Les raisons des forces mouvantes
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- AU ROY
- TRES-CHRESTIEN
- IRE,
- Apres auoir mis En à ce prêtent Iiure, traitant delà raifon des forces mouuantes,& de plufieurs machines, i'ay doubte' foauoir fi ledit li-uremeritoitd’eftre dédié a Voftre Maiefté, d’autant qu’aucuns pourront pcnfer, que ceft art eft pluftoft propre pour des artifàns que pour vn Roy,lequeldoibt pluftoft employer fon temps à biengou-uerner les fubieCts, à craindre Dieu pour en donner vn general exemple , & à fc faire redoubter à fes ennemis, ces trois chofes font très requîtes à vn Prince , car ce font les trois colonnes qui fouftiennent fon Eftat, Et en outre pour gouuernervn fi grand nombre de peuple, il fera bon qu’il foit, non feulement aftifté d’vn nombre de gens verfées en toutes fortes d’arts & fçiences, mais auftîqueîuymef-me foit aucunement entendu, & fpecialement aux foiences des mathématiques , ôc à celles qui defpendent d’icelles, a celle En de n’eftre fubieét a croire aucuns flateurs, lefqueîs voyant vn Prince ingnorant d’icelles,& qu’il fe prefente ocafion de quelque ceuure,Iuy font croire tout autrement que laditeœuurene peutreufir,tellementque cela tourne quelque toisa la honte ôcdelplaifir dufdit Prince, Vitruue excellent Architecte de fon temps, fait mention en l’Efpitrede fon fécond liure, adreftante à l’Empereur Julius Cefàrque Pârchitecte Dinocrate de Macedone, homme doiié de belle reprefentation de corps, & dehautes imaginations, vinttrouuer Alexandre le Grand, luy reprefèntant par fon difoours, qu’il auoit formé le mont Athos en fon idée à lare-femblance d’vneftatue d’homme,laquelle pourroit tenir en fa main gauche vneville {pacieufe,& en fa droite, vne tafle qui receuroit tous les fîeuues des montaignes d’alentour, ôcdela fe defoharger dans k mer, Alexandre trouua le defleing fort beau,mais confiderant la difficulté qu’ilyauroic à aporcer des viures en ladite ville, eftantlepaïs d’alentour fort fterile n’y voulut entendre, &duaepuis fi tbaftir par ledit Architecte, la ville d’Alexandrie, qui eft encoresa preftent,ainfile iugement d’Alexandre furpaffaceiuy de Dinocrates d’autant que cegrand ouurage eut efté fait en vai n, les Princes font fouuenc folicitez de tels ArchiteCtes&ingénieurs (pluftoft remplis de vaines imaginations que de bons fondements) pour leur faireentreprendrcdesouurageslefquelles ne peuuent a-porter aucune vtilité ni plaifir, tellement que quand lefdics Princes font aucunement entendus, ils peuuent clairement voir parleurs deffeings que Pœuurene peut eftre faice fuiuant leursimaginations, to utes cesraifons. Sire m’ont donné la hardieffe de vous prcfenterledithure, ou en 7* ou s. fueilles, font reprefentées les raifons des forces mou-uantesleplus briefuement& fuccintementqu'il nva efté poffible, apres luiuent quelques machines aucunes vrilles & d’autres plaifantes,&entre les autres Voftre Maiefté en pourra recognoiftre quelques vnes qui peuuent eftre agitéespar lefeul moyen de la temperaturedePair,lequel te venantàefchaufferparlemoyendu Soleil,ouafe refroidir par fon defaut, anime lefdites machines,&parce moyen l’on peut faire des chofes admirables, &fiiepeuxencendreque Voftre Maiefté prenne quelque plaifir àcemien petit ocuure, cela me donnera courage de l’augmenter de quelques autres gentils deffeings, qu’ilplaifedoncques à Voftre dite Maiefté le prendre en gré,atendant que i’aye moyen de la fèruir en chofes plus grandes, ie prie Di eu m’en fairela grâce, ôc avous, Sire d’e-ftre maintenuen fafainCteproteCtion& vous combler de fes grâces.
- De Hcielberg ce 15. de Feburier 1 6 1 s-
- De fyjrt iMtftJtt le tres-obrifirntJùbieti.
- S< de CaU5*
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- A MONsIEVR DE CA-VS
- ANACROTICHE SUR SON NOM,
- S -j'-'i les noms ont en eux quelque force & puiffance
- A tLuecq, la (agejje, l’on fimpofa le nom
- L.jD e f zauotr vray le rend, dont l’immortel renoms,
- O -CTfie aux meilleurs zAut heurs l’honneur des ta naijfancet IA:/fixais fi Ce (prit des morts centre en autrefit bfiance,
- O* o-u (eglijje tnfenfibie,auec nofire raifon,
- ISl.J^L ompenferons de voir celuy de Salomon
- A)-SD es lié de fon corps, faire au tien refidence E. c? e fiant en ton auril,fifage Çf entendu
- C- Cont oindre la fcience auec la modefiie,
- A Dijant vn e fi rit meur au printemps de ta vie,
- V- ?J ne antmable douceur conïointe a la vertu,
- S - JC y que le grand Dieu t’a, d’ornement rsuefiu,
- I. L. M.
- AUTRE,
- O}. <fy mesversefgaüoyent tes excellents mérités, h^.ÛLuec la vérité, ton beau nom glorieux,
- N--X ’on verroit esclairer,dans lavoufte des deux, q. o « tes rares vertus, feroyent au long defcriptes,
- , mais ni mon peu d’ejprit, ni me [mes les charités,
- q. (2fient toucher te nom, plam defigrandrenorru, ay an s compris encore, toutes tes grands mérités,
- *3.SZ>emoy ï entreprend trop, voulant louer ce nonu, trç cAn ces vers mal fonnans, pour louer Salomon,
- O CDarcefivnnomfcauant,aufiifcauantefi-tu, d y ant des long temps fait, preuue de ta vertu, ^ 2sdtruue& Archimedes Çfi lefiubtilHéron,
- ^ J?onttcy [urpajfelfdu fage Salomon.
- P. L. N.
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- @de Nav'arre, à nos amez & feaulx Confèillers les gens tenant nos Cours de Parlements, Baillifs, Senefchaux,Prevofts ou leurs Licutenans& autres nos Jufticicrs 8c officiers quil apartiendra fàlur. Noftre bien aimé Salomon de Caus Maiftre Ingénieur citant de prefent au fervice de n oftre Cher & biê aiméCoufîn le Prin-
- 53SÏ
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- O V YS par la grâce de Dieu Roy de France 5c
- • “ — ' « t 1 a- — , ^ _
- érpratique de Mu[i«ut^>. Vn autre tcoificmeou font demonftrés les Confirucîions de quelques wac mes aues. Ec lequatriefme contient pîufieurs dejfemgs degrotes Artificielles gr Fontaines, tous e 1 s ure e
- & profitables au public. Mais d’aucant qu’il crame que fur les Copies qu’il en pourroit aire mpnmer »a e
- Libraires & Imprimeurs deceftuy , noftre royaume fi pourroient lngerer de les faire Imprimer & mettre en vente. Lcfruftrantpar ce moyen de les frais &c labeurs,nous requérant humblement nos lettres, à ce necelfiu-res A c £ s causes defirantgrarifierîedictde C au s comme eftant noftre fubieét, & l’inciter d autant plus à continuer de profiter au public & mefmes à fin qu’il fe puiiTercmbourcerdes frais quil a peu faire tant pour l’Imprimerie defdi&s Liures que pour les tailles doulcesdes Figures quifont dedans,nous luy auons Permis & Octroyé comme de noftre grâce ipecial pleine puiflance 8c auétorité Royal,luy Permettons 8c Oétroy-yons par ces Prefentes de faires Imprimer lefdiéts Liures par tel Imprimeur que bon luy femblera& mefmes de le faire vendre &diftribuer par telles perfonnes qu’il voudra choifir & ce durant le terme de fix ans a compter du jour que lefdicts liures feront achevez d’.mprimeur pendant lequel temps nous défendons à cous Imprimeurs & LibrairesdeceftuynoftreRovaumede Imprimer ou faire Imprimer lefdiéts Liures ou aucuns d’Iceulx à peine d’amande arbitraire vn tiers à nous l’autre aux pauures, 8c le troifieme au dénonciateur àc mefmes de confifcation de tous lefdi&s Liures dont ils feront trouués faifis Sy vous mandons que du contenu de noftre joufte permiffion , vous laiffiez jouir &c vfer plainemcnt 8c paifiblement ccluy ou ceux qui auront permiffion dudiéls de C A us fans foufrir qui leur foit faid aucun empefehement Car tel cftnoftre plaifir, donné a Paris le dixfepticftnc jour de Octobre l’An de grâce mil fix cens quatorze Scde noftre rc* gne le cinquiefme.
- Berrueyr*
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- EPISTRE
- Au bening Lecteur,
- Oul’Autheur monftre ce que ceft que machi-
- ne ôclespremiersinuenteursdicellçs^enfemblervtilitéque Ion peut tirer de ce prefent Liure.
- Ening Lecteur, ayant à ce prefent liure à traiter une diuerlîtc de machines,il ne fera mal a propos demonftrerce que fignifiecemot,
- I ôc les premiers inventeurs dicelles , ôc aufîi l’utilité que Ion en peut tirer, premièrement ce mot de machine, comme dit Vitruue lignifie un’affemblage ôc ferme conionétion de charpenterie, ou autre materieLayant force ôc mouuement,foit defoymefme,oùparquel-que moyen que ce foit, ôc y en a dé trois genres: l'une appellee des Grecs Acrobactique, ôc eft celle qui ferc à monter toutes fortes de fardeaux en haut, dont fè feruentles Charpentiers ôc Maffons, ôc mefmementles Marchands,àtirertoutes fortes de marchandées hors des Nauires, le fécond genre eft dit Pneumatique, lequel acquiert mouuement par leau ôc Pair, dont il y a diucrfes machines>feruantes a la décoration de grotes ôc fontaines,le troifiefme eft dit des Grecs banaufon qui fertaefleuer tirer ôc porter de lieu à autre toutes fortes de fardeaux, ôc mefmementkfèruir de force à faire plufieurs chofesà nous difîcilles fans ceft aide,comme Moulins à vent Ôcaeau> Pompes j preftbirs à vis,Orologes, Balances, Souflets à Forgerons, ôc plufieurs autres chofes defquelles il feroit fortdiffîcilledefe pafter3 quant aux premiers inuenteurs d’i-celIes.Lefcriture faintenous rend tefmoignage,que luba fut inuenteur des inftruments de Mufique,ôcTubal-cainforgeur de tous engins de fer ôc d’arain, les Payens ont creu celle invention eftre venue de Vulcan,lequel ils ont depuis adoré, comme ils ont fait tous ceux lelquels ont efté les premiers inventeurs des chofes neceiïaires à l’homme, mais de ces premiers inuenteurs n’auons aucune cognoiflance d’aucune machine par eux inventee,comme de ceux qui ont fuiui depuis, entre lefquels Archimedes a laifsé plufieurs choies par Iuy inuentees ? comme la vis dont fait mention Diodore Sicilien, lequel dit qu’Egyptefut merueilîeufement fecourüe contre les inondationsdu Nil. Par la vis d’Archimedes, il inuenta aufii plufieurs machines de guerre pour deffendre la ville de Siraculè que Marcellus tenoit alfiegee>commePlutarque reci te,toutes lefquel-les machines ont efté delaiftees depuis quel’ufagedu Canoneftvenu.Vironletêpsd’Ar-chimedes,eftoit (Stefibie duquel Vitruue fait mention,) ôc dit qu’il fut inuenteur de plufieurs machines dites des Grecs Pneumatiques Ôc Hidrauliques, (ceft à dire eaux chantans.)Ce futluyqui inuenta de mefurer le tempsauec le cours de leau, laquelle in-uention n’a plus efté en ufage? depuis que les Orologes à roues dentelees ont efté inuentees, apres luy vint un Filon Bifantin, duquel Herone Alexandrin fait mention, di-fant auoir eferit quelque chofede ceft art,ôc depuis ledit Filon, eft venu Fferone Alexandrin, lequel nous alaifsé trois liures. Sauoir un intitulé Spiritali, traitant diuers problefmes des effets de lair ôc leau, Ôc le fécond de la machine mouuante , dite des
- Grecs
- Vitrme H-vftXt Chap*
- I.
- Ctnefi Ché-pitre
- DiocUre Si-ctlien en fin htftotre an-uqucjtvrt premier. ‘Flutarqut en la, vit de Marceline. Vitrant livre p. Chapitre p.
- Herone en fa Machine fiabtlt.
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- Epiftre au Leéteur.
- Crées Automatij, & le troifiefme, de la machine fiable, depuis eft venu Vitruue duquel les eferits font aftez cogneus. Et quelque temps apres la ville de Rome fut deftrui-t e par les Gots? lefquels ruinèrent les plus belles Oeuures d’Italie > & des lors les peuples de l’Europe nefirentplus aucun compte des arts,jufquesàlavenuedetrois grands Princes,lefquels vivoient tous en vn mefme temps, à fàuoir l’Empereur Charles cinquief-me,leRoy François premier?& le Roy d’Angleterre Henry huitiefme?lefquels eftoienc tous curieux de reftablir les arts enfèvelis de fi longues annees?& un peu apres eux vint le Pape Sifte V.lequel fit reftablir à Rome plufieurs ruines, qui auoient efté faites par les Cots, & en outre fit faire diuers ouurages rares,& à les nombrer,un grand Volumcnc iufiroit, quand aux hommes d’art rares, qui ont efté du temps de l’Empereur Charles V* il y en a eu plufieurs en Alemagne, entre lefquels Albert Durer,a efté recogneu vn des plus excellens de fon temps , & auflî du mefme temps eftoient en Italie Michel l’Ange? ôt Raphaël d’Urbin,affez cogneux par leurs ouures,un peuapres fontvenusen France Pierre Ram us, Oronce Finé , & plufieurs autres grands perfonnages,pour les Mathématiques? peinture3 & Architecture? mais pour reuenirà ceux qui ont eu co-gnoiftance des Machines mouuantes & Hidrauliques, peu en ont eferit de noftre temps, bien eft vray? que Jacob BefTon, Auguftin Ramelly,& quelques autres ont mis en lumière quelques Machines par eux inventées fur le papier, mais peu d’icelles peu-uçnt auoir aucun effeét, & ontereu, que par vne multiplication de roues dentelees* lefdites machines auroient effeét,félon leurpenfee, & n’ont pas confideré,que ladite multiplication eft liee aueç le temps, comme il fera monftré en fon lieu : Et quand à l’vtilité que Fon peut tirer de ceft art, il eft: certain qu’il eft grand, & de nombrer la quantité & diuerfité des machinés qui font faites pour le fèruiçe de l’homme il.feroit prefque impoftible,quand à celles qui font en ce liure, les vnes font faites pour l’vtilité commune, & les autres,pour le plaifir & ornement des Palais ôc Jardins, dont ay fait l’experiêce de la plus part,&quand aux difeours que i’ay fait fur chacune figure, aucuns le pourroient trouver un peu trop prolixe, d’autantque ie recite quelquefois u-n e mefme chofe deux fois, cela ay-ie mieux aimé faire, que de laiffer aucune chofe qu’eï-le nefoit parfaitement entendue, car fi le Leéteur n’entend la chofe eftant propofee d’une façon?il entendra peut eftre de l’autre propofition.
- D’autant
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- Des forces mouuantes. i
- ’ Autant queIescompofitions,ôc effets que produiflent toutes fortes de machines, font caufoes parlemoyen desquatres éléments,le£ quels donnent corps 6c mouuement à icelles3 il ma fomblé bon de monftrer la définition d’vn chacun deux en particulier , 6c auffi au-cunsdeleurs effets.Quand à leurs fituations, l'opinion commune 6c la plus receue des Philofophesjefquels ontdifcouru de leurs ordres, ont imaginé le feu audeffusde l’air,& l’air âu deflusdelaterre, ôcde ieau, Iesdeux premiers eftans légers Voulànstoüfioursmonter en haut, 6c les deux derniers pefansj voulans toufioiirs defcendre en bas.
- DEFINITION PREMIERE.
- Le Feu» efl vn element lumineux > chaud tres-fec & três-leger , lequel par pi
- chaleur fait grande violences.
- L y a de deuxefpecesdefeüj’Vnefiementairejequeln’eftfiibieéfcàcorrù-ption,lequeliecroyefttela chaleurdu Soleil, car tout autre feu ou chaleur eft fubiet à nourriture?& ce quieft fubiet àperir,donqueslachaleurproce-dante du corps du Soleil,eft le feu! feu élémentaire,là fécondé efpece de feu eftle materiel * lequel eft ditainfi, à caufequ’ileftnourri5cmaintenu de matierecorporelleî laquelle matière venanteà faillir,fautâuffi la chaleur, quand à ce qu’il eft dit lumineux,c’eft à caufo du Soleil, qui eft là Vraye lu miere naturelle, & mefmementla lumière artificielle procédé du feu materiel. Lâfecheté auflîy eft3 cela fo Voitencequ’ileft directement ennemi de l’humide, 6c mefmes qu’il chercheàlede-ftruire, 6c les chofes mefmes que nouseftimons feches5font encoresafocheesparlefeu, comme par exemple 3 ce n^eft pas chofè commune, que de croire qu’il y aye aucune humidité au plomb , toütesfois l’expérience nous monftre , que le plomb en table de-qüoy font couuertes les maifons 6c Eglifes, fe defeche fi fort auec le temps par la chaleurdu Soleil, qu’il fe cofine & retire en dedans, Ôc fi lefdites tables font fortatachees contre le*bois, 6cqu’il ne fè puiffe retirer en dedans,lefdites tables fe creueront en plu-fieurs places, le feu eft auffi dit trefleger pour plufieurs raifons, premièrement à caufo de fàfituation,ence qu’il eft au deflus des autres elemens ,6c auffi que nous voyons lefeu materiel monter en haut , auec grande legereté, 6c femble (comme ont dit aucuns Philofophes) qu’il veut retourner au lieu de fon originel quand àlaviolence du feu, la plus grande procédé du feu materiel, chacun fait le dommage qu’il fait ou il fe met, foitpar accident, ou entreprife deliberee,en Sicillelefeus’eft mis dedans la concaui-té du mont Gibella, autrement dit Ætna, lequel brufle il y a fort long temps 5 toutes-fois il y a aparence que ce feu prendra fin, quand toute la matière fulfuree qui l’entretient finira, la violence auffi de plufieurs inuentions de machines de guerre, eft admirable , lefquelles fe font auec la poudre à canon, ainfi le feu materiel nous fort auffi bien à faire du mal, comme à faire du bien, 6c quand au feu élémentaire, il y a aucunes machines en ce liure,lefquelles ont mouuement parle moyen d’iceluy, comme l’efleuation des eaux dormantes 3 6c autres machines fuiuantes icelles nondemonftrees parcy deuant.
- B
- DEFI-
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- Livre premier
- Livre 10. Theorejme 60.
- DEFINITION DEUSIESME.
- Lair 3 efi vn element froit, fec, & leger3 lequelJe peut prejfer, Çf JLj
- rendre fort violent.
- A place de l’air fécond element eft imaginée entre l’element du feu>& la terre, Vitellion prouue par Tes lingnes optiques, que le nuage s’flô-gne de la terre de 52000.pas ? qui font viron 26. lieues Françoifès, 8c ainfi cefte diftance eft diuifee en deux régions ,rvne moyenne ainfi a-pellee à caufè qu’elle eft entre la troifiefme ou fupreme région du feu, (dont nous auons parlé) 8c la baffe région qui eft celle que nous touchons , quand à la moyenne elle eft froide, 8c remplie de nuages? & brouillats. Lexperience nous en donne congnoiflance aux hautes mon-taignes des Alpes, 8c monts Pirenees, oula neige fe maintient au coeur de l’Efté, & la baffe région, comme i’ay dit 3 eft celle que nous touchons,ou Pair eft beaucoup plus chaud qu’aux montaignes, la raifon eft,à caufè de la refleéti-on des rais du Soleil, lefquels donnant fur le plan de la terre,& nepouuanspafler outre, s’areftent 8c efchauffent Pair le plus bas, mais aux montaignes, les rais du Soleil ne donnent pas vne telle reflecftion, ains «liftent au long dicelles,& fpeciallement aux coftees qui ne font oppofees au Mydijie dis donques que lair eft vn element froid, & qui n>a autre chaleur,que celle quiluy eftdonneeduSoleil.Un’a aufti aucunehumidité en fa nature, corne aucuns ont volludireaucüs, ce qui fera demonftré à la définition de leau. Il eft aufti dit léger, car quelque quantité qu’il y aye d’air dans vn vaifteau , il n’en fera plus pe-fant, & quand à ce qu’il eft dit icy qu’il fe peut prefler, i’en donneray icy vn exemple* Soit vn Vaifteau de plomb ou de cuivre,bien clos, 8c foudé tout à Ientour marqué A. auquel il y aura vn tuyau marqué B. C. duquel le bout C. aprochera près du fond dudit vaifteau viron vn pouce? 8c au bout B* y aura vn petit recipien pour receuoir kau, laquelle verferez dedans ledit recipien, 8c de là defcendra au vaifteau, & d’autât que Pair qui eft dedans ledit vaifteau ne peut fortir , & qu’il faut qu’il y aye quelque lace, on ne pourra emplir ledit vaifteau,& fi le tuyau B. C* eft dix ou douze pieds aut,il y entrera viron iufques au tiers d’eau, tellement quel’air fe preflant,caufèra v-ne compreftion, déféra mefme enfler le vaifteau, s'il meft fort efpais, ce qui demonftre que l’air fè prefte, 8c que cefte compreftion fait violence. Comme il fè pourra voir en diuerfes machines en ce liure, mais la violence fera grande, quand leau s’exale en air par le moyen du feu,& que ledit air eft enclos3 comme par exemple? foit vne balle de cuiure d’vn pied ou deuxen diamètre, & êfpaifte d’vn pouce?laquelle fera remplie d’eau par vn petit trou,lequel fera bouché apres bien fort auec vn clou, en forte queleau ny air n’enpuifte fortir, il eft certain que fi Ion met ladite balle furvn grand feu, en forte qu’elle deuienne fort chaude, qu’il fè fera vne compreftion fi violente, que la balle creuera en pièces,auec bruit femblable à vn petart.
- DEFINI-
- i
- èA
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- Des forces mouuantes.
- DEFINITION TR OI SI ES M E.
- Leaüttfi vn élément humide, pefant & coulant, lequel ne fi peut preffet
- e fiant enferré.
- Ou te s les parties de ceft element, font directement contraires à la nature du feu, l'humidité eften leau,comme la chaleurau feu,& de ces deux parties contraires, fepeut faire des machines admirables, commeilenfera par cy apres aucunes monftrees. L’eau eft aufli dite pelante, mais toutesfois toutes les eaux ne font de pareil pois : Pline Pline Hure recitant la nature de plufieurs eaux differentes, dit qu’au territoire cha?' de Carra en Efpaigne, il y a deux fontaines proches l’vne de l’autre, I0J‘ defquelles leurs natures font tant diuerfes,quetout ce qui eft misjau deflus de Pvne va à fond,& lautre porte tout ce que Ion met deflus, comme auftîfait le Lâcde Sodome,
- & le fleuue Aretufe, la raifon de cecy vient de la pefanteur de leau,laquelle eftant plus pcfante cncomparaifon que le corps que Ion mec dedans,le reiette enliaut,àcaufeque la plus grande pefanteur veut tenir le plus bas lieu, comme nous voyons par exemple , que le fer & le plomb flotent au deftus du vif argent» car le vif argent eftant leplus pelant en elgualité de corps» veut tenir le plus bas lieu, & au contraire, leau la plus legere ne peut fil porter aucune chofe de pelànt.Pline recite encore pour choie efmerueillable, que la pierre de ponce nage fur leau eftant en grande piece,mais eftant mile en poudre va toutàfond,la caufe en eft aifee à donner,car la pierre de ponce eftant de nature po-reufte,&remplie d’air, ne peut aller à fond, à caufe que l’air enclos dedans lefdites pores,veut tenir le hautlieu,comme là nature le porte,mais eftant laditepierreenpoudre,
- & qu’il ny a plus d’air méfié auec pour la porter, elle ira aufond, le melme eft en pluli-eurs autres cnofes, les pièces de bois aufli flotent fur leau , lelquclles eftans foyees en poudre vont au fond,incontinent que la loyeüre ou poudre eft abreuee d’eau,par fem-blable raifon aufli,les grandes Nauires chargées deplomb,&autres pefantes Marchan-difes jfont fupportees fur leau » à caufe que l’air eftant dans la concauité deldites Navires, lesempelche d’aller à fond,quand à cequ’ileft dit, que ceft vn élément coulant, cela fe trouue alfez congneu par expérience, relie à monftrer comme il ne le peut pref 1er comme fait le feu & l’air,& en donneray vn exempIe.Soit vn vaifleau de cuiurerôd, contenant trois ou quatres mefures d’eau, auquel y aura Vn petit trou, pour emplir ledit vaifleau,&apres filonaiufteleboutd’vne Seringue au trou dudit vaifleau, & que Ion voulut pouffer leau de ladite Seringue dedans ledit vaifleau , ontrouuera pareffed, quil ne fera poflîblede faire entrer dauantage d’eau, que ce qui y eft entré volontairement,leau donques ne fe pourra prefler pour faire aucune violence,comme fait laircù le feu, mais la violence de leau confifte en fa pefanteur, quand elle defeend des lieux hauts, ou bien quand elle eft efmeüe par lèvent, on ne peut point dire certainement,fi lëau eft chaude, participante de la nature du feu,ou u elle eft froide,partiepan-te de la nature de l’air,mon opinion eft, qu’elle n’eft ny chaude ny froide, de là nature, mais eftant aidee du feu, ou de l’eau, reçoit par accident la chaleur ou la froidure.
- B 2
- DEFI-
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- DEFINITION QUATRIESME. La terre ,e fi vn élément fie, pefiant & fidideS.
- ’Eiement delà terre pure efteftimeede Iaplus part des Philofophes, fec ôc froid,toutesfois ie ne luis de celle opinion, quil y aye aucune froidure en la terre,linon celle qui luy eftprefteede l’air,auffi na elle aucune chaleur, linon celle qui luy eftprefteedu Soleil,ceft element nefe trouue en fa nature pur comme les autres, car nous ne polluons dire, que la terre loitlèchepar tout,
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- d’autant qu’elle eft meflee de l’humidité, làpefanteur fe monftre , en ce qu’elle tient le plus bas heu des elemens,&fa folidité en lamalfe ronde & fermejcpmpofee d’iceüe.
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- THEORESME PREMIER»
- Les parties des ekmens fimeslent enfimble, pour vn temps, puis chacun retourne en fin lieu.
- Est choie allezcogneüe,que tout ce quia efté créé par la prouiden-ce diuine>eft compofee &mixtionneedes elemens,commeaulîîtoutes les fabriques &compolîdons que l’homme peutefFe<5tuer,com-me par exemple,le bois & toute autre choie que la terre procréé, lont mixtionnees du fèc, & de l’humide, & mefmement font deuenus tels, parle moyen du feu & de l’air, car nous làuons par expérience^ ijque la terre ne produiroit aucune choie ,li elle n’eftoitelchaufFeedu Soleil, tk ce qui eft pouffé hors icelle prend accroiffance par le moyen de l’aer, tellement que là natiire ayant donné croiffance a quelque choie que ce foit ? parle moyen des e-lemens,vient apres à le deftruire par le moyen d’iceux, chacun élément retournâtenfonlieu, commepar exemple,le boisfe deftruitpar le moyen delà chaleur, l’humidité s’efuapore en haut,par extraélion quefait la chaleurXaquel-le vapeur venant à monter auec la chaleur,iuf-quesà lamoyennc région,fe quittentI’vnlau- ^ tre,puis chacun retourne en Ion lieu,l’humidité retombant fur la terre, qui eft-ce que nous Jtpelloospluye,&furce fubieétie reprelènteray icy vnexemple.Soitvn vaiffeaude cuiure rond rmrqué A. bien clos ôc foudé tout à lentour,
- auquelily aura vn tuyau marqué B. C. dont l’vn des bouts B. aprochera du fond, au-tantqu’il faut pour laiffer pafferl’eau,ôd’autrebout C. fortira dehors le vaiffeau,auouel il y aura vnrobinetmarqué D. pour ouurir ôc fermer quand beloing lèra,&y aura aufïï vn foufpiral en hautmarqué E. apres faut mettre de l’eaudans leditvaiffeau parle fouff piral,iuiquesà vne certaine quantités lilc vaiffeau contient trois pots, lony en mettra îuftement vn pot,apres faudra mettre ledit vai ffeau fur le feu viron 3.0U 4,minutes,& Iaiff 1er le foufpiral ouuert,puis retirer ledit vaiffeau du feu,&vn peu apres faudra retirer l’eau dehors parle foulpiral,& trouuerez que partiede ladite eau, s’eft efuaporee par la cha-leurdu feu,apres faudra remplir la melure du pot commeil eftoit auparauant, &reme-tre l’eau dedans levaiffeau,&alors faudra bien boucherie foufpiral ôc le robinet» & rein ecre le vaiffeau furie feu,auffiIong temps comme la première fois, puis le retirer, ôc h laiffer refroidir de foymelme,lans ouurir le foufpiral, ôc apres qu’il fera bien refroidi,
- faudra
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- 3
- Des forces mouuàntes.
- s
- faudra retirerl’eaûdededans,Ôc ytrouuerez iuftementlamefme quantité que Ion y aura mifè,tellement quille peut voir que l’eau s’eftoitefuaporee (lapremiere fois que Ion a mis le vaiffeau fur le feu •) eft retournée en eau la fécondé fois que ladite vapeur a efté cnlèrree dans le vaiffeau ,& qu’il s eft refroidy deluy mefme,ilfepourra encores faire v-ne autre demonftration de cecy,c’eft apres que Ion aura mis la mçfurg de l’eau dedans le vaiffeau, il faudrabien boucher le foufpiral ôc ouunr le robinet ï). puis métré ledit vaiffeau deffus le feu,&metrelepot deffoubsle robinet, alors leau du vaiffeau s’efleuera par la chaleur dufeu»& fortira par le robinet D.maisils’en faudra virori là fiziefmeou hui-tiefmepartie que toute ladite eau nê forte, acaufè que la violence de la vapeur qui caufè leaude monter, eft prouenue de ladite eau,laquelle vapeur fortira apres que léauferafbrr tieparlc robinetauecgrande violence,ily a encores vn autre exemple au vifargent autrement dit mercure,qui eft Vn minerai coulant, lequel eftant efehaufife par le feu, s’exale tout en vapeur, ôc femelle auec l’air pour vn temps,mais apres que ladite vapeur eft refroi-diejelleretourne enfà première nature de vif argent,&l’experiencele monftre ? d’autant quefilonmet quelque vaiffelle doree dans vne chambre ou Ion aura fait efuaporérdu vif argent,ladite vapeur s’atachera toute contre ladite vaiffelie,& Ion trouuera apres que ceftpuryifargçntjtnaislavapeurdeleau eft beaucoupplus legere, auflîelle monte comme noifâuonsdit?iufques en la moyenne région.
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- THEORESME IL Il rfy a rien a nous congneu de tvUide_j. ' '
- Ouï cequieft congneu à l’homme eftrempîy des quatres éléments» c’eft pourquoy il ne peut rien auoir de vuide à nous congneu, &: de penfèr(commeont vouludire aucuns)qu’ilÿ avnevacuite audef fus des elemens» ceft vne opinion fans preuue ny demonftratibn, ôc dedire auftî,quetout ce grand efpace eft rempli dair, ilnya nulle a-parence,car ladiuineprouidence n’arien fait d’inutile-, & fi ledit efpace entre lefirmament& bellement del’aireftoit rempli d3air, il feroit innutile,car il nyaaucune créature qui aye à faire d’airau deffusdela moyenne région,
- & pour ne point errer en cefte opinion,il vaudra mieux dire que ce grand efpace eft rempli d’vne cinquiefme effenceà nous incongneue. Epicure a efté vn des plus exce- Bi0ffSfiee lens Philosophes defon temps toutefois fon opinion touchant les Atomes ôc le vuide, L&îniÛs eft fort contraire àvn exemple que ie donnerayicy,ilditquïl n’y a lien qui ne fbit corps, en U vies & quelesAtomes fontcorps inaiuidus ôcfoliaes, ôcqu’ily en a ÂEfteure,
- de deux fortes,les vnscompofèz5 (nous les nommons corps fo-lides)&les autres fimples,defquels fe fait Jacopolïtion des cho-fesdaquellecompofitioneft faite par I’acrochement des Atomes folides, (car iln’en admet point d’autres ) lefquels fè viennent à tourner,virer &: entrechoquer par la cauevuidedu mode, l’exem- ^ pie donques que iedemonftrera^ fera vn vaiffeau de plomb ou cuiuremarqué A. _clos débouché detouscoftez,lequel fèrarem- ^ ^ pli d’eau par le foufpiral B.'Ôe apres foit ledit foufpiral bien fermé,aè&rs fi ]pn fait vn petit trou au bas du vaiffeau au lieu C. il ne fortira aucune eau, d’àÜYântque vacuité ne peut eftre faite audit vaiffeau, mais fi Ion donne place à l’air pour euitrer audit vaiffeau, en ou urant le foufpiral B. alors Leaufortira ,& l’air fc mettra en fa. pîace.Or fi l’opinion d’Epicure eftoit vraye,& que la nature voudroit permettre le vuide (comme il dit qu’il y a entre chacun Atome)leau fortiroit4encores que le foüfpi-ral fut fermé,d’autant quec’eft vn element pelant ôc coulant, ainfî nous dirons que la nature ne permet rien de vuide à nous cogneu. - '
- AVI RE
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- L
- ivre premier.
- A FTR E DEMONSTRATION Q^V E Z E F F IDE
- ne peut eéïre en U nature^.
- Enirallexient toutes les machines dites pneumatiques, fè font en tant que la nature ne peut rien fouffrir de vuide, & en donneray encoresvnje demonilration,|foitvn vaiffeau marque A. B. C. D. bien clos & foudé de tous coftez, auquel il y aura vn tuyau, E. F. duquel l’vn des bouts F. aprochera du fond fans y toucher, en (or. te qu’il y aye diftance 5 pour laiffer paffer entre ledit bout F. & le
- §J|j3^g§^lifondduvaiffeau>ilyaura aulïï vn foufpiral marqué G. lequelfau-draLfouchèr, & verfer de leau dedans ledit vaiffeau par le tuyau E. F. il cft certain qu’il y entrera quelque quantité --* d’eau dedans. Car l’air fepreffera (comme a efté monftré,)
- & fèfera vne compreflion d'air audit vaiffeau , de forte qu’il n’y pourra plus rien entrer, mais fi Ion ouure le foufpiral, alors l’air qui eftoit en la place de leau fortira, mefure que Ion emplira ledit vaiffeau d’eau,l’airfortirapar le foufpiral.
- iî
- THEORESME III,
- Quand leau monte par faute de 'vacuité, c cft pour defeendre plut las
- que fon niveau.
- L y a ciNQ^moyens diuers , pour faire efleuer leau plus haut que fon niueau ,& de chacun moyen il y a plufieurs machines differen» tes:Le premier eff, par faute de vacuité : Le fécond, par fon propre moyen, Le troifiefme par aide du feu5 Le quatriefme par l’air, & le cinquiefme par machines compofees diuerfement, conduitcsr par force d’hommes ou de cheuaux, ic demonftreray dechafcun moyen vn exemplej&commenceray par celuy qui fait monter par fau-
- te de vacuité, boit donques vn vai ffeau plain d’eau marqué A. auquel il y aura vn fifon marqué B.C. dont fvne des iambes fera dansle vaiffeau, &lau-tredehors.Puisfaut auoirvn tuyau marqué Dffait enfortequ’ilfepuiffeaiufter dedanslebout C.du fifon,apres faudraboucher le bout dudittuyau,& lemplir d’eau, puis l’aiufter bien iufte dedas ou dehors le bout du fi fon C. puis ouurirlebout d’em-bas,& alorsîcaufortantdudittuyau,atire cellequi eftdanslevaiffeauau long du fifon, d’autant que vacuiténepeuteftre faiteaudittuyau5& alors que ladite eau aura pris fon cours > Ion pourra ofter le tuyau D,ôdeaucontinuerafoncours>iufquesàce qu elle vienne au niveau du bout C. & alors elle ceffera,ainfi Ion peut voir pare’eft exemple, que fi leau monte en haut par le fifon 5queceftpour de-
- feendre plus bas quefon ni veau, car fi le bout de dehors eftoit coupé en E. il ne courroie' nullement,ainfi par laidedu tuyau D.leaumontepar faute de vacuité,d’autant que la pc*. fanteur quieftenlaiambe dufifon •> eftpluspefantequecelledelalambe dededans. Et quand a la longueur du tuyau D. il doit eftre vn peu plus long. Que fi le fifon depuis; la fiaperficie de leaufiufques à la marque.E. & aufli gros que ledit fifon, ou vn peu plus.
- D’autant
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- Des forces mouuantes.
- D’autant qu’il faut que Iedittuyau D. contienne am-ant- i ~r
- davantage, comme ledit fifon contient d’air depuis b C?U ^ onf “eur’ ou vn Pe?
- la marque E. qui eft le niueau de leau ainfi éeft J de Icau’ iufSues. à
- l’air quieit dedans le fifon ( foit par la bouche en afiriran^ emon^rC; Sue fi Ipn atire
- ura , pour ne fouffrir vacuité', ôc aura Ton cours noum-i/ °^]Pa^lc,tu3'?u ^0 Jeaufui-fon niueau. cours,pourueu quelle delcende plus bas que
- Ce prelènt THEORESMEa eftémal entendudec»nxnm'^r,f j • u , ,
- monftrent à atirerleau par vngros fifon aiudanr ™ traduit Héron e.lelquels mrmejbi.
- lieu du tuyau D. lequel vaiff^au ne p?ût faire nu^efff^ aU b°Ut d“d,C fifon ’ au en la iambe B. du fifon B. non pTufquet ^arlf^^ a'1,1 ^'ll leau
- c-ores qu’il contienne autant d'eau ou plus que ledit fifon 7° edlt vf(i"e‘lu>& en-s’efleucraplushaut,que Idpefleur ou hauteurdudit vaiffeau. ^ ad‘te ne
- THEORESME IHJ.
- L eau ne petit monter parJon propre moyen, ficen'eü pour defcendrt_> plut
- bas que fon niveau.
- V-'
- E fécond moyen de faire monter l'eau, cft parfon propre moven,& ce fera eryceftefaçon, (oit vn vaifléau plein d’eau marqué A. auquel y auravnepiecededrap longuededemi 1
- pied & large d’vn pouce, laquelle faudra mouiller toure outre, Ôc fera mile au vaiffeau, en forte qu’vn des bouts foit dans iceluy,& l’autre bout dehors,alors ^ leau qui fera au bout de dehors, attirera par fa pefanteur ^ celle qui eft dans le vaiffeau, ôc la fera monter au long de -* y la piece du drap, (comme il fè fait au fifon) iufaues à ce que leau du bout dededans foit au niueau du bout de dehors,& alors elle celfera de courir.
- THEORESME V.
- Leau montera par aide du feu, plus haut que fon niveau.
- E troifiefme moyen de faire monter, efl par l’aide du feu, dont il fè peut faire di-uerfes machines,i’cn donneray icy la de-monftrationd’vne.Soitvne balle de cui-? ure marquée A. bien fbudee tout à len-tour,alaquelleilyaura vnfoufpiraî marqué D.parou Ionmettraleau,ôeaufïî vn tuyau marqué B. C. qui fera foudé enhautdelaballe,& le bout C. aproche-ra près du fond, fans y toucher , apres faut emplir ladite balle d’eau par le foufpiral, puis le bien reboucher Ôc le mettre fur le feu, alors la chaleur donnant contre ladite balle, fera monter toute leau, par le tuyau B. C.
- THEO-
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- L
- Herone Jf>i rit ait 36. Theore.
- ivre premier
- THEORESME Vf.
- L'eau ne peut monter par laide de l'air fi ce n’eïl pour defcendre plus
- bas que fin niveau.
- E quatriefme moyen de faire monter î’eau, eft par laide de l’air, &en donnerayaufti vnexempiepar la machine de Herone? laquelle eftd’v-ne invention fort gentille & fubtille. Soyent deux Vaiffeaux marquées A.&B.bien clos,& foudeesdetouscoftezj&pofèzrvnfiirrau-tre, félon la diftance quelon veut faire monter l’eaü3&3.tuyaux C.D.
- __E.F. G.H. feront foudees aufdics vaifTeaux, enïâ maniéré qui fenfuit,
- üM&mfiÊâk foie foudé C. D.à trauers le vaiffeau A. en forte que le bout C. paffeà-trauerslecoftédehautduditvaiffeâüi&lebout D. apro-chera autant du fond du vaiffeau B.commeilfaut pour laiffer paffer leâu,apresfoitIe tuyau E F. foudéîeboutE. fur le coftédè haut du vaiffeau B.&lebout F.aprochera autant du cüfte/ de haut du vaiffeau A.corne il faut pour laiffer pâffer l’air,foitlautre tuyau G.FLfoudéà trauers le coftéde haut du vaiffeau A.enforte que le bout H.fbit feulement autant diftant du fond du vaiffeau comme il e ff befoing pour lai ffer paffer leau,&y aura aufïî vn fou^-fpirai marque I, par lequel le vaiffeau A. fera rempli, & apres le faudra bien boucher & verfer de leau dans le petit recipien au deffus du vaiffeau A. laquelle eaudeff cendra parle tuyauCD.au vaiffeau dè bas, lequel eftât ferré de tous co fiez, l’ai r ne pourra fo rtir que par le tuyau
- — — — — W y Æ. «I J/ V,/ •• A U * w Ai «A* M W J' AW » J «A w»
- E.F. po ur aler au Vâi ffeaü de haut , & ne po uuant encorèsforti r pouffera l’eau par le tuyau H. G. laquelle tomberadanslepetitrecipien,&defcendrâ parle tuyau C. D. &durera ce mouuement tantqu’iiyaura deleaudansle vaiffeau de haut.
- Démonstration de la hauteur que la precedente machine fait
- monter leau,
- Aypenfé quil feroit bon de demonftrer la hauteur que laprecedentemachine monte fon eau, & ce d’autant que celles qui font deffeigneesaux liures de Herone & Cardan 3 ne peuuent ietter leur eau en haut, quand le vaiffeau de haut eft prefque vuide, d’autant que les vaifTeaux font îointsl’vn à l’autre, fans diftance entre deux,don-
- ques quand ladite machine commencera de courir,leau defeendan-te parle tuyau C.D. fera monter celle du vaiffeau dehaut(au tuyau G) depuis H. iufques à L d’autant que ladite diftance eft pareille à C.D.mais quand le vaiffeau eft prefque vuide , alors la hauteur de l’eau au tuyau C. D. ne fera fî grande, car le vaiffeau debaseftant prefque plein acourfît ladite hauteur, delà hauteur dudit vaiffeau, & celuy de haut eftant prefque vuide, alonge la hauteur du tuyau G.ainfî rabatant l’efpeffeur des deux vaiffeaux, l’eau montera au point M.quand la machine viendra à faillir.
- r-
- K
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- SC !
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- THEO-
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- Des forces mouuantes.
- THEORESME VU.
- Veau peut monter en haut par diverfes machines conduites parft forets
- me fine,ou autre que ce [oit.
- fc haufant par ladite machine fera capable de la faire tour «
- ner , la fabricque en fera telle , faut auoir vn tuyeau de ^
- plomb ou de cuivre 3 & le tourner en façon de vis,"comme Æf F ^
- a figure le demonftre, apres le faut pofer en pente comme S%i€SgLJ b*.
- la diagonale d-vn quarre, l’yndcs bouts dedans , qui tour- aplillsi^ fSÿ nera fur vn pivot, & l’autre bout fera apuié contre vn<-m„ IpÉ
- raille ou pièce de bois,en forte qu’il puifTe eftre tourné nar
- force dhomme,ou autre que ce foit.&alors quand le bout du bas marqué A vient afe haufer en tournant l’eau ou. fera dans la vis.defcendratoufiours dans ledkmyau & en fin fe trouuera en haut,deforte que l’eauen defcendantparcelHnftrumentmon te toufiouis.iufcues a ce quelle forte, la confideration de celle machine eft admha'
- ble, car la propofition d’icelie fe contredit,d’autant que l’eau defeendante par "ce le monte en haut. i îcene
- THEORESME VUE
- Aux machines propres pour lever l’eau, la pefanteur de ladite eau fe mefurts
- par fa hauteur.
- ’Eû une chofe aftez cogneue, que s’il y a vn trou au fond d’vn vai£ fèau plein d’eau, que l’eau fe vuidera plus vifte au commencement qu’a la fin? & la raifon eft, que leau eftant de plus grande hauteur, pefe d’avantagecontraint celle de bas de fbrtir plus vifte, le mefc me eft à vntuyau qui fera au fond d’vn vaiiTeau, car le vaiflèau fera bien pluftoft vuide, fi le tuyau eft long, que quand il eft court, la
- mefme raifon fè trouue encores approuuee aux pompes ordinaires car fi l’eau eft 24..pieds en bas,elle fera bien plus forte à tirer en haut, que celle qui n’a
- r i * * i i 1 1 il
- que 12. pieds, encores que le tuyau de 12. pieds fut beaucoup plus gros que ceîuy de. 24. ôc qu’il contint d’avantage d’eau5 car la quantité de l’eau? ne rendra point la machine plus pefante à tirer, mais bien la longueur.
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- Livre premier
- THEORESME IX,
- L air paffe à travers hait quand il efl prefsê.
- Ucuns hommes fè font fort abufèz en la confiai étion de plufîeurs machines, lefquelles apres avoir eflé faites n’ont pas reuffî , ny fait l’cffeéfc ainfi qu>ils penfoientjd’autant qu’ils ont ingnorélesraifbns des forces mouuantes, ainfi ont fait ceuxqui ont traduit Héron,lef-quels on fait beaucoup de leurs figures fauffès 5 8c reciteray vne (ut ce fubjçét, pour mon ftrer que l’air paffe à travers de leau, le cinquan-tecinquiefme problefme efl figuré de la façon. Soit vnvafe marqué A. B. fur la bafe L. K, M. N* auquel y aura 3. fifons comme la figure le demonflre 3 & à ehafcun d’iceux,il y aura vn petit tuyau court marqué F. G. H. lesquels feront plusgros que les fiions,en forte que leau defdits fifons puiffe palier entre deux, ainfi verfant de leau dans le vafe A.B. quand elle viendra en la fuperficie du fifon E. ledit fifon vuidera toute leau que l’on auoit mile dans ledit yafe3 8c alors le petit tuyau H, reliera plein d’eau, 8c apres que Ion remettra de leau dans le vafe, ( dit le traducteur ) ladite eau fe haufèra iufques ala fuperficie C. fans qu’elle coure par le fifon E. d’autant dit-il que leau eflant au tuyau H.empefçhera l’airdefbrtirdufifon3 oc par confequent d’avoir fon cours 5 ce qui ne peut eflre, car ledit tuyau H* eflant court comme il efl figuré, l’air bouih lonnera àtrauersde leau, incontinent que leau fiirpaffera la fuperficie E. de la hauteur du tuyau H, 8c ainfi pour empefcher cefl accident j il faudrait que ledit tuyau H. fut auffi haut,comme les lignes ocultes O. & en faire aux autres tuyaux F. G* autant.Car il efl certain que leau fè mefure par fà longueur 5 8c fi la diflance d’entre la fuperficie du fifon,& la fuperficie de leau du Vafe À. B. efl plus longue que les tuyaux F* G. H» l’air paffera ou bouillonnera à trauersleau comme a elle dit, l’expérience aufîî dececyfè voit en vn tuyau deplomb ou cuiure, carfi on met vu des bouts dans leau,pourueu qu’il ne foit trop profond, 8c que Ion foufle par l’autre bout, l’air commeaeflé dit, bouillonnera tout àtrauersdeleavbilya auffi vn pareil accident de la mefme nature quiarriue aux pompes fimples,cefl quand l’on veut forcer leau àmonterplushaut,quelanaturedeIamachinenefbufFre,l’airentrera à trauers de leau, commefçra monftréparcy apres, aux machines proprespour hauffer leauaueçles pompes.
- i
- n
- THEORESME X.
- La force du centre fois qui fait mouvoir vne balance) efl proportionnée fuivant fm
- eslongnement du point de gravité.
- Our donner congnoiflance des forces mouuantes par le moyen du contrepois, nous commencerons à la balance, autrement aite Romaine, foit doncqu es fléau de balance marquée A* B, dont le point de gravité foit marqué C. 8c foit ledit fléau gradué en huit parties efgualles, favoir 4, de chacun coflé du point de grauitéj ainfi fi un poids de 12. liures efl pendu au point I .il fera efgualle-
- ment balancé à un femblable pois pendu au point D. 8c fi un pois
- de
- i
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- Des forces mouuantes.
- 6
- ] ;—-T A
- t— i l 1 5 ^ J 1—j fi». ^
- de 6. livres eîl pendu au point E. il fera efgualiement balance audit pois de 12. livres pendus au point K & fi vn pois de 4. fi. vreseft pendu au point F. il fera encores efguallement balancé aufdites 12. livres , Ôc fi vue des 3. livres eft pendu au point B. il fera encor es elgal au dits de
- di/nois3 ^UC Cf^C Ce fera toufiours ch diminuant la pefanteur
- du pois , qui s eüongnc du point de gravité. F
- theoresme XI.
- Si vn des bouts de la fufdite ‘Balance 3 ou Fléau efi abaijfee » l’autre fe levers »
- & toutes lesfufditesparties mouveront 3 en proportion de l’eslegne-
- ment du point de gravité.
- Our demonftrerla raifon defèsproportionsicy, foittireeüneligne droite B. A. aufli longue comme le fléau de la fufdite balance B. A. &: foit le milieu de laditeligne le point de grauité marqué C. & foit le milieu de ladite ligne le point degrauité marqué C. & foit ladite ligne aufli graduée de femblables portions comme la fufdite, apres faut tirer vneâütreligne à diferetion trauerfante le point C. laquelle paffera à trauers le point de grauité & fera aulli graduée de femblables portions com me lautre, apres faut mette vn des pieds ducompas au point C.& de ïautre faire les portions decerciescommeilfe peut voir en la figure, ainfi la portion de cercle N.D.fera efgualle à Q. I. & O. E. fera double audit Qfl. &P.F. fera triple audit Qd.ôc M.B.iera quadruplainfi il fe peut voirquelaproportion du poix,eft conre-fpondant à la proportion delà diflance fur les portions des cercles qui font entrelefdites lignes, & multipliant les parties des portions de cercles qui font entre lefditeslignes par le nombre dupoisqui y eft i oint,Ion aura la quantité du premier, comme par exemple multipliant quatrepartiesdelaportion M.B.par troisliurespefant,lon aura 12. nombre efgualaupoisdupremierpointj&ainfîfera des autres. (
- C 2
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- Livre premier
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- THEORESME X II.
- Le temps de la motion s'accorde avec le mouvement du contrepoù.
- E qui eft icy apellé temps eft I’interualle qui eft depuis le commencement du mouuementde la machine, iufques à la fin dudit mouue-ment,&fi ceftedemonftrationeftoitbien confideree^plufieurs hommes ne s’abuferoient en la conftruétion dediverfes machinesjparlef quelles ils penfent faire efleuer vn grand fardeau par vne petite force , ce qui eft bien poftible comme fera demonftré,mais il faut auftî
- _____________ quelapetite force face davantage de chemin comme a efté demon-
- ftré par la precedente par la prefente ie demonftreray qu’il fautque ce chemin fe fa-
- ce en mefme temps. Soit une pareille figure comme la precedente, à laquelleferaima-giné vn poids de i2.1iures au point QMequel fera abaifler le fléau au point I. il eft certain que s’il 'y a vn pois de trois liures au point B. ils’efleue-raen mefme temps au point M* & ainfi comme C- B. eft quatrefois auflilortgcomme QlC. ainfi B.M* fera quatre fois auftî long comme QJ. ainfi il fe peut voir que ces d eux poid s e ftans en equiiibre î’vn auec l’autre, fi l’vn eft a-baiffé,que fautre hauflèra proportionnaîement,félon la diftance du point, de gravite, tellement que trois liures,pourront bien leuer douze liures, vn pied de hauteur 3 mais il faudra que les trois liures s’abaiftent au moins quatre pieds.
- assss
- T HE O R E S ME XIII
- Le mouvement du Levier ,s accorde avec celuy de la ‘Balancer,
- \ raiso n de la force du Leuier, autrement dit pied de Chevre,fè démon ftre eftre telle que les precedentes s comme par exemple : Soit vne groflé pierre quar-|| ree, marquée R. <3c
- le Leuier N. O. dontlapointe O.touchera contre terre, ôcapuiera la pierre au point F. ainfi fi la force de l’homme Ieue le point C. comme fi c’eftoit cinquante liures pelant, le point P.le-uera par raifon 200. liures , d’autant
- que lepoint C. fera quatre fois autant de chemin en mefme temps, comme le point 1 • aufli ,il fe rendra efgai, à quatre fois la pefanteur.
- THEO-
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- Des forcesmouuantes.
- T H E O R E S M E X lIIU*
- Aux machines qui fe font à tirer far de aux par le moyen despoulies, fila force efl double Ion tirera 20 pieds de corde ,pour faire lever le fardeau 10.pieds.
- I TRuiiE fait mention de celle forte de machine, dite des Grecs tro-clearum,laquelle a fon mouuement par le moyen des poulies* Soit i-celle faite comme la figure le demonftre? & aux moufles marquées D. E. il y aura achacune unepoulie, & foit une corde paflee à tra-uers lefdites poulies,
- dont vn bout fera a-PP4 taché à la moufle du haut, & lauue bout fervira pour tirer le fardeau , comme il fe peut voir en la figure, d on q ues fi Ion tire leditbout de corde marqué G.vn pied en basale fardeau qui fera attaché à la moufle E. en mefme temps lèvera vn demi pied, & ce d’autant que la corde eft paflfee double aux polies, ainfi fi Ion tire 20. pieds de corde, le fardeau neleuera que io.auflï vn homme tirera auflî pefantauec celle machine,comme en feroientdeux,fila machineeftoitfimpIe,mais lesdeuxhô-mes tireront en mefme temps le double deiahauceurfauoir 20.pieds, avant que lautre en aye tiré plus de dix, & fi aux mouflesîlyauoit deux poulies,comme la figure M. la force feroit quadruple, mais auflî ne monteroit le fardeau que j.pieds en tirant 2o*pieds de corde*
- THEORES ME XV*
- Aux roues dentelees}Jl vn pignon fait 8. tours, pourfaire mouuoir vne roue dentelee vn tours ÇA que laxe de ladite roue foit en diamètre comme ledit pignon, ladite axe lèvera 8. fois autant que ledit pignon.
- Es roues denteleesfe font
- A ^, -
- ' i f d. \ P'
- fy rai fon com me les prece
- encores auec la mefme
- e----
- a dentes,car en augmen* tantlaforce,Ionaugme-
- te proportionnalement le temps, comme par exemple, foit une machine à leuer fardeaux, faite en telle forte qu’vn pignon marqué A . puifl'e tourner vnegrande roue dentelee, mar- m quee B* ledit pignon aura 6. dents, & la grande roue 48. ainfi il faudra que ledit pignon face 8.tours cotre la grande roue vn, tellement que fi vne liure efl; pendue à laxe C. elle fera elguallement balancée à 8. liures pendues à laxe E. moyennant que lefdites axes foyent de pareille grofi-feur, ainfi quand Ion voudroit tirer 400.
- B
- liures
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- Livre premier,
- liufes àuecîadite àxe E. ils ne donneroyent non plus de trauail a tirer qlie 50. îiurés fe^ royentà laxe C. aulïi le pois monte g.fois autanten laxe C. comme il feroit eftant en laxe E* tellement quvn homme fèuf,fera autant de force tirant vn fardeau par celle machine comme huit hommes feroient ayant chacun vnaxe C. mais auiîi fi les huit hommes font vneheureàleuerleurpoisJ’hommefèuHèra huit heuresàleuer lefien.
- THEÔRESME XVI»
- Tar la multiplication de la force, on lèvera vn fardeau quelques
- ÿefant qu’il [oit.
- A multipïicationdes forces moüuantêseft fi grande, qu’Arçhimedes difoitquesîleufeuouapuyervnemachinejqu’ileutfait remuer la terre? véritablement la force des roues denteiees fe faitauec limagina-tion iufques à l’infini comme ie demonftrerayicy par vne machine encores qu’eIienepeuteftremiIcenvlage,carilnefeprefèntepointde !| fardeaux fi grands à remuer, & mefmement on ne la pourrôit faire
- __î| forte atfez pour fuportervn fi pefàntfardeau ? foitdonques vne roue
- marquée A.laquelleaura 96.dents, & fèra tournée par vn pignon B. qui aura s. dents, ainfi ledit pignon fera i2.tours contre la roue A. vn, apres foit à laxe dudit pignon vne roue C. encores de ptf.dents mouuee par vn autre pignon D. aufiî de s.dents5ainfiledit pignon D. fera auffi 12,tours contrelaroue C vn , tellementqueleditpignon D. fera 12. rois i2,tours,qui font i44*contre la roue A.vn tour,apres {bit encores vn pareil pignon E. & vne troifiefme roue F. de mefme nombre dé dents, il faudra que ledit pignon E.face i728.tourscontrela roue A.vn,&apres le pignon delà qüarriefme roue marqué G. fera 20736; tours contre ladite roue A, vn? & apres lepignon H. fera 248832. tours? & celuy L. 29 859 8 4*contre lafufdite roue A.vn tour, tellement que fi vn homme tourne tous les iours lamanneuelle io.mille tôurs, il fera 298.iours & demi pour faire tourner ladi-teroue. A♦ vn tour auifi.fi Ion metautantdeliures pefant, à laxe de la roue A.commc le nombre qulifautquelamanneveile face detourscontre laroue A. vn, tout ce grand fardeau féradguallement balancé à vne liure pendue à la manneuelle N. tellement que chacunerouequelon aiouftera,augmentera la force de u.fois autan t>& ainfi auec celle augmentationderoues,Ion pourroit aller iufques àl’infiny, fuiuant la propofition de Archimede.
- 12
- 12
- 24
- n
- 144
- 12
- 288
- 144
- 1728
- 12
- 34f 6 1728
- 20736
- iz
- 4i47 z 20756^
- 248832
- 12
- 497664
- 248852
- Premier pigrioïL
- Second'.
- Troifiefme.
- Quatriefme.
- Cinquiefmc.
- 298^984 Sifieime.
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- L
- ivre premier
- theoresme xvir,
- T)e la force du pignon à w.
- gÇj L fefait encores vn efpece de pignon avis, comme il fé peutvoirpar laprefente figure , lequel fait multiplier la force de beaucoup d’avantage, &aufïî eft fort propre en aucunes machines 5 pour eftresplus tranfportables * mais
- il y a vne incommodité , c’eft qu’il s’ufe 6c n’eft pas tant durable que celuy dentelé, à caufè que ce-luy à vis en tornant, gliffe au long des dents delà roue, «Scs’vfé fort,mais l’autre à dents en tou rnantpouflTeles autres dents, & ne s’vfe pas tant, & pour de-monftrer la raifon de fà force, foit vne roue de 48. dents comme la prochaine figure A. demonftre, & foit le pignon à vis reprefenté parla lettre B. lequel aura Hnterualle du canal de la vis, de la mefine largeur, comme les interualles des denteleures de la roue 5 tellement qu’en tournantlamaneuelle vntourla-dite vis fera tourner la roue A. vne dent,
- &ainfi faudra tourner ladite vis 48.tours
- contre ladite roue A. vn tour, tellement que la force fera multipliée, comme letemps, fauoir de 48. fois autant en laxe de la roue A. comme en laxe de la vis.
- lArinr^
- THEO RESME XVIII,
- La force de la prejfe à vis, eft conformé a toutes les precedentes.
- A prefté à vis eft vne Machine de grande force, laquelle eft aufïi femblablejàla raifon des precedentes,comme par exemple. Soit vne preffe marquée A B. laquelle aura la vis marquéCT. dont le canal de ladite vis fera vn pouce de largeur , &foit larbrede ladite vis marqué E. D. lequel fera 7. pieds long depuis le centre de ladite vis, iufques au point, ou l’homme eft appuyé marqué D. ainfi fi vn homme tourne ledit arbre eflongné de 7. pieds du centre, félon la praticque d’Achimedes, il fera 22. pieds en circonférence, qui font 264. pouces, qu’il faudra que le bout D. face de chemin en
- c
- meftne
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- Des forces mouuantes. 9
- mefme temps queladite vis s’abaifle vn pouce, & par toutes les raifons precedentes,fi Ion multiplie 2o4-par 5o.Iiures,qui eü; viron la force que l'homme aura en pouffant larbre E. D. ainfi ces nombres produiront i32oo.liures,tellement que filon metleditpoisdefi fus la prefle,elle aura la mefme force, commeeftant preflfeeauec larbre, ôc force dejo. li-ures, qui fera la mefme proportion , comme s’ily auoit vn leuier ou fléau gradué de 264. pouces d’vn coflé,ôe vn pouce delautre,Ôe qu’il y eut 50.1iurespefant, pendues au bout dudit Ieuier marqué B. il efl certain quefuiuantletrefiefme theorefme, le bout A.aura la force de leuer i32oo.liures,qui efl la mefme force que la prefle abaifle.
- PROBLESME PREMIER.
- ‘Pour faire esleuer t eau par le courant d,(vne riuiere, & [a forcer
- de la pompe.
- Este fuiuante machine vulgairement dite pompe,efl apelleede VU truve ôtdeHerone Machine Stefibique,retenant le nom del’inuen-teur d’icelle5qui fut Stcfibie Alexandrin, iemonflreray trois moyens pour fe feruir à efleuer l’eau par cefte machine 5 le premier fera par le courant d’vne riuiere (comme la fuiuante figure démon ftre) ou ily a vue roue a eau,ôt à chacun bout de larbre de ladite rouefll y aura v-ne manneuelle de cuiure forte 5 ôebaftante pour fouftenir la force ôc pefànteur de ladite roue,ôe fi ladite roue a dix pieds de large}ôt douze pieds de diamètre lefdites manneuclles auront au moins quatre pouces en quarré, ôc feront arrondies au millieu aux places marquées A. ôc foit aufli deux pièces de bois nommées leuiers marquées par les lettres B. ôc C. aiuftees dans les bras defdites manneuelles, lefquel-les quand la roue tournera, l’vn fe leuera ôc l’autre s’abaiflera, ôc lefdits leuiers feront aufli aiuftez dans les deux bras ou brancars marquez D.E. lefquels en haulfant feront hauflèr les féaux, ou foupapes des pompes alternatiuement ,& ainfi l’eau montera dans le vaifleau F. Ôc de la on la pourra conduire ou Ion voudra, quand à la hauteur quelle doit monter, ie fuis d’auis qu’il ne la faut contraindre à monter plus de trente meds de haut auec vne feule pompe, comme fera enfeigné au faiuant Problefme » le gros duvau G. efl le lieu ou la foupape efl enferree,qui fouflientreau,quandlesfeaux oiTfqjIpapes des pompes ne la haufle point,la figure auecla pratique ordinaire que Ion a des pompes , donnera facile intelligence de cefte Machine) & fi le courant de la riuiere efl fort,ôc que Ion defire auoir quantité d’eau, Ion fera le diamètre du dedans des barils de dix ou douze pouces 5 ôc que lefdits barils ayenc huit ou neuf pieds de haut,& faut pour bien faire que les féaux haufent & baiffent quatre pieds, ôc quand ils font en leur plus grande hauteur, qu’ils ayent aufli quatre pieds d’eau au deflus, àcelle fin que l’accident dont a efté parlé au neufiefme Theorefme n’aduienne,carfi leaun’e-floit haute aflez entre la fuperficie du baril ôc le feau > il efl certain que l’air pafleroit à trauers de leau par bouillons, & rendroit la machine inutillè,& fpeciallement quand on la force de monter au deflus de quinze ou vingt pieds > ceft pourquoy Ion prendra bien garde que cefl accident n’aduienne ,1a proportion aufli des tuyaux M. N. O.fe-ront de quatre pouces en diamètre, fi les barils en ont douze, ôc fi lefdits barils font plus petits, lefdits tuyaux feront à laduenant aufli plus petits, il fè tait vne autre forte de pompe appellee renuerfèe de laquelle le baril efl dans leau de la riuiere,ôc le feau efl
- D mis
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- Livre premier,
- mis dedans par le bas dudit baril hàufant & baiflant en celle façon, mais ie ne (uis d’aduis que Ion le férue en aucune maniéré de cefte inuention de pompe, a caule des accidents qui arriucnt en icelle, car l’eau montant par cefte façon,fait que beaucoup de paillettes & ordures montent auec3 & s’arreftent en dedans les loupages, leiquelles fon empefchees de bien ferrer,& s’il y a feulement vn poilen dedans ladite foupape,cela donnera vn grand empefchement à lefleuation de l’eau,maisen celle prefènte açon cefte faute ne peut arriuer que rarement, à caufe que leau en montant en la fouipape G. s’il y a quelque ordure, elle n’y pourra monter a caufe de fà petanteur, oc il c e t quelque chofè de leger il n y pourra non plus arriuer,a caufe que le bout du tuyau U. trempera au pied dans leau3 ôc ainfi ladite foufpape fera hors de danger de le gafterpar les ordures qui fontmeflees auec l’eau.
- t
- %
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- Livre premier,
- PROBLESME II.
- jlutre moyen de lever le au 3 par le moj en dtvn ruijjeau.
- Este autre façon de leuer Ieau,fe fera auec vn Ruiffeaud’eauefleué, & quil puiffe tomber fur la rôtie A. pour la faire tourner, & en tournant, fera efîeuer leau de la pompe B.iulques à 24. où 30*pieds haut, & lautre cofté C. prendra ladite eau, en la première eleua-tion, dans lebaflïn D. &la pourra encores leuer 24. où 30* pieds haut+ La figure precedente, donnera le moyen & intelligence de l’efleuement en la première hauteur, & la fécondé hauteur, fe fera par le mefme moyen, comme il Ce peut facilement comprendre par la figure, laquelle figure n’a peu eftre faite haute aflfez, félon la proportion de fes melùres , à caufè que le papier ne la permis, mais il fera facilie dimaginer ladite hauteur, comme elle doit eftre.
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- Livre premier,
- PROBLESME TROISIESME.
- 'Tour eslever vne eau de feurce ou de riviere par la force
- des chevaux.
- Aïs s’il ny auoit riuiere aflezforte, ny ruifleau courant,Ion pourra efleuer l’eau par le moyen & force dvncheuai,ou de plufieurs, félon la quantités la hauteur que lonladefire, ce prefentaefleing eft fait pour efleuer ladite eau so.pides haut5& quatrecheuaux en kueront viron tfo.muis en v.ne heure de temps,qui fontviron 30000Jiures pelant. Soit donques premièrement vnarbre debois bien droit, vnpied en quarré,& 6o.pieds dehaut marqué A. lequel tournera entredeux piuots,& en haut près du bout il y aura vne roüedentelee de ardents marquée B. laquelle fera tourner vne Lanterne ou pignon de 12. branches marque C. ôc audit pignon ily aura vne roue de fer ou de cuiure, de viron deux ou trois pieds en diamètre, ôc de dixhuit dents de tour, marquée D. mais il ny aura que neuf dents en la moitié de la circonférence,lautre moitié demeurant vuide,& y aura aufli deux autres roués, marquées E. ôc F. chacune de la grandeur de lautre,& aulïî de neuf dents à chacune roué, & féront toutes trois pofees les parties dentelees en haut, puis faudra pofer vne poulie au deflus,marquee G. ou féra paflee vne corde , laquelle aufli fera atachee ferme par les deux bouts aux arbres des roués E. & F. en forte paflee,que tournant vne defdites roués}lautre fé puifle deftourner,comme il fe pourra voir,& mieuxconfiderer en la Figure de l’Ortographie füiuante. En apres faut bienpofér lefditesrouës E* Ôc F. contre celle D. en forte que D. tournant toufiours d’vn mefme cofté, face tourner E. vn demi tour, & alors quelle fera en la derniere dent, la première de la roué F. fé preféntera contre la roué D. àcaufé que celle de E. la fait deftourner par le moyen de la corde & poulie commune G. & apres que ladite roue D. aura atrapé la première dent de F. continuera iufques à la neufiefme,& apres la première de la roué E. fé preféntera derechef, &ainfl les deux roués E* ôc F. tournerons &fe deftourneront alternatiuement vn demi tour,& aux axes H. ôc L. féront atachees deux fortes cordes, lelquelies lcueront les deux Seaux qui vont dans les barils M. N. &aurontviron trois pieds de ieu, haufant&baiflant?& féront faits de cuiure, bien aiuftez dans les barils , ôc qu’ils puiflent iouer dedans faciIement,fàuoir quand ils font hauflez,qu’ilspuifé fént deféendre d’eux mefines,fans eftre contrains d’eftre pouffez en bas, & aïnfion ne mettra nul cuir alentour defdits féaux,comme on fait ordinairement auxpompescommunes, Ôc faut noter que tant plu s les féaux hauffent vifte, tant plus d’eau s’efleuera, ce qui fé peutobferuer en toutes les façons de pompes.
- Faut aufli noter que les deux pièces de trauers O. P. ne doit eftre qu’vne piece,a laquelle fe doit ioindre lautre trauers Q^dans lequel trauers, tournera les quatre pinots des roués B. C. E. F.
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- Livre premier,
- PROBLESME QUATRIESME.
- Plan de tortographte de la precedente machine.
- Our donner plus facille intelligence de la precedente figure, i’ay re-prefènté icj leplan del’ortographie,à fin que par iceluylon puiffeen-tendrelemouuement & rencontre des trois roues E. D. F. foyent donques lefdites roues de chacune p.dents en la moitiédelà circonférence, & que les parties dentelees d’icelles roues foyent tournées en haut 5 en forte que la première dent de l’vne, s’acroche auec la roue D. quand la derniere de lautre roue paffe outre,&faut qu’ily ayev-ne corde marquée R, S. paffante dans vne poulie marquée T. laquelle fera attachée ferme auxdeux axes,comme il fe peut voir en la figure,en forte que fi les dêts delà roue E. font acrochees , la corde quitdlferme à laxe de ladite roue fera tourner celle de F. vn demi tour, & fera prefenter la première dent V. quand la derniere de la roue E. marquée X. paffera,&: ainfi la roue F. faifant fon demi tour, fera deftourner celle E* au mefme eftat que deuant, tellement que par le moyen de ce demi tour ( alant Ôc venant) le feau de la pompe fè Ieuera & abaiffera, comme fi ceftoit vne maneuelle tournante, &ladifférence qu’ily a entre ladite maneuelle & cefte prefente inuention, eft que ladite maneuelle ne leuent le feau perpendiculaire,commefaitcefteprefenteinuen-tiondaquelle eft beaucoup meilleure, mefmement que pour leuer l’eau fi treshautj & en telle abondance,il faudroit que lefdites maneuelles fuffent trespuiffantes, comme a efté dit par cy deuant,& aux machines precedentes pour leuer leau, par 1s moyen des roues à eau, fi Ion ne pourroit bien faire lefdites maneuelles 3 l’on pourra vfèrdé cefte prefente inuention,quand aux bareils 5fi Ion veut efpargner la quantité de cuiure ou plomb qu’il faudroit auoir,en les faifànts de treze où quatorze pieds de long 3 on les pourra faire feulement de quatre pieds long, delà groffeur du feau, comme il fe peut voir en cefte figure,puis emboiter deffus vn autre tuyau plus menu. Z. Y.
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- Des forces mouuantes.
- (
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- N
- II
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- /
- Liure premier.
- PR03LESME V.
- Pour faire esleuer partie de h au dîvne fource} cinq ou fix pieds haut.
- y ?
- L y a plusieurs mailbns & iardins, dont les fituations font plus hautes que Ies-fouroes voifines, & s’il y a quelque pente aufdites fource^ de fix ou fopt pieds, l’on pourra haulfer partie de ladite eau, ce qui eft yneinuentionfort fubtiîle, laquelle eftant bien entendue, l’on en pourra tirer grande utillité. Soit donquesla fource conduite à vh lieu bu il y aye fix ou fcpt pieds de pente, puisfoit fait d’eux vaiifeaux de. plomb, bien fondez & fermez de tous collez marquez A, & B Ielqüels feront trois_ouquatre pieds en quarré celuy A. aura demi pied en hauteur, & celuy de bas huit pouces , &fla diftance de l’vn vailfeau à l’autre fera de cinq pieds, bc y aura vn réceptacle au delfus du vailfeau A. marqué C. auquel entrera leau de la fource. Soit aulfi les deux tuyaux K. & E. faits en forte que par ccluy E. l’eau dé la fource entrera Remplira le vailfeau A. puis eftant plain, on le bouchera auec le bouchon F. &.l’eau de la fource montera lufquès au bout du tuauy K. lequel bout fera vn peu plus haut que celuy E. puis entrera dans le vailfeau B. pari-celuy tuyau K, & au delfus dudit vailfeau B. il y aura vn tuyau M. foudé lequel pafo fora par delfus le vailfeau A, & aulfi le réceptacle, & fera recourbé en bas, & foudé contre le haut dudit vailfeau A. tellement que l’air du vailfeau B. puilfe entrer par ledit tuyau au vailfeau kA* de puilfe contraindre l’eau de monter par le tuyau N. comme a eue démonftré au^Théorefirne 6. & ainfi quand? lé-vailfeau A. foravuide, il faudra r’ouurir le tuyau; E. ôç alors l’eau de la fource Centrera dedans iceluy vailfeau, êc faudra aulfi ouurir le robinet R. pour lailfer efooulerleau du vailfeau B. dehors» ôc alors que le vailfeau A. fora remply» ôc celuy B. vuide, il faudra faire comme par deuant, & l’eau montera derechef, & ainfi ouurant & ferrant les deux vaiifeaux comme a elle dit, la moitié de l’eau de la fource, montera cinq pieds plus haut que fôn origine, & l’autre moitié defcendra en bas, quand à la recourbeure du tuyau. K. cela eft fait pour euiter quell’air ne forte du vailfeau B. quand l'eau entrera dedans, faut aulfi noter que la monteure de charpenterie n’a point efté faite à ce prefont défi femg pour ne le point ofufquen
- \
- PR O-
- * i
- i
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- Liure premier.
- PROBLE S ME VI.
- Machine fort fufrtMcfpar laquelle les vmjjeaux de la precedente s'ouurent & ferrent
- d’eux mefmes, par le moy en de leau.
- Ar la precedente il a efté monftré de leuerpartiedel’eau d’vne fource, ôc d’autant otue c’eft vnegrande fubieclion douurir& ferrer continuellement les vaifTeaux, Tay trouué vue inuention , laquelle par laide feulement de la mefme eau, lefdits vaifTeaux fe pourront ouvrir ôc ferrer toufiours à propos, laquelle fe fera en celle forte. Soit premièrement les vaifTeaux Â.Ôc B.comme en la precedente ,ôcmefl mementtous les tuyaux,& au bout de haut de ceux E.ÔcK.ily aura deux robinets faits ôc pofez en forte auec deux branches ouverget-tes de fer, ou cuiures marquées C. D. ôc deux regiflres ioints à icelles marquées F. G. aufquels regiflres la corde M. N. fera atachee,& quand ladite corde fé tirera du cofté N, alors il faut que le robinet E, fe ferme , ôc que ctlay D. s’ouure, Ôc au contraire, quand l’on tirera la corde du cofté M. le robinet E. s’ouurira, ôc K. fe ferrera, il y aura aufîî vn robinet au bas du vaiffeau B. lequel fera mftement foubs la verge O. P, lequel s’ouurira auftï auec celuy E. par le moyen du regiftre Q. apres faut que la corde M. N. pafTe par la poulie R. ôc qu’elle foit attachée à vn petit vaiffeau de cuiure S. lequel fera fait de forte que quand il fera plain, il renuerfera fou eau, ôc eftant vuide il fe rehaü-fera comme la figure le monftre, ôc pour faire que ledit vaifteau face c’eft etFe&,ilfaudra qu’il foit pendu entre deux piuots, vn peu plus bas que le millieu, ôi que le fond foit de pefanteur pour tenir ledit vaifteau comme la figure monftre , ôc quand il fera plein d’eau alors le haut eftant plus pefant que le bas, il renuerfera fon eau ôc faudra à lautre cofté de la machine auoir vne autre poulie marquée T, à laquelle fera paflee la corde attachée aucontrepois V. lequel fera balancé auec le vaifteau S. en forte que ledit vaifteau eftant vuide, alors le contrepois le fera haufer, ôc par confequent ouurir le robinet E. Ôcaufli celuy qui eft au bas du vaifteau R ôc quand ledit vaifteau S, fera à moitié plain 5 alors il attirera ledit contrepois, Ôc fera retourner les robinets comme a efté dit, ôc ainfi le tout eftant bien aiufté, fi beau de la fource tombe au petitre-. ceptacles elle entrera dans le vaifteau A. par le robinet E, ôc quand ledit vaifteau fera plain , alors l’eau montera audit réceptacle, iufques au tuyau X. ôc de là tombera dans le petit vaifteau S. lequel eftant demi plain, attirera le contrepois V". & fermera (comme a efté dit) les robinets O, ôc t. ôc ouurira celuy K, alors l’eau entrant dans le vaifteau de bas fera monter celle de A. au vaifteau Z. comme a efté monftré par la precedente, ôc apres que le vaifteau B. fera piain , ôc celuy A. vuide , alors l’eau montera derechef au réceptacle, iufques au tuyau X. ôc tombera dans le vaifteau S. iufques à ce qu’il renuerfe, alors le contrepois V, retirera ledit vaiffeau en haut, ôc remettra les robinets en leur premier eftat, ôc continuera ce mouuement fans autre aide que ladite eau. Et fi Ion defire auoir de l’eau plus haut que cinq ou fix pieds,alors il faudra faire encores vne machine foubs le tuyau L. du vaifteau de haut, ôc alors la moitié de celle qui entre audit vaifteau Z, montera encores plus haut, Ôc fi c’eft que l’eau foit abondante à la fource, on la pourra faire monter autant que bon femblera par celle inuention.
- PRO-
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- Liure premier.
- PROBLESME VII.
- ‘Pour faire vne Orologe auec le cours d’vne fontaine naturelle laquelle pourra faire (on cours trefiuïle, fans eïire fubiette a eflre montée -
- tournellement.
- Oit le cours de la fontaine au tuyau marqué A, lequel fera gros par dedans, viron comme vne plume à efcrire, dont l’eau tombera dans le vaifleau B. auquel fera deux tuyaux , Ravoir vn marqué C. foudé contre le fond dudic vaifleau, auquel il y aura vn petit robinet D. apres il y aura vn petit vaifleau tresbucnant, (comme en la precedente machine ) marquée E, & ledit vaifleau fera attachée vn petit levier marqué F. G. fait comme la figure demonftre, fça-voir auec vne charnière pour ployer feulement d’vn cofté, & le bout dudit leuier fera acroché dans vne des dents d’vne grande roue, marquée H. I. en forte que le vai£ feau E. baiflant, le bout G. leuera la dent acrochee, vn peu plus que d’vne dent, à fin que le plus grand leuier L. tombe dans la prochaine dent, & face arrefter ladite roue H. I. ilyauraauflî vn contrepois marqué O. attaché au leuier F. G. poura-baifler le bout G» quand le vaifleau E. fera vuide , & ainfi l’eau tombante dans ledit vaifleau, quand il fera vn peu plus pefànt que le contrepois O* alors il s’abaifle-ra, & fera leuer le bout G, & haufler ladite roue H. d’vne dent, & l’eau tombante toufiours emplira ledit vaifleau, & le fera renuerfèr, & alors le contrepois O. lequel fera plus pefant que le vaifleau vuide, rabaiflera le bout du leuier G, & celuy d’en-haut L. tiendra la roue en eftat quelle ne pourra retourner,& faudra que ladite roue aye foixante dents , & auflî que l’eau qui tombe dans le vaifleau E. foit tellement a-iufté auec le robinet D. que chafcune minute d’heure, ledit vaifleau fe puifle renver* fer, & par ce moyen la roue H. I. fera vn tour en vne heure, & apres l’on pourrafai-re qu’il y aura vn pignon à l’arbre de ladite roué ayant fix dents, lequel mouuera vne roüede fèptantedeux dents , & parce moyen la mon ftre de haut M* monftrerale cours de douze heures, & celle de bas d’vne. Et quand ledit Orologe fera bien aiufté, elle continuera long temps fans varier, fautauflï noter qu’il faut que l’eau du vaifleau, B. foit de la hauteur du tuyau P. à celle fin, que ladite eau tombe toufiours elgual-lement dans le vaifleau tresbuchant, 6c pour ce faire, faudra qu’il en tombe vn peu plus dans ledit vaifleau qu’il n’en forte par le tuyau C, 6c le furplus fortira par le tuyau
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- Liure premier.
- problesme VIII
- tAutre maniéré £ Orologe et eau.
- Aïs s’il n’y auoit pointée fourcevifve,&qucîon vouîuft mefurer le temps auecleau,Ion fera vn vaifèau de cuiure ou plomb,comme la figure A. lequel tiendra viron vn muy d’eau, ledit vaifleau fera bien quarré,&:vn peu plus haut que large, dans lequel feravn petit vaiifeau de cuiure marqué F. aufli quarré bien clos, ôc ioudé de tous les codez. Lequel (èrvira pour flotter deflus l'eau du vaifleau A. apres faut auoirvn fifon fait comme la figure B. C. D. lemon-flre, lequel paflèraàtrauers vn tuyau de cuiure, qui fera au milieu du petit vaiifeau, ôc fautque ledit tuyi u pafle départ &d autre dudit vaifleaui& le fifon entrera dedans avec vn peu de forcef>&: faut aufli quele bout dudit fifon puifle crêper dedans leau du vaifleau A- & en haut au point C. il y aura vne corde atachee,paflante par deflus la poulie L & à l'autre bout fera ataché le contrepois F. ôc au bout de Iaxe,ducofté I. fera ata-chee vne elguille laquelle monftrera les heures en la monftre O» P. & apres que Ion aura rempli le vaiifeau A. Ion pofèra le vaiifeau F. deflus,comme a efté dit, &auiü le fifon ôc contrepoisj puis Ion at irera l’eau dudit fifon par le bout D. auec la bouche, Ôc d’autant que ledit bout eft plus bas que le niueau de leau du vaifleau A. ladite eau aura fon cours, ôc tombera dans vn autre vaifleau. H. & à mefure que l’eau dudit vaifleau s’abaifle, le petit vaifleau. F. s’abaiflera auec le fifon, ce qui fera cau-fe de faire tourner la poulie, & par conlèquent lefguille de la monftrc, Ôc pour aïu-fter le cours des heures, faudra alonger ou acourlir le fifon dans le tuyau de cuiure du petit vaiifeau, car en pouffant ledit fifon vn peu d’auantage dans l’eau, elle courra plus vifte, ôc au contraire le retirant, elle fè retardera, faut auifi noter 5 que pour aller tore iufte fera de befoing d’aiufief vn petit tuyau au bout D. dont l’extremité du bouc ou eft le petit pertuis par ou fort Leau, fera d’or fin, à celle fin que ledit trou ne fe bouche de rouille ,ce qu’il fe feroit, s’il eftoit de plomb ou cuiure,&quand l’eau du vaiC feau A. fera prefque vuide, on la fera remonflrer auec vne petite pompe marquée £.
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- Livre premier.
- PROBLESME IX.
- Pour faire vn vaifjeau, auquel mettant de l’eau par force 3 fortira puis apres auec
- grande violence^.
- Oit vn vaifleau decuiurebien rond & de force aflez capablepourfoufle-nir l’esfort de l’air, & quil (oit bien clos ôc foudé de tous collez , apres y faudra fouder deux tuyaux, fçauoir A. B. ôc C. D. en forte que cha-feun bout dedans approche autant du fond du vaifleau, comme ileft be-foing,pour laifler paffer l’eau, Ôc à chafcun defdits tuyaux, ilyaura vnc clef ou robinet pour ferrer l’eau» quand elle fera dedans, laquelle on mettra auec une Seringue par le tuyau Ç. D. ôc faudra bien aiufter le bout de ladite Seringueau bout C. à celle fin qu’en pouflant l’eau dedans elle ne reforte par la iointure, ôc à l’inftant qu’on là pouflee dedans, il faudra ouurir la clef G. puis la referrer auflî toft quil n’y a plus d’eau dedans la Seringue, Ôcainfi quand l’on voudra faire fortir l’eau, on tournera la clef ou robinet F. puis elle fortira par le tuyau A. (duquel le trou fera fait, auflî menu quelagroffeur d’vne efplingue,) douze ou quinze pieds de haut,ce qui donnera plaifir à voir.
- PROBLESME X.
- Pour contrefaire la voix des petits Oijeaux par le moyen de beau3 & l’air.
- Oyent deux vaifleaux marquez A.ôc B.celuyde A. fera remply d’eau, ôc ce-luy B.bien clos, Ôc foudé de tous codez, puis faut fonder le tuyau C. D. vn bout contre le fond du vaifleau A. ôc l’autre paflant en la partie fuperieu-re de B* ôc que le bout D. foit autant diflant du fond de B. comme il eft befoing pour laifler paffer l’eau, faudra auoir vn robinet marqué F. audit tuyau pour ouurir ôc ferrer quand befoing fera, faudra encores faire vn tuyau G. H. par lequel l’aër paflera à trauers ledit vaifleau. A. ou bien fera conduit au lieu ou l’on voudra faire chanter les Oyfeaux, audit bout fera aiuflé vn petit fîffiet femblable à ceux que font les faifèurs d’Orgues, pour reprefenter le chant d’vn Rofignol, ôc ledit fifiiet trempera dans l’eau, comme il fe peut voir en la figure particulière K. ôcainfi quand l’on ouurira le robinet F. l’eau defeendra au vaifleau de bas, ôc l’air qui efi audit vaifleau fortira par le tuyau G. H. lequel fera fifller le fifîet qui efi au bout dudit tuyau,ôc auprèsd’iceluy5l’on pourra pofer vn arbrifleau artificiel, deffus lequel l’on mettra quelques oyfeaux de bois où métal peints comme le naturel.
- PROBLESME XI.
- Pour aiouïier aufufdit mouuement vn dyne > ou quelque autre O y feau, lequel boira
- autant de au comme on lu y donnera.
- L fe pourra encores faire qu'au vaifleau A. il y aura vnCigne fait de métal comme il efi defîgné en la figure M. lequel boira autant d’eau commeon luy prefentera foubs le bec, ôc pour ce faire, il faudra bien clorre le vaifi feau A. de tous codez , Ôc faire vn tuyau marqué N. au bout de haut duquel il y aura vn petit réceptacle, ôc l’autre bout aprocheraautant du fond dudit vaifleau, comme il faut pour laifler paffer l’eau,ôc auCigneil y aura vn tuyau marqué O. foudé deflus la fuperficie dudit vaifleau, en forte quequand l’eau defeendra par le Robinet F.au vaifleau de bas, l’aër entrera au vaifleau A. par le tuyau, qui refpondra aubec du Cigne, ôc fi Ion met de l’eau foubs le bec dudit Cigne/il l’attirera en la plaçe de leau qui defeend.
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- Liure premier.
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- PROBLESME XII.
- Tour faire njne Machine > laquelle aura mouuement de foy-mejmt.
- L y a eu plufieurs hommes lefquels fè font trauaillezà la recherched’vn mouuement qu’ils ont appelle (fans le congnoiftre) perpétuel,ou fans bn,chofe affez mal confideree ôc mal entendue, d’autant que tout ce qui a commencement, ed fubieôfàauoir vnefin, ôefaut applicquerce mot de perpétuel ou fans fin a Dieu feul,lequel comme il na eu commencement, ne pourra aufïï auoir fin,tellement que celle follie ôc orgueil aux hommes, de fe vouloir faire acroire de faire desouures perpétuelles,veu que euxmefmes font mortels ?Ôc (ubiets à vnefin, ainfi feront toutes leurs ouures, telle-Ltsquatre ment que ie lailferay ces mots de perpétuel ou fans fin, ôc monftreray icy la fabrique tiemtnts dot d’vne machine qui s’agift de foy-mefme, pourueu qu’elle foit entretenue des quatres ^Bcei‘7fee cflements dont elle ed compofee. I’ay demolïïEe au^heorefme cinquiefme,comme jônttntendu l’eau monte par l’aide du fcu'plus haut que fon niueau. I’ay aufïï demonftré àlapre-es,jamtr la mjere définition ?comme toute chaleur naturelle peut eftredite feu eflementaire,ain-fi ccfte difpofition naturelle de la chaleur, ôc du defaut de chaleur, fervira de contre-fofiepouria pois, pour faire monter leau, ie dis difproportion pour agir, d’autant qu’il faut en tout mouuement, que le fort emporte le foibie, autrement les chofès eftant en efqui-fourit*u& libre ou en proportion efgualle, il ny pourra auoir mouuement, doneques celle di-fTtbn% lproPorbon eflant en l’air efehauffé par la chaleur du Soleil, fera la caufe du mouue-f&IJlnt ment, comme il fe pourra voir icy par la fabrique. Soit vn vailfeau de plomb ou de Uvaifeau. cuiure de viron vn pied ôc demi en quarré bien clos ôc foudé de tous les codez au-jùtuftf, quel il y aura vn tuyau au milieu marqué D. E. le bout E. approchera du fond du fatfant mon vaidcau, comme il ed befoing pour laiffer paffer l eau , ôc l’autre bout D . fera bien "drfufaiu foudé contre ie haut du vaiffeau , ôcy aura aufïï vn fbuïpiral marqué F. apres faut ’ cfleuer les deux codez de la machine N. M. en forte que laxe O. auec la poullie G. puiffe tourner facillement, & mondrer au dehors du codé M. le mouuement de ladite machine, auec lefguilleappofee contre laxe fufdite, faut aufïï auoir la bordeure P, foudee au dedùs du vaiffeau laquelle feruira quand Ton voudra mettre de leau dedans le vaiffeau, & aufïï quand leau monte par le tuyau E. D. qu’elle ne s’efpam de dehors, tout cecy edant bien ôc iudementcondruit,lon verfèra ae leau dedans ledit vaifTeau, par le tuyau D. E. iufques a enuiron le tiers dudit vaiffeau? Ôc ouurira on le foufpiral F. quand on mettra ladite eau au vaiffeau, puis on le rebouchera trçs-bien, apres on aura vne petite balle de cuiure fort legere marquée L . laquelle puiffe flotter deffus leau, ôc fera attachée par vn fillet, en forte que ladite balle puiffe hauf-fer ôc baiffer dans le tuyau D. E. quand leau hauffe ou abbaiffe, faudra aufïï que ledit fillet ou efl attaché la balle, pafïe par la poulie Gc au bout, duquel filet fera attache vn petit contrepois R. comme le tout fe peut bien voir en la figure? apres faut pofèr ladite machine dedans vne chambre? ou le Soleil du Mydi puiffe entrer, alors quand il fera vn peu de challeur, la balle fe hauffera, Ôc le contrepois s’abaiffera, qui fera caufè que lefguille tournera, ôc mondrera la hauteur que la balle ed montée, ôc comme le temps fe refroidira,la balle s’abaiffera ,ôc ainfi comme le temps fe changera? ainfi la balle fe hauffera ôc abaiffera,fautnoter, que fi le vaiffeau ed vn pied ôc demi de haut, ôc edant empli au tiers deau, reflera vn pied que la balle pourra hauffer ôc baiffer, ôefaifant la poulie de quatre pouces endiametre,alorselletourneravn tour, fi la balle fe hauffe iufques au bout D. tellement que diuifànt la mondre en douze parties efgualles, chacune partie mondrera vn pouce, que la balle aura hauffe où a-baifle. Quand à l’vfâge de ladite machine, elle pourra feruir a remarquer les iours
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- Des forces niouuantes. IO
- les plus froids ou. les plus chauds, nr i ^
- la chambre que le Soleil ne donne noin,- a^ltc machine en quelaue narr a* félon la température duiour cars’i^fl- f ^e^[us 9 a^ors îa balle de cuiurefe l?a rr^ & fi au confire fi eft tefcTVad'K ba,,e Æ[f<î W quc quand Ion mettra leanWan,laditeÏachLe^ ** fo*ï PIU’ faUt «*^rauffi
- dedans, d’autant que partie de ladite cauScn!? ^^rnmre d'autre eau nen auroit fon mouuemcnt. a e» SU1 icroit caufe qUe ladite machi-
- imnimuiuiumniiMiiiiiittn
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- Liure premier.
- PROBLESME XIII.
- Machine fort jubtile, par laquelle on pourra faire eslever vne eau dormante.
- Laefté monftré parle precedent problème, la fabrique ôc raifon d’vn mouuement continuel, de laquelle invention , i’ay prins la prefonte machine, à laojielle Ion pourroit attribuer le tiîte de fontaine continuelle, à raifon que leau, laquelle delà nature cherche le plus bas heu , eft efleuee icy par le moyen du Soleil, celle dite machine aura vn grand etfeèt aux lieux chauds, comme l’tlpaigne & l’Italie,d’autant que le Soleil fe montre en ces endroits, prefque tous les iours, auec grande chaleur, ôc Ipeciallement en Efté, la fabrique en fora telle, faut auoir quatre vailfeaux de cuiure,bien loudees tout à l’entour lefquels feront chalcun viron vn pied en quarré, ôc huit ou neuf pouces de haut,lef dits vailfeaux feront marquez A- C. D. &y aura vn tuyau marqué E. pofé fur Jcfdits vailfeaux , auquel tuyau lèront foudees quatre branches marquées chacune branche par la lettre F. leldites branches lèront foudees au haut des vailfeaux palfants iulqqes près du fond de chafcun vailfeau, faut apres au millieu du tuyau fouder vne foupape marquée G. faite ôc pofee en forte, que quand leau fortira des vailfeaux,elle puilfe ouuïir, & eftantf fortie, qu’elle fe puilfe reforrer, faut aufti auoir vn autre tuyau au delfoubs defdits vailfeaux marque P. auquel y aura aulîi quatrebranches,lefquel-les feront toutes foudees contre les fonds deldits vailfeaux, ôc aufti vne loupape marquée H. à laquelle il y aura vn tuyau au bout, qui defoendra au fond de leau, laquelle fera dans vne Cifterne ou vailfeàu marqué 1. il y aura aufti à l’vn des vailfeaux vn trou ou dirent marqué M. ainlyfaudra expolèr la machine en vn lieu, ou le Soleil puilfe donner delfus, puis verfer de leau dans les vailfeaux par le trou ou efvent M. laquelle eau fe communiquera à tous les vailfeaux, par le moyen du tuyau P. & faut que lefdits vailfeaux ayent environ le tiers de leurs contenu deau,ôc l'air qui eftoit en la place de ladite eau, fort ira par les foulpiraux 3. 4. 5. é. apres faudra bien boucher tous lefdits foulpiraux, en forte que l’air ne puilfe fortir defdits vailfeaux, ôc alors que le Soleil donnera fur ladite machine, il fe fera vne exprefïion , à caufe de la chaleur, (comme a efté monftré au precedent problelme) ce qui caulèra leau de monter de tous les vailfeaux, au tuyau E. & fortir parla foupape G. 5c tuyau N. puis tombera dans le petit balïïn Ô. ôc de là dans la Cifterne I. ôc comme il fora forti vne quantité d’eau par la violence de la chaleur du Soleil, alors la foupape G. fo referrera, ôc a-pres que la chaleur du iour fora palfé, ôc que la nuit viendra, les vailfeaux pour euiter vacuité, attireront l’eau de la Cifterne, par le tuyau Ôc foupape H. P* pour remplir les vailfeaux comme ils eftoyent auparauant, tellementque ce mouuement continuera autant comme il y aura de Peau à la Cifterne,ôc que le Soleil donnera delfus les vaifteaux, Ôc faut noter que les deux foupapes G. ôc H. forent faites fort legeres, ôc aulîi qu’elles ferrent fort iuftes, fans que Peau puilfe defeendre quand elle fora montée.
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- Liure premier.
- problesme xinu
- çdMachinepar laquelle ton augmentera la force de la precedente fontaine._j.
- I l’on defiroit auoir l’eau cinq ou fix pieds de haut, la machine precedente ne la pourroit efleuer fi le Soleil ne donnoit auecques grande violences & pour augmenter la force dudit Soleil,, il fera befbing que les vaifléaux de cuiure foyent faits en la maniéré comme la prefente figure lemonftre? & fur les coftez A. B. Ion apofera des verres, autrement appeliez miroirs ardans, Iefquels feront bien aiuftez dans le cuiure , en forte que l’air n’en puifle fortir , lefdits verres feront marquez , les deux grands de chacun vaifleau, par les lettres C. D. 6c les petits E. F. G. H. 6c faut pofèr le collé du vaifleau L. vers le Mydi, à celle fin que le Soleil donnant deflus leldits verres ardans, raflèmbîe les rayons du Soleil dans les vaifleaux, ce qui caufèra vne grande challeur à l’eau, 6c par ce moyen fortira en plus grande abondance, 6c aufli plus haut s’il en eft befoing,& quand aux autres coftez des vaifleaux ou font les verres, ils feront pofez vers l’Occident » pour eftre aufli le Soleil fort chaud apres Mydi, & faut noter, que fi la grande chaleur faifoit fortir toute l’eau qui feroit dans lefdits vaifleaux, fçauoir le tiers du contenu d’iceux, alors il en faudra mettre plus que le tiers, fçauoir la moitié du contenu defdits vaifleaux, à fçauoir par le fbufpiral, comme a eftédit au precedent problefme, i’ay aufli fait cefte prefente figure plus grande que la precedente, 6c ouand à la foupape fiiperieure, elle pourra eftre dansle vafe qui fouftientle ba-fin de la fontaine. Et quand aux grandeurs des verres ardans, ils pourront eftre comme ils font pourtraits aux figurés. A. B* 6c feront efpes par le milieu, commelefdi-tes figures le monftrent, —^
- m%j-
- Maniéré de faire le ciment pour cimenter les verres aux vaifleaux, en forte que
- latr rien puifle fortir.
- Our faire vn ciment bien durable contre la chaleur du Soleil, 6c aufli qu’il puifle bien prendre contre le verre , l’on prendra de la chaux viue, cinq ou fix pièces, lefquellcs feront couuertes auec de tuille pulverifèe,puis verfervn peu d'eau deflus ladittetuillej laquelle viendra à d’eftremper la chaux, & la réduire en poudre , 6c faut garder que ladite chaux ne foit trop humide, ains feulement mile en poudre , puis la deftremper auec du frommage mol, niellant aufli viron le tiers de ladite tuillebattue s puis cimenter bien les iointures defdits verres auec les vaifleaux de cuiure, iTfè fait encores vne autre forte de ciment, lequel efl aufli tresbon, pour ceft eftedl, à fçauoir du verre broyé auec del’huyllede lin,& mefîer aufli vn peu de chaux defteinte, auec,ce dernier eft aufli tresbon contre l’eau, 6c nes’humede en aucune façon comme le premier, lequel fer-uira feulement pour les chofes qui font hors de i’eau.
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- premier,
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- PROBLESME XV.
- tAutrc maniéré pour augmenter la force de la fontaine precedente
- U *p r ece d j n t Problefme, il a elle monftré le moyen d’aug. mencerla force delà fontaine'continuelle, & d’autant que les verres ardans feront affez difficilles à bien aiufler dans le cuiure, pour em-pefeher l’air de’fortir aux iointures, il ma fèmblé bon de demonftrer encores une façon? laquelle fe peut voir en la prefente figure, le chaf fis A. B. fera fait,Vn Torte que fon puiffe enchafler quantité defdits verres ardans, lefqucls.feront pofez d’vne diftance de viron trois pieds, en forte que les pointes des cônes ardans'que produifent lefdits verres? puilfent donner fur les vaif féaux? lefquels eftans efehauffez par la violente chaleur defdits verres, fera monter l’eau en grande quantité, & fera bon que ledit chaflîs foit grand, & d’auoir plufieurs verres enchafrçz,en iceluy,afin que le Soleil en faifant fon tour, qu’il y en aye tou. fiours quelques vns qui puiffent donner deffus les vaiffeaux,&fi Ion deîire cacher lefdits vaifîèaux, en forte qu’ils ne foyent veués dans la chambre, l’on pourra faire vne petite galerie expofèe vers le mydi , en forte que le Soleil puiffe donner fur lefdits vaif fèaüiçquifèront dedans ladite galerie,puis paffer le tuyau C. D. dedans la muraille, & conduire l’eau en la fontaine qui fera dedans la chambre, comme il fe peut voir en la figure.
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- Livre premier,
- PROBLESME XVI.
- ‘Pour faire monter l'eau far le moyen des fomfes, Çf d'vne roue à eau.
- ’Ay cnfeigné par cy deuant, aux trois premiers ProbIefmes,leni(?-yen d’efkuer l’eau par le moyen des Pompes, ôc pour donner quelques varierez desdeffeings, i’ay encores mis cefluy-cy, lequel a Ton mouuementauec quelques roues dentelees, fort propres poure-fleuer 5c abaifter les féaux defdites pompes, foie donques premie. ment la roue à eau àiaxe,de laquelle fera deux roues dentelees, marquez PvneA* & l'autre B. lefquelies auront chafcune vingt ôc
- quatre dents, 5c feront tourner chacune vn pignon de fix dents , marquées l’vn C, 5c l’autre D. Ôcaux axes defdits pignons, feront deux autres pignons, Pvn marqué E. ôc l’autre F, apres l’on aura des roues, comme il (è peut voir aux figures G. H, lefquelies feront faites prefque en oualle, mais les çoftez feront tous droits depuis L, jufques à It en forte que les pignons E,ôc D, tournans, puifient leuer lefdites roues perpendiculaires, 5c quand elles feront leuees, (comme lefdits pignons tourneront toujours) fera que lefdites roues longues, iront vn peu de çoflé, iufques à ce que les autres branches droites de derrière fè viennent à rencontrer concre lefdits pignons, ôc alors lefdites roues, fi elles efloyent hautes fe rabaifferont tout droit, ainli lefdites roues hauffants 5c abaiffants, feront leuer ôc abaiffer les féaux. Or d’autant quelef-dites roues ne tournent point, 5c qu’elles ne font que haufferÔc abaiffer, il fera be-foing pour les faire tenir en eftat contre lefdits pignons, de faire que deux autres roues marquées Q, P, feront difpofèes, en fbrtç qu’vn fèmblable pignon les tournants toutes deux, feront en forte que deux demies tambours marquez Ai N, tournants tantofU’vn d’vn çoflé, tantoft de l’autre, fera caufè défaire tenir lefdices roués G, 5e H. eneftat, ôc pour faire meilleure démonftration de la figure, ie n’ay point mis lefdites roués M. N, d’vn çoflé, & aufli que pour plus façille intelligence de ce -mouuement, i’ay mis le plan del’onographie fuiuant, ôc auffi au bas de ce prefent mouuement , i’ay mis , vue des pompes en plus grand volume que non pas au deffeing, 5c faut noter, que quand lefdites roués longues font pouffees décodé, quand elles font en haut, alors en defeendant, elles ne pouffent pas les branches des pompes perpendiculairement, comme il fe peut voir au çoflé H, ôc à celle fin que par ce defaut Lfdites branches ne laiffent de dçfçendre droit, ôc fans eftre forcées, l’on mettra vnç petite roue de cuiure marquée T. dans la charnière Vt il faudra aufiî noter, que le pignon oui fait mouuoir les roues O, ôc P. nefepeut voir, mais il le faut conuderer eftre paflç au mefine axe de ceux E, & C. ôc auffi il faudra que lefdites roues O» 5c P, contiennent chacune autant de dents comme les longues joues.
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- Liure premier
- PROBLESME XVII.
- Orthographie de U precedente Machine.
- cause que la precedente Machine eft fort difïîciiie à entendre, i’ay mis icy fon Orthographie, ou il fe peut voir comme les deux roues longues G. H* fe hauflentpar le moyen du pignon X. Si Ct mouuement eft bien entendu, il pourra feruir en plulieurs au* très chofes diuerlès , comme à faire tirer des Sies,pour fierdubois, & autres mouuements, lefquels ont befoing de haufler & bailler, prelque perpendiculairement. Il faut aulîî noter, que tant plus leldites roues H. èc G. font ellongnees des pompes, tant plus le mouuement va droit, mais d’autant que ie faits au delfeing les pièces du mouuement aulïî grandes que le papier le peut permettre, ie fuis contraint de faire les pièces plus courtes qu’il ne faut, pour eftre bien, & aulîî il n’eft pas beloing que toutes les roues du mouuement foyent 11 prçs de la roue à eau, car elles fe gafteroyent de ladite eau qui tum-beroit delfus, mais quiconque voudra faire ledit mouuement on les mettra vn peu plus loing.
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- Liur£ premier,
- PROBLES ME XVIII.
- C-JxCachinepar laquelle l'on pourra par la force d’ vne roue à eau, faire fier du
- b ou, auec grande promptitude
- Este Machine cft fort*commune entre les montaignes au pays dcsSuifTes, auec laquelle ils font fier grande quantité de planches de Sapin , ladite Machine eft fort necelTaire d’eftre en vne grande ville, ou dans vne foreft où l'on fait lier du bois, foit en planches ou en autres formes, celle icy n’eft pas du tout fcmblable à celles éefdits Suides, car ils font aprocher la piece de bois des fies, par le moyen de quelque roues dentelecs, auec vn roquet, mais à cau-fc des réparations qui viennent fouuent audites roues dentelees, ie tache touliours d’en cuitcr l’vlàge autant comme ie peux,ainli i’ay mis les deux contrepois de viron deux ou trois cents liurcs chacun, dont Tvn eft marqué A. ôc l’autre fe doit imaginer au bout de la corde B» (car s’il eut elle delfeigne/, il empcfchcroit la veîicdu mouuement de la charnière C. par laquelle les lies haulfent Ôc abailfent perpendiculairement) les cordes ou pendent lefditscontrepoix, feront attachées tout au derrière de fes deux pièces debois mobiles,lefquelles gliflént fur deux autres pièces de bois Habilles, par le moyen de quelques petites poulies qui pourront eftre dedans la charnière, & ainli lefdits contrepois tireront touliours lefdites pièces de bois mobiiles, Ôc la piece que bon déliré çftre lïee, fera ferme entre lelüites pièces mobiles ? laquelle a-uançant rouliours auant, ôc les lieshaulfans ôc baillants ? pourront lier ladite piece cngrâdediligence,I’onpourramettredeuxtroisouquatrelies auplusfur le fuft,Allantes l’vne de l’autre, autant comme l’on veut auoird’çpelTeur aux planches, Ôc quand la piece de bois fera au bout, alors vn homme ou deux auec vn leuier tourneront vn rouleau, ou fera attachée vne forte corde, qui fera reuenir ladite piece en arriéré, Ôc rehaulîer les contrepois ,ôc apres on mettra ladite piece de bois vn peu de collé, pour faire reprendre les fies derechef contre ladite piece de bois.
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- y
- premier
- &K
- PROBLESME XIX.
- çffâathing de grand fer vice, propre pour percer des pipes de bois.
- Oit vne roue à eau, à laxe de laquelle fera vne roue dentelee de trente ôc fix dents * ou dauantage, félon la vitefTe de la roue à eau, car fi elle tourne lentement,il en faudra dauantage, Ôc y aura vn pignon de fix dents,que ladite roue dentelee tournera , comme il fe peut voir en la figure, ôc à laxe dudit pignon fera ioint vne longue tarelle marquée A. laquelle fera pofèe à trauers vn trou marqué B. s ouurant Ôc ferrant comme la lunette d’vn tour à. tourner, apres l’on pofera la piece de bois(pour percerjferme fur vn chantier marqué C» D. en force que ledit chantier puifTeglifferfacillement par le moyen de quelques petites roues, lefquelles feront dans la graucure d’iceluy, Ôc tourneront fur fa charnière fiable , en forte qu’vn homme puiffe auec fà force , pouffer & retirer ladite pipe quand elle fera ferme fur ledit chancier> ôc ainfi la tarelle tournant, l’homme pouffera le bout de ladite piece de bois contre , ôc apres que ladite tarelle aura percé deux ou trois pouces auant, il fauddfincontinent retirer ladite piece de bois arriéré , à celle fin de faire vuider le bois delà tarelle autrement elle feroit en danger de rompre , ôc faudra continuer toufiours de retirer ladite piece, quand elle aura percé trois ou qua- * tie pouces,pour vuider toufiours ledit bois, iufques à ce que le trou foie outre, Ôc a-r près fi l’on veut ledit trou plus grand, l’on prendra vne certaine façon de tarelle comme la figure E, le monftre, laquelle eft faite prefque comme vne cuiliier taillante par les hors, ôc en paffant ladite tarelle agrandira fort le trou ia fait.
- PRO-
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- -CsT . :-~3
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- Liure premier »
- problesme XX,
- ^Machine fort neçejfaire far laquelle Ion peut donner grand [ecoursaux maifons
- qui feroyent enflammes.
- Este machine eftfort expérimentée en Alemaigne ôc ay veule grand & prompt feçours qu'elle peut aporter, carençores que le feu fut 4o.pieds haut * ladite machine y iettera fon eau par le moyen de quatre ou cinq perfonnes qui fiaufèront ôc abaUTeront vnc longue branche en forme de leuier, ou la branche de la pompe eft atachee, ladite pompe eft façille i entendre, par dedans il y a deux _ fou papes, vne en bas pour ouurir quand Ion haufTe la branche, &
- en rabaiffant elle ferre,& vne autre ouure pour laiffer fortir l’eau,ôc au bout de ladite machine , il y aura vn homme, lequel tiendra la pipe de çuiure A, la tournant d*vn çoftéôc d’autre,fuyuant le lieu ou le feu fera,quand on veut haulfer ou abaifier ledit tuyau, fe fera par le moyen d’vn autre tuyau ioingnant, marqué B. Ôçfaut que lefdits tuyaux bvn mouue d’Vn çofté,& d’autre, à celle fin que Ionpuiffe tourner, hauffer ôc baiffer ledit bout A, fuiuant l’occafîon, & d’autant que l’eau qui eft recueillie fur la roue eft pleine d’ordures, ôç que façillement les foupapes pourroyent e-ftre çmpechçes de ferrer par icelles, pour cefte occafion à la cuue dans quoy l’on verfe l’eau, il y aura vne treille au millieu,de trous menus comme vne bien groffe efplin-glc, ôc ferais d’advis( veu la grande utilité que cefte machine peut aporter au befoing, ôc le peu de couft d’icelle). qu*a chacune paroiffe de ville,il y en eut vne,laquelleàvn befoing fè peut trainer par trois ou quatre hommes ou le feu pourroit eftre , Ôc alors mettant de l’eau dans la cuue, elle eft pouflée en haut, fans péril d’hommes n’y ad-rail,d’efehelles, ôç faut noter, que fi les foupapes font de cuir, (comme l’on vfe en beaucoup de Jkux ) alors il fera befoing que ladite cuue foit toufiours plaine d’eau, autrement ledit cuir venant à fe fecher, féroit manquer la machine au befoing»
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- Liure premier,
- PROBLESME XXL
- C‘JxCacbint fort fuhtiÜepour tourner en oualle quelque ebofe que ce fo$t.
- Oit vn trou pour tourner j fait comme la figure fuperieure monftrc* ou feront aiuftées deux pièces de fer marquées B. A. lefquelles feront ataçhéesçontreles deuxgros traineausde bois C.D.en forte quelefdi-tespiècesfoientmobillesdccoÔé&d'autre ^ ôt fèrontatachéescha-cuneauecunecordeouiî yaura vn contrepois pendu au bout com-me ilfèpeutvoirçn lafiguredebas,apres l’on paiera deuxouallesde cuiure petites a trauers vn axe de fer marquées E, F. en fortequ’ellçs touchentcontrelesdeux gardesferres de fer marquées G.I. commeilfè peut voir enco-res en la figure de bas , & ainfi quand laxe de fer tournera , alors lefdites oualles qui touchent contre les guardes ferres fermes, cauferont ladite axe de varier çà&là, de façon que tenant le fer ferme contre louurage que l’on dçfire faire , fera ledit ouuragcf oualle, d’autantque ladite axe tourne en oualle à caufe delà variation des petites oualles de cuiure contre les gardes ferres , ôç au millieu de ladite axe de fer il y aura vnç poullie de bois ou fera pailée vnegrofte cordede boyau * laquelle fera auffi paffçe dans vne autre grande roue qui fera tournée par vn garçon , ôc ainfi en tournant touf* iours d‘vn mefme fens, l’on trauaillera fort facillement , carde penfer tourner ladite oualle auec le pied comme au tour ordinaire il ny a aucun moyen , à caufe de la force qui eft trop grande, ôc auffi que ladite oualle haufïant ôç baiflant brouilleroit l’outil, duquel on fe fert à tourner, il y en a aucuns lefquels au lieu de contrepoids (pour bender les oualles de cuiure contre les guardes ferres ) fè feruent de refiors d’ak cier, mais à caufe de l’inefgualle force defditsr efforts iç trouue les contrepoids beaucoup meilleurs.
- Il faut icy noter que le deftein de bas eft femblabîc à ceîuy de haut, mais l’vn eft tourné d’vn cofté & l’autre de l’autre, ôc cela à efté fait pour mieux confiderer les cf-feéts[des guardes ferres, ôe des çontrepo ds , il faut auffi confiderer que lefdites gardes ferres entrent ôc fortent dehors auffi auant que I on veut, Ôc s*arreftent par le moyen d’vne petite vis marquée H. car il eft befoing quelquefois de changer les oualles de cuiure & en mettre de plus grandes ou de plus petites félon l’ouurage que l’on defire faire, & quand à la pefanteurdes contrepoids , ils feront auffi fùiuant louurage que l’on defire faire, car fi louurage eft petit, lefdits contrepoids pourront pefèriç. ou 20. li-urçs chacun, ôc eftant plus grand ilspçfieront ço, outoo, liurçs au plus.
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- Liure premier,
- PROBLES ME XVIII.
- 'Tour faire reprefenter le chant d’vn oyfeau en fort naturel, parle moyen
- de teau.
- H c h a n t ou ramage d a rofîgnoleff afTezdificilcàle bien reprefènter en Ton naturel, toutefois ie donnera/ icy vne inuention, laquelle i-mitera de bien près ledit chant, foit premièrement deux vaifeaux marquez A. ôe B. ôcfoitaufli vn tuyau foudé contre le fond A. au-^ ^ quelily aura vn robinet marqué Qdequelfervirapourdonncr beau ôc
- faire tourner la roue T. laquelle fera de viron deux pieds en diamètre} faite decuiureen fueille pour eftre plus durable, ôc à larbre d*icelle
- •roue, ily aura vn pignon de huitdehts, marqué C. apres faudra auoirvn petit tabourin marqué ii. de viron huit ou dix pouces en diamètre lequel fera bien aron-di, ôc au codé D» il y aura un petit réceptacle pour receuoir l’eau qui tombe fur la roue T. ôc audit réceptacle il y aura vn tuyau marqué P, allant iufques près du fond duvaiffeau B, ôc en la fuperficie dudit vaiiTeauil y aura deux tuyaux marquez L. M, aufquels feront fondez deux robinets ôc à chafcun d’iceux, il y aura vne reigledc cuiurefoudee à chacune clefdefdits robinets, en forte que quand l’on abaiffera les . bouts V, X. defditesreigles, les robirfets fe puiffent ouurir, apres faudra mettre des chenilles fur le tabourin marquées F. G. lefquelles abaifleront les bouts defdites rei-gîes, ôc feront ouurir lefdirs robinets, à celle fin que l’air du vaifleau de bas monte par les tuyaux L» M. Ôc fe rende à deux fifflets, qui feront au bout defdits tuyaux,ôc fi l’on veut reprefènter le chant d’vn RoffignoU bon mettra trois ou quatre cheuilles fuiuantes l’vne l’autre pour toucher fur vne mefme reigle, auec quelque peu d’inter-ualles entre icelles3 puis l’on mettra vne longue touche ou cheuillepour tenir l’autre reigle baffe3 le refte de l’efpace du petit tabourin >& au bout defdits porteuents L. M. (comme a effé dit) il y aura deux fîfflets à vn diton l’vn de l’autre , fauoir celuy qui fonnera trois ou quatre fois fera le plus bas,ôc l’autre l'aigu, ôc les bouts defdits tuyaux tremperont dans l’eau, comme en la precedente, mais fi Ion veut reprefenterlechant du Coqu> il y aura feulement deux touches deifus le tabourin , comme il fèpeut voir en la figure, ôc les fîfflets feront de la groffeur d’vn pouce Ôcdemi en diamètre, Ôc le plus long aura vn pied, ôc l’autre dix pouces, ôc feront couchées auprès de boy-feaUj comme il fe peut voir en la figure H. I. mais fi l’on veut reprefènter le chant d’vn Coq, l’on mettra au bout des porteuents des tuyaux appeliez des faifeurs d’orgues tuyaux à anches, ou regalles, accommodant les cheuilles du tabourin à propos pour reprefenter ledit chant, il faudra suffi attacher des fïliets de cuiure presdesbouts des reigfes,pour en abaiffant faire ouurir le bec de boyfèau, quand lefdits bouts des reigles s’abaifferont,Ôc quand au mouuement dudit oyfèau il fera reprefènte au pro-blcfme fuiuant»
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- Liure premier,
- PKOBLESME XXIII.
- Pour faire reprefenterplufteursoifeauxlefqueLs chanteront dtuerfement quandvnechoiiet^ te je tournera versiceux, éf quand ladite chouette fe retour-nerajls cejferont de chanter.
- E mouuement à efté autrefois rcprcfènté par Herone Alexandrin, mais non auec fi grande variété d’oyfeaux comme ielereprefènteray icy, foit donques comme en la precedente vne roüe à eau A. laquelle tournera dans vne caffe de plomb où cuiùre marquée C\ laquelle caffe feruira pour empefcher que ieau qui tombe fur la roüe à eau, ne fe reiaiililfe ça & là & ne gafte le mouuement, Ôc laxe de ladite roüe fera apuyé fur deux trous ronds , qui feront aux coftez de ladite caffe, ôc à l’vn des bouts dudit axe qui fortira hors de ladite caffe, il y aura vn pignon de 8. dents marqué D. lequel fera tourner vn tabourin commeen la figure precedente , mais ledit tabourin fera vn peu plus grand, fçauoir de 12. ou 15. pouces en diamettrc, Ôc aufîi il tournera de l’autre feus, fçauoir au lieu qu’en la precedente les bouts des reigles font abaiflécs pour faire ouurir les robinets , ceftuycy les hauffe, non qu’il foit neceffaire que cefle diuerfité foit, mais cela efl faitpour donner à choifir des deux façons,apres il y aura trois porteuents marquées E. F» G. auf quels feront foudées les 3, robinets H. î. K* ôc aux clefs defclits robinets feront fondées les 3, reigles comme en la precedente, en forte que quand les cheuilles leuentles bouts defdites reigles N. O, ( comme apert en la figure ) lefdits robinets fè puiffent ouurir, Ôc au bout de haut du porteuent E. il y aura deux où trois fiflets, pour re-prefenter le chant des roflignols Ôc autres petits oifèaux, ôcaux deux autres porteuents F. G. il y aura aux bouts de haut d’iceux deux fiflets de mefme mefure , comme en la precedente, pour reprefenter vn coucou , ôc quand aux cheuilles pour hauffer les xeigles, celle P. contiendra les! delà circonférence du tabourin,à celle fin de tenir le robinet N. longtemps ouuert 5 ôc les deux autres cheuilles Q. R. feront courtes en forte que quand R. fera paffée , Ôc qu’elle aura fait ouurir le robinet K, l’autre marquée le prefentera Ôc fera ouurir I. ôcfès deuxreprefènteront le chant du coucou par le moyen des deux fiflets qui font aux bouts des porteuents G. F, apres la chouette fera pofée à l’autre cofté du mouuement, comme la figure demonftre deffusvn petit bloc, auquel fera paffé vn petit axe de ferqui refpondraàtrauerslapou-lie marquée S, ôc fera ferme à ladite poulie, en forte que quand on la tourne , que la chouette fe puifle tourner afli , il y aura femblablement deux autres poulies marquées V. T. aufquelles fera paffée vne corde à l’vn des bouts de laquelle il y aura vn vaiffeau tresbuchant X. & l’autre bout fera atachc à vn petit leuier marqué 3, +.ÔC au bout marqué 4. dudit leuier, il y aura vn petit contrepois , lequel fera balancé auec le vaiffeau X. en forte que quand ledit vaiffeau fera à demy plain d’eau, qu’il puiffeatirer le bout dudit leuier auec le contrepois en haut, ôt au contraire, quand ledit vaiffeau fera vuidé , que ledit bout auec le contrepois puiffe atirer ledit vaiffeau en haut j il y aura auffi vne cheuille marquée 6. ferme contre le fond du tabourin, pour arrefler ledit tabourin,par le moyen de la reigle 3, 4* ôc aufli il y aura deux tuyaux 3 lefquels donneront l’eau , fçauoir celuy B* fur la roue à eau , ôc celuy Z. (dont le bout fera menu comme le tuyau d’vne plume àeferire) donnera dans le vaiffeau X, tellement que quand ledit vaiffeau fera à demy plain, il s’abaiffera ôc fe* ra leuer le bout du leuier 4. alors la roue à eau qui ne pouuoit tourner auparauant
- ( à caufe
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- Liure premier,
- leuier marqué 3. contre la cheuille marquée & ) tournera 8c fera chanter les oifeaux auec le coucou , & faut noter que quand le vaifTeau X. s’eft abaHTé , que la poulie S, a tourné vn demy tour * 8c aura fait tourner la chouette vers les oyfeaux, & ainû le chant defdits oyfeaux continuera, iufques ace que le vaifTeau X» foit plain& qu’il fè renuerfe, alors le contrepois du bout du leuier 4. atirera ledit vaifTeau en haut, 8c fera arrefler le tabourin * & par confèquent le chant defdits oyfeaux, & apres que le vaifTeau X. fera derechef à. demy plain , il fera comme deuant, 8c la chouette fè retournera vers les oyfeaux, lefquels recommenceront à chanter, 8c ainfi ce mouuc-ment continuera iufques à ce que le vaifTeau de bas foit plain d’eau, &que l’air n’en forteplus, 8c pour faire vuider l’eau dudit vaifTeau, l’on fera vn petitpertuis au tuyau en bas dudit vaifTeau , d’où l’eau fortira toujours iufques à ce qu’il foit vuide , 8c faut garder que ledit trou ou tuyau ne foit trop grand-* car il empefcheroit que l’air ne fortiroit comme il faut pour le chant des oyfeaux, 8c quand au mouuement du coucou il fè fera en celle façon , Soit la figure marquée A, faite de piomb oucuiurc creufèpar dedans en forte que l’on y puiffe adapter vn mouuement * comme il fè peut aiferhent comprendre par la figure, la partie inferieure du bec fera faite en forte que la reigle de cuiure B, hauffant par dedans, puifTe faire ouurir le bec, ce qui fe pourra faire parle moyend’vnepetitechcuillete C. pafTanteau trauersle deffoubs du bec & à la queue de l’oyfèau, il y auraauflî vne reigle D* par dedans, en forte quequand l’on baife le bout, que ladite queue fè puifTe leuer * 8c ainfî il y aura vne reigle commune marquée E. F. laquelle fera aufïï fufpendue auec vne petite cheuillette paf-fante au pertuis G» & alors quand l’on tirera vn petit filet ( paflant par dedans la iam-be de l’oyfèau eftant attache à ladite reigle ) le bec s'ouurira, 8c la queue fe hauffera comme il fe peut comprendre par la figure*
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- Des forces mouuantes.
- PROBLESME XXIII I.
- Machine par laquelle ton reprefentera *ime Galatee qui fera trainee fur leau Par deux daujins > allant en ligne droite, fe retournant d'elle mefme» cependant qu,evn ciclope ioüe dejfm vn flaiolet.
- Oit vne roue àeau marquée L. dont la largeur fera feparee par le milieu , & cpje d’vn cofté les augets ou tombent l’eau foient faits pour tourner de la main dextre, ôcà l’autre codé ils feront faits pour tourner àfeneftre, Ôc à laxe de ladite roue,il y aura vn pignon qui fera tourner vne roue dentelee marquée Z. ôc ladite roue aura vn axeaufîi diuifé en deux, marqué 1. H. & à ladite axe, il y aura deux chaines pafTees, en forte que quand ladite axe tourne", que l’vne dddices chaînes puifte tourner à l’entour, 8c l’autre fe deftourner, lefdites chaines pafferont parles poulies G, F. 8c feront toutes deux atachees à la pou lie B, mais l*vne paffera par celle E* en forte que quand l’on tourne laxe I. H. par le moyen de laroueaeauî Ieftii ces chai nés puifteat, l’vne tirer ladite poulie B. vers le mouui ment, mais fi l’on fait tourner la roue a eau de l’autre cofté , alors la chaîne qui paiïe à tra-uers la poulie E. atirera celle B. àfoy , ôc l’autre chaîne fedelachera à proportion» 8c quand à ladite poulie B» elle fera pofee àtrauers vn tuyau de cuiure, en forte qu’il y puiffe auoir vne platine de cuiure deffoubs ladite poulie entre les deux pierres longues C. D. de façon que ladite poulie puifte glifler facilement fur lefdites pierres, 8c que le tuyau A. fe puiffe toujours tenir droit fans varier d’vn cofté ny d’autre* mais tourner quand ladite poulie B. tourne 3 8c fur ledit tuyau A. l’on aiuftera vn autre tuyau N* en forte que celuy A* puifte entrer bien iuftement dedans, 8c ledit tuyau pourra conduire leau lia bouche 8c narines des daufins qui trai nent la coquille ou eft aftîfe la Galatee , apres l’on aura vne petite cafte de plomb ou cuiure marquée P. de viron vn pied 8c derny de long 8c vn de large, auquel il y aura vne foupape foudee au fond,marquée R. Ôc au bout de bas d’icelle vn tuyau marqué N. & au milieu de ladite cafte au cofté ÇL dy aura vn tuyau marq«e O. 8c entre l’efpace dudit tuyau, ôc le fond de ladite cafte, il y aura vn petit tuyau, lequel donnera l’eau dans vn'baftin marqué S. lequel fera ataché à deux trebuchets marquez V, T. en forte que quand le vaifteau fera pîain d’eau, qu’il puifte cftre plus pefant que le couuerteur de la foupape ü 8c au contraire, quand ledit vaifleaufe-ra vuide , il faut que ledit couuerteur de foupape foit plus pefant, à celle fin qu’elle puifte fermer 8c attirer ledit vaifteau en haut, ôc-ainfî quand l*eau donnera dans ladite cafte par le tuyau V. elle fe hauftera iufques au tuyau O* 8c tombera fur Je Cofté de la roue a eau L alors ladite roue tournante , fera tourner celle I. 8c par confequent laxe J. H. de telle façon que la chaîne fe tournera à Fentour de I. 8c fe deftournera de H, alors la figure de la Galatee, fe mouuera vers la poulie E. à caufe qu’elle y eft atirce par ladite chaîne qui tourne a laxe I. 8c faudra porportionnerleditpetit vaifteau S» en forte que s’empliftantparle petittuyau Q. qu’il puifte eftre plain au plus près , ôc atircr la foupape en haut, quand la figure de la Galatee fera proche de la poulie E» 8c alors 1 eau qui fera dans ladite cafte tombera par la foupape fur lecofté M. de laroue à eau, 8c fera tourner ladite roue défait* tre cofté , en forte qu’il faudra que la chaîne H. fe tourne a l’entour du cofte de laxe H. 8c fe deftourne de L ce qui fera caufe de faire retourner la figure vers le mouu entent rdc alors l’eau ne courra pas dans le petit vaifteau S. a caufe que la
- A ?
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- „ Liure premier,
- foupape edant plus baffe que ledit tuyau Q, empefche que l’eau ny peut plus monter > & faudra qu’au fond dudit vaiffeau S. il y aye vn petit tuyau par ou fo vuide ladite foupape R. fe referrera, quLfèra-eaufo de faire remonter l’eau iulques au tuyau O. & par confèquent à celuy & remplir ledit vaiffeau , Ôc ainfi
- la figure fè retournera vers b. comme au precedent, & ce mouuement durera autant , comme l’eau tombera fur la roue L. tantoft d’vn codé, tantoft de l’autrç, Et quand au clclope , lequel doit ioiier du flaiollet, quand ladite\figure fe mouuc, le mouuement en fera enfeigne au fuiuant problelme , c’ed à dire pour faire ietter l’eau au daufin, qu’il faut auoir vn tuyau à l’opofite de celuy A. deffoubs les pier* rcs C. D. en forte que quand celuy A. vient à fe rencontrer iuftemant à Î’opq-fîte j que l’eau qui fort dudit tuyau puiffe entrer dans celuy A. & fortir par les narines & bouches des daufîns, faut noter que la caflP^ft. eft ouuerte par le codé de deuant à propos pour voir le mouuement de la foupape R* neantmoins ledic'cô-de doit edre e%al aux autres,
- PRO
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- Liure
- premier
- PROBLESME XXV,
- nDfcaihint par laquelle Ion repre[entera U [on d’vn jlaiollet auec le cours de leau.
- Cy fera rcprefentee la machine propre pour faire fonnerlcftaiolct au ciclopcdu precedent probiefmc, foitdonqucs vne roue muficale marquée A. deviron 4, ou 9. piedsen diamettrebien arondie tout à l’entour, & graduée de dents , comme il fe peut voir en la figure, en forte qu’vn pignon de 8. dents marque B. puiffe faire tourner ladite roue, & à l’arbre dudit pignon il y aura vne roue d’entelec de 32. dents marquée D- qu’vn autre pignon marqué C. tournera , ôc à l’arbre dudit pignon C+ il y aura vne roue à eau marquée F. de vi-ron deux pieds ôc demy ou trois pieds en diamètre , laquelle fera tournée par l’eau defeendante du tuyau G. ôc amfî quand ladite roue tournera, elle fera tourner la roue muficale par le moyen des autres roues , apres l’on pofera le fommier marqué H. dont la fabrique fera monftree plus amplement au troifiefmeliure, en forte que les touches dudit fommier aprochent paralelles a vn demv pouce près ladite roué muficale, apres Ton diuifera ladite roue muficale en 2?. ou 30. parties efgalles chacune partie en tournant, fera vne mefure ordinaire de mufique, ôc en outre 5 toutes lefdires parties feront diuifees en 8. pour pofer ( sy befoin eft ) des crochets fur chacune diuifion , dont en faut.8. pour vne mefure , ôc fi l’on veut, Ton y pourra pneo-rcs pofer des demis crochets, apres pofer les cheuilles fur ladite roue, fçauoir | de pouce en dehors, la fuperficie de ladite roue muficale, en forte que quand la roué tournera 5 lefdites chcuillçs puifîent toucher les touches du fommier , ôc les abaifler pour faire ouurir les fbupapes dudit fommier, quand aufdites cheuilles elles fe pofer ont félon la chanfon qu’on defire faire fonner au flaiollet, celle qui efticypofec, commence ainfi
- ôc quand l’on vaudra changer de chanfon, ilfe
- pouiia taire , defmontant le pignon B. hors de la roue muficale , par le moyen d’vn apuy de fer marque L, fur quoy ledit pignon fera pofé , Ôc détachant la petite vis marquée N. qui tient ledit apuy eneftat, alors ledit a -puy fe tirera dehors fon trou , & ledit pignon fera defioint de la roue muficale , laquelle fe pouuant tourner auec la main , l’on affoirra telle autre chanfon que l’on voudra deffus ladite roue , les douze trous qui font au fommier fèr-uent pour porter le vent dudit fommier par dés porteuents decuiure ou de plomb aux pipes d’orgues pour reprefenter le fon du flaiollet, lefqulles feront tout ioignant ta figure du ciclope, la çonftruétion defdits tuyaux fera enfèignee au troifiefme liure, ôc quand aux crochets qui pendent aux cordes P. O, ils fèruiront pour hauficr la roue muficale en haut, a celle fin que s’il aduenoit quelque faute aux foupapes de dedans le fommier l’on y puiffe remédier, ouurant ledit fommier par deuant, comme l’on fait ordinairement, le grand porteuent marque R. S* pourra eftre de bois de quatre pouces en quarré pour conduire le vent au fommier > lequel viendra des fouflets , comme fera enfeigné aa troifiefme liure, mais s’y l’on vouloit faire iouëf ledit flaiollet fans aucuns fouflets, alors U faudrait faire comme fera çnfeigne au pro-blefme 3!.
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- Liure fécond,
- PROBLESME XXVI
- Plan Jngnografîque de la grote de la Qalatee defcripte au ‘vingtroifïefîncpro* klefme, & ce\uy at4p y p0Hr ^rg j0^gr ^
- au vingt qua.trte [me froble[me,
- Aüïte grotepourra eftre de trçnteneuf pieds de long par dedans, oc trentelix de large, compris les places pour les mouuements, la porte eft marquée N. laquelle eft; opofîte à la figure du ciclope marque D. derrière ladite figure au lieu C, feront les dou-xiefme finets pour reprefenter le Flaiollcç, & la place marquée B. fera pour le rnouuement dudit Flaiollet, la place marquée F. fe-a frr, «rt.TTT " ra 3 rcfervc d'çau*°F. fe mouuera lafigure de la Galatee>&la place . ’ P c 2n inopuemen^ » & au lieu marqué G. l’on pqurra.mettre le mou-tiemem des fouflets, félon qu’il eft defetipt 5edésigné auprohlefme, 5ç àlautreco-
- Jir, 1 °!J P°urra mettre quelque autre rnouuement, quand à l’ornement de la.
- ” t' ’/ f °utra re alt aUec des Roches 4 ôc coquilles ruftiques, ouauec corn-partiments de figures, 5c grotefques.
- P RO.
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- Liure fécond,
- PROBLESME XXVI I.
- af$C*ehine,par laquelle (era reprefente vn Neptune* lequel tournera circulaire-ment, à l'entour d’vnel^jiehe >àuec quelques autres figures*lefqueL-ks iet ter ont de beau en tournant.
- Oit vne roue àcaus marquée A. laquelîeen tournant feratour^ ncrvne roue dentelec marquée B. le pivot de laquelle fera apuye deffus vue pièce de bois droitej & l’arbre de deflus marque P. fera fondé ferme, contre vn tuyau de cuiure marqué S.R. & au bout d’iceîuy , il y aura vn petit rccîpien , ou tombera 1 eau, a-près il y aura vn autre grand tuyau % marqué lequel fera
- âuffi foudé ferme contre l’arbre,.vnpeuplus basique B* en forte que ledit tuyau grand a puifle tourner par deffus vn autre tuyau * marque de Agnes punctees lequel fera entrebxé>(marqué aufE de lignes punétees, ) & ledit grand tuyaux celuy d'entre deuxfora foudé ferme,au fond delà refèrve de plomb marques C. D. & le grand tuyau T. V* fera foude à vne grande roue marquée E.F. laquelle approchera*àdeux pouces près du fond de ladite refèrve xen forte que quand la roue de bas B. tourne ^que ladite roue E.F». puifle tourner auflî^dautant quelles font fermes, en vn commun accès * apres au deffus du grand tuyau & il y aura vn autre petit tuyau marque G* H. lequel fora foudé contre R* en force que reau dépendante par ledit tuyau > puiffe fortir par le bout H* & ainfo quand la roué a eau tournera * iefcütes figures qui font deffus ladite roue tourneront, & fort pourra affoir le Neptunedeffüs le bout H. en forte que Peau puifle venir au trident, qui! tient en fit main aufïî aux narrines des chenaux qui le trainent * & les deux tritons
- defïus M- & le Cupidort qui mené les Daufins deffus N* & F on pourra enco-res mettre quelque autre figure deffus Z* & à celle fin de couurir le tuyau, qui dePend depuis S. iufques au bas de la conforve * l'on fora vne Roche * comme il fe peut voir au deffeing de haut,qui defeendra depuis le haut de la grote > ou fera ledit mouuement*iufquespres du fond de la refèrve fans y toucher » nÿ aufîi à aucuns des tuyauxcelle fin que le tout puifle tourner librement,^ faudraqueen tournant la reforve foie toujours plaine d'eau d’vn pied de haut y à celle fin que l’on ne puifle \oir le mouuement de la roué E. F.
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- Liurc fécond,
- PRQBLESME nVïU,
- œckins par laquelle ton fera former un jeu dQrgHet,f$? k tmyeç delea%.
- Este Machine-* çft fort fembîale à celle demonftreê au vingtein-quiçfmc Prohidme,la différence del'vne à l’autre eft feulement àfe diverfe de mo ntl ration des deffeins , car le precedent fç vaid de pourfile3l& cçftuy çy de frond, & cela a cflé deffeigné a propos»à celle fin que ce qui pourroit manquer deftre entendu à l’vn , fe puifTe reçouurer a l’autre , la roue mufiqualle, marquée A* pour, ra eftre de cinq 4 fix pieds en démettre, laquelle fera tournée par vn pignon de huit dents a laxe, duquel fera vne roue de yingtquatre dents , qui fera tournée par vn pignon 4 laxe, duquel fera vne roiie à eau C* le clavier eft marqué D. & le fammier F* dont la fabrique fera enfeigneeau troifiefme liure,les regi-ftres marques G, H. 1, font trois diffère ns l’vn deTauçrç % la fabrique d’iccux aucc la mçfure des tuyaux, feront auffi çnfçignez audit troifiefme Üure> & à celle fin que l’on n’oye point fe bruit,que fait le mouuement quand il joue ,..il fera bonquily aye vne muraille d’vn pied efpais , entre les regiftre$ & ledit mouuement, les portevents de cuiure, qui partent du fonimiçr pour venir aux regiftres , pafTeront à travers ladite muraille, quand aux fouffiets pour donner le vent aux tuyaux, le mouuement d’i-ceux en fera donne au prochain Profile fine * Ôç auffi pour pofer la raufique fur la roue
- n o.
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- Liure fécond,
- PROBLESME XXIX.
- ç£%Cachine>par laquelle les foufficfs de la precedente, fe pourront hauffer pour
- donner le vent aux tuyaux d’Orgues.
- L y a deux diverfes façons de faire,donner le vent aux tuyausd’Or-gues pour les inftrumcnts hidrauiiques, l'vnc façon eftauecdes ïbufHets„ faits aueç des fueilies de bois garnies de cuir, l’autre efta-uec l’air, qui vient des ciller nés, par faute de vacuité, comme fera enfeigné icy apres, à prefent ie monftreray à faire lever lefdits fouf-fîets, par le moyen d’vne roue à eau , comme il fe peut voir par le prefent delfeing, ou la longue branche de fer, oude cuiure, divifee en quatre manevdles tournantes 3 par le moyen de ladite roue à eau* fait lever lefdits foumets alternativement l’vn apres l’autre»
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- Liure premier,
- PROBLES ME XXX.
- 3^ jprefentation de U Roue nrnfiqUAÏÏt, enplusgrande forme pourferuir au problefmc 28.
- t
- O vr entièrement demonftrer la precedente machine ic mettray icy vne repre tentation d’vnepartie delaroücmufiquallcaufïîgran. de comme le naturel à celle fin que l’on puiffe voir parfaitement comme les cheuilles abaiffent les touches du clauier, ladite partie reprefënte feulement fis mefures, dont lune fera marquée de noir ou de gris, tout du long de ladite roue & l’autre fera marquée de blanc, a celle fin de plus facilement difccmer lefdites mefures , en outre chacune mefure fera diuifée en 8. parties, & faudra tirer des lignes tout au long defdices diuihons lefquelles foient bien paralcllcs au clauier&fi Ion veut l’on percera des trous fur chacune diuifion pour changer les cheuilles quand Ion voudra changer de chanfon,apres Ion pofera lefdites cheuilles , en fortequ’ellcs touchent fur le cia-uicr enuiron de lefpeffeur d’vne defdites cheuilles, & que lune ne touche point plus fort que l’autre, toutefois quand on viendra aux demis crochets donty en afeifepour vne mefure, iltèra bon qu’ils ne touchent point fi fort que les autres , a celle fin que lune cheuillc ne touche auparauant que faatre aye paffe outre la touche 1 ce qu’il faut obfèruer a toutes les autres mefures, autrement ce ferait vne mufique contufe, quand a la fabrique de la roüe mufîqualle il eft befôing quelle foit de bois de chefnc extrêmement fec <3c les pièces bien afemblées ôc colées cnfemble, a celle fin qu’elle ne s’en fie ny d‘vn codé nydautrc,&quand aux cheuilles clics feront de cuiure ou de bois bien dur, en’outre faut noter qu’en la prefènte figure qu’il ny a que la moitié du cla-Uîçr deiTeignéjauffi beaucoup de feintes manquent a ladite figure, a raifon que le papier a empefehé de la mettre entière , auffi grande que le naturel, mais ce qu’il y a de defléigné peut fufire pour lintelligence du refte, & quand a la piece de mufique qui eit poiee fur ladireroue (dont il s’en voit fis mefures de ddfeignez ) elle fuit icy apres.
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- Liure premier,
- •~**h3SBtëagr£&-
- PROBLESME XXXI.
- çJfCachine hidrauhque, par U quelle des orgues pourront former, auect eau fans aide de foufjlets.
- Oit vne roue mufiqualie marquée A. laquelle aura Ton mou. uemenr, comme la precedente, à au lieu que le clauier eiî delTus le ^fommier,içyiln’yaura aucun fommier,mais les touches du clauier comme il fè void auront chacune vne longue queue marquée B. au bouc de bas, de laquelle*fera atachc vn long blet,lequel tiendra ferme a vne branche, au point C. & ladite branche fera bien foudée contre la*e d’vn robinet, marqué D. comme à efte en-feigné parcideuant au problefmc fixfiefme,& ledit robinet fera Coudé contre vngros porteuent marqué E. en forte que quand la touche B. fera abaidée par les chcuilles de la rôtie mufiqualie, la queue de ladite touche atirera ladite branche C, & fera ouurir le robinet D. & le contrepois marqué F. fera referrer ledit robinet , aufiî tort qucla touche Ce rehaufiera, Ôc y aura autant de robinets, comme de touches, & les branches ou feront atachées les filets du fécond robinet marqué G. feront vn peu plus hautes que du premier, a celle fin que les filets qui feront atachés audites branches, n’empefcnenc point ceux de ce fécond robinet, & les branches du trentiefmc robinet H. feront vn peu plus baffes que de celuy D» à celle fin auffi que les filets qui y doiuent eftrc atachées n’empefehent.les autres, & celles du quatriefme marqué P. feront plus hautes pour la mefme raifon, apres les porte-uents I. L. T. V* feront Coudées au bout des robinets par vn des bouts, & l’autre fera ioint dans d’autres portcuents qui paieront à trauers la muraille M. N. fur îefquels feront pofees les tuyaux, comme il fè peut voir en la figure, & fur chafcun porteuent, il y aura deux tuyaux a l’oétaue l’vn de l’autre, où à lunifon, & fi l’on y en veut mettre d’auantege , on le pourra faire, ie aay mis icy que quatre robinets? pour efuiter confufion, mais comme ces quatre font faits, tous les autres feront Ce m-blablcs, le gros porteuent qui vient de la conferue à vent, fera Coudé contre les deux ou font Coudées les robinets, à celle fin que le vent fbit bien communiqué audits robinets, & delà aux tuyauxy&a celle fin qu’il ne manque rien que ladite machine ne foit bien entendue ic feray encorcs les delfeings fuiuants.
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- Liure premier,
- PROBLESME XXXII.
- Autre dejjeing, de la precedente machine.
- E defieing icy eft la mefmc machine precedente, mais il c(l deflei, gne d*vn autre collé, en forte que grande partie des robinets , fe pcuuent voir icy , & aulfi les tuyaux d’orgues^ les portevents fur îefqueis lont les tuyaux , palferont à travers vne muraille, a ccilefin que le bruit de l’eau, qui fe fait au près de ladite machine , ne foie ouy li fort, car ladite muraille ,empelcheralcdit bruit , le portevent qui vient de la conlèrve, fera marque F. lequel eft fbudeéontrc vn autre portevent G. qui communique le vent aux deux portevents, fur lesquels les robinets font foudés", & quand l’on voudra acorder les tuyaiix, d’autantqu’il ny à point de regiftres, voicy comme l’on fera, il faudra mettre dans toutes les bouches, (dés tuyaux ouverts, ) des petites pièces de papier, pour les engarder de fonner, apres l’on acordera le jeu bouené, & apres qu’ïî fera bien d’acord l'onoftcralefdites pièces de papier, pour acorder Iefdits tuyaux, aueç ceux qui font défia dacord.
- PRO.
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- Liurc p
- rcmicr,
- PROBLESME XXXI II.
- Tlan In^nografiqtie, de laprécédente machine hidr antique^*
- CïLts fin qu’il nç manque rien à l'intelligence de U preceden. te machine ? i’en demonftreray icy le plan de Hngnografip, les robinets defleignés, aux precedentes par les lettres A. B. C. D. font içy arangées par ordre auec leurs nombres correfpondans, aux porteuents, qui paflent outre la muraille, les autres qui doibuent cftrç foudccs contre les robinets, & aiuftées contre iefdits porte-uentSjfontobmis audicplan, à çaufe que leurs obliquité > feroit cau-fc que ledit plan (croit ofufque de lignes, mais Ieldits porteuents , auec le relie de ce qui n’cfl defleigné icy, fc peut facilfcmcnt rccognoiftre aux dclkings precedents.
- P RO-
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- Liure fécond,
- PROBLE SME XXXIIII.
- Comme il faut contraindre la conferue à vent pour Us
- machines hidroltques.
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- A conferue à vent pour faire jouer la precedente machine,fo fera de grandeur conuenabfojpour fairejouer ladite machine vn quart d heure de fuitte » fi elle eft,dixpiedsenquarré,&huitde haut par dedans, fo fera affez & dedans icelle à vn des collez de la muraille il y aura vn tuyau marqué A. fait comme il fo peut voir par la figure dénuiron vn pied en diamettre par dedans, & vn tuyau de plomb marqué B. par lequel leau entrera dedans ladite cifterne, ôc le bout d’iceluy entrera enuiron vn pied dans le grand tuyau A. en forte que l’eau dépendante par ledit tuyau B, puilfc emplir le grand tuyau A. ^lequel fe maintiendra tôufiours plain,& l’eau entrant dedans regorgera par defliis? »Sc delcen-dra au long des codez, & la raifon pourquoy ledit tuyau B. entre airifi dedans celuy A. eft à celle fin qu’elle defcendeefgallement tant aucommencerhentcom-me à la fin , car fi ledit tuyau B. alloit iufques près du fond de la confèrue l’eau defeendroit beaucoup plus ville au commencement qu’a la fin, ce qui à eft| demon-ftréaucommencementdeceliure ,& les confèrues qui font faites (ans ce remede donnent beaucoup de vent au commencement & peu à la fin > & aüfïï illfaut prendre garde que le tuyau B+ ne foit efiongne au plus de ç. pieds de la fu perfide dè celuy A. car sil eftoit trop long l’eau viendroit trop viftçdedans, & auffi fi la mu. fique forepofoit trois ou quatre mefures fans fonner, quand elle commenceroit ce feroit auec trop grande violence à caufe de la trop grande quantité d’eau qui entre, roit dans ladite conferue mais n’eftant que cinq pieds de long, fi ladite mufique fo repofe, l’eau fo repofera deftiis, & n'entrera quù mefbre que le vent en fort douce, mentale tuyau C. efl celuy qui porte le vent atix tuyaux & faut qu*il fort de trois pones en diamettre par dedans & celuy B. fora autant mais s’il y a des tuyaux d*or-gues de plus de pieds long ? il foras plus gros, il y aura vn robinet à l’yn des coftez de ladite conferue marqué D. lequel on tiendra toufiours vn peu ouuert, à celle fin que quand la cifterne fora plaine, l’eau s’en puilfe vûider peu à peu, les murailles de ladite conferue feront faites de petites bricques reeuittes S iextremité ,& cimenter auec de la tirade de Hollande meflee auec chaux vifue,oùauec bon ciment de tuillcs puiuerifoes meflees auec chaux, car ces deux matières eftans bien trauaillez font capables de refifter à l’eau.
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- Luire fécond,
- PROBLESME XXXV.
- Tour faire une machine admirable Jaquette eflant pope au piedd’vne figure, iettera un pn au Uuer du Soleil, ou quand le Soleil donnera dejfus en forte qu’il femblera que ladite figure face ledit fon.
- Orneille Tacite, fait mention en fon hiftoirc, qu’il y à eu en E-gyptCj vne ftacue (Je mcnn on,laquelle quand le Soleilluifbit deflus iettoit vn certain fon5 Paufaniasdit auoir veu ladite figure, & que ce Ton eftoit fèmblable, à celuy des cordes d’vne harpe, quand elles fe rompent. Or fuiuant les trois machines precedentes traitées à lonzieme, douzième, 6c trezieme problefme,oc parle mefmemoyen du Soleil, fe fera la fumante inuention d’vne figure qui iettera vn fon fembîable au fon d’vn tambour, 6c pour demonflrer plus facilement,comme ladite inuention fe peut faire , ie démonfireray la conftrudtion de lajmachine, laquelle fe pourra puis apres adapter dans le corps de la figure, ou bien dans le pied défiai furquoy elle eft pofèe, foit doneques deux vaifleaus de cuiurc jointsenfenilc, Lvn fera de quatre pieds de long, vn pied de haut, ôc vn de Large, l’autre fera vn pied cube 5 & feront tous deux bien clos, 6c foudés de tous coftés, au grand il y aura vn tuyau marqué A. aueç vne foupape comme aux precedentes ledit tuyau fèruira pour afpirej: l’eau dérobas, 6c la rendre dans le vaifleau auquel il y aura auflï vn ef-vent, marqué F. & fera bon de le fouder ferme,quand ledit vaifleau fera à moitié plain,Ôç faut qu’ily aye vne fontaine naturelle defloubs ledit vaifleau, en forte que le bout du tuyau foudé à la foupape A. puiflè tremper dedans l’eau de ladite fontaine, apres faut fouder vn fifon marque D. çn forte que les deux bouts entrent dans les deux vaiflèaux, & qu’ils aprochent bien près des fonds defdits vaiflèaux, & au petit vaifleau il y aura deux tuyaux d’orgues pofèes deflus ledit vaifleau, ou bien l'on pourra conduire le fon ouc’eft que l’on voudra auec des porteuents, & faut quelef-dits tuyaux foyent, ( fauoir le plus grand ) de deux pieds de long bouché, 6c 1 autre deux pouces plus court. Or le Soleil donnant contre lefiiits vaiflèaux, fera monter l’eau par le fifon,comme a efté monftré à Lonziefme problefme, 6c entrera dans le vaifleau cubique, en forte que l’air qui eft dedans, fera contraint de fortir, 6c ferafon-ner les tuyaux, lefquels Tonneront vn Ton tremblant commele bruit d’vn tambour, par la mefme raifonde Lonziefme problefme, ledit vaifleau fè remplira d’eau la nuit venant^à çaufçdelafrefcheur de Lair,& quand ledit vaifleau cubiqueferaplain d’eau, le fon ceflera,.& l’eau fortira, apres peu à peu par vn petit trou qui fera au fond du* dit vaifleau marqué C, or fi la violence d'un defdits vaiflèaux n’eft capable aflèz pour faire fortir l’air pour faire fonner lefdits tuyaux, l’on pourra augmenter ladite force, auec deux ou trois ou d’avantage de vaiflèaux, il fè peut encores faire inuenti-ons tre&dmirables auec ladite machine, lefquelles ie garde iufques à. autre fubiec.
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- A LA TREStLLVSTT^E ET
- VERTVEVSE PEUNC E SSE
- PRINCES SH DE LA GRANDE BRETAIGNE, 5
- E LECTRICE PALATINE, &c.
- Z ri&flpas én moy Vertueufe Prmcejfe,de vomprefenterchofesdignes yjsj ^ z;0J' merltes' &Mlaü fçachant lamour quauez^ porté-, & conti-
- ^^4] ^ porter-,-à l'heur eufe mémoire, du J\Qj)ble Çf gentil Prince de
- Galles, ïay reprefente icy quelques deffeings, que j’ay autrefois faits, il àfonfervice, -aucunspour fervir d’Ornement en fa maifon de
- Pichemont, & les autres pour fatisfaire a fa -gentille turiofitê, qui defiroit toufiours voir cognoikre quelque zbofe de notmeau. Et tHant ajfeurê que Vojlre <*Alteffe prendra de bonne part, ce qui vient de l’ordonnance de cennereux Prince, fay penféque kfdits deffeings nepouuoyent efire donner en meilleure
- main , il plaira doneques a Voflre zAltefe les accepter, non pour maquiter âeïobUga-• • » ». /? ***** Cu.U*. kl* le bourrait hast faire « mai* ttnur tefmoioner*
- <jKe fi pavois ebofe qut meritnjs a avantage ,qw je/ vu. iujt< «tw « —.7™^
- te prie-Dieu vouloir conferver, Çf lu y continuer [a Sainâe Benediâwn, De Heidelberg
- et premier tour de Janvier 1 é 1 /*
- D* VoRre Aitesss LtobcifTant & humble
- Serviteur S, de Caus.
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- Liure fécond.,
- PROBLESME I.
- Dejfeing d’vne grote, ou U y aura vn Satire* lequel jouera du FUiolet, g? vneNtmpke BJcbo Jaquette reffondra aux cadences dudit Satire x & outre Ion pourra mettre quelques autres figures » pour jet ter de te.au*
- E prefent defleing de grâce,fèpeut mettre dans vn Pavillon de Iar, din?oubien au bout d’vme galerie > ou l’on pourra manger à la fref. cheur^lesdeux figures marines donneront de l’eau, fçavoir l’hom^ me par quelque poifion, ou coquille qu’il tiendra à. la main, ôc la femme par fes mamelles, en oultre il y aura vnç machine, comme a eftç enfeigoç au vingtcinquiefme Problelme,derrière la figure du | Satyre, laquelle reprefentera le jea d'vn Flaioîlec^ôcà l’opofitçdudic Satyre, ily aura vne Ninphe Efcho, laquelle relpondra i toutes les cadences queled# Satire femblera fonner, Ôc ce par le moyen de quelques portevents, Içfquels feront conduits depuis la machine iuiques ou fera ladite figure de Nimphe, & feront pofez derrière icelle, ôc faudra prendre garde que les tuyaux qui reprefente ledit Efcho, ne fonne fi fort ç®mme ceux du Flaiollet, carthafçun fait que PEfçhot ne refpond iamais fi fort \ comme le fon qui le caufc > l’on pourra aufli faire defçendrc des eaux? au long des Roches3pour l-ornement de l’ouurage,ôc la table ronde,qui eft aumillieudu pa-vilion, fervira pour manger delfus à la fraifchçur, ôç aufli pqur faire jetter plufieurs figures d’eau par l'artifice des tuyaux, qui fe pourront mettre ôc aiufter fur vn autre tuyaa de cuiure dans le trou de ladite.,table en forte que ç’eft œuure eftant bien coiu flruit Ôc ordonné aportera vne grande délégation.
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- ^LiJ&re
- fécond,
- PROBLES ME IL
- D effetng d'vnegrote ou il y dvne Balle laquelle fe lève auec la force de l'eau.
- Est autre defïèing de grote fe petit auiïî mettre dans vn pavillon^ ou au bout d’vne galierie, ôc pour faire que l’eau efleve bien laballe n ladite eau procédé d’vne conforve , il faut que le fond de ladite conforve, foit pour le moins douze pieds plus haut que la fuperfîcie de la terre , ôc au plus vingtquatre pieds >le tuyau par ou fort l’eau lèra gros comme le petit doibt, allantvn peu en pointe, ôe le bout
- ----par ou fort l’eau, fora tout au bas d’vn vaifoeau, en forme d’vn en.
- tonnoir, pour recevoir plus facilement ladite balle , quand elle tombe, ôc pour et vacuer leau qui tombe dans ledit vaiiïeau , il y aura des trous tout au bas d’iceluy, 1 on pourra orner la Roche, auec quelques animaux faits de coquilles naturelles ac-commodecs, ôc cimentées enfemble, lefquelsietterentde l’eaupardâs petits tuyaux, qu hs auront dans la bouche,en force que îefdits jets , puiflent donner quelque fois contre la balle pour la faire tomber , & incontinent elle fe reîeucrapar le moyen de 1 eau, qui la repouflfe en haut, & ainf foutelant elle donnera du contentement à la veuc , mais tauc noter, que pour bien voir le brifoment de leau, contre ladite balle,il
- p sa
- rapr--.
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- Liure fécond,
- PROBLESME I I ï.
- Dejfein de la fontaine du tupidon, ou il y aura w tourterelle qui boira autant d’eau x comme on luy donnera..
- E prefenc deflein eft encores propre pour mettre dans vn pauülon, à caufe des iets d’eau qui fortent du carquois , car fi ledit deflein eftoit fait au milieu d’vn iardin ou autre place ou le veut donne,il gafteroit la belle forme deldits iets d’eau , l’on y pourra adioindre vne tourterelle , laquelle boira l’eau qu’on luy prefèntera, comme a efté enfeigné à l’ooliefme problefme du premier liure , & l’orne-
- ------—ment de ladite fontaine pourra eftre fait de roches ruftiques, auçç
- quelques petits animaux meflez entre lefdues roches,
- PRO.
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- Liure fécond
- PROBLESME VI.
- IDejj'cing d ‘une font Aine dordre
- Este Fontaine cfl propre pour mettre au millieu d'vn ïardin ,il fî pourra aufl] mettre vnc balle de cuiurc que leau efleuera en haut, çe qui donnera grand plaifir a la veue, ladite fontaine pourra çftre fabriquée , partie de pierres Ruftiques ^ comme le deficing le démon lire , ce qui fera dç peu decou.fl h ainfi eft que la commodité defdices pierres fc trouue fur le lieu, ôc a faute dçfdites pierres naturelles on les pourra tailler artificiellement*
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- Luire fécond,
- PROBLESME V.
- (•Autre dejfieing de fontaine pour reprefenter vn Fleuue, où rRsJuierc,pœr <vne figure.
- ^pggj^Es Anciens Egiptiens grecs & romains, auoient accouftumé de reprefenter leurs Fleuues,par quelque figures d'hommes,ou de femmes, ce qui le peut encores voir, par plufieurs antiques à Rome, ce prefent defleing reprelcntc auflî vn Fleuue 5 & eft propre pourvn iardin, où au millieu d’vne> court pourueu que ladite fontaine ne foit trop expofee au vent, car generallement toutes fontai-<ss^ nes qui icttentl’eau en haut, comme le prefent defleing, ont celle
- incommodité que Peau eft fubie&re à eftre efpandue par le vent, d’vn cofté & d’autre , ôc faudra auflî que le baflin qui contient î’eau à l’entour de la figure , foit au moins de 20. pieds en quarré où en diamettre s’il eft rond.
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- Liure fécond,
- PROBLESME Vl
- Autre deffemg de fontaine > pour vne place publuque*
- Est autre defleing, cft encores d’vnc fontaine , qui pourroic fer. uir à vn iardin, ou court, ou cncorcs mieux à vnc place publicque, a caufe de là hauteur, & pour la faire durable, il eft bcloing que les ligures loyent iettez en métal, & s’V l’on ne délire de faire les defpens} de les getter en cuiure , on les iecteras en plomb,& cftain, méfié enfemble, ce qui fera beaucoup moindre dclpemt& plus aifees à réparer,apres qu’elles font iettees.
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- Liure fécond
- prohesme vu.
- *DeJ[eing d%me 'q pliere a oifeaus aneç quelques grçtes
- dedans jcede.
- Es grotçs ôc ouuragcs ruftiques viennent ençores fore à propos dans vnç volière 4 aifèaus ce defieing icy çft d vnc dç $o, pieds dt long par dehors, Ôc vmgtdçux de large par dedans Hngnografie & ortografie font defiçigncz icy defioubs , ôc à celle fin de mieux comprendre l’ordonnance de ladite volierefen a y fait vn defleing d’vne partie en plus grand volume par ou fe peut comprendre le _____ refie, à lopofite de lare du millieu fe pourra faire vne grote dans ladite voliere, ou les oifeaux prendront du plaifir a faire leur nids alentour ôc efieuer leurs petits* Ôc à lopofite des autres arcades Ion pourra y faire quelque petitshocagcs defpines blanche ôc autre ahrifTeaus, la couuerture fera faite auec plufieurs ouuertu-rcs de 7.ou pieds en qu.arre chacun * acommodeesauecdu fil de laton en forte que les oifeaux ne puifient pafier à trauers ôc lefdites ouuercures feruironç pour lailfor tomber la pluye dedans ladite volière laquelle-eft fort nccefiaire pourlaçonferuation des oifçaux ôc auffi pour arroufer les. abrifeaux qui feront plantez, en ladite voliere.
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- PROBLESME VIII.
- jintre dejfèingd’vne autre volliere à otfeaux plus grande ^accompagnée
- £ un pauillon au millieu.
- reprefenteray premièrement les plans, tant de l’ingnografie com-^ me de l'ortografie de ladite volliere laquelle aura 84. pieds en quar-re par dehors ôc au millieu fera vn pauillon de 30 pieds en quarré par dedans, toutes les murailles tant dudit pauillon comme celles dç dehors auront deux piçds & demy en groifeur, fi l’on veut bien conferver les 01 féaux contre la froidure de l’hyuer, l’on y pourra
- ______mettre deux fourneaux marquées A,B. dont les cheminees pour-
- ronteftre dedans les murailles, ôc l’hyuer venant l’on pourra fermer toutes les fenef* très ôc ouuertures çomprifes en fefpace C. D. E. F» G. H* en forte que cefte place foit capable de retenir quantité d’oifeaux, ôc auflil’on y pourra mettre quelques abrif-fèaux tranfportables qui ne peuuent aufïï endurer froidure comme Orangers, Citron-niers , Figuiers, & autres tels abriffeaux defquels l’on peut orner vn Jardin en Efté, ôc en Hiuer l’on en pourra orner ladite volliere, & faut faire en forte que les feneftres du toit fè puiffent ouurir quelquefois en Hiuer, à celle fin de donner air, êe que la pluye puiffent tomber fur lefdits abriffeaux & oifeaux, ôc au millieu du pauillon, il y aura vne table pour manger à la fraifeheur en Efté, ôc s’y l’on s’en veut aufîi feruir en Hiuer, l’on pourra clorre toutes les ouuertures dudit pauillon refèruant feulement celles qui regardent les fourneaux, tellement que par ce moyen,ledit pauillon pourra auffi eftre efçhauffé, defdits fourneaux 3 ôc s’y Eon veut faire les defpens, d’orner I’adite volliere auec quelques roches — féaux, qui chanteront par le moyen problefme du premier Liure.
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- Lmre fécond,
- PROBLESME II Plan prejpeïïifdu precedent dejfeing*
- A R ce plan pcrfpe&if l'on peut comprendre facillemcnt l’ordon. nanec du precedent delfeing , parmi les roches ou pierres rufli-quesl’on fera plufieurs trous grands & capables pour les oilcaux, à faire leurs nids dedans, & autfi l’on plantera forces abriffeaux defpines blanches, tant aux enuirons defiiites roches comme des | murailles, lefquels feruiront auiïi pour c’eft effe&, la couuerture I eft en partie rcpre(entee,auec|les ouuerturesdc treilles de fil de fer ou de iaton Ôc le reife n’a elle reprefènté à caufe que le dedans dudit deffeing n’euft fçeu efire veu*
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- PROBLESME X,
- Jàcjfting d'uns montagne au, millieu dvn Jardin atm quelques gmt es dedans.
- b y à piufïeurs beaux & excellents iardins fîtuez en planure , de lorte qu’il n’y à moyen d’en voir la forme , ny les parterres con. tenues en iceux 3 & me semble que l’aipeft le plus beau d’vn iar. din eft d^eftre veu dlenhaut > c’eft pourquoy iefuis déduis que pour aider a ce defaut quand lefdits iardins ne (ont point veus de haut, de faire quelque ouurage haut çfteué & plaifant , pour eftant au r- ç haut d’iceluy auoir mieux l’afoeéfc des parterres, i’ay fait icy vn dcf.
- eing tore propre pour vn tel iardin , c’eft vne montagne quarree de S4. pieds de cha-j?/rC-Q 5 ** ç“euee de 55* pieds iuiques en haut le plan de ladite montagne icy bas e çignes en petite forme% &le plan perfpc<5fcif va fuiuanc , ladite.montagne fera ite e matonnerie de pierre tout a i’entour, en forte qu’il y aye force trous & con. camteæ par dehors pour mettre de la terre pour planter des arbrifleaux tout al entour, 1 yaura vn chemin pour monter au haut ? tournant à l’entour dicelle comme il fè peut ^oir par je plan, le dedans fera voulté & y pourra fon faire quelques grotes qui re-ceuront uimere par deux feneftres au deffusdela porte, comme il fè peut voir au e eing 0ç rout au fommet de ladite montagne sV l’on veut, bon y mettras vnc fi-r^U j onnera,vn fon au leuer du Soleil » comme à efté enfeignéau pernier probidmedu premier liure.
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- Liure fécond,
- PROBLESME XI.
- <J)ejfdng d’vne haute terrajfe accompagnée de quelques grottes pour mettre dans *vn Jardin.
- Aïs fî le iardin eft difpofé en forte qu'il ne vint à propos pour faire vne terralfe où montagne au millieu , allors l’on pourra faire vne terralfe fuiuant le prefent delfeing , & y aura deux chemins fçauoir vn de chacun collé pour monter en haut & fur les murailles dcfdits chemins lefquels feront à hauteur dapuy l’on y pourra mettre de toutes les fortes d’abrilfeaux tranlportablcs , comme Orangiers, Citronniers, ôc autres fcmblables, les deux voultcs au defToubsde ladite terralfe pourront feruir pour mettre lefdits abrilfeaux en Hiuer, & au haut de ladite terralfe l’on y pourra faire quelques grottes ornez de roches & artifices d'eaux, & au haut defdites grottes Ton y pourra mettre vne conlèruc pour tenir 1 cau^pour faire ioüer les artifices defditçs grotte^
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- Liurc fécond,
- PRORLESME XXII.
- Dejtwgjft frontispice de la grote fumefur la terra,ffe du precedent
- deffeing.
- A y mis icy vndeffeingenplus grand volume pour comprendre l’ordonnance du dehors de la grotte du precedent deffeing, le dedans pourra eftre de douze ou quinze pieds de large, quarante ou cin-quante de long, en forme de galerie, ou mefmc I*on pourra mettre des arbriffeaux d’orangers & Citronniers enhyverpour eftrç gardes de la froidure, Ôc aufli fçruira d’ornement à ladite grote»
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- Liure fécond.
- PROBLES ME X U I,
- jpe£d%g a vn Q^xCont Pamafje you t on pourra faire c^uel^ues gratis
- E Mont Parnaffe eft fort à propos pour orner vn lardin Royal, où il y auroit abondance d’eau 3Ôe dedans ledit Mont, l’on pourroîtfaire quelques grotçs artificielles ? la grandeur d’iceluy fe fera au moins de osante pieds par dehors en diamètre fi l’on fait quelques grotç dedans, finon il fe pourra faire aolfi petit que l’on voudra dc feia bQnqu’ily aj;edç feu?; à l’environ de yiron pieds de large.
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- Liurç fécond
- PROBLES ME X I I ü,
- T)ejfeing d'vncfigure grande reprefcntmte le zfflont T moine,
- Ass a nt à Pratolin cinq milles près de Florence, entre autres ou, uragçs de grotes dont ladite maifon eft richement ornee,ie vis vne figure d’vn grand Ciclope dans. le corps, duquel font quelques ^rotes fort artificiellement faites, & fuyuant finvenuon de ladite igure, i’en reprefenteray icy deux autres, aflçz a propos 5 aulfi pour faire quelques grotes dedans la grandeur de çefte icy* feraau moins
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- rade, furquoy elle eft adife, l’on pourra faire quelques grotes, pour repreièn ter quelque fubiet à propos pour ladite figure, à laquelle l’on pourra donner le nom de mont 1 mollus,pom fuiurc la Fable reçitee d’Qvide 5 du jugement que ledit Tmollus fir, entre Apollon &. Midas,& faire les grotes de dcdansjàccordantes à ce fubiet a comme fera récité au Problefme fuiuant*
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- PROBLESME XV.
- fDeffeing de lagroîe de Tmollu*.
- Vide fait récit que Midasoyant le fon du flaioîet du Satire Pan voa-loit fouftenir qu’iceluv eftoit plus harmonieux que la Lire d’Apollon, dont ledit apollon le (entant indigne',voulut faire iugedece difcrcnt le mont Tmollusjôc vint comparoiftre deuant luycomme au(îi fît Pan,lefquels apres auoir ioué Pvn de l’autre, le pris fut donné à A-pollon~, de voulant encores Midas fouflenir , par punition luy vin-drent des oreilles cpAfne , celle fable peut dire fort bien reprefentee, en la grotc qui pourroit eflre dedans ledit mont Tinollus, i’en ay mis icy vn defleing à propos pout cefl effed:, de quand aux machines pour reprefenter la mufique de laLire, elle fê fera auec deux regifires de cuyaus d’orgues fçauoir Pvn d’vn trois pieds bouche,de l’autre fon odtaue ouüeitj comme fera enfèigné au uoifîefme liure > de la mefmc roue mufîqualle qui fait iouerladite Lirc,ttra aulîî iouer ledit flaiollet, apliquant de longs porceuen ts,depuis le fommier iufques derrière le Satyre, où feront les pipes pour rc-prdènter ledit flaiolet, le mouuément des figures fe pourra faire facillement parle moyen de la roue mufîqualle, de faut, que quand le Satire ceffe à iouer & qu’il a-baine fon flaiollet, que l’Apollon comme nceauffi toft à iouer de fa Lire, haufïanc de baiflant l’archet de la lire,, fùiuant les mefures de la mufique qui fè jouera.
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- Liure fécond,
- PROBLESME XVI.
- Autre dejfeing d'une grande figure ruflique pour reprefenter un Fleuue3 & dedans le corps d’icelle (e pourra fatre quelques grot es.
- est autre grande figure fe pourra faire de pierres rùftiqucs propre pour reprefenter quelque Fleuue, laquelle fera fort propre pour taire quelques grotes dedans , & fi Ion a grande quantité d’eau il fera bon de la faire palfer dans vne grande cruche, que ladite figure tiendra entre fès~bras;---------------------
- P RO-
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- L lure fécond,
- problesme XVII,
- 'Dejfcing â’ynegrote et Orfee qui fe pourra faire dans la
- figure precedente,
- Este fable d’Orfee, vient encoresfôrt a propos, pour vnegrote,Ia-quelle fè pourra faire dans la grande figure precedente , & le mou^ vement de la mufique, fè fera derrière la figure, en forte qu’iifern-ble, que fè foit elle qui ioüe, & lç mouueinent du bras fie pourra faire par une manivelle, qui fera à une des roues denteleesqui pourra tirer, & lafeher un fil de cuiure attache audit bras,la mefureÔç ordre des tuyaux d’Ctrguçs ,pour reprefeuxet laditçLirç fçra enfeb gné au tïaiiiefme Liuxe^
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- Liure fécond,
- PROBLESME XVIIÎ.
- *Dejfemg d'une Nimphe hue des Orgues*# Usuelle vn Efcho
- refpond,
- Aïs fi l’on defire faire une grote accomplie d<vn grand conçert de diverfite de regiflrçs d’orgues, jouant par le moyen de l’eau 5 l’on pourra reprefen ter comme fi une Nimphe joüoic defius un clavier faus, & aux cadences qui feront faites en la mufique, l’on pourra faire qu’il y aura une autre Nimphe efiongnee dans un creux de Rocher d'ou viendra une relation defdites cadences, ce qui pourrac-firc fan par des porte vents depuis le fommier ,ou font les tuyaux de ladite Nimphe iufques au lieu d’ou Ion voudra faire venir ledit Efcho , & pour ceft effedt il faut^auoir huit QÙ dix touches en particulier fur le davier » pour faire fon. ner ledit Efçho à propos quand befoing fera, & faut au® prendre guarde que les tuyaux qui fèrventaudit tfcho ne Tonnent fi haut que les autres* à celle fin d’imiter mieux la nature^ce qui fera aife à faire, faifànt la bouche defdits tuyaux un peu plus eftroitc* & leur donnant moins de vent.
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- Liure fécond,
- PROBIESME XIX,
- <£%&$- fontaine, propre pour mettre 0»
- <W far dm.
- Este fontaine, viendra fort à propos, pour mettre dans vn ïar-din, où il y auroit quantité d’eau , & l’eau * qui tombe en forme de cafcade, au long de la Roche d’enhaut ^donnera plaifir à la veuë, laquelle descendra par vn des Pilaftres ? pour remonter & fox tue n k Roche dxn bas*
- • ÏRO.
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- Liure fécond,
- PROBLES ME XX.
- Pour la conduite des eaux de Fontaines.
- Vant que mettre fin à ce fécond liure de deffeings degrotesôcfon. raines, i'ay trouué bon de faire ce petit difeours ,pour la conduite des eaux des fontaines. Premièrement faut entendre que les four, ces font de diverfès fituations, aucunes enlieuxbasôc marefeageux, autres en lieux hauts Ôc pierreux, ceHes qui font en lieu bas ôc marefeageux, fè pourrcfht conduire par tuyaux de bois dont le meilleur eft celuy de Chefne, Ôc apres celuy D’aune, ôcparfautede cesdeux, le bois de Sapin pourra fervir, mais fi la (burce eft haute en lieu pierreux, ôc dont le chemin , de la conduite foit toufiours defeendant? vers le lieu oul’onladefire mener, les tuyaux de terre recuire, pourront fervir,pourveuqu’ilsfoientbienjointscnfemblc, &que la trenchee,ou feront posés lefdics tuyaux foie bien ferme,& de terre folide,autre-mentlestuyauxdeboisferontencore$meiileurs,&auffi faut prendre garde quelacon-duitefaite,auectuyauxdepierreci^e5neremoncepointen hautapresquelleàdefcendu, car lefdits tuyaux ne peuuen t.foufrir la force que l'eau fait,quand en defcendant de quelque heu haut(encoresquece nefutquefixpieds>perpendiculaire)l’onlacontraintde remonter, ôc pour cefl effect les tuyaux de plom b font propres,lefquels peuuent endurer de grands efforts,quand ils font bien faits, quand au nivellement defdites fources,s’il y a grandequancite, l’on pourradonnerfurcent pieds,vn pied pourle moins,& ül’on donne beaucoup d'avantage, il ne fera que meilleur, ôc aufii les conduits n’auront que faire d’eftre fi grands,car l’eau paffe bien plus iufte, ayant beaucoup de pante, que n’en a-yant gueres, mais fi le lieu de la fource eftoit fort bas, comme il arrive fouuant, ôc que donnant vn pied de pante fur cent, l’eau ne pourrait arriuer au lieu defiré, alors l’on fera les ruyaux de la conduite fort grands,ôc demi pied furcent,pourra fervir pour la pante , il (èia aufii fort neceflaire quand la fource vient de loing, de faire des réceptacles àcinocent pas, ou à mille pas au plus ,lvn de l'autre , lefquels ferviront pour donner aïr audits conduits, ôc aufii s’ily avoir quelque defaut àla conduite, ilfepour-roit plus aifèment trouuer la faute ôc la reparer, il arrive aufii quelquefois que l’eau ne peut avoirfon cours, faute des vents, ce qui faitpenferaplufieurs,que le conduit eft bouché , mais cefl accident arrive, faute de n'avoir mis lefdits réceptacles, en lieux convenables >ôc d’avoir mal alîis les tuyaux de laconduite,ce queiedémonflrerayicV, par vn exemple, foit la fource marquée A. Ôc le conduit B. C. D. E. allant vn peu en pante, aulieu B, C. ôc defeendant fort en D. puis remontant vn peu en E. mais non fi haut que C. Ôc en plufieurs endroits, l'on eft contraint de faire la conduitede celle façon,à eaufè des boftes,ôc fondrières, que l’on trouue fur lechemin de la conduite, ôc ainfi s’ily a quelque chofe à reparer, à la didte conduite 5ôc que l’on defirevuiderl’eau des tuyaux, elle nepourra fortir de la fondrière D- pour eftrc plus bas que E. tellement quel eau reliante^ quand l’on viendra pour remplir le conduit de beau de la fource, ladireeau ne pourra paffer outre, àcaufe de l’airqui eft entre B. ôc C. tellement que le conduit demeurera ainfi, fans avoir fon cours, Ôc pour remédier à cecy , i 1 faudra faire vn cfvent oureceptacleau lieu C. à celle fin que l’aà forte du conduit, ôcque Beau fe mette en fa place, ôc alors l’eau aura fon cours, comme elle doibt, ii fera bon auftî de faire des efvemsaubas des fondrières, pour nettoyé les tuyaux , quand il fera befoing»
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- TROISIESME TRAI-
- tant DE LA F A B RI QVE
- DES O K G V E S,
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- SALOMON DE CAVS fNGENlEVP^ ET aArchiteâe de fin sAltejfe Palatine Electoral!^.
- A Francfort en la boutique de lean Norton 1615.
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- DE L’INVENTION DES
- machines hidroliqves.
- ET ORGVES, et DE L’A C R OIS E MEN T
- C^Vl Y A ESTe' fait defvis.
- àKnucntion de l’inftrument mufical vulgairement a pelé °r^UC ^ cft d’en trouuer l'inuenteur, premièrement à
- caufe que ledit inftrument n’a aucun particulier nom, comme à vn hut > vn Cithre, vne Gui terne, ou autres tels inftruments, car ce mot organo, eft grec qui lignifie infiniment, qui eft vn nom gcne_ ral> pour toutes chofes qué'ce foit par le moyen de laquelle , aucu-ne autre chofe eft faite , comme vn marteau, vne fie, vn couteau, Vautres chofes femblables, font organes auec lefquels vn ouurage eft mis en perfection, auffi fonttoutes fortes d'in(Irumenrs muficaus dits organes, ôc i’œuure qui doibt eftre faiét par iceux eft la mufique , & ainfi fi quelque ancien autheur parle oc l’inuention des orgues,s’il ne (pecihe la façon dudit inftrument, l’on ne pourra pas iuger que ce foit celuy duquel nous vfons à preftnt , fecondement à caufe que ianuention d’aucune chofe^ue ce foit (Ôc fpecialemenc d’vn art difficile ôc qui def. pend de pîufieurs autres) commence auec vne fi grande (implicite qu’on n’en remarque pas l7Autheur, & quelque fois piufieurs années voire par centaines (e paftéronta-uant qü’on aye ataint la perfection d>vn arr commencé, quand aux auchcurs qui ont parlé defdites orgues , le plus ancien qui nous eft cogneu eft Herone Alexandrin lequel au7Çt & 76. problcfme defon liure de fpiritalibus monftre à i’vn la fabrique d’v-ne machine hidraulique, ôc à l’autre la fabrique d’vne organe, do ne les pipesfonnent auec le vent,apres luy, Vitrune faic vne defeription d’vne machine hidraulique. Or VIt que ces Orgues & machines hidrauîiques fuient telles que les noftres de maintenant f fembley auoirgrande différence, veu qu’en iadelcnpcion des antiques il n’eftpar-^daucune roue mufiqualle>par laquelle fc pourroit fonner voechanfonà piufieurs parties, ny de beaucoup d’autres parties necelfaires pour la perfection defdites machines, &y a quelque aparence que lefdites machines ont efté faites pour fonner auec ia main, ôc les antiques n’ayant encores trouué l’inuention des fou filets, pour les y joindre comme nous faifonsà prefent, vfoyent de vaufeaux, lefquels fe remplifàns 0,cau caufoit Pair d’en fortir, lequel faifoit fonnerles pipes, comment il fc peut comprendre en piufieurs theorefmes dudit liure de Herone, ôc auffi au neufuiefine liure chapitre neufuiefme de Vitrune ou il dit que Stefibie qui viuoit vn peu aupaiauant, jcuit Herone trouua beaucoup d’inuentions pour reprefenter la vois d’oi£aux,& au-rres (ubtilitez, par le moyen de l’eau, ôc aufti ledit Vitrune parlant de la machine hi-(,taulique met en auant lufàge de deux pilons feruans àdonnerlevemaux tuyaux, de "" oultre dit que les marches, ou touenes du clauier, doiuent eftre preficz par les gts de l’Organifte, ce qui demonftre qu’il faloit fe léruir des doigts pour iouer fur lc v.auier, Ôc que kfdites machines fe nammoyent hidrauîiques ieulemcnt à caufe
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- Vitrune luire enap. 1:
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- * Zitlin. fup-plcmentimu-îicali libri o. ftauccap 3.
- Liure troiiiclme,
- •qüel’eau caufoit le véntde fbrtir, qui faifoit fonner les tuyaux, car ce mot hidrauli. que eft grec, qui vaut autant à dire comme eau fonnante. Or depuis le cemps de Vitrunequi viuoit au temps de Iule Cefar, iufquesau temps du Roy François I. les fciences ont efbe fore peu eftimees,& y a eu fort peu d'hommes doutes qui ont vefeu pour nous donner cognoiffance des inuenteurs des choies, ceft pourquoy il eft fort difficile de fçâuoir quand lefdites orgues ont commence a eftre en vfage auec les fou. flets, * Zarlin dit auoir eu vn fommier d’orgues -, lequel auoit ferui dans vn mona-flere de Grade cité antiquè, laquelle fut ruinée il y à enuiron mille ans, lequel fom. mier eft fait d*vne fort (impie façon , auec feulement 15. touches ôc trente tuyaux; fans aucuns regiftres,iedroy bien que ce fommier a efté vndes premiers, d’autansquil ne pourroit prefque eftre plus (impie , ôc du depuis l’on à aioufté tant de pièces pour la perfection defdites orgues, que àprefent elles furpaiTent toutes fortes d'inftruments en douceur ôc harmonie auffi c’eft celle qui reprefènte le mieux la voix naturelle de tous les autres, & y agrande proximité entres vne orgues bien ordonnée,pour repre-fènter les voix humaines, ôc les voix naturelles , auflî les Organes qui caufent le fon des orgues, fè peuuent fort bien comparer aux Organes,qui caufent les voix humai-nés, les foufflets aux poulmons de l’homme? les foupapes, auxdéures, le clauier aux dents,les tuyaux à la gorge,la main qui iouë a la langue,en forte que fi chacun ton audites orgues,eftoit diuifé en 9. ôc io, pâme, comme ie prétends cy apres monftrei à faire ladite diuifi on, m dm es les voix, quelques bonnes qu’elles fuffentbien maniées, ne pourroyenc furpafter ledit inftrument.
- Ce qui eft requis pour la fabrique des Orgues.
- A fciencedc bien faire ôc ordonner vn ieu d’Orgues, eft laborieu-fè, plaine de grande induftrie,Ôc requiert vn homme qui aye laco. gnoiffance,au moins de crois arts, premièrement eft befoing quü foit bon muficien, tant en la théorique, pour bien ordonner la me-fure conuenablcaux tuyaux, comme auffi en la pratique, pourioü* er ôc bien accorder lcfdi.rs tuyaux, les vnsauec les autres , fecondc-ment faut qu’il fçache l’art de plomberie, pour bien feauoir ietter le plomb ôc leftain en table,& fabriquer les tuyaux,chacun en fa proportion,tierce-ment eft auffi neceffaire, qu’il aye bonne cognoiffance de l’art de menuifferie, pour feauoir bienordoner ce qui defpend du fommier, des regiftres,& foufflets, & ayant bonne cognoiffance de ces trois arts, il fera capable deftre bon maiftre, Ôc d-autant que ie ne n’ay veu encores aucun autheur, qui aye donné intelligence de ceft art » ij nva femblé bon ôcneceffaire pour l’accompliflement de ce liure,de demonftrercecp defpend de ladite fcience , tant pour fèruir à aucunes machines hidrauliques traitées en cedit liure, comme auffi en quelques autres conftruétions d’Orgues, ie comment ceray doneques àmonftrer les mefures propres ôc conuenables pour les tuyaux pu15 apres toutes les pièces conuenables ôc defpendantes de ladite fcience»
- P RO-
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- Traitant de la Fabrique des Orgues.
- PROBLHSME î.
- La martien comme il faut jetter te plomb tefiaia pour la
- fabrique des Orgues.
- VANT clue Par^cr de la mefure des Orques,ie monftreray icy la façon d’aprefter le plomb & l’eftain, pour la fabrique des tuyaux, doneques l’on prendra du plomb le plus doux que l’on pourra trou-Uer de fort viel, il ne fera que meilleur 5 prenant garde qu’il nÿaye aucune foudure auec en le fondant , puis l’on aura vne table de Wpierre, ou de bois bien vnie de iz. où 15. pieds de long, &vn &
- demi où deux de large , laquelle fera plus haute cfleuée d’vn collé que de l’aucre, comme la figure le demonftre5 & lèlon l’efpelfeur que l’on defire donner au plomb,car le voulant faire délié,il faudra qu’elle panche fort, & faudra doubler ladite table par delTus de 3. ou 4. doubles de bonbazinoù decouftil,acommo-(jéauec de la craye, pour le rendre plus vni ,1’on aura aufti vne calfette, nommée raboc marqué B. laquelle le pourra glifler au long de ladite table, en forte que le plomb cftant fondu de Upnne forte ce que l’on cognoillra en pouffant vne petite pièce de papier dedans,& le retirant viftemenc,s’ilfe brulle,ledit plomb fera trop chaud,mais fi jacouleardu papier change, & qu’il deuienefort roux,iHera allez, puis en faudrâièt-ter fur le bout de la table, laquelle à caufe de la pente qu’elle a, & le rabot eftant fait en forte, comme il le peut voir en la figure, le plomb demeurera enclos centre les trois collées dudit rabot,& incontinent celuy qui tiendra ledit ràbot>leglifieraaulongde ladite table, félon lelpcfteur qu’on y veut donner car en tirant fort ville,il Ce fcraforc deflié, & doucement il le fait plus elpais, & faut garder de ne le tirer par làuts car le£ pelfeur ne feroit elgale,& quand à l’eftain il feiettera aufti de la mefmc façon , mais Une faut pas qu’il foit fondu fi chaud , & faut aufti prendre garde que fi ceft d’eftain d’Angleterre trdpur,de mefler cinq ou lix iiures de plomb auec vn cent dudit eflain lequel le fera confier mieux en iettant.
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- Li
- rnr-
- * w ?
- PROBLESME il.
- Jnflrument par lequel on fera le plomb 0* eflain fort 'uny
- & d’vne cfgale efyejfeur.
- P Près que le plomb & l’eftain fera ietté en table, l’on aura vn in. ® ftrument pour le faire vn y, fait comme ilfe peut voir en la fuiuan. te figure, ou il y aura deux rouleaux de fer ou de euiure marquées A. B, bienronds & vnis de tous codez & a laxe de celuy A il y aura vne croifée pour tourner ledit rouleau a force de bras, &cn. tre lefHits rouleaux Ton mettra la piece de plomb que l’on defire faire vnie, ôc tournant ladite croifèe, le plomb paflfera entrelefdics rouleaux, & fe fera fort vny ôc lilfé à celle fin\le donner telle efpefteur au plomb que Ion voudra, les deux vis marquées C. D. fè tourneront % poufferont vnç piece de cuiure contre laquelle laxe de rouleau , de haut tourne ce qui fe pourra fort bien comprendre par la piece particulière marquée E. ôc tout ainfi comme l’on vfe du plomb, l’on vfèra auffi de l’eftain.
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- Liure troifiefme,
- PROBLESME 11 I.
- Comme il faut donner la me fure au Sijlcfme communément
- dit ‘Diapafon.
- O vte s les Orgues bien ordonnées font faites en forte que les tuyaux quifonnent F. Fa VT* font de 3. pieds en longueur, ou de fix ou de douze, ou de pied Ôc demi, la raifon cft»à celle fin d’accommoder les voix auec lefclics tuyaux, car s’ils n’auoyent cefte longueur ou bien près d*iccllc, lefditcs voix fèroyent fort contraintes c’cft a dire trop hautes ou trop baffes pour s’accommoder auec, nous commencerons doneques par vn Siftcfme d’vn pied ôc demi en longueur marque F. H. qui fera la longueur du tuyau F. FA VT. depuis la bouche jafqucs au bout de haut, apres l’on diuifera toute ladite longueur F. H. en deux parties efgalles au point f ôc ainfi f h, fera la longueur du tuyau Diapafbn ouoéta-uc contre F. H. apres toute la longueur F. H. fera diuifée en trois parties efgalles au points F. C. Ce. ôc c* H. ôc ainfi C. H. fera la longueur du tuyau dia-pente ou quinte contre F. H. apres toute la ligne fera diuifée en 4. parties efgalles au points F. B. B.f- ff ôc ff.H. ôc ainfi B. H. fera diateffaron, ou .quaate contre F. H. apres toute la ligne fera diuifée en 5. parties efgalles aux points F. A. A. D, Da. a. a a. ôc aa. H. ôc ainfi A. H. fera diton contre F. H* apres foit toute la ligne diuifée en 9. efgalles parties ôc ainfi G. H. qui contient huit defHites parties fera vn ton maior, plus naut que F. H apres foit la partie D. H. diuiféeen 0. parties efgalles ,ôc E. H. qui contient huit defdites parties fera vn ton maior plus haut que D. H. ôc apres Ion diuifera la partie A. H. en 9. efgalles parties ôc _ H* qui contient huit defdites parties fera vn ton maior plus haut que A H. tellement que par cefte diuifion Ion aura les longueurs des tuyaux compris foubs le premier Diapafon a feauoir F. G. A. B. . C. D. E. f. ôc auffi partie des autres interuallcs fuperieures)ôe pour auoir le refte l’on diuifera celles de bas par moitié ôc mettant ladite moitié au deflüs de / fe fera toufiours l’oétauc de celle de bas ôc ponrauoir les interualles au delfus de ff. fon diuifera celles du premier Diapafon en 4. ou du fécond en 2. Ôc ainfi Ion les mettraau deffus de ff. reftepourauoirla mefure des feintes,premièrement celle entre C. ôc D. qui doibt eftre vn diton contre A. c’eft pour, quoy diuifànt la partie A. H. en parties efgalles C. H. qui contient 4, de£ dites parties ce fera la feinte encre C. ôc D apres pour auoir la feinte entre D. ôc E. l’on diuifera la partie de ligne H. en efgalles parties ôc 4. d'icelles marquées. D. ^ H. fera la feinte,apres pour auoir la feinte entre G. ôc A. l’on diuifera la partie C.^i H. en 3.parties ôc adiouftant cncores vne defdites parties audits 3. l’on aura la partie G. ^ H. qui eft la feinte entre G. ôc A. apres pour auoir la feinte entre /ÔC£. l’on diuifera lapartie D. H. en ç. parties efgalles ôc 4. d’icelles marquées f.
- H» fera la feinte entre /ôc£. Et pourauoir lesTeintesdes autres Diapafons l’on différa ceuxcy en deux pour les mettre au deuxfiefmc ôc enjquatre pour troifiefme ôc âinfi l’on aura les 43. mefures de tuyaux depuis F» iufques à ccc.
- Apres pour auoir les largeurs defdits tuyaux, premièrement l’on diuifera la longeur E-H. en j.parties efgalles ôc*. d’icellcs feront pour la circonférence du tuyau F. c’eft pourquoy l’on mettra ladite ligne de la circonférence a droit augle fur F. Ôc fera marquée F. N* apres l’on tirera fur le point ccc. vnc ligne ccc. P, cfgalleà C ce. H. ôc apres l’on tirera vnc ligne P. N fur laquelle feront [tirées toutes les pararelles de tous les points des longueurs ôc ainfi toutes lefditcs lignes monftreronc les circonférences de tous les tuyauxc.
- A iiij
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- Liure troifiefme,
- PROBLESME IV.
- Tour donner la mefure aux autres Sifiefmes bouchées.
- T quand Ion voudra faire vn Siftefme, vn O&aue plus bas quels precedent, il faudra que tous les tuyaux foyent iuftement de double longueur, & fi on le veut auoir vne quinziefme plus bas? alors il faudra quechafun tuyau foit 4. fois aulîî long comme le fufdir, & fi on le veut vn 22. plus bas, alors il le faudra 8. fois auflî long qui font 12. pieds de long ,,ôc quand à la circonférence voici com. me l’on y procédera,pour la doublerai faudra faire vn quarré de laligne F. N. marqué icy G. F.E. H* apres il faudra prendre le diamettre.du. dit quarré F. H. lequel fèruira pour vn des collez du quarre A. B. C» D. ôc ainli les quatre lignes des collés du quarré A.*B. C. D. eltant iointes enlèmble fera la circonférence du tuyau F. de trois pieds bouché ce qui le demonllre, d’autant que ledit quarre A. B. C- D. efliuftement double à celuy E. F- G. H. car le triangle F. G. H. efl la moitié dudit quarré E. F. G .H. & ledit triangle, n’ell que le quart du grand quarré, ôc li l’on déliré auoir la circonférence d vn regillre de 6. pieds bouché, l’on doublera encores ledit quarré A. B. C. D. ôc pour la circonférence d’vn de 12. pieds, on la quadruplerai ainli iufques à l’infini, l’on pourra auoir des tuyaux grands ou petits»
- B F A
- PROBLESME V»
- ‘Pour faire les Sifiefmes de tuyaux ouuerts.
- A is.fi l’on veut faire des tuyaux ouuerts l’on diuifera iuftement la moitié de la largeur F. N. au point R. Ôc autant a c.cc. P-au point ôc ainli bon tirera vne ligne R. P, trauerfante
- toutes les pararelles tellement que celle ligne donnera toutes les circonférences des tuyaux, ôc fi le Sifteme eft plus grand on fera la femblable diuifion.
- P R O-
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- Liure troifielme,
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- PROBLESME VI.
- Four faire les Sislefmes de tuyaux acheminée.-
- L fe fait cncorcs d’vne autre forte de tuyaux nommées ordinaire-Çf[ ment tuyaux acheminée, lefquels font vn peu plus forts de fon , que -J tuyaux bouchez, mais au refte ils ont la mefme harmonielaforme a vn diceux eft icy fuiuant, 6c la rnefure des Siftefmes defdits tuyaux ne fe peut pas donner fiiuftes, comme lesprecedents, mais vôi-ci comme l’on procedera,l’onprendralalongueur& largeur du tuyau D. Sol Re. lequel eft vne tierce minor plus bas que F. Fa, vt & ladite mefure feruira pour F. Fa, vt, 6c âaà, Seruira pour ccc. & ainfi entre ces deux diftancesl’on compofera toutes les autres lignes pour les autres tuyaux, & pour ta mefure de la cheminée,l’on prendra le quart de longueur de la circonférence de chafcun tuyau pour faire la circonférence defcliteschemineesÔda moi-
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- -- J | ' “ ^ w. V.. V-W V.li\.lllllJV.CO U(
- de la circonférence de chafcun tuyau fera la longueur de ladite cheminée,
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- PROBLESME VII. De la proportion de la bouche des tuyaux.
- Près que les tuyaux font taillez en la longueur & largeur, il fera t/y ^ befoin de tailler la bouche, laquelle fe fera fuiuant la force quelcn defire que les tuyaux fonnent, mais la façon la meilleure ell; de di-uifer la largeur du tuyau en 4. parties & vne d’icelle mettre au millieu de la largeur du tuyau comme il fè peut voir aux fondantes fi. , gures, A. B, C. D. ou B. C. eft le quart de A. D. & quand c’eft pour vn tuyau bouché ladite largeur B, C* fe diuifera en quatre parties pour faire la largeur de louuerture B. E. F. C. mais quand eeft pour des tuyauxouuerts ladite 1 ardeur de i’ouucrtüre,fe diuifera en 5. parties 6c vne d’icelle fera alargeur de l’ouuerture&& fi l’on veut faire fonnerlefdits tuyaux plus haut il faudra
- f '
- J E " F - 1 1 * E ' T —J 1
- A B C
- L’ouuerture pour 1 es tuyaux ouuerts.
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- A B C D
- L*ouuerture pour les tuyaux bouchées*
- B
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- Liurc troifiefme.
- PROBLESMES. YIII.
- De la proportion de la languette des tuyaux.
- A languette des tuyaux eftvne platine laquelle fefoude entre le pied du tuyau &lecorps &lefpelfeurdeladite platine fe fera de la troifief-me partie de la largeur de la bouche du tuyau, & fe taillera en lendroit de Iouuerture vn peu en tallus par dehors aflauoir le quart d’vn angle droit,& fera bon dauoir vn petittriangledecuiure pour voi^que la taille de ladite languette foit au plus près fuluant icelle, & faut aulîi que laditetaillefoitnettement faite,&ferabonque le plomb dequoy ionctaite iefiines languettes , foitmefléd’vn peud’eftainfçauoirdelTus vingt liures de plôb pliure d’eftain pour les rendre vn peu plus fermesjôc Ion fera vne table dudit plomb a propos pour c’eftefFeét alfez efpailfe,&:l’onpairera les pièces par dedans l’inftrument de mon lire au*. problelme félon l’elpelFeur que l’on les veutauoir. ’
- PROBLESME IX, *
- Pour faire le pied des tuyaux.
- E pied des tuyaux, tantauxouuertscommeaux bouchés fe taillera auec le corps du tuyau toute d’vne pièce , &deu.antque le couper 8c fe-parerleditpiedd’auecîecorps,l’on marquera auecla pointe d’vn cou. ^ ^ fteau les mefuresdclabouchc, comme il fe peut voirà la figure luiuan.
- te, «Scaulfi l’on taillerale pied en cône comme il fepeut voir en laditefi-gure,&l’ouuerturepar oudoibt entrer le vent, le fera allez petite car apres que les tuyaux font pofés fur le fommier, s’yls n’ont allez de vent par ladite ou-uerture elle fe pourra agrandir facilement.
- Mutai*,
- PROBLESME X.
- Pour accorder les tuyaux d'orgues, les vhs auec les autres.
- remierement faut auoir le fondement fur le plus grand tüyaudu
- Siftefmequi eft F. Fa. ut, & s’il y a nombre de régi lire Ion acor-
- deraceluyde trois pieds bouché premi erement, deainli lonacordera
- toutes les notes qui font en F. Fa. ut. dudit regiftres ce qui ^ra
- ailé a faire prenant garde que les tuyaux ne fonnent point plus
- fort l’vn que l’autre, &: que quand on fonne auec deux tuyaux
- enfemble a yne o&aue a hn de l’autre qu’il femble qu’u - ' uy cria
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- IO
- T rainant de la F abrique des Orgues.
- ni enaqu’vn,&: pour hauffer ou baiffer leTondes tuyaux bouchez , l’on fondera des petites platines de plomb dites oreilles des deux coftez de la bouche defdits tuyaux,& fer-rantlefditesoreillesIetuyaufonnerapIusbas,&leseflargiftant, ilfonnera plus hauta-pres auoir acordeles F. Fa. ut. il faudraacorderlesquintes defdits F* Fa ut. qui fontles c. sol* Fa*ut. &prendretoufioursbiengardequ’vntuyaunefonnepoint plus que l’autre, car c’eft vn grand defaut aux orgues quand aucuns des tuyaux fonnent plus fort les vns que les autres, apres l’on acordera les G. sol. Re. ut. qui font vne quintechafcunplushauts que les C. sol. Fa. ut. ëc ainfî de quinte en quinte l’on acordera tout vn regiftre, mai s il faut bien garder denefairelefdires quintes trop hautes ce qui arriue fouuentfaute d’experience, & apres qu’vn regiftre fera bien d’accord,il fera fore facile d’acorder tous les autres par octauesplushauts, ou plus bas ouurans les bouts dehaurdefdits tuyauxpour rendrele fon plus aigu,ouîereployanten dedanspourleren-dreplusgrauc.
- PROBLESME XI*
- De la conuenance quont les rogiïlres les 'vnsauec les autres.
- egistre eft icyapelé vnfêulieudetuyauxde quelque grandeur ou c£ pccequecefoitj&mettantquelquefoistroisou quatre ou d’auanta-ge deieux ou regiftres enfemblc 3 ilss’acorderontbien, maisaucuns ne s’acordentdu toutauec,ieparlerayicydedeuxquifepeuuentbien acorder pour nos machines hidrauliques , fi lefdites machines ne fontacompagnées de foufFlets,ôc que le vent eft pouffe aux tuyaux parquelquesconfcrues à vent comme à efté monftré au 24. probleft med u premier hure, & fi lecoursde l’eau qui entre dans la conferueeftgrande,& qu’on veuille reprefenter le fon d’vneLire alors I on mettra trois regiftres enfemble, fçauoir vn trois piedsbouché, vn pied & demi bouché, & vn trois pieds ouuert & lefdits regiftres eftant bien acordez enfemble pourront reprefenter le fon delà Lire* mais s’il n’y auoit pas fi grande quantité d’eau, alorsi’on ne mettra que deux regiftres fçauoir vn pied & demi bouché,& vn crois pieds ouuert ? & fi la machine eft faite pour fonner auec des fouffiets , commeau 29. problefme du premier iiure alors l’on pourra faire qu'il y aura plufieurs regiftres pour aporcer vne variété d’harmonie, ëc fi l’on veut re-pfefenter vne grande harmonie i’on mettra deuxregiftres de fix pieds bouchez a vni-fon enfemble, & deux de trois pieds suffi à vnifon , quand au regiftre propre pour rc-prefenter le flaiolet,comme eft defcric au problefme du premier Iiure5 il fefera delà fuefure d’vn pied &demi ouuertj mais fi fon y met deux regiftres à vnifon il aura beaucoupplus de grâce, pourueuqu'ils foientbiend’acord enfemble.
- PROBLESME X'I I.
- Des Pedaües.
- epvis quelque temps en çà l’on a commencé a vfer de pedallcs aux orgues, qui font tuyaux au deffoubs de F. Fa ut. pour fonner vne oétaue plus bas que les plus baffes comprîtes au clauier, & font apeléespedalles àcauteque fonioüedupied furleclauierdefditstuy-aux i’en ay veu ou ily en auoit douze à fçauoir C. D* E. F. G. A. B. pi. C.D. E* autres n’en ont que trois à fçauoir C-D. E* lesmefu-resdetels tuyaux terontaiféesà trouuerpar le moyen des autres.
- B ij
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- Liure troifiefme.
- PROBLH'SME XIII.
- T)h Sommier.
- B fommier,d’aucuns apeîé feeret, eft ce que Vitruuc nome canon mu. fical, lequel eft fait comme vn coffre ou eft enferré lèvent qui vient des fouffietSî&dedans iceluy fontles foupapes,lefquelles quandel-les (ont pouffées ouuertes, le vent vient aux tuyaux Ôe les fait Tonner, il faut que ledit fommier Toit fait de bois de chefne fort fec & bien de droit fil, dont la partie de la figure fera ici reprefentécau plan per. fpeétif A, B. C. D. ôc pareillement aux deux de l’ortografie, ôq ingnografie,les pièces marquées M. font les foupapes lefquelles feront bien doublées de cuir bien doux & vni à celle fin que quand elles font ferrez le vent ne paffe entre deux, la piece en lortografie marquée H. eft vn des refors de cuiurequi tiennent lefdits foupapes ferrées,ce qui eft notté de la lettre E. en l’ingnografie font les graueures qui fontpouiréesouuertes,ce qui eft noté de la lettre L. font les touches du clauier, lefquelles quand elles font abaiffées pas la force des doigts oudeschc-uilles pofeesen la roue mufiqualîe des machines hidrauliques, ouurent lesfoupapes» par le moyen d’vn petit fil de cuiure,qui les abaiffe, ce qui eft marqué en l’ortografie de la lettre F. eft vn des trous rond qui porte le vent depuis la graueure E« iuf-ques au porteuents marqués de la lettre G. & eft befoing que ledit fommier foit fait auec grande diligence,& que les foupapes foyent colées par vne queue de cuir qui furpalfera le bout d’icelle en forte qu’elle puiffe ouurir & ferrer bien iuftement & fera bon que les refors de cuiure H. foyent forts aux fommiers qui doiuent feruir pour les machines hidrauliques, car eftans foibles comme ceux des fommiers ordi-nairesily a toufiours quelque chofe à raccommoder, quand à la grandeur delagra* ueure elle fera au moins demy pouce de large vn pouce de profondeur & fix pouces de long, ôc pourlesgros tuyaux lefdites graueures feront vn peu plus grandes.
- ORTO-
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- Traitant de la Fabrique des Orgues.
- n
- ORTOGRAFIE. INGNOGRAFIE.
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- Liure troiiiefme,
- Wêzm
- PROBLE SME XIV* Du fommier ou font les regiftres.
- fçauoir vn , auquel fera les foupapes duquel à eflé parlé au precedent problefme,&: l’autre duquel nous parlerons à prefent, ou feront les re-giftres, lequel fera eflongné de 4. ou ç. pieds du precedent, en forte qu’il y pui fie auoir vne muraille ou quelque réparation entre Iefdits fommiers, à celle fin de noüir le bruit du mouuement de la machine , & le vent fera communiqué à ce prefentfommierde l’autre,par des porceuents} la grandeur dudit fommier fera félon la groffeur des tuyaux que l’on à depoffcrdeftus,la forme d’iceluy fera comme la fi. gure fuiuante marquée A. B* C .D. la table de deffoubs marquée I. L. fera de bois dechefne bien fec, de deux pouces d’cfpais, & fera percée de cofté (auec vne ta-relle bien droite) à vn pouce près du bout, fçauoir en ceftuy-d 24. trous ? & s’il y a d’a-uantage de touches, l’on y mettra d’auantage de trous, puis l’on mettra des reiglesdc bois bien droites autant comme l’on voudra auoir de fortes de ieux , lefquelles reiglcs font apeléesrégiffres marquées E. F. G, H. aîants d’vn bout à l’autre du fommier & feront areftées àdes petites cheuillettes de fer marquées M. N. O. P. en forte que Iefdits regiftres puiffent gliffer entre vne autre table nommée chape laquelle cil marquée R. Q. apres Pon percera la table de deffus, & les regiftres iufques à rencontrer les trous trauerfans» en forte que Iefdits trous puiffent eftre eflongnés de ou 4* pouces félon la groffeur des tuyaux, & fera bon que chafcun regiftre foit percé dé deux rengs de trous, comme il fe peut voir en la figure, & faut que quand l’on pouf, fera Iefdits regiftres, queles trous qui font en iceux, fe rencontrent, non contre ceux des deux tables,! mais iuftement entredeux ,! celle fin de boucher le vent defdits re* giftres quand l’on voudra, & quand l’on tirera Iefdits regiftres, alors les trous d*iceux fe rencontreront viftement vis auis deceux des deux tables lefquelles feront dou blces de cuir bien doux , & bien colé a celle fin que les regiftres puiffent bien gliffer entre deux, & en outre faut que lefdites tables foyent fermées l’vne aucc l’autre, auec qucl-quervis ou clous,en forte que Iefdits regiftres puiffent gliffer entre deux facillemenr, & au deffus de la chappe fera vne autre table vu peu plus efpaiffe que les regiftres» toute plaine de trous grands comme le haut du pied de chafcun tuyau, & fera eflongncc de 6.ou g.pouces de la chape laquelle feruira pour aider a tenir les tuyaus droits , la branche de fer marquée T. feruira pour ouurir ou ferrer le regiftre.
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- Traicant de la F abrique des Orgues.
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- PROBLESME X V>
- T) es porteuents.
- V and aux porteuents ilsfe feront de plomb ou de cuiure, 6c s’il y a 5. ou 6. pieds de diftance entre les deux* fommiers , ôe qu’il y aye ou regiftres pour fonner enfèmble ? on fera lefdits porteuents d’vnpouce en diamettre par dedans 6c feront bien ioints,dans les trous defdits fommiers, de s’il y a des tuyaux qui furpaflènt 3.pieds à ceux la on les fera plus grands, il eft bien vray qu’il y a fort peu d’orgues , ou les porteuents foyent.fi grands, mais aufîî c’eft vnc faute ordinaire de les auoir fi petits 3 6c cela eft caufe qui! faut vn grand pois fur les foufflets, 6c aufîi les tuyaux n’en fonnent pas fi nettement, 6c s’il fè peut faire que les foupapes foyent fort grandesj, & generallement toutes les graueures 6c conduits pour conduire le vent aux tuyaux, car par ce moyen les foufflets n’auront que, faire d’eftre fl forts chargez de pois , 6c aufîî les tuyaux auront le fon beaucoup plus net, & a ceux ou le vent viendra trop fort il faudra ferrer le bout du tuyau autant quâlfauc pour le faire fonner en fa nature.
- PROBLESME XVI.
- Es foufflets feront félon la proportion des tuyaux 6c regiftres, sii y a trois ou quatre regiftres, 6c que le plus grand tuyau nefoit que de trois pieds, les foufflets auront au moins cinq pieds de long 6c deux & demi de large, ôc feront au nombre de 4. fi ceft qu’ils doi-uent eftre leuez par la force de l’eau comme à efté monftré au 19. problefme du premier liure, autrement fi on les lèue aueela force de la main, trois feruiront, & s’il y plus grands nombre de regiftres, 6c auflî qu’il y aye de plus grands tuyaux, l’on fera les foufflets plus grands ôc en plus grand nombre, car le plus qu’il y en a, fera le meilleur, 6c aufîi le plus près qu’ils feront du fommier, 6c les faut faire en forte qu’ils puiflent tenir bien le venr, en doublant bien toutes les fucilles de bois par dedans 5 & aufîi le cuir qui ioint lefo dites pièces enfèmble de parchemin bien collé, car le vent paflè tant à trauers le bois comme aufli du cuir s’il n’eft double de la façon.
- P R O-
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- Liure troifielme,
- PROBLE S ME XVII.
- 2tremblant.
- E rremblanteft vnc petite feneftre, laquelle eft dans le porteuent entre les foufflets ôc le fommier, ôc ellant abaiflee caufe le vent a fortir par fauts,qui fait faire vn trcmblementâux tuyaux fort agréable a loüie,là figure dudit tremblant eft icy rcpreïèntée par la lettre A, Ôc au def. Tus du porteuent, il y aura vn trou quarré marqué B. ôc par iccluy l’on pourra mettre autant de pois qu’il fera conuenable pour faire ledit tremblant trembler à pro-
- _________ pos , ôc fiiiuant la grandeur
- ' ôc pefanteur qu’il y a fur les foufflett le porteuent fera grand fçauoir s'ils ont quatre pieds de long ôc deux de jlarge , ledit tramblant aura demi pied de long ôcquatrepou-ccs de large , ôc s’ils ont fix pieds de long, Ôc trois de lar-• ge, il aura 8. pouces de long, Ôc fix de large, ôc faudra qu’il y aye vn petit anneau dclfus pour ypafler autant de platines de plomb, comme il fera befoing pour le faire trembler àpropos.
- ^Aucunes T^jigles en general, four la fabrique des
- Htdrauliques.
- L y a plüïkurs chofès remarquables en que la pratique enfeigne, ôc dont on fc
- rendre raifon 3quand Ion veut faire fonner deux regiftres à vnifcn l’vn de l’autre ou a l’oôtaue fi îeftÜts regiftres font eflongnez l’vn de Fautrcde trois pieds ou enuiron, ils fonneront bien plus hauts enfemblc,que s’ils eftoyent ioingnants l’vn de l’autre,comme on _ fait ordinairement, ceft pourquoy quand la placelepeut permettre, ilfauteflongnerlefdits regiftres aucunement fvn de l’autre, ôc ne faut pasauftï les mettre fi loings,car la longueur des porteuents empefehe , ôc eft caufe qu’il faut vn plus grand pois deftiis les foufflets , ôc fi la machine eft faite en forte que le vent vienne aux tuyaux ,d’vne confèrue à vent, alors il fera bon que les tuyaux foyent de cuiure, ôc fpecialement les petits, ôc les grands auront les languettes, Ôc le pied de cuiure, le refte pourra eftre de plomb, Ôeccd’autantquefairquiprocededelaconfèrue, eft extrêmement humide, Ôc eft caufe de gafter le plomb Ôc l’eftain ôc y engendrer de la cerufèqui bouche quelquefois l’ouucrture delà bouche, ôc le pied des tuyaux, ce quilesempelchc de fbnner5 quand aux foupapesdes machines quiiouëntauec les foufflets, elles feront larges au moins d’vn pouce, ôc fix ou fept de long, qui eft plus qu’ordinairement on ne donne aux orgues de moyenne grandeur » mais aux ordinaires, le clauier eft abailhj
- fort bas, ce qui caufe les foupapesde s'ouurirfortlarges, mais aux hidrauliques, quand
- ce
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- Traitant de la Fabrique des Or
- rues.
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- CC font des crochets, ou demis crochets, ( à eaufe de iâ viteffe du mouüement ) lef-ditcs foupapes ne fe pcuuent pas beaucoup ouurir, c’eft la raifon pourquoy il les ûu-dra faire vn peu plusgrandes.a celle fin d'auoir la graueure plus large ,1l 7à aulfivne chofefort a conlidercr c-eft que fi l'on defire fe ferairde foufflets.delansquclqüeoro te, il faut que le h eu ou ils feront, (oit fort lec & non hnmide , comme aufli le ffiu m°uuement ,&en oultre ilferabon que lefditsfoufflets foient enclos dans vne petite chambrette bien elofedep anches,y lailfansfeulementvne petiteouuerture pourlaif-^^t^'a^djd305 Pour lefdits faufilas, & fi la place df fort humide, alors Ion fcrala machine auec des robinets & vneconferuea vem.commeàeftéenfeigné en la fin du
- P|Cm^ffirürC’«??r|C C lnuc,n'1°n PIusrare,&exquifeque l'autre, maisauffi elleeft plus difficile,&cflant vne foisbien faite elle peut eftre delongue durée & aporter vn o,and plaifir.ie mettra? fin pour le prefent à ce troifiefme lime efperantaueLetemps d'en taire encores vn ou feront monftréesquelques machines fort Les, & que ietkns fort fecrettes, & entre les autres, vnequi reprefentera vne mufiqueplus parfaidequ'au-cune humaine créature ne peut taire, foitaueclesvoixouinftruments m anueh?
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- * é »
- J 4
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- • - -L
- trèsfec & très leger , lequel par fa c o va chaleurfaitgrande violence /.
- hlair, tfi vnelemtnt froidfec>& léger, A'/'i lequelfe peut preffer , & Je rendre
- fort violent. i.b.
- L’eau, ejl vn element humide ,pejmt
- (J coulant lequel ne fepeut preffir eflant enferré La terre,efl vn elemtntfcc,pêfant éfllidc
- 2.
- z.h.
- THEORES MES.
- t
- Les parties des élémentsfimcfl:nt enfemble peur vn temps,
- DuiA chufcun d iceux retourné pu. fan Iîph.
- table DES DEFINI-
- TIONS THEOR.ESMES ET
- PROBLES MES CONTENVS AVX
- trois precedents liures. ;
- DEFINITIONS.
- Efeu ejl vn element lumineux, chaud Par la maUlplication de laforce, on huera vnfardeau quelfe.
- fant qu'il fit. j.f.
- De laforce du pignon a vis. //
- La force de laprejfe a vis, ejl conforme a toutes hspneedemes
- S.6.
- PROBLESMES.
- D Ourfaire ejleuer te aupar le courant d’vue riuiere,&Lafer. A ce de la pompe. f.
- Autre moyen de leuer l eau par le moyen d'vn ruijftau. u.
- Pour ejleuer vne eau de four ce ou de riuiere par la forte des ebe-uaux. i2.
- Plan de l’ortographie de U precedente machine ij.
- P our faire efeuer partie de teau d vnefource,cinq tuftx pieds haut ï4,
- CMachinefortfabtillepar laquelle les vatfeaux de lapreceden-te s euurent & ferrent deux mefmes ,par le moyen de ttau. iS-
- P surfaire vn or loge auec h cours d vne font aine naturelle laquellepourrafairefsn cours très tnjlefans tfirejubiecle a t-fin montes iournellement. ij,
- <Mutre maniéré d orologe d’eau. 17.
- Pour faire vn vaiffeau, auquel mettant dt leauparfercefer-tira puis apres auec grande violence il
- Pour contrefaire la voix des petits oifiaux par U moyen de le au cri air. A iL
- Pour adioujler au fufdit mouuement vn cigne,eu quelque autre oifeau, lequel boira autant d eau comme on luy donnera il Pour faire vne machine, laquelh aura mouuement de Jey mef me Jf.
- CMachine fort fuhtille par laquelle on pourra faire ejleuer vne eau dormante. 2>-
- Machine par laquelle ton pourra augmenter U force delàprecedente tt.
- Maniéré défaire le ciment pour cimenter Us verres aux viif-feaux, enforte que lair n’enpuiffefor tir 21
- Autre maniéré peur augmenter laforce de la fontaine precedente 12
- Pourfaire monter beaupar h moyen despompes & £vne rtut d eau. *3
- Orthographie dclaprecedente machine. 2it
- Machine par laquellel’onpourra par la fc rce d'vnt roue a tt*, faire fer du bois ,autc grande promptitude **
- cMachme de grandfèruice , propre pour percer des piptsdt bois. 2i
- umhi#
- j.b.
- puis chafcun d iceux retourne en fin lie.
- Jlny a rien a nomcsgneu de vuide.
- Autre demonflralion touchant le vuide.
- Jfuandl'eau mente par faute de vacuité, cefpour dfcendre plus bas que fenniueau. 3 b.
- L'eaunepeut monferpar fonpropremoyen fcen’efpour défi cendre plus bas quefoumucau.
- L’eau montera par aide dufeu plus haut q<tcfan niueau. 4.
- L'eau ne peut monterpar laide de l airfi ce uefi pour defceudte pim bas que fen niueau. ^.b.
- Domorfiratton de U hauteur que la machine de Heronepeut faire monter l’eau. 4. b.
- L'eau peut monter en haut par diuerfes machines conduites par faforce mefme,ou autre que cefine /.
- Aux machines propres pour l’eau, la pefanteur de ladite eaufi mefureparfahauteur. /.
- L’air pajje à trauers l’eau quandileftpreffé. j.b.
- Laforce du contrepots qui fait mouuoir vne balance efl proportionnéefuiuant fin eflongnement du point degrauité. s b.
- Si vn des bouts de la (ifjdite balance oufléau efl abafié lautre fi leutra & toutes les fufdit esparties mGuueront,enproportion dupoint degrauité. <7.
- Le temps de la motion sacorde auec le mouuement du contre-pois 6.b.
- lemouuementdu leuier s’acorde auec celuydela balance 6.b.
- Aux machines qui fifont a tirerfardeauxpar U moyen des pou-hesfilaforce efl double, l'on tirera 20. pieds de corde ,pour faire leuer le fardeau 10. pieds. 7.
- Aux roue dent thés,fi vn pignonfait S. tours ,pourfaire mouuoir vne roue dentelee vn tour cr que taxe de ladite roue fioit en diamettre comme U ditpignon, ladite axe leuer a S.fois autant que ledit pignon 7.
- Q
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- T able.
- Machinefort ncceffitire par laquelle Ion peut donner grand fecours aux maifons qui fereyenl enflambees. 2 7
- yiichtnt fortfubtile four tourner en ouaUe quelque chofe que fefoit. 29
- fourfaire ref refonter le chant d vn oifeati enfon naturel, far le moyen de leau. jo.
- four faire refrefenter fhfîeurs o 'feaux Ufquels chanteront dmerfement quand vne chouette fe tournera 'vers iceux,(fl quand ladite chouette fe retournera,ils cefferont de chanter. 3t-
- Machine par laquelle Ion refrefenter a 1me Galatee qui fera tramée fur leau par deux Daufens, allant en Igné droite, (flfe retournant etelle mefme cependant qùvn Ciclope ioue dejfus vnflaiolet. 32
- Machine par laquelle Ion reprefenttra lefin d vnflaiolet\ auec le cour s de leau. 34
- flan Ingnografique de lagrote de la Galatee definpte au ving-troifiefmeprôblefme, (fl celuy aufjïfourfaire louer leflaiol-letdef r 1 au 23.. probief me 33
- CMachinepar laquellefera reprefentè vnNef tune,lequel tournera circulairentent,a lenteur d'vne roche, auec quelques autres figures,le feue lies ietteront de leau en tournant. 3 6 Machine par laquelle Ion fera fonner vnieudorgués, parle moyen de leau. 37
- Machine par laquelle les feufflets de la precedente ,/èpourront haufferpour donner le vent aux tuyaux d orgues 38
- Reprefentation de la roue ntufiqualle, en plusgrandeforme, pourferuirauprobUfme 28. 3p.
- Machine hidrauliquepar laquelle des orgues pourront fonner ' auec leau fans aide de feufflets. 31
- Autre deffeing de laprecedente machine. 4 2
- Plan Ingnografique, de la precedente machine. 43
- Comme ilfaut construire la confeme a vent pour les machines hidrauliques. : 44
- Pourfairt vue machine admirable , laquelletfltintpnfeenu pied d vnefigure,iettera vnfin au leuer du Soleil, ou quai le Soleil donner a deffus,enfertequ ilfemblera que ladite figureface leitt fon. 43-
- ee>&«gjs}E
- TABLE DV SECOND LIVRE.
- de leau.
- Effiingd'vnegroteouilyauravn Sa-tyre,lequel louer a du flaiolet ,çr v-ne "Nymphe Efcho, laquelle r effondra aux cadences dudit Satyre , (fl oultre l’on pourra mettre quelques autres figures,pour ietter leau 1.
- Defleinqd vnegrote ou il y aura vne balle laquelle fe leutra parle moyen
- 2.
- "Deffeing de lafontaine du cupidon,ouily aura vne tourterelle qui boira autant d’eau, comme en luy donnera. 3.
- Deffeing d vne fontaine d'ordre ruflique 4.
- Dejfeiugd vne voliere aoifeaux auec quelques grotes dedans 7 Autre deffeing dvne autre voliere a otfeauxplusgrande,acom-pagnee d’vnpauillonau millieu. 8
- Planperffeclifdu precedent deffeing. ç.
- Dtfleing dvne montaigne au miltieu dvn iardin auec quelques
- grotes dedans. jô.
- Defleingdvne hauteterraffè acompagnee de quelques grotes pour mettre dans vn iardin. 11.
- "Deffeing duflenttfpice de lagrotefitueefur la terraffe du precedent deffeing 12.
- Deflèingd'vn montparnaffe,ou Ionpourrafaire quelques grotes dedans 13.
- Deffeingdvnejiguregrande reprefentante le mont Tmollus, 14.
- "DeffeingdelagrotedeTmollus. 13.
- Deffeing d’vne grande figure reprefentant vn feettue uf.
- Deffeing d vnegrote d’Orfee quifepourra faire dans la figure precedente. 17.
- Deffeing d'vne Tflrmphe qui ioue des orgues a laquelle vnEfe thoreflond. 18.
- Deffeing dvnefontaine proprepour vn Iardin 1p.
- Pour la conduite des eaux de fontaines. 2 0.
- TABLE DV TROISIESME LIVRE.
- ”T\ E l’inuention des machines hidrauliques fit-
- Ce qui efl requis pour lafabrique des orgues i.b.
- Comme il faut ietter le plomb (fl efiain pour la fabrique des orgues. 2.
- Inflrument pour faire le plombfort vny. 2.b.
- Comme il faut donner la mefkre au Diapafon I.
- Pour donner la mefure aux Siflefines bouchées 3-b
- Pour faire les Siflefines de tuyaux ouuerts 3 • h
- Pour faire Us Siflefines de tuyaux acheminée 4-
- De laproportion de la bouche des tuyaux 4 •
- De la proportion de la languette des tuyaux. 4 h
- Pour faire lepied des tuyaux 4. b
- Pour acorder les tuyaux d'orgues les vns auec Us autres 4. b De la conuenance des regidres Us vns auec les autres 3.
- DesPedalles 3.
- Du Sommier 3.b
- Du fommier ou font les regiflres 6. b
- Desporteuents 7.
- Des feufflets -r.
- Du tremblant 7. b
- Aucunes reigUs en general pour lafabrique des hidrauliques 7.b
- FIN.
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- b aùtes à corriger.
- y
- Fueillet i. ligne is- car tout autre feu ou chaleur, eflfubiecle a nourriture, & te qui eflJubiecl àpérir.
- Fueillet 3. ligne 2. quilfepeut voir que leau seBoit efùaporee. FuetUet 3. b. ligne 8 pour laijfer pajfer entre ledit bout Fueillet 6. ligne 1S. çr fait le milieu de ladite ligne, le point de grauitémarqué C. ligne 2 8. conre(pondant Fueillet ÿ. ligne 4-,/oupages Fueillet 12. b. ligne 22. bareils
- Fueillet 14- b. ligne 2 y. quand a la receur heure du tuyau K.
- Fueillet 18. b.ligne g. défaire des ouuresperpétuelles Le mefmejigne 18. ce (le dijpofltion naturelle cAuprob le/me 2 6. il y doit auoir
- Fueilkt 3g. b.trentiejme robinet Fueillet 42. b. ligne 17, pones en diamettre
- lifez car tout autre feu ou chaleur tflfubit fie a nourriture &ce qui ejlJubiecl a nourriture tftfubiett dperir. Lifez quilfepeut voir quel eau quis'efloitefuaporte.
- Lifez pour laijferpaffer l’eau entre ledit bout.
- C eh efl imprimé deuxfois & le faut lirejeulement vnt Lifez corre(pondant,
- Lifez foupape.
- Lifez barils
- Lifez quand alarecourbeuredu tuyau K, t lie tflfaite
- pour empefeher queleau du vaijjèau A. quandiUsi
- pUin,netembepar iceluy tuyau au vaijfeau B.
- L i Cez de faire des œuuresperpétuelles Lifez cefledijproportion
- Plan ingnograflque de lagrote de lagalateedeflrite au 24.pn-bkjme, (f celuy aujjtpourfaire iouer le fiai olet deferit au 2/. probkfme.
- Lifez troifle/merobinet Lifez pouces en diamettre
- fi (Pf3 *
- J
- Ici fuit le Siftelme ouOiapafon deicrit au 3. problefaie/
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