs est de 3,153.
- Donc pour x = 0, la pression totale II a pour valeur
- Il A >< 3,153.
- Nous avons effectué le même calcul pour la valeur de x = 0,2 :
- n = A X 3,150.
- On peut donc tracer une courbe de la valeur de la pression totale sphérique, c’est celle de la figure 4. Elle montre que la valeur de II croît à mesure que x décroît. A partir de x = 0,2 jusqu’à x — 0, elle est sensiblement constante.
- Tandis que la variation de la pression par unité de surface avec la profondeur est extrêmement considérable, la pression totale sphérique, elle, ne varie presque pas.
- Cette remarque nous paraît fort intéressante au point de vue de la géogénie de la terre.
- Rigidité de la terre.
- La déviation du fil à plomb varie avec l’attraction du Soleil et de la Lune. Si la terre était absolument rigide, la déviation de la verticale serait maxima; si elle était absolument élastique, on ne constaterait aucune déviation, la surface de niveau suivant rigoureusement l’influence de ces deux astres.
- Les expériences précises effectuées à l’aide de pendules placés dans un puits ont montré que la terre n’a pas une rigidité absolue et qu’elle est formée d’une matière semi-élastique. Le géodésien Hayford, du « Coast and Geodetic Survey » des États-Unis, a calculé l’épaisseur de la croûte terrestre en se basant sur toutes les mesures de déviation de la verticale effectuées aux États-Unis. Il a trouvé ainsi que la surface de niveau qui sépare Bull. 7
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- l’écorce terrestre de rigidité élevée du magma visqueux qu’elle surmonte a une épaisseur d’environ 122 km. Au-dessous, la rigidité baisse, ce qui indique que la masse est visqueuse ou fluide. Ce chiffre concorde dans l’ensemble avec l’épaisseur de la croûte terrestre telle qu’on peut la déduire de la valeur moyenne du degré géothermique.
- En résumé, les observations faites sur la verticale, aussi bien que le phénomène de l’accroissement de la température en profondeur, paraissent confirmer que notre planète est, en majeure partie, à l’état fluide, ce qui justifie le calcul des pressions internes tel que je viens de l’exposer.
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- COMPTE RENDU
- DU
- i
- IIe CONGRÈS INTERNATIONAL DE FROID
- tenu à Vienne, en octobre 1910
- PAR
- MV Émile BARBET (1)
- Mes chers Collègues,
- Le IIe Congrès international du Froid, dont je vais donner un rapide compte rendu, s’est tenu à Vienne, au commencement d’octobre dernier. Vous m’aviez fait l’honneur de m’y déléguer au nom de notre Société, et j’eus le plaisir de me trouver à ce Congrès en compagnie d’un certain nombre de nos collègues. Les applications du froid ouvrent à l’Ingénieur une foule d’horizons nouveaux, dont témoigne le nombre considérable de congressistes qui, de tous les points du globe, s’étaient donnés rendez-vous àWienne.
- Vous me permettrez, pour être ménager de votre temps, de passer sous silence le côté anecdotique du Congrès. Rien n’a manqué à Vienne de ce qui constitue un beau et imposant Congrès. Le cadre magnifique de la ville impériale, les soirées de gala à la Cour, à l’Opéra, au théâtre de la Hofburg; la réception des Français, qui étaient plus d’une centaine, par Son Excellence M. Crozier, le plus aimable et le plus protocolaire des ambassadeurs ; un banquet de 1 200 congressistes à l’Hôtel de Ville, suivi des toasts nécessaires sur la science qui n’a pas de frontières, une magnifique excursion au Semmering, et par-dessus tout un soleil merveilleux. Tout a contribué à classer le Congrès de Vienne parmi ceux qui laissent un inoubliable souvenir. Je ne dois pas omettre d’ajouter que les attractions du Congrès avaient été encore accrues par une visite à Budapest et une
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- autre à Prague, ces deux splendides joyaux de la monarchie autrichienne.
- Aussi ne fut-il pas étonnant, avec un tel programme, de voir affluer au milieu de nous un assez grand nombre de dames, dont la présence thermogénique lutta avec succès contre le programme réfrigératif de nos travaux.
- La délégation française à . Vienne fut tout particulièrement brillante, et sans tomber dans un chauvinisme de mauvais aloi, je puis bien déclarer que nos fibres patriotiques ont vibré plus d’une fois avec une émotion non dissimulée, lorsque nous avons entendu les représentations des différentes nations rendre hommage à la science française qui, pour le Froid, comme dans tant d’autres branches du Génie Civil, a jeté les premières semences et remporté les premiers résultats industriels.
- La science du froid était française par les Faraday, Carré et Cailletet, auquel nous ajoutons aujourd’hui avec fierté le nom de d’Arsonval.
- L’industrie du froid n’est pas moins française dans ses origines par Ch. Tellier, le précurseur, longtemps incompris, mais qui aujourd’hui, dans sa vieillesse peu fortunée, a du moins la joie suprême de constater à quel point l’humanité rend justice à l’œuvre géniale dont il a assuré le premier mérite à son pays. Rendons hommage aussi à Mondésir, Paul Giffard, Mignon et Rouart, et enfin à notre savant collègue Georges Claude.
- Avant d’entrer dans le compte rendu technique du Congrès, vous me permettrez encore de louer particulièrement celui qui' fut notre porte-drapeau à Vienne, et cela avec d’autant plus de satisfaction que c’est un Membre de notre Société. M. André Lebon, ancien Ministre du Commerce et des Colonies, Président de la Compagnie des Messageries Maritimes, du Crédit Foncier et Agricole d’Algérie, de la Fédération des Commerçants et des Industriels français, est en même temps le Président éminent et autorisé de l’Association internationale du Froid. Je ne saurais assez dire avec quel tact, avec quel charme de parole, avec quel ascendant sur ses auditeurs internationaux, avec quelle maestria unaniment applaudie, M. Lebon a su maintenir à la délégation française cette situation vraiment hors de pair, dont nous avons tous rapporté dans nos coeurs une légitime fierté.
- Les Congrès internationaux du Froid sont l’œuvre de l’Association internationale du Froid, et je serais injuste si je ne signalais pas, aux côtés du Président Lebon, le mérite excep-
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- lionnel de son Secrétaire général, M. de Loverdo, qui est la véritable cheville ouvrière de toute cette puissante fédération du froid.
- Gomment aurions-nous pu ne pas briller au premier rang à Vienne, lorsque nous nous présentions d’une part, avec le livre que publia récemment Ch. Tellier, sur son fameux « Frigorifique », et, d’autre part, avec la belle et artistique Monographie française du Froid que je présente à la Société, et dont le mérite revient essentiellement à M. de Loverdo ? Où trouver une plus belle documentation sur la situation actuelle de toutes les industries qui utilisent le froid artificiel?
- Après ces légitimes tributs d’éloges, j’entre dans le côté technique du sujet.
- Chacun de vous sait que l’application maîtresse du froid consiste dans la conservation des substances alimentaires. N’a-t-on pas retrouvé un mammouth entier enfoui dans les glaces polaires depuis des centaines de siècles? Quelle plus belle démonstration- peut-on désirer de l’efficacité des entrepôts frigorifiques?
- Etant donné que la plupart des denrées alimentaires sont saisonnières, et que beaucoup d’entr’elles sont rapidement dé-composables — autrement dit périssables, suivant le terme aujourd’hui consacré — l’homme n’a-t-il pas dans le froid un moyen de conservation lui permettant de disposer en toute saison de ces denrées périssables, et permettant également aux nations qui produisent en excès viandes, légumes, fruits et fleurs, d’envoyer leur superflu aux pays défavorisés qui en manquent?
- Il n’y a pas là qu’une question commerciale, mais au contraire un sujet digne d’attirer l’attention des Ingénieurs, sous le triple point de vue de la construction des machines frigorifiques avec leurs générateurs, de l’établissement des entrepôts frigorifiques avec toute l’étude de matériaux isolants, et, enfin, des transports par fer ou par eau.
- Si même nous examinons comme exemple la conservation et le transport de la viande réfrigérée, l’on aperçoit vite que c’est le problème de l’industrialisation des produits agricoles qui apparaît, le même problème que celui de la vinification industrialisée, de la Vinerie en un mot, dont j’ai eu l’honneur de vous entretenir il y a trois ans. Je m’explique :
- Actuellement les grandes villes ne reçoivent leur approvisionnement de viande qu’à l’état de bétail vivant, que l’on conduit
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- à l’abattoir. Les bêtes viennent quelquefois de très loin, et la longueur du transport les met dans un triste état. Fatiguées, affamées, elles sont souvent couvertes d’ecchymoses par suite des cabots du wagon ; cette viande-là est forcément de mauvaise qualité.
- Si l’abattoir la rebute, l’animal non vendu est souvent obligé de retourner par les mêmes moyens à son lieu d’origine.
- N’est-ce pas une inexcusable cruauté que de faire souffrir ainsi des animaux avant de les sacrifier? Or, en cette circonstance, nos sentiments de pitié sont d’accord avec notre intérêt matériel bien compris. Combien est-il plus économique, en même temps que plus charitable, d’abattre le bétail au lieu d’origine, et de transporter la viande en wagons réfrigérants!
- F0 Le poids utile de viande d’une bête ne représente guère que 50 0/0 de sou poids vif;
- 2° La viande abattue voyage en petite vitesse, tandis que l’animal vivant paie des tarifs très élevés de grande vitesse.
- Donc il est contraire à toute logique de faire voyager le bétail vivant.
- Il ne faut pas se le dissimuler, il s’agit d’une nouvelle industrie agricole, chargée de manufacturer la viande, produit du sol, avant de la transmettre au commerce de la boucherie.
- On avait rapetissé la question au début; on appréhendait l’invasion de la France par les viandes réfrigérées d?Australie et de la République Argentine, au détriment de nos producteurs français. Mais notre régime douanier, essentiellement protectionniste quand il s’agit de l’agriculture, n’a pas besoin d’être incité à la vigilance.
- Récemment, à l’inauguration des Entrepôts frigorifiques d’Épinav, M. Lebon remettait parfaitement les choses au point et disait ;
- « Nous avons eu la grande satisfaction, il y a quelques jours, » de voir que le Parlement a daigné s’occuper du froid. La » Chambre a voté, à la presqu’unanimité d<e ses membres, une » motion priant le département compétent de vouloir bien » étudier dans quelle mesure l’industrie du froid pourrait être » utile à l’agriculture.
- » Nous ne travaillons pas contre les agriculteurs. Nous in-» quiétons peut-être, mais bien à tort, certaines branches du » commerce ; mais nous travaillons au profit des agriculteurs,. » voilà la vérité. »
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- L’évolution actuelle exigera une évolution parallèle dans les usages du commerce de la viande, mais au moins celui-ci sera-t-il basé sur des bases de stabilité qui lui font défaut aujourd’hui. Le froid permet en effet d’avoir des entrepôts de viande, comme nous avons des entrepôts de grains, de sucre ou d’alcool.
- Il faut bien se pénétrer de cette idée qu’une réfrigération de la viande à + 1° ou + 2° en atmosphère sèche, améliore toujours la viande et la rend tendre et savoureuse.. Enfin, la question hygiénique, qui pénètre partout, est plus impérieuse encore pour la viande que pour la plupart des aliments. L’inspection vétérinaire, la propreté des salles d’abatage, l’asepsie dans toutes les préparations ne peuvent être rigoureuses que dans de grands abattoirs installés comme des manufactures et outillés comme des usines. L’Ingénieur a donc un rôle important à jouer dans cette nouvelle industrie agricole, comme dans tant d’autres.
- Est-il besoin d’ajouter que dans ces véritables usines à viande,, dans ces vianderies, l’Ingénieur saura procurer une utilisation rationnelle et profitable de tous les déchets et sous-produits,, ainsi qu’il le fait dans toutes les autres manufactures?
- Bénéfices matériels pour l’agriculteur, avantages commerciaux, idéal hygiénique pour le consommateur, satisfaction enfin à nos sentiments de pitié pour les animaux, tout concourt à donner le plus haut intérêt à cette application particulière du froid industriel.
- Ce que nous venons de dire pour la viande pourrait se répéter pour les fruits et pour les légumes. L’Association française du Froid a instauré, l’an dernier, à Ghâteaurenard, une station expérimentale qui lui fait le plus grand honneur.
- Cette station frigorifique a été installée près d’Avignon, dans-une région essentiellement favorisée par la nature pour la production des fruits et des légumes. Déjà le Gomtat Venaissin était un centre d’exportation de tous ces produits'agricoles; ne pouvait-on espérer agrandir le rayon de son exportation par ce qu’on a appelé la « préréfrigération des fruits et des légumes » ?'
- Le résultat a dépassé les espérances. En faisant à Ghàteau-renard une préréfrigération non seulement des légumes, mais encore de leurs caisses d’emballage et des wagons dans lesquels on les chargeait, on a pu, en été, faire parvenir jusqu’à Saint-Pétersbourg des haricots verts dans un état de fraîcheur irréprochable, et dans d’excellentes conditions de prix de revient.
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- L’entrepôt de Ghâteaurenard a été édifié par le généreux concours de l’État, du département, des Compagnies de chemins de fer, du Gouvernement de l’Algérie et de divers constructeurs, qu’il faut louer sans réserve de cette initiative et surtout de son succès. C’est M. Loubet, président d’honneur de l’Association française du Froid, qui a daigné inaugurer lui-même cette station expérimentale qui fera date. Je terminerai ce qui a trait aux denrées périssables en vous disant que le froid est par excellence le conservateur des œufs. Dans des chambres de + 1 degré et avec un degré hygrométrique de 75 à 80 0/0 on peut conserver des œufs pendant neuf mois, à un état tel qu’ils puissent encore être mangés à la coque. En outre, ils peuvent être en bon état pendant une semaine après leur sortie de l’entrepôt.
- Enfin, quelques chiffres : je vous ai dit, il y a deux ans, que l’Allemagne avait un déficit alimentaire annuel de 2 milliards environ. Sur ces 2 milliards l’Allemagne importe pour 750 millions de denrées périssables : viande, volaille, œufs, fruits et légumes. Ce seul chiffre vous montre l’obligation de créer des wagons frigorifiques. La France en possède encore fort peu. La Russie en a environ 1 900. Quant aux États-Unis, il y existe déjà un nombre inouï de ces wagons frigorifiques; leur quantité, prétend-on, est cinquante fois supérieure à celle de tout ce que nous avons actuellement en Europe !
- Toutes ces questions ont été parmi celles qui ont retenu l’attention du Congrès de Vienne, mais il faut que je vous donne en quelques mots une idée de tous les autres problèmes nouveaux dont nous devons la solution à l’industrie frigorifique.
- Le Congrès de Vienne avait réparti ses travaux entre six sections :
- La première était affectée à la science des très basses températures ; la deuxième, au matériel frigorifique ; les troisième, quatrième et cinquième, aux applications du froid et aux transports ; et la sixième, à la législation.
- Le nombre total des rapports déposés s’élève à 121, dont :
- 11 pour la lre section,
- 25 — 2° —
- 35 _ 3e _
- 37 — 4e —
- 7 — 5e —
- 6 — 6e —
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- Nous nous bornerons à donner ici la contribution de la France qui a présenté 33 rapports, soit :
- 1 à la lre section,
- 5 — 2e —
- 8 — 3e —
- 17 _ 4e —
- 1 — 5e —
- 1 — 6e —
- La première* section s’est occupée des très basses températures et en particulier de l’air liquide.
- Elle a pris pour Président M. Georges Claude, lui donnant ainsi un éclatant témoignage de l’admiration de tous pour les remarquables résultats industriels qu’il a obtenus. Notre Société se rappelle la sensationnelle communication faite par M. Claude sur la liquéfaction industrielle de l’air, et sur la production d’oxygène pur et d’azote pur qui en découlent. M. Claude est arrivé à produire le mètre cube d’oxygène pur avec 1,25 ch heure, de telle sorte que, tous frais compris, la tonne d’oxygène ne coûte pas plus cher que la tonne de charbon, environ 20 f.
- Il me suffira de mentionner toutes les conséquences qui ont découlé de cette invention pour en montrer l’exceptionnelle importance.
- L’oxygène à bon marché sert pour le chalumeau oxhydrique ou acétylénique, avec lesquels on opère la soudure autogêne, ou. bien, au contraire, on découpe les métaux.
- Il va servir également a suroxygéner l’air, soit pour la fabrication de l’acide nitrique par les effluves électriques, soit pour les hauts fourneaux. A Ougrée, en Belgique, la Société l’Air liquide monte trois appareils qui produiront ensemble 15000 m3 d’oxygène par jour. Avec cet oxygène l’on enrichira l’air des tuyères à 23 0/0 d’oxygène au lieu de 21, et l’on compte sur cet enrichissement, qui semble bien minime, pour fournir des résultats très importants. Il est, en effet, à remarquer que l’oxygène se trouve dilué dans l’air à un point tel que l’on est presque tangent à l’impossibilité de comburer le charbon. L’activité comburante s’accroît énormément pour la moindre suroxygénation; et l’on a remarqué qu’en atteignant 50 0/0 d’oxygène
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- on a une telle suractivité qu’elle n’augmente presque plus ensuite. Un air à 50 0/0 d’oxygène produit des effets de combustion foudroyante aussi bien que l’oxygène pur. Il faut donc être très prudent en suroxygénation, et l’on éprouve aussitôt des effets surprenants.
- Peut-être la thérapeutique tirera-t-elle aussi de grands profits de la suroxygénation modérée pour certains tempéraments ou certaines maladies.
- Les appareils dans lesquels M. Claude fait la rectification de l’air liquide ont eu encore le mérite de séparer de l’air les gaz rares, le néon, le crypton, l’argon et l’hélium. Pure curiosité scientifique, dira-t-on. Non pas ! Ces gaz trouveront peut-être d’utiles applications. Ainsi déjà le néon a permis à M. Claude de créer une nouvelle lampe électrique d'une économie extrême. En mettant à profit la faiblesse des résistances diélectriques de ce gaz, M. Claude a installé au Grand Palais lors de l’Exposition de l’automobile, des lampes de 56 m de longueur, qui fournissaient une puissance lumineuse de 8600 bougies chacune avec une dépense d’environ 0,6 watt par bougie-heure.
- Quant à l’hélium, qui était le dernier des gaz permanents, il est maintenant vaincu. Il n’y a plus de gaz permanents, c’est M. le Professeur K amer lin g Onnes, de Leyde, qui a eu l’honneur de cette dernière victoire, et il est arrivé à produire un froid de — 270 degrés. Il n’y a plus que 3 degrés qui nous séparent du zéro absolu.
- Les très basses températures ont encore trouvé des emplois industriels dans la récupération des vapeurs d’éther, d’alcool, d’acétone, de benzine, etc., qui se trouvent dissoutes dans l’air, lors de la fabrication de la poudre sans fumée ou de la soie artificielle, du celluloïd, du pégamoïd, etc. On se contentait autrefois de — 20 degrés ou — 30 degrés; maintenant on ne s’arrête plus au froid de — 60 degrés donné par l’acide carbonique ; on recherche, pour certaines préparations chimiques ou pharmaceutiques des températures de — 100 degrés.
- Signalons encore que l’azote pur sert à la fabrication de la cyanamide.
- Enfin, par assimilation avec l’isolement de l’oxygène et de l’azote, les mêmes procédés commencent à servir à la fabrication de l’hydrogène pur, que l’on sépare soit du gaz de houille, soit mieux du gaz à l’eau.
- L’air liquide a trouvé des applications thérapeutiques directes.
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- traitement des eczémas, nœvus, psoriasis, etc., par une pulvérisation qui forme une cautérisation superficielle.
- La première section du Congrès s’est encore occupée de la détermination des propriétés physiques et chimiques des corps, au voisinage du zéro absolu — 273 degrés, et de l’établissement du système d’unités frigorifiques à l’usage de l’industrie.
- Dans les sections des applications industrielles du froid, les communications ont été très nombreuses, et, en effet, ces applications se multiplient d’une façon inattendue. Si nous consultons la monographie des industries du froid en France, nous trouvons représentées dans les industries chimiques et pharmaceutiques toutes les spécialités suivantes :
- Fabrication des couleurs, des bougies, des parfums, de l’ozone, du caoutchouc, du pétrole, des films cinématographiques, du suif, de la margarine. Poudreries, photographie, teintureries, épuration des huiles, oléine, glaçage des extraits, des dentifrices, viscose, crin artificiel, cuves de nitrification, concentration d’extraits pharmaceutiques, de jus de viande, ammoniaque liquide, gutta, dessiccation de l’air, durcissement des gélatines, fabrication du cuivre, cristallisation de la naphtaline, de l’an-thracène, etc.
- La monographie nous détaille comme suit les industries françaises qui ont des installations frigorifiques :
- Navires à vapeur...................... 64
- Abattoirs ....!.. ....... 11
- Alimentation générale................. 25
- Boucheries............................ 53
- Brasseries............................ 275
- Charcuteries . . .......................30
- Chocolateries......................... 53
- Confiseries-pâtisseries ................ 8
- Distilleries........................... 4
- Entrepôts frigorifiques80
- Entrepôts de vins et bières............. 6
- Fabriques de glace.................... 420
- Fonçages de puits ..................... 30
- Fromageries............................ 15
- A reporter .................». . . 1074
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- Report...........................1074
- Conservation des fruits...................... 7
- Hôtels-restaurants...................... 29
- Industries chimiques et pharmaceutiques 94
- Laboratoires................................ 23
- Laiteries................................. 150
- Morgues ..................................... 5
- Sanatoria.................................... 3
- Skatings..................................... 3
- Négociants en vins.......................... 16
- Total (installations diverses). 1410
- Le temps ne peut me permettre de donner une description, même sommaire, de tant de procédés divers; il y en a d’extrêmement curieux. Par exemple, dans l’industrie du caoutchouc, on obtient par le froid le durcissement des blocs et la suppression de l’élasticité, de telle sorte qu’on peut les trancher en feuilles. On arrive ainsi à découper des feuilles de 1/6 mm d’épaisseur pour la confection des vêtements imperméables.
- Il s’est révélé encore de nouvelles utilisations du froid :
- 1° Les concentrations de toutes dissolutions organiques délicates, jus de raisin, de citrons, d’extraits parfumés;
- 2° Extraction des sels solubles par cristallisation après concentration. La plus classique de ces extractions est celle des marais salants d’Arkangel; cristallisation delà paraffine, de la stéarine des huiles;
- 3° Conservation des fleurs et de leur arôme, conservation industrielle du houblon.
- Conservation des fourrures à l’abri de la vermine, conservation des grains à l’abri du charançon;
- 4° Conservation des cadavres à la morgue ; conservation des substances fermentescibles contre les moisissures, par exemple, dans l’industrie du tabac ;
- 5° Dénaphtalinisation du gaz de houille.
- Quelques condensations et isomérisations dans l’industrie des parfums synthétiques.
- Récupération des vapeurs de naphte dans les machines à étendre le caoutchouc.
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- Fabrication de la poudre de lait.
- Fabrication du camphre ;
- 6° Application aux accumulateurs électriques, etc.;
- 7° En thérapeutique ou hygiène, rafraîchissement des habitations dans les climats chauds, poêles à glace, rafraîchissement des wagons et, notamment, des wagons restaurants, en Égypte, frigorifères, Gurtain système, etc.
- Je conclus.
- Bien que je me sois borné pour ainsi dire à une aride nomenclature à toute vitesse, le sujet m’a entraîné assez loin, tant il est vaste, tant il est fécond en applications nouvelles et indéfinies. Je n’avais d’autre ambition, dans une revue si sommaire, que de vous faire toucher du doigt l’importance pour l’Ingénieur de tant d’industries nouvelles ou métamorphosées. Il y a là un filon d’une richesse incomparable, digne de tenter l’ingéniosité de nés collègues. Pour les constructeurs, enfin, quel beau débouché, quel bel avenir, lorsqu’on considère tout ce qu’il reste à faire comme machines, moyens de transport ou entrepôts. Nous nous sommes laissé distancer par plusieurs grands pays, nous les initiateurs; mais grâce à nos Associations du froid, grâce aux Congrès qu’elles ont organisés, une vulgarisation méthodique est entreprise, nos industriels sont édifiés sur les résultats qu’on peut obtenir, et l’on peut prédire à courte échéance une évolution, manufacturière qui surprendra le monde par sa fécondité et par ses bienfaits.
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- CHRONIQUE
- N° 373.
- Sommaire. — Établissements métallurgiques de Baguoli.— Transformai ions successives d’une machine à vapeur. — Nouveaux paquebots géants. — Influence de la température sur la résistance du fer et de l’acier. — Un trottoir roulant souterrain à New-York. — Epuration des eaux d’égout à Ostende. — La préparation synthétique de l’ammoniaque.
- Établissements métallurgiques de Baguoli. — Le 19 juin 1910, ont été inaugurés les établissements de la Société « Ilva » à Bagnoli, prés Naples. Ces établissements se divisent en quatre sections principales : les fours à coke et sous-produits ; les hauts fourneaux ; les aciéries et les laminoirs. Il y a, en outre, les diverses installations nécessaires pour le fonctionnement de l’ensemble telles que les voies ferrées, le service hydraulique, le service électrique, la force motrice à vapeur, etc.
- Pour l’arrivée des matières premières et la sortie des produits fabriqués, on a disposé une estacade en fer de 350 m environ de longueur, terminée par une vaste plate-forme en béton armé large de 30 m, sur laquelle sont disposées symétriquement dix grues tournantes de 5 t de puissance chacune. Un réseau de voies ferrées de 40 km de développement met en communication l’estacade avec chacune des divisions des établissements.
- La première qui se présente en partant de l’estacade est celle des fours à .coke qui, elle-même, comprend :
- 1° Les dépôts de charbon et les appareils pour leur manutention ;
- 2° Les fours à coke proprement dits ;
- 3° Les appareils pour l’obtention des sous-produits.
- Les dépôts de charbon occupent un espace d’environ 30 000 m2 et peuvent contenir 100 000 t. Ils sont sillonnés dans le sens de la longueur par des voies ferrées où peuvent circuler les trains de chemins de fer et les grues roulantes; ces dernières, de la force de 6 t chacune et manœuvrées électriquement, permettent de prendre le charbon aux divers tas et de le porter aux appareils de broyage. Le charbon broyé tombe par des trémies en ciment armé sur des transporteurs métalliques qui l’amènent aux fours à coke.
- Ces derniers se composent de deux batteries de 60 fours chacune, du type à récupération, patente Koppers, et donnent un produit journalier de 600 t de coke qui, après extinction, est transporté mécaniquement avec le minimum de main-d’œuvre aux hauts fourneaux ou aux dépôts. L’installation pour la récupération des sous-produits comprend : les aspirateurs qui forcent les gaz sortant des fours à traverser les conden-
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- sateurs et les laveurs en abandonnant le goudron et les eaux ammoniacales. C’est de. ces dernières que, dans une installation spéciale, on retire le sulfate d’ammoniaque.
- Après les fours à coke, on rencontre les hauts fourneaux, qui à, leur tour, comprennent cinq divisions: 1° les dépôts de minerais; 2° les dépôts de coke; 3° les hauts fourneaux proprement dits ; 4° les appareils Cowper à chauffer le vent et 5° les machines soufflantes.
- Les dépôts de minerai et de castine occupent une superficie d’environ 50 000 m2 et peuvent recevoir environ 200 000 t. Ces dépôts, suivis immédiatement de ceux 'du coke, sont disposés comme ceux du charbon et desservis par des grues roulantes de 6 t de puissance qui déposent le minerai et la castine dans dix grandes trémies situées en avant des hauts fourneaux et desquelles les matières sont portées par des monte-charges à plan incliné au gueulard des hauts fourneaux. Le coke est transporté de même dans des wagonnets à traction électrique venant des dépôts ou des fours à coke.
- Les hauts fourneaux, au nombre de deux, ont une hauteur d’environ 25 m et un diamètre intérieur maximum de 8 m. Ils peuvent produire
- 500 à 600 t de fonte par jour. La fonte peut être coulée en gueuses dans du sable ou être versée dans de grandes poches et transportée à l’état liquide aux aciéries pour être transformée en acier.
- Les appareils Cowper sont au nombre de huit, quatre pour chaque haut fourneau. Ils se composent de cylindres en tôle terminés en coupole à la partie supérieure et revêtus à l’intérieur de briques réfractaires avec un remplissage fait en nids d’abeilles avec les mêmes matières. Ces cylindres ont 30 m de hauteur sur 3 m de diamètre. Ces massifs réfractaires sont chauffés par le passage à intervalles réguliers d’une partie des gaz sortant des hauts fourneaux, et l’air venant des machines soufflantes passant ensuite sur ces surfaces chauffées au rouge vif y acquiert la température nécessaire pour effectuer la combustion du coke dans le haut fourneau.
- Les machines soufflantes sont actuellement au nombre de trois, dont deux actionnées par des moteurs à gaz, une pour chaque haut fourneau et la troisième à vapeur sert comme réserve. Dans le bâtiment des machines soufflantes se trouvent aussi trois grands moteurs à gaz d’une puissance collective de 3 000 ch, actionnant des dynamos donnant un courant continu à 600 volts servant au fonctionnement des divers moteurs des établissements. Il y a enfin, comme réserve, deux moteurs à vapeur Tosi de la force collective de 1 000 ch, commandant aussi des dynamos donnant un courant continu de 600 volts.
- L’excédent des gaz des hauts fourneaux, conduit par des tuyaux appropriés, va chauffer trente-deux chaudières de Cornouailles servant à alimenter au besoin toutes les machines à vapeur des établissements.
- L’aciérie et les laminoirs sont encore en construction. La première comportera deux mélangeurs de fonte et dix fours Martin-Siemens de
- 501 chacun pour la production de l’acier. Les seconds comprennent divers trains ; il y a déjà en montage un train ébaucheur pour lingots et deux trains finisseurs pour rails et profilés.
- Comme nous l’avons dit plus haut, il y a encore diverses installations
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- accessoires, entre autres un réservoir d’eau d’une hauteur de GO m divisé en quatre compartiments concentriques et superposés, dont l’un contient 200 m3 d’eau potable, un autre 300 m3 d’eau douce, un troisième 400 m3 d’eau douce et le dernier 600 m3 d’eau de mer. Ces renseignements sont extraits de Ylndustria.
- Traiisformations successives d’une machine à vapeur.
- — Il existait depuis 1854 aux forges de Bromford, à West Bromwich, dans le South Staffordshire, une machine à basse pression à balancier dont le cylindre avait 1,238 m de diamètre et 2,465 m de course; la distribution se faisait par quatre soupapes ; la vapeur était introduite à la pression absolue de 2,10 kg et l’arbre faisait quatorze tours par minute.
- En 1898, l’adoption de fours chauffés au gaz supprimant les chaleurs perdues, on dut remplacer les chaudières et on en profita pour faire un remaniement général du moteur.
- On installa deux chaudières, type Lancashire de 2,29 m de diamètre et 9,15 de longueur produisant de la vapeur à 8,5 kg de pression et la machine fut transformée dans le système de Mac Naught dont nous avons parlé dans le Bulletin de septembre dernier, page 236, par l’addition d’un cylindre à haute pression recevant la première action de la vapeur et actionnant le balancier entre l’axe d’oscillation et l’attache de la bielle motrice. Ce cylindre avait 0,915 de diamètre et 1,22 m de course sa distribution se faisait par un tiroir cylindrique. Ce cylindre fut difficile à installer. Heureusement les paliers de l’axe du balancier étaient portés, suivant un usage fréquent en Angleterre, sur un mur de briques de forte épaisseur, 1,525 m, après lequel on a pu accrocher un fort bâti en fonte portant le cylindre et les guides de la tige du piston.
- La vitesse de la machine fut portée à 20 tours par minute et, avec de la vapeur surchauffée, on obtint le supplément de force nécessaire pour faire fonctionner de nouveaux laminoirs. Jusqu’ici le fait n’a rien d’exordinaire, mais ce qui devient intéressant, c’est que, dans ces derniers temps, la forge ayant encore besoin de plus de force motrice, on résolut de mettre la machine à triple expansion. On installa des chaudières Babcock et Wilcox donnant de la vapeur à 14 kg de pression et on fit arriver cette vapeur dans un premier cylindre de 0,61 in de diamètre et 1,22 m de course attaquant le balancier entre l’axe d’oscillation et l’attache du grand piston. Ce cylindre est supporté sur des fers à double T encastrés par leurs extrémités dans les murs de la chaudière de la machine. La distribution s’y opère par des organes Gorliss. Les rapports de volume se trouvent être ainsi de 1 à 2,25 et 8,32.
- Les pièces primitives de la machine sont restées telles quelles sauf la manivelle en fonte qui a été remplacée en 1898 par une manivelle en fer ; la bielle motrice est toujours en bois avec armatures en fer. Il est fort possible que cet appareil qui a dépassé un demi-siècle d’existence ait encore après son rajeunissement une période de meme durée devant lui.
- Nous renvoyons pour les dessins de cette intéressante machine à 1 ’Engineer, du 14 octobre 1910, auquel nous avons emprunté les renseignements qui précédent.
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- Nouveaux giaquebots géants* — Nous avons dit quelques mots dans la Chronique de la deuxième quinzaine de décembre 1910, d’un nouveau paquebot d’énormes dimensions que la Compagnie Hambour-geoise-Américaine faisait construire aux chantiers de Hambourg de la Société Vulcan pour desservir la ligne de Hambourg-New-York. Voici quelques détails supplémentaires sur ce paquebot qui portera le nom d ’Europa.
- Sa longueur sera de 275 m et son tonnage brut de 50 000 tx ; les élé ments analogues sont 241 m et 32 5Ü0 tx pour le Lusitania et le Maure-tania de la Compagnie Cunard et de 262,30 m et 48 000tx pour YOlympic et le Titanic de la ligne Wbite Star. Sa largeur sera de 29,30 m. C’est bien près des 30,50 m qu’on avait donnés il y a cinquante ans à l’écluse des transatlantiques, au Havre, en vue du passage des grands paquebots à roues.
- Le déplacement de YEuropa sera compris entre 60000 et 70 000 tx ; le poids correspondant serait tel qu’on a calculé qu’il faudrait pour le porter un train de chemin de fer de 20 km de longueur. Le navire aura neuf ponts et la hauteur de la chambre du gouvernail au-dessus de l’eau sera telle qu’on peut qualifier une construction de ce genre de gratte-ciel flottant.
- On a commandé pour la confection des ponts 2 millions de pieds de bois de pin de l’Orégon qui sèchent depuis quelque temps aux environs de Portland avant d’être expédiés en Allemagne. Les installations pour les passagers auront un confortable inconnu jusqu’ici tels que jardins d’hiver, restaurant, grill-room, gymnastique complète, piscine, bains turcs, etc. Il n’y aura pas de ces manches à vent d’aspect disgracieux qui s’élèvent si haut au-dessus du pont; des ventilateurs feront circuler jusque dans les parties les plus profondes de la coque de l’air chauffé ou refroidi à la température convenable pour la saison. Grâce à la hauteur inusitée de la mâture, la télégraphie sans fil pourra être installée de manière que le navire soit pendant la traversée de l’Atlantique en communication constante avec la terre.
- L’Europa pourra recevoir à bord comme passagers et comme équipage près de 5000 personnes soit la population d’une petite ville.
- En dehors de ce paquebot géant, la Compagnie Hambourgeoise-Amé-ricaine a en construction quatorze autres navires d’un tonnage collectif de 110000 tx, de sorte que sa flotte comptera un effectif total de 1022 4501.
- De son côté, la Compagnie Cunard vient de commander aux chantiers John Brown et Cie, à Clydebanlt un paquebot de 50000 tx avec quatre hélices mus par des turbines, destiné au service entre' Liverpool et New-York ; sa vitesse sera de 23 nœuds. Il ne paraît plus être question de faire des navires de 25 nœuds. L’expérience a été faite, elle a pleine ment réussi, grâce à d’énormes subventions, l’amour-propre de l’Angleterre est satisfait, mais personne ne semble disposé à recommencer.
- Influence «te la température sur la résistance du fer et de l’acier. — Au Congrès pour l’étude de la résistance des matériaux à Copenhague, le professeur Rudeloff a présenté les résultats de ses
- But-t.
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- expériences sur l’effet de la température sur les propriétés résistantes du fer et de l’acier.
- Voici les résultats observés pour le fer :
- Température Résistance à la traction Allongement
- 20° G 34,5 kg 30,5 0/0
- 50 36,0 25,5
- 100 38.0 16,0
- 150 42.5 14,0
- 200 47,0 17,5
- 250 49,5 23,0
- 300 48,0 30,0
- 350 40,0 35,0
- 400 33,3 40,0
- Ces résultats confirment d’une manière générale ceux qu’ont obtenu
- les premiers expérimentateurs ; ils montrent que l’allongement du fer
- sous un effort de traction diminue jusqu’à la température de 150 degrés
- et croît ensuite. Quant à la résistance à la rupture, contraire, jusqu’à 300 degrés et diminue ensuite. Voici les valeurs correspondantes pour l’acier .: elle augmente, au
- Température Résistance à la traction Allongement
- 20° G 43,5 kg 24 0/0
- 50 44,0 22
- 100 45,0 18
- 150 46,0 14
- 200 46,5 11
- 250 46,0 12
- 300 44,3 13
- 350 43,0 14
- 400 42,0 15
- 450 37,0 17
- 500 31,0 , 19
- 550 25,0 21
- 600 20,0 23
- On voit que l’acier, dans l’espèce de l’acier doux Bessemer, voit sa résistance augmenter jusqu’à 250 degrés, elle diminue à partir de là ; l'allongement diminue jusqu’à la même température de 250 degrés et croit ensuite rapidement.
- L’acier doux fabriqué sur sole à 0,20 0/0 de carbone donne les mêmes résultats à peu de chose près.
- La fonte n’éprouve pas de changements sensibles dans sa résistance jusque vers 400 degrés ; elle perd 30 0/0 environ à 500 degrés et 60 0/0 à 600 degrés.
- Dit trottoir roulant souterrain à .Veiv-YorBi. — Le trottoir roulant qui a été employé à l’Exposition universelle de 1900 sous forme aérienne n’a pas encore été appliqué comme moyen normal de transport
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- dans les villes, bien qu’il ait été souvent proposé, notamment par notre regretté collègue Gasalonga qui avait fait une étude de ce genre vers 1901. Cette plate-forme, devant desservir les grands boulevards entre la Concorde et la Bastille, a fait l’objet d’un mémoire inséré dans le Bulletin de notre Société en 1902 (Vol. 1, p. 72).
- On s’occupe, paraît-il, d’établir un trottoir roulant souterrain pour lu traversée de Pile de Manhattan à New-York sous la trente-quatrième rue. Le projet comporte une plate-forme munie de sièges se déplaçant à une vitesse régulière de 20 km environ à l’heure. Pour l’accès et la sortie des passagers, il y a trois autres plates-formes de moindre largeur dont les vitesses respectives seraient de 5,10 et 15 km à l’heure.
- L’Ingénieur en chef de la Public Service Commission invoque en faveur de cette disposition les avantages suivants :
- 1° Énorme capacité de transport et possibilité de faire asseoir tous les voyageurs ;
- 2° Pas d’attente, la plate-forme étant toujours en mouvement ;
- 3° Possibilité de monter sur la plate-forme ou d’en descendre à un endroit quelconque, les entrées dans le souterrain pouvant avoir lieu à peu près partout.
- Le souterrain aurait la -disposition de ceux du Subway actuel ; il y aura un passage longitudinal continu entre la paroi et la barrière séparatrice des trottoirs roulants, et les bureaux de billets et les tourniquets d’entrée seraient très multipliés.
- La mise en mouvement des plates-formes se ferait , par l’électricité. Sous ces plates-formes .sont disposés longitudinalement des fers à double T dont la partie supérieure porte le plancher, tandis que la partie inférieure repose sur des roues montées sur des arbres traversaux placés à des distances de 0,85 m environ; entre les fers à T dont il vient d’être parlé, il y a un rail de guidage embrassé par deux galets pour maintenir les plates-formes en alignement. Tous les 22,50 in, il y a un moteur de 10 ch monté sur le plancher et actionnant par l’intermédiaire d’une chaîne sans fin les roues de support. Les supports de vitesse indiqués plus haut sont obtenus par les diamètres des roues motrices, diamètres qui sont de 0,20 m pour, la plate-forme à plus faible vitesse, de 0,40 pour la seconde, de 0,60 pour la troisième.
- Les jantes de ces roues sont garnies de caoutchouc, de sorte que les plates-formes se déplacent sans bruit »et sans trépidations.
- Les diverses parties de ces plates-formes sont réunies par des maillons de 1,15 m de longueur ; l’accouplement se fait par le centre de manière à réduire au minimum l’intervalle des joints qui <est assez faible pour ne gêner en rien.
- La capacité d’un tel trottoir roulant serait sensiblement le double de celle du Subway actuel.
- D’après les calculs de la Public Service Commission, les trains locaux de cinq voitures transportent 22500 voyageurs à l’heure et les trains express à huit voitures 36 000, tandis que la plate-forme pourrait porter 73500 personnes à l’heure. On a calculé de plus que, pour tous les tra-jetshe moins de 6,5 km, on irait en moins de temps par ce nouveau
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- mode de transport que par les trains locaux et môme express du Subway, si on installait une de ces plates-formes sous une des avenues allant du nord au sud de New-York.
- Épuration îles eaux, «l’égout à Ostcndc. — L’usine d’épuration de la ville d’Ostende, largement Subventionnée par l’État et construite sous la direction de la Société Y Épuration, est destinée à purifier 6000 m3 d’eau d’égout par vingt-quatre heures. C’est la plus grande et la plus importante usine où se trouve employé le procédé Yial, dit système d’Ostende.
- L’installation comprend un « bassin d’attente » d’une capacité de 1800 m3 pour recevoir les eaux de la nuit, quatre «bassins de classification », une machine à vapeur et deux chaudières, l’équipement électrique de transmission et de l’éclairage, plusieurs pompes, deux essoreuses Robatel pour concentrer les boues, un appareil pour les dessécher la «pailleteuse Huillard», un appareil distributeur de réactif et les réservoirs à boue et à eau d’alimentation.
- Description de l'usine. — L’usine se compose de deux ailes reliées par un bâtiment intermédiaire, formant ainsi une cour dans laquelle se trouve la cheminée de'42 m de hauteur. L’aile droite renferme un premier étage, le bassin d’attente et, au rez-de-chaussée, quatre « bassins Yial».
- Comme on le sait, les « bassins Yial » sont l’application du principe qui consiste à faire circuler l’eau, préalablement additionnée d’un réactif, en lame mince ralentie sur une masse d’eau immobilisée. Les particules en cours de précipitation descendent donc dans cette masse d’eau immobilisée. Aussitôt qu’elles l’ont atteinte, elles cessent d’être entraînées et descendent verticalement jusqu’au fond du bassin, d’où elles sont pompées pour être traitées ultérieurement.
- Pour obtenir ce résultat, le bassin est partagé transversalement par des murs ouverts à leur partie inférieure et dont la partie supérieure n’atteint pas le niveau de l’eau et c’est la lame mince qui circule au-dessus de ces murs qui se dépouille rapidement des matières qu’elle contient.
- La première partie des bassins, dénommée « poche à boue », recueille la plus grande partie des boues précipitées, tandis que la seconde partie termine la clarification.
- Le bâtiment intermédiaire contient le distributeur de chaux, qui constitue le réactif généralement adopté; en effet les bassins Yial permettent d’obtenir avec la chaux des résultats qu’il était impossible d’obtenir auparavant avec ce réactif.
- Ce distributeur se compose d’un tambour cylindrique en toile métallique dans lequel est introduite, à l’état pulvérulent, la chaux éteinte. Cette poudre tombe dans un récipient placé immédiatement en dessous, dont le fond est constitué par quatre compartiments de forme prismatique, le fond de chacun d’eux étant occupé par une vis d’Archimède horizontale, dont la vitesse peut être réglée à volonté ; ces vis, actionnées par un mouvement à cliquet, débitent à chaque course de celui-ci une dose déterminée de réactif qui tombe dans un récipient muni d’agita-
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- leurs, d’où le lait de chaux formé s’écoule pour être mélangé à l’eau à épurer.
- Pour obtenir la chaux à l’état pulvérulent, la chaux vive est trempée simplement dans un bac d’eau, d’où elle est retirée et abandonnée à elle-même ; elle ne tarde pas à s’éteindre et à se déliter en poudre fine. Un monte-charge sert à amener la chaux à l’endroit voulu. Les soutes à charbon et à chaux se trouvent dans la partie inférieure du même bâtiment,
- L’aile gauche contient un rez-de-chaussée, les chaudières, la machine à vapeur de 50 ch, les dynamos et l’équipement électrique, les « essoreuses Robatel » pour la concentration des boues et la « pailleteuse Huillard» pour leur dessiccation.
- Les essoreuses Robatel sont des appareils à force centrifuge, tournant à 1 000 tours à la minute, qui opèrent l’épaississement de la boue ; celle-ci sort à l’état de pâte et est amenée au moyen de vis transporteuses à la pailleteuse qui les dessèche au moyen de gaz perdus des foyers.
- Cet appareil est caractérisé par une toile sans fin qui circule verticalement entre des chicanes, à l’intérieur d’une chambre en briques, qui est parcourue, en sens inverse de la marche de la toile, par les gaz du foyer aspirés par un ventilateur ; la toile sans fin se charge de boue dans la partie inférieure de sa course et cette boue ressort à l’état de poudre sèche, à l’autre extrémité de l’appareil d’où elle est transportée, par une chaîne à godets, au premier étage.
- Au-dessus du premier étage se trouvent les réservoirs d’eau pour l’alimentation des chaudières et le nettoyage et ceux dans lesquels sont refoulées, avant d’être envoyées aux essoreuses, les boues puisées au fond des bassins d’épuration.
- Le terrain sur lequel l’usine est édifiée étant des plus marécageux, les fondations ont dù être établies sur pilotis et ceux-ci ont été établis d’après le système « compressol ».
- Ce procédé consiste à laisser tomber d’une hauteur déterminée une masse conique d’un poids considérable qui, sous des chutes répétées, pénètre peu à peu dans le sol jusqu’à ce que le terrain consistant soit rencontré, créant ainsi une sorte de puits dont les parois sont renforcées et durcies par la pression. On y précipite alors des pierres et du ciment que l’on comprime sous les chocs multipliés d’un bourreur du poids de 2 t environ. On constitue ainsi des pylônes en béton d’un diamètre de plus d’un mètre, d’une profondeur qui, à Ostende, atteint parfois 12 m et sur lesquels sont établies les colonnes en béton armé du bâtiment. Celles-ci étant reliées entre elles par des poutres et des planchers également en béton armé, l’usine constitue un véritable monolithe d’une stabilité à toute épreuve.
- Fonctionnement de l’usine. — Le « bassin d’attente » ayant reçu pendant la nuit les eaux résiduaires qui lui sont envoyées sous pression d’air, on règle son débit de manière à obtenir un écoulement aussi égal que possible, en tenant compte de l’arrivée continue des eaux du jour. En s’écoulant, elles reçoivent le réactif auquel elles sont énergiquement
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- mélangées par un dispositif spécial de brassage et elles s’écoulent dans un canal de distribution perpendiculaire aux quatre bassins Vial, qu’elles parcourent ensuite pour s’en échapper absolument épurées conduites par l’émissaire au fond du port maritime d’Ostende.
- Les boues qui se sont rassemblées dans le fond des bassins, qui est disposé en pente, sont envoyées dans lin puisard d’où elles sont pompées et refoulées dans les bassins situés au second étage de l’aile gauche. Elles s’y décantent rapidement; la couche d’eau supérieure, clarifiée, est renvoyée au bassin d’attente ; la boue épaisse qui se trouve au fond s’écoule vers les essoreuses Robatel qui la transforment automatiquement en une pâte que les vis transporteuses conduisent à la pailleteuse Ruillard. Les résidus, transformés en poudre et amenés au premier étage, y sont ensachés ou soumis à un traitement qui les transforme en engrais enrichi.
- Ces résidus, qui constituent déjà par eux-mêjnes un humus plus fertilisant que le fumier de ferme, peuvent être additionnés de substances enrichissantes qui en augmentent considérablement la valeur ; c’est ainsi qu’une Société anglaise, la Native Guano Company, de Londres, qui exploite une partie des boues d’égout de cette ville et qui existe depuis de nombreuses années, les transforme en un engrais très apprécié, qu’elle vend 87 f la tonne, ce qui lui permet de distribuer chaque année à ses actionnaires de sérieux dividendes.
- Pour éviter les émanations qui pourraient provenir du bassin d’attente qui contient de l’eau d’égout à l’état brut, on a adopté le dispositif suivant: le bassin d’attente est relié par une conduite à large section, munie d’une vanne ouverte au-dessus du niveau de l’eau, au foyer des chaudières. Un branchement, également muni d’une vanne, conduit directement à la cheminée.
- Pendant la nuit cette vanne est ouverte, tandis que celle de la partie qui conduit au foyer est fermée ; le tirage de la,cheminée s’effectue alors directement sur le bassin d’attente, et, les gaz mal odorants sont ainsi entraînés à 40 m de hauteur. Lorsque l’usine fonctionne, la vanne conduisant directement, à la cheminée est fermée,, l’autre est ouverte et les foyers tirent sur le bassin d’attente ; toutes les mauvaises odeurs sont ainsi supprimées.
- L’effluent sortant des bassins Yial n’est pas destiné à la consommation. Les eaux qui en proviennent et qui ne contiennent plus aucun microbe pathogène, aucune mauvaise odeur et qui sont absolument claires, comme on peut s’en convaincre par la vue des joints de carreaux céramiques, sont jetées dans la mer, à Ôstende et ailleurs, sans dommage aucun pour les poissons dans les cours d’eau..Ceux-ci ne peuvent donc plus être pollués., Le système d’Ostende ne s’adresse pas seulement aux eaux d’égout des villes, mais encore à toutes les eaux résiduaires,, en général. Il est très économique et n’exige qu’un emplacement des plus restreints. Ce qui précède est reproduit des Annales dès Travaux publics de Belgique, février 1910.
- lia préparation synthétique «le l’aniinoniaque. — Le problème de l’utilisation de l’azote de l’atmosphère continue à être étudié
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- non seulement au point de vue de la fabrication de l’acide nitrique et des nitrates mais aussi à celui de la production de l’ammoniaque. Si la nature nous fournit d’abondantes réserves des matières de premier groupe sous forme de nitrates alcalins, le charbon fossile contient aussi d’énormes accumulations d’azote sous la forme ammoniacale. Les usines à gaz et les fabriques de coke métallurgique fournissent des quantités toujours croissantes de sulfate d’ammoniaque : la production annuelle pour l’Europe seule était, en 1889, estimée par Mond à 140 000 t et la production mondiale était, en 1903, de 500 000 à 600000 t; enfin, la seule production de l’Europe atteint aujourd'hui 700 à 800 000 t.
- D’après Erdmann, en 1907, la production mondiale de sulfate d’ammoniaque pouvait être estimée de la manière suivante pour les divers pays producteurs :
- Angleterre...................... 310 000 t
- Allemagne . .....................260 000
- États-Unis...................... 60 000 ‘
- France .......................... 52 000
- Russie et Espagne . ............. 24 000
- Autriche-Hongrie.............. 21400
- Autres pays...................... 16 000
- Total.............. 743 000 t
- Les gisements de charbon fossile contiennent, comme nous venons de le dire, des réserves considérables d’azote, bien que leur teneur en cette substance soit très faible (1 à 2 0/0) et il est certain que, si on pouvait récupérer l’ammoniaque de tout le charbon qui se brûle annuellement dans le monde, quantité qui s’élève à près d’un milliard de tonnes, on obtiendrait des quantités énormes de sulfate d’ammoniaque. Mais il n’est pas possible de compter sur un développement indéfini de la récupération de l’ammoniaque contenu dans la houille ; ce développement ne pourrait provenir que d’une récupération plus avantageuse et plus rationnelle telle qu’elle résulte du procédé Mond, qui consiste à produire du gaz de gazogène à la température la plus basse possible, en introduisant dans le foyer, avec la quantité d’air nécessaire, 2 t de vapeur d’eau pour 1 t de charbon ; dans ces conditions, on récupère, sous forme d’ammoniaque, de 60 à 70 0/0 de l’azote contenu dans le charbon ; le gaz, débarrassé de l’ammoniaque, et connu sous le nom de gaz Mond, est employé aux usages du gaz ordinaire de gazogène.
- L’intérêt de ce procédé ne réside pas tant dans la quantité relativement faible d’azote ammoniacal qu’il peut donner que dans la possibilité qu’il encore d’abaisser considérablement le coût de l’énergie mécanique obtenue.
- Mais la véritable solution du problème consiste à utiliser l’azote de l'air qui constitue la, réserve inépuisable de laquelle nous devons obtenir les composés azotés qui sont de plus en plus demandés par l’agriculture.
- On peut utiliser: cet azote à la production de l’ammoniaque en faisant passer de l’air et de la vapeur d’eau sur de la tourbe chauffée, laquelle
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- opère une action catalytique, en favorisant la combinaison de l’azote de l’air avec l’hydrogène de la vapeur d’eau. La cyanamide calcique qui s’obtient par l’action de l’azote sur le carbure de calcium peut servir comme produit intermédiaire pour la préparation de l’ammoniaque; mais comme la fabrication de cette matière nécessite l’emploi de grandes quantités d’énergie d’un prix élevé, on ne pourrait installer des usines de ce genre que dans des régions riches en forces hydrauliques.
- La synthèse de l’ammoniaque était jugée impossible à réaliser, à cause de la faible capacité de réaction de l’azote à basse température et de son peu d’affinité pour l’hydrogène aux températures élevées ; la synthèse sous l’action de l’étincelle électrique dans un mélange d’azote et d’hydrogène n’a qu’un intérêt scientifique, étant donnée la réversibilité de la réaction :
- N2 + 3H2 « 2NH3
- d’après laquelle, dans les conditions ordinaires de température et de pression, l’équilibre s’établit dès qu’il s’est formé 2 0/0 de gaz ammoniac; il est vrai qu’on peut faire absorber le gaz par un acide au fur et à mesure de sa formation, mais il n’en est pas moins vrai que la dépense d’énergie est telle que l’emploi de ce procédé ne saurait être économique.
- La synthèse dont nous parlons peut être provoquée aussi par quelques substances capables d’exercer une action catalytique telles que certains oxydes métalliques très finement divisés mis en contact avec le mélange gazeux ; on a essayé d’employer comme composé intermédiaire un azo-ture métallique, mais il n’y a guère que le cérium qui permette de réaliser un cycle complet, savoir formation de l’azoture du métal et d’azote et formation d’ammoniaque de l’azoture et hydrogène ; les autres azo-tures, tels, par exemple, que celui de magnésium, peuvent être obtenus par l’action de l’azote sur le métal, mais ne peuvent être réduits par l’action de l’hydrogène. Ils ne peuvent donner de l’ammoniaque que par l’action d’un courant de vapeur, mais, les oxydes métalliques qui se forment ainsi n’étant pas réductibles, le cycle n’est pas complet.
- Le professeur Huber, de Garlsruhe, qui s’est occupé depuis longtemps de la synthèse de l’ammoniaque au moyen de ses éléments, a réussi à la fin à obtenir une solution pratique du problème et l’a développée dans une conférence, accompagnée d’expériences, faite par lui, le 18 mars 1910, devant la Société scientifique de Garlsruhe.
- Cette solution consiste à opérer la synthèse catalytique dans un mélange des gaz comprimés à une pression de près de 200 atm. Les résultats avantageux de l’usage de fortes pressions pouvaient se prévoir à priori par l’application à la réaction entre l’azote et l’hydrogène du principe de Le Ghatelier, principe d’après lequel à toute modification de volume, de la pression et de la température d’un des facteurs correspond une transformation du système qui tend à s’opposer à l’action du facteur modifié. Ainsi, dans le cas où la réaction a lieu avec réduction du volume, par exemple, 1 vol. de N2 + 3 vol. de H2 donnent 2 vol. de NH3 ; la pression exercée sur le mélange gazeux aura, pour effet de
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- favoriser la réaction qui, avec la réduction du volume, tendra à s’opposer à l’augmentation de la pression.
- Môme sous la pression de 200 atm, la combinaison est incomplète et il faut enlever l’ammoniaque qui s’est formée ; on y arrive par une disposition convenable des appareils lesquels sont constitués par un récipient de formation contenant les matières catalityques et constamment refroidi, un récipient pour la réparation de l’ammoniaque et une pompe rotative, le tout formant un circuit fermé. Dans le second récipient, l’ammoniaque se liquéfie par le moyen d’un serpentin refroidi; on peut cependant la laisser à l’état gazeux pour la faire absorber par de l’eau en une solution acide.
- L’azote et l’hydrogène non combinés restent dans la circulation.
- Pendant sa conférence, le professer Huber a fait fonctionner un appareil de laboratoire qui, avec des mélanges gazeux comprimés à 185 atm, donnait 90 g d’ammoniaque à l’heure.
- La substance qui, à ces pressions, donne les meilleurs résultats sous le rapport des effets catalytiques, est l’osmium; à la pression de 175 atm et à la température de 550 degrés centigrades, en emplovant de l’osmium très finement divisé, un mélange de 1 volume d’azote et de 3 volumes d’hydrogène donne un rendement de 8 0/0 d’ammoniaque en volume. Gomme l’osmium est un métal rare, on a dû chercher une autre substance ayant les mômes propriétés, et on a trouvé l’urane, métal plus commun et qu’on peut obtenir facilement au four électrique avec de l’oxyde d’urane réduit par le charbon.
- La réalisation de l’industrie de l’ammoniaque synthétique paraît assurée par le fait que la Badische Anilin und Soda Fabrik a protégé le procédé par des patentes et l’a mis à ^expérimentation dans ses établissements.
- Cette méthode de l’utilisation de l’azote de l’air est préférable à la méthode par fabrication des nitrates ou de la cyanamide calcique dans les pays qui ne possèdent' pas de grandes forces hydrauliques permettant d’avoir l’énergie électrique à bon marché. On peut se procurer l’azote par le procédé Linde ou par des procédés analogues à un prix relativement bas, 0,02 à 0,10 f le kilogramme; l’hydrogène peut être obtenu du gaz à l’eau ou du.gaz d’éclairage, dès qu’on a du charbon à sa disposition ; la dépense d’énergie pour la compression et le déplacement du gaz est peu importante, de même que celle pour le chauffage de l’appareil de formation et le refroidissement de celui de séparation de l’ammoniaque. La marge économique est assez large si on considère que le prix de 1 kg d’azote contenu dans l’ammoniaque ressort à 1,40 f environ.
- Ce procédé permettrait, en outre, d’utiliser avantageusement l’hydrogène produit dans la fabrication électrolytique de la soude, hydrogène qu’on laisse généralement perdre dans l’atmosphère. En comptant sur un rendement moyen industriel de 1 200 kg de soude caustique par cheval et par an, auquel correspond une production de 30 kg d’hydrogène, on obtiendra théoriquement 650 kg de sulfate d’ammoniaque par cheval et par an. Il y a là un moyen d’améliorer dans une assez large mesure la situation économique des fabriques de soude électrolytique.
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- de qui précède est le résumé d’un article de M. Angelo Goppadoro dans le numéro du 1er mai 1910 del’Industrie/,.
- Une note de la rédaction fait observer que l’utilisation de l’hydrogène produit par l’électrolyse du sel commun ne peut être facilement réalisée par le fait qu’il est difficile d’éviter l’introduction d’air dans les bacs où s’opère l’électrolyse et, par suite, le danger de la formation de mélanges détonants. De plus, l’emploi de l’hydrogène extrait du gaz à l’eau ou du gaz de gazogène ne permettrait pas de réaliser les meilleures conditions pour la réussite du procédé Huber, parce qu’il n’est guère possible d’éliminer l’oxyde de carbone contenu et qui devrait être comprimé à 200 atm.
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- COMPTES RENDES
- ANNALES DES PONTS ET CHAUSSÉES
- Juillet-Aout 1910.
- Notice sur l'qiiiration biologique des eaux «l’égout sur sol
- artificiel, par M. A. Loevy, Ingénieur des Ponts et Chaussées.
- Dans cette note très développée, l’auteur expose sommairement, dans une première partie, l’état actuel de la question de l’épuration biologique des eaux usées sur sol artificiel, puis, dans une seconde partie, il donne quelques renseignements sur les installations d’épuration de quelques villes d’Angleterre : Manchester, Birmingham, Hampton et Bolton.
- Dans la troisième partie se trouvent résumées les recherches faites depuis plusieurs années par le service municipal de l’Assainissement de la Seine en vue de l’épuration des eaux d’égout de Paris, et enfin la dernière partie est consacrée à la description des premières applications des procédés biologiques sur sol artificiel faites dans des conditions très spéciales par la Ville de Paris, ce sont les installations delà Roche- ' Ouyon, près de Bonnières, et du Fond-de-Vaux, près Pontoise.
- Il est utile de rappeler que les procédés d’épuration chimique usités presque partout jusqu’à 1900 étant extrêmement onéreux et imparfaits, on a cherché d’autres moyens d’améliorer les eaux usées et, qu’en l’absence de terrains naturels aptes à favoriser l’épuration, on est arrivé à l’idée de créer de véritables sols artificiels constitués par des matériaux sans valeur.
- Ces procédés, employés d’abord à l’étranger, paraissent présenter de très grands avantages ; 1° sur l’épuration par le sol naturel, à cause des surfaces infiniment moindres qu’ils nécessitaient et de l’absence d’inconvénients, tels que : odeurs, moustiques, colmatage, etc. ; 2° sur l’épuration chimique par la suppression des dépôts et dés boues et des frais de produits précipitants. On s’empressa trop vite de proclamer la faillitte de ces procédés, mais il semble aujourd’hui qu’on s’était un peu hâté de conclure et qu’il y a encore beaucoup à faire pour rendre les procédés réellement pratiques et économiques.
- Néanmoins les procédés d’épuration sur sol artificiel présentent un intérêt considérable et sont certainement appelés à: prendre une place de plus en plus: grande dans les projets d’épuration et même,, dans bien des cas, ils pourront jouer un rôle important comme compléments ou
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- régulateurs des procédés déjà usités. C’est ce qui fait que la Ville de Paris, à la suite d’essais, puis d’applications faites tout d’abord dans des conditions spéciales, a soumis à l’approbation du Conseil municipal des projets en vue d’exécuter de vastes stations d’épuration sur sol artificiel destinées à servir de complément et de régulateurs à l’épuration par le sol naturel.
- Pour donner une idée des installations que nous venons de mentionner, nous dirons un mot de celle de Fond-de-Vaux, près Pontoise, qui a été créée dans le but très spécial d’épurer, avant de les rejeter dans l’Oise, les eaux d’égout qui viennent s’accumuler dans le thalweg de la vallée de Vaux.
- Cette installation comporte actuellement :
- 1° Un vaste bassin de retenue à l’emplacement d’une ancienne mare;
- 2° Une canalisation amenant dans ce bassin les eaux de diverses provenances;
- 3° Deux lits percolateurs en aval du bassin; l’un circulaire de 15 m de diamètre, l’autre rectangulaire de 15 X 50 m.
- Cette installation, qui va être incessamment augmentée et permettra de constituer, en quelque sorte, un régulateur des irrigations dans cette région des champs d’épuration agricole, est dès à présent susceptible de traiter un cube journalier de 1 000 à 1200 m3, et fonctionne dans d’excellentes conditions.
- Note sur divers types de stations souterraines établies dans des rues étroites pour le Chemin de fer Nord-Sud de Paris, par M. Bechmann, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées.
- La nécessité de pourvoir les stations do deux quais latéraux dont la largeur normale de 4,10 m ne devait pas descendre au-dessous de 3,50 m, ce qui imposait une ouverture intérieure d’un minimum de 12,30 m, a obligé à recourir à des dispositifs spéciaux pour quatre stations établies dans des rues de faible largeur.
- Trois de ces stations sont rue de Vaugirard et la quatrième est rue d’Amsterdam, à la rencontre des rues de Berlin et de Moscou. Dans les premières, on a dû établir les pieds-droits dans des conditions particulières pour ne pas empiéter sous les maisons riveraines et, pour la quatrième, on a dédoublé la station en en formant deux, l’une ayant un quai unique à droite, l’autre l’ayant à gauche. Cette solution ingénieuse permettrait, en réduisant la largeur du quai à 3,30 m, à faire une station dans une rue de largeur à peine supérieure à 10 m.
- Note sur l’exécution de la station de la rue de Crimée du Chemin de l‘er métropolitain de Paris, par M. Suquet, Ingénieur des Ponts et Chaussées.
- La ligne du Métropolitain, allant aux abattoirs de la Villette, suit en souterrain la rue de Flandre dont le peu de largeur a compliqué notablement l’établissement des ouvrages.
- Au voisinage de la rue de Crimée, notamment, même avec une largeur de quais réduite à 3,50 m, la partie en œuvre de la station s’éle-
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- vait à 12,70 m, ce qui, avec une largeur entre les façades des maisons de 14 m ne laissait plus pour les culées qu’une épaisseur de 0,65 m, carrelage compris ; il fallait donc recourir à une solution spéciale, consistant à faire la station d’une voûte elliptique reposant sur des culées très minces dont l’épaisseur des parties verticales est réduite à 0,63 m, ce qui, avec le carrelage, donne les 0,65 m disponibles. Ces culées, en béton armé, sont constituées par un volume de béton de 6,25 m3 avec 460 kg d’armature d’acier par mètre courant de culée. La dépense prévue pour la station était de 410 000 f; il a été consenti un rabais de 27,20 0/0,
- Sur le le tracé pratique de certaines courbes utilisables dans la construction des ponts, par M. M. d’Ocagne, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées.
- Cette note vise principalement le tracé de la chaînette, mais la méthode indiquée s’applique à toute autre courbe transcendante présentant un axe de symétrie.
- Démolition en ventouse d'un parement de bajoyer du
- pertuis de communication entre les bassins du port de Saint-Nazaire, par M. Le Trocquer, Ingénieur des Ponts et Chaussées.
- La nouvelle écluse d’entrée au port de Saint-Nazaire ayant une largeur utile de 30 m, et le pertuis de communication entre les deux bassins n’ayant que 25 m, largeur réduite à 22,15 m à la base par le fruit des bajoyers inclinés, il devenait nécessaire de mettre cet ancien ouvrage en harmonie avec les dimensions de la nouvelle entrée. Cette nécessité était encore rendue plus urgente par la construction, dans le bassin de Penhouet, des nouveaux cuirassés de 25 m de largeur. On a dû, en attendant l’achèvement des travaux d’élargissement en cours d’exécution, faire un élargissement provisoire du pertuis pour permettre le passage de ces navires aussitôt après lancement.
- La longueur du pertuis était de 218 m. On a opéré sur le bajoyer ouest; on a démoli à l’air libre les maçonneries au-dessus de la cote à laquelle le niveau de l’eau dans les bassins pouvait descendre et, au moyen de ventouses, les maçonneries situées en dessous,
- Les ventouses employées sont en acier laminé; elles ont 4 m de largeur sur 5,65 m de hauteur; les ailes ont une forme trapézoïdale qui leur permet d’épouser le fruit du parement du bajoyer. On s’est servi également de ventouses en bois, qui ont l’avantage d’être plus légères et de se manœuvrer plus facilement.
- L’étanchéité était obtenue par des bourrelet^ en toile remplis d’étoupe bien serrée et bien battue. Quand la ventouse était bien appuyée, on épuisait l’eau qu’elle contenait et on procédait à la démolition des maçonneries, Ces maçonneries étant très dures, on a dû employer la mine pour la dislocation des blocs.
- La dépense s’est élevée à 40 000 f en nombre rond, soit pour 432 m3, un prix de 92,35 f par mètre cube, dont 50,69 f pour main-d’œuvre et assurances ouvrières et 13 f pour matières premières. Le prix payé à l’entreprise a été de 117 f.
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- Rectification «l’une route nationale exécutée comme chemin vicinal dans l’Aveyron, par M. Daudoux, Ingénieur des Ponts et Chaussées.
- La rectification d’une partie de la route nationale n° 111, de Millau à Tonneins s’imposait par suite des conditions de cette partie comportant des déclivités de 0,09 et 0,10 m par mètre et un lacet de 5 m seu-ment de rayon.
- La partie la plus intéressante de cette rectification est un viaduc sur l’Aveyron comportant une arche elliptique de 32 m d’ouverture et six arches supplémentaires de 4 m.
- Dans cette rectification, les déclivités ont été ramenées à 5 0/0 et le rayon des courbes à 30 m.
- ANNALES DES MINES 5e livraison de 4940.
- lia radioactivité des sources thei'unaies de Plombières et des Vosges, par M. André Brochet.
- Les eaux de Plombières paraissent être en France au premier rang au point de vue de la radioactivité.
- L’auteur s’est livré à des essais très complets soit sur la radioactivité proprement' dite, soit sur les gaz qui se dégagent du griffon des sources, soit enfin sur les matières solides provenant de l’évaporation des eaux.
- Ses conclusions sont que :
- 1° Les eaux thermales de la région des Vosges sont fortement radioactives ;
- 2° En ce qui concerne celles de Plombières, les plus riches en émanation, leur radioactivité moyenne correspond à environ 1,11 milligramme-minute par 10 1 d’eau, avec une radioactivité maxima de 2,18 pour la source Lambinet ;
- 3° Cette radioactivité est due à l'émanation du radium ;
- 4° La puissance radioactive de la station de Plombières est de 55 à 60 milligrammes, c’est la quantité de bromure de radium nécessaire pour-fournir l’émanation correspondant à la totalité des eaux thermales.
- La radioactivité moyenne et la puissance radioactive sont les deux valeurs caractéristiques de la radioactivité d’une station. Elles seraient intéressantes à déterminer fi’une façon générale. Pour les sources riches en gaz, il faudra naturellement faire intervenir dans le calcul la radioactivité et le débit gazeux.
- lies gisement aurifères «lu nord de Madagascar, par
- M. Antoine Merle, contrôleur des Mines.
- Les filons du nord de Madagascar ont une individualité propre qui les différencie de ceux du reste de l’île ; les différences sont profondes et ont trait :
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- 1° A la coexistence du quartz et de la barytine ;
- 2° Au mode de remplissage des fissures ;
- 3° A la teneur en or du métal natif.
- Ce métal est, à proprement parler, un alliage naturel d’or et d’argent rentrant dans le groupe désigné par certains auteurs sous le nom d’Electrum ou Or argentai; les proportions sont d’environ 3 d’or contre 1 d’argent.
- La note donne d’intéressants détails sur l’exploitation qui se fait de la manière la plus primitive à tel point qu’un ingénieur qui a visité la région a pu dire avec raison qu’on n’exploitait pas autrement du temps de Semiramis ou du roi Salomon. On peut estimer grossièrement la production annuelle à 3 millions de francs.
- Il serait intéressant de savoir quelle production donnerait une exploitation comportant des installations industrielles.
- Discours prononcé aux funérailles de M. Raoul Perrin, Inspecteur général des Mines, par M. Nivoit, Inspecteur général des Mines
- Bulletin des travaux «le chimie exécutés en 1908 par les Ingénieurs des Mines dans les laboratoires départementaux.
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS ALLEMANDS
- N° 39. — 24 septembre 1910.
- t
- Nouvelle construction pour turbines à vapeur, par K. Kôrner et F. Lôsel (suite).
- Expérience sur des piliers en maçonnerie de briques et en béton chargés dans l’axe ou excentriquement, par C. Bach.
- Essai par bille au choc, par J. ,T. Schneider.
- Expérience sur la transformation de la vitesse de l’eau en pression, par K, Andrés (fin).
- Groupe de Berg. — Utilisation de l’échappement des machines à haute pression.
- Bibliographie. — Chaudières marines et, en particulier, chaudières tubulaires, par Ii. Dieckhoff et Bachholz. — Guide pratique d’électrotechnique, par C. Brion.
- Revue. — Machine pour la fabrication des tuyaux de plomb. — Grue tournante et roulante pour les chemins de fer de l’État portuguais à Lourenço Marques. — Exploitation de nouvelles houillères dans le nord de la Chine. — Usines hydrauliques de El Botelles, au Mexique. — Wagons frigorifiques des chemins de fer russes. —Wagon à marchandises de 45 t pour voie de 1 m. — Le Canadian Northern Railway. — Locomotive électrique à courant alternatif de la fabrique de machines
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- d’Oerlikon. — Transports réguliers par omnibus automobiles en Italie. — Emploi de locomotives routières à moteur à combustion interne pour les travaux de terrassement. — Pont de chemin de fer sur le Gange. — Pont en maçonnerie de grande portée. — Mât de 300 m pour télégraphie sans fil.
- N° 40. — 1er octobre 1910.
- Expériences sur une soufflerie Rateau, par H. Bouté.
- Appareils de déchargement à commande électrique, par O. Pollok.
- Méthode simple pour le calcul des pièces courbes, par R. Baumann.
- Tracé par développants des dents d’engrenages notamment pour les laminoirs, par Rudoll Plessing.
- Groupe d'Aix-la-Chapelle. — Fabrique de câbles d’Eschweiler. — Réservoirs à gaz.
- Groupe d'Alsace-Lorraine. — Procédés de métallisation de Schoop.
- Revue. — Plaques pour tourner les locomotives Mallet avec leurs ten-ders. — Grue-wagon pour chemin de fer. — Nouvelle gare à voyageurs du New-York Central aud Hudson River Railroad. — Le chemin de fer de la Bernina.— Éclairage des automobiles. — Le tunnel du Loetsch-berg. — Bateaux-phares non gardés. — Port d’Heligoland. — Lancement d’un vapeur de commerce italien avec moteurs Diesel. — La navigation dans le canal de Sault Sainte-Marie. — Nouvel alliage sans fer de grande résistance.
- N° 41. — 8 octobre 1910
- Construction des barrages d’usines hydrauliques aux États-Unis, par Frank Koester,
- Automobiles et moteurs à combustible liquide à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1910, par A. Heller.
- Théorie des phénomènes radioactifs, par Ch. Schoefer.
- Estimation du débit d’un cours d’eau au moyen de tube de Pitot, par Schuster.
- Groupe de Hanovre. — Les chemins de fer monorails et le gyroscope.
- Groupe de Wurtemberg.— Les installations hydro-électriques de la ville de Stuttgard à Poppenweiler.
- Bibliographie. — Les câbles électriques, leur fabrication et leur pose, par C. Baur. — Les arcs à deux articulations, par K. Brabandt. — Production mécanique du froid, par J. A. Ewing. — Comptes rendus, rapports et communications du premier Congrès français du Froid.
- Revue. — Fabrication électrique de l’acier aux usines Le Gallais, Metz et Cie à Dommeldingen, Luxembourg. — Activité des établissements impériaux d’essais de physique et mécanique dans l’année 1909. — Chemins de fer électriques à courant alternatif de Victoria-London
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- Bridge et Rotterdam-La liaye-Scheveningue. — La 6 000e, locomotive sortie des ateliers de la Société hanovienne précédemment Georg Eges-terff. — Locomotive à turbine. — Forces, motrices du lac Spuller près Danofen dans le Tyrol. — Le dirigeable français Clément-Bayard II. — Le transatlantique français France. — Expériences sur la résistance à la rouille dans l’eau chaude de diverses espèces de fer. — Fabrication des briquettes de charbon dans l’Amérique du Nord.
- N° 42. — 15 octobre 1910.
- Les machines-outils à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1910, par F. Adler (suite).
- Nouvelle construction de turbines à vapeur, par K. KôrneretF. Losel (suite).
- Expériences sur le travail des meules, par W. Pockrandt.
- Construction des barrages des usines hydrauliques aux États-Unis (suite), par Frank Koester.
- État actuel de l’industrie des chaudières à petits éléments (Supplément), par Pradel.
- Groupe de la Ruhr. — La fabrique de machines par actions de Buis-bourg, précédemment Bechem et Koetman. — Les mines d’or du Transvaal.
- Bibliographie. — Technologie des huiles et graisses, par G. Hefter. — La construction navale moderne IIe partie, chaudières et machines principales, par B. Bchulze. — Encyclopédie des sciences mathématiques. Vol. IV. — Résistance des matériaux, par Th. von Karman. — Théorie de la poussée des terres, par II. Reissner. — Manuel de l’emploi du béton armé, par F. W. O. Schulze et L. Kauf.
- Revue. — Chaudière avec grille tournante. — Pompe centrifuge à très haute pression de Sulzer frères. — École technique supérieure de Breslau. — Stérilisation de l’eau par les rayons ultra-violets.,— Fabrication des briquettes de minerai de fer. — Turbine à basse chute de 2 800 ch. — Turbine Brown Curtis du croiseur anglais Bristol. — Dock flottant français pour sous-marins. — Chauffage au pétrole des locomotives en Amérique. — Tramways à accumulateurs à New-York.
- N° 43. — 22 octobre 1910.
- Fabrication du papier pour billets de banque, par G. Nicolaus. Examen des tôles de chaudières sur lesquelles on observe des fissures, par C. Bach.
- Automobiles et moteurs à combustible liquide à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1910, par A. Heller (fin).
- Expériences sur le travail des meules, par W. Pockrandt (fin). Manoeuvre électrique du barrage sur le Bas-Weser près Brême, par O. Tuch.
- Bull.
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- Aperçu sur le calcul des locomotives, par R. Engel.
- Appareils de déchargement à manœuvre électrique (Supplément), par O. Pollok.
- Bibliographie. — Aide-mémoire pour la construction navale, par E. Krieger. — Protection contre le froid et la chaleur, par Andersen.
- Revue. — Mât téléscopique. — Estimation dynamique de la dureté des métaux. — Le chemin de fer d’Astrakan. — Alimentation d’eau de la ville de Milan. — Moteurs Diesel de la force de 8 000 ch. — Fours électriques Héroult en Californie. — La voie des chemins de fer et les signaux au Musée allemand.
- Locomotives électriques à courant alternatif pour le Loetschberg. — Service postal par automobiles en Bavière. — Réservoir au béton armé de 2500 m3 de capacité. — Grandes formes sèches en Angleterre.— Exposition universelle à Tokio en 1907.
- Pour la Chronique et les Comptes Rendus : A. Mallet.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Ire SECTION
- Pratique «le l’art de construire,
- de MM. Claudel, L. Laroque et Dames. (1).
- Le but de cet ouvrage de 1300 pages est d’exposer d’une manière aussi simple que possible les procédés techniques et pratiques par l’exécution de divers travaux du bâtiment.
- La partie technique est débarrassée de tout ce qui la rend trop aride, la partie pratique est exposée avec beaucoup de clarté et de précision. Cet ouvrage est donc un aide puissant pour tous les corps de bâtiment et la septième édition, complètement mise à jour, sera consultée avec profit par les Ingénieurs, les architectes, les entrepreneurs, les conducteurs, les métreurs et aussi tous les ouvriers de métier. J. H.
- Établissement des canalisations d’eau, de gaz et d’assainissement, au point de vue des intérêts financiers et sanitaires, de J. Gilbert (2).
- Les joints en plomb, en caoutchouc, en plomb et caoutchouc des conduites d’eau et de gaz, occasionnent après quelque temps de service des fuites, souvent coûteuses, et qui pour l’eau sont très dangereuses au point de vue de la propagation des germes des maladies infectieuses.
- M. Gilbert, Ingénieur-Architecte, propose un système de conduite, très résistant et très élastique, à joints de caoutchouc et à clef en plomb. On trouve dans cette brochure tous les renseignements utiles aux conduites en fonte et en acier sans soudure, conduites qui ont obtenu l’approbation de la sous-commission des inventions. J. H.
- Charpente en bois et menuiserie,
- de S. Denfer, ancien Professeur à l’Ecole Centrale (3).
- La première édition de son Traité de charpente en bois et menuiserie étant épuisée. M. Denfer vient de faire paraître une deuxième édition.
- (1) In-8°, 230X140 de xxix-1297 p. avec 1.162 fig. et nombreux tableaux. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, 1910. Prix : broché, 22 f.
- (2) In-8°, 220X140 de 20 p. avec 15 fig. Angers-Paris, Lenormand.
- (3) In-8°, 255X165 de 686 p. avec 721 fig. Parjs, Gauthier-Yillars, 55, quai des Grands-, Augustins, 1910. Prix : broché 25 f.
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- Le plan général reste le même, mais quelques paragraphes sont entièrement nouveaux.
- Dans le chapitre VI, charpente ou chantier, on trouve, en effet, une intéressante description des procédés de levage employés au montage des arcs du viaduc d’Austerlitz, pour le Chemin de fer Métropolitain.
- Mais c’est surtout par l’addition de la description et de l’étude des coffrages pour maçonneries armées que la deuxième édition sera consultée avec fruit par tous ceux qui s’intéressent à la construction en ciment armé. On y trouve entre autres une étude très documentée sur les coffrages de grandes consoles du chemin de fer de l’Ouest-Etat, sur la rue de Rome. Enfin dans ce chapitre encore, l’auteur a ajouté la description des grands cintres modernes (viaduc du Moulin des Pierres, sur la Valsérine) et des métrés donnant pour chaque portée la dépense approximative de bois nécessitée par la construction.
- Dans le chapitre VII, on trouve des ouvrages en construction mixte de fer et bois, entre autres la voie de service du chemin de fer, en construction, du Lôtschberg.
- En résumé, cet ouvrage très intéressant, où chaque étude est appuyée d’exemples très bien choisis, sera très utile à tous les entrepreneurs qui font usage de la charpente et de la menuiserie, soit sur leurs chantiers, soit comme but de leur entreprise. J. H.
- Dictionnaire illustré des termes techniques. — En six
- langues, volume vin. — Constructions en béton armé, de A. Schlomann
- et H. Becheh (1).
- Les, dictionnaires illustrés, en six langues, sont destinés à faciliter la lecture de livres et l’échange de correspondances techniques. Le volume « Constructions en béton armé », est le premier d’une série d’ouvrages spéciaux consacrés aux travaux de construction. Il se divise en dix-sept chapitres, comprenant le mode de fabrication de constructions en béton armé, préparation, mise en œuvre, coffrage et les principales adaptations du béton armé pour les fondations, planchers, colonnes, escaliers, travaux hydrauliques, réservoirs, ponts, silos, etc. Dans chaque chapitre, les mots ont été classés méthodiquement dans six langues (français, anglais, allemand, espagnol, italien et russe), et une table alphabétique unique permet de se retrouver très facilement.
- Ce dictionnaire très net, soigneusement imprimé et fort bien exécuté, est un recueil de précieuses indications. Il est appelé à rendre de grands services aux Ingénieurs, aux industriels spécialistes du béton armé, qui désirent entretenir des relations avec l’étranger. J. H.
- (1) ln-16, 175X100 de vn-415 p. avec plus de 900 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, 1910. Prix : relié, 7 f.
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- Allongement des écluses du Canal du Midi et du Canal latéral à la Craronne, par M. V. Boilève (4).
- Le Congrès de Toulouse demande que conformément à la loi du 5 août 1879, les écluses du Canal du Midi et du canal latéral à la Garonne soient portées à une longueur de 38,50 m et que les travaux prévus, par la loi de 1903, soient mis en exécution. De cette façon, les bateaux pourront porter 300 t, ce qui permettra à la batellerie de vivre et de faciliter les échanges entre Bordeaux et Cette. M. Boilève passe en revue les objections faites à ces travaux et conclut qu’aucun des arguments opposés ne peut infirmer la nécessité du projet.
- J. H.
- Législation de la voirie et du roulage,
- de MM. L. Gourcelle et F. Brensvick (2).
- La législation de la voirie est peut-être une des plus anciennes, le premier édit remontant à Dagobert Ier. Mais aussi que de lacunes, de contradictions dans tous ces édits, ordonnances, arrêtés traitant de la voirie. Une mise au point s’imposait et, dans l’ouvrage de MM. L. Gourcelle et F. Brunswich, nous trouvons rassemblés les documents relatifs à la voirie; les défauts sont signalés ainsi que les réformes à accomplir.
- On y trouve un exposé très complet du régime juridique des chemins, depuis leur naissance j usqu’à leur disparition. De même, la question, si intéressante, du régime des propriétés riveraines des voies publiques fait l’objet d’une étude très minutieuse et très utile à tous les archiiectes et propriétaires des grandes maisons de rapport dans les villes.
- La circulation si complexe depuis quelques années, par le développement des chemins de fer, et que l’automobilisme a rendue plus dangereuse et active, est très étudiée, et on trouve, en annexe, tous les documents in extenso se rapportant à cette question.
- Enfin, un sujet tout moderne est celui des conducteurs électriques, qui dans ces dernières années a donné naissance à de multiples et importants règlements. Dans les annexes de la police du roulage, on trouve tous les documents in extenso s’v rapportant. J. H.
- ii’IIydraulicfue agricole, tome I, de Lévy-Salvador et P. Frick (3).
- L’utilisation rationnelle de nombreux cours d’eau pour les besoins de culture, les irrigations, l’industrie, est une source de richesse indiscuti) In-8°, 195X135 de 15 p. Béziers, J.-B. Perdraut, 1910.
- (2) In-16, 185X120 de vm-825 p. Paris, H. Dunod et F. Pinat, 49, Quai des Grands-
- Augustins, 1910. Prix relié, 12 f. .
- (3) In-16, 185X113 de x-628-16 p. avec 217 fig. et 4 pl. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, 1910. Prix : relié, 15 f.
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- table. Bien souvent, de grandes forces vives sont pourtant inutilisées, soit par manque de connaissances techniques, soit plus souvent encore faute de procédés pratiques de mise en valeur et de compétence juridique, sur les conditions générales d’exploitation.
- Le livre sur « l’Hydraulique agricole » répond à ces trois désidérata. Une courte étude théorique, un solide ensemble de procédés pratiques et une réglementation très complète permettant à tout riverain d’utiliser au mieux l’eau qui traverse sa propriété.
- Cet ouvrage est donc appelé à se répandre beaucoup. Une première édition est déjà épuisée. Cette deuxième édition, complétée par les derniers calculs de M. Bazin et les plus récents procédés, doit être lue par tous ceux qui s’intéressent au développement de la richesse terrienne de la France. J. H.
- IIIe SECTION
- Comment on construit un aéroplane.
- de R. Desmons (1).
- M. R. Desmons a divisé sa brochure en trois chapitres. Dans le premier, il donne les éléments de la construction d’un modèle réduit cfaéroplane;.dans le deuxième, il étndie la construction d’un planeur qu’il a conçu. Enfin, dans le chapitre III, il décrit l’expérimentation de ce planeur. G. Lumet.
- lies aéroplanes de 19 fl O, de R. de Gaston (2).
- Le sous-titre de cet ouvrage en définit exactement le caractère : « Étude technique avec plans cotés, pour la plupart des principaux aéroplanes existant au début de 1910 ».
- Tous ceux qui s’occupent d’aviation ont eu à se plaindre de l’extrême dispersion des documents relatifs à chaque appareil.
- De temps en temps une publication technique rassemble en un tableau les caractéristiques des principaux aéroplanes. Mais ici nous avons un document complet et qui fait date. Le classement alphabétique, certaines dispositions typographiques auxiliaires, facilitent grandement les recherches : pour chaque appareil, on trouve une description des principaux organes, accompagnée de photographies et de schémas cotés. A la fin de l’ouvrage, un tableau résume les caractéristiques principales d’une quinzaine d’appareils choisis parmi les plus connus.
- G. Lumet.
- (1) In-8°, 215X135 de 28 p. avec 9 pt. Paris, F. Louis Vivien, 20, rue Saulnier, 1909. Prix: broché, 1 f.
- (2) In-4°, 275 X 220 de 86 p. à 2 col. avec fig. et 1 tabl. Paris, Librairie aéronautique, 32, rue Madame. Prix : broché, 4 i.
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- luew aéroplane*. Considé?'ations théoriques, de Paul Raybaud (1).
- Cet ouvrage est le bref exposé d’une théorie nouvelle qui s’écarte beaucoup de tout ce qui a été admis jusqu’à ce jour au sujet des influences exercées par l’air sur des surfaces en mouvement.
- G. Lumet.
- Qualité* qnc devront po**éder le* Aéroplane* et les Hélicoptères de l’avenir, de A. Micciollo (2).
- L’auteur expose, dans cette brochure, des vues personnelles sur la construction des aéroplanes et des hélicoptères.
- Il annonce la solution pratique du problème de la propulsion par l’emploi d’une hélice de son invention. Il décrit un dispositif, également de son invention, qui se propose de donner aux moteurs une puissance constante quelles que soient les variations de la pression atmosphérique.
- G. Lumet.
- lééquilibre des aéroplane*, de R. Desmons (3).
- L’auteur étudie successivement les conditions d’équilibre latéral et longitudinal des oiseaux, puis la stabilité latérale et la stabilité longitudinale, par équilibreurs commandés et par équilibreurs automatiques.
- Enfin, il envisage la question de l’équilibre ‘des aéroplanes à inci~ dence variable des ailes, équilibre réalisé à la volonté du pilote ou automatiquement. G. Lumet.
- Stabilité de* aéroplane*. — Surfaces métacentriques, de M. Brillouin, Professeur au Collège de France (4).
- M. Brillouin, Professeur au Collège.de France, a réuni, dans cette brochure, une série d’articles parus dans la Revue de Mécanique, au cours de l’année 1909 ; il y a joint deux notes publiées aux Compte rendus de l’Académie des Sciences, en 1905 et en 1908, en les accompagnant des développements nécessaires pour en expliquer clairement la signification.
- Dans les premiers chapitres, M. Brillouin montre comment on peut construire la coupe métacentrique d’un aéroplane à surfaces planes, pour les diverses inclinaisons dans le plan de symétrie.
- (1) In-8°, 215 X 135 de 24 p. avec fig. Paris, F.-Louis Vivien, 20, rue Saulnier, 1910. Prix : broché, 1 f.
- (2) In-8°, 225 X 140 de 196 p. Paris, F.-Louis Vivien, 20, rue Saulnier, 1909. Prix : broché, 3,50 f.
- (3) In-8°, 255X110 de 51 p. avec fig. Paris, F. Louis Vivien, 20, rue Saulnier, 1909. Prix : broché, 1,50 f.
- (4) In-4°, 320X225 de 79 p. avec fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, 1910. Prix : broché, 3,50 f.
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- Il indique, ensuite, pour l’aéroplane avec ou sans hélice, à quelles conditions les manœuvres (gouvernails, ailerons, etc.) doivent satisfaire pour que leur emploi ne fasse pas naître d’oscillations.
- Dans la note I sont discutés certains cas d’indétermination du mouvement permanent des aéroplanes rigides. Dans la note II sont indiqués quelques caractères généraux de la résistance des fluides au mouvement permanent (translation et rotation) d’un corps rigide.
- G. Lumet.
- l)esci’i|)ii«m et usage dr l’Astrolabe à gtrisme,
- de A. Claude et L. Drlencourt (1).
- Cet ouvrage se compose de deux parties très inégales : la première, aui comprend les chapitres I à YI inclus, est plus particulièrement descriptive et théorique. Les chapitres I et II contiennent les principes de l’astrolabe à prisme, l’étude de l’influence des erreurs instrumentales, la description des deux types d’instruments, les procédés à employer pour leur réglage, et la marche des images dans le champ de la lunette de chacun d’eux. Le chapitre III est entièrement consacré à l’exposition de la méthode générale des hauteurs égales pour la détermination de la latitude et de l’heure, et de son application au cas particulier des hauteurs observables avec l’astrolabe à prisme.
- La détermination des longitudes par les hauteurs égales de lune et d’étoiles forme la matière du chapitre IV et est traitée par la méthode des lieux géométriques.
- Les chapitres Y et YI concernent la préparation des observations et l’identification des étoiles inconnues observées.
- La deuxième partie es t formée du septième et dernier chapitre intitulé : « Pratique des observations et des calculs ». Elle renferme, classées dans l’ordre où l'on peut en avoir besoin, toutes les notions vraiment pratiques acquises au cours de la première, avec des exemples de séries d’observations et de détermination de longitude.
- G. Lumet.
- Manuel «le l’aviateur eoustructeur,
- de MM. Calderara et Banet-Rivet (2).
- Cet ouvrage retrace rapidement l’historique de l’aviation, puis est divisé en trois parties.
- Dans la première, qui traite de la théorie élémentaire de l’aéroplane, l’auteur examine successivement la sustentation et la propulsion, la dynamique, les organes d’évolution, l’équilibrage automatique de l’aéroplane et enfin l’hélice.
- (1) In-8°, 220 X 160 de xxx-392 p. avec 35 fig. et 7 pl. Paris, Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, 1910. Prix : relié, 15 f.
- (2) In-8°, 190 X 125 de vm-290 p. avec 152 ûg. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, 1910. Prix : broché, 5 L
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- Dans la deuxième partie, l’auteur étudie la construction de l’aéroplane et, à cet effet, il fait la classification et la comparaison des aéroplanes actuels, étudie la membrure des appareils, les organes d’évolution et de commande, de départ et d’atterrissage, les propulseurs et les moteurs. Cette deuxième partie se termine par des conseils et des renseignements.
- La troisième partie donne des notions de mécanique, des notions sur la résistance des matériaux, et des tables permettant leur emploi à la construction d’un aéroplane, puis des formules d’arithmétique, de trigonométrie et de géométrie.
- Les auteurs s’étaient proposé de faire une œuvre pratique; ils y ont pleinement réussi, et ce manuel qui s’adresse cà l’aviateur constructeur pourra aussi être utilement consulté par tous les ingénieurs qui désirent étudier les principaux problèmes que soulève l’aviation.
- G. Lumet.
- I/Aviatiofifi,
- Conférences faites en 1909, de M. le Commandant Paul Renaud (1).
- Les conférences réunies dans cet important ouvrage ont été publiées dans le Bulletin de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale.
- La première traite des généralités sur l’aviation, des lois fondamentales de la résistance de l’air et du triple point de vue sous lequel on doit envisager la résistance de l’air en aviation.
- Dans la deuxième conférence, M. le Commandant Renard étudie le plan mince, le coefficient de la résistance de l’air et les carènes aériennes.
- La troisième a pour objet l’étude des sus tentateurs aériens et, en particulier, de la sustentation orthoptère; la qualité sustentatrice y est définie.
- La quatrième continue l’examen de cette question de la sustentation ; elle envisage la sustentation oblique et donne les moyens d’améliorer la qualité sustentatrice.
- Dans la cinquième conférence, l’auteur étudie les propulseurs aériens et, notamment, l’hélice propulsive aérienne.
- Enfin, dans la sixième conférence, M. le Commandant Renard examine différents types d’appareils d’aviation et, parmi eux, les ornithop-tères, les hélicoptères et les aéroplanes. Il dit les avantages de ce dernier type et termine par un aperçu de l’avenir .de l’aviation.
- La grande autorité du conférencier, l’exposé très clair des problèmes les plus délicats de l’aéronautique, donnent à cet ouvrage une importance toute spéciale.
- G. Lumet.
- (1) In-4", 285 X 225 de vii-184 p. avec 74 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, 1909. Prix : broché, 5 f.
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- I/aviaiioit ex|»li«|ué«*, de L. Ventoux-Duclaux (1).
- Cet ouvrage étudie successivement le principe de l’aéroplane, les hélices aériennes, les surfaces portantes, les moteurs d’aviation. IL donne des vues intéressantes sur la question des turbines à gaz.
- Ensuite, l’auteur décrit les types les plus connus parmi les appareils d’aviation et termine son ouvrage par un dictionnaire des termes les plus couramment employés en aéronautique. C’est là une œuvre de vulgarisation, œuvre conçue avec méthode et clarté par un Ingénieur spécialiste. Gr. Lumet.
- Modèles d’apiiavcils «l’aviation «le i’Anti«|uité à 110s jones (2).
- Dans ce recueil, de 131 modèles d’appareils d’aviation, nous trouvons des monoplans, biplans, oiseaux mécaniques, hélicoptères, parachutes, jouets, machines volantes, planophores, vélocipèdes aériens, construits ou imaginés par les précurseurs célèbres ou inconnus du plus lourd que l’air. G. Lumet.
- Hietionnaiees techniques illustrés en six langues (Français, Allemand, Anglais, Russe, Italien, Espagnol), établis d’après une méthode nouvelle et pratique, de A. Schlomann, Ingénieur. — Dixième volume. Automobiles et Canots automobiles, Dirigeables et Aéroplanes, de Robert Urtel, Ingénieur (3).
- Le tome X des Dictionnaires techniques illustrés est relatif aux automobiles, canots automobiles, dirigeables et aéroplanes. Il comprend les chapitres suivants : Théorie ; — Châssis ; — Mécanisme des voitures à moteur à mélange tonnant; — Equipement des voitures à vapeur; — Equipement des électromobiles; — Voitures mixtes ; — Carrosserie; — Equipement de la voiture; — Outils; — Service et entretien; — Défauts et réparations ; — Sport; — Achat, vente et expédition; — Motocyclettes; — Bateaux automobiles; — Navigation aérienne par dirigeables ; — Aérostation ; — Machines volantes ; — Ballon cerf-volant.
- Ces dictionnaires ont été établis suivant un système nouveau, basé sur le classement méthodique des branches par groupes, avec dessins à l’appui.
- Ces dictionnaires comportent :
- 1° Une table des matières ;
- 2° Un classement méthodique des.mots;
- 3° Une nomenclature alphabétique des termes des six langues.
- On a placé, à la fin de chaque volume, un classement, en une seule et
- (1) ln-18, 205X135 de 188 p. avec 40 fig. et photo. Paris, F. Louis Vivien, 20, rue Saulnier, 1909. Prix ; broché 1,75 f.
- (2) Album 215X275 de 36 pl. renfermant 131 fig. Paris, F. Louis Vivien, 20, rue Saulnier, 1909. Prix: broché, 1,75 f.
- (3) In-16,175 X100 de xvi-996 p. avec 1 800 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, 1910. Prix: relié, 17,50 f.
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- même série alphabétique, de tous les mots des cinq langues : allemande, anglaise, française, italienne et espagnole. Seuls les termes en langue russe ont été ordonnés en une série distincte.
- Il est aisé de se convaincre de l’utilité pratique d’un pareil arrangement. Chaque dictionnaire économise l’emploi de trente autres, établis communément en deux langues seulement.
- Par leur netteté, leur exécution matérielle irréprochable et leur haute valeur technique, ces dictionnaires rendront de signalés services aux Ingénieurs, industriels et traducteurs. G. Lumet.
- lia «celuiique «les hélices aériennes, Tracé; Utilisation et Construction, de G. Camus, Ingénieur des Constructions civiles (1).
- L’auteur s’est proposé de résumer l’ensemble des connaissances afferentes à l’hélice aérienne, nécessaires et suffisantes pour en faire le tracé et en calculer les éléments.
- Il s’arrête d’abord sur la partie géométrique montrant comment, de la courbe théorique qu’est l’hélice, on passe à la surface courbe la plus complexe d’une aile de propulseur.
- Il indique ensuite comment travaille une hélice, puis donne quelques généralités sur les caractéristiques des appareils aériens munis de propulseurs.
- Enfin, il insiste sur la détermination des éléments d’une hélice propropulsive en utilisant les méthodes du capitaine Ferber et de M. Drzewiecki et permet de résoudre le problème suivant :
- Déterminer, en fonction des caractéristiques d’un aéroplane, l’hélice qui lui convient. G. Lumet.
- Notice sommaire sur la résistance «les matériaux appliquée aux appareils «l’aviation,
- de R. Chevreau (2).
- Cette brochure est un résumé succinct qui rassemble, en quelques formules simples, illustrées d’exemples concrets, les renseignements les plus indispensables sur les conditions d’établissement des diverses pièces suivant l’effort qu’elles sont appelées à subir.
- G. Lumet.
- Description «létailléc «lu monoplan Dlériot (3).
- Cette brochure renferme trente-neuf plans, croquis et photographies, tous documents relatifs au monoplan Blériot. Elle renferme également la description des moteurs Anzani et Gnome.
- (1) In-8°, 255X165 de 71 p. avec 17 fig. Paris, F. Louis Vivien, 20 rue Saulnier, 1909. Prix : broché, 3 f.
- (2) In-8°, 255X170 de 21 p. avec 15.fig; Paris, F. Louis Vivien, 20, rue Saulnier, 1909. Prix : broché : 1 f.
- (3) In-4°, 265X^15 de 32 p. Paris, F. Louis Vivien, 20, rue Saulnier, 1911. Prix: broché, 1,75 f.
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- L’auteur n’a pas voulu donner la possibilité de reproduire un aéroplane de même type d’après les plans et mesures du Blériot, mais il a estimé intéressant de fixer, par un exemple, les données de la construction d’un aéroplane. G. Lumet.
- XIe Congrès International «le IVaTigalion, tenu à Saint*
- Pétersbourg, en 1ÎMN (1). — Rapports des délégués français.
- Ces rapports comprennent d’abord un préambule de M. de Joly, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, Secrétaire de la délégation française, puis les comptes rendus, dans les deux sections du Congrès, des questions que comportait le programme du Congrès.
- Dans la première section, ces questions étaient :
- Première question. — Dispositions à donner aux barrages des rivières à grande variation de débit et, éventuellement, à fort charriage de glaces, de manière à ménager les intérêts de la navigation et de l’industrie.
- Deuxième question. — Étude économique, technique et réglementaire de l’exploitation et de la traction mécanique des bateaux sur les fleuves, les canaux, et les lacs. Monopole de traction.
- • Troisième question. — Outillage des ports de navigation intérieure et notamment progrès de l’outillage mécanique.
- Quatrième question. — Des canaux mixtes pouvant servir à la fois à la navigation et à l’agriculture.
- Cinquième question. — Préservation des basses régions contre l’envahissement des eaux.
- Dans la deuxième section, les questions étaient :
- Première question. — Ports de pêche, et ports de refuge pour le cabotage.
- Deuxième question. — Les ports maritimes intérieurs et leurs moyens d’accès.
- Troisième question. — Construction des ports en plage de sable.
- Quatrième question. — Conditions générales de la sécurité de la navigation maritime.
- Cinquième question. — Exploration hydrographique des mers.
- Les comptes rendus comportent, en outre, une note sur la navigation intérieure en Russie et une notice sur les ports de commerce de la Russie.
- G. Lumet.
- lies turbines à vapeur, de M. le Commandant Cordier (2).
- Rappelant d’abord les lois de la thermodynamique et, notamment, celles de l’écoulement de la vapeur, le Commandant Cordier, se basant
- (1) In-8°, 255 X 165 de 397 p. avec 3 pl. Paris, A. Dumas, 6, rue de la Chaussée-d’Antin.
- (2) In-18, 185X120 de xiv-460-xu p. avec 118 fig. Paris, Octave Doin et Fils, 8, place de l’Odéon, 1910. Prix : relié, 5 f.
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- sur cet exposé, montre les caractéristiques des divers genres de turbines.
- La description des principaux types, en usage à ce jour, tient une grande place dans son travail.
- Dans une comparaison entre la turbine et la machine à piston, l’auteur délimite le champ d’action de chacune de ces machines et met en évidence les qualités qui leur sont propres.
- Cet ouvrage très scientifiquement établi sera fort utile à tous ceux qui recherchent une documentation précise sur la question des turbines à vapeur. L. B.
- IVe SECTION
- Nouveaux mécanismes et nouvelles métEiodes pour l’essai «les métaux, de M. Pierre Breuil (1).
- M. P. Breuil vient de rassembler, en un volume, les études qu’il a publiées dans la Revue dé Mécanique et tous ceux qui ont à utiliser les méthodes d’essais s’en réjouiront; ils y trouveront, en effet, les dispositions récentes employées pour des essais déjà connus, les appareils permettant les essais nouvellement créés, notamment la méthode de Brinell, les essais au choc sur barreaux entaillés, etc.
- Ils y puiseront enfin de très nombreux documents; car M. Breuil y a exposé les résultats obtenus, et, si l’on ne partage pas toujours sa façon de voir et de critiquer, du moins peut-on trouver dans ses exposés et dans ses discussions des renseignements intéressants.
- Le livre est divisé en trois parties : sollicitations lentes (essais dits statiques : traction, compression, flexion) ; sollicitations vives (essais de choc) ; sollicitations localisées (essais de dureté).
- L. GrUlLLET.
- lia inétallogi'apliie appliquée aux produits sidérurgiques, de M. Umberto Savoia, Ingénieur, assistant de métallurgie à l’Institut royal technique supérieur de Milan (2).
- Au moment où se multiplient les traités et les opuscules sur la métal-lographie et ses emplois industriels, il est particulièrement intéressant de signaler le petit livre essentiellement pratique que vient d’écrire un ingénieur italien M. Savoia, sur l’application de cette méthode aux produits sidérurgiques.
- Après s’être formé dans les laboratoires français, l’auteur a rapidement appliqué ses connaissances aux « Fonderies Milanaises » et les nombreux exemples qu’il cite sont essentiellement industriels.
- (1) In-4°, 315X225 de vi-3f4-12 p. avec 53 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Àugustius, 1910. Prix: broché, 12 f.
- (2) In-16, 190X120 de x-218 p. avec 94 Hg. Paris, Gauthier- Villars, 55, quai des Grands-Augustins, 1911. Prix: broché, 3,25 f.
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- Après avoir donné la description des méthodes et des appareils, l’auteur consacre plusieurs chapitres à la physico-chimie du fer et de ses alliages, aux constituants et au diagramme de Bakkhuis-Roozeboom, sur lequel on peut justement lui reprocher de ne pas s’être suffisamment étendu et qu’il n’a pas discuté assez profondément ; puis il étudie successivement la structure des fers, des aciers au carbone, des aciers spéciaux ternaires et quaternaires, des fontes ordinaires et de la fonte malléable.
- Ce petit livre sera étudié avec le plus grand fruit par tous les sidérurgistes qui commencent à appliquer la métallographie ; il est aisé à lire et à consulter ; il est bien imprimé et, chose particulièrement rare et précieuse, les photographies sont très nettes.
- L. Guillet.
- lia métallographie microscopique, de L. Révillon {l).
- M. Révillon vient de publier, dans la collection des aides-mémoires Léauté, un petit opuscule sur la métallographie microscopique.
- On y trouvera de très nombreux renseignements sur la pratique de cette méthode d’essais qui prend chaque jour une importance plus grande dans l’industrie. Les résultats sont exposés de façon claire et méthodique.
- On doit toutefois regretter — et ce reproche s’adresse à l’éditeur que les documents photographiques ne soient pas plus abondants .
- L. G.
- Ve SECTION
- Annales des Postes^ Télégraphes et Téléphones (2). Recueil de documents concernant les Services techniques et l’Exploitation, des Postes, Télégraphes et Téléphones. Paris, A. Dumas, éditeur, 6, rue de la Chaussée-d’Antin.
- Un arrêté ministériel en date du 3 septembre 1910 a institué cette publication trimestrielle. Elle est éditée par notre distingué Collègue, M. A. Dumas, qui édite également, comme on sait, les Annales des Ponts et Chaussées. Elle est publiée par une Commission nommée par M, le Ministre des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes, et contient des communications inédites relatives aux Postes, Télégraphes et Téléphones, ainsi que les conférences faites à l’École supérieure des Postes et Télégraphes, et une revue des publications techniques françaises et étrangères.
- Il nous a paru intéressant de signaler à nos Collègues ce recueil qui est appelé à combler une lacune et à rendre de réels services,
- A. M.
- (1) In-8°, 190X120 de 176 p. avec 24 iig. Paris, Gauthier-Villars; Masson et O, 55, quai des Grands-Augustins, 1910. Prix : broché, 2,50 f.
- (2) In-8°, 245 X 160 de 132 p. Paris, A. Dumas, 6, rue de la Chaussé-d’Antin, 1911.
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- lie blanchi meut . Chimie et technologie des procédés industriels de blanchiment, de A. Chaplet, ancien Directeur d’usines, et H. Rousset, Ingénieur chimiste (1).
- Le blanchiment, si répandu dans l’industrie des textiles, a lieu, bien souvent encore, en utilisant les vieux procédés routiniers. Cet ouvrage a surtout pour but de lutter contre eux en exposant les principes scientifiques sur lesquels l’industrie doit s’appuyer actuellement. Il vient donc compléter heureusement la collection des ouvrages formant l’Encyclopédie scientifique des Aide-mémoire.
- Les premiers chapitres sont consacrés aux généralités sur les divers produits employés comme agents de blanchiment, sur les procédés de décreusage, de chlorage, de lavage, d’essorage et de séchage.
- La seconde partie donne la description des diverses méthodes de traitement employées dans l’industrie des toiles et des cotonnades, de la laine et de la soie, et se termine par l’étude du blanchiment des matières diverses (corps gras, minéraux, éponges, farines, etc.).
- G. F.
- lie chauffage économique des appartement* à l’eau chaude, d e M. A. Berthier (2).
- Le succès du chauffage central par l’eau chaude, et notamment le chauffage de l’appartement, est dû aux incessants perfectionnements qui y ont été apportés depuis quelques années.
- Ce système répond à toutes les exigences du confort moderne : réglage facile, sécurité dans le fonctionnement, absence d’émanations, faible encombrement en raison des radiateurs. Devant ces avantages, il paraissait utile d’exposer avec quelques détails les différents moyens proposés par l’industrie afin de mettre les particuliers et les constructeurs au courant des diverses solutions de ce problème important. Ils trouveront dans cet ouvrage une étude sur les différents systèmes, qui leur permettra de choisir, en toute connaissance de cause, soit le thermosiphon, soit le chauffage à circulation accéléré. Tous ont, en effet, leurs avantages particuliers qui sont indiqués dans des chapitres spéciaux.
- Le calcul des installations de chauffage à haute et à basse pression est exposé d’après les méthodes les plus récentes de Rietschel, de Ritt et de Klinger, de manière à permettre aux entrepreneurs d’établir leurs devis dans un minimum de temps.
- L. d’Anthonay.
- (1) 1 volume in-8°j 190 X 120 de 171 p., avec 10 fig. Paris, Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, 1910. Prix : broché, 2,50 f.
- (2) In-8°, 225 X 140 de 172 p. avec 50 fig. Paris, H. Desforges, 29, quai des Grands-Augustins, 1910. Prix : broché, 4,50 f.
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- L<es Sociétés commerciales, de MM. E. Lagarde et L. Batardon (1).
- Cet ouvrage s’adresse aux Commerçants, Industriels et Ingénieurs, aussi bien qu’aux Administrateurs de Sociétés, Actionnaires, Comptables, etc. Il traite, en effet, des règles juridiques applicables aux Sociétés et des questions comptables.
- Aucun auteur n’avait encore abordé de front ces sujets qui jouent cependant un rôle considérable dans l’organisation de ces collectivités.
- MM. Lagarde et Batardon ont résolu plusieurs problèmes importants tels que : la formation du capital, la réalisation des apports, réduction et augmentation du fond social, émission d’actions, création d’actions de jouissance, paiement de coupons, liquidation, comptabilité des titres, lois fiscales, etc.
- La question délicate de l’inventaire fait l’objet d’un chapitre très documenté : régularisation des comptes en fin d’exercice, les amortissements immobiliers, les divers modes d’évaluation des marchandises, etc., toutes questions très controversées.
- Dans ce même chapitre, il est traité tout spécialement du bilan.
- Outre les renseignements particuliers à chaque intéressé, tous y trouveront un exposé précis de l’organisation des diverses formes de Sociétés commerciales, en nom collectif, en commandite, anonyme, etc.
- Cet ouvrage, qui est une seconde édition, a été élargi par l’addition de chapitres nouveaux et mis au point avec les lois récemment votées.
- Li d’Anthonay.
- Note sur les perfectionnements apportés au système d’allumage instantané des trains éclairés à l’incandescence par le gax, en essai à la Compagnie des Chemins de fer de l’Est, de MM. E. Biard et Gl. Mauclère (2).
- Cette note décrit un système d’aüumage instantané des voitures de chemins de fer, en essai depuis quelques années déjà à la Compagnie de l’Est.
- Le principe consiste à utiliser un courant fourni par une source d’énergie électrique (batterie de piles sèches ou magnéto) pour produire, au moyen d’un petit transformateur placé dans chaque lanterne, une étincelle à haute tension qui éclate au-dessus du manchon et porte celui-ci à l’incandescence dès qu’une manœuvre préalable, ayant pour but d’admettre le gaz dans les lanternes, a été effectuée.
- Ce mode d’allumage, qui dispense les agents de monter sur les voitures, permet donc une économie de temps très sensible et se prête très bien, dans le matériel à intercirculation, à l’allumage en cours de route soit pour la traversée des tunnels, soit pour l’éclairage normal à la chute du jour.
- (1) In-8°, 255 x 165 de vm-381 p. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, 1910. Prix : broché, 9 f.
- (2) In-4°, 315X220 de 24 p. avec 18 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, 1910.
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- LISTE
- PUBLICATION S PÉRIODIQUES
- REÇUES PAR LA SOCIÉTÉ DES
- INGÉNIEURS CIVILS DE FRANGE
- AU
- 1er JANVIER
- 1911
- Bull.
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- DÉSIGNATION DES PUBLICATIONS NOMBRE DE NUMÉROS par an
- EN FRANÇAIS Académie des Sciences (Comptes Rendus Hebdomadaires des Séances de V) . . 52
- Actualités Scientifiques 1
- Afrique Française (U). Bulletin Mensuel du Comité de l’Afrique Française et du Comité du Maroc 12
- Analyse des Eaux prélevées par le Laboratoire Municipal 52
- Annales de Chimie et de Physique 42
- Annales de la Construction (Nouvelles) 12
- Annales des Chemins Vicinaux 12
- Annales des Mines 12
- Annales des Mines de Belgique (Bruxelles) 4
- Annales des Ponts et Chaussées. Partie Administrative 6
- Annales des Ponts et Chaussées. Partie Technique 6
- Annales des Postes, Télégraphes et Téléphones 4
- Annales des Travaux Publics de Belgique 6
- Annales du Commerce Extérieur 12
- Annales du Ministère de l’Agriculture. Direction de l’Hydraulique et des Améliorations Agricoles 1
- Annuaire-Almanach du Commerce, de l’Industrie, etc. (Didot-Bottin) .... 1
- Annuaite-Chaix. Les Principales Sociétés par Actions 1
- Annuaire d’Adresses des Fonctionnaires du Ministère des Travaux Publics . . 1
- Annuaire de l’Administration des Postes et des Télégraphes de France .... 1
- Annuaire de la Presse Française et du Monde Politique 1
- Annuaire des Ingénieurs de France 1
- Annuaire des Longitudes 1
- Annuaire du Bâtiment (Sageret) 1
- Annuaire du Ministère des Travaux Publics 1
- Annuaire Général des Sociétés Françaises par Actions (Cotées et non Cotées) et des Principales Sociétés Étrangères 1
- Annuaire International de l’Acétylène \
- Annuaire Marchai des Chemins de Fer et des Tramways 1
- Annuaire Statistique (Statistique générale de la France). . . 1
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- 1 DÉSIGNATION DES PUBLICATIONS j NOMBKli 1 DE NUMÉROS 1 par an 1
- Annuaire Statistique de la Ville de Paris 1
- Architecture (U). Cours des Matériaux de Construction dans la Ville de Paris. 52
- Architecture (L’). Journal Hebdomadaire de là Société Centrale des Architectes
- Français 52
- Association Alsacienne des Propriétaires d’Appareils ci Vapeur (Section Fr an-
- çaise) ... 1
- Association Amicale des Anciens Élèves de l’École Centrale (Bulletin de V) . . 12
- Association Amicale des Élèves de l’École Nationale Supérieure des Mines (Bul-
- letin Mensuel de V) 12
- Associations de Propriétaires d’Appareils à Vapeur ( Compte Rendu des Séances
- des Congrès des Ingénieurs en Chef des) . . 1
- Association des Anciens Élèves de l’Institut Êlectrotechnique de Grenoble « La
- Houille Blanche » (Grenoble) â
- Association •des Chimistes de Sucrerie et de Distillerie de France et des Colo-
- nies (Bulletin de l’) .'.... 12
- Association des Industriels de France contre les Accidents du Travail. Bulletin
- Bimestriel 6
- Association des Industriels de France contre les Accidents du Travail (Bulle-
- tin de V) . 1
- Association des Ingénieurs de l’École des Mines de Mons (Bulletin de V) . . . 1
- Association des Ingénieurs de l’École des Mines de Mons (Publications de V). . 4
- Association des Ingénieurs Électriciens so?dis de l’Institut Electro-Technique
- Monte flore (Bulletin de V ) . ' 12
- Association des Ingénieurs sortis de l’École de Liège (Annuaire de 1’) 5
- Association des Ingénieurs sortis de l’École de Liège (Bulletin de l’) 4
- Association des Ingénieurs sortis des Écoles Spéciales de Garni (Annales del’) . 4
- Association des Propriétaires d’Appareils à Vapeur du Nord de la France (Bul-
- letin) 1
- Association Française des Ingénieurs-Conseils en Matière de Propriété Indus-
- trielle (Bulletin de V) » ’l
- Association Française pour l’Avancement des Sciences (Comptes Rendus des
- Sessions) 1
- Association Française pour ! Avancement des Sciences (Bulletin del’). . . . 4
- Association Française pour la Protection de la Propriété Industrielle (Bulletin
- del’) 1
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- DÉSIGNATION DES PUBLICATIONS NOMBRE DE NUMÉROS par an |
- Association Internationale du Froid (Bulletm Mensuel de V) 12
- Association Internationale permanente des Congrès de Navigation. Commission
- Internationale permanente. Procès-Verbal 1
- Association Internationale permanente des Congrès de Navigation. Rapport du
- Bureau exécutif 1
- Association Internationale pour l’Essai des Matériaux (Communications de V)
- (Vienne) ?
- Association Internationale pour l'Essai des Matériaux de Construction
- (Réunion des Membres Français et Belges dé V) (Paris) ?
- Association Internationale pour la Protection de la Propriété Industrielle (An-
- nuaire de V) 1
- Association Lyonnaise des Propriétaires d’Appareils à Vapeur 1
- Association Parisienne des Propriétaires d’Appareils à Vapeur. Bulletin Annuel. 1
- Association Polytechnique ( Bulletin Mensuel de V) 12
- Association Technique Maritime (Bulletin de l’) 1
- Assurances Sociales {Bulletin des) 4
- Astronomie (L’). Bulletin de la Société Astronomique de France 12
- Béton Armé (Le) . 12
- Bibliographie de la France. Journal Général de l’Imprimerie et de la
- Librairie 52
- Bibliographie des Sciences et de l’Industrie 12
- Bulletin des Transports Internationaux par Chemins de Fer (Berne) 12
- Bulletin Historique et Scientifique de l’Auvergne (Clermont-Ferrand) . . 12
- Bulletin International de l’Électricité et Journal de ïElectricité réunis .... 24
- Bulletin Municipal Officiel de la Ville de Paris 365
- Bulletin Technique de la Suisse Romande. Organe en Langue Française de la
- Société Suisse des Ingénieurs et Architectes (Lausanne) 24
- Bureau International des Poids et Mesures (Travaux et Mémoires du) . . .. . ?
- Capitaliste (Le) . . 52
- Céramique (La) 12
- Chambres de Commerce (Le Journal des) . . 24
- Chambre de Cômmerce de Dunkerque ( Procès-Verbaux des Séances delà). . . 12
- Chambre de Commerce de Dunkerque (Statistique Commerciale et Industrielle
- de la Circonscription) 1
- Chambre de Commerce de Dunkerque (Statistique Mensuelle delà) 12
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- DÉSIGNATION DES PUBLICATIONS NOMBRE DE NUMÉROS par an
- Chambre dé Commerce de Paris (Bulletin de là) . . . . 52
- Chambre de Commerce de Paris (Compte Rendu des Travaux de la) 1
- Chambre de Commerce de Rouen (Compte Rendu des Travaux de la) 1
- Chambre de Commerce Française d’Alexandrie (Bulletin de la) 12
- Chambre de Commerce Française d'Anvers, des Deux Flandres et du Limbourg
- (Bulletin mensuel de la) (Anvers) 12
- Chambre des Propriétaires (La). Bulletin de la Chambre Syndicale des Pro-
- priétés Immobilières de la Ville de Paris 24
- Chambre Syndicale des Constricteurs de Machines Agricoles de France . . . 12
- Chambre Syndicale des Fabricants et des Constructeurs de Matériel pour Che-
- mins de fer et Tramways (Annuaire de la) 1
- Chauffage et Industries Sanitaires. Revue Mensuelle des Entreprises de chauf-
- fage. Fumisterie, Plomberie, etc 12'
- Chemin de Fer du Nord. Rapport présenté par le Conseil d’Administration . . 1
- Chemins de Fer, Postes, Télégraphes, Téléphones et Marine du Royaume de
- Belgique. Compte Rendu des Opérations : 1
- Ciment (Le) 12
- Ciment Armé (Le) 12
- Club Aéronautique de l’Aube. Bulletin Annuel 1
- Comité Central des Houillères de France (Annuaire du) 1
- Comité Central des Houillères de France (Notes Techniques) . 24
- Comité Central des Houillères de France. (Voir : Rapports des Ingénieurs des
- Mines aux Conseils Généraux sur la situation des Mines et Usines).... »
- Comité de Conservation des Monuments de VArt Arabe . . . . 1
- Comité des Forges de France (Annuaire du) 1
- Comité des Forges de France (Bulletin du) ?
- Comité des Forges de France (Circulaires) . ?
- Compagnie Générale des Voitures à Paris. Rapport du Conseil d’Adminis-
- tration 1
- Congrès des Sociétés Savantes. Discours prononcés à la Séance du Congrès . . 1
- Congrès des Sociétés Savantes. Programme du Congrès 1
- Congrès International des Chemins de Fer (Bulletin de T Association du) . . . 12
- Conseil d’Hygiène Publique et de Salubrité du Département de la Seine (Compte
- Rendu des Séances du) ' 26
- Conseil Supérieur du Travail 1
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- DESIGNATION DES PUBLICATIONS
- Conservatoire National des Arts et Métiers. Laboratoire d’Essais. Rapport sur
- le Fonctionnement.......................................................
- Conservatoire National des Arts et Métiers. Rapport général du Conseil d’Administration ................................................!.............
- Construction Moderne (La).................................................
- Cosmos (Le)................................................................
- Eau (L’). Revue mensuelle ;. . . .........................................
- Écho des Mines et de la Métallurgie (L’).......................... . . .
- École Centrale des Arts et Manufactures. Portefeuille des Travaux de Vacances
- des Élèves.................................................
- École Nationale des Ponts et Chaussées (Voir : Annales des Ponts et Chaussées) .....................................................................
- École Nationale Supérieure des Mines (Voir : Annales des Mines) ....
- Ecole Spéciale d’Architecture. Séance d’Ouverture...................
- École Spéciale de Travaux Publics (Voir : L’Ingénieur-Constructeur de
- Travaux Publics)........................................................
- Économiste Français (L’).....................................................
- Électricien (U)............................................................
- Études Professionnelles. Râtiment et Travaux publics (Questions Economiques
- et Sociales)............................................................
- France Automobile et Aérienne (La).........................................
- Génie Civil (Le) . ..................................................... . .
- Houille Blanche (La) Revue générale des Forces Hydro-Électriques et de leurs
- Applications...............................................
- Hygiène du Bâtiment et de l’Usine (L’) Revue pratique de Chauffage-Ventilation
- Industrie Électrique (L’)............................................. . . .
- Industrie Frigorifique (L’)................................
- Ingénieur (U) Moniteur du Breveté..........................................
- Ingénieur-Constructeur de Travaux Publics (L’) Revue mensuelle. Organe Officiel de l’Association Amicale des Élèves et anciens Élèves de l’École
- Spéciale de Travaux Publics. .......................................... . .
- Inspection du Travail et de l’Hygiène Industrielle (Bulletin de V) . . . . . .
- Institut des Actuaires Français (Bulletin de T)............................ .
- Institut Égyptien (Bulletin de V)................................... . . . .
- Institut Égyptien (Mémoires de V) ......................................... .
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- DÉSIGNATION DES PUBLICATIONS NOMBRE DE NUMÉROS par an
- Institut International de Techno-Bibliographie 12
- Inventions Illustrées (Les) 52
- Journal Amusant (Le). f 52
- Journal d’Agriculture pratique 52
- Journal de l’Éclairage au Gaz et à l’Électricité 24
- Journal de l'École Polytechnique ?
- Journal de la Meunerie 12
- Journal de Physique Théorique et Appliquée 12
- Journal des Chemins de Fer. 52
- Journal des Fabricants de Sucre 52
- Journal des Travaux Publics 104
- Journal des Usines à Gaz 24
- Journal du Four Électrique et de VÈlectrolyse . 24
- Journal du Pétrole et des Industries qui s’y rattachent . . . * 24
- Journal Officiel . 365
- Journal Spécial des Sociétés Françaises par Actions 156
- Journal Télégraphique (Berne) . 12
- Laboratoire d’Essais Mécaniques, Physiques, Chimiques et de Machines du
- Conservatoire National des Arts et Métiers (Bulletin du) ?
- Liste Générale des Fabriques de Sucre, Raffineries et Distilleries ...... 1
- Lumière Électrique (La) 52
- Marine Française (La) . 52
- Mécanique, Électricité 24
- Mémorial du Génie Maritime 2
- Métallurgie et la Construction Mécanique (La). . 52
- Mois Chimique et Électro-Chimique (Le) 12
- Mois Minier et Métallurgique (Le) 12
- Mois Scientifique et Industriel. Revue Internationale d’informations 12
- Monde Illustré (Le) . 52
- Moniteur de l’Entreprise et de l’Industrie (Organe Officiel des Chambres Syndi-
- cales de la Ville de Paris et du Département de la Seine) 52
- Moniteur de la Céramique, de la Verrerie, etc. 24
- Moniteur delà Papeterie Française et de l’Industrie du Papier (Le). . . . . 24
- Moniteur des Fils et Tissus 52
- Moniteur des Intérêts Matériels „ . 156
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- DÉSIGNATION DES PUBLICATIONS NOMBRE DE NUMÉROS par an
- Moniteur des Usines (Le) 52
- Moniteur Industriel, Économique, Commercial, Financier . 52
- Moniteur Scientifique du Docteur Quesneville 12
- Musée Social (Annales) . . 12
- Musée Social (Mémoires et Documents) 12
- Nature (La) 52
- Nouveaux Livres Scientifiques et Industriels (Les). Bibliographie des Ouvrages publiés en France 4
- Observatoire de Nice (Annales de V) ?
- Observatoire Météorologique, Physique et Glaciaire du Mont-Blanc (Annales de V). . t ?
- Office Colonial (Bulletin de V) 12
- Office du Travail (Bulletin de V) . 12
- Opérations du Service d’inspection des Établissements classés (Rapport sur les). 1
- Opérations Minières dans la Province de Québec (Rapport sur les). . . . . . 1
- Papier (Le) 24
- Paris-Hachette. Annuaire Complet, Commercial, Administratif et Mondain. . 1
- Portefeuille Économique des Machines . 12
- Publications Nouvelles de la Librairie Gauthier- Villars (Bulletin des) .... 4
- Questions Diplomatiques et Coloniales. Revue de Politique Extérieure .... 24
- Quinzaine Coloniale (La). Organe de l’Union Coloniale Française 24
- Rapports des Ingénieurs des Mines aux Conseils Généraux sur la Situation des Mines et Usines 1
- Rapports sur VApplication des Lois réglementant le Travail 1
- Recueils Statistiques sur les Métaux : Plomb, Cuivre, Zinc, Étain, Nickel, Aluminium, Mercure et Argent, établis par la Metallgesellschaft et la Me-tallurgische Gesellschaft A. G. et la Berg- und Metallbank Aktiengesellschaft (Francfort-sur-Mein).. . 1
- Réforme Economique (La) 46
- Réforme Sociate (La) 24
- Régence de Tunis. Bulletin de la Direction de l’Agriculture et du Commerce. . 4
- Répertoire des Industries, Gaz et Électricité 1
- Répertoire du Journal Officiel de la République Française 12
- Répertoire Général de Chimie Pure et Appliquée 24
- Revue Coloniale 12
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- — 153 —
- DÉSIGNATION DES PUBLICATIONS NOMBRE DE NUMÉROS par an
- Revue d’Artillerie 12
- Revue d’Hygiène et de Police Sanitaire 12
- Revue de Chimie Industrielle et Revue de Physique et de Chimie et de leurs
- Applications Industrielles 12
- Revue de VIngénieur et Index Technique . . . 12
- Revue de Législation des Mines en France et en Relgique 6
- Revue de Mécanique 12
- Revue de Métallurgie 12
- Revue des Matériaux de Construction et de Travaux Publics. 12
- Revue des Questions Coloniales et Maritimes (La). Organe Mensuel Illustré de
- la Société des Études Coloniales et Maritimes 12
- Revue du Génie Militaire 12
- Revue Électrique (La). (Organe de l’Union des Syndicats de l’Électricité). . . 24
- Revue Française de Construction Automobile et Aéronautique. .' . . . . . . 12
- Revue Générale de Chimie Pure et Appliquée . 24
- Revue Générale de l’Acétylène . . 24
- Revue Générale des Chemins de Fer et des Tramways . 12
- Revue Générale des Sciences Pures et Appliquées 24
- Revue Générale du Froid (La). Organe officiel de l’Association Française du
- Froid 12
- Revue Horticole. 24
- Revue Industrielle 52
- Revue Industrielle du Centre (La) 52
- Revue Maritime 12
- Revue Philomathique de Bordeaux et du Sud-Ouest.' 6
- Revue Polytechnique (La). Bulletin de la Classe d’Industrie et de Commerce de
- la Société des Arts de Genève ^. 24
- Revue Scientifique 52
- Revue Universelle des Mines, de la Métallurgie, des Travaux Publics, des
- Sciences et des Arts appliqués à l’Industrie 12
- Semaine Financière (La). . . . , . . . 52
- Société Académique d’Agriculture, des Sciences, Arts et Belles-Lettres du Dé-
- partement de l’Aube (Mémoires delà) . . . . . . 1
- Société Amicale de Secours des Anciens Élèves de l’Ecole Polytechnique
- (Annuaire de la) ....... 1
- Bull.
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- — 154 —
- DÉSIGNATION DES PUBLICATIONS NOMBRE DE NUMÉROS ! par an
- Société Anonyme du Canal et des Installations Maritimes de Bruxelles. Rapport du Conseil d’Administration 1
- Société Belge d’Électriciens (Bulletin delà) 12
- Société Belge de Géologie, de Paléontologie et d’Hydrologie (Bulletin de la) (Mémoires) 4
- 1 Société Belge de Géologie, de Paléontologie et d’Hydrologie (Bulletin de la) (Procès-verbal) 12
- Société Belge des Ingénieurs et des Industriels (Liste des Membres). . ... . 1
- Société Belge des Ingénieurs et des Industriels. Rapport Annuel 1
- Société d’Agriculture, Sciences et Industrie de Lyon (Annales de la) 4
- Société d’Économie Politique (Bulletin delà) 1
- Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale (Bulletin delà) 12
- Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale. Compte Rendu bi-Mensuel des Séances 24
- Société de Géographie Commerciale de Bordeaux (Bulletin de la) 12
- Société de Géographie Commerciale de Paris (Bulletin de la) 12
- Société de Géographie de l’Est (Bulletin de la) . . . 4
- Société de l’Industrie Minérale (Bulletin et Comptes Rendus Mensuels de la) . 12
- Société de Protection des Apprentis (Bulletin de la) . . . . . 4
- Société de Secours des Amis des Sciences. Compte Rendu de l’Exercice .... 1
- Société des Agriculteurs de France (Bulletin de la) 24
- Société des Agriculteurs de France. Comptes Rendus des Travaux de la Session Générale Annuelle 6
- Société des Anciens Élèves des Écoles Nationales d’Arts et Métiers. Bulletin Technologique 12,
- Société des Architectes Diplômés par le Gouvernement (Bulletin Hebdomadaire de la). Supplément de l’Architecte 52
- Société des Arts de Genève. Comptes rendus de l’Exercice . 1
- Société des Élèves et Anciens Élèves du Conservatoire National des Arts et Métiers (Bulletin de la) . . 12
- Société Forestière Française des Amis des Arbres (Bulletin de la) ...... 4
- Société Française de Minéralogie (Bulletin delà) 12
- Société Française de Photographie (Bulletin de la) 12
- Société Française de Physique. Compte Rendu .............. 24
- Société Française des Ingénieurs Coloniaux (Bulletin de la) . . ... . . . 4
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- DÉSIGNATION DES PUBLICATIONS ! NOMBRE DK NUMÉROS par an
- Société Géologique de France (Bulletin de la) . 6
- Société Industrielle de l’Est (Bulletin de la) • 12
- Société Industrielle de Mulhouse (Bulletin de la) 12
- Société Industrielle de Mulhouse. Programme des Prix 1
- Société Industrielle de Beims (Bulletin de la) 1
- Société Industrielle de Beims. Informations et Benseignements Commerciaux. . 12
- Société Industrielle de Rouen ( Bulletin delà) 6
- Société Industrielle de Saint-Quentin et de l’Aisne (Bulletin delà) 1
- Société Industrielle du Nord de la France (Bulletin delà) 12
- Société Internationale des Électriciens (Bulletin delà) 12
- Société Nationale d’Agriculture de France (Bulletin des Séances de la). . . . 12
- Société Nationale d’Agriculture de France. (Mémoires publiés par la). Séance Publique Annuelle 1
- Société Scientifique Industrielle de Marseille (Bulletin delà) . 1
- Société Technique de l’Industrie du Gaz en France. Compte Rendu du Congrès . 1
- Société Vaudoise des Sciences Naturelles (Bulletin de la) • 2
- Statistique de l’Industrie Minérale et des Appareils à Vapeur en France et en Algérie . . . . . 1
- Statistique de la Navigation Intérieure 1
- Statistique des Chemins de Fer Français (Intérêt Général) ........ . 1
- Statistique des Chemins de Fer Français (Intérêt Local : Iramways) .... 1
- Statistique des Grèves et des Recours à la Conciliation et à l’Arbitrage. . . . 1
- Statistique des Houillères en France et en Belgique 1
- Statistique Générale de la France (Voir : Annuaire Statistique) »
- Sucrerie Indigène et Coloniale (La) ... 52
- Syndicat des Entrepreneurs de Travaux Publics de France (Annales du). . . 24
- Syndicat des Mécaniciens, Chaudronniers et Fondeurs de France (Bulletin Mensuel ) 12
- Syndicats Professionnels, Industriels, Commerciaux et Agricoles (Annuaire des). ?
- Tableau Général du Commerce et de la Navigation . . . . . . . . . . . . 1
- I. Commerce (Commerce de la France avec ses Colonies et les Puissances Étrangères). II. Navigation (Navigation Internationale. Cabotage Français et Effectif de la Marine Marchande). . Technique Aéronautique (La) 24
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- — 156 —
- DÉSIGNATION DES PUBLICATIONS NOMBRE DE NUMÉROS par an
- Technique Automobile et Aérienne (La) 12
- Technique Moderne (La) . 12
- Technique Sanitaire (La) Revue de l’Art de l’Ingénieur et de l’Hygiéniste
- Municipal • 12
- Technique Sanitaire (La) Revue de l’Art de l’Ingénieur et de l’Hygiéniste
- Municipa l (Supplément) 24
- Touring-Club de France (Revue Mensuelle du). . 12
- Travaux Publics (Les). Revue Mensuelle Technique de l’Association des Per-
- sonnels de Travaux Publics 12
- Tribune des Travaux Publics (La). Organe Mensuel de l’Association des Per-
- sonnels de Travaux Publics 12
- Union des Ingénieurs sortis des Écoles Spéciales de Louvain. Rulletin et Mémoires. 4
- Union Géographique du Nord de la France (Rulletin) (Douai) 4
- Université de Liège. Association des Élèves des Écoles Spèèiales. Bulletin
- Scientifique 8
- Université Libre de Rruxelles. Annuaire pour l’Année Académique. Rapport
- sur l’Année Académique 1
- Vie Automobile (La) 52
- Yacht (Le), Journal de la Marine 52
- Yachtsman (Le). Revue des Sports Nautiques 12
- EN ALLEMAND
- Akademie der Wissenschaften (Sitzungsberichte der Mathematisch-Naturwis-
- senschaftlichen Classe der Kaiserlichen) (Wien) 10
- Annalen fur Gewerbe- und Rauwesen (Rerlin) 24
- Architektur- und Ingenieurwesen (Zeitschrift fur) (Hannover) . .' 8
- Berg-Hütlen-und Salinenwesen im preussischen Staate (Zeitschrift fur das)
- (Berlin) 6
- Bergrechtliche Blâtter. Vierteljahrsschrift. Wien 4
- Bergwerke und Salinen im Niederrheinisch- Westfalischen Bergbaubezirk
- (Essen-Huhr) 2
- Béton und Eisen (Berlin) 16
- Chemiker-Zeitung (Cothen) 156
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- DÉSIGNATION DES PUBLICATIONS NOMBRE DE NUMÉROS par an
- Dampfkessel-und Maschinenbetrieb (Zeitschrift fur) (Berlin) 52
- Deutsches Muséum 1
- Elektrische Kraftbetriebe und Bahnen. Zeitschrift fur das gesamte Anwendungs-gebiet Elektrischer Triebkraft (München) 36
- Elektrotechnik und Maschinenbau. Zeitschrift des ElektrotechnischenVereines in Wien , 52
- Elektrotechnische Zeitschrift (Centralblatt fur Elektrotechnik) Organ der Elektrotechnischen Vereins und der Verbandes Deutscher Elektrotechniker (Berlin) 52
- Gesamte Turbinenwesen (Zeitschrift fur das) (München) . 36
- Gesellschaft Ehemaliger Studierender der Eidg. Polytechnischen Schule in Zurich (Bulletin der) . . 1
- Glückauf. Berg-und Huttenmànnische Zeitschrift (Essen) 52
- Ingénieur (Der) (Berlin) 24
- Maschinen-Konstrukteur (Der praktische) (Leipzig) . 26
- Métallurgie. Zeitschrift fur die qesamte Hüttenkunde (Halle) 24
- Niederôsterreichischen Gewerbe-Vereins (Wochenschrift des) (Wien) 52
- Oesterreichisch^Ungarische Handelskammer in Paris. Rechenschaftsbericht . . 1
- Osterreichische Eisenbahn-Zeitung (Wien) 36
- Osterreichische Zeitschrift fur Berg-und Hültenwesen ( Wien) . 52
- 'Ùsterreichischen Digenieur- und Architekten-Vereines (Zeitschrift des) (Wien) . 52
- Organ fur die Fortsehritte des Eisenbahnwesens (Wiesbaden) '. . . 24
- Repertorium der Technischen Journal-Literatur (Berlin) 1
- Schweizerische Bauzeitung (Zurich) 52
- Stahl und Eisen. Zeitschrift fur das Deutsche Eisenhüttenwesen (Dusseldorf ) . 52
- Technikund Wirtschaft (Berlin) 12
- Tonindustrie-Zeitung (Berlin) . . . 156
- Turbine (Die) (Berlin) 24
- Vereines Deutscher lngenieure (Zeitschrift des) -(Berlin) . 52
- Vereines fur die Forderung des Lokal-und Straszenbahnwesens (Mitteüungen des) (Wien) •. 12
- Vereins fur die bergbaulichen Interessen im Oberbergamtsbezirk Dortmund (Jahresbericht des) (Essen-Ruhr) 2
- Zeitschrift fur Bauwesen (Berlin) 4
- Zentralblatt der Bauverwaltung (Berlin) t 104
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- — 158 —
- DÉSIGNATION DES PUBLICATIONS NOMBRE DE NUMÉROS par an
- EN ANGLAIS American Academy of Arts and Sciences (Proceedings of the) (Boston). . . . 24
- American Engineer and Raïlroad Journal (New-York) 12
- American Institute of Electrical Engineers (Transactions of the) (New-York) . 12
- American Institute of Mining Engineers (Bulletin of the) (New- York) . . . 12
- American Institute of Mining Engineers (Transactions of the) (New-York) . . 1
- American Society of Civil Engineers (Proceedings of the) (New-York) .... 12
- American Society of Civil Engineers (Tramactiom of the) (New-York). ... 2
- American Society of Mechanical Engineers (The Journal of the Containing the Proceedings) (New-York) 12
- American Society of Mechanical Engineers (Transactions of the) (New-York). 1
- American Society of Naval Engineers (Journal of the) (Washington) 4
- American Society of Refrigerating Engineers (New-York) 1
- Applied Science, lncorporated with : Transactions of the University of Toronto Engineering Society (Toronto, Canada) 6
- Association of Engineering Societies (Journal of the) (Boston) 12
- Australasian Institute of Mining Engineers (Transactions of the) (Melbourne). 2
- Autocar (The) (London) 52
- Automotor Journal (The) (London) . 52
- Boston Society of Civil Engineers. Constitution and By-Laws and List of Members 1
- Boston Transit Commission (Annual Report of the) (Boston) 1
- Bureau of Steam Engineering (Annual Report of the Chief of) (Washington) . 1
- Canadian Institute (Transactions of the) (Toronto) 1
- Canadian Society of Civil Engineers (Transactions of the) (Montreal) .... 1
- Cassier s Magazine (London) 12
- Central (The) City and Guilds Central Technical College (London) . . . . . 3
- Chief of Engineers, United States Army (Annual Report of the) (Washington). 1
- Chinese Lighthouses (List of the) (China) 1
- Coast and Geodetic Survey (Report of the Superintendent of the) (Washington). 1
- Colliery Guardian (The). Journal of the Goal and Iron Trades (London) . ., . 52
- Electrical Engineer (The) (London) 52
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- DÉSIGNATION DES PUBLICATIONS NOMBRE DE NUMÉROS par an
- Engineer (The) London 52
- Engineering (London) 52
- Engineering and Mining Journal (The) (New-York) . . 52
- Engineering Magazine (The) (New-York) 12
- Engineering News (New-York) 52
- Engineering Record (The) (New-York) . . . . . 52
- Engineering Review (The) (London) 12
- Engineer s’ Club of Philadelphia (Proceedings of the) (Philadelphia) 4
- Franklin Institute (The Journal of the) (Philadelphia) 12
- Impérial Earthquake Investigation Commiltee (Rulletin of the) (Tokyo). . . . 4
- Indian Engineering (Calcutta) 52
- Institute of Marine Engineers (Annual Volume of Transactions of the) (London) 1
- Institution of Civil Engineers (Minutes of Proceedings of the) (London) . . . 4
- Institution of Civil Engineers. Private Press. (London) • 24
- Institution of Electrical Engineers (Journal of the) (London) . ....... 6
- Institution of Engineers and Shipbuilders in Scotland (Transactions of the) (Glasgow) l
- Institution of Mechanical Engineers (Proceedings) (London) . 2
- Institution of Mining and Metallurgy (Transactions of the) (London) . . . . 1
- Institution of Naval Architects (Transactions of the) (London) 1
- International Catalogue of Scientific Literature : G. Mineralogy. H. Geology. 1
- International Conciliation (American Association for International Conciliation) (New-York City) 12
- Iron Age (The) (New-York) 52
- Iron and Coal Trades Review (The) (London) 52
- Iron and Steel Institute (Journal of the) (London) 2
- John Crerar Library (Annual Report of the) (Chicago) . . . . Junior Institution of Engineers (The) (Journal and Record of Transactions) (London) 1 1
- Liverpool Engineering Society (Transactions) (Liverpool) 1
- Mac GUI College and University (Annual Calendar of) (Montreal). . ... . 1
- Manchester Steam User’s Association (The) (Manchester) '. 1
- Metallurgical and Chemical Engineering (New-York) ' . . 12
- Midland Institute of Mining, Civil and Mechanical Engineers ( Transactions of the) (Sheffield) 4
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- DÉSIGNATION DES PUBLICATIONS
- Minerai Industry, ils Statistics, Technology and Trades inthe United States and
- other Countries (The) (New-York)........................................
- Motor Traction (London). ..................................................
- National Physical Laboratory (Teddington, Middlesex).......................
- New York State Muséum (Annual Report) (Albany).............................
- New York State Muséum (Muséum Bulletin) (Albany)...........................
- North East Coast Institution of Engineers and Shipbuilders ( Transactio?is
- of the) (Newcastle-upon-Tyne)...........................................
- North of England lnstitute of Mining and Mechanical Engineers (Transactions
- of the) (Newcastle-upon- Tyne)..........................................
- Nova Scotian lnstitute of Science (Proceedings and Transactions of the)
- (Halifax. Nova Scotia)..................................................
- Railway Engineer (London)..................................................
- Railway Gazette (London, New-York, Chicago)................................
- Report on the Subsidized Railways and other Public Works in the Province of
- Nova Scotia (Halifax)...................................................
- Revenue Report of the Government ofBengal, Public Works Department, Irrigation Branch (Calcutta)...................................................
- Scientifie American (New-York). . . .-.....................................
- SmithsonianInstitution (AnnualReportof the Board of Regents of) (Washington)
- Society of Arts (Journal of the Royal) (London)............................
- Society of Chemical Industry (Journal of the) (London) . ..................
- Society of Engineers. Transactions. (London)...............................
- United States Artillery (Journal of the) (Fort Monroë. Virginia)...........
- United States Geological Survey (Annual Report of the) (Washington). . -, .
- United States Naval lnstitute (Proceedings of the) (Annapolis).............
- Universal Directory of Railways Officiais (The) (London).................
- University of Illinois. Engineering Experiment Station (Urbana-Illinois) . .
- Western Australia-Geological Survey (Bulletin) (Perth).....................
- Western Australian Institution of Engineers (Saint-Georges Terrace) . . . . Western Society o f Engineers (Journal of the) (Chicago)................. . .
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- DÉSIGNATION DES PUBLICATIONS NOMBRE DE NUMÉROS par an
- EN DANOIS
- Ingenioren (Kj&benhavn) 52
- EN ESPAGNOL
- Academia de Ciencias y Artes de Barcelona (Boletin de la Real) (Barcelona) . 1
- Academia de Ciencias y Artes de Barcelona (Memorias de la Real) (Barcelona) Anales de lngenieria. Organo de la Sociedad Colombiana de Ingenieros 12
- (Bogota) 6
- Anales de la Secretaria de Comunicaciones y Obras Püblicas (Mexico). . . . -4
- Asociaciôn de Ingenieros y Arquitectos de Mexico (Anales de la) (México) . . 1
- Boletin del Cuerpo de Ingenieros de Minas del Perd (Lima) 12
- Industria é Invenciones (Barcelona) ' 52
- lngenieria (La) Organo Official del Centro Nacional de Ingenieros (Buenos-Aires) 24
- Instituto de Injenieros de Chile (Anales del) (Santiago) 12
- JunJta de Obras del Puerto de Bilbao 1
- Observatorio Meteorolôgico Magnélico Central de México (Boletin Mensual del) 12
- Oficina Central de la Secciôn Meteorôlogica del Estado de Yucatàn (Boletin r
- Mensual delà). . .. 12
- Revista de Obras Püblicas (Madrid) . .* 52-
- Revista Minera Metalûrgica y de lngenieria (Madrid). . . . . .... . . 48
- Revista Tecnica (Buenos-Aires) . . . Revista Tecnolôgico Industrial. Publicacién Mensual de la Asociaciôn de 24
- Ingenieros Industriales. Agrupaciôn de Barcelona 12
- Sociedad Cientifica « Antonio Alzate » (Memorias y Revista de la) (México) . 6
- Sociedad Cientifica Argentina (Anales de la) (Buenos-Aires) ........ 12
- Sociedad de Fomento Fabril (Boletin de la) (Santiago). 12
- EN HOLLANDAIS
- Bibliotkeek der Technische Hoogeschool (Delft-Holland) Ingénieur (De) (Orgaan van het Kon. Instituut van Ingénieurs. — Van de Ve- ?
- reeniging van Delftsche Ingénieurs) (La Haye) . . . 52
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- DÉSIGNATION DES PUBLICATIONS NOMBRE DE NUMÉROS par an j
- Koninklijk Instituut van Ingénieurs (Tidjschrift van het) (Verhandelingen)
- (La Haye) . 2
- EN HONGROIS
- Magyar Mérnok-és Épitész-Egylet (A). (Kozlonye) (Budapest) . 45
- EN ITALIEN
- Accademia dei Lincei (Atti délia Reale). Classe di Scienze Fisiche, Matematiche
- e Naturali. Rendiconti. (Roma) 24
- Accademia dei Lincei (Atti délia Reale). Rendiconto dell’ Adunanza Solenne
- (Roma) 1
- Associazione Elettrotecnica Italiana (Atti délia) (Roma) „ . 6
- Associazione fra gli-Ex-Allievi dei Politecnico Milanese (Rollettino dell’)
- (Milano) 1
- Associazione fra gli Utenti di Caldaie a Vapore (Milano) 6
- Collegio degli Ingegneri ed Architetti in Milano (Atti dei) . . 2
- Collegio Toscano degli Ingegneri ed Architetti (Atti dei) (Firenze). . ... . 1
- Collegio Toscano degli Ingegneri ed Architetti (Rollettino) (Firenze) ... ... 4
- Gazzetta Chimica Italiana (Roma) 12
- Giornale dei Genio Civile (Roma) 12
- Industria (L’) (Milano) 52
- Ingegneria Ferroviaria (E ) (Roma) 24
- Istituto d!lncoraggiamento di Napoli (Atti dei Reale) (Napoli) 1
- Monitore Tecnico (II) (Milano) 36
- Politecnico (II) (Milano) . . 24
- Rassegna Miner aria Metallurgica e Chimica (Torino). 36
- Rivista di Artiglieria e Genio (Roma) . 12
- Scuola d’Applicazione pergl’Ingegneri in Roma (Annuario) . . 1
- Società Chimica di Roma (Rendiconti délia) . . . . . . .12
- Societâ degli Ingegneri e degli Architetti in Torino (Atti délia) . . . . . . 6
- Società degli Ingegneri e degli Architetti Italiani (Annali délia) (Roma) . . . . 24
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- DÉSIGNATION DES PUBLICATIONS NOMBKE DE NUMÉROS par an
- EN NORVÉGIEN
- Teknisk Ugeblad (Kristiania) ' 52
- EN POLONAIS
- Przeglad Techniczny (Warszawa) '52
- EN PORTUGAIS
- Acadenua Polytechnicado Porto (Annaes Scientificos da) (Coimbra) 4
- Observatorio do Rio de Janeiro (Annuario publieado ’pelo) 1'
- Revista de Obras Publicas e Minas (Associaçâo dos Engenheiros Civis Portu-
- guezes) (Lisboa) 6
- Revista do Club de Engenharia (Rio de Janeiro) . . . 2
- EN RUSSE
- Imperatorskagho Rousskagho Technitcheskagho Obchtchestva (Zapiski) (Saint-
- Pétersbourg) 12
- Injenière (Kiève) 12
- Obzore Tekhnitcheckikhe Journalove Rousskike : Inostrannyone (Odessa).
- (Revue des Revues Techniques) . 12
- Sobraniya Injéniérove Poutéi Soobchtchéniya (lzviéstiya) (Saint-Pétersbourg) . 24
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- DÉSIGNATION DES PUBLICATIONS NOMBRE DE NUMÉROS par an
- EN SUÉDOIS
- Teknisk-Tidskrift (Svenska Teknologforeningen) (Stockholmj . . 52
- EN TCHÈQUE
- Spolku Architektûv a Inzenyru v Krdlovstvi Ceském (Zprâvy) (Praze) (Archi-
- tektonicky Obzor. — Technicky Obzor) 52
- Le Secrétaire Administratif, Gérant ; A. de Dax.
- IMPRIMERIE CHAIX, RUE BERGÈRE, 20, PARIS. — 1176'1-H —(Entre LolUleuiE
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- MÉMOIRES
- ET
- COMPTE RENDU DES TRAVAUX
- DE LA
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS DE FRANCE
- BULLETIN
- DE
- FÉVRIER 1911
- N« 2.
- OUVRAGES REÇUS
- Pendant le mois de février 1911, la Société a reçu les ouvrages suivants :
- Agriculture.
- Revenue Report of the Government of Rengal. Publie Woi'ks Department. Irrigation Branch for the Year 1909-19/0 (in-i°, 335 X 210 de 88 p.). Calcutta, Bengal Secrétariat Book Depot, 1910.
- 46874
- Chemins de fer et Tramways.
- Bigot (R.). •— Le Centenaire de VIndépendance du Mexique. Les Chemins de fer du Mexique, par Raoul Bigot (Bibliothèque du Comité France-Amérique) (in-8°, 280 X 185 de 28 p. avec 2 pl. 1 carte et 1 diagramme). Paris, Comité France-Amérique, 1911. (Don de l’auteur, M. de la S.) 46893
- Boston Transit Commission. Sixteenth Annual Report. June 30, 1910 (in-8û, 235 X 150 de 97 p. avec 10 pl.). Boston, Chappie Publisbing Company, Ltd., Printers, 1910. 46892
- IJu u..
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- Chimie.
- Malette (J.). —Analyse chimique des Chaux et Ciments, par J. Malette (in-8°, 250 X 165 de 66 p. avec 15 fig.). Paris, H. Dunod et
- E. Pinat, 1911. (Don des éditeurs.) 46877
- Meyer (A.). — Le Rotamètre (Système Kuppers). Mesureur Mélangeur et
- Contrôleur de gaz, par M. A. Meyer. (Extrait du Bulletin de la Société chimique du Nord de la France dans sa séance du 19 octobre 1910. Bulletin 1910, fascicule 10, pages 171 à 175) (in-8°, 240 X 165 de 5 p.) Lille, Liégeois-Six. (Don de l’auteur. )
- 46876
- Tassilly (E.).— Caoutchouc et Gutta-Percha, par E. Tassilly (Encyclopédie scientifique publiée sous la direction du D1' Toulouse. Bibliothèque des Industries chimiques. Directeur : Juvénal Derôme) (in-18, 185X120 de xvm-395-xii p. avec 56 fig.). Paris, Octave Doin et fils, 1911. (Don des éditeurs.) 46888
- Construction des Machines.
- Associazione fra gli Utenli di Caldaie a Vapore avente sede in Milano. Ren-diconto déir Esercizio 1907. (Anno decimosettimo) (in- 8°,,265 X 180 de 138 p.). Milano, Rebeschini di Turati e G. 46880
- Lumet (G.).— Essais et réglage des Moteurs. Moteurs à mélange tonnant utilisés pour la locomotion. Cours de l’École supérieure d’Aéronautique et de Construction mécanique, par G. Lumet (in-8°, 225 X H0 de 137 p. avec 26 fig.). Paris, Ii. Dunod et E. Pinat, 1910. (Don des éditeurs.) 46886
- Électricité.
- Encyclopédie électrotechnique, par un Comité d’ingénieurs spécialistes.
- F. Loppé, Ingénieur des Arts et Manufactures, Secrétaire.
- 5e fascicule. Induction et courants alternatifs, par Eugène Vigneron ; 44e fascicule. Électrochimie, par Henri Vigneron ; 48e fascicule. Essais des Machines à courants alternatifs, par G. Ferroux (3 vol. in-8°, 255 X 165 de 147 p. avec 89 fig. ; de 160 p. avec 39 fig. et de 184 p. avec 131 fig.). Paris, L. Geisler, 1911. (Don de l’éditeur.) 46855 à 46857
- Istel (P.). Lémonon (E.). — Traité juridique de l’Industrie électrique. Manuel pratique de législation, réglementation et jurisprudence en matière de production et distribution d’énergie électrique, par Paul Istel et E. Lémonon (in-8°, 230 X H0 6e vni-415 p.). Paris, Marchai et Godde, 1911. (Don des éditeurs.)
- 46883
- Montpellier (J.-A.). Aliamet (M.). — Guide pratique de Mesures et Essais industriels. Tome II J. Mesures électriques industrielles. Instruments et méthodes de mesure, par J.-A, Montpellier et M. Aliamet (in-8°, 255 X 168 de 468 p. avec328 fig.). Paris, II. Dunod et E. Pinat, 1911. (Don des éditeurs.) , 46864
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- Vocabulaire électrotechnique. Propositions étudiées parle Comité français pour servir aux travaux de la Commission éleetrotechnique internationale. Termes commençant par les lettres F à K (Commission électrotechnique internationale. Comité électrotechnique français. Fascicule N° 4. Décembre 1910) (in-4°, 270 X-10 de 8 p.). Paris, Gauthier-Villars, 1910. (Don de M. Ch. David.)
- Enseignement.
- Batardon (L.). — Comptabilité commerciale. La Tenue des Livres sur feuillets mobiles, par Léon Batardon (Bibliothèque de l’Enseignement technique publiée sous la direction de MM. Michel Lagrave, Émile Paris, Georges Bourrey) (in-8°, 205 X 130 de 96 p. avec 8 fig.). Paris, II. Dunod et E. Pinat, 1911. (Don des éditeurs.) 46863
- Martinez (A.-B.).-—République Argentine. Recensement général d’Éducation levé le 23 mai 1909, pendant la Présidence de M. le D1'José Figueroa Alcorta et le Ministère de la Justice et de rinstruction publique de M. le D1 Romulo S. Naôn, par Alberto B. Martinez. Tome I. Population scolaire. Tome 11. Statistique scolaire. Tome III. Monographies. (3 vol. in-8°, 270 X 180 de l-450 p. : de lxxiv-346 p. ; et de u-706 p. avec photographies de l’Université de la Plata et ses annexes et de l’Université nationale de Buenos-Aires et ses annexes). Buenos-Aires. Ateliers typographiques du Bureau météorologique Argentin, 1910. (Don de M. L. de Chasseloup-Laubat, M. de la S.)
- 46869 à 46873
- Maysounave (G.) et Guiard (E.-L-.A.). — Les exercices du Bureau commercial dans les Écoles pratiques de commerce. Organisation et fonctionnement du Bureau commercial à l’École pratique de commerce et d’industrie de Tarbes, par G. Maysounave et E.-L.-A. Guiard (Enseignement technique commercial. Commerce et Comptabilité) (in-8°, 240 X 155 de 62 p.). Paris, Édouard Gornély et Cie. (Don des éditeurs.) - 46852
- Université libre de Bruxelles. LXXVIIe année académique. Annuaire pour l’année académique 1910-1911. Séance de rentrée du 17 octobre 1910. Rapport sur l’année 1909-1910 (in-8°, 225 X150 de 193 p.).
- , Bruxelles,, Émile Bruyant, 191 0 . 46885
- Géologie et Sciences naturelles diverses.
- Lenicque (II.). — Géologie nouvelle. Théorie chimique de la formation de la terre et des roches terrestres, par Henri Lenicque (in-8°, 225 X 140 de xvi-271 p. avec, xvi pi.). Paris, A. Hermann et fils, 1910. (Don des éditeurs.) 46861
- Législation.
- American Institute of Eleclrical Engineers. Year Book 1911 (in-8°, 235 X 150 de 361 p.). New-York, Published by the American Institute. 46881
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- Annuaire de l'Association technique maritime. 4911. Statuts. Règlements.
- Conseil. Liste des Membres. Mémoires publiés (in-8°, 175X125 de 92 p.). Paris, 16, Rue de l’Arcade. 46891
- Association Polytechnique. Annuaire pour l’année scolaire 1910-1911 (in-8°, 240 X 165 de 176 p.). Supplément au Bulletin mensuel de Janvier 1911. Paris,-Siège social. 46884
- Real Academia de Ciencias y Arles. Ano academico de 4910 à 1911. domina del Personal academico (in-16, 155 X 160 de 185 p.). Barcelona, A. Lopcz Robert. 46850
- Métallurgie et Mines.
- Comité Central des Houillères de France et Chambre syndicale française des Mines métalliques. Rapports des Ingénieurs des Mines aux Conseils généraux sur la Situation des Mines et Usines en 4909 (in-4°, 275 X 215 de 561 p.). Paris, 55, Rue de Ghâteaudun, 1910.
- 46858
- Schenck (R.) et Lallement (H.). — Chimie physique des Métaux. Exposé des principes scientifiques de la Métallurgie, [par Rudolf Schenck. Traduit sur l’édition allemande revue et mise par l’auteur au courant des travaux les plus récents, par H. Lallement (in-8°, 255 X 165 de xx-232 p. avec 116 fig.). Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1911. (Don des éditeurs.) 46865
- Navigation aérienne, intérieure et maritime.
- Eiffel (G.). — La Résistance de l'Air et l’Aviation. Expériences effectuées au Laboratoire du Ghamp-de Mars, par G. Eiffel (in-4°, 325 X 260 de vii-153 p. avec xxvn pl.). Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1910. (Don de l’auteur, M. de la S.) 46894
- Lumet (G.). — Les Moteurs d'Aviation, par G. Lumet (in-8°, 250 X 160 de 100 p. avec 24 fig.). Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1910. (Don des éditeurs.) 46853
- Molinos (L.). — Examen critique du Projet de Canal de Clichy à la mer, par M. Molinos (in-8°, 260 X 175 de 38 p.). (Don de l’auteur, M. de la S.). 46859
- 1 Routes.
- Despiau (D.). — Tachéomélrie. Notice. Levé du point inaccessible d’une seule station, sans mire, sans calculs, par lecture directe sur le Tachéomètre de précision D. Despiau, adapté au pied à triangulation D. Despiau. Deuxième mode d’emploi du dit Tachéomètre, par D. Despiau (in-8°, 180 X 140 de 16 p. avec 5 fig.). Lourdes, Imprimerie Louis Carret, Janvier 1911. (Don de l’auteur, M. de la S.) 46860
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- Sciences mathématiques.
- Bricard (R). — Géométrie descriptive, par Raoul Bricard. (Encyclopédie scientifique publiée sous la direction du D1' Toulouse. Bibliothèque de Mathématiques appliquées. Directeur : M. d'Ocagne) (in-18, 185 X 120 de xn-269-xn p. avec 107 fig.). Paris, Octave Doin et fils, 1911. (Don des éditeurs.) 46866
- Massau (J.). — Leçons de Mécanique rationnelle, par Junius Massau. Edition conforme aux leçons professées en 1906-1907. Tome I. Géométrie vectorielle. Statique (in-8°, 2ô0 X 160 de xv-259 p. avec î28 fig.). Gand, Association des Iugénieurs sortis des Écoles spéciales de Gand, 1911. (Don de l’éditeur.) 46887
- Sciences morales. — Divers.
- Claparède (A. de). •— Neuvième Congrès international de Géographie. Genève 27 juillet-6 août 1908. Compte rendu des Travaux du Congrès publié au nom du Comité d’organisation, par Arthur de Claparède. Tome troisième. II. Travaux scientifiques. B. Séances des sections (IX-XIV) (in-8°, 245X 155 de x-517 p. avec 5 pl. et 17 fig.). Genève, Pélisserie, 1911. (Don de M. J. Rey, M. de la S., de la part de l’auteur.) 46895
- Technologie générale. ‘
- Bulletin de la Société industrielle de Reims, 1910. Tome dix-neuvième. N° 94 (in-8°, 235 X 155 pages 333 à 432). Reims, A. Marguin, 1910.
- 46875
- Guiard (E.-L.-A.). — Dessin d’ornement à la plume. Choix de modèles pour la préparation des candidats aux Écoles nationales d’Arts et Métiers et à l’École Centrale des Arts et Manufactures, par E.-L.-A. Guiard. Nouvelle Édition entièrement refondue (Enseignement technique) (in-8°, 235 X 16 ) de 65 p.). Paris, Édouard Cornély et Gie. (Don des éditeurs.) 46851
- Schlomann (A.). Wagner (G.). — Dictionnaires techniques illustrés en six langues : Français, Anglais, Allemand, Russe, Italien, Espagnol. Edité par Alfred Schlomann. Tome IX. Machines-outils pour le travail des métaux et du bois, par Guillaume Wagner (in-16,175 X 100 de xu-706 p. avec plus de 2 400 fig. et dé nombreuses formules). Paris,H.DunodetE. Pinat,1910. (Don des éditeurs.)
- 46862
- The Institution of Mechanical Engineers. Brief Subject Index of Papers published in the Proceedings 1847-July 1910 (in-8 ’, 215 X 135 de 54 p.). 46868
- The Institution of Mechanical Engineers. Proceedings. 1910. Parts 1-2 (in-8°, 215 X 136 de xxxn-803 p. avec 42 pl.). London, Published by the Institution. 46867
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- The Journal of the lron and Steel Instilute. Vol. LXXXII. N° IL 1910 (in-8°, 220 X 140 de xvi-601 p. avec 1 photog. et xxi pl.). London, E. and F.-N. Spon Limited, 1910. 46849
- Travaux publics.
- Fourth Animal Report of the Board of Water Supply of City of New-York. Accompanied by Report of the Chief Engineer. December 31, 1909 (in-8°, 230 X !o0 de viii-386-vii p. avec illust.). New-York City. (Don de M. J.-F Sorzano, M. de la S.) 46854
- Kopp (F.). — Note sur les nouveaux Corons dits Cités-jardins de la Société des Mines de Bourges (P.-de-C.), par M. Frédéric Kopp (Société industrielle de Rouen. 38e année. Septembre-Octobre 1910. Extrait du Bulletin N° 5) (in-8°, 270 X183 de 8 p. avec 24 fig.). Rouen, J. Girieud, 1910. (Don de l’auteur, M. de la S.)
- 46879
- Leinekugel Le Cocq (G.). — Ponts suspendus. Tome premier. Ponts suspendus flexibles et semi-rigides. Tome second. Ponts suspendus rigides, par G. Leinekugel Le Cocq (Encyclopédie scientifique publiée sous la direction du D1' Toulouse. Bibliothèque de Mécanique appliquée et Génie. Directeur : M. d’Ocagne) (2 vol. in-18, 185 X 120 de x-374 p. avec 75 fig. et de 330-xii p. avec 84 fig.). Paris, Octave Doin et fils. (Don des éditeurs.)
- 46889 et 46890
- Voies et Moyens de Communication et de Transport.
- Comment on reconnaît une Voiture automobile en 1911. (Album descriptif des principaux châssis, 135X220 de44pl.). Paris, E. Durand. (Don de MM. H. Dunod et E. Pinat.) 46882
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- MEMBRES NOUVELLEMENT ADMIS
- Les Membres nouvellement admis, pendant le mois de février 1911, rsont :
- Gomme Membre d’Honneur :
- Ch. de Hiéronymi, présenté par MM. Bergeron, Carpentier, Loreau. Gomme Membres Sociétaires Titulaires, MM. :
- E. Aron, présenté par MM.
- E. Bardin,
- Ch. Baudart, —
- F. Bonnasseau, —
- P. Bouillod, —
- H.-T. Burls, —
- M. Cherville, —
- M. Clère, —
- A. Destombes, —
- A. Evette, —
- R. Fazembat, —
- R. Furet, —
- A. Hanicotte, —
- A. Héritier, —
- E. Lafont, —
- L. Lanave, —
- H. Moineau, —
- J. Monniot, —
- H. Roussel, —
- Brüll, Brisac, Rouché.
- P.-L. Barbier,Belmère,L. Joubert. Jacobson, J. André, J. Guillemin. Soreau, Marboutin, Roman. Bergeron, Gouriot, Noël.
- J. Rey, Bochet, Van Isschot. Kern, Artus, de Dax.
- Bourdon, Mauclère, Lacauchie. P.-L. Barbier, Belmère, L. Joubert. Bergeron, L. Masson, P. Roger. Galmettes, Fehrenbach,de Dax. G-all, Masse, de Baralle. Reumaux, Guvelette, Dubreucq Perus.
- de Barallon, Hermitte, Aubié. Mercier, Taragonet, Accarion. P.-L. Barbier, Belmère, L. Joubert. P.-L. Barbier, Belmère, L. Joubert. de Freminville, Rigolage, Sauvajol. J. Roussel, Guédon, J. Nessi.
- Gomme Membres Sociétaires Assistants, MM. :
- M. Fromantin, présenté par MM. P. Bodin, Protte, Jacobson.
- R. Pinget, — Mazen, Pataud, Dujardin-Beau-
- metz.
- R. Valois, — de Grobert, Prangey, Buchwald.
- Gomme Membres Associés, MM. :
- H. Claude, présenté par MM. Archambault,Grosclaude,Gerbold.
- M. Debelmas, — Mamy, Da Cunha, Le Doyen.
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- RÉSUME
- DES
- PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES
- DU MOIS DE FEVRIER 1911
- PROCES-VERBAL
- DE LA.
- SÉANOE Ï>IJ 3 FÉVRIER 1911
- Présidence de M. J. Carpentier, Président.
- La séance est ouverte à 8 heures trois quarts.
- Le Procès-verbal de la précédente séance est adopté.
- M. le Président a le regret de faire connaître le décès de :
- M. J. Combe, Membre de la Société depuis 1900, ancien Secrétaire de la Société anonyme des Chaînes en acier, Ingénieur civil ;
- M. P.-E. Chouanard, ancien élève de l’Ecole Centrale (1878), Membre de la Société depuis 1883, directeur-administrateur délégué de la Car-tonnerie-Papeterie Chouanard, à Etouy (Oise) ;
- Enfin, M. Ch.-H. Morgan, que notre Société avait admis comme Membre d’honneur en 1901. M. Ch.-Ii. Morgan occupait une situation très importante aux États-Unis comme Président de la Morgan Construction Company et de la Morgan Spring Company. Il fut également Président do l’American Society of Mechanical Engineers..
- M. le Président adresse aux familles de ces Collègues l’expression des sentiments de profonde sympathie de la Société.
- M. le Président est heureux de faire connaître les décorations et nominations suivantes :
- M. L.-V. Benêt a été promu officier de la Légion d’honneur;
- M. A. Palaz a été nommé Chevalier de la Légion d’honneur.
- M. M. Frois a reçu le Prix Bellion, décerné par l’Académie des Sciences;
- M. A. Picard, Membre d’honneur, a été nommé Président de la Gom-
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- mission, instituée par M. le Ministre des Travaux Publics, des Postes et des Télégraphes en vue d’étudier dans quelle mesure, à quelles conditions et au moyen de quels aménagements le Port de Paris peut-être placé sous le régime administratif des ports de mer. M. Paul Mallet a été également nommé Membre de cette même Commission.
- M. le Président adresse à ces Collègues les félicitations de la Société.
- M. le Président dépose sur le Bureau la liste des ouvrages reçus depuis la dernière séance. Cette liste sera insérée dans l’un des prochains Bulletins.
- Il est procédé à l'élection de trois Membres du Jury du Prix Alphonse Couvreux qui doit être décerné cette année. Sont nommés : MM. L. Cha-gnaud, G. Petit et J. Groselicr.
- M. le Président fait ensuite connaître que le Comité, dans sa séance de ce jour, a nommé M. Alfred Girard, correspondant de la Société à Toulouse et dans sa région. M. Girard y occupe une situation très importante en sa qualité de Président du Tribunal de Commerce, Vice-Président de la Chambre de Commerce et Administrateur de la Banque de France.
- Le Comité a également désigné M. M. Frois pour représenter la Société au prochain Congrès des Sociétés Savantes.
- La Société nomme Membre d’honneur, M. Ch. de Ilieronymi, Conseiller actuel intime de S. M. I. et R. François-Joseph, ancien Ministre royal Hongrois de l’Intérieur et du Commerce, Ministre actuel des Travaux publics, du Travail et du Commerce et Membre correspondant de notre Société en Hongrie.
- M. le Président rappelle que, Membre de notre Société depuis 1883, M. de Hieronymi, qui appartient à l’une des plus anciennes familles de Hongrie, est lui-même fils d’ingénieur. Ce fut, en effet, son père qui, avec le comte Etienne Szechenyi, entreprit les premiers travaux des Portes de fer, en vue d’ouvrir le Danube à la navigation jusqu’à la mer.
- Né en 1835, M. de Hieronymi, notre Collègue, fit ses études en France et débuta comme Ingénieur à la Société des Chemins de fer austro-hongrois, dont il devint plus tard Directeur.
- Élu député, il fut, de 1893 à 1895, Ministre de l’Intérieur du cabinet Tisza; puis Ministre du Commerce de 1903 à 1905. Il a accepté, l’année dernière, sur la sollicitation de l’Empereur-Roi, la lourde charge du Ministère des Travaux Publics, du Travail et du Commerce.
- M. de Hieronymi jouit d’une renommée des plus considérables et est considéré au Parlement comme l’orateur le plus écouté et l’homme d’un caractère le plus élevé.
- Il a été, à plusieurs reprises, Président de la Société des Ingénieurs de Hongrie. Il s’est consacré à l’amélioration de la situation sociale de l’Ingénieur, qui ne jouit pas dans cette région de la considération qui lui est due.
- Fervent adepte des progrès et de la Mécanique, M. de Hieronymi installait le premier, sur une grande échelle la traction par automotrices sur rails et cela avec des machines venues de France.
- C’est à lui également que sont dus les projets de réfection des routes
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- pour leur utilisation au point de vue de la traction mécanique par l’emploi de trains routiers venus également de France.
- Tout récemment encore, il vient d’envoyer dans notre pays une mission d’ingénieurs en vue d’y étudier les progrès de l’aviation.
- Tous ceux de nos Collègues qui ont eu l’occasion de voir M. de Hiero-nymi soit dans ses vojages à Paris, soit en Hongrie, ont conservé de son accueil le souvenir le meilleur et l’impression de sa compétence la plus indiscutable. (Applaudissements.)
- M. le Président, d’accord avec les Membres du Comité, présente comme Membre d’honneur, M. Elmer L. Corthell, docteur-ès-sciences, Ingénieur-Conseil et Constructeur bien connu en Amérique, où ses travaux sont des plus appréciés.
- M. le Président annonce qu’à la suite de la communication de M. Paul Renaud sur la Documentation et l’Industrie, l’Institut International de Bibliographie a adressé à ce sujet quelques indications complémentaires qui peuvent être utiles à ceux que cette question intéresse.
- La note en question est déposée à la Bibliothèque où elle peut être consultée.
- M. A. Blazy a la parole pour une communication sur la Serbie et la Bulgarie industrielles. Aperçu de leur développement.
- M. A. Blazy dit que la Serbie et la Bulgarie sont deux pays essentiellement agricoles et très fertiles. On y récolte abondamment les céréales, les vins, les fruits, objets d’une importante exportation. Mais il leur manquait l’industrie. Celle-ci s’y développe aujourd’hui rapidement, secondée par les encouragements du Gouvernement, qui exempte de droits d’entrée les machines importées et accorde à l’industrie de grosses concessions sur les tarifs des transports.
- La Serbie et la Bulgarie sont traversées par la grande voie de chemin de fer de Paris à Constantinople, avec embranchement sur Salonique. Nisch est située au point de jonction, et présente pour ce motif un sérieux avenir commercial.
- La population de la Serbie est d’environ 3 millions d’habitants dont 84 0/0 employés à l’agriculture; la population industrielle n’est encore que de 6 0/0, mais cette proportion se modifie sans cesse à mesure que l’outillage agricole se perfectionne et diminue la main-d’œuvre, pendant que l’industrie appelle un plus grand nombre de bras.
- Longtemps restés étrangers aux crises politiques qui ont plusieurs fois troublé la Serbie, les .paysans Serbes sont demeurés cantonnés dans leurs villages jusqu’au siècle dernier. Mais, maintenant, l’influence des pays d’Occident s’y fait sentir davantage, et les chiffres du budget de l’Etat, recettes et dépenses, en accroissement constant, mais en bon équilibre, montrent la vitalité du pays. Recettes et dépenses ont passé de 63 659 720 f en 1897 à 115 277 405 en 1910.
- Les chiffres du commerce extérieur montrent les mêmes progrès : Importation 55 600 000 f en 1905 et 73535 500 en 1909;
- Exportation 71 996 000 f en 1905 et 92 981000 f en 1909.
- Malheureusement la France n’y figure qu’à un rang bien inférieur à
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- celui qu’elle devrait occuper, vu surtout le sympathique accueil que les Français trouvent toujours dans ces pays :
- Importation 819000 f en 1905 et 3636 000 f en 1909;
- Exportation 36 000 f en 1905 et 2 429 000 f en 1909.
- La progression est heureusement croissante.
- Naturellement, les industries agricoles furent les premières à se développer.
- La mouture en premier lieu. Si le rudimentaire moulin mû par une roue à palettes à axe vertical existe encore partout dans les villages, les villes ne se contentent plus de ces procédés surannés. Belgrade, Nisch et autres villes ont leurs moulins à vapeur parfaitement montés ainsi que leurs brasseries, sucreries, etc.
- Une importante usine de constructions mécaniques et d’outillages divers s’est fondée à Belgrade, comblant une lacune importante en assurant ainsi les réparations sur place de tout matériel industriel. Elle fait aussi des articles métalliques et jusqu’à du plomb de chasse. Elle appartient aux frères Godjevatz.
- Belgrade a une fabrique de tissus, une station électrique grandement montée donnant l’éclairage partout et actionnant des tramways sur 18 km de parcours avec 33 voitures motrices et 20 voitures remorquées, ce qui en indique l’importance. Cette station fait une recette de 750000 f environ ce qui pour les 80000 habitants de Belgrade, représente une moyenne favorable.
- En ce qui concerne l’éclairage, le réseau comprend : une distribution à courant continu pour le centre de la ville donnant le courant à 120 volts et une distribution à courant alternatif triphasé à 2100 volts au primaire alimentant les abonnés à 120 volts au moyen de transformateurs installés à la périphérie de la ville. L’éclairage public de la ville utilise 1250 lampes à incandescence, 120 lampes à arc. Les 3 000 abonnés privés utilisent une énergie représentant 3 500 ch de force. L’exploitation, qui a d’abord été une affaire française, a été reprise par une Société Belge. Elle achète en France ses lampes à incandescence, ses crayons de lampes à arc et une partie de l’outillage.
- Nisch a aussi une station électrique pour l’éclairage, mais comme il n’y a pas encore de tramways, elle sera certainement bientôt insuffisante..
- Pour continuer cette revue industrielle rapide et forcément incomplète, il faut citer la superbe usine de Lescovatz, appartenant à MM. Ilitch, Tekarevitch et Pétrovitch. Elle ne le cède en rien aux plus belles usines de Roubaix, Reims ou Elbeuf. Elle traite 2 000 kg de laine par jour, faisant le lavage de la laine brute, le cardage, peignage, fila-, ture, tissage, teinture, et elle produit 400 000 m de drap par an, outre des laines, pour la tapisserie et la bonneterie. Cette usine utilise 350 ch de force et est montée avec les derniers perfectionnements, depuis les chaudières jusqu’aux métiers à tisser et à apprêter.
- Lescovatz possède aussi une distribution d’éclairage électrique; l’énergie est produite à Yidché à 22 km dans une vallée profonde et pittoresque. Elle est produite par des turbines alimentées par une conduite
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- sous pression donnant 200 1 à la seconde avec 140 m de hauteur. Le courant est de 6 500 volts et 15 ampères environ au primaire (triphasé).
- La Serbie possède des richesses minières considérables dont l’exploitation progresse.
- Pour parler d’abord du charbon :
- Les mines de Dobra près du Danube ont des gisements qui s’étendent sur environ 4 km.
- Plus au sud sont les mines de Genje et de Ravna Reka appartenant aux chemins de fer de l’État, situées à 22 km de Tchoupria, desservies par une ligne à voie étroite et à forte déclivité, dans une vallée pittoresque. Le charbon est du braunkhole, comme en Hongrie.
- A Genje, le gisement est en forme d’amas, ayant de 40 m à 8 m de puissance. La production est d’environ 80 000 t par an.
- Les mines de Ravna Reka, tout nouvellement ouvertes à 11 km de Genje et dépendant de la même concession, sont montées avec Un matériel absolument moderne. Tous les services de la surface et du fond sont desservis par une station centrale électrique, ventilation, exhaure, triage, etc. Le gisement reconnu a une puissance moyenne de 4 m environ.
- Le charbonnage d’Alexinatz a aussi deux sièges d’exploitation bien montés, produisant ensemble une vingtaine de wagons par jour.
- En suivant la ligne du chemin de fer, après Nisch, on trouve la mine Jélachnitza. Ce charbonnage intéressant est exploité par une Société française qui a une concession de 660 ha où se font actuellement d’importants travaux. Le charbon est de bonne qualité. Deux couches sont reconnues et exploitées; l’une d’elles à 2,50 m d’épaisseur coupée seulement par de très faibles bancs de schiste. Le chemin de fer traverse la concession et facilite le transport du charbon.
- Il y a encore quelques autres gisements charbonniers de moindre importance, près de Zajevar, près de Gicevatz, près de Yrania, etc.
- Passant aux autres minéraux, nous citerons les mines de cuivre de Bor, connues de très vieille date et qui sont depuis sept ans grandement exploitées. Le gisement renferme aussi de l’or en quantité notable, 10 g par tonne. La production de cuivre progresse, elle a été de 3 286 t en 1909 et a atteint en 1910 environ 5 000 t.
- Un autre gisement de cuivre est à Maïdan Pek; on y exploite actuellement surtout des pyrites.
- Gomme mine de cuivre intéressante, il y a aussi celle de Stoudena située à 20 km de Nisch. Ce gisement a une épaisseur de 1 à 3 m; d’importants travaux y sont laits; le principal minerai est la chalcosine avec des teneurs en cuivre atteignant et dépassant même 50 0/0.
- . Avant de quitter la Serbie, on passe à Pirot, ville célèbre par la fabrication des tapis.
- La Bulgarie présente le même intérêt que la Serbie. La population est de 4 millions d’habitants. Ses recettes et ses dépenses ont passé de 95 286 900 f en 1901 à 172 248 400 en 1910.
- Le commerce extérieur présente un accroissement sérieux :
- Importation 32137 800 f en 1879 et 130150 642 en 1908 ;
- Exportation 20090851 f en 1879 et 112356 997 en 1908.
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- Sofia, sa capitale, est une ville neuve construite d’un seul coup avec tous les perfectionnements modernes.
- Ce qui a été dit des industries agricoles, du travail domestique, et des progrès industriels en Serbie peut s’appliquer aussi à la Bulgarie.
- Sofia possède pour l’éclairage et les tramways une installation électrique dont l’énergie est produite par une usine hydraulique, située à Pantcharevo, à 17 km de Sofia, et par une usine à vapeur située dans la ville même. Elles fournissent du courant à 7 500 volts, ramené d’abord à 3 400 puis à 120 au moyen de 67 transformateurs.
- L’usine hydraulique utilise une chute de 55 m de hauteur donnant une puissance totale de 1 600 kilowatts. L’usine à vapeur comporte une puissance de 2000 kilowatts.
- L’éclairage public est assuré par 100 lampes à arc et 2440 lampes à incandescence de 32 bougies. Il y a un important réseau de tramways et la Société Belge qui l’exploite est très prospère.
- Comme en Serbie, l’industrie minière y occupe une place importante.
- On rencontre, dans les Balkans, les houillères de Gabrova, Trevena {concession du Prince Boris), Elena, Sliven. Des lignites existent à Per-nik. Cette mine bien installée a produit de 1801 à 1899 un total de 542000 t. Elle atteint maintenant, en 1910, annuellement 200 000 t fournies par un personnel variant suivant la saison, de 900 à 2 500 ouvriers. Il y à trois couches dont la principale exploitée a 4,10 m d’épaisseur totale dont 2,42 m de charbon pur, la deuxième a 90 cm de puissance en charbon pur.
- Il faut citer encore le charbonnage de Bobov Dol près de Kustendil avec plusieurs couches exploitables de 1,50 m à 4. m de puissance, celui de Lom Palanka, sur le Danube, etc.
- Parmi les.autres gisements miniers, il faut mentionner : les anciens gisements de fer de Samoneff, dont les scories contiennent jusqu’à 50 0/0 de fer, les gisements de cuivre de Kara Baïr, près de Bourgas. Enfin ceux de Plakalnika, département de Vratza, sur la ligne de Plevna, sont l’objet d’une exploitation importante.
- Il y a aussi des carrières, entre autres celles de Krounova P'reslav, avec marne et calcaire argileux propres à la chaux hydraulique et au ciment; ces dernières ont, d’ailleurs, été étudiées par notre Collègue M. Raoul Bigot.
- De grands progrès sont faits en Bulgarie par l’agriculture qui importe des wagons et même des trains entiers de machines agricoles et qui occupe 70 0/0 de la population.
- Parmi les industries agricoles annexes, la production du tabac et celle de l’essence de rose constituent un revenu très appréciable.
- Ce rapide exposé a pour but de démontrer l’élan industriel de la Serbie et de la Bulgarie. Les ingénieurs qui y seront appelés peuvent envisager qu’ils arriveront dans un pays déjà bien préparé, qui ne demande qu’à prendre un sérieux essor industriel et à utiliser ses richesses agri-, coles et minérales qui sont d’une importance exceptionnelles. Il faut ajouter que les Français, en particulier, trouvent dans ces contrées le plus sympathique accueil.
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- M. le Président remercie M. Blazy de sa communication. La réputation proverbiale des Français, réputation peut-être non méritée, est, dit-on, de ne pas assez voyager. M. Blazy, pour démentir cette réputation, vient de nous entraîner, à sa suite, sur un long circuit; dans les pays neufs, qu’il nous a fait parcourir, il y a certainement beaucoup à apprendre. Les renseignements qu’il a donnés sont très suggestifs et ne manqueront pas d’être profitables à beaucoup.
- M. P. Kestner a la parole pour sa communication sur YÉvaporateur grimpage et ses applications.
- M. Kestner dit que, jusqu’à présent, tous les perfectionnements que l’on cherchait à apporter aux appareils d’évaporation tendaient à augmenter la quantité d’eau en circulation ; la préoccupation étant, d’une part, d’assurer le mouillage toujours complet des .tubes et, d’autre part, de réaliser de grandes vitesses de l’eau sur les surfaces chauffées.
- Si cette voie est celle qui doit être suivie lorsqu’on opère dans des tubes horizontaux ou inclinés, il n’en est pas de même avec des tubes verticaux, et M. Kestner se propose de démontrer qu’on peut, dans des conditions déterminées, obtenir avec des tubes verticaux des chiffres d’évaporation supérieurs à ceux obtenus jusqu’ici, tout en ne faisant circuler que le minimum de liquide possible et, en général, en limitant cette quantité à celle qui peut être concentrée en un seul passage à travers le tube.
- M. Kestner décrit diverses expériences, réalisées avec des tubes de verre, permettant de se rendre compte du phénomène qu’il a dénommé le « grimpage » , c’est-à-dire la circulation du liquide, dans le tube d’évaporation, de bas en haut, par un ruissellement en montant le long des parois du tube, de telle sorte que le liquide grimpe le long du tube, laissant la partie centrale de ce dernier libre pour le dégagement de la vapeur produite par la concentration qui s’effectuera durant ce grimpage.
- Il montre aussi que ce phénomène ne peut plus se réaliser si le tube est incliné ou horizontal; dans ce cas, le liquide, quoique distribué régulièrement sur la surface du tube, se rassemblera au bout de très peu de temps en un filet le long de la génératrice inférieure du tube, et la surface supérieure de celui-ci ne sera plus mouillée.
- La marche en grimpage peut s’effectuer avec des tubes de diamètres différents; il suffit que le rapport entre la section et la longueur des tubes se trouve compris dans certaines limites.
- M. Kestner présente ensuite une série de dispositifs découlant de ces expériences et qui conduisent progressivement aux appareils d’évaporation à grimpage, tels qu’ils sont construits couramment.
- Il explique comment le phénomène de grimpage, dans les conditions ordinaires de la pratique, se réalise d’autant mieux que les tubes sont plus longs, et montre l’avantage que présente cette marche, sur celle à tubes noyés, au point de vue de la meilleure utilisation de la chute de température entre le fluide chauffant et le fluide chauffé.
- Enfin, il indique les considérations qui l’ont amené, dans certains cas et, notamment, quand il s’agit de concentration à haute densité, pour obtenir encore une meilleure utilisation, à compléter cette marche en
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- grimpage parcelle en descendâge, dans laquelle les caractéristiques de la circulation du liquide à concentrer sont les mêmes, si ce n’est qu’elle se fait de haut en bas, au lieu de bas en haut.
- M. Kestner présente ensuite une série de projections représentant des installations importantes réalisées dans différentes industries, dont elles ont été, dans un grand nombre de cas, l’élément principal, le pivot, et qui consacrent la justesse d’une théorie à l’égard de laquelle beaucoup se sont au début montrés sceptiques (industries du sucre, des solutions sodiques, du nitrate de chaux par l’azote de l’air, extraits de viande, de bois, etc.).
- M. le Président remercie M. Kestner de sa communication. Lorsqu’il a montré, en commençant, le phénomène physique qui se passait dans le tube de verre servant à l’expérience, il était difficile de soupçonner qu’il y avait là le point de départ d’une série d’applications aussi importantes.
- Grâce à la circulation intensive des liquides traités, liquides souvent mauvais conducteurs de la chaleur et devenus visqueux, l’évaporation a lieu sans qu’il se produise, en aucun point de la masse, une élévation de température exagérée. Le liquide ne séjourne nulle part au contact des parois surchauffées, et, ainsi qu’en témoigne l’absence de coloration, ne montre pour ainsi dire aucune trace de décomposition. C’est là une condition des plus favorables et très frappante de ce système d’évaporation.
- Il est donné lecture, en première présentation, des demandes d’admission de MM. Ed. Aron R. Fazembat, et M. Clerc, comme Membres Sociétaires Titulaires et de
- M. M. Fromantin, comme Membre Sociétaire Assistant.
- MM. E. Bardin, Ch. Baudart, F. Bonnasseau, P. Bouillod, H.-T. Burls, M. Cherville, A. Destombes, A. Evette, R. Furet, A. Iianicotte, A. Héritier, E. Lafont, L. Lanave, H. Moineau, J. Monniot, H. Roussel, sont admis comme Membres Sociétaires Titulaires;
- MM. R. Valois et R. Pinguet, comme Membres Sociétaires Assistants;
- MM. H. Claude et M. Debelmas, comme Membres Associés.
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- PROCÈS-VERBAL
- DE LA
- SÉANOE DU 17 T^BVJFilElFt 1911
- Présidence de M. Louis Rey, Vice-Président.
- M. L. Rey, Vice-Président, présente à la Société les regrets et les excuses de M. le Président J. Carpentier, qui se trouve dans l’impossibilité d’assister à la séance de ce soir.
- Le Procès-verbal de la précédente séance est adopté.
- M. le Président a le regret de faire connaître les décès de MM. :
- L. Denis de Lagarde, ancien élève de l’École des Mines de Paris, membre de la Société depuis 1878, ancien Ingénieur-Conseil de l’ambassade de France à Madrid, ancien receveur des finances à Paris, chevalier de la Légion d’honneur;
- E. Dothée, ancien élève de l’École Centrale (1875), membre de la Société depuis 1880, A été Ingénieur à la Société de Construction des Batignolles et chez MM. Escande et Gie, Ingénieurs-constructeurs;
- P.-F. Dnvillard, membre de la Société depuis 1880, ancien directeur en chef des services divers aux usines du Creusot, Schneider et Cie ;
- A. Massé, ancien élève de l’Ecole des Arts et Métiers d’Angers, membre de la Société depuis 1878, ancien industriel, agriculteur, chevalier de la Légion d’honneur.
- M. le Président adresse aux familles de ces Collègues J'expression des sentiments de profonde sympathie de la Société.
- M. le Président est heureux de faire connaître les décorations et nominations suivantes. Ont ôté nommés :
- Officiers du Mérite agricole : MM. L. Barthélemy, T. Huber, G. Lemire ;
- Chevaliers du Mérite agricole : MM. P. Bordé et L. de La Vallée-Poussin ;
- Officier de l’Ordre de Léopold de Belgique, M. E. Rigo;
- Président d’honneur du Syndicat des Mécaniciens-Chaudronniers et Fondeurs : M. Delaunay-Belleville; Président : M. J. Niclausse; Vice-Présidents : MM. Savy, P. Petit et Grangé; Secrétaires : MM. Godard-Desmarest, Leroux, de Solms ;
- M. Ii. Vaslin, à l’Exposition de Turin, Secrétaire du Comité d’organisation, Vice-Président de la classe 159A et membre du Comité d’admission et d’installation du groupe 1 (enseignement professionnel).
- M. le Président adresse à ces Collègues les félicitations de la Société.
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- M. le Président fait donner lecture d’une lettre de remerciement de S. E. M. de Hieronymi, Ministre royal hongrois du Commerce, récemment nommé Membre d’honneur de la Société, lettre ainsi conçue :
- MINISTÈRE ROYAL HONGROIS Budapest, le 9 février 1911.
- DU COMMERCE
- « Monsieur le Président et honoré Collègue,
- « C’est avec un grand plaisir que j’ai appris, par votre honorée lettre » du 3 février, que la Société des Ingénieurs Civils de France a bien » voulu me nommer Membre d’honneur de la Société.
- » Je vous serais très obligé, Monsieur le Président, si vous vouliez » bien me servir d’intermédiaire auprès de la Société et de porter à sa » connaissance que je regarde comme un grand honneur de pouvoir » accepter cette nomination de la part d’une Société d’une si haute » valeur et d’une si grande importance.
- » Je me réjouis particulièrement de ce que les liens qui m’attachent » déjà depuis longtemps à la Société se sont encore resserrés.
- » En ajoutant mes meilleurs vœux pour la prospérité de la Société » des Ingénieurs Civils de France, je vous prie, Monsieur le Président » et honoré Collègue, de bien vouloir agréer l’expression de ma plus » haute considération.
- » Hieronymi. »
- M. le Président est heureux de faire connaître que notre doyen d’âge, M. J. Gaudry vient, pour la septième fois, de nous remettre une somme de 1 000 f pour notre fonds de secours.
- Il est certain d’être l’interprète de la Société en adressant à notre vénérable Collègue de chaleureux remerciements pour la sympathie qu’il nous témoigne ainsi régulièrement tous les ans.
- M. le Président dépose sur le Bureau la liste des ouvrages reçus. Cette liste sera insérée dans un des prochains bulletins.
- Parmi ces ouvrages, M. le Président signale plus particulièrement :
- D’abord, le troisième et dernier volume du Compte rendu du IX* Congrès International de Géographie, qui nous a été remis par M. Jean Rey, de la part de M^A. de Claparède, Président de la Société de Géo graphie de Genève.
- Puis, un ouvrage sur la Résistance de l’air et l’Aviation. Cet ouvrage renferme les détails et les résultats des expériences effectuées au Laboratoire de La Tour, par M. G. Eiffel, L’intérêt qu’il présente est considérable et il fournit des renseignements des plus importants à tous ceux qui s’occupent d’aviation. Un compte rendu bibliographique en sera fait dans un prochain Bulletin.
- Le Comité Électro-Technique Français fait connaître qu’à l’occasion de l’Exposition de Turin un Congrès International des Applications Électriques aura lieu dans cette ville, en septembre. Il adresse une liste des discussions devant être traitées au Congrès et sur lesquelles le Comité d’organisation désirerait recevoir des rapports préliminaires. Les Buli . 12
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- membres de la Société qui voudraient se charger de l’un de ces rapports trouveront les indications nécessaires à la Société.
- M. Paul Renaud a adressé une lettre répondant à celle de l’Institut International de Bibliographie, dont il a été fait mention dans le procès-verbal du 3 février. La lettre de M. Paul Renaud est déposée à la Bibliothèque, où elle est à la disposition de ceux des membres de la Société que la question intéresse.
- La Société Industrielle du Nord de la Franee a adressé le programme de ses concours de 1911, avec indications des Prix et Médailles à décerner en 1912 : on peut consulter ces documents à la Bibliothèque.
- Notre Collègue, M. Louis Séguin nous a fait connaître qu’il procédait à des essais relatifs à l’effet gyroscopique. Il va prochainement terminer l’installation sur un aéroplane d’appareils enregistreurs et de mesure et serait très heureux de voir assister aux expériences ceux de ses collègues que la question peut intéresser.
- M. Marcel Armengaud a la parole pour sa communication sur: 1° la représentation analytique de la résistance de l’air sur les surfaces sustenta-trices.; 2° l’étude des moyens proposés et utilisés pour assurer la stabilité des aéroplanes.
- M. M. Armengaud rappelle que les expériences de Lilienthal, faites vers 1888 èt 1889, puis celles plus récentes de M. Rateau (1909) et de M. Eiffel (1910) montrent d’une manière à peu près certaine que les courbes traduisant les effets de résistance de l’air sur les surfaces ont toutes à peu près les mêmes allures, tant en ce qui concerne la poussée totale que ses composantes verticales et horizontales qui constituent la force portante et la résistance à l’avancement.
- Il rappelle que les formules proposées par MM.. Soreau et Painlevé indiquent que la force portante croît d’une manière linéaire avec l’incidence, alors qu’à partir d’un angle de 20 degrés environ, ceci n’est plus exact et que, vers un angle de 30 degrés, cette force passe par un maximum pour décroître ensuite très rapidement. On ne peut, par suite, tabler sur ces formules pour faire une étude analytique rigoureuse de la stabilité des aéroplanes. Le conférencier propose donc d'assimiler la courbe représentative de la force de sustentation à une conique et en particulier à une ellipse déterminée par trois poiojs et par les tangentes en deux points.
- Il examine différents cas particuliers et montre que l’application numérique de ses formules aux courbes données par les expériences de' M. Eiffel semble montrer que la courbe représentative des forces de sustentation est une ellipse. .
- gr Ce mode de réprésentation ne concorde pas exactement avec les courbes données par l’expérience. Cependant, il faut remarquer que; l’équation représentative indique d’une manière certaine le maximum de la force portante, ce qui semble être le point le plus intéressant.
- Quant à la résistance à l’avancement, les formules de MM. Soreau,. Eiffel et Painlevé suffisent entièrement.
- Si l’on recherche la résultante de la force portante et de la résis-
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- tance à l’avancement, on arrive à une courbe du quatrième degré. M. Armengaud propose de la remplacer par une courbe du deuxième degré telle une hyperbole équilatère. C’est un mode de représentation analogue à celui indiqué par Hopkinson pour représenter la courbe de l’aimantation du fer.
- M, Armengaud indique ensuite qu’on peut ainsi obtenir une représentation presque absolument exacte des courbes de résistance de l’air en s’inspirant de ce qui a été fait pour la représentation des courants alternatifs en électricité et en employant pour cela les développements en série de Fourier.
- M. Armengaud explique comment on peut appliquer ces développements en série aux expériences faites par MM. Eiffel, Rateau et Lilien-thal. I/on se rend facilement compte qu’il suffit d’un.terme constant et des trois premiers termes en sinus des angles <p, 3cp, et 5çp, et l’on a ainsi :
- R — A0 + Aj, sin © + A3 sin 3cp -f- A3 sin 5©.
- Il montre que, si on applique les formules ainsi établies plus haut aux courbes représentatives des expériences de ce dernier, on obtient une courbe représentative des résultats qui coïncide en beaucoup de points avec, celle donnée par Lilienthal.
- M. Armengaud aborde ensuite la seconde partie de sa communication. Il rappelle d’abord que le mouvement le plus général d’un solide dans l’espace peut se décomposer en deux : mouvement de translation du centre de gravité suivant la trajectoire suivie par le corps ; mouvement de rotation instantané passant par le centre de gravité.
- Les conditions d’équilibre général sont donc que les sommes des composantes des forces suivant les trois axes de coordonnées soient nulles et qu’il en soit de même des moments relatifs à ces trois axes, en tenant compte bien entendu du théorème de d’AIembert.
- La stabilité des aéroplanes est de deux natures : la stabilité longitudinale et la stabilité transversale. -
- M. Armengaud rappelle que les organes destinés à obtenir la stabilisation longitudinale consistent : en gouvernails horizontaux placés soit à l’avant, soit à l’arrière et quelquefois même aux deux extrémités, et en un empennage, placé généralement à l’extrémité arrière et formant une sorte de queue. .
- Il cite pour mémoire les moyens consistant dans le déplacement d’un poids tel que le corps de l’aviateur ou autre poids analogue. Il signale qu’on a proposé d’obtenir la stabilité longitudinale par la variation directe de l’incidence des ailes, obtenue soit par rotation autour d’axes transversaux, soit par augmentation de courbure. Mais ces derniers systèmes ont donné dés résultats insuffisants et même dangereux. .....
- La stabilisation latérale peut être';obtenue par des ailerons disposés aux extrémités latérales des ailes ou sur les côtés de l’appareil et pouvant présenter des incidences variables., On peut encore employer le gauchissement, c’est-à-dire la torsion des ailes permettant de les présenter avec une courbure plus prononcée d’un côté que de l’autre. Ce gauchissement permet de redresser ainsi l’appareil. D’autres aviateurs
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- préconisent l’emploi d’ailerons formés de petites surfaces verticales orientales et placés au-dessus de la surface portante.
- M. Armengaud expose alors quels sont les dispositifs de commande qui ont été proposés pour actionner ces organes de stabilisation. Il signale que l’on emploie en général un levier unique monte à la cardan ou à rotule, et sur lequel l’aviateur peut agir suivant ses réflexes, en l’inclinant d’avant en arrière, ou inversement, pour rétablir l’équilibre longitudinal et de droite à gauche, ou inversement, pour rétablir l’équilibre transversal, et il donne la description succincte des dispositifs de MM. Pénaud et Gauchot, Voisin, Laroze, Esnault-Pelterie, Blériot, Bré-guet, etc. Il mentionne qu’en particulier M. Laroze, le regretté capitaine Ferber et M. Bréguet ont combiné avec le levier un volant qui sert à commander le gouyernail vertical, en sorte que toutes les commandes sont concentrées sur un même dispositif.
- Dans les appareils déjà stabilisés par des cloisons verticalcsou par un très fort empennage cruciforme, on peut également obtenir la stabilité transversale de l’appareil eh manœuvrant le gouvernail de direction. Le changement de direction de l’appareil, c’est-à-dire sa rotation autour d’un axe vertical, a en effet pour conséquence, en vertu des effets de la force centrifuge, de déterminer une inclinaison transversale qui peut être employée au redressement de l’appareil.
- En ce qui concerne la stabilité automatique, cette question a pris depuis un certain temps une importance des plus considérables, car certains accidents, survenus récemment, ont été attribués soit à la fatigue excessive, soit à une indisposition momentanée des aviateurs.
- Les moyens préconisés peuvent être classés en trois catégories bien distinctes, savoir :
- 1° Ceux qui puisent leur énergie dans la réaction môme de l’air ;
- 2° Ceux qui peuvent être produits par les phénomènes d’inertie ;
- 3° Ceux qui peuvent être produits par l’élasticité même de l’appareil.
- Dans la première catégorie, M. Armengaud place les dispositifs employés par Wright et par le capitaine Etévé, dispositifs dont il donne la description ; il parle également de ceux employés par MM. Meugniot, Guérin et Gorneloup.
- Il examine ensuite la stabilité automatique due à l’inertie.
- Le premier moyen qui vient naturellement à l’idée est de donner à l’appareil une plus grande inertie en éloignant autant que possible les masses du centre de gravité de l’appareil. C’est un système qui a le grave inconvénient de rendre l’appareil paresseux aux commandes et de ne pas lui permettre de revenir rapidement à sà position de stabilité lorsqu’il s’est engagé dans une mauvaise direction.
- On a également essayé l’emploi du pendule. Mais s’il est léger il est inefficace, et il devient trop lourd si on veut lui faire commander directement les organes de stabilisation. Il signale qu’on a songé à employer une nacelle suspendue pour constituer le pendule. Telle est la solution donnée par MM. Dobrescu et Comanescu, et par M. Moreau.
- Dans le dispositif de ce dernier la nacelle peut être freinée, et même bloquée, pour annuler, à la volonté de l’aviateur, les effets perturbateurs d’accélération et de ralentissement du pendule.
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- M. Armengaud passe ensuite en revue les divers moyens étudiés par certains inventeurs en vue d’obtenir, par l’emploi du pendule, l’utilisation d’un relais électrique ou mécanique destiné à commander les organes de stabilisation.
- Un autre moyen que l’on a songé à employer est le gyroscope.
- Dès 1891, Maxim avait pensé à utiliser ce dernier. Notre regretté collègue P. Regnard proposait l’emploi d’un gyroscope venant fermer des circuits électriques actionnant des solénoïdes formant servo-moteurs qui agissaient sur les organes de stabilisation. Enfin, d’autres inventeurs ont eu l’idée de combiner à la fois le pendule et le gyroscope, afin de conférer au pendule une plus grande inertie.
- M. Armengaud examine ensuite la stabilisation automatique due à l’élasticité des surfaces. Cette élasticité est obtenue en donnant aux ailes une certaine souplesse, afin de leur permettre de laisser échapper l’air qui s’engouffrerait en rafales sous elles.
- M. Armengaud termine sa communication en indiquant que le mémoire qu’ih prépare contiendra les formules dont il n’a pu donner qu’une idée générale, ainsi que la description des dispositifs qu’il a expliqués rapidement.
- Il conclut que, grâce aux travaux des inventeurs, les aéroplanes sont déjà munis de moyens de stabilisation puissants et que l’on peut espérer qu’ils seront bientôt dotés de dispositifs de stabilisation automatique, qui contribueront à leur donner une plus grande sécurité.
- M. le Président remercie M. Armengaud d’avoir passé en revue les differents procédés de stabilisation étudiés par les personnes s’occupant d’aviation et que notre Collègue a su grouper d’une façon intéressante.
- Il le félicite aussi de l’application qu’il s’est proposé de faire aux phénomènes d’aviation du développement en série des formules de Fourier et qui lui ont semblé permettre de serrer de plus près l’étude des courbes expérimentales obtenues dans les laboratoires.
- M. J. Legrand a la parole pour exposer les Résultats d’expériences et mesures exécutées sur Vaéroplane en plein vol.
- M. J. Legrand rappelle qu’au mois d’avril 1909 il informait ses Collègues, au cours de la discussion sur l’aviation, de son projet d'effectuèr une série de recherches sur les conditions réelles du fonctionnement de l’aéroplane et de l’achat qu’il venait de faire d’un biplan Voisin, en vue de ses recherches.
- Il vient aujourd’hui les mettre au courant de l’état actuel de ses travaux et des conclusions que leurs résultats, rapprochés de l’ensemble de la documentation, permettent d’ores et déjà d’avancer.
- Nature de l’aéroplane employé aux recherches, ses transformations. — Un aéroplane n’est nullement, comme un navire ou une construction, un objet semblable à lui-même dans le temps et dans l’espace. Il ne se renouvelle pas seulement à la manière du couteau de Jeannot, ou par suite de reconstruction suivant le môme modèle. Il suffit de modifications insensibles à l’œil profane, voulues ou non, pour altérer profondément ses propriétés. Il est donc nécessaire, dans les travaux analo-
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- gués à ceux qui vont être résumés, d'effectuer de nombreuses mesurer et de prendre de nombreuses notes pour fixer la physionomie de l’appareil.
- Tout aéroplane comprend nécessairement trois parties : groupe moteur, train d’atterrissage, voilure. Elles peuvent être plus ou moins confondues pour la simplicité de la construction, mais on se prive alors de précieuses facilités pour la mise au point ou l’étude.
- Au cours de ses essais, sauf pendant la période préliminaire, nous avons été conduits, dit M. Legrand, à conserver constants le groupe moteur et son support ; nous avons perfectionné le châssis d’atterrissage, auquel nous ne touchons plus, la voilure a subi huit transformations principales, et nous en préparons en ce moment une neuvième plus radicale qui fait de l’appareil un monoplan. Ce monoplan, comme ses prédécesseurs, aura donc le même moteur, la même disposition d’hélice, le même châssis d’atterrissage, le même système de construction, il aura pratiquement les mêmes résistances passives à l’avancement. Cette méthode évite des tâtonnements et des chances d’avarie et elle facilite les comparaisons de résultats.
- Le nombre des transformations expérimentales est au total de quatorze.
- Appareils de mesure employés. — La surface et le poids de l’aéroplane en ordre de marche sont mesurés au hangar. La position du centre de gravité est déterminée par des pesées ou par mise en équilibre sur un rouleau passé sous le fuselage.
- Un niveau à liquide spécial créé par MM. Chauvin et Arnoux et modifié par nous permet de déterminer les incidences en vol.
- Ce niveau est réglé au hangar, et l’incidence lue en vol est reproduite et vérifiée en soulevant l’arrière de l’appareil.
- La vitesse moyenne de l’aéroplane est assez facile à préciser à Juvisy où la piste comporte onze jalons répartis sur un tracé de courbure très régulière. Il n’en est pas de même lorsque le pilote tourne autour d’un petit nombre de jalons, la trajectoire étant mal définie.
- La vitesse instantanée relative à l’air a été mesurée d’abord à l’aide d’un anémomètre de pression créé par sir Hiram Maxim, consistant en un disque qui fait fléchir un ressort dont la déformation est indiquée par une aiguille. Nous avons modifié cet instrument pour rendre ses indications visibles de l’arrière. Nous en avons tenté le tarage sur une automobile. Il nous a fourni accessoirement des valeurs de K qui se sont montrées capricieusement variables. Nous donnons ces valeurs dans le mémoire. Nous avons conclu à l’impossibilité de graduer cet instrument autrement qu’empiriquement, et sur le véhicule même dont il doit donner la vitesse. La même observation s’applique à notre nouvel indicateur de vitesse instantanée, composé d’un double éjecteur de Bourdon en rapport avec un manomètre de dépression, enregistreur ou non. Mais ce deuxième instrument est beaucoup plus sensible et plus précis.
- Enfin, la poussée de l’hélice, et par suite, la résistance à l’avance-
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- ment de l’aéroplane, est mesurée par un appareil dont le principe est le suivant :
- Le moteur rotatif Gnome, portant son hélice, tourne sur un arbre fixe porté par une entretoise flexible du fuselage qui transmet la poussée. Une presse hydraulique de Richard s’oppose à cette flexion, et un manomètre enregistreur donne à chaque instant la valeur de l’effort d’équilibre. Ce dispositif a été étudié et réalisé par la Société des moteurs Gnome.
- Un tachymètre commandé par engrenages et flexible donne le nombre de tours.
- Technique des expériences. — Les expériences de mesure se font en vol à Juvisy par temps calme; elles exigent deux ou trois tours de piste de 2 200 m l’un. Si le pilote est seul à bord, il doit noter l’incidence et le nombre de tours. S’il emmène un observateur, ce dernier fait les lectures. Les instruments enregistreurs font le reste.
- Résultats obtenus. — L’heure avancée ne nous permet pas d’expliquer pourquoi la plupart des ideés théoriques sur l’aviation exposées en 1909 et antérieurement sont actuellement désuètes. Cette constatation h’enlève rien au grand mérite des précurseurs qui ont démontré la possibilité du vol mécanique ni de ceux qui les premiers, au prix ae grands sacrifices, l’ont réalisé. Nous renonçons également à exposer, même en résumé, comment il est prouvé que l’hélice aérienne fonctionne suivant les mêmes lois que l’hélice nautique. Cette démonstration a été donnée d’une façon détaillée à la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale.
- Le temps nous manque également pour exposer à nos Collègues les observations que notre collaborateur, M. Louis Gaudart et nous-même, avons faites relativement aux évolutions, à l’équilibre longitudinal et transversal, à la solidité, et pour exposer le programme d’essais de détermination directe de la fatigue des organes. Nous nous bornerons à donner les conclusions relatives à la sustentation et à la résistance à l’avancement.
- Sustentation. — La façon moderne d’étudier cette sustentation P consiste à écrire P = Eq/SY2 et à examiner les variations de la fonction K y lorsque l’incidence varie. Pour les modèles réduits de voilures à section droite parabolique analogues au profil Voisin, M. Rateau, puis M. Eiffel, ont donné des graphiques de R y.
- Celles de nos expériences où P, S et Y sont connus permettent de calculer K y. P n’a guère varié, sauf le cas du transport du passager, et pour couvrir un champ d’investigations suffisant, il a fallu changer S. Ce résultat a été obtenu à la faveur des nombreuses modifications que nous avons réalisées.
- Nous avons réussi à faire voler des aéroplanes à l'incidence 1 degré de la corde du profil, à l’incidence 24 degrés et à un certain nombre d’angles intermédiaires. Nous constatons ainsi que de 0 à 11 ou 12 degrés nous obtenons des Ky qui se placent bien sur les courbes de Rateau et d’Eiffel, mais qu’aux grandes incidences la sustentation
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- obtenue par nous est bien inférieure à celles qu’ils ont mesurées au laboratoire.
- Il y a lieu de tenir compte du fait que nos expériences portent sur un biplan et non sur une surface unique. Mais les résultats non publiés de. l’étude de la sustentation du biplan par M. Rateau ne cadrent pas avec ceux que vient de publier M. Eiffel.
- D’après ces derniers, le biplan a le même K y que la surface isolée : 1° aux très petits angles ; 2° aux angles voisins de 20 degrés.
- Nos mesures seraient d’accord avec 1° mais non avec 2°.
- On peut conclure de l’accord satisfaisant pour les petits angles que pour un avant-projet on pourrait prendre K y = 0,025.
- Si l’on n’a en vue que la bonne utilisation de la surface, on pourrait rechercher l’incidence qui donne le maximum de K y mais la résistance à l’avancement devient telle que l’utilisation d’ensemble de l’aéroplane devient tout à fait défectueuse.
- Le problème qui se pose dans la pratique est de tirer le meilleur parti d’une puissance motrice donnée et non d’une surface donnée.
- Résistance à l’avancement. — Cotte résistance étant désignée par 0 on a © = KaiSV2 et il faut étudier la fonction Kx lorsque l’incidence varie.
- On peut encore donner la courbe ou son inverse. La mesure de Kx
- au laboratoire présente, suivant M. Eiffel, de très grandes difficultés à cause de la petitesse des efforts à mesurer aux faibles incidences. Ces efforts seraient encore bien plus petits si, en appliquant les lois de la similitude, on essayait le modèle réduit d’un aéroplane dans un vent réduit.
- Sur l’appareil en vraie grandeur, la poussée de l’hélice équilibre non seulement la composante résistante de la réaction de l’air sur la surface mais encore les résistances passives à l’avancement du châssis, du fuselage, de la charpente, etc.
- Ayant réalisé deux appareils qui volaient avec des surfaces très différentes à peu près au même angle, c’est-à-dire avec le môme Ka; (puisque le profil de la voilure et sa répartition étaient les mêmes) et avec les mêmes résistances passives cr parce qu’ayant même fuselage, châssis, montants d’entretoisement, etc., il s’est trouvé que l’effort propulseur était le même, ce qui a permis d’écrire deux équations déterminant les deux inconnues Kx et <*; Kx a la valeur correspondant à l’incidence 10 degrés ; cr est le même dans toutes les expériences et a la valeur 0,124.
- En multipliant a par Y2, on a l’effort à exercer pour triompher des résistances passives. Si l’on admet K = 0,13, on voit que cr représente à peu près 1 m2. Mais il est plus important de savoir que <j = 0,124 sur ce type d’appareil. Gela permet de vérifier, par exemple, qu’on ne peut lui imprimer une vitesse d’environ 100 km avec un moteur de 45 ch et les rendements propulsifs voisins de 60 0/0 que nous obtenons le plus généralement.
- Le calcul de Ka; dans toutes les expériences devient possible une fois c connu.
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- A l’incidence de 1 degré je trouvais Kx = 0,001, valeur très faible,
- qui assignait au rapport la valeur 25 au lieu de 45 obtenus par
- M. Rat eau. Gela revient à dire qu’avec 1 kg de poussée d’hélice on en sustente 25. J’ai eu la satisfaction d’apprendre que Kx = 0,001 avait été également obtenu au laboratoire de M. Eiffel.
- En résumé, le contrôle réciproque des résultats du laboratoire et de la pratique est démontré possible et offre un grand intérêt.
- Les questions relatives à la conduite de l’appareil, à sa sécurité, à sa solidité, ne peuvent être résolues méthodiquement que dans des expériences analogues aux nôtres.
- Nous souhaitons donc vivement que d’autres chercheurs viennent aussi explorer ce champ d’investigations.
- Nous souhaiterions aussi de pouvoir continuer des essais qui nous ont coûté de grands sacrifices et pour lesquels les concours obtenus sous forme de subvention, d’une grande valeur pour nous au point de vue moral, représentent à peine 10 0/0 du prix de revient.
- M. le Président remercie M. Legrand de sa communication. Les recherches expérimentales sont toujours d’une grande utilité, car elles permettent de constater les phénomènes que l’on étudie tels qu’ils sont dans la réalité, et d’en tirer des conclusions pratiques. On doit savoir gré à M. Legrand d’avoir entrepris ces recherches.
- IL est donné lecture en première présentation des demandes d’admission de MM. A. Gontet, G. Boyelle-Morin, A. Goerger, G. Gourdeau, Y. Langlois, H. Le Quiniou, G. Lévy, H. Louvet, J. Mensier, P. Mortier, V. Happe et A. Celle, comme Membres Sociétaires Titulaires, de :
- M. M. Da, comme Membre Sociétaire Assistant, et de :
- M. L. Giorgetti, comme Membre Associé ;
- MM. E. Aron, M. Clôre et R. Fazembat sont reçus comme Membres Sociétaires Titulaires et :
- M. M. Fromantin, comme Membre Sociétaire Assistant.
- La séance est levée à 11 heures un quart.
- L’un des Secrétaires techniques,
- F. Taupiat de Saint-Symeux.
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- NOUVEAU SYSTÈME
- DE
- PROTECTION DES DIGUES TALUS ET CÔTES
- PAR UN
- REVÊTEMENT EN BÉTON ARMË(1>
- PAR
- J. IAoT>ex*t de MURALT
- Les prix de revient élevés et l’entretien onéreux des revêtements en basalte employés jusqu’à ces derniers temps, tant dans les Pays-Bas que dans les Indes Néerlandaises, grevaient considérablement le budget de ces pays. C’est alors qu’en raison de nos fonctions d’ingénieur du Waterschap Schouwen, en Hollande, nous fûmes amenés à chercher si l’on ne pourrait pas réaliser à l’aide du béton armé un système de revêtement plus économique et plus durable.
- Nous nous efforcerons de décrire brièvement ce système, aujourd’hui bien connu en Hollande où il a fait ses preuves dans de nombreuses applications. Il a été également employé sur les côtes de France, d’Angleterre et d’Allemagne et des Indes Néerlandaises.
- Pour l’établissement d’un revêtement en basalte, on procédait, jusqu’à présent, de la manière suivante. Tout d’abord, la pente de la digue à défendre était soigneusement égalisée et battue, puis recouverte de paille a ou de joncs sur lesquels on posait deux couches de briques b soigneusement juxtaposées
- (fia- V
- Ces deux couches recevaient ensuite une épaisseur de 45 k 20 cm de briques concassées c; enfin, sur le lit ainsi formé, on
- (1) Voir Procès-Verbal de la séance du 3 mars 1911.
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- posait des tronçons de basalte d de 35 à 45 cm de hauteur. Le revêtement était arrêté en pied et en tête par une rangée de pieux (x et y).
- Le pied était au niveau des basses mers.
- La tête, continuée par une berme plate de quelques mètres de largeur, se trouvait à 2,50 m au-dessus du niveau dés plus hautes marées et à 2,50 ou 3,50 m au-dessous du sommet de la digue à protéger.
- Malheureusement ces revêtements ne résistent pas toujours aux violentes tempêtes, et il suffit qu’un seul prisme de basalte soit arraché pour entraîner, de proche en proche, la destruction d’une partie de l’ouvrage.
- C’est en France, en Allemagne, en Angleterre et aux États-
- M.B.
- Unis et plus tard aussi en Belgique que le béton armé fut employé pour les premières fois à l’exécution des revêtements. Il avait semblé tout indiqué de recouvrir d’une carapace continue les ouvrages à protéger et c’est ainsi que furent faits les premiers travaux.
- On espérait qu’ils n’auraient rien à craindre de la violence des marées ou de l’infiltration des eaux. Mais on n’avait pas songé que les grandes surfaces monolithes sont trop fragiles eu égard aux épaisseurs qu’on peut économiquement leur donner; les contractions ou dilatations qu’elles subissent sous l’influence des variations de température, provoquent des fissures par lesquelles l’eau et l’air pénètrent dans le béton et détruisent rapidement l’armature par oxydation. Le revêtement ainsi morcelé n’offre plus grande résistance et ne tarde pas à être emporté.
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- Bien souvent, aussi, les infiltrations par les fissures exposaient la digue à une destruction lente, mais sûre, et d’autant plus dangereuse que les progrès en étaient invisibles.
- On crut d’abord trouver le remède en divisant le revêtement au moment de sa construction en éléments plus ou moins longs, séparés par des joints étanches. Mais, c’était substituer un problème à un autre; et il ne semble pas que cette question des joints étanches ait été jusqu’ici résolue d’une manière satisfaisante.
- Pour résister efficacement aux efforts énormes et surtout aux percussions des vagues, le revêtement doit nécessairement avoir une certaine souplesse. Il faut aussi que sa dilatation puisse s'effectuer sans obstacle. Il importe également que son adhérence sur le sol soit aussi parfaite que possible.
- Nous croyons pouvoir affirmer que les revêtements que nous allons décrire répondent à toutes ces exigences.
- Ils sont essentiellement constitués par des dalles de béton armé de faible étendue (fig. 2), indépendantes les unes des autres, maintenues en place par un châssis, également en béton armé, ancré dans le sol et recouvrant le bord des dalles en formant couvrejoint. Le châssis divise le sous-sol en plusieurs petites parcelles, ce qui offre — on le verra plus loin — un grand avantage.
- Les dalles rectangulaires, ont généralement 2,400 X 1,800 m, leur épaisseur varie suivant les cas de 5 à 10 cm; elles sont armées de métal déployé. Quoique maintenues solidement par
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- le cadre ou châssis de poutres armées, elles peuvent se dilater librement, céder momentanément sous l’effort ou le choc, mais sans pouvoir jamais être arrachées de leur alvéole.
- Il est recommandé de donner à la surface des dalles la forme de gradins ou redans. Cette disposition facilite l’accès de la rive, s’oppose notablement à la montée du flot et réduit à la descente la vitesse de ce dernier, ce qui atténue beaucoup l’usure superficielle de la dalle.
- Avant de construire le revêtement, il est nécessaire de préparer le sol à le recevoir.
- Sous l’influence d’un froid rigoureux ou même (nous l’avons vu fréquemment dans les pays tropicaux) d’une très forte chaleur, le sol se déforme et se crevasse et il pourrait en résulter un manque d’adhérence des dalles et des fissures dans tout le revêtement; mais les petits fossés de 20 cm de profondeur creusés autour de l’emplacement des dalles pour recevoir les poutres, en découpant le sol en petits rectangles de 2,400 m X 1,800 m, empêchent à peu près complètement la déformation et le crevassement.
- Pour augmenter l’adhérence, le sol est ensuite recouvert d’un paillassonnage de joncs ou de paille de seigle.
- Puis on procède à la construction des dalles de la manière suivante. Deux poutres en bois, taillées en crémaillères, sont fixées parallèlement sur le sol et maintenues en place à l’aide de crochets; entre ces deux poutres espacées de 1,80 m, on étend une mince couche de béton de 2 cm d’épaisseur sur laquelle on pose une feuille de métal déployé S.
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- Puis, le bétonnage commencé par les deux marches ou redans du bas que l’on recouvre de leur planche respective b est continué jusqu’à achèvement de la dalle (fig. 3).
- Lorsque le travail s’exécute au-dessus du niveau des hautes mers on peut aussitôt après décintrer ou mieux démouler si le temps est beau et le terrain sec; mais, si l’ouvrage est baigné par le flux, on ne doit détacher le moule qu’après vingt-quatre heures au moins.
- Pour éviter que le flux n’emporte les planches, on charge ces dernières avec de grosses pierres.
- L’épaisseur de la dalle varie de 7,5 à 42,5 cm ; son poids en 7,5 cm d’épaisseur est de 800 kg environ.
- Dès que les dalles sont un peu durcies, c’est-à-dire après cinq
- Fig. 4
- ou six jours, on commence à creuser tout autour une rigole de 20 cm de profondeur environ, qui recevra les poutres en béton armé.
- Les deux poutres en bois à crémaillère a ayant servi à faire les dalles sont alors retournées ét posées sur ces dalles w à une certaine distance du bord x.
- L’armature est disposée dans les rigoles g et l’on procède à la confection des longues poutres (fig. 4) placées suivant les lignes de plus grande pente. On exécute ensuite les poutres horizontales de l’encadrement.
- En résumé, on commence par construire les dalles, autour desquelles on creuse des rigoles puis on construit la poutre du pied, ensuite les 1
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- poutres placées suivant la ligne de plus grande pente et les poutres horizontales, enfin on termine l'ouvrage par la poutre du haut.
- Pour permettre la dilatation, les poutres sont divisées en tronçons par des joints en asphalte. Toutefois, aucune solution de continuité ne doit être pratiquée dans les armatures.
- Revêtements sur des dunes.
- Lorsqu’on établissait un revêtement en basalte sur des dunes, avant de le construire comme il a été dit plus haut, il était nécessaire d’étendre préalablement sur le sable une couche d’argile pour le recevoir.
- On conçoit que le prix de ce revêtement devait être trèsélevé.
- Les revêtements en béton, au contraire, sont posés directement sur les talus de sable simplement recouverts au préalable d’un paillassonnage.
- Les défenses en basalte ordinaires des digues coûtaient, dans les Pays-Bas, de 40 à 45 f le mètre carré, tandis que les revêtements de notre système ne coûtent que de 7 à 9 f.
- Sur les dunes, le prix des défenses en basalte avec couche d’argile s’élevait souvent à W ou M f le mètre carré, tandis que celui de nos revêtements en béton varie de 6 h 40 f maximum.
- Pour les revêtements en béton placés à 4 m et plus au-dessus du niveau des hautes mers, il est bon d’employer le dosage suivant : •
- 1 volume de ciment Portland prise lente.
- ± — de sable..
- 4 — de gravier.
- Pour les revêtements mouillés journellement par Peau de mer, le dosage ci-après a toujours donné des résultats parfaits :
- Pour les dalles ;
- 3 volumes ciment Portland.
- 5 — de sable.
- 7 — de gravier. „
- 1 — tuf volcanique de l’Eifel broyé.
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- Pour les poutres :
- 3 1/2 volumes de ciment.
- 4 — de sable.
- 7 — de gravier.
- 1 — de tuf volcanique de l’Eifel broyé.
- La disposition en redans des dalles facilite singulièrement le
- travail; pour une pente de talus de 1/1 par exemple, celle de l’escalier n’est que de \/% (fig. 5).
- En outre, comme nous l’avons déjà dit, l’effort des vagues se trouve brisé; elles montent bien moins haut que sur un revêtement lisse. Les pierres ou galets, s’il s’en trouve au pied de l’ouvrage, y sont retenus, et ils ne peuvent venir contribuer par leurs frottements et leurs chocs à l’usure des dalles.
- Avant de faire connaître une seconde application de ce sys-
- tème, nous croyons utile d’exposer quelques considérations techniques.
- Quand le sol supportant une digue de rivière et cette digue elle-même ont été entièrement détrempés à la suite de longues et fortes crues, il arrive fréquemment que la digue entière s’affaisse et donne libre accès à l’eau de la rivière, dans les terres qui étaient protégées.
- Quelquefois, par suite d’une pression d’eau anormale, le talus se déplace du côté des terres. Ce déplacement peut même entraîner la rupture, mais ceci est très rare.
- Des cas de ce genre ont été constatés aux Indes néerlandaises, à Java.
- La rupture des digues de mer, de cette manière, est presque impossible, parce que les hautes marées n’ont qu’une durée de quelques heures et non de plusieurs jours ou plusieurs semaines comme les crues des rivières.
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- On peut admettre qu’une digue de mer ne rompt que si elle n'est pas assez haute, c’est-à-dire que si l’eau peut la déborder.
- Alors les parties de la digue (s) et (s) sont enlevées jusqu’à ce que la rupture s’en suive (fig. 6).
- Quelquefois, il est vrai, on a vu des digues assez hautes se
- rompre parce que les flots avaient entraîné la partie (m) du front tourné vers la mer, mais ces cas sont très rares, surtout pour les digues défendues.
- La cause principale de rupture d’une digue de mer est donc presque toujours une hauteur insuffisante qui permet à l’eau de la déborder.
- Examinons comment se produit, presque toujours, la rupture d’une digue dans ce cas.
- Supposons une poutre ÀB (fig. 1) reposant librement sur
- PI p’ deux points d’appui. Si celle poutre est soumise à l’action
- d’une force P', la flexion maxima
- a 1, i L \b se produira en Z, et si cette
- a“l 1 1 • W force est assez grande, la poutre
- ïïï AB rompra en son milieu près
- ?- X<L de Z. Déplaçons la force P' et
- Fie. 7 faisons-là agir en P auprès d’un
- des supports.
- La flexion la plus grande se produira non loin du milieu, c’est-à-dire près de Z, mais si la force P est assez forte, la rupture se produira en Z'.
- Admettons maintenant que P' soit une force mobile, par exemple une vague; la poutre AB se mouvra davantage près de son milieu, c’est-à-dire qu’elle tremblera le plus près de so?i milieu, mais elle cassera en Z.
- Enfin, si la poutre AB est tiès lourde et faite de matériaux très
- Bull.
- 13
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- peu élastiques, par exemple une digue de terre ou d’argile, non seulement elle fléchira davantage près de son milieu, mais elle se rompra aussi en cet endroit.
- En Zélande, les digues de mer reposent généralement sur trois couches de terres de nature différente :
- D’argile,
- De terre tourbeuse,
- De sable.
- Les deux premières sont relativement élastiques, de telle sorte que l’on peut, sans trop grande erreur, considérer la digue comme posée sur des ressorts Y (fig. 8).
- S’appuyant ainsi sur un sol élastique, ces digues peuvent être assimilées aux poutres très lourdes dont nous parlions plus haut reposant sur deux points d’appui et soumises à l’action d’une
- force mobile, la vague Q (fig. 8). Gomme les poutres, ces digues ont tendance à se rompre en leur milieu, près de K, et comme c’est au milieu que les flexions maxima se produisent, la fissure S ne tarde pas à s’élever Jusqu’au sommet de la digue.
- Après la grande marée du 42 mars 4906 et d’autres grandes marées, des fentes de celte nature ont été constatées fréquemment.
- En général, ces fentes ne sont pas très dangereuses, excepté lorsque la digue étant trop basse, la mer peut venir remplir les fissures comme pendant la marée du 12 mars 1906. Alors'la partie arrière (œ) est bientôt détrempée et enlevée et la ruine de la digue ne tarde pas à se produire avec les désastres qui en sont la conséquence.
- Il est donc de la plus, haute importance que la hauteur de la digue soit mffismte.
- Après les fortes tempêtes de 1906 beaucoup de digues durent être rehaussées. C’est ainsi qu’un projet pour le rehaussement
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- en terre d’une digne près de Zierikzee fut préparé; la largeur prévue au sommet était de 1 m, mais pour obtenir cette largeur il ne suffisait pas d’élever le niveau de x, il fallait également augmenter l’épaisseur du côté y ou du côté z.
- Pour cette digue (fig. 9) près de Zierikzee, l'augmentation d’épaisseur du côté de la mer y obligeait à enlever et à replacer ensuite un revêtement en basalte b ; la même opération du côté des terres nécessitait l’expropriation préalable d’une route w.
- C’est alors que l’on décida de construire sur la digue déjà existante un mur en béton armé.
- Il est évident que ce mur ne devait pas être placé en m, car à la première grande marée la fissure k se serait remplie d’eau et la partie arrière t se serait écroulée en entraînant le mur (fig, 40).
- Le mur fut donc construit du côté de la mer et de telle sorte
- Fig. 10
- que la fissure k fût recouverte par la semelle en béton du mur. Sur le front de la digue, cette semelle descend assez bas pour que les vagues qui tendent à renverser le mur par leur force p, contribuent au contraire à le maintenir solidement en place par l’action de leur propre poids q.
- Il va sans dire que l’armature doit être de qualité excellente.
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- On emploie de préférence le Métal Déployé avec quelques fers ronds.
- Plus la semelle tournée vers la mer est large, plus la vitesse du flot reculant est grande quand il la quitte. Pour cette raison la largeur de cette semelle ne doit pas être trop grande. Elle doit se terminer près de a ou de c contre le revêtement et non pas près de b. Une largeur de 1m à 1,50 m suffit.
- Le mur en béton pour rehaussements de digues est constitué de tronçons de 1,50 à 2,50 m, laissant entre eux des intervalles de 20 à 25 cm. Des poutres qui ne doivent pas former couvre-joints, remplissent ces intervalles et dépassent le mur de 5 cm. Mais tronçons et poutres ne sont pas jointoyés et restent absolument indépendants de manière à pouvoir, comme nos revêtements, résister aux chocs et aux effets de la dilatation sans danger de rupture.
- Le dosage du béton est :
- 1 ciment;
- 3 sable;
- 4 gravier.
- L’économie réalisée par ce système dans le rehaussement des digues varie de 20 à 60 0/0 suivant les lieux et les circonstances.
- Le même procédé, légèrement modifié, est employé avec le plus grand succès à la construction des brise-lames (chaussées de mer).
- L’expérience nous avait montré qu’un brise-lames situé à Schouwen, et revêtu de basalte, était trop bas et devait être rehaussée de 1,50 m. Mais ce rehaussement obligeait à élargir d’abord la base, ce qui entraînait à de grosses dépenses. Il fut donc décidé d’employer le béton armé. L’emploi de notre système permit de réaliser une économie de 60 0/0.
- L’ouvrage ne revînt qu’à 20 000 f au lieu de 50 000 f qu’il eût coûté en terre et basalte.
- Ces brises-lames ou chaussées de mer consistent essentiellement en dalles de béton p, affectant en coupe la forme représentée figure II.
- Ces dalles d’une longueur de 1 m à 1,50 m, laissent entre elles un intervalle de 0,40 à 0,50 m, dans lequel de lourdes poutres r sont coulées et pénètrent de 0,80 m à 1 m dans le sol. Ces poutres forment couvre-joints s et débordent de chaque côté
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- sur les dalles de 0,25 m environ (fig. '!%). En hauteur elles font saillie sur les dalles de 0,30 m environ (fig. 43). Poutres et dalles ne sont pas jointoyées. L’ensemble conserve donc toute la souplesse nécessaire.
- Qu’il s’agisse de revêtements, de rehaussements de digues ou de chaussées de mer, l’adhérence entre les poutres et les dalles est empêchée en badigeonnant le bord des dalles avec de l’huile de qualité inférieure ne contenant pas de pétrole.
- A Schouwen, le brise-lames a une longueur de 150 m immergé à marée haute, il émerge entièrement à marée basse. Entre chaque marée, on faisait une dalle et une poutre. L’armature très forte est en Métal Déployé et fers ronds. Gomme on le voit sur la figure 13, le poids de l’eau a contribue à la stabilité des dalles. La force n de la masse d’eau m tend à faire culbuter la dalle, mais la force a, le poids de l’eau, l’en empêche.
- Le dosage pour les dalles est de :
- 3,50 ciment 4- 1 tuf broyé + 5 sable + 7 gravier.
- Le dosage pour les poutres est de :
- 3,50 ciment + 1 tuf broyé + 4 sable + 6 gravier.
- Revêtements sous-marins en béton.
- Nombre de théories existent sur le mode de protection des fonds marins côtiers; nous ne les exposerons pas, mais avant de parler du système que nous employons, il peut être utile de décrire sommairement la manière d’opérer généralement admise encore actuellement.
- Lorsqu’on s’aperçoit que les lignes de profondeur de 10 et 20 m se rapprochent trop d’une digue (fig. '14), il importe de protéger, la partie menacée. Le fonds est alors recouvert de quatre fascinages 1, II, III et IY, chargés de pierres. Le tout est couvert plus tard d’un fonds de pierres perdues de 1 000 kg par mètre carré jusqu’aux emplacements marqués P.
- Les fascinages sont préparés sur un terrain asséchant à marée basse, autant que possible peu éloigné de l’endroit où ils doivent être coulés.
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- Chaque fascinage, qui a une épaisseur de 0,80 m environ, comprend un lit supérieur et un lit inférieur de bandes de fascines, entre lesquels est une couche épaisse de fascinages disposés suivant certaines règles.
- Quand tout est prêt, le fascinage est traîné par un rernor-
- Fig. 14
- queur et ancré au-dessus de remplacement exact qu’il doit occuper.
- Puis plusieurs bateaux viennent l’accoster et s’y amarrer par des cordages, et le couvrent des pierres. (La charge des pierres peut atteindre jusqu’à 1 000 kg par mètre carré). Sur un signal,
- Fig. 15
- les cordes qui soutiennent le fascinage sont coupées et le revêtement en fascines coule à fond. Au moyen de bouées, on peut constater s’il a bien été coulé à l’endroit voulu.
- Cette manière d’opérer présente beaucoup d’inconvénients et de difficultés et ne réussit pas toujours en pleine mer. De plus,
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- le prix en est extrêmement élevé. Le procédé suivant, qui a déjà été employé pour 60 000 m2 de revêtement sous-marins a donné de très bons résultats.
- Le revêtement est constitué par des dalles carrées ou rectangulaires en béton armé b (fig. 45) de 1 m de côté environ et de 7 à 16 cm d’épaisseur suivant les cas. Leur poids varie donc de 160 à 300 kg.
- Ces dalles sont munies d’oreilles C qui permettent de les attacher solidement entre elles.
- L’armature est en fer rond de 12 mm, celle du milieu en rond de 6 mm.
- Sur un terrain asséchant à marée basse et voisin du lieu où le revêtement doit être coulé, on assemble ces dalles en quantité suffisante pour former une surface de 400 m2.
- Cet assemblage se fait entre deux supports A sur lesquels à marée haute on vient placer un flotteur s.
- Fig. 16
- Le revêtement x ainsi obtenu est, à marée basse, suspendu à l’aide de câbles d’acier y, venant s’enrouler sur des treuils où des cabestans placés sur le flotteur S. Quand la marée est haute de nouveau on tourne les treuils et on remonte le revêtement sous le flotteur (fig. 46).
- Le tout est remorqué jusqu’à l’endroit voulu où le revêtement est descendu doucement sur le fond qu’il doit occuper en filant les câbles jusqu’à 20, 60 m ou plus de profondeur.
- Le dosage du béton employé pour ces dalles est de :
- 3 ciment;
- 6 sable;
- 1 tuf broyé;
- 7 gravier.
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- . Le prix de revient de ces revêtements sous-marins est :
- 1° En fascines et pierres, de 9 à 11 f par mètre carré;
- 2° En béton, de 4 à 5 f par mètre carré.
- Revêtements des bords des lacs, rivières, canaux, à l'aide de dalles et de clous en béton armé.
- Ce procédé appliqué par nous dans les Pays-Bas, pour la première fois en 1908, et dont l’usage commence à se répandre, particulièrement en Hollande et pn Angleterre, consiste essentiellement dans l’emploi de deux sortes de dalles carrées en béton armé, présentant les unes c, un rebord inférieur et les autres a un rebord supérieur (fig. il).
- Les dalles supérieures s’appliquent exactement sur le rebord inférieur des précédentes; de telle sorte qu’une dalle d à bord supérieur immobilise quatre dalles à bord inférieur.
- Les dalles à bord supérieur sont ancrées par un pieu e ou clou en béton armé qui pénètre dans le sol.
- Ces revêtements sont arrêtés en pied et en tête par une poutre en béton et leur prix ne dépasse pas en Hollande 4 à 5 f par mètre carré.
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- LA SERBIE ET LA BULGARIE
- INDUSTRIELLES
- APERÇU DE LEUR DÉVELOPPEMENT(4)
- PAR
- AI. A. BLAZY
- La Serbie et la Bulgarie sont deux pays essentiellement agricoles, mais l’industrie commence à s’y développer. Elles sont situées sur la grande ligne de Paris, Yienne, Buda-Pest, Belgrade, Nisch, Sofia, Constantinople, avec un embranchement de Nisch à Salonique (fig. 4).
- Nisch, qui est considérée comme la seconde capitale de la Serbie, est déjà Je point de jonction des. lignes ferrées de la péninsule balkanique : elle sera traversée par une ligne allant rejoindre l’Adriatique.
- Serbie.
- En Serbie, la population agricole, représente plus de 84 0/0 de la population totale, alors que la population industrielle n’est que de 6 0/0. Mais il faut tenir compte que les paysans exercent en réalité l’industrie domestique, c’est-à-dire fabriquent encore chez eux la plupart des objets nécessaires à leurs besoins.
- Nous ne pouvons rappeler, même en quelques mots, l’histoire de la Serbie. Disons seulement que, par suite des changements qui se sont produits dans le régime politique, les paysans se sont souvent, pendant de longues périodes, absolument cantonnés dans leurs montagnes, vivant sur eux-mêmes, et l’on peut même encore rencontrer dans certains hameaux des vieillards qui ne sont jamais descendus à la ville voisine.
- Signalons aussi une loi très ancienne d’après laquelle chaque
- (1) Voir Procès-Verbal de la séance du 3 février 1911, page 172.
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- paysan est assuré cle conserver sa maison et vingt ares de terrain sans que personne puisse les saisir, sauf l’État pour le paiement des contributions, et encore dans des cas bien exceptionnels.
- L’influence des pays d’Occident se fait sentir chaque jour davantage : les chiffres du budget de l’État, recettes et dépenses, en accroissement constant, mais en bon équilibre, montrent la vitalité du pays ainsi que les chiffres du commerce extérieur.
- C’est ainsi que de 1897 à 1910 :
- Les recettes sont passées de 63 659 720 dinars fl) à 115 277 745.
- Les dépenses — 63 659 720 — 115 072 843.
- Les importations — 45 313 824 — 74 700 000.
- Les exportations — 55 939 981 — 82 450 000.
- Malheureusement, dans ces chiffres la France est loin .d’occuper le rang qu’elle pourrait avoir. En 1909 elle ne venait qu’au sixième rang comme importation en Serbie avec 3 546 400 dinars alors que l’Allemagne importait 28 851 700 dinars et l’Angleterre 7 585 200 dinars. C’est regrettable à tous points de vues, car les industriels français ont toujours reçu en Serbie le meilleur accueil. *
- La consommation des produits créés par l’industrie moderne augmente constamment. Ï1 était naturel que la Serbie cherchât à produire dans le pays même ce qu’elle achetait à l’étranger.
- Industrie. — Dans cet ordre d’idées, ce sont d’abord les industries agricoles ou traitant les produits agricoles qui furent les premières à se développer.
- Or, la première industrie est celle de la mouture.
- Nombreux sont encore dans les villages les moulins à eau, moulins très primitifs : le mouvement est communiqué aux meules par une roue à palettes à axe vertical qui, certainement, ne recueille pas le tiers de l’énergie que recueillerait la plus simple turbine hydraulique. Mais dans les villes, on voit de grands moulins à vapeur. Il y en a plusieurs à Belgrade, parmi lesquels ceux de MM. Atza Popovitch et I. Baïloni et fils.
- Citons également à Belgrade une sucrerie importante appartenant à M. Somenfeld, et, pour les industries de la boisson, les importantes brasseries de M. I. Baïloni et fils, celles de M. W,eif-fert, etc.
- A Nisch et dans quelques autres villes, il existe également des
- (1) Le dinar équivaut au franc.
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- brasseries et moulins à vapeur importants employant un matériel de plus en plus perfectionné.
- Mettons en parallèle, et pour faire pendant aux moulins primitifs, une « distillerie » de raky, eau-de-vie de prune qui se consomme partout.
- Ces petites « usines » s’élèvent de tous côtés dans les villages
- SERBIE
- Zemliir
- Dobray
- KLacLoya'
- îajecar
- Pirot “
- Leskovj
- Légende
- lignite et charbons de terre.. Mmes de fer.
- Plomb et zinc.
- Cuivre.
- «=• Lignes chemin fer. o • Lignes en construction..
- comme par enchantement, au moment de la récolte, et disparaissent quand elle est épuisée.
- Pour les autres industries, il y a également à Belgrade une grande usine s’occupant non seulement de constructions mécaniques, mais encore de toutes sortes d’articles métalliques, tels que lits en fer, tôlerie, etc. C’est la fabrique des Frères Godje-
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- vatz. Elle occupe 350 ouvriers employant une force motrice d’une centaine de chevaux.
- Elle comporte une fonderie, des ateliers de construction et de réparations très bien outillés, avec du matériel allemand et autrichien. On y fabrique même du plomb de chasse et il y a dans l’établissement une tour métallique, d’une trentaine de mètres de hauteur, destinée à cette fabrication.
- Nous trouvons aussi à Belgrade une fabrique de produits textiles; c’est une succursale des Établissements de MM. Ylada Ilitch, de Lescovatz, que nous verrons plus loin.
- Enfin, citons les stations de tramways et d’éclairage électriques de Belgrade, dont les voitures sillonnent la ville en tous sens et qui appartient à une Société belge.
- Le réseau des tramways comprend 18 km de voie, sur lesquels circulent en été environ trente-trois voitures motrices et en hiver environ trente. Le nombre de voitures remorquées en circulation est d’environ neuf en hiver et vingt en été.
- La recette tramways annuelle est d’environ 750000 f, ce qui représente une moyenne normale, puisque la population est d’environ 80000 habitants. On compte en général, pour des exploitations semblables, 9 à 10 f par habitant l’an.
- Les frais d’exploitation sont ici assez considérables, parce qu’il y a sur plusieurs de ces lignes des déclivités très importantes, jusqu’à 8 ou 9 0/0, et même 10 0/0 sur certaines.
- En ce qui concerne l’éclairage, le réseau comprend :
- Une distribution à courant continu pour le centre de la ville, donnant le courant à 120 volts, et une distribution à courant triphasé à 2100 volts au primaire alimentant les abonnés à 120 volts au moyen de transformateurs installés à la périphérie de la ville. Quarante de ces transformateurs sont en ce moment en service.
- Les abonnés sont :
- 1° La Ville pour son éclairage public, qui comprend environ 1250 lampes à incandescence de seize bougies et 120 lampes à arc alimentées par le courant continu dans le centre et par le courant triphasé dans la périphérie ;
- 2° Les établissements communaux, les établissements d’État, et enfin les abonnés privés. L’ensemble forme environ 3000 abonnés qui prennent, pendant la forte charge d’hiver, une énergie représentant environ 3500 ch.
- Le prix de l’hectowatt-heure est de 0,09 f pour les abonnés
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- privés, avec quelques réductions pour les plus importants et pour les établissements communaux et les établissements de l’État.
- La « Société des Tramways et de l’Éclairage de la ville de Belgrade » achète en France les lampes à incandescence, une partie des crayons pour lampes à arc, les compteurs et enfin suivant le marché, le fil de cuivre qui vient du Havre, la tuyauterie, etc. La France lui a également fourni des aciers pour outils et différents autres objets de consommation courante.
- Nous ne pouvons nous étendre ici sur le côté pittoresque de Belgrade, ville située au confluent du Danube et de la Save. De grands projets sont en cours d’exécution pour divers travaux publics tels que pavage, canalisation, etc.
- Mines. — Voyons maintenant quelques établissements miniers de la Serbie.
- Lés travaux miniers remontent dans ce pays aux temps les plus anciens. Ils furent abandonnés avec la longue période d’agitation politique, repris momentanément au xvme siècle, abandonnés à nouveau, et ne recommencèrent à se développer que pendant le xixe siècle; ils sont maintenant poussés avec méthode, ainsi qu’on peut le voir sur le tableau comparatif de la production des mines et carrières pendant les dernières années.
- Aux environs de Belgrade dans la région nord-ouest avoisinant la Save et même auprès de Belgrade, il y a des gisements métalliques.
- Charbon. — Nous savons que l’élément principal de toute industrie est le charbon : or, il se trouve en Serbie des gisements importants; ce sont eux que nous allons examiner rapidement. (Sur le même tableau on peut se rendre compte du développement de la production du charbon brun.)
- Le long du Danube nous trouvons les mines de houille de Dobra, vis-à-vis de celles de Drenkova en Hongrie; elles sont mieux situées en quelque sorte pour l’exportation que pour le commerce intérieur.
- Il y a trois couches de houille, la formation s’étend sur 4 km et appartient..aii lias.
- Elles sont exploitées par une Société belge.
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- Tableau comparatif de la production des mines et des carrières.
- NATURE i9oe 1907 19 0 8
- DES PRODUITS EXTRAITS QUANTITÉ 1 VALEUR en francs 2 QUANTITÉ VALEUR en francs 4 QUANTITÉ 1) VALEUR en francs r,
- Houille . .. t 63 508 951'908 t 48 729 780124 t 61133 972 044
- Charbon brun 134 390 1 002 651 170 044 1 513 246 179 098 2 897 554 [
- Lignite . 39 608 208 533 40 301 206 958 52 894 273 577
- Cuivre 76i 1 508 873 1626 3166 056 2198 4 309 663
- Pyrite — — 2 438 74 835 32 726 434 375
- Plomb 21.3 13 214 59 27 411 ' 1522 537 389
- Minerais de plomb et de zinc 10,2 3 215 489 32 344 279 57 147
- Antimoine regulus 320 457 612 103 230 546 189 136134
- Pierres meulières 330 23139 215 17 228 806 11 712
- Ciment . . . 9 236 343 069 7 023 395 969 il 074 566 614
- Minerais d’antimoine. . . — — 229 16 375 702 18 265 J
- Or kg 138,721 396 221 kg 136,825 432 827 kg 229,000 653 810
- Argent ! 3,295 [ 393 12,037 1356 823,307 82 570
- Total en francs . . . ! ! 1 4 968 888 6870 277 10 975 863
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- La composition du charbon est la suivante :
- Carbone 77,58 Matières volatiles . 30,96
- Hydrogène . . . . 4,41 Coke 63,37
- Oxygène et azote . 12,28 Calories environ . 7 000
- Eau 3,05
- Gendres 2,68
- 100,00
- En descendant la ligne de Belgrade vers Nisch, nous voyons les mines de Genje sur lesquelles nous donnerons quelques détails.
- Elles ne sont pas situées sur la ligne principale des chemins de fer, mais elles sont reliées à la station de Tchoupria par un chemin de fer à voie étroite de 22,50 km de longueur et traversant une gorge pittoresque.
- A la; station de raccordement de cette ligne spéciale aux mines de Genje, les wagons se déchargent directement dans ceux du réseau général.
- Il y a environ 300 m de différence de niveau entre Tchoupria et Cenje. A cause du profil de la ligne, les locomotives ne peuvent, actuellement du moins, transporter que 5 wagons de 10 t chacun.
- L’allure du gisement est intéressante.
- Le charbon de Genje est du braunkohle, charbon brun, intermédiaire entre la houille proprement dite et le lignite.
- Le bas de la couche est un conglomérat sur lequel se succèdent quelques schistes charbonneux avec un grès compact à grain fin.
- La puissance est de 40 m vers le haut dans la partie la plus épaisse de la couche, puis elle passe par 35 m et diminue ensuite pour n’avoir que 8 m vers la base. Elle est reconnue sur une longueur de 900 m.
- Au toit est une argile rouge-gris peu puissante sur laquelle reposent dans une position anormale, des calcaires crétacés.
- On peut se rendre compte sur cette coupe de la forme de la couche, qui est fortement inclinée sur l’horizontale (fîg. 2).
- Une partie importante de l’amas principal a déjà été extraite. On fait actuellement des travaux en profondeur et dans les parties latérales du gisement.'
- Aboutissant au puits vertical qui se trouve au fond de la vallée,
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- une galerie de 31)0 m longe la couche et débouche dans une autre galerie qui plus tard viendra sortir à flanc de coteau dans la vallée. Le puits actuellement a 55 m.
- La mine est en exploitation depuis une vingtaine d’années.
- Elle a été cédée à la direction des chemins de fer de l’État en 1897. Elle a une étendue de 2 450 ha.
- De 1897 à 1904, la production s’est élevée à 522 770 t, soit une moyenne de 74 000 t environ par an.
- En 1904, cette production a atteint 920001. Elle semble se maintenir à 80 000 t par an et la préparation actuelle du gisement permettra d’extraire ce tonnage pendant une dizaine d’années.
- La composition du charbon est la suivante :
- Carbone . ... . . 58,12 Matières volatiles . 33,75
- Hydrogène ..... 3,78 Coke............ 46,88
- Azote et oxygène .* 20,73 Calories........ 4910
- Eau ...... . 13,32
- Cendres.......... 4,05
- 100,00
- Fig. 2. — Coupe schématique du gisement du Cenje.
- A côté de Cenje et appartenant à la même direction, se trouve la nouvelle mine de Ravna Reka, qui a été ouverte pour développer la production et la doubler dans un avenir prochain.
- Elle est reliée à Cenje par le prolongement de la voie ferrée dont le profil est très intéressant.
- Il n’y a que 10 km de distance de Cenje à Ravna Reka, mais la ligne doit s’élever de 200 m sur les 6 premiers kilomètres. Elle fait donc de nombreux détours dans la montagne et revient passer presque au-dessus de Cenje. Elle descend ensuite dans une large vallée au centre de laquelle se trouvent des installations absolument modernes.
- Le carreau de la mine occupe le centre de la vallée dans laquelle le gisement a été reconnu par plusieurs sondages.
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- La puissance moyenne serait de 4,50 m et elle formerait une vaste cuvette venant affleurer vers le fond de la vallée.
- Le croquis ci-dessous donne la coupe schématique (fig. S).
- Cette couche a été reconnue sur une longueur de 2 km et une hauteur de 360 m avec la puissance moyenne de 4,50 m, et tous calculs faits, il y aurait, d’après les renseignements qui m’ont été donnés, pour quarante-quatre ans de charbon, avec une extraction de 100 000 t par an.
- Au centre du gisement reconnu par les sondages, on a foré deux puits, l’un de 2,70 m de diamètre pour l’aérage, l’autre de 3,70 m pour l’exploitation.
- La profondeur du puits d’extraction est de 96 m, le sondage a cette place ayant été poussé à 180 m.
- Au fond du puits est une galerie qui, après quelques centaines de mètres, rencontre le charbon; là elle se divise en deux et est déjà poussée de chaque côté à une longue distance.
- L’équipement du siège d’exploitation comporte tous les perfectionnements modernes (fig. 4, PL S).
- Les chaudières système Cornwall sont à chargeur semi-automatique, c’est-à-dire que le charbon est amené par une trémie à un basculeur permettant de déverser dans le foyer une quantité fixe de charbon aussi souvent que la production de vapeur l’exige.
- L’emploi de ce dispositif est justifié par l'irrégularité du travail.
- L’énergie mécanique nécessaire à la mine et à tous les services lui est transmise par une station centrale électrique composée de machines à vapeur du type pilon compound, d’une force de 350 ch, actionnant une dynamo produisant du courant triphasé, et d’un groupe de réserve. Le tout a été construit par la Société de Constructions Bohémienne de Prague, qui a fourni également le grand treuil électrique d’extraction, d’une régularité parfaite, et qui est d’ailleurs muni des appareils de contrôle les plus perfectionnés, avec appareil à diagrammes, etc.
- Fig. 3. — Coupe schématique du gisement de Ravno Reka.
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- La vitesse des cages est de 4 m à la seconde pour le personnel et 6 m pour les matériaux ou le charbon. Le puits est à quatre compartiments, l’un pour le charbon, le second pour des matériaux, bois, etc., le troisième pour les échelles'de surveillants; enfin, le quatrième compartiment est réservé aux tuyaux, câbles électriques (énergie et téléphonie).
- La galerie, avec une double voie, est très vaste ; elle est voûtée sur une centaine de mètres; à l’entrée se trouve la salle des pompes, avec pompes centrifuges à deux turbines par pompe actionnées électriquement et placées au-dessus d’un réservoir de 300 m3 environ.
- Le triage, mû électriquement, sépare quatre qualités.
- Le chariot-basculeur est à mouvement progressif et enclanche-ment automatique.
- L’aérage de la mine est obtenu par un ventilateur actionné électriquement et qui est suppléé le cas échéant par un éjecteur Kœrting.
- Signalons ici la méthode employée pour établir le prix de vente au chemin de fer.
- On établit le compte total des frais, amortissements compris, on en déduit les rentrées provenant des ventes à l’industrie privée, à laquelle, bien entendu, on vend le plus cher possible, et on applique la somme restante au charbon livré aux chemins de fer.
- Cette méthode est d’ailleurs appliquée dans les cas analogues. Examinons maintenant les autres mines de charbon de Serbie.
- En descendant vers le sud, nous trouvons Alexinatz. Ce charbonnage est situé à 7 km de la ligne principale, à laquelle il est relié par un chemin de fer à voie étroite, tout récemment remplacé par un transporteur aérien construit par la maison Bleicher, de Leipzig.
- Un puits vertical a remplacé l’ancienne galerie, où l’exploitation avait d’abord été commencée à flanc de coteau par une galerie qui sert maintenant à l’aérage.
- Le puits, appelé « Puits Saint-Geofges », a 100 m de profondeur. J1 est équipé d’une manière simple, mais très complète (fig. 2, Pl:3).
- De même qu’à Cenje, il y a une nouvelle mine, mais qui n’est qu’à 300 m de l’autre, exploitant uniquement à flanc de coteau. On y entre par un long bouveau qui traverse d’abord un banc de schistes, puis atteint la couche après un parcours d’environ 500 m.
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- La galerie se divise alors en deux parties s’étendant de chaque côté, en plein charbon et sur une longueur d’environ 400 m de chaque côté.
- Au-dessus de cette galerie par laquelle se fait le roulage, il y a deux autres galeries parallèles qui exploitent la tranche supérieure de la couche. La traction se fait par chevaux. La couche a environ 4 m d’épaisseur et une inclinaison de 60 à 70 degrés sur l’horizontale.
- Suivant la méthode généralement adoptée, on abat d’abord une tranche dans la partie inférieure de la couche; la partie supérieure est reprise ensuite et elle tombe avec une dépense minime d’explosifs.
- La mine produit une vingtaine de wagons par jour, qui sont vendus tant pour la consommation industrielle que pour les foyers domestiques.
- En suivant la ligne du chemin de fer, nous arrivons à Nisch. C’est, comme nous l’avons dit, la deuxième capitale de la Serbie, et ses établissements industriels importants trouvent leur alimentation en charbon dans les mines voisines, tant celle d’Alexinatz que celle de Jélachnitza.
- Ce dernier gisement dans la vallée de la Nichava appartient à une Société française, qui a une concession de 600 ha, et dans laquelle on fait actuellement des travaux importants(7?#. 3, PI, 3).
- Le charbon, dans les parties exploitées, ressemble à celui de Cenje et appartient au miocène supérieur; il est généralement exempt de soufre, ce qui le rend précieux pour l’industrie.
- Donnons sa composition :
- Sur matière
- sèche. brute.
- Carbone . 58,40 51,53
- Hydrogène 5,32 3,85
- Oxygène et azote..... . 26,43 17,46
- Eau » 18,62
- Cendres 9,85 8,54
- 100,00 100,00
- Matières volatiles . . . . . . . 37 ,97 0/0
- Coke. . . . . . 48,88 0/0
- Pouvoir calorifique : Sur matière brute. . . . . . 4533 calories
- Sur matière sèche. ..... 5 460 —
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- Il y a deux couches reconnues et exploitées, l’une d’elles a 2,50 m et n’est coupée que par de très faibles bancs de schistes. Cette concession est traversée par la ligne même du chemin de fer et pourra donc y être reliée directement à voie normale. Ce bassin houiller paraît riche et appelé à un sérieux avenir.
- Il existe encore d’autres gisements, notamment ceux situés près de Zajecar, dans la vallée du Timok, près des importantes mines de cuivre de Bor, ceux de Cisevatz, de Vrania, etc.
- Autres minerais. — Parmi les mines métalliques, la plus importante est la mine de cuivre de Bor. Ce gisement, connu de très vieille date, avait jadis été attaqué sur des affleurements de pyrites cuivreuses difficiles à traiter par les moyens dont disposaient les anciens. Il a été repris il y a sept ans et les grands travaux qui y ont été faits sont rapidement arrivés à la région régulière du gisement. On a reconnu que c’est un grand filon de contact entre les trachytes et les schistes micacés, dans lequel la teneur en cuivre s’est fixée aux environs de 6 0/0, mais il s’est dessiné une teneur en or très constante de 10 g environ à la tonne.
- Cette teneur en or est favorable à l’entreprise, car le minerai est en effet très difficile à traiter autrement que par grillage et fusion directe en masse et les frais de ces opérations sont élevés.
- La production de 1909 a été de 3 286 t de cuivre. Celle de 1910 est plus élevée encore et atteint 5046 t.
- L’exploitation se poursuit à Tcheka Doulkan avec trois étages d’exploitation, dans lesquels la perforation mécanique est employée. L’usine comporte huit chaudières Babcock et Wilcox et un matériel très complet.
- L’exploitation sera reliée aux lignes ferrées générales par la création du chemin de fer de Bor à Metovnitza, adjugé à l’entreprise Vézin, qui a déjà pris part à l’établissement des voies ferrées de l’État Serbe,
- Comme le gisement paraît très considérable, on peut croire que le développement de ces exploitations s’accroîtra encore, mais on peut le considérer comme tout à fait exceptionnel.
- Parmi les autres mines, citons la mine de cuivre de Stoudena, qui est placée à 20 km au sud-est de Niscli et au-dessus de Jélachnitza.
- Le fond dns vallées de Stoudena et de Banserevo, qui sont de
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- formation permotriasique, est constitué par un grès rouge qui s’élève jusqu’à 50 m de hauteur au-dessus des rivières.
- Entre ces deux points, le grès semble interrompu par des masses blanches de calcaire, probablement jurassique, et un barrage analogue au nord-ouest sépare les grès permiens des couches de charbon de Jélachnitza ; mais il n’est pas certain que le grès ne passe pas sous le calcaire et certains travaux de Jélachnitza peuvent le faire admettre. Il semble, en effet, qu’ancien-nament toute la région comprise entre Jélachnitza, Studena, Bansevero, était recouverte d’une immense voûte de calcaire, qui a subi un effondrement et dont les restes déchiquetés entourent cette contrée comme un vaste cirque de 10 km de largeur sur 20 km de longueur.
- Très probablement, cet ancien bombement du sol était en relation avec une grande masse trachytique sous-jacente qui est peut-être celle qui apparaît à Bor, à 100 km au nord, et qui a amené les inj ections cuivreuses fréquentes aux bords des trachytes.
- Le gisement à Stoudena se présente sous la forme d’une veine fîlonienne en plein grès. La veine a une puissance de 1 à 3 m, une pente d’environ 45 degrés vers le sud-ouest ; elle est bien limitée là par une mince salbande argileuse, tandis qu’à son mur elle se fond dans le grès stérile.
- D’autres traces cuivreuses se montrent au delà des limites ainsi définies : elles n’ont guère été étudiées jusqu’ici, mais leur recherche par le prolongement du travers-banc fait partie d’un programme d’avenir que suit la Société qui s’occupe de ce gisement. Le principal minerai de Stoudena est la chalcosine avec des teneurs très élevées aussi bien pour le cuivre que pour l’argent.
- Citons encore le gisement de cuivre de Maldan Pek, où l’on extrait actuellement surtout des pyrites.
- Industries textiles. — Avant de quitter la Serbie, disons quelques mots d’une importante ville industrielle : Lescovatz.
- Elle est célèbre surtout par son industrie textile.
- On y rencontre en même temps les fabrications les plus modernes, telles que celles que nous allons décrire, et les procédés les plus primitifs pour la confection des tissus.
- On y voit des paysannes préparer leurs chaînes dans les rues et les monter sur des métiers rudimentaires, et quand on
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- rentre dans une usine comme celle de MM. Ilits, Téokarevits et Pétrovits, on se figurerait être à Roubaix, à Reims, à Elbeuf ou à Verviers.
- La ville de Lescovatz est traversée par une petite rivière, la Yeternitza, où se déversent encore les eaux ménagères, et l’on peut se rendre compte qu’il y a d’importants travaux à faire pour que les bords de cette rivière soient dignes de la grande ville qu’elle traverse. Lescovatz, en effet, est destinée à se développer encore à brève échéance.
- L’usine de MM. Ilits, Téokarevits et Pétrovits est située à 1,5 km environ du centre de la ville.
- M. Téokarevits vient de terminer ses études en France et il a rapporté, tant de notre pays que de Belgique et d’Allemagne, les méthodes les plus modernes d’organisation et de travail.
- L’usine produit des fils et tissus de laine, cardé et peigné, et fait toutes les opérations, depuis le lavage des laines brutes, peignage, cardage, préparation, filature, retordage, teinture, jusqu’au tissage et à l’apprêt.
- . La grosse fabrication est la fourniture du drap pour l’armée, drap de troupe gris, composé d’un mélange en masse de laine jaune, beige, bleue et rouge. L’usine aurait fourni l’an passé 400000 m en 1,25 m et 1,37 m de largeur.
- Elle fait aussi le tissu robuste destiné aux vêtements des paysans, tissu autrefois fabriqué* uniquement par les paysans eux-mêmes (largeur, 35 à 40 cm; poids, 200 g au mètre), et les tissus de laine peignée pour la confection. .
- L’usine livre également des laines filées et teintes, faites avec les laines du pays, laines assez longues et retordues en quatre ou cinq fils; elle fait aussi le zéphir, la laine à tricoter et à tapisserie, mais en quantité moindre.
- MM. Ilitch et Cie fabriquent les tresses de laine et de soie. Les tresses de laine sont faites aux environs de Lescovatz, dans une usine qu’ils possèdent à Vidché, près d’une station électrique que nous allons décrire. Les tresses de soie sont faites à Lescovatz, dans un atelier spécial d’ouvriers turcs ayant un procédé particulier pour la préparation et la teinture.
- L’usine comporte d’abord le lavage de la laine brute, qui est fait dans des bacs avec un outillage déjà ancien, mais qui ne déparerait pas une usine moderne. Actuellement, on monte, dans un bâtiment entièrement neuf en ciment armé, un magnifique « Leviathan » à cinq bacs, avec sécheur du dernier modèle exis-
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- tant. La place est réservée à côté pour des machines à teindre la laine en masse.
- Les cardes sont avec chargeur automatique, système français. Elles-mêmes viennent rd’Allemagne, ainsi que tout le matériel de filature. Il y a une dizaine de grandes cardes.
- Pour les laines du pays devant être filées en peigné, il y a également des peigneuses, gill box et machines de préparation construites en Allemagne.
- En ce qui concerne la filature du peigné, il n’y a que la filature continue, métier à ailettes et métiers à cloches.
- Pour le cardé, il y a 4000 broches en une dizaine de métiers self acting.
- Tout le matériel de peignage et filature est bien monté, quoi qu’il soit dans d’anciens bâtiments, remplacés d’ailleurs petit à petit par des bâtiments modernes.
- Le tissage, entre autres, va être entièrement transporté dans une nouvelle construction à deux étages en briques et ciment armé.
- L’usine est actionnée par une machine de 350 ch compound à soupapes, transmission par câbles.
- Elle est alimentée par trois chaudières Gornwall avec chargeur entièrement automatique, comme cela - peut se faire dans un établissement où la force motrice est régulière.
- Il y a un surchauffeur de vapeur et, détail qui montre que rien n’a été négligé, un séparateur d’eau condensée à action centrifuge est posé sur la conduite de vapeur allant à la machine.
- L’usine comporte également une petite fonderie et un atelier de réparations où nous avons pu remarquer des outils américains que des usines de France même bien montées n’ont pas encore.
- La fabrique de tresse de laine est dans les environs, au village de Vidché, à 20 km de Lescovatz. Il y a 100 métiers actionnés directement chacun par une roue à aubes verticales, du modèle des moulins de toute la Serbie : l’eau passe en cascade d’une roue à l’autre, cela sur plusieurs rangs; le rendement mécanique doit être déplorable, mais cela suffit pour cette fabrication.
- Un casse-fil très primitif arrête chaque métier et même chaque turbine, si un fil vient à manquer; dans ces conditions, elle peut travailler sans inconvénient, même la nuit, avec une surveillance minine. .
- L’excursion de Vidché, en dehors de la fabrique de tresses, est surtout intéressante par la visite de la station électrique sise à 3 km plus loin dans la montagne.
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- Pour y accéder on passe près de 18 machines à blé et à maïs réparties sur une distance de 3 km et sauf sur quelques centaines de mètres à peine dans une profonde gorge d’accès difficile, toute la hauteur de chute du torrent est utilisée d’un moulin à l’autre.
- La station électrique est très bien montée : L’énergie lui est fournie par une conduite d’eau sous pression donnant 200 1 environ par seconde amenés au-dessus de l’usine par un canal à flanc de coteau venant de 1 km environ.
- Les turbines verticales du système Voigt, de Bodenheim, donnent 300 ch environ. Les machines électriques (courant triphasé) ont été fournies par la Société Siemens et Halske, de Berlin. Elles donnent 15 ampères sous 6500 volts qui sont ramenés dans la ville aux tensions utilisables par plusieurs sous-stations de transformateurs (fig. 4, PI. S).
- De Nisch vers la Bulgarie, la ligne passe d’abord dans la gorge de Sveta Petka où se trouve la station électrique de Nisch analogue à celle de Lescovatz, mais avec cette différence que ce sont des turbines ordinaires actionnées par la Nichava, rivière à grand débit et à laquelle on emprunte 650 ch environ.
- Avant d’entrer en Bulgarie on passe à Pirot, ville célèbre par sa fabrication de tapis et où se trouve la douane serbe.
- Bulgarie.
- La Bulgarie présente le même intérêt que la Serbie (fig. 4).
- Sa population était de 4252 861 habitants en 1909 contre 2 850836 en 1881. Quant au budget il a subi de 1901 à 1910 les modifications suivantes :
- Les recettes sont passées de 95 286 900 f à 172248400 f.
- Les dépenses sont passées de 95222 535 f à 172 079096 f.
- Ce que nous avons dit des industries agricoles et du travail domestique en Serbie, peut également se répéter en Bulgarie.
- Sofia, sa capitale, est une ville neuve, construite d’un seul coup, avec tous les perfectionnements modernes.
- Pour ne citer qu’un exemple, le pavé des rues est en ciment comprimé, disposé partout diagonalement jusqu’au milieu de la chaussée. Tout >y a été établi en même temps : canalisation d’eau, égouts et pavage. Bien des grandes capitales n’ont pas eu cet avantage.
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- Usines électriques. — L’usine électrique de la ville de Sofia appartient à la Compagnie d’Électricité de Sofia et de Bulgarie.
- L’énergie électrique est produite par une usine hydraulique située à Pantcharevo, à 17 km de Sofia et par une usine à vapeur située dans la ville même.
- L’usine hydraulique, située sur la rivière Isker, utilise une chute de 55 m de hauteur; elle donne une puissance totale de 1 600 kilowatts, produite par quatre groupes hydro-électriques de 400 kilowatts chacun. Chaque groupe est constitué par une turbine à axe horizontal commandant directement un alternateur triphasé à 7 500 volts.
- L’usine à vapeur, d’une puissance totale de 2 000 kilowatts, comprend trois groupes électrogènes de 400 kilowatts et un groupe de 800 kilowatts, chaudières, réfrigérants, etc. Chaque groupe électrogène est constitué par une machine à vapeur horizontale compound à condensation, commandant directement un alternateur triphasé.
- Le courant triphasé est produit dans les usines à la tension de 7 500 volts.
- L’usine de Pantcharevo envoie son courant à Sofia par une' double ligne aérienne de 17 km, posée entièrement sur poteaux métalliques. A l’entrée' de la ville, elle se bifurque en deux lignes circulaires qui vont se rejoindre à l’usine à vapeur.
- À la demande de la Municipalité de Sofia, la Compagnie s’est engagée à remplacer dans la partie urbaine les lignes aériennes à 7 500 volts par des câbles souterrains. Un délai de cinq années lui a été accordé pour l’exécution de ce travail, dont ;une partie a déjà été accomplie au cours de l’été 1909.
- Le réseau de distribution dans la ville est partiellement aérien, partiellement souterrain ; son développement tant pour l’éclairage public que pour l’éclairage privé, est de 110 km; le courant triphasé produit par les usines à 7 500 volts est transformé à 150 volts pour la distribution aux abonnés. La transformation se fait dans une série de postes construits en métal ou en maçonnerie, la station principale de transformation réduisant la tension de 7 500 à 3 400 volts et les stations secondaires de 3400 volts à la tension utilisable pour l’éclairage. D’autres postes de transformation sont alimentés directement par les lignes de 7 500 volts.
- La Compagnie a actuellement en service 54 postes de, transfor-
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- mation comportant 67 transformateurs d’une puissance totale de 2767 kilowatts.
- L’éclairage public est assuré par 100 lampes à arc et 2440 lampes à incandescence de 32 bougies, montées sur poteaux métalliques.
- Mines. — De même que pour la Serbie, nous nous étendrons un peu plus sur l’industrie minière qui est à ses débuts. (Voir la carte.)
- Charbons. — Les richesses minières sur lesquelles on peut porter son attention sont les houillères que l’on rencontre dans les Balkans, Gabrova, Trevena, où est la concession du Prince Boris, qui est à 55 km de Tirnovo. Elle appartient à une Société Belge et a été une des premières qui ait été donnée en Bulgarie. Une ligne de chemin de fer passera prochainement dans le voisinage des mines.
- Voici la composition du charbon d’une des principales couches :
- Eau.................... 1,60
- Matières volatiles . . 20,60
- Carbone fixe...........58,90
- Gendres............. . 9,90
- Pouvoir calorifique. . 6 996 (Bombe Mailler)
- Quantité de gaz obtenue aux 1 000 kg, 263 m3.
- Il existe également des charbons à Elena et Sliven et des lignites dans le bassin de Pernik et de Bobov Dol.
- Pernik est à 28,50 km de Sofia au milieu des bassins ligniti-fères de Vladaya-Mokine-Pernik, qui ont été reconnus en 1879 et exploités jusqu’en 1891, après avoir produit un tonnage total de 105000 t consommées exclusivement par l’État à qui cette mine appartient.
- De 1891 à 1899, la production a été en tout de 542 002 t, à raison de 100 003 t pendant les dernières années. Elle atteint maintenant en 1910 annuellement 200 000 t.
- Pernik est situé sur la ligne de chemin de fer allant à Kus-tendil et qui rejoindra ensuite la Turquie; des raisons politiques ont seules empêché jusqu’à présent de terminer le raccordement par cette voie. Actuellement, on doit pour se rendre à Salonique repasser par la. Serbie et Nisch.
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- La mine de Pernik elle-même est à 1,500 km du chemin de fer dans une large vallée reliée par un embranchement à voie normale. Les wagons sont chargés directement à la mine.
- Nous avons pu voir tous les plans de la mine, les installations du personnel, bureau, contrôle, hôpital, salle de réunions avec théâtre, etc. On voit que c’est une grande affaire très complète sous tous les rapports (fig. 3, PL 3).
- Elle occupe en pleine saison jusqu’à 2500 ouvriers. En été, ce nombre descend à 8 ou 900 les travaux agricoles prenant alors une partie de la main-d’œuvre disponible.
- Les installations de surface sont très complètes, il y a même une fabrique de briquettes, mais souvent inactive tant par suite du prix élevé des substances agglomérantes qu’à cause de la facilité de l’écoulement du charbon puisque presque l’entière production est donnée aux chemins de fer.
- Le gisement lui-même s’étend sur une très grande surface, il
- y a donc de longues lignes de voies ferrées.
- Aucun puits n’a été nécessaire, tout étant exploité à flanc de coteau.
- Il y a trois couches principales; la plus épaisse est la couche D qui a 4,10 m d’épaisseur totale, dont 2,42 m de charbon pur, avec plusieurs lits de schistes interposés dont les derniers entièrement bitumineux. (Voir les coupes, fig. 3.)
- Il y a une deuxième couche B, meilleure par sa pureté et, par conséquent, d’un triage plus facile, bien que l’assise de 90 cm de charbon pur de la couche D (telle qu’on peut la voir sur le tableau) soit déjà très bonne et, en réalité, c’est la principale- couche exploitée.
- Au-dessous de la couche B, se trouve la couche A, analogue à la couche D, à cause de la variation des lits de schistes.
- Ces couches sont presque horizontales et jusqu’à présent on n’a eu besoin d’exploiter que ce qui était au-dessus du niveau du sol, par conséquent hors d’eau, réservant pour l’avenir tout ce qui était en aval pendage et où l’exhaure sera nécessaire.
- Charbonnage de Pernik .
- Fig. 5.
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- m —
- Il y a un projet d’installation électrique dans ce but, tout le travail se fera alors avec une installation centrale analogue à celle des mines de Genje.
- Le roulage à la surface est fait par traction animale, mais depuis peu deux petites locomotives à pétrole sont employées.
- Les galeries sont spacieuses, sans eau, et l’ensemble des travaux préparatoires permet de faire une exploitation intensive et absolument rationnelle.
- Quoique avec une exploitation bien conduite il y ait peu d’incendies à craindre, les précautions usuelles ont été prises.
- Des galeries régulièrement espacées ont été creusées en plein charbon, le haut des galeries dépassant le toit et le pied dépassant également le mur, ces galeries sont complètement remblayées, afin qu’en cas d’incendie il soit facile d’isoler les parties sacrifiées d’avance.
- L’abatage du charbon se fait en laissant comme protection une épaisseur de 20 à 30 cm au toit; au moment où l’on abandonne définitivement les galeries (suivant l’expression bien connue) on tâche encore « de voler » ce charbon à la mine quand on peut le faire sans trop de danger.
- Le service du contrôle du rendement de chaque front de taille est très bien organisé.
- Le rendement serait d’un peu plus de 1 t par homme, tout compris, bien entendu, triage et manutention extérieure exceptés.
- Ce charbon n’est pas assimilable aux charbons de la période houillère. Ce sont, en effet, des lignites tertiaires, et en voici la composition :
- QUALITÉS
- I II III tout venant
- Gendres........................ 7,40 14,58 20,52 15,24
- Humidité...................... 14,34 14,54 14,42 14,30
- Carbone....................... 42,27 36,75 33,76 37,36
- Matières volatiles............ 37,99 34,13 31,30 33,10
- Calories (méthode Berthier). 4 535 4 370 4160 4 300
- Il ne peut se déposer longtemps en gros tas, par'suite de la facilité avec laquelle il se délite et s’enflamme, mais sauf cet inconvénient qui a peu de conséquences puisqu’il est rapidement
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- absorbé par la consommation, c’est un bon combustible pour les usines comme pour les chemins de fer.
- En dehors de cet intéressant charbonnage de Pernik, il faut citer le bassin tertiaire de Bobov Dol, près Kustendil, avec plusieurs couches exploitables de 1,50 m à 4 m de puissance et celui de Lom Palanka, sur le Danube, etc.
- Autres minéraux. — Parmi les autres gisements miniers il y a les anciens gisements de fer de Samokoff, dont les scories contiennent jusqu’à 50 0/0 de fer.
- Les gisements de cuivre de Kara Baïr, près Bourgas, et ceux de Plakavnika, département de Yratza, située sur la ligne de Sofia à Plevna, font l’objet d’une exploitation importante (fig- 6, PL 3).
- Nous ne pouvons donner ici qu’un aperçu sur l’industrie minière, mais nous devons mentionner les carrières, entre autres celle de Kroumova Preslav, avec des marnes et calcaires argileux permettant l’obtention de tous les degrés d’hydraulicité de chaux hydraulique et même des ciments naturels.
- La puissance des calcaires purs et argileux et les marnes argileuses permettent l’obtention des ciments de Portland.
- La Bulgarie/nous l’avons dit, est un pays encore essentiellement agricole ; 70 0/0 de sa population sont occupés par l’agriculture. D’autre part, il ne consomme que 70 0/0 des céréales qu’il produit et peut donc en exporter 30 0/0, et c’est ce qui fait sa richesse.
- Industries agricoles. — L’usage des machines et instruments agricoles prend des proportions de plus en plus considérables ; voici d’anciens chiffres :
- Machines et instruments en usage. En 1893. En 1897.
- Charrues et herses en fer 18 700 37 752
- Semoirs, faucheuses, moissonneuses-batteuses. 230 952
- Machines à égrener le maïs . . 968 1484
- Vanneuses et trieuses 6 848 15981
- Nous n’avons pas les chiffres nouveaux, mais, en revanche,
- nous pouvons dire que nous avons vu nous-mème à Sofia des
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- wagons complets, et même des trains entiers de machines agricoles importées.
- Le contraste des rues de Sofia, où. les véhicules les plus primitifs et les voitures électriques les plus perfectionnées se côtoient, est des plus saisissants.
- Parmi les produits agricoles industriels, le tabac, puis en seconde ligne, l’essence de rose, dont on produit 5000 à 6 000 kg avec un prix variant de 800 à 1 500 f le kilogramme.
- On lutte avec la plus grande énergie contre la falsification par l’essence de géranium dont la présence ne peut, paraît-il, être décelée qu’à l’emploi, et qui constitue seulement une matière inerte.
- La vente de ce dernier produit est purement et simplement interdite.
- Conclusions.
- Nous avons voulu dans cet exposé rapide et forcément très incomplet, démontrer que la Sêrbie et la Bulgarie sont des pays neufs, mais déjà bien entrés dans la voie du progrès.
- Toutes les capacités, toutes les spécialités peuvent y trouver place. Les ingénieurs qui y seront appelés par les circonstances et leurs relations peuvent envisager qu’ils arriveront dans un pays déjà bien préparé, qui ne demande qu’à prendre un sérieux essor industriel, et à utiliser ses richesses agricoles considérables, ses richesses minérales qui sont d’une importance exceptionnelle.
- La voie est ouverte, on peut s’y engager,.
- Faisons seulement une remarque : ne comparons pas la Serbie et la Bulgarie, pays de 2 millions et demi et 4 millions d’habitants, avec des contrées comme la Russie où 120 millions de consommateurs présentent des débouchés illimités ! Il ne faut pas voir trop grand. Il faut proportionner l’effort à la résistance, c’est-à-dire à l’élendue du pays, à sa puissance d’absorption et cela quoique la situation géographique de la Serbie au croisement de grandes lignes de chemins de fer allant sur Constantinople et sur Salonique facilite l’exportation.
- La main-d’œuvre y est actuellement bon marché, mais elle est d’une abondance limitée. Disons de suite cependant qu’elle s’accroît de jour en jour très sérieusement par suite de la trans-
- Bui.l. 15
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- formation de la culture et de l’outillage agricole qui rend de plus en plus de bras disponibles dans les campagnes.
- Là, comme partout du reste, il faut agir avec prudence, et bien étudier son terrain.
- Notre but, dans cette courte revue, est de laisser entrevoir ce qui se fait déjà dans ces pays, laissant à chacun dans sa spécialité le soin de voir ce qu’on peut y faire encore et dans quelle mesure il faut l’entreprendre.
- Il y reste encore beaucoup de place pour toutes les énergies : les Français, et spécialement les ingénieurs, y sont accueillis avec une exceptionnelle sympathie. ~~
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- NOUVEAU MODE
- D’EXPLOITATION TÉLÉGRAPHIQUE
- SYSTÈME MULTIPLEX “ MERCADIËR-MAGUMA ”(1
- PAR
- II. MAG-UNISTA.
- ; I
- Exposé.
- L’augmentation toujours croissante du trafic sur toutes les lignes télégraphiques a amené la recherche de moyens d’exploitation intensive. En outre, étant donné que les Administrations font usage d’une façon courante d’appareils imprimeurs, il est indispensable de n’y rien modifier et d’arriver à rendre la capacité de transmission d’an fil plus grande en adjoignant simplement, aux appareils déjà en service, un certain nombre d’appareils semblables.
- Cette question a fait l’objet de la part de MM. Mercadier et Magunna, de nombreux et longs travaux et la solution s’est présentée à eux par l’emploi, sur un fil et la terre, de transmissions à' courants ondulatoires superposées aux transmissions ordinaires à courant continu. Déjà en 1896, dans les Annales Télégraphiques, M. Mercadier avait, décrit un système de transmissions par courants ondulatoires imaginé par lui et c’est en se basant sur ce système que le problème a été résolu.
- Le système Multiplex Mercadier-Magunna a donc pour but de faire fonctionner simultanément plusieurs appareils télégraphiques imprimeurs à courant continu et à courants ondulatoires sur un 131 et la terre, dans un même sens ou dans les deux sens-
- 1) Voir Procès-Verbal'delà séance du 3 mars 1911.
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- II
- Exploitation du Multiplex par courant continu et courants ondulatoires.
- On sait qu’à l’aide du dispositif Van Rysselberghe, placé suc un circuit téléphonique, on peut envoyer simultanément dans le circuit des signaux téléphoniques et des signaux provenant d’appareils télégraphiques ordinaires, Morse, Hughes, Baudot, Wheatstone, etc.
- Ce résultat tient à la différence entre les propriétés et les effets des courants continus et des courants ondulatoires produits dans les appareils téléphoniques. Mais il en est de même pour tout autre système qu’un téléphone utilisant des courants ondulatoires pour la formation des signaux comme le système de télégraphie Multiplex Mercadier-Magunna.
- Appareils à courants ondulatoires
- Récepteur télégrapTriqi à courant continu.
- C’est en se basant sur ce principe qu’on a obtenu la possibilité d’envoyer simultanément sur le même circuit des courants ondulatoires et des courants continus.
- La ligne arrive à l’appareil télégraphique à courant continu en traversant une bobine de constante de temps S; un condensateur Gt (fig. 4), de capacité variable d’après la longueur de la ligne, est placé en dérivation sur la borne L du manipulateur. Les appareils télégraphiques à courants ondulatoires sont placés en dérivation sur la ligne dont ils sont séparés par un condensateur C. La bobine de constante de temps S sert à prolonger la
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- période variable du courant continu qui la traverse et à rendre celui-ci tout à fait inaudible dans les appareils télégraphiques à courants ondulatoires. Le condensateur en dérivation joue le même rôle. Lorsque le manipulateur est abaissé, le courant émis a d’abord pour rôle d’aimanter le noyau de la bobine de constante de temps et de charger les condensateurs et il augmente ainsi graduellement à partir de zéro. Quand on soulève, au contraire, le manipulateur, la décharge du condensateur et la bobine de constante de temps ne lui permettent de revenir à
- L O CT
- ^ Courant continu
- Courants
- ondulatoires
- Schéma des connexions du séparateur.
- 1, borne ligne;
- 2, borne courants ondulatoires;
- 3, borne courant continu;
- 4, borne terre;
- 5, bobine de constante de temps ;
- 6, condensateur;
- 7, condensateur;
- 8, plot de ligne;
- 9, plot de courant continu ;
- 10, plot des courants ondula-
- toires.
- zéro qu’en suivant une période décroissante très lente. Les sons correspondants à ces émissions et à ces interruptions graduelles ne sont pas perceptibles dans les appareils télégraphiques à courants ondulatoires.
- Tous les bruits provenant des transmissions télégraphiques à courant continu sont ainsi annulés dans les appareils télégraphiques à courants ondulatoires. Mais on ne peut, au point de vue du travail de l’appareil à courant continu, placer simplement les appareils à courants ondulatoires sur la ligne, car on créerait ainsi une dérivation nuisible. C’est dans ce but que l’on inter-
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- cale entre la ligne et les appareils télégraphiques un condensateur.
- Les courants ondulatoires sont d’ailleurs forcés de traverser le condensateur et les appareils auxquels ils sont destinés, la bobine de constante de temps formant une obstruction à leur passage par un autre chemin.
- Il est à remarquer que ce dispositif est un Van-Rysselberghe modifié, chaque poste ne comportant qu’une seule bobine de constante de temps. On a pu ainsi desservir des conducteurs avec des appareils rapides, tels que le Baudot quadruple et le Wheat-stone, sans obtenir de ralentissement appréciable en pratique dans la propagation des courants.
- La réunion de la bobine de constante de temps et de deux condensateurs est appelée séparateur, le but de ces appareils étant de séparer les courants ondulatoires du courant continu.
- La simultanéité d’un appareil télégraphique à courant continu et de plusieurs à courants ondulatoires peut permettre de résoudre dans l’exploitation télégraphique le problème suivant :
- Deux postes A et B étant desservis télégraphiquement par un
- ^Appareil C'a courant continu
- ?Z77.
- SA C
- Jrfe AA’
- AApparals Appareils A
- Và courants à.courantsv'
- anülatoires ondulatoires. I
- !
- ID S2
- —rv/uWuVXr
- lv. -I
- Appareil à ccrurairi continu.
- Fiq.3.
- appareil à courant continu, un quadruple Baudot par exemple, deux postes C et D placés sur le circuit A B pourront être réunis télégraphiquement en employant la partie G D du conducteur A B par trois appareils à courants ondulatoires, par exemple trois Hughes, et ceci sera obtenu sans discontinuité dans le conducteur A B.
- La figure 3 montre le schéma de cette installation.
- Aux postes G et D, on mettra en série sur la ligne des bobines de constante de temps S, et S2 et en dérivation par rapport à la ligne et la terre les condensateurs K*, IC, K2, IC. Les conden-
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- sateurs Ki, K2 seront montés aux points G et D et K,, Kâ à la sortie des bobines de constante de temps S1? S2.
- Dans ce dispositif, les courants continus parcourront A B et les courants ondulatoires ne parcourront qu’une partie de A B, c’est-à-dire G D.
- Le principe du fonctionnement des appareils télégraphiques à courant continu Morse, Hughes, Baudot, Wheatstone étant connu, nous ne nous en occuperons pas dans cet exposé.
- Les essais officiels faits entre Paris et Lyon sur le fil 217 bis et la terre, dans le cours de l’année 1909, et contrôlés par l’Administration française, ayant porté sur le multiplexage d’un quadruple Baudot à courant continu et de six Hughes à courants ondulatoires, nous décrirons spécialement le fonctionnement des Hughes. Cependant, nous faisons remarquer, dès maintenant, que les courants ondulatoires peuvent s’appliquer à d’autres appareils imprimeurs comme le Morse, le Baudot double, le Wheatstone, et nous montrerons en terminant les résultats obtenus avec ces différents appareils.
- III
- Fonctionnement des Hughes à courants ondulatoires.
- Le fonctionnement des Hughes à courants ondulatoires repose sur le phénomène d’acoustique suivant :
- Si deux corps vibrants accordés à J’unisson sont placés sur une table, chacun à une extrémité, et que l’on fasse vibrer l’un d’eux, l’autre vibrera également, quand même il serait à plusieurs mètres de distance du premier. Les ondes sonores, produites par le premier, se propagent dans toutes les directions et viennent rencontrer le second et, comme les mouvements de condensation et de raréfaction de l’air sont d’accord avec ceux du son fondamental de celui-ci, ils le mettent en mouvement.
- Le phénomène a lieu entre deux corps vibrants toutes les fois qu'ils sont à l’unisson, mais seulement dans ce cas et, si l’on a, à chaque extrémité de la table plusieurs corps vibrants, accordés deux par deux, mais tels que le ton soit différent pour chaque paire, la vibration de l’un d’eux, dans un des groupes, ne fera
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- vibrer dans l’autre groupe que celui qui lui correspond. En un mot, un nombre défini de corps vibrants, que l’on mettra en mouvement d’un côté, ne mettra en mouvement de l’autre côté que le même nombre de corps vibrants correspondants.
- Dans les appareils dont il est question ici, on fait usage à chaque extrémité du fil, comme corps vibrants, de diapasons et de plaques circulaires, chacun des diapasons étant accordé à l’unisson avec une des plaques circulaires de l’autre extrémité ; seulement, les ondes sonores sont remplacées par des ondes électriques (courants ondulatoires de fréquences différentes).
- Ce système de télégraphie électrique a été conçu comme une application de la théorie des petits mouvements (1) et des courants électriques périodiques ; il satisfait aux six conditions suivantes :
- I. — Production des mouvements ou courants électriques périodiques de périodes ou nombre de vibrations fixes et aisément appréciables ;
- II. — Réunion dans un même milieu conducteur de plusieurs courants de ce genre ;
- III. — Constatation d’un mouvement général périodique, dans lequel les mouvements périodiques particuliers sont superposés et restent indépendants les uns des autres ;
- IV. — Communication de l’énergie des mouvements périodiques à un système matériel et "constatation de l’équivalence de l’énergie du mouvement général à la somme des énergies des mouvements simples ;
- V. — Vérification de l’application de la propriété capitale des mouvements vibratoires aux mouvements électriques périodiques, vérification de la variation de la phase de ces mouvements ou du décalage, sans altérer la période et, par suite, possibilité de les faire interférer ;
- VI. — Constatation que, dans le mouvement général, lesmou-
- (1) Petits mouvements : on appelle petits mouvements, en mécanique, les mouvements d’un système de points matériels soumis à l’action de forces extérieures et intérieures, ou seulement intérieures, satisfaisant à deux conditions: 1° les forces admettent un potentiel, dont la valeur est minimum pour une position particulière du système et correspond à un état d’équilibre stable; 2° les déplacements des points du système autour de leur position d’équilibre sont assez petits pour que l’on puisse négliger dans leur expression les termes infiniment petits d’un ordre supérieur au second.
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- vements simples peuvent se produire dans tous les sens, se croiser, par conséquent, dans un conducteur, sans difficultés.
- Les courants ondulatoires, utilisés dans ce système, sont produits par des diapasons dont le mouvement vibratoire est entretenu électriquement et appelés électro-diapasons.
- On sait qu'un diapason peut, en vibrant, rendre un son fondamental, correspondant à un nombre invariable de vibrations par seconde ; on conçoit donc qu’en faisant vibrer des diapasons différents : sol, sol dièse, la, etc., il se produira nécessairement des courants ondulatoires différents, dont chacun sera caractérisé par la fréquence de ses oscillations.
- Si l’on se sert d’un fil et de la terre pour effectuer simultanément plusieurs transmissions, et si l’on emploie pour chacune d’elles des courants ondulatoires différents, le problème consistera à réaliser, à l’autre extrémité de la ligne, le triage de ces courants, et à les recevoir respectivement dans des appareils distincts, après qu’ils se seront propagés sur la ligne, sans se confondre, comme l’expérience le prouve. C’est, d’ailleurs, une vérification remarquable de la loi mécanique de la coexistence des mouvements ondulatoires très petits.
- A cet effet, on a combiné des relais spéciaux, appelés monophoniques, parce que la plaque dont ils sont pourvus ne vibre que pour une fréquence déterminée.
- Les transmissions sont effectuées à l’aide des manipulateurs des appareils existant, qui sont reliés à des sources de courants ondulatoires, au lieu d’être reliés directement à de simples piles ; la manoeuvre de ces manipulateurs reste la même que s’il s’agissait d’une transmission à courant continu, et les réceptions se font par l’intermédiaire des relais monophoniques qui permettent de substituer, au moyen de relais, des courants continus aux courants ondulatoires venant de la ligne, ces relais actionnant les électros de réception.
- Si, à l’extrémité d’un circuit, trois agents, par exemple, transmettent en utilisant des courants ondulatoires correspondant aux notes sol, sol dièse, la, il suffira, à l’autre extrémité de la ligne, de faire passer les'courants dans trois relais monophoniques correspondant à ces trois notes et appliqués à trois appareils récepteurs différents, pour que chacun de ces derniers reçoive les signaux transmis par un, et un seul, des trois agents transmetteurs.
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- Chacun des postes se compose de quatre circuits principaux : 1° Circuit transmetteur ;
- 2° Circuit extincteur ;
- 3° Circuit conducteur ;
- 4° Circuit récepteur.
- 1° Circuit transmetteur.
- Electro-diapasons. — Les générateurs de courants ondulatoires sont des électro-diapasons, c’est-à-dire des diapasons dont les oscillations sont entretenues électriquement.
- Un diapason (fig. 4 et 5) est une fourche métallique à queue faisant corps avec les branches et non rapportée. Les deux branches sont égales et vibrent à l’unisson,chacune d’elles se comporte sensiblement comme une verge libre à un bout et fixée par l’autre, ce bout fixe étant la région où la branche considérée s’appuie contre sa jumelle par l’intermédiaire de la partie courte.
- La hauteur du son fondamental est indépendante de la largeur (on appelle toujours ainsi la dimension perpendiculaire au plan de vibration) proportionnelle à l’épaisseur e et en raison inverse du carré de la longueur L :
- n = k£. '
- K représente une constante, fonction du coefficient d’élasticité et de la densité du diapason et égale pour l’acier à environ 82 000, l’unité de longueur étant toujours le centimètre, N le nombre de vibrations doubles par seconde. Dans cette formule, L doit être remplacée, d’après M. Mercadier, par 1,012 4, l étant la projection de la ligne médiane d’une branche sur le plan de symétrie de l’instrument.
- Les diapasons sont accordés pour la température moyenne de 20 degrés ; le nombre de vibrations d’un diapason diminue de 1/8943 quand la température s’élève de 1 degré. L’effet de la
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- température consiste surtout dans la modification de l’élasticité, l'influence de la dilatation étant relativement faible.
- Le diapason est entretenu en mouvement vibratoire par un électro-aimant, placé entre les branches de l’instrument et communiquant, d’un côté, avec le pôle d’une batterie d’accumulateurs, et, de l’autre, avec la masse du diapason dont chacune des branches supporte une lame platinée fixée sur la branche,
- ;© © 0
- Tïg.G.
- Électro-diapason vu par dessus :
- 1, diapason;
- 2, interrupteurs à excentrique;
- 3, lames platinées ;
- 4, glissière pour régler l’attaque du
- diapason par l’électro;
- 5, interrupteur unipolaire;
- 6, électro-aimant d’entretien ;
- 7-8, entrée et sortie enroulement de mesure ;
- 9, pont réunissant les deux interrupteurs ;
- 10, borne commune aux circuits
- transmission et compensation;
- 11, borne de compensation ;
- 12, borne de transmission;
- 13-14, bornes ~j- et — du circuit batterie.
- en face d’une plaque de platine reliée à l’autre pôle de la batterie. Il suffit de mettre en contact la plaque de platine et la lame platinée pour que l’électro agisse sur les branches, rompe le contact, qui se rétablit quand les branches reviennent vers leur position primitive et ainsi de suite.
- Le primaire d’un transformateur est monté en dérivation sur la bobine d’èntretien de Lélectro-diapason ; ce primaire est le
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- siège de courants ondulatoires dont la fréquence dépend du nombre de vibrations du diapason.
- Les lames platinées, en acier plat à ressort et platine iridié, qui sont montées sur les branches du diapason, sont assujetiesà leurs deux extrémitées par des vis de serrage, des rondelles en métal compressible, de l’aluminium par exemple, enserrent les extrémités de la lame, comme l’indique la figure 9. Au moyen
- Fig.7.
- Électro-diapason vu par dessous :
- 1, transformateur transmission ;
- 2, transformateur compensation ;
- 3, résistance fermant circuit secon-
- daire. transformateur compensation.
- 4, condensateur.
- de ce dispositif, la lame d’acier fait corps avec la branche du diapason ; les pièces du contact sont géométriquement définies et aussi indéformables que possible pendant le fonctionnement de l’électro-diapason; de plus, les lames platinées sont placées au voisinage de la région de raccordement des branches du diapason (fig. 40), où la vitesse vibratoire est très faible; le contact doit être ainsi disposé et non pas près de l’extrémité des bran-
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- ches, là où les perturbations dues au choc sont particulièrement exagérées.
- On évite l’usure du contact en plaçant en dérivation, sur la coupure, un condensateur dont la capacité est choisie de façon à supprimer l’étincelle de rupture. L’amplitude de la vibration
- Schéma des connexions de l’électro-diapason :
- 1, diapason ;
- 2, interrupteurs à excen-
- trique ;
- 3, lames platinées;
- 4, plaques platine inter-
- rupteurs ;
- 5, interrupteurs unipo-
- laires ;
- 6, bobine d’entretien ; 7-8, entrée et sortie de
- l’enroulement de mesure;
- 9, condensateur;
- 10, bornecommuneàtrans-
- mission et compensation ;
- 11, borne compensation;
- 12, borne transmission ; 13-14, bornes batterie;
- 15, primaire transformateur compensation ;
- IG, secondaire transformateur compensation ;
- 17, résistance fermant cir-
- cuit secondaire compensation ;
- 18, primaire transforma-
- teur transmission ;
- 19, secondaire transforma-
- teur transmission.
- reste d’ailleurs la même, que l’on fasse usage ou non du condensateur.
- Les accumulateurs doivent être disposés de façon que le courant aille de la lame platinée à la plaque de platine. Le contact s’use alors plus régulièrement et reste bon; le point de contact peut, d’ailleurs, être changé au moyen d’un interrupteur à excentrique, qui permet de faire tourner sur elle-même la plaque qui présente ainsi tous ses points d’attaque à la lame platinée; la plaque de platine de l’interrupteur est montée sur une vis micrométrique, de manière à faire varier infiniment peu la
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-
- position relative des deux pièces du contact ; un contre-écrou permet, une fois Télectro-diapason réglé, de lui conserver sa position aussi longtemps que l’appareil fonctionne; de plus, les organes du contact ont été soustraits, autant qu’il a été possible, à toute vibration parasite.
- La position relative des pièces du contact ne variant pas pendant le fonctionnement de l’électro-diapason, la phase d’attaque
- ifgh
- w*
- r
- !=
- %.9.
- û
- Ü
- ’rH1
- Fig.10.
- c’est-à-dire l’époque de la vibration à laquelle le circuit d’entretien est ouvert ou fermé, ne change pas et, par suite, l’amplitude de la vibration se maintient constante.
- Les diapasons sont réglés une fois pour toutes, de manière à rendre un son déterminé.
- La longueur l (fig. i0) des diapasons compris entre 500 V.D. et 875 Y.D. varie entre 100 et 75 mm.
- 75 < / < 100.
- Pour éviter qu’en cas d’arrêt brusque du diapason, pendant le fonctionnement de l’électro-diapason, la bobine d’entretien et le
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- — 243 —
- primaire des transformateurs soient brûlés par le passage permanent du courant continu de la batterie d’entretien, on a prévu à chacun des électro-diapasons un système de protection spécial. Ce système consiste, comme l’indiquent les schémas des figures 11, 12, en un plomb fusible unipolaire sur lequel on monte en dérivation un interrupteur; cet interrupteur est bipolaire pour que dans la position de mise en route et celle de marche de l’électro-diapason une lampe rouge soit allumée dans la première position et éteinte dans la deuxième. Le plomb fusible est calibré pour qu’il coupe le courant de la batterie d’accumulateurs dès qu’un contact permanent s’établit entre la lame platinée et la plaque de l’interrupteur.
- ^amperouge
- fué-ible
- interrupteur ^bipolaire fermé
- *__1Âvolts
- +
- 'lampexcmge
- fusible
- Hq.1l.
- Fig-. 12.
- Mise en route de l’électro-diapason (la lampe rouge est allumée).
- Marche de l’électro-diapason (la lampe rouge est éteinte).
- L’électro-diapason doit partir spontanément quand, l’interrupteur bipolaire étant fermé, c’est-à-dire la lampe rouge éiant allumée, on fait tourner la plaque de platine à l’aide de la vis qui la supporte ; elle vient toucher la lame platinée ; on maintient alors fortement la plaque dans cette position à l’aide du contre-écrou que porte la vis.
- On ouvre alors l’interrupteur bipolaire, ce que l’on constate par l’extinction de la lampe rouge.
- Un interrupteur unipolaire à couteaux a été prévu sur les socles des électro-diapasons pour permettre de retirer le courant en cas de réglage sur place,des appareils, et éviter des mises en court-circuit possibles.
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- 244
- Mesure de l'entretien des électro-diapasons. — On s’assure que la transmission est bonne, en entendant le son d’un téléphone mis en dérivation sur les deux bouts du fil secondaire du transformateur correspondant. Il faut entendre un son intense et pur. En outre, on s’assure du fonctionnement régulier de l’électro-diapason en mesurant son entretien par le procédé suivant. Sur la bobine d’entretien E sont enroulées quelques spires de faible résistance (fig. 43). Cet enroulement sera parcouru par un cou-
- Circuit du courant
- Tn pcmrp
- Fig\ 13.
- rant induit lorsque l’électro-diapason sera en fonctionnement; on a donc créé ainsi un transformateur de mesure. La sortie et l’entrée de ce second enroulement sont fermées par un milliam-pèremètre à courant alternatif de haute fréquence (fil qui s’échauffe sous le passage du courant, de résistance négligeable et dépourvu de self-induction). On a donc ainsi un procédé de mesure indépendant à tous les appareils, quoiqu’ils soient tous montés en dérivation sur le même circuit de transmission et de plus avec un seul milliampèremètre on vérifie l’entretien de chacun des électro-diapasons en fonctionnement.
- La figure 14 montre le schéma du dispositif appliqué à la mesure de plusieurs courants ondulatoires de fréquences différentes avec un seul milliampèremètre.
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- _ 245 -
- Les extrémités des fils du second enroulement des bobines d’entretien E2, E4, E6, sont connectées à une planchette A munie de trois contacts doubles, dans lesquels peut s’introduire la fiche F, qui est connectée avec le milliampèremètre M. Sur le cadran du milliampèremètre M, deux repères a et b sont marqués en rouge, ce sont les limites maximum et minimum du réglage correspondant au bon fonctionnement des électro-diapasons pour
- les fréquences employées. Il est à remarquer que ce procédé de mesure a de nombreux avantages :
- 1° 11 n’apporte aucun trouble dans les transmissions ;
- 2° Les mesures faites sur chaque électron-diapason sont indépendantes les unes des autres, bien que tous les électro-diapasons soient montés en dérivation sur le même circuit de transmission.
- Bull.
- lo
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- — 24'6 —
- 'Cmnexiom du circuit transmetteur. — Les fils n° 2 des trois transformateurs T (fîg, 45) sont montés en dérivation sur le circuit transmetteur Ci, par l’intermédiaire des manipulateurs mn des trois appareils Hughes 4e transmission.
- Le circuit G/ est connecté avec le primaire d’un transformateur spécial appelé transformateur île (ligne, extinction), c’esl-àndire transformateur pour le circuit de ligne ou circuit conducteur et, pour le circuit extincteur, le transformateur Tle a un lîl primaire gros et court et deux fils secondaires longs et fins.
- Si l’on abaisse l’un quelconque des manipulateurs mn les électro-diapasons étant en fonctionnement, il s’établit dans le circuit
- -725
- Kg . VS. .
- primaire du transformateur Tle, et, par suite, dans chacun des deux fils secondaires, non un courant intermittent rythmé, mais un courant ondulatoire, car, à cause des étincelles qui éclatent entre la lame de platine et la plaque A à chaque vibration du diapason, le circuit de transmission n’est jamais rompu.
- La fréquence de ce courant induit est d’ailleurs égale à celle du diapason correspondant; il suffit, pour s’en apercevoir, de mettre un téléphone en dérivation sur le circuit Cf, en deux points quelconques, et d’abaisser le manipulateur mn, le son perçu dans le téléphone est identiquement le même que celui du diapason. Si l’on abaisse à la fois tous les manipulateurs ou plusieurs d’entre eux, les divers courants induits de périodes différentes se propagent simultanément et sans se confondre, dans le circuit Cf. Par suite, d’une seconde induction, un nombre égal de courants de mêmes périodes ou fréquences se produisent
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- à la fois dans les deux fils secondaires du transformateur Tle et, par l’intermédiaire des deux fils du transformateur différentiel sur le circuit conducteur et dans le circuit extincteur.
- Système compensateur automatique électrique. — On voit, par le schéma de la figure 16, que, si tous les manipulateurs mn fer-
- xrm
- —'WWW-i
- ïig.16.
- mant le circuit de transmission sur le primaire du transformateur Tle sont abaissés et si, par 'conséquent, tous les circuits d’émission sont fermés en même temps, les courants émis par chacun de ces manipulateurs non seulement traversent le primaire du transformateur Tle, mais, encore tous les autres circuits d’émission puisqu’ils sont tous fermés en dérivation sur le même primaire.
- Pour réduire au minimum l’importance du courant ainsi absorbé par les différents circuits de transmissions, on a d’abord commencé par différencier considérablement la self du primaire
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- du transformateur Tle de celle des transformateurs T, de telle sorte que celle du primaire Tle soit très faible par rapport à celles des secondaires des transformateurs T.
- Cependant, on a constaté que ce moyen était insuffisant quand les appareils transmetteurs ont des émissions longues, comme le Morse, ou bien si l’on envisage des appareils à émissions brèves, quand leur nombre est au-dessus de trois.
- et
- Plot, de travail ^
- Plot de reposé 1
- Dans le but de remédier autant que possible aux inconvénients de ces dérivations, on a imaginé un système dit compensateur automatique électrique,'qui a pour but, quelle que soit la position des appareils transmetteurs, travail ou repos, de provoquer une dérivation constante du courant émis, afin que l’intensité du courant de ligne soit toujours la même.
- Ce système (/îg. 4Ï) consiste à établir un deuxième circuit, fermé au repos, par le jeu du levier d’émission sur le primaire
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- du transformateur Tle, ainsi que l’est le circuit de travail. La compensation est réalisée par l’introduction dans ce circuit de repos d’uii transformateur Tl identique au transformateur T, et dont le secondaire est fermé sur une résistance.
- La figure 8 montre comment dans l’électro-diapason on a réalisé cette compensation.
- Quant à l’appareil Hughes, on obtient le résultat cherché en connectant à la borne de repos un fil venant du primaire du transformateur T le et en supprimant les deux communications habituelles allant de cette borne à la manette de mise à la terre et à la came interruptrice, ces deux communications restant connectées d’autre part.
- Extinction des bruits des électro-diapasons.
- — Pour éviter que les employés entendent des bruits gênants, on place les électro-diapasons dans des compartiments en bois recouverts intérieurement de feutre, le meuble est fermé par une porte également recouverte de feutre. Un compartiment est aiïecté à chaque électro-diapason. Les électro-diapasons sont suspendus, comme l’indique la figure 18, dans les compartiments au moyen de cordes en chanvre ou de tout autre corps mauvais conducteur des vibrations.
- De plus, les socles des électro-diapasons sont munis de quatre ressorts coniques, dans le but d’éviter la propagation des vibrations lors des réglages.
- Fig. 18.
- 2° Circuit extincteuk.
- Le circuit extincteur a pour but d’annuler les effets des courants de transmission d’un poste sur les appareils de réception de ce même poste.
- Dans ce but, on a imaginé un transformateur différentiel Tcü (fig. 49), extincteur et collecteur des courants ondulatoires; ce transformateur se compose de trois enroulements spéciaux :
- 1° Un enroulement fl (fil ligne ou conducteur) ;
- 2° Un enroulement fe (fil extincteur) ;
- 3° Un enroulement fr (fil récepteur).
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- Le circuit extincteur se compose des fils extincteurs du transformateur différentiel et du transformateur T le, fermés sur une ligne artificielle La, de manière que lorsqu’on envoie un courant sur Gt (fig. '15), il induit les deux secondaires du transformateur T le; ces deux courants induits arrivent dans les fils fl et fe du transformateur Td, où ils ont la même fréquence et, par suite d’un réglage de la ligne artificielle La, on leur donne la même intensité et on les décale d’une demi-période. Ces deux courants (courant d’extinction et courant de ligne) traversant les fils fl et fe dans ces conditions, leurs effets sont nuis dans le troisième fil fr et, par suite, le circuit de réception n’est pas influencé:; le courant d’extinction se propage sur la ligne artificielle et le courant de ligne sur le circuit extérieur.
- Le transformateur T d est aussi collecteur des courants ondutoires arrivant de la ligne ; en circulant dans le fil fl, les courants induisent le fil fr dans lequel leurs fréquences se reproduisent sans altération ; ils induisent aussi un courant dans le fil fe, ce qui ne présente aucun inconvénient.
- Dans le but de faciliter l’équilibre du circuit conducteur, on a, par construction, donné aux diapasons une fréquence différente des plaques de réception du même poste; de plus, on a diminué l’écart entre la plus basse et la plus haute fréquence, autant que cela était possible sans altérer pratiquement la monophonie. En effet, la composition n’est qu’approximative dès que l’on a plusieurs fréquences; elle ne peut être réalisée que pour une fréquence donnée ; il y a-donc intérêt à travailler avec un ensemble de fréquences aussi rapprochées que possible ; cette différence dans le système actuel est de 375 Y. J>.
- La figure 20 représente schématiquement la composition de deux courants traversant les deux enroulements fl et fe lorsque ces courants ont même fréquence, même intensité et sont décalés d’une demi-période et que, par suite, leur résultante est nulle.
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- Réglage de la balance. — La ligne artificielle La est constituée, en pratique, par l’ensemble de deux rhéostats réglables et d'un
- Circuit fcoaducteur \
- Fig. 20
- condensateur divisé. Un des rhéostats est monté en dérivation sur le condensateur et le deuxième en série sur l’ensemble. On règle l’extinction de la transmission d’un poste sur sa propre réception en faisant varier méthodiquement ces trois organes, et Fimmobilité absolue d’appareils de mesure spéciaux indique que la balance est parfaite. Le rhéostat en série est suffisant pour suivre les variations de la ligne.
- 3° Circuit conducteur.
- Le circuit conducteur ou ligne Gl (fîg.: 21) est formé par un enroulement secondaire du transformateur T/e, un enroulement (fl) du transformateur Te/, la ligne, les deux enroulements identiques du poste correspondant et la terre.
- Fig;.. 21
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- 4° Circuit récepteur.
- Vibrations des plaques. — On désigne en acoustique sous le nom de plaques les corps dont l’épaisseur est faible par rapport aux deux autres dimensions. Quand on dispose une de ces plaques horizontalement, qu’on la saupoudre de sable et qu’on ébranle un point des bords, on remarque que le sable est projeté violemment en certaines parties et en est chassé, tandis qu’il s’amoncelle sur d’autres. Le sable s’amasse ainsi sur les lig?ies
- Son.fondamental Ie? toarrmonique 2 e harmonique.
- Fiq.22 ïïg. 23. Fig\24\
- dites nodales, où le mouvement est nul; il est chassé, au contraire, des centres de vibration, où le mouvement est maximum. On peut obtenir un grand nombre de lignes nodales variées non seulement avec différentes plaques, mais avec une même plaque, suivant la manière dont on la met en vibration. Nous donnons *ici quelques exemples des lignes nodales que l’on peut obtenir avec une plaque circulaire : son fondamental, premier harmonique, deuxième harmonique (fig. 22, 23, 24). Les lois des vibrations des plaques sont très compliquées. Celle de ces lois qui offre le plus de généralité est la suivante :
- Deux plaques géométriquement semblables, ébranlées de manière à donner la même figure nodale, rendent des sons dont les nombres de vibrations sont inversement proportionnels aux dimensions homologues des plaques.
- La formule relative au nombre n de vibrations doubles par seconde d’une plaque vibrant pour le premier harmonique,
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- d’épaisseur e en millimètres et de diamètre d en millimètres, est identique à celle des lames rectangulaires :
- K représentant une constante, fonction du coefficient d’élasticité et de la densité du disque.
- Lqs plaques spéciales dont on fait usage sont des disques en
- Fig. 25„
- Fig 26. Fig. 27 Fig. 28. Fig.29 Fig.30
- métal (acier, cuivre rouge, laiton, argent, aluminium), mais munies en leur centre d’une armature en fer doux (fig. 25, 26, 27, 28).
- Cette armature, d’une forme géométrique parfaite, en vue d’observer une symétrie générale, d’une construction soignée, pour éviter tout magnétisme rémanent, est en fer Lancashire recuit au bois et montée sur l’épaulement d’une pièce conique en laiton (fig, 25). Dans la partie supérieure, on fixe une vis en laiton à tête carrée ' (fig, 29) qui sert à maintenir l’armature au centre de la plaque d’acier. Dans la tête de cette vis vient se
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- fixer une autre vis de forme hexagonale (fig. 30) à surface plane, sur laquelle on soude une plaquette d’alliage d’argent et platine.
- Ces plaques ont été imaginées et construites dans le but d’en obtenir le maximum de sensibilité (par suite de l’absence d’hystérésis de l’armature) et d’en pouvoir faire varier les paramètres acoustiques et magnétiques; d’où la séparation des fonctions.
- • On a trouvé : 1° qu’une plaque à armature rapportée (fig. 33, 34), vibrant pour le premier harmonique du son fondamental, a une nodale circulaire, quel que soit le poids de l’armature ; de la forme et des dimensions de la surface de contact (plaque et armature) dépend cette ligne nodale, toutes choses égales d’ailleurs; 2° que la hauteur du son rendu dépend du poids de la plaque et de celui de l’armature ; 3° que le diamètre no-dal est inférieur aux 68/100 du diamètre total et qu’il diminue proportionnellement à l’augmentation du poids de l’armature ; 4° que le rapport des poids de la partie extra-nodale à celles des parties intra-nodales est constant et égal à 1 162.
- Mêlais monophoniques. — Le relais monophonique, dont la figure 36 représente schématiquement la coupe transversale, comporte une bobine et un aimant énergique à pôles concentriques : pour soumettre la totalité du fil (de cette bobine) à l’influence du champ magnétique, on s’est basé sur les résultats obtenus par M. le docteur d’Arsonval dans son téléphone à pôles concentriques; on a donné au champ une forme annulaire déjà employée par Niklès pour les électro-aimants. Pour cela, un des pôles de l’aimant, terminé par un noyau creux cylindrique, porte la bobine; le second pôle a la forme d’un anneau qui enveloppe le premier. La bobine se* trouve ainsi noyée dans un champ magnétique. Toutes les lignes de force du champ se trouvent perpendiculaires à la direction du fil et par conséquent un courant donné produit dans ces conditions l’effet maximum. Étant donné ce principe, on obtient ce résultat par le dispositif suivant.
- ïïg.,35.
- i
- Fig 35*.
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- L’aimant a la forme d’un S, comme l’indique la figure 35 ; il est aimanté de telle façon que l’on obtient aux extrémités deux pôles N et au centre un pôle conséquent S. Cette construction permet de réduire au minimum le nombre des joints magnétiques, c’est-à-dire des fuites magnétiques. Le centre de l’aimant porte le noyau creux cylindrique et les deux extrémités portent l’anneau cylindrique.
- Courtier & C'e
- Les deux pôles doivent être sur le même plan et très rapprochés de la plaque vibrante ; la bobine est située dans l’espace libre. Cette disposition permet pour la plaque vibrante un montage des plus faciles.
- La membrane monoplionique, à-armature en fer doux, au lieu d’être encastrée sur sa circonférence, comme dans un téléphone ordinaire, est posée simplement sur trois points de la circonférence de la première ligne nodale (fIg. 37) au moyen de tiges 5, fixées à b des glissières 6, modes chacune sur un rayon de la plate-forme circulaire 7 qui les supporte, le diamètre de la ligne nodale étant les 64/400 environ du diamètre total (plaque acier avec armature fer). Les diamètres des membranes sont déterminés de manière à rendre pour le premier harmonique des sons correspondant à des nombres déterminés de vibrations. Chacune des membranes est exactement accordée avec un électro-diapason.
- Fiff. 32.
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- Pour régler le parallélisme de la plaque à armature et de l’aimant (fig. 38, 39), on fait usage de tiges filetées qui sont placées sur la plate-forme mobile de l’appareil et combinées d’une part
- ÆÜk !
- Fig.39.
- avec des écrous, d’autre part avec des prismes courbés suivant le rayon nodal de la plaque, c’est-à-dire que leur centre de courbure est au centre de la plaque. En déplaçant plus ou moins les écrous sur les tiges filetées, on assure comme on le désire le
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- parallélisme cherché. La plate-forme qui supporte la plaque est vissée sur la monture extérieure de l’aimant, de telle sorte qu’en la vissant ou la dévissant on rapproche ou on éloigne l’armature de la plaque des pôles de l’aimant et, par suite, on sensibilise plus ou moins l’appareil.
- Dans ces conditions, quand on fait passer dans la bobine 3 une
- Vue en plan du relais monophonique.
- 1, socle en bois; — 2, plate-forme supportant la plaque; — 3, plaque; — 4, écrous de fixation de la pîaque; — 5, glissières; — 6, levier; — 7-8, bornes courant ondulatoire; — 9-10, bornes courant continu; — 11, boudinette assurant le contact à la masse.
- série d’émissions d’un courant périodique, de période égale à. celle du premier harmonique de la membrane 4; celle-ci résonne énergiquement, tandis qu’elle reste immobile si cette période en diffère d’une quantité correspondant à un demi-ton au moins; donc, la plaque n’est véritablement influencée que par un seul courant.
- Les plaques circulaires de ces relais monophoniques sont donc réellement caractérisées par le son de leur.premier harmonique.
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- Courier aC
- Vue en élévation du relais monophonique.
- 1, socle en bois; — 2, plate-forme supportant la plaque; — 3, plaque; — 4, écrouis de fixation de la plaque; — 5, glissières; — 6, levier; — 7-8, bornes courant ondulatoire; — 9-10, bornes courant continu; — 11, boudinette assurant le contact à la masse; — 12, colonne porte-levier; — 13, caoutchouc amortisseur de vibrations mécaniques; — 14, support d’immobilisation du levier; — 15, lame assurant le contact à la masse.
- iVue en élévation du levivr.
- 1, plaquette argent platiné ; — 2, support de la plaquette; — 3, avant-bras levier ; — 4, tige filetée arrière-bras levier; — 5, rondelles filetées (contrepoids)'; — 6, colonne porte-levier; — 7., vis de .réglage de la hauteur du levier; — 8, vis de réglage de Torientation du levier; — 9, support du relais; — 10, support d’immobilisation du levier ; — 11, lame assurant le contact à la masse.
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- Transformation des vibrations mécaniques des plaques en courants continus. — Pour'transformer les vibrations mécaniques de la plaque, un levier (fig. 42) vient prendre contact sur la plaque d’alliage d’argent et de platine, vissée dans l’armature, comme il a été dit.
- L’axe de ce levier est muni de pivots fins oscillant sur des pierres serties dans des joues comportant des contre-pivots, également en pierre, destinés à en limiter l’ébat (jeu latéral).
- Les figures 43, 44 montrent l’élévation latérale et transversale avec arrachement du pivotage.
- L’équilibre du levier,, obtenu par un contre-poids 11 (fig. 36), est établi de telle manière que sa vitesse d’oscillation soit plus lente que celle de la plaque 4 et que la pression subie par cette plaque n’altère en rien sa monophonie.
- Il en résulte que, quand la bobine 3 (fig. 36) est. traversée par un courant périodique faisant vibrer la plaque 4., le levier 8 ne peut la suivre dans son mouvement et une augmentation considérable de résistance se produit dans le contact entre ces deux pièces; d’où une variation d’intensité du courant continu et de l’aimantation du relais Baudot, qui provoque la chute du levier de ce dernier sur le butoir de travail. La résistance intercalée dans ce circuit limite l’intensité du courant; un milliampère-mètre spécial sert à observer les variations de l’intimité du contact de la plaque et du levier et à régler la pression de ce dernier.
- Lorsque la plaque ne vibre pas, le levier, appuie normalement en son centre et le circuit se trouve fermé à travers tous les organes que nous venons de décrire.
- L’avant-bras -du levier du relais monophonique (fig. 43, 46, 41, 48) est composé de trois parties :
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- 1° L’avant-bras proprement dit, qui est une tige de laiton cylindrique ;
- 2° Une pièce cylindro-conique en aluminium (fig. 46) montée à son extrémité à frottement doux et au bout de laquelle est rivée une plaquette de même alliage que celle de la plaque vibrante et taillée en forme de couteau, pour assurer autant que
- possible l’intimité du contact de ces deux dernières pièces. Leur dressage (1) et leur polissage (2) sont faits très minutieusement.
- Lorsque les appareils sont en fonctionnement et que l’on doute de la valeur du contact, il suffit de passer entre le couteau et la plaquette une feuille de papier à cigarettes; ce nettoyage doit être fait tous les jours avant de commencer le travail.
- 3° Une pièce en aluminium dite étrier (fig. 45) montée à frottement dur sur l’avant-bras et qui sert à obtenir le parallélisme le plus parfait de l’arête du couteau avec le plan du contact de la plaque vibrante, au moyen de deux vis à pas très fin entre lesquelles se place le porte-couteau. Le passage du courant à travers l’ensemble du levier est assuré au moyen d’une boudinette de cuivre nu très fin'ou de préférence par une lame d’argent vierge très mince et étroite, dont une extrémité est
- (1) Dressage. — Dresser une pierre d’émeri fine sur un plan en bois ou en verre recouvert de poudre fine de grès (ce dressage est fait pour une série de six pièces, recommencer le dressage pour une nouvelle série) ; le dressage de la pierre se fait en rond, c’est-à-dire en tournant. Les plaquettes et les couteaux se dressent en long sur la pierre d’émeri.
- (2) Palissage. — Le polissage se fait sur un cabron spécial recouvert de rouge , à l’or (sesquioxyde de fer), on passe les pièces à polir une seule fois pour ne pas arrondir les angles, ce qui n’aurait pas un gros inconvénient, mais il vaut mieux l’éviter.
- N.-B. — Pour le dressage et le polissage des plaquettes, les tenir avec une brucelle et appuyer au centre avec le doigt. Le tour de main est pour beaucoup dans ces différentes opérations. Le polissage fait que le contact (plaquette-couteau) se conserve beaucoup plus longtemps et ne s’oxyde pas vite au contact de l’air.
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- fixée sur un support servant à immobiliser le levier et l’autre sur l’axe du levier. La lame d’argent n’a aucune action directrice appréciable sur le levier.
- Les étincelles qui peuvent se produire au contact de la plaque et du levier sont annulées au moyen d’un shunt constitué par un condensateur et une résistance.
- Pour obvier aux vibrations mécaniques qui pourraient influen-
- Fig.^9.
- car les relais monophoniques, ils sont reliés à leurs supports par l’intermédiaire de bagues de caoutchouc ou de toute autre matière mauvaise conductrice des vibrations, ainsi que le montre la figure 49.
- Connexions du circuit récepteur..— Le circuit électrique récepteur, en y comprenant tous les organes de réception, se compose en réalité, dans le cas de trois récepteurs, de :
- 1° Un circuit recevant par induction les courants de ligne;
- Fig. 50.
- 2° Trois circuits locaux comprenant chacun un relais monophonique et un relais Baudot;
- 3° Trois circuits comprenant chacun un appareil Hughes.
- Le premier de ces circuits se distingue des autres par cette particularité qu’il reçoit tous les courants envoyés sur la ligne par le poste transmetteur-; il est fermé sur l’enroulement fr du Bull. 17
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- transformateur différentiel et sur une résistance réglable R ; il comprend en dérivation trois relais monophoniques (1 ), (3), (5) (fig. 50) qui, comme nous l’avons dit plus haut, ferment chacun un circuit séparé qui comprend (fig. 54) une pile 12, d’éléments secs ou à liquide de résistance intérieure très faible, un relais Bau-
- ~soo
- ïïg.M.
- dot B, la plaque 4 et le levier 8 du relais monophonique, une résistance 23 et un milliampèremètre apériodique 26 ; le circuit est complété par un shunt d’étincelles 22, constitué par un condensateur et une résistance ohmique.
- Réglage des relais monophoniques. — L’appareil étant monté, la plaque, libre sur ses supports, on place l’armature de la plaque-bien parallèlement aux pôles de l’aimant au moyen de trois vis •calantes, on approche alors l’armature de l’aimant en vissant la plate-forme mobile jusqu’à ce que la distance entre ces deux pièces soit d’environ 0,5 mm; on règle le parallélisme du couteau du levier et de la plaquette de la plaque, au moyen des vis de réglage de l’étrier, puis on assure la pression du contact du couteau et de la plaquette en faisant varier la position des
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- contrepoids du levier. Cette pression doit être d’environ 0,2 gr; le bras du levier doit être légèrement incliné sur l’horizontale, le point le plus bas étant du côté du porte-couteau. Ces réglages faits, on connecte l’appareil aux différents circuits et on ferme celui du courant continu (relais monophonique et Baudot), ce que l’on constate par la déviation du milliampèremètre placé dans ce circuit. L’intensité doit être comprise entre 15 et 25 milliampères. Ce réglage étant obtenu pour les trois relais récepteurs on fait faire des blancs (dans le cas des Hughes) au poste transmetteur sur le n° 1 par exemple, puis on procède au réglage électrique du récepteur correspondant, c’est-à-dire le n° 1. On voit à ce moment l’aiguille du milliampèremètre correspondant accuser, par les diminutions d’intensité du courant continu de ce circuit, les émissions provenant du poste transmetteur; on règle alors la variation du courant entre 8 et 10 milliampères, en approchant ou en éloignant légèrement la plaque, en assurant le contact du couteau et de la plaquette, en déplaçant les contre-poids du levier et en serrant légèrement la plaque monophonique sur ses supports prismatiques. On passe ensuite au réglage du relais Baudot qui sera décrit dans le paragraphe suivant. On procède de même pour le réglage des deux autres relais monophoniques, on s’assure alors de la monophonie, c’est-à-dire du non-fonctionnement d’un récepteur, le poste transmetteur envoyant des émissions accordées sur les deux autres récepteurs. En général, on ne constate aucune déviation; si par hasard le milliampèremètre en accusait une légère cela proviendrait de la mauvaise position de la plaque sur les prismes, c’est-à-dire que cette dernière ne serait pas exactement serrée sur la ligne nodale ; on la réglerait en la déplaçant légèrement dans le sens latéral sur les prismes et en la serrant sur ses supports.
- Réglage des relais Baudot. — Le réglage du relais Baudot est obtenu de la façon suivante :
- Pour déterminer le point de chute du butoir de repos, les bobines du relais n’étant parcourues par aucun courant, ce qui correspond à la situation de travail du relais (fig. 52) on visse le contact de ce butoir jusqu’à ce que l’index le quitte librement et facilement; soit OB la position ainsi obtenue. Mais, comme elle a été déterminée lorsqu’aucun courant ne traverse les bobines et comme, en réalité, dans la pratique, les variations
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- Réglage du "butoir de repos. '
- Fig.52.
- hhhh^-t- - VAWVW
- "Réglage lu "butoir de travail
- Fier. 53.
- H H»
- ♦aaaaaa/va/^
- Réglage définitif après
- avoir favorise la position repos.
- ï'ig.Sî*.
- $
- t'S
- Ot>
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- d’intimité du contact entre la plaque et le levier qui sont dans le circuit n’en amènent jamais l’ouverture complète, il est nécessaire, pour amener la régularité de la chute de l’index, d’avancer cette position OB, ce que l’on obtient en tournant légèrement la vis du butoir. On doit alors fixer la vis par le contre-écrou, car ce point est en général définitivement déterminé. Gela fait, on ferme le circuit (fig. 53) et on agit de la même manière sur le butoir de travail jusqu’à ce que l’on ait obtenu la chute de l’index, c’est-à-dire la position OE. De sorte que par la détermination de ces deux points de chute OB, OE, on a l’angle BOE comme jeu normal du relais. En général, ce jeu est trop grand et, pour assurer d’une façon certaine la fermeture rapide du circuit lorsque la plaque cesse de vibrer, il est avantageux de réduire l’angle BOE en vissant le contact du butoir de travail, de manière à former l’angle BOF. On a constaté que le fonctionnement général du circuit était d’autant plus sûr que, sans toucher au point de repos déterminé comme il est dit ci-dessus, l’angle BOF était le plus petit possible (fig. 5b).
- Le montage du relais Baudot offre cette particularité que deux enroulements seulement sont introduits en série dans le circuit, les deux autres étant fermés sur eux-mêmes.
- Courtier SC'
- Courtier& C'
- . Fig.56.
- Nous ne décrirons pas, dans cet exposé, le relais différentiel Baudot (fig. 55-56), nous renverrons le lecteur aux excellents ouvrages publiés par MM. Faivre, Montoriol et Poulaine, de l’Ad-
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- ministration Française des Postes, des Télégraphes et des Téléphones.
- Le réglage normal des relais monophoniques et Baudot est constaté par le procédé acoustique bien connu des haudotistes savoir : de placer un tournevis sur le butoir de travail du relais Baudot et d’écouter la répercussion du bruit à l’oreille. On doit entendre un çhoc très sec et sans arrachement. Le réglage des relais monophoniques et Baudot est stable et est fait lors du montage des
- postes.
- En exploitation, les seuls points à vérifier dans les relais monophoniques sont : le parallélisme du couteau du levier et de la plaquette de la plaque, la propreté du contact entre ces deux pièces, le réglage des variations d’in-j tensité de ligne par le rhéostat du cir-^ cuit récepteur, et quelquefois aussi par les contrepoids du levier. Il est indispensable de ne jamais modifier la position de la plaque. Quant aux relais H"4'' —i Baudot, le contact entre le butoir de
- 1»? fravail palette mobile doit être —5 g tenu très propre et on ne peut que
- § § serrer ou desserrer les butoirs de tra-
- vail et de repos.
- Le circuit récepteur de l’appareil Hughes se compose de l’électro de cet appareil, d’une batterie locale, d’une résistance et du deuxième circuit du relais Baudot. La figure 57 montre les connexions de ce circuit.
- Fig.Sl
- Schéma des connexions de l'appareil imprimeur Hughes.
- Appareil du Poste Central de Paris. — L’indépendance de la transmission et de la réception dans l’appareil Hughes est obtenue par une seule modification aux connexions existantes; on a supprimé le courant de réception dans le levier de la transmission. Le courant de réception arrive directement dans la came correctrice et dans l’électro; la figure 58 montre la marche des courants de réception et de transmission qui permet de réaliser, par une connexion et une borne supplémentaires, le problème de l’indépendance de la transmission et de la réception, le contrôle au départ n’ayant subi aucune modification.
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- On a reconnu qu’en employant les courants ondulatoires il y a intérêt à avoir des émissions plus brèves que celles que l’on obtient avec la lèvre actuelle du chariot Hughes, pour que les émissions de courant de la ligne soient plus courtes que la durée des vibrations des plaques. La lèvre doit être réduite de la moitié environ de la longueur normale.
- Une résistance est placée sur la sortie de la mise à la terre pour éviter que la batterie ne soit mise en court-circuit.
- Communications .avec ou sans alternat. Appareils Hughes du "Poste central de Paris.
- Réception Transmissiori. Exception Tra-nsimssiarL
- (
- 1_____________________________________
- Fig . 58
- Pour éviter les étincelles au butoir de travail, on place un shunt d’une grande résistance sur les bobines du Hughes. Cette résistance est obtenue par une lame de verre graphitée.
- Un commutateur spécial est prévu sur chacun des Hughes à courants ondulatoires, qui permet le rétablissement des connexions existantes et le fonctionnement en courant continu. ....
- Lorsqu’un .manipulateur, tel que 13 (fig. S9), est abaissé, le courant produit de la manière connue dans le secondaire s du transformateur ¥ est envoyé sur la ligne L, traverse la bobine 3 au iposte récepteur et met en mouvement la plaque 4 correspondante. Cette plaque entrant en vibration, le relais est déséquilibré, la palette 15 ferme le circuit 16 sur l’appareil imprimeur 17
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- c’est-à-dire que l’électro-aimant 19 actionne le levier 20 qui presse la bande de papier 21 sur le disque imprimeur.
- Aucun changement n’est apporté au fonctionnement habituel de l’appareil Hughes.
- La figure 60 est la reproduction, d’après une photographie
- obtenue avec l’oscillographe Blondel, de la courbe de l’intensité d’une émission continue d’un courant de 512 périodes à la seconde, au moment où ce courant arrive dans un relais monophonique, après avoir parcouru une ligne d’environ 500 km.
- La régularité de cette courbe est confirmée par la pureté du son que l’on obtient dans les appareils récepteurs.
- Fig\60.
- La figure 61 représente la réception à Paris au moyen de l’ondographe d’une série d’émissions d’un courant ondulatoire d’une fréquence de 800, envoyées par un appareil Hughes tournant, à Lyon, à une vitesse.de 120 tours à la minute et dont la lèvre du chariot avait été réduite de moitié. Les mêmes •signaux étaient faits par un Hughes à courant continu, dont la lèvre avait la même longueur et qui tournait à une vitesse légèrement inférieure.
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- La durée des émissions de ces deux appareils était de 1 /40e de seconde environ, ce qui montre, étant donnée la régularité des émissions, la possibilité de l’application de ce système au
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- Fig. 61.
- Courbes ondographiques d’émission Hughes à courant altei’natif et courant continu relevées sur le fil 217 bis entre Paris et Lyon.
- Baudot double, dont la durée d’émission est de 1/39e à 13 contacts et l/42e à 14 contacts.
- La figure 62 montre trois diagrammes, relevés à différentes
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- heures de la journée, des valeurs de l’intensité des courants induits dans le fil 217 bis Paris-Lyon, courants dus aux émissions à courants continus parcourant les lignes télégraphiques voisines.
- On peut se rendre compte, par l’examen des diagrammes nos 1, 2 et 3, de la valeur de ces courants..
- Les relate monophoniques n’ont jamais été influencés par ces courants, malgré leur intensité, au cours des expériences faites sur ce fil, entre Paris et Lyon, pendant les mois de juin et juillet 1909, ce qui montre leur qualité sélective.
- IV
- Fonctionnement général des transmissions simultanées à courants ondulatoires.
- Voici comment les signaux sont transmis et reçus simultanément en se croisant sans s’altérer réciproquement.
- Td
- Supposons les électro-diapasons en marche dans deux postes A et B. Si, dans le poste A, un employé produit des signaux avec le manipulateur mn(fig. 63) correspondant au diapason 573 V. IL,
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- par'exemple, ces signaux se produiront à la fois dans les deux secondaires du transformateur Tle, ceux du circuit Cl s’en iront sur la ligne en traversant le fil fl du transformateur différentiel Td; mais leur effet sur le circuit récepteur O du transformateur différentiel sera annulé par celui des signaux simultanément produits dans le circuit Ce qui traversent la ligne artificielle La et le fil fe du transformateur différentiel, lorsque la ligne artificielle La sera bien réglée.
- Le circuit récepteur reste donc muet, tandis que les signaux transmis se propagent sur la ligne, arrivent au poste B et traversent le fil secondaire Cl du transformateur T le, et le circuit fl du transformateur différentiel; là, ils ne sont pas annulés, ils induisent le fil fr et traversent tous les relais monophoniques placés dans le circuit récepteur Cr; mais le relais monophonique 575 Y. D. est seul mis en vibration, et l’employé qui dessert ce récepteur reçoit ainsi les signaux transmis par le poste A.
- Pendant le même temps, un employé du poste B peut transmettre des signaux avec le manipulateur correspondant à un électro-diapason quelconque; ces signaux se croisent avec les précédents dans les deux postes et sur la ligne, sans s’influencer réciproquement, et le poste A les recevra.
- On voit donc qu’il est possible d’effectuer dans les deux postes autant de transmissions et réceptions simultanées qu’il y a de transmetteurs et récepteurs différents installés.
- Wheatstone. — Dans le cours de cet exposé, on a parlé de l’application des courants ondulatoires aux divers appareils Morse, Hughes, Baudot, Wheatstone, tout en s’attachant plus
- p
- A K I S
- Tig\ 6*t.
- spécialement à l’appareil Hughes, les essais officiels entre Paris et Lyon ayant été effectués avec cet appareil; toutefois nous avons utilisé l’appareil imprimeur Wheatstone avec les différents dispositifs qui ont été décrits ci-dessus; la figure 64 donne la reproduction d’émissions à courant ondulatoire transformées en courant continu ; cette expérience a été réalisée en juillet 1909
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- sur le fil 217 bis. Celle bande montre la régularité et la rapidité de fonctionnement du relais monophonique.
- La vitesse du Wheatstone était réglée de manière à obtenir des émissions d’une durée de 1 /45e de seconde.
- Baudot. — Les expériences précédentes ayant donné un résultat satisfaisant, il a paru intéressant d’observer le fonctionnement du système à courants ondulatoires, en utilisant un Baudot double à 14 contacts, et donnant, par conséquent, une durée d’émission égale à l/42e de seconde.
- Pour la réalisation de cette expérience, on a fait procéder, en
- T. T T ~
- I. IV. Réception
- II. V. Transmission. El.VI. Cadence.Freins
- Courant
- ondulatoire
- Fig. 65.
- laboratoire, au montage de l’installation d’un Baudot double, sur lequel on avait agencé la transmission et la réception en n’utilisant qu’un seul traducteur et en intercalant une ligne artificielle d’une valeur de 6013 km environ. Le schéma (fig. 65J montre les connexions de la réalisation de cette expérience, il
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- indique comment le distributeur du Baudot a été connecté dans le circuit secondaire du transformateur T, et comment on a substitué le courant de réception au courant de contrôle.
- Les expériences de courte durée ont démontré que rien ne s’oppose au fonctionnement du double Baudot par courant ondulatoire.
- Morse. — Il va sans dire que le système ci-dessus s’applique au Morse ordinaire, d’autant plus que les signaux de cet appareil proviennent d’émissions indépendantes du moment où on les émet (appareils sans synchronisme) et que la durée de l’émission élémentaire, le point, ne dépasse pas un dixième de seconde.
- Nous insistons sur le multiplexage des Morse à courants ondulatoires et à courant continu, car cet appareil est employé, vu sa simplicité, à l’état de sounder ou d’imprimeur dans beaucoup de pays, et c’est le seul qui parait applicable dans les pays où l’alphabet se compose d’un grand nombre de signes élémentaires comme au Japon et en Chine.
- Le rendement pratique actuel d’un fil desservi au Morse étant celui d’un duplex, l’on pourrait au moins y superposer six Morse à courants ondulatoires, c’est-à-dire un sextuplex, ce qui quadruplerait le rendement du fil, et organiser l’exploitation comme l’indique le tableau ci-dessous :
- POSTE A
- NATURE ET RÉPARTITION
- des appareils
- Morse duplex à courant continu.
- Transmission. 1 Réception . . 2
- Morse sextuplex à courants ondulatoires.
- U
- Transmission. > 3 J5
- )2
- Réception . . > 4 )6
- 2
- 1
- 1
- 3 5
- 2)
- 4 > 6)
- POSTE B
- NATURE ET RÉPARTITION
- des appareils
- I Morse duplex à courant continu.
- Réception . A Morse [ sextuplex f à courants
- Transmission.» ondulatoires.
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- Y
- Principaux avantages du système.
- Application des courants ondulatoires aux divers appareils télégraphiques Hughes, Baudot, Wheatstone, etc. Dans une même installation, diverses transmissions peuvent être affectées à ces divers appareils suivant la disponibilité des bureaux.
- Dans tous les cas, les courants ondulatoires peuvent être utilisés simultanément avec du courant continu.
- Aucune modification n’est apportée dans la construction des appareils.utilisés actuellement. Le contrôle de la transmission est maintenu là où il existe. Le prix de revient des organes utilisés’ pour l’application des courants ondulatoires est relativement modique, et leurs frais d’entretien à peu près nuis. Certains de ces organes sont réglés une fois pour toutes. Le fonctionnement des appareils exige une faible énergie.
- Sur un fil et la terre, le système télégraphique multiplex permet d’utiliser très facilement un quadruple Baudot à courant continu et six Hughes à courants* ondulatoires.
- Le système multiplex répond à tous les besoins du trafic des plus grands postes français et laisse même une disponibilité. :/
- Nous ferons encore ressortir que la sûreté et le secret des transmissions avec les courants ondulatoires sont absolus, du fait que, pour les intercepter, il est nécessaire de posséder un relais monophonique, tandis que les transmissions à courant continu peuvent être reçues dans un Morse, Sounder, Hughes, Baudot ou Wheatstone.
- Il est aujourd’hui démontré, par une expérience de longue durée, qui a eu lieu dans le cours de l’année 1909, entre Paris et Lyon, sur le fil 217 bis et la terre, expérience qui a été contrôlée par l’Administration télégraphique, que l’on peut, sur un fil desservi par un Baudot quadruple, ajouter un Hughes sextuple à courants ondulatoires et organiser l’exploitation comme l’indique le tableau ci-dessous :
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- POSTE DE PARIS SENS des COMMUNICATIONS POSTE DE LYON
- NATURE ET RÉPARTITION des appareils NATURE ET RÉPARTITION des appareils
- Baudot ( Transmission. j * quadruple j ( ^ à courant ) ( 3 continu. ( Réception . • j ^ [ [l Hughes i Transmission.<3 sextuplex 1 \ ^ à courants ] r 2 ondulatoires. 1 Réception . /4 l (6 | ^ A > k | V 1 W V 11 Réception . .] Baudot 2 1 ( quadruple 31 (à courant 4 S Transmission.} continu. 1) \ 3 (Réception . . Hughes 5 / ( sextuplex /à courants 4 ( Transmission A ondulatoires. 6) )
- On admet généralement que le rendement d’un "clavier Baudot est de 1 550 mots à l’heure et celui d’un clavier Hughes de 1800 mots. Par suite, le rendement total des quatre claviers Baudot ci-dessus est de 4 X 1550 =: 6 200 mots à l’heure, et celui des six claviers Hughes de 6 X 1800 = 10 800 mots à l’heure. L’adjonction de ces derniers augmente donc le rendement du fil télégraphique de 174 0/0 ?
- Pour faire une évaluation prudente des avantages financiers du système, on peut admettre que son application permettrait d’augmenter de 100 0/0 environ la capacité de transmission du réseau télégraphique français, puisque le calcul ci-dessus donne 174 0/0. Ce merveilleux résultat serait, d’ailleurs, obtenu
- 1° Sans modifier les appareils télégraphiques actuellement en usage;
- 2° Sans modifier les lignes;
- 3° Sans imposer au personnel manipulant aucun surcroît de travail ni aucun apprentissage spécial de manipulation.
- Les statistiques indiquent que le trafic télégraphique progresse en moyenne de 3 0/0 environ par an, ainsi que le montre le diagramme (fig. 66). Puisque l’adoption des courants, ondulatoires augmenterait le rendement général du réseau de i 00 0/0* ce nouveau mode d’exploitation permettrait théoriquement de
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- Fig. 66. '
- Progression du nombre des transmissions.....................
- Progression des recettes télégraphiques.....................
- Progression du développement des fils télégraphiques aériens, depuis 1897 exprimée en 0/0 des chiffres de l’année 1897.
- Bull..
- 18
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- faire face, pendant trente-trois ans (ou, en chiffres ronds, pendant trente ans), à l’augmentation du trafic sans avoir à établir de nouveaux fils.
- Or, l’examen des budgets des cinq années 1904 à 1908 montre qu’on a établi, en moyenne, 3000 km de fil par an et que l’on a dépensé à cet effet 800 000 f environ par an.
- D’autre part, on évalue les frais d’entretien d’un fil à 7 f environ par kilomètre et par an.
- Il résulte des indications précédentes que les dépenses à faire pour l’extension du réseau général pendant trente années et pour l’entretien (depuis leur pose jusqu’à d’expiration des trente ans) des fils nouveaux installés sont les suivantes :
- Premier établissement :
- 30 X 3 000 = 90 000 km de fil correspondant à une dépense
- de 30 X 800000 f = ........................... 24000000 f
- Entretien :
- Entretien pendant vingt-neuf ans des fils posés pendant la première année, pendant vingt-huit ans des fils posés la seconde année, etc., soit :
- 3 000 X (29 + 28 + 27... + 2 + 1) X 7 f 9135000
- Total................ 33135 000 f
- On voit donc que l’adoption du nouveau mode d’exploitation de MM. Mercadier et Magunna permettrait de réaliser, pendant trente ans, des économies de premier établissement qui peuvent être évaluées en chiffres ronds à un million par an en moyenne.
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- TABLE DES MATIÈRES
- P agi? s
- ]. — Exposé du système................................................23 L
- 11. — Exploitation du Multiplex par courant continu et courants
- ondulatoires....................................................232
- III. — Fonctionnement des Hughes à courants ondulatoires............235
- 1° Circuit transmetteur........................................ 238
- Électro-diapasons........................................... 238
- Mesure de l’entretien des électro-diapasons...................244
- Connexions du circuit transmetteur ...................... 246
- Système compensateur automatique électrique...................247
- Extinction des bruits des électro-diapasons...................249
- 2° Circuit extincteur............................................249
- Réglage de la balance........................................ 251
- 3° Circuit conducteur............................................ 251
- 4° Circuit récepteur ............................................252
- Vibrations des plaques........................................252
- Relais monophoniques .........................................254
- Transformation des vibrations mécaniques des plaques en courants
- continus...................................................259
- Connexions du circuit récepteur...............................261
- Réglage des relais monophoniques..............................262
- Réglage des relais Baudot................................. 263
- Schéma des connexions de l’appareil imprimeur Hughes..........266
- IV. — Fonctionnement général des transmissions simultanées à
- courants ondulatoires..........................................271
- Fonctionnement des Wheatstone (page 272) des Baudot (page 273) des Morse ordinaires (page 274) à courants ondulatoires.
- V. — Principaux avantages du système.............................. 275
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- NOTICE NÉCROLOGIQUE
- SUR
- Octave CHANUTE
- MEMBRE D’HONNEUR DE LA SOCIÉTÉ
- Octave Chanute naquit à Paris, le 18 février 1832. Il avait six ans lorsque sa famille alla se fixer aux États-Unis, et c’est à New-York City qu’il fit ses études et se prépara à cette carrière d’ingénieur où il devait s’illustrer.
- Dès l’âge de dix-sept ans (1849), il fut attaché à la construction du chemin de- fer de l’Hudson ; il occupa dans cette entreprise différents postes et quand il l’abandonna, à vingt et un ans, il était ingénieur divisionnaire (1853).
- Il participa ensuite aux travaux d’une série de voies ferrées : Chicago and Alton Railway, Peoria and Warsay Railway, Pittsburg, Fort Wayne and Chicago Railway.
- De 1862 à 1867, il fut ingénieur en chef de l’exploitation et de la construction de la première de ces lignes, et c’est pendant cette période que furent construits sous sa direction et sur ses plans les Magasins Généraux de Chicago. En 1867, à Kansas City, il construisit le premier pont sur le Missouri, dans des conditions particulièrement difficiles. Pendant cette construction même, Octave Chanute était nommé Ingénieur en Chef de la construction de quatre nouvelles lignes de chemins de fer: Kansas City, Fort Scott and Gulf Railway ; Leavenworth, Lawrence and Galveston Railway ; Kansas City and Santa Fé Railway; et Atchinson and Nebraska Railway. Il construisait en même temps les grands magasins de Kansas City.
- Il est intéressant de noter qu’à cette époque trois petites villes du Kansas, voisines et jusqu’alors distinctes, prirent le parti de se réunir et, conformément au vote de leurs citoyens, s’agglomérèrent sous le nom unique de Chanute ; la ville ainsi formée est aujourd’hui un centre florissant de plus de 15 000 habitants.
- De 1873 à 1883, Chanute fut Ingénieur en Chef de l’Erie
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- Railway. Pendant ces dix années, il accomplit tout un programme de grands travaux, parmi lesquels est à noter la construction du grand viaduc de Kinsua de 300 pieds de haut. En 1875, il était assistant général superintendant de cette Compagnie ; l’année suivante, il était chargé temporairement de la traction et du matériel roulant auxquels il apportait d’importants perfectionnements.
- En 188 4-, il quitta l’Erie Railway pour créer un office d’Ingé-nieur-Conseil à Kansas City. C’est à cette époque qu’il dirige la construction de divers ponts en fer pour le Chicago, Burlington and Northwestern Railway et pour les prolongements de l’Atchin-son, Topeka and Santa Fé Railway ; parmi ces derniers se remarquent particulièrement les ponts de Sibley, sur le Missouri, et celui de Port Madison, sur le Mississipi, sur fondations à air comprimé. La construction du pont de Sibley fit l’objet d’un mémoire, en collaboration avec MM. John F. Wallace et W. H. Breithaupt, qui obtint, en 1890, le Prix Rowland, de la Western Society of Engineers.
- Après avoir fait apprécier sa haute compétence tant dans la construction des chemins de fer que dans celle des ponts, Octave Chanute vint s’établir, en 1889, à Chicago, comme Ingénieur-Conseil, et les deux principales sciences auxquelles il s’adonna et qui lui valurent une nouvelle renommée, furent la conservation des bois et l’aviation.
- Il fut le Chairman d’une Commission nommée par l’American Society of Civils Engineers, qui avait pour but de se livrer à des études complètes sur la préservation des bois. Ses travaux sur cette question le conduisirent à préconiser l’emploi du chlorure de zinc de préférence à la créosote, alors difficile à obtenir en quantité suffisante et de bonne qualité. Il fonda le Chicago Tie Preserving Company, connue aujourd’hui sous le nom de 0. Chanute and C°, Société s’occupant de la préservation des traverses de chemins de fer. La direction de cette Société et les nombreuses expériences de laboratoire auxquelles il se livrait en même temps valurent à Octave Chanute un renom universel comme expert en matière de préservation des bois.
- Il y avait de nombreuses années que l’aviation avait sollicité pour la première fois, en 1874, l’attention de cet actif et ingénieux chercheur, maintenant considéré à juste titre comme un précurseur de cette science ; mais ses travaux professionnels ne lui laissaient pas le temps de se livrer à ces études nouvelles et
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- ce n’est qu’en 1886 qu’il put s’y adonner avec plus de loisir. Il étudia d’abord le côté théorique de la question, puis, d’après ses théories et sur ses plans personnels, il construisit et expérimenta des appareils aéroplanes qui demeurent connus sous le nom de « type Chanute ». En 1894, il publiait son premier ouvrage sur l’aviation « Progress in flying machines » (les progrès des machines volantes), et en 1897, il présentait à la Western Society of' Engineers, un mémoire intitulé « Gliding experiments » (Expériences de vols planés).
- Pendant les expériences des frères Wright, de 1901 à 1905, il lit pour eux et sur leur demande, de nombreux calculs, et leur donna en même temps des avis et des indications qui leur furent d’un grand secours et leur permirent d’abréger sensiblement la durée de leurs essais préalables. Cette affectueuse collaboration avait eu pour origine une lettre de Wilbur Wright à Octave Chanute, en mars 1900, demandant à celui-ci les conseils pratiques que, dans un ouvrage paru quelques années auparavant sous le titre « Recent progress in aviation », il s’offrait de donner aux aviateurs qui voudraient recourir à son expérience personnelle en la matière. Octave Chanute avait donc la joie bien rare, et le Président de la Western Society of Engineers le complimentait justement à ce sujet, de voir ses théories prendre corps et ses prédictions se réaliser dans le délai exceptionnellement court de dix ans à peine.
- En plus de ses travaux importants et si désintéressés sur l’aviation, Octave Chanute publia aussi de nombreuses études dans les transactions de PAmerican Society of Civil Engineers, tant sur la construction des ponts que sur les chemins de fer. Il lit également partie de grandes Commissions techniques nommées par les Sociétés américaines et fut le Chairman de deux d’entre elles: « Rapid Transit and Terminal Freight Facilities » (1875), et « Préservation of Timber » (1885).
- Admis membre de l’American Society of Civil Engineers en 1868, il en était un des vice-présidents en 1880, et devenait président en 1891. En 1901, il était président de la Western Society of Civil Engineers et, en 1909, après quarante années de sociétariat, membre d’honneur de cette Société.
- Universellement apprécié, il était aussi membre d’honneur de l’Institution of Civil Engineers of Great Britain et de la Société des Ingénieurs du Chili.
- Membre de l’American Institution of Mining Engineers, de
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- l’American Railway Engineering and Maintenance of Wav Association, de la Canadian Society of Civil Engineers, il était* en outre, en sa qualité d’ingénieur aéronaute réputé, membre de l’Aéro-Club d’Amérique et de l’Aéro-Club de France, et président de l’Aéro-Club de l’Illinois. Au cours de l’été 1910, lors de son voyage en Europe, il était élu membre d’honneur de l’Aeronautical Society of Créât Britain qui lui décernait en même temps sa médaille d’or en reconnaissance de ses distingués services apportés à l’art de l’aviation.
- Français d’origine, Octave Chanute avait toujours manifesté la plus grande sympathie pour la France. Les premières relations que notre Société eut avec lui remontent à 1889, car il faisait partie de la délégation des Ingénieurs américains que la Société reçut à cette époque, à l’occasion de l'Exposition universelle.
- En 1893, la Société des Ingénieurs Civils de France fît un voyage aux États-Unis, à l’occasion de l’Exposition de Chicago, et eut le plaisir de retrouver Octave Chanute qui, en qualité de Chairman du Comité des Sociétés d’ingénieurs qui avaient pour mission d’organiser le Congrès du Génie Civil, fît obtenir à ce Congrès le plus grand succès par son activité et son énergie. C’est à la suite de cet intéressant voyage que nous eûmes la satisfaction, en 1897, de le compter au nombre de nos collègues. Depuis cette époque nos relations avec lui avaient été de plus en plus amicales et il avait bien voulu accepter d’être le correspondant de notre Société à Chicago.
- Lors de son récent voyage en Europe, au cours duquel il contracta malheureusement la maladie qui devait l’emporter, notre Société, sous la présidence de M. J. Bergeron, dans sa séance du 2 juillet 1910, le nommait membre d’honneur, en reconnaissance des.services qu’il avait personnellement rendus à notre Association et en témoignage de l’estime en laquelle nous tenions sa haute personnalité, et ses travaux universellement appréciés.
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- CHRONIQUE
- N» 374.
- SOMMAIRE. — Emploi de la turbine à vapeur dans la marine. — Foyers de locomotives en cuivre ou en acier. — La lutte pour le système métrique. — La contamination des eaux potables dans les canalisations. — L’âge de cuivre. — Trafic par eau de Berlin. — Un pont à grande portée en béton armé. — La seconde ville du monde.
- Emploi €te la turbine à vapeur dans la marine. — UInstitution of Naval Architects, à Londres, a récemment entendu d’intéressantes communications sur l’application des turbines à vapeur dans la marine.
- On sait qu’on s’occupe activement aujourd’hui d’améliorer le rendement des turbines et celui des propulseurs, en renonçant à la commande directe de ces derniers par les premières, et à faire travailler ainsi les uns et les autres dans les conditions les plus favorables, ce qui n’est pas toujours le cas actuellement.
- Plusieurs tentatives ont déjà été faites dans ce but. L’amiral Melville, de la marine des États-Unis, et M. Macalpine ont proposé et essayé un système de transmission, basé sur l’emploi de roues dentées hélicoïdales. M. Westinghouse a présenté un dispositif analogue et, enfin, M. G. A. Parsons a installé un réducteur de vitesse remplissant le même objet sur le cargo-boat Vespasian de 83,80 m de longueur et 4 350 t de déplacement. Ce vapeur était mû par une machine à triple expansion qui a été remplacée par deux turbines à vapeur, actionnant l’arbre de l’hélice par l’intermédiaire d’une transmission dentée, donnant un rapport de vitesse entre la turbine et l’hélice de 19,9 à 1.
- Les essais du Vespasian, avec les nouveaux appareils, furent faits en février 1910. On en avait fait avant la transformation, de manière à pouvoir établir des comparaisons.
- On trouva ainsi que, pour 56 tours d’hélice par minute, les consommations étaient de 4 400 kg à l’heure avant, et 4 260 kg après les transformations; pour 60 tours, de 5300 kg avant et 4870 après; enfin, pour 70 tours, de 7 930 avant, et 6660 kg après. Ces divers chiffres correspondent à des économies de 3,2-8,1 et 16,8 0/0.
- Ces turbines étaient du système Parsons, au nombre de deux, disposées en compound ; la turbine à haute pression avait 0,915 m de diamètre et 3,95 m de longueur, et la turbine à basse pression 1,165 m de diamètre et 3,75 m de longueur. Il y a un accouplement flexible entre l’arbre du pignon et celui de la turbine. M. Parsons estime que ce dispositif permet aux dents du pignon et de la roue d’être toujours en prise et qu’on peut supprimer sans aucun inconvénient le train flottant employé par M. Westinghouse.
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- Les turbines et la transmission réductrice de vitesse, installées dans le Vespasian par M. Parsons, pèsent environ 25 0/0 de moins que la machine alternative primitive, la puissance a été augmentée de 20 0/0, et la consommation de combustible réduite d’autant. Ces résultats remarquables semblent indiquer, pour ne pas parler du caractère de simplicité que présente ce système, que la transmission mécanique parait être une solution pleine de promesse pour l’emploi des turbines dans la marine, à condition, bien entendu, que l’expérience les confirme, et que ces dispositifs donnent toute sécurité contre les chances d’accidents.
- On sait qu’on a proposé aussi la transmission électrique dont nous avons plusieurs fois parlé, et dans laquelle les turbines actionnent des dynamos qui produisent un courant, lequel fait tourner d’autres dynamos commandant les propulseurs. Avec ce système, la perte de puissance, résultant de cette double transformation, ne peut guère, dans les meilleures conditions, être inférieure à 10 0/0, tandis que la transmission de M. Parsons donne un rendement mécanique de 98 0/0. On peut croire que, dans la pratique, la perte atteindra de 15 à 18 0/0 pour la transmission électrique; or ce rendement, relativement faible, entraîne toutes sortes de difficultés : plus grande consommation de combustible, machines plus lourdes, etc.
- Le système hydraulique, qui a été également proposé, est encore plus défectueux. Il consiste, en principe, en une pompe centrifuge montée sur l’arbre des turbines motrices, laquelle envoie de l’eau dans une autre pompe commandant directement l’arbre du propulseur, ce qui forme un circuit hydraulique fermé; en donnant aux pompes des valeurs différentes, on réalise un changement de vitesse en rapport. On peut estimer qùe, dans les meilleures conditions de fonctionnement des pompes et des turbines, on n’arrivera pas à un rendement de plus de 80 0/0, soit 20 0/0 de perte. La presque totalité de ces pertes correspond à la chaleur qui se communique à l’eau eu circulation. Dans une grande installation, il serait difficile de refroidir cette eau de manière à l’em-pccher d’acquérir une température susceptible de gêner très sérieusement le fonctionnement.
- En dehors de ces diverses raisons, le prix élevé et les complications des appareils, comparés avec les mêmes éléments pour la transmission mécanique, sont des arguments assez forts pour trancher la question, au point de vue pratique, en faveur de la dernière.
- Dans une des communications que nous avons mentionnées au début de cette note, M. Parsons a déclaré que, pour les navires devant réaliser constamment de grandes vitesses, la disposition actuelle avec liaison directe des turbines et des propulseurs donne toute satisfaction, et que l’effet utile obtenu sur les grands transatlantiques ne diffère pas de plus de 5 0/0 du rendement maximum réalisable. D’autres orateurs n’ont pas paru partager cette manière de voir optimiste et admettent que, avec les hélices à pas courts, employées sur les navires à turbines, la perte est beaucoup plus élevée. M. Parsons a naturellement en vue ses propres turbines, avec lesquelles on conserve des vitesses modérées, mais au détriment du poids et de l’encombrement.
- Avec des turbines tournant beaucoup plus vite on peut arrivera faire
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- des appareils bien plus compacts et plus économiques. Partant de ce point de vue, il semble que l’emploi d’une transmission par engrenages entre la turbine et l’hélice est de nature à rendre de grands services pour les bâtiments de guerre et les paquebots rapides.
- Un point historique intéressant a été soulevé dans la discussion qui a eu lieu devant les Naval Architects, où on a rappelé que le système de transmission proposé est l’inverse du système qu’on a employé à l’origine de l’usage de l’hélice.
- A cette époque, les machines à vapeur dont on se servait pour les roues, tournaient lentement, et on crut devoir employer pendant un certain temps les mêmes moteurs avec des transmissions accélératrices pour donner à l’hélice une vitesse suffisante. Aujourd’hui le problème est renversé, mais on possède, par le développement de la métallurgie et de la construction mécanique, des moyens de fabriquer des transmissions dentées avec un soin et une précision qu’on ne connaissait pas il y a un demi-siècle environ, lorsqu’on se servait de ces transmissions pour l’usage que nous venons d’indiquer.
- Nous signalerons à ce sujet un fait très intéressant et qui eût bien trouvé sa place dans la discussion devant les Naval Architects, si les orateurs qui ont pris la parole l’eussent connu, c’est l’emploi que fit Benjamin Normand, vers 1870, de transmissions retardatrices entre la machine et l’hélice et cela précisément pour le but qu’on se propose aujourd’hui, c’est-à-dire pour avoir, grâce à une rotation plus rapide, des machines plus légères et moins encombrantes.
- Les seuls renseignements qu’on trouvera sur ces faits très peu connus se trouvent dans une note que nous avons annexée à notre mémoire sur les Chemins de fer à crémaillère paru dans les bulletins de la Société de 1871, 2e trimestre, page 313.
- Cette application fut faite à plusieurs navires à moteur auxiliaire de la maison Quesnel du Havre, le François-Ier, le La Fontaine, le Vauban etc., faisant le service entre le Havre et la Plata. La puissance transmise, était d’environ 430 ch pour le premier et 300 ch pour les autres ; les rapports de vitesse entre l’arbre de la machine et celui de l’hélice étaient de 1,66 pour le premier et 2,1 pour les autres. Ce problème, consistant à abandonner la connexion directe de la machine et du propulseur, et à commander une hélice de grand diamètre faisant 43 à 50 tours par minute, par une machine tournant à 90 à 100 révolutions dans le même temps, a été résolu avec plein succès il y a déjà quarante ans. Aujourd’hui on demande des rapports beaucoup plus élevés, mais le principe est identique.
- Foyers de locomotives en cuivre et eu acier. — Dans un mémoire sur cette question présenté par M. H. B. Lake, chimiste du Western Pacific Ry, au Western Canada Railway Club, l’auteur indique que le cuivre en feuilles pèse un huitième de plus que l’acier. Si on prend les prix de 0,35 f le kilogramme pour l’acier et 2,65 f pour le cuivre, on voit que le second de ces métaux coûte environ sept fois autant que le premier et, comme l’épaisseur du cuivre employé dans les foyers de locomotives est sensiblement double de celle de l’acier, le coût
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- d’établissement d’un foyer en cuivre sera quatorze fois celui du foyer en acier.
- Il faut tenir compte toutefois de la valeur respective des métaux après usure; le vieux cuivre vaut environ les 75 0/0 du cuivre neuf, tandis que l’acier ne vaut guère plus de 5 0/0.
- Quant au travail, on doit admettre que l’avantage est en faveur du cuivre. Etant plus facile à travailler, il use moins les outils, et le temps nécessaire à la fabrication d’un foyer est moins considérable. Plus la main-d’œuvre sera coûteuse, plus cet avantage sera sensible.
- La durée des deux foyers dépend beaucoup des circonstances locales. En Angleterre, on estime la durée des foyers en cuivre à huit ans, correspondant à 1 200 000 km, et les plaques tubulaires durent environ cinq ans, pour un service chargé, dans des chaudières à pressions élevées. Dans des conditions analogues, des foyers en acier dureront seulement un an, soit 120 000 km avant d’entrer en réparations et, sur certaines sections du Ganadian Pacific, où les eaux sont assez mauvaises, les parois latérales des foyers en acier doivent être remplacées après un parcours de 75 000 km. On comprend dès lors que la dépense de main-d’œuvre finit par devenir la même, sinon plus, avec l’acier qu’avec le cuivre. On. est donc amené à prendre en considération le temps que les locomotives passent dans les ateliers, avec les deux genres de foyers. Il est certain que, si les foyers en acier sont sujets à plus de réparations, le cuivre reprend ses avantages.
- Le cuivre est plus résistant à la corrosion que l’acier, il est plus pur que celui-ci, et le cuivre, qui a la môme ténacité et la même ductilité que le cuivre fondu et laminé, est encore plus pur.
- Le cuivre a à peu près la même résistance que l’acier doux et est plus ductile. Il est moins altéré par les opérations de cintrage et de rivetage, et forme des joints plus étanches avec les tubes.
- L’auteur conclut que le coût initial d'un foyer est plus élevé avec le cuivre qu’avec l’acier ; mais que, si on tient compte de la valeur des vieilles matières, le prix devient à peu près le même. Le cuivre présente des avantages au point de vue de la résistance, il est moins sensible aux changements brusques de température. Des locomotives avec des foyers en cuivre passeraient moins de temps dans les ateliers et seraient moins exposées à se voir en service arrêtées par des fuites aux plaques tubulaires, ou à des fissures dans ces pièces. Ces conclusions, sous la plume d’un Ingénieur améticain, sont intéressantes à noter.
- lia lutte g» oui* le système métrique. — Sous le titre « les particularités du métré » nous avons donné, dans la chronique d’octobre 1910, page 516, une étude de M. Ch. Ed. Guillaume, Directeur adjoint du Bureau international des poids et mesures. Cette étude, que nous avions trouvée dans un journal suisse, nous parait être un résumé très succinct d’une conférence faite par M. Guillaume à la Société Industrielle de Mulhouse, le 28 octobre 1908, mais dont la publication n’a eu lieu, par suite d’empêchements, que dans le bulletin de cette Société de janvier 1910. Nous n’en avons eu connaissance que tout récemment,
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- et nous croyons intéressant d’en reproduire un passage, intitule : « Épisodes de la lutte pour le système métrique ».
- Tandis que les mesures métriques pénètrent peu à peu et sans rencontrer d’autre opposition que la routine et les difficultés matérielles d’un changement dans quelques pays, où son adoption n’est qu’une affaire de temps, nous assistons, dans les pays anglo-saxons, à une lutte qui puise dans la vigueur et le conservatisme de la race anglaise, des éléments de résistance tout à fait inattendus.
- A ces éléments, opposés à une évolution qui devrait sembler naturelle, s’ajoute, pour beaucoup d’Anglais, une insuffisante connaissance des conditions dans lesquelles pourrait s’opérer une réforme, ainsique de celles qui ont présidé à l’expansion. du système métrique dans les pays qui l’ont adopté. Certes, on ne conteste pas à l’édifice métrique une certaine beauté; mais on distingue avec soin la symétrie et la simplicité de la valeur pratique d’un système de mesures et beaucoup d’Anglais répètent cette affirmation que le système métrique peut convenir à un peuple artistique comme l’est le peuple français, mais ne saurait être celui du peuple pratique qu’est le peuple anglais.
- L’esprit rétrograde, manifesté dans une opiniâtre résistance au progrès, a trouvé en haut lieu des champions que l’on aurait cru plutôt devoir être ceux de la marche en avant, de la simplification du travail, de l’économie. C’est ainsi que, dans la mémorable séance de la Chambre des Communes, du 22 mars 1907, la loi métrique fut mise en échec par un discours de M. Lloyd George, alors ministre du Commerce, qui apporta contre la cause métrique un argument bien fait pour nous surprendre : « Le système métrique a subi, en France, un échec désespéré, et il en a toujours été ainsi. » Et, ce qu’il y a de plus inattendu, c’est que cette affirmation a été inspirée par une circulaire de M. Dou-mergue, alors ministre du Commerce de la République française, priant les Chambres de commerce d’user de leur influence pour effacer «jusqu’aux derniers vestiges » des anciens systèmes que des négligences de langage ont perpétués jusqu’ici.
- Les actions pour ou contre le système métrique sont conduites par deux associations, dont l’une, la plus ancienne, est la Décimal Association l’autre la British Weights and Measures Association.
- Le premier de ces deux groupements cherche à gagner l’opinion à la décimalisation en général, et au système métrique en particulier. Elle comprend dans son sein un grand nombre de membres du Parlement, des savants éminents, des chefs de puissantes industries. -Elle multiplie les publications, les conférences, les actions personnelles et pouvait, jusqu’à ces dernieres années, enregistrer de très rapides progrès de son action.
- Ces progrès sont plus lents aujourd’hui; la British Weights and Measures Association annonce même un arrêt ou un recul. On peut néanmoins espérer qu’elle prend pour des réalités ses désirs bruyamment affirmés.
- Le désir de cette association est, bien entendu, de paralyser l’action de son aînée. Pour le reste, il pourrait être défini par ce programme complexe : défendre les mesures britannique et, au besoin, les attaquer.
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- En effet, tout en déclarant que rien ne peut être supérieur pour l’usage, puisqu’elles émanent d’une lente évolution au sein d’un peuple éminemment pratique, elle reconnaît que quelques perfectionnements pourraient bien être apportés. Leur coordination est reconnu insuffisante et on se promet de l’améliorer. Mais, parmi les procédés que l’on propose pour atteindre le but, il en est qui peuvent paraître bien compliqués aux personnes accoutumées à l’idée de la simplicité des relations métriques. Ainsi, dans l’un des derniers bulletins de l’association, M. Allen proposait de diminuer la livre de 3 0/00, ce qui conduirait à une relation assurant au système britannique l’un des éléments de coordination du système métrique. Celte relation est la suivante :
- Masse de 1 pied cube d'eau = 62 livres et demie ; or le gallon étant le volume de 10 livres d’eau, 8 pieds cubes = 60 gallons.
- Et n’oublions pas que, pour réaliser de semblables relations, il faudrait modifier une unité principale d’une quantité nécessitant le réajustage de tous les étalons.
- Mais on peut espérer que l’opinion, un jour mieux éclairée, fera justice de l’esprit rétrograde qui guide l’action de la British Weights and Measures Association. Au surplus, les influences extérieures pourraient, à une époque peu éloignée de nous, faire de la réforme dans les pays anglo-saxons une impérieuse nécessité commerciale et industrielle.
- L’application stricte des lois dans les pays métriques, la défense absolue, prévue par la plupart des législations, de munir les marchandises d’étiquettes portant d’autres unités que celles du système métrique, le refus d’acheter des machines dont les cotes ne fussent pas exprimées par des valeurs métriques simples, pourraient, en effet, mettre un jour les manufacturiers anglo-saxons dans l’alternative ou de perdre une clientèle, dont la conservation est pour eux une condition primordiale d’existence industrielle, ou de pratiquer côte à côte deux systèmes de mesures, l’un pour le marché intérieur, l’autre pour l’exportation, avec toutes les complications, toutes les erreurs et, pour finir, toutes les pertes qu’entraînerait une semblable organisation.
- C’est, il n’en faut pas douter, une prohibition s’appuyant sur les lois existantes qui éclairera le plus complètement les manufacturiers britanniques sur leurs véritables intérêts.
- L’action est déjà commencée. Après avoir admis de larges tolérances, pensant que le temps ferait son œuvre, le Gouvernement français, par exemple, a commencé à assurer l’application stricte de la loi. Des marchandises étiquetées en unités anciennes ou étrangères ont été saisies; des catalogues, des annonces, ont donné lieu à des procès-verbaux qui ont abouti jusqu’ici à la simple interdiction sous menaces de poursuites pour les récidives. Mais dans un avenir peu éloigné, une plus grande sévérité succédera à la mansuétude et, après avoir suffisamment averti, on sévira. Il suffira que deux ou trois grands pays suivent cette procédure pour que l’adoption du système métrique par les exportateurs anglais ou américains devienne une nécessité vitale.
- Loin de constituer pour les commerçants anglais une vexation sans profit, l’impossibilité qui leur serait opposée d’écouler leurs marchan-
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- dises autrement qu’en se soumettant aux lois des pays d’importation les forcerait à examiner de plus près leurs véritables intérêts, masqués à leurs yeux par l’esprit de routine et que renforcent les erreurs dont l’abreuvent les ennemis du système métrique, Et, après avoir adopté ce dernier, ils seraient grandement surpris de voir combien il leur permet de réaliser d’économies, combien il simplifie toutes leurs opérations, combien, en un mot, la réforme leur a été avantageuse.
- Elle le serait à toute l’humanité, car, à notre époque où les relations entre peuples se multiplient, où, de plus en plus, le monde entier tend à devenir un champ unique de production combinée, une langue industrielle et commerciale commune à tous est devenue un élément nécessaire d’économie.
- On nous permettra de faire suivre cette reproduction d’une partie de la conférence de M. Guillaume de quelques observations.
- Nous avons à plusieurs reprises, notamment dans nos chroniques de mai 1898, page 940, et de février 1907, page 304, fait remarquer combien est fâcheuse la tolérance qui existe en France, pour l’emploi dans le langage usuel des anciennes mesures et le contraste frappant entre ce fait et ce qui se passe dans les pays où le système métrique a été introduit beaucoup plus tard.
- Nous avons également signalé que l’attachement que portent les Anglais à leur système de mesures tient en partie à la persuasion où ils sont que ces mesures sont les premières qui aient existé. On a dit, en plaisantant, que les piliers des portes du Paradis terrestre et l’Arche de Noë avaient leurs dimensions en pieds anglais.
- Il n’en est pas moins vrai que le volume GLXXVI1, 1909, des Transactions ofthc Institution of Civil Engineers contient un mémoire de M. Wil-frid Airy, intitulé : « Origine des mesures britanniques de capacité, poids et longueurs », lequel démontre par le jaugeage des vases égyptiens, conservés au Musée Britannique, et sur lesquels la capacité est inscrite en caractères hiéroglyphiques, que le llin, mesure de capacité des anciens Egyptiens, est rigoureusement égal à la pinte anglaise. Il arrive aux mêmes conclusions pour les autres mesures, la livre avoir du. poids et le pied, et conclut que leur origine doit être attribuée aux mesures égyptiennes; c’est, en effet, d’Égypte que les arts de la civilisation se sont répandus sur la Grèce, l’Italie et l’Occident, surtout par l’intermédiaire des Phéniciens.
- Sans discuter l’exactitude du fait, il est permis de s’étonner qu’un peuple pratique comme les Anglais attache assez d’importance à l’antiquité d’un système, pour faire passer sur les inconvénients multiples d’un ensemble suranné de poids et mesures. Il semble que ce genre d’argument est le dernier qu’on devrait s’attendre à voir invoquer dans la question.
- l a contamination des eaux potables dans les canalisations. — Gomme le fait observer M. Sauvage, Ingénieur en chef des Mines, dans le Bulletin de la Société d’Encouragement, de novembre dernier, la contamination des eaux potables dans les canalisations ne
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- parait pas avoir été l’objet d’une attention suffisante. Par suite de joints défectueux, les eaux extérieures peuvent se mêler à celles des conduites aux joints où la pression dans la conduite est inférieure à la pression extérieure. Cette dangereuse différence de pression peut exister en permanence dans certaines sections de conduites. Le plus souvent, elle est temporaire et se produit dans les parties hautes des conduites quand la pression s’abaisse à certaines heures par suite de consommation excessive.
- L’emploi des joints maintenant longtemps l’étanchéité complète est donc important, non seulement au point de vue de l’économie, mais aussi pour éviter la pollution des eaux pures pendant leur parcours dans les canalisations.
- Pour obtenir l’étanchéité des canalisations d’une façon durable, on est naturellement conduit à donner aux joints, en outre de l’élasticité nécessaire, une résistance à la rupture trois ou quatre fois plus forte que la somme des efforts qui peuvent se cumuler en service et occasionner des déplacements de chaque tuyau pris isolément.
- On sait que les joints ordinaires en plomb ne présentent presque pas de résistance aux déplacements longitudinaux des tuyaux et que les joints en caoutchouc n’opposent pas de résistance à leurs déplacements dans aucun sens.
- Le plomb employé seul n’a pas assez d’élasticité pour suivre les mouvements des tuyaux, des joints à emboîtements, il est trop aisément laminé à son contact avec le bout mâle. Il en est de même du caoutchouc employé seul: par sa nature il se prête mal aux petits déplacements des tuyaux tqui l’arrachent ou l’effritent à son contact avec le bout mâle. Plusieurs Compagnies ont déjà constaté le fait et la Ville de Paris vient d’être obligée de remplacer par des bagues en fonte avec joints en plomb ses joints en caoutchouc avec bagues en fonte et contrebrides qui ne pouvaient maintenir l’étanchéité dans les mauvais terrains.
- Les efforts qui peuvent se cumuler en service et qu’il faut évaluer pour assurer la stabilité des joints sont ceux qui proviennent des poussées du sol, de l’eau, des coups de bélier, des vibrations et des trépidations, des glissements sur les pentes, etc. Les efforts du sol suffisent souvent pour produire de petits déplacements des tuyaux qui occasionnent des fissures aux joints peu de temps après la pose des conduites.
- Le système de conduites en fonte ou en acier, à joints en caoutchouc avec clef en plomb, de notre collègue, M. J. Gilbert, paraît pouvoir éviter les fissures aux joints, d’après l’étude de l’endurance à la fatigue qui en a été faite depuis 1905 (Compagnie des chemins de fer de l’Est, Villes de Pompey, de Thizy, d’Ajaccio, Compagnie pour l’éclairage des villes, Société minière du Djebel-Felten, etc.).
- Le service des mines de Valenciennes a constaté, dans un procès-verbal d’épreuve du 19 février 1910, la résistance des joints Gilbert aux efforts de glissement.
- Sur des tronçons de conduite Gilbert, composés chacun de deux tuyaux en acier de 135 mm de diamètre, posés sur le sol avec joints ordinaires non maintenus entre eux, ni en bout, l’essai hydraulique a été poussé sans fuites jusqu’à 80 atmosphères avec clef en plomb pur et
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- jusqu’à 125 avec clef en plomb allié. Au delà de ces pressions, le plomb a commencé à se déboîter.
- La charge de compression à l’origine de la rupture était donc de :
- 1er Cas — Plomb pur 2e Cas — Plomb allié
- 2 (143 X 80) = 22 880 kg 2 (143 X 125) = 35 750 kg
- Soit une charge par millimètre carré sur chaque côté de la clef de :
- 1 22 840
- 2 X 1300
- = 8,80 kg
- 1 35 750 __
- 2 X 1 300 “
- 13,750 kg.
- Pour un service prolongé, la charge résultant des efforts de glissement du sol et de l’eau qui peut agir sur chaque joint pris isolément ne devrait guère dépasser le quart de la charge de rupture, soit 2,80 kg par millimètre carré avec clef en plomb pur, ce qu’il conviendrait de vérifier dans chaque cas, puisque les conduits ordinaires se fissurent en service, même sans pression intérieure quoique l’essai hydraulique ait été fait sans fuite au moment de la pose.
- Le plomb allié permet d’éviter de modifier' le profil de la clef dans certains cas. Il a été jugé nécessaire pour la conduite de refoulement de 3500 m de longueur en acier de 135 mm installés par notre collègue, M. Espinas, à Constantine, pour laquelle la charge de compression sur la clef a été évaluée à environ 3,5 kg par millimètre carré. M. Espinas dit qu’il a trouvé avantageux à tous les points de vue l’emploi qu’il a fait d’une conduite Gilbert en acier au point où cet emploi a été fait.
- M. Duffieux, directeur des récents travaux d’adduction d’eau de Thizy (Rhône), a été amené à examiner tout particulièrement les dispositions à adopter pour éviter les fissures des conduites à emboîtement et cordon du type Ville de Paris qui étaient en usage à Thizy et qui ont occasionné non seulement des pertes d’eau considérables malgré des réparations coûteuses, mais vraisemblablement aussi l’épidémie de fièvre typhoïde de 1904 dans un quartier relativement élevé de la ville, par suite de rentrées d’eau polluées dans les conduites du dit quartier aux moments de la grande consommation des quartiers bas. Il a choisi le système Gilbert qui lui a paru le plus rationnel parmi les systèmes connus et l’a employé sur près de 9 km de longueur. Après avoir observé très attentivement la pose de ce système, il déclare qu’il constitue une amélioration réelle sur le type Ville de Paris, tant au point de vue de l’étanchéité qu’à celui de la rapidité de la pose, ce qui confirme l’appréciation favorable de la Commission des Inventions du Ministère des Travaux publics et qu’il estime que son emploi dans les canalisations d’eau potable éviterait assurément beaucoup de pertes d’eau, de réparations coûteuses et de pollutions d’eau d’alimentation.
- En outre des pollutions des eaux déjà signalées par les Conseils d’hygiène, le service de surveillance des eaux de Paris qui est, croyons-nous, le seul en France qui s’occupe sérieusement de la recherche des fissures des conduites, a découvert, depuis quelques années, beaucoup de cas de contamination des eaux pendant leur parcours dans des conduites en fonte à joints au plomb ou au caoutchouc et dans les conduites en ciment qu’il serait bon de faire connaître afin de mieux montrer
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- l’intérêt qu’il y aurait à avoir des conduites et des joints élastiques et résistants suivant les efforts à supporter pendant un service de longue durée.
- Une des applications des conduites Gilbert de la Compagnie des chemins de fer de l’Est a permis au Conservatoire des Arts et Métiers d’étudier l’endurance à la fatigue des joints Gilbert. Un indicateur de Watt, muni d’un enregistreur à rotation continue, monté sur la conduite, a enregistré, entre autres, les diagrammes n° 2 et 3 ci-joints montrant que les surpressions atteignent 8 kg par centimètre carré en service normal et produisent des secousses continuelles indiquées par les ressauts tracés par l’aiguille de l’indicateur.
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- Les joints de celte conduite résistent sans se fissurer, depuis le* 17 février 1908, aux efforts fréquents et intenses d’un sol de remblai et aux vibrations et trépidations occasionnées par des passages continus de trains et des voitures lourdement chargés et de coups de bélier évalués à 20 000 par jour par la Compagnie de l’Est.
- I/âgc du cuivre. — Les fouilles opérées dans les ruines des anciennes villes babyloniennes ont révélé l’eipploi courant de trois métaux : le cuivre, l’or et l’argent. Si d’autres étaient en usage, on ne les pas encore trouvés dans les ruines de Bismya, Telleh et Nippur où on a rencontré les prômiers vestiges de civilisation. On désigne généralement sous le nom d’âge de bronze la période où l’homme a remplacé par des instruments en métal ceux de pierre qu’il avait employés jusque-là, mais à Babylone et aussi en Egypte, il y a eu une période intermédiaire entre l’âge de la pierre et l’âge de bronze, c’est ce qu’on peut appeler l’âge du cuivre, car tous les objets qu’on trouve dans les parties les plus anciennes de ces ruines et qu’on a crus être en bronze, sont en réalité, ainsi que l’indique l’analyse chimique, en cuivre pur ; on ne trouve Bull. 19
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- d’objets en bronze que dans les ruines remontant à une époque de beaucoup postérieure.
- Les objets les plus communs parmi ceux qu’on retrouve sont des fers de lances à la fois plats et arrondis d’environ 0,30 m de longueur et presque identiques comme forme à ceux que les Bédouins actuels du désert attachent à l’extrémité de longues tiges en bambou. Bien que tout vestige de bois ait disparu par l’action du temps, on retrouve encore les clous en cuivre à tête en or, qui attachaient le fer au manche.
- On voit aussi très fréquemment, dans des tombeaux de femmes, de longues épingles de 0,25 m de longueur avec des têtes en lapis-lazuli ou en cornaline. Bien que ces objets soient fortement corrodés, on peut encore apprécier leur beau poli et l’élégance de leur forme. La position qu’ils occupent dans les tombes semble indiquer que c’étaient des épingles à cheveux. On trouve des aiguilles dans les ruines des maisons particulières, bien que ces aiguilles soient beaucoup plus grande que les nôtres, la forme est tout à fait la même jusqu’au trou.
- Les tombes babyloniennes ont fourni de curieux échantillons de bijouterie en cuivre, et, chose singulière, riches et pauvres semblent avoir employé le même métal. On trouve énormément de bagues, de bracelets et d’anneaux de nez et un de ces derniers porte enchâssée une petite coquille marine. On n’a rencontré qu’un spécimen de collier en fil de cuivre. On se servait alors couramment de clous et de rivets en cuivre, bien qu’on considère ces objets comme d’un usage plus récent.
- Les instruments d’agriculture étaient aussi en cuivre : on a trouvé quelque chose ressemblant à une faucille de moissonneur attachée à son manche par une bande de cuivre à la façon des faucilles modernes. On rencontre beaucoup de plats en cuivre de diverses grandeurs et généralement peu profonds : on a trouvé, dans l’égout d’une maison de Bismya, plusieurs coupes à boire faites de ce même métal. Mais l’objet le plus intéressant peut-être consiste en quatre instruments reliés ensemble par un anneau et contenus dans une sorte d’étui en cuivre. L’un paraît être une paire de petites pinces et les trois autres des lames de plusieurs grandeurs. Ils semblent avoir été des instruments de chirurgie ou des outils de manucure, peut-être aussi des instruments pour graver la pierre dure pour en faire des cachets.
- Le cuivre était aussi employé, mais rarement, à faire des jouets d’enfants en forme d’animaux et les scribes babyloniens gravaient leurs caractères cunéiformes sur des tablettes de cuivre.
- Plusieurs de ces tablettes provenant de Bismya sont conservées dans le musée d’archéologie de l’Université de Chicago.
- La trempe du cuivre considérée généralement aujourd’hui comme un art perdu, était en usage courant à Babylone, il y a six mille ans. Les pierres les plus dures étaient alors gravées avec un art qui n’est pas surpassé actuellement. Le cuivre trempé qu’on retrouve est si corrodé maintenant qu’il est devenu excessivement fragile, tandis que les objets non trempés sont encore aussi malléables qu’à l’origine.
- Anciennement, dans l’Orient, l’or était plus commun que l’argent. Alors qu’on trouve quantité d’objets en or dans les ruines de Bismya, on n’a rencontré qu’une petite bague en argent. Cependant à Telleh, les
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- archéologues français ont trouvé un vase de grandes dimensions très bien gravé, monté sur un pied en cuivre. Ce vase, qui est actuellement au musée du Louvre, doit avoir été un des plus beaux objets des trésors des rois de Babylone.
- Des objets d’or trouvés à Bismya, la plupart ne sont pas pleins, mais creux, et remplis avec du bitume, substance qu’on employait et qu’on emploie encore, en Mésopotamie, à une foule d’usages. Des chapelets en or qui se rencontrent en quantité dans les tombes de femmes ne présentent plus que des boules creuses, car le bitume qui les remplissait s’est mis en poudre et s’est échappé.
- Des boucles d’oreilles et des anneaux de nez remplis de bitume figuraient parmi les plus beaux ornements des femmes de Babylone. On a trouvé une grande rosette en or, ornée de pierres bleues et rouges qui montre la perfection qu’avait déjà atteinte l’art du bijoutier, et un bandeau d’or plus étroit vers les extrémités qui devait servir de parure de tête.
- L’or devait être très commun à Babylone, il y a six mille ans, car on l’employait dans l’architecture ; on trouve, en effet, des plaques d’or dans les ruines des temples, elles servaient probablement à recouvrir les murs ou les statues colossales des rois et des dieux. Une de ces plaques porte gravé le nom de Maram Sin, roi sémite, bien connu qui vivait en 3750 avant hère chrétienne.
- Il serait difficile de dire au juste d’où les anciens Babyloniens tiraient leurs métaux. On sait que les plus anciens rois d’Egypte envoyaient des expéditions pour chercher du cuivre dans les montagnes du Sinaï et on y trouve des sculptures de provenance égyptienne. Les inscriptions trouvées à Babylone mentionnent des relations avec les côtes de la Méditerranée ;il est dit: « et alors une flotte babylonienne navigua sur la mer. » On peut supposer que ce peuple tirait aussi son cuivre du Sinaï, et l’or et l’argent des mêmes mines que les Egyptiens. Nous avons reproduit ce qui précède, d’un article de M. Edgar J. Banks paru dans le Scientifie American.
- Trafic par eau «le BSerlin. — Ce fut en 1885 que l’on s’occupa pour la première fois de doter Berlin d’un port de commerce. L’exécution de cette idée présentait de grandes difficultés.
- L’Etat, comme aujourd’hui encore, paraît-il, s’était montré très favorable au projet, il lui accordait déjà toute sa bienveillance, mais à la condition qu’on ne lui demandât pas d’argent.
- Les fleuves allemands, en dehors du Rhin, de l’Elbe et aussi de l’Oder, ne sont ni très larges, ni très profonds. Il fallait compter en tout sur une profondeur maximum de 2,50 m.
- Quelques années plus tard, on entreprit les travaux et, en 1909, on construisit un quai d’une longueur de 1,500 km sur 65 m de largeur. Cette année, on commençait la construction de docks, etc. L’année prochaine, on élèvera des magasins et les bâtiments d’administration, et bientôt Berlin sera relié fluvialement à Hambourg par son port de l’Ouest, situé entre le pont Oberbaum et celui du chemin de fer de ceinture.
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- Cependant le port Est, de Berlin, devait servir plus spécialement au commerce intérieur.
- Les Allemands, avec leur sens pratique, calculèrent tout le bénéfice qu’ils pouvaient réaliser et arrivèrent, pour favoriser plus encore leur . ommerce extérieur, à une idée beaucoup plus intéressante, celle de créer, à Berlin, un second port qui sera situé entre le canal de jonction de Charlottenbourg et le canal de Spandau et réunira la capitale à la mer du Nord et à la Baltique par Hambourg et Stettin.
- Ce projet grandiose coûtera déjà, pour la construction du port, des bâtiments et des trois bassins qu’il comprendra, la somme de 43723000 f; un des quais sera long de 2,800 km, s,oit le double de celui du port de l’Est.
- L’Etat lui-même, qui, pour ce dernier, avait refusé tout crédit, créera ...i nouveau canal, en réparera d’autres et dépensera pour ces travaux qui s’étendront sur une longueur de 100 km, une somme de 32500000 f.
- Un pont à grande portée en béton armé. — On vient de construire à Auckland, dans la Nouvelle-Zélande, un pont en béton armé dont la portée parait être la plus grande qui ait été abordée jusqu’ici, 97,60 m, car le Génie Civil, du 13 mars 1909, donnait comme la plus grande portée atteinte alors par un pont en béton armé celle de 79 m réalisée au viaduc de la Sitter, en Suisse.
- Ce pont, connu sous le nom de pont de Grafton, est établi sur le cimetière de Gully et réunit Symonds Street à Grafton road. Ce cimetière ne sert plus aux sépultures qu’exceptionnellement; c’est un endroit des plus pittoresques. Il y avait auparavant sur cette vallée un pont suspendu qui ne servait qu’aux piétons, et était établi à mi-hauteur des bords, mais il était devenu d’une sécurité problématique; il a donc été décidé de le démolir et de le remplacer. Un passage à cet endroit était d’une réelle nécessité pour éviter un long détour.
- La question du système à employer fut mise en discussion; on étudia simultanément des projets de ponts en acier et de ponts en béton armé et la raison qui fit adopter le second système fut qu’il n’y aurait pas besoin de renouveler la peinture à intervalles périodiques et que l’entretien serait moins onéreux. Il fallut ensuite établir un devis pour fixer la somme à emprunter. La dépense fut évaluée à 750 000 f; mais, avant que les marchés fussent passés, on releva avec plus de précision le profil en travers de la vallée et le montant du contrat fut porté à 788 000 f. On décida enfin d’augmenter la longueur d’une des approches et les dépenses additionnelles de ce chef portèrent la dépense totale à 875 000 f.
- Les travaux, confiés à la Ferro-Concretc Company d’Australie, furent commencés en octobre 1907, la première pierre (expression de convention dans ce cas) était posée par le lord gouverneur de la Nouvelle-Zélande; ils furent achevés fin novembre et le pont livré à la circulation des piétons; on termina ensuite la pose de la chaussée et on fit les essais.
- Le pont comprend une arche de 97,60 m d’ouverture et deux approches. Celle du côté de Symonds Street a une longueur de 85,40 m;
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- elle est formée de poutres droites dont les portées varient de 22,50 m à 24 m réparties sur une série de piles. La chaussée sur toute la longueur du pont et dés approches a 8,50 m de largeur et est bordée sur chaque côté d’un trottoir de 1,80 m. On ne peut se dissimuler que ces largeurs sont faibles pour un ouvrage devant donner passage à une circulation considérable et il est à craindre qu’il ne devienne promptement insuffisant. La chaussée est asphaltée et les trottoirs sont en béton; les parapets sont en forme de balustrades en ciment armé.
- La construction a employé 330 t d’acier, 1 575 m3 de pierre bleue cassée, 3 000 m3 de graviers et 200 de cailloux. La valeur du bois employé pour les échafaudages, les moules et les cintres a été de 175000 f.
- L’arche du centre est à une hauteur de 44,83 m au-dessus du point le plus bas de la vallée; l’arc est articulé à la clé et aux naissances. Son poids est évalué à 1 800 t pour chaque moitié, soit 3600 t pour l’arc entier. Aux essais officiels, on chargea une des moitié de 296 t, poids qui fut laissé pendant 17 heures. On estime que l’épreuve la plus sévère est celle qui est due à une foule compacte de piétons; cette charge représente probablement 400 kg par mètre carré. La superficie totale du tablier est 97,60 X 10,98 — 1072 m2, ce qui donne une charge totale de 428 000 kg ou 214 400 pour chaque moitié. Pour tenir compte de l’accroissement de fatigue due à la charge en mouvement, on a décidé d’augmenter le chiffre ci-dessus de 40 0/0, ce qui fait 300000 kg pour chaque moitié de l’arc; or, on a vu plus haut qu’on avait chargé une moitié de l’arc de 296 000 kg, chiffre très sensiblement le meme. La flèche maxima a été de 3 mm. On a exécuté ensuite un essai spécial au point de vue de la résistance du tablier, en faisant passer deux cylindres à vapeur pesant ensemble 30 t. Le pont èst éclairé par 26 réverbères posés sur la partie supérieure du parapet. Ces réverbères portent chacun deux lampes à incandescence de 25 bougies. Les câbles qui amènent le courant passent dans des caniveaux pratiqués dans le haut du parapet.
- lia seconde ville «In monde. — Si Londres paraît devoir rester encore longtemps la première ville du monde sous le rapport de la population, les recensements successifs montrent que New-York gardera facilement ta seconde place avec une population presque double de celle de Paris, qui vient au troisième rang. Mais si Londres et New-York continuent à voir croître leur population dans la même proportion que dans les dix dernières années, il pourrait bien arriver que dans un certain nombre d’années la ville la plus peuplée de l’univers se trouvât du côté américain.
- La population de New-York était en 1900, de 3 437 200 habitants. Le 1er septembre 1910, elle s’élevait, d’après les déclarations du bureau de recensement à 4 766 883 habitants. L’accroissement a donc été pour dix années de 1 329 683, soit une proportion de 38,7 0/0, chiffre extraordinaire pour une ville aussi peuplée.
- Les personnes familières avec l’histoire de New-York se rappellent que cette ville s’est toujours signalée par la rapidité de son accroissement; en effet, pendant les cent vingt années qui se sont écoulées depuis 1790, on ne trouve que quatre décades ou périodes de dix ans pen-
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- dant lesquelles le degré d’accroissement de la population n’a pas dépassé beaucoup celui de la décade précédente. Ainsi la décade finissant en 1820 a donné un accroissement de 20,4 0/0; en 1810, la guerre a montré son influence par la faible proportion de 15,8 ; mais la décade suivante est remontée à 28, et la suivante finissant en 1890 a donné
- 25.6 0/0.
- L’accroissement le plus considérable a été observé pendant les dix années suivant la déclaration de l’Indépendance où la population s’est accrue de 33171 pour 1790 à 60 515 en 1800, soit une proportion de
- 82.7 0/0. Dix ans, après New-York comptait 96372 habitants, accroissement 59,3 0/0.
- En 1830, la population s’élevait à 63,8, en 1840 à 54,4, en 1850 à 64,9 et en 1860 à 57,8 0/0. La population a dépassé le million dans la décade finissant en 1880, année où son chiffre s’élevait à 1 206 299.
- La population de Londres était en 1901 de 6581372 et on estime qu’elle est aujourd’hui de plus de 7 500 000 habitants. Paris comptait, en 1901, un total de 2 660559 (1) et a probablement aujourd’hui dépassé 3 millions. En 1906, Berlin contenait 2 040148 habitants et il y. a deux ans, Tokio, au Japon, avait une population de 2 082160 âmes. Il y a dix ans, il y avait à Chicago 1 698 575 habitants et il est fort possible que l’accroissement qui s’est produit depuis soit suffisant pour placer cette ville au quatrième rang dans le monde.
- (1) Ce chiffre était, pour 1908, de 2 747 599, d’après l’Annuaire statistique de la Ville de Paris.
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- COMPTES RENDUS
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- Août, septembre, octobre 1910.
- lia main-d’euvrc rurale, par M. Max Ringelmann.
- L’auteur, se proposant de dresser une sorte d’inventaire descriptif du matériel agricole au début du vingtième siècle, croit devoir s’occuper préalablement des moteurs actionnant ce matériel, et commence par le moteur animé qui doit logiquement venir en premier lieu. Il résume donc d’abord les conditions économiques d’emploi de la main-d’œuvre agricole. .
- La première partie est consacrée à la statistique des exploitations agricoles et du personnel qu’elles occupent, et l’auteur consigne, en passant, cette intéressante observation que, de 1896 à 1901, la population agricole avait diminué de 214 000 unités, soit, en moyenne, 40 000 par an, alors que, dans le même temps, le nombre des fonctionnaires et employés qui émargent aux budgets de l’Etat, des départements et des communes, avait augmenté de 82 000 ou plus de 16 000 par an.
- Du reste le dépeuplement des campagnes n’est pas une calamité récente ni spéciale à la France, où elle croît cependant avec une déplorable intensité; on constate la diminution de la propriété rurale en Italie, en Angleterre et en Allemagne : la note en cite des exemples remarquables.
- Le second chapitre est consacré à la main-d’œuvre étrangère, recrutée principalement parmi les Belges et, depuis quelques années, chez les Polonais.
- Le troisième chapitre, s’occupe des salaires des travailleurs ruraux qui augmentent constamment ; ainsi la moyenne, qui était de 1 fpar jour en 1810, a passé successivement à 1,30 f en 1840, 2f en 1872, pour arriver à 2,56 f en 1900 ; il semble cependant que cette hausse n’a pas produit une aisance correspondante, le taux de l’épargne diminue de plus en plus, et les besoins et les dépenses de toute nature vont en croissant. Il en est de même dans les autres pays. Ainsi, en Suisse, le prix de revient de la journée de travail a passé de 2,17 f, en 1901, à 2,7-2 f et 3,17 f en 1908.
- Questions «le tannage, d’après le professeur Henry Procter et M. J. T. Wood (Journal of the Society of Chemical mdustry).
- Cet important travail étudie les problèmes de à’mdustrie du cuir, notamment la bactériologie de cette industrie, question d’un grand.
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- intérêt, parce que la putréfaction est le principal danger à combattre. Une peau fraîche contient toujours certaines bactéries, telles que les anaérobies simples (B. putrificus, B. putridus gracüis, B. diplococcus magnus), mais ccs bactéries ne se développent que si les conditions sont favorables ; pour préserver les peaux, comme ces bactéries ne peuvent vivre dans un milieu alcalin, il faut empêcher la présence de matières albuminoïdes dissoutes, et c’est ce qu’on obtient le plus simplement en séchant les peaux.
- L’emploi des antiseptiques présente de graves inconvénients, parce que peu de substances peuvent tuer les microbes sans endommager en môme temps les peaux. Ces considérations sont longuement développées dans la note, qui se termine en insistant sur le grand dommage que l’on cause au cuir en voulant le blanchir au bisulfite. Le public réclame des cuirs clairs qui doivent, pour acquérir cette teinte, être traités par des solutions qui enlèvent les substances donnant au cuir sa fermeté et son imperméabilité vis-à-vis de l’eau. Si les cuirs actuels ne sont plus ceux du bon vieux temps, la faute en est non pas aux tanneurs, mais au goût du public.
- I/im|>o].*ialisiiiie économique en Grande-Bretagne, par
- M. Maurice Alfassa (suite).
- îVotes tic eliimie, par M. Jules Garçon.
- Signification chimique de la structure cristalline. — Précision en calorimétrie. — Analyse volumétrique nouvelle. — Sur la solubilité des corps. — Températures d’inflammation des gaz. —Tripoli et kieselguhr.
- — Métallisation par pulvérisation. — Laitonnage. — Accidents dus au ferro-silicium. —L’industrie du caoutchouc. —Récupération debenzine.
- — Sur le camphre synthétique. — Sur la solidité des peintures. — Les colorants pour cuves. — Quelques nouveaux réactifs.
- Wotes tl’agriculluce, par M. Hiïier.
- Ces notes sont consacrées à la question de la récolte des blés. Celle de 1909-1910 aura été une des plus mauvaises que l’on ait eues depuis cinquante ans ; le déficit aura été de 23 400 000 q par rapport à l’année 1908, soit de 25 0/0 environ, et de 19 500 000 q sur la moyenne décimale de 1889 à 1908. Si basse que soit cette production, qui a été seulement de 94 600000 hi, elle a été supérieure à celle de 1891, qui [n’a donné que 77 millions d’hectolitres de blé.
- La note recherche les causes qui ont amené ce déficit et l’attribue d’abord à l’hiver doux de 1909-1910 qui a multiplié les mauvaises herbes au lieu de les faire périr, puis au printemps pluvieux et aux conditions météorologiques défavorables au moment de la floraison. Le piétin a fait beaucoup de mal, et on peut admettre que le retour trop fréquent du blé sur le même terrain, blés sur blés et même blés tous les deux ans sont des conditions qui favorisent le développement de cette terrible maladie.
- La note se termine par des considérations sur la question des droits de douane sur les blés étrangers.
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- Notes «le mécanique.
- Moteurs à pétrole sans soupapes. — Évolution des déclics Gorliss aux États-Unis.
- ANNALES DES MINES
- 6e livraison de 1910,
- Note sur la catastrophe survenue à la mine de Cherry (Illinois).
- Il s’est produit, le 13 novembre 1909, à Cherry, dans l’Illinois, une catastrophe dans laquelle périrent plus de 300 personnes; c’est après le désastre de Monongah, le plus grand qui se soit produit jusqu’ici aux États-Unis.
- L’accident a été produit par l’inflammation au contact d’une torche de balles de foin descendues dans une benne ; le feu se communiqua du foin au boisage .de la galerie, empêchant les mineurs de s’enfuir et provoquant le dégagement de gaz asphyxiants. Le feu dura du 13 novembre au 23.
- On signale, à propos de cette catastrophe :
- 1° Le danger d’avoir des puits et des galeries principales revêtus de matériaux combustibles;
- 2° L’importance d’avoir des dispositions permettant de combattre un feu, aussi bien en bas des puits que dans les galeries principales;
- 3° L’utilité éventuelle d’un moyen de sortie formé par un compartiment isolé des autres par une cloison incombustible et aéré pair un courant d’air spécial envoyé du haut ;
- 4° La nécessité d’avoir des moyens de secours autres qu’un puits avec train d’échelles pour une mine occupant 500 ou 600 ouvriers.
- Le rapport de M. G. Rice, Ingénieur de l’U. S. Geological Sürvey, sur cette catastrophe fut discuté et donna lieu à des observations intéressantes. Le directeur de la station de secours déclara que ses services ne pourraient être vraiment utiles qu’aux conditions suivantes :
- 1° Que son domaine d’action soit suffisamment restreint pour qu’il puisse se porter très rapidement sur le lieu du sinistre, qu’il puisse intervenir même pour des accidents relativement peu graves, et y consacrer tout le temps nécessaire;
- 2° Que les mines intéressées envoient à Ja station des équipes qui y apprennent le maniement des appareils, de façon à trouver, dès son arrivée, des gens capables de l’aider effectivement;
- Note sur un coup «le poussières survenu à la mine «le Idarran, district de Cardiff.
- Cet accident, survenu le 29 octobre 1909 et qui parait devoir être attribué aux poussières, coûta la vie à 27 personnes.
- Il est «à remarquer que les galeries étaient relativement peu poussié-
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- reuses et que la poussière elle-même n’était ni très fine ni très sèche ; cependant une partie du plan principal était sèche et poussiéreuse et c’est là que l’explosion prit naissance. L’éclairage se faisait à feu nu ; on n’avait jamais vu de grisou dans la mine et, depuis l’explosion, on n’en trouve aucune trace. On se servait de différents explosifs les uns pour le rocher, les autres pour le charbon.
- D’après les déclarations des survivants, l’explosion parait due à une charge de quatre cartouches au rocher qui avaient enflammé les poussières et causé l’accident. Les hommes ont été asphyxiés par les gaz et il est remarquable que les efforts hâtifs et sans appareils respiratoires, faits en vue du sauvetage, ont abouti à la mort de cinq sauveteurs tandis que vingt-deux autres seulement étaient morts des suites immédiates de l’explosion.
- Le rapport officiel des inspecteurs royaux des mines dit que cette explosion fournit un exemple de catastrophes où la communication de deux mines permit de s’échapper à un certain nombre d’ouvriers qui, sans cette communication, auraient probablement péri. En effet, 29 mineurs de Darran s’échappèrent par Gilfach sans qu’aucun ouvrier de ce dernier puits eût été atteint par l’explosion.
- Sur une longueur considérable, la voie de communication était humide et sans poussière, c’est probablement ce qui empêcha l’explosion de s’y propager. Si, au contraire, la galerie avait été poussiéreuse et sèche, la mine de Gilfach elle-même eût été atteinte par l’explosion et le nombre des victimes eût été plus que doublé.
- De plus, cette explosion a montré que ni une grande quantité de poussières ni une extrême sécheresse n’étaient nécessaires pour créer un milieu explosible, il est donc urgent, même dans les mines que l’on considère comme particulièrement sûres sous ce rapport, de veiller sur l’état des galeries et de les arroser soigneusement avant le tirage d’un coup de mine.
- Enfin elle doit servir d’enseignement à tous les mineurs chez qui la • crainte du coup de poussières est encore peu répandue et leur rappeler que l’emploi de tout explosif ne doit être pratiqué qu’avec toutes les précautions prévues par les règlements.
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS ALLEMANDS
- N° 44. — 29 octobre 4 910.
- Les turbines de l’usine hydraulique de Grand Falls à Terre-Neuve, construites par Amme, Giesecke et Konegen, à Brunswick, par Y. Gelpke.
- Les machines-outils à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1910, par F. Adler (suite).
- Déformations élastiques et permanentes dues à la chaleur, par R. Plank.
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- Fabrication du papier pour billets de banque, par G. Nicolaus (fin).
- Théorie des manomètres à tube élastique, par II. Lorenz.
- Groupe duBas-Weser. — Ateliers de fabrication des câbles sous-marins du Nord de l’Allemagne.
- Bibliographie. — La pratique de la fonderie en Amérique, par Th. Wart. — Méthodes pratiques de calcul des poutres de ponts métalliques, par W. Gehler. — Manuel des sciences de l’ingénieur 3e partie : Constructions hydrauliques, par Fr. Kreuter. — Construction en béton armé, par C. Weidmann.
- Réunion annuelle du musée allemand à Munich, par G. Matschoss.
- Berne. — État actuel de l’aviation en Allemagne. — Installations électriques au puits Ferndale, à Cardiff. — Utilisation de la vapeur d’échappement pour la force et le chauffage en Angleterre. — Nouveaux moteurs pour laminoirs. — Locomotive à marchandises à courant continu du Rapid Transit Railroad de Brooklyn. — Machine unipolaire de 500 kilowatts. — Durée des traverses de chemins de fer. — Protection des conduites d’eau et de gaz contre les courants terrestres. — Conduite d’eau en béton armé de 19 200 m de longueur.— Le paquebot transatlantique France. — Fabrication de briquettes avec des cendres de coke. — Le nouveau pont de Québec. — Eréction d’un monument à l’aviateur Otto Lilienthal à Gross Lichterfelde.
- N° 45. — 5 novembre 1910.
- Substitution de la machine à la main-d’œuvre dans les travaux de mines, par Kammerer.
- La machine à vapeur à équicourant, par S. Stumpf.
- Expériences de rendement et de consommation d’un moteur à grande vitesse à huile brute de 5 ch construit par Diesel et Cle à Munich,
- Le tour rapide Continental de la fabrique de machines-outils Hermann Ileinrich à Chemnitz, par H. Fricke.
- Groupe de Cologne. — Compresseurs hydrauliques.
- Bibliographie. — Les turbines à vapeur, par A, Stodola. — Le procédé au four basique, par C. Dichmann.
- Bevue. — Chauffage de chaudières de Jones, dans l’usine électrique du tunnel de Saint-Clair. — Usines hydro-électriques pour la ville de Milan dans la Yalteline. — La première transmission électrique de force à 110 000 volts en Europe.— Transmission à haute tension dans les provinces rhénanes. — Soufflerie de hauts fourneaux actionnée par l’électricité aux forges d’Ormesby à Middlesbrough. •<— Le paquebot transatlantique Olympia. — Navire de 960 tx avec moteur Diesel. — Le phare d’Arngast près Wilhelmhaven. — Le nouveau port de l’est à Francfort-sur-le- Mein. — Emploi des omnibus à moteurs pour le service des armées.
- N° 46. — 12 novembre 1910.
- Appareils de levage à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1910, par Armand (suite).
- Les locomotives à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1910, par Metzeltin (suite).
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- Laboratoire des hautes tensions à l'Institut électrotechnique de l’École technique supérieure de Dantzick, par G. Roesler.
- État actuel des procédés de fabrication de l’acier sur sole, par H. Groeck.
- Groupe de Franeonie et du Haut-Palatinat. — Les ateliers de la Maxi-milianshütte.
- Association des ingénieurs-mécaniciens allemands. — L’électrotechnique à l’Exposition universelle de Bruxelles.
- Bibliographie. — Recherche et examen des eaux d’alimentation et des eaux résiduaires, par W. Ohlmùller et O. Spitta. — Introduction aux sciences de l’Ingénieur. lre partie. Statique et résistance, par G. G. Mehrtens.
- Revue. — Explosion de chaudières dans l’Empire allemand en 1909.
- — Production de fers et aciers laminés aux États-Unis. — L’acier au cuivre et du nickel. — Le minerai de wolfram au Chili. — Le Western Pacific Railroad. — Chauffage des locomotives à la tourbe sur les chemins de fer suédois. — Statistique des chemins de fer électriques et des installations hydro-électriques en Suisse. — Nouveau port de guerre au Cap de Bonne-Espérance. — La construction des navires de guerre au Japon. — Dépense d’énergie pour la culture par l’électricité. — Hangar métallique pour dirigeables. — Cours de navigation aérienne à l’Ecole technique supérieur de Carlsruhe.
- N° 47. — 19 novembre 1910.
- Four électrique pour l’industrie du fer et de l’acier, par Y. Engel-hardt.
- Expériences sur le dégraissage de la vapeur faites dans le laboratoire de la Société bavaroise de surveillance des chaudières, ô Munich.
- Substitution de la machine à la main-d’œuvre dans les mines, par Kammerer (suite).
- Transport de forces en Amérique, par F. Koester.
- Groupe du Rhin-Inférieur. — La nouvelle technique du chauffage.
- Revue.— Electromoteurs construits par la fabrique de machines d’Oerlikon. — Utilisation des combustibles de faible valeur. — Turbine Curtis horizontale de 4 000 kilowatts de la General Electric Company.
- — Mise en service du premier transport de force à 110 000 volts. — Usine hydro-électrique de Mc Call Ferry en Pensylvanie.— Construction de nouvelles grandes usines hydro-électriques au Mexique. — Nouveau pont sur le Rhin à Cologne. — Pont pour route et chemin de fer entre Galveston et le continent. — Pont de chemin de fer remarquable dans l’Inde.— Bateau, automobile en béton.— Le nouveau paquebot transatlantique de la ligne Hambourgeoise-Américaine. — Chemin de fer électrique entre Aspang et Friedberg. — Le nouvel hôtel de l’Association des métallurgistes allemands à Dusseldorf.
- Pour la Chronique et les Comptes rendus :
- A. Mallet.
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- BIBLIOGRAPHIE
- I" SECTION
- Sur le terrain. — Guide pratique de topographie usuelle à l’usage des Élèves-Ingénieurs, des élèves-topographes et des aspirants aux examens et concours des Ponts et Chaussées, de E. Liger, ancien conducteur des travaux géologiques et topographiques (1).
- L’ouvrage de M. Liger est surtout destiné au jeune personnel des travaux publics et particuliers.
- L’auteur fait profiter de son expérience de la pratique tous ceux qui s’engagent dans la voie si intéressante des travaux topographiques; il initie le débutant au langage et aux problèmes courants de la topographie au moyen de formules très simples et de procédés rapides.
- Cet ouvrage est un véritable guide et un aide-mémoire entre les mains des jeunes conducteurs d’études et de travaux ; d’autant que l’auteur s’est attaché à résoudre les diverses quèstions au moyen de la géométrie simple, et de quelques notions, très élémentaires, de géométrie descriptive et de trigonométrie.
- F. T. S,
- IIe SECTION
- Dictionnaire illustré des termes tecltni«|ues, en six langues, vol. VI: Chemins de fer et matériel roulant, de Alfred Schlomann, Ingénieur (2).
- L’apparition de ce volume était impatiemment attendue de tous ceux qui avaient pu préjuger de sa valeur par l’utilisation des volumes déjà parus de la série. Tous les spécialistes qui se sont trouvés en faeô des difficultés réelles de la traduction technique apprécieront sans conteste le nouveau et logique mode de classification adopté par l’auteur.
- Comme pour les dictionnaires précédents, l’ordre de succession a été établi, non pas en suivant l’ordre alphabétique absolu, qui classe arbitrairement tous les termes à traduire, mais en rapprochant et en groupant dans des mêmes divisions ou subdivisions les organes qui se rapportent aux mêmes éléments du matériel, ainsi que les termes ou locutions se rattachant à un même ordre d’idées de l’industrie des chemins de fer et du matériel roulant.
- L’ordre alphabétique n’a été utilisé que dans une table finale des matières, où se trouve reproduite la totalité des vocables exprimés dans les six langues considérées; une table est spéciale aux termes de la langue russe. Ces tables reportent, pour chaque terme, à la page du volume où il se trouve inscrit à côté de ses équivalents dans les cinq autres langues. De très nombreux croquis, soigneusement établis, illustrent l’ouvrage et représentent, pour la plupart des termes ou des locu-
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- tions, l’organe ou l’objet respectivement désigné ; le traducteur est ainsi garanti contre toute incertitude quand à la correspondance entre l’objet qu’il considère et ses diverses désignations. C’est là un avantage auquel n’étaient pas accoutumés ceux qui ont à se tenir au courant des progrès mondiaux de l’industrie des transports : l’ingénieur de chemin de fer, le traducteur de brevets, le légiste môme, trouveront dans cet ouvrage un important allègement de leur besogne délicate en matière de traduction technique.
- Examen eridque du projet île canal «le Clielty à la nier,
- par M. L. Molixos, Président d’honneur de la Société des Ingénieurs
- civils de France, Président du Conseil d’administration de la Société
- Générale de louage et Remorquage (1).
- Cet examen, fait par une personnalité très connue et très compétente, est très intéressant et de nature à dissiper bien des illusions au sujet de ce canal.
- Si sa réalisation ne présente pas, au point de vue technique, des difficultés particulières, elle coûtera fort cher, et M. Molinos démontre, tarifs en mains, que son exploitation ne peut être rémunératrice sans grever lourdement les marchandises transportées.
- Il fait ressortir que le port de Paris est un port de consommation et non de transit et que les marchandises devront être non pas débarquées à Clichy, mais rendues à pied d’œuvre à destination. C’est possible aujourd’hui à peu de frais à l’aide des chalands, ce ne le sera plus sans surcharges très appréciables lorsque les navires viendront à Clichy. Il faudra transborder, charger sur chaland et transporter les marchandises à destination définitive,
- La difficulté de la navigation, même pour les navires à vapeur, dans le chenal sinueux de la Seine, demandera l’emploi de remorqueurs pour maintenir sûrement les navires, drossés dans les courbes par la brise, dans le chenal, qu’abandonnés à eux-mêmes ils ne pourraient suivre en toute sécurité, leur vitesse n’étant pas suffisante pour leur permettre de gouverner.
- De là des risques d’échouage qui feront monter les assurances, des pertes de temps, etc., qui grèveront lourdement les transports. Toutes les personnes au courant de la navigation maritime ne pourront que reconnaître la justesse des observations de. M. Molinos.
- Son mémoire, bourré de chiffres puisés aux meilleurs sources, sera donc très utile à consulter par ceux qui s’occupent de la question.
- G. Hart.
- Éliuir «lu projet «le Clichy giort «le mer, par M. Lavaud, Ingénieur des Arts et Manufactures, membre de la Chambre syndicale de la Marine (2).
- M. Lavaud s’est placé, pour son étude, à un point de vue qui com-
- (1) ïn-8», 260 X 175 de 38 pages. Paris, chez l’auteur, 15, rue Eugène-Flachat.
- (2) In-8°, 265 X 175 de 64 pages, Paris, chez l’auteur, 19, rue d’Athènes.
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- plète celui de M. Molinos sur la môme question. Il s’est surtout attaché à faire ressortir les difficultés techniques à l'exploitation du canal en projet, tout en reconnaissant la possibilité, sans grosses difficultés, de son exécution.
- Après avoir passé en revue les résultats donnés par les canaux maritimes analogues, il étudie le port de Glichy, les modifications à faire aux ouvrages d’art, ponts, barrages, quais, etc., la vitesse réalisable dans le canal, la navigation contre le courant, la nécessité du remorquage, le danger des ponts mobiles, l’insuffisance du tirant d’eau prévu, les charges incombant à l’État, l’état de l’opinion, son avis du.canal, pour terminer par l’étude du prix du fret entre Rouen et Paris, étude dans laquelle il évalue l’importance des charges nouvelles que créeront la navigation, dans le canal, des navires de mer.
- Il conclut, comme M. Molinos, que tout bien pesé, le chaland est moins onéreux que le navire entre Rouen et Paris, et qu’il évite un transbordement à Glichy, transbordement qui se fait dès Rouen dans de meilleures conditions. Il estime que la création d’un port à Glichy est le déplacement pur et simple du port de Rouen, déplacement acheté beaucoup trop cher et ne présentant pas d’avantage réel.
- Le mémoire de M. Lavaud et les tableaux qui le terminent seront également consultés avec fruit par ceux qui s’occupent de la question.
- G. IIart.
- Tramways et automobiles, de E. Aucamus, Ingénieur des Arts et Manufactures, Sous-Ingénieur à la Compagnie du Nord, etL. Galine, Ingénieur des Arts et Manufactures, Inspecteur à la Compagnie du Nord. — Deuxième édition, complètement remaniée et très augmentée (1).
- Dans cet ouvrage, qui fait partie de la Bibliothèque du Conducteur des Travaux Publics, universellement appréciée, le lecteur trouvera une encyclopédie abondamment illustrée, complète et très heureusement condensée de tout ce qui est indispensable à l’étude des matières considérées : le tramway et l’automobile, sans oublier les chemins de fer du type « Métropolitain » auxquels, dans cette nouvelle édition, une large place a été attribuée. Les auteurs ont obtenu cette concision en assignant sa juste mesure à la partie historique, tandis qu’ils étendaient largement leur étude à mesure qu’ils envisageaient les cas les plus modernes de ces diverses branches de l’industrie des transports, constamment en progrès. Ils sont arrivés ainsi à examiner presque tous les modes ou types particuliers employés actuellement soit en France, soit à l’Etranger, qu’il s’agisse des détails ou de l’ensemble, en insistant davantage sur les systèmes ou les perfectionnements qui ont reçu la sanction de la pratique et qui ont été accueillis plus favorablement par le public.
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- IIIe SECTION
- Aide-mémoire de l’ingénfteur-méçanicieu, de Freytag et
- IZART (1).
- L’aide-mémoire dont il est ici question est une adaptation de l’ouvrage de Freytag. Cette adaptation est loin d’être une simple traduction, il faut le dire bien haut ; et, en particulier, les abonnés de la Bevue de Mécanique ne manqueront pas de reconnaître de nombreuses pages où la personnalité de M. Izart se révèle d’une façon très nette, notamment dans les parties concernant la thermodynamique, les générateurs de vapeur et leurs accessoires.
- Cet aide-mémoire est d’ailleurs exclusivement mécanique : tous les chapitres concernant les travaux publics, les chemins de fer, la technologie, et qui figurent d’ordmaire dans les ouvrages similaires, ont été écartés. Grâce à cette spécialisation, l’auteur a pu faire tenir en 830 pages tout autre chose qu’un simple formulaire, un véritable traité, fort bien fait, dans lequel chaque chapitre, sans avoir un développement excessif, comporte néanmoins des exemples numériques très utiles, qui constituent l’une des originalités et l’une des innovations de l’ouvrage.
- La table générale comporte douze chapitres :
- 1 et 2 — Rappel de notions mathématiques, de physique et de mécanique.
- 3 — Elasticité et résistance des matériaux ;
- 4 — Eléments de machines ;
- 3 — Machines usuelles : appareils de levage, pompes, ventilation, compresseur ;
- 6 — Hydraulique ;
- 7 — Thermodynamique ;
- 8 — Générateurs do vapeur et accessoires. — Règlements ;
- 9 — Moteurs à vapeur ;
- 10 - Moteurs à combustion interne ;
- 11 — Constructions industrielles ;
- 12 — Eclairage industriel. G. E.
- Traité «le Chimie générale, de W. Nernst, Professeur à l’Université et Directeur de l’Institut de Chimie physique de l’Université de Berlin. Traduit de la sixième édition allemande par A. Corvisy, Professeur agrégé au lycée Gay-Lussac, Professeur suppléant à l’École de Médecine et de Pharmacie de Limoges. Tome 1er (2).
- L’ouvrage du savant professeur Nernst, dont six éditions successives sont parues depuis 1893, vient enrichir notre bibliothèque, grâce à l’excellente traduction de M. Corvisy.
- (1) In-8°, 205 X 130 de xxviii-854 p. avec 670 fig. et nombreux tableaux. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, 1910. Prix: relié, 15 f.
- (2) In-8°, 250 X 165, 510 p., 33 fig. Paris, A. Hermann et fils, 6, rue de la Sorbonne, 1911. Prix : broché, 12 f.
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- La haute notoriété de Fauteur, dont les savantes recherches ont permis de doter la science chimique de théories fécondes, et les qualités de l’ouvrage, expliquent le succès de ce livre à l'étranger. Aussi devons-nous remercier le traducteur du travail qu’il vient de publier, car ce volume sera très utile aux chimistes français et à tons ceux qui s’occupent d’enseignement.
- Cet ouvrage est divisé en quatre livres; dans les deux premiers, formant le volume paru, se trouvent l’étude des propriétés générales de la matière, et celle des relations entre la composition chimique et les propriétés physiques. Viendront ensuite, dans un autre volume, l’étude des transformations de la matière et l’étude des transformations de l’énergie.
- La liste des principaux chapitres montrera mieux que tout commentaire l’importance de l’ouvrage :
- Introduction à quelques principes fondamentaux de la physique moderne.
- Livre I. — Les propriétés générales de la matière :
- L’état gazeux, l’état liquide, l’état solide, les mélanges physiques, les solutions étendues.
- Livre IL — A tome et Molécule :
- Théorie atomique, la théorie cinétique des molécules. Détermination du poids moléculaire. Constitution des molécules. Propriétés physiques et architecture moléculaire. Dissociation des gaz, la dissociation électrolytique, les propriétés physiques des solutions salines, la théorie atomique de l’électricité, l’état métallique, la radioactivité, l’état colloïdal, la grandeur absolue des molécules.
- G. F.
- Analyse chimique des Chaux et Ciments. — Guide pratique, de J. Malette, Conducteur principal des Ponts et Chaussées (1).
- La première partie de cet ouvrage est consacrée à l’analyse chimique des substances contenues dans les chaux et ciments (silice, alumine, fer, chaux, magnésie, acide sulfurique et alcalis). t ‘
- Ce livre étant destiné aux personnes peu familiarisées avec les difficultés que présente quelquefois l’analyse chimique, l’auteur donne les renseignements indispensables pour opérer avec toute l’exactitude nécessaire. Un chapitre spécial donne à la suite les procédés employés dans la préparation des principaux réactifs, ainsi que la description H» matériel indispensable pour l’exécution de ces analyses.
- La seconde partie renferme les documents administratifs relatifs aux marchés concernant la fourniture des chaux et ciments.
- G. F.
- (1) In-8°, 250 X 165, 66 p. avec 15 fig. Paris, H. Dunod etE. Pinat, 49, quai desGrands-Augustins, 1911. Prix s broché, 3,50 f.
- Bull.
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- Aide-Mémoire des Industries : ciments, chaux, plâtres, béton armé, agglomérés, de C. Leduc, rédacteur technique de la Revue des Matériaux de construction et de Travaux publics (1).
- Excellent petit ouvrage résumant dans la première partie l’Industrie des ciments et chaux et l’emploi des produits hydrauliques.
- La seconde partie de cet aide-mémoire est relative aux industries céramiques ; elle comprend l’essai des argiles, le contrôle de la fabrication et les essais des produits fabriqués.
- G. F.
- Dictionnaire illustré des termes techniques en six langues. — Tome IX. — Machines-outils pour le travail des métaux et du
- bois, de A. Schlomann et G. Wagner (2).
- Le neuvième volume du Dictionnaire en six langues, conçu dans le même esprit et avec la même méthode de classement que les précédents volumes publiés, et déjà signalés, est appelé à rendre de réels services aux Ingénieurs, Constructeurs et Traducteurs s’occupant de machines-outils.
- Il comprend les chapitres suivants :
- Travail des métaux : raboteuses ; — limeuses et machines à mortai-ser; — tours; — machines à percer; — machines à fileter les vis ou à tarauder les écrous ; — fraiseuses ; — machines à meuler ; — cisailles ; — poinçonneuses ; — machines à forger ; — machines à mouler (pour fonderies).
- Machines à bois : Scies ; — raboteuses à bois ; — machines à poncer au papier de verre ; — machines à percer et à mortaiser pour le bois ; — tours pour le travail du bois; — machines à copier; —machines à faire les tenons à queue (pour caisses) et à assembler; — machines à fendre le bois; — machine à courber le bois et presses à bois; — machines pour fabriquer ou assembler les tonneaux ; — machines à façonner les roues de voitures ; — machines pour la fabrication des allumettes ; — installations pour le travail du bois; — espèces de bois, essences.
- Enfin, deux tables alphabétiques des matières, dont une spéciale pour la langue russe, indiquent la page et le numéro d’ordre pour chaque mot. A. B.
- Évaporation, condensation et refroidissement, de E. Haus-brand, Kôniglicher Baurat. Traduction de G. Kônig, Ingénieur de l’École Polytechnique de Hanovre (3).
- La traduction offerte à la Société des Ingénieurs civils de France a été faite sur la quatrième édition allemande. Le succès, à l’étranger, de cet
- (1) In-18, 165 X 110, de 12“-118-218-72 p. Paris, Revue des Matériaux de Construction et de Travaux publics, 148, boulevard Magenta, 1910.
- (2) In-16, 175 X 100 de xii-706 p. avec plus de 2 400 fig. et de nombreuses formules. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, 1911. Prix : relié, 12,50 f.
- (3) ln-8°, 245 x 160, xix-438 p. avec 36 fig. et 74 tableaux. Paris, Ch. Béranger, 15, rue des Saints-Pères, 1910. Prix : relié, 20 f.
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- important ouvrage est parfaitement justifié, car il renferme beaucoup de données intéressantes concernant la question du chauffage industriel. Ceux qui liront ce nouveau livre y trouveront tous les calculs permettant d'établir les appareils de chauffage, d’évaporation et de refroidissement des liquides. Ces calculs sont suivis de nombreux tableaux présentant les résultats obtenus.
- L’ouvrage débute par l’établissement des coefficients de transmission de chaleur dont la détermination exacte est très importante. On trouvera, à la suite, le calcul des appareils nécessaires pour le chauffage direct, le chauffage avec vapeur d’eau saturée et avec vapeur surchauffée.
- Plusieurs chapitres sont réservés à l’évaporation à l’aide du vide et à la concentration des liquides au moyen des appareils à effets multiples, qui se rencontrent de plus en plus dans l’industrie; une étude des condenseurs vient compléter les chapitres précédents (condenseurs à injection, condenseurs à surface, etc.).
- Un chapitre spécial donne tous les renseignements permettant d’installer les appareils nécessaires au refroidissement des liquides, et l’étude complète des pompes à air vient terminer cet excellent traité.
- G. F.
- Géométrie descriptive, de R. Bricard, Ingénieur des Manufactures de l’Etat (1).
- Ce petit volume fait partie de l’Encyclopédie scientifique publiée sous la direction du docteur Toulouse.
- L’auteur donne un exposé, complet malgré sa concision, de la géométrie descriptive enseignée en mathématiques spéciales (droite, plan, polyèdres, cône et cylindre, sphère, surfaces de révolution ; surfaces de second ordre, théorie des ombres, projections cotées) (2).
- Trois chapitres sont consacrés aux surfaces réglées, aux problèmes relatifs à la courbure des su.rfaces et à la théorie des ombres. Enfin, l’auteur étudie les projections cotées, les surfaces topographiques et les projections axonométriques.
- Le chapitre IY donne, à propos des cinq polyèdres réguliers convexes, une construction intéressante de l’icosaèdre et du dodécaèdre réguliers.
- Le chapitre YIII est consacré aux surfaces de second ordre et aux biquadratiques gauches qui résultent de leur intersection.
- La classification des surfaces réglées est exposée au moyen de la Loi de Chasles.
- Le chapitre X est consacré aux problèmes où intervient la considération de la courbure.
- L'hélice et les hélicoïdes sont étudiés avec un certain développement au chapitre XI où l’on applique la théorie aux surfaces de vis à filet carré et à filet triangulaire.
- (1) In-18, 186X120 de xii-269-xn p. avec 107 fig. Paris, Octave Doin et fils, 8, place de l’Odéon, 1911. Prix: relié, 5f.
- (2) La perspective cavalière et la perspective conique sont traitées dans un autre
- ouvrage de la même encyclopédie. .
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- L’ouvrage se termine par l’exposé de deux applications de la géométrie descriptive, l’une à la charpente, l’autre à un problème d’astronomie pratique et enfin par un index bibliographique, d’ailleurs un peu succinct.
- Cet ouvrage permet au lecteur de se remémorer rapidement les principes généraux de la géométrie descriptive.
- Malgré la concision du texte et le peu de développement des figures, l’exposé est d’une clarté qui laisse à l’ouvrage un caractère élémentaire même lorsque l’auteur fait une incursion dans un domaine plus élevé.
- Formulaire du graissage industriel, de M. J. Fritsch (1).
- Il est impossible de résumer mieux que ne l’a fait l’auteur, à la fin de sa préface, l’impression que l’on éprouve après avoir lu cet ouvrage : « Nous avons condensé, dit-il, sous un volume de dimensions modestes, la plus grande somme de données pratiques relatives à la fabrication et à l’emploi des lubrifiants, et, à ce titre, nous avons la confiance d’avoir fait œuvre utile. »
- L’auteur ne se trompe pas, et son but a été atteint. Il a fait un ouvrage essentiellement pratique, maison sent, à la lecture, que ce praticien possède la théorie.
- Chacun trouvera dans ce livre des indications très précises et très précieuses.
- L’ouvrage est divisé en huit chapitres :
- Les chapitres 1, 2, 3, 4 et 6 contiennent un exposé général des qualités des lubrifiants et de la fabrication ou l’épuration de chacun de ces lubrifiants d’origine végétale, animale ou minérale.
- Le chapitre 5 est consacré au choix à faire parmi tous ces lubrifiants pour chaque application particulière, et aux mélanges à effectuer; on doit y trouver la source d’économies notables.
- Le chapitre 7 passe en revue les dispositifs à adopter dans les machines à marche rapide, et le dernier chapitre indique les méthodes pratiques pour reconnaître la qualité et la nature des lubrifiants.
- C’est, on le voit, un traité complet, dont l’intérêt est d’autant plus grand, qu’il n’existe pas de machine, pas d’industrie, où un graissage rationnel n’ait son application immédiate. G. E.
- Formules «lu vol » voile, du Commandant L. Thouveny (2).
- Les principes du vol à voile constituent des guides utiles pour l’analyse des manœuvres voilières et conduisent à des hypothèses destinées
- (1) In-8°, 185X130 de vi-315 p. avec 36 fig. Paris, H. Desforges, J. Rousset, 29, quai des Grands-Augustins, 1911. Prix: broché: 6 f.
- (2) In-8°, 270X185 de 24 p. avec 3 fig. Paris, Librairie Aéronautique, 32, rue Madame.
- Prix: broché, 1,50 f. •
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- à en fournir l’explication. L’auteur s’est proposé, dans cette brochure» de contrôler ces hypothèses en établissant diverses formules. Ces formules sont obtenues par la considération du mouvement relatif de l’oiseau par rapport à la masse d’air constituant le vent.
- G. Lumev.
- IVe SECTION
- lies cubilots américains, de Thomas D. West, ancien mouleur
- et directeur de fonderie,Traduit d’après la neuvième édition américaine, par P. Aubié, Ingénieur chef du Service des Fonderies de la
- Société métallurgique de Gorcy (1).
- L’ouvrage de M. West est classique dans les pays de langue anglaise, car dix éditions n’en ont pas épuisé le succès.
- Le premier volume, relatif à la pratique de la fonderie aux États-Unis, a été traduit par MM. Breuil et Imbeaux et a paru récemment.
- Le second volume se rapporte aux procédés de moulage et aux cubilots. M. Aubié a réuni la traduction des chapitres relatifs aux cubilots, dans le volume qu’il vient de publier.
- On ne pourrait énumérer ici les différentes questions qui y sont traitées car leur nombre est voisin de cinquante; mais on doit signaler quelques points particulièrement intéressants :
- Emploi de la houille dans la fusion de la fonte. — L’auteur estime que la houille est à certains égards supérieure au coke, notamment lorsqu’il s’agit de fondre des bocages en gros morceaux et il cite différents exemples où l’emploi des deux combustibles mélangés a donné des résultats très satisfaisants.
- Cubilots américains. — M. West a obtenu, depuis vingt-cinq ans, d’un certain nombre de fondeurs américains des renseignements détaillés sur leurs appareils avec tous les chiffres s’y rapportant; c’est ainsi qu’il peut donner les tableaux de marche de 46 cubilots, dont les diamètres intérieurs aux tuyères varient de U,633 à 1,410 m:
- Soufflage central. — La question du soufflage du vent est étudiée sous différentes formes et avec de nombreuses données pratiques, dans le cas où l’on recourt soit à une seule rangée, soit à deux ou même trois rangées de tuyères.
- A celte solution des tuyères superposées, M. West préfère la combb naison du soufflage latéral et d’un soufflage central, dès que le diamètre-intérieur dépasse 1,25 m: il considère que les résultats les meilleurs sont obtenus avec les cubilots ayant plus de 1,50 m de diamètre intérieur, et conclut que ce mode de procéder présente les avantages suivants : économie de combustible, durée du revêtement, augmentation de là vitesse de fusion, facilité pour les travaux de préparation et de conduite
- (1) ïn-8°, 220 x 135 de vm-210 p. avec 49 fig. Paris, Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, 1909. Prix : relié, 7 f.
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- du cubilot, régularité de la température de la fonte qui est aussi chaude à la fin qu’au commencement de l’opération et, par suite, diminution des pertes sous forme'de fonte froide qui d’ordinaire reste attachée aux parois et s’échappe en gouttelettes dans le laitier.
- M. West a, d’ailleurs, inventé un dispositif de tuyères pour le soufflage central et il le décrit avec détails.
- M. Aubié qui a fait paraître déjà une série d’articles sur la fonderie et à qui ces études ont valu d’être lauréat de la Société des anciens Élèves des Écoles nationales d’Arts et Métiers a complété les extraits du livre de M. West, par un appendice intitulé Contribution à l’étude des cubilots où; se trouvent condensés beaucoup de renseignements utiles.
- Ce volume est donc un exposé de données fournies par deux praticiens; il doit être mis en bonne place à côté des ouvrages qui ont été, dans ces dernières années, publiés en assez grand nombre sur la fonderie.
- P. Jannettaz.
- Mainte] pratique du fondeur (Tomes I et II), de ..Victor
- Marteil (1).
- L’auteur annonce modestement, dans sa préface, que son traité est destiné aux élèves des Écoles professionnelles. Nous pensons, au contraire, que les praticiens : Ingénieurs, contremaîtres et ouvriers, le liront avec intérêt et profit.
- Cet ouvrage est divisé en trois parties :
- 1° Installation de la fonderie et étude du matériel.
- Les plans d’ensemble pour fonderies de grande et moyenne importance sont très bien étudiés. Ils dénotent le souci de réduire les manutentions de sables, fontes, modèles et pièces moulées, au minimum. Les ponts roulants, grues, poches à fonte, sont décrits avec leurs emplois spéciaux. Les dessins cotés intercalés dans le texte précisent les explications.
- 2° Traitement de la fonte.
- Dans cette partie de l’ouvrage, l’auteur étudie successivement les matières employées dans la fonderie : fontes diverses et influence de leurs éléments de composition ou d’addition; essais divers demandés par les cahiers des charges, qualité du coke à employer.
- La fusion au cubilot et au four à réverbère est analysée au point de vue des transformations que subissent les matières à élaborer, ainsi qu’au point de vue des appareils eux-mêmes. La description précise des soins que demande leur emploi dénote chez l’auteur une longue pratique.
- Les sables divers employés en fonderie, leur préparation et leurs emplois spéciaux sont étudiés avec beaucoup de détails.
- (1) 2 vol. in-8°, 245 X 160 de vm-309 p. avec 232 fig. et 5 pl., et de viii-187 p. aveu 127 fig. Paris, Loubat et C!e, 15, boulevard Saint-Martin, 1909-1910. Prix : broché, 10< et 8 f.
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- 3° Moulage proprement dit.
- Enfin l’auteur passe à l etude du moulage proprement dit. Cette partie importante de son ouvrage décrit les divers systèmes de moulage employés et les cas où l’on doit y recourir : moulage sur modèle ou au trousseau, moulage en sable vert ou étuvé, en terre et en coquille.
- Toute cette étude est très claire, car elle part des cas les plus simples pour aller aux plus compliqués.
- Le tome II de l’ouvrage, relatif à la fonderie de cuivre, conçu dans le même esprit, mérite comme le précédent, tous nos éloges : il est digne d’être lu par tous ceux qui s’intéressent à un titre quelconque à cette branche de l’industrie.
- En résumé, cet ouvrage très bien fait porte l’estampille du praticien, ce qui est peut-être le plus bel éloge à faire à un ouvrage de fonderie.
- E. C.
- Exploitation «les Mines. La taille et les voies contiguës à la taille, de L. Crussard (1).
- Les cours d’exploitation des Mines, qui donnent tant de détails sur les à-côtés du travail minier, en donnent souvent bien peu sur l’aménagement et la conduite des chantiers souterrains. L’ouvrage de M. Crussard constituera à ce titre, pour les futurs Ingénieurs, un utile complément et une précieuse mise au point.
- Après avoir insisté sur le caractère éphémère des travaux d’abatage et sur les conditions spéciales qui en résultent, l’auteur étudie successivement le déhouillement, le boisage, le remblayage et la desserte de la taille. Chacun de ces chapitres est illustré par de nombreux exemples, empruntés pour la plupart, sous le couvert de l’anonymat, à des exploitations existantes. Les dispositions décrites font toujours l’objet d’une critique serrée, qui met en lumière, ail double point de vue de la sécurité et de l’économie, l’importance des circonstances locales et l’étroite dépendance mutuelle des différents services d’une taille.
- Cette large part donnée à la pratique n’exclut pas la théorie. Beaucoup de questions sont, dans l’ouvrage, l’objet d’une étude mécanique. Entre autres, les paragraphes, consacrés à la résistance des divers modes de boisage, précisent des notions abandonnées jusqu’ici à l’empirisme. Mais jamais la complexité du calcul ne vient masquer la réalité concrète : les mathématiques y gardent le rôle que peut et doit leur demander tout Ingénieur : l’évaluation numérique ou graphique, à titre de contrôle, des quantités dont le bon sens donne, en première analyse, l’ordre de grandeur.
- L. M.
- (1) In-18, 185 X 115 de x-393-xn p. avec 190 fig. Paris, Octave Doin et fils, 8, place de rOdéon, 1911. Prix : relié, 5 f.
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- lie Syndicat des houilles d-£sscn et ^organisation de la
- production. — Contribution à l’histoire de la concentration industrielle (1), de Eiouard Fuster, professeur chargé de cours au Collège
- de France.'
- L’ouvrage publié par M. Edouard Fuster, le jeune et' distingué professeur au Collège de France, fait connaître dans tous ses détails l’organisation puissante qui régit, dans l'ouest de l’Allemagne, la production et la distribution des combustibles minéraux.
- Il montre son rôle économique ; il oppose le passé, avec ses brusques Oscillations des cours, et le présent, avec la stabilité de ses prix et de développement sûr et continu de la production toujours en rapport avec la situation générale de l’industrie.
- Ce qu’il a fallu de volonté et de persévérance pour triompher de tous les obstacles et désarmer les oppositions, qu’elles vinssent de certains producteurs routiniers, de consommateurs inquiets de voir disparaître les concurrences dont ils se jouaient, ou de l’État, effrayé de la puissance sans cesse grandissante de ce syndicat, M. Fuster le fait voir dans une série de chapitres où il utilise les documents sans nombre qu’il a réunis, et dépouille les notes qu’il a recueillies au cours de nombreux séjours en Westphalie.
- Trente années de la vie industrielle allemande (1878-1909) sont ainsi l’objet d’un examen attentif.
- Prenant comme point de départ une étude publiée par M. Gruner, en 1887, sur les « Associations et Syndicats miniers en Allemagne », M. Fuster montre les tâtonnements de l’origine, les efforts tentés pour désencombrer le marché en organisant l’exportation, les ententes spéciales momentanées sur les prix et sur les tonnages d’extraction. Il fait ressortir les causes qui expliquent l’insuffisance de ces premiers contrats, trop limités quant à leur durée, trop faibles par le nombre de leurs signataires.
- L’élaboration des statuts du Syndicat général est longuement étudiée et c’est avec un réel intérêt que le lecteur assiste peu à peu à la consolidation de ce puissant Organisme et le voit absorber les uns après les autres les syndicats spéciaux (cokes, briquettes, etc.), qui avaient d’abord voulu subsister indépendants.
- Les luttes entre l’Etat prussien et le Syndicat Westphalien ont préoccupé vivement l’opinion publique allemande, et ont attiré l’attention de tous ceux qui, dans notre pays, se préoccupent des velléités étatistes de certains parlementaires. M. Fuster est amplement documenté sur cette période et l’expose avec une remarquable lucidité.
- L’ébauche de ce vaste travail avait été couronnée par la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale que lui décerna en 1903 un prix de 2 000 f. Tenant à ne laisser paraître qu’un travail bien complet et parfaitement informé sur toutes les périodes, M. Fuster a retardé plusieurs années la publication. ^
- (1) In-4°, 285 X 225 de 268-42 p. avec 1 carte. Paris, Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, 44, rue de Rennes, et Comité Central des Houillères de France, 55, rue de Châteaudun, 1910.
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- Telle qu’elle est, avec la grande carte en couleurs des concessions houillères et de leur groupement, qui l’accompagne, cette publication est la monographie la plus complète qui ait paru en France sur les origines, la situation actuelle et les effets économiques du plus puissant des syndicats industriels européens.
- E. Gruner.
- Ve SECTION
- Blanchissage et nettoyage, de A. Chaplet, ancien Directeur d’usines, et H. Rousset, Ingénieur chimiste (1).
- L’Encyclopédie scientifique des Aide-mémoire vient encore de s’enrichir de ce nouvel ouvrage. Sous une forme très réduite les auteurs présentent très clairement les connaissances théoriques et pratiques nécessaires, non seulement pour l’application des procédés employés dans les établissements industriels, mais aussi pour l’application des procédés employés dans les ménages.
- La division de l’ouvrage comprend les chapitres suivants': Généralités, essangeage, lessivage, savonnage, bouillage, azurage, essorage et séchage. On trouvera à la fin du volume deux chapitres traitant : l’un, de l’apprêt du linge et le suivant, du nettoyage et du dégraissage.
- G. F.
- Comptabilité commerciale. La tenue des livres feuillets mobiles, de M. L. Batarron (2).
- Après avoir résumé les différents systèmes de tenue des livres et exposé le matériel en usage, M. Batardon s’étend sur les avantages du Grand-Livre à feuillets mobiles, dont les principaux sont de permettre le classement méthodique des comptes dans l’ordre qui se prête le mieux au genre d’affaires dont on s’occupe, avec élimination des feuillets devenus inutiles.
- A côté des avantages, qui sont indiscutables, l’ouvrage énumère les inconvénients, dont quelques-uns sont sérieux, notamment en ce qui concerne la possibilité de perdre des feuillets mobiles, volontairement ou non, ou même d’opérer des substitutions. Quoi qu’il en soit, il est incontestable que, dans bien des cas, le Grand-Livre à feuillets mobiles est appelé à rendre de réels services. L. B.
- (1) 1 volume in-8°, 190 X 120 de 162 p., avec 39 fig. Paris, Gauthier-Viliars, 55, quai des Grands-Augustins, 1910. Prix : broché, 2,50 f.
- (2) In-8°, 205X130 de 96 p. avec 8 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, 1911. Prix: cartonné, 2,50f.
- Bull.
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- tours tic dessin Industriel, de A. Dupuis, ancien professeur à l’École d’Arts et Métiers d’Angers, et J. Lombard, chef d’atelier à l’École d’Arts et Métiers de Lille (1).
- L’ouvrage de MM. Dupuis et Lombard ne peut manquer de recevoir le meilleur accueil auprès des professeurs s’occupant de la préparation des élèves à toutes nos écoles industrielles.
- Il est divisé en trois volumes :
- On trouvera, dans le premier, formant introduction à l’étude du dessin industriel, les principes et conventions sur lesquels repose ce genre de dessin. Il renferme les chapitres suivants : Notes sur la vision, des différentes manières employées pour la reproduction des dessins; outillage et matériel du dessinateur, exécution des croquis et des dessins; notions de mathématiques indispensables aux dessinateurs : comprenant les questions relatives aux angles; figures polygonales; lignes courbes,, surfaces hélicoïdales; évaluation des surfaces et des volumes. Cette partie se termine par un exposé très clair des éléments de cinématique et du tracé des engrenages.
- La technique du dessin industriel forme le second volume. Après avoir résumé les notions élémentaires sur les projections orthogonales et la perspective cavalière, les auteurs développent la question si intéressante du croquis industriel. Le chapitre suivant est relatif au dessin proprement dit : signes conventionnels ; exécution du dessin ; mise des cotes. Les applications du dessin industriel dans les ateliers de construction mécanique complètent ensuite tout ce qui précède, ainsi qu’un exposé rapide sur la marche à suivre dans la synthèse d’un projet.
- Le troisième volume comprend une série de planches dont les premières sont réservées aux écritures, traits, hachures, teintes et cotes.
- Viennent ensuite de nombreuses planches de dessin industriel et la reproduction des dernières épreuves de dessin des Concours d’admission aux Écoles d’Arts et Métiers et à l’École Centrale des Arts et Manufactures.
- G. F.
- méthodes américaines el’éducation générale et technique,
- de Orner Buyse (2e édition) (2).
- Dans cette deuxième édition, M. Buyse a complété un travail très consciencieux qu’il a publié, en 1908, à la suite d’une enquête faite par lui dans les principales Ecoles élémentaires, industrielles, professionnelles et commerciales des Etats-Unis.
- L’ouvrage, fort bien documenté, montre clairement la part qui revient à l’Ecole d’apprentissage de tous les degrés dans le développement des
- (1) 2 volumes in-8°, 270X200 de yiii-314 p., avec XX pl. et 675 fig. ; et atlas 280 X 220 de XXXII pl. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, 1910. Prix : cartonnés, 15 f.
- (2) In-8°, 255X165 de 761 p. avec 367 fig. Paris, H. Dunod et E..Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, 1910. Prix: broché, 15 f.
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- qualités qui caractérisent la nation, américaine : énergie, initiative individuelle, puissance créatrice.
- Grâce à M. Buyse, nous apprenons à connaître la vie active de ces Ecoles, les méthodes qui y sont appliquées et les conceptions sur lesquelles ces méthodes s’appuient. Dans tout l’enseignement, l’idée et sa réalisation par l’action sont étroitement liées ; par l’éducation active, la volonté des enfants et des adolescents devient maîtresse.
- « Affranchir la pensée et le sentiment de toute tutelle en réduisant » graduellement le rôle de Professeur au profit de la responsabilité du » jeune homme ou de la jeune fille : tel est le but de l’éducation » aux Etats-Unis. Dans les Ecoles industrielles et dans les Institutions » d’enseignement technique supérieur se constitue le triomphe de l’ini-» tiative et de l’effort ; l’expérience faite pat les élèves y est la base des » études; le Professeur guide les individualités sans les subjuguer; il » semble avoir le plus haut souci de laisser se manifester leurs aspira-» tiens propres, leur intelligence et leurs talents personnels. »
- Au système de la théorie verbale, trop développé chez nous, l’Amérique a substitué celui de la manifestation expérimentale, et les résultats obtenus sont remarquables ; ils ont contribué admirablement au développement de la puissance économique de ce grand pays.
- L’auteur a agrémenté son texte de nombreuses photographies prises sur place par lui-même.
- En résumé, le livre de M. Buyse est attrayant et très instructif ; il sera lu avec grand profit par les directeurs et professeurs d’Ecoles professionnelles et industrielles de France, et il mérite d’attirer l’attention de tous ceux qui s’occupent de l’enseignement technique ; aussi, nous n’hésitons pas à le leur recommander très vivement.
- E. L.
- Histoire d’une invention moderne. The Frigorifique, de
- Gh. Tellier (1).
- Ce livre présente tout l’intérêt d’un roman vécu et montre quelle somme de travail et de génie inventif a fournie son auteur pendant plus d’un demi-siècle, sans se laisser rebuter par les insuccès et les injustices.
- Gh. Tellier a été un inventeur distingué, tour à tour industriel, commerçant, financier; malheureusement pour lui, il est venu trop tôt dans un monde mal préparé à ses découvertes, et il a éprouvé de durs revers, comme presque tous les précurseurs.
- En science pure, on doit à Tellier l’idée première des appareils frigorifiques à cycles multiples qui devaient conduire à la liquéfaction des gaz permanents.
- Dans la pratique, c’est à lui que l’on est redevable de la presque totalité des méthodes et des appareils qui ont permis de créer l’industrie
- (1) In-8°, 250 X 160 de xi-456 p. avec 65 fig. Paris, Ch. Delagrave, 15, rue Soufflât. Prix : broché, 15 f.
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- frigorifique actuelle. On sait quel développement a pris depuis peu cette industrie, aussi lira-t-on avec intérêt le livre de M. Tellier, ses mémoires, et en particulier l’histoire de ce « Frigorifique » qui lui a coûté tant d’études et causé de si cruels déboires.
- Nous recommandons donc vivement cet ouvrage aux nombreux admirateurs de Tellier, le vénéré Père du froid, nom dont il a été salué par plusieurs milliers de personnes au Premier Congrès international du Froid, à Paris, en octobre 1908. E. L.
- VIe SECTION
- lie courant électrique, de Eug. Vigneron (1).
- Ce fascicule traite de la résistance, des lois d’Ohm et de Joule? de l'étude thermodynamique des piles et de la théorie des ions :
- Chapitre Ier. — Électrocinétique.
- Chapitre II. — Le principe de Volta. — Piles thermoélectriques. Chapitre III. — Piles. — Conductibilité des liquides.
- Chapitre IV. — Étude thermodynamique des piles.
- Chapitre V. — Couplage des piles. — Monographie des principales piles hydroélectriques.
- Chapitre VI. — Théorie des ions.— La décharge électrique à travers les liquides.
- Essais «les machines à courants alternatifs, de G. Fer-roux (2).
- Chapitre
- Chapitre
- Chapitre
- Chapitre
- Chapitre
- Chapitre
- Chapitre
- Chapitre
- Chapitre
- Ier. — Appareils de mesure spéciaux aux courants alternatifs.
- IL — Étude magnétique d’un alternateur.
- III. — Essais des alternateurs.
- IV. — Essais des alternateurs. — Mesure du rendement.
- V. — Essais des transformateurs.
- VI. — Essais des transformateurs. — Mesure du rende-
- ment d’un transformateur.
- VII. — Essais des moteurs synchrones.
- VIII. — Essais des moteurs asynchrones.
- IX. — Essais des commutatrices et des moteurs à collecteurs.
- (1) ln-8°, 250 X 160 de 114 p. avec 51 fig. Paris, L. Geisler, 1, rue de Médicis, 1909. Prix : broché, 2,50 f.
- .(2) Iu-8*, 255 X 165 de 184 p. avec 131 11g. Paris. L. Geisler, 1, rue de Médicis, 1911. Prix: broché, 2,50 f.
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- leçons sur l’électricité, de Éric Gérard (8e édition) (1).
- La librairie Gauthiers-Villars vient de publier une huitième édition du traité bien connu de M. Éric Gérard, le directeur de l’Institut Montefiore.
- L’éloge n’est plus à faire de cet ouvrage qui est maintenant dans les mains de tous les électriciens.
- Signalons seulement les modifications intéressantes apportées à cette nouvelle édition.
- Pour ne pas accroître inutilement le volume de l’ouvrage, qui ne comprend pas moins de 950 pages pour le premier volume et 960 pour le second, les éditeurs ont adopté un papier plus mince qui a permis de conserver la dimension des éditions précédentes.
- Au point de vue théorique, signalons un chapitre fort intéressant sur les unités et grandeurs employées dans la théorie de l’électricité. Les définitions sont résumées clairement ainsique les formules et théorèmes concernant la théorie des grandeurs.
- Dans l’exposé du magnétisme, l’auteur sépare clairement les notions du flux de force du flux d’induction.
- Les ondes électromagnétiques et la théorie des électrons avec ses nombreuses conséquences forment l’objet d’un chapitre spécial.
- En ce qui concerne la construction des dynamos, signalons les développements donnés aux renseignements sur les machines à grande vitesse angulaire employées dans les groupes de turbo-générateurs ; la description des divers dispositifs et artifices employés pour faciliter la commutation et supprimer les étincelles.
- Le chapitre concernant la construction des alternateurs pour turbines à vapeur a été l’objet d’additions intéressantes.
- En ce qui concerne les systèmes de transformation et de distribution d’énergie électrique qui font l’objet du second volume, signalons les additions apportées aux renseignements concernant les réseaux à haute tension, qui se développent de plus en plus.
- La télégraphie sans fil ainsi que l’incandescence à filaments métalliques ont fait l’objet également d’additions importantes.
- Enfin, l’électro-chimie et l’électrométallurgie ont été traitées avec plus de développement que dans les éditions précédentes.
- ' ' J, R.
- Électrochimie, de IL Vigneron (2).
- L’Encyclopédie électrotechnique de M. Loppé vient de publier un fascicule sur l’électrochimie dû à M. Henri Vigneron.
- On trouve, dans cet ouvrage, des considérations générales sur la dissociation électrolytique, la théorie des ions, la conductibilité de l’élec-
- (1) 2 vol. in-8°, 255 X 165 de xii-975 p. avec 459 fig. el de vm-989 p. avec 489 fig. Paris, Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, 1910. Prix: broché, 24 !.
- (2) In-8°, 255 X 165 de 160 p. avec 49 fig. Paris, L. Geisler, 1, rue de Médicis, 1911. Prix : broché^,50 f.
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- trolyse, les forces électromotrices, et un certain nombre de monographies des industries d’électrolyse aqueuse : chlore, hypochlorite et chlorate ; enfin, divers chapitres d’électrométallurgie où sont présentés les procédés modernes: cuivre, zinc, or, argent et composés divers.
- Cet ouvrage occupe une bonne place dans la série des fascicules de l’Encyclopédie électrotechnique.
- Électrotcclmique appliquée î Machines électriques. Cours professé
- à l’Institut électrotechnique de Nancy, de A. Mauduit (1).
- L’accueil bienveillant fait par le public à la première édition de l’ouvrage de M. Mauduit l’a engagé à lui offrir cette deuxième édition toujours conçue dans le même esprit, mais profondément remaniée et mise au courant des progrès de l’électrotechnique la plus moderne.
- On retrouve dans cette seconde édition les brillantes qualités d’ingénieur et de professeur de l’auteur.
- L’ouvrage de M. Mauduit comporte l’étude approfondie des essais, de la théorie, du calcul et de la construction des machines électriques.
- Au chapitre Ier, après quelques mots sur les appareils de mesure les plus employés, l’auteur passe aux divers essais relatifs au courant continu.
- Dans le chapitre II, après avoir rappelé les propriétés fondamentales du circuit magnétique et les lois de l’induction, il expose les trois points principaux de la théorie de la dynamo à courant continu : enroulements, réaction d’induit et commutation.
- Le chapitre III est relatif à la construction des dynamos à courant continu ; la méthode de calcul utilisée est basée sur les travaux de Fischer Hinnen, et complétée par de nombreuses formules, des croquis et des photographies d’ensemble, des détails sur les dynamos spéciales telles que survolteurs divers, moteurs de traction, turbo-dynamos, dynamos unipolaires, et un exemple de projet d’une dynamo tétrapo-laire de 50 kilowatts.
- Le chapitre IY contient l’exposé des propriétés des courants alternatifs (représentation par les vecteurs, systèmes polyphasés, notations vectorielles de M. Blondel, champs alternatifs et champs tournants), l’étude des appareils de mesure (voltmètres, ampèremètres et watt-mètres), et la mesure de puissance dans les divers systèmes polyphasés.
- Au chapitre Y sont traités la théorie, les essais et la construction des alternateurs, avec formules nouvelles, indications mécaniques et deux exemples de projets.
- Le chapitre YI est relatif aux transformateurs statiques, monophasés et triphasés, dont la méthode de calcul a été complètement remaniée pour tenir compte des modifications profondes introduites par l’emploi des tôles nouvelles à faible dépense histérètique.
- Le chapitre YII se rapporte aux moteurs d’induction, traités d’après
- (1) In-8°, 255 X 165 de xx-930 p. avec 566 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinàt, 49, quai des Grands-Augustins, 1910. Prix : broché, 25 f.
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- les travaux de M. Blondel ; on y étudie l’établissement théorique et le relevé expérimental du diagramme de fonctionnement, les essais industriels et la construction, tant pour les moteurs polyphasés que monophasés ; il se termine par un exemple de calcul de projet pour chacune de ces deux catégories de moteurs.
- Le chapitre VIII comprend l’étude du fonctionnement des machines synchrones, d’après la subdivision suivante: moteurs synchrones ; couplage, fonctionnement et oscillations des alternateurs en parallèle ; commutatrices et dynamos à diviseur de tension.
- Dans le chapitre IX, après avoir étudié la rotation des armatures dans les divers genres de champs magnétiques, M. Mauduit donne la théorie graduée des trois types fondamentaux de moteurs monophasés à collecteur (série, répulsion et mixte), dont l’importance, pour la traction électrique et diverses autres applications, va grandissant chaque jour.
- Le chapitre X est consacré à l’étude des procédés utilisés pour faire varier la vitesse des moteurs d’induction : couplage en tandem et emploi d’un collecteur.
- Le chapitre XI traite du compoundage des machines génératrices et spécialement des alternateurs, et indique les divers systèmes de compoundage.
- Enfin, le dernier chapitre est une revue des phénomènes relatifs aux courants industriels non sinusoïdaux.
- L’auteur n’a d’autre ambition que d’être utile aux élèves et aux Ingénieurs, qui, voulant s’assimiler la technique de l’électricité industrielle, sont obligés de chercher, dans les nombreux ouvrages spéciaux et dans les périodiques de toute langue, au détriment d’une grande perte de temps et par un travail très pénible, les renseignements dont ils ont besoin.
- f*énéiaatriccs «le courants électriques. Introduction à Vétude de
- l’électrotecknique appliquée, de C. Gutton (1).
- Ce livre est un intermédiaire entre un cours d’électricité et un traité purement technique. Il a pour but d’aider les débutants dans l’art de l’Ingénieur-électricien, et aussi de rendre service au lecteur qui désire connaître les mâchines électriques.
- En raison du caractère élémentaire de cet ouvrage, on y a fait usage de la notion de pôle magnétique ou de région polaire et du tracé des lignes d’induction, parce qu’elle peut avoir l’avantage de montrer comment le couple qui s’exerce dans une machine est en relation avec la loi des attractions magnétiques.
- Ces considérations aident à concevoir les particularités que présente le fonctionnement d’une machine. E. L.
- (1) In-8°, 255 X 165 de vi-292 p. avec 213 fig. Paris, IL Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, 1911. Prix : broché, 9 f.
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- Induction et courants alternatifs, de Eug. Vigneron (1).
- Chapitre T'1 2 3'. — Lois de l’induction. — Vérifications expérimentales. — Théorie du phénomène.
- Chapitre II. — Induction. — Théorie du phénomène (suite).
- Chapitre III. — Induction dans les milieux conducteurs. — Courants de Foucault. — Courant variable dans les conducteurs à grande dimension.
- Chapitre IV. — Courants alternatifs.
- Chapitre V. — Les courants alternatifs (suite). — Élude graphique.
- Chapitre VI. — Les courants alternatifs (suite). — Méthode de P. Stein-metz. — Etudes sur le triphasé. — Phénomènes de répulsion.
- Pratique de ^installation électrique dans Tltaliitatiou,
- de M. Richard Berger (2).
- Cet ouvrage comble une lacune dans la bibliothèque que peuvent utilement consulter les monteurs électriciens ainsi que les personnes s’intéressant aux installations de force motrice de chauffage et d’éclairage électrique à domicile.
- On trouve, en effet, dans cet» ouvrage des renseignements fort intéressants qui faciliteront le choix judicieux de l’appareillage à employer dans presque tous les cas.
- L’auteur s’est, en effet, attaché à faire ressortir l’importance capitale qui résulte, pour la sécurité de l’ensemble d’une installation, d’employer du petit matériel sérieusement établi et préparé à l’usage auquel il est destiné.
- En résumé, M. Richard Berger a mis à la disposition du public compétent un ouvrage qui permet d’éviter les interprétations illogiques des règlements régissant la matière, dont les renseignements seront aussi précieux aux exploitants qu’aux installateurs. Ces différents titres nous paraissent suffisants pour retenir l’attention sur l’ouvrage qui nous est présenté par M. Richard Berger. J. B.
- Les machines électriques alternatives à collecteurs.
- Commutatrices. — Moteurs à répulsion. — Moteurs série compensés. — Moteurs mixtes, de L. Barbillion (3).
- Cet intéressant ouvrage théorique est l’un des fascicules de l’encyclopédie électrotechnique de F. Loppé.
- (1) In-8°, 255 X 165 de 147 p. avec 89 ûg. Paris, L. Geisler, 1, rue de Médicis, 1911. Prix broché, 2,50.
- (2) In-8°, 195 X 125 de 352 p. avec 466 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, 1910. Prix : relié, 5 f.
- (3) In-8°, 250 X 160 de 148 p. avec 96 fig. Paris, L. Geisler, 1, rue de Médicis, 1910. Prix : broché, 2.50 f.
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- La théorie des commutatrices comprend trois chapitres, o.ù l’anteur étudie la commutatrice monophasée, son principe, ses propriétés, ses pertes par effet Joule.
- Le second chapitre traite des commutatrices polyphasées ; le troisième chapitre comprend : l’examen des caractères particuliers de ces machines, les oscillations pendulaires dont elles sont le siège, etc. «
- Les moteurs asynchrones à collecteur forment l’ohjet des trois chapitres suivants, pour l’étude et la constitution des moteurs à répulsion, le calcul de la force électromotrice aux balais, en-marche, du couple, et, enfin, l’étude détaillée du moteur série, moteurs à répulsion, moteurs shunt, moteurs mixtes.
- E. L.
- Méthodes et appareils de mesures électriques et magnétiques. lre et 2e partie, de A. Hiovici (1).
- Ces deux fascicules de l’encyclopédie électrotechnique de F. Loppé sont destinés aux Ingénieurs qui travaillent dans des laboratoires, aussi bien qu’à ceux qui dirigent des installations électriques.
- Le premier fascicule comprend une étude assez étendue des systèmes oscillants et des galvanomètres, parce que la connaissance de ces questions permet de se rendre compte du fonctionnement d’un grand nombre d’appareils industriels qui ne sont que des galvanomètres industriels et dont les parties mobiles constituent des systèmes oscillants.
- Dans le deuxième fascicule, Fauteur donne la description d’un certain nombre d’appareils, en indiquant, pour chaque système d’appareils, le principe du fonctionnement et les qualités et les défauts du type.
- Les méthodes de mesures sont choisies en raison de leur simplicité et de la précision qu’on peut en obtenir.
- E. L.
- Guide pratique «le mesures et essais imlustriels. Tome III : Mesures électriques industrielles, instruments et méthodes de mesure, de J. Montpellier et M. Aliamet (2).
- Dans cet ouvrage, MM. Montpellier et Aliamet se sont surtout préoccupés de donner à tous ceux qui, à un titre quelconque, ont à utiliser des courants électriques, le moyen pratique de choisir et d’employer les
- (1) 2 vol. in-8°, 250 X 160 de vi-148 p. avec 75 fig., et de 152 p. avec 80 fi%. Paris, L. Geisler, 1, rue de Médicis, 1910. Prix : broché, 2,50 f chaque.
- (2) In-8°, 255 X 166 de 468 p. avec.328 fig. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, 1911. Prix: broché, 18 f..
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- instruments de mesure qui conviennent le mieux aux applications qui les intéressent afin d’assurer le fonctionnement normal des installations qu’ils ont à diriger ou à vérifier.
- Dans ce livre, rédigé dans un esprit essentiellement pratique, les auteurs ont décrit d’une façon très précise les différents instruments de mesure d’un usage courant, en ayant soin d’indiquer pour chacun d’eux le degré d’exactitude que l’on peut attendre des indications qu’ils fournissent et la manière de les utiliser.
- Dans une seconde partie, les méthodes de mesure sont exposées avec tous les détails nécessaires pour que l’opérateur puisse effectuer des mesures sans hésitation.
- Les auteurs n’ont pas seulement exposé les différentes méthodes de mesures des quantités électriques; il ont eu grand soin de guider l’opérateur dans le choix de la méthode qui convient le mieux pour chaque cas déterminé.
- Ce guide s’adresse à tous les électriciens ; ils y trouveront tous les renseignements de nature à leur éviter bien des tâtonnements et bien des recherches.
- A. G.
- lies substances isolantes et les anétliofles «l’isolesnent utilisées élans l’industrie électrique de M. Jean Escaut (1).
- Après avoir exposé les considérations générales très étendues sur la conductibilité électrique, l’auteur explique les phénomènes propres aux substantes isolantes qu’il étudie ensuite séparément en les classant suivant leur nature. On trouve ainsi, développée à fond, l’étude des isolants constitués par des métalloïdes, des isolants à base de matières minérales, des verres, des porcelaines, des composés de caoutchouc ou d’ébonite, des résines, gutta-percha, gomme laque et bitumes, des isolants organiques à base d’huiles, de paraffine ou de matières albuminoïdes, puis des isolants organiques constitués par des dérivés de cellulose.
- Les tableaux de classement établis dans un ordre déterminé facilitent la lecture ; les multiples procédés de vérification indiqués, joints aux nombreuses figures explicatives et tracés graphiques, augmentent encore la compréhension des renseignements qui sont donnés.
- La consultation de ce traité sera d’autant plus utile et plus efficace que les isolants jouent un rôle de plus en plus important avec les progrès toujours croissants de l’électricité.
- Si en effet, les installations intérieures n’ont à supporter que des tensions relativement faibles, il n’en est pas de même des sources d’alimentation fournies par les usines électriques. Là les tensions de 3ü00
- (1) In-8°, 255 X 165 de xix-314 p. avec 182 lig., Paris, Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, 1911. Prix: broché, 10 f.
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- à 10 000 volts sont communes et les transports d’énergie électrique à distance atteignent même 50 000 et tendent à être portés à 100 000 volts et au-delà. L’emploi de tels courants n’est pas sans présenter de difficultés, et l’étude des isolants joue dans ce cas un rôle prépondérant, même capital, en vue de la sécurité, méritant ainsi notre attention.
- Les documents précis de M. Jean Escart permettront de résoudre ces questions délicates, traitées par lui d’une façon si judicieuse, en apportant une lumière nouvelle sur le choix et la forme des isolants à employer suivant les cas.
- Ch. Z.
- Notions t'oiMlaïuentalr^ sur la télégraphie dtvisagée dans son développement, son état aetuel et ses derniers progrès (Du B réguet au Pollak Virag et aux léléphotographes), de Albert Turpain (1).
- Le sous-titre de cet ouvrage de 175 pages paraît une gageure aux lecteurs qui connaissent la conscience si avertie de l’auteur. Cette gageure a cependant été réalisée, et quelques heures de lecture attentive nous initient aux détails, d’une minutie incroyable, d’appareils tels que le Hughes, le Baudot ou le Pollak.
- Nous voyons la vitesse de transmission à l’heure, âme de la télégraphie commerciale, partir des 400 mots du Bréguet pour atteindre progressivement les 50000 mots du Pollak.
- De nombreux dessins illustrent l’ouvrage et jettent à chaque instant la clarté nécessaire à l’exposition d’un sujet si ardu.
- J. G.
- Bu téléphone Bell aux multiples automatiques, de Albert
- Turpain (2).
- Cet ouvrage met en singulier relief, d’une part, la simplicité du récepteur de Bell et du microphone de Hughes, et, de l’autre, la complication extraordinaire des réseaux d’abonnés.
- Après avoir posé le principe des deux appareils et rappelé incidemment les expériences si déconcertantes, au point de vue théorique, de transmission de la voix par un doigt humain frottant sur un disque, par l’âtre d’une cheminée, par un système de condensateurs, l’auteur nous initie au fonctionnement des multiples, petits et grands. Peut-être, après
- (1) In-8°, 255 X 165 de 180 p. avec 122 fig. Paris, Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, 1910. Prix : broché, 5 f.
- (2) In-8° 225 X 165 de 186 p. avec 123 fig. Paris, Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, 1910. Prix : broché, 5 f.
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- avoir lu son ouvrage, serons-nous plus indulgents pour les irritantes défectuosités du service, mais nous ne cesserons d’envier le bonheur des habitants de Tpondjhem, à qui l’abonnement ne coûte, nous dit M. Turpain, que (jS f.
- Quelques notes sur les applications diverses du téléphone et sur les câbles téléphoniques terminent ce volume, rempli de faits, de descriptions et de figures.
- J. G.
- Le Secrétaire Administratif, Gérant : A. de Dax.
- imprimerie CHAIX, 'rue uergère, 20, paris. — 6184-2-1-l. — (KncreLorilleux).
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- MÉMOIRES
- ET
- COMPTE RENDU DES TRAVAUX
- DE LA
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS DE FRANGE
- BULLETIN
- DE
- MARS 1911
- N° 3
- OUVRAGES REÇUS
- Pendant le mois de mars 1911, la Société a reçu les ouvrages suivants :
- Chimie.
- Franciiet (L.). — La Fabrication industrielle des Émaux et Couleurs céramiques, par Louis Franchet (in-8°, 245 X 155 de vi-188 p., avec 9 fig.). Paris, Revue des Matériaux de Construction, 1911. (Don de l’éditeur.) 46929
- Rückblicke und Ausblicke auf dem Gebiete der technischen Chemie. Festrede zum Gehurtsfeste Seiner Majestât des Kaisers und Kônigs Wilhelm II, in der Halle der Kôniglichen Technischen Hochs-chule zu Berlin am 26. Januar 1911. Gehalten von dem Gehei-men Regierungsrat Professor Dr. Otto N. Wilt (in-8°, 210 X 190 de 17 p.). Berlin, Denter und Nicolas, 1911. (Don de Kôniglichen Technischen Hochschule zu Berlin.) 46899
- Toury (Ch.). — Le Contrôle chimique dans les Raffineries, par Ch. Toury (Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire) (in-8°, 190 X 120 ' de 175 p. avec 3 fig.). Paris, Gauthier-Villars et fils; Masson et Gie. (Don des éditeurs). 46920
- Bull.
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- Éclairage.
- Lévy (P.). —L’Eclairage à l’incandescence par le gaz. Ses applications à l'éclairage des villes, des chemins de fer et des côtes, par Paul Lévy (in-8°, 245 X 165 de 295-61 p., avec 8 pl.). Deuxième Edition augmentée d’un supplément. Paris, H. Dunod et E. Pi-nat, 1910. (Don des éditeurs.) 46903
- Économie politique et sociale.
- Bulletin de la Société d’Économie politique. Année 1910 (in-8°, 250 X 165 de 136 p.). Paris, Siège de la Société. 46902
- Fraser (J.-F.) et Feuilloy (G.). — L’Australie. Comment se fait une nation. par John Foster Fraser. Adapté de l’anglais, par Georges Feuilloy. (Collection « Les Pays modernes »j (in-8°, 200X135 de 255 p. avec 20 pl.). Paris, Pierre Roger et Gie, 1911. (Don des éditeurs.) 46928
- Germain (M.). — Guide-Annuaire financier. 1911. Dictionnaire des Valeurs cotées au marché officiel et au marché en banque de la Bourse de Paris. Publié sous la direction de Maurice Germain (in-8°, 195 X 130 de 774 p.). Paris, Journal des Chemins de fer, des Mines et des Travaux publics. (Don de l’éditeur.) 46932
- Électricité.
- Vigneron (H.). — Électrochimie et Électrométallargie, à l’usage des Ingénieurs Électriciens. Cours professé à l’École d’Électricité et de Mécanique industrielles de Paris, par Henri Vigneron (in-8°, 255 X 165 de vm-288 p., avec 82 fig.) Paris, L. Geisler, 1911. (Don de l’éditeur.) 46933
- Géologie et Sciences naturelles diverses.
- Boubier (M.). — Internaciona Biological Lexiko in Ido, Germana, Anglci, Franca, Ilaliana ed Hispcma, da Dro M. Boubier (Linguo internaciona di la Delegitaro (Sistemo Ido) (Internationales Biolo-gisches Lexikon in Ido. Deutsch, Englisch, Franzosisch, Ita-liemsch und Spanisch) (in-8°, 195 X 130 de v-73 p.). Jena, Gustav Fischer, 1911. (Don de l’éditeur.) 46912
- Henriksen (G.). — Geological Notes, by G. Henriksen, Inspector of Mines, Bergen (in-8°, 185 X 130 de 26 p.). Christiania, Grondahl aud Son, 1910. (Don de l’auteur.) 46911
- Législation.
- Annuaire, Statuts et Règlement de ta Société Centrale des Architectes Français. Année 1911 (in-8° 235 X 155 de m-149 p.). Paris, Siège de la Société. 46908
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- Association internationale permanente des Congrès de Navigation. Liste des Membres. 1911 (in-8°, 240 X 155 de 170 p.). Bruxelles, Société anonyme Belge d’imprimerie, 1911. (Don de l’Association.)
- 46921
- The American Society of Mechanical Engineers. Y car Book eontaining List of Members arranyed Atphabetically and Geographically. CorrecU d toJanuary 1, 1911 (in-8°, 180 X 120 de xvi-409 p., avec 24 pho-tog.). New York, 1911. 46930
- Métallurgie et Mines.
- Annaes da Escola de Minas de Ouro-Preto. N° 10. 1908 (in-8°, 245 X 175 de 173 p.). Ouro-Preto, A. Castro et Comp. 46914
- Bulletin de V Association des Ingénieurs de l’École des Mines de Mo ns. Années 1908 1910. N° 1 (in-8°, 243X '60 de xlviii-92p.). Liège, Bureaux de la Revue universelle des Mines. 46937
- Didier (Ém.) et Brou Afin (P.). — L’Industrie minière et son outillage à l’Exposition de Nancy, 1909, par Émile Didier et Paul Brouard (in-8°, 245 X 100 de 249 p. avec 70 iig.). Lille, G. DubaretGie, Juin 1910. (Don de M. Ém. Didier). 46900
- Statistique de l’Industrie minérale et des Appareils à vapeur en France et en Algérie pour Vannée 1909 (Ministère des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes. Direction des Mines, des Voies ferrées d’intérêt local et des Distributions d’Énergie électrique. Deuxième Bureau) (in-4°, 310 X 235 de xii-1 05-262 p.). Paris, Imprimerie nationale, 1910. (Don du Ministère des Travaux publics.) 46898
- Navigation aérienne, intérieure et maritime.
- Golliard (P.). — Peut-on voler sans ailes? par Paul Colliard (in-8°, 240X 155 de 111 p. avec 27 fig.). Paris, Librairie aéronautique, 1911. (Don de l’éditeur.) 46909
- Dubouchkt (G.) et Protche (J.). — Le Constructeur de Cerfs-volants. Plans demi-grandeur d’exécution et ind cations pour construire quatre cerfs-volants. 1ve Série. Cerfs-volants simples, par G. Du-bouchet et J. Protche (in-4°. 240 X 190 de 24 p. avec 20 Idg. et 2 pl.). Paris, Librairie aéronautique, 1911. (Don de l’éditeur.)
- 46910
- Lavaud (Ch.). — Étude du Projet « Clichy Port de mer », par Ch. Lavaud (Syndicat général de la Marine, navigation intérieure) (in-8°, 265 X 175 de 64 p.) (Don de l’auteur, M. de la S.) 46940
- Le Canal de lerneuzen et le Port de Gand (in-8°. 235 X 155 de. 24 p., avec 1 pl.). Ouvrage en \nglais, Allemand, Français. Bruxelles, L.-J. Goffart. (Don de l’Association permanente des Congrès de Navigation.) 46927
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- Protection des Berges, Digues, Dunes, Talus, par la Cuirasse Decauville. N° 11. 1911 (Album 130 X 220 de 42 p., avec 32 fig.). Paris, Andouard. (Don de M. P. Decauville, M. de la S.) 46938
- Revêtements protecteurs Système « de Murait » en béton armé de métal déployé pour digues, dunes, berges, brise-lames (in-4°, 270 X 210 de 24 p., avec 80 fig.). Paris, Siège social, 1906. (Don de l’auteur, M. de la S.) 46913
- Scott Russell (J.). — The Modem System of Naval Architecture, by J. Scott Russell in three volumes. Vol. 1, Vol. II and Vol. III (Gd in-f°, 710 X 360 de xxxvii-686 p., avec 2 allas même format de 163 pl.). London, Day and Son, 1865. (Don de M. Th. Seyrig, M. de la S.) 46904 à 46906
- Statistique de la Navigation intérieure. Nomenclature et conditions de navigabilité des fleuves, rivières et canaux. Relevé général du tonnage des marchandises. Année 1909 (Ministère des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes. Direction des Routes et de la Navigation. Navigation. 4e Bureau) (in-4°, 310 X235 de409 p.) Paris, Imprimerie nationale, 1910. (Don du Ministère des Travaux publics.) 46907
- Périodiques divers.
- Tables dû Journal Officiel de la République Française. Année 1910 (in-4°, 330 X 235 de 74-2-20-11-68-26 p.). Paris, Imprimerie des Journaux officiels. 46919
- Physique.
- Concours pour la fabrication rationnelle des éléments de Conduits de fumée. 1, Règlement du Concours. 2, Rapport de la Commission-Jury. 3,.Procès-Verbaux du Laboratoire d’Essais du Conservatoire National des Arts et Métiers (Supplément à l’Architecture N° 7, du 18 février 1911) (in-8°, 240 X 160 de 48 p., avec fig.). Paris, L. Maretheux, 1911. (Don de la Société Centrale des Architectes Français.) 46897
- Jouaust (R.). —• Le Ferro-Magnétisme. Applications industrielles, par R. Jouaust (Encyclopédie scientifique publiée sous la direction du D1' Toulouse. Bibliothèque des Industries Physiques. Directeur : H. Chaumat) (in-18, 185 X 125 de vi-410-xn p., avec 55 fig.). Paris, Octave Doin et fils, 1911. (Don des éditeurs.)
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- Sciences mathématiques.
- Jacob (L.). — Le Calcul mécanique. Appareils arithmétiques et algébriques intégrateurs, par L. Jacob (Encyclopédie scientifique publiée sous la direction du Dr Toulouse. Bibliothèque de Mathématiques appliquées et Génie. Directeur : M. d’Ocagne) (in-18, 185 X 120 de xvi-412-xn p., avec 184 fig.). Paris, Octave Doin et fils, 1911. (Don des éditeurs.) 46931
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- Technologie générale.
- Bulletin du Laboratoire d’Essais mécaniques, physiques, chimiques et de machines du Conservatoire National des Arts et Métiers. Bulletin N° 46. 4940-4944. Janvier 4941. Essais d’huiles usagées, par P. Sabatié et M. Pellet (in-8°, 253 X 165 de 15 p., avec 2 flg. et 6 pl.). Paris, Ch. Béranger, 1911. 46939
- The American Society of Mechanical Engineers. Transactions. Volume 34. Washington Meeting. New York Meeting. 4909 (in-8°, 230 X 160, de xvi-1069 p.). New York, Published by the Society, 1910.
- 46941
- The Junior Institution of Engineers (Incorporated) Journal and Record of Transactions. Volume XX. Twenly-ninth session 4909-4940 (in-8°, 210 X 130 de x-lxvi-576 p. avec pl.), London, Percival Marshall and G0, 1910. 46901
- Travaux publics.
- Auiuc (M.-A.). —Ponts en maçonnerie (Calculs et Construction), par M.-A. Auric. Préface de M. J. Résal (Encyclopédie scientifique publiée sous la direction du Dr Toulouse. Bibliothèque de Mécanique appliquée et Génie. Directeur : M. d’Ocagne) (in-18, 185 X 125 de x-375-xn p. avec 109 flg.). Octave Doin et fils, 1911. (Don des éditeurs.) 46935
- First Animal Report of the Board of Water Supply of the City of New York.
- Accompaniecl b y Report of the Chief Engineer. December 34, 4906 (in-8°, 230 X 150 de ix-257-xvn p. avec illustrations). New York City. (Don de M. J.-F. Sorzano, M. de la S.) 46916
- Langthorn (J. L.). —Methods used in preliminary Work on Catskill Réservoir for a 500 million gallon daily Supply for the City of New York, by J.-L. Langthorn (Brooklyn Engineers’ Club. N° 79, p. 53 à 158) (in-8°, 230 X 145 de 106 p., avec 33 fig.). Don de M. J.-F. Sorzano, M. de la S.) 46915
- Le Génie Civil à l'Exposition universelle de Bruxelles 4940. I. Travaux publies en Allemagne ; IL Travaux publics en Belgique ; III. La Navigation en France; IV. Travaux publics en Italie; V. Travaux hydrauliques dans les Pays-Bas (Association internationale permanente des Congrès de Navigation) (cinq brochures in-8°, 240 X 160). Bruxelles, ' Société anonyme Belge d’imprimerie, 1911. (Don de l’Association.) 46922 à 46926
- Pompèi. Albo délia Casa de' Vetlii. Description de la Maison, par Antonio Sogliano (in-f°, 610 X 435 de 16 p. à 2 col., avec 12 pl. en couleurs). Ouvrage en Italien, Français, Allemand, Anglais.. Napoli, Officino d’Arti grafiche Napoletana, MDGGCCI. (Don de M. T.-R. Guppy, M. de la S.) 46936
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- Second Annual Report of lhe Board of Waier Supply of the City of New York. Aecompanied by Report of the Chief Engineer. Deeember 31, 4907 (in-8°, 230 X 130 de vi-255-ix p., avec illustrations). New York City. (Don de M. J.-F. Sorzano, M. de la S.) 46917
- Third Ann ual Report of lhe Roard of Water Supply of the City of Ne w York.
- Aecompanied by Report of the Chief Engineer. Deeember 31, 4908 (in-8°, 230 X 130 de vi-174-vii p., avec illustrations). New York City. (Don de M. J.-F. Sorzano, M. de la S.) 46918
- Voies et Moyens de communication et de transport.
- Nouvel Atlas des Départements Français, y compris VAlgérie, la Tunisie, le Maroc, Madagascar, Cochinchine et Tonkin, indiquant les Bureaux de Poste, les Bureaux télégraphiques et téléphoniques, les Stations de chemins de fer (in-f°, 210 X 260, de 95 cartes). Rennes, Oberthür. 46896
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- MEMBRES NOUVELLEMENT ADMIS
- Les Membres nouvellement admis, pendant le mois de mars 1911, sont :
- Gomme Membre d’Honneur, M. :
- E. L. CoimiELL, présenté par MM. J. Carpentier, E. Biard, A. Iierdner.
- Gomme Membres Sociétaires Titulaires, MM. :
- G. Boyelle-Moiun, présenté par J. Carpentier, —
- A. Celle,
- J. Compagnon, —
- A. Ph. CONTET, —
- A. Goerger, —
- G. Gourdeau, —
- C. Geivolas, —
- Y. Happe, —
- Y. Langlois, —
- H. Le Quiniou, —
- P. Lévy, —
- H. Louvet, —
- A. Marx, —
- J. Mensier, —
- P. Mortier, —
- P. Rodïer, —
- G. Schwob, —
- E. Yaillaux, —
- MM. Carpentier, Belmère, de Dax. Carpentier, L. Rey, Hillairet. Dorel, Desjuzeur, de la Rochette.
- Eude, Lamy, Taupiat de Saint-Symeux.
- Iioton, Puech, Laville.
- L. Mercier, Yesier, Demenge. Mejean, Sauvage, Rousselet. Sartiaux, Zetter, de Dax. Bourrey, Letombe, de Dax. Roulleau, Teisset, de Dax. Jardillier, Ch. Bouvard, P. Morel.
- A. Robert, P. Guiard, A. Gui-• gnard.
- Bergeron, F. Clerc, Bouzan-quet.
- R. Arnoux, H. André, Borgel. Yesier, Wherlin, Demenge. J. Armengaud, Barrillon, Manigler.
- Brateau, Paré, Robinet. Bouton, Broca, Mariage. Bruniquel, Carrier, Corot,
- Comme Membres Sociétaires Assistants, MM. :
- M. Da, présenté par MM. Champin, Lambert, Olivier.
- P. Lemerle, — Carpentier, Herdner, L. Le-
- merle.
- Comme Membre Associé, M. :
- L. Giorgetti, présenté par MM. Martin, Pierrel, de Dax.
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- RÉSUMÉ
- DES
- PROCÈS -VERBAUX DES SÉANCES
- DU MOIS DE MARS 1911
- PROCES-VERBAL
- DE LA
- SÉANCE T>TJ 3 MARS 1911
- Présidence de M. J. Carpentier, Président.
- La séance est ouverte à 8 heures trois quarts.
- Le procès-verbal de la précédente séance est adopté.
- M. le Président a le regret de faire connaître le décès de M. :
- Auguste Loutreuil, membre de la Société depuis 1880, officier de la Légion d’honneur, manufacturier bien connu, à Moscou.
- M. le Président adresse à la famille de ce Collègue l’expression des sentiments de profonde sympathie de la Société.
- M. le Président est heureux de faire connaître les décorations et nominations suivantès :
- Officier de la Légion d’honneur : M. Émile Deutsch;
- Officier de l’Instruction publique : M. Godard-Desmarest ;
- Officier d’Académie : M. A. Kern.
- M. E. Pontzen, ancien Président de la deuxième section du Comité, a été nommé Membre d’honneur de l’Institut Impérial des Voies et Communications de Russie.
- M. le Président adresse à ces Collègues les félicitations de la Société.
- M. P. de Frontin, récemment nommé Membre d’honneur de la Société, a adressé, de Rio-de-Janeiro, la dépêche suivante : « Très honoré. Accepte ma nomination et vous prie d’agréer mes plus sincères remerciements ».
- M. le Président dépose sur le bureau la liste des ouvrages reçus depuis la dernière séance. Cette liste sera insérée dans l’un des prochains Bulletins.
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- M. le President rappelle que, parmi les ouvrages présentés à la dernière séance, notre Vice-Président, M. L. Rey, a signalé plus particulièrement l’ouvrage de M. G. Eiffel sur La Résistance de l’air et l’Aviation.
- L’intérêt d’actualité qui s’attache aux questions traitées et l’importance des résultats obtenus attirent l’attention de la presse technique sur cet ouvrage considérable : des résumés détaillés n’en manqueront pas de paraître incessamment de différents côtés.
- Notre ancien Président, M. G. Eiffel, toujours empressé à témoigner à notre Société toute sa gratitude pour l’honneur qu’elle lui fit en le choisissant comme Président en 1889, a désiré que nos Bulletins fussent les premiers à recevoir l’analyse de son nouveau travail. Retenu loin de Paris, M. Eiffel a demandé au Président de faire donner lecture d’une note qu’il a préparée lui-même et que notre ancien Vice-Président, M. J. Gharton, a bien voulu accepter de présenter.
- M. le Président ajoute que chacun doit admirer l’exemple que donne M. Eiffel, qui, arrivé à un âge auquel on ne parvient souvent qu’en proie à la lassitude de la vie, ne cesse pas cependant de poursuivre ses recherches opiniâtres. Les résultats dus à sa persévérance constituent la base d’une science nouvelle qui permettra certainement d'en développer largement les applications.
- M. J. Charton a la parole pour donner lecture, au nom de M. G. Eiffel, d’une note sur son ouvrage La Résistance de l’air et VAviation. Cette note est ainsi conçue :
- « Mes chers Collègues,
- » Dans la communication que je faisais à la Société, en janvier 1910, » sur l’installation d’un laboratoire aérodynamique, je disais : « J’ai » tenu à ce que la Société des Ingénieurs Civils de France soit la pre-» mi-ère à avoir communication de mes expériences. Gélles-ci, il est vrai, » ne sont qu’à leur début, mais je compte tenir la Société au courant » de l’ensemble des résultats que fournira l’mstallation que je viens de » décrire et sur laquelle je fonde beaucoup efespoir ».
- » Je peux dire de suite que cet espoir n’a pas été trompé. Il n’y a eu » lieu d’apporter aucune modification à l’installation que j’ai décrite, et » dont je rappelle les dispositions essentielles. Un ventilateur aspirant, » d’une puissance de 70 chevaux, fait passer dans une chambre d’expé-» riences une colonne d’air ayant un diamètre de 1,50 m et une vitesse » de 5 à 20 m par seconde. La surface essayée, placée dans ce courant, » est reliée à une balance spéciale qui donne l’effort résultant en » grandeur, direction et point d’application. En outre, des mesures » màaiométriques font connaître la répartition des pressions aux diffé-» rents points de la surface.
- » J’ai pu, avec l’aide de mes collaborateurs habituels, MM. Rith et » Lapresle, travailler sans relâche dans ce laboratoire et recueillir un » grand nombre de documents résultant de milliers d’expériences. J’ai » réuni ces documents dans un ouvrage dont un exemplaire a été offert » à la Société et qui porte le titre de La Résistance de l’air et l’Aviation. » — Expériences effectuées au Laboratoire du Champ de Mars.
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- » Suivant mon programme, qui était de recommencer d’abord les » expériences relatives à la résistance de l’air en les reliant à celles que » j’avais réalisées à la Tour Eiffel avec mon appareil de chute, je me » suis préoccupé d’établir les différentes valeurs du coefficient de » résistance de corps de forme simple frappés parle vent. Cet examen » méthodique était devenu d’autant plus nécessaire que l’on rencontre » des divergences considérables dans toutes les expériences antérieures,
- » et que le développement de l’aviation donne à ces recherches un » caractère d’urgente nécessité. Les résultats obtenus forment l’objet du » chapitre intitulé « Résultats généraux », et peuvent se résumer de la » manière suivante.
- » Pour les plans carrés normaux au vent, le coefficient de résistance » croît de 0,065 avec les plaques de 10 cm de côté, jusqu’à 0,08 avec les » plaques de 1 m2. Cette dernière valeur est probablement une limite » pour les grandes surfaces.
- » Le coefficient d’un rectangle normal au vent augmente avec Talion -» gement, et cette augmentation reste encore notable même quand le » rapport du grand côté au petit atteint 50. Pour des rectangles de » 225 cm2, la valeur du coefficient augmente de 10 0/0 quand on passe » du carré à l’allongement 6, et de 47 0/0 quand on passe du carré à t> l’allongement 50.
- » Le rapport entre la pression subie par une plaque carrée ou rectan-» gulaire inclinée sur le vent, et la pression que supporterait la même » plaque normale au vent, est représenté par un graphique qui résume » les lois de la résistance des plans obliques.
- » La poussée sur la plaque carrée, après avoir augmenté à peu près » linéairement jüsqu’a l’incidence de 37°, atteint un maximum qui » dépasse de près de 45 0/0 la poussée sur la plaque normale. Ce résultat » paradoxal vient de la dépression qui se produit à barrière de la plaque » et qui, aux environs de 37°, décroît brusquement pour demeurer » ensuite à peu près invariable.
- » Un autre diagramme donne les distances du centre de poussée aux » bords d’attaque ; ces distances dépendent de rallongement de la » plaque.
- » Nous avons étudié l’influence de la courbure sur des plaques ayant » pour profils des arcs de cercle dont le rapport de la flèche à la corde » était de 1/7,T/13,5, 1/27 et 0 (plaque plane). Le résultat est figuré » dans des diagrammes que nous appelons diagrammes polaires, et qui » sont très commodes pour comparer les résistances des surfaces et pour » résoudre certains problèmes relatifs aux aéroplanes. Ces diagrammes » représentent, en effet, à la fois, par une seule courbe, les valeurs » correspondantes de cinq grandeurs : les composantes unitaireÆori-» zontale et verticale, la résultante unitaire, l’inclinaison de cette résul-» tante ou le rapport des composantes horizontale et verticale, et enfin » Tinclinaison de la plaque sur le vent.
- » Quant aux centres de poussée, la principale différence entre les » plaques courbes et la plaque plane réside en ce fait que, pour les » petits angles, le centre de poussée sur une plaque courbe rétrograde » vers le bord de sortie à mesure que l’angle diminue, alors que pour
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- » les plaques planes il se rapproche constamment du bord d’attaque.
- » Pour les poussées et les centres de poussée sur des plaques d’autres » courbures, nous avons donné des formules d’interpolation.
- » En ce qui concerne l’influence mutuelle des surfaces parallèles, » nous avons considéré deux plans en forme de disques, de rectangles » ou de treillis perpendiculaires au vent, se recouvrant et placés à divers » écartements ; nous avons mesuré la pression sur chacune des deux » surfaces et sur l’ensemble des deux.
- » Quand des rectangles parallèles, plans ou courbes, sont disposés » comme dans les aéroplanes biplans et peu inclinés sur le vent, ces » deux surfaces se gênent réciproquement, et, suivant que l’écartement » est des 2/3, des 3/3 ou des 4/3 de la profondeur des plans, les poussées » sont réduites à 0,65, 0,70 ou 0,75 de ce qu’elles seraient sur un » monoplan.
- » Nous avons fait ensuite une étude spéciale des corps ronds : » cylindres de différentes longueurs ayant leurs axes parallèles ou » perpendiculaires au vent, cônes, sphères et demi-sphères concave et » convexe, cylindres à bases hémisphériques et corps sphéro-coniques.
- » La répartition des pressions a été étudiée en détail sur des plaques » carrées, sur une plaque plane allongée, et sur une plaque courbe » allongée.
- » Les pressions totales obtenues par la sommation des pressions élé-» mentaires sont bien les mêmes que celles que fournit la balance : » cette concordance légitime notre procédé de mesure de pressions.
- » Les mêmes méthodes d’expérimentation ont été appliquées à l’étude b de dix-huit ailes d’aéroplanes.
- » Les profils de sept de ces ailes sont définis géométriquement; b d’autres sont imités d’appareils existants, tels que les Wright, Voisin, b Farman et Blériot. Nous avons donné 15 cm de profondeur et 90 cm b de largeur à toutes les ailes, sauf à quatre d’entre elles, pour lesquelles b les tracés des constructeurs nous ont amenés à adopter des dimensions b un peu différentes.
- b Nous avons établi pour toutes ces ailes une série de planches b uniformes.
- b Dans un premier diagramme sont portées les valeurs des efforts b unitaires totaux, verticaux et horizontaux pour des angles d’inclinaison b de la corde et du vent allant de 0 à 16°. Ces valeurs, multipliées par b la surface de l’aile et le carré de la vitesse, donnent l’effort total, la b sustentation et la résistance à l’avancement.
- b Un second diagramme fournit à la fois le rapport des composantes » horizontale et verticale, et l’angle de la résultante avec la corde de b l’aile. *
- b La polaire résume ces données, que nous comparons au tracé » correspondant à l’aile de flèche 1/13,5, qui nous a paru réaliser des » conditions particulièrement avantageuses.
- » La position du centre de poussée est donnée par deux diagrammes. b L’un représente les positions successives de ce centre sur la ligne U médiane de l’aile, qu’on suppose tourner autour du bord d’attaque ;
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- » l’autre indique la distance du centre de poussée au bord d’attaque en » pour cent de la largeur de l’aile.
- » Enfiu, un dernier diagramme figure la répartition des pressions » dans la section médiane pour l’inclinaison de 6°. Ces pressions sont » rapportées à une vitesse de 10 mètres par seconde et exprimées en » millimètres d’eau ou en kilogrammes par mètre carré. Leur répar-» tition qui, pour les petits angles, est assez uniforme dans le sens de la » longueur, est, au contraire, très variable suivant la profondeur. Près » du bord d’attaque, la pression totale atteint des valeurs qui, très » probablement, dépassent de beaucoup ce que pouvaient supposer les » constructeurs d’aéroplanes. Cette remarque s’applique à presque toutes » les ailes que nous avons étudiées.
- » En général, la pression est très faible du côté du bord de sortie, et » la dépression moyenne sur le dos de l’aile est environ le double de la » pression moyenne sur la face inférieure. On peut donc dire que l’aile » est deux fois pins aspirée sur sa face dorsale qu’elle n’est poussée sur » sa face inférieure.
- » Nous avons expérimenté des modèles au dixième des monoplans » Esnault-Pelterie et Nieuport : nous avons cherché, suivant les diffé-» rentes inclinaisons, les efforts exercés sur l’ensemble et sur les ailes » seules, de manière à isoler l’influence du fuselage et à déterminer ce » qu’on appelle la résistance nuisible, due au moteur, aux agrès, aux » passagers, etc. Cette résistance est celle qu’aurait un plan normal au » vent de 3/4 de mètre carré dans l’aéroplane Esnault-Pelterie, et de » 2/3 de mètre carré dans l’aéroplane Nieuport.
- » Pour appliquer les coefficients de résistance trouvés au calcul des » aéroplanes, nous les avons augmentés d’un dixième, par assimilation à » ce qui se passe pour les plaques carrées normales. Les applications » que nous en avons faites aux aéroplanes Esnault-Pelterie, Nieuport, » Wright, Voisin, Farman et Blériot semblent bien justifier cette hypo-» thèse : dans tous les cas que nous avons examinés, en effet, nos » calculs se sont trouvés d’accord avec les renseignements que nous ont » fournis les constructeurs et qui portaient sur les poids des appareils » et sur les vitesses, et les angles d’incidence pendant le vol. Ainsi, » l’essai d’un modèle par notre procédé ou par un procédé analogue » permet de connaître à l’avance les conditions du vol normal.
- » Nous avons terminé en indiquant une méthode graphique pour le » choix d’une forme d’aile dans un projet d’aéroplane. Deux abaques » complètent cette méthode et remplacent, par un tracé simple, des « calculs qui deviendraient très laborieux quand les données du pro-» blême sont en nombre insuffisant.
- » Voilà, Messieurs et chers Collègues, le résumé des résultats obtenus » dans mon laboratoire.
- » Je ne me dissimule pas que ces résultats ne sont qu’un commen-» cernent et ne donnent, sur les questions si complexes de la pratique, » que des indications trop souvent insuffisantes. Aussi, saus parler des » essais avec des appareils en grandeur et en me bornant aux expé-» riences de laboratoire sur des modèles réduits, il reste encore beau-» coup à faire et je suis loin de regarder comme terminée la tâche que
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- >> je me suis donnée. Déjà, depuis l’impression de l’ouvrage dont je vous » ai entretenus, j’ai effectué de nouvelles mesures de résistance et j’ai » commencé une étude méthodique des hélices. Dès que j’aurai réuni » un ensemble de conclusions qui me sembleront intéressantes, je me » croirai obligé, comme autrefois et comme aujourd’hui, de les commu-» niquer à notre Société. »
- M. J. Ciiarton demande à ajouter quelques mots et prononce les paroles suivantes :
- » Messieurs et ciiers Collègues,
- » Quelques-uns des remarquables résultats obtenus par M. Eiffel sont » déjà connus et estimés comme ils le méritent par les Ingénieurs et » constructeurs s’occupant de dirigeables et d’aéroplanes.
- » M. Marchis, professeur d’aviation à la Sorbonne, avait tenu à rester » au courant des recherches de M. Eiffel, et, avant môme leur publi-» cation, il en a fait l’objet de plusieurs de ses leçons. Voici en quels » termes il en a donné son appréciation :
- « Nous devons considérer les travaux de M. Eiffel comme établissant » d’une manière scientifique les bases de l'aviation... Je suis heureux de » proclamer que notre pays est le premier qui ait publié des expériences . » aussi complètes et véritablement scientifiques. »
- » Aussi, en terminant, Messieurs et chers Collègues, permettez à un » de vos doyens de dire que lorsque l’un des nôtres, un savant comme » M. Eiffel, contribue' comme il le fait au développement d’une des plus » grandes et étonnantes découvertes, nous devons en être fiers et » heureux, c’est un nouvel éclat de grandeur, de renommée pour le » Génie Civil français, éclat qui rejaillit sur notre belle Société des In-» génieurs civils de France. »
- M. le Président.remercie M. Gharlon de la lecture qu’il vient de faire et le prie de transmettre à M. G. Eiffel ses félicitations et celles de la Société pour le remarquable travail qu’il vient de publier. Il ajoute que la note in extenso dont un résumé vient d’être lu, sera publiée dans un prochain Bulletin; tous ceux que la question intéresse, et ils sont nombreux, en retireront certainement un fruit considérable.
- M. de Muralt a la parole pour une communication sur La Protection des Digues, Talus, Côtes, par des revêtements en béton armé.
- M. de Muralt dit que les revêtements dont il s'agit sont-essentiellement constitués par des dalles en béton armé de faible étendue, indépendantes les unes des autres, maintenues en place par un châssis de poutres également en béton armé, ancré dans le sol et recouvrant le bord des dalles en formant couvre-joint. Quoique maintenues très solidement, ces dalles peuvent se dilater librement, céder momentanément sous l’effort ou le choc, mais sans pouvoir être arrachées de leur alvéole. Elles ont généralement 2,40 m X 1,80, et une épaisseur de 5 à 10 cm. Leur armature, de même que celle des poutres, est en Métal Déployé. Pour briser l’effort du flot, on leur donne un profil en redans ou en marches d’escaliers.
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- Ceux de ces revêtements qui sont mouillés journellement par l’eau de mer sont exécutés avec un béton au dosage plus riche en ciment de Portland et l’on y ajoute, pendant le malaxage, du tuf volcanique broyé de l’Eifel.
- Des revêtements de ce type sont actuellement en cours de construction eu France, à Berck-Plage et à Wimereux, sous la direction des Ponts et Chaussées du département du Pas-de-Calais.
- Ce système s’applique également bien au rehaussement des digues et à la construction des brise-lames.
- Pour la protection des fonds marins côtiers, M. de Murait a imaginé de substituer aux fascinages employés jusqu’à présent, des dalles carrées de 1 m de côté et de 7 à 16 cm d’épaisseur, munies, aux quatre angles, d’oreilles en fer rond qui permettent de les attacher solidement entre elles. Ces dalles sont assemblées en quantité suffisante pour former une surface égale à celle que l’ou veut protéger. Le revêtement ainsi obtenu est attaché à un flotteur, que l’on remorque jusqu a l’endroit voulu, puis, à l’aide de treuils, il est descendu doucement sur le fond à protéger en filant les câbles jusqu’à 20. 50 m ou plus de profondeur.
- Enfin, pour la protection des berges, des lacs, rivières et canaux, le conférencier dit qu’il emploie un genre de revêtement très pratique; il consiste essentiellement dans l’emploi de dalles carrées ou rectangulaires en bidon armé, présentant les unes un rebord inférieur, et les autres un rebord supérieur s’appliquant exactement sur le rebord inférieur des précédentes, de telle sorte qu’une dalle à bords supérieurs immobilise quatre dalles à bords inférieurs.
- Les dalles à bords supérieurs sont ancrées par un pieu ou clou en béton armé qui les traverse en leur milieu et pénètre dans le sol.
- M. le Président remercie M. de Murait de sa communication très documentée et le félicite de l’ingéniosité du système qu’il a exposé. Ancien Ingénieur de l’Etat néerlandais aux Indes, puis Ingénieur de l’Ile de Schouwen (Hollande), notre Collègue a construit un grand nombre d’ouvrages du type qu’il vient' de décrire. En Hollande, aux Indes et dans quelques autres pays, ce système a été appliqué en remplacement des revêtements en basalte anciennement employés.
- Les inondations considérables qui ont ému la France dans ces dernières années, augmentent encore l’intérêt que chacun doit prendre à tout ce qui touche les moyens de défendre la terre contre l’envahissement des eaux.
- M le Président demande ensuite si quelqu’un désire prendre la parole comme complément à la communication de M. de Murait.
- M. F. Perier dit que cette question de revêtement des berges, digues, dunes et talus, est du plus grand intérêt pour tous les pays. C’est ainsi que notre collègue, M. Paul Decauville a été amené à étudier et à créer un dispositif connu sous le nom de « Cuirasse Decauville », dispositif qui a donné les meilleurs résultats au moment des inondations et dont l’emploi semble de plus en plus se généraliser.
- Il consiste essentiellement en l’emploi de briques d’une forme spé-
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- ciale, pesant de 5 à 6 kg, suivant les cas, dont les profils latéraux s’ajustent entre eux et qui sont percées de deux trous dans lesquels on fait passer soit des fils d’acier galvanisé, lorsqu’il s’agit de l’emploi dans l’eau douce, soit des fils d’aluminium extra-pur lorsqu’il s’agit d’un emploi dans l’eau salée.
- Ces briques, formées d’un mélange de 300 kg de ciment pour 1 mâ de sable, sont fabriquées sur place même au moyen de petites presses portatives et facilement transportables. Ces briques peuvent être employées presque immédiatement après leur préparation. Dès que le talus a été réglé à la pente voulue, les briques sont enfilées au moyen d’appareils spéciaux dits « Claviers » sur les fils préparés à cet effet et qui sont tous attachés à leur partie inférieure à un câble longitudinal formant la base même du revêtement à établir. Les briques sont successivement placées côte à côte.
- Lorsqu’il s’agit d’une berge de rivière, on cale le revêtement sur le talus avec une matière qui ne puisse pas être délayée telle que du sable graveleux ou du mâchefer pulvérisé.
- Lorsqu’on est arrivé à la hauteur où on veut arrêter le revêtement, on relire les claviers, puis on réunit les fils en faisceaux d’abord deux par deux, puis quatre par quatre, de façon qu’ils soient tous également tendus. On les ancre ensuite dans la berge au moyen de briques ou de grosses pierres autour desquelles on les enroule et qui servent de corps morts. Il est toutefois utile de compléter le système en protégeant la base de la couverture au moyen^d’un petit vannage formé de pieux et de dausses de chêne.
- La souplesse de cette cuirasse lui permet d’épouser toutes les formes de talus et se prête également au revêtement des extrémités des musoirs. tournants brusques, pointes de terre, etc.
- M. Perier fait ensuite passer un certain nombre de projections montrant différents emplois de la cuirasse Decauville.
- M. le Président remercie M. Perier d’avoir rappelé à notre attention le système de «La Cuirasse Decauville», déjà connue de beaucoup d’entre nous. On ne peut que se féliciter d’apprendre que ce système va être employé dans une large mesure pour protéger les points faibles de nos rivières et canaux.
- M. le Président prie M. Mercadier, qui est dans la salle, de bien vouloir lui faire l’honneur de prendre place au bureau.
- M. Magunna a la parole pour sa communication sur un Nouveau mode-ci’exploitation télégraphique, système Multiplex Mercadier-Magunna.
- M. Magunna rappelle que la densité du trafic sur les lignes télégraphiques suit une progression toujours croissante, à laquelle doivent correspondre des moyens d’exploitation de plus en plus intensifs. Il importe, par ailleurs, que les nouveaux procédés a adopter dans ce but n’exigent aucune modification des appareils imprimeurs utilises d’une façon courante par les administrations télégraphiques et qu’ils permettent d’accroitre la capacité de transmission d’un fil en adjoignant sim-
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- plement aux appareils usuels, déjà en service sur un fil donné, un certain nombre d’appareils semblables.
- Ce problème a été, depuis longtemps, de la part MM. Mercadier et Magunna, l’objet de nombreux travaux qui ont abouti au système Multiplex, tel que M. Magunna l’expose aujourd’hui. La solution réalisée par ces inventeurs consiste dans l’emploi, sur un fil et la terre, de plusieurs transmissions à courants ondulatoires, superposées aux transmissions ordinaires à courant continu. Le système Multiplex a donc pour but de faire fonctionner simultanément plusieurs appareils télégraphiques imprimeurs à courant continu et à courants ondulatoires, sur un fil et la terre, dans un môme sens ou dans les deux sens.
- Les générateurs des courants ondulatoires sont des électro-diapasons spéciaux : ces courants sont envoyés sur la ligne par les manipulateurs des appareils ordinaires.
- A la réception, un dispositif Yan Rysselberghe modifié sépare le courant continu des courants ondulatoires. Les divers courants ondulatoires sont triés entre eux par un relais syntonisé, appelé relais monophonique. Cet organe, combiné avec un relais Baudot, permet la transformation des émissions à courant ondulatoire en émissions à courant continu, celles-ci actionnant l’appareil imprimeur usuel.
- La démonstration pratique du système a été faite entre Paris et Lyon avec toute l’ampleur désirable : les essais furent couronnés d’un plein succès et leur résultat fut des plus concluants.
- Au cours de ces expériences, on est arrivé à faire fonctionner sur le même fil un quadruple Baudot (à courant continu) et six Hughes (à courants ondulatoires). Le rendement de ce fil, desservi au quadruple Baudot, s’est trouvé augmenté de 474 0/0 du fait de l’adjonction des six claviers Hughes.
- Tous les appareils et les dispositifs, d’ailleurs très simples, qui entrent dans la constitution d’un tel poste sont présentés par M. Magunna, Des expériences sur une ligne factice avec retour par la terre, font constater le parfait fonctionnement simultané des six transmissions à courants ondulatoires et de la transmission à courant continu.
- Si le système Multiplex a été adapté dans ce cas à l’appareil Hughes, il convient de noter qu’il se prêté à l’emploi de tous les appareils télégraphiques usuels : c’est ainsi qu’au cours des essais officiels, ou à la suite de ces essais, MM. Mercadier et Magunna ont fait fonctionner des Whealstone et des Morse imprimeurs et que, dernièrement, des expériences en local ont montré la possibilité éventuelle d’étendre le multiplexage jusqu’au double Baudot.
- L’exploitation télégraphique pourra donc trouver, dans ce nouveau procédé, la solution des problèmes soulevés tant par l’augmentation du trafic, que par les difficultés et les dépenses qu’entraîne la construction de nouvelles lignes.
- Le conférencier signale encore, parmi d’autres avantages, la souplesse que le système Multiplex permet de donner à l’exploitation, par suite de l’indépendance complète des diverses transmissions qui empruntent le même fil : chaque employé travaille, en effet, avec son appareil comme s’iLavait une ligne à sa disposition.
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- M. le Président remercie M. Magtinna de sa communication. Il remercie également la Société des Télégraphes Mutiplex, système Mer-cadier, à laquelle est due l’installation si complète des appareils que M. Magunna vient de faire fonctionner dans la salle.
- Les résultats obtenus parlent éloquemment et établissent bien exactement l’excellence de la méthode employée. Pour ceux qui ont connu le point de départ de ce système, on ne saurait trop admirer la persévérance et la science qui ont permis d’atteindre le point de perfectionnement auquel on est aujourd’hui arrivé. Actuellement, en effet, on se trouve en présence d’appareils complètement sûrs, dont le fonctionnement n’est plus précaire, tant au point de vue de l’usure qu’au point de vue du déréglage. Il a fallu pour cela, d’une part, la science éclairée de M. Mercadier dont la patience et le talent d’expérimentateur n’ont pas d’égaux ; et, d’autre part, l’opiniâtreté avec laquelle M. Magunna a étudié et résolu tous les problèmes de détail sans lesquels on ne peut arriver à réaliser un système aussi délicat dans son principe.
- C’est avec le plus grand intérêt que nos Collègues liront certainement le mémoire qui va être publié dans le Bulletin.
- 11 est donné lecture, en première présentation des demandes d’admission de MM. J. Carpentier, J. Compagnon, C. Grivolas, A. Marx, P. Rodier, G. Schwob, E. Vaillaux, comme Membres Sociétaires Titulaires et de
- M. P. Lemerle, comme Membre Sociétaire Assistant.
- M. Elmer L. Corthell est nommé Membre d’honneur de la Société.
- MM. A. Contet, G. Boyelle-Morin, A. Goerger, G. Gourdeau, Y. Langlois, H. Le Quiniou, G. Lévy, H. Louvet, J. Mensier, P. Mortier, Y. Happe et A. Celle sont admis comme Membres Sociétaires Titulaires
- M. L. Giorgetti est admis comme Membre Associé, et
- M. Da est admis Membre Assistant.
- La séance est levée à 10 heures 55 minutes.
- L’un des Secrétaires Techniques,
- P. Dubois.
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- PROCÈS-VERBAI
- DE LA
- SEANCE DU 17 1VUYRS ±911
- Présidence de M. L. Rey, Vice-Président.
- La séance est ouverte à 8 h. trois quarts.
- M. L. Rey, Vice-Président, présente à la Société les regrets et les excuses de M. le Président J. Carpentier, qui se trouve dans l'impossibilité d’assister à la séance de ce soir.
- Le Procès-verbal de la précédente séance est adopté.
- M. le Président a le regret de faire connaître le décès de MM. : A-.L.-J. Guillolin, membre de -la Société depuis 1886, officier de la Légion d’honneur, ancien Président du Tribunal de Commerce de la Seine, ancien membre du Comité consultatif des Chemins de fer et ancien Président des Entrepreneurs de Travaux publics de France ;
- J.-C. Artus, membre de la Société depuis 1859, ancien élève de l’Ecole Centrale (1850), Chef de service honoraire de la Société des Mines et Fonderies de zinc de la Vieille-Montagne.
- M. H. Marchais, ancien élève de l’Ecole des Arts et Métiers d’Angers (1871), membre de la Société depuis 1893, Ingénieur de la Compagnie des Forges et Aciéries de la Marine et d’Homécourt, à Saint-Chamond.
- M. le Président adresse aux familles de ces Collègues l’expression des sentiments de profonde sympathie de la Société.
- M. le Président a le plaisir de faire connaître les décorations et nominations suivantes. Ont été nommés :
- Grand Officier de la Légion d’honneur : M. C. Williman;
- Officier de la Légion d’honneur : M. J. P. Lamolle;
- Chevalier de la Légion d’honneur : M. J. M. Montero y Pauller; Officiers de l’Instruction publique : MM. E. Bardin, E. Baudon,
- G. Beuret, R. de Blottefière, A. Contrestin, E. Defournel, G. Lesourd, A. Pasquier, L. Pornin, G. Romieu ;
- Officiers d’Académie : MM. C. Blanchard, J. Bonnin, A. Boudon,
- H. Ganeval, R. Hébert, A. Joubert, A. Malaquin, R. Pornin, G. Rigot, L. Rolland, G. Viénot.
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- M. E. Ronceray a été nommé Vice-Président du Comité d’admission et d’installation du Groupe IV, des Classes 23 et 27, de l’Exposition de Turin.
- M. le Président adresse à ces Collègues les félicitations de la Société.
- M. le Président fait connaître que M. E. Corthell a adressé une lettre de remerciements à la suite de sa nomination comme Membre d’Hon-neur, nomination qui a eu lieu dans la dernière séance.
- M. le Président dépose sur le Bureau la liste des ouvrages reçus depuis la dernière séance. Cette liste sera insérée dans l’un des prochains Bulletins.
- M. P. du Bousquet a la parole pour sa communication sur Les moteurs à combustion interne et en particulier les moteurs Diesel.
- M. P. du Bousquet rappelle que les premiers moteurs Diesel datent de 1893 et que dès 1897 un type industriel était construit.
- Par son principe même, ce type de moteur réalisait un progrès remarquable par rapport aux moteurs à explosion; cependant, jusqu’à ces derniers temps, il est resté à peu près inappliqué en France, sauf dans la marine de guerre. Les causes qui ont retardé son succès chez nous sont actuellement éliminées ou très largement atténuées :
- 1° Comme toutes les machines neuves, le Diesel a nécessité une mise au point. Aujourd’hui, son fonctionnement ne laisse rien à désirer;
- 2° Le prix de ces moteurs, de construction d’ailleurs délicate, est resté longtemps prohibitif. Mais les prix ont maintenant baissé dans une large mesure et une installation de 500 ch coûte actuellement moins cher à réaliser par moteur Diesel que par machine à vapeur et chaudière. D’autres moteurs analogues, notamment le moteur Sabathé, sont actuellement sur le marché et la concurrence ne peut que réduire encore les prix ;
- 3° Un combustible économique manquait en France pour le moteur Diesel, les produits de la série du pétrole étant frappés, à leur entrée en * France, d’un droit de 90 f par tonne.
- Dès 1905, la Société des Mines de Lens fit exécuter des essais sur l’emploi dans les moteurs Diesel, de l’huile lourde de goudron de houille et un moteur d’expérience fonctionna dans ses usines en 1907. Après plusieurs années d’études, les divers constructeurs arrivèrent à réaliser, par des dispositifs spéciaux, des moteurs marchant normalement à l’huile lourde de goudron, et ce, dans les meilleures conditions.
- Ces moteurs à combustion interne deviennent alors très économiques; une unité de 500 ch ne consomme que 210 g de combustible par cheval et par heure ; actuellement, l’huile vaut en gros 80 à 90 f, et le prix de revient (combustible) au cheval-heure peut tomber à 1,68 centime.
- Dans ces conditions, le moteur Diesel, qui présente de nombreux avantages : faible emplacement, facilité de conduite, souplesse, etc., est tout indiqué pour la production des puissances jusqu’à 500 ch.
- Pour ces applications, il lutte victorieusement contre l’ensemble chaudière-machine à vapeur, ou gazogène-moteur à gaz.
- De plus, les constructeurs de ces moteurs s’attaquent actuellement
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- aux grandes puissances ; de nouveaux types, moteur à quatre temps horizontal double effet, et moteur réversible à deux temps ont été créés.
- Les premiers conviennent parfaitement à l’armement des stations de production d’énergie, surtout si celles-ci doivent servir de stations de secours à l’extrémité d’un réseau aérien. Dans ce dernier cas, la facilité de mise en marche instantanée constitue, en faveur de leur adoption, un argument capital.
- M. le Président remercie M. du Bousquet de sa communication.
- Les perfectionnements de détail qui ont été apportés dans ces derniers temps aux moteurs Diesel ont eu pour conséquence de rendre possible l’emploi des liquides lourds, et notamment des huiles de goudron, dont le prix de revient est actuellement inférieur à celui du pétrole.
- Il est à espérer que ces perfectionnements, ainsi que la diminution du prix du combustible, augmenteront encore l’essor que ces machines tendent actuellement de prendre en France.
- M. Ziégler dit que, ainsi que M. du Bousquet vient de le signaler, la France marche en ce moment à la tête de toutes les nations, en tant que puissance des stations centrales mues par moteur Diesel. C’est ainsi qu’à l’usine électrique de Saint-Ghamond, il y a actuellement en marche deux unités de 1000 ch, auxquelles viendront s’ajouter, dans quelques semaines, un moteur de 2000 ch. C’est la première fois, croit M. Ziégler, qu’un moteur de cette puissance sera mis en marche.
- Actuellement, la maison Sulzer construit un moteur de 12000 ch, à deux temps, composé de six cylindres de 2 000 ch chacun.
- M. A. Guiselin estime que l’avantage que M. du Bousquet vient de signaler en faveur des huiles lourdes provenant des goudrons de houille peut disparaître le jour où la consommation des moteurs Diesel dépassera la production de ces goudrons.
- Il fait remarquer que ce phénomène s’est déjà manifesté avec les produits qui ont voulu concurrencer les produits du petrole, notamment avec l’alcool, qui a disparu à plusieurs reprises du marché des carbu- * rants, non seulement à cause de son prix de revient, mais aussi par suite d’insuffisance de production, avec le benzol, et même avec les produits du pétrole toutes les fois que l’on s’est adressé à des dérivés trop spéciaux dont la production était fatalement limitée.
- Il ajoute qu’au début de la fabrication des moteurs à explosion les essences tirées du pétrole brut avaient une densité très légère, 0,670 à 0,680, et que, devant le développement de 1 automobilisme, les rafïineurs et importateurs d’essence ont dû, malgré l’accroissement de la production mondiale du pétrole, augmenter leur rendement en livrant des produits dont les points d’ébullition sont de plus en plus élevés, sans que le fonctionnement des moteurs vint à en souffrir.
- M. Guiselin croit donc prudent de signaler aux futurs consommateurs de moteurs Diesel la situation qui pourrait les atteindre le jour où les pouvoirs publics reconnaîtront dans les huiles de houille un concurrent sérieux des huiles de pétrole, qui lui rapportent 70 à 80 millions par an sans frais de perception.
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- M. A. Beaurrienne a la parole pour uue communication sur les Distributions de chauffage par station centrale urbaine.
- M. Beaurrienne rappelle qu’il existe aux États-Unis et au Canada un grand nombre de distributions de chauffage par station centrale urbaine. Il se propose de rechercher s’il existe des raisons techniques, climatériques ou économiques, qui expliquent pourquoi cette industrie ne s’est pas développée en Europe. Il fait une classification des installations en stations à vapeur vive et à vapeur d’échappement et en stations à eau chaude, montre les points caractéristiques de chaque genre d’installation et décrit quelques stations existantes aux États-Unis, entre autres les stations à vapeurde Détroit, de Lockport, et les stations à eau chaude de Toledo. Il fait egalement une description des organes spéciaux employés pour protéger les conduites contre le refroidissement, pour ménager les dilatations et pour mesurer la quantité de chaleur vendue.
- Puis, traçant les grandes lignes d’une théorie générale de la distribution de la vapeur sur un réseau, il donne les formules qui lient la quantité de chaleur transportée, la quantité de chaleur perdue dans le transport, les diamètres et les pertes de charges :
- 1° Dans le transport de la chaleur d’un point à un autre;
- 2° Dans le transport par une tuyauterie alimentant des branchements particuliers sur son parcours ;
- 3° Dans le transport sur un réseau limité par un carré alimenté par un collecteur et des tuyauteries perpendiculaires à ce collecteur.
- M. Beaurrienne, en se basant sur les formules qu’il vient d’établir, montre l’influelice sur le pourcentage des pertes :
- 1° Des dimensions du réseau ;
- 2° De la densité calorifique (quantité de chaleur fournie par mètre carré du réseau) ;
- 3° De la perte de charge produisant le mouvement.
- Appliquant ses formules à divers secteurs parisiens, il arrive à démontrer que, pour un secteur de 3200 m de côté, alimenté par centrale placée sur le quai Michelet, à Levallois, la perte moyenne dans le transport de l’usine aux compteurs des particuliers ne dépasserait pas 20 0/0 de la quantité de chaleur fournie.
- Par suite de la différence de rendement des générateurs et de la différence de prix des combustibles qui peuvent être brûlés, d’une part dans une centrale, d’autre part dans des installations particulières, l’économie réalisée sur cette consommation serait d’environ 4700000 f pour une saison, somme qui peut être employée pour amortir et rétribuer le capital immobilisé dans l’installation.
- La détente de la quantité de vapeur correspondant à la charge moyenne permettrait de produire une puissance de 30000 ch, pour lesquels le prix du combustible se réduit à celui correspondant à la perte de calories de la vapeur dans la traversée de la machine.
- M. Beaurrienne conclut en disant que nous devons suivre les Américains dans la voie où ils nous ont devancés, en profitant de leur expérience, en appliquant à cette industrie notre esprit plus scientifique et notre éducation théorique plus développée ; nous pouvons déduire, des
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- observations faites par nous-mêmes ou par les Ingénieurs américains, des méthodes générales d’étude et de calcul qui paraissent avoir échappé à ces derniers.
- M. le Président dit que la communication de M. Beaurienne est d’autant plus intéressante qu’elle traite d’une question relativement peu connue en France, alors qu’elle a reçu un grand nombre d’applications de l’autre côté de l’Atlantique.
- Si un essai dans le genre de celui que vient d’exposer M. Beaurienne peut être tenté en France, les résultats permettront sans doute déjuger quelle est la valeur pratique des idées que le conférencier vient d’exposer avec mitant d’élégance que de clarté, ce dont M. le Président le remercie.
- Il est donné lecture, en première présentation, des demandes d’admission de :
- MM. D. Bethmont, E. Cormier, P. Deschamps, G. Dubois, L. Gœury, A. Gossé, C. Hautier, G. Jaubert, F. Goqueret, comme Membres Sociétaires Titulaires ;
- MM. Jean Carpentier, J. Compagnon, C. Grivolas, A. Marx, P. Rodier, G. Schwob, E. Vaillaux, sont admis comme Membres Sociétaires Titu-tulaires, et
- M. Paul Lemerle comme Membre Sociétaire Assistant.
- La séance est levée à 10 .h. 50.
- L’un des Secrétaires Techniques, P. Dubois.
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- PAR
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- \I. J. LEGRAND
- SOMMAIRE
- Les trois données fondamentales.
- Incertitude du coefficient K de la réaction orthogonale.
- Explication des variations de K.
- Expériences de M. Legrand et de MM. Auclair et Servan sur la variation de K. Recherche de la valeur de K pour de très grandes surfaces (voilure d’un vaisseau marchant vent arrière).
- Incertitude de la prévision de la réaction en incidence oblique.
- Incertitude de la prévision de l’effort propulseur.
- Renseignements sur la composante résistante de la réaction sur la voilure.
- Incertitude sûr la position du centre de pression.
- Valeur effective des travaux d’aérodynamique.
- Tentatives de mesures par des observations de vols planés.
- Conclusions erronées tirées du fonctionnement de l’hélice au point fixe.
- Mécomptes sur la prévision des incidences.
- Aéroplanes employés dans les recherches de M. Legrand.
- Appareils de mesures utilisés.
- Technique des expériences, résultats obtenus :
- a sustentation;— b résistance à l’avancement; — c influence réciproque des deux plans du biplan ; — d indications relatives à la stabilité.
- Conclusions.
- Lés trois données fondamentales.
- Les renseignements essentiels pour l’étude rationnelle d’un projet d’aéroplane se résument à trois :
- Étant donné un type de surface, quel sera son pouvoir sustentateur, quel sera l’effort propulseur correspondant, où sera le point d’application de la résultante des réactions de l’air sur la surface, pour les différentes positions de cette surface dans l’espace et aux différentes vitesses.
- (1) Voir procès-verbal de la séance du 17 février 1911, page 185.
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- Dans les idées théoriques qui ont prévalu jusqu’à ce jour, on a cherché à rattacher la sustentation des voilures à la réaction observée en incidence orthogonale.
- Incertitude du coefficient K de la réaction orthogonale.
- Dans le cas le plus simple, surface plane déplacée orthogo-nalemenV la loi de sustentation universellement admise est de la forme KSY2 et l’on suppose que K est constant par rapport à l’aire et à la vitesse. Or, l’étude de la documentation montre immédiatement qu’on n’est absolument pas d’accord sur la valeur à assigner à K.
- M. Soreau, dans le mémoire paru au bulletin de juillet 1908, cite-douze valeurs de K dont les extrêmes diffèrent de 100 0/0, et encore ne donne-t-il pas les résultats de Canovetti, Stanton, Faccioli, Siemens et Halske, Finzi et Soldati, etc. Un même expérimentateur obtient, suivant les conditions, des valeurs de K, notablement différentes. Ainsi, Morin, Piobert et Didion opérant sur des plans carrés de 0,50 m et 1 m de côté, en mouvement rectiligne, ont trouvé :
- Y = 1 m,
- Y 2 m,
- Y = 4m,
- Y = 5 m,
- K =r 0,13, K = 0,099, K = 0,091, K = 0,089.
- En Amérique, Langley trouve surface :
- Y ~ 4,47 m,
- Y = 8,50 m,
- Y = 10,50 m,
- au manège pour une même
- K = 0,097,
- K = 0,066,
- K = 0,070.
- Il obtient aux mêmes vitesses, avec un carré de douze pouces de côté (S = 929 cm2) K == 0,10 et avec un carré S = 231 cm2, K = 0,076.
- Dans le tableau des douze valeurs obtenues par des savants différents, les résultats de Langley sont représentés par un
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- chiffre moyen, ce qui ne laisse pas soupçonner ces variations.
- M. Eiffel en a fait une étude particulière dans ses expériences en chute à la Tour. Pour chaque surface, il a pu tracer des courbes de K en fonction de Y. Pour le plan de 1 m2, aux vitesses extrêmes de 34 m et de 17 m par seconde, les valeurs de K sont respectivement de 0,077 et de 0,082. La courbe correspondante extrapolée passe par le point K = 0,103 et Y = lm obtenu par von Lœssl, ainsi que' l’a remarqué M. Eiffel.
- Borda, expérimentant sur de très petites surfaces carrées de 4", 6” et 9" de côté, par le procédé du moulinet à axe horizontal, avait obtenu des résistances croissant comme la puissance 1,1 de Paire. M. Eiffel a bien constaté une augmentation de K avec Paire, mais tendant assez rapidement vers une limite, en sorte qu’il considère qu’il n’y a plus d’augmentation sensible à partir du mètre carré.
- Les expériences sur des surfaces plus grandes sont extrêmement peu nombreuses. On ne peut guère citer que Canovetti et Stanton. Le premier a utilisé un wagonnet sur une voie de funb culaire portant une surface ten toile de 3 m2. Il a obtenu des K très variables avec la vitesse (de 0,06 à 0,11). Stanton a exposé au vent naturel des surfaces en bois plaqué ayant jusqu’à 10 pieds où S,05 m de côté. 11 avait expérimenté autrefois sur de très petites surfaces carrées de 2 pouces de côté, dans le courant d’air d’un ventilateur canalisé par un tunnel. Il avait eu K — 0,0027 en unités anglaises, soit 0,066.
- Pour la surface de 12", qui donnait à Langley Iv = 0,0032, soit 0,078, il obtenait K = 0,0030 ou 0,073. Le carré de 5 pieds de côté lui a donné 0,00320, et celui de 10 pieds 0,00322, soit 0,078. Il n’y a donc plus d’augmentation sensible, et ceci est d’accord avec les conclusions de M. Eiffel.
- Explication des variations de K.
- Yon Lœssl avait étudié, à l’aide de flammes de gaz, la zone formant une proue fluide à Pavant des plans expérimentés, mais il ne paraît pas s’être occupé des phénomènes qui se passaient derrière ces plans. L’analyse de la répartition et de la valeur des pressions et dépressions devant et derrière les surfaces a été ébauchée par Dines et Nipber, développée par Finzi et
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- Soidati, puis Stanton, avant d’être amenée à un haut degré de perfection dans le laboratoire de M. Eiffel.
- Stanton comparant des plaques de grandeur différente exposées au même courant d’air a toujours trouvé la même pression au centre de la face avant, mais la dépression en arrière de la surface augmente avec les dimensions de la plaque, jusqu’à une certaine limite. Cette dépression est un élément de la réaction totale qui en représentait le tiers environ dans les expériences de Dines, la moitié dans celles de Marey et Finzi et Soidati.
- Les essais de M. Eiffel en incidence oblique lui ont attribué un' pourcentage encore supérieur dans certains cas. Malgré une allusion de M. Soreau dans son mémoire de 1908, ce rôle de la dépression n’était pas apprécié à sa valeur dans le monde de l’aviafion avant la communication de M. Eiffel, du 21 janvier 1910. On conçoit très bien que certaines dimensions linéaires sont nécessaires pour que puisse s’établir une zone de dépression à l’arrière d’une surface, qui se.raccordera à la pression ambiante par l’intermédiaire d’une sorte de talus figuré par les lignes isobares dans les tracés de M. Eiffel. Ce talus, ayant la même importance sur des surfaces de 1 et de 10 m2, les réactions totales seront à très peu près égales sur ces surfaces. La réaction sur les très petites surfaces est diminuée parce qu’il ne peut s’établir derrière elles de zone de dépression.
- Je crois utile de répéter le théorème que j’énonçais en 1909 :
- La réaction orthogonale de Vair sur une surface a une valeur limite par unité qui peut être obtenue dès que la surface a une aire supérieure au mètre carré et sensiblement égale au double de la pression sur l’avant d’un petit élément.
- Ce théorème doit aider en effet à comprendre que la valeur la plus probable de K doit être à la limite de 0,13 environ. Mais il n’est pas démontré par les expériences directes qui fournissent, comme nous l’avons dit, des résultats très variables et groupés à tort dans des moyennes.
- En ce qui concerne les variations de K avec la vitesse ou avec le mode d’expérimentation elles sont évidemment liées aux perturbations apportées dans la formation de la zone de dépression.
- Stanton n’a pas obtenu toutes choses égales d’ailleurs, la même dépression au tunnel et à l’air libre. Elle était, par exemple 1,15 fois plus forte dans le second cas. Les plates-formes de wagonnets, la proximité de la voie, les bras des manèges, la suspension des corps étudies en chute peuvent déformer les
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- dépressions à l’arrière des surfaces, et ces déformations sont variables avec la vitesse. Nous allons donner un exemple de mesures de K sur un véhicule.
- Expériences de M. Legrand et de MM. Auclair et Servan
- SUR LA VARIATION DE K.
- J’ai cherché à graduer empiriquement sur une automobile un instrument qui devait me donner la vitesse instantanée de l’aéroplane.
- Il se compose d’un disque en tôle de 0,40 m de diamètre porté par un bras qui se déplace parallèlement à lui-même, lorsque le disque reçoit la pression normale du courant d’air de la vitesse relative. A cet effet, le bras est monté sur un parallélogramme articulé, et dans sa course, il fait travailler à l’allongement un ressort à boudin. Le déplacement angulaire du petit côté du parallélogramme est indiqué par une flèche parcourant un secteur.
- A chaque vitesse correspond une tension du ressort équilibrant la poussée reçue parle plateau, et une position de l’index sur la graduation. Cette dernière est d’abord établie statiquement à l’aide de poids marqués. Nous avons circulé à des vitesses comprises entre 45 et 110 km à l’heure sur la route d’Orléans, au delà d’Étampes.
- La formule P =' KSV2, où V était mesuré par chronométrage sur les bornes kilométriques, P par la graduation en poids préalable, S connu, a donné des valeurs de K variables avec Y suivant une loi irrégulière, et beaucoup plus faibles que les K mesurés aux mêmes vitesses sur un disque de même dimension par M. Eiffel. Visiblement, la voiture et l’arrière du disque étaient accompagnés par une carène d’air entraîné, supprimant la zone de dépression. La face avant recevait directement les filets d’air, et un anémomètre de Daloz, à pendule sphérique, difficile d’ailleurs à observer dans ces conditions, permettait d’en acquérir la certitude.
- J’ai prêté ensuite cet appareil à MM. Servan et Auclair, du laboratoire de mécanique de la Sorbonne, qui l’ont installé tout à fait à l’avant du capot d’une autre voiture. Ils ont obtenu encore des K variables avec la vitesse, mais cette fois, les valeurs de K étaient de 0,13 et au-dessus (voir tableau I).
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- Tableau I.
- Essais de tarage de Vanémomètre de-pression, système Maxim, modifié par M. Legrand, sur une automobile.
- Essais par M. Legrand, le 29 mai 1910.
- V mètres par seconde. P kilos. p V*'
- 21,05 3,25 0,00733
- 19,60 2,7 0,00703
- 16,95 1,3 0,00452
- 22,50 3,75 0,00741
- 22,22 3,5 0,00708
- 13,60 1,00 0,00594
- 23,25 4,00 0,00739
- 23,80 4,2 0,00742
- En divisant les chiffres de la dernière colonne par S = 0,1256, on trouve entre 19 et 24 m de vitesse K — 0,058 en moyenne.
- Or, entre 19 et 39 m M. Eiffel a trouvé, pour un disque de dimensions comparables, K — 0,07. Seulement M. Eiffel a obtenu, pour deux surfaces de 1,16 de mètre carré se suivant à 600 mm d’écartement K = 0,0527 seulement.
- le même V appareil par MM. Serran et Auclair ' T>
- 16,67 vent nul 4,3 0,0455
- 15,31 vent debout 4,3 0,0184
- 15,18 — 4,3 0,0187
- 14,61 — 3,5 0,0164
- 13,89 vent nul 3 0,0453
- 13,80 vent debout 3,5 0,0184
- 12,93 — 3,15 0,0188
- 12,70 — 3,15 0,0195
- 11,11 vent nul 2,3 0,0187
- 10,82 vent arrière 2,7 0,0231
- 8,82 — 1,85 0,0237
- 8,61 — 2 0,0270
- 7,80 — 1,75 0,0288
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- Les chiffres de la dernière colonne, mesurés vent debout, donnent en moyenne K = 0,14-, ceux mesurés vent arrière K = 0,20. Les deux valeurs soulignées, mesurées par vent nul, donnent K = 0,123.
- Mes constatations m’amènent à conclure que, lorsqu’on observe un K variable avec V dans une étude quelconque, par exemple, dans les expériences en chute à la Tour, on peut se demander si ce phénomène n’est pas dû au véhicule ou au montage produisant des remous (1). Enfin, on peut craindre que les résultats ne soient différents avec un montage modifié.
- Toutes les expériences sur automobile ou wagonnet devront être surveillées de très près à cet égard, et l’on risque de grosses erreurs en déterminant séparément par ce procédé la résistance à l’avancement de divers éléments constructifs et en additionnant ces résistances partielles pour prévoir la résistance totale d’une construction projetée.
- Nous pouvons rappeler dès maintenant, que les recherches de MM, Rateau et Eiffel sur des modèles de surfaces courbes tendraient à confirmer la loi de résistance en V2, alors que M. Es-nault-Pelterie l’a déclarée complètement fausse pour des surfaces de 3 m environ remorquées à bonne hauteur par une automobile. M. Archdeacon, cherchant à graduer sur automobile au bois de Vincennes un indicateur de vitesse de type très différent (éjecteur Bourdon avec manomètre de dépression), a fait des constatations analogues. MM. Servan et Auclair en ont fait autant avec des anémomètres ordinaires contrôlés par le chronométrage de la voiture à l’aide des bornes kilométriques. Ces anémomètres sont, en général, tarés au manège. Leurs indications deviennent erronées à cause des remous entraînés par la voiture.
- Recherche de la valeur de K pour de très grandes surfaces (voilure d’un vaisseau marchant vent arrière).
- Le lieutenant de vaisseau Thibault a fait, à Brest, de 1822 à 1832, une série d’expériences très intéressantes, sur la réaction de l’air sur les surfaces en vue d’une étude rationnelle des voi-
- (1) M. G. Eiffel a placé dans le courant d’air de son ventilateur une surface essayée en chute à la Tour, avec ou sans montage derrière. Il n’a observé aucune différence dans les résultats.
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- lares de vaisseaux. Il était conseillé par le célèbre mathématicien Poisson. Le colonel Duchemin a cherché dans ces expériences la vérification de sa loi sur les incidences obliques. Le colonel Renard les a discutées.
- Thibault chercha à déterminer en cours de navigation le coefficient K de voiles en vraie grandeur en écrivant l’équation de propulsion du vaisseau le Santi Pétri, de 8b canons. Mais il lui aurait fallu connaître exactement la résistance à l’avancement de la carène de ce vaisseau.
- En effet, un régime de vitesse étant établi et mesuré par le loch, on doit évidemment écrire que la résistance de l’eau au mouvement de la carène est égale à la réaction de l’air sur la voilure et aussi sur les œuvres mortes qu’on appelle le fardage. Or, la résistance rie carène ne s’est précisée que vers 1850, à la suite d’expériences de remorquage effectuées par l’amiral Bourgeois et Dupuy-de-Lôme. Fort heureusement, ces expériences ont porté sur des vaisseaux du modèle de Sané qui a été reproduit de 1782 à 1850, et nous pouvons évaluer la résistance du Santi Pétri en multipliant par le carré de la vitesse le maître bau ou section transversale immergée maxima, multiplié .lui-même par 3 kg, soit 3BV2. Le coefficient 3 kg ne s’applique, bien entendu, qu’aux vitesses abordables au Santi Pétri. Les vaisseaux filaient alors exceptionnellement 11 à 12 nœuds, et une bonne vitesse moyenne était de 6 à 7 nœuds. Gela représentait déjà un énorme progrès, puisqu’au xvme siècle on se contentait dans des conditions identiques de 4,5 nœuds. Thibault, faute de résultat direct, s’est servi d’une formule théorique due à Romme, qui ne donne pas des résultats très différents.
- La réaction de l’air sur le fardage a été mesurée aussi par l’amiral Bourgeois, en faisant remorquer un vaisseau à sec de toile contre un vent de 10 m, en sorte que le vaisseau ne gagnait ni ne perdait de terrain. Il trouva qu’on pouvait prendre le fardage comme égal a trois fois le maître couple et adopter K = 0,13 pour le coefficient d’action du vent sur cette surface (Froude a proposé plus tard 0,14), en sorte que l’action du vent sur le fardage est 0,13 3BV2 selon Bourgeois.
- Pour apprécier la réaction de l'air sur la voilure, il fallait en connaître la surface, ce que l’observation des voiles établies et le plan de voilure du bâtiment rendaient facile. Il fallait ensuite mesurer la vitesse du vent relatif, ce que Thibault a pu faire à l’aide d’un anémomètre de pression qu’il avait étudié à terre
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- sur une plage exposée au vent du large en l’étalonnant par l’observation du chemin parcouru dans un temps donné par du duvet de chardon. A la Commission de tir de Calais, on étalonne de même les anémomètres par le déplacement d’un flocon de fumée.
- Les voiles d’un vaisseau sont des trapèzes qui atteignent individuellement plusieurs centaines de mètres carrés, et celles qu’il porte vent arrière sont coupées développables sur le plan.
- Voici les données d’une marche vent arrière notées par Thibault :
- Surface de voilure 26 932 pieds ou 2 932 m2;
- Angle des vergues et du vent relatif, 88 degrés, soit presque un angle droit;
- Angle des vergues et de la quille, 73 degrés. Le vent vient à 1 5 degrés de l’arrière;
- Vitesse mesurée du vent relatif, 2,6 m par seconde;
- Vitesse du navire, 6,16 nœuds ou 3,4 m par seconde;
- Surface du maître bau, 88 m2 donnée par l’observation des tirants d’eau et les plans du navire.
- On a alors :
- K . 2932 . 2,62 . cos 15° + 0,13 . 3 . 88 . 2,62 = 3 . 3^2
- ou
- K = = o 14.
- 19144 ’
- Cherchons à apprécier l’erreur probable.
- Le loch à cette vitesse et par belle mer, avec un personnel exercé, est exact à un dixième de nœud près, soit 0,05 par seconde.
- L’anémomètre enregistra une pression de 270 g sur une surface de 2 304 cm2 et était sensible à 1 g près. Si l’on adopte V = 2,7 au lieu de 2,6 on trouverait à peu près K = 0,13.
- La vérification est suffisante pour permettre de dire que les voiles de plusieurs centaines de mètres carrés donnent en incidence normale le même K que la surface à double courbure de 1/2 m2 étudiée par Lilienthal, ou qu’un plan de 1 m2 à faible vitesse.
- Si nous adoptons l’avis de Stanton et de M. Eiffel relativement à la limite de l’augmentation de K avec la surface, nous croyons q*ue cette valeur limite, dépendant d’ailleurs de la pression ba-
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- rométrique ou plus exactement du poids du litre d’air au moment de la mesure, est comprise entre 0,13 et 0,14 au niveau de la mer. Il n’est pas sans intérêt de noter à cet égard que les expériences de Langley ont été faites à une altitude assez grande.
- Thibault s’était assuré par des essais sur des modèles au moulinet puis au vent naturel que des surfaces cylindriques ont le même K que la surface développée. En montant une surface comme une voile, lui permettant de prendre une double courbure, il arriva au même résultat. On serait donc en droit de supposer que la légère courbure prise par les voiles du Sanli Pétri avec cette jolie brise de 2,6 + 3,4 = 6 m de vitesse n’a pas eu d’influence de nature à majorer K. La question des variations de K paraît donc éclaircie, mais il y a désaccord important sur sa valeur limite pour les grandes surfaces.
- Incertitude de la prévision de la réaction en incidence oblique.
- On a supposé, lorsque le déplacement de la surface plane n’est plus orthogonal, que la réaction de l’air aura une valeur qu’on pourra déduire de la réaction orthogonale en multipliant celle-ci par une certaine fonction d’un angle qui caractérise l’obliquité du déplacement. Un très grand nombre de formules ont été proposées à cet égard, et l’excellent ouvrage de M. Eiffel donne des graphiques qui permettent de les comparer. Ces gra-
- Pe
- phiques représentent les valeurs de ppp ou du rapport de la
- réaction oblique à la réaction normale, pour le plan carré. On trouve que la loi est sensiblement linéaire pour les angles compris entre 0 et 12 degrés.
- Par conséquent, en multipliant la réaction orthogonale KSVZ par une constante, et par l’inclinaison i de la surface sur la trajectoire, on aura la réaction correspondante. Sous l’angle 10 de-
- p i
- grés, on a pour ppp les valeurs suivantes pour le plan carré :
- Duchemin............ 0,337 Renard..............0,342
- Joessel.............0,350 Eiffel. . ...... 0,333
- Louvrie. . . . . . . 0,320 Institut de Koutchino. 0,304
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- Adoptons la valeur d’Eiffel (1) et mettons l’angle 10° = 0,174 en évidence.
- On aura Pi = P90 . i constante = K . S . V2.0,174.1,91, car
- • ni __ 0,333
- 1,9 “ 0,174*
- Les choses se passeront donc comme si le coefficient K doublait sensiblement pour le plan carré en incidence oblique entre 0 et 20 degrés
- Si l’on veut absolument que K soit constant, on remplacera i par 2i dans la formule et on aura la loi de Duchemin.
- Les choses vont se compliquer lorsqu’on envisagera, non plus des plans carrés, mais des plans ayant un allongement transversal. Dans les expériences de laboratoire, ces plans allongés donnent un K supérieur aux plans carrés de même surface, en incidence oblique. L’explication classique est que l’importance des pertes marginales (filets s’échappant par les bords latéraux) est diminuée par l’allongement. Il s’ensuit que les plans allongés doivent posséder le même avantage en incidence normale, et, en effet, Thibault a vérifié sur son moulinet qu’une surface de 1089 cm2 allongée dans le rapport 2/1 donnait une résistance 1,06 fois plus forte que le plan carré de même surface. M. Eiffel avait obtenu des résultats du même genre dans ses expériences en chute, sans y insister autrement. Mais dans son ouvrage de 1911, il montre que K augmente de 47 0/0 pour une surface de 225 cm2 lorsqu’on passe de l’allongement 1 à l’allongement 50.
- Stanton a trouvé au tunnel des résultats de même sens (ainsi que Lœssl au manège). Mais, dès qu’il a opéré sur des surfaces suffisamment grandes, l’avantage de l’allongement en incidence normale a disparu. Par exemple, le rectangle 10' X 5' a donné 0,000318 pour K exprimé en unités anglaises alors que le carré 5' X 5' donnait 0,00320.
- Je suppose qu’il en est de même en incidence oblique et que la limite de la réaction par unité de surface à mesure que l’aire croit est absolument indépendante de l'allongement dès qu’on envisage des dimensions analogues à celles des voilures d’aéroplanes. La mesure directe du pouvoir sustentateur des voilures de queue de certains biplans, qui ont, par exemple, 2,60 m d’envergure sur 2 m de profondeur, et les résultats donnés par des mono-
- (1) A la suite de ses nouvelles expériences, le nombre d’abord donné par M. Eiffel, soit 0,333, doit être remplacé par 0,370, tandis *que l’Institut de Kontchino trouve 0,304 soit 20 0/0 de moins.
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- plans dont l’allongement est de 3 seulement, sont des arguments en faveur de cette supposition. Yoici encore un important point à élucider.
- Considérons maintenant, non plus des plans, mais des surfaces minces arquées ou même à double courbure comme la surface de Lilienthal, ou des surfaces épaisses définies par un profil d’intrados et d’extrados.
- Pi
- On savait depuis longtemps que le rapport était plus
- i yu
- grand pour la surface arquée que pour le plan, toutes choses égales d’ailleurs. Ainsi, sous l’inclinaison de 15 degrés, Thibault a obtenu pour le plan 0,42. En cintrant ce plan sur un arc de 20 degrés d’ouverture, il a eu 0,48 et, en le cintrant sur un arc de 40 degrés, le rapport a été porté à la valeur 0,55.
- Thibault avait mentionné également que ce rapport passait par un maximum lorsque la tangente d’attaque de la section droite coïncide avec la direction de la vitesse du courant d’air. Lilienthal retrouva ensuite ce résultat ; on constate par exemple, sur les graphiques publiés par cet expérimentateur pour une surface de flèche égale à un douzième, un maximum pour les inclinaisons de 15 à 25 degrés, et la tangente au bord d’attaque fait précisément avec la corde un angle de 19 degrés à peu près situé au milieu de la région du maximum. M. Marcel Armengaud a insisté sur l’importance de cette inclinaison particulière qui donne Ventrée correcte selon son expression par analogie avec le fonctionnement des turbines. Dans la surface précitée de Lilienthal, Pi est à cette inclinaison 92 0/0 de P90. M. Eiffel a obtenu encore mieux (\).
- Malheureusement, le problème qui se pose aux constructeurs d’aéroplanes n’est pas de tirer le'maximum de réaction d’une surface dont l’aire est assignée, mais de tirer le maximum de réaction compatible avec la puissance motrice dont ils disposent.
- Il n’y a donc pas lieu d’attacher une importance exagérée à la considération de Ventrée correcte.
- Dans tous les cas, il est bien constaté que la sustentation, au même angle, est plus grande sur une arquée que sur le plan. Naturellement, il faut définir dans le cas de l’arquée ce qu’on entend par son angle d’attaque.
- (1) Le phénomène n’est d’ailleurs pas spécial aux surfaces arquées. M. Eiffel a montré qu’un plan pouvait donner à un certain angle une poussée supérieure de 45 0/0 à la poussée orthogonale. Dinés avait entrevu ce fait.
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- Les idées théoriques de M. Soreau, adoptées par M. Rateau, conduisaient à repérer les angles à partir d’une position de la surface qui donne une sustentation nulle. Cette position ne peut être prévue a 'priori. Sa détermination offre beaucoup de difficultés dans les seules conditions où elle peut être tentée, c’est-à-dire au laboratoire. C’est ainsi que M. Rateau a décrit, depuis plusieurs années une expérience dans laquelle une surface bombée, équilibrée par rapport à son bord antérieur, autour duquel elle peut tourner, prend dans un courant d’air une certaine position d’équilibre qui était supposée correspondre à la sustentation nulle.
- Or, il a été reconnu depuis qu’à cet instant la surface est chargée par le courant d’air: en d’autres termes, la sustentation est négative, et l’équilibre prouve simplement que la réaction de l’air passe par l’axe de suspension. Le centre de pression est exactement au bord d’attaque.
- Il est donc naturel de continuer comme autrefois à définir l’angle par l’inclinaison de la corde du profil de l’arquée sur la direction du vent relatif.
- Pour rendre compte de l’augmentation de sustentation observée sur l’arquée, on eut l’idée de multiplier la valeur de la réaction sur le plan en incidence oblique par un certain coefficient.
- L’évaluation de la réaction sur Parquée se décomposait donc en employant : ' -
- 1° Le coefficient mal connu de la réaction orthogonale ;
- 2° Le. coefficient de correction relatif à l’obliquité et à l’allongement, nous avons vu que l’influence de l’allongement est douteuse pour les surfaces grandeur d’exécution ;
- 3° Le coefficient de l’arquée.
- La notion de coefficient de Parquée est abandonnée lorsqu’on emploie, comme origine des angles, l'angle de sustentation nulle qui revient à augmenter d’une constante les angles rapportés à la corde du profil.
- Pendant que les théoriciens cherchaient leur voie pour rendre compte de la sustentation dans le déplacement oblique des surfaces, les constructeurs avaient réalisé des appareils ainsi sustentés, dont le poids, la surface, la vitesse de translation, et l’angle de la corde avec la trajectoire étaient plus ou moins connus, et, appliquant la fameuse loi du sinus, remplaçable par
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- l’angle pour les faibles valeurs de ce dernier, on écrivait P = KSV27, équation dans laquelle K était la seule inconnue. Le raisonnement simpliste qui conduit à la loi du sinus aurait exigé qu’on retrouvât K = 0,13 environ. Or, on obtenait K=0,4 en moyenne, et Ferber prétendait même avoir eu Iv = 0,7.
- Tout cela donnait l’impression que dans la courbure des surfaces résidait un mystère qui permettait d’obtenir une sustentation très supérieure aux prévisions, et qui, fort heureusement, tolérait la réalisation du vol mécanique dans des limites infiniment moins strictes que ne le prévoyaient les meilleurs théoriciens quelques années auparavant.
- D’où, très naturellement, l’idée que le tracé de la courbure jouait un rôle énorme dans les résultats, et constituait un secret à surprendre ou à défendre.
- A la fin de 1909, j’ai indiqué, devant la Société française de Navigation aérienne la définition des principaux profils employés par les constructeurs et montré qu’ils s’équivalaient sensiblement au point de vue des résultats constatés. Au printemps de la même année, j’avais expliqué devant notre Société qu’en calculant la marche à la voile des vaisseaux en incidence oblique," c’est-à-dire au plus près du vent, et en faisant usage de la loi du sinus, je trouvais pour K des valeurs analogues à celles obtenues de la même façon pour les meilleurs aéroplanes. En écrivant l’équation de la marche au plus près pour le Santi Petn d’après les données de Thibault, je trouvais K= 0,43L Les observations faites il y a trente ans par le lieutenant de vaisseau Paris, sur le vaisseau école le Jean-Bart me conduisaient à des valeurs de K encore plus grandes.
- Cependant les voiles carrées de ces navires n’offraient ni allongement, ni courbure très pure et rigide, leur caractéristique étant d’être déformables. Je n’insisterai pas sur cette démonstration, moins utile à ce jour, à cause du progrès des idées. Je prendrai cependant de nouveaux exemples dans le fonctionnement des hydroplanes italiens. Forlanini, puis Crocco ont donné pour exprimer la sustentation sur l'eau, la formule KSN2 ou K =6,33; N représente des nœuds de 1832 m. En exprimante vitesse en mètres par seconde, il vient P= 25,4 SV2. Cette formule correspond à une incidence de 4 degrés ou 0,07. En mettant cet angle en évidence, il faut diviser 25,4 par 0,07 et l’on aurait pour K la valeur 362 bien supérieure au coefficient de résistance orthogonale dans l’eau. En divisant par 800, rapport
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- approximatifd.es densités de l’air et de l’eau, il vient Iv = 0,452 comme pour les aéroplanes.
- Mais, depuis 1909, toutes les idées sur la sustentation des arquées se sont modifiées sous l’influence des travaux de M. Rateau d’abord, et ensuite de M. Eiffel, qui ont montré le parti à tirer de méthodes et de recherches inaugurées par Lilienthal.
- On sait maintenant que la sustentation d’une arquée est une fonction de l’incidence, qui se représente par une courbe continue. La sustentation orthogonale n’est qu’un point de cette courbe, et il importe très peu que l’on place le zéro des angles à l’inclinaison nulle de la corde du profil ou à l’inclinaison négative en général qui correspond à la sustentation nulle. La forme de la courbe n’en sera pas altérée.
- A mesure que la connaissance de telles courbes fait des progrès, se restreint la zone dans laquelle on, peut lui substituer une droite, c’est-à-dire une loi linéaire. Elle n’est plus que de quelques degrés. D'autre part, les constructeurs et les aviateurs savent maintenant que leurs appareils volent à des angles très notablement différents suivant la charge, c’est-à-dire l’essence et l’huile consommées en cours de vol, suivant qu’il y a ou non des passagers. En sorte que la connaissance d’une loi linéaire pour un type de voilure déterminé n’a qu’une utilité très relative. Les lois beaucoup plus compliquées qu’on peut adopter pour représenter par une formule algébrique une courbe assujettie à passer par un certain nombre de points sont des plus incommodes à manier. Il suffit de connaître le tracé graphique de la courbe, pour prévoir la réaction en incidence oblique, qui nous préoccupe actuellement.
- Des courbes relatives à divers profils ont été dressées par Lilienthal, puis par M. Rateau et enfin parM. Eiffel, ces derniers ont expérimenté des modèles de surfaces, reproduisant les types les plus usuels des voilures d’aéroplanes.
- Ecrivant P = Ki/SV2 les courbes représentent la valeur de liy pour chaque valeur de l’incidence i. Elles supposent implicitement que la loi quadratique de la résistance de l’air est hors de discussion.
- Nous avons réuni sur la figure I les courbes de sustentation de divers modèles d’ailes essayés par M. Eiffel, et empruntées à son ouvrage de 1914.
- Il reste à vérifier si en grandeur d’exécution ces courbes repré-
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- sentent encore le phénomène, ce qui exige des mesures sur un aéroplane en vraie grandeur. Nous développerons ce point tout à l’heure.
- Incertitude de la prévision de Veffort propulseur. — Cet effort est égal à la somme des résistances du système, il comprend donc non seulement la composante résistante de la réaction de l’air sur la surface, obtenue en projetant cette réaction sur la direction du mouvement, mais encore les résistances à l’avancement
- 0.06 -
- 0.03 -
- des éléments de construction non sustentateurs, tels que pièces d’armement et d’entretoisement des voilures, châssis d’atterrissages, groupes motopropulseurs, équipages, etc. Un théorème célèbre de Penaud et Renard fait prévoir que pour un aéroplane volant tout juste, c’est-à-dire au minimum de puissance, la somme des résistances passives est égale au quart de la résistance totale. A l’allure du minimum de traction, la résistance passive est égale à la moitié de là résistance totale. A l’inclinaison de sustentation nulle, la résistance passive serait absolument prédominante. Ces considérations montrent l’importance
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- de l’évaluation des résistances passives pour la prévision de l’effort moteur. Or, on ferait une grosse erreur en additionnant les résistances passives des fils, montants, etc., à tant du mètre d’après les mesures faites au laboratoire sur un élément isolé. Cela tient à l’influence de la carène d’air entraînée Dar le système, c’est comme si l’on avait voulu annoncer à l’avance la résistance à l’avancement du disque de 0,40 m de diamètre dans mon expérience en automobile. On a bien la ressource, comme l’a fait M. Eiffel, d’exposer au courant d’air un modèle réduit, au dixième par exemple ; il sera, d’ailleurs, bien difficile que cette réduction porte exactement sur les dimensions des cordes à piano, etc. En supposant même le modèle exact, il resterait à établir que la résistance du système en vraie grandeur peut s’en déduire avec une approximation suffisante. M. Eiffel a expérimenté des éléments de treillis couvrant à peu près 20 X 40 cm.
- Il serait bien osé de dire que les valeurs de K observées seraient les mêmes si l’on considérait successivement des treillis semblables mais ayant 20 mm ou 20 m de côté, ou encore qu’il suffirait de multiplier K par un nombre simple connu à l’avance pour tenir compte de l’agrandissement. La détermination directe en grandeur d’exécution s’impose absolument pour l’appréciation des résistances passives.
- Renseignements sur la composante résistante de la réaction
- SUR LA VOILURE.
- On peut représenter cette composante par KæSV2 et les travaux des expérimentateurs mettent à notre disposition des courbes de K#. Nous avons groupé ces courbes, d’après M. Eiffel, pour les types classiques de voilures qui ont servi à exécuter les modèles réduits, dans la figure 1. On ne peut les assimiler à des droites dans le voisinage de l’origine, c’est-à-dire pour les petits angles. M. Soreau a donc proposé de les représenter par des formules paraboliques, qui comprenaient d’abord deux coefficients à déterminer, et qui en renferment maintenant trois. Il paraît préférable de faire usage du graphique expérimental.
- Le vol mécanique étant obtenu en somme à l’aide d’un moteur qui produit par l’intermédiaire d’une machine de transformation, l’hélice, un effort axial opposé aux résistantes du système et qui
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- entretient la vitesse produisant la sustentation, il est intéressant de comparer la sustentation réalisée à l’effort axial déve-
- Kï/
- loppé. On peut construire à cet effet les courbes ^ données
- pour la première fois par M. Rateau.
- Ces courbes présentent un maximum pour une certaine incidence, qui est celle où la voilure porte le plus pour un même effort propulseur.
- Kx
- M. Eiffel a préféré construire l’inverse ^ qui lui donnait
- -°-28 KV
- _0.12
- _C.10
- -0.08
- _ 0.06
- -0.02
- l’angle de la réaction de l’air avec le vent relatif. Il faut alors lix
- envisager le minimum de Nous avons groupé sur la figure 2
- les courbes relatives aux modèles de voilures essayés par M. Eiffel.
- Ces courbes sont beaucoup plus différenciées que celles des lix ' et des K y. On trouvera, dans le savant ouvrage de M. Eiffel, les conclusions comparatives sur les mérites des divers modèles. Nous retenons seulement que le-profil Voisin s’y révèle excellent et que le profil Wright n’a démontré à l’examen aucune des
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- qualités d’essence supérieure qu’on était porté à lui attribuer. Reste à savoir si ces courbes sont valables à l’échelle vraie grandeur.
- On peut en douter d’autant plus que, comme le dit M. Eiffel, la mesure de Kæ aux petits angles présente de grandes difficultés au laboratoire. Si l’on prend lix = 0,0015 au lieu de Kw
- 0,0010 le rapport — pourra être de 15 seulement au lieu de 25,
- la courbe qui le représente sera entièrement déformée. Vu la difficulté de ces mesures, les laboratoires ne sont pas d’accord entre eux. Il résulte des expériences de Koutchino qu’on a pour le plan un rapport maximum de 9,2 sous l’angle 6 degrés. Finzi et Soldati ont trouvé 11,3 à 5 degrés. M. Eiffel n’a que 6,25 à 6 degrés. M. Rateau a obtenu une valeur bien supérieure pour un très petit angle. Quoi qu’il en soit, tout le monde est d’accord que le rapport est plus avantageux pour la surface arquée que pour le plan. Avec une traction déterminée, on produira moins de sustentation avec le plan. Il faudra y remédier en donnant plus de vitesse, c’est-à-dire qu’il faudra dépenser plus de travail. Cette conclusion n’est d’ailleurs valable que pour le plan mince, et dans la grandeur expérimentée au laboratoire.
- Nous constatons encore sur ce point d’un intérêt capital l’absolue nécessité de vérifier les essais de modèles par des mesures en vraie grandeur.
- Incertitude sur la position du centre de pression.
- On admet que les réactions de l’air sur une voilure d’aéroplane sont réductibles à une résultante unique et, lorsque cette voilure est constituée par une seule surface, on considère l’intersection de la surface et de la résultante sous le nom de centre de pression. Certains théoriciens envisagent, non le centre de pression ainsi défini, mais l’intersection de deux résultantes infiniment voisines lorsque l’incidence varie infiniment peu. On a ainsi un métacenlre qui n’est pas en général sur la surface.
- Il n’est d’ailleurs pas prouvé que les forces ou réactions du fluide soient toujours réductibles à une résultante unique, et il est même un cas où il me semble certain qu’il en est autrement. Lorsqu’on réduit graduellement l’incidence d’une surface, avant que la sustentation s’annule, il vient un moment où se produit
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- une sorte de basculement. Ce basculement est dû à un couple, et, si l’on reste fidèle à la notion du centre de pression, on dira que le centre s’est transporté à l’infini.
- D’une façon purement intuitive, il est facile de voir que l’air presse sur la partie dorsale antérieure de l’arquée, qu’il tend à abaisser, et s’échappe par la nappe inférieure sous le bord inférieur postérieur qu’il tend à soulever, ce qui fait naître le couple.
- Dans l’expérience de principe de M. Rateau, lorsque l’équilibre est obtenu, l’action de la nappe inférieure a disparu, et l’action au bord antérieur passe par ce bord. Après avoir déclaré que le centre de pression s’est transporté à l’infini, sous le vent, il faut donc reconnaître qu’il reparaît au vent, sur ledit bord antérieur.
- Ces développements sont utiles pour faire comprendre le caractère artificiel de la notion de centre de poussée. Quoi qu’il en soit, comme on a l’habitude de l’étudier, avec l’espoir que cette étude sera utile dans la pratique, nous allons rappeler ce qui a été dit successivement sur la position de ce point.
- Dans son mémoire de 1908, M. Soreau, se basant sur les expériences de Jœssel et sur les siennes propres, concluait qu’aux inclinaisons usitées en aviation on pouvait prévoir le centre de pression aux trois dixièmes de la profondeur du profil à partir du bord d’attaque. Cependant il mentionnait ce fait que les frères Wright avaient vu le centre de pression se porter en arrière du milieu lorsque l’incidence se réduisait suffisamment. Il citait des observations analogues de Spratt. En mai 1909, M. Rateau avait présenté à l’Association technique maritime des graphiques montrant que sur une plaque fusiforme le centre de pression ne tend pas vers une position limite plus ou moins rapprochée du bord antérieur, mais rétrograde rapidement à; partir d'un certain angle, lorsque l’incidence diminue.
- Au mois d’août 1909, M. Rateau a publié dans YAérophile un travail sur une surface à profil en arc de cercle où le centre de pression aux très petits angles tend vers le bord postérieur de la surface. Enfin M. Eiffel, qui ne mentionnait pas ce phénomène dans les premiers résultats publiés par lui, donne dans son bel ouvrage de 1911 une série de graphiques de la position du centre de pression aux différentes incidences pour les modèles de voilures usuelles. On constate, par exemple, que pour la surface Voisin le centre de pression passe dans la moitié arrière à partir de 4 degrés d’incidence. J’avais indiqué à nos collègues lors de
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- la discussion d’avril 1909 que je croyais à cette possibilité, et ce point avait rencontré beaucoup d’incrédulité. M. Esnault-Pelterie a déclaré avoir perdu un an pour avoir méconnu ce principe de la marche renversée du centre de pression. Maintenant le phénomène ne fait plus de doute pour personne.
- Les graphiques de M. Eiffel étant très serrés, j’ai changé l’échelle des angles et reporté sur le même graphique les déplacements du centre de pression pour divers modèles de voilure (fig. 3). On voit sur ce graphique qu’aux angles usités c’est le centre Voisin qui se déplace le plus, et le centre Maurice Far-man qui se déplace le moins ; le centre Wright se déplace un peu moins que le Voisin. Si les phénomènes restent représentés par la même courbe lorsqa’on passe aux surfaces en vraie grandeur, ce qui n’est nullement démontré et très douteux pour moi, si ces courbes sont indépendantes de la vitesse, ce que je considère également comme improbable à cause du rôle des remous et dépressions, il en résultera certaines conclusions intéressant la stabilité longitudinale.
- Il conviendrait néanmoins de ne pas s’en exagérer l’importance, car cette stabilité, dans les aéroplanes où la voilure est fractionnée et présente peu d’inertie par rapport aux poids transportés, dépend d’effets dynamiques qui n’ont aucun rapport avec les phénomènes qu’on observe en construisant de petits modèles de planeurs bien équilibrés.
- Ici encore les expériences de laboratoire et les essais de modèles nous crient casse-cou, mais ne donnent pas les valeurs à adopter pour le bon fonctionnement.
- Valeur effective des travaux d’aérodynamique.
- En résumé, l’aérodynamique appliquée a fait d’immenses progrès au triple point de vue de l’étude de la sustentation, de la résistance à l’avancement et la position des centres de pression. Ces progrès ont été réalisés en deux ans, et rendent désuètes et périmées toutes les notions théoriques antérieures à 1909, et les conclusions qu’on était tenté d’en tirer.
- Mais la vérification à l’échelle des conclusions tirées de ces travaux de laboratoire, et spécialement des plus complets d’entre eux, ceux de M. Eiffel, reste absolument indispensable.
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- _____Bord d.'attaque
- Position du centre dejression
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- Tentatives de mesures par des orservations de vol plané.
- Dans la période héroïque de l’aviation, le regretté Ferber lançait son appareil sur un trolley incliné qui l’abandonnait ensuite en glissade, et cherchait à déduire des éléments de cette glissade les données de fonctionnement de l’appareil. On connaît dans le cas particulier de la glissade, l’effort moteur, qui est uniquement dû au poids de l’appareil, si l’on a pu déterminer la pente de la trajectoire, et, pour que cet effort soit constant, il faut que la trajectoire soit rectiligne et parcourue d’un mouve ment uniforme.
- Or, les glissades observées par Ferber n’excédaient pas 50 m au total et l’enregistrement photographique lui a donné en tout, je crois, un cliché utilisable. Les conclusions tirées, faute de mieux, de semblables observations étaient donc bien prématurées. Les conclusions analogues tirées du fonctionnement en descente des aéroplanes, lorsque la hauteur de 30 m était un record, le sont encore bien davantage.
- Maintenant que certains aviateurs montent à 3 000 m et en descendent moteur arrêté, les diagrammes des baromètres enregistreurs qu’ils emportent permettent de vérifier que la composante verticale de la vitesse de descente reste à peu près constante, voisine de 3 m par seconde en général. C’est une présomption que la vitesse suivant la trajectoire est constante. Certains concours de vols planés ont permis de constater des pentes moyennes de 1/6 environ, mais il est certain que beaucoup d’appareils peuvent planer suivant une trajectoire bien plus rapprochée de l’horizontale ; les pilotes né le font que très près du sol parce qu’ils craignent de réduire la composante motrice du poids pour entretenir la vitesse indispensable à la sustentation et de terminer l’expérience par une chute orthogonale. En effet, les gouvernails de profondeur, qui permettent de piquer vers la terre pour augmenter la pente de la descente, n’ont d’action qu’en raison de la vitesse et, si celle-ci est tombée au-dessous d’une certaine valeur, le pilote ne peut plus produire l’abatée. L’observation rationnelle des glissades pour en déduire des renseignements sur le fonctionnement de l’aéroplane est très difficile, puisqu’il faut mesurer d’une part de l’extérieur la pente de la trajectoire, et d’autre part, à bord de l’appareil, l’incli-
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- naison des ailes sur l’horizon, qui permettra de retrouver leur 'incidence sur la trajectoire, apprécier la vitesse de l’appareil suivant la trajectoire et réaliser pendant les mesures une vitesse constante.
- Il est donc peu pratique et d’ailleurs peu sûr, avec un appareil de type nouveau, de demander aux vols planés des précisions sur le fonctionnement.
- Mais l’étude des trajectoires, moteur arrêté, est extrêmement importante au point de vue de la conduite de l’aéroplane. Les trajectoires possibles sont très nombreuses et elles ne correspondent à une vitesse constante que dans des cas particuliers. La nécessité d’atterrir dans un espace limité peut exiger l’emploi de trajectoires assez inclinées pour qu’elles conduisent à des vitesses s’accélérant de seconde en seconde ; il devient alors nécessaire de couper la trajectoire par un palier, soit au moment de l’atterrissage, soit au cours de la descente. Les donneurs de conseils ont beau jeu pour condamner les vols piqués et la manœuvre du cabrage de l’appareil pour le freiner pendant la descente. Mais il est, au contraire, absolument indispensable de prévoir de semblables pratiques, de construire les aéroplanes pour qu’ils y résistent, et de doter les pilotes d’appareils de contrôle leur permettant, soit d’éviter les vitesses trop faibles qui conduisent à la chute, soit de se tenir en dessous d’une vitesse limite supérieure de sécurité. C’est donc un des points sur lesquels portent actuellement nos recherches.
- Il est parfaitement évident qu’une trajectoire de vol plané n’a pas été parcourue nécessairement à l’incidence que prend l’appareil pour la marche au moteur, et que les deux genres de vols sont à étudier séparément.
- Conclusions erronées tirées du fonctionnement
- DE L HÉLICE AU POINT FIXE.
- Les premiers aviateurs avaient cru constater que le nombre de tours du moteur, mis en marche au point fixe avant que l’appareil prenne son essor, ne changeait pas sensiblement pendant le vol, et ils en tiraient cette conclusion que la traction de Thélice observée au point fixe, à l’aide d’un peson, devait se maintenir pendant le vol. Cette manière de voir a été combattue par M. Arnoux, et j’ai rappelé, au cours de la discussion d’avril
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- 1909, que le capitaine Ferber, en faisant des essais sur une voiture à hélices, avait établi la réduction de poussée en marche. Il est assez curieux de constater qu’en dépit de ses expériences Ferher se ralliait au préjugé commun. Naturellement, si la poussée, estimée égale à la poussée au point fixe, se trouvait en réalité notablement réduite, le produit de cette force par la vitesse, c’est-à-dire le travail effectif, devait subir une réduction correspondante, et le rapport de ce travail au travail du moteur, c’est-à-dire le rendement propulsif, baissait considérablement. Gela paraissait inadmissible aux divers constructeurs, qui croyaient réaliser en marche des rendements propulsifs élevés, beaucoup plus élevés même que ceux constatés dans la construction navale, et l’on objectait l’impossibilité de comparer le fonctionnement dans deux fluides aussi différents que l’air et l’eau. J’avais annoncé un rendement de 54 0/0 environ pour l’aéroplane Voisin, en 1909, et j’ai obtenu, par hasard, exactement ce chiffre au cours de mes déterminations directes de 1910 faites pendant le vol. Mais la question du fonctionnement de l’hélice en marche a été étudiée avec une grande maîtrise par le capitaine Dorand, au laboratoire de Chalais-Meudon, sur un chariot dynamométrique, et j’ai montré que ses résultats d’ensemble et ses lois de fonctionnement coïncidaient absolument avec les résultats analogues obtenus dans les recherches sur l’hélice aquatique. J’ai fait cette démonstration le 7 décembre 1910 devant la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, qui avait subventionné mes recherches. Je renvoie pour le détail à mon mémoire sur ce sujet et à la communication que j’ai faite en 1910 à l’Association Technique Maritime.
- Je me borne aux constatations essentielles.
- Si le moteur est maintenu à nombre de tours constant, la poussée donnée par l’hélice varie suivant une courbe en fonction de la vitesse de translation. Aux vitesses de vol, la poussée diminue quand la vitesse augmente. Si l’on change le nombre de tours, on obtient une autre courbe de poussée qui a le même caractère.
- Le travail absorbé par l’hélice varie avec la vitesse de translation et le nombre de tours dans des conditions analogues.
- Pour chaque nombre de tours, il existe une courbe de rendement en fonction de la vitesse de translation. Cette courbe présente une ordonnée maxima.
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- Lorsque le nombre de tours change, la courbe de rendement se déplace et se déforme, mais la valeur de l’ordonnée maxima ne change pas beaucoup.
- Il résulte de ces constatations qu’il est absurde de définir une hélice en disant qu’elle tire tant de kilogrammes par cheval au point fixe, car ce nombre de kilogrammes diminue rapidement quand le nombre de tours augmente; qu’il est absurde de parler d’un rendement caractéristique d’une hélice, car ce rendement change avec la vitesse réalisée et le nombre de tours. Enfin, le fonctionnement au point fixe ne donne aucun renseignement sur l’effort propulsif qu’on aura pendant le vol.
- Les poussées en vol étant beaucoup plus réduites qu’on ne le prévoyait, il s’ensuit que la résistance à l’avancement est moins grande; on peut se reporter à ce que nous avons dit plus haut au point de vue de l’apprécion a priori de la résistance à l’avancement.
- Mécomptes sur la prévision des incidences.
- Les théoriciens de l’aviation étaient portés à recommander la marche suivante pour l’établissement d’un projet d’aéroplane :
- La voilure ayant été déterminée pour le poids à transporter à une vitesse prévue et à une certaine incidence, on admettait une position du centre de pression pour cette incidence en partant d’une loi d’ailleurs fausse, comme nous l’avons vu. On faisait ensuite la répartition des poids de telle sorte que le centre de gravité vînt se placer sur la verticale du centre de pression.
- L’équilibre était donc possible à l’incidence choisie.
- Pour rendre cette incidence obligatoire, on comptait sur l’empennage, c’est-à-dire qu’on disposait en queue une surface de dimensions convenables dont l'incidence était nulle lorsque la voilure principale avait l’incidence prévue, que le vent relatif prenait par-dessus si l’incidence se réduisait et par-dessous si elle augmentait, de façon à réaliser un équilibre longitudinal automatique à l’incidence choisie II en résultait en particulier que, si on prenait un supplément de poids, par exemple un passager, en le plaçant presque exactement dans la verticale du centre de gravité ancien, l’appareil ne pouvait enlever ce supplément que moyennant une augmentation de vitesse. Comme en général le corps de l’appareil, avec le siège de l’aviateur, était
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- destiné à se tenir horizontalement pendant le vol sur trajectoire horizontale, on donnait comme incidence de construction l’inclinaison de la corde des ailes sur la directrice de ce corps.
- Or, les appareils se sont permis de voler à des incidences très différentes de celles qu’on avait prévues ainsi, et de naviguer en général moins vite quand ils ont un passager à bord ou un fort approvisionnement d’essence. Le type des appareils à empennage non porteur est le monoplan Antoinette, que l’on voit très souvent voler avec son fuselage penché sur l’avant, c’est-à-dire avec l’empennage chargé (sustentation négative). Lorsque sur cet appareil on a voulu remplacer le moteur à huit cylindres en V par un moteur rotatif Gnome de moitié plus léger et placé à l’extrême avant, le centre de gravité de l’ensemble a naturellement reculé et, pour retrouver un équilibre, il a fallu reculer le centre de pression de l’ensemble en rendant l’empennage très fortement porteur à l’aide d’une grande incidence. Le centrage des appareils, c’est-à-dire leur mise au point pour qu’ils volent à des incidences acceptables, exige non seulement le déplacement des poids mobiles, qui sont assez généralement représentés par le fuselage renfermant le pilote, le moteur et les approvisionnements et par le*châssis d’atterrissage, et qu’il est plus ou moins facile de reculer ou d’avancer par rapport aux ailes, mais encore le déplacement du centre de pression résultant, à l’aide d’une graduation convenable, du jeu des voilures avant et arrière. On est conduit en toute nécessité, pour permettre cette graduation, à scinder la voilure portante en deux groupes avant et arrière. Sur les navires, on a dû faire, de la même façon et pour les mêmes raisons, ce qu’on appelle le balancement de la voilure.
- Si l’on dérange ce balancement, dans la marine, on produit des effets d’évolution (par exemple en carguant ou filant l’écoute ou, au contraire, en tendant la voile).
- Sur l’aéroplane, on varie l’action du groupe avant ou du groupe arrière à l’aide de l’équilibreur ou gouvernail de profondeur, et cela est plus particulièrement compréhensible lorsque ce gouvernail fait suite à la voilure arrière. Lorsqu’on le relève pour monter, l’effet est produit beaucoup plus parce qu’on efface ainsi une partie de la voilure arrière, dont l’action s’affaiblit (ce qui reporte le centre de'pression de l’ensemble vers l’avant, en avant du centre de gravité et fait cabrer l’appareil), que parce qu’on fait prendre ce gouvernail par les filets d’air sur
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- le dos en créant une force qui tendrait à abaisser la queue. L’existence d’une telle force est tout ce qu’il y a de plus problématique et les considérations d'angle limite de l’action d’un tel gouvernail purement théoriques. Ce cabrage peut permettre à l’aéroplane de s’engager sur une trajectoire ascendante. En effet, la voilure avant très peu d’inertie par rapport aux poids cités plus haut, ces derniers continuent la trajectoire antérieure pendant un très court instant, et l’incidence de la voilure par rapport à cette trajectoire, c’est-à-dire par rapport au vent relatif, augmente ; par suite, la voilure devient plus portante, ce qui est nécessaire pour monter, le poids apparent étant augmenté de 1 kg par tonne et par millimètre de pente. Les aéroplanes gravissent en général des rampes de 4 0/0 seulement, en rampe continue. Les pilotes ont peur, en effet, de perdre leur vitesse et de tomber en cheminée. Ils peuvent aussi monter beaucoup plus raide par à-coups en reprenant à chaque fois leur vitesse sur un palier. Un aéroplane qui aurait l’empennage théorique ne pourrait augmenter son incidence par rapport à la trajectoire et il ne pourrait augmenter son altitude que par l’accroissement de la puissance du moteur. Il y aurait excès de sustentation et ascension orthogonale, comme pour un ballon. C’est l’effet qui se produit lorsqu’on rencontre une pulsation vent debout qui augmente la vitesse relative.
- Considérons maintenant l’aéroplane chargé, et prenant son départ.
- Il acquiert en roulant sur le sol une certaine vitesse, mais ne décolle en général que par la volonté de son pilote qui le cabre et augmente son incidence. L’appareil monte, et entame en gé^-néral la force vive qu’il a acquise pendant le roulement. Le pilote ramène ensuite son équilibreur et cherche la position de balancement des voilures qui lui permettra de se tenir sur une trajectoire horizontale. Il peut ne pas la trouver, soit que l’appareil persiste à monter (excès de puissance ou centre de pression trop en avant), soit qu’il tende à descendre (insuffisance de puissance, ou centre de pression trop en arrière). Il peut obtenir un équilibre très précaire, rompu à la moindre manœuvre de l’équilibreur.
- C’est le cas,des vols en surcharge, où l’appareil a gagné sur sa lancée une certaine hauteur, mais il est incapable d’augmenter son altitude; dès qu’on le cabre pour monter, il devient trop résistant, il descend, et il faut se hâter de le remettre sur
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- le nez pour que cette descente soit un atterrissage et non une chute. Enfin, le pilote peut disposer d’une zone d’équilibre qui dépend essentiellement des poids transportés.
- A mesure que l’essence s’épuise., et que l’appareil s’allège, l’incidence et la vitesse changeront, même si toutes les matières consommables étaient sur la verticale du centre de gravité.
- On voit combien il est impossible de prévoir l’incidence pendant la construction.
- Rien ne peut remplacer les observations directes, et le procédé photographique n’est qu’un expédient grossier.
- Le balancement longitudinal et la manœuvre en hauteur, tels que nous les avons expliqués plus haut d’après nos observations personnelles, ont un caractère tout à fait différent des vues théoriques qui ont été publiées sur ce sujet. Il y a un fossé entre les déductions du cabinet et les constatations de l’aérodrome, et, ici, le laboratoire est impuissant.
- Nos collègues sont maintenant à même d’apprécier l’évolution des idées depuis 1909, l’utilité des expériences sur l’aéroplane en vol pour légitimer la généralisation des conclusions du laboratoire, et leur grande nécessité pour asseoir la technique d’une nouvelle industrie.
- Aéroplanes employés dans mes recherches.
- J’ai pris comme point de départ le type Voisin, dont la voilure principale est à l’avant et biplane. La voilure arrière, autrefois biplane, est maintenant monoplane. Les deux voilures sont réunies par une poutre de liaison ouverte, à l’intérieur de laquelle tourne l’hélice, placée derrière la voilure principale. Cette définition convient également aux aéroplanes Farman et Sommer, dérivés du Voisin. Dans le Wright et le « canard » Voisin, la voilure principale est à l’arrière. Le « canard » a, en outre, ses deux voilures réunies par une poutre à petites mailles, c’est-à-dire un fuselage. Le Bréguet a également un fuselage, mais la voilure principale est à l’avant, et l’hélice à l’extrême avant. Cette position de l’hélice a été également essayée en 1910 par Farman et Voisin qui ne l’ont pas adoptée.
- La section droite de la voilure Voisin est parabolique, la flèche maxima est de 1/20 de la corde. Farman a sensiblement les mêmes courbes. Celles de Sommer se rapprochent du
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- Wright, combinaison de deux arcs de cercle. L’ouvrage cité de M. Eiffel représente les sections droites des ailes des principaux biplans.
- Le pilote et le groupe motopropulseur du type Voisin sont installés dans un fuselage qui repose sur les longerons du plan inférieur et peut être déplacé par rapport à la voilure. Farman, pour gagner du poids et des résistances à l’avancement, a réduit cette charpente à deux carlingues qui ne donnent pas la même facilité, surtout pour reporter sans danger le pilote en avant des surfaces sustentatrices. Sommer a imité Farman.
- Le fuselage Voisin repose sur un châssis d’atterrissage, en sorte que sur le sol les ailes sont suspendues au fuselage. Farman a monté deux patins sous les longerons du plan inférieur, qui portent ainsi, quand on roule sur le sol, les poids du moteur et de l’équipage. Sommer a reproduit le dispositif Farman en économisant simplement deux roues.
- On peut, dans le Voisin, pour déplacer le centre de gravité, déplacer le châssis d’atterrissage sous le fuselage. On ne peut déplacer les patins dans les appareils Farman et Sommer.
- En raison de ces particularités, l’aéroplane Voisin se prêtait donc mieux aux divers tâtonnements que nons avons réalisés.
- Nous avons essayé des Voisin cloisonnés du type dit cellulaire ; les types actuels sont des Voisin à ailerons et sans cloisons. Les cloisons ont reparu sur le canard Voisin.
- Nous avons fait varier la surface totale, la répartition de cette surface entre la queue et la voilure avant, entre les plans supérieurs et inférieurs de cette dernière voilure. Le nombre total des modifications expérimentées est de quatorze. La vitesse de ces divers appareils ainsi déduits du Voisin classique s’échelonne entre 58 et 99 km à l’heure; les incidences ont varié entre zéro et 24 degrés. Chemin faisant, nous avons perfectionné les dispositifs d’atterrissage et les commandes des divers organes de direction et de redressement.
- Appareils de mesures employés.
- La surface de l’appareil est mesurée au hangar. Son poids est déterminé en le suspendant aux fermes de la toiture par l’intermédiaire d’un peson de 1 U00 kg. Les poids en ordre de marche ont varié entre 589 et 370 kg. La position du centre de gravité est déterminée, soit par des pesées simultanées, soit par mise
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- en équilibre $.ur un rouleau passé sous le fuselage. L’appareil porte un niveau à liquide analogue au niveau de pente pour automobile de Chauvin et Arnoux. Il se compose d’un tube thermométrique courbé, suivant un arc de cercle dont le centre coïncide avec celui d’une ampoule à liquide avec laquelle il communique. La graduation est faite en degrés; le niveau du liquide pivote autour du centre de l’ampoule à cause de la grande différence de section des surfaces libres dans l’ampoule et dans le tube. On le règle en rendant horizontale la corde du profil de la voilure par un calage convenable de l’appareil, on fait alors marquer zéro au niveau. On peut donc lire, sur cet instrument les incidences pendant le vol, et vérifier après coup les angles correspondants.
- La vitesse moyenne de l’aéroplane est facile à déterminer sur l’aérodrome de Juvisy, où nous faisons nos expériences, parce que le parcours de la piste est jalonné par onze signaux répartis sur un polygone presque régulier de 2000 m de périmètre, lorsqu’on ne dispose que d’un petit nombre de pylônes pour marquer les sommets du parcours, il est mal défini. Dans la pratique, il n’y a pas plus d’une seconde de différence entre deux tours de piste, ce qui prouve que le pilote repasse aux mêmes points. La piste a 100 m de largeur, et le parcours fait en virant à 50 m des pylônes, en moyenne, est de 2 200 m.
- Pour mesurer la vitesse instantanée de l’appareil, par rapport à l’air, nous comptions faire usage de l’anémomètre de pression décrit au début du présent mémoire. Nous l’avons remplacé par un éjecteur de Bourdon à deux ajutages, relié d’abord à un manomètre à eau, et ensuite à un enregistreur de dépression. On observe 350 mm de dépression à la vitesse de 61 km à l’heure. L’instrument est donc très sensible, beaucoup plus sensible qu’un tube de Pitot.
- La poussée de l’hélice, et par suite la résistance à l’avancement de l’aéroplane, est mesurée par un appareil dont le principe est le suivant : le moteur rotatif Gnome, portant .son hélice, tourne sur un arbre fixe porté par une entretoise flexible du fuselage qui transmet la poussée.
- Une petite presse hydraulique de Richard s’oppose à cette flexion et un manomètre enregistreur donne à chaque instant la valeur de l’effort d’équilibre. Ce dispositif, a été étudié et réalisé par la Société des Moteurs Gnome. Si les liaisons ne comportaient aucun jeu, la presse serait mise en charge sans
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- aucun déplacement appréciable de la tôle entretoise flexible. En réalité, cette tôle fléchit un peu, et la poussée correspondante n’est pas accusée par le manomètre. Pour déterminer la correction correspondante, on fait un essai de traction au point fixe en tirant sur le peson étalonné. On compare les indications des deux instruments. Les tours d’hélice sont comptés à Laide d’un tachymètre commandé par engrenages et flexible. Il n’y a donc aucun glissement possible. Au bout du flexible se trouve un aimant qui tourne autour d’une pièce polaire, et dans l’entrefer très étroit, un godet en fer doux relié à un ressort spiral porte l’aiguille du tachymètre. Le spiral équilibre le champ tournant. Le moteur Gnome fournit un moyen de contrôler à chaque instant les indications de cet instrument. En effet, la pompe à huile alternative du moteur, commandée par engrenages, a des débits visibles, et une pulsation d’huile correspond à un certain nombre de tours du moteur.
- Cette vérification se fait en comptant les pulsations au point fixe, mais l’observateur peut également le faire en marche, si le pilote l’a pris avec lui sur l’aéroplane.
- Tous les diagrammes de poussée d’hélices accusent une forte réduction de la poussée lorsque l’aéroplane démarre. La poussée reste ensuite constante dans le vol horizontal, elle change aux variations d’altitude.
- Le nombre de tours de l’hélice augmente assez généralement, d’une centaine de tours au maximum, si l’on compte les tours au point fixe, puis en marche. Mais il arrive quelquefois avec certaines hélices que le nombre de tours reste sensiblement le même dans les deux cas.
- La puissance développée par le moteur serait assez difficile à apprécier si l’avance à rallumage et la carburation étaient modifiables en marche. Ce n’est pas le cas pour le moteur rotatif Gnome, qui présente, en outre, cette intéressante particularité d’être à peu près autorégulateur de sa puissance effective entre 930 et 1200 tours. En effet, le freinage, par les cylindres tournant dans l’air, arrive à absorber la puissance correspondant aux tours supplémentaires. Nous l’avons vérifié sur deux moteurs à l’usine Gnome, les puissances effectives à divers nombres de tours étant mesurées par le couple de renversement sur le banc-balance. *
- Avec un moteur usagé aux allures les plus usitées, la puissance utile est en général de 43 ch environ.
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- Avec ces 45 ch on peut voler à 100 km à l’heure à deux personnes sur un monoplan Nieuport, à 95 km sans passager sur un Blériot, type circuit de l’Est, et à 76 km seulement sur un Blériot type traversée de la Manche. Un biplan Farman de course type 1910 fera 68 km à l’heure environ sans passager, un biplan militaire à deux personnes en fera à peine 60. Le cellulaire Voisin, de Paulhan, volait à raison de 58 km en 1909 et ne pouvait prendre de passagers. Ces exemples montrent la variété des combinaisons possibles en aviation en partant d’une même puissance et pour un même poids à transporter.
- Technique des expériences, résultats obtenus.
- Dans nos expériences de mesures, l’aéroplane est piloté par M. Louis Gaudart, Ingénieur électricien. S’il est seul à bord, il doit noter le nombre de tours et l’incidence. Les enregistreurs font le reste. S’il emmène un observateur, il est déchargé de ce soin. Nous attendons un temps calme, il suffit d’ailleurs de quelques minutes, pour voir deux ou trois tours de piste. En se tenant à faible hauteur, on a la certitude que la trajectoire observée est bien horizontale. ' '
- Naturellement, s’il s’agit d’étudier la poussée quand l’aéroplane gravit une rampe, ou les vitesses en vol plané on procède autrement.
- On fait plusieurs sorties avec un même appareil, sans modi-, fi cation.
- , Les résultats varient très peu d’un jour à l’autre. On étudie ensuite l’effet d’une modification, en laissant constants les autres éléments de construction, et l’on peut essayer ainsi de proche en proche de se faire des idées nettes
- Nous insisterons spécialement sur les résultats obtenus en ce qui concerne l’étude de la sustentation et de la résistance à l’avancement.
- .... .
- Sustentation. — Connaissant le poids, la surface et la vitesse à laquelle un appareil a volé, on peut calculer Ky par la formule P = %SV2.
- On connaît, en général, très mal le poids des aéroplanes qui ont pris part aux meetings, et certains constructeurs ne sont
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- même pas très fixés à cet égard, faute d’organisation ou de facilités pour opérer les pesées.
- Pour comparer les résultats avec ceux du laboratoire, il faut savoir, en outre, à quelle incidence ils correspondent. Les renseignements donnés par les constructeurs à cet égard sont de la plus haute fantaisie, car ils ne proviennent que très exceptionnellement de mesures, et sont basés sur des appréciations, sur les plans, sur des photographies.
- Nous croyons donc que nos expériences sont les premières permettant de faire une telle comparaison. MM. Rateau et Eiffel ont tous deux étudié au laboratoire, comme nous l’avons dit, la sustentation de voilures-modèles dont le profil est très voisin de la voilure Voisin. Nous reproduisons figure 4 les courhes de Iiy en fonction de l’incidence, données par ces deux auteurs.
- Nous avons obtenu un certain nombre de points expérimentaux que nous avons reporlés sur le même graphique, en les particularisant par appareil.
- Chaque appareil fournit, en général, deux points : l’un avec pilote seul, l’autre avec passager. La différence d’incidence entre ces deux cas est de 6 à 8 degrés. Certaines combinaisons n’ont pu voler avec passager et sont représentées par un seul point. On constate que les points fournis par les appareils ayant 4,50 m d’écartement entre les plans se groupent dans le voisinage des courbes Rateau et Eiffel, mais que les trois points fournis par les appareils non cellulaires à 1,75 m d’écartement n’appartiennent pas à la même région, et semblent correspondre à une courbe décalée.
- Pour faire une comparaison rigoureuse des résultats du laboratoire et en vraie grandeur, il faudrait opérer sur un monoplan, afin de se débarrasser de l’influence réciproque des surfaces du biplan. Nous n’avons pas encore réalisé ce monoplan, mais nous le ferons incessamment. Nous constatons pour le moment que K y en vol sur biplan est de l’ordre des K y de laboratoire sur modèle monoplan, entre 0 et 15 degrés. Les appareils qui donnent les meilleurs résultats sportifs sont ceux qui volent à très faible incidence, et K y peut alors être pris égal à 0,025. Les aéroplanes volant comme la plupart des Voisin et des Farman, type 1910, entre 6 et 10 degrés d’incidence, ont un Ky voisin de 0,04.
- On'peut remarquer que nos aéroplanes de 35 m2 avec ou sans cloisons donnent les mêmes résultats à l’angle de 10 degrés.
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- ____Eiffel sur profil Voi sin.
- .Rateaii sur profil analogue
- ♦ Cellulaire 50 mq- l 1^15 H Cellulaire 35xnc[, î 1^ 50 O Sans cloisons Mmij ÎPCZS
- O ______D?________ D °_ 1 i^SO
- ______T)°_______35m<j t lm50
- A ______IJtpTans inégaux B0 îl™-25
- .Incidences
- 0
- 10
- 15
- 20'
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- Mais la queue du non cellulaire est monoplane, de 4,10 m d’envergure. En doublant son envergure, nous lui avons donné le même pouvoir sustentateur qu’à la queue cellulaire de 2 m de côté. En outre, la pesée de l’avant et de l’arrière sur l’aéroplane de 35 m2 naviguant avec sa poutre de liaison parfaitement horizontale nous a permis de vérifier que le pouvoir sustentateur par mètre carré de cette queue monoplane était exactement le même que celui du biplan avant d’envergure plus que double. C’est un des motifs pour lesquels nous doutons que la loi d’augmentation de la sustentation avec l’envergure reste exacte au-delà de certaines dimensions linéaires.
- Le biplan de 42 m2 non cellulaire est inférieur comme sustentation au cellulaire de 50 m2. Cela est certainement dû à ce que la suppression des cloisons verticales de la queue a produit un abaissement de sa sustentation qui a été incomplètement compensé par l’installation de la queue monoplane de 4,10 m. Il aurait fallu disposer une queue de 15 m2 au moins au lieu de de 7, pour conserver la même position au centre de pression général.
- Des raisons de construction nous ont empêché de le faire, et les deux types d’aéroplanes ainsi équipés ont volé très cabrés, dans de mauvaises conditions.
- En réduisant la voilure avant, répartie sur deux plans inégaux, celui de grande envergure en haut, nous avons fait un appareil de 36 m2 qui était incapable de voler avec passagers, et se traînait à 24 degrés d’incidence.
- L’appareil de 35 m2 avec la même queue, plans égaux à l’avant, et 1,50 m d’écartement, filait, au contraire à 86 km, et portait facilement le passager à la vitesse de 72 km. Cette comparaison montre que, toutes choses égales d’ailleurs/ un simple changement dans la répartition des surfaces au plan supérieur et au plan inférieur et dans leur espacement suffit à changer du tout au tout les qualités d’un appareil. Il est impossible de prévoir a priori de tels résultats avec des formules, et cela prouve une fois de plus que les progrès de la construction aérienne sont liés à la méthode expérimentale.
- Résistance à Vavancement. —Nous avons vu que cette résistance se compose de KæSV2, d’une part, et ensuite des résistances passives qu’on peut essayer de représenter par sV2. C’est d’ailleurs une simple hypothèse que d’admettre la loi du carré de la vitesse
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- pour les résistances passives. A la suite de nos expériences sur l’automobile et vu le rôle des remous dans ces résistances, je pense que cette hypothèse est fort aventurée.
- Dans tous les cas, le diagramme des poussées d’hélice dans une expérience me donne la somme [Ka;S + s] Y2.
- Si j’ai une deuxième observation sur un appareil différent par la surface et la vitesse de vol, mais ayant les mêmes profils, les mêmes résistances passives, châssis d’atterrissage, fuselage, montants, etc., et que cet appareil ait volé à la même incidence que le premier, Ka? prend la même valeur, ainsi que s, dans les équations de poussée écrites pour chacun.
- Ces deux équations me permettent alors de calculer Ka? et s.
- Les deux cellulaires de 50 et 35 m2 m'ont ainsi procuré s = 0,124 et Ka?=r 0,0054. On voit par là que, si on admet K = 0,13 les résistances passives de l’aéroplane Voisin correspondent à une surface totale de l’ordre du mètre carré. Si l’on veut tenir compte de ce que les éléments de construction qui procurent cette résistance passive sont minces et plus où moins fuselés, on prendra K = 0,06 environ et la surface fictive sera de 2 m2.
- Ln détermination de s a priori ne saurait avoir, comme nous l’avons déjà expliqué, aucune espèce de valeur, et il est illusoire de se reporter à l’appréciation qui en est faite par les constructeurs, faute de mesures directes analogues aux nôtres.
- Lorsqu’on supprimait, comme l’a fait Delagrange, les cloisons du biplan avant d’un Voisin ancien type, on constatait une augmentation de vitesse. Elle était ..due .simplement à ce que la valeur sustentatrice de l’avant diminuait, à cause des pertes marginales des filets d’air, que les cloisons canalisent. Le centre de pression général reculait, l’aéroplane volait plus à plat, ce qui est favorable à la vitesse, comme nous allons le voir. Mais l’interprétation donnée était que les cloisons retardent l’appareil. Dans le même ordre d’idées, certains biplans à ailes flexibles, à entretoisement réduit et fuselé, ont fait de grandes vitesses. On était porté à croire à la diminution de la résistance à la pénétration.
- Nous avons pu obtenir les mêmes vitesses avec la même puissance et la même surface totale en conservant les formes classiques et tous les impedimenta des biplans plus lents. Il est donc très difficile de voir clair dans ces phénomènes sans mesures précises.
- Adoptons § = 0,124. Nous pourrons alors calculer Ka; pour
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- Kx
- f Eiffel sur profil Voisà:
- 0.0030.
- iRateau sur profil analogue.
- 0.0025
- 0.0060
- 0.0030..
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- toute expérience de nos appareils où nous connaîtrons la poussée d’hélice, la surface et la vitesse. Nous avons trouvé ainsi, pour les petites incidences, des valeurs de Ka? de l’ordre de 0,001 qui
- Kx
- 20.. .
- nous ont paru extrêmement faibles. L’ouvrage de M. Eiffel nous a donné des valeurs analogues ; en calculant les Ka? à l’aide des données publiées par M. Rateau (courbe des Ky et courbe
- des pour les modèles de surfaces analogues à la surface
- Voisin, nous avons pu établir la figure 5 sur laquelle sont reportés
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- quelques points expérimentaux. Ces points, obtenus sur biplans, se groupent bien sur les courbes des modèles monoplans, sauf deux des appareils non cellulaires de 1,75 d’écartement marchant aux grandes incidences. Pour retomber sur la courbe à ces incidences, il faudrait, vu son allure, une correction telle qu’on ne peut admettre une exagération dans l’appréciation de la vitesse qui conduirait à attribuer à Kx une valeur inférieure à sa valeur réelle.
- K«
- La figure 6 représente les courbes de ^ pour le profil Voisin
- d’après Rateau et Eiffel, qui sont sensiblement d’accord. On voit que l’angle d’incidence le plus favorable, qui permet de tirer le maximum de sustentation d’un effort propulsif donné correspond à deux ou trois degrés. Ce fait est bien vérifié. Pour que l’appareil s’équilibre sous cet angle, il faut que son centre de gravité soit suffisamment en avant. Ou encore il faut reporter en arrière le centre de pression général en augmentant l’importance de la voilure de queue. Lorsqu’on adopte le moteur à l’avant et l’hélice tractive, et qu’on réduit la queue et la poutre de liaison à sa plus simple expression, il devient plus facile de centrer l’aéroplane pour la marche à faible incidence. Sur les appareils à hélice arrière, on a réduit la distance des longerons du plan inférieur pour pouvoir avancer le fuselage en échancrant la voilure au passage de l’hélice. On reporte ainsi les poids en avant. Ou bien encore on conserve en avant un équilibreur qui fait balancier et l’on allège le plus possible la poutre de liaison et la queue. Une meilleure solution consiste à augmenter l’importance de la queue relativement à la voilure principale. Gomme il est difficile de faire une très grande queue, les petits biplans où le rapport des deux voilures avant et arrière est de cinq, par exemple, au lieu de six, sont de meilleurs appareils. Le canard Voisin constitue une très bonne solution pour centrer la voilure.
- Influence réciproque des deux plans du biplan.
- Un préjugé très courant parmi les constructeurs consiste à supposer que c’est le plan inférieur qui travaille le mieux, et qu’il masque en partie le plan supérieur. Dans l’aéroplane Goupy, on déporte même ce dernier en avant pour le soustraire à cette
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- influence. Il est cependant facile de se rendre compte que les filets d’air rencontrés obliquement sont déviés vers le bas, en sorte que la supposition est erronée. M. Eiffel a montré qu’en effet c’est le plan inférieur qui est désavantagé. Cette étude
- %
- Eiabouchinsiiy
- .... Monoplan.
- ______Biplan
- Eiffel.
- flèche VlS .5.
- lit
- Incidences,
- avait déjà été entreprise par M. Riabouchinsky à l’institut de Koutchino et par M. Rateau.
- Nous donnons (fig. 7) les courbes de ^ pour un modèle monoplan et un biplan d’après Riabouchinsky. On voit que les chiffres sont les mêmes pour les très petits et les moyens
- angles.
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- M. Eiffel arrive à la même conclusion qui ne parait pas d’accord avec ce qu’a trouvé M. Rateau (résultats non publiés). Nous donnons les courbes analogues obtenues sur un monoplan et deux biplans par M. Eiffel dans la figure 7.
- K«
- On voit que ~ est fortement abaissé pour le biplan, et qu’il
- y a des différences très sensibles d’un biplan à l’autre suivant l’écartement des surfaces. Sur trois biplans modèles essayés par M. Eiffel, le meilleur est celui qui a ses plans le plus rapprochés lies trois cinquièmes de la profondeur des plans). On était tenté de croire à ‘priori qu’il y avait toujours amélioration en augmentant l’écartement des plans. Le laboratoire indique le contraire, et nous avons trouvé également que les appareils à 1,50 m d’écartement se montrent supérieurs à ceux de 1,75 m. Il y a là des phénomènes à étudier d’autant plus intéressants que si l’on demande à l’aéroplane de transporter des poids utiles de plus en plus considérables, il faudra fractionner les surfaces, et adopter les montages triplans et même multiplans.
- En résumé, il n’y a pas de désaccords de principes entre les indications du laboratoire et celles de nos expériences. Le contrôle réciproque des deux méthodes est donc possible et il doit être fécond.
- Les questions relatives à la conduite de l’appareil, à sa sécurité, à sa solidité, ne peuvent être résolues au laboratoire, et réclament des expériences nombreuses analogues à celles que nous poursuivons.
- Indications relatives a la stabilité.
- Nous nous bornerons, dans le présent mémoire, à mentionner les points suivants qui ont fait l’objet d’énoncés antérieurs erronés.
- Il ne suffit pas de centrer l’appareil longitudinalement comme nous l’avons indiqué avec quelques détails. Il faut placer convenablement le centre des dérives; il paraît devoir être nécessairement sur l’arrière du centre de gravité. S’il est mal placé, l’appareil ne trouve pas d’équilibre transversal. S’il est médiocrement placé, l’appareil volant avec du vent ne peut prendre correctement que les virages d’un certain sens.
- L’aéroplane n’a pas besoin d’empennage de route sous forme
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- de quille. Il n’a aucune tendance anx embardées de direction lorsqu’il en est dépourvu. Gela tient à ce que sa grande résistance à l’avancement est dans le sens de l’envergure ; de même un ballon dirigeable qui naviguerait par le travers aurait une excellente stabilité de route.
- L’aéroplane dérangé de son équilibre dans le sens longitudinal ou transversal n’a pas de couple de stabilité propre produisant des oscillations pendulaires. Ou bien il trouve un nouvel équilibre, plus ou moins précaire, par exemple, incliné sur une aile, ou bien la perturbation n’est limitée que par le pilote agissant pour produire un effet inverse.
- La valeur des efforts à produire par le pilote pour combattre les déséquilibres transversaux est très faible. Un couple de l’ordre de 25 kgm répond à la plupart des cas. Gela montre : 1° l’inutilité des déformations importantes de la voilure que l’on fait travailler à la flexion dans le gauchissement ; 2° que le mécanisme des déséquilibres est en général mal compris.
- Les aéroplanes ne sont en général pas soulevés par un courant ascendant agissant sur une aile et négligeant l’autre aile. Us rencontrent des rafales se composant avec leur vitesse pour produire un vent apparent toujours oblique, le centre de pression se déplace et se porte du côté du vent, d’où le déséquilibre. Il serait très intéressant d’étudier au laboratoire l’attaque oblique, mais cela ne paraît pas avoir été tenté en France depuis Thibault. Les ruptures d’équilibre transversales sont toujours accompagnées de ruptures d’équilibre longitudinales et réciproquement.
- Les effets gyroscopiques attribués à l’inertie des moteurs rotatifs et des hélices existent bien, mais n’empêchent pas, par exemple, de virer dans un diamètre de 150 m à la vitesse de 80 km à l’heure. Toutes les tentatives de prévision par le calcul de ces effets partent de formules ou d’idées inapplicables au cas de l’aéroplane.
- On peut utiliser l’effet gyroscopique pour réaliser à coup sûr certaines manœuvres, de même qu’un capitaine de navire à hélice unique sait qu’il abat sur tribord en faisant machine en arrière et se sert de cette propriété pour se ranger le long d’un quai.
- Le calcul des charpentes d’aéroplanes à la manière des poutres de pont paraît actuellement légèrement aventuré. Les efforts sont très inégalement répartis entre les plans et suivant les
- Bull.
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- points des plans, ils sont fortement modifiés dans les- virages, les changements d’incidence, etc.
- Les éléments de construction subissent des charges préalables dues aux tendeurs, etc., variables d’un jour à l’autre au gré du mécanicien qui entretient et règle l’appareil. Les assemblages permettent des déformations et ne sont cependant pas des articulations. il semble indispensable de mesurer directement pendant le vol les fatigues des diverses pièces à l’aide d’enregistreurs de déformations, pour en déduire les améliorations indispensables.
- Conclusions.
- Le vol mécanique paraissait au plus grand nombre une utopie.
- A l’aide de formules fausses, quelques savants ont prouvé qufil était possible et ils ont suscité de courageux chercheurs pour réaliser cette possibilité.
- Lesdits chercheurs ont fait souvent fausse route, mais leurs sacrifices de temps et d’argent, et même le sacrifice de leur vie n’ont pas été inutiles, puisque l’aéroplane est né.
- Le nouveau-né d’hier a fait ses premiers pas, mais il a encore toute sa carrière à parcourir, et la tâche qui nous reste est certainement la moins brillante et pourtant la plus utile : il faut assurer son avenir, augmenter son utilité, l’industrialiser.
- Nous rendons hommage comme ils le méritent aux hommes de la période héroïque mais nous crions le besoin qu’ils ont fait naître en nous de données terre à terre et substantielles pour nous guider dans la route qu’ils nous ont ouverte. Notre effort de deux années nous a fait apprécier combien il restait à faire et combien il est désirable que de nombreux travailleurs s’attellent à la tâche commencée.
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- DI LA REPRÉSENTATION ANALYTIQUE
- DE
- LA RÉSISTANCE DE L’AIR
- SUR
- LES SURFACES D’AÉROPLANES ”
- PAR
- M. Marcel ARMBNGAUD
- A la suite des nombreux accidents d’aéroplanes qui se sont produits depuis quatre à cinq mois, dont l’opinion publique et beaucoup d’ingénieurs ou de sportsmen se sont justement émus, l’on a cherché à se rendre compte des causes des accidents pour pouvoir, sinon les prévenir en totalité, du moins en réduire autant que possible le nombre.
- Or, la question de la stabilité des appareils doit être la préoccupation des Ingénieurs et des Constructeurs, et j’ai remarqué que dans les études théoriques de la stabilité, qui ont été faites par des Ingénieurs et des savants distingués, en particulier par MM. Painlevé et Lecornu, membres de l’Institut, et notre collègue, M. Soreau, l’on envisage toujours la résistance de l’air offerte par les surfaces de sustentation sous, de très faibles incidences, et Ton prend pour des études, des formules empiriques traduisant les résultats d’expériences, qui ne sont valables d’ailleurs que pour ces faibles incidences.
- J’ai pensé qu’il serait utile, pour pouvoir se livrer à un examen plus complet de la stabilité, d’obtenir des formules représentatives de la résistance de l’air sur les plans sustentateurs qui soient valables pour toutes les incidences, quelle qu’en soit la grandeur.
- ' C’est l’exposé de ces formules qui fait l’objet de ce travail.
- (1) Voir procès-verbal de la séance du 17 l'évrier 1911, page 182.
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- Les expériences de Lilienthal, consignées dans son ouvrage Der Vogelflug, de 1889, faites avec un manège ou dans le vent, et par MM. Rateau (août 1909) et Eiffel (janvier 1910) au moyen d’un ventilateur soufflant, dont le flux d’air est rendu homogène dans un tunnel, montrent d’une manière à peu près certaine que
- 1
- les courbes qui traduisent les effets de la résistance de l’air sur des surfaces ont toutes à peu de chose près les mêmes allures, aussi bien en ce qui concerne la poussée totale R que ses composantes verticale et horizontale Ry et'R* qui constituent la force portante et la résistance à l’avancement de ces surfaces (fig. i, 2, 3 et A).
- Je rappellerai que les formules proposées en dernier lieu par M. Soreau et par M. Painlevé sont, pour le premier :
- Ry = KSV2<p,
- R, = KSV2(rŸ2-f t9 +s+?);
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- — 397 —
- el pour le second :
- Rv - SV2?,
- Rx = SV2(KT2 + f);
- K = 0,33,
- et /' = 0,01.
- On voit donc que, d’après ces formules, la force portante Ry
- Fig. 2.
- Courtes de Lilienthal
- en coordonnées rectilignes..
- croît d’une manière linéaire avec l’incidence, alors qu’en réalité, à partir d’un angle de 20 degrés, cette loi n’est plus exacte, et que, pour un angle d’environ 30 degrés qui peut être considéré comme un angle critique, la force portante passe par un maximum pour décroître très rapidement au fur et à mesure de l’augmentation d’incidence.
- Il n’est donc pas possible de tabler sur ces formules pour pouvoir faire une étude analytique en toute rigueur de la stabi-
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- lité des aéroplanes. Le seul procédé acceptable serait de tracer un certain nombre d’abaques pour les différentes vitesses, qui permettraient alors de tirer des conclusions plus certaines.
- Pour remplacer ces formules de sustentation, je proposerai de considérer la courbe représentative de la force de sustentation (fig. 5comme une conique, en particulier une ellipse passant
- Fig,3.
- Courbes de Rateau
- en Coordonnées rectilignes,
- 30° 85° 80“ 15“' 10" 65° 60° 55° 50° W W 35“ 30° 25“ 20° 15“ 10" 5“
- Plaque plane de 300 x 500m/m ' Plaque courbe de-300 x 500^%
- K_ Poussée totale. K1 Poussée totale.
- Kjc Fonssceliorizoxitale. KSc Pousséehorizontale
- Ky_Pousseeverticale. Ky Poussée verticale.
- par trois points bien définis, l’origine O ou le point A sur l’axe des O y, le point B sur le maximum, et le point C sur l’axe des æ correspondant à l’incidence, telle que 90 degrés, et de donner les deux tangentes aux points A et B, cette dernière étant horizontale puisque la courbe passe par un maximum.
- Lorsque la courbe passe par l’origine, l’on a alors : x2 -f 2B æy -f- G y2 + 2D# -f- Ey = 0,
- [i]
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- et avec les cinq conditions posées ci-dessus, savoir x — l = 90 degrés
- xn
- y «
- \a . dy A B et -r- = 0, \ b dx
- et
- dy_
- dx
- m,
- x,
- 0
- Va
- 0,
- Fig. $•.
- Courbes d’Eiffel en coordonnées rectdlign.es.
- , ^ X.
- 65° 60° 65° 50“ 45" 40“ 35“ 30“ 25“ 20“ 15“ 10'
- Flaque courbe de 900 * 150*%i.( flèche
- K je Poussée horizontale Ky Poussée verticale
- on trouve alors :
- x2 +
- lx—ll = 0, m
- Dans le cas où la courbe ne passe pas par l’origine, mais par
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- — 400 —
- le point A de l’axe Oy, il suffira d’ajouter une constante qui sera déterminée par la condition différente :
- Æ-0 = 0,
- 2/o = c-
- L’équation [1] peut, comme on le voit, se mettre sous cette forme, en résolvant par rapport à y :
- y = — (a? -f b) ± \Jc^2 -f des + e.
- L’application numérique de cette équation aux courbes de
- TltS
- M. Eiffel montre que cette équation est celle d’une ellipse, car (B2 — G) < 0.
- On pourrait objecter à ce mode de représentation qu’il ne concorde pas d’une manière exacte avec la forme des courbes
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- données par l’expérience, qui présentent surtout en ce qui concerne celles de M. Rateau et de M. Eiffel, une certaine discontinuité après le maximum, ou tout au moins en deux points d'inflexion G' et G". Mais on peut immédiatement répondre à cette objection en faisant remarquer que l’équation représentative indique d’une manière certaine le maximum de la force portante,
- Fi%. 6
- c’est-à-dire sa valeur critique ainsi que la loi approximative de sa décroissance, au fur et à mesure de l’accroissement de l’incidence après ce maximum.
- Pour ce qui est de la résistance à l’avancement Ræ, les formules de MM. Soreau et Painlevé suffisent entièrement, car elles traduisent d’une manière assez exacte par une loi parabolique l’allure des courbes relevées par expérience.
- Si l’on cherche la résultante des forces Ræ et Rv soit R = y/R^ 4- RJ, on arrive à une courbe du quatrième degré,
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- mais il serait beaucoup plus simple de représenter la résistance R par une courbe du second degré, soit une hyperbole équilatère, ayant des asymptotes C'A', C'B' parallèles aux axes coordonnées :
- Ce mode de représentation a, d’ailleurs, déjà été proposé par Hopkinson, pour une courbe tout à fait analogue, savoir la courbe d’aimantation du fer.
- En multipliant y par cos x et sin æ, on remarquera que l’on obtient encore deux formules très simples pour R y et Ræ.
- Développements en série de Fourier. — On peut, si on le désire, arriver à une représentation presque absolument exacte des courbes de la résistance de l’air en s’inspirant de ce qui a été fait pour la représentation des courants alternatifs en électricité? et cela en employant les développements en série de Fourier.
- .0
- Fig-1
- L’on sait, en effet, que l’on peut par ces procédés représenter tout phénomène périodique ou même non périodique et* dans ce dernier cas, dans des conditions qui ont été fixées par Lejeune Dirichlet.
- D’ailleurs, dans l’espèce, puisque l’on peut présenter une surface sustentatrice sous des incidences çp (fig. 7) variant de 0 à 360 degrés, en la faisant tourner autour d’un point 0, on voit que la résistance de l’air aurait une allure périodique.
- On obtiendrait, du reste, en prenant comme base les expériences de résistance de l’air faites par Eiffel, Rateau, Lilien-thal pour un quadrant de 90 degrés et en les reproduisant pour les trois autres quadrants, une courbe ayant absolument l’aspect de celle d’un courant alternatif, (fig. 8).
- Dans le cas d’une surface courbe ou épaisse, où la résistance de l’air R' sur la face concave est plus grande que sur la face convexe, il suffit, pour avoir la dissymétrie voulue, de transporter l’axe des x ou ç en Oy en dessous de l’axe 0<p qui cor-
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- _ 403 —
- respond aux surfaces planes pour lesquelles la courbe est complètement symétrique.
- On sait que la série de Fourier s’écrit d’une manière générale :
- y =z A0 4- At sin ? + Bj cos çp + A2 sin 2<p + B2 cos 2<p -F A2 sin 3<y —f- B, cos 3© —}— ............
- Si l’on tient compte du fait que la courbe de R dans le cas d’une surface plane est symétrique par rapport à et également par rapport à x, mais en changeant de signe, la série de Fourier se réduit à :
- - y = Aj sin <p -f- A3 sin 3cp -f- A5 sin 5ç? -j-..
- c’est-à-dire ne contient plus que des termes en sinus de multiples impairs de ?.
- Si la courbe ne passe pas par l’origine, ce qui est le cas pour
- une surface courbe ou épaisse, on doit ajouter un terme constant, car ces surfaces n’ont pas une résistance nulle pour l’incidence nulle définie par l’inclinaison de sa corde (fîg. A) et on a :
- y — A0 + Ai sin <p + A3 sin 3? + Ag sin 5<p + ..........
- En général, avec trois termes en sinus, on aura une approximation suffisante.
- Les coefficients A^AgAg s’obtiennent en se donnant des valeurs particulières de <p.
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- Ou par les expressions :
- n
- 0
- O
- b»=s ii «*) c°s (^)Aœ’
- en divisant la surface de la courbe en n tranches de même base Ax.
- Les composantes Ræ et Ry sont pour une surface plane, pour laquelle R est sensiblement normale à la surface :
- Rÿ = R cos 9,
- Ræ = R sin 9,
- et l’on obtient :
- Ry = (Ai ^ A') sin 29+^3 gin 4? + .......
- B* = ^ (* — C0S 2?) + y COS 4? + . . . ;
- et encore plus généralement :
- Ry = B, sin 29 + B3 sin 49 + .....
- Rœ = 0,(4 — cos 29) + C3 cos 49 +......
- Dans le cas d’une surface concave, comme d’après ce que nous avons dit, on aura :
- R„ = A0 cos 9 + B, sin 29 + B3 sin 49 R* = A0 sin 9 + 0,(1 — cos 29) + C3 cos 49,
- Gomme la résultante R n’est pas toujourf normale, pour les surfaces concaves ou épaisses, à la corde prise comme ligne de
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- référence pour évaluer l’angle <? d’incidence, les coefficients B,B2 et 0^2 seront plus ou moins différents de :
- A, + A3 A,
- 2 ’ 2 ’
- et de Y'
- En appliquant ces formules à la courbe de Lilienthal, plan-
- Hg.9.
- Courbe âe K tracée avec la formule :
- I Aô = 0.53
- K*A0+A, sirup+Assin3 <p+A5 sin5 <p I o 18
- lAj = 0 i 15
- che Y, transformée en coordonnées rectilignes, on trouve pour les coefficients qui se réduisent à A0, As, A3 et A5, les valeurs suivantes :
- A0 = 0,53, At = 0,50, A3 = 0,18 et A5 = 0,15, .
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- — 406 —
- et l’on obtient une courbe qui se rapproche beaucoup de celle de Lilienthal (fig. 9).
- Les coefficients Bd, B2 et Gt, C2 calculés d’après les exprès-
- A. |. ^
- sions et donnent également des résultats satis-
- faisants pour Ræ et Rr
- On voit que les premiers termes en sin ? pour R et sin 2ç et (1 — cos 2<p) pour Ry et Ræ correspondent aux formules de Ran-kine que nous avons proposé d’appliquer aux surfaces concaves dans le cas de l’entrée correcte.
- L’étude de la représentation de la résistance de l’air, au moyen des séries de Fourier établit donc que ces formules représentent seulement les ondes fondamentales des formules exactes.
- On remarquera, en outre, que, si l’on rapproche la formule
- R = Ai sin <p -f- A3 sin 3<y,
- qui ne comprend que deux termes, de la formule donnée par le Colonel Renard :
- R = R90„ sin % \a — (a — 1} sin 2i].
- Ces deux formules sont très semblables, car :
- R peut s’écrire encore :
- ü r. / oa —1\ • • , a —1.0.
- R — R90o( a— 3 —|—\ sm i -\-------^— sin 3^;
- et, avec a = 2,
- (g 1 \
- I sin i + ^ sin 3
- expression que l’on trouve aussi en partant de la formule proposée autrefois par M. Soreau.
- R =
- R90o sin il 1 +
- o
- 1 + tg 2i}'
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- NOTE
- DE
- ]Vt. O. EIFFEL
- SUR SON OUVRAGE
- LA RÉSISTANCE DE L’AIR ET L’AVIATION
- Dans la communication que je faisais à la Société, en janvier 1910, sur l’installation d’un Laboratoire aérodynamique, je disais : « J’ai tenu à ce que la Société des Ingénieurs Civils soit la première à avoir communication de mes expériences. Celles-ci, il est vrai, ne sont qu’à leur début, mais je compte tenir la Société au courant de l’ensemble des résultats que fournira l’installation que je viens de décrire, et sur laquelle je fonde beaucoup d’espoir. »
- Je peux dire de suite que cet espoir n’a pas été trompé. Il n’y a pas eu lieu d’apporter aucune modification à l’installation que j’ai décrite, et dont je rappelle les dispositions essentielles. Un ventilateur aspirant, d’une puissance de 70 ch, fait passer dans une chambre d’expériences une colonne d’air ayant un diamètre de 1,50 m et une vitesse de 5 à 20 m par seconde. La surface essayée, placée dans ce courant, est reliée à une balance spéciale qui-donne l’effort résultant en grandeur, direction et point d’application. En outre, des mesures manométriques font connaître la répartition des pressions aux différents points de la surface.
- J’ai pu, avec l’aide de mes collaborateurs habituels, MM. Rith et Lapresle, travailler sans relâche dans ce laboratoire, et recueillir un grand nombre de documents résultant de milliers d’expériences. J’ai réuni ces documents dans un ouvrage dont un exemplaire a été offert à la Société, et qui porte pour titre : La Résistance de l'air et l'Aviation, Expériences effectuées au laboratoire du Champ-de-Mars (Dunod et Pinat, éditeurs).
- (1) Voir Procès Verbal de la séance du 3 mars 1911, p. 337.
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- Suivant mon programme, qui était de recommencer d’abord les principales expériences relatives à la résistance de l’air en les reliant à celles que j’avais déjà réalisées à la Tour Eiffel avec mon appareil de chute, je me suis préoccupé d’établir les différentes valeurs du coefficient de résistance de corps de forme simple frappés par le vent. Cet examen méthodique était devenu d’autant plus nécessaire que l’on rencontre des divergences considérables dans toutes les expériences antérieures, et que le développement de l’aviation donne à ces recherches un caractère d’urgente nécesssité. Les résultats obtenus forment l’objet d’un chapitre intitulé Résultats généraux et peuvent se résumer de la manière suivante.
- 0.08
- §0.04
- 0 01
- 0.1 0.5
- 0.6 02 0.8
- 0.9 L0 U
- Surfaces en m?.
- Fig. 1. — Variation du coefficient des plaques carrées avec la surface.
- Pour les plans carrés normaux au vent, le coefficient K (de la formule générale R = KSV2, donnant la résistance R en;kilogrammes en fonction de la surface S en mètres carrés et de la vitesse Y en mètres par seconde de l’air ou de la surface, croît de 0,065 avec les plaques de 10 X 10 cm jusqu’à 0,08 avec les plaques de 1 m2 (fig. 4). Cette dernière valeur est probablement une limite pour les grandes surfaces.
- Le coefficient d’un rectangle normal au vent augmente avec l’allongement (fig. 2). Cette augmentation reste encore notable,
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- même quand le rapport du grand côté au petit atteint 50. Pour des rectangles de 225 cm2, elle est de 10 0/0 quand on passe du carré à l’allongement 6, et de 47 0/0 quand on passe du carré à l’allongement 50.
- Le rapport entre la pression subie par une plaque carrée ou rectangulaire inclinée à *° sur le vent, et la pression que supporterait la même plaque normale au vent, est représenté par un graphique qui résume les lois de la résistance des plans obliques (fig: 3).
- Les plaques expérimentées avaient un côté perpendiculaire
- 0 S 10 1S 20 25 30 35 iO U 50
- Fig. 2. — Variation du coefficient des plaques rectangulaires avec l’allongement.
- au vent, et le rapport de ce côté à l’autre dimension variait
- 1 K
- de ^ à 9. Le graphique de la figure 3 donne le rapport ^ entre b < iv90
- l’effort unitaire sur une plaque inclinée à t° sur le vent et l’effort unitaire sur la même plaque normale au vent. Dans les limites où j’ai opéré, la variation de la grandeur de la surface paraît sans influence sur ce rapport; je l’ai vérifié par quelques expériences supplémentaires.
- Ce diagramme met tout d’abord en évidence une particularité Buli . 26
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- remarquable des plaques carrées. Après avoir augmenté à peu près linéairement jusqu’à 35 degrés, la poussée atteint un maximum qui dépasse de près de 45 0/0 la poussée sur la plaque normale. Elle décroît ensuite brusquement, et, à partir de 50 degrés, elle est pratiquement constante jusqu’à 90 degrés.
- plaque de 25 x 25. allongement 1 _plaque de 90 x 15 allongement 6
- _ d°- 22.5x15 1.5 ________________ d° _ 90x10 _ d° __ 9
- _ dl30 *15 _ d° _ 2 _________d°^_ 15 k 45 d° __ -f
- _ d° — 15 y, 90 _ d°
- iVi
- Fig. 3. — Valeur du rapport-— pour des plans de différents allongements (1).
- J?ai vérifié directement la valeur imprévue du maximum de cette poussée à l’aide d’un appareil simple, où deux plaques reliées entre elles, et mobiles autour d’un axe vertical, s’équilibraient mutuellement.
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- Une seconde vérification a été faite par la sommation des poussées élémentaires déterminées par des mesures manomé-triques. Cette dernière méthode a permis de mesurer séparément l’effet de la pression à l’avant et celui de la dépression à
- _____plaque ae 25X25 allongement 1 _______plaque de 90 x 15 allorrqsmenf 6
- _________ d° _ 30x20 _______d°____1.5 ________ d‘- 90 « 10 __ il __ 9
- _______ _ dc___30x15 ______ d° ___ 2 _________d‘. 15 x 6,5 _. d°___ if
- _______ ___ oL__ ±5*15 ____ d°____ 3 .......- d° -15 a 90 _ d°_____f
- i
- 30° '
- Fig. 4.
- Valeur du rapport —— pour des plaques courbes de flèche et de différents allongements (1).
- 1
- l’arrière, dont la somme représente la poussée totale; aux environs de 38 degrés, la pression à l’avant est deux fois plus faible que sur la plaque normale, mais la dépression à l’arrière est en
- (1) Les valeurs de K00 sont : 0,069 0,072 0,073 0,075 0,076 0,079 0,070 0,075 pour les allongements 1 1,5 2 3 6 9 1/3 1/6
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- revanche trois fois plus forte, ce qui rend compte de la grande augmentation de la poussée totale.
- Un autre diagramme (fig. o) donne les distances du centre de poussée aux bords d’attaque, ces distances étant exprimées en
- ______!__plaque de 25x25allongement I ___________plaque de 15 x §5allongement i
- ____________d."— 9-5x15___________ <3 ...........d° 15 x 90______d°
- ____________d° 90 xl5_______d°___ G
- t 0.5
- 1.0_____11 I II II I 1 \B\otid\ 1</Iel Sortie I I II
- - 90?-80°. ~70° ~G0? ~50? -20? -30? -20? -10? O? 10? 20? 30? 90? 50? 600 20?
- Inclinaisons des plaques sur le vent.
- Fig. 5. — Position des centres de poussée sur des plans de différents allongements.
- fractions de la largeur de la plaque. Pour les plaques les plus allongées, le centre de pression se déplace lentement d’abord, à partir du milieu de la plaque, puis rapidement depuis 15 à 20 degrés, et aboutit au quart de la plaque. Avec les rectangles
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- frappés sur leur petit côté, le déplacement rapide se fait aux inclinaisons comprises entre 60 et 40 degrés. Le carré donne une variation intermédiaire.
- ---------plaque de 25x 25 allongementl ____plaque de 15xbSallongement 3-
- _________ _d°___ iSxlS_____d°~_3 /.........__</?_ 15x90_____d°____f
- ____________90x15__________d°___G
- Bord d ' attaque
- g 0.2
- S O .i-
- G sitrè
- j o\r si
- -80°-80°-70°-6a°-50o-ï0?-30o-20° -10o 0° 10° 20° 30° W> 50° 60° 100 80° 90'
- Inclinaisons des cordes des plaques sur le vent
- Fig. 6. — Positions des centres de poussée sur des plaques de flèche et de différents allongements. '
- 1
- 13.5
- Nous avons établi des diagrammes analogues pour, des plaques courbes (1). Nous donnons ici (fig. A et 6) ceux qui se rappor-
- (1) Ces diagrammes ne figurent pas dans l’ouvrage que nous résumons, et dont la rédaction était terminée avant l’essai, de ces plaques courbes de différents allongements.
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- tent à une courbure circulaire que nous avons particulièrement étudiée, et qui est très intéressante comme application aux aéroplanes : c’est celle dont le rapport de la flèche à la corde est
- Tlapue plane
- FLacjue courbe flèche 7/?7
- _ li______id flèche Vas
- — id.____id.___flèche lh
- Fig. 7. — Diagrammes polaires de plaques de 90 X 15 cm de différentes courbures.
- d’environ —, Les nouvelles plaques ont donc les mêmes dimensions que celles dont nous venons de parler, mais elles sont courbées circulairement avec une flèche qui était en réalité
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- de On voit que cette courbure, si faible qu’elle soit, a pour
- effet de remonter beaucoup les courbes des Jb- et d’augmenter
- la valeur des maxima d’environ 15 0/0 en moyenne, sans que l’inclinaison correspondante soit changée sensiblement. Ainsi, l’anomalie que nous signalions pour les plaques carrées se retrouve ici encore aux environs de 38 degrés, mais aggravée; en effet, l’augmentation de résistance par rapport à la plaque normale atteint 68 0/0 au lieu de 45 0/0. De même pour l’allongement 6 : le maximum du rapport qui était de 0,70 à
- 15 degrés, devient, pour cette même inclinaison, 1,03, de sorte qu’à cet angle le coefficient dépasse déjà celui de la plaque normale.
- En ce qui concerne la position du centre de poussée sur ces plaques de différents allongements, l’influence de la courbure est très considérable. La principale différence réside en ce fait que, pour les petits angles, le centre de poussée^sur une plaque courbe rétrograde vers le bord de sortie à mesure que l’angle diminue, alors que pour les plaques planes il se rapproche constamment du bord d’attaque.
- Dans notre ouvrage, nous avons étudié l’influence de la variation de la courbure sur des plaques ayant un allongement de 6,
- 111
- et des rapports de la flèche à la corde égaux à =, ,, et 0
- (plaque plane). Le résultat est figuré dans des diagrammes que nous appelons diagrammes polaires (fig. 7), et qui sont très commodes pour comparer les résistances des surfaces et pour résoudre certains problèmes relatifs aux aéroplanes. Ces diagrammes représentent à la fois, par une seule courbe, les valeurs correspondantes de cinq grandeurs : les composantes unitaires horizontale Kx et verticale Ky, la résultante unitaire K, (hypoténuse des triangles rectangles), rinelinaison 0 de cette résultante sur la verticale (ou le rapport des composantes horizontale
- et verticale, tg 0. =. ™), et enfin l’inclinaison i de la plaque sur ivy
- le vent. Ce diagramme met bien en évidence l’augmentation de la force portante due à la courbure, surtout aux incidences voisines de 45 à 20 degrés.
- Les positions des centres de poussée, sur ces plaques de cour-
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- — 416 —
- bures variables, sont représentées par la figure 8, qu’on peut rapprocher de la figure 6 se rapportant aux plaques d’allongements variables.
- Côté du Bord d'attaque
- -90? -80? -20? -60? -5Q9-&0? -30? -20? -10? 0? 10?
- 0? 30? W 50? 60? 20? 80? 90?
- ... Plaque plane
- .. Plaque courbe flèche l/zi i
- _ ______!___d°----------lias
- Fig. 8. — Position des centres de poussée sur des plaques de 90 X 15 cm de différentes courbures.
- Pour les poussées et les centres de poussée sur des plaques d’autres courbures, nous avons donné des formules d’interpolation.
- En ce qui concerne l’influence mutuelle des surfaces parallèles, nous avons considéré deux plans en forme de disques, de
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- rectangles ou de treillis perpendiculaires au vent, se recouvrant et placés à divers écartements ; nous avons mesuré la pression sur chacune des deux surfaces et sur l’ensemble des deux. Les résultats méritent d’être signalés. La plaque protégée est attirée vers l’autre tant qu’elle n’en est pas séparée par un intervalle très notable. L’effort d’attraction sur le disque est maximum pour un écartement égal à trois fois le rayon. Il ne s’annule que quand l’écartement est porté à cinq rayons; il change ensuite de sens et devient une poussée effective.
- Quand des rectangles parallèles, plans ou courbes, sont disposés comme dans les aéroplanes biplans, et peu inclinés sur le vent, ces deux surfaces se gênent réciproquement, et suivant 2 3 4
- que l’écartement est des des ^ ou des ^ de la profondeur des
- plans, les poussées sont réduites à 0,65, 0,70 ou 0,75 de ce qu’elles seraient sur un monoplan.
- Nous avons fait ensuite une étude spéciale des corps ronds. Pour des cylindres des différentes longueurs et d’axes parallèles au vent, le coefficient de résistance passe par un minimum quand la longueur est comprise entre quatre et cinq rayons de la base ; le coefficient est alors les trois quarts de celui d’un disque de même rayon.
- Quand les cylindres ont leur axe perpendiculaire au vent, comme les montants des biplans, le coefficient K augmente en même temps que l’allongement. Avec des hauteurs de 4 et de 33 diamètres, il est respectivement égal aux 56 et aux 60 centièmes du coefficient du rectangle circonscrit. Cette réduction ne se produit pas dans la résistance d’un fil de 3 mm très allongé, dont le coefficient est, en effet, à peu près le même que celui du rectangle de même largeur, soit 0,063 ; cette valeur trouve son application dans les tendeurs d’aéroplanes et dans les fils télégraphiques.
- Les coefficients de cônes fermés à la base sont réduits, par rapport à celui du disque égal à cette base, de 50 0/0 pour le cône à 60 degrés au sommet, et de 30 0/0 pour le cône à 30 degrés.
- Pour les sphères et pour les demi-sphères concaves ou convexes, nous avons trouvé que, en représentant par 100 la résistance du disque de même diamètre, la résistance de la sphère est égale à 17, celle de la demi-sphère convexe à 32, et celle de la demi-sphère concave à 126.
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- Sur un cône ayant 20 degrés d’angle au sommet et fermé à l’arrière par une demi-sphère, la résistance est à peu près celle d’une sphère quant la pointe est en avant. Elle est réduite de moitié quand la pointe est en arrière ; elle est alors seulement le douzième environ de ce qu’elle serait sur le maître-couple du corps.
- Pour un cylindre très allongé (quatorze rayons) et terminé par deux demi-sphères, le coefficient applicable au cylindre à bases plates est réduit des quatre cinquièmes ; il n’est plus alors que le cinquième ou le sixième du coefficient du maître-couple.
- La répartition des pressions a été étudiée en détail sur des plaques carrées de 30 et de 25 cm de côté, sur une plaque allongée de 85 X15 cm et sur une plaque courbe de 90 X 13 cm 1
- et de flèche
- 13,o
- Ces pressions varient beaucoup d’un point à l’autre, et il faut
- Pressions
- Inclinai&on de J a plaque sur le vent
- Fig. 9. — Pressions à Pavant et dépressions à l’arriére d’un carré incliné.
- bien se garder d’admettre qu’elles restent toujours voisines de la pression moyenne. Pour la plaque carrée, la pression sur la face avant est toujours maximum du côté du bord d’attaque et dans l’axe de la plaque ; elle est très faible et meme négative sur le bord de sortie et sur les bords latéraux. La dépression qui se produit sur la face arrière a d’abord deux maxime de part et d’autre de l’axe, et un minimum vers barrière et dans l’axe. Ces phénomènes augmentent jusqu’à 35 degrés, ils sont sensiblement réduits à 4A degrés et n’apparaissent plus
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- tà 42° 1/2. A partir de cette inclinaison, la dépression reste sensiblement uniforme sur toute l’étendue de la plaque.
- En calculant pour les diverses inclinaisons la pression moyenne à l’avant et la dépression moyenne à l’arrière, par la totalisation des pressions élémentaires mesurées au manomètre, nous avons établi le diagramme ci-contre (fig. 9), qui donne le rapport entre la pression et la dépression. Sur une plaque courbe inclinée de 10 à 20 degrés, la pression à l’avant est environ le tiers de la pression totale, et la dépression à l’arrière en est les deux tiers.
- <*> 0.05?
- 0
- g? QO QO JQO À
- Angles i de la corde et du vent
- Fig. 10.— Efforts unitaires totaux, horizontaux et verticaux sur l’aile n° 10.
- Les pressions totales obtenues par la sommation des pressions élémentaires sont bien les mêmes que celles que fournit la balance: cette concordance légitime notre procédé de mesure de pressions.
- Les mêmes méthodes d’expérimentation ont été appliquées à Fétude de dix-neuf ailes d’aéroplanes.
- Les profils de sept de ces ailes sont définis géométriquement ;
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- d’autres sont imités d’appareils existants, tels que les Wright, Voisin, Maurice Farman et Blériot. Nous avons donné 15 cm de profondeur et 90 cm de largeur à toutes les ailes, sauf à quatre d’entre elles, pour lesquelles les tracés des constructeurs nous ont amenés à adopter des dimensions un peu différentes. La planche 4 annexée à cette note représente les formes des ailes.
- Nous avons établi pour toutes ces ailes une série de planches uniformes, dont il nous suffira de décrire une seule, celle qui se rapporte à notre aile n° 10, qui reproduit le type Wright.
- Dans un premier diagramme (fig. 40) sont portées les valeurs
- . 0.26
- . 0.22
- Angles i de la corde et du vent
- Fig. 11. — Valeurs du rapport et de l’angle 0 pour l’aile n° 10.
- S
- co
- I
- I
- ’jo
- des efforts unitaires totaux Kf, verticaux Kv et horizontaux Kx, pour des angles i d’inclinaison de la corde et du vent allant de 0 à 16 degrés. Ces valeurs multipliées par SV2 donnent l’effort total, la sustentation et la résistance à l’avancement. Ce n’est qu’à — 3 degrés que la sustentation s’annule. De 2 à 8 degrés, les résistances K* et Kv sont sensiblement proportionnelles aux variations de l’incidence. Il est à remarquer que la tangente D' dans cette région est très différente de D, tangente à l’origine.
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- Le rapport
- - 421 —
- très important en pratique, fait l’objet d’un
- second diagramme (fîg. U). En appelant 0 l’angle de la résultante avec la verticale, on a tang 6 = Ces deux valeurs ^ et 0
- K Ky
- » sont données à l’aide d’une double échelle. On voit que cette courbe passe par un minimum aux environs de 2 degrés, mais qu’elle augmente peu rapidement jusqu’à 8 ou 9 degrés. Les angles compris dans cet intervalle sont donc les plus intéressants pour le vol, puisqu’ils correspondent au minimum de résistance à l’avancement pour une sustentation donnée.
- Fig. 12. — Polaires de l’aile n° 10 (courbe pleine)
- 1
- et de l’aile circulaire de flèche —— (courbe pointillée).
- 1.0)0
- Aux petits angles, la résultante est inclinée en arrière de la normale à la corde, car 0 >* i; à partir de 6 degrés, elle est inclinée en avant, car 0 < i.
- La polaire (fig. 42) résume ces données, que nous comparons
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- au tracé correspondant à l’aile de flècne jg-g? qui nous a paru
- réaliser des conditions particulièrement avantageuses (courbe pointillée). Jusqu’à Ky = 0,05, c’est-à-dire jusqu’à 6 degrés, l’aile Wright équivaut à peu près à l’aile circulaire; au delà, pour un même effort de sustentation, l’aile circulaire présente moins de résistance à l’avancement et est par conséquent plus avantageuse.
- La position du centre de poussée est donnée par deux diagrammes (fig. 43). L’un représente les positions successives de
- Distances du centre de poussée au bord d'attaque en % de la largeur de l'aile
- Bord d'at.t a eue
- Angles i delà, corde et du vent
- Fig. 13. — Positions du centre de poussée sur l’aile n° 10.
- ce centre sur la ligne médiane de l’aile, qu’on suppose tourner autour du bord d’attaque ; l’autre indique la distance du centre de poussée au bord d’attaque en pour lOO^de la largeur de l’aile. La loi de cette variation est la même que celle que nous avons indiquée pour les plaques à courbure régulière.
- Enfin, un dernier diagramme (fig. Y4) représente la répartition des pressions dans la section médiane pour rinclinaison de fi degrés. Ces pressions sont rapportées à une vitesse de JOm par seconde, et exprimées en millimètres d’eau, ou en kilo-
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- grammes par mètre carré. Leur répartition, qui pour les petits angles est assez uniforme dans le sens de l’envergure, est au contraire très variable suivant la profondeur. Près du bord d’attaque, la pression sur le dessous de l’aile est de 2,5 kg par mètre carré, et la dépression sur la face dorsale atteint 11 kg. Pour une vitesse de 30 m, qui est assez souvent réalisée, la pression totale arrive donc au chiffre considérable de 121 kg par mètre carré, chiffre qui très probablement dépasse de
- Echelle de l’aile1/5
- _---— Pressions sur la face concave
- ....——------------— i°________convexe
- Fig. 14. — Répartition des pressions sur la ligne médiane de l’aile n° 10 inclinée à 6 degrés.
- beaucoup ce que pouvaient supposer les constructeurs d’aéroplanes. Cette remarque s’applique à presque toutes les ailes que nous avons étudiées.
- La pression est au contraire très faible du côté du bord de sortie, où elle n’atteint pas 2 kg par mètre carré à la vitesse de 10 m, soit 18 kg à la vitesse de 30 m.
- La dépression moyenne sur le dos de l’aile est environ 3,2 kg pour la vitesse de 10 m; la pression moyenne sur la face infé-
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- rieure est 1,7 kg. On peut dire que l’aile est deux fois plus aspirée sur sa face dorsale qu’elle n’est poussée sur sa face inférieure.
- Les autres ailes donnent des résultats analogues qu’on trouvera dans l’ouvrage. Nous les résumons, dans la planche 5 annexée à cette note, par les polaires de 14 de ces ailes (1).
- Le tableau suivant fournit les éléments de chacune des ailes pour rinclinaison optimum qui correspond au minimum du rapport : ce minimum est déterminé par la position du point
- l\y
- de tangence du rayon vecteur tangent à la courbe polaire (ce rayon vecteur n’est autre que la résultante elle-même). Dans ce tableau :
- L’angle d’incidence optimum i est celui qui correspond au minimum de îp = tg 0, 6 étant l’angle correspondant de la résul-
- lij/
- tante et de la verticale ;
- K* est la composante horizontale unitaire, qui, multipliée par SV2, donne la résistance à l’avancement de l’aile (souvent appelée traînée) ;
- K,y est la composante verticale unitaire, qui, multipliée par SV2, donne la sustentation de l’aile (souvent appelée poussée);
- IV est l’effort total unitaire, qui, multiplié par SV2, donne la résistance totale de l’aile;
- 5^- est le rapport de la résistance à l’avancement à la susten-tation ;
- 0 — i est l’angle de la résultante avec la normale à la corde; quand cet angle est positif, la résultante est en arrière de la normale ;
- o est la distance du centre de poussée au bord d’attaque exprimée en pour 100 de la largeur de la plaque.
- A l’incidence optimum considérée dans ce tableau, le rapport entre le poids que l’aile peut soulever et la résistance à l’avancement est le plus petit possible. A ce point de vue, l’aile est dans les meilleures conditions. Mais il faut observer qu’alors K„ peut être relativement faible, de manière que la surface nécessaire pour soulever un poids donné serait exagérée. Pour apprécier une aile, on doit donc tenir compte à la fois de chacun des
- (1) Les polaires non figurées sont celles des ailes 15 à 18. Les ailes IG et 17 ont des polaires peu différentes de l’aile 7, du moins de 0 à 8 degrés. Les ailes 15 et 18 ont des résistances à l’avancement relativement très fortes, et seraient inutilisables en aviation.
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- Inclinaison et coefficients unitaires des ailes
- Kr
- pour le minimum du rapport .
- S « w o VALEURS CORRESPONDANTES DE ANGLES de la résultante
- « < S j w Q FORME DE L’AILE H g U g K, K» Ki K( K y CD £ ’§ arec la normale ( à la corde (Q-i) 6
- 1 Rectangle plan de 90 X 13 cm deg. 3,5 0,0039 0,025 0,026 0,-156 degr. 8,9 degr. 3,4 0,26
- 2 A courbure circulaire 1 de flèche . . . A courbure circulaire de flèche jLg. . . 2 0,0017 0,021 0,021 0,082 4,7 2,7 0,11
- 3 3 0,0038 0,042 0,042 0,094 5,4 2,4 0,17
- 4 A courbure circulaire 1 de flèche p . . . . 6 0,0096 0,070 0,072 0,138 7,9 1,9 0,16
- 5 Courbe à l’avant et plane à l’arrière . . 5 0,0040 0,044 0,044 0,092 5,3 0,3 0,16
- 6 Plane à l’avant et courbe à l’arrière . 1,3 0,0035 0,037 0,037 0,094 5,4 3,9 0,66
- 7 Plane en dessous et circulaire en dessus. 1,5 0,0012 0,017 0,017 0,072 4,1 2,6 0,51
- 8 En forme de croissant. 2 0,0031 0,035 0,035 0,090 5,2 3,2 0,51
- 9 En aile d’oiseau . . . 5,5 0,0073 0,057 0,058 0,128 7,3 1,8 0,11
- 10 Analogue à l’aile Wright 2 0,0028 0,029 0,029 0,098 5,6 3,6 0,18
- II Analogue à l’aile Voisin 2 0,0015 0,021 0,021 0,072 4,1 2,1 0,61
- 12 Analogue .à l’aile M. Farman...... 2 0,0010 0,016 0,016 0,065 3,7 1,7 0,36
- 13 Analogue à l’aile Blé-riot n° XI 4 0,0039 0,035 0,035 0,110 6,3 2,3 0,29
- 136is Analogue à l’aile Blé-riot n° XI bis . . . 4 0,0023 0,031 0,031 0,074 4,3 0,3 0,25
- 14 Analogue à l'aile Bré-guet . 4 0,0030 0,040 0,040 0,073 4,4 0,4 »
- 13 Proposée par M. Er-noult 6 0,0015 0,013 0,013 0,110 6,8 0,8 »
- 16 Proposée par M. Drze-wiecki 4 0,0020 0,024 0,024 0,080 4,7 0,7 »
- 17 Proposée par M. Drze-wiecki 4 0,0021 0,026 0,026 0,080 4,5 0,5 »
- 18 Proposée par M. Drze-wiecki 0 0,0020 0,011 0,011 0,180 10,2 10,2 »
- Bull.
- 27
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- coefficients K* et Kv. Nous parlerons tout à l’heure d’une méthode pour étudier les ailes dans les cas particuliers; d’une façon générale on peut adopter, dans un avant-projet, notre aile à courbure 1
- circulaire de flèche ^ qui présente une faible résistance à
- l’avancement et une forte sustentation. Au point de vue pratique, on peut lui reprocher sa faible épaisseur, qui lui laisserait à l’exécution trop peu de solidité. Nous conseillerions alors de lui substituer notre aile n° 8, dont le bord d’attaque est mince et l’épaisseur relativement très forte; la pression maximum se produit à peu près à l’endroit où l’aile est la plus épaisse; sa flèche ainsi que sa polaire diffèrent peu de celles de l’aile n° 3.
- Nous avons expérimenté des modèles au dixième des monoplans Esnault-Pelterie et Nieuport; nous avons cherché, suivant les différentes inclinaisons, les efforts exercés sur l’ensemble et sur les ailes seules, de manière à isoler l’influence du fuselage et à déterminer ce qu’on appelle la résistance nuisible, due au moteur, aux agrès, aux passagers, etc. Cette résistance est celle
- 3
- qu’aurait un plan normal au vent de T de mètre carré dans
- 4
- 2
- l’aéroplane Esnault-Pelterie, et de -g- de mètre carré dans l’aéroplane Nieuport.
- Pour appliquer les coefficients de résistance trouvés au calcul des aéroplanes, nous les avons multipliés par 1,10, par assimilation à ce qui se passe pour les plaques carrées normales (1). Les applications que nous en avons faites aux aéroplanes Esnault-Pelterie, Nieuport, Wright, Voisin, Farman et Blériot semblent bien justifier cette hypothèse ; dans tous les cas que nous avons examinés, en effet, nos calculs se sont trouvés d’accord avec les renseignements que nous ont fournis les constructeurs, et qui portaient sur les poids, des appareils, sur les vitesses et les angles d’incidence pendant le vol. Il en résulte cette conséquence très importante que l’essai d’un modèle par notre procédé ou par un procédé analogue permet de connaître à l’avance les conditions du vol normal.
- (1) Pour un plan carré de même surface que nos ailes (0,135 m2), K;()û = 0,072, tandis qu’une grande surface carrée conduit au coefficient de 0,08 qui paraît être un maximum.
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- Nous avons terminé en indiquant une méthode pour le choix d’une forme d’aile dans un projet d’aéroplane. En voici le principe.
- On peut mettre les équations de définition des coefficients de résistance IL et IL sous la forme :
- IL =
- P 0,08S' 1,1 SV3 1,1 S’
- liy ~ 1.1SV2’
- où IL et K.y sont exprimés en fonction des cinq quantités qu’on peut regarder comme caractérisant l’appareil : le poids Q, la surface sus-tentatrice S, la surface nuisible S', la puissance utile P et la vitesse V.
- Si on se donne ces cinq quantités, Kæ et K„ sont déterminés, et le problème n’est possible qu’avec une aile dont la polaire passe par le point de coordonnées IL et K^.
- En se donnant quatre de ces quantités, et en éliminant la cinquième entre les équations précédentes, on obtient une relation entre IL et ces coefficients achèvent d’être déterminés par la rencontre de la courbe y représentant cette relation avec la polaire G d’une aile. La seule condition nécessaire est que G rencontre y. Sur lafigure 15, par exemple, la courbeG est la polaire de l’aile circulaire de
- flèche 1
- jg-g, et la courbe y correspond aux données suivantes :
- P = 26 ch = 1 950 kgm Q = 570 kg S = 40 m2 S' = 1,5 m2.
- On voit que l’aile considérée devrait être placée à l’incidence de 5 degrés et donnerait une vitesse de 19,30 m environ.
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- Parmi les ailes satisfaisant à chaque problème, on choisit l’aile la plus avantageuse en imposant une condition relative à la quantité qui n’était pas fixée a 'priori : on prend, suivant les cas, l’aile qui permet soit le maximum de poids soulevé, de vitesse, ou de surface nuisible, soit le minimum de puissance absorbée ou de surface d’aile. Ce choix se fait immédiatement : il suffit de prendre l’aile dont la polaire coupe y au point le plus voisin ou le plus éloigné des axes des K, ou des K„.
- Dans le cas le plus ordinaire, et le plus avantageux en principe, puisqu’il laisse plus de choix, quatre des cinq quantités Q, S, S', P, V ne sont pas déterminées a priori. Alors le problème, traité comme précédemment, exigerait de longues recherches. Nous avons remplacé les calculs par deux abaques. Le premier exprime les relations qui unissent les cinq caractéristiques du vol normal d’un aéroplane établi dans de bonnes conditions; il permet de lire, presque immédiatement, un grand nombre de valeurs numériques corrélatives de ces quantités et de se rendre compte des effets de la variation d’une ou plusieurs d’entre elles. Le second abaque s’applique aux ailes dont on a déterminé expérimentalement la courbe polaire; il remplace, par un tracé simple, des calculs qui deviendraient très laborieux quand les données du problème sont en nombre insuffisant.
- Voilà, mes chers Collègues, le résumé des résultats nouveaux obtenus dans mon laboratoire.
- Avant même l’impression de l’ouvrage qui les contient, M. le professeur Marchis, qui avait tenu à rester au courant de mes recherches, les avait jugées dignes de faire, dans son cours à la Sorbonne, l’objet de plusieurs leçons. Veuillez me permettre de reproduire ici, si grandement élogieuse qu’elle soit, l’appréciation qu’il en a donnée en terminant son exposé :
- « Yous voyez, par les détails donnés dans toute cette série de » leçons, combien est important le travail qui vient d’être publié » en France. Je suis heureux de proclamer que notre pays est » le premier qui ait publié des expériences aussi complètes et » aussi véritablement scientifiques sur l’aviation.
- » Parmi les laboratoires qui se sont le plus particulièrement » occupés de la question, celui de M. Prandtl, à Gôttingen,
- » semble être le plus avancé dans cette voie. Cependant, les » études entreprises sous la direction du savant allemand sont » encore limitées aux éléments séparés de l’aéroplane ; personne,
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- » jusqu'à M. Eiffel, n’avait abordé le modèle complet d’aéro-» plane et surtout n’avait indiqué la méthode permettant de » transformer les résultats observés sur les modèles pour les » appliquer aux aéroplanes de grandeur normale.
- » C’est pourquoi nous devons considérer les travaux de » M. G. Eiffel comme établissant d’une manière scientifique les » bases de l’aviation. Le Mémoire qui vient d’étre publié est un » des plus beaux monuments de la science expérimentale qui » ait paru durant ces dix dernières années; il résout une série » de problèmes que de nombreux expérimentateurs habiles et » sagaces n’avaient pu qu’esquisser. »
- En montrant l’estime qu’une autorité aussi compétente attache à mes travaux, mon seul but est de les signaler à l’attention des Ingénieurs, de plus en plus nombreux, que l’aviation intéresse si justement. Je crois qu’ils pourront en faire des applications utiles : c’est à cela que tendent mes efforts.
- Je ne me dissimule pas que les résultats acquis au point de vue de l’aviation ne sont qu’un commencement, et ne donnent, sur les questions si complexes de la pratique, que des indications trop souvent insuffisantes. Aussi, sans parler des essais avec des appareils en grandeur, et en me bornant aux expériences de laboratoire sur des modèles réduits, il reste encore beaucoup à faire, et je suis loin de regarder comme terminée la tâche que je me suis donnée. Déjà, depuis l’impression de l’ouvrage dont je vous ai entretenus, j’ai effectué de nouvelles mesures de résistance, et j’ai commencé une étude méthodique des hélices. Dès que j’aurai réuni un ensemble de conclusions qui me sembleront intéressantes, je me croirai obligé, comme autrefois et comme aujourd’hui, de les communiquer à notre Société.
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- CHRONIQUE
- N° 375
- Sommaire : Ascenseurs pour très grandes hauteurs. — Production directe d’acier du minerai au four électrique. — Le tunnel de la Jungfrau. — Un nouveau combustible pour le Soudan.— Action du silicate de soude sur le béton. — Le problème des eaux résiduaires chargées de sulfite. — Chambre photographique perfectionnée.
- Ascenseur pour très grandes hauteurs. — Nous avons eu occasion de parler du Metropolitan Life Insurance Building à New-York, construction comprenant une tour de quarante-quatre étages. Le problème de l’accès facile de tous ces étages était une question intéressante dans l’ordre mécanique ; il a une importance considérable pour le développement des constructions élevées et est intimement lié avec l’établissement d’ascenseurs sûrs et commodes. On louera avec la plus grande facilité des bureaux à une grande hauteur à l’abri du bruit et de la poussière, si on peut y accéder aisément; or, il nu faut pas plus longtemps pour atteindre le quarante-quatrième étage de la tour du Metropolitan que le douzième des constructions ordinaires.
- On a choisi pour cette tour le type d’ascenseurs Otis avec traction par le haut, dans lequel le moteur et les poulies sont placés au-dessus de la cage. A la partie supérieure du campanile en marbre blanc sont installés de puissants moteurs électriques et on peut dire qu’il ne se trouve nulle part de moteurs fonctionnant à une si grande hauteur au-dessus du sol.
- Il n’y a pas beaucoup de types d’ascenseurs qui puissent convenir pour de très grandes hauteurs ; les appareils hydrauliques sont naturellement exclus. Dans certains modèles d’ascenseurs électriques, le poids des câbles est un obstacle et la difficulté d’équilibrer la charge au delà d’une certaine hauteur est une objection insurmontable. Dans le système Otis, au contraire, le fonctionnement est absolument indépendant de la hauteur. Un moteur est installé à la partie supérieure de la cage ; l’arbre porte entre ses deux supports une poulie motrice sur laquelle passent les six câbles supportant la cabine ; une des extrémités des câbles s’y attache, tandis que l’autre extrémité porte le contrepoids qui monte et descend entre des guides sur le côté de la cage, ce contrepoids est calculé de manière à faire équilibre à la cabine chargée à un taux moyen. Juste au-dessous de la poulie motrice se trouve une autre poulie, folle celle-ci, au tour de laquelle passent les câbles de support venant de l’autre poulie et y retournant de manière à y faire deux demi-tours.
- Si on fait tourner le moteur, la cabine monte ou descend suivant le
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- sens de la rotation. Lorsqu’on arrête le moteur, un frein puissant automatique bloque la poulie motrice. Un câble compensateur part du bas de la cabine, descend en bas de la cage, y passe sur une poulie et remonte pour s’attacher au contrepoids ; ce câble sert à équilibrer dans toutes leurs positions les câbles de suspension. Tout le système se trouve donc en équilibre et l’action du moteur n’a à s’exercer que pour vaincre la charge additionnelle représentée par les personnes présentes dans la cabine. Lorsque la question de l’instalLation du Metropolitan fut mise à l’étude par une Commission composée de spécialistes, cette Commission conclut que ce système seul paraît remplir le programme. Les essais qui ont été faits depuis le montage des appareils ont pleinement confirmé cette opinion.
- L’installation de la tour, qui est entièrement indépendante de celles qui desservent les autres parties de l’immense édifice, consiste en six ascenseurs express qui vont sans arrêt du sol au dixième étage. Les cabines sont disposées au centre de la tour en deux rangées de trois chacune ; quatre de ces six ascenseurs vont du premier au quarante et unième étage, franchissant ainsi une différence de niveau de 160,11 m, tandis que l’ascenseur du milieu de la rangée ouest va du sol au quarante et unième étage et celui du milieu de la rangée est du sol au quarante-quatrième étage, montant ainsi à une hauteur de 178,87 m. Avec une charge de seize personnes représentant 1120 kg, les cabines marchent à la vitesse de 3,05 par seconde, 600 pieds par minute, maximum autorisé par les règlements de police à New-York. Le trajet jusqu’au haut de l’édifice demande donc un peu moins d’une minute, condition très convenable pour permettre de louer les étages élevés de l’édifice. Ce laps de temps ne les met pas, en effet, dans une position plus désavantageuse que des locaux plus bas desservis par des ascenseurs plus lents et à arrêts plus fréquents.
- On doit faire remarquer que les ascenseurs de la tour peuvent passer du repos à la vitesse maxima en deux ou trois secondes sans choc ou secousses capables de donner aux passagers la moindre sensation désagréable ; on calcule que chaque ascenseur' peut parcourir journellement une distance de 30 à 40 km.
- L’installation des ascenseurs n’a pas été un complément de la construction de la tour. On peut dire qu’elle en fait partie. En effet, à mesure [que la tour s’élevait, on posait les rails de guidage et on s’en servait pour des ascenseurs temporaires élevant les matériaux. La pose des cinq ascenseurs desservant le quarante et unième étage a été faite sans grande difficulté, mais celle de l’ascenseur du quarante-quatrième étage a soulevé certaines' difficultés; on y est arrivé et on a pu mettre en place lesdourdes pièces des moteurs au moyen d’un palan ordinaire. Ces moteurs pèsent 9500 kg chacun pour quatre et le poids s’élève à 1040 kg pour les deux autres destinés à des ascenseurs qui doivent supporter des charges accidentelles, par exemple, monter des coffres-forts.
- Les contrôleurs magnétiques pèsent respectivement 900 et 1 000 kg. Ils sont reliés aux commutateurs qui commandent les moteurs et sont sous le contrôle du conducteur des cabines.
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- Les moteurs sont comptés à 40 ch et reçoivent le courant direct à 115 volts. Ils tournent à une vitesse de 35 à 58 tours par minute et la vitesse à la circonférence de la poulie de traction est la vitesse d’ascension des cabines.
- L’espace très limité dont on dispose à la .partie supérieure de la tour créait des conditions très différentes de celles qu’on rencontre dans des grands édifices tels que la gare terminus de l’Hudson où on a pu disposer les appareils moteurs des ascenseurs les uns à côté des autres. Dans la tour, il a fallu les superposer et loger lés contrôleurs et les autres accessoires où on a pu. Aussi la machinerie de la tour présente-t-elle un aspect tout particulier. Chaque pouce carré y a été utilisé pour le mieux, mais, malgré l’encombrement, les choses sont disposées dans un ordre parfait.
- Nous avons dit que les câbles tant de traction que d’équilibre au nombre de six par ascenseur s’enroulent sur les poulies motrices. Ces câbles ont 16 mm de diamètre et une résistance à la rupture de 9 000 kg. La longueur des câbles varie, selon les cabines, de 175 à 191 m, pour la plus grande levée. Un autre câble important est celui qui traverse la cabine pour aboutir au régulateur centrifuge placé à la partie supérieure de la cage. Ces câbles ont 12,5 mm de diamètre et la longueur varie de 350 à 388 m ; ils servent à transmettre le mouvement de translation de la cabine au régulateur à force centrifuge, lequel, en cas de vitesse excessive, non seulement arrête le moteur, mais encore met en jeu les freins agissant sur la cabine et bloque celle-ci dans les guides. Les cabines ont de 1,625 sur 1,93 mal ,625 sur 2,44 m et pèsent de 1800 à 2040 kg chacune. Le contrepoids est un peu plus lourd que la cabine vide et correspond au poids de celle-ci à charge moyenne.
- Dans les derniers ascenseurs du système Olis, on emploie, pour équilibrer le poids des câbles de traction et de contrepoids, un câble spécial de forme plate, ayant 95 mm de largeur sur 6,5 mm d’épaisseur dont une extrémité s’attache au-dessous de la cabine et l’autre au contrepoids. Ce câble passe sur des poulies à jante plate et à rebords disposées dans une gouttière en métal à la partie inférieure de la cage ; les axes de ces poulies sont susceptibles d’un déplacement vertical pour parer à la dilatation et â la construction des câbles. Deux de ces câbles compensateurs sont attachés à chaque cabine ; leur longueur varie de 173 à 189 m.
- On n’a pas sacrifié la sécurité à la* vitesse de fonctionnement. Le régulateur à force centrifuge dont il a été question actionne un système de frein agissant pour limiter la vitesse à 3,55 par seconde. En outre, chaque cabine a un frein de détresse qui permet au conducteur d’arrêter le moteur et de bloquer la cabine dans ses guidesaindépendam-ment de l’action du régulateur. A la partie supérieure de la cage sont des dispositifs de sûreté pour empêcher la cabine de dépasser la position extrême.
- Au bas de la course, les cabines et les contrepoids portent sur des buttoirs qui peuvent amortir le choc des cabines descendant à toute vitesse, soit 4 m par seconde. Ces buttoirs ont donné aux essais une entière satisfaction.
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- Production directe «l’acier du minerai au foui* ciec-tri«iuc. — Il a été donné communication, dans une récente réunion du Canadian Mining Institute, d’un procédé imaginé par M. J. W. Evans, pour obtenir directement de l’acier à outils du minerai au four électrique.
- L’appareil employé est un petit four cylindrique d’environ 95 cm de hauteur et 35 cm de diamètre, pourvu d’une paire d’électrodes placés latéralement et alimenté par un courant à 110 volts, venant d’un transformateur d’environ 20 kilowatts de capacité. Un rhéostat règle le courant, qui est maintenu au-dessous de 200 ampères. On ne peut guère, en général, employer dans le four plus de 6 à 8 kilowatts.
- Le minerai est broyé et on se sert de charbon de bois pour le réduire ; on emploie de la pierre calcaire comme fondant. Ces matières, réduites en poudre, sont mises sous forme de briquettes avec de l’eau et de la mélasse et cuites avant emploi. .
- Le four étant préalablement chauffé et en employant de 5 à 6 kilowatts, on fait une opération en une heure et on obtient environ 1,300 kg d’acier. On emploie 3 kg de minerai, 0,6 kg de pierre à chaux, 0,55 kg de charbon de bois, 0,3 kg de mélasse et 0,5 kg d’eau.
- Le métal obtenu est un lingot très sain d’excellent acier à outil. On en a fait des burins (sans les forger) qui ont donné de très bons résultats.
- On doit faire remarquer que, lorsqu’on opère avec un four de petites dimensions, il n’est pas facile de prendre des échantillons de l’acier dans le four et d’en faire l’analyse chimique, comme on le ferait avec un four de grandes dimensions, et qu’en conséquence on ne peut modifier la composition de l’acier; il y a là un inconvénient dans l’usage de petits fours.
- Si on admet qu’on peut faire directement de l’acier à outil avec le minerai au four électrique, le point le plus important est de savoir si le prix de revient peut être suffisamment bas pour rendre le procédé commercial. Dans le but d’elucider cette question, le docteur Stansfield a a entrepris des observations attentives sur la consommation de charbon, de chaux, d’énergie électrique et d’électrodes dans les expériences d’Evans, et les résultats qu’il a obtenus peuvent être résumés comme suit :
- 1 kg d’acier à outil, fabriqué dans un four électrique de faibles dimensions, nécessite remploi de 2,1 kg de minerai de fer magnétique, 0j4 kg de calcaire, 0,4 kg de charbon de bois, 0,08 kg d’électrodes en graphite à 1,35 f le kilogramme et une dépense de courant de 7 kilowatts-heure. *
- Plusieurs de ces chiffres peuvent, sans aucun doute, être réduits par l’emploi de fours de plus grandes dimensions, et on peut admettre qu’un four fabriquant une tonne au plus d’acier en 24 heures ne demanderait pas plus de 0,35 kg de, charbon de bois et 4 kilowatts-heure par kilogramme d’acier, et la dépense d’électrodes ne serait pas supérieure à la moitié du chiffre correspondant précédent. Si on suppose le coût du cheval électrique à 100 f par an, le coût de 4 kilowatts-heure sera de
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- de 0,06 f, et la dépense totale de matière et de courant ressortira à environ 0,22 f par kilogramme d’acier.
- Dans les essais, on a éprouvé une grande usure des électrodes parce qu’on en laissa plonger les extrémités dans le laitier fondu, mais, avec de plus grands fours, ce fait ne se produisant pas, on aura beaucoup moins d’usure de ces pièces. De plus, cette usure étant à peu près proportionnelle à la surface de l’électrode, comme cette surface, au moins celle de la partie portée à la plus haute température est moindre relativement dans les grands fours, on aura une amélioration importante par l’emploi de ces derniers.
- On peut avoir un autre élément d’information par le coût obtenu avec des fours analogues du système Stassano, en Italie. Les essais ont été faits sur un four employant 80 kilowatts et produisant 30 kg d’acier en deux heures avec des minerais d’hématite très purs. 1 kg d’acier nécessitait l’emploi de 1,63 kg de minerai, 0,20 kg de calcaire, 0,26 kg de charbon de bois, 0,20 kg d’un composé charbonneux additionnel, 0,012 kg d’électrodes et 1,44 kilowatt-heure pour le courant.
- Les dépenses de main-d’œuvre et autres varient dans une si large mesure avec la quantité et surtout avec l’échelle sur laquelle l’installation est constituée qu’il ne paraît pas utile d’insister sur ce point. On peut seulement rappeler que, dans un rapport sur les essais du four Stassano, le docteur Goldschmidt indique que, pour une installation de 5 000 ch de force établie en Italie, et produisant 30 t d’acier en 24 heures, avec des minerais riches d’hématite, le prix de revient total de l’acier, y compris minerai, force motrice, électrodes, main-d’œuvre, entretien, etc., ressort à très peu près à 12 cm par kilogramme.
- A ce sujet, on ne doit pas oublier de mentionner que le meilleur acier à outils ne doit pas être obtenu par le laminage du lingot, mais par l’étirage au marteau de celui-ci, et que la dépense résultant de ce travail doit être mise en ligne de compte pour avoir le prix de la barre d’acier.
- lie tunnel «le la Jungfrau. — La Nouvelle Gazette de Zurich publie un intéressant article sur l’état des travaux du chemin de fer de la Jungfrau. On en est arrivé à la dernière étape avant d’arriver au col; depuis les premiers jours de mars, les perforatrices travaillent à une altitude de 3 330 m et le front d’attaque atteindra très probablement, à la fin du mois prochain, la grande paroi du Mônch, où les Ingénieurs ont prévu une fenêtre, laquelle prendra jour sur un immense champ de neige au-dessus d’une paroi de rochers de 10 à 20 m de hauteur.
- Les ouvriers travaillent maintenant dans le granit; des couches d’un blanc bleuâtre très dures succèdent aux couches brunâtres dans lesquelles les coups de mines ne sont pas très efficaces. On a trouvé, dans une crevasse d’une dizaine de mètres de longueur, des couches de glace, ce qui laisse supposer que le tunnel n’est plus très éloigné de la surface du rocher; la température a d’ailleurs beaucoup baissé; elle est tombée ces jours derniers à 0 degré. Les cartouches de dynamite gèlent au bout de quelques minutes dans les trous de mines.
- La dernière partie du tunnel qui reste à percer pour arriver au col sera la plus intéressante mais aussi la plus pénible. Le tunnel doit encore
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- vaincre une différence d’altitude de 110 m dans une arête de rocher très étroite, au-dessous d’immenses champs de neige.
- Les Ingénieurs ont marqué la place de la station du col à 3450 m d’altitude sur le versant méridional du grand glacier, lequel est entouré de glaciers majestueux dont les ascensions n’ont encore été faites que par des alpinistes d’un courage à toute épreuve.
- Un nouveau combustible pour le Soudan. — Xe correspondant du Times, à Berlin, communique à ce journal d’intéressants renseignements sur des essais faits récemment aux ateliers de la maison Christoph Friedrich, à Merseburg, et à ceux de MM. R. Wolff, à Magdebourg, sur un nouveau combustible qu’on se propose de fabriquer avec les roseaux qui croissent sur les bords du Nil Blanc, notamment dans une partie de ce fleuve, lesquels sont connus sous le nom de « Sudd ». On trouve ces roseaux sur une étendue qu’on peut évaluer à quelque chose comme 100000 kma et on a beaucoup de peine à maintenir avec des dragues un chenal navigable au milieu de ces marécages.
- Sur une étendue de 350 km il est impossible de se procurer un combustible quelconque, parce que le fleuve n’a pas de rives abordables et les dragues se servent de charbon venant deKhartoum. Or, à Khartoum, le charbon coûte déjà 82 f la tonne, le bois est un peu moins cher. On se propose de se servir des roseaux en les convertissant en briquettes.
- Le sudd est coupé près du niveau de l’eau par des machines portées sur des bateaux d’une disposition spéciale. IL est débité mécaniquement et transporté à terre. Après avoir subi une dessiccation d’une certaine durée, la matière est introduite dans des appareils, dits desintegrators, où elle est réduite à un état analogue à celui de la paille hachée. Elle passe ensuite dans des presses qui en font des briquettes semblables à des briquettes de charbon. L’installation est simple, seulement il faut donner une pression très énergique pour agglomérer la matière. Il n’y a pas besoin d’agent agglomérant étranger; on peut donc espérer avoir ce nouveau combustible à un prix très faible.
- Action «lu silicate de soucie sue le béton. — L’usure rapide des sols en béton dans les pièces à usage de bureaux a appelé l’attention sur Futilité qu’il y aurait à durcir les surfaces pour les empêcher de s’en aller en poussière sous les pieds. M. Albert Meyer a traité cette question devant la Société Américaine pour l’Essai des Matériaux.
- On a vainement essayé d’employer des peintures et enduits de compositions diverses, dont quelques-unes formées de ciment de Portland en poudre fine avec du vernis ou de l’huile de lin. Il ne semble pas qu’on ait trouvé de matière susceptible de pénétrer dans les pores du béton et de former une surface très dure, à l’exception peut-être d’une matière dont on se sert en France et en Allemagne pour durcir les objets en plâtre et pour servir à la décoration murale. Mais son emploi pour les sols parait être écarté par la question de prix, car il reviendrait à 4 ou 5 f par mètre carré.
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- L’auteur a fait quelques essais avec le silicate de soude en poudre ou en dissolution dans l’eau. Il a constaté d’abord que cette matière à l’état pulvérulent, telle qu’on l’obtient dans le commerce, contient diverses impuretés qui rendent assez difficile sa dissolution dans l’eau. Le silicate dissous ou verre soluble à 40 degrés Baumé se mélange aisément avec l’eau ; l’objet de cette addition d’eau est de permettre au liquide de pénétrer aussi profondément que possible dans les pores du béton. On fait plusieurs applications du liquide, jusqu’à ce que celui-ci ne pénètre plus et reste sur la surface; on l’enlève par un lavage et ce qui a pénétré dans la masse, se trouvant en contact avec la chaux et les autres alcalis, arrive à un complet durcissement. Ces expériences, qui ont porté sur plusieurs mois, ont donné tout ce que l’auteur en attendait.
- L’action du silicate de soude employé sur le béton sec est tout à fait différente de ce qu’elle est lorsqu’on mélange le silicate avec les éléments de la fabrication du béton.
- M. Albert Meyer, avec le concours du docteur Alberton S. Cashmann, a fait quelques expériences sur des briquettes de sable et de ciment dans lesquelles on avait incorporé, dans la fabrication, du silicate de soude très étendu, et sur des briquettes ordinaires immergées plus tard dans une dissolution de silicate à 10 0/0 dans l’eau,
- On a aussi préparé des briquettes avec une partie de chaux éteinte et trois parties de sable, et d’autres avec une partie de chaux éteinte et deux de sable, et une solution de un de verre soluble et deux d’eau. La prise s’est faite en une heure. Dès que les briquettes ont été sèches, on les a immergées dans une solution composée d’une partie de verre soluble à 40 degrés Baumé et de trois parties d’eau. Quand les briquettes eurent absorbé ce qu’elles pouvaient de ce liquide, on les a laissé sécher; elles sont devenues très dures, mais parurent n’avoir qu’une résistance assez médiocre à la traction. Immergées dans l’eau pendant plusieurs jours, elles n’ont montré aucun signe de désagrégation. Le but de ces essais était de reconnaître la solubilité des briquettes de chaux traitées de cette manière.
- On a également préparé une série de briquettes avec une partie de ciment de Portland et trois de sable d’Ottawa avec la quantité habituelle d’eau, mais additionnée de 10 0/0 de silicate de soude. On a constaté, par rapport aux briquettes exemptes de silicate, mais de même composition, une diminution très notablé de résistance. Cet effet a été le même avec des immersions dans l’eau de 7 et 28 jours.
- Des briquettes de une partie de ciment et trois de sable d’Ottawa, avec la quantité ordinaire d’eau sans addition de silicate, furent immergées au bout de 24 heures dans de l’eau contenant 10 0/0 de silicate; on constata une augmentation de résistance par rapport aux mêmes briquettes immergées dans de l’eau pure.
- On n’a pas fait d’essais sur la résistance des ciments employés pour la raison qu’on voulait simplement constater si l’emploi du silicate après la prise du béton avait pour effet d’accroître la résistance de ce béton. Le petit tableau ci-dessous résume les résultats des expériences dont nous venons de parler.
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- Résistance des briquettes en kilogrammes par centimètre carré :
- Age de briquettes en jours.......................... 7 28
- Briquettes faites avec de l’eau pure................20,0 24,3
- — — et du silicate . . . 8,2 14,2
- — — pure et immergées
- pendant 24 heures dans du silicate étendu d’eau. 25,2 34,8
- On doit admettre que le silicate de soude venant en contact avec la chaux et les autres alcalis ou terres alcalines donne une réaction qui amène un dépôt de silice gélatineuse dans les pores du mortier, dépôt qui agit comme une glu minérale.
- Le silicate de soude mélangé avec le ciment dans la fabrication du mortier rend la prise plus rapide, mais le durcissement final n’est pas aussi considérable qu’il l’eût été avec une prise plus lente.
- L’auteur a mélangé du verre soluble avec de l’eau dans la proportion de une partie de verre pour trois d’eau. Au bout d’un instant, la solution avait pris l’aspect d’une gelée. Il a mélangé ensuite une solution de silicate avec de l’eau et y a ajouté du ciment mêlé d’environ 30 0/0 d’eau; en quelques minutes, le mélange a pris l’aspect d’une gelée compacte. Il semble que la formation de cette gelée hâte la prise du ciment, mais qu’elle intervient d’une manière défavorable dans le durcissement du mortier et amène une diminution de résistance, comme on le voit par les chiffres du tableau.
- Ce qui précède semble indiquer qu’il serait intéressant d’introduire une matière susceptible de retarder la prise, telle qu’une dissolution à 100/0 de soude caustique ou de sulfate de magnésie. Si la formation de silice gélatineuse se trouve retardée jusqu’à la prise du ciment, il pourra se faire que la résistance de l’éprouvette se trouve augmentée. Avec des essais suffisamment prolongés, on pourra obtenir des données sérieuses sur l’action du silicate de soude sur le béton. On préparerait des échantillons sous forme de briquettes et de cubes pour des essais à la traction et à la compression ; on les conserverait sous l’eau et on les soumettrait à des épreuves à des intervalles réguliers s’étendant jusqu’à une durée de deux ans. A la connaissance de l’auteur, cela n’a pas encore été fait et on pourrait tirer de ces expériences d’utiles renseignements sur ce sujet.
- Le béton" se trouve durci et fortifié par l’application à sa surface de silicate de soude en dissolution. Le béton a acquis sa dureté normale et, s’il présente une certaine porosité, la solution de silicate pénétrera jusqu’à une profondeur qui dépend de cette porosité. La formation de la gelée s’effectue sans intervention sur l’induration du béton et cette gelée forme à l’intérieur des pores une glu minérale insoluble.
- En l’absence d’une démonstration expérimentale et en se basant sur la théorie de la densité maxima, l’auteur est d’avis que ce traitement par l’application de silicate de soude sur les surfaces du béton agit pour rendre ces surfaces inattaquables par l’eau, qu’elle soit salée, alcaline ou sulfureuse. Le silicate de soude sous forme de verre soluble est peu
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- coûteux, moins de 0,10 f par kilogramme et un kilogramme étendu d’eau de manière à former une dissolution capable de pénétrer dans les pores du béton peut couvrir une surface très considérable. Ainsi, l’auteur a traité de cette manière le sol de ses bureaux, d’une superficie de 130 m2, pour un prix de 0,175 f par mètre carré, ce prix comprenant toutes les dépenses de matière et de main-d’œuvre.
- Si une expérience prolongée démontrait que le traitement par le silicate empêche toute action ultérieure de l’eau sur les surfaces du béton et que le silicate introduit dans les pores de ce béton reste sous forme de glu minérale insoluble, on aurait obtenu des résultats importants tels que la préservation des tuyaux de drainage contre les alcalis ou le soufre contenus dans le sol, celle du béton contre l’eau de mer, des réservoirs contre certains acides ou huiles minérales, des sols en béton contre l’usure due à la circulation, etc.
- L’auteur, après s’être assuré que cette application n’avait jamais été patentée, a cru devoir prendre une patente pour cet objet. Son but a été simplement d’empêcher d’autres de s’assurer ce monopole et, en conséquence, il la met libéralement à la disposition de tous ceux qui emploient les bétons et qui, dès lors, pourront faire usage de l’application du silicate sans avoir à craindre aucune revendication.
- lie problème des eaux résiduaires chargées de sulfite.
- — Une des questions les plus difficiles et aussi les plus étudiées dans le domaine des eaux résiduaires est celle qui concerne les eaux chargées de sulfite provenant des fabriques de papier. Il y a quelques années, une Commission de membres de l’Institut royal d’essais de Berlin et de l’Association allemande des fabricants de papier visita un certain nombre de fabriques et étudia les conditions dans lesquelles se produisaient les eaux de lavage. Depuis cette époque, la question a fait l’objet des études de l’Institut, que nous venons de citer et le résumé de ses études a été donné dans un travail du docteur A. Pritzkow publié dans la Revue de médecine légale et d'hygiène publique de Berlin.
- On peut se faire une idée de l’importance du sujet par les chiffres suivants relatifs au développement en Allemagne, depuis six ans, de l’industrie dont nous nous occupons. En 1908, il y avait, en Allemagne, cinquante-cinq établissements produisant annuellement 597 000 t de pâte de bois sèche. Trente ans avant, la production annuelle n’était que de 3300 t. De 1902 à 1908, la production annuelle a passé de 320 000 à 597 000 t. Chaque tonne de cellulose nécessite en moyenne de 1,1 à. 1,4 corde de bois, de sorte qu’en 1908 les fabriques allemandes de pâte de bois ont employé l’énorme quantité de 680000 cordes de bois. Le développement si considérable de cette industrie a naturellement donné lieu à de sérieux inconvénients au point de vue de la pollution des cours d’eau, et la question des eaux résiduaires de cette fabrication a pris une importance considérable.
- En 1894, Mitscherlich a pris une patente anglaise pour la production de la cellulose et de la fibre de papier par le traitement du bois au moyen du bisulfite de chaux; une patente allemande fut prise ultérieurement. Ce procédé entraîne naturellement la production de liquides
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- résiduaires, notamment d’eaux chargées de sulfite, et on ne tarda pas à reconnaître que le déversement de ces liquides dans les cours d’eau présentait de sérieux inconvénients, surtout s’il n’y avait pas assez de courant pour amener une dilution rapide.
- Mitscherlich a appliqué ces procédés non seulement à titre d’essai, mais sur une échelle industrielle dans une usine établie à Munden où cette fabrication attira vivement l’attention. L’inventeur étudia tous les détails de la préparation et indiqua notamment la nécessité d’avoir une quantité d’eau suffisante, moins encore pour le travail lui-même que pour rendre inoffensifs les résidus des opérations par une dilution suffisante. Il indiquait que les résidus devaient être dilués dans le rapport de 1 à 3 000. Depuis, on a, dans beaucoup d’installations, considérablement réduit ce volume, parce qu’on a été souvent amené par d’autres conditions a établir les fabriques dans des endroits où on ne disposait pas d’assez d’eau, et on a amené la pollution des rivières et, par suite, il s’est élevé des réclamations contre l’insalubrité de cette industrie.
- Préparation de la pâte de bois. — Il est bon de dire d’abord quelques mots des procédés employés pour fabriquer la pâte de bois.
- En Allemagne, on emploie presque exclusivement comme matières premières le pin et le sapin ; on n’utilise que l’aubier parce que le cœur du bois contient trop de résine. On enlève d’abord l’écorce, on réduit le bois en fragments en ayant soin d’enlever les nœuds, et on le place dans un grand réservoir en maçonnerie qu’on appelle digesteur; il y est soumis pendant plusieurs heures à haute température et sous pression à l’action d’une solution de bisulfite de soude préparée par l’absorption de gaz acide sulfureux par la chaux dans des tours. Dans cette opération, la pulpe de bois est séparée de la matière ligneuse qui l’enveloppe.
- Après cette opération, on envoie de l’air sous pression qui chasse l’acide sulfureux dans des tours d’absorption, on évacue le liquide, et on lave la pâte de bois une ou deux fois à grande eau, après quoi on la retire et on la fait passer entre des cylindres ou dans des presses ; elle est alors prête à servir à la fabrication du papier. Quelquefois, en Hollande notamment, on la blanchit préalablement avec du chlorure de chaux.
- Liquides résiduaires de cette préparation. — Ces liquides sont de trois catégories : 1° ceux qui proviennent du digèsteur et du lavage; 2° les eaux venant des presses, et 3° les eaux de condensation et autres produites dans le travail mécanique.
- Ces dernières seules ne sont pas nuisibles et peuvent être rejetées sans inconvénient. Les eaux les plus gênantes sont les liqueurs concentrées provenant du digesteur et les eaux de lavage qui contiennent de grandes quantités de matières provenant du bois en dissolution dans le sulfite. Ces eaux sont en quantités énormes. On peut admettre que, pour chaque kilogramme de pâte à papier, on a 12,5 1 d’eau chargée de sulfite. En 1908, pour une production journalière moyenne dé 1500 t de pâte, on avait un volume de 18750 m3 de liquide sulfiét.
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- L’analyse de ces liquides a donné une proportion de 90 à 120 kg de matière solide organique par mètre cube, ce qui fait un total journalier moyen de 1875 t, sur lesquelles 1250 t de matière organique, le tout envoyé tous les jours dans les cours d’eau.
- Ces liquides ont une couleur brunâtre plus ou moins foncée et une odeur très nette d’acide sulfureux. Leur réaction est franchement acide; l’acide sulfureux s’y trouve en partie à l’état libre, en partie à l’état combiné.
- Le plus grand volume de liquide est toutefois représenté par les eaux de lavage provenant des presses et des lavoirs et qui est de 30 à 50 fois celui des liqueurs de sulfite. Ces eaux ont les mêmes caractères que ces dernières, mais ne sont pas aussi nuisibles, étant beaucoup plus étendues.
- Traitement des eaux par diverses méthodes. — Dans beaucoup de fabriques, on traite les eaux résiduaires avant de les envoyer dans les cours d’eau. Ce traitement consiste à recueillir les fibres, à neutraliser le liquide et à recueillir en partie le soufre. A cet effet, on emploie des bassins de décantation avec passage ultérieur des eaux dans des filtres à sable et à scories, pour recueillir les parties de pâte enlevée par l’eau. Quelquefois la valeur de la pâte ainsi obtenue suffit à payer les frais de l’opération.
- On peut traiter de différentes manières les liquides provenant du digesleur; on sc sert généralement de lait de chaux qu’on mélange dans des tours ou dans des canaux ouverts contenant des fragments de chaux pour absorber l’acide sulfureux.
- On fait, en général, un second traitement dans des bassins de repos où les liquides sont mis en contact avec de la poussière de marbre. Quelquefois on procède à une évaporation et on brûle les résidus, mais c’est exceptionnel. Le plus souvent on ne neutralise que partiellement les eaux, parce que celles des cours d’eau sont, en général, assez alcalines pour absorber l’acide restant. On ne devrait cependant pas admettre que les eaux courantes en aval d’un établissement de ce genre présentassent une réaction acide.
- Effet des eaux chargées de sulfite sur les cours d'eau. — L’introduction d’eaux chargées de sulfite dans les cours d’eau amène dans certains la production d’algues au point que, dans des ruisseaux, le lit se trouve absolument encombré. Il est curieux que ces algues se produisent plus abondamment en hiver qu’en été. La décomposition de ces algues donne lieu à des inconvénients, surtout au point de vue de l’hygiène. Toutefois, on doit dire en passant que les liquides dont il est question ne contiennent jamais d’organismes pathogènes.
- Dans certaines conditions, surtout dans les cours d’eau contenant beaucoup de matières organiques, il se dégage en été d’énormes quantités d’hydrogène sulfuré, ce qui implique une absorption rapide et complète de l’oxygène en dissolution dans l’eau et la mort des animaux et végétaux dans un cours d’eau. Mais -ce cas se présente assez rarement.
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- Prévention du développement des algues. — Pour empêcher ces algues de se développer, on a proposé de conserver les liquides résiduaires dans des réservoirs et de les décharger dans les cours d’eau d’une manière intermittente pour que le fort courant produit ainsi amenât une diffusion plus rapide. On est très divisé relativement à l'efficacité de ce procédé. On obtiendrait probablement un meilleur résultat en s’attachant à verser les eaux résiduaires d’une manière plus égale sur toute la largeur transversale des cours d’eau au lieu de les verser simplement sur le bord comme on le fait généralement.
- Traitement par les procédés bactériologiques naturel et artificiel. — Le fait que les composés de cellulose contenus dans les eaux sont très lentement décomposés rend difficile leur traitement, par épandage sur le sol ou par filtration dans des filtres artificiels. Ce n’est qu’après un traitement préalable qu’on peut espérer obtenir de ce procédé des résultats satisfaisants. La question de l’oxydation de ces résidus à l’état fortement dilué n’a pas été étudiée, mais il est douteux qu’elle réussisse pratiquement à cause de l’étendue des installations qu’elle nécessiterait. On pourrait tenter la filtration intermittente après, par exemple, une décomposition préliminaire des résidus, en les mêlant, au besoin, avec des eaux d’égout au autres matières putrescibles. Un grand établissement, en Allemagne, étudie sur une assez grande échelle le traitement des liquides provenant des digesteurs et premiers laveurs par le refroidissement et la neutralisation, après quoi on les envoie dans les égouts où mélangés avec les eaux usées, ils sont épandus sur des terrains sableux. Ce système parait très digne d’intérêt.
- Dans tous les procédés de traitement bactérien des eaux de ce genre, les liquides sont d’abord dilués, puis neutralisés et mêlés avec des eaux d’égout. On n’a encore procédé jusqu’ici que sur une petite échelle et on a peu de renseignements sur les détails techniques des méthodes et sur le prix de revient.
- (A suivre.)
- Chambre photagraiihiffue perfectionnée. — On sait que les appareils photographiques permettant d’opérer à la main sont généralement munis de viseurs pour la mise au point du sujet; lorsqu’on les utilise avec un pied pour la photographie posée, on fait la mise au point en évaluant la distance et en déplaçant l’objectif jusqu’au chiffre indiqué sur une réglette repérée expérimentalement.
- Avec certains appareils de ce genre, on peut, au besoin, faire la mise au point sur glace dépolie, mais on doit alors retirer le châssis porte-plaque ou le châssis magasin et se servir d’un voile noir.
- Il y a là une complication et dos sujétions qui se trouvent supprimés^ dans un appareil imaginé par M. Louis Lievens, et présenté par lui dernièrement à la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, et qui lui a valu un rapport élogieux et une médaille d’argent.
- Cet appareil du type dit « détective » permet d’opérer soit à la main, soit sur pied et de mettre au point sur une glace dépolie de même Bill. 28
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- format que les plaques sensibles en n’ayant qu’une simple clef à tourner et sans avoir besoin d’un voile noir.
- Nous ne saurions décrire la disposition de cet appareil sans le secours des figures qui accompagnent le rapport ; nous nous bornerons donc à renvoyer ceux de nos collègues que la question intéresserait au bulletin de la Société d’Encouragement, de février 1911, en signalant que le rapport indique cet appareil comme simple, robuste et ingénieusement disposé. Nous tenons d’autant plus à appeler l’attention sur cette intéressante invention que son auteur, M. Lievens, est attaché au service de la bibliothèque de notre Société.
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- COMPTES RENDUS
- SOCIÉTÉ D’EN COUR AfiEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- Novembre 1910.
- Rapport de M. Max Ringelmann sur le tracteur-treuil, de M. A. Bajac, constructeur à Liancourt.
- Cet appareil fonctionne comme un tracteur ordinaire tant que la résistance ne dépasse pas une certaine limite ; au delà il se fixe et traîne, au moyen d’un treuil sur lequel s’enroule un cable, les machines à remorquer.
- Le tracteur-treuil, monté sur quatre roues, porte un moteur de 24 à 30 ch à quatre cylindres, fonctionnant au benzol. Ce moteur commande un arbre longitudinal qui actionne, par embrayages, soit l’avancement de l’appareil, soit la commande du treuil. Ce dernier, disposé à l’arrière, est un grand tambour horizontal, capable de recevoir 200 m de câble en acier de 12 mm de diamètre.
- Le réservoir, de 100 1 de capacité, suffit à la consommation de benzol d’une journée de travail.
- Cet appareil est d’un emploi pratique et économique pour les exploitations rurales; il peut rendre de grands services pour le débardage des betteraves, la conduite du fumier, la traction des véhicules sur les roules accidentées, le débardage des forêts, etc..; il peut encore servir à actionner des machines au moyen d’une courroie.
- Rapport de M. Ed. Sauvage sur «h moteur à (leux temps, de M. Cote.
- Ce moteur comporte deux cylindres juxtaposés, dont les pistons commandent deux manivelles opposées à 180 degrés. >Ges ‘.pistons sont surmontés de plongeurs formant pompe et chaque pompe fournit au cylindre voisin le mélange combustible à une pression suffisante pour qu’il balaye les gaz brûlés pendant une sourie période à la fin de la course motrice du piston. Le mécanisme d’admission, le carburateur, le réglage de l’admission par étranglement ne présentent aucune disposition particulière.
- La consommation est peu élevée et ne paraît pas dépasser 300 à 340 g de pétrole par cheval effectif*et par heure. Ce moteur est surtout intéressant par sa grande simplicité, résultant de la suppression de 'tout mécanisme de distribution .
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- Cours technique «l’apprentis et cours «le réappren-
- tissagc, par M. A. Jully, Inspecteur de l'Enseignement manuel dans les écoles de la Ville de Paris.
- L’auteur examine d’abord les causes qui ont amené la décadence de l’apprentissage, causes qui rentrent dans trois catégories : économiques, sociales, légales, et développe des considérations intéressantes sur les moyens de remédiera cette décadence. Il ne faut pas s’exagérer l’importance pour cet objet de la création d’écoles d’apprentissage, qui constituent trop souvent un milieu factice où la vie est trop différente de celle de l’atelier. M. Jully préfère les cours techniques de jour dont il a fait l’essai depuis l’année dernière. Gomme conclusion, il croit pouvoir donner les indications suivantes sous forme de desiderata :
- 1° Maintenir l’enfant à l’école jusqu’à treize ans révolus, sans dispense d’âge, cette période étant exclusivement consacrée à son éducation physique, intellectuelle et morale, pour former son cœur, son intelligence et sa conscience, sans pour cela négliger l’éducation de l’œil et de la main, c’est-à-dire que l’on applique intégralement dans son esprit la loi de 1882 sur l’enseignement primaire obligatoire;
- 2° Que, dans les grandes villes, il soit créé le plus tôt possible des . cours de réapprentissage annexés aux écoles primaires pour les enfants nécessiteux de treize à quinze ans qui, actuellement, sont laissés à la rue, en vue de leur donner des habitudes d’ordre et de travail et de les initier à un métier ou à un groupe de spécialités similaires ;
- 3° Que les dispositions légales concernant le travail des mineurs soient modifiées, de façon à placer tous les patrons sous un régime commun ;
- 4° Que les patrons qui refuseront de former des apprentis dans une proportion à déterminer d’après le nombre des ouvriers soient frappés . d’une taxe spéciale;
- 5° Que tout mineur de moins de dix-huit ans, par le fait môme qu’il est employé dans un atelier ou un chantier, soit considéré comme apprenti, et soumis, de piano, sans autres formalités, aux obligations d’un contrat légal type, sauf stipulations écrites contraires; que ce contrat comporte des sanctions bilatérales efficaces ;
- 6° Que des cours techniques ou professionnels soient organisés d’un commun accord entre les divers intéressés (administration, syndicats patronaux et ouvriers, Sociétés s’occupant du placement ou de la surveillance des apprentis) ; que ces cours soient ouverts et fréquentés pendant la journée normale de travail, et qu’ils soient obligatoires pour tous les apprentis artisans, sous peine de nullité du contrat.
- I/tmpérialisnic économique en Grantlc-lfrctagne, par
- M. Maurice Alfassa (suite).
- lie niotcur Huigiit, par M. de Frèminville.
- Ce moteur est caractérisé par son organe de distribution qui est un tiroir cylindrique placé entre le piston et le cylindre; il est percé d’ouvertures convenablement disposées et est commandé par un excentrique; ses déplacements assurent des ouvertures et des fermetures rapides à
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- l’admission et à l’échappement, dans les conditions ordinaires du cycle à quatre temps. Dans ce moteur, le passage des gaz se fait ainsi par des conduits ne comportant ni coudes, ni étranglements, ce qui n’est pas le cas habituel pour les moteurs à soupapes. De plus, le moteur est très silencieux. Les essais ont indiqué un rendement moyen de 30,5 0/0 sur l’arbre.
- Notes de chimie, par M. Jules Garçon.
- Le commerce des produits chimiques en 1909. — Le VIIIe Congrès international de Chimie appliquée. — Précipités colloïdaux. — Sur la préparation de l’hydrogène. — Action de l’air sur le chlorure de chaux. — Préparation du sublimé corrosif. — L’efflorescence des briques. — Etat actuel des industries minières et métallurgiques de la Nouvelle-Calédonie. — Récents progrès de l’industrie du fer. — Préparation électrolytique du calcium. — Cuivre fondu à haute conductibilité électrique. — Sur les alliages magnétiques. — Préparation de l’acide formique. — Le noir d’aniline. — Sur les taches d’huile minérale. — Travaux du docteur Eliront.— La chaux dans l’organisme. — La stérilisation des bouchons.
- Notes «l’agriculture, par M. HItier.
- Le service des améliorations agricoles. — Travaux récents à propos des drainages. — Le morcellement dans le canton de Meaux. — Contribution à l’étude du drainage des terres, par MM. Faure et Rolley.
- Notes «le mécanique.
- Moteurs à gaz de hauts fourneaux, installation de 60000 ch à la Lackawanna Steel G0, à Buffalo. — Condenseur de la Neerlandisch Fabrick, à Amsterdam. — Note sur une communication de M. Gilbert, relative à un système de joints de tuyaux.
- ANNALES DES PONTS ET CHAUSSÉES
- Septembre-Octobre .
- Notice sur la vie et les travaux de M. Mengin-Lecreuex, Inspecteur général des Ponts et Chaussées, par M. de Dartein, Inspecteur général des Ponts et Chaussées en retraite.
- Paroles prononcées aux obsèques de M. Mazoyer, Inspecteur général des Ponts et Chaussées, par M. de Préaudeau, vice-président du Conseil général des Ponts et Chaussées.
- Note sur la construction de la jetée «le Djidjelli, par
- M. Danjou, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées.
- Le port de Djidjelli est très exposé à la mer et il n’y a peut-être pas
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- un point de la côte d’Algérie où les tempêtes soient plus violentes ; il n’était protégé que d’une manière à peu près insignifiante lorsqu’on décida en 1904 de construire une jetée de 300 m d’abord, laquelle fut ensuite portée à 600 m.
- Cette jetée devait se composer d’une fondation en blocs naturels protégée du côté du large par un revêtement de blocs artificiels et sur laquelle s’élève le corps de la jetée formé de blocs artificiels arrimés ; ce corps est surmonté d’un radier en mortier de ciment surmonté d’un mur d’abri. On fut amené, (lès le commencement des travaux, à modifier ce profil de manière à composer la digue entièrement de blocs artificiels.
- La note entre dans de grands détails sur la composition des blocs, l’organisation des chantiers, la fabrication des blocs et leur pose. Nous nous bornerons à indiquer que la prise et le transport à pied d’œuvre se sont effectués au moyen d’un bardeur pesant 64 t et pouvant lever des blocs de 100 t à 1,75 m de hauteur. Le levage s’opérait au moyen d’une presse hydraulique ; le bardeur se déplaçait sur une voie de 3,52. m d’écartement.
- La pose s’opérait au moyen d’un titan à poutre cantilever mesurant 54 m de longueur de l’extrémité de la culasse à celle de la volée et pesant 436 t, dont 97 de contrepoids en maçonnerie dans la culasse. Ce titan roulait sur deux voies ferrées de 1 m espacées de milieu en milieu de 8,20 m.
- Les travaux ont commencé dès 1905, mais ils n’ont présenté une. marche normale qu’à partir du 1er avril 1907 ; ils ont. été terminés fin septembre 1909. La durée réelle a donc été de deux ans et demi. La plus grande longueur exécutée en un mois a été de 77,40 m. Une partie des engins était mue à l’électricité:: ainsi le concasseur, le puisage de l’eau de mer, les bétonnières, le pont roulant et les outils des ateliers, soit en tout environ 170 ch.
- La dépense totale s’est élevée à 5 520 000 f.
- Repavatiomis «les avaries survenues au barrage «le Cigny,
- sur la Saône, par M. H. Tavernier, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées.
- Il s’est produit en novembre 1908 au barrage de Gigny, sur la Saône, entre Chalon et Tournus, des excavations en forme d’entonnoirs, atteignant 1,50 m de diamètre sur 7 m de profondeur et, sous la pile, une énorme cavité de 4 X 9 m et 0,70 m de hauteur.
- On a bouché les cavitésr des fondations en y introduisant du gravier versé dans des couloirs: et bourré avec des ringards en fer et en coulant dessus un matelas de 50 cm de hauteur en béton riche en ciment ; on a également injecté du ciment sous pression dans des trous forés dans la maçonnerie de la pile et dans les radiers de la passe et du déversoir. Ces travaux ont été souvent interrompus par l-’état des eaux, mais toutefois ils ont pu être opérés entre le 15 novembre 1908 et le 5 mars 1909. Le résultat a été très satisfaisant et la dépense totale s’est élevée seule-m ent à 80 000 f en nombre rond, soit 110 f par tonne de ciment employé ; le prix total dépensé pour la réparation a été de 140 000 f, chiffre très faible en* comparaison avec la somme de 1 400 000 f qu’a coûté le barrage dont
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- cette réparation a évité la reconstruction tout au moins partielle, sans compter l’arrêt considérable qui aurait:pu être imposé à la navigation»
- Note sur le gtoiat levant hydraulique «le Watrelos, par
- M. Wi b batte, Ingénieur des Ponts et Chaussées.
- Ce pont est en service depuis 1904 sur le canal de Roubaix au passage d'une voie très fréquentée notamment par des tramways électriques. Il se compose d’un tablier métallique reposant sur deux culées en maçonnerie distantes de 7,04 m et peut se lever verticalement de 3,30 m au moyen de deux presses hydrauliques à double effet actionnées par l’eau des réservoirs d’eau de la ville, pression 3*5 kg. Le poids du tablier était équilibré par quatre contrepoids reliés aux angles de ce tablier par des câbles en acier passant sur dès poulies ; les presses n’ont à vaincre que des frottements.
- Le tablier est formé de deux poutres de rive de 0,70 m de hauteur espacées de 3,17 m d’axe en axe et d’une poutre intermédiaire de 0,46 m de hauteur ; ces poutres sont réunies par des entretoises qui portent, la chaussée de 9 m de largeur ; il y a deux trottoirs partie en encorbellement de 1,16 m de largeur chacun.
- La chaussée est en madriers recouverts d’un plâtelage en câble d’aioès elles trottoirs sont formés d'une tôle striée.
- Les presses ont des pistons de 0,286 m de diamètre surmontés dé tiges de 0,200. L’effort exercé est de 1427 kg à la montée et de 1303 kg à la descente. La durée de la manœuvre, soit pour la montée, soit pour la descente, est de 40 secondes et la dépense d’eau est de 0,420 m3.
- On a prévu, pour le cas où l’eau sous pression viendrait à manquer, une commande à bras par treuils ; cette manœuvre exigerait 4 minutes et 20 secondes.
- La dépense s’est élevée à 72 000 f, dont 40000 environ pour la partie métallique et les appareils de manœuvre.
- Le département «le la Seine et l'épuration bactérienne des eaux d’égput, par M. Mahieu, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées.
- Cette note décrit l’installation d’épuration d’eaux provenant de Vitry et d’Ivry par les procédés biologiques artificiels. Le cube traité est d’environ 11 000 m par jour. Cette installation en fonctionnement depuis le 1er novembre 1908 est complétée par une autre de; môme; capacité: en construction actuellement.
- Les. eaux sont élevées par une usine élévatoire établie en aval et tout près du pont d’Ivry, comportant deux groupes de pompes électriques susceptibles de refouler chacun 30 000 m8 par jour. Le premier groupe d'épuration comprend onze fosses septiques de* 35 >< 9 m sur 4 m de profondeur utile,, et le second; le même nombre. Les lits à bactéries ont une superficie de.8400 m2 pour le premier groupe1 et «autant pour le second. On emploie aussi des appareils destinés àspulvériser l’eau pour 1 a mettre an contact! avec l’air à l’état très divisé.
- Les dépenses de premier établissement se sont élevées à 2 890000 f,
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- dont 1 400 000 pour les installations bactériennes proprement dites, ce qui, pour un cube quotidien de 21 000 ms, fait 70 f par mètre cube.
- Le service ordinaire et vicinal du département de la Seine a présenté, en mai 1907, un avant-projet complété et modifié en juin 1909, pour assurer l’assainissement complet du département par l’emploi des procédés bactériens. Ce projet suppose que l’épuration des eaux d’égout se fera au moyen de deux stations biologiques : 1° l’.une installée au Mont Mesly et susceptible d’épurer 90000 m3 par jour, et 2° l’autre établie à Achères, au milieu des terrains d’épandage de la ville de Paris et dévant traiter 290000 m3 par jour. La dépense atteindra 62 millions de francs, non seulement pour les collecteurs, usines, appareils d’épuration, mais aussi pour améliorer le réseau d’égouts existants et enfin pour se débarrasser des boues que pourraient produire les installations projetées.
- I<e l>anubc «laits la Basse-Autriche, par M. Armand, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussés.
- Cette note étudie le régime du Danube dans la Basse-Autriche où son parcours est d’environ 190 km, ses travaux d’amélioration, le régime administratif de ces travaux, le service hydrographique, etc.
- Note sur le tracé pratique «le certaines courlies transcendantes utilisables dans la construction des ponts, par M. Maurice d’OcAGNE, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées.
- Il s’agit d’errata à une note de l’auteur parue précédemment.
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS ALLEMANDS
- N° 48. — 26 novembre 4910.
- Locomotive à marchandises des chemins de fer prussiens-hessois, par G. Hammer.
- Installations hydroélectriques de force aux États-Unis, par F. Koes-ter (suite).
- Substitution des machines à la main-d’œuvre dans l’exploitation des mines, par Kammerer (fin).
- Expériences sur le dégraissage de la vapeur, dans le laboratoire d’essais de l’Association bavaroise de surveillance des chaudières, à Munich (suite).
- v~ Groupe de Berlin. — Le gyroscope et ses applications dans la pratique.
- Bibliographie. — Manuel des sciences de l’Ingenieur, par F. Lœwe et H. Zimmermann, 5me partie, la construction des chemins de fer. — Dictionnaire technique illustré en six langues, vol. YII : Appareils de levage et de transport, par A. Schlomann et P. Stülpnagel. — Etude organique des machines à vapeur, y compris les turbines, par L. Boulvin (en français).
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- Revue. — Fours électriques pour la fabrication de l’acier de Keller, Nathusins et Frick. — Poche à bascule pour cubilots. — Installations hydroélectriques en Sicile. — Transmissions électriques dans les manufactures de textiles en Angleterre. — Transformation de la tourbe en gaz par le procédé Caro-Frank. — Expériences sur un foyer sans entretoise pour locomotives à l’Atchison, Topeka and Santa Fé R. R. — Les chemins de fer du Siam. — Les chemins de fer à Geylan. — Le chemin de fer du Mittenwald.
- N° 49. — 3 décembre 1910.
- Grue magnétique, par G. Michenfelder.
- Nouvelle construction de turbines, par Kôrner et F. Lôsel (suite).
- Installations hydroélectriques aux Etats-Unis, par F. Koester (fin).
- Calcul des tambours tournants, par K. von Sandev, avec observations de R. Lorenz.
- Bibliographie. — Exploitation des usines métallurgiques, par l’Association des métallurgistes allemands. — Les conduites de vapeur, par Ph. Michel. — Principes des constructions en béton armé, par F. F. Turneaure et G. R. Maurer.
- Réunion générale de l’Association allemande de construction navale, les 17 et 18 novembre 1910.
- Revue. — Le musée allemand à Munich. — Utilisation des combustibles inférieurs. — Machine à percer à quatre outils. — Forces hydrauliques dans la Nouvelle-Zélande et la Tasmanie. — Transport de force à 110 000 volts. — Le canal de navigation du Saint-Laurent. — Distribution d’eau de source à Vienne. — Le pont Empereur-François-Joseph sur l’Elbe à Leitmeritz. — Construction de la gare centrale de Leipzick. — Un second chemin de fer à travers les Andes. — Une ligne de voitures automobiles de 160 km entre Garlstadt et Gospic en Croatie. — Le dirigeable PL. 7.
- N° 50. — 10 décembre 1910.
- Développement de la construction des entrepôts du port franc de Hambourg, par P. Eilert.
- La machine à vapeur à équicourant, par J. Stumpf (suite).
- Palplanches métalliques de Larssen, par J. Wilhelmi.
- Nouvelle construction de turbines à vapeur, par K. Kôrner “et F. Lôsel (fin).
- Expériences sur le dégraissage de la vapeur faites au laboratoire de l’Association bavaroise de surveillance des chaudières à Munich (fin).
- Bibliographie. — Dictionnaire technique illustré en six langues, par A. Schlomann, vol. VIII. Le béton armé. — Alliages métalliques binaires, par K. Bqrnemann.
- Revue. — Ouverture de l’Ecole technique supérieure de Breslau. — Expériences sur l’effet, utile des transmissions d’automobiles. —Etat actuel de la construction des chemins de fer dans les colonies allemandes. — Ouverture à l’exploitation du chemin de fer souterrain de
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- Schoneberger. — Ouverture du chemin de fer Nord-Sud de Paris. — Les locomotives à vapeur surchauffée en Angleterre. — Port pour dirigeables à Kônigsberg. — Silos en béton de 15 000 t de capacité à Budapest. — Hauts fourneaux électriques à Domnàrfvet. — Presse hydraulique sans piston. — Scie à lame sans fin pour lingots d’acier. — Albert Sulzer-Grossmann.
- N° 51. — 17 décembre 1910.
- La meunerie à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1910, par G. Naske (suite).
- Laboratoire d’essais électrotechniques à l’Ecole technique supérieure de Berlin, par W. Reichel et M. Gerstmeyer.
- Développement de la construction des entrepôts du port franc à Hambourg, par P. Eilert (suite).
- La machine à vapeur à équicourant, par J. Stumpf (fin).
- Revue. — Hauts fourneaux à parois minces. — Chemin de fer souterrain Nord-Sud à Berlin. — Développement des lignes électriques souterraines à Londres. — Nouveautés dans les fondations par l’air comprimé. — Vapeur à roues à faible tirant d’eau pour la Lena. — Les. installations d’éclairage à l’acétylène en Prusse. — Chauffage au lignite de chaudières à petits éléments. — Octave Ghanute.
- N° 52.— 24 décembre 1910.
- Construction du canal de l’État de New-York à Little Falls, par Di A. Watt.
- Les appareils de levage à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1910j par Aumund (suite).
- Laboratoire d’essais électrotechniques à l’Ecole technique supérieure de Berlin, par W. Reichel et M*. Gertsmeyer (fin).
- Développement de la construction des entrepôts du port franc à Hambourg, par P. Eilert (fin).
- Nouvelle construction de turbines à vapeur, par K. Kôrner et F. Lôsel (supplément).
- Déformation des pièces courbes, par G. Duffing.
- Gt'oupe de la Thuringc moxjenne. — Locomotives à air comprimé et compresseurs à haute pression.
- Bibliographie. — Bibliothèque technique nouvelle d’Oldenbourg, vol. XIV : le séchage et les appareils de dessiccation, par O. Marr.
- Revue. — Enlèvement des débris du pont de Québec. — Nouveau foyer sans entretoises. — Pont sur le Rhin pour le chemin de fer Ober-hausen-Bohenbudberg. — Soixante-dix-septième anniversaire de l’ouverture du premier chemin de fer en Allemagne (Nüremberg-Furth). — Automotrice pour chemins de fer avec accumulateur Edison. — Loco-, motive électrique à courant continu du Baltimore-Ohio. — Durée d’amortissement des machines et appareils des installations d’électricité. — Transport de force à 110 000 volts. — Etat actuel des installations d’électricité dans l’Argentine. — Constructions élevées à New-York.— Ouverture de l’Ecole technique supérieure de Bresiau.
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- N° 53. — 31 décembre 1910.
- La meunerie à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1910, par G. Naske (mite).
- Les pompes centrifuges de la maison Borsig à Berlin-Tegel, par Ernst Blau.
- Le moulinet de Waltmann pour le jaugeage des cours d’eau, par Nache.
- Grue roulant sur câble suspendu, par M. Buhle.
- Action des volants accouplés à des moteurs ou à des machines-outils, par G. Neumann.
- Bibliographie.—Appareils de sécurité et prévention des accidents, par G. Schlesinger. — La filature et ses perfectionnements, par G. Rohn. — Dictionnaire technique illustré en six langues, par L, Schlo-mann, vol. X. Automobiles. — Le caoutchouc et ses essais, par F. W. Hinrichsen et K. Memmler.
- Revue. — Chaudières à tubes d’eau, de Braun et Sorenxen. — Perforatrice électrique de Wagner et Puenchel. — Wagon à déchargement automatique de grande capacité de Oreustein et Koppel. — Le musée allemands à Munich. — Service à grande vitesse entre New-York et Philadelphie. — Epreuves des dynamos au sujet du grisou. — Phares pour les ballons dirigeables. — Le nouveau paquebot de la Compagnie Gunard. — Le nouveau programme de construction de la marine anglaise.
- Pour la Chronique et les Comptes rendus : A. Mallet.
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- BIBLIOGRAPHIE
- III* SECTION
- Essais et réglage des moteurs, par M. G. Lumet (l).
- L’auteur a résumé les conférences qu’il a préparées sur les « Essais et réglage des moteurs à mélange tonnant ».
- Il examine successivement : les formules de détermination de puissance, les conditions de fonctionnement, les appareils servant aux essais, les méthodes de réglage et enfin les essais proprement dits.
- Cet exposé, empreint d’un grand esprit pratique, sera consulté utilement par tous ceux que préoccupe la question, si délicate, du moteur dans la science nouvelle de l’Aviation,
- L. B.
- VIe SECTION
- Géologie nouvelle (Théorie chimique de la formation de la terre et des
- roches terrestres), par M. H. Lenicque (1).
- M. Ii. Lenicque développe dans cet ouvrage les théories qu’il avait présentées en 1903 à notre Société sur la formation de la terre.
- Les idées de M. Lenicque peuvent se résumer ainsi :
- 1° La terre est formée d’une masse centrale pâteuse entourée d’une croûte solide due à la réaction de l’eau sur les couches superficielles;
- 2° Au moment de la condensation du sphéroïde terrestre, il n’a pu se produire que des composés métalliques binaires avec des métalloïdes combustibles et non comburants (Si CB0P S, etc.) ;
- 3° Toutes les roches sont dues à l'action de l’eau sur les composés binaires métalliques : elles ont eu une action prépondérante dans le perfectionnement des êtres organisés qui y ont trouvé les éléments nécessaires à la constitution des coquilles, carapaces et squelettes.
- M. H. Lenicque conçoit donc une géologie purement chimique : il nie l’origine biologique des roches calcaires comme la craie, l’origine végétale de la houille. C’est une théorie hardie en l’état actuel de nos connaissances. Quelle que soit l’opinion qu’ils en puissent avoir, les Ingénieurs liront avec intérêt l’ouvrage de M. Ii. Lenicque, où s’affirme un effort sincère vers des idées nouvelles.
- P. B.
- (1) In-8°, 225 X 140 de 137 p. avec 26 fig. — H. Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, 1910. — Prix : broché, 3,25 f.
- (1) In-8°, 225 X 140 de xvi-271 p. avec xvi pl. — Paris, A. Hermann et fils, 6, rue de la Sorbonne, 1910. — Prix : broché, 7 f.
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- Ve SECTION
- Éclairage à incaitdeseeucc par le gaz, par P. Lévy. 2e édition.
- L’auteur, ainsi qu’il le dit dans l’introduction, s’est proposé de montrer la série des progrès réalisés dans l’éclairage public et privé, depuis l’origine jusqu’à l’invention du bec Auer. Spécialisé depuis plus de quinze ans dans l’étude des questions d'éclairage et Ingénieur-conseil de la Société française d’incandescence, il était à 'même pour puiser ses renseignements aux meilleures sources et mieux qualifié que personne pour faire ressortir l’importance considérable des perfectionnements réalisés au cours de ces dernières années.
- Après une description sommaire des anciens systèmes, dans lesquels la lumière est fournie uniquement par le rayonnement des parcelles incandescentes de carbone en suspension dans la flamme, l'auteur aborde l’étude générale de l’incandescence des corps solides à haute température. Il montre que l’effet utile, c’est-à-dire la quantité de lumière rayonnée, croit rapidement à mesure que la température s’élève, d’où cette conclusion que la flamme doit être aussi chaude que possible et le corps chauffé absolument réfractaire aux plus hautes températures. Peu importe aujourd’hui que le gaz ait un grand pouvoir éclairant; ce qu’il faut avant tout, c’est qu’il ait une grande puissance calorifique et qu’il soit convenablement brûlé. Déjà Drummond, Frankenstein, Tessié du Motay, Edison, Glamond et autres étaient entrés dans cette voie, mais leurs brûleurs étaient pour la plupart défectueux, la masse du corps chauffé était trop grande, la surface rayonnante trop faible et la température insuffisante.
- L’invention du docteur Auer est venue apporter la solution du problème. Son manchon n’a qu’un poids minime, la surface rayonnante est considérable, il est constitué avec des matériaux réfractaires possédant un grand pouvoir rayonnant, et le brûleur est combiné de façon à. réaliser la combustion à très haute température. Tout cela n’a pas été obtenu du premier coup. L’auteur expose les difficultés rencontrées et les étapes parcourues : il passe en revue les progrès successifs réalisés dans les brûleurs, les orifices de sortie du gaz, le mode d’entraînement de l’air, la confection des manchons, les dispositifs des cheminées. Pour apprécier le succès obtenu, il suffit de comparer les consommations des becs anciens et nouveaux pour une intensité de 1 carcel ou 10,5 bougies.
- La dépense avec les anciens becs atteignait 120 à 140 1 par heure, alors qu’avec les nouveaux brûleurs à incandescence elle est réduite à 10 ou 12 1, soit une économie de 90 0/0, et cela même avec les becs de faible intensité de 3 à 4 carcels.
- La deuxième partie de l’ouvrage est consacrée aux applications, et l’auteur y examine successivement :
- 1° L’éclairage des villes, comprenant les divers systèmes de lanternes,
- (1) In-8°, 245X165 de 295 p. et un supplément de r 1 p. avec 127 fig. et 8 p). — Paris, II. Dunod et E. Pinat, 47-49, quai des Grands-Auguslins, 1910. — Prix ; broché, 12 f.
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- les procédés d’allumage, l’intensité de l’éclairement et l’étude de certains éclairages spéciaux ;
- 2° Les installations pour chemins de fer, comprenant l’éclairage des gares et des quais et les divers systèmes de lanternes de wagons;
- 3° L’éclairage des côtes, c’est-à-dire l’application aux phares des becs à incandescence en remplacement des anciens becs à huile ou à pétrole à flamme libre. Les nouveaux manchons à grande intensité lumineuse ont nécessité de nombreuses études et ont permis de réaliser des intensités considérables avec une grande économie.
- L’ouvrage est terminé par un supplément dans lequel sont indiqués les perfectionnements les plus récents, grâce auxquels la dépense par carcel a pu être réduite en certains cas au-dessous de 9 1 par heure.
- En résumé, le livre n’étant pas un ouvrage destiné aux constructeurs spécialistes, l’auteur s’est abstenu avec raison de trop insister sur les détails techniques n’intéressant que les gens du métier. Il a voulu apprendre aux consommateurs ce qu’il leur importe de savoir pour étudier les conditions générales des installations d’éclairage, et les guider dans le choix judicieux des appareils les plus convenables pour chaque cas particulier. A ce point de vue, il nous semble qu’il a réussi à atteindre son but et que l’ouvrage sera lu avec intérêt par la plupart des industriels.
- Le Secrétaire Administratif, Gérant, A. de Dax.
- IMPRIMERIE CHAIX, RUB BERGÈRE, 20, PARIS. — 717^-3'H.------------------------------------(KnCM LorilleUX).
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- MÉMOIRES
- COMPTE RENDU DES TRAVAUX
- DE LA
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS DE FRANCE
- BULLETIN
- D’AVRIL 1911
- N° 4
- OUVRAGES REÇUS
- Pendant le mois d’avril 1911, la Société a reçu les ouvrages suivants :
- Chemins de fer et Tramways.
- Province of Nova Scolia. Report of Subsidized Railways and other Public Works, for the Year ended September 30 th, 1910 (in-8°, 255 X 165 de vi-77 p. avec 8 illustr.). Halifax, Gommissioner of Public Works and Mines King’s Printer, 1911. 46948
- Statistique des Chemins de fer Français au 31 décembre 1907. Second volume.
- France. Intérêt local et Tramways. Algérie et Tunisie. Intérêt général. Intérêt local et Tramways (Ministère des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes. Direction des Chemins de fer) (in-4°, 315 X 245 de 875 p.). Paris, Imprimerie administrative, 1910. 46953 #
- Chimie.
- Séverin (J.). — Toute la Chimie minérale par VÉlectricité, par Jules Sé-verin. Complément annoncé et paru dans la seconde édition, pages 793 à 808 (in-8°, 255 X 105 de 6 p.). Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1910. (Don de l’auteur). 46950
- Buu..,
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- Économie politique et sociale.
- Durnekin (P.). — Grève et Entreprise révolutionnaire, par Pierre Durne-rin (in-8°, 240 X 160 de 26 p.). Paris, L. Larose et L. Ténin, 1911. (Don de l’auteur.) 46960
- Recueil de Statistique municipale de la Ville de Paris, 1910. N° 1. /re année (République Française. Préfecture de la Seine. Direction des affaires municipales. Service de la Statistique municipale) (M. le Dr Jacques Bertillon, chef des travaux de la statistique) (in-8°, 270 X 180 de 238 p.). Paris, Imprimerie Çhaix, 1911.
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- Tableau général du Commerce et de la Navigation. Année 1909. Deuxième volume. Navigation (Navigation internationale. Cabotage Français et Effectif de la Marine marchande) (République Française. Direction générale des Douanes) (in-4°, 365 X 280 de 398-476 p.). Paris, Imprimerie nationale, 1910. 46947
- Électricité.
- Baillehache (R. de). — Sur une nouvelle détermination de la Force électro-motrice de l’élément Weston normal (Recherches du Prof. H. Ha-ga et du Dr J. Boerema), par R. de Baillehache (Extrait des Archives des Sciences physiques et naturelles. Quatrième période, t. XXXI. Mars 1911, pages 185 à 208) (in-8°, 230 X 150 de 24 p.). Paris, H. Le Soudier, 1911. (Don de l’auteur, M. de la S.) 46957
- Pardini (G.). — Manuel pratique du Constructeur Électricien. Construction des Machines électriques, par G. Pardini. Traduction d’après la seconde Édition Italienne de Charles Carabin. Revue et corrigée, par L. J. (Bibliothèque des Actualités industrielles. N° 149) (in-16, 180 X 190 de 624 p. avec 388 fig.). Paris, Bernard Tignol. (Don de l’éditeur.) 46958
- Législation.
- American Society of Civil Engineers. Constitution of List of Members. Fe-bruary 10 th, 1911 (in-8°, 225 X 160 de 254 p.). New York, House of the Society. 46948
- Bulletin de l’Association Française pour la Protection de la Propriété industrielle. N° 5, 2e Série, 1909-1910. Travaux de VAssociation (in-8°, 240 X 160 de 194 p.). Paris. Au Siège de l’Association Fran-* çaise, 1911. 46946
- Lavoix et Mosès. — Notions pratiques sur les Brevets d’invention, les Dessins et Modèles et les Marques de Fabrique, à l’usage des Inventeurs et Industriels, par Lavoix et Mosès (in-8°, 215 X 135 de 16 p.). Deuxième Édition. Paris, Chez les auteurs, 1911. (Don des auteurs, M. de la S.) 46954
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- The Society of Chemical Indmtry. List of Members, 1911 (in-80, 270 X 195 de ilïx p. à 2 col.). London, Vacher and Sons Limited. 46942
- Navigation aérienne, intérieure et maritime.
- Club aéronautique de l'Aube. Septième Bulletin annuel 1910. Réunion du 17 décembre 1910 (in-8°, 215 X 135 de 52 p.). Troyes, Gustave Frémont, ï9 1 0 . 46952
- Painlevé (P.) et Borel (Ém.). — L’Aviation, par Paul Painlevé et Émile Bore!. Quatrième édition, revue et augmentée (Nouvelle Collection scientifique. Direction ; Émile Borel) (in-16, 185X120 de vni-298 p. avec 52 fig.). Paris, Félix Alcan, 1911. (Don de l’éditeur.) 4.6945
- Pillet (F.-J.j. — Canal de dérivation de la Rive Gauche. Suppression des Fortifications et Espaces libres, par F.-J. Pillet (Extraits de la Revue du XVe. N08 de Janvier, Février et Mars 1911) (in-8°, 265 X 165 de 7 p.). (Don de l’auteur, M. de la S.) 46966
- Protection des Berges, Digues, Dunes, Talus, par la Cuirasse Decauville. N° 12, Mars 1911 (Album 130 X 120 de 42 p. avec 34 fig.). Paris, M. Andouard. (Don de M. P. Decauville, M. de la S.)
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- Sciences Morales. — Divers.
- Mémoires de la Société Académique d’Agriculture, des Sciences, Arts et Belles-Lettres du Département de l’Aube. Tome LXXIV de la Collection. Tome XL VIII. Année 1910. Troisième série (in-8°, 250 X 160 de 474.. p.). Troyes, Paul Nouel. 46956
- Technologie générale.
- Blancarnoux (P.). — Manuel de l’Ouvrier Mécanicien. Neuvième Partie.
- Montage des Machines, par P. Blancarnoux (Bibliothèque des Actualités industrielles. N° 148) (in-16, 175 X 125 de 154 p. avec 135 fig.). Paris, Bernard Tignol. (Don de l’éditeur.) 46959
- Lorenz (O.) et Jordell (ï).). — Catalogue général de la Librairie Française. Continuation de l’ouvrage d’Otto Lorenz (Période de 1840 à 1885 : 11 volumes). Tome vingtième (Table des Matières des Tomes XVIII et XIX, 1900-1905). Rédigé par D. Jordell (in-8°, 245 X 165 de 800 p. à 3 col.). Paris, D. Jordell, 1900. 46944
- Société Belge des Ingénieurs et des Industriels. Assemblée générale ordinaire du 217 novembre 1910. Rapport annuel. Exercice 1909-1910 (in-8°, 245 X 165 de 59 p.). Bruxelles, Imprimerie des Travaux publics, 1910. 46962
- Société Belge des Ingénieurs et des Industriels. Rapport annuel. Exercice 1908-1909 (in-8°, 240 X 155 de 96 p.). Bruxelles, Imprimerie des Travaux publics, 1909. 46964
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- Société Belge des Ingénieurs et des Industriels. XXFe Anniversaire de la fondation de la Société. Assemblée générale extraordinaire du 30 octobre 1910. I. Discours de M. le Président Louis Déjardin. II. Communication de M. Ernest Salvay, ancien Président, Membre d’honneur : « Industrie et Science ». III. Communication de M. Adolphe Greiner, ancien Président, Membre d’honneur « De l’âge du Fer à l’âge de l’Acier en Belgique, 4817-1867-1917 » (in-8°, 245 X 155 de 52 p.). Bruxelles, N. Vandersypen, 1910. 46963
- The Society of Engineers (Incorporaled). Transactions for 1910 (in-8°, 225 X 115 de vi-300 p. avec fig. et pi.). London, Published by the Society of Engineers, 1910. 46955
- Velwaltungs- Bericht über das siebente Geschâflsjahr 1909-1910 undBericht über die siebente Ausschusssitzung des unler déni Protektorate Sei-ner Koniglichen Hoheit des Prinzen Ludwig von Bayern stehenden Deutschen Muséums (in-4°, 320 X 210 de 52 p.). München, R. Oldenbourg. 46965
- Travaux publics.
- Seyrig. (T.). — Pont sur la Meuse, entre Seraing et Jemeppe, par T. Seyrig (Extrait des Annales des Travaux publics de Belgique, 1er Fascicule. Février 1911) (in-8°, 240 X 155 de 11 p. avec 5 photog. et 3 pl.) Bruxelles, J. Goemaere. (Don de l’auteur, M. de la S.l
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- MEMBRES NOUVELLEMENT ADMIS
- Les Membres nouvellement admis, pendant le mois d’avril 1911, sont :
- Gomme Membres Sociétaires Titulaires, MM. :
- D. Bethmont, présenté par MM. J. Carpentier, L. Rey, Gardozo.
- F. Coqueret, — L. Rey, Gravier, F. Damas.
- E. Cormier, — Latour, Mejean, Rousselet.
- P. Deschamps, — FlamentHennebique,Quesnel, Serra.
- G.-E. Dubois, — J.Carpentier, J. Richard, M. Richard.
- L. Goeury, — Biard, P. Dubois, C. Lemercier.
- A. Gosse, — Biard, Bougault, A. Thomas.
- C. Hautier, — L. Rey, L. Périssé, Brillié.
- G. Jaubert, — Gall, F. Clerc, de Dax.
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- RÉSUMÉ
- UES
- PROCÈS - VERBAUX DES SÉANCES
- DU MOIS D’AVRIL 1911
- PROCES-VERBAL
- DE LA
- SÉAINOE X>TJ 7 AVRIL 1911
- Présidence de M. J. Carpentier, Président
- La séance est ouverte à 8 heures trois quarts.
- Le procès-verbal de la précédente séance est adopté.
- M. le Président a le regret de faire connaître le décès de M. :
- F.-G.-J. Chandelier, Membre de notre Société depuis 1880. A été attaché au Chemin de fer du Nord de l’Espagne, puis à la maison D@-flassieux frères, maître de forges, et en dernier lieu, Ingénieur-Représentant de diverses usines.
- M. le Président adresse à la famille de ce Collègue les sentiments de profonde sympathie de la Société.
- M. le Président a le plaisir de faire connaître les décorations et nominations suivantes : v
- M. Fehrenbach a été nommé officier de l’Instruction Publique;
- M. A. Ghélu-Pacha a été nommé officier du Mérite Agricole et Ja Société de Géographie lui a décerné une médaille pour son important ouvrage Le Nil et son Bassin;
- M. P.-E. Marchand a été nommé officier du Mérite Agricole, et
- MM. D. Gasalonga, A.-V. Malaquin, B. Mano, ont été nommés chevaliers du même ordre ;
- M. Rondet-Saint a reçu le Prix Montyon de l’Académie française pour son ouvrage La Grande Boucle.
- M. le Président adresse à ces Collègues les félicitations de la Société.
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- M. le Président dépose sur le Bureau la liste des ouvrages reçus de puis la dernière séance. Cette liste sera insérée dans l’un de nos por-chains Bulletins.
- M. Serge Heryngfet, a déposé, à la date du 6 avril, un pli cacheté qui a été enregistré sous le n° 71.
- L’American Society of Mechanical Engineers tiendra son prochain Congrès à Pittsburg, du 30 mai au 2 juin 1911.
- Les Membres de la Société des Ingénieurs civils de France sont invités tout spécialement à participer à ce Congrès.
- Un Congrès international de la métallurgie du fer et de l’acier se tiendra, à Bruxelles, à partir du 5 juillet prochain. Ce Congrès, semblable à celui qni s’est tenu en 1910, à New-York, groupera les métallurgistes de l’Amérique et de l’Europe entière.
- Le VIIIe Congrès international de chauffage et de Ventilation doit se tenir cette année à Dresde du 12 au 14 juin prochain. Le Comité d’organisation de ce Congrès invite tout spécialement les Membres de la Société à y prendre part. On trouvera des renseignements complémentaires à la Bibliothèque.
- Le Congrès National de Navigation intérieure (3e session), organisé par l’Association française pour l’amélioration et la défense de la Navigation intérieure, se tiendra, à Lyon, du 26 au 29 juin 1911.
- M. le Président informe ses Collègues qu’à l’occasion de l’Exposition de Turin un voyage en Italie va être organisé par la Société, voyage auquel les dames seront admises.
- Cette excursion pourra être faite suivant l’un des deux itinéraires ci-dessous : le premier, d’une durée de huit jours, comprendra le parcours de Paris-Turin-Milan-Venise-Gênes-Paris ; le second, d’une durée double, permettra de voir en plus Florence, Terni, Rome, Naples et Pise, pour se terminer, comme le précédent, par Gênes et Paris.
- 'Le départ aura lieu le dimanche 30 septembre et le retour le 7 octobre pour le premier groupe, et le 15 octobre pour le second.
- Une circulaire explicative est jointe au présent Procès-verbal.
- M. le Président dit qu’un Comité s’est constitué, sous la présidence de M. A. Mézières, Sénateur, Membre de l’Académie Française, et la vice-présidence de MM. d’Arsohval, Thureau-Dangin et Daniel Berthe-lot, pour rechercher les moyens de permettre à M. Édouard Branly de poursuivre dans de meilleures conditions matérielles ses admirables travaux sur la télégraphie sans fil et la télémécanique.
- Personne n’ignore la part considérable qui revient à M. Branly dans la découverte de ces moyens de communication si extraordinaires et si féconds.
- A la suite de longues et méticuleuses observations, M. Branly a découvert que sous l’influence des ondes électriques les contacts entre certains corps se modifiaient ; c’est ainsi qu’il a été amené à créer « le cohéreur », organe nouveau qui vient en quelque sorte s’ajouter aux organes que l’homme possède, le mettant ainsi à même de percevoir
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- dans l’espace le passage des ondes hertziennes et de tirer parti des signaux qui peuvent en résulter.
- IL est donc absolument juste de dire que M. Branly a été le véritable promoteur de cette science nouvelle et que c’est grâce à ses travaux que cet immense progrès a été accompli.
- M. Branly est un modeste et ce n’est que tardivement que justice lui a été rendue : son élection à l’Académie des Sciences date à peine de quelques mois. Désireux d’accroître les ressources un peu insuffisantes dont M. Branly a disposé jusqu’à ce jour, le Comité, dont il vient d’être question, s’est donné comme but d’agencer un laboratoire où ce savant pourrait développer les études auxquelles il s’est adonné dans ces derniers temps concernant la Télémécanique, c’est-à-dire la transmission des actions mécaniques à distance par ondes hertziennes, sans intermédiaire de fils ou conducteurs quelconques.
- Le Comité de la Société des Ingénieurs Civils de France vient de voter une souscription de 600 f pour participer à l’agencement de ce Laboratoire. Si quelques-uns des Membres de la Société veulent se joindre à cette manifestation à la fois patriotique et scientifique, notre Trésorier sera très heureux de recevoir les souscriptions qui lui seraienfadressées et de les faire parvenir au Comité Branly avec la liste des souscripteurs.
- La Société des Ingénieurs Civils de France et ses Membres ne peuvent que se féliciter de pouvoir participer à la récompense nationale qu’il s’agit de décerner à l’un de nos plus grands savants. (Vifs applaudissements.)
- M. le Président est heureux également d’annoncer l’achèvement des travaux de percement des Alpes bernoises.
- La Direction de l’Entreprise, en nous annonçant officiellement par une lettre l’achèvement de ces travaux, a eu l’attention délicate de nous adresser en môme temps un exemplaire de la médaille frappée en commémoration de cet événement si important.
- La Société des Ingénieurs Civils de France se félicite tout particulièrement du succès de ce travail colossal, lequel a été conduit et exécuté par des Ingénieurs qu’elle compte au nombre de ses Membres. En effet, à la tête de l’Entreprise se trouvent actuellemeot MM. F. Allard, L. Chagnaud, A. Gouvreux, J. Dollfus, V. Prud’homme et L. Wiriot.
- Il ne faut pas oublier les noms de deux de nos Collègues qui furent les pionniers de la première heure de cette grande oeuvre, et qui ont disparu de nos rangs, M. H. Duparchy et notre ancien Président, M. L. Coiseau.
- Chacun se rappelle la façon si brillante dont M. Coiseau a présidé la Société en 1905, et ceux qui ont eu l’occasion de visiter sous sa direction les chantiers du Loetschberg, organisés d'une façon si complète et si magistrale, se rappelleront toute la bonne grâce, la bonhomie et l’activité avec lesquelles il avait reçu ses invités. Son absence aujourd’hui, dans les circonstances actuelles, n’en est que plus douloureuse et M. le Président adresse à sa mémoire un souvenir ému;
- Il regrette également l’absence, dans la salle, de M. Couvreux, qui a
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- beaucoup contribué à ces travaux, mais que la maladie retient loin de nous.
- Parmi les directeurs actuels, M. le Président dit que deux d’entre eux, MM. Wiriot et Ghagnaud, sont Membres de la Première Section de notre Comité.
- M. L. Chagnaud a été et appelé par ses coparticipants à la direction générale des travaux. Il a donc eu à supporter une grosse responsabilité et, maintenant que le succès est venu couronner l’entreprise, il n’est que juste de lui attribuer une large part dans les mérites de ce succès. M. le Président lui adresse tout particulièrement les félicitations de la Société en lui demandant de bien vouloir également les transmettre à ses collaborateurs, à ses chefs de chantiers et à tout le personnel de l’entreprise, parmi lesquels il est utile de rappeler le Directeur, M. Zur-cher et nos -Collègues, M. Moreau, chef de la tête sud, et M. Bourdel, Ingénieur chef des services électriques et mécaniques de l’Entreprise.
- La Société des Ingénieurs Civils de France est donc heureuse de constater, une fois de plus, la part importante que prennent ses Membres dans l’exécution de toutes ces grandes entreprises qui marquent la puissance et la valeur de notre Génie Civil Français. A cette occasion, il est bon de rappeler, à côté de cet événement tout d’actualité, le percement dn Saint-Gothard. Celui-ci fut complètement dirigé par notre collègue M. Maury. Ce titre n’a pas été l’un des moindres parmi ceux qui l’ont fait porter, aux dernières élections, à la Présidence de la Première Section du Comité.
- M. Knapen a la parole pour sa communication sur Y Humidité, dans les constructions et procédés nouveaux pour y remédier.
- M. Knapen dit que « la question de l’humidité dans les matériaux a » été et est toujours restée le redoutable problème de la conservation » des constructions. »
- Remontant aux temps les plus reculés, le conférencier dit que, si les abris primitifs de nos ancêtres se sont changés en nos fastueux monuments modernes, la nature, elle, est restée la même ; c’est pourquoi les constructeurs de chaque pays, de chaque époque ont eu à lutter contre ces phénomènes si variables dans leurs effets, mais si constants dans leurs causes.
- Le temps manque pour parler des conséquences de l’humidité de l’habitation sur l’hygiène de ses habitants : l’obscurité, l’air confiné et l’humidité dans les constructions occasionnent plus d’infirmités et de décès que les guerres et les épidémies.
- Quant aux ravages et aux dépréciations dans les valeurs immobilières de tous temps, chacun les connaît, ainsi que les remèdes nombreux et si peu utiles préconisés jusqu’ici.
- Le conférencier décrit alors les lois physiques qui régissent les phénomènes décrits, ainsi que l’action combinée de ces lois dans les pierres, les briques et les mortiers les plus divers.
- Après cet exposé scientifique, M. Knapen définit les quatre espèces d’humidité que l’on peut rencontrer dans les bâtiments.
- Les prenant à part, il en montre les caractéristiques et les effets.
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- « Tous les matériaux de construction sont poreux à des degrés diffé-» rents et c’est en raison de cette porosité que la capillarité et l’osmose, » la saturation et la condensation obligent l’humidité à les pénétrer soit » à l’état liquide, soit à l’état gazeux. »
- Pour donner une idée exacte de ces phénomènes, M. Knapen montre les différentes phases d’une expérience hygrométrique et hygroscopique exécutée au moyen de prismes en terre cuite de porosité différente, dont la base est en contact avec de l’eau distillée à -J— 4 degrés du thermomètre. La hauteur d’imbibition prise à des temps différents indique d’une façon saisissante comment la capillarité peut agir dans des matériaux de fondations en contact avec le sol mouillé. Des murs de différents matériaux et d’exposition ou orientation diverses montrent clairement, par les ravages décrits par le conférencier, combien l’imperméabilisation complète des parois est une erreur de constructeur au-dessus du sol et contraire à la nature.
- « Il faut empêcher l’eau extérieure d’entrer ; mais, dans les murs en » élévation sujets aux différences thermiques, il faut conserver leur » 'porosité intérieure en laissant échapper les gaz en tension derrière les » parois imperméabilisées, ou évaporer et faire sortir l’eau que la capil-» larité et la condensation ont pu y accumuler. »
- Cette étude est suivie d’un exposé des remèdes connus jusqu’ici, avec les raisons pour lesquelles leurs résultats ne peuvent être définitifs.
- Il faut donc autre chose.
- Le conférencier fait alors connaître ses expériences et enfin le nouvel élément de construction qu’il a créé, grâce au système qu’il préconise. D’une simplicité étonnante par rapport à la complexité d’un problème cherché en vain depuis des siècles dans tous les pays, l’appareil est formé d’une brique ordinaire perforée obliquement et d’un prisme de terre cuite de 65 mm de côté également perforé.
- Ces appareils sont introduits sur une ou plusieurs rangées dans les constructions à assécher ou à entretenir dans un état hygrométrique normal. Ils pénètrent jusqu’au milieu du mur.
- Ils doivent avoir un diamètre compris entre 26 et 36 mm, ce dont le conférencier expose les raisons.
- Ils doivent également être posés à une certaine distance l’un de l’autre, pour que leurs rayons d’action, qui dépendent de la pente du canal et du coefficient de porosité des matériaux, puissent se recouper.
- Le conférencier explique comment, au cours de ses recherches, il a découvert la propriété des arêtes, qui à l’intersection de deux plans dans les corps poreux, sont les parties qui arrivent les premières au point de rosée.
- Comme conséquence, il a donné la forme triangulaire, et un coefficient de porosité déterminé à chacun de ses éléments nouveaux. Ceux-ci, placés à demeure dans les murs, constituent de véritables accumulateurs d’humidité renfermant chacun, dans leur intérieur un syphon atmosphérique monobranche à mouvement automatique continu, qui à son tour expulse l’humidité accumulée par l’élément poreux.
- L’air, entrant à un degré hygrométrique moindre, pénètre au fond du
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- canal, se salure de l’humidité ambiante, et est expulsé par sa différence de densité et la différence de température occasionnée par l’évaporation. Le mouvement se continue ainsi, jusqu’à assèchement au degré hygrométrique normal, aussi longtemps qu’il y a déséquilibre entre l’intérieur et l’extérieur du mur.
- Dans les locaux ferrpés, l’humidité extraite est expulsée par un système dit à!aération différentielle, du également à M. Knapen.
- Ces différents travaux ont vu leur nouveauté et leur originalité consacrées par des brevets allemands, dont on connaît la difficulté d’obtention. M. Knapen fait voir des applications de son système dans diverses constructions :
- 1° Le musée des arts rétrospectifs du musée du cinquantenaire à Bruxelles ou 12 500 de ses syphons ont mis ce bâtiment placé sous toiture en fin février seulement, en état de recevoir les tableaux de l’époque de Rubens pour l’exposition internationale de 1910. Ils en sont sortis indemnes l’exposition terminée;
- 2° Dans les culées d’un pont de chemin de fer du viaduc de Woluwe, entre Bruxelles et Tervueren. L’action des appareils système Knapen photographiés à diverses reprises et à des époques différentes, est saisie sur le vif. La démonstration de l’action est absolument péremptoire ;
- 3° Un ancien bâtiment, le groupe scolaire de Gennevilliers, inondé l’année dernière et remis en état normal trente jours après le retrait des eaux ;
- 4° Un édifice religieux avec colonnes isolées, l’église de Vypecapelle-lez-Bruges, construite dans un terrain marécageux, dont l’assèchement a été constaté par la Commission Royale des monuments de Belgique, le 10 janvier 1911;,
- 5° Des souterrains inhabitables par l’humidité dans l’École des Arts et Métiers d’Altona, rendus habitables et à l’état sec. Constatation du professeur docteur Voiler, directeur du laboratoire de physique de Hambourg, qui a étudié la théorie du système Knapen et suivi l’expérience ;
- 6° Les murs de l’École de santé de la Marine, à Bordeaux. Le conférencier montre par des faits qu’il a résolu partout et dans de nombreuses constructions un problème posé comme suit :
- Modifier l’état physique des. matériaux d’un mur, d’une construction, sans changer la nature des matériaux, sans nuire à l’esthétique ni à leur stabilité, et cela d’une façon définitive.
- Il achève son étude en rappelant que, si la découverte est d’origine belge, elle est devenue française d’adoption.
- Il termine en disant : (
- « 'En effet, Messieurs et chers Collègues, ce sont des Français qui ont » fondé la première Société d’études et d’application de ces procédés et » de ce système à Paris.
- » C’est la Société française qui a fbndè la Compagnie française d’ex-
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- ploitation, les Sociétés Belge, Roumaine, etc. C’est encore elle qui » fonde les autres dans tous les pays.
- » Permettez-moi donc de donner, en finissant, un souvenir ému à nos » bons voisins, à cette France, si grande par elle-même, et cependant » si hospitalière aux idées des autres !
- M. le Président remercie M. Knapen de sa communication et de l’exposé très clair qu’il a fait, tant des causes qui engendrent l’humidité dans les ouvrages de maçonnerie que des moyens qu’il a lui-même imaginés, après de longues recherches, pour les combattre.
- L’idée de pratiquer des perforations et canaux permettant la circulation de l’air dans l’intérieur des matériaux, en se basant sur l’application des lois de la physique, témoigne chez lui d’un esprit patient et ingénieux. Les exemples dont M. Knapen a illustré sa communication semblent des plus probants.
- M. F. Godard a la parole pour sa communication sur la Région de la Loire maritime, son développement, son utilisation, son avenir.
- M. Godard, dans la première partie de sa communication, montre les les progrès réalisés par le port de Nantes depuis trente ans, grâce à l’ùnion de tous les représentants intéressés de la ville et du port.
- Depuis l’ouverture du canal maritime, en 1902, la jauge des navires fréquentant le port est passée de 30000 t en 1880 à 1 600 000 t en 1910. A cette augmentation du trafic maritime a correspondu une augmentation générale de l’activité industrielle et commerciale dans toute la région nantaise, aussi bien dans l’industrie proprement dite que dans l’agriculture, ce qui montre avec une netteté absolue l’identité des intérêts agricoles, commerciaux et industriels dans un même pays. Les brillants résultats ainsi obtenus conduisent la ville de Nantes à perfectionner encore son outillage maritime, son port et son accès par la basse Loire.
- Pour que cet accès répondre à tous les besoins, non seulement du présent mais de l’avenir, il est nécessaire que la barre des Charpentiers, qui ferme la Loire en aval de Saint-Nazaire, soit dérasée à une cote suffisamment basse pour que les plus grands navires puissent entrer dans la rade de Saint-Nazaire à toute heure de la marée. On est donc conduit ainsi à envisager l’amélioration du port de Saint-Nazaire en même temps que celle du port de Nantes.
- Le port de Saint-Nazaire a été successivement amélioré depuis 1896 par la construction d’un avant-port, d’une entrée à grande profondeur, d’une forme de radoub de grandes dimensions, etc. ; mais les bassins ne possèdent qu’un tirant d’eau insuffisant et le nouveau sas d’entrée est déjà lui-même trop court en raison de l’accroissement si rapide des dimensions des navires.
- Pour que les ports de Nantes et de Saint-Nazaire, dont les intérêts sont en somme entièrement solidaires, puissent se développer dans l’avenir, comme ils peuvent l’espérer d’après leur situation géographique, il est nécessaire de prévoir à Saint-Nazaire un grand bassin, sans écluses, communiquant directement avec les grands fonds de la rade: dans la basse Loire, un système de digues assurant définitivement la
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- stabilité du chenal successivement approfondi par les dragages ainsi que par le mouvement du flot ; enfin, à Nantes, l’augmentation progressive des quais et le remplacement des ponts actuels en pierre par d’autres ponts à large ouverture, facilitant les mouvements du flot qui seuls peuvent empêcher l’envasement du port et le maintien de la profondeur du chenal.
- Grâce à cet ensemble de travaux bien compris, on peut espérer voir dans l’avenir Nantes, qui est située dans l’intérieur des terres, au milieu d’une riche campagne, devenir le centre des industries de transformation comportant l’arrivée de cargaisons complètes, la tête de ligne régulière des cargos.
- A Nantes également la construction des navires de petite et moyenne dimensions.
- Saint-Nazaire, conservant ses lignes de paquebots et son commerce actuel de bois, de charbons, minerai, etc., deviendrait le lieu d’escale des grands paquebots du monde entier, que la situation du port appelle tout naturellement. Saint-Nazaire deviendrait en outre le point d’appui de la flotte militaire le plus sûr et le plus avantageux de toute la côte de l’Atlantique., grâce à l’existence des chantiers de construction et'des forges de Trignac à la Société des Usines métallurgiques de la Basse-Loire, capables de fournir toutes les matières nécessaires à la construction des plus grosses unités, grâce aussi au voisinage de Nantes et de son arrière-pays, qui est susceptible de fournir non seulement le charbon, mais encore toutes les matières nécessaires à l’alimentation d’une escadre aussi nombreuse qu’on puisse la considérer.
- En terminant, M. Godard fait appel à l’union des membres de la Société, en vue de défendre leurs intérêts commerciaux et industriels contre le danger menaçant de toutes parts l’industrie française, danger mis en évidence par la campagne commencée il y a quelques années et qui se poursuit d’une façon méthodique dans le but avoué de remplacer les industries privées par des industries d’Étal, et d’enlever ainsi, non seulement aux chefs d’industries, mais encore à la classe ouvrière, leurs moyens d’existence. Il cite l’exemple de Nantes où les personnalités d’opinions les plus diverses ont su se réunir et oublier leurs préférences personnelles chaque fois qu’il s’agissait des intérêts supérieurs de leur ville et de leur port.
- M. le Président remercie M. Godard de sa communication si documentée et qui touche à tant de points intéressants à bien des titres.
- ,M. Godard, en effet, a commencé par parler des grands travaux qui sont tout à fait dans l’ordre du Génie civil, tel que l'agrandissement du lit de la Loire maritime, l’établissement de grands quais. Puis, grâce à l’aperçu qu’il nous a donné du nombre des industries diverses intéressées à voir ce progrès se réaliser, grâce à la description des chantiers et usines métallurgiques, dont il nous a montré, le développement, grâce enfin à ces gigantesques et puissantes machines qu’il a fait passer devant nos yeux, notre Collègue a montré que la France possédait dans cette région une puissance de production considérable. On ne peut donc que souhaiter que les conclusions de M. Godard soient comprises par le
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- Gouvernement, et que ce dernier, appuyant le bon renom de nos usines qui n’épargnent rien pour le justifier, s’efforce d’aider nos industries françaises et leur permette d’être appréciées comme elles le méritent et d’obtenir ainsi, en dehors même de la France, le succès sans lequel elles ne peuvent prendre le grand essor qu’elles sont si légitimement en droit d’espérer.
- Il est donné lecture, en première présentation, des demandes d’admission de MM. G. Golmont, G. Gumenge, E. Fromaget, R. Joëssel, E. Leroy, G. Magne, B. Pomerantzeff, L. Sanyas, comme Membres Sociétaires Titulaires, et de :
- M. M. Triboulin, comme Membre Sociétaire Assistant.
- MM. D. Bethmont, E. Cormier, P. Deschamps, G. Dubois, L. Gœu-ry, A. Gossé, G. Hautier, G. Jaubert et F. Goqueret, sont admis comme Membres Sociétaires Titulaires.
- La séance est levée à onze heures.
- L’un des Secrétaires techniques, 1 P. Dubois.
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- PRODUCTION ET DISTRIBUTION
- tfi
- A
- PAR
- STATION CENTRALE URBAINE"’
- PAR
- M. BEAJUBFtIEINnVE
- Il existe actuellement, aux États-Unis et au Canada, environ 600 stations centrales et distributions de chaleur à domicile réparties dans 300 villes environ.
- Parmi ces villes, un certain nombre ont une population inférieure à 10 000 habitants et quelques-unes en comptent moins de 5000. Il en existe dans des cités où la neige est presque inconnue. La première de ces installations a été établie en 1876.
- Ce travail a pour but de faire un exposé des méthodes appliquées, des résultats obtenus, et de rechercher s’il existe des raisons techniques, climatériques ou économiques qui expliquent pourquoi cette branche d’industrie est restée inconnue sur le continent, alors qu’elle a pris un si grand développement de l’autre côté de l’Atlantique.
- Ce mémoire comprendra* donc :
- 1° Un exposé des principes adoptée dans la distribution de la chaleur à domicile ;
- 2° La description de quelques installations existantes basées sur ces principes et celle de leurs organes spéciaux ;
- 3° Un exposé des avantages que présente le chauffage par distribution urbaine sur les installations particulières ;
- (I) Voir Procès-Verbal de la séance du 17 mars 1911, page 349.
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- 4° Une étude technique générale de la distribution de la chaleur, particulièrement sous forme de vapeur ;
- 5° L’application des résultats de cette théorie :
- a) A un quartier de Paris ;
- b) A un secteur américain existant.
- Nous posséderons ainsi tous les éléments de comparaison et nous pourrons en conclure si oui ou non la production et 1a. distribution de la chaleur par station centrale urbaine peuvent être importées en Europe et trouver dans ce pays des applications nombreuses et intéressantes.
- Les installations de chauffage par distribution de ville comportent une classification analogue à celle de chauffages centraux réduits à un édifice.
- Elles se divisent en stations à vapeur et stations à eau chaude.
- Les stations à vapeur se divisent elles-mêmes en stations à vapeur vive et stations à vapeur d’échappement.
- Dans les premières, la vapeur est produite dans une batterie de générateurs, distribuée à une pression variable entre 1 kg et 8 kg, détendue par des détendeurs à l’entrée des installations particulières et condensée dans les radiateurs, l’eau de condensation étant jetée à l’égout ou ramenée à l’usine par des tuyauteries de retour.
- Ces dernières sont rarement employées pour les raisons suivantes :
- Les Américains emploient en général, dans les habitations, le système atmosphérique. Ils amènent la vapeur à l’entrée des radiateurs à une pression de 20 g seulement.
- Le robinet présente un étranglement tel qu’il ne laisse passer que 85 0/0 de la quantité de vapeur que le radiateur est susceptible de condenser. Dans ces conditions, non seulement il n’y a pas de perte de chaleur à la sortie, mais l’eau de condensation est partiellement refroidie par les 15*0/0 de surface supplémentaire. De plus, on fait passer l’ensemble des eaux de condensation d’un même client dans un radiateur, dit économiseur, qui en abaisse encore la température. On ,arrive ainsi à évacuer des eaux à la température de 40 à 50 degrés pour la marche à pleine charge du chauffage et à température encore plus basse pour la marche à charge réduite.
- Si on considère une température moyenne de 35 degrés à la sortie et que l’eau d’alimentation des chaudières soit à 5 degrés,
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- le nombre de calories restant à la sortie est proportionnel à 30, alors que celui des calories entrant dans l’édifice est proportionnel à :
- 606,5 + 0,305 x 100 — 5 = 632.
- 30
- La perte relative n’est que de -r^, soit moins de 5 0/0.
- Le retour des eaux de condensation à l’usine exigerait un réseau de tuyauterie qui, ne fonctionnant pas d’une manière générale à plein tuyau, serait soumis à une usure rapide par suite de l’oxydation due à la présence simultanée de l’air et de l’eau. Enfin, il faudrait dans, bien des cas, remonter ces eaux par pompes.
- De plus, dans le parcours des compteurs à l’usine, l’eau de condensation abandonnerait la plus grande partie des calories qu’elle conserve. Le principal avantage serait donc de récupérer de l’eau distillée pour l’alimentation des chaudières.
- Lorsque la vapeur est distribuée à la pression élevée de 8 kg, par exemple, elle est vendue à la clientèle, qui a la facilité de l’employer soit pour alimenter des machines à vapeur, soit directement pour le chauffage, soit enfin pour la production d’énergie par détente dans une machine avec emploi de la vapeur d’échappement pour le chauffage.
- Distribution de vapeur d’échappement.
- C’est la combinaison la plus intéressante et celle qui se répand de plus en plus.
- La vapeur produite dans les générateurs à une pression élevée de 10 à 12 kg est détendue par des machines dont l’échappement se fait à une contre-pression variable entre 100 g et 1 kg. Cette vapeur est distribuée dans des tuyauteries souterraines établies de telle sorte qu’elles conservent au point le plus éloigné une pression d’au moins 110 g. Cette pression est réduite par détendeur sur chaque branchement particulier à une valeur de 20 à 50 g et utilisée comme je l’ai déjà indiqué.
- L’avantage de cette combinaison, qu’un grand nombre d’industriels français emploient actuellement dans leurs usines est évident. Il y a double utilisation puisqu’on utilise d’abord
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- l’énergie mécanique de la détente, puis l’énergie calorifique de la condensation d’un même poids de vapeur.
- Cette combinaison ne doit cependant pas être faite sans une étude judicieuse et très sérieuse du problème à résoudre, surtout en ce qui concerne les valeurs relatives des charges mécanique ou électrique, d’une part, calorifique de l’autre, qu’il s’agit de produire simultanément.
- Les Américains ont souvent réalisé la combinaison suivante :
- A la suite des perfectionnements apportés dans la construction du matériel électrique et dans les transports à grande distance, les Sociétés d’exploitation ont été conduites, là-bas comme en France, à créer de grandes centrales distribuant l’énergie électrique aux anciennes stations, qui deviennent des sous-stations.
- Des Compagnies de chauffage ont repris le matériel de ces sous-stations, en ont fait fonctionner les machines à contre-pression et distribué la vapeur d’échappement.
- Leurs alternateurs sont montés en parallèle avec la centrale principale. Elles produisent à chaque instant la quantité d’énergie électrique correspondant à la quantité de vapeur dont elles ont besoin pour le chauffage, et revendent cette énergie à la Société Électrique à un prix inférieur au prix de revient de celle-ci.
- Ci-dessous sont indiqués les résultats financiers obtenus par l’addition d’un secteur de chauffage à une usine de distribution électrique.
- Prix du charbon dépensé pour produire le
- courant seulement...................... 142 500
- Pour produire courant et chauffage .... 208500
- Supplément de dépense de charbon .... 66 000
- Frais de droits sur les tuyauteries....... 13 000
- Prix d’entretien et de lecture des compteurs. 17 500
- 96 500
- Production de la vente de la vapeur. ... 291 500
- Bénéfice supplémentaire................... . 195 000
- Capital immobilisé. ................. 1 054 000
- soit un produit de 18,50 0/0 du capital.
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- Station et distribution à eau chaude.
- L’usine centrale est constituée comme celle d’une station à vapeur, avec cette différence que la vapeur sortant des machines est condensée dans un condenseur par surface.
- L’eau chaude sortant de ce condenseur est distribuée par pompe dans des tuyauteries souterraines, puis dans les installations particulières.
- Elle se refroidit dans les radiateurs, est ramenée par d’autres tuyauteries à l’usine ou elle rentre au condenseur. Le cycle est fermé.
- Le principal avantage de ce système paraît être de supporter les pointes électriques sans être obligé de perdre la vapeur momentanément en excédent.
- La masse d’eau de la distribution et, au besoin, la masse additionnelle d’un réservoir, peuvent absorber momentanément une grande quantité de chaleur qu’on peut ensuite utiliser, alors que la charge électrique correspondra, au contraire, à une quantité de vapeur inférieure à celle nécessaire au chauffage. Ce genre d’installation paraîtrait donc convenir à des secteurs où les variations de charge électrique sont particulièrement brusques.
- La pratique semble donner l’avantage aux distributions à vapeur, à cause de leur grande facilité d’alimenter les systèmes existants, du capital à immobiliser moins élevé. Elles ont surtout l’avantage de permettre la vente au compteur, qui évite le gaspillage par la clientèle.
- Les distributions à eau chaude, dont il existe de très importantes installations, paraissent beaucoup moins en faveur et, à ma connaissance, il n’en a été organisé aucune depuis plusieurs années.
- La combinaison la plus avantageuse paraîtrait consister dans un secteur de distribution de vapeur alimentant des chauffages à eau chaude particuliers. Ces derniers ont l’avantage pour le client de présenter un réglage plus facile et pour la Compagnie exploitante de pouvoir absorber momentanément un excédent de chaleur qu’elles restituent ensuite, d’où plus grande régularité de la marche de l’usine.
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- Organes et dispositifs spéciaux.
- Isolement.
- Lorsqu’on nous parle d’une distribution de vapeur ou d’eau chaude à grande distance (1 ou 2 km), la première idée qui nous vient à l’esprit c’est que les déperditions en route doivent être considérables.
- Nous verrons plus loin par le calcul que ces déperditions iie sont pas si énormes qu’elles le paraissent.
- Occupons-nous pour l’instant des dispositifs d’isolement employés pour Jes réduire.
- Depuis la création des distributions de chauffage, un grand nombre de ces dispositifs ont été réalisés.
- Je me contenterai de décrire celui de l’American District Steam Company, qui a installé un très grand nombre de distributions.
- La figure numéro 1 représente une canalisation de vapeur ou d’eau enterrée dans le sol.
- Le tuyau métallique est d’abord recouvert de trois couches d’une feuille de carton d’amiante de 1 mm d’épaisseur, maintenues en place par du fil de cuivre. Le tuyau est maintenu au centre d’un conduit en bois formé par des douves en sapin blanc ayant subi une préparation spéciale. Ces douves s’assemblent entre elles par rainure et languette et sont bloquées ensemble au moyen d’un fil d’acier galvanisé de 4 à 5 mm assez tendu au serrage pour pénétrer à l’intérieur du bois.
- Ce conduit est construit en pièces de longueurs variables, la moyenne étant de 7 pieds, soit 2,10 m environ.
- A l’une des extrémités se trouve un tenon, à l’autre une mortaise. Le diamètre de ce conduit est de 50 mm plus grand que le diamètre extérieur du tuyau à recouvrir ; on créé ainsi un isolement d’air de 25 mm d’épaisseur qui est un excellent calorifuge.
- La surface intérieure du conduit en bois, est recouverte d’une feuille de fer-blanc qui a pour but de réfléchir la chaleur rayonnante émise par le tuyau.
- L’épaisseur du conduit est de 10 cm. A l’extérieur, les conduits en bois sont recouverts d’un enduit à base de goudron.
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- Au montage, chaque tenon d’un conduit est introduit dans la mortaise de l’élément suivant. Le joint est fait avec du goudron chaud.
- Le tuyau est protégé par un papier goudronné spécial à trois plis qui recouvre la paroi extérieure, sauf à la base du conduit.
- L’ensemble est placé dans la tranchée sur un lit pierreux et des drains en communication constante avec l’égout sont disposés à la base de la tranchée.. Quoique l’enveloppe en bois soit étanche à l’eau, la présence de cette dernière dans le terrain environ-
- nant augmenterait, en effet, le coefficient de transmission de la chaleur. La tuyauterie en fer est centrée et maintenue en place dans le conduit au moyen de guides fixes, de guides à rouleaux ou à billes (fig. 4, 5, 6).
- Des colliers disposés de distance en distance empêchent le mouvement longitudinal de l’air entre tuyauterie et conduit
- (fig- s).
- Dispositifs pour ménager la dilatation.
- 11 en a également été établi un grand nombre : coudes de dilatation, joints d’expansion à presse-étoupe, enfin joints d’expansion à diaphragme dénommés variateürs, qui servent à relier ensemble les tuyauteries.
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- Un des deux tuyaux à relier (fig. 7 et 8) est fixe à un plateau fixe A, l’autre au centre du diaphragme en cuivre B, relié par ses bords au plateau fixé et dont le centre se déplace pour compenser la dilatation des deux tuyaux.
- Ces appareils sont placés dans des trous d’homme construits
- %• 7 Fig. S
- A
- en briques et possèdent un double couvercle pour éviter les déperditions de chaleur. Le deuxième couvercle ou tampon est étanche de façon que les eaux de la rue ne puissent s’introduire dans les trous d’homme et de là dans les conduits.
- Compteur.
- Le compteur représenté par la figure 9 se compose d’un réservoir à deux compartiments oscillant autour d’un axe.
- L’appareil étant dans la position indiquée par la figure, l’eau se déverse dans le compartiment de droite. Quand celui-ci a atteint un certain poids, l’appareil bascule, le compartiment de droite se vide, celui de gauche se remplit et ainsi de suite. Le nombre de basculages est mesuré par le compteur.
- Les Américains ont également employé le mode de vente au
- Fig. 9
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- mètre cube chauffé, au mètre carré de radiateurs alimentés. Ces combinaisons ont le grave inconvénient de ne pas intéresser le consommateur à la dépense.
- Installations existantes.
- 1° Distribution a vapeur.
- La ville de Détroit dans le Michigan possède plusieurs stations réunissant presque tous les types de chauffage à vapeur.
- Secteur de la Murphy Heating Company. — Il est combiné avec une station électrique, une usine de production de glace et une distribution de saumure à domicile.
- L’installation comprend douze chaudières de 400 ch et un turbo-générateur de 1 500 kilowatts, deux de 500 kilowatts.
- Les deux derniers produisent du courant continu à 250 volts. Le groupe est à axe vertical.
- La vapeur est utilisée pour le chauffage et pour l’installation de réfrigération à l’ammoniaque. Enfin quand on n’a pas l’emploi de la vapeur d’échappement; toute ou partie de l’installation fonctionne à condensation.
- La distribution de vapeur d’échappement se fait partie en dessous de la pression atmosphérique, départ à 140 g, retour avec vide de 45 cm de mercure.
- L’ensemble du chauffage fonctionne comme condenseur par surface avec un certain vide.
- La distribution comprend 66 000 m de tuyauteries de diamètre variant entre 150 et 750 mm alimentant 38 000 m2 de radiateurs.
- La vapeur est vendue au compteur à raison de 5,40 f les 100 kg. Dans une installation privée, 1 kg de charbon ne produisant pratiquement que 7 kg de vapeur, le prix de la tonne de charbon devrait être de 37,80 f pour que le prix du revient du chauffage soit le même qu’avec la station centrale. Il resterait encore à l’avantage de cette dernière la suppression du chauffeur et de l’entretien du générateur. Le capital immobilisé dans cette distribution est de 1 625 000 f et le revenu annuel de 500000 f.
- L’usine de réfrigération, utilisant la vapeur d’échappement pour la distillatiou de l’ammoniaque dans le procédé par absorption, comprend des tuyauteries de saumure d’un développement
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- de 30000 m environ. La fabrique de glace a une production de 100 t par jour.
- Secteur de la Central Heating Company. — Cette Compagnie a adopté la combinaison que j’ai déjà indiquée, la reprise d’une station électrique devenue sous-station.
- Fig. 10. — Plan de la station centrale de Lockport.
- Cette station alimente 30000 m2 de radiateurs. Avec la vapeur elle produit le courant électrique pour alimenter le quartier, en empruntant ce qui lui manque, ou renvoyant son excès à la station centrale générale suivant les besoins du chauffage.
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- Cette Société a également installé une usine qui distribue la vapeur à la sortie des générateurs. La distribution se fait à la pression de 1 kg, permettant d’assurer le service des cuisines et celui des buanderies.
- Cette distribution se fait partie en tunnel, partie enterrée dans le soi.
- La canalisation en tunnel comprend 1000 m de tuyaux de 150 à 300 mm et 540 m de tuyaux de 50 à 100 mm.
- La partie souterraine comprend: 5 600 m de 110 à 200 et 27 390 m de branchements de 50 à 150 mm.
- La Compagnie a également établi dans la parlie en tunnel une distribution à la pression de 8 kg qui fournit la vapeur aux industriels qui peuvent l’employer, soit pour produire la force motrice, soit pour le chauffage.
- Cette distribution à 8 kg comprend 1 000 m de tuyaux de 150 à 200 mm, 330 m de branchements de 50 à 90 mm et une canalisation de 1 250 m reliant entre elles les deux usines de la Société
- Dans cette distribution on a employé comme isolement des conduites en béton. Le tuyau est d’abord entouré de carton d’amiante, puis de copeaux graissés contenus dans un conduit en planches autour duquel on coule une enveloppe en béton. Cette enveloppe est elle-même recouverte, sur la partie supérieure, de papier goudronné à trois plis.
- Le peu de temps écoulé n’a pas encore permis de se rendre compte de l’efficacité et de la durée de ce nouveau mode d’isolement.
- Station centrale de Lockport. — La figure 10 montre que les locaux chauffés sont très dispersés. La tuyauterie de distribution semble relativement beaucoup plus importante et présente des pertes calorifiques plus considérables qu’elles ne le seraient dans une ville rassemblée comme Paris.
- Schéma de la station centrale de Lockport (fig. U). — Il montre la disposition des chaudières des machines, des silos à charbon et des appareils de manipulation de ce dernier. Les gaz sont refroidis à la sortie des chaudières par des économiseurs.
- Stations a eau chaude. .
- Installation à eau chaude de Tolédo. — Il y a trois stations centrales combinées. La première comprend des générateurs d’une
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- puissance totale de 127S ch. Il y a une machine Corliss actionnant un alternateur de 450 kilowatts qui fournit le courant aux tramways. L’eau est mise en circulation par un ensemble de pompes débitant 27 m3 d’eau à l’heure ; celle-ci est réchauffée par la vapeur d’échappement ou la vapeur détendue dans des réchauffeurs d’une surface de chauffe totale de 100 m2.
- Les tuyauteries collecteurs de départ et de retour, ont un diamètre de 350 mm.
- La deuxième station possède deux générateurs d’une capacité de 850 ch et un réchauffeur de 125 ch tous munis de chargeurs automatiques. Les pompes débitent 16 m3.
- Les deux stations précédentes sont reliées entre elles par des collecteurs aller et retour de 200 mm de diamètre.
- La troisième station possède des générateurs alimentant un turbo-générateur Parsons de 3000 kilowatts et deux de 1000 kilowatts. Il y a trois réchauffeurs d’eau de chacun 500 m2. Les pompes débitent 30 m3.
- Les collecteurs de départ et de retour ont 500 mm de diamètre Les trois stations peuvent travailler en parallèle.
- La surface de chauffe alimentée par les trois stations est d’environ 100 000 m2 correspondant pour la charge maximum à une consommation de 12,500 kg de charbon à l’heure, 24000 t pour une saison.
- Avantages que présentent pour les particuliers et
- les propriétaires les distributions. Urbaines sur
- les installations par immeuble.
- Les avantages sont les suivants :
- 1° La propreté absolue due à l’absence de charbon, de cendres de fumée à l’intérieur et dans le voisinage des habitations;
- 2° La constance du débit de vapeur disponible et la facilité de le régler à volonté et instantanément suivant les besoins ;
- 3° La diminution des chances d’incendie due à la suppression du foyer ;
- 4° Le gain de la place occupée par la chaufferie et par l’approvisionnement du combustible;
- 5° La suppression de la main-d’œuvre ;
- 6° Enfin la possibilité pour les propriétaires de faire établir
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- une distribution avec compteur spécial par appartement, ce qui en faisant supporter à chaque locataire sa consommation personnelle, évite tout gaspillage.
- Théorie de la distribution de la vapeur dans une ville.
- Les éléments à déterminer, pour l’étude d’une distribution, sont les suivants :
- 1° La quantité de chaleur maximum en calories à fournir par les temps les plus rigoureux et la répartition de ces calories sur le plan.
- Ces éléments définissent, en effet, l’importance des tuyauteries, celle de la station génératrice, éléments dont on déduit l’importance du capital à immobiliser.
- 2° La quantité de chaleur totale à fournir pendant toute la durée d’un hiver. Cette quantité détermine le revenu qu’on peut escompter;
- 3° Les variations de la quantité de chaleur à fournir au cours d’une même journée. Ces variations nous indiquent les pointes à subir, leur durée et nous permettront de prendre les dispositifs les plus propres au fonctionnement économique surtout en ce qui concerne la combinaison du chauffage avec la production du courant.
- Détermination des deux premiers éléments.
- Il faut, pour les déterminer, se rendre compte dans chaque quartier de la surface construite, de la nature de la construction et de son usage. A Paris, la proportion des surfaces couvertes ne présente pas de grandes différences. .Les locaux sont de construction analogue, pierre de taille en façade, briques ou moellons sur les cours.
- Leur destination, locaux habités ou bureaux, comporte sensiblement la même importance de chauffage. Il suffira donc de considérer quelques groupes déjà chauffés par le chauffage à basse pression ou à eau chaude, de s’enquérir du nombre de radiateurs alimentés de la dépense de combustible par hiver et de la consommation maximum par temps froid.
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- En appliquant les nombres obtenus à l’ensemble du secteur et en réduisant à l’unité de surface, on aura :
- 1° La densité calorique maxima par mètre carré correspondant à la température minima considérée pour les chauffages qui est de moins 5 degrés à Paris.
- Nous désignerons cette quantité par g;
- 2° La densité calorifique moyenne par mètre carré. Ce sera le quotient de la quantité de chaleur totale à fournir sur le réseau par mètre carré pendant un hiver par le nombre d’heures total de la durée du service.
- Nous désignons cette quantité par g'.
- Variation ne la Densité calorifique.
- Le nombre des calories à différentes heures de la journée sera déterminé de la façon suivante :
- On établit d’abord les courbes moyennes des températures de chaque jour pour chaque mois de l’hiver (fig. 4% et 43).
- Ces courbes ont été calculées pour Paris sur une moyenne de dix années, de 1897 à 1906.
- Théoriquement, la quantité de chaleur à produire devrait être proportionnelle à l’écart des températures. On aurait à chaque heure les calories probables à produire en multipliant g par le
- l _ Q
- rapport -----------. On obtiendrait des courbes qui sont modifiées
- l v minimum
- par suite des circonstances suivantes :
- Pendant la nuit, les appareils chauffant les pièces occupées pendant le jour, et un grand nombre d’appareils chauffant les chambres à coucher sont fermés.
- Le matin, vers 8 heures, tous les appareils sont ouverts en grand pendant un temps plus ou moins long suivant la température extérieure. La production de la Station centrale approche du maximum puis elle s’abaisse progressivement à une consommation de régime qui dure quelques heures. Vers le soir, la fraîcheur de la nuit et l’ouverture des appareils chauffant les chambres à coucher font remonter la charge, qui descend ensuite vers 10 heures pour s’abaisser considérablement vers minuit et rester très faible jusqu’à 7 ou 8 heures du matin (fig. 44 et 45).
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- Fig. 12
- Fig. 13
- Zheures
- Fig. 14
- îfov
- Oct
- Variations de la charge au cours dune même journée
- :eraer
- 2 35-56 1 8 9 10 31 12 1
- 5 6 2 8 S 30 U 12 'l
- 12 3
- Fig. 15
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- Distribution.
- Les éléments précédents permettent de déterminer l’usine. Il faut maintenant tracer le réseau et rechercher quels sont les diamètres qui seraient les plus avantageux. Pour cela, nous considérerons les dépenses de l’installation qui sont inhérentes à la tuyauterie de distribution et varient avec le diamètre.
- Ces dépenses sont :
- l°Lesfrais d’amortissement, d’intérêt du capital immobilisé dans ces tuyauteries de distribution qui augmentent avec le diamètre.
- Nous désignerons la dépense qui en résulte par A;
- 2° La perte en calories dans le parcours qui dépend également du diamètre et augmente avec lui.
- Nous désignerons la dépense correspondante par B;
- 3° La perte de travail mécanique provenant de la contre-pression qui se traduit par une diminution du rendement en kilowatts pour un même poids de vapeur, diminution dont le prix est bien déterminé.
- Cette perte se divise elle-même en deux, la contre-pression sur le piston étant la somme des deux éléments :
- 1° La pression restant à l’entrée des branchements particuliers à l’extrémité du réseau qui est constante et sur laquelle la variation du diamètre n’a que peu d’influence ;
- 2° La pression ou perte de charge utilisée pour produire le transport de la vapeur dans le réseau. Cette perte de charge est variable avec la charge.
- Nous désignerons la dépense annuelle correspondante par C. La dépense totale dépendant du réseau que nous devrons considérer sera de la forme A -f- B + C, somme dont les deux premiers éléments augmentent et dont le troisième diminue avec le diamètre.
- Nous sommes conduits, étant donné un secteur où la densité calorifique a une valeur déterminée et où la position de l’usine est déterminée, à rechercher quels sont les diamètres pour lesquels la somme A + B -j- C sera minimum.
- Il faut rechercher les lois qui unissent les éléments :
- M, nombre de calories débitées;
- Y, nombre de calories perdues dans le transport;
- P, perte de charge;
- d, diamètre de la tuyauterie.
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- Ces lois seront exprimées par des équations ou par des abaques desquelles nous nous servirons pour l’étude du projet.
- 4° Etude du transport d’un nombre de calories M, d'un point A à un point B, sans fournir sur le trajet d'autres calories que celles des déperditions de la tuyauterie.
- Dans le cas où la station serait placée tout à fait en dehors et à une certaine distance du réseau, cette étude nous permettra de déterminer le diamètre de la tuyauterie pour laquelle A + B + G sera minimum. Il donnera la valeur de A + B + C correspondant au transport de la chaleur de l’usine au point où commence la distribution.
- Le professeur Carpenter a établi pour une tuyauterie de vapeur la relation :
- dans laquelle :
- xd est la perte de charge par mètre courant en kilogramme par mètre carré ; d, le diamètre en centimètre;
- M, le nombre de calories à fournir par la tuyauterie;
- Y, le poids moyen du mètre cube de vapeur.
- On voit que le facteur^l + ^ diminue quand le diamètre
- augmente. Si donc on remplace le coefficient A ^1 -f par
- une valeur constante correspondant au diamètre le plus petit employé dans les distributions de vapeur., pour ce diamètre la formule :
- xd z=
- sera vraie. Pour les diamètres supérieurs, la valeur trouvée pour xd sera approchée par excès.
- Pour une perte de charge td on aura :
- d
- la valeur de d sera également approchée par excès.
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- Il en sera de même du nombre de calories de déperditions de la tuyauterie qui est proportionnel au diamètre.
- Pour un diamètre déterminé :
- M = V^,
- * a
- le nombre de calories sera approché par défaut.
- Donc, en considérant pour l’étude d’un réseau de tuyauteries la formule :
- on sera conduit à établir un réseau plus important et plus avantageux que par l’emploi de la formule exacte.
- Dans un réseau nous n’aurons que peu de tuyauteries d’un diamètre inférieur à 150 mm. Si nous déterminons le coefficient d’après les tables de perte de charge pour un tuyau de ce diamètre nous trouvons :
- a = 3692
- et l’expression générale du débit en calories peut s’écrire en fonction du diamètre :
- M = 369 \/trfyd5,
- on voit que le débit croit très rapidement avec le diamètre. Si on considère une tuyauterie présentant des déperditions en route égales à V, la formule prend la forme :
- M + | = 369
- Si nous nous proposons de construire un réseau sur lequel les pertes totales n’atteignent pas 20 0/0 des calories fournies, l’équation devient :
- 1,1 M = 369 \/^ÿ(Fa, d’oü M = 335 y'
- Cette formule conduit à considérer des valeurs approchées
- Bull. 31
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- par excès des diamètres, des pertes de chaleur et des pertes de charges pour un débit de calories déterminé.
- Considérons les pertes de chaleur par kilomètre de tuyauterie. Les mesures exécutées sur des installations existantes ayant plusieurs années de service ont montré que les pertes moyennes d’un réseau en tenant compte des parties non recouvertes telles que brides, joints de dilatation, etc., ressortent à environ 134 calories par mètre carré de surface de tuyauterie.
- Des formules précédentes, on déduit le tableau suivant qui donne :
- 1° Les calories débitées par ces tuyauteries de différents diamètres sous une charge de 1 kg par mètre carré et par mètre courant;
- 2° Les calories de déperdition pour 1 km de la tuyauterie ;
- 3° Le pourcentage des pertes pour 1 km de tuyauterie.
- Tableau des débits en calories pour u = '1, pression moyenne 0,500 kg y — 0,800 kg.
- d en centim. 15 20 30 50 60
- M 258 687 531036 1455 300 5.227 200 8 286 300
- V ... . 63114 84152 126 228 210380 252 456
- -e o o 24,4 15,62 8,7 4,03 3,00
- d en centim.
- 100
- 150
- 200
- 250
- . 0/0
- 29 700 000 420 760 1,4
- 81 675 000 631140 . 0,85
- 167 805 000 841 520 0,495
- 294 030 000 1 051 900 0,33
- On voit que le pourcentage de perte pour une perte de charge de 1 kg par mètre carré devient très faible dans les gros diamètres.
- Pouf la tuyauterie de 750 mm, la plus grosse qui ait été installée jusqu’ici, le pourcentage sera de 2,2 0/0 à pleine charge.
- Si on avait un débit correspondant pour la même perte de charge à une tuyauterie de 2,50 m de diamètre, le pourcentage s’abaisserait à 0,33 0/0 à pleine charge.
- Ces renseignements nous permettront, étant donné un point à partir duquel se fait la distribution de vapeur, de déterminer
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- l’emplacement de l’usine en considérant divers emplacements et déterminant pour chacun d’eux : le capital à immobiliser dans l’usine, celui à immobiliser dans la tuyauterie transportant la vapeur de l’usine au point de départ de la distribution; le prix du charbon correspondant aux pertes dans le transport; le prix de revient du charbon et de l’eau dans chaque cas. On adoptera la solution pour laquelle la somme des frais d’amortissement et d’exploitation sera minimum.
- Transport de la vapeur par une tuyauterie alimentant
- DES BRANCHEMENTS SUR SON PARCOURS (fig. 46).
- Considérons une tuyauterie OA. alimentant des branchements ATT d’égale longueur. Quel que soit le nombre des branchements, les calories cédées par la tuyauterie correspondront à la surface de terrain alimenté.
- Considérons un élément de tuyauterie dx à distance x de l’origine 0.
- En ce point, la tuyauterie doit fournir les calories nécessaires pour alimenter la surface ABA'IT qui ont pour valeur :
- jjd(L — x).
- Nous considérons. une tuyauterie pour laquelle les déperditions sont, par hypothèse, inférieures à 20 0/0 du débit nous pouvons donc appliquer la formule :
- M = 335 \/^d5,
- qui devient : \J(L — x) = 335 \/u>’y#,
- résolvant, par rapport à d,
- d =
- *)s
- 3352uT
- Les pertes dans la transmission sur la longueur dx, d étant exprimé en centimètres, ont pour valeur ;
- dV = 134 x ^ Xfe=4,ÎX d X dx,
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- — 490 —
- remplaçant d par sa valeur :
- dV = 4,2 j^k=^dx,
- V 33b*GfT
- et en posant : x — LZ, dx = Ld/,
- V
- = 4.2L y/ 5/(1 - ZfdZ,
- Si on trace la courbe d’abscisses Z ayant différentes valeurs 0,1 0,2 0,5 inférieures à 1 et pour ordonnées les valeurr corres-
- Fig. 16 Fig . 17
- i < l = 7V>. ./
- i 2 ! A 2 ^ JB ! r* ~*— B
- ï 1 1 1 1 1 1 t I . I I . I I. A' B’
- ! A’ JB’ I
- I <r<v J.
- ! ! I I y
- L
- 1 i 1 1 v- _* O 1 0
- pondantes de y/(l — Z)2, l’intégrale est représentée par l’aire de cette courbe. Elle a pour valeur 0j7f5.
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- La valeur totale des déperditions sur la longueur OA est donnée par :
- - L Q
- 4,2 X
- 0,715 ^ -
- >.2Lh2
- 335
- 0,294L
- V v5-t
- Considérons une ville ou un quartier de ville théorique où la répartition des calories à fournir est régulière et la densité calorifique y,.
- Supposons ce secteur carré. Désignons par X l’écartement moyen des rues transversales; nous exprimerons la longueur totale par nX, la largeur étant la même (fig. 11).
- Supposons que nous voulions faire la distribution à partir du point périphérique O, la vapeur étant distribuée par un collecteur principal OA avec branchements A'B'.
- Considérons d’abord le collecteur principal de longueur L = nX alimentant une zone de largeur l = nl, la perte de charge linéaire étant td.
- La perte en route est donnée par :
- 0,294L
- .7
- V piv ’
- Y, = 0,294n)
- n2X2
- = 0,294ni
- „ V;Yn4A4
- Sur un conduit d’ordre ri la charge en A' a pour valeur, la pression P au départ diminué de n'Xnb La pression au point, B' doit être la même qu’au point B pour avoir la tuyauterie de diamètre minimum. La pression en B sera :
- P - (n + |)x* = P -d’où la perte de charge sur la longueur A'B',
- P --- îl'X'Gf — / P —
- tXxrf) = (t ~ n')Wi
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- et la perte linéaire
- Perte calorique sur un embranchement ÀB d’ordre n. En appliquant la formule générale :
- Pour les deux branchements l’un à droite, l’autre à gauche :
- V,
- = 2V = 0,223n/y
- nV2x4
- — 2 n')'
- Pour les deux n branchements:
- v2 ^ V^ï
- 3 n — 2 n°
- Y.=022^5^»’
- Si on trace la courbe représentant la fonction :
- 1
- 3 n — 2n‘
- Pour différentes valeurs de n, on trouve que cette courbe (fig. 48) est très voisine d’une droite pour des valeurs de n comprises entre 10 et 40. Si on remplace la courbe par cette droite,
- on substitue à
- 1
- 3 n — 2 ri
- la fonction linéaire 2 + 0,374 n.
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- L’expression des pertes totales sur le réseau prend la forme
- V = V, + V2 = 0,294»xy/^, + 0,223 x nX [2 + 0,374).],
- = t°-
- 0834ns -f 0,294# -f 0,446#
- 1.
- Courbe représentant la valeur
- 7l'=H 5 rj---
- ^ ^ an.-2Tb’
- pour différentes -valeurs
- de 7t de 0 à 40.
- D’autre part, le nombre de calories total fourni aux locaux pour expression :
- M = p, X nX X n\ = p#X2.
- Le pourcentage de perte :
- ? ~ M = ~5j- [o,0834«5 + 0,294# + 0,446#],
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- Fig. 23.___Application de théorie à un secteur parisien.
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- — 496 —
- Considérons maintenant la perte de charge totale sur le réseau :
- p=(» + î)^ = Ï^ d’où^=M-
- En remplaçante par cette valeur on a:
- ? = V [o,0834# + 0,294 + 0,446#"* |.
- t zryy.
- Ces équations permettent d’étudier les variations de Y de ? avec:
- 1° Les dimensions du réseau ;
- 2° La perte de charge linéaire ;
- 3° La perte de charge totale ;
- . 4° La pression absolue moyenne (fonction de y);
- 3° La densité calorifique maximum
- Variations avec n. — Secteurs homologues. La courbe B (fig. 19) donne les valeurs du facteur : 0,0834# + 0,294 + 0,446#.
- Fig. 19
- JL
- 0,0831e TL5 + 0.294
- 0,446 nT.
- 20
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- La courbe G (fig. 20) donne les valeurs de
- Fig . 20
- n.^-55-t
- i ~—J..
- 1 ;
- i
- 50 80 100
- La courbe D (fig. 24) donne les valeurs de
- y
- I
- Fig. 21 ,
- La courbe E (fig. 22) donne les valeurs de
- L’équation (3) peut alors s’écrire <j> = 1,09BDE.
- Secteurs homologues. — J’appellerai secteurs homologues deux
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- secteurs pour lesquels les éléments sont les mêmes, qui sont limités par un carré de côté nX, où n est variable.
- En examinant la courbe B, on voit que, dans les limites de n = 10 à n = 40, cette courbe est voisine d’une droite et que la
- Pressionjratiale-vmanl entre 2 000 et 21000 Pression finale constante ^ I000%par m2 P varie de 1000 a 20000 [0%100 et'W-).
- fonction à exposants fractionnaires peut être remplacée par la fonction linéaire :
- 0,094 + 0,366??.
- La pourcentage de perte est donné par la relation :
- [0’694 +°>36H-
- On voit que ? est indépendant de X. Quand on passe de 10 à 40, c’est-à-dire quand la surface du réseau est multipliée par 16, le pourcentage des pertes ne varie que dans le rapport de 1,06 à 2,16, c’est-à-dire n’est, que sensiblement doublé.
- L’examen de la courbe G montre qu’à perte* de charge linéaire constante la valeur de l’écartement des rues n’a qu’une faible influence sur le pourcentage des pertes.
- L’examen de la courbe D montre que le pourcentage de perte s’abaisse rapidement quand la densité calorifique augmente de de 0 à 30.
- La décroissance est beaucoup moins accentuée lorsque g varie de 30 à 100.
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- L’examen de la courbe E montre qu’une augmentation considérable de la perte de charge totale (de 1000 à 20000) ne réduit le coefficient que dans le rapport de 0,347 à 0,133. *
- Il n’y aura donc pas lieu de faire travailler les tuyauteries avec les contre-pressions élevées.
- Les équations et les courbes qu’elles représentent permettent de résoudre plusieurs problèmes.
- Considérons, par exemple, un secteur pour lequel n = 10, = 20, P =: 10 000.
- En mesurant sur les courbes, on a pour ce secteur :
- ? = 1,09 X B >< D X E = 1,09 X 1,06 X 0,17 = 0,0314.
- Cherchons quelle serait la perte de charge totale à admettre sur un réseau n = 20 = jj. = 20; pour obtenir le même pourcentage de perte,xn aurait :
- 0,0314 = 1,09 X -1,47 X 0,17 X E;
- i i -t p 0,0314 A . -r
- on en déduit : E = — 0,115.
- En prenant la parallèle à l’axe de x d’ordonnée 0,115, cette droite rencontrerait la courbe E en un point correspondant à une valeur très considérable de P, environ 32 000, correspondant à une contre-pression de 3,200 kg par centimètre carré.
- Fonctionnement d’un réseau dont les tuyauteries sont déterminées.
- Un réseau ayant été établi en se basant sur le débit maximum de calories qu’il doit fournir, voyons quelle sera l’influence du débit sur les pertes de charge et sur le pourcentage de perte.
- Sur un réseau déterminé, le débit est évidemment proportionnel à la racine carrée de la charge : M = hjP.
- Pour une charge M' on aura : M' — k\/ P', ou on tire :
- kP _ p;
- M2 “ P * . “
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- Les valeurs relatives de P, pour différentes charges, sont représentées ci-dessous :
- ^0,05 0,1 0,2 0,3 0,5 0,8 1 2
- jj- 0,025 0,01 "" 0,04 0,09 0,25 0,64 1 4.
- On voit qu’il faut, dans les déterminations des diamètres, prévoir les augmentations de charge future, car, si elles ne sont pas prévues, on est conduit à une augmentation très considérable de la contre-pression.
- Pourcentage de perte.
- Quel que soit le débit, tant que le régime de pression ne subit pas de très grandes variations, les pertes du réseau restent constantes. Le pourcentage de perte varie donc en sens inverse de la charge.
- Application de la théorie a un secteur parisien.
- Nous considérons, à titre d’exemple, le quartier (fig. 23) et nous considérons, comme point de départ de la distribution, le point O, croisement du boulevard Pereire et de l’avenue des Ternes.
- J’ai indiqué la méthode pour déterminer les courbes représentant les variations de calories à fournir par mètre carré pour les différents mois de l’année. En calculant l’aire de ces courbes et divisant par le nombre d’heures de fonctionnement du chauffage, on trouve que la densité calorifique moyenne est égale à 0,4 \j, environ, étant la densité maxima. Il s’ensuit que le pourcentage de perte pour un hiver sera égal à :
- Si nous supposons que, dans le quartier considéré, toutes les pièces des immeubles en façade sur rue, à raison de cinq étages par immeuble, sont destinées à être chauffées par la station cen-
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- traie, et si nous rapportons les calories qui en résultent au mètre carré de superficie totale, la densité calorifique
- t* ~ 36 environ.
- Les tuyauteries principales suivant l’avenue des Ternes et le faubourg Saint-Honoré, considérons un écartement moyen des rues de 80 m, et considérons quatre secteurs ayant la même origine de distribution O, dont les contours extérieurs se rapprochent d’un carré dont les côtés sont respectivement de 800 m, 1600 m, 2 400 m et 3 200 m, correspondant kn = 10,20,30,40.
- Courbes
- 30 36 /.o .
- s -10
- Proposons-nous de faire la distribution de vapeur en conservant à l’entrée des immeubles une pression de 0,100 kg et en admettant sur le réseau une perte de charge totale égale à P = 10 000, correspondant à une contre-pression de 1,100 kg au départ.
- En remplaçant P, y et n par leurs valeurs dans l’équation générale de ©, on a quatre équations qui sont représentées par les courbes (fig. 24).
- Pour la valeur p. = 36, le pourcentage passe de la valeur'6,5
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- à la-valeur 12,5 quand le secteur passe du carré de 800 m au carré de 3,200 km.
- Pour une densité calorifique beaucoup moins élevée y. =r 20, le pourcentage de perte moyen est de 9 0/0 pour le secteur de 800 m, de 17 0/0 pour le secteur de 3,200 km.
- Secteur américain.
- Si on considère le secteur de Lockport (fig. 10) où les habitations sont très dispersées, malgré une température moyenne de l’hiver beaucoup plus basse, la densité calorifique par mètre carré n’est que de 13 calories.
- Si les rues avaient le même espacement moyen et que la distribution y soit faite d’après le même principe, le pourcentage de perte pour le secteur de 800 m de côté serait de 11 0/0, c’est-à-dire égal au pourcentage de perte d’un secteur parisien dont le côté serait compris entre 2 400 et 3 200 m.
- Dans le sud des États-Unis, à Birmingham, ville dispersée dans le genre de Lockpert, la température moyenne de l’hiver est de 13°,9, alors qu’elle a été à Paris, pour les dix dernières années, de G°,3.
- La densité calorifique de cette ville est donc encore plus faible. Elle possède cependant une distribution de vapeur qui donne de bons résultats financiers.
- L’exemple de Lockport nous prouve qu’un réseau de chauffage donnant lieu à un pourcentage de perte moyen de 11 0/0 par des tuyauteries de distribution est dans de bonnes conditions d’exploitation. Si nous considérons un réseau parisien de 800 m de côté prévu pour fournir la densité calorifique 36 lorsque ce réseau n’aura pas encore développé sa clientèle pour atteindre ce chiffre, il se trouvera dans de bonnes conditions d’exploitation (question d’amortissement mise à part) dès que la densité calorifique moyenne atteindra la valeur qui correspond à une déperdition de 11 0/0.
- Pour — 36, ç = 6,5.
- La perte totale restant constante, les pourcentages sont inversement proportionnels aux valeurs de g.
- 3ê = TlT= d’où ,/=21,28.
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- — 503
- Pertes sur les branchements.
- Nous supposerons que les branchements particuliers sont établis avec un même diamètre pour un même nombre de calories, quelle que soit leur position sur le réseau. Considérons un branchement moyen de 66 mm de diamètre et de 15 m de longueur, débitant un maximum de 60000 calories.
- La perte totale sur le branchement a pour valeur :
- 15 X 0,066 X 3,11 X 134 — 413 calories.
- La charge moyenne a pour valeur :
- 0,4 X 60000 = 24000 et le pourcentage moyen :
- 413 _ 24000 ~
- 0,0172.
- Pour le réseau de 3,200 km de côté, on a donc :
- Un pourcentage de perte moyen sur les tuyauteries de distribution s’élevant à 12,5 0/0;
- Un pourcentage sur les branchements s’élevant à 1,72 0/0. Soit au total de 14,22 0/0, admettons 15 0/0.
- Emplacement de l’usine.
- Si on considère le secteur de 3 200 m X 3 200, de densité calorifique g = 36, la charge maxima totale est de 346 640000 calories.
- On peut transporter cette vapeur avec une perte de charge de 1000 kg par mètre carré et par kilomètre au moyen d’une tuyauterie de 2,60 m de diamètre, présentant une déperdition de :
- 2,60 X 3,14 X 1 000 X 134 = 1 093976,
- donnant lieu à un pourcentage de perte de ;
- I 093 976 A AAAA .X.
- 3ti8 64U 000 = 0,0029 a pleme Charge
- et 0,0125 à charge moyenne.
- Bull.
- 32
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-
- — 504 —
- En employant cinq tuyauteries de 1,50 m de diamètre, le pourcentage de perte à pleine charge serait 0,0085, mais, lorsque la charge serait réduite, on pourrait maintenir ce pourcentage en ne mettant en service que le nombre de tuyauteries proportionnel à la charge. Si, pour des raisons de conservation de l’isolement» on préfère laisser toutes les tuyauteries en charge, le pourcentage moyen serait porté à 0,02125 par kilomètre. En plaçant l’usine sur le quai Michelet, à Levallois, à 2,500 km du point où commence la distribution, on aurait une perte supplémentaire de 0,02125 X 25, soit 5,31 0/0.
- Il y aurait lieu de calculer si l’économie faite sur l’acquisition du terrain, le transport du charbon reçu directement à quai, sur l’eau d’alimentation, peut payer cette déperdition et amortir les frais d’installation de la tuyauterie.
- L’exploitation du réseau qui vient d’être considérée comporterait une fourniture moyenne de 148 256000 calories, auxquels il faut ajouter 20 0/0 de déperdition dans le transport, soit en tout 180 millions de calories correspondant à 335 000 kg de vapeur et 42 t de charbon.
- Pour un hiver, la consommation totale sera :
- 42 X 24 X 180 = 181 440 t.
- Le rendement du combustible étant évidemment meilleur dans une station centrale que dans un chauffage particulier, même en tenant compte des pertes en route, on peut compter que la consommation correspondante des chauffages serait d’au moins 170 000 t. La différence entre le prix du charbon brûlé par la station centrale et celui de l’anthracite ou du charbon maigre brûlé par les particuliers étant d’au moins 30 f, il en résulterait sur la consommation totale une économie de :
- 170 000 X 30 — (181440 —177 000) X 32 = 4 733920 f.
- En vendant la vapeur aux particuliers à un prix correspondant à celui de la quantité de charbon qu’ils consommeraient, on disposerait donc d’un revenu de 4 730 000 f pour frais d’amortissement, frais d’administration et bénéfices.
- Station centrale combinée.
- Considérons la charge moyenne du secteur correspondant a une quantité de vapeur de 335 000 kg par heure à la pression
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- moyenne de 0,700 kg (1,350 kg pour la pleine charge). En détendant cette vapeur de 12 kg à 0,700 kg, on produira un minimum de 30 000 ch.
- La charge de chauffage étant essentiellement variable au cours d’une même journée et au cours de la saison, on adoptera l’une des combinaisons suivantes :
- 1° Puissance électrique nécessitant une quantité de vapeur correspondant à une faible charge de chauffage. Quand la charge du chauffage dépassera la charge électrique, on ajoutera à la vapeur d’échappement de la vapeur directe détendue ;
- 2° Puissance électrique nécessitant une quantité de vapeur correspondante à une valeur importante de la charge du chauffage. Dans ce cas, il sera nécessaire d’avoir des machines à faible consommation pour la marche à forte charge électrique et à faible charge du chauffage. Si l’on considère les courbes de consommation de vapeur d’un réseau de grande ville (fig. H et 45), on voit que la consommation est plus élevée de 6 heures à 9 heures du matin, qu’elle remonte également vers le soir. Ces périodes sont celles pendant lesquelles les transports en commun d’une grande ville présentent la plus grande activité. La charge électrique intéressante, pour un secteur de chauffage, serait donc celle d’un réseau de tramways, d’un chemin de fer métropolitain, ou d’un chemin de fer de banlieue.
- Il ne m’est pas possible d’étudier, dans ce mémoire, les différentes combinaisons qui peuvent être appliquées pour la production simultanée d’énergie électrique et d’énergie calorifique. Le point caractéristique de ces installations, c’est que le prix de combustible à considérer dans la production de l’énergie électrique se réduit à celui correspondant à la perte de calories que subit la vapeur dans la traversée de la machine, toutes les calories qui dans une installation ordinaire sont envoyées au condenseur, se trouvant récupérées dans le chauffage.
- Dans une communication à l’Association des Ingénieurs de chauffage et de ventilation, l’auteur a eu l’occasion d’établir les courbes représentant les lois qui unissent, pour différents régimes de Vide ou de contre-pression, le poids de vapeur à l’admission, le nombre de kilowatts au tableau et le nombre de calories utilisables à l’échappement d’une machine monocylindrique (fig. et26).
- Les mêmes études restent à faire pour les machines à expansion multiple. Dans ces dernières, il y aura lieu de considérer
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- Calories disponibles àlechappemeiit
- O; O
- O o
- Fig. 26
- Kilowatts
- Fig. 25
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- l’effet d’ane prise de vapeur de chauffage entre les cylindres. Il faudrait faire le même travail pour les turbines.
- Dans l’état actuel de nos connaissances et du matériel dont nous disposons, la combinaison la plus avantageuse paraît résider dans l’emploi d’un groupe de machines alternatives dont les échappements se réunissent dans un même collecteur sur lequel on prend la vapeur nécessaire au chauffage, l’excès étant envoyé dans un groupe de turbines à basse pression fonctionnant à condensation avec vide élevé.
- Conclusion.
- 4
- Cette étude n’a pas la prétention de constituer une théorie complète et une méthode définitive pour le calcul des réseaux de chauffage. Il est bien certain qu’on ne trouve que très rarement dans la pratique des quartiers à distribution calorifique régulière, qu’il serait imprudent de desservir un réseau de canalisations transversales par un collecteur unique. On devra prévoir au moins deux lignes, de façon à assurer le fonctionnement par l’une d’elles en cas d’accident survenu à l’autre. De ce fait, les déperditions seront augmentées, mais nous avons vu que toutes évaluations faites sont approchées par pxcès. Il y aura compensation au moins partielle- de ces erreurs de sens contraire.
- En tous cas, dans la comparaison de secteurs entre eux, les valeurs relatives des divers éléments considérés seront du même ordre que celles données par cette théorie.
- Mon but était surtout de démontrer que les déperditions totales, même sur un réseau étendu, sont du même ordre que les pertes obtenues dans le transport électrique, de faire ressortir également qu’une ville bien condensée peut, malgré les conditions climatériques tempérées, présenter des conditions d’exploitation plus avantageuses qu’une ville dispersée à climat " rigoureux.
- Pour toutes les raisons exposées, il y a donc lieu de. suivre les Américains dans la voie où ils nous ont devancés en profitant de leur expérience. Il ne s’agit d’ailleurs pas de les copier simplement. Gomme il arrive souvent dans cette science, nos savants ont été des précurseurs. Lorsqu’on lit les ouvrages amé-
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- ricains traitant de chauffage, on retrouve partout les noms de Péclet et de Ser.
- Aux données de ces théoriciens, les Ingénieurs américains ont appliqué leur empirisme audacieux. Ils ont construit des installations très importantes sur lesquelles ils ont fait de nombreuses observations, mais il paraît leur manquer l’esprit théorique nécessaire pour en tirer toutes les déductions et déterminer des méthodes générales, C’est à nous, Français, doués d’une éducation scientifique plus développée, de reprendre cette œuvre et de la compléter en nous consacrant à cette industrie. Quand nous aurons déterminé ces méthodes, nos confrères américains ne manqueront pas de nous les emprunter à leur tour, de les appliquer à de nouveaux réseaux sur lesquels ils feront de nouvelles observations qu’ils nous communiqueront.
- Dans cette ascension continue vers la perfection, il n’y aura ni concurrents ni plagiaires, il n’y aura que des collaborateurs.
- Le progrès scientifique, le progrès industriel ne peuvent que profiter de cette collaboration, à une même œuvre, du génie propre à chaque nation.
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- LES MOTEURS A COMBUSTION INTERNE
- ET
- W PARTICULIER LE MOTEUR DIESEL 11
- PAR
- M. IF*. r>IJ BOUSQUET.
- Les moteurs à combustion interne, qui font l’objet de la présente étude, ne sont pas nouveaux; les premiers moteurs d’essai du type Diesel datent de 1893, et après de nombreux tâtonnements, un moteur capable d’une marche régulière fut construit en 1897. Cette même année, une unité de 60 ch était livrée par la Société Augsburg Nurenberg à la Société Union de Kempten où elle fonctionne encore actuellement.
- Aussi, le principe des moteurs à combustion interne et, en particulier, du moteur Diesel est-il bien connu; nous ne le rappellerons que pour mémoire, des communications ayant déjà été présentées à ce sujet à la Société des Ingénieurs civils.
- Le moteur Diesel n’est pas un moteur à explosion, mais à combustion lente; le type le plus répandu (fig. 4 et %) qui, est à cylindre vertical, fonctionne selon le cycle à quatre temps.
- Premier temps : Descente du piston ; aspiration de l’air par la soupape d’admission;
- Deuxième temps : Le piston remonte; l’air est comprimé jusqu’à 35 atm et sa température s’élève à 600 degrés environ ;
- Troisième temps : Injection de liquide combustible dans l’air chauffé et cotnbustion de ce liquide au fur et à mesure de son introduction pendant une partie de la course du piston qui continue cette course sous la détente des gaz, Le liquide combustible, provenant d’un réservoir, est refoulé par une pompe et
- (1) Voir procès-verbal de la séance dn 17 mars 1911, p. 347.
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- pulvérisé par de l’air, qui est comprimé à l’aide d’une pompe spéciale à une pression supérieure à celle qui se produit dans le cylindre ;
- Quatrième temps : Le piston remonte et les gaz brûlés sont expulsés par la soupape d’échappement.
- Il apparaît immédiatement qu’un tel moteur présentera de grands avantages par rapport au moteur à explosion proprement dit :
- a) Le combustible étant injecté et brûlé progressivement, on évitera les chocs violents observés fréquemment dans les moteurs à explosion. Le diagramme du moteur ressemblera beaucoup à celui de la machine à vapeur dont il se rapprochera par sa souplesse ;
- b) Ii ne peut y avoir d’allumages prématurés pendant la compression puisque le cylindre n’est rempli que d’air pur;
- c) Enfin, on entrevoit la possibilité de brûler des huiles lourdes avec une combustion parfaite, à cause de la consommation lente et progressive du combustible dans une atmosphère à haute pression et à température élevée.
- L’expérience a montré d’autre part le haut rendement thermique de ce type de moteur. Des essais faits par la Midland Railwav G0 sur un moteur de 240 ch ont donné :
- Rendement thermique en chevaux indiqués. 40,7 0/0 — — effectifs . 31 0/0
- Par rapport au moteur à gaz pauvre, il présente, enfin, la supériorité capitale de supprimer le gazogène, appareil capricieux et encombrant.
- Avec tous ces avantages, qui semblaient lui promettre une brillante carrière, le Diesel est resté jusqu’à ces derniers temps à peu près inappliqué en France. Nous nous proposons d’en rechercher les causes, de montrer qu’elles ont été récemment atténuées ou éliminées et que, dans les conditions actuelles, les moteurs à combustion interne sont devenus des instruments de premier ordre dont les applications s’étendent de jour en jour avec une rapidité imprévue, et qui sont capables de rendre les plus grands services.
- En premier lieu, comme toutes les machines nouvelles, le « Diesel » et ses congénères ont dû subir d’assez nombreuses modifications avant d’arriver à leur forme définitive. Jusqu’au moment où cette forme définitive fut réalisée, le fonctionnement
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- Fig. 1. Fig.
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- de ces moteurs laissa plus ou moins à désirer. C’est par une suite de perfectionnements dont la description détaillée serait trop longue, par un soin tout particulier apporté à la construction des organes, que les constructeurs sont parvenus à éliminer les diverses causes d’arrêts où d’accidents.
- Citons parmi ces derniers perfectionnements :
- 1° Ceux apportés à. la pompe de compression qui aspire l’air et doit le refouler à pression très élevée dans le cylindre, et qui constituait l’un des organes les plus sujets à dérangement. Ces pompes à air qui, dans le moteur primitif, étaient à un seul cylindre furent successivement modifiées. On adopta d’abord une pompe à deux étages pour diminuer la chaleur de compression et augmenter le rendement. Certains constructeurs, allant plus loin dans cette voie, adoptèrent le compresseur breveté de laReawell G0, àlpswich. Ce compresseur à trois étages et quatre cylindres est fixé généralement en bout d’arbre ;
- 2° Le graissage sous pression de tous les organes du moteur, graissage qui s’effectue automatiquement;
- 3° Le réglage automatique de la pression d’air, selon la charge.
- Actuellement le fonctionnement des Diesel est devenu aussi sûr que celui des bonnes machines à vapeur.
- D’autres moteurs à combustion interne fonctionnant selon un cycle analogue, paraissent donner aussi de bons résultats. Nous citerons notamment le moteur Sabathé.
- Cette machine est un moteur vertical à quatre temps, simple effet, utilisant un cycle à combustion mixte caractérisé par la succession des phases suivantes :
- Premier temps : Course descendante du piston (aspiration d’air pur dans l’atmosphère) ;
- Deuxième temps : Compression de cet air pur jusqu’à 30 atm environ, de façon à lui faire atteindre une température de 500 à 550 degrés centigrades;
- Troisième temps : Course motrice. Admission de combustible liquide fractionné s’allumant spontanément.
- Cette admission est réglée de façon que la combustion se fasse : partie à volume constant, partie à pression sensiblement constante.
- Cette combustion mixte est obtenue en fractionnant la quantité de combustible admise dans le cylindre moteur en deux parties inégales. La première partie introduite brûle à volume constant et réchauffe les gaz contenus dans la chambre de combustion.
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- Après ce réchauffage, le piston étant au point mort haut, à l’aide du même dispositif cinématique qui a servi à la première introduction, on insuffle la deuxième fraction du combustible de façon qu’elle brûle à une pression sensiblement constante.
- Quatrième temps : Expulsion dans l’atmosphère, des produits de la combustion.
- Au point de vue mécanique, le moteur présente les caractéristiques suivantes :
- Le cylindre est ouvert à la partie inférieure et fermé en haut par la culasse; cette dernière contient seulement les organes nécessaires pour le réglage :
- Soupape d’échappement des produits de la combustion ;
- Soupape d’aspiration de l’air atmosphérique ;
- Soupape composée pour l’introduction fractionnée du combustible dans le cylindre, et la soupape de mise en marche à l’air comprimé.
- La pompe à combustible introduit dans la soupape composée la quantité de combustible nécessaire ; après cette introduction l’insufflation dans le cylindre se fait à l’aide de l’air comprimé venant du réservoir d’insufflation.
- La mise en mardie du moteur se fait à l’air comprimé, venant des réservoirs de mise en marche.
- Avant la mise en marche, on place les leviers de distribution à la position correspondante, et, lorsque la vitessq nécessaire à l’inflammation est obtenue, on les ramène dans la position de marche normale.
- L’air comprimé nécessaire pour l’insufflation et la mise en marche est produit par un compresseur à deux étages ou plus, suivant la puissance de la machine.
- Prix des moteurs a combustion interne.
- En second lieu, le prix des moteurs à combustion interne fut maintenu pendant longtemps à un taux terriblement élevé qui décourageait les Ingénieurs désireux d’essayer ces engins nouveaux. Était-ce la conséquence des droits à payer à l’inventeur, ou de la difficulté de construction des moteurs? Peu importe. Ce prix restait prohibitif. Aujourd’hui, les premiers brevets Diesel sont tombés dans le domaine public, la construction des moteurs est devenue plus courante ; un grand nombre de maisons
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- étrangères et françaises s’y sont attachées; des moteurs analogues, notamment le moteur Sabathé, ont fait leur apparition; en conséquence, les prix, encore élevés d’ailleurs, deviennent de jour en jour plus abordables.
- Pour justifier ces prix élevés du moteur Diesel, les constructeurs invoquent les raisons suivantes ;
- La différence, disent-ils, provient du principe même de la machine; le moteur Diesel comportant de très fortes compressions, tous ses organes doivent être construits en conséquence, ce qui implique non seulement le renforcement de ces organes, mais une limite dans les dimensions des cylindres et, par conséquent, la multiplication de leur nombre par une même puissance.
- Exemple :
- Une machine à vapeur de 550 cli indiqués, alimentée avec de la vapeur à 10 kg, a pour dimensions
- principales :
- Diamètre des cylindres. 525/850
- Course................ 1 000
- Nombre de tours . . . 100
- Poids total........... 31 000 kg
- Le moteur Diesel, de 500 ch effectifs, est composé de trois cylindres ayant chacun ;
- Diamètre................... 580
- Course.................... 780
- Nombre de tours. ... 150
- Poids total........... 90 000 kg
- La construction de tous les organes : soupapes, arbres, paliers, demande aussi beaucoup plus de soin et coûte au kilogramme beaucoup plus cher.
- Quelle que soit la validité de ces raisons, voici quelques prix qui nous ont été.donnés « à titre de renseignement» par un constructeur :
- 100'ch effectifs, 2 cylindres . . . 30 000 f
- 200 — 2 — . . . 50000
- 500 — 4 — ... 120000
- 1000 — 4 — ... 2/23000
- Ces prix nous paraissent encore susceptibles de fortes réductions.
- Un autre constructeur donne, en effet, les chiffres ci-après où l’on constate bien la baisse de prix survenue récemment.
- En 1905, un moteur de 250 ch à 180 tours se vendait cou-
- ramment.................................... 92 500 f
- Actuellement, le même moteur coûterait .... 65000
- En vitesse accélérée (290/300 tours par minute), un moteur de 270 ch coûte actuellement......... 48 500 .
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- En 1905, un moteur de 400 ch à 180 tours se vendait. 115000
- Le même, actuellement, coûterait................. 90 000
- Un moteur à vitesse accélérée se vend ..... 70 000
- Le prix d’un moteur de 400 ch paraît encore élevé si on le compare à celui d'une machine à vapeur de même puissance; mais, à côté de la machine, il faut les générateurs qui coûtent presque autant, les foyers, transporteur de charbon et de cendres et les bâtiments de la chaufferie, etc. Pour une installation de 500 ch et moins, il semble que, tout bien considéré, les prix d’installation de l’ensemble : chaudières, machine à vapeur, bâtiment, et du moteur Diesel sont actuellement très voisins, et la comparaison paraît à l’avantage de ce dernier.
- Voici, en effet, comment s’établissent les devis :
- I. — Moteur Diesel de 500 ch effectifs à trois cylindres tournant à 150 tours par minute (tuyauteries et tous autres accessoires compris). Son prix varie entre 83 000 et 110 000 f selon les
- constructeurs.................... . . ............ 84 000 f
- II. — Machine à vapeur de 550 ch indiqués, compound parallèle ........................................... . 35 000 f
- Trois chaudières (dont une chaudière de réserve). 30 000
- Tuyauteries et divers........................ . 8 500
- Maçonnerie des chaudières....................... 4000
- Bâtiment de chaufferie......................... 8 000
- Cheminée.................. . .................. G 000
- Total. ...... 91 500 f
- Si l’installation à vapeur était prévue avec économiseur et surchauffeurs, le coût en serait augmenté de :
- Trois surchauffeurs..................... 5 500
- Un économiseur.......................... 3 000
- ---— 8 500
- Soit au total. . . . . . . 100 000 f
- Si au lieu vd’un moteur à vitesse lente, on installait un moteur à vitesse accélérée, le prix d’achat du moteur Diesel serait notablement réduit. En effet, d’après les renseignements d’un constructeur, un moteur de 500 ch effectifs à trois cylindres, tournant à 235 tours par minute, coûterait, avec tous ses accessoires, 76000 f environ.
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- Si l’on table sur les chiffres de 84 000 et 76 000 f, le moteur à vitesse lente réalise donc une économie d’installation de 16 000 f par rapport à la machine à vapeur; le moteur à vitesse accélérée une économie de 24 000 f.
- Combustible.
- Mais la cause principale qui, en France, a retardé l’essor du moteur Diesel, c’est l’absence de combustible convenable pour brûler dans ce moteur. Le grand avantage économique du Diesel consiste, en effet, dans la possibilité de remplacer pour son alimentation les essences légères par des combustibles, plus communs : pétrole lampant, mazout, naphte, étc Or, parmi ces combustibles, tous les pétroles et leurs dérivés paient, à leur entrée en France, un droit de 9 f par 400 kg; les meilleurs marchés reviennent ainsi, au lieu d’utilisation, à 450 ou 160 f la tonne. C’est beaucoup trop cher pour produire de la force motrice à bon marché.
- Au contraire, dans les pays où les produits du pétrole peuvent être obtenus à bas prix, les moteurs Diesel sont couramment, employés.
- En Angleterre, ils ont été adoptés dans des filatures de coton, fabriques de papier, de ciment, installations de tramways et d’éclairage des petites villes.
- En Russie, le moteur Diesel est extrêmement répandu, non seulement pour la commande des industries particulières, mais aussi pour la production concentrée de la force motrice dans les stations centrales. Exemple : la centrale de Kîew qui comprend plus de 4000 ch de moteurs Diesel.
- En Roumanie, le Diesel est utilisé dans toutes les industries; le combustible pour l’alimenter coûtant moins de 40 fia tonne.
- On trouve enfin des moteurs Diesel en grand nombre en Allemagne, en Égypte, au Chili, etc.
- Sans pouvoir donner pour l’ensemble un chiffre précis, on évalue à 400000 ou 500000 ch le total de la puissance mondiale en moteurs Diesel.
- Nulle raison pour que le même développement ne se fût pas produit, en France, s’il n’avait pas été arrêté faute d’un combustible économique.
- Puisque les produits du pétrole étaient inabordables, il fallait
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- s’adresser à une autre classe de combustibles. La Société des Mines de Lens eut la première, l’idée d’essayer dans les moteurs Diesel l’emploi des huiles lourdes de houille. La Société de Lens, grand distillateur de goudron, grand producteur d’huiles, par conséquent, se préoccupait de leur chercher des débouchés, et hantée par cette idée que le Diesel pouvait brûler ses huiles, elle s’adressa dès 1905 à un constructeur pour lui demander de faire des essais dans cet ordre d’idées, ce qu’il accepta volontiers.
- Mais les essais effectués dans son usine furent peu concluants; la Société des Mines de Lens lui demanda alors de mettre à sa disposition un moteur afin de le placer en observation à proximité de l’usine productrice, de procéder à des essais sur les qualités d’huiles et d’élaborer ainsi complètement le problème au point de vue chimique.
- Ce moteur, d’un type malheureusement démodé, fonctionna à peu près normalement aux usines de la Société des Mines de Lens, qui poursuivirent des essais méthodiques et déterminèrent les qualités d’huiles les plus convenables pour cette alimentation. Dès lors le problème chimique étant résolu, restait à réaliser une simple adaptation de l’appareil au combustible.
- La Société des Mines de Lens se hâta de signaler la question et les résultats obtenus aux maisons françaises et étrangères avec lesquelles elle se trouvait en rapport.
- Dès 1906, la maison Sulzer avait effectué à "Winterthur, avec les huiles des Mines de Lens, une série d’essais continués en. 1907 et en 1908.
- En 1909, la maison Carels, de Gand, accepta d’étudier de son côté la question, tandis que d’autres essais furent entrepris par MM. Sautter et Harlé et les Chantiers Augustin Normand. La même année, la Marine nationale procède à des expériences sur les machines des sous-marins Opale et Émeraude.
- Ces essais, généralement favorables, firent apparaître, toutefois, certaines irrégularités de marche encore inexpliquées.,
- En 1910, le problème fut repris avec un regain d’activité par tous les constructeurs à la fois : presque simultanément, la « Augsburg und Nurnberg Motoren Fabrick », la Société Sulzer, la Société Suisse pour la construction de locomotives et machines, à Winterthur, la maison Carels, de Gand, la Société lyonnaise de Mécanique et d’Électricité, etc., annoncent à leur clientèle qu’elles sont en mesure de livrer des moteurs avec
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- garantie de marche à l’huile de houille ou à l’huile de schistes.
- Les difficultés qui avaient arrêté si longtemps les constructeurs provenaient principalement de la présence dans les huiles de dissolutions de naphtaline, anthracène, phénantrène, etc., produits qu’il ne fallait pas songer à éliminer complètement, sous peine d’augmenter d’une manière énorme le prix des huiles. A pleine charge, les moteurs marchaient bien, mais il n’en était plus de même à charge réduite; des explosions se produisaient, et plus la charge diminuait, plus elles devenaient violentes; le mélange de pétrole à l’huile améliorait le fonctionnement sans éliminer'Complètement ces explosions.
- Pourquoi cette différence entre la marche à pleine charge et à demi-charge? Parce que dans le premier cas, le moteur est plus chaud. 11 faudrait donc brûler l’huile de houille à haute température. Ceci fut vérifié par d’intéressantes expériences sur la combustion des huiles : Carels, de Gând, créait un milieu incandescent par une injection de pétrole et insufflait ensuite l’huile de houille dans ce milieu : l’huile brûlait normalement. Divers artifices furent imaginés, pour reproduire ces conditions : par exemple, créer avec du pétrole un amorçage de combustion à l’intérieur du cylindre; pour y parvenir, une seconde pompe de combustion et une seconde soupape furent adaptées au moteur. Celui-ci fut réglé de façon qu’en fin de la course de compression la. pompe à pétrole débitât une petite quantité par l’une des soupapes; aussitôt après, la seconde pompe refoulait l’huile de goudron, introduisant celle-ci dans le milieu incandescent. Ce dispositif donna toute satisfaction.
- La preuve étant ainsi faite qu’une plus haute température de combustion permet l’emploi des huiles de goudron, les constructeurs arrivèrent à la conclusion qu’un plus haut degré de compression de l’air dans le cylindre produirait le même effet, et parvinrent ainsi à supprimer normalement l’injection du pétrole.
- On voit quelles étapes successives durent être franchies pour aboutir; ces tâtonnements expliquent la longue, période qui s’est écoulée avant d’arriver à la solution complète du problème aujourd’hui résolu.
- Les huiles lourdes, dont nous parlons, sont extraites des goudrons qui proviennent eux-mêmes de la distillation de la houille, que cette distillation ait eu pour but la production de gaz d’é-
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- clairage (goudrons d’usines à gaz) ou celle du coke (goudrons de fours à coke).
- Le goudron, déshydraté par une opération préalable (turbinage ou chauffage), est,, par distillation, décomposé en divers éléments : les huiles légères (série des benzols) passent en premier lieu ; elles ne représentent qu’un très faible pourcentage ; vers 200 degrés apparaissent les huiles lourdes : huile à phé-nole, huile à naphtaline ou à créosote, et, de 270 à 300 degrés environ, l’huile à anthracène. La densité des divers produits de cette série varie de 1 020 à 1120 environ. Le résidu de la distillation du goudron, solide à la température ordinaire, est le brai.
- Les huiles lourdes de houille ne sont pas, comme les benzols, des produits définis, mais des mélanges de carbures liquides et solides. On sépare une partie de ces derniers par- cristallisation et refroidissement; en mélangeant ensuite dans des proportions convenables, suivant l’utilisation projetée, les différentes fractions qui ont cristallisé séparément, on obtient des qualités marchandes, dites fluides, ne donnant de dépôts qu’à une température inférieure à celle où a été arrêté leur refroidissement. Notons, en effet, que les points de cristallisation des produits du goudron ne paraissent pas dépendre de la quantité de carbures solides contenus dans la dissolution; ils s’abaissent d’autant plus que le mélange huiles et carbures solides est plus complexe.
- C’est donc au moyen de coupages spéciaux déterminés à la suite de nombreuses expériences de laboratoires, que les distillateurs de goudrons préparent les qualités spéciales d’huiles pour moteurs. Lès deux qualités d’huiles préparées par la Société des Mines de Lens, sont dénommées Y et Y extra 10; cette dernière, grâce à un artifice, se trouve être d’une sensibilité beaucoup moindre à l’action du froid et ne dépose guère que si la température descend au-dessous de zéro.
- Yoici les principales caractéristiques de ces deux qualités
- d’huiles : Huile V. Huile V extra 10.
- Densité à 15 degrés 1 100 1080
- Limite d’inflammabilité . . . . . . 102 degrés 93 degrés
- Pouvoir calorifique total. . . . . . . 9 475 9 515
- Teneur en eau . . inférieur à 2 0/0 inférieur à 2 0/0
- Bull, 33
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- Il n’existe pas de renseignements statistiques bien précis sur la production mondiale en huile de houille. La production française peut être évaluée à 50000 ou 60000 t; la Belgique en met 30 000 à 35000 t environ sur le marché. Mais les plus importants pays de production sont l’Angleterre et l’Allemagne, que l’on peut actuellement compter pour plus de 300 000 t chacune, et même 350 000 t.
- Aussi, la production mondiale ne doit-elle pas être éloignée de 900 000 à 1 million de tonnes, chiffre qui pourra être largement dépassé le jour où des débouchés intéressants assureront l’écoulement d’un tonnage plus important, à des conditions rémunératrices, car beaucoup de goudrons échappent encore à l’heure actuelle à la distillation.
- En ce qui concerne les huiles de schistes, nous n’avons pu nous procurer que des renseignements sommaires, les Sociétés qui produisent.ces huiles s’étant montrées peu prodigues d’indication.
- La distillation en vase clos des schistes bitumeux donne, nous dit-on, des huiles minérales analogues à certains pétroles bruts et desquels, par distillation fractionnée et traitements chimiques, on retire la même gamme de produits que des pétroles.
- Les huiles de schiste sont composées de mélanges complexes d’hydrocarbures. Au point de vue physique, ce sont des liquides de densité variant de 0,700 à 0,960, dont la coloration varie suivant le degré d’épuration et la densité; la coloration comme pour les huiles de pétrole augmente en général avec la densité.
- Leur puissance calorifique serait légèrement supérieure à celle des pétroles.
- La possibilité d’alimenter les moteurs à combustion interne par les huiles de goudron ou de schiste est un fait capital dans leur histoire en France. En effet, l’huile lourde de goudron vaut actuellement nu au départ environ 75 fia tonne. Pour un client important et bien outillé pouvant recevoir par citernes, elle reviendra chez lui entre 75 et 90 f ; pour un client moyen, recevant en fûts, 90 à 120 f, fûts à rendre.
- D’après des renseignements qui nous sont donnés par la maison Sulzer, voici quelle serait en huile de houille la consommation des moteurs des principaux types :
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- PUISSANCE
- 100 ch 200 ch 500 ch 1000 ch
- Grammes par cheval effectif . . 222 216 210 210
- Prix de revient par cheval effectif (huile à 80 f) cm 1,77 1,72 1,68 1,68
- Ce sont des résultats remarquables et, pour les puissances inférieures à 500 ch, nous ne connaissons aucun moteur industriel qui produise de cheval-heure à un prix de revient aussi bas.
- Même pour le moteur de 1 000 ch, le prix de revient ci-dessus est comparable à celui de l’ensemble : chaudière haute pression avec surchauffeur et turbine à vapeur. Cet ensemble (pour une puissance de 1 000 ch) dépense bien près d’un kilogramme de charbon par cheval et par heure, soit si le charbon vaut 18 f la tonne, chiffre moyen : 1,8 c de combustible par cheval-heure effectif, auquel il faut ajouter la main-d’œuvre de chauffe.
- On objectera, sans doute, que l’entretien du moteur dépassera celui de la machine à vapeur ; mais, d’autre part, il restera sensiblement inférieur à celui de l’ensemble-machine et chaudières. L’expérience montrera quels coefficients doivent être adoptés pour ces chapitres de l’entretien et de l’amortissement. On ne saurait à cet égard donner de chiffres précis aujourd’hui.
- Donnons à titre documentaire ceux qui nous sont fournis par un constructeur :
- Machine à vapeur.
- Frais d’exploitation.
- Nous avons admis que les machines travailleraient à charge normale pendant 3 000 heures par an et que le charbon employé était de’bonne qualité (750 calories), vaporisant pratiquement 7 kg 1/2, etc.
- PUISSANCE
- X ' ^ 500777“ ^ 500 ch
- Moteur à vapeur Moteur à vapeur flux continu. compound.
- Consommation de vapeur par cheval-
- indiqué-heure................... 4,45 kg 5,1 kg
- Consommation de vapeur par cheval-effectif-heure ................... 5 5,6
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- PUISSANCE
- Frais totaux par année.............
- Frais par cheval effectif et par année. Nombre des chevaux-effectifs-heures Frais par cheval-effectif-heure. . . .
- 500 ch 500 ch
- Moteur à vapeur Moteur à vapeur
- flux continu. compound.
- Consommation totale par heure. . . 2 500 2 800
- Consommation de charbon par heure 333 375
- Consommation de charbon par an. . Frais pour le charbon (en admettant 1000 t 1125 t
- un prix de 32 f par tonne) par année 32 000 f 36 000 f
- Réparations, entretien (huile devrais-
- sage, chiffons, nettoyage de chaudières) 4 000 4 300
- Surveillance Intérêt et amortissement de l’instal- 3 600 3 600
- lation 12 0/0 20 400 22 200
- Frais totaux par année . 60 000 f 66100 f
- Frais par cheval-effeetif et par année. ou au nombre des chevaux-effectifs- 120 132,2
- heures 1 500 000 1 500 000
- Frais par cheval-effeclif-heure . . . 4 c 4,41 c
- Installation Diesel.
- FRAIS D’EXPLOITATION
- Puissance des moteurs en chevaux-effectifs Consommation de éombustible par cheval-effectif-heure 500
- (huile de goudron) 210 g
- Frais de combustible par heure. . . . 8,40 f
- Frais de combustible par année . . . 25 200
- Entretien, réparations, surveillance. . 5 000
- Intérêt et amortissement des frais d’installation 12 0/0 . 18 200
- 48 400 f
- 96,8 f 1500 000
- . 3,23 c
- Même en laissant une large marge à l’imprévu, les chiffres donnés ci-dessus restent suffisamment éloquents et l’on voit immédiatement quel prodigieux essor peut prendre, dans ces conditions, le moteur à combustion interne.
- Partout d’abord où la place fait défaut pour loger l’ensemble : chaudières, machine ou gazogène, .moteur avec ses réserves de combustible, ce moteur s’imposera.
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- Aussi les Diesel — avant même la possibilité d’utiliser des huiles lourdes — ont-ils trouvé leur place, comme chacun sait, à bord de nos sous-marins et de nos torpilleurs. Mais aujourd’hui, leur destinée paraît devoir être plus brillante ; des unités de 3000 t sont construites avec moteur à combustion, et le cuirassé à moteur Diesel est l’objet d’une étude des plus sérieuses, à l’étranger et en France ; mais, c’est là un ordre de questions qui dépasse le cadre de notre étude.
- Plus modestement le Diesel s’installe à bord des voiliers qui veulent posséder un instrument de propulsion pour échapper au calme — entrer et sortir du port quel que soit le vent.
- A terre, pour les moyennes puissances (50-500 ch), la question se pose pour l’industriel de savoir s’il a chance d’être raccordé à un secteur de distribution d’énergie, auquel cas ce sera pour lui évidemment la solution idéale qui lui donnera, avec les plus grandes facilités pour le développement de son industrie, les conditions les plus économiques effectivement. Mais, s’il faut qu’il produise lui même sa force, la solution par moteur à combustion présente de très sérieux avantages par rapport à la solution chaudière — moteur à vapeur, ou gazogène — moteur à gaz.
- Avec les frais d’installation moindres, nous l’avons dit, il obtient d’une machine, aussi souple, aussi facile à conduire que la machine à vapeur, un prix de revient au cheval-heure équivalent à celui qu’il obtiendrait en théorie avec le moteur à gaz pauvre et nettement inférieur à celui, réalisé avec une machine à vapeur.
- (Voir quelques types d’installation fig. 4,2, 3, 4, pl. 6.)
- Comparaison du moteur Diesel avec le moteur à gaz pauvre.
- Le moteur Diesel ne consomme du combustible que pendant son fonctionnement et cette consommation reste à peu près proportionnelle A la puissance produite, si bien qu’à charge réduite la consommation de combustible, par cheval, n’est que très peu supérieure à celle à charge normale.
- Pour le moteur à gaz pauvre, la consommation augmente rapidement; à demi-charge, cette augmentation atteint 40 à 50 0/0 de la consomihation normale. Il y faut ajouter les pertes par
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- combustion dans le gazogène pendant les arrêts. Cette consommation de combustible n’est d’ailleurs pas influencée par l’habileté professionnelle de l’ouvrier chargé de la conduite de l’installation.
- Le Diesel est dépourvu de tout appareil d’allumage. L’inflammation du combustible se produit spontanément à l’intérieur du cylindre moteur, au contact de l’air porté à une haute température. Ce moteur supprime tout danger d’incendie et d’explosion; le point d’inflammation du combustible employé pour son alimentation atteignant environ 100 degrés.
- Dans le moteur Diesel, il ne se produit aucun changement subit de pression, les passages d’une charge à l’autre se font graduellement et sans à-coups, ce qui exerce une influence favorable sur la marche, la durée et la sûrete de fonctionnement du moteur.
- La combustion est complète, ce qui évite l’encrassement des pistons et cylindres, d’où inutilité de fréquents nettoyages intérieurs et usure réduite au minimum. Il existe en fonctionnement des moteurs Diesel dans lesquels les pistons n’ont pas été démontés pendant plusieurs années.
- Le moteur se prête parfaitement à une marche continue; dans certaines installations le moteur Diesel n’est pas arrêté de toute la semaine, ce qui n’est pas possible sans inconvénients pour le moteur à gaz pauvre.
- La perfection du réglage du moteur Diesel surpasse celle de tout autre système de moteur, et notamment celle du moteur à gaz pauvre.
- Sa conduite est plus simple et, par suite, coûte moins cher.
- Pour le moteur Diesel, la consommation d’eau de refroidissement par cheval-heure effectif est de 10 à 15 1; pour le moteur à gaz pauvre, elle s’élève jusqu’à 60 1 environ.
- Enfin, l’encombrement du moteur Diesel est beaucoup plus réduit que celui de l’ensemble gazogène-moteur à gaz, d’où économie dans le coût du terrain, des fondations, ainsi que des bâtiments.
- \
- Moteurs Diesel comparés aux locomobiles.
- Arrêts du service. ;— Les visites des chaudières, imposées par la loi, les nettoyages intérieurs, le remplacement du système de
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- tabes amovibles et de la boîte à feu, sont autant de facteurs que obligent à arrêter le service, alors que les moteurs Diesel ne comportent pas, même après un service de plusieurs années, de nettoyages susceptibles d’interrompre l’exploitation.
- Cet avantage est surtout sensible si la qualité des eaux laisse à désirer.
- Emplacement. — Le moteur Diesel nécessite un espace moindre qu’une locomobile et son adoption laisse plus de latitude dans le choix de l’emplacement, car, par suite de l’absence de fumée et de bruit gênant, les voisins ne sont pas incommodés.
- Consommation d'eau. — Les moteurs Diesel 11e consomment, suivant leurs puissances, que 12 à 15 1 d’eau de refroidissement par cheval-heure effectif, et cette eau peut être réemployée après réfrigération, de sorte que la consommation d’eau effective est de 1 1 seulement. Les locomobiles à vapeur surchauffée, au contraire, consomment pour les mêmes puissances de 10 à 12 1 d’eau alimentaire, eau qui disparaît sous forme de vapeur d’échappement. Si la locomobile est à condensation, elle nécessite environ 150 1 d’eau par cheval-heure effectif, consommation qui se réduit à 8 1 si l’on a recours à la réfrigération.
- Le moteur est à tout moment prêt à être mis en marche.
- Un point sur lequel il convient particulièrement d’insister, c’est sur la grande facilité de conduite et la sécurité de marche du moteur Diesel. Un fait topique donnera la mesure de cette sécurité. La Société Anonyme « Elektrion », à Gand, emploie un moteur Diesel de 160 ch de la maison Oarels frères pour la fabrication de ses huiles. Ce moteur marche jour et nuit sans arrêt depuis le lundi matin jusqu’au samedi soir. 11 est conduit par un mécanicien et les appareils électriques à haut voltage employés pour la fabrication sont surveillés par l’électricien. Un matin du mois de septembre 1910, le contre-maître, désirant donner quelques instructions au mécanicien, le chercha vainement, de mqme que l’électricien. Finalement on les découvrit tous les deux dans une cave où ils avaient été électrocutés par une décharge de courant à 5000 volts. L’autopsie prouva que ces ouvriers avaient été tués à 11 h. 30 du soir; et à 5 h. 30 du matin, quand le contre-maître les rechercha, le moteur marchait toujours dans les conditions normales. Il avait donc tourné
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- pendant six heures sans aucune surveillance, accomplissant son travail comme à l’ordinaire. Nous croyons pouvoir dire qu’une installation à vapeur ou à gaz n’aurait pu marcher dans ces conditions sans donner lieu à un accident.
- G’est en considération de ces divers avantages que le moteur Diesel, de moyenne puissance, se répand maintenant très rapidement en France.
- Nul doute que, pour la production individuelle de ces puissances moyennes, il ne continue à être de plus en plus employé.
- Mais, depuis peu, les Diesel et analogues paraissent avoir conquis également les grosses puissances'; le pas a été franchi lorsque les progrès de la construction ont permis d’augmenter la puissance par cylindre, et surtout depuis que plusieurs constructeurs ont établi le moteur Diesel horizontal à double effet spécialement destiné à la conduite des dynamos et alternateurs et le moteur Diesel réversible à deux temps, plus particulièrement adapté aux besoins de la marine.
- Les dispositifs de construction employés pour réaliser ces deux types nouveaux sont analogues à ceux des moteurs à gaz de même cycle.
- Moteur horizontal a dourle effet.
- Dans le moteur Diesel horizontal à double effet, construit spécialement pour les grandes puissances, le cylindre côté de la bielle n’est pas ouvert, mais fermé ; il existe donc deux espaces cylindriques, l’un en avant du piston, l’autre en arrière. Le cycle habituel se déroule dans l’espace cylindrique avant comme dans l’espace cylindrique arrière. Pendant la course avant du piston, depuis le point mort arrière jusqu’au point mort avant, l’air sera aspiré du côté arrière et en même temps l’air précédemment aspiré du côté avant se trouvera comprimé ; pendant la deuxième course du piston, c’est-à-dire, pendant son retour du point mort avant au point mort arrière, le combustible sera injecté dans l’espace cylindrique avant, brûlera et l’expansion se produira; en même temps l’air aspiré du côté arrière se trouvera comprimé.
- Pendant la deuxième course avant du piston, le combustible
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- sera introduit du côté arrière ; il y aura combustion et expansion ; en même temps, du côté avant, les gaz de la combustion seront expulsés.
- Lors de la deuxième course arrière, l’air sera aspiré du côté avant, pendant que du côté arrière il y aura expulsion des gaz de la combustion.
- Alors que dans le moteur à simple effet il n’y a qu’une course motrice pour deux tours, il s’en produit deux dans le moteur à double effet.
- On réalisera donc dans un cylindre fonctionnant à double effet et pour un même volume de cylindre, une puissance à peu près double de celle qui résulterait d’un fonctionnement à simple effet. Dans le moteur tandem à deux cylindres il y aura deux courses motrices pour un tour.
- Une machine tandem jumelle, à quatre cylindres, se compose de deux machines jumelles accouplées de part et d’autre des deux extrémités de l’arbre de manivelle à deux coudes. Cette disposition permet d’obtenir un grand coefficient de régularité, ce qui est d’une importance capitale pour la commande directe des dynamos et particulièrement des génératices à courant triphasé.
- Par suite de son fonctionnement à double effet, chaque cylindre possède deux soupapes d’aspiration et deux soupapes d’expulsion des gaz, celles-ci se trouvant disposées en bas du cylindre et celles-là en haut. Chacun des espaces cylindriques est pourvu de deux soupapes à combustible.
- L’introduction du combustible se fait comme dans les moteurs verticaux au moyen d’air comprimé, mais la commande de la pompe à air est réalisée de manière analogue à celle de la condensation dans les machines à vapeur.
- Le piston est porté librement par sa tige afin d’éviter l’usure du cylindre ou des segments du presse-étoupe. Il y a possibilité d’ajuster à nouveau les coulisseaux de la tige du piston, pour rattraper l’usure naturelle de leurs patins résultant d’un fonctionnement prolongé.
- Pour prévenir tout échauffement inadmissible, le cylindre, le piston, les chapelles des soupapes et les presse-étoupes sont abondamment refroidis. Il en est de même de la glissière delà crosse et les paliers de l’arbre à manivelle sont également refroidis.
- Le graissage de l’ensemble des paliers s’effectue sous pression.
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- Le moteur Diesel horizontal se construit pour le moment jusqu’à une puissance de 4 000 ch effectif, quatre cylindres, en type tandem jumeau.
- Moteur a deux temps.
- Ce moteur travaille comme un moteur à gaz à deux temps, mais d’après le principe de combustion progressive sous pression constante. Le mode de fonctionnement est le suivant :
- Pendant la première course, qui est la course montante, le piston comprime de l’air pur dans le cylindre. Sous l’effet de la compression, l’air s’échauffe; vers la fin de la première course et au commencement de la deuxième, le combustible est injecté dans le cylindre. Pour pulvériser le combustible, celui-ci est introduit avec de l’air comprimé à pression élevée. A la fin de la deuxième course, les résidus s’échappent par des lumières prévues dans le cylindre moteur ; de l’air, modérément comprimé, est injecté, par une soupape placée à l’extrémité supérieure du cylindre, pour chasser le reste des résidus et préparer le cylindre pour un nouvel effet.
- Notons que le nettoyage et le remplissage du cylindre moteur sont faits avec de l’air pur et non avec un mélange combustible, comme c’est le cas dans la plupart des moteurs à deux temps. Le balayage peut donc être effectué avec un excédent notable d’air, le service économique de la machine n’étant que peu influencé par le fait qu’une partie de l’air de balayage s’échappe par les lumières. Ainsi, les cylindres moteurs sont-ils débarrassés complètement des résidus de combustion et peuvent-ils supporter une charge relativement grande ; la température moyenne du cylindre n’atteint pas néanmoins un degré rendant dangereuse la marche du moteur.
- La possibilité de faire supporter aux cylindres une charge élevée permet d’obtenir un poids relativement minime pour le moteur.
- L’air de balayage est débité par des pompes spéciales disposées au-dessous des cylindres moteurs. La pompe de balayage et le cylindre moteur ont un piston commun qui est un piston différentiel. L’étage inférieur de plus grandes dimensions sert de piston pour la pompe de balayage et en même temps de crosse ; l’étage supérieur constitue le piston moteur proprement dit.
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- L’air nécessaire pour injecter le combustible est fourni par un compresseur à deux étages. Les cylindres moteurs et le compresseur ont toute leur surface refroidie par circulation d’eau.
- Le moteur est à graissage forcé dans toutes ses parties.
- Le moteur est réversible. La mise en marche et le renversement se font à l’air comprimé, qui provient du compresseur prévu pour fournir l’air d’injection. Tous les organes nécessaires à la mise en marche et au renversement sont actionnés par une seule manette. Le moteur n’a pas de volant pour faciliter la manœuvre et la rendre plus rapide.
- Le renversement de la pleine marche avant à la pleine marche arrière ne demande que quelques secondes.
- Voir (fig. 5, pl. 6) : moteur Marin de 2000 ch (Garels) ; (fig. 6, pl. 6), moteur à deux temps de 2 000 ch de la firme Sulzer ; (fig. 7, pl. 6), cylindre de 1200 ch construit par Carels frères pour le Creusot. Ce cylindre a 820 mm de diamètre 2 000 m de course, 150 tours. C’est le premier élément d’un groupe de huit cylindres développant 10000 ch, destiné à la marine de guerre.
- Dans ces types nouveaux le Diesel peut lutter avec la turbine à vapeur pour la constitution des Centrales de moyenne puissance.
- Mais son avantage est surtout marqué lorsqu’il s’agit d’établir une Centrale de secours, à placer en bout de réseau. Si une avarie survient sur la ligne aérienne, plus de chaudière à mettre en pression, un tour de manivelle et le moteur part immédiatement.
- On voit par ce trop court exposé quel champ magnifique vient de s’ouvrir pour les moteurs à combustion interne. 11 nous a paru qu’il était intéressant d’appeler sur cet engin si précieux l’attention de nos Collègues.
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- DE L’HUMIDITE DANS LES CONSTRUCTIONS
- ET
- PROCÉDÉS NOUVEAUX POUR Y REMÉDIER(1>
- PAR
- M. A. RNAPEN
- I
- La question de l’humidité dans les matériaux a été et est toujours restée le redoutable problème de la conservation des constructions. Depuis les temps primitifs les hommes cherchèrent à se créer des abris contre les intempéries et ils Virent les supports de ces abris, envahis par l’humidité de capillarité, se pourrir rapidement.
- Pour les rendre plus durables, ils passèrent ces supports au feu, carbonisant superficiellement les parties en contact g,vec la terre. Sans le savoir, ils opposèrent, en le faisant, la porosité du charbon de bois à l’accumulation de l’humidité de capillarité ; ce fut le premier remède contre ce mal.
- Depuis lors, si les abris rudimentaires de jadis sont devenus les fastueux monuments modernes, la nature, elle, est restée la même : c’est pourquoi les constructeurs de chaque pays, de chaque époque, ont eu à lutter contre des phénomènes si variables dans leurs effets, mais si constants dans leurs causes.
- La place manque pour décrire les conséquences de l’humidité de l’habitation sur l’hygiène de ses habitants ; cependant il est permis d’affirmer que l'obscurité, Vair confiné et l'humidité dans les constructions occasionnent plus d'infirmités et de décès que les guerres et les épidémies.
- Quant aux ravages et aux dépréciations dans les valeurs immobilières de tous temps, chacun les connaît, ainsi que les remèdes nombreux et si peu efficaces préconisés jusqu’ici.
- Avant d’aborder les nouveaux éléments de construction proposés, pour lutter avec succès contre ces ravages, aussi certains
- (1) Voir Procès-Verbal de la séance du 7 avril 1911, page 463.
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- qu’inévitables, il y a lieu de jeter un coup d’œil rapide sur les lois physiques qu’ils utilisent, et d’étudier l’action combinée que ces lois déterminent dans les pierres, les briques et les mortiers les plus divers réunis suivant les règles de l’art dans les constructions.
- Il
- Généralités physiques.
- En considérant la nature des corps rencontrés dans la construction, ils apparaissent à l’état gazeux, à l’état liquide et à l’état solide. Ces corps, dans ces trois états différents, ont une densité propre à leur nature, au moment de l’observation, et se pénètrent mutuellement én raison de l’influence de certains facteurs dont les principaux sont les facteurs thermiques : depuis le froid le plus intense jusqu’à la chaleur la plus forte du climat de l’endroit où ils sont rassemblés.
- Cette première modification de ces corps provoque entre eux et leurs molécules des mouvements et des échanges qui sont influencés par les pressions et les dépressions, l’humidité et la sécheresse, leur plus ou moins de cohésion et le nombre de vides de leurs interstices moléculaires.
- En conséquence de ces différences et des affinités qui en résultent :
- Les gaz se dissolvent dans ces liquides et pénètrent les solides d’après la porosité de ceux-ci et leurs affinités physiques ou chimiques ;
- Les liquides évaporent dans les gaz et pénètrent les solides comme les gaz les pénètrent.
- Ces différents échanges entre les matériaux d’une construction sont régis par des lois principales de la physique telles que :
- 1° Celle de la dissolution et de la saturation ;
- 2° De l’évaporation et de la condensation ;
- 3° De la capillarité et de l’attraction moléculaire.
- Ces principes éclairent suffisamment le côté scientifique des phénomènes dont nous allons suivre les évolutions pour arriver enfin au résultat cherché en vain depuis si longtemps : supprimer les inconvénients de l’humidité dans les constructions en cessant de contrarier son expansion naturelle.
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- III
- La nature des effets que nous allons étudier, est d’ordre physique et chimique, quelquefois des deux réunis.
- L’intensité de ces transformations ou ces modifications est fonction des milieux géologiques ou climatériques, de l’orientation de la nature et des espèces de matériaux, ainsi que de la manière dont ils sont assemblés entre eux, de leur degré hygrométrique et de leur coefficient hygroscopique.
- Lorsque, après leur carbonatation première, les mortiers viennent à s’hydrater à nouveau, ils perdent leur cohésion et se transforment en pâte sans consistance.
- La compression fait toucher entre eux les lits de matériaux de remplissage, expulsant ainsi des joints le mortier redevenu mou.
- Ces tassements ébranlent les alvéoles et provoquent des crevasses, des dénivellements dans les corniches, les claveaux, etc.
- IY
- Au point de vue construction, nous devons admettre en principe : que tous les matériaux. sont poreux, mais à des degrés différents ; qu’en conséquence, comme nous venons de le voir, ils se laissent pénétrer par les liquides et jpar les gaz ou par les gaz seulement.
- Certaines conditions thermiques permettent à ceux-ci de s’y condenser. Ceci établi, examinons comment se fait cette pénétration et quelles en sont les conséquences.
- Nos .constructions prennent leur appui sur ou dans le sol. Celui-ci, se laissant pénétrer par l’air et par l’eau suivant sa nature et sa situation, les saisons, les climats et les conditions géologiques, dégage, d’après les pressions et les dépressions atmosphériques, des gaz qui à leur tour tendent à s’échapper dans l’atmosphère où le niveau d’une densité( égale à la leur les attire comme les interstices moléculaires attirent l’eau par capillarité.
- Sur leur chemin, entre le sol et l’atmosphère, se trouvent nos fondations faites de matériaux dont nous connaissons la porosité et qui fatalement sont pénétrés d’en bas par l’eau et les gaz des sous-sols, comme ils sont envahis d’en haut par l’air humide, les brouillards, les neiges et les pluies.
- Ces matériaux sont donc intermédiaires ou à cheval entre l’es-
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- pace et la terre, à l’endroit précisément où les modifications physiques dues au froid et à la chaleur, à la sécheresse et à l’humidité vont se livrer une bataille incessante grâce à l’osmose et à la capillarité.
- Ce sont les résultats de cette bataille d’éléments dont nous sommes les victimes que nous allons analyser.
- Y
- Pour se donner une idée aussi exacte que possible de ces phénomènes, il est facile de refaire une expérience de capillarité
- Type I 25% ‘ Sable 75% Argile
- Type II
- 40% Sable
- 60% ArgLLe
- et d’hygroscopie, en même temps, qui représente ce qui se passe dès que la première pierre d’une fondation est posée sur le sol mouillé. On a pris une vulgaire cuvette photographique où l’ori a versé de l’eau distillée mais à -f 4 degrés du thermomètre
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- centigrade, conséquemment au point où elle est réduite à son moindre volume.
- Dans cette cuvette où se trouvait 80 mm d’eau (fîg. 4), on a placé debout trois prismes de terre cuite dont les coefficients de porosité sont différents, comme sont différents ceux des matériaux que nous utilisons en construction. Ces prismes mesurent 15 cm de hauteur, 4 cm de côté; ils contiennent en canal de 10 mm de diamètre pour surveiller l’ascension intérieure du liquide. •
- Le type I, le plus dense, contient 25 0/0 de sable siliceux, 75 0/0 d’argile.
- Le type H, moins dense que le premier, contient 40 0/0 de sable siliceux, 60 0/0 d’argile.
- Le type III, le plus poreux, contient 60 0/0 de sable siliceux, 40 0/0 d’argile.
- Au delà de 60 0/0, la cuisson du mélange devient difficile.
- Le jour de l’expérience, le baromètre marquait 757 degrés, le thermomètre centigrade 14 degrés, l’hygromètre 60 degrés, le mètre cube d’air saturé (ou pratiquement à 96 degrés de l’hygromètrej et à 14 degrés du thermomètre centigrade contient 11,900 g d’eau environ.
- A 14 degrés du thermomètre aussi, mais seulement à 60 degrés de l’hygromètre au lieu de 96 degrés, le mètre cube d’air ne contient plus que 7,14 g d’eau au lieu de de 11,900 g.
- Connaissant donc le volume de ces prismes, l'état et la quantité de l’air qui les pénètre d’après leur porosité-, il est possible d’indiquer au préalable la quantité d’eau que la capillarité peut encore y introduire pour les amener au degré de saturation ou d’imbibition complète.
- C’est prouver qu’il n’est pas plus difficile, dans des conditions analogues, de mesurer le degré hygrométrique d’un mur ou d’une construction, ni de connaître les facultés hygroscopiques de leurs matériaux et la quantité d’eau qu’ils contiennent.
- Au bout de neuf heures de temps, le prisme III ou mélange de 60 0/0, le plus poreux, était complètement imbibé ; au bout de vingt et une heures, le type II l’était aussi. La force avec laquelle l’eau envahit les corps poreux peut s’évaluer entre deux et trois atmosphères et il y a dans cet ordre d’idées bien des choses à étudier dans les matériaux réunis dans les murs.
- La gélivité n’est pas seule en cause dans leur dissociation ou leur éclatement. Il est facile de se rendre compte avec quelle
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- rapidité l’eau et l’humidité gazeuse, qui peut lui être comparée, prennent possession des matériaux suivant leur plus ou moins de porosité et le degré des densités ambiantes.
- Quant aux quantités qu’ils peuvent absorber, voici les chiffres trouvés par M. Businne, professeur de chimie à la Faculté des Sciences de Lille, qui a fait une analyse très exacte de la répartition de l’eau dans les matériaux du musée des Beaux-Arts de cette ville, reconnu pour son humidité.
- Il y a relevé ce qui suit à l’état de saturation, donc au maximum : '
- Pierre blanche usitée au palais des Beaux-Arts 10,48 0/0,
- Pierre de Soignies — ' 0,17 0/0,
- Mortiers employés — 17,07 0/0,
- Diverses espèces de briques depuis 10,60 0/0 à 17,03 0/0.
- Ces chiffres donnent exactement la mesure des facultés hygros-copiques de ces matériaux.
- Un mur se laisse d’autant plus facilement envahir par l’eau qu’il est déjà humidifié par des gaz plus saturés ou qu’il est pénétré par des sels en cristaux ou couvert d’efflorescences.
- Cependant, à l’état liquide, cette ascension est subordonnée à des lois bien déterminées. Au delà d'une certaine hauteur, l’attraction du liquide sur lui-même est plus forte que l’attraction des molécules sur le liquide. C’est cette loi qui empêche l’eau de monter indéfiniment dans les murs de construction dont la base est entourée d’eau de tous côtés.
- Il n’en est pas de même des gaz saturés qui n’ont d’autres limites que le point de rosée qui peut se rencontrer à n’importe quelle hauteur et à toutes les températures.
- VI
- Il serait difficile, pour ne pas dire impossible, de montrer les effets de la capillarité et de la condensation dans les matériaux d’un mur sans le reproduire.
- La ligure J, planche 7, représente le mur de clôture de l’ancienne École vétérinaire à Bruxelles.
- Il est revêtu, dans la partie inférieure, d’un soubassement en pierre de Soignies et couvert par des dalles de même nature.
- Ce mur en brique a été enduit et il est exposé à l’est.
- Il estf acile de se rendre compte de ce que vaudrait l’hygiène d’une habitation entourée de murs dans cet état.
- Bui.l.
- 34
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- Le revêtement en pierre dure du soubassement ne laissant pas échapper, à cause d’une porosité moindre que celle des briques, toute l’humidité de capillarité que chaque jour apporte à celles-ci, elle doit donc monter assez haut et aussi longtemps que la surface d’évaporation soit devenue assez grande pour laisser échapper une quantité d’humidité égale à celle aspirée journellement.
- C’est la seule limite d’ascension assignée dans ce cas et c’est la condamnation par la nature même de toute imperméabilisation complète ou d’occlusion entière des pores dans les matériaux poreux placés au-dessus du sol.
- Moins vite on la laisse s’échapper, plus longtemps elle monte.
- De plus, l’évaporation refroidissant la paroi imbibée, celle-ci arrive plus souvent au point de rosée par rapport à la température de l’air ambiant (surtout en été/, qui vient en se condensant, déposer son eau de saturation en l’ajoutant à celle de capillarité.
- C’est le cas des forts, casemates, entrepôts souterrains lorsqu’on ouvre leurs portes pendant la chaleur du jour.
- Ce qui n’a pas pu s’évaporer monte à l’intérieur du mur jusqu’au moment où rencontrant la pierre de recouvrement plus dense et plus froide, celle-ci condense à son tour et absorbe suivant sa porosité, ce qui la rend encore plus froide.
- L’excédent est absorbé par les briques et se montre à l’extérieur par le feston supérieur.
- Il découle de ces observations une loi qui doit guider le constructeur dans le choix et l’assemblage des matériaux entre eux : Chaque fois que deux corps sont en .contact, le plus dense ou le moins poreux condense les vapeurs de l’autre et cela aussi souvent que le degré thermique du premier arrive au point de rosée par rapport au degré de saturation des gaz contenus dans le plus poreux.
- Ces phénomènes se présentent aussi bien verticalement qu’horizontalement.
- .La figure 2, planche 7, représente le mur de clôture de l’abattoir de Bruxelles, exposé au nord, fait en matériaux naturels, non enduits, avec soubassement, chaînage horizontaux et recouvrement en pierre d’Ecaussines, brique d’excellentes qualités, ce qui n’a pas empêché ce mur, très bien construit, d’être envahi par l’humidité, et dégradé au point d’avoir un hors d'aplomb de 5 cm.
- Par une imbibition permanente même à l’air libre, l’eau fait
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- office de corps étranger dans les interstices moléculaires des matériaux des murs, et leur enlève Vélasticité avec la 'porosité.
- Une autre espèce d’humidité due à la chaleur, soit intérieure, soit extérieure sur les murs enduits, cimentés, goudronnés, ou imperméabilisés, cause également beaucoup de dégâts dans les constructions.
- Cette espèce est commune dans les pignons exposés de l’est au nord-ouest. Elle rentre dans la catégorie des humidités de condensations latérales. Elle peut être produite par les rayons solaires ou par une température élevée venant de l’intérieur d’un bâtiment chauffé. Cela se remarque souvent aussi sur le passage des tuyaux de cheminée noyés dans les maçonneries.
- Le mécanisme de la détérioration des enduits s’explique ainsi : Ceux-ci extérieurement sont plus froids et moins poreux que es matériaux qui les supportent. L’eau de condensation produite, de même que sur un carreau de vitre en hiver, fait mécaniquement un effort par son volume sur l’enduit, provoquant ainsi une solution de continuité entre lui et le mur.
- C’est exactement le cas des brûlures : la peau perdant sa porosité et la chair continuant à perspirer, il se forme une cloche ou ampoule soulevée par le liquide séreux. Dans les peintures murales, les fresques, ce cas se présente également. Par suite de l’humidité de capillarité jointe à celle de condensation, il se produit une espèce de desquamation continue due à la suppression de la porosité des parois peintes derrière lesquelles elles s’accumulent.
- Dans les maisons froides et déjà humides, Pair usé par la respiration des habitants et chargé de matières organiques, quitte saturé les poumons à 37 degrés. Il va déposer son eau de condensation de préférence sur les matières les moins poreuses : les verres, les métaux, les parties polies, surtout dans les coins où l’air est confiné.
- Pendant l’hiver, les murs les moins épais et en contact avec l’air extérieur sont dans le même cas, alors qu’en été ce sont les plus épais qui restent le plus froid.
- En vingt-quatre heures, chaque personne dégage par la respiration et la perspiration un litre et demi d’eau, en vapeur, qui va, avec les vapeurs de cuisine, de chauffage et d’éclairage se joindre aux autres espèces d’humidité, déjà réunies dans les murs, si une bonne aération ne vient l’expulser des locaux.
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- VII
- Voyons les remèdes connus à ce jour.
- Un grand nombre d’habitations sont humides, beaucoup même seraient considérées comme inhabitables, si leurs habitants connaissaient les dangers de toutes sortes auxquels les expose l’atmosphère détestable dans laquelle ils vivent.
- La lutte contre ce fléau a une importance économique et sociale : on s’en préoccupait déjà dans la plus haute antiquité, puisque Moïse en fait mention dans le Pentateuque.
- Nous avons vu que l’humidité des constructions provient de quatre causes différentes :
- 1° Veau de construction ou humidité originelle fournie par l’eau des carrières, dans les pierres, l’eau des mortiers, des enduits, des intempéries jusqu’à la mise sous toit;
- 2° Veau de capillarité, qui existe partout et toujours, plus ou moins ;
- 3° Veau de condensation, conséquence des différences thermiques entre l’air et les matériaux ;
- 4° Veau des infiltrations : défauts de couvertures ; pluies chassées par le vent ; inondation, accidents de canalisation, etc.
- La première cause, Vhumidité de construction, n’est que temporaire si on ne vient l’augmenter par une habitation prématurée des locaux nouvellement construits.
- À la troisième cause, on peut remédier par le chauffage des appartements et une meilleure aération des locaux ; en évitant la dissemblance des matériaux réunis dans la construction, rendant ainsi les murs plus homogènes.
- La quatrième cause celle des infiltrations est accidentelle. Elle peut être atténuée par le bon entretien des toitures, des chéneaux, des tuyaux de descente ; en évitant la pénétration des eaux pluviales chassées par le vent, par de bons rejointoyages, etc., même par une impemnéabilisation rationnelle, c’est-à-dire, en empêchant dans la mesure du possible la pénétration des humidités extérieures, tout en laissant échapper celles venant de /’intérieur.
- La règle, en construction, est celle-ci :
- U faut empêcher F humidité extérieure d'entrer; et, dans les murs en élévation, sujets aux différences thermiques, il faut conserver la porosité intérieure, en laissant échapper les gaz, en tension derrière les parois
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- imperméabilisées, et évaporer ou faire sortir l'eau que la capillarité et la condensation ont pu y accumuler.
- Reprenons la seconde cause, l’humidité de capillarité, de beaucoup lu plus grave, qui a exercé de tous temps l’habileté des spécialistes.
- L’idée la plus simple était d’appliquer un enduit impérméable sur la surface du mur humide.
- Malheureusement l’eau d’imbibition, ne trouvant plus d’issue à travers la couche imperméable, s’accumule à l’intérieur du mur et fait de nouveau irruption par-dessus la couche protectrice.
- Celle-ci à son tour, subit la pression de la différence de volume des matériaux imprégnés, se fendille ou se craquèle, en peau de crocodile », et finit par tomber.
- On a alors voulu empêcher l’action de la capillarité en intercalant entre la terre et les fondations, ou entre celles-ci et les murs en élévation, des couches de matières imperméables, verres, zinc, plomb, bitume, asphalte, ciments, béton, etc.
- Toutes ces matières ont leurs inconvénients et finissent par se laisser vaincre à leur tour, après un temps plus ou moins .long ; rongées ou décomposées par les gaz, les acides et les sels de toutes natures que l’air du sol dépose en venant s’y condenser ou par ceux apportés par la capillarité et les liquides contenus dans les terres environnantes.
- Il en résulte que finalement la dépense faite pour ces isolants se trouve perdue. C’est le sort réservé par la nature à la théorie de l’imperméabilisation complète opposée à l’humidité des corps poreux.
- En ces derniers temps, en Allemagne, cette idée a été reprise en sciant horizontalement les vieux murs au-dessus du sol et en plaçant dans le trait soit du plomb, soit des lames d’asphalte, etc.
- Cela n’empêche pas la condensation et ne supprime pas la capillarité en dessous ni au-dessus de ceLte couche.
- Il fallait doqc trouver autre chose et, en partant d’un principe nouveau, admettre que, si 1'imperméabilisation la plus complète est à sa place dans l'eau, au-dessus, elle est une hérésie physique et une cause de destruction de matériaux ajoutée aux autres.
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- DEUXIEME PARTIE
- L’hygiène est l’ensemble des moyens à employer et des précautions à prendre en vue de la conservation de la santé.
- Dans le bâtiment, il faut aussi, maintenir la santé des matériaux.
- Il faut les conserver dans le meilleur état possible en les assemblant entre eux, sans que matériellement ils puissent se nuire les uns aux autres en raison des propriétés physiques nouvelles que provoque leur rapprochement antinaturel'ou artificiel dans les murs.
- Le premier moyen est de les soustraire à l’humidité. Ce fléau, cause de la perte de chefs-d’œuvres innombrables, amène avec lui la dépréciation lente mais certaine des valeurs immobilières qu’il atteint et gaspille, comme il gaspille les santés et les vies sujettes à ses mystérieuses et néfastes influences.
- La médecine est hors d’état dit-on, de déterminer exactement par quel mécanisme cette action se produit sur l’organisme humain. Elle n’en est pas moins incontestable, comme elle est incontestable dans les constructions.
- Celles-ci ont, comme les. hommes, leur individualité, leurs conditions propres; comme eux, elles ont leur état civil et peuvent naître riches ou pauvres, belles ou. laides, saines ou malsaines, bien ou mal faites.
- Elles ont leurs maladies, dont nous venons de voir les princi-
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- pales et pour lesquelles il va être indiqué un remède radical et définitif, absolument le contraire de tout ce qui leur a été opposé jusqu’ici. C’est par un assèchement rationnel extrayant au fur et à mesure l’humidité de capillarité produite que le résultat sera atteint.
- Construire dans l’air isolerait certainement les matériaux du sol, mais le moyen n’est pas encore trouvé. Cependant,, si paradoxal que cela paraisse, c’est là qu’est le vrai remède.
- Le problème posé, voici comment il a été résolu au moyen d’une expérience bien simple faite avec de l’huile et de l’eau, et un tube de verre d?un certain diamètre fermé à un bout (flg. 2).
- La densité de l’eau étant de 1000 et celle de l’huile 0,600, l’eau ira an fond du vase et l’huile surnagera ce n’est pas nouveau.
- Il en est de même des gaz de différentes densités et entre autres de l’air, qui se place naturellement en couches horizontales de densité de moins en moins grande à mesure que l'on s'élève dans l'espace.
- L’air froid plus lourd que l’air chaud tend toujours à s’abaisser vers le sol.
- Les liquides et les gaz de: même densité: se tiennent en équilibre au même niveau qu’ils cherchent toujours à reprendre lorsqu’ils ont été déplacés dans un sens ou dans l’autre.
- C’est le mouvement produit par les différences de densités dues au froid et à la chaleur, à l’humidité et à la sécheresse qui provoque le brassage de l’air et maintient constamment la même composition chimique de l’atmosphère.
- Reprenant le tube plein d’eau, celui-ci ne s’écoulera pas aussi longtemps que son orifice- ne quittera pas le milieu de même densité dans lequel il est plongé.
- Si on le soulève légèrement pour le faire entrer dans un milieu moins dense, en l’espèce l’huile,, même en le tenant à 45 degrés, l’huile montera dans le tube et prendra peu. à peu la place de l’eau qui- s’en échappera pour aller se remettre au niveau: de sa propre densité.
- C’est donc un mouvement: entrant et sortant dans un tube unique comme s’il était formé des deux branches d’un svphon.
- En réalité, c’est un syphon monobranche qui fonctionnera aussi longtemps: que toute beau ne sera pas remplacée par de l’huile. Si pour une cause ou une autre, l’huile arrivée an som-
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- met venait à s’alourdir, par exemple, à prendre la densité de l’eau, le mouvement continuerait jusqu’à l’établissement de l’égalité entre l’intérieur du tube et l’extérieur, c’est-à-dire le contenant du vase.
- En remplaçant l’huile et l'eau par deux gaz de densité différente, tels que l’air et l’acide carbonique, par exemple, le même effet serait obtenu.
- C’est en se basant sur les résultats obtenus par les différences des densités dans cette expérience, que l’on est parvenu à imaginer un élément de construction où le mouvement, au lieu d’être limité à la quantité d’eau et d’huile, ou à celle des quantités de gaz contenus dans le syphon de verre, puisse devenir automatique et continu.
- Il serait fastidieux de décrire les péripéties de plus de vingt années de recherches et d’expériences pour ne trouver qu’un petit canal. Mais ce petit canal incliné pénétrant jusqu’au milieu d’un mur devient un instrument de précision où sept lois de physique et une loi de mécanique trouvent en même temps pour ainsi dire leur application et leur fonctionnement dans une harmonie des plus complètes. •
- Une chose remarquable, c’est qu’en dessous de 26 mm de diamètre son fonctionnement est arrêté : la perte de charge due au frottement contre les parois et la pression atmosphérique ne peuvent être vaincues par la différence de densité trop minime de la colonne d’air sortant du mur par l’appareil.
- Au delà de 36 mm de diamètre, le fonctionnement est arrêté également parce que la quantité de gaz introduite dans le canal permet la diffusion en formant une atmosphère intérieure détruisant la colonne d’air entrante et sortante et conséquemment la différence de densité qui lui donnait le mouvement sur le plan incliné.’
- C’est donc entre ces deux limites extrêmes que, pour chaque coefficient de porosité de matériaux et chaque épaisseur de mur se trouve le diamètre moyen donnant le maximum de circulation, conséquemment d’évaporation et nécessairement d'assèchement.
- L’un des plus grands avantages de ce système, c’est que plus le mur est humide et plus la circulation devenant rapide, plus il y a d’humidité enlevée.
- Le mouvement absolument automatique est provoqué par la différence entre les deux milieux aussi longtemps qu’ils sont en déséquilibre, c’est-à-dire aussi longtemps qu’il y a de l’humidité
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- dans le mur ou que l’air extérieur possède une densité moindre et un degré hygrométrique ou thermique différent.
- Au cours de ces recherches, il a été découvert également que les arêtes d’un prisme à l’intersection de deux plans arrivent les premières au point de rosée (fïg. 3 et 4).
- Tout le monde a remarqué qu’en hiver ce sont les oreilles et le bout du nez qui refroidissent le plus vite. Il en est de même pour le nez et les oreilles des statues de pierre de nos édifices, et les angles de leurs pierres : c’est la succession ininterrompue
- \
- .Appareil p<
- Enduit
- des variations continues rendues plus sensibles par le peu de volume de la matière, qui la dissocie, alors que les autres parties sont encore en bon état.
- Il a été tiré profit de ces phénomènes pour donner la .forme prismatique ou polygonale aux appareils à introduire dans les murs, ce qui va encore augmenté leur rendement. Cette action, bien déterminée, se fera voir plus loin dans les photographies du viaduc de Woluwe.
- Il est inutile d’exposer le calcul de la pente à donner aux appareils, ni celui de la distance à conserver entre eux. Celle-ci peut varier de 5, 7, 9 à 11 fois le diamètre du canal de l’appa-
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- reil, qui agit dans un rayon d’action déterminé par la porosité des matériaux et l’épaisseur du mur (fig. 5 et 6).
- Pour que l’action soit efficace, il ne doit pas y avoir de solution de continuité entre les zones de protection, sans cela l’humidité de capillarité passerait entre les deux appareils (fig. 6).
- Lorsque les appareils sont trop rapprochés, le fonctionnement des syphons est paralysé. C’est la même cause qui fait durer davantage la période d’assèchement d’un mur de faible épaisseur comparé au temps nécessaire à l’assèchement d’un gros mur.
- La différence thermique entre l'intérieur du mur et l’air exté -rieur n’étant plus assez grande, la circulation se ralentit et même s’arrête. C’est pour cela qu’un mur construit entièrement en matériaux perforés est soumis à la capillarité tout aussi bien •qu’un mur ordinaire. Tout au plus, lorsque le premier est fort chauffé, y a-t-il un peu plus d’évaporation que dans un mur plein.
- Il est facile de se rendre compte que le nouveau système d’assèchement rationnel proposé repose uniquement sur l’utilisation judicieuse des lois physiques d’accord avec la nature. Celle-ci ne supporte ni la violence ni l’obstacle, elle a la du-rée des temps pour les vaincre ou les détruire.
- Après une étude approfondie de 1’ « hygrométrie des constructions », science qui vient à peine die naître, et qui formera l’un des chapitres les plus intéressants du livre à écrire un jour sur la physique des constructions, il est devenu possible d’apporter aux constructeurs un système d’une simplicité idéale, à la fois économique, automatique et d’une durée indéfinie qui permettra de défendre leur œuvre dans l’avenir.
- Applicables aux nouvelles constructions comme mesures préventives plus durables que les obstacles chimiques, il permettra
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- aussi la conservation des monuments du passé qui sont notre orgueil et les témoins des .fastes de nos ancêtres.
- Il évitera des frais d’entretien devenus superflus et qui, mieux
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- utilisés, pourront servir au bien-être de tous et améliorer les conditions d’habitat des riches et des pauvres, au plus grand profit d’une meilleure hygiène.
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- La* figure 3 montre le mouvement de l’air dans l’appareil.
- La figure 4 donne la face et la coupe du prisme triangulaire formant l'appareil, avec le canal intérieur et la manière d’y adapter la grille à son orifice, au droit de la paroi du mur.
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- Les figures 5 et 6 donnent le placement dans un mur et l’écartement des syphons.
- Les figures 7, 8 et 9 montrent une brique ordinaire avec le canal incliné, sa coupe et son placement.
- La figure 10 montre l’application dans un mur en moellons, les figures 11 et 12 l’application dans un mur d’appareils.
- La figure 13 donne le bouton d’aérage du syphon appliqué sur des lambris ou des plinthes en bois ou en marbre. Il peut être orné et approprié au style de l’appartement.
- Résumé
- Ces différents appareils se placent dans les murs en les construisant ou en forant des alvéoles dans ceux déjà construits. Ils sont mis sur une ou plusieurs rangées, suivant les nécessités et les espèces des matériaux, leur volume, et l’orientation des locaux. Chaque élément poreux absorbe dans son rayon, par
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- capillarité ou osmose, l’humidité qui l’enloure. L’air contenu dans le canal, au centre de l’élément poreux, se sature à son contact et, par suite du froid produit par l’évaporation, change de densité.
- Il glisse suivant la pente de l’appareil et est évacué au dehors pendant qu’une nouvelle quantité d’air non saturé le remplace.
- Il s’établit ainsi dans chaque canal, devenu un véritable syphon atmosphérique monobranche à mouvement automatique continu, une circulation permanente, entrante et sortante, qui devient d’autant plus rapide que les différences entre l’air intérieur et l’air extérieur du mur sont plus fortes ou que le déséquilibre est plus grand dans l’état des gaz.
- Au fur et mesure de l’assèchement et de proche en proche, l’humidité des murs pénètre, par capillarité et osmose, dans la zone d’action des syphons. Ceux-ci, après arrêt, se remettent automatiquement en fonction dès la nouvelle rupture d’équilibre, par exemple après une inondation.
- Lorsque le mur fait partie d’un local intérieur, l’évacuation de l’air saturé au dehors des locaux se fait par une aération appropriée due au même inventeur et désignée sous le nom d’« aération différentielle ».
- 4 En supposant la vitesse de l’air d’environ 30 cm à la seconde, 10 m3 d’air entrent par vingt-quatre heures dans chacun des syphons.
- La moyenne hygrométrique en France étant de 60 à 70 degrés environ, suivant les endroits, on voit qu’à ce degré hygrométrique et à une température moyenne, chaque mètre cube d’air peut, en se saturant, enlever plusieurs grammes d’air à un mur humide.
- Cela permet de se rendre compte de la puissance d’action du nouveau système d’assèchement rationnel, de sa simplicité et de sa durée indéfinie. Quant aux résultats, si les appareils sont posés suivant les règles établies d’après les espèces de matériaux et leur volume, ils sont absolument certains et définitifs. Cependant, il faut avoir soin de supprimer les infiltrations accidentelles. Ceci fait, les murs sont mis à l’abri pour toujours de l’envahissement de l’humidité et les locaux à qui ils servent d’enceinte restent assainis indéfiniment.
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- TROISIEME PARTIE
- Après l’exposé des théories du nouveau système d’« assèchement rationnel », il y a lieu d’en vérifier l’application dans des constructions de différentes espèces afin de contrôler s’il est actuellement possible de modifier l'état physique de leurs matériaux sans changer leur nature, et sans nuire à leur esthétique ni à leur stabilité.
- 1° Dans une nouvelle construction : le Musée des Arts rétrospectifs du cinquantenaire à Bruxelles, mis sous toit, fin février 1910, où a eu lieu, deux mois après, l’exposition des tableaux du siècle de Rubens ;
- 2° Dans une ancienne construction : le groupe scolaire de Genne-villiers, qui a eu à souffrir des inondations de 1910;
- 3° Dans les culées d'un pont de chemin de fer;
- 4° Dans un souterrain de l’École des Arts et Métiers d’Altona-Hambourg ;
- 5° Dans un édifice religieux aux colonnes isolées.
- 1° Nouvelle Construction.
- Beaucoup de Français sont allés voir l’Exposition de Bruxelles de 1910 et, sans doute, aussi le Musée des Arts rétrospectifs, au parc du Cinquantenaire, à droite de l’arcade monumentale.
- Personne ne s’est douté de l’état dans lequel se trouvaient, au mois de janvier 1910, ces locaux destinés à recevoir les richesses artistiques du siècle de Rubens, trois mois plus tard.
- Malgré l’hiver si désastreux de 1909-1910, l’année la plus humide du siècle, deux mois après l'achèvement des toitures, le 25 février 1910, et la suppression des infiltrations, tous les locaux ont été mis dans leur état hygrométrique normal. Douze mille cinq cents syphons y avaient été placés avant le 31 janvier 1910, et, après avoir été exposés plusieurs mois dans ces nouveaux locaux asséchés par ce système, les tableaux ont été rendus indemnes à leurs propriétaires.
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- 2° Dans une ancienne Construction : l’École de Gennevilliers.
- L’école de Gennevilliers est établie dans une ancienne construction ayant servi de château à Richelieu. Une partie est sans cave. Les murs, recouverts de linoléum, suintaient l’humidité et de moisissures. Asséchée et assainie par notre système, elle a eu ses caves inondées au moment de la crue de 1910.
- Trente jours après le retrait des eaux, les bâtiments étaient asséchés à nouveau.
- Après enlèvement du limon et désinfection, les appareils s’étaient remis automatiquement en fonction.
- Le même résultat a été constaté dans un sous-sol du Palais du Ministère des Affaires étrangères, au quai d’Orsay, inondé également, après assèchement par ce système.
- Cette particularité donne une indication pour les constructions à élever aux bords d’un fleuve ou d’une rivière sujets à débordements.
- Un des phénomènes constatés, c’est la disparition des buées qui, auparavant, mouillaient constamment le pavement.
- Dans la partie de l’école de Gennevilliers non traitée, habitée par le Directeur, les pavements conservent leurs buées, et les murs de la cage d’escalier leur eau de .condensation., qui y est très abondante presque par tous les temps.
- La proximité des champs d’épandage des eaux d’égouts y favorise extrêmement la formation des colonies de moisissures, sitôt après que les gouttelettes de condensation se sont déposées sur les parois et les peintures des murs.
- Lorsque, par suite de conditions thermiques particulières, la condensation se fait sentir comme un phénomène météorologique général sur tous les objets, même le bois, on devrait avoir soin d’essuyer les murs le plus tôt possible. Gette précaution est destinée à empêcher Réclusion des spores, si nombreux dans l’air en contact avec les eaux d’égout, qui viennent s’arrêter sur les parties mouillées. Celles-ci se revêtent bientôt de colonies de moisissures, surtout dans les coins où l’air confiné favorise leur développement. Il est bon de tremper les loques à essuyer les condensations, dans une eau additionnée de « mloiol » ou autre désinfectant et de les tordre légèrement pour s’en servir.
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- 3° Assèchement des Culées d’un pont.
- Un autre genre d’application du système d’assécliement, absolument inédit, est celui des culées de ponts.
- La figure 3 (PL 7J donne une vue générale du viadnc du chemin de fer de Woluwe, jeté sur la magnifique avenue de Bruxelles, à Tervueren.
- Ce viaduc a été construit, vers 1905, pour le compte de l’htat Belge, par M. Willem, Ingénieur du Chemin de fer.
- Les soubassements sont en pierre d’Ecaussines, ainsi que les chaînages verticaux et les bandeaux de corniche.
- Les remplissages des panneaux de face et de côté sont en pierre de Gobertange de petit appareil sur murs de briques.
- Les figures 14 et 15 donnent les vues de face et latérale des culées et indiquent le plan d’application du système.
- Il est à remarquer que la position des appareils, indiquée par des triangles, tend à isoler la partie en élévation du contact de la terre.
- Les appareils sont posés entre les pierres de chaînage d’angle et les pierres de remplissage, pour supprimer la condensation produite par la différence de porosité de ces deux matériaux.
- La figure 16 donne la coupe et l’indication des emplacements des appareils d’assèchement avec leur profondeur et leur pente dans la partie inférieure et dans la partie supérieure.
- La figure 4 (PL 7), prise le 10 janvier 1911, montre l’humidité partant du sol et rejoignant celle qui existe à l’intérieur des maçonneries. Elle monte jusqu’au débouché des appareils dans le soubassement. Les maçonneries en élévation en sont saturées. La condensation se fait voir entre les chaînages verticaux en pierre d’Écaussines et les panneaux en pierre de Gobertange.
- La figure 5 (PL 7), prise le 27 janvier 1911; l’action des syphons devient plus marquante, l’humidité du sol tend à se séparer du soubassement, les panneaux paraissent s’éclaircir. L’entrée des syphons se détache et tend à s’isoler également.
- La figure 00, du 12 mars 1911, est typique, au point de vue de la séparation de l’humidité du sol.
- Plusieurs grilles ne donnent même plus de buée dans les rangs supérieurs du soubassement.
- Les progrès de l’assèchement sont visibles, surtout dans les
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- figures 7 et 8 (PL 7), du 12 avril 1914, et le fonctionnement du système est absolument concluant dans ses résultats (fig. 9, Pi. 7), lorsqu’on le compare aux précédentes photographies.
- Dans les chaînages et autour des appareils, on voit des cristaux provenant de l’assèchement du mortier spécial de ciment qui a servi à fixer les grilles.
- Les syplions de soubassement n’ont plus de buée, les panneaux sont secs. Les modifications de teintes qui persistent tiennent à une certaine oxydation des pierres de Gobertange. On voit, dans la corniche, le travail de dissociation des joints dû à l’humidité.
- A partir de ce moment, il n’y aura plus que rarement une auréole de buées à l’orifice des grilles en bronze d’aluminium, en cas de grand froid ou de grande chaleur.
- L’assise inférieure montre également, par la différence de sa teinte, que la porosité des matériaux commence à revenir depuis que l’humidité de capillarité est forcée de s’échapper en vapeur au fur et à mesure de la production, avant qu’elle ait <pu se saturer ou s’accumuler en eau par la condensation.
- Ce travail d’assèchement rendant la.porosité aux matériaux, par l’échappement permanent des gaz et de l’humidité formée à l’in- ( térieur des interstices moléculaires, les mortiers de rejointoyage resteront en place et ne nécessiteront plus de réparations continuelles, les gelées et les différences thermiques brusques n’agiront plus aussi fréquemment pour qnodifier le volume de l’eau d’imbibition, cause de dissociation de la matière et de mouvement de dislocation dans les matériaux de liaisonnement.
- Il est très curieux de voir une sorte de buée se produire autour des syphons. Ce phénomène s’explique par le froid produit par l’évaporation de l’humidité qui attire vers le canal, par capillarité, l’humidité ambiante répartie dans la matière poreuse.
- On sait que le maximum d’effet de la capillarité se fait toujours sentir vers les parties les moins élevées en température, ce qui fait de chaque élément triangulaire une sorte d’accumulateur (Thumidité muni de son exutoire.
- Après avoir fait voir l’effet de ce système :
- 1° Dans un musée où sévissait l’humidité de construction, de capillarité et d’infiltration ;
- 2° Dans une école sujette à la capillarité, à la condensation,-
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- aux moisissures, sans compter que le système, après le retrait des eaux d’une inondation, s’y est remis automatiquement à fonctionner, asséchant à nouveau les bâtiments en trente jours;
- 3° Dans des culées de pont ;
- L’application à une église aux piliers isolés montre la solution d’une autre difficulté.
- 4° Édifice religieux.
- Application du système Knapen à un monument religieux : l’église de Yyve-Gapelle-iez-Bruges (Belgique).
- Construction avec soubassements en pierre de Baeleghem, mur d’élévation en briques.
- Le système d’aération différentielle Knapen a également été appliqué à cette église, concurremment avec le système rationnel d’assèchement.
- L’église de Vyve-Capelle, bâtie en 1867, dans un terrain marécageux, est aujourd’hui remise à Yétat sec, tandis qu’elle était imprégnée d'humidité depuis de longues années.
- Les colonnes, isolées elles-mêmes, étaient atteintes jusqu’à 2 m du sol.
- Dans les piliers, à 0,60 m du sol, 100 g de pierre retirée du sondage contenaient 10 g d’qjau liquide; les mortiers étaient pâteux et gluants.
- L'application a commencé le 27 septembre 1909 et a été terminée le 20 novembre 1909.
- Les pavements étaient constamment mouillés et de teinte sombre, presque noire.
- L’assèchement a été obtenu et les mortiers sont redevenus durs, malgré les pluies de l’année si exceptionnellement mauvaise de 1910, au mois d’octobre de la même année.
- Actuellement, tous ces inconvénients ont disparu.
- Ces faits ont été constatés par la Commission royale des Monuments de Belgique, dans la visite officielle qu’elle a faite en corps, à cette église, le 10 janvier 1911, pour étudier les résultats obtenus.
- Son savant Président, M. le directeur général des Ponts et Chaussées de Belgique, M. Lagasse de Locht, écrivait dans un rapport au Gouverneur de la Flandre Occidentale, en date du 7 février 1911 :
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- « Monsieur le Gouverneur,
- » Il a été procédé le 40 janvier 1911, à l’examen des résultats » obtenus par l’application du système Knapen à l’église de » Vyve-Capelle-lez-Bruges.
- » Il résulte de cet examen que la Commission a reconnu, une » nouvelle fois, les bons effets de ce système.
- » L’église de Vyve-Capelle, bâtie en 1861, dans un terrain » marécageux, est aujourd’hui remise à l'état sec, tandis quelle » était imprégnée d'humidité depuis de longues années.
- » Les résultats obtenus au cours de ces derniers temps font » considérer ce système comme une invention capitale quoique d'une » simplicité primordiale. »
- Le distingué Président de la Commission royale continue en espérant que « ce système permettra la généralisation et la conservation à perpétuité de la peinture a fresco dans nos contrées du Nord ».
- Il achève en disant que les essais faits à la Bibliothèque de Baudeloo, de l’Université de Gand, font penser à la Commission royale qu’il en sera ainsi.
- Il y a lieu d’ajouter que c’est grâce à l’avis éclairé de son Président et à l’appui de la Commission royale des Monuments que les applications de ce système ont pu être faites officiellement en Belgique. *
- * " *
- Après l’avis de la Commission royale des Monuments de Belgique et de son Président, on ne peut faire mieux que de donner celui du directeur du Laboratoire de Physique de l’État de Hambourg, le savant professeur docteur Yoller.
- En décembre 1908, il a étudié la valeur scientifique des théories émises par l’auteur au sujet de ce système et il s’y est entièrement rallié.
- Une application a été faite dans des souterrains inhabitables à cause de l’humidité, à l’École des Arts et Métiers d’Altona, ville reconnue pour son humidité.
- L’assèchement et l’assainissement ont été complets et le 6 décembre 1910, M. le docteur Voiler, après avoir suivi cette expérience, déclare que ses prévisions émises au sujet du système Knapen s'étaient entièrement confirmées et qu’il avait fait ses preuves à Altona.
- Rentrons en France et pénétrons dans l’École principale de
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- service de santé de la Marine française à Bordeaux où le système Knapen a été appliqué au mois de novembre de l’année '1910.
- Les résultats absolument probants étaient constatés par M. Gombaut, sous-directeur, médecin principal du service de santé de la Marine le 11 janvier 1911.
- Beaucoup d’autres applications ont été faites en France, notamment au château de Versailles, aux musées du Louvre, au Ministère des Affaires étrangères, du Quai d’Orsay, dans des hôpitaux, des écoles, au palais du Roi, à Bruxelles, au château royal de Lae-ken, au chalet royal d’Ostende, dans la bibliothèque de l’Université de Gand, etc. Partout les résultats ont été atteints.
- Actuellement on en étudie l’application pratique et peu coûteuse pour les maisons ouvrières, les casernes, les forts, etc., les magasins d’habillements, de vivres ou d'armes.
- Dans les magasins de caoutchouc, les entrepôts, la généralisation de ce système épargnerait chaque année des millions de francs de dépréciation des marchandises.
- En Belgique, en Hollande, en Pologne, en Allemagne, en Roumanie, en Italie, partout indifféremment, les bienfaits de ces théories, nouvelles en matière de construction, se sont répandus.
- On étudie aussi en ce moment l’application du système pour sauver ce qui reste des merveilleuses fresques de Léonard de Vinci, compromises par l’humidité.
- C’est la Commission royale des Monuments de Belgique qui en a pris l’initiative en faisant connaître le nouveau système par le Gouvernement belge au Gouvernement italien.
- Cette invention d’origine belge a été surtout appréciée en. France, où a été fondée la première Société d’études et d’application de ces systèmes et procédés.
- C’est la Société française d’études qui a fondé la Compagnie française d’exploitation à Paris, les Sociétés belge, roumaine, etc. C’est encore elle qui fonde les autres Sociétés à l’étranger.
- Ce qui prouve une fois de plus que la France, si grande par elle-même, reste toujours et quand même hospitalière aux idées venant des autres pays.
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- L’ÉVAPORATION A GRIMPAGE
- ET
- SES APPLICATIONS 1
- PAR
- JYI. I\ RESTNER
- Les perfectionnements que l’on a cherché à apporter jusqu’ici aux appareils tubulaires d’évaporation ont eu surtout pour but d’assurer le mouillage plus complet des tubes et d’obtenir une plus grande vitesse du liquide à concentrer.
- Lorsqu’il s’agit d’appareils à tubes verticaux, cette tendance
- est moins opportune que pour ceux à tubes horizontaux ou inclinés, et l’étude Présente a justement pour but de montrer que ces évaporateurs verticaux peuvent conduire à des puissances d’évaporation supérieures à celles connues jusqu’ici, quoique la quantité de liquide en circulation ne soit, dans bien des cas, que très peu supérieure à celle de l’eau évaporée en un seul passage à travers les tubes..
- E%. 3. Dans le tube en verre
- représenté (fig. i), faisons passer, de haut en bas, un courant d’air à la vitesse d’environ 20 m par seconde, et injectons-y de l’eau en faible volume sur la paroi intérieure, au moyen d’un pulvérisateur disposé à l’entrée du tube ; cette eau ruissellera en descendant sur la paroi.
- (1) Voir Procès verbal de la séance du 3 février, 1911, p. 178.
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- Si nous retournons tout le système, y compris le pulvérisateur, l’air circulera alors de bas en haut (fig. 2), et l’eau injectée ruissellera encore sur la paroi du tube, mais en remontant le long de cette paroi ; la surface du tube sera mouillée aussi régulièrement que dans la ligure 1, et l’on a l’impression que le liquide grimpe le long du tube en présentant une surface ondulée.
- Fier. Fig. 5.
- En faisant augmenter le débit du pulvérisateur, on constate qu’à un certain moment les ondulations de la surface du liquide augmentent d’amplitude et se transforment même en petites vagues, doîit la crête est entraînée par l’air ; nous avons ainsi atteint la limite de débit au-delà de laquelle le grimpage ne se produit plus régulièrement.
- Si, au lieu d’avoir un tube vertical, nous en prenons un incliné ou horizontal (fig'. 3), le liquide, distribué régulièrement sur la surface du tube, à l’une des extrémités, ne tarde pas à
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- se former en un filet sur la génératrice inférieure et les autres parties de la section du tube ne sont plus mouillées.
- La verticalité du tube est donc nécessaire pour que le ruissellement soit obtenu. D’ailleurs, quel que soit le diamètre des tubes verticaux employés, le phénomène de grimpage se réalise, si l’on a soin d’observer une vitesse de l’air et une alimentation de liquide convenables.
- Et également, si nous remplaçons l’air par de la vapeur, le phénomène sera le même.
- On peut répéter l’expérience avec le dispositif représenté figure 4, qui comprend un serpentin chauffé par un brûleur et communiquant, d’une part, avec un réservoir de liquide et, d’autre part, avec un tube en verre vertical,
- Quand nous alimentons le liquide et que nous allumons le brûleur, il est facile de régler l’alimentation, au moyen du robinet, de façon à obtenir une proportion de liquide entraîné suffisamment petite par rapport au volume de la vapeur produite par l’évaporation pour réaliser le phénomène du grimpage ; la vapeur produite s’élève dans le tube, entraînant contre la paroi, et en couche mince, le liquide non évaporé; c’est la répétition de ce que nous avions dans la ligure 2 ; le milieu du tube est absolument libre, et le liquide est réparti en une mince couche annulaire entraînée par le courant de vapeur, et il s’élève comme s’il grimpait.
- La figure 5 montre à une échelle agrandie une portion du tube en verre, dans laquelle la couche de liquide à surface ondulée est représentée sur la paroi.
- On comprend que le liquide se trouve ainsi dans les meilleures conditions requises pour une évaporation intensive et que, si le tube vertical était chauffé, comme l’est le serpentin, on obtiendrait dans cette partie de l’appareil une évaporation tout-à-fait remarquable.
- C’est ce que représente la figure 6, dans laquelle un long tube vertical de faible diamètre est chauffé par une enveloppe de vapeur ; ce tube est alimenté à sa base par un réservoir en charge; on peut, dans' ce tube, admettre le liquide en proportion telle que le phénomène de grimpage se réalise dans la partie basse du tube ; il y a formation progressive d’une quantité de plus en plus grande de vapeur, jusqu’à ce que cette vapeur atteigne une certaine vitesse ; et, à partir de ce moment, on observera le liquide grimpant en couche mince sur les parois du tube, alors
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- Ecoulement de
- Entrée de valeur de chauffage
- liquide concentré
- s liihlch
- Pig.2
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- que le milieu du tube sera libre pour livrer passage au courant de vapeur dégagée par d’évaporation.
- Ainsi que nous le disons plus haut, le liquide se trouve alors dans les conditions les meilleures pour favoriser l’évaporation : ruissellement en couche mince sur la surface chauffée ; de plus, ici, l’évaporation est encore facilitée par le frottement de la vapeur circulant avec une grande vitesse sur la surface liquide..
- Il faut naturellement que le rapport entre la section et la longueur des tubes se trouve compris dans certaines limites, car on doit obtenir une vitesse aussi grande que possible, pour la vapeur produite, ce qui implique une section du tube réduite, pour une surface de chauffe donnée.
- Gomme l’on ne peut réduire indéfiniment le diamètre des tubes, en vue de la possibilité de les nettoyer éventuellement par un moyen mécanique, on est conduit à l’emploi de longs tubes, les plus longs que fabriquent couramment les laminoirs, généralement 7 m, et nous admettons des diamètres qui varient, en général, entre 25 et 70 mm.
- La figure 7 représente un appareil d’évaporation construit sur ces principes, c’est-à-dire qu’elle montre un faisceau de tubes au lieu d’un tube unique.
- Le liquide à concentrer est contenu dans un réservoir en charge, qui alimente d’une façon continue une boîte disposée à la base des tubes ; ceux-ci débouchent, en haut, dans une chambre où le liquide concentré est séparé de la vapeur produite par l’évaporation, séparation provoquée par un séparateur centrifuge disposé à l’intérieur de la chambre.
- Le liquide concentré s’écoule de cette chambre dans le réservoir supérieur que montre la figure. i
- La figure 8 montre le même dispositif à une échelle différente.
- Si l’on prend un diamètre de tubes convenable et qu’on dispose le réservoir d’alimentation à 1 m au-dessus de la naissance des tubes, on pourra ainsi élever le liquide de 6 m, tout en le concentrant, expérience intéressante qui est à signaler.
- On doit, d’ailleurs, remarquer que la résistance dans les tubes de ces appareils à grimpage est moins grande que dans une caisse d’évaporation classique, dont les tubes n’ont que 1,20 m ou 1,50 m et sont noyés. Gomme conséquence, la différence entre la température de la vapeur de chauffage et celle du liquide, c’est-à-dire la chute réelle de température utile, est plus grande.
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- Mais un avantage très notable qu’apporte la marche en un seul passage à travers le long tube, comparée à la marche en circulation de la caisse classique, au point de vue de la transmission de chaleur, est celui-ci : toutes les solutions ont une température d’ébullition supérieure à celle de l’eau pure, et cette température augmente avec la concentration, et cela souvent très rapidement. Il s’ensuit que, dans le bas du tube, le liquide a une température d’ébullition plus faible que celle qu’il a dans le haut. La chute réelle de température utilisable est donc moins grande en haut qu’en bas, et la différence est souvent de plusieurs degrés, comme par exemple dans le cas de la soude. Le haut du tube travaille donc avec une chute réduite, mais le bas travaille avec la chute du début; le résultat est une chute pratique moyenne entre les deux extrêmes.
- Dans la caisse classique à circulation, il n’en est pas de même : la masse en circulation est à la concentration maxima, et toute la surface de chauffe travaille avec la chute minima.
- Le phénomène du grimpage ne peut en aucune façon être assimilé à ce qui se passe dans un émulseur ou une pompe Mammouth, dans laquelle la proportion de liquide élevé est considérable par rapport au volume de l’air qui y est mélangé ; pour réaliser ce phénomène, il faut rester dans certaines limites de proportionnalité entre la vapeur produite et le liquide, et de même il faut avoir des tubes dont la longueur et le diamètre sont entre eux dans un rapport déterminé.
- (La figure 9 montre la coupe d’une autre disposition de caisse d’évaporateur à grimpage.)
- Ce mode de fonctionnement des évaporateurs présente d’autant plus d’avantages que les tubes sont plus longs, car, lorsque le grimpage a commencé dans un tube et que les conditions idéales d’évaporation sont obtenues, il serait logique d’augmenter la longueur de la partie des tubes où ces conditions continuent à se réaliser.
- Pratiquement, il est assez difficile d’utiliser des tubes plus longs que 7 m, mais on a tourné la difficulté en prolongeant les tubes, non plus en montant, mais en descendant : c’est ce qui est réalisé dans les appareils que nous nommons à « grimpage et descendage » et dont la figure 10 montre le schéma.
- Dans la figure 11, on a représenté la coupe d’un appareil industriel, dans lequel les tubes de grimpage sont groupés à la
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- JxistalktioTi dsréciipépatiGfn de 50u.de de mercerisage, sextuple effet avec 1^ corps chaudière.
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- périphérie de la calandre, tandis que ceux de descendage en occupent le centre.
- En dehors des avantages de principe indiqués ci-dessus, la circulation à descendage en offre de nombreux autres : plus grande simplicité d’installation ; possibilité de réaliser en un seul passage, et souvent même jusqu’à déshydratation presque complète, les concentrations à très hautes densités; facilité plus grande pour, la concentration des liquides dont la viscosité interdit l’évaporation dans tout autre système d’appareil, etc.
- Les évaporateurs, dont nous venons de décrire sommairement le mode de fonctionnement et les principaux avantages, ont trouvé dans beaucoup d’industries de nombreuses applications, et nous nous réservons de revenir ultérieurement, d’une façon plus détaillée, sur quelques-unes d’entre elles qui ont été l’élément principal, le pivot en quelque sorte d’industries importantes.
- Nous nous bornerons à reproduire ici (fig. 42) le schéma d’une installation de concentration de soude caustique résiduaire, qui a été montée au Cotonificio Cantoni, à Legnano, et qui comprend un sextuple effet, dont le premier effet est constitué par une chaudière à vapeur et est. chauffé directement au charbon.
- La vapeur nécessaire à la caustification de la soude est prise sur le deuxième effet.
- L’appareil est pourvu d’un réchauffage à quintuple effet qui chauffe la soude avant caustification, puis avant évaporation.
- C’est sans doute le sehéma le plus économique que l’on puisse réaliser pour concentrer un liquide, lorsqu’il n’y a pas inconvénient à alimenter le liquide initial dans la chaudière.
- Nous ajouterons aussi (fig. /, PL 8) la photographie d’un triple effet sous vide fonctionnant à l’usine de Rio Piedras (Porto-Rico) de la Firme Central Yannina, pour la concentration du jus sucré de canne.
- Plus de mille caisses d’évaporation, basées sur les considérations rappelées au cours de cette étude, sont actuellement en fonctionnement, et attestent ainsi la justesse d’une théorie qui, au début, avait paru révolutionnaire à beaucoup; elles affirment, dès lors, que, des deux principes en conflit, celui du tube plein et celui du tube vide, le second est désormais consacrp par une longue suite de succès. (Voir fi,g. 2 à 8, PI. 8, quelques exemples d'installations.)
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- CHRONIQUE
- N° 376.
- SOMMAIRE. — Le transport du gaz à distance, en Allemagne. — Nouveau matériel de navigation des Chemins de fer de l’État italien. — Le grand tunnel du Loetschberg. — Le trafic à travers l’isthme de l’Amérique Centrale. — Transport du béton par l’air comprimé. — Problème des eaux résiduaires chargées de sulfite (suite et fin).
- lie transport du gaz à distance en Allemagne. — Dans le bassin houiller de la Ruhr, ainsi que dans d’autres bassins houillers, on a créé de vastes réseaux de canalisations à gaz raccordées aux fabriques de coke, et l’on tend ainsi à remplacer le transport des charbons à grande distance par voie de chemin de fer ou de terre par un transport plus économique de gaz dans des canalisations.
- Les fabriques de coke du bassin de la Ruhr produisent journellement S millions de mètres cubes de gaz de houille analogue à celui fourni par les usines à gaz, lesquels restent pour ainsi dire totalement inutilisés. Cette quantité de gaz, qui correspond à près de 2 milliards de mètres cubes par an, vendus seulement à raison de 2 pf le mètre cube, représenterait un revenu annuel de 40 millions de marks. La quantité d’énergie qui y est contenue dépasserait de vingt fois le chiffre, déjà considérable, de 100 millions de kilowatts-heure que produisent annuellement les grandes centrales électriques du bassin de la Ruhr, la Rheinische-West-fâlische Elektrizitâtswerk et l’usine électrique de Westphalie, si l’on admet, comme on le fait généralement, que 1 m3 de gaz équivaut à 1 kilowatt-heure. L’été prochain déjà, il est probable que la quantité d’énergie que représentera le transport du gaz dans le bassin de la Ruhr atteindra le chiffre total de production de ces usines électriques.
- La réalisation de cette forme moderne de transport de force repose moins sur des découvertes récentes que sur le perfectionnement incessant des systèmes anciens et connus de distribution du gaz qui se restreignaient jusqu’ici aux limites d’une ville, grande ou petite, sans que l’on pensât, du moins dans nos pays, à élargir cette limite. L’électricité arriva sur ces entrefaites et franchit, avec ses transports d’énergie, des distances inconnues jusqu’alors. Mais comme la science du gaz, qui avait le même objectif, se perfectionnait, elle aussi, on arriva à faire des installations similaires, d’abord d’une façon modeste, puis ensuite sur une vaste échelle, et on constata le fait surprenant que le transport du gaz à grande distance n’a pas de moindre limite que celui de l’électricité.
- Dans la vallée du Rhin suisse, en amont du lac de Constance, un groupe de communes dressa, en 1903, un projet pour la création d’une
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- distribution de gaz. Il ressortit des études qui furent faites que chaque commune était trop petite pour être pourvue, avec l’espoir d’un rendement satisfaisant, d’une distribution de gaz. On réunit alors la commune de Saint-Margrethen, qui a 2000 habitants, et huit autres communes représentant un total de 18 000 habitants, en vue de créer une distribution commune de gaz comportant des distances à franchir assez considérables. Cette installation est devenue, sous bien des rapports, par les expériences qui y ont été faites et par les résultats qu’elle a fournis, une installation modèle. Un exemple aussi instructif existe en Allemagne : c’est la distribution de gaz du port de Travemunde qui est assurée par la ville de Lübeck, distante de 23 km. Là aussi, les résultats ont été très satisfaisants sous tous les rapports, particulièrement au point de vue économique, parce que la grande usine de Lübeck s’est créé un nouveau débouché rémunérateur et, en outre, a pu livrer le gaz à la petite localité de Travemunde à un prix plus bas que celui auquel il serait revenu à cette localité si elle avait voulu le fabriquer elle-même. Cette installation date également de 1903.
- Depuis cette époque se sont succédé, avec une rapidité toujours croissante, quarante installations analogues qui se répartissent sur toute l’Allemagne, mais qui, cependant, ne transportent jusqu’à ce jour que de petites ou moyennes quantités de gaz. Mais l’expérience acquise est suffisante pour permettre de résoudre le problème de l’application du procédé sur une plus grande échelle; ce problème se pose à la suite des progrès de la fabrication du gaz des usines à coke. Dans les fours à coke, tout comme dans les cornues des usines à gaz, la houille est distillée à l’abri de l’air; jusqu’à présent, 'la presque totalité du gaz produit était nécessaire pour chauffer les chambres des fours, mais dans les fours de construction moderne on ne dépense qu’une partie du gaz pour cét usage et le surplus reste disponible.
- D’autre part, certaines communes des bassins houillers ont vu augmenter de plus en plus la quantité de gaz nécessaire à leurs habitants, à tel point que bon nombre d’usines communales sont arrivées à la limite de leur capacité de production et que les autorités doivent envisager leur agrandissement avec les immobilisations qui en résultent. Comme les usines à coke, de leur côté, cherchent un débouché commercial pour leur gaz disponible, les bases d’une entente entre les deux parties, communes et usines, ne tarderont pas à être jetées. Cette entente est en train de se réaliser d’une façon toujours plus complète, et l’on assistera, dans un avenir rapproché, à la mise en marche d’installations de transport de gaz comportant des distances et des volumes transportés sans précédents sur le continent.
- La fourniture du gaz des usines métallurgiques aux villes s’est faite d’abord à Esseii et à Mulheim-sur-Ruhr, en mélangeant au gaz produit par les usines locales, en proportion croissante, le gaz des fabriques de coke. Cela a fourni l’occasion de faire des observations exactes au sujet de la composition et de la sécurité de livraison de ce dernier. Ces expériences ont montré que le gaz des usines à coke est en tous points de qualité équivalente au gaz de houille que les usines des villes produisent elles-mêmes ; aussi ont-elles déterminé la ville de Barmen à Bull.
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- renoncer d?une façon complète à .l’exploitation de sa propre usine à gaz. Barmen recevra ainsi la totalité du gaz qui lui'est nécessaire, soit environ 17 millions de mètres cubes par an pour débuter, de la Gewerks-chaft Deutscher Kaiser, à Hamborn, près de Duisbourg, de la firme Thyssen. Gela représente une distance de transmission de 50 km et ce transport de gaz se placera donc de suite au même rang que le plus grand transport d’électricité réalisé par la Rheinische-Westfalische-Elektrizitatswerk dont la longueur n’atteint que 42 km.
- La décision de Barmen, qui date du printemps dernier, eut encore d’autres conséquences ; les localités situées sur le trajet de la canalisation et qui avaient besoin de gaz trouvaient ainsi une occasion de s’en procurer à un prix avantageux ; aussi le Conseil de province décida-t-il d’assurer les avantages de ce nouveau mode d’alimentation à toute la collectivité que l’entreprise était capable de desservir. Les villes d’Essen et de Mulheim-sur-Ruhr se décidèrent à fermer leurs usines à gaz et à demander tout le gaz qui leur est nécessaire aux usines à coke voisines.
- En Westphalie également, un mouvement se dessine dans le même sens : Bochum abandonne son usine à gaz et s’alimente auprès des charbonnages Krupp, Hannibal und Hanover. La ville de Gelsenkir-chen qui a fermé son usine, ainsi que les communes de Hamborn, Eickel, Wanne, Bottrop, Borbeck, Gladback et Dorsten sont déjà alimentées exclusivement par le gaz des usines à coke. La ville rhénane d’.Oberhausen, de même que Kettwig vor der Brucke, Heiligenhaus, Neviges, Yelbert ont l’intention de le faire également. Des pourparlers sont engagés avec d’autres, en particulier Witten et Iiagen et comme conséquence des décisions du Conseil de province rhénan, avec Solingen, Remscheid, Lennep, Ohligs, Wald, Grafrath, Ronsdorf et Luttring-hausen.
- L’utilisation du gaz des usines à coke permet de réduire notablerfient le prix de revient du gaz d’éclairage. Il ressort, en effet, de rapports que la ville d’Essen ne paie à l’usine que -2 i /2 pf. le mètre cube et que la ville de Bochum a traité aux mêmes conditions. Ce prix s’entend pour le gaz fourni propre à la consommation et amené au point où se trouve l’usine dont il doit prendre la place. Les dépenses relatives à la canalisation pour le transport du gaz sont extrêmement réduites; pour la canalisation de 50 km aboutissant à Barmen, les frais d’exploitation comprenant l’intérêt, l’amortissemet, l’entretien, la •surveillance et l’énergie motrice pour la compression du gaz n’atteignent pas 1 pf. par mètre cube.
- Pour amener le gaz jusque dans l’habitation du consommateur, il vient toutefois s’y ajouter des frais généraux accessoires, de même qu’avec l’électricité.
- La proche parenté du transport de l’électricité et de celui du gaz «ressort du fait que tous deux, dans leurs efforts pour s’étendre hors du bassin de la Ruhr et trouver un débouché dans les environs, s’arrêtent à des limites bien définies. C’est ainsi que la Rheinisch-Westphalische Elektrizitàtswerk, au lieu de se développer hors du rayon de son usine centrale qui se trouve à Essen sur une mine de charbon, a préféré construire, une grande usine à Benrath tout près de Dusseldorf ; elle trouve
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- plus d’avantages à y transporter le charbon par chemin de fer qu’à y conduire l’énergie éleetrique par câble depuis la mine. De même, le prix de revient du gaz de la nouvelle usine principale de Dusseldorf supporte non seulement la concurrence de celui du gaz des usines à coke, mais se trouve môme dans une situation plus avantageuse. A Cologne et à Hagen, les conditions sont analogues, grâce à l’emploi des fours à cornues verticales et des fours à cellules qui permettent à la fois d’augmenter la production du gaz et de réduire le personnel des fours.à la huitième partie environ de ce qu’il était avant, tout en les plaçant dans des conditions d’hygiène bien meilleures, par suite de la réduction des chances d’accidents inhérents au service pénible des anciens fours.
- A Barmen, ce qui a déterminé le choix en faveur du gaz des fours à coke, c’est surtout le fait que l’usine était, ancienne et fortement usée, que son aggrandissement était inexécutable dans l’intérieur de l’agglomération, par suite de l’exiguïté de remplacement disponible, et que le transfert de l’usine à l’extérieur eut occasionné des frais extraordinairement élevés.
- Parallèlement à cette action dans le pays rhénan et dans la West-phalie, des tendances semblables se font sentir dans le bassin houiller de Waldenburg, en Silésie, et dans le bassin de la Saar, où un contrat pour la fourniture du gaz d’usine à coke est passé entre Gross-Saar-brücke et les usines Stamm.
- Étant donnée la nouveauté de ces entreprises, on ne peut encore, à l’heure actuelle, en avoir un aperçu général, car les contrats des grandes villes avec les communes voisines, doivent souvent, pour diverses raisons, conserver un caractère confidentiel jusqu’à leur conclusion. Un exemple mieux connu est celui de la ville de Berlin, qui développe actuellement sa distribution de gaz à une distance du centre n’atteigmant pas moins de 17 km, plus particulièrement au nord et à l’est: à l’ouest la distribution berlinoise de la Impérial Continental Cas Association' touche le réseau de Postdam de la Deutsche Continental Gas Gesels chaft, qui fournit le gaz aux villes de jardins qui fleurissent entre les deux autres. Ainsi, se manifeste une nouvelle branche d’activité sous forme de la création de centrales régionales dont l’exploitation portera ses fruits-dans la plus large mesure lorsque, de même que pour la Rhei-nische-Westphalische Elektrizitàtswerk, les autorités communales s’uniront avec le capital privé pour former des entreprises industrielles dont le succès, tel que celui des usines électriques, sera dû en grande partie à la souplesse de leur genre d’organisation. Combien ces entreprises ont peu à craindre la concurrence du gaz des usines à coke, c’est ce que démontre l’exemple de la station centrale de gaz de la Haute-Silésie dont l’usine récemment construite à la Bismarkhütte sur le principe des fours à cornues verticales, alimente, avec une conduite d’une longueur totale de 60 km, une région étendue du bassin houiller de la Haute-Silésie déjà desservie par le courant des usines électriques de la môme région.
- L’opinion que le gaz et l’électricité sont des adversaires naturels n’est pas fondée. Il serait plus juste de dire que le gaz et l’électricité se complètent mutuellement grâce aux propriétés particulières de chacun d’eux.
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- C’est ainsi que la traction des tramways est incontestablement du domaine de l’électricité, alors que cette dernière doit céder le pas au gaz pour le chauffage. Pour l’éclairage, les deux se tiennent de près.
- Les municipalités de Charlottenbourg, Stuttgart et Cologne, qui toutes possèdent et exploitent elles-mêmes aussi bien leurs usines électriques que leurs usines à gaz, ont décidé d’éclairer leurs artères principales par le gaz comprimé en se basant sur les résultats acquis à Berlin. La population sera alors en situation de se faire elle-même une opinion sur les avantages de l’un ou l’autre système.
- M. Thyssen fit, le premier en Allemagne, avec la distribution de gaz d’usine à coke de Mulheim-sur-Ruhr, l’expérience des principes scientifiques qui sont maintenant admis partout ; mais la priorité de l’idée de fournir le gaz des fours à coke aux distances les plus grandes revient à M. Stinnès.
- Nous avons trouvé ce qui précède, sans indication d’origine, dans le Bulletin de la Revue universelle des Mines et de la Métallurgie, d’octobre 1910.
- Mouvcaia materiel de navigation des Chemins de fer de l’Etat italien. — La loi du 5 avril 1908 a chargé l’Administration des Chemins de fer de l’État d’assurer, dès le premier juillet 1910, l’exploitation des lignes de navigation Civita-Vecchia-Golfo Aranci avec prolongement sur Terranova et Naples-Messine-Reggio-Gatane-Syracuse.
- A ces services de navigation entre le continent et les îles doivent être affectés huit vapeurs, dont quatre pour les lignes entre le continent et la Sicile, trois pour le service entre le continent et la Sardaigne et le dernier pour un service sur les côtes de cette dernière. Une adjudication pour la fourniture de ce matériel n’ayant pas donné de résultats, l’Administration a dû recourir à des marchés de gré à gré avec des maisons du pays.
- Les quatre vapeurs destinés au service entre le continent et la Sicile et portant les noms de Messina, Palermo, Siracusa et Catania, ont été adjugés aux jnaisons suivantes :
- Odero di Alessandro à Sestri, Chantiers navals réunis à Palerme, Ansaldo Armstrong et Cie, à Sestri, et N. Odero et Cie, à Gênes. Ces quatre paquebots ont les mêmes dimensions : longueur 110,80 m, largeur lü2,77 m ; creux sous le pont principal 6,60 m, creux sous le pont supérieur 9,25 m; déplacement 3500 tx, puissance 12000 ch. Les deux premiers le Catania et le Palermo porteront chacun trois turbines Parsons construites par les ateliers Ansaldo Armstrong, à Sampierdarena, et les deux autres deux moteurs à triple expansion à quatre cylindres chacun. Ces paquebots devront réaliser une vitesse de 20 à 22 nœuds.
- Les installations pour les passagers présentent tout le confort moderne. Chaque navire pourra recevoir 120 voyageurs de première classe. A l’extrême arrière sont les logements de troisième classe divisés en deux parties séparées, l’une pour 80 hommes et l’autre pour 40 femmes.
- Le Catania a été lancé ces jours-ci (milieu de juin).
- Les trois autres navires ont des dimensions moindres : ainsi le Caprera a 93,50m de longueur et 11,03 m de largeur; le Maddalena et le Terranova, 86,55 m et 11,23 m. L’appareil moteur de ces bateaux est constitué
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- pour chacun par deux machines de 3 800 ch de puissance collective ; la vitesse doit être seulement de 15,17 nœuds. .
- Pour le service de la traversée du détroit de Messine, on a ajouté aux anciens ferry-boats, qui n’étaient plus à la hauteur des exigences toujours croissantes de l’exploitation, deux nouveaux bateaux: le Villa et le Reggio dont nous avons dit quelques mots dans une précédente Chronique.
- Pour augmenter les ressources du port de Venise, l’Administration a fait l’acquisition de six pontons pour le transport de ses véhicules et d’un remorqueur. Ce dernier a 29,55 m de longueur et 4,02 m de largeur, il est muni d’une machine à double expansion de 130 ch de force.
- lie grand tunnel «tu Iioetscliberg. — Le grand tunnel du Loetschberg,1 dont un certain nombre de membres de notre Société ont visité les travaux dans l’été de 1908, a été percé dans la nuit du 30 au 31 mars dernier.
- Nous croyons intéressant de donner ici des détails intéressant publiés par les journaux suisses sur ce grand ouvrage à l’établissement duquel ont pris part plusieurs de nos Collègues et dont la marche si rapide des travaux fait honneur à l’entreprise française.
- Le tunnel du Loetschberg, qui met en communication Kandersteg (Vallée de la Kander) et Goppenstein (Vallée de la Lonza), traverse les Alpes bernoises et constitue l’élément principal d’un raccourci considérable, assurant à la ligne dont il fait partie (Berne-Loetschberg-Sim-plon) un rôle des plus importants dans le grand trafic international.
- La longueur du souterrain est de 14605,85 m entre les têtes.
- Il n’existe pas de tunnel d’une telle longueur comportant un tracé aussi sinueux ; il a été nécessaire de procéder à des opérations de topographie extrêmement compliquées pour éviter une déconvenue.
- On se souvient que, par suite de circonstances malheureuses, la galerie d’avancement du côté nord a dû, après avoir atteint le point kilométrique 2 675, être reprise, après un arrêt de plus de six mois, au point 1270, de telle sorte que les perforatrices ont effectué un travail répondant à un tunnel d’une longueur de 15 942 m.
- En ne tenant pas compte des chômages pour fêtes et mensurations, en divisant par deux, pour le calcul de la moyenne, le total des arrêts qui est de 238 jours afin de tenir compte de ce qu’une des attaques était en marche pendant l’arrêt de l’autre, on peut conclure que les 15942 m de galeries de base ont été percés en 1492 jours, ce qui donne une moyenne de 10,68 m par jour pour l’ensemble.
- C’est là un chiffre qui n’a encore été atteint dans aucun des grands tunnels exécutés jusqu’ici.
- Les travaux du grand tunnel de Loetschberg ont dû cette rapidité d’exécution au choix judicieux et à la puissance considérable des moyens mécaniques employés pour la perforation et aussi à la possibilité de disposer, après l’achèvement des installations, d’abord provisoires puis définitives, de forces électriques déjà existantes pour les actionner.
- Les perforatrices employées sont actionnées par l’air comprimé et
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- permettent de percer des trous de 50 mm de diamètre environ et de 6,50 m de profondeur.
- L’air est comprimé au moyen de moteurs électriques de 400 ch (il y a trois groupes de cette puissance à chaque tête). Cet air est conduit à h avancement par des- tuyaux et la pression, qui est de 10 kg au départ,, se réduit un peu avant d’arriver aux perforatrices.
- Celles-ci sont fixées sur une colonne métallique horizontale serrée entre les deux parois de la galerie par la pression d’un puissant vérin.
- Cette colonne porte plusieurs perforatrices et l’ensemble est supporté par un affût roulant pouvant être ramené très rapidement à l’avancement après l’explosion.
- Une fois les trous terminés et pendant qu’on retire l’affût, les trous de mines sont chargés avec de la dynamite gomme. Quand l’explosion se produit normalement et accomplit tout son effet, la galerie d’avancement se trouve avoir progressé, d’un seul coup, de 1,50 m environ. Pour débarrasser ensuite la galerie des débris accumulés (opération appelée marinage) afin de ramener l’affût, les ouvriers se hâtent.
- En dépit de l’exiguïté de l’emplacement, les débris sont vites chargés sur des wagons. On obtient ainsi une galerie ayant environ 3 m de largeur sur 2,10 m de hauteur, soit une section moyenne de 6,20 m2.
- Le travail à l’avancement se fait d’une manière continue. Les ouvriers y restent huit heures consécutives, de telle sorte que la journée comprend trois équipes.
- Dans les calcaires du côté nord, il a été possible d’atteindre en vingt-quatre heures un avancement total de 13,20 m, ce qui constitue certainement un reccord.
- Les conditions géologiques rencontrées dans; le grand tunnel du Loetschberg ont été tantôt favorables, tantôt au contraire abondantes en déceptions. En se limitant aux grands traits et en mettant à part la terrible catastrophe causée par l’arrivée de la galerie d’avancement, le 24 juillet 1908, dans les boues sablonneuses des alluvions de la Kander, on peut diviser le tunnel en deux tronçons : le premier, de 3482 m, percé dans les calcaires jurassiques plus ou moins durs, fissuré, fréquemment humides, avec quelques venues d’eau, suivi d’une zone de transition entre le massif calcaire et le noyau granitique dont la traversée a été des plus délicates, tant les couches disloquées étaient instables. En même temps des sources'assez importantes gênaient les travaili-leurs. Après cette zone qui s’est étendue sur plus de 500 m, c’est-à-dire jusqu’au point 4000, on a rencontré des roches voisines du granit, puis le granit lui-même. Ces terrains ont été moins solides qu’on aurait pu le penser à cause des éclatements subits dus aux tensions latentes résultant des dislocations subies par le massif montagneux. De nombreuses fissures obligèrent à des boisages considérables. En même temps les perforations étaient ralenties, surtout du côté sud, par la présence dans le granit, de filons d’un porphyre entièrement dur.
- La température du rocher s’est élevée, au point kilométrique 5300, à un maximum de 34,2° ; la hauteur de la montagne au-dessus du. tracé en ce point est de! 1450 m ; ce n’est d’ailleurs pas la hauteur maxima, qui se trouve un peu» plus au nord;
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- Les venues d’eau rencontrées dans le tunnel ont surtout été fréquentes du côté nord ; leur débit est variable à cause de l’augmentation du débit au moment de la fonte des neiges et lors des grandes pluies.
- Le procédé employé pour assurer une bonne ventilation des chantiers est d’un genre nouveau, différent de ceux utilisés dans les précédents tunnels. Il consiste dans l’établissement, au moyen d’une cloison en briques consolidée par des fers en I, d’une gaine isolée dans les parties où les maçonneries sont terminées.
- Cette gaine, dont la section est de 7 m2 environ, reçoit de deux ventilateurs placés à chaque tête une insufflation ou une aspiration d’air. Il se crée de cette façon à l’extrémité de la gaine une zone où l’air est constamment renouvelé.
- Pour réduire, d’autre part, la température de l’air échauffé par les roches environnantes, on a utilisé, comme cela a été fait au Simplon, des pulvérisation d’eau froide.
- Au point de vue de la précision des calculs, le tunnel du Loetschberg bat tous les records ; l’écart latéral dans la rencontre des axes n’atteindrait que 0,257 m résultat d’autant plus remarquable que la galerie n’est pas rectiligne, mais présente deux grandes courbes. La différence ne serait que de 0,12 à 0,1.4'm entre la longueur calculée et la longueur mesurée du tunnel.
- C’est à 3 heures du matin que les derniers coups de mine ont achevé le percement de la galerie d’avancement et vers 4 h. 40 m. l’ouverture était suffisante pour laisser passer deux hommes. Notre Collègue, M. Moreau, Ingénieur en chef de la partie sud, est passé le premier.
- Les travaux du grand ouvrage: dont nous parlons avaient commencé le 15 octobre 1906.
- Yoici quelques chiffres intéressants: sur l‘a longueur, et l’altitude des principaux tunnels suisses.
- Tunnels. Longueur. Altitude.
- Simplon 19 803 m 705 m
- Gothard 14 9981 1154
- Loetschberg 14 536 1 249
- Ricken 8 603 620
- Moutiers-G ranges (à construire). Hauenstein (tun. de base à cons- 8 560 545
- truire) 8148 452
- Mont-d’Or (en construction) . . 6099 897
- Albula 5864 1823
- Weissenstein 3 700 722
- Le: Bulletin bommercial et industriel suisse, auquel nous empruntons les chiffres! cü-dessus, les* complète par d’autres renseignements concernant quelques grands tunnels étrangers.
- Le tunnel du Mont-Cenis a 12840* m de longueur et est à l’altitude de 1275 m.
- L’Arlherg a 10 240 m eh est à.Laltitude de 1310 m.
- Le Tauern a 8 550 m. de longueur et* une altitude de-1 225 m.
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- Puisque nous venons de mentionner le tunnel du Mont-d’Or, nous donnerons quelques renseignements au sujet de cet ouvrage.
- La longueur du tunnel du Mont-d’Or, pour le raccourci France-Val-lorbe, atteignait, le 1er avril, 622 m. L’avancement quotidien est d’environ 6 m. Le forage des trous de mine se fait à l’avancement au moyen d’une grande perforatrice à air comprimé et à quatre fleurets; pour le battage au large, on emploie des marteaux électriques. Une locomotive à air comprimé, du poids de 12 t, remorquant 60 t sur des rampes de 13 0/00, fait le service des transports dans le tunnel; deux locomotives à vapeur assurent la traction des trains de matériaux à l’extérieur.
- Un ventilateur installé à la tête du tunnel refoule 7 m3 d’air à la seconde; un concasseur américain fournit le gravier nécessaire pour le béton et un broyeur Loiseau prépare le sable pour les maçonneries.
- Toutes ces machines, ainsi que les compresseurs, sont actionnées au moyen de l’énergie fournie par la Compagnie vaudoise Joux-Orbe. Les ouvriers occupés aux travaux du tunnel et dans les chantiers accessoires sont au nombre de 450.
- Les moellons pour la construction de la voûte du tunnel sont fournis par les carrières de Saint-Triphon et de Villeneuve, la chaux par l’usine des Grands-Crets, à Vallorbe, et le ciment par les usines de Baul-mes et de Saint-Sulpice. Les pieds-droits du tunnel sont construits en béton.
- On est toujours dans le rocher dur et compact. Jusqu’à maintenant on n’a pas rencontré d’eau.
- lie trafic à travers l’isthme île l’Aiiîérique centrale. —
- Le Bulletin du Department of Commerce and Labour publie une statistique du trafic à travers l’isthme de l’Amérique Centrale. Le trafic entre les côtes orientale et occidentale des États-Unis, par la voie du chemin de fer traversant l’isthme et des lignes de navigation à vapeur, s’est élevé à un chiffre d’environ 250 millions de francs en 1908, ce qui constitue une avance importante sur toutes les années précédentes.
- Les lignes de chemins de fer qui traversent actuellement la bande relativement étroite de terre qui réunit l’Amérique du Nord à celle du Sud sont au nombre-de deux. La première, celle de Panama, a 64 km de longueur; la seconde, celle de Tehuautapec, 305 km. Le chemin de fer de Panama, qui appartient au Gouvernement, dessert principalement le trafic provenant de la construction du canal interocéanique; le chemin de fer de Tehuantepec, construit en grande partie avec des capitaux anglais, et sous le contrôle du Gouvernement mexicain, sert principalement à faire transiter les marchandises de l’Atlantique au Pacific; bien qu’il n’ait été ouvert à l’exploitation qu’au commencement de 1907, il a transporté cette année-là et en 1908, pour 300 à 350 millions de francs en marchandises en provenance et destination des seuls ports des États-Unis sur les deux océans.
- Sur le chiffre de marchandises ayant transité d’une mer à l’autre par la voie de Panama, on trouve pour 42,5 millions de francs allant de l’Atlantique au Pacifique et seulement pour 5 millions dans l’autre sens. Sur les 42,5 millions allant vers l’ouest, 13,75 étaient en destina-
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- tion des ports de la côte occidentale des Etats-Unis et le reste, soit 29 millions environ, à destination des pays étrangers bordant le Pacifique, savoir 5 millions pour l’Équateur, à peu près autant pour le Pérou; le reste se divise entre le Salvador, le Honduras, le Nicaragua, la Colombie et le Mexique.
- Sur le chiffre de 13,75 millions à destination des ports américains du Pacifique, la presque totalité provenait de New-York et allait à San-Francisco. Quant à la faible quantité 5 millions, allant du Pacifique à l’Atlantique, la presque totalité allait de San-Francisco à New-York.
- Le trafic du chemin de fer de Tehuantepec, beaucoup plus considérable, comme on vient de le voir, que celui de Panama, se compose presque exclusivement de marchandises allant transitant entre les ports des deux côtes des États-Unis, y compris les îles Hawaï qui sont actuellement sous le contrôle douanier de ce pays. Sur les 105 millions de francs de marchandises reçues ou transmises sur le Pacifique du chemin de fer de Tehuantepec et allant vers l’est, 89 millions ôtaient en provenance des îles Hawaï et se composaient presque exclusivement de sucre.
- New York et San Francisco sont donc les deux centres commerciaux du trafic qui s’exerce à travers l’isthme américain. On a vu, en effet, que soit par la ligne de Panama, soit par la ligne de Tehuantepec, les marchandises venant de New-York étaient destinées à San Francisco et vice versa. Le sucre que nous avons signalé passant par la seconde de ces lignes venant des îles Hawaï était dirigé sur les raffineries de Philadelphie et surtout de New-York, mais toujours par ce dernier port. Sur 17,5 millions de francs de marchandises diverses, allant des côtes occidentales aux côtes orientales des États-Unis, par la voie de la ligne de Tehuantepec, une valeur de 15 millions provenait de San-Francisco et était à destination de New-York.
- Les distances entre les grandes cités sises respectivement au bord de l’Atlantique et du Pacifique sont : via Panama 5 305 milles; via Tehuantepec 4415 milles. La distance par la ligne de chemin de fer la plus courte est de 3191 milles et, par le Détroit de Magellan, de 13089 milles. Entre les îles Hawaï et New-York la distance est, par la voie de San-Francisco de 5288 milles, par la voie de Tehuantepec de 5806 milles, par la voie de Panama de 6 686 milles, et enfin, par le Détroit de Magellan, de 13 269 milles.
- Transport fin béton par l’air comprimé. — Des machines nombreuses ont été imaginées pour le dosage et pour le mélange des bétons, mais le transport de ceux-ci se fait encore par les moyens primitifs, notamment les brouettes, les wagonnets, les tombereaux, les godets et les plans inclinés, ce qui nécessite de grandes dépenses de premier établissement pour la construction des chemins, des échafaudages, des voies ferrées et pour l’acquistion du matériel.
- Ces moyens primitifs ont d’autres inconvénients. Il se produit durant le transport une séparation des matières constituant le béton et des pertes sont inévitables; il arrive souvent que le bétonnage se fait par temps de gelée et le béton est alors exposé à être « pris » durant le transport.
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- On s’est donc préoccupé depuis longtemps* de réaliser un moyen de transport rapide du béton entre le malaxeur et le lieu d’emploi, MM. Buzzell et Larkin exposent les résultats de leurs recherches dans YEngïmering News. Au cours d’un important travail de bétonnage, ils se servirent, pour amener le béton à pied-d’œuvre, d?un long tuyau placé à peu près verticalement ; ils se dirent que, si la gravité entraînait le béton dans des tuyaux placés verticalement, il était à supposer: que le béton circulerait de même dans des tuyaux placés d’une autre façon s’il était sollicité par une autre force que la gravité, la vapeur ou l’air comprimé, par exemple.
- Les premiers essais se tirent en reliant le tuyau d’aspiration d’une forte pompe centrifuge à la décharge d’un malaxeur. Ce dispositif; était défectueux; la pierraille se séparait du sable et du ciment et était déchargée isolément. Des résultats encourageants furent obtenus en fixant un large conduit de vapeur à l’enveloppe de la pompe, de manière à introduire dans celle-ci une pression qui, en agissant sur la masse du béton, produirait une décharge plus satisfaisante. Ces résultats amenèrent les expérimentateurs à établir un réservoir cylindrique muni à la partie supérieure d’une ouverture pour l’introduction du béton et, à la partie inférieure, d’une vanne et d’un tuyau de décharge. Après la fermeture de l’ouverture supérieure, la vapeur sous pression introduite dans le réservoir agissait sur le béton et le transportait à. travers le tuyau au lieu d’emploi.
- Les expériences continuèrent ainsi pendant plusieurs mois pour aboutir à la réalisation de l’installation d’essai décrite ci-après.
- Dans le: fond supérieur d’un réservoir cylindrique vertical est placée une fermeture autoclave; le fond inférieur, de forme conique, se termine par un tuyau de décharge et dans la paroi cylindrique débouche un conduit amenant de l’air comprimé. Le béton est introduit par l’ouverture supérieure. Le robinet d’air comprimé etla vanne de décharge étant ouvert simultanément, le béton est refoulé par le tuyau de décharge et amené au lieu d’emploi. Ce tuyau, de 120 m de longueur et 0,10 mde diamètre, présentait plusieurs coudes à angle droit et une spirale complète sur un rayon de 1,20 m.
- Les essais se firent avec une pression d’air de 7 kg par centimètre carré, mais il fut constaté que la pression de 3,5 kg convenait mieux. Sous cette pression, le béton sortait du tuyau en une masse bien mélangée, mais avec une trop grande vitesse. Il fallut placer à l’extrémité du tuyau une boite en planches munie d’un plafond courbe qui amène sous une vitesse réduite le. béton au lieu d’emploi.
- La composition du béton était de 1 de. ciment, 3 de sable., 5 de pierraille, celle-ci ayant au maximum 0,0.5 de diamètre ; lerdegré d’humidité était normal.
- Le but principal de ces expériences était de déterminer: la puissance nécessaire au transport du béton à travers des tuyaux* de. diamètres et longueurs variables*, ainsi que le coefficient de‘frottement entre le; béton et le tuyau, de façon à pouvoir établir les projets d’appareils définitifs.
- Pendant les expériences, le béton a été refoulé sans aucune difficulté à 30 m de hauteur au-dessus du malaxeur, à travers un tuyau vertical;
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- on peut en conclure que, pour des constructions d’une importance déjà considérable, il est possible, à l’aide de l’air comprimé, de distribuer le béton sur tous les points d’un chantier.
- Sous une pression de 5-6 kg par centimètre carré, le transport de 0,380 m8 de béton de pierrailles, à travers un tuyau de 120 m de longueur et 0,10 m de diamètre, a duré 5 secondes, ce temps étant compté à partir du moment où la pression de l’air est introduite dans le réservoir cylindrique.
- Le transport pneumatique du béton sur des travaux d’une étendue modérée coûte 0,65 I le mètre cube.
- IiC problème «les eaux résiduaires chargées «le sulfite
- (suite et fin). — Décharge dans des puisards ou évaporation. — S’il n’est pas possible d’employer un des moyens qui viennent d’être exposés, on doit renoncer à envoyer les résidus dans les cours d’eau et on peut les décharger dans des puisards où ils se mêlent avec les eaux du sol. Il faut, bien entendu, pour cela des conditions géologiques favorables, car autrement les liquides pourraient reparaître à quelque autre point de la surface et amener des inconvénients.
- On a quelquefois essayé d’évaporer à siccité le liquide et d’incinérer le résidu. Les frais de ces opérations sont très élevés. Ainsi, dans un établissement situé en Silésie, pour évaporer journellement 200 m3 de liquide, on a dépensé 75000 à 80 000 f par an, ce qui fait en moyenne 1,25 f par mètre cube.
- On a proposé récemment une méthode basée sur l’évaporation des eaux et la vente des résidus solides comme combustible ; elfe n’a pas été jusqu’ici, réalisée sur une échelle commerciale.
- Récupération des sous-produits. —Une méthode plus rationnelle qui supprimerait entièrement l’envoi des résidus dans les cours-d’eau serait la récupération des sous-produits. Cette question a été très étudiée depuis qu’on, a introduit l’emploi du sulfite dans l’industrie de la papeterie. Yoici quelques-uns des procédés proposés dans, ce but.
- Récupération du soufre. — Une partie seulement, variant- du tiers au cinquième, du soufre contenu dans les eaux résiduaires’se trouve sous une forme qui le rend facile à séparer, car, dans le traitement du bois par les lessives à chaux, une partie du soufre passe dans des. composés organiques d’une structure compliquée. Aussi les expériences faites dans ce sens n’ont-elles pas donné de résultats favorables. On cherche généralement à recouvrer seulement l’acide sulfureux, qui représente au maximum 37 0/0 du soufre contenu.
- Utilisation de la chaleur de combustion. — L’utilisation de la quantité de chaleur contenue dans les matières! organiques des résidus de l’évaporation des liquides paraît1 intéressante, parce que 1? kg de ces- résidus représente 4250 calories. Mais jusqu’à présent, on n’a rien fait dans la voie de la pratique.
- Fabrication des briquettes. — On a pensé aussi à utiliser le produit! de l’évaporation des liquides à l'agglomération de poussier de charbon ou
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- de coke. Si les briquettes ainsi confectionnées possèdent certains avantages, par contre elles ont l’inconvénient d’être hygroscopiques et d’émettre une odeur désagréable dès qu’elles sont chauffées. Reste à savoir si, vu le prix élevé de l’évaporation des liqueurs, ces briquettes ne reviennent pas plus cher que les autres combustibles analogues (1).
- Emplois alimentaires. — On a fait de nombreuses expériences dans la voie de l’utilisation des résidus dont nous nous occupons pour la nourriture des bestiaux. Il faut d’abord éliminer les matières nuisibles, surtout les composés d’acide sulfureux. On s’est servi récemment de formaldéhyde dans ce but et en l’employant en mélange avec des mélasses pour prévenir un excès de formaldéhyde et pour enlever le goût désagréable, on est arrivé à obtenir un aliment pour les bestiaux. Bien qu’on semble avoir obtenu des résultats assez favorables, il est impossible de se prononcer à cet égard avant que la préparation de cet aliment sur une échelle un peu considérable permette de porter un jugement, définitif sur la valeur alimentaire de cette matière.
- Préparation d’une colle.„— Les propriétés adhésives des liquides ont fait penser a en faire de la colle avec l’addition de diverses matières, telles que gélatine, résine, albumine, caséine et sang. Au point de vue du collage du papier, emploi pour lequel cette colle avait paru convenable, il faut remarquer que sa couleur brune empêcherait son usage pour beaucoup de sortes de papier.
- Prévention de la poussière. — On a obtenu de très bons résultats en se servant de ces liquides pour prévenir la production de la poussière sur les routes. Il semble que leur emploi, à l’état où ils sont obtenus ou avec un certain degré de concentration, conviendrait comme agglomérant dans la construction des chaussées, mais on ne paraît pas l’avoir tenté jusqu’ici.
- Fertilisants. — Les liqueurs de sulfite ont été proposées pour enrichir certains engrais à base de phosphate. Concentrées à 25 degrés Baumé et ajoutées à un engrais, elles augmentent la teneur en acide phosphorique soluble et en potasse et améliorent l’aspect physique de l’engrais.
- D’autres expériences n’ont pas donné de résultats favorables. Cette application ne paraît pas présenter un grand intérêt.
- Application à la tannerie. — On a fait des essais dans la voie de l’emploi comme agent tannant. Bien que les liquides ne contiennent pas d’acide tannique, ils renferment des composés où se rencontre du tannin, On a soumis d’abord les liqueurs à un traitement préalable et on les emploie en combinaison avec les agents tannants ordinaires. On a aussi employé les liquides chauds provenant du digesteur pour extraire le tannin des matières végétales qui le contiennent, pour économiser le calorique nécessaire et introduire la quantité voulue de matière inerte, On n’est pas encore fixé sur la valeur pour l’industrie de la tannerie du tannin contenu dans les liqueurs de sulfite.
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- (1) Nous avons parlé de l’emploi des liquides de sulfite pour la fabrication des briquettes dans la Chronique de décembre b 1909, page 767.
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- Récupération de l'alcool. — Les matières sucrées contenues dans les liqueurs de sulfite sont susceptibles de fournir de l’alcool. Les essais faits dans le but de recouvrer cet alcool ne sont pas jusqu’ici sortis du domaine du laboratoire.
- Récemment, il a été délivré une patente, en Suède, pour la préparation de l’alcool au moyen des liqueurs de sulfite. Le procédé consiste essentiellement à neutraliser par le carbonate de chaux la liqueur en l’agitant avec de l’air comprimé; on enlève le sulfite de chaux précipité et, après refroidissement à 30 degrés centigrades, on envoie le liquide dans un récipient où il est mélangé avec du houblon et où on le laisse fermenter plusieurs jours. On obtient l’alcool par distillation du liquide, On estime que 100 1 de liqueur sulfitée donnent environ 61 d’alcool pur, mais il faut employer une grande quantité de houblon.
- On a obtenu en 1909, dans une fabrique de pâte, en Suède, 540 hl d’alcool par ce procédé. S’il avait été appliqué au traitemènt de la totalité des liquides produits, cette fabrique aurait donné dans l’année 12000 hl d’alcool et toutes les fabriques du môme genre de la Suède 250 000 hl, d’une valeur totale de 27 millions de francs.
- Un calcul analogue donnerait pour l’Allemagne un produit d’une valeur de 20 millions de francs en nombre rond.
- Si on pouvait arriver à voir réduire les taxes sur l’alcool de manière que celui-ci pùt concurrencer la gazoline et la benzine, le procède dont nous nous occupons présenterait un grand intérêt et on pourrait envisager l’utilisation complète des liqueurs de sulfite.
- Préparation de matières colorantes. — On a tenté de préparer des matières colorantes avec ces liquides et des essais de laboratoire paraissent avoir donné des résultats intéressants; ces matières s’appliqueraient directement sur la laine.
- Conclusions. — On s’occupe actuellement avec activité de l’étude de l’utilisation des liqueurs de sulfite ou des moyens de les rendre inoffensives, mais on ne peut pas dire qu’on ait trouvé encore de solution tout à fait satisfaisante. Le premier point est celui sur lequel sont surtout dirigées les recherches. Si on arrivait à trouver un procédé pratique, on aurait fait un grand pas dans la question de la prévention de la pollution des cours d’eau.
- Ëmiiloi de la turbine à vapeur dans la marine (supplément). — L’omission d’une phrase dans l’article que nous avons donné sous ceNtitre dans la Chronique de février 1911, page 284, a fait prendre, à notre vif regret, par quelques-uns de nos Collègues, pour une appréciation défavorable de notre part sur la transmission hydraulique de la force, ce qui n’était que la reproduction d’opinimis probablement intéressées, émises au cours de la discussion qui a eu lieu sur cette question à F Institution of Naval Architects. Nous tenons essentiellement à décliner toute responsabilité à cet égard.
- Aussi accueillons-nous avec empressement les renseignements que
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- veut bien nous donner notre Collègue, M. Powell, sur les essais faits depuis trois ans, sur un vapeur d’expériences de 500 ch, construit par la Société Vulcan, deStettin, pour apprécier le fonctionnement du transmetteur hydraulique Fôttinger; les résultats ont été tout à fait remarquables. Le rendement de la transmission a atteint jusqu’à 88 et 90 0/0 et réchauffement de l’eau qui est l’agent de transmission est si faible qu’on n’emploie d’autre moyen de refroidissement que le rayonnement naturel.
- Nous reviendrons d’ailleurs sur ce sujet.
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- COMPTES RENDUS
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POÜR L’INDUSTRIE NATIONALE
- Décembre 1910.
- Rapport de M. Brull sur le compresseur «l’eau de M. Delsac.
- Cet appareil a pour objet d’utiliser l’eau sous pression des conduites de distribution pour comprimer l’air ou tout autre gaz. Il se compose de deux cylindres contenant des pistons relies entre eux par une tige; ces pistons sont de diamètres différents-; l’un agit comme moteur et l’autre comme compresseur, des clapets agissent pour la distribution des fluides eau et air. L’inventeur a trouvé qu’on peut ainsi obtenir de l’air à une pression égale aux sept dixièmes de la pression de l’eau, et, en pratique, un peu plus, ce qu’on peut attribuer aux coups de bélier qui se produisent en raison du mouvement alternatif rapide. Les frottements paraissent faibles et l’entretien insignifiant, le fonctionnement n’exige pas de surveillance. Il est destiné surtout à élever la bière des tonneaux en cave au comptoir du débit.
- Rapport de M. Brull sur le «lynamomètrc «le transmission de M. André Wallon.
- Ce dynamomètre estvbasé sur l’emploi de la pression hydraulique; il comprend deux .arbres accouplés, ayant môme axe, dont l’un transmet, tandis que .l’autre reçoit le couple à mesurer; le premier se termine par un pot de presse hydraulique et le second par un piston plongeur; la cavité entre le cylindre et le piston est rempli d’huile, et une garniture en cuir embouti empêche les fuites. Le piston plongeur porte sur la face intérieure du cylindre par des surfaces hélicoïdales, de telle sorte que la rotation de l’arbre commandé ne peut s’effectuer qu’à condition d’un déplacement dans le sens de l’axe qui produit une certaine compression de l’huile; cette pression est facile à mesurer et cette mesure donne la valeur de l’effort de rotation transmis.
- Cet appareil est d’une grande simplicité, il est robuste et paraît susceptible de s’adapter à l’évaluation de puissances considérables ; il semble.ne devoir exiger que peu d’entretien. Il a surtout l’avantage de ne pouvoir se'dérégler et de ne demander aucun tarage empirique.
- Essai des métaux par l'élu «le «1e ramortisseiuent des iiionvements vibratoires par M. A. Boudouard.
- La méthode, sur laquelle sont basées les recherches dont il est question dans cette note, a été imaginée par M. A. G-uillet, secrétaire de la Faculté des Sciences de l’Université de Paris. Les recherches de ce savant
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- ont fait, voir que : 1° dans les mêmes conditions d’expériences, l’amortissement des vibrations d’un U de fer doux est environ trois fois plus grand que celui d’un U d’acier doux ; 2° la viscosité du métal change au fur et à mesure qu’il s’altère, par le fait de la répétition des efforts alternés.
- M. Boudouard emploie des tiges de métal de 0,01 m de largeur et 5 mm d’épaisseur, vibrant sur une longueur de 0,27 m et fixées dans un étau s’élevant perpendiculairement à un banc sur lequel peut se déplacer un électro-aimant destiné à l’attaque de la tige; il est indispensable de réaliser pour ce genre d’expériences une rigidité absolue du support de la verge vibrante, pour que son mouvement vibratoire ne soit pas affecté par des causes étrangères.
- Nous ne pouvons donner ici qu’une idée très sommaire de cette installation.
- Une première série d’essais sur un acier commercial de très bonne qualité à 0,3 0/0 de carbone naturel ou recuit à 350 degrés ou trempé à l’eau froide a donné les résultats suivants : la barre d’acier naturel s'est rompue après douze heures et demie, soit 1 330 000 vibrations; la barre, recuite après quatre heures et demie, soit 486000 vibrations, et la barre trempée après trente minutes, soit 54 000 vibrations.
- L’auteur a ensuite opéré sur une série de métaux de composition chimique différente, ayant subi des traitements thermiques différents pour rechercher comment l’amortissement des traitements vibratoires des métaux varie avec les conditions qui jouent un rôle prépondérant dans la détermination de leurs propriétés mécaniques.
- Nous n’entrerons pas dans le détail de ces expériences. L’auteur admet d’ailleurs que les résultats obtenus ne répondent pas entièrement à ce qu’il espérait en entreprenant ce travail ; l’essai des métaux par l’étude de l’amortissement des mouvements vibratoires ne permet pas de suivre leur altération d’une manière aussi précise qu’on pourrait le penser, et il ne semble pas que les métaux subissent des transformations très notables faciles à mettre en évidence avant leur rupture. Il résulte toutefois de l’étude de cette nouvelle méthode d’essais des faits intéressants.
- Ainsi, un mouvement vibratoire suffisamment prolongé conduit toujours à la rupture du métal essayé et le nombre de vibrations nécessaires varie en raison inverse de la teneur en carbone pour les aciers durs et demi-durs essayés; le fer puddlé est beaucoup plus résistant que l’acier extra-doux. Pour les aciers durs, la trempe diminue très notablement la durée du mouvement vibratoire nécessaire pour la rupture.
- Au point de vue des propriétés mécaniques, on doit noter la grande élévation de limite élastique que le fer puddlé et l’acier extra-doux présentent après avoir été soumis à un mouvement vibratoire ayant amené leur rupture. 11 faut remarquer également que tous les métaux essayés se sont rompus quoique ayant travaillé notablement au-dessous de leur limite élastique.
- l/impérialisme économique cm 4»i*aM<le-Brctagne, par
- M. Maurice Ah-assa (fin).
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- Moles ale chimie, par M. Jules Gauçon.
- Sur l’adsorption. — Sur la viscosité des solutions salines. — Stérilisation de l’eau par les radiations ultra-violettes. — Action des oxydants et des réducteurs sur le sulfate de calcium. — L’industrie des nitrates au Chili. — Silicates de plomb en céramique. — Sur la porosité des bougies filtrantes. — Gaz occlus dans les alliages de cuivre. — Solubilité de la gomme laque. — Les éthers nitreux de la cellulose. — Le goudronnage des routes.
- Sut* Sa présence «le l’lia» «le usai s liotranaaiix environs «le '.Paris, par M. Paul Marchal.
- Il s’agit d’un papillon qui dévaste les vignobles et qui, déjà répandu dans diverses parties de la France, a été reconnu par l’auteur dans les environs de Paris. On arrive à le détruire par la nicotine associée à la bouillie bordelaise et par la poudre de pyrètre.
- Moles «l’agriculture, par M. H. Hitier.
- Ces notes portent sur le commerce extérieur des produits agricoles en 1909; sur le commerce intérieur de la France dans la môme année; des renseignements statistiques sur les animaux et les produits animaux; les engrais; les bois; la sériciculture; les machines pour l’agriculture, etc.
- Motcs de mécani«iuc.
- Machines à border et à couper les tubes de chaudières, parM. Gallon. — Déterminations calorimétriques à la bombe. — Fonctionnement économique des machines marines et de leurs auxiliaires.
- Janvier 1911.
- Rapport de M. Lecornu sur ïe dynamomètre mécaniciuc de
- M. François Farcot.
- Le principe de cet appareil consiste dans l’interposition entre les arbres en prolongement, dont l’un transmet et dont l’autre reçoit la puissance de manchons à faces de contact hélicoïdales, disposées de telle sorte que la transmission de l’effort de rotation entraîne une poussée dans le sens de Taxe des arbres.
- Ce principe est connu et a déjà été appliqué de diverses manières, mais ce qui distingue le dynamomètre de M. Farcot c’est le procédé consistant à mesurer l’effort de poussée par une simple pesée, par l’interposition d’un levier coudé dont le bras horizontal constitue le fléau d’une romaine. La position du poids curseur sur le bras pour maintenir celui-ci horizontal permet de fournir sans calcul la puissance en chevaux dans l’hypothèse d’une vitesse de 1000 tours par minute. Cet appareil paraît être pratique et d’une précision'suffisante.
- Rapport de M. Brull sur un ouvrage de M. J. Simonet intitulé: Étu«le
- sur ror^aiiisaliou ralioiindlc drs usines.
- L’auteur appelé à la direction d’une grande usine de construction Bull.
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- mécanique et s’inspirant tant de sa pratique personnelle que des méthodes suivies dans les grands ateliers de France, d’Angleterre et d’Allemagne a réussi à organiser les diverses parties de l’établissement dont la conduite lui était confiée d’une manière tout à fait satisfaisante et, pour faire profiter d’autres de son expérience, et à la demande de diverses personnes, a cru devoir faire paraître l’étude dont nous nous occupons.
- La première partie traite de l’organisation d’ensemble comprenant le personnel, la force motrice, etc., la seconde partie est consacrée aux services techniques, la troisième aux magasins ; c’est une question qui a une très grande importance et qu’on néglige trop souvent, l’organisation de leur service doit être l’objet d’une sérieuse attention.
- La quatrième partie s’occupe des frais généraux comprenant toutes les dépenses autres que la matière et la main-d’œuvre, enfin la cinquième partie est consacrée à la fabrication, la sixième au service commercial et la septième et dernière à la comptabilité générale.
- Nous regrettons de ne pouvoir entrer dans des détails au sujet de cet intéressant ouvrage ; nous renverrons au compte rendu si complet de M. Brüll les personnes que cette question intéresserait en citant seulement les conclusions de l’éminent rapporteur. Ce livre met en lumière les meilleures méthodes que l’expérience ait combinée pour la tenue rationnelle des établissements mécaniques. Il répandra ainsi des connaissances qui sont actuellement le privilège de quelques initiés. Il apporte sur plusieurs points des améliorations notables et présente, sous la forme la plus pratique, d’utiles conseils doit beaucoup d’industriels sauront profiter. Il traite d’un sujet sur lequel il n’existe encore qu’une rare documentation.
- lia niain-i!‘œuvre rurale, par M. Max Ringelmann (suite).
- Dans cette partie, l’auteur traite d’abord de l’organisation de la main-d’œuvre et donne d’intéressants exemples empruntés à de grandes exploitations, telles que la ferme de Chantemerle (Oise) de 390 ha. Il arrive à conclure que le bon ouvrier arrive à bien gagner sa vie dans ces conditions, , étant donnés les salaires payés aujourd’hui, avec la combinaison du travail à la journée et du travail à la tâche qu’on développe aussi largement que possible.
- Il serait d’ailleurs possible dans les grandes exploitations de modifier les conditions du travail et l’auteur reproduit un règlement élaboré dans ce sens au domaine de Galmont (Seine-Inférieure) règlement contenant des mesures destinées à traiter l’ouvrier de la terre comme celui de l’asine et devant avoir pour résultat de le retenir aux champs, d’obtenir plus de zèle, un travail plus rapide et plus intelligent remboursant les sacrifices que l’agriculteur aura su faire pour relever et améliorer les conditions de son personnel.
- M. Ringelmann donne des exemples d’organisation de la main-d’œuvre en Allemagne dans les fermes à betteraves où on emploie des Polonais et surtout des Polonaises, en Roumanie où on rencontre de nombreuses fermes d’une étendue supérieure à 1 000 ha, dans la région indo-malai-
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- sienne où se trouvent d’importantes cultures de tabac, de café et de riz et où on emploie la main-d’œuvre chinoise et javanaise.
- L’auteur traite ensuite de la question des grèves, lesquelles ne sont pas restées le triste apanage de l’industrie mais ont envahi aussi le domaine agricole où elles ont une bien plus grande action parce que ceux qui les suscitent choisissent les moments où le travail doit être exécuté coûte que coûte.
- Il parlé aussi des assurances contre les accidents de travail et montre comment la loi du 9 avril 1908 dont le principe est bon peut être mise en péril par des abus de toutes sortes, de sorte que si cette loi était un jour intégralement applicable à l’agriculture, il n’y a pas de doute que ces abus deviendraient monstrueux, faute de moyens de contrôle.
- Notes «lie etiiioie, par M. Jules Garçon.
- Un club des chimistes. — Les poisons industriels. — Sur les tubes lumineux au néon. — Sur les décompositions par la lumière ultra-violette. — Carbone, oxyde de carbone et acide carbonique. — Les ressources minérales du Japon. — Progrès dans l’industrie du gaz.— Utilisation des gaz des fonderies. — Traitement thermique des aciers à outils rapides. — Analyse des corps gras. — Sur la purification de l’amidon.
- — Sur la porosité des draps à l’eau, à la lumière, à l’air et à la chaleur.
- — Sur la réaction du tanin et de la gélatine. — Sur les insecticides.
- Notes «l’agrictilture, par M. H. Hitier.
- Ces notes sont consacrées un développement de l’agriculture dans les provinces du nord-ouest du Canada, contrée qui possède, avec la République Argentine, la plus grande réserve de terres vierges susceptibles d’être mises en culture surtout pour le blé et qui peut avoir l’ambition légitime d'être, dans un avenir prochain, le grenier de la Grande-Bretagne.
- L’auteur passe successivement en revue le climat la géologie de ces régions, décrit les différentes provinces agricoles : Quebec, l’Ontario, les provinces du nord-ouest, la Colombie britannique et traite ensuite de la propriété rurale au Canada, de l’immigration, passe en revue les principales cultures au premier rang desquelles figurent celles du blé et de l’avoine, traite de l’élévage de l’industrie laitière, des pêcheries, de l’exploitation des forêts et industrie du bois, des voies de communication et du commerce extérieur du Canada.
- Notes «te sKftécani«|ue.
- Rendement des économiseurs. — Turbines à vapeur Rateau de 5 000 kilowatts. — L’encrassement des grilles de chaudières. — Machine de Mac Lachlan pour l’essai des métaux au choc.
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- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS ALLEMANDS
- N° 1. — 7 janvier 1911.
- Le petit croiseur cuirassé Uruguay, construit par la Société Yulcan, à Stettin, par A. Bodenmüller.
- L’avenir et les lois de développement d’une ville internationale, par Blum.
- Valeur et usage des mathématiques, par P. Staeckel.
- Nouvelles pompes centrifuges à haute pression constantes, par Weiss et Monski, à Halle, par E. Iieidebrock.
- Laiton en barres, par W. von Mollendorff.
- Groupe de Berlin. — Opérations de moulage. — Machine à calculer, de Ludwig Spitz et Cie.
- Groupe de Wurtemberg. — Sécurité dans l’aérostation.
- Bibliographie. — Tableaux pour le calcul des constructions en béton armé, par F. Landmann.
- Bevue. — Exposition internationale du commerce et de l’industrie, à Turin, en 1911. — Le pont Kaiserbrücke, à Breslau. — Mise en construction du réseau ferré brésilien. — Chemin de fer de Rock Island and Southern . —Turbines à vapeur d’échappement avec réducteur de vitesse à engrenages système Melville-Mac Alpine.
- N° 2. — 14 janvier 1911.
- Chauffage central de la gare principale de Munich, par N. Angerer.
- Avenir et lois de développement d’une ville internationale, par Blum (suite).
- Le petit croiseur cuirassé Uruguay, construit par la .Société Vulcan, à Stettin, par M. Bodenmüller (fin).
- Groupe de Hambourg. — Pompes pour puits tubés.
- Association pour l'art des chemins de fer. — Chemins de fer électriques à grande vitesse, aux États-Unis.
- Bibliographie. — Le gaz comme forcç motrice, production et emploi, par F. Fischer.
- Revue. — Meule portative à commande électrique.— Perceuse quadruple de Ducas et Gie, à Vienne. — Carneaux de chaudières pour, étuve de transformateurs. — Statistique des installations électriques en Suisse.
- — Station centrale hydraulique de Whitney sur le Yadkin (Caroline du Nord). — Centrales hydrauliques dans les Alpes autrichiennes. — Forces motrices au Canada. — Nouvelles lignes de chemins de fer en Norvège. — Chemin de fer d’Arica à La Paz. — Chemin de fer de Benguela.
- — Essais du croiseurs protégé Inde fatigable. — Nouveau dock flottant de 40000 t à Kiel. — Forme sèche Gladstone, à Liverpool. — Travaux hydrauliques aux colonies (Kâmeroun, etc.). — Grand compteur Ven-turi pour la ville de Montréal. — Introduction du four électrique Roechling-Rodenhauser aux États-Unis. — Chaîne Morse pour transmission de grandes puissances.
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- N° 3. — 21 janvier 1911.
- Fabrication des tubes métalliques flexibles à l’usine de Pforzheim, par Tli. Theobald.
- Avenir et lois de développement d’une ville internationale, par Blum (suite).
- Chauffage central de la gare principale de Munich, par H. Angerer (fin).
- Centième réunion générale des Métallurgistes allemands, à Dusseldorf. — Cinquante ans de métallurgie en Allemagne. — Emploi des aciers au nickel dans la construction des ponts métalliques.
- Groupe d’Aix-la-Chapelle. — Progrès dans le fonçage des puits, particulièrement sur la rive gauche du Rhin.
- Groupe de Berg. — Récentes installations de chaufferies particulièrement dans les grandes stations de force motrice.
- Bibliographie. — Aide-mémoire pour la fabrication des laques et vernis. par F. Seligmann et E. Ziecks, en collaboration avec E. Sachsel et F. Zimmer. — Calcul des poutres en tension indépendamment des autres systèmes statiques indéterminés, par E. Bjornsted. — Théorie générale et calcul pratique de construction en béton armé avec exemples explicatifs, par li'. Pilgrim.
- Revue. — Fondation de la Société Kaiser Wilhelm, pour l’avancement des sciences.
- N° 4. — 28 janvier 1911.
- Contribution à l’étude des ponts à bascule, par L. Schaller.
- Les machines-outils à l’Exposition de Bruxelles, en' 1910, par F. Adler (suite).
- Sur les corps matériels lamellaires à coefficient de dilatation variable, leur signification et leur formation, par R. Baumann.
- Fabrication des tubes métalliques flexibles à l’usine de Pforzheim, par W. Theobald (suite).
- Groupe de Franeonie et du Haut-Palatinat. — Bacôn de Verulam, le philosophe de la technique.
- Bibliographie. — Construction des navires en fer, par E. Muller.
- Revue. — Machine à mettre en place les lames de collecteurs. — Conducteurs à haute tension sur poteaux métalliques aux États-Unis. — Développement de la commande électrique pour trains de laminoirs alternatifs. — Récupération électrique du cuivre des minerais. — Nouveaux autobus de Paris.— Conditions du prix Alexander de 25000 f pour aéroplanes anglais. — Épuration des eaux pour Athènes et le Pirée. — Déplacement d’un clocher pesant 3 000 t, à Bocliolt. — Métal Atherium. — Installation de télégraphie sans fil aux colonies.
- N° 5. — 4 février 1911.
- Les machines agricoles à l’Exposition universelle de Bruxelles, en' 1910, par Holldack.
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- La construction des moteurs à l’Exposition de Bruxelles, en 1910, par H. Dubbel (fin).
- Essais sur un turbo-compresseur électrique de 4 000 ch, de la maison Pokoring et Wittekind, par Langer.
- Les machines de l’industrie textile à l’Exposition universelle de Bruxelles en 1910, par G. Rohn (suite).
- Fabrication des tubes métalliques flexibles, à l’usine de Pforzheim, par W. Theobald (fin).
- Groupe d’Alsace-Lorraine. — Nouveau siphon automatique.
- Groupe de Zwickau. — Installations d’usines modernes à l’électricité. — Congrès international des mines, métallurgie et mécanique appliquée et géologie, à Dusseldorf, du 19 au 23 juillet 1910.
- Revue. — Tour colossal pour pièces de 150 t. — Chaudières Stirling à tubes d’eau. — Tour vertical double de Webster et Bennett, à Coven-try. — Appareil à dessiner comportant des combinaisons, une équerre, un rapporteur et un vernier. — Presse à crémaillère de la Lucas Machine Tool G0. — Fabrique d’aéroplanes de M. Grade, à Bork. — Première'excursion du dirigeable Siemens-Shuckert. — Les écoles techniques supérieures en Allemagne, en 1910-1911. .— Chemin de fer à courant alternatif de Saint-Avold. — État de la construction navale en 1910, d’après les statistiques du Lloyd.— Navire français Quevilly avec moteur auxiliaire Diesel. — Commande à engrenages, système Melville-Mac-Alpine, pour turbines marines de 4 000 ch. — Statistique des voies d’eau navigables en Europe. — Exposition internationale du caoutchouc à Londres en 1911.
- Pour la Chronique et les Comptes Rendus : A. Mallet.
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- BIBLIOGRAPHIE
- III' SECTION
- lia Mécanique à l’Imposition universelle et internationale «le Bruxelles «le fthflO, de M. Van Engelen(I).
- En ces dix dernières aimées, les progrès réalisés dans les procédés de production de la ibrce motrice ont été considérables.
- Les turbines à vapeur, les moteurs à gaz pauvre sont devenus des concurrents sérieux pour la machine a vapeur a piston; celle-ci. pour soutenir la lutte avec succès, s’est aussi profondément transformée.
- Les appareils accessoires ont, naturellement, suivi ce mouvement.
- La derniere Exposition de Bruxelles donnait, sous ce rapport, une excellente leçon de choses par les comparaisons quelle permettait de faire entre les machines exposées et celles que l’on avait pu voir à l’Exposition de Paris en 19ÜÜ, car c’est pendant ce laps de temps que les progrès les plus considérables ont été réalisés.
- M. Gf. Van Engelen a réuni, dans un travail intéressant, tous les appareils exposés, en donnant des principaux des descriptions qui présentent le pius grand intérêt pour les industriels et les Ingénieurs.
- La lecture de son travail permettra donc de se rendre compte des progrès réalisés et de se faire une idee exacte de l’état actuel de la cons-, truction mécanique. L. B.
- lie calcul mécanique, appareils arithmétiques et algébriques intégrateurs, de L. Jacob, Ingénieur général de l’Artillerie navale, directeur du Laboratoire central de la Marine (2).
- Ce petit livre fait partie de l’encyclopédie scientifique publiée sous la direction du docteur Toulouse, et comprend trois parties.
- La première partie est consacrée aux appareils arithmétiques. L’auteur y étudie d’abord les instruments et les machines faisant les calculs rigoureux (abaques, additionneurs et multiplicateurs; machines d’additions sans touches, avec touches, machines à multiplier par additions successives, etc.), puis les appareils faisant les calculs approchés (appareils à index et règles à calculs).
- La deuxième partie est consacrée aux appareils algébi'iques et tout d abord aux machines à différences, puis aux méthodes permettant la résolution des équations (liges articulées, balances à équations, appareils
- (1) ln-4°, 315 x 240 de 71 pages, avec 209 figures. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 49, quai des Grands-Augdstins, 1911. Prix, broché : 8 f.
- (2) ln-18°, 185 X 120 de xvi-412-xii pages, avec 184 ligures. Paris, Octave Doin et iils, 8, place de l’Odéon, 1911. Prix, cartonné : 5 f.
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- basés sur l'emploi des liquides, de l’électricité, appareils permettant la solution des équations linéaires simultanées). Enfin, cette seconde partie se termine par l’étude du calcul des fonctions. L’auteur y résume le mémoire de Torrès et décrit le principe de sa méthode algébrique, ainsi que celui de la machine analytique de Babbage.
- La troisième partie est consacrée aux intégrateurs. Après avoir indiqué sommairement les principes sur lesquels reposent ces appareils, l'auteur étudie d’abord les intégrateurs simples, planimètres Amsler et ses dérivés, puis les planimètres à rotation, les analyseurs harmoniques et les intégraphes.
- Il étudie ensuite les.intégrateurs composés et certaines de leurs applications principales.
- L’extrême variété des machines étudiées et l’ingéniosité de leurs principes ne permettent pas de donner une idée précise de cet ouvrage dans un compte rendu analytique sommaire.
- •Les électriciens y trouveront avec plaisir la description des analyseurs harmoniques de Lord Kelvin, de M. Boucherot, etc., et tous les Ingénieurs qui parcourront ce livre, forcément résumé, y puiseront des idées d’ordre général susceptibles de trouver des applications d’ordre mécaniques autres que la construction des machines à calculer.
- L. S.
- Ve SECTION
- X’Australie. — Comment se fait une nation, par J.-F. Fraser, •adapté de l’anglais par.Georges Feuillov (1).
- Ce livre est écrit par un observateur averti, attentif et impartial. Il est extrêmement instructif pour tous ceux qui s’intéressent aux multiples et passionnantes questions soulevées par la formation des pays nouveaux, il dépeint admirablement l’état d’âme des Australiens, qui se jalousent entre Etats ou entre villes, mais ne veulent rien savoir des vieilles nations. Enfin, il montre que le socialisme syndical est le môme aux antipodes qu’en Europe et que, là-bas comme ici, les travailleurs acceptent les décisions de leurs tribunaux quand elles leur sont favorables, mais s’en moquent lorsqu’elles sont en faveur des patrons.
- L. B.
- (1) In-8°, 200 X 1^5 de 255 p. avec 20 pi. Paris, Pierre Roger et Cio, 54, rue Jacob. 1911. Prix : broché, 4 f.
- Le Secrétaire Administratif, Gérant : A. de,Dax.
- IMPRIMERIE CHAIX, RUE RERGÈRE, 20, PARIS. — 10024-0-11. — (K.UCl'C LoïiUüUX).
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- MÉMOIRES
- ET
- COMPTE RENDU DES TRAVAUX
- DE LA
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS DE FRANGE
- BULLETIN
- DE
- MAI 1911
- N° 5.
- OUVRAGES REÇUS
- Pendant le mois de mai 1911, la Société a reçu les ouvrages suivants :
- Agriculture.
- Antonio Olyntho dos Santos Pires. — Noticià dos Estudos e Obras contra os effeitos da secca, por Antonio Olyntho dos Santos Pires (Extrahido do Boletim do Ministerio da Viaçao e Obras Publicas. Tomo III. Anno -2°. N° 3. Abril de 1910) (in-8°, 265 X 18o de 114 p., avec photog. et pl.). Rio de Janeiro, Imprensa Nacional, 1910. (£)on de l’auteur, M. de la S.) 46997 -
- Astronomie et Météorologie.
- Duarte (N.). — Codigo mnemo-telegraphico corn applicaçâo a Meteorologia, pelo Engenheiro Nuno Duarte (in-8°, 265 X 180 de 37 p.). Rio de Janeiro, Lenzinger, 1911. (Don de l’Observatorio do Rio de Janeiro.) 46992
- Bull.
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- Chemins de fer et Tramways.
- Flamme (J.-B.). — Le Matériel des Chemins de fer à 1’Exposition universelle et internationale de Bruxelles de 4910, par J.-B. Flamme (Publications de « La Technique Moderne ») (in-4°, 315 X 240 de 111 p. à deux col., avec 163 fig.). Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1911. (Don des éditeurs.) 46974
- Matériel roulant exposé par la Compagnie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée à VExposition internationale de Turin, 1914 (in-4°, 310 X 210 de 26 p., avec 17 photog. et xi pl.). Paris, lmp. Maulde, üoumenc et Cie. (Don de M. Ghabal, Ingénieur en chef du Matériel et de la Traction.) 47036
- Chimie
- Carnot (Ad.). — Traité d’Analyse des Substances minérales, par Adolphe Carnot. Tome troisième. Métaux (Première partie) (in-8°, 255 X 165 de 903 p., avec fig.). Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1910. (Don des éditeurs). 46970
- Construction des Machines.
- Association Lyonnaise des Propriétaires d’Appareils à vapeur. Exercice 1910. 35e année (in-8°, 240 X 160 de 124 p.). Lyon, A. Rey et Gie, 1911. 47029
- Izart (J.). — Méthodes économiques de combustion dans les chaudières à vapeur, par J. Izart. Troisième édition complètement refondue (in-8°, 225 X 165 de xin-297 p., avec nombreuses fig.). Paris, II. Dunod et E. Pinat, 1911. (Don des éditeurs.) 46971
- Patrouilleau (G.). — Moteurs d’automobiles et d’aviation. Sur la réalisation des fortes compressions isothermiques, par G. Patrouilleau (in-8°, 240 X 160 de 23 p.). Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1911. (Don des éditeurs.) 47022
- Rousset (J-.). — Les Machines à écrire, par Jean Rousset (Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire) (in-8°, 190 X 120 de 179 p., avec 58 fig.). Paris, Gauthier-Yillars; Masson et Cie, 1911. (Don des éditeurs.) 46977
- Van Engelen (G.p — La Mécanique à l’Exposition universelle et internationale de Bruxelles de 4940, par G. Van Engelen (Publications de « La Technique Moderne ») (in-4°, 315 X 240 de 71 p. à 2 col., avec 209 fig.). Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1911. (Don des éditeurs.) 46975
- Économie politique et sociale.
- Annuaire statistique. Vingt-neuvième volume. 4909 (République Française. Ministère du Travail et de la Prévoyance sociale. Statistique générale de la France) (in-8°, 265 X 175 de lxui-39 4-224 p.). Paris, Imprimerie Nationale, 191 0 . 47037
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- Bulletin de VAssociation des Industriels de France contre les Accidents du Travail. Année 1911. N° 23 (ia-8°, 240 X 160 de 208 p.). Paris, Au Siège de l'Association, 1911. 47013
- Conseil supérieur du Travail. Vingtième session. Novembi'e 4910. Compte rendu (Ministère du Travail et de la Prévoyance sociale) (in-4°, 210 X 210 de xix-169 p.). Paris, Imprimerie Nationale, 1911.
- 47023
- Rapports sur l’application des Lois réglementant le Travail en 4909 (Ministère du Travail et de la Prévoyance sociale. Direction du Travail,) (in-8°, 230 X 165 de clviii-487 p.J. Paris, Imprimerie Nationale, 1911. 46968
- Saurin (J.). — IJOEuvre Française en Tunisie, par Jules Saurin. Le Peuplement Français de l’Afrique du Nord est l’Œuvre Nationale du xxe siècle (in-16, 180 X 120 de 112 p.). Paris, Augustin Challamel, 1911. (Don de l’éditeur et de l’auteur.) 46969
- Électricité.
- Drumaux (P.). — La Théorie corpusculaire de VÉlectricité. Les Électrons et les Ions, par Paul Drumaux. Préface de M. Éric Gérard (Extrait du Bulletin scientifique de l’Association ues Ingénieurs-Elec-triciens sortis de l’Institut électrotechnique Montefiore) (in-8°, 2of)X 155 de 168 p., avec S fig.), Paris, Gauthier-Yiilars, 1911. (Don de l’éditeur.) 46993
- Zenneck (Dr J.).— Précis de Télégraphie sans fil. Complément de l’ouvrage : Les Oscillations électromagnétiques et la Télégraphie sans fil, du Dr J. Zenneck. Ouvrage traduit de l’allemand, par P. Blanchin, G. Guérard, E. Picot (in-8°, 255 X165 de x-385 p., avec 333 fig.). Paris, Gauthier-Yiilars, 1911. (Don de l’éditeur.)
- 46994
- Géologie et Sciences naturelles diverses.
- Eisexmenger (G.). —La Géologie. Ses Phénomènes. Douze conférences, par G. Eisenmenger (in-8°, 200 X 185 de 328 p,, avec 70 gravures et 9 pl.). Paris, Pierre Roger et Gie, 1911. (Don des éditeurs.)
- 46990
- Lacroix (A.). — Minéralogie de la France et de ses Colonies. Description physique et chimique des minéraux. Étude des conditions géologiques de leurs gisements, par A. Lacroix. Tomes ! et II, 111, 4re et 2e parties; IV, 4re et 2e parties (6 vol. in-8°, 250 X 160). Paris, Baudry et Gie; Gh. Béranger, 1893-1910.
- 47000 à 47005
- Législation.
- Annuaire de VAssociation Amicale des Anciens Élèves de TÉcole Centrale des Arts et Manufactures„ Promotions de 4832 à 4940 (in-8°, 225 X 150 de 781-95 p.). Paris, 1, Rue de Stockholm, 1911. 46980
- Association Amicale des Élèves de l’École Nationale supérieure des Mines. 46e Annuaire. 4944 (in-8°, 240 X155 de 348-38 p.). Paris, Siège social, 1911. ' 46982
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- Liste générale des Membres de la Société et des Associations affiliées à la Société, par ordre alphabétique et par département arrêtée an 28 mars 1911 (Bulletin de la Société des Agriculteurs de France, 10 mai 1911, p. 529 à 855) (in-8°, 250 X 160 de 327-72 p.). Paris, Hôtel de la Société, 1911. 47038
- Société Belge des Ingénieurs et des Industriels. Liste des Membres. Année 4944 (in-8°, 200 X 150 de 103 p.). Bruxelles, Imprimerie des Travaux publics, 1911. 46981
- Société internationale des Électriciens. Annuaire pour 4941. Supplément au Bulletin mensuel N° 4, 3e série, Avril 1911 (in-8°, 270 X180 de xxiv-156 p.). Paris, Gauthier-Yiilars, 1911. 47014
- Société Française de Physique. Liste des Membres. Année 4944 (Bulletin des séances de la Société Française de Physique. Année 1910. 5e fascicule) (in-8°, 225 X 165 de 83 p.). Paris, Au Siège de la Société, 1910. 47031
- The Canadian Society of Civil Engineers. Charter,- By-Laws and List of Members. 4944 (in-8°, 230 X150 de iv-178 p.). Montreal, Printed for the Society. 47030
- The Institution of Mechanical Engineers. List of Members 4 st. March 4944.
- Articles and By-Laws (in-3°, 215 X 140 de 265 p.). 47033
- Tripier (L.) et Monnier (H.). — Les Codes Français collationnés sur les textes officiels, par Louis Tripier et Henry Monnier. Lois usuelles. 61e édition (in-18°, 165 X 110 de 1413-40 p. à 2 col.). Paris, F. Pichon et Durand-Auzias, 1911. 46999
- Médecine, Hygiène, Sauvetage.
- Bousquet (M.). — Hygiène de VHabitation. Sol et emplacement. Matériaux de construction, par M, Bousquet (Eucyclopédie scientifique des Aide-Mémoire) (in-8°, 190 X 120 de 164 p., avec.9 fig.). Paris, Gauthier-Yiilars; Masson et Cie, 1911. (Don des éditeurs.)
- 46978
- Métallurgie et Mines.
- Bréhiek (E.). — Traité pmtique de Chaudronnerie industrielle en cuivre et en fer. Outillage. Tracés et Coupes. Construction des appareils industriels. Leçons professées au Cours de Chaudronnerie fondé à l’Association philotechnique, par E. Bréhier. 3e édition (in-8°, 250 X 165 de vm-617 p., avec 411-16 fig. et tableaux). Paris, L. Geisler, 1911. (Don de l’éditeur.) 47035
- Breyre (Ad.). — Les Mines à T Exposition internationale et universelle de Bruxelles de 4940, par Ad. Breyre (Publications de « La Technique Moderne ») (in-4°, 315 X 240 de 36 p. à 2 col., avec 41 fig.). Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1911. (Don des éditeurs.)
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- Breyre (Ad.). — Quelques mots sur le développement récent du Procédé de Creusement des Puits par Congélation et sur la Sécurité dans te Fonçage des Puits, par Ad. Breyre (Extrait des Annales des Mines de Belgique, t. XVI) (Ministère de l’Industrie et du Travail. Administration des Mines. Service des Accidents miniers et du Grisou) (in-8°, 235 X155 de 55 p., avec 22 fig.). Bruxelles, Imprimerie L. Narcisse, 1911. (Don du Ministère de lTndustrie et du Travail.) 47019
- Hognon (J.). — Traité d’Analyses chimiques métallurgiques, à l’usage des Chimistes et Manipulateurs de Laboratoires d’Aciéries Thomas, par J. Hognon (Bibliothèque technologique) (in-8°, 220 X HO de ix-155 p., avec 13 fig.). Paris, Gauthier-Villars, 1911. (Don de l’éditeur.) 46995
- Lemaire (E.). — Inflammation du Grisou par les Filaments incandescents des lampes électriques, par Emmanuel Lemaire (Extrait des-Annales des Mines de Belgique, t. XVI) (Ministère de l’Industrie et du Travail. Administration des Mines. Service des Accidents miniers et du Grisou. Siège d’expériences de Frame-ries) (in-8°, 235 X 155 de 47 p.). Bruxelles, Imprimerie L. Narcisse, 1911. (Don du Ministère de lTndustrie et du Travail). 47020
- Watteyne (V.) et Bolle (J.). —Expériences sur les Variations de charges-limites des Explosifs suivant les sections des galeries, par Victor Watteyne et J. Bolle (Extrait des Annales des Mines de Belgique, t. XVI) (Ministère do lTndustrie et du Travail. Administration des Mines. Service des Accidents miniers et du Grisou. Siège d’expériences de Frameries) (in-8°, 235 X 155 de 33 p., avec 2 fig.). Bruxelles, Imprimerie L. Narcisse, 1911. (Don du Ministère de lTndustrie et du Travail.) 47021
- Navigation aérienne, intérieure et maritime.
- Combarnous et Lutton. — Ports maritimes de la France. Notice complémentaire sur le Port de Rocjiefort. Modifications survenues de 1880 à 1909, par M. Combarnous et M. Lutton (Ministère des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes) (in-8°, 280 X 185 de 39 p., avec 7 fig. et 1 pl.). Paris, Imprimerie Nationale, 1910. (Don du Ministère des Travaux publics.) 47026
- Corbeaux (L.) et Foucault. — Ports maritimes de la France. Notice complémentaire sur le Port de Saint-Malo-Saint-Servan. Modifications survenues de 1876 à 1909, par M.-L. Corbeaux et M. Foucault (Ministère des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes) (in-8°, 280 X 185 de 64 p., 15 fig. et 1 pl.). Paris, Imprimerie Nationale, 1910. (Don du Ministère des Travaux publics.)
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- Guiffart (A.). — Travaux maritimes, par A. Guiffart (Encyclopédie scientifique publiée sous la direction du Dr Toulouse. Bibliothèque deMécaniqueappliquéeetGénie.Directeur:M.d’Ocagne) (in-18, 185 X 130 de x-358-xn p., avec 75 fig.). Paris, Octave Doin et fils, 1911. (Don des éditeurs.) 47006
- List of Lighthouses, Light-Vessels, Buoys, and Beacons on the Coast and Bivers of China 1911 (Corrected to 1 st December 1910) Thirty-ninth Issue (China. Impérial Maritime Customs. III. Mi scella-neous Sériés : N° 6) (in-4°, 280 X 220 de 63 p., avec 9 pl.), Shanghai, Published at the Statistical Department of the Ins-pectorate general of Customs, 1911. 47009
- Lutton. — Ports maritimes de la France. Notice complémentaire sur le Port de la Cotinière. Modifications survenues de 1884 à 1910, par M. Lutton (Ministère des Travaux publics, des Postes et des Télégraphes) (in-8°, 280 X 185 de 10 p., avec 1 pl.). Paris, Imprimerie Nationale, 1910. (Don du Ministère des Travaux publics.) 47028
- Mange (F.). — Le Canal de Panama. I, par François Mange (La Revue de Paris. 18e année. N° 10. 15 mai 1911, p. 297 à 318) (in-8°, 230 X 155 de 22 p., avec 1 carte). Paris, 35 bis, Faubourg Saint-Honoré, 1911. (Don de fauteur, M. de la S.) 47032
- Marciiis (L.). — Cours d’Aéronautique. Deuxième partie. Aérostation : Étoffes, Soupapes, Filets des Ballons. Aviation : Lois expérimentales (Résistance de l’air). Expériences récentes de M.-G. Eiffel et Prandtl, par L. Marchis (Faculté des Sciences de Paris) (in-8°, 250 X 200 de 266 p. autogr., avec 80 figures). Paris, H. Dunod et Pinat, 1911. (Don de l’éditeur, de la part de l’auteur.) 46998
- Pacoreï (É.). — La Technique de la Houille blanche et des Transports d’Énergie électrique. Tome I. Création et aménagement des chutes d’eau. Tome II. Utilisation de l'Énergie des chutes d’eau, par Étienne Pacoret. Préface de M. A. Blondel (2 vol. in-8°, 255 X 165 de xxxix-viii-2351 p., avec 1 336 fig. et 19 pl.). Deuxième édition complètement remaniée et considérablement augmentée. Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1911. (Don des éditeurs.)
- 46972 et 46973
- Service des Grandes Forces hydrauliques (Région des Alpes). Compterendu et Résultats des Études et Travaux au 31 décembre 1910. Tome IV (Ministère de l’Agriculture. Direction de l’Hydraulique et des Améliorations agricoles) (in-8°, 285 X 185 de 556 p., avec 2 annexes). Lille, lmp. L. Danel. Grenoble, J. Rey, 1911. (Don du Ministère de l’Agriculture.) 46985 à 46987
- Société anonyme du Canal et des Installations Maritimes de Bruxelles. Quatorzième exercice social. Année 1910. Rapport présenté par le Conseil d’administration à l’Assemblée générale du 15 mai 1911 (in-4°, 370 X 230 de 55 p., avec xii annexes). Bruxelles, Imprimerie Xavier Havermans, 1911. 47010
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- Physique.
- Baillehache (R. de). — La Radioactivité et la constitution de la matière, par MM. Battelli, Occhialini et Ghella. Analyse, par R. de Baille-hache (Da « Scientia » Rivista di Scienza. Vol. IX. Anno V. 1911. N. xvm-2, p. 438 à 445) (in-8Q, 240 X 165 de 8 p.). Paris, Félix Alcan, (Don de Fauteur, M. de la S.) 46983
- Laborde (A.). —Méthodes de mesure employées en Radioactivité, par Albert Laborde (Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire (in-8°, 190 X 120 de 170 p., avec 47 fig.). Paris, Gauthier-Villars; Masson et Gie, 1911. (Don des éditeurs.) 46979
- The National Physical Laboratory. Collected Researches. Vol. VIL 1914 (in-4°, 305 X 235 de m-228 p., avec pl'.). 47024
- The National Physical Laboratory. Report for the Year 4940 (in-8°, 260 X 190 de 102 p., avec 4 pl.). Teddington, W.-F. Parrot, 19H.
- 47025
- Routes.
- Connell (W.-ïï.). — Report to the Bon. Cyrus C. Miller, President of the Borough of the Bronx on White Plains Road Experimental Pavements, by Williams H. Connell, Assistant Gommissioner of Public Works (in-8°, 255 X 175 de 47 p., avec 28 photog.), New-York, M.-B. Brown, 1911. (Don de M. A.-H. Blanchard, M. de. la S.) 47007
- Lallemand (Ch.). — Nivellement général de la France. Notice sur le nivellement des Vallées des Alpes et sur le Relevé et la Publication des Profils en long de cours d’eau, par Charles Lallemand (Extrait du Tome IV des Comptes rendus des travaux du Service des Grandes forces hydrauliques publiés par le Ministère de l’Agri-culture) (in-8°, 275 X 180 de 34 p., avec 14 fig., 1 carte et 5 pl.). 1911. (Don de Fauteur.) 46996
- Sciences mathématiques.
- Marchand-Bey (E.). — Mécanique. De l’élévation des corps à de grandes vitesses. Conséquences de nos formules pour les pressions dans les canons. Nouvelle Note complémentaire de ma Note antérieure remise à la Société des Ingénieurs Civils en janvier 1900, par E. Marchand-Bey (manuscrit, 265 X 210 de 11 p. avec 8 fig.), Chatou, le 27 novembre 1910. (Don de l’auteur, M. de la S.)
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- Technologie générale.
- Association internationale permanente des Congrès de la Route. IIc Congrès de la Roidc. Bruxelles 1910. Compte rendu des Travaux du Congrès (in-8°, 250 X 160 de 571 p., avec 2 photog.). Paris, Lahure, 1911. (Don de l’Association.) 46989
- Barabino (S.-E.), Besio Moreno (N.). — Congreso cientifico inlernacional Americano 10 à 25 de Julio de 1910. Publicaciôn dirigida por los Ingenieros Santiago E. Barabino e Nicolas Besio Moreno. Volumen I. Relaciôn general del funcionamiento del Congresso (Republica Argentina. Centenario de la Révolution de mayo 1810-1910. Sociedad Gientifica Argentina) (in-8°, 205 X 170 de 632 p.). Buenos Aires, Imprenta de Coni Hermanos, 1910. (Don de la Sociedad Gientifica Argentina.) 47039
- Barbat (Gh.). — Dictionnaire pratique de Mécanique et d’Électricité, par Charles Barbat. Deuxième édition revue, corrigée et considérablement augmentée (in-8°, 220 X 150 de 1882-333 p., et 3 000 fig.). Paris, L. Geisler, 1911. (Don de l’éditeur.) 47034
- Bjornbo (A.-A.). — Katalog over erhvervelser af udenlansk Teknisk Litle-ratur ved Kobenhavns Kommunale- og Forenings-biblioteker 1910. Udgivet af Dansk Ingenior-forening ved Axel Anthon Bjornbo. Som Supplément til Statens accessionskatalog (in-8°, 225 X 150 de 24 p.). Kobenhavn, Graebes Bogtryk Keri, 1911. (Don de Dansk Ingeniorforening.) 46967
- École Centrale des Arts et Manufactures. Portefeuille des Travaux de vacances des Elèves publiés par la Direction de VÉcole. Année 1910 (Ministère du Commerce et de l’Industrie) (in-f°, 550 X 380 de 33 pl.). Paris, Imprimerie et Librairie des Arts et Manufactures. (Don de M. le Directeur de l’École Centrale.) 47008
- Hutte. — Hutte. Manuel de T Ingénieur. Nouvelle édition française du Manuel de la « Société Hutte », traduit par L. Demarest. Tome premier et Tome second (2 vol. in-18,185 X 130 de xxxn-1 322 p. et de xx-935 p., avec plus de 1 200 fig.). Paris et Liège, Gh. Béranger, 1911. (Don de l’éditeur, de la part de M. L. Demarest, M. de la S.) 47011 et 47012
- Journal de l’École Polytechnique, publié par le Conseil d’instruction de cet établissement. II0 série. Quinzième cahier (in-4°, 285 X 230 de 272 p., avec fig.). Paris, Gauthier-Villars, 1911. 47015
- Minutes of Proceedings of the Institution of Civil Engineers; witli other selected and abstracted Paper. Vol. CLXXX1II. 1910-11. Part I (in-8°, 215 X 145 de vm-440 p., avec 8 pl.). London, Published by the Institution, 1911. 46991
- Société industrielle de Saint-Quentin et de l’Aisne. Bulletin N° 56. 1910 (in-8°, 250 X 165 de 52 p.). Saint-Quentin, Imprimerie du Guetteur, 1911. 47016
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- Société industrielle de Saint-Quentin et de TAisne. Comité de Sucrerie et de Distillerie. Conférences données pendant l’année 1910. Huitième année. Conférences faites les 6, 13 mars et 10 avril 19/0, par M. Emile Saillard (in-8°, 250X165 de 125 p.). Saint-Quentin, Imprimerie typographique du Guetteur, 1911. 47017
- The John Crerar Library. Sixteenth Annual Report for the Year 1910 (in-8°, 255 X 170 de 66 p.). Chicago, Printed by Order of the Board of Directors, 1911. 47018
- Transactions of the American Society of Civil Engineers. Vol. LXX1. Mardi 1911 (in-8°, 225 X 150 de vr-463 p., avec xlu p].). New-York, Published hy the American Society. 46984
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- MEMBRES NOUVELLEMENT ADMIS
- Les membres nouvellement admis, pendant le mois de mai 1911, sont :
- Gomme Membres Sociétaires Titulaires. MM. :
- E. Basch, présenté par MM.
- L. Bellem, —
- E. Bornand, —
- E. Boucher, —
- H. Brussel, —
- G.-S. Chaussegros, —
- G. COLMONT, —
- G. CuMENGE, -
- A. Foillard, —
- E. Fromaget, —
- A. Gruardet, —
- J' Guérin, —
- A. Jacomet, —
- R. Joéssel, —
- E. Leroy, —
- G. Magne, —
- J.-M. Maselli, —
- M. Meslans, —
- B. POMERANTZEFF, —
- F. Rouet, —
- L. Sanyas, —
- J. Rey, Du Bois, L.-G. André. Bergeron, Gosse, Bouzanquet.
- J. Rey, Du Bois, L.-G. André.
- J. Carpentier, Belmère, Boyelle-Morin.
- L. Escande, A. Henry, Herrmann. J.-B. Chaussegros, Galezowski, P. Lévy.
- Bastien, Choffel, Grenon.
- Biard, Brochard, Goindet.
- E. Harlé, J. Rey, G. Dehenne.
- A. Duprat, Lejeune, Decout-Lacour. Tyrwhitt, Minot.
- Massalski, Gandlot, de Dax. Bergeron, Gosse, Bouzanquet.
- L. Mercier, Gall, J. Rey.
- J.-E. Giraud, Milson, Stofft.
- Baudet, Gandlot, Donon.
- J. Rey, Du Bois, L.-G. André.
- J. Carpentier, Gall, Gosse. Maschkauzan, L. Mercier, de Dax. Partiot, Schertzmann, J. Roulleau. Bartissol, Robert, Légé.
- Gomme Membres Sociétaires Assistants, MM, :
- Ch. Gandlot, présenté par MM. E. Gandlot, Massalski, de Dax. M. Triboulin, — Grosselin, Lorin, M. Meyer.
- Comme Membre Associé, M. :
- R. Tisserand, présenté par MM. Brille, de Traz, Bouchayer.
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- RÉSUMÉ
- DES
- PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES
- DU MOIS DE MAI 1911
- PROCES-VERBAL
- DE LA
- SÉANOB I>TJ S IVCA.I 1911
- Présidence de M. J. Carpentier, Président.
- La séance est ouverte à 8 heures trois quarts.
- Le Procès-verbal de la précédente séance est adopté.
- M. le Président a le regret de faire connaître le décès de MM. :
- G. de Saint-Phalle, ancien élève de l'École des Mines de Saint-Étienne (1848), membre de la Société depuis 1882, ancien directeur des usines de Mazières, à Bourges ;
- Ii.-J. Jéquier, ancien élève de l’École Centrale (1848), membre de la Société depuis 1859, ancien Ingénieur des Ponts et Chaussées du Gouvernement du Chili, Ingénieur-conseil de la Compagnie des Salitres d’Antofagasta (Chili) ;
- E. Chaudoir, ancien élève de l’École des Mines de Liège (1878), membre de la Société depuis 1897, administrateur-directeur de la Compagnie des Eaux de la Banlieue de Paris ;
- P.-Y. Piaud, ancien élève de l’École Polytechnique (1876), ancien Ingénieur en chef du Service technique du Bureau Veritas et ancien directeur général de la Société Française de Machines-Outils, chevalier de la Légion d’honneur ;
- E. Busschop, ancien élève de l’École Centrale (1849), membre de la Société depuis cette même époque, Ingénieur civil ;
- G. Chevalier, membre de la Société depuis 1908, imprimeur lithographe et typographe ;
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- F.-J. Porte, ancien élève des Arts et Métiers (Châlons, 1874), ancien secrétaire de M. A. Brüll, notre ancien Président;
- Enfin, M. Ch. de Hieronymi, membre de la Société depuis 1883 et qui, le 3 février dernier, avait été nommé Membre d’Honneur. A cette occasion, la carrière de M. de Hieronymi avait été rappelée. Né en 1833, il débutait comme Ingénieur à la Société des Chemins de fer Austro-Hongrois, dont il devint plus tard le directeur. Député, il fut, de 1893 à 1893, ministre de l’Intérieur du cabinet Tizza, puis ministre du Commerce de 1903 à 1903. L’année dernière, il avait accepté la lourde charge du Ministère des Travaux publics, du Travail et du Commerce de Hongrie. Il fut également, à plusieurs reprises, Président de la Société des Ingénieurs de Hongrie.
- Nous avons été avisés de son décès par notre collègue, M. G. de Hevesy, auquel nous avons adressé la dépêche suivante :
- » Très affecté par la triste nouvelle que vous nous transmettez, nous » vous prions d’exprimer à la famille de M. de Hieronymi la partconsi-» dérable que nous prenons à son deuil cruel. La Société des Ingénieurs » Civils de France souhaiterait vivement, si possible, d’être officielle-» ment représentée par vous-même aux obsèques de son regretté » Membre d’Honneur. »
- M. le Président adresse aux familles de ces Collègues les sentiments de profonde sympathie de la Société.
- M. le Président a le plaisir de faire connaître les décorations et nominations suivantes :
- Chevalier de la Légion d’honneur : M. F.-E. Baldauff ;
- Officiers de l’Instruction publique : MM. A.-L. Bérard, J.-II. Chaus-senot, S.-J. Boussiron et A. Taillefer ;
- Officier d’Académie : M. A.-L. Jacobson;
- Chevalier du Mérite Agricole : M. Ch. Séré de Rivières ;
- Officier de l’Ordre du Nichan-Iftikar : M. A.-J. Bourdariat.
- MM. H. Bouchayer, Mauaut, H. Casevitz P. Roger et Anthoine ont été nommés membres du Conseil de l’École Centrale des Arts et Manufactures ;
- La Société des Agriculteurs de France vient de décerner à notre collègue, M. Ch. Teilier, une médaille d’or pour ses travaux si remarquables sur le froid, travaux qui ont fait à leur auteur une réputation bien méritée ;
- L’Académie des Sciences a accordé à M. Rautlin de la Roy une médaille de bronze, au titre de calculateur attaché aux travaux relatifs au passage de la planète Yéuus devant le disque du soleil, en 1882.
- M. le Président adresse à ces Collègues les félicitations de la Société.
- M. le Président dépose sur le Bureau la liste des ouvrages reçus depuis la dernière séance. Cette liste sera insérée dans l’uu des prochains Bulletins.
- M. le Président fait connaître que le Comité, dans sa séance de ce jour, a nommé M. Ed. Légé Membre correspondant de la Société en Ser-
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- bie. M. Légé, qui se met entièrement à la disposition de ses Collègues, vient d’être nommé ^directeur général des Services techniques de la ville de Belgrade.
- M. le Président adresse les remerciements de la Société, comme l’ont d’ailleurs fait tous ses prédécesseurs, à M. Grosdidier, qui a versé, en réglant sa cotisation, une somme de 61 f au profit de notre fonds de secours. M. Grosdidier, depuis déjà de longues années, ne manque jamais de faire ce don généreux.
- M. le Président rappelle que MM. les Membres de la Société ont été avisés, par une circulaire complémentaire, de la modification apportée à l’ordre du jour de la séance de ce soir. En effet, M. Bochet, désirant donner connaissance des résultats d’essais importants qui vont avoir lieu prochainement, a demandé en dernier lieu de reporter sa communication à la séance du 2 juin. M. le Président adresse tous ses remerciements à M. Letombe, qui a bien voulu remplacer M. Bochet et présentera tout à l’heure une communication sur Les méthodes d’essais comparés des machines à vapeur et des moteurs à gaz.
- M. L. Lerrec a la parole pour sa communication sur un Complément à l’étude de la flexion dans les pièces de ciment armé (1).
- M. Lerrec a été conduit à proposer une seconde méthode de calcul de la flexion pour éviter la complication du tracé de segment de parabole, qu’exigeait sa première méthode dans le cas le plus général.
- Aujourd’hui, au contraire, le tracé d’une droite résoudra tous les cas : il suffira de disposer d’une épure, construite une fois pour toutes sur les principes suivants :
- Les pourcentages <p et la hauteur de ciment comprimé Z étant pris pour variables cartésiennes dans un triple système d’axes de coordonnées, les expressions de la force normale et du moment de flexion représentent des surfaces ; de même la relation F = o qui lie la force au M
- moment — = d, distance de la force à l’arête tendue.
- Ces surfaces (F en particulier) sont réglées et ont leur plan directeur parallèle au plan des pourcentages. Les alignements seront les projections sur ce plan de la génératrice mobile A (cotée -z).
- Toutes les données, toutes les hypothèses admises sont identiques à celles de la première étude.
- Les variations de d font tourner F autour d’une courbe fixe Gt de l’espace ; A s’appuie sur Cj et les projections de ces deux lignes sur le plan des cp se croisent au point de Cj coté z (le même z que A).
- Mais A esÇ tangent au contour apparent de F (en projection). Cette projection, mobile avec d, et dont chaque position peut porter la cote de la valeur de d qui la fixe, forme un faisceau C2.
- A tangent à la courbe C2 (qui porte la cote d du problème), passant
- (1) Voir Bulletin de janvier 1911, page 57, Étude générale de la flexion dans les pièces en ciment armé, et diverses communications du même auteur à l’Association Internationale pour l’Essai des Matériaux de construction.
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- d’ailleurs au point figuratif (x, y) de la section, fera lire la cote z à son passage sur Gt.
- Quand la fibre neutre tombe dans la nervure, la hauteur e du hourdis s’introduit dans les relations.
- Le faisceau de courbes d devient une ligne de points qui, en raison de la symétrie analytique entre les paramètres d et z' (= 1 — z) porte une échelle graduée commune à d et à z'.
- A devient la corde de cette ligne C3 joignant le point coté d au point coté z', et alignant avec ces deux points le point (x, y) figuratif de la section.
- Il y a autant de lignes C3 que de valeurs de e ; pratiquement, ces lignes sont des hyperboles équilatères égales.
- Après la détermination des fibres neutres, M. Lebrec passe à celles des fatigues maxima.
- Il reconnaît deux méthodes possibles : par la force et par le moment.
- a) La méthode par la force de flexion est dans le tracé de A tangente à une des courbes d’un faisceau de paraboles égales cotées et parallèle à une direction donnée (fonction de z). Ces courbes sont cotées en fonc-
- M M ds
- tion du paramètre ^4, Mx étant le rapport —et K la quantité E& — h.
- K oh du
- On en déduit immédiatement les fatigues par les rapports :
- Zy = V6 = K mz' z
- b) La méthode par le moment est très simplifiée par le choix pour
- N N
- deuxième variable cartésienne ou paramètre Nt étant le rapport —.
- Ici, A doit être tangente à une courbe fixe et parallèle à une direction donnée.
- Dans l’hypothèse où la fibre neutre est dans la nervure ou extérieure à la section il en résulte une légère modification dans le tracé de A, qui s’opère toujours d’ailleurs avec l’aide des mêmes courbes autrement utilisées.
- Pour conclure M. Lebrec pense que cette méthode est réellement pratique, car elle est générale et mathématiquement exacte, mais il rappelle qu’elle ne peut avoir plus de solidité que les hypothèses physiques sur lesquelles elle s’appuie ; or celles-là sont encore trop rudimentaires pour qu’on leur fasse pleine confiance.
- Au physicien d’abord de les améliorer, et, en contre-partie de ee devoir, à lui aussi, et à lui seul, le droit de régler le degré de crédit à accorder aux méthodes.
- M. le Président remercie M. Lebrec de sa communication et le félicite de la netteté avec laquelle il a analysé les méthodes qui l’ont amené à trouver les formules et les abaques dont il a donné connaissance. Il n’est pas douteux que ces méthodes soient susceptibles d’applications fort utiles.
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- M, Letombe a la parole pour sa communication sur les Méthodes d’essais comparées des machines à vapeur et des moteurs à gaz.
- M. Letombe dit que, lorsque l’on fait l’essai d’uue machine à vapeur ou d’un moteur à gaz, on peut se proposer, soit de vérifier simplement comment se fait la distribution, soit de déterminer la puissance disponible dans certaines conditions, soit de mesurer en même temps la puissance et la consommation des machines.
- En ce qui concerne le premier point, le meilleur moyen d’investigation est le relevé de diagrammes.
- Pour la machine à vapeur, on obtient ainsi des résultats précis. Pour le moteur à gaz, la lecture de diagrammes est moins facile, car ceux-ci peuvent être incorrects sans dérangement dans la distribution proprement dite et simplement du fait d’une mauvaise formation de mélange ou d’un allumage qui ne se fait pas exactement en temps voulu : ces relevés n’en sont que plus utiles et on peut s’étonner que la plupart des industriels ne s’en préoccupent pas.
- En ce qui concerne la détermination de la puissance des machines et de l’évaluation de leur consommation, on se contente généralement, pour les machines à vapeur, de s’en rapporter simplement au travail indiqué» Cet usage qui a prévalu, et qui n’avait pas d’inconvénient lors que la machine à vapeur n’avait pas de concurrent, ne laisse pas que de présenter des difficultés pour établir un parallèle entre les résultats donnés par les machines à vapeur et les moteurs à gaz.
- Les constructeurs de machines à vapeur font, il est vrai, observer que, pour passer au travail effectif, il suffit de relever des diagrammes à vide. Gette pratique est nettement à leur avantage, surtout dans le cas de machines à vapeur surchauffée, car les résistances passives sont moindres à vide qu’en charge.
- 11 reste, dans tous les cas, la difficulté de passer correctement de la consommation en vapeur à la consommation en charbon, étant donnée, en particulier, l’influence prépondérante de l’habileté du chauffeur sur le rendement des chaudières.
- On a proposé, pour rendre les comparaisons plus faciles, d’essayer les moteurs à gaz à l’indicateur comme les machines à vapeur et de déterminer également leur résistance passive par des diagrammes pris à vide.
- Gette manière de faire serait ici désastreuse pour les constructeurs, car les diagrammes à vide d’un moteur à gaz sont toujours déformés par des combustions lentes qui brûlent les huiles de graissage et font que, pour ce genre de machine, à l’inverse de ce qui se passe pour la machine à vapeur, les résistances passives sont incomparablement plus grandes à vide qu’en charge.
- Devant ces difficultés, on a dû se résoudre à ne faire la vérification de la puissance et de la consommation des moteurs à gaz pauvre qu’au frein et en charbon. Pour l’industriel c’est évidemment préférable.
- Mais les résultats donnés par les freins sont tenus souvent pour suspects, car ces appareils ont la réputation d’être instables.
- M. Letombe décrit un dispositif très simple, auquel il a été amené
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- après de nombreux essais, permettant de tenir un frein en équilibre stable pendant un nombre quelconque d’heures, quand le régime de marche est établi.
- Malgré la difficulté des comparaisons, on peut estimer qu’actuelle-ment, en tenant compte des consommations et de la valeur des combustibles, on peut obtenir, hors Paris, le cheval-heure effectif, au prix de 0,018 f avec d’excellentes machines à vapeur ou avec des moteurs à combustion utilisant des huiles de goudron de houille, 0,015 f avec des installations à gaz pauvre alimentées de charbon maigre, et 0,01 f quand on se sert, dans ce dernier cas, comme combustible, de grésillons de coke.
- Pour arrivér à des pareils résultats dans l’un ou l’autre cas, il faut naturellement des installations très bien conduites.
- M. le Président remercie M. Letombe de sa communication qui a attiré l’attention des auditeurs sur différents points qui sont souvent insuffisamment connus de ceux qui utilisent ces machines.
- En effet, l’emploi des moteurs à gaz se développe de plus en plus et beaucoup de ceux qui les utilisent se trouvent souvent aux prises avec des difficultés de détail dont il leur serait aisé de triompher s’ils avaient une notion plus exacte des phénomènes complexes et variés qui se passent à l’intérieur de ces moteurs. C’est donc un véritable service que M. Letombe a rendu en signalant l’importance que peuvent prendre, à un moment donné, de simples réglages faciles à réaliser.
- Il est donné lecture, en première présentation, des demandes d’admission de MM. E. Basch, L. Bellem, E. Bornand, H. Brussel, C. Chaussegros, A. Foillard, A. Gruardet, J. Guérin, A. Jacomet, J.-M. Maselli, M. Meslans, F. Rouet, E. Boucher, comme Membres Sociétaires Titulaires ; de
- M. Ch. Candlot, comme Membre Sociétaire Assistant, et de
- M. R. Tisserand comme Membre Associé.
- MM. G. Golmont, G. Cumenge, Ed. Fromaget, R. Joëssel, F. Lerc, G. Magne, B. Pomorantzeff, L. Sanyas sont admis comme Membres Sociétaires Titulaires et
- M. M. Triboulin, comme Membre Sociétaire Assistant.
- La Séance est levée à 10 heures 35.
- L’un des Secrétaires techniques,
- P. Bouzanquet,
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- PROCÈS-VERBAL
- DE LA
- SÉANCE Ï>T7 19 MCAI 191 1
- Présidence de M. J. Carpentier, Président.
- La séance est ouverte à 8 heures trois quarts.
- Le Procès-verbal de la précédente séance est adopté.
- M. le Président a le regret de faire connaître le décès de MM. :
- Gh. Bouilhet, membre de la Société depuis 1858, ancien élève de l’Ecole Centrale (1851), officier de la Légion d’honneur, vice-président de l’Union centrale des Arts décoratifs, gérant de la Société Ghristofle ;
- J.-M. Chabert, ancien élève de l’Ecole Centrale (1906), membre de la Société depuis 1909, Ingénieur aux Sociétés de location et de construction de wagons de grande capacité, système Arbel ;
- G.-J. Chadapaux, ancien élève de l’Ecole Centrale (1892), membre de la Société depuis 1899, associé de la maison Noël Chadapaux, appareils d’assainissement ;
- G. de La Vallée Poussin, membre de la Société depuis 1892, Ingénieur de la Compagnie des Eaux ;
- M. Poulot, ancien élève des Arts et Métiers (Châlons 1887), membre de la Société depuis 1904, manufacturier de produits et machines pour le polissage ;
- A. Petitjean, ancien élève de l’Ecole des Mines de Paris (1854), chevalier de la Légion d’honneur, membre de la Société depuis 1855, a été attaché à la Compagnie du Chemin de fer du Nord;
- G. Chevalier, ancien élève de l’Ecole Centrale (1868), membre de la Société depuis 1879, chevalier de la Légion d’honneur, Ingénieur en chef à la Compagnie des Chemins de fer Départementaux, administrateur des Chemins de fer de Paris à Arpajon ;
- A. Raquez, membre de la Société depuis 1899, Ingénieur de la maison Jean Crepelle et Gie, constructeurs de machines à vapeur à Lille.
- F. -E. Williams, membre de la Société depuis 1892, administrateur-délégué de la Société de Touage et de Remorquage ;
- E.-A. Vignes, ancien élève de l’Ecole Polytechnique (1868), membre de la Société depuis 1901, chevalier de la Légion d’honneur, Ingénieur en chef honoraire des Chemins de fer de l’Ouest ;
- G. Masson, ancien élève de l’Ecole Centrale (1860), membre delà
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- Société depuis 1869, Ingénieur aux Etablissements métallurgiques d’Onnaing.
- M. le Président adresse aux familles de ces Collègues l’expression des sentiments de profonde sympathie de la Société.
- M. le Président a le plaisir de faire connaître que M. H.-G. Béliard a été nommé Chevalier de la Légion d’honneur.
- Tous ceux d’entre les Membres de la Société, et ils sont nombreux, qui ont eu l’occasion de faire des excursions en Belgique et d’y rencontrer leur Collègue, M. Béliard, se rappellent avec quelle amabilité celui-ci s’est toujours mis à leur disposition.
- Conseiller du Commerce extérieur, Ingénieur-conseil près des Tribunaux, Ingénieur Directeur de la maison de constructions Béliard, Crigh-ton et Cie, notre Collègue s’est depuis longtemps fixé à Anvers. Il occupe dans cette ville une haute situation et y est Président de la Chambre de Commerce française d’Anvers, des deux Flandres et du Limbourg. La distinction qui vient de lui être accordée est une juste récompense des services si nombreux que M. Béliard a rendus, en se consacrant à développer à l’étranger l’influence française.
- M. le Président est heureux d’être l’interprète de la Société en lui adressant toutes ses félicitations.
- M. le Président adresse les remerciements de la Société à M. Grosse-teste qui a fait don, au profit du fonds de secours, d’une somme de 100 f.
- M. le Président dit que, par décret, en date du 11 mai 1911, paru au Journal Officiel, du 14 mai, le Conseil général des Bâtiments civils, qui vient d’être réorganisé, comprendra dorénavant, parmi ses Membres temporaires nommés pour deux ans, deux membres de la Société des Ingénieurs Civils de France, désignés par le Ministre des Travaux Publics.
- M. le Président, au nom du Comité, propose la nomination, comme Membre d’Honneur, de M. d’Arsonval. M. le Président dit qu’il ne croit pas utile de faire devant l’assistance l’éloge de ce savant dont le nom est, on peut dire, tout à fait populaire. Non seulement, en effet, M. d’Arsonval, dans la généralité de ses connaissances, a embrassé une vaste portion du domaine de la Science, mais, aidé d’un esprit clair et d’un véritable don de parole, il a profité de toutes les occasions pour vulgariser devant de nombreux auditoires, les grandes questions d’actualité. Inventeur fécond et expérimentateur habile, il a jeté dans le champ des applications industrielles de précieuses semences et il n’est pas d'ingénieur qui n’ait pas été appelé à en récolter les fruits. En l’attirant à elle, en lui assignant dans son sein le rang qu’il mérite, la Société des Ingénieurs Civils, fera une recrue non moins digne de sympathie que de haute estime.
- Le XIIe Congrès international de Navigation aura lieu, à Philadelphie, en juin 1912. Il durera probablement une semaine.
- Une première circulaire et une série de documents relatifs à ce Congrès sont déposés à la Bibliothèque.
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- M. le Président dépose, sur le Bureau, la liste des ouvrages reçus. Cette liste sera insérée dans l’un de nos prochains Bulletins.
- M. E.-L. Cortiiell a fait parvenir une série de documents inédits : photographies, cartes, etc., concernant la construction du canal de Panama. Ces documents, très intéressants, sont déposés à la Bibliothèque de la Société où ils peuvent être consultés jusqu’au 1er juin prochain, date à laquelle M. Corthell doit les reprendre.
- M. le Président signale dans la salle la présence de M. H. Le Chatelier, Membre d’honneur de la Société, auquel il est heureux de souhaiter la bienvenue.
- Invité à prendre place sur l’estrade, M. Le Chatelier a demandé à rester au premier rang des auditeurs pour pouvoir mieux entendre M. Guillet.
- M. L. Guillet a la parole pour sa communication sur Les progrès des métallurgies autres que la sidérurgie et leur état actuel en France (deuxième partie) : Zinc, étain, antimoine, bismuth, nickel, cobalt.
- M. L. Guillet indique qu’il suivra un plan analogue à celui de sa communication de décembre dernier, mais qu’il laissera dans l’ombre, faute de temps, de nombreux points traités dans le mémoire, notamment les métallurgies secondaires du bismuth et du cobalt.
- M. L. Guillet étudie d’abord la métallurgie du zinc et en rappelle les trois phases : préparation de l’oxyde (calcination des calamines, grillage des blendes), réduction de l’oxyde et condensation du zinc obtenu sous forme de vapeurs, affinage du zinc brut.
- Métallurgie du zinc. — Progrès dans le grillage de la blende. — En Europe, on n’utilise que des fours à moufles (moufles superposés ou moufle unique à soles superposées) ; un type récent et perfectionné est le four Delplace très utilisé en Belgique ; il est caractérisé par une récupération (circulation de l’air dans le massif), par un chauffage de Pair de grillage et par l’emploi de moufles où se cokéfie la ( houille, avant d’être brûlée sur la grille. Ce four ne consomme, que 90 à 120 k de combustible pour 15 t grillées par vingt-quatre heures.
- En Amérique, où la main-d’œuvre est très coûteuse, où le marché de l’acide sulfurique est peu intéressant, on grille la blende dans des fours mécaniques ; les fours Brown, Merton et Edwards sont décrits d’après des installations toutes récentes des États-Unis et d’Australie ; il faut aussi attirer l’attention sur des fours mécaniques à moufles qui prennent actuellement une grande extension, notamment dans le Kansas.
- Progrès dan§ les appareils de réduction. — La classification des fours à zinc peut être faite soit d’après le ^nombre et la disposition des creusets (fours silésiens, belges et rhénans), soit d’après le mode de chauffage (avec ou sans récupération, à grille ou à gazogène).
- M. Guillet fait ressortir l’importance des fours à récupération à inversion qui ne donnent pas les mécomptes que l’on croit. Il cite les usines de Stolberg, d’Overpelt, de Budel, de Mortagne, etc.
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- Les avantages de ces fours sont les suivants :
- Quantité de combustible moindre (1 000 à i 100 k à la tonne de minerai traitée) ;
- Température plus régulière, si ce n’est plus élevée (1500 —1550 dans le laboratoire) ;
- Probablement usure moindre des creusets et moins de pertes en zinc (dans le résidu) ;
- Le dernier type de fours à récupération est celui de Dor, utilisé à Budel.
- 11 en est donné une description détaillée avec plans. La consommation de charbon y tombe à 900 k par tonnes de minerais.
- Le four à cornue verticale de Birkenkang constitue assurément la grosse nouveauté ; un schéma permet de saisir ses avantages : diminution de main-d’œuvre et dë temps de chargement; diminution de l’usure du creuset (durée 100 charges au lieu de 30 en moyenne) ; de plus, le rendement en zinc est bien plus élevé (pertes totales 5 0/0 au lieu de 10 0/0).
- Il est signalé que tous les essais, même les plus récents, de réduction au four à cuve ont échoué ; ceci ne fait que confirmer les expériences faites en 1877 par le regretté Lencauchez.
- La méthode du convertisseur actuellement proposée et pas encore réalisée semble pleine d’écueils.
- Reste l’électrométallurgie qui parait devoir donner des résultats, malgré l’échec de certains procédés. L’usine de Trohlœtan fait du zinc dans le four Laval et les essais de Cote et Pierron (réaction du fer sur la blende, avec élimination préalable du plomb) sont fort intéressants.
- Progrès dans les accessoires de fours. — M. Guillet passe successivement en revue les gazogènes, les appareils de chargement (nouvel appareil Dor utilisé à Budel, etc.), la fabrication des creusets (nouvelle presse Dbr, qui supprime l’air interposé et donne des creusets plus sains; creuseterie de Noyelles-Godault tout récemment construite, etc:).
- Progrès dans l’utilisation des résidus. — Les résidus ont profité des progrès faits dans le lavage des minerais (laverie de Corphalie). A signaler l’emploi de la poudre de zinc pour la shérardisation (cémentation par Zn à 300 degrés).
- Progrès dans l’affinage du zinc brut. — Les méthodes suivies sont :
- 1° La liquation (anciennement cuves; actuellement réverbères) ;
- 2° La distillation (utilisée aux Etats-Unis où ces fours sont chauffés par des gaz naturels) ;
- 3° L’électrolyse (utilisée seulement à l’usine Brunner, Mond et Cie; celle de Silésie n’existe plus) ;
- 4° Le procédé Hopkins, tout récemment créé, qui consiste dans l’interposition d’un filtre en matières réfractaires ou carbonacées entre le creuset et le condenseur. Inconvénient : usure plus rapide des creusets.
- - Etat actuel de la métallurgie du zinc en France. — Les usines sont au nombre de six ;
- Viviez (Aveyron), à la Vieille-Montagne; Auby (Nord), à la Compa-
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- gnie Asturienne des Mines; Noyelles-Godault (Pas-de-Calais), à la Société des Mines de Malfidano; Mortagne (Nord), Saint-Amand (Nord) et Creil (Oise).
- Des détails sont donnés sur chaque usine et un tableau résume leur marche.
- En 1909, la production française a été de 60 016 t sur une production mondiale de 783 200 t. La même année, la consommation française a été de 66 900 t.
- Métallurgie de l’étain. — Elle est essentiellement basée sur la réduction de la cassitérite par le carbone, opération qui se fait généralement en réverbère.
- M. Guillet signale les progrès dans la préparation du minerai et surtout dans son grillage (four mécanique, comme le four Brown).
- Le chauffage des réverbères se fait, de plus en plus, par gazogène avec récupération.
- La grosse question à l’ordre du jour est le désétamage des résidus de fer-blanc; il y a trois procédés qui sont successivement décrits : au chlore, à la soude et aux sulfures alcalins.
- L’état actuel de la métallurgie de l’étain en France est peu de chose :
- Deux usines traitent le minerai : Hubin, au Havre et, depuis peu, la Société Électrométallurgique de Dives.
- Une usine désétame au chlore, à Lyon; mais Di\es se monte pour le traitement aux sulfures.
- Métallurgie de l’antimoine. — Le minerai d’antimoine, la stibine, Sb2S3, est traité par deux des méthodes de voie sèche applicables aux sulfures: grillage et réaction, d’une part; précipitation, d’autre part. Dans la première méthode, il y a trois phases : grillage oxydant et volatilisant; condensation de l’oxyde Sb203; réduction de l’oxyde.
- Progrès dans le grillage. — Après avoir montré les conditions du grillage volatilisant qui a pour but d’obtenir Sb203 (et non Sb204)? M. Guillet donne la description du four Ghatillon, qu’il a vu fonctionner tout récemment à Blesles; c’est, bien entendu, un four à cuve non soufflé; mais il pêrmet d’épuiser complètement le minerai (question importante non seulement au point de vue rendement, mais aussi pour le traitement ultérieur des scories généralement aurifères, du moins en France) par l’usage de deux cubilots superposés, de fondre les menus sur des soles placées à la partie supérieure et de réchauffer l’air qui intervient dans le cubilot supérieur. De plus, le décrassage se fait mécaniquement.
- On insiste particulièrement sur la différence entre la marche des usines italiennes (minerais à gangue calcaire, d’où pertes de métal sous forme d’antimoniate) et celle des usines françaises (minerais à gangue siliceuse) ; la solution proposée d’un mélange des deux sortes de minerais semble absolument déraisonnable, puisqu’il apparaît comme nécessaire d’avoir des scories infusibles pour ne pas obstruer le passage de l’air.
- Progrès dans la condensation. — Les appareils de condensation sont * passés en revue : grandes chambres à chicane ; tubes avec ou sans ai-
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- lettes ; échangeurs à tubes multiples ; ventilateurs avec injection d’eau froide et bouillante, filtres et bag-house.
- On insiste tout spécialement sur les filtres en étoffe avec l’ancienne disposition de la Société franco-italienne et les filtres en amiante qui représentent le dernier perfectionnement. Plusieurs installations sont décrites, notamment celle de Blesles.
- Progrès dans la réduction. — Cette opération se fait toujours en réverbère. Le seul progrès à noter est le chauffage de ces fours par les flammes perdues des fours à cuve, disposition qui a été vue à Brioude et à Blesles.
- Progrès dans la méthode de précipitation. — La marche actuelle diffère totalement de l’ancienne : on ne fait presque plus le traitement au creuset. On utilise le reverbère dans lequel on fait tout d’abord un bain de FeS sur lequel on jette la stibine et le fer. Les métaux précieux se partagent entre FeS et le premier antimoine formé ; on peut donc faire une marche en bottom.
- M. Guillet établit une comparaison entre les deux procédés, montre que la méthode de précipitation (utilisée en Angleterre) n’est intéressante qu’avec les menus, qu’elle donne des produits très impurs et que toute la supériorité reste à la méthode française (grillage et réduction).
- Etat actuel de la métallurgie d’antimoine en France. — Au point de vue économique, il faut insister sur le rôle important de notre pays qui produit le quart de la production mondiale (la Lucette, à elle seule, le huitième).
- Les usines françaises se divisent en trois groupes :
- La Lucette, près de Laval ;
- Le groupe du plateau central (Brioude, Blesles, Massiac, Collet de Dèze) ;
- L’usine de la Roche-Tréjoux, en Vendée.
- La marche des principales usines est décrite en détail.
- «as
- Métallurgie du nickel. — M. Guillet fait d’abord ressortir l’importance des minerais du Canada (minerais de Sudbury et du district de Cobalt, ces derniers très argentifères) qui gagnent chaque jour du terrain sur la garniérite.
- Traitement de la garniérite — Après avoir rappelé l’ancien traitement (fusion au haut fourneau et affinage) qui a été pratiqué à Nouméa, de 1879 à 1885, on décrit la méthode actuelle qui comprend cinq phases :
- 1° Fusion pour mattes en water-jacket avec matière sulfureuse (anhydride, charrées de soude, etc.). On ne peut utiliser les grands water-jackets modernes. De plus, il faut une faible hauteur et du vent froid (sans quoi, production de fer en trop grande abondance). Bas d’avant-creuset, qui donne une mauvaise séparation de la matte et de la scorie.
- , Tous détails sont donnés sur cette opération et le briquetage antérieur du minéral.
- 2° Convertissage pour déferrer. On utilise des petits convertisseurs de 250 kg;
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- 3° Grillage de la matte en deux phases : 1° S = 4 0/0; 2° S = O sensiblement. Utilisation de four à pelletage continu;
- 4° Mise en pain de l’oxyde ainsi obtenu (addition de fécule) ; réduction en four à moufles (verticaux ou horizontaux), chauffés au gaz avec récupération ;
- 5° Affinage, s’il y a lieu, par addition de magnésium (0,5 0/00).
- Il est donné tous détails intéressants sur ces différentes opérations avec dessin des divers appareils. L’exposé se termine par des plans d’ensemble d’usines soit pour mattes (cas de la Nouvelle-Calédonie), soit pour métal.
- L’électrométallurgie semble donner des résultats ; on obtient généralement un ferro-nickel à 40 0/0 ; on est allé parfois jusqu’à 70 0/0. Mais il est très difficile de se mettre à l’abri du silicium. Toutefois, une usine fonctionne déjà en Nouvelle-Calédonie; une autre s’édifie.
- Traitements des minerais de Sudbury. — Ces minerais sont des pyrites cuivreuses et nickelifées. Ils sont traités pour mattes (pas d’addition de matières sulfureuses) ; celles-ci sont déferrées et traitées soit pour cupronickel (Monel métal à 70 0/0 Ni, 29 0/0 Cu, 1 0/0 Fe qui donne : R = 60, E =: 31, A 0/0 = 28, S = 60) ou pour nickel et cuivre. Alors la séparation se fait soit par électrolyse, soit par l’acide sulfurique qui dissout d’abord Cu. La tendance actuelle paraît être à l’électrolyse des mattes. Il est donné des détails sur ce point.
- Traitement des minerais du district de Cobalt. — Ce sont des arséniures de nickel et cobalt très argentifères. Leur traitement est très difficile : les méthodes de chloruration, d’emplombage et de formation de speiss ont donné de mauvais résultats. On fait à l’heure actuelle de l’encuivrage qui facilite la formation du speiss et celui-ci est électrolysé : on obtient de suite Cu pur ; As tombe en partie sous forme de boue ; Ni et Co restent dans le bain, d’où on les extrait ensuite.
- Procédé Mond. — Il est utilisé dans une usine de Swansea qui reçoit les mattes déferrées du Caüada.
- Les opérations soût les suivantes :
- 1° Traitement pour Cu par SOTi2 ;
- 2° Réduction du résidu par H (gaz à l’eau) à 300 degrés (appareils nommés réducteurs) ;
- 3° Yolatilisateur de Ni pur CO sous forme Ni(CO)'f (volatilisateurs) a 100 degrés ou plus.
- Cette opération n’enlevant pas tout le Ni de suite, la matière va, pendant huit à quinze jours, du réducteur au volatilisateur et vice versâ;
- 4° Décomposition du nickel carbonyle à 180 degrés, dans le dissocia-teuT. s
- Ceci se fait en présence de nodules de Ni sur lesquelles le métal se dépose en couches concentriques.
- On donne la description complète de l’usine qui fait ce traitement.
- État actuel de la métallurgie du nickel. — M. Guillet donne la liste des usines produisant le nickel dans le monde entier et la production des differents pays. Il insiste à nouveau sur la lutte entre le Canada et kr
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- Nouvelle-Calédonie et l’influence que peuvent jouer les minerais du district de Cobalt, eu égard à leur teneur en argent.
- En terminant cet exposé, dans lequel il n’a pu développer que quelques-uns des points les plus marquants de son mémoire, M. Guillet tient à adresser l’expression de sa très vive gratitude aux administrateurs, directeurs et ingénieurs des usines françaises et étrangères qui l’ont si bien accueilli.
- Dans une dernière communication, il envisagera la métallurgie du mercure, de l’aluminium, du magnésium, de l’or, du platine et de tous ces métaux dits réfractaires, que l’industrie utilise sur une si vaste échelle-(manganèse, chrome, tungstène, etc.). Peut-être même sera-t-il conduit à revenir sur la question du cuivre, car il part enjuindansle Harz.
- M. le Président dit que les applaudissements qui ont éclaté à la suite de la brillante conférence de M. Guillet témoignent de l’intérêt très grand que tout le monde y a pris.
- L’érudition, la facilité d’élocution et la clarté d’exposition du conférencier ne manquent pas de donner à chacun l’illusion que, en sortant de la salle, il emporte, définitivement fixées dans son cerveau, les con-naissapces dont il vient d’entendre le lumineux exposé. Quel dommage que ce ne puisse être une réalité !
- M. le Président adresse à M. Guillet ses vifs remerciements et le complimente sur son talent oratoire, bien digne du Professeur émérite qu’il est..
- Il est donné lecture, en première présentation, des demandes d’admission de MM. G. Avot, A. Bobe, L. Bourgeois, G. Carli-Basset,
- D. Demarne, M. Didier, P. Engelhardt, E. Fouqué, R. Laederich,
- E. Multzer O’Naghten, H. Regnard, J. Sillard, H. d’Escatha, comme Membres Sociétaires Titulaires;
- de MM. L. Berguérand, M. Parmentier, comme Membres Sociétaires Assistants, et de :
- M. A. Farradesche, comme Membre Associé.
- MM. E. Basch, L. Bellem, E. Bornand, H. Brussel, G. Chaussegros, A. Foillard, A. Gruardet, J. Guérin, A„ Jacomet, J.-M. Maselli, M. Mes-lans, F. Rouet, E. Boucher, sont admis comme Membres Sociétaires Titulaires ;
- M. Ch. Candlot est admis comme Membre Assistant, et :
- M. R. Tisserand, comme Membre Associé.
- La séance est levée à 11 heures et demie.
- L’un des Secrétaires techniques,
- P. Bouzanquet.
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- LA RÉGION DE LA LOIRE
- SON ÉTAT ACTUEL, SON AVENIR"
- PAR
- M. F1. GODARD
- Le port et la ville de Nantes présentent de tous côtés les signes d’un mouvement industriel intense et d’une prospérité indiscutable. Ici, ce sont des navires ancrés au milieu du port, attendant qu’ils puissent trouver une place le long des quais devenu^ insuffisants malgré leur développement continu. Là, ce sont des usines immenses dont la construction vient d’être terminée. Plus loin, ce sont des terrains que l’on fait sortir des eaux de la Loire, en y déposant les déblais provenant de l’approfondissement du lit du fleuve et sur lesquels s’élèveront demain de nouvelles usines.
- Chose remarquable, cette situation brillante date pour ainsi dire d’hier. Il y a trente ans, le port de Nantes ne recevait que des voiliers et des petits vapeurs, la profondeur d’eau de la Loire ne permettant pas l’accès à de plus grosses unités. Les industries existantes vivaient péniblement.
- C’est alors que l’on mit en service le canal latéral à la Loire, de la Martinière au Carnet, par le travers du seuil le plus élevé de la Basse-Loire, en même temps qu’on améliorait le cours du fleuve, en amont et en aval, par un ensemble de travaux bien conçus et méthodiquement exécutés.
- Par ailleurs, des hommes d’énergie et de dévouement parvenaient à réunir toutes les bonnes volontés et toutes les initia-\
- tives de la région nantaise dans une coopération admirable ayant pour seul objectif les inlérêts de leur cité.
- Sans distinction de parti, tous ont su, pendant de longues années — et savent encore, aujourd’hui que le succès est venu
- (1) Voir procès-verbal de la séance du 7 avril 1911, page 466.
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- couronner leurs efforts— éviter les luttes stériles de la politique et faire taire leurs préférences personnelles dès que les intérêts généraux de leur ville et de leur port étaient enjeu.
- Le port de Nantes, qui ne recevait, avant l’ouverture du canal maritime, que des navires de 4,60 m de tirant d’eau, donne maintenant accès à'des navires de 6 m de tirant d’eau, avec 6,60 m et même 7 m aux marées favorables.
- Les résultats du nouveau trafic sont véritablement surprenants :
- Jauge des navires fréquentant le port :
- 1880 ........ 300000t
- 1890 ......... 390 000
- 1900 ....... 900000
- 1910 . 1600 000
- Poids des marchandises (trafic maritime) :
- 1880 ......... 290 000 t
- 1890 ........... 360 000
- 1900 ....... 880000
- 1910 ....... 1660000 auxquelles il
- faut ajouter environ 120 000 t venues par gabares.
- Le trafic du premier trimestre 1911 est déjà en augmentation de 100 000 t sur celui de l’année dernière, et il semble que les 2 millions de tonnes doivent être sûrement atteints l’année prochaine.
- Trafic des chemins de fer :
- 1890 ....... 680000 t
- 1900 ....... 1160000
- 1910 ....... 1800 000
- Chiffre d'affaires à la Banque de France :
- 1886 .......... 117 millions.
- 1890 .......... 146 —
- 1900 ....... 260 —
- 1910 . ........ 402 —
- Chevaux-vapeur dans le département :
- 1880 . . .. . . . . 6000 ch
- 1890 ....... 12 600
- 1900 ......... 28 000
- 1910 ........... 60000
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- Fie. 1. — Plan de la ville et du port de Saint-Nazaire.
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- En présence d’une poussée si intense, le canal, limitant le tirant d'eau, la largeur, la longueur et la vitesse de montée des navires est devenu insuffisant. Les travaux réussis entre Nantes et la Martinière et entre le Carnet et la mer, ont prouvé qu’il est possible d’aménager complètement la Loire maritime.
- Le nouveau plan, voté en 1902 par le Parlement, comporte l’aménagement de la section intermédiaire (en remplacement du canal) pour 22 millions de francs, dont 11 millions fournis par les intéressés. Bien que les fonds fussent prêts depuis le vote de la loi, les lenteurs administratives n’ont pas permis de commencer les travaux avant l’année dernière. Cependant le résultat est tel que les navires ne prennent déjà plus le canal! L’année prochaine on montera avec 6,50 m de tirant d’eau à toute marée et l’année suivante avec 7 m (21 pieds). On espère même arriver à 8 m. On termine en toute hâte 500 m de quais nouveaux (1), qui sont retenus avant même leur mise en service. On ne peut s’arrêter dans la voie du progrès : les quais deviennent insuffisants ainsi que leur outillage, le fond du pont risque de s’envaser, les frais d’entretien du fleuve sont excessifs.
- De là le nouveau projet de 28 millions que vient d’approuver le Conseil général des Ponts et Chaussées et pour lequel la ville, la Chambre de commerce et le département versent 14 millions. Il comprend :
- 1° 2 km de quais nouveaux;
- 2° Une vaste forme de radoub;
- 3° La destruction des vieux ponts de Nantes qui forment barrage à la montée du flot, leur remplacement par des ponts modernes et l’aménagement de la Loire jusqu’à Oudon en un réservoir libre pour la marée. Actuellement, aux faibles marées, il ne remonte en amont des ponts de Nantes que 700 000 à 800 000 m3 d’eau. Après l’exécution des derniers travaux, il en montera un minimum de 8 millions de mètres cubes qui s’élèvera jusqu’à 20 millions aux grandes marées. Ce coup de balai bi-quotidien entretiendra le port, le fleuve et ne pourra qu’améliorer la situation de la barre des Charpentiers elle-même.
- Parallèlement au développement du trafic maritime, s’élargit la production industrielle et agricole de la région. Les minoteries, biscuiteries, fabriques de conserves, l’ensemble des industries alimentaires, le commerce des vins, la consommation
- (1) Chantenay, Roche Maurice.
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- croissante d’un groupe de 350 usines occupant 50000 ouvriers, ont donné à l’agriculture un coup de fouet formidable. En échange de ses produits elle demande des machines agricoles, dont la construction est une fortune; elle a fait de Nantes le premier port de France pour l’importation des phosphates. Quelle belle leçon pour ceux qui nient l’identité des intérêts agricoles, commerciaux et industriels! Le Conseil général rural l’a comprise et ne ménage pas ses efforts.
- Pendant que la ville de Nantes poursuivait l’amélioration de son port et de l’accès de la Loire maritime, la ville de Saint-Nazaire né restait pas inactive.
- Les anciens travaux du port, remontant les uns à 1856, les autres à 1881, s’étaient tout naturellement trouvés insuffisants en présence de l’augmentation continue des dimensions des navires.
- Ces travaux comprennent :
- 1° Le vieux bassin de Saint-Nazaire commencé en 1837 et terminé en 1856. 11 a une superficie de 10,54 ha avçc un développement de 1 519 m de quais et une profondeur de — 4,37 m, l’entrée des écluses étant seulement à — 3,37 m;
- 2° Le bassin de Penhouët, inauguré en 1881; sa surface est de 22,50 ha, avec 2690 m de quais, une profondeur de — 4,07 m; il communique avec le vieux bassin par une écluse dont le radier était à — 3,37 m (fig. 4):
- Les grands navires ne pouvaient entrer dans les bassins qu’à marée haute, parce que la grande écluse ne possédait pas de sas; il en résultait que le plan d’eau intérieur était toujours inférieur au niveau de la haute mer et devenait insuffisant dans les marées de morte-eau pour éviter l’échouage des navires un peu importants. En outre, Peau entrant dans les bassins amenait avec elle, à chaque marée, une quantité de vase importante, dont le niveau s’élevait malgré les dragages.
- En présence de cette situation, une loi du 20 février 1896 autorisa rétablissement d’une nouvelle entrée. Cet ouvrage comporte un avant-port et un sas. Le fond de l’avant-port est dérasé à — 6,07 m,'en communication avec les grands fonds de la rade par une ouverture de 120 m entre les musoirs' des jetées-abris. La longueur de l’avant-port est de 500 m environ dans la direction de l’axe du sas.
- Le sas, dont le radier est également à la cote de — 6,07 m, a au maximum 214 m de longueur utile entre les portes, avec
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- Soudains -exécuté© àla fin do la. Cam£
- P an et coupe de la Barre des Charpentiers
- Fig. 2
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- une largeur de 30 m. L’ensemble des ouvrages est complété par un quai d’escale de 250 m, le long de la jetée Est, à l’intérieur de l’avant-port. Au pied de ce quai, le sol a été dérasé à la cote de — 8,07 m sur 30 m de largeur.
- Ces nouveaux travaux furent inaugurés le 23 septembre 1907.
- En même temps que l’on exécutait la nouvelle entrée, on se préoccupait d’approfondir la barre des Charpentiers située à 5 milles environ en aval de Saint-Nazaire. Les dragages faits jusqu’ici ont amené le fond de cette barre à la cote —7, c’est-à-dire environ 1 m en dessous de la cote des nouveaux ouvrages (fîg. %).
- Mais, à peine cette entrée était-elle en service, qu’on reconnaissait la nécessité impérieuse d’un nouvel effort. Le vieux bassin de Saint-Nazaire communiquait, en effet, avec le grand bassin de Penhoët et les formes de radoub qu’il contient, par un pertuis de 25 m de largeur seulement, insuffisante pour donner passage aux cuirassés modernes.
- En 1906, la construction de deux des cuirassés de 18 000 t, le Diderot et le Condorcet, ayant été confiée aux deux Sociétés de Penhoët et des Ateliers et Chantiers de la Loire, il fallut aviser de toute urgence.
- Les deux Sociétés intéressées, la Chambre de Commerce et l’Etat fournirent les fonds nécessaires à l’exécution des nouveaux travaux. On décida de porter à 30 m la largeur du pertuis, d’araser son radier à la cote —4,37 qui est celle du fond du bassin et en même temps de transformer la plus grande des trois formes de radoub en lui donnant les dimensions suivantes : 30 m de largeur entre bajoyers, 34 m au plafond et 220 m de longueur. La forme ainsi modifiée peut recevoir utilement des navires de plus de 29 m de largeur, 225 m de longueur hors tout et même de 231. m au prix d’un travail très peu important pouvant être exécuté rapidement en cas de besoin. Cette forme est entrée en service au mois de mai dernier (jîg. •/, pl. 9). Elle est la seule en France pouvant recevoir les cuirassés de 23400 tx en cours de construction. Elle serait parfaite si les pompes d’épuisement n’étaient pas d’un modèle suranné et d’un débit absolument insuffisant.
- La nouvelle entrée est arasée à la cote —6,07 m, le fond des bassins à —4,37 m. Le seuil de la grande forme est resté à — 3,57 m, sa cote primitive. Si donc les nouveaux travaux permettaient bien de faire passer des navires de 8,50 à 9 m de
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- tirant d’eau dans les bassins, ceux-ci ne pouvaient les recevoir à toutes les marées par suite de l’insuffisance de leur profondeur — 4,37 m ; la forme de radoub avec sa cote de—3,37 pouvait encore moins être utilisée pour les mêmes bâtiments.
- Ne pouvant pratiquement dérasei* le fond des bassins ni le seuil de la forme, les Ingénieurs prirent le parti de relever artificiellement la hauteur du plan d’eau. Cette amélioration a été réalisée en février 1910 et, actuellement, on peut maintenir un niveau pouvant aller jusqu’à 6,35 m au-dessus du zéro. Dès lors des navires de 9,50 de tirant d’eau peuvent entrer dans la forme de radoub et rester à flot en tous les points des deux bassins.
- La surélévation du plan d’eau a été obtenue au moyen d’une usine élévatoire munie de pompes assez puissantes pour maintenir un niveau constant, quelle que soit la hauteur des marées, avec une durée de fonctionnement de huit heures par jour.
- Telles sont les dispositions générales des ouvrages du port de Saint-Nazaire.
- Malheureusement, les auteurs de ces ouvrages ont encore été trop timides, et il se trouve dès maintenant que le grand sas est insuffisant. Il a, en effet, une longueur de 211 m, soit 1 m de plus seulement que la flottaison du grand paquebot France, actuellement en achèvement aux chantiers de Penhoët, pour la Compagnie Générale Transatlantique. On voit quelle précision exigera la manœuvre d’entrée d’un tel navire dans le sas, qui ne présente que 1 m de jeu seulement au total ; il faudra cependant l’exécuter sans quoi la France ne pourrait sortir de son port de construction' qu’en ouvrant simultanément les deux écluses, ce qui forcerait à attendre une grande marée.
- D’autre part, l’arasement de la barre des Charpentiers à la cote de — 7 m permet bien de faire entrer en rade à toute marée haute des navires de 8,50 de tirant d’eau ; mais, si l’on veut avoir sous la quille de ces navires une profondeur suffisante pour éviter tout mécompte, 0,75 m par exemple, la passe reste impraticable pendant environ quatre heures et demie au moment des marées de vives eaux. Cette situation déjà très difficile pour la navigation de commerce est tout à fait inacceptable pour les navires de guerre, qui peuvent être appelés à entrer en rade à toute heure de la marée, s’ils sont poursuivis par une escadre ennemie maîtresse de la mer.
- Si donc on veut que les travaux exécutés jusqu’ici dans le port de Saint-Nazaire aient toute leur utilité, il faut avant tout
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- envisager un approfondissement supplémentaire de la barre des Charpentiers jusqu’à la cote de —8 à—8,50 m. Certes, le coût de cet approfondissement est considérable, car, s’il a suffi, pour arriver à la cote —7, d’exécuter des dragages sur une longueur de 2200 m environ, on n’obtiendra la cote —8 qu’en poursuivant ces mêmes dragages Sur une longueur au moins double (fïg. 2).
- Ce n’est pas seulement l’intérêt du trafic commercial qui est en jeu: c’est aussi la défense nationale. Car le port de Saint-Nazaire serait, en cas de conflit, le meilleur point d’appui que pourrait trouver la flotte française sur les côtes de l’Atlantique. Son accès est, en effet, commode tout en étant très facile à défendre (fig. 3). C’est le port de France ayant la plus grande capacité de constructions navales et de réparations avec ses deux grands établissements outillés pour produire les plus grands navires complètement armés, avec la proximité des chantiers de Nantes, avec une aciérie moderne en pleine activité, en mesure de produire avec le minerai du pays les matières premières nécessaires à la réparation d’une escadre ; c’est le seul port disposant, grâce au voisinage de Nantes, d’un stock normal de plus de 100 000 t de charbon, avec tous les approvisionnements nécessaires au ravitaillement d’We flotte nombreuse, puisqu’il dispose des produits de la vallée delà Loire, le grenier de la France.
- Et, quand la barre sera définitivement approfondie à la cote —8 à —8,50, il ne restera plus qu’à créer un port en eau profonde communiquant directement avec les grands fonds de 8 à 9 m de la rade, sans écluse, sans sas, avec un quai de marée dans la rade même permettant de faire, à toute heure, les opérations commerciales sans aucune perte de temps.
- L’exemple du Havre devra être suivi. Il faut bien espérer, en effet, que lors de l’ouverture du canal maritime, l’on ne reprendra pas le vieux projet de creusement d’un troisième bassin en prolongement de celui de Penhoët, bassin qui serait commandé comme-ses deux ancêtres par des travaux d’art certainement fort remarquables, mais totalement insuffisants.
- L’accroissement énorme du trafic du port de Nantes n’a pas déprimé celui de Saint-Nazaire, comme on l’avait craint, lors de l’ouverture du canal maritime. Après une chute à l’époque de son ouverture, en (1902, l’activité s’est de nouveau développée et on retrouve en 1910 les mêmes tonnages qu’en 1899 et 1901.
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- Fig. 3. — Embouchure de la Loire et attérages de Saint-Nazaire.
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- Jauge des navires fréquentant le f ort de Saint-Nazaire.
- 1880................ 1.115.000 tx
- 1890................ 1.758.000
- 1899................ 1.839.000
- 1900. . .•........ 2.000.000
- 1901................ 1.909.000
- 1903................ 1.594.000
- 1910................ 1.896.000
- Quel peut être l’avenir réservé à la région de la Loire maritime, de Nantes et de Saint-Nazaire ?
- En répartissant convenablement les rôles, en donnant à chacun d’eux une spécialisation logique, il paraît certain qu’on doive arriver à créer deux centres se complétant l’un l’autre et n’ayant entre eux d’autre rivalité que celle de développer leurs moyens d’action pour lutter toujours plus efficacement contre les ports concurrents.
- A Nantes, placée à l’intérieur des terres, à 63 km en amont sur la voie ferrée, les industries de transformation. Les usines de toutes sortes trouveront sur les bords du fleuve tous les emplacements dont elles ont besoin. La magnifique campagne environnante pourra nourrir sans difficulté une population ouvrière aussi nombreuse que peut l’exiger le développement progressif de l’industrie.
- À Nantes également avec son puissant commerce, les cargaisons complètes, les têtes de lignes de cargos, la fréquentation de l’ensemble des navires moyens.
- A Nantes encore, la construction des navires de dimensions petites et moyennes.
- A Saint-Nazaire, en dehors de ses lignes actuelles de paquebots, de son commerce de charbon, minerai, bois, etc., que l’on cherchera à développer de plus en plus, l’escale des grands paquebots du monde entier que la situation géographique du port appelle tout naturellement.
- A Saint-Nazaire, devenu point d’appui de la flotte, les grands cuirassés venant se faire réparer dans des conditions de rapidité qu’on ne peut trouver dans aucun autre point de la France, grâce à l’existence des chantiers de construction et des usines métallurgiques capables de fournir toutes les matières nécessaires non seulement à leurs réparations, mais encore à la construction des plus grosses unités. . ?
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- Mais, pour mener à bien un pareil programme, de grands efforts financiers sont nécessaires. L’union des villes de Nantes et de Saint-Nazaire est absolument indispensable. Il faudra que les villes, les chambres de commerce, les départements intéressés, les ministères de la Marine et des Travaux publics contribuent, chacun pour leur part, à l’exécution des travaux.
- Lors d’une visite qu’il fit au mois d’août dernier à Saint-Nazaire, M. le vice-amiral Boué de Lapeyrère, alors ministre de la Marine, avait reconnu l’énorme intérêt que présente ce port comme point d’appui de la flotte; et il y a tout lieu d’espérer que l’on pourra voir le projet prendre effectivement corps dans un avenir peu éloigné.
- Ce programme doit comprendre, en effet, l’approfondissement de la barre des Charpentiers jusqu’à la cote d’au moins 8 m à 8,50 m au-dessous du zéro, pour permettre à des navires de 9 m d’entrèr à toute heure de la marée; la construction, à la suite de la petite rade, d’un grand bassin en eau profonde directement accessible, sans écluse, avec un quai d’escale en dehors. Il est en effet impossible de compter sur les bassins actuels et leur entrée pour recevoir à toute heure les grands paquebots et les grands cuirassés. C’est en somme un projet analogue à celui qui vient d'être approuvé pour le port du Havre, le seul qui puisse réserver l’avenir et, par conséquent, qui mérite l’appui des pouvoirs publics et de tous les groupements intéressés à la prospérité de la région.
- Dans la Basse-Loire, le prolongement des digues jusqu’à Donges, puis Saint-Nazaire, doit assurer la stabilité du chenal et son approfondissement; ces travaux sont actuellement en cours d’exécution.
- A Nantes même et en amont, aménagement des ponts et du lit du fleuve pour faciliter le mouvement de la marée et assurer le balayage continu du port et du chenal même depuis son embouchure. Ces travaux sont approuvés par le Conseil général des Ponts et Chaussées.
- Les résultats obtenus à Nantes depuis trente ans sont un exemple frappant de ce que peuvent produire la volonté continue, la collaboration intime et la solidarité des hommes d’énergie d’un pays. Nantes et Saint-Nazaire, reconnaissant la communauté de leurs intérêts, ont conclu un véritable pacte d’alliance et on peut légitimement espérer que leurs efforts
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- communs amèneront la réalisation prochaine du programme de travaux qui seul peut donner à la région de la Loire maritime toute l’importance et la prospérité que sa situation exceptionnelle lui permet d’ambitionner.
- Parmi les industries de la région de la Loire maritime qui ont attiré l’attention de nos Collègues, pendant la visite de l’année dernière, figure en première ligne celle des constructions navales.
- Nantes possède de nombreux chantiers, tels que les Chantiers de la Loire, les Chantiers de Bretagne (fig. 2, PL 9), les Chantiers Dubigeon, susceptibles d’exécuter des navires de moyenne importance correspondant à la largeur de la Loire et à la profondeur du chenal.
- À Saint-Nazaire sont naturellement concentrés les établissements capables d’exécuter les plus grands navires : cuirassés, croiseurs, paquebots, etc. Ce sont, par ordre d’ancienneté : la Société des Chantiers et Ateliers de Saint-Nazaire (Penhoët), dont le chantier a été créé en 1862 par la Compagnie Générale Transatlantique et constitué en 1900 en Société anonyme (fig. 3, 4 et 7, PL 9) ; la, Société des Ateliers et Chantiers de la Loire, fondée en 1881 (fig. 5, PL 9).
- Immédiatement à côté de Saint-Nazaire, à Trignac, se trouvent les hauts fourneaux et aciéries des Usines Métallurgiques de la Basse-Loire, qui exploitent avec grand succès les mines de ter du Maine et de l’Anjou.
- L’ensemble de ces trois industries occupe normalement 9 000 à 10000 ouvriers.
- Les navires les plus récents de la construction navale française présentent des augmentations de déplacement et de puissance considérables par rapport à leurs similaires d’il y a quelques années, et cependant ils seront eux-mêmes largement dépassés par les futures unités.
- Pour les cuirassés les éléments comparatifs depuis dix ans sont les suivants :
- \ Déplacements. Puissances. Vitesse.
- Tonneaux. Chevaux. Nœuds.
- 1900, type Patrie. . . , 14.500 19.000 19,25
- 1906, type Danton . . , 18.500 23.400 20,50
- 1910, type Jean-Bart . , 23.400 28.000 21
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- Pour les paquebots de la ligne de New-York de la Compagnie Générale Transatlantique, on est passé dans la même période décennale par les étapes ci-après :
- Déplacements.. Puissances. Vitesse.
- Tonneaux. Chevaux. Nœuds.
- 1900, type Lorraine. . 15.400 22.000 • 22
- 1905, type Provence. . 19.200 30.000 22,6
- 1911, type France. . . 27.000 50.000 24
- Et si le France n’a pas des dimensions plus considérables, c'est que le port du Havre, son port d’attache, ne le permet pas. Lorsque les nouveaux bassins en cours d’exécution pourront entrer en service, il est certain qu’on construira aussitôt des paquebots plus grands que le France (fig. 6, pi. 9).
- C’est que l’accroissement des dimensions des navires est imposé par la recherche soit de l’augmentation des vitesses, soit de la diminution des frais d’exploitation impérieusement exigée par la concurrence de plus en plus âpre dans le monde entier.
- En Angleterre, où les armateurs ont plus de liberté d’allure que chez nous, par suite des conditions économiques toutes différentes, les navires ont dépassé les dimensions que l’on considérait il n’y a pas dix ans comme des utopies.
- Déplacement. Longueur. Puissance. Vitesse.
- Tonneaux. Mètres. Chevaux. Nœuds.
- 1906 Mauritania. . 44.000 241 70.000 26 à 27
- 1911 Olympic. . . 52.000 269 46.000 21.
- lYEuropa dépasse encore la longueur et le déplacement de
- YOlympic, atteignant 273 m et plus de 60000 t.
- Les appareils moteurs augmentent parallèlement au déplacement des navires et se transforment même entièrement. Il y a quelques années les constructeurs de machines étaient très fiers de leurs appareils à triple et quadruple expansion, à mouvement alternatif. Aujourd’hui les turbines se sont imposées soit seules sur les navires rapides, soit associées aux machines alternatives pour les navires à faible vitesse, et leur exécution a nécessité l’établissement d’ateliers spéciaux comportant des machines-
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- outils énormes susceptibles d’usiner des cylindres de plus de S m de diamètre et de 10 m de longueur.
- A peine les turbines ont-elles obtenu la victoire définitive que l’on voit surgir d’autres appareils pour la leur disputer.
- Un peu partout, en effet, se poursuivent des essais fort encourageants du côté des machines à combustion interne. Dans un pays voisin on construit en ce moment même un groupe d’essai de 6 000 ch qui serait, si le résultat confirmait les espérances que l’on fonde sur lui, l’un des six groupes destinés à constituer l’appareil moteur d’un croiseur de 36000 ch.
- La réussite d’un tel appareil serait une révolution profonde dans l’ensemble de la construction navale et dans l’exploitation des navires par suite de la suppression des chaudières avec leurs cheminées et leurs soutes à charbon si encombrantes, et du personnel si nombreux que leur service comporte.
- Les chantiers de constructions navales sont donc dans l’obligation de s’imposer de lourds sacrifices pour suivre constamment les progrès réalisés dans le monde entier et maintenir leur outillage en état de répondre à tous les besoins nouveaux, et, lorsque le programme des six cuirassés à turbines de 1906 a été voté, la Marine française a trouvé au premier appel, à Saint-Nazaire, les nouveaux appareils aux mêmes prix que l’Amirauté anglaise payait les siens.
- Aujourd’hui ces cuirassés sont finis (fig. 7, pi. 9), ils vont entrer en service après les essais les plus satisfaisants, très supérieurs aux prévisions, qui les mettent sur le pied d’égalité avec ceux des puissances rivales. Il semblerait donc que nos industries puissent être assurées de la sollicitude des pouvoirs publics. Il n’en est malheureusement rien, comme vous le savez. Une campagne, commencée il y a quelques années, se poursuit d’une façon méthodique dans le but avoué de remplacer l’industrie privée par des industries d’Etat.
- En frappant nos établissements d’un discrédit immérité, on les empêche parla même de trouver à l’étranger des commandes que leur valait autrefois la réputation de fini et de bonne exécution que, de longues années d’efforts consciencieux leur avaient assurée.
- Il suffit à nos rivaux de présenter dans les pays étrangers les diatribes reproduites dans certaines feuilles françaises pour que les Gouvernements auprès desquels nous sollicitons des commandes soient convaincus de notre incapacité.
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- Peut-être conviendrait-il, en présence du danger redoutable et imminent qui menace, en somme, toute l’industrie française, que les Ingénieurs quittassent parfois les sphères sereines de la technique et de la science pure, pour descendre dans le domaine des réalités commerciales et industrielles ?
- Peut être conviendrait-il de les voir unir leurs efforts pour sauvegarder les intérêts dont ils ont la charge ?
- Suivant en cela l’exemple de la Ville de Nantes, il faut que, cessant de s’isoler dans leurs préoccupations de spécialistes, les Ingénieurs forment un faisceau compact et agissent avec la plus grande énergie pour faire comprendre à tous la nécessité vitale pour une nation comme la France, d’avoir une industrie puissante. qui seule peut assurer la prospérité du pays tout entier et celle de la classe ouvrière en particulier, à laquelle on affecte de s’intéresser tout en détruisant, en fait, ses moyens d’existence.
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- ÉTUDE DI IA COMBUSTION
- DANS LES FOYERS MÉCANIQUES
- ET EN PARTICULIER
- DANS LE FOYER SAVARY(1)
- PAH
- NI. J. IZART
- Notre but essentiel dans ce travail est de dégager les grandes lignes de l’évolution générale subie par les foyers automatiques.
- Nous nous placerons au point de vue exclusif de la combustion.
- Il est bon, en effet, de rappeler que la production économique de la vapeur est d’ordre bilatéral : d’un côté, production des calories, c’est-à-dire combustion (dont le critérium est le pourcentage d’acide carbonique dans les fumées) ; de l’autre, utilisation des calories, c’est-à-dire chauffage, (dont le critérium est la température à laquelle les gaz abandonnent la chaudière).
- Pour obtenir le meilleur résultat, il faut donc la collaboration intime d’un bon foyer et d’une bonne chaudière. Nous n’envisagerons ici que le cas du foyer.
- La présente étude, élaguée de toute description, s’en tient surtout aux principes de fonctionnement comparés. Nous l’avons divisée de la façon suivante :
- Point de vue historique et classification des appareils ;
- Principes de la combustion et du chauffage des générateurs ;
- Critique du fonctionnement des foyers ;
- Résultats pratiques qu’ils permettent d’atteindre.
- Nous nous attarderons, pour finir, sur un nouvel appareil de combustion, original et très séduisant, parce que rationnellement conçu, le foyer Savary.
- (1) Voir Procès-verbal de la séance du 2 juin 1911.
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- I. — Rappel d’histoire et essai de classification.
- L’idée de la combustion rationnelle est aussi vieille que la vapeur : John Bourne dans son Treatise on S team engines attribue à Papin, tout simplement, la première idée de fumivorité par la combustion renversée.
- Un peu plus loin, il indique que Franklin s’empara de l’idée
- pour réaliser un appareil à combustion renversée, rudiment de nos modernes appareils à combustion lente.
- J’ajoute que les appareils de Franklin eurent un certain succès en Angleterre, sous le nom de « Foyer Arnott » appliqué aux cheminées d’appartement (fig. i).
- Le croquis montre la conception de cet appareil qui consiste à empiler le combustible sur un 'plateau mobile. Au fur et à mesure de la combustion, on élève le plateau au moyen d’un cric : c’est bien Yunderfee-ding, l’alimentation par en dessous.
- James Watt a nettement posé la conception de la combustion rationnelle dans les foyers automatiques, en brevetant en \ 785 un premier dispositif où l’air devait traverser le combustible frais avant de se mélanger avec les gaz distillés.
- Un peu plus tard, avec son associé Boulton, il perfectionne l’idée et réalise du premier coup un foyer qui, à F automaticité près, est exactement reproduit par plusieurs catégories importantes d’appareils actuels.
- Le dispositif comprend une grille à inclinaison modérée pré-
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- cédée par une aire plane sur laquelle on charge le combustible frais. Celui-ci distille d’abord, se cokéfie et, lorsque la carbonisation est complète, le charbon est poussé sur la grille où se parachève la combustion (fig. 2).
- Ainsi le génie de Watt posa le principe élémentaire si souvent méconnu par les inventeurs modernes, qui consiste à séparer la distillation et la combustion des matières volatiles de la combustion du coke.
- Nous reviendrons à loisir sur ce point, mais nous tenons à
- jS:'Æa coke
- Fig. 2
- souligner que la paternité de la méthode de combustion encore connue actuellement sous le nom de « méthode anglaise » (coking méthodique pratiquent même les chauffeurs à la pelle lorsqu’ils ont affaire à des combustibles très gras, revient à Watt.
- La « coking method » engendra les « coking stokers » dont il est question ci-après, qui furent longtemps considérés comme les meilleurs appareils de combustion.
- Après Watt apparaît, vers 1815, une poussée de brevets, où l’on trouve pour la première fois les noms de Juckes, Brunton et Stanley qu’on peut considérer comme les pionniers de la combustion automatique.
- En 1815, William Moult pousse par un piston le charbon frais en dessous de la couche incandescente. C’est le premier « under-feed stoker » appliqué aux chaudières.
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- En 1819, John Steel, de Darmouth, imagine la grille circulaire à axe vertical pour régulariser l’épaisseur de la couche du combustible (fig. 3).
- Brunton reprend cette idée un moment, mais il s’attache définitivement en' 1822 à perfectionner le grille de Watt, dont il rend les barreaux mobiles.
- Un an après, Stanley.réussi à reproduire le travail de l’homme
- Fig- 3
- jetant le combustible à la pelle, et brevète, en 1823, un premier « sprinkler stoker » ou foyer à pelletage.
- Il n’emploie pas encore de ressort, mais une roue à grande vitesse, et il est piquant de constater que, trois quarts de siècle après, c’est ce même dispositif qu’on emploie dans les appareils automatiques à charger les cornues à gaz, et même dans certains foyers de chaudière (Vulcan).
- Puis Duméry, un Français, consacre le principe des appareils à combustions séparées, avec grille en dos d’âne.
- En 1841, John Juckes brevète la première grille à chaîne sans fin (fig. A).
- En 1866, Howarth brevète la grille à combustion renversée
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- dont les barreaux sont refroidis par une dérivation d’eau empruntée à la chaudière .
- En 1879, un Américain, Thomas Murphy, reprend l’idée des foyers à combustions séparées, mais avec grilles à gradin.
- En 1885, Roney et Brigtman brevètent aux États-Unis, la grille à gradins moderne.
- Enfin, en 1889, un autre américain, Jones hrevète un « under-feed stoker » dont les appareils modernes sont la reproduction exacte.
- On voit donc une fois de plus, par ce simple exposé de tous
- Fig.- 4
- les principes appliqués encore actuellement dans les appareils courants, qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil.
- La filiation de ces précurseurs aux foyers mécaniques modernes est directe. On peut à peine employer le mot évolution tant la ressemblance est frappante, et, en fait, le perfectionnement n’a porté que sur quelques détails.
- Les progrès de la construction mécanique, d’une part, ont permis de solutionner des problèmes qui rebutèrent les inventeurs de jadis, et, d’autre part, les progrès dans la préparation mécanique des charbons ont assuré la réussite de beaucoup d’appareils qui, s’ils avaient encore à fonctionner avec les char-
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- bons quelconques et tout-venants que fournissaient les mines d’autrefois, seraient rapidement abandonnés.
- Nous passerons brièvement en revue les foyers automatiques groupés de par leur similitude, dans l’une des sept catégories suivantes :
- 1° Goking stokers, à barreaux mobiles inclinés;
- 2° Foyers à pelletage ou projection:
- 3° Foyers à alimentation ou à combustion renversées ;
- 4° Grilles à gradin s;
- 5° Chaînes sans fin ;
- 6° Plateaux sans fin;
- 7° Foyers à combustion séparée du gaz et du coke.
- Coking stokers. — Le foyer à grille incliné de Watt, dont les barreaux furent rendus mobiles par Brunton, a été mis au point successivement par Normand en 1856, Wilson et Smith en 1863, Vicars et Smith en 1868, puis par leurs successeurs T. et H. Yicars lesquels, depuis 1889, n’ont guère apporté de changement à leur foyer.
- Depuis, on compte, fonctionnant sur un principe analogue, les appareils de James Hodgkinson, de Salford près Manchester, le Triumph stoker construit par Ransoms et Rapier, de Chiswick, le Koker stoker construit par Meldrum, l’appareil de Mac Dougal, et enfin deux appareils répandus en France : le Sparfeuerung, de Dusseldorf, introduit par M. Lencauchez, et la grille Niclausse, dernière née dans cette catégorie.
- Appareils à pelletage. — Le foyer à projection de John Stanley a été mis au point par Church, puis par Galloway en 1865, mais surtout par Dilwyn Smith en 1870, et enfin, par Edward Bennis en 1872.
- A la suite d’essais réalisés, vers 1874, à la Fonderie de MM. Jackson Bros, à Bolton, M. Bennis arriva également à employer des barreaux mobiles qui régularisaient la distribution du combustible et permettaient de réaliser le décrassage automatique dans une certaine mesure (fig. 5).
- En 1875, M. James Proctor brevetait un dispositif analogue ; il y eut procès, etc.; mais les choses se sont calmées depuis et, à l’heure actuelle, les maisons Bennis et Proctor construisent avec un égal succès des foyers tout à fait analogues.
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- Les Allemands se sont emparés avec avidité de ces appareils à pelletage, mais ils ont abandonné, pour la plupart, ce qu’il y avait de plus intéressant dans les appareils anglais, c’est-à-dire
- B appeaux mo nies
- Insufflation, dfe vapeurt
- les barreaux mobiles, de sorte que leurs grilles exigent l’intervention du chauffeur pour l’égalisation et le décrassage.
- C’est une véritable floraison d’appareils de ce genre qu’on peut observer en Allemagne. Parmi les appareils les plus connus, nous citerons ceux qui projettent le charbon par une sorte de roue à palette, notamment le Leach construit par la Sâchsische-maschinenfabrick, de Chemnitz (Saxe) ; le Ruppert; le-Foyer-des Fabriques réunies, d’Augsbourg et Nurenberg, etc.
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- Les autres, qui projettent le combustible par une sorte de pelle, comptent :
- Le Week, à Dolau; le Katapult, construit par Tôpf et Fils, d’Erfurt (fig. 6); le Seiffert, de Berlin; le Münckner, dé Bautzen ; le ThoCs Feuerunganlagen, de Zwickau, etc.
- Cette pléthore d’appareils à projection semble due au fait
- qu’en Allemagne, les chaudières à foyer intérieur sont les plus répandues et que l’exiguïté des tubes foyers se prête mal à l’adoption d’autres grilles que celles de ce genre.
- Foyers à combustion renversée. •— La combustion renversée proprement dite, c’est-à-dire à flamme traversant la grille, exige
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- forcément des barreaux à refroidissement d’eau et il est élémentaire d’employer pour ce refroidissement de l’eau empruntée à la chaudière, de façon à récupérer les calories.
- Nous avons vu que cette idée fut indiquée par Howarth ; elle a été perfectionnée par Hawley, de Saint-Louis (Etats-Unis), en 1873; un foyer Hawley prit part au concours d’appareils fumi-vores institué par la Ville de Paris.
- La seconde grille, placée au-dessous des barreaux à refroidissement d’eau, reçoit les fines qui ont tamisé à travers la première grille (fig. 7). Tout récemment, M, Ratel a proposé un foyer analogue, en combinaison avec un système de tirage automatiquement balancé.
- Mais c’est surtout dans la combustion à alimentation renversée ou underfeeding qu’on s’est orienté.
- Le principe en est d’ailleurs très séduisant.
- Le premier brevet est celui de Jones, en 1889.
- Rapidement perfectionné dans ses détails, le foyer sans grille de Jones est actuellement connu, en Amérique, sous le nom de Underfeed stoker, et il est construit par l’Underfeed stoker C°, de Chicago (fig. 8). En Europe, on le connaît sous le nom de foyer Erith, étant construit dans les ateliers de l’Erith Engineering C°, à Erith (Angleterre).
- Gomme appareils analogues, viennent ensuite VUnderfeed stoker anglais connu, aux Etats-Unis, sous le nom d'American stoker, et qui a été introduit, en France, par la Société des Foyers automatiques, de Roubaix; puis d’autres encore tels que Y Hélix stoker, le Mae Cormick, etc., qui sont plus ou moins abandonnés.
- Récemment on a employé aux Etats-Unis une sorte de grille à gradins à alimentation par en-dessous, réglée par des pistons poussant le combustible. Nous donnons à titre documentaire,
- Bull.
- 41
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- un croquis de cette grille Taylor qui est exploitée, en Europe, par l’Erith Engineering G0 (fig. 9).
- Grilles à gradins. — La grille à gradins, ou en escalier, a été plus spécialement travaillée en France. La grille de Marcilly. celle de Tenbrink, eurent chacune leur heure de célébrité, la seconde notamment pour les foyers de locomotives.
- Plus récemment, la grille Dulac, vers 1890, fut fameuse et l’on cita longtemps comme un modèle l’usine élévatoire de
- // O o O o O
- fo O O O O O'
- Piston, à vapeur
- Bercy. Le foyer Cohen, qui date de la même époque, était également du même genre.
- Toutefois ces appareils n’étaient pas à décrassage automatique et, pour trouver, en France, la grille à gradins avec barreaux mobiles,, il faut arriver à l’appareil de René Grèvecœur, de Mantes, qui date de 1898.
- La maison Biétrix Leflaive, de Saint-Etienne, a procédé à un certain nombre d’installations avec la grille à gradins Butner et l’on pourrait citer dans beaucoup d’usines isolées des grilles mécaniques en escalier, qui n’ont pas connu la publicité.
- Par exemple, il m’a été donné de trouver avec étonnement, à la distillerie de Rocourt-Saint-Quentin, une batterie de chau-
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- dières avec foyers à gradins automatiques, fonctionnant parfaitement depuis nombre d’années.
- Les Français ne savent guère tirer parti de leurs idées, mais les Américains excellent dans cet art ; la grille à gradins possède à son actif, de l’autre côté de l’Atlantique, les plus grosses installations de foyers mécaniques du monde : « largest in the world » !
- Ainsi, la Centrale de traction électrique de la 96ine avenue, celle du Manhattan Railway, celle de la 3me avenue, comprennent plus d’un millier de foyers mécaniques du système William
- 'Air chaui
- Fig. 10
- Roney (fig. 40) de Boston, qui, nous l’avons dit, est le père des grilles-à gradins américaines. Ces installations ont été faites par les puissantes firmes Westinghouse et Church Kerr.
- Une autre grille à gradins très répandue est la grille Wilkinson. Dans celle-ci, chaque barreau est traversé par un jet de vapeur, ce qui conduit à des consommations de vapeur assez importantes.
- Les grilles Acme, J. M. Pool, Mac Clave, Wetzel,Meissner, etc., sont du même système.
- La grille Rincaid connut, sur les locomotives d’Outre-Atlan-tique, la même faveur que la grille Tenbrink sur les locomotives en France
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- Enfin signalons qu’un inventeur français, M. Lecouffe, de Saint-Quentin, a poussé le principe du gradin jusqu’à concevoir une grille verticale, qui a fonctionné sous une chaudière de Naeyer au lycée Voltaire, à Paris (fig. 44).
- Chaînes sans fin. — La grille tournante à axe horizontal ou grille à chaîne sans fin, créée par Juckes, en Angleterre, fut introduite presque aussitôt en France par Tailfer.
- La grille de Tailfer ne diffère pas sensiblement des grilles
- Trémie
- Faisceau tubulaire
- fosse â niSeliefëi'S !
- Fig. 11
- actuelles ; mais elle dut être abandonnée à cette époque parce qu’elle exigeait, pour pouvoir marcher, des charbons rigoureusement calibrés. Cet impedimentum subsiste encore aujourd’hui.
- Ser, dans son Traité, juge ainsi la grille de Tailfer : « Les articulations nombreuses, fortement chauffées, sont exposées à être rongées; le tout exige beaucoup d’entretien. En outre, la grille, peu chargée à l’arrière, donne passage à une quantité d’air trop abondante ».
- Cette critique, elle aussi, subsiste encore aujourd’hui.
- Eckley Coxe, de Drifton (Pa), ancien président de l’American
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- Society of Mechanical Engineers, se livra à des expériences très complètes avec un appareil du genre Juckes, et breveta en 1893, une grille sans fin avec support de barreaux, ceux-ci ne participant pas directement à l’engrènement sur les pignons, et une caisse-à vent munie de registres permettant de faire varier la pression du vent dun bout à l’autre de la grille, pour obvier à la critique de passage d’air exagéré en bout de grille (fîg. 42).
- !
- Fig. 12
- On n’a pas fait mieux depuis, et les plus récentes des grilles similaires, par exemple, la Petry-Dereux, emploient des supports de barreaux, et la Traveling Grale, de « l’Underfeed Stoker C° », de Londres, qui vient à peine de voir le jour, comprend un dispositif pour faire varier la pression d’air d’avant en arrière de la grille, comme aussi la nouvelle grille Week.
- Coxe est donc le créateur de la grille à chaîne sans fin moderne, laquelle, comme nous le verrons, est un des meilleurs, ou si l’on veut, des moins mauvais, parmi les foyers mécaniques actuels.
- C’est à cette expérience que l’on doit d’avoir vu paraître successivement la grille Playford de Gleveland (Ohio), celle de Bahcock et Wilcox, celle de Mac Kenzie, de Chicago, celle de Mansfield, la Traveling Imk de la Green Engineering C° de Chicago, la grille Duluth de la Duluth Stoker C°, de Duluth (Minnesota) et bien d’autres encore.
- Introduite en Allemagne par la Compagnie Babcock anglaise, la grille à chaîne sans fin s’y est perfectionnée dans le même genre qu’en Amérique.
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- W/Wz^mmzmmm/y'
- Fig. 13
- Coujiitn'S- Cl-
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- Les principaux constructeurs de chaudières, Walther Dürr, de Munich, Steinmüller possèdent leurs grilles sans fin ; la Petry-Dereux Gesellschaft m. b. H. de Düren (Prusse rhénane) a lancé récemment, sous le nom de foyer Essen, la grille Kropling, qui vient d’être introduite en France par M. Delaunay-Belleville.
- Jusqu’en Autriche, la grille sans fin a acquis droit de cité avec la grille Zutt et Siedle construite par Pauker, de Vienne.
- O O O O
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- Fig. 14
- Plateaux sam fin et grilles tournantes à axe vertical. — La grille tournante à axe vertical ou plateau sans fin date, avons-nous vu, de Steel. Brunton l’abandonna en faveur des grilles inclinées à barreaux mobiles.
- Cette conception heureuse de la rotation qui constitue un moyen commode et élémentaire pour réaliser ce qui manque à tant de foyers, c’est-à-dire la bonne distribution et Légalisation du combustible, fut introduite en France par Caillat.
- Elle fut abandonnée totalement pour un fait futile : le charbon tombait dans le joint existant entre la grille et son enveloppe, et les morceaux, en coiçant, empêchaient la rotation.
- Ce n’est que récemment, avec Hodkinson, en 1894, avec Groll, de Roubaix, en 1895, qu’on vit réapparaître la grille tournante à axe vertical (fg. 18).
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- M. Savary a été amené à un dispositif du même genre mais à gradins, combiné avec un principe de combustion dont nous soulignerons plus loin l’intéiêt, et qui nous a amené à classer son foyer dans les appareils à combustions séparées.
- Foyers à combustions séparées. — Il nous reste enfin à mentionner une série d’appareils ne pouvant rentrer dans aucune
- Vis 5“ i ’ alimentation^ du charbon'S-
- Lobiles
- VEnlèvement automatique des mâchefers
- Fig. 15
- des catégories précédentes et que nous appellerons « à combustions séparées» par le fait de leur principe defoncionnement^.
- Ces foyers reposent directement sur le principe rationnel de 1a, combustion qui consiste, avons-nous déjà vu, à distiller et à brûler séparément les matières volatiles, puis à brûler le coke restant.
- C’est te Français Duméry qui est l’auteur de la première conception de ce genre (fig. H). Les techniciens de l’époque jugèrent l’invention de Duméry à sçl juste valeur, puisque cet appareil reçut une récompense de l’Académie des Sciences.
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- Le principe y était, mais la réalisation pratique manquait. La grille en dos d’âne notamment ne permettait pas la bonne distribution du combustible.
- Les Américains imaginèrent alors, au lieu du dos d’âne, de faire un caniveau, et ainsi naquit le foyer de Burke.
- Puis, en 1879, parait le foyer de Thomas Murphy, de Détroit,
- Fig. 16
- bientôt suivi du foyer Détroit, construit par le Detroit Stoker and Foundry G0, de Détroit (Michigan) (fig. 45).
- Ces appareils sont, en somme, la combinaison de grilles planes à barreaux mobiles fortement inclinés avec une zone de cokéfaction et de distillation à la partie supérieure.
- La critique réside encore dans la répartition du combustible,
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- l’enlèvement du mâchefer et le tamisage à travers les barreaux dû au mouvement de broyage.
- M. Savary, en combinant les qualités d’égalisation de la grille tournante avec le principe de la cokéfaction préalable sur une sole plane, a réalisé un appareil qui séduit beaucoup et que nous décrivons en détail un peu plus loin (fig.. 46).
- II
- Considérations générales sur la combustion et le contrôle de la chauffe.
- Dans l’application spéciale que nous envisageons ici du chauffage des générateurs à vapeur, les conditions chimiques et physiques d’une bonne combustion sont trop souvent méconnues.
- Condition chimique. — La combustion est une réaction chimique, il est donc juste d’observer les règles présidant aux combinaisons chimiques, c’est-à-dire de mettre en présence, en quantité nécessaire et suffisante, les deux réactifs, c’est-à-dire ici l’air et le charbon.
- On sait qu’un manque d’air constitue une perte par combustion incomplète, et qu’un excès d’air constitue une perte sèche en calories. Ainsi, régler convenablement F air admis par rapport a la quantité de combustible brûlé, telle est la première condition d'une combustion économique.
- Empressons-nous d’ajouter qu’elle est fréquemment ignorée, parce qu’on mesure rarement l’introduction d’air et que les chaufferies qui possèdent à cet égard une installation de contrôle même incomplète, sont encore l’exception-.
- Condition physique. — La deuxième condition est que nos deux réactifs : l’air et le charbon, se trouvent l’un par rapport à l’autre dans des conditions physiques convenables.
- Par exemple, pour faire de la poudre à canon, il ne suffit pas de mettré en présence du carbone et du salpêtre en quantités voulues, il faut encore que ces deux substances soient malaxées intimement, triturées, etc.
- Le cqs est analogue en ce qui concerne le chauffage des chau-
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- dières, mais ici, les conditions physiques nécessaires sont de plusieurs genres:
- D’abord la condition d’union intime exige nécessairement la porosité de la couche de combustible : plus cette couche sera poreuse, plus l'air se répartira favorablement au travers d’elle, et par suite, plus l’union sera grande et la combustion meilleure.
- Rôle de la cokéfaction. — Nous trouvons donc que la cokéfaction des combustibles joue un rôle très important dans la combustion proprement dite, puisque la tenue du combustible au feu dépend à la fois de sa teneur en matières volatiles et d’une autre propriété encore peu connue, qui est le pouvoir agglutinant.
- D’après ce que nous venons de dire, il faut que la cokéfaction ou agglomération soit, d’une part, suffisante pour éviter l’effritement et le tamisage des menus dans les cendres au travers des barreaux ; d’autre part, il faut que la compacité soit telle que la couche devienne peu perméable à l’air.
- Si la couche se laisse 1rop facilement traverser, aux points où le charbon est en moindre épaisseur, l’air aura tôt fait de percer des trous de dimension grandissante, par où la majeure partie du fluide s’engouffrera, sans participer à la combustion, et produira seulement un excès d’air fâcheux.
- Nous estimons qu’avec les combustibles houilles la meilleure tenue est réalisée avec les charbons demi-gras à 16/18 0/0 de matières volatiles.
- Lorsqu’on veut brûler des combustibles à pouvoir agglomérant nul, comme c’est le cas, par exemple, des lignites, ou des poussiers de coke, on aura toujours avantage à les mélanger avec une faible proportion de combustible collant, de manière à réaliser la formation de la couche homogène dont nous venons d’indiquer le rôle intéressant.
- Si l’on brûle des lignites, la cokéfaction étant nulle, et, par suite, la porosité n’existant pas, une fraction importante de l’air passera directement au travers des morceaux sans se distribuer dans la masse et la combustion ne se fera pas dans les meilleures conditions pratiques.
- Principe de la séparation de la combustion et du chauffage. — Un autre point, sur lequel on rencontre les plus graves errements dans le chauffage des foyers de chaudières, réside dans le mode de connexion de ce foyer avec le générateur.
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- Ceci résulte généralement d’une confusion évidente entre la combustion ou production des calories, et le chauffage proprement dit ou utilisation des calories produites.
- Bien qu’a priori l’affirmation paraisse paradoxale, il est bien certain que la combustion et le chauffage, pris en soi, sont deux choses nettement antagonistes.
- La combustion a pour but de réaliser la plus haute température possible, qui est théoriquement la température de la flamme, tandis que le chauffage a, au contraire, pour but de réduire le plus possible la température.
- Les deux phénomènes sont donc opposés et, si on les fait empiéter prématurément l’un sur l’autre, il est évident que l'un ou l’autre doit en souffrir.
- Ainsi, nous posons comme principe que l'on ne doit jamais commencer* le chauffage avant que la combustion ait été réalisée d'une façon comj)lète.
- L’expérience classique du laboratoire, qui consiste à intercaler une paroi froide : toile métallique ou soucoupe dans une flamme, qui montre, par la production de noir de fumée, que la combustion est immédiatement arrêtée, se reproduit identiquement dans les foyers de chaudières, tels qu’ils sont actuellement conçus.
- La proximité de la flamme avec les tôles voisines, beaucoup plus froides, a pour effet de réduire la température, d’arrêter la combustion des matières volatiles et de produire du noir de fumée, en d’autres termes, des fumées noires.
- Plus la proximité des tôles avec le feu sera grande, ou plus la teneur des charbons en matières volatiles sera élevée, plus cet effet fatal de refroidissement sera intense, et, par suite, l’utilisation mauvaise.
- Le cas des foyers intérieurs. — Ce phénomène présente son maximum dans les chaudières à foyer intérieur, où c’est une véritable hérésie de brûler des charbons gras ou des lignites, sur des grilles placées à l’intérieur des tubes-foyers.
- Dans une récente étude, M. le professeur Gonstam, du Tech-nicum de'Zurich, s’est livré à une série d’expériences qui mettent clairement en lumière la mauvaise combustion dans les chaudières à foyer intérieur.
- On y remarque particulièrement, ce qui est en accord avec
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- la logique, que plus le charbon contient de matières volatiles, moins bon est le rendement.
- Nous avons réuni dans le tableau ci-dessous les caractéristiques essentielles de ces essais qui se rapportent à une chaudière à foyer intérieur de. 65 m2 de chauffe avec grille de 1,6 m2 chauffée à la main.
- PROVENANCE DU COMBUSTIBLE BRIQUETTES DE la Rhur CHARBON GIîAS FLAMBANT DE la Rhur LONGUE FLAMME DE la Sarre
- Matières volatiles 0/0 .... 18,5 25,2 33,5 43,7
- Rendement thermique de la
- chaudière 0/0 . 68,8 65,3 63,8 51,1
- Détail des pertes thermiques :
- Par combustion incomplète 0/0 3,6 4,1 8,6 17,2
- Par la cheminée 0/0 16,6 7,5 17,6 12,9
- Cendres et escarbilles 0/0 . . 3,4 15,5 2,8 1,7
- Divers 0/0 7,6 7,6 7,2 14,1
- On voit baisser d’une façon éloquente le rendement au fur et à mesure qu’augmentent les matières volatiles. Le- détail des pertes montre par ailleurs que cette diminution du rendement est due à une augmentation de la perte par combustion incomplète.
- La raison en est bien simple ; aux fortes allures, le charbon étant en couche épaisse, il se produit des quantités importantes d’oxyde de carbone qui ne peut pas s’enflammer, sa température de combustion étant supérieure à celle qui règne dans l’enceinte du tube-foyer.
- Donc, si au lieu de placer le foyer dans cette enceinte froide on envoie à l’intérieur des tubes la flamme d’un foyer extérieur, où l’on aura réalisé préalablement la combustion complète, les tubes seront ramenés à leur seul rôle de vaporisateurs, et le rendement sera devenu excellent. La figure ci-jointe montre le chauffage rationnel d’un générateur à tubes de flamme, tel que nous le comprenons, c’est-à-dire par foyer extérieur (fig. /7j,dans la circonstance un foyer Savary.
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- Coupe
- j)oseur d air.ej\re(jistreur
- ouLotte
- {'curta'ï' S- C*
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- Le cas des foyers extérieurs. — Quoiqu’à un moindre degré, beaucoup de foyers, dits extérieurs, offrent la même critique; refroidissement préjudiciable de la flamme, dû au trop grand rapprochement de la grille des tôles à chauffer.
- Enceinte à grand volume, grande surface réfractaire de radiation sont des conditions indispensables à la réalisation d'une combustion complète, c'est-à-dire d'une haute température.
- Il faut des parois réfractaires afin d’entretenir une température régulièrement élevée de l’enceinte ; il faut un volume de cette enceinte suffisant pour que la vitesse ne soit pas telle qu’à peine générés les gaz combustibles soient entraînés au contact de parois froides.
- Ces considérations sont observées dans les fours de métallurgie-, où elles constituent l’a b c, du chauffage. En matière de générateur de vapeur, elles sont fréquemment violées.
- L’on vient actuellement à la voûte et beaucoup de constructeurs de chaudières et de foyers mécaniques viennent enfin de la « découvrir » ; il reste encore à réaliser la séparation du foyer et du générateur, la création d’enceintes vastes à haute température.
- Température des foyers. — C’est un sujet délicat que celui de la mesure d’une température de foyer; suivant le point de la mesure, suivant son époque, l’on obtient des chiffres fort discordants.
- On peut dire, toutefois, que la moyenne ne dépasse pas 1100 degrés pour des allures de combustion usuelles, c’est-à-dire jusqu’à 100 kg par mètre carré de grille et par heure.
- Cette température est nettement insuffisante pour assurer la combustion complète; celle-ci n’est effectivement réalisée que dans le voisinage de 1 500 degrés.
- Le remède à la combustion incomplète, c’est-à-dire à la fumivorité, ne doit pas se rechercher dans des dispositifs plus complexes qu’heureux; elle tient tout entière dans ce simple fait : obtenir une haute température au foyer.
- Le gain de la haute température dans les générateurs de vapeur ne réside d’ailleurs pas uniquement dans la réalisation d’une combustion excellente ; il réside également dans une meilleure utilisation thermique, la différence de température entre la flamme et l’eau, facteur qui détermine l’échange des calories, devenant plus grande.
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- L’emploi de l’air chaud, dont on a fait d’heureuses applications aux chaudières, en est un exemple très démonstratif. Le gain réalisé par l’emploi d’air chaud est toujours sensiblement supérieur à celui qu’indique le simple bilan des calories récupérées; la raison du supplément d’utilisation, qui a étonné beaucoup d’expérimentateurs, résulte du simple fait que l’air chaud a relevé la température de l’enceinte, celle de la flamme, et, par suite, le taux de transmission thermique à travers les tôles.
- Sécurité. Y a-t-il un inconvénient pratique à employer de hautes températures? Iln’y paraît guère.
- Les mémorables expériences de Hirsch ont démontré qu’on pouvait atteindre des vaporisations de 200 et 300 kg de vapeur par mètre carré, sans que la température moyenne de tôles de 11 mm d’épaisseur atteigne 300 degrés. Nous n’en sommes certes pas encore là, comme taux de vaporisation, et il est vraisemblable que, dans les chaudières actuelles, la température des tôles n’excède que de peu celle de la vapeur.
- Il semble donc que le fait d’avoir au foyer une flamme plus chaude n’est qu’un facteur bien négligeable à côté des causes usuelles de surchauffe des tôles : dépôts gras, excès d’entar-trement, et surtout manque d’eau local par défaut de circulation aux allures forcées.
- Dissociation. — La dissociation de l’acide carbonique qui fixe la limite supérieure de la température réalisable dans un foyer n’est pas à envisager ici : à 1200 degrés, Wartenburg a trouvé que la dissociation atteignait 0,03 0/0 ; à 1 600 degrés, Lôwenstein a trouvé 0.,4 0/0. On peut atteindre, avec de l’air à la température ambiante, une température de 1400 à 1500 degrés au foyer, mais non la dépasser; l’effet de la dissociation n’est donc pas à prendre en considération dans les foyers de chaudières.
- Contrôle de là chauffe. — En résumé, pour réaliser une bonne utilisation du combustible, il faut :
- 1° Contrôler l’afflux d’air par rapport au charbon brûlé ;
- 2° Se placer dans des conditions physiques de combustion et de chauffage rationnelles, notamment réaliser un foyer à haute température, suffisamment séparé du générateur pour que les réactions puissent s’accomplir complètement.
- Bull. 42
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- »Le second point n?est encore que bien rarement réalisé ; au contraire, depuis quelques années, le contrôle de la chauffe est à l’ordre du jour.
- Un système de contrôle, pour s’appliquer avec succès, doit être avant tout pratique. Il ne s’agit pas de transformer une chaufferie en laboratoire : les appareils trop fragiles ou trop compliqués sont nais en quelques jours hors d’état de rendre des services où, étant déréglés, ils donnent des indications fausses, ce qui est encore pis.
- Donc, premier point : robustesse et simplicité, qui doivent passer avant môme les qualités techniques d’exactitude ou de précision.
- Le second point, toujours au point de vue industriel, doit être : l’enregistrement.
- Chaque matin, le directeur arrivant à son bureau doit pouvoir juger d’un coup d’œil ce qui s’est passé, de façon à pouvoir rechercher la cause des troubles, si le diagramme lui en révèle.
- Il vaut mieux ne pas mettre d'appareil du tout que de mettre des appareils simplement indicateurs, ce que l’on fait trop souvent pour des raisons d’économie irréfléchie.
- Il est simple de comprendre que les appareils de mesure ne doivent relever que du haut personnel d’une usine et que ce haut personnel ne peut passer son existence à inscrire sur des carnets les indications des cadrans.
- Que faut-il contrôler. — En ce qui concerne le phénomène à contrôler, on peut hésiter entre l’analyse des gaz et la mesure de la dépression au foyer.
- Nous pensons que l’analyse des gaz constitue le meilleur procédé de réglage, alors que la mesure de la dépression constitue le meilleur procédé de contrôle pratique.
- La distinction entre le réglage et le contrôle est fondamentale.
- Au moyen d’un échantillonneur et d’un appareil Orsat permettant de faire une analyse, complète, l’Ingénieur se livrera à des essais suivis et variés lui permettant d’étudier une» fois poui toutes les caractéristiques les plus favorables dans le cas de son installation particulière. Le contrôle devra consister à se rendre compte si ces caractéristiques se maintiennent régulièrement.
- J’insiste sur le fait d’analyse complète.
- Cette analyse complète est, en effet, indispensable, car 'le réglage de l’air consistant, dans la majorité des cas, à fermer le
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- registre de façon à avoir un pourcentage d’acide carbonique élevé, on peut être amené à dépasser la limite et à ne plus admettre la quantité d’air suffisante : on produit beaucoup de CO2, mais aussi beaucoup de CO, et en même temps onne pro -duit plus de vapeur.
- Ce sont les reproches graves fondamentaux, en dehors des critiques de fragilité, de coût, de déréglage, d’inexactitude, de nécessité d’entretien, que nous adressons aux appareils automatiques enregistrant le pourcentage d’acide carbonique.
- Il est d’ailleurs bien évident qu’en matière de contrôle 'permanent, quotidien, la qualité essentielle d’une méthode sera non pas de se rendre compte par l’acide carbonique si la marche a été bonne ou mauvaise, mais surtout de se rendre compte pourquoi la marche a été bonne ou mauvaise.
- Ceci est encore une raison qui nous fait condamner les enregistreurs automatiques de gaz. La lecture et l’interprétation d’un diagramme d’acide carbonique sont en effet impossibles, et l’on ne peut pas dire a posteriori si les variations dans la teneur en CO2 sont dues à des trous dans le feu, à un registre trop ouvert, à des rentrées d’air par les maçonneries, à une mauvaise répartition du charbon, si l’allure de combustion et par suite de vaporisation a été forte ou faible, etc.
- Dans ces conditions, le contrôle est illusoire.
- Ce sont tous ces considérants qui nous ont déterminé à rechercher un procédé de contrôle répondant aux conditions pratiques énoncées, parmi les appareils de dépression. Notre système de mesure de la différence de pression ou résistance qu’éprouve l’air à traverser la couche en combustion, au moyen d’un manomètre enregistreur différentiel, permet de déceler les caractéristiques de fonctionnement et de conduite du foyer. On peut aisément déduire du diagramme si le mauvais résultat obtenu est dû à tel ou tel défaut dans la conduite du générateur. En un mot, l’instrument que nous avons dénommé « doseur d’air » est à la chaudière ce que l’indicateur de Watt est au moteur à vapeur.
- 'Nous ri’insisterons pas davantage sur cette-question importante du contrôle, tout en rappelant qu’elle est indispensable pour savoir ce que l’on fait : il ne viendrait à l’idée d’aucun électricien de conduire une centrale sans ampèremètre ni voltmètre ; c’est pourtant quelque chose de semblable que font, dans leur chaufferie, beaucoup de mécaniciens.
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- III
- Le problème du foyer mécanique.
- L’idée est séduisante a priori, qui s’attache à réaliser à la fois l’alimentation automatique et le décrassage automatique.
- Malheureusement, lorsqu’on l’étudie, non plus avec les yeux du technicien, mais avec ceux du praticien, on est obligé de reconnaître que la séduction baisse considérablement.
- Après un gros emballement au début de l’apparition des nombreux spécimens de foyers modernes, beaucoup d’industriels sont devenus tout à coup pessimistes devant les difficultés que leur a occasionnées leur installation de foyer mécanique. '
- C’est que les imperfections sont encore nombreuses : ou bien l’on ne peut brûler que des charbons de toute première qualité, triés sur le volet, régulièrement calibrés, à cendres peu fusibles, ou bien la combustion est mauvaise, par suite surtout de l’irrégularité de distribution du combustible sur la grille.
- Le mécanisme est généralement fort compliqué, exposé au feu, sujet à des dégradations rapides ou à des dérangements qui occasionnent l’arrêt de la chaudière pendant plusieurs heures.
- D’une façon générale, la distribution régulière du combustible, sa répartition sur la grille, le décrassage, enfin, laissent toujours à désirer et nécessitent l’intervention du chauffeur pour égaliser ou décrasser.
- Cependant, les exigences pécuniaires de plus en plus considérables de la main-d’œuvre, son manque de souplesse, ou plutôt de bonne volonté, font qu’à l’heure actuelle la faveur revient aux foyers mécaniques, qu’on préfère malgré tout à l’homme.
- Si l’on ajoute à ces considérations une réelle amélioration de la combustion et de la fumivorité par rapport à la chauffe à la main (elle quelle est couramment pratiquée, amélioration qui s’explique par une plus grande régularité de l’alimentation et une plus haute température dans l’enceinte, on ne peut méconnaître que le foyer automatique constitue véritablement un progrès et qu’il a pour lui l’avenir.
- Il reste uniquement, pour résoudre le problème, à sélectionner non pas l’appareil parfait, ce serait beaucoup dire, mais celui qui réalise le plus grand nombre de perfectionnements.
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- Choix d'un foyer. — Dans l’état actuel des choses, le choix d’une grille doit s’inspirer de deux considérants : l’un relatif au combustible, l’autre relatif aux qualités propres de l’appareil.
- On pourrait également parler du tirage dont on dispose, mais ce point est des plus faciles à solutionner par le tirage mécanique.
- En ce qui concerne le combustible, les appareils courants ne donnent de résultats vraiment satisfaisants qu’avec les charbons gras et fournissent les résultats optima avec les charbons calibrés et à cendres peu fusibles.
- La catégorie d’appareils qui s’accommode le mieux des combustibles quelconques est celle des grilles à gradins, sur lesquelles on peut brûler un peu de tout, et nous avons vu des installations minières qui permettaient, même avec le tirage naturel, de brûler avec succès des charbons barrés de schiste à 40 ou, 50 0/0 de cendres. Sur d’autres, on utilise les maigres et les charbons anthraciteux.
- Le foyer Savary, qui est en somme une grille à gradins circulaires, est jusqu’ici le seul appareil permettant l’emploi des poussiers aussi fins qu’on le désire, voire les sehlamms des bassins de décantation.
- Desiderata du foyer idéal. — En ce qui concerne les qualités à exiger du foyer, ce sont, au point de vue des conditions techniques de fonctionnement :
- 1° Assurer une combustion excellente et, par suite, une fumivorité parfaite ;
- 2° Assurer une utilisation excellente, c’est-à-dire ne commencer le chauffage qu’après la réalisation de la combustion complète dans une enceinte préalable ;
- 3° Assurer la tenue convenable du combustible au feu ou, en d’autres termes, assurer régulièrement la répartition uniforme en une couche de hauteur constante en tous les points de la grille.
- Au point de vue pratique, ce sont encore :
- 1° La possibilité d’alimenter à la pelle en cas d’arrêt de la force motrice ou d’avarie au système d’alimentation ;
- 2° De permettre le remplacement des barreaux en marche;
- 3° Ne présenter à l’action du feu aucun organe essentiel de distribution, etc ;
- 4° Éviter le tamisage des menus à travers les barreaux ;
- 5° Permettre le décrassage automatique ;
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- 6° Rejeter dans les déchets du décrassage une proportion de carbone aussi faible que possible ;
- 7° Enfin., pouvoir brûler indifféremment des combustibles de nature et de calibrages divers, tels qu’on les rencontre dans la pratique, notamment les menus et fines.
- Inutile d’ajouter qu’il n’existe pas actuellement de foyer remplissant toutes les conditions énumérées. Bien mieux,, très limités sont ceux qui réunissent, une majorité, satisfaisante.
- rv
- Critique générale et résultats actuels.
- IL nous est facile maintenant, après avoir exposé les lois de la combustion et le critérium du foyer idéal, d’analyser le fonctionnement pratique des appareils actuels.
- jRôle de la voûte. — Au point de vue combustion, tous les foyers mécaniques possèdent une voûte, en d’autres termes, la température y est plus élevée que dans les foyers à main, et, comme nous venons de le dire, l’effet régulateur de cette voûte sur la température dans l’enceinte et sur la combustion donne une meilleure fumivorité.
- En fait, tous les avantages que les prospectus attribuent à tel ou tel détail constructif résultent simplement de la présence de cette voûte. Ce n’est, d’ailleurs, pas là une découverte, puisqu’on applique couramment ce principe dans les fours industriels.
- Il est étonnant de constater qu’il ait fallu autant d’années pour arriver dans les générateurs de vapeur aux mêmes dispositions employées classiquement, en métallurgie, par exemple.
- Il subsiste néanmoins, dans la grande majorité des applications, l’erreur de confusion entre la production des calories et leur utilisation, que nous avons déjà dénoncée, et qui atteint son maximum dans les chaudières à foyers intérieurs.
- La question du décrassage. — Au sujet du fonctionnement pratique, le point qui laisse le plus à désirer, dans la grande majorité des foyers, est celui du décrassage, et aussi du tamisage des menus à travers la grille.
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- La, valeur du tamisage dépend des espaces libres entre les-barreaux et du calibrage du combustible,
- Cette perte, avec du charbon non dépoussiéré et avec certaines. grilles, peut atteindre une valeur importante, quelquefois 7, 8 et même 10 0/0 du combustible chargé.
- 11 n’y a qu’une espèce de grille qui soit, de par son principe même, à l’abri du tamisage.. C’est la grille à gradins, ou grille en escalier, qu’il ne faut d’ailleurs pas confondre avec la grille inclinée. Celle-ci possède ses barreaux disposés longitudinalement, alors que la grille à gradins possède les siens superposés transversalement à la manière des tuiles d’un toit,
- La perte par le coke rejeté dans les cendres est fort négligeable par rapport au tamisage : par exemple, un charbon à 10 0/0 de cendres, dont les mâchefers contiennent 15 0/0 de coke, ce qui est le cas minimum pour les foyers mécaniques, ou 2,5 0/0, ce qui est le cas courant, ne présente malgré tout qu’une perte de 1 1/2 et respectivement 2 ï/2 0/0, de la quantité de charbon chargée, ce qui est relativement peu de chose.
- Au total, on admet, dans les marchés ou contrats de garantie, que la perte totale résultant du tamisage et du coke dans les escarbilles ne doit pas dépasser 5 0/0 du charbon total. On réalise fréquemment cette garantie aux. essais, mais, en marche courante, il est rare que ce chiffre soit respecté.
- La perte en coke dans les cendres résulte surtout du décrassage automatique. Rien n’est plus difficile à réaliser et surtout à faire fonctionner régulièrement qu’un décrassage automatique, et l’on peut, jusqu’à un certain point, se demander si cette réalisation est vraiment intéressante.
- Il est notoire qu’en pratique deux bateaux ou deux livraisons de charbon successives ne présentent jamais le même pourcent de cendres, de sorte que, si l’on a réglé son décrassage pour tel combustible à telle teneur, il faudra recommencer à le régler pour tel autre combustible et telle autre teneur.
- En pratique, on s’en tient à un terme moyen et, généralement il en résulte qu’on pèche par excès de coke dans les cendres.
- Eh fait, nous estimons que le décrassage automatique ne se justifie que dans les centrales très, importantes, assurant un service public, où la question de sécurité et de continuité dans le service passe avant même la question d’économie, et où, pour éviter les grèves, on supprime l’homme.
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- Les grosses unités de vaporisation se répandent de plus en plus, et aujourd’hui un générateur de 8 000 kg est une unité courante. On prévoit dans les installations nouvelles des générateurs de 12000 kg avec l’alimentation de charbon et le décrassage automatiques. Un seul homme suffit pour quatre de ces unités, soit pour 50 000 kg de vapeur à l’heure, et à ce compte une chaufferie de 100000 ch peut être régie par dix hommes, là où il en aurait fallu au moins soixante-dix.
- Toutefois, en dehors de ce cas très particulier, nous pensons que le décrassage automatique est une erreur économique.
- Avec un seul décrasseur bien dressé, on peut assurer le service de trois, quatre, cinq et même six foyers dont l’enlèvement des escarbilles se fera avec une perte en coke dans les cendres moindre qu’avec n’importe quel décrassage automatique.
- Impedimenta accessoires. — En ce qui concerne l’entretien, la force motrice et autres questions accessoires, tous les appareils actuels se présentent dans des conditions analogues.
- La force motrice est sensiblement la même pour tout le monde : environ 1 à 2 ch pour 8 000 à 10 000 kg de vapeur à l’heure. La grille tournante Savary, montée sur billes, n’exige toutefois qu’une puissance bien moindre.
- Le remplacement des barreaux en marche, sans arrêt de la chaudière, ne se trouve que dans les chaînes sans fin et les foyers Savary.
- Quant au refroidissement des organes, il peut se faire, soit naturellement, soit par la vapeur, soit par pulvérisation d’eau, soit par circulation d’eau (water-jacket).
- Le refroidissement naturel est l’apanage exclusif des grilles à chaîne sans fin.
- La vapeur employée comme moyen de refroidissement et d’injection d’air combinés est usitée dans beaucoup de dispositifs; nous estimons pourtant que cette solution est mauvaise. Il est difficile de consommer en marche courante moins de 6 à 8 0/0 de la production de vapeur des générateurs.
- L’eau est le moyen le plus rationnel pour refroidir les barreaux de grille; il est employé par beaucoup de constructeurs, et la consommation varie entre 500 et 1 000 litres d’eau par 10000 kg de vapeur à l’heure.
- Le refroidissement par circulation d’eau à thermo-syphon
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- (water-jacket) qui possède de si heureuses applications en métal-lurgie, n’est appliqué que dans un seul appareil, le foyer Savary.
- Frais d'entretien. — Quant aux frais d’entretien, ils sont excessivement variables, non seulement suivant le type d’appareil mais surtout suivant les mains entre lesquelles il se trouve.
- Une marche bien surveillée, un feu bien conduit, une usine bien tenue, doivent permettre d’abaisser les frais d’entretien à 0,10 f par foyer et par heure de marche.
- Ce chiffre comprend environ 0,06 f pour la partie mécanique et 0,04 f pour le réfractaire.
- Il n’est pas rare toutefois de voir les frais d’entretien s’élever jusqu’à 0,30 f et même 0,50 f, ainsi qu’il nous a été donné de le constater maintes fois.
- Les chiffres de la pratique ne sont, d’ailleurs, pas rigoureusement comparables, étant donné qu’il faudrait les rapporter, non pas à l’unité-grille, qui peut brûler des quantités de charbon variables, mais au kilogramme de combustible brûlé, ou, mieux encore, aux 1 000 calories produites.
- Ils donnent toutefois une approximation du coût d’entretien des foyers mécaniques.
- A ces généralités, il importe d’ajouter quelques considérations particulières à chacun des systèmes. Nous ferons cette rapide revue critique par catégories, dans l’ordre de classification adopté plus haut.
- Foyers à pelletage. — Cette catégorie s’est simplement attachée à reproduire, avec des conditions de régularité certaines, la chauffe à la main, c’est-à-dire le lancement de pelletées de charbon à des intervalles de temps réguliers.
- Ce genre de foyers est tolérable pour des grilles de faible surface et avec des combustibles régulièrement calibrés.
- Il suffit, en effet, de réfléchir qu’il n’est pas possible de couvrir régulièrement une surface carrée ou rectangulaire par la projection en éventail à partir d’un point central.
- D’autre part, cet appareil fonctionne surtout par inertie. Il faut donc que les grains soient sensiblement tous de même poids pour que la répartition soit bien uniforme.
- Il existe un nombre considérable d’appareils de ce genre qui ne diffèrent, à vrai dire, que par quelques détails mécaniques, et notamment par les moyens propres à éviter la chute du
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- charbon à l’avant du: feu, ce qui est un autre: inconvénient assez général dans ces foyers.
- La plupart des foyers à pelletage ont leur grille fixe, et, par suite, le décrassage doit être fait à la main ; cette sujétion est d'ailleurs, peu de chose pour le cas des; petites grilles de chaudières à foyers intérieurs qui sont l’apanage' presque exclusif de ces foyers.
- Plusieurs maisons réalisent cependant le décrassage automatique en rendant la grille inclinée et les barreaux mobiles ; le réglage de la projection du combustible est rendu plus délicat par le fait qu’il importe alors de ne pas couvrir l’arrière en charbon frais qui serait rejeté presque aussitôt dans les cendres, mais les résultats sont en général supérieurs, par suite de la plus grande régularité de la couche en ignition, due au mouvement des barreaux.
- Grilles mobiles inclinées. — Les foyers à barreaux mobiles sont essentiellement constitués par un dispositif d’alimentation admettant le combustible sur une grille à barreaux longitudinaux légèrement inclinés; Légalisation du charbon et l’expulsion graduelle du mâchefer ont lieu par le déplacement relatif des barreaux les uns par rapport aux autres.
- C’est, en somme, une adaptation directe du classique crible Briart pour le classement des charbons.
- Cette catégorie d’appareils fonctionne d’une façon pratiquement satisfaisante. Toutefois, l’une des critiques réside dans le fait que les. barreaux se détruisent assez rapidement en dépit des moyens de refroidissement par l’injection de vapeur dans les barreaux creux ou pulvérisation d’eau, que pratiquent certains constructeurs. Le mouvement relatif des barreaux crée également un broyage de combustible qui a tendance à augmenter la perte par tamisage.
- La critique technique est la même que celle des. foyers à chaîne sans fin et des foyers à gradins, c’est-à-dire l’irrégularité d’épaisseur et d’égalisation de la couche incandescente, qui nécessite souvent l’intervention du ringard, et rend le réglage de l’air difficile', surtout: à barrière.
- Chaînes sans fin. — Le foyer à chaîne sans: fin constitue une des classes^ donnant les meilleurs résultats.
- Il possède, en effet, de très sérieuses qualités : il peut fonc-
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- tionner à tirage naturel ; le refroidissement des: barreaux est obtenu naturellement et sûrement, sans eau ni vapeur la destruction des barreaux, rapide avec les charbons à cendre fusi-• blés, comme dans tous les foyers du reste, est palliée par la possibilité de procéder à, leur remplacement en marche. Aussi voit-on. se répandre, de plus en plus,, ce type d’appareil, malgré son coût élevé. Certaines maisons même, jusqu’ici constructeurs exclusifs de foyers à pelletage ou à alimentation renversée, abandonnent leur type et font de la chaîne sans fin.
- La critique technique réside dans l’irrégularité de combustion : le charbon est introduit frais à l’avant sur une certaine épaisseur et, au fur et à mesure de l’avancement, la combustion ayant lieu, cette couche diminue d’épaisseur, augmente de porosité et, finalement, est réduite vers 1’arrière à une couche assez faible de mâchefer par où l’air passe en grand excès.
- Le désagrément que présente le réglage de ces foyers est alors le suivant: ou bien l’on marche avec l’arrière de la grille dégarni, c’est-à-dire avec un passage facilement ouvert à des excès d’air, ou bien, on conserve l’arrière recouvert et alors on envoie dans les mâchefers une proportion de, coke très considérable.
- Le tamisage, lorsqu’on emploie des charbons non calibrés ou non dépoussiérés, atteint des proportions importantes ; toutefois, aujourd’hui on emploie des formes de barreaux qui restreignent beaucoup cet inconvénient.
- La principale difficulté pratique réside dans le décrasseur, sorte de masse disposée à l’arrière de la grille, ayant pour but de nettoyer les barreaux, et, dans une certaine mesure, d’accumuler les mâchefers à l’arrière pour éviter le passage de l’air. Ce décrasseur se détruit: très: rapidement et, en fondant, vient causer des perturbations graves à la grille..
- Pour obvier à ces inconvénients, les constructeurs ont réalisé différents perfectionnements de détails; les uns abaissent le décrasseur et solutionnent, le problème de la répartition de l’air par des- caisses: à, vent cloisonnées fournissant des pressions d’air, décroissantes de l’avant à l’arrière ou même par de véritables: ' registres individuels sur chaque série de barreaux.; les autres se sont attachés à la bonne réalisation mécanique : chaîne séparée-avec supports de barreaux facilitant le remplacement des; éléments,. et évitant à; ceux-ci la tension de la chaîne, etc.
- En France, pour la grande centrale électrique,, ce type de
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- foyer à conquis la faveur qu’on a réservée, en Amérique, aux grilles à gradins mobiles.
- Gradins. — Cette catégorie possède dans une certaine mesure l’inconvénient d’une mauvaise répartition de combustible offrant un passage facile à l’air en bout de grille.
- Toutefois, la forte inclinaison de la grille permet aisément d’accumuler les mâchefers en quantité suffisante à la partie inférieure, et de restreindre beaucoup cet inconvénient.
- Cette catégorie d’appareils est très peu répandue en France, où existent cependant des installations ayant donné d’excellents résultats. Il est assez étonnant que les grilles à gradins ne soient pas imposées, car de tous les foyers mécaniques ce sont elles qui ont le moins à se soucier des limites de teneur variable en matières volatiles, de calibrage rigoureux, de cendres peu fusibles, qu’exigent les foyers d’autres systèmes.
- Leur installation est encombrante, et exige le creusement du sol par-devant la chaudière ; je ne suppose pas que ces nécessités aient pu être mises en balance avec les qualités de combustion et d’entretien, et qu’elles soient pour quelque chose dans le peu de faveur de ces engins.
- Combustion renversée. — La combustion renversée proprement dite n’a pas réussi.
- L’alimentation renversée, par le dessous de la couche de com-' bustible, s’est, au contraire, rapidement répandue.
- Le point faible de ces appareils est l’irrégularité dans la répartition du charbon ; généralement le charbon est poussé par le centre, et doit se répartir de chaque côté, avec un talus naturel.
- Les limites dans lesquelles se fait cette opération d’une façon satisfaisante, sont malheureusement très restreintes, et même la réalisation en devient tout à fait problématique pour les grilles à grande surface. Un constructeur rend ses barreaux latéraux mobiles, et a pu réduire considérablement cet inconvénient ; un autre, avons-nous vu, combine l’alimentation par en dessous avec une grille à gradins.
- Il faut éviter soigneusement dans ces foyers, à grille ou sans grille (grateless) les charbons collants qui forment des ponts, des gâteaux compacts; de bons résultats sont obtenus avec les charbons sales ou barrés, déchets de laverie, dont le fort pourcentage de cendres s’oppose à ces fâcheuses agglutinations.
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- Le décrassage est, en principe, automatique dans les modèles à barreaux mobiles; pratiquement, surtout si les cendres sont fusibles, il est bien préférable d’opérer à la main.
- Combustions séparées. — Nous avons défini, sous ce titre, des appareils dans lesquels les matières volatiles sont distillées et brûlées séparément ou préalablement, le coke restant étant à son tour brûlé séparément
- Ce principe est très séduisant par le fait qu’il supprime l’un des plus graves inconvénients rencontrés dans les foyers : celui qui résulte d’une teneur en matières volatiles variable, entraînant la mauvaise tenue du combustible au feu. Or, nous avons
- Barpeau isolé-'''
- Fig. 18
- expliqué le rôle essentiel de la cokéfaction dans la bonne tenue du charbon au feu.
- Le cas le plus probant, dans cet ordre d’idées, est celui du gazogène. Le gazogène est un appareil excellent et donnant toute sécurité lorsqu’on l’alimente avec du coke ou des charbons excessivement maigres. Dès l’instant où l’on emploie des houilles quelconques, les résultats deviennent mauvais par suite de l’irrégularité de combustion due au pouvoir agglutinant de ces houilles.
- L’idée est donc particulièrement heureuse qui consiste à chasser préalablement par distillation les matières volatiles et à brûler ensuite le coke, soit directement, soit par gazéification.
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- Eau de lange
- W//////7777///7;
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- Les appareils que l'on avait proposés jusqu’ici pour remplir ce but n’étaient pas sortis du carton de l’inventeur. Nous avons signalé dans l’historique les tentatives faites dans cette voie.
- •Le foyer que nous allons présenter est, au contraire, une réalisation particulièrement élégante de cette conception, et la séparation des matières volatiles y est obtenue fort simplement.
- Get appareil, imaginé par M. Savary, se compose d’une grille tronconique en forme d’entonnoir (fig. 48 et 49). Les barreaux, amovibles et rendus (mobiles sans articulation pour faciliter la descente des mâchefers, sont reliés à des montants suspendus à une couronne de fonte qui tourne sur billes, entraînant dans un mouvement lent tout le foyer.
- La figure 18 montre clairement la simplicité et la robustesse de ce mode de construction.
- Sur la couronne supérieure un revêtement réfractaire forme la sole de cokéfaction ou aire de distillation préalable. Le charbon est étalé sur cette sole tournante par une trémie de distribution ; les matières volatiles distillent, brûlent et au bout d’un tour, la distillation achevée, le coke restant sur la sole rencontre un sabot en fonte, à refroidissement d’eau, qui le rejette sur la grille inclinée, une véritable grille à gradins, mais à gradins circulaires.
- L’on retrouve, en somme, dans cet appareil, empiétant les uns sur les autres, trois modes de combustion différents. A la partie supérieure, distillation et combustion immédiate du gaz produit; sur la zone supérieure de la grille conique combustion, comme sur une grille ordinaire, de coke très poreux; enfin, à la partie inférieure, gazéification et production d’oxyde de carbone, comme dans une cuve de gazogène. La combustion complète des produits résultant de ces trois étapes de fonctionnement est assurée par la haute température que maintient la voûte.
- Le décrassage peut être indifféremment soit effectué à la main, soit automatique. Nous avons dit un peu plus haut ce que nous pensons du décrassage automatique.
- Dans le foyer Savary, le Usage, ou descente régulière des cendres, est assuré par la mobilité des barreaux. Le mouvement d’oscillation empêche l’agglomération des mâchefers et contribue à leur chute, déjà facilitée par la1 forte inclinaison du cône; dans ces conditions, les cendres s’accumulent sur la grille inférieure où elles doivent séjourner un certain temps pour permettre la gazéification de la majeure partie du carbone qu’elles peuvent
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- contenir; un coup de crochet suffit ensuite pour les expulser, et cette opération qui n’influe en rien sur le régime du foyer, puisqu’elle s’effectue en dehors de la zone de combustion, n’est pas pénible, l’homme n’étant pas exposé à la réverbération du feu comme dans les foyers ordinaires.
- Dans ces conditions, il est superflu, semble-t-il, de rechercher le décrassage entièrement automatique dont nous avons signalé les difficultés pratiques de réglage.
- Ce décrassage entièrement automatique est toutefois aisé à réaliser, à l’instar du gazogène à sole tournante. On peut, en effet, employer un dispositif analogue, mais inverse, en ce sens qu’ici la grille (soit le corps du gazogène) tourne et le plateau (soit la sole du gazogène) doit être fixe. Dans ces conditions, les mâchefers s’étalent sur le plateau suivant un talus naturel d’é-boulement, et une raclette mobile, solidaire de la grille, en enlève à chaque tour la frange extérieure.
- En somme, on ne peut manquer d’être frappé et séduit par l’originalité de ce nouvel appareil de combustion qui emprunte d’une façon particulièrement heureuse les avantages inhérents à divers systèmes, tout en évitant leurs inconvénients :
- Au gazogène au coke, il emprunte sa régularité de gazéification ;
- Au four à gaz, la haute température et les enceintes de grand volume assurant une combustion et une fumivorité complètes;
- A la grille à gradins la faculté d’éviter totalement les pertes par tamisage, les rentrées d’air à la base de la grille, et la possibilité de brûler toute une gamme de combustibles variés, y compris les poussiers les plus fins;
- A la rotation suivant un axe vertical l’obtention d’une couche de combustible d’épaisseur régulière;
- Au principe de la distillation préalable, la réalisation d’un coke non comprimé, éminemment poreux.
- Bref, il apparaît certain que cet appareil réalise une étape très nette dans la voie de la combustion mécanique, et il nous est particulièrement agréable de constater que ce pas est franchi par un Ingénieur français.
- Ajoutons, enfin, que ce mode de chauffage n’est pas exclusif aux générateurs de vapeur, mais qu’on peut très aisément l’appliquer à divers chauffages industriels, notamment aux fours à réverbère, fours à moufle, fours à réchauffer, fours d’émaillerie, etc., pour lesquels il constitue une solution aussi satisfaisante quoique moins onéreuse que le chauffage au gaz par gazogène.
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- COMPLÉMENT A L’ÉTUDE
- DE
- LA FLEXION DANS LES PIÈCES
- EN
- CIMENT ARMÉ(l)
- PAR
- jYI. Léon LEBREC
- La question qui nous fait revenir devant le lecteur est identiquement celle pour laquelle nous avons déjà proposé et discuté des solutions dans la première partie de notre précédente étude (bulletin de janvier 1911).
- Nous rappelons qu’il s’agissait de déterminer dans une section de béton armé fléchie, du type courant du hourdis nervuré, choisi par la circulaire ministérielle comme base de ses calculs :
- 1° La fibre neutre;
- 2° Les fatigues maxima du béton et du métal.
- Ce profil type réalise, par la variation de ses dimensions, toutes les formes pratiquement applicables aux constructions; nous pouvons donc nous en tenir à lui sans abandonner le désir d’offrir des méthodes générales.
- Nous avons admis tous les cas possibles de flexion (sans torsion), à cet effet : nous les avons considérés comme résultant de l’application d’une force normale N à une distance d de l’arête tendue.
- Nous avons distingué, suivant le signe de la force (traction ou compression). Nous avons qualifié le premier cas : flexion composée de traction.
- Nous avons reconnu trois cas de compression suivant la position de d (2) par rapport à deux valeurs critiques d2 et d{ :
- d2 < d << dlt pression composée ;
- dy << d, flexion composée de pression ;
- d = d2, corespondant à la pression simple ;
- d infini, correspondant à la flexion simple avec d2 < dt <; 1.
- (1) Voir procès-verbal de la séance du 5 mai, 1911, p. 603.
- . (2) Les notations et les unités sont celles du mémoire paru dans le bulletin de janvier.
- Bull.
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- Dans la pression composée, toute la section est en compression, autrement dit, la libre neutre est extérieure à la section; entre les limites du présent cas, une variation de l’arrangement des forces extérieures (variations résultante de d ou de N) est sans effet sur la valeur de la surface de section travaillante. C’est la condition, d’ailleurs, à laquelle est subordonnée la validité des formules de la résistance des matériaux.
- Cette condition est encore remplie, mais approximativement cette fois, quand la libre neutre tombe dans la nervure. L’approximation consiste dans le parti pris de négliger le béton comprimé de la nervure.
- Cette approximation, préconisée dans le premier mémoire comme un moyen intéressant de simplification (1), sera systématiquement admise dans la méthode que nous allons développer plus loin (2).
- Nous savons que notre tracé de détermination de fibres neutres, qui dans les cas précédents était linéaire, s’élevait au deuxième degré (segment de parabole) dans les cas de flexions composées proprement dites (f. composée de compression et de traction).
- Nous voulons aujourd’hui éviter la complication du tracé parabolique et généraliser le tracé linéaire.
- (1) Nous avons vu comment on pourrait tenir un compte rigoureux du béton comprimé de la nervure, en considérant l’intersection delà droite des pourcentages (joignant les points cotés çc et çj des échelles) avec, non plus la tangente T de la parabole P, au point d’abscisse e, mais avec une courbe obtenue par réduction proportionnelle des
- b'
- ordonnées yp — yj, le coefficient de réduction étant — (bl V = largeurs respectives des hourdis et de la nervure). Cette courbe est une nouvelle parabole.
- (2) Une seconde approximation va être nécessairement introduite dans ce qui suivra, alors qu’elle n’était que facultative dans la première méthode que nous avons proposé. Nous négligerons la hauteur du béton comprimé au-dessus du centre de gravité des surfaces de section des armatures comprimées.
- Notre première méthode graphique permettait de faire cas de ce facteur d en mesurant çc sur son échelle, non plus à partir de A, mais du point At où cette échelle est coupée par la tangente T à la parabole P (prolongée à gauche de B) au point B„ tel
- que 6tB = - .
- On détermine A' par la condition que: A, Af = à l’échelle des <pc.
- La droite des pourcentages est A'B'.
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- Nous donnerons ensuite une nouvelle détermination des fatigues maxima, résultant, elle aussi et dans tous les cas, d’un simple alignement.
- L’équation générale est (voir bulletin de janvier) :
- F = M — N X d = 0. [1]
- Considérons un triple système de coordonnées et prenons pour variables cartésiennes :
- x = mçc, çpc = pourcentage comprimé;
- y = myc, f —- tendu ;
- z — z .= hauteur comprimée.
- Soit e la hauteur du hourdis.
- On peut regarder comme formes générales de M et de N les expressions suivantes :
- N se z(x + y) — y + ez — ÿ-
- qui sont à prendre telles quelles quand z^> e (fibre neutre dans la nervure), mais dans lesquelles il convient de faire e = s si la fibre neutre tombe dans le hourdis la pression composée se rattache a e = 1, z > 1.
- On a ainsi :
- N = z(x + y) + Zw — y,
- [3]
- Z2 ZS ' L J
- M = zx -f | -g.
- La forme [2] dérive aussi de la forme [3] par la substitution,
- z2 z2 z2 c2
- aux quantités ^ dans N et ^ dans M, des quantités ez — ^ et
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- (-£M£-0
- aux courbes :
- qui sont les coordonnées des tangentes
- [4]
- e2
- y + ez —'%= 0,
- [3]
- au point d’abscisse e = (z — e).
- Le mode de génération de la courbe [5] par la courbe [4] est aussi celui de la tangente à la première par la tangente à la deuxième.
- En effet, si on se reporte à la signification géométrique de l’ordonnée de la courbe [5] (voir, première étude, bulletin de janvier) on remarque que la surface que représente cette ordonnée est, au delà du point d’abscisse z = e, du premier degré par rapport à l’abscisse. Elle se traduit donc par une droite ; et cette droite est d’ailleurs nécessairement la tangente à la courbe intégrale au point d’abscisse z = e.
- En résumé, la relation- [1] est générale, mais les expressions de M et de N sont suivant les valeurs de z :
- z< 1
- fibre neutre dans la nervure,
- | fibre neutre extérieure à 'z > 1 j la section (p composée), fibre neutre extérieure au hourdis
- z <Z e système [3] fibre neutre dans le hourdis.
- Nous allons étudier successivement ces différents cas.
- > e système [2]
- e < 1
- 1 (
- A. — Détermination des fibres neutres.
- 1° Fibre neutre extérieure au hourdis z > e.
- Considérons la surface F définie par les relations [1] et [2], ou plutôt par celles qui s’en déduiraient en changeant z en 1 — z. Le nouveau z* représente alors la hauteur du béton tendu.
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- Avec ce changement d’origine, F prend la forme suivante symétrique en z et en d :
- F == z'd(x + y + e) — (z + d)(x- + e — ^ +
- -j- e — e2 -j- =. 0. [6]
- C’est l’équation d’un paraboloïde hyperbolique équilatère dont un plan directeur est horizontal.
- Nous savons qu’il porte deux systèmes de génératrices rectilignes et que l’un est horizontal. Chaque génératrice de ce système rencontre toutes les génératrices de l’autre et, en particulier, celles d’entre elles qui sont verticales.
- La trace P sur le plan s = 0 de la génératrice verticale est définie par ses coordonnées œ et y qui sont fonctions de e et de d.
- Pour une valeur fixe de l’un de ces paramètres et des valeurs variables de l’autre, P passe par un ensemble de points disposés sur une courbe C.
- Lorsque cette valeur fixe est modifiée, la courbe G se déplace en décrivant un faisceau de courbes SC dont chacune est cotée de la valeur du paramètre fixe qui la détermine.
- Nous appellerons courbes G„ ou Cd celles qui sont déterminées par une valeur de e ou de d, valeur que le tracé de chacune de ces courbes porte en cote.
- Il vient ainsi deux faisceaux SCcet SCd ; la trace de la génératrice verticale (e, d) est à la rencontre de c, et de cd.
- Ainsi il y aura alignement entre le point représentatif des pourcentages et deux points d’une échelle portée par une courbe variable (suivant la valeur de e) ces points étant cotés l'un z' ou z et l'autre d.
- Tracé du faisceau SCe.
- Considérons la droite définie par le système d’équations :
- ( F = 0
- ( * = d/ — [7]
- A est tangente à Ce, puisqu’elle contient les points d’intersection de Ce avec les deux courbes infiniment voisines Cs et Cd.
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- Les courbes d’égal s rentrent, en effet, dans le faisceàu SGd en raison de l’identité qui existe entre les rôles des variables •%' et d dans l’équation [6].
- Ce est donc tout simplement l’enveloppe de À : son équation est le produit de l’élimination de X entre :
- = 0,
- = 0 soit le discriminant de l’équation en X :
- F —0 dans laquelle on aura fait g = d/ z= X. [8]
- Soit encore :
- (^œ + e — — '(x H- y + e ^ (æ + e — e2 + 0 = 0. [9]
- C’est un faisceau (coté e) d’hyperboles équilatères à asymptotes parallèles aux axes œ = 0, y — 0 et à paramètre variable (fonction de e).
- Rapportée, en effet, à ses asymptotes dont les équations sont :
- dF
- dæ
- elle vient sous la forme,,
- dF
- dy
- = 0,
- xy —.
- - 0.
- [101
- [11]
- Le terme constant varie dans le même sens que e et part de
- 1
- zéro (les axes) pour prendre la valeur ^ pour e = 1, l’hyperbole
- se dilate au fur et à mesure que e augmente, en même temps qu’elle s’éloigne du centre de coordonnées primitif.
- On trace facilement le réseau d’hyperboles par l’équation [11] jointe à celles qui donnent la trajectoire du centre et qui ne sont autres que les équations [10] fonctions unicursales dee(fig,2;.
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- Le centre se déplace donc sur la courbe (cotée e) : x — — — e2 4-
- y =-T [12]
- Chaque courbe porte une graduation z ou d, déterminée par le passage de toutes les courbes du faisceau 5Cd.
- Si l'on voulait construire directement la graduation, il suffirait
- de chercher l’intersection de l’hyperbole avec le faisceau de droite définie par l’équation :
- dF A ^ dF
- — = 0 ou F — À t dX dX
- 0.
- Soit, dans l’espèce, si on fait la construction dans le plan rapporté aux asymptotes de l’hyperbole comme axes :
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- On peut la déduire par projection de l’abscisse semblable
- x = ^ _ construite une fois pour toutes.
- Les deux branches de courbes portent la graduation X de la manière figurée en marge (fig. 2).
- Voyons comment se dispose l’alignement suivant les cas. Soit d’abord la flexion composée de compression ou, à la limite (e = i ), la pression composée (rappelons que z est ici toujours > e).
- Ce dernier cas appelle simplement l’utilisation de l'hyperbole extrême (e = 1) sans aucune autre particularité.
- Appelons d3 la distance d qui correspond à z — 1 — e et d{ celle qui correspond à z — 0 d; est variable entre dl et ds:
- On peut avoir d3 << 1 i les positions extrêmes de l’alignement E1 E3 sont données par la figure 3.
- Fig.3.
- Si d3 est inférieur à (d'3) l’alignement extrême E3 vient en E3. La pression composée, au contraire, est limitée supérieurement par d{, quant à sa valeur de d, et inférieurement par d2, valeur de pression simple avec d2 < dt. .
- Les alignements s’en placent entre Ej et E2.
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- Nous avons ainsi vu tous les cas possibles dans lesquels la force normale est une compression (fig. 3).
- Reste à examiner la flexion composée de traction (fig. 4). d est toujours négatif, mais il faut distinguer suivant que la fibre neutre de flexion simple tombe dans la nervure — et elle appartient alors au cas précédent, son alignement étant confondu avec E2 — ou tombe dans le liourdis.
- Dans cette dernière hypothèse, l’alignement limite E4 et non plus E2 correspond à la distance dt et, d’autre part, à la valeur de z égale précisément à G.
- d4, ou l’infini, sont les plus grandes valeurs possibles de d, la plus petite est 0, elle correspond à z = 1 ; l’alignement correspondant est rejeté à l’infini (E0).
- Dans le cas où intervient d4, les alignements qui correspondent aux valeurs comprises entre d4 et l’infini ressortent au groupe qui va être étudié plus loin (fibre neutre dans le hourdis).
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- 2° Fibre neutre dans le hourdis (z < e).
- Les formes à prendre pour M et N sont celles du système [3].
- Sur chaque courbe du faisceau 2^ peut être considéré le point de cote e ; il y a un tel point par courbe, soit une ligne de points pour l’ensemble. Appelons cette ligne CL
- C’est par le point z de Gz gradué en valeurs de z que passera l’alignement A.
- Mais considérons, d’autre part, le lieu des points d’égal d sur les différentes courbes Ge, ce lieu est pour chaque valeur de d une courbe Gd à laquelle A est tangente au point cote d de la courbe Ce = ï.
- Ainsi il y a alignement entre le point représentatif des pourcentages, le point d'une échelle porté par une courbe fixe (CJ et cotée en fonction de z, et le contact avec une courbe cotée d'un faisceau 2Cd.
- Tracé de la courbe Gz.
- Les équations de cette arête sont :
- [12]
- Résolues, elles conduisent aux expressions unicursales faciles pour la construction de l’échelle z :
- [13]
- La branche utilisable est celle qui correspond à z compris entre 0 et 1, c’est une branche asymptotique située dans le second angle des axes; son tracé n’offre aucune difficulté.
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- Tracé du faisceau 2Cd.
- La nouvelle forme F = O est encore une surface réglée à plan directeur horizontal; la projection de toute génératrice sur le plan des pourcentages (c’est-à-dire tout alignement) est tangente à la projection sur le même plan du contour apparent de la surface É parallèlement à l’axe des z.
- Les équations de ce contour apparent en projection sont :
- F = 0. f
- dF _ o [14J
- Ce qui s’écrit dans l’espèce :
- .a? .=
- y =
- d 1 )'
- d — 1 V 3 + • 2
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- A chaque valeur de d correspondra une courbe qu’on pourra tracer par points en déterminant les ordonnées relatives à quelques valeurs de z (fig. 5).
- Mais il y a plus simple. En effet, l’équation ordonnée de F est:
- æz(d — d) + yd (z — 1) + ... = O,
- d’où le coefficient angulaire de notre alignement :
- A y _ ___ .s d
- A.æ ~~ z — 1 ' d — 1'
- Si on porte sur un axe les quantités ^ en abscisse et qu’on
- cote X les points figuratifs, en prenant une échelle X sur l’axe y et une échelle identique sur l’axe — x, la droite qui joint le point X = d de l’échelle — x au point X =. z de l’échelle y donne la direction de l’alignemenl A.
- Cet alignement passe, d’autre part, au point coté s de Gs.
- En joignant le point X = d à tous les points X = z et en menant à toutes ces directions des parallèles respectivement par tous les points cotés z. de Gs, on obtient un faisceau de droites qui enveloppe précisément la courbe Gd qu’on trace ainsi facilement.
- On obtient toutes les courbes Gd en prenant pour origine des directions A tous les points, successivement, de l’échelle
- des jAj (fig. 9).
- Utilisation des échelles X.
- L’abscisse est a = ^ ^ ; a varie en sens inverse de X, pour
- X = 1 ; a est infini.
- Le sens des variations est indiqué au schéma ci-contre :
- Soit d’abord X = s; l’échelle des z est verticale et parallèle à l’axe xy (fig. 6).
- Le z utile est compris entre 0 et e (<: 1), soit dans la zone OA' (A' cote e).
- L’échelle des X = d est parallèle à l’axe Oæ et orientée en sens contraire (point à gauche).
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- Les régions (4- oo At, Ü — oc) correspondent à d > O (flexion composée de compression).
- La région (AtO) à d < O (flexion composée de traction).
- 00-00 ^ O A ^FOC
- A £ ° îs ~y !a
- 5?1 -A1 Ce)
- K — 1 j ° d2 dj 1
- Fig. 6.
- Mais z varie entre O et e : donc, si d3 correspond h z = e, nous avons les distinctions suivantes :
- 1° Soit d3 et d négatifs (c, f, t), d est compris entre O et d3 ;
- 2° Soit d3 et d positif (c, f, p).
- cL À o
- -----------1--------h-----------——
- A d3 o
- -—.------1---1----1----------
- Fig.ï.
- Distinguons suivant la position de e par rapport au « de flexion simple (fig. 7).
- Si e > zfs, les valeurs de d, utiles, sont supérieures à d3 et sans limite (d3A).
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- Si e > zfs, il n’y a pas de flexion composée de pression ; les seuls cas possibles appartiennent à la flexion composée de traction et supposent d en valeur absolu e inférieure à la valeur d3 correspondant às=;e (Ad3).
- Valeurs de passage.
- Pour le z limite {z = e), les tangentes tournent autour de A' (en direction) et en position sont parallèles aux directions précédentes. — Le lieu des points du .faisceau SCd dont les tangentes répondent à cette condition est évidemment la courbe Ce.
- En particulier Ge=1 correspond aux points dont les tangentes sont parallèles à l’axe des y, soit l’hyperbole :
- X'J + Vr + n = °- i16]
- (il suffit d’éliminer d entre les équations 15 dont le s aura été égal à 1.)
- \ 9*
- Fig. 8.
- • Soit le point (xy) figuratif d’une section : e l’épaisseur du hourdis, B la cote de la courbe, cd tangente à l’alignement extrême A.
- Si le d du problème est supérieur à S’, celui-là appartient à la flexion composée à fibre neutre dans le hourdis:
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- Si d < o, le problème tombe dans la flexion composée à fibre neutre dans la nervure ou même, si d assez faible, dans la pression composée (fig. 8).
- Si e = 1, dA, cote de la courbe pour laquelle A est tangente à x — 0 marque le d de passage à la pression composée.
- L’épure tracée d’après les principes qui précèdent présente la forme de la figure 9. ,
- Nous avons vu toute l’utilité qu’on pouvait en tirer et nous pouvons maintenant affirmer qu’im alignement A donne, dans tous les cas de flexion composée, la relation entre, oc, <pt, z et d, c’est-à-dire permet de résoudre complètement tout problème pratique. Telle est notre méthode. Nous ferons toutefois remarquer, avec M. le professeur d’Ocagne, qu’on peut éviter l’alignement par contact en ayant recours aux coordonnées parallèles.
- Supposons,, en effet, x et y lus sur deux échelles linéaires parallèles.
- L’équation de notre relation d’équilibre, représentant une surface réglée,, est de la forme
- xf + 2/ç + ^ — 0.
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- Soient ^ et jx2 les modules des échelles. On a :
- u —
- v = ^y.
- L’équation [17] peut s’écrire :
- \l2f . U + + [^g2^ — 0.
- Dans un système cartésien d’axes parallèle et normal aux échelles et dont l’origine est à une distance o de l’axe des y, on sait que les coordonnées de l’alignement uv sont :
- r _ M — 1hf M-2? + Vif'
- [18]
- h/’
- [19]
- d’où, par élimination de d et de z successivement entre [18] et [19] :
- F (œ, y, z) = 0,
- y,d) = 0,
- c’est-à-dire, graphiquement, un réseau dont un faisceau est coté d et l’autre z (fig. 40).
- Dans le problème qui nous occupe, les fonctions f, ? et ^ ont les valeurs suivantes :
- f=*)d-‘I),
- T = d(z —1),
- V- = \(d — \) +
- Posons = g2, il vient : .
- x ____ y _ 1
- c(z — d) z2. z3 “ 2dz — z — d' -
- 2(rf-1)+6
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- L’aspect de ces relations révèle que :
- 1° Les lignes F- sont des droites et que ces droites enveloppent une cubique ;
- 2° Que les lignes $ (cotées d) sont des cubiques, dans le cas général, et exceptionnellement se résolvent en une parabole, dans celui de flexion simple (d = ce).
- Cette parabole rappelle, d’ailleurs, celle à laquelle nous sommes arrivé dans notre précédente étude : nous en trouvons donc ici comme une généralisation intéressante au cas de flexion composée.
- B. Détermination des fatigues maxima.
- Le problème consiste, étant données x, y, z, à déterminer va et vb ou, plus généralement, à trouver la relation graphique entre ces cinq quantités.
- Il est intéressant de passer par l’intermédiaire K, qui permet de maintenir le maximum de symétrie dans les calculs :
- (Voir premier mémoire, début.) Bull.
- 44
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- K une fois déterminé, va et vb s’en déduisent par les relations très générales :
- v
- a
- m( 1 — z)
- = Kh.
- [21]
- Les méthodes sont au nombre de deux, suivant qu’on fait intervenir la force normale ou le moment de flexion.
- Dans chaque méthode, il convient de distinguer suivant la position de e par rapport à s.
- 1° Méthode par la force normale
- La force normale s’exprimait, dans notre première étude, par l’expression [3] pour l’hypothèse (z < e).
- N = j + z(x + y) — y- [22]
- N étant la force % mesurée avec les unités convenues, c’est-à-dire qu’on avait la relation :
- N =
- 9b
- Kbh2 *
- [23]
- L’équation d’où va sortir notre méthode résulte de la substitution à N de sa valeur dans l’équation [22], soit :
- g- = ^ + z(x + y) — y — ^ — 0-.
- ~K
- [24]
- Si nous regardons z comme un paramètre indépendant et comme la troisième variable cartésienne z', G = 0 repré-
- bh2 K
- sente un plan.
- Ce plan enveloppe d’ailleurs un cylindre parabolique à plan asymptotique vertical.
- %
- Eliminant en effet s entre G- = 0 et -j- = 0, il vient :
- (æ + yY + %' + V) = o.
- m
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- La direction commune des génératrices est inclinée à 46 degrés sur les trois plans de projection, ce qui fait que la distance comptée sur le plan z = 0 entre la trace sur ce plan du plan G et la projection sur ce même plan de la droite de niveau s du plan G (cette distance étant comptée sur la génératrice de contact) a précisément pour valeur s'.
- Le paramètre z fixe la position du plan tangent.
- Pratiquement, on se bornera à construire la section du cylindre
- par le plan s' = 0, soit la parabole :
- P = (x + yf + 2ja = 0.
- P sera cotée en valeur de s en se servant de la relation :
- Par le point T de P, coté s, ûn tracera la génératrice du cylindre. Gette construction donne en plan une droite parallèle à la direction x + y — 0 (fig. 44).
- Sur cette droite, on prendra Tt tel que le TTt ~ z et par T{ on mènera une parallèle à G qui passera par le point figuratif de la section (x, y).
- En fait, la construction se fera couramment en partant de (x, y) : on mènera par ce point T une parallèle A à la tangente à P au point coté s de cette tangente ; on mènera de T une parallèle
- à la direction des génératrices ^ et on mesurera TT^ = z .
- On calculera K par la relation
- &
- on déterminera T,
- K =
- 9e
- bh2z ’
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- Remarquons qu’on pourrait mesurer directement sur la figure des longueurs inversement proportionnelles à va et à vb. Abaissons en effet de T des parallèles aux axes des x et des y, qui coupent en T2 et Tt la droite A.
- Nous avons :
- mm ___ 1 96
- 2 ~ vb ’ bh'
- mm ___ 96
- 3 - ^ • w
- La démonstration est immédiate si on remarque que le coeffi-
- %
- cient angulaire de À a pour valeur ^------.
- Enfin, au lieu de construire sur P l’échelle z, il est plus simple de construire sur l’axe des x (tangent à P) l’échelle des traces, sur cet axe, de la tangente G.
- Cette échelle est encore cotée z et, si on désigne par œ l’abcisse du point de cote s, se construit par la relation très simple :
- Plaçons-nous maintenant dans l’hypothèse s > e.
- L’application des mêmes raisonnements à la deuxième formule [2] montre que la construction précédente doit, pour être valable, être modifiée comme suit :
- A est encore parallèle à G, tangente à P au point coté z, mais T, est donné par la génératrice issue du point de P coté e; soit T' .ce point.
- C’est T'Tj qui figurera z' et qui servira à déterminer K.
- Le cas de C = 1 n’offre rien de particulier : la construction s’applique de la même façon.
- 2° Méthode par le moment de flexion ff|£.
- Le moment de flexion s’exprimait, dans notre première étude, par l’expression [3] pour l’hypothèse z < e :
- M = zx+ ~
- z3
- U'
- [27]
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- M étant le moment *)yt mesuré avec les unités convenues c’est-à-dire qu’on avait la relation :
- M
- K6/i3'
- [27']
- L’équation d’où va sortir notre méthode résulte de la substitution à M de sa valeur dans l’équation [27], soit :
- n zx +
- dir
- r-3 /,/, 3
- Y - ~ = 0.
- b K
- Si nous regardons, s comme un paramètre indépendant et comme la deuxième variable cartésienne, y .H = 0 représente un plan vertical.
- La trace A sur le plan des æÿ enveloppe la courbe définie par les équations :
- H = 0 )
- Æ _ [ [28]
- dz ~~ )
- c’est-à-dire en l’espèce :
- SoitD cette courbe qu’on graduera en valeurs des et à laquelle on mènera les tangentes A ; le coefficient angulaire de ces tangentes est d’ailleurs s.
- On aperçoit toute la simplicité d’une pareille construction : on pourra même tracer les A correspondant à des valeurs rondes de s, entre lesquelles on interpolera et ne pas se servir de D.
- L’enveloppe restera toutefois encore utile si on se trouve dans l’hypothèse s > e.
- A est parallèle à la direction de coefficient angulaire s, c’est-à-dire parallèle à la tangente au point coté z de D. Mais A passe, en outre, par le point coté e de D.
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- $5oo —, 3oo0
- II,l.i 111111 h hil 18111811 ii-Lli-i_i.il l t 1 j li 11111 i l il 111 i i li 1111 ii h ! i 11 h 1 Lli l » 11111 »I i l
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- Le cas de e = 1 n’offre rien de particulier : la construction s’applique de la même façon.
- Si la force normale est une traction, les méthodes précédentes s’appliquent sans modification ; le signe de la force ayant en son seul effet sur la valeur de s (dans la détermination des fibres neutres préalablement).
- Entre les deux méthodes que nous venons d’exposer la seconde est préférable pour sa simplicité et pour sa plus grande généralité elle s’applique, en effet, indifféremment aux flexions simples et composées.
- La première méthode peut être utilement transformée par l’usage des coordonnées parallèles (x, y) les équations du point aligné sont :
- x ____ y ________ 1
- ^1 “ /_2 _ , ~ 2s — 1 [29]
- 2 5
- Ainsi les courbes F (cotées s) forment un faisceau linéaire (parallèle aux axes), et les courbes ? (cotées s') un faisceau de coniques.
- Solution directe.
- Dans la circulaire ministérielle, la fibre neutre est déterminée par sa distance au centre de pression ; elle est donnée ainsi par une équation du troisième degré sans second membre :
- s3 + p* + g = 0 [30]
- La méthode des points alignés de M. d’Ocagne en permet la résolution immédiate au moyen d’alignements.
- Dans l’épure ci-jointe (fig. U), les valeurs choisies pour limite par p, q, s sont celles que la pratique reconnaît couramment comme extrêmes (1).
- Cette méthode est théoriquement satisfaisante mais son intérêt pratique est compromis par la complexité de forme des termes p et q dont la valeur est toujours longue à déterminer : nous ne la présentons que comme un moyen auxiliaire de vérification.
- (1) La construction du présent tracé est due à l’excellent calculateur M. Potin.
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- CHRONIQUE
- N° 373.
- Sommaire. — La fondation de l’École Centrale. — Drague à sable pour le Niger. — Les combustibles dans l’Oural. — Alliages de nickel et de cobalt avec le chrome. — Les mines métalliques les plus profondes.
- lia fondation «le l’JÉcole Centrale.— Nous avons eu la chance de mettre la main, au cours de l’inventaire de papiers provenant d’une succession, sur un document qui paraît très rare aujourd’hui, car il n’existe pas, d’après ce qui nous a été dit, à l’École Centrale où on devrait cependant s’attendre à le trouver.
- De plus, il ne figure que par un extrait de quelques lignes dans l’histoire si complète, d’ailleurs, de l’École écrite par Pothier et parue en 1887.
- Nous parlons ici du prospectus publié en mars 1829, six mois avant l’ouverture de l’École, et destiné à faire connaître les raisons d’être du nouvel établissement, le but que se proposaient ses fondateurs, son organisation et le programme de ses cours.
- Il est dit que l’École Centrale des Arts et Manufactures est destinée à former des ingénieurs civils, des directeurs d’usines, des chefs de manufactures, etc. ; elle est fondée avec l’autorisation de M. de Vati-mèsnil, ministre de l’Instruction publique (1), par MM. Lavallée, directeur, Benoit, Dumas, Olivier et Péclet, professeurs. Il est indiqué, en outre, que cette École a été fondée avec l’assistance et qu’elle est placée sous la surveillance d’un Conseil de perfectionnement (1) composé de: MM. le comte Chaptal, pair de France, membre de l’Institut. — Arago, membre de l’Institut. — Bertbier, Ingénieur en chef des Mines, membre de l’Institut. — A. Brongniart, directeur de la Manufacture royale de porcelaine, membre de l’Institut.— D’Arcet, membre de l’Institut.— Le vicomte Héricart de Thury, directeur des travaux de Paris, conseiller d’État, membre de l’Institut. — Le baron Héron de Villefosse, inspecteur divisionnaire des Mines, conseiller d’État, membre de l’Institut. — Jomard, membre de l’Institut. — Laffitte, député. — Molard aîné, membre de l’Institut. — Odier, député.— Payen, chimiste-manufacturier. — Casimir-Perier, député. — Le baron Poisson, membre de l’Ins-
- (1) On doit bien penser que la fondation d’un nouvel et important établissement d’instruction publique indépendant de l’Université et du Gouvernement n’était pas chose des plus faciles sous la Res.tauration. Daniel Colladon raconte dans ses Mémoires quelles influences on fit agir sur M. de Yatimesnil pour obtenir l’autorisation nécessaire pour la création de l’École Centrale.
- (1) Ce conseil de perfectionnement a été supprimé en 1832; nous ignorons pour quelle raison.
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- titut.— Le baron Ternaux, député. — Le baron Thénard, membre de l’Institut, député.
- Nous avons tenu à reproduire cette liste en entier pour faire voir que ce Conseil de perfectionnement était composé non seulement de personnalités éminentes, mais encore d’hommes représentant toutes les opinions.
- Nous croyons intéressant de donner ici in extenso les considérations générales sur le but de l’École. Certains passages peuvent paraître singuliers aujourd’hui, mais il ne faut pas perdre de vue que les conditions de l’industrie naissante d’alors étaient bien différentes de celles qu’on rencontre de nos jours.
- Tous les hommes qui pensent aux grands intérêts du pays ne peuvent envisager sans quelque crainte l’avenir de l’industrie française. Depuis quelques années, la plupart des entreprises industrielles éprouvent des obstacles sérieux, et le public, qui en définitive les soutient seul et peut seul les soutenir de ses capitaux, juge de leur marche d’après leurs résultats. Dès que ceux-ci sont momentanément improductifs, beaucoup d’hommes trop peu éclairés sur la nature des spéculations industrielles, sans remonter à la cause de ces échecs, se hâtent d’enlever à l’industrie, même avec de grandes pertes, les capitaux qu’ils lui avaient confiés et le plus souvent ils les retirent ou les refusent au moment même où ils sont près de toucher au but qu’ils voulaient atteindre.
- Persuadés que le hasard n’entre pour rien dans les événements qui ont influé sur la marche de l’industrie d’une manière si fâcheuse, les fondateurs de la nouvelle École ont voulu porter remède au mal, dans sa cause même.
- Une comparaison attentive leur a prouvé que la supériorité indus trielle de l’Angleterre était due à la division du travail et à la perfection spéciale de chaque élément industriel dans ce pays. Pour lutter avec lui, il faut donc avoir, comme lui, des ouvriers très exercés, des contremaîtres instruits, des directeurs d’usines plus instruits encore et des ingénieurs civils qui, se vouant à un genre spécial de construction industrielle, puissent approfondir toutes ses difficultés pratiques.
- Ces ingénieurs libres, sans aucune dépendance du Gouvernement, et spécialement adonnés à une ou plusieurs branches de l’industrie, sont, par rapport à chacune d’elles, ce que sont en France les architectes pour les constructions ; ils donnent des conseils et dirigent l’exécution de leurs plans. C’est aux ingénieurs civils que l’Angleterre doit presque toutes les découvertes et perfectionnements qui se font dans l’industrie; aussi cette carrière est-elle en Angleterre aussi honorée que lucrative.
- En France, les ingénieurs civils sont encore peu nombreux ; oh conçoit cependant de quelle importance seraient pour l’industrie des hommes d’une grande instruction théorique et pratique, exclusivement occupés d’un petit nombre d’industries, dont la fortune et la considération dépendraient uniquement de leurs travaux; leur importance serait d’autant plus grande que les ingénieurs du Gouvernement deviendraient probablement ce qu’ils sont en Angleterre, des inspecteurs de travaux dirigés par les ingénieurs civils.
- Mais si le besoin le plus pressant de la France, celui sur lequel
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- l’attention publique est le plus dirigée maintenant, parait être la création des ingénieurs civils, il est néanmoins à craindre qu’une École qui leur serait exclusivement consacrée ne pût se soutenir sans le secours du Gouvernement, à raison des dépenses considérables qu’elle exige. Toutefois la France sentira combien il lui importe de voir former des ingénieurs qui rendent possibles les améliorations réclamées dans beaucoup de services publics, des ingénieurs dont les lumières épargneront aux industriels les fautes qui ont amené si souvent la ruine de leurs établissements et qui inspireront aux capitalistes la confiance nécessaire pour assurer leur persévérance.
- Mais nous devons le répéter, une École qui serait uniquement destinée à former des ingénieurs civils ne pourrait en ce moment se soutenir par elle-même. Heureusement l’instruction qu’elle est destinée à répandre convient également à d’autres hommes que nous avons cru devoir appeler à en profiter. Ge sont les directeurs d’usines et les capitalistes ainsi que les jeunes gens qui se destinent à l’enseignement des sciences industrielles, car, pour que l’industrie se développe en France, il faut que les études industrielles entrent dans nos mœurs et qu’elles y entrent assez pour que chaque capitaliste puisse trouver, ou en lui-même ou autour de lui, des conseils utiles relativement à l’emploi de ses capitaux.
- Le moment a paru favorable, car depuis quelques années, on a généralement apprécié l’importance de l’étude des sciences et, si quelques doutes pouvaient encore s’élever sur les avantages de tout genre que le pays ou les individus, peuvent retirer de cette étude, ils seraient levés par la haute réputation que s’est acquise l’École Polytechnique et par l’heureuse influence que ce bel établissement exerce sur les travaux publics. Ces doutes devraient cesser même si on voulait mettre l’École Polytechnique à part, car alors il suffirait d’examiner la direction actuelle des études parmi les nombreux jeunes gens qu’une paix longue et heureuse laisse libres dans leurs goûts et dans leurs projets d’avenir. Ces jeunes gens ont une tendance rèmarquable vers l’étude des sciences positives dont ils éprouvent le besoin dans l’intérêt de leurs occupations actuelles ou futures.
- Mais, dans l’étude des sciences comme dans toute sorte d’études, il est des distinctions à établir. Pour certains hommes, la recherche de la vérité est une passion vive à laquelle toute leur existence est consacrée, à laquelle tous leurs intérêts sont sacrifiés. Ces hommes peu nombreux étudient les sciences pour elles-mêmes ; ils aiment à sonder leurs profondeurs, à vaincre ou du moins à mesurer leurs difficultés et pour eux renseignement ne saurait jamais être ni assez détaillé ni assez abstrait, La masse des jeunes gens, au contraire, cherche dans l’étude des sciences un complément d’éducation sans lequel on se trouve aujourd’hui déplacé dans la société. Elle veut en conséquence un enseignement rapide, clair et concis. Elle cherche des opinions toutes faites ; elle craint les difficultés parce qu’elle n’a ni le temps ni la volonté de les étudier et de les vaincre. Elle évite les détails parce que son attention n’y est soutenue ni par son intérêt direct ni par une disposition naturelle de l’esprit.
- Entre ces deux classes si distinctes, il s’en trouve une troisième bien
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- plus considérable que les deux premières, pour qui l’enseignement des sciences doit encore être modifié. C’est la classe des hommes destinés par leur état à faire une application journalière des conceptions scientifiques.
- Ceux-ci doivent être considérés comme n’ayant en vue que l’intérêt de leur position future. Les sciences sont pour eux des instruments qui doivent devenir d’une application facile et sûre. A leur égard, tout doit être subordonné dans l’enseignement scientifique au but qu’ils ont en vue ; les idées générales doivent se placer comme des faits dans leur esprit, sans entourage de théories incertaines ou de détails compliqués ; les phénomènes qui se rattachent aux applications doivent, au contraire être étudiés avec profondeur sous le rapport théorique, avec détail sous le point de vue pratique. De cette manière, tout en prenant une idée vraie et simple de l’ensemble, les élèves seront initiés aux chances de la pratique, aux accidents qu’elle entraîne et aux remèdes que l’expérience a fait connaître ou que la théorie indique contre une foule de difficultés minutieuses mais néanmoins si importantes.
- Il y a donc trois divisions bien distinctes, pour l’enseignement. Il serait facile de faire voir comment tous les établissements viennent se placer dans l’une d’elles, mais cette discussion générale serait ici déplacée et inutile. Nous voulons former une école d’application, par conséquent une école dirigée dans le sens de la troisième classe, c’est donc la seule qui doive fixer notre attention.
- Nous allons montrer sous quels rapports la nouvelle école peut être utile au pays et, en même temps, par quels motifs sa création nous a semblé nécessaire.
- Les jeunes gens trouvent en France, à leur sortie des collèges, des écoles spéciales : pour le droit, la médecine, la théologie, le génie civil, militaire et maritime, les beaux-arts et même le commerce. Mais ceux (|ui se destinent à l’industrie ne trouvent nulle part les éléments de l’instruction qui leur convient.
- En effet, les établissements d’enseignement industriel qui existent en France sont, : le Conservatoire des Arts et Métiers, les Ecoles de Châlons et d’Angers, et les écoles d’ouvriers, établies récemment par le Gouvernement dans un grand nombre de villes, à la demande de M. Dupin.
- Les cours isolés du Conservatoire ne peuvent atteindre le but que nous nous sommes proposé en créant notre école. Il est évident, et personne ne le conteste aujourd’hui, que dans l’étude des sciences appliquées, les leçons seules ne suffisent pas ; elles doivent être accompagnées de fréquents examens, de nombreuses expériences et manipulations, de travaux graphiques, de solution de problèmes exécutés par les élèves sous les yeux des professeurs, et ces divers moyens d’instruction doivent être combinés entre eux de manière à former un système complet d’enseignement.
- Les écoles de Châlons et d’Angers ne sont destinées qu’à quelques spécialités mécaniques. Enfin, les cours publics de géométrie et de mécanique élémentaires, qui, heureusement, se sont multipliés dans ces derniers temps, sont principalement institués en faveur de la classe ouvrière.
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- Il est donc permis d’avancer qu’il n’existe encore nulle part en France un enseignement complet des sciences industrielles ; mais il est juste de dire que cet enseignement ne pourrait être organisé que lorsque les industriels seraient convaincus qu’ils ont tous besoin des éléments coordonnés entre eux, de la géométrie, de la physique, de la mécanique, de la chimie, de l’art de bâtir, de la statistique et même de l’histoire naturelle. Ils doivent avoir cette conviction maintenant, car ils voient chaque jour que les progrès et les découvertes d’une industrie particulière sont dus à des connaissances qui semblent lui être tout à fait étrangères.
- L’École centrale des Arts et Manufactures est établie pour satisfaire à ce besoin, vivement senti par l’industrie française, d’un enseignement complet des sciences industrielles. Cette institution a donc pour objet de propager la connaissance de la géométrie, de la physique, de la mécanique, de la chimie, de l’histoire naturelle et de lastatistique,ces sciences étant considérées dans leurs applications aux arts industriels.
- Son but spécial est de former des directeurs d’usines, des chefs de manufactures, des Ingénieurs civils, des constructeurs, et, en outre, de donner à tous ceux qui voudraient prendre part aux spéculations industrielles l’instruction qui leur est nécessaire, soit pour en apprécier la valeur, soit pour en surveiller la marche.
- Indépendamment du but spécial dont nous venons de parler, les jeunes gens, quelle que soit leur direction future, trouveront dans l’école une éducation positive, qui leur inspirera le goût du travail, parce qu’ils verront que le travail, guidé par la science, est fécond en résultats utiles.
- Ainsi, l’instruction que les jeunes gens recevront à l’Ecole centrale des Arts et Manufactures offrira, à ceux qui s’y distingueront, une nouvelle carrière aussi honorable que lucrative; à ceux qui doivent diriger des établissements, une instruction indispensable et à tous un complément à l’éducation des collèges, en harmonie avec l’esprit de nos insti^ tutions et dont on sentira de plus en plus l’importance, à mesure que l’industrie française prendra de nouveaux développements et que son influence politique sera mieux appréciée. (A suivre.)
- I)i*ague à sable pour le Niger. — La maison Lobnitz et Gie, de Renfrew (Ecosse), vient de construire une drague à sable pour l’amélioration du cours du Niger. Nous donnons ci-dessous, d’après YEn-ginecr, quelques renseignements sur cet appareil qui présente des dispositions intéressantes.
- Le Niger est un fleuve qui charrie des alluvions et qui est sujet à de très grandes variations de niveau. Dans la partie de 500 km de longueur, entre Abo et Baro où on exécute surtout les travaux d’amélioration, il y a 4,50 m de profondeur dans la saison des crues et seulement 0,30 m a 0,60 m pendant les basses eaux. Les obstructions sont formées par des barres de sable en mouvement constant, analogue à celles qu’on rencontre sur le Mississipi et autres fleuves entraînant beaucoup d’alluvions.
- Les conditions de navigation exigent un genre spécial de bateaux à très faible tirant d’eau, dont le plus petit spécimen est le canot à vapeur, qui porte 5 t, à un tirant d’eau de 0,45 m.
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- Les services que rendent ces embarcations et leur réussite au point de vue commercial font voir ce qu’on pourrait obtenir si l’augmentation du mouillage permettait d’établir des débouchés faciles aux produits de l’intérieur du pays.
- Mais la nature instable du fond du fleuve rend impossible l’établissement de travaux permanents, aussi les heureux résultats obtenus sur le Mississipi ont-ils attiré l’attention des autorités de la colonie, et M. Robinson, qui avait déjà fait l’étude de grandes dragues employées sur le Mississipi, fut-il chargé du projet d’un appareil analogue pour le Niger.
- Les conditions a remplir étaient d’abord d’exécuter une tranchée dans les bancs de sable d’une profondeur suffisante pour laisser passer des vapeurs de 1,50 m à 1,80 m de tirant d’eau; ces tranchées devaient être établies de manière à pouvoir se maintenir par l’érosion naturelle due à l’écoulement de l’eau sans qu’on ait à s’en occuper pendant le reste de la saison. La drague ne devait pas avoir plus de 0,90 m de tirant d’eau en travail et devait pouvoir se déplacer rapidement avec son équipage de tuyaux, de manière à pouvoir se porter, sans perte de temps, aux endroits où son emploi serait nécessaire pour les besoins de la navigation.
- On fut ainsi conduit à adopter le type d’un bateau à faible tirant d’eau avec roues à l’arrière, muni d’un tuyau d’aspiration terminé par une ouverture élargie pour faire une large tranchée. Cette largeur est de 4,80 m et l’ouverture peut être descendue à 3,60 m de profondeur. Le sable extrait est déposé dans la rivière, vers le bord, mais à une distance suffisante pour qu’il ne revienne pas combler la fouille déjà faite.
- L’avancement du bateau se fait par halage sur des amarres fixées à des pieux en tubes d’acier, enfoncés dans le fond de la rivière en amont. La drague porte à l’avant deux grues dont les bras surplombent et qui servent à mettre ces pieux en place ; on les enfonce en envoyant à l’intérieur, par un tuyau flexible, un jet d’eau sous pression. Une fois ces pieux en place, le bateau retourne en arrière de la longueur des amarres et se halant sur celles-ci, attaque la barre de sable. En général, deux ou trois journées de travail, suffisent pour faire une passe navigable sur une longueur de 180 m à 250 m à travers une barre de sable.
- Le halage d’avancement s’opère par un treuil à vapeur placé à l’avant sur le pont et qui sert également à élever et à baisser le tuyau de succion.
- La pompe à sable est à action centrifuge et d’un modèle spécial, dû à M. Robinson, ce modèle est caractérisé par un faible diamètre et une grande vitesse, les passages sont très larges, de manière à laisser passer toutes les matières qui pourraient être aspirées. La vitesse ordinaire est de 300 tours par minute ; la pompe est actionnée directement par une machine à triple expansion, du type enclos, avec graissage sous pression. Les ouvertures d’aspiration et de refoulement de la pompe ont 0,61 m de diamètre ; les machines développent habituellement de 300 ch à 400 ch indiqués, mais peuvent donner plus en cas de besoin.
- La vapeur est fournie par des chaudières de locomotives avec de grands foyers de manière à pouvoir brûler à volonté du bois ou du
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- charbon. La roue à aubes placée à l’arrière est coupée en deux parties pour que le tuyau de décharge puisse passer entre les deux ; elle est mue par une machine compound à condensation.
- Le tuyau de décharge est muni à l’arrière du bateau d’une rotule qui permet de le diriger dans tous les sens. Il a généralement 120 m de longueur et est porté sur sept pontons en acier de forme circulaire. Ce tuyau se termine par une tôle d’acier dont l’angle peut être varié à volonté. Cette tôle sous l’action de l’eau qui sort du tuyau agit à la façon d’un gouvernail et place la ligne de tuyaux à angle droit par rapport à la drague. Les matières se déchargent ainsi sur le bord de la rivière en dehors de la passe navigable. Les essais ont permis de constater qu’on pouvait extraire 800 m3 de sable par heure et que ce cube pouvait être porté à 1 000 par l’emploi de jets d’eau sous pression envoyés autour de l’embouchure du tuyau de succion pour désagréger le sable.
- Toutes les manœuvres sont sous le contrôle d’un seul homme placé sur une plate-forme au-dessus du pont supérieur. Il a sous la main les leviers mettant èn action les treuils, les signaux pour le mécanicien, et sous les yeux les manomètres et indicateur du vide dans la pompe. La chambre du pilote contient les appareils pour gouverner. Il y a des logements bien installés et appropriés au climat pour les officiers et les équipages du dragueur.
- A l’achèvement du bateau dans les chantiers Lobnitz, on a fait des essais très complets pour apprécier comment il se comportait en travail et en navigation. On constate une puissance indiquée de 700 ch et une pression au refoulement de 1,75 kg par centimètre carré. La vitesse de navigation a été trouvée de 9 milles à l’heure. Après ces essais jugés satisfaisants, la drague a été disposée pour prendre la mer et a été remorquée jusqu’à sa destination où elle est arrivée sans incident en juin 1909.
- Une fois rendue sur place, le bateau a été de nouveau essayé, mais dans ses conditions normales de travail. On a reconnu qu’il pouvait extraire 900 m2 à l’heure et faire à travers un banc de sable une tranchée de 150 m de longueur en soixante-dix minutes. En travail normal, lorsqu’une tranchée de ce genre a été faite en basses eaux, le courant amène une érosion qui élargit la tranchée et tend à maintenir la profondeur acquise jusqu’à la fin de la saison des basses eaux. On n’a pas encore une expérience suffisante de cette méthode de travail sur lé Niger, pour préciser les résultats qu’elle peut donner, mais tout porte à croire que les passes obtenues ne seront pas entièrement bouchées pendant les hautes eaux et qu’on obtiendra un avantage permanent avec des dragages modernes et une dépense raisonnable. Une profondeur d’eau de 1,50 m aux basses eaux sera largement suffisante pour les besoins de la navigation et, comme la drague dont nous venons de parler peut creuser à 3,60 m, elle pourra commencer à travailler sur les bancs avant les basses eaux, de manière à maintenir la profondeur nécessaire dans le fleuve. Le bateau a reçu le nom de Quorra. Nous regrettons que le journal anglais n’ait pas cru devoir donner les dimensions principales de la coque et des machines.
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- lies combustibles dans l’Ouural. — Notre Collègue, M. L. Journolleau a bien voulu nous adresser l’intéressante communication suivante que nous insérons avec empressement.
- Bien qu’il fut un temps où les richesses forestières de l’Oural semblaient inépuisables, du fait de leur exploitation irrationnelle, l’industrie métallurgique de la région se voit dans l’obligation de restreindre la production faute de combustible végétal. Il ne peut plus y être question (comme au temps jadis) d’employer dans les mines la totalité des 'bois provenant des coupes avoisinantes sans aucun discernement ; la création de nouvelles voies de communication a rendu facilement exportables, à des prix rémunérateurs, les bois de construction que l’on brûlait anciennement avec le tout-venant ; actuellement, les industries locales se contentent de parties d’arbres ou de déchets de bois ne pouvant servir que de combustible. Gomme conséquence, le prix du bois de chauffage suit une progression croissante ainsi qu’en témoignent les adjudications du chemin de fer de Perm, faites en 1910, à raison de 11 roubles 60 cop. la sagene cubique ; tandis qu’en 1906, Je prix de ces adjudications n’était que de 6 roubles 70 cop.
- D’ailleurs, dans toute J a Russie septentrionale, les exportations de bois se sont considérablement développées. C’est ainsi qu’en 1909, la ligne de Perm a exporté à destination de la mer Blanche 11300 000 pouds (le poud vaut 16,38 kg) de bois, tandis que ces transports n’atteignaient, en 1908, que le chiffre de 2 millions de pouds; enfin, en 1909, l’Administration des Douanes a enregistré, rien que pour le port d’Ar-khangel, une exportation de 31 millions de pouds de bois de construction; eette même exportation n’était que de 5 millions et demi en 1908.
- Il faut attribuer cet essor dans les exploitations forestières à l’inauguration de nouvelles voies ferrées.
- Quoi qu’il en soit, cet état de choses a eu une répercussion fâcheuse sur les diverses industries ouraliennes. De l’avis des personnes compétentes, l’unique moyen de sortir de la situation présente serait de ménager les forêts existantes de manière à n’utiliser leurs coupes que pour faire du charbon de bois employé dans les hauts fourneaux, les houilles locales étant, comme on sait, impropres à cet usage ; ces houilles pourraient néanmoins être réservées au chauffage des locomotives, aux autres industries et à la transformation de la fonte en produits marchands. «
- Nous rappelons que le bassin houiller de l’Oural le plus important est celui de Louniefka situé au nord de Perm ; ses charbons analysés dans les laboratoires du chemin de fer accusent des teneurs en cendres variant de 17 à 18 0/0 pour 3 à 6 0/0 de soufre ; ne produisant pas de coke, ces houilles sont inutilisables dans les hauts fourneaux. Toutefois, malgré ces qualités négatives, le chiffre de l’extraction de ce charbon ne fait qu’augmenter. En 1909, il a atteint 48 millions de pouds, sur cette quantité, le charbonnage de Kizilioff seul a produit 38 millions de pouds ; ce charbonnage est la propriété du prince Abamelek-Lazareff qui se trouve être le maître du marché, car, dans de pareilles conditions la concurrence pour les autres charbonnages devient impossible; aussi, dans
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- leur requête au Gouvernement Impérial, les métallurgistes ouraliens se plaignent-ils de la hausse persistante du prix de la houille payée en moyenne 20 3/4 copeks, en 1910, contre 18 1/2 copeks, en 1907.
- Il existe pourtant dans la région un autre bassin houiller, celui de Egorchinsk, situé sur le versant est de l’Oural ; il est d’importance bien moindre. S’il faut en croire les maîtres de forges du pays, la qualité de ces houilles serait exceptionnelle ; sur une extraction de 310000 pouds, les échantillons prélevés et analysés auraient accusé des teneurs en cendres de 9,5 0/0 et de 0,6 à 0,8 0/0 de soufre.
- Des démarches sur le point d’aboutir ont été entreprises auprès des pouvoirs à Saint-Pétersbourg pour obtenir la création d’une ligne de chemin de fer reliant ce bassin au réseau général ; cette ligne approvisionnerait les usines d’Alapaïeff, Sissertsk, Taquile, Kichtyim, Stro-gonoff, Ouffaleisk et beaucoup d’autres. Il est intéressant à ce sujet de rapporter les prévisions du Syndicat des Métallurgistes ouraliens dans leur supplique relative à cette concession de chemin de fer. La production en fers marchands et aciers des usines précitées y est estimée à 13 millions et demi de pouds, celle de l’Oural tout entier étant de 27 millions.
- Un poud de produits finis consommant pour sa fabrication 1,3 poud de houille, les nouveaux charbonnages de Egerchinsk auraient à fournir 17 millions et demi de pouds de houille pour transformer en fers marchands la production de ces usines, tandis que la quantité de bois correspondante, actuellement employée, deviendrait disponible. Pour l’évaluer, il faut admettre que* pour fabriquer annuellement un million de pouds de produits finis, on doit disposer d’une forêt de 110 000 hectares ; sur cette superficie, les coupes de 45 000 hectares vont à la transformation de la fonte en produits marchands. En fabriquant à la houille 13 millions et demi de pouds d’acier, on libérera une surface de forêts de 13,5 X 45 000 — 607 000 hectares. Si la moitié seulement des coupes correspondantes est en partie sous forme de bois de construction, l’autre moitié servira à augmenter la production de la fonte au bois. Il en résultera une plus-value de 4 à 5 millions de pouds, soit environ 30 0/0 du chiffre actuel; une réduction dans le prix de revient en serait la conséquence ; elle deviendrait d’autant plus sensible que, d’après les chiffres officiels, le prix des houilles d’Egerchinsk rendues aux usines avoisinantes ne devrait pas dépasser 9 copecks le poud.
- Enfin les maîtres de forges de l’Oural estiment que l’introduction du nouveau combustible sur le marché local aura pour effet d’avilir le prix du bois, ce qui permettra de donner plus d’extension aux usines de transformation de la fonte, conséquence d’autant plus désirable que ces usines sont jusqu’à présent peu nombreuses dans l’Oural et qu’elles ont dans la Sibérie voisine un débouché tout naturel pour leurs produits finis ; avec l’immigration croissante des populations rurales venant de la Russie d’Europe, on sait que les besoins en fers marchands de la Sibérie ne font qu’augmenter.
- Alliages de nickel et de cobalt avec du chrome. — L’histoire du cobalt est la même que celle du nickel, à cette différence prés
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- que les composés du cobalt ont été employés dans les arts au lieu du métal lui-même. On savait, du reste, peu de choses sur ce corps avant 1857, où Sainte-Glaire Devillé obtint le cobalt par la même méthode que le nickel. On constata que le premier de ces métaux était encore plus résistant que le second ayant jusqu’à 50 kg de résistance à la traction par millimètre carré. En fait, c’est encore actuellement le métal le plus résistant à l’état de pureté, sauf peut-être le tantale.
- M. Elmond Haynesa présenté, le 16 juillet dernier, à la réunion, à San Francisco, de l’American Chemical Association, une intéressante communication sur l’alliage du nickel et du cobalt avec le chrome.
- En 1905, l’auteur chercha à utiliser cet alliage pour la confection de pointes d’allumage pour moteurs à gaz et arriva à le fabriquer en grandes quantités. L’alliage de nickel et de chrome pouvait se travaillera froid, tandis que celui de cobalt et de chrome devait être travaillé à chaud pour donner de bons résultats.
- On mettait parties égales ou à peu près de cobalt et de chrome à l’état pur dans un creuset de charbon garni de magnésie. L’alliage était coulé sous forme d’un barreau de 6 mm environ de côté sur 0,12-0,15 m de longueur. Le métal obtenu avait sensiblement les mêmes propriétés que celui obtenu précédemment par réduction avec l’aluminium, mais on ne pouvait pas l’étirer sous le marteau sans qu’il présentât des fissures. Cet effet pouvait être dû à la forte proportion du chrome ou à quelques impuretés des métaux employés,.
- Pour expérimenter l’influence de plus faibles proportions de chrome, l’auteur employa un mélange de 75 0/0 de cobalt et 25 de chrome placé dans un creuset et chauffé au gaz.
- L’alliage très fluide fut coulé dans un moule de manière à donner un barreau de 12-mm de côté et 0,12 à 0,15 m de longueur. Il était sonore et élastique et, avec un peu de précaution, pouvait s’étirer au marteau.
- Après quantité d’essais sur des agents d’épuration, l’auteur arriva à produire un alliage très doux et malléable pouvant s’étirer à la plus faible épaisseur au rouge vif sans montrer aucune trace de fissures. On confectionna une lame de rasoir avec cet alliage et on a pu s'en servir plusieurs centaines de fois, sans qu’au bout d’un an et demi elle donnât le moindre signe d’usure.
- Un essai à la traction et à la limite d’élasticité donna les chiffres respectifs de 68,2 et 49,1 kg par millimètre carré avec 3 6/0 d’allongement. On voit que ces valeurs sont supérieures à celles de l’acier ordinaire, et peuvent être comparées à celles de l’acier au nickel ; l’allongement est faible, mais on pouvait s’y attendre, étant donnée la grande dureté de l’alliage. On a constaté que le module d’élasticité était à peu près le même que celui de l’acier ; ce fait est intéressant parce qu’on n’avait pas encore trouvé d’alliage de métaux autres que le fer ayant un module d’élasticité se rapprochant de ceux du fer et de l’acier. C’est l’absence de cette propriété qui rend ces alliages inférieurs au fer pour beaucoup d’importantes applications.
- En ajoutant à l’alliage dont nous nous occupons de faibles proportions d’autres substances, on peut modifier ses propriétés d’une manière
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- remarquable. Ainsi, on peut obtenir un alliage qui, bien que très cassant, raye le cristal de roche.
- En réduisant la proportion de chrome et en ajoutant d’autres substances, on obtient des alliages résistant à l’acide nitrique et assez doux et malléables pour être travaillés à froid. Leur couleur est intermédiaire entre celles de l’acier et de l’argent et ce métal est susceptible d’acquérir un beau poli moyennant certaines précautions ; mais sa propriété la plus remarquable est sa résistance à la corrosion ; elle est égale ou peu s’en faut, à celle de l’or et des métaux du groupe du platine. Il est attaqué faiblement par l’acide chlorhydrique étendu et plus facilement par des acides concentrés agissant à chaud, mais une action momentanée . d’acide chlorhydrique étendu ou concentré n’a aucun effet L’acide sulfurique étendu ou concentré l’attaque très lentement à froid et pas très activement à chaud. L’acide nitrique n’a aucune action sur lui et on peut maintenir une pièce polie de cet alliage dans un bain d’acide bouillant pendant plusieurs heures sans'altérer le poli des surfaces.
- Des solutions d’alcalis caustiques sont sans effet même à l’ébullition pendant un temps prolongé. A plus forte raison les agents atmosphériques n’exercent aucune action, que l’air soit sec ou humide, et l’alliage reste brillant pendant des années. Même le gaz hydrogène sulfuré en forte proportion dans l'atmosphère n’a aucune influence.
- Cet alliage peut être fondu rapidement dans un creuset ouvert chauffé au gaz, sans éprouver aucune oxydation, si on a soin d’avoir une flamme légèrement réduisante. Cet effet est d’autant plus remarquable que la fusion a lieu à une température élevée, environ 1 650 degrés centigrades pour l’alliage à 25 0/0 de chrome.
- Le métal dont nous parlons est particulièrement applicable à la fabrication de la petite coutellerie, par exemple, les lames de couteaux de poche, à cause de sa couleur et de son poli qui restent invariables dans toutes les conditions. Il est appelé à rendre de grands services dans la confection des instruments de chirurgie, parce qu’il résiste parfaitement à l’action des liquides employés pour l’antisepsie. Enfin c’est le métal le plus convenable pour la coutellerie de table et, à ce titre, iLest susceptible de très importantes applications.
- lies mines ii&émlliqwes les plus profondes. — La mine d’or la plus profonde est, comme on sait, la mine de Victoria Quartz, à Bendigo, en Australie ; elle a un puits vertical qui a été creusé à la profondeur de 1312 m et un puisard qui a 68,60 m, ce qui fait un total de 1 380,60 m. A cette profondeur on exploite un filon, mais l’exploitation n’est pas avantageuse et récemment la VictoriaQuartz €° a dû demander au Gouvernement de Victoria un prêt de 250 000 f, et le Ministère des Mines a répondu qu’on prêterait la somme si la Compagnie voulait s’engager à creuser le puits à 305 m plus bas .
- En Californie, le puits principal de la mine North Star, à Grass Valley, a une longueur suivant la veine de 1 647 m, mais la profondeur suivant la verticale est seulement de 636 m. Au fond, la veine s’élargit et présente plus de terre que dans la partie supérieure, de sorte que le
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- minerai est moins pur et que la richesse moyenne est réduite à 60 f par tonne, tandis qu’elle atteint 90 f plus haut. Sans ce fait particulier, la richesse du minerai demeure la même à toute profondeur. La mine Empire, qui se trouve tout près, a un puits incliné, dont la longueur est de 1 067 m, mais la différence, selon la verticale, des deux extrémités, n’est que de 479 m. Cette mine est dite être extrêmement productive.
- La mine Kennedy, sur le Mother Lode, dans le comté d’Amador, est une des mines les plus célèbres de la Californie. La plus grande profondeur atteinte y est de 992 m, le puits est actuellement terminé. D’une manière générale, sur le Mother Lode, le minerai riche effleurant le sol, va jusqu’à 90 m environ de profondeur; plus bas, il va en s’appauvrissant et, vers 300 m, on trouve une autre zone de minerai riche, jusqu’à 500 m environ, d’où nouvel appauvrissement jusqu’à 750 m de profondeur à laquelle on trouve de nouveau le minerai riche.
- Au Comstock, la plus grande profondeur atteinte est dans le niveau d’Ophir, qui se trouve à 700 m environ. Dans cette région, avant l’inondation qui est survenuè en 1829, la plus grande profondeur était, dans un puisard, à 1 009 m au-dessous du niveau du sol.
- Dans le Rand, le puits de la mine Ginderella descend à 1 281 m et celui de la mine Jupiter, 1 290 m. Johannesburg aura, avant peu, plusieurs mines poussées à de grandes profondeurs. Au Brésil, le puits Morro Velho, de la mine San John del Rey, est descendu à 1300 m.
- Mais les mines métalliques les plus profondes qui existent se trouvent dans la région du cuivre sur le Lac Supérieur. Ainsi, le puits Red Jacket, des mines Calumet et Hecla, a 1 500 m de'hauteur verticale. La mine Tamarack a deux puits de plus de 5 000 pieds, soit 1525 m ; savoir : le n° 5 qui a 1 580 m, et le n° 3 qui atteint 1 595 m. Ces puits ont été faits pour extraire le minerai des filons exploités d’abord par la mine Calumet et Hecla, et on a exécuté un puits incliné à 38 degrés d’une hauteur suivant la verticale de 1421 m.
- En atteignant une profondeur d’un mille au-dessous du niveau du sol et en montrant la facilité avec laquelle s’opèrent les travaux de mines à cette profondeur, les mines du Lac Supérieur ont prouvé que la main de l’homme est capable de poursuivre le minerai si bas qu’il puisse se cacher dans les entrailles de la terre.
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- COMPTES RENDUS
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- Février 1911.
- Séance générale des prix et médailles, du 27 janvier 1911.
- Rapport de M. Larivière sur la chambre photographique « détective » de M. Lievens.
- Nous avons déjà signalé dans la chronique de mars dernier, page 441, cet ingénieux appareil, imaginé par un employé de notre Société.
- Progrès de l’agriculture dans la région «le Saint-Bricuc, par MM. Frédéric et Louis Patrix, Ingénieurs-agronomes.
- Cette note étudie d’abord la géologie et les caractères généraux de la région ; lejprincipal de ces caractères est l’abondance de l’eau, qui permet l’existence d’une grande surface de prairies et oriente tout naturellement l’agriculture bretonne vers l’élevage; en outre, comme on trouve l’eau partout, sans avoir besoin de puits, les fermes ne sont pas groupées en village autour d’un puits commun, mais disséminées. La multitude des cours d’eau a eu aussi pour conséquence l’existence d’un grand nombre de petits moulins, permettant au cultivateur de vivre à la fois de la meunerie et de la culture du sol.
- Les auteurs étudient ensuite la mise en valeur des terres, les améliorations réalisées, les principales cultures ; il est intéressant de noter que le seigle et le sarrasin ont presque disparu pour faire place à la culture plus rémunératrice du blé ; le mouton a aussi pour ainsi dire presque disparu et les vaches laitières constituent la base de la production animale. Aussi la valeur locative et la valeur vénale de la propriété n’ont cessé de croître.
- La note se termine par les monographies de quelques exploitations de la grande culture, parmi lesquelles nous citerons les cultures de primeurs de Saint-Brieuc, faites sur des coteaux abrités du vent froid de la mer et où la température est excessivement douce en hiver; la végétation y est à peine arrêtée dans cette saison et, dès le début du printemps, la température très élevée détermine une poussée rapide de la végétation.
- Essai des métaux pour l’étude «le l’amortissement des mouvements vibratoires.
- C’est une note additionnelle au mémoire de M. Boudouard, paru dans le bulletin de décembre 1910, note rectifiant quelques résultats numériques inexacts et donnant quelques détails complémentaires.
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- Notes de chimie, par M. Jules Garçon.
- Les industries do Madagascar. — Le borax. — Des rapports qui existent entre la chimie et la métallurgie. — Les altérations des bois.
- — Laboratoire des produits forestiers des États-Unis. — Sur l’utilisation des résidus de bois. — L’industrie des goudrons en Angleterre. — Valeur des huiles proposées pour la peinture. — Formule de peinture.
- — Récentes autorisations de produits explosifs. — Sur le cidre.
- Note» d’agriculture, par M. IJ. Ilitier.
- Ces notes comprennent : les améliorations apportées en agriculture par la culture de la betterave et de la pomme de terre, une enquête sur la culture de la betterave à sucre en Allemagne, en Autriche-Hongrie et en Belgique, et un nouveau procédé d’utilisation des eaux résiduaires de féculerie; ce procédé est dû à M. Ch. Girard. Ce savant fait remarquer que l’en semble des féculeries françaises lance dans les eaux résiduaires des quantités de principes fertilisants, correspondant à 190 000 qtx de nitrate de soude, 40 000 qtx de superphosphate et 72000 qtx de chlorure de potassium, représentant une valeur globale de plus de 5 millions de francs.
- On peut récupérer ces produits par l’évaporation des liquides, mais à la condition de ne pas opérer sur des eaux diluées. A cet effet, M. Girard aéu l’idée d’extraire le jus pur des pommes de terre avant de soumettre celles-ci à l’épuisement sur tamis qui viendrait le diluer dans le torrent des eaux de lavage. On arrive à trouver que, dans ces conditions, l’évaporation de 1900 kg d’eau qui représente une faible dépense de combustible permet d’obtenir 100 kg d’un produit contenant de l’azote, de l’acide phosphorique et de la potasse, et valant environ 17 f. La mise en œuvre de ce procédé est d’une grande simplicité et ne modifie pas sensiblement le travail usuel des féculeries.
- Notes de mécanique. — L’équipement moderne des docks. — Indicateur pour poinçonneuses. — Poinçonnage, matriçage Dayton.
- ANNALES DES PONTS ET CHAUSSÉES
- Novembre-Décembre 1910.
- Participation de l’Ecole nationale des Ponts et Chaussées aux fêtes du Centenaire de l’Institut des Voies de communication de Saint-Pétersbourg.
- Une mission composée de MM. Kleine, inspecteur général, directeur de l’Ecole des Ponts et Chaussées; Rabut, Ingénieur en chef et d’Ocagne, Ingénieur en chef, avaient été délégués par le Ministre des Travaux Publics, pour représenter l’Ecole des Ponts et Chaussées aux
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- Fêtes du Centenaire de l’Institut des Voies de communication, fêtes qui ont eu lieu du 13 au 16 novembre 1910.
- C’est le rapport relatif à cette mission qui est donné ici.
- La participation de l’Ecole des Ponts et Chaussées s’explique par le rôle qu’elle a joué dans les débuts de l’Institut des Voies de commu-‘nication, dont le premier directeur fut un ancien élève libre de cette école, le général de Bethancourt ; de plus, les leçons ont été longtemps professées par des ingénieurs de cette école et la langue française a été exclusivement employée pour tous les cours de 1810-1840.
- Notice sur M. Fargucs, Inspecteur général des Ponts et Chaussées, par M. Clavel, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées.
- Rapport sur le Freinage à main, «tes trains de la Compagnie du Midi, et les modifications à apporter aux règles du freinage établies par la circulaire ministérielle du 6 juillet 1901, par M. F. Maison, Ingénieur en chef des Mines,
- Ce rapport a déjà paru dans les Annales des Mines, et nous en avons parlé dans les comptes rendus annexés au procès-verbal de la séance du 18 novembre 1910.
- Ftaiiclieineiit des canaux par rideaux de béton dans les digues, par M. Galliot, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées.
- On procède généralement par étanchement en cours de chômage ; le bief étant mis à sec, on recoupe les talus et le fond, on pose une chape en béton et on recouvre ensuite avec des terres provenant des fouilles. Ce système est coûteux et ne peut être appliqué que pendant le chômage.
- Le procédé, qui fait l’objet delà note dont nous nous occupons, consiste à planter sur le bord intérieur du chemin de halage une file de palplanches jointives descendant au-dessous des filtrations les plus profondes ; on les retire ensuite et on bourre de béton l’excavation qu’elles ont laissée ; le rideau de béton ainsi formé intercepte entièrement les filtrations.
- La note entre dans des détails très circonstanciés sur la forme des palplanches, leur battage, le coulage du béton, l’organisation du chantier, etc.
- Ce procédé, essayé sur une longueur de digue de 500 m, a donné de bons résultats et paraît devoir être très économique.
- Consolidation d’une brèche au chemin de fer du Yunnan (Chine), par M. Dufour, directeur de la ligne du Yunnan.
- En mars 1908, une excavation se produisit en entonnoir dans le flanc de la montagne, entraînant la plate-forme, le mur de soutènement et une partie de la tranchée sur 40 m environ de longueur et sur 16 m de pro-’ fondeur, soit 6 m au-dessous des fondations du mur; le volume de la masse éboulée peut être estimée à 25000 ms.
- On résolut de franchir la partie éboulée en employant un tablier métallique de 50 m récemment arrivé de France et qu’on lança au prix
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- de grandes difficultés sur la brèche; mais ce n’était qu’une solution provisoire. On décida alors de barrer la brèche par un fort mur de pied en béton ; on a rempli ensuite l’intervalle entre le mur et la surface nue de la brèche par de la maçonnerie en pierre sèche. Une fois ce travail exécuté, on a démonté le tablier métallique et on l’a transporté à son emplacement définitif.
- Note pour le calcul des poutres en béton armé, par M. De-
- lemer, Ingénieur des Ponts et Chaussées.
- Ce procédé de calcul rapide d’une pièce en béton armé n’est applicable qu’au cas où la pièce ne travaille qu’à la flexion simple et où on ne lui prévoit pas d’armatures pour résister à la compression. Elle donne des résultats très suffisants pour la pratique.
- Note sur le souterrain de la lancette, par M„ O.. G-uillermin, Ingénieur de la Compagnie P.-L.-M.
- Ce souterrain, long de 710 m, est situé sur la ligne en construction de Moutiers à Bourg-Saint-Maurice. On y a essayé un procédé spécialement étudié en vue de mettre les maçonneries de revêtement à l’abri de l’action destructive dés eaux séléniteuses, procédé consistant essentiellement dans l’exécution d’une voûte provisoire à l’abri de laquelle serait maçonné le revêtement définitif et seraient confectionnés les chapes et enduits destinés à le rendre inattaquable. On a employé comme revêtements des mortiers de ciment indécomposables, et des chapes en asphalte, mais ces dernières ont l’inconvénient de donner lieu à des dégagements de fumée et l’étanchéité est compromise par des soufflures qui se produisent après l’application; il semble qu’on doive renoncer à l’emploi de cette matière pour les souterrains.
- ANNALES DES MINES
- Septième livraison de 4910.
- Note sur des essais de marteaux perforateurs pneumatiques exécutés dans les mines de pyrites de fer de Sain-Bel, par M. Deschamps, Ingénieur des Mines.
- Ces essais ont porté sur un certain nombre de marteaux perforateurs de systèmes connus; la note indique les avantages .et inconvénients de chaque modèle et donne les résultats dans un tableau où figure le nombre de litres d’air comprimé consommé par centimètre d’avancement. ce cube varie suivant les modèles de 21 à 107 litres.
- La question de la production de la poussière inséparable de celle des marteaux pneumatiques est également traitée. Le seul procédé qui ait donné des résultats* relativement satisfaisants est la. substitution au
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- fleuret ordinaire d’un fleuret plein à nervure hélicoïdale sur toute la longueur de la tige ; la rotation du fleuret assure l’expulsion de la poussière comme dans les tarières. Une objection à cet emploi est que le diamètre du trou se trouve augmenté, ce qui accroît notablement la durée du forage et diminue la densité déchargement de l’explosif.
- Expériences sur les iioussièi'cs «le Houille, et sur les
- moyens de combattre leurs dangers, par M. J. Taffanel, Ingénieur des Mines, directeur de la Station d’essais de Liévin.
- Ces essais ont fait le sujet de quatre rapports publiés en leur temps par le Comité central des Houillères de France et qui sont aujourd’hui publiés dans les Annales des Mines sur la proposition de la Commission permanente des recherches scientifiques sur le grisou et les explosifs employés dans les mines.
- Cette note n’est qu’en partie donnée dans la septième livraison des Annales.
- 8e livraison de 1910.
- Expériences snr les poussières «le Houille, par M. J. Taffanel
- (suite).
- 9,: livraison de 1910.
- Expériences sur les poussières «le Houille, par M. J. Taffanel
- (suite et fin).
- Cette note très étendue, comme on le voit, se divise en cinq parties. La première et la seconde parties traitent des essais d’inflammabilité, divisés en deux séries, dont la première a été faite avant l’achèvement de la galerie de Liévin sur une échelle plus restreinte et dont la seconde a été faite, ultérieurement, pendant les travaux de construction de la galerie.
- Les deux séries d’essais ont donné des résultats concordants, mais ils n’ont pas permis d’élucider certains points pour lesquels il était nécessaire de recourir aux essais en galerie.
- La troisième partie traite de la' production des coups de poussières et les expériences qui y sont relatées ont été faites dans la galerie d’essais, longue à cette époque de 65 m. Il est donné une description de la galerie et de son outillage expérimental, des expériences, puis vient la discussion des résultats et conclusions.
- La quatrième partie s’occupe du développement et de l’arrêt des coups de poussières.
- Une cinquième partie donne les conclusions générales à tirer de ces expériences ; ces conclusions sont très développées. Elles débutent par déclarer qu’il vaut bien mieux se préoccuper d’éviter la production des coups de poussières que de se borner à en limiter l’extension ; les mesures les plus essentielles à prendre sont celles qui sont relatives à la cause d’inflammation, savoir les mesures de sécurité relatives au danger du grisou dont l’inflammation est une des causes les plus à craindre des
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- inflammations de poussières et les précautions dans l’emploi des explosifs pour éviter que leur détonation n’enflamme les poussières.
- Si ces mesures essentielles se trouvent en défaut, on peut réduire le risque de généralisation de l’explosion, par l’arrosage des galeries. Un autre remède est la schistification des galeries par l’épandage sur le sol et les parois de poussières ou produits pulvérulents incombustibles. On peut employer aussi des arrêts-barrages formés de planches disposées transversalement sur lesquelles on met des poussières incombustibles. Il reste d’ailleurs un assez grand nombre de questions à résoudre, lesquelles sont l’objet de recherches que l’on poursuit sans interruption à la Station d’essais de Liévin.
- Enquête sur les conditions de formation des dépôts poussiéreux dans les mines. — Rapport présenté à la Commission permanente des recherches scientifiques sur le grisou et les explosifs employés dans les mines, par M. Taffanel, Ingénieur des Mines.
- Une circulaire du ministre des Travaux publics en date du 1er mars 1907 prescrit qu’une étude sur les conditions de formation des dépôts poussiéreux dans les mines soit entreprise par les Ingénieurs des mines avec le concours des exploitants et sous le contrôle scientifique de la Commission du grisou.
- Une certaine latitude était laissée aux Ingénieurs pour adapter ce programme aux conditions variées de l’exploitation, de sorte que les résultats de l’enquête se présentent avec d’assez grandes divergences. Le mode de prélèvement notamment n’a pas été toujours le même et la quantité de poussières recueillie dépend essentiellement du soin qu’on apporte au prélèvement.
- Néanmoins l’auteur s’est proposé de résumer les principaux résultats de l’enquête dans une série de tableaux annexés à son rapport. En somme, si les résultats n’ont pas complètement résolu les questions relatives aux conditions dans lesquelles se forment et s’entretiennent les dépôts poussiéreux, l’enquête a eu le mérite de fixer les idées sur quelques points de première importance, tels que les quantités de poussières, leur composition chimique, etc.
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS ALLEMANDS
- N° 6. — 11 février 19U.
- L’enseignement technologique comme premier pas de la préparation du constructeur, par E. Heyn.
- Utilisation de la vapeur d’échappement, par Grunewald.
- Phénomènes intérieurs dans les liquides et les gaz en mouvement, par J. Isaachsen,
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- Les machines agricoles à l’Exposition de Bruxelles en 1910, par IIoll-dack (suite).
- Groupe de Bninswick. — Utilisation de la chaleur perdue dans les machines à vapeur.
- Bibliographie. — Méthode d’analyse pour la chimie industrielle, 2e vol., par G. Lange et E. Berl.— La condensation dans les machines et turbines à vapeur, par K. Schmidt. — L’énergie, la chaleur et sa transformation, par S. A. Reeve (texte anglais). — Sur le revenu commercial des installations de chauffage central, par H. Tilly.
- Bevue. — Câble transporteur employé dans la construction de la nouvelle écluse du canal Empereur-Guillaume, — Lampe à vapeur de mercure de Schafer. — Transport de force à courant continu de Moutiers à Lyon. — Construction des navires de guerre pendant l’année 1910. — Nouveaux docks à Portsmouth. — Machine électrique d’extraction au puits Bonifacius. — Nouvelle usine pour la production de l’acier par l’électricité. — Machine à essayer de 4 500 tonnes. — Grand réservoir pour pétrole à San Luis Obispo en Californie (150 000 m3).
- N° 7. — 18 février 1911.
- Le bateau sous-marin moderne, par H. Vogel.
- Utilisation de la vapeur d’échappement, par Grunewald (suite).
- Régulateur axial avec modification du nombre de tours pendant la marche, par K. Kaiser.
- Les machines agricoles à l’Exposition de Bruxelles en 1910, par Holldock (fin).
- Phénomènes intérieurs dans les liquides et gaz en mouvement, par I, Isaachsen (suite).
- Groupe de Berg. — L’hydropulsator et la pompe Humphrey.
- Groupe de Berlin. — La soudure électrique.
- Bibliographie. — Principes de l’aérostation, par R. Eurden.
- Revue. Exploitation du chemin de fer électrique Dessau-Bitterfeld. — Nouveau générateur à grille tournante. — Traction électrique sur le London, Brighton and South Coast R. R. — Transport de force à 110 000 volts Landhammer-Grôditz-Riesa.— Les omnibus à moteur comme pourvoyeurs des chemins de fer. — Le pont du nord sur le Rhin, à Cologne. — Le barrage de l’Oder. — Les chantiers impériaux de Kiel, Wilhehmshaven et Dantzick.
- N° 8. — 25 février 1911.
- Les appareils de levage et machines d’extraction à l’Exposition de Bruxelles en 1910, par Aumund.
- Les locomotives à l’Exposition de Bruxelles en 1910, par Metzeltin (suite).
- L’enseignement technologique, comme premier pas de la préparation du constructeur, par G. Heyn (fin).
- Le bateau sous-marin moderne, par H. Yogel (suite),
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- La position du point d’inflammation dans les moteurs à combustion intérieure, par A. Heller.
- Expérience sur un système de chauffage à moufle pour chaudières-.,
- Bibliographie. — L’architecture dans le passé par H. Dauh. — Théorie de la préparation des huiles éthérées par distillation, par G. von Ro-chenberg. — Le béton, armé, en théorie et en pratique., par R. Saliger. — Le séchage et les appareils de dessication, par O. Marr.
- Revue. — Pompe à air rotative pour condenseurs, système Thysson-Pfleiderer.— Utilisation des: chutes de Paulo-Affonso, sur le fleuve Sao-Francisco. — Sécurité et durée des cables d’extraction actuels. — Nouveau procédé pour l’épuration des gaz de hauts fourneaux. — Rails en acier au titane sur les chemins de fer américains. — Locomotives et. voitures motrices à courants alternatifs. — Tramways électriques à courant alternatif dans la province de Parme. — Turbine Francis de 6 000 chevaux pour chute de 209 m. — Longs parcours sans arrêt sur les chemins de fer anglais, français et allemands.
- N° 9. — 4 mars 19/1.
- Grosse locomotive Mallet, construite pour le Delaware and Hudson R.R. par T American Locomotive G0, par Dierfeld.
- Emploi du béton armé pour la construction des silos, par G. Môrsch.
- Les appareils de levage et machines d’extraction à l’Exposition de Bruxelles en 1910, par Aumund (suite).
- Régulateur axial avec variation du nombre de tours pendant la marche, par E. Kaiser (suite).
- Les machines-outils à l’Exposition de Bruxelles en 1910, par F. Adler (suite).
- Bibliographie. — Exercices sur l’électricité et le magnétisme,, par R. Weber. — Essai sur l’histoire des l’industrie sidérurgique dans district de la Sieg, par A. Knafî.
- Revue. — Turbines et régulateurs pour les forces; motrices de Sao' Paulo. — Grues de 200 t pour marteau pilon. — Modification du volt international. — Gable sous-marin Monravia- Pernambuco. — Nouveaux navires de guerre japonais. — État de la flotte commerciale anglaise.— Le, navire de guerre Arkansas de la marine des États-Unis. — Traction électrique sur les chemins de fer de l’état prussien. — Développement du trafic dans le tunnel du Simplon. — Hangar métallique pour les nouveaux dirigeables de la marine anglaise.
- N° 10. — // mars 1911.
- Les locomotives à l’Exposition de Bruxelles en 1910, par Metzeltin (suite).
- Utilisation des tourbières indigènes pour la production de la force, et le développement de l’industrie allemande, par G. Heinz.
- Les appareils de levage et les machines d’extraction à l’Exposition de Bruxelles en 1910, par Aumund (suite).
- Utilisation de la vapeur d’échappement, par Grünewald (fin).
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- Le navire sous-marin moderne, par H. Yogel (fin).
- Groupe de Cologne. — Production de revêtements métalliques par l’emploi de métaux galvanisés.
- Bibliographie. — Manuel d’exploitation des cuivres, par F. Heiss et F. Herbst. — Les grands Ingénieurs, leur vie et leurs travaux, par R. Hennig. — Construction des ports de mer, par F. W. O. Schulze.
- Revue. — Le nouveau dirigeable autrichien KW-3. — Exploitation des minerais de manganèse en Russie. — Le plus grand moteur horizontal du système Diesel du monde. — Les tramways de Berlin en 1910. — Traction électrique sur les chemins de fer de l’État italien. — Expériences sur une transmission électrique de force à 100 000 volts. — Câbles d’extraction de grande résistance. — Souffleries à turbines dans les hauts fourneaux américains. — Le barrage de La Prele dans le Wyoming. — Sondage de 2240 m de profondeur à Czuchow, en Silésie.
- N° 11. — 18 mars 1911.
- Les locomobiles à l’Exposition de Bruxelles en 1910, par N. Franke.
- Les appareils de levage et les machines d’extraction à l’Exposition de Bruxelles en 1910, par Aumund (fin).
- Emploi du béton armé pour la construction de silos, par E. Môrsch
- (fin).
- Phénomènes intérieurs dans les liquides et gaz en mouvement, par J. Isaachsen (fin).
- Bibliographie. — « Hutte » manuel de métallurgie. — Les progrès scientifiques du jour, par W. Ostwald. — La situation de l’Allemagne au quarantième anniversaire de la fondation de l’Empire.
- Revue. — La nouvelle fonderie de la Société Hartung, à Berlin. — Laminage continu pour barres. — Chauffage des vannages des usines hydrauliques. — Expériences sur des turbines Zœlly. — Nouvelle construction de récupérateurs pour la vapeur d’échappement. — Les installations électriques de la côte nord-est de l’Angleterre. — Traction électrique dans le tunnel de Détroit. — Progrès du procédé Martin-basique dans l’Amérique du Nord. — Essais du petit croiseur Augsburg.
- Pour la Chronique et les Comptes Rendus :
- A. Mallet.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Ire SECTION
- Poussées «les terres.— Stabilité des mines de soutènement, de Jean
- Résal, Ingénieur en chef, professeur à l’École des Ponts et Chaussées (1).
- Dans cet ouvrage capital, M. J. Résal a heureusement complété les travaux précédents de Coulomb, 1773, du général Poncelet, de Rankine, 1856, de Maurice Lévy, 1870, de M. Boussinesq, 1887.
- M. J. Résal a traité, dans cet ouvrage, le problème général de l’équilibre d’un massif sans cohésion limité par deux plans quelconques. La question se ramène à l’étude d’une courbe particulière, la ligne de poussée, dont la connaissance fournit la solution rigoureuse et complète du problème.
- L’équation différentielle de cette courbe permet d’en reconnaître les propriétés caractéristiques dans tous les cas du problème et, en recourant à un calcul par différences finies, de tracer par points les lignes de poussée et de déterminer les coefficients numériques de poussée pour les mines de soutènement.
- Le premier chapitre contient l’exposé didactique des formules de la mécanique rationnelle relatives à la distribution des actions moléculaires autour d’un point, dans un plan de symétrie d’un corps dépourvu de cohésion ; l’auteur y a défini les lignes de charge et la ligne de poussée.
- Le sujet du second chapitre est le problème de l’équilibre d’un massif limité*par une surface libre plane, avec l’addition de quelques applications sur la fondation des ouvrages en pleine terre et sur la compression préalable du sol, qui présentent de l’intérêt pour les constructeurs.
- Le chapitre troisième est consacré au problème de l’équilibre d’un massif indéfini limité par deux plans et se termine par une application des théories précédentes à la recherche des plans de glissement déterminés dans les couches terrestres par des bancs minces de terre glaise ; par quelques observations sur les recherches expérimentales relatives à la poussées des terres.
- Le quatrième chapitre a pour objet de généraliser les méthodes précédentes, pour en étendre l’emploi à tous les problèmes, plus ou moins complexes, que l’on est exposé à rencontrer dans la pratique des constructions. Un certain nombre de problèmes usuels y ont été traités : terrain divisé en couches de natures differentes; terrain portant des surcharges; remblai compris entre deux murs parallèles, calcul des murs à parement intérieur polygonal ou courbe.
- (1) In-8°, 250 X165, de vin-254 p. avec 134 fig. Paris, Ch. Béranger, 1903. Prix: broché, 10 f. '
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- On y trouve des recherches sur les dispositions les plus avantageuses à attribuer aux ouvrages de soutènement, pour assurer leur stabilité dans les conditions les plus économiques, quelques notions sur les murs d’arrêt destinés à contenir les terrains en mouvement ou à maintenir les couches glissantes.
- Enfin le cinquième chapitre ne renferme que des renseignements numériques : densité d’angle de frottement des terres ; coefficients de poussée ; coefficients de butée et quelques applications numériques de la méthode de calcul des murs de soutènement.
- Il y a lieu de retenir la simplicité et la brièveté des calculs que comporte la méthode exposée en se servant des tables numériques dressées ; et sa généralité qui s’applique à toutes les circonstances de la pratique.
- T. S. S.
- IIIe SECTION
- Dictionnaire pratique «te mécanique et d’électricité, de
- Charles Barbât (1).
- Cette deuxième édition, considérablement augmentée, revue et corrigée et comprenant un très grand nombre de figures, facilitera beaucoup l’étude, déjà si vaste, des connaissances mécaniques.
- Elle s’adresse aussi bien aux apprentis, ouvriers, contremaîtres, chefs d’ateliers qu’aux Ingénieurs, industriels, professeurs, qui trouveront classés d’une façon méthodique les renseignements généraux dont ils peuvent avoir besoin sur un grand nombre de sujets.
- Les renseignements que l’on peut trouver dans ce dictionnaire se rapportent à la Mécanique, l’Automobilisme, la Yèlocipédie, l’Aviation et la Métallurgie.
- L’Électricité fait l’objet d’un chapitre spécial formant la deuxième partie du dictionnaire.
- Le classement alphabétique a été adopté pour faciliter les recherches et permettre de trouver immédiatement les renseignements dont on peut avoir besoin sur un sujet déterminé.
- Traite pratique «le la cliau «lr «tuner ic industrielle en
- cuivre et en fer, de E. Bréhier
- Ce volume est une seconde édition de l’ouvrage qui a été édité en 4900 et qui à cette époque, fut l’objet, dans notre Bulletin, d’une chronique fort détaillée parue dans le numéro de janvier 1901.
- L’auteur, dans sa nouvelle édition, a conservé les grandes lignes «des
- (1) In-8° 220 X 1^0 de 1882-333 p. et 3 000 fig. Paris, L. Gèisler, 1, rue de Médicis, 1911. Prix: relié, 15 f.
- (2) In-8° 250 X 165 de vm-617 p. avec 411-16 fig. «et «tableaux, Paris, L. Geisler, 1, rue de Médicis, 1911. Prix: broché, 10 f.
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- subdivisions qu’il avait adoptées dès le principe. L’ouvrage est divisé en cinq parties :
- La première est relative aux transformations de la métallurgie et aux matières premières qu’elle emploie.
- La seconde s’occupe des théories des principaux types découpés, accompagnées de quelques notions de géométrie élémentaire et de géométrie descriptive.
- La troisième partie est consacrée aux principes généraux de la chaudronnerie.
- Enfin, la quatrième partie donne la théorie et le mode de construction de divers matériels et appareils employés dans les industries de toute nature.
- L’ouvrage se termine par un cinquième chapitre dans lequel il est fait un historique rapide des spécialistes se rattachant à la chaudronnerie.
- En vue de mettre ce traité à la hauteur de la science actuelle, l’auteur . a ajouté dans les premières parties des tracés de coupes générales et intéressantes au point de vue fondamental. Il a également consacré un chapitre spécial à la soudure autogène et à ses applications. Enfin il a refondu la partie relative aux questions législatives, notamment en ce qui concerne le nouveau décret de 1907 sur les générateurs et appareils à vapeur, ainsi que les circulaires qui en régissent l’application.
- IVe SECTION
- Les mines à fË^position internationale et universelle
- «le Bruxelles (19i«), de M. Ad. Breyre (1).
- Sous la signature de M. A. Breyre, Ingénieur au Corps des Mines, à Bruxelles, l’excellente revue La Technique Moderne donne une brochure très intéressante sur les mines à l’Exposition internationale de Bruxelles en 1910.
- M. Breyre consacre dix chapitres aux nouveautés exposées.
- Le premier chapitre se rapporte à l’exposition collective des Charbonnages de Belgique. Les statistiques de la production, de la consommation, des salaires des ouvriers, des accidents du travail, etc., sont représentés par de nombreux graphiques.
- Il est aussi parlé, dans ce chapitre, de la campagne de recherches de houille en Campine et des concessions qui ont été octroyées aux inventeurs.
- Les chapitres II et III sont relatifs aux procédés de l’art du sondeur et au creusement des puits par la congélation et la cimentation.
- Les transports au moyen de locomotives à air comprimé sont traités dans le chapitre IV.
- Les autres chapitres sont consacrés à l’exploitation, au creusement
- (1) In-4°, 315 X 240 de 36 p. à 2 col., avec 41 fig. Paris, H. Dunod et Et Pinat, 49, quai des Grands-Augustins, 1911. Prix : broché, 4,50 t.
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- des galeries, à l’épuisement, à l’aérage et l’éclairage, ainsi qu’aux nouveaux appareils d’extraction, aux installations de la surface, à la carbonisation, etc.
- Les expériences de M. Taffanel, à Liévin, sur le grisou et la description des appareils propres à éviter les accidents terminent le travail de M. Breyre. E. T.
- Ve SECTION
- l/œnvre française en Tunisie, par Jules Saurin (1).
- Livre renfermant beaucoup de bonnes choses et une certaine dose d’illusions. A lire par tous ceux qui s’intéressent au problème de la plus grande France, et aussi par les autres.
- (1) In-16°, 180 x 120 de 112 p. Paris, Augustin Challamel, 17, rue Jacob, 1911. Prix : broché, 0,50 1'.
- Le Secrétaire Administratif, Gérant : A. de Dax.
- IMPRIMERIE CHA1X, rue uergère, 20, PARIS. — AI/HS-a-H. — (EncreLorüleux).
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- MÉMOIRES
- ET
- COMPTE RENDU DES TRAVAUX
- DE LA
- SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS DE FRANCE
- BULLETIN
- DE
- JUIN 1911
- N° 6
- OUVRAGES REÇUS
- Pendant le mois de juin 1911, la Société a reçu les ouvrages suivants :
- Chemins de fer et Tramways.
- Atlas de la Monografia de Lineas férreas fiscales en Estudio y Construc don. Congreso de Ferrocariles de Buenos-Aires en 1910 (Repüblica de Ghile) (in-f°, 375 X 545 de 42 pl.). (Don de M. E. Dôll.) 47068
- Bloch (R.). — Les Chemins de fer Français de 1905 à 1910, par Richard Bloch, Chef Adjoint de l’Exploitation de la Compagnie d’Orléans (in-8°, 305 X 230 de 24 p. à 2 col. avec 15 fig.). London, The Railway Gazette. (Don de l’auteur.) 47055
- Compagnie du Chemin de fer du Nord. Assemblée générale du 29 avril 191L Rapport présenté par le Conseil d’administration. Résolutions de l’Assemblée générale (in-4°, 275 X 220 de 100 p.). Lille, Imprimerie L. DaneL, 1911. 47070
- Goy (G.). — Hommes et Choses du P.-L.-M., par G. Goy (in-8°, 215 X145 de 160 p. avec illust.). Paris, Devambez, 1911. (Don de M. Habert, Secrétaire de la Compagnie P.-L.-M.) 47072
- Bull.
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- Monografia de las Lineas férreas fiscales, Reeapilacla para el Gongreso de Ferrocarriles de Buenos-Aires de 1910 (Republica de Chile. Ministerio de Industria i Obras publicas. Inspection general de Ferrocariles en Estudio y Construction) (in-8°, 265 X 185 de 230 p. avec cartes et profils en long). Santiago de Chile, Imprenta Cervantes, 1910. (Don de M. E. Dôll.) 47067
- Construction des Machines.
- Association Alsacienne des Propriétaires d’Appareils à vapeur. Section Française. Exercice 4909 (Quarante-deuxième année) (in-8°, 265 X 175 de 107 p.). Nancy, Imprimerie Berger-Levrault, 1911. 47058
- Éclairage.
- Répertoire des Industries Gaz [et Électricité. Édition 4911. Maurice Germain, Directeur (in-8°, 185 X 120 de 768 p.). Paris, 7, Rue Geoffroy-Marie. 47075
- Économie politique et sociale.
- Cambon (Y.) — La France au travail. Lyon. Saint-Étienne. Grenoble. Dijon, par Victor Cambon (in-8°, 200 X 140 de 256 p. avec 20 pi. et 1 carte). Paris, Pierre Roger et»Gie. (Don des éditeurs.) 47063
- Enquête sur le Travail à domicile dans l’industrie de la lingerie. Tome IV. Rhône, Loire, Isère, Bouches-du-Rhône, Gard, Hérault, Aude. Haute-Garonne (Ministère du Travail et de la Prévoyance sociale. Office du Travail) (in-8°, 235 X 150 de 454 p.). Imprimerie Nationale, 1911. (Don du Ministère du Travail.) 47081
- Statistique des Grèves et des recours à la conciliation et à l’arbitrage survenus pendant l’année 4909 (République Française. Ministère du Travail et de la Prévoyance sociale. Direction du Travail) (in-8°, 235X150 de xviii-466p.). Paris, Imprimerie Nationale, 1911. (Don du Ministère du Travail.) 47082
- Électricité.
- Fesquet^Éiu.). — Cours pratique élémentaire d’Électricité industrielle, par Émile Fesquet, avec 41 Problèmes types et 189 ligures (in-8°, 250 X 100 de 256 p.). Deuxième Édition. Paris, Henry Paulin et Cier 1910. (Don des éditeurs.) 47057
- Nicolas (E.). — Vingt Leçons pratiques sur les Courants alternatifs, par E. Nicolas. Nouvelle Édition mise à jour avec 63 Problèmes . types et 251 figures (in-8°, 250 X 100 de 264 p.), Paris, Henry Paulin et Cie. (pon des éditeurs.) 47056
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- Enseignement.
- R. Scuola d’applicazione per gli ïngegneri in Roma. Annuario per Vanno scolastico 1910-1911 (in-16, 165 X 120 de 203 p.). Roma, D. Battarelli, 1910. 47065
- R. Scuola d’applicazione per gli ïngegneri in Roma. Programmi d’Insegna-mento pel quinquennio scolastico 1910-1911 à 1914-1915 (Novembre 1910) (in-16,165 X 120 de 72 p.). Roma, D. Battarelli. 1910.
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- Législation.
- A. Magyar Mérnbk-ès épitesz-Egylet. Evkonyve 1911. XI évfolyam (in-8°, 225 X 165 de 111-xxii p.). Budapest. 47059
- Annuaire de l’Association internationale pour la protection de la Propriété industrielle. 14e année. 1910. Congrès de Bruxelles, 2-5 juin 1910 (in-8°, 230 X 160 de xxxiv-396 p.}, Paris, Belin frères, 19 1 0 . 47049
- Association des Ingénieurs sortis de l’École de Liège. Liste des Membres. Année 1911 et Renseignements, sur l’organisation et le fonctionnement des Services de VA. I. Lg. (in-8°, 220 X 160 de lxxyii-116 p.). Liège, Ii. Vaillant-Carmanne, 1911. 47073
- Société des anciens Élèves des Écoles d’Arts et Métiers. Annuaire des Sociétaires au 28 février 1911 (in-8°, 215 X 135 de 512-8-52 p. avec 1 pi.); Paris, Imprimerie Chaix. 47054
- Statuts de la Société internationale des Ingénieurs et Architectes d’Alexandrie (in-8°, 220 X 145 de 15 p.). Alexandrie, Cassimatis et Jouas, 1911. 47076
- Médecine, Hygiène, Sauvetage.
- Bëzault (B.). — Épuration des Eaux résiduaires d’abattoir. Collecte et Évacuation de ces eaux. Historique de la question, par M. B. Bezault (Hygiène publique) (in-8°, 245 X 160 de 36 p. avec 7 fig.) (Extrait de L’Hygiène de la Viande et du Lait. Nos d’Avril et Mai 1911). Paris, 40, Rue des Morillons, 1911. (Don de l’auteur, M. de la S.). 47064
- Métallurgie et Mines.
- Breuil (P.). — La Métallurgie à l’Exposition universelle et internationale de Bruxelles de 1910, par Pierre Breuil (Publications de « La Technique Moderne ») (in-4°, 315 X 240 de 124 p. à 2 col. avec 246 fig.). Paris, II. Dunod et E. Pinat, 1911. (Don des éditeurs.) 47051
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- Gu une r (E.) et Bousquet (G.). — Atlas général des Houillères. Bassins houillers de France. Allemagne. Autriche. Hongrie. Belgique. Etats-Unis. Grande-Bretagne. Pays-Bas. Bussie, par E. Gruner et G. Bousquet. Deuxième partie. Texte (in-8°, 245 X 160 de xi-372 p.). Paris, Comité Central des Houillères de France, 1911. (Don des auteurs, M. de la S.) 47083
- Pawlowski (A.). — Une Normandie inconnue. Le Bassin minier de la Basse Normandie, par Auguste Pawlowski (in-16, 185 X 125 de 112 p.). Paris, H. Dunod etE. Pinat, 1911. (Don des éditeurs.)
- 47052
- Robin (F.). — Usure des Aciers aux abrasifs, par M. F. Robin (Extrait delà Revue de Métallurgie. Vol. VIII. N° 1. Janvier 1911, pages 47 à 84) (in-4°, 265 X 215 de 38 p. avec 25 fig.). (Don de l’auteur, M. de la S.). 47048
- Navigation aérienne, intérieure et maritime.
- Brunet (G.). — El Aeroplano militar. Estudio completo de un aparato en equilibrio estable durante la marcha, por G. Brunet (in-8°, 240 X 165 de 117 p. avec 44 fig.). Barcelona, Libreria deFeliu y Susanna, 1911. (Don de l’auteur.) 47071
- Congrès national de Navigation intérieure. Lyon, du 26 au 28 juin 1911.
- Rapports I, IV, V, VIII, IX. — Communications I, II, 111, IV, V (11 brochures in-8°, 270 X 180). Paris, Association Française de Navigation intérieure. (Don de l’éditeur.) 47079
- Mange (F.). — Le Canal de Panama en 1910. II, par François Mange (La Revue de Paris. 18e année. N° 11. 1er juin 1911, pages 657 à 672) (in- 8°, 250 X 165 de 16 p. avec 1 carte). Paris, 85 bis Faubourg Saint-Honoré, 1911. (Don de l’auteur, M. de la S.) 47074
- Rondet-Saint (M.). — L’Avenir de la France est sur mer, par Maurice Rondet-Saint. Préface de Paul Doumer (in-8°, 185 X 120 de iv-351 p.). Paris, Plon-Nourrit et Gie, 1911. (Don de l’auteur, M. de la S.) 47050
- Sée (A.). — Les Lois expérimentales de l’Aviation, par Alexandre Sée (in-8°, 255 X 165 de 348 p. avec 149 fig.). Paris, Librairie aéronautique, 1911. (Don de l’éditeur.) 47062
- Routes.
- Annuaire des Agents Voyers. 1911. Soixante-sixième Édition. Personnel (Annales des chemins vicinaux. 66e année. N° 1. Janvier 1911) (in-8°, 220 X 140 de 148 p.). Paris, Imprimerie Paul Dupont.
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- Nivellement général de la France. Répertoire des emplacements et altitudes des repères. Réseau de deuxième ordre. Appendice concernant la Section E, bc, Réseau de troisième ordre et Première partie du Réseau de quatrième ordre. Lignes comprises dans la zone E de premier ordre. Deuxième fascicule. Maille E b de deuxième ordre. — Réseau de troisième ordre et Première partie du réseau de quatrième ordre. Lignes comprises dans le Polygone Q' de premier ordre. Premier fascicule : Mailles Q'a, Q 'b et Q'c de deuxième ordre. Deuxième fascicule : Maille Q'd de deuxième ordre. Troisième fascicule : Mailles Q7 et Q'k de deuxième ordre. Lignes comprises dans le réseau L' de premier ordre. Premier fascicule : Mailles L'a et L'b de deuxième ordre. Quatrième fascicule: Mailles Vf et L'g de deuxième ordre. Lignes comprises dans le Polygone R' de premier ordre. Deuxième fascicule : Mailles R'c, R'd et R'e de deuxième ordre. — Nivellement de la Voie navigable de Belgique sur Paris entre le Canal de la Sensée et la Seine. Répertoire définissant les emplacements et les altitudes des repères (Ministère des Travaux publics) (8 brochures in-8°, 280 X 180). Nantes,Imprimerie M. Schwob et Cie, 1908, 1910. (Don de M. Ch. Lallemand.) 47040' à 47047
- Sciences Morales. — Divers.
- Lyon-Pittoresque. Lyon et ses environs. Lyon, centre du Sud-Est. Vienne, la Ville romaine, 4914. Livret-Guide illustré, publié parle Syndicat d’initiative de Lyon, fondé en 1901 (in-8°, 205 X 125 de 112 p. avec illust. et 1 carte). Lyon, J. Poucet, 1911. (Don de l’Association Française de Navigation intérieure. ) 47080
- Technologie générale.
- Schlomann (A.), Venator (G.) et Ross (Dr. C.). — Dictionnaires techniques illustrés en six langues : Français, Anglais, Allemand, Russe, Italien, Espagnol, rédigé par Alfred Schlomann. Tome XL Sidérurgie. Publié sous la collaboration de Guilleaume Venator et Dr. Colin Ross (in-16,175 X105 de xii-786 p. avec 1600 fig.). Paris, H. Dunod et E. Pinat, 1911. (Don des éditeurs.) 47053
- Travaux publics.
- Album de Obras Publicas. 4909-4940 (Republica de Chile. Direcciôn general de Obras Publicas) (in-f°, 360 X 635 de 100 pl.). Don de M. E. Dôll.) " 47069
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- Association Française pour le développement des Travaux publics. Assemblée générale du 10 décembre 1910. Compte rendu (in-8°, 265 X 180 de 35 p.). Paris, Siège social. (Don de M. J. Hersent, M. de la S.) 47061
- CatskiU Mountain Water Works, for the Extension of the Water Supply of New-York City. December 1940 (in-8°, 230 X 150 de 152 p. avec illust.) Pittsburgh, Blaw Gollapsible Steel Centering Company, 1910. (Don de l’éditeur.) 47078
- Joanneton (H.). — Quatre cartes postales relatives à l'église Saint-Jean de Troyes et épreuves de trois clichés représentant l'écroulement du clocher le mai 1911, par M. H. Joanneton. (Don de l’auteur, M. de la S.). 47077
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- MEMBRES NOUVELLEMENT ADMIS
- Les Membres nouvellement admis, pendant le mois de juin 1911, sont :
- Gomme Membre d’honneur, M. :
- d’Arsonval, présenté par MM. J. Carpentier, L. Rey, L. Mercier.
- Gomme Membres Sociétaires G. Avot, présenté par MM L. Barbillion, —
- A. Bobe, —
- L. Bourgeois, —
- M. Gadot de Solange, —
- G. Carli-Basset, —
- A. Cholet, —
- D. Demarne,
- M. Didier, —
- P. Engelhardt, —
- H. d’Escatha,
- E. Fouqué, —
- H. Guillou, —
- R. Laederich, —
- P. Lecoeur, —
- E. Multzer-O’Naghten, —
- E. Païoussas,.
- A., Rateau,
- H. Regnard, J. SlLLARD,
- Titulaires, MM. :
- Gallois, Ronceray, Saillard.
- J. Carpentier, L. Rey, J. Rey. Gueritte, Twelvetress, de Dax. Chomienne, ILug, Dumontant. Ravier, du Bois, Legrand.
- Guillet, Audemart, Yiet.
- Gheuret, Hugot, Cholet.
- J. Carpentier, Guion, de Dax.
- Robert, Lebrec, Légé.
- Savy, Brunet, Grebel.
- Liebaut, Lefébure, de Dax.
- Lebrec, de Dax, Roman.
- Letombe, Delmas, Taupiat de Saint-Symeux.
- ILerdner, A. Esnault-Pelterie, R. Es-nault-Pelterie.
- Eude, Dehenne, Le Blanc.
- Cabanel, Janet, de Dax.
- J. Carpentier, Bongiovanni, de Dax. J. Carpentier, L. Mercier, J. Rey, Chaleil. . >
- A, Schmicl, P. Jullien, Broca. Dollfus, Allard, Wiriot.
- Comme Membres Sociétaires Assistants, MM. :
- L. Berguérand, présenté par MM. J. Carpentier, Rautlin de la Roy,
- de Dax.
- M. Parmentier, — Regnier, Sincholle, Decluy.
- Comme Membres Associés, MM. :
- G. Bellangé, présenté par MM. Dubuisson, Carénou, Peinard.
- D. Bertiielot, — J. Carpentier, L. Rey, J. Rey.
- A. Farradesciie, — Bergeron, Brégéras, Assi.
- F. de Martini, — Loubat, Beaurrienne, Debesson.
- H. Vernet, — J. Carpentier, Frey, de Dax.
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- RÉSUMÉ
- DES
- PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES
- DD MOIS DE JUIN 1911
- PROCES-VERBAL
- DE LA
- SEANCE XATJ ^ JTJITV 1911
- Présidence de M. J. Carpentier, Président.
- La séance est ouverte à 8 heures trois quarts.
- Le Procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté.
- M. le Président rappelle la perte cruelle que la Société vient de faire dans la personne de M. Achille Brüll, l’un de nos anciens Présidents, décédé avant-hier mercredi. Ses obsèques ont eu lieu ce matin.
- M. Brüll était ancien Elève de l’École Polytechnique, de la promotion 1855-1857. Il était des nôtres depuis 1858, c’est-à-dire qu’à peine sorti de l’Ecole et entré dans la carrière il s’était fait admettre parmi les Ingénieurs civils. Ardent et laborieux, il avait dès le début pris une grande part aux travaux de la Société et, mis ainsi en vedette, il avait de bonne heure été appelé à remplir des fonctions actives dans notre organisation. Secrétaire de 1874 à 1875, Membre du Comité de 1868 à 1876, il avait été Yice-Président en 1878, puis de 1879 à 1882, et de 1884 à 1886. Enfin, il avait été porté à la Présidence en 1887.
- En 1884, à l’occasion d’un mémoire dans lequel il exposait le résultat de travaux qui lui étaient personnels, au sujet de la chaîne flottante pour le transport des matériaux des mines, il avait reçu de la Société un Prix Annuel.
- Il serait trop long d’exposer ici comment a été remplie sa carrière ; peu d’ingénieurs ont embrassé plus de sujets et les ont traités avec plus de maîtrise. En même temps que très instruit, et très travailleur, il était extrêmement modeste : quand il fut placé à la tête de la
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- Société, il n’avait pas encore reçu le ruban rouge. Il fallut que son successeur et ami, M. F. Reymond, personnage influent, intervint pour lui faire décerner cette récompense méritée : c’est d’ailleurs en pleine séance de mars 1891 qu’il reçut des mains du Ministre des Travaux publics la Croix de la Légion d’honneur : sur aucune poitrine elle ne pouvait être mieux placée.
- Les discours prononcés aujourd’hui à ses obsèques, discours dans lesquels se trouvent des aperçus sur sa carrière, seront publiés dans un de nos prochains bulletins. M. le Président tient à exprimer de nouveau à sa famille et à ses amis la part si vive que la Société tout entière prend à ce deuil cruel.
- M. le Président a, de plus, le regret de faire connaître le décès de MM. :
- Ii. Bricard, ancien élève de l’École Centrale (1862), Membre de la Société depuis 1907, Directeur de l’Exploitation de la Société anonyme des Forges et Chantiers de la Méditerranée, Membre de la Chambre de Commerce du Havre, Chevalier de la Légion d’honneur ;
- Hubert Garnier, ancien élève de l’École Centrale (1864), Membre de la Société depuis 1878, Ingénieur civil, ancien Président de section au Tribunal de Commerce de la Seine, ancien Vice-Président de la Chambre de Commerce, Président du Conseil d’administration de la Société anonyme d’exploitation des anciennes fonderies Voruz, à Nantes ; de la maison H. Garnier, Courtaud et Cie, Ingénieurs-Constructeurs; Officier de la Légion d’honneur.
- F. Hamoir, ancien élève de l’École Centrale (1868), Membre de la Société depuis 1878, ancien Directeur de la Manufacture de carrelages céramiques de MM. Boch frères, Administrateur de la Société métallurgique de Senelle-Maubeuge, Vice-Président du Conseil d’administration de la Société des glaces de Maubeuge ;
- A. Jacquin, Membre de la Société depuis 1896, industriel.
- M. le Président adresse aux familles de ces Collègues l’expression des sentiments de profonde sympathie de la Société.
- M. le Président ajoute que nous avons reçu de Hongrie le compte rendu officiel des obsèques de notre regretté et honoré Collègue, M. Ch. de llieronymi, et que, de ce compte rendu officiel, il croit devoir communiquer à la Société les extraits suivants :
- « Trois Membres de la Société des Ingénieurs et Architectes hongrois » étaient placés auprès de la tribune, un certain nombre d’autres » Membres se tenaient devant le catafalque. A gauche, on remarquait » M. Guillaume de Hévesy, Ingénieur, délégué de la Société des Ingé-» nieurs Civils de France....
- » L’année 1911 apporta à M. de Hieronymi, deux hautes distinctions; » l’une était la grand’croix de l’Ordre de Léopold d’Autriche, qui lui » fut accordée par Sa Majesté^ l’autre fut son élection, par l’une des plus » importantes Sociétés d’ingénieurs, la Société des Ingénieurs Civils » de France, comme Membre d’honneur. »
- M. le Président fait connaître qu’à l’occasion des fêtes du quarantième anniversaire de la carrière scientifique et littéraire de notre honoré Collègue, Son Excellence le général du Génie Nicolas Pétroff, la
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- Société avait adressé au directeur de l’Académie de l’École du Génie Nicolas un télégramme de félicitations et que MM. de Timonoff et Belu-lubsky avaient bien voulu nous représenter à ces fêtes.
- Nous venons aujourd’hui de recevoir de M. le général Pétroff la lettre suivante que M. le Président est heureux de porter à la connaissance de tous les Membres de la Société :
- « Saint-Pétersbourg, 17/30 mai 1911.
- » Monsieur le Président,
- » Permettez-moi d’exprimer par votre intermédiaire mes plus sincères » remerciements à la Société des Ingénieurs Civils de France pour la » part qu’elle a bien voulu prendre à la fête du quarantième anniver-» saire de mon activité scientifique et littéraire.
- » J’ai été profondément touché de l’expression de vos sympathies » d’autant plus que j’ai l’honneur d’être compté au nombre des Membres » de la Société des Ingénieurs Civils de France et que, par conséquent, ce » sont mes Collègues qui m’ont gardé leur bon souvenir.
- » Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes senti-» ments les plus distingués.
- » N. Petroff. »
- M. le Président est heureux à cette occasion de renouveler à notre honoré Collègue l’expression des sentiments de haute estime en laquelle le tient la Société tout entière.
- M. le Président a le plaisir de faire connaître les nominations et distinctions suivantes :
- Ont été nommés Officiers de l’Instruction publique : MM. J. Mauroy, G. Spire;
- Officiers d’Académie : MM. P.-A. Guion, A.-L. Hanicotte, Aug. Roger ;
- Commandeur de l’Ordre de Léopold de Belgique : M. H. Doat ;
- Membres du Comité de l’exploitation technique des chemins de fer : MM. L. Boudenoot, G. Menier, L. Auscher.
- M. le Président adresse à ces Collègues les sincères félicitations de la Société.
- M. le Président, d’accord avec ses Collègues du Comité, propose à la Société de nommer comme Membre d’Honneur M. Jules Gaudry.
- M. Jules Gaudry, membre de la Société depuis 1832, est actuellement notre Doyen d’âge et, depuis dix ans, ne manque pas, chaque année, pour manifester sa sympathie, de verser une somme de 1000 f au profit du Fonds de secours.
- L’American Society of Mechanical Engineers a tenu, du 30 mai au 2 juin, son meeting de Pittsburg qui avait précédemment été annoncé. A cette occasion, cette Société a adressé une carte particulière d’invitation à tous les Membres de la Société des Ingénieurs civils de France qui résidaient aux États-Unis, et cela dans le but de témoigner, une fois de plus, les liens d’amitié et de profonde sympathie qui unissent les deux associations.
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- M. le Président, au nom des Membres de la Société et en son nom personnel, exprime à l’American Society of Mechanical Engineers toute notre gratitude pour cette marque d’amitié.
- M. le Président annonce que le 3 juillet prochain aura lieu une visite du Laboratoire du Conservatoire national des Arts et Métiers, sur l’invitation de son Directeur, notre collègue, M. Cellerier.
- Le programme détaillé de cette visite paraîtra dans les feuilles jaunes du présent procès-verbal.
- La quinzième réunion annuelle de l'Association Internationale pour la protection de la propriété industrielle aura lieu à Rome, le 23 septembre prochain.
- L’Institution of Navals Architects de Londres doit tenir son prochain meeting, qui sera en même temps un Congrès international d’architecture navale, du 3 au 8 juillet prochain, sous le haut patronage de Sa Majesté le Roi d’Angleterre.
- La Société sera représentée à cet important Congrès par des délégués spécialement désignés à cet effet.
- M. le Président dépose sur le Bureau la liste des ouvrages reçus. Cette liste sera insérée dans l’un de nos prochains bulletins.
- M. S. Heryngfet a déposé, à la date du 2 juin, un pli cacheté qui a été enregistré sous le numéro 72.
- M. R. Guillery à la parole pour sa communication sur Y Aphégraphe. Son emploi et ses applications.
- M. R. Guillery, avant de parler de l’Aphégraphe, explique comment il a été amené à chercher un procédé graphique permettant l’obtention rigoureuse des dérivées.
- Pour cela, il rappelle les appareils d’essai qu’il fit jadis et parle des nouveaux appareils qu’il vient de créer pour la mesure de la dureté de la limite élastique et de la fragilité des métaux, et qu’il présentera à la Société quand les ordres du jour des séances le permettront.
- IL décrit rapidement ses nouveaux appareils d’essais des métaux, dont MM. Schor et Mathieu sont concessionnaires et qui sont construits par la maison Malicet et Blin. Il projette des vues de son nouveau mouton dynamométrique à enclume et barrette fixes à couteau à déclenchement dans le volant, ainsi que son tachymètre perfectionné. M. Guillery a voulu rechercher, dans l’essai de choc obtenu avec cet appareil, quelle était la loi des réactions sur le couteau pendant la durée du choc ; c’est à cette investigation qu’il doit l’appareil que M. Carpentier, en le présentant à l’Académie des Sciences, à la séance du 15 mai dernier, a baptisé 1’ « Aphégraphe ».
- M. Guillery montre que la mise en équation d’un mouvement n’est que rarement possible, qu’elle exige d’ailleurs de la part des Ingénieurs et des exécutants, dans les bureaux d’étude, une culture supérieure qui,, si elle est un excellent appoint, ne doit pas être rendue indispensable.
- Dans la recherche des efforts d’inertie en général, dans les mouve-
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- ments de machines en particulier, c’est à la méthode graphique plutôt qu’à la méthode algébrique qu’on a recours.
- Les dérivées première et deuxième qui, dans une loi de mouvement donnent la loi des vitesses et celle des accélérations, s’obtiennent sans difficulté, algébriquement ; leur obtention graphique, qui semble plus simple, se bute à l’incertitude des points de tangence. L’erreur de cette incertitude est grande pour une seule dérivée ; elle devient énorme quand successivement deux dérivées sont à obtenir.
- On tourne la difficulté dans certains cas. M. Guillery montre comme exemples :
- 1° Pour le mouvement bielle et manivelle, comment, par une construction géométrique pratique, on arrive au résultat ;
- 2° Pour le mouvement de retour rapide des étaux limeurs, comment, par le lieu géométrique des centres instantanés de rotation, on réduit le problème à une seule dérivée graphique.
- Mais, comme plus nombreux sont les cas généraux où la méthode des tangentes seule est applicable, M. Guillery préconise l’aphégraphe, qui écrit, qui spécifie rigoureusement les points de contact des tangentes et des courbes.
- L’aphégraphe. — L’appareil est constitué par une régie à contact de verre parfaitement dressée en alignement ab avec un point fixe représenté par un style b, lequel style se trouve à une distance fixe d’une lame de platine a de quelques centièmes de millimètre d’épaisseur, isolée dans la plaque de verre et affleurée avec celle-ci.
- La lame de platine est mise en com munication avec une pile-sonnerie.
- La courbe AB à ctudier est matérialisée par une régie métallique flexible épousant rigoureusement sa forme.
- Quand l’étude en mérite la peine, on construit un gabarit. Cette règle ou ce gabarit est mis en communication avec le deuxième pôle de la pile sonnerie.
- Quand l’aphégraphe qui représente la tangente est mis en contact avec la courbe métallisée et que le courant passe, ce qu’indique la sonnerie, c’est que la position de l’aphégraphe est celle d'une tangente dont le point de contact est en a ; on marque avec le style le point b. Le lieu géométrique du point b, que M. Carpentier a appelé la courbe G, est le lieu des points des tangentes à la courbe, points équidistants des points de tangence.
- Si donc on veut, en un point quelconque m de la courbe AB, la dérivée, il suffit de ce point, avec une ouveiture de compas de longueur égale à la distance fixe ab de l’aphégraphe, d’écrire un arc qui coupe la courbe G en un point n de la tangente cherchée.
- M. Guillery montre l’appareil, indique la façon de s’en servir et les différentes formes à lui donner suivant les dispositions des courbes à étudier.
- Applications à Vessai de choc. — M. Guillery montre l’épure de la recherche des efforts, pendant l’essai de flexion par choc, à l’aide de l’aphégraphe ; il indique comment on détermine l’échelle de ces efforts mesurés sur les accélérations et comment, en rapportant ces efforts aux
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- espaces, l’intégration de la surface obtenue doit correspondre au nombre de kilogramme très accusés par l’appareil de mesure.directe, c’est-à-dire le tachymètre à pompe centrifuge.
- Aux mouvements de machines. — M. G-uillery explique comment, à l’aide de l’aphégraphe, il a déterminé les efforts d’inertie dans le mouvement auxiliaire du moteur de 200 ch Glerget pour aviation.
- Applications diverses. — M. Guillery cite avec quelques détails l’application utile de l’aphégraphe à la recherche de la loi de résistance des carènes de navires, à la loi de résistance des trains par rapport aux vitesses ; il conclut en espérant de nombreuses autres applications en des recherches et en des industries très différentes.
- M. Guillery termine en rendaut hommage aux bons conseils de notre Président, M. Carpentier, avec d’autant plus de plaisir qu’il a éprouvé les délicates attentions qu’il réserve aux membres de notre Société.
- M. le Président dit qu’il est très heureux d’adresser de nouveau en public à M. Guillery ses très sincères félicitations pour l’ingéniosité de sa méthode ; on n’en comprend bien toute la fécondité que lorsqu’on a pu y réfléchir. Lorsqu’on manie un aphégraphe, la première impression que l’on éprouve est toute d’étonnement en constatant avec quelle précision on arrive à tracer cette précieuse courbe, source de l’exactitude avec laquelle s’effectuent tous les calculs graphiques qui s’en déduisent.
- M. le Président est convaincu que cette méthode rendra à la science appliquée les plus grands services. C’est la première fois que l’on voit intervenir l’électricité en des tracés de dessins. On était loin de soupçonner qu’elle eût si bonne besogne à faire en pareille matière.
- M. Bochet a la parole pour sa communication sur Le moteur Diesel à bord des navires de haute mer.
- M. Bochet rappelle les communications qu’il a déjà présentées en 1903, 1906 et 1908, sur l’application des moteurs à pétrole à la navigation.
- Il montre comment les espérances qu’il avait formulées à cette époque sont aujourd’hui en pleine voie de réalisation.
- Le moteur Diesel offre pour la marine des avantages tout particuliers, dus à sa consommation très réduite et aux simplications qui résultent de son emploi sur les navires.
- Le poids du combustible embarqué peut être réduit ou le rayon d’action grandement augmenté.
- La suppression des chaudières écarte de graves sujétions et le personnel mécanicien peut être très peu nombreux.
- Toutefois, jusqu’à présent, le moteur à pétrole manœuvrait moins bien que la machine à vapeur.
- M. Bochet décrit le nouveau moteur à deux temps créé par M. Bruns, Ingénieur à la Maschinenfabrik Augsburg-Nurnberg A. G., qui a radicalement écarté les défauts des anciens moteurs à pétrole. Ce nouveau moteur, très léger, manœuvre au moins aussi bien, en avant et en arrière, que les meilleures machines à vapeur.
- M. Bochet décrit en détail les dispositions de ce moteur, puis il
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- montre son rapide développement dans la marine et insiste particulièrement sur l’intérêt de l’application des machines de ce genre à bord de grands voiliers pour réaliser les navires mixtes.
- Avec la vapeur, le navire mixte n’offrait pas d’avantages sérieux, tandis que le moteur Diesel, toujours paré, apporte une solution complète du problème et pourra faire renaître l’usage des grands voiliers.
- Gomme premier exemple de cette intéressante application, M. Bochet décrit les installations réalisées par les Chantiers et Ateliers Augustin Normand à bord du quatre-mâts pétrolier le Quévilly, grâce aux idées de progrès de MM. Prentout-Leblond et Leroux, armateurs à Rouen.
- Muni de deux machines fournissant ensemble 600 ch effectifs sur les arbres des deux hélices, ce bâtiment a pu atteindre la vitesse d’environ 6,6 nœuds, avec un déplacement de 6 370 t, sous la seule impulsion de ses moteurs.
- Le Quévilly a déjà fait un premier voyage à New-York.
- Cet exemple fort intéressant a été rapidement suivi et de nouvelles applications se préparent à l’heure actuelle.
- La marine française a également mis à profit les nouvelles machines à deux temps décrites par M. Bochet. Les Chantiers et Ateliers Augustin Normand construisent deux de ces machines, d’une puissance de 650 ch, et un bâtiment colonial qui sera muni d’un moteur de 400 ch.
- Les Ateliers et Chantiers de la Loire construisent aussi deux moteurs de même type, d’une puissance de 650 ch, et deux moteurs pouvant produire chacun 2 400 ch.
- La Société Harlé et Gie a également entrepris la construction de ce nouveau type de moteur.
- M. Bochet apporte, en outre, des renseignements intéressants sur l’exécution, en Allemagne, de machines marines de grandes puissances.
- La Maschinenfabrik Augsburg-Nürnberg A, G., à Nuremberg, a complètement étudié une machine marine de 12 000 ch à six cylindres ; elle a construit trois des cylindres de cette machine et tous les organes accessoires du moteur complet. Ce groupe de 6 000 ch à trois cylindres a déjà commencé ses essais.
- Dans la même usine de Nuremberg se poursuivent les essais d’une machine de paquebot à trois cylindres, deux temps, double effet, d’une construction tout à fait analogue à celle du moteur de 18 000 ch.
- Cette machine tourne à l’allure de 140 tours et produit une puissance de 1 000 ch.
- Les Chantiers Blohm et Voss ont construit à Hambourg une machine identique qui doit être installée, avec celle exécutée à Nuremberg, sur un paquebot en construction aux mêmes chantiers.
- M. Bochet attire l’attention sur les difficultés particulières de la construction des moteurs Diesel, puis il examine les disponibilités en combustible pour ce genre dé moteurs. Il montre qu’en ne prélevant aujourd’hui, sur la production mondiale, que les huiles lourdes difficilement utilisables en dehors des moteurs Diesel, il serait facile d’assurer le fonctionnement de 10 millions de chevaux pendant 2000 heures chaque année.
- Il montre aussi que le prix du pétrole dans les ports est extrêmement
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- réduit et que les batiments munis de moteurs Diesel réaliseraient des économies en combustible en s’approvisionnant de pétrole dans les ports d’Europe, môme si le prix du charbon tombait dans ces ports à 12,80 f la tonne. Sur les lieux de production du pétrole, le prix du charbon devrait s’abaisser à 8,50 t la tonne pour ne pas être plus dispendieux que le pétrole.
- M. le Président dit que chacun est sous le charme de la causerie si intéressante que l’on vient d’entendre. M. Bochet a successivement décrit les détails de la nouvelle forme des moteurs Diesel et exposé de très attachantes considérations sur son application à la marine marchande. Il a attiré l’attention sur la considérable avance que rAllemagne a sur nous de ce côté et insisté sur l’opportunité dns efforts à tenter pour ne point rester en arrière. M. Bochet a ensuite montré combien la construction de ces moteurs était chose délicate et il n’a pas caché qu’il pourrait y avoir là quelque obstacle à leur extension. Il a, d’autre part, terminé par une constatation consolante en exposant que, le jour où, malgré tout, ces moteurs se seront multipliés, on ne sera pas inquiet pour les alimenter.
- Des points que M. Bochet a touchés, il y en a un sur lequel M. le Président voudrait s’arrêter un Instant. Il n’y a pas trop lieu, lui semble-t-il, de s’effrayer de la difficulté de construction de certains moteurs ; ces difficultés mêmes ne peuvent qu’entraîner des résultats favorables, en élevant précisément le niveau de nos moyens de productions, en perfectionnant les conditions de la main-d’œuvre et en augmentant les ressources de l’outillage. Par conséquent, le fait d’aborder des problèmes difficiles, au lieu de constituer un obstacle à éviter, doit être, au contraire, un stimulant de nature à nous faire redoubler de courage.
- M. le Président remercie encore une fois M. Bochet en ajoutant que tous les auditeurs ont pris à sa substantielle et élégante communication le plus vif intérêt.
- M. J. Izart a la parole pour sa communication sur la Combustion dans les foyers mécaniques.
- M. S. Izart, avant d’étudier les foyers mécaniques, envisage la combustion proprement dite.
- Les conditions chimiques d’une bonne combustion.(rapport convenable de l’air et du combustible) sont bien connues ; les conditions physiques sont pourtant aussi importantes, quoique moins fréquemment observées. Il importe d’avoir une carbonisation telle que le contact intime entre l’air et le combustible soit augmenté par la porosité résultant de la cokéfaction de la couche de combustible.
- Un défaut général, dans beaucoup de chaudières, est la trop grande proximité entre la couche en ignition et les tôles de coup de feu; ces tôles refroidissent la flamme, arrêtent la combustion, génèrent la fumée. La meilleure combustion sera assurée dans une enceinte à haute température et à grand volume, deux conditions qui se trouvent raremen t réunies dans les foyers actuels.
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- M. Izart, par un rapide historique, montre la façon dont le problème du foyer mécanique a été solutionné par de nombreux chercheurs depuis plus d’un siècle. A l’heure actuelle, les multiples foyers proposés peuvent se ramener à l’une des classes suivantes :
- 1° Foyers à pelletage;
- 2° Foyers à barreaux mobiles longitudinaux ;
- 3° Foyers à gradins (barreaux mobiles transversaux) ;
- 4° Chaînes sans fin;
- 5° Plateaux sans fin ;
- 6° Foyers à alimentation et à combustion renversées ;
- 7° Foyers à combustions séparées.
- Aujourd’hui tous les foyers automatiques possèdent la voûte réfractaire qui assure une bonne combustion et une fumivorité satisfaisante, et le barreau mobile qui assure le décendrage des barreaux et le broyage des mâchefers. Les points faibles sont le décrassage automatique, la bonne distribution du charbon et le réglage de l’air.
- Les sept classes de foyers sont examinées successivement à ce point de vue, et M. Izart démontre que la solution la plus rationnelle est celle qui est offerte par la catégorie des appareils à « combustions séparées », c’est-à-dire ceux où la distillation et la combustion des matières volatiles se font séparément de la gazéification et la combustion du coke restant.
- L’auteur nous présente, dans cet ordre d’idées, le foyer américain Murphy, à barreaux longitudinaux, puis le foyer Savary qui réalise un progrès dans cette catégorie.
- Le foyer Savary tient le milieu entre un gazogène au coke et un foyer à combustions séparées. Il est essentiellement constitué par une grille conique tournant autour de son axe vertical, terminée à la partie supérieure par une sole circulaire en réfractaire, le tout surmonté par une coupole réfractaire. Le charbon, d’abord chargé sur la sole, voyage en plein feu sous le rayonnement de la voûte, et distille ; le coke restant, au bout d’un tour, tombe sur la grille conique, assimilable dans sa partie inférieure à une cuve de gazogène.
- Cet appareil remplit les conditions techniques de la combustion rationnelle : séparation des stades de distillation et de combustion, enceinte à grand volume et très haute température assurant la fumivorité, éloignement suffisant des tôles à chauffer pour que les réactions soient complètes avant le contact avec les tôles froides.
- Pratiquement, la distillation préalable l’affranchit des difficultés usuellement occasionnées dans les foyers automatiques par la variation de la teneur en matières volatiles, car celles-ci sont complètement chassées avant que le coke soit rejeté sur les gradins circulaires.
- M. le Président remercie M. Izart de sa communication. Les questions que le conférencier a abordées sont de celles qui intéressent beaucoup d’entre nous. Il faut regretter que l’abondance des communications précédentes ait empêché d’entendre de la bouche du Conférencier toutes les explications qu’il avait réunies pour nous. On lira avec grand
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- intérêt le mémoire qui contiendra tous ces détails qui nous ont échappé, faute de temps. M. le Président remercie encore une fois bien sincèrement M. Izart.
- Il est donné lecture, en première présentation, des demandes d’admission de MM. H. Guillou, Al. Gholet, A. Rateau, L. Barbillion, D. Ber-thelot, M. Gadot, E. Patoussas, P. Lecteur, comme Membres Sociétaires Titulaires, et dé
- MM. F. de Martini, G. Bellangé et H. Vernet comme Membres Associés.
- MM. G. Avot, A. Bobe, L. Bourgeois, G. Carli-Basset, D. Demarne, M. Didier. P. Engelhardt, E. Fouqué, R. Laederich, E. Multzer, O’Naghten, Henri Regnard, J. Sillard et H. d’Escatha, sont admis comme Membres Sociétaires Titulaires;
- MM. L. Berguerand, M. Parmentier sont admis comme Membres Assistants et
- M. A. Farradesche comme Membre Associé. '
- La séance est levée à 11 heures quarante.
- L’un des Secrétaires techniques,
- F. Taupiat de Saint-Symeux.
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- PROCES-VERBAL
- DE IA
- SÉANCE DTJ 16 JXJIIST 1911
- Présidence de M. Louis Rey, Vice-Président.
- La séance est ouverte à 8 heures trois quarts.
- M. L. Rey, Yice-Président, exprime à la Société les regrets et les excuses de M. le Président Carpentier, empêché d’assister à la séance de ce soir.
- Le procès-verbal de la précédente séance est adopté.
- M. le Président a le regret de faire connaître le décès de MM. :
- C. Brunon, ancien élève de l’École des Arts et Métiers d’Aix et de l’École Centrale (1881), membre de la Société depuis 1895. Ancien Ingénieur, chef d’exploitation des Chemins de fer du Médoc ;
- J. Kœchlin, ancien élève de l’École Centrale (1882), membre de la Société depuis 1884, membre de la deuxième Section du Comité en 1904, 1906 et 1907, chevalier de la Légion d’honneur, Ingénieur en chef des ateliers de machines à la Compagnie du Chemin de fer du Nord ;
- M. Thomas, ancien élève de l’École Centrale (1867), membre de la Société depuis 1868, ancien répétiteur à l’École Centrale, Ingénieur civil ;
- G.-H. Cochot, ancien élève de l’École Centrale (1874), membre de la Société depuis 1876, Ingénieur constructeur de machines.
- M. le Président adresse aux familles de ces Collègues l’expression des sentiments de profonde sympathie de la Société tout entière.
- M. A. Attal vient d’être nommé officier du Nicham Iftikar.
- M. le Président lui adresse les félicitations de la Société.
- M. le Président fait connaître que le Comité, dans sa séance de ce jour, a désigné M. E. Evers comme Correspondant de la Société au Havre, en remplacement de M. Coville qui vient de se fixer définitivement à Paris.
- L’Association française pour l’Avancement des Sciences doit tenir , son prochain congrès, à Dijon, du 31 juillet au 5 août 1911.
- Notre collègue, M. Marot, directeur-gérant de la Chambre de Commerce Russo-Française de Saint-Pétersbourg, nous informe que le
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- Conseil des Ministres Russes, dans sa séance du 2-15 juin courant, a examiné les projets de loi relatifs à la construction des chemins de fer du Caucase et a décidé d’inviter pour la saison d’été 1911 des Ingénieurs étrangers, spécialisés dans les travaux de percement de tunnels, pour soumettre leurs conclusions aux pouvoirs législatifs.
- Prix Giffard. — M. le Président fait connaître que, conformément au règlement du Prix Giffard, la nomination de la Commission chargée de déterminer le sujet de concours a été faite par le Comité dans sa séance du mois de mai. Cette Commission se compose du Président et du Vice-Président de la Société, des six Présidents de section et de deux anciens Présidents, MM. Hillairet et Loreau.
- La publication du sujet de concours sera portée à la connaissance de nos Collègues dans le courant du mois de décembre de la présente année, conformément au règlement du prix.
- M. le Président rappelle que, dans la séance de ce jour, il y a lieu de proclamer les lauréats des différents Prix qui venaient à échéance cette année.
- Ces Prix sont les suivants :
- Prix Annuel. — Le Jury a décerné le Prix Annuel à M. A. Mallet pour son étude d’ensemble sur 1’ « Evolution pratique de la machine à vapeur ».
- Ce travail forme le complément d’une étude analogue parue en 1908 dans nos Bulletins. M.-le Président ne rappellera pas ici la carrière toute technique de notre Collègue, auquel on doit la découverte et l’application actuellement très répandue du système compound articulé dans les locomotives.
- Les premières locomotives compound furent appliquées, en 1875 et 1876, par M. A. Mallet, au Chemin de fer Bayonne-Biarritz. Leur succès fut rapide et elles se répandirent en peu de temps en Russie, en Autriche et dans quelques autres pays. Elles sont le point de départ de tous les systèmes de locomotives compound si répandues aujourd’hui.
- M. A. Mallet chercha dès le débuta améliorer ce type pour lui permettre de rendre des services sur les lignes à voie étroite en appliquant un dispositif tel qu’il pût faire circuler, sous de faibles dimensions, une locomotive puissante sur des voies relativement légères et sinueuses. ‘C’est alors qu’il créa le type de locomotive articulée compound, dont :1a première application Jut faite au petit, chemin de fer (de l'intérieur de l’Exposition de 4889. Peu après, ce système s’étendit aux locomotives pour voies de 1 m, puis à la voie mormaie, et dès 4890 des machines compound articulées de 60 t étaient faites pour le Central Suisse et une de 85 t pour la ligne dusGothard.
- Dès ce moment, ce type prit un développement .rapide. C’est ainsi que le Transsibérien compte actuellement plus de quatre cents machines du type Mallet et qu’aux États-Unis préside trente Compagnies l’utilisent également. Dans les quatre ou cinq dernières années, les Américains ont appliqué ce dispositif à desmachines énormes. Après avoir débuté par des locomotives à six essieux, pesant 150 t, ils sont arrivés actuelle-
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- ment à employer des machines à douze essieux, dont dix moteurs, pesant 279 t, dont 250 t de poids adhérent. Ces machines, dont l’écartement des essieux extrêmes atteint 20 m et la longueur, avec le tender, 37 m, peuvent remorquer des trains de charbon de cent-neuf wagons, pesant jusqu’à 6 000 t. C’est là un progrès considérable dont il y a lieu de féliciter notre Collègue, M. A. Mallet. (Applaudissements.)
- Prix Couvreux. — Le Prix A. Couvreux a été décerné à M. Pierre Postel-Vinay pour son travail sur « Les installations hydro électriques du Sud-Ouest
- D’abord Ingénieur à la Compagnie Française Thomson-Houston, notre Collègue put, en cette qualité, étudier en détail les importantes installations qui font l’objet du mémoire que la Société couronne aujourd’hui. On ne peut que le féliciter d’avoir su exposer d’une façon aussi complète et si claire l’ensemble de ces grands travaux. (Applaudissements.)
- Prix Giffard 1911. — Aucun mémoire n’a été déposé pour concourir à ce Prix, dont le sujet était relatif à Y Électrification de la traction sur les lignes de chemins de fer. Le prix n’a donc pu être décerné et sera prorogé pour une nouvelle période de trois ans.
- Prix Giffard 1908, prorogé 1911. — En ce qui concerne ce dernier Prix, dont le sujet était l’étude de YUtilisation de Vénergie produite par les combustibles solides, liquides et gazeux, deux mémoires ont été remis, mais le Jury, après un examen des plus minutieux, n’a pas cru cependant pouvoir décerner le Prix. Toutefois, il a décidé qu’à titre d’encouragement une somme de 2000 serait remise à M. Berthier, auteur de l’un des mémoires, et une autre somme de 1 000 f à M. Lumet, auteur du second travail présenté. (Applaudissements.)
- Prix Canet. — Le Prix Canet n’a pas pu davantage être distribué, le Jury n’ayant pu trouver personne qui fût dans les conditions requises pour concourir à ce prix. En conséquence, et conformément au règlement, le montant des arrérages, soit 6 000 f, sera reporté au capital de la fondation correspondante.
- M. le Président dit que nous avons la bonne fortune d’avoir ce soir parmi nous notre Collègue, M. Vattier, ancien élève de l’École Centrale (1862), qui réside au Chili depuis de longues années. Il occupe dans ce pays une situation des plus prépondérantes et notre Collègue est actuellement, en Europe, envoyé en mission officielle et spéciale par le Gouvernement chilien, qu’il doit en même temps représenter à divers Corgrès métallurgiques.
- C’est à notre Collègue que l’on doit l’introduction au Chili do la métallurgie du fer, qui est actuellement exploitée par une grande Compagnie française. Toujours, M. Yattier a mis son influence au service des intérêts français et M. le Président est heureux de lui en rendre ici témoignage. C’est donc avec le plus grand plaisir qu’il lui donne la parole pour exposer devant la Société les récents progrès de la sidérurgie au Chili.
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- M. Ch. Vattier a la parole pour sa communication sur La Métallurgie au Chili.
- M. Vattier expose la situation actuelle au Chili de la sidérurgie qui depuis ses dernières communications à la Société est entrée dans la voie des réalisations.
- Il rappelle d’abord que de nombreux congrès, et notamment celui de Stockholm en 1910, ont étudié la consommation mondiale du fer, les sources de production actuelles ou possibles. La consommation mondiale annuelle s’élève à 50-60 millions de tonnes. Les réserves actuellement connues se montent à 18 milliards de tonnes de minerai (S milliards de tonnes de fer) et 123 milliards de tonnes, si on fait entrer en ligne de compte les gisements actuellement inexploitables, non exploités, ou à peine reconnus.
- La consommation du fer a quadruplé dans ces vingt-cinq dernières années. Elle a, en cinquante ans, augmenté de 1 à 3 en Angleterre, 1 à 4 en France, 1 à 30 en Allemagne et aux États-Unis. Cette augmentation est rendue possible par l’amélioration des procédés de traitement (traitement des minerais impurs, utilisation des sous-produits), l’emploi des fours électriques, et les perfectionnements apportés au transport des minerais (chemins de fer électriques, câbles aériens, installations de chargement, etc.).
- M. Vattier aborde ensuite rapidement l’étude des principaux gisements de fer de l’Amérique du Sud. Il rappelle notamment :
- Les minerais magnétiques de Porto Rico et du Honduras ;
- Les minerais hématites et magnctites de Cuba (Fe = 67 0/0, Si = 1,2, Ph = 0,021);
- Les limonites de la République Argentine.
- Au Brésil, les minerais de la province de Saint-Paul sont délaissés â cause de leur teneur en titane.
- Dans la province de Minas Géraès, l’exploitation dos Mines de Buena Esperanza a été reprise, une usine créée, et on installe un chemin de fer électrique pour relier les mines au port de Victoria, distant de 600 km.
- Ou estime le cube exploitable à 800 millions de tonnes.
- Le minerai contient : Fe = 69-70 0/0. SiO2 = 0,1, S = 0,0015, Ph = 0,008.
- M. Vattier arrive à l’étude spéciale du Chili qui est le point le plus important de sa communication.
- Il est heureux de voir se confirmer aujourd’hui les espérances qu’il avait fait entrevoir il y a quelques années devant notre Société sur l’avenir de cette prospère République parvenue à une paix politique stable.
- Les grands travaux exécutés ou en cours (chemin de fer transandin, chemin de fer longitudinal, port de Valparaiso), le développement des industries diverses, en particulier des mines et surtout de la sidérurgie, montrent la prospérité du Chili.
- M. Vattier rappelle d’abord les mines de manganèse chiliennes et passe ensuite à l’étude des gisements de fer.
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- Les gisements de fer du Chili sont de deux sortes : dépôts stratifiés, et chapeaux de gites cuivreux. Ils sont presque tous situés sur une même ligne Nord-Sud et se rencontrent surtout dans les provinces d’Antofogasta, Atacama, et Coquimbo (mines du Tofo).
- On trouve des minerais de toutes sortes (magnétite, oligiste, hématite, etc.). La teneur en fer, généralement élevée, varie de 66 à 70 0/0. Celle du phosphore, de 0,006 à 0,1 0/0.
- Le bois est abondant, le coke d’Europe ou des États-Unis peut parvenir en certains points à des prix abordables. Les castines, les matières réfractaires, les métaux accessoires (manganèse, wolfram, titane, vanadium) existent dans le pays. On peut donc trouver sur place tous les éléments nécessaires à l’industrie sidérurgique.
- M. Yattier passe ensuite à l’étude spéciale des mines de fer du Tofo, qui appartiennent, ainsi que l’usine de Corral qu’elles alimentent, à une Société française.
- Mines de fer du Tofo. — Elles sont situées dans la province de Coquimbo à 7 200 m de la côte. Le cube exploitable est estimé à 145 millions de tonnes avec 65-68 0/0 de teneur en fer, et 0,03 de Ph.
- Elles sont reliées par un transporteur aérien de 7 200 m (avec le port de Cruz Grande où est installée une station de chargement avec pont en porte à faux.
- M. Yattier donne quelques détails sur l’allure du gisement qui est orienté Nord-Sud et sur l’exploitation qui se fait à ciel ouvert par coups de mine profonds dont certains donnent jusqu’à 70 t de minerai.
- Usine de Corral. — Elle est située à 900 m environ du port de Corral où un môle de 140 m, outillé pour la manutention de 10 000 t par jour, reçoit les minerais du Tofo et les castines de la province d’Atacama.
- * M. Yattier signale en particulier les installations de broyage et grillage du minerai, et celles de traitement au bois cru employé pour le chauffage des hauts fourneaux.
- Le bois exploité méthodiquement est amené à l’usine et emmagasiné dans une réserve de 25 000 m3 où sa teneur en eau passe de 52 à 25 0/0 puis débité en bûches de 25 cm.
- Deux hauts fourneaux sont établis : l’un est déjà en pleine marche ; une aciérie de 100 t est en construction.
- M. Yattier donne ensuite quelques détails sur les hauts fourneaux au bois cru, système Prud’homme. Il en indique les dimensions principales (hauteur totale, 24,50 m; capacité, 450 m3; diamètre au centre, 6 m'; liamètre au gueulard, 5 m). Chaque fourneau peut produire 70-801 par jour avec une consommation de bois à 25 0/0 d’eau de 3200 kg à la tonne de fonte produite. On se propose de récupérer en grande partie les produits de la distillation du bois. La fonte produite est d’excellente qualité.
- M. Yattier dit, en terminant, qu’il est heureux d’avoir exposé devant notre Société les premiers résultats obtenus par des Ingénieurs français dans la création au Chili de l’industrie sidérurgique, et la part qu’ils
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- ont prise dans cette première étape vers l’émancipation industrielle de la République Sud-Américaine.
- M. le Président remercie M. Vattier de sa communication. Les chiffres qu’a donnés notre collègue montrent combien les richesses minérales de l’Amérique du Sud, jusqu’à présent presque ignorées, sont considérables.
- On ne peut que se féliciter de voir la part importante prise dans ces découvertes par les Ingénieurs français et surtout par le conférencier.
- La première usine métallurgique et les premiers hauts fourneaux mis en service dans cette région ont été construits et ensuite dirigés par nos compatriotes.
- Il faut féliciter hautement M. Vattier, aux efforts persévérants duquel sont dus cet résultats.
- On doit aussi ne pas oublier M. Prud’homme, le directeur des grandes usines qui viennent d’être décrites, qui a réussi à installer le premier et à faire fonctionner dans d’excellentes conditions d’exploitation un .haut fourneau entièrement chauffé au bois cru.
- M. E. Cuvelette a la parole pour une communication sur la Fosse n° 15 de la Société des Mines de Lens.
- M. E. Cuvelette dit que le siège n° 15 des Mines de Lens, à Loos-en-Gohelle, comprend deux puits jumeaux, 15 et 15 Ms, de 4,80 m de diamètre, distants de 25 m, servant l’un d’entrée, l’autre de retour d’air. Ils sont cuvelés en fonte dans le niveau qui a été traversé par la méthode de la congélation et ont été foncés, le premier jusqu’à la profondeur de 296,87 m, le second jusqu’à celle de 258,30 m. Un accrochage d’extraction existe aux deux puits à la profondeur de 234,15 m ; le puits 15 bis a été muni en plus d’un accrochage de service à 128 m.
- Le guidage est en chêne ou jarah, avec billes en fer.
- Le puits n° 15 est pourvu de cages à deux étages et huit berlines, le puits n° 15 bis, de cages à un seul étage et quatre berlines. La partie supérieure de ce dernier puits est disposée en sas à air.
- L’extraction de ce siège, entièrement équipé avec des moteurs électriques, pourra atteindre 2 500 t par jour.
- Au niveau du sol naturel se trouvent les locaux de service du siège, la lampisterie, les ateliers, la salle de bains-douches pour ouvriers et les salles de machines d’extraction.
- Les chevalements qui émergent de cet ensemble sont raccordés au triage par deux passerelles de 61 m environ de portée, situées à 32.40 m de hauteur.
- Le triage et les voies du carreau reposent sur un massif de remblai de 22 m de hauteur. Cette disposition exceptionnelle a été imposée par la situation des lieux, les orifices au jour des puits 15 et 15 bis se trouvant à environ 25 m en contrebas du réseau ferré qui dessert les fosses voisines 14, 12 et 11.
- L’ensemble des chevalements présente l’aspect de deux pylônes métalliques excentrés par rapport aux puits dans le sens longitudinal et surmontés tous deux d’un belvédère abritant les molettes. Leur hauteur
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- verticale est de 56,805 m ; celle des belvédères, de 8,50 m ; la pointe du paratonnerre qui termine la construction est à 73,305 m au-dessus de la recette des eaux.
- En façade, les deux pylônes sont reliés au niveau de la recette à charbon par une passerelle couverte et fermée latéralement par des parois métalliques à panneaux pleins avec châssis vitrés, cette passerelle met en communication les recettes à charbons des deux puits. Au niveau des taquets dé sûreté, ils sont entretoisés par des arceaux en treillis ; ils le sont encore au niveau des tampons de choc par une ossature recevant les bâtis des molettes et au niveau de chaque molette par un plancher de service.
- Baus le calcul de l’établissement de ces pylônes, on a fait intervenir trois sortes d’efforts :
- 1° Les efforts dus au vent agissant horizontalement sur les grandes faces avec une pression de 170 kg par métré carré de surface pleine et 255 kg par partie pleine de surface ajourée, se présentant deux fois à l’action du vent ;
- 2° Les efforts dus aux composantes verticales et horizontales de la tension des câbles en cours d’extraction et en cas de rupture des câbles ; on détermine que l’effort maximum à considérer dans ce cas est celui qui se produit à la rupture du câble qui passe sur la molette supérieure ; l’effort transmis dans ce cas par la bigue qui supporte cette molette est de 340 000 kg environ ;
- 3° Les efforts dus aux surcharges des divers planchers, en prenant le chiffre de 640 kg par mètre carré.
- Le travail du métal a été déterminé d’après les coefficients indiqués par la circulaire ministérielle de 1891; les aciers employés donnent aux essais 40 à 45 kg par millimètre carré et 20 à 25 0/0 d’allongement.
- . Le rivetage a été fait à chaud d’une façon toute spéciale et complète pour les chevalets, afin d’obtenir la plus grande rigidité possible et d’éviter les vibrations. Seules, les pièces susceptibles d’être démontées ultérieurement sont assemblées et boulonnées à double écrou.
- Le poids des diverses parties métalliques du chevalement est de 1029 t.
- Les passerelles reliant les recettes au triage ont 60,940 m de longueur, le plancher en est incliné à 0,01 par mètre ; sur chaque passerelle est installé un traînage mécanique par chaîne flottante. Les berlines pleines sont prises dès leur sortie de cage par la chaîne et emmenées jusqu’au triage par une voie en pente, doublée d’une voie de secours pour manœuvre à la main, puis reviennent vides, reprises par la même chaîne sans fin, sur une troisième voie en rampe vers les deux recettes.
- Les poutres constituant ces passerelles reposent à l’une des extrémités, sur une des poutres du plancher de la recette où elles sont supportées par un galet qui permet à la fois à la poutre de s’infléchir librement sous l’action des charges et de se dilater; à 21,33 m de l’autre extrémité, elles reposent sur une pile métallique, par l’intermédiaire d’un appareil d’appui formé de deux coussinets en foute réunies par une articulation, de façon à permettre aux flexions de s’opérer librement.
- Les poutres ont été établies pour porter une charge de 1 600 kg par
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- mètre carré de plancher. Le poids total de chaque passerelle est de 106800 kg.
- Le triage mécanique, érigé au sommet du remblai, forme un bâtiment métallique de 36,180 m de longueur sur 26 m de largeur, la grande face orientée vers les puits ; son ossature repose par des piliers métalliques de 200 mm de largeur sur des massifs en maçonnerie, établis au sommet de piles qui descendent jusqu’au bon sol et ont été exécutées au fur et à mesure de la montée du remblai.
- Il comprend deux séries d’appareils, les uns à grilles fixes, les autres à tables à secousses, permettant d’obtenir des produits bien épurés et de compositions variées. En bout de chaque série d’appareils sont les toiles de reconstitution qui chargent les produits sur leurs voies respectives par trémies télescopiques, afin d’éviter le bris du charbon. La glissière télescopique est actionnée par moteur électrique ; la trémie est relevée par un palan électrique.
- D’autres appareils sont affectés à la décharge des terres du fond et de l’escaillage.
- Les moteurs d’extraction sont connectés suivant le système Léonard ; les génératrices du courant continu sont actionnées par des moteurs triphasés ; l’égalisation de la puissance prise au réseau s’obtient par l’emploi de volants ligner, qu’un dispositif de résistance sur l’induit du moteur permet de faire glisser de 15 0/0.
- La machine du n° 15 est actionnée par deux moteurs à courant continu à 300 volts, normalement en série sur 600 volts, la machine du n° 15 bis ne comporte jusqu’ici qu’un seul moteur. ‘
- A chaque moteur de machine d’extraction correspond un groupe moteur-générateur à volant; le moteur asynchrone triphasé peut fournir une puissance de 340 ch à 485 tours par minute ; le volant, en acier coulé, du poids de 18 t, tourne à la vitesse périphérique de 80 m à la seconde. La génératrice est à 300 volts, les deux génératrices affectées aux moteurs de la machine du puits n° 15 sont montées en série pour le service normal. Pour le service de nuit, un seul groupe moteur-générateur est employé et les moteurs d’extraction marchent sous 300 volts, c’est-à-dire à demi-vitesse.
- Trois groupes sont actuellement installés ; l’emplacement a été réservé pour recevoir un quatrième groupe qui deviendra nécessaire quand la machine du puits n° 15 bis recevra son second moteur.
- Les groupes volants étant identiques, ou peut en affécter deux quelconques à la marche de la machine du puits n° 15 et la troisième à la machine du puits n° 15 6L. La marche des deux machines est ainsi assurée en cas d’avarie à un des trois groupes : la machine du puits n° 15 marcherait alors à demi-vitesse alimentée par un seul groupe et la machine du 15 bis continuerait sa marche normale.
- L’extraction se fait par poulie Koepe. Eu raison de la faible profondeur du premier étage d’extraction et du poids relativement faible des câbles et cages au 15 bis, les conditions d’adhérence du câble étaient de ce côté un peu incertaines ; aussi a-t-on muni la machine de ce puits d’un dispositif de tension, système Heckel.
- Les ventilateurs ont été établis pour donner un débit de 80 m3 à la
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- seconde sur un orifice équivalent de 2,50 m'2 ; pour permettre l’emploi du moteur de 225 ch qui les actionne sur des mines d’orifice équivalent sensiblement plus grand, aussi bien que pour obtenir, si besoin était, un régime de débit mieux approprié aux nécessités des travaux du fond, les moteurs sont connectés avec un système de réglage de vitesse, entre 288 et 242 tours. Les courants du rotor, dont la fréquence est relevée dans un transformateur de fréquence, actionnent un groupe moteur qui entraîne un alternateur asynchrone ; celui-ci restitue au réseau, au rendement près, la puissance contenue dans les courants du rotor.
- M. le Président remercie M. Guvelette de l’intéressante description qu’il vient de faire des grandioses installations de la fosse 15 des Mines de Lens. Cette installation montre que la Société des Mines de Lens est toujours à la tête du progrès, et que sous l’habile direction de notre ancien Président, M. E. Reumaux, et de son directeur adjoint, M. Guvelette, elle poursuit sa marche sans jamais reculer devant aucune difficulté. Il faut remercier M. Guvelette de l’active collaboration qu’il veut bien sans cesse donner à notre Société, car cette communication fait suite à celle qu’il y a quelques années, notre Collègue nous avait faite, et M. le Président espère que la Société aura sous peu une nouvelle occasion de l’entendre.
- Il est donné lecture, en première présentation, des demandes d’admission de MM. A. Benoist, L. Dauchez, G. Gomiot, P. Isaac, li. Lecomte, E. Monier, M. Pihouée, A. Vermot, comme Membres Sociétaires Titulaires, et de
- M. A. Soudre comme Membre Associé.
- M. d’Arsonval est admis comme Membre d’Honneur.
- MM. Ii. Guillou, A. Gholet, A. Rateau, L. Barrillion, Gadot (dit Gadot de Solange), E. Patoussas, P. Lecœur sont admis comme Membres Sociétaires Titulaires, et
- MM. F. de Martini, G. Bellangë, H. Yernet et D. Berthelot comme Membres Associés.
- La séance est levée à onze heures.
- L’un des Secrétaires techniques,
- P. Bouzanquet.
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- PROGRÈS
- DES
- METALLURGIES AUTRES OUE LA SIDERURGIE
- ET
- LEUR ÉTAT ACTUEL EN FRANCE(1)
- PAR
- m. Leon guillet
- DEUXIÈME PARTIE
- ZINC, ÉTAIN, ANTIMOINE, BISMUTH, NICKEL, COBALT
- Avant-propos-(2).
- Cette communication a trait aux progrès des métallurgies du zinc, de rétain, de l’antimoine, du bismuth, du nickel et du cobalt.
- Nous suivrons un plan analogue à celui de notre précédente conférence : nous rappellerons très brièvement les méthodes métallurgiques utilisées, en en faisant ressortir les difficultés ; nous insisterons sur les progrès faits récemment dans les différentes phases de ces procédés et nous donnerons, enfin, l’état actuel de ces métallurgies en France.
- D’ailleurs, les renseignements économiques, qui nuiraient à la clarté du texte, ont été rassemblés, pour la plupart, en annexe.
- Pour les métallurgies du nickel et du cobalt, dont les méthodes sont moins connues, il nous a semblé nécessaire de suivre un plan spécial en développant de suite la méthode utilisée et ses progrès.
- (1) Voir la première partie, Bulletin de décembre 1910, p. 523 et suivantes.
- (2) Voir procès-verbal de la séance du 19 mai 1911, p. 609.
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- I
- PROGRÈS DE LA MÉTALLURGIE DU ZINC SON ÉTAT ACTUEL EN FRANCE
- Méthodes de la métallurgie du zinc.
- La seule méthode utilisée dans la métallurgie du zinc est la réduction de l’oxyde par le carbone et, comme cette réduction se fait et même commence à une température supérieure au point d’ébullition du métal, il s’ensuit que le zinc est produit sous forme de vapeurs et qu’il faut le condenser ; c’est là la plus grosse difficulté de la métallurgie du zinc.
- Quant à l’oxyde, matière première de la métallurgie du zinc, il est obtenu soit par calcination du carbonate (calamine), soit par grillage oxydant du sulfure (blende).
- En résumé, la métallurgie du zinc peut se résumer par les équations :
- 1° Préparation de l’oxyde :
- C03Zn = ZnO + CO2,
- ZnS + 30 =. ZnO +'SO2 ;
- 2° Réduction de l’oxyde :
- ZnO + C — Zn -f- GO (Zn étant à l’état de vapeurs).
- Cette opération a toujours lieu en récipients (moufles ou cornues) de petites dimensions et contrairement à ce qui se passe dans les autres métallurgies, on cherche à ne pas fondre les scories; pour cela on se rapproche autant que possible du singu-losilicate, par un heureux mélange de minerai, jamais par des additions indépendantes (1) ;
- (I) Voir, à ce sujet, l’important mémoire de M. Jureska paru dans Métallurgie, journal allemand d’Aix-la-Chapelle, en 1907.
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- 3° Raffinage du zinc brut:
- Nous allons examiner les progrès effectués dans ces trois phases de la métallurgie du zinc. Mais nous résumerons auparavant les études théoriques récentes qui touchent aux phénomènes en jeu dans ces opérations.
- Recherches scientifiques relatives à la métallurgie du zinc.
- Ces recherches ont eu pour but de préciser mieux qu’on ne l’avait fait jusqu’ici les principales réactions sur lesquelles s’appuie la métallurgie du zinc.
- Au point de vue grillage de la blende, on doit citer les essais de Brandhorst (1) desquels il faudrait conclure que, dans la blende convenablement grillée, il ne reste pas de sulfate de zinc, mais bien 1 à 2 0/0 de sulfure de zinc et non de sulfure de fer.
- Les conditions dans lesquelles se produit et se décompose le sulfate de zinc ont justement préoccupé un certain nombre du métallurgistes. On connaît bien, grâce aux travaux de Kel, de Bradfort, etc., les températures de décompositions de quelques sulfates; on sait, ainsi, que le sulfate de fer se décompose à 590 degrés, celui de cuivre à 653 degrés, celui de zinc à 739 degrés, celui de plomb à une température beaucoup plus élevée.
- D’autres auteurs, notamment Schneider, auraient indiqué pour le sulfate de zinc une température de décomposition beaucoup plus forte. En 1905, Hofmann (2) a publié un long mémoire, dont les principales conclusions peuvent se résumer comme suit :
- 1° Décomposition du sulfate de zinc par la chaleur à l’air.
- La température la plus basse à laquelle la décomposition commence est de 528 degrés.
- Mais la température minima qu’il faut atteindre pour qu’il y ait décomposition complète est de 739 degrés.
- (1) (Ester. Zeit. für Berg und Huttenweser, 1905, p. 125 et 142.
- (2) Bulletm of the American Institute ofMing. Eng., 1905, p. 118.
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- L’épaisseur de la couche de matière est un facteur capital ; il suffit de douze heures pour obtenir la décomposition complète, que l’on opère à 836 degrés avec une couche de 6,4 mm, ou que l’on chauffe à 770 degrés avec une couche de 0,4 mm ;
- 2° Formation du sulfate de zinc dans le grillage.
- Cette formation a été étudiée en temps que grillage sulfatant, permettant de purifier par lixiviation le minerai. On sait que cette méthode, qui a été appliquée dans le Harz, n’a pas donné de résultats intéressants.
- Les recherches d’Hoffmann avaient pour but de déterminer les conditions dans lesquelles on peut obtenir la quantité maximum de sulfate de zinc.
- On ne peut obtenir de zinc soluble dans l’eau sous forme de sulfate que 9,07 à 15,92 0/0 du zinc contenu.
- Cela provient d’une décomposition trop aisée du sulfate produit.
- jonhson (1) a étudié aussi la question de la décomposition du sulfate de zinc, la température d’un four de grillage atteignant 950 à 1050 degrés, le sulfate de zinc se décompose, le sulfate de plomb reste ; mais, quoi que l’on fasse, il y a après grillage 0,05 à 0,5 0/0 de soufre à l’état de sulfure de zinc. Celui-ci est décomposé par le fer à 1167 degrés et la réaction augmente rapidement de vitesse avec la température. Le carbone décompose aussi le sulfure de zinc, mais seulement à 1 300 degrés et la réaction est très lente.
- Le sulfure de fer qui se forme dans les cornues de réduction a une action destructive des plus rapides sur les produits réfractaires qui les constituent.
- M. Johnson a étudié aussi de façon très précise les conditions de réduction de l’oxyde de zinc et de l’oxyde de cadmium par divers charbons (2).
- Les résultats de ces essais fort intéressants sont donnés dans le tableau ci-contre.
- De ces essais on retiendra que la plus basse température de réduction de l’oxyde de zinc qui ait été notée est de 1022 degrés, tandis que le point d’ébullition du zinc est de 950 degrés et que, d’autre part, l’oxyde de cadmium est réduit dès 767 degrés, son point d’ébullition étant de 756 degrés.
- (1) Electrochm. and Metallurg, Industry, 1905, 1905, p. ,14 et 15.
- (2) Electrochm. and Metallurg. Industry, 1904, p. 185.
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- MATIÈRE A RÉDUIRE MATIÈRE DE RÉDUCTION TEMPÉRATURE MOYENNE
- Oxyde de zinc chimiquement pur Charbon de bois calciné à 1100° 4.022
- — calciné à 1300°. . _ — . — 4.023
- Oxyde de zinc Coke tendre 4.029
- — calciné à 1400°. — 4.048
- — — à 1300°. — 4.061
- Oxyde de zinc Graphite Ackeson 4.048
- Minerai du Colorado grillé à 930° Coke tendre 1.029
- — Joplin grillé à 1030°. . — 1.073
- — — — . . Charbon de bois calciné à 600° 1.033
- — •— — . . — — 1100» 1.059
- — du Colorado grillé. . . — — 1300° 4.073
- — Joplin ........ — — 1 300° 1.080
- — — Graphite .. . 1.146
- — du Colorado. ..... — 1.120
- Point d’ébullition du Cadmium 756
- Oxyde de Cd précipité chim. pur Charbon de bois calciné à 600° 767
- — — — — 4100° 813
- Sulfure de zinc de Joplin . . . Graphite . Limaille de fonte . 1.167
- Enfin, Lepiarczyk (1) a étudié différentes réactions secondaires que l’on peut résumer ainsi ;
- 1° SCKCa + C = CaS + 4CO (mais 10 % SOCa restent inattaqués)
- 3SOCa + CaS = 4CaO + 4S0* ;
- 2° 2ZnS + C = Zn + CS2,
- 2FeS + C = Fe + CS2
- (cette seconde réaction se produit plus facilement que la première) ;
- 30 2Fe203 + 4ZnS = 3FeS + Fe + 4ZnO + SO2 (à l’abri de l’air),
- Fe203 + 2ZnS + 4C = 2Fe.+ 2Zn -b SGO -+/CS*;
- 4° CaS '+ ZnO = CaO + ZnS,
- CaSO + ZnO = SO*Zn + CaO,
- CaSO* + FeO = SOFe + CaO.
- (1) Métallurgie, 1909, p. 409.
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- Le fer est donc favorable à la réduction et à la distillation lorsqu’il se trouve à l’état d’oxyde.
- Lindt (1) a signalé que l’on peut aisément enlever la chaux des minerais de zinc qui en sont chargés. On utilise une dissolution d’acide sulfureux qui permet d’enlever 94 0/0 de la chaux et presque toute la magnésie avant grillage. Le même auteur (2) a voulu chercher les raisons pour lesquelles un oxyde de zinc provenant de calamine calcinée donne, dans la réduction, un meilleur rendement qu’un oxyde de zinc provenant de blende grillée. Il se formerait, à température élevée, avec le fer de la blende, un composé Fe2ZnO qui serait plus difficile à réduire que l’oxyde de zinc. Ce corps prend plus aisément naissance dans le grillage de la blende que dans la calcination de la calamine, la température étant moins élevée dans cette dernière.
- Dans une récente conférence, M, Jureska (3) a fait ressortir les nombreux points qui n’étaient pas encore éclaircis dans la métallurgie du zinc et les divers facteurs qui influencent les résultats de l’opération. Il fait remarquer que 100 à 150 ans de production ont épuisé les gisements d’une certaine importance, situés dans les environs des usines et que, pendant ce temps, bien peu de choses scientifiques ont été faites pour améliorer cette métallurgie. Gela est dû, pense-t-il, à ce que les procédés utilisés ont été alors des méthodes locales, conservées avec jalousie par les industriels.
- Nous avons déjà signalé, dans notre première communication, tout l’intérêt que présente l’étude des alliages zinc-plomb, au point de vue affinage du zinc brut.
- Progrès récents dans la métallurgie du zinc.
- Ces progrès peuvent être classés en sept chapitres :
- 1° Les progrès dans la préparation des minerais;
- 2° Les progrès dans le grillage de la blende ;
- 3° Les progrès dans les appareils de réduction ;
- 4° Les progrès dans les accessoires de fours ;
- 5° Les progrès dans la fabrication des produits réfractaires;
- 6° Les progrès dans l’utilisation des résidus;
- 7° Les progrès dans l’affinage du zinc brut.
- »
- (1) Métallurgie, 1909, p. 747.
- (2) Métallurgie, 1909, p. 745.
- (3) Métallurgie, 1911, p. 1.
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- 1° Progrès dans la préparation des minerais.
- Il est bien difficile de parler de la métallurgie du zinc, sans parler des progrès importants qui ont été faits durant ces dernières années dans la préparation mécaniques des minerais. Nous ne ferons que les citer fort brièvement, car ils sortent un peu du cadre de la métallurgie, et nous pensons qu’un membre de la Société, beaucoup plus compétent que nous, montrera, bien mieux que nous ne saurions le faire, toute l’importance de la question.
- En dehors des très grands progrès qui ont été faits dans la construction des appareils connus (cribles à piston, tables à secousses, etc.), il faut citer la vulgarisation des trieurs magnétiques, qui, pendant longtemps, n’ont été utilisés que pour les minerais très magnétiques (magnétites) et qui, actuellement, grâce à l’emploi de champs très puissants (procédé Wetherill) permettent le traitement des minerais de zinc très peu ferrugineux.
- D’ailleurs, les appareils, basés sur l’emploi de l’électricité statique (procédé Blake Morscher), donnent des résultats très
- satisfaisants avec des blendes plus pauvres encore en fer. Voici
- un exemple de l’application de cet appareil sur des minerais de
- zinc des Montagnes Rocheuses (1).
- Zn Pb Fe
- %• °/o. •/o.
- Minerai 25,87 20,40 12,02
- Concentrés de zinc 45,11 3,81 7,40
- Concentrés de plomb 4,45 50,58 16,14
- D’autres procédés, qui se sont rapidement répandus, sont ceux basés sur l’adhérence de certains solides à divers liquides : le procédé Elmore (1) utilise le principe suivant: Si l’on met en suspension dans l’eau du minerai très finement broyé et que l’on ajoute de l’huile, celle-ci entraîne le minerai qui y adhère, alors que les gangues sont sans action. On rend le procédé plus rapide et plus complet si l’on opère dans une pression inférieure à la pression atmosphérique : alors les gaz contenus dans l’eau se
- (1) Traphagen, Mines and Minerais, 1907, p. 5.
- (I) Mining Journal, lévrier 1909.
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- dégagent et aident à l’entraînement des particules minérales recouvertes d’huile.
- Sans entrer dans le détail de la description de l’appareil que l’on trouvera à la référence déjà indiquée, nous citerons les résultats obtenus avec de la blende aux Mines de la Zinc Corporation C°, à Broken-Hill (Australie).
- Il y existe seize concentrateurs Elmore pouyant traiter 700 t de schlamms par jour.
- » Zn Pb Ag
- “A % à la T.
- Minerai 20 5,75 240
- AppareilElmore 43 11 510
- T 1 Concentrés de zinc. . Concentrés de plomb. W,lfley l Résidus. ...... 46,o 7,25 480
- 15 3,5 58 2,2 1170 66
- On obtient des résultats non moins remarquables avec le cuivre.
- Enfin, il faut citer les procédés basés sur l’adhérence du minerai pulvérisé et d’un gaz se dégageant de ce minerai même par réaction chimique.
- On peut utiliser l’acide sulfurique dilué (procédé Potter) ou le bisulfite de soude (procédé Delprat) en chauffant, dans les deux cas, à 65 degrés.
- Les sulfures métalliques viennent flotter, tandis que la gangue reste au fond du liquide. M. Huntington (2) a montré que le gaz qui intervient est de l’acide carbonique provenant de la décomposition des. carbonates de fer et de manganèse contenus dans le minerai. Le procédé a donné d’excellents résultats à Broken-Hill. Il est d’ailleurs employé simultanément avec le procédé Elmore. On ajoute de l’acide sulfurique à l’huile. Les résultats donnés plus haut ont été obtenus ainsi ; on consommait 4,5 kg à 9 kg d’acide sulfurique par tonne de tailings et 2,7 kg à 3,6 kg d’huile brute par tonne.
- Enfin, nous dirons quelques mots des tables Hallemagne qui viennent d’être créées tout récemment et sont exploitées par la Compagnie d'.Entreprise de Lavage de Minerais.
- Ces tables sont caractérisées par leur nombre de vibrations qui est extrêmement grand; il atteint 600 à 1 800 tours par minute ; de plus, la secousse est semi-circulaire et produit, dans chaque
- (2) Faraday Society, 12 décembre 1905.
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- rainure de la table, un mouvement et un classement analogue à celui que l’on obtient dans les cribles à filtration. Par suite d’une disposition mécanique fort simple, cette secousse est réglable pour chaque espèce de minerai.
- D’ailleurs, nous avons vu pratiquer sur ces tables, un procédé chimique qui consiste à faire agir sur le minerai une solution chaude et très étendue d’acide sulfurique. En somme, c’est l’application sur la table même des procédés cités plus haut.
- Nous donnerons, en terminant ce qui a trait au traitement mécanique des minerais, la description d’une laverie récemment construite par MM. Dalbouze et Brachet, à Maazis, dans le département d’Oran (fi,g. 4 à 4, PL X).
- Cette laverie comprend deux sections :
- 1° Une section pouvant traiter 150 t, en 20 heures, de minerai blendeux;
- 2° Une section pouvant traiter 150 t, en 20 heures, de minerai calaminaire.
- 4™ Section. Minerai blendeux très feu ferrugineux. Gangue calcaire. — Le minerai venant de la mine est amené directement par wagonnets et versé sur la grille inclinée A, dont les barreaux sont écartés à 65 mm.
- Les parties supérieures à 65 mm sont reçues sur une première plate-forme où ils sont l’objet d’un premier scheidage. On isole à cette grosseur une certaine quantité de minerai, qui est de suite marchand, et une autre quantité qui, au contraire, est stérile, et ne donnera en Zn qu’une teneur de 1 à 2 0/0 environ.
- Le refus de cette plate-forme est vidé à la pelle dans un concasseur à mâchoires qui évacue ses produits broyés dans un silo C, lequel reçoit en même temps les parties inférieures à 65 mm provenant de la grille.
- Ce silo est muni d’un alimentateur qui assure à l’usine un débit absolument régulier.
- Cet alimentateur verse dans un premier trommel débour-beur d, qui aura pour but de nettoyer et d’isoler parfaitement chaque morceau, afin que, d’une part, le classement soit mieux fait dans la suite, et, d’autre part, que le scheidage sur table soit plus facile ; à la sortie de cet appareil, les produits passent dans une cascade de trommels : 22, 15, 10, 7, 5, 3,5, 2,5 et 1,5, qui vont nous donner les classes : * ,
- 22-65 (en admettant, bien entendu, que le concasseur a broyé
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- et plus petit que 1,5.
- La première classe 22-65 est traitée sur une table de schei-dage, où l’on isole le minerai et le stérile ; ce qui reste sur la table est donc un produit mixte qui sera broyé dans un broyeur à cylindres g. Le produit broyé est reçu dans un coffre, repris par wagonnet et remonté en tête de la laverie au moyen d’un monte-charge Y. Il est versé sur la grille A et vient se faire classer à nouveau en passant sur les appareils décrits précédemment. Les classes 22-15, 15-10 et 7-10 sont traitées dans des cribles dégrossisseurs, où ils nous donneront du minerai et des mixtes.
- Il est à remarquer que la nature de minéralisation de ce minerai, parfois réparti d’une façon assez intime dans le calcaire, n’a pas permis d’obtenir mécaniquement des stériles jusqu’à 7 mm.
- Ces mixtes sont reçus dans des coffres, repris par wagonnets et remontés en tête, par l’intermédiaire du monte-charge, dans lecoffrel2.
- Ce coffre est muni à sa base d’un distributeur B destiné à régulariser le débit, distributeur qui alimente un broyeur / serré de façon à laisser des produits inférieurs 7 mm.
- Les produits broyés retournent dans la cascade, où ils sont classés et distribués suivant leur grosseur dans chacune des classes.
- Les classes 7-5; 5-3,5; 3,5-2,5; 2,5-1,5 sont traitées par crible à quatre compartiments et donnent :
- 1er compartiment : minerai marchand : 50-52 0/0 Zn.
- 2e
- 3e
- 4e
- mixte riche : 25 0/0 Zn environ. _ 15 0/0 —
- Enfin, le refus stérile : 1 à 2 0/0 Zn, est abandonné.
- Mixte. — Afin d’arriver à un stérile pauvre, l’on se trouve dans l’obligation de faire aux troisième et quatrième compartiments une grande quantité de mixtes. Or, il est clair qu’au troisième compartiment des grains marchands auront passé et quelquefois en assez grande quantité si le chef de laverie a négligé le réglage quelques instants; au quatrième compartiment, au contraire, on aura laissé passer une ‘grande quantité de grains stériles, afin d’avoir moins au refus et, par conséquent, un refus plus pauvre.
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- Il s’ensuit que, pour le traitement rationnel d’un minerai, traitement qui obligerait à ne rebroyer qu’un grain qui a réellement besoin de l’être, c’est-à-dire mixte, on se trouve dans l’obligation de relaver les classes mixtes et pauvres obtenues.
- Gela explique la nécessité des cribles 0 placés à un étage supérieur, repassant automatiquement et sans supplément de main-d’œuvre les classes mixtes riches et pauvres obtenues précédemment.
- La classe mixte riche relevée dans un crible à deux compartiments nous donnera :
- 1er compartiment : minerai marchand.
- 2e — mixte riche.
- Refus : mixte pauvre.
- La classe mixte pauvre donnera :
- 1er compartiment : mixte riche.
- 2e — — pauvre.
- Refus : stérile à abandonner.-
- Les mixtes riches et pauvres de ces deux classes pourront se réunir et former alors seulement deux produits mixtes riches et pauvres, qui se traiteront dans la série d’appareils réservée à chacun d’eux.
- Les parties inférieures à 1,5 se classent par spitz-lutten à courant ascendant et donnent deux classes qui sont sensiblement 1,5-1, 1-3/4, qui sont traitées par cribles et donnent les mêmes classes que précédemment après relavage.
- Mixtes 'pauvres. — Les mixtes pauvres, ayant une teneur sensiblement égale à celle du minerai tout-venant, sont repassés dans la laverie même/après avoir été relevés par le monte-charge et versés dans le silo 12, d’où ils se retrouvent dans les trommels après avoir passé au broyeur F.
- Mixtes riches. — Les mixtes riches, au contraire, ayant une teneur Zn beaucoup plus élevée que celle du tout-venant, sont traités dans un groupe indépendant.
- Ce groupe comprend deux silos Z et U, alimentés également par l’intermédiaire du monte-charge, l’un recevant les gros qui seront suffisamment broyés à un broyeur à cylindres, l’autre recevant les lins, c’est-à-dire les parties plus petites que 4 mm, qui ne pourront être réduits que par un broyeur à boulets muni de grilles à 2 mm.
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- Les produits broyés de chacune de ces machines se réunissent dans la cascade des trommels : 5-3,5, 2,5-1,5 et donnent les classes (5-3,5), (3,5-2,5), (2,5-1,5), qui seront traitées sur cribles à quatre compartiments, de même que la classe inférieure à 1,5 donnée par spitz-lutten.
- Nous obtiendrons à chaque compartiment les produits suivants :
- 1er compartiment : minerai marchand.
- • Qe __ ________________
- 3e — mixte riche à repasser dans le même
- groupe (broyeur à boulets).
- 4 e — mixte pauvre à repasser dans le groupe
- mixte pauvre.
- Enfin, au refus, stérile à abandonner.
- Traitement des schlamms. — Les schlamms sont constitués par tout ce qui est plus petit que 3/4, en admettant que les spitz-lutten donnent un classement voisin de cette grosseur; pratiquement, ils sont constitués par le refus des spitz-lutten.
- Un classement par équivalence de ces produits va s’opérer dans cinq caisses à courant ascendant p qui alimenteront quatre tables à secousses (1,5 m X 5 ni). Ces tables donneront : minerai marchand, mixte et stérile à abandonner.
- Une autre table placée à un étage inférieur reçoit automatiquement les mixtes de deux tables supérieures et donne cette fois minerai et stérile.
- Le refus de ces caissesest reçu dans des spitz-kasten de 25 m de longueur, qui décantent parfaitement les eaux troublées. Les dépôts sont reçus sur six tables rondes en ciment de 6 mètres de diamètre, qui nous donneront encore minerai, mixte et stérile. Le produit mixte ira automatiquement à une table à secousse inférieure qui donnera uniquement minerai et stérile.
- Le traitement des schlamms de la laverie mixtes riches s’opère de la même façon qu’à la principale, mais l’atelier est moins important ; les seuls schlamms mixtes riches proviennent, en effet, uniquement du broyage.
- Considérations générales. — Le minerai tout-venant provenant de la mine a une teneur moyenne de 16 0/0 Zn.
- Des essais de rendement faits sur une durée de trois mois ont
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- montré que l’on faisait avec l’installation une récupération de 82 0/0.
- La moyenne des stériles a 3,5 0/0 Zn pour un enrichissement de la blende à 53 0/0 Zn.
- Main-d’œuvre. — Est réduite au minimum, les reprises à la pelle étant supprimées. Chaque compartiment de crible est en charge sur un coffre qui reçoit automatiquement les produits. La reprise se fait par wagonnets.
- 2° Section calamine. — La marche du minerai est la même que pour la section blende. L’atelier à schlamms est plus développé, la calamine donnant au broyage, beaucoup de fins.
- 2° Progrès dans le grillage de la blende.
- Le grillage de la blende présente des difficultés particulières qui sont bien connues.
- Il n’est pas possible de griller la blende en morceaux, sans y laisser une teneur en soufre élevée (8 à 9 0/0). De plus, si la combustion du sulfure de zinc est bien une réaction exothermique, il n’est pas possible, en pratique, d’avoir un résultat sans chauffage extérieur. M. Lodin a attribué ce fait à ce que l’oxydation est très lente et qu’il y a des déperditions de chaleur importantes.
- En un mot, il faut traiter le minerai pulvérisé dans un four chauffé.
- Il faut donc s’adresser au four à réverbère et, comme pour la fabrication de l’acide sulfurique, il ne doit pas y avoir contact avec la flamme, on est conduit au four à moufle.
- Enfin, il est nécessaire d’atteindre une température suffisamment élevée pour décomposer le sulfate de zinc qui prend naissance dans l’opération. Il faut donc donner un coup de feu à la fin.
- Lorsqu’on visite les usines à zinc ou les usines à acide sulfurique du continent, on est frappé du petit nombre d’installations qui comportent des fours à râblage mécanique. Nous n’en connaissons guère que deux; de plus, un certain nombre d’usines qui ont utilisé de tels fours y ont renoncé.
- Aussi peut-on dire que la presque totalité des usines euro-
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- péennes qui pratiquent le grillage de la blende utilisent des fours à moufles qui se subdivisent en deux catégories : les moufles à soles superposées ou les moufles superposés genre Hasenclever.
- On peut citer, à titre d’exemple, l’usine de Birkenkang, près Stolberg; le grillage s’y fait, après broyage à 1,40 mm environ dans douze fours Hasenclever à trois moufles. La capacité de production de chaque four est de 7 à 8 t de produits grillés par vingt-quatre heures.
- Avant grillage, le minerai renferme 23 à 25 0/0 de soufre; après l’opération, il en reste environ 2,5 0/0, y compris le soufre non nuisible, à l’état de sulfate de chaux, de magnésie, etc.
- Aux usines d’Overpelt (Belgique) on utilise les fours à trois soles. Leur capacité est de 8 t de produits grillés par four et par vingt-quatre heures, avec une consommation de combustible de 12 à 13 0/0 du minerai chargé.
- Le nombre des fours est de dix; la température est de 750 à 800 degrés à la partie supérieure, de 1000 degrés à la sole inférieure.
- Un four, qui est très usité en Belgique et en France, est celui de M. Delplace, de Namur. Nous en donnerons une description sommaire (fig. 4 et 2).
- Les fours du genre Malétra ne sont pas utilisés, car les flammes sont en contact avec les gaz et il ne possède pas de foyers.
- Le four de M. Delplace est bien un four à tablettes, mais avec foyer. Il est caractérisé par les points suivants :
- 1° Les gaz ne chauffent que la sole inférieure par en dessous et par conséquent, ne viennent pas en contact avec le minerai ; il n’y a donc pas mélange des gaz de la combustion avec ceux du grillage.
- En cela, le four agit comme un moufle ;
- 2° Le four est à récupération de chaleur, en ce sens que l’air utilisé pour brûler le combustible, ainsi que celui qui est envoyé dans le four même pour la combustion du soufre, est chauffé par circulation dans le massif du four ;
- 3° Le combustible utilisé peut être du menu, pourvu qu’il soit susceptible de se cokéfier. Il est placé dans un moufle F qui est chauffé par les flammes perdues du four. Les produits gazeux qui se dégagent du combustible gagnent, d’une part, la chambre de combustion E, et d’autre part, directement le dessous de la sole du four.
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- Les produits de la combustion circulent sous la sole.
- Quant au coke formé dans le moufle, il est amené sur la grille, où il est brûlé par de l’air chauffé par circulation dans les carneaux H situés dans le massif du four.
- H-----------------------------....................................
- Fig. 1 et 2. — Four Dalplace à griller la blende (vues en coupe).
- Ajoutons que le minerai est introduit, bien entendu, sur les tablettes supérieures, soit à la pelle, soit par une trémie et que le produit grillé est retiré à la sole inférieure. Les gaz provenant du grillage passent dans des chambres de poussière D avant de gagner la cheminée.
- Ces fours se construisent ordinairement par massifs de douze fours à six ou sept soles, la capacité de production d’un t d
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- ensemble est de 15 t environ par vingt-quatre heures, avec une consommation de 90 à 120 k de charbon par tonne de minerai cru.
- En Amérique, il est bien certain — les études publiées par M. Ingalls le prouvent nettement— que le four à râblage mécanique est utilisé de façon courante.
- A quoi faut-il attribuer cette différence dans les procédés en Europe et en Amérique ?
- Il semble que, lorsqu’on veut atteindre un grillage aussi complet que possible, les organes mécaniques des fours souffrent beaucoup de l’élévation de température et leur entretien est tellement coûteux qu’on les a généralement abandonnés en France, Belgique et Westphalie.
- En Amérique (1), où le minerai est abondant, le combustible bon marché, on paraît se préoccuper davantage de la rapidité de production que du rendement. Mais nous croyons surtout que l’on regarde moins dans ce pays aux frais de première installation et que la main-d’œuvre y est tellement plus élevée qu’on a intérêt à rendre l’opération aussi indépendante que possible de l’ouvrier.
- Les fours mécaniques qui y sont utilisés se classent en fours à sole et fours à moufles. Les premiers se subdivisent comme suit :
- A) Les fours à sole fixe :
- a) Avec râbles fixés sur chaînes sans fin ou sur chariot, types O’Harra, Brown, Ropp ;
- 6JAvec râbles fixés à un ou plusieurs axes verticaux, types Parkes, Merton et Edwards.
- B) Les fours à sole mobile et à râbles fixes :
- a) A mouvement circulaire de la sole, types Brunton et Heberlein ;
- b) A inclinaison variable de la sole, autre type Edwards ;
- G) Les fours à laboratoire mobile ;
- a) A axe horizontal, type BruCkner ;
- b) A axe incliné, type Oxland.
- Nous donnerons tout d’abord les dessins d’un four à pelletage continu, utilisé pour le grillage de nombreux minerais, mais dont l’emploi disparaît pour la blende (fig. 3 à 5).
- (1) Il est bon de rappeler qu’en Amérique aucune loi n’inlerdit l’échappement des gaz sulfureux dans l’air et que le marché de l’acide sulfurique est tel qu’il n’y a pas toujours intérêt à recueillir les gaz des fours de grillage. En fait, dans ce pays très peu d’usines à zinc font de l’acide sulfurique.
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- Fig. 3 à 6. - Four de grillage à pelletage continu
- Fig. 3. — Élévation
- w///Æmm.
- fLL<//v(/(i c.^r/ffê/(/7i {&$(/*;-
- Fig. h
- Coupe en long.
- Plan et Coiipe en travers
- : ôsfz
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- Voici maintenant les dessins de quelques-uns des types de fours récemment construits par la maison Fraser et Chalmers. Nous les devons à son agent pour la France, M. Mayen, Ingénieur des Arts et Manufactures.
- Le four Brown, très usité pour le traitement de èa blende, de la cassitérite, des minerais aurifères, se construit souvent en forme de fer à cheval; c’est même sa forme classique.
- Il atteint une longueur de 100 m.
- Celui que nous donnons est un four rectiligne (fig. 5 à4%,pl. 10).
- Les râbles se déplacent toujours sur galets par l’intermédiaire d’une chaîne sans fin située sur le côté; cette chaîne, après avoir traversé le four, passe au-dessus du massif, entraînant toujours les râbles dans son mouvement.
- Nous donnons l’élévation et le plan du four qui montrent d’abord la commande de la chaîne, les portes de sortie du minerai, la position des deux foyers (pour un four plus long, le nombre d'es foyers est porté à quatre), la relation du four avec la cheminée par l’intermédiaire de chambres à poussières (fig. 5 et 6).
- D’autre part, les figures 7, 8 et 9 représentent les coupes par les foyers, par les carneaux des cheminées, et enfin, une coupe en un point quelconque du four.
- Une coupe à plus grande échelle (fig. 10) montre notamment les chemins de roulement des râbles, et la fixation du rail supérieur; d’autre part, on y remarquera l’appareillage assez délicat de la voûte et de la sole qui a pour but de créer une chambre où la chaîne se trouve relativement à l’abri des flammes.
- La figure 41 montre la forme et la position des râbles, qui sont constitués par de véritables pelles fixées à l’arbre que l’on aperçoit en coupe.
- D’ailleurs, le mouvement de cet arbre, tel qu’on le lit dans la figure, n’est pas seulement un mouvement de translation, mais bien simultanément un mouvement vertical, obtenu simplement par ce fait que l’axe de l’arbre ne coïncide pas avec celui des galets de roulement. Il s’ensuit que les pelles portent en quelque sorte le minerai d’un point à un autre et ne se contentent pas de le remuer. On conçoit aisément qu’en calant différemment par rapport à l’axe des galets les râbles successifs, on ait un mouvement général de tout le minerai.
- Enfin, il faut bien noter que les râbles ne sont pas fixés définitivement à la chaîne, on peut donc modifier leur écartement suivant le temps que le minerai doit rester dans le four.
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- Le four Merton (fig. I à 7, PL PI) est, comme l’on sait, caractérisé par trois soles superposées traversées par un certain nombre d’axes verticaux munis de râbles. Le minerai est chargé à une extrémité de la sole supérieure. Il est transporté automatiquement par les râbles qui se le passent, les uns et les autres, et l’amènent ainsi à l’autre extrémité de la sole où il tombe sur la seconde sole. Le même mouvement s’y reproduit, le minerai circulant d’une extrémité à l’autre et tombant enfin sur la sole inférieure où les râbles agissent de façon identique.
- Le four dont nous donnons ainsi le dessin est caractérisé par six axes verticaux, par deux foyers chauffant les deux soles inférieures. De plus, au-dessous de la sole inférieure se trouve une sole de déchargement beaucoup plus courte où le minerai se refroidit; deux râbles seulement agissent sur le minerai et l’amènent à la trémie de déchargement où le reçoivent les wagonnets.
- On notera tout particulièrement la circulation d’eau qui existe dans toute la partié mécanique et en augmente considérablement la durée.
- Ce four est très employé dans les mines d’or françaises pour le grillage des minerais contenant du mispickel; il serait usité aussi en Australie et en Amérique, pour le grillage de la blende et des pyrites (dans ce dernier cas sans foyer) et le grillage sul-fatisant de certains minerais de cuivre.
- Le four Edwards est, en quelque sorte, un four Merton simplifié (fig. 8 à 10, PL U)j
- Il n’a qu’une sole, le déplacement du minerai est basé sur le même principe. Le type de four que nous reproduisons est employé pour le grillage des minerais aurifères et aussi de la blende et des minerais de cuivre, sa sole est légèrement inclinée pour faciliter le mouvement des minerais ; il comporte quatorze axes de rotation, commandés par un arbre supérieur, la partie coupée dans l’élévation montre très bien la disposition des râbles.
- Enfin, on notera que sous la plus grande partie de la sole régnent deux . chambres dans lesquelles passent successivement les gaz lorsqu’ils s’échappent du four avant de gagner la cheminée. On a ainsi une plus grande régularité de chauffage de la sole. •
- Nous donnons, enfin, la reproduction d’une installation relativement récente d’un four Bruckner, caractérisé par le labora-
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- toire mobile à axe horizontal. Ce système de four est trop connu pour que nous insistions (fig. 7 à 9).
- Quant au four Oxland, nous en avons déjà parlé à propos de la métallurgie du plomb.
- D’autre part, les fondeurs de zinc du Kansas et de l’Oklahoma* utilisent généralement le four Zellweger, qui rappelle un peu le four Brown. Mais ici l’appareil à râbler n’est constitué que par un gros arbre soutenu à ses extrémités par deux roues qui se déplacent sur rails par l’intermédiaire d’une chaîne sans fin. Cette chaîne est commandée par pignons et machine réversible qui fait que le râble revient en arrière lorsqu’il a terminé sa course. L’arbre porte une série de lames montées sur une série de collier. Dans le mouvement en avant, ces lames sont Axes; au contraire, lorsque l’arbre revient en arrière, ces lames peuvent tourner librement et n’entraînent alors que fort peu de minerais. Ce four est généralement chauffé par des gaz naturels.
- Dans les fours à moufles, on rencontre toujours la même préoccupation ; d’où les types connus qui peuvent se diviser en deux classes :
- A) Les fours à moufles fixes et à râbles en mouvement, dont le type est le four Meyer ;
- B) Les fours à moufles rotatifs, dont le seul type connu est l’appareil de Mac Douglas.
- Il semble bien cependant que ces différents types de fours à moufles ne se sont pas répandus, du moins en Europe, et qu’on leur préfère toujours les fours a moufles à travail manuel, comme l’appareil Hasenclever, toujours très usité surtout dans le grillage de la blende.
- Cependant le four Hegeler mérite l’attention des métallurgistes européens, ainsi que nous l’écrit M. Ingalls dans une lettre toute récente.
- Il est essentiellement composé de quatorze moufles superposés sur deux lignes et ouverts à chaque extrémité, et est le plus souvent chauffé au moyen de gaz naturels. A chaque extrémité se trouve un châssis qui porte une série de râbles. De temps en temps, le châssis est approché, les moufles sont ouverts et l’on fait fonctionner les râbles mécaniquement.
- Nous rappellerons aussi que l’on a essayé, sans grand succès d’ailleurs, de chauffer différents fours de grillage au moyen de gaz de gazogènes; nous avons déjà signalé la marche au Laurium
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- Fig. 7 à 9.
- Pour rotatif à griller de Brüekner
- Coupe enlong , Plan,et Vue en bout.
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- français, d’un four Oxland ainsi chauffé. Pour les fours à sole, les résultats n’ont pas été meilleurs, paraît-il.
- Enfin, il est bon d’indiquer qu’actuellement, dans une usine belge de produits chimiques où l’on se préoccupe du grillage de la blende, on essaie un nouveau four, à plusieurs soles superposées, dans lequel les râbles sont fixes et une sole sur deux mobiles. Les râbles sont alors constituées par des briques attenant aux soles fixes.
- En résumé, en Europe, on n’utilise guère que les fours à moufles superposés ou les fours à moufles à tablettes comme* ceux de M. Déplacé ; aux Etats-Unis et en Australie, on emploie couramment les fours mécaniques, notamment les fours Brown, Merton, Edwards et Zellweger.
- Quand à la calcination de la calamine, elle se fait toujours en four coulant (minerais en morceaux) ou en four à laboratoire mobile (menus), notamment en four Oxland.
- 3° Progrès dans les appareils de réduction.
- Ces progrès doivent être examinés à deux points de vue différents :
- 1° Les progrès dans les appareils actuellement usités dans la métallurgie du zinc;
- 2° Les essais ayant pour but de substituer à ces appareils des fours nouveaux.
- Progrès dans les fours a zinc.
- On sait.qu’on utilise toujours des récipients de faible capacité, chauffés en nombre plus ou moins important dans un même four.
- Les récipients sont, ou des moufles, caractéristiques du procédé silésien, ou des creusets à section circulaire ou plus souvent à section elliptique (1) caractéristiques des fours belges et rhénans.
- A chaque récipient est réuni un appareil condenseur : en forme de botte dans le procédé silésien et le procédé rhénan, en forme de tube conique dans le procédé belge.
- (1) En réalité, la section est formée de deux demi-cercles raccordés par des lignes droites.
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- Enfin, on place à l’extrémité de chaque condenseur un étouf-foir en tôle qui recueille la plus grande partie des produits non retenus dans le condenseur.
- Quant au mélange de minerais, il doit être tel que la scorie soit infusible dans les conditions de l’opération, au contraire de ce qui se passe dans la plupart des fours métallurgiques.
- On cherche toujours à se rapprocher le plus possible du sin-gulosilicate.
- Ces principes rappelés, nous devons dire tout l’embarras où nous sommes pour indiquer les progrès dans les fours à zinc. Des nombreuses visites que nous avons faites en Allemagne, Belgique et France, nous ne pouvons tirer aucune conclusion précise : ce qui fait la crainte des uns, fait le bonheur des autres; ce qui, chez ceux-ci, paraît être le dernier cri et remplir tous les desiderata momentanés, est décrié par ceux-là qui ne semblent pas devoir s’en accommoder.
- En laissant de côté les considérations particulières et les situations spéciales, il semble bien qu’un facteur domine la métallurgie du zinc : c’est la question ouvrière. Et l’on peut dire que l’ingénieur redoute avant tout de changer les habitudes dans la conduite des fours.
- C’est peut-être ce qui explique qu’à peu de chose, près, la question du four à réduction se trouve sensiblement dans le même état qu’il y a une quarantaine d’années.
- Les fours à zinc peuvent être classés de deux façons différentes :
- Classification des fours à zinc.
- i 1° Au point de vue récipients et disposition.
- DÉNOMINATION NOMBRE DE RANGÉES RÉCIPIENTS : CONDENSEURS
- de l’écipients .1.). L
- Fours silésieiis .... 1 à 3 Mouhes ou creu-
- Fours belges-liégeois. . 4 à 7 sets elliptiques. Creusets ronds Prismes.
- Fours rhénans .... 3 à 4 ou elliptiques. Creusets ronds Tubes coniques.
- ou elliptiques. Bottes.
- Bull.
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- 2° Au point de vue chauffage.
- \ sans renversement de flamme (type Bleyberg). . ° ’( avec renversement de flamme (type Auby)
- sans récupération (type Corphalie).
- avec récupération ( air secondaire circulant dans le
- massif (type Loi seau et Auby).
- par chauffage de l’air ( récupérateurs {Stolberg). brûleurs sous les creusets, brûleurs entre les creusets.
- 1 sion ( brûleurs à la partie haute du four. Par gaz naturels : fours des États-Unis.
- Il faut ajouter, de plus, que les creusets des fours rhénans sont généralement de plus faibles dimensions que ceux des fours belges.
- Exemple : les usines de Corphalie (Belgique) utilisent des creusets cylindriques ayant une longueur de 1,32 m et un diamètre de 0,30 m, dans des fours liégeois (1).
- Les usines de Birkengang (Wesphalie) utilisent des creusets qui ont 1,70 m de hauteur avec une section de 30 X 18.
- Nous ne nous arrêterons pas sur les types de ces fours qui sont classiques.
- Au point de vue disposition des récipients, il est bien certain que les tendances actuelles, hors de Silésie où l’on traite des minerais pauvres, vont vers le four rhénan, à moins que l’on ait des minerais particulièrement difficiles à réduire.
- Tous les efforts des métallurgistes ont porté sur deux points : avoir une égalité de température aussi grande que possible dans tout le four avec une certaine élasticité dans sa marche et consommer le minimum de combustible.
- La chauffe des fours à zinc est certainement des plus délicates, car ces fours sont de grande capacité ; les gaz doivent y effectuer un long parcours pendant lequel la combustion doit rester toujours active; d’autre part, les cornues forment un obstacle à la combustion et à la circulation des gaz.
- .'(1) En octobre dernier,-cette «sine avait en construction un foui’ rhénan à récupération.
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- Enfin, il ne faut pas atteindre une température trop élevée (1 650 degrés paraît un maximum) qui nuirait aux creusets..
- Il semble donc qu’au double point de vue, régularité et économie de combustible, le four à inversion présente des avantages considérables. Il a, dans certaines usines qui ne le possèdent pas, la réputation d’être de conduite délicate. Nous ne sommes point de cet avis ; dans les usines que nous avons visitées et qui possèdent des fours à récupération, notamment celles de Mortagne-du-Nord (en France), de Birkengang, près de Stolberg, d’Overpelt en Campine belge, nous avons rencontré des équipes parfaitement habituées à la conduite de ces fours.
- Les inversions qui doivent être faites très régulièrement — généralement toutes les demi-heures (1) — sont très souvent annoncées par le contre-maître au moyen d’une eloehe ou d’un gong.
- Certains fours à inversion présentent l’inconvénient suivant : les brûleurs sont placés sous les creusets; le four étant double, l’inversion se fait d’une face à l’autre, les gaz passent au-dessus du mur de séparation dans un sens ou dans l’autre. Mais, lorsqu’un creuset se perce, le contenu peut tomber dans les brûleurs et les bouclier partiellement.
- Pour obvier à cet inconvénient, aux usines d’Overpelt où nous avons vu des fours de deux systèmes en marche, on a disposé les brûleurs sur des lignes placées entre les deux faces au lieu et place de la cloison; dans ces conditions, l’inversion ne se fait plus d’une face à l’autre, mais suivant l’axe du four, la partie droite des carneaux marchant, par exemple, en brûleurs et la partie gauche en aspiration pendant le premier temps, tandis que les rôles sont inverses dans le deuxième temps.
- Il semble que, dans ce système, si l’on se met à l’abri des ennuis occasionnés par la percée d’un creuset, on obtient un chauffage irrégulier.
- Enfin, aux usines de Mortagne, notamment, nous avons vu des fours à inversion dans lesquels les brûleurs montent suivant l’axe du four occupant la cloison de séparation.
- On évite ainsi que les brûleurs ne soient, atteints par les accidents, et le chauffage, se faisant par réverbération de la voûte, donne, dit-on, d’excellents résultats.
- (1) Ces inversions sont souvent plus fréquentes : ainsi aux usines de Mortagne elles ont lieu toutes les vingt minutes de jour et toutes les dix minutes la nuit'; vers la fin de l’opération.
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- Les avantages des fours à récupération se traduisent, ceci est incontestable, par une économie de combustible et aussi parfois, par une durée plus grande des creusets. Enfin, il semble que les fours à récupération permettent d’obtenir plus régulièrement la haute température désirée pour arriver à une réduction aussi complète que possible de la charge.
- Ce sont là deux facteurs importants sur lesquels nous croyons utile d’insister en donnant les chiffres relatifs aux principales usines que nous avons visitées.
- 1° Consommation du combustible.
- On peut dire que, dans les fours sans inversion, la consommation du combustible varie de 1 300 à 1 400 kg par tonne de. minerais; dans quelques fours, cependant, la consommation s’élève à 1 500 et même 1 600 kg. Mais le cas est rare.
- Dans les fours à inversion, la consommation de charbon tombe à 1100 et parfois à 1 000 kg. Nous verrons même que le nouveau four Dor permet d’atteindre une consommation plus faible.
- Ces consommations de 1100 et de 1 000 kg ont été relevées notamment aux usines de Mortagne du Nord, d’Overpelt et de Birkengang.
- Elles sont courantes, paraît-il, aux États-Unis (1). Il est bon de rappeler que certaines usines de cette région, notamment celle du Kansas, chauffent leurs fours aux gaz naturels.
- 2° Durée des creusets.
- Il est beaucoup plus difficile de voir ici l’influence du four à inversion qui peut, il est vrai, agir par une plus grande régularité de chauffage lorsqu’on évite le coup de feu sur les creusets. En effet, cette durée des creusets dépend beaucoup des matières premières et des soins apportés dans la fabrication. Nous verrons plus loin les importants progrès que l’on a fait dans ce sens.
- On peut dire, toutefois, que la durée des creusets oscille entre vingt et trente jours, c’est-à-dire vingt à trente charges. Nous avons rencontré une seule usine où cette durée était de dix à quinze charges.
- (1) Pufahl. Zeitsch. fur Berg. Ilittien in Preuss. Staate, 1905, p. 400.
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- Il faut bien reconnaître que les usines utilisant les fours à récupération accusent une durée de creusets d’au moins vingt-cinq jours, et que l’une d’elles nous a fourni, preuves en mains, les chiffres très remarquables de cinquante jours. D’ailleurs, Meyer (1) a écrit qu’en Amérique la durée des creusets bien fabriqués est de quarante à cinquante-cinq charges.
- 3° Température du four.
- C’est peut-être là le point le plus délicat, lorsqu’on veut avoir un renseignement précis. Dans la plupart des usines à zinc, on ne fait encore aucune mesure de température. Cependant, il nous a été donné, au moins dans trois usines, de suivre au galvanomètre la température du laboratoire, en un point déterminé.
- A notre grand regret, nous n’avons pu connaître la variation de température d’un endroit à l’autre, ainsi que nous l’eussions désiré.
- Deux de ces fours étaient à inversion : la température variant de 1 450 à 1 525 degrés, suivant l’heure ; le troisième four qui n’était pas à inversion, ne donnait que 1 400 à 1 430 degrés.
- Cependant, il ne faudrait tirer aucune conclusion de cette remarque trop particulière. Des métallurgistes très compétents qui ont fait quelques mesures de température, disent bien qu’ils atteignent une température aussi élevée sans four à inversion. D’ailleurs, la répercussion de cette température devrait se faire sentir sur les pertes en zinc, la température élevée permettant d’abaisser la teneur en zinc du résidu.
- Il n’en semble rien être : on peut dire que la perte totale dans les usines où nous avons pénétré, varie de 8 à 10 0/0.
- Si elle atteint 8 0/0, dans une usine belge ayant des fours à récupération, elle atteint 11 0/0 dans une usine allemande possédant des fours analogues. On sait, d’ailleurs, que, ces pertes sont fonction d’un granù nombre de facteurs, notamment du genre de minerais utilisés; en général, la blende donne plus de pertes que la calamine, ainsi que nous l’avons déjà expliqué à propos du grillage; la différence est de 8 à 10 et même 11 0/0.
- Le plus souvent dans les fours à inversion on n’arrive à une température régulière qu’aux dépens de l’économie du combus-
- (1) Eleclroch. and Metallurg. Industry, 190), p. 7.
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- tible, en envoyant dans les fours un excès de gaz assez considérable et en n’en utilisant qu’une partie.
- Il arrive souvent que, pendant la marche du four,, la chauffe devienne irrégulière. Ges dérangements sont dus à l’encrassement des ouvertures d’entrée d’air et de gaz, dont, par suite, la forme et la section se trouvent modifiées.
- Comme dans tous les fours à gaz, ces ouvertures sont très difficilement accessibles, on ne peut pas les nettoyer en marche et on se trouve réduit à arrêter le four pour remettre le tout en état.
- Pour éviter le plus possible ces arrête, on en arrive à donner à ces ouvertures des sections assez fortes, aux dépens de l’éco-nomie du gaz.
- Pour obtenir dans ces conditions une bonne répartition du gaz dans le four on est tenu d’en employer un excès assez considérable.
- Dans le nouveau four Dor, ces différents inconvénients ont pu être évités par suite de la force et de la position données aux ouvertures d’entrées de l’air et du gaz, ainsi que de la possibilité d’en modifier la forme et la section même pendant la marche du four : de même de la forme et de la position des ouvertures qui réunissent les deux compartiments du four. Ges. dispositions ont permis d’obtenir en tout temps, avec une quantité de gaz et partant de combustible très réduite, une chauffe absolument régulière dans toutes leurs parties.
- Un four de l’espèce est représenté dans les figures 10 à 12 : la figure 10 est une coupé verticale et transversale.
- La figure 11 est une coupe verticale longitudinale;
- La figure 12 est une coupe horizontale ;
- Le four qui est du type Siemens à renversement est formé de deux chambres a et a- communiquant entre elles par les- ouvertures p.
- Elles sont formées par les voûtes v et vl dans lesquelles sont ménagées, de distance en distance, les fentes longues et étroites/ et /* livrant passage à l’air et au gaz venant des récupérateurs,.
- Les canaux m, ml et n, n1, qui régnent sur toute la longueur du four, sont en communication, d’une part, les canaux m et m1 avec les récupérateurs à gaz situés à une extrémité du four et les canaux n et n1 avec les récupérateurs à air situés à côté des premiers; et, d’autre part, avec les chambres a et a1 par les fentes/et/1.
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- Fig. 10 Coupe transversale Fig .11. Coupe en loiucp
- Fig. 10 à 12.
- Four -D or
- Fig. 12. Coupe horizontale.
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- b, b... et b\ b1... (fig. 40 et 42) sont des briques mobiles placées sur les fentes f et /’* : o et o1 sont des ouvertures ménagées dans les murs c et c1 permettant un accès facile aux fentes /' et f1 et aux briques b, b... et 61, b'... Elles sont fermées par un tampon réfractaire mobile ; t et tl sont des passages réservés sous les murs d et d1 pour les briques b, b et 6‘, b1.
- Les résultats obtenus par ces dispositions sont les suivants :
- 1° Une telle disposition des ouvertures d’entrée d’air et de gaz à la partie supérieure du four permet :
- a) Leur accès facile : la simple inspection des figures montre combien il est aisé d’arriver par les ouvertures o et o1 aux fentes f et fx et de les maintenir dans un parfait état d’entretien;
- b) La réduction du nombre de ces ouvertures : comme on peut s’en rendre compte par l’inspection des figures 1 0 à 12, le nombre des fentes f et f1 sur la longueur du four est très réduit; pour un four du type donné, une seule fente suffit, par exemple, pour six rangées verticales de cornues.
- On arrive à ce résultat en plaçant la fente dans l’axe d’une cornue (voir fig. 44). Les lames d’air et de gaz, en venant la frapper verticalement, se divisent à droite et à gauche de la cornue et s’étendent horizontalement suffisamment pour englober six rangées verticales de cornues ;
- 2° La forme des ouvertures d’entrée de l’air et du gaz qui per-' met d’obtenir une combustion et une chauffe uniformes sur tout le parcours des gaz, quelque long qu’il soit.
- Les fentes f et f1 sont très longues et très étroites (longueur vingt fois la largeur environ) de façon que le gaz et l’air, au moment de leur entrée dans le four, forment deux lames verticales très minces, en contact seulement suivant une surface extrêmement réduite.
- De cette façon, la combustion initiale se trouve, elle aussi, extrêmement réduite et elle peut, par suite, se continuer sur tout le parcours du gaz;
- 3°La possibilité de modifier la forme des entrées de l’air et du gaz, ce qui permet d’accélérer ou de retarder la combustion du gaz.
- La figure 10 montre comment on peut modifier la forme des fentes f et f1 au moyen des briques mobiles b, b..., b1 bx...
- En plaçant les briques comme indique la figure 10, côté gauche, on rapproche les courants d’air et de gaz, dont le mélange commence à se faire dans la fente même, et on active de cette façon la combustion du gaz à son entrée dans le four.
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- Si, au contraire, on les place comme il est indiqué sur la figure 10, côté droit, on écarte l’air du gaz et on retarde ainsi la combustion; elle peut être prolongée aussi loin que cela sera nécessaire, en augmentant plus ou moins le nombre de briques qui séparent l’air du gaz;
- 4° La possibilité de modifier la section des ouvertures donnant passage à l’air et au gaz, ce qui permet de régler très exactement la chauffe sur toute la longueur du four.
- Si, par exemple, dans les deux cas indiqués sur la figure 10, on veut augmenter ou diminuer le passage de l’air et du gaz ou l’un des deux seulement, il suffit d’augmenter ou de diminuer le nombre de briques placées sur les fentes f, f l dans les deux séries de canaux ni, ni1 et n, nl ou dans l’une des deux séries seulement;
- 5° La position et la forme des ouvertures qui réunissent les deux compartiments du four : ces ouvertures, p, servent non seulement à réunir les deux chambres a et a1, mais aussi à provoquer le mélange de l’air et de la partie de gaz qui n’a pas été brûlé dans la chambre a, avant leur entrée dans la chambre a1, et de permettre ainsi d’y obtenir la combustion complète du gaz.
- Sans ce mélange intime obtenu à ce moment, la combustion dans la chambre a ne serait pas complète, étant donné que la quantité d’air et de gaz qui restent disponibles pour cette partie du four, occupe, par suite de la forme des fentes f, les bords extérieurs des deux lames qu’ils forment à leur entrée dans le four, séparés déjà par une quantité considérable de gaz brûlé, qui rende ce mélange et la combustion complète plus difficile.
- Elles provoquent ce mélange par leur forme et leur position.
- D’une section totale et d’une longueur sensiblement égales à celles des fentes f et f1, elles en diffèrent par la hauteur (longueur dans les fentes f et /*) considérablement réduite, et par leur nombre beaucoup plus grand (une par cornue), réparties sur toute la longueur du four.
- De cette façon, elles di-visent et laminent les gaz de la chambre a1, et produisent ainsi un bon mélange de l’air et du gaz restant à brûler, et, par suite, une combustion complète de ce dernier.
- Les avantages de cette construction se traduisent par une consommation de combustible de 900 kg par tonne de minerai.
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- Importance des fonderies à zinc modernes.
- Il nous paraît bon de donner ici quelques chiffres relatifs à la production et aux installations des usines américaines.
- L’usine de Iola (Kansas) à la United Zinc and Chemical Company, possède 4 groupes de 8 fours à 288 cornues chacun; chaque four double, chauffé au gaz naturel, consomme 21240 m3 de gaz à la pression atmosphérique par vingt-quatre heures (1). Avec 6 fours en marche on produit 24 tonnes de zinc dans l’usine par jour.
- L’usine de la Harpe (Kansas) à la Learryon Zinc Company possède 30 fours avec 9 600 cornues et produit 90 à 100 t par jour.
- L’usine de Pueblo possède 12 fours de 240 cornues chacun.
- Enfin, la planche 13 donne un tableau extrait d’une remarquable étude parue dans Métallurgie 1908 (p. 522). Nous avons choisi les exemples les plus typiques.
- Four a cornues verticales de Birkenkang.
- Les fours à cornues verticales ont déjà été essayés en Amérique, mais ne semblent y avoir donné aucun résultat pratique. Le four que nous avons vu en marche aux usines de Birkenkang, en octobre dernier, nous a paru des plus intéressants.
- En voici le principe (fig. 43) :
- Les cornues sont verticales, elles occupent dans le four une position telle que l’on peut aisément, d’une part, les charger en ouvrant simplement le couvercle supérieur de la cornue et, d’autre part, enlever le résidu par une trappe située à la partie inférieure. Au centre de la cornue se trouve un tube percé de trous inclinés dans le sens indiqué par le croquis; ce tube ne va pas tout à fait jusqu’en haut de la cornue, et il est maintenu à la partie inférieure par un croisillon en matière réfractaire; il est protégé contre l’introduction du mélange à réduire par un cône situé sous la trémie. La cornue communique à la partie haute avec les appareils ordinaires de condensation..
- Le fonctionnement de l’appareil est fort simple : la charge introduite par la partie supérieure se répand dans la portion annulaire,
- (1) Ingalls a indiqué que d’ici peu ces usines devraient avoir recours au charbon par suite d’épuisement du gaz (Engin, and min. Jour., 1908, p. 20).
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- Le zinc produit gagne, sous forme de vapeur, le tube central, s’élève et gagne le condenseur. Les scories se rassemblent à la partie inférieure et il est aisé de les ringarder en se plaçant au-dessous du four. Au moment de notre visite (fin d’octobre 4910) il n’y avait en marche qu’un four d’essai à quatre cornues ; mais on entreprenait la construction d’un four à 80 creusets.
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- fl, Le four d’essai était, d’ailleurs, chauffé au gaz avec inversion; voici les avantages qu’on lui reconnaissait :
- Obtention possible d’une température, plus élevée; les creusets n’étant plus portés en porte-à-faux, souffrent beaucoup moins que dans les fours ordinaires ;,
- Chargement et déchargement extrêmement aisés; d’où réduction de moitié de la main-d’œuvre. L’opération dure 24 mi-
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- nutes avec une cornue ordinaire, 3 minutes avec la cornue verticale ;
- Pertes en zinc beaucoup moins élevées; le résidu étant nettement épuisé ; au début de la marche de ce four, on notait 8 0/0 à 9 0/0 de pertes; en octobre, on était descendu à 5 0/0, ce qui est un chiffre exceptionnellement bas, surtout pour une usine dont le lit de fusion est composé de 80 0/0 de blendes;
- Durée beaucoup plus grande des creusets ; on aurait fait cent charges dans le creuset vertical; toutefois, il est à noter que les creusets horizontaux ont, à Birkenkang, une durée exceptionnelle de 50 jours.
- 11 est de toute évidence que l’on ne saurait affirmer le succès de ce four; mais c’est bien, il nous semble, le point le plus nouveau et le plus frappant que nous ayons rencontré dans nos récents voyages.
- Nouveaux appareils de réduction.
- Fours a cuve.
- Nous devons rappeler, tout d’abord, que tous les essais qui ont été faits jusqu’ici aux fours à cuve n’ont donné aucun résultat : le zinc s’oxydant après réduction et vaporisation, le produit final est de l’oxyde de zinc.
- Cette question a tenté un grand nombre d’inventeurs. Il n’est peut-être pas inutile de rappeler que notre collègue Lencauchez est un de ceux qui se sont occupés le plus scientifiquement de la question.
- Le remarquable mémoire qu’il a publié dans le Bulletin de notre Société en 1877 (pages 568 à 580) montrait notamment que 5 à 6 0/0 en volume d’acide carbonique dans un mélange gazeux empêchent la condensation des vapeurs de zinc sous une forme autre que celle de poussières.
- Rappelons aussi les essais de Rigaud (brevet du 22 décembre 1887) à l’usine d’Auby et qui n’ont donné aucun résultat.
- En Amérique on a beaucoup parlé d’un procédé Lungwitz qui utilise un four à cuve. Le vent est soufflé à la pression de 3 kg par centimètre carré afin d’obtenir le zinc à l’état liquide. Il a été essayé en 1905-1906 sur une grande échelle; mais, d’après les renseignements très précis qui nous sont venus d’Amérique,
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- il a eu un échec complet; cependant, les promoteurs seraient sur le point de faire un nouvel essai.
- De même, le procédé Oskar Vogel a fait quelque bruit. Il s’agit de réduire le mélange minerai et charbon par l’action du gaz à l’eau, d’après le premier brevet, par un mélange de 85 0/0 de méthane et de 15 0/0 d’azote dans la seconde patente. On a dit qu’il avait été utilisé en grand à Hamborn. Ceci semble faux; il nous est dit qu’aucun essai sérieux n’en a été fait. Dans le même ordre d’idée, M. Loiseau, dont le nom est bien connu dans la métallurgie du zinc, a pris récemment un brevet pour la réduction de l’oxyde de zinc par l’oxyde de carbone. Nous ne faisons que citer le principe qui paraît bizarre a 'priori et n’a pas encore été suivi d’applications pratiques.
- Convertisseurs.
- Nous devons signaler un procédé qui vient d’être décrit récemment dans le Bulletin de la Société de l’Industrie Minérale, bien qu’il n’ait pas encore été suivi d’application intégrale.
- Dans notre première communication, nous avons parlé de l’emploi du convertisseur dans une usine française en vue de séparer le. zinc du minerai de cuivre (minerai à ô 0/0 Cu et 15 0/0 Zn) : on chauffe le convertisseur par du coke ajouté dans l’appareil ou additionné au revêtement; le zinc est volatilisé sous forme d’oxyde.
- M. Seytre vient de reprendre la question dans le Bulletin de l'Industrie Minérale (mars 1911) en indiquant un nouveau procédé duquel nous ne signalerons que le principe, puisque, comme le reconnaît l’auteur, il n’a pas encore fonctionné.
- M. Seytre indique d’abord que le procédé de séparation du zinc au convertisseur donne des résultats forts différents, suivant que l’opération se passe avec garnissage sans coke ou dans un garnissage avec coke.
- Dans le premier cas on obtient :
- 1° Une matte à 30 — 35 0/0 Gu et 4 — 5 0/0 Zn ;
- 2° Une scorie à 0,7 — 0,8 0/0 Cu et 10 0/0 Zn;
- 3° De l’oxyde de zinc provenant d’environ 50 0/0 de zinc volatilisé et réoxydé.
- Avec le grillage contenant du coke, on a :
- 1° Une masse à 79 0/0 Gu sans zinc ;
- 2° Une scorie à 0,5 — 0,6 0/0 Cu et 4 — 5 0/0 Zn;
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- 3° De l’oxyde de zinc correspondant à 70 — 80 0/0 du zinc volatilisé et réoxydé.
- Cette amélioration du rendement provient sans nul doute d’une meilleure utilisation du coke.
- M. Seytre propose un procédé comprenant deux phases bien distinctes :
- 1° Une opération oxydante, dans laquelle le soufre brûle et les métaux sont transformés en silicates fondus ;
- 2° Une opération réductrice, dans laquelle on fait intervenir le carbone en poussières et des gaz réducteurs provenant d’un gazogène, pour obtenir les métaux sous forme de vapeurs condensables.
- L’auteur décrit sommairement l’installation qu’il faudrait exécuter pour utiliser ce procédé.
- Nous renvoyons à son mémoire en faisant seulement remarquer que les silicates sont des produits de réduction difficile.
- . Électrométallurgie.
- Nous arrivons à une question importante, et aussi des plus imprécises encore de la métallurgie du zinc; 1 ’électrométallurgie du zinc en temps que réduction de F oxyde au four èlecirique. Nous laissons de côté les méthodes qui s’appuient sur l’électrolyse du sel fondu, notamment du chlorure ou de solution aqueuse, en partant de minerai, lesquelles n’ont donné aucun résultat industriel. (Nous parlerons plus loin de l’affinage par voie électrolytique.)
- L’électrométallurgie du zinc a-t-elle ou non de l’avenir ?
- Les uns, particulièrement en Amérique, paraissent y croire fermement; les autres, et c’est le cas de beaucoup de personnes d’Europe qui ont été mêlées à la question, pensent qu’il y a des difficultés insurmontables au point de vue de la 'condensation et de l’oxydation.
- Néanmoins, nous devons exposer les travaux exécutés dans cette voie, dont certains sont suivis de résultats industriels, notamment en Norvège.
- Le chauffage électrique du minerai de zinc additionné de charbon paraît, a priori, une voie offrant de grandes chances de succès, puisque le chauffage se fait ici dans le creuset même, que l’on n’a plus à chauffer des cornues à terre réfractaire, méthode dans laquelle le rendement calorifique est déplorable.
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- Le premier brevet qui parait avoir été pris pour l’électromé-tailurgie du zinc par voie sèche remonte à 1885 et est dû aux frères Cowles.
- Il s’agissait d’un creuset chauffé par résistance.
- A Monteponi, M. Ferraris, dont le nom est bien connu, a entrepris, dès février 1900, une série de recherches qui ne paraissent pas avoir abouti à une solution industrielle.
- En 1901, M, de Laval a fait breveter un four qui paraît donner des résultats industriels. Il est caractérisé par des électrodes horizontales.
- D’autre part, notre "collègue M. Salguès a exposé ici même les essais importants qu’il a faits à Cram-pana (Ariège).
- Enfin, MM. Cote et Pier-ron ont créé un four autour duquel il a été fait quelque bruit, et qui ne paraît pas encore être sorti de la période d’essais.
- En voici la description sommaire (fig. H)-\
- Le four comprend le creuset de réduction proprement dit A, chauffé au moyen de deux électrodes, toutes deux verticales, l’une fixe en dessous du four, l’autre mobile a; le lit de fusion placé d’abord dans une trémie B, est versé dans le creuset A.
- Le zinc produit se condense dans une autre cavité C dont on peut régler la température au moyen d’un-tube central rempli d’une matière résistante qui rejoint deux électrodes ou par un tube à eau. Quant au laitier formé, il sort de l’appareil de réduction par un trou de coulée 6, fermé en marche normale.
- Ce procédé a été essayé à l’usine d’Arudy, dans les Pyrénées. On monte actuellement une station de démonstration, près de Grenoble, où l’on aura un four de 300 kilowatts.
- Tour Côte ttTïemm.
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- Aboyons maintenant quelle est la marche au four électrique, en nous reportant au très intéressant mémoire que M. Ferraris a présenté, en 1906, au Congrès de Chimie appliquée de Rome; cette marche est caractérisée par sa continuité, il faut donc, au contraire de ce qui se passe dans les fours à zinc, d’où les résidus sont extraits tous les vingt-quatre heures, former une scorie qui puisse être coulée. Il faut donc éviter, un excès de carbone et l’on peut justement craindre alors l’acide carbonique qui, comme l’on sait, réoxyde les vapeurs de zinc.
- De ses essais, M. Ferraris concluait: que la meilleure scorie à produire, celle qui dissout le moins facilement l’oxyde de zinc, tout en étant assez fusible, est le monosilicate de fer et de calcium, et que les frais de traitement seraient de 40 f par tonne de ipinerai ; ce qui est assurément le chiffre le plus bas des usines du continent.
- D’autre part, MM. Cote et Pierron ont indiqué que, dans leur four, les minerais sulfurés sont traités par le fer. Ce principe est fort intéressant; car il évite la production d’oxyde de carbone qui nuit considérablement à la condensation du zinc métallique. Ici, d’ailleurs, il n’y a pas à redouter, comme dans les fours ordinaires, de corroder les parois réfractaires.
- D’ailleurs, M. Pierron a montré qu’il' est possible, quand on traite des blendes plombeuses, de séparer le plomb avant le zinc; en effet, la précipitation du plomb par le fer s’obtient dès 950 degrés, tandis qu’il faut 1190 degrés pour que le fer réagisse sur le sulfure de zinc. .
- En 1905, MM. Brown et Aster ont proposé (1) de traiter la blende crue en présence de chaux et de charbon, on a alors :
- 2ZnS + 2CaO + 7G = 2Zn + 2CaC1 2 + CS2 + 2GO ;
- 2ZnS + GaO + 4G = 2Zn + CaC2 + CS2 + CO.
- Mais nous ne croyons pas que ce procédé ait été appliqué industriellement.
- Cependant, la question de rélectrométallurgie du zinc, en partant de blende grillée, a été certainement travaillée de près en Amérique.
- On a publié (2) de longues études sur les prix de revient
- (1) Métallurgie, 1905, p. 510. *
- (2) Snydf-r Electroch. aiul Metallurg. Industry, 1907, p. 489, et Americ. Elcctroch. Society (Assemblée de 1905).
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- comparatifs d’usines fonctionnant par les procédés ordinaires et utilisant le four électrique. Mais nous ne pouvons entrer dans ces détails qui nous paraissent prématurés.
- Ajoutons cependant qu’une Société norvégienne la Compagnie Electrothermique de Trollhœtan, a installé une usine avec le procédé de Laval, usine qui a fonctionné en 1910. On y a fait pendant quelque temps la réduction de la blende grillée, mais depuis quelques mois, assure-t-on, on ne fait plus que de la distillation de déchets de zinc.
- Trois autres usines seraient en création en Suède et en Norvège et traiteraient des minerais pauvres à 20,0/0 de zinc (1).
- L’électrométallurgie du zinc ne serait donc plus un mythe.
- 4° Progrès dans les accessoires de fours.
- Gazogènes.
- Il est assez surprenant de trouver dans la métallurgie du zinc aussi peu de gazogènes soufflés. Nous devons dire cependant que la tendance dans les usines tout à fait modernes est bien' à ces appareils, avec leurs récents progrès; mais on en rencontre encore fort peu.
- Le gazogène Siemens est encore le plus répandu. Nous n’entrerons pas dans des détails de construction qui ne relèvent pas particulièrement de la métallurgie du zinc.
- Nous signalerons seulement le type Dor-Delattre à sole tournante qui a donné de bons résultats aux usines de Budel.
- Appareils de chargement.
- Tous ceux qui ont approché la métallurgie du zinc savent que le gros travail consiste dans le chargement et le déchargement des cornues.
- Dans la plupart des usines à zinc, l’organisation du travail est telle! que: les ouvriers ne travaillent que quelques heures; ils sont employés à recueillir le zinc, à enlever les condenseurs et les nettoyer, à décharger et charger les creusets.
- La coulée du zinc qui s’opère à la main, au moyen de petites
- (1) Échos des Mines et de la Métallurgie, 10 avril 1910.
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- cuillers se fait assez souvent en une fois, mais parfois en deux et même quatre reprises, comme à Corphalie.
- Ceci est surtout une question de condenseurs.
- Quoi qu’il en soit, le gros de l’équipe ne travaille généralement que quelques heures, 4 à 5 heures. Après ce travail il reste près de chaque four un chauffeur et un aide chauffeur.
- Il est donc tout naturel que l’on ait cherché à remplacer par des moyens mécaniques la main-d’œuvre de chargement et même de déchargement, et cela non seulement parce qu’il peut en découler une amélioration sensible du prix de revient, mais bien également pour rendre cette opération aussi constante que possible et diminuer le temps de chargement pendant lequel le four est inactif.
- Il ne faut pas oublier que les manipulations du mélange à réduire, notamment le tassement du minerai, influent nettement sur le rendement d’un creuset, et il est bien évident que le chargement mécanique peut augmenter dans de notables proportions la densité du chargement.
- Toutes ces considérations font que l’on a cherché depuis longtemps à remplacer le chargement à la main par le chargement mécanique.
- Des appareils inventés à cet effet, la plupart ont donné des résultats complètement négatifs ; d’autres, très peu nombreux, d’ailleurs, ont donné de bons résultats pour le chargement des cornues à gaz ; mais il en a été autrement quand on a voulu les employer au chargement des cornues des fours à zinc, et leur insuccès provient de ce que, contrairement au charbon qui est une matière douce, usant peu ou pas les surfaces sur lesquelles il frotte, une partie des matières à charger dans les cornues des fours à zinc corrode ces surfaces très rapidement.
- Enfin, le problème se complique encore quand on veut charger mécaniquement les fours à zinc, dit fours belges. Dans ces fours, en effet, la première ligne de cornues se trouve au niveau du sol de travail, et l’inclinaison des cornues varie d’une rangée à l’autre; il faut donc que le tube de chargement de l’appareil, utilisé pour ces fours, puisse descendre très près du sol et prendre rapidement, sans aucune complication de mécanisme, des inclinaisons différentes.
- MM. Dor-Delattre, dont les noms reviennent constamment quand on décrit les progrès récents de la métallurgie du zinc, ont inventé un appareil qui répond à tous ces desiderata. Il est.
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- robuste, d’un maniement facile, peut servir au chargement de tous les fours à zinc et, en particulier, des fours belges, et il diminue, dans des proportions considérables la durée du chargement puisque, dans l’usine de Budel, où il est employé, un seul
- Fig. 15 à 17.
- Appareil de Chargement Dor.
- Fig. 15.
- Charnières horizontales r abs?© fc situées d.e oh/acpe côté deia tubulure
- Fig. 16.
- Fig. 17.
- appareil charge couramment 72 cornues en 20 minutes, soit 16 à 17 secondes par cornue, y compris toutes les manœuvres pour le déplacement de l’appareil.
- L’appareil (fig. 45 à 47) se compose essentiellement d’une tré-
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- mie a, munie d’un clapet b, manœuvré par le volant c et des tinée à recevoir les matières à charger, d’un moteur électrique d suspendu à la trémie a, d’une enveloppe e portant le tube de chargement /'et de la roue à palettes g.
- L’enveloppe e est reliée au bâti du moteur électrique d par l’intermédiaire de l’arbre creux h, qui peut tourner dans la douille fixe i et qui est lui-même traversé par l’axe j de la roue g à palettes, attaqué par le moteur d.
- L’enveloppe e, portant le tube de chargement f, reçoit à sa partie supérieure le pivot d’une douille /c, taraudée et traversée par la vis l, qui peut être mis en rotation à l’aide du volant m. Cette vis l est supportée d’autre part par la partie fixe de l’appareil, et cela de façon à pouvoir s’incliner sur l’horizontale sans déplacement longitudinal.
- La roue g à palettes est constituée par les deux disques p et q, réunis par les courtes palettes de projections g. Le disque p est calé sur l’axe j du moteur dt tandis que le disque q présente une ouverture circulaire o livrant passage à la goulotte n d’alimentation.
- Ces disques p et g sont inclinés l’un vers l’autre, du centre vers la périphérie, de façon à laisser entre eux et vers le centre ,un écartement assez considérable, destiné à faciliter l’entrée de la matière.
- La trémie a est fixée à un wagon-grue qui peut l’élever ou l’abaisser à volonté (7?#. 48). Ce wagon-grue pouvant lui-même se déplacer devant le four, on peut donc, par son intermédiaire, amener le tube de chargement f devant chaque cornue à charger, même devant celle de la rangée inférieure puisque l’appareil est complètement dégagé vers le bas.
- Après avoir rempli la trémie a de la matière à charger, l’on met en marche le moteur électrique d, qui ne subira aucun arrêt pendant toute la durée du chargement d’un four. A l’aide du wagon-grue on amène le tube /'devant la cornue à charger et en agissant sur la vis l, l’on donne à ce tube la même inclinaison que celle de la rangée de cornues que l’on propose de charger.
- L’ouvrier ouvre alors le clapet b; la matière s’écoulant rapidement et abondamment par la goulotte n entre les disques p • et q tombe entre les palettes g qui la lancent violemment par le tube f dans la cornue à charger, sans qu’il y ait jamais de projection de la matière contre les parois e de l’enveloppe.
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- Dès que cette cornue est remplie, l’ouvrier ferme brusquement le clapet b et arrête ainsi instantanément la projection de la matière.
- Ensemble d'un appareil à charger Dop.
- Pour éviter la rupture du tube de chargement lors de son passage devant les armatures du four, et pour supprimer toutes manœuvres qui auraient pour but d’éviter cette rupture en éloi-
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- gnant l’appareil du four, manœuvres qui occasionneraient des pertes de temps et ne permettraient pas d’avoir un travail continu, l’on a rendu le tube de chargement mobile dans tous les sens.
- A cet effet, ce tube de chargement porte trois charnières r, s, et t. Les charnières r et s permettent au tube de se placer horizontalement, la charnière t, de se placer verticalement.
- Un ressort w ramène toujours le tube dans sa position initiale dès qu’il a dépassé l’obstacle, et quel qu’ait été le sens de son déplacement.
- De ce qui précède il résulte que cet appareil peut servir au chargement des cornues de tous les fours à zinc, puisque, grâce à son mode de suspension, le tube de chargement f peut prendre toutes les inclinaisons voulues et atteindre la dernière rangée de cornues qui se trouve dans certains cas très près du sol.
- La disposition de la trémie a, de la goulotte n et du clapet b supprime tout appareil mécanique d’alimentation et permet une arrivée rapide, abondante et continue de la matière à charger.
- L’emploi des deux disques p et q tournant à grande vitesse et réunis par les palettes g fait que la matière à charger ne peut porter contre les parois de l’enveloppe e et que, par conséquent, l’usure de ces parois est complètement évitée. De plus, on supprime ainsi les coincements que pourraient produire des matières dont le broyage aurait été défectueux; la suppression de ce frottement, réalisée par les deux disques protecteurs p et q, donne également une grande économie de force motrice.
- D’autre part, M. Rosdzin a décrit (1) une machine à charger et à vider les cornues de fours à zinc (fig. 49 et 20).
- Un chariot A se déplace sur des voies parallèles au four ; il comporte une plate-forme ayant la même inclinaison que les cornues M (ceci suppose que les cornues ont pour un même four une inclinaison constante) et sur laquelle se déplace dans le sens des cornues un second chariot qui porte des vis d’Archimède en relation avec une trémie par des tubes métalliques. Il est commandé par le moteur F.
- La trémie G alimente, par un régulateur spécial, les différentes vis S qui pénètrent jusqu’au fond des cornues. Pourde détournement, les tubes D qui entourent les vis sont supprimés,et on fait tourner ces derniers en sens inverse.
- (1) Métallurgie, 1910, p. 39.
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- L’auteur affirme qu’avec un tel appareil il a obtenu 50 0/0 de réduction de la main-d’œuvre.
- On peut, il nous semble, reprocher à cet appareil de ne pas tasser le minerai et d’introduire des pièces métalliques, dans les
- Fig. 19.
- Appareil Rosdzin de chargement et déchargement.
- Fi gt 20.
- Appareil Rosdzin de chargement et déchargement
- cornues portées à haute température, ce qui peut faire craindre une usure rapide, le chargement ayant toujours une certaine durée.
- Aux États-Unis, on se sert pour tirer le zinc d’un appareil connu sous le nom de bouclier de Ghapmann.
- Il est formé de deux tôles laissant entre elles une certaine fente verticale et susceptibles de se mouvoir le long du four;
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- elles peuvent, en outre, se déplacer en hauteur. Entre ces deux tôles se trouve une poche où l’on tire le zinc, en passant la cuiller dans l’espace vide.
- Il nous a été signalé que, dans les usines américaines, le déchargement se faisait purement et simplement en introduisant de l’eau dans les cornues. Nous doutons fort de l’emploi courant de ce procédé aussi dangereux pour la vie des ouvriers que pour la durée des cornues. Les essais faits dans cette voie, dans une usine française, ont donné des résultats désastreux.
- Appareils de tirage.
- Les fonderies modernes de zinc se sont considérablement améliorées au point de vue de l’évacuation des fumées, en soignant la ventilation. Nous décrirons cependant deux appareils qui sont en fonctionnement dans la luxueuse usine de Budel et qui y donnent des résultats intéressants.
- Voici tout d’abord un dispositif pour protéger les ouvriers pendant le chargement et le déchargement.
- Cet appareil permet :
- 1° De ne laisser découverte qu’une seule ligne de cornues, celle dans laquelle doit se faire le travail, et d’isoler complètement l’ouvrier de toutes les autres; on réalise ainsi une ouverture fixe pour un travail de quelque durée ;
- 2° De créer une ouverture de hauteur quelconque et de déplacer rapidement cette ouverture devant les différentes lignes de cornues; on réalise ainsi une ouverture mobile pour un travail rapide. Dans les deux cas, l’ouvrier est complètement protégé contre la chaleur, la fumée et les poussières qui se dégagent des lignes de cornues couvertes ; il est également protégé complètement contre les poussières et la fumée qui se dégagent de la ligne de cornues découvertes ; enfin les effets de la chaleur dégagée par cette ligne de cornues découvertes sont considérablement atténués.
- L’appareil est représenté figures 21, 22 .et 23.
- Il se compose d’un écran mobile formé d’un certain nombre de panneaux a (six dans l’exemple représenté).
- Ces panneaux a sont constitués par une triple épaisseur de tôle m; 'entre la première et la seconde [tôle m est interposée une forte couche d’amiante n; entre la seconde et la troisième tôle m, cette dernière préalablement perforée, se
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- trouve une couche d’air p. Cette interposition d’une couche d’air et d’une couche d’amiante a pour effet de rendre les panneaux a pratiquement imperméables à la chaleur, puisque l’expérience a permis de constater que la température de la face
- Fig. 21 à 23. — Appareil de protection Dor.
- Fig. 21. — Elévation.
- Fig. 22. - Plan AA.
- Fig. 23. — Coupe BB.
- extérieure de ces panneaux exposés à la chaleur intense dégagée par les fours était peu différente de la température ambiante. Chacune des extrémités q des panneaux a est guidée dans une
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- coulisse verticale b constituée par deux fers U réunis par un fer plat. Le panneau inférieur c est réuni aux coulisses b et il sert ainsi de support aux autres panneaux superposés, dont les extrémités q peuvent glisser dans les coulisses b.
- Des chaînes d passant sur les poulies de renvoi e sont fixées, d’une part aux coulisses b et, d’autre part, à un chariot commun f. Ce chariot f, guidé d’une façon appropriée, est relié de son côté à une presse hydraulique g par l’intermédiaire de deux chaînes h.
- Il résulte de là que les déplacements de la presse hydraulique g déplaceront le chariot /' dans un sens ou dans l’autre et provoqueront, par suite, la montée ou la descente de l’écran protecteur constitué par les panneaux a et c.
- Les chaînes d et h sont fixées au chariot /' au moyen de tiges filetées o permettant le réglage de la tension de ces chaînes.
- L’emploi du chariot f et la disposition des tiges filetées o permettent de n’employer qu’une seule presse g pour la manœuvre de plusieurs écrans, puisque, grâce à la possibilité de réglage, on pourra toujours placer les panneaux d’écrans voisins sur une même ligne horizontale.
- Au-dessus de l’écran mobile se trouve placé un écran l derrière lequel l’écran mobile peut se déroher complètement. Les faces intérieures de ces écrans fixe et mobile forment, lorsque ce dernier est abaissé, un canal à grande section que l’on relie à un système spécial d’aspiration et c’est par ce canal que les fumées et poussières montent ou descendent, suivant que l’aspiration se fait par le haut ou par le bas du four, en même temps que le violent courant d’air produit par cette opération atténue considérablement les effets de la chaleur dégagée par les cornues dans la partie qui reste ouverte pour le travail.
- Les ouvertures de l’écran protecteur, c’est-à-dire la séparation des panneaux, sont réalisées à l’aide de broches en acier que l’on introduit suivant les cas dans une série de trous r ménagés dans les coulisses b et dans les extrémités q des panneaux a ou dans les trous s ménagés également dans les panneaux a et dans les armatures k du four.
- Le fonctionnement de l’appareil est le suivant :
- 1er Cas. — Dégagement de la ligne supérieure des cornues. — On laisse descendre l’écran mobile jusqu’au sol de travail; la distance entre le bord supérieur du dernier panneau a placé dans cette position et le bord inférieur de l’écran fixe l ayant été
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- calculée pour qu’elle soit égale ou légèrement supérieure à la hauteur d’une ligne de cornues t, on voit que cette ligne supérieure de cornues sera complètement à découvert, tandis que toutes les autres seront fermées par les panneaux de l’écran mobile qui protège ainsi complètement l’ouvrier de la chaleur, de la fumée et des poussières provenant de la ligne inférieure des cornues. Ces fumées et poussières ne peuvent pas non plus s’échapper par l’espace libre laissé entre l’écran mobile et l’écran fixe, à cause du violent courant d’air provoqué par l’aspiration dont il a été question plus haut ; à cause de cette même aspiration, les fumées et les poussières provenant de la ligne des cornues découvertes sont entraînées violemment et ne peuvent gêner le travail, en même temps que, grâce à ce courant d'air, la chaleur dégagée par cette même ligne de cornues est considérablement réduite.
- 2e Cas. — Dégagement d’une ligne intermédiaire quelconque de cornues. — L’écran, mobile ayant été préalablement et à l’aide de la pression hydraulique descendu jusqu’au sol de travail, on le soulève d’une quantité égale à la hauteur d’une ligne de cornues; on fixe alors aux armatures k du four et à l’aide de broches introduites dans les trous s, le panneau a qui se trouve au-dessus de l’ouverture à ménager, puis on laisse redescendre l’écran.
- Le panneau a fixé aux ouvertures k du four par les broches ne peut descendre, et, supportant les panneaux qui sont placés au-dessus de lui, il les immobilisera également en les empêchant de descendre. Les coulisses verticales b entraînent alors dans leur mouvement de descente les autres panneaux qui reposent encore sur le panneau inférieure en glissant le long des panneaux immobilisés.
- Au moment où ce panneau inférieur c vient reposer sur le sol de travail, l’espace libre entre le panneau fixé aux armatures k .et le panneau qui se trouve immédiatement sous lui est bien égal à la hauteur dont l’appareil avait été soulevé primitivement, c’est-à-dire à la hauteur de la ligne de cornues.
- Comme dans le cas ‘ précédent, et pour les mêmes raisons, . l’ouvrier est complètement préservé aussi bien de la chaleur de la fumée et des poussières provenant des lignes de cornues que, par l’écran, de la ligne des cornues découvertes. . ù
- 3e Cas. — Dégagement de la ligne inférieure des cornues. — Il suffit 'de relever l’écran mobile tout entier à la hauteur: voulue.
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- 4e Cas.— Si l’on veut obtenir, au lieu des ouvertures fixes réalisées dans les trois cas précédents, une ouverture pouvant se déplacer verticalement devant les fours, on opérera de la façon suivante : par la manœuvre indiquée pour le second cas, on produit d’abord une ouverture fixe de la hauteur que l’on désire. Cette ouverture ayant été obtenue, on place sous les panneaux qui ont été immobilisés par cette manœuvre des broches passant dans les trous r et les coulisses verticales b, puis l’on retire les broches fixées aux armatures k du four.
- Si alors on met en mouvement la presse hydraulique g, l’écran tout entier, suivant les mouvements de cette presse, montera ou* s’abaissera, tandis que l’écartement obtenu entre les deux panneaux considérés restera toujours le même. Cette ouverture peut donc se déplacer verticalement devant les fours; la manœuvre de la presse hydraulique g permet de l’arrêter en un endroit quelconque.
- Quand il n’y a pas de travail à effectuer devant lës fours, l’écran mobile est complètement relevé, et se dérobe tout entier derrière l’écran fixe.
- On voit donc, d’après ce qui précède, que cet appareil combiné avec un aspirateur réglable à volonté et provoquant un appel d’air soit par le haut, soit par le bas du four, suivant les nécessités du travail, tout en permettant de travailler dans une ligne quelconque de cornues, met les ouvriers complètement à l’abri des poussières, de la chaleur, des fumées dégagées du four.
- On voit aussi que l’ouvrier qui se sert, pour son travail, d’outils lourds et difficiles à manier peut les appuyer sur le bord supérieur du panneau .mobile qui se trouve au-dessus de la ligne des cornues découvertes, ce qui facilite singulièrement ce travail.
- Grâce à la disposition d’un chariot unique et de tiges filetées réunissant les chaînes de ce chariot, l’on est sûr d’obtenir une ouverture rigoureusement à la même hauteur sur toute la longueur du four ; ce qui est absolument nécessaire pour assurer la régularité du travail, tout en ne demandant qu’une seule manœuvre pour tout l’ensemble du four.
- Enfin ce dispositif a encore l’avantage d’assurer à l’ouvrier une protection très efficace contre les brûlures que pourraient lui occasionner soit un jet de zinc liquide au moment du tirage du zinc, soit, au moment du dégraissage du four, la chute de scories qui sont à une température très élevée.
- D’ailleurs, les mêmes inventeurs se sont préoccupés de l’éva-
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- cuation des fumées et des poussières qui ne peut s’obtenir généralement qu’au moyen d’une aspiration très énergique.
- Dans les essais qui ont été faits jusqu’à, ce jour, et en particulier, par les auteurs du dispositif que nous allons décrire, l’on a essayé de réaliser cette condition en employant de puissants ventilateurs qui ont donné d’assez bons résultats, mais exigent une très grande puissance de force.
- Le dispositif Dor-Delattre, qui ne comporte aucun organe mécanique, supprime, par le fait même, non seulement toute dépense de force et toute dépense d’entretien, mais il constitue un appareil toujours prêta fonctionner.
- Cet appareil, qui utilise industriellement la chaleur perdue des fours métallurgiques, consiste dans la disposition particulière de deux cheminées concentriques, dont l’une sert à la sortie des produits de la combustion du four, et dont l’autre est en relation avec les carneanx et chambres à évacuer.
- L’appareil est représenté figures 24, 25 26.
- • U se compose essentiellement :
- 1° D’une puissante cheminée a ên maçonnerie, reliée à la partie supérieure du four par le carneau b, et aux chambres closes C, piG- 24 à 26. — Appareil de tirage Dor. qui reçoivent les résidus de fabrication, lors du nettoyage des cornues, par l’ouverture d. Cette cheminée a sert à évacuer les poussières et fumées qui se dégagent du four pendant les différentes opérations.
- Le carneau & et l’ouverture d sont munis de registres e, permettant de régler l’aspiration dans ces deux directions;
- 2° D’une cheminée en tôle f, d’un diamètre notablement inférieur à celui de la cheminée a en maçonnerie, suspendue parla traverse h à l’intérieur de cette dernière. Cette cheminée /', qui sert à l’évacuation des produits de la combustion du four, peut se dilater librement par son extrémité inférieure qui coulisse dans un anneau en fonte j fixé dans la partie inférieure de la
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- maçonnerie. Elle communique avec le four par le carneau k et elle s’étend sensiblement sur une hauteur égale aux deux tiers de la hauteur de la cheminée a ; de telle sorte que son sommet débouche à une distance du sommet de la cheminée a égale au tiers environ de la hauteur totale. Les produits de la combus-i tion qui sortent des fours à une température d’environ 300. degrés, passent directement par le carneau k dans la cheminée en tôle /. Ce passage des gaz chauds dans la cheminée en tôle /' provoque dans la cheminée en maçonnerie un tirage énergique dû à deux causes :
- A) L’air qui se trouve compris dans l’espace annulaire existant entre les deux cheminées, est chauffé parles gaz chauds circulant dans la cheminée f qui rayonne.
- BJ La cheminée en tôle f joue encore le rôle d’un accélérateur de tirage.
- En effet, les gaz sortant de la cheminée f avec une certaine vitesse, provoquent l’entraînement de l’air qui se trouve dans la cheminée en maçonnerie.
- 5° Progrès dans la fabrication des creusets.
- Un des métallurgistes français les plus compétents en métallurgie du zinc nous disait, en nous faisant visiter ses usines ; « L’usine à zinc est avant tout une usine à produits réfractaires ».
- Pour se rendre compte de cette phrase lapidaire, il n’y a qu’à voir l’intervention des produits réfractaires, dans la ques^-tion du prix de revient.
- PftIX DE REVIENT.
- Traitement d'une tonne de minerai.
- Main-d’œuvre . f 23 » à 30 »
- Charbon de chauffage. . .
- Charbon de réduction. . . . . 3,25 à 3,75
- Creusets. . . 3,50 à 4 »
- Condenseurs . . 1,25 à 1,50
- Briques réfractaires, etc. . 1,20 à 1,40
- Divers 3 » à 3,50
- 50,20 à 62,15
- sans parler de la perte en zinc.
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- On peut admettre qu’en France, Belgique et Westphalie, la moyenne des prix de revient correspond sensiblement aux chiffres ci-dessus représentant la transformation d’une tonne de . minerai.
- On voit que, sur un prix moyen total de 50 à 62 f, les creusets et condenseurs représentent 4,75 à 5,50 f et cela dans une usine à bon fonctionnement. Si la fabrication de ces produits réfractaires est mauvaise, ces chiffres sont facilement doublés.
- Nous connaissons une usine où, récemment encore, la dépense atteignait 7 à 8 f aux 100 kg.
- Il est bien évident que les prix de revient que nous donnons ici n’ont rien d’absolu et peuvent varier dans des proportions assez grandes d’une usine à l’autre ; quoi qu’il en soit, ils montrent très clairement l’importance du produit réfractaire et l’on conçoit aisément que des efforts aient été faits dans leur fabrication durant ces dernières années.
- Certaines usines américaines ont cherché à prolonger la vie de leurs creusets en les badigeonnant de diverses matières : il semble qu’un mélange de verre et de silicate de potasse concentré ait donné de bons résultats.
- Mais les efforts se sont portés sur la fabrication du creuset, afin de l’avoir aussi sain que possible, d’une part, et pour l’avoir de qualité très constante, d’autre part.
- Enfin, on s’est, de plus en plus, persuadé que la composition des creusets devait être adaptée aux minerais traités et que, suivant l’expression, la matière dégraissante devait varier avec la gangue.
- Pour analyser les progrès faits en creuseterie, nous décrirons d’abord, la nouvelle presse Dor, qui, d’après tous ceux qui l’emploient, donne des résultats des plus intéressants et, d’autre part, nous décrirons l’installation toute récente, à peine achevée à notre visite du 20 mars dernier, que viennent de faire les usines de Noyelles-Godault.
- Nouvelle presse Dor.
- Pour bien faire ressortir les avantages de cet appareil, nous rappellerons la description de la presse Dor, ancien modèle, telle qu’elle existe encore dans la plupart des usines, cela nous paraît nécessaire, bien que cette presse soit classique.
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- Elle comprend (fig. 27) :
- 1° Un corps de presse A avec piston B actionnant le mandrin C ; ce mandrin est terminé par une tête D qui varie avec le profil du creuset.
- De plus, ce mandrin G est réuni au piston B par une clavette G qui fait saillie et est appelée à arrêter le mouvement du piston en butant contre une traverse du bâti ;
- 2° Deux petites presses H avec piston I qui agissent sur une traverse J, laquelle supporte un piston annulaire K.
- Le tout est calculé de façon que la somme des surfaces des deux pistons I soit nettement inférieure à la surface du piston B ; ,
- 3° Dn cylindre M qui est destiné à recevoir la matière première ;
- 4° De la filière mobile N;
- 5° Du chapeau mobile O ;
- « 6° Des tirants R et des écrous Pet Q permettant de fixer la filière et le chapeau, celui-ci pouvant tourner autour de l’un des tirants R.
- Enfin, l’air compris entre les deux pistons peut s’échapper par les rainures pratiquées dans le cylindre K pour le passage de la clavette G et par l’orifice F, une soupape conique E placée à la partie supérieure du mandrin D, permet la rentrée de l’air au moment du soulèvement du creuset.
- Le mouvement de l’eau dans les presses est donné au moyen de pompes.
- Pour fabriquer un creuset avec cet appareil, on abaisse le mandrin et le piston annulaire de façon à pouvoir loger le ballot de terre réfractaire.
- On dessert les écrous, on fait tourner le chapeau mobile O, on efface la filière et l’on charge la matière première.
- On remet en place filière et couvercle et l’on serre les écrous.
- On fait agir la pression simultanément sur les trois pistons, mandrin et piston annulaire montent ensemble d’abord, puis le mandrin continue à monter seul, tandis que le piston annulaire redescend.
- Fig. 27.
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- Il est arrêté au moment où la clavette G bute sur la traverse du châssis, alors la terre réfractaire est fortement comprimée.
- Après avoir fait cesser la pression, on desserre les écrous P, on enlève le chapeau et on laisse la filière N en place. On fait agir la pression sous les cylindres H ; le piston annulaire K refoule la pâte entre le mandrin et la filière, et étire ainsi le creuset.
- L’inconvénient de cet appareil réside surtout dans l’emprisonnement d’une certaine quantité d’air à la partie supérieure et à la partie inférieure du creuset. Il s’ensuit des soufflures, une pâte moins homogène, et par conséquent, une destruction rapide du creuset.
- De plus, cette presse ne permet pas l’emploi de terres réfractaires très siliceuses, pour lesquelles il faut une pression plus élevée.
- Les caractéristiques de la nouyelle presse Dor sont les suivantes :
- 1° Emploi d’une filière fixe;
- 2° Cylindre à terre mobile, portant un plancher de service qui est par conséquent mobile avec lui. Le cylindre est relié à un piston hydraulique ;
- h0 Emploi d’un piston perforateur ;
- 4° Indépendance absolue des trois séries de pistons hydrauliques qui commandent le cylindre à terre, le piston annulaire et le piston perforateur.
- On arrive ainsi à comprimer le ballot, de façon à expulser complètement l’air de la presse nt à perforer le ballot sous une pression constante.
- Voyons maintenant la description de l’appareil dont les figures 28, 29 et 30 donnent une coupe verticale dans trois positions des pistons compresseurs, qui correspondent aux trois phases principales de l’opération ; une coupe perpendiculaire à celle-ci est donnée dans la figure 31.
- L’appareil comprend:
- Une filière fixe 4.
- Un cylindre destiné à recevoir la terre 8 ; ce cylindre est mobile verticalement ; il est porté par les pistons 20 qui se meuvent dans les cylindres hydrauliques 21.
- Un piston compresseur central 10, qui est commandé par la traverse 11 et les pistons hydrauliques 12 et 13 avec leurs cylindres en 14 et 1(5.
- Bull.
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- Un piston annulaire 9, dans lequel peut se déplacer le piston 10. Ce piston annulaire 9 est solidaire du piston hydraulique 17 de la presse 15.
- (Notons de suite que le piston central 10 possède extérieurement la forme que doit posséder intérieurement le creuset, tandis que le piston annulaire 9 présente intérieurement la forme extérieure du piston 10. Extérieurement ce piston 9 épouse le cylindre à terre 8 ; il possède des rainures longitudinales 18 et 19 qui laissent passer la traverse 11.)
- Un couvercle 3 qui ferme la filière en étant fixe par les écrous 1 et 2 sur les colonnes 6 et 7 solidaires de celle-ci.
- Les colonnes 22, qui solidarisent la filière aux trois presses hydrauliques 14, 15 et 16.
- La plate-forme 5 mobile avec le cylindre 8.
- Un chariot 23 qui porte le ballot de terre et se déplace avec la plate-forme 5.
- Voici le fonctionnement de l’appareil:
- On soulève les pistons 20 de façon que la plate-forme 5 soit au niveau de la voie de l’atelier ; on amène alors le chariot 23.
- On laisse ensuite redescendre les pistons 20; le ballot t peut alors être glissé simplement entre la filière fixe et le cylindre à terre 8 qui est descendu figure 28 ; le ballot est reçu par les pistons 9 et 10, alors situés dans le même plan horizontal.
- On soulève ensuite le cylindre 8 et, par conséquent, la plateforme 5 au moyen des presses 21 et des pistons 20 (fig. 29).
- Puis, on admet la pression dans le cylindre 15: la traverse 11 qui bute sur le piston 17, monte en même temps que celui-ci, les pistons 9 et 10 s’élèvent simultanément et compriment la terre dans la filière 4, le couvercle 3 restant ouvert. On fait affleurer exactement le ballot à la partie supérieure de la filière et on enlève la terre qui pourrait dépasser. On ferme le couvercle 3. Il n’y a donc pas trace d’air.
- On fait agir la pression à nouveau dans la presse 15 et simultanément dans les presses 14 et 16. Le piston 10 entre alors dans la terre, tandis que le piston 9 et, par suite, le piston 17 sont refoulés. L’eau du cylindre 15 est renvoyée dans un accumulateur qui maintient la contre-pression maximum sous le piston 17.
- Le piston 9 monte ainsi jusqu’à ce que la traverse vienne buter contre le dessous du cylindre 8.
- La terre est ainsi très bien comprimée.
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- Fig. 28. Fig 29 Fig. 30 Fig. 31.
- Coupe Verticale. Coupe Verticale Coupe Verticale. Coupe verticale perpendiculaire
- Fig. 28 è 31.
- nouvelle Presse Dor.
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- On achève l’étirage du creuset, en ouvrant le couvercle 3 et en faisant monter le piston annulaire 9, tandis que le piston 20 est maintenu en position (fig. 30).
- On voit que cet appareil supprime complètement les espaces nuisibles dans le cylindre à terre, et par conséquent, les soufflures dans la pièce préparée ; il permet d’avoir une filière toujours parfaitement centrée, ce qui est presque impossible avec la filière mobile; déplus, on peut donner une plus grande hauteur à la filière fixe qu’à la filière mobile, ce qui améliore le travail de la pâte.
- Enfin, le travail à cette presse est plus facile et sa capacité* de production plus grande.
- Préparation du ballot.
- La préparation du ballot a subi aussi des progrès. Elle se faisait et se fait encore, dans de nombreuses usines, par battage au moyen d’un pilon soulevé par une came. Il est bien évident qu’on obtient ainsi un produit hétérogène avec des interpositions nombreuses d’air.
- Actuellement, on emploie des pétrins qui donnent un produit tout autre.
- Ces pétrins verticaux reçoivent les pâtes triturées à sec et bien mélangées par la partie supérieure. La quantité d’eau nécessaire à l’opération est ajoutée automatiquement; une hélice intérieure pétrit la matière; le pétrin est fermé à la partie inférieure ; un conduit, dans lequel avance la pâte sous l’influence de l’hélice, l’amène sous forme de boudin continu hors de l’appareil où elle est coupée parfois de façon automatique.
- Le dosage des matières premières a évidemment, dans une telle fabrication, une importance de tout premier ordre.
- D’ailleurs, la description que nous allons donner de l’installation de Noyelles-Godault fera très bien connaître l’état actuel de la « creuseterie » dans la métallurgie du zinc.
- Creuseterie des usines de Noyelles-Godault. — Les ateliers de fabrication des creusets comprennent, en général : les magasins de terre, le broyage, la préparation 4u mélange, la préparation du ballot, la fabrication des creusets, celle des condu-reurs et des briques, les séchoirs (fig. 32 et 33).
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- Magasin de terres. — Le magasin de terres comprend huit loges séparées par des murs supportant les poutrelles sur lesquelles est établie une voie à écartement normal. Un aiguillage permet d’envoyer les wagons au-dessus des loges, dans lesquelles ils peuvent être déchargés le plus économiquement possible. Le sol de ces loges est partiellement constitué par des taques de fonte perforées. En dessous de ces taques de fonte passent des tuyaux en tôle amenant l’air chaud de foyers à sole, genre Perret. Il en résulte, à la base même des loges, un chauffage de l’air dont la température ne peut certainement pas atteindre 100 degrés, et qui, en s’élevant dans le tas de terre, en provoque la dessication. Le stock en magasin permet à la terre un long séjour et assure son séchage par le moyen précité.
- Les appareils de broyage sont installés non loin du dépôt de toutes les matières premières et y sont reliés par des voies permettant le transport par wagonnets. Quant aux broyeurs eux-mêmes, ils sont installés chacun dans sa salle et complètement isolés du reste de l’installation. Chacun d’eux est susceptible d’un aérage parfait, puisqu’ils sont tous munis de larges fenêtres.
- La poussière produite lors du broyage ne peut donc guère se répandre dans aucune installation voisine.
- L’emmagasinage de matières broyées se fait dans sept loges à base tronconique renversée, d’une capacité totale suffisante pour pourvoir aux besoins de sept à huit jours de marche. Le produit de chaque broyeur est élevé par une chaîne à godets au-dessus des loges et déversé dans un chenal muni d’une vis d’Archimède qui pousse la matière dans une trémie réservée.
- L’ensemble de ce système est enfermé en parois étanches et aucune poussière ne peut s’en dégager.
- La préparation du mélange se fait de façon très simple :
- Au bas de chaque trémie fonctionne un distributeur automatique. On puise donc mécaniquement à chaque loge le volume des matières nécessaires au mélange désiré. Les distributeurs sont groupés en deux séries permettant la confection simultanée de deux pâtes différentes. Les distributeurs d’une série déversent en même temps dans un chenal dont la vis d’Archimède pousse la matière à un mélangeur, au sortir duquel le mélange tombe dans le pétrin de premier passage à alimentation d’eau. Ce pétrin est du type indiqué ci-dessus. Au sortir de ce pétrin, la pâte, coupée automatiquement en morceaux de grosseur convenable, tombe dans la cave où elle est entassée et livrée au pour-
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- à terre
- Couloir
- />à 1
- Couloir
- Chartes
- Séchoir
- Séchoir
- Moulin à Coite
- Moulin
- Terres
- Preèse
- Séchoir N° I
- Séchoir N°IÏÏ
- ;t Fabrication
- Fondations du Pe'trin. à ballots.
- des Tubes
- Fig. 32.
- Creuseterie des Usines de Noyelles-Godault (Rez-de-Chaussée )
- Courtier & C-
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- *' Magasin à Terre calemée
- et Séchoir
- jJ&FJSe_______
- nftH-Petiinlîr
- Ljirflnfflifi] ad Kloncasseur li
- Séchoir i Creusets
- Séchoir à Creusets
- Séchoir à Creusets
- Séchoir à Creusets
- Chanes
- Bureau du
- Surveillant.
- Courtier & C'f
- Passerelle
- Fig. 33. Creuseterie des Usines derfoyelles Godault (7®rZ;£aye.)
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- rissage. De là, elle est montée par un élévateur au niveau des deux pétrins de repassage, au bas desquels, coupée en ballots, elle est, selon le cas, élevée jusqu’à l’appareil fabricant les ballots pour la presse, où livrée aux briquetiers et aux tubistes.
- Par cette description rapide, on peut se rendre compte de la réduction de la main-d’œuvre aussi complète que possible, et de la sécurité qui préside à l’opération si importante du mélange.
- La fabrication du ballot s’opère à l’étage immédiatement supérieur à celui des presses. La recette du pétrin à ballots se trouve dans la salle même des presses.
- Le séchage des produits fabriqués, réalisé au moyen de fours à soles genre Perret, est également opéré dans de bonnes conditions. Ce genre de fours convient très bien au chauffage des grandes enceintes, grâce à leur combustion lente, à la facilité de leur réglage et à la continuité de leur marche. De plus, ils nous permettent d’utiliser des combustibles que l’on menait au tas de cendres, et réduisent dans une certaine mesure les frais de chauffage.
- Quant aux différentes matières à sécher, elles sont soumises à une température réglable et progressive, conditions indispensables à une bonne fabrication.
- Au sortir de la presse, les creusets sont tous élevés à l’étage supérieur, dans une vaste chambre que sa situation sous toit plafonné, et isolée des étages inférieurs, permet de maintenir à une température de 25 degrés environ. Les creusets y passent environ deux mois, soumis à une dessiccation tranquille, puis descendent à l’un des deux séchoirs immédiatement inférieurs.
- Le sol de la chambre de premier séchage est constitué par des planches jointives, afin de régulariser autant que possible la chauffe et le séchage des creusets humides. Au contraire, dans les autres séchoirs, le sol est à claire-voie, formé d’un lattis de bois permettant le passage de la chaleur (1).
- Des cheminées d’aérage réglables permettent l’évacuation de l’humidité dégagée.
- (1) Certaines usines ont préféré les séchoirs entièrement construits en fer, pour éviter les chances d’incendie.
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- 6° Progrès dans l’utilisation des résidus.
- Les résidus d’usine à zinc sont de deux sortes :
- Les résidus de distillation ;
- La poussière de zinc recueillie dans les étouffoirs.
- Les résidus de distillation, qui renferment notamment du plomb et du zinc, sont généralement traités à une laverie et expédiés ensuite dans les usines à plomb.
- Cette préparation a profité — inutile de le dire — des progrès faits dans la préparation des minerais et l’on peut citer comme exemple la récente laverie des usines de Corphalie ; certaines usines à plomb, comme Overpelt se sont fait une spécialité dans le traitement de ces résidus lavés.
- Les poussières recueillies dans les étouffoirs sont très riches en zinc (minimum 80 0/0, le plus souvent 95 à 98 0/0). Elles sont employées dans l’industrie chimique comme réducteur. Une partie est utilisée comme minerai. Mais ces poussières trouvent en ce moment un nouveau débouché intéressant, dont nous voudrions dire quelques mots: c’est la shérardisation.
- Ce procédé est une véritable cémentation par le zinc. Il a été étudié principalement par Cowper-Cowes et consiste à chauffer à 300 degrés (donc nettement au-dessous du point de fusion du zinc) les objets en fer que l’on veut recouvrir d’une couche de zinc en les entourant de la poudre de zinc. On obtient ainsi de meilleurs résultats qu’avec la galvanisation à chaud et les dépôts électrolytiques.
- On emploie le plus souvent des tambours rotatifs qui sont de manipulation extrêmement aisée. Mais on peut opérer aussi dans des paniers chauffés à 300 degrés.
- On est maître de la couche de zinc soit en faisant varier le temps de contact, soit en diluant la poudre de zinc avec un corps inerte comme la silice. '
- Ce procédé est très économique et parait donner des résultats du plus haut intérêt.
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- 7° Progrès dans l’affinage du zinc brut.
- L’affinage du zinc brut peut se faire par quatre méthodes :
- 1° La liquation ;
- 2° La distillation ;
- 3° L’électrolyse ;
- 4° La filtration des vapeurs.
- La liquation du zinc brut est une opération courante qui se fait parfois encore en cuve, le plus souvent en four réverbère.
- On sait que l’on peut ainsi séparer une partie du cuivre du fer et du plomb contenus dans le métal de premier jet.
- Quoi que l’on fasse, on ne peut enlever ainsi tout le plomb nous en avons expliqué la raison dans notre première communication.
- Il en reste encore 1 à 1,25 0/0.
- Pour obtenir le métal pur que réclament certaines applications, notamment la fabrication des laitons à haute résistance, on opère généralement par de véritables tours de mains. Tout d’abord on sélectionne et les minerais et surtout le métal que l’on tire à certains moments de la distillation (les premières parties étant les plus riches en cadmium, les dernières les plus riches en plomb) ; on prend de plus certaines précautions ; on évite, par exemple, le contact du métal liquide avec le fer, etc. On fait ensuite certaines additions du zinc fondu ; quelques usines emploient l’aluminium.
- Bref chacun a ses recettes qu’il garde avec jalousie et les résultats obtenus ne sont pas toujours satisfaisants.
- La distillation du zinc brut conduit à un produit beaucoup plus constant; mais il y a des entraînements qui donnent encore 0,25 0/0 de plomb. De plus, l’opération est coûteuse, et si on la pratique de façon courante en Amérique, c’est que l’on a des fours chauffés aux gaz naturels.
- La méthode électrolytique qui joue déjà un rôle si important dans l’épuration de certains métaux, notamment du cuivre, du plomb et de l’argent, n’est encore utilisée que sur une faible échelle pour l’obtention du zinc pur, tant la pratique du procédé présente de difficultés.
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- Il est fort difficile d’avoir des renseignements précis sur la question, ces ateliers d’électrolyse étant très fermés.
- Il semble cependant que deux procédés au moins sont industriels, celui de Hopfner employé par la Brunner Mond Company qui est basé sur l’électrolyse d’une solution de chlorure de zinc ; on y produirait chaque jour depuis 1901 environ 3 t de zinc à 99,77 0/0, exempt notamment d’arsenic, et simultanément 9 t de chlorure de chaux.
- Les anodes sont en charbon et les cathodes tournent, ce qui permet d’obtenir un dépôt compact.
- Le procédé Nahnsen qui a été employé aux usines de Lipine, est basé sur toute une série de recherches que l’auteur a publiées depuis 1890, notamment sur la densité de courant nécessaire pour obtenir un dépôt compact et sa variation avec la température.
- L’électrolyte est une solution de sulfate de zinc et de sulfate de potassium contenant 40 à 80 g de sulfate de zinc et 300 à 150 g de sulfate de potassium par litre. Il est maintenu à une température de 50 à 60 degrés. De plus, on ajoute au liquide de la poudre de zinc, laquelle sert à précipiter les impuretés et doit leur être proportionnée. Le courant utilisé est de 120 ampères par mètre carré d’anode, sous un voltage de 0,5 à 1 volt. L’usine qui a fonctionné à Lépine produisait avec 30 ch 500 à 600 kg de zinc par jour. Ce métal était très pur (99,93 0/0 Zn). Cependant, d’après les renseignements fort précis que nous avons sur ce sujet, le procédé aurait été abandonné. En un mot, l’affinage électrolytique du zinc est une opération d’une importance très faible.
- La dernière méthode d’épuration du zinc est toute récente. Elle a été présentée par M. Prim-rose, à la réunion d’octobre 1909 de l’Institute of Metals et est connue sous le nom de procédé Hopkins.
- Elle consiste essentiellement à filtrer les vapeurs qui se produisent dans les creusets des usines à zinc, avant qu’elles pénètrent dans le condenseur. Les vapeurs les plus lourdes sont
- Fig-, 35*.Principe delà Méthode Hopki
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- ainsi arrêtées. C’est donc une opération, pendant l’opération principale elle-même (fig. 34).
- Ce procédé a offert de grandes difficultés dans la mise en pratique; il est cependant utilisé aux usines d’Irvin (Angleterre).
- Dans une plus récente étude (1), M. Bannister indique qu’il s’agit de produits « carbonacés » comme matière filtrante, tandis que dans les indications données par M. Primrose,. il s’agit de matières réfractaires. Ce procédé permettrait d'obtenir :
- 1° Du métal relativement pur (99,86 0/0 contre 98,75 avec un condenseur ordinaire);
- 2° La disparition des vapeurs de zinc en mettant un second filtre à la sortie du condenseur ;
- 3° L’augmentation du rendement en métal.
- Ce procédé peut s’appliquer aux fours ordinaires en apportant seulement un faible changement à la forme du condenseur qui doit être élargie d’un côté. On lui a reproché de créer une pression dans le récipient, ce qui entraînerait une absorption plus grande par le creuset.
- Mais il semble que, si le filtre ne s’obstrue pas rapidement — ce que l’on affirme — il n’y ait pas grand’chose à craindre de ce côté.
- Le procédé Hopkins contribuera sans doute à améliorer le produit direct de la métallurgie du zinc.
- État actuel de la métallurgie du zinc en France.
- Situation des usines.
- Les usines à zinc peuvent se diviser en deux classes :
- Celles qui préparent le zinc brut ;
- Celles qui le transforment et, notamment, le laminent.
- Les premières sont, en France, au nombre de six; ce sont: Les usines de la Vieille-Montagne, à Viviez (Aveyron) ;
- Les usines de la Compagnie Asturienne, à Auby (Nord) ;
- Les usines de Noyelles-Godault (Pas-de-Calais) à la Société des Mines de Malfîdano ;
- Les usines de Mortagne du Nord qui appartiennent à la Compagnie Métallurgique Franco-Belge ;
- (1) histitute of Metals, vol. III, 1910, p. 213.
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- Les usines de Saint-Amand (Nord), qui appartiennent à MM. Bloch et Ci0 ;
- Les usines de Greil (Oise) ;
- On voit que les usines françaises forment deux groupes d’une inégale importance :
- Le groupe du Nord avec quatre usines.
- L’usine de Viviez dans l’Aveyron.
- Cette dernière a trouvé sa raison d’être dans les gisements de calamine et de blende de l’Aveyron, en partie épuisés. Les minerais lui arrivent pour la plus grande partie par Bordeaux.
- Les usines du Nord se sont fondées sans aucun doute, sous l’influence d’une main-d’œuvre spéciale facile à trouver dans le voisinage de la Belgique et la proximité des usines de charbon. Il semble cependant que les créateurs de l’usine de Noyelles-Godault aient cherché, avant tout, un emplacement favorable pour le charbon.
- Quant à l’usine de Greil, elle [utilise surtout comme matières premières les résidus zincifères de l’industrie parisienne.
- Les laminoirs à zinc sont assez, nombreux en France; nous citerons :
- La Vieille-Montagne, à Iiautmonl (Nord), à Peuchot (Aveyron), à Bray (Seine-et-Oise) et à Dangu (Eure).
- La Compagnie Asturienne, à Auby (Nord).
- MM. Bidaut et Cie, à Paris-Grenelle.
- Production des usines françaises.
- Voici d’après la dernière statistique du Ministère des Travaux publics (1909) la production française:
- Départements. Production en tonnes. Nombre d’usines. Fours. Nombre d’ouvriers.
- Aveyron 16 200 1 31 fours silésiens l ;*) 913
- Nord 28 078 3 40 fours. 652
- Pas-de-Calais 5 738 1 12 fours silésiens ?
- 50 016 5 83
- On trouvera, d’ailleurs, tous les détails économiques en fin de ce travail, comme annexe.
- Cl) Il y a là une erreur manifeste. 11 s’agit d’usines qui emploient des fours rhénans.
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- Minerais utilisés en France.
- Les usines de blende ne sont pas très nombreuses en France. Les dernières statistiques de l’industrie minérale donnent les productions suivantes :
- DÉPARTEMENTS MINERAIS PRODUCTION en tonnes
- Ariège . . . Blende et calamine. 6.338
- Gard Blende et calamine. 22.926
- Haute-Garonne Blende. 260
- Lot, . . Blende et calamine. 4.296
- Lozère Blende et calamne. 2.661
- Basses-Pyrénées Blende. 200
- Hautes-Pyrénées Blende. 9.982
- Var Blende. 4.248 .
- Algérie : Alger Calamine et blende. 11.653
- — — Calamine. 61.580
- — Constantine Blende. 4.718
- — ' Oran Calamine et Blende. 3.901
- Total pour la France 50.911
- Total pour l’Algérie 81.852
- Pendant la même année, il a été importé, en France, 120629 t tandis que nous avons exporté 60057 t.
- Les principaux pays importateurs sont: l’Australie, la Tunisie, la Sardaigne et l’Indo-Chine.
- D’ailleurs, nos grandes Sociétés possèdent des gisements importants de minerais de zinc. Il suffit de rappeler la Société des Mines de Malfidano à Berggerru, Iglesias et Sos-Enattos (Sardaigne) et la Vieille-Montagne en Sardaigne, Algérie, Espagne, Allemagne et Belgique.
- Enfin, nous signalerons que les usines de Saint-Amand et de Greil emploient principalement des cendres de galvanisation (écumes qui se forment à la surface des cuves de galvanisation) et
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- les cendres de fonderie de zinc (qui prennent naissance dans la
- refonte des vieux zincs, notamment des toitures. Voici leurs com-
- positions moyennes.
- Cendres Cendres
- de de
- galvanisation. refonte.
- Zn. . . 65 — 95 0/0 55 — 80
- Cl. 0,3 à 1,5 —
- Pb. 3 — 4 5 — 20 (provenant des soudures)
- Fe. 1 2 0,5 — 1
- On notera les quantités de chlore importantes contenues dans les cendres de galvanisation ; il s’ensuit la production notable de vapeurs de chlorure. D’ailleurs, dans l’achat de ces cendres, on ne paie que le zinc diminué d’une quantité de ce métal égale à la quantité de chlore contenu.
- Le lit de fusion dans cette usine est généralement formé de 75 0/0 de cendres et 25 0/0 de minerais, ceux-ci sont le plus souvent des blendes de Carthagène.
- Méthodes de grillage.
- Il n’y a, en France, que deux usines qui grillent elles-mêmes leurs minerais, ce sont Auby et Viviez.
- Elles utilisent des fours à trois soles, qui nécessitent de 10 à 18 0/0 de combustible et dont la capacité de production varie de 2 800 à 3 800 kg.
- Elles font toutes deux de l’acide sulfurique par le procédé des chambres de plomb.
- Les autres usines à zinc font griller leurs minerfiis par les fabricants de produits chimiques, notamment chez Kulhmann à Lille, ou même en Belgique, spécialement à l’usine de Lœken, près Bruxelles.
- Le grillage de la blende entraînant la fabrication de l’acide sulfurique (ou de l’acide sulfureux), on conçoit aisément que toutes les Sociétés qui s’occupent de la métallurgie du zinc ne se lancent pas dans cette voie qui immobilise des capitaux importants.
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- Fours de réduction.
- Les fours belges et rhénans sont employés en France.
- Les premiers sont utilisés :
- P A Auby, dont les fours doubles ont cinq rangées de cornues et un nombre total de deux cents cornues de 30 1 de capacité ;
- 2° A l’usine de Saint-Amand, qui utilise des fours à double face à six rangées de dix creusets.
- Les fours rhénans sont employés :
- 1° A Viviez, où on utilise des fours à trois rangées de cornues, le nombre des creusets étant de 132 ;
- 2Ü A Noyelles-Godault, où l’on trouve huit fours à flammes renversées, genre Stolberg, à trois rangées de creusets d’une capacité de 60 1, le nombre total de creusets étant de 240;
- 3° A l’usine de Mortagne-du-Nord qui possède deux superbes halls contenant chacun six fours à deux faces, chaque four renferme deux cent quarante creusets en tout, disposés en trois rangées;
- 4° A l’usine de Greil, il existe quatre fours accolés chauffés par gazogènes avec inversion, la capacité de production est de 5 à 6 t.
- Au point de vue chauffage, nous trouvons les fours à chauffage direct par grille à Saint-Amand.
- Les fours doubles à chauffage direct avec renversement de flammes à Auby (la récupération se fait par chauffage de chaudières).
- Les fours Stolberg avec récupération par l’air sans inversion à Noyelles-Godault, et enfin, les fours à récupération avec inversion à Mortagne-du-Nord.
- La dépense en combustible de chauffage atteint généralement 120Ü à 1400 kg à la tonne de minerai traité, excepté pour les fours à inversion où elle descend à 1100 kg.
- La température des fours est mesurée dans quelques usines françaises; elle oscille généralement entre 1430 et 1 500, sauf aux usines de Saint-Amand où le four est conduit de jour pour la température de 1200 degrés et de nuit pour 1400 degrés. Ceci à cause des matières premières utilisées, lesquelles renferment beaucoup de zinc métallique.
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- Le lit de fusion est très variable d’une usine à l’autre.
- Il est de 30 0/0 de calamine et de 70 0/0 de blende grillée à Auby; de 25 0/0 de blende grillée et 75 0/0 de cendres à Saint-Àmand ; de 20 0/0 de calamine et 80 0/0 de blende grillée à Mortagne-du-Nord.
- A Noyelles-Godault, on n’emploie que des calamines de Sardaigne calcinées à la mine.
- La composition moyenne des creusets, en France, est la suivante :
- Terre d’Anderne30 0/0, sable quartzeux 30 0/0, silex 20 0/0, et débris de creusets 20 0/0. Dans plusieurs usines on ajoute seulement 10-12 0/0 de débris de creusets et le reste (environ 10 0/0) est formé par du coke qui augmente le pouvoir réfractaire et semble prolonger leur durée.
- On trouvera les renseignements complémentaires sur les dimensions et la durée des creusets dans le tableau suivant.
- Toutes les usines françaises font le chargement à la main.
- Affinage du zinc.
- Le zinc bruf produit par les usines françaises contient de 2 à 3 0/0 de plomb, un peu de fer 0,1 à 0,02 et un peu de cadmium.
- Toutes les usines font le raffinage par liquation soit en cuve, soit en réverbère. On arrive ainsi à 0,90 0/0 de plomb et 0,01 0/0 de fer.
- Il n’y a pas pas d’usine électrolytique en France; le zinc très pur qui est préparé dans notre pays est obtenu au moyen de tours de mains auxquels nous avons déjà fait allusion.
- Bull.
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- Tableau des Garactéristiquesdes Usines Françaises.
- NOMS DES USINES COMPAGNIE ASTURIENNE MM. BLOCH ET C« COMPAGNIE MÉTALLURGIQUE FRANCO-BELGE SOCIÉTÉ DE MALF1DANO SOCIÉTÉ DE LA VIEILLE-MONTAGNE
- à Aubry. à Saint-Amand. à Mortagne. à Noyelles-Godault. à Viviez.
- Capacité de production annuelle. 25 0001 3 0001 20 000 t 12 000 t 20 000 t
- Production journalière réelle . .. 57 t 9 t 50 t 30 t 55 t
- Calamines algériennes, Cendres de fonderie Concentrés d’Australie. Calamine Sardaigne, Algérie. Calamines et blendes
- Minerais utilisés . indo-chinoises. et de galvanisation. Calamine algérienne, grecque de Sardaigne et d’Espagne.
- Blendes tunisiennes et Blendes et sarde.
- australiennes de Carthagène.
- Teneur en zinc après grillage . . 50-55 0/0 • 45 0/0 (?) Blende : 50-55 0/0 ; 40 à 50 0/0 Blende 50-55 0/0 ;
- * Calamine : 40-42 0/0. Calamine 40-45 0/0.
- Fours de grillage A moufles. Néant. Néant. * Néant. A moufles.
- L'it de fusion < |. 30 0/0 calamine ; 25 0/0 blende ; 80 0/0 blende ; , 100 0/0 calamine. Très variable.
- 1 70 0/0 blende. 75 0/0 cendres. 20 0/0 calamine.
- ( Types. . .1 Fours belges à flamme 1 renversée. Fours belges doubles. Fours rhénans doublés à inversion. Fours rhénans doubles, sans inversion. Fours rhénans à récupération.
- Fours de réduction. < Nombre. . < 18 10 12 12 31
- ( Disposition 1 5 rangées de 20 cornues par face. 6 rangées de 10 cornues par face. 3 rangées de 40 creusets par face. 3 rangées de 40 creusets par face. 44 creusets.
- f Hauteur . . . mm. 1300 1400 1000 — 1 450 et 1 300. 1500 1200
- Creusets, j Largeur. .... mm. 170-' 280 190 250 190
- (Longueur. . . mm. 170 240 ' 280 350 190
- Condenseurs. . . . . • ... • . • Coniques. Coniques. Bottes. Bottes. Bottes.
- Durée des creusets en jours. . . 35 30 25 30 30
- Nombre de tirage de zinc par jour. 2 4 1 1 1
- Par tonne i Charbon de chauffe. 1400 1400 1100 1200 1450
- de minerai ( Charbon de rèducton. 400 Très variable. 400 400 400
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- II
- PROGRÈS DE LA MÉTALLURGIE DE L’ÉTAIN SON ÉTAT AGTUEL EN FRANCE
- Méthodes de la métallurgie de l’étain.
- La métallurgie de l’étain est, en principe et même en pratique, extrêmement simple. Le seul minerai d’étain est la oassitérite de formule SnO2. On utilise la réduction de cet oxyde par le carbone, laquelle n’a lieu qu’à une température élevée :
- Sn02+2C = Sn + 2C0. ,
- Cette réduction se fait au four à réverbère d’une façon générale, rarement maintenant au four à cuve (presqu’île de Malacca.)
- Pratiquement, cette opération se complique de la préparation du minerai, du traitement des scories et de raffinage de l’étain brut :
- De la préparation du minerai: cette préparation est nécessitée, non seulement par l'enrichissement, mais aussi par ce fait que l’oxyde d’étain est toujours impur, mélangé de sulfures, arse-niures, oxydes divers.
- Elle est basée sur les faits suivants :
- La cassitérite est de forte densité ; elle est non magnétique, mais certaines impuretés qui l’accompagnent le sont (wolfram).
- Les températures élevées n’ont aucune influence sur sa composition.
- Elle est inattaquée par un grand nombre de réactifs qui permettent d’éliminer ses impuretés.
- Quant à l’affinage du métal, il est basé sur une liquation et une oxydation, celle-ci se faisant par perchage ou par coulée du métal en minces filets à la cuiller.
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- Progrès récents dans la métallurgie de l’étain.
- L’opération qui a fait le plus de progrès dans la métallurgie de l’étain, c’est la préparation du minerai.
- La réduction a subi aussi des perfectionnements importants,
- L’affinage par électrolyse n'a pas pénétré dans l’industrie, l’étain du commerce présentant une pureté suffisante ; mais il est bien entendu, comme nous le verrons plus loin, que cette opération est très aisée. Son utilisation serait indiquée dans le cas d’étain contenant des métaux précieux, ce qui est rare.
- Mais il est une autre question sur laquelle nous aurons à insister, car elle prend une importance considérable de tous les côtés, même en France : nous faisons allusion au désétamage des déchets de fer-blanc.
- Progrès dans la préparation de la cassitérite.
- La préparation, de la cassitérite a fait des progrès importants sous trois rapports :
- 1° Au point de vue broyage, on emploie de plus en plus les bocards californiens et surtout les pilons pneumatiques Husband.
- On sait que dans cet outil (fig. 35), la flèche G est reliée à un piston E qui se déplace dans le cylindre D, guidé par les glissières G et G' et entraîné par l’axe A et la pièce B ; ce piston comprime l’air en dessus ou au-dessous de lui.
- On produit ainsi un amortissement qui permet de diminuer l’usure des pièces métalliques et d’augmenter le rendement des appareils.
- A Dolcoath, ces bocards donnent un rendement supérieur à celui des pilons californiens (1) ;
- (1) Walker: Engin, and MinJourn. 1907, LXXXIII, p. 708
- Pilon Husband.
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- 2° Au point de vue lavage, le traitement de la cassitérite a profité de tous les progrès faits dans cette voie ;
- 3° Au point de vue séparation du wolfram, on a appliqué à la cassitérite les méthodes électromagnétiques qui donnent d’excellents résultats ;
- 4° Enfin, le grillage s’opère toujours dans les fours mécaniques. Ce grillage a pour but de transformer les sulfures, arsé-niures, etc.
- Les fours les plus employés sont ceux de Brunton (fours à sole mobile dons nous avons parlé à propos du plomb) et ceux de Brown, que nous avons décrits à propos du grillage de la blende.
- Nous emprunterons à M. Walker (1) l’un des exemples les plus récents qui aient été donnés de concentration de minerai d’étain. Il s’agit de celui de East Pool en Cornouailles. Sa composition est la suivante :
- Sn O2 ^ 1,1 0/0 ; As = 1,1 0/0 ; W = 0,35 0/0 ; Cu = 0,1 0/0.
- On broie aux bocards on fait passer aux classeurs hydrauliques. On enrichit les sables sur des tables.
- Les concentrés sont grillés pour éliminer l’arsenic que l’on recueille sous forme d’acide arsénieux; un nouveau lavage sur tables donne des concentrés qui renferment :
- Sn O2 = 75 0/0; W = 25 0/0 ; Fe O3 = 0,5 0/0.
- On traite par trieurs magnétiques Whetherill.
- Les sûmes sont traités séparément sur tables, puis passés au Whetherill.
- Progrès dans la réduction.
- On utilise, dans les usines modernes, des fours à réverbère chauffés au gaz avec récupération. Il faut bien noter qu’il ne s’agit pas ici de chambres Siemens entraînant l’inversion, mais bien seulement de récupérateur par contact; les gaz, toujours chargés de poussières, circulent dans de grandes chambres où se trouvent les tuyaux dans lesquels passe l’air de combustion.
- (1) Engin, and Min. Journ., 1907, LXXXI1I, p. 941.
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- Il en est ainsi, d’ailleurs, dans toutes les métallurgies où l’on traite des matières poussiéreuses.
- L’économie est cependant importante. On peut admettre que, dans la métallurgie de l’étain, la consommation de combustible atteint les chiffres suivants :
- Fours à cuves : 100 0/0 de charbon de bois;
- Fours à réverbère à grille : 48 à 60 0/0 de houille;
- Fours à réverbère chauffés au gaz avec récupérateurs : 25-30 0/0 de houille.
- On arrive aussi à diminuer considérablement les pertes que l’on peut estimer à :
- 5 à 6 0/0 dans les fours à cuves;
- 3 à 4 0/0 dans les fours à réverbère à grille ;
- 0,7 à 1,2 0/0 dans les fours à gaz à récupération.
- Ceci provient de ce que, dans ces derniers fours, on est très maître de l’atmosphère que l’on peut rendre réductrice. De plus, il es.t aisé de maintenir dans le four une pression qui empêche les rentrées d’air.
- Dans ces fours à reverbère* à récupération, on place souvent les brûleurs à la partie supérieure, de façon à diriger les flammes directement sur les matières. Ceci est assez courant dans la métallurgie du cuivre surtout.
- Quant aux scories qui se produisent dans le traitement du minerai, elles sont traitées au reverbère, lorsqu’elles contiennent 10-16 0/0 Su. A 5 0/0, elles passent au water-jacket. Les scories sortant du water-jacket doivent contenir moins de 1 0/0 d’étain.
- Enfin, il est un autre point très spécial à la métallurgie de l’étain et qu’il est intéressant de noter : il s’agit des fuites de métal. Etant donné le point de fusion très bas du métal, sa fluidité et sa densité relativement grandes, la sole s’imprègne de métal dans une profondeur extraordinaire. Ceci entraîne évidemment des frais de récupération énorme. Aussi s’est-on préoccupé de la question qui a été résolue de façon élégante à Singapour (1). On a placé sous la sole un véritable bassin que l’on remplit d’eau; la sole étant de faible épaisseur, l’étain qui fuit arrive dans ce bassin et s’y rassemble sous forme de grenailles.
- (1) Tiii Deposits of the World and Tin Smelting de Sydney Fawns (The Mining Journal).
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- Récupération de l’étain des déchets de fer-blanc.
- Le désélamage du fer blanc est, peut-être, l’une des questions métallurgiques qui a fait le plus prendre de brevets. Pour en montrer l’importance, il suffira d’indiquer que la fabrication du fer-blanc consomme le quart de la production de l’étain. Tous les procédés basés sur la refonte des déchets ont échoué, la séparation de l’étain par cette voie étant faite aussi bien que possible par les usines d’étamage.
- En 1876, Kette recommanda d’électrolyser les déchets de fer-blanc dans une dissolution alcaline. En 1882, la maison Golds-chmidt d’Essen reprenait la question par cette voie et la metlait sur pied industriellement. Tels furent les débuts de la question.
- La récupération de l’étain des déchets de fer-blanc se fait actuellement par plusieurs procédés qui peuvent être classés de la façon suivante :
- 1° Récupération de l’étain sous ( Procédé Goldschmidt d’Essen-forme de chlorure. ) sur-Ruhr.
- »
- 2° Récupération de l’étain sous ( Procédé à la soude, forme de métal par électrolyse. ) Procédé aux sulfures alcalins.
- Le procédé au chlore, qui a été étudié par la maison Goldschmidt qui l’a préféré au procédé à la soude, est basé sur l’emploi du chlore sec tel qu’Higgins y avait pensé en 1854. Il se forme du chlorure d’étain anhydre, liquide lourd décrit dès 1605 par Libavius.
- Donc, si, sur des déchets de fer-blanc, on fait passer un courant de chlore, il se forme du chlorure qui se sépare à l’état liquide.
- Les difficultés à surmonter étaient les suivantes :
- 1° Obtenir du chlore à bon compte et facile à transporter;
- 2° Chasser tout le chlorure d’étain formé avant d’enlever les tôles résiduelles, sans quoi leur manipulation est impossible, le bichlorure d’étain réagissant sur la peau et les muqueuses ;
- 3° Eviter l’eau, même pour séparer le chlorure du fer résiduel, car une solution de ce chlorure attaque le fer.
- En 1885, Lambotte, de Bruxelles, fit un premier essai très intéressant en chauffant la cuve contenant les déchets et en chassant les vapeurs de chlorure d’étain par un courant d’air;
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- mais le fer obtenu s’oxydait avec une très grande rapidité, par suite de la formation d’une pellicule de chlorure ferrique.
- Actuellement le procédé Goldschmidt est pratiqué de la façon suivante :
- Les déchets de fer-blanc sont mis en paquets, tout comme ils doivent être utilisés après désétamage pour refonte au four Martin. Ils sont placés dans des paniers et introduits dans de grands cylindres que l’on ferme et où l’on fait passer le chlore. Avant tout, il faut se mettre à l’abri de toute humidilé ainsi que nous l’avons déjà indiqué. Il faut aussi éviter une surélévation de température ; car la formation du chlorure d’étain se fait avec important dégagement de chaleur. Enfin, le chlore est envoyé sous forte pression pour pénétrer dans l’intérieur des paquets métalliques.
- Les dispositions pour évacuer le chlorure et laver les paquets sont tenues secrètes. On obtient du fer à 0,02 0/0 d’étain.
- Procédé au stannate de soude.
- C’est un procédé à anodes solubles, c’est dire que celles-ci sont constituées par les déchets dont on veut récupérer l’étain.
- Ils sont placés dans de vastes paniers en fer. L’électrolyte est formé par une solution de soude à 10-12 0/0 que l’on chauffe à 60-70 degrés centigrades.
- La densité du courant est de 100 ampères par mètre carré ; le voltage varie de 1,5 volt à 2 volts.
- L’étain se dépose sous forme spongieuse ; on le détache de la cathode au moyen d’un racloir ; on le lave soigneusement pour enlever la soude interposée et on le refond.
- Il doit, d’ailleurs, être soumis à un raffinage, car il contient des impuretés, généralement un peu de plomb, (1 à 1,5 0/0). Les installations les plus courantes traitent 9 000 t de déchet en trois cents jours de travail (1); il faut pour cela cinquante cuves de 3 m3 de capacité, où se trouvent trois paniers renfermant chacun 60 kg de déchets ; il faut cinq à sept heures pour les traiter.
- Procédé aux sulfures alcalins.
- Ce procédé proposé, en 1907, par MM. Mennicke et Steiner (Brevet n° 374.116) pour le raffinage électrolytique de l’étain est
- (1) Menniclie Zeit.- für Ekctroch., VIII., p. 315.
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- avantageusement utilisé pour le traitement des déchets de fer-blanc.
- Il découle du procédé Glaus dont voici le principe ; on élec-trolyse (1) l’étain impur dans une solution à 10 0/0 de sulfure de sodium chauffé à 90 volts avec un courant de 50 ampères par mètre carré et sous moins de 0,2 volt.
- L’étain se dépose, à la cathode, tandis que les autres métaux Pb, Sb, Cu, Fe, Bi, Ag, s’accumulent sous forme de sulfure au fond de la cuve.
- Lorsque le voltage est inférieur à 0,2 volt on a successivement les réactions :
- 2 Na2 S -f- Sn = Sn S2 -f- 4 Na et 4 Na + Sn S2 =; 2 Na2S + Sn.
- Mais, si le voltage est supérieur à 0,2 volt, on a :
- Na2 + 2 II2 O — 2 Na OH -f H2.
- Il n’y a pas alors régénération de Na2 S.
- MM. Steiner et Mennicke ont précisé, dans leur brevet, les conditions dans lesquelles il faut opérer industriellement pour avoir de Yétain compact.
- Les cathodes doivent être en étain pur ; sur les autres métaux il se forme des gaz et la tension augmente jusqu’à 2 volts.
- L’électrolyse ne doit contenir aucun métal étranger tel que Fe, Gu Sb, qui se déposeraient avant l’étain. Il faut enlever les boues au fur et à mesure de leur production.
- Oh • ne doit pas faire circuler l’électrolyte ; les cuves sont séparées.
- Enfin, il est nécessaire, pour conserver l’électrolyte et éviter une élévation du voltage, de dissoudre dans le bain, à chaque changement d’anodes, environ 1 0/0 de soufre.
- De nombreux autres procédés ont été proposés, pour traiter les déchets de fer-blanc et les bronzes ; quelques-uns d’entre eux comme le- procédé Campagne (brevet français 361.984 du 13 décembre 1905) sont déjà mis en pratique ou vont être exploités. Mais, il ne nous parait pas possible d’entrer dans le détail de ces opérations métallurgiques secondaires.
- (1) Steineii : Electroch. and Metallurg. Industry, 1902, t. V. p. 309.
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- Etat actuel de la métallurgie de l’étain en France.
- Il faut distinguer :
- Les usines qui traitent les minerais pour la fabrication du métal ;
- Les usines qui laminent le métal ;
- Les usines qui font le désétamage des déchets de fer-blanc.
- 1° Usines traitant le minerai.
- La métallurgie proprement dite de l’étain, en France, prend une certaine extension.
- Jusqu’ici, une seule usine produisait quelques quantités d’étain : c’étaient les Etablissements de M. Hubin, au Havre. Cependant, les dernières statistiques de l’Industrie Minérale n’indiquent aucune production de ce métal en France.
- En 1909, il aurait été extrait 221 de minerai d’étain (département de la Creuse).
- Les importations et exportations relatives au minerai d’étain donneront une idée de l’industrie de l’étain (voir les annexes).
- La Société Electrométallurgique de Dives, dont les usines sont admirablement situées pour recevoir le minerai, ont monté récemment la fabrication métallurgique de l’étain.
- Le minerai employé en France provient généralement de Bolivie. On utilise aussi les crasses de désétamage.
- 2°'Usines de ' laminage.
- Il existe, en France, trois usines faisant le laminage des feuilles d’étain.
- Ce sont : la Compagnie Française des Métaux à Castelsarrasin et à Saint-Denis, et une usine de la Haute-Marne,
- Ces établissements fabriquent le papier d’étain qui est fortement concurrencé depuis peu par la feuille mince d’aluminium.
- 3° Usine de désétamage.
- On peut s’étonner que cette importante industrie du désétamage n’ait pas pris plus d^extension en France. Elle s’est dé-
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- veloppée, en effet, dans un grand nombre de pays, en Allemagne, en Italie, même en Hollande, qui est plus cependant le pays de la fleur que de la métallurgie.
- En France, il n’y a guère actuellement qu’une usine à Lyon qui fasse le désétamage. Elle emploie le procédé au chlore et trouve dans l’industrie de la soie des-débouchés immédiats pour le chlorure d’étain.
- La Société Electrométallurgique de Dives monte actuellement un atelier de désétamage par la méthode aux sulfures alcalins.
- Enfin, il existe en France deux ou trois petites usines qui font la récupération de l’étain des déchets de bronze.
- Il est intéressant de signaler que le dézingage peut se faire de la même façon par le chlore. Une usine se monte actuellement à Loos, près Lille, dans le voisinage des établissements Kuhlmann, pour faire cette opération.
- Mais il est bien certain que le chlorure de zinc n’a pas le même marché que le chlorure d’étain.
- III
- PROGRÈS DE LA MÉTALLURGIE DE L’ANTIMOINE SON ÉTAT ACTUEL EN FRANCE
- Méthodes de la métallurgie de l’antimoine.
- La métallurgie de l’antimoine nous paraissait, il y a quelques années, comme une métallurgie extrêmement simple. Il n’en est rien, et les visites que nous avons faites dans certaines usines du Centre nous ont édifié sur la complication relative des opérations (1).
- Le seul minerai important d’antimoine est la stibine Sb2 S3.
- On peut la traiter par deux des méthodes de voie sèche applicable aux sulfures :
- (1) Rien ne peut mieux indiquer l’importance de la métallurgie de l’antimoine que le livre qui vient d’être écrit, en anglais, par un Chinois : Antimony de Wang (Griffin et Cie).
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- 1° Par grillage oxydant et réduction :
- Sb2S3 + 90 = Sb203 + 3S02,
- Sb203 + C = .2Sb + 3 GO.
- Cette opération présente cette particularité que le grillage oxydant est en même temps volatilisant et que l’on doit s’occuper particulièrement de la condensation de l’oxyde;
- 2° Par précipitation :
- Sb2S3 + 3Fe = 2Sb + 3FeS.
- Il ne semblait pas possible d’utiliser la méthode dite de grillage et réaction qui est, rappelons-le, représentée par les équations :
- 3 MS + 60 = MS + 2M0 + 2S02,
- MS + 2 MO = 3M + SO2,
- parce que le sulfure forme avec l’oxyde d’antimoine un oxy-sulfure et que ces deux corps ne réagissent pas l’un sur l’autre. Nous verrons, cependant, les expériences faites qui paraissent contredire ce principe.
- Rappelons, de suite, que la méthode de précipitation, dite méthode anglaise, n’est utilisée que lorsqu’on dispose de minerais riches. Elle a, d’ailleurs, l’inconvénient de donner un métal plus impur.
- L’opération de fusion du sulfure, pour le séparer de sa gangue, ne se pratique plus que sur une faible échelle, même pour les minerais très riches. Elle n’a, d’ailleurs, subi aucun perfectionnement.
- Progrès récents de la métallurgie de l’antimoine.
- Pour analyser de façon aussi complète que possible les récents progrès de la métallurgie de l’antimoine, nous examinerons d’abord les deux procédés couramment utilisés, puis certaines méthodes proposées ces derniers temps.
- PROGRÈS DANS LE PROCÉDÉ DE GRILLAGE ET DE RÉDUCTION
- Le procédé de grillage et de réduction est le seul utilisé en France et en Italie.
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- Il nous a été donné d’en examiner, en Auvergne, les plus importants perfectionnements.
- Il faut distinguer les progrès effectués :
- 1° Dans le grillage proprement dit;
- 2° Dans la condensation de l’oxyde d’antimoine produit;
- 3° Dans la réduction de l’oxyde en métal.
- Mais il est bon de faire ressortir, de suite, les difficultés que l’on rencontre dans les différentes phases de cette méthode.
- On doit chercher à obtenir l’oxyde Sb203 et non Sb205 ou Sb204, car l’oxyde Sb203 est plus facile à réduire que les autres; il est le seul volatil offrant, par conséquent le minimum de pertes dans la scorie. De plus, le grillage oxydant et volatilisant que l’on fait subir à la stibine n’a pas seulement pour but de produire de l’oxyde devant être réduit, mais aussi la matière première nécessaire à la fabrication d’un grand nombre de produits chimiques à base d’antimoine couramment employés en pharmacie et aussi une peinture qui n’a peut-être pas trouvé, jusqu’ici, les débouchés qu’elle mérite. Or, pour cela, il est nécessaire d’avoir Sbs03 aussi pur que possible à cause de sa couleur et de sa solubilité dans les différents réactifs qui doivent l’amener sous sa forme commerciale définitive.
- Il faut donc oxyder suffisamment pendant le grillage, pour qu’il ne reste pas d’antimoine dans le minerai traité et éviter cependant, même pendant la condensation, une oxydation qui conduise à Sb204 ou Sb206.
- D’autre part, la condensation de l’oxyde Sb203, condensation qui doit être évidemment aussi complète que possible, est fort difficultueuse.
- Enfin, il faut tout naturellement que les scories sortant du four ne contiennent plus d’antimoine; si nous insistons sur ce point, c’est que cette question n’est pas seulement intéressante pour le rendement de l’opération, mais aussi au point de vue de la vente des sous-produits; la plupart des stibines, du moins celles employées en France, sont légèrement aurifères et les résidus du four de grillage ne peuvent être facilement traités pour or que s’ils sont exempts d’antimoine.
- PROGRÈS DANS LE GRILLAGE PROPREMENT DIT
- On peut dire que, actuellement, la presque totalité de la stibine qui est soumise au grillage est transferméé, paT oxyda-
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- tion et volatilisation, en oxyde. On a pratiqué, pendant longtemps, le grillage oxydant en réverbère ou en moufle sans chercher à volatiliser le produit obtenu (Sb204), lequel était ainsi beaucoup plus impur 01). Actuellement, répétons-le, on cherche à obtenir Sb2(F volatil, plus facile à réduire. Pour cela, il faut régler l’arrivée de l’air et obtenir une température élevée qui varie cependant, dans une large mesure, d’une usine à l’autre; on peut admettre 800 à 900 degrés dans certaines fonderies, 1100 à 1 200 degrés dans d’autres. Pour produire ce grillage oxydant et volatilisant, on a proposé des fours rotatifs (Herrenschmidt, 1876), des fours à moufle (Oehme, 1880), des fours à cuve (Herrenschmidt, 1881), les fours à reverbère, etc.
- Mais on peut dire que, seul, le four à cuve est utilisé de façon courante.
- Son dernier et plus important perfectionnement est dû, certainement, à un métallurgiste français, M. Chatillon, qui a beaucoup approfondi la question de l’antimoine. Les usines de Blesle (Haute-Loire), qui lui appartiennent et qu’il a bien voulu nous faire visiter en février dernier, sont la réalisation de tous les brevets qu’il a pris durant ces dernières années et que nous aurons à analyser.
- Les fours de grillage sont constitués par deux fours à cuve qui, à l’usine de Blesle, ont une section de 3m2 et une hauteur utile sur grille de 1,50 m. Ces deux fours sont conjugués. C’est dire qu’ils sont placés dans un massif commun, qu’ils n’ont qu’une même voûte et qu’ils sont rejoints au même conduit de vapeur, ainsi que le représentent nettement les figures 36 à 39, là figure 36 étant la coupe en long AA et BB, la figure 37 la coupe en travers EE et FF, les figures 38 et 39 les coupes CC et DD.
- Ces fours sont de sections rectangulaires. Leur caractéristique consiste en ce que chaque cubilot, a et c, est placé au-dessus d’un autre petit cubilot, b et d, qui reçoit les scories de dégrillage du four supérieur. Ceci pour achever l’épuisement du minerai. De plus, ces scories échauffent l’air qui gagne le cubilot supérieur par les canaux /‘, g, h et », lesquels débouchent à deux niveaüx différents dans le cubilot supérieur en fit fit 9it 9it h\t ^2t rit V
- Chaque cubilot inférieur est muni, sur deux faces, de barreaux de grille très inclinés, k, qui'laissent pénétrer l’air tout en
- (1) Voir : Antimony de Wang, p. 77. '
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- Fig. 36.Coupe AA,BB. Fig. 32. Coupe EE .FF.
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- formant une trémie qui est fermée par un registre, m. Celui-ci permet, en s’ouvant, d’enlever aisément les scories du four qui tombent dans un wagon.
- Une autre caractéristique, très intéressante de ce système de cubilot se trouve à la partie supérieure, le massif mitoyen o des deux fours s’arrête à environ 1 m de la voûte commune. Ce massif est élargi de chaque côté par un encorbellement de briques, p, et constitue ainsi une sole d’environ 4 m de surface; deux autres soles, q et r, sont établies sur les maçonneries de côté, au même niveau que la sole o. Ces soles reçoivent les minerais en poussière chargés par le sommet du four. Ils y entrent en fusion et le sulfure fondu s’écoule, grâce à des pentes aménagées dans le sens voulu, dans les cubilots. Ils traversent alors une certaine couche d’air chaud provenant, comme nous l’avons dit, des cubilots inférieurs. Il y a alors oxydation et volatilisation très rapides, sans qu’il s’ensuive une gêne quelconque dans le grillage du minerai en morceaux chargés directement.
- D’ailleurs, lorsque le minerai déposé sur les soles a été ainsi épuisé, on déverse les résidus agglomérés dans les cubilots.
- Tout récemment, M. Chatillon a ajouté à ses fours un dispositif fort ingénieux de décrassage mécanique.
- Aux usines de Blesle, la capacité de chaque four est de 71 de minerai par vingt-quatre heures; la quantité de coke utilisée est de 2 400 kg par vingt-quatre heures pour les deux fours, ce qui correspond à 17 0/0 environ du minerai. Ce chiffre est incontestablement bas.
- Avant de terminer ce qui a trait au four de grillage proprement dit, il est bon de noter la différence de marche qui existe dans les deux pays, où le procédé par grillage et réduction est employé, en France et en Italie.
- En France, le procédé a donné un rendement bien supérieur à celui obtenu en Italie, les scories qui s’écoulent des fours à cuve ayant sensiblement moins de 1 0/0 d’antimoine; cela est dû certainement à la différence des minerais employés. Ceux utilisés dans notre pays sont siliceux, tandis que les minerais italiens sont calcaires. D’autre part, les fours à cuve employés en Italie sont de hauteur plus grande; la pression de l’air soufflé est plus élevée. Dans ces conditions, étant donné que l’on utilise lé minerai sans addition, les oxydes d’antimoine, se trouvant en présence de chaux, jouent le rôle d’acide et forment des anti-moniates de calcium qui sont entraînés dans la scorie.
- Bull.
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- La solution serait, d’après M. Carbonnelli, dans le mélange, en proportions convenables, des minerais italiens et des minerais français, si la question transport n’était en jeu.
- Il faut, cependant, bien noter que, dans la formation de scories, il serait nécessaire d’éviter la fusibilité, car on doit avant tout redouter l’obstruction de l’arrivée d’air dans les fours. Le mélange déminerai, parfois même de stériles, que l’on fait dans certaines usines, n’a pas d’autre but.
- Progrès dans la condensation.
- C’est assurément dans cette phase de la méthode que nous étudions que se sont faits les progrès les plus importants.
- On a proposé successivement les moyens suivants :
- Chambre de condensation suivie d’un réservoir à eau (Her-renschmidt, 1881);
- Sacs en étoffe (Helmhacher, 1883);
- Ventilateurs avec injection d’eau bouillante (Chatillon, 1881) ;
- Tubes à ailettes (Herrenschmidt, 1903);
- Chambres de filtration avec sacs d’étoffe et dispositions spéciales (Miniere-Fonderie d’antimonie, Societa anonima de Gênes);
- Chambres refroidies par des bacs à eau dont la surface est à l’air libre et chambres traversées par des tuyaux où circule l’air extérieur (Chatillon, 1907).
- Les méthodes actuellement utilisées peuvent se diviser en quatre catégories :
- 1° Appareils de condensation par refroidissement et par diminution de vitesse du courant gazeux.
- Ce sont de grandes chambres avec chicanes, de façon à augmenter le chemin parcouru et diminuer la vitesse du courant;
- 2° Appareils de condensation par refoidissement.
- Ce sont des tuyaux formant jeu d’orgue avec ou sans ailettes (fig. 40) des chambres refroidies par des bacs d’eau, ces bacs formant les toits des chambres et étant constamment maintenus à la température ambiante par renouvellement de l’eau; des chambres traversées de part en part par des petits tuyaux verticaux; l’air extérieur y circule en s’échauffant, monte, formant courant d’air, et vient parfois s’accumuler dans un espace formant étuve au-dessus de la chambre de condensation. Cette étuve peuL être
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- utilisée, par exemple, à la dessiccation de l’oxyde recueilli dans les ventilateurs.
- Nous attirons l’attention sur le point suivant que nous avons observé en visitant les usines de M. Chatillon : on se préoccupe spécialement de n’introduire aucune humidité dans les fours et cela parce que l’acide sulfureux provenant du grillage se transformerait aisément en acide sulfurique, qui détruirait très rapidement les filtres, lorsqu’on en utilise ; pour cela, on dessèche les produits qui doivent passer au four, notamment le coke, et cette opération se fait de la façon la plus simple en laissant
- Fig. 40.
- "Tubeswailettes Rerrenschmidt
- séjourner la matière dans de gros tubes qui traversent à peu près verticalement l’une des chambres de condensation. Ceci ne fait qu’aider au refroidissement;
- 3° Appareils de condensation par eau.
- Ces appareils sont de deux espèces : des schrubbers qui sont parfois disposés en queue de l’installation pour arrêter les dernières traces d’oxyde ou, plus souvent, des ventilateurs avec injection d’eau pulvérisée ou non, bouillante ou à la température ambiante.
- Une telle condensation qui a été en faveur, il y a quelques années, présente le gros inconvénient de nécessiter une dessiccation ultérieure. Aussi est-elle généralement abandonnée, ou du moins n’est-elle qu’accidentellement utilisée, comme nous le dirons plus loin ;
- 4° Appareils de condensation par filtration.
- Ces appareils sont de plus en plus usités et il faut attirer toute l’attention des métallurgistes sur leur vulgarisation.
- Nous avons déjà signalé1 cette question des bag-house, à propos de la métallurgie du plomb. Nous demandons d’y revenir,
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- de façon beaucoup plus complète à propos de l’antimoine et, pour cela, nous allons examiner les différents types d’appareils.
- La disposition qui était jusqu’ici la plus courante était celle du brevet de la Société génoise qui est donnée dans les figures 41 et 42.
- Les gaz sont aspirés par un ventilateur 6 qui est en relation avec le tuyau 7. Celui-ci est en relation avëc l’intérieur d’une série de sacs suspendus dans une chambre où arrivent les gaz.
- Filtres en étoffe C Génoise d‘Antimoine)
- Ceux-ci sont donc appelés de l’extérieur à l’intérieur des sacs et de ce fait se filtrent. Ces sacs sont le plus souvent suspendus au toit de la chambre par des ressorts; on peut venir secouer ces sacs, alors l'oxyde tombe dans les trémies 9 qui se trouvent à la partie inférieure et de là s’ensachent en 40.
- Mais il faut arrêter la marche des fumées pendant le temps où l’on vient secouer les sacs, et, comme le four à cuve est à marche continue, il faut avoir, comme il sera indiqué plus loin,
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- une autre installation où l’on puisse momentanément diriger les gaz à filtrer.
- Mais ces installations ont subi récemment de très grands progrès : on a, tout d’abord, amélioré les tissus composant les sacs; on employait autrefois de la toile, du coton ou de la laine; à l’heure actuelle, malgré la différence de prix, on utilise de plus en plus le filtre en amiante.
- Le dernier cri est le filtre constitué simplement par des toiles en cette matière, toile dont on aurait supprimé la trame, excepté aux deux extrémités; elles sont donc, en somme, constituées par un grand nombre de fils verticaux (dix à quinze en épaisseur), indépendants les uns des autres. C’est, en somme, un filtre sans maille. On a ainsi une matière filtrante, très résistante, d’un très bon rendement, ne s’obstruant jamais. On peut filtrer, par minute et par mètre carré, 15 à 30m3 d’air chargé de poussière, selon la nature et la densité de la poussière à recueillir.
- D’autre part, on a cherché à rendre cette opération de l’enlèvement des poussières filtrées aussi automatique que possible.
- Pour cela, on utilise plusieurs systèmes :
- L’un de ceux les plus couramment employés est du à la maison Fiechter, qui a créé les filtres sans mailles dont nous avons déjà parlé ; chaque filtre est placé dans un réservoir en tôle.
- Les caisses sont placées en ligne, les filtres sont suspendus ; une chaîne sans fin sur laquelle sont placées les cames convenables passe au-dessus de la série des réservoirs.
- Automatiquement l’une des cames ferme l’aspiration; une seconde came agit sur la suspension des filtres, soulève ceux-ci et les laisse retomber; enfin, une troisième came rouvre l’aspiration.
- Cet ensemble agit sur chaque filtre successivement, de telle sorte que ceux-ci sont secoués à des intervalles parfaitement réguliers et que l’ouvrier n’a plus à s’en occuper.
- Dans un modèle plus récent de la même maison, les filtres, au lieu d’être cylindriques, ont une section rectangulaire, un côté étant très allongé par rapport à l’autre. Pour faire tomber la poussière de tels filtres, on ne s’y prend plus du tout de la même façon : le long du filtre se trouvent, en haut et en bas, deux tiges métalliques qui peuvent s’écarter ou se rapprocher de ce filtre et passent à l’extérieur du cylindre en tôle. Ces
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- mouvements peuvent être donnés extérieurement grâce à des cames qui se déplacent toujours par une chaîne sans fin. Comme précédemment, l’aspiration est fermée automatiquement, puis une came écarte les raquettes et les laisse retomber rapidement sur le filtre qui est ainsi battu ; l’aspiration est rendue ensuite de façon aussi simple.
- Une autre méthode que nous avons vue en essai dans une usine à antimoine de la Haute-Loire consiste à souffler de l’air comprimé dans l’intérieur des sacs. Cet air est distribué automatiquement aux différents cylindres, à des intervalles réguliers.
- Nous donnons d’autre part (fig. 4 à 6, PL la très belle installation des usines dé Noyelles-Godault que nous avons sommairement décrite à propos de la métallurgie du plomb, dans notre premier mémoire.
- Enfin, nous indiquerons deux exemples d’ensemble d’appareils pour la condensation d’oxyde d’antimoine : l’un, que nous n’avons pas vu en fonctionnement, a été décrit par M. A. Ile-renschmidt; l’autre est celui des usines de Blesle (Haute-Loire), qui appartiennent à M. Ghatillon.
- Dans le système Herenschmidt (fig. 43), l’oxyde d’antimoine volatisé passe, à la sortie du four à cuve, dans une série de tuyaux à ailettes qui sont placés au-dessus de chambres de condensation ; les gaz sont mis en mouvement par les ventilateurs h et gagnent une tour à coke i dans laquelle est injectée de l’eau en j par l’intermédiaire d’un distributeur oscillant k (fig. 43).
- Voici, d’après Wang (1), les résultats obtenus avec l’ensemble de cet appareil :
- Rendement en métal sous1 forme d’oxyde : jamais inférieur à 90 0/0 du métal contenu dans le minerai ;
- Capacité de traitement par vingt-quatre heures: 4,51 de minerai à 18-20 0/0 Sb avec une consommation de 5-6 0/0 de coke ou 7 -8 0/0 de charbon de bois ;
- Force motrice : 3 ch ;
- Nombre d’ouvriers : 4;
- Température de grillage : 400 degrés maximum (?) ;
- Quantité d’eau par vingt-quatre heures : 30 m3.
- L’usine de Blesle produit environ 5' t d’antimoine par jour. Elle comporte, comme nous Lavons dit, deux fours de grillage
- (i) Anlimony, par Wang, chez Griffui, pages 99 et suivantes.
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- Fig ï3.
- Dispositif d’Derrenschmid.t pour la Condensation de Sb203. •
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- de 3 m2 de section et d’une hauteur utile de 1,50 m; chaque four traite 7 t de minerai par vingt-quatre heures; ces fours sont chargés mécaniquement au moyen de chaînes à godets.
- Nous verrons plus loin comment les flammes de ces fours à cuve sont utilisées pour le chauffage des réverbères à réduction.
- Les condenseurs, qui sont placés après le four de réduction, comprennent :
- 1° Une grande chambre à chicanes, qui est traversée par de gros tuyaux sensiblement verticaux, oû l’on dessèche le coke ;
- 2° Une série de tuyaux verticaux de gros diamètre ;
- 3° Un échangeur de chaleur, constitué, comme nous l’avons dit, par une chambre traversée par des petits tubes verticaux ;
- 4° Une chambre avec toit formant réservoir d’eau ; '
- 5° Des sacs en flanelle qui se répartissent entre deux systèmes; le nombre total de sacs est de 100 représentant une surface filtrante de 600 m2 pour 6 à 7 t de Sb203 par vingt-quatre heures.
- L’ancien système est constitué par des sacs suspendus à des ressorts.
- On est conduit à les secouer à la main.
- Un système allemand actuellement à l’essai comprend cinq cylindres en tôle avec huit sacs de flanelle dans chaque cylindre.
- Ils sont secoués à tour de rôle toutes les dix minutes par admission d’air.
- Lorsque l’ancien système de filtres était seul en fonctionnement il fallait, au moment où l’on secouait les sacs, dériver le courant gazeux sur une autre installation : on mettait alors en marche deux ventilateurs à injection d’eau; cela se passait toutes les deux heures.
- En résumé, à l’usine de Blesle, qui représente assurément la plus intéressante, la plus moderne des usines qu’il nous ait été donné de visiter, la condensation se fait dans des chambres, des échangeurs et des filtres ; l’eau n’intervient — et ceci est particulièrement à remarquer— que d’une façon tout à fait accidentelle.
- Nous avons noté, spécialement, la tenue remarquable de cette usine de Blesle, où tout l’oxyde condensé est transporté par vis sans fin et rassemblé en un seul réservoir.
- On y produit 6 à 7 t de Sb203 par vingt-quatre heures avec vingt ouvriers et un contremaître; la force, qui est donnée par une chute d’eau, est de 160 ch et, fait extrêmement rare, les
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- famées des cheminées n’accusent qu’une perte extrêmement faible. Dans cette région de la Haute-Loire, la comparaison est facile.
- Progrès dans la réduction de l’oxyde.
- La réduction de l’oxyde d’antimoine par le carbone se fait, le plus souvent, en four réverbère, mais avec des précautions spéciales pour éviter la volatilisation.
- . Ces précautions consistent à ajouter des sels de potasse ou de soude qui, en fondant, viennent surnager et former un véritable verre protecteur.
- De plus, ces additions peuvent retenir certaines impuretés.
- L’inconvénient de ce procédé sont les pertes qui peuvent atteindre jusqu’à 30 à 40 0/0.
- Un progrès certain, un autre assez douteux encore, ont été faits dans cette opération :
- Le premier consiste à chauffer le four à réverbère par les flammes du four à cuve ; nous avons vu ce système utilisé à l’usine de la Société Franco-Italienne, à Brioude, et à l’usine de M. Chatillon, à Blesle.
- Il est bien évident que l’on obtient ainsi une économie importante de charbon.
- La dépense de combustible pour obtenir de l’antimoine à 99,5 0/0, exempt d’arsenic, consomme 1 kg de charbon par kilogramme de régule obtenu.
- Le métal à 98,5-99 0/0 peut s’obtenir avec une dépense de 0,750 à 0,800 kg par kilogramme de métal.
- Mais il y a une difficulté qu’il faut bien noter : le four à réverbère étant traversé par les gaz du four à cuve, tout l’oxyde produit dans ce dernier passe dans ce four avant d’arriver aux appareils de condensation. Il s’ensuit une tendance à l’oxydation qui doit être évitée, ainsi que nous l’avons expliqué.
- Pour remédier à ce grave ennui, M. Chatillon a eu l’idée de faire passer dans ce four des gaz de gazogène qui agissent tout d’abord pour maintenir l’atmosphère réductrice et qui, d’autre part, interviennent dans la réduction de l’oxyde. Nous ne croyons pas que, dans l’état actuel de la question, on puisse se prononcer sur l’efficacité de cette ingénieuse méthode.
- A l’usine de Brioude, à la Société Franco-Italienne, le four à
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- réverbère à sole unique produit 3 1 d’antimoine par vingt-quatre heures ; la quantité de charbon de bois intervenant dans la réduction varie de 8 à 15 0/0.
- A Blesle, le four à réverbère est divisé, en quelque sorte, en cinq compartiments séparés par un autel ; chaque sole a les dimensions de 2 mXl,80 m et reçoit, par vingt-quatre heures, deux charges de 800 kg; la qcantité de charbon de bois ajoutée à la charge est de 10 0/0.
- Un de ces fours fonctionne seulement en vue de la préparation de la scorie spéciale pour l’étoilage : on sait que l’antimoine du commerce ne se vend que recouvert de cristallisations ; cela n’a d’ailleurs, aucun rapport avec sa pureté, d’après ce que l’on nous a dit; il ne s’agit donc que d’une habitude commerciale, rien de plus.
- Cette cristallisation superficielle s’obtient en diminuant la vitesse de refroidissement de la surface; pour cela on coule sur le lingot une scorie spéciale qui le protège. On brise la scorie après refroidissement et l’on a ces cristaux en forme de fougère qui sont bien connus.
- D’après Wang, la préparation de ce flux, est la suivante :
- Trois parties de potasse et deux parties de sulfure d’antimoine.
- Voici, d’ailleurs les résultats obtenus sur échantillons provenant d’un ensemble d’opérations réalisées dans une usine de la Haute-Loire :
- Sb Fe As S- Pb Bi Cu> SiO2
- Minerai sulfuré très riche. 71,51 0,13 0,096 28,14 traces 0 0 —
- Minerai courant .... 60,81 0,17 0,077 25,23 traces 0 0 13,66
- Antimoine métallique. . 99,61 0,21 0,18 0 0 0 0 —
- Oxyde d’antimoine . . . 82.96 traces 0,03 0 0 0 0 0
- Le rendement du procédé par grillage et réduction peut être estimé comme suit :
- Rendement du grillage,, 88 à 90 0/0 ;
- Rendement de la, réduction, 90 à 95 0/0 ;
- Rendement total, 80 à 85 0/0.
- La quantité de combustible consommée est de :
- 20‘ 0/0 du minerai dans le grillage ;
- 10 0 0* de l’oxyde pour la réduction au réverbère et 1 kg par kilogramme de métal pour le chauffage de ce réverbère.
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- Progrès dans le procédé de précipitation.
- Nous avons dit que ce procédé est essentiellement basé sur la précipitation de r'antimoine par le fer métallique et qu’il ne s’applique qu’aux minerais riches.
- Il est spécialement utilisé en Angleterre, d’où son nom de procédé anglais.
- Il existe, d’après Ingalls (1), deux façons de le pratiquer :
- Le procédé dit continu consiste à fondre un bain de sulfure de fer sur la sole d’un réverbère, à y ajouter la stibine, à mélanger intimement le bain de sulfure et à faire ensuite une addition de fer sous forme de tournures.
- L’antimoine se rassemble aisément et on le coule. Quant au sulfure de fer, il retient en partie les métaux précieux et on ne l’extrait du four que de temps à autre. Souvent on utilise la marche en bottoms.
- Dans l’autre méthode, le minerai est broyé et placé dans un creuset après addition de tournures de fer et environ 10. 0/0 de sel marin.
- On fait ainsi en douze heures quatre fusions d’environ 20 à 25 kg ; le métal obtenu renferme 7 0/0 de fèr, 1 0/0 de soufre. Il est refondu en creuset avec du sulfure d’antimoine. On arrive ainsi à un métal contenant 99,5 0/0 d’antimoine, 0,2 0/0 de fer et 0.16 0/0 de soufre si le minerai est pur. On a soin de couler la scorie en même temps que le métal, pour produire l’étoilage en surface.
- D’après Iiavard (2), les frais de traitement par la méthode anglaise de. fusion sut bain de sulfure varient, de 250 à 312 f par tonne de régule affiné’, tandis que la méthode française conduirait à 200 f, en partant d’un minerai à 50 0/0 de Sb>.
- En résumé, la méthode ne s’applique qu’aux minerais riches ou en menus (3) ; elle a l’inconvénient de fournir un métal impur, si le minerai contient des produits comme la galène, etc., dont les métaux sont aussi précipités par le fer..
- (1) Minerai Industry, 1910.
- (2) Engin, and Min. Journ., 1906'.
- (3} On. a bien cherché; à agglomérer les. menus* pour- les traites au. four à.cuver, jiis-qu’ici les résultats obtenus n’ont pas été intéressants, sans doute: parce, que. les additions nécessaires forment fondants, ce qui, nous l’avons dit, est un inconvénient.
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- Autres procédés.
- On a proposé différents autres procédés pour extraire l’antimoine de la stibine ; mais nous ignorons s’ils ont été Suivis, d’applications industrielles.
- Nous citerons, cependant, le procédé de M. Germot, administrateur de la Société « Le Stibium » dont l’usine, qui est située à Brioude, nous a été fermée. D’après le brevet, le minerai est fondu dans un convertisseur où l’on souffle de l’air. Il s’ensuivrait une combustion du soufre et la production de l’antimoine métallique.
- Ceci paraît supposer que l’oxyde peut réagir sur le sulfure pour donner naissance à du métal et est contraire à la théorie généralement admise de la formation d’oxysulfure. Cependant, M. Germot, nous a montré un culot d’antimoine surmonté de sulfure, qui a été obtenu par le procédé.
- Quant aux méthodes par voie humide, elles ont donné naissance à un nombre de brevets véritablement extraordinaire, nous n’en connaissons pas qui soit employée couramment pour l’obtention du métal; certaines sont utilisées pour la préparation des oxydes ou sulfures (vermillon d’antimoine).
- État actuel de la métallurgie de l’antimoine en France.
- Il nous paraît nécessaire de faire ressortir de suite le rôle important que joue notre pays dans la métallurgie de l’antimoine et cela surprendra peut-être bien des personnes qui n’ont pas approché ces questions, de savoir que la France fait, à elle seule, le quart et que les mines de la Lucette préparent environ le huitième de la production mondiale.
- Voici, en. effet, quelques chiffres à ce sujet (voir, pour complément les annexes économiques) :
- En 1909, la production française en antimoine (régule, oxyde et sulfure) a été de B 444 t dont 3 511 de métal, tandis que la production totale a été évaluée pendant la même année à 22 4031, dont 1 400 pour la Hongrie, 59 pour l’Italie, 3 000 pour les États-
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- Unis, 4 000 pour le Mexique, 200 pour le Japon et 8300 pour la Chine.
- Il est bien certain que l’antimoine est un métal secondaire que l’on n’utilise qu’à l’état d’alliage ou de composés ; à l’état pur, il est d’une fragilité que tout le monde connaît. Peut-être n’est-il pas inutile de rappeler en quelques mots ses débouchés :
- 1° A l’état d’alliages dont les principaux sont :
- Les antifrictions (plomb - étain - antimoine, plomb - cuivre-antimoine, zinc-étain-antimoine) ;
- Le métal anglais (étain-antimoine) ;
- Les alliages plomb-antimoine (balles, plaques d’accumulateurs, coussinets) ;
- 2° A l’état d’oxydes, en peinture, dans la fabrication des émaux;
- 3° A l’état de trisulfure (vermillon d’antimoine) en peinture, en pyrotechnie, et à l’état de pentasulfure dans la vulcanisation du caoutchouc ;
- 4° A l’état de trichlorure pour bronzer le fer ;
- 5° A l’état de sels très divers en médecine (émétique, etc.)
- Les centres de la production française sont au nombre de trois :
- 1° La Société Nouvelle des Mines de la Lucette près de Laval (Mayenne) ;
- 2° Les usines de la Haute-Loire et du Cantal qui sont :
- Les usines de M. Ghatillon, a Blesle;
- Celles de la Société Franco-Italienne d’Antimoine, à Brioude (cette usine se fermait en mars dernier) et à Massiac ;
- Celles de la Société d’Antimoine de Brioude ;
- L’usine de la Société « Le Stibium », à Brioude;
- Une autre usine à Blesle ;
- Une usine au Collet de Dèze (Cantal).
- 3° Les usines de la Roche-Tréjoux, situées en Vendée, dont la production n’est pas indiquée dans les statistiques de l’industrie minérale.
- Il n’est peut-être pas sans intérêt de noter que les usines de Bouc et Septême dont il est question dans tous les traités de métallurgie, même celui de Wang, n’existent plus depuis plus de cinquante ans ; celles d’Alais et de Malbosc (Ardèche) dont on parle souvent, sont arrêtées.
- Toutes les usines en activité utilisent la même méthode de grillage volatilisant et de réduction. Il est à remarquer cepen-
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- dant que les usines de la Lucette ont monté aussi le procédé anglais, mais il ne fonctionne pas de façon continue.
- Nous venons d’étudier ces méthodes et ne voyons aucun nouveau détail à indiquer, si ce n’est quelques mots sur les appareils de la Lucette :
- Ces usines possèdent huit fours de grillage volatilisant, les appareils de condensation sont constitués par de grandes chambres et des ventilateurs à injection d’eau, l’installation se terminant par des schruhbers avec bassins de décantation ; la réduction se fait dans quatre fours chauffés de façon indépendante. La capacité de production est de 3 600 t d’oxyde d’antimoine et de 1 800 t de métal par mois.
- IV.
- PROGRÈS DE LA MÉTALLURGIE DU BISMUTH SON ÉTAT ACTUEL EN FRANCE
- La métallurgie du bismuth est une des moins connues et des moins enseignées, et, cependant, elle est à ce dernier point de vue particulièrement intéressante.
- En effet, le bismuth se présente dans la nature à l’état de combinaisons diverses qui fait que le métallurgiste utilise, comme nous le verrons, les méthodes les plus variées et cependant les plus classiques pour l’extraire.
- Si le bismuth occupe relativement peu le métallurgiste, c’est évidemment que sa production et sa consommation sont restreintes. En dehors de son rôle modeste en médecine et en parfumerie, sous forme de sous-nitrate ou carbonate, le bismuth qui fond à 269 degrés n’entre que dans quelques alliages dont le point de fusion est particulièrement bas.
- Nous citerons Paillage de Darcet qui est composé de :
- Pb = 25 . Sn — 25 Bi = oO.
- Il fond à 94 degrés, se dilate régulièrement de 32 à 9o degrés, puis se contracte jusqu’à 131 degrés et à cette température son volume est moindre qu’à 32 degrés. De 131 à 174 degrés, il se
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- dilate ; au delà de 174 degrés, il se dilate normalement (Recherches de Erman).
- L’alliage de Newton est composé de : Bi = 50, Pb = 31, Sn = 19 et fond à 94 degrés.
- L’alliage de Lipowitz contient : Bi = 50, Gd = 10, Pb = 26,7, Sn = 13,3 et fond à 70 degrés.
- Ils sont utilisés comme soupapes de sûreté, comme bain de trempe et parfois comme caractères d’imprimerie.
- Rappelons aussi que le bismuth jouit de plusieurs propriétés typiques :
- La densité du métal solide est moins élevée que celle du métal liquide ; c’est de tous les métaux le plus diamagnétique.
- Le bismuth se trouve dans la nature :
- 1° Sous forme de métal natif (Saxe, Bolivie, et autrefois en Cornouailles) ;
- 2° Sous forme de sulfure, Bi2S3 (Saxe, Bolivie et autrefois à Meymac (Corrèze) ;
- 3° Sous forme d’oxyde, Bi203 (autrefois en Bohême et en Cornouailles) ;
- 4° Sous forme de carbonate (en Bolivie et autrefois à Meymac).
- On a appliqué à ces différents minerais les méthodes classiques que nous rappellerons très brièvement.
- Traitement des principaux minerais de bismuth.
- 1° Métal natif: fusion par simple liquation (extraction incomplète, méthode généralement abandonnée) ou fusion complète avec scorification de la gangue.
- (En fours à creusets avec addition convenable pour avoir une scorie fluide et décomposer, s’il y a lieu les sulfures et oxydes qui accompagnent le métal ; d’où addition de charbon ou de fer.)
- 2° Sulfure : deux méthodes, grillage et réduction ou précipitation par le fer. On utilise le plus souvent le four réverbère, rarement, le creuset, jamais le four à cuve qui donne des pertes et une usure très grande du revêtement.
- Le grillage se fait à température relativement basse, 700 degrés dans un réverbère à sole plate; la réduction, qui n’exige que 3 à 5 0/0 de charbon, se fait dans un autre four à réverbère à sole plus creuse. On a soin d’ajouter des fondants, sels de soude et de calcium, qui protègent le métal pendant sa formation. Si
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- le minerai primitif contient des sulfures autres que celui de bismuth, ils ont pu subsister après grillage ; ils forment alors une matte qui se sépare aisément du métal, mais qui peut retenir une certaine quantité de bismuth ; on retraite ces mattes à part, par grillage et réduction. Il est à noter que l’on ne peut guère éviter cette formation de matte ; car dans le grillage, il se forme du sulfate de bismuth qui n’est pas détruit et ce sulfate est réduit par le carbone dans l’opération subséquente.
- D’ailleurs, beaucoup de minerais actuellement traités renferment du cuivre en quantité notable et l’on peut dire q’il y a peu de temps les minerais purs et à haute teneur étaient seuls achetés, tandis que maintenant on utilise couramment des minerais à 10 0/0 de bismuth avec 10 à 20 0/0 de cuivre.
- 3° Oxyde ou carbonate : traitement par voie sèche (réduction par le carbone) très rarement utilisé ; au contraire, la méthode par voie humide qui a été indiquée par M. Adolphe Carnot a été utilisée à Meymac ; on fait un épuisement méthodique du minerai» par l’acide chlorhydrique ; on précipite par le fer ; on obtient un bismuth pulvérulent que l’on lave, que l’on dessèche avec soin et que l’on refond dans des creusets sous une couche de charbon.
- Nous n’avons fait que rappeler les méthodes utilisées dans la métallurgie du bismuth. Les renseignements qui nous ont été donnés de différents côtés ne nous ont point indiqué de progrès sensibles dans cette métallurgie qui n’a été incitée à des recherches, ni par la concurrence, ni par la préoccupation d’une augmentation de production.
- Il faut cependant signaler que plusieurs usines utilisent le raffinage électrolytique, lequel permet de recueillir aisément les métaux précieux.
- . j i j i
- Etat actuel de la métallurgie du bismuth en France.
- Actuellement, les minerais de bismuth qui alimentent le monde entier sont ceux de Bolivie, du Mexique, des Etats-Unis et d’Australie (Queensland), les premiers ayant beaucoup plus d’importance. Les minerais de Saxe et d’Espagne ne produisent plus qu’en faible quantité, les mines de Meymac et celles d’Angleterre sont fermées.
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- D’ailleurs, il existe un trust auquel échappent les Etats-Unis. Les principaux fondeurs et ralïineurs de bismuth sont MM. Johnson, Matlhey and G0 de Londres, le* usines royales de Freiberg et d’Oberschlema en Saxe, enfin, les usines Deutsche Gold und Sibberscheianstalt de Francfort.
- Le bismuth, qui pénètre en France, est vendu sous deux formes: le bismuth de Bolivie et le bismuth d’Australie, mais tout provient d’Angleterre, à part ce que produit la seule usine qui existe dans notre pays.
- Quelques usines d’affinage de Hambourg envoient aussi un peu de bismuth en France.
- On peut estimer que dans notre pays la consommation du bismuth s’élève à 40 t environ dont b à 7 à l’état de métal pour la fabrication des alliages fusibles.
- Y
- PROGRÈS DE LA MÉTALLURGIE DU NICKEL SON ÉTAT ACTUEL EN FRANGE
- La métallurgie du nickel est une métallurgie relativement récente, qui a dû principalement son extension à la fabrication des aciers spéciaux.
- Elle mérite qu’on s’y arrête perticulièrement pour préciser ses méthodes, pour montrer les grands progrès qu'elle a faits et indiquer ses tendances actuelles qui, au moins au Canada, sont fort curieuses.
- Cette étude sera d’autant plus nécessaire que peu de mémoires ont. paru sur la question et que les ouvrages de métallurgie les plus récents la traitent d’une façon fort sommaire, voir même parfois erronée.
- Pour être aussi complet que possible nous examinerons successivement, les minerais de nickel, les méthodes utilisées dans la métallurgie en étudiant le traitement de la garniérite, celui des minerais canadiens et en indiquant pour chaque opération les progrès récents. Nous examinerons ensuite la métallurgie du nickel au point de vue économique.
- Buli..
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- Minerais de nickel.
- *
- Les principaux minerais de nickel, dont les métallurgistes tirent parti, sont :
- 1° La garniérite, silicate double hydraté de nickel et de magnésie, découvert en 1865, par Garnier, dans la Nouvelle-Calédonie ;
- 2° Les fers sulfurés nickelifères et cuprifères du Canada (Ontario) ;
- 3° Les arséniures de nickel et de cobalt du Canada (District de Cobalt).
- Garniérite.
- On peut dire que la découverte de la garniérite a été le point de départ réel de la métallurgie du nickel ; jusque-là, la Saxe, la Hongrie, la Suède, le Piémont et la Pensylvanie fournissaient la consommation mondiale, à peine quelques centaines de tonnes (1).
- De 1865, époque de leur découverte, à 1874, ces minerais demeurèrent des échantillons minéralogiques ; leur exportation ne commença qu’en 1875, et elle eut lieu, tout de suite, vers le Havre.
- Ce minerai contient de 5 à 18 0/0 de nickel, 5 à 10 0/0 MgO; 40 à 50 0/0 SiO2 ; 5 à 15 0/0 de Fe20:i.
- Les minerais vendus renferment au moins 61/20/0 de nickel après dessiccation à 100 degrés (de 5, 25 à 5,50; 0/0 avant dessiccation), les expéditions qui sont faites à 60/0 sont très rares; cela n’est nullement dû, disons-le tout de suite;, à ce que l’on ne puisse pas traiter des minerais à un pourcentage moins élevé en nickel ; mais bien aux frais de transport trop élevés. Sur place nous verrons qu’on a utilisé et qu’on utilise, sans doute, maintenant des minerais à plus faible teneur, 2,5 à 5 0/0. Il faut bien noter, en effet, que le fret s’élève à 30 ou 40 f par tonne et qu’il faut encore ajouter à ce prix une assurance de 30/0 ad valorem.
- Il n’est donc pas étonnant que deux usines européennes aient repris, une idée déjà mise en exécution, mais qui avait échoué,
- (1) Les Richesses Minérales de la Nouvelle-Calédonie, par M. Classer. (Annales des Mmes, 1903).
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- comme nous le verrons : la fabriration des mattes sur place, afin de diminuer les frais de transport.
- Voici, d’ailleurs, d’après M. Glasser, l’analyse moyenne des minerais expédiés en Europe, vers 1903 :
- Silice..................
- Magnésie................
- Chaux..............' . .
- Alumine.......... . .
- Sesquioxyde de fer . . .
- Oxyde de nickel..........
- Oxyde de cobalt.........
- Oxyde de manganèse. . .
- Sesquioxyde de chrome . Eau combinée............
- 42
- 22
- 0,1
- 1
- 15
- 9 (actuellement 6,5 0/0). 0,15 0J traces.
- 10
- Minerais du Canada.
- Le Canada a commencé à produire du nickel en 1889. A cette époque, la Nouvelle-Calédonie produisait une quantité de minerai correspondant à 1381 t de métal; les Etats-Unis 99 t de métal, et les autres pays à eux tous 88 t.
- Cette même année, le Canada en donna 310 t.
- Le tableau suivant donne, d’ailleurs, la comparaison :
- Quantité de nickel produite avec les différents minerais (en tonnes).
- 1889 1895 1901 1909
- Nouvelle-Calédonie. 1.381 2.548 6.202 4.300
- Canada ............ 310 1.764 4.032 9.800
- Etats-Unis. ... 99 5 3 —
- Autres pays .... 88 17 164 —
- 1.878 4.334 10.401 14.100
- On voit donc que, notre colonie n’est plus la principale productrice du minerai de nickel, au contraire, de ce que l’on pense généralement.
- Vers 1885, d’ailleurs, une lutte extraordinaire s’engagea entre le Canada et les Sociétés qui utilisaient les minerais calédoniens ; au cours de cette lutte, le prix du nickel tomba à 2,40 f le kilo-
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- gramme ; les mines de Nouvelle-Calédonie furent fermées, et pendant cinq ans, la Société « Le Nickel » ne distribua aucun dividende.
- Le minerai canadien est un sulfure magnétique de fer nické-lifère et cuprifère, dont les gisements se trouvent à Sudburg, dans l’Ontario.
- En 1890, la quantité reconnue de minerais était de 650 millions de tonnes. La teneur en cuivre et en nickel est extrêmement variable ; parfois le cuivre atteint uu pourcentage très élevé ; la moyenne des minerais traités donne 2 à 4 de nickel et 2,5 à 5 de cuivre.
- Il est bon d’ajouter, qu’ils présentent des irrégularités extraordinaires dans un même gisement. C’est ainsi qu’a Copper Cliff, d’une année à l’autre, la moyenne a varié de 4,65 0/0 de cuivre et 4,46 0/0 de nickel à 7,81 0/0 de cuivre et 2,37 0/0 de nickel. D’un gisement à l’autre, les différences sont plus grandes encore : la mine de Creighton, par exemple, donne 5 0/0 de nickel et 2 0/0 de cuivre.
- Arséniures.
- Il a été découvert, en 1903, au Canada, des gisements très importants d’arséniures de cobalt et de nickel qui sont très riches en argent. Nous verrons plus loin que leur traitement n’est pas sans présenter quelques difficultés.
- Traitement de la garniérite.
- Méthode ancienne .
- Lorsqu’on a commencé l’exploitation de la garniérite, on a préparé au haut fourneau une fonte nickelifère avec addition de chaux.
- Cette fonte renfermait 2 à 3,5 0/0 de carbone, 20 à 35 0/0 de fer et 60 à 75 0/0 de nickel, avec de nombreuses impuretés notamment du silicium %et du soufre, ce dernier provenant du coke. Cette fonte préparée à Nouméa, était expédiée en Europe, pour être raffinée. Elle a été traitée notamment aux usines de Septême, près de Marseille. On l’affinait par oxydation au four Martin. Mais quelles que fussent les précautions prises, le nickel
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- obtenu renfermait toujours du fer et du soufre qui en réduisaient singulièrement les débouchés.
- L’usine de Nouméa fonctionna de 1879 à 1885, elle exporta plus de 4 000 t de fonte de nickel ; ses fours ne furent éteints que parce qu’il y avait surproduction et que les stocks augmentaient rapidement.
- Méthode actuelle,
- La méthode actuelle comporte les phases suivantes :
- 1° Fusion pour mattes, faites en ajoutant au lit de fusion des matières sulfureuses, généralement du sulfate de chaux additionné de charbon que l’on préfère aux charrées de soude plus impures (1);
- 2° Grillage et concentration de cette matte s’il est nécessaire*
- Ce cas se présente très rarement (usine de Frankestein), comme nous le verrons ;
- 3° Raffinage ou plus exactement « déferrage» de la matte au convertisseur;
- 4° Grillage à mort de la matte, opération qui se fait généralement en deux temps ;
- 5° Réduction de l’oxyde ainsi obtenu et additionné des matières organiques, telles que la farine, en portant le mélange à une température inférieure à celle de fusion du métal ;
- 6° On obtient ainsi le métal en cubes ou cylindres que des usines spéciales raffinent, lorsqu’il, en est besoin.
- Nous passerons successivement en revue chacune des phases de ce traitement et nous examinerons les progrès.
- 1° Fusion pour matte première.
- Cette fusion a toujours lieu en water-jacket, avec matières préalablement briquetées.
- Ces briquettes pèsent généralement 4 kg, elles sont obtenues dans des presses du type utilisé pour la fabrication des briques d’argile en pâte sèche.
- Le mélange à briqueter est constitué par le minerai auquel on a ajouté 10 0/0 de gypse ou 8 0/0 d’anhydrite et 20 0/0 de cal-
- (1) D’ailleurs, l’importance des charrées de soude, sous-produit du procédé Leblanc, va sans cesse en diminuant.
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- caire. Ce calcaire est parfois (usines de Fraukestein, en Silésie) remplacé par des résidus sucrés de carbonisation. Bien entendu, ce mélange est fait avec le plus grand soin par des concasseurs, cylindres broyeurs, trommeis, vis sans fin, etc.
- Ces briquettes sont chargées au water-jacket en lit alternant avec le coke.
- Les water-jackets utilisés actuellement ont profité évidemment des progrès de construction apportés à ceux utilisés dans les métallurgies du cuivre et du plomb. Ils sont souvent plus haut que ceux utilisés dans le traitement du minerai canadien. Cela provient de ce que le minerai contenant une quantité d’eau assez importante, il faut compter sur une zone de dessiccation. Toutefois, il est bien certain qu’une hauteur trop grande peut entraîner la réduction de quantité trop importante d’oxyde de fer. Aussi admet-on souvent que 2 à 3 m constituent un maximum.
- Enfin, nous devons ajouter que la tendance actuelle — contraire d’ailleurs à ce qui se passait il y a quelques années — est à la suppression de l’avant-creuset et cela, pour la raison fort "simple [que, la température y étant plus basse que dans le creuset et le point de fusion des matières étant plus élevé que dans la métallurgie du cuivre, on a à craindre des séparations très incomplètes des mattes et des scories.
- Pour les mêmes raisons que celles indiquées pour la limite de hauteur des fours, on ne chauffe pas le vent soufflé dans les water-jackets.
- Nous donnons un exemple de water-jacket pour mattes premières (fig. 44 a 46). Il possède treize tuyères ; il a une capacité de 10 m3 et peut fondre 251 de minerai par vingt-quatre heures. La pression du vent soufflé est de 0,25 m.
- Le grand point dans la fusion pour mattes est de surveiller de très près la teneur des scories en nickel.
- Elle représente à peu près la perte totale du traitement.
- Il arrive souvent que, pour avoir une scorie plus fluide, on fait des additions de fluorine ; elles ont souvent l’inconvénient d’apporter des impuretés, dont quelques-unes se concentrent dans la matte (notamment du cuivre).
- La teneur en nickel de la matte dépend évidemment de la teneur du minerai traité, de la marche du four et beaucoup aussi du rapport des proportions de fer et de nickel contenues dans le minerai.
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- FLg. w-Coupe A B.
- Fig §; 5. Coupe CD.
- Fig.44 a 4r6.
- Water JackeU à Nickel.
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- On peut dire que la matte obtenue avec les minerais de Nouvelle-Calédonie est généralement de 45 0/0 de nickel.
- En Silésie, à l’usine de Frankestein où l’on a traité (1) un minerai analogue à la garniérite et qui contenait lorsqu’il était de rnnne qualité :
- Ni = 3 0/0 ; Fe = 8 0/0 ; A1203 = 1,5 0/0 ; Mg = 0,7 0/0 ;
- SiO2 = 60 0/0 ; H20 = 20 0/0,
- on obtenait une matte à 25 0/0 de nickel (Fe = 50 0/0 ; S = 14 0/0).
- Les scories renferment généralement 70 à 80 0/0 de silice.
- On voit que l’on est fort éloigné du singulo ou du bisiiicate qui est recommandé par Schnabel.
- Ces scories renferment 5 à 7 0/0 de fer et 0,2 à 0,3 0/0 de nickel.
- A la sortie du four la matte est grenaillée; on peut ainsi mieux la broyer, malgré la forte proportion de fer et la teneur relativement faible en soufre. Cette opération se fait au broyeur à boulets et on amène le produit à la grosseur de pois.
- 2° Grillage et concentration de la matte.
- Cette opération n’a lieu que si la matte obtenue dans la première phase est trop pauvre en nickel et trop riche en fer.
- On peut admettre qu’une matte pour être passée au convertisseur à la sortie du water-jacket doit contenir aux environs de 40 à 45 0/0 de nickel.
- C’est dire qu’avec la garniérite, on n’a pas besoin de faire cette concentration.
- Lorsqu’on est en présence de minerais très pauvres, comme ceux qui ont été traités à Frankestein, on obtient, nous l’avons dit, une matte pauvre que l’on est obligé de concentrer.
- Pour cela on la grille dans un four à réverbère, en ajoutant parfois 5 à 10 0/0 de sable afin d’avoir un commencement d’agglomération.
- Un four à réverbère de 15 m2 de surface de sole et 1 m2 de surface de grille peut passer environ 900 kg de matte en vingt-quatre heures.
- (1) Actuellement on y traite des minerais calédoniens.
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- Les charges sont de 300 kg, on les avance vers le foyer toutes les huit heures pour sortir au bout de vingt-quatre heures avec 4 à 5 0/0 de soufre. On dépense 650 kg de charbon par tonne de matte crue.
- La matte ainsi grillée est montée avec 20 0/0 de grès et passée au water-jacket de concentration avec 30 0/0de coke
- A Frankestein, le cubilot utilisé estde faible capacité: 0,80 de de diamètre intérieur et i,50 m de hauteur; il permet de passer 5 à 6 000 t de matte crue par vingt-quatre heures. La pression de l’air est de 0,10 m d’eau.
- Mais il est probable que cette opération n’a jamais eu lieu que dans cette usine.
- Quoi que l’on fasse, une partie du fer se réduit et passe dans la matte.
- D’où la nécessité du déferrage.
- • 3° Raffinage de la matte au convertisseur.
- Le passage de la matte au convertisseur a pour but d’enlever le fer qu’elle contient.
- En effet, le fer s’oxyde avant le nickel et grâce à la silice du revêtement et à celle que l’on ajoute, il se scorifie.
- Il est important d’insister sur la différence qui existe dans l’utilisation du convertisseur en métallurgie du cuivre et en métallurgie du nickel. Dans la première, le convertiseur purifie d’abord la matte en la «déferrant», puis oxyde une partie du cuivre qui réagit alors sur le sulfure pour donner du métal. Dans la seconde, le convertisseur n’intervient que pour déferrer et il ne peut pas produire autre chose, car l’oxyde de nickel ne réagit pas sur le sulfure pour donner du nickel métallique et de plus le point de fusion (1465 degrés) est beaucoup plus élevé que celui du cuivre (1 065 degrés).
- Cette opération du déferrage demande le tour de main le plus délicat de la métallurgie du nickel: il faut souffler assez pour enlever le fer, et ne pas ^trop prolonger le soufflage, ce qui amènerait une prise en masse delà matière dans le convertisseur.
- La matte est amenée directement du water-jacket (celui de première ou deuxième fusion, suivant le cas) au convertisseur, qui est donc situé en contre-bas.
- La charge est d’environ 250 kg de matière par opération. Ce sont donc toujours des petits convertisseurs qui sont, d’ailleurs
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- des diminutifs des cornues Bessemer (fig. 47 à 50), Le soufflage se fait à une atmosphère et demie et le traitement dure environ une heure et demie.
- De temps en temps, on ajoute du sulfate de soude calciné et du sable.
- Ce dernier intervient dans la scorification ; le premier pour fluidifier les scories.
- Si l’opération est bien conduite, le produit du convertisseur ne doit pas renfermer plus de 0,2 0, 0 de fer. Mais les scories sont riches en nickel ; aussi les repasse-t-on au water-jacket.
- Fig.50.Fonddu Convertisseur
- Fig Yl â 50.
- Convertisseur pour Mattes de Uickel
- Les convertisseurs à nickel sont de construction beaucoup plus simple que ceux à cuivre. Nous en donnons un exemple dans les figures 47 à 50; le fond du convertisseur est .constitué simplement par une dalle réfractaire percée de cinq trous de soufflage.
- 4° Grillage be la m\tte raffinée .
- A la sortie du convertisseur, la matte déferrée contient généralement 75 0/0 de nickel. Sa teneur en soufre en rend le broyage facile. Elle est coulée en moule, puis passée au broyeur à mâchoires et au broyeur à boulets.
- On la grille ensuite à deux reprises aux fours à réverbère en
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- Fig.51. Fig 52,
- Coupe CD
- wm,
- pour mattes de Nickel
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- opérant sensiblement comme il a été indiqué pour la matte crue.
- Après le premier grillage, la matière renferme encore 4 0/0 de soufre ; après broyage extrêmement fin, on la repasse au four en poussant la température et en utilisant du charbon ne contenant pas de soufre.
- Ces grillages se passent en four à réverbère ; nous donnons un type de four utilisé pour cette opération ; on y remarquera la voûte extrêmement basse (fig. 5i à 55).
- Le produit du grillage à mort est un oxyde ou mélange d’oxydes renfermant aux environs de 77 0/0 de nickel.
- o° Réduction de l’oxyde.
- Cette opération alieu au-dessous du pointde fusiondu nickel; on ne la pratique pas au four à cuve, afin d’éviter la sulfuration et la formation d’une fonte que l’on aurait à raffiner.
- L’oxyde ainsi obtenu est mélangé avec de l’eau et de la farine de seigle. La masse est versée dans des plateaux en laiton avec rebords que l’on a soigneusement huilés ou dans des moules cylindriques.
- Par décantation et séchage, on obtient un gâteau et dans le premier cas on le découpe en dés d’environ 1 cm de côté.
- On charge alors les matières ainsi moulées avec du charbon de bois dans les fours de réduction.
- Ces fours sont toujours formés de cornues placées à côté les unes des autres, lesquelles reçoivent les matières.
- Dans les fours modernes, le chauffage a lieu par gazogène, avec récupération.
- Il y a deux sortes de fours à réduction : les fours à cornues verticales dont nous donnons un dessin et les fours à cornues horizontales qui sont peut-être plus courants.
- Dans les premiers, les matières sont placées dans la cornue en ouvrant le couvercle supérieur et retirées par la partie inférieure. en ouvrant une espèce de tiroir réfractaire ; elles tombent alors dans un étouffoir.
- Le four que nous donnonsf/^. 56 à 58) possède vingt cornues de section circulaire ; chacune renferme environ 20 kg d’oxyde, dont la réduction demande trois heures.
- Ces cornues ont une hauteur de 0,80 m, un diamètre de 0,20 m et leur épaisseur est de 0,03 m.
- La réduction a lieu, bien entendu, sans fusion. Avec un four
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- Fig.56 Coupe FK. Ai-----------„JWL_.
- Coupe EFG If. Fig. 5 8
- Coupe CU CoupeAB.
- Fig.56 à 58.
- Four dé Réduction pour "Nickel
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- à récupération, la consommation de coke (le four donné était chauffé par un générateur à coke avec soudeur Kœrting) est de 1 500 kg par vingt-quatre heures, pour i 500 à 2 000kg d’oxyde, passés. Quant à la consommation de charbon de bois, elle varie de 20 à 30 0/0 du poids du nickel obtenu.
- On tamise la matière et les petits moulages de nickel sont polis au tonneau par simple frottement des uns contre les autres (on ajoute généralement un peu d’eau) et finalement séchés sur un petit foyer.,
- La matière ainsi obtenue doit contenir 99 0/0 de nickel.
- Yoici, par exemple, l'analyse d’un très bon produit :
- Fer = 0,5 à 0,6 0/0; Cuivre = traces à 0,3; S = traces à 0,02; As = néant; Insoluble (graphite, silice, etc.) = 0,2 à 0,6.
- Il est bon de faire ressortir que ce sont des habitudes commerciales qui conduisent à ces formes de cubes et de cylindres,
- La grenaille est vendue de façon moins courante.
- 6° Raffinage du nickel.
- Le nickel obtenu en pains est parfois refondu en fours à creusets.
- Il est alors coulé en grenaille, en barres ou en plaques.
- Les grenailles sont destinées à la fabrication des alliages ;
- Les barres au laminage ;
- Les plaques au raffinage électrolytique ou au laminage. Lorsque le nickel doit être laminé, on l’affine par addition soit de magnésium, soit de manganèse ; suivant l’expression, on le malléabilise ; en réalité, c’est une désoxydation que l’on opère. On admet généralement 0,5 à 1 g de magnésium par kilogramme de nickel.
- Le raffinage électrolytique n’est plus usité. Il a donné lieu à des mécomptes.
- Disposition générale des usines traitant la garniérite.
- On conçoit aisément la disposition générale des usines traitant la garniérite ; nous donnons, d’ailleurs, deux plans d’ensemble : l’un (fig. 59) qui correspond à l’usine où l’on concentre la matte première et où on la traite entièrement, l’autre (fig i à 3
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- des Machines
- Bassin
- Atelier de
- d'alimer
- Fusion
- Atelier
- Fig.59.
- Usine à .Nickel, (avec traitement complet 1
- Bureaux
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- PI. i%) où l’on obtient du premier jet une matte pouvant passer au convertisseur (le plan n’indique pas la suite des opérations).
- Dans les deux cas, l’atelier de préparation des briquettes occupe une place importante que l’on voit en détail dans le deuxième plan avec les broyeurs divers, les tamis, le mélangeur, la presse à briquettes et les différents appareils à manutention, vis, élévateurs, etc.
- Dans l’usine où l’on fait deux fusions pour mattes (fig. 59), on notera le hall des water-jackets (on y voit deux appareils semblables à ceux déjà décrits) et celui du cubilot de raffinage qui permet d’obtenir la matte de deuxième fusion et de la passer de suite au convertisseur.
- Le long de ces deux halls se trouvent les ateliers des fours à griller destinés aussi bien à la première matte qu’à la seconde.
- L’oxyde obtenu est mélangé à la farine dans une salle spéciale, mis ensuite en moule sur un établi placé dans la salle de réduction. On remarquera ici deux fours de réduction qui sont placés sur le même générateur.
- L’autre plan donné ne considère les opérations que jusqu’au convertissage.
- La légende donne toutes les explications nécessaires.
- Dans le hall de fusion on trouve huit water-jackets avec chacun son convertisseur. C’est un type d’usine très connu, qui peut traiter 200 t par jour de minerai.
- En supprimant les convertisseurs, on se rapproche des usines traitant les mattes en Nouvelle-Calédonie.
- On peut se demander pourquoi les usines ne vont pas plus loin que la matte. Cela est dû, sans doute, à ce que le ferrage au convertisseur est une opération très délicate qui nécessite une main-d’œuvre spéciale.
- Prix de revient»
- Dans son très intéressant mémoire M. Glasser note (1) que le minerai revient, en Europe, à environ 0,70 à 0,75 f par kilogramme de métal contenu, que ses frais de traitement ne dépassent pas 1 f et qu’il est vendu de 3,50 à 4 f.
- On voit que les transports jouent un rôle important dans le prix de revient.
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- Il n’est donc pas étonnant qu’une firme européenne dont l’usine principale se trouve à Anvers ait créé une usine de première fusion en Nouvelle-Calédonie et que la Société le Nickel en monte une actuellement. Elles n’ont fait que réaliser les indications données par Ch. Glasser et reprendre une idée déjà suivie d’exécution, non seulement avec les hauts fourneaux de Nouméa, mais aussi avec l’usine d’Ouroué, près Thio, qui a fonctionné en 1885 et qui n’a été arrêtée que par une crise économique.
- Toutefois, il faut bien noter que les approvisionnements en charbon et en fondants ne sont pas des plus faciles.
- Les fondants viennent d’Europe et le coke aussi. On utilise en ce moment du coke de Westphalie ; toutefois, on envisage la possibilité de faire le coke sur place avec le charbon néocalédonien ou australien, ce qui permettrait d’utiliser les gaz de la distillation. Il est bon de noter qu’avec la prime à l’exportation le coke de Westphalie arrive en Nouvelle-Calédonie à des prix inférieurs, à ceux passés dans des régions voisines du lieu de production.
- Électrométàllurgie.
- Ici se place une question toute récente et d’un grand intérêt. N’y a-t-il pas avantage à pousser plus loin la métallurgie du nickel sur place et ne pourrait-on, au lieu de fondre simplement des mattes, y préparer le métal et cela en utilisant les chutes d’eau importantes du pays.
- La question a été très sérieusement étudiée et paraît avoir été résolue industriellement, sans qu’on puisse encore l’affirmer. Plusieurs électrométallurgistes, et non des moins distingués, se sont attaqués à la question et ils semblent tous s’être butés à la difficulté d’obtenir un produit sans une teneur élevée en silicium. Nous avons eu entre les mains, trois échantillons préparés au four électrique ; ils contenaient entre 5 et 10 0/0 de silicium.
- l)e plus, on n’a jamais, du moins industriellement, produit du nickel, mais bien un ferro-nickel contenant généralement 40 0/0 du nickel ; quelquefois on a atteint 70 0/0 ; mais de façon exceptionnelle.
- Une usine fonctionne déjà en Nouvelle-Calédonie ; elle garde secret son procédé et vient de faire, dit-on, ses premières expéditions en Europe. Une autre est en formation ; actuellement elle
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- fait, nous a-t-on dit, des travaux, importants pour l’aménagement de chutes d’eau.
- En tout cas, il semble que la question électrométallurgie au nickel par voie sèche soit sur le point d’entrer dans la période industrielle.
- Traitement des minerais canadiens.
- Les minerais canadiens sont, comme l’on sait, de deux espèces. :
- Parlons d’abord des pyrites nickelifères et cuprifères.
- Ces minerais renferment le soufre nécessaire à la formation d’une matte.
- Leur traitement est assez complexe ; il comprend :
- 10 Un premier grillage ;
- 2° Une fusion pour matte, suivie le plus souvent de concentration ;
- 3° Un déferrage au convertisseur ;
- 4° Une séparation électrolytique du cuivre et du nickel.
- Nous n’insisterons pas sur les premières opérations qui nous sont connues.
- Nous dirons seulement que le grillage du minerai, dont la teneur en nickel est très variable, dure de dix à douze semaines et on ne peut utiliser le gaz sulfureux qui se dégage. La fusion en water-j'acket se fait avec 15 à 20 0/0 de coke et on obtient une matte renfermant le plus souvent 15 à 20 0/0 de cuivre, 15 à 20 0/0 de nickel, 2,5 à 35 0/0 de fer et 20 à 36 0/0 de soufre. Cette matte serait refondue et bessemerisée et donnerait une teneur totale de cuivre et nickel de 82 0/0.
- La matte déferrée peut être traitée par différents procédés suivant que l’on veut obtenir un alliage de cuivre et. de nickel on du nickel. Dans les deux cas la matte est généralement - grillée à mort, comme la matte ordinaire. Lorsqu’on veut avoir un alliage nickel-cuivre, on réduit la matte grillée soit dans un fôur à cuve avec fusion réductrice, soit en mettant la matière sous forme dé pains avec la fécule et en faisant une calcination réductrice.
- On refond ensuite la matière ainsi obtenue.
- M. Yarlrmont (1) a proposé récemment un procédé qui pour-
- (1 ) MiHailurgie, 1903,. p. 8aet. 127.
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- rait avoir de l’avenir. Il est basé sur la différence de conditions de formation des sulfates ; on peut griller le minerai complexe de façon à faire passer tout le cuivre à l’état de sulfate alors que quelques pour cent de nickel seulement sont transformés. On lessive et le résidu est fondu pour matte de nickel.
- Ce procédé doit être rapproché du procédé Ziervogel utilisé au Mansfeld pour le traitement du minerai de cuivre argentifère.
- Pour les minerais qui contiennent de l’arsenic et qui sont toujours très argentifères, Les traitements semblent fort délicats- On a essayé d’extraire l’argent par toutes les méthodes connues: chloruration suivie d’amalgamation (il reste de l’argent sous forme d’arséniate et antimondate) ou emplombage (cette méthode nécessite un poids de plomb énorme == 160fois le poids d’argent contenu).
- On traite aussi le minerai pour speiss au water-jacket, tout comme si on formait une matte ; mais en prenant quelques précautions (scories moins siliceuses) à cause de la facilité avec laquelle le cobalt se scorifie. Le speiss est ensuite traité (après concentration s’il y a lieu) par fonte plombeuse qui entraîne l’argent. Tous ceux qui ont manipulé industriellement les speiss savent les ennuis qu’ils entraînent
- Jusqu’ici ces méthodes n’ont pas eu tout le succès que L’on espérait. Beltzer (1) a proposé un broyage extrêmement fin, qui permettrait de séparer une partie, de l’argent natif, de griller, di’enlever l’arsenic restant par fusion avec de; la soude ou de la chaux, de lessiver, de chlorurer le résidu et de précipiter successivement les différents métaux; (2).
- Mais la méthode qui paraît donner les meilleurs résultats industriels serait celle décrite par M. Gito, de la Irvington Smel-ting and Refining Works, au Meeting de mai 4910 de la Société Américaine d’Électrochimie. Elle comprend une fusion et une séparationsélectrulytique?; la fusion se fait! en présence de cuivre (méthode dite d’encuivrage), en partant, du minerai cru qui contient en moyenne. : Ag = 4,12: 0/0, As19,0, Go = 11,2, Ni ? - 5,7;,fer et alumine: 18,5; soufre = 1,9.
- Cette fusion se fait en réverbère. Il ne se produit pas de mattes, le soufre étant en quantité très minime. On fait en sorte que la
- (1) Beltzer, Moniteur Scientifique, 1909, p. 633.
- (2) Ces rainerais ont donné liëu à des' recherches théoriques très intéressantes d’e Howe,,CarapelL etKmght, qui ont été publiées dans Transaction ef ihe American Jiistüut of Mechical Engineering, 1907, p. 53. Elles ont trait aux conditions les meilleures pour effectuer lïe séparation* de l'arsenicpar grillage.
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- proportion du cuivre soit les deux tiers de celle de nickel et cobalt.
- On a ainsi un arséniure complexe que l’on raffine par électrolyse.
- L’électrolyte est une solution acidulée de sulfate de cuivre : (10 grammes de sulfate et 5 grammes d’acide sulfurique par litre d’eau) ; l’anode est constituée par l’alliage moulé en plaques et la cathode par des feuilles de cuivre pur. La température est maintenue aux environs de 60 degrés. Quant au courant utilisé, il est assez variable avec la composition de l’alliage. Les résultats obtenus sont les suivants :
- Du cuivre très pur (99,98 0/0) à la cathode ;
- L’argent et une partie de l’arsenic dans les boues ;
- Le nickel et le cobalt en solution ;
- Les boues sont grillées pour enlever l’arsenic et l’on raffine par coupellation.
- L’électrolyte est utilisée jusqu’à composition de Gu = 10 g; Ni + Go = 55 g; As = 30 g par litre.
- On soumet la solution à l’électrolyse avec anodes insolubles. On obtient Gu pur.
- On précipite l’arsenic par l’hydrogène sulfuré à chaud et une nouvelle électrolyse donne nickel et cobalt.
- En 1906, il a été produit dans le district de Gobait 4000 t de minerai d’une valeur moyenne de 4 000 à 5 000 f.
- Mais le gros progrès qui a été fait durant ces dernières années dans le traitement des minerais canadiens est assurément la fabrication du Monel Métal par l’International Nickel G0. Cet un alliage qui renferme en moyenne :
- Ni + Go 68 à 74 ; Gu = 25-30 Fe = 1-1,5 ; G = 0,05 à 0,07 ;
- S = 0,01 à 0,02; Si = 0,2; As = 0,01-0,02.
- Il est obtenu en partant du minerai de Sudbury, en réduisant la matte b.essemérisée et grillée au four à cuve.
- Cet alliage jouit de propriétés fort intéressantes :
- R = 60 kg E = 32 kg A 0/0 = 28 S = 60.
- Il fond à 1 360 degrés.
- Il résiste très bien aux agents atmosphériques, à l’eau. Le laminage se fait à la température de 1 000 à 1100 degrés. Le recuit du métal a lieu à 900 degrés; il a déjà de nombreux emplois industriels : il peut dans beaucoup, de cas remplacer le nickel
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- et on l’a même utilisé comme toiture dans une gare de New-York. L’Amirauté des Etats-Unis l’a employé pour les hélices des derniers cuirassés.
- Des recherches toutes récenles du professeur Burgess paraissent indiquer que le Monel Métal peut remplacer le nickel dans la fabrication des aciers, au moins ceux sans carbone (I). Il est bien à noter, en effet, que, dans la plupart de ces essais, on a utilisé du fer pur auquel on a ajouté l’alliage cuivre-nickel et des résultats intéressants que l’on a obtenus on ne saurait conclure que l’on obtiendra les mêmes propriétés dans les aciers .du commerce, c’est-à-dire dans les alliages fer carbone-nickel-cuivre impurs (2).
- Procédé Mond.
- Ce procédé est utilisé à une usine de Swansea où arrive une matte préparée sur place au moyen des minerais du Canada. Celte matte renferme 40 0/0 de cuivre et 40 0/0 de nickel, sans fer. L’usine canadienne traite 125 à 150 t de minerais par jour.
- La matte est grillée et soumise alors au traitement spécial, fort élégant qui constitue le procédé Mond et dont nous avons rapidement esquissé le principe dans notre première communication.
- Si l’on fait passer un courant d’oxyde de carbone sur du nickel très divisé, tel qu’on l’obtient, par exemple, en réduisant l’oxyde par de l’hydrogène, et porté vers 400 degrés, il se forme du nickel carbonyle gazeux qui se condense aisément.
- C’est, en effet, un liquide bouillant à 45 degrés sous la pression de 751 mm et se solidifiant à — 25 degrés. Ce liquide se décompose en explosant, lorsqu’on le chauffe à 60 degrés, et à 150 degrés, il donne du nickel et de l’oxyde de carbone.
- Si, au lieu de nickel métallique, on se trouve en présence de métaux finement divisés, le nickel seul est transformé en nickel carbonyle que l’on peut aisément décomposer en nickel et oxyde de carbone.
- Il faut rappeler ici comment Mond fut conduit à la découverte du procédé ;
- Il cherchait à récupérer le chlore du chlorure d’ammonium,
- (1) Metallurgical and Chemical Engineering, août 1910.
- (2) 11 a bien été essayé un acier à 0,15 de carbone ; mais il ne renfermait que 0,5 0/0 de cuivre.
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- sous-produit de la fabrication de la soude à l’ammoniaque ; pour cela, il soumettait un oxyde à l’action du chlorure d’ammonium espérant former un chlorure du métal dont il utilisait l’oxyde, de l’ammoniaque et de l’eau :
- MO -f 2 AzH4Cl = MCI2 + 2 AzfF + H20.
- Le chlorure aurait été décomposé sous l’influence d’un courant d’air et le produit final aurait été l’oxyde (rentrant dans la réaction) et du chlore.
- Un appareil, construit pour volatiliser le chlorure d’ammonium, possédait des soupapes en nickel ; après quelque temps de fonctionnement, on y nota un dépôt de carbone qui ne pouvait provenir que de l’acide carbonique contenant un peu d’oxyde de carbone et qui servait à balayer l’ammoniaque.
- Ticj-.60. Schéma du procédé Mortel
- Les phases du procédé sont les suivantes (jig. 00) :
- 1° La matte cuivre-nickel-fer est déferrée , comme il a été indiqué.
- Avec un minerai à 4 0/0 de nickel et 4 0/0 de cuivre, on obtient, après grillage, fusion au water-jacket et convertissage, une matte à 32 0/0 Ni; 49 0/0 Gu; 0.7 0/0 Fe.
- C’est cette opération qui est faite sur place;
- 2° Cette matte est grillée. On chasse tout le soufre;
- 8° On traite par l’acide sulfurique étendu:; on dissout les deux cinquièmes de cuivre et 1 à 2 0/0 de nickel;
- 4° Le résidu, qui renferme 45 à 60 0/0 Ni, est envoyé dans une tour chauffée à environ 300 degrés, on y fait passer du gaz à l’eau, dont l’hydrogène réduit les oxydes;
- 5° La matière est introduite ensuite dans un volatilisateur où on le soumet à l’action de l’oxyde de carbone, la température étant inférieure à 100 degrés. Une partie du nickel est transformée
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- en nickel carbony ie. La matière revient au réducteur, retourne au volatilisateur, et cela pendant huit à quinze jours. On enlève ainsi 60 ‘0/0 du nickel contenu.
- D’ailleurs la matière retourne au tour et rentre dans le cycle des opérations;
- 6° Le gaz nickel-carbonyle passe du volatiliseur au dissocia-teur qui est chauffé à 180 degrés; il y est dissocié et le nickel se dépose sur des granules de nickel du commerce.
- Fig. 61 et, 62.
- Dissodateur Mond.
- Le produit obtenu est très pur, il dose '99.4 et même 99.8 0/0 de nickel.
- Voici, maintenant, quelques détails sur les appareils :
- Le réducteur est une tour de 7,50m de hauteur, comportant quatorze plaques creuses qui sont chauffées à 250 degrés, par un courant intérieur de gaz chauds. La matière est soumise à l’action de râbles montés sur un axe vertical et qui la font
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- tomber de plaque en plaque. A la sortie du réducteur, la matière, qui est à 250 degrés, doit être refroidie de façon à abaisser sa température au-dessous de 100 degrés; pour cela ces dernières plaques sont refroidies par de l’eau courante.
- Le volatilisateur a une disposition analogue; mais la colonne a un diamètre et une hauteur moindres d’une part, et d’autre part les plaques sont massives.
- Le dissociateur (fig. 64 et 62) reçoit le gaz nickel-carbonyle par une conduite B et un tube C qui, percé d’un grand nombre de trous O, le diffuse dans la masse formée par les granules de nickel. Les gaz retournent ensuite au volatilisateur par M. Le tube G est refroidi par une circulation d’eau F, laquelle y empêche la décomposition.
- Le dissociateur doit être porté à la température de 180 degrés; pour cela, les enveloppes H reçoivent des gaz chauds, dont l’entrée est réglée par les registres P.
- Les granules, sur lesquels le nickel s’est précipité, sont extraits par le convoyeur YN; un trieur laisse tomber les plus petits grains en W. Ils sont repris par un élévateur E et rentrent dans le haut de l’appareil par le conduit X. Une Lige R permet de vérifier si le dissociateur est bien rempli de nickel.
- Il est à noter qu’une usine fabriquant 1 0001 de nickel par an obtient en même temps 4000t de sulfate de cuivre.
- Le plan d’une usine ayant une capacité de 1 000 t par an (fig. 63 à 65), 'montre un grand réducteur, huit réducteurs et volatilisateurs combinés et un grand volatilisateur.
- Le produit passe du grand réducteur au volatilisateur qui est placé au-dessus du réducteur suivant, puis au deuxième volatilisateur et ainsi de suite. Un convoyeur placé au haut de volatilisateurs est commun à tous ces appareils.
- Chaque réducteur reçoit le gaz à l’eau d’un gazomètre à l’exception, toutefois, du premier qui reçoit les gaz perdus de tous les autres.
- L’oxyde de carbone est distribué aux volatilisateurs, puis est renvoyé à un filtre à poussière; un ventilateur le refoule aux dissociateurs et, finalement, il revient aux volatilisateurs.
- On voit combien est ingénieuse une telle fabrication qui a donné, en exploitation industrielle, des résultats du plus haut intérêt.
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- Elévateur 5 Sortie deST/fattes
- Fig. 6*t.
- Fig. 63
- Fig. 65.
- Fig. 63 à 65. Usme utilisant le procède Mond.
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- État actuel de la métallurgie du nickel dans le
- monde.
- En France, une seule usine produit du nickel; elle est située au Havre, et appartient à l’importante Société le Nickel qui a produit, en 1909,1 2001 de métal.
- Une nouvelle usine s’est édifiée à Dieppe, mais elle n’a encore rien produit.
- Les autres usines européennes sont :
- Celle de Dufel, près d’Anvers, à M. Chavanne;
- Celle de Frankestein, en Silésie, qui a traité d’abord des minerais pauvres sur place et qui est maintenant alimentée en garniérite ;
- Celle d’Altona, à MM. Basse et Selve;
- Les usines d’Hœmirgen et Papenburgen, en Allemagne, de Wiggin et Cie, à Swansea et de Mond, à Swansea;
- Et, enfin, les usines de la Société le Nickel, qui sont situées outre celle du Havre, en Angleterre au nombre de quatre ;
- Au Canada, l’International Nickel Company est le plus important producteur. Sa plus grande usine se trouve à Copper Cliff; elle possède des gisements énormes de minerais sulfurés.
- Il est bon, enfin, d’attirer l’attention sur le rôle important que jouent dans la métallurgie de l’argent les minerais de nickel du district de Cobalt, au Canada.
- Cinq principales usines traitent ces minerais : l’American Smelting and Refining Company, à Perth Amboy (New-Jersey); la Balbach Smelting and Refining Company, à Newark (New-Jersey); l’Oxford Copper Company, à Copper Cliff (Ontario); la Company Anglo-French Nickel, à Swansea et la Montreal Réduction and Smelting Company, à Ïront-Lake (Ontario).
- Les deux premières usines ne traitent les minerais que pour l’argent et paient seulement 93 à 94 0/0 de l’argent contenu.
- La troisième usine paie seulement argent et cobalt ; à * Swansea, on traite pour tous métaux.
- On a trouvé, au cours de ce mémoire, tous les détails techniques utiles; l’annexe donne les renseignements économiques. Ajoutons seulement que les Américains sont propriétaires d’un important terrain minier en Nouvelle-Calédonie, mais qu’ils n’y font pas encore d’exploitation.
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- 873 —
- VI
- PROGRÈS DAMS LA MÉTALLURGIE DU COBALT
- Cette métallurgie est tout à fait secondaire, car on ne consomme que des quantités insignifiantes de cobalt métallique. Le produit que l’on prépare est de l’oxyde utilisé, notamment, pour les couleurs.
- Cependant, nous devons signaler que, d’une étude systématique des alliages de cobalt et de chrome, on doit conclure à certains produits particulièrement intéressants, notamment l’alliage '4e composition 75 0/0 Co et 25 0/0 Cr.
- Ce dernier possède une dureté remarquable, et donne d’excellents résultats comme instruments tranchants ; il résiste à de nombreux agents chimiques et serait tout indiqué pour de nombreux emplois, si son prix n’était encore trop élevé; on peut penser, cependant, que le cours du cobalt baisserait singulièrement si les usages se multipliaient.
- Nous nous bornerons à indiquer la méthode utilisée en West-phalie pour traiter les minerais de cobalt provenant de la Nouvelle-Calédonie.
- Le minerai utilisé renferme en général :
- Co = 4,5 0/0 Ni = 1,8 à 2 0/0
- Il est bon de noter que seul le cobalt est payé.
- Le traitement consiste essentiellement :
- 1° Dans une fusion pour matte, suivie de concentration ;
- 2° Déferrage ;
- 3° Séparation nickel-cobalt.
- On commence par broyer le minerai, on le mélange aux fondants et on transforme les matières en briquettes.
- Les additions.que l’on fait à 100 kg de minerais sont approximativement les suivantes :
- Sable ajouté, 40 0/0 ; fluorine, 10 0/0; charrées de soude, 1.5 0/0 ; pyrite, 10 0/0, et calcaire, 10 0/0.
- Il est spécialement à remarquer que le lit de fusion doit être plus riche en soufre que lorsqu’on traite la garniérite. Le cobalt
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- est, en effet, un élément plus facilement scorifiable que le nickel.
- La fusion pour matte se fait en water-jacket ; le plus souvent, les appareils ont une hauteur de 3 m et un diamètre de 1 m. D’ailleurs, dans certaines usines, c’est le même four qui sert alternativement à des campagnes de nickel et à des campagnes de cobalt.
- Un tel four traite environ 7 t de minerai par vingt-quatre heures et la quantité de coke est de 30 0/0.
- La matte ainsi obtenue est grillée après broyage à la dimension de 3 mm.
- Le grillage a lieu généralement dans un four à pelletage continu.
- On charge 300 kg à la fois ; environ 1000 kg par vingt-quatre heures.
- . La consommation de charbon s’élève à 50 0/0 du poids du minerai.
- La teneur en soufre de la matière première est ainsi réduite à 10-12 0/0.
- On la concentre dans une nouvelle fusion.
- Pour cela, le produit du grillage est additionné de 20 0/0 de grès et de 30 0/0 de coke dans un petit cubilot de 0,80 m de diamètre et 1,50 m de hauteur (du niveau des tuyères au gueulard). On souffle à 6 cm d’eau.
- La matte concentrée est déferrée au convertisseur où le vent est soufflé sous 1 atm. D’ailleurs, on se sert des mêmes appareils que pour le nickel.
- L’opération dure une heure à une heure un quart dans un convertisseur de 250 kg.
- La matte déferrée est broyée très fin, puis subit un premier grillage; elle est ensuite broyée à l’état d’impalpable et regrillée à mort au four à réverbère.
- On a ainsi l’oxyde brut qui renferme en moyenne :
- 30 à 31 0/0 de cobalt, 29 à 30 0/0 de nickel, 13 0/0 de fer, 2 à 3 0/0 de cuivre.
- Donc, jusqu’ici, toutes les opérations se sont passées de façon semblable à celle pour le nickel et en utilisant les mêmes appareils.
- Nous arrivons alors à la partie relative au traitement spécial, à la séparation du cobalt et du nickel ; elle se fait par voie humide. On soumet l’oxyde brut à l’action de l’acide sulfurique
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- a 66° B. (addition de 100 0/0). On calcine la bouillie obtenue sur la sole d’un petit réverbère.
- On lave à l’eau. On laisse décanter. Le résidu est grillé, broyé et réattaqué par l’acide sulfurique. On répète plusieurs fois l’opération.
- Le résidu final est renvoyé au water-jacket.
- Les liquides recueillis sont traités par la chaux pour précipiter le fer. Après lavage et passage au filtre-presse en bois, le précipité retourne, lui aussi, au water-jacket.
- On précipite le cuivre à l’état de sulfure.
- Après neutralisation, on précipite le cobalt à l’état d’oxyde par l’hypochlorite de soude, la liqueur étant maintenue en ébullition.
- On passe au filtre-presse en bois.
- Dans le liquide, le nickel est précipité à l’état d’oxyde.
- Le précipité d’oxyde de cobalt est repris par l’acide sulfurique en solution très faible pour séparer le nickel entraîné.
- Il faut encore enlever la chaux retenue sous forme de sulfate; à cet effet, on mélange avec du carbonate de soude et on calcine sur la sole d’un réverbère. Il se forme du sulfate de soude et du carbonate de chaux. On acidifie par l’acide chlorhydrique et l’on a du chlorure de calcium soluble.
- On lave, on sèche en chaudière ouverte. On obtient un produit noir à 70 0/0 Go. Lorsqu’on veut obtenir de l’oxyde gris, qui est un peu plus riche (73 0/0 Go), on mélange à du charbon de bois et on chauffe au réverbère pour produire une réduction partielle.
- La perte totale du traitement est estimée à 20 0/0 du cobalt initial.
- Lorsqu’on veut obtenir du cobalt métallique on procède, tout comme pour le nickel, à une calcination réductrice.
- Conclusions.
- Si l’on cherche à résumer, en peu de mots, les progrès récents effectués dans les métallurgies que nous avons analysées ce soir, nous voyons que l’on rencontre principalement :
- 1° Des progrès dans le chauffage, surtout par la généralisation de la récupération (zinc, étain, etc.) ;
- 2° Des progrès dans les moyens mécaniques devant économiser
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- la main-d’œuvre ou parfaire les procédés, particulièrement dans les fours de grillage (zinc, étain), ou dans des accessoires des procédés métallurgiques- (creuseterie de zinc,, filtration des fumées) ;
- 3° Des recherches importantes pour adapter le four électrique à diverses métallurgies (zinc, nickel) ;
- 4° Des progrès dans l’électrolvse que l’on a pu utiliser dans les métallurgies du zinc, de l’étain (traitement des déchets de fer-blanc), etc., sans que, cependant, ces procédés aient pris l’extension du raffinage électrolytique du cuivre, de l’argent et même du plomb.
- Nous devons ajouter que, dans ces métallurgies, dont quelques-unes, notamment celles de l’antimoine, du zinc et du nickel, ont une importance réelle dans notre pays, les» usines françaises ont- tenu leurs méthodes et leur matériel au courant des perfectionnements les plus récents.
- Si nous avons pu mener à bien cette partie complexe du trar vail que nous nous sommes proposé, nous le devons particulièrement à M. Marcel Biver, administrateur délégué des Mines de la Lucette; à M. Demenge, administrateur délégué des» Mines de Malâdano ; à M. Manœuvrier, sous-directeur de la Société de la Vieille Montagne» ; à M. Marchai, directeur de l’usine de Mor-tagne; à M. Chatillon, le spécialiste bien connu de. la. métallurgie de l’antimoine ; à M. Lamy, le représentant de la Metall-gesellsehaft et de la Société Le Nickel en France; aux directeurs et ingénieurs des très nombreuses usines que nous avons visitées , tant en France qu’à l’étranger, tout spécialement à M. Schutte, l’éminent directeur des usines d’Overpelt ; (à. M. Ju-retska, directeur des usines de Birkenkang; à M. Dor, dont le nom est bien connu» de tous ceux qui touchent, à l’industrie du zinc, etc.
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- DOCUMENTS ÉCONOMIQUES
- I. — Métallurgie du zinc.
- Production du zinc en tonnes.
- 1° En Europe (1). 2° En Europe et en Amérique (1).
- 1853 . . . . . 60150 1875 168154
- 1855 . . . . . 66136 1880 226753
- 1860 . . . . . 98 380 1885 264090
- 1865 . . . . . 108 502 1890 347 827 (2)
- 1870 . . . . . 134 660 1895. 416 462 (3)
- 1872 . . . . . 131341 1899. ..... 478160 (4)
- Production et consommation mondiale.
- 1900 1901 1902 1903 1904
- Production . . . . 478 500 507 400 543 300 571600 625 400
- Consommation . . 474 800 507100 560 200 576 600 629 200
- 1905 1906 1907 1908 1909
- Production .... 658 700 702 0001 738400 722100 783 200
- Consommation . . 663700 705 200'= 743 200 730300 793100
- Détails DE LA DROÜUCTION ET DE LA CONSOMMATION EN 1909
- EN TONNES.
- Production. Consommation.
- Allemagne : Rhin-Westphalie . . . . 75173 ) 188 000
- — Silésie1 2 3 4 5. . . ... ... .. . .. . 144900 ]
- Grande-Bretagne et Islande . . . . . 29 000 155 500
- Belgique. . . . 167100 ?
- Autriche. . . . 117Q0
- États-Unis
- 242000 246 900
- Russie.
- France.
- Espagne
- 10100
- 50 000 66 900
- 6150
- (1) Traité de là métallurgie du zinc, de Lodin,,p. 792.
- (2) Dont 60 142 d’Amérique. .
- (3) Dont 79427 d’Amérique.
- (4) Dont 112 195 d’Amérique:.
- (5) Il faut noter In formation d’un syndicat international, qui date du 1er janvier 1909, et qui est venu à expiration au. 1er janvier 1911. Il a été, ditron,. renouvelé.
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- Commerce'spécial extérieur de la France relatif au zinc (en quintaux).
- . ANNÉES MINERAI LINGOTS . PRODUITS LAMINÉS LIMAILLES ET DÉBRIS
- IMPORTATIONS EXPORTATIONS IMPORTATIONS EXPORTATIONS IMPORTATIONS EXPORTATIONS IMPORTATIONS EXPORTATIONS
- 1900 . . . 661 778 546 629 328 991 69 330 2 452 ' 57 '792 20 758 7 833
- 1901 ... 745531 429 948 ' 296 622 84 518 1493 65 702 14 634 6 595
- 1902 . 694 607 477 238 365 323 59 10 ï 321 102 818 20 854 10157
- 1903 . . . 670 788 . 625 518 360 977 876 2 052 110195 19 970 9 482
- , M904 . . . 880 027 576 985 324 328 83 907 2868 92 729 19 983 4 060
- 1905 . . . 1 047 671 ; 722236 247 079 91882 . 3 070 68 217 28 079 4 771
- . 1906 , . . 1 063 060 672 580 269 606 111 949 3 377 84136 , 30 031 10 959
- 1907 ... 1146 992 543 164 306 273 105 776 4 315 110 863 24 438 2645
- 1908 . . . 1378 905 577 589 372066 873 6 667 1135 24 379 50
- 1909 ... 1206 290; ; 600 570 2 992 1299 56 1 060 227 113
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- — 879 —
- Variation du cours a Londres de 1900 a 1910. Prix de la tonne de 1016 kg en livres, sterling.
- 1900 1901 1902 1903 1904
- Cours moyen 20.5.6 17.0.7 18.0.11 20.19.5 22.11.10
- 1905 1906 1907 1908 1909
- Cours moyen 25.7.7 27.1.5 23.16.9 20.3.6 22.3
- Production mondiale en minerai de zinc en 1909
- EN TONNES.
- (Statistique du Ministère des Travaux publics).
- France . . 50 900 Russie 66 000
- Algérie . . 81 900 Suède 40 000
- Tunisie . . 24 600 Norvège 2 400
- Crande-Bretagne. . . . . 10 000 Espagne 156 000
- Allemagne . . 724 000 Grèce 24100
- Belgique 1 229 Etats-Unis 9
- Autriche ...... . . 34 000 Canada . 9
- Hongrie Italie . . 136 . . 130 000 Australie 281 000
- Total . 1 626 265
- Sans les États-Unis et le Canada.
- Détails des importations de MINERAIS DE ZINC EN 1909
- (en tonnes).
- Suède . . . 7 075 Autres pays étrangers. . . 6 972
- Belgique . . . 4 816 Algérie . . 8 095
- .Espagne . . . 23 924 Tunisie . . . 5 552
- Italie . . . 40178 Indo-Chine . . . . . . . 6 474
- Australie...... . . . 17 543
- II. — Métallurgie de l’étain.
- Production et consommation de l étain
- EN TONNES.
- 1900 1901 1902 1903 1904
- Production....................... 80300 89200 91300 96500 98000
- Consommation....................... 81 600 84100 95100 96100 94 800
- . 1905 1906 1907 1908 1909
- Production.................... 96 600 98 800 97 700 107 500 125 000
- Consommation...................... 99100 104 500 99 900 95 400 105 600
- Bull. 56
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-
-
-
- Détails de la production et de la consommation en 1909.
- Production. Consommation.
- Grande-Bretagne................20 630 Grande-Bretagne .... 17 500
- Allemagne...................... 8 994 Allemagne...................17100
- Autriche.................... 52 États-Unis ....... 42800
- Italie............................. 7 France..................... 8 750
- Indes orientales néerlandaises 17 141
- Etats Malais...................51 653
- Etats-Unis....................... 851
- Bolivie...................... 16 600
- Australie..................... 8 950
- Javon............................. 20
- Variation du cours a Londres en livres sterling.
- 1900
- Prix moyen annuel . . . 133.11.16
- 1905
- Prix moyen annuel . . . 143.1.8
- 1901 1902 1903 1904
- . 118.12.8 120.14.5 127.6.5 126.14,8
- 1906 1907 1908 1909
- 180.12.11 172.12.9 133.2.6 134.15.6
- Commerce spécial extérieur de la France relatif a l'étain (en quintaux.)
- ANNÉES UNI es S=H ( s exportations 1 importations j OTS S üj' ALLIAGES CS AVEG Sli ET PRODUITS 5=3 O . [B exportations > = importations j E exportations j
- 1900 5116 2 896 71 240 3 756 595 2 241 459 1 164 260 281
- 1901 3 652 2 226 73137 2 356 799 1001 427 1024 r- ST 00 166
- 1902 6 633 3 355 84 584 4 874 598 192 593 1 191 361 680
- 1903 17 661 12 038 76 383 7 062 347 141 1153 1370 993 1309
- 1904 13 315 9 936 76154 6 275 313 2 262 2 006 1289 1127 1532
- 1905 13 598 7 621 83 293 8 374 434 766 2 300 2 768 380 1603
- 1906 9389 5 549 76 874 6 011 695 1625 3127 1830 1181 1550
- 1907 9 610 5 518 72143 5 058 557 248 3 331 1980 880 940
- 1908 10 705 3578 80 074 4 634 267 833 3 810 1207 671 1425
- 1909 19 074 8770 77 452. 4 493 690 2 562 3 793 1001 391 803
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- — 881 —
- Détails des importations de minerais en 1909. (en quintaux.)
- Indes anglaises .... . . 276 Chili . . . 12 707
- Australie . . 221 Autres pays . . . . . . . 167
- Pérou . . 3 333 Indo-Chine . . . . . . . 2 370
- III. — Métallurgie de l’antimoine.
- *i$s Détails de la production mondiale en 1909 en tonnes.
- (Statistiques de VIndustrie minérale.)
- France . . . 5 444 Mexique . . . 4 000
- Hongrie. . . 1 400 Japon . . . 200
- Italie. . . . 59 Chine . . . 8 300
- Etats-Unis. . 3 000 22 403
- « Détails de la production française en 1909 (1)
- EN TONNES.
- (Statistiques de l'Industrie minérale.)
- Régule Oxyde Sulfure Fours
- d’antimoine, d’antimoine. d’antimoine. grillage. réduction.
- Cantal . . . . 539 748 » 4 2
- Haute-Loire . . 1 741 422 » 7 5
- Lozère. . . . 7 58 ». 1 1
- Mayenne. . . '. 1 224 624 81 3 6
- 3 511 1 852 SI 15 14
- Détails DE LA PRODUCTION MONDIALE EN MINERAIS D’ANTIMOINE en 1909
- EN TONNES.
- (Statistiques de l'industrie minérale.)
- France . . . 28 268 Portugal . . . 76
- Autriche . . 450 Etats-Unis . . . 100
- Hongrie. . . 1600 Australie ..... . . . 3 900
- Italie.... Espagne . . 1100 . 124 Nouvelle-Zélande . ... 5
- 35 623
- (1) Cette statistique ne tient pas compte de l’usine de Vendée.
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- — 882 — — 883 —
- 1° Minerai d’antimoine dans le monde.
- (Étude de M. Lozé : Circulaire de la Chambn Syndicale Française des Mines Métalliques.}
- 7s Cf, £ 1900 1905 1906 1907 1908
- NUMÉRO: DES UÉFÉRENCI PAYS l PRODUCTION i CS P W < PRIX MOYEN A LA TONNE i PRODUCTION 1 cz ZD w < K" U Z >* Z 0 0 S 8 X < £ < 1 PRODUCTION 1 S w P < î> PRIX MOYEN A LA TONNE 1 ' 25 O H U P Ct o os P ( PRIX MOYEN A LA TONNE ' K © H © P Û © es p CS p ta < > <5 M H £ © © E X i S ^ p ^
- T. M. Fr. Fr. T M. Fr. Fr. T. M. Fr. Fr. T. M. Fr. Fr. T. M. Fr. Fr.
- I bis . . Algérie. » )> » » » 1) 50 31.500 158 800 136.159 170 190 38.000 200
- XIII . . Allemagne .... (g) » » (g) )) » 1 (g) » » (g) )) )) (g) )) »
- Y . . Australie 253 (e) 62.723 248 443 (e) 114.824 327 3.237 (e) 1.578.452 488 6.907 (e) 1.589.137 230 3.900 (e) 300.950 77
- III . . Autriche-Hongrie . 2.574 216.974 84 (c) 2.622 266.748 102 f< 2.878 414.064 144 (c) 3.508 493.474 141 (c) 1.787 277.179 155 (c)
- VIII . . Canada » » )) 479 » )) 709 )) » 1.829 336.600 184 9 ? 9
- XIX . . Chili (m) » » (m) » )) (m) )) )) (m) )) » (m) )) »
- XX . . Chine » » » 2.352 (n) 300.686 128 3.624 (n) 511.459 141 2.382 (n) 461.840 194 544 (n) 122.346 225
- XIV . . Espagne ...... 30 4.500 150 77 5.760 75 180 14.325 80 205 19.625 96 124 13.003 105
- XII . . Etats-Unis ... ». (f) )) )) (f) » )) (f) » )> (f) )) » (f) )) ))
- I. . France 7.800 (b) 564.000 72 12.500 (b) 1.038.000 83 18.600 (b) 3.527.000 190 24.400 (b) 2.701.000 111 26.026 (b) 1.844.000 71
- I ter . . Indo-Chine. . . . » » )) » )) » )) » » 310 35.000 113 » » ))
- II'. . Italie 7.607 362.342 48 5.083 220.676 43 5.704 627.725 110 7.892 465.275 59 2.821 280.575 99
- XXI . . Japon (o) )) )) (o) » » (o) )) » (o) » » (o) » »
- IV . . Mexique 2.313 (d) 58.298 25 57 (d) 39.207 ? 688 179 (d) 22.200 124 681 (d) 157.100 231 36 (d) 6.350 . 176
- VI . . Nouvelle-Zélande . 3 2.545 848 Néant. » fl Néant. » » 100 53.374 534 ' 5' 1.840 368
- XVIII . . Pérou ...... 0) »- )) - (1) » )) (1) » » ' ' (l) » » ? » ».
- XV . . Portugal » )) » 84. 23.023 274 481 381.950 .794 383 166.100 434 76 15.826 '208
- VII . . Royaume-Uni. . . Néant. )) » Néant. » fl Néant. » )) Néant. )) » Néant. )) »
- X. . Rhodésie » » » » » fl )) V> » 12 ? 6.930 57S ' » )) »
- XI . . Sarawak » » )) )) )) )) )) » » 950 (p) » » 300 (p) » ))
- XVI . . Serbie (h) ». )) (h) » fl (h) • » » '228 25.956 113 702 18.396 26 '
- IX . . Terre-Neuve . . . » )) . » )) )) )) 102 21.000 206 » )) » » » ..»
- XVII . . Turquie ..... 1 267 (j) 70.500 264 , 450 (k) )) fl 850 (k) » » 9 » » 621 (k) 397.177 639
- Observations. — (b) Non compris les tonnages provenant des recherches.
- (c) Les prix moyens par tonne sont notablement plus élevés- en Hongrie qu’en Autriche.
- (d) Non compris le minerai traité au Mexique pour la production mexicaine de l’antimoine.
- (e) Pour l’Australie, il n’a pu être établi de distinction entre le minerai d’antimoine et l’antimoine; les chiffres ci-dessus comprennent les deux produits.
- (f) Tonnages minimes non relevés par Y United States Geological Survey.
- v ' ——- —
- (g) Quelques tonnes seulement.
- (h) Chiffres inconnus.
- (j Exporté de Salonique. Minerai concentré.
- (k) Minerai concentré.
- (l) Voir le texte et le tableau de la production de l’antimoine.
- (m) Inconnue.
- (n) Seulement minerai d’antimoine exporté.
- (o) inconnue. ‘ '
- (p) Tonnage expédié. '
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-
-
-
- 884
- — m —
- 2° Antimoine et ses dérivés dans le monde.
- (Étude de M. Lozé: Circulaire de la Chambra Syndicale Française des Mines Métalliques.)
- NUMÉROS DES RÉFÉRENCES (a) PAYS 1900 1905 1906 1907 1908
- Ï5 O c-* U P P O X X x p p p <5 K* ] PRIX MOYEN PAR TONNE j « O H P P Q O X X P P P < > PRIX MOYEN PAR TONNE j PRODUCTION x p p p <! > PRIX MOYEN PAR TONNE S O H Ü P Q O X X X p X p < > 27 rjj W g 2- P 2 6 s H b « K b P. Z O H O P X o X X X p H P > b w g K £ o "= H b 05 S £
- T. M. Fr. Fr. • T. M. Fr. Fr. T. M. Fr. Fr. T. M. Fr. Fr. T. M. Fr. Fr.
- I bis . . Algérie. » » )) )) » » » )) » » » » fl » »
- XIII. . . Allemagne .... (j) » » (j) • )) » 0) )) )) (j) )) » (3) » ))
- Y . . Australie (e) » )) (e) )) » (e) » » (e) » » (e) )) ))
- III . . Autriche-Hongrie. 1-.110 (c) 820.440 739 756 (d) 536.550 710 954 (d) 915.900 960 1.048 1.058.900 1.010 832 508.938 612
- VIII . . Canada » )) » » )) » )> » » 29 (g) 26.460 912 » » »
- XIX . . Chili (P) » )) (P) ». » (P) )) » (.P) » » . (P) » »
- XX . . Chine » » )) 3.353 (n) 720.871 215 3.829 (n) 1.106.986 289 2.317 (n) 966.395 417' 9.356 3.544.456 379
- XIV . . Espagne ..... (k) » .» (k) ' )) » (k) » » (k) )) » (k) » »
- XII . . Etats-Unis . . . . 3.837 (h) 4.340.300 1.131 2.939 (h) 3.655.977 1.244 1.602 (h) 3.123.276 1.950 1.831 (h) 3.222.198 1.758 ? ? 2
- I . . France 1.600 (b) 1.230.450 772 2.396 (b) 1.759.000 734 3.433 (b) 5.451.000 1.588 3.945 (b) 4.982.000 1.262 3.850 (b) 2.324.000 604
- II . . Italie 1.200 772.000 657 327 142.000 434 537 815.000 1.517 610 594.000 974 345 226.000 656
- XXI . . Japon 430 (o) » » 286 (o) 207.194 724 302 (o) 590.310 1.955 248 (o) 371.372 1.497 198 (o) 136.624 690
- IV . . Mexique (q). . . . » ‘ , » » 1.978 2.401.725 1.214 2.418 2.811.250 1.163 4.615 4.119.300 883 4.046 4.703.850 1.163
- XVIII . . Pérou » » )) » » » 92 214.900 2.335 114 134.970 1.184 ? ? '?
- XV . . Portugal fl) » » fl) » » fl) » » fl) )) » fl) » » .
- VII . . Royaume-Uni. . . (f) » 952 . (0 » 1.158 (f) » 2,387 (f) » 1.601 (f) » 824
- XVI . . Serbie » » » 81 (m) 79.329 979 313 (m) 447.552 1.430 243(m) 272.790 1,123 190 (m) 137.214 722
- Observaions. — b) Régule, oyde et sulfure.
- (c) Année 1899 pour l’Autriche et 1900 pour la Hongrie.
- (d) Hongrie seulement. x ' .
- (e) Pour l’Australie, il n’a pu être établi de distinction entre le minerai d’antimoine et l’antimoine ; par suite, ce dernier produit est compris au tableau du minerai.
- (f) Le Royaume-Uni n’opère que sur des produits étrangers.
- (g) Raffiné. ' .
- (h) Il s’agit de l’antimoine contenu dans le plomb antimonieux ou de l’antimoine produit principalement avec les minerais étrangers.
- (j) Inconnue.
- (h) Minime, s’il en existe.
- (l) Inconnue.
- (m) . Régule et oxyde d’antimoine, Régule seulement pour 1908.
- (n) Seulement antimoine, régule et raffiné, exportés.
- (o) Antimoine brut et raffiné.
- (p) Inconnue.
- (q) Il s’agit de l’antimoine'exporté.
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-
-
-
- Détails de la production française en minerais d’antimoine en 1909
- EN TONNES.
- (Statistiques de l'industrie minérale.)
- Aveyron ..................... 426
- Cantal................... 3 303
- Corse....................... 217
- Creuse......................... 3
- Haute-Loire.............. 6 036
- Lozère.................. 1 312
- Mayenne................. 13 630
- Puy-de-Dôme.................. 7
- Vendée ................... 2931
- Algérie.................... 163
- 28 268'
- Commerce spécial extérieur de la France relatif a l’antimoine
- (en quintaux.)
- MINERAI SULFURE FONDU MÉTAL
- ANNÉES —— - .—-—-
- importations exportations importations exportations importations exportations
- 1900. . . 1 661 1538 404 751 152 3 360
- 1901. . . 681 6 451 339 783 27 7 413
- 1902. . . 2 802 5 949 2 007 826 4 6 489
- 1903. , . 9 473 4 284 1438 1072 14 13 583
- 1904. . . 2 645 5 290 386 938 94 5 930
- 1905. . . 2114 6 983 461 597 402 6 746
- 1906. . . 1334 35 415 878 935 1505 8 717
- 1907. . . 5128 34 603 460 1140 169 12 708
- 1908. . . 6 899 32532 2 294 1609 107 19 685
- 1909. . . 15 362 ' 40 024 2 258 1596 128 22 486
- Détails des importations et exportations de minerai pour 1909 (en quintaux.)
- Importation. Exportation.
- Grande-Bretagne . ..................... »
- Belgique . ................................ »
- Espagne.................................. 47
- États-Unis................................ »
- Italie................................. 10 634
- Chine.................................... 390
- Autres pays étrangers................ 1 726
- Algérie................................. 2 365
- Indo-Chine................. »
- 1464 1446 3172 28 253 »
- »
- 264
- »
- »
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-
-
-
- — 887
- IV. — Métallurgie du bismuth.
- Commercé extérieur de la France en bismuth métal (en quintaux.)
- 1900 1901 1902 1903 1904
- Importations Exportations 9,70, 8 327 4 322 3 234 7 349 6
- 1905 1906 1907 1908 1909
- Importations Exportations 438 ' . . 3 . 677 4 313 2 397 13 437 4
- V. — Métallurgie du nickel.
- Production mondiale (1). (en quintaux.)
- 1900 1901 1902 1903 1904
- Etats-Unis et Canada . . . 3 000 3 600 4: 100 5 100 6 000
- Angleterre . . . 1500 1800 1 300 1 700 2 200
- Allemagne (2) . . . 1400 1 700 1 600 1 600 2 000
- France . . . 1700 1 800 1100 1 500 1 800
- Total (3). . . . . . . 7 600 8 900 8 700 9 900 12 000
- Prix moyen en marks.. . . . . . 3.00 3.00 3.20 3.30 3.30
- 1905 1906 1907 190S 1989
- Etats-Unis et Canada . . . 4 500 6 500 6 500 6 000 9 000
- Angleterre . . . 3100 3 200 3 200 2 800 2 800
- Allemagne (2) . • . ' . . . 2 700 2 800 2 600 2 600 3 100
- France . . . 2 200 1 800 1800 1 400 1 200
- Total (3). . . . . . . 12 500 14 300 14100 12 800 16100
- Prix moyen en marks.... . . . 3.30 3.80 3.50 3.50 3.25
- (1) D’après les statistiques de la Metailgesellschaft.
- (2) Il ne s’agit que du royaume de Prusse. On produit des quantités insignifiantes de nickel en Saxe.
- (3) Abstraction faite, de quantités minimes de minerais produits en Allemagne, Norvège, États-Unis, la production entière du nickel provient des minerais du Canada et de la Nouvelle-Calédonie.
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-
-
-
- Commerce extérieur spécial de la France relatif au nickel (en quintaux).
- I 5
- ANNÉES MINERAI PRODUITS DE PREMIÈRE FUSION NICKEL AFFINÉ EN LINGOTS NICKEL LAMINÉ NICKEL ALLIÉ AU CUIVRE AVEC OU SANS ZINC
- importations exportations importations exportations importations exportations importations exportations importations exportations
- 1 1900 176 866 1229 : 5 172 2 755 5 991 877 459 2115 585
- 4901 394 974 8 364 8 2 354 2 821 10 313 532 268 1 990 3 142
- 1902 583 741 141 51 4 512 4 278 3 971 923 242 2 085 948
- 1903. . . . . 139 327 223 ' 327 10 374 787 6 529 1036 671 2108 445
- 1904. .... 206 982 22 909 8 203 2 275 8 804 855 256 1997 632
- 4905. . . . . 496 982 5 . 155 4 263 2 878 10171 1075 578 2195 701
- 1906 449 601 2 64 6 496 3 296 4 282 1408 104 • 2 378 : 667
- 4907 458 929 234 21 7 917 5 367 5 270 1 421 158 2 983 794
- 1908'. . . . . 421 534 53 11 6 949 8 574 4 305 1 438 56 2 793 990
- 1909 422 488 464 104 5 380 10 852 12 421 1739 274 4 401 1 332
- oo
- 00
- oc
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-
-
-
- — 889
- Exportations dis minerais de la Nouvelle-Calédonie.
- 1900 1901 1902 1903 1904
- 100000 133 000 129 700 77 400 98 700
- 1905 1906 1907 1908 1909
- 125300 118 900 120100 118900 108600
- Productions DE NICKEL MÉTALLIQUE PROVENANT DE MINERAIS DE NICKEL
- du Canada.
- 1900 1901 1902 1903 1904 1905 1906 1907 1908
- 3 200 4 200 4 900 5 700 4 800 8600 9800 9600 8700
- Production de l’argent dans le district de Cobalt (Canada) (en onces.J
- 1904 ....................... 206 875
- 1905 ................ 2441358
- 1906 ....................... 5 401 766
- 1907 ....................... 10 023 311
- 1908 .................. 19400640
- 1909 ....................... 25128 590
- Production mondiale en 1909 . . . 217 614 569
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-
-
- CHRONIQUE
- N° 378
- SOMMAIRE. — La fondation de l’École Centrale (suite et fin). — "Pont en maçonnerie de
- grande portée. — Le canal de Panama et le commerce. — L’exploitation du charbon
- au Spitzberg. — Alimentation de Milan en électricité.
- lia fondntioBi *lc l’École Centrale (suite et fin). — Dans l’organisation de l’École Centrale des Arts et Manufactures, on a pris pour modèle l’ancienne Ecole polytechnique, en adoptant toutefois les modifications commandées par la nature du but que l’on désire atteindre. Ainsi, l’on a écarté de l’enseignement tout ce qui concerne les théories mathématiques trop élevées, l’expérience ayant démontré que ces théories sont rarement utiles dans les applications et que, dans le cas contraire, le simple énoncé des résultats obtenus par une analyse transcendante peut suffire.
- Dès lors, en supposant que la durée des études reste la même, les élèves pourront donner beaucoup plus de temps aux travaux graphiques, aux expériences et aux manipulations, et recevoir une instruction plus développée sur les diverses applications des sciences aux arts industriels.
- Cette disposition permet, en outre, d’introduire plusieurs améliorations importantes dans le système des études :
- 1° Par la création de nombreux concours, qui ont pour but d’exciter dans les élèves l’esprit d’invention si nécessaire dans la pratique des arts, tout en le dirigeant vers un but utile et en corrigeant soigneusement les écarts d’une imagination trop vive et trop mobile ;
- 2° En faisant exécuter à main levée aux élèves au moins quatre cents croquis cotés, du format in-folio, représentant des machines, des appareils et des détails de tout genre, relevés avec soin d’après des usines en activité, ou des modèles de machines abandonnées et, enfin, des études de construction, etc. Ils acquerront ainsi la connaissance d’une foule de faits qui serviront de bases à leurs compositions d’invention :
- 3° En mettant au concours des projets , complets d’usines dans le courant et à la fin de la seconde année d’études, qui auront pour objet d’apprendre aux élèves à étudier avec soin les divers éléments qui doivent entrer dans la création d’une industrie, à les comparer, à les combiner entre eux de la manière la plus avantageuse, suivant les localités.
- Une médaille d’or sera décernée à chacun des trois meilleurs projets du dernier concours et l’École les fera publier à ses frais.
- Les fondateurs ont cherché à faciliter l’accès de l’Ecole à toutes les classes de la société et, en particulier, à tous les jeûnes gens qui vou-
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-
-
-
- — 891 —
- draient se vouer à l’enseignement, par la création de 111 demi-bourses, par les appointements accordés aux chefs d’étude et par les places temporaires de répétiteurs données aux élèves qui se seront distingués dans leurs études.
- Tous les cours de l’École ne forment réellement qu’un seul et même cours, parce qu’on essaierait vainement d’établir des limites arbitraires pour borner à tel ou tel point l’attention des élèves, pour circonscrire leur éducation dans des cadres plus ou moins convenables à leur direction respective. Pour nous, la science industrielle est une, et tout industriel doit la connaître en son entier, sous peine d’être inférieur au concurrent qui se présentera mieux armé que lui dans la lice.
- Pour nous encore, la science industrielle se compose d’éléments bien clairement déterminés ; car il suffit d’établir que l’industrie s’exerce toujours sur des matières données, dans le but d’en augmenter la valeur en ayant égard à certaines conditions géographiques et sociales, pour indiquer avec précision quelles sont les sciences nécessaires à l’industrie.
- La géométrie lui apprend le rapport des masses entre elles; là physique lui enseigne à les mettre en mouvement; la mécanique lui indique par quels procédés ces mouvements sont modifiés, diminués ou accrus; la chimie, divisant ces masses en molécules, apprend à séparer les éléments qui les composent, à combiner ceux-ci sous une nouvelle forme et à prévoir tous ces effets, soit que l’art les détermine, soit que le hasard les amène. Jusqu’ici nous supposons que les matières sont données, mais, s’il s’agit de les obtenir, le mineur et le naturaliste viennent enseigner comment on les extrait ou comment on les produit.
- Toutes les opérations de l’industrie exigent, en général, des constructions spéciales, que l’industriel a souvent besoin de diriger lui-même, c’est ce qu’il apprendra dans l’art de bâtir. Enfin, pour arriver à l’application utile de toutes ces conceptions idéales, il faut encore faire la part des ressources du pays et des conditions sociales actuelles ou futures au milieu desquelles on est placé ; c’est à remplir ce but que notre cours de statistique et d’économie industrielle est destiné.
- Ajoutons que, si les idées que nous venons d’énoncer sont comprises dans le sens que nous y attachons, il doit être démontré que nos cours diffèrent de tous les cours analogues et qu’ils ne peuvent leur ressembler, par cela même qu’ils se rattachent à une idée d’ensemble qui n'a peut-êtrp jamais été mise en application dans l’enseignement des sciences. Nous devons dire que, même en mettant de côté cette vue d’ensemble que nous avons choisie, il serait encore nécessaire de considérer comme très différents les cours de sciences pures et ceux des sciences industrielles.
- Toutes les branches de l’industrie, sans exception, se rattachent aune ou plusieurs sciences exactes ou d’observation; cependant, les arts industriels ne sont pas de simples applications des sciences théoriques; la mécanique, la physique, la chimie des arts sont des sciences à part, fondées, il est vrai, sur les sciences théoriques, mais qui ne leur empruntent que leur méthode d’investigation et les principes généraux qu’elles possèdent et qui souvent encore sont insuffisants.
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-
-
-
- Les recherches théoriques et industrielles diffèrent essentiellement et par leur nature et par leur but.
- En effet, dans les sciences théoriques, l’on a principalement en vue d’établir des lois générales; presque toujours on néglige des éléments qui, dans les arts, sont d’une grande importance; souvent aussi, pour simplifier les calculs, on fait des suppositions qui conduisent à des résultats différents de ceux de l’observation. Ainsi, dans les recherches de laboratoire, on ne tient aucun compte, ni du nombre des opérations, ni du temps employé, ni du combustible consommé, et cependant ces divers éléments sont très importants dans les arts, puisqu’ils ont une grande influence sur la dépense.
- Ainsi, plusieurs des lois sur le mouvement des fluides sont inexactes, parce que la théorie les fait reposer sur des hypothèses qui ne sont vraies que dans certaines circonstances que la pratique ne présente jamais. Ajoutons que les sciences théoriques ne sont composées que de généralités trop incomplètes encore pour que l’on puisse en déduire les lois exactes de cette foule de phénomènes compliqués qui se rencontrent, même dans les arts les plus simples.
- Les observations précédentes suffisent sans doute pour faire concevoir ce que les fondateurs entendent par sciences industrielles, et, dès lors, pour faire comprendre aussi que des cours de sciences exactes et d’observation, auxquels on ajouterait la description des arts, ne pourraient constituer seuls un enseignement profitable aux industriels.
- Pour que l’enseignement donné dans une école d’industrie soit vraiment utile aux élèves, il faut nécessairement que les professeurs qui en sont chargés se soient longtemps occupés des théories, qu’ils aient ensuite vécu dans les fabriques ou pris part, comme Ingénieurs, aux divers travaux des services publics, parce que c’est au milieu des ateliers, et là seulement, que l’on juge avec certitude de l’importance réelle des théories, de la manière d’en faire usage et des limites au delà desquelles leurs applications utiles cessent. Il faut successivement encore que tous-les cours s’enchaînent les uns aux autres, que tous les travaux exécutés par les élèves soient dirigés vers un même but, et pour, s’assurer que les élèves comprennent les leçons, pour aider leur intelligence, pour stimuler leur zèle et développer chez eux l’esprit d’invention, il faut nécessairement, enfin, des examens journaliers, des problèmes à résoudre, des dessins à tracer, des projets à composer, des expériences et des manipulations à exécuter et tout cela sous une surveillance de chaque instant.
- On comprendra, sans doute, d’après cet exposé des idées qui ont présidé à l’organisation de la nouvelle école d’industrie, qu’elle ne pouvait être créée par un seul homme. Il fallait, soit pour la concevoir, soit pour l’exécuter, que les fondateurs et les professeurs, choisis dans l’âge de l’activité, fussent en nombre suffisant pour embrasser le vaste champ de l’industrie et que tous, bien pénétrés du but et de l’étendue de leurs travaux, voulussent bien se dévouer presque entièrement à une carrière qui n’est point encore tracée.
- Quand on pense à l’importance numérique de la classe industrielle, au rôle politique qu’elle joue dans nos nouvelles institutions et à sa
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- participation au budget de l’État, on est étonné qu’elle n’ait point encore, en Europe, d’école spéciale pour elle. Mais l’étonnement doit cesser, dès que l’on examine de près ce que doit être une école d’industrie et les difficultés que présente l’organisation d’un semblable établissement. D’après ce que nous venons de dire, ces difficultés doivent déjà sembler grandes, mais elles le paraîtront bien davantage quand nous ajouterons que l’établissement ainsi formé serait incomplet si l’éducation des élèves n’était poursuivie plus loin sous le rapport de la pratique en grand et de la pratique spéciale.
- Car, ces études communes peuvent suffire aux élèves qui se destinent à l’industrie comme capitalistes, à ceux qui doivent diriger des industries simples et, enfin, à ceux qui n’ont suivi les cours de l’Ecole que comme un complément d’éducation ; mais ces études sont insuffisantes pour ceux qui veulent se livrer aux industries compliquées, ou qui se proposent de devenir constructeurs ou Ingénieurs civils; il faut à ces derniers un complément d’enseignement théorique ou une instruction pratique plus approfondie dans la direction qu’ils doivent suivre.
- Les fondateurs ont pensé qu'il était nécessaire d’attacher à l’École un enseignement spécial qui sera variable dans sa durée, en raison du but que les élèves se proposeront. Cet enseignement prendra les élèves à leur sortie de l’École et les rendra propres à entrer immédiatement dans la pratique.
- Yoici les bases principales de son organisation :
- A la fin des deux années d’études, les élèves indiqueront la carrière à laquelle ils se destinent. On les divisera par groupes; ces groupes seront placés sous la surveillance du professeur que leur direction concerne particulièrement. Celui-ci les fera travailler pendant un temps plus ou moins long, pour compléter leur éducation théorique, puis il les placera dans une usine pour qu’ils mettent la main à l’œuvre, qu’ils se façonnent à la pratique en grand et qu’ils voient par eux-mêmes comment on administre une fabrique et comment on dirige les ouvriers.
- Les élèves qui voudront se livrer à l’art de bâtir, et même à l’architecture proprement dite, seront dirigés vers toutes les études théoriques et pratiques qui leur seront nécessaires, tant sous le rapport de l’art que sous celui de la science, et l’on s’attachera à leur procurer les moyens de suivre l’exécution de différents travaux.
- Ceux qui se destineraient à la carrière d’ingénieur civil trouveront dans l’École des cours spéciaux de mathématiques élevées et recevront ainsi l’enseignement théorique complet de l’École polytechnique.
- Enfin, pour rendre à la fois plus complète et plus facile l’éducation des élèves qui se confieront à leurs soins, les fondateurs ont pensé qu’il était nécessaire de mettre à leur disposition les ouvrages dans lesquels se trouvent consignées toutes les découvertes qui intéressent les arts industriels. Ces ouvrages sont déposés dans la bibliothèque de l’École et mis à la disposition des élèves de troisième année, mais comme souvent les découvertes relatives aux arts sont consignées dans des recueils publiés en langue étrangère, les fondateurs ont senti la nécessité d’en assurer la traduction.
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- A cet effet, ils ont pris le parti de publier un journal industriel qui renfermera les recherches relatives aux arts qui font la base de l’enseignement de l’Ecole, soient que ces recherches aient été entreprises par les professeurs, soient qu’elles aient été publiées dans des ouvrages ou des journaux étrangers.
- Le journal de l’École fera connaître, en outre, tous les résultats remarquables de son enseignement et offrira aux anciens élèves le moyen de communiquer au public le fruit de leurs recherches.
- Nous ajouterons que ce recueil avait pour titre : Annales de l’industrie française et étrangère et Bulletin de l’École Centrale des Arts et Manufactures. .11 paraissait tous les mois par cahiers de six à sept feuilles d’impression, accompagnés de deux planches.
- Nous n’entrerons pas dans de grands détails sur la partie consacrée à l’enseignement de l’École, nous nous contenterons d’indiquer que le système d’enseignement général, qui dure deux ans, se compose des cours, des interrogations journalières, des travaux graphiques, des manipulations de chimie, de physique et de mécanique, du montage de grands appareils d’arts mécaniques ou chimiques, des problèmes, projets ou concours partiels, des examens généraux et des concours généraux.
- Les cours de l’Ecole sont au nombre de dix, savoir :
- Géométrie descriptive ;
- Physique industrielle ;
- Mécanique industrielle ;
- Chimie générale et arts chimiques ;
- Chimie analytique ;
- Exploitation des mines ;
- Histoire naturelle industrielle ;
- Art de bâtir ;
- Statistique et économie industrielle ;
- Dessin.
- Disons ici que le cours de machines à vapeur avait été séparé du cours de physique peu après l’ouverture de l’École et confié à Daniel Colladon, qui le professa jusqu’en 1836, époque où il fut remplacé par Thomas. Quant au cours de chemin de fer, il consista d’abord en quelques leçons comprises dans le cours d’exploitation des mines, fait par Perdonnet. Un cours spécial fut créé en 1838 et confié à ce même professeur.
- L’enseignement spécial qui est donné en troisième année est réservé aux élèves jugés aptes à recevoir le diplôme et qui voudraient mettre à profit les moyens d’instruction que l’École possède, soit pour devenir Ingénieurs civils, soit pour approfondir une spécialité quelconque, soit enfin pour continuer des études générales de manière à se rendre eux-mêmes propres à se vouer à l’enseignement.
- Les élèves qui se destinent à la chimie ou à la métallurgie recevront, pendant cette troisième année, des leçons spéciales et approfondies sur ces arts; ceux qui se destinent à des spécialités mécaniques s’occuperont de tous les détails de la construction des moteurs et des machines-outils, dans le cabinet et dans les ateliers de construction. Enfin, ceux qui voudront se livrer à l’art de bâtir ou à l’architecture proprement dite
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- trouveront des nombreuses occasions de suivre des travaux d’architecture analogues à leur direction.
- Au sujet du chapitre « travaux et discipline », nous croyons intéressant de citer le passage suivant :
- « Les chefs d’études, pris parmi les élèves, sont chargés de maintenir l’ordre et d’aider de leurs conseils ceux qui en ont besoin. Chaque chef d’études a seize élèves sous sa direction. Leurs fonctions durent cinq mois.
- » Au commencement de la première année, les chefs d’études sont choisis, parmi les élèves les plus avancés, par le Conseil des fondateurs. En outre, quand les chefs d’études doivent être renouvelés, les élèves, dans cnaque salle, présentent trois d’entre eux pour remplir cette fonction et le Conseil des fondateurs en nomme un des trois. Les chefs précédents peuvent être réélus. Pendant la durée de leurs fonctions, les chefs d’études reçoivent un traitement de 20 f par mois. »
- Le document dont nous nous occupons donne le programme très détaillé des divers cours énumérés plus haut et contient un plan des divers étages de l’École à l’échelle de 1 /100e.
- Pont en maçonnerie «le grande portée. — Nous dirons ici quelques mots d’un ouvrage qui, par ses dimensions, prend place à côté du viaduc de Luxembourg, du viaduc de Plauen et du pont de Morbegno, bien que l’ouverture de son arche centrale soit inférieure à celle du pont d’Auckland, dans la Nouvelle-Zélande, dont nous avons parlé dans la Chronique de février dernier, page 296.
- Ce pont, construit de 1904 à 1908, à Tulcano, près de Goerz, en Istrie, donne passage au chemin de fer de Podbro à Goerz, par-dessus l’isonzo; il comporte une arche en maçonnerie de 85 m d’ouverture, c’est-à-dire la même que celle du pont de Luxembourg. L’intrados, qui a 21,80 m de montée au-dessus des naissances, est formé d’un arc de cercle unique de 52,33 m. La voûte a 2,20 m d’épaisseur et 5,80 m de largeur à la clef. Ces dimensions vont en augmentant jusqu’à 3,50 m d’épaisseur et 8 m de largeur aux naissances.
- Sur la voûte reposent des piliers qui supportent des voûtes d’élégisse-ment en plein cintre, dont l’ouverture varie de 3,40 m à 4 m. Au pont proprement dit sont accolés des viaducs qui le prolongent sur les rives et sont formés d’arches en plein cintre, de 9 m et 12 m d’ouverture.
- La grande arche est construite en pierres d’appareil cubant 0,20 m à 0,70 m de nature calcaire, présentant (en cubes de 0,06 m) une résistance à l’écrasement de 1 200 kg par centimètre carré. Le mortier des joints prévus à 0,012 m d’épaisseur est composé d’une partie de ciment Port-land pour trois de sable.
- La pression déterminée par le calcul atteint 28 kg par centimètre carré à la clef, 40 kg aux naissances et 51 kg aux joints de rupture.
- Il n’a pas été prévu de disposition spéciale pour prévenir les effets de la température, si ce n’est des plaques d’amiante aux naissances des voûtes d’élégissement voisines des culées et, au-dessus des mômes endroits, des joints de dilatation dans les chappes en feutre asphalté qui couvrent le remplissage.
- Bull.
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- A l’exception de la voûte principale et des parements, tout l’ouvrage est construit en maçonnerie de moellons bruts au mortier de ciment dosé à 1,05.
- Les fondations ont donné lieu à quelques difficultés. On a même été conduit à modifier l’emplacement de l’une des culées à la suite des premiers travaux de creusement des fouilles. Sur la rive gauche, la voûte repose presque directement sur un banc rocheux de conglomérat par l’intermédiaire d’un plateau de béton dosé dans la proportion, 1, 2, 3, dans lequel on a noyé quatre rangs de poutrelles croisées. Cette armature a pour but de répartir la pression sur le terrain, qui comportait beaucoup de crevasses. On a d’ailleurs pris la précaution de bourrer celles-ci à l’aide de béton. Sur la rive droite, la culée prend appui sur des éboulis argileux. La fondation, descendue à plus de profondeur, consiste encore en un plateau de béton armé qui réduit la pression à 4 kg par centimètre carré.
- La construction du cintre de la grande voûte a nécessité l’établissement en lit de rivière d’un appui central qui, à raison de la nature torrentielle du cours d’eau, a été formé d’une pile en maçonnerie fondée à l’air comprimé. Le taux de travail du bois ayant été limité à 60 kg par centimètre carré, le cube mis en œuvre dans le cintre a atteint la valeur de 1,460 m3, soit 0,07 de bois par mètre cube de maçonnerie de la voûte.
- L’appareil de la voûte comprenait trois rangées de voussoirs vers la clef et quatre rangées vers la naissance. La mise en place des voussoirs a été conduite, ainsi qu’il est nécessaire pour des voûtes de cette importance, de façon à ne pas contrarier les mouvements du cintre. A la pose du premier rouleau, on a réservé sur le pourtour du cintre sept lacunes qui ont été fermées pendant la pose de l’avant-dernier rouleau. Le dernier rouleau seul a été construit en une fois sur toute l’étendue.
- L’affaissement de la voûte n’a atteint à la clef que 0,04 m sur cintre et 0,006 m au décintrement, soit en tout 0,046 m.
- lie «‘aiaa! «le Panama et le casaisBoeree.— Le canal de Panama approche de son achèvement. Le colonel Goethals, directeur des travaux, affirme que le canal sera prêt le 31 décembre 1913, mais, comme il estime nécessaire, en vue d’une sécurité parfaite, que toutes les installations soient essayées et les divers employés préparés à leur manœuvre pendant une année, l’ouverture officielle n’aura lieu que le 1er janvier 1915 ; les villes de San-Francisco et de la Nouvelle-Orléans se disputent l’honneur d’organiser à cette occasion une grande exposition ; certains pensent que, si elles ne réussissent pas à se mettre d’accord, chacune des deux villes en organisera une.
- Il est déjà intéressant d’examiner la question de l’ouverture du canal de Panama sous son angle commercial. Quels effets le canal aura-t-il sur les relations commerciales, surtout en ce qui concerne la concurrence entre l’Europe et l’Amérique sur le marché de l’Extrême-Orient ?
- Le principe que toute amélioration de ligne est avantageuse pour le commerce ne parait pas exact pour le fret européen, une diminution de la distance a pour conséquence naturelle une réduction du coût de
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- transport; c’est seulement lorsque les quantités de marchandises à transporter sur une plus petite distance augmentent dans la môme ou dans une plus grande proportion que les désavantages occasionnés au fret peuvent être contre-balancés ou transformés en profit ; c’est ce qui se passa pour le canal de Suez, malgré les opinions pessimistes d’alors. Cependant le cas n’est pas identique pour le canal de Panama, bien qu’il doive avoir pour conséquence une plus grande réduction de distance que la route par la Méditerranée et la Mer Rouge n’a eue en comparaison de la circumnavigation du continent africain.
- Au delà du canal de Suez se trouvent les pays les plus peuplés du monde, l’Inde, la Chine, pays naturellement riches et fertiles* capables d’acheter et de consommer en énormes quantités les produits européens, et les îles de la Sonde, le Japon, l’Australie pourraient être ajoutés à cette liste ; en outre, il y a de l’autre côté du canal de Suez de bonnes lignes de côtes bien développées et d’excellents ports.
- Il en est tout autrement de l’autre côté du canal de Panama ; cette partie de la côte ouest du continent américain n’est que peu développée et son commerce gravite vers l’Atlantique ; au large du canal s’ouvrira un océan vaste et presque totalement privé d’iles. La puissance d’exportation de l’Amérique occidentale est en fait assez limitée; il y a lieu de mentionner toutefois le salpêtre du Chili et les grains- de l’Amérique du Nord; on croit du reste que les chargements de salpêtre continueront à contourner le cap Horn, à moins que des taxes exceptionnellement réduites ne soient accordées pour la traversée du canal du Panama ; d’autre part, les grains provenant de San-Francisco et de l’Orégon emprunteront probablement la voie du canal.
- En ce qui concerne le commerce des États-Unis, la question devient différente ; actuellement les expéditions par mer à destination de l’Extrême Orient doivent être envoyées par le canal de Suez parce que la route autour de l’Amérique du Sud est beaucoup plus longue ; la distance de New-York à San-Francisco, autour du cap Horn, est de 14 840 milles marins ; par le canal de Panama, la distance ne sera plus que de 5300 milles. De l’Europe septentrionale, par exemple de Hambourg, la distance par mer jusqu’à San-Francisco est de 15140 milles en contournant le cap Horn et de 8488 milles par le nouveau canal.
- La distance actuelle de New-York à Hong-Kong par le canal de Suez est de 11 655 milles ; par Panama, la distance sera de 9 835 ; le trajet Hambourg-Hong-Kong est aujourd’hui de 1113 milles plus court que New-York-Hong-Kong ; après le percement du canal, le trajet Hambourg-Hong-Kong sera de 1 707 milles plus long que New-'York-Hong-Kong.
- Melbourne sera à 2 000 milles plus près de New-York que de Hambourg ; alors qu’actuellement la distance Hambourg-Melbourne et celle de New-York-Melbôurne sont à peu près égales (12 307 et 12050 milles) la distance New-York-Melbourne sera dorénavant de 10 427.
- La distance Hambourg-Yokohama est actuellement de 12 530 milles et restera la même, alors , que la distance de New-York à Yokohama par le Panama sera de 9 835 milles, soit une réduction de 2 700 milles en faveur de New-York.
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- On peut donc se rendre compte de l’influence que l’ouverture du canal de Panama pourra avoir sur les grands courants commerciaux du monde.
- Exploitation du charbon au Spitæberg. — On savait, depuis longtemps, qu’il y a du chardon au Spitzberg, comme il y en a au Groenland et dans l’Alaska, mais on croyait que ce charbon était de mauvaise qualité et en filons de trop faible épaisseur pour rendre possible l’exploitation. Mais depuis, au moins en ce qui concerne le Spitzberg, les idées se sont modifiées ; et tout récemment, on a appris que le sol de l’Alaska renfermait des couches d’anthracite facilement exploitables et s’étendant sur une superficie de plus de 2 000 km2.
- Le charbon qu’on trouve au Spitzberg est de bonne qualité ; il ne contient que 2 0/0 de cendres et est exempt de schiste. Il s’enflamme facilement et brûle très bien sur une grille ordinaire. Les prix sont bas : ainsi, dans Advent Bay, il est vendu directement aux baleiniers environ 20 f la tonne, tandis que le charbon anglais sur la côte nord, à Hammer-fert, ne revient pas à moins de 34 f.
- On rencontre parfois le charbon à la surface du sol et c’est ainsi qu’il est exploité par l’Arctic Coal Company, de Boston, qui s’est assuré la possession d’un gisement de 5 à 6 km de longueur dans Advent Bay. Cette Compagnie, au cours de recherches effectuées par elle, avait déjà reconnu, dans Saxon Bay, un gisement situé à 120 m au-dessous de la mer, mais qui n’avait pas été jugé devoir être assez productif. On a trouvé également du charbon au Cap Bojan, mais la côte était trop peu abritée pour qu’on pût l’embarquer facilement. D’autre part, le gisement d’Advent Bay avait l’avantage d’être très rapproché des installations où on prépare l’huile de poissons et qui ont besoin de combustible.
- L’exploitation se fait par des galeries poussées horizontalement dans la montagne ; on extrait Je charbon en laissant des piliers pour soutenir le toit. On n’a pas besoin de remblayer les travaux parce que la température qui est en moyenne de — 6 degrés centigrades ne modifie pas la résistance des parois. Ce n’est que dans des endroits où on rencontre’ une épaisseur exceptionnelle des couches au-dessus des galeries que la température s’élève un peu au-dessus de zéro.
- L’exploitation comprend deux périodes distinctes : la campagne d’été et la campagne d’hiver. La première dure du commencement de juin au milieu de septembre ; pour celle-ci on a amené 200 ouvriers de Norvège par le vapeur de la Compagnie le Munroe. Il reste seulement 100 hommes pour la campagne d’hiver. Ces ouvriers travaillent 9 heures trois quarts par jour et vivent, par groupe de 8 à 20, dans des maisons construites en bois avec des parois faites de 4 épaisseurs de planches avec du carton entre deux. Les ouvriers du fond gagnent de 9 à 10 f par jour et les ouvriers du jour 6,50 à 7 f, sur quoi on leur retient 2,50 f par jour pour la nourriture et le logement.
- Le charbon sort des galeries à une hauteur de 200 m environ au-dessus de la mer et est basculé dans une trémie placée au-dessus du point de départ du câble aérien de transport. Ce câble, installé par la maison bien connue Bleichert et Gie, transporte directement le charbon
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- jusqu’aux navires. Sa longueur en projection horizontale est de 1 327 m; la pente moyenne serait donc de 143 0/00.
- La station supérieure comprend une trémie dans laquelle on vide le charbon et au-dessous une voie suspendue en fer à cheval sur laquelle sont les bennes roulantes qu’on charge ; une fois chargées, on les pousse à bras d’hommes jusqu’à ce qu’elles s’attachent automatiquement par le moyen de l’accrochage spécial Bleichert au câble de traction qui est animé d’un mouvement continu. Le câble de support porte sur seize pylônes en bois avec une portée de 240 m du dernier pylône à la station de déchargement située dans la mer, dans une profondeur d’eau de 11 m plus que suffisante pour que les grandes navires puissent y accoster.
- Le câble ne transporte actuellement qu’un millier de tonnes par jour, tout ce que produit la mine, mais sa capacité peut être beaucoup plus considérable.
- L’installation de ce câble aérien a présenté de grandes difficultés ; les montants des supports, pièces de bois de 16 à 19 m de longueur, ont dû être amenés par mer. Ces supports ont presque tous été montés en 1907. Les sations supérieure et inférieure ont été installées en 1908 ; les fondations sur le sol ont été rendues laborieuses par la basse température qui, même en été, ne s’élève guère à plus de 2 degrés centigrades, au-dessus de zéro ; au soleil la terre ne dégèle pas à plus de 0,20 m de profondeur ; il fallait entamer le sol à la dynamite pour pouvoir battre des pieux ; de plus le vapeur de la Compagnie ne pouvait pas en hiver aborder dans Advent Bay à cause des glaces ; il fallait transporter le matériel débarqué sur des traîneaux pour l’amener à terre.
- En dépit de toutes ces difficultés, le câble aérien a pu être installé dans un temps relativement court et le charbon du Spitzberg alimente actuellement les baleinières qui croisent dans les mers polaires et même le nord de la Norvège, faisant ainsi concurrence à la houille anglaise. Ge succès a décidé une Société anglaise à entreprendre l’exploitation d’un, autre gisement de charbon au Spitzberg.
- AiTmcnfalIou «le Milan en électricité. —On exécute en'ce moment un travail grandiose pour fournir à Milan le courant électrique pour 60000 ch. La force est prise sur la rivière Poglia descendant de 1 400 m. Voici quelques renseignements fournis par M. L. Zodel, directeur de la maison Escher, Wyss et Gie, à la dernière réunion de la Société Suisse des Ingénieurs et Architectes, à Zurich.
- La Poglia est un affluent de l’Oglio, et descend des montagnes d’Ada-mello. La hauteur totale de chute est divisée en deux étages. La pression de 910 m est formée par la différence de niveau entre le lac d’Arno qui se décharge dans la Poglia et qui est à 1790 m au-dessus du niveau de la mer et le village d’Isola, situé à 887 m d’altitude.
- Le second étage a pour point inférieur Gedegolo situé à 400 m d’altitude où la Poglia se jette dans l’Oglio.
- Le lac d’Arno avec ses bords escarpés forme un réservoir très commode. Avec une profondeur de 25 m au-dessus de son niveau ordinaire, il représente une capacité de il millions de mètres cubes utilisables et
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- on peut obtenir deux fois ce volume en détournant dans le lac la Poglia supérieure.
- Les travaux ont été commencés en 4 907. L’usine hydro-électrique d’Isola est alimentée par une conduite se terminant par quatre branchements qui aboutissent aux turbines. Cette conduite a 1 500 m de longueur et un diamètre de 0,71 m. Les branchements ont d’abord 0,80 m de diamètre avec une épaisseur de tôle de 7 mm, pour passer ensuite à 0,75 et 0,60 avec des épaisseurs croissantes allant jusqu’à 32 mm. Les tôles de la conduite sont assemblées par rivets ; celles des branchements sont soudées avec du gaz à l’eau.
- Tous ces tuyaux sont enterrés dans le sol à une profondeur de 2,50 m pour éviter la congélation de l’eau par le froid.
- On compte employer sept dynamos, chacune de 7 000 ch avec des excitatrices de 500 ch; quatre de ces unités sont déjà intallées. La partie hydraulique, conduites et tambour, est fournie par la maison Escher, Wyss et Cie, et le professeur Prasil a étudié un nouveau mode de régulation pour parer aux variations de la pression sur les turbines.
- Le courant produit à 12 000 volts sera conduit à la station inférieure de Cedegolo, laquelle reçoit l’eau provenant du lac d’Isola et de sources indépendantes et, comme il n’y avait pas là de réservoir naturel, ni de place pour en établir un, on a dû faire une construction en ciment armé à trois étages superposés. Cette partie du projet, qui n’est pas la moins intéressante, a été étudiée par MM. Damieli frères, de Milan, dans le court espace de trois mois, et les travaux sont exécutés par eux. De ce réservoir partent deux conduites de 1 m de diamètre [descendant à Cedegolo où on installe cinq unités de 4 500 ch chacune. Les tableaux et transporteurs sont à Cedegolo où la station d’Isola envoie le courant. Les 600 000 ch produits sont envoyés à Milan par des conducteurs aériens d’une longueur de 120 km, à la tension de 60 000 volts, tension qu’on portera plus tard à 72000.
- Lorsque ce projet sera exécuté, Milan recevra une puissance de 320 000 ch produits par des forces hydrauliques.
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- COMPTES RENDUS
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE NATIONALE
- Mars 1911
- EVl(‘(,(ri(u>;i(i»ii «les eliemitis «le l-ei*, par M. de Yalbreuzb.
- Dans cette conférence, l’auteur a cherché à donner un aperçu général de l’important problème de l’électrification des chemins de fer et des différentes solutions qu’il a reçues. Il décrit les divers dispositifs employés pour la traction électrique, savoir: dispositifs à courant continu à moyenne tension, dispositifs à courant triphasés, dispositifs à courant monophasé, dispositfs à courant continu à haute tension, et passe ensuite à la description des principales installations de traction électrique, traction pour locomotives, etc. (A suivre,)
- Application «le quelques méthodes «Fessai -modernes aux alliages «lu cuivre, par M. Louis Revillon.
- D’essais préliminaires entrepris antérieurement par l’auteur en collaboration avec M. Léon Guiliet, on avait cru pouvoir déduire quelques relations entre les propriétés mécaniques des produits cuivreux à l’état laminé ou étiré, mais ces conclusions semblaient encore trop incertaines à cause du nombre restreint de métaux soumis à toutes les séries d’expériences.
- On a cherché, en poursuivant ces recherches, à déterminer de façon plus complète la valeur de chaque essai en particulier, et à mettre en évidence ce que l’on peut attendre de chacun au point de vue de l’appréciation de la qualité de la matière.
- Les métaux soumis aux expériences étaient sous forme de barres laminées de 20 mm de diamètre, c’étaient des alliages de cuivre très variés, depuis des cuivres industriels à 99,9 0/0 de teneur jusqu’à des laitons à 50 0/0 de cuivre.
- On les essayait à la traction, à la dureté par l’épreuve à la bille, au cisaillement et enfin au choc avec le mouton Gfuillerv.
- La comparaison des essais entre eux examine la relation entre l’essai de dureté et l’essai à la traction ; la relation entre l’essai au cisaillement et l’essai à la traction et la relation entre l’essai au choc et l’essai à la traction. La réunion des trois essais, choc, dureté et cisaillement fournit une série de mesures suffisantes pour permettre d’apprécier les propriétés d’un alliage aussi bien que le faisait l’ancien essai à la traction. Ils donnent, en effet :
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- 1° Une appréciation de la pureté du métal et un chiffre définissant la fragilité dont remploi deviendra à l’expérience très pratique ;
- 2° Une valeur de la résistance, déduite de l’essai au cisaillement par les formules précédemment établies et donnant l’évaluation des propriétés mécaniques de l’alliage ;
- 3° Une autre valeur de la résistance mécanique, déduite du chiffre de dureté et qui peut servir à classer le métal, même à mauvais grain, relativement à l’action des forces extérieures qui agiront sur lui par pression.
- Note sur les dispositions proposées par le département de la marine (direction des constructions navales de Brest) pour l’uiiLîfbi’misatioii
- «les vis tic petit calibre, par M. le général Sebert.
- Cette note rend compte de l’examen, fait par la Commission des filetages de la Société d’Encouragement, de la note préparée par la direction des constructions navales du port de Brest, en vue d’assurer l’uniformité de construction des vis métalliques de petit calibre employées dans les services de la marine.
- La Commission des filetages, pour répondre au désir qui lui en a été exprimé, a cru devoir formuler, à titre d’indication et de conseil, les remarques qu’elle a été appelée à faire sur [divers points de détail qui méritent d’ètre signalés. Nous ne saurions entrer dans des détails sur ces remarques, nous renverrons donc à ce sujet au Bulletin de la Société d’Encouragement.
- lietirc atlrcsst*» an ui<»m «Se la Société d’Encouragement,
- à M. le Ministre de l’Instruction publique.
- L’objet de cette lettre est de signaler les inconvénients que présente, pour la profession de l’Ingénieur, l’abandon de la culture classique au profit des enseignements spéciaux ;'il résulte de cet abandon que les jeunes gens, s’ils ont acquis des connaissances plus encyclopédiques, n’ont qu’une formation intellectuelle insuffisante qui se traduit pour eux par l’incapacité de présenter des conclusions ou un exposé net et précis.
- Il serait à désirer qu’on pût modifier les programmes afin de retarder le début des études scientifiques jusqu’à un âge où la maturité de l’esprit permette d’en tirer un profit réel et de rendre aux études littéraires une place suffisante pour donner aux. candidats aux grandes écoles techniques cette supériorité de formation intellectuelle qui s’acquiert plutôt par la gymnastique du raisonnement que par l’appel fait à la mémoire.
- UTotc «le chimie, par M. Jules Garçon.
- Congrès de chimie appliquée de 1912. — Filtre de collodion armé. — Altérabilité de l’aluminium. — Production des métaux précieux en France. — Nouveautés dans la métallurgie du fer et des aciers. — Traitement électrolytique des minerais de cuivre. — Purification des acides gras insolubles. — Augmentation de poids des huiles oxydées. — Huile
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- de grignons d’olives. — Huiles du Maroc dites d’olives. — Huile de tomates. — Caractéristiques des soies artificielles. — Monopole des allumettes en France. — Le monopole du tabac en France. — Extraction du sagou. — Emulsions insecticides.
- Note «le m«‘caiii«fuc.
- Chaudière chauffée au charbon pulvérisé, système Blaker. — Essais de surchauffage avec une chaudière Yarrow. — Les grands moteurs à gaz à deux temps. — Expériences de M. Orrock sur la condensation.
- ANNALES DES MINES
- /0e livraison de 1910.
- lies retraites «les ouvriers askioeurs en Belgique, — Rapport de mission, présenté à M. le Ministre des Travaux publics, des Postes et Télégraphes, par M. Maurice Bellom, Ingénieur en chef des Mines, Professeur à l’Ecole nationale supérieure des Mines.
- Cette étude a pour objet de décrire l’évolution qui s’est produite en Belgique dans le système d’un régime de prévoyance en faveur des ouvriers des exploitations minérales. Elle passe successivement en revue : l’origine des institutions de prévoyance en faveur des ouvriers mineurs, institutions dont la première paraît remonter aux débuts du siècle dernier, tandis que c’est de 1839 à 1841 qu’ont été créées des Caisses communes de prévoyance en faveur des ouvriers mineurs dans les divers bassins houil-lers de Belgique; le régime des institutions de prévoyance en faveur des ouvriers des industries minérales, la proposition de loi de M. De-fuisseaux en 1895 d’abord, puis en 1900, tendant à la création de pensions au profit des ouvriers mineurs, les travaux de la Commission des pensions ouvrières, l’institution d’un régime légal de réparation des accidents du travail, l’institution d’un régime légal de pensions de vieillesse.
- Rapport sur «feux nouvelles locomotives «lu chemin «le fer «lu Nord, par M. Gourguechon, Ingénieur des Mines.
- Ces machines ont été étudiées pour remorquer des trains rapides de 400 t, éventualité à prévoir pour ne pas être obligé de dédoubler certains trains dont la charge atteint 320 à 340 t.
- La puissance nécessaire à des vitesses de 95 km à l’heure devant atteindre 2 300 ch en nombre rond, il a fallu s’assurer de chaudières très puissantes et recourir à la surchauffe qui permet de majorer la puissance de 20 à 25 0/0.
- Ces types comportent trois essieux accouplés pour obtenir une adhérence suffisante; elles emploient la double expansion au moyeu de
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- quatre cylindres. L’un a une chaudière ordinaire, l’autre une chaudière à foyer formé de tubes d’eau. Dans cette dernière, on a eu des difficultés dues au défaut de résistance des matériaux réfractaires employés et qu’on a dû remplacer par des lames d’eau. Avec cette modification, on a obtenu de bons résultats.
- Bulletin «les travaux «le cl»iBni«ï exécutés en 1909 par les Ingénieurs des mines dans les laboratoires départementaux.
- / /e livraison de 1910.
- le n«uveau régime «in syndicat obligatoire «les sou 1res «le Sicile, par M. L. Aguillon.
- L’auteur a expliqué dans des notes précédentes parues dans les Annales de 1906 et de 1908, comment le Gouvernement italien avait été conduit à créer un syndicat obligatoire pour les soufres de Sicile, en vue de maintenir les prix et d’éviter la crise économique que l’on avait redoutée pour eux à la suite de la disparition de la combinaison précédente de The Anglo Sicilian Sulphur Company Limited.
- Or, l’application de cette combinaison n’avait été ni facile, ni heureuse; il avait fallu ajouter à la loi originaire de 1906 deux lois de détail en 1907 et 1908, et compléter les dispositions de ces trois lois par onze décrets royaux dont certains annulaient les précédents. Ce luxe de dispositions dans une si courte durée suffirait à indiquer les difficultés de toute sorte qu’on a rencontrées et dont n’ont pu triompher la mise en mouvement et le fonctionnement de cet organisme administratif.
- Du reste, la loi de 1910 permet d’admettre que le syndicat pourra disparaître en 1918, en ayant fait honneur à ses affaires, éteint son passif et remboursé les banques et l’État de leurs avances et garanties. Mais une condition essentielle serait qu’à cette époque le stock formidable de 650000 t aura disparu au moins en grande partie. Il faudrait, en outre, que l’extraction nouvelle de 400 000 t baissât considérablement ou qu’on trouvât pour le soufre de Sicile de nouveaux débouchés. Il y a là une question dont, la solution ne se voit pas dès à présent. Il semble d’ailleurs qu’on eût pu employer des solutions plus simples et qui auraient donné le môme résultat, notamment en évitant le syndicat obligatoire dont le fonctionnement est si pénible, si compliqué et si délicat.
- Me la coueureeuce eu Maatière «te <listi*îl>u.ti«m «l’éneirgie
- électrique, par MM. P. Weiss, Ingénieur en chef des Mines, et F. Pavkn, avocat à la Cour d’appel de Paris.
- Cette note étudie successivement : la définition des distributions d’énergie électrique, la concurrence entre entreprises établies sous le régime de la loi de 1906, concurrence qui peut avoir lieu entre deux concessionnaires ou entre un concessionnaire et un permissionnaire ou enfin entre un concessionnaire et un entrepreneur de distribution d’énergie électrique sur terrain privé ; la concurrence entre entreprises
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- établies sous le régime de la loi de 1906 et entreprises établies antérieurement à la loi; concurrence entre entreprises de distribution d’énergie électrique et Compagnies de transport en commun ; concurrence entre Compagnies d’éclairage par le gaz et Compagnies de distribution d’électricité, enfin les tribunaux compétents en cas de différends relatifs à la concurrence. En présence du développement prodigieux de l’industrie électrique et des entreprises de distribution d’électricité qui s’est produit dans ces dernières années, on conçoit qu’il était intéressant d’étudier les conditions actuelles de la concurrence en matière de distribution d’énergie électrique.
- SOCIÉTÉ DE L’INDUSTRIE MINÉRALE
- Janvier 1911.
- District du Centre.
- Réunion du 30 octobre 1941.
- Communication de M. Héliot sur un mode «l’emploi «le combustibles liqiiidcs.
- Il existe une grande variété d’appareils pour brûler les hydrocarbures ; en principe, un bon brûleur doit être approprié à l’état physique du combustible liquide, visqueux ou pâteux. En Amérique, les appareils Ker-mode présentent des dispositions tenant compte de cet. état et pouvant brûler, suivant le type, du pétrole brut, des huiles lourdes, du goudron de gaz d’eau, du goudron de houille, etc.
- L’auteur décrit un injecteur employé à Buxières pour brûler des goudrons obtenus dans l’industrie des schistes bitumineux. L’hydrocarbure est préalablement chauffé et rendu fluide, il est injecté en même temps que l’air et les deux apports sont réglés pour obtenir une combustion claire et complète sans production de fumée. La température obtenue est si élevée qu’il est nécessaire d’interposer une voûte réfractaire sous les surfaces à chauffer.
- Note de M. Bonnet sur l’application, à la glaceriede Montluçon, d’un foyer économiseur rationnel à des chaudières semi-tubulaires.
- On avait à la glacerie de Montluçon six chaudières semi-tubulaires de 100 m2 de surface de chauffe timbrées à 6 kg; l’eau du Cher, qui sert à l’alimentation étant, surtout en basses eaux, très boueuse, il se produisait des bosses aux bouilleurs des chaudières. On eut l’idée de faire l’essai sur une septième chaudière d’un foyer économiseur rationnel caractérisé par une grille inclinée vers la porte de chargement et formée de tubes placés au-dessus de la grille-borneuse de fonte ordinaire; les
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- tubes de la première grille sont en communication à une extrémité avec les bouilleurs et à l’autre avec la chaudière; il se produit ainsi dans les bouilleurs une circulation très active et, de plus, la surface de chauffe se trouve portée de 130 à 138,70 m2.
- Les résultats obtenus ont été tels qu’on a appliqué la môme disposition aux six autres chaudières. La production de vapeur absolue s’est trouvée augmentée de 60 à 70 0/0 et la vaporisation par kilogramme de charbon de 8 à 10 0/0.
- Note de M. Fontaine sur la Cité ouvrière «le Messeix.
- La note donne des détails intéressants sur cette cité fondée par la Société immobilière de Messeix et sur les habitations qui appartiennent à plusieurs modèles dont les plans sont donnés.
- Février 1911.
- District du Nord.
- Excursion à l'Exposition «le Bruxelles des membres du district du Nord de la Société de l’Industrie minérale.
- Cette note donne un résumé des renseignements groupés dans l’exposition collective des houillères belges et dans l’exposition du Canada.
- Mars 1911.
- District de Paris.
- Réunion du 15 décembre 1910.
- Communication de M. Grenet sur la trempe «les bronzes.
- L’auteur a exposé dans une communication précédente que le durcissement de l’acier par la trempe pourrait être rattaché à une loi d’ordre général s’appliquant à tous les aciers et probablement à tous les alliages et pouvant être énoncée ainsi : un alliage est d’autant plus dur que la transformation qui a donné naissance à ses constituants s’est produite à plus basse température, qu’elle a été plus rapide et que la température maximum atteinte depuis la dernière transformation a été moins élevée et a été maintenue moins longtemps. Quand elle est notablement supérieure à la température de transformation, l’action de la température maximum atteinte depuis la dernière transformation est prépondérante.
- Il était intéressant de voir si cètte loi s’appliquait aux bronzes.
- On sait que la trempe de certains bronzes les adoucit et augmente leur résistance au choc. Ce phénomène s’explique en admettant que la trempe maintient le métal à un état physico-chimique instable, différent de celui du même bronze refroidi moins rapidement. S’il en est ainsi, il doit être possible de réchauffer le bronze trempé au minimum de température de la région de température où la transformation au
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- refroidissement peut se produire. Une fois la transformation achevée, un recuit à plus haute température (450 degrés) adoucira le bronze.
- Le tableau donnant les résultats d’un certain nombre d’essais faits en trois espèces de bronze montre qu’il en est bien ainsi.
- On peut en conclure, au point de vue pratique, que les bronzes trempés sont dans un état instable et peuvent se modifier lentement (analogie avec les aciers au nickel gardant l’état stable à chaud, instable à la température ordinaire). Il est donc dangereux d’employer des bronzes trempés pour profiter de leur non-fragilité, car ils peuvent, par transformation lente, devenir durs et très fragiles.
- Communication de M. Weiss sur le compte rendu du Clongrès de Dusseldorf*.
- Pour la Chronique et les Comptes rendus : A. Mallet.
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- TABLE DES MATIÈRES
- CONTKNUKS
- DANS LA CHRONIQUE DU 1«- SEMESTRE DE L’ANNÉE 1911
- Acier (Influence de la température sur la résistance du fer et de T). Janvier, 113.— (Foyers de locomotives en cuivre et en). Février, 286. — (Production directe de F) du minerai au four électrique. Mars, 433.
- Action du silicate de soude sur le béton. Mars, 435.
- Age (L’) de cuivre. Février, 293.
- Air (Transport du béton par F) comprimé. Avril, 575.
- Alimentation de Milan en électricité. Juin, 899.
- Allemagne (Le transport du gaz à distance en). Avril, 566.
- Alliages de nickel et de cobalt avec le chrome. Mai, 702.
- Amérique (Le trafic à travers l’isthme de F) centrale. Avril, 574. Ammoniaqne (Préparation synthétique de F). Janvier, 118.
- Ascenseurs pour très grandes hauteurs. Mars, 430.
- Berliit (Trafic par eau de). Février, 295.
- Béton (Un pont en) de grande portée. Février, 296. — (Action du silicate de soude sur le). Mars, 435.— (Transport du) par l’air comprimé. Avril, 575. Canal (Le) de Panama et le commerce. Juin, 896.
- Canalisations (La contamination des eaux potables dans les). Février, 290. Centrale (La fondation de l’Ecole). Mai, 694, Juin, 890.
- Chambre photographique perfectionnée. Mars, 441.
- Charbon (L’exploitation du) au Spitzberg. Juin, 898.
- Chrome (Alliages du nickel et du cobalt avec le), Mai, 702.
- Cobalt (Alliages du nickel et du) avec le chrome. Mai, 702.
- Combustible (Un nouveau) pour le Soudan. Mars, 435. — (Le) dans l’Oural Mai, 701.
- Commerce (Le canal de Panama et le). Juin, 896.
- Contamination (La) des eaux potables dans les canalisations. Février, 290. Cnivre (Foyers de locomotives en) ou en acier. Février, 286. — (L âge de). Février, 296.
- Distance (Le transport du gaz à) en Allemagne. Avril, 567.
- Drague à sable pour le Niger. Mai, 698.
- Eaux (Epuration des) d’égout à Ostende. Janvier, 115. — (La contamination des) dans les canalisations. Février, 290. — (Trafic par) de Berlin. Février, 295. — (Problème des) résiduaires chargées de sulfite. Mars, 438 ; Avril, 577. École (Fondation de F) Centrale. Mai, 694 ; Juin, 890.
- Egout (Epuration des eaux d’) à Ostende. Janvier, 116.
- Electricité (Alimentation de Milan en). Juin, 899.
- Electrique (Production directe de l’acier du minerai au four). Mars, 433.
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- Emploi de la turbine à vapeur dans la marine. Février, 284 ; Avril, 579. Épuration des eaux d’égout à Ostende. Janvier, 116.
- Etablissements métallurgiques de Bagnoli. Janvier, 110.
- État (Nouveau matériel de navigation de F) italien. Avril, 570. Exploitation du charbon au Spitzberg. Juin, 898.
- For (Influence de la température sur la résistance du) et de l’acier. Janvier, 113.
- Fondation de l’Ecole Centrale. Mai, 694; Juin, 890.
- Font* (Production directe du fer et de l’acier au) électrique. Mars, 433. Foyers» de locomotives en cuivre et en acier. Février, 286.
- Fia* (Le transport à distance du) en Allemagne. Avril, 566.
- Géants (Nouveaux paquebots). Janvier, 113.
- Hauteurs» (Ascenseurs pour très grandes). Mars, 430.
- Influence de la température sur la résistance du fer et de l’acier. Janvier, 113.
- Istbme (Le trafic à travers F) de l’Amérique centrale. Avril, 574.
- Italien (Nouveau matériel de navigation de l’État). Avril, 570. elungTrau (Le tunnel de la). Mars, 434.
- Locomotives (Foyers de) en cuivre ou en acier. Février, 286. Eoetscbberg (Le grand tunnel du). Avril, 571.
- Eutte (La) pour le système métrique. Février, 287.
- Machine (Transformations successives d'une) à vapeur. Janvier, 112. Maçonnerie (Pont en) de grande portée. Juin, 895.
- Marine (Emploi de la turbine à vapeur dans la). Février, 284; Avril, 579. Matériel (Nouveau) de navigation de l’Etat italien. Avril, 570. Métallique* (Les mines) les plus profondes. Mai, 704.
- Métallurgiques (Etablissements) de Bagnoli. Janvier, 110.
- Métrique (La lutte pour le système). Février, 287.
- Milan (Alimentation de) en électricité. Juin, 899.
- Mines (Les) métalliques les plus profondes. Mai, 704.
- Minerai (Production directe du fer et de l’acier du) au four électrique. Mai, 433.
- Monde (La seconde ville du). Février, 297.
- Navigation (Nouveau matériel de) de l’Etat italien. Avril, 570.
- Kcw-York (Un trottoir roulant à). Janvier, 114.
- Nickel (Alliages du) et du cobalt avec le chrome. Mai, 702.
- Niger (Drague à sable pour le). Mai, 698.
- Ostende (Epuration des eaux d’égout à). Janvier, 116.
- Oural (Le combustible dans F). M'ai. 701.
- Panama (Le canal de) et le commerce. Juin, 896.
- Paquebots (Nouveaux) géants. Janvier, 113.
- Photographique (Chambre) perfectionnée. Mars, 441.
- Pont de grande portée en béton armé. Février, 296. — en maçonnerie de grande portée. Juin, 895.
- Portée (Un pont de grande) en béton armé. Février, 296. — (Pont en maçonnerie de grande). Juin, 895.
- Préparation (La) synthétique de l’ammoniaque. Janvier, 118,
- Problème (Le) des eaux résiduaires chargées de sulfite. Mars, 438; Avril, 577. Production directe de fer et d’acier du minerai au four électrique. Mars, 433.
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- Profondes (Les mines métalliques les plus). JUtu, 704.
- Résiduaires (Le problème des eaux) chargées de sulfite. Mars, 438 ; Avril, 577.
- Résistance (Influence de la température sur la) du fer et de l’acier. Janvier,
- 113.
- Sable (Drague à) pour le Niger. Mai, 698.
- Silicate (Action du) de soude sur le béton. Mars, 435.
- Soudan (Nouveau combustible pour le). Mars, 435.
- Soude (Action du silicate de) sur le béton. Mars, 435.
- Souterrain (Un trottoir roulant) à New-York. Janvier, 114.
- Spitxherg (L’exploitation du charbon au). Juin, 898.
- Sulfite (Le problème des eaux résiduaires chargées de). Mars, 438 ; Avril, 577. Synthétique (La préparation) de l’ammoniaque. Janvier, 118.
- Système (La lutte pour le) métrique. Février, 287.
- Température (Influence de la) sur la résistance du fer et de l’acier. Janvier, 113.
- Trafic par eau de Berlin. Février, 295.— (Le) à travers l’isthme de l’Amérique centrale. Avril, 574.
- Transformations successives d’une machine à vapeur. Janvier, 112. Transport (Le) du gaz à distance en Allemagne. Avril, 566. — du béton par l’air comprimé. Avril, 575.
- Trottoir (Un) roulant à New-York. Janvier, 114.
- Tunnel (Le) de la Jungfrau. Mars, 434 ; — (Le grand) du Loetschberg. Avril, 571.
- Turbine (Emploi de la) à vapeur dans la marine. Février, 284 ; Avril, 579. Vapeur (Transformations successives d’une machine à). Janvier, 112.— (Emploi de la turbine à) dans la marine. Février, 284 ; Avril, 579.
- Ville (La seconde) du monde. Février, 297.
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- TABLE DES MATIÈRES
- TRAITÉES PENDANT LE 1" SEMESTRE DE L’ANNÉE 1911
- (Bulletins de janvier à juin.)
- ADMISSION DE NOUVEAUX MEMBRES
- Bulletins de janvier à juin........Il, 171, 335, 150, GCO et 725
- AVIATION ET NAVIGATION AÉRIENNE
- Aérodynamique. Expériences et mesures sur l’aéroplane en plein vol (Progrès de 1’), par M. J. Legrand (séance du 17 février),
- mémoire..............................................185 et 351
- Chutes d’aéroplanes et leurs causes probables (Les), par M. E. Barbet, observations de MM. M. Armengaud, R. Esnault-Pelterie,
- R. Soreau (séance du 20 janvier)........................ 34
- Résistance de l’air sur les surfaces d’aéroplanes (De la représentation analytique de la), par M. Marcel Armengaud (séance du
- 17 février), mémoire.................................182 et 395
- Résistance de l’air et l’aviation (Note sur la), par M. G. Eiffel, lue par M. J. Charton (séance du 3 mars), mémoire.......... 337 et 407
- BIBLIOGRAPHIE
- Aéroplane (Comment on construit un), de M. R. Desmons .... 134
- Aéroplanes de 1910 (Les), de M. R. de Gaston.................134
- Aéroplanes. Considérations techniques (Les), de M. P. Raybaud 135 Aéroplanes et les hélicoptères de l’avenir (Qualités que
- devront posséder les), de M. A. Micciollo ................135
- Aéroplanes (L’équilibre des), de M. R. Desmons...............135
- Aéroplanes (Stabilité des), de M. Brillouin...................135
- Aide mémoire de l’Ingénieur mécanicien, de MM. Freytag et
- Izaut.......................................................308
- Annales des Postes, Télégraphes et Téléphones. . ..............142
- Art de construire (Pratique de 1'),, de MM. J. Claudel, L. Laroque
- et G. Dariès.................................................131
- Astrolabe à prisme (Description et usage de 1’), de M. A. Claude
- et L. Driencourt............................................ 136
- Australie. Comment se fait une nation (L’), de M. G. Feuilloy. . 590 Bull. 58
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- Aviateur-constructeur (Manuel de 1’), de MM. Calderara et Banel-
- Rivet.....................................................130
- Aviation (L’), de M. le commandant P. Renard................137
- Aviation expliquée (L’), de M. L. Ventoux-Ducloux...........138
- Aviation de l’antiquité à nos jours (Modèles d’appareils d). . 138
- Blanchiment, chimie et technologie des procédés industriels
- de blanchiment (Le), de MM. A. Chaplel et H. Roussel......143
- Blanchissage et nettoyage, de M. A. Chaplet.................317
- Calcul mécanique (Le), appareils arithmétiques et algébriques intégrateurs, de M. L. Jacob. .........................589
- Canal de Clichy à la mer (Examen critique du projet de), par
- M. L. Molinos...............................................306
- Canalisation d’eau, de gaz et d’assainissement, au point de vue des intérêts financiers et sanitaires (Établissement des), de M. J. Gilbert.......... ...........................131
- Charpente en bois et menuiserie, de M. S. Denfer............131
- Chaudronnerie industrielle en cuivre et en fer (Traité pratique de la), de M. E. Bréhier..............................710
- Chauffage économique des appartements à l’eau chaude (Le),
- de M. A. Berthier...........................................143
- Chaux et ciments (Analyse chimique des). Guide pratique, de
- M. J. Malette.............................................. 309
- Chimie générale (Traité de), de M. W. Nernst, traduction de M. A.
- Cor vis y ..................................................308
- Ciments, chaux, plâtres, béton armé, agglomérés (Aide-mémoire des industries), de M. C. Leduc.......................310
- Clichy port de mer (Étude, projet de), de M. Lavaud.........306
- Comptabilité commerciale. La tenue des livres, feuillets mobiles, de M. L. Batardon ...................................317
- Courants alternatifs (Essais des machines à), de M. G. Ferrouk 320 Courant électrique (Le), de M. E. Vigneron................, . 320
- Cubilots américains (Les), de M. Thomas D. West, traduction de M. P. Aubié................................................ 313
- Dessin industriel (Cours de), de MM. A. Dupuis et J. Lombard. . . 318
- Dictionnaire illustré des termes techniques en six langues, vol. vi. Chemins de fer et matériel roulant, de M. A. Schlomann. 305
- Dictionnaire illustré des termes techniques en six langues, vol. vm (Construction en béton armé), de MM. A. Schlomann et IL Becher...................................................132
- Dictionnaire illustré des termes techniques en six langues, vol. îx. Machines outils pour le travail des métaux et du bois, de MM. A. Schlomann et G. Wagner......................310
- Dictionnaire pratique de mécanique et d’électricité, de M. Ch. Barbat. ................................................... 716
- Dictionnaire technique illustré en six langues, vol. x. Automobiles et canots automobiles. Dirigeables et aéroplanes, de MM. H. Schlomann et R. Urtel............................ 138
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- Éclairage à incandescence par le gaz, de M. P. Lévy..........453
- Écluses du canal du Midi et du canal latéral à la Garonne
- (Allongement des). Congrès de Toulouse.....................133
- Éducation générale et technique (Méthode américaine d’), de
- M. Orner Buyse. ...........................................318
- Électricité (Leçons sur F), de .M. Eric Gérard...............321
- Électrochimie (L’), de M. 11. Vigneron.......................321
- Électrotechnique appliquée. Machines électriques (Cours professé à l’Institut électrotechnique de Nancy), de M. A. Mauduit 322 Essais de matériaux (Nouveaux mécanismes et nouvelles
- méthodes pour F), de M. P. Brcuil..........................141
- Évaporation, condensation et refroidissement, de MM. E. Hauss-brand, Kôniglicher, Baurat, traduction de M. G. Konig........310
- Fondeur (Manuel pratique du), tome I et II, de M. V. Marteil . . 314
- Frigorifique (Le). Histoire d’une invention moderne, de M. Ch. Tellier......................................................319
- Génératrices de courants électriques. Introduction à l’étude de Félectrotechnique appliquée, de M. C. Gutton..............323
- Géologie nouvelle. Théorie chimique de la formation de la terre et des roches terrestres, de M. II. Lenicque...........452
- Géométrie descriptive, de M. B. Bricard......................311
- Graissage industriel (Formulaire du), de M. J. Fritsch.......312
- Hélices aériennes (La technique des), de M. G. Camus.........139
- Hydraulique agricole, tome I (1910). de MM. P. Lévy-Salvador et
- P. Frick........................................ .'........133
- Induction et courants alternatifs, de M. E. Vigneron.........324
- Installation électrique dans l’habitation (Pratique de F), de
- M. B. Berger............................................... 324
- Législation de la voirie et du roulage, de MM. L. Courcelle et F. Brunswick....................................................133
- Machines électriques alternatives à collecteurs. Commu-tatrices. Moteurs à répulsion. Moteurs série compensés. Moteurs mixtes, de M. L. Barbillon............. .............324
- Matériaux appliqués aux appareils d’aviation (Notice sommaire sur la résistance des), de M. B. Chevreau..............139
- Mécanique à l’Exposition Universelle et Internationale de Bruxelles de 1910 (La), de M. van Engelen.................589
- Mesures électriques et magnétiques (Méthodes et appareils
- de) (lre et 2e parties), de M. A. Hiovici..................324
- Mesures et essais industriels (Guide pratique de), tome III. Mesures électriques industrielles. Instruments et méthodes de mesures, de MM. J. Montpellier et Aliamet.................325
- Métallographique microscopique (La), de M. L. Bévillon .... 142
- Métallographie appliquée aux produits sidérurgiques (La), de
- M. Umberto Savoia . . '....................................141
- Mines (Exploitation des). La taille et les voies contiguës à la taille, de M. L. Crussard....................................315
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- Mines à l’Exposition Internationale et Universelle de
- Bruxelles (1910) (Les), de M. Ad. Breyre................717
- Monoplan Blériot (Description détaillée du) ..............139
- Moteurs (Essais et réglages des), de l\l. G. Eumct........152
- Navigation tenu à Saint-Pétersbourg, en 1908 (XIe Congrès International de). Rapports des délégués français.........140
- Poussées des terres, de M. Jean Bésal....... .............715
- Sociétés commerciales (Les), de MM. E. Lagarde et L. Batardon . . 144
- Substances isolantes et les méthodes d’isolement utilisées dans l’industrie électrique (Les), de M. Jean Escart......326
- Syndicat des houilles d’Essen et l’organisation de la production (Le), de M. Edouard Fuster........................316
- Télégraphie envisagée dans son développement, son état actuel et ses derniers progrès (Notions fondamentales sur
- la), de M. Albert Turpain...............................327
- Téléphone Bell aux multiples automatiques, de M. Albert Turpain 327
- Terrain (Sur le), de M. E. Liger..........................305
- Tramways et automobiles, de M. E. Aucamus.................307
- Trains éclairés à l’incandescence par le gaz en essai à la Compagnie des Chemins de fer de l’Est (Note sur les perfectionnements apportés au système d’allumage instantané des), de MM. E. Biard et G. Mauclère......................144
- Tunisie (l’Œuvre française en), de M. Jules Saurin........718
- Turbines à vapeur (Les), de M. le commandant F. Cordier ..... 140 Vol à voile (Formules du), de M. le commandant L. Thouveny . . . 312
- CHAUFFAGE
- Production et distribution d’énergie calorifique à domicile par station centrale urbaine, par M. A. Beaurienne (séance du 17 mars) mémoire........................................ 349 et 469
- CHIMIE INDUSTRIELLE
- Froid (Compte rendu du IIe Congrès international du) tenu à Vienne en octobre 1910, par M. E. Barbet (séance du 20 janvier), mémoire .............................:..................31 et 99
- CHRONIQUE
- Voir Table spéciale des matières.
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- COMMUNICATIONS DIVERSES
- La documentation et l’industrie (séance des 3 et 17 février). 174 et 182
- Serbie et la Bulgarie industrielles (La). Aperçu de leur développement par M. A. Blazy (séance du 3 février), mémoire.
- 174 et 207
- COMPTES RENDUS
- Bulletins de Janvier à Juin..... 123, 299, 443, 581, 706 et 901
- CONCOURS
- Concours de 1910-1911 de la Société industrielle d’Amiens (Programme des questions mises au) (séance du 20 janvier) . . 31
- Concours 'de 1911, de la Société) industrielle du Nord de la France (Programme du) (séance du 17 février).................182
- CONGRÈS
- Congrès de Mécanique agricole, les 22 et 23 février 1911, organisé par la Société nationale d’Encouragement à l’Agriculture (séance du 6 janvier)................................ 29 ;
- Congrès des Sociétés Savantes. M. M. Frois délégué de la Société (séance du 3 février) .... a .............................. 173
- Congrès international des applications électriques, à Turin,
- 1911 (séance du 17 février)...............................182
- Congrès de l’American Society of Mechanical Engineers, à Pittsburg, du 30 mai au 2 juin 1911 (séances des 7 avril et
- 2 juin) ...........................................461 et 728
- Congrès international de la Métallurgie du fer et de l’acier,
- à Bruxelles, le 5 juillet 1911 (séance du 7 avril)........461
- Congrès national de navigation intérieure (IIIe), à Lyon, du 26 au 29 juin 1911 (séance du 7 avril).........................461
- Congrès international de navigation (XIIe), à Philadelphie, en juin 1912 (séance du 19 mai) . . ...........................608
- Congrès de l’Institution of Navals Architects, de Londres, du
- 3 au 8 juillet (séance du 2 j uin). ....................... 729
- Congrès de l’Association française pour l’avancement des Sciences, à Dijon, du 31 juillet au 5 août (séance du 16 juin). .
- Réunion annuelle de l’Association internationale pour la protection de la propriété industrielle (XVe), à Rome, le 23 septembre 1911 (séance du 2 juin).................................72g
- Congrès international de chauffage et de ventilation] (VIIIe), à Dresde, du 12 au 14 juin (séance du 7 avril) . . . . . . . . 451
- Bull.
- 58.
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- DÉCÈS
- De MM. P.-E.-E. Desgrandchamps, F. Cravin, G.-Ch. Delctttrez, A.-H. Rouart, J. Combe, P.-E. Chouanard, M.-Ch.-H. Morgan, L. Denis de La-garde, E. Dothée, P.-F. Duvillard, A. Massé, A. Loutreuil, A.-L.-J. Guil-lotin, J.-C. Artus, M.-H. Marchais, F.-G.-G. Chandelier, G. de Saint-Phalle, II.-J. Jequier, E. Chaudoir, P.-Y. Piaud, E. Busschop, G. Chevalier, F.-J. Porte, Ch. de Hieronymi, Ch. Bouilhet, J.-M. Chaberl,
- G. -J. Chadapaux, G. de La Vallée-Poussin, Poulot, A. Petitjean, G. Chevalier, A. Bacquez, F.-E. Williams, E.-A. Vignes, G. Masson, A. Brüll,
- H. Bricard, H. Garnier, J. Hamoir, A. Jacqiiin, C. Brunon, J. Kœchlin,
- M. Thomas, G.-H. Cochot (séances des 6 et 20 janvier, 3 et 17 février,
- 3 et 17 mars, 7 avril, 5 et 19 mai, 2 et 16 juin)... 28, 30, 172, 180,
- 336, 346, 460, 601, 607, 726 et 736
- DÉCORATIONS FRANÇAISES
- Grand-officier de la Légion d’honneur : MM. C. Williman.
- Officiers de la Légion d’honneur : MM. A. Herdner, A. Mange. L. Chagnaud, A. Loutreuil, L.-V. Benêt, Emile Deutsch, J.-P. Lamaulle.
- Chevaliers de la Légion d’honneur : MM. L.-A. Brévillé, Ch. Lépine, M. Dibos, A. Palaz, J.-M. Montero y Paullier, F.-E. Baldauff, II.-G. Béliard.
- Officiers de l’nstruction publique : MM. Godard-Desmarest, E. Bardin, E. Bau-don, G. Beuret, B. de Blottelière, A. Contrestin, E. Defournel, G. Lesourd, A. Pasquier, L. Pornin, G. Romieu, Fehrenbach, A.-L. Bérard, J.-Il. Chaus-senot, S.-J. Boussiron, A. Taillefer, J. Mauroy, G. Spire.
- Officiers d’académie : MM. G. Mignot, A. Kern, C. Blanchard, J. Bonnin, A. Bourdon, H. Ganeval, R. Ilebert, A. Joubert, A. Malaquin, R. Pornin, G. Rigot, L. Rolland, G. Vienot, A.-L. Jacobson, P.-A. Guion, A.-L. Hanni-cotte, A. Roger.
- Officiers du Mérite agricole : MM. L. Barthélemy, T. lluber, G.' Lemire, A. Chelu-Pacha, P.-A. Marchanda
- Chevaliers du Mérite agricole : MM. P. Bordé, L. de La Vallée-Poussin, D. Ca-salonga, A.-V. Malaquin, B. Mano, Ch. Séré de Rivières.
- DÉCORATIONS ÉTRANGÈRES
- Commandeur de Léopold de Belgique : M. H. Doat.
- Officiers de Léopold de Belgique : M. E. Rigo.
- Officiers du Nichan Iftikar : MM. F. Schiff, A.-J. Bourdariat. A. Attal. Chevalier du Cambodge : M. M. Dibos.
- Mérite civil de Belgique : M. M. Rondet-Saint.
- (Séances des 6 janvier, 3 et 17 février, 3 et 17 mars, 7 avril, 5 et 19 mai,
- 2 et 16 juin)........ 29, 172, 180, 336, 346, 460, 602, 608, 728 et 736
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- DIVERS (AVIS)
- Alpes Bernoises, annonçant la fin des travaux et remise par elle à la Société d’une médaille commémorative (Lettre de la Direction de l’Entreprise du percement des) (séance du 7 avril)....................................................462
- Anniversaire de la carrière scientifique et littéraire du général du génie Petroff, membre d’honneur de la Société (Fête du 40e). Lettre de remerciement du général Petroff (séance
- du 2 juin).............................................. 728
- Comité Branly, constitué pour lui permettre de poursuivre ses travaux sur la télégraphie sans fil et la télémécanique
- (séance du 7 avril)....•................................461
- Conseil général des bâtiments civils. — Désignation de deux membres de la Société (séance du 49 mai)..........................608
- Excursion en Italie à l’occasion de l’Exposition de Turin (séance du 7 avril)..................................................... 461
- Installation des Membres du Bureau et du Comité pour 1911 : Discours de M. J. Bergeron, Président sortant et de M. M. J. Carpentier, Président pour 1911 (séance du 6 janvier). . . 12 et 18
- Invitation particulière de l’American Society of Mechanical Engineers, pour assister à son meeting, tenu à Pittsburg, du 30 mai ou 20 juin 1911 (séance du 2 juin)......................728
- Pli cacheté déposé par M. Jean Rey, le 13 janvier (séance du 20 janvier)....................................................... 31
- Plis cachetés déposés par M. S. Heryngfet, les 6 avril et 2 juin (séances des 7 avril et 2 juin)..............461 et 729
- Souscription de 500 f de la Société au Comité Branly (séance du 7 avril).......................................................462
- Visite de la Société au Laboratoire du Conservatoire national des Arts et Métiers, le 3 juillet 1911 (séance du 2 juin) . . 729
- DONS ET LEGS
- De 1 000 francs, par M. J. Gaudry (séance du 17 février) .... 481
- De 100 francs, par M. Grosseteste (séance du 19 mai)......608
- De 64 francs, par M. R. Grosdidier (séance du 5 mai)......603
- ÉLECTRICITÉ
- Nouveau mode d’exploitation télégraphique, système multiplex Mercadier-Magunna, par M. II. Magunna (séance du 3 mars) mémoire...............................231 et 343
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- EXPOSITIONS
- Internationale de moteurs et autres machines pour les embarcations et les barques de pêche, à Copenhague en 1912
- (séance du 20 janvier)..................................................... 31
- De Turin, en 1911 (séance du 7 avril)............................. 461
- GÉNÉRATEURS ET MACHINES A VAPEUR
- Étude de la combustion dans les foyers mécaniques et, en particulier, dans le foyer Savary, par M. J. Izart (séance du 2 juin) mémoire...........................................631 et 733
- GÉOLOGIE
- Globe terrestre (Quelques remarques sur la constitution intérieure du), parM. Jean Rey, observations de MM. J. Bergeron, Bochet (séance du 20 janvier) mémoire ........................40 et 80
- HYGIÈNE
- Humidité dans les constructions et procédés nouveaux pour y remédier (De T), par M. A. Knapen (séance du 7 avril) mémoire
- 463 et 530
- MÉCANIQUE
- Aphégraphe. Son emploi et ses applications (L’), par M. R.
- Guillery (séance du 2 juin)..............................729
- Gyroscopique (Essais relatifs à l’effet), par M. Louis Séguin (séance du 17 février)......................................182
- MÉTALLURGIE
- Métallurgie au Chili (La), par M. Ch. Vattier (séance du 16 juin). . 739
- Progrès des métallurgies autres que la sidérurgie et leur état actuel en France (Les) (2e partie). Zinc, étain, antimoine, bismuth, nickel, cobalt, par M. L. (Juillet (séance du 19 mai), mémoire................................... 609 et 745
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- MINES
- Dragages aurifères en Guyane française (Note sur une récente entreprise de), par M. L. Delvaux, mémoire................ 46
- Fosse n° 15 de la Société des Mines de Lens, par M. E. Cuvelettë (séance du 16 juin)...............................................741
- MOTEURS
- Moteurs à combustion interne et en particulier le moteur Diesel (Les), par M. P. du Bousquet, observations de MM. Ziegler,
- A. Guiselin (séance du 17 mars) mémoire............. 347 et 509
- Moteur Diesel à bord des navires de haute mer (Le), par M. A.
- Bochet (séance du 2 juin)................................731
- Moteurs à gaz (Méthodes d’essais comparées des machines à vapeur et des), par M. L. Letombe (séance du 5 mai)..........605
- NÉCROLOGIE
- Notice nécrologique sur M. O. Chanute, Membre d’honneur de la Société....................................280
- NOMINATIONS
- De M. Ch. de Hieronymi et Elmer, L. Cortell, comme Membres d’honneur de la Société (séances des 6 janvier, 3 et 17 février, et 17 mars)
- 29, 173, 181 et 347
- De M. P. de Frontin, comme Membre d’honneur delà Société (séances des
- 6 janvier et 3 mars). '.....................................29 et 336
- De M. d’Arsonval, comme Membre d’honneur de la Société (séance du
- 19 mai) ............................................................ 608
- De M. J. Gaudry, comme Membre d’honneur de la Société (séance du
- 2juin). ........................................ •.................728
- De M. Alfred Girard, comme Membre correspondant de la Société à
- Toulouse (séance du 3 février).......................................173
- De M. Ed. Légé, comme Membre correspondant de la Société en Serbie
- (séance du 5 mai)................................................... 602
- De M. E. Evers, comme Membre correspondant de la Société, au Havre
- (séance du 16 juin)................................................ 736
- De M. Jean Rey, comme Rapporteur de la Commission préfectorale chargée d’étudier les conventions relatives aux nouvelles concessions de tramways de Paris et du département de la Seine (séance du 6 janvier) . . 29
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- De M, Ch. Compère, comme Président du Groupe IV (Mécanique générale)
- De M. Auguste Moreau, comme Président de la classe 3(1 (Génie Civil),
- De M. L. Barthélemy, comme Président de la classe 11G (Explosifs, pyrotechnie, allumettes),
- De M. H. Vaslin, comme Secrétaire du Comité d’organisation, Vice-président de la classe 150A et Membre du Comité d’admission et d’installation du groupe I (Enseignement professionnel),
- De M. E. llonceray, comme Vice-président du Comité d’admission et d’installation du groupe IV, des classes 23 et 27,
- à l’Exposition Internationale de Turin (séances des G janvier, 17 février,
- 17 mars)..................................................... 29, 180, 317
- De MM. L. Boudenoot, G. Menier, L. Auscher, comme Membres du Comité de l’Exploitation technique des chemins de fer (séance du 2 juin) 728
- De MM. P. Mallet, A. Girard, G. Brichaux, Ch. Prevet, comme Membres du Comité consultatif des chemins de fer 1911-1912 (séance du
- 20 janvier)........................................................ 30
- De MM. J. Coignet, Gruner, Lahaye, comme Membres du Comité consultatif des chemins de fer, faisant partie de la Commission permanente de ce même Comité (séance du 20 janvier)............................. 30
- De M. J. Hersent, comme Membre du Comité consultatif de règlement amiable des entreprises de Travaux publics et des marchés de fournitures y afférentes, au Ministère des Colonies (séance du 20 janvier) . 30
- DeM. A. Picard, comme Président, et de M. Paul Mallet, comme Membre de la Commission instituée par le Ministre des Travaux publics en vue d’étudier dans quelle mesure, à quelles conditions et au moyen de quels aménagements le Port de Paris peut être placé sous le régime
- administratif des ports de mer (séance du 3 février).................172
- De M. E. Pontzen comme Membre d’honneur de l’Institut Impérial des voies et communications de Russie (séance du 3 mars)....................336
- De M. A. Chélu, élevé à la dignité de Pacha, par S. A. le Khédive d’Égypte (séance du 20 janvier). . .............................................. 30
- De M. Delaunay-Belleville, comme Président d’honneur; deM. J. Niclausse, comme Président; de MM. Savy, P. Petit et Grangé, comme Vice-Présidents; de MM. Godard-Desmarest, Leroux et de Solms, comme Secré-
- taires du Syndicat des mécaniciens, chaudronniers et fondeurs (séance
- du 17 février)...................................................... 180
- De MM. Boutan, Harlé, Hillairet, Labour, Picou et E. Sarliaux, comme Membres du Comité permanent d’Llectricité pour 1911-1912 (séance du 2) janvier)............................................................. . 30
- De MM. H. Bouchayer, Manaut, H. Casevitz, P. Roger, Anthoine, comme Membres du Conseil de l’Ecole Centrale des Arts et Manufactures (séanoe du 5 mai)................. . . .......................... 602
- De M. A. Moutier, comme Membre du Comité (2e section); de MM. F. Taupiat de Saint-Symeux (T'd .section);. L. .Sekutowiez (3e section), comme Secrétaires techniques (séance du 20 janvier)....................... 30
- De MM. L. Chagnaud, G. Petit et J. Groselier, comme Membre du Jury du Prix Alphonse Couvreux (séance du 3 lévrier)..............................173
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- De MM. Clausel de Coussergues, Mariage et Fichet, désignés par le Comité
- et de MM. Marquisan, Leroux et Letombe, désignés par la Société, comme membres du Jury du Prix Ci (Tard 1008, prorogé 1011 et du Prix Gil'i'ard 1911 (séance du 20 janvier).......................... 31
- De la Commission chargée de déterminer le sujet de concours pour le Prix GiH'ard 1911 (séance du lü juin).................................737
- OUVRAGES, MÉMOIRES ET MANUSCRITS REÇUS
- Bulletins de janvier à juin........ 5,1G5, 329, 453, 591 et 719
- Publications périodiques reçues par la Société au 1er janvier 1911 (Liste des)......................................................145
- PHYSIQUE
- L’évaporation à grimpage et ses applications, par M. P. Kestner (séance du 3 février) mémoire ......................178 et 550
- PLANCHES
- Numéros 1 à 13.
- PRIX ET RÉCOMPENSES
- Médaille d’or, décernée à M. M. Dibos par la Société nationale
- d’Encouragement au bien (séance du G janvier).......... 29
- Médaille d’or, décernée à M. A. Chelu-Pacha, par la Société
- de Géographie (séance du 7 avril)......................4G0
- Médaille d’or, décernée à M. Gh. Tellier, par la Société des
- Agriculteurs de France (séance du S mai)...............602
- Médaille de bronze, décernée à M. Rautlin de la Roy, par
- l’Académie des Sciences (séance du 5 mai)..............602
- Prix Bellion, décerné à M. M. Frois, par l’Académie des
- Sciences (séance du 3 février).........................472
- Prix Montyon, décerné à M. Rondet-Saint, par l’Académie
- française (séance du 7 avril)............................460
- Prix Annuel de 1911, décerné à M. A. Mallet (séance du 16 juin) 737
- Prix Couvreux, décerné à M. Pierre Postel-Vinay (séance du
- 16 juin).................................................738
- Prix Giffard 1911, non décerné, prorogé 1914 (séance du IG juin) 738 Prix Giffard 1908, prorogé 1911, non décerné. Encouragements de 2000 francs à M. Berthier, et de 1 000 francs à
- M. Lumet (séance du 16 juin)............................ 738
- Prix Ganet, non décerné (séance du 16 juin)..............738
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- TRAVAUX PUBLICS
- Ciment armé (Étude générale de la flexion dans les pièces de), par M. L. Lebrec (séance du 20 janvier) mémoire.......42 et 57
- Ciment armé (Complément à l’étude de la flexion dans les pièces de), par M. L. Lebrec (séance du 5 mai) mémoire . . 608 et G71
- Chemins de fer du Caucase (Projets de loi relatifs à la construction des) (séance du IG juin).............................73G
- Documents inédits, photographies, cartes, etc... concernant la construction du canal de Panama, donnés par M. Corthell
- (séance du 19 mai).........................................609
- Digues, talus et côtes par un revêtement en béton armé (Nouveau système de protection des), par M. R. de Murait, observations de M. F. Périer (séance du 3 mars), mémoire . . . 190 et 341
- Loire maritime, son état actuel, son avenir (Région de la), par
- M. F. Godard (séance du 7 avril) mémoire.............. 466 et 615
- Le Secrétaire Administratif, Gérant, A. de Dax.
- imprimerie CHAix, RÛE BERGÈRE, 20, PARIS. — 13420-6-H. — (Encre Lorflleux).
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- TABLE ALPHABÉTIQUE
- PAR
- NOMS D’AUTEURS
- DES MÉMOIRES INSÉRÉS DANS LE Ie' SEMESTRE, ANNÉE 1911. (Bulletins de janvier à juin.)
- Armengaud (M.). — De la représentation analytique de la résistance de l’air sur les surfaces d’aéroplanes (bulletin de mars)................395
- Barbet (E.). — Compte rendu du IIe Congrès international du froid, tenu à Vienne en octobre 1910 (bulletin de janvier)...................... 99
- Beaurrienne (A.). — Production et distribution d’énergie calorifique à domicile, par station centrale urbaine (bulletin d’avril)..............469
- Blazy (A.). — La Serbie et la Bulgarie industrielles. — Aperçu de leur développement (bulletin de février)............... ......................207
- Bousquet (P. du). — Les moteurs à combustion interne et en particulier le moteur Diesel (bulletin d’avril).................................509
- Delvaux (L.). — Note sur une récente entreprise de dragages aurifères en Guyane française (bulletin de janvier)................................ 46
- Eiffel (G.). — Note sur la résistance de l’air et l’aviation (bulletin de mars) . ................................................................ 407
- Godard (F.). — La région de la Loire maritime. — Son état actuel, son avenir ^bulletin de mai).................................................615
- Guillet (L.). — Progrès des métallurgies autres que la Sidérurgie et leur état actuel en France (2e partie) : zinc, étain, antimoine, bismuth, nickel, cobalt (bulletin de juin)........................................745
- Izart (J.). - Étude de la combustion dans les foyers mécaniques et en particulier dans le foyer Savary (bulletin de mai).......................631
- Kestner (P.). — L’évaporation à grimpage et ses applications (bulletin d’avril) ................................................................556
- Knapen (A,)\— De l’humidité dans les constructions et procédés nouveaux pour y remédier (bulletin d’avril) ............................... 530
- Lebrec (I>.). — Étude générale de la flexion dans les pièces de ciment armé (bulletin de janvier).................. . . ........................ 57
- Lebrec (L.). — Complément à l’étude de la flexion dans les pièces de ciment armé (bulletin de mai)............................................671
- Legrand (J.). — Progrès de l’aérodynamique. — Expériences et mesures sur l’aéroplane en plein vol (bulletin de mars)..........................351
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- — 924
- Magunna (H.). — Nouveau mode d’exploitation télégraphique, système Multiplex-Mercadier-Magunna (bulletin de février).....................231
- Mallet (A.). — Chroniques.................... 110, 284, 430, 366, 694, 890
- Mallet (A.)- — Comptes rendus................ 123, 299, 443, 581, 706, 901
- Murait (J.-R. de). — Nouveau système de protection des digues, talus et côtes, par un revêtement en béton armé (bulletin de février) .... 190
- Rey (J.). — Quelques remarques sur la constitution intérieure du Globe terrestre (bulletin de janvier).....................................
- X. — Notice nécrologique sur M. O. Chanute (bulletin de février).... 280
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- Société des Ingénieurs Civils de France. Bulletin de Janvier 1911. Société des Ingénieurs Civils de'France. Bulletin de Janvier 1911.
- (%)
- ABAQUE DE M. LEBREC POUR LE CALCUL DES SECTIONS DE BÉTON ARMÉ FLÉCHIES
- En pointillé : réseaux paraboliques (Méthode N° 2 par .la force réduite) P*: détermination de Vb (fatigue du béton)
- Psi.détermination de Va fatigue du métal Application à la flexion composée, non à la flexion simple. '
- En plein : réseaux cubiques Méthode N° 3 par le moment réduit Pi : détermination de W béton P2 : détermination de d'à métal Application générale • flexion simple comme composée
- G’jipUv &. C“'. Paris
- Série. -r Volume. DRAGAGES AURIFÈBES EN GUYANE FRANÇAISE PI. 1 7* Série. Ier Volume. FLEXION DANS LES PIÈCES DE CIMENT ARMÉ
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- SERBIE ET BULGARIE INDUSTRIELLES
- 7e Série. 1er Volume.
- PI. 3.
- SERBIE
- Fig. — Mine de Kavna Reka.
- Fig. 2. — Charbonnage d’Alexinatz.
- Fig. 3. — Charbonnage de Nichava.
- Fig. 4. — Usine électrique de Vidsché (Lescovatz).
- BULGARIE
- Fig. 5. — Charbonnage de Pernik.
- Fig. 6. — Usine de cuivre de Plakavnika.
- Société des Ingénieurs Civils de France.
- Bulletin de Février 1911.
- nu», chaix.— 8600-4-H.
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- 7® Série_le-rVoTume LA RÉSISTANCE DE L'AIR ET L’AVIATION Pli
- AILES ETUDIEES
- Eelielle des Profils A- Bah elle des Elans Vio les ailes dont le plan, n’est pas indiqué ont 30%id} e:rweijure etl5c/m de profondeur
- Aile mi
- Rectangle plan de 90 xl5c/m
- Aile A9!!
- C ourb e, à i avant pl ane â P amère.
- Aile R?9 (enaile d’oiseau)
- Lalogue à E aile Bréguet
- analogue à T aile Blériot A9AI
- j.
- Aile A9 2
- a courbure circulaire de flèche V22
- inalogue âPailel/feght
- plane â Bavant èt courbe à E amère
- Plan
- Boid diattaque IA
- AileW15
- proposée par Md ErnouLt
- Plan •
- AileA93
- â courbure circulaire de fie die V13.5
- Aile A?1!
- plane dessous circulaire dessus
- Ail e A 913 •
- analogue à B aile Blériot A9XlV‘
- Ailes A°s16,17,18
- proposées par M?Przewiecki isr*?i6
- AileA?ll
- analogue â BAile Voisin
- â courBure circulaire deRèclieV
- Plan
- Aile A912
- .analoque â l’aile M.Farman
- Cv. CV> Ov.
- lui Jut
- Bulletin de Mars 1911
- Courtier & Cio, 43, rue de Dunkerque, Pai'is
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- 7Ine Série 1er Volume
- LA RÉSISTANCE DE L’AIR ET L’AVIATION
- PI. 5
- COURBES POLAIRES DES AILES ÉTUDIÉES
- a lu:
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- AiLi; N“1 Aile N” 2 Aile N"3 Aile JNT°4 Aile N” S Aile JM?6 Aile N"7 Aile Tî?8 Aile N?9
- Reetmjle pim de 804S^àtirarlim(iraikireaeflééeyî! iiwtarecii:enlairedj!flèEhefe,c àeoacburerâEOâaîredeflèaieÜ courbe k Usant plane âl’amta plansàl’aïantetcouibeàlàrriére plane dessousètalaradessus (en croissant) (en. aile d’oiseau)
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- Aile N°7
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- 0 02 °-w 0 ü(j 0.02 . 0.01 0.00 ' 0.02 0.01 O.OÔ ' 0.02 0.01 • 0.00 0.02 ' -0.01 . 0.00
- Aile N'MO Aile .V.’It Aile N") 12 Aile JNT?13 Aile A"°i:llk Aile SMI
- Analogue à 1 aile Wright Analogue à l’aile Voisin. Analogue âlaiie. Mlarrnau Analogie alaile Eiènui, MA Amlcgne à l'aile Elou'jl'uil" Analogue à l’aile Bnèguct
- Société des Ingénieurs Civils de France.
- Bulletin de Mars 1911
- Courtier & Cie, 43, rue de Dunkerque, Paris
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- 7e Série. 1er Volume.
- LES MOTEURS A COMBUSTION INTERNE ET EN PARTICULIER LE MOTEUR DIESEL
- DE L'HUMIDITÉ DANS LES CONSTRUCTIONS ET PROCÉDÉS NOUVEAUX POUR Y REMÉDIER
- L'ÉVAPORATEUR A GRIMPAGE ET SES APPLICATIONS
- P). 8 (PI. 6-7-8).
- PI. 6.
- Fig. 1. — Installation de trois moteurs Diesel M. A.-N. de 200 ch chacun.
- Fig. 4. — Moteur Diesel M. A. N. de500 ch (Station électrique de Parme).
- Fig. 8. — Installation de deux moteurs de 160 ch.
- Fig. 2. — Moteur Sulzer-Diesel grande vitesse, 250 ch.
- Fig. 5. — Moteur marin de 2 000 ch. Carels.
- Fig. 7. — Cylindre de 1 200 ch.
- Fig. 3. — Moteur Sulzer-Diesel de 400 ch.
- Fig. 6. — Moteur à deux temps de 2 000 ch (Sulzer).
- Fig. 9. — Moteur Diesel de 265 HP (Station électrique de Vienne).
- Société des Ingénieurs Civils de France.
- Bulletin d'Avril 1911.
- 7e Série. 1er Volume.
- PI. 7.
- Fig. 1. — Mur de clôture de l’ancienne École vétérinaire, à Bruxelles.
- Fig. 4. — Viaduc du chemin de fer de Woluwe, 10 janvier 1911.
- Fig. 2. — Mur de clôture de l’abattoir, à Bruxelles.
- Fig. 5. — Viaduc du chemin de fer de Woluwe, 10 janvier 1911 (agrandi).
- Fig. 3.— Viaduc du chemin de fer de Woluwe, à Tervueren. (Asséché par le système Knapen.)
- Fig. 6. —Viaduc du chemin de fer de Woluwe, 27 janvier 1911.
- Viaduc du chemin de fer de Woluwe, 27 janvier 1911.
- Société des Ingénieurs Civils de France.
- Fig. 8. — Viaduc du chemin de fer de Woluwe, 6 avril 1911.
- Fig/9. —Viaduc du chemin de fer de Woluwe, 6 avril 1911 (agrandi).
- Bulletin d’Avril 1911
- 7e Série. 1er Volume.
- Fig. 5. — Triple effet et finisseur (en montage). pIG 6 _ Sextuple effet pour jus sucrés. Fig- 7- ~ n°uble effet de quatre caisses sous pression.
- Vinasses (Bocourt). Raffinerie de Tirlemont.
- Société des Ingénieurs Civils de France.
- Bulletin l’Avril 1911.
- * t ~
- Fig. 4. — Quadruple effet. Sucrerie d’IIumacao (Porto-Rico).
- Fig. 8. — Simple effet sous pression fonctionnant comme cuites. Raffinerie de Tirlemont.
- PAKIS. — 1MP. UHAIX. — I 1098-3-1 I.
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- 7e Série. 1er Volume.
- Fig. 1. — La forme de radoub et le Diderot.
- Fig. 2. — Chantiers de Bretagne, à Nantes.
- Fu;. 4. — Chantiers et ateliers de Saint-Nazaire (Penhoët). Le Diderot sur cale.
- Société des Ingénieurs Civils de France.
- LA RÉGION DE LA LOIRE MARITIME
- PI. 9.
- Fig. 3. — Chantiers et ateliers de Saint-Nazaire (Penhoët) et paquebot France sur cale.
- Fig. 5. — Ateliers et chantiers de la Loire.
- Bulletin de Mai 1911.
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- 7me Série 1er Volume
- PROGRÈS DES 81ÉTALLURG1ES AUTRES QUE LA SIDÉRURGIE ET LEUR ÉTAT ACTUEL EN FRANCE. - (2E PARTIE) ZINC, ÉTAIN, ANTIWOINE, BISMUTH, NICKEL, COBALT
- PL 10
- Fig. 5 à 12.
- Four Brown
- Laverie des Mines de Maaziz
- Fig. 1 à 4.
- Elévation
- Fig. 10. — Coupe en travers
- Calamine - Tout Venant
- Calamine - Mixtes Riches
- Fig. 4. — Blende - Tout Venant
- Blende - Mixtes Riches
- 12
- f &£oyazraj^imii'esdù7(l.
- XJfotnèZfato&àm 2 JhyTdsgU:
- C SUp neeeajimentnieur
- ad. TrounneC débourbeur
- e Table- tournante-/
- Fig. 6.
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- '•mt/méljâ.zr 1 Tm/nnetslS-
- 5 Criblée S Cribles à.piston- U
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- /Apartir de S releva- re. direct des n iâstes L -»-• - • • '-parlics________________________
- Apari r relevage, direct desnrùxtt r
- Plan des râbles
- O Cribles ci& repussirge
- 1 Crible, de, repassage> O
- 'dation, spiiciate par
- par mont ' .charge, après broyage
- p Caisses pointues dont S a
- p Caisses pointues dont 6 d i
- ÎLCaùstsppinimS ’1 (aissespainnus I
- L dMd T o_. J JJ&L SX L-28L-X A.ML.
- CjT 12 laites tournantes,
- <J Tables tournantes de. lavage
- Fig. 8. — Goupe par les foyers
- Fig. 9. — Coupe par la cheminée
- Coupe en travers
- Fig. 12
- Détails de fixation
- y.""y...v
- TvSlf
- .les stériles sont envoge’s dune Ses ecaux,provenant des déversai
- ? et cimeuvs par wagonnets ml enoogées attoc. bassins de.
- Les stériles sont enmn/és a. une, roue et évacués par wagonnet Les eaux-provenant des déversoirs sont envoyées auoobassin.
- COURTIER tic, Gi6, 43, rue de Dunkerque, Paris
- Société des Ingénieurs Civils de France.
- Bulletin de Juin 1911
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- 7me Série 1er Volume
- PROGRÈS DES NSÉTALLURGIES AUTRES QUE LA SIDÉRURGIE ET LEUR ÉTAT ACTUEL EN FRANCE. - (2E PARTIE) ZINC, ÉTAIN, ANTIMOINE, BISMUTH, NIKEL, COBALT
- Pl. 11.
- Société des Ingénieurs Civils de France.
- Bulletin de Juin 1911
- Courtier 8c Cie, 43, rue de Dunkerque. Paria
- pl.11 - vue 928/930
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- 7me Série lu Volume
- PROGRÈS DES fflÉTALLURGIES AUTRES QUE LA SIDÉRURGIE ET LEUR ÉTAT ACTUEL EN FRANCE. - (2E PARTIE) ZINC, ÉTAIN, ANTIMOINE, BISMUTH, NICKEL COBALT
- PI. 12
- Tigrl. Plan.
- [- Salle des Générateurs
- Fig. 1,2 et 3. — Plan cPune Usine à Nickel (Fusion pour mattes et déferrage)
- a 'Machinemotrice.
- F .Deuxième machine. c Pompe à vapeur. cL Compresseur, e Dynamo, f Ventilateur
- LEGENDE
- g Broyeur à Boulet s h Autre Broyeur i Broyeur à cylindres k Chaînes à godets.
- 1 Tamis cylindriques, ni Mélangeur.
- :n “Vis sans fin.
- o Presse à Briquettes, p Elévateur de Briquettes. <j Broyeur à matte crue. t 'Monte-Charges, s Fours à cuve, t Convertisseurs.
- 70/4-32 I
- Société des Ingénieurs Civils de France.
- Bulletin de Juin 1911
- Courtier & C13, 4.3,. rue de Dunkerque, Paria
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- 7me Série. 1er Volume.
- PI. 13.
- PROGRÈS DES MÈTALLURGIES AUTRES QUE LA SIDÉRURGIE ET LEUR ÉTAT ACTUEL EN FRANCE. - (2E PARTIE) ZINC. ÉTAIN, ANTIMOINE, BISMUTH, NICKEL, COBALT
- Caractéristiques de diverses usines à zinc étrangères.
- Noms des usines KARLS FOURS SILÉSIENS, VALEURS MOYENNES MUNSTERBUSCH A STOLBERG BIRKENGANG A STOLBERG VALENTIN COCQ ET FLONE OVERPELT DOR BLEIBERG
- Types des fours de réduction Four à gaz silésien à 4 étage fours silésien s rhénan rhénan rhénan rhénan belge
- ( hauteur en millimètres 650 à 620 650 270 395 intérieur 220 180 210
- „ , ) largeur id. » 150-200 150 160 intérieur 160 280 180
- ) longueur id. 4,620 700-150 4,200-1.400 1,700-1,800 1.350 1,320 en moyenne 1,250
- V épaisseur id. 50 à 25 devant 20 ; derrière 6b » 25, 45, 50 » )) »
- . „ l forme Allonges . . - f dimensions Cône avec une section rectangulaire métallique ou conique en terre )> )) » » ))
- En avant 480 X 460; arrière 445 X 105 » )) 1000 long, 140diam. devant, 170 x 140 derrière )) )) ))
- Durée des creusets en jours Environ 24,45 » 40-50 20-30 50 30 30
- Charge totale par creuset en kilogrammes 95 jusqu’à 140 48 68,7 35 53 34,4
- „ , . i minerai en kilogrammes *. Composée de < , , ... 1 ( charbon en kilogrammes 62,5 jusqu’à 100 34 (52-54 0/0 Zn) 41,2 (49-52 0/0 Zn) 24 (46 0/0 Zn) 35,4 (46 0/0 Zn) 25 (42,5 0/0 Zn)
- 32,5 jusqu’à 40 % 14 27,5 11 17,6 9,4
- Disposition et nombre de creusets 32 groupes de 40 moufles jusqu’à 36 sur un rang, en tout 72 3 rangs de 80 creusets = 240 creusets 3 rangs sur chaque côté = 108 creusets 108 240 60 creusets en 6 rangs
- Foyer gazogène simple avec tirage naturel gazogène Siemens à récupération gazogène à récupération gazogène Siemens à récupération grille : 3,500 X 600 grille : 600 x 1,750 X 4 grille : 2,400 x 450
- Consommation de combustible par 24 heures, tonnes. . . . 40 à 45 t ou 4,0 à 4,5 t par four et 24 heures 4-10,7 8,5-9,2 6 3,6 10,2 2,12
- Nombre de journées d’ouvriers par 24 heures et par four. . 5 7-14 21 5 7 18 3
- p y t ( charbon de chauffe 2,046 1-3,35 1,06-1;15 1,17 1,38 1,20 1,40
- rï \ charbon de réduction ) nombre de creusets 0,570 0.4 -0,57 0,40 0,40 0,46 0,50 0,37
- 0,668 0,23-2,36 )) 0,95 0,83 0,94 1, o
- minerai • • • ( journées d’ouvriers 2,5 3,9 -4,4 » 2,0 2,7 2,12 1.93
- P ur 1 t ( c^ar^on de chauffe 7,052 3.7-10,0 2,5 2,6 3,36 2,605 3,91
- rï \ charbon de réduction ) nombre de creusets 2,000 1-2,4 1,0 0,89 1,12 1,085 1,03
- 3,058 0,7-9,3 » 2,5 2,03 2,04 4,05
- zinc produit. ( jo|]1,nées d.„uïriers 9,15 10,5-11,2 )) 4-4,5 6,6 4,65 5,4
- Noms des usines FOURS RHÉNANS, MOYENNES VIEILLE-MONTAGNE ANGLEUR CORPHALIE ENGIS LO) SEAU (BLE1BERG) FOURS BELGES, VALEURS MOYENNES
- Types des fours de réduction rhénan belge belge belge belge belge
- ( hauteur en millimètres jusqu’à 300 220 210 diamètre 200 210 200-280 (oval)
- n . ) largeur id. 1 longueur id. jusqu’à 460 160 210 diamètre 180 180 150-200 diamètre ou oval
- jusqu’à 1,400 1,300 1,250 1,250 1,340 160-180 large
- 1 épaisseur id. » - )) )) )) )) 1,000-1,450
- ... * ( forme Allonges . . 1 ,. ( dimensions » » » » » » » » )) » 20 devant, 40 derrière coniqur en argile, long. .100, diam. en avant — 7;>, en arrière = 150
- Durée des creusets en jours )) )) 24 26.5 28,5 »
- Charge totale par creuset en kilogrammes )> 32,9 38,8 35 37,5 (0,425 0/0 Zn) 28-32
- „ , , ( minerai en kilogrammes Composée de • , , , ^ ( charbon en kilogrammes 25-34 22-5 (46 0/0 Zn) 27,2 (0,48 0/0 Zn) 25 (0,45 0/0 Zn) 27,8 • environ 20
- 40-50 % 10,4 11,6 10 9,7 8,12
- Disposition et nombre de creusets 120 à 252 sur 3 rangs massif de 2 fours à 200 creusets 70 creusets en 7 rangs four double 108 creusets, 6 rangs sur chaque côté four double à 144 creusets, 6 rangs sur chaque côté 56-100 creusets dans un massif de fours 6 à 8 rangées superposées, In plus souvent 2 chambres de chauffe
- Foyer gazogène Siemens à récupération gazogène à récupération 2 grillesde 1,300 x 0,75 grille : 1000 x 800 grille : 2,600 x 400 grille : 700 x 2,500 gazogène Siemens à récupération, rarement chauffage direct au charbon. Eu Amérique, emploi du gaz naturel
- Consommation de combustible par 24 heures, tonnes. . . . 3,6-12 5,6 3,07 3,74 7,35 ))
- Nombre de journées d’ouvriers par 24 heures et par four. . 5-24 11 4 6 7,5 3-11
- Pour 1 t ( barbon de chauffe 1,1-6 1,225 1,735 1,40 1,65 1,2-2,2
- de \ charbon de réduction . i . ) nombre de creusets 0,3-0,5 0,46 0,42 0,37 0,35 0,2-0,7
- 0,8-4 1,24 1,53 1,67 1,25 1,2-2,4
- minerai . . f journ^eg d’ouvriers 2,4-3,9 2,42 2,11 2,22 1,88 1,2-2,4
- Pour 1 t ( barbon de chauffé 2,5-4 3,03 3,95 3,64 4,525 3,4
- ^ ) charbon de réduction , ) nombre de creusets 0,67-1,25 1,15 0,95 0,96 0,96 0,8-1,15
- 2-2,7 2,1 3,44 4,7 3,43 • 3,1-4,7
- zinc produit. (jouméesd.ouwiers 5-10 6,1 4,75 6,25 4,95 4,75-6,25
- Société des Ingénieurs Civils de France.
- Bulletin de Juin 1911,
- IMP. CIÎÀIX.
- p.13 - vue 930/930
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