Descriptions des arts et métiers
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- L A R T
- DU TOURNEUR
- MÉCANICIEN.
- Par M. H ulo t Perc , Maître Tourneur Cf M.écamcien
- breveté du Roi,
- A Paris, fauxbourgS. Jacques, vis-à-vis la Paroljfi, ch^ M. Roubo, MMemifier.
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- PREMIERE PARTIE.
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- Nec Tiliæ levés, aut torno rafile Buxum,
- Non formam accipiunc 9 ferroque cayantur acuto,
- Virgiu Georg. IL
- M. DCC, h X XV.
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- COMTE D ARTOIS,
- FILS DE FRANCE, FRERE DU ROI.
- Monseigneur,
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- N.
- Honor ê par le Roi, Votre augufte Ayeul, d'un Brevet de Tourneur Mécanicien ; chargé, par fon ordre, de l'exécution de différentes machines relatives à l'Art du Tour, envoyées dans plujieurs Cours
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- Etrangères, pour fervir de monuments de la protection éclatante dont il honoroit les Arts ; admis aux travaux d’une des plus fav antes Académies de l’Europe , je n ambitionnois plus , en faifant part au Public du fruit de plus de quarante années d’expérience & de pratique, que de le faire paroître fous Vos glorieux & favorables aufpices : mais je naurois jamais ofé prétendre à un tel honneur , fi Votre bienfaifance , MONSEIGNEUR , n’eût rafiîiré ma timidité. A la faveur d’un Nom fi augufie & fi cher ,placé au frontifpice de cet Ouvrage ne crains plus de l’expofer aux yeux du Public éclairé. PuiJJe-t-il pajfer jufqu’à la pofiérité la plus reculée, y perpétuer la mémoire de Votre amour pour les Arts, de Votre bonté pour les Artifies , & l’hommage du très-profond refpecl avec lequel je fuis,
- MONSEIGNEUR,
- Votre très-humble 8c très-obéiflant feryiteur, Hulot Pere.
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- INTRODUCTION.
- Iï* en eft des Arts méçaniques, comme des Sciences; pour peu qu’on y fafle attention, on n’en voit point qui foient indépendants & entièrement ifolés : ils ont entr’eux certains rapports plus ou moins marqués , & ils s’aident mutuelle-* ment les uns les autres.
- L’Art du Tourneur, en particulier, eft, fans contre-dit, celui qui contribue davantage à la perfeélion des autres : il n’en eft prefqu’aucun qui n’ait befoirl de fon fecours ; j’ofè même affurer qu’il y en a plufîeurs à qui il eft indilpenfi-blement néceflàire*
- L Architeélure, par exemple, le met utilement en ulàge pour donner lâ perfeélion à la plupart des décorations, tant intérieures qu’extérieures, des grands Edifices: nos Templesnos Palais * nos Châteaux , nos Hôtels, nos Maifons de plaifànce , ne préfènteroient pas à nos yeux tant de beautés réui nies, fi l’Architeéle n’eût emprunté de l’Art du Tour, la régularité dans ces contours merveilleux qu’on admire dans les bafes & chapiteaux des Colonnes , dans les Baluftres , dans les Vafeo ou Urnes _ dans les Cadres ronds ou ovales ,
- en marbre, en pierre, en bois & autres matières, qui en font le principal ornement»
- N’eft-ce pas à l’Àrt du Tourneur que la conftruélion des ïnftruments de Mathématiques, d’Aftronomie , de Phyfique , d’Hydraulique , &c. doit fes plus eflentielles qualités ? Et que feroient ces ïnftruments, fans la précifion que nui autre moyen que le Tour ne fauroit leur procurer ?
- : L’Orfèvrerie y trouve des reflources infinies ; fans le fecours du Tourneur * ce feroit inutilement que l’Orfèvre tenteroit de nous donner ces Vafès facrés fi élégants, dont on fe ferc au Culte religieux ; ces beaux Chandeliers d’Autel , Sec. ces magnifiques Sur-touts de table, qui étalent toué ce que l’Art peut produire de plus riche & de plus orné, dont les parties tournées font la principale décoration ; cette Vaiffelle plate , unie & à contours , qu’on admire fiitf , la table des Princes ; ces Bijoux d’or & d’argent, dont le prix de l’ouvrage & du travail l'emporte fouvent fur celui de la matière* Les Diamants & les autres Pierres précieufes, ne peuvent être taillés ou gravés, tant en creux qu’en ronde-bofie, qu’avec le fecours du Tour*
- L Horlogerie , cet Art fi ingénieux , fi utile à la Société , doit beaucoup de' fa juftelfe à i’exaélitude du Tour ; fans fon fecours il feroit impoflible de donner , foit aux grofles Horloges qu’on place fur les grands Edifices publics , ou dans des Palais & Châteaux, foit aux ouvrages du même genre , qui font d’u-fàge dans l’intérieur des Maifons, comme Pendules d’appartements , Pendules d’obfervations & aftronomiques, Sc aux Montres de poche , cette précifion quî Tourneur, L Part. I. Secl. b
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- vj INTRODUCTION.
- «n faic tout le mérite. Il n eft pas jufqu’aux Calottes ovales ou rondes * qui enveloppent quelquefois leur mouvement,8cà leurs Boîtes même, qui n’aient befoin d’être tournées , 8c bien fouvent guillochées. Quelle main, fût-ce de l'Ouvrier le plus adroit & le plus exercé, pourroit fe flatter de fendre les roues de Montre 8c de Pendule, auffi bien 8c aufli jufte quune Machine deftî-née à cet ufàge l Quel compas aflez jufte pour les divifer dans des nombres qui varient à l’infini ; & cette Machine même, quel autre Artifte qu’un Tourneur Mécanicien oferoit l’entreprendre ?
- Le, Menuifier a recours au Tourneur pour les Cadres ronds ou ovales des Lambris 8c des Tableaux, 8c pour bien des Meubles. Le Serrurier , pour des ouvrages de prédfion & de propreté. L’Arquebufier, pour faire ajufter les Canons brifés, pour les Fufils & les Piftolets tournants. Le Fondeur, pour fes Modèles en bois, & pour réparer enfuite les Bronzes, qui, fans l’Art du Tour, refteroient bruts 8c irréguliers, ou qui du moins demanderoient beaucoup de temps pour devenir des ouvrages finis ; & certainement on doit compter pour beaucoup la promptitude d’exécution au moyen du Tour.
- Dans les Carrofles 8c autres Voitures , combien n’y a-t-il pas de pièces erï bois , d’autres en cuivre ou en fer, qui font tournées ?
- Les Manufactures de Soie , or 8c argent, ont un befoin indifpenfàble du Tourneur , pour les Cylindres en bronze & en acier, & pour d’autres pièces de Mécanique en tout genre , qu’il eft impoffible d’exécuter , du moins quant; aux principales parties, fans le fecours du Tourneur.
- L’Imprimerie en caractères, cet Art fi néceflàire pour perpétuer les Scient ces, ne peut s’en pafler pour les vis de fer des Preifes ; & celle en Taille^ douce , [qui multiplie les chefs-d’œuvre des plus grands Peintres, pour le$ Rouleaux. '
- Il eft donc inconteftable que le Tour eft d’une néceflïté abfolue pour l’exé-» cution d’un grand nombre de Machines fi fingulieres, 8c qui exigent une précifion 8c une perfection fi grandes, qu’il n’eft pas poflible d’y parvenir, à moins que l’Artifte ne joigne à beaucoup d’habileté , une exacte connoiflance de la Mécanique ; jè crois même pouvoir avancer qu’il doit être Mécanicien proprement dit, parce qu’en effet il fe trouve très-louve nt dans la néceffité de fabriquer des Inftruments nouveaux pour le Tour, félon que les circonftances l’exigent.
- D’ailleurs , pour peu qu’on foit verfé dans l’Art du Tour, on doit lavoir que les bois tendres qui font les plus propres & les plus néceflaires pour faire des Modèles de toutes fortes d’Inftruments, font aufli les plus difficiles à tourner, c’eft cependant for ces bois tendres que le Tourneur eft fouvent dans le cas d’opérer ; il doit par conféquent s’y exercer long-temps, pour parvenir à les travailler avec délicatefle & propreté : il ne doit point craindre d’y perdre fon temps ; la maniéré de les tourner lui fervira d’inftruélion & de principe certain
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- INTRODUCTION. vij
- pour faire les mêmes opérations fur l’or, l’argent, l’acier, & généralement fur tous les métaux 8c autres matières qui peuvent être du reflort du Tour.
- Il eft donc néceflàire qu’un Tourneur foit parfaitement inftruit des principes de Ion Art. Mais en quoi confiftent-ils l D’après ce que nous venons de dire, il eft aifé de comprendre que ces principes ne fe réduifent pas feulement à la fimpie connoiflance mécanique du Tourneur * mais qu’ils embraflent encore la connoiflance de prefque tous les éléments des autres Arts. Il y en à cependant qui lui font plus eflentiels les uns que les autres. De ce nombre $ font les notions générales de la Géométrie, de la Mécanique, dé la Statique j’ajoute même de T Architecture ; car il ne fauroit finir les différentes pièces relatives à ces Arts, ni donner de la grâce à les moulures s’il les ignore ; au lieu qu’à l’aide de ces différentes connoiflànces, il parviendra aifément à mettre dé l’ordre dans fes idées, 8c à marquer tous fes ouvrages au coin du bon goût & dé la perfeClion.
- Mais comme il arrivé prefque toujours que ceux qui font profeffion de ceü Art , n’ont ni le temps ni les moyens de fe procurer les Livres ou les Maîtres dont ils auroient befoin pour acquérir ces connoiflànces, j’ai cru ne pouvoir me difpenfer de donner en leur faveur, au commencement de ce Traité, un Abrégé de Géométrie & de Mécanique-pratique. Je ne ferai feulement qu’établir les principaux axiomes , fans entrer dans les démonftrations. A la faveur dé ce fecours, les jeunes Artiftes pourront, fans beaucoup de peiné, y trouver les principes généraux dont ils auront befoin dans le cours de leurs opérations : par-; là leurs ouvrages en deviendront plus exaCts 8c plus réguliers ; ils auront même l’avantage d’acquérir une certaine facilité qui les mettra en état de combiner leurs idées avec celles des perfbnnes qui fé préfèntent tràs-fouvent pour fairé exécuter fur le Tour des ouvrages de Mécanique, ce qui leur féroit impoflible y ou pour le moins très-difficile {ans ces connoiflànces.
- Je fais qu’il y a dans Paris des Tourneurs 9. qui fe font appliqués à l’étude des Sciences , & qui fe diftinguent dans leur Art ; mais le nombre n’en eft pas bled confidérable, en comparaifon de ceux qui ignorent, je ne dis pas feulement les termes des Sciences fl utiles, mais encore les véritables termes d’Atelier*1 C’eft pour ces derniers, & pour les encourager à l’étude, que je donne les principes généraux abfolument néceflàirés au Tourneur. Je le fais d’autant plus volontiers, que nous vivons dans un fiecle où les Artiftes fe difputent mutuellement la gloire de fe furpafler. Puifle cette noble émulation fe fou tenir long-temps * elle ne peut que contribuer de plus en plus à l’avantage 8>C aux progrès des Arts !
- Tout le monde fàit qu’on fait aujourd’hui fur le Tour, quantité d’ouvragés très-utiles 8c extrêmement curieux ; que bien des Amateurs attirés par les agréments qui en réfultent, ne dédaignent point de fe livrer à ce travail ; & qu’on voit même les plus grands Princes fe délafler de leurs occupations importantes^
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- vîl] INT RO DU CTI O M
- en fe livrant aux travaux du Tour : les Tours ou les Machines dont on fe fert »
- deviennent par-là des Inftruments de laderniere conféquence.
- Ces motifs, joints à 1 amour de leur propre gloire , me paroiflent aflez puif-lànts pour engager les Artiftes à s’efforcer de faire de jour en jour de nouveaux progrès, & pour porter ceux qui compofent ces fortes de Machines , à ne rien négliger pour leur donner la plus grande perfection. Mais qu’on n’oublie jamais qu’on ne peut y parvenir fans les fecours que fournirent la Géométrie, la Méchanique & la Statique, Sciences dont les principes font lumineuxcer-; tains & invariables , & qui * par conféquent, doivent nous fèrvir comme de flambeau pour nous guider dans l’Art du Tour ( * ).
- (*) J’ai éprouvé moi-même la nécefïité d’être tnftruit de ces principes de Mathématique ; j’en dois la connoiflance aux foins du célèbre M. Taillema, qui me les a communiqués avec zèle, moins comme un Maître que comme un Ami. Je
- faifis avec empreffement l’occalïon de rendre a fa mémoire, & aux encouragements du fleur Maubois, les hommages que je leur dois : voyez les notes page 202.
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- L’ART
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- L ART
- DU TOURNEUR
- MÉCANICIEN
- Par M. Mulot Pere, Maître Tourneur <SC Mécanicien
- breveté du Roi.
- PREMIERE PARTIE.
- CHAPITRE PREMIER.
- Abrégé de Géométrie Pratique, nécejfaire à l’Art du Tourneur;
- T. L a Géométrie eft Y Art de mefurer ; on la divilè en trois Parties, qui font^ la Longimétrie pour les lignes, la Planimétrîe pour les fiirfaces , & la Stéréo métrie pour les folides. Chacune de ces Parties a là théorie & là pratique ; je nç parlerai ici que de la pratique.
- Article Premier.1
- LONGIMÉTRIE;
- 2. La figure I repréfènte un If oint. Dans la pratique un point n’eft autre chofe *"». -
- que l'empreinte que Ton fait fur une fùrface en appuyant une pointe bien légère. ment. Le point eft confidéré comme la plus petite partie d’étendue dont on veuille ^ tenir compte : on ne met rien au-deffous; on ne lui fuppofe point de dimenlîons J il eft regardée comme indivifible.
- {Tourneur', /. Fart, /. Sccté
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- % TOURNEUR MÉCANICIEN, I Partie.
- y—»—? 3. Une Ligne dans la pratique eft la trace qu’on fait fur une furface en y coulant
- Planche légèrement une pointe ou un tranchant. Les traits A, B, Jïg. 2,3 & 4, font des lignes : on prend ordinairement la ligne pour une fuite de points qui fe touchent tous fans interruption ; car s’ils font féparés les uns des autres ils ne font que ce qu’on nomme ordinairement Ligne ponctuée.
- 4* Il y a trois fortes de lignes, la droite, la courbe 8c la mixte•
- La Ligne droite eft celle dont les points font tous dans la direélion du premier au dernier j en forte que fi on avoit l’œil fur le premier , 8c qu’on regardât le dernier, ils paraîtraient tous dans la même file , 8c fe trouveraient dans le même rayon vifuel: on voit une ligne droite dans le trait A B , fi g. 2.
- D’un point A> on ne peut mener à un point £ qu’une feule ligne droite AB* c’eft la plus courte qu’on puifle tirer entre ces deux points ; c’eft auffi la mefure de leur diftance.
- La Ligne courbe eft celle qui change de direction à chaque pas que fait l’inft trument qui la décrit 5 l’arc ACB9 fig. 3 , eft une ligne courbe.
- Deux points A 8c B 9 ne fùffifent pas pour déterminer la pofîtion d’une ligne courbe ; on en peut faire paffer plufieurs par ces deux points % comme A C B ÿ A D B, AE B y 8c qui feront de différentes courbures.
- On appelle Ligne mixte celle qui eft en partie droite & en partie courbe. Le? trait AB 9 fig. 4 eft une ligne mixte.
- Toutes les lignes droites font de la même efpece; elles ne diffèrent entr’ellés que par le plus ou le moins de longueur ; mais il y a plufieurs efpeces de lignes courbes. La circulaire eft celle dont je ferai le plus d’ufàge.
- y. La Ligne circulaire ou la circonférence du cercle, eft une courbe très-uni-* forme, qui a tous fes points également éloignés du milieu du cercle, qu’on appelle centre. AD B G, fig. 5 , eft la circonférence d’un cercle ; fon centre eft le point C.
- Une partie quelconque de la circonférence, comme AD y A G, B H, eft un arc de cercle ; 8c une droite B H, tirée d’une extrémité B, à l’autre extrémité H de l’arc B GH9 ou B D H 9 eft la corde de cet arc. Si la corde pafle par le centre, comme AC B, on l’appelle diamètre.
- 6. Toute droite CA, C B, CD, qui part du centre du cercle, & fe ter* mine à fà circonférence, s’appelle rayon ou de ml diamètre. Dans un même cercle les rayons font tous égaux ; les diamètres font auffi égaux entr’eux.
- 7. Lorfqu’une ligne EF 9 ne fait que toucher la circonférence, c’eft une? Tangente ; mais fi elle la coupe, comme E B ou F G , c’eft une Sécante.
- On doit conclure de ces définitions, qu’une corde eft toute dans le cercle ; qu’une tangente eft entièrement hors du cercle, & qu’une fécante eft en partie dans le cercle, & en partie dehors.
- 8. En rapprochant deux lignes l’une de l’autre, & examinant les differentes pofitions dont elles font fufceptibles, on trouve quelles peuvent être parallèles ou perpendiculaires > ou obliques*
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- ï, S E C TI O K j CîïAP. 2. Géométrie Pratique* %
- Elles font parallèles lorfqu elles confervent la même diftance dans toute leur -longueur ; ce qui convient non - feulement à deux droites A B, a b , fig* 6 , jnais encore à deux courbes AB, a b, fig 7.
- .Elles font perpendiculaires lorfqu elles fe rencontrent ou fe coupent, de façon que Tune ne penche fur l’autre d’aucun côté : telles font les lignes A B, CD $ fig. 11 & 12.
- Enfin elles font obliques lorfque lune s’incline fur l’autre, comme ab,ac, fig. 18 , ou fur fon prolongement, comme e f, fg, fig. 19.
- 9. Les lignes prennent auffi différentes dénominations par rapport aux cercles de la fphère ; ainfi on dit d’une ligne , qu’elle eft horizontale ou de niveau lorf* qu’elle efi parallèle à l’horizon : on dit au contraire qu’elle eft verticale ou d’d~ plomb lorfqu’elle eft parallèle à un vertical, ou perpendiculaire à l’horizon. La direction du fil d’un poids , fig. 8 , qu’on laifle pendre bien librement, eft verticale ou d3à-plomb ; & une ligne , qu’on fuppoferoit perpendiculaire à ce fil, fèroit horizontale ou de niveau ; telle eft la furface d’un liquide, que rien ne gêne , & qui eft bien tranquille.
- 10. Une ligne étant donnée , on peut demander qu’on lui mene une parallèle à volonté. On peut aufli fixer le point par lequel on veut que paffe cette parallèle ;
- il en eft de même pour une perpendiculaire : ce font différents cas „ que j’aurai foin de diftinguer dans la pratique.
- 11. Tracer des parallèles*
- I. Cas. On propofe de tirer à volonté une parallèle G H, à une ligne donnée AB, fig. 9.
- De deux points A & B, pris fur cette ligne, décrivez avec une même ou-? verture de compas deux arcs en c & en d ; tirez la droite GH, qui ne fafiè quel rafer ces deux arcs c, d; cette ligne G H fera parallèle à A B.
- II. Cas. Par un point donné C, il faut mener une droite CD, parallèle à une Jignedonnée A B,fig. 10.
- Du point donné C, décrivez à volonté un arc B D ; du point B, décrivez avec B C, l’arc A C; prenez la diftance A C, portez-la de B en D , en y traçant un petit arc ; tirez la droite C D, elle fera parallèle \ AB.
- 12. Tirer des perpendiculaires.
- I. Cas. Etant donnée une droite AB, lui élever une perpendiculaire CD, £ iun point C, indiqué fur cette ligne, fig. ir.
- Prenez à diferétion une ouverture de compas pour faire deux intervalles égaux CA, CB 1 le compas étant un peu plus ouvert, décrivez d’abord d e A, enfuite de B, deux arcs qui fe coupent en D ; de l’interfeélion D, menez au point G la droite CD, qui fera perpendiculaire à AB.
- II. Cas. Tirer une perpendiculaire C D, à une ligne donnée AB, qui H divife en deux parties égales, fig. 12.
- Avec une ouverture de compas , plus grande que la moitié do AB,
- Planche
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- Planche
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- 4 TOUR NE U R MÉ CANlCIEN, I. Partie
- décrivez de l'extrémité A , puis de l'extrémité B , quatre arcs de cercle qui fe coupent en C 8c en D deiïus & deflous la ligne A B ; menez par les interfec-* tions C & D la droite C D, vous aurez une perpendiculaire à A B qui la cou^ pera en deux parties égales.
- III. Cas. Elever une perpendiculaire AE à l'extrémité A d'une droite AB, jh- r3-
- D’un point C, pris à volonté hors de la ligne AB, décrivez par l'extrémité A) l'arc de cercle D A El menez par le centre C, 8c le point D, où cet arc coupe A B, le diamètre D C E ; & du point A, tirez au point E la droite AE ; ce fera la perpendiculaire demandée.
- Autre Maniéré;
- Ï)e l'extrémité A décrivez un arc de cercle g h m, fig. 14 ; avec le même tayon A g, décrivez de g l'arc a h, de A l'arc A mn , & de m l'arc h n ; ces deux derniers arcs fe coupent en /z : menez à cette SeéUon la droite An , elle fera perpendiculaire à AB*
- 13. Elever une perpendiculaire a un arc de cercle.
- I. Cas. Lorfque le point C, fur lequel il faut élever la perpendiculaire neft pas à l’extrémité de l'arc A C B, fig. iy.
- Ayant mis une pointe du compas au point C, marquez avec l'autre pointe, ïàns changer d'ouverture , deux points A 8c B; de ces points A 8c B décrivez deux arcs qui fe coupent en D , menez CD , qui fera perpendiculaire à l'arc A C B,
- II. Cas. Lorfqu'on veut élever une perpendiculaire B g du point B , qui ;eft à l'extrémité de l'arc AB, fig. 16.
- Portez trois fois fur cet arc une même ouverture de compas de B en c j dq c en d, 8c de d en A ; élevez en c une perpendiculaire c g, en faifànt deux arcs qui fe coupent en e, comme au premier cas ; élevez de même Une perpendiculaire en d, par le moyen des deux arcs qui fe coupent en/; du point g où fe coupent les rayons c g, d g, menez g B, vous aurez la perpendiculaire requife.
- 14. Lorfque deux lignes A B , AC, fig. 17, concourent en un même point A, elles font un angle B A C. Il y a trois chofes à diftinguer dans un angle, fes deux jambes ou côtés A B ,AC\ fcn fimmet A & fon ouverture B AC.
- On défigne un angle , quelquefois par la feule lettre qui eft à fon fomtnet J quelquefois auffi par trois lettres, 8c alors celle du fommec doit être au milieu ; ainlî pour cette figure 17 , on peut dire l'angle A ou l’angle BAC, ou enfin i'angle CAB.
- Il peut arriver que les deux côtés d'un angle foient deux lignes droites ,
- ?7 > *$919 r ou SP'to f°ient <*eux lignes courbes, fg% zo t ou enfin qu’un
- côte
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- I. Section, Chap. I. Géométrie Pratique; $
- côté foit «ne ligne droite Sc l’autre une ligne courbe,/g. 2.1. Dans le premier cas l'angle eft rectiligne , dans le fécond il eft curviligne, Sc dans le troifteme il eft mixtiligne.
- Quand on parle d’un angle tout Amplement, on entend toujours un angle reétiligne.
- iy. La grandeur d un angle dépend de fon ouverture 3c non pas de fes côtés ; Tangle FC G ,fig. 26, eft auffi grand que l’angle E CD.
- Pour bien comprendre ce que c’eft que la valeur dun angle , il faut lavoir que les Géomètres font convenus de divifer toute circonférence de cercle * grande ou petite , en 360 parties égales , qu’ils appellent degrés ; & de fous-divifer chaque degré en 60 minutes ; chaque minute en 60 fécondés ; chaque fécondé en 60 tierces, Sc ainft de fuite, en continuant toujours les fous-diviftons par 60.
- Suivant cette convention, le cercle entier a 360 degrés, le demi-cercle 180? le quart de cercle 90, Scc. Il y a des Agnes pour indiquer en abrégé les degrés Sc leurs parties ; par exemple, pour exprimer j6 degrés, 54 minutes, 32 fécondes , 10 tierces ; on écrit j6 d ou j6° ^4', 32", io'".
- 16. Pour trouver la grandeur d’un angle B AC, fig. 2 fi de fbn fommet A? on décriroit un demi-cercle, on le diviferoit en 180% on examîneroit combien il y ade degrés dans Taro J? 71 ^ compris entre les côtés de cet angle , Sc s'il y avoit, par exemple , yo° dans l’arc B D, on diroit que l’angle B A C eft de
- y o° ; de forte que la mefure dun angle eft l’arc de cercle , décrit de fon fommet Sc compris entre fes côtés*
- jj. Les deux côtés d’un angle F Y, VZ,fig. 23, à force de s’ouvrir, deviennent enAn une ligne droite X Y, Sc ne font plus d’angle ; alors, l’arc compris entre ces deux côtés, ainA ouverts XZ Y, eft de 180° ; ce qui fait voir qu’un angle, quelque grand qu’il foit, a toujours moins de 180% & que par confé-quent un demi-cercle gradué , ou divifé en î8o° , fufBt pour mefurer tous les angles poffibles.
- 18. Ce demi-cercle s’appelle Rapporteur : il eft repréfenté fig. 23 & 2$: On le fait ordinairement d’argent , de cuivre ou de corne ; il n’a point de grandeur déterminée ; fon ufàge eft pour trouver la grandeur d’un angle & pour faire un angle d’une grandeur donnée.
- Quoique la grandeur d’un angle foit aflez déterminée > en difànt qu’il a tant de degrés, tant de minutes, & c. Il y a cependant trois dénominations plus générales quil eft bon de lavoir, On dit, qu’un angle GF H, fig. 27, eft droit y lorfqu’ii a 90° ; qu un angle LIM, fig. ^8 , eft aigu 9 lorfqu’il a moins de ço°; Sc qu’un angle NO P, fig. 29 eft obtus lorfqu’il a plus de $>o°.
- jÿ. Mefurer un angle donné.
- On demande la valeur de l’angle B AC, fig. 2 fi
- Prenez un rapporteur XYZ,fig. 23, mettez fon centre F, bien exaélement Tourneur, L Part, 1. Sech B
- Planche
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- Ü TOURNEUR MÊCA NI CIEN, I. Partie. fur le fommet A, de l’angle B AC, fig. 25 ; faites tomber en même-temps le Planche ray0n y Y fur le côté AB ,8c comptez les degrés de l’arc B D, compris entre les côtés AB, AC; vous trouverez, par exemple, qu’il y a yo°, concluez-en que l’angle B A C eft de yo°.
- Si les côtés étoient trop petits, Ü faudrait les prolonger avant de mefureï l’angle,
- 20. Faire un angle d’une grandeur requifè.
- Sur une ligne C JD, fig. 26 , on voudrait faire au point C un angle de 40°.
- Mettez votre rapporteur, fig. 23 , de façon que le centre V fe trouve en C, & que le rayon VY foit fur CD , comptez depuis Y 40°, & marquez le point H, où tombe le 40e de C, menez par ce point H la droite CE, vous aurez l’angle DCE de 4°°*
- 21. Divifer une ligne en autant de parties égales qu’on voudra;
- On propofe de divifer la ligne A B , fig. 22, en fix parties égales.
- Par l’extrémité A , tirez à volonté une ligne indéfinie A C , faifant un angle quelconque avec A B ; menez par l’autre extrémité B la droite B D , parallèle à. AC; pour cela vous pourrez faire l’arc A D égal à l’arc B C 8c l’angle AB D, égal à l’angle BAC; prenez à difcrétion fix parties A e,efi &c. Sur A C portez les mêmes parties fiir R Ti , J* S en *> , de r en q , &c. De l’extrémité A, menez Am\ la fixieme partie, tirez enfuite par chaque 'divifion correfpondante les parallèles en, fo, &c. elles diyiferont la droite A B, en fix parties égales aux points S, ,T, U, & c.
- 22. Divifer un angle bac, fig. 18, en deux parties égales'.
- Du fommet a, comme centre , décrivez avec un rayon quelconque un arc D E entre les deux côtés a b, a c de l’angle donné bac; de D, & enfuite de E, tracez deux arcs qui fè coupent en F; menez du fommet a, par l’interfecr tion F, la droite a F, elle divifera en deux parties égales l’angle bac.
- Par la même méthode on peut divifer chaque moitié ca F, ba F, en deux autres, & ainfi de fuite ; de forte qu’on peut divifer un angle en 2,4,8, &c , parties égales ; mais pour le divifer en 3, 5,7, &c. le moyen le plus court efE de chercher en tâtonnant à divifer l’arc D E en 3,5, 7, &c. & de tirer des rayons par chaque divifion.
- 23. Trouver la circonférence d’un cercle donné.
- Suppofons que ce cercle ait 4 pouces y lignes, ou y 3 lignes de diamètre;
- Ecrivez d’abord 314, multipliez le diamètre par y 3, le produit fera 16642 ; retranchez les deux derniers chiffres, & s’ils font moindres que yo, comme dans cet exemple, prenez les autres chiffres 166 lignes pour la circonférences
- Autre exemple. Un cercle a 2 pouces 1 ligne ou 2y lignes de diamètre j quelle eft fà circonférence ?
- Multipliez 314 par 2y , le produit y8^o fera voir, que la circonférence
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- I. S e c t ro N, Chap. I. Géométrie Pratique. 7
- aura 78 t %nes » Parce 4ue les deux derniers chiffres 50 qu il faut retrancher ! —
- lignes font t/ô , ou f. Planche
- IIIe Exemple. Le diamètre d'un cercle eft de 3 pouces 5 lignes, ou de 42 lignes ; on demande combien là circonférence a de longueur ?
- Multipliez 314 par 42 , il viendra 13188 pour produit: retranchez les deux derniers chiffres 88 ; mais , parce qu’ils font plus grands que yo , ajoutez r aurefte 131, vous aurez 132 lignes ou n pouces , pour la circonférence cherchée,
- 24, Il y a trois fameux rapports du diamètre à la circonférence ; celui d’Archimède de 7 à 22 ; celui de Métius de 113 à , & celui de Ludol**; phe Van-Ceulen de 100 à 314 : ( je ne prends que les premiers chiffres de ce derniers ) celui de 100 à 314 eft plus facile dans la pratique, parce qu’il n’y a pas de divifion à faire ; c’eft ce qui m’a engagé à le préférer aux deux autres;
- ay. La figure 24 repréfente une Spirale ou Volute ; c’eft une courbe qui tourne autour d’un centre , en s’en éloignant toujours de plus en plus : il y a plufieurs elpeces de fpirales. Je ne parlerai que de celle qui eft la plus facile * yoici là delcription.
- 0.6. Décrire une fpirale.
- Sur une ligne A B, d’une longueur déterminée , on veut décrire une fpirale
- qui ait 4 Jp 'tres OU * évolutions entierpe.
- Prenez la moitié de AB, par exemple c B ; diyifez cette moitié c B en quatre parties égales, aux points defB, (parce quon veut que la lpirale ait quatre fpîres ) ; cherchez le milieu g de la première partie cd\ les points g- & c feront les deux centres, defquels vous décrirez fucceffivement des demi-cercles deflùs & deffous la ligne A B, avec les rayons g- c, c d, gh,ce, gi} cfig l, c B,
- Article Second.
- PLANIMÉTRIE.
- Les Géomètres appellent Figure un efpace qui eft fermé de toute part, 1 --‘
- foit que les termes foient des lignes, foit qu’ils foient des furfaces. La Plani- - I>I-ANCHE métrie traite des figures, terminées par des lignes.
- Il faut au moins 3 lignes droites pour renfermer un elpace; c’eft pourquoi le Triangle eft la plus fimple des figures, qui font terminées par des lignes droites.
- 38. Dans un triangle il y a trois côtés & trois angles.
- Par rapport aux côtés , un triangle eft équilatéral, fig. r, lorlque ûs trois côtés font égaux : il eft ifofiele, fig. 1, lorfqu’il a deux côtés égaux ; & il eft fcalent, fig. 3 , lorfque fes côtés font tous inégaux.
- Par rapport aux angles, un triangle eft rectangle tfig. 3 , lorfqu’il a un angle droit A; il e& ambligone, fig. 4 , lorfqu’il a un angle obtus Ci ôç il eft
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- Planche
- S TOURNEUR MÉCANICIEN,!* Partie.
- vxlgonc, fig* J*, lorfque fes angles font tous trois aigus.
- ap. Faire un triangle équilatéral ABC, Jur une ligne donnée B C, fig* I, Ouvrez votre compas de l'intervalle B C; de B, & enfuite de C, décrivez avec cette ouverture deux arcs de cercle B A, CA, qui fe coupent en A ; de cette interfeétïon A, menez aux extrémités B Sc C, les lignes A B , AC; vous
- aurez le triangle A B C, équilatéral & fait fur B C*
- 50. Confiruire un triangle ifofeele fur une bafe donnée B C , fig. 2,
- Avec une ouverture de compas, plus grande que la moitié de B C, décrivez des extrémités B Sc C, deux arcs, qui fe coupent par exemple en A; de A tirez A B Sc AC, le triangle ABC fera ifofeele.
- 31. Sur une Ligne AB, fig. 3 , faire un triangle ABC, qui ait deux ungles donnés; par exemple, Iangle A , de ço°, & Iangle B de 46°.
- Faites l’angle A de Sc l’angle B de 46°, le triangle ABC fera tel qu’on l'a demandé.
- 32. Dans tout triangle , la fomme des trois angles efi toujours de 180°; c efi: pourquoi on ne peut pas demander qu’un triangle ait trois angles qui faffent plus ou moins de 180°.
- 33. Après le triangle, la figure la plus fimple eft celle dequatre côtés Sc dé quatre angles : on l’appelle Quadrilatère ou Tétragone. Elle prend différents noms , fùlvant la pofition & l’égalité ou l’inégalité d^ fes cotésj
- Un Quadrilatère, dont les côtésoppofés AB, CD, fig. 6 7, & 8,
- A D y B C, font parallèles, s’appelle Parallélogramme : il y; en a de quatre
- cfpeces.
- Le Rectangle, qui a fes côtés contigus perpendiculaires, ou à angles droits j jg. 66-7.
- Le Quarré,"dont les côtés font perpendiculaires 8c égaux ,fig. 6.
- Le Rhomboïde, qui a fes côtés obliques & inégaux ; A mBl, PI, r ,fig. 22, eft un rhomboïde.
- Et le Rhombe, ou Losange, dont les côtés font obliques & égaux, PI, 2 ï fig. 8.
- Les autres Quadrilatères font le Trapeie,fig. 9, qui a deux côtés AB, CD, parallèles, mais inégaux; & le Trape{o'ide, fig. 10, qui n’a point de côtés parallèles.
- 34. Dans tous les Quadrilatères, on appelle Diagonale une ligne A C,fig. 6 & 7 , qui traverfe la figure , en palfant d’un angle à l’autre qui lui eft joppofé.
- 35. Les autres figures ont différents noms ; fuivant le nombre de leurs
- Côtés Sc de/leurs angles.
- Le Pentagone a ; ; ^ côtés ( fig.
- Il Hexagone en a . : 6 (fig* 16» )
- VEptagone s „• 7 (fig. 17. ) ;v-
- IdOclogonc
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- L Sect ion, Chap. ï. Géométrie Pratique* 9
- ‘L3 Octogone . . . 8 côtés (fig. ï8.)
- L’Ennéagone . . • * 9 (fig ip. )
- Le Décagone. . . 10 (fig 20. )
- LEndécagone . . xx (fig 21. )
- Le Dodécagone . . . 12 (fig 22.)
- Le Pente'décagone • . if
- L3Ecatogone . . . 100
- Le Chiliogone . xooo
- Le Myriogone . 10000
- On dit en général des autres figures que ce font des Polygones d*un certain nombre de côtés ; par exemple, fi une figure a vingt côtés, on dit que c’eft un polygone de 2.0 cotés.
- 36. Pour quunpolygone foie régulier, il doit avoir non-feulement fes côtés, mais encore fos angles égaux entr’eux ; fans cela le polygone eft irrégulier.
- 37. On appelle Cercles concentriques A, B 9fig. 11 , ceux qui ont le même centre ; & Cercles excentriques , A B C y ADEy fig. 12, ceux qui ont des centres différents 3 & dont les circonférences ne font pas parallèles : cela pourroit fè dire auffi d3 autres figures que des cercles.
- 38. Inficrire a un cercle donné un polygone régulier ? depuis le triangle jufiqu au dodécagone.
- La folution de ce problème confifte en général à divifer la circonférence du cercle donné , en autant de parties égales, que le polygone qu’on veut f informe a de côtés, & à tirer des cordes de chacune de ces divifions à celle .qui efl: la plus prochaine.
- 39. Pour le Triangle y fig. 13;
- D’un point A 9 pris fur la circonférence , décrivez avec le rayon A C i l’arc C B D ; il coupera la circonférence aux points C 6c D % portez le rayon A B , deux Fois fur la circonférence de C en E, ou de D en E , & tirez les trois cordes C D 9 C E 9 D E : elles formeront le triangle régulier inforit C D E*
- 40. Pour le Quarré y fig. 14.
- Tirez à volonté un diamètre CD; de fes extrémités C 8c Z>, décrivez avec une même ouverture de compas des arcs qui fo coupent en E Sc en F y deffus & deflous le diamètre CD; menez par c es interfeélions E & F 9 le diamètre AB, qui fera perpendiculaire à C D ; tirez par les extrémités de ces diamètres les quatres cordes A .C$ A D 3 B C 9 B D 1 vous aurez inforit le quarré AB CD*
- 41. Pour le Pentagone y fig. 15*.
- Menez deux diamètres perpendiculaires À B 9 CD ; divifozle rayon CE ; en deux parties égales au point F ; de F 8c de l’intervalle FA 9 décrivez Tare AG; & de A avec AG , l’arc GH9 portez cette ouverture de compas Tourneur , L Paru L Secl, C
- Planche
- &%
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- I© TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie;
- AHy fur la circonférence ; elle la divisera en cinq parties égales; menez des cordes par ces divifions, elles vous donneront le pentagone requis.
- 42. Pour U Exagone, fig* x6. v
- Prenez le rayon du cercle ; portez-le fur la circonférence de A en B , en
- C, en D 9 en E 8c en F ; menez AB, B C, CD 98cc : l’exagone fera infcrit.
- 43. Pour l’Eptagone 9 fig. 17.
- D’un point B, pris fur la circonférence , décrivez avec le rayon B C, Tare K C L ; tirez la corde & le rayon 5 C ; il coupera la corde KL y
- en deux parties égaies au point G; prenez la moitié G K ou LG ; portez-la fur la circonférence de A en F, en D , &c : elle vous donnera fept divifions, par le moyen defquelles vous achèverez votre eptagone.
- 44. Pour VOctogone, fig. 18,
- Divifez la circonférence du cercle, d’abord en quatre parties égales, en tirant deux diamètres perpendiculaires AB y CD y comme pour le quarré (4°) ; enfuite en huit parties égales, en foufdivifant en deux également chaque quart de cercle AC, AD, BC, BD (22 ) , tirez les cordes AF, FD , Sec.
- Pour VEnniagone 9 fig. ip.
- D’un point B9 de la circonférence, décrivez avec le rayon A B y Tare CA D ^ par les points C 8c D 9 où il coupe la circonférence , menez la doitevC2? , indéfinie du côté de C ; portez le rayon AB y de E en F ; de E y décrivez avec E F y l’arc F G y 8c de F 9 l’arc E G ; tirez la droite A G, elle coupera la circonférence en H ; prenez la diftance CH ; portez-la le long de la circonférence de C en H, en I, en K, 8cc : vous aurez neuf divifions , par lefquelles vous tirerez les cordes CH, HI >1K ,Scc, 8c l’ennéagone fera infcrit.
- 46. Pour le Décagone, fig. 20.
- Divifez la circonférence du cercle en cinq arcs égaux, comme pour le pentagone ( 41 ) ; Ibufdivifez enfuite chacun de ces arcs en deux parties égales, ou bien portez E G dq A en 19 en H, en K, &c ; il fè trouvera dix fois fur toute la circonférence.
- 47. Pour VEndécagone, fig. 21*
- Tirez le rayon ABf divifez-le en deux parties égales au point C; de A y 8c enfuite de C y décrivez avec A C9 deux arcs AD y CD, qui fe coupent en Z); du point Ey où CDE coupe la circonférence, décrivez avec ED, l’arc DG; prenez la diftance CG9 8c portez-la fur la circonférence de G en R, en Q, en P , &c : elle vous donnera onze divifions par lef* quelles vous inferirez l’Endécagone.
- 48. Pour le Dodécagone , fig. 22.
- Portez le rayon AB, le long de la circonférence, il la diyifera en fîx
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- tassa
- I. Section, Chap. T. Géométrie Pratique* ïr
- arcs égaux ; comme pour l’hexagone ( 42 ) ; coupçz un de ces arcs A D , en deux également au point/’; pour cela, décrivez de A 8c de D , deux arcs, qui fe coupent en E , & tirez du centre B , la droite B E ; portez AF 9 de D en H, de / en K, &c:la circonférence fe trouvera divifée en j 2 parties égales.
- 49. Décrire une eilipfe'mathématique ACBD, fig. 23 , dont les deux axes A B CD, foient donnés fe coupant a angles droits ÔC en deux parties égales au point G.
- Prenez A G, moitié du grand axe AB, avec un compas ou un cordeau ; portez cette moitié AG, de Cen E 8c en F, ces deux points feront les foyers de l’ellipfe; mettez à ces foyers E 8c F, deux piquets ou deux pointes quelconques ; attachez-y les extrémités d’un cordeau qui foit d’une longueur égale au grand axe AB, ou a E CF; faites gliffer une pointe le long & en dedans de ce cordeau, en le tenant toujours également tendu: elle tracera la courbe AC B D, qu’on appelle ordinairement V Eilipfe du Jardinier, parce que c’eft la méthode dont fe fervent les Jardiniers pour faire une eilipfe.
- Remarque. En laiflànt les mêmes foyers E, F, on pourroit faire des ellipfès différentes, fi on fe fervoit d’un cordeau plus ou moins long. On pourroit auflî en faire avec le même cordeau , ü on changeoit la diftance de ces foyers#
- 5°. Tracer un ovale Jîir un axe •J.orirté A. B 2,
- Divifez l’axe AB, en trois parties égales AC, CD , B D ; des points G 8c D , & de l’intervalle A C, décrivez les cercles AE F, BEF ; par leurs interfeélions E, F ,8c par les centres C ,D , menez les droites E H, E K , F G ,F I ; àeE 8c enfui te de F, avec l’intervalle EK ou F G, décrivez les arcs H K , G h la courbe A H K BIG, fera l’ovale demandé.
- yi. U eft bon de remarquer qu’on peut décrire un ovale fur une ligne AB, fans la divifer en trois parties égales. Il fuffit de prendre à volonté fur A B , deux parties égales AC 8c B D, ou C L 8c D L ; d’en prendre aufii deux autres égales LE, LF, de tirer par les quatre points C, D, E, F, les lignes E H, E K, F G , FI, 8c de décrire l’ovale comme auparavant des / centres C, D, E, F.
- 52. Décrire un ovale aebe , fig. 23*, fur deux axes donnés a b 3 ce, qui fe coupent au centre d , a angles droits & en deux parties égales.
- Prenez le petit demi-axe cd, 8c portez-le de b en e ; divifez de", en deux parties égales, & portez une de ces parties de d en f; prenez le milieu g de ef ; de g, décrivez fur ef le demi-cercle e hf ; faites f l égal à fh, 8c di égal à dl ; de l, avec le rayon al, décrivez l’arc nan, 8c de i, l’arc p bp, de façon qu’avec la même ouverture al, vous décriviez de a , des arcs en n, n, 8c àe b, des arcs en p,p ; de n 8c de p , faites , avec la diftance np, des arcs qui fe coupent aux points 00 ; décrivez des points 00, les arcs np: ils achèveront l’ovale demandé aebe*
- Planche
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- «a—ujagaas!
- Planche
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- ia TOURNEUR MÉCANICIEN y I. Partie.
- 53. Méthode générale pour faire un polygone régulier, depuis V hexagone jufquau dodécagone, qui ait pour côté une ligne donnée AB, fig. 1.
- Coupez la lignez AB, en deux parties égales au point O; de A & de .B, décrivez avec l'intervalle AB y les arcs AC, B C; de O, menez par leur interfeélion C, la perpendiculaire 01 ; divifèz l'arc A C % en fix parties égales aux points 1,2, 3 , &c ; du point C, décrivez par chaque divifion les arcs 1 D, 2 E, 3F, &c: ils vous donneront fur CI y les points D * E y F y G y H y I y pour les centres de l'eptagone , de l’oélogone, de l’ennéa-gone, &c. Exemple :
- ^4. Si on demande un eptagone qui ait A B pour côté.
- Décrivez un cercle du centre D y par le point A ; portez A B , le long de la circonférence de ce cercle ; cette ligne AB y s'y trouvera fept fois»
- 5 J. Si cefi un octogone quon veuille décrire.
- Prenez le point E, pour le centre du cercle que vous décrirez avec E A ; fa circonférence fera divifée par huit cordes contiguës, égales \AB.
- 56. Si Von veut un ennéagone.
- Le point F, fera le centre du cercle; & ainfî des autres, comme on le Voit allez dans la figure*
- 57. Sur une ligne droite donnée AB, conftruire tel polygone régulier quon youdra 9 depuis celui de juj^ud eelul de ^4 côtés y fig. a.
- Coupez AB y en deux parties égales au point E ; de A & de B, décrivez avec AB y les arcs AC y B C9 quife coupent en C; menez ECI; divifez l'arc AC y en douze parties égales ; de C décrivez par chaque divifion des arcs qui vous donneront fur CI y des points comme O G H; de chacun de ces points, décrivez par le point A, d'autres arcs qui marqueront fur HI, les centres des polygones demandés*
- Par exemple , fi vous voule% un pentédécagone ou un polygone de 1 côtés y comptez 12 fur C9 13 fur le point le plus prochain, 14 fur le point fuivant & 15 fur le point O ; de ce point O, décrivez l'arc ABF; enfuite du point F y décrivez le cercle A B 1 j1 ; portez AB, fur la circonférence du cercle AB 15 , pour voir combien il y eft contenu de fois , vous l'y trouverez iy fois ; tirez des cordes de chaque divifion à fa plus prochaine, & vous aurez un pentédécagone régulier, dont la ligne A B, fera le côté : il en eft de même des autres.
- Au refte, ces méthodes ne font bonnes que dans la pratique , & à les examiner en toute rigueur on y trouveroit quelque chofe à redire.
- 58. Circonfaire un quarré d un cercle donné ACBD, fig. 3.
- Tirez d'abord un diamètre A B, enfuite un autre diamètre CD, qui lui foit perpendiculaire ; des quatre extrémités A, B, C yD > de ces deux diamètres, décrivez avec le rayon A O , quatre arcs qui fe coupent aux points E, F9 Gy Hy menez par ces interférions les droites EF, F G f GH, EH:
- elles
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- I. Section, Chap. I. Géométrie Pratique.* 13
- elles formeront le quarré EF GH , circonfcrit au cercle donné ABCD.~
- yp. Circonfcrire un pentagone régulier a un cercle donné, fig. 4.
- Infcrivez d’abord à ce cercle un pentagone ABCDE (41:) ; menez du centre F, par le milieu de chaque côté de ce pentagone, les droites F 0, F P, F Q, F R, FS, & un rayon FC, à l’un de fes angles ; tirez par C, une perpendiculaire O S, au rayon CF, ou une tangente au point C; elle coupera FO au point O; de F, décrivez avec FO le cercle O QS ; 8c par ces points O, P, Q, R, S, où il coupe les lignes FO, F P, F Q 9 FR, FS, menez les lignes OP, PQ,QR, RS, OS, qui feront le pentagone demandé.
- 60. Circonfcrire a un cercle un polygone régulier quelconque , par exemple, un hexagone , fig. J.
- Infcrivez au cercle le polygone demandé, par exemple, un hexagone BCD EFG (4 2) ; prolongez-en deux côtés CD, FF, jufqu’àleur rencontre Ff; divifèz les angles DE H, EDH, en deux parties égales par les droites El, D I; du centre A, décrivez par le point I, le cercle I M O ; menez auffi du centre A, par le milieu de chaque côté, les droites AL, AM, AN, A O, AP, & tirez IL, LM, MN, NO, OP,PI,
- qui feront le polygone requis /LMNOP.
- 61. Etant donné un quarré ABC , fîg. <$ , faire un quarré qui foit double, triple, SCc.
- Prolongez un côté B C en D, portez Ai de B en 2, A 2 de B en 3 A 3 de B en 4, A4, de B en y, & ainfi de fuite : alors B 2 fera le côté du quarré double du quarré ABC ; B 3 fera le côté du quarré triple, B 4 le côté du quarré quadruple, & c.
- Si AB ou FC avoit été le diamètre d’un cercle, (en fuppofànt AB perpendiculaire à F C ) on auroit trouvé de la même maniéré F 2, diamètre d’un cercle double, F 3 diamètre d’un cercle triple, &c ; j’entends double , triple , & c, en furface. Ce feroit la même chofe pour toute autre figure femblabie ; c eft-à-dire, pour des pentagones, des hexagones, &c, femblables,
- Article Troisième.
- 6
- ** ; * / \
- STÉRÉOMÉTRIE.
- 62. Les figures dont je viens de parler font terminées par des lignes ; celles qui font l’objet de la Stéréométrie ont des fùrfaces pour enveloppes : ces figures s’appellent Corps ou Solides. Il y en a trois principaux, les Prifmes, les Pyramides & le Globe.
- 63. On appelle Prifmes tous les corps qui ont deux bafès parallèles & égales , & dont l’épaiflèur eft égale d’une bafe à l’autre. Un prifme eft
- Tourneur , L Part. I. Secl. D
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- i4 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- ====? triangulaire 3 fig. 13 , tétragonal, fig. 7 & 12 , pentagonal , &c , fuivant Planche qUe fes bafes font des triangles, des tétragones, des pentagones, &c.
- 64, Le prifme tétragonal prend le nom de parallélipipede fi fes bafès font des parallélogrammes.
- 6j\ Un parallélipipede fe nomme Cube ou Exaëdre , lorfque fes deux bafes & fes quatre faces collatérales font fix quarrés égaux ,fig. 7 ; & un prifme s’appelle Cylindre, lorfque fes bafes font deux cercles égaux, fig: 8 ; de forte que prifme ne fignifie autre chofe qu’un corps, également gros d’une bafe à l’autre, de quelque figure que foient d’ailleurs fes deux bafes.
- 66. Au contraire, une pyramide eft un corps qui diminue toujours de grof-feur depuis fa bafe jufqu’à fcn fommet : on l’appelle triangulaire , fig. 15 , tétragonale, fig. 14, pentagonale, &c. comme le prifme , fuivant la figure de fa bafe ; & lorfque cette bafe eft un cercle, on l’appelle Cône, fig. 11. U axe de la pyramide, fig. 14, eft une droite AG; du cône, fig. 11 , une droite GH, qui feroit tirée du fommet au centre de la bafe. La pyramide & le cône font droits ou obliques, fuivant que l’axe eft ou n’eft pas perpendiculaire à la bafe.
- 6y. Le Globe , fig. p , qui fe nomme auflî Sphère 8c Boule , eft un corps renfermé fous la furface, que décriroit un demi-cercle A C B , en tournant fur fon diamètre A B. Les extrémités A B de ce diamètre font les pôles , 8c ce diamètre s’appelle auffi l'axe du:globe.
- 68. Pour bien diftinguer les parties du globe, & en faire mieux connoître les pofitions, nous nous trouvons fouvent obligés de lui attribuer les Cercles, les pôles, les zônes, &c. de la fphére armillaire ; ainfi nous difons , que les cercles ACBH,AIB K, font des Méridiens; que le cercle CH eft ïÉquateur ; que ce font-là de grands cercles, parce qu’ils ont le même centre & le même diamètre que le globe, & qu’ils le divifent en deux parties égales, qu’on appelle Hémifphéres. Nous difons auffi que les cercles Z?, jF, font les deux Tropiques , & les cercles E, G, les deux Polaires ; que ce font de petits cercles, parce que leurs centres & leurs diamètres font différents de ceux du globe , & qu’ils le divifent chacun en deux portions inégales. Nous difons encore, que les points A 8c B font les deux pôles ; que les intervalles 1,2, 3 , compris entre l’équateur CH, h tropique D, le cerle polaire E, & le pôle B, font des zônes : que ce dernier efpace 3 eft auffi une Calotte, Sec. Sans ces façons de parler il ne feroit guere poffible à un Tourneur Mécanicien de fe faire entendre, foit qu’il parlât d’un mouvement à genou dans des calottes 3 ou d’une boule em-c brajfiée par des croijfants, ou de la maniéré de faire fer la ferface du globe des
- trous qui ayent des direélions déterminées, par rapport à l’Equateur, ou à un autre cercle, ou à une autre partie quelconque de la fphére ; foit qu’il faille faire ces trous dans la fphére entière, foit qu’il faille les faire feulement dans une de fes parties, comme dans une calotte ou dans une zone , en leur donnant toujours telle direélion qu’on voudra.
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- I. Section, Chap. I. Géométrie Pratique. 15
- 6a, La figure 10 repréfente une calotte de fphère, creufée en dedans, & ayant deux furfaces fphériques différentes, l’une convexe AB C, l’autre concave,
- AD C.
- Planch e
- 3•
- 70. Un Sphéroïde eft un corps , compris fous la furface que décriroit une el-lipfe en tournant fur un de fesaxes: c’eft un fphéroïde allongé ^fig. 21, fi l*el-lipfe tourne fur fon grand axe VXy 8c c’eft un fphéroïde applati, fig. 22 , fi elle tourne fur fon petit axe Y Z.
- 71. Il y a cinq corps réguliers qui font infcriptibles à la fphére, comme les polygones réguliers le font au cercle : ces corps font,
- Le Tétraèdre, compris fous quatre triangles égaux 8c équilatéraux.
- JJExaèdre , ou le Cube, compris fous fix quarrés égaux.
- U Octaèdre, compris fous huit triangles égaux 8c équilatéraux.
- Le Dodécaèdre compris fous douze pentagones égaux & réguliers.
- Et ÏTcofaèdre compris fous vingt triangles égaux 8c équilatéraux.
- 72. Les autres folides, dont les furfaces font planes, ou qui ne font pas renfermés fous une feule furface courbe, s’appellent en général Polyèdres ; ainfi un corps qui feroit compris fous quinze forfaces planes, feroitun polyèdre de quinze faces.
- NOTIONS ABRÉGÉES DE MÉCANIQUE
- et de Statique.
- 73, La Mécanique a pour objet le mouvement ; la Statique traite de l’équilibre. Il y a une partie de Mécanique qui eft trop générale & qui eft de pure ïpéculation ; c’eft celle qui explique la nature du mouvement, fes propriétés & fes loix ; qui, après avoir bien examiné le mouvement dans un corps ifolé, recherche ce qui doit réfulter du choc de plufieurs corps, & c. Mon defiein n’eft pas de parler de cette partie-là : je n’ai befoin que de la pratique , & même de ne regarder le mouvement que dans les machines, où plufieurs puilfances, qu’on peut toujours réduire à deux, agiflent l’une contre l’autre. On a coutume de diftinguer ces deux puiffances , en appellant la principale, puijfance , force , agent > 8c l’autre fardeau, charge , réfiftance. Tout ce que je me propofe , eft de faire connoître comment, à l’aide d’une machine , on peut faire gagner de la force ou du temps à l’une de ces puilfances ; comment on peut apprécier le rap-port qu’elles ont entr’elles, & leur donner le rapport qu’on voudra; en un mot, comment il faut s’y prendre pour faire une machine, dont le jeu foit bien libre 8c bien commode. Il fuffit pour cela de faire prévaloir à volonté une de ces puiflànces fur l’autre , 8c on voit que la chofe feroit facile fi elles étoient une fois en équilibre ; car tout fe réduiroit alors à augmenter dans la proportion dont on auroit befoin, la puilîàncequi devroit l’emporter for l’autre : c’eft pourquoi je vais faire connoître les loix de l’Equilibre, en donnant les principes de Statique dont un Tourneur Mécanicien ne peut fe pafler, pour compofer avec
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- 16 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie. foccès les differentes machines qui forment un Tour, & qui fervent à nombre d’opérations difficiles & extraordinaires. S’il n’avoit pas connoiflânce de ces principes il ne pourroit que fe tromper ; il ne feroit pas en état de prévoir les inconvénients avant d’opérer, & il fe trouveroit dans la néceflité de ne rien faire qu’en tâtonnant.
- 74. La fcience de la Mécanique & de la Statique confîfte principalement dans la connoifîance du levier: je ferai connoître dans cet Article les trois genres de leviers dont on fe fert en Mécanique ; enfuite j’expliquerai le rapport de la poulie au fléau de balance , & je donnerai quelques notions fur la direétion des forces y pour les employer avec avantage , fuivant les occafions.
- 7 J. On appelle Levier une verge de bois ou de fer B, P3 fig. 16, qu’on fuppofe inflexible & fans pefanteur : on confidere trois points dans un levier ; l’un qu’on appelle point d'appui A : l’autre F eft le fardeau, que les Phyficiens appellent réjijlance, & le troifieme eft la puiflânce, qu’affez univerfellement on nomme P , qui donne le mouvement au levier pour faire l’équilibre ou élever le fardeau F.
- On diftingue trois genres de leviers :
- Le le vier du premier genre, fig. 16, eft celui dont le point d’appui A eft entre la puiflânce P & le fardeau F.
- Celui du fécond genre , fig. 17, eft celui,, dont le fardeau F 9 eft entre le point d’appui Ay Sc la puiflânce P.
- Celui du troifieme genre, fig. 18 , confîfte , en ce que la puiflânce P eft entre le point d’appui A & le fardeau F: les diftances AP & AB font les bras du levier.
- 75. Le levier du premier genre augmente d’autant plus la force ou l’avantage de la puiflânce P9 que lepoint d’appui A eft plus éloigné de cette puiflânce, Sc qu’il eft plus près du fardeau F ; c’eft-à-dire , que la puiflânce reftans toujours la même, elle aura d’autant plus de facilité à mouvoir le fardeau F f que fon bras A P, fera plus grand que le bras A Bf du fardeau. Par exemple, fi le point d’appui A9 eft au milieu du levier B , P, comme en C 9 en forte que les deux bras CP & CP,foient égaux; il n’y aura point d’augmentation de force, & il s’en fuivra un parfait équilibre, en fuppofânt que la puiflânce foie égale au fardeau, comme il arrive dans une balance, dont nous parlerons en expliquant la figure 19.
- * Si au contraire le point d’appui fe trouve en D, de façon que le bras DP, foit le tiers du bras D B, il y aura une diminution de force, & il faudra que la puiflânce P, faffe un effort de la valeur de trois livres, pour faire équilibre à un fardeau d’une livre , parce que le bras du fardeau P, eft trois fois plus long que celui de la puiflânce P ; c’eft-à-dire, que la longueur de P à D, eft contenue trois fois dans la diftance de D à B.
- Si le point d’appui fe prouve au trois quarts de la longueur du levier, du
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- I. Section, Chap. I. Géométrie Pratique, 17
- coté du fardeau F, comme en A ; ou fi le bras AB eft le tiers du bras AP, la puiflànce P aura un avantage triple ; c'eft- à-dire, qu'une livre pofée en P, équivaudra à trois livres, appliquées en B , parce que le bras A B ell contenu trois fois dans le bras A P.
- 77. Ainfi, pour évaluer l'augmentation de la force du levier, il faut examiner combien de fois la diftance du point d'appui, au fardeau , eft contenue dans la diftance du même point d'appui à la puiftànce ; ou , ce qui revient au même, quel eft le rapport du bras du fardeau , au bras de la puiflànce. Si, par exemple , la première diftance A B eft contenue fix fois dans la fécondé diftance AP, une livre du côté de la puiflànce P en foutiendra fix du côté du far*» deau F ; car les puiflànces font en raifon inverfe ou réciproque dés bras du levier; c eft-à-dire , que dans, une proportion , la puiflànce & fon bras feront tous deux les extrêmes ou tous deux les moyens.
- 78. Il faut remarquer uneautre propriété dans le levier ; c eft que la puiflànce P parcourt d'autant plus d'efpace dans fon mouvement, & le fardeau F d'autant moins, que lé bras de la puiflànce contient plus de fois celui du poids.
- Suppofons que la diftance du .point d'appui A, au fardeau F, foit de trois pouces , 8c qu'il y ait 12 pouces du même point d'appui A , à la puiflànce P , la longueur de 3 pouces étant contenue quatre fois dans celle de 12 pouces, la force fora, augmentée de quatre fois ; c eft-à-dire , qu'une livre , appliquée à la
- puiflànce P, foutiendra quatre livres fufpendues en F; mais auflï la puiflànce P parcourra, par exemple, 4 pouces, tandis que le bout B, où eft la puiflànce F, ne fera qu'un pouce de chemin. Il faut en dire de même de toutes les autres proportions , félon l'endroit où fera pofé le point d'appui^. Pour éclaircir ceci par un exemple plus fimple , fuppofons le levier F A P, Jig. 24 ,PL 3 , dans lequel la diftance du fardeau F au point d'appui A , n'eft que la moitié de la diftance de ce même point d'appui A, à^la puiflànce P; alors la puiflànce fera double, de maniéré qu'une livre en AP fera en équilibre avec deux livres qui feraient en F, par ce qu'on vient de dire ;,mais , fuppofons que la puiflànce P ait fait mouvoir ce levier de P en B , alors le fardeau F fera élevé jufqu'en D ; mais la diftance marquée par l'arc de cercle P B , eft double de l'arc F D , que le fardeau aura parcouru dans un temps égal ; donc , plus le levier eft long , depuis le point d'appui A jufqu’à la puiflànce P, & plus l'efpace P B qu'il aura parcouru fera grand , & au contraire le fardeau aura parcouru un moindre efpace .exprimé par D F.
- 7p. On peut juger, en voyant les efpaces parcourus par la puiflànce P, combien Ta force eft augmentée ; car dans l’exemple précédent la puiflànce P a parcouru deux fois plus d'efpace que le fardeau F ; donc la puiflànce eft augmentée du double ; ce qu'on exprime ainfi : la puiflànce P eft au fardeau F, comme 1 eft à 2 ; c eft-à-dire, qu'une livre, attachée à la puiflànce P, foutiendra deux livres fufpendues au point F.
- Tourneur, LParuL Seci* E
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- 18 TOURNEUR MÊ CANICIE N, I. Partie.
- 80. Quoique Ton n’ait parlé que de l'équilibre dans tout ce qu'on a dit juf-qu'à préfènt du levier , on croit néanmoins en avoir die allez pour exprimer laugmentaeion de la force ; car, lorfque deux poids font en équilibre, pour peu qu'on augmente l’un, il enlèvera l'autre ; cela eft évident : c’eft de cette maniéré qu'il faudra l’entendre dans la fuite. Quand on dit, par exemple , qu’un levier aumente l'avantage de la puiflance fix ou huit fois, il faut entendre qu’une livre enlevera fix ou huit livres. Il eft aîfé de voir, que les cilèaux, les tenailles, les mouchettes , font des leviers de la première elpece.
- Du Levier du fécond genre.
- 8r. On a déjà vu ( yy ) , en quoi confifte le levier du fécond genre ; e'eft-à-dire , que le fardeau F eft placé entre le point d’appui A & la puiflance P j il s’agit d'en expliquer les propriétés. Si le fardeau F,PL 3, fig. 17, eft au milieu de la longueur du levier AP ; ou bien fi la diftance du point d'appui A 9 au fardeau F, eft égale à la diftance du point D , à la pui(Tance P , la force ou l’avantage de la puiflance fera augmenté au double ; c’eft‘à-dire, qu’une livre en P, en foutiendra deux en D.
- Si le fardeau eft fufpendu au point B , de façon que le bras A B foit le quart du levier AP , 8c que par conféquent B P en foit les trois - quarts , la force fera quadruple en P ; c’eft-à-dîre, qu’une livre en P en foutiendra quatre pofées en B , & la puiflance P parcourra 4 pouces, tandis que le point B ne fera qu’un pouce de mouvement.
- Si le fardeau fe trouve au point C, en forte que A C foit les trois quarts de la longueur du Levier A P; alors la puiflance ne fera fbulagée que du quart du fardeau ; c'eft-à-dire , que fi le fardeau pefe 4 livres, une puiflance de la valeur du poids de 3 livres, appliquée en P, fera en équilibre, & ce point P parcourra, par exemple , 4 pouces, tandis que le point C fera 3 pouces de mouvement ; c’eft ainfi qu’il faudra raifonner du point quelconque du levier , où l'on appliquera le fardeau ; du refte ce levier ne peut jamais devenir renyerfé comme celui du premier genre ; car il deviendroit du troifieme genre.
- Du Levier du troifieme genre*
- 82. Le Levier du troifieme genre, PL 3, fig. 18, n’augmente jamais la force , au contraire il la diminue toujours : ce levier n'eft autre chofe que celui du fécond genre renverfé ; on l’emploie bien fouvent dans les Machines dont un Tourneur fe fert ; par exemple , la marche qui fait mouvoir un Tour, une meule ou une roue , font des leviers du troifieme genre qui font perdre beaucoup de force : comme ce levier eft très-fouyent employé en Mécanique, il eft à propos d'en expliquer les propriétés, afin qu'on ne croye pas augmenter la force par fon moyen, mais feulement pour plus de commodité dans certains mouvements; ce qui le rend dans plufieurs occafions d’un ulàge indilpenlàble.
- i°. Si la puiflance E eft appliquée au milieu de la longueur du levier, elle
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- aura à foutenir le double du poids du fardeau F; c eft-à-dire, que fi celui-ci eft ssgsasssss^^ de 4 livres , il faudra 8 livres de force à la puiTance P pour être en équilibre ÏÎLA^CHE avec le poids ; & ce fardeau F parcourra deux fois autant d'efpace que iapuif-fonce P.
- 20. Si la puiiTance P eft appliquée en D, que je fuppofe être aux trois-quarts de la longueur du levier du côté du point d'appui A, elle aura à foutenir le quadruple du poids du fardeau ; c eft-à-dire, qu'il faudra que la puiilànce en D faTe un effort de 4 livres pour foutenir une livre en P, & le fardeau P parcourra 4 pouces de chemin , tandis que le point D ne fera qu'un pouce de mouvement.
- 30. Si la puiTance eft appliquée au point C, que je fuppofe être aux trois-quarts de la longueur du levier du côté du fardeau P, il lui faudra la valeur de 4 livres de force pour en foutenir 3 appliquée au bout P, qui parcourra 4 pouces d'efpace, tandis que le point Cnen parcourra que 3 ; ainfi des autres proportions.
- De la direction des forces.
- 83. Il eft néceTaire de dire un mot de la direétion des forces, dont nous , aurons fujet de parler fouvent dans la fuite ; car tout ce qu'on vient de dire des propriétés des Leviers , n’eft vrai , qu'autant qu’on obferve les réglés de cette direction, {ans cela toutes les mefures prifes, 8c tout le calcul, fait avec le plus grand foin, fe trouveroient faux. Les réglés que nous venons de donner fuppofent, que la direétion de la puiTance eft perpendiculaire au bras du levier; c eft auffi la meilleure direétion qu'on puiffe lui donner. Par exemple , foit le levier B C, fig. 19, PL ^ , dont le point d'appui eft au milieu de fa longueur en A , fi le fardeau P eft égal à la puiTance P, ils feront dans un parfait équilibre , puifque les bras A B & AC font égaux , & toutes chofes égales d'ailleurs , ce levier B AC fera l’effet d’une balance ; mais en outre il faut que la direétion de la puiTance foit perpendiculaire au levier A B, {ans quoi on perdroit beaucoup de force, foit qu'on appliquât cette puiffmce en dehors ou en dedans du levier, prétendant augmenter ou diminuer delà force ; cela fait deux cas.
- Premier cas. Suppofons que cette puifiànce P foit en E ; pour bien connoître fa force, prolongez la ligne droite ponétuée E B vers G ; enfuite du point d'appui A , menez la droite A G> qui foit perpendiculaire à E G ; puis du point A , comme centre , 8c de l’intervalle A G décrivez l’arc G L ; alors la diftance A L, prife fur le levier A B , fera voir de combien on retranche de ce même levier, & qu'il n’a pas plus de force que fi la puifiànce P étoit appliquée en M, & que fi les bras du levier étoient AC 8c A L.
- Le fécond cas, eft celui où l'on appliqueroit la puiTance en H, fuivant la direétion de la ligne oblique £ H; alors, pour évaluer cette puiTance H, du
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- a-o TOURNEUR MÉ CANICIE N, I. Partie.
- , point d’appui A , menez la droite AI, perpendiculaire à H B, puis du centre Ay 8c de l’intervalle décrivez l’arc IK ; la diftance A K marquera fur le bras A B3 du levier B C, de combien Ion perd de la force de ce même levier, & qu’alors il ne peut agir que comme fi la puiflànce P étoit appliquée en N9 ou que les bras fuflent A C 8c A K.
- L’on conçoit aifément que toutes les direétions obliques poflibles, auxquelles on veut appliquer une puiflànce à un levier, ne font qu’en diminuer la force; & qu’au contraire , pour en profiter , il faut que cette puiflànce foit dans une direction perpendiculaire à ce même levier, c’eft une réglé générale dans tous les cas.
- 84. Tout ce qu’on vient de dire des réglés qu’il faut obforver en appliquant la puiflànce au levier , doit aufli s’entendre à l’égard du fardeau, qui eft toujours une efpece de puiflànce , puifqu’il réfifte en tirant de fon côté ; c’eft pourqudî il eft néceflàire que ce même fardeau tire aufli perpendiculairement au levier: nous aurons dans la fuite occafion de parler de ces principes en les appliquant à la pratique*
- Des Leviers coudés.
- 85. Il arrive fouvent que par la difpofition des Machines , on efl: obligé de faire des tirages de leviers dans des direétions obliques 8c irrégulières ; alors il faut couder les bras des leviers, de maniéré qu’ils foient toujours à l’équerre ; à légard de ces direétions, pour profiter de tout l’avantage des leviers : par exemple , dans la figure 20 , PL 3 , le levier B A C eft coudé à l’équerre ou angle droit en A, & la ligne de direction P B doit former un angle droit ou d’équerre avec le levier AB; de même la direction C F doit être aufli à l’équerre avec le bras du levier A C : il n’importe que ce foit la puiflànce ou le fardeau qu’on applique à l’un des points B ou C ; fi l’on fuit les réglés générales qu’on vient d’enfeigner, les effets feront conftamment les mêmes. Si l’on appliquoit'la puiflànce en JD , foivant la direction D jB, cette direction foroit oblique par rapport au levier A B : pour s’aflurer quelle eft la perte de force de ce levier, du point de centre A, tirez la ligne droite A E9 qui foit perpendicu" laire à Z? JS; enfuite du point A9 comme centre , décrivez avec A E, l’arc E G , & de ce même point G , tirez la droite G H, perpendiculaire au levier AB 9 8c ce rayon A G eft jufte la force que la puiflànce oblique D B peut avoir; encore faudroit-il que le tirage fe fît fuivant la direéiion G H 9 perpendiculaire au bras du levier AB: l’on voit par cette pratique, combien l’on a perdu de force en raccourciflànt ce levier , & c’eft ce qu’on a dit ci-deflùs dans le premier cas, en expliquant la figure ip , PL 3 , 8c qu’il importe peu que le levier foit droit, comme B C3 fig. ip, ou bien que ce levier foit coudé, comme celui B AC y fig. 20 : généralement dans tous les cas poffibles l’application de ces principes eft toujours la même.
- Autre
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- I. Section j Chap. I. Géométrie Pratique* &£
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- Autre exemple d'un Levier coudé, plus fermé que d’équerre:
- 86. Dans certaines machines où Ton eft gêné pour la place y il eft quelquefois nécellaire d’avoir recours à un levier coudé plus que d’équerre , tel que le levier C A B, fig. 23 , dont l’angle A eft plus fermé que l’équerre ; alors, foit que cet angle A foit plus ou moins ouvert , il faut que la direction P C foit toujours à angle droit avec le bras A C de ce levier ; l’autre direction B F, doit auffi être à angle droit ou d’équerre avec l’autre bras A B du levier total B A C, pour tirer tout le profit poffible des forces,!
- 87. Autre remarque fur un Levier moins coudé que Véquerre.
- Si le levier étoit d’un angle plus obtus ou moins coudé que d’équerre , ce feroit la même chofe, & la direction des tirages des bras de cet autre levier doit toujours être d’équerre aux bras de ce même levier, parce que c’eft une réglé générale dans tout les cas, autrement on perdroit beaucoup de force, comme on l’a fait remarquer précédemment.
- Remarques fur les Manivelles,
- 88. Comme on emploie des manivelles dans beaucoup de machines dont le Tourneur fe fert, il eft à propos d’en enfeigner les principes. La manivelle eft un levier dont le point d’appui eft à l’un de fes bouts , comme dans l’axe d’une roue ou de telle autre machine qu’on veut faire mouvoir ; l’autre bout de cette manivelle porte une poignée qu’on tient à la main pour la faire tourner ; or , cette manivelle étant en mouvement, décrit un cercle dont l’axe eft le centre. Les Ouvriers ordinaires donnent différents contours à leurs manivelles, fuivant leur génie, 3c prétendent par-là en tirer de grands avantages ; c’eft pour réformer ce préjugé fi abufif, que je fais cette remarque : les uns donnent à leur manivelle la forme de la lettre C, telle que la courbe AHEy fig. 24 y PL 3 , parce qu’ils ignorent qu’elle n’a de force que félon la direction de la ligne droite ponétuée AE , puifque la main ou la puiflance étant appliquée en Ey décrit le cercle B E G , par fon mouvement ; d’autres donnent à ces manivelles la forme d’une S, telle qu’on le voit en AI LG 9 même figure; néanmoins cette manivelle ou ce levier n’a de force que fuivant la droite ponéluée A G , puifqu’en tournant fur fon centre A , elle décrit toujours le même cercle G B E G, & que les lignes AG 3c A E font égales, puifqu’elles font des rayons du même cercle. Ainfi tous les contours qu’on peut donner à des manivelles, loin de donner de la force , tout au contraire, leur en retranchent, parce qu’il faut employer plus de longueur pour les contourner, ce qui les rend plus foibles, 3c plus fujettes à plier ou à rompre lorfqu’on leur fait éprouver de grands efforts. C’eft donc mal-à-propos que ces Ouvriers allèguent que ces formes font pour l’ornement, puifqu’on peut les enjoliver autant qu’on voudra, en gardant toujours leur direction droite qui eft la plus forte ,
- Tourneur, L Part. L Secl. E
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- 32 TOURNEUR MÉCANICIEN ,1. Partie.
- parce qu’elle eft la moins longue, quoiqu’elle ait le même rayon; ci ailleurs , Pi. anche puilqu’elle emploie moins de matière, elle caufe moins d obftacle au mouve-ment, & rompt moins l’équilibre : on peut même ajouter qu’une manivelle droite eft plus facile à faire, & par confisquent elle coûte moins»
- De la Poulie.
- So. La poulie eft une machine fi ordinaire & fi connue qu’il femble quelle ne mérite point de defcription; néanmoins comme un Tourneur Mécanicien eft fouvent dans le cas d’en faire ufage , il eft à propos d’en parler , afin d’empêcher qu’il ne fe trompe dans l’application qu’il doit en faire : il y a deux fortes de poulies, l’une tourne Amplement dans fa chappe immobile fur un goujon ou boulon, qui paflè à travers fon centre : voyt{ lafig.
- > même Planche. Cette poulie dont la chappe eft attachée au clou P y fixe a lâ muraille ou ailleurs , n’augmente ni ne diminue la force, elle fait précifément l’effet d’une balance ; car tous les rayons étant égaux, tous les points de fa circonférence doivent être confidérés comme autant de leviers dont le point d’appui eft en A,fig. iy, Planche 3 ; & tous ces mêmes points de la circonférence paflent lucceffivement par les extrémitésde la ligne horizontale ponétuee B C ÿ ils gardent un parfait équilibre, en fuppofànt que le fardeau Ft eft égal a la puil-lance P ; donc elle n’augmente ni ne diminue point la force, mais elle facilite le mouvement.
- 00. L’autre efpece de poulie HI,fig. 26 , même Planche, augmente la force en diminuant la pefanteur du fardeau F de moitié , ainfi qu’on va le voir; d’abord elle tourne fur fon centre K, dans fa chappe L, comme la première : cette chappe L eft accrochée , & fufpend le fardeau F; mais la corde qui enveloppe cette poulie , eft elle-même accrochée par une boucle au clou T, qui tient à la muraille ou ailleurs; or, la puiffance qui eft en P, venant à tirer la corde, enleve la poulie & le fardeau qui y eft fixé ; mais cette puiffance P ne porte que la moitié du fardeau, puifque le fardeau F eft entre le point d’appui T & la puiffance P , ce qui conftitue un levier du fécond genre, fig. 17, Planche 3 ; il faut remarquer que la puiflànce P parcourt un efpace double de celui que parcourt le fardeau F, de maniéré que fi ce fardeau parcourt quatre pouces, la puiffance en parcourra huit pendant le même temps.
- 5>r. Il eft à propos, pour plus de perfeétion, de fixer Taxe au centre de fa poulie, & que fes pivots tournent dans la chappe : on donne ordinairement pour longueur à cet axe, les deux tiers du diamètre de la poulie; alors on évite le frottement, & la rondeur de la poulie eft toujours confiante; au lieu que fi la poulie tournoit fur Ion goujon, le trou s agrandiroit, la poulie dériveroit de côté & d’autre, elle frotteroit dans là chappe, & ce fèroic un obftacle au mouvement.
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- ï. Section j Chap. I. Géométrie Pratique* n
- ÿi. Les roues dentées font comptées au nombre des leviers* ainfi que la'ss-œ-sœ! balance ou la poulie fiable, dont le point d’appui eft au centre > chaque dent Pla^cWe de cette roue eft un levier qui agit fur chaque aîle du pignon (*) qu[ engrainé dans cette même roue, alors c’eft l’effet du levier du premier genre. On emploie fouvent des lanternes au lieu de pignons : ces lanternes font com-pofées de deux platines femblables, & de plufieurs cylindres ou fufeaux, qui font placés parallèlement les uns aux autres, & dont les bouts font arrêtés dans chaque platine. Dans les grandes machines on nomme ces platines des tourtes ou tourteaux de lanternes d’engrenage.
- Voilà à-peu-près ce qu’il eft abfolument nêceflàire de fàvoîr à un Tourneur Mécanicien , làns quoi il ne peut manquer de fe tromper à chaque pas : il feroit fort à propos qu’il en fut davantage ; mais ceux qui voudront être inftruits plus à fond fur les principes deGéométrie,deMécanique&de Phyfîque, pourront confulter les Auteurs qui ont fait de lavants Traités for ces matières ; je n’offre au Leéteur qu’un abrégé de Géométrie & de Mécanique pratique , fans entrer dans aucun détail de démonftration , en faveur des Ouvriers qui n’ont pas le moyen de fe procurer des livres & des Maîtres pour apprendre ces fciences.
- Si j’ai omis quelque choie, on le retrouvera dans le relie de cet Ouvrage , en faifànt l’application des principes à la pratique , félon les différents cas qui fe préfenteront. 1
- (*) Les petites roues qui engrainent dans les grandes ^fe nomment de$ pignons} & les dents des pignons fe nomment des ailes de pignons,
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- TOURNEUR MÉCANICIEN, I Partie;
- CHAPITRE SECOND.
- Connoijfance des Bois propres à être tournés, ôC de quelques autres fubftances qu9on travaille ajfe£ ordinairement au Tour.
- I L eft bien important au Tourneur de connoître 8c de fàvoir faire un choix convenable de toutes les efpeces de Bois dont il doit fe fervir pour les différents ouvrages quil entreprend. Il eft certaines pièces, qui, étant faires d’un Bois qu’on n’aura pas choifi avec difcernement, ne feront jamais ni propres ni folides. Si l’on vouloit, par exemple, tailler des vis fur des Bois qui ne feroient pas propres à les recevoir, on auroit le défàgrément de travailler fans fuccès. Certains Bois prennent plus de poli que d’autres. Il y a des Ouvrages qui demandent de la folidité, d’autres de la légéreté , &c. Je diviferai ce Chapitre en trois Articles: le premier contiendra la defcription des Bois François, le fécond celle des Bois Etrangers, 8c dans le troifieme je ferai mention de quelques autres fubftances qu’on a coutume de tourner , comme le Coco, l’Ivoire , l’Ecaille , 8cc.
- Article Premier.
- §, I. De la connoijfance & du choix des Bois François a Uufage du Tourneur.
- Acacia. (Faux)
- Le faux Acacia, ( que les Ouvriers nomment toujours Acacia ) efl: ur> grand & bel arbre épineux, de décoration & de la première grandeur : il fe charge à la fin de Mai, de belles grappes de fleurs blanches légumineufès, d’une odeur douce & agréable, imitant celle de la fleur-d’orange, & rangées fur un filet commun :fes feuilles font conjuguées & compofées d’un nombre de folioles, fimples, ovales, & rangées par paires fur une nervure commune , terminée par une foliole ; elles font toutes placées alternativement fur les branches.
- On le nomme Faux Acacia, pour le diftinguer du véritable Acacia ; qui eft l’arbre qui produit la Cafle, qui croît dans l’Arabie, &c*
- Qualités & ufages.
- Le bois du faux Acacia efl: d’une couleur jaune verdâtre 9 brillante & comme fàtinée, il eft fort dur ; il prend médiocrement le poli ; il efl: d’un fort bon fer-; vice ; il eft très-recherché par les Tourneurs , qui en font des chaifès fort délicates , des tables, des guéridons, des rouets à filer, & d’autres beaux meubles ; fon défaut eft de fe pourrir aifément à l’humidité.
- Alizier
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- I. Sscf roK, Chap. II. Des Bois propres a être tournés,
- A L I Z 1 E R.
- L’Alizier eft un arbre fruitier de moyenne grandeur : le tronc s’élève communément à io ou ia pieds de hauteur : l’écorce eft lifte & cendrée ; il eft ordinairement chargé d’une grande quantité de branches qui le rendent fort touffu,1 8c qui font terminées en hiver par un bouton , femblable à celui des Poiriers.
- Les feuilles, attachées par un pédicule allez long , font fort grandes, décou-r pées, fermées , placées alternativement fur les branches , où elles relient attachées jufqu’aux premières gelées : les fleurs font aflemblées en bouquets; le calice eft d’une feule piece , figuré en coupe , divifé en cinq par les bords.
- Il porte un fruit, qu’on nomme Alqe, qui eft de couleur châtain-clair: cet arbre fleurit en été.
- Qualités & ufages.
- Le bois d’Alizier n’a pas beaucoup de couleur ; il eft blanc, tirant fur le cou* leur de chair , fort dur & liant : les Menuifiers* s’en fervent pour la mon-* ture de leurs varlopes 8c rabots ; les Tourneurs en font des flûtes 8c des fiffres , & fur-tout les mandrins ou emprunts dans lefquels on monte l’ouvrage fiir le Tour en l’air. Il eft fort doux à travailler ; il eft très-bon pour faire des petits modèles de machines , & prend bien la teinture : on doit faire attention qu’il ne {oit point marqué de taches d’un blanc jaunâtre , que les Ouvriers appellent du bois heurdry ou pourri : ce bois eft fort fujet à cet inconvénient ; pour l’é-: yiter, il faut ôter l’écorce lorfqu’il eft à demi-fec, 8c le laifler fécher à l’ombre;
- Il a fbuvent lé cœur de couleur brune, tirant fur le noir, fort dur : on en fait de petits Ouvrages tournés qui prennent un beau poli.
- Amelanchier.
- L’Amelanchier des bois eft un arbre fruitier de moyenne grandeur & dé Fefpece des Neffliers : la feuille eft d’un verd terne ; elle eft ronde , finement dentelée parles bords, & pofée alternativement fur les branches , attachée par un pédicule aftez long , qui eft garni de deux filets pour ftipules.
- La fleur eft compofée d’un calice, qui eft d’une feule piece, & qui fupporte cinq pétales longues 8c étroites : il porte un fruit charnu, terminé par un um*: bilic profond, & bordé des découpures du calice.
- Qualités & ufages.
- Ce bois eft très-dur 8c élaftique : on en fait des manches d’outils : il devient! jaune en vieillilfant.
- Aulne;
- L’Aulne eft un très-bel arbre aquatique & foreftier de la première grandeur X le tronc bien filé s’élève quelquefois jufqu a 30 & 40 pieds, fans branches, dans les maffifs ; mais quand il eft ifblé, il pouflb des branches de tous côtés, comme Tourneur , 1. Part. /, SeU. G
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- tts TOURNEUR MÉ C AN IC l E N, L Partie. le lapin; celles d’en-bas étant plus longues que celles du haut de la tige, il forme de lui-même une très-belle pyramide de verdure. L’écorce eft raboteufe & noirâtre, les branches font moëlleufes & grisâtres ; les feuilles, attachées par un pédicule aflèz long font oblongues , d’un verd foncé, dentelées par les bords , pofées alternativement fur les branches, & relevées par -deflous de nervures aflèz faillantes.
- 'Qualités & üfages.
- Cet arbre eft la meilleure efpece que nous ayons pour les terrains aquatiques,; On le voit croître dans des marais où l’eau féjourne des années entières. Avant de l’employer il faut prendre garde qu’il ne foit pas marqué de taches d’un blanc jaunâtre, qui font un ligne certain de pourriture , comme nous l’avons dit en parlant de l’Alizier. Les Tourneurs le recherchent pour des châifes , des échelles, des châlits , des perches & des boëtes à favonnettes & à poudre , pour des ïàbots , dans lefquels on met couver de petits oifeaux en cage , & même pour la chaulïure des hommes, ainfi que pour des ouvrages deftinés à être vernis. Il eft à peu près de couleur de chair vermeille : il eft très-bon auffi pour faire des piftons de pompe, pourvu qu’on l’emploie tout vert & nouvellement coupé: ilfe conferve long-temps dans l’eau. On fait auffi des tabatières avec des louppes de bois d’Aulne, que l’on teint de diverfes couleurs ; en-fuite on les vernit : on enfeignera tout cela dans la foite.
- Azerolier.
- e L’Azerolïer eft un arbre fruitier de la moyenne grandeur, aflèz reflèmblant a l’Alizier dont on a parlé ci-devant : l’écorce en eft un peu plus blanchâtre ; la feuille qui eft découpée, eft garnie de deux ftipules à fon pédicule, qui eft petit: les fleurs font en bouquets, femblables à ceux de l’Alizier , toute la différence des fruits eft qu’ils font de couleur rouge, & qu’ils contiennent jufqu a trois noyaux.
- Qualités & ufages.
- La qualité du bois eft la même que celle du bois d’Alizier : c’eft l'arbre des forêts qui le premier pouffe fos feuilles au printemps ; mais c eft auffi le premier qui s’en dépouille au mois de Septembre.
- B u i s:
- Le Buis eft un arbrifleau foreftier de la petite grandeur ; fos tiges ne s’élèvent que de 4 à y pieds de hauteur dans les forêts, où il fe plaît à l’ombre : fa tige eft raboteufo & blanchâtre ; fos feuilles font petites, fermes, toujours vertes, iiflesy luilàntes, arrondies, d'une odeur forte, & pofées deuxà deux furies branches : des mêmes pieds ont des fleurs mâles 8c femelles.
- ^ Les fleurs mâles font formées d’un calice à trois feuilles, de deux pétales, qui tie fe diftinguent des feuilles du calice que par leur grandeur ; on vojt entre le$ feuilles du calice une mafTe charnue, figurée en rofette*
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- I. SecttoK, CrfAP. II. Des Bols propres a être tournes, SCc»
- „ Les fleurs femelles accompagnent tellement les mâles, quelles fortent des -mêmes boutons , font formées d’un calice à trois feuilles , de trois pétales, qui ne fo diftinguent aufli des feuilles du calice que par la grandeur.
- Qualités & ufages.
- Ce bois eft jaune, dur, liant, porte bien la vis , Sc fe coupe bien net : quand il eft gros il fe vend à Paris à la livre, & il eft fort cher & fort recherché par les Tourneurs. Le buis François eft le plus beau , le plus jaune ; mais il eft ftjet à être fendu : il nous en vient d’Elpagne qui eft beaucoup plus gros, plus uni , fans noeuds , d’un jaune plus obfour ; les Graveurs en bois n en ufent pas d autre, à caufe de fon égale dureté : les Peigners le préfèrent au Buis François ; les Faéleurs d’inftuments à vent femployent volontiers , parce que fes fibres font droits. Us en font des flûtes, des hautbois, des mufettes, des clarinettes , des flageolets, des fiffres , parce qu’il fe tourne & fe perce bien droit , & ne fe déjetce ou ne feco urbe que rarement.
- Ces deux fortes de Buis fervent à une infinités d’Ouvriers différents.
- Il y a encore des louppes de Buis qui croiffent dans le Languedoc, la Provence , dans le Dauphiné , & dans d’autres pays : les Tourneurs en font de très-beaux ouvrages , comme tabatières, lanternes de poches , étuis , Sc une infinité d’autres pièces que Ton teint fi l’on veut de differentes couleurs , comme on le dira dans la fuite en parlant des teintures des bois : les curieux croyent y voir des figures, des chaffes , & mille autres objets qui n’exiftent fouvent que dans rimagination.
- Cedre»
- Il y a des Cèdres qui font des arbres de décoration de la moyenne grandeur ; ils confervent leurs feuilles pendant l’hiver ; elles font pour la plupart petites $ étroites, pointues, articulées les unes avec les autres comme celles du Cyprès : l’écorce eft unie Sc brune ; on croit qu’il y a de ces arbres qui portent des fleurs mâles ; mais ordinairement le même pied produit des fleurs mâles & des fleurs femelles : ce bois ne croît pas abfolument bien en France. <
- On nous en apporte des pays étrangers de très-gros& de fort longs. Le Cèdre du Liban eft célébré dans l’Ecriture Sainte, où l’Hiftorien facré nous apprend qu’on en employa beaucoup à la conftruélion du Temple de Salomon. On l’ef* ,time un des premiers & des plus grands arbres du monde, croiflànt d’une pro-^ digieufe hauteur, gros, droit, élevé en pyramide , finiffant prefqu’en pointe : l’écorce & la feuille font telles qu’on vient de le dire en parlant du cèdre qui croît en France, Sc le grand cèdre jette fes branches à io ou 12 pieds de terre. Elles font grandes & éloignées les unes des autres : il vit longtemps ; mais il meurt aufli-tôt qu’on lui a coupé la cime. Ses feuilles montent en hauteur; fon fruit, qui eft une petite pomme, pend vers la terre, Sc reffemble à celle du
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- »8 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- du Pin, fi ce n’eft que l’écorce en eft plus délicate, plus unie, 8c moins ouverte:
- là graine eft femblable à celle du Cyprès.
- On dit qu’il y a encore aujourd’hui des Cèdres fur le Mont-Liban, en quel-?qu’endroit d’Afrique, dans l’Ifle de Chypre & dans celle de Candie. Il eft de fort longue durée, & prefque incorruptible.
- Qualités & ufages.
- Le Cèdre eft d’un beau brun rougeâtre 5 uni, lifte : il répand une odeur fort agréable, & eft aflez dur pour qu’on le travaille facilement , quoiqu’il foit au nombre des bois tendres : il fe plaît dans les bons terrains; cependant on en trouva beaucoup en Provence , fur des montagnes où il n’y a que de la pierre.
- Cerisier, voyez Merisier,
- Charme.
- Le Charme eft un des plus beaux arbres foreftiers, de la moyenne grandeur : le tronc eft rarement bien arrondi ; l’écorce eft unie 8c blanchâtre, marbrée ; fes feuilles font d’un très-beau verd, ovales, terminées en pointe , dentelées par les bords, pliffées depuis la nervure du milieu jufqu’au bord, fuivant la direction des petites nervures latérales qui font rangées régulièrement & parallèlement les unes aux autres : l’entre-deux de chaque nervure eft bombé en deflus & creufé en goutiere par-deftous : elles font placées alternativement fur les branches ; elles féchent fur l’arbre en automne , & ne tombent louvent qu’au printemps : les boutons font placés dans les aiflelles des feuilles ; ils font longs & pointus. Les mêmes pieds portent des fleurs mâles & des fleurs femelles.
- Qualités & ufages.
- Le Charme eft fort dur 8c très-liant, de couleur blanche : les Charrons en' employent beaucoup; ils en font des eflîeux à caufe de fa dureté & de fa qualité liante , pour épargner le fer ; & même un eflieu de Charme a l’avantage de ne cafler jamais net, mais d’avertir en craquant de fa deftruétion prochaine ; ce qui donne le temps de prévenir les accidents : on ne l’emploie cependant pas communément aux grands fardeaux , comme il paroîtroit naturel de le croire après cette obfervation, parce que , comme ces elîieux doivent avoir un très - gros .diamètre, les frottements fe trouveraient multipliés à l’infini. Les Tourneurs en font des vis de prefloir 8c de preflès, des mandrins pour emprunter l’ouvrage fut le Tour en l’air : on en fait des manches aux outils , comme fermoirs, cifoaux J enfin, de tous les outils for lefquels on frappe , ainfi que des mafles ou têces de maillet : il fe travaille très - proprement au Tour , mal au rabot , à caufo de fes fibres tortues 8c entre laffées : il prend aflez bien les différentes teintures.
- CHATAIGNE R.
- Le Châtaignier eft un des beaux & bons arbres foreftiers, de la première
- grandeur ,
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- I. Section, Chap. IL Des Bols propres a être tournes , 8£c. a g
- grandeur, quand il eft dans un bon terrein, en fable gras ; il n'y a point d’efpe-ces d’arbres qui vivent auffi long-temps & qui parviennent à la même groffeur : on raconte, que chez le Lord Duris , dans la Province de Glocefter en Angleterre, on voit un Châtaigner , planté en fable noir, gras, tirant fur l’argile, dont le tronc a 15 pieds de circonférence :fuivant le calcul des différentes époques , on a lieu de croire que cet arbre eft âgé de mille ans.
- L’écorce du Châtaigner eft unie, lifte, noirâtre dans les premières années; & grife quand il eft plus âgé. Ses feuilles font grandes, oblongues, pointues, fermes , d’un beau verd, fort luifàntes, dentelées par les bords, relevées en deflous par des nervures {aillantes, portées alternativement fur les branches : au printemps on voit fortir des boutons à fruits ; le refte en eft connu de tout le monde#
- Qualitér & ufages.
- Le Châtaigner eft propre à beaucoup d’ouvrages ; il eft très-élaftique lorf-qu’il eft jeune ; il eft bon pour faire des bancs ou établis de Tour. Le jeune bois eft bon pour faire des manches de marteaux, des maillets : il a le grain à peu près comme le Chêne ; mais il eft plus plein quand il eft jeune ; cependant quand il eft gros 8c vieux il n’a pas la bonté ou la fblidité du Chêne : il fe travaille bien au Tour & au rabot.
- Chesns.
- On diftingue le Chefne en deux efpeces : on nomme l’une Chefne verd, ou Yeufe ; voyez ce mot : l’autre eft appellée Chefne blanc ; c’eftle meilleur, le plus Utile & le plus commun de tous les arbres foreftiers de la première grandeur : il yient par-tout ; mais lorfqu’il eft dans un bon fonds, il s’élève jufqu’à 50 8c 60 pieds de hauteur ; il vient d’une grofïèur prodigieufe : l’écorce eft épaifle, rude & grife.
- Les feuilles font découpées par ondes, fans poils, dun verd obfcur : le fruit du Chefne eft le gland , dont la forme eft II agréable qu’on l’imite en beaucoup d’occafions. Il naît fur cet arbre des noix , qu’on nomme Noix de galle, dont on fe fert dans la teinture : on trouve fur fà branche le polipode 8c l’agaric , dont on fe fert en Médecine.
- Il produit encore un fruit parafite, dont les Druides, Prêtres des Payens , faifoient l’objet de leur culte, 8c qu'on recueillait avec foin & vénération ; je veux dire le Guy.
- Qualités & ufages.
- Il y a beaucoup de choix à faire dans le bois de Chefne, félon les ouvrages auxquels on le deftine : il y en a qui eft gras, & d’autre dur 8c liant ; celui qui eft gras étant tendre 8c facile à rompre, ne convient que dans la Menuifèrie pour en faire des panneaux ; mais il n’a pas aflez de confiftance pour les aflemblages & autres pièces qui fatiguent : celui qui eft dur & liant eft le plus eftimé pour les Tourneur , I. Part. I. Secl. H
- s
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- fo TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- ouvrages dont on exige une grande folidité : le meilleur Chefne vient en France dans les forêts de Fontainebleau, de Bourgogne & de Champagne. Il nous vient du bois de Chefne de la Lorraine , & d'autres pays ; on le fcie en planches en Hollande, avec des moulins à l'eau : ce bois eft fujet aux roulures, qui font des fentes circulaires, qui détachent les fèves ou les couches des accroiffe-ments d’une année à l'autre. Les fortes gelées produifent cet effet lorfqu'ii eft encore fur pied : on nomme les bois qui font ces défeéluofités, Bois gelifs, ou qui ont des gelivures. Ceux qui voudront s’inftruire plus à fond pourront cou-* fulter le Traité des Forêts, par M. Duhamel du Monceau ; ils trouveront toutes les connoiflànces les plus fatisfaifàntesfur ce fujet. (*)
- Le Tourneur fe fort du bois de Chêne pour faire fes bancs de Tours ; les poupées , les roues, ie<s pieds de roues , 8c autres pièces des machines du Tour : il réfifte aux grands efforts ; mais on doit préférer le Chêne François, qui eft très-ferme & liant, & le choifir fans nœuds, & fur-tout de droit fil.
- Il faut remarquer que le bois de Chêne a de Y aubier ; c’eft la derniere croit fanee de l'arbre : elle eft entre le bois & l'écorce; l'aubier eft rougeâtre quand le bois eft vert, jaunâtre enfuite, & enfin blanc quand il eft fec. Il faut avoir grand foin de re trancher l'aubier où fo mettent promptement les verds, & de là dans le bois m ême. On vend du Chêne dans beaucoup de villes, tout débité en planches de différentes longueurs 8c épaiffours ; les poteaux ont d, ou 12 pieds de longueur , fur 3, 4 ou y pouces d’équarriflàge, en membrure, de 6, 9, 12 & ry pieds de longueur, & de 6, 7, jufqu'à 8 pouces de largeur, fur 3 & 4 pouces d’épaiffeur : il y a des pièces de bois plus fortes , qu'on nomme battants de portes-cocheres ; ils portent 12 , iy , jufqu'à 18 pieds de longueur, fur 1 pied ou iy pouces de largeur, & 4 à y pouces d’épaiffeur: voye^IArtduMenuijier, publié par l'Académie Royale des Sciences (**) , il contient des détails très - utiles fur la maniéré d’employer les différents bois , &c.
- Cormier.
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- Le Cormier eft un très-bel arbre fruitier, de la moyenne grandeur dans les forêts : le tronc eft affoz droit, couvert d’une écorce rude & brune ; les branches fo foutiennent bien en fe ramaflânt ordinairement vers la tige : leurs têtes forment une pyramide très - garnie de feuilles, dont plufieurs parodient d'un verd argenté: ces feuilles font compofées d'un nombre de follioles, longues & pointues, verdâtres endeflus, blanchâtres endeflous , dentelées affoz profondément par les bords, 8c rangées par paires fur une nervure commune , terminée par une foliole unique : elles font placées alternativement fur les branches , 8c on apperçoit des ftipules à leur infertion.
- Il porte des fleurs : les fruits font de la grofleur d'une prune , & fomblables à
- {*) Traité complet des Bois âc Forêts, § Volumes in-£. Il fe vend chez la veuve Defaint, rue du Foin , à Paris.
- (** ) Par le Sieur Rouboi
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- I. Section,- Chap. 11. Des Bois propres à être tournis, 3 X
- une petite poire : ils contiennent trois loges, dans lefquelles Ion trouve trois pépins. Ce fruit eft verd & rouge par-deflus.
- Qualités & ufages.
- Le bois de Cormier eft rougeâtre, & l’un des plus durs de tous les arbres que nos forêts produifent. Il vient lentement : fes feuilles ne font pas fojettes à être mangées par les infeétes : les fruits étant en maturité, changent de couleur , & ils font roufsâtres-bruns en dehors & en dedans ; alors ils font agréables au goût.
- On préféré le bois de Cormier à tout autre pour faire des vis de prellbirs, des preilès, des rouleaux ou enfubles de métiers, des fufeaux, des filières pour faire de petites vis de bois ; & c’eft pour toutes ces fortes d’ouvrages , 8c pour beaucoup d’autres, que les Tourneurs le recherchent. On en parlera en fon lieu.
- Les MenuifiersTemploient pour monter leurs varlopes, leurs rabots 8c au- * très outils à moulures : il eft malheureufement un peu fujet à fe tourmenter.
- Cornouiller, \
- L e Cornouiller eft un arbrifleau foreftier de la première grandeur : il vient lentement. On en voit de 7 à 8 pouces de diamètre ; mais cela eft fort rare. Les branches font un angle très-ouvert avec les tiges, qui font ordinairement chargées de petits nœuds : l’écorce eft un peu rude, d’un brun rougeâtre ; fes feuilles font liées, d’un verd foncé, ovales, terminées en pointe, relevées en deffous de nervures très-faillantes qui partent de la nervure du milieu , 8ç vont circulairement fe rendre à la pointe ; elles ne font point dentelées par les bords; elles font oppofees deux à deux for les branches, où elles font attachées par un pédicule fort court.
- La fleur eft de couleur jaune ; elle paroît au printemps, 8c vient par petits bouquets, &c.
- Les fruits, nommés Cornouilles, lorfqu ils font mûrs, font de la forme de petites olives, d’un fort beau rouge, 8c ils ont le goût de l’Epine-vinette ; ils viennent par petits bouquets de trois 8c quatre qui fortent d’un même bouton très-pointu.
- Qualités & ufages.
- Le Cornouiller eft blanc, très-dur, & bien droit dans les taillis feulement ; mais lorfqu’il croît dans les mafllfs, il eft plus tortueux. U eft fort recherché par les Tourneurs : ils en font des manches de marteaux, des échelons & autres ouvrages où il faut du bois dur, liant 8c difficile à rompre.
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- 5* TOURNEUR MECANICIEN, I. Partie*
- Epine-vinette.
- L’E p i N e-v i N E t t e eft un arbriffèau épineux, buiflonnier, allez touffu & de la petite grandeur ; fa tige s’élève d’environ y pieds de hauteur : fes feuilles font liffes, d’un verd gai, ovales , dentelées finement par les bords , & par-deflbus elles ont une nervure un peu {aillante : fes boutons font pofés alternativement for les branches : il fort ordinairement deux grandes feuilles & deux petites d’un même bouton 9 Sc de diftance en diftance une grappe de fruit rouge ; au-deflous de chaque bouton, on voit tantôt une épine, Sc tantôt trois : fes fleurs font affemblées en grappes, &c.
- Qualités & ufuges.
- L e bois d’Epinè-vinette eft d’un fort beau jaune. Les Tourneurs en font des petites quenouilles, des cercles, des plaques qu’on incrufte for le Tour au dehors des tabatières de bois qui font d’autres couleurs. On en fait du placage en marqueterie, Sc d’autres petits Sc très-jolis ouvrages au Tour.
- Erable.
- L’E rable eft un arbre foreftier de la moyenne grandeur en France ; mais il y en a ailleurs de très-gros. L’écorce, de couleur jaunâtre, eft rude Sc entrelacée ; les feuilles, attachées à un pédicule allez long, font découpées, fépa* rées en trois parties non dentelées, Sc pofées deux à deux for les branches : les fleurs fon affemblées en petits bouquets, au fommet defquels font placées des fleurs hermaphrodites.
- Qualités & ufages.
- Le bois d’Erable, quoique veiné, eft mis au nombre des bois blancs dans les forêts ; néanmoins les Tourneurs le recherchent pour plufieurs ulàges. Les jeunes pieds d’environ % pouces de diamètre, font excellents pour faire la perche du Tour, laquelle étant attachée au plancher , fort de reffort pour relever la.marche & le pied du Tourneur en travaillant. Ce bois eft fort élaf-tique Sc ne fe rend point, c’eft-à-dire, qu’il ne relie point plié après l’aélion du Tourneur. Le gros Erable fo travaille bien au Tour ; il eft liant, ferme & bon pour faire des vis de moyenne groffeur : lorfqu’il eft bien gros, fes fibres font ondées de haut-en-bas : alors les Luthiers en font grand cas pour faire des violons 9 des baffes. & autres inftruments à cordes. Les Faéleurs d’inftruments à vent, en font des baffons ; les Armuriers employent fes racines & fes louppes pour monter des fufils & des piftolets. On en fait auflî au Tour de très-jolies tabatières, qui raffemblent une prodigieufo quantité de petits nœuds, & forment une finguliere variété de tableaux purement imaginaires ; Sc tels qu’on a dit au
- fojet
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- I, Section, Chap. IL Des Bois propres a être tournés, &c. 3
- fuiet de l’Aulne & du Buis, il en fera parlé en fon lieu, en décrivant le Tour en 1 air.
- Fresne.
- Le Frêne e£t un des beaux arbres Foreftîers de la première grandeur: la tige* ordinairement aflez droite* s’élève fouvent jufqu’à 30 & 40 pieds fins branches. Son écorce eft liflè, unie & cendrée; fa tête prend une forme agréable : les feuilles , placées deux à deux fur les branches, font fouvent compofées de rj folioles dentelées, d’un beau verd gai, & rangées par paires le long d’une côte qui eft terminée par une feule foliole.
- Les fleurs qui paroiflènt avant les feuilles* font aflembiées par bouquets ou £n grappes * &c.
- Qualités & ufages,
- Le bois de Frêne eft blanc, très-ferme * & liant tant quil conferve un peu fi feve, qui forme différents cercles concentriques, ce qui fait qu’il eft veiné de groffes veines en long. On s’en fert pour les brancards des Carroffes Sc autres voitures.
- Les Tourneurs en font d’excellentes Chaifes, qu’ils teignent de différentes «ouleurs. On contrefait avec leFrêne le bois d’Acacia, dont on a ci-devant parlé s on en fait des manches de gros & de petits marteaux, Sc quantité d’autres ouvrages qui font expofés à fouffrir de grands efforts * des manches d’outils
- de Tourneurs Sc de Sculpteurs, Sec.
- Fusain;
- L e Fufiin eft un arbriffeau foreftier de la moyenne grandeur ; fes tiges s’élèvent environ à 7 à 8 pieds : l’écorce eft verte , lifle Sc bien unie : fes feuilles font entières, ovales, plus ou moins allongées, Sc attachées par un pédicule aifez petit, deux à deux fur les branches.
- Les fleurs difpofées en ombelles , font formées d’un calice applati, divifé en quatre ou cinq parties.
- Il fleurit à la fin du mois de Mai, Sc produit enfuite un fruit quarré ou pentagonal d’un très-beau rouge. Les Ouvriers nomment ce bois Bonnet a quatre tomes * ou Bonnet quarré\
- Qualités & ufages*'
- Lë Fufiin eft un bois aflez dur, d’un jaune pâle. Les Tourneurs en font des fufeaux à filer : on s’en fert aufli pour polir les métaux. Il eft très-bon pour nétoyer les trous taraudés en vis fervant d’écrous, les trous de pivots de toutes fortes de machines de moyenne Sc de petite grandeurs. Les Horlogers en font fo même ufige pour nétoyer les trous des pivots de pendules Sc de montres ; comme aufli pour polir le cuivre, à quoi il eft très-propre. Si on brûle ce bois
- Tourneur * L Part. L Sech I
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- 34 TOURNEUR MÊ CA NI CIE N, L Partie; enfermé foit dans un bout de canon, ou bien dans un coffret de tôle> ion charbon eft très-bon pour deffiner*
- Hêtre,
- Le Hêtre eft un des plus beaux & des plus gros arbres foreftiers de la première grandeur: il fe trouve par-tout. Sa tige, dont Técorce eft lifte, unie Sc grisâtre , tirant fur le blanc ou cendré , s’élève quelquefois jufqu’à 60 pieds de hauteur, fans aucunes branches Sc fans nœuds. On en voit qui ont jufqu’à 120 pieds de hauteur , fui van t le pays où ils croiffènt. Il y en a beaucoup dans Lorraine Sc aux environs. A Clermont en Argonne, on en voit un qu’on dit avoir 30 pieds de tour.
- Les feuilles du Hêtre font placées alternativement fur les branches: elles font de figure ovale * de médiocre grandeur Sc d’un beau verd, luifantes, Sc n ont prefque pas de dentelure.
- Cet arbre produit des fleurs mâles Sc des fleurs femelles. On trouve dans [intérieur des fleurs femelles quatre femences triangulaires qui fe nomment Faines, dont on tire de l’huile.
- Qualités & ufages.
- Le bois de Hêtre eft blanc, tirant fur le jaune rougeâtre: il fe fend bien droit. Il eft liant St dur quand on emploie le bas du tronc de l’arbre.1 Les Tourneurs en font plusieurs ouvrages , comme des jattes ou febilles ; gamelles, égrugeoirs ou faunieres ; d’autres en font des pelles, des fabots. Les Menuifiers en font toutes fortes de meubles, les uns tournés, d’autres faits à la main. U eft bon pour faire des établis, tant pour le Menuifier que pour le Tourneur, & des poupées de Tour, parce qu’il fe travaille aifément. Il Apporte fort bien les aflemblages, tant du Menuifier que du Tourneur; mais il eft fujet à un grand inconvénient; c’eft de fe déjetter toujours, quelque vieux St fec qu’il foit ; d’ailleurs les vers le détruifent en l’efpace de 15 à 20 années , à moins que le meuble ou l’ouvrage fait avec ce bois, ne foie fouvent en mouvement. Ôn en fait des armoires qu’on teint, ainfi que bien d’autres ouvrages j Sc alors il imite aflèz bien le bois de noyer.
- Houx.
- Le Houx eft un arbrifîeau foreftier de la première grandeur, toujours verdj > fa tige s’éleye fouvent à 12 à iy pieds de hauteur ; Ion écorce eft d’un beau verd, un peu cendrée vers le pied ; fes feuilles font liftes, d’un verd luifànt par-deflus, plus clair & plus terne par-deflous, bordées d’épines , dont la direo* tion eft difpofée haut Sc bas : elles font placées alternativement fur les braq-? ches avec un petit pédicule.
- La fleur de Houx a peu d’apparence ; il porte une baie ou fruit rouge^
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- I. SecTI0^j Ch ap. IL Des Bois propres a être tournés , &c« ^ j
- Qualités & ufages.
- Le bois de Houx eft blanc; néanmoins celui du centre des plus greffes tiges eft brun : il eft fort dur ; fes branches font fort pliantes : on en fait des archets pour tourner & pour percer ; ainfi que des manches de marteaux qui font excellents. Les Tourneurs en font divers ouvrages tournés; il prend certaines teintures & le polit très-bien : il eft bon à faire des vis. On en fait du placage de marqueterie au Tour & à la main, comme fleurs & autres ouvrages , quand on Ta teint des couleurs convenables.
- I F.
- LSIF eft un arbre de décoration de la petite grandeur, toujours verd ; Ion écorce eft rougeâtre, mince , & fans gerçure à tout âge. Le tronc , quand il provient de femences , s'élève toujours fort droit, fur-tout dans quelques contrées méridionales de l’Europe; & lorfqu’il devient vieux, il groffit 8c devient de la moyenne grandeur, & forme une belle tête bien touffue ; fes feuilles font d’un verd foncé , obfcur , étroites , longues , prefque femblables à celles du Sapin, & rangées, ainfi que les barbes d’une plume, aux deux côtés d’une petite branche.
- Il porte des fleurs mâles & des fleurs femelles, avec un petit fruit rouge à noyau.
- Qualités & ufages.
- Le bois d’If eft: très-dur & très-pliant : il eft: d’une très-belle couleur rouge : il prend un fort beau poli. Les Tourneurs en font de très-beaux ouvrages ; les racines & les louppes font de belles tabatières & de beaux vafes, nous n’avons pas de bois qui reffemble plus au bois des lfles.
- t
- Liege;
- Le Liege eft une efpece de Chêne verd , qui ne différé en rien des Chênes ordinaires : toute la différence eft que les fleurs femelles du Liege & du Chêne yerd, ont trois ftiies, & celles du Chêne ordinaire n’en ont qu’un. Voye^ la defeription du Chêne.
- Cet arbre eft de la moyenne grandeur ; fbn écorce eft épaifle , Ipongieufè $ légère , d’un gris jaunâtre ; fes feuilles font fermes, plus ou moins dentelées, piquantes par les bords, d’un verd foncé un peu terne, la plupart un peu velues & blanchâtres par-defîbus : toutes font pofees alternativement fur les bran* ches. On trouvera ci-après la defeription du véritable Chêne verd. Voyez le mot Yeufe.
- Qualités & ufages.
- L e bois de Liege eft très-lourd, très-dur, extrêmement fort : il pourrit difficilement, Dans la Marine, on en fait des eflieux de poulies : on le préféré à
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- 36 TOURNÉ UR MÉCANICIEN, I. Partie. tout autre dans les endroits qui doivent éprouver beaucoup de frottement. on en fait de très-gros madriers. Il eft excellent pour faire les fûts d outils de Me-nuifiers, comme varlopes, rabots 3c autres. Il eft ties-bon pour faire des pou pées de Tour en l’air & de Tour à pointes, des filières en bois , enfin tous les ouvrages qui éprouvent beaucoup d effort 3c de frottement.
- Son écorce extérieure eft, fans contredit, la plus utile partie de cet arbre : on en fait des bouchons de bouteilles , & bien d’autres ouvrages. Le Tourneur s’enlèrt pour doubler le dedans des mâchoires d’un étau de bois, ainfi que le dedans des pinces ou tenailles en bois, qu’on place dans les étaux de fer, afin de pouvoir ferrer des ouvrages de bois ou d’ivoire qui font déjà tournés & travaillés, lorfqu’on abefoin d’y faire quelques entailles, fans rien gâter des moulures extérieures. Les Armuriers fe fervent du Liege au même ufage. Il eft très-bon aulïi pour polir le bois, foit pour étendre la cire ou telle autre drogue dont on fe fert en poliffant l’ouvrage. Il en fera parlé dans la fuite à l’Article du Poli.
- L I E R R È» • v
- Le Lierre eft un arbriffeau parafite, foreftier, qui s’élève auflibaut que les ar-1 b res auxquels il s'attache ; fes tiges font rarement bien grofles , Sc leurs branches font garnies d’une quantité de petites griffes qui les attachent a tout ce qu elles touchent. Les feuilles du Lierre qui font à l'extrémité des petites branches , font à peu-près ovales ; les autres font prefque triangulaires , Sc en général leur forme varie beaucoup: elles font toujours fermes, luifantes* d’un verd obfcur , pofées alternativement fur les branches , auxquelles elles font attachées par de longs, pédicules.
- Qualités & ufages,
- Le bois de Lierre eft blanc-roufsâtre , tendre, filandreux, poreux Sc difficile à travailler; lorfqu’on a de gros troncs, on en fait des vafes fur le Tour, dans lefquels on affure qu’en les amplifiant de vin, s’il eft mêlé d’eau, elle paflera à travers les pores du bois de Lierre, Sc que le vin reliera dans le vafe. On prétend que le vin infufé dans un tel vafe, eft excellent pour les douleurs de
- rate. 7
- Merisier."
- Le Merifier eft un bel arbre fruitier de la première grandeur; le tronc eft droit, Sc s’élève affez haut fans nœuds ; les branches fe foutiennent bien ; l'écorce eft brune ou cendrée en dehors, liffe & verdâtre en dedans. Quand if eft jeune, fa première peau ou écorce lui fait une enveloppe circulaire comme un ruban , ce qui le rend difficile à fendre avec le contre. La fécondé écorce,’ qui eft fous la première , a fes fibres difpofées en longueur du même fens que le bois ; mais quand il devient gros, cette première peau n’eft plus fi apparente ni fi liffe* §cSi
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- L Section, Chap. I L Des Bois propres a être tournés, &c. 37
- Ses feuilles, poféés alternativement fur les branches, font grandes, dentelées par les bords, & d'un beau verd : elles relient fur l'arbre jufqu aux gelées , Sc elles ont deux glandes ou petites boflès rougeâtres fur la queue.
- Sa fleur ell compofée d'un calice campaniforme, divifé en cinq parties, &Cw
- Il porte un fruit à noyau. Ce fruit ell d'une belle couleur rouge avant là maturité, 3c devient dune belle couleur noire quand il eft mûr. Le bois de Merifier ell le fauvageon du Cerifier : il a la même qualité Sc fert à peu-près aux mêmes ufages.
- Qualités & ufages«
- L è bois de Merifier eft ferme, roufiâtre, dur Sc ferré : il fè travaille fort bien , Sc prend un beau poli. Il eft recherché par les Tourneurs ; ils en font de belles chaifes, des guéridons , des rouets délicats, des métiers à broder , enfin les Tourneurs & les Ebéniftes en font une infinité de meubles très-pro^ près, quand les arbres font gros Sc point creux au milieu : car il eft fujet à avoir le cœur pourri.
- Micocoulier,
- x
- Le Micocoulier , que fon appelle en Provence Pabre-coulier, & dans le Roufîillon Adonier , eft un arbre de la première grandeur, qui devient prefi que aufli grand que l’Orme » lorfou’îl terrain t les feuilles font
- d’un verd jaunâtre & terne, rudes au toucher par-deflus , douces par-deflous , longues, dentelées par les bords , terminées en pointe, relevées en delîbus d’arêtes aflêz {aillantes, creufées par-deflus en profondes gouttières, fouyent panachées de jaune, & pofées alternativement fur les branches. Cet arbre porte des fleurs mâles & des fleurs hermaphrodites.
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- Qualités & ufages,
- Il ny a point de bois plus liant, Sc qui plie autant fins te rompre. Les Tourneurs en font des cannes à la main aufli élaftiques que le jet ; ils en font aufli des manches de fouet de Cocher, qui plient avec autant de foupleflè que la baleine. Il eft très-bon pour faire des archets pour percer le fer avec un foret. On en fait des baguettes de fuûls, des lignes pour la pêche t des brancards, & C.
- N E F F L IE ÏU
- L e Neffiier eft un arbrifleau de la première grandeur ; le tronc eft fouyerït tortueux, l’écorce de couleur jaunâtre ; les feuilles font grandes, Amples, ovales , terminées en pointe, non dentelées, vertes, un peu velues en deflus, cotonneufes en deflous. La fleur eft de couleur blanche- ou incarnat : il porte un fruit, dans l’intérieur duquel on trouve cinq noyaux très-durs, inégaux,’ rougeâtres. Comme ce fruit eft commun, je n en dirai pas davantage. Tourneur , /• Part. L Secl, K
- Z. ï _. •**
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- tourneur mécanicien,l partie.
- Qualités & ufagesl
- Le Nefflier eft très-dur Sc très-pliatit. Il eft recherché pour les manches des Fouets de Cocher. Les Tourneurs en font aufîi des manches de marteaux.
- Noyer.
- L e Noyer eft un arbre fruitier de décoration 3c de la première grandeur * le tronc s’élève affez haut, & les branches , bien foutenues, forment ordinairement un beau corps d’arbre; l’écorce eft d’un verd gris Sc très-unie; les feuilles font compofées de cinq grandes folioles attachées 8c rangées par paires fur un filet commun, terminées par une foliole qui eft la plus grande de toutes : elles font pofées alternativement fur les branches : elles ont une odeur
- fort agréable.
- Les Noyers portent fur les mêmCIs pieds des fleurs mâles Sc des fleurs fe-* melles. Son fruit eft commun ; on le nomme Noix ; le refile eft connu.
- Qualités & ufages*
- L s boîs de Noyer eft un des meilleurs de l’Europe ; il eft liant, allez plein,
- facile à travailler. On en fait d’excellentes vis de prefloîrs Sc de prefles. Les Menuifiers en font de fort beaux meubles. Les Tourneurs font quantité d’ouvrages avec ce bois, comme guéridons, rouets très propres, métiers à broder & à rubans. Il eft fort bon pour faire les bancs ou établis de Tour, des poupées de toutes façons, tant pour les Tours à pointes que pour les Tours en Pair, des dévidoirs, des tournettes, & généralement tous les ouvrages ou il
- faut du bois propre Sc beau.^
- Le bois de Noyer eft blanc lorfqu’ii eft jeune, mais très-dur & liant ; lorfo qu’il eft vieux il devient brun veiné de noir, ce qui forme des nuances fore agréables à la vue : il prend un fort beau poli li on veut le brunir. Quand on fo fert du jeune Noyer, on le teint avec une couleur faite avec le brou, qui eft l’enveloppe de la noix. Il faut prendre ce fruit iorfquil eft en maturité 3 car fi l’on prenoit le brou des cerneaux, la teinture ne feroit pas bonne. On enfoi-gnera la maniéré de faire cette couleur, en parlant des teintures propres au
- Tourneur»
- Ce bois eft fujet aux gelivures & aux roulures, en termes d’Atelier ; ces premières font des fentes noires, dont la direction fuit les fils du bois s elles font caufées par les grandes gelées. Les roulures proviennent du même accident ; mais au lieu d’être Amplement des fentes longitudinales dirigées de la circonférence au centre de l’arbre, ces dexnieres font circulaires Sc concentriques ; c eft le grand froid qui fait détacher les dernieres croiflànces du bois déjà formé ^ enfuite d’autres feves qui groffiffenc l’arbre, de maniéré que les roulures fe
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- I. Section, Ckap. 11. Des Bois propres a être tournés > &c. yj trouvent ordinairement su milieu de la diftance de la circonférence su centre du Noyer ; alors il faut, en le débitant pour Touvrage, faire en forte de le féparer dans ces défauts. Les racines de Noyer font très-belles ; les différents nœuds forment des tableaux très-variés, représentants des objets divers, félon l’idée de ceux qui les regardent.
- Olivier*
- L'Olivier, eft un arbre fruitier de moyenne grofleur. Il croît dans les contrées maritimes de l’Europe , dans les pays chauds, en Languedoc, en Pro-vence * en Italie, en Efpagne : il aime les pays fecs & argilleux expofés au Midi ou au Levant. Sa tige eft courte & noueufo, de médiocre grofleur *, fon écorce eft liffe, unie , de couleur de cendre ; fos feuilles font dures, luifàntes , dun verd brun en deflus , 8c blanches en de flous , plus ou moins longues , fui-vant les efpeces : elles font entières fans découpures, toujours vertes. Il croît aufli en Afrique & en Amérique.
- Qualités & ufages.
- Le bois d'Olivier eft dur, 8c aflez ordinairement tortueux * de couleur jau-* îiâtre; il eft onde, veiné & finguliérement varié: on le prendroit pour du
- marbre, for-tout à la racine Sc aux nodo/îcés. Il «U fort recherché par leg
- .Tourneurs, étant folide 8c fe tournant très-bien. Ils en font des tabatières , Sc quantité d’autres ouvrages. Il prend un fort beau poli. Lorfqu’on veut donner une plus grande propreté aux pièces qu’on fait de ce bois, l’on y pafle du vernis que Ton polit, comme nous l’expliquerons dans fon lieu.
- N ‘ Orme.
- L'Orme eft uri arbre foreftier de la première grandeur : le tronc s’élève aflez droit 8c aflez haut fans branches ; l’écorce eft raboteufe, rude, de couleur rougeâtre cendrée. Ses feuilles font entières , ovales, dentelées par les bords, relevées en deflous de nervures fillonnées en deflus, fermes, rudes au toucher, tantôt petites, tantôt grandes, & pofées alternativement for les branches, où elles font attachées fans pédicules.
- U porte une petite fleur.
- On diftingue les différents bois d’Orme en mâles & en femelles aïïez mal-à-propos, en termes d’Ouvriers ; l’Orme mâle eft celui dont les fibres font bien droites; l’Orme femelle fe nomme Tortillard: il fe diftingue en ce qu’il a l’écorce plus raboteufe, relevée par des petites bofles entrelacées comme les côtes d’un melon, En générai, l’Orme eft: très-dur, & le Tortillard n’eft pas fujet à fe fendre, auffi en fait-on des moyeux tant de l’un que de l’autre»
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- TOURNEUR MÉCANICIEN, 1. Partie*
- Qualités & ufages,
- L e bois d’Orme fe tourmente beaucoup ; néanmoins lorfqu il eft fec & bien choifi, c eft un très-bon bois : il eft de couleur roufsâtre tirant fur le brun, poreux ; fes veines font larges : les Tourneurs en font de très-bons établis, Sc des poupées de Tour : c’eft le meilleur au défaut du Noyer, qui eft plus cher; on choifit pour cela celui qui eft de plus droit fil. L’Orme tortillard eft excellent pour faire les moyeux des grandes roues de Tour, & pour quantité d’autres machines de Tour. Dans beaucoup de villes on en trouve de tout refendu par les Scieurs de long.
- P I H.
- L e Pin eft un très-grand arbre foreftier dans les Provinces maritimes & méridionales de France. Le tronc eft droit , l’écorce raboteufo, rougeâtre : il étend fes branches de part & d’autre en forme de candélabre ; fes branches font placées par étage autour de la tige qui s’élève perpendiculairement : chaque étage en contient trois , quatre ou cinq ,; les pouflès font allez groftes & fe foutien-tient bien : elles font garnies de belles feuilles étroites, filamenteufos, longues au moins de y a 6 pouces, d’un beau verd qui dure toute l’année, & pref-. qu auffi étoffées que celles du Pin cultivé : elles fortent deux à deux d’une gaine commune, 3c le réunifient en formant enfomble un cylindre , en forte que les feuilles féparées font plattes, & même quelquefois creufées en gouttières du côté où elles fe touchoient, & arrondies de l’autre ; leurs bords s’en*-grenent les uns dans les autres, & font dentelés comme une lime.
- Les Pins portent des fleurs mâles & des fleurs femelles fur différentes bran-' çhes du même pied.
- Les fleurs femelles paroiflent indifféremment à côté des fleurs mâles , ou à d’autres endroits de l’arbre.
- Il porte un fruit que l’on nomme Cônes ou Pommes, dont quelques-uns ont 4 pouces & demi de longueur , fur % pouces & demi de diamètre9 &ç*
- Qualités & ufages*
- C’iST avec les belles tiges de Pin qu’on fait les mâts des vaifleaux. Le bois de Pin , pour être de bonne qualité, doit être d’un jaune clair , pefant, avoir le grain fin & Terré ; les cercles concentriques ne doivent pas être trop épais : il s’en trouve qui ont un cercle brillant & chargé de réfine. Quand on a dépouillé un arbre de fon écorce, & qu’il eft expofé au foleil, il fulnte de toutes parts une réfine de bonne odeur. U faut que cet arbre ait au moins foixante ou quatre-vingt ans pour être dans fa force ; les plus jeunes ont trop d’aubier. La couleur du Pin doit être uniforme. Les Tourneurs de la Provence & du Languedoc , en font de très-jolis ouvrages ; car il fe coupe bien au Tour & au
- rabot;
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- I, Section, Chap. IL Des Bois propres a être tournes, Ôc* 41; rabot. Les Tourneurs d’Allemagne en font des jouets d’enfants les plus délicats ; mais c’eft avec le Pin des montagnes du Tirol.
- Plane.
- Le Plane eft un arbre foreftier de la première grandeur ; c’eft une efpece d’Erable : les branches lui reflemblent ; fes feuilles font découpées à peu-près comme la vigne , c eft-à-dire , en mains, fermes 8c confervant leur belle verdure julqu’aux premières gelées : ces feuilles font attachées aux branches pat un long pédicule ; le refte eft comme à l’Erable.
- Qualités & ufages.
- Le Plane eft préférable à l’Erable, parce qu’il eft plus ferme, plus plein ï il fe travaille mieux. Les Luthiers en font des violons, des bafles 8c autres inftruments à cordes. Les Tourneurs en font une infinité d’ouvrages très-délicats : il fupporte très-bien la vis , prend bien les teintures. On voit tous les jours des gobelets faits au Tour avec ce bois. Ces ouvrages font furprenants pour la délicateffe : on en fait d’auffi minces que le plus fin papier ; en forte que dans un gobelet de grandeur raifonnable, il en tient, les uns dans les autres , jufqu’à cent, 8c même quelquefois le double, en faifant le premier un peu plus grand ; ils font fi légers, que pofànt un de ces gobelets fur une table Sc foufflant avec la bouche, on le fait courir d’un bout à l’autre. Ces fortes d’ouvrages délicats & curieux, fe font ordinairement à la grande Chartreufe. Dans la fuite de ce Traité je donnerai des moyens surs pour opérer auffi délicatement qu’il le faut pour de pareils ouvrages.
- Platane.
- L e Platane eft un des plus beaux arbres de décoration de la première grandeur ; il s’élève fort haut fans branches, fon tronc eft fort droit, & fon écorce unie, de couleur gris-blanc cendrée : elle fe dépouille tous les ans en fe détachant de l’arbre par grandes plaques larges comme la main, d’un quart de ligne d’épaifleur ; fa tête forme une belle touffe, tellement garnie de feuilles 8c de branches, que du pied on ne pourroit y découvrir le plus gros oifeau qu’on feuroit y être perché : le refte de fa fobftance, eft comme au Plane.
- Qualités & ufages.
- Le Platane croît dans le Canada 8c dans la Turquie : il eft auffi bon, 8c même meilleur que le Plane. Il fe tourne très-bien * foutient la vis. Les Turcs s’en fervent pour le charronnage, parce qu’il eft très-dur 8c liant. Je ne m’étendrai pas davantage fur ce qui regarde cet arbre, car nous n en avons pas encore en France d’affez gros pour être employés.
- Tourneur , I.Part.L S eft. L
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- TOURNEUR MÉCANICIEN, I-Partie.
- Poirier.
- L e Poirier eft un arbre fruitier de la moyenne grandeur ; le tronc eft droit, plus élevé que celui du Pommier, & l’écorce auffi raboteufe : elle eft de couleur gris-brun ; fes feuilles font lilfes, non dentelées, d’un verd foncé, lui-fantes en deflfus, blanchâtres en deflous, & placées alternativement fur les branches. Cet arbre porte fleurs & fruits ; comme il eft connu, je n’en dirai rien de plus.
- Qualités & ufages.
- L e bois de Poirier eft pelant, plein, de couleur rougeâtre, d’un grain très-fin 8c ferré. Il prend la teinture noire ; alors il reflembie fl fort à l’Ebene, qu’on peut s’y tromper. Les Tourneurs s’en fervent beaucoup pour des ouvrages propres. Les Ebéniftes & les Graveurs en bois en font grand cas. Il eft préférable au Pommier ; c’eft dommage que dans le milieu, depuis le centre jufqu’à la circonférence, il s’y découvre des galles qui font tort à l’ouvrage, 8c qu’il foit fujet à fe déjetter ou fe tourmenter.
- Pommier.
- L e Pommier eft un arbre fruitier de la moyenne grandeur ; fa tige eft rarement droite, & toujours peu élevée ; l'écorce eft lifîè , de couleur cendrée ; les branches, ordinairement empattées les unes près des autres au fommet de la tige, s’étendent à droite 8c à gauche. Les feuilles font entières, un peu velues par-deflus, dentelées, & comme ondées par les bords, pofées alternativement fur les branches; le deflous eft relevé d’arêtes faillantes, 8c le deflus eft creufé de filions, d’un beau verd-clair. Il porte des fleurs au printemps, & du fruit dans fa faifon : le refte eft connu.
- Qualités 8C ufages.
- Le bois de Pommier n’eft pas fi dur que celui de Poirier, 8c n’a pas unô couleur fi agréable. Il eft blanc, tirant for le rouge pâle. Ce bois eft plein § fort, doux * très-liant, aflèz fomblable au bois d’Alizier. Il eft très-recherché par les Tourneurs: il prend très-bien la teinture noire , pour contrefaire TEbene. Les Menuifiers-Ebéniftes en font des tables 8c autres ouvrages : il fe polit très-bien. Il y a aufli du Pommier fauvageon : il ne différé du Pommiet franc, que parce qu’on ne l’a point enté; mais il eft aufli bon.
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- I. Section, Chap. II. Des Bois propres a être tournés , &c> 43
- Prunier.
- L e Prunier eft un arbre fruitier de la petite grandeur ; le tronc s'élève peu fin s branches ; l’écorce eft d’un gris-brun. Ses feuilles font fimples, liftes , pre£-que ovales, terminées en pointe, dentelées par les bords, relevées en deflous de nervures faillantes, creufées de filions en deffos, 8c attachées alternative^ ment fur les branches : elles font pliées les unes for les autres dans les boutons. Il porte des fleurs , enfuite des fruits, foivant les feifons. Il y a des prunes de -différentes couleurs & de différents goûts, foivant l’efpece d’arbres qui les ont produites. Du refte cet arbre eft très-commun en France, par conféquent très« connu.
- Qualités & ufages.
- L e bois de Prunier eft marqué de belles veines rouges, mais fe couleur paflè en peu de temps, & il brunit à l’air après qu’on l’a travaillé, à moins qu’on ne le couvre de vernis : on en parlera dans la fuite. Ce bois eft dur , plein : il fe travaille bien. Les Tourneurs le recherchent, & en font de jolis ouvrages, comme de petits rouets pour les Dames, des dévidoirs, des tour-nettes pour peloter le fil, des tabatières, des étuis, des chandeliers, des bougeoirs , enfin une multitude d’ouvrages, de beaux manches d’outils de Tour. U eft auflî beau que beaucoup de bois des Indes , 8c n’eft pas fi cher.
- Sainte-Lucie, ou Mahaleb , ou Magalep.
- t Le bois de Sainte-Lucie, ou (Mahaleb ou Magalep) , eft une efpece de Cerifier fiuvage, qui reflemble aflèz au Cerifier commun ; fon écorce eft brune ou noire , tirant for le bleu , & fort mince : il n’a jamais d’aubier. Ses feuilles font d’un beau verd, de figure triangulaire, terminées en pointe à peu-près en forme de cœur, échancrées comme par ondes, dentelées par les bords. Les fleurs font femblables à celles du' Cerifier ordinaire. Son fruit contient un noyau dans lequel il y a une amande qui eft fort en ufage parmi les Parfumeurs : on l’appelle le plus fouvent Magalep. Le bois eft de couleur rougeâtre ; il a une odeur fort agréable : elle augmente, ainfi que fe couleur, à mefore qu’il vieillit, quand on l’a mis en ufage. On nous en apporte de Lorraine qui eft très-beau. Il en vient aufli des Indes, où il croît en abondance. Ce bois eft plein, pefent, ferme, & fe travaille très-bien. Il prend un beau poli.
- Qualités & ufages.
- Les Tourneurs en font grand cas : on en fait des coffrets, des boîtes de toilette pour les Dames, des étuis, des petits rouets à filer & autres bijouteries , à caufe de fon odeur.
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- TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- ' Sureau.
- Le Sureau eft un arbrifleau des haies & buiflons, de la premier© grandeur ; le tronc eft couvert d’une écorce cendrée & rude. Ses feuilles, qui ont une forte odeur, font compofées de grandes folioles pointues, découpées , dentelées par les bords, & oppofées deux à deux fur les branches. Il fleurit au mois de Juin, & fes fleurs, qui font blanches, font raffemblées en ombelles & en grappes, &c.
- Son fruit vient en petites grappes noires quand il eft mûr : il renferme trois femences , &c.
- s Qualités & ufages.
- Le bois de Sureau provenant des vieux troncs dans lesquels il ne fe trouve point de moëlle comme dans les branches , eft fort dur, t^rès-liant, de couleur jaune, & propre à différents ouvrages. Les Tourneurs en font des boîtes & autres ouvrages. Les Tabletiers en font des peignes communs/ C’eft le meilleur bois, après le Buis, pour cet ouvrage ; car il fo rompt très-difficilement. On en fait encore des pieds-de-Roi, Sc quantité d’autres ouvrages délicats.
- Sycomore.
- L E Sycomore eft un bel arbre foreftier de la première grandeur , & de l’efo pece des Erables , dont il ne différé que par l’élévation de fa tige, par la grandeur & la beauté de fes feuilles attachées par un grand pédicule, d’un beau verd clairpar-deffus, blanches par-deflous, découpées en mains, qui font féparées en cinq parties, & dont les extrémités font moins pointues que celles du Plane : fos feuilles font plus épaifîès que celles de cet arbre, qui eft auflî une efpece d’Erable.
- Les fleurs du Sycomore viennent en grappes, de même que celles de l’Erable.
- Qualités & ufages.
- Le bois de Sycomore eft de même qualité que celui du Plane : il peut fervir aux mêmes ufages. Les Tourneurs en font beaucoup d’ouvrages très-folides : il eft liant, uni, plein, de couleur blanche tirant au gris jaunâtre. Les Ebéniftes en font des meubles : il prend bien diverfos teintures. Les Luthiers en font de grands inftruments à cordes, parce qu’il eft fort doux à travailler.
- Tilleul.
- L e Tilleul eft un arbre foreftier de la première grandeur ; il forme une belle tige, foutient bien fes branches , & fà tête prend naturellement une belle forme. L’écorce eft de couleur cendrée en dehors, & blanc-jaune en dedans.
- C’eft
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- I. Section, Chap. IL Des Bois propres a être tournes, &C. 45 Ceft maintenant l'arbre à la mode, fur-tout celui qui a les feuilles larges, Sc qui nous vient de Hollande : c eft de ce dernier quon plante dans les jardins ; mais comme de cette efpece ils ne font pas fi bons pour travailler, les premiers font préférables. On en trouve dans les forêts qui ont jufqu'à 9 pieds de tour , fm 30 ou 40 pieds de hauteur. Les feuilles font à peu-près rondes, un peu velues, luifantes, dentelées par les bords, terminées en pointe, foutenues par de longues queues & pofées alternativement fur les branches. Il fleurit & porte femence.
- Qualités & ufages,
- L e bois de Tilleul eft liant, blanc, doux à travailler, léger : il n eft pas fujet à être piqué par les vers. Les Menuifîers Sc les Sculpteurs en font beaucoup d'ouvrages. Les Tourneurs en font quantité de pièces tournées pour être dorées : il prend bien la colle-forte. Ce bois mérite la préférence pour faire des petits modèles de machines, des gros vafes ou urnes tournés Sc bronzés ou dorés, pour orner le haut des bibliothèques, parce qu'il ne charge pas la Me-nuiferie, U faut toujours donner la préférence au Tilleul qui a de petites feuilles , qui eft celui des forêts, comme il a été dit ci-devant.
- Yeuse ou Chêne verd.
- DY eu s ë ou Chêne verd, eft un arbre foreftier de la moyenne grandeur qui fe trouve dans les Provinces méridionales de la France. Dans la Louifiane il vient de la première grandeur : il ne différé du Liege que par l'écorce, qui n eft point épaiflè : elle eft tendre & élaftique. Vyye[ la defcription du Liege.
- On trouve fur les montagnes de Provence Sc du Languedoc, une efpece de petits Chênes verds, qui ne font que des arbrifleaux qui ne forment que des buiflbns fort jolis ; l'écorce du tronc eft blanchâtre ou cendrée ; leurs feuilles , font très-petites, très-luilàntes, très-piquantes Sc d’un beau verd,
- Qualités & ufages.
- L5aubier de l'Yeulè éft blanchâtre, Sc fon bois de couleur brune: il eft plein, dur, pefant, très-fort, d'un grain fin Sc qui prend bien le poli ; mais il fe tourmente & fe fend beaucoup en féchant : tous les bois durs font fujets à ces inconvénients. En Languedoc on en fait des maffes & des manches de mails. Il eft bon pour faire des varlopes 5 des rabots Sc des maillets qui font plus durs que le Buis : il fe tourne bien , Sc fupporte bien la vis.
- Tourneur, L Part. L Secl>
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- TOURNE U R MÉ C A NI CIE N, I. Partie.
- K T 1 'C 1 ® S E C O N D-t
- Connoijfance des Bots Etrangers•
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- A c a j o u ou Acajaiba.
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- L’Acajou eft un arbre Fruitier, haut, rond comme un Châtaigner; fbn écorce reffemble à celle du Chêne ; les rameaux font flexibles, & s’inclinent
- beaucoup vers la terre.
- Les feuilles ont la ligure & la couleur de celles du Noyer, mais plus odorantes : elles font larges, rayées de plufieurs veines, arrondies par-devant.1 Ses fleurs font blanches lorfqu’elles s’épanouiflent, puis elles deviennent incarnates & de couleur pourpre. Il porte un fruit qu’on nomme Noix ou Châtain
- gn.es d’Acajou.
- Qualités ô ufages.
- Ce bois eft fort, tantôt blanc & léger, tantôt rougeâtre & lourd, peu fufceptible d’être mangé des vers. On en fait de beaux meubles, tant au Tout qu’en Menuiferie : il prend un beau poli. Il nous vient des Mes.
- Aigle. (Boisd’)
- Le bois d’Aigle ; c eft f Agallochum ou de Calambour. Il y eh a de trois îfpeces ; la première eft fort tendre, & s’emploie en Médecine, parmi les par-
- unis.
- La fécondé pafle communément fous le nom de bois à9Aides ou Bois d3Aigle: fl croît dans la Cochinchine ; mais il y en a aufli à Cambaye ou à Sumatra.1 Cebois eft compaél , pefant ; fa fubftanee eft percée de plufieurs cavités Scs femble être cariée : fa couleur eft roufle, d’un goût âcre & aromatique : fi fumée eft d’une odeur fort agtéable.
- La troifieme efpece d’Agallochum eft appellée Calambour ou Galambouc ; il M d’une couleur verdâtre , Sc quelquefois roufle ; fon odeur eft agréable & pénétrante. On l’apporte des Mes de Solor & de Timor en grofles bûches. On Mure que ce bois reflemble à un Olivier, & qu’il porte de petits fruits rouges; On a prétendu que ce bois étant fur pied, ou coupé récemment, rendoit un flic laiteux d’une mauvaife qualité ; que s’il en entroit dans les yeux , on perdoit la vue , s’il en tomboit fur la peau, il s’élevoit des boutons. On allure que les Indiens laiflent les troncs de ces arbres dans la boue, pour faire pourrir l’écorce Sc l’aubier ; il ne refte que le ccçur , qui prepd une couleur brune^
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- I, Sec T ig h, Châp. IL Des Bois propres a être tournés > &C* 47
- Qualités & ufages*
- t, e bois de Calambour fe tourne bien. On en fait des boîtes, des étuis ; & plufieurs autres ouvrages. Les Ebéniftes en font des meubles en ouvrages de marqueterie.
- Amarante. (Boisd*)
- L e bois d5 Amarante eft un bois des Mes : il vient très-gros, fort haut : il eft très-fin Sc ferré , bien liant 5 fes fibres font comme entreiaffées les unes dans les autres. Il eft de la couleur de la fleur d’Amarante, dont il porte le nom feulement, puifque celle-ci n eft qu une plante. Les Tourneurs en font de très-beaux ouvrages, comme des guéridons à écrans, des petits rouets pour les Dames. Les Ebéniftes en font des meubles beaux & bons > car il ne fend ni ne cafte pas aifément.
- B r ê $ 1 l. ( Bois de )
- L e bois de Bréfil eft ainfi nommé * à caufe qaon la tiré d^abord du Bréfil P province de F Amérique. Il y én a de gros Sc de petit ; le gros fe nomme Cm-plement Sapan ; le petit , Sapan-bimaas, comme les Hollandois récrivent, Sc les François Bimas. Le nom de Sapan eft de la langue MdlayeQ). Les Portugais & les Hollandois lui ont confervé le nom Sapan dans le commerce. Les Malabars rappellent Tfipangon. On croit que Fun de Ces noms eft tiré de Faütre , fuivant le fentiment de plufieurs Auteurs. On le furnomme différemment^ félon les divers pays d où il vient : ainfi il y a le Bréfil de Fernambouc, le Bréfil du Japon, le Bréfil du Lamon, le Bréfil de Sainte-Marthe, & enfin le Bréfiüet, ou Bois de la Jamaïque , qu’on apporte des Mes Antilles, qui eft le moindre.
- Le bois de Bréfil croît ordinairement dans des lieux fecs Sc arides Sc au milieu des rochers. Il devient fort gros & fort grand ; il pouffe de longues branches, dont les rameaux font chargés de quantité de petites feuilles à demi-rondes. Son tronc eft rarement droit, mais plutôt tortu Sc raboteux. Il porte des fleurs qui font ïèmblables au muguet, Sc d’un très-beau rouge, exhalant une odeur agréable»? Quoique cet arbre foit très-gros, il eft couvert d’un aubier fi épais, que lorfque les Sauvages Font enlevé de deffus le vif du bois, fi le tronc étoit de la grofi-feur 'd’un homme, à peine refte-t-ii une bûche [de Bréfil de la groffeur de là jambe.
- Le bois de Bréfil eft très-pefant, fort foc -, ferme j pétille beaucoup au feu j où il ne fait prefque point de fumée, à caufo de là grande fécherefle. De toutes ces différentes efpeces, le plus eftimé eft le Bréfil de Fernambouc.
- Pour le bien choifir, il faut qu’il foit en bûches lourdes, compâél, bien fain, fans aubier & fans pourriture; qu’après avoir été éclatté, de pâle qu’il keft, il devienne rougeâtre, Sc qu’en le mâchant, il ait un goût fucré.
- (*) Le Matai eft la langue la plus pure de l’Inde Orientale, DiUionn, de VAcad. Franc*
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- TOURNEUR MÉCANICIEN,1. Partie.
- Qualités & ufages. \
- L e bois de Bréfil fe tourne bien : il prend un beau poli ; cependant fon principal ufàge efl: pour la teinture. Il fort à teindre en rouge ; mais c’eft une faufïe couleur qui s’évapore aifément. On ne peut l’employer fans l’alun Sc le tartre. On en parlera dans la fuite , lorfqu’il s’agira de la teinture des Bois. On vend ce bois à la livre, & aflez chèrement.
- Chine, ( Bois de la ) ou Bois de Lettre.
- L e bois de la Chine ou de Lettre , ou Letter-hout , ( ce mot efl; Hollandois , qui lignifie Bois de Lettre ). Ils lui ont donné ce nom , parce que dans ce bois il y a des taches de couleur qui reflemblent en quelque maniéré à des lettres. Ce bois efl: de couleur rougeâtre, tirant fur le violet, taché d’une fuite de mouches d’un brun noirâtre, qui forment des barres en travers, ce qui y répand une agréable variété. Il efl: très-pefant, dur, plein, fe tourne & fe polit très-bien. On prétend que cette forte de bois ne fe trouve qu’aux environs de la Guyane. Il le vend à la livre, & fort cher. Je ne connois ni Ion écorce ni les feuilles ; mais je lais qu’on en fait des baguettes de tambour , des étuis, des cannes, des bois d’éventails, des manches de couteaux & autres inftruments; C’eft avec ce bois qu’on fait les plus beaux archets de violons. Il efl; fort roide J mais c’eft dommage qu’il foit très-aifé à fendre & à s’éclatter.
- Ebene,
- L’E b e n e efl: une forte de bois qui nous vient des Indes. U y a trois fortes d’Ebene ; les plus en ufage font la noire, la rouge & la verte* On voit toutes ces fortes de bois dans l’Ifle de Madagafcar. Dans le pays on le nomme Hagon-minthi , c’eft-à-dire, Bois noir. Cet arbre devient très-grand & très-gros ; fon écorce, fous laquelle il y a de l’aubier qui efl d’un blanc-jaunâtre, efl noire ; on la rejette , pour ne fe fervir que du bois qui efl noir. L’Ifle de Saint-Maurice , qui appartient aux Hollandois, fournit le plus beau bois d’Ebene, qu’on nomme Ebene-Maurice. Ses feuilles font femblables à celles de notre Myrte , d’un verdi brun foncé. Ce bois efl dur, plein, prend un beau poli. Il efl fujet à être fendu en long ou en roulures circulaires, ce qui fait beaucoup de perte lorfqu’on Je débite pour le travailler. Les Tourneurs en font beaucoup d’ufàge. Les Ebé-niftes en font des meubles en marqueterie, & beaucoup d’autres Ouvriers en emploient: il efl cher, & fe vend à la livre.
- Ebene de Portugal
- L’E b e n e de Portugal, On l’appelle Spartium Portulacce foliis aculeatum Ebeni materice. On en a aufli découvert à Saint-Domingue. Ce bois eft plus dur
- que
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- I. Section, Ch a p. IL Des Bois propres a être tournés > &c. 49
- que rEbene-Maurice ; mais il eft fujet à avoir de grandes veines blanches & roufsâtres en long, & on eft obligé de le teindre. lia des taches très-dures, que les Ouvriers nomment des galles ou des fèves , qui ébréchent les outils. On ne le vend pas fi cher que l’autre ; mais il eft fort bon pour des ouvrages de réfiftance.
- Ebehe verte, oü Crenadille bâtarde.
- L’E b e N e verte eft graflè ; elle brûle facilement : elle teint les mains en travaillant ; & fend facilement. Cet arbre eft très - touffu. Ses feuilles font unies & d’un beau verd ; fous l’écorce il a un aubier blanc , quelquefois de 2 pouces d’épailfeur: le refte eft verd-brun foncé. Il y en a quelquefois d’autres ou il fe rencontre des veines jaunes. On connoît ce bois fous le nom de Grenadille bâtarde ; il croît à Madagafcar, à Saint-Maurice, dans les Antilles 3 dans l’Ifle de Tabago. On en tire une teinture verte. On en fait des réglés & autres ouvrages.
- Ebene rouge, ou Grenadille.
- L’E b e n e rouge , qu’on appelle vulgairement Bois de Grenadille , eft un bois veiné de rouge, de brun , de noir. Il eft très-dur, bien plein, fort pefant. Il croît dans les mêmes pays. Il a aufll un peu d’aubier blanc, qu’il faut rejetter.
- Qualités & ufâges.
- Le bois de Grenadille ou d’Ebene rouge eft très-bon : on en fait beaucoup d’ouvrages fur le Tour; fes veines forment des accidents qui lui donnent de la beauté : on en fait des boîtes , des flûtes, des étuis , des écritoires, & quantité d’autres pièces de Tour. Il prend un beau poli: il peut être guilioché, & fupporte bien la vis. Il eft fujet à être gercé ou fendu en long. Il brunit juf-qu’à devenir noir, à moins que de le vernir lorfqu’il eft travaillé. Il fe vend à la livre, comme tous les bois des Indes.
- F e r. ( Bois de )
- r L e bois de Fer eft un arbre qui croît aux Ifles de rÀmérique ; là grande dureté lui a fait donner ce nom. Il eft de la grofleur d’un homme par le tronc ; fon écorce eft grisâtre & dure : il a beaucoup de petites feuilles, & eft tout couvert de bouquets de fleurs femblables à ceux du Lilas. L’aubier eft jaune ; le refte eft brun julqu’au cœur, qui eft d’un rouge brun. Il fe travaille très-bien au Tour & au rabot ; & comme il eft très-dur, il prend un beau poli. Il fq vend à la livre.
- Tourneur, /. Part. /. Secl.
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- G A Y A C.
- Le Gayac eft un arbre qui devient très-gros, fuivant les differents terrains •où il croît ; fon tronc ell: à peu-près cylindrique, quelquefois ovale ou de forme irrégulière, ayant des côtes en long : il reflèmble à nos Chênes quand on le regarde de loin. Les jeunes font couverts d’une écorce un peu ridée ; & lorf-qu ils deviennent vieux 9 ils ont l’écorce lifte , un peu épaifle , Sc fo féparant en deux lames minces ; elle eft variée, ou de couleur pâle, parfemée de taches verdâtres & grisâtres. Ce tronc a un peu d’aubier qui eft pâle ; le cœur eft de couleur verte d’olive foncée <3t brune. Ce bois eft très-folide, huileux, réfineux, pelant, d’une odeur qui n eft pas défagréable, d’un goût amer & un peu âcre. Ses branchés ont beaucoup de nœuds, & le plus fouvent font partagées en deux petits rameaux aufli noueux, lefquels portent à chaque nœud deux petites côtes oppofées, longues d’environ un pouce , & chargées de deux paires de feuilles ; lavoir, deux feuilles à l’extrémité, & deux autres vers le milieu ; chaque feuille eft arrondie , longue d’environ un demi-pouce, large prelque d’un pouce, liflè^ ferme, compaéle comme du parchemin , d’un verd pâle : elles ont deflous cinq petites nervures un peu fàillantes : elles n’ont point de queue, fi ce n’eft la côte commune for laquelle elles font rangées ; de couleur un peu rouge à l’endroit de leur attache. Cet arbre porte des fleurs à l’extrémité des rameaux : elles font en grand nombre, entièrement femblables à celles du Citronnier, de couleur blanche, diïpofëes en rofes : il y en a à fleurs jaunes. Le Gayac croît en Amérique 9 où on le nomme Bois de Hiaceau ou Hoaxecau. Il eft très-fréquent aux Ifles de Saint - Domingue, aux environs du Port-de-Paix.
- Qualités & ufages.
- Le bois de Gayac eft très-bon, non-feulement en Médecine , mais encore pour le Tour. Il fe tourne bien , fupporte la vis. Les Tourneurs en font des mortiers & des pilons à l’ufàge de la cuifine & des offices, des bois pour monter des moulins à caffé, des boîtes, des étuis ronds & ovales, tournés, unis & guillochés y des roulettes pour mettre deflous des lits, des poulies, & nombre d’autres ouvrages, dont l’énumération feroit trop longue à faire. On y pafîè une couleur brune, enfuite un vernis for les petits ouvrages guillochés, & on les vend pour être de bois de Grenadille. Voyez Grenadille.
- Inde. (Boisd’)
- L e bois d’Inde eft un bois propre à la teinture en violet ou en noir. Les Caraïbes l’appellent Ackourou. Les Hollandois le nomment Bois de Campêche, qui eft le nom d’une Ifle de l’Amérique, où il croît abondamment. Il croît auffi aux Ifles de la Jamaïque & de Sainte-Croix ; c eft pourquoi on le nomme
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- I. Section, Chap. II. Des Bots propres à être tournes, 8Cc.
- Bois de la Jamaïque & de Campêche. Il y en a à la Martinique & à la Grenade. Cet arbre aime les lieux élevés, fecs & pierreux. Il monte fort haut 8c devient très-gros, fuivant le terrain ou il fe trouve placé ; fon écorce eft jaunâtre, très-mince & très-unie par-tout, Sa couleur eft d’un-gris vif & argenté , tirant en quelques endroits fur le jaune. Ses feuilles peuvent tenir lieu d’épiceries, 8c fervent en Médecineégalement comme fès fleurs & fon fruit.
- Qualités & ufages.
- L e bois d’Inde fe travaille bien fur le Tour : il eft plein, & prend bien le poli ; mais on s’en fert plus aux teintures qu’aux ouvrages. On en parlera dans la fuite , où l’on enfeignera la maniéré de teindre les bois , foit en violet foit en noir.
- . Jagaranda. (Bois de )
- L e bois de Jagaranda vient des Ifles : il eft de couleur jaunâtre tirant fur le roux, peu veiné ; fes fibres font entrelaffées à peu-près comme celles du Gayac. Les Tourneurs en font des boîtes tournées & guillochées ; ils font auffi des étuis 8c des écritoires montés à vis: ils y paflènt une couleur, & enluite un vernis, & vendent ces ouvrages pour du bois de Grenadille ou Ebene rouge dont on a parlé.
- Jaune. ( Bois )
- L e bois Jaune nous vient des Ifles ; il eft dur, poreux, lourd : il fe travaille bien, 8c prend un beau poli. Il eft naturellement jaune citronné : il fait un bel effet quand on l’emploie à côté d’autres bois de couleurs différentes, afin de faire au Tour une efpece de marqueterie. Il a une odeur très-forte, à peu-près femblable à celle de la plante qu’on appelle Sarriette.
- Palissandre.
- L e bois de Paliflandre eft une efpece de bois violet très-veiné de rouge, de violet & de brun ; il a une odeur fort agréable : il fe travaille facilement. On choifit le moins poreux 8c le plus veiné. Les Tourneurs en font une grande confommation. Us en font beaucoup d’étuis, des écritoires, & beaucoup de menus ouvrages ; c eft dommage qu’il brunit à l’air, car fon odeur de violette le rend fort recommandable. Il vient des Ifles en grofles poutres quelquefois quarrées , d’autres fois en madriers de 18 jufqu’à 2.4. pouces de largeur, fur 4 pouces d’épaiffeur, 8c de différentes longueurs. Les Ebéniftes l’employent en marqueterie ou bois de rapport, au lieu du véritable Bois violet, qui eft beaucoup plus cher 8c de même couleur. On en parlera dans la fuite.
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- %% TOURNEUR MÉCANICIEN, L Partie;
- Rose. (Bois de ) de fenteur.
- L e bois de Rofè ou Bois de Rhodes. Cet arbre eft très-commun dans les Ifles Antilles : il s’élève fort haut Sc fort droit ; fes feuilles font longues comme celles du Châtaigner ou du Noyer : elles font blanchâtres, fouples , bien nour„ ries, molles Sc velues d’un côté ; fes fleurs, qui font blanches & d’une odeur agréable , croiflent par bouquets, Sc font fmvies d’une petite graine noirâtre & liffe. L’écorce de fon tronc eft d’un gris*blanc, Sc prefque femblable à celle du Chêne. Le bois eft, en dedans, de couleur de feuilles mortes, Sc différemment marqueté, fuivant la différence des terreins où il a pris naiflànce. Il exhale une odeur admirable quand on le met en œuvre ; il prend un beau poli ; & quand on le manie, fon agréable odeur fe fait fentir. On l’emploie en marqueterie & au Tour : on en fait de jolis ouvrages ; mais il eft très-cher, car il fèrt en parfum Sc en médecine ; il faut ajouter à cela qu’on nous en apporte peu , parce que les Indiens en font des pyrogues d’un feul tronc creufé, de 35 à 40 pieds de longueur, & de 7 à 8 pieds de large, dans lefquels ils tranfpor-tent aifément trente perfonnes Sc leur bagage.
- R ose. ( Autre bois de)
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- O n nous apporte des Ifles une forte de bois de Rôle qui n’a point tant d’odeur, mais elle eft doute Sc ùe s’exhale pas beaucoup. Il eft d’un beau rouge vif veiné : il eft lourd, dur , plein, fe travaille bien , Sc prend un beau poli : c’eft dommage qu’il fe fend aifément , que (à couleur fe pafle à l’air, Sc que de rouge vif & brillant qu’elle étoit, elle devient pâle & jaunâtre , à moins qu’on ne le couvre d’un vernis de gomme-laque. Les Tourneurs en con-fbmment beaucoup. Les Ebéniftes en font de très-beaux placages ; les Couteliers des manches de couteaux ; Sc une infinité d’autres Artiftes le mettent en ufage.
- Satiné. ( Bois )
- Les bois qu’on nomme Bois fatinés, {ont en fî grand nombre , qu’on ne peut qu’indiquer à peu-près les différentes variétés de couleurs de ceux qu’on nous vend fous le nom général de Bois fatiné. Tous ces bois nous viennent des Ifles : ils font très-durs, très-lourds, bien pleins, & par conféquent ils prennent un beau poli.
- Il y en a de rouge veiné de rayures jaunâtres, puis verdâtres ; c’eft le plus eftimé : il reffemble à l’étoffe de foie qu’on nomme Satin.
- U y en a un autre de couleur brune veiné de jaunâtre.
- Un autre tout rouge , approchant de la couleur écarlatte foncée , fans veines , au moins qui foient confidérables.
- Il y en a un autre couleur de marron brun, prefque point veiné.
- Il
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- I. Section, Chap. IL Des Bols propres a être tournés, SCc» 53 - j[l y en a un autre veiné de brun clair, & à veines noirâtres.
- Enfin il eft difficile d'en dire la qualité. Il refte à fivoir fi c eft la différence des terrains, ou la différence des elpeces qui produifont toutes ces variétés ; ü faut pourtant avouer que ces fortes de bois, foi-difants fatinés, font très-beaux étant mis en oeuvre, for-tout en marqueterie.
- Violet. ( Bois )
- L e bois Violet proprement dit , eft un bois des Ifles, plein, dur , folide pefant, de couleur violette , veiné en long d’une belle couleur qui ne change point avec le temps. Il n’a point d'odeur ; il fo travaille très-bien, & prend un beau poli. On en fait beaucoup d'ouvrages au Tour & en Ebénifterie ; mais comme il eft cher, les Ouvriers emploient le bois de Paliflàndre, qu'ils font paflèr polir du bois violet. Pour le connoître, il faut palier la main for l'ouvrage , en frottant un peu fort pour l'échauffer, & la porter au nez ; s'il ne fent rien c’eft du véritable bois Violet.
- Il feroit à fouhaiter que les Bois Etrangers fuflent auffi bien décrits que les Bois François l'ont été par M. Duhamel du Monceau, dans fon Traité des Bois & Forêts dont j’ai parlé ci-deffus. Il faudroit que des Voyageurs réunifient les connoiflànces de Phyfique 8c de Botanique, à celles de bons Naturaliftes; & je ne fois ni l’un ni l’autre. Mon talent ne m’a mis à portée que de les travail^ 1er fous les noms fouvent corrompus fous lefquels ils font connus dans le Commerce ou dans les Arts.
- Article Troisième.
- ConnoiJJances de quelques autres Subflances quon travaille ajffêl
- communément au Tour.
- Coco.
- L e Coco eft un fruit de l’arbre qu on nomme Cocotier. Il croît aux Indes. Il y en a de plufieurs fortes : il y a de ces Cocos fruits, qui font de la groffeur d'un melon , quelquefois beaucoup moins. Les Indiens s’en fervent pour me-ftrer les liqueurs, comme nous nous fervons de pintes, chopines , litrons, demi-litrons, &c ; ils font à peu-près de la figure d'un œuf ouvert par le gros bout, de forme ronde, tirant for la figure triangulaire par là circonférence.
- Qualités & ufages.
- Le Coco, lorfqu il approche de la figure ronde par fon diamètre, peut faire le corps d'un beau vafe ou urne ; fa figure d'un œuf par fa hauteur, eft fort agréable, en y ajoutant un pied tourné : on diminue fes trois côtes perpendiculaires avec la râpe & la lime ; enfuite on le polit au Tour. Il eft très-Tourneur, L Pan. L Seci. O
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- 54 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- dur, de couleur de marron brun : on peut lui faire un couvercle avec des morceaux d autres Cocos ; lorfqu ils font trop triangulaires * on les découpe en trois, en pafîànt une fcie à petites dents dans le long des trois côtes.
- Cocos. (Petits )
- Les petits Cocos croiffent aux Ifles Antilles : ils font de lagrofïèur d’un œuf, & font fort épais ; ils contiennent trois amandes : ils font auffi ouverts par le gros bout. Les Tourneurs en font de très-jolis ouvrages tournés, fur-tout à Dieppe , où on les travaille très-bien. Ils font de même couleur que le gros Coco , très-durs , fort pelants , fe travaillent facilement , & prennent un beau poli.
- Corne.
- D e toutes les Cornes d’animaux, on ne fe fert, pour le Tour, que de celles qui croiflent à la tête & aux pieds des bœufs & vaches. Il y a des cornes de pieds d’élans dont on fait auffi de petits ouvrages.
- Qualités & ufages.
- L a Corne de la tête de bœuf eft dure, ferme , liante, point caftante : il y en a de couleur blanche-roufsâtre, d’autre noire , d’autre jafjpée de blanc & de noir. La Corne eft creufe ; on en coupe le gros bout environ de la longueur d’un pouce , avec une fcie à dents de moyenne grofleur ; enfuite on la prend , tenant la pointe en-haut avec la main, on frappe de côté fur quelque chofe de dur, toujours en tournant la Corne jufqu a ce qu’une efpece d’os très-fpon-gieux fe détache & tombe dehors la Corne ; alors, avec un fil de fer d’environ deux lignes de grofleur, on fonde la profondeur du creux de cette Corne. Si on veut en faire un cornet pour jouer aux dés, il faut laiffer aflèz d’épaiffeur au fond pour qu’il ne foit pas percé à jour ; la pointe qui eft pleine, fert à faire des écritoires tournées, montées à vis, & nombre d’autres menus ouvrages ; la partie creufe fert à faire des tabatières, des peignes, des moules pour des bas-reliefs en plâtre ou en carton, &c : on l’ouvre d’un côté à la fcie, on l’amollit à l’eau bouillante, & on la moule comme il fera enfeigné dans fon lieu. On moule auffi les ongles des pieds de bœufs & d’élans.
- Ecaille de Tortue.
- L’E caille eft une coque aflèz dure, dont une efpece d’animal amphibie , Sc qui s’appelle Tortue, eft couvert par-deflùs & par-deflous. On n’emploie que 1 Ecaille de tortue de mer. Cette Ecaille fe divifè ordinairement en treize morceaux fur chaque animal ; toutes fes feuilles font d’une forme aflèz irrégulière : il y a quatre grandes feuilles longues & arrondies ; plufieurs autres font à peu-près triangulaires, dont les angles font arrondis. Çes animaux fè
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- I. Section, Chap. II. Des Bois propres h être tournes , &c. y J trouvent en Afrique & en Amérique. L’Ecaille la plus eftimée ôc la plus belle s’appelle Bec-de-F aucon. La dépouille de l’Ecaille d une tortue, peut pefer quelquefois depuis 15 jufqu’à 20 livres.
- Qualités & ufages,
- L’E caille eft d’un grand ulàge ; on en fait de très-beaux ouvrages fur le Tour & à la main. L’Ecaille la plus eftimée eft la plus noire, d’un rouge vineux foncé en la regardant au tranlparent avec une lumière. Il y en a de mouchetée de noir & de blanc, d’autre toute blanche, un peu roufsâtre. Celle qui eft toute blanche, qu’on nomme Ecaille blonde, eft très-rare. L’Ecaille s’amollit dans l’eau bouillante ; on la moule de la figure qu’on veut dans des moules de cuivre : on la foude , mais on ne la fond pas ; & c’eft improprement qu’on dit quune tabatière efl d'Ecaille fondue : c’eft de la rapure d’Ecailie qu’on a preflee 8c qui s’eft foudée au moyen de la chaleur. On enfeignera dans la fuite toutes ces différentes maniérés de travailler l’Ecaille. Il eft bon de dire, en attendant, qu’elle fe travaille très-bien, & prend un beau poli, 8ç que les tabatières d’Ecailie confervent le tabac toujours frais.
- Ivoire.
- L’Ivoire vient de deux dents ou des défenfes que. l'Eléphant: porte aux deux côtés de fa mâchoire, & qui montent droit aux deux côtés de la trompe. Il y a de ces fortes de dents qui font longues de quatre ou jufqu’à fix pieds, & même huit, un peu courbes fur leur longueur, & à peu-près rondes, creufes par le bas, venant en pointe par le haut à peu-près de la figure d’une corne de bœuf. Il faut que l’Ivoire foit lourd, plein, le grain fin, ou les pores bien ferrés : Il eft un peu blanc-grisâtre lorfqu’on le vend, à caufè que les Marchands le tiennent dans les caves, 8C l’humidité le rend un peu tranlparent, mais en féchant il devient très-blanc : c eft cet Ivoire que les Ouvriers appellent de Y Ivoire verd. Il faut le mettre dans un lieu frais pour le conferver, & jamais près du feu ni dans un lieu trop expofé au foleil ou à la chaleur , car alors il fe fendroit non-feulement en long, mais encore circulairement, ce qui feroit le même effet de ce qu’on appelle roulures dans le bois. L’Ivoire dont le grain eft gros, eft fujet à jaunir après qu’on l’a travaillé; c’eft pourquoi on ne l’emploie qu’à des ouvrages communs, ou bien on le teint, comme on l’enfeignera dans la fuite.
- Qualités & ufages.
- L’Ivoire eft très-bon à tourner ; on en fait une quantité d’ouvrages fort délicats & très-jolis. On l’emploie en Sculpture, en Marqueterie. Lorfqu’on s’en fot, il faut ôter une efpece d’écorce qui l’entoure, plus ou moins épaiffe , fiii* vant la qualité de l’Ivoire, & le pays d’où il vient. Le plus eftimé vient de
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- S6 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie;
- Ceylan en Afîe, & des Royaumes d’Achem, de Sîam & Saracan. L’Ivoire de Guinée eft très-beau, l’écorce très-mince , les pores très-ferrés , ou le grain fin ; mais ces dents font petites , d’environ a pieds de longueur , for % pouces de diamètre , tout au plus. Il faut choifir celui qui n’eft point ou peu fendu, fans taches ; car ces taches font des duretés que les Ouvriers appellent des fèves, provenant de quelque maladie de ranimai.
- O s.
- Les Os d’animaux s’emploient fur le Tour : on en fait beaucoup d’ouvrages. Les Tourneurs de Dieppe en envoient, & font un gros commerce de leurs ouvrages d’ivoire & d’Os. On s’en fert au défaut d’ivoire, comme étant à meilleur marché. Les Os de pieds , de jambes & de cuifles de bœufs font les plus recherchés par [les Tourneurs 8c les Tabletiers. Pour s’en forvir , il faut fcier les deux gros bouts des Os, ne prendre que le milieu , qui eft le plus ferme, le plus épais, & le moins poreux ; les deux bouts ainfi coupés, comme il vient d’être dit, il faut les blanchir , autrement dit les dégraiiîèr. En voici le procède.
- Manière de dégraijfer & blanchir les Os avant de les travailler.
- Les deux bouts inutiles étant retranchés , comme on a dit, faites une leffive forte de cendre 8c de chaux ; lùr la quantité d’un foau de cette leffive, ajoutez quatre onces d’alun , & faites bouillir les Os dedans l’elpace d’un demi-quart d’heure, &écumez bien foigneufement la graiffe qui fornagera ; enfoite ôtez le chauderon de deflus le feu, & les y laüfez refroidir ; puis faites-les fécher à l’ombre , ou dans un endroit où il n’y ait pas de feu, car il les gerceroit. On teint les Os comme l’Ivoire. On enfcignera tous ces procédés dans la fuite de cet Ouvrage.
- Pierres»
- O k peut auffi tourner le Marbre, dont on fait des baluftres, des vafes, des urnes, des bordures, pieds-douches pour des bulles, & autres ornements & décorations, tant extérieurs qu’intérieurs, des grands édifices, comme Eglifes , Palais, 8ca
- On peut encore tourner toutes fortes de pierres de taille dont on fe fert pour les bâtiments. On en fait des baluftres, des vafos, des cadres ronds & ovales , des pieds-douches pour porter des ftatues, & différents autres ouvrages forvant à orner les grands édifices.
- Le Plâtre fe tourne auffi, foit étant mou, avec un calibre, ou lorfqu’il eft durcî.
- La Craie fe tourne très-bien. On en fait de petits ouvrages très-jolis par le moyen du Tour, & ils fervent à orner les appartements.
- On peut auffi tourner le Carton ; mais il faut le faire exprès, comme on le dira dans la foite;
- CHAPITRE
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- I. Section, Chap, III* Des ]\loulures en général.
- CHAPITRE TROISIEME.
- Des Moulures en général.
- U n Tourneur étant fouvent dans le cas d’orner fes ouvrages de différentes Moulures, doit fans doute en connoître les formes les plus agréables : pour cet effet il doit avoir acquis quelques connoiffmces des principes d’Architeo-ture , & favoir les tracer géométriquement ; car comme les Moulures font à i’Architeélure ce que les lettres font à récriture, où la combinaifbn des différents caraétéres forme une infinité de mots , de même dans l’Architeéture par le mélange des Moulures on peut compofer des profils différents, réguliers ou irréguliers fuivant le befoin ( * ).
- Je donnerai donc au commencement de ce Chapitre un abrégé de principes d’Archiceéture indilpenfiblement nécelîaires au Tourneur, avec les réglés pour tracer géométriquement toutes fortes de Moulures ; enfuite la maniéré de les aflembler pour en compofer des profils réguliers fuivant le bon goût, & les ufiges reçus ; afin que fi le Tourneur eft obligé de travailler fous les ordres d’un Architeéle habile, il puifiè bien comprendre ce qu’il lui demandera , l’exécuter exactement, facilement 8c avec promptitude , Sc par ce moyen donner de l’élégance & de la beauté , aux ouvrages qui fortiront de fes mains ; enfin G le Tourneur compofe quelques autres ouvrages , comme meubles, machines ou bijoux, il fiura faire choix des Moulures convenables aux pièces qu’il doit faire. Il y a très-peu de Tourneurs inftruits des principes de leur Art, l’expérience journalière ne le prouve que trop ; car en examinant leurs productions, on les voit fouvent d’un fi mauvais goût qu’on pouroit croire qu’ils ont été exécutés du temps des Goths; les Moulures ont de mau-vaifes formes, leurs affemblages font barroques ; enfin on n’y voit rien de cette belle & noble fimplicité du goût des anciens Grecs & des Romains, que l’on voit renaître de jour en jour par l’émulation des grands Artiftes qui font honneur à notre fiécle, & fins doute feront l’admiration de la poftérité* Je diviferai donc ce Chapitre en trois Articles : dans le premier il ne s’agira que des Moulures en général, auffi bien que de leur diftribution générale ; l’enfeignerai dans le fécond à les tracer géométriquement, & dans le troifie-me l’on verra comment il faut les affembler.
- txitvtar**
- Planché
- ( * ) J’ai pris cette comparaifon de M* Daviler, dans fes Commentaires fur P Architecture ; en
- f2 vol, in^9»
- Tourneur ; I. Part. I. Secl.
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- TOURNEUR MÉCANICIEN» I. Parti*.
- _____ Article Premier;
- Planche
- ' Connoître les Moulures ; <5 réglés générales pour leur difiribution.
- L’art de tracer & d’exécuter les Moulures n’eft pas arbitraire, comme quelques-uns fe l’imaginent : il eft fondé fur les réglés de la Géométrie ; c’eft pourquoi les Tourneurs devroient au moins en avoir quelque teinture ; il doivent entrer dans le détail des profils ufités dans la décoration, afin de pouvoir parvenir à une parfaite pratique, par le moyen d’une théorie fure & approfondie. Comme il n’y a que trois fortes de lignes en Géométrie , qui font la droite, la courbe & la mixte ; il n’y a auffi que trois efpeces de Moulures; favoir les Moulures quarrées , les rondes 8c les mixtes ; celles-ci font compo-fées des deux premières fortes de lignes.
- On divife les Moulurés en grandes & en petites.
- Les premières font les larmiers, les plinthes , les grands quarts de ronds , les cavets, les doucines droites 8c renverfées, les tores, les footies & les gorges.
- Les fécondes font les liflels , les filets ou quarrés, les facettes , les aflraga-les , les baguettes, les petits talons ou bouvernents., les petites gorges , les grains-d’orge ou dégagements.
- Les petites Moulures fervent à couronner & à feparer les grandes qui doi-i vent néanmoins dominer. Elles fervent encore à les faire diftinguer : le cayet, le quart de rond & le talon fe font auffi quelquefois fort petits, comme entre les faces des architraves, 8c des archivoltes 8c aux chambranles ; mais pour la doucine, le larmier, le denticule , & la plate-bande de modiilons , ces
- •Moulures font toujours grandes 8c couronnées de plus petites. Les tores,petit & grand , ainfi que la fcotie , qui eft prefque le contraire du tore, ne fervent guere* qu’aux bafes, & font diftingués par des liftels 8c par des aftragales* Toutes ces Moulures fe tracent différemment, fuivant la diftance d où elles doivent être vues, & ceft ce qui doit régler la faillie ou la retraite qu’on leur veut donner : les plus belles Moulures font celles dont le contour eft parfait , comme le quart de rond & le cavet, qui ont chacun le quart de cercle. Le talon tracé par deux portions des cercles égaux, 8c triangle équilatéral. Les Moulures quarrées doivent être d’équerre ou à-plomb. Les aftraga-les dont le contour eft ordinairement les trois-quarts ou les deux tiers du cercle doivent être dégagées par un petit filet enfoncé, qui eft prefque imperceptible; ceft ce que les Tourneurs appellent un petit coup de grain-d'orge , ou de la pointe du cifeau ; on en parlera ci-apres.
- Il eft rare que les Moulures excédent en faillie leurs hauteurs, fi ce n eft le larmier ; mais alors il faut refouiller fon plafond en canal 8c faire la
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- I. Section, Chap. m. Des Moulures ett générât* yp
- mouchette pendante, comme on le dira ci-après en parlant de la corniche d un piédeftal ou de tel autre entablement.
- Avant d’entrer dans le détail des opérations, il eft à propos d’avertir, que fur les Planches, les lignes ponétuées ne fervent qu’à faire l’opération ; ce font les lignes de conftruétions des Moulures : les lignes pleines ou noires marquent le contour de Moulures ; les petites croix ou l’interfeélion de deux petits arcs de cercles, indiquent le point de centre où l’on doit placer la pointe du compas pour décrire la portion de cercle qui forme une Moulure*
- Planche
- Article Second.
- §. I. Maniéré de tracer géométriquement les Moulures.
- Il y a trois maniérés différentes pour tracer des Moulures.
- Premièrement , en leur donnant autant de faillie que de hauteur, les formant par un quart de cercle , comme le quart de rond , fig, i, & le cavet, fig. 4, dont les centres font en c. Ce font les Moulures les plus parfaites, comme on la déjà dit.
- Secondement , en prenant l’intervalle de, fig: z & y ; & des points dSc e , faites les feélions c, le point c, fera le centre de l’arc de cerde de, moindre qu’un quart de cercle. J ai mis les mêmes lettres au rond faillant fig. z , qu’au cavet, fig. y , parce que l’opération eft la même.
- Enfin la troifieme maniéré, c’eft de placer le centre entre les deux premières diflances, comme en g-, fig. 3 & 6 \ alors vous aurez des Moulures plus ou moins bombées, fuivant le goût de l’ouvrage. Lorfqu’on veut faire des Moulures qui ayent moins de faillie que de hauteur , ayant déterminé cette faillie, fuppofons en h 9 fig. 7 & 8 ; prenez la hauteur ik, fur la perpendiculaire, Sc des points h Sci , faites les feélions h k > i k ; & du centre k , décrivez l’arc h i ; vous aurez une Moulure qui aura moins de faillie que de hauteur.
- Il faut pourtant obferver que le point de centre k foit toujours dans la ligne horizontale, fi c’eft pour une Moulure- moins Paillante que haute.
- Au contraire, il faut que le point de centre foit dans la perpendiculaire, fi c’eft pour une Moulure moins haute que Paillante. f
- Le tore , ou gros bâton ou boudin rond , fe trace par un demi-cercle, & par conféquent il doit avoir pour faillie la moitié de fa hauteur, fig. Ç : la feotîe ou gorge doit avoir la même forme, en creux, fig. z J.
- Le boudin ou tore corrompu, fig. ro, fe trace de deux maniérés. La première en divifant fa hauteur a b on trois parties égales, dont on prendra deux ; & du point c, comme centre, décrivez le quart de cercle b d ; en-fuite portez la ligne a c9 en e, Sc da point e, comme centre, décrivez le petit quart de cercle f d \ la courbe b d f, vous donnera la forme d«
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- Ill un...
- Planche
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- 60 TOURNEUR MÉCANICIEN,
- boudin demandé. La gorge creufè ou fcotie fe trace de même; c’eft finverfè de cette figure.
- Il faut remarquer quil arrive fouventqu’on refouille jufqu’à la ligne ü en commençant depuis/', afin d’arrondir le bord du bourrelet ; alors le petit demi-cercle eft entièrement à découvert comme aux bordures de tableaux, ëtc. dans ce cas, il faut terminer le bord du champ plat ou quarré, par un quart de rond creux ou cavet , ou bien par une petite baguette ronde dont le bord commence au point a.
- La fécondé maniéré de tracer le tore corrompu, eft de divifer fa hauteur .a b, fig, 11, en cinq parties égales, dont on prendra trois ; & du point e9 comme centre, & de l’intervalle e > b , décrivez le quart de cercle b d ; enfuite prenez l’intervalle a e, fur la perpendiculaire ; portez-le fur la ligne horizontale de d en c; du point c, comme centre , décrivez le quart de cer-*cle cl d ; alors la courbe a d b > vous donnera la forme du boudin ou tore corrompu, en confidérant le côté qui eft à droite & ponélué a b , comme la bafe ou le plan de la naiflànce du tore corrompu de la fig. ir : fl vous confidérez le côté gauche de cette même figure, la même courbe vous marquera la forme d’une gorge creufè ou d’une fcotie a d b, dont la partie l d, fera la raafle ou le folide de cette Moulure,
- Les talons & les doucines fe tracent de la même maniéré : laites fig e, fig. Ï2 & 13 , redtangle en g-; diyifez l’hypoténufe fe, en deux au point A; jabaiffez la perpendiculaire ai, pafîànt par le point h ; menez l’horizontale c h d; des points a & b, comme centres, décrivez les deux quarts de cercles f h, ' he; vous aurez la forme d’un talon régulier. La figure 12 repréfente le talon droit, la figure 13 le talon renverfé.
- La dourine, qui eft une Moulure moins reffentie que le talon, fe trace en cette maniéré ,fig. 14: faites le triangle-reélangle en a, & divifez l’hypoténufe ten deux, au point d ; & du point milieu d, décrivez les arcs de cercles ce, f b ; enfuite des points b & c, décrivez les arcs d f, de; c es trois points peuvent former un triangle équilatéral ; & des points f & e , comme centres , décrivez les arcs bd, c d. La courbe b d c , repréfente une dourine droite.
- Lorfqu’on veut faire une dourine renverfht, fig, iy, faites un triangle rectangle en 'a ; divifez l’hypoténufe en deux parties égales au point d ; faites la feélion e : enfuite des points d, c, faites l’autre feétion & des points e 9f9 décrivez les arcs d b , 8c d c, vous aurez une doucine renverfée moins re£ fentie que les autres, & de la même forme que la précédente,
- Pour toutes les doucines régulières , de quelque forme qu elles foient, on doit Gonfidérer chaque moitié de l’hypoténufe b c comme le côté d’un triangle équilatéral, dont des lignes be9de, pour celui d’en haut, 8c cf, df9 pour celui d’en bas, foroient les deux autres côtés*
- La
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- I. Section , Chap. IIï. Des Moulures en. général. 6t.
- La figure 16 repréfente une doucine qui a plus de creux que de plein, * comme lorfqù’on veut faire une corniche. Il y a différents moyens d’opérer: en voici un où la doucine eft plus reffentie , 8c toujours la hauteur égale à la faillie. D’abord faites le triangle-reélangle en a ; divifez l’hypoténufe b c, en neuf parties égales , dont vous prendrez quatre pour former la partie convexe h c, & les cinq autres h b > ferviront à former la partie concave. Au point h, tirez la ligne horizontale d e, parallèle \ab\ 8c des points d 8c e décrivez les quarts de cercles hc8cbh, vous aurez une doucine dont le creux fera plus large que le plein, & dont les parties feront reflenties ou bien marquées.
- Lorfqù’on veut faire une doucine renverfée à-peu-près comme la précédente , on lui donne ordinairement plus de creux que de plein , comme on vient de dire : faites le triangle-reélangle en a, fig. 17 ; divifez l’hypoténufe c b , en fept parties égales, dont vous prendrez quatre de h en b , pour former la partie fùpérieure 8c concave h b, & les trois autres parties h c, vous formeront la partie d’en-bas en cette maniéré ; par le point h faites palier l’horr zontale ef9 parallèle à b ; abaiflez la perpendiculaire bf, prenez l’intervalle ce9 portez-le fur l’horizontale de h en c, faites la feétion e extérieure à la perpendiculaire a c ; 8c de ce point e, comme centre, décrivez l’arc c h ; enfui te des points b 8c h , faites la feétion d dans la moyenne diltance de l’angle f du quarré , 8c à l’angle du triangle équilatéral, comme on l’a déjà dit ci-devant ; du point d, décrivez l’arc de cercle b h9 vous aurez la doucine demandée , dont le creux fera plus grand que le plein, & le contour de cette doucine plus adouci qu’à la précédente.
- Tout ce qui vient d’être dit doit s’entendre de toutes fortes de Moulures régulières, c’eft-à-dire , qui ont autant de faillie que de hauteur ; mais lorfqù’on veut changer ces proportions, voici comme on peut y procéder : la figure 18, repréfente une doucine qui a moins de faillie que de hauteur ; pour cela, faites le triangle-reélangle en f 9 divifez l’hypoténufe d b en deux au "point c ; prenez la diftance b h, moitié deb f ( car on doit toujours fe fervir du plus grand côté pour mefurer dans les opérations ) , 8c fervez-vous de cette diftance comme fi c’étoit.le côté d’un quarré , en faifant de foibles marques de feélions , entre lelquelles, & celles du triangle équilatéral, vous prendrez les moyennes diftances e 8c d 9 qui ferviront de centre pour décrire les arcs de cercle b c9 8c c a ; alors vous aurez tracé une doucine qui aura moins de faillie que de hauteur.
- Si l’on veut faire une doucine renverfée qui ait beaucoup plus de faillie que de hauteur 9fig. ip9 faites le triangle-reélangle en a9 divifez l’hypoténufe , en deux au point d ; puis divifez chaque partie de cette ligne b d 9 d cg en quatre parties; prenez trois de ces parties pour faire les feélionseScf: des points c, d, b, & de ces feélions, comme centres, décrivez les arcs b d 8c c d, vous aurez tracé la doucine requife.
- Tourneur , L Part. I. Secî.
- Q
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- Flanche
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- 26 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- Si Ton veut tracer une autre doucine dont les contours foîent plus doux 8c moins reflentis que dans la précédente, & quelle ait néanmoins les mêmes dimenfions, c’eft-à-dire, en hauteur & faillie ; faites le triangle femblable au triangle-reélangle, Scc.fig 20 ; divifez l’hypoténufe en deux parties égales au point c ; enfuite des trois points*# * c, dy 8c des autres cyb y fiy faites les feétions comme pour faire deux triangles équilatéraux; & des points d 8c f, décrivez les arcs b c, c a, vous aurez tracé la doucine demandée.
- Des petites Moulures.
- On a dit au commencement que les petites Moulures fervoient à couronner , ou à féparer les grandes ; c’eft pourquoi il eft a propos d en donner une con-noiflance fommaire , afin qu’on puiffe les employer à propos. Les petites Moulures font le filet ou quarré , la plinthe , la plate-bande , la baguette ou aftra-gale, le filet en grain-d’orge ou de dégagement. Je penfe qu’avant que de paffer outre, il eft nécelîàire de mettre ici d’un côté le nom de chaque Moulure , félon les termes employés par les Auteurs * & de l’autre le nom des mêmes Moulures en termes d’atelier, comme parlent d’ordinaire les Ouvriers, afin que tous ceux qui liront cet Ouvrage puiflènt entendre l’un & l’autre
- Termes employés par les Auteurs. Termes dé Ateliers ou d9 Ouvriers*
- Réglet ou Bandelette, ^zg*. 21. . . . .
- Quarré, fig. 22. . ...................
- Petit Tore & Tore fupérieur, fig. 23. . .
- Aftragale , fig. 24....................
- Le gros Tore delà Baguette fe tracent comme il eft enfoigné en parlant de la figure p.
- Nacelle ou Trochile, Scotie , fig. 2$. . .
- Autre Nacelle ou Scotie , fig. 26. . . .
- Cette Scotie fe trace comme il eft expliqué à la figure ir.
- Quart de rond entre deux quarrés, fig; 27.
- Demi-creux c’eft l’inverfe du quart de 7 rond , fig. 28. ....... £
- Doucine droite ( * ) > fig* ap...........
- Talon droit, fig. 30.....................
- Grand Filet, Liftel, Lifteau. Petit Filet ou Quarré.
- Boudin rond entre deux quarrés. Baguette entre deux quarrés.
- Gorge ou Rond creux. Gorge qui diminue d’un bout*
- Demi-creux ou Congé.
- Doucine entre deux quarrés. Doucine entre deux quarrés.
- C) B ne faut pas confondre la Doucine avec le Talon, ces deux Moulures qui fe reffemblent allez J ne font differentes qu’eu ce que Dou-
- ane eft moins reffentic que le Talon, qui eft toujours plus mâle»
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- I. Section, Chap. III. Des Moulures en général 63
- Termes employés par les Auteurs.
- Termes d!Ateliers ou d! Ouvriers.
- Talon renverfé, fig. 3 r................
- Tore corrompu, fig. 32..................
- Cavet ou demi-creux , fig. 33. . . . .
- Collet avec un Cavet, fig. 34. ; , . ,
- Deux Coques jointes par un Filet en Liftel ) ou Tore corrompu , fig. 35* . . .y
- Deux Doucines jointes par un petit Tore ) entre deux petits quarrés, fig 3 6. . .y
- Doucine entre deux quarrés. Boudin corrompu.
- Congé en quart de rond, f Petit Quart de rond fur un ( Congé.
- Viret ou Pirouette.
- Viret ou Pirouette en Doucine
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- à Baguette.
- Réglés générales pour la difiribution des Moulures:
- I l faut remarquer quon ne doit point placer deux Moulures rondes l*une à côté de l’autre fans être interrompues par un quarré, à moins que ce ne foit un petit tore au-defTus d’un gros, comme dans les baies des colonnes d ordre Dorique , Ionique , Corinthien 8c Compofite 9 où Ton ell obligé de coupler deux petits tores ou baguettes; encore font-ils dégagés par un petit coup de grain-d’orge. Les plinthes font des quarrés en plan qui font dans le bas & portent tout l’ouvrage, & ils doivent avoir pour hauteur la moitié en fus du membre rond quelles portent, de maniéré que fi le tore où la fcotie eft: divifé en deux parties, la plinthe doit avoir trois de ces mêmes parties pour hauteur.
- Lorqu’on place une petite Moulure {ùr une grande, cette premiers ne peut avoir plus que le tiers 9 ni moins que le quart de l’autre. On doit encore obier-ver que généralement dans l’alTemblage de plufieurs Moulures, il doit toujours y en avoir une dominante , fuivant tous les bons Auteurs en Architecture , tels que Michel-Ange , Palladio & M. Dayiler , qui nous ont donné des réglés lïir es pour l’ordonnance des Moulures ; par exemple , dans les bafes des colonnes, c’eft le gros tore ; dans les corniches, c’eft le larmier, qui eft une grande Moulure quarrée refouillée en-delfous en mouchette pendante : on s’en fert auffi pour couronner les piédeftaux ; enfin il faut éviter de mettre dans une même piece un affèmblage de Moulures d’égale hauteur & de même faillie, tel quon le voit dans les ouvrages gothiques ; au furplus c’eft le bon goût du Tourneur qui peut fervir de réglé, n’étant pas poffible de déterminer par écrit l’ordre des Moulures , parce que ceft la place où l’on veut pofer l’ouvrage qui doit indiquer à l’Ouvrier de faire choix de Moulures plus ou moins faillantes ou moins relfenties ; on doit fur-tout remarquer par rapport aux ouvrages de Tour, ou autres où il y a des Moulures, que quand l’enfem-ble nous plaît en le regardant de loin ( c’eft ce que les Artiftes appellent les
- Planche
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- PiANCHE
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- 6$ TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- maffes bien entendues ou un ouvrage bien majffe) alors il eft ordinaire qu’il nous piaife de près ; ou autrement les Moulures feront mal terminées, ce qui eft la faute de l’Ouvrier : il eft donc eflentielau Tourneur de {avoir tracer les Moulures géométriquement ; il doit fur-tout s’étudier à les, tracer en grand, afin de mieux remarquer leurs contours, & de former fon œil à les voir , fa main à les deffiner & a les exécuter correctement fur le Tour.
- Après que le Tourneur fe fera accoutumé à bien tracer les Moulures à la réglé & au compas , il doit s’appliquer à les décrire correctement à la vue fans fe fervir du compas, car il y a des ouvrages qui ne permettent pas de fuivre géométriquement la véritable forme des Moulures. Néanmoins ces fortes d’ornements font un bon effet ; par exemple , celles qui reffemblent à la moitié d’un cœur, les doucines fort baffes, les fcoties en demi-ovales , en traits corrompus, & quantités d’autres qui reçoivent leurs contours de l’endroit où elles doivent être placées, comme il a déjà été dit ; tels font encore les Moulures des cadres des lambris ou des tableaux, des baflîns de fontaines , de la vaiflelle , & des bijoux d’or & d’argent ; dans ces fortes d’ouvrages les Moulures doivent avoir très-peu de relief & être beaucoup reflenties ou bien formées. La plupart de ces ouvrages étant faits pour être vus de près ; ou bien fi c’eft en or ou en argent, le poids de la matière rendroit ces ouvrages incommodes fuivant l’ufage auquel on les deftine.
- Les Architectes & les Menuifiers appellent profil, le trait qui marque le contour d’un ouvrage quelconque, bien entendu fur fa hauteur 8c fa largeur; ils appellent aufîi les contours ronds ou quarrés , creux ou faillants, les profils des Moulures qui fervent d’ornements à leurs ouvrages.
- Le Tourneur entend par profil, la figure ou la forme de l’ouvrage même compofé de diverfes Moulures ou contours. Ils difent, voila une bordure y une boîte, un baluflre y un vafe , d’un beau profil. Je ne m’étendrai pas davantage lur tout ceci, d’autant qu’il y a des recueils de gravures des vafes de Yerfailles, & nombres d’autres ouvrages deflinés & gravées par les célébrés le Pautre & Bouchardon , des recueils de beaucoup d’ouvrages d’Orfévrerie gravés , & qui peuvent être utiles au Tourneur ; néanmoins je donnerai un abrégé des formes de Moulures aflemblées propres à differents ouvrages du Tour.
- , . *
- Article Troisième.
- Des différentes formes des Moulures ; & maniéré de les ajjembler*
- Boule avec un petit grain rond deffus , fig. 1.
- Boule applatie ou fphéroide furmontée d’un grain rond > fig: a.
- Olive avec un petit grain , fig. 3,
- Poire
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- ï. Section j Chap. III. Des Moulures en général'
- Poire coupée fur fa hauteur par un quarré rentrant,& furmontée duft grain-rond , fig. 4.
- Noix la pointe en-haut ; on la place auffi la pointe en en-bas fuiyant les ouvrages, fig. 5.
- Noix échancrée par une gorge ou fcotie A , Jîg, 6>
- Pomme échancrée dune gorge ou fcotie Ayfig* 7*
- Pomme unie ou fimple , fig. 8.
- Oignon ou fphéroïde très-applatie , fig* 9*
- Poire unie ou fimple , fig. io.
- (Euf uni ou fimple, fig, 11,
- Autre (Euf ceint d'une bande A , fig, 12,
- Autre (Euf échancré d'une gorge ou fcotie A , fig, 13;
- U eft à remarquer que toutes les formes repréfèntées par les fig, X ; %9 3 , y969 7,8, 9, 10 , ix, 12 & 13, peuvent être variées d'ornements en trois maniérés, fa voir être ceintes d'une très-petite baguette faiilante ou d'une bande platte, ou bien être échancrées comme on voit en quelques-unes, mais il faut que cet ornement fbit toujours placé fur le plus gros diamètre de la
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- 5*
- V
- figure.
- Calotte en demi-cercle 9fig, 14.
- Autre Calotte furbaifiee , fig, 15.
- Trompe ou cul-de-lampe terminé par un demi-rond placé en retraite pour former un quarré A ,fig, 16.
- Il faut que le tout foit terminé par une petite boule où un gland en pendentif : on voit bien que le haut de cette trompe doit être furmonté par un gros tore entre lequel il faut un quarré fuivant ce qui a été dit ci-devant» Cloche renverfée fig, 17 , fervant à former un autre cul-de-lampe ou autre ouvrage en pendentif, terminée par une petite boule & dégagée par une gorge quarrée : on peut auffi faire ufage de cette forme en la retournant du haut en bas, & lui donnant moins de hauteur, comme on voit les pieds de chandelier & autres ouvrages dans ce genre où il faut que les Moulures foient plus adoucies ; c’eft dans le choix des Moulures qu'un Tourneur fait paraître fon génie.
- La Figure 18, repréfente un pavillon de trompette A B ; on s’en fert comme d'un obélifque ou aiguille pour placer delfus quelqu’autre ouvrage*
- La figure ip repréfente une efpece de pilon : les Tourneurs appellent cette forme un cul-de-fiufiée , qui entre dans la compofition d'un baluflre ; on l'emploie- auffi dans d'autres ouvrages ; on en parlera dans la fuite, & l'on recon-noîtra toutes ces formes dans la defcription de plufieurs ouvrages faits au Tour*-La figure 20 repréfente un gland de chêne : on le place fur le couvercle d’un vafe ou deflous quelqu’autre ouvrage ; enfin cette forme & l'olivaire , Tourneur 9 L Part. L Secl, R
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- Bhm«m———a—
- Planche
- 66 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- avec lé grain tond fervent à terminer un ouvrage, foie en deJTus, foit au haut,
- ou en pendentif.
- La figure 21 repréfente la coupe ou profil d’un cadre ou d'une bordure, compofée de l’affemblage de piufieurs Moulures, lavoir la plate-bande D, le quarré B , la gorge ou feotie E ; l’autre plate-bande oblique G , foutenuæ par deux petits quarrés F f, & fur laquelle plate-bande on peut placer de petits ornements , une grande doucine H, une petite baguette I refouillée en-deffus & en-dedans par un dégagement de grain-d’orge. K, le canal plat ravalé en mouchette par les bords ; L, la petite doucine à tête arrondie en bourelet, & dégagée ou refouillée en-deiïous ;JM, le petit quarré; C, la feuillure dans laquelle on doit placer le tableau.
- La figure 22 repréfente un autre profil de bordure ou d’un cadre; favoir A y la plate-bande ; C, une doucine renverfée & entre deux quarrés ; D , un bec-de-corbin recourbé ou roulé en-dedans; E, une gorge ou feotie en canal , entre deux quarrés ; G , une petite baguette refouillée des deux côtés en forme de rouleau ; , le grand canal plat & ravallé en mouchette ronde
- d’un côté feulement; /, tore corrompu ou boudin refouillé d’un filet de dégagement des deux côtés pour former les deux quarrés; K9 le cavet ou congé ; B, la feuillure où l’on place le tableau.
- La figure 23 repréfente un autre cadre dont les parties font, lavoir .l'extérieur du cadre; B, petite plate-bande; (7, petit bec-de-corbin; D , doucine renverfée ; E, petite baguette en rouleau, refouillée de chaque côté d’un filet à grain-d’orge : cette baguette peut être taillée en forme de cordons: F, grand champ droit ravalé en mouchette d’un côte & fur lequel on peut faire des ornements de fculpture, comme mofaïque, fleurs ou autre bas-reliefs; G , plus grofle baguette dégagée au grain-d’orge ; H, la feuillure pour recevoir une glace; /, fécondé feuillure pour recevoir le bas-relief qu’on veuf encadrer , afin que la glace ou le verre n’y touchent point.
- La figure 24 repréfente un quatrième cadre pour placer de la fculpture en bas-relief fous glace : les parties de cette bordure font, A, la faillie ou épaiC leur du cadre \ B9 la petite plate-bande ; C, le cavet ou quart de rond; G, une petite baguette dégagée des deux cotés; /, grand champ plat ; H > talon ou doucine fort refientie , fur laquelle on peut fculpter de petites feuilles d’ornement ; D, première feuillure pour recevoir la glace ; il faut l’y arrê^ ter : E , fécondé feuillure pour recevoir le bas-relief en fculpture ou en cire qu’on veut encadrer.
- La figure 25 repréfente la bafc attique ou atticurgue ; on la nomme ainfî parce que les Athéniens l’on mife en ufage les premiers. On s’en fert fous les colonnes Ionique , Corinthienne & Compofite.
- Pour former cette bafc régulièrement, prenez la moitié du diamètre du
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- I. Section, Chap. III. Des JSFoulures en général» fût de la colonne E F , divifez cette moitié E G en douze parties égales.
- Le côté de la plinthe quarrée A9 doit avoir le diamettre F £ de cette me- ftANCHE
- £ *
- me colonne , plus quatorze des parties du demi-diametre dont on vient de parler ; la hauteur de cette plinthe eft de fix de ces mêmes parties : le gros tore B , doit avoir le même diamètre que la plinthe, & quatre parties & demie de hauteur ; le petit quarré qui eft au-deflus doit avoir une demi-partie de hauteur, de même que fautre quarré qui eft au-deflus de la feotie ; la feotie °u gorge C, doit avoir de diamètre dans le fond, d’abord le diamètre du fût de la colonne, plus deux de ces parties , & de hauteur trois parties ; le petit tore D, doit avoir de diamètre, d’abord celui de la colonne , plus huit parties,
- & demie, là hauteur trois parties & demie ; le quarré qui eft au-deflus du petit tore doit avoir pour diamètre celui de la colonne , plus quatre parties de ce demi-diametre divifé comme il vient d’être dit; la hauteur de ce quarré doit être d’une partie & demie.
- J’ai cru ne pouvoir pas me difpenfer de donner les proportions de cette bafe, parce qu’on l’emploie beaucoup non-feulement dans les grands édifices , mais encore dans les meubles & bijoux ; je n’en dirai pas davantage fur cette matière, mon deflein nétant point de faire un Traité d’Architecture.
- La figure 26 repréfente un profil de baluftre en pilon ou cul-de-fufée ; ce dernier nom eft confacré chez les Tourneurs : voici le détail de fes parties „ fàvoir A 9 la plinthe quarrée; B 9 le tore; C9 la feotie ou gorge entre deux quarrés ; D, baguette entre deux quarrés, K, le gros ou la panfè du pilon 5 E 9 le menu du baluftre ; F, aftragale ; G, le collet au-defliis duquel il y a une petite baguette ; H 9 le quart de rond ou l’ove ; /, la plinthe quarrée du haut du baluftr e.
- La figure 27 repréfente un autre baluftre en gaine ou thermes : voici le détail du profil ; A , plinthe quarrée ; B, le tore 9 C, la gorge ou feotie entfe fes deux quarrés; D 9 la gaine; E, l’aftragale ; F, le gorget ; G, le quart de rond ; H, la petite baguette ; 19 la gorge ou feotie entre fes deux quarrés ;
- K 9 la plinthe quarrée.
- La figure 28 repréfente un piédouche qui fert à pofer un bufte ou quel-qu’autre figure de fculpture ; on en fait de bois , de pierre, de marbre , de hronze & autres matières; A9 le gros tore; B 9 la feotie ou gorge ; C9 le quart de rond ; D, le quarré.
- La figure 29 repréfente un piédeftal dont le détail fuit, fàvoir A 9 le fo-cle ; B, talon renverfé avec un quarré au bas ; C, baguette dégagée du talon par un filet à grain-d’orge avec fon quarré au-deflus, Sc fur lequel il y a un petit adouciflement en congé ; D, le corps ou nud du piédeftal ; E , l’aftra-gale; F, gorgerin ou collerin , au-deflus duquel il y a un filet quàrré ; G 9 l’ove $ au-deflus un autre petit filet quarré ; H9 le larmier ravalé par-deflous
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- 68 TOURNEUR MÉCANICIEN> I. Partie,
- enmouchette pendance : c’eft la maîcreffe partie de la corniche du piédeftal ; /, le petit talon droit & fon filet quarré au-delfus ; K, le congé ou amor-tHIement au-delfus duquel on place la figure.
- La figure 30 , PL 5 , repréfente le profil ou la coupe d’une bordure ronde ou ovale ; A9 efl: la feuillure qui doit recevoir le tableau ou reftam-pe ; A B, la largeur du derrière de cette bordure ; C > creux ou cavet formé du quart d’un cercle; D, une baguette ronde ; G,, le deflus de la bordure ou la plate-bande , qu’on nomme aufli le champ droit & uni ; E, le quarré du champ droit; 1F, autre grand cavet extérieur, avec fon quarré au-bas ; B , le liftel ou bandelette qui termine la circonférence extérieure de cette bordure.
- La figure 31 repréfente le profil d’une autre bordure ; la diftance de B en A , efl; la largeur du derrière ou le corps de la bordure ; A, efl; la feuillure pour recevoir le tableau ou l’eftampe ; D, efl: un talon dégagé d’un coup de grain-d’orge en E ; F, efl: le champ droit ou la plate-bande , terminée extérieurement par fon quarré ; G, efl: le cavet ou congé 5 B y le liftel ou la bandelette qui termine cette bordure extérieurement.
- CHAPITRE
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- I. Section, Chap, IV. Des Etaux & autres Infiruments, &c. 69
- CHAPITRE QUATRIEME.
- Dejcription des Etaux, SC> d autres Infiruments çui y ont rapport.
- Article Premier.
- Des Etaux & autres Infiruments de bois;
- U N Etau eft un infiniment fi commode, qu’il y a peu de profeflîons où ion puiflë s’en paflèr : il eft particuliérement néceflàire au Tourneur Mécanicien ; mais comme tous les Artiftes ne peuvent pas fe procurer de gros Etaux de fer , je donne ici la defeription des Etaux de bois que le Tourneur peut faire lui-même.
- §. I. Defeription d’un 'Etau de boisé
- Cet Etau eft compofé de deux corps À, B, fig. $ , d’une vis C, Li d’une traverlè coulante' P , G, & de fort levier D.
- Les deux corps A, B, font faits avec de la membrure de fix pouces de largeur , fur trois pouces & demi d epailTeur, d’un bois dur & liant, tel que le Frêne, le bon Hêtre, le Charme, l’Erable, l’Orme, le Noyer & le Sycomore • îl faut que le bois foit fec, c’eft-à-dire, qu’il y ait environ une année qu’il foit coupé , afin qu il ne fe fende ni ne fe déjette point. Le corps AH, doit avoir environ 3 pieds 4 pouces de hauteur en tout ; on doit choifir le meilleur bout du bois pour la mâchoire. A 5 ou 6 pouces du haut M, & au milieu de la largeur du bois , on fait un trou que l’on taraude , & qui fert d’écrou, dans lequel entre la vis L. Environ à 2 pieds plus bas, on fait une mortaife G O, large de 3 pouces au moins, fur un pouce d epailTeur: c’eft dans cette mortaife que la traverfe G P palfe librement. On fait à cette trayerfe deux rangées de trous de 4 lignes ;de diamètre chacun ; on les place alternativement les uns aux autres, afin qu’ils correfpondent à moitié de la diftance de l’un à l'autre. Le bout du corps H, s’arrête par terre, ou contre le pied d’un établi, fans pourtant oter a cette traverlè GP, la liberté. L autre corps N F, doit avoir la meme largeur 8c epailîeur que le premier, & il a pour hauteur depuis là mâchoire N, jufqu’au delîous de la traverfe coulante en F, à laquelle il eft alfem-blé en maniéré de charnière, au moyen de l’enfourchement F 8c d’une broche de fer ronde. Cette traverfe peut jouer un peu dans l’enfourchement F du corps de devant de l’Etau, d’avant en arriéré feulement, mais non pas de côté ou fur fon épaifleur. On enfile dans l’un des autres trous de cette traverfe alter-Tourneur, I. Part. I. Seci. - g
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- Planche
- 6,
- 70 TOURNEUR MÉCANICIEN,!.?**™*. nativement une broche de fer G, que Ton change de place félon qu’on ouvré l’Etau plus ou moins, fuivant la groffeur des ouvrages qu’on veut pincer.
- On obfervera qu’il faut coller vers le haut, 8c en dedans des corps de l’Etau A 8cB 9 des calles de bois M,N, qu’on nomme mâchoires, parce qu’elles mâchent ou ferrent les ouvrages qu’on met dans l’Etau ; 8c avoir foin que le fil du bois foit vertical 8c parallèle au fil des corps de l’Etau. Ces mâchoires doivent être d’un bois très-liant, tel que l’Orme , le Charme 8c le Noyer, qui ne font point fujets à s’éclatter en failant effort ; & lorfqu’ils font trop mutilés,
- on les ôte pour en coller d’autres en place.
- A l’égard de la vis CL , c’eft un morceau de bois de quartier, droit 8c liant, tel que le Charme ou le Noyer, tourné cylindriquement dans toute l’étendue de fa tige, 8c qu’on paffe enfuite dans une fîliere en bois qui en forme le filet; le corps de cette vis dort avoir environ 2 pouces de diamètre, & fà tête environ 4 pouces au moins, fur 3 pouces 8c demi de longueur ; & pour l’empêcher de fe fendre, on place à chaque extrémité de cette tête, une frette ou cercle de fer , qui font ajuftés dans leurs feuillures formées fur le Tour en C 8c en Q. Le levier B D 9 eft un bâton de bois liant, tel que du Frêne, du Charme ou du Cornouiller, qui eft excellent pour cela, formé au Tour : on a foin de réforver un bouton B, à l’un de fes bouts ; l’autre bouton D, eft rapporté for un tenon fait au Tour, 8c enfuite chevillé. Cette manivelle ou levier doit couler très-librement dans le trou de la tête de la vis, de maniéré que fon feul poids puifîe la faire aller d’un bout à l’autre. On fixe cet Etau fur les jumelles du Tour, K, R, au moyen d’un étrier de fer /, qui embrafle le corps de l’Etau A H9 foit au-deffus ou bien au-deflbus de la vis, fuivant la hauteur de l’établi où on veut l’arrêter. L’ufàge de cet inftrument eft trop connu pour en faire une longue defcription ; car le plus bel éloge qu’on en puiffe faire , c’eft de dire qu’on ne
- peut s’en paffer.
- On décrira dans la fuite la conflruélion 8c l’ufàge des Filières pour faire des
- vis de bois, inftrument utile 8c très-curieux.
- Souvent on met à ces fortes d’Etaux une vis 8c fa boite, ou écrou en fer . cela eft bien plus folide ; mais la dépenfe en eft bien plus grande. On en parlera dans la foite, en parlant des Etaux de fer.
- §. II. Defcription des Etaux a main, ou Tenailles a vis, en bois.
- La Figure 4 repréfente un Etau qu’on nomme Etau a main9 parce qu’il eft petit, 8c qu’on le tient à la main pour s’en fervir. Les deux corps AB 8c CB, font femblables 3 8c d’un bois dur, tel que le Buis ou autre ; ils font liés en-femble par le bas, en B , au moyen d’une lame de fer qui paffe dans un trait de fcie qu’on a fait à l’un & à l’autre corps, fuivant la perpendiculaire, 8c for laquelle on les goupille d’une petite broche de fer, ce qui leur fert de
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- I. Section, Chap. IV. Des Etaux & autres InfirumentS y &c. yt charnière, de façon qu’ils peuvent s’ouvrir ou fermer pour pincer des pièces plus ou moins fortes. La vis DE, eft tournée & filetée comme la précédente , ^A^CHE mais d’une grofleur proportionnée à l’Etau. On met à cette tête une virole de fer D y & on y perce un trou propre à recevoir une broche de fer pour tour-! ner la vis & ferrer l’Etau, dont l’ufage eft de tenir des petites pièces qu’on veut finir à la main avec une râpe ou une lime. On en parlera dans la fuite.
- La figure J eft un pareil Etau en Buis ; toute la différence eft que celui-ci eft tourné d’un bout à l’autre, fendu à la fcie dans toute fa longueur, lorfqu’il eft tourné. On y met suffi une charnière comme au précédent, dans un trait de fcie fait exprès. La vis & l’écrou font de fer ; la vis eft une efpece de clou quarré aü collet, dont la tête eft en dehors de la mâchoire de derrière ; l’écrou eft à oreilles : il fe monte fur la vis C9 qui eft un peu courbée en en-bas, faifmc un arc de cercle dont C B eft le rayon. On trouve de ces Etaux chez les Marchands d’outils d’Horlogers. Ils fervent au même ufage que le précédent* Ils coûtent plus cher, mais ils font plus folides.
- §. IIL Des F ointes a tracer ou a piquer le Bois*
- L a Figure 6 repréfente une efpece d’Alêne comme celle d’un Bourrelier , emmanchée dans un manche de bois garni d’une virole de fer ou de cuivre. Ces fortes d’Alênes fe vendent chez les Quincailliers : elles ont une pointe à chaque bout ; de maniéré que lorfqu’une pointe eft caffée, on les emmanche par l’autre, en mettant le bout caffé dans le manche ; de plus, elles font de figure lofangé par leur coupe en travers. On a foin de placer leur tranchant en travers dü fil du bois qu’on veut piquer, autrement elles le fendroient. Elles forvent à Commencer les trous dans lefquels on veut enfoncer des clous d’épingles dans les ouvrages de bois.
- * La Figure 7 eft un inftrument qu’on nomme Porte-aiguille : il eft d’acier, rond, fendu depuis Hjufqu’en N, afin qu’il faffie reflort. Le cercle coulant Z, fait approcher les deux côtés plus ou moins, en le faifànt gliffer vers K, parce qu’il eft plus gros à cet endroit que près du manche, à peuqarès comme un porte-crayon. On a élargi la fente en la grandiflànt toujours en allant vers K , afin de dégager les mâchoires H, qui font cannelées au centre, de figure quar-rée , coupées par la diagonale dans la direction de l’axe, afin de pouvoir pincer de petites ou de grofîes aiguilles à coudre, que l’on rompt par le corps proche du trou, & qu’on recuit à la chandelle jufqu’au bleu, autrement elles Cafte* roient. Les mâchoires H y font trempées dur, afin qu’elles preffent bien & fo confervent mieux. Cet inftrument eft emmanché comme le précédent. On en trouve chez les Quincailliers qui vendent des outils d’Horlogers. Cet outil ferc à piquer des petits trous dans du bois.
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- 72
- TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- IjP—i——IWMH
- Flanche
- §. IV, Defcription d'un Injlrument fervant a tenir les Scies pendant
- qu'on lime leurs dents.
- La Figure 8 eft un inftrument qu*on nomme Entaille a limer les fcies : il fait la fonétion de l’Etau , pour cet ufàge feulement ; c’eft un morceau de bois de 12 à iÿ pouces de longueur , fur 5 à 6 de largeur, 8c de 3 pouces d’épaif-feur : on y pratique une entaille A E H, plus large du côté E H, que du côté A , & dans laquelle s’ajufte le coin de bois jB , qui fert à preffer le feuillet de lafcie placée le long de la ligne A E\ alors on ferre le coin avec un marteau, pour tenir ferme le feuillet, qui a les dents en en-haut, pour qu’on puiffe les limer. On doit obferver de ferrer bien fort le feuillet avec le coin B , autrement, en le limant * cela feroit un bruit infupportable. On doit aufli obferver de placer ce feuillet de maniéré que fes dents foient très-proches du plan fupérieur de l'entaille & du coin. Lorfqu’on a limé la quantité de dents contenue dans la largeur A E, on glifte la fcie de droite à gauche en deflerrant le coin, & toujours de même jufqu ’à la fin. On arrondit la quarre F 6q cette entaille, afin qu’en pouflant la lime on ne fe blefle point les doigts contre cette partie de devant de l’entaille : on en a fait de même aux mâchoires M,N> de l’étau, fig. 3 , pour la même raifon. Le bout C D , eft aminci environ à moitié d’épaiffeur 9 afin de pouvoir le pincer fous le valet fur l’établi du Menuifier ; on y fait de plus une rainure C, dans laquelle paffe un boulon fait en T d’un fupport de Tour, lorfqu’on veut affermir cette entaille en la plaçant fur l’établi du Tourneur. Ce T de fupport de Tour fera décrit dans la fuite. Voyez Support, PU
- 39 >fiê- 9-
- Il eft bon d’avertir que les figures I, 2,4, y, 6 & 7, font faites far l’échelle de deffus, qui eft de 6 pouces.
- La figure 3 , qui eft l’Etau, eft faite fur l’échelle de deflbus, qui eft de 2
- Article Second.
- pieds.
- Ou P on continue a décrire les Etaux , &'particuliérement les Etaux de fer, &c.
- -— J’ai dit qu’un Etau étoit abfolument néceftàire à un fimple Tourneur ; mais
- Planche un qUi tourne les métaux , foit fer ou acier , & c, a un befoin indifpen-
- fable d’un bon Etau de fer, pour une infinité d’opérations; c’eft pourquoi je vais donner une defcription exaéle des Etaux de fer de toutes fortes, Sc la maniéré de diftinguer les bons d’avec les mauvais. J’enfeignerai dans la fuite la maniéré de tourner les vis ÔQ leurs boîtes.
- §. h
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- I* Section, Chap. IV* Des Etaux (S' autres îujiruruerits , SCc. *73 §. I. Defcription d’un grand Etau de fer.
- L a Figure X, PI. J, repréfente un Etau qu’on nomme Etau a pied, pour le diftinguer de l’Etau à patte, qui s’attache à l’établi au moyen de là patte & d’une vis, tels que font les Etaux d’Horlogers & d’autres Artiftes en petits ouvrages ;1 & enfin pour ne pas confondre ces deux fortes d’Ecaux avec un croi-
- fieme, qu’on nomme Etau a main, ou Tenaille a vis, dont j’ai déjà dit un mot en paflânt. (
- AESZ, repréfente le corps de derrière de cet Etau ; la partie A f le nomme le mors ou la mâchoire ; EFy le nomme Y œil; ceft un trou rond dans ’ lequel paiïe la boîte dont on parlera ci-après ; K y eft la tige ou la branche ; T% eft Tune des jumelles , l’autre étant par derrière, ne peut être vue. S Z, fo nomme le pied de U Etau ; le bout Z , fert pour l'arrêter dans un petit billot de bois qui eft fcellé en terre; ByLy M, font le mors , le corps, & la charnière du mors de devant : ce corps ne defcend que jufqu’en H, qui eft le bas de la jumelle T : cette charnière eft profilée, comme on le. voit en cdg, fig. 4 , par la ligne ponétuée. Le trou du boulon de charnière , dont T eft l'écrou, doit être le centre de l'arc de cercle cM9 fig, 4 ; 8c il faut que les deux arrafements du bas du petit mors, & la quarre du haut des deux jumelles foient entaillés jufte fuivant cet arc , autrement l'ajuftage de cette charnière feroit faux, c'eft-à-dire , point folide.
- La Figure 2 fait voir la longueur C D, de ce petit mors, 8c fon profil; le " diamètre extérieur de l'œil h k ; fa branche L y élégie ou amincie en cet endroit ; la partie M9 qui entre jufte entre les deux jumelles Ty F> 8c qui forme
- la charnière vue fur fon épaiffeur : on voit auffi fes deux arrafements , ou les
- \ *
- épaulements Z „ m ; la tête du boulon Y\ dont le bout va fe vifler dans l'écrou X, après avoir paffé jufte & bien rond dans cette charnière. Il faut avoir grand foin de faire ce boulon quarré au collet, afin qu'il entre ferme & quarrément dans la première jumelle F, 8c ne tourne que dans la partie M, de la charnière,
- La vis G E 3 fig. 1, & H G 9 fig. 3 , eft de fer bien doux, 8c tournée d'un bout à l'autre ; 8c quand on peut faire le filet ou le pas de vis H fur le Tour , elle n'en vaut que mieux. La partie H fe nomme le corps de la vis ; G, eft l'embafe : la tête eft percée diamétralement, 8c c'eft dans ce trou qu'on paffe le levier ef9 qui fert pour faire tourner cette vis dans fa boîte ou écrou ; on fait à ce levier un bouton à chaque bout, afin d'empêcher qu’il ne forte de la tête de la vis > dans laquelle il joue librement. Cette vis entre dans fa boîte ou écrou IFy fig. 13 , qui eft un corps rond & cylindrique. Au bout 19 eft un bourrelet conique qui empêche que la boîte ne paffe à travers l’œil E y du mors de derrière 9fig. 1. Les languettes a 3b, fig. 13, qu'on nomme etouteaux, entrent dans deux rainures pratiquées dans l’œil E F, l'une en-haut, 8c l'autre en bas, *ifin d’empêcher cette boîte de tourner lorfqu'on force la vis en ferrant l’Etau. Tourneur 9 L Part. L Secl. ' T
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- Le bourrelet /, doit être noyé dans le derrière de l’épaifleur de l’œil, comme on peut le voir en £ /, a h 9fig* 4 ; les lignes ponétuées font voir la direction de la boîte & de la vis dans les yeux des deux corps, lorfqu’on ouvre les mâchoires A, B9 pour qu’elles puiflent embrafter de gros morceaux, parce qu’alors il faut que la tête de la vis baiffe, à caufe du renverfement du petit mors, de maniéré que l’axe de cette même vis foie dirigé à peu-près dans la corde de l’arc décrit par l’éloignement des deux mors, & dont les lignes A x9 B x 9 fig. 4 , font les rayons, autrement l’Etau n’ouvriroit que fort peu, & la vis touchant dans le haut de l’œil du mors de devant B, rifqueroit d’être fauflee quand on viendroic à la ferrer, & même on pourroit la cafter, ce qui arrive fou vent à ceux qui n’ont pas pris cette précaution. Voici comment on s’y prend pour lui donner cette difpofition que beaucoup d’Ouvriers ignorent. On aggrandit le dedans de l’œil du haut-en-bas ; on le fait de forme ovale , de maniéré que la boîte puiffè lever ou bai (Ter de 3 à 4 lignes feulement ; mais il faut quelle ne puifte pas jouer du tout en travers.
- Il relie à dire comment il faut le fixer fur l’établi. On s’y prend de plu-fieurs maniérés ; mais celle que je vais rapporter étant la plus folide & la plus commode pour un Mécanicien , je me fuis déterminé à en faire la defoription.’
- On réferve à la forge une partie faillante Q, dont on forme un piton qui doit être taraudé, fig: 1 8c fig. 4, dans lequel entre la vis de fer U O R 9fig. 1, dont le bout d’en-haut va fe vifler dans l’autre piton P9 qui pafle à travers la branche K, dans une mortaifo qu’on y a pratiquée pour cela ; 8c le bout de ce tenon enfile un reflort d’acier qu’on aflujettit au moyen d’une goupille ; ce reflbrt eft aminci par le bas, & eft recourbé comme on le voit dans la figure 4 ; il va s’appuyer le long & au bas de l’intérieur du corps C Bs 8c fort près de la charnière: comme fa trempe l’a rendu élaftique, il force'le mors à s’ouvrir quand on deflerre la vis, autrement il faudroit l’ouvrir avec la main , ce qui feroit très-incommode. Au bout R de la vis, fig. 1, on ajoute un petit chaperon ou goutte tournante à frottement libre, fur un tenon qu’on a fait au bout de cette vis. Sur le plan de ce chaperon R, on a réfervç trois petites pointes ; d’autres font ce plan tout uni, & fe contentent de le piquer comme une râpe à bois, ce qui revient au même, 8c ne gâte pas tant le defîbus de l’établi que preffe ce chaperon , comme on verra dans la foite. *
- Au bas du mords de derrière A, eft une forte patte de fer N 9 fig. I, prife for la même piece , que la figure 4 fait voir de côté ; & no>fig. 2 , fur fit largeur en travers, n N 0 y fig. 14 , repréfente le plan de cette patte faite en demi-cercle, autour duquel on poufte un quart de rond ; a c9 eft la coupe du mords en travers dans fon collet. J’aurai foin dans la fuite de repréfenter, par deux diagonales qui fe croifenc, le bout d’un fer ou d’un morceau de bois qu’on fuppofe coupé en travers. Voyeila figüre 4 # la figure 14.
- Enfin pour affermir l’Etau en fa place, on pofe fur l’établi cette patte
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- I. Section , Chap. IV. Des Etaux & autres Infiruments, &c. 7J*
- qui eft bien dreflee & d’équerre en deflous E N; enfuice on ferre la vis U O * Ex julqu’à ce que la rondelle ou le chaperon R9 prefle le deflous de l’établi. La tête de la vis £/, eft percée de quatre trous pour recevoir une broche de fer ronde qui fert de levier pour la ferrer, & rendre l’Etau inébranlable.
- Cette elpece d’Etau eft la plus folide, comme je l’ai déjà dit ; mais il a encore une autre propriété , qui eft qu’on démonte le pied S Z , parce qu’il entre à vis deflous le bout du corps de derrière, & entre les deux jumelles : par ce moyen on peut s’en fervir étant debout, le plaçant fur un établi haut, & lui laiflànt fon pied S Z ; & lorfqu’on veut travailler afiîs , on dévifle le pied , Sc on attache ce même Etau fur un établi bas , fuivant là commodité Sc l’ouvrage qu’on veut faire. Toutes les dimenfions font prifes fur l’échelle de 2 pieds qui eft au bas de la Planche.
- §» II. Defcription d'un Etau tel que celui d'un Horloger,
- O n vend chez les Quincailliers des Etaux communs, qui font aufîi fans pied, comme celui-ci, & qu’on nomme des Etaux a pattes. Il y en a de gros & de petits, tels que ceux dont les Horlogers fo fervent : leur nom vient de ce qu’ils ont une patte de fer qui tient au corps de l’Etau, foit au deffos , foie au deflous de la boîte de la vis ; cette patte repofo fur l’établi, & au deflous il y a une vis pour embrafler l’établi, Sc raffermir à peu-près comme il vient d’être dit. Mais ils font ordinairement aflez mal faits, Sc coûtent beaucoup moins. On attache encore ces fortes d’Etaux à un bout de planche, ‘faite à peu - près comme la table ou bafe d’un fupport de Tour. Eoye^ la Planche 40, fig, 1 ; on arrête cette même planche, fig. r, avec le T d’un fupport, fig, 9 , PL 40, dont la tige pafle dans l’enfourchement G F 9 Sc fa, tête quarrée prefle cette piece de bois par-deflùs ; par ce moyen, en forranc l’écrou à oreilles H, en deflous de l’établi du Tour, l’Etau & fa planche font très-folidement pofés, & de cette maniéré on peut le tourner du fens qu’on veut, en forte que le jour éclaire l’ouvrage ; & l’on vient à bout de placer un petit Etau for un fort établi, qu’il ne pourroit embrafler fins cela. On en peut faire autant avec celui que je viens de décrire dans les figures 2 Sc 4, PL 7. Je me fers continuellement de cette méthode, & j’en tire de grands avantages.
- §. III; Maniéré de choijir un Etau de fer, ou defcription des qualités
- qui confiituent fa honte',
- I l faut qu’un Etau foit de fer doux, point pailleux ; que les mâchoires foient bien acérées, bien limées & dreflees, quelles joignent bien ; que la taille foie d’un grain moyen, à peu-près comme celle d’une lime bâtarde ; après quoi elles doivent être trempées & revenues couleur d’or : car quand elles font trop dures, elles s'égrènent; & quand elles font trop tendres, elles fe refoulent Sç
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- ys TC U R NE U R MÉ CANICI EN, L Partie.
- —« s’émouflent facilement. Il faut qu’il foie fort & bien nourri dans fon collet a e , ianche fig' ^ . qUe pa patte épaiffe & point amaigrie à la forge, fur-tout qu’elle foit bien pleine , & point rapportée, rivée ni brafée dans le corps ; que l’œil foit fort, c’eft-à-dire 9 qu'il ait de la largeur depuis a julqu’en E , parce que c’eft le fens ou il fatigue, fouvent même il fe faufle, 8c fe caffe fort aifément. Il eft néceflàire de regarder l'œil dans le trou & à l'extérieur; vifiter s'il n'y a point de pailles ni de gerçures , 8c prendre garde fi on ne les a point bouchées avec de la peinture * ou de la cire & de la graille mêlées avec du noir. La hauteur du mords, depuis F jufqu en A , doit être courte & ramalfée, en terme d’Ouvriers’; car les Etaux hauts 8c larges de mords ne valent rien, & plient au moindre effort. La tige du corps de l'Etau doit être plus large de a en e, fig. I , de prefque le double de fon épaiffeur LH, fig* 2. Les deux jumelles Tf H9 doivent être bien foudées aux deux côtés du corps de derrière de l'Etau, 8c bien parallèles entr’elles, afin que la charnière M T Vfoit bien ajuftée. L'endroit de l'œil dfy du corps de devant de l'Etau, doit être un peu moins large que celui de derrière, c’eft-à-dire , que de e en a ; car pour l'épailfeur , elle doit être la même. La vis * fig. 3 , doit être bien cylindrique dans la longueur du corps H ; les pas de vis doivent avoir 2 lignes d’épailfeur, & autant d'inter-yalle entr'eux ; car s’ils 'étoient plus gros ou plus écartés, la vis dévifferoit d’elle-même par le foui poids de fà manivelle ef. On doit obferver qu’il ne faut pas que le filet de la vis foit un quarré, parfait, cela en affameroit le corps. Je donne ordinairement les deux tiers , ou tout au plus les trois quarts de l’èpaiffeur du filet, pour la profondeur de la vis, c’eft-à-dire, que les filets font moins profonds qu’épais ; & cela doit être ainfi, afin qu’ils ne fe renverfent pas, ce qui arrive fouvent quand on ne prend pas cette précaution. La tête doit être la plus courte poffible depuis /, fon embafo, juf-qu’au bout ou fommet 2, de cette tête , fig. 3 ; & pour conferver l’épaifTeur de l’embafo, on fait la gorge G, fort étroite ; car une tête de vis qui a trop de faillie , blefle le ventre de l'Artifte, & elle perd de fa force. Entre l’embafo de la vis G, & le corps de devant de l’Etau, on enfile une virole ou rondelle de fer ou de cuivre d9 fig. 1 ; c’eft une efpece de roulette du même diamètre de l’embafo, 8c qui fort à faciliter le frottement de l’embafo avec l’œil du mords de devant. Il y a des Artiftes qui en mettent deux en cuivre l’une fur l’autre, en partageant l'épaiflèur entre les deux viroles. La boîte alb y fig. 13 , eft de fer roulée & dont les bords chevauchent ou croifent l’un fiir l'autre. On met trois petites rivures dans la diftance h i 9 afin de tenir cette croifure bien jointe dans toute fil longueur , 8c l’on a foin de la placer en deffous de la boîte, afin qu’on ne voie point la brafure qui eft jaune, à caufo du cuivre dont on fe fort pour brafor le tout enfomble. Le bourrelet ou la virole /, doit être bien ajufté & bien joindre fur la boîte, de même que les étouteaux a3 b3 fig. 15. On les met pour empêcher que la boîte ne tourne dans l’œil du corps de derrière
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- pendant qu'on ferre ou deflerre la vis de l'Etau; on voit l’un de.ces étouteaux féparé de fa boîte en c d: on y réferve un pied rond e> qui pafle à travers le trou qu'on a fait fur la croifure des deux bords de la boîte ; on rive ce pied en dedans. Le refte de cet étouteau eft quarré, Sc s'applique le long de la boîte , comme on le voit en h ; le bec C, qui eft plus mince , s'enfile dans une rainure qu’on a faite en dedans du bourrelet; & fon arrafement/1 appuie contre ce même bourrelet & le bout c, de cet étouteau, qui eft coupé en biais, afin de le rabattre & le river dans un chanfrein fait dans la rainure en dehors de ce bourrelet. L'autre étouteau a, eft fait comme celui-ci, Sc s'applique fur l'autre côté de cette boîte, mais au côté oppofé. Avant de faire entrer le filet dans la boîte , on la lime en dedans, & on place un cercle de fer fur le bout i de cette boîte, pour empêcher que la jointure ne s'écarte en faifànt entrer le filet à force de dans : on coupe ce cercle, & on l'arrache, lorftjue tout eft brafé , avec autant de cuivre jaune que de rouge. Le filet doit bien joindre intérieurement
- dans la boîte , & être bien brafé : on le connoît, fi les filets font bien jaunes ,
- •
- & fi en frappant deflus la boîte avec le bout d'une verge de fer ou d'une lime d'Allemagne ; fi le choc eft fec, Sc qu'il ait un fon plein, la brafure eft bonne ; mais s'il fbnne le pot fêlé , le filet ne tient aflurément pas ; enfin fi toutes les conditions ci-defliis, font remplies, foyez affuré que l'Etau eft bon r qu'il foit poli ou brut, peu importe. Celui-ci eft un Etau poli St de la moyenne force, Sc du poids de 40 à yo livres. Si on en veut un plus fort, il faut augmenter toutes les dimenfions à proportion. J'enfeignerai à la fin de cette première Partie, à forger Sc conftruire comme il faut un Etau, Sc plufieurs autres inftruments.
- §. IV. Defcription d'une nouvelle Manivelle quon peut adapter a toutes fortes d'Etaux , gros ou petits.
- L’Etau que je viens de décrire, eft de ceux dont on fe fert plus communément ; cependant on peut y ajouter une propriété qui le rendra plus commode : Voici ce que c'eft.
- Il n'eft perfonne , pour peu qu'il fe foit fervi d'un Etau, qui ne fe foit ap-, perçu de l'incommodité du levier, lorlque la piece qu'on travaille étant dans les mâchoires, ce levier eft dans une dîreétion oblique ; il n'y a abfolument que v la perpendiculaire qui foit avantageufo, Sc qui ne gêne pas : l'expédient que je vais rapporter, rend ce fervice à toutes fortes d’Etaux gros Sc petits.
- La vis étant faite comme il vient d’être dit, ainfi que l'embafe & la virole , au lieu de faire une tête ronde en fphéroïde, on tourne un collet cylindrique Gyfig. 4, Sc on réferve la partie de devant i, plus grolfe que le collet, de maniéré que ce devant i puiffe être limé à fix pans, ou former un hexagone cir* confcrit autour de ce collet, afin d'y pouvoir introduire une clef i, 2, fig. y > Tourneur , /. Part, L Secl, V
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- 7S TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie. dont l’ouverture i9 foit de la même forme que cette tête de vis ; de maniéré qu’en plaçant cette clef i, 2 , fig. 4 > fur cet hexagone, on fafle tourner la vis comme on veut ; enfuite, avant de quitter la main de la queue de cette clef, on la poulie un peu, Sc on la fait tomber dans le collet cylindrique G, qui eft du même diamètre intérieur ou infcrit dans l’hexagone ; alors cette clef tourne librement, & fe place toujours verticalement par fon propre poids ; Sc pour quelle ne forte pas des pans de Thexagone en devant, Sc ne tombe pas fur les pieds de l’Ouvrier, on fait une petite rondelle d’acier 10, fig, 4, tournée en goutte de fuif, & d’un diamètre fuffifant pour empêcher la clef de for-tir : elle eft percée au centre, Sc reçoit la petite vis \, qui entre dans le centre de l’hexagone, Sc par conféquent tient tout en place. Pour opérer, il ne s’agit que de retirer un peu la clef à foi, on ferre ou l’on deflerre la vis de l’Etau.
- Cette perfection a été imaginée par le fieur Sulpice , Maître Tourneur, Mécanicien fort habile, Sc qui, joignant la pratique à la théorie, lait, avec une adrefle Sc une facilité furprenantes, les plus forts ouvrages, trouvant toujours dans fon génie toutes les refïources convenables. C’eft lui qui m’a fait voir un Etau ordinaire qu’il avoit accommodé de cette maniéré. Nous aurons occafion de parler de lui piufieurs fois dans ce Traité.
- „ §. V. Defcription fommaire d’un fort Etau commun ; 6 Remarques utiles * fur fia conflruclion.
- Il eft néceflàire de dire quelque chofe fur les Etaux ordinaires Sc brutes : il feroit à proposque tous les principaux ajuftages fuflènt faits comme il vient d’être' décrit ; mais il fuffit que les deux corps foient forts fur champ , c’eft-à-dire, du dehors au dedans, que les yeux foient forts & bien percés, les mords bien trempés , comme il vient d’être dit, la vis bien faite ; la boîte feulement eft différente , en ce quelle déborde l’œil de derrière d’environ un tiers de là longueur : Sc c’eft ce qu’on nomme le cul-de-lampe de la boîte. Il y a des Ouvriers qui font ces culs -de-lampes d’un très-gros diamètre ; cela donne plus de grâce, difent-ils ; mais je foutiens que cela eft très-nuifible, parce que pour peu qu’on baille ia lime de côté en la pouffant, on fe blefle les doigts fur les grofles moulures de cette boîte. Il eft vrai qu’on peut faire les vis d’Etau plus longues dans ces fortes de boîtes ; néanmoins je préféré celles dont les moulures font de très-petit diamètre : elles embarraffènt moins, Sc ont tous les autres avantages.
- Ces fortes d’Etaux n’ont point de pattes ; le dos des mâchoires de derrière eft pareil au dos du mords de devant.
- Il ne faut pas non plus de longues vis par-deflous, ni de pitons, comme U ORScQ K P5 fig. 1 ; on les attache à l’établi au moyen d’une bride de fer qui les lie de a en c, au-deflous de l’œil. La meilleure maniéré d’arrêter un gros Etau, eft de fe fervir de deux boulons à vis A, B, fig. 15, qui paflent aux deux côtés
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- & au-defious de l’œil du mords de derrière, & s’enfilent dans une traverfe de fer plate G, qui pafife en travers & au-deflous de cet œil, enfuite fe vilïènt dans leurs écrous 3 , D9fig. 15 , qu’on ferre à difcrétion. L’autre bout de ces boulons eft applati en forme de pattes' E, F : on y fait plufieurs trous, dans IefL quels paflent des clous de fer à vis, pour les fixer fur l’établi. Ceux qui aiment que les choies foient bien faites, feront réferver d’abord un tenon 1 & 2 à chaque boulon , & l’on foude à la forge ces deux tenons enfemble en G, après qu’on a fait les vis 3 & 4 ; de maniéré qu’au moyen dé l’aflemblage G, les parties E A & B F, ne font plus qu’une même piece. Voyez les lignes ponctuées 1 & 2. ; & le quarré A B CG embraffe le corps de derrière de l’Etau au-dertous de l’oeil, à l’endroit ac >fig. r. Cette maniéré eft la meilleure de toutes pour arrêter un Etau bien folidement.
- §. VI. Defcription d'une efpece de Tenaille fervant a tenir l'ouvrage dans l'Etau} lorfqu'on veut limer des Chanfreins.
- La Figure 11 repréfente une Tenaille à chanfrein vue de côté, efpece de mâchoire d’Etau , compofé de deux mâchoires de fer bien acérées par le haut, jointes enfemble par le bas au moyen de la charnière C, qui fait qu’elles font mobiles. Un petit reffort F , fait écarter les mâchoires fuivant qu’on ferre plus ou moins. Pour fe fervir de cet inftrument, on le place dans le grand Etau > de maniéré que la mâchoire de derrière d’un Etau ordinaire fè loge dans l’entaille D de la mâchoire A de cette Tenaille, & le talon E s’appuie fur le mords de devant de l’Etau ; alors on voit que fi l’on pince une piece dans cette Tenaille , fes plans feront inclinés à l’horizon, & on pourra limer facilement un bifeau ou chanfrein fans fe gêner.
- La Figure 12 eft le même inftrument vu de face & du côté de la mâchoire fupérieure. Je donnerai dans la fuite la defcription d’un Etau que j’ai exécuté & porté à un point de perfeétion qui le rend d’une commodité finguliere : il fe tourne du fens qu’on veut horizontalement, fe renverfe verticalement fans rien perdre de fa folidité.
- §. VIL Des différents Inftruments dont on fe fert pour empêcher que les dents des mâchoires ne marquent l'ouvrage lorfqu'd efl près d'être fini & poli
- Lorsqu’un ouvrage eft avancé, il n’eft plus befoin de le preffer fi fort dans l’Etau, dont les dents imprimeroient des marques, Sc le gâteroient, fbit bois, ivoire ou métaux, &c. Pour obvier à cet inconvénient, on a imaginé différents moyens, foit en fe fervant d’une carte , de carton, de chapeau , de bois, de plomb , que l’on place entre l’ouvrage & les mâchoires de l’Etau. On nomme ces fortes d’inftruments des Mordaches ou des Mâchoires, ou bien des Tenailles de bois ou de liege.
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- So TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie;
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- Planche VIII, Defcription des Tenailles de bois quon place dans les Etaux de fer.
- L a Figure 10 repréfente une Tenaille de bois ; c’eft un bout de planche d’un bois liant, tel que le Hêtre, l’Erable , le Charme ou le Noyer : il faut qu’il foit doux & fans nœuds ; les bois à groffes veines, comme le Frêne, le Chêne , n’y font pas bons. Sa longueur eft d’environ 4 pieds 3 pouces, large de 3 pouces & demi,, épais d’un pouce un quart ; on le refend fur fon épaiffeur depuis le haut AB, jufqu’en C9 qui eft à 5 ou 6 pouces du bout d’en-bas D; on met dans cette fente un petit réglet de bois placé au travers en E ; il fort à tenir les deux côtés A 9B9 écartés, parce qu’ils font reflort. On coupe les bouts d’en-haut en biais, fuivant le defius des mâchoires de l’Etau. On place cette Tenaille en pente, foit à droite ou à gauche de l’Artifte, fuivant la place ou le befoin. Cet inftrument n’a pas befoln d’être raboté : il refte tel que la foie l’a formé. On voit que II l’on pince une piece adoucie ou polie dans cette Tenaille de bois, l’Etau ne preflànt que fur le bois, on ne craint pas de la gâter. Quand , à force de forvir, les bouts Â3 B, des Tenaillesiè creufont, fo mâchent ou fo fendent, on les releve , & on foie le bout d’en-haut ; & quand , à force d’en couper, elles deviennent trop courtes , on les rallonge par en-bas avec un bout de planche quelconque , que l’on y attache avec des clous, & par ce moyen on les haufle fuivant le befoin,
- §. IX. Autres Tenailles de bois garnies de tiege en dedans:
- Lorsqu’on Veut pincer du bois poli dans l’Etau, foit pour y faire des entailles pour placer des fers ou autres opérations, on colle en dedans, au haut de chaque côté des Tenailles, une bande de liege de 3 pouces de hauteur, & de toute leur largeur, & d’environ un demi-pouce d’épaiffeur. On choifit le plus fin & le moins poreux, qu’on drefle avec la râpe à bois.
- Ces fortes de Tenailles font bonnes pour pincer de l’ivoire & des ouvrages délicats.
- §. X. Defcription des Mordaches ou Mâchoires de plomb.
- On fo fort auffi de Mordaches ou Mâchoires de plomb : la figure 6 en fait Voir une paire en perfpeétive. Les parties b ,c >d,fe, pincent dans l’Etau, & les parties a, b, fo rabattent fur le dos des mâchoires de l’Etau avec un marteau. On fait les parties b 9 c, fort épailfes ; & celles a, b, qui couvrent le dos des mords, vont en aminciftant vers le bout a. Il eft néceffaire que la partie qui entre dans l’Etau foit fort épaiffo , pour quelle puifle prendre l’empreinte des ouvrages quelle prelfo, & les garantiffe de l’attouchement des mâchoires
- d’acier.
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- I. Section, Chap. IV. Des Etaux & autres Injlruments, Sc. Si d’acier. Le deffus n a pas befoin de beaucoup de force, & on applatit la partie . a, fuivant les contours du de/lus de 1 Etau, pour qu elle ne choque point la main de l’Artifte.
- §. XI. Defcripdon d’un Moule propre a couler les Mordaches de plomb ,
- grandes & petites.
- L e Moule dans lequel on coule les Mordaches de plomb , eft on ne peut pas plus fimple : le même peut fervir aux grandes ainfi qu’aux petites. Il feroit plus à propos de le faire en cuivre ; mais en bois il fuffit, & peut durer affez long-temps.
- Ce Moule yfig. 8, eft compofé de deux demi-cylindres A> B, qu’on a repré* Tentés à part >fig. 7 ; & c’eft fur ces derniers* que nous allons en donner la def* cription. Sur l’épaifTeur de chacun , eft prife la place des mordaches A 9 E 3 F, ainfi qu’on peut le voir parla figure 9, qui en repréfente le plan. La partie A E, de ce Moule , forme le deffus da, fig. 6 , & la partie Paillante H B G, eft la réferve qu’on fait au Moule pour former l’intérieur des mordaches. L’entaille B y fig. 8, eft la lumière par où on coule le plomb : les traits c y fi, fig. 9, marquent les joints du Moule. Lorfque le Moule eft fini, on en lave l’intérieur avec de l’eau, dans laquelle il y a très-peu de poudre d’ocre jaune, de maniéré que cela faflè une teinture très-claire; enfuite on le laifîe lécher , après quoi on ferme ce Moule ; on le lie d’une ficelle comme on le voit dans la figure S ; puis on coule le plomb par l’ouverture proche de B : d’abord qu’on a jette trois ou quatre pièces dans le Moule, il faut le rafraîchir, ce que les Ouvriers appellentpotaffer le Moule avec de Veau d’ocre, comme on a dit ci-devant, ob~ fervant de ne point couler de plomb dedans qu’il ne foit bien fec, fans quoi le plomb fondu Tentant l’humidité, pourroit làuter aux yeux. On potaffe de même les Moules en cuivre ; par ce moyen les plus pçtites impreffions viennent empreintes lur l’ouvrage. On fe fert auffi de mordaches de carton de cartes , de cuivre jaune & rouge, fuivant les cas. On en parlera en Ion lieu.
- Avant de finir cet Article, il eft à propos de dire qu’on peut fondre dans le même Moule des mâchoires ou mordaches de plomb de différentes largeurs ; il ne faut pour cela que glifîer le côté B yfig. 8, de ce Moule en en-bas ; alors il fe trouve moins de diftance entre E F\ fig. 7, & par conféquent la mordache de* vient plus étroite: & voilà pourquoi j’ai mis la réferve CD F, fur la partie A, & la réferve HC y fur la partie B de ce Moule, parce qu’en le glilTant il eft toujours fermé ? excepté la lumière.
- Tourneur , /. Fart. /. Secl.
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- §• XII. Defcription et un Tour et le fer qu on place dans un Etau.
- L a Figure i, PL 8 , repréfente un Touret tout en fer 8c acier. AB C, fe Planche nomme le corps du Touret; la partie Z?, fè nomme la lunette : elle eft faite à peu-près comme un pkon, dont l’œil eft percé 8c fraife en cône pour recevoir la tête conique de l’arbre a FOn voit fur l’extérieur de la lunette B, des lignes ponctuées qui déterminent l’angle du cône, ou la pente de l’entonnoir. La partie C9 a auffi un œil, mais plus petit que celui du cône : elle eft taraudée pour recevoir la vis du piton D , qui n’eft que de fer ; 8c dans le corps de cette vis on a enfilé un contre-écrou à oreilles E, pour empêcher la vis de fe relâcher. Le bout de cette vis eft percé d’un trou conique, dans lequel tourne le bout de la pointe de l’arbre du Touret ; & cette pointe eft d’acier, tournée, trempée & polie , afin quelle tourne librement, félon qu’on ferre plus ou moins la vis D ; 8c quand l’arbre tourne fans balottage, on fixe la vis au moyen de fon contre-écrou E, & l’on met une goutte d’huile au cône & à la pointe de cet arbre. La bobine E eft quelquefois de fer, & de la même piece que le corps de cet arbre ; mais comme on a beloin de changer le diamètre de cette bobine ^ on fait le Corps de cet arbre quarré, afin d’y enfiler de petites ou de groffes bobines, fui-vant le befoin. On les fait de bois dur, tel que le Buis, les bois des Indes, la Corne, l’Ivoire, &c : la tête de l’arbre eft ronde 8c cylindrique en a : on y pratique tout à travers une mortaifë , où communique le trou quarré qui eft percé au centre du cône de l’arbre, & dans lequel on introduit le quarré de la* meche c b. Le bout de ce quarré pénétré , comme on vient de dire, dans la mortailè jufqu’à la moitié de fa longueur ; de maniéré que lorfqu’on introduit le bout c de la clavette c d 3fig. 2, qui eft d’acier, dans la mortaife a, on chafle la meche b hors de fon arbre, & l’on en change pour en prendre une petite ou une grofle fuivant le. befoin. Le bout de cette meche eft fait ou en langue de carpe, ou quarré comme un fermoir, ou bien à nez rond. Du milieu, & au bas du corps du Touret, fort une queue quarrée G, qui fert à le tenir dans un Etau ; ou bien on la fait pafler à travers une table , & on l’affermit au moyen de l’écrou à oreilles H, qui fè monte fur la vis A. Onfe 1ère d’un archet 6c d’une corde â boyau pour faire tourner l’arbre. On parlera de tout cela dans la fuite.
- §. XIII. Defcription d’un autre Touret tout en lois, & qu on place auffi
- à l’Etau.
- g-—- “ La Figure 1 de la Planche 6, reprélente un autre Touret fervant aux mêmes
- ufàges que le précédent, à la réferve qu’il eft prefque tout de bois, en faveur de ceux qui ne veulent pas faire grande dépenfe, Il eft compofé d’un bout de
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- «
- I. Section, Chap. IV. Des Etaux & autres Inftruments, &c. 83 bois bon & ferme , long de 6 à 8 pouces ou environ, comme c 1, fur un pouce Sc demi de largeur , un pouce d epaifleur , {ur lequel on aflemble , à tenons & mortailes, les deux poupées A,B 9 à 3 pouces de diftance l’une de l'autre , d’environ 2 pouces un quart de hauteur : la poupée A eft plus mince que lautre; elle eft percée en cône ou en entonnoir pour recevoir le petit arbre D , qui efl; de Buis ou d'autres bois très-dur. On voit la forme de ce cône en H, fig. a • qui repré fente l'arbre à part. La pointe G g9 dans les deux figures, doit être d’acier, fichée à force dans le trou du centre de l'arbre, & enfuite tournée ou bien arrondie à la lime, afin qu elle roule fans frottement dans le centre G de la vis de bois F, qui paffe à travers la poupée B. Il faut que les trous des centres des deux poupées fbient percés juftes à la même hauteur l'un que l'autre, & que la vis F foit ferme dans fon écrou. On voit que le corps D de l'arbre , jîg. 1, eft fait pour recevoir la corde de 1 archet, qu’on entortille d'un tour fur cette bobine, pour la faire tourner. La meche cf9fig. 2 , eft d'acier : on trempe feulement le bout e ; le corps f eft dégagé plus menu, pour qu'il ne s'engage point en perçant ; le derrière eft chaffé à force quarrément au centre de larbre* Il faut tâcher que cette meche foie placée bien droit. Et comme il n’eft pas aifé de la démonter pour en replacer une autre plus ou moins grofle, il eft à propos de faire fix ou huit arbres femblables , qui ayent chacun leur meche.
- Planche
- 6.
- §. XIV. Defcription d’un grojje Pince en bec-de-canne.
- s
- La Figure 3 , PL 8, repréfente une forte Pince à bec-de-canne ou bec plat ; tout le corps de cette Pince eft de fer ; les mâchoires A, B 9 font d’acier intérieurement , & elles font taillées à peu-près comme une lime ; les deux branches font mobiles, à charnière, & le bout inférieur de ces mêmes branches eft creufé en dedans, à peu-près comme la meche d’un vilbrequin , pour qu’elles foient plus légères à la main, & en même temps pour qu’elles foient plus roi-des. On voit que les bouts C, D 9 font faits en cuiller ; & lorfque les Pinces font fermées, il faut que ces mêmes bouts ne foient diftants que de 3 lignes. Ces Pinces font trempées toutes entières, quoiqu'elles ne foient que de fer, parce qu’on les a rougies dans un paquet, comme il fera enfeigné dans la fuite* Cette trempe leur donne plus de corps ou de fermeté.
- Planche
- &
- §, XV. Autres petites Pinces de plujieurs grojjeurs, dont les becs
- * font de différentes formes.
- Les Figures 5 Sc 6, reprélèntent auffi des Pinces à bec de différentes grof-feurs : il y en a dont les becs font ronds, d’autres demi-ronds, fuivant les différentes pièces quon veut plier ou arrondir ; il y en a de tranchantes qui coupent les métaux, comme le bout d’une petite vis ou d’une goupille. Je n’en dirai pas
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- 84 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie. davantage, parce qu on trouve ces inftruments tout faits chez les Quincailliers i qui les tirent des Manufactures' de Saint-Etienne en Forez, ou bien d’Angleterre,
- Remarques fur les Pinces.
- O N ne trouve pas toutes faites celles qui font repréfentées fig. 3 ; je les ai toujours faites ou fait faire. Il eft bon d’obferver que les branches de cette Pince ne font pas courbées du même contour que les petites, parce qu’on ne pourroît pas les empoigner avec la main , quand bien même on ne pinceroit qu’une piece d’une grofleur médiocre dans les mâchoires A, B, à caufe de leur peu de longueur de levier depuis le centre E, & de la grande diftance de ce même centre, jufqu’aux bouts des branches ou leviers C, D. Ces inftruments confèrvent le nom de Pinces, depuis les plus grandes jufqu’à celles de la moyenne grandeur ; & lorfqu’elles font plus petites & plus déliées, on les nomme Pincettes ; mais le Tourneur n’a befoin que des grandes & des moyennes , & rarement fe fert-il des petites Pincettes , qui ne font que pour les Horlogers.
- §. XVI. Defcrlptlon d*un Etau à main tout en acier.
- L a Figure 4 repréfente un Etau à main, ou une Tenaille à [vis, en terme d’atelier. AyB , font les mâchoires d’acier en dedans , limées , drefïees, en-; taillées ; les deux corps fo rejoignent par le bas dans leur commune charnière C; ces deux branches ou corps font enfilés par un clou à vis D, qui, pafîànt à travers les deux yeux de ces corps, va fe viffer dans fon écrou à oreilles. Cette vis eft un peu cintrée dans là longueur, fuivant l’arc de cercle, dont la diftance de la goupille de charnière à la vis , eft le rayon. On voit entre les deux branches un petit refïbrt d’acier, fixé, par une petite vis, dans le bas du corps de derrière : il fort à faire ouvrir plus ou moins cette tenaille, foivant que les pièces qu’on veut pincer font plus ou moins épaifles. Ordinairement cet inftrument eft trempé en paquet, & on recuit les mâchoires en les faifànt revenir couleur d’or, fans quoi elles s’égreneroient, puifqu’elles font d’acier; L’ufage de la Tenaille à vis eft de tenir ferme de petites pièces qui échappe-roient des doigts, & même qu’on ne pourroit pas tenir en travaillant. On aura pccafion d’en parler plufleurs fois dans la fuite.
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- §. XVII;
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- L Section, Chap. IV. Des Etaux & autres Injlruments , &c. 8j
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- §. XVII. Defcription d’une Tenaille a boucle.
- La figure 7 repréfente une Tenaille à boucle, ou Pince à Coulant. Ces fortes de Tenailles tiennent beaucoup des Etaux à main Sc des Pinces ; car la charnière eft paffée comme aux Pinces qu’on vient de décrire : la différence eft que les branches C yD, font droites, & quelles vont en élargiflànt du bas, afin qu’en abaiflànt le coulant E , pour l’approcher des bouts C, D, les mâchoires A, B, approchent l’une de l’autre , Sc par conféquent preffent plus ou moins la piece qu’on met entre-deux. Il y a de ces inftruments dont les mâchoires font faites comme aux Etaux ; d’autres font faites à peu-près comme une pyramide oélogone tronquée , comme on le voit 'dans la figure 75 Sa comme elles font peu larges, elles font très-commodes pour entrer dans de petits endroits, oà celles qui ont les mâchoires faites en étau ne peuvent entrer. Les mâchoires font d’acier intérieurement, Sc taillées ; elles ont de plus une petite cannelure perpendiculaire, dans laquelle on place un bout de fil de métal, foit pour faire une goupille ou un petit foret. Le corps de cet infiniment eft de fer, les mords d’acier, comme il vient d’être dit ; le tout trempé en paquet, comme les autres inftruments qu’on vient de décrire. On voit un petit relfort d’acier ajufté à queue d’aronde à l’une, Sc entre les deux branches C 9 D ; fa trempe le rend élafti-que , Sc fait écarter les mâchoires lorfqu on remonte le coulant E , en l’approchant de la charnière.
- Tourneur, Im Part. 1. Secl.
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- TOURNEUR MÉCANICIEN, L Partie.
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- CHAPITRE CINQUIEME.
- Defcription de différentes Equerres, tant en métaux qu'en bois,
- Nous diviferons ce Chapitre en deux Articles : dans le premier nous décrirons les différentes Equerres en métaux ; Sc dans le fécond , celles quon fait en bois.
- Article* Premier* a
- Des Equerres en métaux*
- L’Equerre eft un inftrument dont quantité d’Artiftes fontufàge, le Tourneur fur-tout , Sc celui qui travaille en Mécanique doit abfolument en avoir de toutes les façons ; nous allons en décrire plufieurs.
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- . # 9 v. »
- . §. I. Defcription d'une Equerre plate en acier ou en cuivre.
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- L a figure 1, PL ÿ , repréfente une Equerre d’acier, de fer ou de cuivre. La grande branche B C, doit avoir environ fix pouces de longueur fur fix lignes de largeur, & une ligne Sc demie d’épaiiîèur ; l’autre branche B A, doit avoir quatre pouces de longueur; la largeur & l’épaiflêur des deux branches doivent être égales entre-elles ; fi l’on fait l’Equerre de cuivre, de fonte ou de laiton coupé au coin d’une planche de cuivre , il faut qu’elle foit forgée à froid pour la rendre dure ; ce qu’on appelle écrouïr le cuivre ; on la dreflera bien à plat ; enfuite on limera Sc l’on dreffera les côtés B 9C, de B j A 9 bien droit à la réglé , faifànt enforte que l’angle ABC, foit droit ou d’équerre : pour cet effet * fur un plan bien droit* comme une planche de bois, de cuivre ou autre matière , tel que le plan KLM N * fig. 3 , Sc par les points G E 9 menez une ligne parallèle au-devant K, N, que je fuppofe bien droit ; enfuite d’un point tel que H, pris à volonté fur cette ligne, faites une autre ligne qui foit perpendiculaire à cette première HI ; couchez l’EquerreM B C, fig. I, fur ce plan , Sc voyez fi les lignes /, H, du plan , Sc les lignes E, G, coïncident ou s’appliquent parfaitement fiir les côtés B A Sc B Cy de l’équerre; alors l’angle ABC, fera droit. Pour vérifier l’opération, retournez l’Equerre fens-deflus-deffous, de maniéré que fon côté A B 9 s applique parfaitement fur la ligne G JE du plan ; fi le côté B C fe rencontre jufte fur la ligne H I, foyez affuré que l’Equerre eft jufte extérieurement, Sc 1 opération de la perpendiculaire a été bien faite. Il rcfte
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- I. Sectro k, Ciîap. V. Description de différentes Equerres, &c, 87
- enfuite pour régler le dedans de l'Equerre, de limer chacune de Tes branches bien d'égale largeur entre-elles, & bien droites à la réglé ; alors l’angle D de l’Equerre fera droit : il eft plus aifé d en vérifier trois enfemble , parce que les défauts de l'une aident à corriger ceux des autres j & alors, fi on a un marbre bien droit f on applique deux Equerres dosa dos & perpendiculairement au plan du marbre, & changeant alternativement & fubfticuant ces Equerres les unes aux autres, on viendra à bout de les reétifîer parfaitement * car une de ces Equerres ne pouvant être en même-temps d’un angle aigu & d'un angle obtus, ne peut que faire reconnoître exactement les défauts s'il y en a : cette opération demande une grande attention.
- Si on fait une Equerre de fer ou d'acier , on ne la forge point à froid avant de la limer. Celles d'acier font les meilleures de toutes ; mais on ne les trempe pas, car elles pourroient fe déjetter, & devenir courbes & fauffées : en faifanc ces Equerres il ne faut faire nulle attention aux pivots qui font indiqués par les chiffres 1, 2,3 & 4 ; cette figure nous fervira dans le Paragraphe fui-vant. Après avoir fait une ou plufîeurs bonnes Equerres plates , il faut en avoir au moins une de celles qu'on nomme a chaperon*
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- §. II. Maniéré de conflruire une Equerrg a chaperon, que les Menuijiers
- nomment un criangle.
- Ces fortes d'Equerres fervent à tracer un trait d’Equerre d'après le côté d'une piece plate ou quarrée à laquelle on veut ajufter d'autres pièces d’af-femblage ; on en voit une repréfentée par la figure 2 ; O P, eft la grande branche , femblable à celle de la première Equerre ; la différence confifte en ce que la petite branche P R , eft recouverte d’un reglet de même métal que l'Equerre Q R ; c'eft ce reglet qu’on nomme chaperon : pour faire moins de dépenfe on le rapporte avec des pieds ou tenons , que l’on enlève ou réferve fur la même piece que l'Equerre plate ; voyq la jig. r , où les tenons 1,2, 3 & 4, font marqués : on fait d’abord des trous au milieu du chaperon fur (à longueur, on les fraife, & l'on marque les tenons à travers ces trous. Il faut avoir foin de blanchir & dreftèr ce chaperon du c&té intérieur avant de le river , parce qu’il eft plus aifé à drelîèr qu'après être rivé ; mais l'Equerre plate ne doit être qu’ébauchée avant d'y placer le chaperon.
- Pour bien dreffer 6c finir cette Equerre^on commence par le deflous du chaperon Q , jig. 2 ; enfuite on le pofe fïir le carreau de marbre, de maniéré que la longue branche O P foit perpendiculaire en tous fens; pour s'en affurer, on prendra une Equerre plate ordinaire, & on la préfentera tantôt d’un côté Sc tantôt de l’autre de chaque côté de la branche 0 p, fig, 3 , comme l’Equerre ponéluée le repréfente ; enfuite on la préfentera bord contre bord, & dans le même plan l’une que loutre# & Ion verra fi le bord o p> s’accorde avec
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- gügüüJ^!
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- gg TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- , le bord de l’Equerre plate ; fi elle ne s’accorde pas, il faut la redrefier à la lime , & retoucher légèrement au chaperon en dedans de fon angle R, afin qu’il foit parfaitement égal d’épaifleur avec le dehors qui a été mis d’équerre par la maniéré précédente ; après quoi on met chacune des branches égale de largeur & d’épaifleur : quand cela eft fait proprement on ne voit point la jointure du chaperon.
- Si l’Equerre étoit en cuivre fondu, on fait le modèle en bois comme on veut quelle foit, & le chaperon vient de la même piece ; cela n’empêche pas qu’on ne le forge à froid fur les’ mâchoires d’un étau pour l’écrouïr.
- Lorfque cette Equerre eft en fer ou en acier, on y procède comme il vient d’être dit pour le laiton ; mais fitôt que le chaperon eft rivé, on le brâfe avec des petits morceaux de laiton mince que l’on place le long de l’angle R, du chapes ron : on mouille la piece avac de l’eau & on jette deflusdu borax en poudre pour aider la fufion du cuivre. On met cette piece à la flamme d’une forge ou dans du charbon de bois. Quand le cuivre eft coulé, la piece eft brafée ; enfoite on la lime , & on la dreffe comme on vient d’enfeigner : on obfervera de laif-fer déborder le dos o p 9 fig, 3, d’environ une demi-ligne au-deffus du bout du chaperon. J’ai fait de ces Equerres en acier tout d’une piece , le chaperon enlevé à la forge ; cela n’eft pas fi^aifé à faire, mais elles font bien plus propres, non pas cependant meilleures. Comme ces pièces font difficiles à forger Sc à limer, elles coûtent beaucoup plus ehci ; mais elles font plus folides & moins fujettes à fe déranger.
- §. III. Defcriptiond’une autre Equerre faite en forme de T;
- Une autre Equerre encore très-utile eft celle qui eft repréfentée dans la figure 4 ; ceft une Equerre en T; la grande branche TU, eft de la même piece que la petite Y Z F, qui lui eft perpendiculaire , & du double plus large que cette grande branche. C’eft fur cette courte branche & au milieu de là largeur, qu’on rive un reglet X F, bien perpendiculairement à la longue branche. Ce reflet X F porte les rivures ; le refte s’ajufte avec une Equerre plate dont on a fait la defcription fig. x.
- §. IV. 'Defcription d une Equerre en forme de croix à coulijfe ;
- & fies differents ufages.
- 1
- Une autre Equerre encore plus commode eft celle qui eft repréfcntée dans la figure 5 , fous la forme d’une croix: cette Equerre eft compofée de deux pièces ; favoir d’un corps A B , & d’un reglet C D, qui pafle à travers de la réglé A B, quoiqu’ils foient de même épaiflêur, mais on a. refervé la boîte £ F, plus épaifle que le corps de la réglé A B\ dans cette boîte pafle le
- petit
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- I. Section, Chap. V. Defcription de différentes Equerres > &c. 89
- petit reglet bien jufte , & a angles droits avec le côté de la grande réglé , on * a ravalé une efpece de feuillure de chaque côté vers E, afin que les deux réglés s’affleurent : la vis Cfert pour preflër ce reglet, & le fixer où Ton veut dans fa longueur; & pour que le bout de cette vis' ne marque point le reglet, on place dans le canal de la boîte un petit reflort d'acier, qui s’étend depuis F jufqu’à la moitié de la largeur de la grande réglé ,dans un agrandiflèmentqu’on a fait au canal, pour loger ce reflort, dont on fixe le bout en F, au moyen d’une petite rivure d’acier, afin qu’en gliflant le reglet de droite à gauche le reflort ne gliflè point avec lui , & ne forte point de fa place. On doit faire attention que ce reflort foit cintré en arc, & que le dos foit tourné du côté du reglet mobile, par conféquent la vis G touche dans le creux de l’arc.
- ta figure 6 fait voir la grande réglé ou le corps a h , vu fur le champ ; on voit les joues e f9 & la mortaifè dans laquelle paflè le petit reglet.
- La figure 7 fait voir ce réglet nud., & féparé du corps de l’Equerre : on fait de ces Equerres toutes d’acier, ce qui eft plus difficile , Sc par conféquent plus coûteux.
- On en fait aufli dont le grand corps eft de cuivre fondu & battu à froid , Sc le petit réglet eft d’acier cle même que la vis; & pour continuer l’économie , on rapporte fur cette vis une tête de cuivre , ronde Sc gaudronnée : cela coûte moins ; mais de quelque matière qu’on les faflè, il faut que toutes les parties foient parfaitement dreflées Sc calibrées»
- La figure 9 eft le modèle vu de champ ; les figures rr, repréfentent ce meme modèle À B , EF, vu de côté ; l’autre figure a b , e f, eft le même modèle vu de champ ou fur la face étroite, fans être percée , Sc tel qu’on le reçoit du Fondeur ou du Forgeron en acier,
- Alors on y fait un trou rond avec un foret, plus gros que l’épaiffeur de la mortaifè fig. 9, a Sc b s enfuite on frappe fur les deux joues efyfig. 6, pour applatir un peu ce trou jufqu’à ce qu’il foit de l’épaiffeur de la mortaifè ; on commence à limer dedans avec de petites limes plates d’Allemagne ; après cela on y en introduit de petites d’Angleterre , & on le forme avec des limes d’entrée, pour le préparer à recevoir le mandrin d’acier trempé fig. 10 , qu’on chaflè à force dans cette mortaifè à coups de marteau , après qu’on la frotté d’un peu d’huile pour faciliter le partage ; on le fait entrer à plufieuis fois de différents côtés jufqu’à ce que le trou foit bien formé , Sc poli en dedans : ce. mandrin doit être plus étroit Sc plus mince en approchant des deux bouts , afin que le marteau n’y forme point une tête en frappant à chaque bout , ce qui gâteroit la mortaifè ; il faut que ce madrin foit revenu bleu après la trempe, autrement il cafferoit. L’on ne trouve de ces Equerres chez aucuns des Marchands Quincailliers qui vendent toutes les pièces relatives au Tour Sc à l’Horlogerie.
- La figure 8 fait voir en partie l’ufage de cette Equerre : fuppofons une Tourneur, L Paru /. Secl. Z
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- g)0 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie. boîte de bois, de métal ou d’autre matière, dont la figure H I K L représente la coupe ou le profil, & qu’on veuille tourner bien droite & d é-querre en dedans & en dehors; après avoir dreffé au Tour le plan H, K, on voit que fi on pofè en travers la réglé A B, Sc qu on approche le reglet D, C, du côté HI, on connoîtra fi le côté H /, eft d’équerre : la même chofe le peut faire le long du cote K L, dont on s aflurera de meme.
- Cette opération faite en dedans peut fe répéter en dehors , car fi 1 on ap-plique ce réglet par-dehors la boite le long du cote d:/ ±S , on verra fi ce cote eft d’équerre ou cylindrique.
- Un autre ufàge, eft pour juger de la profondeur , & s afîurer fi le fond d’une boîte eft droit & bien plan, ou favoir s’il eft plus ou moins creux au centre, que près du plus grand diamètre intérieur; ou bien pour creufer plu-fieurs pièces à égale profondeur , on le peut facilement en fixant le réglet à la profondeur demandée , & préfentant cette Equerre a mefure fur toutes les pièces qu’on veut creufer également. Je ne dirai rien de plus des ufages , il y en a beaucoup d’autres, qu’on apprendra à mefure que j’enfeignerai diverfes opérations où cet inftrument eft d’une néceffité indifpenfable ; comme d’une mortaifè qui a un fond, ou bien une entaille quarree, ou d autres formes, Stc.
- L’Equerre reprélentée dans la figure 4 ? que j avois d abord imaginée, m a fait inventer celle-ci ; mais je peux alîurer que de tous les inftruments que j’ai trouvés, celui-ci eft un des plus generalement utiles & des plus commodes ; car il fert dans la Menuiferie & dans une infinité d’autres ouvrages du Tour & de Mécanique.
- J’enfeignerai pourtant la maniéré de s’en pafler en fe feryant de celle de la figure 4 ; mais cette pratique eft plus longue & plus difficile ; d’ailleurs elle eft fujette à erreur entre les mains de perfonnes peu adroites.
- §. V. Defcription d’une Equerre mobile, quon nomme une fauflè-Equerre ou Sauterelle, en acier ou en cuivre ; avec fon ufage.
- Cette Equerre eft compofée de deux parties , dont la principale eft une efpece de chape de cuivre A B, fig. 12, PI 9, qui porte fix pouces de long fur fix de lignes de largeur, & de trois à quatre lignes d epaiffeur, & elle eft refendue en ce fens depuis le bout B, jufqu’à la ligne pon&uée A ; le bout B eft arrondi en demi-cercle dont le centre eft percé-tout à travers, afin d’y enfiler une goupille qui retient le réglet B C, qui eft la fécondé piece, 8c qui en tournant fur fon centre , va fe loger dans la fente B, A, de maniéré que le côté C de ce réglet d’acier affleure le côté F du corps de cette Equerre, & que l’autre côté D , vienne à raie du cote A. On fait ce réglée avec un morceau de reflort de pendule, qui doit etre trempé & revenu bleu, & d’une demi-ligne d’épaiffeur ; on le polit bien ayant de le river, à U faut
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- I. Section, Chap. V. Defcription de différentes Equerres, &c. pr ébifeler (*) les trous, afin de loger les rivures dans lepaiffeur des joues du corps de l’Equerre. Il y a encore deux autres façons de faire le corps de cette Equerre. La première eft de prendre deux lames de laiton de toute la longueur de la piece , Sc d’y placer entre deux un petit morceau de même matière , mais un peu plus épais que le réglet d’acier , afin que ce dernier puiflè forcir SC rentrer dans fi place facilement : enfuite on réunit les joues du corps avec le petit morceau entre-deux, Sc l’on paflê deux rivures tout à travers, comme on le voit en a b ; bien entendu qu on a ébifelé les trous, Sc bien dreffé l’in-térieur des joues à la lime avant de rien river ; il faut fur-tout que le clou du centre remplifTe bien fon trou pour que le réglet ne fiutille point en tournant ; enfuite on adoucit Sc on repolit le tout enfèmble. On peut faire cette piece en acier, en obfervant la même méthode ; car celle de refendre ce corps à la fcie demande un peu plus de foin. La fécondé maniéré de faire ce même corps en acier, tout d’une piece, c eft de forger une lame d’acier du double de la longueur du corps de l’Equerre , Sc enfuite de plier cette lame au milieu , obfervant d’y réferver un peu plus du double d’épaifleur vers l’endroit du pli, à en mettant une lame d’acier toujours froide entre-deux en forgeant deflus pour le renforcer j alors ce corps fera fendu , & drefle en dedans en fortant de la forge ; mais le bout a b fe trouvera quarté , ce qui eft indifférent , Sc on donnera à la fente telle obliquité qu’on voudra avec une lime mince ; on le figurera en-dehors comme on voudra ; mais fi l’on vouloir le forger tout refendu, Sc que le fond fût oblique comme le trait ponélué proche de A 9 il faudroit forger une Equerre plate comme celle qui eft décrite au paragraphe I de ce Chapitre , en réfer van t un peu plus de force près de l’angle , enfuite la plier fuivant la direétion de la diagonale , en plaçant une lame d’acier froid entre-deux, comme on vient de le dire plus haut ; par ce moyen * cette elpecede fourchette ou chape fe trouveroic refendue proprement & obliquement tant en dedans qu’en dehors. Enfuite on finit ce corps avec la lime, on le drelîè bien, Sc on le polit tant qu’on le veut*
- Cet inftrument fert à tracer toutes fortes d’angles fur l’ouvrage , parce que le réglet B C peut mouvoir depuis fi fortie du corps A B, jufqu’à ce qu’il forme une ligne droite avec ce même corps, dont le côté des joues fert de chaperon pour appuyer contre le côté de l’ouvrage : on a foin de faire couler un peu de cire compofée de fuif dans le mouvement de fi charnière, Voye\ le Paragraphe I du premier Article Chapitre VL
- §. VL Equerre de bois fervant a plujieurs ufages»
- La figure y, PL 16, repréfente une Equerre des plus commodes entre toutes celles que l’on fait en bois. Elle fert à tracer tous les traits quarrés pour
- (*) Ebifeler, c’eft faire Feutrée d’un trou en entonnoir pour loger la rivure,
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- pi TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie. les afTemblages, en s’en fer van t par la partie A C G ; pour les traits à l’onglet par la partie C A B ; & enfin pour vérifier fi une piece eft à l’Equerre ou pour l’y mettre , en s’en fervant par la partie DEF, Comme cette Equerre eft fort connue de tous les Ouvriers , il fèroit inutile d’en dire davantage. J’ajouterai feulement que quoiqu’on la fafle toute en une piece le plus ordinairement , & que par conféquent elle ne fe conferve pas long-temps jufte , il fera beaucoup mieux de la conftruire en trois pièces d’affemblage. La piece B D E doit être aflemblée en partie en rainure , 8c partie à tenon 8c mor-taife ; dans celle A I H C y on en voit l’aflemblage par les lignes ponctuées cl b\ l’autre piece E F G C y doit être aflemblée comme la précédente. On en voit le tenon ponélué e d: le tout doit être collé & fait de bois ferme & liant. Une Equerre ainfi conftruite fe maintiendra long-temps jufte.
- §. VII. Defcriptioti d’une faujje-Equerre , ou Sauterelle, toute en boisé
- Cet infiniment n’eft compofé que de deux pièces 9 comme celui qu’on a décrit au Paragraphe V de ce Chapitre. Ces deux pièces font le corps AB 9 8c le réglet A C 9fig. 6, PL 16 : ce corps A B eft long de quatorze à quinze pouces fur deux pouces de largeur tout au plus , 8c d’un pouce d’épaiffeur; il eft refendu depuis A 9 jufqu’aux N°. i 8ci 9 8c fuivant le trait ponélué : le dedans de cet enfourchement eft recalé bien uni 8c bien droit ; l’autre piece, qui eft le réglet A C y doit entrer jufte dans cette ouverture ou cet enfourchement , de maniéré qu’il affleure par les côtés C 8c 3 , les plans B 8c I ; on arrondit le bout A en demi-cercle, au centre duquel on fait un trou tout à travers des joues du corps & dû réglet qui eft entre-deux : on y pafle une broche ou goupille ronde ; on met une contre-rivure de cuivre ronde auffi de chaque côté fur les joues pour recevoir les têtes des rivures. Il faut que le réglet tourne jufte fur la broche 9 8c même un peu ferme, afin que cette Sauterelle fe tienne ouverte pour former les angles qu’on veut.
- Cet inftrument fert à guider le trait qu’on veut faire fur un ouvrage à toutes les ouvertures d’angles poffibles, à caufe du mouvement du réglet ; le côté du corps peut s’appliquer le long du côté de l’ouvrage ? voye^ le Paragraphe V de ce Chapitre. Nous aurons occafion de parler de cet inftrument dans la fuites On choifit pour le fabriquer de bon bois fans gerçures & fans noeuds.
- CHAPITRE
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- ï. Section, Chap. VL Des Compas eh général, &c>, pj
- CHAPITRE SIXIEME.
- JD es Compas en général, tant de ceux quon fait avec les métaux $
- que de ceux que Von fait en bois.
- L e Compas eft un inftrument connu de tout le monde , maïs dans les 'Arts il en eft de bien des efpeces: avant de les décrire, j’enfeignerai la maniéré de diftinguer les bons d’avec les mauvais.
- A R T I C L E P R E M I E R.
- Defcription de plufieurs Compas de différents métaux y & leurs ufages pour un
- Tourneur Mécanicien.
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- §. I. Maniéré de choijir un Compas u/Uiuulre 3 wuc de fer.
- J
- La figure r , PL io , repréfente un Compas ordinaire & commun à beaucoup d’Ouvriers ; ce compas eft de fer: on en trouve chez les Quincailliers de différente grandeurs 8c à très-bon compte ; celui-ci peut avoir fix pouces de longueur de branches : il en faut choifir un dont la charnière ou la tête Cy ouvre 8c ferme biemjufte Sc également, fans làutillements en le faifànc mouvoir; il faut qu’il y ait de l’acier aux bouts des branches pour que les pointes A 8c B 3 foient trempées 8c revenues jaune, afin qu’on puiffe tracer fur les matières dures comme fur les tendres; s’il n’y avoit point d’acier il en faudroit faire mettre * 8c faire limer le bout des pointes bien rondes 8c pointues avant de les tremper : lorsqu’elles s’ufènt par le travail on les raccommode fur la meule 8c fur la pierre à affiler les outils ; & pour que la charnière C * ou la tête, agiflè,bien également, & que ce Compas refte ouvert où l’on veut, l’on pofe cette tête fiir le feu, 8c loriqu’elle eft un peu chaude on la frotte avec un peu de cire qu’on a mélangée avec autant de luif, ( il y en a qui préfèrent le mélange de cire avec un quart d’huile d’olive ) ; enfuite on fait agir les branches de ce Compas, afin que ce mouvement 8c la chaleur puiiïènt faire pénétrer cette cire dans l’intérieur de la charnière : il faut bien fe garder d y mettre de fhuile, le mouvement feroit trop libre ; 8c pendant que la tête eft chaude il faut efluyer l’excédent de cette cire avec un linge.
- [Tourneur, L Part, L Sect*
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- TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Parties
- 54
- §, IL Autre Compas auffi de fer dont les branches font courbées ou cintrées pour prendre les épaijfeurs , & les differents diamètres des ouvrages.
- Planche
- jo.
- La figure ü , PL ïo, repréfente un autre Compas tout-à-fait femblable au précédent ; on le choifit de la même maniéré que l’autre , mais il n’eft pas néceflaire qu’il y ait de l’acier aux bouts de fes branches ; on émoulîe les pointes, & l’on fait courber ou cintrer ces deux branches, comme on le voit dans la figure % , de maniéré que les bouts de ces branches viennent fe toucher jufte au point A; on y coule auffi un peu de cire dans la tête C, comme l’on a fait à l’autre Compas droit. On voit que l’ulàge de ce Compas eft de prenr dre les grofleurs des ouvrages : on le nomme un Compas d’épaffeur fimple, parce qu’il y en a d’autres qui peuvent fervir au même ufàge dans certain cas $ comme on le verra dans la fuite.
- , §. III, Autre efpece de Compas propre a divers ufages, parce quil peut fervir
- tant en dedans quen dehors de Vouvrage,
- La figure 3 ; PL 10, repréfente un Compas fingulier en ce qu’il fert I prendre les grofleurs extérieures de l’ouvrage , mais il fert aufli à mefurer les ouvertures intérieures : ce Compas eft compofé de deux lames d'acier ou dû laiton bien écrouï : lorfque ces lames font faites, on les pofe l’une fur l’autre g on y fait un trou au milieu du bout de la tête E ; oii pafle une rivure au travers de ce trou , & on place de chaque côté une contre-rivure tournée à moulure fi l’on veut; enfuit e on rive le clou, bien entendu qu’on a ébifelé le. trou des contre-rivures pour loger cette rivure : on arrondit ces branches à la lime, & enfin on les polit. On conçoit l’eifet de ce Compas à l’inlpeétion de la figure 3. Les pointes de cet infiniment A B font courbées en dedans ; il peut fervir pour mefurer les grofleurs extérieures, & porte alors le nom de Compas d’épaffeur ; mais fi l’on fait pafler les jambes de ce Compas l’une fur l’autre , comme les lignes ponctuées le repréfentent, alors l’on peut mefurer l’intérieur d’une boîte ou d’un trou, & il change de nom, & il prend le nom d’un Compas qu’on nomme un maître a danfer, parce qu’il a les pointes C D, tournées en dehors. On ne trouve de c es fortes de Compas chez aucuns Marchands Quincailliers, il faut les faire exprès, ce quin’eft pas difficile, fuivant ce qu’on vient de dire. J’ai imaginé ces fortes de compas, qui font d’une grande utilité dans les petits ouvrages , fur-tout parce qu’ils peuvent entrer dans le trou d’un étui ou d’autres pièces femblables, foit qu’elles loient faites fur le Tour ou a la main , comme quarrées ou de telles autres figures de poligones de plufieurs côtes : on en parlera dans bien des occafions dans la fuite.
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- I, Section**ChaP. VI. Des Compas en général, SCc.
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- §. IV. Autre efpece'de Compas' et acier a rejjort, dont la tête ejl fans
- charnière 9 avec fon ufage.
- Ii a figure 4, PL io, repréfente un autre Compas dont la tête eft unreflort - - -fans charnière : les deux branches & la tête font d’une même piece. Cette tête Planche 1 yfig. 4* forme une efpece de cercle & reffemble à la tête d’une force de Ton- 10*
- deur de Draps ; elle efl: trempée & revenue bleu afin quelle foit élaftique ; elle efl peu épaifle, mais large, ayant une elpece de côte foivant la direction du milieu du cercle, & venant en aminciflànt vers les deux faces. Les deux jambes de ce Compas font quarrées, les arrêtes un peu abattues ; elles font percées, & l’on enfile à travers, la vis K, qui doit être cintrée en arc de cercle, dont la rayon efl la diftance du milieu de la tête jufqu’à cette même vis : elle efl placée vers le tiers de la longueur de ce Compas. L’écrou à oreilles L, fort pour faire approcher les branches de ce Compas l’une de l’autre ; & la tête I, qui fait reffort, le fait r’ouvrir quand on d^viffo l’écrou.
- Ce Compas efl très-utile pour tracer des divifions, foit fur une ligne circulaire ou bien fur une ligne droite, parce qu’au moyen de l’écrou on peut trouver jufte l’intervalle d’une divifion à une autre en tâtonnant ; mais il faut que les pointes G H9 foient trempées & revenues jaune* afin qu’elles puifle tracer fur les métaux. On aura occafion de parler fouvent de ce Compas dans la fuite: on en trouve chez les Quincailliers.
- j §. V. Defcription d'un autre Compas quon nomme Maître à danfer ,
- ayant une barrette pour le fixer.
- L a figure y , repréfonte un autre Compas qu’on appelle Maître a danfier ; il différé du précédent en ce qu’il embrafle l’ouvrage extérieurement par le bout de fes bras d b; voye£ les traits ponétués qui font voir ce Compas ouvert, & en même-temps les pointes du bas des jambes a, c , étant tournées en-dehors, donnent la mefure du dedans; de maniéré que fi Ton * veut emboîter une tabatière , le bout des bras dy b, prennent la grofleur de la gorge extérieure de la cuvette , & en même-temps les pointesde jambes ay cy qui font tournées en-dehors donnent la mefure de l’intérieur du couvercle. A B C D repréfentent le Compas tout fermé & les jambes croifées ; c’eft pourquoi les jambes A , C y fe touchent par les pointes, 8c celles des bras B, D * doivent fe toucher en même-temps : il faut que la diftance A O , qui efl le centre, foit parfaitement égale à celle de ce même point O jufqu’au bout du bras B ; car il faut que les rayons A O & B O, foyent parfaitement égaux entre-eux ; la branche A B efl la fupérieure* & tout d une piece , & croifo for l’autre branche C D qui lui efl femblabie, & qui efl l’inférieure, parce quelle
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- Planche
- je*
- 96 TOURNEUR MÉCANICIEN > I. Partie,
- paflè deflous l’autre quand on regarde le Compas fur cette face, La goupille o , -eft une rîvure ronde qui doit remplir très-ferme le trou du centre , & enfuite paffant à travers deux contre-rivures tournées à moulures, celle qui eft deflous ne peut être vue. Les jambes droites de ce Compas, font amaigries for la largeur vers le milieu de leur longueur* en E e, afin qu’étant décroifées les talons ' Ay C9 s’approchent, 8c que les jambes puiflent entrer dans des trous de petit diamètre, tel que dans un étui à aiguilles, 8cc.
- Environ au tiers de la diftance du centre Oy 8c des becs des bras B , D y on place en travers une barrette H /, qui eft une réglé de laiton coudée en H, 8c en K y de maniéré qu’en ouvrant ce Compas, cette barrette qui s’approche du centre, puifle pafler jufte fans toucher à la rofotte ou aux contre-rivures qui font for ce centre : la partie K I eft fendue pour laifler pafler une vis à oreilles qu’on voit en K, dont le bout va fo vifler dans le bras fopérieur AB: cette vis a une petite embafe tournée; fon diamètre eft à-peu-près égal à la largeur de la réglé ; elle fert à fixer la barrette for le bras B où l’on veut ; l’autre bout de cette même réglé eft fixé for le bras D 9 au moyen d’une vis à tête fendue qui tourne jufte dans le, trou , & fe vifle ferme dans le bras D, comme on la déjà dit. Cette barrette fert à fixer Pouverture du Compas ou l’on veut, au moyen de la vis à oreilles K, de maniéré que quand il eft le plus ouvert, le milieu de la barrette fe trouve avôir pafle plus que de fa largeur lej centre o, 8c le bout I s’eft approché contre la vis K.
- Manière de vérifier ces fortes de Compas.
- Pour les vérifier, il faut ôter les vis H y K, enfoite faire pafler les bran-* ches l’une for l’autre, en les faifent tourner bout pour bout, de maniéré que le bout du bras D y fe trouve au bec de la jambe A 8c dans la ligne du centre F Gy Sc très-jufte tant pour le rayon que pour cette ligne F G ; alors on eft for de l’exaélitude du Compas, 8c par conféquent des ouvrages qu’on peut faire avec. Lorfque ce Compas eft tourné bout pour bout il repréfente la lettre B y parce" que la jambe A, fe trouve faire la corde de Parc H D y Sc l’autre jambe avec l’autre arc en fait autant.
- Ces fortes de Compas fe font ordinairement en cuivre fondu ; il faut que: cette fonte foit douce , afin qu’on puifle Pécrouïr & la rendre très-roide.
- On en fait aufli en acier, mais ils coûtent davantage de peine, & par confé-quent ils font plus chers. On aura bien des occafions de parier de ce Compas dans la fuite.
- §. vt
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- I, Section, Cuap. VI. Des Compas en gênerai, &C*
- 97
- VI. Defcription d'un autre Compas quon nomme un Huit-de-chiffre ,
- &fon ufage.
- L a figure 7, repréfente un autre Compas d’épaiffeur qu’on nomme un Huit-de-chiffre , parce qu’autrefois on leur donnoic la forme du chiffre huit, la partie d’en-bas étant égale à celle d’en-haut ; mais ceux-ci font plus commodes : ce Compas paroît reffiembler au précédent ; il y a pourtant beaucoup de différence, en ce que d’un côté il marque une épaiffeur que l’autre embraffe, & dont on ne fauroit le retirer fans la perdre ; par exemple , fi on veut prendre l’épaifleur du fond d une boîte, on la mefure avec les becs B, D, & alors la partie E, étant ouverte par l'écartement des jambes A , C, elle donne le-paifleur comprife entre les becs B , D , très-jufte, fi le Compas eft bien fait; La fabrique eft la même que celle du précédent ; on le fait fondre, on l’é-crouit & on i’ajufte, puis on le drefîè comme il vient d’être dit. On voit bien que la partie AB eft d’une piece ; l’autre partie de defîbus C Z) eft de même : la'rivure du centre doit suffi être tournée, ronde , & entrer ferme & très-jufte dans les trous du corps du Compas ; les gouttes ou contre-rivures tournées ? Sc le trou chanfreiné ou ébifelé en-dehors pour noyer les rivures ; enfin toutes les préparations font les mêmes ; on a foin de mettre entre les parties , avant de river , un peu de cire mélangée avec du fuif^ Le moyen de bien contour** ner le dehors de chaque partie, c’eft de les appliquer l’une contre l’autre , les mettant du même fens, Sc faifant une fauffie-goupille au centre, la coupant à rafe de chaque côté,afin quelle ne nuife point à le pincer dans l’étau j on tient lesbouts'des becs pincés dans des tenailles à vis , de crainte que l’une des pièces ne glifle : en obfervant bien ce qui vient d’être dit, on eft fur que le contour de chaque branche fera le même : il faut toujours finir le contour avant de rien toucher aux plans. La vérification fè fait de la même maniéré qu’il vient d’être dit, ayant attention à la ligne du centre Sc aux rayons; car il faut abfolument que cette ligne E F 9 paffe par le eentte de l’œil & par l’extrémité des becs: dans l'expérience* en renverfant les branches de cet inftru-; ment, de maniéré que B foit vis-à-vis du bec de la branche C, ce Compas for-: me mieux le B, que l’autre.
- On en fait auffi d’acier fuivant la volonté ; ils coûtent plus cher, & ne font pas meilleurs : j’enleignerai dans la fuite la maniéré de bien limer , dref-fer, ajufter & polir telle piece d’ouvrage quon voudra , foit d’un métal, foit
- Planche
- IQ*
- f
- d’un autre;
- Tourneur z I. Pan. 1. Secl*
- B i
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- Planche
- 10,
- TOURNEUR MÉCANICIEN* I. Partie.'
- §. VIL Defcription cTun grand Compas d’acier ou de cuivre > ayant une bàretu
- droite pour le fixer*
- ï La figure 6, PL ïo, repréfente un Compas droit, grand & fort à proportion comme d’un pied de branche ; celui-ci |ne différé des autres Compas droits, qu’en ce qu’il eft plus fort, & exécuté avec préciflon , au'ffi eft-il fait pour fervir dans des ouvrages où il faut beaucoup de jufteffe & de folidité.
- La charnière qui forme la tête A , eft limée bien droit en dedans ; le clou du centre eft tourné, & monté à vis dans un écrou qui fert de contre-rivure ; enfin il eft bien limé & dreffé par-tout. Au milieu de la longueur des branches 'AB, A C, on a réfèrvé un œil en D Sc en G; dans le premier on place une vis d’acier tournée à tête fendue, & dont le collet eft tourné en cône, & roule jufte à frottement dans l’œil d’une verge d’acier DE, ronde dans toute fa longueur depuis l’œil, Sc calibrée jufte de grofîeur ; cette verge paffe dans un piton GF, qui a la liberté de tourner dans l’œil G de la branche AC; le le collet de ce piton eft tourné en cône, Sc l’œil de la jambe A C eft fraifé en côté ou en entonnoir pour recevoir la tige du piton , dont le bout va le vifler dans un écrou à oreilles F: alors quand on ferre cet écrou F, il tire le piton qui prefïe la verge d’acier E D 9 Sc par conféquent fixe le Compas à l’ouverture qu’on veut, M
- On en fait de la même maniéré dont le bas des branches eft courbé en dedans , à-peu-près comme celui de la figure 2 , mais beaucoup plus grands ; on y ajoute aufli tout le mécanifme de la verge d’acier pour fixer l’ouverture où l’on veut.
- Un grand avantage de cette verge d’acier , c’eft que lorfqu’on ouvre le Compas, la verge s’approche de la charnière , à mefure que le Compas em-bralfe de plus gros objets, Sc par conféquent cela donne plus de place à l’ouvrage pour entrer ; au lieu que les Compas à quart de cercle empêchent l’ouvrage d’entrer entre leurs jambes , fùr-tout pour les Compas courbes.
- La figure II, fait voir le piton g 9 Sc fon écrou y", en profil.
- §. VIII. Defcription d’un compas d quart de cercle, & fies différents ufagesl
- L a figure 8 repréfente un Compas à quart de cercle, à pointes changeantes Sc à vis de rappel.
- Ce Compas eft compofé de deux jambes A B 9 A C:{,a charnîere A,doit être très-bien faite , & les lames qui la compofent bien calibrées & bien parallèles, afin que les frottements fbient uniformes dans tous les points de mouvement qu on veut faire faire aux jambes. Le clou du centre de la tête doit être bien , tourné , Sc entrer bien ferme dans fà place ; on le fixe par un écrou en
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- L Section, CffAP. VI. Des Compas en général y 99
- goutte de fuif tourné à moulures, & qu’on ferre plus ou moins pour rendre le mouvement plus ou moins doux. On fait tourner cet écrou au moyen d’une clef d’acier à fourchette par le bout , dont les deux dents entrent dans deux trous qu’on a faits fur le plan de cet écrou ; on a foin d’y mettre de la cire compofée, pour empêcher que le frottement des lames de la charnière ne les déchire en ouvrant & fermant le Compas. Le bas de chaque jambe A B 9 A C de ce Compas , eft percé fuivant fa longueur d’un trou de la forme d’un trapeze qu’on voit fig. 12 ; on le fait ainfi pour que la vis c preffant fur le grand côté du trapeze de la pointe d’acier qui entre jufte dans cette boîte 3 tende à la faire approcher du côté h, qui eft plus étroit , & parallèle au grand côté , obfervant de diminuer un peu la tige de ce côté là, afin que la preffion fe fafle fuivant la direéiion de la vis c, & encore de côté droit & gauche de cette vis : on verra ci-après la maniéré d’eftamper ce trou en parlant du Compas à verge >PL 12 ,jig. 10 & 13.
- Les pointes /, K font rapportées juftes de la maniéré qu’on vient de dire ; on y a réfervé une embafe qui leur fort d’arrafement. Le bout eft affilé en pointe courte & forte, mais bien piquante : on trempe ce bouc & on le recuit couleur d’or.
- A -peu-près au milieu de la diftance du centre de la tête A, aux bouts des pointes , on a réfervé des boffos fur les jambes en G, F9 afin d’y percer des mor-taifes , dans lefquelles paffe un quart de cercle d’acier H G F F,, dont le bout E eft taraudé, & va fe viffer dans un écrou à oreilles dont l’embafe eft tournée , & entre jufqu’à fon arrafement dans un trou bien rond qui eft percé à la tête du coq D ; ce trou du coq eft ébifelé en dedans , 8c on y a rivé le bout de la portée de l’écrou, de maniéré que d’un côté l’embafe porte for le dehors de ce coq, & de l’autre côté en dedans, la rivure du bout du cylindre de cet écrou l’empêche de fortir du coq , & lui permet de tourner jufte fans jeu. Ce coq eft attaché folidement à la jambe A B , avec deux vis en D ; & fur le côté des joues des mortaifes F G 9 on a réfervé des gouttes dans lefquelles on a taraudé & placé des vis de preffion for le côté du quart de cercle , te! qu’on le voit proche de F ; celle de la jambe G, qui eft par-deffous, ne peut être vue , mais elle eft femblable à cette première.
- L’ufàge de ce Compas eft de refter fixe & immobile lorfque l’on a ferré les deux vis F G, qui preffient & arrêtent le quart de cercle dans fes mortaifes ; 8c je fuppofe qu’on l’ait mis à trois pouces d’ouverture, & qu’il fallut y ajouter y par exemple, la vingtième partie d’une ligne ; alors il faut defferrer la vis F, qui eft près du coq, puis faire tourner l’écrou à oreilles de la vis E , du fens convenable: on fait encrer ou fortir cette vis, & par conféquent ouvrir ou fermer le Compas tant & fi peu qu’on le veut ; il faut obferver de tenir la vis du côté G oppofée au rappel , bien ferrée pendant l’opération du rap-* pelj fons quoi on ne produiroit aucun effet*
- Planche
- 10.
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- Planche
- io.
- loo TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- On change celle des pointes quon veut, & on y en place une autre f par exemple, la pointe L, dont le bout f eft affûté en maniéré d’un grain-d’orge : cette pointe fert à couper du carton ou quelques autres matières minces & tendres, comme du cuir, du copeau de gainerie ^ &c. la partie g-, eft trapeze St entre dans la boîte de la jambe du Compas..
- L’autre pointe My dont le bout d e eft fait en grain-d’orge de côté , fert à couper du cuivre, parce qu’on affûte le bifeau fort court ; on met aufli à la place d’une de ces pointes, un porte-crayon ou une pointe à l’encre, fervant de plume pour tracer fur le papier ; on y place aufîî une pointe à champignon ou en cône, St beaucoup d’autres inftruments dont on parlera dans la fuite.
- §. IX* Defcription d’un Calibre a coulijfje , fervant
- de l’ouvrage.
- a mefurer les épaijfeurs
- L a figure 9 eft un Calibre coulant : c eft un efpece de compas, avec lequel on prend des épaifleurs d’ouvrages ou des diftances d’arrafements ; cet inftrument eft compofé de deux principales pièces ; fa voir une efpece d’équerre CAB : la verge A B eft longue d’environ fept à huit pouces, large de quatre à cinq lignes * épaifîe de deux lignes environ, parfaitement calibrée d’é-paifîeur St de largeur dans toute fa longueur ; le petit bout C s’élève per-pendiculairement fur la longue branche ou verge A B, fur-tout en dedans.
- La fécondé piece eft une efpece de poupée coulante DE: dans la tête E 9 eft une mortaife dans laquelle on enfile la verge A B, qui y coule bien jufte d’un bout à l’autre ; dans la partie E de cette mortaife on a pratiqué un petit canal dans lequel on place un reffort d’acier E G , St c’eft fur ce reffort que pofe le bout de la vis F, afin qu’en la preflânt elle ne froide point la verge ,
- St qu’on puilfe fixer le coulant où l’on veut: il eft à remarquer qu’on a réfer-vé une petite goutte ou tétine excédente pour que cette vis F, ait un écrou plus épais, St foit par conféquent plus folide : l’intérieur des deux becs C, D, doit être limé bien d’équerre avec la verge qui leur fert de bafe, de maniéré qu’en approchant les pièces C3 D l’une de l’autre, elles fè joignent parfaitement.1
- Cet inftrument eft fort commode, foit pour calibrer des pièces droites avec une lime, foit pour prendre des longueurs ou arrafements des pièces qu’on * ajufte , foit à la lime , foit fur le Tour ; St cette méthode eft infiniment plus folide que tous les compas imaginables ; je m’en fuis fervi depuis long-temps, que je l’ai imaginé, avec un fuccès infini. #
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- I. Section, Chap. VI. Des Compas en general, &c. ioi
- §. X. Defcription d'un très-grand Compas de trois pieds & demi de longueur de jambes ou branches, conftruit moitié en bois & moitié en fer & acier.
- Dans différentes occafions, un Tourneur a befbin de très-grands Com- ___________^
- pas ; c’eft ce qui m’en a fait imaginer un qui eft très-utile dans bien des Planche cas, fur-tout dans les grands ouvrages. La figure 7^ PL 11 , le repréfente ; il lU
- a environ trois pieds & demi de longueur, depuis fa tête A, jufqu’à fa pointe H, & comme un Compas de cette grandeur non-feulement coûteroit beau* coup de façon tout en fer , mais qu'on ne pourroit pas s'en fervir facilement à caufe de fa pefanteur, parce qu'il faut quil foie fort de jambes, fans quoi il fe-roit relïbrt, on peut le conflruire en bois, comme on va le voir»
- Ce Compas eft compofé de deux morceaux de bois A B, C D9 de deux pieds & demi de long, larges de trois petits pouces à l'endroit delà tête A C9 & venant toujours enretréciftant, & fe réduifant à un pouce vers la partie D; & d'un pouce d’épaiffeur d’un bout à l’autre ; vers le haut , pour former la tête au milieu de fa largeur, on fait un troua chaque branche., pour enfiler un boulon à vis qui fert de centre à cette tête , obfervant de le percer rond dans la partie C, & de le tenir quarré dans la partie A, afin qu'en faifant agir le Compas , ce clou à vis ne tourne ni ne fe déviffe pas : vôye% la figure 8 , qui repréfente le clou à Vis ; Ion écrou à oreilles , Sc fes rondelles font deftinés ftir une échelle trois fois plus grande que ce Compas, afin d'en mieux faire voir la forme dans toutes leurs parties. A,fig. 8, eft la tête du clou ou boulon ; F9 une rondelle de fer ou de cuivre pour empêcher que cette tête ne ronge le bois; B, le corps cylindrique, & fur lequel la partie de bois C, fig. 7 , doit tourner ; C 3 fig. 8, le quarré inf» crit au diamètre du cylindre , & qui doit être ajufté ferme dans la jambe A du Compas ; G, l'autre rondelle ; D, la vis qui entre dans fon écrou à oreilles jB, & qui fert à fixer le Compas à telle ouverture qu’on le veut, moyennant tjuon ferre cet écrou tant & fi peu qu'il en eft befbin. Les deux oreilles font percées en H19 afin d’y pouvoir paffer une broche de fer qui fert de levier pour tourner cet écrou avec plus de force» Au bas des jambes B , eft une armature de fer qui compofe une double boîte E F L 3 fig. 7 & 10 ; cetto boîte eft repréfentée dans la figure 10 fous une triple dimenfion afin d’en faciliter l'intelligence ; elle eft faite d’un morceau de forte tôle de fer d’environ une ligne d’épaiffeur , pliée fur un mandrin de fer : on a foin de faire arriver la jointure à l'endroit du dos de cette première boîte fur laquelle on en ajoute une fécondé d’un fer plus épais ; celle-ci doit être pliée de maniéré qu’il y ait des empattements qui pui ffent s’ajufter le long du dos de la première ; enfuite fur le dos de cette derniere , on place un morceau de fer épais de trois lignes pour former une tétine , afin que la vis C puiffe avoir beaucoup de filets Tourneur , L Part. /. Secî. C 2
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- Planche
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- 102 TOURNEUR MÉCANICIEN, L Partie.
- * de taraudage ; enfuite on brâfe le tout avec du cuivre dans de la terre forte & grade, comme on enfeignera dans la fuite \ après quoi on finit le tout tel qu’il eft représenté dans la figure io, ou il fe voit grand comme nature.
- La figure ÿ fait voir le plan ou le bout de cette boîte, mais fur une plus petite échelle, c’eft-à-dire, fur de plus petites dimenfions., afin de ne pas mettre de confufion dans cette Planche ; e f, fig, 9, repréfente l’intérieur de la grande boîte dans laquelle entre le bas des jambes du Compas en bois ; l 9 eft l’autre petite boîte qui doit recevoir les pointes d’acier de ce Compas \ mn , font les empattements de la petite boîte qui fervent à la rendre folide fur la grande ; O, la goutte ou la tétine dans laquelle entre la vis C9 qui prefle le quarré de la pointe d’acier qui fè loge dans la petite boîte. Le tout étant ainfi bien dilpofé , on chaffe à force le bas de la jambe du Compas dans fa boîte ; enfuies on la goupille avec de petites pointes de fer, pour la rendre folide.
- Les pointes font de fer, d’environ un pied de longueur depuis F jufqu’en if, c’eft-à-dire, fans compter environ un pouce & demi qui doit être dans la boîte ; elles ont cinq lignes d’équarriflage vers le haut, de vont en diminuant vers la pointe qui eft d’acier d’environ un pouce de longueur ; on trempe le petit bout, afin de pouvoir tracer fur le fer , le cuivre , le marbre, la pierre ou au-; très corps durs fans les émouffer, bien entendu qu’on a bien arrondi cette pointe.
- En ôtant ces premières pointes , on en fubftitue d’autres qui font cintrées, comme on les voit par les lignes ponétuées F K St E / ; elles fervent à prendre des épaifleurs fur de grands diamètres, tels que des globes , des yalès $ des cercles de fphéres : j’ai fait des globes fort gros & les ai armés de cercles de cuivre pour la Marine , & l’ufàge que j’ai fait de ce Compas m’a été très-avantageux, & dans bien d’autres cas. J’aurai occafion d’en faire mention dans îa fuite , en parlant des grands ouvrages.
- Je ne dois pas oublier qu’outre une partie des propriétés que j’ai décrites, une autre très-utile eft d’affermir le mouvement de la tête en ferrant l’écrou du clou à vis à volonté,
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- L Section*, Chap. VI, E)es Compas a Verge 3 ^s?c* Article Second.
- / V
- Deferiptibn de différents Compas à verge, dont les uns font en acier & en cuivre, d autres tout de bois, d autres enfn partie en bois des Indes ,
- en acier & en cuivre.
- §. I. Defcription d un Compas a verge d acier, avec fies boites de cuivre,
- & fes ufages.
- C e T' inftrument eft compofé ci une verge d’acier non trempée, plus où moins longue fùivant les ufàges qu’on en veut faire ; les plus longs qu’on fafle en acier font d’environ trois pieds & demi au plus, & les plus petits ont déux vu trois pouces de longueur ; celui qu’on voit dans la figure 10, PL 12, peut avoir deux pieds de long fur cinq à fix lignes de largeur, pour la verge AB ^ & deux lignes & demie d’épaiffeur ; cette tige ou verge doit être parfaitement calibrée en tous fens d’un bout à l’autre. La figure 17 fait voir la coupe ou le bout de cette verge ; elle eft à cinq pans ou faces, a , eft fa bafe quafrée , & doit être d’équerre avec les côtés b, qui à leur tour doivent être bien parallèles entre-eux; les deux bifeaux c, c9 doivent être du même angle cha*' cun, par rapport aux côtés b, b; l’angle dy doit être un peu abattu dans toute la longueur de la verge, afin qu’il ne foit point tranchant, & qu’il ne touche pas dans le fond de l’angle des boîtes C3 D, fig, 10 : ces boîtes font de cuivre jaune , elles ont quinze à dix-huit lignes de hauteur fur neuf à dix lignes de largeur, depuis fi jufqu’en C, & cinq lignes a épaifieur ; l’ouverture G, fig II, doit être bien calibrée à la lime, & enfuite étampée avec un mandrin d’acier qui eft de même forme que la tige ou verge, & dont les deux bouts doivent être un peu diminués & arrondis, afin de l’introduire facilement dans 1 ouverture G de la boite C, fig, 11, en frappant liir le bout avec un marteau ; il faut auparavant graifler le corps de ce mandrin , afin qu’il gliffe plus facilement, le faire entrer de plufieurs fens, le changeant bout pour bout, & d’un côté & de l’autre de la boîte ; d’abord fùivant fi, c9 8c enfuite ïuiyant c, f 9 afin d’égalifer le canal de cette boîte, autant qu’il eft poffible, Sc par-là corriger les irrégularités de ce mandrin, ou du moins faire enforte quelles ne foient comptées pour rien ; on fixe cette boîte où l’on veut fur la verge au moyen de la vis E, dont la tige eft d’acierùSc la tête de cuivre, tournée 8c gaudronnée par le bord : on enfeignera dans la fuite la maniéré de gau-dronner ces têtes de vis fur le Tour, & même de fabriquer l’inftrument fervant à cet ufage : cet inftrument fe nomme une mollette a goudronner. Il eft bon de remarquer que le bout de cette vis ne touche point fur le dos de la barre ou verge A , pour ne point la marquer, mais elle touche dans la courbure
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- * d’un petit reflort d’acier cintré en arc, 8c dont le dos preffe la verge ; on voit ce reflort fig, 12 ; il eft logé dans une cavité qu’on a pratiquée dans le haut du canal de la boîte , où il eft tenu par les deux levresg-, h , fig. 18 : on fait ce canal avec des petits cifelets propres à cet ufàge. Ce reflort a deux fondions,* dont la première eft d’empêcher que le dos de la verge ne {oit marqué par la vis ; la fécondé, eft qu’étant rendu élaftique , fait par la trempe ou parce qu’on l’a forgé à froid, il preffe la verge avec Ion dos, de maniéré que lorf qu’on a defferré la vis E, la boîte/ c, fig• 10 , coule librement 8c ferme , le long de la verge fan s aucun jeu : la figure 18 repréfente la coupe de cette boîte parallèlement au canal, & fait voir i’ufàge de ce reflort.
- Le bas de cette boîte eft percé de la forme d’un trapeze perpendiculaire au canal c f, ou bien à la verge de ce Compas ; on voit ce trou en coupe fig, 18, & fig. 11 en ponctuation , & le même bout H eft vu en plan fig, 13 : on fait un trou taraudé fur le grand côté du trapeze , dans lequel entre la vis /, dont la tige eft d’acier, & la tête de cuivre tournée 8c gaudronnée comme on a déjà dit ; cette vis preflb fur la bafe du trapeze de la pointe , & l’affermit dans fon trou , comme il a été dit en parlant du Compas à quart de cercle, PL 10 , fig. S 8C 12; on fait ce trou d’abord rond avec le foret dont le bout eft fait en dard de ferpent ; enfuite on l’équarrit un peu à ia lime , puis onT étampe avec un mandrin d’acier exactement fait de la figure du trou qu’on veut former, 8c allant un peu en diminuant par le bout qui doit entrer dans la boîte , oblèrvant de faire le bout coupé bien quarrément vif ; & au contraire il faut que le gros bout de cette étampe foit arrondi en forme îphérique , afin que la direction des coups de marteau fe faffe fur l’axe de ce mandrin ; on a foin de le grailler un peu lorfqu’on étampe un trou , 8c de frapper à petits coups de marteau, le retirant de temps en temps, 8c ayant {bin d’ôter les bavures qu’il produit dans le trou. Il eft bon de dire qu’il faut que l’étampe foit d’acier trempé 8c revenue bleu, fi c’eft pour étamper du cuivre ; mais fi c’eft pour étamper du fer ou de l’acier, il faut après qu’elle eft trempée ne la faire revenir que jaune, autre m ent elle ne feroit pas allez dure, 8c fe rebroufleroit tant par le bout qui agit dans le trou, que par celui qui reçoit les coups de marteau.
- Ce que je viens d’enfeigner parlant des étampes du canal de la boîte, doit s’appliquer aux autres trous qu’on doit étamper , tel que celui de l’équerre en croix, PL 9 , fig. 5 8C 10,8c à quantité d’autres occafions dont on parlera dans la liaite.
- Les pointes K ,fig. io & ry > doivent être de fin acier , point pailleux ; la partie i l,fig. iy, doit être reculée en arriéré du corps de la pointe vers i 9 afin que le côté K, de cette pointe s’afHeure avec le coté C de la boîte fig. 10) le trapeze doit être ajufté exactement dans là boîte, &bien adouci; le côté / de ce trapez^ fig. iy, ne doit pas toucher le petit côté intérieur de
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- I. Section; Chap. VI. Des Compas a Verge ; &C. TOf la boîte vers H, fig. 13 , ainfi qu’il a été dit en parlant du Compas à quart de = cercle , PL 10, fig. 8 & 12* & ce pour donner du jeu à la preffion de la vis I. Les pointes de ce Compas font tournées en cône, au moyen de la boîte de cuivre L M N,fig, 16; c’eft un cylindre dont le bout N M eft diminué en forme de poulie, pour recevoir la corde du Tour : le bout L eft percé julques dans l’entaille M, parallèlement au côté de ce cylindre, & excentriquement, afin que le bout de la pointe O correfponde jufte au centre de la poulie N. On tourne cette pointe fur un Tour d’Horloger avec un archet, comme on l’enfei-gnera dans la fuite , & on finit l’extrémité de la pointe à travers d’une petite lunette proportionnée à l’ouvrage.
- Il refte à parler du rappel de ce Compas, qui fe fait en cette maniéré : Le bout B de la verge d’acier eft arrondi de la longueur d’environ un pouce, ou un peu plus, & de l’épaiffeur de cette verge ; enfuite taraudé en vis pour recevoir l’écrou P, tourné Sc taraudé dans fon centre , & gaudronné par le bord. L’autre bout I y fig* 14, eft diminué , & forme une portée cylindrique qui entre & tourne dans le centre de la boîte ronde Q y laquelle a un fond ébizelé en dedans , fur lequel on rive le bout de la portée I > fig. 14, qu’on a eu foin de creufer en entonnoir fur le Tour, comme on le voit en 2 , même figure 14 qui repréfente le profil des moulures, & la coupe de cet écrou parallèlement à fon axe : cet écrou eft pourtant rivé de maniéré qu’il peut tourner jufte , mais librement, dans cette boîte ; pour cet effet on fe lèrt d’un poinçon cylindrique, dont le bout eft coupé droit, l’arête un peu abattue, & on frappe à petits coups de marteau fur la tête du poinçon, ayant pofé la tête de l’écrou fur du plomb, afin de ne point gâter les moulures qu’on y a tournées. On a réfervé à cette boîte deux pattes qu’on attache en R, avec une vis fur chacune des joues de la boite D, fig. 10: on nen peut voir qu’une; l’autre étant par derrière , ne peut être apperçue.
- L’ufàge de ce rappel, eft de faire avancer ou reculer la boîte Z) & là pointe; Iùr la verge plus ou moins, d une très-petite diftance qui manqueroit à l’intervalle des pointes du Compas* comme, par exemple, en failànt une divifion; on oblèrve de lâcher la vis avant de faire marcher le rappel ; & lorfqu’on a trouvé la dit tance, on ferre cette vis. Ces fortes de Compas font très-utiles pour faire toutes fortes de divifions, foit fur des lignes droites , ou bien fur des lignes circulaires ; en outre les pointes étant parallèles entr’elles , ne peuvent pas glilîer de côté ou d’autre , & c’eft ce qui arrive aux autres Compas, dont la direétion des pointes forme un angle.
- On fait de ces Compas, à verge de bois des Indes, comme d’Ebene, ou de bois d’Acajou : ils font plus légers * & font bons pour travailler fur le papier ou le carton, ou à faire des divifions très-fines lur des métaux, comme on le dira dans la fuite ; & on tient ces verges plus fortes, & toute l’armature à proportion. On rapporte la vis de rappel en acier , & elle entre dans un trou Tourneur , L Part. L Secl. D 2
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- quarré ; on l’aflujettit dans la verge, qu’ on a percée elle-même, afin que cette vis foie goupillée en traversait la verge de a en d 9 qui efl; fa plus grande di-menfion ,fig. 17 : le refte efl: fait comme il vient d’être dit.
- On en fait de fort grands, comme de trois, fix , neuf, douze pieds & plus, fuivant l’ufàge qu’on en doit faire, comme dans la Gnomonique ou autres opérations ou divifions qu’on veut faire juftes. Dans ces grands Compas on fait les verges de coupe parallélogramme , large d'un pouce trois quarts ou environ, fur neuf lignes d’épaiffeur, les boîtes larges à proportion depuis f jufqu en C ; mais on ne donne pas beaucoup plus d’une ligne Sc demie ou deux lignes d’épailfeur, excepté aux endroits où font placées les vis E, /, où on réferve des tétines , pour avoir une plus grande quantité de filets , Sc que la vis foit tenue folidement. On fait ces verges de bois de Noyer, de Cormier ou de Poirier , enfin d’un bois doux, fans nœuds, Sc dont les fils foient bien droits ; on peut attacher auffi un cadran vertical avec deux vis, fur le bout de la boîte Q f > fuivant la direction de la ligne ponéluée 3 Sc 4 , Sc concentriquement à la vis B : ce cadran efl; diyifé en foixante parties égales ; & fur le bord de l’écrou S, on place un index qui marque fur le cadran la quantité dont on a fait aller ou venir ce rappel, moyennant que la vis foit faite d’un pas dont les diftances ayent rapport au pouce, ou bien quelques autres divifions , par exemple, la diyifion décimale pour la vis feulement.
- On divife auffi les côtés de cette verge , par exemple , un côté en pieds * pouces , lignes & points, par des lignes parallèles , Sc d’autres tranfverfàles • un autre côté en fraélions décimales ; les autres en échelles géométriques de différentes proportions , fuivant l’ufage qu’on veut en faire ; Sc alors il faut que les côtés des boîtes C & D, foient limés en chanfrein à l’endroit de la barre , Sc ces chanfreins fervent d’index fur les divifions de cette barre ou verge de Compas.
- Il eft bon de dire qu’en changeant les pointes de ce Compas, il fert à bien d’autres ufàges, comme, par exemple , en y mettant une pointe dont le bout efl: affilé en efpece de grattoir à double tranchant, on peut couper du carton ou du bois mince , comme on le verra au Paragraphe 8 : alors on y ajoute une pointe dont le bec foit taillé en grain-d’orge mince , pour qu’il ne faflè pas une voie trop large ; mais il faut qu’il foit large depuis la face du tranchant jufqu’au talon du bifèau , comme un outil à détacher , parce que cet outil étant placé dans la boîte de ce Cotrîpas, de maniéré que le tranchant fe trouve faire un angle droit avec la verge, il fert pour découper un cercle, ou faire des rainures dans une table de laiton. Je fuppofe qu’on a mis une forte pointe conique à la boîte qui efl: au rappel ; Sc celle-ci étant placée fur la droite , on tient la verge à la main pour la faire agir, en tirant toujours à foi, Sc en appuyant de la main gauche fur la pointe conique qui efl: au centre de l’ouvrage, qu’on doit attacher ferme fur rétabli, comme on le verra dans la fuite en bien des
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- cas ; on ajoute même fur cette pointe du centre, une poignée de bois de ia figure d'une poire , afin de la tenir ferme avec la main gauche, pendant que l'autre fait agir la verge de ce Compas.
- §. II. Defcription (Tune autre efpece de Compas a verge tout en bois, fervanz
- a tracer & a découper l’ouvrage.
- L a Figure 7, PL 16, repréfente une autre efpece de Compas à verge que Ton conftruit tout en bois, en faveur des perfonnes qui ne veulent pas faire beaucoup de dépenfe. Ce Compas eft compofé d'une verge de bois, longue de deux, trois , quatre pieds, plus ou moins , fuivant l'ufàge qu'on en veut faire ; elle eft large d'environ un pouce & demi, fur un pouce d'épaiffeur, depuis Q jufqu'en R : cette verge s'enfile dans les deux boîtes de bois C, D, qui font traverfées par une autre mortaife faite obliquement fur le côté, Sc dirigées diagonalement à la grande mortaife de la boîte, depuis M jufqu'en D, ou depuis C jufqu'en C ; l'on enfile dans cette mortaife le lardon auffi de bois N O, que la figure 15 fait voir par le côté; l'entaille -Veft faite pour embraffer un angle de la verge A B de ce Compas, & la figure P fait voir le bout de ce lardon , que les vis de bois G, g, fervent à preiTer fur la verge, en fixant les boîtes où l’on veut : l'effet de ce lardon eft d’empêcher que la preflîon de la Vis ne gâte l'arête de la verge. On l'a dirigé obliquement afin qu'il prelle en même temps le deffus & le côté de cette même verge , Sc par conféquent fixe la boîte plus folidement où l'on veut ; car ce lardon doit avoir un peu de jeu fur fa hauteur ; mais il faut qu'il foie jufte par les côtés dans là mortaife. Le bas de chaque boîte eft arrondi, & l'on y met une petite virole de fer ou de cuivre, & au centre de chaque virole on place une pointe d'acier trempé & revenu couleur de gorge de pigeon. Ces pointes ont environ deux lignes de groffeur par le bout qui entre dans le bois , Sc depuis la virole elles vont en diminuant jufqu'à devenir pointues, afin de pouvoir tracer des cercles ou des diftances fur l'ouvrage : on voit ces pointes en E% F> fig. 7. A l'un des bouts de la verge B9 on réferve une tête, dans laquelle on fait une mortaife perpendiculairement du deffus au defîous de la verge, & c'eft dans cette mortaife qu'on place une petite lame d'acier, telle qu'un bout de fleuret, auquel on fait des dents K, à peu-près femblables à celles d'une feie ; l'on affujettit ce fer avec un coin de bois H ; & lorfqu'on veut fe fèrvir de cette feie K, on fupprime l'une ou l'autre des boîtes E ou F , Sc l'on place la boîte reliante au centre du cercle que l'on veut décrire ; par exemple , on place la pointe F au centre de l'ouvrage ; puis de l'intervale F K , on fait courir cette efpece de feie K , de maniéré quelle décrive un cercle ; Sc après piufieurs révolutions , on vient à bout de découper une planche d'une certaine épaiflèur en peu de temps , parce qu’on fait tourner cette feie K tant en avant qu’en arriéré. Si l'on defire ne faire qu’une rainure d'une certaine profondeur, on fait un coin H, qui defeend le
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- = long de la fcie K, St n’en laiffe déborder que ce qui eft néceflaire pour la profondeur du trait de fcie, St par ce moyen Ton eft alluré que cette rainure eft égale par toute la circonférence qu’on vient de tracer, parce que le bas du coin H venant à traîner fur le plan de l'ouvrage, avertit que cette rainure eft faite également par-tout : fi pourtant on vouloit faire une rainure plus large que l’épaifTeur du trait de la fcie K, il faudroit éloigner ou rapprocher la boîte D, F, fuivant V intervalle des deux traits qu’on veut faire, & procéder à lopération comme ci-deflus ; enfuite on fait fauter cette intervalle de bois qui eft entre les deux cercles, avec un bec-d’âne ou un cifèau convenable. On voit bien que les Compas ordinaires dont les jambes forment un angle, ne pourroient pas fervir pour cette opération, St que celui-ci ayant une pointe tranchante placée perpendiculairement à fa verge , trace des rainures profondes St toujours d a-plomb ; mais fî on vouloit que ces rainures fuffent étroites & proprement coupées, il faudroit changer le fer K, St en fiibftituer un autre dont le bout fût fait comme la pointe d’un fort canif, puis on mettroit à la place de ce canif un petit bec-d’âne mince pour enlever le copeau qui feroit entre les deux traits. Il faut obferver que lorfqu’on fè fert de canif ou de bec-d’âne, il faut toujours tourner du même fens, St ne point faire rétrograder la pointe tranchante en arriéré 3 parce qu’alors elle dé-chireroit le bois, à moins que ce canif ne fût à deux tranchants. Cette me-’ thode eft bonne lorfqu’on veut incrufter des cercles de bois de couleurs différentes ou des filets d’ivoire dans une table.
- Je ne dis rien de l’ufàge qu’on peut faire des pointes E , F : voye^ ce que j’ai dit au Paragraphe précédent.
- On peut encore avec ce Compas à verge former différentes moulures cein-trées , foit un cercle entier ou telle autre portion de cercle dont on a befoin* Pour cela après avoir tracé avec le canif à deux tranchants , les deux bords de la moulure , pour que l’outil dont nous allons parler enleve le copeau plus net, on fubftitue à ce canif une efpece de rabot que les Ouvriers nomment Sabot. Cet outil a environ quatre pouces de longueur & eft cintré en plan fuivant la courbure du cercle qu’on veut décrire : à-peu-près au milieu du fiît de ce rabot on place un fer profilé comme ce fût fig. 6 & 7 , PL 15 , foit pour former une doucine, une baguette, ou telle autre moulure qu’on voudra , St on l’y retient avec un coin comme on fait à tous les outils à moulure en Menuiferie ; enfuite ayant fait une entaille en travers , on y place la verge du Compas dans l’intervalle R B, jig. 7, PL 16 , on l’y arrête avec un au* tre coin & on s’en fert comme on l’a dit plus haut ; mais il faut avoir retiré le coin H y St la fcie K, qu’on y voit, ou tel autre outil qu’on y auroit mis. Lorfqu’on trace des moulures fur du bois dur, il faut avoir foin de ne point donner de pente au fer, ou du moins fort peu, St de tenir ce fer du double plus épais qu’à l’ordinaire, fans quoi il brouteroit, ç’eft-à-dire, qu’il fauteroit,
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- I. Section, Chap. VI. Des ..Compas à vetge a rappel, SCc. lop & Feroit louvrage onde. Il faut auffi travailler â petit fer, comme difent les Ouvriers , c’eft-à-dire, que le fer doit fortir fort peu en deiïous du plan inférieur de foutii, pour prendre peu de bois à la fois ; & à mefure que la moulure fe forme, & que le fer ne prend plus, on l'enfonce un peu , jufqu'à ce que la moulure fe trouve à la profondeur convenable, ce qu'on eft toujours sûr de faire bien également, puifque la furface inférieure du rabot ou fàbot repofè fur l'ouvrage. Il eft bon , pendant cette opération, de grailler un peu l'outil avec du fuif, pour qu'il coule plus facilement; & Ton peut, par ce moyen, faire très-promptement & avec propreté, des moulures cintrées de toute efpece.
- §. III. Defcription d'un Compas a verge a rappel, fans temps perdu , & propre d div'fer des Inftruments de Mathématiques & autres.
- La Figure ï , PL XII bis, repréfente un autre Compas à verge, à rappel, comme celui dont on a donné la defcription au Paragraphe i ; mais ce rappel eft fans temps perdu. Ce Compas eft compofé d'une verge de bois des Indes, & de deux boîtes de cuivre, qui coulent fur cette verge : c'eft dans le bas de ces boîtes que l'on fixe les deux pointes d'acier I)} D, au moyen de vis, &c. comme on va Voir dans fà defcription. L'ufàge de ce Compas eft de fèrvir à divifèr des inftruments de Mathématiques Sc autres, avec la plus grande précifion, foit qu'on veuille divifer des lignes droites, des cercles, ou telle autre piece de mécanique qu'on voudra, par degrés, minutes, &c, qui exige lexaélitude la plus fcrupuleufe ; c'eft pourquoi il faut que cet infiniment foit exécuté dans toutes fes parties, avec la plus grande attention. On s'eft apperçu par l'ufàge, que quelque bien faite que foit une vis, on ne pouvoit paffer du mouvement à droite I celui à gauche, fans perdre un peu de temps , ce qui, pour les inftruments d'Aftronomie, & pour les divifions , caufoit des erreurs inappréciables ; c'eft à quoi remédie l'expédient qu'on va mettre fous les yeux du Leéteur.
- Il faut donc choifir un Artifte habile pour l'exécuter ; ou fi un Amateur entreprend de fabriquer cet inftrument lui-même, il faut qu'il foit courageux, afin de ne pas fe rebuter aux moindres difficultés. Je tâcherai de les applanir toutes, & de décrire tous les moyens néceiîâires, d'abord pour en faire bien connoître toutes les pièces ; enfuite je donnerai toutes les rellburces que l'Art peut mettre en ufàge pour parvenir à l'exécution la plus prompte & la plus facile , foit par théorie ou par pratique, Sc ne rien laiffer à defirer au Leéleur. Commençons par faire le détail de cet inftrument, enfuite j'enfeignerai à le fabriquer.
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- Defcription du Compas & du rappel.
- L Arverge de ce Compas doit être de bois d'acajou, d'ébene , ou de tel autre bois des Indes que Ton jugera à propos, pourvu que ce bois foit fans nœuds ni Tourneur , /. Paru L Secl. E 2
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- IIO TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie. fentes , que fès fibres foient bien droites, & qu’il foit plein. On donne à cette verge C, C9fig. i, un ou 2 pieds de longueur, plus ou moins, fuivant l’ufàge qu’on en veut faire. On ne l’a repréfentée ici qu’en partie, à caufe du peu de place 3 Sc le forplus eft fuppofé paffer hors la bordure de cette Planche, afin de moins embarrafîer, St de trouver place pour tous les développements qui font néceflàires à l’explication. Cette même verge porte environ 8 lignes de hauteur , ou un peu plus, depuis i jufqu en k, fig. 3 , fur j1 lignes d’épaifleur, depuis / jufqu’en m. On voit dans cette figure que le bout de cette même verge eft taillé à cinq pans ou faces, & que les faces obliques n , 0, qui font au bas de ce plan, forment un angle aigu , afin d’entretenir jufte la direction des boîtes A 9 B9 le long de la verge , Sc qu’il n’y ait point de balottement dans le mouvement. Ces boîtes A, B, font fondues en cuivre jaune, enfuite on les repare en dedans Sc en dehors à la lime: on y palfe en dedans un mandrin d’acier de figure femblable à la verge, Sc de 4 pouces de longueur, afin de bien égaler * ce canal, comme on le dira dans la fuite ; car il faut que cette boîte A coule très-jufte, mais librement, fur cette verge ; & pour que ce mouvement foit doux & uniforme, on place intérieurement dans le haut du canal de cette boîte A , fig. 1, un petit reflbrt d’acier courbé, fig. 5 , dont le dos appuie contre le deflus de la verge : il eft retenu dans ce canal au moyen de deux entailles qu’on a pratiquées en fabriquant la boîte, comme on le voit tout placé en ab c 9fig. 4 , qui repréfente cette même boîte en coupe fuivant fa longueur. On voit auffi les deux petites entailles dans lefquelles les bouts de ce reflbrt font aflujettis, Sc la courbure qu’il convient de lui donner pour recevoir la preflion de la vis F, fig. 1. La largeur de ce reffort eft égale à celle de l’intérieur du canal de la boîte ;N on le fait d’un bout de reflbrt de pendule, qui eft ordinairement tout trempé St courbé : on le coupe avec des cifailles , St on l’ébarbe à la lime , afin qu’il Joue librement Sc ne gratte point dans cette même boîte ; & pour le faire entrer, on place l’un de fesbouts dans l’entaille qu’on lui a préparée , l’on pouffe l’autre bout avec un réglet de cuivre ou d’acier ; alors il fe courbe & fe raccourcit , Sc tombe dans le fond de la fécondé entaille en fe redreffànt par fon élafti-cité ; mais pour le faire fortir, il faut retirer la vis F, fig. 1, puis pouffer le milieu avec une broche unie de fer ou de cuivre ; en faifant un petit effort, il faute hors de fa place. Les fondions de ce reflbrt font, iVde roidir le long du deflus i de la verge, Sc d’entretenir le mouvement doux & ferme dans toute la longueur de cette verge, fans qu’il foit befoin de ferrer la vis de deflus pour l’arrêter lorfqu’on lui fait parcourir de grands efpaces. 20. Lorfqu’on veut fixer la boîte A , fig. I, on ferre la vis F, dont le bout prefle fur le milieu du reffort 9 qui alors empêche quelle ne faffe d’imprefllon fur cette même verge, comme on Ta dit en parlant d’un autre Compas à verge d’acier , page 104. La figure 6 repréfente cette même boîte A vue par le bout ; on voit fon canal ouvert I, dans lequel coule la verge de bois C : au-deflus l’on voit auffi la goutte
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- I. Section, Cnap. VI. Des Compas a verge a rappel, ôc> tir en calotte ronde & tournée JC ,fig* i & 6, au centre de laquelle on place per-pendiculairement la vis d’acier F, fig. I, dont la tête eft de cuivre, tournée & gaudronnée* On voit la coupe perpendiculaire ou le profil de cette vis en g, fig. 6. Le bas de la boîte A, e G, fig. i, reffemble à peu-près à une pyramide tronquée & renverfée en pendentif ; fon plan inférieur eft percé d’un trou de la figure d’un triangle équilatéral, & qui pénétré jufques dans l’intérieur de la tfoîte A. On voit la coupe de ce trou au bas de la figure 4, & le plan du bout de cette boîte, fig. 7, avec fon trou triangle. On voit auffi la petite tétine quarrée , dans laquelle pafîè la vis d’acier qui fait une preflion pour tenir la pointe ; cette tétine eft néceflàire pour donner plus d’épaiffeur au taraudage de la vis, & par conféquent plus de folidité. C’eft dans ce trou triangle qu’on place la pointe d’acier D, tournée & bien ajuftée à la lime ; oii a foin de trem* per l’extrémité de cette pointe, & de la faire revenir couleur d’or, comme on le dira dans la fuite, en parlant de la maniéré de tremper l’acier : on fixe cette pointe dans le trou de la boîte A, fig. 1, au moyen d’une vis d’acier e, qui preffe fur l’une des faces du triangle que préfente la queue de cette pointe , que la figure 9 repréfente toute entière ; la tige d eft ronde, & tournée de même que le petit cordon qui lui fert d’arrafement : on voit au-deflus, le plan du triangle de cette pointe. On nomme petite boîte, la partie G de la grande boîte A, parce que la queue triangulaire de la pointe eft contenue dedans très-folide-ment, 8c toute entière.
- On doit avoir foin, en conftrüifant ces fortes de boîtes, que les trous des Vis de preflion F, fi, fig. 1, correfpondent bien jufte & perpendiculairement aux trous-triangles de l’ajuftement des pointes, parce qu’autrement il y auroit à craindre que la preflion de ces mêmes vis F, fi, fig. 1, ne fît incliner ces mêmes pointes de côté ou d’autre, ce qui dérangeroit l’inftrument ; c’eft pourquoi il faut y faire beaucoup d’attention, afin de lever tout foupçon d’irrégularité.
- La fécondé boîte B, fig. 1 , fe fabrique de même que la première, avec cette (différence pourtant que dans celle-ci il y a une vis de rappel, dont tout le me. canifme demande une grande juftefle , afin qu’il n’y ait point de retard pendant que la vis agit, ce qui fait tout le mérite de cet inftrument. Pour cet effet, lorfque cette fécondé boîte eft à peu-près faite 8c ajuftée, & qu’elle coule parfaitement fur la verge fans balottage , comme la première, on y rapporte avec de la foudure forte une platine de laiton L M, dont le trait noir extérieur , êc h ligne ponéluée marquent l’épaifleur. Cette platine fert de fond a la boîte, & la verge ne peut plus pafler à travers ; mais elle doit pouvoir en^ trer deffus, de maniéré que ce fond rapporté touche le bout de cette même verge , qui eft percé rond de la profondeur d’un pouce un quart, & bien droit, du diamètre de 3 lignes ou à peu-près, pour loger un refîbrt qui eft fait en tire-bourre , d’acier trempé & revenu bleu , dont on voit la forme dans la figure 10. Dans le bout a, on introduit un petit bouchon de laiton rond & tourné C, donc
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- Planche i 2» hïs.
- ïï3 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- le rebord ou chaperon s’appuie fur la circonférence du reflbrt ; le fécond bouchon d, qui eft tout fembiabie au premier, fe place dans l'autre bout b9 de ce même reflbrt : on introduit ces trois pièces dans le trou rond qu’on a fait au bout de la verge, fuivant fa longueur ; mais avant que de l’y placer, il faut que le bout de cette même verge (oit armé d’un étrier de cuivre, tel que la figure il le xepréfente ; le furplus de fa longueur eft cenfé caché derrière la bordure de la Planche , comme on l’a dit d’abord : on voit une des joues de cette armature de cuivre en A B, jig. i r , ainfi que les têtes des trois vis d’acier qui paflent à travers la joue de l’étrier & du bois de la verge, & vont fe viflèr dans l’autre joue, qui ne peut être vue dans cette figure. On peut remarquer que la largeur de chacune de ces joues ne peut être que la même de celle de la verge, ou un peu plus , à caufe quelles font entaillées en bois de leur épaifleur, 8c que cela élargit leurs places au dépens des chanfrains de la verge. Le bout extérieur de cet étrier eft beaucoup plus épais que ces joues ; il doit avoir un peu moins de deux lignes d’épaifleur, comme on en peut juger par ce qui eft apparent en CD 9fig* il 9 8c qui forme une plaque qui couvre tout le bout de.la verge ; cette plaque doit être percée & taraudée en écrou, comme on le voit au milieu de la figure 3 ; 8c c’eft dans cet écrou qu’entre la vis de rappel. Il faut fiir-tout obfèrver qu’il correlponde parfaitement au centre du trou de la verge, dans lequel on. place le reflbrt en tire-bourre, parce qu’il faut que le bout de cette vis prefle le centre^ du petit bouchon de cuivre d 9 qui fait agir le reftort ; c’eft cette preflîon conti-^ nuelie qui empêche que la vis n’ait de jeu dans fon écrou, 8c par conféquent empêche qu’il y ait de retard dans fon mouvement. La figure 12 repréfente cet étrier de cuivre vu fur fon épaifleur ; ab , eft fà longueur ; e , eft l’autre branche fembiabie ; 8c la diftance bc9 eft l’épaifleur de l’écrou dont on vient de parler ; 8c comme cet étrier eft ici repréfenté tout nud , on peut voir les vis d’acier tournées/’, gy dont les têtes en cônes font noyées dans l’épaifleur du premier côté du cuivre , 8c l’autre bout eft vifîe dans le fécond côté , qui fert d’écrou à ces vis. Je n’en ai fait voir ici que deux ; mais , pour plus de folidité, on peut en placer une troifieme à une ligne proche du bout. On doit faire attention, en plaçant ces vis , qui fixent le cuivre fur le bois , de ne pas pénétrer dans l’intérieur du trou où le tire-bourre eft logé, parce que cela i’empêcheroit d’employer toute fon élafticité contre le bout de la vis de rappel. Je dirai dans la fuite la maniéré sure de bien faire les trous de ces vis. Il y a encore un autre inconvénient à prévoir, c’eft qu’il faut que cette vis de rappel n’ait point de jeu dans fon collet rond lorfqu’elle tourne dans le trou de la boîte ; 8c voici la maniéré d’y procéder.
- La figure 8 fait voir la coupe longitudinale de cette boîte 8c de lavis de rappel, longue d’environ 16 lignes depuis N jufqu’en O, c’eft-à-dire, en tout : elle doit être de bon acier, bien fain 8c fans défaut : la partie N P eft taraudée de 2 lignes de diamètre, 8c de 9 lignes de longueur, jufqu’à l’embafe P, 8ç fur-tout elle
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- I. Section, Chap Vï. Des Compas a verge a rappel, &C. ÏÏ3 cïoit être bien droite dans toute fa longueur ; on a réfervé cette embafe au dépens de la matière : elle doit être bien tournée , & avoir 4 lignes de diamètre » fur un peu moins d’une ligne d’épaifleur, comme on en voit la coupe entre P 8c Q l 8c le collet Q doit être auffi bien rond , 8c tourné, d’environ 2 lignes de diamètre fà longueur eft fixée par l’épaiffeur de la platine de laiton fondée, qui forme le fond de la boîte B 9 fig. 1 8cfig,. 8, comme on Ta dit plus haut : l’autre bout de cette vis O efl: quarré, infcrit au cercle de ce même collet ; mais avant de le rendre quarré avec une lime , on le perce dans fon centre de la profondeur de 2 à 3 lignes, & on le taraude pour recevoir la vis d’acier R, dont on va parler. Le'quarré qu’on forme au bout de la vis de rappel, doit entrer jufte dans le centre du bouton de cuivre tourné 8c gaudronné, comme on le voit en H, fig. 1,8c en coupe h ,fig. 8. Ce trou doit être bien quarré & jufte dans toute fà longueur: par-deffus 8c au centre de ce bouton , on tourne un petit creux r, pour recevoir l’embafe de la vis d’acier R, dont la tête a la forme d’une boule applatie par fes pôles ; on fait une petite gorge entre cette tête 8c fon embafe, pour dégager cette pièce & faire ornement ; on peut même gaudronner le cordon de cette même embafe, pour plus de propreté : on conçoit aifément que le quarré O de la vis de rappel, étant enfilé jufte dans le centre de fon bouton de cuivre H, qui fert de tête pour faire tourner cette vis, & que la petite vis R étant viffée dans le centre de ce quarré O , fon embafe fait preffion contre le creux du centre du gros bouton de cuivre, dont l’embafe S, à fon tour, fait auffi preffion contre la face extérieure de la platine de cuivre L M, qui fèrt de fond à la boîte B, fig. 1 & fig. 8 ; 8c tous ces ajuftements étant bien faits,, il efl im-poffible que la vis de rappel ait aucun jeu fuivant fa longueur, & quelle n’a que la liberté de tourner jufte dans le trou du fond de la boîte B, fig. 8.
- D’après tout ce qui vient d’être expofé , qu’on s’imagine que le bout de la verge de bois armé de cuivre , comme on l’a décrit, eft placé dans le canal de la boîte B) fig. 8, 8c que la vis de rappel N P, eft entrée dans l’écrou de cette armature : on voit clairement que fi l’on tourne cette vis de rappel de gauche à droite, elle entrera plus avant dans le trou de la verge du Compas, 8c qu’en même temps la boîte B marchera en avant fur cette même verge ; 8c qu’au contraire fi l’on fait tourner la vis de rappel de droite à gauche, alors la marche de cette même boîte B> fe fera en fens contraire; c’eft-à-dire , que la boîte fbr-tira de deflus fà verge plus ou moins, félon qu’on fera faire plus ou moins de révolutions à cette vis. On remarquera de plus, qu’il ne peut y avoir aucun temps perdifdans tous ces mouvements de la vis de rappel ; premièrement parce que le reflbrt en tire-bourre prefîânt continuellement contre le bout de cette vis, s’oppofe toujours à fon entrée dans l’écrou de la verge , 8c fon effort fait que les pas ou filets de cette vis, ne frottent que d’un côté dans fon écrou, & par conféquent la vis ne peut avoir aucun jeu fuivant fa longueur ; d’un autre côté, le collet de cette même vis étant retenu jufte dans fà place entre les faces Tourneur , L Fart. L Se3» F 2
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- 114 TOURNEUR MÉCANICIEN, ï. Partie. intérieures & extérieures du fond de la boîte B, alors toute la faculté de cette vis fe réduit à pouvoir tourner feulement, & à promener la boîte By tant en avant quen arriéré , & fans qu’il y ait aucun intervalle de temps perdu du point de repos de cette vis au point de départ, foit que la vis fafle agir la boîte B en avant ou en arriéré.
- Il eft aifé de fentir que lorfqu’on a de grandes diftances à faire parcourir , foit pour approcher ou éloigner les pointes JD 9 D, de ce Compas l’une de l’autre, il faut faire gliffer la boîte de cuivre A fur la verge C C, ayant foin de delferrer la vis F, pour lui donner la facilité de couler d’un bout à l’autre, & fixant cette boîte A à peu-près à la diftance defirée ; enfhite on deflerre l’autre visjf, qui eft fur la boîte B ; puis faifant agir la vis de rappel d’un fens ou de l’autre, il eft facile de trouver cette diftance parfaitement jufte ; enfin on a foin de ferrer la vis de preffion fy qui eft fur la boîte B, pour la rendre plus folide, fur-tout avant de commencer aucune operation. Il nous refte à indiquer les moyens les plus sûrs, les moins difficiles , les plus prompts & les moins difpendieux pour bien exécuter cet inftrument, qui eft très-utile pour faire toutes fortes de divifions avec la plus grande précifion.
- Maniéré de fabriquer un Compas a verge a rappel y SC fans quil y ait de
- temps perdu dans ce même rappel.
- Pour bien conftruire cet inftrument, il faut avoir un mandrin d’acier long d’environ 4 pouces , qui foit bien fain , fans aucun défaut, bien limé & calibré dans toute fà longueur; de la même figure qu’on veut faire la verge de bois , dont on voit la forme dans la figure 3 , PL 12 bis, qui en repréfènte le plan ou la coupe en travers ; il faut que ce mandrin foit fait un peu en diminuant à un demi-pouce près de l’un de fes bouts : c’eft, en terme d’atelier ce qu’on appelle donner de Ventrée a fon mandrin y afin qu’on puiffe l’introduire facilement dans le canal des boîtes de cuivre A, B, fig. 1, où il faut qu’il entre un peu à force par les deux bouts de chacune de ces mêmes boîtes ; l’autre bout de cë mandrin ne doit être feulement que bien dreffé d’équerre, 8c la vive-arête un peu ébarbée , afin qu’on puiffe le faire entrer à fon tour le premier , après que la boîte B aura été formée & ajuftée fur ce même mandrin en premier lieu ; mais de plus, il faut qu’il y rentre après qu’on aurafoudé le fond LM\cette même boîte „ afin de redreffer les irrégularités & les gauches que l’aélion du feu peut produire à cette boîte ; & d’après cela on conçoit bien qijë fi Ton faifoit entrer le petit bout du mandrin, on n’égaliferoic point ce canal fufqu’au fond. Ce mandrin étant fait comme il vient d’être dit, on l’adoucit à la lime avec un peu d’huile * enfuite on le fait rougir au feu couleur de cerife : on le plonge dans l’eau froide ; 8c alors comme il feroit trop dur, on lui donne du recuit, en commençant de le frotter avec un morceau de pierre-ponce & de l’eau , ou du fable de grès pilé : on l’effùie avec un linge , & on le pofe fur des charbons
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- I. Section,* Chap. VI. Des Compas a verge à %rappel, ïiy
- ardents ; on le retourne de côté 8c d’autre pour qu’il chauffe bien également, obfervant de ne point laiffer la pointe k , fig. 3 , fi long-temps toucher le feu que les autres faces 1, /, m, parce que les parties les plus minces du métal font plutôt pénétrées par la chaleur ; alors l’aélivité du feu fera changer fader de couleur ; & de blanc quil étoit d’abord, il deviendra couleur de paille, en-fuite couleur d’or, 8c après il devient à peu-près pourpre, autrement gorge de pigeon, en terme d’atelier ; alors il faut l’ôter du feu & le plonger dans l’eau pour le refroidir , ou mieux encore le laiffer refroidir dans de la graiffe. Il faut être très-aélif en faifant cette opération ; car un inftant de plus , ce mandrin de*» viendroit de couleur d’un beau bleu, 8c alors il feroit trop tendre : il vaudrait mieux qu’on ne l’eût recuit que jaune , parce que les yives-arêtes fe confervent plus long-temps. J’enfeignerai dans la fuite différents procédés que j’ai mis en ufàge depuis long-temps pour tremper l’acier au degré de dureté qu’on veut, fuivant les différents emplois qu’on en veut faire., & je dévoilerai toutes les particularités dont la plus grande partie des Ouvriers fait myftere, n’ayant pour but que de me rendre utile au Public. Le mandrin étant refroidi, on l’efîuie avec un linge pour s’en fervir au befoin.
- Comme il faut avoir le cuivre pour fabriquer les boites A, Bffig, 1 ; pour cet effet il faut faire un modèle en bois, afin que le Fondeur puiffe faire fon moule en fable, dans lequel il jette la matière. Les figures 13 8c 14 repréfentent ce modèle ; A9 fait voir l’un des côtés de cette boîte ; l’autre côté, qui lui eft tout femblable,, étant par-deffous cette figure, ne peut être vu. B B, fig. 14, repréfente cette même boîte vue par l’un de fes bouts : on remarquera*quelle n’eft point fermée en D , & que les deux joues B, B, font plus écartées en cet endroit que dans la partie C, qui eft au-deffus ; on le pratique ainfi, afin que le Fondeur puiffe faire forcir fon fable aifément de dedans ce canal, autrement cette boîte viendroit grave!eufe, & l’on n’en pourrait pas faire un bel ouvrage. D’ailleurs on fent bien qu’il eft fort facile de rapprocher les joues l’une de l’auH tre en travaillant cette pièce, comme on le dira dans la fuite. On fait ce modèle d’un bois doux, liant 8c uni, tel que du noyer, du charme , de l’alifier, du poirier , du tilleul ou autre bois qui ait le grain fin ; autrement fi les pores étoient lâches 8c ouverts, le fable du moule s’accrocheroit dedans, & la piece viendroit terreufe 8c mal-propre : c’eft ce que l’on appelle, en terme d’Art, du fable abreuve, parce que le métal fondu pénétré les petites rugofités des parois intérieurs du moule, les attache aux fiirfaces des pièces, 8c forme une efpece de croûte qu’il faut ôter, mais qui ufent la lime au premier coup ; 8c pour parer cet inconvénient, il eft à propos de vernir les modèles de bois avant de les donner au Fondeur. Il réfulte de-là deux avantages ; i°. le vernis bouche les pores du bois , 8c rend fa furface plus unie ; 20. il empêche que l’humidité, qu’il eft nécefîàire de donner à ce fable pour l’employer , ne pénétré le bois 8c ne l’y attache : un vernis commun à fefprit-de-vin, fuffit pour cet ufage.
- Planche 12. bis*
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- il6 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- On cônçoit bien qu’il eft peu important qu’on fafle les modèles d’une feule ou de plufieurs pièces ; on peut les ajufter, les coller, & même y mettre de petits clous d’épingle, afin de les rendre plus folides. On fait feulement attention que le modèle foit plus grand & plus épais que ne doit être la piece toute finie -, pour deux raifons; la première , afin d’avoir fuffifàmment de matière de quoi limer jufqu’au vif, tant en dedans du canal , qu’en dehors de la boîte ; la fécondé , c eft que le métal étant coulé dans le moule, le remplit exactement ; mais il fe rapetifle 8c fe retire dans toutes fes parties, 8c par conféquent il diminue en tous fens en refroidiflànt, à caufe de la grande dilatation que la chaleur de la fufion lui avoit fait éprouver. Un feul modèle fuffit pour faire mouler les deux boîtes ; d’abord on ébarbe la piece tout autour, & l’on en retranche toutes les fuperfluités avec la lime ; on la drefle enfuite en dedans ; on l’applique 8c on la forme fur le mandrin d’acier dont on a parlé : on peut même frapper à petits coups de marteau fur le dehors de cette boîte , afin de la faire approcher fur le mandrin. Je fuppofe qu’on a fait fondre toutes les autres pièces qui compofent cet inftrument, fur des modèles convenables ; fàvoir, la couverture de ces mêmes boîtes, l’armature du bout de la verge, & le bouton H, fig. i , qui doit fervir de tête à la vis de rappel dont on a parlé. On peut faire fondre auffi les deux boutons pour fervir de têtes aux vis de preffion Fyfyfig. r, 8c g yfig* 6 y mais on peut les prendre dans du laiton en planche , de l’épaifleur fuffifànte, fans qu’il foit befbin de les faire jetter en fonte > ils n’en feront que plus propres. On coupe ce laiton avec une fcie de reflbrt yfig I & 2, Pl. XIV, defti-née à cet ufàge, comme nous le dirons plus bas. Mais revenons à nos modèles.
- La Figure I y , même Planche , repréfente la couverture vue de côté dans toute fà longueur ; T, U, font deux mantonnets qui s’élèvent au-delïus du plan droit & uni Y; ces mantonnets font refouillés en défions à fleur de ce plan, & c’effi dans cette entaille, faite à la lime, qu’on loge les bouts ay b > du reflbrt d’acier dont on a parlé fig. 4 & y : on voit qu’il eft facile de les former aux extrémités de cette piece avant qu’elle foit foudée au corps de la boîte : au-deflbus, en X, 8c de la même piece, on réferve une demi-boule, qui doit fervir pour former les gouttes K,k,fig. I, qui font percées 8c taraudées pour recevoir les vis d’acier F, f.
- La Figure 16 repréfente cette même couverture vue par le bout t u : elle pa-roît plus épaifle à caufe des mantonnets qu’on a pris à même ; on y voit auffi la goutte x, comme dans la figure iy.
- La Figure 17 repréfente le plan du modèle en bois de cette couverture, vu du côté qui doit être dans l’intérieur du canal de la boîte ; T 8c U font de petites plaques de bois rapportées, collées 8c clouées fur ce plan uni, au-deflus duquel elles s’élèvent d’une épaifleur fuffifànte pour qu’on puifle prendre à même pour former les mantonnets T, Uf tels qu’on les voit en profil dans la figure ïy , en obfervant qu’ils foient taillés en talut ou de biais en dedans, fuivant la
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- L Partie, Châp. VL Des Compas a verge a rappel, &o, tiÿ direétion des lignes ponéhiées T, U, fig, 15 , afin que ce modèle forte du moule = fans arracher le fable, ce qu on appelle donner de la dépouille au modèle, en ter-me d’atelier. La longueur de chacune de ces parties élevées , doit être de la dif tance ou intervalle 1,2 ou 3 * 4, qui lui eft femblable, fig. 17, & Ja même que l'épaiflèur du mandrin d’acier dont on vient de parler, qui doit former l’intérieur des boîtes,
- La Figure 18 repréfènte cette même couverture vue par dehors, & àu mi-; lieu de laquelle eft placée la goutte Z 9 qui n eft autre chofe quune demi-boule tournée, attachée fur ce plan au moyen d’un petit tenon qu’on y a réfervé au centre , & collée dans le trou du milieu de cette plaque. Je fuppofè mainte-nanf que cette piece foit fondue , il s’agit de la dreifer à la lime : on l’ajufte entre les deux joues B, E ,fig, 14, de maniéré que l’efpace compris du deflus des mantonnets T, U9fig, iy , jufqu’au fond de l’angle C9 du canal de la boîte 5 fig, 14, foit jufte au mandrin d acier dont on a parlé ; ce qui eft fort facile ; cat on peut retrancher fur les bords E9 E, de cette même boîte, jufqu’à ce que ces deux pièces joignent bien l’une contre l’autre ; alors il faut les lier enfemble avec du fil d’archal recuit * & les fouder avec de la fbudure forte , en cuivre f comme je l’enfeignerai bientôt.
- Il faut remarquer que la couverture de chaque boîte doit être plus large que l’écartement qu’on doit donner aux joues, & qu’elle déborde de chaque côté d’une ligne ou une ligne & demie : c’eft-là qu’on place la fbudure par dehors ; afin qu’il ne s’en amaflè point en dedans du canal. On pofe cette boîte fur les charbons, de maniéré que la couverture foit en bas, & la pyramide G, où entre la pointe du Compas, fe trouve en haut pendant l’opération : quand la piece eft fondée , on coupe cet excédent de chaque côté avec une forte lime : mais avant de les limer, il faut les nétoyer , les mettre tremper dans de l’eau fécondé dans une terrine de grès, de maniéré que la piece plonge entièrement, Cette liqueur 9 qui eft compofée d’un quart de bonne eau-forte * fur trois quarts d'eau commune, ôte toute la cralTe du feu * & détache le borax qui coule avec la foudure, & forme une efpece de vitrification qui gâte les limes ï il fuffit que les pièces foudées trempent l’efpace d’une demi-heure, ou un peu plus ; enfuite on les retire, on les plonge dans de l’eau commune, 8c on les effuie avec un linge * pour les limer & les finir. Il faut faire palfer à plufieurs fois le mandrin tout à travers des boîtes, le faifant entrer par les deux bouts alternativement , & frappant à petits coups de marteau fur toutes leurs faces ; mais il eft néceflàire d’avoir la précaution [de former une petite lame de fer ou de cuivre , qui rempliftè jufte, tant en longueur, largeur qu’épaifîeur , l’intervalle des deux mantonnets T, U, afin quen frappant fur le couvercle, il ne s’enfonce point en dedans; enfuite on drefle les bouts de ces boîtes bien d’équerre avec une lime bâtarde platte, d’Angleterre. Dans cet état , iln’eft plus queftion que de fouder une forte platine de laiton, qui fert de fond L M à la boîte B? fig. x , Tourneur , L Paru I, Secl, G 2
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- ri8 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- --- où Ton voit répaiffeur de cette plaque entre la ligne noire & la ligne ponéluée,
- Planche comme on Ta dit au commencement; il faut auparavant que cette plaque foie I2* dreffée & blanchie à la lime ^ au moins fur la face qui doit s’appliquer contre le bout de la boîte, & quelle déborde d’environ une ligne chacune des faces de cette boîte, afin de porter la foudure , comme on l’a dit plus haut, & pour donner plus d’aifance à pofer la piece debout dans le feu pour la fouder. Il faut avoir foin de frotter les foudures de la couverture, qui font déjà faites, avec du blanc d’Efpagne détrempé dans de l’eau , tant en dedans qu’en dehors de la boîte, autrement cette première foudure couleroit en même temps que la fécondé , ce qui endommageroit l’ouvrage. Lorfque la piece eft foudée, on la remet dans l’eau-feconde, comme on l’a dit, obfervant d’ôter le fil-de-fer auparavant ; car la furface du cuivre fe teindroit en rouge, à caufe du vitriol que contient le fer ; c’eft pourquoi il eft à propos de ne jamais retirer de l’eau-feconde, les pièces qu’on y met dérocher, qu’avec des pincettes de bois. On peut fe fervir plufieurs fois de cette même eau - fécondé. Mais pour lui rendre la force que le cuivre qui s’y mêle à mefure quelle fert, lui a ôtée, il faut de temps en temps ajouter un peu de nouvelle eau-forte. Les Ouvriers appellent blanchiment les eaux dont on fe fert pour dérocher les métaux. Quelques - uns, pour ménager la dépenfe, fe contentent de racler le tartre qui fè trouve en dedans des tonneaux qui nous amènent des vins fumeux y & l’ayant fait fondre dans de l’eau , ils y plongent l’ouvrage, qu’ils font bouillir quelques minutes ; après quoi ils jettent les pièces dans de l’eau froide, & les efluyent pour les travailler. D’autres enfin font tremper leurs pièces dans une diflolution d’alun, & les y font bouillir comme on l’a dit.
- Lorfque les pièces font fuffifàmment dérochées, on abat avec une lime les rebords qu’on avoit réfervés autour de la boîte, & qu’on nomme portes-foudure ; après quoi on fait entrer le mandrin dans la boîte par le gros bout, c’eft-à-dire, par celui qui n’a point d’entrée, pour la redrefler à petits coups de marteau fur toutes fes faces , ayant eu la précaution de garnir la place du relîort, de la petite lame d’acier ou de cuivre qui lui convient. Avant de limer ces boîtes par dehors , il faut forger un tant foit peu la petite boîte G, où doit entrer la pointe , pour l’écrouir & rendre plus folides les pas de la vis de preffion qu’on y mettra ; & pour ne rien déranger, il eft bon que le mandrin foit dans la boîte pendant qu’on forge cette partie : on en fera autant à l’autre boîte ; après quoi on pourra les terminer toutes deux par dehors. Mais il faut avoir foin de faire faire la verge par un Ebénifte habile, pour qu’elle foit bien drelfée dans toute fa longueur, & quelle ne coule ni trop jufte ni trop facilement dans les boîtes, dont on a ôté le relfort a b >fig. y.
- Après toutes ces précautions 9 il eft temps de drefler les boîtes à la lime 5 & pour s’affurer de leur juftefle, on fè fert d’une réglé & de plufieurs équerres pour les parties où on ne fauroit les appliquer immédiatement. Quant aux parties G, G pfig* X p il ne faut que les dégroffir & les limer droites des deux côtés, afin de
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- L Section, Chap. VI. Des Compas a verge a rappel irp
- les faire correfpondre bien 1 une à l'autre , de maniéré qu’elles s’alignent bien avec la verge , ce qui eft fort aile a vérifier, en pofànt la réglé fur les deux joue$ des parties G, G, de ces deux boîtes \ puis bornoyant ) à angle droit la régie Sc la verge du Compas, pour voir fi le bord de la réglé & le côté de la verge s'accordent, Sc s’ils font dans un même plan. Il faut aufll tâcher que ces mêmes joues des parties G, G, des boîtes 9fig. I, foient également diftantes de Taxe de la verge ( ** ) ; ce qu’on peut vérifier en commençant par placer la verge du Compas dans un étau , de maniéré que les parties G, G des boîtes foient en deflus ; Sc pour que les mâchoires ne marquent point le bois, on y met deux morceaux de carton ; enfuite on applique l’équerre plate fans chaperons, fig. r , PL IX, de maniéré que la branche la plus courte foit placée en travers du dos de la verge, & que l’autre branche foit perpendiculaire Sc aufli en travers de l’une des joues de cette même verge ; alors on prend deux réglés de métal, d’environ 6 à 8 pouces de long , & bien droites : on les applique l’une fur l’autre, fuivant leur longueur, de maniéré que les côtés ne s’affleurent pas, Sc qu’ils forment une feuillure large Sc jufle de l’épaifleur des bouts G, G des des boîtes. On les tiendra dans cet état en les pinçant par le milieu dans un étau à main, avec une carte à jouer, pour ne les pas gâter ; mais il faut que la feuillure que forment ces deux réglés, foit parfaitement égale de largeur dans toute fcn étendue ; Sc comme les petites boîtes G, G, fo trouvent en en-haut, ont applique la feuillure tout à plat for leur bout ; & fi le côté de la réglé de deflus ne touche pas le côté de l'équerre , qui eft perpendiculaire, Sc dont le bas doit toucher la verge, il faut approcher la réglé de deflus jufqu’à ce qu’elle touche au côté de cette équerre, Sc pour cela on deflèrre l’étau à main, prenant bien garde que la feuillure qu’elle forme, foit toujours égale de largeur d’un bout à l’autre ; enfuite, laiflant toujours la verge dans la même pofition, on répété la même opération de l’autre côté des petites boîtes G, G 9fig. I, en appliquant l’équerre for l’autre joue de la même verge, Sc toujours la petite branche en en-bas , comme on l’a fait en premier lieu ; puis on pofe la feuillure des réglés for le bout, mais de l’autre côté des petites boîtes G, G ; & fi le bord de la réglé fopérieure touche le côté perpendiculaire de la grande branche de cette équerre, on peut être certain que le milieu des petites boîtes eft jufte dans le milieu des grandes boîtes A, B, fig. i, auflî bien que dans le milieu, & perpendiculaire à l’arête & à l’axe de la verge. On appelle, en terme d’atelier, cette méthode de vérifier la juftefle d’une opération fur un inftrument, une vérifia; cation par le renverfement.
- Les chofes étant en cet état, il s’agit de faire les trous qui traverfont la boîte A 9 fig* I ; favoir, celui qui fort à placer la pointe D, Sc l’autre qui reçoit la vis F, & il faut qu’ils foient vis-à-vis l’un de l’autre , Sc bien perpendiculaires à
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- ( * ) Bomoyer, c’eft regarder d’un oeil une furface, pour juger de fon alignement.
- ( ** ) C’eft une ligne qu’on imagine paffer par le centre, & qui va d’un bout à l’autre, gardant toujours une égale diftance avec toutes les cinq faces de cette même verge,
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- t'io tourneur mécanicien, l Partié.
- la verge en tous fens ; & pour y parvenir, il faut coucher une équerre fur le long de l'arête de cette verge , de maniéré que fà grande branche foit perpendiculaire à cette arête ; puis ouvrant un Compas ordinaire d’environ la moitié de cette grande boîte A, on approche une de les pointes contre un des côtés de la grande branche de l'équerre, Sc avec l'autre pointe on trace une petite feélion fur le bout de la petite boîte G, fig. i. Suppofons que l'angle extérieur de l'équerre réponde au point i, au bord de cette même boîte A\ la branche de l'équerre étant couchée le long de l'arête de la verge C , fig. i ; on répété la même opération au point 2, qui eft l'autre bout de cette même boîte , & Ton fait une feélion en fens contraire de la première, toujours avec la même ouverture de Compas, obfervant que les deux pointes du Compas ordinaire fbiene placées à la même hauteur que le bout de la petite boîte G ; & fi les deux factions fe rencontrent au même point, ce point eft le milieu de la longueur de la grande boîte A ; mais s'il arrivoit que ces feétions ne fe rencontraffent pas, foie par trop ou trop peu, il faut prendre la moitié de la différence , & c'eft le point qu’on cherche. On retourne enfuite la verge C dans l'étau fèns-deflus-deflous, pour répéter les deux mêmes opérations avec l'équerre & le même compas , puis on fait une fèmblable feétion fur le haut de la tétine K, *8c l’on peut être sûr d'avoir trouvé le milieu de la longueur de la grande boîte A , du fens oppofé au premier point trouvé.
- Il s'agit maintenant de tracer deux points pareils en delfus & en deilbus de l’autre boîte B : pour cela on place l'équerre d’abord au point 5*, fur la même verge , & proche le bord de la boîte B ; on tranfporte avec la même ouverture de compas la diftance femblable depuis le côté de la branche de l’équerre ' jufqu'au milieu de la tétine ou calotte ronde k, & l’on fait la feétion. On répété cette opération fur l’angle de la verge au point 6, & l’on trace le point milieu de la petite boîte G , comme on l’a fait à l’autre, afin d’avoir le point correfpondant au centre de la icalotte k, fig. 1. On ne peut faire cette feétion par l'autre bout de cette même boîte B, fig. r, puifque la plaque L M a été ajoutée à la longueur naturelle de la boîte, & qu'elle ne doit fe mefurer qu'in-térieurement, depuis ce même fond jufqu'au bord y & 6 de l'autre côté. Avec cette précaution, on eft aflûré d'avoir trouvé jufte le milieu de la longueur de chaque boîte : il ne refte plus que d'en marquer aufli le milieu de la largeur. Pour cela on applique une réglé fur l'extérieur de chaque boîte ; puis avec un compas, on marque la diftance depuis cette réglé jufqu'au milieu, tant de la petite boîte que de la goutte en calotte k, On peut encore trouver le centre des trous, en les traçant au trufquin d’après les joues & les bouts de chaque boîte A9 B 9fig. I, puifqu ils font fuppofés avoir été dreffés à la lime, avant de commencer à les tracer. Voyez le petit trufquin fig. 10 , PL X, & l'autre truf* quin à platine, fig. 1 , PL XII première * mais j'ai décrit la première méthode , quoiquelle foit bien plus difficile à pratiquer, parce qu'une fois qu'elle
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- fera bien entendue , on la trouvera plus certaine que l’autre , 8c elle fera très-nécefïàire dans les endroits où l’ufage du trufquin feroit abfolument impraticable. Les points de centre étant ainfi marqués, on y frappe un coup de pointeau % afin de fixer le foret qui doit faire les trous; & voici la maniéré d’y procéder sûrement, pour qu’ils fbient faits bien droits chacun à leur place.
- Il faut tâcher d’ajufter une petite poulie de bois ou de corne fur le corps de la petite boîte G, jîg. i ; & lorfqu’elie y tient bien folidement, on place la boîte A yfig. j , fur un Tour à pointe, de Tourneur, ou bien fur un Tour d’Horloger, cela eft indifférent ; on enveloppe cette poulie d’un tour ou deux de corde, pour faire tourner l’ouvrage, en plaçant le fupport de l’outil en travers de la rainure de l’établi, de maniéré que la diftance de ce fupport à la pointe de la poupée qui efl: à gauche, {bit jufte de la longueur du centre de la petite boîte G, qui reçoit la pointe, au centre de la goutte ronde K> où on place le foret : on met à la pointe une goutte d’huile pour faciliter le frottement, & de la main droite on tient ferme, fur le fupport} un foret en forme de langue de ferpent, que l’on dirige fuivant l’axe des trous qu’on veut faire, 8c qui étant placé dans le point de centre de la calotte ronde K, fert de féconde pointe à l’ouvrage, tel que C D9 fig. 8 , PL 4J , le repréfente ; avec cette différence que dans cette figure, i’aétion fe fait fur un bout de cylindre ; puis mettant le pied fur la marche du Tour, la piece fait fes révolutions , le foret entre dans le métal, 8c pénétré jufques dans le canal de la grande boîte A ; par ce moyen on eft affiné que ce trou eft bien droit. Enfuite on choifit un foret de même forme que le premier, mais plus menu, 8c propre à faire un trou qui puifle s’infcrire au triangle du centre de la petite boîte G ; puis on change l’ouvrage bout pouf bout : on met la pointe du Tour dans le trou qu’on vient de faire , n’oubliant pas d’y mettre un peu d’huile ; enfuite la corde étant en place, on fait tourner la piece, qui fe perce jufques dans le canal de la grande boîte A 3 comme la première fois.
- Les trous de l’autre boîte B, fe percent de la même maniéré ; & lorfqu’on fait cette opération fur un Tour d’Horloger, on ôte de même la poupée qui eft à droite; on place le fupport en travers du Tour; enfin on procédé de même que fur le grand Tour : toute la différence confifte en ce qu’on fe fert d’un archet qui porte la corde à boyau, pour faire tourner la piece , en le faifànt agir avec la main gauche , puifque l’autre main eft employée à tenir le foret. Nous aurons fouvent des [trous à faire dans le centre des pièces , dans tout le cours de ce Traité, & j’enfeignerai divers moyens d’accélérer l’opération, qui f d’ailleurs, fera toujours la même.
- Mais, par exemple , il y a des poulies qui peuvent s’adapter promptement fut toutes fortes de pièces ; les unes font brifées, les autres s’attachent à l’ouvrage tout fimplement avec des vis de preflîon. Ces poulies nous auroient été très-commodes dans le cas préfent ; mais nen ayant point encore parlé, je ne Tourneur , L Part. L Secl* H 2
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- 122 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie. pouvois pas les citer. On les verra dans la fuite avec beaucoup d'autres infini-ments inconnus au commun des Ouvriers, & dont je fais ufage depuis longtemps avec fuccès.
- Il feroit facile, lorfqu’un trou de la boîte efl fait, dy introduire une petite broche d’acier, fur laquelle on placeroît la poulie où on met la corde ; cela fa-tigueroit moins le foret qui doit percer la petite boîte G, d’autant plus que cela éloigneroit la corde du point d’appui du foret, en la tranfportant à fautre bout de l’ouvrage. On peut faire ufige de ce moyen ; mais il faut que cette petite broche marche tien rondement fur le Tour fans fiutilier en tournant : c’efl à l’Artifte à y faire attention ; car la moindre négligence dans des opérations délicates , eft caufe qu’on gâte une piece ; & je ne faurois trop recommander la pré-cifion : quelque attention qu’on y apporte, il échappe toujours des imperfections.
- Maintenant que les trous font percés, il s’agit de former le trou-triangle dans la petite boîte G, afin d’y pouvoir loger le haut de la pointe, jig. p ; pour cet effet, on commence par l’ébaucher en dedans avec une petite lime d’Allemagne à trois quarres ; enfuite on enfonce une étampe, qui efl une efpece de petit mandrin d’acier, limé de la meme figure que le trou qu’on veut former^ Ce mandrin doit être trempé & recuit comme on a dit en parlant de celui des boîtes : il faut qu’il aille un peu en diminuant d’un bout à l’autre, 8c qu’il foit d’un pouce plus long que la profondeur de la boîte G : de plus , les traits de lime douce doivent être dirigés fuivant toute fi longueur, afin qu’il entre & forte aifément ; en outre il faut le grailler un peu de temps .en temps, & qu’il foit un peu arrondi par le gros bout y afin que les coups de marteau ne l’émouf-fent point ; mais le petit bout doit être coupé droit & les arêtes émouffses. Il faut le retirer & le faire rentrer de moment en moment, autrement on courroie rifque de le cafTer ; & chaque fois qu’on fa retiré , il faut ôter les rebarbes, que le bout a pu faire dans ce trou ; enfuite on recommence à le faire entrer, jufqu’à ce qu’il paffe tout à travers : par ce moyen on parvient à former ce trou bien droit.. Il efl facile de le faire fortir en fe fervant d’un repoujjoir d’acier non trempé, de la même forme, mais plus menu que le mandrin, & qu’on fait entrer par le trou de la goutte ronde K, fig. i ; mais il doit être allez long pour qu’on puilïè frapper fur le bout fins rifquer de frapper fur la goutte ; & pendant cette derniere opération, on place la grande boîte A dans l’étau, en travers , & dans des mordaches de plomb , pour ne la pas froiffer en frappant fur le bout du repoujjoir.
- Pour ne rien gâter en étampant ce trou-triangle, il efl bon, avant de commencer , de faire un faux-mandrin de fer, qui remplilîe à peu-près le canal de la boîte , mais dont les deux faces qui forment l’arête k n o, jig% 3 , foient limées bien du même angle. Ce mandrin doit déborder de la longueur d’un demi-pouce au moins par chaque bout de cette même boîte A ?jig. 1, & repofèr fur 1 es mâchoires de 1 étau pendant qu’on frappe fur l’étampe ; il faut de plus qu’il
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- ï. Section, Chap. VI. Des Compas a verge a rappel, 8Cc, il3
- foie percé perpendiculairement tout outre, afin que ïétampe Sc le repou joir . ..
- puiflent palier à travers. Comme la boîte B eft fermée par un bout, on y Fait Planche entrer le mandrin, & on le ferre dans l’étau par un bout feulement ; mais il faut *2% quil foit percé d’un fécond trou, pour donner paflàge au petit mandrin du trou-triangle ; après cela il faut nettoyer le canal des bavures qui peuvent y être. Voilà la meilleure maniéré d’étamper ces fortes de trous^ du moins je n’en connois point qui méritent la préférence. Mais avant de donner à ce trou la forme d’un triangle, il faut avoir attention de le difpofer de maniéré que l’une des trois faces fe trouve jufte vis-à-vis de la petite goutte de la vis e, fig. 1, afin que la preffion puiiîe fe faire fer cette même face de la pointe qui doit le remplir ; enfin lorfque le trou eft fini, il faut percer Sc tarauder le trou de la petite vis de preflion e , Sc avoir foin qu’il foit bien droit en tous fens & dans le milieu du nez de cette même petite boîte G ; après cela il faut, avec la lime , ôter les bavures que le tarau peut avoir pouffées en dedans du trou-triangle, enfuite il faut tarauder le trou de la calotte de la goutte JT, ayant auflï grand foin de le maintenir bien droit en tous fens : on ôtera auffi les bavures que le tarau à faites dans le canal de la boîte ; Sc pour ne pas gâter la furface intérieure de la boîte qui eft finie, on fe fervira d’une lime coudée , qu’on appelle un njfioir, ou bien on les coupera avec une échope plate , ou avec un petit cifelet, le plus proprement qu’on le pourra.
- Enfin il ne refte plus quà tourner les moulures fur cette même goutte ou calotte K ; Sc pour cet effet il faut préparer un petit bout d’acier rond, & qui entre à vis jufte Sc ferme dans l’écrou de cette calotte, Sc dont l’autre bout, d’un demi-pouce de longueur, foit limé en pointe pour fervir de centre pour tourner cette calotte. Il faut aufîi faire une autre petite broche d'acier, dont un bout foit triangulaire, Sc ajufté dans le trou de la petite boîte G, Sc l’autre bout limé à pans, où l’on place la poulie qui doit fervir à faire tourner la piece pendant qu’on forme la moulure fur la calotte. Il vaut mieux faire le bout de ces faulfes broches en pointe 5 que de les centrer d’un Coup de pointeau pour les mettre fur les pointes du Tour, parce qu’il eft très-facile de chercher le centre en li-mant ce cône de côté ou d’autre , jufqu à ce que ces broches tournent rondes au collet, c’eft-à-dire , près du cuivre. Quand on a tourné cette moulure , il ne fl; plus queftion que de finir ces deux boîtes avec des limes convenables.
- Il faut faire les bifeaux 1,2,3,4, qui terminent les bouts de ces
- boîtes A 9 5, fig. 1 : on les adoucit avec une lime douce Sc de l'huile, Sc on les polit lorfque tout l’ouvrage eft terminé ; enfuite on ajufte les pointes d’acier dans leurs boîtes, & on abat, avec la lime, la vive-arête du triangle delà pointe, Sc ce fur l’angle oppofé au côté de la preffion de la petite vis e, afin que cette vive-arête ne touche point dans le fond de l’angle de la boîte de cuivre ; par-là on empêche que la pointe ne balotte dans fon trou d’un fens ni d’un autre , fur-tout lorfiju’on a ferré la petite vis e : enfuite on arrondit, on tourne Sc
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- = on finit les pointes : on les trempe par le petit bout, avec un chalumeau. > à la flamme d’une chandelle ou d’une lampe , Sc on les recuit jaune, comme on l’a dit plus haut ; bien entendu que les petites vis de preflion font faites : leurs têtes doivent être tournées de la forme d’un Iphéroïde applati, ou d’un oignon ; on trempe ces vis* on les recuit bleu. On fait auflï les vis de preflion F?f> en acier ; on y rive, fur une petite portée prifo à même du corps de ces vis 9 une tête tournée Sc gaudronnée a part for un petit arbre d acier qui,porte une poulie ou bobine ; & lorfque cette tête eft rivée fur la vis, on adoucit à la lime la rivure, & on la polit avec le refte.
- Toutes ces pièces étant en cet état, il faut faire la vis de rappel d acier bien fain, fans pailles ni défauts : on la forge quarrée ; car fi on la forgeoit ronde, le centre feroit fendu dans toute fa longueur : on réferve au milieu allez de grofo feur en P9 pour y former l’embafe ; on la fait recuire petit rouge couleur de ce-rife, la laiflant refroidir for les cendres chaudes î enfoite on l’arrondit avec la groffe lime d’Allemagne : on la coupe d’une ligne plus longue quelle n’eft dans la figure 8 : on lime en pointe conique le bout iVj Sc l’autre bout O eft coupé droit ; on la pique d’un coup de pointeau,, Sc on la préfonte for le Tour en changeant le centre jufqu a ce quelle tourne bien rond; mais avant de la tourner, il faut faire un trou de foret dans le centre d’environ 3 lignes de profondeur , Sc de trois quarts de ligne de diamètre ; 8c pour cela il ne faut que monter trette vis for le Tour, & faire tourner la piece, en tenant ferme le foret avec la main for le fopport , comme on a fait en perçant les deux boîtes A 9 B , fig. 1. Cette méthode de percer eft prefqu’infaillible pour aller droit foivant l’axe de la piece 9 à moins qu’il n’y ait des défauts dans la matière, qui jetteroient le foret de côté.
- Je foppofe donc que ce trou eft percé : il refte à tourner la vis ; & pour cet effet on place une petite poulie ou bobine for la partie Q O, pour recevoir la corde du Tour: on la tourne cylindrique depuis iVjufqu’en Py Sc on lui donne 2 lignes de diamètre, Sc trois quarts de pouce d’arrafement, comme on l’a dit au commencement ; enfoite on la taraude avec une filiere double , pour former la vis ; Sc quand elle eft à la groffeur convenable, on examine for le Tour fi on ne l’a point courbée en la taraudant ; fi cela eft arrivé , il faut la redrefier en frap„ pant for le cintre avec un marteau de cuivre rouge, pour ne pas froifler les filets ; enfin lorfqu’on la voit tourner ronde Sc droite fur fos centres, on achevé de la tourner, en commençant par abattre le premier filet du bout N, jufqu’à ce qu’on en ait atteint la profondeur : en même temps l’on marque au Tour l’endroit où il faudra la couper de longueur, fans pourtant la couper tout-à-fait, ce que lfon fera quand elle fera entièrement finie ; enfoite on ôte la poulie qu’on avoit mife à l’autre bout, Sc on en replace une autre de buis, qù’on viffe for le taraudage, ayant la précaution de frotter les premiers filets avec de la colophane , afin d empêcher que la poulie ne tourne fins faire tourner la vis, qui ne doit palier à travers de cette poulie qu’autant qu’il eft néceflàire pour que le
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- I. Section, Chap VI. Des Compas a verge a fappel > &c> cône du bouc de la vis puiffe tourner jufte & libre dans le petit trou de l’autre s bout de la pointe du Tour ; enfuite on tourne l’embafeP bien droite des deux côtés de quatre lignes de diamètre , & de trois quarts de ligne d’épaiffeur ; ce collet Q doit avoir deux lignes de diamètre, & là longueur un peu moins que l’épaiffeur du fond L M de la boîte B : toutes les dimenfions de cette vis font déjà données plus haut, à peu de chofe près. La partie Q O doit avoir 4 lignes un quart depuis l’arrafement du collet jufqu’au bout, c’eft-à-dire, un peu moins que le centre du gros bouton H, qui fèrt de tête à cette vis. On fait le collet • 8c fon quarré un tant foit peu plus courts que les places ou on les ajufte, afin que toutes les parties intermédiaires foient preffées les unes contre les autres : c’eft ce quon appelle donner du tirage à la piece qui les enfile ; mais avant de faire cet intervalle Q O quarré avec une lime , il faut qu il foit tourné de la groffeur du collet Q, de maniéré que les quatre angles de ce quarré affleurent la circonférence de ce même collet, comme on la dit plus haut. Enfin on lime ce quarré bien égal, & on l’adoucit avec une lime très-douce & de l’huile, ayant foin de tirer les traits de la lime en long de l’ouvrage ; enfuite on l’ajufte dans le trou quarré du centre du bouton de cuivre H, fig. r, qui doit fervir de tête à la vis de rappel, comme on Ta déjà dit. Il faut faire ce trou du centre de ce bouton avec un foret convenable à la grofïeur du quarré ; enfuite on ébauche les quatre angles avec une petite lime quarrée d’Allemagne ; enfuite on ïétampe , 8c on le finit prêt à recevoir le quarré de la vis de rappel. Je ne dis rien de cette étampe ; on la fait, on la trempe comme on a dit des autres, dont elle ne différé que par fa forme 8c fà groffeur. Le bouton étant bien ajufté ferme fur le quarré de la vis de rappel, on le tourne & on le gaudronne avec une molette, comme on le dira dans la fuite : on creufe le deffus en r, fig. 8, comme oïl voit par fà coupe ou profil s h r.
- La Figure 19 fait voir en h le plan de ce même bouton ; le defîus, ainfi que Ion bord gaudronnés, & le trou du centre qui eft quarré, comme on l’a dit. Quant à la vis R, on la prend à même une tringle ronde d’acier, longue de 3 ou 4 pouces tout au plus ; on ébauche les deux bouts en pointe avec une lime ; on enfile l’un de ces bouts dans une poulie ou bobine de buis, de corne ou de métal, il n’importe , pourvu qu elle n’ait pas plus d’un pouce de diamètre. Tout étant ainfi préparé > on place ce morceau d’acier fur le Tour , les pointes étant retournées, la bobine du côté gauche , & l’on tourne la tête 8c la tige de cette vis R, fig. 8 ; & quand la tige eft de groffeur, on la taraude dans une filière double , pour la ménager davantage. On replace cette vis fur le Tour ; & fi elle s’eft fauffée en taraudant, il faut la redreffer fans gâter les filets , ce qu’on fait aifément en la faifant tourner pour voir ou eft le gauche. L’embafe de cette vis eft formée d’une baguette ronde avec un quarré, 8c ceft par-là qu’elle repofe dans le creux qui eft deffus la tête , & au centre du gros bouton H, comme on l’a dit ci-devant: on peut même gaudronner fur le Tour le petit Tourneur, LFart.I. SeB\ I %
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- cordon de cette embafe ; enfuite on tourne la tête R en forme d’un Iphéroïde applati : on la polit & on la coupe ; après quoi on l’applatit for le bout avec une lime : on la fend en croix pour y loger le tourne-vis * & fur fa circonférence, à l’endroit où fe termine la profondeur des deux fentes croifées, on fraife un petit creux qui lui donne la figure dfone grenade , ou à peu-près, pour plus d’agrément.
- Il faut maintenant décrire la maniéré de faire & de pofer au bout de la verge de bois ABC D> fig. n , l’armature de cuivre dont on ne voit que l’une des joues dans cette même figure. On l’y attache avec trois vis, dont on voit les têtes encaftrées dans l’épaiffeur de cette même joue ,* ce qu’on appelle noyer des têtes de vis : celles-ci font faites en cône , autrement dit des têtes de vis en trompette 9 ce qui fe fait avec la meche d’un foret en forme de dard de forpent. On voit le profil de cette même armature de la forme d’un étrier 9 fig. 12 , ainfi que les deux vis fi, g9 qui traverfent les joues de l’armature, & la verge de bois. On n’a pas repréfenté la troifieme vis, pour éviter la confufion. Toutes ces vis doivent être d’acier & bien tournées ; & lorfqu’elles font toutes finies & adoucies , on les trempe en les pofànt for un morceau de charbon de bois blanc
- qui n’eft point allumé: on les rougit a la flamme d une chandelle, au moyen d’un chalumeau de cuivre ou de fer recourbé , dont on parlera dans la fuite, & on les plonge dans de l’huile pour les refroidir ; enfuite on les nétoye avec la pierre-ponce , & on les pofe for une lame de cuivre ou de tôle de fer très-mince , & dont le bout eft fait en forme de gouttière un peu large du fond , afin de pouvoir les arranger à côté les unes des autres ; alors on préfente cette gouttière fur la flamme de la chandelle , afin que la chaleur fe communiquant à travers, pénétré jufqu’aux trois vis qui font dedans , & on les voit prendre les couleurs du recuit, d’abord jaune paille, puis couleur d’or, enfuite elles deviennent pourpre ou gorge de pigeon, & enfin elles deviennent d’un beau bleu : c’efl: alors qu’on les jette dans l’huile pour les refroidir ; après quoi on les efluie, & on les polit avec de l’émeri fin & de l’huile, ou de la poudre de pierre à l’huile. On enfeignera toutes les différentes maniérés de polir dans la foite. Cette trempe Sc le recuit donnent aflez de fermeté Sc de confiftance aux vis, pour que la fente de la tête ne s’écache point en fe fervant du tourne - vis ; mais on ne doit point tremper ces vis, quelles nayent été mifes dans leur place, comme on les voit dans la figure 12, pour s’affurer fi elles y vont bien. Il faut maintenant décrire la maniéré de faire cet étrier qui doit armer le bout de la verge du Compas.
- La Figure 20 repréfente le modèle de cet étrier tout en bois, vu de profil, Sc prêt à donner au Fondeur : on voit la longueur de la joue a b > femblable à 1 autre joue ou branche e , toutes deux fixées fur la partie b c, qui doit couvrir le bout de la Verge^ & fervir d’écrou à la vis de rappel : on conçoit bien que l’intervalle cb marque fon épaiffeur plus forte que celle des branches, afin de
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- 1 Section, Chap. VI. Des Compas a verge a rappel, &CÎ y
- trouver beaucoup de pas de vis lorfqu’on en aura formé un écrou. Les deux bran-ches vont en s’écartant, afin que le Fondeur puifle plus aifément dégager le Planché fable de fon moule d’entr elles, comme on fa déjà dit ; Sc enfin on vernit ce *2# ^ niodele comme les autres dont on a déjà parlé. La figure 3 repréfente le plan de la partie pleine qui doit fervir d’écrou, Sc qui couvre le fond de la verge de bois. A B D9fig. 11 , eft la largeur de la joue, ou l’une des branches de l’étrier ; l’autre eft entièrement femblable. J’ai fait repréfenter le delïîn du modèle plus court que l’étrier tout fini, tel quon le voitfig. il & 12 ; mais on doit fe louvenir que j’ai dit plus haut qu’il falloit écrouir la fonte après qu’elle eft ébarbée : cette préparation allonge Sc élargit la matière ; c’eft pourquoi cette piece deviendra même trop longue. Pour l’écrouir facilement, on prend un morceau de fer plat de la largeur d’environ un pouce, & long de trois ou quatre j ou environ, Sc dont l’épaifleur remplifle l’entre-deux des branches de cet étrier ; on le place en travers des mâchoires de l’étau, l’étrier enfourché deflus Sc libre entre les mâchoires: on peut, par ce moyen, frapper aifément fur la branche de l’étrier qui fe trouve fur le réglet ; enfuite on le retourne pour écrouir l’autre branche ; après quoi on place le réglet de champ fur l’étau , Sc l’étrier à califourchon deflus, Sc l’on forge le plan qui doit fervir d’écrou ; enfin on pofe le tout fur un tas ou fur une enclume , & l’on frappe fur les branches de l’étrier , en le retournant tantôt d’un côté, tantôt d’un autre, Sc toujours le réglet entre-deux , afin de le bien drefler & de le dégauchir au marteau. On obfervera de fe fervir d’un marteau au-deflous du poids d’une livre, pour écrouir ces fortes de petites pièces; un plus lourd ne vaudrait rien ; & plus léger, il ne déplacerait pas la matière.
- L’étrier étant forgé Sc drefle au marteau, il faut le limer avec la lime bâtarde d’Angleterre, commençant par drefler les bords Sc les mettre de largeur Sc à l’équerre d’après les joues extérieures, Sc le bout qui doit fervir d’écrou à la vis de rappel, en laiflànt à ces joues un peu plus de largeur que n’en ont celles 772, de la verge de bois, parce que ces dernieres augmentent en furface, à caufè des entailles qu’on y pratique pour loger les côtés de cet étrier; ce font les chanfrains n, 0 qui produifent cet élargiflement, Sc fans cette précaution les joues de cuivre ne couvriraient point entièrement les côtés de cette verge lorf qu’elle eft entaillée : on peut juger de cet effet, en voyant les figures 3 Sc 11, dont on ne fauroit entailler les côtés fans augmenter leur furface. Les côtés étant drefles à la lime , comme on vient de le dire, on lime les joues Sc le fond de cet étrier, tant en dedans qu’en dehors, Sc toujours d’équerre en tous fens ; enfuite on fait le trou qui doit fervir d’écrou à la vis de rappel, en prenant 3 lignes Sc demie environ , depuis le deflfus i de la verge, fig, 3 , ou B, fig. 11, jufqu’au centre de ce même trou ; enfuite on le forme à vis avec un tarau, en faïfànt attention qu’il foit droit en tous fens, pour que la vis de rappel ne penche d’un côté ni d’un autre ; enfuite on tranfporte les mêmes mefùres fur le
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- Planche
- 12, his»
- TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie»
- r bout de la verge,où on marque l’endroit du trou.On marque à ce même endroit,; avec le bout d’un foret en dard de ferpent, un point très-fin & peu profond ^ afin que ce trou ne fe dérange pas quand on percera la verge ; pour cet effet on marque à l’autre bout de cette même verge, un centre correfpondant au premier , & qui fert pour tenir la verge fur le bout de la pointe de la poupée du Tour : car pour percer cette verge bien droite, il faut faire cette opération lut le Tour à pointes, & mettre le fopport du Tour en travers de l’établi : voyez CD,fig. 8, FL 45 , comme on a enfeigné plus haut,, lorfqu’il s’agifloit de percer les boîtes bien droites ^ à la réforve que dans le premier cas il n’étoit queftion que de percer du cuivre , mais ici c’efl: la verge de bois des Indes ; c’efl pourquoi il faut fe fervir du perçoir A B G ,fig. 7 , PL 20, ou bien de ceux qui font repréfontés dans les figures 5 8c 6, PL 22 , qu’on nomme perçoir s a U An-gloife , ou bien queues de renard. Ces outils ont l’avantage de faire le trou plat dans le fond, excepté le point du centre, qui eft fort petit, & par conféquent le reflorc en tire-bourre & fon bouchon, y repoferont bien droits. Les queues de renard >fîg. 5, PL 22 , méritent la préférence, à caufe que c’efl: du bois dur qu’il faut percer à bois de bout. Il faut choifir un perçoir du calibre du trou re-préfenté end>fig. 21, PL 12 bis> parce que ce trou eft dune grofleur convenable , pour qu’il y ait un peu de jeu tout autour du reflbrt, afin qu’il agifle bien librement dans là place. Cette figure 21 repréfente le bout de la verge après qu’elle a été percée ; & de plus les entailles deftinées à recevoir l’armature font cenfées faites dans cette figure ; c’efl pourquoi elle paroît plus mince de a en b, qu’elle ne paroît de l en m , fig. 3 ; néanmoins dans celle-ci l’amaigriflement des entailles de l’armature eft marqué par des lignes ponctuées, afin qu’on syl reconnoifle. On doit obferver, fur-tout, de percer la verge de bois avant de faire les entailles de côté, autrement on pourroit l’éclatter & la fendre en la perçant. Il eft inutile de répéter qu’on doit avoir ajufté une bobine pour placer la corde du Tour, à l’autre bout de cette même verge, à gauche du Tourneur f-& que la diftance de la pointe du Tour ou fupport, doit être égale à la longueur de la même verge ; ce trou doit être profond d’environ 13 lignes , fans y comprendre l’épaiflèur de l’écrou ou du fond de l’armature ; & lorfqu’il eft fini, on entaille cette verge pour placer l’étrier comme on l’a dit ; mais pour faire que le trou de la verge & celui de l’écrou foient bien concentriques, il faut tourner un petit cylindre de laiton ou de buis ferme , qui remplifle jufte le trou de cette verge dans toute fà profondeur & fa grofleur ; & à fleur de l’orifice de ce trou * on fait une pptite marque, Sc retirant ce cylindre hors de fa place, on diminue cet excédent fur le Tour, jufqu’à ce qu’il entre jufte à frottement dans l’écrou: il n eft pas befoîn que cette efpece de pivot foit à vis. Par cette précaution de faire entrer ce cylindre dans la verge, & de mettre l’étrier à fa place, on eft tres-certain que le trou de la verge & celui de l’écrou de la vis de rappel y font t bien concentriques ^ & qu’ils font placés dans la direction du même axe : alors il
- faut
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- I. Partie, Chap. VI. Des Compas a verge a rappel, €?c. 129
- faut marquer les trous des petites vis d acier avec un trufquin le long Sc à une ligne Sc demie de diftance du côté A B, fig.. il ; enfuite on prend la diftance d'un pouce avec un compas ordinaire, que l'on porte depuis B jufqu’en I ,jig* xi* puis changeant d'ouverture, on la réduit à 4 lignes & demie ou environ , que l'on porte depuis B jufqu’à 2. On a foin de tracer tous ces traits de l’autre côté de l'étrier, pour que les trous qu’on va y faire fe correlpondent. La troi-fieme vis fe place à une ligne du bout de cette armature, Sc tout auprès du bifeau de la verge , & on répété auflî cette mefure de l'autre côté. Il fuffit que la tête d’e cette petite vis ne touche pas à ce bifeau, que là tige pafle jufte Sc fans toucher au trou de la verge, Sc qu'elle affleure le Fond de ce trou ; on doit auffi faire attention que le trait de trufquin qu’on a fait le long du côté A B , puifle permettre aux vis r , 2 , de traverfer l'armature & la verge de part en part fans rencontrer le trou dans lequel on doit placer le reffort en tire-bourre , parce que cela l'empêcheroit de jouer librement ; & le cylindre qui remplit ce trou, empêche que le bois ne s'écache en dedans, parce qu'il le foutient pendant qu'on le perce avec un foret d'Horloger de grolfeur convenable au tarau-dage des vis. Il eft néceflàire d’avoir deux de ces fortes de forets, parce que l'on commence avec le plus petit par l’un des côtés de l'étrier, Sc jufqu’à moitié de l'épaifleur de la verge ; enfuite avec le même petit foret, on recommence par l'autre côté de cet étrier ; fi l'on a attention de percer bien droit, on rencontre le premier trou bien jufte : on appelle cela contrepercer un trou. On en fait autant aux autres trous : ils traverfent déjà la piece d'outre en outre ; mais il faut les aggrandir du côté où doivent entrer les vis ; il faut prendre pour cela le plus gros des deux forets, qui doit être jufte de la grolfeur de la tige des vis, enfuite croître les trous d'un feul côté feulement, c'eft-à-dire , qu'il faut croître le trou de la première joue, & celui du bois ; mais il ne faut pas croître le trou de la féconde joue de l'étrier, afin que le tarau trouve allez de matière pour imprimer les pas de vis dans cet écrou : ceci doit s'entendre des deux autres. . 4
- Il faut remarquer que lorfqu'on veut faire un trou bien droit dans une piece un peu épaifte, il faut le contre-percer, en le traçant des deux côtés bien jufte, parce que le foret ne prend que la moitié de la déviation qu’il fuivroit fi on le faifoit palfer de part en part ; & le fécond foret, qui eft plus gros, emporte cette même déviation, qu'il rencontre au milieu de l'épailfeur de la piece, Sc par conféquent il redrelïe parfaitement ce trou. Nous emploierons louvent cette méthode dans tout le cours de cet Ouvrage, & nous aurons fouvent befoin de percer des trous parfaitement droits.
- Il eft bon, pour empêcher l'étrier de remuer fur la verge pendant qu'on fait les trous des vis, de le pincer dans un étau à main , fig. 4, Pi VIII, pour l'afi fujétir parfaitement ; & lorfqu’on a fait Sc contrepercé le premier trou avec le plus petit foret, on y enfonce tout à travers une goupille de fer ou de laiton ; (Tourneur , /. Part. I. Secl. K 2
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- Planche 12. bis.
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- Planche
- 12, bis.
- ï3o TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie. enfuite on ôte l’étau à main, qui embarrafferoit l’Artifte : on chafle cette goupille un peu ferme fans la river, pour pouvoir la retirer lorfqu’on a fait les deux autres trous; le premier, qu’il eft à propos de faire , eft l’un des plus proches du bout A y de rétrier, fig, 11, il n’importe lequel. Quand les deux autres trous font comre-percés jufqu’auprès de l’autre jbue de l’étrier,, il faut mettre une goupille plus grofle dans ce nouveau trou qui eft à côté ; puis retirant la première * on contre-perce ce dernier trou. J’inftfte un peu fur tous ces détails d’opérations,' dont je connois Futilité Sc la difficulté. J’ai vu fouvent gâter l’ouvrage faute de favoir ou de pratiquer ces mêmes opérations, que je ne fàurois affez recom-mander (*).
- Enfin les trous des vis étant faits , on taraude les petits trous de l’étrier 5 ayant foin de frotter ce tarau avec de la cire jaune* afin qu’il prenne plus aifément ; enfuite on ébifelle , autrement on fraife les trous du côté oppofé aux écrous, afin d’y loger les têtes de ces vis qui font en cônes, comme on IV dit plus haut ; enfin on ôte avec une lime les bavures que le tarau & la fraifo ont faites à l’étrier , tant en dedans qu’en dehors ; enfuite on remonte cet étrier for fa verge de bois : on met les vis en place ; puis on affleure l’étrier , les têtes Sc les bouts des vis de tous côtés , Sc on termine à la lime douce avec de l’huile. Après cela on retire ces vis pour les tremper,, comme on l’a enfeigné plus haut ; mais il faut ôter la rebarbe des bouts & de la tête de ces même vis, Sc les bien adoucit, auparavant.
- Il sVgit maintenant de faire le refïbrt en tire-bourre; pour cet effet on pren** dra du fil d’acier qui ait un peu moins d’une demi-ligne de diamètre, Sc de la longueur d’un pied ou environ, ce qui fuffira pour faire dix tours. U faut avoir enfuite un bout de fil de fer non recuit, d’environ 6 pouces de longueur, Sc d’une ligne trois quarts de diamètre 3fig. 22, Il n’eft pas repréfènté ici dans toute fa longueur, le refte eft cenfé paffer par derrière la bordure de cette Planche ; & fi par hazard ce fil de fer avoit des côtes fùivant fa longueur, provenant des inégalités de la filiere où il a été tiré , il faudroit les ôter avec une moyenne lime bâtarde d’Angleterre. Lorfqu’on a bien arrondi Sc uni cette broche, on y perce un trou de la groffeur du fil d’acier dont on fait le reflbrt, tout à travers , à 8 à p lignes près du bout. Il s’agit maintenant de l’envelopper autour de cette même broche : pour cet effet on la pince perpendiculairement dans les mâchoires d’un étau à main ; on fait entrer le bout du fil d’acier dans le trou de cette même broche, de maniéré qu’il ne déborde pas à travers, Sc on commence à l’entortiller un demi-tour autour de cette broche ; enfuite on a deux petites plaques de bois de noyer, longues de 3 pouces ou environ, larges de p
- (* ) Je n/d trouvé aucun Auteur qui parle des foins détaillés qU’il faut apporter dans chaque opération ; ils préfumoient fans doute qu’un Ouvrier devoir connoître toutes les particularités de fon Art 3 ce qui efl; très-rare \ néanmoins
- M. Ferdinand Berthoud, Horloger du Eoi, dont le nom fait l’éloge, n’a pas dédaigné d’entrer dans une partie de ces détails, relativement à fon Art, dans fon excellent Livre : EJfai fur l'Horlogerie, 2. vol. A Paris, chez Jombert.
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- I. Se ct ion, Ch ap. VI. Des Compas a verge a rappel ^&c. 13 r
- lignes, 8c épaiffes de 3 lignes , fig. 23 , qui les repréfente par les faces qui s'appliquent Tune fur l'autre : on a fait un trou tout à travers en Dd, 8c dans ce trou on met une cheville de bois, qui tient ferme dans celui D, mais qui entre librement dans l'autre d; de forte que ces deux plaques étant Tune fur l'autre , peuvent s'ouvrir & fermer à peu-près comme fi elles faifoient charnière à cet endroit. Près de l'autre bout efl: une cannelure ronde , mais peu profonde en c h, ch, qui traverfe leur largeur, de maniéré que l'on peut pincer ferme entre deux la broche de fer tout à nud, fîg, 22 ; & dans la plaque AB, fig* 23 , feulement, on forme une autre petite cannelure très-fine , pour recevoir le fil d'acier dont on veut faire le tire-bourre ; on incline cette cannelure de A en B, d'environ 72 degrés , par rapport à l'alignement de la cannelure ; c'efL cet angle d'inclinaifon qui détermine l'écartement des efpeces de pas de vis qui forment le tire-bourre. Tout étant ainfi difpofé, on place dans cette efpece de pince de bois , la broche de fer avec le fil d'acier , dont le bout efl: paffé dans le trou m ,fig. 22 , & entortillé d'un demi-tour fur cette broche : on a foin que le fil d'acier fe loge jufte dans la petite rainure AB, fig. 23. On met un peu de fùif dans les cannelures ch, afin de faciliter le frottement. On place cettê pince ainfi garnie dans un étau ordinaire , 8c perpendiculairement ; enfùite le ferrant un peu, on fait tourner la broche de fer de gauche à droite, au moyen de l'étau à main dont on a parlé : le fil d'acier giiflant fùivant la ligne oblique AB, s'entortille autour de la broche de fer, laquelle fort par l'autre côté, comme fi cette broche étoit une vis. Enfin lorfque le fil d’acier eft tout-à-faic paflé, le tire-bourre efl: formé; & en ouvrant les deux plaques, on trouve qui! a imprimé fes pas dans leurs cannelures, ainfi qu'on le voit dans cette même figure 23. Cette empreinte fervira de guide à un nouveau tire-bourré qu’on voudroit faire une autre fois. On ôte le tire-bourre & là broche de dedans la pince, & Ton en coupe avec une lime demi-ronde fine, environ dix tours, qui doivent avoir environ 13 lignes de longueur; je fuppofe qu'on a choifi dans tous les tours les plus propres, fans défauts, 8c les plus régulièrement efpa-cés entr'eux ; alors on peut le retirer de deffus la broche ; puis on rapproche avec de petites pinces d’acier plates, le dernier quart de tour de chaque bout à côté de fon plus proche, afin que le bout du reifort préfente un plan à peu-près droit ; après quoi, il efl: temps de le tremper de la maniéré fuivante.
- On choifit un gros morceau de charbon de bois blanc ; on y fait une coulifîe plate & large, dans laquelle le reflort puifle un peu rouler, afin de pouvoir le chauffer tout autour bien également, par le moyen d'un chalumeau à la flamme d’une lampe ; quand il efl d'un beau rouge de cerife , on le jette précipitant ment dans un vafe plein d'huile, pour le tremper ; enfùite on le retire : on l'eflùie avec un chiffon de linge en prenant beaucoup de précaution, de crainte de le caffer ; après quoi on le nétoye avec de la pierre-ponce pour le blanchir, en le maniant adroitement ; enfùite on le pofe fur une motte qu'on a fait brârler
- Planche 12. bis»
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- J3a TOURNEUR MÉCANICIEN, L Partie.
- ----- au feu jufqu’à ce qu’elle ne fume plus, & pour quil s’échauffe également, on
- Planche je roule tivec de petites pincettes d’acier , qu’on appelle des brucelles ; & lorf-
- -I 2 « hiSt
- •qu’on voit qu après avoir paffé les couleurs de paille, de jaune, de gorge de pigeon , il devient bleu , alors il efl temps de le retirer de deffus cette motte , & de fouffler deflus fortement pour le refroidir , autrement il prendroit trop de recuit : on pourroit le jetter dans l’huile , mais la couleur bleue ne feroit pas fi belle ni fi agréable à la vue, fans cependant altérer rien de fa qualité élaf tique. Ce reffort étant trempé , recuit comme on vient de l’enfeigner, on fait les deux petits bouchons c9 d9fig. 10. Pour cet effet * on prend un bout de fil de laiton de 2 ou 3 pouces de longueur, de la groffeur du trou d de la verge, jpg. 21 ; on le centre avec un pointeau : on le dreffe ; on y met une bobine fur un bout ; on le place entre les deux pointes d’un Tour : on le tourne de grofleur convenable pour que le bout entre dans le tire-bourre fans le forcer ; on y réferve un petit bord , qui pofe fur le plan du bout du reflort, comme on le voit en c ,fig. 10. On dégage ce petit bourrelet par derrière avec un outil grain-d’orge ; & pour le détacher tout-à-fait, on pince le morceau qui n’efl: pas tourné dans l’étau, Sc on coupe ce bouchon avec la feie à cuivre, fig. r, PL XIV ; on adoucit le bout avec la lime , pour ôter la rebarbe que la fcie auroit pu faire. On fait le fécond bouchon d, fig. 10 , de la même maniéré; on le place dans le reflort en b ; alors ce Compas efl; fini, & en état d’être remonté en cette maniéré.
- On met le reflort & fes deux bouchons dans la verge. Il y a des Artiftes qui ne trempent point ces efpeces de reflorts , & qui fe contentent, lorfqu’il efl: roulé, de le recuire jufqu’à la couleur bleue ; mais je ne crois pas cette méthode fi bonne que celle que je viens d’enfeigner, parce que ces derniers font fujets à fe rendre en peu de temps. On remonte l’étrier ade 9 fig. 12, à fa place avec fes trois petites vis : on fait entrer la vis de rappel dans fon écrou du bout de la verge ; enfuite on place la boîte B, dans laquelle s’enfilent la verge & le collet de cette même vis. On enfile le bouton de cuivre H 9 fur le quarré de la vis de rappel, obfervant de marquer un petit point fur l’une des faces de ce quarré, & un femblable fur le plan de l’embafe de ce même bouton, & ce avec un très-petit foret d’Horloger, afin de ne point froifler .aucune piece, comme on feroit avec un pointeau ; & enfin l’on met en place la vis R 9fig. 8 : cette vis, par fa prefïïon , donne le jeu au collet de la vis de rappel, dans lequel on a dû mettre une goutte d’huile pour adoucir le frottement quand la vis tourne ; en-fuite on enfile la verge dans l’autre boîte A , fig0 1 : on place les deux pointes dans leurs petites boîtes G 9 G, & ce Compas efl: en état d’opérer.
- Si l’on n’a rien négligé de ce que j’ai enfeigné en faifànt les ajuftements qui lient toutes ces pièces enfemble, elles doivent être parfaitement juftes du premier coup. Si pourtant on trouvoit qu’il y eût quelque chofe à defîrer, j invite 1 Artifte a vifiter de nouveau, à refaire ou à raccommo der ce qui
- pourroit
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- I. Section, Chap. VI. Des Compas et verge à rappel, âCc. 133 pourroit manquer à la perfeélion; Sc lorfque le tout eft en bon état , il faudra « démonter toutes les pièces pour les polir, ainfi que je l’enfeignerai dans la fuite de cet Ouvrage.
- Comme j’ai imaginé d’armer la verge de ce Compas d une maniéré plus fimple Sc plus folide que celle que je viens de décrire, je vais faire voir fa con£ truéïion, & enfeigner les moyens dont je me luis fervi pour en exécuter une femblable.
- Le Compas que je viens de décrire, & dont le retard eft fàuvé par le moyen du tire-bourre , a été deffiné d’après un Compas exécuté par le fleur Lennel, éleve Sc fucceflèur du célébré Canivet, qui , pendant un nombre confidérable d’années , a exécuté divers inftruments de Mathématiques & d’Aftronomie, à la fàtisfaétion de MM. de l’Académie Royale des Sciences. Ce Compas m’a été communiqué par ledit fleur Lennel, à la follicitation du R, P. Dom Bedos* Bénédictin, Auteur de l’Art du Fadeur d’Orgues, qui a, par une vie labo-rieufe, fi bien mérité des Arts qu’il cultive fans ceffe. Ce lavant Religieux en a exécuté lui-même un pareil dans la derniere perfeétion : heureux de pouvoir, en cet endroit, rendre juftice au mérite de deux Artiftes éclairés, Sc d’un Savant dont l’Académie elle-même fait le plus grand cas.
- Nouvelle maniéré plus Jîmple d9armer une verge de Compas SC fans temps perdu,
- dans le mouvement de la vis.
- Cette manière d’armer une verge de bois pour un Compas femblable a celui dont je viens de parler , eft effectivement nouvelle ; car je puis aflurer que je n’en ai pas vu qui en approche. D’abord fa fimpiieité, là folidité, Sc l’exaCtitude dans fes fonctions, jointes à la facilite de pouvoir l’exécuter, font des qualités qui me paroiflent lui affurer la préférence à tous égards. Cette armature n’eft compofée que de deux petites croix de laiton , fixées par le haut aux côtés de l’un des bouts de la verge, au moyen de trois petites vis d’acier tournées, trempées, Sec. comme on l’a dit en parlant de l’armature de l’autre * verge, ce qui fait cinq pièces en tout. Je fuppofè donc qu’on a une verge de bois des Indes toute pareille à la première, Sc qu’on veut y appliquer cette armature ; pour cet effet on prendra un morceau de laiton de 2. pouces 334 lignes de longueur, fur y à 5 lignes de largeur, Sc autant d’épailleur : il faut le choifir bien fain, làns aucun défaut, Sc même, pour plus de sûreté, on doit Je prendre un peu plus épais , & le blanchir avec la lime , pour s’affurer de la propreté de la matière ; enfuite il faut le forger à froid pour Vécrouir, fe ferrant pour cet effet d’un fort marteau du poids d’environ trois livres , afin que la pereuffion pénétré jufqu’au centre de la matière, & en refferre les pores ; Sc lorfque le cuivre eft affez écroui, ce que l’on connoît lorfque le marteau ne femble plus faire d’impreffion d’aucun côté du morceau de laiton, dont on a Tourneur, I. Part. I. Secî. L 2
- Planche jt?. bu*
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- î34 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie. v eu foin d’arrondir toutes les vives-arêtes avant que de commencer à le forger; car fans cette précaution il fe gerce par-tout en travers, & même k piece fe caflè-roit totalement, fi Ton ne répétoit pas fouvent cette opération d arrondir les quarres de tout laiton qu’on eft obligé de forger fortement pour le rendre très-dur. Lorfqu’à force de le forger, on fa réduit à moitié de Fépaifleur de la verge que Ton veut armer, ou un peu plus, on le partage en deux fur fa longueur avec la fcie ; on le découpe à la lime ou bien avec cette même fcie, afin d’en former deux croix femblables à efi, g h , fig. 26, avec la précaution de laifler un peu plus de matière qu’il ne faut autour de cette même croix, & fur-tout lorfqu’on les a faites toutes deux femblables, & qu’on les pofe l’une fur l’autre, il faut que leurs épaifleurs en total, excédent d’une ligne celle de la verge de bois qu’on doit armer ; mais on ne doit point encore avoir limé fur le plan de ces croix , pour des raifons que l’on va voir dans peu. Ces deux croix étant ainfi difpofées, il faut les refendre fur leur épaiffèur, depuis e jufqu’en i 9jîg. 26y en faifimt en forte que le dos de chacune FF, fig. 24, n’ait qu’une ligne d’épaifleur tout au plus, & que le trait de fcie ne vienne qu’à une ligne St demie du bout F, & tout proche de la ligne ponétuée, comme on l’a dit plus haut, en citant i, fig. 26: on remarquera feulement que ce dos E F, fig. 24 -, doit faire le parement de ces deux croix, & doit affleurer le bois de la verge lorfqu’elles feront dans leur entaille ; enfuite on introduira dans le trait de la fcie une lame d’acier faite d’un bout de refiort de pendule , & qui le rem-pliffe bien jufte fuivant toute là longueur ; car pour ce qui eft de fa largeur, il peut déborder le bout des bras de cette même croix , cela eft même très-nécef* faire, parce que comme ce refiort doit entrer à force dans cette fente, on prem dra un petit marteau, avec lequel on reforge’ra fur les deux plans de cette même croix , afin que Fécrouijfiage pénétré jufqu’au trait de fcie * dont la lame de refiort remplit & entretient toujours Fépaifleur égale d’un bout à l’autre; après l’avoir ainfi un peu reforgé, on retire cette lame d’acier de fa place, & on répété cette même opération à la fécondé croix, afin quelle foit aufli dure que la première ; enfuite on coupe avec une fcie le plan le plus épais de cette croix en travers fuivant la direétion de la ligne g h , fig. 26, & tout proche des trous qu’on voit aux bras de cette même croix, afin d’en retrancher la partie eghy en prenant bien garde d’endommager l’intérieur du dos de cette croix, qui doit remplir F entaille de la verge , comme on vient de le dire. On retranche aufli à la lime la portion reliante des bras de cette même croix , fuivant la direction des lignes 1,2 & 3 , 4 , fig. 26, de maniéré que* le plan de la portion egh, de cette croix, foit droit & uni, à fexception de la partie excédente yfi> qui porte environ 2 lignes d’épaifleur, au lieu que le refte de la croix n’a qu'un peu moins d’une ligne. Cette partie excédente doit être cannelée fuivant fa longueur, depuis y jufqu’en^, fig. 26, & félon le diamettre de l’ame de la vis de rappel : c eft dans cette cannelure qu’on .doit tracer les pas de la moitié de
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- I. Section, Chap. VI. Des Compas a verge à rappel, &c, 13
- l’écrou de cette même vis de rappel, comme on le va voir ; mais auparavant il faut tracer au jufte la figure de cette croix fur le plan extérieur, que je nomme le dos ; il faut tracer auffi les trous quon voit fur fes bras g, h, fig, 26, & le troifieme, qui eft proche du bout e de cette même croix ; c’eft dans ces trois trous qu’on place les vis d’acier qui doivent fixer cette armature fur la verge ; mais il faut avoir attention, en faifànt ces mêmes trous* que celui qu’on voie fur le bras g, foit placé à côté Sc en dehors du trait e, 1 ,a 9fig. 26; Sc qu’au contraire l’autre, qui eft fur le bras h, foit placé de maniéré que le trait £,3,4, femble partager ce trou dans fon milieu, Sc ce afin que la tête de la petite vis qu’on doit placer dedans, ne foit pas trop proche du bord du bifeau formé par les lignes(7, HD3 du bas de la verge ,fig. 24, dont on voie le bout tout armé.
- Lors donc que ces trois trous font faits, on pince dans un étau à main ces deux pièces dos à dos, pour percer bien jufte fur la fécondé, les trous qu’on a faits fur la première ; Sc je fuppofe que toutes les opérations que j’ai décrites pour celle-ci, ont été faites fur l’autre. Mais comme en finiftànt ces deux croix, il faudra les pincer dans l’étau, Sc que le trait de feie qu’on a fait parallèlement au dos de chaque croix fe fermerok, on remplit bien jufte cette fente d’une croix de laiton mince Sc un peu forgée, après quoi on n’a plus rien à craindre du rapprochement des parties. Enfuite on lime ces deux pièces fuivant les lignes qu’on a du tracer fur le dos, de façon quelles foient parfaitement fèmbla-bles, fuivant le plan e if 9 fig* 26 : on les préfènte l’une fur l’autre comme on les voit en E F, I L , fig. 27 ; puis on ajufte un morceau de laiton qui rem-pliffe exactement l’intervalle M, que les queues de chaque croix laiffient en-tr’elles» On y perce auffi les trois trous qui font à chacune, de maniéré que ce morceau foit fèmblable à la figure 29, pour le plan, où l’entaille iVfert à recevoir le bout des pièces épaiffies réfervées aux deux croix : on fixe ces trois pie-cesen femble avec trois goupilles d’acier, au moyen de quoi on peut finir cette armature fans craindre le moindre dérangement. On voit ,fig. 27, le profil de ces deux mâchoires formant l’écrou qui embrafle la vis de rappel PQO, dont, on parlera bientôt. On fait encore au milieu de l’épaifleur de cette calle, depuis N jufqu’en A 9fig. *29 , un trou de grofleur fuffifante pour que le bout de la vis de rappel y tourne librement. Il n’eft pas néceflàire de limer ni contourner cette calle fuivant la forme des croix ; il fuffit feulement qu’elle en occupe bien jufte l’intervalle, comme on la dit ; enfuite il ne s’agit plus que de tarauder les canal cylindrique formé par l’application des cannelures des deux pièces dont on a parlé plus haut.
- Pour cet effet, il faut faire une mortaife à travers un morceau de laiton, tel que la figure 30 le repréfente ; a b >fig. 3 r, eft l’épaiffeur de ce chaffis de laiton , qui eft égale à la partie 1,2 , fig. 24, qu’on veut tarauder. X F, fig. 30, eft la face de cette piece, au milieu de laquelle on voit la mortaife qui fert à contenir les deux mâchoires f9 f, pendant qu’on introduit le tarau dans leurs
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- cannelures : le furplus # de cette mortaife qui paroît vuide, eft fait pour recevoir un réglet d’acier qui la remplit jufte dans fà largeur , & fur lequelpreflè le bout de la vis d’acier qu’on voit dans le haut de cette même figure 30. Ce réglet doit avoir 6 à 7 lignes de longueur, pour appuyer fur toute la longueur des mâchoires , depuis 1 jufqu’en 2 9fig\ 24 ; & par le moyen de cette preffion Sc de la jufteftè avec laquelle ces mêmes mâchoires font contenues fur leur largeur dans cette mortaife, on eft sûr qu'elles ne peuvent avoir aucune déviation , loit qu’on tourne le tarau à droite ou à gauche en formant l'écrou : on ne tourne la vis de preffion qu’à mefure que le tarau s’imprime dans les cannelures , qu’on a eu foin de faire auparavant avec une lime à couliflè. On nomme ainfi une forte de lime platte , dont les deux côtés font arrondis en demi-cylindre. Les Quincaillers, nous les vendent qui les tirent d'Angleterre : on en trouve de toutes les épaiffeurs. Elles prennent leur nom de l’ufàge que les Orfèvres Sc autres Ouvriers en font pour creufèr les coulijjes dans lefquelles on foude les charnons des charnières qu’on fait à différentes pièces d’Orfévrerie & de Mécanique. Nous aurons fouvent befbin de faire ufàge de ces fortes de limes. Il y en a même qui ne font taillées que fur leurs côtes arrondies, Sc qui font unies fur leurs joues. Mais revenons à notre écrou.
- Il faut avoir un tarau d'acier d'environ 11 à 12 lignes de longueur, & du diamètre jufte de la vis de rappel. On fait avec une lime triangle, fur la circonférence de ce tarau, fix cannelures parallèles à fon axe , qui fervent à loger la matière qu'il gruge en formant les pas de vis. Ce tarau doit être cylindrique d’un bout à l’autre, à l’exception des cinq ou fix derniers filets, qui vont en diminuant un peu en cône , afin qu’on puiiïe l'introduire facilement dans le canal de l’écrou , ce qu’on appelle donner de ! entrée a un tarau ; on le frotte de cire jaune , afin d’en faciliter le frottement entre les deux mâchoires f \f \ dont les bouts font apparents dans cette même figure : le refte des deux croix étant par derrière, ne peut être vu. Il ne faut pourtant pas faire toucher ces mêmes mâchoires l'une contre l’autre, afin qu’elles puiflent, par leur élafticité, prefîèr la vis de rappel dans toute leur longueur, comme on le verra ci-après.
- Lorfque ce trou eft bien taraudé, on retire ces croix de dedans cette elpece de filiere ; on fépare toute les pièces de cette armature : on les répare en les éharbartt avec une lime demi-douce d'Angleterre afin qu’elles foient régulières en tous fens. On taraude les trois trous de l’une de ces croix , afin que les petites vis d'acier qui doivent fixer toute cette armature, rpuiflènt y entrer. A l’égard des trois autres trous femblables qui font à la féconde croix , & qui cor-refpondent aux premiers, on les agrandit avec un équarrifloir d’acier, à cinq ou fix pans, jufqu’à ce que ces vis paffent à travers jufqu’auprès de leurs têtes ; & fur le dos ou extérieur de cette fécondé croix, on éb 'qelle, autrement dit on les fraije en cônes ou en entonnoirs, afin d'y pouvoir noyer les têtes de ces memes vis, qui font tournées en forme de trompettes ? comme on l’a dit plus
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- haut, dans ce même Paragraphe. Cette opération fe fait avec un gros foret ter- a,.
- ' miné en tard de ferpent, ou encore mieux avec une fraife d’acier, dont on Planche donnera la defcription dans un Chapitre particulier. I2‘
- Il s’agit maintenant de donner de la bande à toutes les parties de ces mêmes croix ; pour cet effet on ôte la faulfe croix de laiton, qui fervoit de cale dans le trait de fcie depuis e jufque tout proche de i ,fig. 28 : on y introduit le tranchant d’une lame de [couteau ; puis pofant cette croix par là partie plane , fur un plan de fer ou d’ader bien droit, la lame toujours en travers dans le trait de fcie, on prendra une verge d’étain de la groffeur d’une plume à écrire, ou un peu plus groffe ; on la pofe en travers du canal, & au milieu de l’intervalle r, n, fig. 2.6 8c 28 ; enfùite on frappe deflùs avec un marteau de moyenne force , ce qui fait un peu courber ce canal, comme il paroît dans la figure 27, où ces deux pièces font pofées l’une fur l’autre , 8c femblent embraffer la vis de rappel ; puis laiflànt toujours cette lame de couteau entre le trait de fcie, on fai-fit la croix dans un étau ordinaire, obfervant d’interpofer une lame d’étain entre ce canal 8c la mâchoire de l’étau , & une carte à jouer entre l’autre mâchoire & le dos ou parement de la croix ; alors on force un peu le bout de la croix de e en i yfig. 28, afin de la courber un peu vers le milieu de là longueur totale. Ces deux courbures qu’on vient de faire, fuffifent pour donner du reffort tant à la croix qu’à la gouttière qui forme l’écrou. On fait les mêmes opérations à l’autre moitié de l’écrou.
- Il ne s’agit plus enfuite que d’adapter toute cette armature à l’un des bouts Ide la verge : pour cet effet, on y fait tout à travers de fon épaifleur, une entaille longue depuis 1 jufqu’au bout 2, fig. 243 & la figure 2 J repréfente le bout ou le plan de cette même verge, avec l’armature de cuivre qui remplit l’entaille, & forme un écrou fendu propre à recevoir la vis de rappel. On entaille auffi les deux joues de cette même verge, afin d’y encaftrer la partie E , & les bras G, H de cette même croix,, fig. 24; l’autre joue doit être entaillée de même, 8c ne peut être vue dans cette figure. On fixe ces deux croix dans leurs entailles au moyen des trois petites vis d’acier dont on a parlé. Je ne dirai rien de la maniéré de les faire, d’autant que ce feroit répéter ce que j’ai dit plus haut en parlant de l’armature de l’autre verge ; il fuffit de dire feulement qu’on fait un trou dans l’axe de cette verge, entre les deux vis des bras G ,H de la croix, de y lignes de profondeur, de maniéré qu’il n’approche qu’à une ligne près de la petite vis d’acier qui eft au bout E de la croix, fig:
- 34, afin de conferver la force du bois , & tenir très-folidement les croix dans leurs entailles.
- Il eft fortaifé, d’après tout ce qui vient d’être dit ; de concevoir l’effet de toute cette armature ; car les trois petites vis d’acier tenant ferme les deux croix en place, les courbures qu’on leur a données, jointes à l’élafticité qu’on leur avoit imprimée au commencement par ïécrouijjage de la matière, font
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- qu’en fo roidifiant elles tendent à s’approcher l’une de l’autre , Sc par-là rétré-ciftent l’écrou, & font une preftîon continuelle fur le corps de la vis de rappel, dont le mouvement ne peut avoir de temps perdu, foit qu’on tourne à droite ou à gauche ; Sc lorlqu’on voit que toutes les pièces dont ce rappel eft corn-pofé, font bien leurs fonctions, on affleure toute cettë armature aux joues de la verge de bois ; enfuite on démonte les pièces pour les polir. Il eft à propos que la vis ne ceffe jamais d’occuper tout l’écrou ; Sc pour cela il faut la tenir de y lignes plus longue de filets que la première, afin qu’en la faifànt aller & venir dans cet écrou, elle en occupe toujours toute la longueur , d’autant plus qu’on n’a befoin que de faire parcourir très-peu d’efpace à la boîte de ce Compas r ; par conféquent 5 lignes font plus que fuffifimtes pour lui
- procurer affez de mouvement. **
- J’ai cherché à prolonger la longueur de cet écrou autant qu’il étoît poffible, parce que quelques foins qu’on apporte pour tourner & tarauder une vis, il eft prefque impoffible de l’obtenir parfaitement jufte ; Sc que l’angle d’ineii-naifon des hélices, par rapport à l’axe de cette même vis, ne fo rencontre jamais le même dans tous les points de fà circonférence Sc dans toute fa longueur , quoique la filiere dans laquelle on l’a formée, foit des mieux conftruite. Ce que j’avance ici paroîtra à bien des gens un paradoxe ; mais il m’eft aifé de démontrer que tous les moyens dont on fe fort pour faire des vis , font infuffi-fonts pour les faire exactement ; je ferai voir les irrégularités des vis meforées exactement au moyen d’inftruments nouveaux ; Sc j’enfeignerai les moyens non-feulement de remédier à ces inconvénients, mais encore de les prévenir , fur-tout dans les cas où cette grande jufteffe eft abfolument indifpenfable, comme dans les inftruments d’Aftronomie, par exemple, dans un micromètre , & plufieurs autres inftruments de Mathématique, où l’on a recours à la vis. Il eft donc très-difficile d’avoir une vis parfaitement exacte ; Sc c’eft pour contrebalancer toutes ces irrégularités, qu’on emploie des écrous fort longs, afin qu’en embrafiant beaucoup de pas, ils faflènt une efpece de compenfation de ces petites-inégalités dans l’ufage qu’on fait de ces inftruments.
- On voit que cette maniéré d’armer la verge d’un Compas, eft préférable à la première ; d’abord le trou du centre eft beaucoup moins grand : on en voit la différence en comparant le diamètre du trou d, fig. 21, qui repréfonte le bout de la première verge, avec le trou du centre de cette derniere verge repréfentée dans la figure 25 garnie de fon armature, & vue par le bout : on conçoit auffi qu’il telle plus de force de bois dans cette derniere que dans l’autre ; car l’entaille qu’on fait à même la verge & à travers fos joues, depuis le bout C jufqu’à la moitié de la diftance E F, fig. 24, ne i’affoiblit point, puifque l’écrou y F L remplit exactement tout le vuide de cette entaille ; d’ailleurs la boîte B, fig. r, enveloppe tout le bout de cette même verge, & la vis de preffion fi, tend à refferrer Sc a rapprocher toutes les parties les unes des autres ; d’où il foit que
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- I. Section, Chap. VI. Des Compas a verge a rappel, &c. 139 la verge rieft point affoiblie par cette armature ; de plus , le reflort en tire-bourre eft difficile à bien faire & à tremper : il peut fe cafter ou fe rendre, ceft-à-dire, qu’il peut perdre beaucoup de Ion élafticité, fi par hafàrd on le tient trop long-temps prefle. Enfin je penfè que cette nouvelle méthode eft plus aifée à exécuter que la première, 8c Ton n’y rifque aucun inconvénient ; & puifqu’on y- trouve la juftefte , la folidité 8c la facilité dans l’exécution, j’ai cru devoir en donner la defcription.
- Ceux qui ne feront pas à portée d’avoir un Fondeur adroit pour fondre todtes les pièces de cuivre dont on a befoin pour faire ce Compas * pourront l’exécuter parfaitement bien avec du laiton en planche ; car on en trouve de toutes fortes d’épaifteurs chez les Marchands Quincaillers, fur-tout dans les grandes Villes ; pour cet effet, on choifira du laiton bien net, fans pailles ni cendrures, 8c d’environ une ligne ou une ligne & demie d’épaifleur, 8c d’environ un pouce 10 lignes en quatre, afin que d’un fens il {bit de la longueur de la boîte A y ou de de 3 en 4, fig. r , 8c que de l’autre il loit aftez grand pour couvrir les quatre faces /, n, k, 0, m, fig. 3 : on fait que cette figure repréfente la coupe du bout du mandrin d’acier dont on a parlé plus haut.
- Le cuivre étant coupé de mefure, on commencera par le faire recuire au feu ; 8c quand il fera rouge , on le laiffera refroidir fur les cendres ; enfuite on pincera ce cuivre dans l’étau, 8c le mandrin avec , en faifànt en forte que le laiton déborde d’une ligne l’angle a de ce mandrin, fig. 3. Je fuppofe qu’on a placé le mandrin & l’ouvrage dans l’étau , de maniéré que l’angle k fe trouve placé en en-haut, de même que le furplus de la plaque de cuivre ; enfuite on rabattra cette même plaque avec un moyen marteau, & on lui fera envelopper fucceflivement les faces /, n, kyfig. 3, enfuite la face ko * puis retournant la piece 8c le mandrin dans l’étau, de maniéré que la face ai b & l’angle k, fe trouvent prefles par les mâchoires, 8c fuivant leur longueur , on rabattra ce cuivre pour l’appliquer fur la face m h. Le cuivre étant ainfi plié, il faut le recuire comme on a fait en commençant ; & lorfqu’il fera froid, il faut replacer le mandrin dedans cette boîte ; puis pinçant le tout en-femble dans les mâchoires de l’étau luivant leur longueur, & par les deux joues Z, m ,fig. 3 , on prendra un marteau plus petit que le premier , & on reformera les deux joues /z, 0, en frappant à petits coups jufqu’à ce qu’elles joignent bien fur le mandrin, 8c que l’angle k devienne vif ; pour cet effet * il faut {obtenir le contre-coup en appuyant avec un autre marteau fur la joue oppofée : par exemple , fi l’on frappe fur la face /, il faudra contrevenir avec le fécond marteau fur l’autre face 0, & de côté & d’autre, alternativement. Il ne faut pas manquer non plus de fe fervir de carton lorfqu’on pince l’ouvrage & le mandrin dans l’étau , pour ne rien gâter ; 8c lorfqu’on pince la piece & fon mandrin de i en k , on a foin d’interpofer une mordache de plomb entre l’angle k , fig. 3 , & la mâchoire de -l’étau > autrement on çouperoit non - feulement le
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- 140 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie. carton par la prelïîon, mais encore on pourroit même couper le cuivre. Quant à la partie du dos a i b du mandrin, fig. 3 , il faut avoir une petite lame de laiton de la longueur de la boîte A 9fig» 1, de la largeur jufte du dos de ce man -drin , & de deux lignes au moins d’épailfeur , afin qu’en preflant le tout dans Tétau, le laiton de cette boîte , qui doit excéder les angles a , b, après avoir
- enveloppé les quatre faces du mandrin, ne touche point à la mâchoire de Té-tau qui le feroit rebroufler. Lorfque le laiton eft plié , on coupe le furplus qui déborde le mandrin , à la réferve de l’épaifteur d’une carte, qu’on iaifte en faillie au-deflus du dos de ce mandrin, & qui donnera la place pour loger un relîbrt dont on parlera dans la fuite. Cela étant fait, il faut rapporter le couvercle de cette boîte T U 9 fig. 18 : on le fait avec une lame de femblable laiton, que Ton coupe d’environ 2. lignes plus large que les joues extérieures/', gy fig. 6 ; cet excès de largeur fert de porte-foudure , comme on Ta dit plus haut, Enfuite pour former la goutte Taillante Z x y fig. 16 & 18, on prend un autre morceau de laiton bien plus épais, comme d’environ 3 lignes, que Ton coupe en quarré de la largeur de la couverture de cette boîte; on le fait même un peu plus large , afin que ce qui déborde de chaque côté ferve auiîi de porte-foudure. On peut aufll faire de petits crans aux côtés de ce couvercle , à Ten-droit où Ton doit placer cette goutte , afin que la foudure puifîè communiquer du couvercle à la goutte pendant fà fufîon, bien entendu qu’on a bien nettoyé les parties qui doivent s’approcher pour fonder : on peut auffi faire des crans avec la quatre d’une lime en travers du plan de cette goutte , pour faciliter le paflàge de la foudure de/’en gy fig. 16.
- Tout cela étant ainfi apprêté, on prépare la petite boîte G 9fig. 1 : pour cet effet onprend du fort laiton d’environ 3 à 4 lignes d’épailfeur, que Ton découpe avec une foie à cuivre, comme on Ta dit plus haut ; enfuite on le refend avec la même fcie depuis 7 jufqu’en 8 , fig. 13,8c d’environ 3 lignes de profondeur • on écarte cette fente avec un fort cifeau d’acier, afin de former Tenfourche-ment nho 9fig. 6 ; après quoi on finit cet enfourchement à la lime, de maniéré qu’il embrafîe jufte l’angle nho de la boîte 9fig. 6 : je fuppofe qu’on n’a pas manqué de limer cet angle fur la boîte A > à l’endroit qui doit recevoir Tenfour-chement de la petite boîte G, afin que la foudure puiffe bien couler.
- Tout étant préparé comme on vient de le dire , il n’eft plus queftion que de bien lier toutes les pièces enfemble avec du fil d’archal bien recuit, & de faire couler de la foudure, obfervant de pofer la boîte dans le feu de maniéré que la petite boîte foit en defîus 6c à califourchon fur l’angle de la grande boîte, & de prendre toutes les précautions néceflaires pour que tous ces morceaux fe foudent d’un même feu. Cela étant foudé, on le délie, on le fait dérocher comme on Ta déjà dit plus haut ; enfuite on mandrine ces boîtes comme il a été dit en parlant des autres boîtes fondues , & tout le furplus doit fe faire de la meme maniéré qu’on a dit des premières. On peut, fi Ton veut, s’exempter
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- I. Partie, Chap. VI. Des Compas à verge à rappel, &C. 141
- de tourner les gouttes K, qui font fur les grandes boîtes A, B , an* 'JHUtU W F ri‘ 'IM
- les laiflànt quarrées , & les profilant à la lime en maniéré de congé * ou de dou- f>LAN‘^HE cine en amortiflement, à peu-près comme en g h 9fig. 18, PL xzjimple.
- En failànt ces boîtes en laiton, comme on vient de le décrire , on n’a pas belbin de faire aucun modèle en bois ; on n’attend pas non plus après un Fondeur , qui , fouvent, manque des pièces. J’ai dit que l’excédent des joues de la grande boîte , au-deflus des angles a & b, devoit être de l’épaifleur d’une carte , pour pouvoir y loger un reflbrt, que l’on fait en coupant une bande de reflbrt de pendule de la longueur de la grande boîte A, fig. i, & de la largeur du canal de cette boîte ; on le dreflè à la lime par les côtés, quoiqu’il foit tout trempé. On le choifît de l’épaifleur requife ; on le place dans ce canal, & on le fixe au moyen d’une petite vis d’acier, que l’on pofe à l’un de fes bouts, & tout proche de celui de la boîte ; on a foin feulement que le dos de fa cour-v bure puifle s’appuyer fur le plan de la verge 9 de maniéré que la grofle vis de preflion Frepofe dans le creux de la courbure de ce même reflbrt 9 8c par-là fon élafticité fe fait fentir par une douce preflion , en failànt glifler cette boîte le long de la verge, comme on l’a dit plus haut. Ces fortes de boîtes ont un avantage fur celles qui font fondues, en ce que le laiton eft plus beau, & fe polit mieux que la fonte.
- On peut aufîl adapter à ce Compas un cadran vertical, que Ton fixe fur le bout de la boîte 3 au moyen de deux petites vis d’acier que l’on place près du centre de ce cadran, & qui fe viflent fur le plan de la platine L M9 d© la grande boîte B,fig. i. On place un index fur le collet du bouton de cuivre qui fert de tête à la vis de rappel, 8(, tout proche le plan de ce cadran, qui doit être divifé en foixante parties égales, ou tel autre nombre que l’on voudra choifir, félon fon befoin & l’ufage qu’on veut en faire. J’ai déjà parlé d’un femblable cadran au Paragraphe premier de ce Chapitre ,page 106, en parlant d’un autre Compas à verge d’acier, qui eft d’une autre conftruétion; mais celui-ci opéré avec bien plus de précifion dans les ouvrages qui en exigent le plus.
- Tourneur > L Part L Secî.
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- Des Trufquins en général, tant en bois , quen cuivre & acier.
- §. I. Defcription d’un Trufquin tout en bois«
- Le Trufquin que les Ouvriers nomment Troufquin, eft une efpece de Com_ pas qui fert à tracer des lignes droites ou courbes, & toujours parallèles au côté qui les dirige. On en fait de bien des fortes ; les plus lîmples fo font en bois, comme celui que repréfente les figures 6 8c7, PL 19. Ce Trufquin neft compofé que de deux pièces principales ; fàvoir, d’une tête A 8c d’une tige BC> avec une clef ou coin D E, le tout en bois. Comme cet infiniment eft fort connu de tous les Ouvriers, je n’en dirai pas davantage.
- §. IL Defcription d3un Trufquin d’acier fervant a tracer 8C a cannelen
- L a Figure 10, PL 10 , repréfente un Trufquin tout en acier 9 compofé de deux principales pièces 8c d’une vis. La première A B9 qui fe nomme le corps du Trufquin, n’eft que de fer, excepté le bec A, qui eft d’acier foudé en forgeant ce corps ; de plus, on y a réfervé deux têtes C, D, dans lefquelles on a percé un canal quarré, dans lequel glifle jufte une petite tringle d’acier F G ; le bout F de cette tringle eft fait en crochet, dont le bec eft terminé en pointe comme celle d’un grain-d’orge de Tourneur : on fixe cette tringle à crochet où l’on veut au moyen de la vis E, dont la tête eft en poulet. On a réforvé fur la tête C une tétine § afin qu’elle contienne plus de filets de vis, 8c que le taraudage foit plus folide. Il foffit de tremper le bec CA, parce qu’il frotte le long de l’ouvrage, 8c que fans cette précaution il s’uferoit trop vite. On peut fe pafler de tremper le refte du corps ; néanmoins fi on le trempoit en paquet tout entier ^ il prendroit un plus beau poli, 8c ne fe gâteroit point lorfqu’on le met fur l’établi avec des limes & d’autres outils, qui, fans cela , pourroient le rayer. On trempe auffi le petit bout F\ afin qu’il puiffe graver fur l’acier. On fe fert de cet inftrument pour tracer les rainures des filières doubles 8c tous autres ouvrages, foit droits ou courbes ; car le bec A n’ayant que deux lignes d’épaiffeur, peut aifément fuivre le contour d’une pièce courbée.'
- On peut encore adapter à ce Trufquin une tringle d’acier femblable à la première F G9 avec cette différence que le bec F doit être beaucoup plus mince , 8c fait comme la pointe d’un couteau à deux tranchants, afin que ce Trufi quin coupe en allant comme en revenant, & alors il ne faut tremper que le petit bout de ce bec, autrement il cafferoit en travaillant. On en a encore d’autres femblables à la première F G, mais dont le bec eft d’une autre forme.
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- I. Section. Ciïap. VI. Des Trufquins en gênerai, &C. 143
- comme, par exemple , en demi-rond, pour faire des cannelures le long des ouvrages que Ton fait en bois dur ou en ivoire. J ai même très-bien cannelé des archets de violon & d'autres ouvrages. J’ai aulîi fait des tringles dont les becs étoient à moulures de différentes formes, fuivant le befoin*
- Cet infiniment eft très-utile dans bien des cas, parce quil peut entrer dans bien des endroits fort étroits. Il fert encore pour mefurer la profondeur d'un trou , foit quon le fafle au Tour y foit une mortaife quarrée, ou enfin un dont l'ouverture foit de tel polygone qu'on voudra, ou bien pour mefurer la hauteur de la fermeture d'une boîte en cette maniéré : il faut changer la tringle P Gy fig. io, bout pour bout, c'eft-à-dire , qu’il faut enfiler le bout G dans la tête D > Scie faire enfuite paffer dans l'autre tête Cy de maniéré que le bout G forte en avant du bec A de la longueur demandée ; & en approchant ce bec A contre le plan de l'ouvrage * ce bout Gy qui fera faillant * indiquera la diftance depuis le plan jufqu'au fond d'une feuillure, ou bien la diftance de ce plan iufe qu’à une moulure, la longueur d'un tenon , & la profondeur de fà mortaife* On conçoit aifément que la tringle étant ainfi retournée , fon bec F le trouve en en-haut à la place de G ; c'eft pourquoi on choifit une verge à canneler , parce que ce bec eft rond , Sc ne fauroit bleffer l'Artifte.
- §. IIL Description Sun üutçe Trufquin aujji tout en acier, avec fon rappel à vis ; & fon ufage.
- La Figure i, PL 12 > repréfente un Trufquin d'acier vu en perfpeéHve, 3g garni de fon rappel. Il eft compofé d'une tête ou platine de fer AB, fig. 1, d'environ 3 pouces & demi ou 4 pouces de longueur, fur environ 1$ lignes de largeur, & de 4 à 5 lignes d'épaifteur. Cet inftrument, dont les quatre coins font arrondis, eft cannelé fur fon épaiffeur tout au pourtour par le champ, d’un creux rond, qui fert à le tenir avec les doigts, & à empêcher qu'on ne fe les écorche en frottant le long de l’ouvrage.
- La Figure 2 fait voir la face extérieure qui doit être bien droite , & percée au tiers de fa longueur d'un trou quarré étampé, gros d’environ deux lignes , & qu'il faut faire bien égal Sc bien perpendiculaire ou d'équerre au plan géo-métrai A B y fig. 2.
- La Figure 3 fait voir le revers de cette tête, à laquelle on a réfervé une efpece de canon rond C D , & qui eft tourné en vis intérieurement,
- La Figure 4 repréfonte toute la pieee en coupe perpendiculaire J on voit que toute la partie ponéluée eft d'une feule piece * Sc que le fond de l'écrou C Z) eft creufé circuiairement Sc uni, afin que le rebord £ B, fig. y, tourne liffe & jufte dedans cette noyure e b, fig* 4. Cette piece E B, fig. $ , a un collet cylindrique F y Sc un bouton G, autour duquel on a formé un cordon gaudronné : elle eft percée & taraudée tout à travers, depuis / jufqu’en K, de
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- ï44 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- : maniéré que la vis I M 3fig. 7, peut entrer & fe viffer dedans cet écrou IK, jfg*. y. On obfervera de faire tous ces écrous d’un pas de vis très-fin, d'environ deux ou trois tours par ligne. Une autre piece H N, fig- 6 9 tournée & taraudée extérieurement, doit fe viffer dans le canon réfervé à la plaque en C Sc D , fig. 4 ; le bord rond de cette piece n N,fig. 4 & 6 9 eft gaudronné , afin de pouvoir le ferrer avec les doigts. L’intérieur de cette piece H N9 eft percé cylindriquement, & du même diamètre que le collet F, fig. y, de maniéré que ces deux pièces fig. y & 6, étant enfilées l’une dans l’autre , tournent librement. On remarquera que cette piece H N 9 eft repréfentée ici en coupe, fig. 6 ; & que pour la placer fur le collet F9 il faut la fcier en deux après quelle eft tournée 9 autrement on ne pourroit pas la placer fur ce collet F% entre les rebords E Sc G. Les figures 8 Sc g, font le plan de cet écrou du côté extérieur du grand rebord gaudronné. On peut, fi l’on veut, faire cette piece en cuivre, fig. 6 9 pour plus grande facilité d’exécution. C’eft dans cette ouverture O P9 de ce canon à vis extérieure 9 fig. 6 9 S & 9 9 ou dans ce trou que roule le collet jR de l’écrou intérieur I K9fig. y, Sc dans lequel entre la vis L M 9 fig. 7, dont on a déjà parlé.
- Ilrefte à dire que cette vis LM, fig. 7 , eft elle-même percée tout à travers d’un bout à l’autre , Sc quarrément étampée avec la même étampe dont on s’eft fervi pour former le trou quarré de la plague ou tête A B, fig. 2; Sc c’eft dans ce trou quarré qu’on enfile la tige d’acier quarrée S 3fig. r & 4, à l’extrémité de laquelle on fait un petit trou taraudé 9 dans lequel on place une vis dont le bout eft aiguifé en pointe à trois ou quatre quarres ou angles, & c’eft avec cette pointe qu’on trace les traits parallèles fur les métaux : on fixe cette tige au moyen d’une vis V9 fig. 1,4 & 7 ; la tête de cette vis eft fendue , Sc on peut la ferrer avec un tourne-vis.
- Effets êC ufages du Trufquin a vis de rappel.
- Pour bien entendre les effets de toutes les pièces qui compofent cet instrument , il faut fe rappeller la conftruétion de chaque piece en particulier ; & en enfeignant la maniéré de s’en fervir, je tâcherai d’éclaircir les endroits qui pourroient être obfours dans ma defcription ; pour cet effet, prenons un exemple.
- Je fuppofe qu’on veuille tracer un trait à 2 pouces du bord d’une table ou réglé de cuivre, ayant d’abord lâché la vis V9 fig. 4, la tige d’acier a la liberté de couler librement d’un bout à l’autre, tant dans la tête ou platine A B, que dans le quarré du centre de la vis / r ou L R, fig. 4 & 7, puilque les trous font étampés quarrés avec la même étampe. Je fuppofe la tige parfaitement calibrée, & toutes les vis Sc les écrous bien concentriques ; ayant pris à peu-près la diftance donnée de la pointe X, qui doit tracer, au plan Y9 qui doit guider
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- I. Section, CtfAP. VI. Des Trufquins en général, &Ci 145 le trait ; je fuppofe quil s’en faut d’un fixieme de ligne que la pointe ne foit à l’endroit jufte ; & comme il n’eft prefque pas poflible de gliffer la tige du TruP quin avec la main , & de l’arrêter fans en donner trop ou trop peu, on a recours à la vis de rappel en cette maniéré : on tient la plaque du Trufquin de la main gauche , & on tourne l’écrou G g, fig. 4, en pinçant les gaudrons
- avec les doigts de la main droite ; cet écrou , dis-je, qui ne peut que tourner jufte dans la noyure ou fraifùre de la plaque A B9 & dans le centre op de
- la virole fendue Nn 3 qui embrafle le collet F de cet écrou, fig. 5 , & qui,
- en même temps, prefle le rebord e b de ce même écrou dans cette noyure, tant & fi peu qu’on le veut : fi donc cet écrou G g vient à tourner, il entraîne avec lui la vis / r, fig. 4, ou L R, fig. 7, & par conféquent fait avancer ou reculer la tige 8c la pointe X un tant foit peu hors du plan Y de la tête A B de ce Trufquin.
- Cet exemple doit fuffire pour faire entendre qu’on peut tracer des parallèles? à fi petite diftance qu’on veut les unes des autres 9 8c très-juftes ; on verra par la fuite la néceffité de cet inftrument. Il faut qu’il foit exécuté foi— gneufement, enfuite trempé en paquet, excepté la tige * qui ne doit pas l’être.
- N. B. Le Leéleur fera peut-être embarraffé pour comprendre comment on coupe l’écrou H N, fig. 6, en lui confervant une rondeur parfaite , puifque les deux plans que découvre le trait de fcie, ne peuvent fe rapprocher qu’au dépens de cette rondeur. Pour conferver quelque ordre dans ma defcription, je me référé à l’explication que je donne ci-après, de la conftruéiion de la pieca repréfentée par la figure 9 , PL , où l’Artifte fe trouve dans un cas tout femblable.
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- Tourneur] /. Part. I. Secl.
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- TOURNEUR MÉCANICIEN y I. Partie.
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- CHAPITRE SEPTIEME.
- Defcription des Scies SC autres Inflruments propres pour prépare^ le Bois , VIvoire ou autres Matières quon veut tourner.
- Les inflruments dont fe fert ordinairement un Tourneur Mécanicien , font d’abord la Scie , la Hache, la Plane, le Rabot ou la Varlope, la Râpe ou TEcouenè, le Compas, l’Equerre, le Trufquin, la Vrille, le Vilbrequin, & fur-tout la Meule, qui fert à refaire le tranchant à tous ces outils. Nous n ometterons pas la Pierre à l’huile ni les AfEloires, tnfin tout ce qui eft relatif auxjpréparations des matières dont le Tourneur fait ufage.
- On tâchera de décrire tous ces Inflruments par ordre, 8c chacun fuivant ^ l’ufage qu’on en doit faire fucceffivement.
- Article Premier,
- Des Scies d’acier en 'général,
- §. ï. Defcription d’une grande Scie non trempée, fervant a débiter le bois tendre jj» avec la maniéré de faire la monture en bois-pour cette Scie,
- N o u s commencerons par la Scie qu on nomme Scie a débiter , qui eft la Planche plus néceffaire, & qui eft repréièntée dans la figure 1, PL 13. Cette Scie eft compofée d’une lame d’acier non trempée, fi c eft pour des bois François ; fi c’eft pour des bois Etrangers & durs, ou pour l’ivoire, alors il faut une lame trempée ; cette lame doit avoir environ 2 pieds 8c demi de longueur > fur 2 pouces de largeur, & environ un tiers de ligne d’épaïiîeur, un peu plus mince du côté du dos que du côté des dents, pour qu’elle ne s’engage pas dans le trait, ce qu’on appelle donner de la voie. Cette lame, qu’on nomme un, feuillet de Scie, eft percée d’un trou à chaque bout, vers le milieu de fa largeur, afin de pouvoir l’arrêter dans les bras de la monture au moyen d’une goupille de fer.
- Pour bien choifir une lame de Scie, on la prend par les deux bouts entre les doigts pour la faire plier en forme d’arc, & fi elle forme un demi-cercle un peu furbaiffé vers le milieu , c’eft une preuve quelle eft bien faite ; car il faut quelle foit un peu plus épaifîè du milieu de fa longueur, & quelle aille un peu en aminciiTant vers les bouts en approchant de l’œil dans lequel pafîè la goupille ; cette épaiifeur fert à empêcher que la Scie ne s’engage & ne tienne
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- I. Section , Chap. VIL Des Scies & autres Injlruments, &c. 140
- dans le bois qu’on débite. On forme les dents de cette Scie avec une lime à trois quarres, que les Ouvriers nomment une lime - triangle ou tiers-point \ pour cet effet, on place le feuillet dans un étau entre deux petits bouts de planche mince , ou bien dans une encoche ou entaille de bois faite exprès pour cette opération. Voyez le Paragraphe IV , Article I, du Chapitre VI, page 72.
- Pour bien limer une Scie, on choifit une lime triangle d’une taille qui ne ïbit ni trop groffe ni trop fine ^ c’eft-à-dire , bâtarde ; on la tient bien droite * tant par rapport à la hauteur des deux bouts, qu’à fa direction de côté & d’autre ; car il faut qu’elle foit perpendiculaire au plan de la Scie. Il y a des Ouvriers qui veulent que la lime foit dirigée en allant tantôt à droite, 8c tantôt à gauche, ainfi quon le dira bientôt, en décrivant certaines Scies à main ; mais il vaut mieux que la lime foit pouffée bien droite en travers la Scie, parce que les dents préfentent moins de furface au bois qu’on veut fcier, & par confe-quent la Scie entre mieux lorfqu’on lui a donné un peu de voie : elle éprouve moins de réfiftance, 8c par-là on la trouve plus facile à mener : au contraire , lorfque la lime a été pouffée obliquement, tant à droite qu’à gauche, alternativement , le devant de la dent étant de biais, préfente une plus grande furface au bois, par conféquent on éprouve plus de réfiftance en la pouffant ; d’ailleurs l’obliquité de ces dents tend à les faire écarter l’une de l’autre , & à faire le trait plus épais , cela fait encore fauter la Scie, 8c caufe un bruit infupportable, ce que les Ouvriers appellent faire brouter une Scie.
- Lorfque le feuillet eft denté d’un bout à l’autre , il s’agit d’y donner de la voie , en renverfant à droite 8c à gauche alternativement, toutes ces dents d’un côté 8c d’autre , d’environ la moitié de l’épaiffeur du feuillet ; pour cet effet, on prend un mauvais fer de rabot ab c, fig. r , PL 13 , auquel on fait plufieurs entailles des deux côtés, en ab, 8c toutes de différentesépaifîeurs, fuivant les différentes Scies auxquelles on veut donner de la voie : on fait ces entailles avec une lime à fendre ; 8c pour fe fervir de cet infirmaient, qu’on nomme un baille-voie, on engage la dent de la Scie dans l’une de ces entailles, puis on force un peu pour la renverfer, celle-ci, fuppofons, à droite, 8c la fuivante à gauche, alternativement & fuccefîivement de l’une à l’autre, obfervant de n’en point donner du tout aux douze premières 8c dernieres dents du feuillet, afin que la Scie ne s’engage pas dans fon trait, & ne tienne point proche d’un bout ni de l’autre. Cette opération de donner de la voie, fert à rendre le côté des dents de la Scie plus épais que le dos, parce que la route qu’elles tracent étant large, le corps & le dos du feuillet ne tiennent ni ne s’engagent point dans le trait, 8c la Scie ne tient point, & elle eft facile à mener. S'il arrivoit que la Scie étant montée , fît un trait dirigé de travers, foit à droite ou à gauche , il faudroit redreffer un peu de la voie qu’on auroit donnée un peu trop forte, du côté où le feuillet fe iaifferoit entraîner, 8c en donner un tant foit peu
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- 148 TOURNE U R MÉCANICIEN, I. Partie. plus aux dents du côté où il femble que la Scie fuit. Il eft à propos de donne r plus de voie aux feuillets épais qu’à ceux qui font plus minces, le tout à proportion de leur épaifleur & de la grofleur de leur denture. On doit auffi remarquer qu’on ne donne de la voie qu’aux feuillets qui ne font point trempés, à l’exception des Scies de rellbrt, qui fervent à foier du bois en petit, ou bien du laiton, alors on leur en donne très-peu, de crainte de rompre les dents en les renverfànt ; on doit obfèrver de plus de faire en forte que les dents d’une Scie penchent un peu vers le bout qui va en ayant, afin qu’elle prenne en la pouffant. On peut fe fervir pour cela d’une lime triangle, dont la taille des dents foit effacée for l’une des faces feulement. Voyez ce que je dis ci-après, §. V.
- Lorfqu’on veut relimer les dents d’une Scie, qui font émouflees par le travail ; comme il arrive quelquefois qu’il y a des dents plus baffes l’une que l’autre , on les égalit avec une lime bâtarde platte d’Angleterre > que l’on pafle, foi vaut fà longueur &fans manche, fur la pointe des dents, & qu’on fait glifler tout le long du feuillet, de maniéré que toutes les dents qui fe trouveront trop hautes, feront émouflees par la lime jufqu’à ce qu’elles affleurent les plus baffes ; ’enfuite on repafle la lime tiers-point pour reformer les dents que la lime platte avoir émouflees.
- Le feuillet ainfi difpofé, ôn fait la monture en bois ferme, liant, bien de fil & fans nœuds, tel que de frêne, de hêtre ou de charme. Cette monture eft compofee de deux bras épais d’un pouce un quart tout au plus , pour les Scies à débiter, & longs d’environ un pied 3 pouces, fans compter la poignée E, ceft-à-dire, depuis les dents du feuillet, jufqu’à l’extrémité G g du mantonnet où s’entortille la corde. On fait en H, dans le bras E g, une mortaife dans la* quelle on fait entrer le feuillet, que l’on goupille avec une broche de fer à l’autre bras G h : il ne faut que le refendre avec une Scie dans le milieu de fon épaifleur, 8c on fait cet enfourchement allez profond pour recevoir le feuillet de toute fà largeur ; on le goupille comme l’autre avec une broche de fer : on a foin de placer les trous de ces goupilles le plus près de H h qu’il eft poflible , afin que le bois des bras ne s’éclatte & ne fe fende pas en bandant la Scie avec la corde. Un peu plus haut que le milieu des bras, d’environ un demi-pouce en C D, on fait une entaille en biais, afin que cela y forme un mantonnet, fur lequel la traverfè F, qu’on appelle le fommier, s’appuie ; mais il ne faut pas que cette entaille foit faite tout en travers de i’épaifleur du bras, il n’en faut prendre que le tiers de chaque côté pour faire l’entaille , & réferver une languette au milieu de cette épaifleur , & l’on fait un petit enfourchement à chaque bout de ce fommier, pour recevoir cette languette qui l’empêche de glifler de côté, & en même temps ne pas affbiblir les milieux des bras. Il y a des Ouvriers qui font une mortaife & des tenons en place des embrevements & des en-fourchements que je viens de décrire, mais cet aflemblage eft vicieux , & il eft la caufe que fouvent les bras caflent en cet endroit. On yoit bien la maniéré
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- I. Section, Chap. VIL Des Scies Sc autres Infiruments, &c. 149 de mettre la corde par plufieurs tours d’un bras à l’autre ; Sc lorfqu'ii y en a en. : viron fix, on pafle entre ces cordes le garot I, qui fert à bander la Scie , & dont le bout repofe fur le fommier en F, foit à côté, foit dans une petite mor-taife que l'on fait en deflus au milieu de Ion épailîeur, Sc dans laquelle entre le bout du garot. On arrondit la poignée F, pour quelle ne bielle pas la main en travaillant ; on abat auffi les arêtes de tout l'extérieur des bras «Sc du fommier, pour rendre la Scie plus aifée à manier,
- & * •
- t §. IL Defcription cTune autre Scie, quon nomme Scie tournante ;
- ? ou Scie à chantourner.
- La Figure 2 de la Planche 13, repréfènte une autre Scie qui eft tournante , ou Scie à chantourner ; elle eft faite de la même maniéré que la premiers, à la réferve que le feuillet a la liberté de fe tourner en tous fens, d'où elle prend le nom de Scie tournante ou a chantourner. On en fait de toutes grandeurs, fui-vant les ouvrages qu'on veut chantourner ou découper dans une planche , foit en bois ou en cuivre, comme nous verrons ci-après. Celle-ci a un pied de longueur de F en F; le feuillet eft fort étroit, afin qu'il tourne facilement dans tous les contours de l'ouvrage. On fait la denture un peu plus line : on lui donne un peu de 'voie-, Sc en travaillant on a encore foin de la grailler avec du fuif.
- Une autre différence de cette Scie avec la précédente, eft qu’elle eft tournante en cette maniéré: on réferve aux bouts des bras, en DD feulement, alfez a épaifleur,* afin d'y faire un trou de vilbrequin tout à travers : dans l'un on enfile un boutojj de bois tourné, dont le tourillon rond y entre jufte Sc y tourne avec frottement ; ce tourillon eft fendu fur fa longueur , afin d'y enchâlfer la lame ou feuillet de la Scie, que l'on goupille enfuite avec une petite broche de fil de fer de grolfeur convenable. L'autre bout de ce feuillet eft reçu & enchâlfé de la même maniéré que le premier dans le tourillon du manche C, qui fert de poignée pour tenir la Scie. Ce bouton Sc ce manche doivent être faits de bois dur, tel que de buis, de cormier ou de cornouillier. Il y a des Scies où l'on met ces tourïL Ions en fer; mais elles n'ont point de manche C, Sc on les tient par le bras pour s'en fervir. On fait auffi des tourillons en cuivre pour des Scies de moyenne grandeur: ils coûtent peu, font très-faciles à faire 9 & bien plus folides que ceux de bois. Voici la maniéré de les faire.
- La Figure 20 , PL r 3 , repréfente un de ces tourillons de cuivre ; A B9 marque fa longueur ; C E , le diamètre de fa tige ; D, eft le profil de l’embafe ou chaperon, qui eft tourné de même que la tige , depuis l’arrafement D d9 juf-qu’à l'extrémité B 9 qui eft arrondie par le bout, Sc refendue fur fa longueur J comme on le voit en b ; & c’eft dans cette fente que l'on place le feuillet de la Scie à chantourner. On l'y fixe au moyen d'une goupille de fer qui palfe tout à travers, comme on voit en B. Au haut de ce tourillon A, eft une elpece de Tourneur , /. Part, /» Secl> P 2
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- iyo TOURNEUR MÊ CANICIE N, I. Partie. cylindre dont les deux bouts font arrondis comme on le voit en fg, & a en Planche marque le diainetre.
- Pour faire ce tourillon, on commence par faire un modèle en bois un peu plus, gros de l’épaiflèur d’une carte dans toute fon étendue, afin d’avoir de quoi lé travailler au fortir de la fonte , car une piece perd de là grolîeur en refroidit* font ; enfuite on la tourne depuis le bout B, jufques & y compris Ion embalè D, ce qui lui fait encore perdre de fa groffeur. Pour ce qui eft de la traverfo fg, on la finit avec des limes ; la fente b fe fait avec une fcie convenable pour l’épaiflèur du feuillet. On fe fouviendra qu’on ne fait point de manche à ces fortes de tourillons , & qu’ils font tous deux femblables, comme on l’a déjà dit. On obfervera de plus que la figure 20 eft faite for une dimenfion quadruple de la grandeur qu’il faudroit pour aflortir avec la figure 2, afin de rendre toutes les parties de ce tourillon plus fonfibles & plus faciles à entendre ; Sc la figure comprife fous les lettres A ,B 9E, repréfonte ce tourillon vu de face, & la tête f g vue fur fo longueur ; l’autre figure a b c, eft le même tourillon vu du côté de la fente b, Sc l’on voit cette tête par le bout du cylindre a.
- L’ufoge de cette Scie eft de pouvoir chantourner ou découper toutes fortes de contours qu’on a tracés fur une planche ; pour cet effet on tourne le tourillon Z? & le manche C* d’un quart de cercle ; alors le feuillet de la Scie fe préfonte de côté, & l’on peut refendre une tringle ou réglet le long d’une planche fons que le fommier y touche Sc incommode l’Artifte : on voit bien qu’on peut la tourner de tous les côtés, plus ou moins * luivant le befoin : le refte de cette monture eft tout à l’ordinaire, proportionsgardées. Voyez la defcription de la monture, §. I, de cet Article.
- §. III. Defcription d’une autre efpece de Scie, quon nomme Scie à refendre,* parce qu elles fett a refendre le bois fuivant fa longueur.
- Les Tourneurs fo fervent encore d’une autre elpece de Scie qu’on nomme Planche £c[e ^ refendre. Voyez la Planche 31, fig. y, vignette. La monture de cette Scie eft une efpece de chaflis parallélogramme, compofé de deux montants, qu’on appelle les bras de la Scie ; ils ont à chacun de leurs bouts un tenon qui reçoit la mortaifo de chaque bout des deux traverfos qui font au haut, Sc au bas de la Scie : ce font ces quatre pièces qui forment le chaflis dont on vient de parler. Avant d’avoir aflèmblé ce chaflis, on enfile chaque traverfe dans l’entaille d’un coulant de bois, où font fixés les deux bouts du feuillet ; les bouts de ces coulants, du côté de l’intérieur, font refendus de l’épaiiïèur de la Scie ; Sc c eft dans cette fente que l’on goupille la lame avec une broche de fer, comme on a fait à la première Scie. Le feuillet ainfi fixé, doit avoir fon plan & fà denture perpendiculaires au plan du chaflis, comme on voit dans la figure y, qui repréfente un Ouvrier, qui, après avoir arrêté une piece de bois fur le bout de
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- I. Section, Chap. VII. Des Scies SC autres Inftrutnents3 &c. ïÿt Tétabli de Menuifier, au moyen du valet de fer, s’occupe à le refendre félon plufieurs traits parallèles 8c courbes, comme on peut voir fur la figure $, PL T3 ^ qui repréfente une tronce de barres toutes refendues, pour faire des dofo fiers de chaifes. A fait la longueur de deux barres de doffiers de chaifes qui font tracés fur la figure , où il eft aifé de voir que les diftances C A ou CB, font égales entr elles, 8c que chacune en particulier fait la longueur & la courbure des barres d’un dos de chaife ; & pour profiter du tronçon de bois, on ne le fait que de la longueur jufte de deux barres : on refend depuis le bout B jufqu’au milieu CD, 8c Ton recommence par l’autre bout A9 jufqua ce même milieu, en prenant garde de laiffer un petit intervalle d’environ 3 lignes, entre les barres du bout A 8c de l’autre B, de maniéré que lorlqu’on coupe en travers foi van t le trait CD, toutes les barres fe détachent les unes des autres. Cette méthode eft la plus ufitée. On fo fert pour les tracer d’une barre de bois cintrée & planée toute unie fans être feftonnée, qu’on pofo de champ fur le tronçon, & dont on marque la courbure avec de la pierre noire , qui eft une efpece de crayon noir à l’ulàge de prefque tous les Artiftes en forts ouvrages. Si le feuillet de la Scie à refendre avoir plus d’un pouce de large", on ne pourroit pas foivre facilement des traits courbes, comme font ceux CA,CB. •
- On tend le feuillet de cette Scie au moy en d’un coin placé dans le coulant, au-deflus 8c en travers de la barre d’en-haut du chaffis de la Scie , 8c par confisquent la direéKon de ce coin eft dans le même plan que celui du feuillet.
- Je n’en dirai pas davantage, pour ne pas trop m’étendre for cette efpece de Scie ; ceux qui voudront en fiivoir davantage, pourront confolter l’Art du Menuifier, fait par M. Roubo , 8c publié par l’Académie Royale des Sciences * I. Section ; ou bien ils verront chez le premier Menuifier une Scie à refendre , l’établi 8c le valet qui tient l’ouvrage delfos.
- §. IV. Defcription cCune Scie dont feuillet eft trempé ; & la maniéré de faire fa
- monture en bois, ou bien de la monter dans un arçon de fer fimple a Vordinaire.
- Ceux qui travaillent les bois des Indes, l’ivoire , les os, le coco, &c, fe fervent de Scies dont les feuillets font trempés. On en monte en bois, comme la Scie qu’on a premièrement décrite au Paragraphe I. de cet Article ; alors elles ne different que par le feuillet ; d’autres les montent dans un arçon de fer. Voy. PL 13 ,fig. 19. Cette feuille a a pieds de longueur en tout, 8c doit être plus épaifle de moitié du côté des dents que du côté G, qu’on nomme le dos du feuillet, afin que la denture ayant fait un trait plus large, le dos y paffe très-facilement , 8c que la Scie ne tienne pas & ne s’engage pas dans la matière qu’on veut débiter.
- On doit aufli faire attention qu’il faut que ce feuillet foit un peu plus épais au tiers de fa longueur en H, & vienne un peu en aminciflànt vers A, pouf
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- ip TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie. faciliter quand on pouffe la Scie. L’arçon CD E, doit être de bon fer, doux j battu à froid après qu’il a été forgé, afin qu’il foie plus roide. La queue ou la foie qui entre dans le manche, doit être un peu courbée en en-bas, en venant du côté du feuillet ; 8c le manche F doit être de bois, & aulli un peu courbe , afin que le point / du manche, & les goupilles A 8c B y fe trouvent en ligne droite , c’eft-à-dire , dans la même ligne, attendu que le bras C eft plus court que le bras E. On ne doit pas oublier de mettre une virole de fer ou de cuivre au manche de cette Scie , afin qu’il ne fè fende pas en travaillant : on doit auffi le faire un peu méplat de chaque côté, afin qu’il tienne bien dans la main.
- Il relie à dire la maniéré de bien tendre ou bander cette Scie ; pour cela on fait-enforte que la fente B E du bras de devant, aille jufqu’à E y ce qui eft aifé en le faifant forger double : on commence par goupiller le feuillet dans le petit bras en A, où il fait l’effet d’une charnière ; on le place dans l’enfourche-ment du bras de l’arçon jufqu’en E y fùivant les lignes ponéluées ; enfùite on enfile la goupille dans le trou du feuillet, 8c en dehors du bras E : il faut avoir la précaution de faire cette goupille d’un demi-pouce trop longue de chaque côté ; enfuite on pince le bras E légèrement dans un étau, en tenant la Scie fèns'deflùs-deffous , c’eft-à-dire, les dents du feuillet en en-haut, & le dos D de Farçon en en-bas ; enfuite on prend un bout de fer d’environ trois-quarts de pouce en quarré, long d’environ un pied 8c demi ; on pafle le bout en travers entre l’arçon & le feuillet, à l’endroit marqué ny 8c l’on fait frapper par quelqu’un , avec un marteau , fur le côté de cette barre de fer, que l’on tient à la main par l’autre bout, de maniéré que les coups foient donnés très-proche de l’arçon , pour que le retentiflement ne fe faffe point fèntir dans la main qui tient la barre ; la goupille enfilée dans le feuillet, 8c repofànt par les deux bouts fur les mâchoires de l’étau, reçoit tous les coups de marteau, & par ce moyen glifle en dehors & le long du bras E y jufqu’à ce qu’elle tombe dans une entaille qu’on a faite avec la quarre d’une lime , en travers des deux joues de ce même bras E y qui * par fon obliquité, donne à ce feuillet toute la bande ou tenjîon dont il a befoin ; enfuite on coupe & on affleure cette goupille aux joues du bras de l’arçon E. J’ai monté plufieurs de ces fortes de Scies, & j’ai trouvé qu’il ctoit bien plus prompt & plus aifé de placer le feuillet, que d’en décrire la maniéré. .
- Il eft bon d’avertir que la plupart de ces feuillets de Scies trempées ou non trempées, fe fabriquent dans les Manufaélures d’Allemagne, & fe vendent chez les Marchands Quincailliers de toutes nos grandes villes de France, $ç à fort bon marché.
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- I., Section* Chat, VIL Des Scies & autres Inflruments , SCc. 153
- '§, V. Maniéré de limer & affiler les dents d'un feuillet de Scie trempée > & de préparer une lime a trois quarrespour cet ufage, <5 avec laquelle on peut reculer une dent à droite ou a gauche.
- I l faut à préfent enfeigner la maniéré de limer les dents de ces fortes de Scies trempées ; pour cet effet on les pince dans fencoche de bois avec le coin ^ comme on la dit ci-devant, PL 6,fig, 8, page 72 ; & on fefort d’une lime tiers-point d’Angleterre, dont la taille ne foit ni rude ni douce , mais bâtarde , la pouflânt lentement & ferme, mais point brufquement, car la lime s’é<-gréneroit.
- On fait les dents de ces Scies de moyenne groffeur, comme d’environ à deux lignes de diftance les unes des autres ; 8c pour qu’elles foient jufles entr’elles , ©n prend un petit régler de tôle , au bout duquel on fait trois ou quatre dents femblables à celles qu’on veut faire au feuillet, les plus égales qu’il eft poffible de faire, & on préfente ce calibre , qui fert de compas, pour vérifier les dents de la Scie à mefiire qu’on les lime, 8c avant de les avoir enfoncées, & oft recule la lime à droite ou à gauche, afin de former les dents autant juftes qu’il fo pourra.
- Pour faire cette opération facilement, j’ai imaginé de faire abattre la taille de lune des forfaces de cette lime-triangle dun bout à l’autre, en la faifànt émou-dre fur la meule d’un Gagne-petit, de maniéré que les derniers traits que la meule fait, foient en long de cette lime; enfuite ôn l’effuie bien, & on la graiffe avec un peu de bonne huile, je dis qu’il faut fécher l’eau ; Car fi on la faifoit émoudre fans eau, le frottement de la meule à fec détremperoit cette lime, ainfi que toutes fortes d’outils qu’il eft néceflàire de rémoudre à l’eau ; 8c il faut quelle foit bien dure pour mordre fur les feuillets trempés.
- II eft aile de concevoir l’ulàge de cette lime ainfi émoulue d’un côté ; car fi on a commencé une dent de la Scie trop proche de là voifine , on lui préfonte le côté uni de la lime qui recule en mordant par le côté où elle eft taillée, 8c par ce moyen recule les dents à droite ou à gauche , fuivant qu’il eft néceflàire , 8c on parvient à égalifor ces dents parfaitement 8c très-facilement.
- Ces fortes de limes à reculer font commodes, 8c d’une utilité prefque générale dans les ouvrages de Mécanique. J’enfoignerai dans la fuite à les faire do différentes formes, fuivant les ouvrages ; car nous aurons fouvent occafion de parler de ces forte s de limes à reculer.
- La denture du feuillet étant faite 8c égalie comme il vient d’être dit, il faut ôter le morfil en faifànt un petit chanfrein par derrière chaque dent, du côté qui regarde le manche F, 8c ce depuis le fond ou le pied de ces mêmes dents, jufqu’aux deux tiers de leur hauteur, 8c prenant bien garde de ne pas approcher Tourneur, 1. Paru L Secl> Q2
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- ij4 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- » de la pointe des dents, puifqu’il faut quelles foient plus épaifles que le dos de Pianche Scie , comme on a déjà dit.
- I J* ^
- Ce que j'ai dit d’ôter le morfîl ou la rebarbe des dents J doit s'exécuter lur les deux plans du feuillet ; car c'eft dans ce chanfrein du dos des dents, que fe loge la fciure d'ivoire, des bois durs , de l'écaille, de la corne, &c.
- La maniéré de donner le fil à ces Scies pour l'ivoire ou les os, Sec, confifte à prendre un vieux tiers-point d'Angleterre, ufé à force d'avoir ümé, & le faire émoudre fur la meule du Gagne-petit, à l'eau ; mais cette fois-ci les traits de la meule feront en travers de la lime, Se l'on fera efiàcer les reftes de la taille fur les trois faces de cette lime-triangle ; alors on pincera le feuillet dans un étau entre deux régies de bois, ou bien dans l’encoche à limer les Scies, Se Ton frottera rudement cette lime polie , fur le devant des dents, comme fi l’on vouloir en relever la pointe, afin d’y faire venir une petite bavure ou rebarbe de chaque côté, Se par ce moyen on facilitera le paflàge du feuillet dans les matières qu’on veut feier.
- Lorlqu’en travaillant, on lent que la Scie tient Se s'engage dans le trait, il faut relever Amplement la rebarbe des dents, comme on vient de l'enfeigner. On peut répéter cette pratique quatre, cinq ou fix fois fans limer la Scie, jufi qu'à ce qu'on voie que la denture eft trop moufle, c’eft-à-dire, ronde Se peu aiguë en dedans des dents ; on mouille le trait & le feuillet de la Scie avec de l'eau fraîche au moyen d'une éponge, quand on feie de l'ivoire, Se avec de la grailfe , fi c'eft du bois qu’on coupe.
- §. VI. Defcription d’une Scie dont l’arçon efl d’acier poli, SC dont on peut tendre
- la lame plus ou moins, a volonté\
- ************* La Figure I repréfente une Scie toute montée, dont l’arçon eft de fer ; & Planche pour être meilleur, il faut qu'il foit d'acier fans être trempé.
- ** Cet arçon A B C, eft d’une feule piece, à l'exception de la douille ou canon de fer H, qui y eft ajufté Se brafé 5 mais auparavant on ajufte à cette douille un fond de fer en H, qui entre dedans Se en bouche le bout. Ce fond eft percé d'un trou quarré au centre, pour recevoir la mouffle E, qui tient le feuillet de la Scie ; on fait à ce fond rond une petite entaille au-deflus 9 Se parallèlement à un des côtés du trou quarré, de l’épaifleuf de l'arçon, pour recevoir un petit bec ou épaulement réfervé au coude de l'arçon, où on le voit marqué a ; & le delîus C vient en adouciflànt le long de la douille de différentes maniérés , comme on le voitfig. y. On met aufli aux deux côtés de cette queue C> de dans l'angle qu'elle forme avec la douille, deux pièces de fil de fer d’environ une ligne de diamètre, qui, en même temps qu’elles donnent plus d’empattement à cet ajuftage, forment des moulures qui fervent d’enjolivement ; parce qu après que tout eft braie avec du laiton, on lime Se l’on polit le tout comme je l’enfeignerai dans la fuite.
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- I. Section* Chap. VII. Des Scies & autres Injlruments y &c. Iy y
- L’autre bout A de cet arçon, forme un œil rond extérieurement Fy & percé quarrément au centre 9 pour laiiler palier a travers la queue quarrée de l’autre mouffle D , dont le bout G taraudé, fe ville dans l’écrou hexagone 3. Les mouilles E, Dy font fendues fur leur épailïeur pour pincer les bouts de la lame qu’on y aflujettit au moyen des vis dont on voit les têtes au milieu. Lamoufflels, dont la queue quarrée entre dans le centre H de la douille, eft enfuite arrondie 8c taraudée un peu plus de la moitié de là longueur, comme on le voit féparément en eyiy /; cette queue II entre dans un trou percé au centre du manche de bois I K; ce manche a un tourillon O O yfig. 4, qui entre dans la douille Hy avec la liberté d’y tourner aifément, mais làns balottage. Le trou du centre du manche O K y eft traverfé d’une mortaife en /, pour recevoir un petit écrou d’acier /, qui traverle le manche d’outre en outre, qui eft percé & taraudé au milieu , & dans lequel le viflè la queue / de la mouffle fig. I. Cette vis / doit être d’acier non trempé ; car fi elle étoit de fer, les filets s’ulèroient trop vite. On tend ou on bande \e feuillet de la Scie plus ou moins , à volonté, en failant tourner le manche K comme fi l’on ferroit une vis.
- On fait ordinairement ces fortes de feuilles de Scie avec des bouts de reflort de pendule , que l’on choifit, comme on a dit, un peu plus forts vers le tiers de leur longueur, 8c fur-tout bien plus épais fur le devant, c’eft-à-dire, du côté des dents, que du côté du dos de la Scie.
- L’ufàge de cette Scie eft fort étendu ; il eft même bon d’en avoir de plufieurs grandeurs. On s’en fert pour fcier des bois durs , de l’ivoire , des os, de l’écaille; de la corne, & même des bois François, lorfqu’on fait de petits ouvrages ou l’on veut que la Scie perde peu de matière : elles font très-bonnes pour le cuivre & les autres métaux, obfervant de faire la denture plus fine lorfqu’on ne s’en fert que fur les métaux, comme on le dira dans la fuite. Ces fortes de Scies ont encore la propriété qu’en déviflànt les deux mouffles , & changeant d’un quart la pofition de leurs quarrés * alors le feuillet fe trouve placé perpendiculairement au plan de l’arçon de la Scie, de maniéré que l’on peut fcier un bande de laiton le long du bord d une planche de cuivre de telle longueur qu’elle foit, fans que l’arçon puifle y apporter aucun empêchement.
- §. VII. Defcription d'une autre efpece de Scie a découper ou chantourner de petits ouvrages, autrement dite Scie de marqueterie.
- L a Figure y, PL 14, repréfènte une autre Scie propre à découper, évider 8c chantourner de petits ouvrages en bois, cuivre, écaille, corne, ivoire 8c autres matières. Elle eft compofée d’un chaffis ou arçon A B CHy de 8 à 9 pouces de longueur, fur 6 à 7 pouces de profondeur, depuis le feuillet N ju£ qu’en B, plus ou moins, félon la grandeur des pièces qu’on veut découper. Cec arçon doit avoir 7^8 lignes de largeur, fur 2 lignes depaiffeur : il eft ajufté
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- 8c brafé à fa douille CH, comme le premier; la partie C de la douille; eft percée quarrémeat pour recevoir la mouffle ou mâchoire dont on parlera ci-après ; l’autre partie A de cet arçon, forme auffi un œil rond extérieurement, & percé quarrément au centre, comme à la Scie qu’on a déjà vue. Le quarré de la mouffle ou mâchoire D, paflànt à travers fa queue ronde & en vis G , reçoit l’écrou hexagone F, qui le tient fixe.
- Il refte à dire pourquoi j’appelle maintenant mâchoire, ce que je nommois mouffle tout à l’heure ; c’eft que la mouffle eft tout dune piece , & que la mâchoire efl: de deux morceaux d’acier taillés intérieurement en lime, afin de retenir les bouts du feuillet de la Scie, en les preflànt fortement avec les vis à têtes quarrées que l’on voit fur les joues des mâchoires, en fe fervant de la clef
- On voit le profil & toutes les pièces d’une de ces mâchoires, affèmblées dans la figure 6 ; CD eft d’une feule piece : cette mâchoire efl: taraudée pour recevoir la vis i, 2., dont le Collet rond & uni pâlie à travers la mâchoire rapportée F E, qui ferre le feuillet en enfilant le quarré J, dans la clef O P, fig.j, Comme on l’a dit. L’autre mâchoire efl: faite à peu-près comme celle-ci, & ne différé que par fa queue , qui efl: faite comme celle de la mouffle e% jig l. Le manche de bois qu’on a vu à la première, différé auffi de celui-ci, en ce qu’il efl: de deux pièces qui s’ajuftent l’une dans l’autre, comme on peut en juger par les lignes ponéluées qui font au manche de cette Scie, depuis L jufqu’en M’ Une partie de ce manche efl: d’une piece , & eft percé d’un bout à l’autre; fon tenon entre dans la douille depuis H jufqu’en C, & il y tient ferme fans pouvoir tourner. La partie L M de ce manche eft creufée intérieurement, pour laiffer entrer le tourillon cylindrique l m9 qui peut tourner jufte dans ce manche.
- Ce tourillon eft percé d’un bout à l’autre au centre ; la vis de la mâchoire E paffe à travers, & en même temps fe viffe dans un écrou d’acier placé dans la mortaife / du tourillon Imk, de maniéré qu’en tournant ce bouton k à droite ou à gauche, on tend ou détend la Scie à volonté.
- On appelle cette Scie une Scie de marqueterie, parce qu’elle fèrt à découper les pièces de marqueterie que les Ebéniftes appliquent fur leurs ouvrages. On Voit bien qu’en retournant les mâchoires d’un quart, on place le feuillet en travers, & perpendiculairement au plan de l’arçon, foit d’un fens ou de l’autre, fuivant le befoin.
- . Lorfqu’on veut découper une planche à jour, & quon ne veut pas entamer les bords de l’ouvrage, comme, par exemple, une roue que l’on veut évider entre les rayons, on y fait un trou ou une mortaife, par laquelle on enfile la lame, autrement dit le feuillet par un de fès bouts , en defîerant une des mâchoires ; quand il eft pâlie au travers de la planche, on relïèrre la vis, & on tend h feuillet par le bouton k du manche ; alors la Scie, qui eft fort étroite,
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- I. Section, Chap. VIL Des Scies & autres Infiruments, &c. ifj a la liberté de découper des cercles , & de décrire toutes fortes de lignes courbes à droite ou à gauche , foit en bois ou en cuivre * &c.
- On fait ces feuillets avec du reflort de pendule , que Ion coupe par petites bandes plus ou moins étroites, fuivant l’ouvrage , les faifant un peu plus larges fi c’eft pour du bois „ & la denture plus grofle; fi c’eft pour du cuivre , il faut les dents plus fines : un peu d’expérience déterminera aifément les dimen-fions qu’on doit leur donner. On en fait auflî avec du reflort de montre , & ces feuillets n’ont pas une demi-ligne de largeur, pour qu’ils fuivent aifément tous les contours de l’ouvrage.
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- §. VIII. Defcription d’une autre Scie tournante a reffort & à détente.
- L’a rçon de cette Scie eft à peu-près fait comme celui de la figure r, à la ïéferve que le corps ABC, qui eft auflî d’acier, eft formé en lame d’épée : voyez fa coupe en travers JT, fig. 8.
- A, C, repréfentent les deux têtes de l’arçon de cette Scie : elles font arrondies extérieurement, & percées chacune d’un trou de 8 lignes de diamètre , bien arrondi en dedans ; dans celui A, on enfile par dehors le cylindre Lyfig. 3, dont le chaperon P, taillé en huit parties, s’appuie extérieurement fur l’œil A ; l’autre cylindre M, entre jufte dans l’œil C de l’arçon ; Ion chaperon H, qui eft fait comme le premier, s’appuie auflî à l’extérieur du même œil C; là partie N eft agrandie intérieurement jufqu’à la ligne ponctuée ikf, pour recevoir le manche 0,0, fig. 4, qui eft percé au centre comme les autres, & dans lequel eft enchâffé un écrou en /, qui reçoit la vis i l de la mouffle E e, fig. I & fig. 2 : elle fert à tendre la Scie comme aux précédentes-.
- J’ai dit que ce chaperon étoit taillé en huit parties : on en voit le plan dans la figure 3, où chacune de ces entailles eft numérotée pour les reconnoî-tre, Il faut remarquer que les centres de ces cylindres X, il/, font percés quarrément, & c’eft dans leurs trous qu’on enfile les quarrés des mouffles D 8c E; on fixe la première D, au moyen d’un écrou hexagone qui reçoit la vis G; l’autre mouffle E, après avoir pafle à travers le centre du cylindre M, fe vifle dans l’écrou du manche de bois, & c, comme il a été dit ci-d evant.
- La defcription des encliquetages s’entendra en expliquant leurs effets. Les roues F, H, divifées en huit parties chacune , comme on a dit, & étant de la même piece que leurs cylindres L, M, tournent à frottement jufte dans les douilles de l’arçon A B C\ il s’agit d’enfeigner à les fixer par ftations à volonté en cette maniéré. On attache en dehors de chaque bras de l’arçon , au moyen d’une vis Q, un reflort P Q , d’acier trempé & revenu bleu : on a eu foin de réferver à ce reflort, proche de P, P, deux petites oreilles qui embraflent bien jufte l’arçon fur fon épaifleur, de maniéré que ce reflort ne peut vaciller à droite Tourneur , /. Part. /. Se cl. R 2
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- i58 tourneur mécanicien, i. partie.
- ni à gauche ; le bout d’en-bas du reflort eft aminci de maniéré à pouvoir entrer bien jufte dans chacune des huit entailles des chaperons F9 H: on voit ce reflort détaché dans la figure 9, qui le repréfente en perfpeétive ; X, eft le bec du refiort qui doit entrer dans les huit divilîons, & les fixer ; P9 font les oreilles qui embralfent le dehors des bras de l'arçon ; q , l’œil dans lequel pafle la vis V9 qui attache le reflort à l’arçon.
- La monture de fautre bout étant exaélement la même , n’a pas befoin d’ex-» plication ; j’y ai feulement repréfenté ce reflort en blanc , pour en faire fentir la pofition au fimple afpeéi. Il fuffit d’ajouter que les manches de ces Scies font ordinairement faits de bois fort dur, tel que les bois des Indes, ou d’ivoire.
- Ufage de cette Scie , & maniéré de s’en fervir*
- J e ne dirai rien du feuillet ni des deux moufles : ils font les mêmes qu à h figure r..
- Lorfqu’on veut faire tourner la roue divifée H 9 par exemple „ d’un demi-quart de tour, on pince entre le pouce & l’index de la main gauche 9 les oreilles P du reflort, & on le fait fbrtir d’une des divifions de la roue H9 en tirant ce reflort vers R. La roue étant libre , on fait tourner la moufle E de la Scie avec la main droite ; & lorfque l’entaille fe rencontre vis-à-vis du bec X du reflort, on le lâche 9 & ii s’engage dans cette diyifion. On fait la‘même operation à l’autre bout ; & en faifant faire à ces reflorts huit ftations, on a fait faire la révolution entiers au feuillet de la Scie.
- Cette Scie eft fort commode 9 très-folide, & légère dans la main ; là coupe,’ fg. 8, fait voir quelle eft très-roide, parce que la matière eft diftribuée aux endroits où tout l’effort du travail fe porte. La première que j’ai faite/étoit pour Sa Majefté Impériale de Ruflîeavec un Laboratoire de Tour complet, que j’ai eu l’honneur de lui envoyer.
- §. IX. Defcription d'une Scie a main ou Scie d'entrée,
- - I l nous refte encore à dire quelque chofo fur différentes autres Scies;
- A B E D „ fig. 3 , PL 1 r , repréfente une Scie qu’on appelle Scie a mainf Scie d'entrée ou Pajfe~par-tout ; cette Scie n’eft compofée que d’une lame d’acier non trempée , Sc d’une poignée de bois, à laquelle elle eft folidement attachée. Cette lame ou feuillet eft fort épaifle du côté des dents E, comme d’une ligne ou environ } & fort mince par le dos F9 qui a à peu-près un tiers de ligne : ii eft fort large au collet proche de C, & va toujours en diminuant jufqu’en D, afin de pouvoir s’introduire dans un trou rond qu’on veut rendre quarré, ou d’une autre forme : comme ce feuillet eft fort épais, on n eft pas obligé de renverfer les dents à droite & à gauche pour lui donner
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- ,1. Section, Chap. VIL Des Scies & autres Infiruments, ôc. 159 de la vole, comme aux Scies pour les bois tendres ; on a feulement attention , en limant les dents , de diriger la lime-triangle , dont on ne voit que la face qui eft en deflus, fuivant la ligne F G , fig. 5 ; enfuite à la dent qui fuit , on dirige la lime fuivant la ligne CE, ainfi de fuite de dent en dent, alternativement , prenant la direction de ces deux lignes d’un bout à l’autre, au moyen de quoi cette Scie ne fera pas fiijette à fe dévoyer à droite ou à gauche.
- On voit 9jlg. 3 , la forme du manche, qu’il faut faire d’un bois liant tel que le frêne, l’érable , le noyer, le hêtre : on fixe la lame dans un trait de foie approfondi jufqu’en I H. La partie de la lame qui tient au manche, eft auffi large que celle IH du "même manche, & remplit parfaitement la fente ; en-fuite on palfe à travers le tout deux clous, dont on voit la tête en e, & par-defîous on y met deux contre-rivures de tôle, de y à 6 lignes de diamètre, afin de pouvoir river folidement ces clous fur les contre-rivures.
- L’ouverture B fert à^pafler trois ou quatre doigts, & la partie A pofe dans le creux de la main.
- La Figure 4 fait voir la pente prefqu’infenfîble qu’on doit donner aux dents vers le bout de devant.
- Cette Scie eft fort commode en nombre d’occafions , à caufe de fbn peu de largeur.
- Il y a de femblables Scies dont le feuillet eft beaucoup plus mince : elles Ont à peu-près 7 pouces de largeur proche le Collet C, & vont en diminuant jufqu’à 3 pouces de largeur par le bout de devant : elles ont 2 pieds de longueur depuis le manche jufqu’au bout. Ces Scies font fort utiles dans certaines places gênantes.
- Lorfque les feuillets de Scies font étroits & minces, afin qu’elles puifîènt paffer dans un trou fans trop plier, on donne la pente aux dents à rebours, c’eft-à-dire, que la pointe penche du côté du manche, qui doit être droit, tourné & garni d’une virole : on conçoit aifément qu’une telle Scie ne coupe que lorfqu’on la retire à foi , & par ce moyen le feuillet eft toujours tendu pendant l’aélion, 8c ne peut fe faulTer*
- §. X. Defcripdon d’une autre efpece de Scie, qu’on nomme Scie à dofîîer.
- La Figure 6, PL il, repréfente une Scie qu’on nomme Scie à dojjien elle eft compofée d’un feuillet CD > fait avec un bout de reflbrt de pendule trempé Sc revenu bleu : on y fait des dents des deux côtés. Ce feuillet eft pris entre deux lames de fer A, E y retenues enfemble par quatre vis d’acier, dont on voit les têtes fur la lame E de ce dofîîer, à travers de laquelle elles paflent, ainfi que dans le feuillet CD, & enfuite vont fe viffer dans l’autre lame A, dont les trous font taraudés à cet effet ; le bout de la lame A eft prolongé vers F, & forme une queue qui entre dans le manche de bois B, auquel
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- ïtfo TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partis. on met une virole de fer ou de cuivre, pour empêcher qu’il ne fe fende en enfonçant la queue F du doffier. Au bas de cette lame A, qui, fur la figure , eft cenfée derrière loutil, eft un épaulement fur lequel vient repofer 8c affleurer la lame E , fur laquelle font les quatre vis. Il faut que cette Scie foit montée bien droite fur fon manche.
- La longueur du feuillet eft de 6 à 7 pouces ; û largeur d’un pouce un quart. Chaq ue lame du doffier doit avoir 4 lignes de largeur, fur une ligne & demie d’épaiiïeur, tout au plus.
- Ces fortes de Scies font très-utiles dans bien des cas, pour n’imprimer les traits qu’à une certaine profondeur ; c’eft pourquoi on a foin de faire les trous du feuillet de figure à peu-près ovale en travers, au moyen de quoi on approche ou l’on recule le doffier plus ou moins du côté C, ou du côté Z), à volonté.
- On a repréfenté au-deffiis de la figure 6, cette Scie dans Ion doffier a b cd> Vu par le bout ; c Z, eft le feuillet ; a b, eft le doffier ? on voit la tête de la vis en b.
- On fait des Scies de cette façon à plufieurs ufiges, comme on a déjà dit. On prend un morceau de reftbrt de pendule un peu épais, 8c trempé bien dur : on s’en fèrt pour fendre des têtes de vis en fer 8c en acier fort aifement, en y failànt des dents très-fines , 8c on a la facilité de changer àe feuillet tant qu’on le veut j & de les adapter tous l’un après l’autre dans le même doffier.
- On peut faire ce doffier en laiton ou cuivre bien forgé à froid , il fera plus aifé’à fabriquer.
- On fe fert auffi de ces Scies lorfqu’on fait des ouvrages en torfe en bois ffir le Tour à pointes , comme on l’enfeignera dans la fuite.
- §. XI. D'efeription d’une autre Scie quon nomme Scie à chevilles.
- D’apre’s ce qui vient d’être dit , on peut imaginer des Scies de bien des maniérés. Il en eft une allez utile lorfqu’on veut couper le bout d’une cheville qui palfe à travers & au milieu d’une planche : comme la monture en bois, ou l’arçon en fer qui portent le feuillet, empêchent la lame d’approcher à rafe de la planche ; dans ce cas on a recours à un inftrument fort fimple, qu’on appelle une Scie a cheville conftruite de cette maniéré : ,
- On prend un bout de planche d’un pied de longueur, 8c d’un pouce d’é-paiffeur, fur 2 pouces de largeur, que l’on chantourne comme AB, PL 11, fig. 11. Voyez l’Echelle de 2 pieds au bas de la Planche, pour les mefures. La partie D B, de y à 6 pouces de longueur, eft arrondie pour tenir à la main ; l’autre partie eft plate & quarrée, faite au rabot. On applique au-deftous de la partie C D> un bout de feuillet de Scie de 6 pouces de longueur, fur environ 2 pouces de largeur, & qui n eft denté que d’un côté, de maniéré qu’il déborde le bois de la moitié de fa largeur au moins, en allant de droite à gauche, comme on
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- I.Sect ion, Ch ap. VIL Des Scies autres Ihjlruments, &c. x6t Voit en Cd, où cette Scie, montée de fa poignée ou manche, eft vue par le bout ; h fait voir de combien ce feuillet déborde le bois a, auquel il eft attaché avec des petits clous d'épingle, ponétués au-deflùs de a.
- A la vue de cette figure, on conçoit aifément la forme de cette Scie : on voit que le manche B , échancré depuis Z), & qui va en relevant, eft fait ainfî afin de laiflfer pafter les doigts, & ne pas les blefter fur la planche où Ton opéré, en faifant aller Sc venir la Scie : le refte fe fait allez fentir.
- On fait encore de très-grandes Scies, telles que les Charpentiers s’en fervent pour couper ou débiter de gros troncs d'arbres. On en fait qui ont jufqu'à 4 à y pieds de longueur , montées en bois , de la même figure des Scies ordinaires , mais -fortes à proportion de leur grandeur.
- On fe fert aufli de feuilles de Scies de J à 6 pieds de longueur , fur 4 à ÿ pouces de largeur ; les dents font triangulaires, & diftantes d’un pouce & demi l’une de l'autre ; cet intervalle eft tout droit, & les dents font {aillantes comme fi elles étoient plantées fur le bord de cette lame de diftance en diftance : les bouts de cette feuille font armés d'une douille de fer, dans lefquelles on place deux manches de bois droits Sc tournés , que deux hommes tiennent à la main en tirant tour-à-tour. On appelle cette Scie un PaJJe-par-tout. On s'en fert pour couper de très-gros arbres ; & dans les bâtiments, des pierres de Saint-Leu & autres pierres tendres.
- - Obfervation fur les lames de Scie.
- Les lames de Scie telles qu elles nous viennent d'Allemagne, font quelquefois fort inégales d’épaiifeur. Voici comment on corrige ce défaut; on couche la lame fur un morceau de bois bien drelfé ; & avec une lime plate d'Angleterre , qu'on promene en biais, & comme les Ouvriers difenc, en fauchant, on efface les traits de droite à gauche, Sc de gauche à droite, en appuyant fur-tout vers le dos, qu'il eft bon de tenir plus mince. Quand un côté eft drelfé, on retourne la Scie, & on en fait autant fur l'autre. Lorfqu'une Scie a, par ce moyen , acquis fuffifamment de voie , elle ne doit pas s’engager dans le bois ou dans l’ivoire ; mais comme pour couper l'ivoire , on eft obligé de verfer de l'eau fur le trait, il arrive quelquefois que quand il eft nouvellement acheté , il fe coupe bien, & qu après qu'on l'a gardé quelque temps, la Scie s’engage, quoiqu'on y mette beaucoup d'eau : en voici la raifon. Cet ivoire gardé a un peu perdu de 1 eau qu il contenoit ; Sc quand en le fciant on y en met, les pores fe renflent & font tenir la Scie. Le fèul moyen, en pareil cas, eft de mettre un peu de grailfe, qu’on elfuie foigneufement aulïkôt que le trait eft M, de peur quelle ne jauniffe l’ivoire.
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- Tourneur, T. Part, I. Secl,
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- *6* TOURNEUR MÉCANICIEN, l Partie*
- Article Second;
- Maniéré de préparer les Bois pour les mettre fur le Tour 3 en faifant ufage de divers Inftruments 3 comme du Coûtre & de la Hache.
- Ç. I. Defcription d'un Coûtre propre à fendre le bois fuivantfa longueur & fon fil.
- Le bois étant fcié par tronçons de longueur convenable, en travers de fon Planche fil y avec la Scie à débiter, jfig. i, PL 13 , il s’agit de le fendre fuivant fon fil ou fes fibres ; pour cet effet on prend un Coûtre 9fig. 6 2 c’eft un infiniment tranchant qui eft fait d’acier entre deux fers, d’environ un pied de longueur, tout au plus, fur % pouces & demi de largeur, & un demi-pouce d’épaiflèur par le dos b ; b 9 c 3 en indiquent la hauteur ; c, en eft le tranchant : cette figure le repréfente vu par le bout B. A l'autre bout A 9 on forme un œil dans lequel on enfile le manche D9 le faifent entrer par en-bas en E9 où l’œil doit être plus large, & le manche plus menu vers D, pour faciliter l’entrée , car autrement il fe démancheroit aifément. .
- Voici comment on fe fert de cet infiniment. On pofe le tranchant fur le bout du tronçon de bois qu’on veut fendre, par préférence fur les fentes ou gerçures , s’il y en a , & l’on frappe fiir le dos comme il vient d’être dit. Si le bois n’eft pas de fil, & quil y ait des nœuds ou des louppes, enfin qu’il foit tortillard, il faut avoir recours à la Scie pour les débiter en long : c’eft ainfi qu’on en nfe lorfqu’on emploie des bois précieux ou de l’ivoire, afin d’en tirer un meilleur parti.
- §. IL Defcription de trois Haches de formes différentes, fervant pour préparer toutes fortes de Bois, ITvoire, la Corne, & autres matières.
- L e bois étant ainfi fendu par quartiers, il faut l’arrondir avec la Hache. Cet inftrument tranchant, compofé de fer & d’acier, eft connu de tout le monde ; mais il y en a de bien des fortes.
- A C P, fig* 7, PI• 13 9 eft une Hache de Tourneur vue du côté de la planche d’acier 1,2, qui fait fon tranchant. Cette Hache a une douille EP9 dans laquelle on fait entrer à force le manche de bois M. L’acier qui eft foudé en planche & à découvert de ce côté de la Hache / doit avoir un peu plus d’un pouce & demi de largeur ; le tranchant A C a. environ 6 pouces de longueur : il doit être bien net & bien fain , fans pailles ni gerçures ; tout le refte eft de fer limé à la groffe lime : a p c m, eft la même Hache vue par le dos. On doit remarquer que le tranchant a c va un peu de côté, que fon plan n’eft point parallèle à la direction de la douille , Sc que le manche de bois m eft un peu cambré en allant de gauche à droite ; c’eft ainfi qu’on le pratique pour donner paflàge libre
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- I. Section. Cnap. VII. Des Scies & autres Infifuments, &c. 165
- aux doigts entre le manche m, & les gros morceaux de bois qu’on veut hacher.
- Toute la partie A C E, qu’on appelle la planche, doit avoir environ 3 lignes d’épaiffeur en approchant de la douille, Sc vient en aminciflant jufqu’à 2 lignes près du tranchant, qui n eft formé que par un feul bifeau, & qui ne peut être vu dans cette figure , étant de l’autre côté.
- La maniéré de fe fervir de cette Hache eft aifée à concevoir ; au furplus voyez la figure 4, PL 31, vignette, qui repréfente un Ouvrier occupé à hacher du bois fur un billot de hauteur convenable.
- Dans des Laboratoires d’Amateurs, ce billot eft un gros tronc d’arbre de % pieds ou 2 pieds & demi de hauteur, fur environ un pied de diamètre ; & pour plus de propreté on tourne le corps de ce billot en forme d’un gros baluftre , en lui laiflant une bafe ou fbcle d’une hauteur raifbnnable , & par le bout une tête de 6 pouces de haut, toute unie * fur laquelle on appuie le bois qu’on ébauche ; on met par-deffous un rouleau de natte de paille, qui lui fert de couffin , afin de diminuer le bruit dans l’appartement où l’on travaille. On peut auffi teindre ce billot de telle couleur qu’on veut, & le polir fur le Tour, pour plus de propreté.
- Autre maniéré de faire les Haches.
- O n fait encore des Haches en façon de couperets , comme A ,C 9D > PL ^3 ifig* ^ 5 ta queue eft amincie comme celle d’un outil ordinaire, & on y met un manche de bois B, garni d’une virole de fer ou de cuivre, pour l’empêcher de s’éclater.
- L’acier, d’un pouce Sc demi de largeur, & de la longueur du tranchant A C, eft foudé en planche bien fàin & bien net, comme il a été dit ci-deyant; ’da9 fait voir le bout de cette Hache qui eft un peu évidé en b, proche du bifeau a : voyez la petite figure qui eft au-deffus delà figure 8. On appelle ces fortes de Haches, des Hachereaux.
- Autres ejpeces de Haches, nommées Hachettes.
- D n fait encore des Haches comme celle fig. $ 9 6k AC D h, repréfente vue du côté de fon bifeau A C ; toute ta tête & le corps de cette Hache font de fer: l’acier eft foudé en planche comme aux autres. La tête eft percée de E en F9 c’eft ce qui forme l’œil dans lequel on chaflè à force le manche de bois qui a été tourné , & qu’on applatit des deux côtés, afin de le rendre ovale pour qu’il ne tourne pas dans 1a main ; on l’affermit dans l’œil en y introduifant un coin de bois ou de fer par le bout F : voyez d a , qui repréfente cette Hache vue par le bout, & l’œil percé à jour.
- Planche
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- Planche
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- tS4 TOURNEUR MÊCANI CI EN I. Partie.
- Toutes ces différentes Haches doivent être de bon acier bien trempé , Sc revenu couleur d’or ; car on rencontre fou vent des nœuds dans les morceaux de bois: d’ailleurs l’ivoire eft très-dur, Sc on fe fert ordinairement des deux dernières efpeces de Haches pour l’ivoire , les os & les bois des Indes.
- Pour fendre de gros morceaux de bois , outré le Coûtre qu’on a décrit, on fe fort auflî de coins de fer & de bois ; je n’en donne ni la forme ni l’explication, ces inftruments font allez connus. Il eft bon de dire que dans ce cas on fe fert d’une malfe de fer telle que la repréfente la figure 3 , PL 13 : elle eft longue d’environ 3 pouces, fur un pouce & demi en quarré , les quatre arêtes un peu abattues, & les deux bouts A, B, un peu arrondis. Cette maffe eft percée dans Ion milieu d’un trou oblor^g qui forme l’œil, & c'eft dans cet œil qu’on enfonce le manche de bois D> à grands coups de maillet, & on y chaffe un coin de bois ou de fer en C, peur l’affermir. Nous aurons fujet de parler de cette mafle dans bien des occafions.
- Le meilleur bois pour les manches des Mafles, Marteaux & des Haches, c’eft le frêne de quartier, obfervant de mettre le côté du cœur du bois, du côté d’une des joues de l’œil de la Hache, Maffè ou Marteau ; & le côté de l’écorce du côté de l’autre joue, depuis E jufqu’en F, de maniéré qu’en regardant le bout de ce manche, il femble plufieurs lames de bois rangées à côté les unes des autres, & qui ne font effort que fur leur champ : en prenant ces précautions, les manches dureront plus long-temps.
- §. III. Defcription d'une Plane propre a unir le bois apres s'être Jervi de la Hache, & achever de le préparer pour le mettre fur le Tour.
- Après avoir préparé le bois avec la Hache s on l’unit avec la Plane, afin d’ôter toutes les inégalités que la Hache auroit laiflées. Cette Plane eft une elpece de couteau à deux manches, PL 13 , fig. 16, GE la repréfente vue par le deflus en perfpeélive, du côté de fon bifeau, & garnie de fes deux manches de bois ; ge> la repréfente vue par Ion tranchant : on voit qu elle eft: un peu cintrée dans là longueur, afin qu’on puiffe planer plus aifément les pièces plates. Cette Plane eft de fer par le dos , ainfi que par-deflus ; l’acier eft foudé par-deflous à plat ou en planche , trempé & revenu, comme les outils propres à travailler les bois , couleur de gorge de pigeon.
- Le manche E e eft de bois tourné, & garni d’une virole de fer ou de cuivre * pour empêcher qu’il ne fende. L’autre manche, qui eft à gauche , eft fait en poire un peu raccourcie. La queue ou foie qui entre dans le manche, eft coudée quarrément par deux fois ; f h fait voir le grand coude vu par le deflus de la Plane ; il m, fait voir le petit coude du côté du tranchant, de maniéré que le petit quarré i l reprélente le plan de la bafé n de la foie vue de face en raccourci; ces deux bouts tronqués font ainfi repréfentés, pour faciliter l’explication des
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- I. Sëctiou, Ch ap. VIL De la Selle & autres Inflruments » St Ci 165 différents coudes ou courbures de la queue de cette Plane. On voit le centre p de ce manche, au travers duquel on fait paffier ordinairement le bout de la foie , que Ton rive , afin quen fe fervant de la Plane, le manche ne fe détache pas. Lorfqu’on veut s’en fervir* l’Artifte s’affied à califourchon fur une efpece de banc fort bas, dont les Tourneurs font un très-fréquent ufàge.
- Planche
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- §. IV. Defcription d’une Selle qui fert a planer, & a percer
- & ajjembler l’ouvrage.
- T a Figure 4, PL 13 , repréfonte une efpece de banc qu’on nomme une Selle à planer 8c a ajjembler ; c’eft un morceau de bois de chêne de 5 pieds de longueur , fur 12 à 14 pouces de largeur, 8c fort épais, porté fur quatre pieds fort bas , R 9 Y9 X „ Z 9 qui entrent dans autant de trous ronds qu’on a percés dans le defïous de la Selle A B. L’Ouvrier a le vifàge tourné vers la tête H B, qui eft un gros morceau de bois tendre, tel que de l’aulne , & dont la queue forme un tenon plat qui pafïe dans une mortaife pratiquée à travers la Selle ; le haut forme une efpece de gradin, dont les marches font entaillées de différents fens* les unes perpendiculairement 8c peu profondes, pour recevoir le bout des pièces plates qu’on plane for leur rive ; le gradin plat reçoit les pièces qu’on plane à plat. D’autres gradins font entaillés horifontalement & verticalement en forme de petite cuiller * pour recevoir le bout d’un bâton. On fait encore de petites entailles perpendiculaires à côté de la ronde, enfin telles qu’on les voit dans la figure. Indépendamment du tenon qui fert à fixer la tête üf, elle s’appuie contre le fommier K, que l’on nomme auffi la traverfe, chevet ou arc~ boutant de la tête , 8c qui eft arrêtée au bout 8c en travers de la Selle, par deux forts goujons de bois fort dur 8c liant, tel que du frêne ou du cornouillier, qui n paflent perpendiculairement à travers le fommier 8c la Selle.
- Lorfque le bois qu’on veut planer, eft gros 8c long, on ne s’affied point fiut la Selle, mais on fo tient debout, & on place le bout du bois dans l’encoignure H K formée par le fommier 8c le côté de la tête de la Selle.
- 0 §. V. Defcription du Ventre a planer l’ouvrage.
- L’Ouvrier, eft obligé , en planant une piece de bois, d’en appuyer un bout contre fon eftomach ; 8c pour ne fe pas blefïèr , il a devant lui un tas ou petit billot de bois qu’on nomme Ventre.
- Ce Ventre eft une efpece de palette de bois de chêne, d’un pied de longueur , for 6 pouces de largeur, & de 4 lignes d’épaiffieur ou environ, PL 13 , fig. 10. Là partie fopérieure eft découpée de figure à peu-près ovale ,FI,fG ; fa partie inférieure FI, fk, eft faite à peu-près en demi-cercle ; & comme le Tourneur place ce Ventre devant lui, le cordon dé fon tablier pafTe de F en/',
- Tourneur , I. Part. I. Secl. T 2
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- 166 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- 8c par ce moyen le Ventre tient ferme. Au milieu de l’ovale on place un billot L y de bois tendre, rond, de 3 à 4 pouces de diamètre, fur environ 2 à 3 pouces d’épaiffeur, à bois de bout, & dans le centre duquel on a rapporté un tourillon l de bois dur, & qui entre ferme Sc jufte à frottement dans un trou qui êftau centre de l’ovale de ce Ventre ; on affleure le bout de ce tourillon par derrière, pour qu’il ne blelfe point l’Artiftç. Sur le plat de ce billot, on fait une entaille en croix très-peu profonde, qui fèrt à retenir les*pièces plates qu on veut planer, foit à plat, foit fur le champ. Voyez la PL 31 , vignette, fig. 3, où le Tourneur eft occupé à planer. Au-de flou s de la figure 10 , PL 13 , on voit le billot repréfenté en perfpeélive; /, eft le tenon ou tourillon qui entre dans le trou qui eft au milieu de ce billot. Les trous /, / , qui font au bas, dans le demi-cercle de ces Ventres, fervent pour les accrocher à la muraille quand on ne s’en fert pas.
- Un autre ufàge de la Selle, qu’on nomme auffî Selle a ajjembler3 c’eft de tenir l’ouvrage ferme au moyen de trois entailles /, D, D3 fig. 4, PL 13 , ce font trois efpeces de poupées de bois liant, tel que le frêne, qui entrent à tenons Sc mortaifes dans la Selle. Il faut que ce tenon foit à fleur de la face intérieure de ces poupées, qu’on nomme entailles, Sc que leur arrafèment foit au côté oppofé, Sc à l’extérieur des têtes de ces mêmes entailles, afin qu’elles ne le renverfent pas lorfqu’on les force en travaillant ; c’eft entre ces trois entailles que l’on arrête l’ouvrage qu’on veut percer, foit que les pièces foient rondes ou quarrées. Je fuppofe qu’on ait à percer les deux pieds de derrière d’une chaife E E F9 qui font tournés ; on a coutume de les cambrer, afin que le do£ fier de la chaife foit renverfé 3 Sc par conféquent plus commode, comme on le dira dans la fuite. Ces deux pieds étant donc placés entre les trois entailles D9 Dy /, on les fixe en cet état au moyen d’une cale de bois quarrée Sc droite L, Sc d’un coin auffi de bois C, que l’on chaife à force avec la malfe de fer AB, fig. 3 ; cette cale L doit être plus ou moins épaiffe, fuivant que l’ouvrage eft plus ou moins gros, Sc on place toujours le coin C du côté où il n’y a que la feule entaille I, qui doit par conféquent être plus grofle que les autres, afin que ces trois points de preffion entretiennent toujours le parallélifme entre les pièces qu’on veut percer. Sur la tête de l’entaille D, qui eft à droite ,*bn fait un 'trou évafé en forme de faliere, que l’on remplit de fuif, & dans lequel on plonge la mèche du vilbrequin de temps en temps , qui ne manque pas de s’échauffer en perçant, ce qui la rafraîchit, Sc facilite le frottement.
- On donne ordinairement à cette Selle 16 à jj pouces de hauteur, afin que le corps de l’Artifte courbé , & preflànt contre fon eftomach le vilbrequin pour le faire entrer plus vite, fe trouve plus en force.
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- I. Section Chap. VII. Maniéré de préparer les Bois , &C, 16j
- §. VI. Maniéré de préparer les Bois au Rabot SC à la Varlope.
- Il efl certains cas où on ne làuroit fe fervir de la Hache ni de la Plane, ' pour préparer le bois avant de le mettre furie Tour ; c’eft, par exemple , lorsqu’une piece abattue à pans en quelques endroits, demande des moulures faites au Tour en d’autres. Comme tous les procédés que nous aurions à décrire font amplement détaillés dans l’Art du Menuifier, décrit par M. Roubo, & dont nous avons déjà parlé, nous y renvoyons le Leéteur , & nous n’en parlerons qu’autant que l’ufàge qu’on fait de ces outils, a rapport à l’Art du Tourneur Mécanicien.
- La Varlope , fig. r , PL ry , efl: un inftrument ordinairement de bois de cor-rnier, ou d’autre bois dur Sc pelant. Il efl: compofé de trois parties ; favoir, d’un I>LANCÎ1E fût de bois qui, à proprement parler, efl: la Varlope même, d’un fer & d’un coin * fig. i , PL 15. Le fût A B a environ eaj pouces de longueur, fur 2 pouces 9 lignes d’épaiffeur & 4 pouces de hauteur au milieu; les deux bouts vont en diminuant d’environ 9 lignes ^ comme on le voit dans la figure.
- Ce fût efl percé d’une ouverture F, qu’on nomme lumière 3 dans laquelle fe place un fer D , d’environ 2 pouces de large, & qu’on arrête avec un coin de bois F. Ce fer efl incliné d’environ cinquante degrés vérs le bout B ; la lumière doit être très-étroite par-defïous, vers C ; car le fer n’ayant que 2 lignes ou 2 lignes Sc demi d’épaiflfeur, il ne faut qu’une bonne demi-ligne d’épaiffeur pour le paflàge du copeau. Le fer efl acéré à plat ou en planche , de maniéré que le bifeau ou le côté du dos de l’outil n’eft que de fer. On le trempe à l’ordinaire, comme les outils pour le bois dur; on \! affûte, en terme d’atelier, de maniéré que le tranchant foit bien droit, mais un peu arrondi fur les coins, pour éviter que la lumière ne s’engorge furie deflus de la Varlope. On réferve une poignée G , qui fert à tenir Sc pouffer cet outil de la main droite ; à l’autre bout on réferve encore une poignée H, dont le fommet efl roulé en volute, où l’on place la main gauche. Lorfque pour affûter le fer, on veut le retirer de fà place , on frappe modérément avec un marteau fur le bout de la Varlope en I; Sc pour le remettre en place, on renverfe la Varlope, & on avance le fer en hornoyant le plan inférieur, qui doit être très-bien drelfé , jufqu’à ce qu’on le voie fuffî-famment déborder ; enfuite on place le coin E, Sc on l’enfonce modérément avec un marteau.
- Le fer de la Varlope ne doit pas être affûté de trop court, car il ne coupe-roit pas bien, Sc ne feroit que grater ; il ne faut pas non plus qu’il foie affûte de trop long , car il trembleroit, Sc le taillant fe renyerferoic tout de fuite.
- La demnVarlope efl plus petite que la grande, d*environ 6 pouces; le fer efl un peu plus incliné, Sc doit être affûté en rond , parce qu’elle fert pour ébaucher le bois, & enfuite on repaffe la grande Varlope pour dreffer l’ouvrage. L’aélion de travailler avec les Varlopes, s’appelle corroyer le bois.
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- x6S TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Parti*. •
- Description de la Varlope a onglets*
- L a Figure i, PL iy, repréfente une Varlope à onglets ; le fer n’eft pas fi incliné qu’aux Varlopes ordinaires, & on fe 1ère de cet inftrument pour dreflèr les coupes des angles ou onglets des bordures de tableaux, d’où cet outil tire Ion nom# On s’en fert auffi pour dreflèr le bois de bout, ce qu’on appelle recaler le bois de bout. Ce fer s’affûte droit comme celui de la Varlope, un peu arrondi fur les coins. On donne très-peu de fer à cet outil, c’eft-à-dire, que le tranchant dé-; borde peu hors de la lumière C: AB, eft le fût; F> l’entrée de la lumière ; D, le haut du fer ; E, la tête du coin où l’on frappe avec le marteau pour fixer le fer ; 8c au contraire pour le faire fortir, on frappe avec le marteau fur le bout de derrière B.
- t? On fait cet outil ordinairement de bois de cormier, ou d’autre bois dur i il a environ un pied de longueur, fur un pouce trois quarts d epaiflèur, 8c deux pouces & demi de hauteur.
- Description d*un Rabot.
- ~v
- L a Figure 3, PL 1$ ; repréfente un Rabot : A B, en eft le fût, de 7 pou-tes & demi de longueur, fur un pouce 10 lignes d’épaiffeur, 8c 3 pouces moins 2 lignes de hauteur : il eft de même bois que les précédents. Le fer CD, qui eft en proportion de la grandeur du Rabot, eft retenu en fà place par le coin E, 8c eft moins incliné que ceux des autres efpeces de Rabots qu’on a déjà vus. On nomme cet outil un Rabot a replanir, parce qu’on s’en fert à applanir l’ouvrage. Le fer s’affûte bien droit, les coins un peu arrondis : on donne à cet outil très-peu de faillie hors du fût, afin qu’il faflè des copeaux fort minces ; H, repréfente ce fer vu par le dos ; /, fait voir le bifeau ; G, le fait voir du côté où il a de l’acier dans toute fa largeur, depuis le milieu O, juf-qu’en bas, où eft le tranchant N; Ken fait voir la rive ou l’épaiflèur.
- A la place de ce fer, & dans le même, ou dans un femblable Rabot, on place un autre fer cannelé L Af; cette cannelure eft faite du côté où eft l’acier , & parallèlement à la rive : il s’affûte comme l’autre fer, mais du côté du bifèau feulement, à caufe des cannelures, qui y forment de petites breches ou dents : auffi on dit un Rabot a dents, ou breté ou bretelé. On s’en fert fur les bois où il y a des nœuds ou des loupes, qu’on nomme bois tranchés ou de rebours, de maniéré qu’en pouflant ce Rabot diagonalement, 8c en croifànt les traits alternativement , l’ouvrage paroît être travaillé à la Râpe à bois. Les Ebéniftess’en fervent pour leurs placages, parce qu’outre qu’il ne fait jamais d’éclats, fes rayures prennent bien la colle.
- DeScription
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- 1/S e c ti o N j Chap. VII. Des Guiüaumes SC autres ïnftruïïieniï , &c. 16$
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- Description a un Guillaume.
- L a Figure 4 repréfente un Guillaume ; c eft une efpece de Rabot de même bois que les autres, qui a 16 à 17 pouces de longueur NO. Gn en fait de plufieurs épai'flèurs, depuis un bon pouce julqu’à 6 lignes, & même moins: il a 3 pouces & demi de hauteur. Sa lumière eft une mortaifè percée de haut-en-bas, mais moins obliquement que la lumière du Rabot, de maniéré que la di-reéüon du fer P Q , foit plus droite que celle de tous les autres outils ; l'épaif feur de cette mortaifè doit être d'un tiers de fépaiflèur du Guillaume : on y chafle un coin S Ty S t3 de pareil bois, Sc qui tient le fer en fà place. Ce fer eft fait en forme de pelle , fig. ÿ : p T q, eft ce même fer vu de côté ou fur fon^épaiffeur ; p U q, le repréfente vu par le dos ou du côté du bifèau ; Sc p X q , vu par devant ou du côté de l'acier : on voit que le fût eft entaillé en travers pour recevoir la palette du fer ; c’eft par le trou rond R, que fort le copeau : ce trou eft à chanfrein de chaque côté , pour vuider plus aifément. On ferre le coin en frappant avec le marteau fur là tête S, & on le delferre en frappant en relevant avec la pane ou tranche du même marteau dans l'entaille T t > pour faire forcir ce coin.
- Cet inftrument eft fort utile pour raboter dans le fond des coüliffes, comme entre deux moulures pour drefler des arrafements, autrement dit les reca* 1er ; par exemple, les arrafements des poupées de Tour * Sc c. comme on dira en fon lieu.
- Defcription d'un Feuillereu
- L a Figure y, PL iy , répréfente un Feuilleret; çet outil a la même lon^* gueur, la même épaifleur Sc la même hauteur que le Guillaume, à peu-près, mais la forme en eft différente, en ce qu’ôn l’a découpé Sc creufé en adoucit fant jufqu'en G, afin d y mettre le pouce de la main gauche, pendant que la main droite embralfe le derrière A. Il eft entaillé de côté obliquement, pout y placer le fer C, qui y eft retenu parle coin de bois E : la lumière Fn'eft pas percée à jour comme au Guillaume, mais elle eft faite en évalant en forme d’entonnoir , & c'eft par-là que fort le copeau : on frappe fur le haut du fer en C, pour faire fortir le tranchant L, plus ou moins > félon le befoin ; on le retire en frappant fous le mantonnet i/dece fer, avec la panne ou tranche du marteau. On voit en IK3 une feuillure à angle droit ou d'équerre dans toute la longueur de cet inftrument ; R K 3 eft la joue pendante qui fert à diriger le Feuilleret le long du morceau de bois qu'on a corroyé auparavant, Sc auquel on veut faire une feuillure. Le fer de cet outil eft quarré par le bout comme un cifeau : nous aurons occafion d'en parler dans la fuite. Je n’en parle ici que pour donner quelques connoiflànces de ces outils, qui appartiennent particuliérement à Tourneur , L Part. I. Secl, V 2
- Planche
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- Planche i <5.
- Vjo TOURNEUR MÉCANICIEN > I. Partie.
- P Art du Menuifier, aux perfonnes qui ne voudroient pas fe le procurer ; ceux qui voudront avoir de ces outils les notions les plus étendues, pourront çonfulter cet Ouvrage.
- Defcriptwn d’un Inftrument quon nomme Guimbarde ; & fes ufages,
- tant fur le bois que fur le cuivres
- La Figure 8 , PL 16 9 repréfente une Guimbarde ; c’eft une piece de bois * de hêtre ou de chêne, d’environ n pieds 8c demi de long, plus ou moins, félon la largeur dè l’ouvrage; on en a même plufieurs , parce que cet inftrument n eft pas cher. Sa bafe B C eft large d’environ 3 pouces & bien droite ; fa hauteur eft égale à fà largeur : on arrondit le deffus dans toute là longueur , pour qu’elle ne bleflè pas les mains en travaillant. On y fait plufieurs trous & entailles, clans lefquels on place le fer G/, que l’on fixe avec le coin de bois H, dans une entaille perpendiculaire du côté Q, 8c oblique de l’autre côté, parce qu’on place le fer GIS tantôt droit, & tantôt incliné, fuivant la dureté de la matière qu’on veut travailler ; les autres lumières K N9kn9 {ont percées de même, c’eft-à-dire, droites d’un côté , 8c obliques de l’autre , comme on voit dans la figure. On place fur la longueur de cet outil, deux manches de bois tournés 8c montés à vis E, F ; & quand on en a befbin, dans ceux O 9 P. Le fer GIS a environ 4 à 5 lignes d’épaifleur, 8c 6 à 7 de largeur ; il eft affûté à bifeau un peu obtus, parce qu’il doit un peu ratifier : l’acier eft fbudé à plat ou en planche fur le devant en I : il eft trempé un peu dur, félon les matières qu’on veut travailler. On place aufli alternativement un autre fer breté ou cannelé R q s , avec lequel on ébauche les bois durs ou de rebours, & on finit avec le fer uni. On fe fert auffi de la Guimbarde fur les métaux, comme on dira en fbn lieu*
- L’ufàge de la Guimbarde eft de ravaler le fond d!un ouvrage dont on veut réferver les bords , & où le Rabot ne fàuroit aller; car le plan inférieur pofànt fur les bords déjà bien drefles auparavant, on fait déborder le fer autant qu’on veut que le fond ait de profondeur, comme, par exemple, le fond des panneaux C, D 8c B, PL 33 9fig. cl & 3 , qui font des pieds d’établi de Tourneur. Je m’en fers avec beaucoup de fuccès pour drefler les rayons des roues de cuivre pour les Tours à roue, après que les bords ont été ébauchés fur le Tour : on eft afliiré, par ce moyen, de drefler parfaitement & promptement ces rayons,
- 8c dans le même plan de la circonférence. Elle fert encore à beaucoup d’autres ufàges , dont on parlera dans la fuite ; on obfervera feulement que pour travailler le bois, il faut que le fer foit incliné dans fa lumière ; mais pour les métaux, comtpe le cuivre, il faut qu’il foit tout droit.
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- I. Section, Chap. VII. Des Outils a moulures> &c.
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- $. VII. Defcription des Outils propres a pouffer des moulures droites
- de dlverfes formes.
- L a Figure 69 PL 15 , repréfente un outil propre à poufîèr une moulure , quon nomme Douclne ou Bouvement 3 for le* bois ; le fût A B eft de 8 à 9 pouces de longueur, d’un pouce ou un pouce & demi d’épaifleur, foivant la largeur du profil de la moulure ; on loge le fer CD H 9 dans une entaille faite par le côté, auffi profonde que le fer eft large, & d’une pente convenable pour que le fer coupe bien ; on affermit ce fer au moyen d’un coin de pareil bois E L. La lumière P eft faite en évalant, pour laifler fortir le copeau; IK B9 fait voir le profil & la joue de l’outil en perfpeélive ; LM, l kb ,fig* 10 , repréfente la coupe en travers de cet outil, & le profil jufte de la moulure ; B b, dans ces deux figures, repréfente la joue de l’outil qui fert à le guider le long de la piece de bois. La figure 7 eft le même outil vu du côté de la joue, & toutes les lettres de cette figure font les mêmes que les précédentes. Le fer de cet outil a été profilé à la lime avant de le tremper , afin qu’il reflemble parfaitement à la moulure du fût, fuivant le deffin qu’on s’eft propofé de foivre.
- Cette moulure eft fort en ufàge for les bords d’un cadre, c’eft pourquoi on en a de différentes largeurs.
- La Figure 8 , PL if , comprend , fous une accolade , trois autres coupes ou profils de différents outils à moulure ; le premier A> forme un quart de rond entre deux quarrés; le fécond B, que l’on nomme Mouchette9 eft creufé, & forme une baguette for l’ouvrage ; le troifieme C9 qui eft rond, eft l’inverfo du précédent: il fe nomme un Rabot rond, & fert à poufler des gorges creufes ; le refte du fût de ces outils eft fait comme celui de la figure 6: il n’y a de différence que la forme de la moulure. On a de ces outils de bien d’autres formes, mais les fûts font toujours faits de même. On trouve des fûts de Varlopes & de Rabots tout faits, de même que leurs fers „ chez les Marchands Quincaillers des grandes Villes.
- Planche
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- §. VIII. Defcription de differents Outils qui fervent à préparer le boit avant de le raboter ou de le tourner.
- Lorsque le bois qu’on veut préparer eft trop large, & que la Hache du Tourneur ne peut atteindre jufqu au milieu fans fe bleffer les doigts, comme au milieu d’une planche , alors on a recours au Fermoir ou au Cifeau. Ce font des outils de fer, longs de 8 à 9 pouces, for 2 de large, depuis leur bafe pu em-bafe Fy en terme d’Ouvrier, jufqu au tranchant.
- Le Fermoir A 9fig. r, PL 16, eft d’une forme quarrée, un peu applati par —-fa tige G ; & depuis la moitié de fa longueur jufqu au tranchant A> il va toujours Manche
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- 171 TOURNEXJ'R MÉCANICIEN, I. Partie.
- en aminciflànt ; mais il eft d'égale largeur dans fa partie plate : l’acier eft entre-deux fers, afin qu’il réfifte mieux aux grands efforts, & für les noeuds des bois durs. On affûte le Fermoir des deux côtés en venant à rien fans que les bifeaux foient marqués vifs ; & pour ne pas rendre trop minces les deux côtés d’un outil qui doit éprouver de grands efforts, on fait le bifeau comme aux autres inf-truments tranchants , & on lui fait gagner le plat de l’outil en arrondifiant. Le manche d’un Fermoir doit être de bois de frêne , de charme , ou de tout autre bois ferme & liant, d’environ y pouces de longueur ; il faut qu’il joigne bien fur l’embafe, fins quoi on rifqueroit de fauflèr la tige du Fermoir en frappant deffus avec le maillet de bois. On donne à ce manche la forme oétogone dans toute la longueur. Quant à la groffeur, il faut que la main puiffe l’empoigner facilement : B, repréfente ce même outil vu de côté ou fur le champ ; S1 la tige;/, l’embafe ; c, la foie quarrée qui entre dans le manche , dont le bout H doit être arrondi , afin que le coup de maillet porte fur le milieu.
- Le Cifeau D ,fig. 2 , ne différé du Fermoir, qu’en ce qu’il n’a qu’un bifeau , & par conféquent l’acier eft loudé à plat ou en planche ; du refte cet outil eft tout femblable au précédent ; E, fait voir le côté du taillant ; d, le côté du bifeau ; g y la tige ;jf, l’embafe ; r, la foie pour l’emmancher comme l’autre. Cet outil fert à recaler dans une mortaife ou fur le côté d’un tenon plat, en appliquant la planche E du côté de l’ouvrage ; & lorfqu’on ébauche du bois avec le Cifeau, il faut que le bifeau D d foit du côté du bois qu’on dégroflît ; car fi l’on mettoit le plat du taillant du côté du bois , en frappant fur le manche il en-rrercit trop avant, & on fe pinceroitles doigts entre le bois 8c le Cifeau.
- Lorfqu’on veut préparer le bois au Fermoir ou au Cifeau, il faut d’abord former deux feuillures parallèles fur les deux bords de la planche qu’on veut dé-groffir, en mettant deux réglés fur fes deux rives, puis bornoyer ces deux réglés pour voir fi le bois eft bien dégauchi ; s’il ne l’eft pas, on fonce avec le Feuib leret du côté des angles alternes, jufqu’à ce que le champ fupérieur des deux réglés ne fafle qu’un même plan ; alors on hache avec le Fermoir ou avec le Cifeau , pour enfuite achever de le drefler avec la demi-Varlope ou la Varlope ; après quoi on le tire d’épaifleur, en le marquant avec un Trufquin dont on a parlé à l’Article III. du Chapitre VI.
- On vend des Cifeaux de toutes les largeurs , depuis 3 lignes jufqu’à 2 pou-' çes 9 ainfi que des Fermoirs. Ces inftruments nous viennent d’Allemagne.
- Des Becs-d!'âne.
- L a Figure 3 repréfente un Bec-d'âne. Cet outil eft quarré méplat, long de 8 pouces environ, depuis fbn taillant A , jufqu’à fon embafè D ; la face AB eft couverte d acier foudé en le forgeant, & le dos eft de fer doux : le taillant eft plus large en A, & va en aminciflànt jufqu’en B ; le dosf eft auffi plus mince
- que
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- I. Section, Cmap. VIL Des Outils a moulures, SCc. 173
- que le taillant , afin quil ne tienne ou ne s’engage point en faifant une mortaife ; ~--
- a9 repréfente le taillant vu de cote ; b.y eft la tige auffi vue de côté, d, fern.. f*LANC bafe ; c , la foie quarrée qui doit entrer dans un manche du même bois & de mêmeTorme que les précédents ; f9 eft le dos du Bec-d’âne ; & fa * la COupe ou pente du bifeau.
- J’ai cru devoir placer ici la defcription d’un outil dont les Tourneurs en ouvrages communs fe fervent pour vuider les mortaifes qu’ils pratiquent fur l’épaif. feur des dofliers de chaifes, pour y placer les traverfes cintrées & façonnées
- qu’on y voit. Cet outil n’a pas le nom de Bec-d'âne, comme ceux à la fuite def-quels je le mets $ mais comm^ il a le même ufage, j’ai cru que ce feroit ici û place.
- La figure 14, Planche 13 repréfente un Couteau â mortaifes, dont les ~ Tourneurs fe fervent aux ufages qu’on vient de rapporter ^ en cette maniéré. Après avoir fait autant de trous de vilbrequin que la longueur de la mortaife peut le permettre * l’Ouvrier incife ces trous deux par deux avec le tranchant A E ; puis le retournant bout pour bout, il fe fert du crochet/*B 3 pour vuider le bois qui ne tient plus que par le fond , & qui étant fur fbn fil, s’éclate bientôt. Le plat du tranchant de ce crochet eft de toute la largeur des mortaifes > & enleve le bois comme feroit un Bec-d’âne * & même plus commodément , à caufe de la partie courbée qu’on y voit. Pour que cet outil ne s’engage pas dans la mortaife * on le tient un peu plus mince fur le derrière , à la façon des Becs-d’âne. L’acier eft fur le devant, à la partie B de ce Couteau ; mais au tranchant A , il eft entre deux fers ^ de façon que les deux bifeaux qu’on y, forme * ufant le fer , forment le tranchant tout d’acier.
- Le manche qu’on voit à cet outil eft de bois méplat Sc garni de deux viroles de fer ou de cuivre > mais il n’eft pas aifé à mettre en placera caufe du crocheté Les Ouvriers font forger l’outil tout droit en B ; puis ayant tourné & garni lê manche de fes deux viroles, on le donne-au Taillandier, qui le fait entrer à fa place, puis recourbe le bout & le trempe 9 ayant bien foin de ne pas brûler le manche. Cette méthode eft la plus ordinaire ; mais lorfqu’on veut avoir un outil monté plus proprement, comme le feu gâte toujours un tant foit peu le manche , on fait faire, limer, tremper & polir l’outil tel qu’il doit être , après quoi on y met le manche en bois, tel qu’on le veut : on le tourne, 011 le perce d’un bout à l’autre fur le Tour à lunette , comme on le verra dans la fuite : on y met des viroles de cuivre ou de fer poli ; en-fuite on agrandit' le trou en forme de mortaife de l’épaifleur de la queue de l’outil ; mais on fait cette mortaife plus large, afin que le bec B puille renfiler tout à travers ; enfeite on glifte fer le devant de cet outil une cale du même bois que le manche ; on la’ colle & on la chaffe à force dans ce manche, où, par ce moyen , le Couteau à mortaife eft affermi. D’autres le percent & tournent le manche comme il leur plaît, mais ils ne placent pas les viroles ; enfeite ils fendent ce manche feiyant fà longueur i Tourneur, L Part. I. Se ci» Xa
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- 174 TOURNEUR MÉCANICIEN, T. Partie. après quoi iis ie collent, la queue de l’outil étant dans fa place, & l’on fait entrer les viroles à l’endroit qu’on leur avoit préparé , bien entendu qu’on avoit enfilé la virole qui eft proche de E ayant de placer le manche; mais il faut pour cela choifir du bois qui foit bien de fil. Nous aurons fouvent befoin d’emmancher des outils dont les deux bouts font plus gros que le corps,
- La figure 15 repréfente une autre efpece de Couteau a mortaife 9 auffi à l’u-fage du Tourneur : fa tige principale A B, eft faite tout de même que l’autre ; à' l’exception que l’on a fait une queue au milieu de la longueur * de maniéré qu’il reftemble à peu-près à la lettre T ; cette queue fert à placer le manche de bois D , qui eft aufli garni d’une virole. Le tranchant A E eft fait tout comme celui du premier: il fert par le côté A , à couper les côtés des mortaifes$ & à les recaler en dedans fuivant leur longueur ; l’autre bout B fert aufti de Bec-d’âne à vuider les mortaifes. il faut avoir attention , en fe fervant de cet outil, que toujours l’un des tranchants eft le long du dedans du poignet ; c’eft pourquoi il faut prendre garde de fe bleffer : un peu d’habitude fait l’affaire.
- Je dois avertir que pour les ouvrages auxquels on emploie les Couteaux que je viens de décrire , les extrémités des mortaifes ne font point quarrées comme celles qu’on fait avec le Bec-d’âne de Menuifier, mais demi-rondes 9 comme la meche du vilbrequin les a formées* ' *
- Defcripdon d'une Gouge de Menuifier ou de Sculpteur*
- L a Figure 4 , PL 16, repréfente une Gouge qui n’eft propre que pour les Menuifiers ou les Sculpteurs : elle eft de fer d’un bout à l’autre, mais le dedans de la cannelhre eft acéré. Il eft bon d’avoir des Gouges de toutes les groflèurs. Il eft à remarquer qu’il y a des Gouges où l’acier eft foudé en dehors d’autres où il eft en dedans , & d’autres enfin où l’acier eft foudé entre deux fers. On affûte les premières entièrement en dedans, & le tranchant eft en dehors. On affûte les fécondés totalement en dehors, en forte que le tranchant eft en dedans: celles-ci fervent aux Tourneurs. Les dernieres ont le tranchant au milieu de leur épaiffeur , comme un Fermoir: on les affûte en dedans 8c en dehors. Elles fervent aux Sculpteurs. Le Tourneur Mécanicien fe fert dans certains cas des unes & des autres pour piufieurs opérations.
- Il eft bon d’avertir quon trouve de ces fortes d’outils, qui viennent d’Âlle* magne & d’Angleterre, chez tous les Quincaillers de nos grandes villes de France, & à très-bon marché.
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- I. Section, Chaf, VIL Des Outils a moulures y &c, ïj y
- §. IX. Defcription de VEntaille a recaler le bois de bout y tel que les onglets d’un cadre de tableau quarré y ou les joints de quelques autres coupes , ' a bois de bout.
- La Figure 9 repréfente un inftrument fervant à recaler le bois par les bouts ; foie quarrément ou d’équerre , ou bien en onglet ; c’eft un morceau de bois dur 8c ferme , d’environ 2 pieds de long , fur 3 pouces en quarré, bien corroyé & drefle en tous fens : on y fait une entaille dans le milieu de fa longueur C D E F9 8c une femblable GH de l'autre côté ; lesarrafements Fy D ou H, font faits d’équerre ou à angle droit; les autres C , E ou G, font faits en onglet, ou de 45 degrés. Les bouts A9 B y font entaillés fur les quatre fens en croix; comme on voit en IA E\ ces entailles fervent à tenir cet inftrument lorfqu’on s’en fert, en cette maniéré : on appuie l’entaille B fur la quarré de rétabli ^ & l’autre bout A contre l’eftomach, foit qu’on mette le plan C D en deffus, ou bien le plan AK ; par exemple , fi l’on veut recaler le bout du bois à l’équerre , c’eft le bout B qu’on pofe fur l’établi, 8c le bout A en en-haut ; au contraire, fi c’eft un onglet qu’on veut recaler, il faut mettre à la quarré de l’établi le bout A, & le bout B par en-haut ; enfuite on fait glifler le plan inférieur de la Varlope à onglets fur le plan CD ou G H avec la main droite * tandis qu’avec la gauche on tient ferme la piece le long de l’entaille CE* Si c’eft un onglet qu’on veut recaler , il faut que le fer de la Varlope coupe bien net,, 8c qu’il ait très-peu de fer hors de fà lumière ; fi, au contraire, on veut recaler le bout du bois quarrément , on tient l’Entaille bout pour bout, 8c on appuie l’ouvrage contre l’entaille DF on H. On fe fert de cet inftrument pour aflèmbler quatre morceaux de bois dont on veut faire un cadre rond ou.ovale qu’on veut tourner & dorer enfuite , afin qu’il ne fe déjette point ; d’autres joignent le bois des cadres pour peindre ou dorer, en coupe de bec de flûte. Voyez l’Art du Menuifier, par M. Roubo ; mais pour les ouvrages tournés & polis, ce dernier affemblage n’eft pas fi propre.
- §. X. Defcription d’un Rabot dont le corps ejl cylindrique dans toute fa longueur*
- La Figure 10 repréfente un Rabot, qui n’eft autre chofe qu’un cylindre de bois tourné de la grolïeur du trou qu’on veut drefler & agrandir. Je m’en fuis fervi très-utilement dans différents cas ; c’eft la néceflîté qui me l’a fait imaginer, 8c depuis long-temps j’en jouis fans regretter le temps qu’il m’a coûté à faire. i N P, fig» 13 , eft fon diamètre, qu’on peut varier félon le befoin ; CD, fgm 14, eft fa coupe en long fur fon axe, c’eft-à-dire, fuivant fon centre ; G K, le fer ; H, le coin de bois qui le retient ; /, eft l’évafement de la lumière par où fort le copeau ; L N Mp, fig. 13 , repréfente fa coupe en travers, à l’endroit
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- TOURNEUR MÉ CANI Cl E N, I. Partie. de la lumière : le tranchant M du fer, eft plus large que fa partie fupérieure L , 8c le coin eft fait d'un bois ferme & élaftique ou pliant, pour quil puiiTe fe prêter au refferrement de fes jambes’ pour entrer dans fi place ; enfuite de quoi il s'écarte pour laiiïèr plus de largeur à la lumière.
- §. XI. Defcription d'une P refie quon attache par le côté de l’établi du Menuijïerj & qui fert pour tenir le bois pendant qu’on le prépare pour le mettre furie Tour.
- rAB>fig. tï, meme Planche, repréfente une jumelle de Prefle qu'on attache à côté d'un établi de Menuifier : elle a environ 3 à 4 pieds de longueur, fur % pouces d'épaiiîeur , & 4 à f pouces de largeur ; on fait deux trous tout à travers, dans lesquels paflent toutes unies, fins taraudage, les vis de bois C D ou c d y fig. 12 ; les bouts des vis D, entrent dans un trou taraudé fur le côté, & dans le milieu de l'épaiffeur de l'établi PL 31, fig. y. L'écrou E G F eft taraudé , & tourne librement fur la vis ; le milieu de l'écrou G eft réfervé plus épais que les oreilles EFy ef9 fig. 11 & 12, afin que ces mêmes oreilles ne frottent point fur la jumelle AB. G E F, cDy fig. n, repréfentent la vis 8c l'écrou vus en perfpeélive ; 8c la figure 12 fait voir la même vis , ainfi que fon écrou de profil : /, repréfente le bout de la jumelle A B. C'eft un ufige reçu dans le defîin 8c dans la gravure que les bois vus par leur bout font marqué§ par deux lignes diagonales, telles qu'on les voit ici.
- Cette Preffe eft très-commode pour tenir des ouvrages qu'on ne peut pas mettre dans un étau ; le grand intervalle qu'il y a entre les deux trous où pafi fent les vis, donne la liberté d'y placer des pièces d'un grand diamètre : on voit aifément que le côté de l'établi forme un côté de cette Prelîè, 8c la jumelle A B fait le fécond. Qn aura occafion d'en parler fouvent dans la fuite de cet Ouvrage.
- ÀRTICLÏ
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- I, Section* Chap. VII. Des Outils propres a dégroffir touvrage* lyy
- Article Troisième,
- Defcription de différents Outils , qui, fans couper, ne laiffent pas de dégroffir & préparer Vouvrage pour le mettre au Tour.
- +
- §. I, Defcription d’une Ecouenne fervant h dêgroffir les forts ouvrages
- en bois durs & en ivoire.
- A B, fig» i, PL 17, repréfente une Ëcouénne. Cet outil eft long cfenvirott 7 pouces Sc demi, fur 2 pouces moins un quart de largeur : il eft dentelé en travers de Ion plan inférieur, qui eft repréfènté par la figure 2. A l’extrémité B , s’élève une queue D > recourbée fur elle-même , & garnie d’un manche de bois c, auquel on met une virole de fer ou de cuivre E. Cet outil eft de fer par le dos F) Sc d’acier du coté des dents feulement : il n’eft point trempé, SC s’affûte avec une lime ; après quoi on releve le fil avec un outil qu’on nomme Tourne fil B 9fig. 3 * dont la conftruélion eft fort fimple ; c’eft un morceau d’acier fin , de la forme qu’on voit fur la figure ; le tranchant P eft formé par la rencontre des deux bifeaux , comme le reprélènte d fur fon épaifleur : C D le fait .Voir en face du tranchant, qui n’eft pas très-vif, non plus que les bifeaux , qui font un peu arrondis. Cet outil eft trempé de tout fon dur fans recuit ; fon arête eft un peu arrondie : fa queue entre dans un manche de bois B, garni d’une virole de fer ou de cuivre H : on mouille le bout P du Tourne fil avec les levres, & pofant l’angle P, devant le bout /4 de l’Ecouenne* on releve le fil en frottant un peu fort ; enfuite on place le côté R du Tourne-fil, fur le bord de la première dent A, & on appuie en même temps le tranchant P le long du devant de la fécondé dent G /, de maniéré que le côté R du Tourne-fil , rabatte le morfil de la première dent A, en même temps que le tranchant Prélevé le morfil de la le<y>nde G/, & ainfi de fuite de dent en dent, jufqu’au bout.
- On fe fert de l’Ëcouenne pour drefter fi ivoire, le buis, tous les bois durs, le plomb , l’étain , Sec. Il n’eft pas néceiîâire d’affûter cette Ecouenne avec la lime tiers-point ou à trois quarres, chaque fois qu’elle ne coupe plus ; il fuffit de redonner le fil avec le Tourne-fil, au moins cinq à fix fois avant d’y pafler la lime.
- §. IL Defcription d'une Râpe a bois, & jon ufage•
- L a Figure 4 repréfen^ une Râpe à bois d’une forme demi-roride * eti terfrie d’atelier, vue par le côté plat. La figure 5 repréfente la même, vue par le dos ou côté demi-rond : on en voit àu-de(fus des deux figures la coupe en traverSi .Cet outil eft tout d’acier, d’environ un pied de longueur depuis l’arrafement Tourneur , L Part. I. Secî. v Y a
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- i78 ' TOURNEUR MÉCANICIEN, L Partie.
- A jufqu’au bouc B : on le dente avec un pointeau triangulaire , dont chaque coup releve une pointe qui râpe & diminue le bois ou l’ivoire.
- Ces Râpes nous viennent d’Allemagne ; mais les meilleures viennent d’Angleterre. Il en vient auffi de Saint-Etienne en Forez, mais elles ne font pas fi bonnes. On diftingue celles d’Angleterre, en ce qu’elles vont toujours en diminuant depuis A jufqu’en B ; au lieu que celles d’Allemagne confervent leur largeur depuis l’arrafement A , jufqu’à la moitié de la longueur C. Pour qu'elles foient bonnes * il faut qu’elles foient bien dures : c’eft ce que l’on connoît fi elles font nettes Sc blanches. Celles d’Allemagne font marquées d’un double W, d'un K , ou bien d’un treffle. Celles d’Angleterre font marquées IP, ou d’un nom de l’Entrepreneur de la Manufacture où elles fo font ; mais les Angloifes méritent la préférence. Les Quincailliers des grandes villes en vendent de toutes grandeurs & de bien des formes, car il y en a de demi-rondes, de plates, d’autres rondes ou en queue.de rat. On leur met à chacune un manche de bois ordinaire ou des Indes, que l’on garnit de viroles de fer ou de cuivre, pour s’en fervir plus commodément & plus sûrement.
- §. III. Defcription d’une Grêle fervant pour drejjer SC amincir les petits ouvrages
- en bois dur ou en ivoire.
- L a Figure 6 repréfonte une ^efpece d’Ecouenne qu’on nomme Grêle• Cet inftrument eft fait avec un morceau d’acier plat de 8 à ç pouces de long, fur 10 lignes ou un pouce de largeur, épais de 2 lignes, taillé avec une lime à trois quarres, comme l’Ecouene , mais les dents beaucoup plus fines. A B > repréfonte cette Grêle vue du côté des dents ; & C D, la fait voir for fon épaiffeur.: On peut s’abftenir de tremper cet outil ; on lui donne le fil avec le Tourne-fil , comme il a été enfeigné ci-devant.
- On fo fort de cet inftrument pour drefîèr l’ivoire, les bois durs, le plomb & Pétain,
- ; - Autre Grêle a queue recourbée,4
- La Figure 7 repréfonte une autre Grêle à peu-près fomblable à la précédente : elle n’en différé que parce que la queue B eft recourbée , afin que lorf qu’on :s’en fort for des morceaux larges & longs , les doigts puiffont paffer entre le manche de bois c9 & l’ouvrage fans fo bleffer. Celle-ci s’affûte avec la lime, & on lui donne le fil comme il vient d’être enfeigné. L’ufage en eft à peu-près le même.
- Autre Grêlette fervant pour travailler dans des trous quarrés.
- L a Figure 8 repréfente un autre outil du même genre que les précédents ; toute la différence eft qu’il eft quarré en tous fens,. & qu’il va en diminuant de Aqti B ; les denta en font plus fines: on l’affûte de même, & on lui donne auffi le fil On nomme cet inftrument Grêlette, à caufe de fa petiteflè, fans
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- I. Section, Chap. VIL Des Grêles & des Racloirs l &c. 179
- doute : il fert à rendre un trou quarré , ou à pouffer une couliffe. Nous en ferons ~~
- fbuvent ufàge dans la fuite. Planche
- 17.
- Defcription d'une autre Grêlette ronde par les côtes , & quon nomme
- Grêlette en dos de carpe.
- La Figure 9 repréfente une autre Grêlette plate, dont les dents font arrondies en dos de carpe \ AB , fait voir fa coupe en travers. Onl’affàte auffiavec la lime i on lui donne le fil comme aux autres ; toute la différence confifte en ce qu’il faut la tenir de la main gauche fur un morceau de bois cannelé, & toujours la balancer d’un demi-tour, quand on en forme les dents avec la lime-triangle ^ afin que les dents ne foient point à pans, mais rondes. Cet infiniment fert dans des coulifles creufées en gorge fur l’ivoire , les bois des Indes, &c.
- Autre petite Grêlette quarrée.
- La Figure ro repréfente une autre Grêlette plus étroite, plus courte & plus mince que les précédentes ; les dents font beaucoup plus fines, & elles vont en diminuant vers le bout, pour pouvoir entrer plus aifément : on les forme & on les affûte comme les autres.
- Deux autres Grêlettes de différentes largeurs SC epdiffeurs.
- Les Figures 11 & 12 repréfentent de très-petites Grêlettes. La figure ri efl égaie de largeur, Sc fert à former des rainures de poupées de Tour en l’air. La figure 12 efl: plus étroite & plus mince du bout ; c’eft pour équarrir le trou d’un ♦
- manche afin d’y ^faire entrer la queue plate d’un outil fans rifquer de le fendre*
- Elles s’affûtent de même que les précédentes. Tous ces inftruments fe font de bon acier, & fe trempent comme les outils à bois.
- §. IV. Defcription de différents Racloirs fervant a unir l'ouvrage.
- Le Racloir efl: un infiniment très-utile dans les ouvrages de Mécanique : il efl £======
- fi fimple & de fi peu de valeur , que tous les Ouvriers peuvent fe le procurer Pi>^che & s’en fervir pour unir leurs ouvrages, foit fur les bois tendres ou durs , fur l’ivoire, la corne, l’écaille, certains métaux même, & nombre d’aiitres fiibftan-ces que l’on unit parfaitement avec le Racloir. Cet infiniment peut fervir non-feulement for les ouvrages plans faits au Rabot, à la Râpe ou à l’Ecouene , mais il fert auffi pour bien unir des ouvrages plans faits fur le Tour, telle qu’une plate-forme d’Horlogerie, laquelle, fortant de pafferdeflous cet outil, n’a pas befoin d’être poncée, à moins qu on ne veuille la polir parfaitement. Nous y aurons dans la fuite recours en bien des occafiotis.
- La figure x , PL 18, repréfente un Racloir. tout monté & vu de face : il n’eft
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- i8o TOURNEUR MÉ CANICIEN, I. Partie* compofé que de deux parties ; favoir, fa lame d’acier E y 8c fa monture de bois A By qu’on nomme aufli. fa poignée ou fon manche.
- La lame doit être d’un acier bon & fin, trempé 8c revenu jaune : on voit qu’elle a la figure d’un reélangle : elle doit avoir une demi-ligne d’épaifleur dans toute fon étendue, bien limée & adoucie par les côtés. Il nous en vient de tous faits d’Allemagne, qu’on trouve chez les Quincailliers. D’autres prennent un morceau de lame de couteau , qu’ils forment fur la meule à volonté.
- La monture doit avoir 4 pouces de longueur tout au plus ; fa largeur par le bas C B y doit être fuivant la lame, & même un peu moins large , afin que celle-ci déborde un peu de chaque côté du bois. Cette monture porte 6 lignes d’épaifleur, 8c eft égale d’un bout à l’autre ; on la dégage un peu de chaque côté vers Dy en adouciiïement, pour qu’on la puifte faifir plus facilement : tous les angles font arrondis au pourtour ; le bas eft taillé en chanfrein de chaque côté en venant fur la lame : on en voit le profil dans la figure 1. Cette monture eft refendue en deux d’un trait de fcie, depuis le bas jufqu’en C, & c’eft dans cette fente qu’on loge la lame du Racloir, qu’on y fait entrer à force. On affûte cet inftrument tout debout, bien perpendiculairement au plan delà pierre à l’huile , fur laquelle on le pouffe fuivant la longueur de la pierre, 8c celle de la lame du Racloir, mais jamais en travers ; enfuite, pour lui bien donner le fil, on le pofè à plat fur l’établi ; puis prenant un marteau dont la panne foit dure & unie ,, on le pofe debout, la panne en travers du plat de cette lame , & on la fait couler depuis E jufqu’en F y en mouillant un peu avec les levres pour la faire gliffer: on en fait autant de l’autre côté, en retournant ce Racloir fur l’établi. Cette opération couche le fil ; enfuite il faut le relever en cette maniéré : on le laifle fur l’établi dans la même fituation ; on couche aufli le marteau tout à plat de côté, le tenant par le manche, la panne en travers 8c vis-à-vis le champ du Racloir ; alors on fait glifler le Racloir ou le marteau l’un contre l’autre, toujours un peu humides, en preffant un peu fort ; puis retournant ce Racloir fens-deflus-defîbus, on fait la même opération de l’autre côté. Le fil fe trouve bien relevé & en état de racler les bois les plus tendres comme les plus durs, même les métaux, excepté le fer 8c l’acier, qu’il faut couper vif, 8c non pas les racler.
- Lorfqu’on veut fe fervir du Racloir, il faut que l’ouvrage foit d’abord bien drelfé : on le tient debout à la main en le pouflant doucement un peu incliné en avant fur l’ouvrage , 8c en appuyant un peu ferme , & cependant point bruf* quement, en allégeant la main peu-à-peu pour le relever lorfqu’on eft obligé de reftèr en chemin de l’ouvrage à caufe de fa longueur. Pour ne pas faire d’ondes fur la longueur de l’ouvrage, il faut biaifer la lame tantôt à droite , tantôt à gauche', afin de croifer les traits de l’outil ; alors on fera des copeaux mince$ 8c frifés, & l’ouvrage s’unira à plaifir. Il eft bon d’arrondir un peu les angles E y Fy parce qu autrement ils feroient des traits en long qu’on auroit de la peine
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- I. Section, Chap. VU. Des Grattoirs ou RatiJJoires. i8r
- à atteindre. Lorfqu’à force de s'en fervir, il ne racle plus d'un côté ni d'autre, on lui redonne le fil avec la panne du marteau de temps *en temps, & on n’a Manche recours à la pierre à l’huile que lorfque les vives-arêtes font trop émouflees.
- La figure 3 eft un Racloir femblable , mais moins large ; car on en fait de plufieurs largeurs , depuis 4 pouces jufqu’à un demi-pouce. Ceux qui font fi étroits, font bons pour pafler entre deux moulures. On en fait aufli dont le bout eft cintré depuis e]uCquenf de différentes courbures foivant l’ouvrage. La monture fe fait en bon bois ferme & liant : on en monte aufîî en bois des Indes.
- Ces outils fervent à racler le fond d’une tabatière, afin d’unir les ondes circulaires du Tour, & difpofer l’ouvrage à recevoir le poli, comme on le dira dans la fuite.
- . ( ;
- : Lorfqu’on tourne du laiton, on ne fe fort que de Racloir de 2 pouces de laN s.
- geur, tout au plus. On en parlera dans la fuite , en enfoignant à tourner les métaux.
- §. V. Des Grattoirs ou Ratijjbires fervant à unir Vouvrage. "
- t k'4 figure 4 , PI. 18 , reprefente un Grattoir de forme ovale ; c’eft une lame d’acier trempée & recuite comme celle des Racloirs qu’on vient de décrire. Cette lame eft plus ou moins épailTe, fuivant qu’elle eft grande on petite. On 1 affûte à bifeau tout autour fur la meule St fur la pierre à l’huile, & on lui redonne le fil avec un outil d’acier rond , dur & poli , qu’on nomme un fufil à morfil ; & quand le tranchant eft ufé, on l’émoud à la meule, comme on l’a dit. Cet infiniment eft utile dans des parties cannelées & creufes, parce qu’il fert dans différentes courbes , à caufe qu’il eft ovale. On en a de plufieurs grandeurs & de diverfes formes, comme de quarrées, grains-d’orge & autres. On voit que ces outils fe font a bon marché , mais ils font très-utiles.
- On fait encore d’autres Grattoirs, tels que ceux qui font repréfentés dans les figures J & 6, PL 18. La figure ; repréfente un de ces Grattoirs, dont le taillant A eft quarré, tel que celui du Cifeau du Menuifier : il eft coudé d’équerre en B, & la tige B Cporte y pouces de longueur ; la queue entre dans le manche de bois C D, fait à l’ordinaire : on y met une virole c, de fer ou de cuivre ; le tranchant doit être de bon acier, tout à découvert en dedans depuis A jufqu au coude B : il doit etre bien trempé, revenu jaune ; on peut mettre ou fer fur le dos E de cet outil, dont tout le refte peut auffi être en fer.
- Son ufàge eft de gratter dans des endroits creux & profonds : on en voit un exemple dans la figure 7, PL 18 , où le taillant A du Grattoir A B , touche & peut gratter le fond d’une boîte ronde, quarrée , ou de telle autre forme qu’on voudra, tel que la figure DA E le repréfente en coupe ou en profil. Cet infiniment peut non-feulement gratter les bois durs, l’ivoire , l’écaille la nacre de perle, la corne; mais on peut encore s’en fervir fur l’or, l’argent le cuivre & autres matières, afin d’effacer les ondes des outilspréparer Tourneur, I. Part. I. Secl, „ ^
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- I8a TOURNEUR MÉCANICIEN. I. Partie.
- — l’ouvrage au poli. Ces forces d’outils fe font ordinairement avec de l’acier Planche ^Angleterre.
- La Figure 6 repréfente un de ces outils dont le bec eft en grain-d’orge de Tourneur. Voyez ci-après l’Article des Outils a Tourneur. On fait de ces Grattoirs à crochets de plufieurs formes Sc largeurs , fui van t les ouvrages auxquels on les deftine, Les plus larges ont à peu près un pouce, Sc les plus étroits n’ont que 2 lignes de largeur , mais leur courbure eft toujours la même. On en fait quelquefois dont le bzcA B , fig. $ , PL 18, eft beaucoup plus long , fuivant que la pièce où l’on travaille eft plus ou moins profonde.
- §. VI. Defcripdon d'une Pince propre a porter une éponge pour mouiller
- les métaux quon tourne.
- L a Figure 8 repréfente un infiniment qu on nomme un Porte-éponge, parce qu’il fert à porter une éponge qui humeéle les métaux qu’on tourne, afin d’empêcher que les outils qui s’échauffent en travaillant, ne fe détrempent.
- Le pied A B 3 eft formé d’un morceau de plomb rond & tourné, d’environ 4 pouces de diamètre, fur un pouce Sc demi d’épaifleur au centre : chacun y fait ' des moulures fuivant Ion goût. La tige CD eft de fer, ronde , unie & égale
- d’un bout à l’autre ; le bas de cette tige C eft ville dans le plomb. Le bras E F eft de bois : on y fait un trou rond , au travers duquel paffe la tige de fer CD, derrière laquelle on met une vis à tête à oreilles , autrement vis a poulet, qui fert à le fixer haut ou bas, fuivant le befoin ; le refte de ce bras eft quarré , & il va en diminuant jufqu’en F. En delfus de ce bras, font trois trous quar-rés F, G y Hy dans l’un defquels on place la queue quarrée de la Pince GIK L y tantôt fuivant la longueur de ce même bras , & tantôt en travers , à droite ou à gauche , fuivant le befoin. Cette Pince de fer eft compofee de deux pièces Sc d’un coulant L ; la principale piece G MIy eft entaillée à moitié d’épaiflèur en m, fig. p ; Sc au rafe de cette entaille, il y a une petite mor-taife m y fig. p, qui reçoit le petit tenon n3 fig. 10: le bout de ce tenon eft arrondi, afin qu’il n’empêche pas la Pince d’ouvrir ou fermer pour ferrer l’éponge ; alors le coulant quarré L, fig. 8 , étant pouffé de M en K, prefle les branches M1, LK; Sc faifant l’effet d’un porte-crayon , il pince dans les dents, l’éponge que l’Artifte peut approcher de fon ouvrage, fans que le mouvement du Tour puifle entraîner autre chofe que l’eau qui eft dans l’éponge ^ Sc qui rafraîchit l’outil. On parlera de cet inftrument en enfeignant la maniéré de tourner tous les métaux.
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- I. Section. Chap. VII. Du Pot a la Colle.
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- §. VII. Defcriptioti d'un Pot.cl la Colle-forte.
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- Planche
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- Un Tourneur, Sc fur-tout un Mécanicien, a louvent befoin de coller des pièces à fon ouvrage ; fouvent ce font des modèles qu'il eft obligé de faire lui-même , foie pour les donner au Fondeur , ou pour faire entendre fes idées à des Ouvriers, qui, fans cela, ne pourroient pas exécuter ces fortes d'ouvrages avec exaélitude. Il faut coller des pièces, foit pour les affembler, ou pour épaiflîr des bois trop minces, ou qu’on perdroit trop de temps à prendre dans une forte piece de bois. Dans tous ces différents cas, il faut avoir recours à la Colle-forte ; celle d’Angleterre eft la meilleure : il faut qu’elle foit transparente , d’une couleur rougeâtre , claire , vineufe, point bourbeufe : elle doit être fragile; & pour s’en lèrvir on la concafte, on la met tremper dans un vaif feau où il y a de l’eau claire, l’efpace de vingt-quatre heures; enftiite on coule l’eau par inclinailbn, & on fait fondre cette Colle ainfi imbibée devant un petit feu; mais comme on rifque de la brûler , il faut la fondre au bain-marie.
- La figure 11 repréfente un Pot à colle qu’on nomme Bain-marie ; c’eft une efpece de marmite de cuivre à trois pieds, dans laquelle plonge un poêlon auffi de cuivre , qui contient la colle ; ce poêlon eft, par le haut, jufte à l’orifice de la marmite, 8c s’appuie deflus au moyen d’un rebord qu’on y pratique pour cet ufàge. Le poêlon reprélenté à part, fig. 12, auquel on peut mettre une queue pour l’ôter quand on veut, va en diminuant par le bas , au lieu que la marmite va en élargiflànt. On a repréfenté , fig,. 1 r , par la ligne ponéluée IK, la place qu’il occupe dans la marmite: on en u(e ainfi pour qu’il baigne dans une plus grande quantité d’eau, & que la Colle n’éprouve pas immédiatement l’impreflion du feu , qui la feroit brûler : on remue la Colle de temps en temps, de peur qu’elle ne s’attache au fond, & l’on connoît qu’elle eft au point convenable, quand, étant entièrement fondue , il en coule de la fpatule avec laquelle on la remue, fept ou huit gouttes en filant ; s’il en tomboit davantage de fuite, elle feroit trop épaifle : au refte cette épaiffeur varie fuivant les ouvrages auxquels on l’emploie. En général, elle doit être plus claire pour coller des tenons, qui étant déjà juftes par eux-mêmes, feroient éclater les mortaifes fi la Colle étoit trop épaiffe ; mais quand on colle deux pièces à plat, elle doit être plus épaifle. Un peu d’ufàge aura bientôt appris le degré convenable. On étend cette Colle avec un pinceau de poil de fimglier, dont on voit le manche en L.
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- iS4 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- HHiiiuAUBUJMBfcm; l'l'iuw—s wr,. u
- CHAPITRE HUITIEME.
- Defcription de plujieurs fortes de Vilbrequlns à Vufage du Tourneur Mécanicien 9 SC de différents Injlruments qui y ont rapport.
- Le Vilbrequin eft un infiniment très-commode Sc fort en ulàge chez beaucoup d’Artiftes de différents talents; mais le Tourneur, Sc fur-tout le Mécanicien ^ ne peut fe paffer d’un infiniment fi utile ; il faut même qu’il en ait de plufieurs grandeurs, foit en bois, loit en fer ou acier : les uns fervent à percer les bois tendres ; les autres font très-bons pour percer promptement, même de fort gros trous , dans les corps les plus durs , tels que l’acier, le fer , le cuivre. On fe fert encore de cet infiniment pour agrandir un trou déjà fait, en fe fervant d’un Equarrifioir ou d’une Fraife , quand on veut faire un trou en cône, autrement dit en entonnoir , ou bien en fraifîire plate & cylindrique. Il fert auffi pour arrondir Sc drefler des têtes de vis de différentes formes. Je tâcherai de décrire tous les différents Vilbrequins dont un Tourneur Mécanicien doit faire ulàge , en commençant par le Vilbrequin tout en bois, tel que celui du Tourneur fim-ple en gros ouvrages, jufqffl ceux qui fervent aux ouvrages les plus recherchés, foit dans les Mécaniques, ou bien dans la fabrication des bijoux. J’enfei-gnerai aufîi la maniéré de les fabriquer tous, tels qu’ils loient, avec tous les Inftruments qui y ont rapport.
- f §. I. Defcription d'un Vilbrequin fimple dont le fut ejl de lois , a l’ufage d’un Tourneur ordinaire , avec la maniéré de tremper & recuire les meches.
- Les Figures 12 Sc ï3 , PL 13 , repréfentent un Vilbrequin de Tourneur, Planche II eft compofé de deux parties ; lavoir, de fon fût de bois C M O 9 Sc de
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- la meche d’acier Nn. Ce fût eft tout d’une piece , découpé à même une planche de bois ferme & liant, tel que du noyer -, du hêtre dur, du charme Sc du frêne * le cormier Sc l’alifier font encore très-bons pour cet ulàge. Ce fût CM O, eft lui-même confîdéré comme ayant trois parties, qui font le corps ou la tige O, Sc les deux branches M9 C9 qui ne lont point d’équerre avec le corps , afin que • la main ne touche point en dedans au bout de la branche, proche de C > quand on s’en fert. Ce corps doit être cylindrique dans toute fa hauteur, depuis 1 juf-quen 2 , afin de tourner plus aifément dans la main. L’autre branche M s’écarte auffi , afin de faire fymmétrie avec celle du haut. On rélèrve aux bouts de chacune de ces branches une tête quarrée cn9 plus épaifle que tout le relie du fût. Celle d en-haut C, eft percée perpendiculairement tout à travers, &c’eft dans
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- I* Section, Chap. VIIî. Des VUbrequins & autres Iiiflrtiments , &c. i8y ce trou qu’on enfonce letenon I du cône IL, qui fert de pivot au fût du Vii-^-— brequin. Le fommet de ce cône L , eft tronqué 8c arrondi en demi-boule , afin Manche qu’il tourne librement dans les creux de l’outil, qu’on nomme un Ventre a percer ; ce pivot doit être de buis ou de cornouiller, parce qu’il eft fujet à sufer fort vite. Le bas de l’autre tête P, eft arrondi en n, pour recevoir une virole ou cercle de fer ou de cuivre , qui empêche cette tête de fendre lorf-qu’on enfonce la patte plate n de la meche nNyfîg* y, PL 19 , où cette meche eft repréfentée vue en face de là cannelure, qui reffemble à celle d’une Gouge de Sculpteur ou de Menuifier, Jig. 4, PL 16 ; toute la différence confifte en c'e que la Gouge ne coupe point par les côtés , & que la meche du Vilbrequin doit avoir les côtés bien tranchants, & même on les aiguife pour qu’ils coupent mieux. Il faut que cette cannelure (bit bien ronde 8c unie par dedans ; le bout en eft relevé en forme de cuiller fphérique corrompue, & dont le bec doit s’allonger un peu fur la droite, vers N9fig. y , PL 19. J’enfèignerai dans la fuite à relever ce bec lorfqu’il vient à fe cafter en travaillant. O11 nomme ce bec la mouche de la meche : la partie creufe ou cannelée, fe nomme gouttière ; la partie N doit être plus groffe que le refte, & aller toujours en diminuant vers m, afin que la meche ne tienne pas lorfqu’on perce. L’intervalle mh, qu’on nomme la tige, doit être rond jufqu’aux épaulements de la patte n, qui n’eft que de fer doux, de même que la tige 8c le dos de cette meche, & il n’y a de l’acier que dans la cannelure. Ce fer donne du corps à la meche , 8c l’empêche de cafter dans les grands efforts qu’on fait en perçant. Toutes les meches qui font plus grofles que 3 lignes, doivent être faites de cette façon ; mais celles v qui font au-deflous de 3 lignes, doivent être toutes d’acier, pour qu’elles foient plus roides, & on ne les trempe que par le bout, à l’exception des très-petites meches, que l’on trempe dans toute leur longueur; mais on les fait revenir, lavoir , la mouche couleur pourpre ou gorge de pigeon, la moitié de la gouttière bleue , & le refte, jufqu’au collet, doit être de couleur grife. Pour cette • opération , on prend une paire de tenailles droites de forge, qu’on fait rougir,
- 8c l’on pince la tige dans cette tenaille, que l’on glifle doucement le long de la meche, en laiflànt recuire chaque partie fuivant les couleurs indiquées ci-deffus; pendant cette opération, on tient la meche par là patte avec des pinces, pour ne le pas brûler les doigts; enfuite on la plonge dans de l’huile ou de la graiffe pour la refroidir. Il eft à propos d’avertir que lorfque la meche fort de l’eau après la première trempe , il faut blanchir la gouttière avec du fable ou de la pierre-ponce, autrement on ne verroit point la couleur du recuit. Il y a fdes Ouvriers qui s’y prennent autrement ; lorfque la meche eft trempée dans l’eau à l’ordinaire, ils l’efluient ou la font fimplement un peu fécher ; enfuite ils fe contentent d’emplir la gouttière avec de l’huile ou de la graille, 8c la po-fent fur le feu : alors cette graifte s’enflamme, & ils éteignent vite à l’endroit de la mouche, en foufflant deffus avec la bouche ; puis continuant de chauffer Tourneur , /. Part. /. S tel. . A3
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- Planche
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- rS6 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie. le refte, ils font brûler cette graille davantage aux endroits qui doivent être un peu plus recuits ; enfuite ils l’éteignent dans la graiffe ou dans Seau. Cette méthode eft fort bonne, mais il faut y être accoutumé, fans quoi on rifque de tout gâter. Néanmoins la première méthode a cela d’agréable , qu’on voit les couleurs du recuit de l’acier par gradations, Sc qu'on en eft plus maître.
- Je ne dois pas ometre qu’il faut qu'une meche de Vilbrequin foit un peu épaifte fur le dos, d’autant que les bords font minces pour couper ; Sc que lorsqu'on la pofe dans la mortaife qui eft vers n9fig. 13 , PL 13 , il faut la placer bien droite, afin qu’elle ne balance point en tournant. Les Tourneurs qui font beaucoup d’ouvrages différents, ont autant de fûts en bois que de meches, parce qu’ils perdroient bien du temps s’il falioit en changer à chaque groffeur de trou ; d’ailleurs il eft à propos d’avoir des fûts de plufieurs grandeurs ; car il en faut de petits & légers pour les petites meches ; enfin il faut que tout foit proportionné.
- §. II. Defcriptioh du Ventre à percer, pour maintenir le Vilbrequin du Tourneur.
- La Figure 11 , PL 13 , repréfente un inftrumentqu’on nomme un Vzntre a percer ; c'eft une efpece de palette de bois de chêne d’environ un pied de longueur , fur 6 pouces de largeur , & de 6 lignes d’épaiffeur. La partie Supérieure eft découpée comme on le voit dans la figure 11, & forme une efpece d’ovale F If G ; toute cette partie eft remplie de petits creux qu’on fait avec le Vilbrequin , Sc qui n’ont que 2 lignes de profondeur ; c’eft dans ces creux que tourne le pivot IL* qui eft deffus la tête C du fût du Vilbrequin ; la partie inférieure eft taillée à peu-près en demi-cercle , Sc les échancrures Fy fy fervent pour laiffer palier le cordon du tablier de l'Artifte, afin de maintenir ce Ventfe ferme devant l’eftomach. Tout le pourtour de ce Ventre eft abattu fur le bord en demi-rond, afin de ne pas bleffer les mains. Le trou/, qui paffe à travers, fert pour accrocher ce Ventre à la muraille, comme on l’a dit en parlant du Ventre à planer; mais celui-ci ne fert uniquement que pour percer, parce qu’étant placé devant 1* Artifte, il reçoit le pivot L du Vilbrequin, & alors on peut appuyer de toute fa force fans fe blefîèr.
- §. III. Defcription d'une autre efpece de Vilbrequin, dont le fût eft de bois > a poignée & à pomme tournante ; & de dijférents Inftruments
- qui y ont rapport.
- Planche
- La Figure 1, PL 19 , fait voir un Vilbrequin dont le fût eft d’un bois dur Sc liant, tel que de noyer , de cormier, d’orme, d’érable, de charme, de frêne ou de hêtre bien choifî, fans nœuds ni fentes ; on le découpe avec une fcie à chantourner dans une pièce de bois, telle qu’une planche 5 les têtes À & C font
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- I. Section Chap. VIIÏ. Des Vilbrequins & autres Infirumenîs, &c. 18 7 quarrées ; les deux branches font à huit pans ; la tige ou fon corps B eft rond , 8c quelquefois tourné, ce qui fe fait en cette maniéré : on réferve un talon quarré en Dy fig. 2 , 8c un autre femblable en E ; fur ce dernier on colle un bout de bois a , tel qu’on le voit par les traits ponétués; le premier talon Z) fert à recevoir la pointe du Tour , 8c la partie collée a fert de bobine, ou Ton place la corde, & tient ce fût entre les deux pointes pour le tourner.
- Les chofes en cet état, on fe fert du fupport décrit dans la Planche 37, fig. S , afin que la cale , Jig. 13, même Planche, puifle pafter entre les deux têtes A y C de ce Vilbrequin : on a foin de tenir cette cale un peu plus étroite que i’efpace compris entre les têtes A , C, afin qu’elle ne puiffe pas toucher lorfque le Vilbrequin tourne» On forme autour, for la tige B, deux cordons ou aflra-gales, entre lefquels tourne la pomme f7, que Fon cafte en deux fur fa longueur ; puis on rejoint les deux parties F,/', enfemble au moyen d’un peu de colle-forte, 8c on les lie avec de la ficelle pour bien ferrer le joint : il ne ferôit pas pofîible autrement d’enfiler cette pomme fans la cafter, d’autant que le fût eft tout d’une piece. Il ne faut pas manquer de frotter la partie cylindrique, entre les deux aftragales , avec du favon ou du fuif, de crainte que la pomme F ne s’y colle, 8c pour faciliter fon mouvement. Il eft aifé de nétoyer le trop de colle extérieurement lorfqu’elle eft feche , fi fon a eu la précaution de polir le dehors de cette pomme fur le Tour, foit avec de la cire, ou foie avec de l’huile avant de la cafter.
- . Le trou de la tête A doit être rond: on y enfile la cheville G de bois , tournée , 8c au bas de laquelle on réferve une tête ronde comme un bouton, ou à peu-près comme celle d’un clou ; cette cheville paftè librement à travers cette tête A : elle entre enfuite ferme dans le trou du centre de la poignée, vers U; 011 l’y affermit avec un peu de colle, laiflant pourtant à cette cheville 8c à fi poi-* gnée , qui alors ne font plus qu’un, la liberté de tourner enfemble librement dans la tête A de ce fût. ™
- Pour fe fervir de cet inftrument, on le tient de la main gauche par fi poignée Z, & de la main droite on tient la pomme F pour le faire tourner.
- La tête quarrée d’en-bas C, eft percée d’outre en outre d’un trou auflî quarré de haut en bas. Ce trou doit être percé bien droit, & correfpondre jufte au trou rond de la tête d’en-haut A 9 de maniéré que l’axe ou le centre de ces deux trous foient parfaitement dans la même ligne. On parvient aifément à faire cette opération , en s’y prenant de la maniéré qu’on va voir.
- Il faut d’abord marquer le centre avec le trufquin , ou avec un compas droit,’ enfuite y faire un creux avec une petite gouge , pour fixer la meche du Vilbrequin; on place cette meche, par fa patte /z, dans un étau ; enfuite ôtant le billot L du Ventre F G If , fig. 10 , Pl. 13 > dont on a ci-devant parle, on y place le pivot de bois dur & tourné, IL, fig. 13, même Planche, 8c l’on mec le Ventre devant foi ; alors on prend le fût de Vilbrequin qu on veut percer,
- Planche
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- Planche
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- 188 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie. k & on introduit le pivot dans le petit creux qu’on a fait avec la gouge dans le deffus de la tête A ; Sc mettant le bout de la meche N, fig* y 5 qui eft faite en cuiller , dans l’autre petit creux fait au-deflbus de la tête C9fig- 2 PL 19 , on tourne le fût du Vilbrequin comme fi Ton perçoit, & en peu de temps on a la fatisfaélion de le voir fe percer lui-même fort droit ; mais il faut avoir eu foin de placer la patte n de la meche à l’étau , dans une direction bien correfpondante aux centres des deux trous ; lavoir ,, celui de la tête A, Sc celui de celle C. Quand ce premier trou eft fait, celui de l’autre tête fe fait de la même maniéré , en retournant le fût de Vilbrequin bout pour bout,, & plaçant le pivot du Ventre de bois dans le trou qu’on vient de percer. J’ai faifi cette occalion pour enfei-gner à percer en faifant tourner l’ouvrage, Sc non pas l’outil * parce que nous en aurons befoin en nombre d’occafions dans la fuite.
- La tête C étant percée ronde & de grofleur convenable pour pouvoir circonf-crire un quarré autour de ce trou, il faut le tracer foit avec le trufquin, foit avec l’équerre à chaperon PL 9 , fig. 2 , ou bien le triangle de bois HCG ; fig 5, PL 16, dans l’échancrure du fût, & extérieurement du côté de la virole de fer ou de cuivre I; enfuite on fait ce trou quarré bien droit Sc de grandeur convenable, avec un petit cifeau de Menuifier, qu’on voit figure 2, PL 16 9 ayant foin de faire ce trou quarré un peu plus grand du côté de la virole^ ce que les Ouvriers appellent donner de Ventrée a un trou : on voit bien que la virole de cuivre eft ronde, Sc qu’on la met pour empêcher que la tête C ne fende.
- Le fût étant ainfi achevé, il faut y placer une boîte : on appelle ainfi une piece de bois doux Sc liant, tel que le cormier, le noyer, l’alizier ou le hêtre , enfin tel bois que ce foit, pourvu qu’il foit de droit fil, liant, ferme , Sc lur-tout fans nœuds ; on tourne cette boîte yfig. 5 : on y forme l’embafe P ; o, eft une virole de fer ou de cuivre chaflee à force fur cette boîte * dès qu’on a fait fà place au Tour; en-fuite on achevé de tourner le refte, Sc on réferve J^tenon Q R plus gros qu’il ne faut, en en prenant la groflèur avec le compas courbe fur la diagonale du quarré du trou de la tête d’en-bas C, fig. 1 & 2 ; on le tourne rond fur cette groffeur, faifant le collet S\fig. y ,, jufte à la mefure, & le refte jufqu’au bout Q R, toujours en grofliflant en forme de trompe , & au bout on réferve un bourrelet , dont la diftance à l’arrafement S, foit parfaitement égale à la hauteur de la tête' IK 9 fig. 2 ; enfuite on fait ce quarré jufte d’épaiffeur à celui de l’intérieur 'de la tête, fur-tout près du collet ou arrafement S, où il faut qu’il foit jufte fur les quatre faces ; car fur les deux faces Q , R, il faut qu’il foit plus large d’une ou deux lignes en approchant du bout du tenon, afin qu’étant fendu avec une fcie de maniéré qu’il forme un angle fort aigu ,, tel qu’on le voit en la figure 5 , il puilfe faire reflort. Les deux petits mantonnets Q, i?, qui y font réfervés, fervent pour arrêter la boîte en fa place fur la tête IC K, fig. 2, de maniéré qu’ils fortent Sc s’appuient fur les rebords du trou K ,fig. y ; Sc lorfqu’on veut oter cette boîte de fa place pour en placer une autre, on pince ces mantonnets
- avec
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- ï. Section j C'hap. VÎIÏ. Des Vilbrequïns ëC autres înjlrùmènts* avec les doigts, afin de les approcher l’un de lautre ; & pouflànt le bout du quarré, on en fait fortir la boîte. Planché
- Il vaut mieux qu’au commencement ces deux côtés Ç , R .y écartent un pet! ^ plus qu il ne faut, afin que les mantonnets s’accrochent en becquetant bien aü bord du trou K de la tête ; car avec le temps cela fe lâche un peu : on voit aifé* ment que l’élargiffement du tenon ne doit être que d’un fens ; car fur Tautre il faut que les côtés foient parallèles* tels qu’on le voit dans la figure 8* où les côtés q, r, font parallèles jufqu’à l’arrafement/', & où on voit un mantonnet en face*
- On ne doit pas faire attention au bas de cette figure * que nous expliquerons bientôt.
- J’ai déjà dit qu’on poüvoit changer de meches de différentes grôflèur's : elles ont chacune leurs boîtes, qui font toutes femblables, à cela près qu’on fait la partie O ,fîg. 3 * où eft la virole * plus groffe ou plus menue* félon que les meches ont la patte n plus ou moins forte ; on emmanche ces meches en les enfonçant à force dans une mortaife qu’on a faite dans le bout de la boîte O ^
- & frappant fur les deux oreilles de cette patte n : on a foin de les monter bien droites * parce qu’en tournant le Vilbreqüin * il ne faut pas les voir varier * fans quoi on les cafferoit * fur-tout en fe fervant de celles qui font minces.
- Je penfe qu’il n’eft pas befoin de faire beaucoup d’explications fur la maniéré de s’en fervir ; à l’afpeél de cet infiniment, on voit bien qu’il faut le tenir ferme de la main gauche par la poignée L * & avec la droite empoigner la pomme F9 fig. 1; puis faifant tourner le fût, la meche fait fon tram On n’a pas befoin de feXervir du Ventre de bois dont on a parlé ci-devant , PL 13 ,fig. ir*
- Il eft aifé de comprendre que la tête de la poignée L, que l’on appuie contre l’eftomach * en tient lieu * fi c’eft un trou horizontal qu’on veuille percer ; mais fi c’eft un trou perpendiculaire , on appuie le front fur le dos de la main gauche qui tient la poignée L du Vilbreqüin. On perce de cette forte les trous perpendiculaires * comme quand l’ouvrage eft fixé à plat fur l’établi, &c.
- J’ai vu des Tourneurs qui ajufient les boîtes à vis dans la tête du fut 5 au lieu de les faire quarrées. Cette méthode eft vicieufè , parce que fi l’on eft obligé de tourner le Vilbreqüin à gauche dans quelque cas extraordinaire* alors la boîte fè dévifle & fort de fa place*
- §. V. Defcripdoti d'une Fraife Jinguliere, pour encaftrer des têtes de vis *
- avec tous Jes développements.
- Là Figure 3 repréfente une Fraife d’une conftruélion fingülieré * propre à fraifer ou noyer ( * ) des têtes de vis ou des écrous dans le bois * telles que les vis qu on met fur un établi de Tour pour entrer dans les pieds & les rendre folides* comme on dira dans la fuite* en faifant la defcription des Planches 32
- ( * ) Noyer ou fraifer 9 c’eft-à-dire, encaftrer une tête de vis ou un écrou dans du bois.
- Tourneur , L Paru L Sech, B 3
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- Planche
- x9o TOURNEUR MÉCANICIEN y I. Partie.
- & 33 j fig' 1 & S 5 ma^s ^ ne s agit ici ^ius de l’inftrument qui fert à cette opération.
- Cet outil eft compofé d'une boîte de bois femblable à celle quon vient de décrire , tant pour le tenon quarré qr s y que pour l'embafe p, qui, néanmoins, eft un peu plus forte, ainfi que le corps & la virole O : cette virole O eft bien plus haute ; c eft un bout de feuillet de fcie que Ton plie en rond, & dont on brafe les bouts après les avoir un peu amincis en chanfrein, afin qu'étant réunis, ils foient d'égale épaifleur par-tout ; & pour les petites, on prend du refïort de pendule. On a foin de faire l'extérieur de cette virole égal au diamètre de la tête de vis qu’on veut encaftrer ou noyer ; on tourne fa place fur le corps T de cette boîte, de maniéré qu'elle entre à force fur fa portée , & que le furplus du corps T affleure l'extérieur de la virole, Sc qu'il foit même un peu plus gros. Il ne doit entrer dans cette virole que jufqu'à moitié , ou tout au plus aux deux tiers de fa hauteur, afin qu'il refte un vuide entre le bas ^de cette virole, & le bout du corps de la boîte. Voyez la figure 3 , ou B repréfènte cette boîte fui-vant fa coupe perpendiculaire , pour en faire connoître tout l'intérieur.
- Lorfque tout eft ainfi dilpofé, on fait les dents comme celles d'une fcie ; mais avant tout on doit avoir percé fur le Tour à lunette, le centre de cette boîte comme il eft tepréfcnté en X 5 on place dans ce trou la cheville Y>fig. 17, ou y, autres figures, tournée jufte du même diamètre que le corps de la vis qu’on veut encaftrer : elle fert à maintenir cet inftrument au centre du trou de la vis. On voit clairement qu'en plaçant cette boîte dans le fût, & tournant Te Vilbre-quin du fcns dont les dents accrochent, on fera un trait de fcie circulaire, Sc du même diamètre que celui de la tête ou de l'écrou qu'on veut encaftrer, puilque la virole eft de la même groffeur ; & comme il pourroit arriver qu’on enfonçât cette fcie trop avant dans le bois, & plus que l'épaiflfeur de la tête qu'on veut y loger, on fe fert d'une virole de bois Z %,fig. 4, dont le trou eft tourné jufte au diamètre du corps O T de cette boîte, fur lequel elle doit même tenir un peu ferme vers la partie T, que l'on fait un peu plus grofle pour cet effet.
- . Cette virole étant de hauteur convenable, empêche que la fcie n’entre trop avant dans le plan qu'on veut creufer, parce qu'elle frotte fur ce plan par fcs bords. On peut, fcns changer cette virole , faire la fraifure moins creufe , en enfilant un ou deux Sc même plufieurs cercles de carton entr’elle & l'embafep de la boîte de bois 9fig. 3 , ou bien ab 9fig j.
- On voit aufli que l'elpace vuide m 0, fig. 3, qui fc trouve entre le bout de la boîte & les dents de la fcie, fert à loger le noyau de bois qu'on veut ôter pour faire place à la tête de la vis qu'on veut encaftrer. Il refte préfentement à dire la maniéré dont on enleve ce noyau de fc place. Pour cet effet j'ai imaginé un autre inftrument, qui eft compofé d'une boîte aufli de bois f toute femblable à la derniere, quant au tenon quarré, à l'embafe , au corps rond , Sc à la cheville T, & même la virole de bois Z peut fervir ; toute la différence confifte en ce
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- I. Section, Chap. VIH. Defcription d'une Fraife fingulierè, &c. rcj r qiul n’y a point de virole taillée en foie, mais un petit outil dont le bout eft fait en crochet plat, comme un cifeau, dont on voit paroître le petit bec tranchant tout proche de D , fig. 9 , dans une entaille ou il eft fogé jufte. F, eft la lumière par où fort le copeau que cet outil enleve.
- La Figure 1 o repréfente la boîte dépouillée de là virole de bois Z, & le petit crochet à découvert: on voit aufli le bout de la vis d acier qui entre dans la tige de ce crochet, entaillée de fon épaillèur dans la longueur O T du corps de cette boîte*
- La figure 11 fait voir cette boîte de bois toute nue, avec fon entaille en long du corps T7 O, & la petite mortaife dans laquelle pafle la vis d'acier qui fixe ce crochet à la boîte, & de plus là cheville y, placée au centre.
- La Figure 12 repréfente la même boîte vue par derrière, du côté de la tête de la vis qui attache le crochet dans fon entaille, diamétralement oppofée à cette tête de vis, fous laquelle on place une petite platine d'acier, entaillée auffi dans le corps T O de cette boîte.
- La Figure 13 repréfente ce même outil à crochet, tout nud à fon tour, Fors de l'entaille de là boîte , & for une échelle double en dimenfions, afin d'en rendre la forme plus apparente & plus fenfible ; fon bec D doit être d'équerre avec le large côté de ce crochet, qui s'applique le long du corps de la boîte de bois , & fon tranchant doit être dirigé dans le rayon du cercle de la boîte & de la virole de bois , tel qu'on le voit dans la ligne ponétuée A B, fig. 14,0a le plan de toutes les pièces qui compofont cette boîte , eft raflemblé : cept6 ligne A B pafle par le centre & le long du tranchant de cet outil.
- L'entaille ou l'échancrure E D, fig. 13 , eft faite en talus for fes trois côtés , comme on le voit for la piece G, pour donner un plus libre paiïàge aux copeaux ; H, eft la même piece vue par fa face intérieure qui s'applique for le bois.
- Il faut remarquer que le trou qui traverfe le corps de cette boîte, & dans lequel pafle la vis d'acier, eft fait en forme de mortaife arrondie par les deux bouts, afin qu'on puifle hauffor ou baifler cet outil tant & fi peu qu'on le veut, pour le faire mordre plus ou moins. Voyez le corps T O ,fig. 11, qui repré-fente cette boîte nue.
- La Figure iy repréfente la vis d'acier dont les pas fe viffènt dans le trou de la piece H ed, qui lui fert d'écrou , comme je l'ai déjà dit. Voye\* Ici fig, 13.
- La Figure 16 repréfonte une autre cheville qu'on peut placer dans le trou du centre de la même boîte, parce que la tige g eft de la même groflèur de la première Y y, dont on a parlé ci-devant ; mais là partie h eft plus grofle, afin de-s’en fervir dans le cas où la tige de la vis de fer feroit trop forte pour la première cheville, & en même temps pour ne pas changer de boîte ni de virole faite en foie , lorfque fon diamètre eft égal à celui de la vis qu'on veut encaftrer.
- On voit que la figure 4 eft une virole femblable à celle qu'on voit à fà place,
- Planche
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- ip* TOURNEUR MÉCANICIEN, L Partie.
- » »,—— ftg. 9 : celle-ci eft vue par derrière; c’eft pourquoi on ne peut voir la lumière par Planche doit fortir le copeau.
- ip, 1
- La boîte qu’on voit toute montée, jdg. 9 eft très-utile pour ôter le noyau que la fcie circulaire F, ftg. 3, n’avoit d’abord que découpé, Sc qui eft refté en place : on opéré très-proprement Sc avec une diligence étonnante ; car pour creufet un encaftrure de vis, il ne faut pas plus de deux ou trois minutes, tout au plus.
- ïl eft aifé de concevoir que deux boîtes fuftifènt pour faire l'opération ; lavoir, la boîte A ,fig. 3 , Sc celle D F y ,fig. 9 , qui enleve le noyau.
- Ces deux inftruments font très-aifés à faire, & on les établit à peu de frais. Je donnerai auffi la delcription de quelques autres inftruments au même ufàge , afin de ne rien laifler à defirer pour tous les cas où on peut en avoir befoim
- §. VL Defcription d’un tres-ieau Vilbrequin dont la monture eft toute d’acier*
- Planche
- 20.
- La Planche 20 repréfente un fût de Vilbrequin de fer ou d’acier : ce fût peut être d’une feule ou de deux pièces. Je vais les décrire tous deux , Sc montrer l’avantage d une maniéré de les fabriquer ou d’une autre.
- La Figure 1 reprélente un Vilbrequin de fer tout monté, Sc qu’on fiippofè d’une feule piece depuis A, ( qui eft une foie ou broche ronde qui s’enfile & pafle à travers la poignée ) ; la tête ronde B, le corps D E, jufqu’à la tête C, qui eft quarrée, Sc dans laquelle on monte différentes meçhes ou autres inftruments pour beaucoup d’uiâges que je ferai connoître.
- Lorfqu’on fait ce fût d’une feule piece, il faut qu’il foit forgé avec de bon fer bien îàin , point pailleux ni furchauffé : on peut le finir tel qu’on le voit, entièrement à la lime. J’enfeignerai pourtant la maniéré de finir fur le Tour toutes les parties rondes ; mais revenons à Celui-ci. Il faut d’abord qu’il foit bien dreffé & dégauchi au marteau avant de le limer, c eft-à-dire, que tout l’enfèrm ble foit dans un même plan ; que la ligne qui pafferoit par le centre des parties G C, B A% foit abfolument droite ; je comprends dans ce nombre la ligne GC, parce qu’on place dans la tête percée d’un trou quatre C, une faufle broche de fer qu’on a bien dreffée auparavant. Il faut de plus que les contours des branches CE, D B, foient bien égaux 9 autant qu’il eft poffible ; on corrige le furplus des irrégularités à la lime, Sc on le finit tel qu’il eft dans la figure 1. Il faut avoir foin, lorfqu’il n’eft encore qu’ébauché à la lime, de vérifier s’il eft bien dégauchi; pour cet effet ayant placé dans la tête C, comme on a dit, une faufle broche , dont le bout G foit limé en pointe conique, on lime pareillement le bout A de la foie , qui paffe à travers la poignée, auflî en cône ; enfuite on place le tout fur le Tour, dont les deux poupées font retournées devant derrière, dans les centres creux de derrière les pointes des poupées; puis approchant le fiip-port, on fait tourner ce Vilbrequin avec la main feulement, & avec l’autre main on préfente légèrement un peu de crayon blanc ou rouge, pour voir fl les
- parties
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- I. Section, Chap. VIÎL Defcription cfun tres-beau Vdb requin, &c. 193 parties ^49B9C9G9 tournent rondes, Sc fi elles font bien centrées 5 fi elles ne tournent pas bien rondes Sc droit, c’eft-à-dire , quelles ne fiaient pas dans un meme axe il faut dégauchir ce fut, foît dans 1 etau avec le tournc-a*gauche , jufqu à ce qu il contente la vue en tournant : on obfervera de dégourdir le fer au feu avant que de vouloir le faire plier, fans cela il pourroit caffer, quoiqu'il fût doux ; car fouvent la matière n'eft pas homogène, & le fer eft bien fouvent compofé de veines tendres, & d'autres qui font dures, c’eft ce que les Ouvriers appellent du fer qui a des grains.
- Le fût étant bien dreffé, on l'acheve à la lime ; on le polit & ôn le garnit de fa poignée A, Sc de fa pomme tournante , comme on dira ci-après.
- J'ai jugé à propos de m'étendre un peu fur la maniéré de dreiïèr Sc dégauchir une piece pour la mettre au Tour, parce que de toutes les opérations du Tourneur Mécanicien, celle de bien dreflèr Sc de centrer parfaitement une piece, eft la plus difficile afin de profiter Sc tirer avantage de toutes inégalités qui fc rencontrent dans les ouvrages en métaux , dont nous parlerons dans la fuite . mais de centrer un fût de Vilbrequin , efl: une opération difficile.
- D'après ce qui vient d'être dit, je fuppofe que le fût eft fini, que la place du corps DE, fur laquelle doit tourner la.pomme , eft bien ronde, autant qu'on peut le faire à la main ; il refte à enfeigner la maniéré de garnir le fût de fa pomme F, Sc de fa poignée A. Cette poignée eft percée d un bout à l'autre ; Sc dans la partie A , on creufe fur le Tour une noyure, pour placer une contre-rivure , qui n'eft autre chofe quune petite plaque de fer ronde, de 6 à 8 lignes de diamètre, épaiffe d’environ une ligne Sc demie, percée au milieu d’un trou fraifé en dehors , pour loger la rivure de la foie de ce fût qui paflè à travers la poignée A. Ceux qui veulent plus de proprSé , font la noyure de la poignée plus profonde ; puis ils recouvrent la contre-rivure avec du même bois dont on a fait la poignée ; on colle ce bouchon, on le ragrée, Sc on repolit le deflus de cette poignée.
- Il faut obferver de faire le trou de la contre-rivure quarré, Sc de limer le bout de la rivure de même , parce qu outre que la contre-rivure ne s’ébranle pas en tournant, & ne fe dérive jamais, l’arrafement de la foie étant un peu plus haut que le fond de la noyure, la poignée tourne plus facilement. Il faut avoir foin de graiffier la foie avec un peu de fuif avant de la river, parce qu’il n'eft pas aifé d’y en introduire après. Au bas de cette poignée , on met une virole de fer ou de cuivre , ou même d'argent, de même grofleur que la tête B ; Sc il eft bon de placer entre-deux une petite rondelle de cuivre, comme un jetton percé au centre, pour faciliter le frottement de la tête B, Sc de la virole H.
- La tête C doit être percée & étampêe quarrément ; on y met une petite vis à tête de poulet /, qui fert à tenir les meches fermes dans leur place,
- A l’égard de la pomme F, on la caffe en deux, & on la colle avec de la colle-forte , comme on a dit ci-devant, dans la defcription de la Planche 19, Tourneur , L Part. L Secl. C 3
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- Flanche
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- J9l TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- Ceux qui veulent que cette pomme recollée foit plus folide', y font deux rainures fur le Tour , aux endroits marqués i 8c 2 ; 8c lorfque cette pomme eft recollée , on l’enveloppe de papier ou de carton, & par le trou qu’on fait à cette enveloppe , on y coule de l’étain fondu, que l’on repare enfuite avec une lime bâtarde sn terme d’atelier , c’eft-à-dire, dont la taille ne foit ni rude ni douce ; enfuite on polit fétain avec de la prêle, qui fe vend chez les Epiciers : il faut choifir celle qui croît dans les bois ; car celle qui croît dans les lieux marécageux , n’eft pas bonne pour polir. Nous en parlerons dans f Article du Poli* Enfuite on frotte la pomme avec une brofTe 8c un peu de cire, pour la luftrer.
- Je n’aî rien dit de la nature du bois dont on fait la pomme & la poignée de ce Vilbrequin, chacun çonfulte fon goût; mais le plus dur, & qui reçoit le plus beau poli, eft toujours le meilleur.
- On fait auffi des fûts de Viibrequins de plusieurs pièces : ils demandent beaucoup plus de foins , 8c font fufceptibles de beaucoup de perfeélion. Pour cet effet on prend deux branches de fer bien choifi & bien forgé B D , K E C * fig. 2 ; celle d’en-haut B D, porte une tige ronde 8c unie /C, & dont le bout* fait en vis, entre dans fon écrou E 9 qui eft percé & taraudé dans le corps E de la branche E C: il faut que ces deux pièces s’affemblent bien droites 8c bien juftes, 8c que les pas de vis foient très-fins * c’eft-à-dire * très-peu écartés les uns des autres ; le corps de cette tige if, doit avoir 4 à y lignes de diamètre ; 8c lor£ que tout eft monté bien droit, on perce un petit trou de foret tout à travers du corps E 8c de la vis K, qui eft dedans, afin de goupiller le tout enfemble, pour empêcher que c es deux pièces ne fe déviflènt en travaillant: on a foin de faire ce trou dans le fort de l’épaiffeur du fer de la partie E C, pour ne pas l’af-foiblir, & pour que la vis n’étan^ercée qu’à fon extrémité, ne foit pas fujette à cafter au moindre effort, ce qui arriverait immanquablement, fi elle n’avoit pas une certaine longueur depuis fon arrafement K, jufqu’à fà goupille 1 8c 2; 8c fi l’on veut que les moulures qu’on voit en D & en E, foient tournées , voici la maniéré de s’y prendre, qui eft très-aifée à pratiquer.
- Il faut avoir un bout de planche d’environ un pouce un quart d’épaifleur, de la grandeur à peu-près de cette moitié de Vilbrequin qu’on veut tourner ; on la découpe fuivant le contour de la figure D H9 GM; on entaille cette piece de bois fur fon champ, pour loger le dos de la branche B D, de maniéré que cette branche y foit cachée prefque de toute fon épaifleur : on l’y affermit au moyen de deux ou trois crampons de fil de fer d’une ligne de diamètre, que l’on pofe à califourchon dans l’intérieur du centre de la branche BD, & qu’on larde dans l’épaiffeur du bois ; mais il faut que le fût ne foit qu’ébauché à la lime lorfqu’on veut le tourner, autrement cela demanderait d’autres précautions , comme de garnir avec du cuir de veau les endroits où touchent les crampons , 8cc. La piece ainfi arrêtée fur fon mandrin D MG H9 on cherche le centre du corps if, dont le bout de la vis doit être limé en cône ; enfuite on cherche le
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- ï. Section, Chap. VIII. Defcrlption d'un très-beau Viïbrequin, SCc. Xÿf centre L du mandrin de bois, de maniéré que tous les centres fe correfpon- t dent très-jufte, 8c que le corps K tourne rond 8c droit dans toute fe longueur; alors on tourne comme on veut les moulures de la partie JD de ce fût.
- La branche d'en-bas E C9 fe monte fur le même mandrin de bois MG HX; toute la différence eft qu'il faut y rapporter une broche à vis dans l'écrou de la partie E, qui faffe le même effet que la tige ou le corps K.
- Si Ton veut tourner une moulure fur le bord de la tête B, on fait un mandrin de bois à peu-près femblable au premier , à la réferve que l'entaille ou doit fe loger la branche B D, doit embrafîèr l'intérieur du cintre de cette branche ; du relie il s'arrête & fe tourne comme il vient d'être dit.
- Il efl: peu important de quel bois on faffe ce mandrin , pourvu que ce foit un bois liant & ferme, comme le noyer, le hêtre, le charme, l'érable , l'orme dur, ou tout autre bois point fujet à s’éclatter.
- Pour tourner la partie B de cette tête , il faut la remplir d’une faufle broche de fer qu’on y monte à vis, 8c qui n'ait qu’enyiron un pouce & demi de longueur , compris ce qui efl: viffé dans la tête ; car fi elle étoit plus longue, elle tremble-roit, 8c l'ouvrage ne feroit pas coupé net. Il n efl: même pas néceflàire qu’elle ait d'embafe, comme celle qui paroît en M,
- t
- On pourroit aufli tourner la tête Cde la même maniéré, en la faifent ronde extérieurement ; d'ailleurs on ne peut tourner qu’une petite moulure fur le bord extérieur de ces têtes.
- Comme en tournant ces fortes de pièces, elles ne gardent pas l’équilibre fur le Tour, parce que le poids de la matière eft tout d'un côté, & que cela donne des fecouffes qui fe communiquent jufqu’à la main de l’Artifte ; pour remédier à cet inconvénient, on prend une balle de plomb fuffifemment pe~ fante : on l'enfile avec une petite verge de fer que l'on cloue à plat en travers du mandrin de bois D M G H, de maniéré que cette balle foit oppofëe à la partie B de la tête, & faffe équilibre avec elle.
- Il n’eft pas néceffaire de dire la maniéré de placer la pomme F au milieu du corps K de ce Viïbrequin : on voit qu'il ne faut que l'enfiler fur le Jcorps avant de le viffer dans la partie E de cette branche. On peut la faire de tel bois des Indes qu’on voudra, ou d'ivoire, ou bien de métal: on n’a pas befoin de la fendre en deux pour la mettre en là place.
- Il refie à décrire la maniéré dont la poignée eft faite & pofée. La foie A M eft rapportée à vis dans la tête B : elle a une petite embafe My qui repofe fur le bord du trou de cette tête ; 8c lorfqu'on l’a viffée à force , on la goupille au bas de la vis vers B : le refte de cette foie ou broche eft rond , allant un peu en diminuant vers le haut A, qui eft en cône tourné, trempé dur & poli ; car cette broche eft d’acier d’un bout à l’autre ; mais on ne trempe que la pointe : la partie haute eft diminuée environ jufqu’au tiers de fà longueur totale, & l'on y a pratiqué un pas de vis très-fin, afin d’y placer un petit écrou auffi d'acier à
- Planche
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- jB=n
- Planche
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- s96 tourneur mécanicien, i. par™.
- r Cx pans, repréfenté à part en Q. On goupille encore cet écrou avec là vis, tout en travers : au-deflous efl: une petite rondelle de cuivre mince, qui repofe fur le bout d’un canon de cuivre fixé dans la poignée T,fig- 3 ; & la pointe A repofe fur une crapaudine d’acier trempé , afin qu’elle tourne plus librement.
- Toute cette mécanique efl: repréfèntée dans la figure 4fur une échelle dou* ble en dimenfions ^ afin de rendre les développements de toute cette partieplus fenfibles , Sc l’explication plus intelligible ; Nn, efl: la broche ou foie , dont la vis n entre dans la tête ronde B , fig. 2, & b 9fig. 3 \m embafe ; N, la partie viflee au tiers de la longueur de la foie ; O , le canon de cuivre qu’on enfile fur la foie Nrrii Sc qui y tourne librement ; P, la petite rondelle de cuivre mince qu’on enfile après le canon ; Q, l’écrou hexagone que l’on monte fur la vis N, Sc que l’on goupille enlmte -, R, la crapaudine de fer ou de cuivre que l’on place au fond de la poignée de bois T. Cette crapaudine efl: percée d’outre en en outre dans Ion centre, Sc c’efl: dans ce trou que la partie U de la foie entre & tourne librement fur un petit lardon f d’acier trempé tout dur Sc bien poli par là bafe , qui entre jufte à queue d’aronde dans le canal V de la crapaudine ; c’efl: lorfque ce lardon efl: à la place, qu’on fait entrer la crapaudine au fond du trou de la poignée T ; par ce moyen la pointe A de la foie entrant dans cette crapaudine, repofe fur le plan droit Sc poli du lardon d’acier S, ce qui fait que le Vilbrequin tourne très-librement, parce qu’il ne frotte que fur là petite pointe, qui fait l’office d’un pivot, Sc que l’embale M ou m, ne touche à rien dans toute cette dilpofition.
- On arrête le canon de cuivre 0> dans la poignée T, au moyen d’un petit ctoteau X 9 qu’on réferve ou qu’on foude par dehors au bas de ce canon, & qu’on entaille dans l’entrée du trou de la poignée T, pour empêcher que ce canon ne tourne ; enfuite on y met une petite vis qui paife à travers la virole H> jig. 19 8cm ,fig. 3 , Sc qui va fe vider dans l’étoteau X. Cette vis efl: très-petite , Sc fa tête , qui efl: en cône , efl: noyée dans l’épaiflTeur de la virole H ou h % Sc ne paroît pas beaucoup. On voit en Z, fig. 3, dans la coupe de la poignée, la petite entaille dans laquelle fè loge l’étoteau Xdu canon de cuivre, & de plus un creux rond, dans lequel l’embafe M ou m, m efl: cachée ; de plus ce creux efl: alfez profond pour que dans aucun cas cette embafe ne frotte contre la poignée ni contre la virole.
- Cette maniéré de monter les poignées de Vilbrequins, efl: très-bonne ; car elle n’a prefque point de frottement, puifque la foie ne pofe que fur fa pointe. On met un peu d’huile dans les parties quife meuvent, afin d’empêcher l’ufùre; Je me fervirai dans la fuite de femblables ajuflements pour des pièces qui forcent beaucoup en tournant.
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- I. SecTïon, Chap. VIII. Des Meckes de Vitbrequins. Ïp7
- VII. Defcriptïon de differentes Meckes de Vilbrequins a divers ufages>
- L A Figure y eft une Meche de Tourneur faite à l’ordinaire ; mais au lieu d’avoir une patte comme celles qu’on a vues précédemment, celle-ci eft quarrée par le haut, pour entrer dans la tête C du Vilbrequin que je viens de décrire* A , fig. y , repréfente cette Meche vue de face ; B y la fait voir de profil ou de côté ; Cy repréfente (à coupe en travers, près le bout fait en cuiller.
- La Figure 6 repréfente une longue Meche dont la pointe eft au milieu de la cuiller ; A, la repréfente vue en face : on la voit en B de côté ou de profil y avec (on bec relevé; la tige de cette Meche eft longue d’environ iy à lô pouces y 8c elle eft ronde & bien droite, pour qu’on puiffe s’en fervir au Tour pour percer à la lunette ; la pointe de la cuiller eft au milieu , pour qu’elle ne fe dérange point en perçant, 8c quelle garde bien le centre de l’ouvrage. La tige eft ronde, pour ne point gratter ni écorcher le trou en perçant au Tour. Le quarré c eft auffi ajufté dans la tête du Vilbrequin de fer, pour s’en fervir au befoin. '
- La Figure 7 repréfente une autre efpece de Meche très-commode pour percer le bois proprement 8c très-promptement. Elle eft , comme on l’a repréfen-tée, applatie en forme de palette. Au milieu de fa largeur AB y eft une pointe quarrée G , qui excede Ion extrémité , 8c qui confèrve le centre du trou qu’on Veut percer pendant qu elle tourne : elle va toujours en rétréciflànt julqu’en CD \ f& tige eft ronde , 8c le quarré a fe monte dans la tête du Vilbrequin de fer.
- Les côtés À C8cB D, ont chacun un bifeau en fens contraire, de maniéré que lorfqu’on toûrne à droite , les deux côtés coupent en même temps, parce que les angles que les bifëaux forment avec le plan AB y font des angles alternes ; la partie G B eft recourbée en elpece de crochet qui releve au-delîus du plan extérieur; a g, montre ce crochet 8c la pointe du centre vus de profil. L’autre partie G A eft compofée d\me pointe À 8c d’un bifeau/’; la pointe A eft aulfi ébifelée du même côté/*, de maniéré qu’en tournant le Vilbrequin à droite , la pointe A, qui eft plus longue que le côté B > trace un trait circulaire , au centre duquel la grande pointe G, qui eft plus longue, a fixé l’outil ; enluite le crochet B b venant à pafler fur la trace de la pointe A, coupe 8c enlève le noyau qui eft refté entre le cercle 8c fon centre.
- Cette forte de Meche eft très-commode, en ce qu’elle perce fort vite, 8c ne force point le bois à s’éclater : on peut même faire un trou dans du bois fur le côté 8c très-proche du bout, fans craindre qu’il ne fe fende. Le recuit qu’il convient de donner à cet iniftrument, eft un jaune foncé après la première trempe dure.
- La Figure 8 repréfente un Equarrilïbir dont le plan eft hexagone ou à fix Tourneur , /. Pan, L Secl. D 3
- PlanCHS >20.
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- PLANCHE 20,
- ïP8 TOURNEUR MÉCANICIEN* I. Partie. pans. Il va en diminuant un tant foit peu depuis A jufqu’en B, afin de l’infinuer plus facilement dans les trous qu’on veut agrandir dans les métaux. J’en parlerai ci-après en bien des occafions ; c’eft pourquoi j’en dirai ici peu de choie. On obfervera de le frotter d’un peu d’huile > lorlqu’on veut s’en fervir dans le fer & l’acier ; & de cire feulement, lorfque c’eft dans du cuivre. En haut de cet Equarriffoir, eft une tête quarrée a, jufte au trou de la tête du Vilbrequin, dans laquelle il s’emmanche,
- On doit avoir des Equarriiloirs de différentes formes 8c groffeurs, les uns quarrés, d’autres pentagones ou à cinq pans, d’autres à fix pans ; mais à huit ils ne coupent pas, 8c ne font que bourrer la matière. Je préféré ceux à quatre & à fix pans, Les Equarriffoirs doivent être trempés durs,, & revenus jaunes.
- VIIL Defription d'une Fraife d'acier en cône pour les métaux*
- L a Figure g repréfente une Fraife toute d’acier. Cet inftrument n eft autrd chofe qu’un cône fort éyafé* dont la lurface eft cannelée pour ébifeler un trou.' Ces cannelures font faites avec une lime à trois quarres , depuis là bafe A , jnfo qu’à fon fommet B. On trempe la tête de cette Fraife, 8c on la fait revenir jaune. Sa tige eft ronde , 8c le quarré a entre dans le Vilbrequin comme les autres Meches. On fe fert de cet outil pour fraifer des trous dans le fer ou le cuivre, afin d’y loger des têtes de vis faites en entonnoirs, en terme d’atelier.
- On fait encore d’autres Fraifes de la forme d’une pyramide très-baffe, à qua-* tre faces : elles coupent très-vif , 8c font faciles à affûter ; mais comme l’inter-; valle d’un angle à l’autre eft très-confidérable, elles ne font 1 tsfraifures ni bien rondes ni unies : on ébauche avec celles-ci, 8c Ton finit avec la première * qui arrondit & polit très-bien; mais quand les trous font de peu de conféquencey la derniere foffit.
- La Figure io repréfente une autre Fraife aufli d’acier, de la forme d’une boule. On en taille de deux maniérés ; l’une à groffe taille , d’environ une de-mi-ligne de diftance les unes des autres, à peu-près comme on taille les Grê-; lettes, P/. 17, jîg. 11, ou comme la noix d’un moulin à caffé, mais d’une taille beaucoup plus fine. Cet outil eft très-bon pour fraifer dans du cuivre.
- Les autres Fraifes Jpkériques font taillées en façon de limes, les unes rudes , les autres douces ; on trempe ces Fraifes dur, & on les fait revenir jaune couleur de paille ; mais celles qui font taillées en façon de Grêlettes , doivent êtr^ recuites couleur d’or. Ces fortes de Fraifes fervent à fraifer les cavités des coquilles des genoux d’inftruments de Mathématiques , 8c à quantité d’autres ula-ges dont je parlerai dans fon lieu. On ne peut s’en paffer en travaillant en Mécanique. On les place, pour s’en fervir, dans le fût de Vilbrequin, comme les autres Meches•
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- ï. S ectx o K, Chap. VIII. Defcription d’une Fraife en acier, SCc ipp
- §. IX# Defcription d’une autre Fraife toute d’acier, propre d fraifer des trous
- plats & ronds dans le bois, & faifant tout d la fois les fonctions de plufieurs autres Instruments décrits au cinquième Paragraphe•
- J*a i déjà parlé dans ce Chapitre, d’une Fraife propre à fraifer le bois ; on peut fe rappeller quelle étoit prefque toute en bois, PL 19 yfig. 3 <5 9. Après m’en être fervi plufieurs années avec fàtisfaélion, j’ai imaginé celle-ci, qui eft toute de fer 8c d’acier * & qui expédie l’ouvrage plus promptement & auffi bien , pour le moins. Cette Fraife eft compofée d’une efpece d’arbre de fer A Byfig. xi, quarré depuis le haut jufqu’à l’embafe C, qui eft forgée de la v même piece , & tournée d’un diamètre un peu moindre que celui de la tête de
- vis qu’on veut encaflrer dans le bois. Le tourillon B eft auffi tourné jufte de la grolïëur de la tige de cette même vis ; l’embafe C eft entaillée quarrément du côté du quarré de là tige: on place dans cette entaille deux petits outils d’acier, dont le tranchant de l’un eft fait à peu-près comme le bout d’un couteau, & qui eft repréfenté dans la figure 12 ; a b > eft le tranchant, qui vient en amincif lànt depuis A, & qui décrit un cercle fur le bois, lorfque l’inftrument tourne, au moyen du fût de Vilbrequin dans lequel il eft emmanché comme une autre meche. L’autre piece , fig. 13 , eft une efpece de cifeau à bifeau en deffiis ; & le deflous d e , qui eft tout plat, s’accorde jufte au plan inférieur de l’embafe C, fig. 11 ; car pour le talon /, fig. 13 , il faut qu’il foie plus court d’une ligne , afin de faciliter la coupe du tranchant de, dont la direction doit être le rayon du cercle de l’embafe C,fig. 14. L’entaille ou l’échancrure de g, fert de lumière pour laifler fortir le copeau. Les pattes i k^fig. 12 & 13, font à moitié d’épaiffeur , 8c s’appliquent l’une fur l’autre comme les branches d’une paire de cifeaux ordinaires : on les fixe au moyen d’un clou à vis, qui, paflànt à travers la tige quarrée de l’arbre AB, fig. n , enfuite dans l’œil de la patte de la piece à cifeau ,fig: 13 , vient fe viffer dans l’œil de la patte i h , fig. 12, de la piece t à couteau.
- La Figure rq repréfente l’arbre de fer de cet inftrument tout nud & dépouillé des pièces accefloires ; a, eft le quarré qui entre dans le fût de Vilbrequin; k, fait’voir une mortaife dont les bouts font arrondis ; c’eft dans cett£ mortaife que pafle la vis /, qui traverfe la patte i h de la figure 13, & en dernier lieu fè vide dans l’écrou de la patte de la figure 12. L’ouverture qui traverfe le corps de l’arbre, eft faite en mortaife, comme on a dit, afin de pouvoir haufler ou bailler plus ou moins les deux petits outils des figures 12 & 13, afin de les faire mordre dans le bois tant & fi peu qu’on jugera à propos : l’entaille C de ïembafe eft vue vuide.
- J’ai donné ces développements pour pouvoir expliquer la conftruétion ; car dans la figure ip, qui eft toute montée, on ne diftinguc pas fuffifàmment toutes
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- 200 TOURNEUR MÉ CANICIEN, I. Partie. ces pieçes. Cet inftrument eft très-bon pour encaftrer une tête de vis ou un écrou rond dans du bois : il eft très-diligent, & coupe très-proprement. Un Mécanicien doit en avoir plufieurs de différents diamètres, fuivant les vis : on voit qu’en tournant leVilbrequin à droite,le couteau ab,fig. 12,incile le bois3 8c le cifeau plat de enleve le noyau en copeau roulé.
- §. X. Des Vrilles a percer le bois.
- À v ant de "finir l’Amcle des ïnftruments qui fervent à faire les trous danâ le bois, il efl: bon de dire un mot fur les Vrilles. Cet inftrument eft très-commun , 8c connu de beaucoup de perfonnes ; c’eft pourquoi je n en ferai pas une longue defcription. Elles fe vendent chez les Marchands Quincailliers, & à fort bofi compté.
- Une Vrille eft compofée d’une meche d’acier 8c d’un manche de bois ; îa me-’ choA B, fi g. x8 , PL ip , eft ordinairement longue d’environ 3 pouces , depuis le manche jufqu’au bout , pour les moyennes Vrilles ; elle eft grofle d’environ 3 lignes, 8c cannelée à peu-près comme une meche de Vilbrequin , à la réferve qu’au bas des Vrilles on Forme une efpece de vis en tire-bourre à double filet, qui fert pour amorcer & introduire la Vrille dans le bois : on voit en C cette vis ; la partie B D doit être un peu plus greffe que le refte de la cannelure, & va toujours en diminuant jufqu’en E F, ou elle fe perd fur la tige, qui eft ronde depuis cet endroit jufqu’au manche de bois A, 8cla partie qui entre dans ce manche eft applatie , & doit y être placée en travers des fils du bois, afin quelle tienne plus folidement; enfuite de quoi le petit bout eft replié & rivé par-delîus.
- Ce manche porte environ 2 pouces 8c demi de longueur, fur un pouce de diamètre : il va en diminuant par les deux bouts , en arrondiffant, à peu-près en forme d’une olive faite fur le Tour.
- On vend des Vrilles emmanchées dans du bois d aulne ; mais le buis eft infiniment préférable. Le choix à faire parmi les Vrilles, confifte en ce que les deux bords foient bien tranchants, fur-tout celui du côté D, qui eft à droite. «Celle qui eft repréfentée fur cette Planche, eft comme rompue au milieu , afin quelle tienne moins de place, n’ayant eu befoin que d’en faire voir les extrémités.
- Il eft bon d’obferver que la maniéré dont le manche de cette Vrille eft ici repréfenté par rapport à la meche , n eft pas la pofition où elle doit être ; mais il faut que la cannelure B D regarde un des bouts de l’olive , comme celui G ou l’autre.
- Cet inftrument eft très-commode, & perce le bois très-promptement ; mais il eft lui et à le fendre; ceft pourquoi il faut graiffer la Vrille en perçant, & la yuider fouvent, pour ôter les copeaux qui empliffent la cannelure. On ne rifque
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- I, Section. Ghap. VIII. Defcription des Vrilles, pas tant de fendre le bois en perçant avec un Vilbrequin ; mais il y a des places —— ou Ton eft trop à 1 étroit, & ou un Vilbrequin ne pourroit pas tourner ; alors Flanche on eft force d’avoir recours à la Vrille. Celle qu’on voit ici eft de moyenne gro£ ^ feur. Il y en a depuis 6 lignes de diamètre, jufqu’à demi-ligne de grofteur * aflbrties.
- Autre efpece de Vrilles , qu on nomme Queue de cochon.
- I l y a encore d’autres fortes de Vrilles 9 qu’on nomme des Queues de cochon ; celles-ci different des autres , en ce que la cannelure n’eft pas faite en cuiller, Planche mais creufb en demi-rond, comme la moitié d’un tuyau de plume , & dont le bout A,fig. i$,PL 20, eft terminé en pointe, tortillé , & forme un double .filet de vis auffi en tire-bourre, mais d’un pas beaucoup plus allongé que celui de la Vrille. Le filçt qui fort, 8c qui n eft que le prolongement de la cannelure, eft d’une forme ronde concave; au contraire l’autre filet provenant du dos de cette cannelure, eft limé angulairement & tout-à-fait couché for le côté, en remontant vers le bout Dy où doit être placé le manche de bois de cet inftrument, de maniéré que vers la pointe A, ce filet eft tout-à-fait à angle droit avec l’axe de cet outil, ce qui forme un tranchant vif qui accroche 8c s’introduit facilement dans le bois : on voit en B la maniéré dont cette cannelure eft terminée.
- La tige , depuis B jufqu’en E , eft ronde , 8c plus menue que la meche AB± afin que cet outil ne tienne & ne s’engage pas dans le bois ; le refte E D eft^tout plat, & finit en pointe, pour s’emmancher comme un Vrille, & d’une longueur proportionnée à la groffeur de l’inftrument. Le manche doit entrer jufqu’à la ' marque de l’Ouvrier, tout proche de C, & cette marque doit auffi regarder le bout du manche , c eft-à-dire, que le plat de cet outil doit être placé en travers du fil du bois, comme à une Vrille : la pointe D eft rivée & incruftée par-: deflus.
- Cet inftrument eft fort commode pour percer promptement les bois François un peu tendres & un peu verts, for-tout à bois de bout ; car pour les bois un peu fermes & trop fecs, on rifqueroit de fendre le bois, ou de cafter l’outil en perçant.
- On trouve de ces fortes de Queues de cochon de différentes grofleurs aflbrties , chez les Marchands Quincailliers : elles fe vendent à peu-près trois fois autant qu’une Vrille de femblable grofteur.
- Tourneur, /. Part, /. SeB,
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- Planche
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- TOURNEUR MÉCANICIEN I. Partie,
- CHAPITRE NEUVIEME.
- Defcripdon des Outils à l'ufage du Tour, tant pour les Bois tendres que pour les Bois durs, l’Ivoire, V Ecaille de Tortue, la Corne, les Métaux, les Pierres a bâtir, le Marbre même, SC généralement toutes les fubjlances quon peut travailler fur le Tour.
- §. I. Des Outils propres pour tourner les Bois tendres.
- O N fait que chaque Tourneur efl: dans l’ufàge de fe forvir de certains outils qui, fouvent, font fort différents de ceux d’un autre Tourneur dans le même genre : chaque Artifte a fa méthode particulière. Il faut auffi avouer que Ton peut produire les mêmes effets, & faire les mêmes opérations avec différents outils. Cependant il efl; inconteftable que certains Inftruments font plus propres pour travailler avec plus de diligence 8c de facilité. Comme j’ai vu un grand nombre de Tourneurs, que j’ai examiné tous leurs outils, & que j’ai exécuté moi-même toutes fortes d’ouvràges fur toutes les fubftances que l’on peut travailler au Tour ; fai fréquenté les plus habiles Maîtres de cet Art (*) ; & d’ailleurs une expérience de 40 années au moins, m’a, je crois, mis en état de faire un choix convenable de ceux qui font les plus commodes , les plus ordinaires , 8c avec lefquels on peut faire le plus parfaitement les ouvrages les plus difficiles.
- La Figure 1, PL % r , repréfente la plus groffe Gouge dont on fe fert pour ébaucher les bois tendres ; A, fait voir cette Gouge de face du côté de là can^ nelure , qui efl: creufée en demi-cercle d’environ un pouce de diamètre ; les bords doivent avoir une ligne d’epaifleur, bien arrondis 8c adoucis, pour ne point bleffer la main du Tourneur ; cette cannelure doit être bien évidée droite , & ronde en dedans à peu-près comme la moitié d’un tuyau de plume fendu fui-vant là longueur. On choifit l’acier le plus fin d’Allemagne ou d’Angleterre ; & pour quelle réfifte aux plus grands efforts, on foude cet acier à la forge fur du fer très-doux, l’acier en dedans la cannelure 8c à découvert, 8c le fer fur le dos, auquel on donne 4 à y lignes d’épaiffeur tout au plus, à compter du dedans de la cannelure jufqu’en dehors, en venant en aminciflànt jufqu aux bords, qui n ont qu’une ligne d’épaiffeur, comme on a dit plus haut.
- ( * ) Le fleur Taillema, favant Mathématicien , & habile Artifle. Voyez VArt du Tour, J?ar le R. P. Plumier, Religieux Minime , 1 .vol, infol. Chap. IV, pag. 11. A Paris, ehez Jombert. C’eft M. Taillema qui m’a enfeigné la Géomé-trie, & l’Art d’appliquer la Théorie à la Pratique.
- Le fleur Maubois & la demoifelle fa foeur; Tourneurs de Sa Majefté Louis XV. Je leur dois la connoiflance des plus belles Machines à l’ufage du Tour. J’aurai oecafion de parler de ces trois habiles Maîtres de l’Art 3 dans plufleurs endroits de cet Ouvrage.
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- I. Se ction, Chap. IX. Manière de tremper les Gouges, &c. £03
- Cette Gouge doit avoir 10 a 12 pouces d’arrafement, c’eft-à-dire, fans la queue : on la repréfentée de profil ou de côté en B, qui fait voir l’angle c de , que le bifeau cd fait avec la tige e e : on voit que cet angle eft fort aigu ; il eft d’environ 18 à 20 degrés , mais ce n’eft que pour couper les bois tendres • car ces grofles Gouges ne peuvent prendre far les bois durs ni fur l’ivoire, fur lef-quels on ne fe fert que de Gouges de 4 à y lignes de cannelure tout au plus, 8c le bifeau doit être plus obtus, comme d’un angle d’environ quarante degrés : on voit en a, une de ces Gouges qui a environ 5 lignes de largeur de cannelure ; fa tige eft à huit pans, comme la précédente. Il faut auffiquelle foit bien évidée & bien polie, fur-tout en dedans, comme on a dit de la première. On voit cette même Gouge de côté en b ; Ion bifeau eft plus camus que celui de la première.
- Il eft nécefîaire d’avoir des Gouges de différentes largeurs ; on en fait même dont la cannelure n’a qu’une ligne de largeur , afin d’éyider les gorges des moulures étroites. Il en faut au moins de fix largeurs différentes. Quant à l’épaif feur de la cannelure jufqu’au dos de ces petites Gouges, on leur donne plus de force à proportion qu’aux grandes ; car on laifîe environ 3^4 lignes d’épaif feur pour les plus petites, 8c fans cette précaution elles cafleroient en travaillant. A mefure que les Gouges augmentent de groffeur, elles acquièrent plus de confiftance, & on ne leur donne pas tant d’épaiffeur : on ne donne guere que JO pouces d’arrafement aux petites, 8c un peu davantage à mefure qu’elles vont en groffiflànt ; on les fait auffi plus longues à proportion.
- §. II. Maniéré de tremper les Gouges & autres Outils du Tourneur.
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- Il eft très-néce flaire d’enfèigner la maniéré de tremper les outils de Tour ; car on n’a pas toujours des Ouvriers habiles, & qui connoiffent le degré de chaleur qui convient à cette forte de trempe ; d’ailleurs les Taillandiers qui font ces fortes d’ouvrages, ne dreffent fbuvent pas bien la' cannelure. J’enfeignerai dans la fuite la maniéré de les canneier parfaitement & très-promptement. Lorf-qu’on a limé 8c poli la cannelure, & limé le dehors autant propre qu’on le veut, on la fait chauffer dans du charbon de bois, en foufflant doucement, retournant la Gouge fens-defïus-deflous, pour quelle chauffe bien également, prenant garde de brûler les bords ; 8c comme ils font plus minces, on pofe la Gouge fur le dos, 8c on la laifîe en cet état plus long-temps que du côté de la cannelure ; lorfqu’elle eft rouge couleur de cerifè tout le long de cette même cannelure, on la plonge modérément & perpendiculairement dans de l’eau qui nefoit point gelée, car cela feroit caffer l’acier en travers; enfuite on la retire lorfqu’elle eft refroidie, & on la décraflè avec de l’eau 8c de la pierre-ponce , jufqu’àce quelle foit blanche, au moins la longueur de la cannelure : on i’effuie avec un morceau de vieux linge doux ; mais comme il arrive prefque
- Planche
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- 204 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partiê. toujours que la Gouge fe courbe confidérablement en deffous, parce que le fer fe retire plus que l'acier en refroidiflànt, cela pourrait étonner l’Artifte : voici le moyen d y remédier promptement,
- On fait chauffer à la forge un bout de barre de fer, & Ton couche le dos de la Gouge deffus. Lorfque la cannelure commence à jaunir couleur de paille „ on pofe vite la Gouge fur un billot de bois ou fur du plomb , 8c Ton frappe deffus la cannelure avec un maillet de bois , pour la redreffêr pendant qu'elle eft chaude ; enfuite on la repofe fur le fer chaud 9 pour quelle prenne une belle couleur jaune ou couleur d’or ; enfuite on la plonge dans de l'huile ou de la graiffe pour la refroidir. Si c’eft pour couper des bois tendres * il ne faut la retirer de deffus le fer chaud, qu’après quelle a acquis une belle couleur pourpre ; c’eft ce que les Ouvriers appellent couleur de gorge de pigeon,
- Il refte encore à dire , en parlant des Gouges, quil faut qu’elles foient bien nettes en dedans, fans pailles ni gerçures ou criquûres (*). On diftingue les pailles des gerçures ou criquûres „ en ce que les pailles font placées en long, 8c les gerçures ou criquûres font en travers de la cannelure : tous ces défauts viennent de la faute du Forgeron : on ne met de l’acier que de la longueur de la cannelure.
- On trouvera à la fin de ce Traité, la maniéré de choifir l’acier , de fabriquer les outils du Tour, & de les tremper, fur-tout pour travailler les métaux.
- La Figure a repréfente un grand Cifeau ou Fermoir, dont on fe fert pour unir 8c planer le bois fur le Tour, fur-tout des cylindres de bois ; car ces outils ne peuvent travailler d'autres matières ; C9 repréfente le Cifeau vu fur fà largeur , 8c D le fait voir fur l’épaifîeur , & indique que le tranchant eft au milieu de cette même épaiffeur ; c’eft pourquoi il faut que l'acier foit placé entre deux fers dans toute fa largeur : on voit aufli par cette figure E>f qu'il eft affûté à double bifeau ou des deux côtés. Quant à la qualité de l'acier, la forge & la trempe, il y faut apporter autant d’attentions qu’aux Gouges: on n’y met de l’acier qu’environ y pouces de long.
- c 8c d, même figure, repréfentent un femblable Cifeau, mais plus étroit & plus mince à proportion. Celui-ci a environ un pouce de largeur ; il en faut encore de plus étroits, comme de y à 6 lignes de largeur, 8c plus minces à proportion, pour pouvoir applanir l'ouvrage entre deux moulures.
- Les Cifeaux, en général, font fort utiles au Tourneur, & d’une extrême diligence ; car on unit toutes fortes de moulures rondes, quarrées, évidées en longueur, comme les baluftres, &c. qu’on a ébauchées avec la Gouge ; mais il faut une grande habitude pour fe bien fervir dé cet outil ; car fouvent lorfque l’ouvrage eft prefque fini, il entre dans le bois en entraînant la main, 8c détruit tout l’ouvrage, ce que les Ouvriers appellent des coups de Maître ou de Jarnaci
- (*) Terme de Forgeron.
- mais
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- I. Section, Chap. ÎX. Des gros Outils a planche. 20 y
- ïHtüs comme il eft d UIÎ ufàge indifpenfàble 9 j invite les Commençants à fe fami-liarifer avec cet outiL
- §. III. Defcription des gros Outils à planche, fervant à tourner
- les gros ouvrages*
- On ne connoît ,* en fait d’Outils de Tour à planches, que trois efpeces , le Cifeau quarré ; le rond & le Grain-d orge.
- Le Grain-d'orge’,^. 3 3 PL 2r, fert à tourner les bois moyennement tendres,
- fur-tout les bois durs ; E 9 eft un Grain-d’orge vu du côté de l’acier, qui eft à plat & à découvert ; F9 en eft le deffous vu du côté des bifeaux ou de raffûtage : ce defîous n’eft que de fer très-doux, forgé avec l'acier, afin de lui donner plus de corps. On appelle ces fortes d outils des Outils a planche, à caufe que l’a-der eft foudé en planche & à découvert : on les appelle auffi Outils a tourner le bois de travers, comme le plateau d’un guéridon qui eft débité dans une planche. Le Grain-d’orge porte environ iy lignes de largeur, fur 4 lignes d’é-paifleur. Il en faut- de différentes largeurs, jufqu’à 3 lignes pour les plus petits. On les trempe comme tous les outils à bois.
- La Figure y , même Planche, repréfente un Cifeau quarre droit ? de même largeur & épaiffeur que le Grain-d’orge. On en a quelquefois befoin de très-étroits , jufqu’à une ou 2 lignes de largeur ; les plus étroits fè nomment Becs-d’âne. U faut que l’acier foit toujours foudé à plat ou en planche. K9 le repré» fente du côté de l’acier, & L du côté du fer, ou par-deflous,
- M, fig. 6 > repréfente le même Outil plus étroit & de même épaiffeur;
- N, repréfente un femblable Outil étroit 9 pour tourner entre deux moulures* il peut détacher un cadre fur le Tour fans faire un grand paffage, alors on le nomme Bec-d’âne, & il faut qu’il aille en diminuant depuis le tranchant jufquau dos. Il eft repréfenté dans cette figure vu de côté.
- La Figure 7 repréfente un Cifeau à peu-près femblable aux deux précédents ; toute la différence confifte en ce que le tranchant eft affûté en demi-rond; O, repréfente le defîus, du tranchant ou le côté de l’acier ; P, fait voir le même Outil de côté & fur la hauteur , comme les Becs-d’âne-, parce que lorfqu’ils font étroits, on leur, donne auffi plus de hauteur. U y a des Ouvriers qui les nomment Becs-d’âne ronds%
- La Figure 8 fait voir deux fortes* d’Outils dont facier fe met toujours en planche à découvert ; l’un Q eft quarre, pour refouiller de côté quarrément; l’autre R eft rond & tranchant de côté 9 afin de refouiller en rond Sc par le côté» U en faut de ces deux.fortes de'différentes largeurs;-
- La figure p repréfente, un Grain-d’orge coudé àTéquérrë^ pourfèrvir dans <des endroits où un outil droit*ne* peut entrer; du rëfte il eft fait comme ceux Tourneur, /. Paru L Secl. / F 3
- Planche
- au
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- Planche 2 2,
- /
- Planche
- 22,
- *oS TOURNE UR MÉCANICIEN, I. Partie.
- qui font repréfentés fïg* 8. On n en a repréfonté qu’un bout, pour faire Voir le
- bec.
- §. IV. Defcription des Crochets fervant pour évider U ouvrage fur le Tour,
- La Figure 4 repréfente les Outils à crochets tranchants, comme la lame d’uh Couteau: iis fervent à évider l'ouvrage en demi-boule, comme les boîtes à fà-vonnettes 8c autres , dont on parlera ci-apres. G , reprefonte le petit Crochet vu en plan, le tranchant en deflus; i/, eft un autre Crochet plus grand 8c vu, ainfi que le précédent, fuivant la pofition qu’on lui donne quand on s’en fert. Il fert à applanir les ondes que le petit Crochet a formées en ébauchant, parce que ce premier fait l’effet de la Gouge , 8c le grand celui du Cifeau.
- I, repréfonte un de ces Crochets en perfpeélive : ils font tous les trois emmanchés de même. Z7, eft le manche fur fa longueur ; 8c T repréfente le même manche vu par le bout.
- §. V. Defcription des Outils fervant fur le Tour a lunette, & a travailler
- ns Vintérieur des petits ouvrages.
- La Figure 1, PL 22 > repréfente une Louche ou Bondonniere , avec laquelle on agrandit les trous déjà commencés : on s’en fert à la main. Cet outil eft creux comme la Gouge, mais il va en diminuant d’un bout à l’autre en cône ; l’acier eft en dedans, 8c le fer eft au dos. Cet outil eft fort mince par les bords , qui font tranchants. Le manche eft fait à peu-près comme celui de la figure en e, 8c on le fait court ou long , fuivant que le diamètre de cet outil eft gros ou petit, à proportion de l’effort quil doit faire. On trouve ces outils tous faits chez les Quincailliers.
- A , repréfente la Louche vue par dedans ; JB, eft le même outil vu de côté ; la coupe en travers, dans fon plus grand diamètre , fe voit au-deflus de la figure 2.
- La Figure 2 eft une Meche pareille à celle d’un Vilbrequin : elle eft cannelée à peu-près comme la Gouge, excepté qu'elle eft plus groffe du bout qui eft relevé en cuiller. C, repréfente cette Meche vue en dedans du côté de l’acier : fa coupe en travers eft au-deflus ; D, fait voir le même outil par le côté. Cet inftrument fert à percer fur le Tour les bois tendres 8c ceux qui font moyenne: ment durs. On le nomme aufli Perçoir en bois tendres.
- La Figure 3 repréfente un Perçoir pour les bois durs & pour l’ivoire. A, repréfente fà meche ou tranchant vu à plat ; B, repréfente la même meche vue de côté : la tige eft ronde dans toute fà longueur, à l’exception de la foie, qui eft quarrée , pour tenir fortement dans le manche : il faut que fà meche ou tran-
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- I Section, Chap. IX, Des Outils fervcmt fur le Tour a lunette, ôc. 207 chant foit à deux bifeaux alternativement placés : on en voit un fur le côté de cette figure ; l’autre étant par-deffbus, ne peut être vu.
- La Figure 4, PL 22 , repréfente un femblabie outil * mais beaucoup plus menu, pour faire de petits trous. Il eft vu de face en C, 8c de profil en D.
- II faut avoir de ces outils de différentes grofteurs, depuis une demi-ligne jufqu’à 6 lignes de largeur. On fait ces outils tout d’acier trempé dur, & revenu couleur d’or. On pariera de la maniéré de les faire à la fin de cet Ouvrage. Les Quincailliers vendent du fil d’acier de toutes grofteurs ; il n’y a plus quà applatir le bout à la forge pour faire la meche , qu’on lime enfuite à volonté.
- La Figure £ * PL 22, repréfente un autre Percoir y qu’on nomme en queue de renard plate : la queue de renard eft vue de face en E, Cet outil doit être large par le bout, 8c venir en rétrécifîant jufqu’au manche. Le tranchant qui eft au bout, eft à deux bifeaux ou chanfreins alternes en travers , 8c entre lefqueis on réferve une petite pointe quarrée, qui fert à conduire & centrer l’inftrument : chacun de fes côtés doit être limé un peu en chanfrein fur fa longueur, à peu-près comme le Perçoir pour les tonneaux. Cet outil eft tout d’acier : on en trempe feulement un pouce de long de la trempe convenable à l’ivoire, dans lequel ii fait un très-bon effet. Fy repréfente le même outil vu de côté 8c fur fon épaiP. feur, qui doit être d’environ une ligne par le bout.
- La Figure 6 repréfente une autre Queue de renard évidée, avec une canne-* lure de chaque côté dans la moitié de fa longueur, à peu-près comme la moitié de la Louche ; G, la fait voir en face. En deftbus, 8c du côté alterne, eft une fenv* blable cannelure, comme on peut le voir par fa coupe, qui eft au-deflus, ce qui fait que cet outil mange le bois quand la marche du Tour defcend, comme quand elle remonte. Au bout eft une pointe qui tient l’outil toujours au centre.iï, re- 1 préfente le même outil fur fon épaifleur. U faut qu’il foit trempe comme pour l’ivoire 8c les bois des Indes , de la longueur d’un pouce feulement ; mais il eft tout d’acier.
- La Figure 7 repréfente un moyen Crochet pour évider les petits ouvrages ; c’eft pourquoi il eft plus court que ceux qu’on a vus. A le fait voir en plan ; 8c B9 par le dos.
- La Figure 8 repréfente un Outil rond en rouleau, pour évider en dedans de l’ouvrage. Avec cet Outil on ne craint point de renverfement en travaillant, attendu que le tranchant eft dans l’alignement du côté de l’Outil, dont D fait yoir le deftbus , & la maniéré dont eft fait le bifeau de la partie circulaire.
- La Figure 9 repréfente l’Outil à crochet quarré , ou Bec-d’âne tranchant de côté. On s’en fert fur l’ivoire , les bois durs 8c les métaux ; E > eft la face de defliis du côté du tranchant, 8c F en eft le deftbus. On le nomme Crochet a droite.
- La Figure 10 repréfente un femblabie Outil dont le bec eft tourné du fens contraire ; G, eft le dejfus, 8c H le delfous. On le nomme Crochet a gauche.
- Planche
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- âo8 TOURNEUR MÉCANICIEN, L Partie.
- — » Les Figures n & 12 repréfentent d’autres fortes de Crochets, les premiers
- Planche, j droite , les féconds à gauche : les becs font taillés en grain-d’orge ;/&£., font voir ces deux Crochets par-deffus ; & K, M, les repréfentent par-deflbus , <du côté du bifeau.
- §• VI. Defcription des Outils fervant a tourner de petits ouvrages en bois dur y
- en ivoire & en métaux.
- nssssssssss La Figure I, PL 23 , repréfente trois Outils quarrés de différentes lar-Flanche geurs, dont le bifeau ou chanfrein eft d’un côté. Ils fervent à tourner les bois durs, l’ivoire, l’écaille, la corne & les métaux. Ces Outils font tous d’acier ,& doivent être calibrés juftes d’épaifleur; mais la largeur eft indifférente. Ils fervent à tourner l’ovale. On en parlera dans la fuite.
- A 9 eft un Cifeau quarré vu par-deflùs, du côté où eft l’acier ; B y le repréfente par-deflous : on y voit deux bifeaux , l’un au bout, & l’autre de côté , qui fe rencontrent à angles droits. Le bifeau de côté eft difficile à bien faire, SC doit être bien drefle ; C marque l’épaifleur de cet outil.
- Dy eft un Cifeau qui ne différé du précédent, qu’en ce qu’il eft plus étroit, mais il eft de même épaiffeur. '
- E y eft encore un Cifeau quarré de même épaifletfr, mais ravalé ou rétréci au tiers de fà longueur, vers le bout, pour dégager des moulures ou autres ouvrages ; on le réferve plus large du côté du manche, pour qu’il ne tremble pas dans la main.
- La Figure % repréfente trois autres Inftruments, qu’on nomme Outils de tâté y parce qu’ils ont un tranchant par le bout, & un par le côté , pour travailler dans les étuits ; a , eft l’Outil vu par-deflùs ; g y le ravalement de fa tige, afin quelle ne gâte pas l’ouvrage lorfqu’on enfonce dans un trou profond ; & b , eft le même Outil vu en deflbus , pour rendre fenfibles fes deux bifeaux.
- Cy eft encore un Outil de côté , plus étroit, vu par-deflus, Sc d par-deflbus.
- Enfin e, eft un dernier Outil de côté , où le bifeau de côté eft pris à même de fon épaifleur, comme on peut le voir en n, qui en montre le deflbus. Cet Outil eft fort étroit pour entrer dans de très-petits étuis ou autres trous de petit diamètre ; le bifeau de côté ne doit pas aller plus loin que m n , mais fur-tout il faut conferver à ces Outils toute l’épaifleur de celui marqué (7.
- La Figure 3 repréfente, fous les lettres AB, C D, E F y trois Grains-d’orge de différentes formes & largeurs. Ay eft le plus grand vu par-deflùs, & B par-deflbus ; <7, eft l’épaifleur pareille à celle de la figure r.
- D y eft un moyen Grain-d’orge vu en deffus.
- E y eft un petit Grain-d’orge rétréci par le bout du tranchant, à peu-près aux deux tiers de fà longueur. F, le même outil vu par-deflbus.
- La Figure 4 repréfente différents Outils tranchants ronds par le bout y 0, eft le deflùs de l’Outil ; p, le deflbus, & q, l’épaifleur.
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- ï. Section, Chap. IX. Des Outils fervant a détacher les ouvrages. sop ry un moyen Outil rond.
- j , un très-petit Outil rond Sc rétréci, comme on a déjà dit t le même Outil vu par-deflbus.
- Je répété que tous ces Outils doivent être bien égaux d’épaifleur, de bon acier, trempés à la longueur d’environ un tiers , St recuits de couleur d’or.
- Le détail de ces Outils ne préfente , pour Imitant, rien de bien fatisfaflànt ; mais il eft nécelfaire ; St quand nous en ferons aux opérations, il Tuffira de les indiquer.
- Planche
- §. VIL Defcripdon des Outils fervant a détacher y évider, applanir les ouvrages qu on fait en ivoire y en bois durs & en métaux.
- y
- ^ >fig-1> 24> repréfente un Bec-d^ne en deflüs du côté du tranchant.
- On voit que cet outil efl épaulé des deux côtés d’environ un tiers de fa Ion- Punchs gueur. On le fait ordinairement fort mince, comme d’une demi-ligne de lar-geur de bec, tout au plus, afin que la rainure qu’on tracera avec cet outil, ait très-peu de largeur , pour ne pas perdre beaucoup de matière.
- Cet outil ferc à détacher ou couper l’ouvrage fur le Tour ; & pour cela on a foin de le tenir un peu plus large en venant vers le bout tranchant par-deflus, mais plus mince par-deflbus, vers d9 de toute la longueur de la partie épaulée, afin qu’il ne s’engage point dans l’ouvrage. On l’a repréfenté dans cette Planche un peu plus fort qu’il ne doit être, pour en rendre l’explication plus fenfible. B9 reprélente le même outil vu de côté. On donne beaucoup de hauteur en deflous de cet outil, fans cela il n’auroit pas aflez de confiftance, St calferoit au moindre effort, à caufe de Ion peu de largeur Air l’autre fens.
- C y repréfente un demi-Grain-d’orge, la pointe à gauche vue par-deflbus.
- On en fait de femblables dont la pointe efl à droite. Ces outils font très-commodes dans des endroits étroits.
- Les Figures comprifes fous le n°. 2, repréfentent différents Crochets pour fervir au befoin.
- Le premier D, efl un Bec-d’âne coudé d’équerre & à gauche : on en fait auflî à droite. On fe fert de ces outils pour détacher St enlever un morceau d’ivoire de dedans une grande boîte qu’on creufe , afin que ce noyau puifle s employer à d’autres ouvrages : par-là on économife- la matière, qui, fans ce moyen, tom-beroit en copeaux. Comme cet outil efl difficile à manier, il faut le tenir plus large vers le bout par-defîus , St plus mince en deflous, fans cela il s’engage-roit & fe cafleroit aifément.
- E St F9 fig* 2 , repréfentent deux Crochets demi-grain-d’orge coudés à l’équerre , l’un à droite, St l’autre à gauche. La vue de la figure fuffit pour les faire entendre ; ils fervent encore à détacher de petites parties arrondies & très-minces , comme on le dira en fon lieu.
- Tourneur , I. Part. /. S tel. G 3
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- 2ÏO TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie. g»1- " G Sc Hy repréfentent deux autres Crochets courbés en croiffant, l’un adroite, Planche & l’autre à gauche ; de plus leurs becs font échancrés en mouchette ou en demi-cercle : ils fervent à former de petits anneaux quon détache enfuite, & qui deviennent mobiles for l’ouvrage. On pourroit fe paffer de cet infiniment, & former ces anneaux avec le petit Grain-d’orge * Sc les détacher avec le demi-Grain-d’orge ; mais cela exigeroit beaucoup d’adrefte Sc une grande habitude» Les Crochets en mouchette font bien plus expéditifs ; le foui inconvénient, c’eft qu’il en faut avoir de trois ou quatre grolfeurs, tout au plus ; mais comme cela u’eft pas cher, on peut le fàtisfaire 5 fur* tout ceux qui commencent, & pour lefquels ces détails d’Outils font particuliérement deftinés.
- Sous le même numéro, I Sc K repréfontent deux Crochets .croiflànts, pointus en bec de corbin : ils fervent à détacher & refouiller en defîous de petites moulures rondes.
- L’épaifleur de tous les Outils décrits fous la figure 2 , doit être de 2 lignes i tout au plus : ils doivent être tous d’acier, bien trempés comme on a dit ci-devant , en parlant des Outils deftinés aux bois durs.
- R>fig-6 , reprélente un Outil dont le tranchant x eft en biais. Cet Outil doit avoir , comme les précédents, 2 lignes d’épaiffour dans toute là longueur. Il fert pour applanir les ouvrages qu’on a ébauchés avec la Gouge en bois, ou bien avec la Gouge plate ou fer rond, fi c’eft de l’ivoire ou du cuivre. Cet Outil rend l’ouvrage bien plan ; par exemple, le dedans ou le dehors d’une boîte, ou la gorge ou canonnière d’un étui, comme on le verra lorlque nous nous occuperons de la main-d’œuvre ; mais il ne faut prendre que très-peu de matière, à caufe de la grande largeur de cet Outil.
- La Figure 7 eft le même Outil vu en defîous: T Scy en repréfentent le bifoau;
- On fait de ces fortes d’Outils dont le biais eft à contre-fons de celui-ci $ mais comme ils n’ont point d’autre différence , je n’en dirai rien.
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- §. VIII. Defcription des Outils fervant a former des Vis fur le Tour.
- L a Figure 4 repréfonte quatre Outils propres à former des Vis for le Tour ; on les nomme Outils a Vis , ou Peignes a Vis.
- un gros Peigne vu par-deffos ; les dents qu’on y voit font placées de côté, afin de pouvoir former des vis dans l’intérieur d’un écrou : il faut que ces dents foient bien égales entr’elles, Sc que les extrémités de leurs pointes s’alignent parfaitement avec le côté r s, afin qu’il ne fe renverfe pas, & qu’il ne tourne pas dans la main en travaillant. L’entaille A doit être de la profondeur de la denture du Peigne. Il faut qu’il foit dégagé par derrière en t, afin qu’il puiffe entrer dans un petit écrou.
- R, eft le même Outil vu par-deflous, pour montrer fes dents couchées en bifeau. On nomme cet Outil le Peigne mâle.
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- L Section, Chap. IX. Des Outils propres a former des Fis. 2 î ï
- C, repréfente le Peigne avec lequel on forme les vis extérieurement : on le ^ nomme Peigne femelle. Il faut que fes dents foient non-feulement égales entre-elles , mais encore à celles du Peigne mâle ; de plus il eft néceffaire que la di-reélion o p foit un peu oblique , afin qu’on puiffe approcher plus près de Parra-fèment de la piece qu’on veut former en vis par dehors.
- Il faut encore ne pas manquer de tailler le côté o m tant foit peu en bifeau en deflous, afin qu’il approche de l’arrafement fans y rien couper. Cet outil eft dégagé par derrière, afin qu étant moins large , il ne foit pas fi lourd , & que le bout fait en palette, porte un plus grand nombre de dents. On donne à ces fortes d’Outils ordinairement depuis 2 jufqu a 3 lignes d’épaifteur, fuivant la grofièur des dents, & Peffort quil doit fouffrir en tournant. On n’en trempe que les dents.
- Les deux derniers des quatre Outils compris fous la même figure 4, font encore des Peignes à former des vis ; l’un D, eft le mâle ; l’autre E, eft le Peigne femelle : celui-ci eft égal de largeur d’un bout à l’autre , à caufe de fa petite fie. La direction E g des dents, doit être un peu oblique, & le côté jufqu’en f, feulement taillé un peu en bifeau en deflous , comme il vient d’être dit.
- Comme ils font plus petits, ils doivent être plus minces, à proportion de leur largeur &de la grofleur des dents. On doit en avoir de différents calibres 3 fuivant les vis qu’on veut tourner, comme on le dira quand on parlera du Tour en l’air.
- j .
- §. IX. Defcription des petits Outils droits, fervant a tourner le fer & l'acier ;
- & a les couper tout polis>
- Sous la Figure 3 , font repréfentés quatre Outils qui fervent à tourner le fer ; lavoir, Z, un Burin ; M, un Bec-d’âne ; iV, un Fer rond ou Gouge ; 8c G, un Grain-d’orge.
- Le Burin L, s’éguife fur l’angle du quarré , fuivant la direction de la diagonale ah, de maniéré qu’on fe fert de la pointe b 9 8c des deux côtés du lofànge 9 a b 3 fait voir fa coupe en travers. C’eft avec cet outil qu’on ébauche facilement le fer & l’acier.
- L’outil M eft un Bec-d’âne, droit d’un bout à l’autre ; fa coupe en travers a la forme d’un parallélogramme: c, eft le tranchant ; d9 eft le talon du bifeau. La figure M le repréfènte vu de côté.
- N, eft un autre outil qu’on appelle Gouge pleine ou Fer rond: il eft vu dans cette figure en defious ; e, en fait voir le plan ; f9 eft le defius ou le plan fupérieur ou tranchant. Cet outil fert dans des gorges creufes, comme on
- le verra.
- Sous la même figure 3, le quatrième outil O, eft un Grain-d’orge propre à tourner le fer 8c l’acier : il eft forgé de la figure d’un parallélogramme ; g & u en repréfentent le plan; g-repréfente le plan de defliis, & h celui du bifeau. Il
- Planche
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- Planche
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- si* TOURNEUR MÉCANICIEN,!.?^™. r fort à former des filets angulaires rentrants, comme des vis * & à beaucoup d’autres ufàges.
- On remarquera que ces trois Outils font tous affûtés fur leur champ, afin qu’ils foient plus roides, & réfiftent mieux aux efforts de la matière qu’ils entament.
- La Figure y eft un Outil qui fort à applanir les ondes qu’on a faites en ébauchant le fer, qui doit fortir poli de deffous cet Outil: il eft égal de largeur d’un bout à l’autre. Le côté A a environ 3 lignes d’épaiffeur tout du long ; l’autre côté B, n’a qu’une demi-ligne d’épaiffeur, tout au plus : il fe place obliquement fur le Apport , non-feulement fuivant fa direélion longitudinale, mais encore fur fon épaiffeur, qui eft inégale : on voit fon plan en coupe en travers a b, au-defïus de fa figure principale ; & zvlA B, la direélion de fon bifeau. Cet Outil eft fort utile pour dreffor les collets d’un arbre de Tour en l’air: on parlera de fon ufàge pour tourner. On le gliffe fur le fupport latéralement , faifànt avancer d’abord la pointe qui eft du côté le plus mince. J’en dirai davantage en enfeignant à tourner les métaux. Il eft bon d’avoir de ces Outils, dont l’obliquité foit à droite, & d’autres à gauche,
- La Figure 8 eft un autre Outil fait de même, quant à fa largeur & fon épaiffeur d’un bout à l’autre ; le côté C eft le plus mince, 8c celui D eft le plus épais. cd, qui eft au-deflus, fait voir fa coupe en travers : le tranchant eft d’équerre avec fes côtés: il n’y a que le bifeau, dont la direélion CD> foit oblique. Cet Outil eft repréfenté ici en deffous, c’eft-à-dire, du côté du bifoau , dont on a voulu faire voir l’inclinaifon. On s’en fert aufîî pour applanir le fer , comme du précédent ; mais on fe fort de celui-ci quand on eft gêné, comme entre les deux embafos d’un arbre de Tour : ainfi l’on choifit l’Outil qui convient le mieux fuivant la place.
- On fait auffi de ces derniers Outils dont le bifoau eft du fons contraire c eft - à - dire, dont le côté mince foit à droite, 8c d’autres où il foit à
- La figure 9, PL 24, repréfente une efpece de petit demi-Grain-d’orge «dont N O fait voir le côté ; O, eft le deffus ; N, eft le deffous. La direélion NO, fait voir le bifoau de côté, 8c fa pente oblique ; P Q, repréfonte le même Outil vu fur le champ, qui en eft le deflus. U fort fouvent à continuer une vis fur le Tour jufqu’à fon arrafement ; & alors on le dirige obliquement fur le fupport, afin qu’il ne touche point du tout à cet arrafement, ou à la bafo ou embafe, en terme d’atelier : X, 2 fait voir fa coupe. Cet Outil doit avoir 3 lignes de hauteur , tout au plus, fur une ligne d’épaif four. On décrira tous fos ufàges dans la foite de cet Ouvrage.
- De tout ce qui vient d’être dit, on voit clairement qu’on peut, avec quatre Outils droits, tourner de très-forts morceaux de fer ; car avec le Bec-d âne droit, l’Outil à nez rond, le Grain-d’orge 8c le Burin, on peut tourner
- toutes
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- L Section, Chap. IX. Des petits Outils droits, SC*c. 213 toutes fortes d ouvrages tous polis ,, fans fe fervir d’émeri ; c’eft même la feule bonne méthode , parce que la lime & le poli d’émeri ou d’autres drogues, ufent plus dans des endroits que dans d’autres , à caufe de l’inégalité des veines du fer : c’eft ainfi que je tourne tous mes oüvrâges. On fe fert pourtant de Crochets pour dégroflîr : on en parlera dans la fuite, lorfqu’il s’agira de décrire la maniéré de fe fervir de la grande Roue.
- On ne peut trop recommander de prendre l’acier le plus fin Sc le meilleur qu’on puifle trouver pour faire les Outils à tourner le fer , de le forger pas bien rouge , fans le refluer, & continuer de le bien battre jufqu a ce qu’il foit noir ; ne le point recuire & de ne le tremper que rouge couleur de cerife, fans aucun recuit après la trempe.
- L’acier que j’emploie , Sc que j’eftime le meilleur , eft celui qui nous vient d’Angleterre, Sc qu’on appelle acier fondu: (il eft marqué Hufmanf J’en-feignerai, dans un Chapitre à part, toute cette pratique, Sc la maniéré de fabriquer tous les Outils, Machines & Inftruments propres au Tourneur Mécanicien.
- Pl anche
- H 3;
- Tourneur ; L Part1. L Sech
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- TOURNEUR MÉ CANICIE N, I. Partie.
- 3*4
- CHAPITRE DIXIEME.
- Description de différentes Meules à Vufage du Tourneur Mécanicien.
- Article Premier;
- Defcription d'une Meule Jimple 9 montée dans fon auge fur fon pied,
- avec fon armature & fa garniture.
- Une Meule eft un infiniment néceflàire à beaucoup d’Artiftes ; mais le Tourneur ne peut s’en paffer, fur-tout le Tourneur en métaux, qui eft obligé cTemoudre fouvent les outils, à caufe de la dureté de la matière quil coupe ; celui qui ne tourne que des bois tendres, n’a pas autant befoin de Meule, parce qu’il affûte les outils à plat fur une pierre de grès ; c’eft ce qu’on appelle proprement affûter un outil ; mais lorfqu’on fe fert d’une Meule, cela s’appelle émoudre un outil.
- La Meule eft une pierre de grès plate & ronde, plus ou moins grande, félon le befoin : elle femble n’avoir pas befoin d’une longue defcription ; mais nous entendons ici fous le nom de Meule, deux chofes ; i°. la Meule fimplement dite ; 2°. fa monture ou fon auge. Cette derniere partie comprend en elle-même plufîeurs autres parties, qui font l’auge, fon pied & l’armature ; cette derniere eft compofée de la ferrure & de la garniture, qui eft de cuivre, d etain, de plomb ou d’autres matières. Nous enfeignerons à fabriquer toutes les différentes pièces de chacune, enfuite la maniéré de les affembler, afin qu’étant toutes réunies, elles compofent la monture d’une Meule de Tourneur.
- Ayant à écrire pour toutes fortes de perfonnes, je me crois obligé de répandre fur cet Article, ainfi que fur beaucoup d’autres, tout ce que le luxe peut imaginer pour rendre le Laboratoire d’un Curieux, précieux dans tout qui le com-pofe. Je traiterai donc d’abord des Meules fimples fins ornements, comme pour les Ouvriers ; on en verra enfuite d’autres dont la monture eft plus compofee 3 & qui font plus commodes ; enfin j’en décrirai d’autres de différentes formes, plus ou moins ornées, pour les Curieux & les Amateurs qui veulent que rien ne trouve place dans leur Laboratoire, s’il ne contribue à l’orner en même temps qu’il eft néceffaire. Nous parlerons d’abord du choix de cette pierre de grès, qu’on nomme Meule ; enfuite on enfeignera la maniéré de conftruire différentes Auges, foit fimples ou compofées, ainfi que la maniéré de percer les Meules, de les enarbrer ( * ) & de les arrondir fur leur arbre.
- U ) ^nar^rert ceft fixer une Meule ou une roue fur fon arbre ou axe: c’eft un terme d’Art.
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- Section, Chap. X. Maniéré de choijir une bonne Meule.
- §. I. Maniéré de choijir une bonne Meule.
- Pour bien choifir une Meule , il la faut prendre telle quelle ne foie ni trop dure ni trop tendre : trop dure , elle n’ufe l’outil qu’avec beaucoup de peine 8c de temps ; trop tendre, elle s’ufe promptement, & en même temps forme une efpece de boue blanche qui couvre l’outil * & empêche de voir le taillant qu’on veut émoudre; de plus, elle fait fur le tranchant, des traits trop profonds, 8c qu’on a peine à atteindre fur la pierre à l’huile, dont on parlera dans la fuite. Ces gros traits forment comme autant de petites breches fur les taillants ; c’eft pour ces raifons qu’on doit préférer une Meule de moyenne dureté , celle dont le grain paroît bien égal à la vue dans toute fon étendue, fans veines d’autre couleur , fans trous ni mollieres, qui font des parties terreufes plus tendres que le refte de la Meule : il ne faut pas non plus qu’on y voye de points noirâtres, qui font ordinairement comme des clous très-durs. D’autres Meules font remplies d’une quantité d’efoeces de petits cailloux ^ qui femblent y être incruftés. Toutes les Meules qui auront quelques-uns de ces défauts, font abfolument à rejetter.
- On peut s’aifurer du degré de dureté d’une Meule, en la fondant avec la pointe d'un couteau ; fi cette lame y entre facilement * on juge que la Meule eft trop tendre ; au contraire , fi la pointe du couteau ne peut entrer qu'avec beaucoup de peine, alors la Meule eft trop dure. Sa couleur doit être de celle de la moutarde peu foncée, c’eft-à-dire, d’un gris très-clair. On peut encore ajouter une derniere épreuve aux précédentes ; c’eft quelorfqu’on a emporté un peu de cette Meule, foit avec le couteau ou avec un autre inftrument, fi cette parcelle ne s’égrène pas facilement en la roulant entre le pouce & l’index, & qu’on ne puiffe la réduire en poudre qu’avec peine , cette Meule fera très-bonne ; c’eft ce que j’ai pratiqué pendant plus de trente années avec affez de fuccès , ayant fait un grand nombre de Meules de toute façon , tant pour des Ouvriers que pour beaucoup d'Amateurs.
- On acheté ces Meules chez les Marchands Quincailliers, qui les font Ÿenir de différentes Provinces de France où on les trouve en abondance ; mais la Champagne, proche la ville de L^ngres , nous en fournit de très-bonnes 8c de différents degrés de dureté, à très-bon marché, & qui font parfaites lorfqu’elles font bien choifies.
- Ces mêmes Marchands en vendent auflî qu’ils tirent d’Angleterre : elles font d’une couleur grife , tirant un peu fur le jaune ; du refte elles doivent avoir les autres qualités que j’ai recommandées. J’en ai trouvé de très-bonnes, 8c qui faifoient de très-bons tranchants ; 8c lorfqu’on réufïït dans le choix, je donne-rois la préférence aux Meules d'Angleterre. Il y a pourtant un inconvénient ;
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- si6 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- t’eft quelles font trop épaiffes , ce qui n’eft pas fi commode , & Ton eft obligé de tenir l’auge plus large, à proportion de leur épailfeur (* )•
- §. IL Defcription d’une Auge de Meule toute Jimple.
- L a Meule étant bien choifie, il ne s’agit plus que de lui faire une Auge pour la recevoir , & de la monter fur un arbre de fer, pour pouvoir s’en fervif. Je vais en décrire une que Ton peut faire à peu de frais. Je n’ai pas jugé à propos de faire graver une figure exprès pour décrire cette Auge ; la figure I, PL 2 y, fuffira pour la faire entendre ; mais il faut fe fouvenir que tous les traits gravés <jui marquent les aflemblages de celle-ci, font abfolument inutiles, & nous allons parler comme s’il n’y en avoit point.
- La Meule étant, je fuppofe, de 2 pieds de diamètre, il faut laiiïer un pouce tout au moins, de jeu entre là circonférence 8c les petits côtés de cette Auge, à l’endroit le plus étroit ; ordinairement elle n’eft compofée que de cinq bouts de planches de bois de chêne, bien fàin, fans trous ni fentes, ni même fans être dreflees au rabot ni à la varlope, il fuffit feulement de les choifir bien droites; les deux principales planches font les deux grandes joues ; celle qui eft par derrière doit être abfolument femblable, & ne peut être vue dans cette figure i : elles ont un pouce d’épailîeur chacune ; on les coupe en biais telles qu’on les voit dans cette figure, fuivant la pente E G, ou l’autre T H, en fe fer van t de la faufle-équerre ou fàuterelle, Jig. 6 , PL 16. Pour que ces deux coupes foient régulières, on fe réglera fur les lignes extérieures E G 8c TH; car il faut que ces deux grandes joues recouvrent 8c affleurent le dehors des deux planches de bout, DF, T H, 8c celle Y, qui eft à l’autre bout de cette Auge. Ces dernières petites planches doivent avoir environ un pied 8c demi de longueur, depuis Y jufqu’en G, fur environ 4 à y pouces de largeur, ce qui détermine la largeur intérieure de cette Auge. L’autre planche DH, doit être de même hauteur que la première., 8c toutes deux doivent avoir un pouce 8c demi d’épaiffeur chacune : on les dreffe à la varlope , pour les mettre de largeur bien jufte du haut en bas, fur leur champ, car fur le plat il n’en eft pas befoin ; on poulie une feuillure à chaque bout des grandes joues, du côté qui doit former le dedans de l’Auge, & c’eft fur ces feuillures qu’on applique le champ des petites planches Y 8cD H, que l’on y fixe au moyen de bons clous qu’on chalfe à force. On fait ces feuillures aux extrémités de ces joues, afin qu’elles joignent parfaitement avec les petits côtés, de maniéré que l’eau n’y puilfe pas pénétrer facilement. La cinquième planche eft celle du fond F G, que l’on applique tout à plat fur l’extrémité & en-bas des quatre autres. Je fuppofe que l’on a eu la précaution de bien drelîer le bas de ces mêmes planches, ainfi que le plan de la
- ( V- ^n, Peut confuker l’Art du Coutelier, fait par M. Perret, Maître Coutelier à Paris. Il enfeigne très-bien à choifir une Meule, cet infiniment étant très-néceflaire à fon Art.
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- L Section, Chap. X. D'une Auge de Meule fimple. 2I7 planche du fond F G, qui doit s’appliquer deflous, & former le fond de ? l'Auge.
- Toute l’Auge étant ainfi faite & bien jointe , il faut faire deux efpecesde ta£ féaux de bois ferme, de y pouces de longueur chacun , fur un pouce d’épaif-feur, & d3 environ 2 pouces de hauteur vers leur milieu ; chaque bout de ces talfeaux doit être réduit à un pouce d’épaiffeur , à peu-près comme la piece NO; on arrête ce taffeau fur le champ de la joue de l’Auge , avec deux bons clous, de maniéré qu’il y foit folidement attaché. Celui de la joue de derrière çft fait & cloué de même ; mais on ne peut le voir à caufe de la Meule qui en empêche. On fait fur le haut & en travers de ces deux tafleaux, une entaille capable de recevoir l’arbre de la Meule, & ces talfeaux fervent de collets ou de couffinets, dans lefquels il roule. On ôte la Meule de fa place pour enduire l’Auge de gaudron ou de maftic, afin quelle tienne bien l’eau qu’on met dedans quand on veut émoudre un outil. On parlera dans la fuite de ce maftic ; orâ enfeignera auffi la maniéré de percer , monter & tourner la Meule bien ronde par les moyens les plus faciles.
- On pofe cette Auge fur une felle à quatre pieds , affèmblés par trois traver-, lès ; on l’attache avec une vis , qu’on voit près de H; l’autre vis , qui eft près de G, ne peut être vue dans cette figure.
- La Figure 2 repréfente cette Auge fur fon pied, coupé en travers du haut eri bas parle milieu, afin d’en faire comprendre mieux les mefures.
- Pour vuider l’eau facilement de dedans cette Auge , on fait un trou d’un poucô degroffeur, tout à travers du milieu de la planche du fond ; on le bouche avec un bon bouchon de liege: on perce auffi le deffus de la felle qui porte cette Auge J mais on fait ce dernier trou beaucoup plus grand que celui qui y répond , afin de pouvoir facilement tirer le bouchon à travers.
- §. III. Defcription d’une autre Auge plus propre que la précédente } 1
- SCplus commode pour un Artifie.
- Cette Auge doit être exécutée fuivantles coupes & affemblages reprélèntés dans la figure 1 , PL 2y. J’ai dit plus haut qu’une Auge de Meule étoit compo-* fée de cinq bouts de planche : celle que je vais décrire n’en a pas davantage ; mais la maniéré de les tailler & de les aftembler eft toute différente: elle confifte en ce que l’on choifit cinq morceaux de bois de chêne, bien uni, fans noeuds ni fentes , bien dreffés de chaque côté à la varlope, d’un pouce d’épaifleur cha-, cun , & de la largeur convenable , fuivant leur place ; lavoir , les deux grandes joues, comme V, K,X, qui forment la face apparente de l’Auge, celle de derrière ne pouvant être apperçue : on voit fa largeur depuis Xjufqu’en G 3 qui fait un peu plus que le demi-diametre de la Meule. Ces joues étant ainfi difpo-fées., on les affemble à rainures & languettes, & on y réferve de plus des tenons Tourneur, LPart.L Se cl• I 3
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- ai8 TOURNEUR MÈCANICIEN.l.VkKTi*. comme on les voit dans les bouts de la grande joue FK X, où ils font marqués par des lignes ponétuées ; les languettes, les rainures St les mortaifes, font pratiquées for les bords des plans intérieurs des petites planches des bouts Y G St T H 9 qui ont 6 pouces ou un peu plus, de largeur chacune. Ces aflemblages, que je fopppfe très-bien faits, doivent être collés St chevillés * pour être plus folides.
- Au bas de cette Auge , eft une languette qui doit entrer bien jufte dans une rainure pratiquée tout autour & for le plan fopérieur de la cinquième planche F G, qui forme le fond de l’Auge. Au bas de la joue, à l’endroit K 9 on fait une mortaife indiquée par ponéluation : on en fait une fomblable vis-à-vis, dans la rainure de la planche du fond, St autant à l’autre joue, & l’on remplit ces mortaifes , de tenons qu’on nomme clefs, de maniéré qu’en collant les rainures & les clefs, l’Auge St le fond font arrêtés enfèmble. On cheville aufli les tenons & les clefs, pour plus grande folidité ; mais avant que d’aflèmbler ce fond, on a la précaution d’y poufler un quart de rond avec un quarré tout autour, tel qu’on en voit au profil en f g, fig. 2, ce qui lui donne un air de propreté.
- L’Auge ainfi aflemblée, on la replanit au rabot, St l’on ragrée tous les joints proprement. On doit remarquer que la planche du bout H T9 eft coupée près de T à rafe du haut de la grande joue de l’Auge , afin de faire la place d’un fopport Q, qu’on y voit 9fig, r, St dont on verra la defcription.
- La planche qui eft à l’autre bout de l’Auge, eft plus haute que la première ; St la partie qui excede depuis X jufqu’en Y9 fort pour retenir l’eau qui pourroit rejaillir en tournant la Meule. On verra ci-après une autre maniéré d’empêcher l’eau de rejaillir, en attachant un rabat-eau dans cette Auge.
- Les hauts bords des grandes joues doivent être taillés en chanfreins , dont la pente doit aller en deflus de l’Auge, depuis Xjufqu’à l’autre bout T, afin que l’eau ne puifle pas refter deflus, St qu’elle retombe en dedans.
- Tout étant ainfi dilpofé , on place cette Auge for la folle à quatre pieds , dont le deflus A B doit être bien drefle , tant fur fes deux plans, que fur les quatre faces du pourtour. On n’y fait aucune moulure, parce quelle doit forvir de focle à celle qui eft autour du fond de l’Auge, St terminer l’accord de ces deux parties d’une maniéré Ample St agréable, comme on peut voir en a b , gf9
- fig2- ' . .
- C’eft ici le cas de fe forvir d’une fauffe équerre, qu’on nomme aufli fauterelle, pour tracer toutes les coupes obliques de cette Auge. J’ai parlé de cet inftru-ment, qui eft tout de bois, en expliquant la figure 6, PL 20.
- On attache l’Auge for cette folle avec une vis de fer, qu’on met à chaque bout de la planche du fond : on voit la tête d’une de ces vis tout proche de H, fig. 1, PL 25 ; l’autre ne peut être vue. Cette folle eft fopportée par quatre pieds, qUi y font aflemblés à tenons & mortaifes par le haut ; le bas eft aufli a Semblé par trois traverfes , dont les petites y St 7 s’aflemblent dans les pieds *
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- I. Section. Chap. X. De FArmature de F Auge dune Meule. 219 elles ont au milieu chacune une mortaifo, dans lefquelles entrent les tenons des bouts de la grande traverfe 6, qui retient le'tout enfomble, Tous les alfembla-ges font chevilles , & doivent être faits fuivant l’Art de Menuiferie.
- Toutes les dimenfions d’une Auge dépendent du diamètre de la Meule qu’on veut placer dedans ; celle-ci repréfente une Meule de 2 pieds de diamètre : un Toùrneur n’a pasbefoin quelle foit plus grande. Voyez l’Echelle qui eft au bas de cette Planche. Il eft à propos de laiiTer un pouce de jeu entre la circonfé-rence de la Meule, & le dedans des petits côtés de fon Auge, à l’endroit le plus étroit. Lorfque les Meules font plus petites * on fait l’Auge à proportion.
- La Figure 2 repréfente l’Auge de cette Meule toute montée, mais coupée en travers perpendiculairement : on voit l’épaiffeur du bois des deux joues m>m9 qui s’aflemblent dans la planche du fond fg\ celle-ci pofe fur ab9 qui repréfonte la coupe du deffus de la folle: c’eft dans cette planche que le haut des pieds r Sc 2, eft emmanché.
- Quoique les affemblages de l’Auge foient bien faits , on en enduit le dedans avec du gaudron chaud, ou bien avec du maftic fondu. Ceux qui aiment à ne rien épargner, les font doubler de plomb. On enfeignerales maniéré de procédée dans l’une ou l’autre de ces trois méthodes, fuivant la volonté; mais avant d’enduire le dedans de l’Auge d’aucune façon, ni même de le doubler de plomb , il eft à propos de l’armer des fers, cuivre & autres agrès qui lui conviennent, & c’eft ce dont on va parler : on fait feulement un trou à travers le milieu du fond de cette Auge pour la vuider ; on en perce auffî un beaucoup plus grand dans la folle, afin de pouvoir tirer le bouchon avec les doigts à travers ce der-r nier trou, comme on l’a dit au Paragraphe IL
- §. IV. Defcription de F Armature de F Auge d'une Meule»
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- Du fupport d'une Meule, & de fa ferrure»
- U N fupport eft très-néceflàire pour appuyer la main d’un Attifte, fur-tout lorlque l’outil qu’on veut émoudre eft un peu fort ; celui que je décris eft très-propre à cet ufage, parce qu’il fe haufle & fo baifle à mefure que la Meule s’ufe : il eft formé d’une planche de bois Q , de la largeur de l’Auge, qui fe meut au moyen de deux équerres pliantes de fer S T Z7, fig. I & 3 , d’un pouce de largeur, for une ligne & demie d’épaiffeur: elles font pliantes en S 9 au moyen d’un clou rivé, qui pourtant ne les empêche pas d’agir en façon de charnière. On attache la plus courte branche for lepaiflèur de la planche de ce fupport, avec deux petites vis à bois 1 & 2 , fig. I, dont les têtes font noyées à fleur du dehors du fer ; le bas de cette branche eft attaché fur le côté de l’Auge, au moyen d’une autre vis de fer plus grofle, ce qui forme encore une autre efpece de mouvement de charnière. L’autre branche S F, qui eft plus longue, a une
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- »- efpece de couliflè ou entaille fuivant fa longueur en V9 dans laquelle pafîe une
- Planche vis à tête plate , dont l’embafe repofe fur une rondelle de fer ,, qui fert à prefler la branche V contre la joue de T Auge, lorfqu’on ferre la vis, dont les pas entrent à force dans l’épaifleur du bois de la joue. A l’autre joue de cette Auge , qui ne peut être vue , eft une femblable équerre ; Tune eft rivée à droite 9 Sc Tautre à gauche , autrement Tune des branches V feroit prife entre la planche de lupport & la petite lame de fer , a la jonélion S : on voit bien qu’en defler-rant les vis V9 les deux longues branches S3 ont la liberté de giiflèr du haut en bas , Sc ce mouvement permet au fupport Q de s’abaifler ou de fe relever à volonté : on le fixe en ferrant ces mêmes vis V9 qu’on nomme vis a tète en poulet , Sc dorénavant nous nommerons ainfi toutes les vis à tête plate qu’on peut ferrer avec les doigts.
- On ne doit pas oublier de faire fur le haut bout du fupport en Z , jufqu’à la moitié de l’épaifleur de cette planche, un chanfrein qui doit defcendre en dedans jufqu’à 3 pouces de longueur 9 Sc être arrondi dans les deux angles comme on voit en Z ; ce chanfrein, qu’on nomme un délardement, donne à cette planche Q9 la liberté d’approcher tout près de la Meule, Sc cela gêne moins l’Artifte lorfqu il veut faire un bifeau long ou court à l’outil qu’il doit émoudre.
- §. V. Defcrïption de ! Armature des collets qui fupportent , \
- Iarbre de la Meule.
- Au milieu de la largeur de la joue de l’Auge, on fait une entaille quarrée M^ un peu plus profonde que large, dans laquelle s’ajuftent les collets d’étain dont on parlera dans la fuite ; on fait cette entaille plus large de l’épaifleur d’une carte par le haut que par le bas, afin de faciliter l’entrée du collet. On y pratique de chaque côté une rainure perpendiculaire, large de 2. lignes , Sc de même profondeur du haut en bas de cette entaille, Sc jufte au milieu de l’épaif feur de la joue de cette Auge ; ces rainures retiennent les collets en place foü-; dement. On recouvre cette entaille Mavec une traverfe de fer N O , Jîg. x longue d’environ 5 pouces , & large autant que TépaiiTeur de la joue de l’Auge: Cette traverfe eft épaifle de 3 lignes par chaque bout ; mais au milieu de fa longueur elle a 6 lignes d’épaifFeur, afin de lui donner plus de folidité, parce qu’on y fait un trou taraudé perpendiculairement, qui fert d’écrou à lavis en poulet P ; les deux extrémités de cette traverfe font percées en N O, Sc dans ces trous paflent deux vis de fer qui entrent dans l’épaifleur de la joue de l’Auge, & vont fe vifler dans leurs écrous, auffi de fer,' encadrés dans cette joue, un peu plus bas que M, afin qu’ils ne faflent point éclater le bois. On en fait autant de l’autre côté , qui lui eft tout femblable. On voit cette armature de collets dans h figure 2. ; n9n9 font les traverfes Sc les petites vis qui les attachent ; p 9p,
- font
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- I. Section, Ch ap. X. D’une Marche eu Pédale firnple, &c. 221 font les vis en poulet, qui, paflânt à travers cette traverfe, preffent perpendiculairement les deux collets d étain entre lefquels l’arbre de la Meule tourne.
- On peut faire toutes les pièces de cette armature de collets, de cuivre fondu, de même que l’armature du fupport ; la matière coûte un peu plus, mais la façon eft plusaifée, ainfi l’un compenfe l’autre , quoique l’armature de fer ne doive être qu’ébarbée à la lime rude, & point polie , parce que tout cela doit être peint à Thuile, à caufe de la rouille ; mais celle de cuivre peut palier n étant que blanchie à la lime bâtarde feulement. On peut encore y pafler un vernis defîus, pour garantir ces armatures du verd-de-gris ; & en reliant de couleur du cuivre, elles n en feront que plus agréables à la vue»
- §•. VL Defcription d’une Marche ou Pédale fimple, <5 de fort armature
- pour une Meule*
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- L a Marche ou Pédale eft une partie néceflâire à l’équipement d’une Meule > lorfqu’elle doit aller avec le pied. Cette marche eft compofée d’un bout de planche de bois de chêne de 2 pieds de longueur , c’eft-à-dire, de la diftance extérieure des pieds de la grande face de l’Auge, ou un peu plus ; car on les fait plus ou moins longues, fiiivant la grandeur de l’Auge Sc de la Meule : elle doit avoir 3 pouces & demi de largeur, fur un pouce & demi d’épailîeur, à l’endroit le plus fort; car elle va en diminuant d’environ un tiers , tant fur fa largeur que fur fon épaiflfeur. Le bout le plus étroit eft refendu en fourchette , dans laquelle on entortille un bout de la corde, pour la rendre plus ou moins longue, fuivant le befoin ; l’autre bout de cette corde va fe rendre à la manivelle, & fert à la faire tourner, comme on le dira dans la fuite ; & pour que cette marche ne vacille point fous le pied , on fait en deflous du bout le plus large, une cou-lifle ou rainure en travers , par où la marche eft fixée fur le crochet de fer 8 % fig. 1 & 2 ; ce crochet eft vifïe à force dans le pied 2 ; fà tige eft applatie dans toute fa longueur, & on doit la pofer de champ, de maniéré que fa largeur foit dirigée du haut en bas, afin quelle réfifte mieux aux efforts des impulfions du pied du Tourneur ; le dedans, qui eft le defîus de ce crochet, doit être arrondi à la lime, jufqu à rafè de fbn bec, afin de faciliter le mouvement de la marche, qui fe meut fur fà tige. Je donnerai par la fuite la defcription de plufieurs Pédales autrement conftruites , fuivant les Auges où il faudra les adapter, leurs différentes formes , & les mouvements qu’on leur fera faire.
- §. VIL Defcription du Rabat-eau de la Meule.
- Le Rabat-eau , fig. 16, eft une partie elîentielle à une Auge de Meule : il fèrt à empêcher que l’eau n’éclaboufïè l’Artifte, parce que lorfque la Meule tourne, elle entraîne une grande quantité d’eau qui rejaillit de tous côtés, & Tourneur , L Paru L Secl* K*
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- TOURNEUR MÉ CANICIEN, I. Partie.
- -..-...- gâte un Laboratoire qui eft propre ; c eft ce qui fait quon ne fait où placer cette
- Planche Meule , qui, d’ailleurs, eft très-nécefîàire dans un atelier. C’eft pour remédier
- 2 C
- à cet inconvénient , qu’on a imaginé le Rabat-eau* Cette piece eft très-fimple, 8c n’eft compofée que d’un morceau de chapeau AB, fig. 16, d’une broche ronde E F, d’une efpece de levier ou manivelle G H, qu'on affemble quarré-ment fur l’un des bouts de cette broche, 8c que l'on afflue au moyen d’une goupille qui traverfe le tout. A l’autre bout de ce levier G, on réferve une épaif feur qui forme une tetinne 3 pour donner plus de pas de vis 3 a un trou qui le traverfe parallèlement à la broche EF, & c’eft dans ce trou que l’on enfile la vis X, qui fert de preffion pour arrêter le Rabat-eau où l’on veut, comme on le verra inceflamment.
- La broche E F eft entaillée plus qu’à la moitié de fbn épaifleur ou de ion diamètre; cette entaille I a juftement pour longueur la largeur inférieure des deux joues de l’Auge : c’eft-là qu’on place le morceau de chapeau A, qui eft auffi de cette même largeur ; on recouvre ce chapeau dans l’entaille avec une traverfe faite en demi-rond K, & de toute fà longueur m n yfig. 16 : on fixe cette traverfe au moyen de deux vis qu’on voit en m n, qui entrent dans la broche ef9 au moyen de quoi la piece de chapeau 8c la traverfe fe trouvent arrêtées enfèm-ble, parce que les bouts de cette traverfe font entaillés en demi-rond, pour loger la moitié du diamètre de la vis ; 8c les bords de l’entaille de la broche étant entaillés de même , en reçoivent l’autre moitié * ce qui fait un enfourche-ment aux bouts de la traverfe. Les arrafements de la broche E F, font déterminés par la diftance extérieure des deux joues de l’Auge ; le bout E de cette broche eft diminué fur le Tour, 8c enfuite taraudé à la filiere pour recevoir un petit écrou qui s’arrête ferme contre l’arrafèment de la broche.
- Pour bien entendre les fonctions de tout ce mécanifme, il faut le confidérer en place ; pour cet effet toutes les pièces étant finies, comme il vient d’être dit, on fait tout à travers les deux joues de la Meule en & ,fig. I, un trou bien droit & de la groffeur jufte de la broche E F, dont on a ôté le chapeau ; on enfile cette broche dans ce trou , tout à travers de l’Auge, avec la précaution d’enfiler auffi une petite rondelle de cuivre de l’épaiffeur d’une carte à jouer, pour empêcher que le levier H G ne touche la joue de l’Auge en le faifàntagir, comme on va le voir ; on place auffi à l’autre bout de cette broche, une fembla-ble rondelle, 8c on fixe le tout avec lecrou M, de maniéré qu’on puiffe la faire tourner en fe fervant du levier G H comme d’une manivelle, avec cette différence qu’on ne doit pas lui faire faire une révolution entière, car l’armature du fiipport en empêcheroit ; d’ailleurs il n’en eft pas befoin. Tout étant pofé comme on vient de le dire, on remet le morceau de chapeau à fà place, avec la traverfe 8c fes vis, de maniéré que fbn bout A ne forte pas beaucoup du corps de la broche , niais feulement qu’il touche & fe replie de 3 à 5 lignes fur la circonfér
- ( * ) Terme cP Art 5 c’eft une efpece de goutte percée, qui s’élève au-^defîus du plan d’une piece.
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- I. Section, Chaf. X. Du Rabat-eau de la Meule. 223
- rence de la Meule : c’eft par fon frottement qu’il empêche l’eau de rejaillir, & quil n’en laifle palier que ce quil faut pour que la Meule foit fuffifamment Planche mouillée en repaflànt un outil ; 1 excédent de l’eau fe rabat en dellbus, le long * du chapeau, & s’égoutte par fa pointe B dans l’Auge. Le levier G H fert à faire approcher le bout du chapeau A, de la circonférence de la Meule, plus ou moins, à mefure qui! s’ufe par le frottement, en faifant agir ce levier de haut en bas, fuivant le befbin ; la vis L fert à le fixer au degré quon veut, en la pref* fant contre la joue de l’Auge : on voit le plan extérieur de ce levier g h, fon trou quarré A, dans lequel s’enfile le quarré du bout de la broche E F, que l’on goupille en H. Il eft bon de remarquer que toutes les pièces du Rabat-eau doivent être en cuivre jaune, un peu écroui au marteau ; la tête de la vis peut être gaudronnée tout autour, ou fendue par-deflus ; mais je préféré les gaudrons* parce qu’il ne faut pas la ferrer beaucoup pour fixer ce Rabat-eau. Je dis qu’on doit le faire en çuivre jaune, cela ne coûte pas plus qu’en fer, parce que l’excédent du prix de la matière eft compenfé par la facilité de la travailler. On peut ajouter à cela une raifon plus forte, c’eft que la rouille le détruiroit en peu de temps s’il étoit en fer.
- On met quelquefois deux Rabats-eau à une même Auge lorfque la Meule eft grande , parce qu’en tournant elle enleve plus d’eau, 8c ces deux Rabats-eau étant placés au-deffous l’un de l’autre, celui qui eft en-bas arrête la plus grande quantité d’eau ; d’ailleurs , étant entièrement dans l’Auge, l’eau ne peut fortic par les côtés, 8c le peu que la Meule entraîne, eft retenu par le Rabat-eau fupérieur.
- On peut auflî placer le fécond R abat-eau au-deffus de l’endroit que j’ai indi-| qué &,fig> 1 > c’eft-à-dire, dans le fiipport, vers la moitié de la planche Q , de maniéré que la partie C D,fig. 16, du chapeau, defcende beaucoup plus bas que l’endroit ou ce fupport fe joint avec le petit côté T de l’Auge • & dans ce derÀ; nier cas, on doit laifler pendre le plomb des deux côtés de la planche Q, en le faifant plus large lorfqu’on double cette partie de fupport avec du plomb, autrement l’eau couleroit de chaque côté de ce fupport en s’échappant du Rabat-eau.
- §. VIH, Defcription de f Arbre d'une Meule.
- La Figure 4, PL 2f, repréfente f Arbre d’une Meule fur des proportions doubles de celles qu’on a employées pour les figures I & 2, afin d’en rendre toutes les parties plus fenfibles , de maniéré que l’Echelle de 4 pieds qui eft au bas de cette Planche, ne doit compter que comme fi elle n’étoit que de 2 pieds de longueur.
- Cet Arbre porte un pouce en quarré à fon milieu, qu’on appelle le cotpï de VArbre ; ce corps a 4 pouces de longueur, ou un peu moins, fuivant la largeur de l'Auge; ZJ, eft une portée cylindrique qui forme le collet de derrière, tourné
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- &â4 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie. de la grofleur du plat du quarré du corps C, auquel le cercle du cylindre eft infcrit ; & le bout A, qui eft auffi quarré , mais plus menu que le collet Z>, eft un quarré infcrit au cercle du cylindre D ; car les quatre angles de ce quarré affleurent la circonférence du collet : ce quarré va en diminuant un peu vers A * afin de pouvoir y placer facilement une poulie, dont on parlera dans la fuite. L’autre collet E , eft tourné comme le premier ; mais on y réferve au milieu de fà longueur un petit cordon y7, de maniéré que ce cordon entrant dans l'é-paiffeur de la joue droite de l'Auge, le gros quarré C du corps fe trouve en même temps jufte au milieu de la diftance des deux joues de cette Auge, afin que la Meule étant arrêtée fur cet arbre, foit auffi au milieu de fon Auge ; h9 eft un autre quarré plus petit, & dont les angles affleurent auffi le rond du collet E ; ce quarré fe termine contre un petit trait fait au Tour exprès pour marquer fon arralement : on lé lime bien à l'équerre fur les quatre faces, & il doit être un peu plus menu en venant vers B, qui eft taraudé en vis pour recevoir un écrou hexagone ou à lîx pans, qui fert à fixer l'œil de la manivelle fut fon quarré h
- IX. Dejcription de la Manivelle*
- U n e Manivelle eft une efpece de levier qui fert à faire tourner l'arbre d'une roue de Meule ou de toute autre machine.
- La Manivelle d'une Meule de 2 pieds de diamètre, doit avoir environ 3 pouces de rayon, tel qu'on l'a indiqué par la ligne ponéluée qui prend depuis le milieu du quarré jufqu'au centre de la poignée, c’eft-à-dire, depuis le centre de l'arbre fur lequel elle eft ajuftée, jufqu'au centre de cette poignée de bois ou d'ivoire qu'on tient à la main pour faire tourner la Meule. Si cette Meule doit aller avec le pied, on établit une communication avec la marche de cette Meule, par le moyen d'une corde qu'on attache par l'un de fes bouts à cette poignée, Sc dont l'autre defcend jufqu'au bout fourchu de la marche C 9fig. r* D'autres fe fervent d'une courroie de cuir, ou bien d'une tringle de bois ou d'autre matière. On en parlera dans la fuite.
- Cette Manivelle eft repréfentée par la figure 14 * au double de fa véritable dimenfîon , comme on a dit en parlant de l'arbre. Elle eft compofée de trois parties ; lavoir, de l'œil d9 de la branche L, & de la poignée r ; l'œil eft rond à l'extérieur, & percé d'un trou quarré au centre, dans lequel entre le bout de l'arbre, qui y doit être très-bien ajufté, & entrer fur les quatre faces avec la même juftefîe. La Manivelle ne doit point joindre contre l'arrafement du quarré de fon arbre, à une ligne près. Ce quarré & fon œil doivent être bien adoucis dans l'ajuftement, afin qu’on l'ôte & le remette fur fes quatre angles bien aife-ment, fans aucun jeu ; & en ferrant l'écrou hexagone, il force cette Manivelle
- fur fon quarré, qui eft un tant foit peu plus menu du bout, ce qui empêche le balottage*’
- On
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- I. Section, Chap. X. De ta Manivelle d*une Meule, £2 y
- On doit obferver qu’il faut qu’un angle de cet œil quarré foit dirigé vers le milieu de la tige L de cette Manivelle , afin de mieux conferver la force du fer. Il faut auffi que la Manivelle foit plus épaifie Sc plus large à l’endroit où la branche L le joint a 1 œil, qu on nomme le collet de la JS/Lanivelle* le refie va en diminuant jufqu’à là poignée ; car c’efl à fon collet quelle fouffre le plus grand effort. La branche L eft cintrée en forme d’un croiffànt, làns qu’on en puifle donner d’autres raifonslinon que telle efl l’habitude ; car elle feroit meilleure toute droite , comme on le verra dans la fécondé Remarque de ce Paragraphe.’ Au milieu du bout r de cette branche * on réferve à la forge une broche, fur laquelle roule la poignée de bois qu’on y a enfilée * & qu’on arrête avec une con-tre-rivure encaflrée dans le bout de cette poignée^ Cette Manivelle doit être coudée fur Ion épaiffour, telle qu’on la voit en d L r, fig. 2. ; ces coudes d 3ly font faits pour que l’écrou d n’accroche point la corde de la marche, qui pafîe devant lorfqu’on fait tourner la Manivelle : du refie on lime & on polit cette Manivelle pour plus de propreté, & même on en adoucit toutes les vives-arêtes , pour ne fepas bleffer quand on veut la faire tourner à la main.
- Remarques nécejfaires fur la Manivelle d'une Meule de Tourneur $
- & fur les Manivelles en général•
- î°. Il faut changer la direélion de la Manivelle, 8c la placéf alternativement for les quatre angles du quarré de fon arbre l l’un après l’autre, parce que ce changement entretient la Meule toujours ronde ; car c’efl l’effort qu’on fait en appuyant fur la Manivelle, & en la faifant tourner, foit avec la main ou avec le pied fur la marche , qui efl caufe que la Meule s’ufe plus dans l’endroit de fa circonférence , qui fe trouve oppofé à la poignée ou au bouton de cette Manivelle, parce que c’efl à ce point de la circonférence que toute la force de l’impulfion fo porte ; je fuppofe que cette Meule efl bien également dure, ce que l’on font très-bien quand on l’arrondit for le Tour. Lorfque, malgré toutes les précautions qu’on peut y apporter, la Meule efl creufée d’un côté , il faut changer la Manivelle for fon quarré , & la placer de maniéré que fo poignée foit directement oppofée à l’endroit le plus élevé de la circonférence de la Meule, par ce moyen on n’a pas befoin de la retourner pour l’arrondir, & elle s’entretient parfaitement ronde en travaillant, par la foule attention qu’on a de changer la Manivelle : d’où l’on peut conclure que lorfqu’une Meule fo creufe d’un côté, ce n’efl pas qu elle foit plus tendre à cet endroit, ni même pour avoir trompé dans l’eau plus long-temps de ce côté-là que d’un autre lorfqu’elle étoît en repos dans fon auge, comme les Ouvriers le difont ordinairement ; mais avec quelques connoifo fonces des principes de Mécanique & de Phyfique, on font que ce défaut de rondeur ne provient que des caufos que j’ai déduites ci-deffos# J’ai fut tous çe$ objets, une expérience de plus de 40 années.
- Tourneur , L Part. /. Secl. L 3
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- 2 S.
- 226 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- Je rie crains pa’s d’avancer que les Manivelles cintrées font les plus vicieufes, quoique les Ouvriers ordinaires les eftiment davantage: ils prétendent que le cintre d’une Manivelle lui donne de la chaffe ou de l’abattage, ce qui ne fignifie rien : c’eft ce que je vais examiner dans la Remarque fuivante.
- Cette fécondé Remarque n’a pas foulement pour objet la Manivelle d’une Meule, mais elle s’étend généralement fur toutes fortes de Manivelles > foit pour les roues d’un Tour, ou pour toutes autres machines , dont nous aurons fouvent occafîon de parier dans la fuite de cet Ouvrage*
- On fait des Manivelles cintrées, les unes en forme d’un croifïànt, telle que celle de la figure 14 ; les autres en forme d’une S, telles que dans la figure 8 ; d’autres font faites en forme d’uri cercle tourné en tous fens , & dont le bord du plan eft large d’un pouce 8c demi du dedans en dehors ; on y tourne même une moulure fur chacune des arêtes, & l’on réferve une plate-bande au milieu du champ de fon plan, afin d’y percer deux trous diamétralement oppofés l’un à l’autre ; le premier eft quarré, & s’ajufte for le bout de l’arbre : on le ferre avec l’écrou , comme on a dit en parlant d’une Manivelle dont ceci tient lieu ; l’autre trou eft auffi quarré, mais plus petit, & fert à recevoir le gros bout de la foie , autrement dit de la broche de la poignée ; cette broche porte une embafe qui s’appuie fur le pian extérieur de ce cercle ; fon quarré eft ajufté dans le trou, & un petit écrou viffé fur le bout de cette broche, prefîànt contre l’autre plan du cercle, affermit le tout. On y met une poignée tournante , ou un bouton 9 comme à une autre Manivelle. Le feul avantage qu’on retire de cette conftruc-tion , c’eft qu’en faifànt plufleurs trous for le plan du cercle, & changeant de place la broche de la poignée dans ces différents trous, on raccourcit ou on rallonge le rayon de cette efpece de Manivelle, félon que la poignée fe trouve placée près ou loin du centre de l’arbre. Ainfi de telle maniéré qu’on faffe une Manivelle, foit en croifïànt ou en S, ou bien en cercle, elle n’a toujours de puiflànce qu’à compter foivant une ligne droite, qui paffe par le centre de l’arbre & par celui de la poignée , telle que la ligne dr, fig. 14 : toutes les autres formes la rendent plus foible, & tous les contours qu’on y pratique , ne fervent qu’à employer plus de matière , à les rendre plus lourdes & plus aifées à plier. On verra dans la fuite que le poids d’une Manivelle eft un obftacle au mou*' vement, & qu’on eft quelquefois obligé de l’équilibrer avec un contre-poids ; mais comme fufage eft de les contourner, fai, pour contenter tous les goûts ? exécuté de ces Manivelles dont la branche étoit cannelée, d’autres tournées en forme de baluftres, & de mille autres formes.
- U eft bon de remarquer qu’on peut percer plufieurs trous le long de la branche droite d’une Manivelle , parce qu’alors en changeant de place la broche qui porte le manche de cette Manivelle, & la plaçant dans les différents trous de cette branche, fi on la place près du centre, la Manivelle aura un rayon plus court ; au contraire, fi l’on éloigne la poignée ou la broche du centre de l’arbre ,
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- I. Section, Chap. X. D'une Meule qu on peut démonter, ôc. 227 alors le levier où le rayon fera plus grand , 8c Ton aura plus de puiflànce. J'ai 2 fait d’autres Manivelles dont la branche avoit une mortaife, dans laquelle paf-foit un tenon plat qui couloit le long de cette mortaife , en deflerrant l’écrou qui eft ville fur le bout de ce tenon , 8c qui fert à fixer la poignée où Ton veut dans la longueur de la mortaife de la branche, 8c par ce moyen on allonge ou on raccourcit le rayon tant & fi peu qu’on le veut.
- §. X. Defcription d'une Meule qui peut fe démonter de dejjus fon arbre à volonté*
- I l eft quelquefois commode de démonter une Meule, fbît pour la changer ^ la tranfporter commodément, ou enfin pour fàtisfaire les Amateurs qui veulent des ouvrages plus recherchés. J’en ai fait dont l’auge étoit peinte de diverfès maniérés , & enfuite vernies 8c polies ; dautres dont les auges étoient de bois des Indes en plein, car le bois de placage fe décolleroit par la fraîcheur de l’eau. On orne ces fortes d’auges avec des bronzes cifelés 8c dorés d’or moulu , & autres ornements, pour des Curieux, ou pour des perfonnes de la plus haute confidération.
- Cet arbre femble à peu-près fait comme l’autre, mais la différence ne laifïè pas d’être grande. On y réferve à la forge , tout près du corps quarré C, une grande embafe de fer, foudée de la même piece que le corps : on en voit la place & la forme par la ligne ponétuée en n H \ elle doit avoir environ 4 pouces de diamètre pour les Meules qui ont 2 pieds , & pour les plus petites , ù, proportion de leurs grandeurs. On fe fouviendra que cette figure 4 eft double en dimenfions, de maniéré que l’Echelle ne comptera que pour moitié de ce quelle eft numérotée. On tourne cette embafe avec l’arbre ; on la fait un peu creufe fur la face qui s’applique contre la Meule ; l’autre face doit être convexe & plus épaiffe proche de l’arbre, pour plus de folidité ; 8c comme on ne peut pas approcher l’outil en tournant, plus près que l’angle du quarré du corps de cet arbre, on coupe ce qui refte de fer avec un cifeau, en plaçant l’arbre dans l’étau, afin que ce corps foit quarré d’un bouta l’autre; &afin de pouvoir retirer cet arbre de fâ place facilement, on le réferve plus fort d’une ligne fur chaque face, près de l’embafe, en grofliflànt infenfiblement. On enfeignera la maniéré de couper le fer avec un cifeau, dans la fuite, en parlant de la façon de travailler les métaux. On tourne le collet de devant E ; on y réferve un cor^ don fàillant f, comme on a dit plus haut. Le collet de derrière D, doit être tourné cylindrique ; 8c le quarré A qui termine cet arbre, doit avoir fès quatre arêtes à fleur du rond du collet D, 8c être un peu plus menu vers le bout, afin d’y pouvoir placer facilement une poulie de bois, pour faire tourner cette Meule au moyen d’une roue, comme on le verra bientôt. A l’autre bout du corps de cet arbre C, près du collet D, on fait fur le Tour une vis dont les pas doivent être diftants des deux tiers d’une ligne, tout au plus ; c eft fur cette vis
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- 32g tourneur mécani ci e N 9 I. Partie.
- u>on monte l’écrou de cuivre L, de même grandeur & de même forme que l’em-Planche bafe & dont on voit le plan en i kl, même figure ; les deux trous i, k, qui 2 y* y font percés près du bord, reçoivent les griffes recourbées d’une clef, qui fert de levier pour ferrer cet écrou, afin de pouvoir preffer plus ou moins la Meule entre l’embafe H 8c ce même écrou ; 8c pour obtenir une preffion plus égalé, on a la précaution de mettre de chaque coté de cette Meule une rondelle de chapeau de la même grandeur que cet écrou ou fon embafe ; mais avant que de placer cet écrou , lorfque l’arbre eft fini & la Meule en place , il faut couler un peu de plomb fondu pour remplir le vuide du trou autour du quarré de cet arbre ; & de crainte que la fraîcheur du grès ne faffe fauter le plomb au vifage de l'Arme on jette dans le trou un peu de poix-réfine pulvérifée avant de couler le plomb ; enfuite on en coupe l’excédent avec un fermoir de Menuifier, dont on mouille un peu le tranchant.
- La Meule étant ainfi fixée fur fon arbre, il faut la mettre fur le Tour à pointes pour la rendre parfaitement ronde ; car on a dû l’ébaucher fur un faux arbre aulfi fur le Tour, afin que les deux faces étant bien dreffées & bien parallèles, s’appliquent plus exactement fur 1 embafe fur 1 ecrou. On verra ci-apres la maniéré d’arrondir une Meule fur le Tour.
- , XI. Çonftruclion d’un autre Arbre de Meule encore plus commode , }
- & qui coûte moins que le précédent.
- O N peut encofe faire cet Arbre d’une maniéré moins couteufe, 8c tout auffi folide que le précédent 5 il fuffit pour cela de le forger d’une égale groflfeur, fans y réferver aucune embafe ; mais on y fait fur le Tour un pas de vis en Un, femblable à celui qui eft à l’autre bout du corps quatre, en L ; & fur ces deux pas de vis on monte deux écrous de cuivre femblables a celui qu on vient de décrire ; voyez ihl,fig.$\m, fait voir la grandeur du trou de cet écrou, qui doit être de la grolîeur jufte du collet D de 1 arbre, 8c du diamètre du fond du filet de la vis de cet arbre ; on détermine le diamètre de ces écrous, de la grof-feur de cet arbre, fuivantla grandeur de la Meule qu’on veut monter delfus : on met auffi deux rondelles de chapeau entre les écrous & la meule, le tout comme il vient d’être enfèigné dans le Paragraphe precedent.
- La manivelle de ces arbres s’ajufte fur le quarré h, comme on a dit au commencement du neuvième Paragraphe ; on fe fouviendra feulement que ce quarré doit être un peu pyramidal, afin que cette manivelle ne joigne point contre 1 ar-rafement de ce même arbre, & quelle nefoit affermie que par la forte preffion de l’écrou hexagone qui eft viffé contre. Je ne fàurois allez recommander 1 ajuf-tage de ce quarré avec fà manivelle.
- J’ai dit que cet arbre coûtoit moins que le précédent; le calcul eft aile a faire:
- 1 autre arbre, qui a une grande embafe, exige du fer plus gros, plus de feu 8c
- de
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- I. Section*, Chap. X. Maniéré de fondre des Collets, &c, 229
- de temps pour le forger, auffi doit-il valoir quatre fois plus que ce dernier, rien qu’en fortant de la forge : il faut encore le tourner ; tout cela tient plus de temps 8c vaut davantage que celui-ci, qui n’eft qu’un morceau de fer quarré tout uni, coupé à même la barre, 8c dont on arrondit feulement les deux bouts à la forge , en y donnant deux chaudes grades (*) , une à chaque bout, pour relferrer les pores du fer, & l’empêcher d’être pailleux (**) ; il fuffit feulement quil foit d’un fer doux , c’eft-à-dire, nerveux, & point aifé à caffer, ce qui eft très-aifé à trouver ; c’eft pourquoi il ne vaut que le quart du prix de l’autre arbre à em-bafe, qui demande plus de fujétion , & un Forgeron fort adroit. A l’égard des grands écrous, ils coûtent moins en cuivre fortanc de la fonte, qu’ils ne coûte-roient à les faire forger en fer : ajoutez à cela qu’on en tournera quatre de cuivre dans le temps où on n’en tournera pas un de fer ; de plus ils ne font point fujets à la rouille. Toutes ces confidérations font qu’on doit donner la préférence à ce dernier arbre»
- §. XII. Maniéré de fondre des Collets qui doivent fuppùrter l’arbre de la Meule*
- Maniéré de faire la Compofition avec laquelle on fond de très-bons Collets*
- Prenez une livre d’étain vierge, c’eft-à-dire , qui n’ait pas encore été fondu, 8c qu’on vend en petits chapeaux chez les Quincailliers ; ajoutez-y deux onces de plomb, c’eft-à-dire, un huitième du poids de l’étain : ajoutez à cela une once de bifmuth, autrement étain de glace, avec autant de régule d’antimoine ; fi l’on a befoin que cette matière foit très-dure, on y mettra deux onces de régule 8c autant de bifmuth. *
- Il faut fondre le régule d’antimoine dans un petit creufèt d’Allemagne, qui eft d’une forme triangulaire par le haut, qu’on place au milieu d’un fourneau de charbon bien ardent > & qu’on anime encore avec un bon foufflet ; & lorfque le régule eft fondu, on y jette le bifmuth , 8c l’on remue le tout avec une petite tringle de fer , pour bien mélanger ces deux matières ; enfuite on jette dans ce mélange un peu d’étain & le plomb , qui font aufli fondus enfemble dans une cuiller de fer, & on emplit le creufet, que l’on renverfe à fon tour dans la cuiller de fer, & on continue encore à remuer avec la verge de fer, pour que ces matières foient bien mélangées enfemble ; & même pour encore les mieux mélanger, on y jette de la graiffe d’animaux, en remuant toujours un peu avec la même verge ; & lorfque la flamme eft ceflee, on écume cette matière avec une fpatule de fer, ou un petit éclat de bois mince ; enfuite on retire la cuiller du feu, & l’on garde cette matière pour s’en fervir au befoin, on peut fi l’on veut,
- (*} C’eft lorfque îc fer étincelle à la forge, parce que les parties extérieures commencent à fondre* (** ) Ce font des fentes fuivant la longueur du fer ? & que la chaude grafle reffoude.
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- Pt ANCHE
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- *3o TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie, s différer à faire le mélange jufqu à ce que la place des Collets, avec tout ce qui y eft néceflàire, foit préparée comme il va être enfeigné.
- Je dois avertir quon doit éviter de relpirer la vapeur qui s’exhale en fondant l’antimoine fur-tout, & même les autres matières, car cela eft très-dangereux > mais il eft facile d’éviter ce danger en y failànt un peu d’attention.
- L’arbre étant achevé, il s’agit de fondre les Collets d’étain en place ; pour cet effet, on tourne un morceau de bois tout à fait femblable à l’arbre : il eft indifférent de quelle figure le milieu foit fait, pourvu que les deux Collets foient parfaitement femblables aux Collets de l’arbre de fer. On obferve de prendre à chaque bout, à même le diamètre de ces Collets, un petit tourillon, autrement dit un tenon , dont les arrafements de chaque bout affleurent le côté extérieur des grandes joues de l’auge n, n, fig. 2. Ce petit tenon peut avoir 3 à 4 lignés de diamètre, & doit être très-jufte dans un trou qu’on fait au milieu d’une petite planche mince, d’environ 3 lignes depaiflèur, & grande en quarré d’environ 4 pouces y on attache cette planche au côté extérieur de la grande joue n f jpg. 2, avec des clous-d’épingle ; on en fait autant à l’autre joue n, de maniéré que ce faux arbre de bois fe trouve fiifpendu par les deux bouts au milieu des entailles qu’on a faites dans les deux joues n, n , pour recevoir les Collets. Il faut mettre une femblable petite planche de chaque côté en dedans de l’auge, pour retenir l’étain lorfqu’on le coule. D’autres réfervent un gros arrafement à chaque bout de ce faux arbre, pour fervir de rempart intérieurement aux Collets d’étain. Cette derniere méthode eft préférable. Il faut auffi , avant de fondre l’étain , laver les entailles des Collets, Sc les planches qu’on y a rapportées, enfin le tout enfemble, avec de l’eau, dans laquelle on a mis un peu de poudre Id’ochre jaune. On en met dans une chopine d’eau jrne forte pincée, qu’on laiile un peu repofer julqu’à ce que cette eau foit encore un peu trouble, & avec un petit pinceau on peint tout ce que l’étain fondu doit toucher. Cette opération fo nomme potajjer Vouvrage. On fait toute cette préparation afin que la matière étant fondue, prenne bien toutes les formés des places qui font dilpofées à la recevoir.
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- On pourroit craindre que cet étain fe répandît par les jointures des plaques de bois contre les joues n, n ; pour parer cet inconvénient, on a du blanc d’Elpa-gne détrempé avec un peu d’eau, en maniéré de bouillie un peu épaifle , qui fort à enduire extérieurement tout ce qui fort de moule pour fondre ces Collets» Il eft très à propos de laiffer bien fecher le tout, tant le jaune que le blanc, autrement la matière fondue fàuteroit en l’air, & pourroit blefler l’Artifte. Je dois dire encore que pour connoître le degré de chaleur de l’étain lorfqu’il eft fondu, on trempe un bout de papier dans ce métal, & lorfqu’il s’enflamme, c’eft qu’il eft trop chaud : il faut retirer du feu la cuiller de fer dans laquelle eft cette matière, Sc attendre que le papier qu’on trempe dedans ne fafle que rouffir un peu ; alors il eft temps de le verfer : & fi on attendoit davantage, il feroit trop
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- I. Section, Chap. X. Maniéré de percer une Meule, 231
- froid, & ne rempliroit pas bien jufte fa place: un peu d’expérience là-deflus éclaircira toute cette operation, dont on aura fouvent occafion de parler dans ce Pianche Traite.
- Lorfque les Collets font coulés & refroidis dans leur place, on retire le tout avec le faux arbre ; enfuite on les coupe en travers par un trait de foie qui pafle par le centre de farbre de bois , Sc parallèlement au plan de deflus des Collets JV", O yfig. 1 ; on ragrée cette coupure avec une écouene ou bien une lime; on les ébarbe, enfin on les rajufte ; Sc quand toute cette opération eft finie, c’eft alors qu’on monte la Meule for fon arbre de fer.
- §. VIII. Maniéré de percer une Meule de grès i de la monter fur fon arbre, & de la tourner avec les Inftruments nécejfaires pour faire toutes ces operations
- promptement & avec facilité1 /
- De VInfiniment quon nomme un Perce-Meule.
- Cet outil eft fait avec un morceau d’acier, ou bien avec une vieille lime d’Allemagne quon fait forger. U a environ un pied de longueur , tout au plus ; il eft large d’un pouce trois quarts à fon plus fort bout B 9fig. ^ : il va en dimi- « nuant jufqu’à l’autre bout A9 où il fo réduit à 4 lignes de largeur. Cet inftrument a trois foibles lignes d’épaifleur ; au milieu de fon large bout B, il eft percé d’un jtrou tel que l’anneau d’un piton, qui fort pour l’accrocher à un clou dans l’atelier ; l’autre bout A eft plus mince, & fo réduit à une ligne d’épaifleur : il régné d’un bout à l’autre, for chacune de fos faces, une efpece de côte $ de maniéré que cet inftrument reflembie à certaines lames d’épées: on voit fa coupe en travers de d snf Les côtés font droits Sc limés en bifoaux alternativement fur chacune de fos faces : on voit l’un de ces bifoaux ou chanfreins en C ; l’autre étant par derrière, ne peut être vu. Le petit bout A eft fourchu, & il eft auffî entaillé à deux bifoaux alternes ; cés chanfreins font faits pour que l’outil gratte en perçant.
- On ne trempe point cet inftrument, mais eh finhTant de le forger, on trempe le marteau dans l’eau, Sc pendant qu’il eft mouillé, on frappe for l’acier à petits coups redoublés, jufqu’à ce que l’acier, de rouge qu’il étoit, devienne noir ; les gouttes d’eau qui tombent du marteau for l’acier, font fouter les crafles & les pailles qui refteroient deflus fans cette précaution ; en outre cela refforfe les pores de ce même acier, ie rend plus fin Sc plus roide , «Sucette précaution eft néceflâire en forgeant toutes fortes d’outils. Lorfqu’il eft ainfi préparé à la forge , on le termine à la lime fans le recuire, Sc on lui donne la forme qu’on vient de dire ; Sc lorfque les tranchants font émoufles, on lés refait à la lime > comme en premier lieu : l’inftrument étant fait, il faut percer la Meules
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- Planche
- ^ TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- Maniéré de percer une Meule de grès*
- Pour percer la Meule, on en cherche le centre avec un compas droit par quatre ferions ; enfuite on fait un petit creux au centre avec un petit cifelet : on place le Perce-meule tout droit dans un étau un peu fort, en le pinçant entre deux morceaux de plomb, 8c ne laiflànt fortir la pointe au-deffus de Té-tau , que d’environ 324 pouces ; enfuite on renverfe la Meule , & on la pofe horizontalement & à plat fur le bout A de Tinftrument, que Ton place dans le centre de la Meule : on la fait tourner comme fur un pivot, la foutenant en équilibre avec les mains, augmentant de vîtefle à mefure que le trou devient plus profond ; & lorfqu’il eft percé à travers, on retourne la Meule fens-deffus-deffous, pour que le trou foit égal d’un côté comme de Tautre • fi ce trou n eft pas aflfez grand, on fait entrer Tinftrument plus avant de la même maniéré quon a pratiqué au commencement. On obferve de faire tourner la Meule du fèns des bifeaux, pour que Toutil gratte en perçant.
- L’inftrument étant entré dans la Meule d’un bout à Tautre, fi par hafàrd le trou étoit trop petit, il faudroit l’agrandir en le fervant d’un morceau de bois long d’un pied, & fait en demi-rond dans toute fa longueur ; on applique ce morceau de bois le long du Perce-meule, en preffànt fon gros bout entre le bois & l’étau ; alors on renfile Tinftrument & la cale de bois dans le trou de la Meule, que Ton tourne comme auparavant, & par ce moyen on agrandit le trou à volonté. On nomme ce morceau de bois demi-rond, une cale ou une atelle. On aura occafion de parler de ces Atelles dans bien des rencontres , en enfeignant à travailler les métaux.
- La Meule étant ainfî percée, il eft queftion de la monter & de l’arrêter fur fon
- arbre* foit avec des coins ou autrement, comme on le verra dans la fuite.
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- c. Manière de monter une Meule droite pour la tourner enfuite.
- Pour monter une Meule droite fur fon arbre, on fait des coins de bois de chêne bien de fil, & on les enfonce légèrement avec un marteau entre l’arbre & la Meule : on en met de chaque côté de la Meule ; ils doivent être bien affilés de loin, pour qu’ils puiflent fe chevaucher l’un fur Tautre. On ne les ferre pas beaucoup, afin de pouvoir faire entrer plus ou moins les uns ou les autres , juf-qu’àcé que la Meule tourne ronde & plate en tous fens ; enfuite on l’affermit en frappant de côté & d’autre pour ferrer les coins également, & conferver la rondeur de la Meule. Il eft bon de dire qu’on place l’arbre entre les pointes du Tour , quand on a des poupées à pointes affez hautes y autrement on place cet arbre fur les collets d’en-bas feulement, en la faifànt tourner avec la main , la prenant par le bord, pour vérifier fi elle eft ronde autant qu’il eft poffible. Quand
- on
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- I. Section, Chap. X. Maniéré de monter Une Meule pour là tourner, a 3 3 on juge qu’elle eft bien, on coupe les têtes des coins avec un cifeau à fleur des cotes de la Meule : alors il ne s agit plus que delà bien tourner • pour cet effet on remet le collet de deflus , Sc û traverfe de fer N O avec les vis >fîg. 1 : on a foin de mettre un peu d’huile dans le frottement de l’arbre Sc des collets. Les chofe en cet état, Sc avant de remettre la planche Q du fupport D Q R on place en travers fur les bords de fange, utl tafleau de bon bois, qu’on arrête par les deux extrémités avec deux clous > & qui fort de fopport à l’outil avec lequel on veut dégauchir la Meule. Cet outil eft tout de fer doux, rien que forgé, d’enÿiron 3. lignes en quarré • il eft emmanché, comme un autre, dans un manche de bois ; Sc pendant qu’une autre perfonne fait tourner la Meule avec fà manivelle, on préfonte le bout de cet outil, tantôt la quarre en deflus, tantôt fur fa face plate, Sc on le tourne Sc retourne d’un fens Sc de l'autre pendant qu’il travaille , Sc la Meule s’arrondit très-bien Sc très-promptement.
- Lorfqu’elle eft ainfl ébauchée bien ronde , tant for fa circonférence que parfes deux côtés, on change d’outil, Sc on prend le bout d’un réglet de fer doux, de l’épaiflèur de trois quarts de ligne : cet outil fort de cifoau pour bien drefler Sc appianir la Meule en tous fens, obfervant de faire aller la Meule très-lentement, foit qu’on la tourne à la manivelle, ou bien for un Tour à roue; car fi l’on tour-noit vite , la Meule s’éciatteroit, on n’avancerok pas l’ouvrage 4 Sc on uferoit l’outil.
- Lorfqu’on tourne une Meule, il faut quelle foit feche, autrement le fer ne la pourroit entamer que difficilement ; Sc lorfque la Meule eft ainfi tournée, on l’ôte de deflus fon auge, mais for-tout il faut la pofer for un morceau de linge plié en plufieurs doubles, qui forme une efpece de couffin, autrement on égre* neroit la vive-arête des bords, à caufe du grand poids de cette Meule ; alors il eft temps d’enduire l’auge de maftic en dedans , & de la peindre en dehorsm* trement la poufliere qui vole pendant qu’on tourne la Meule , gâteroit tout.
- §. XIV. Manière d3enduire le dedans d’une Auge de Meule , avec du gaudron ou du maftic<
- Manière de goudronner.
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- L e gaudron eft une efpece de poix noire Sc liquide, qui fe vend chez le£ Marchands Epiciers. Four l’employer, on y ajoute Un peu de graiffe ou d’huile en le fondant dans une poêle ou une cuiller de fer ; il faut que cette poêle foie au moins du double plus grande qu’il ne femble être néceflàire pour contenir cette matière, qui s’élève beaucoup en chauffant. Je fuppofe que l’Auge eft très-feche, Sc de plus on la chauffe en dedans en la renverfant for un feu de paille, ou des copeaux de Menuifier, ou telle autre chofe qui fafle un feu clair ; enfoite , lorfqu’elle eft bien chaude, on y verfe le gaudron fondu, & on l’enduit avec Tourneur , I, Paru /. Secl, N 3
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- *34 TOURNEUR MÉCANICIEN,!.?^™.
- —=----, un pinceau de poil de cochon, & Ton renverfe ce qu’il y a de trop lorfqu \l
- Planche commence à fe figer, & on le laiffe refroidir ; enfuite on peint & on vernit l’extérieur de cette Auge de la couleur 8c de la maniéré quon veut ; & lorfque le vernis eft fec, on remonte la Meule & tous fes acceflbires pour s’en feryin
- Compofidon de plujieurs Maftics a divers ufiages.
- O N trouve deux fortes de Maftics tous faits chez les Epiciers qu chez les Quincailliers, for-tout dans les grandes villes ; l’un de ces Maftics eft rouge * l’autre eft brun : ce dernier eft plus coulant que l’autre, mais il ne l’eft pas encore affez pour s’étendre facilement dans l’Auge d’une Meule ; c’eft pourquoi on y ajoute un peu de cire jaune avec autant de foif ou d’autre graille en le fondant ; le Maftic rouge étant plus dur, on y met le double de graille & de cire qu’on auroit mis dans l’autre : on juge aifément de la dofe de cette addition, en en faifimt l’elfai for un petit bout de planche ; 8c lorfqu’il s’étend bien étant fondu , il eft temps de l’employer. On prend les mêmes précautions qu’on a dit foc la maniéré d’employer le Gaudron.
- Compofidon du Maftic rouge.
- Lorsqu’on ne trouve point de Maftic tout fait, on prend de la brique rouge que l’on pile 8c qu’on palfe à travers un tamis très-fin ; on prend enfuite une livre de poix-réfine, demi - livre de poix noire * un quarteron de cire jaune ; on fait fondre ces trois drogues à feu lent, dans une poele de fer qui foit un peu grande ; 8c lorfque tout eft fondu, on y verfe peu-à-peu la poudre de brique , en remuant toujours avec une Ipatule de bois jufqu’à ce que la poudre foit bien incorporée , & que cette compofidon forme une elpece de pâte : on la coule dans un moule de bois, qu’on a foin de mouiller avec un peu d’eau, afin que le Maftic ne s’y attache point. On garde ces pains ou gâteaux de Maftic pour s’en fervir au befoin ; & foivant l’ulàge qu’on doit en faire, on y ajoute de la cire 8c du foif, lorfque c’eft pour enduire un vaiflèau qui doit contenir l’eau ; mais fi c’eft pour attacher quelque morceau de métal for du bois , foit pour le cifeler ou bien pour le polir, 8c que le Maftic foit trop dur, il faut y ajouter de la cire & de la poix noire, fans graifle. On aura occafion de parler fouvent de divers ufàges qu’on fera de ce Maftic. On l’emploie auflï dans une, auge de la même maniéré qu’on a dit en parlant de l’emploi du Gaudron.
- Compofidon d'un Maftic bruni
- Ï*our faire du Maftic brun, il faut avoir de la cendre paflee au tamis fin, & for une livre de poix noire, on y ajoute une demi-livre de cire jaure; lorfque
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- î. Section, Chap. X. Maniéré à9enduire l'Auge de Maftic. 13 J Ces deux ingrédients font fondus, on y jette peu-à-peu cette cendre, en remuant m ' toujours avec la fpatule de bois pour bien mélanger le tout jufqu’à ce que cela ï>LANCHE s’épaiflïfle un peu ; enfuite on verfe cette compofition dans un vaiflèau mouillé ;
- Sc lorfque le tout eft refroidi, on retire ce gâteau du moule „ Sc on le garde dans un lieu frais, pour s’en fervir dans l’occafion. Ce Maftic eft très^-bon pour arrêter des pièces de fer ou de cuivre qu’on veut cifeler, graver ou polir fur la Meule du Lapidaire. On détache facilement ces pièces en pofànt deflus un morceau de fer chaud ; Sc pour nétoyer le Maftic qui eft refté deflbus la piece, on la frotte d’un peu d’huile, Sc on l’efluie avec un linge. Mais fi l’on vouloir enduire le dedans d’une Auge, il faudroit ajouter à ce Maftic un peu de cire Sc un peu plus de graiflè , pour le rendre plus coulant,
- On fe fouviendra qu’il faut que le vaiflèau dans lequel on veut fondre du maftic * fait plus grand que moins, Sc qu’il ne faut pas l’expofer fur un feu trop vif, parce que ces matières s’élèvent en fondant, Sc que le feu y pourroit prendre ; fi pourtant le feu y prenoit, il faudroit avoir un linge un peu grand, plié en deux, trempé dans l’eau, Sc couvrir promptement cette matière enflammée , la flamme manquant d’air, s’étouffe dans l’inftant : il faut bien prendre garde de fe brûler les mains, ce qui eft très-dangereux j mais on a la précaution de fe les envelopper dans les bords de ce linge mouillé, Sc on peut couvrir le vaiflèau enflammé fans courir de rifque. Il faut, de plus, faire attention qu’il ne tombe pas une goutte d’eau dans cette matière enflammée > parce qu’elle fàute-roit en l’air. J’enfeignerai les autres ufàges qu’on peut faire de ce Maftic, dans la fuite de cet Ouvrage.
- Il s’emploie dans une Auge comme le précédent, avec les mêmes préparations qu’au Gaudron.
- §. XV. Maniéré de doubler les Auges de Meule en plomb , avec la defcripdon des Infiruments SC Matières propres a faire cette opération.
- Ceux qui voudront que les chofes foient mieux faites Sc plus durables, feront doubler les Auges avec du plomb laminé d’une ligne d’épaiflèur 9 cela fera plus folide , & durera plus long-temps ; alors il ne faut point mettre de gaudron ni de maftic dans cette Auge ; il fuffit de la faire peindre à l’huile en dedans, pour que l’humidité ne s’introduife point entre le bois & le plomb : je fuppofe que le fond de l’Auge eft percé, afin de pouvoir vuider l’eau de temps en temps, comme on l’a dit aux Paragraphes 2 Sc 3 ; alors on a du plomb laminé qu’on étend fur une table de bois un peu épaifle & bien droite ; enfuite on le drefle bien plat en frappant deflus à petits coups avec un morceau de bois qu’on nomme batte y bien drefle à la varlope par-deflous & par les côtés. Cette batte doit avoir au moins 2 pouces d’épaiflèur, fur 3 pouces de largeur, & if pouces de longueur: on y fait un manche rond qui s’élève un peu du plan de deflbus, au moyen d’une
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- TOURNEUR MEC A NI CIE N t'Partie, r- - _ entaille qu’on y a pratiquée , à peu-près comme le manche de la fcie à chevilles ,"
- Planche fig. 11, Pi 11 ; Ç D3 eft le plan de deffous ; B, eft ce manche qui eft rond, &pris à même la piece; il faut le faire d’un bois dur, que le bout d’en-bas {oit lourd, quarré, large & bien droit en de flous. Lorfqu’on a bien drefle le plomb en le frappant avec cette batte , on le trace à la réglé fuivant la pente & la grandeur intérieure de l’Auge qu’on veut doubler, obfervant d’en laifier un pouce de plus fur la hauteur, afin de pouvoir le rabattre fur les bords Xy Xy des joues de cette Auge après quelle eft foudée , afin de ne rien déranger en rabattant ces bords. A l’égard des petits côtés & du fond de l’Auge, on les fait tous trois du même morceau ; c eft une bande de plomb longue depuis Yy en defcen* dant dans l’Auge , jufqu’en G y qui s’applique fur le fond jufqu’enp , de-là remonte Sc recouvre jufques par-deflus le bord du petit coté T ; cette bande doit avoir un peu moins que la largeur intérieure de l’Auge, à 2 lignes près, qui font l’épaifleur du plomb des joues. On coupe le plomb avec un couteau dont la lame foit un peu roide, d’environ 3 pouces de longueur, & le tranchant affilé un peu de court ; la lame fe prolonge dans toute la longueur-du manche, qu’on fait avec deux morceaux de bois ou de corne attachés des deux côtés, au moyen de trois riyures qui paflent à travers : voyez fig. 17, où ce couteau eft repréfenté à demi-grandeur. On le fait faire chez un Coutelier : il le nomme Couteau à. plate-femelle. Cette lame n’a que la moitié de la longueur ordinaire, & fon tranchant eft un peu plus gros. On le mouille un peu pour qu’il gliflè bien en coupant. v
- torique ce plomb eft ainfi coupé, on applatit bien les bords avec la batte , & on les drefle en mettant ce plomb fur une planche ; puis renverfànt fur le côté la varlope à onglets 9 fig* 2, PL iy , que l’on couche en long fur l’établi ; on la poufle le long de la planche, & fon fer racle les bords de la lame de plomb pour la mettre de largeur & l’ajufter dans l’Auge un peu à l’aile.
- On a foin de faire bien joindre les angles de la bande de plomb qui double les petits côtés & le fond de l’Auge, en frappant dans lès angles g & G, avec le bout de la batte, dont les vives-arêtes Ibnt un peu adoucies, afin quelles ne coupent point ce plomb ; enfuite on arrête ainfi les joues & les petits côtés en-femble au moyen de quatre gouttes de foudure d’étain qu’on met aux quatre coins pendant que le plomb eft en place ; enfuite on le retire en renverlànt l’Auge , & en le frappant fur l’établi : le feul poids du plomb aide à le faire fortir ; enfuite on le foude par toutes les jointures, comme on va le voir ; mais il faut auparavant enfeigner à faire la foudure d’étain , & connoître quelques inftruments néceflaires pour fouder le plomb. Ces inftruments font, 1®. un Couteau à couper le plomb, fig. 17 ; 20. une Pointe à gratter les fëudures, fig. 18 ; 3°. enfin un Fer à fouder, tel que les Ferblantiers s’en fervent,/g*. 19. Si l’on n’a pas toutes ces chofes, il faut les acheter ou bien les fabriquer foi-même , comme je vais l’enfeigner tout de fuite.
- §. XVI,
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- I. Section, Crf ap. X. Maniéré de faire la Soudure d’étain.
- §. XVI. Maniéré de faire la Soudure d'étain.
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- Planche
- Ii y a différentes fortes de Soudures, dont je donnerai les compofitions à mefùre que l’occafion s’en préfentera : pour i’inftant, voici celle qu on emploie ordinairement à fouder du plomb.
- Prenez un quarteron d’étain fin & neuf ; fondez-le dans une cuiller de fer ; ajoutez-y un huitième ou tout au plus un fixieme de plomb doux 8c neuf ; remuez le tout, pour le bien mêler, avec le bout d'un bâton ; enfuite coulezde dans un petit rrçoule fait d’un bout de planche, fin lequel on a pouffé une cou-lifle demi-ronde en dedans ; on potafle ce moule avec l’eau d’ochre , qu’il faut laifler bien fécher , comme on a dit en parlant des collets d’étain ; & retirez cette verge de foudure de dedans la lingotiere, lorfqu’elle fera froide, pour vous en fervir. On peut encore, en fondant cette Soudure, y ajouter une vingtième partie d’étain de glace, autrement du bifmuth , cela la rendra plus coulante.
- J’ai foudé plusieurs Auges de plomb avec de l’étain fin tout pur , n’ayant pas le temps de faire de la Soudure * 8c j’ai néanmoins bien réuflî ; mais je ne faurois difeonvenir que la Soudure faite comme on vient de l’enfeigner, vaut infiniment mieux que l’étain tout pur. Si la petite verge de Soudure eft trop épaifle, il faut la forger avec le marteau , afin qu’elle foie plus aifée à fondre avec le fer à fouder, dont je vais décrire la conftruétion & l’ufage.
- §. XVII. Conftruclion d'un Fer a fouder.
- Le Fer à fouder , fig, ip, PL 2$, eft cômpofé de trois parties ; i°. fa tête A D, qui eft de cuivre rouge ; 2°. d’une queue B, qui eft de fer , ronde ou à huit pans dans toute fa longueur * qui eft d’un pied ou environ, 8c qui pafïe quarrément à travers la tête A, fur laquelle elle eft rivée fortement, afin qu’elle tienne très-folidement, parce qu en chauffant ce fer pour s’en fervir, les métaux feramollifîent, 8c que celacaufe un ébranlement dans leurs aflèmblages : l’autre bout de cette queue eft pointu 8c emmanché dans un manche de bois qui a une virole de fer., comme un autre manche d’outil C\ le bout D eft aminci à peu-près comme un coin : on voit le profil de l’autre face de ce Fer en abd\ a, eft la tête, qui a un pouce en quarré ; b, fait voir le trou dans lequel le bout de fà queue de fer eft rivé ; le bout d eft terminé par deux bifèaux un peu arrondis fur les deux joues de cette tête, de maniéré que ce bout n’eft point tranchant, car il fe termine en demi-rond, fans quoi il ne glifferoit pas, 8c s’accrocheroit en paffant le long de la foudure qu’on veut faire fur le plomb. On trouve chez les Quincailliers des barreaux de cuivre rouge de la groffeur dont on a befoin : il en faut prendre environ un peu moins de deux pouces de long , parce qu’il s’allonge d’autant en le forgeant rouge couleur de cerife, 8c vient aifément à la lon: Tourneur , L Part. L Secl. Q j
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- Planche
- a38 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie. gueur néceflàire, qui eft entre 3 à 4 pouces. Il faut que le bout quarré qui pafle en trayers de cette tête, aille en diminuant, & on le fait entrer à force dans le trou qu’il forme en quarré de lui-même, parce qu on ferre cette queue toute froide dans un fort étau ; enluite on fait rougir la tête, & on l'enfile dans fon trou en frappant avec un marteau , Sc tout de fuite on la rive tandis qu’elle
- efl: chaude.
- Je préféré cette maniéré d’arrêter la queue d’un Fer à fouder, parce que le cuivre étant rouge, le quarré de la queue s’imprime aifément Sc très-bien dans le cuivre rouge, qui efl: mou & chaud ; on peut encore ajouter à cela que le trou fe reflerre confidérablement en refroidiflànt, ce qui rend cet aflemblage très-folide. On perce le trou de la tête à chaud avec un poinçon d’acier, comme fi l’on perçoit un morceau de fer. D’autres réfervent un œil ovale au bout de la queue de ce fer, Sc ils forment un tenon à la forge à la tête A , du morceau de cuivre, enluite ils le rivent; mais cette méthode ne vaut rien, parce qu’en chauffant, le cuivre s’amollit, la rivure s’ébranle, Sc il faut le river de nouveau de temps en temps. Néanmoins j’ai vu beaucoup d’Ouvriers qui préfèrent cette derniere méthode, fur-tout les Ferblantiers, qui ne m’ont donné aucunebonne rai fon, finon qu’ils avoient cet ufàge , qui étoit paflfé en habitude chez eux.
- J’ai placé cette defcription Sc la fuivante dans cet endroit, parce qu’elles ne font pas longues, qu’elles ne méritent point un Article à part, Sc que c’eft le moment d’en faire ufàge ; d’ailleurs ce ne font point des outils eflentiels à l’Art
- du Tourneur.
- On a encore befbin d’un autre infiniment de peu de conféquence, c’eft une Pointe à gratter ,fig. 18 , PL 2$ ; c’eft un petit morceau d’acier de 3 lignes de large, d’une ligne d’épaifleur, & d’environ 3 pouces de longueur en tout ; le bout A efl: affilé en pointe par un bifeau de chaque côté fur la même face, comme on le voit dans la figure ; l’autre face eft toute plate, Sc ne peut être vue. Cet outil reflemble à un outil de Tourneur qu’on nomme Grain-dlorge , dont on a fait la defcription. Cette Pointe à gratter doit être trempée Sc revenue violet ; parce qu’elle ne fert que fur le plomb : fa queue B entre dans un petit manche de bois fait comme celui d’un autre outil. Voilà tous les inftruments néceflàires pour fouder le plomb de l’Auge d’une Meule : il n’eft plus queftion que d’en
- faire ufàge,'
- §. XVIII. Manière de fouder le plomb de VAuge dlune Meule. ;
- Le plomb étant retiré de dedans l’Auge de la Meule, tout ajufté Sc arrêté par les quatre coins du bord , il ne s’agit que de fouder les jointures dans toute leur longueur ; mais auparavant il faut arrêter les quatre autres coins, qui font ceux du fond de l’Auge, avec quatre gouttes de foudure, comme on a fait d’abord aux coins par le haut ; enfuite on a du blanc qu’on appelle blanc d’Efpagne : on en
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- L Section, Chaf. X. Manière de fouder le plomb de [Auge. trouve aifément dans nombre de Provinces de France ; on le détrempe avec de Peau à froid dans une petite terrine ou bien un autre vaifleau qui puiiïe réfifter au feu ; Sc lorfquil eft délayé en bouillie, on y ajoute un peu de colle, & on le met fur le feu afin de faire fondre la colle Sc de l'incorporer avec le blanc, en remuant toujours avec une fpatule de bois : il ne faut mettre que peu de colle, autrement le blanc s’écailleroit en féchant ; on en fait l'épreuve en en polànt avec le doigt le long d'une lame de plomb , Sc le iaiflànt fécher ; s'il s'écaille, c eft qu'il y a trop de colle ; alors on y remet un peu d'eau Sc du blanc à proportion ; mais s'il s'en va en pouffiere , il faut remettre un peu de colle, Sc le chauffer comme on a dit plus haut.
- Avant de fbuder, il faut étamer le bec D du fer à fouder ; pour cet effet on blanchit avec une lime rude le bec de ce fer en tous fens ; enfuite on le fait chauffer au feu de charbon de bois, non pas jufqu'à ce qu'il foie rouge, mais qu'il foit allez chaud pour fondre l'étain en le pofànt deffus ; enfuite on a un carreau de terre cuite , ou bien une brique, fur laquelle on met de la réfine en poudre avec de la Soudure d'étain, & l'on frotte ce fer chaud là deffus en renver-fànt fon bec D d'un côté Sc de l'autre , alors il s'étame parfaitement, Sc l'on peut enlever au bout de ce fer de fortes gouttes do Soudure ; & lorlqu'on s'ap-perçoit que l’étain a quitté le bout du fer, il en faut remettre en recommençant l'opération, comme il vient d'être enfeigné ; parce que pour bien fouder, il faut que le fer foit toujours bien étamé , Sc c'eft ce qu'on doit faire, même avant que d'arrêter le plomb par les extrémités.
- Je fuppofe donc que tout eft ainfi préparé ; il faut blanchir les deux bords du plomb qu'on veut fbuder , Sc on fe fert d'un petit pinceau, ou bien on prend un petit bout de linge qu’on entortille au bout d'un bâton ; on le lie avec du fil, & il fait l'office d'un pinceau; on le trempe dans le blanc, qui doit être un peu chaud, Sc on peint les bords des foudures d'environ 3 lignes de largeur de chaque côté, tant en dedans qu'en dehors de ces mêmes foudures ; enfuite on les « effuie légèrement avec un linge fec, de maniéré qu'il ne refte du blanc qu'une couleur grifè qu'il fauc bien fè garder d'enlever ; Sc tout de fuite il faut recommencer à repeindre une fécondé couche de blanc fur les mêmes bords du plomb qui font déjà grisâtres ; enfuite on laiffe fécher cette derniere couche de blanc, & lorfquil eft bien fec, on traîne la pointe A ,fig. 18, dans la jointure qu'on veut fbuder, depuis un bout jufqu'à l'autre, Sc jufqu'à ce qu'on ait fait deux chanfreins le long de cette jointure, qui fe terminent à vives-arêtes en dedans de l'Auge, de maniéré que cette jointure forme une efpece de gouttière qu'on remplit avec de la foudure. Il faut faire attention qu'en formant cette gouttière avec la pointe à gratter Ayfig* 18, cette pointe ne fautille point, mais qu'elle gratte net le long de cette gouttière, qu'elle forme ; enfuite on paffe les doigts le long de l'angle qu'on a ainfi gratté, afin de rapprocher les bords de la foudure en les fai-fant joindre à ladiftance de i'épaiffeur d'une carte à jouer, Sc prenant garde à ne pas
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- Planche
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- r ’:v.T 1 Planche
- HO tourneur mécanicien, i. partie.
- ? éclater le .blanc ; s’il y en avoit d’écaillé, il faudroit en remettre proprement aux endroits où il feroit emporté feulement, prenant bien garde d’en faire entrer dans les joints quon a grattés ; après cela il faut paffer un bout de chandelle de fuif tout le long du joint qu’on veut fouder ; Sc comme il faut que cette chandelle foit bien propre , on l’enveloppe dans un petit morceau de papier, que l’on arrête en tordant, & ne laifïànt déborder par l’autre bout que ce qui eft néceflàire pour frotter les foudures ; alors prenant le fer à fouder qui doit être chaud alfez pour fondre facilement l’étain, on eftuie légèrement Sc promptement le bec D de ce fer , avec un mauvais linge chaque fois qu’on le tirera du feu, pour en ôter la cendre ; enfuite on lui fait toucher un peu le bout de chandelle ? Sc on frotte ce même bout D du fer , fur la brique,, où il y aura de la grenaille d’étain Sc de la railine, Sc on enlevera une goutte d’étain au bout de ce fer, qui fervira pour arrêter de diftance en diftance les joints qu’on veut fou-der, en prenant garde qu’une des joues de la jointure ne foit pas plus élevée que l’autre ; après quoi on approchera le bout du lingot d’étain, autrement dit de foudure, fur le côté du fer, Sc on laiflera dégoutter de cette foudure de diftance en diftance d’un pouce d’intervalle , le long de la gouttière de ce joint ; enfuite on prendra un autre fer bien chaud, ou bien on fera réchauffer le même, fi Ton n en a qu’un : on fera attention qu’il foit toujours bien propre , Sc on pofera le milieu du bec D de ce fer, fur une goutte de foudure ; Sc le tranchant étant pofé en travers de la jointure, on avancera doucement, de droite à gauche, ce fer, dont la tête doit être inclinée en penchant fur la droite, car c’eft toujours du côté gauche qu’il faut commencer chaque foudure, au moyen de quoi le fer en paflant, fait fondre chaque goutte de foudure qu’on avoit placée fur le joint , &r on remplit exactement la rigole ou gouttière que la pointe a gratter A PJïg+ 18 , avoit faite dans la jointure ; Sc fi les premières gouttes de foudure ne fuffi-fent pas pour remplir entièrement cette gouttière , il faudroit y en remettre quelques gouttes avec le fer, Sc combler toutes les inégalités ; & lorfque tout fera bien refroidi, on paflèra fur cette jointure le bout de chandelle de fuif bien propre ; enfuite reprenant un fer à fouder qui foit bien chaud, mais non pas rouge, on l’efluiera comme auparavant, enfuite on en partèra le bout D contre la chandelle, Sc on le glifleraune fécondé fois promptement fur cette foudure, toujours le tranchant en travers , Sc la tête inclinée , de maniéré que la foudure forme un petit cordon tout du long.
- Si l’on a obfervé toutes les différentes pratiques que je viens d’enfeigner dans cette méthode , on peut être afluré que la piece fera bien foudée.
- Il n’eft pas befoin de mettre de foudure en dedans de la cuvette, parce que les deux chanfreins qu’on a faits le long de chaque piece , ayant pénétré jufqu’à la vive-arête intérieure du plomb, cette foudure a coulé tout à travers des bords du plomb , & remplit entièrement le vuide. Il a fix foudures femblables à faire autour de cette cuvette : on y obfervera les mêmes procédés qu’on vient
- d’enfeigner,
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- I. Sêctïôn, Ch a?. X. Maniéré de jouder le plomb de l'Augé* tfenfèigner ; quand elles feront faites, on les lavera avec un petit linge trempé dans l’eau chaude , afin d en oter le blanc -, tant en dedans qu’en dehors 9 8c s’il reftoit quelques bavures à l’entour des foudures , il faudroit les ragréer & les unir avec une petite écouene ou bien une mauvaife lime à gros grains; enfuite il faut replacer cette cuvette de plomb dans l’Auge de bois * & la bien dreflèf avec la batte, de maniéré que le plomb touche bien par-tout en dedans de cette Auge ; après quoi on marquera avec une pointe à tracer, l’endroit du trou qu’on a fait à l’Auge en deflbus, qui eft deftiné pour vuider l’eau, 8c tout de fuite il faudra la renverfor, & la pofer fur le bout d’un morceau de bois plat qui foie bien droit, afin qu’il joigne bien contre le plomb, 8c qu’il tienne le contrecoup qu’on donnera en perçant ce plomb avec une gouge de Menuifier fig. 4, PL 20 9 qui fort d’un calibre convenable au trou ; 8c la piece ronde étant erm* portée > on ragréera ce trou avec une lime demi-ronde , de maniéré qu’il (bit d’une ligne tout autour plus petit que le trou du fond de l’Auge de bois ; en-fuite il faudra tourner un morceau de bois cylindrique, qui pafle jufte à travers ce trou , 8c Ton enveloppera ce cylindre avec une lame de pareil plomb, dont les bouts joignent bien l’un contre l’autre à l’épailfeur d’une carte près ; enfuite ayant retiré ce mandrin de bois , on blanchira le tuyau de plomb dedans 8c dehors, près la jointure feulement ; & le blanc étant fec , on fera une petite gouttière le long de cette jointure avec la pointe à gratter, & on foudera ce tuyau de la maniéré qu’on vient de l’enfeigner plus haut : on aura loin de faire ce tuyau de 4 lignes plus long que l’épaifleur du bois qui fait le fond de l’Auge ; & quand il fera foudé , il faut lui former un rebord tout autour extérieurement , en le tenant ferme à côté d’un tas , ou bien au défaut d’un tas , on prendra un fort marteau * qu’on ferrera dans l’étau * la tête en deflus, de maniéré qu’il ferve de tas ou d’enclume ; enfuite on frappera en dedans du tuyau pour renverfer le bord en dehors avec la panne d’un petit marteau, en tournant le tuyau dans les doigts pour renverfer ce bord tout autour bien également, de maniéré qu’il pofe bien également à plat for une table; enfuite on enétamerale plan tout autour : on étamera suffi le tour du trou en dehors de la cuvette de plomb ; je fuppofe qu’on aura eu foin de gratter un peu les endroits du plomb qu’on veut étamer ; il faut aufïi paffer le fer à fouder bien légèrement, autrement on rifque* roit de fondre le plomb ; 8c lorfquexes endroits font bien étamés, on applique le tuyau fur le trou de la cuvette ; & pour le placer bien jufte, on enfilera le mandrin de bois tout à travers, ce qui le tiendra jufte à l’endroit du trou de la cuvette : on le foudera en y mettant un peu de réfine en poudre, & quelques gouttes de foudure qu’on fera couler 8c pénétrer avec le fer chaud, comme il vient d’être dit, en glilfant le bec du fer tout autour du chaperon du tuyau, lequel étant ainlî foudé, on remettra la cuvette dans fon Auge bien jufte à fa place ; 8c enfuite avec la panne du même petit marteau, on rabattra le bord extérieur du tuyau tout autour du trou de l’Auge, afin que lorfqu’on enfonce le Tourneur p L Part. L Secl. P 3
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- H% TOURNEUR MÉCANICIENS. V^ni, bouchon , cela ne caufe point d’ébranlement au plomb ; enfin on rabattra le bord du plomb à petits coups de marteau fur les bords X,X> des joues de l’Auge, de même que fur le bord du petit côté T ; & s’il y avoir quelques endroits où il manquât du plomb, il faudroit en ajouter & le fouder fuivant la ma-; niere qu’on vient de voir. On attache ce plomb fur les bords de l’Auge avec des petits clous-d’épingle en cuivre, obfervant toujours de bien faire joindre ce plomb dans le bois avec la batte. Cela étant fait, il faut remonter la Meule dans fon Auge avec toute fon armature , & la Meule eft en état de fervir , à moins qu’on n’ait envie de faire peindre l’Auge à l’huile extérieurement, ce qui eft très-bon pour empêcher le bois de pourrir.
- Ceux qui voudront connoître à fond la maniéré de bien fouder le plomb en ouvrages délicats , & même de fouder l’étain, ce qui eft plus difficile, pourront confulter l’Art du Faéleur-d’Orgues, par Dom Bedos, Religieux Bénédiélin.
- Article Second.
- Defcripüon d'une Meule que Von haujfe ou baijfe au moyen de vis, & dont la monture ejl plus commode que la précédente,
- §. I. Defcripüon de l'Auge;
- Planche
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- L’Auge que l’on décrit ici, eft beaucoup plus commode que les deux premières ; i°. parce que par le moyen de deux vis , on met toujours la Meule à la même hauteur à mefure qu’elle baiffe en s’ufànt ; l’Auge montant beaucoup plus haut, couvre une grande partie de la Meule, Sc par ce moyen l’eau ne peut pas rejaillir fi aifément dehors.
- Cette Auge eft compofée de trois parties principales, fans compter la fèlie fur laquelle on doit la pofer ; lavoir, i°. la cuvette ou l’Auge proprement dite ; a°. la fauffè Auge , qui eft renverfée fur la première ; la trémie ou l’Auget, qui eft par-defîîis les deux premières parties.
- L’Auge A B,fig. r, PL 26, eft faite & affemblée comme celle qui eft décrite au Paragraphe III, Art. I> PL 2$, fig. r ; le plan C D coupe cette Auge & fon deffus parallèlement à fa bafe QR ; cette coupe eft taillée en chanfrein de troi* quarts de pouce de profondeur, la pente en dedans de l’Auge ; la fécondé partie C E D F, n’a que la moitié de la hauteur de la première Auge ; fa coupe des bouts & les affemblages font faits de même qu’il eft enfeigné au Paragraphe III, Art. /. Le plan du bas de cette fécondé partie eft droit, mais il eft taillé en talus, du même angle ou chanfrein que celui de la première Auge, de maniéré que ce dernier s’emboîte en pendentif dans le chanfrein de cette première > afin que dans l’ufage, l’eau ne s’introduife point dans le joint de ces deux parties, Sc ne rejailiiffè point en dehors: on voit ce joint en chanfrein en cd,
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- I. Section. Chat. X. D'une Meule qui fe Ratifie SC fe baijfe, &c. 243 fis- 2 ; le pl an fopérieur E F, de cette fauflê Auge, eft auffi taillé en chanfrein , dont la pente eft en dedans comme la première, &ceft fur cette coupe qu’on ajufte fefpece de tremie ou d auget G F3 dont le haut K H va en évalànt, afin de recevoir quelques gouttes d’eau qui pourroient rejaillir quand la Meule tourne ; l’angle F H 8c fbn femblable K , font aflembiés à queue d’aronde avec la planche du bout /: les trois planches qui compofent cette trémie, n’ont qu’un demi-pouce d’épaifleur, & affleurent par le bas le dehors des joues de la.faufle Auge en G F; cette trémie eft ajuftée deflus par un chanfrein, comme l’autre ajuftement d’en-bas : on voit cette coupe en ef,fig- 2. Le haut des joues de la trémie eft coupé en adouciffant depuis U jfig. 1 , jufqu’en G ; 8c l’autre côté N eft fait tout de même, afin de laifler un plus grand fegment de la Meule à découvert , & pour qu’on puiffe émoudre des longs outils en travers, comme une plane , ou bien les outils à tourner, tranchants de côté : on attache cette trémie fur la fauffe Auge, avec trois petits réglets de fer qui lient ces deux fauffes Auges enfèmble au moyen de plufieurs vis à bois. On attache le bas de l’Auge avec le haut, au moyen de quatre crochets de fer, dont on ne peut voir que deux dans cette figure , les autres étant placés par derrière.
- •Ces fortes de crochets X, M, fo font avec des petits réglets de fer d’environ 3 pouces de longueur , larges d’un pouce, & d’une ligne d’épaifleur : on fait un trou à chaque bout au milieu de leur largeur , l’un reçoit une vis à bois qui fixe le crochet fur la partie inférieure de l’Augè ; l’autre eft vifle dans la joue de la partie lùpérieure : on voit dans la figure , que l’on a eu foin de découper le trou d’en-haut en forme d’un arc de cercle, dont le rayon eft la diftance d’une vis à l’autre , afin qu’en faifànt un peu tourner ce crochet avec les doigts de droite à gauche, ou de gauche à droite, on l’accroche ou décroche en le dégageant de la vis d’en-haut, & par ce moyen on peut enlever le deffus CD F, 8c le féparer de l’Auge. Ce que je dis de ce crochet, doit s’entendre des trois autres : voye^fig. 6, PL 27 , ou ce crochet eft repréfenté au double de grandeur ; ay eft le trou de la vis pour l’attacher fur la joue de l’Auge; b, eft l’entaille de l’autre vis du couvercle.
- §. IL Maniéré d’armer & ajufier une Meule qui fe haujfe ou baijfe - fuivant le befoim
- Il refte à décrire la maniéré de haulïer ou baiflèr la Meule : elle confîfte I faire trois pièces de bois ferme , fans nœuds 8c bien de fil N, O 9 P, fig* 1 ; la pièce du milieu O, eft un morceau de bois de chêne , d’environ 14 à iy pouces de longueur, fur 6 pouces de largeur, & d’un pouce d’épaifleur : on fait au bout d’en-haut une entaille quarrée, & dans les côtés dé laquelle on pratique à droite & à gauche des rainures perpendiculaires à la moitié de l’épaifleur du bois, mais peu profondes; on fait cette entaille un peu plus large du haut,
- Planche . 26.
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- a4o TOURNEUR M É CA NI CIE N, I. Partîê.
- d'environ l’épaifleur d'une carte, afin de lui donner de 1*entrée , autrement dit dé Planche ^p0Uny aux collets qu’on doit fondre & ajufter dedans , comme on l’a déjà dit ; le haut eft embrafle par un étrier de fer, furmonté & traverfé dune vis, qui, paflànt à travers, fait preflion fur le collet d’étain qui embrafle le collet de l’arbre. Cet étrier eft entaillé de fon épaifleur 8c à fleur du bois, fur les côtés de cette planche O, qu’on nomme la grande coulijje : on afliire l’étrier for cette Coulifle par une broche de fer qui traverfe le tout, comme on le voit par les lignes ponétuées qui font proches de O ; le trou qui reçoit cette broche eft percé plus bas que l’entaille des collets d’étain, afin que le bois ne s’éclatte point : on voit la forme de cet étrier dans la figure y ; a, eft la traverfe plus épaifle vers le milieu, afin que fon trou à vis contienne plus de filets ;b9 eft la vis de preflion, dont la tête eft en poulet : les deux côtés c, d, de l’étrier font un peu formés obliquement, pour mieux s’accorder aux côtés de la coulifle de bois O , qui font taillés en chanfreins pour les raifons qu’on va dire : on voit la broche de fer e, qui traverfe le tout, & affermit l’étrier fur la grande coulifle : on voit aufîi cette grande coulifle O, repréfentée à part dans la figure 4 ; f9 eft l’entaille qui doit recevoir les collets d’étain ; g 8c h font les rainures dans lef* quelles s’ajuftent ces mêmes collets ; i, k , font les entailles pour loger les côtés de l’étrier de fer c 8c d ; /, m, font les chanfreins des côtés de la grande coulifle : ces deux pièces étant aflemblées, doivent être de même largeur extérieurement d’un bout à l’autre 9 de même forme , 8c for-tout bien droites, afin que le tout puifle glifler bien jufte, comme on va voir.
- Cette grande coulifle O , s’ajufte entre deux autres petites coulifles N, P$ qui font plus étroites que la premieré, mais elles font un peu plus longues : elles font taillées à chanfrein par dedans, du même angle que la grande cou^ lifle ; on les attache for les côtés d’en-bas de l’Auge avec des vis à bois : elles doivent être pofées bien droites, & de maniéré que la grande coulifle O marche jufte entre-deux fans jeu : on voit le plan de toutes c es pièces dans la figure 3 ; 0 y eft le bout d’en-haut dé la coulifle ; /, m9 font les deux côtés à chanfreins, n9p y font les deux petites coulifles qui s’appliquent for les côtés ; y r, eft le fond de l’Auge, 8c s t en eft le plan géométral.
- Lorfque tout eft fait comme il vient d’être dit, on perce 8c on taraude deux trous au bord de la planche Q R y fig. 1,8c au milieu de fa longueur, afin d’y; enfiler les deux vis de bois S y S 9 qui correfpondent juftes & bien perpendiculairement au milieu du bout de la grande coulifle O y fig, 1; ces deux vis ont leurs têtes plates, de forme ovale , qui fervent à les faire tourner avec la main , & en même temps à faire haufler ou baiflèr les deux grandes coulifles O y 8c par conféquent à faire monter ou defcendre la Meule, que ces deux grandes coulifles fopportent.
- La Figure 2, PL 26 9 fait voir la coupe perpendiculaire & en travers de 1 Auge ; k i k, eft la planche qui traverfe le bout de l’auget qui s’élève au-deflus ;
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- I. Section, Chap. X. Deficription d'autres petites Meules portatives. '24 J fait voir le dedans de cette planche, taillé en évalant par le haut ; m , m , font les deux joues extérieures de la fécondé Auge qui embraflè la Meule, & ceft à cette fécondé Auge que Yauget fupérieur eft attaché avec dçs réglets de fer fixés avec une petite vis â chaque bout 5 b, b , font les deux vis à poulet qui preflent les collets d'étain dans lefquels tourne l'arbre ; ay a, font le haut des étriers de fer dans lefquels s’ajuftent les deux vis en poulet ; n 9p, font les deux petites coulifles de bois qui embraifent la grande coulifle O, qui coule entre-deux ; py 1)0 ) eft la manivelle ajuftée fur fon arbre lQ R> eft la planche qui fèrt de fond à cette Auge. On enduit la partie d’en-bas de cette Auge Q R, CD, fig. 1, intérieurement avec du maftic, ou bien on le double en plomb à volonté ; mais pour les deux petits augets fupérieurs , il n'eft befoin que de les peindre à l'huile à plufieurs couches, fur-tout par dedans, parce que l'eau ne fait qu'y toucher en pafîànt ^ & n’y féjourne pas.
- Le tout étant difpofé comme il vient d'être dit, il n'eft plus queftion que d’attacher cette Auge fur une felle femblable à celle qu’on voit repréfentée fur fes quatre pieds 1,2,3 & 4, & A, B, fig. 1, PL 25 ; on l’attache deflus au moyen de deux vis de fer G, Hy comme on a dit ci-devant.
- On aura foin de percer dans cette felle deux trous, affez grands pour que les deux vis de bois S , S, fig. r , PL 26 9 qui fervent à haufler les deux coulifles 0> puiflent pafler à travers fans frottement : on n'a pas befoin de les tarauder , puifque les écrous font formés dans la planche du fond Q R.
- On fond les collets d'étain dans l'entaille des coulifles O, de la même maniéré qu’il a été enfeigné ci-devant, Art. I. §, XII.
- La marche ou pédale C, eft faite comme à la première Meule, fig. r * PL 2$.
- Article Troisième*
- §. ï. Deficription d'autres petites Meules portatives. ' V
- Ô N fait encore d'autres Meules plus petites que les précédentes , afin qu’elles foient aifées à tranfporter d'un lieu à un autre, à la ville ou à la campagne ; ces Meules n ont qu'environ un pied de diamètre, & l'Auge à proportion. Ces Auges font compofées de cinq planches, comme les premières : voy. la fig. 6, PL 2 fil ces planches Ay By C, D9 forment la partie d'en-bas ; c’eft ce qui s'appelle Y Auge proprement dite, qui ne diffère prefque des précédentes que par fa petitefle ; les deux grandes joues 9 qui en font les cotés , font aflemblées avec celles des deux bouts , Comme les premières ^ foit à rainures ou à tenons , ou bien à queues d’aronde : elles n'ont que 6 à 8 lignes d'épaiflèur chacune& celles des deux bouts ont quelque chofe de plus, comme 10 lignes tout au plus ; la planché C D eft encore plus épaifle,, cofnmp environ 12 à 14 lignes d'épaiiîèui,
- Tourneur y 1. Part. I. Secl. Q 3
- Planche
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- H6 TOURNEUR MECANICIEN, I. Partie. aflèmblée avec les quacre premières à rainures & languettes, à tenons & à clefs rapportés, le tout bien joint ; on poulie au pourtour de ce fond une moulure fur le bordyqui eft faillant, telle qu’on le voit dans cette figure. On recouvre cette Auge avec un couvercle auffi de bois A B , MN ; ce couvercle eft cintré par-deflus , pour plus de propreté, affemblé à queue d’arronde avec fa partie cintrée : le fil du bois doit être en travers, en forme de douves de tonneaux , & dont les joues M, N, Z, 2f , repréfentent les deux portions des fonds.
- On réferve au cintre de ce couvercle * une ouverture quarrée , telle qu on la voit en M, qui fert à paffer Toutil pour faiguifer fans découvrir la Meule, afin d’empêcher que l’eau n’éclaboufle en dehors. Ce couvercle eft fait de même bois que le refte, c’eft-à~dire , de bois de chêne : il n’a que 6 lignes d’épai(feur3 car il ne fatigue point : il eft ajufté fur le bas de l’Auge en chanfrein, dont la pente eft en dedans, comme on a dit en parlant des autres Meules.
- §. II. Maniere de faire les Supports des Collets, & de les armer de fer.
- O N rapporte au milieu des deux joues & de chaque côté,, un petit morceau d’un bois liant, d’environ un pouce au plus d’épaifteur î il a la forme à peu-près d’un écufton d’armoirie ; il eft ajufté dans un étrier de fer L OP Q , qui tient ferme deifus à frottement. Le haut de cet étrier eft fort épais, & fur-tout vers le milieu de fa traverfe , où il eft quatre fois plus épais qu’aiileurs , afin que le trou qui eft dans ce milieu contienne beaucoup de pas de vis , pour recevoir la vis en poulet Q, dont le bout inférieur fert à preiler le collet d’étain qui fupporte l’arbre de la Meule. Ces collets font fondus comme les autres dont on a parlé au Paragraphe XII, Art. /: on attache cet écufton de bois, qu’on nomme Support de collet, au milieu des deux joues , avec trois vis à bois.
- L’arbre de cette Meule n’a que p lignes en quarré, & la manivelle L eft plus petite à proportion de la grandeur de la Meule, ainfi que tout le refte.
- Lorfqu’on veut ôter la Meule & fà manivelle hors de l’Auge, on defferre un peu la vis Q> & on retire à plat l’étrier de delïiis le fupport de collet, pour dégager l’arbre, & ainfi du refte. Ce que je dis de ce côté, doit s'entendre de l’autre , qui ne peut être vu. On attache ce couvercle avec la cuvette ou l’Auge de la Meule, de la même maniéré qu’on a dit en parlant de celle qu’on voit repréfentée fig, i, PL 26, c’eft-à-dire, avec deux crochets de fer de chaque côté des deux joues, ce qui fait quatre crochets en tout : le refte a été enfeigné ci-devant. On les voit en place en Z Z.
- La Figure 7 repréfente la coupe perpendiculaire 8c en travers de la cuvette ou Auge de la Meule ; cd9 eft le fond de l’Auge ; a b, eft la coupe des deux joues ; 0,0, font les deux fupports des collets embrafles par les deux étriers de fer, & fùrmontésde deux vis à poulet, dont les bouts fervent a prefler les collets ; L, eft l’arbre garni de fà manivelle, & de fa poignée de bois tournée,
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- I. Sic TIONj Chap. X. Manière d'arrêter une Meule portative. 247
- La Figure 13 fait voirie plan ou le dedans du couvercle cintré ; n >n, font les deux joues ; m , eft 1 ouverture de ce couvercle, par laquelle on pâlie le bouc de l’outil qu’on veut émoudre.
- La cuvette de cette Meule doit être enduite de maftic r ou bien doublée en plomb, comme on a déjà dit; il fuffit que tout le refte foit peint en dedans & en dehors, comme on Ta recommandé au commencement de cet Article,
- §. III. Maniéré d’arrêter une Meule portative fur un établi quelconque„
- Lorsqu’on fe fert de cette Meule, Ion pétit volume fait qu’elle eft peu pelante ; c’eft pourquoi on l’arrête fur un établi de Tourneur, ou fur celui du Menuifier, à peu-pîès comme on arrête les poupées ou bien le fupport d’un Tour, dont on parlera en expliquant les Planches 3 6 & 40 de cette premiers Seétion ; néanmoins on peut encore l’arrêter fur l’un ou fur l’autre de ces établis de plufieurs autres maniérés, premièrement avec une vis de fer, dont l’épaiffeur de l’établi fur lequel on veut l’arrêter , détermine la longueur. La tête de cette vis doit être ronde avec une embafe, Sc porte un anneau ou un quarré, afin qu’avec une broche ou une clef on puifle la ferrer quand on en a befbin, comme on le voit à la vis qui appartient à la poupée jig. 3, PL 3 6 ; ou pratiquant une une rainure fous le focley & fe fervant du boulon de fupport, fig, 9, PL 40. Cette vis eft enfilée d’une rondelle de bais qui pofe fur l’arrafement de l’embafe ; le boutoppofé à la tête peut être fait en vis à bois., Sc entrer fous le fond de l’Auge , de maniéré que paffant à travers un trou de l’établi de Menuifier, ou à travers la rainure des jumelles de l’établi du Tourneur, & la vidant dans le fond de l’Auge , on l’arrête très-ferme : on doit pourtant obferver de ne pas percer ce trou trop avant par-deflous, car ©n rifqueroit d’arriver jufqu’au plomb, ou enfin jufques dans l’intérieur de l’Auge; d’autres fe contentent d’attacher en deflous de cette Auge un morceau de chapeau, & cela fuffit pour qu’elle ne vacille point fur une table. On peut encore imaginer bien d’autres maniérés.
- L’ufàge de cette Meule eft d’aiguifer de petits outils, comme pour des ou-? yrages délicats, & afin de ne point s’embarrafler d’une grande Meule lorfqu’on va en voyage. On peut la tourner foi-même avec une main, & tenir l’outil de l’autre ; on peut encore la faire tourner par une autre perfonne, cela nen fera que plus commode.
- Planche
- 2l'
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- TOURNEUR MËCANICIEN,l.¥k*.™*
- Planche
- Article Quatrième.
- §. I. Autre Meule portative & enjolivée.
- L a Figure S , PL 2$, reprëfente une petite Meule dans fà boîte ou Auge » qui n’a que 8 à 10 pouces de diamètre f tout au plus ; cette boîte eft de figure ronde en dedans comme en dehors. On la fait ^ordinairement en bois des Indes en plein. Elle eft compofée , comme les autres * de fes joues & des planches qui forment fon pourtour ; ce font ordinairement de petites douves qui s’aflèmblent par leurs bouts à queues d’aronde couvertes dans les côtés de l’Auge, qui doit avoir environ 5 à 6 lignes d’épaifleur, & de même dans les côtés de fon couvercle : tout cela doit être bien ajufté & collé le plus proprement & le plus folidement poflible. Le plan B> qui eft 1a coupe des deux corps d’en-bas, doit être taillé en chanfrein, la pente en dedans du bas de l’Auge, & le couvercle A B E F 9 doit defoendre en pendentif dans ce chanfrein, afin que l’eau n’y} féjourne point. Il eft encore néceffaire de ravaler fur le bord de cette cuvette , une feuillure avec la même pente du chanfrein 1 elle doit avoir aufil pour largeur les trois quarts de l’épaifleur de chacune des joues* de maniéré que lorfque îa cuvette & le couvercle font pofés l’un fur l’autre , il faut qu’ils fe joignent bien, & qu’on ne voie point du tout apparence de la feuillure qui fort à loger le bord du plomb qui double cette cuvette ou Auge : on a foin de renverfer proprement le bord de ce plomb, 8c de ne point éclater le bois du bord de l’Auge ; car les bois des Indes demandent une attention finguliere en les travaillant.
- Le plomb qui double la cuvette, doit avoir une ligne d’épaifleur, car c eft lui qui contient l’eau & qui s’ufo davantage. Pour ce qui eft de l’intérieur du couvercle , on le dôuble avec du plomb d’une demi-ligne d’épaifleur feulement cela fuffit; on ajufte ce plomb & on le foude comme il a été enfoigné ci-devant % Art. 13 15 & 18 de ce Chapitre.
- On ne replie point les bords de ce plomb au couvercle, on le laifle pendre tout droit fur celui de la cuvette ; & pour que ce plomb mince ne fe plie point lorfqu’on pofe ce couvercle fur une table en découvrant la Meule , on place le long du bord du couvercle, entre le plomb & le bois, une petite lame de cuivre jaune , mince comme un fou marqué, & qu’on a foin de bien écrouir ( * ) au marteau, & on attache le tout avec des clous-d’épingles en cuivre, pour que le plomb ni le cuivre ne fortent point de leur place. Toute cette boîte eft fupportée fur un petit focle’ quarré C D , qui eft de même bois au moins en apparence ; car le maffif de ce focle eft de bon bois, mais ordinaire, ou bois
- ( * ) Ecrouir, terme d’Art, qui fîgnifie forger à froid un morceau de métal pour le durcir & roidîr:
- François ,
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- I. Section, Chap. X. De la Garniture des petites Meules ornées, i j) François, Sc Ton rapporte aux quatre faces, des moulures, qui font jointes en onglet, aux coins, le plus proprement Sc le plus folidement poffible ; on rapporte encore du même bois en travers à chaque bout du focle, en GG: on entaille dans le focle la place de deffous de cette Auge circulaire bien jufte; en-fuite on colfe la cuvette avec le focle à demeure : on affleure les bouts de bois G 9G 9\ rafe des côtés des joues, de maniéré qu’il n’y a que la moulure du focle qui foit Taillante à ces mêmes joues, & ces deux pièces de bois G, G , forment des congés ou des amortifîements qui accompagnent la partie d’en-bas de la circonférence de cette Auge, Sc la rendent plus folide : on voit bien que la bafe de ce focle C D, eft un quarré-long, pour lui procurer plus d’affiette.
- Il ne faut point doubler l’Auge en plomb avant que le focle y foit attaché ; car il faut que l’Ebénifte ait entièrement fini auparavant. On attache fur le haut du couvercle un autre petit fbcle de pareil bois; fa bafe eft un quarré-long, cintré fur fa longueur en deffous , afin qu’il joigne bien fur la circonférence du couvercle ; les moulures des deux côtés font auffl cintrées de même, mais celles des deux bouts I, H > font pouffées droites ; ces moulures font une plate-bande au bas, enfuite un quarré, au-deffus un congé ou gorgerin, qui fe termine par le quarré , fur lequel on place un vafe ou tel ornement qu’on veut, Sc toutes ces moulures enfemble forment ce qu’on nomme un amortijjement, en terme d’Art, Sc les moulures doivent fe raccorder parfaitement aux quatre angles.
- Quand on a garni cette Auge, de plomb, il eft à propos de la remettre entre les mains du même Ebénifte , afin qu’il pofe les garnitures proprement, parce qu’aucun Ouvrier n’eft plus en état de pofer ces fortes de garnitures, qu’un Ebénifte ; les Serruriers n’y entendent rien, & ils gâteroient tout, excepté un bon-Mécanicien*
- §. IL Defcripdon de la Garniture des petites Meules ornées, N
- La Garniture de cette Meule confifte en plufeurs pièces de cuivre jaune; fc’eft le meilleur pour ces fortes d’ouvrages : d’abord ce font les fupports des collets , enfuite leurs couvertures ou enveloppes, leurs quatre agraffes, Sc le vafe ou bouton en graine qu’on met par-deffus.
- La Figure ç repréfente l’un de ces fupports A 9 B, E : il porte environ p lignes d'épaiffeur , Sc a à peu-près la figure d’un fer à cheval : on voit en B l’en* taille quarrée qui reçoit les deux collets , dans lefquels roule l’arbre ; ces collets entrent à rainures perpendiculaires dans cette entaille ; la piece C s’ajufte deffus , & les petites chevilles I Sc 2 9 entrent librement, mais fans balotter , dans les trous qu’on a faits à cette traverfe C : ces chevilles retiennent les deux pièces AyE, C, enfemble, de maniéré quelles s’affleurent en tous fens ; Sc lorf-qu’elles fe joignent, leur commune circonférence doit être un cercle, dont le dehors doit être tourné à vis, bien cylindriquement, & dont les filets doivent Tourneur , I, Part. I, Secl. R 3
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- TO URNEUR MÉCANICIEN L Partie. être diftants les uns des autres d’un peu plus d’une demi-ligne. Les trois trous qu’on voit dans le plan de la partie d’en-bas de ce fupport, fervent à lailîer paffer trois vis de fer, à bois, dont les têtes font noyées en entonnoir dans le plan apparent de ce fupport. L’ufage de ces vis efl d’attacher le fupport fur la joue de l’Auge, comme on le dira bientôt.
- Il faut faire attention de faire les deux trous des vis A ,2?, un peu au-deflous de la ligne qui paffe par le centre de ce fupport, afin que ces vis puif fent être attachées dans le plein bois de l’Auge, & non pas dans l’endroit qui forme un chanfrein en dedans du bord de cette Auge.
- Il pourra paroître difficile de tourner en vis cette circonférence du fupport à collet, parce qu’il efl: de deux pièces féparées. Je vais donner une méthode très-sure 8c fort aifée pour faire cette opération avec toute i’exaétitude poflible , 8c avec promptitude.
- Cette méthode confifte à fouder en étain ces deux pièces enfemble par leur coupe CF8c i 8c 2 , que l’on fuppofe bien droites & bien ajuftées l’une contre l’autre ; bien entendu que le collet d’étain n’eft pas encore fait, & que fa place efl: vuide ; alors on frotte les deux furfaces qu’on veut fouder avec un peu de poudre de fel ammoniac, mêlée avec un peu d’huile d’olive, en confiftance de bouillie ; enfuite on les pofe fur des charbons ardents fans fouffler, de crainte de faire voler la cendre, qui s’y attacheroit, & l’on attend que la piece foit a(Tez chaude, ce que l’on éprouve en laiflànt repofer deflus une petite grenaille d’étain , de la groffeur d’un grain de bled ; 8c lorfque cet étain commence à fondre , on retire la piece du feu en la tenant avec des pinces convenables ; puis tenant de la main droite un fer à fouder qui fbit chaud, 011 prend avec ce fer un gros grain défoudure d’étain, en y mettant un peu de réfine , & l’on frotte avec ce fer le plan de la piece qu’on veut étamer, ce qui efl fait dans l’inftant, l’autre piece étant étamée de même, car on commence par la plus petite , on efluie ces jointures, étant toutes chaudes, avec de Y étoupe de filafle ; enfuite on les rejoint, on les couche de côté : on y met deux ou trois grains ou paillons de la même foudure, avec un peu de réfine en poudre ; on pofe la piece fur les charbons ardents, l’étain fond , s’introduit dans le joint ; alors on la retire du feu , & on la tient preflee, afin que le fuperflu de l’étain forte ; 8c la tenant ainfi, on la plonge dans de l’eau claire , pour que l’étain fe fige proptement, 8c qu’on ne foit pas obligé de la tenir long-temps preflee.
- Je préféré, pour cette opération, les fers à fouder dont les Ferblantiers fe fervent : ils vont en amincilîànt par le bout ; ils font légers à manier, & pat conféquent fort commodes. Ces fers font ordinairement de cuivre rouge : il efl meilleur, 8c ne caflfe point à chaud ; de plus, cette matière étant plus poreufo que l’autre cuivre, l’étain s’y attache mieux : voye£ le Paragraphe XVII ^ de l’Article I. de Ce Chapitre.
- Lorfque les fupports font ainfi foudés, on ajufte d’un côté dans la place dur°
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- I. Sectïôn, Chap. X. De la Garniture des petites Meules ornées. i collet , une barrette de laiton, défi épaifleur d’une ligne ou environ , qui foit coupée jufte au travers de cette entaille du collet ; fa largeur peut avoir environ 3 lignes , Sc affleure le plan du fupport ; puis on cherche par quatre feétions , avec le compas à quart de cercle décrit dans la figure 8, PL 10, le centre delà place du collet : ordinairement on place ce centre un peu au-deflous du milieu de la hauteur de ce même collet, à caufe que la vis qui doit prefler deflus, le fatigue plus que l’autre, qui eft en-bas ; enfin lorfqu’on a trouvé le centre requis, on décrit un cercle autour de la piece A EF e 9Jîg. 9 , en faifànt attention de profiter de toute la grandeur de la matière ; enfuite on ôte le fuperflu du cuivre avec la lime, jufqu’à ce qu’on arrive au bord du trait ; pour cet effet on fe fert d’une tenaille à chanfrein, repréfentée par les figures 11 Sc 12 , PL 7.
- On ne doit pas oublier de mettre la piece entre du carton en la ferrant dans les mâchoires , foit de l’étau ou des tenailles ; Sc lorfque le bord eft en chanfrein tout près le trait, on ôte ces tenailles à chanfrein , & on remet la piece à l’étau toujours dans de la carte , Sc on lime le pourtour bien d’équerre avec les deux pians, en l’examinant fouvent avec l’équerre décrite à la figure 1, PL 9 ; Sc lor£ que toute cette circonférence eft bien ébauchée à la lime bâtarde, elle eft en état d’être tournée , comme je l’enfeignerai dans la fuite, en parlant du Tour en l’air.
- Il ne s’agit feulement ici que de la figure des pièces qui compofent notre Garniture. On tourne donc cette circonférence en vis bien égale de diamètre dans toute fon épaifleur, c’eft ce qu’on entend par ce mot cylindrique ; Sc lorfque la vis eft bien formée, on retranche deux tours des premiers filets , en commençant du côté de la face extérieure de ce fupport; mais du côté de la face qui s’applique fur la joue de l’Auge, il n’en faut ôter qu’un, jufqu’au fond de ces mêmes filets ; on a foin d’ôter de plus la rebarbe ou la bavure du premier filet reftant au commencement d’une vis, en fuivant la même inclinaifon de cette vis ; Sc dans ce cas-ci on ôte cette bavure aux deux côtés, parce quelle fè replie , Sc gâte les premiers pas d’une vis Sc d’un écrou en viflànt.
- Ce que j’ai dit d’abattre tout uni les premiers tours de ces fortes devis, eft fort utile pour pouvoir replacer cette piece après-coup fur le Tour, Sc c’eft par cet endroit qu’on la tient dans ce qu’on appelle le mandrin , dont nous parlerons dans la fuite. Ces premiers tours de filets retranchés , fervent encore pour pouvoir préfenter jufte la piece qui doit fe vifler deflus pour couvrir ce fupport.
- Couverture ou enveloppe du Support a collets.
- Cette piece eft une efpece de boîte ronde aufïï en cuivre , d’un diamètre convenable, Sc creufée en dedans pour y loger le Support à collets, fur lequel elle fe monte à vis bien jufte , mais fans forcer : on en voit la forme dans la figure 10 ; F, la repréfente à plat ; G, eft fa coupe par fon diamètre : on voit
- mtscÆ-L -‘.'m
- Planche 2 h
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- TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partis.
- , même en dedans, les filets de vis taillés le lon^ du bord intérieur de cette boite , & extérieurement en H, un petit bourrelet rond que Ton gaudronne fur le Tour dans toute fa circonférence avec line roulette d'acier taillée exprès, 3c qu'on nomme une molette. On parlera dans la fuite de cette molette à gaudron-ner, 8c on enfeignera la maniéré de la bien faire. On fait donc des gaudrons tout autour du rebord de cette boîte, afin de donner plus de prife à la main pour pouvoir la vifler 8c dévifler facilement, comme on en fait aux Inftrutnents de Mathématique 3c d'Optique. Cette boîte eft allez profonde pour pouvoir y loger tout à rafe du lupport, Jig. 9.
- On fait fur la face extérieure de cette même boîte, & fur le Tour, des moulures telles qu'on les veut ; & pour cela il faut favoir bien tourner. Pour faire le dedans du bord de la boîte droit à l'équerre , on fe fert de l'équerre à croix, jig. 8, PL 13. Cette équerre fert aufli pour vérifier les circonférences extérieures , pour favoir fi elles font bien d'équerre avec le plan de l'ouvrage. Elle fert encore à régler la profondeur de cette boîte , en faifànt fortlr plus ou moins la partie C du réglet C D, en l'arrêtant avec la vis^Cà la longueur requife.
- Il eft queftion d'achever ce qui refte à faire à la piece C F9 fig. 9 ; c'eft d'y faire, fur le haut de fa circonférence , un trou bien droit, bien dirigé vers le centre , & bien dans le milieu de fon épaifleur ; ce trou doit être taraudé pour fervir d'écrou à la vis D% dont la tête eft aufli ronde & à gaudrons, afin de pouvoir la faire tourner facilement avec les doigts. Il eft plus à propos de faire 3c vifler ce trou avant de tourner , ni même de le fonder à l'étain, qu'après qu’on l'aura fait 8c taraudé : c'eft‘aufli à cet inftant qu'on doit faire les trous qui reçoivent les chevilles 1 8c 2. , on eft plus sûr de les faire rencontrer parfaitement dans les deux pièces ; d'ailleurs le taraudage fait renfler la matière , 8c dérangeroit le pas de la vis qu'on auroit tournée fur la circonférence de ce Support, 8c l'on feroit obligé indifpenfàbiement de la retourner après que le trou feroit taraudé, ce qui feroit un double ouvrage. Il eft donc plus à propos de faire & de tarauder d'abord ce trou , 8c de tourner enfuite le pas de la vis extérieure ; & pour que l'outil, en tournant, ne s’accroche pas dans ces petits trous, il faut le boucher avec une.cheville de buis ou d'autre bois très-dur ; alors on trace cette vis au Tour fans aucun rifque ; & lorfque ces pièces font tournées & finies, on les défoude en les pofant fur le feu : on les efluie avec de l'étoupe. Quand ces pièces font refroidies, on pafle légèrement la lime fur les joints, afin d'emporter l’étain, qui, fans cette précaution, s'attachent lorfqu'on fond le collet ; 8c pour faire facilement cette opération de lime, on ôte les petites chevilles de fer 1 & 2 9fig. 9 , & on les replace enfuite.
- Il eft à propos de percer la petite vis D d'un bout à l'autre dans fon axe même ; ce trou fert à y verfer de l'huile , qui, paflant à travers, & tombant dans un plus petit trou qu'on a percé dans le collet d'étain , s'introduit fur le
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- î. Section, Chap. X. Maniéré de fondre les Collets d'étain. 23*3 collet de l'arbre ; le haut de cette vis D eft creufépar-defîus fa tête en forme d’entonnoir, pour avoir la facilité d'y verfer de l'huile. On met dans ce trou un petit bouchon de cuivre tourné, dont la tête couvre le trou de l'entonnoir, & la queue entre dans le trou du centre. Cette même vis , & le bouton rond qui lui fert de bouchon, forment enfemble une efpece de vafè qui termine ce Support de collet affez agréablement.
- Ces deux Supports étant entièrement finis , on les attache l'un 8c l'autre au centre de chaque joue de l'Auge. Il faut que les entailles des collets foient bien perpendiculaires à la ligne A B3 fig. 8. On doit affleurer les vis qui fervent à les attacher tant en dedans, à caufè du plomb, qu'en dehors, pour que leurs têtes ne touchent pas au fond de la boîte de cuivre F,fig. 10 , lorfqu’elle les couvre : on fait même ces têtes de vis en gouttes de fuif, pour que les rebarbes ne fe relèvent point en viflànt ou déviffant, fuivant qu’on en aura befoin.
- §. III. Maniéré de fondre les Collets d'étain pour de petites Meules portatives.
- Lorsque les Supports font bien placés, il faut fondre les Collets d'étain. Pour cet effet on tourne une plaque de bois d'un pouce d'épaiffeur, & d'environs pouces plus grande que le diamètre du fupport ; on la met fur le Tour en l'air, on dreffe un côté feulement, & on la creufe d'environ 2 lignes de profondeur, Sc le fond bien droit , de maniéré qu'elle emboîte jufte la face extérieure du fupport A E, & qu'elle prenne fur le bord de fà circonférence, à l'endroit où elle eft unie 8c fans vis, & néanmoins il faut qu'elle y tienne ferme à frottement* Le trou du centre eft jufte de la grofleur du collet ou cylindre de l'arbre de la Meule. Cette plaque de bois fèrt à foutenir le faux arbre, qui eft auffi de bois , 8>c tourné tout femblable au véritable arbre de fer , 8c dont le bout entre dans le trou qui eft au centre de cette plaque ; par ce moyen ce faux arbre fè trouve fufpendu bien jufte au centre des deux collets, parce que fon autre bout eft arrêté de même dans l'autre fupport, qu on a arrangé comme celui-ci ; alors on ôte le faux arbre & fes deux fupports de bois : on commence parpotajfer toutes ces pièces quelques heures avant d'en faire autant au cuivre, afin de donner le temps de fécher à ce bois. On fait pourquoi on potajfe toutes les parties que l'étain doit toucher étant chaud : i®. c eft de crainte qu'il ne s'attache au cuivre ; 20. afin qu'il remplifle mieux toutes les parties des entailles ; 30. c'eft qu'il ne bouillonne point dans la place où on le verfe , ce qui caufèroit dans la matière des trous qu’on nomme des vents.
- Tout étant ainfi difpofé, il s’agit de couler les Collets en étain ; pour cet effet on démonte les fupports de cuivre ; on les ôte de leur place ; on les fait chauffer un peu, jufqu'à ce qu'une goutte d'eau, faftè du bruit en la pofant deffus avec le bout du doigt ; enfuite on potaffe la place où l'on veut fondre les Collets : alors on remet promptement les fupports à leurplace pendant qu'ils font Tourneur ? /. Paru /. Secl. S 3
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- 254 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- encore chauds : on met du blanc délayé où il en faut J enfuite on coule l'étain avec les précautions ci-devant enfeignées, & l’opération eft faite.
- Il efl: aifé de voir que pour couler facilement ces Collets, on n’a befoin que de la partie A E de ce fopport, car le deflous CF ne doit pas être à là place pendant cette opération, parce qu’il gêneroit beaucoup.
- Je répété encore qu’il, faut prendre garde de couler Pétain trop chaud ; mais lorfque le papier qu’on trempe dedans commence à rouffir un peu, on peut le couler.
- Lorfque les deux Collets font refroidis ^ on détache les fopports de leur place , en démontant les trois vis dé chaque côté, & alors on retire aifément les Collets & le faux-arbre tout enfemble ; enfoite on les foie en travers * on les ragrée avec f écouene ou la grêle, comme j’ai enfeigné ci - devant, & on fait un petit trou au collet de deffus, vis-à-vis le centre de la vis de preflion de la piece C Fy afin de laifler couler l’huile, comme j’ai déjà dit ; enfuite on polit toutes les pièces, après quoi on les remonte en place,
- §. IV. P réparations pour les Meules qu on monte a écrous•
- J e ne dirai rien de l’arbre fur lequel on doit monter ces Meules ; j'ai enfeigné à en fabriquer de plufieurs fortes. On a vu que la Meule peut y être arrêtée de deux maniérés, foit avec des coins de bois, ou bien en faifant cet arbre comme il efl: décrit dans cet Article, c’eft-à-dire, avec une embafe Sc un écrou qui affermiffent la Meule, ou bien en y mettant un écrou de cuivre de chaque côté de la Meule.
- On ne (àuroit rendre ces Meules bien rondes du premier coup ; on les tourne à deux fois : la première, en la plaçant for un morceau de fer tout droit, Sc quarré d’un bout à l’autre , & tout brut, dont on a feulement dreffé les bouts, afin d’y percer un trou au centre, pour pouvoir le placer entre les deux pointes du Tour. On arrête la Meule fur ce faux arbre avec des coins de bois : on a foin de l’y placer bien droite & folide ; enfuite on met une poulie fur l’arbre , puis on dégroflit cette Meule for le Tour à roue ^ dont on parlera dans la fuite ; & lorfque la Meule efl: bien ébauchée, on drefle les deux côtés bien ronds & droits, de maniéré quon juge qu’ils joindront bien contre Tembafe de l’arbre & contre l’écrou, qui doit être de l’autre côté ; alors on démonte cette Meule de delîus fon faux arbre adroitement, fans la callèr ni même l’égrener, puis on la remonte fur fon arbre véritable, foit avec des coins, fi c’eft un arbre fimple ; ou bien fi c’eft l’arbre qui a une embafe, on le fixe au centre de cette Meule , entre fon embafe & fon écrou, avec un peu de plomb & deux rondelles de chapeau, comme il a été dit ci-devant,
- Lorfque la Meule eft ainfi placée à demeure fur fon arbre, on remet le tout for le Tour, de on la retourne pour la fécondé fois, pour la rendre bien ronde
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- I. Section, Chap. X, Conftruciion de Crochets nouveaux, &c,
- & bien droite. On voit bien que pour placer cette Meule fur le Tour , il eft néceffaire d’ôter la manivelle, qui nuiroit à cette opération.
- §. V. Conftruciion de Crochets nouveaux & d'une conftruciion Jinguliere, pour l'Auge de la Meule portative ornée.
- I l refte à décrire la maniéré de faire quatre Crochets pour attacher la cuvette avec fon couvercle ; chacun de ces Crochets eft formé d’une petite platine de laiton, d’environ un pouce ou 13 lignes de diamètre, fur 2 lignes & demie d’épaiffeur, tout au plus ; le bord eft fait en gaudrons tout autour, & le dehors eft orné de moulures : cette plaque ou platine eft percée à fon centre, pour biffer paffer la tige d’une vis, auffi de cuivre, qui fert à l’attacher à plat contre les joues de l’Auge , comme on va le voir.
- A B9fig. 11, repréfente la face extérieure de cette platine, avec la tête de la vis qui la tient au centre ; D F, eft là coupe perpendiculaire par fon diamètre ; F, eft le liftel plus menu que le bord fàillant gaudronné C, qui forme un cordon ; E9 eft un champ plat, droit à la régie, & qui excede en plan toutes les autres moulures qui font fur cette face ; G, eft la tête de la vis du centre, dont on voit l’autre bout qui pafle à travers ; if, h, font les moulures qui font un peu plus baffes que ce champ, ou la plate-bande E ; D, eft une rainure ravalée dans le revers de cette platine jufqu’aux deux tiers de fon épaiffeur, & dans laquelle on place ce qui fert à'agraffe, autrement dit le crochet : on le voit même for cette figure, où il eft ponétué, pour marquer qu’il eft placé au revers de cette platine , comme fi elle étoit d’une matière tranfparente ; / , eft le noyau ou le centre reliant du canal D ; ce noyau eft un peu excédent au bord D F > parce que lorfque cette piece eft attachée for un plan , elle peut tourner fans que le bord D F touche ou frotte for le plan quand la platine tourne.
- La Figure 12 fait voir le revers de cette platine ; a b, eft le cordon gaudronné & le liftel, qui doit être plus menu, pour avoir plus de facilité à tenir les gaudrons avec les doigts , lorfqu on veut faire tourner la piece ; d9 eft le canal creux dans lequel on loge tout à rafe la piece mfk9 qui doit fervir de crochet: cette piece demande attention, à caufe de fon détail. Pour la bien faire , on tourne un cercle de cuivre qui remplifïe exactement jufqu’au bord la rainure D, vue en coupe dans la figure n : on voit le plan de cette rainure en d 9 3 & 412 ; & for la face apparente de ce petit cercle de rapport, on trace dans le milieu de fa largeur, avec un grain-dorge , un petit trait dont on va voir l’ufage. Cela fait, on coupe le cerclé en quatre parties égales : on en prend une ; onyfaitune entaille circulaire de chaque côté de fa largeur, telles qu’on les voit au-deffos de la figure 12, en x & y : on donne à ces entailles pour longueur , le tiers de celle de ce quart de cercle ; & en deflous de cette piece, on fait un Jpaulement, comme on le voit dans la fécondé figure, au-deffos de celle numé-
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- tourneur mécanicien,
- rotée 12 * qui va jufqu’à la moitié de l’épaiffeur de cette pièce m ; enfuiteonarrôn-cette petite partie n E, qu’on nomme le bec du crochet, parce qu’il en fait les fondions* avec de petites limes convenables de maniéré qu’il forme une broche-ronde 3 mais courbe, foivant là direélion du cercle qu’on a tracé autour avec le grain-d’orge, & qu’on n’a voit fait que pour conduira l’œil & la main de l’Artifte.
- Ce bec étant bien adouci, Sc le bout bien arrondi, on place la piece dans fà couliffe, entre 3 Sc 4,fig* 12 : on l’y fixe à demeure au moyen de deux goupilles de cuivre qui palfont dans les trous 1 & 2 , qu’on a faits tout à travers le corps du crochet & le fond de la platine : on doit avoir la précaution üébqeler les parties extérieures de ces trous pour faire de la place aux rivures : on voit ces mêmes goupilles qui paflent à travers l’épaiffeur de cette piece m * & qui font toutes prêtes à entrer dans l’autre piece pour être rivées ; après quoi on affleure les têtes des rivures avec la lime douce. Il relie à faire connoître les fondions de ce Crochet.
- Le quart de cercle étant rivé à là place, entre 3 &4, fig. 12, comme on vient de dire, 1*épaulement n9fig. m, en deflous , de maniéré qu’il y ait entre le-bec du Crochet de le fond de la couliffe d9 3*4 9fig. 12, un vuide qui fort à laiffer paffer une partie de l’anneau du piton k 9 à part, au-deffus , dans lequel s’enfile le bec n, ou bien x y ; & la queuep de ce piton , fort à le fixer dans le bois du couvercle A B E F, jufqu’au bord de fon anneau. J’ai repréfenté les figures de ce Crochet fig,. n 6 12, fur une Echelle cinq fois plus grande que celle de la Meule fig. 8 , afin de donner plus de clarté dans le détail des pièces qui ne devroient être que de la grandeur du cercle qu’on voit en K, fig. 8 , auquel il feroit impoffible de rien connoître.
- Pour concevoir l’utilité de ce Crochet * il faut faire attention que la platine A B, qui cache le Crochet, doit être placée en K, fig. 8 ,, & que fon centre doit être placé fur la joue de l'Auge* tout proche de la ligne A By fans néanmoins que la vis puiffe paroître dans le chanfrein qu’on a fait fur le bord de cette 'Auge, afin de ne point faire fendre le bois.
- On doit encore faire attention que le bec 3 de ce Crochet, fo trouve placé jufte for l’angle de la jointure AB àu couvercle de cette Meule, parce que c’eft tout-à-fait for cet angle qu’on enfonce, le piton de cuivre kp , dans une direction un peu oblique, afin que la queue p prenne dans le fort du bois de la joue du couvercle. On font bien que le plan de l’anneau de ce piton doit être placé bien perpendiculairement au plan des joues du couvercle, de maniéré qu en faifant tourner la platine fur fon centre , le bec 3 de ce Crochet s’enfile jufte dans l’anneau du piton , & tienne folidement la cuvette & le couvercle en-femble ; toute la difficulté ne confifte que dans la maniéré de placer les pièces pour qu elles fo correfpondent bien les unes aux autres ; Sc lorfqu’on veut ouvrir la boîte, on tourne de droite à gauche la platine A B * au moyen de
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- I. Section, Chap. X. Conftmciion de Crochets nouveaux> ôc. quoi le bec du Crochet fort de dedans l’anneau du piton kp , & on a la liberté d’ôter ce couvercle ; mais pour cela on fait au bord L de cette platine, une entaille qui va jufqu’au fond du canal circulaire 3^4; cette breche ou entaille doit être faite en un point diamétralement oppofé au bec du Crochet 3 ,fig. 12 , parce que quand le Crochet eft engagé dans l’anneau du piton, l’entaille fe trouve en-bas, & ne peut être vue ; Sc lorfqu’en tournant la platine , elle fe trouve près du piton, elle fert à lui donner jour pour fortir du canal où il étoit retenu, parce que l’anneau de ce piton étant feillant for le plan de la joue du couvercle de plus de la moitié de fon diamètre, ne pourroit pas fortir du canal dans lequel eft le Crochet ; & pour que cette breche ou entaille qu’on a faite au bord, fo trouve jufte vis-à-vis le bout du bec du Crochet, on attache for la joue de cette cuvette , une elpece de clou de cuivre , dont la tête plate des côtés, reffemble à peu-près à celle d’un T : on la place de maniéré qu elle fe trouve en travers du canal 3 d 4 , foivant la direétion du rayon du cercle, fans que fa tête touche au dedans de ce canal, mais laifle tourner librement la platine dans laquelle le Crochet eft logé. Ce T doit être placé for la joue de la cuvette , au quart du cercle, en defoendant de gauche à droite de l’endroit où le piton du couvercle s’introduit, par l’entaille, dans le canal du Crochet, de maniéré que le bout de derrière 4 du Crochet, s’arrête contre ce clou lorfque ce Crochet a fait une demie révolution , & que l’entaille fe préfente jufte vis-à-vis le piton.
- Ce que j’ai dit de la conftruéHôn & des effets de ce Crochet, doit s’entendre des trois autres, qui doivent être tout-à-fait femblables ; quant aux trois autres quarts de cercles reliants, ils doivent fervir à faire les trois autres agraffes : on doit les pofer tous de même ; enfin ce doit être abfolument la même chofo.
- J’ai imaginé ces fortes d’agraffes ou Crochets, pour plus grande propreté : ils font en même temps très-folides. J’aurai occafion d’en parler encore dans la foite de cet Article , en parlant des grandes Meules à pieds & ornées.
- Pour finir cette defoription d’une petite Meule ornée, il relie à parler de l’ou* Verture /tz, qu’on a réfervée au couvercle de l’Auge, pour y palier l’outil qu’on veut aiguifer fans découvrir la Meule ; cette ouverture forme un quarré-long où l’on n’a point affemblé de douvelles comme ailleurs ; & for le bord des joues du couvercle, à cet endroit feulement, on y a fait une feuillure de chaque côté en dedans , mais point en travers, qui eft le long des douvelles , parce que l’eau y féjourneroit. Ces feuillures fervent à foutenir les bouts d’un morceau de pareil bois qui ferme ce trou bien jufte & à fleur des autres douves i celle-ci eft garnie de plomb en dedans , mais avant il faut l’armer de fe ferrure , qui confifte en une lame de cuivre mince Sc écrouie, que l’on attache adroitement avec de petits clous de cuivre par le bas, en pendentif d’environ un demi-pouCe au-dedans du couvercle, afin que l’eau ne s’intrôduife pas dans la jointure; cette lame fert de plus pour accrocher le bas de cette douve dans le Tourneur, LParc.I. Se cl* T 3
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- 25S TOURNEUR MECANICIEN, I. Partie. bord du couvercle de la Meule ; Sc près le bord d'en-haut de cette même douve au milieu de fa longueur, on place intérieurement un petit tourniquet ef, fig, i y , dont le bec arrondi/', paflant en deflous du haut du couvercle de la Meule, tient la petite porte fermée. Ce tourniquet eft percé d'un trou long proche de e, dans lequel s'enfile la queue plate d, du bouton abcd> que l'on traverfe d'une goupille, afin d’y fixer le tourniquet ef. La tige c de ce bouton eft ronde, Sc fert de centre au tourniquet lorfqu'on le fait tourner, en en pinçant la tête gaudron-née a b avec les doigts. Le tourniquet eft entaillé de fon épaifleur dans le bois de la douve de rapport, de façon qu'il ne doit faire qu'un quart de tour pour ouvrir ou fermer ; Sc quand on veut ouvrir cette efpece de fenêtre, on tourne le bouton de maniéré que ce tourniquet fe trouve couché le long du côté de la douve ; au contraire, lorfqu'on veut la fermer, on le tourne de gauche à droite, & le tourniquet fe trouve fàillant au bord de cette douve, Sc accroche dans l'intérieur du couvercle ; Sc lorfque toutes ces pièces font ajuftées &font bien leurs fonétions, on applique la plaque de plomb fur la face intérieure de cette douve de rapport.
- Comme ordinairement on fait dorer toutes les pièces qui compofent l'armature de cette Auge, Sc quelles font prefque toujours de cuivre, on les démonte toutes pour les donner à dorer en or moulu,, afin que le verd-de* gris ne s’y mette pas, Sc en même temps cela donne plus d'éclat à tous ces ouvrages.
- On trouvera peut-être que je me fuis un peu trop étendu fur la defcription de la Garniture ou l'Armature de ces petites Meules ; mais tout ce qui a été dit à ce fujet, fervira pour bien faire entendre l'explication qu'on fera pour d'autres ouvrages dans la fuite.
- Article Cinquième.
- Defcription d'une grande Meule décorée & ornée y montée fur quatre pieds ,
- & mobile de bas 'en haut.
- Planche 27.
- Ayant exécuté plufieurs Meules très-ornées Sc très-commodes pour des Cabinets de Tour appartenants à des Princes Souverains de différentes Cours de l'Europe, j’ai cru devoir en donner ici la defcription , pour fàtisfaire les perfbn-nes qui voudroient en faire conftruire elles^mêmes de femblables.
- La Figure 1, PL 27, repréfente une Auge de Meule montée fur quatre pieds, qui fe hauffe & fe baiffe fuiyant le befoin, Sc qu'on peut décorer & orner autant quon le jugera à propos.
- §. I. Conftruclion de l’Auge*
- Cette Auge eft d'une forme circulaire & compofée de plufieurs douves qui forment fa circonférence, & dont les bouts font aflcmblésà queue daronde
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- I. S e c T i on i Chaf. X. Conflruclion de/’Auge d'une Meule décorée > &c. 2<j) couverte, tout à l’entour des deux joues rondes qui en forment les deux fonds, autrement dit les côtés.
- ABCy eft Y Auge ou. la cuvette dans laquelle trempe la Meule.
- Le couvercle eft compofé de deux parties lune fur l’autre : AB ,D E, fe nomme la partie baffe du couvercle ; D EF G , fe nomme la partie haute ou le haut de ce couvercle , de maniéré que la boîte ou l’Auge entière eft compofée de trois parties en tout.
- L’Auge AB C y eft faite de bois de chêne ou d’autre bon bois ; les joues ont un pouce d’épaiflèur, & les douves en ont autant : le bas du couvercle a les mêmes épaiflèurs, & il eft aflemblé de la même maniéré que la cuvette.
- La coupe horizontale A jB, eft faite en chanfrein ou en pente d’un pouce en dedans de l’Auge, 8c le bas du couverèle eft auflt taillé à chanfrein , en retombant en dedans de celui de la cuvette, Sc ils doivent être bien ajuftés l’un fur l’autre.
- Le haut D E F G, eft fait avec du bois d’un demi-pouce d’épaiflèur , afin qu’il foit plus léger, tant pour les joues que pour les douves, & toujours a (Te râblé à queue d’aronde, de même que les deux autres parties* Les joues doivent affleurer extérieurement les joues Sc la circonférence de cette même Auge. On pofe tout au haut un focle oupiedeflal, dont le plan eft un quarré-long, compofé d’une plinthe, de fbn quarré, furmonté d’un congé terminé par un petit quarré, Sc qui forment un amortiflement à ce focle HI ; mais il eft creux en deflous, afin qu’il foit moins pelant, & on ne perce point le haut du couvercle de cette Auge. On place par-deflus un vafe tourné ovale en plan : on y met ordinairement deux anfes, une à chaque bout de l’ovale, Sc une graine au-deflus, pour fervir d’ornement. On fait ordinairement ces anfès Sc le bouton ou graine, en cuivre doré d’or moulu.
- Pour ce vafe , on préféré la forme ovale à toute autre, à caufe de la place qui lui eft favorable, parce que cela accompagne mieux cette Auge , qui n’eft pas bien épaiffe, Sc qui eft large. On enfeignera dans la fuite la maniéré de tourner ovale. \
- Cette Machine repofe fur Ion pied K LM N 9 qui eft porté fur lès quatre pieds i, 2,3 & 4, Sc qui doit être très^folide, non-feulement à caufe du poids de cette Auge Sc de fa Meule, mais encoreà caufe des ébranlements que l’impul-lion du pied de l’Artifte qui fait tourner cette Meule, peut caufer. Je vais en faire voir les différentes coupes & les aflemblages qui lient toutes les parties.
- Le pied eft orné de moulures (impies, qui, néanmoins , n’en font pas moins agréables à la vue. On pourroit employer d’autres formes , cela eft tout-à-fait arbitraire, Sc dépend du goût de la perfonne qui commande, ou de l’Artifte qui exécute cet ouvrage, pourvu que la forme ne nuife point à l’utilité qu’on doit retirer de toute cette Machine.
- Ce pied eft, par-deflus, d’une forme circulaire concave, quon a ravalé depuis
- ———mrmmmrnmmt
- Planche
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- V
- tourneur mécanicien, i parti*.
- . L jufqu’en O, d’un demi-pouce de profondeur, en forme d’une large rainure y dans laquelle la cuvette s’enclave de toute fon épaifleur : on voit bien que les rouleaux ou volutes O, L, {aillent & fervent d’agraffes à cette Augé, plus avant que d un demi-pouce ; cette mefure ne doit s’entendre qu’en parlant du quart de rond C, qui régné d’une volute à î’autré , Sc forme un adoucifîement qui vient s’accorder avec le pian extérieur de la joue. On voit la coupe cintrée de cette large couliffe qui contient l’Auge enclavée, en r t, fig. 2. On y voit aufïi les deux quarts de rond qu’on a poulies fur les bords de ce cintre, avec les autres moulures qui font profilées fur cette partie du pied: on voit de plus le contour des pieds par le petit côté de cette Meule ; car cette figure 2, eft la coupe en travers Sc perpendiculaire de toutes les parties de la Meule : on apperçoit encore la coupe en chanfrein d e, de là partie haute du couvercle, qui s’accorde avec celle qui la reçoit, Sc dont la pente eft intérieure : pour ce qui eft de l’autre coupe fuivant fon diamètre A B, fig. 1, elle ne peut être vue dans la figure 2, étant cachée par l’arbre de la Meule, par les ftipports Sc lès autres armatures : on a réfervé aufïi fur la circonférence depuis F jufqu’en P, une ouverture qui fert à introduire l’outil qu’on veut aiguifer; on ferme cette ouverture au moyen de la petite porte D, qui s’ouvre à charnière en P, ou bien avec un tourniquet Sc une lame de cuivre, comme on l’a dit en parlant de la petite Meule portative.
- Cette lame de cuivre s’attache au bas de la petite porte enp, Sc le tourniquet fe pofe en f, furie haut de cette porte, que l’on peut ôter quand on veut émou» dre un petit outil ; & lorfqu’on veut en repafler un grand , on ôte tout-à-fait le haut du couvercle DE FG9 & l’on met à fa place une elpece de trémie dé tôle ou de fer - blanc a b, fig» 4, dont chaque côté eft échancré en c d, pour donner pafïàge à l’outil qu’on veut émoudre en travers, comme , pat exemple, lorfqu’on veut émoudre une plane ou un outil tranchant de côté for le Tour, Sc d’autres outils. Cette trémie eft faite en évafànt, tant des deux côtés que du bout b y qui s’éloigne de l’Artifte : on voit la piece qui en forme le bout en efë hi* fig- S 5 Ie bout de la joue bk, Sc celui de fa femblable, vont s’atta^-cher le long des lignes fi Sc eh, où ils font folidement attachés : la partie g s’élève en arrondiflèment au-deflîis de ef ; afin de recevoir l’eau qui rejaillit lorfqu’on tourne la Meule ; l’autre bout de ces deux joues eft lié enfemble au moyen d’une petite traverfe de la hauteur de a l,fig. 4. Cette trémie n’eft point attachée fur l’Auge de la Meule ,, on y fait feulement cinq petites pattes tn, n, c; lavoir, deux au bas de chaque joue, Sc une au bas de la piece repréfontée dans la figure ^ , en 0. C es pattes forvent à maintenir cette trémie en place, parce qu elles defcendent en dedans de l’Auge de bois d’environ un pouce en pendentif.
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- I» Section, Chap. X. Maniéré de faire Uajfemblage du pied, &c.
- §. II. Manière de faire Uajfemblage du pied de cette Auge.
- 261
- Planches 27 & 28,
- Il faut fe pourvoir de bois de la grofTeur convenable pour faire les pieds de cette Meule : on en voit les dimenfions dans les coupes perpendiculaires des figure 2 , PL 27 , & fig. 7 , PL 28. La figure 2 , PL 27 , fait voir la coupe en travers de l’épailfeur de cette Auge par fon diamètre ; la figure 7, PL 2% , fait voir aufîi une coupe faite fuivant toute la largeur, & du haut-en-bas de cette Auge, de maniéré qufon en voit tout f intérieur, & par conféquent tous les affemblages à découvert ^ par les diftances des lignes ponctuées qui font le long des pieds dans chacune de ces deux figures. Dans la figure 2 , PL. 27* on voit que du point milieu k, au point /, qui eft le dehors du pied, la diftance eft de plus de 6 pouces, & que dans la figure 7 , PL 28, l’intervalle entre les lignes ponétuées m> n, neft que de £ pouces ; mais on ne trouve point chez les Marchands, de bois de cet échantillon débité pour les Menuifiers : on obforvera fur-tout quil faut que ce bois foît bien fec, autrement tout fe déjetteroit (J) 3c fe défalfembleroit en féchant, 8c il faudroit recommencer tout l’ouvrage. On prend donc de bon bois fec débité en membrures, & on y colle des alaifes du même bois à plat joint, pour rendre ce bois plus épais. Ces alaifes font faites en coins , dont la tête eft épaifle depuis k julqu’en O, PL 27, & le refte va en diminuant jufqu au bout d’en-haut ; enfiute on drelfe le joint du milieu fuivant la direction de la ligne perpendiculaire kp> & de maniéré que le dehors du pied fuive la direélion de la ligne oblique q r.
- Ce que je viens de dire de ce pied, doit s’entendre pour l’autre pied k s , qui lui eft femblable : on les lie tous deux enfemble par le joint du milieu, dans lequel on fait deux mortaifes pour y mettre des clefs de bois qui rendent cet aflèmblage très-folide , parce qu’on colle & que fon ferre bien ce joint.
- On fait les autres pieds de même que ceux-ci : on les laiffe tout droits, & on ne leur donne le contour que lorfqu ils font tous quatre alfemblés par les traverfes des grandes faces, comme on va voir.
- La Figure 7, PL 28, repréfente la coupe intérieure de la grande face de cette Auge, & fait voir les aflèmblages des traverfes qui lient les quatre pieds enfemble, deux à deux ; n, 0, p, q, font quatre tenons de l’une des traverfes de face. Il y a encore quatre autres tenons femblables à ces premiers , qui font par derrière , & ne peuvent être vus, de maniéré que chaque bout de ces traverfes porte quatre tenons (**). On a foin que ces affemblages foient placés
- (* ) Terme d’Art, qui fîgnifie que le bois en féchant, fe retire plus d’un fens que d’un autre, & cela fait courber l’ouvrage , & écarter les jointures: nota que le bois ne fe retire que fur fon épaifiTeur ou largeur ; car fur fa longueur
- Tourneur , /. Part. I. Secî,
- cela n’eft point fenûble.
- (**) Lorfque dans un aflemblage j une traverfe porte deux tenons à côté l’un de l'autre, cela fa nomme un ajfemblage en enfourchements, On aura lieu d’en parler fouveut dans la fuite.
- v3,
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- Planches
- *7 & 2$n
- 262. TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- . dans l’épaiflèur des pieds, de maniéré qu’en profilant les moulures extérieures, on ne puiflè pas les découvrir ; & l’on obfcrve que les arrafements foient bien droits, & portent contre le pied dans toute répaiflèur de latraverfè , autrement on verroit le joint en pouflànt les moulures au dehors : on voit la coupe des arrafements , qui eft fuivant la direétion de la ligne ysm9fig.j9PL 28./
- Ce que je dis de cet aflèmblage , doit s’entendre des quatre autres , qui, étant par derrière , ne peuvent être vus. Tous ces tenons doivent être collés 6c chevillés. On voit en a b e , le bout des douves qui forment le cintre extérieur de l’Auge: on voit aufli en r, e yt9 le fond de la rainure dans laquelle cette Auge s’enclave: on voit de plus qu’on a dirigé le fil du bois des pieds depuis u jufqu’en x y afin d’avoir plus de fblidicé, & que ce même fil du bois ne foie point tranché par les contours qu’on voudra donner à ces mêmes pieds.
- Le tout étant ainfi difpofé, on profilera les moulures de ce pied comme on voudra, & on doit le faire peindre de deux couches d’impreflion à l’huile, dedans Sc dehors, avant de le faire ferrer ni d’y mettre le plomb dedans. Cette précaution eft néceflâire pour empêcher que le bois ne fè pourriflè par la fraîcheur du plomb.
- Il faut aufli peindre le dedans des entailles qui doivent recevoir les ferrures & les autres armatures de cette Auge, pour empêcher que l’humidité ne s’in-troduife entre le bois & les métaux.
- Il refte maintenant à décrire l’armature.
- §. IIl, Defcription de VArmature de l’Auge de cette Meule.
- L’Armature de cette Auge eft compofée de plufleurs parties, dont les unes font en fer, & d’autres en cuivre, fuivant les fonctions auxquelles elles font deftinées ; d’abord on doit mettre des doubles équerres de fer, qui embraffènt les bords des trois parties qui compofent le corps de cette Auge, telles qu’on -les voit en A, B, Dy E 9fig. 1, PL 27; ces doubles équerres font entaillées de leur épaiflèur dans le bois, puis arrêtées avec de petites vis dont la tête eft noyée en entonnoir dans l’épaiflèur, & à fleur du fer. Cette ferrure fert pour empêcher que les aflemblages de cette Auge ne fe déjoignent, foit par la féche^ reflè ou par l’humidité.
- r
- Des Supports des Collets de cette Meule.
- Les pièces principales de la ferrure, confiftent dans les deux Supports des Collets qui foutiennent la Meule ; ce font deux barres de fer telles qu’on les voit en A, B, fig. 7 & p , PL 28 : elles ont environ 2 pieds de longueur en tout : elles font repréfentées dans la figure 9 fous une dimenfion double de celle de la figure 7, afin de faciliter la defcription.
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- I. S e c t i o N. Ctf ap. X. jDes Supports des Collets, SCc. 263 A 9fig. 9 , que nous nommerons la tête de ce Support, forme une efpece de fourchette, dans laquelle on voit les rainures perpendiculaires qui doivent recevoir les collets ou coujjinets d’étain : on y voit encore une autre rainure faite en travers de cette première , & dont le haut eft taillé en queue d’aronde, car le bas eft tout droit, & c eft dans ces deux rainures qu’on loge la traverfe de fer CD9 dont les bouts font auffi faits en queue d’aronde , en deffus feulement, comme l’entaille , afin que lorfqu’on ferre la vis E, qui prefie for le collet d’étain , cette contre-queue d’aronde tende à faire relferrer fenfourchement A ; au lieu que s’il étoit autrement, il le feroit écarter : on voit le revers ou le dos de cette fourchette * avec l’aflèmblage de fa traverfe, en c d : on voit auffi que le milieu de cette traverfe eft plus épais de beaucoup que les deux bouts, afin que l’écrou qui reçoit la vis de preffion E e, ait plus de filets, & par conféquent foit plus folide ; cette face de la fourchette de fopport eft droite à la réglé d’un bout à l’autre ; au contraire, l’autre face K ou k> qui eft la face extérieure , eft foillante hors du corps de la branche, comme on le voit en i k hf, où cette piece eft vue par le côté ou de profil. Cette tige ou corps doit être bien calibrée d’un bout à l’autre, tant for là largeur que fur fon épaiiTeur, afin quelle puilfe couler librement, mais bien jufte dans les rainures faites exprès dans les joues de l’Auge de la Meule, depuis R jufqu’en C9jig. 1, PL 27. Cette rainure doit être à angle droit, ou bien d’équerre avec la coupe A B, & plus profonde que l’épaiffeur de la tige de cètte fourchette, d'environ une ligne 8c demie , afin de pouvoir la recouvrir avec une lame de fer battu , qu’on tient plus large d’un pouce que la tige , de maniéré qu’elle puifle déborder de 6 lignes de chaque côté, afin de pouvoir l’attacher for le bois de l’Auge avec de petites vis de fer à têtes fraifées, & que le tout foit bien à fleur du plan des côtés de l’Auge, comme on le voit dans la figure 1, ou la plaque de fer & les trous des vis 'font marqués.
- Il eft abfolument néceflàire que cette rainure foit parfaitement au milieu de la grande face de l’Auge, afin que la Meule fe trouve bien au centre; il faut auffi que le milieu du collet d’étain fe rencontre au même point de centre, 8c on fait l’entaille affez large pour que la fourchette cd9 PL 28, fig, 7 <5 9, puilfo y couler jufte. On prolonge cette entaille jufqu’aux deux tiers de la hauteur de la partie d’en-bas du couvercle de l’Auge , depuis g jufqu’en h, PL 28 9fig, 8 , à la même profondeur que la rainure de la joue de l’Auge. On fait au milieu de cette rainure une entaille, dans laquelle doit pafler l’arbre de la Meule ; 8c pour cacher cette entaille, on place un ornement de bronze doré, qui enveloppe le haut de la fourchette & le collet: voyez deflous la manivelle de la Meule , PL 27 yfig» I* Au milieu de la traverfe du pied , on fait une mortaife, dans laquelle paffe le bas de la tige de ce fopport jufte 8c libre, comme on la voit depuis /jufqu’en A, fig. 2.
- Tout ce que j’ai dit par rapport aux entailles d’un côté pour les fourchettes ,9 doit s entendre de l'autre côté, qui eft tout femblable.
- Planches 37 &. 2$.
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- 264 TOURNEUR MÉCANICIEN, l Partie. i mn L' Lorfque tout eft ajufté, on attache l'Auge fur fon pied au moyen de deux Planche fortes vis de fer, à bois, que Ton place dans les deux petits côtés de l’Auge , autrement dit les bouts, au milieu des petits panneaux indiqués^, T,fig. i, avec des lignes ponéluées; & lorfqu'on en a befoin , on ôte ces vis, & on fépare l'Auge d'avec Ion pied. Revenons au mécanifme qui fait mouvoir ces fourchettes ou Supports de collets.
- • Le bas de cette tige eft taillé à dents par le côté, en forme d'engrenage ( en terme d'Horlogerie ) d'environ le tiers de fà longueur ; cette efpece de crémaillère doit engrener dans l'un des pignons C, C, fig. 10, PL 28, Ces pignons (*) ou petites roues doivent être de mêmegrofleur & de même nombre de dents Fun que l'autre : ils font repréfentés dans cette figure comme ayant huit dents ou allés, & qui doivent correfpondre jufte aux dents des crémaillères , afin que ces pignons puifîent les faire haufler ou baiflèr également, fui van t qu’on les fait tourner à droite ou à gauche, au moyen d'une clef que l’on met fur le quarré B de l'axe AB, fig. 10, comme on le dira dans l'inftant. Ces pignons & leur axe font repréfentés ici fur une échelle double en dimenfîons , de maniéré que l'échelle de 4 pieds qui eft au bas de cette Planche , doit être comptée comme n'ayant que 2 pieds de longueur en tout, pour la mefure des crémaillères & des pignons feulement : par ce moyen on rend chaque partie d’une piecp plus aifée à reconnoître, & toutes les formes en font plus fenfibles ^ à la vue.
- A côté de l’un de ces pignons, eft placé le rochet {**) d, d’un bien plus grand diamètre que les pignons ; ce rochet eft une efpece de roue dont la circonférence eft taillée à dents qui penchent toutes d'un côté , à peu-près comme les dents d’une fcie ou d’une crémaillère de cuifine : il peut être de fer ou de cuivre , à volonté. Il eft fixé par fon centre quarrément fur le corps de l'axe AB, qui doit y entrer bien jufte ; enfuite on y enfile le pignon, puis on le tra-verfe d'une goupille qui doit retenir le tout fixe fur l'arbre, que l'on place au bas des deux traverfes des grandes faces de l’Auge de la Meule, & tout près du milieu.de leur longueur : on voit toute cette mécanique placée en \,fig*j , PL 28 ; on y diftingue même les dents de la roue ou rochet p qui s'accrochent & faifliffent le bec du cliquet MN, que l'on voit perpendiculairement au-deftus de pii eft aifé de concevoir qu'en mettant une clef fur le bout de l'axe, on peut faire tourner les pignons à droite ou bien à gauche, & ainfi on peut faire haulfer ou bailfer les crémaillères fuivant* qu’on le veut ; par exemple, dans celle-ci, fig. 7 , Pl. 28, fi on tournoit à droite, la crémaillère A B s’éleve-joit, parce que chaque aile du pignon engrene dans celles de la crémaillère , & tend à la faire lever ; alors le rochet £ tournant avec le pignon, & du
- (*) On nomme pignons, les petites roues qui engrènent dans les grandes roues j & ce qu’on nom-*ne dents aux roues, d’unpignon.
- ( ** ) Ceft ainfi qu’on nomme les roues plates dont les dents penchent d’un côté, telles qu’aux crics jqu’on met aux foûpçntes des Carroiles.
- même
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- I. Section, Chap. X. Des Supports des Collets / &c. 265*
- même fens , puifqu’ils font fixés enfemble , 8c les dents étant inclinées de ce côté, gliflent fous le bec du cliquet en Z-9 8c le font lever fucceflîvement à me-fure qu elles pafient Tune après l’autre ; ce cliquet retombe dans chaque dent de ce rochet par fon propre poids, car il n’eft attaché que par le bout My au moyen d’une vis de fer qui entre'ferme dans le bois, & dont le collet rond 8c uni fert de centre, fur lequel ce cliquet'fe meut : on voit qu’il eft courbé dans le milieu de là longueur, & que l’autre bout retombe en JV9 ce qui eft fait pour qu’on puilîè le prendre avec les doigts facilement : ainfi lorfqu on veut faire baiffer les crémaillères ,, on place la clef fur le quarré B de 1 axe des pignons, comme on a dit; & faifànt un petit effort avec cette clef, comme fi on vouloit faire lever en tournant, afin de dégager le bec du cliquet Z, 8c le faire fortirdes dents du rochet; alors on levele bout iVavec la main , cela fait lever ce bec, 8c donne la liberté au rochet de tourner à rebours , 8c le poids de la Meule fait baiffer les crémaillères de ce qu’on veut ; on a foin cependant de conduire la clef avec l’autre main ,,de crainte que ce même poids de la Meule ne faiTe defcendre trop vite toute cette mécanique : on voit cette clef dans la figure 7, PL 27 : elle eft faite en forme d’une manivelle ; le bout A eft rond extérieurement, afin qu’il puiiîe entrer dans le trou X de la traverfe du devant de la figure 1 : ce même bout eft percé quarrément pour recevoir le quarré du bout de l’axe du rochet & du pignon, comme on l’a déjà dit. Cette clef ou manivelle porte environ y pouces de rayon depuis Cjufqu’en D, c’eft-à-dire, d’un centre à l’autre ; fa poignée * autrement fon manche B, eft de bois,, & il tourne fur la broche de la manivelle. Cette maniéré de clef fait à peu-près le même; effet que celles dont on fe fert pour remonter une pendule ou une montre, par un trou qui eft au cadran : au refte, cette méthode eft très-bonne ; car on peut, fans courir aucun rifque , faire* hauflèr ou baifler la Meule facilement, fuivant qu’on veut quelle fbit plus ou moins proche de l’ouverture P F, fig. r.
- On peut faire cet arbre 8c les pignons d’une autre maniéré ; pour cet effet on fait forger un arbre de fer comme A B, fig. 12 , PL 28, de la mêmelongueur que l’autre; fa tige eft cylindrique d’un bout à l’autre, & d’environ 18 à 20 iig nés de diamètre, tout tourné ; mais auparavant on y a fait à la forge une em-bafe C, d’environ 3 pouces & demi de diamètre ; 8c lorfque tout eft tourné, on y applique le rochet d, de la figure 10 : on l’affermit avec trois vis d’acier à têtes fraifées 8c noyées en cône ou en entonnoir, & affleurées fur la face de ce rochet: 011 voit le plan de cette embafe QnD9fig. 12, avec les trois trous de ces vis ; le cercle du milieu qui eft ponélué, marque la coupe de l’arbre. On tourne le pivot A 8c le collet G ; on lime le quarré B ; on l’ajufte dans celui de la manivelle de la figure 7 , PL 27 , comme on l’a dit en parlant du premier arbre ; en-fuite on perce les deux mortaifes E9 F, tout à travers la tige de cet arbre „ & on en perce deux autres fiir l’autre côté de l’arbre, de maniéré que celles-ci croi-fent 8c traverfent les premières bien jufte, & que cela forme les deux lanternes Tourneur, I. Pan. 1. Secl. X 3
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- E, F, qui ont chacune quatre piliers, qu on arrondit avec de petits cifelets 8c le bout d’une petite lime plate. On voit la coupe d’une de ces lanternes en H9 fig. 12, PL 28 : on y diftingue les bouts des quatre fufeaux (* ), & l’un des fonds de cette lanterne.
- Ces lanternes tiennent lieu & font les fonctions des deux pignons ; c’eft pourquoi on a foin de faire ces fufeaux de groffeur convenable, bien arrondis, êc qu’ils remplirent jufte le vuide des dents des crémaillères, en faifant attention que les intervalles de ces fufeaux foient de même calibre, afin que les dents des crémaillères engrenent jufte & fans balottage : on a fait fur le Tour deux filets 9 l’un à chaque bout de chacune des deux lanternes , afin de régler la main de TArtifte qui les fabrique. On en dira davantage dans la fuite, en parlant de la maniéré de percer 8c tailler les métaux avec différents inftruments particuliers.
- On a foin de difpofer la place de ces lanternes de maniéré que le milieu de leur longueur réponde jufte à l’endroit ou paffent les deux crémaillères : le refte de cette partie d’engrenage confifte à placer l’arbre de maniéré que l’extérieur du fufeau touche jufte au fond & entre chaque dent de cette crémaillère.
- Je préféré cet arbre à lanterne pour deux raifons : i°. la crémaillère engrene jufqu’au centre de l’arbre, & par conféquent le fardeau de la Meule pefe moins fur les fufeaux que fur les ailes des pignons, puifque les rayons des lanternes font moitié plus petits que ceux de ces pignons, & on fera moitié moins d’efforts avec la manivelle, qu’en fe fervant de l’arbre de la figure 10, pour lever le même fardeau 9 qui eft la Meule. 20. Cet arbre à lanternes eft plus aifé à faire que l’autre , où l’on eft obligé de rapporter au moins un pignon, & de faire huit ailes à chaque pignon. Au refte j'ai décrit ces deux maniérés, afin que chacun choififfe à fon goût. Je peux même ajouter une troifieme raifon de préférence -, c’eft que cet arbre eft plus aifé à ôter*& remettre en fà place , parce qu’on commence par enfiler le quarré dans fbn trou, par-deiïbus, entre les deux traverfès du pied de l’Auge , le rochet qui eft à l’autre bout ne gêne en rien ; enfuite on retire cet arbre de côté, afin de faire entrer le pivot A dans fbn trou : on replace les crémaillères après que l’arbre eft mis en place, autrement elles embarrafleroient pour mettre cet arbre.
- On a foin de garnir d’un canon de cuivre les deux trous dans lefquels les deux bouts de l’axe des pignons roulent, afin que l’ajullage des engrenages foît bien jufte, & que ces mêmes pivots de l’arbre n’agrandiflent les trous dans les traverfes de bois des grandes faces de l’Auge, dans lefquelles ils paffent. La figure ef> fait voir le bout du plus grand de ces canons : il doit être placé du côté du quarré ; f, eft une languette de cuivre foudée le long de ce canon y afin qu’il ne tourne pas dans le bois. On l’entaille fur le côté du fil du bois, c’eft-
- (*) On appelle fufeaux, chaque partie d’une lanterne qui fait la fondion de f aile d’un pignon , n’importe que cette lanterne ait trois,
- quatre, fix ou plus de fufeaux, quand bien même ces fufeaux feroient rapportés dans la lanterne.
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- à-dire, vers le haut de la traverfe3 au-deffus de X} fig. r, Pl. 27. Ce canon fe place par dehors de cette face ; 1 autre canon efl: plus menu , fuivant la grof-feur du pivot A , jig. 10 , PL 28 ,8c on le place en dedans de l’autre traverfe , 8c il ne doit pas être apparent par dehors. Cette obfervation efl: néceffaire ; car on doit faire entrer en premier lieu le bout quarré de cet arbre par dedans la traverfe de devant ; enfuite on repouffe le pivot A dans Ion trou, 8c on introduit le canon ef à ans fa place, par-deffiis le bout du quarré i?, le faifant entrer par la face extérieure , comme on vient de dire, en fe fervant d’un tuyau de cuivre ou de fer pour le chaftèr à force avec un maillet de bois. On peut encore mieux réufliren faifant un canon plus long, 8c dont le gros bout ait une platine quarrée y qui vienne affleurer l'extérieur de la traverfe de devant, en JT; il faut feulement obferver que le trou de ce canon foit de deux groffeurs 5 favoir, le trou du bout doit être jufte au collet G de l’arbre, jig. 12 ; l’autre partie de ce trou du coté de la platine extérieure, doit être allez gros pour que le nez A , de la manivelle puiffe y tourner librement, 8c qu’il puiffe recevoir le quarré B du bout de l’arbre, fig. 1% y PL 28 : on arrête ce canon de cuivre dans la traverfe du pied avec des vis.
- On attache aux deux bouts de cette Auge deux boucles ou des anneaux de fer, dans iefquelles on puiffe palier les quatre doigts de la main. Ces boucles fervent de poignées „ au moyen defquelles on peut porter cette Auge à deux perfonnes : on les voit en t, jig. 7, PL 28, 8c cette boucle efl: repréfentée en perfpeélive en K, fig. 1 , PL 27. Ces fortes de poignées ou boucles reffem-blent à celles qu'on place au milieu d'une porte : on a foin feulement qu’elles foient bien fortes & très-folidement attachées à cette Auge de Meule ; car toute cette machine enfemble ne laiffe pas d'être d'un grand poids. Ces boucles fe nomment des portants : elles ont un petit talon proche du lacet (*), afin qu'on ne fe pince pas les doigts en s'en fervant pour porter la Meule.
- On double cette Auge ordinairement avec du plomb d'une ligne d'épaiffeur ; on coupe ce plomb, & on le foude de la même maniéré ;que l'on a dit ci-devant , en expliquant la figure 8 de la Planche 25 , Paragraphes iy & 18 de l'Article I ; toute la différence ne confifte que dans la grandeur de cette Auge , & de plus, par rapport à ce que celle-ci efl: plus grande , il efl; plus difficile de vuider l'eau de dedans, & de la bien nétoyer pour en ôter la meulée , qui eft une forte de boue qui fe forme de l'ufure du grès & de l'outil que l'on ai-guife fur la Meule. Pour remédier à cette difficulté, on foude au bas du plomb qui double cette Auge , un tuyau, de cuivre dont i’ufàge efl: très-commode.
- ( * ) On nomme lacet, une efpece de piton replié qui embrafle la boucle & la fixe fur la platine.
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- §. IV. Conftruction d'un Tuyau ou Canon a. vis, pour vuider l'eau
- de l' Auge de la Meule.
- C e Tuyau A B ,jig. 11, PL 28, eft long d’environ 8 à 9 pouces ; le trou eft d’environ un pouce & demi de diamètre, Sc le corps d’un pouce trois quarts : il eft de cuivre fondu ; on le fait alaijer ( * ) paflàblement en dedans , pour en ôter ce que la fonte a iaiffé de raboteux ; enfuite on le tourne en dehors cylindriquement, mais de deux groffeurs differentes; car le colleta eft plus gros que le refte de la tige b , de deux petites lignes, afin de pouvoir y tourner une vis , fur laquelle l’écrou/’fe monte jufte , mais aifément : au bout d’en-bas de cette tige b , on forme une vis femblable à la première, mais plus petite en diamètre; Sc fur cette vis on monte l’écrou C 9 qui eft creux & droit au fond, comme une tabatière ; fous ce fond, Sc à même la piece, on a réfervé un anneau d9 dans l’œil duquel on peut paffer une broche de fer qui fert de levier pour ferrer ou dévider cet écrou, qu’on nomme un bonnet. Ce Tuyau le place au milieu du fond de l’Auge ; le chaperon a doit être encaftré de fbn épaift feur dans ce fond de l’Auge, afin qu’il vienne à fleur du plomb qui double l’Auge , & auquel on le foude bien proprement en cette maniéré :
- Après que le deflus eft tourné droit Sc rond , mais un peu raboteux , parce qu’on y fait des traits avec le grain-d’orge pour faire mieux prendre la foudure d’étain , on le frotte un peu avec du fel ammoniac ; on le chauffe fur les charbons ardents, comme on a dit en expliquant la figure 9 de la Planche 24 ; enfla on l’étame bien en deflus, & on le pofe bien jufte au milieu de la largeur de la bande de plomb qui doit doubler l’Auge dans là partie circulaire, bien entendu que le refte de l’auge de plomb n’eft pas foudé, Sc que cette bande de plomb eft étendue fur l’établi toute à plat, ce qui rend cette opération très-facile à faire ; enfuite on foude le refte de l’Auge comme on l’a dit ci-devant, au commencement de ce Chapitre, <§. XV. Article I.
- Le collet de ce canon E ou e, a été ajufté pour pafler à travers du milieu du bas de cette Auge ; l’écrou/' ou F9 fert pour affermir ce canon avec l’Auge , parce qu’il le preffe jufte en deflbus , afin que lorfqu’on force le bonnet D C9 cd, foit en le viffant ou déviflànton n’ébranle pas la doublure de plomb, Sc qu’on ne foit point en danger de la crever par quelques efforts. Si la meulée avoit bouché ce canon, on y introduiroit un petit bâton pour le déboucher, Sc l’eau Sc la boue de Meule tomberoient dans un feau qu’on auroit placé defîous, Sc on ne courroit aucun rifque de gâter ni la Meule ni l’appartement où elle eft, par l’eau qui pourroit rejaillir. On met ordinairement dans le fond de ce bonnet, une rondelle de cuir de veau paffée au fuif, afin que l’eau ne
- ( * ) Terme qui fignifie pafler un équarrifloir ou quelqu’autre inftrumcnt qui arrondifle Sc drefle le trou : on en verra de plufieurs fortes dans la fuite,
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- ï. Section, Chap. X. Conjlruclion d’un Tuyau ou Canon a vis, SCc. 269 puifte pas fuir par la fermeture de ce bonnet, parce que le bout du canon b> qui entre dans ce bonnet, prefle fortement le cuir qui eft au fond, 8c empêche l’eau de filtrer à travers.
- Des deux figures il, lune repréfente ce Tuyau en perfpe&ive, & l’autre fait voir là coupe perpendiculairement & par Ion axe , afin d en faciliter l’explication , 8c de faire connoître toutes les dimenfions de chacune de fes parties.
- On a foin , en pofant ce Tuyau de cuivre , de le placer de manière qu’il ne ne touche point l’arbre AB, qui porte les pignons ou les lanternes, fig. 10 & j2 , PL 28 ; car il faut qu’ils paifent à côté l’un de l’autre à un peu de diftance, mais qu’il foit dirigé fuivant le rayon du cercle de l’Auge de la Meule, afin que fon chaperon & Ion écrou portent bien dans le fond & en dehors de cette Auge, tel qu’on voit en HI y fig, 2 , PL 27.
- On double auffi avec du plomb femblable la partie du bas du couvercle a b, d e, 8c il faut que ce plomb retombe en pendentif, autrement dit en bavette, tout autour du bas de cette partie, fig. 8, afin d’empêcher l’eau de remonter par les chanfreins de la coupe a b, fig. 7, ou bien AB, fig. 1, PL 27 : on met à chaque bout de cette partie de couvercle une lame de laiton mince bien écroui, comme on a dit ci-devant en expliquant la figure 8 -, PL 2$ , entre le plomb & les douves du bas de ce couvercle, afin que lorfqu’on l’ôte de là place pour le pofer à terre , le plomb qui pend ne fe plie point.
- On ne double point la haute partie du couvercle de fig9 fig. 8, cela la rendrait trop lourde ; il fuffit qu’elle foit bien peinte en dedans à l’huile. Pour ce qui eft du dehors, on le fait peindre à l’huile auffi, & vernir comme tout le relie de cette Auge, & de la couleur qu’on le veut, foit imitant le bois des Indes, ou de toute autre façon, à volonté ; mais il faut que tout ce qui s’appelle armature, foit entièrement pofé 8c ajufté julqu’aux pièces qu’on veut faire dorer, qu’il faut pofer , puis les relever, pour donner l’Auge au Peintre, 8c les bronzes au Doreur.
- Lorfque tout ce qui fait mouvoir les fupports de la Meule, eft achevé & bien en place, faifànt bien fes fondions > alors on fond 8c on ajufte les collets de-tain , en pratiquant ce qui a été enfeigné ci-devant, en expliquant les figures 1,6 8c 8, PL 25,8c fig. 1, PL 26: voyez le §. XII. de l’Article I. de ce Chapitre.
- Pour ce qui eft de la pierre de grès, qu’on appelle une Meule , on la monte fur fon arbre 8c on la tourne comme on a dit au commencement de ce Chapitre, en expliquant les Planches 24 & 25. Je ne dirai rien de cet arbre : voyez la defeription de la figure 4, PL 24, où il eft décrit de deux manieras avec fa manivelle. Voyez auffi les Paragraphes VIII, IX, X & XI de l’Article I. de ce Chapitre.
- On ne doit pas oublier de mettre quatre crochets ou agraffes de chaque côté de l’Auge, pour lier enfemble les trSis parties qui la compofent ; favoir, fa Tourneur , I. Part. I. Secl. y 3
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- 270 TOURNEUR MÉCANICIEN. I. Partie. cuvette A BC9 le bas du couvercle A B DE9Sc fon deflus D EF G 9fig, t $ PL 27 : on en voit trois en cette figure, qui font placés en g> h9I Ces crochets font Amples : on en voit un repréfenté au double de fa grandeur, fig. 6 j Sc on en trouvera la defcription dans le Paragraphe I, Art. II ; c’eft pourquoi nous n’en parlerons pas davantage. Mais pour une Auge de cette conféquence * il eft plus à propos d’y mettre des crochets couverts, ronds Sc de cuivre, tels qu’on les voit repréfentés au double de leur grandeur, dans les figures 11 & 12 < PL 27. On trouvera la defcription Sc la maniéré de les faire dans le Paragraphe V, de l’Article IV : elle peut fervir à cette Planche-ci, car j’y ai mis les mêmes lettres ; mais fiir-tout il faut faire attention qu’ici ils ne font que fur une échelle double en grandeur ; au lieu que dans l’explication de la figure 8, PL 2 , ils font repréfentés cinq fois aufîî grands qne le naturel ; c’eft pourquoi on fe fouviendra qu’ils doivent avoir 3 pouces de diamètre, & l’épaifleur à proportion. On en voit un repréfenté en k9 fig. 1 , PL 27; les fept autres doivent être tous femblables. On trouvera auffi la maniéré de les ajufter à leur place, Sc qui doit fervir dans le cas prefont*
- §. V. Defcription dune Pédale particulière.
- I l nous refie à décrire la forme de la Pédale, qui fort à faire tourner cette Meule lorfqu’on veut s’en fervir, Sc de tout ce qui en dépend.
- Cette Pédale, ou ce qu’on nomme la marche, eft un bout de planche de bon bois Q U9 fig. 1, PL 27, long d’environ 2 pieds, fuivant la diflance d’un pied de devant à l’autre, dont l’un eft marqué 2 , & l’autre 3 ; cette marche eft large d’environ 3 pouces & demi par le bout Q, & va en rétréciflant d’un pouce y ce qui la réduit à 2 pouces Sc demi par le bout U ; fon épaifleur eft d’un pouce un quart par le large bout, & le petit bout fe réduit à troisquarts de pouce : on y fait un trou , dans lequel pafle une corde, dont l’autre bout s’attache à une efpece d’agraffe de laiton Y, au bas de laquelle eft un petit trou qui reçoic la corde. Cette agraffe ou plaque de laiton eft encore percée de deux autres trous ; le premier eft affez grand pour lailïer paffer le bouton de fer de la manivelle de la Meule ; l’autre trou eft plus petit, & de la groffeur de la tige de ce bouton ; ces deux trous fe communiquent au moyen d’une mortaifo qu’on voit au-deffous de ce bouton, de maniéré que lorfqu’on veut ôter la marche d’après fa manivelle , on leve cette agraffe, & le bouton fe dégage en paflànt par le grand trou, Sc alors la Pédale n’a plus de communication avec la manivelle. Au gros bout de cette marche, on fait, dans l’épaifleur du bois d’un côté à l’autre un trou ou pafle le boulon de fer V9 qui fort de point d’appui à cette marche, Sc fur lequel elle fe meut. Ce boulon eft fixé dans une efpece de chappe de fer Z&9 fig. i(&3 j PL 27 : dans cette derniere figure cette chappe eft repréfon-tée au double de fa grandeur ; elle eft ^ompofée d’une platine de fer Z & 9 fur laquelle on a riyé une forte branche auffi de fer : c’eft dans le bout d’en-bas de
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- ï. Section, Chap. X. Defcription et une Pédale particulière. ijz
- cette branche, quepafle le corps du boulon , dont le bout le viffe dans la pla- * tine, après avoir pafTé à travers la largeur de la marche ; le haut de cette platine eft percé d’un trou a, à peu-près femblable à celui de la plaque Y de la manivelle ,fig. i, Sc c’eft dans ce trou que pafle la tête de la vis d, qui entre dans le pied indiqué 2 , entre Z Sc d9 fig. 1 : on voit que la tête de cette vis doit entrer par le grand trou de la platine , Sc quen laifîànt retomber la chappe , cette platine doit s’engager dans la mortaife qui eft au-deffus de ce trou ; mais il eft à remarquer qu’au bout d’en-bas de cette platine, il y a une entaille b 9 fig. 3 * qui forme une efpece d’enfourchement, dans lequel s’engage la tête d une autre vis femblable à la première, de maniéré que lorfqu’on veut accrocher la chappe au bas du pied de la Meule, on commence par enfourcher le collet de la vis d’en-bas du pied dans Ion entaille b ; enfuite on préfente la vis d en-haut, vis-à-vis le trou a de la platine , Sc l’on appuie fur la chappe, afin qu’en baifiànt, cette derniere vis s’engage dans la mortaife de ce trou, Sc par ce moyen la chappe & la marche font fixé es folidement au pied de la Meule.
- J’ai imaginé cette méthode, afin qu’on puifie mettre & ôter facilement la chappe & là marche, de crainte que l’on ne s’accroche les pieds en pafiànt devant la Meule , & en même temps pour débarrafler cette Meule , Sc qu’on la puifie voir du haut-en-bas $ cela fert aufîi quand on veut faire tourner la Meule avec la roue d’un Tour * en mettant une poulie fur le quarré qui eft à l’autre bout de l’arbre de la manivelle * comme on le dira dans la fuite.
- VL Defcription d'une autre Pédale ou Marche plus compofée & plus commode
- que les deux premières.
- Cette Pédale eftcompoFée de trois parties principales ; lavoir, d’une marche de bois A B, fig. 8, PL 27, longue d’environ r y pouces en tout, del’épaiffeur d’un pouce & demi au gros bout, Sc en diminuant, réduite à un pouce à l’autre bout J? ; fa largeur eft de 3 pouces & demi, afin quelle puifie aller dans la même chappe que l’on vient de décrire : elle eft percée aufli comme la première, afin que le boulon Y de cette chappe puifie pafler dans le trou quon voit à celle-ci en E.
- La fécondé partie de cette marche , eft une branche de fer CD9 de même longueur que la marche de bois * Sc que noüs nommerons un levier : il eft attaché par fa patte C à la marche de bois, au moyen de deux vis de fer, dont les têtes font par-deflous cette même marche, puis pafiànt à travers, viennent fe vifier dans les deux trous taraudés qui font à cette patte de levier : on voit les bouts de ces vis en e, f\ elles font coupées à rafe du defliis de la patte , & leurs bouts doivent être un peu arrondis en goutte de fuif9 en terme d’Art ; le corps ou la branche de ce levier eft applati d’un bout à l’autre d’environ 2 pouces de largeur, fur 2 lignes & demie d’épaifleur ; fa patte eft plus épaifle à l’endroit du
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- collet coudé e, où elle doit avoir quatre lignes d'épaifleur,, & elle va en diminuant de moitié jufqu’en C7, où elle eft arrondie &en chanfrein. Le corps F eft forgé creux en forme de la gouttière d’une gouge de Menuifieï, pardeflous, depuis le premier coude e jufqu’en g9 afin que ce levier F {oit plus roide, & ne 'plie point en faifànt effort, & qu’en même temps il foit plus léger. L’autre bouc D eft coudé en H 9 d’où il s’élève jufqu’en G, de la hauteur d*environ 2 pouces & demi ; enfuite le bout fo recourbe jufqu’en D, 8c cette derniere courbure doit être droite fur le travers de ce levier : on voit la coupe de ce bras de levier F y en travers en h, 8c par conféquent on diftingue ¥ effet de fa cannelure. Le bout B de la marche de bois, eft entaillé en fourche, dans laquelle entre le bout d’un régler de bois /, qui doit s’y ajufter en B, où il eft arrêté au moyen d’une goupille de fer, 8c il a la liberté de fe mouvoir en maniéré de charnière.1 Ce réglet eft rompu en /, pour ne point faire de eonfufion dans cette figure ; mais il eft repréfenté tout entier dans la figure 9, PL 27 ; fa longueur, depuis le trou qui fert de centre K> jufqu au bout d’eo-bas L, doit être d’un demi-pouce moins que la hauteur qu’il y a depuis le plancher fur lequel les pieds de la Meule pofent * jufqu’au centre du bouton de la manivelle de la Meule, lorf-qu’en le tournant il fe trouve à fon "point le plus bas, parce que la tige de Ce bouton doit être prifo dans le centre K de ce réglet, qui doit être d’un bon bois roide & fans nœuds : il doit avoir 2 pouces de largeur, fur 6 à 8 lignes d’épaif feur, tout au plus ; les côtés doivent avoir les arêtes arrondies en demi-rond dans toute la longueur,, pour ne point bleffer lorfqu’on y touche. On voit le haut bout de ce réglet, fig. 10 , où on l’a repréfenté au double de fa largeur, afin de mieux diftinguer toutes les parties qui compofent l’armature du haut ; d’abord on voit en A ,fig. 10, le haut de ce même réglet garni d’un demi-cercle de laiton dans toute fon epaifleur, où il eft arrêté par deux chevilles auflï de laiton, qui paflent à travers le cuivre, & font fichées dans le bois pour rendre le tout folide : on voit l’échancrure en demi-cercle, qui doit embrafler le collet du bouton de la manivelle : le deflus Z?, qui fe rabat, doit couvrir la première partie ; Z?,Zs, eft une efpece de petit coffre ou boîte de laiton, d’une ligne d’épaifi-feur ^ foudé à la foudure forte ( * ) , dans l’intérieur duquel on loge un couffinet de cuivre bien juftement placé, 8c dont les deux levres débordent pour garnir l’entaille & affleurer les joues extérieures de ce coffret, qui doit auflï affleurer lui-même les joues du réglet de bois. Ce couffinet ou collet de cuivre eft entaillé en demi-cercle, pour achever d’embraffer la tige du bouton de la manivelle, de maniéré que lorfque l’échancrure D fe rabat for l’autre échancrure A, leur affemblage forme le trou rond K 9jig. 9 : cette boîte tient au réglet de bois au moyen de deux charnières auflï de cuivre, l’une en E, & l’autre eft en F, de maniéré qu’en fermant la première charnière E, on abat la boîte & fon collet E>9 for le bout du réglet A ; alors la branche F G de la fécondé charnière, ( * ) La Soudure farte eft une compofîtion de cuivre, d’étain fin de de zinc. On en parlera dans la fuite.
- s’applique
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- ? I. Section, Chap. X. Remarques fur cette Pédale. 273
- s’applique le long du champ du réglet : la petite fiche de cuivre H, qui entre dans le trou G de la branche de cette fécondé charnière bien iufte f rend folide toute cette armature ; la vis C, dont la tête eft faite en vafe tourné & gaudronné à l’entour, fert à prêter fur le collet D, pour lui faire embralTer plus exaéle-ment la tige du bouton de la manivelle.
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- Remarques fur cette Pédale,
- J’ai imaginé l'armature de ce réglet, afin qu’on puifle facilement le déta^ cher du bouton de la manivelle ; & comme la chappe Z & , fe décroche auffi très-aifément, ou peut fe débarraffer de tout l’équipage de la marche toutes les fois qu’on le jugera à propos. Les avantages de cette marche méritent qu’on la préféré ; car confidérant le trou E comme centre ou point d’appui, les bras des leviers E B Sc E Dy font égaux, Sc par conféquent la rélîftance de la manivelle > à la rencontre du point B, eft égale à la puilîànce du levier E G; ainfi toute la force de l’impuifion du pied de l’Artifte , étant appliquée fur ce point G , fe communique au point B de l’autre levier EB, d’autant que ces deux leviers font égaux, & cette Pédale fait l’effet du fléau d’une balance ; au lieu que dans les deux autres différentes Pédales le point d’appui étant en V, la réfiflance eft a l’autre bout U de la marche ; le pied de l’Artifte 3 qui eft la puiflance, fe trouve placé au milieu de l’intervalle V Sc U ; l’effort de l’Artifte fe partage entre ces deux points V Sc U, Sc par conféquent la manivelle ne reçoit que la moitié de la force que l’Artifte emploie pour faire aller ces fortes de marches ordinaires.
- Seconde Remarque.
- I l faut avoir attention que le bras du levier de fer CD, foit élevé par le bout D9 au-deffus de la ligne droite horizontale L B, d’un peu plus du double du rayon de la manivelle ; ce rayon fe prend depuis le centre de l’arbre jufqu’au centre du bouton de cette manivelle ; de maniéré que fi ce rayon avoit 3 pouces de longueur, il faudrait que la diftance LM fut de 7 pouces. Voyez la fécondé Remarque du Paragraphe IX. Art. /. de ce Chapitre. Il faut déplus que le bout recourbé H G M, foit élevé d’environ 2 pouces ou 2 pouces & demi depuis H jufqu’au delfus de G, parce que c’eft en cet endroit que l’on pôle le milieu du pied pour faire jouer la marche ; car loriqu’elle agit en décrivant l’are ML) Sc que ce crochet fe trouve en-bas, au point L, il ne faut pas que la pointe du pied de 1 Artifte touche le point H , qui eft le dos du levier ; il ne faut pas non plus que le bec M du crochet, touche le plancher ; il doit s’en manquer d’un pouce.
- Ceux qui auront des principes de Géométrie & de Mécanique; ou qui auront lu ce que j’ai dit dans le premier Chapitre de ce Livre, comprendront aifément Tourneur , L Part. L Secl. Z 3
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- 274 TOURNEUR MÊCANIC1E N , I. Partie*
- les deux Remarques que je viens de faire fur les Pédales, Nous en parlerons dans
- la fuite en beaucoup d’epdroits.
- Troijieme Remarque.
- O N doit remarquer que l’aélion de cette Pédale fe fait à rebours des autres ; Car l’impulfion du pied de l’Artifte portant fur le dos du crochet G , fait relever le bout de la marche B : celle-ci fait hauffer le réglet de bois LK ,fig. 9 , de ce dernier attaque la manivelle de la Meule en deflbus, & la pouffe en en-haut pour la faire tourner, ce qui revient au même ; foit qu’on place le bouton de la manivelle à droite ou à gauche, elle fait tourner la Meule d’un fens ou de l’autre. Les autres Pédales, au contraire, agiflant en appuyant fur le bouton de cette manivelle, la font néanmoins tourner des deux fens. L’avantage de cette derniere, eft qu elle agit avec le double de force, ou moitié moins d’effort.
- On met auffi à ces fortes de Meules un Rabat-eau, ou bien deux, comme ori a déjà dit en parlant des autres Meules plus Amples. Voyez le Paragraphe VU#1 de l’Article I, de ce Chapitre.
- Article Sixième,
- §. I, Defcriptïon (Tune autre forte de Meule marchant au moyen d'une Roue
- quon fait tourner avec le pied.
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- Cette Meule fait à peu-près les mêmes fonélions des Meules dont les Cou** teliers fe fervent ; car on peut émoudre Sc très-bien polir certains inftruments avec cette machine , qui eft compofée de trois principales parties ; favoir, i°. d’une table à quatre pieds ; 2®. d’une roue ; 30. enfin de la Meule dans fon auge pofée fur cette table ; & comme chacune de ces trois parties en particulier, efi compofée de plufieurs autres, qui doivent avoir entr’elles un certain rapport, nous allons donner une defcription détaillée de toute cette Machine.
- La table doit être de bon bois, tel que du noyer ou du chêne; elle efi longue d’environ 2 pieds 3 pouces, for 16 pouces de largeur, & de 3 bons pouces d’épaiffeur ; car il faut qu elle foit très-folide, à caufe de l’ébranlement que la roue lui donne. On voit cette table en perfpeétive , fig. 1 , PL 29 ; A B, en fait voir le deffos ; la figure 3 en repréfente le plan géométral; on voit fur ce plan plufieurs ouvertures dont on parlera dans la fuite. On pouffe tout autour de cette table quelque peu de moulures, pour feryir d’ornements.
- Les quatre pieds de cette Machine font de pareil bois que la table : ils y font alfemblés par-deffous avec des tenons en enfourchements ; le bas de ces pieds eft contenu par deux traverfes croifees, dont les bouts font affemblés au bas des pieds, à tenons & mortaifès. Ces pieds ont 2 pieds 9 pouces de hauteur,
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- I. Section, Cn ap. X. Defcrlptlon d'une Meule d roue, &c. 27 $
- en tout, y compris l'épaiflèur de la table, 3c 2 pouces Sz demi d'équarriflage par / le haut, Sc vont en diminuant par le bas en forme de gaîne : ils ont quelques moulures par le haut, & un focle en-bas, près de l'endroit où ils reçoivent les traverfos ; fur-tout il faut que tous les affemblages de cette table foient très-fblides, à caufe du grand poids qu'elle porte, tant endeffous qu'en deffus ; les quatre mortaifes C, D, E, F, fig. 3 , paffent tout à travers de la table pour recevoir les deux tenons qui font au bas de chacun des deux montants faits de pareil bois que la table, & qui s’aflemblent defîiis pour fupporter l'arbre de la Meule. Ces deux montants font repréfentés en G, H,fig. r, 2 & 4 ;dans cette derniere figure ,, H fait voir la face de ce montant ; / & K font les deux tenons^ qui entrent dans les mortaifes de l*un des côtés de la table, comme en C D, ou bien E F, qui font fomblables,^. 3 ; G, fig. 4, fait voir ce même montant fur fon épaiffeur : on voit auffi l'un de fes tenons L par le côté, & en M i'arra-fement de ce tenon , qui eft furmonté par un adouciffement qui va regagner fépaifleur G du corps du montant : on voit bien que l'épaifleur M, qui eft à l’arrafoment, fort à donner de l'empattement au montant pour le rendre plus ferme fur la table. Ce montant eft échancré en O 9fig. 4 , au-deffus de fon arra-fement, entre les deux tenons /, K ; cette échancrure circulaire, outre qu'elle^ dégage ce montant en laiffant un grand intervalle entre les deux tenons /, K , donne plus de folidité dans l'affemblage 5 car s'il n’y avoit qu’un foui tenon de toute la largeur du montant, cela affoibliroit la table par une longue mortaifo. Il faut auffi que ces fupports ou montants G , H,fig. 2, puiflent fo démonter au moyen de vis de fer, afin de fubftituer d’autres Machines fur cette même table, pour forvir à différent ufoges , comme on verra dans la fuite.
- On place ces deux montants de maniéré que leurs adoucifletnents fo regardent l’un l'autre. Voyez G H, fig. 2. Le haut du montant H>fig. 4, eft percé tout à travers, au milieu de fo largeur, & à un pouce & demi près du bout £ d’un trou taraudé pour recevoir une vis de buis N > fig, ïô 2 , qui tourne jufto dans ces trous ; les têtes de ces vis font plates & ovales en poulet, afin d’avoir d© la prifo pour les tourner avec la main* Le bout de ces vis eft: percé au centre par un trou conique peu profond, pour recevoir les pointes des bouts de l'arbre de la Meule, comme on le verra ci-après. On affermit ces vis au moyen de deux contre-écrous de bois, qui font enfilés deflus ; ces contre-écrous font tournés : on y forme un petit bouton à chaque bout, tel qu’on en voit la forme en O , fig. 1 & 2 ; P, fig. 2 , fait voir l’un de ces écrous par le bout, Sc Q le repré^ fente par le côté & dans fo longueur.
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- TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- Planche ^ H. Defcripdon de la Roue de cette Meule ; de fon pied de bois, avec la maniéré dont cette Machine efi ajuftée , & de fes différents mouvements.
- Cette roue R R,fig. I & 2, refïemble à celles qu’on place deflus ou defîbus un Tour, & même qui pourroit y fervir dans un befoin , comme on le Verra dans la fuite : elle a 22 pouces de diamètre , fur un pouce un quart d’épaift feur à fon plus fort. Elle eft de plomb, foutenue par une croifée de fer S,figm ï , dont on ne peut voir que trois de fes branches, l’autre branche étant cachée 'derrière le pied de cette roue, ne peut être vue. Cette croifée doit être d’un fer doux, point caillant, de 3 à 4 lignes d’épaiflèur, un peu plus épaiffe en approchant du milieu où les quatre branches tiennent enfemble & ne forment qu’une feule piece; ces branches ont un pouce de largeur en approchant de leurs bouts, qui doivent être faits en queue d’aronde , & percés d’un trou un peu gros* comme le bout du petit doigt, afin que lorfqu’on coule cette roue dans un moule, le plomb fondu s’engage dans ces trous, & enveloppe la queue d’aronde du bout des croifées, pour la rendre bien folide , autrement la croifée balotteroiç dans la roue, St cauferoit un bruit incommode. J’ai été obligé d’en refondre plufieurs qui fervoient depuis long-temps, St d’y pratiquer les reffources que j’indique ici. Pour remédier à cet inconvénient, on fent bien qu’il faut que les croifées foient de 2 lignes plus courtes par chaque bout, que le diamètre de la roue, afin que le plomb couvre le bout des croifées. Le milieu de cette croifée doit être large d’environ 2 pouce St demi au moins, afin qu’il puifle s’appliquer contre l’embafe A de l’arbre de fer A B ,jîg. 6. Au centre de cette croifée, eft un trou rond, d’un pouce de diamètre , dans lequel s’enfile jufte le colleté de cet arbre, comme on le verra plus bas.
- Cette croifée doit être forgée bien unie & bien droite à la régie, en tous fens, bien entendu que la régie ne doit pas joindre fîir les faces de la croifée , puifqu’elle eft plus épaifte au centre que vers les bouts ; mais la régie doit laifler voir du jour également fur toutes les pattes du bout de ces mêmes branches ; pour qu’elles foient toutes quatre bien dans un même plan, on monte cette croifée fur fon arbre ; on l’ajffermit au moyen de l’écrou de cuivre tourné Z,fig. 5 , dans l’épaiileur duquel font deux petits trous ronds percés à travers de fon plan , près du bord, St diamétralement oppofés fun à l’autre : c’eft dans ces trous qu’on place les griffes d’une clef à fourchette pour ferrer l’écrou ; & pour plus de folidité , on plante près du bord du plan de l’embafo de l’arbre en C, une cheville d’acier qu’on nomme étouteau, qui s’enfile dans un petit trou percé à travers la croifée, près le centre : cet étouteau ou étouquiau empêche que la croifée ne tourne fur l’arbre.
- La croifée étant fixée fur fon arbre, on place le tout fur le Tour entre deux pointes 5 puis faifant tourner doucement avec la main, on maxque avec de la
- pierre
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- Section, Chap. X. Defcription de la Roue d’une Meule , $c. 277
- pierre blanche celle qui avance trop, & on la drefle d'un coup de marteau for une enclume ou fur un billot de bois, de manie-re Sc jufqu'à ce que les quatre branches touchent le blanc qu on tient ferme à la main, pendant qu'on les fait tourner avec lautre main. La croifoe étant ainfi dreilee, on lime les arêtes des branches en chanfrein, pour qu'elles ne bleffent pas les doigts dans ïufage qu'on en fait. Il n'eft pas néceflàire de limer les faces de cette croifée fi elle eft forgée bien unie, parce qu'ordinairement on peint ou l'on bronze au vernis toute cette roue lorfqu'elle eft achevée, comme on le dira dans la fuite,
- La croifée étant drefiee Sc ajuftée comme on vient de l'enfeigner, il n'eft plus queftion que de la démonter de deflus fon arbre , & de la placer dans un moule pour y couler du plomb. On enfeignera dans la fuite différentes maniérés de faire ce moule Sc d'y couler le plomb. Ceux qui n'auront pas de moule , pourront donner la croifée de fer à un Fondeur, pour qu'il fonde le cercle de plomb deffus ; lorfque la roue eft froide , on la retire du moule , & on la tourne en fe fervant d’une gouge étroite, telle que a h 9fig. 1, PL 21, & l'on finit les moulures avec le grain-d'orge 9fig. 3 , même PL Sc le cifoau à planche , qui eft quarré par le bout >jîg. y , Sc encore avec l’outil rond ou la gouge plate, fig* 7 9 même Planche. On a foin de mouiller fouvent l’outil en tournant du plomb ; Sc pour cela on fe fort du porte-éponge ,fig. 8, PL 18, qu’on a décrie en fon lieu. On voit dans la figure y les moulures qu’on doit employer fur cette roue , dont R9 S, font voir la coupe ou profil. Cette roue doit pefor environ 60 livres lorfqu'elle eft toute tournée. On peut la faire toute de bois, tant la croifée que le cercle, en la tenant plus épaifle , Sc faifànt le cercle de quatre pièces, quon nomme jantes, qui fe rejoignent l'une à l'autre par des tenons à doubles enfourchements ; ces jointures doivent fe trouver au milieu de l'intervalle de deux branches de la croifée , & ces branches font affomblées à tenons
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- Sc mortaifos au milieu de chaque jante, Sc le tout bien collé ; enfuite on creufo le côté de cette roue fur le Tour , Sc on y forme un vuide capable de contenir une quantité fuffifànte de plomb, pour lui donner du poids ; après quoi on recouvre ce plomb avec de pareil bois que l'on colle fur le côté de la roue ; puis on retourne & on polit le tout. J'ai cru devoir décrire ces deux méthodes.
- &sat
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- De VArbre de la Roue.
- Il nous refte à dire quelque chofe de l’arbre, dont on n'a dit qu'un mot. Cet arbre eft de fer, long d'environ 12a 13 pouces, en tout, depuis D jufqu'en B fig• le bout D eft tourné en vis, pour entrer dans fon écrou z>fig- 5;
- fon embâfe A porte a pouces & demi de diamètre, & s’appuie contre la croi-i fée comme on l’a déjà dit : cette embafe eft plus épaifle en approchant du corps 'de cet arbre, qui eft rond, & qui va en diminuant depuis E jufqu’en F, d’environ Tourneur, I.Fart.I. Se3. A 4
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- Planche
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- 27g TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie. une ligne ; la partie entre F Sc B, eft limée hexagone ou à fix pans, Sc va auflî un peu en diminuant fur le même alignement que le rond du corps de cet arbre , de maniéré que cet hexagone eft infcrit dans le cercle de la partie F du corps de cet arbre, & s’enfile dans le centre de la petite roue, fig. 7, enfuite à travers de l’œ:l à fix pans de la manivelle 3fig* 8, pour fo vifler dans l’écrou rond Y9 comme on le dira dans la fuite.
- Cet arbre doit être tourné bien rond d’un bout à l’autre , même la partie qui eft limée à fix pans, puifqu’on a dit qu’ils étoient pris à même l’épaiflèur du rond de cet arbre, dont on connoîtra mieux toutes les dimenfions, en parlant de toutes les autres pièces auxquelles il a du rapport ; mais il faut commencer par expliquer toutes les parties qui compofent le pied de k roue.
- Defcription du Pied de la Roue, fig. 2.
- L e pied de cette Roue, qui èft une efpece de cage du même bois que la table, eft compofé de deux montants T9 U9 d’environ 2 pieds de longueur, tout au plus , fur à peu-près y pouces de largeur d’un bout à l’autre* Sc d’un pouce d’épaifleur ; le bout d’en-haut de ces montants s’aflemble dans le chapeau U JT, au moyen de tenons & de mortaifes, tels qu’on les voit repréfentës dans le plan de ce chapeau , fig. 9, de maniéré que le tenon du montant U s’aflemble dans la mortaife V9 au moyen de ce que ce tenon eft réduit à moitié de l’épaiflèur de Ion montant ou jumelle TU: (on fe fouviendra que les noms de montants ou de jumelles, font indifférents à ces fortes de pièces, par rapport à leurs fonélions ; ) par ce moyen la joue U doit affleurer le côté V du chapeau , afin que rien n’approche de la corde M9 qui communique le mouvement de la roué à la Meule , comme on le verra dans la fuite. Le tenon de l’autre montant T, eft auflî épaulé Sc réduit à la moitié de fon épaifleur, de même que le'premier , Sc il s’aflemble dans la mortaife X du chapeau dont on voit le plan dans la figure 9 : on voit aufli fur cette même figure l’épaiflèur & la largeur de ces mêmes montants , indiquées par ponéluations tout proche les lettres V Sc X. Les quatre trous ronds* qu’on voit aux quatre coins de ce même plan, fervent pour paflèr des vis de fer qui fe viflent dans l’épaiflèur 3e la table. Le bout d’en-bas de ces montants s’a£ femble dans la planche C9 fig. r, au moyen de quatre mortaifes qui font percées aux quatre coins de cette même planche ; ces tenons ont aufli des épaulements qui forment des arrafements en dehors des joues des jumelles T9 U9 fig, 2, ou ils font indiqués au bas par des lignes ponctuées, ce qui eft encore répété par des lignes ponétuées I & %9fig. 10 9 qui répréfente le plan* de ta petite'planche C. On voit for ce plan les quatres mortaifos dans ïefqüelles~ entrent lés tenons qui font au bas de ces montants.
- La figure 1 r repréfente Tun de ces montants vu de face; A, eft le tenon qui «ntre dans le chapeau VX9fig. 2 : au bas de ce montant, font les tenons B9 B ;
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- I. Section, Cnap. X. Deficription du pied de la Roue♦ 279
- on voit auffi une longue ouverture qui defcend depuis C jufqu’au bas, Sc qui forme une coulifle d’un pouce & demi de largeur, bien égale d’un bout à l’autre, dans laquelle le chaflîs de bois qui porte l’arbre Sc les roues, doit couler bien jufte. Les lignes ponétuées D, F, marquent les affemblages de la petite traverfe /, fig. 2, qui fert d’entretoife à ces montants , Sc qui les maintient également diftants l’un de i’ antre. Ces deux mortaifes ne font pas profondes : elles n entrent qu’au tiers de l’épaiffeur de chacun de ces montants, où on les voit indiquées fur le champ "de ces mêmes montants,jîg. 2 5 & pour rendre cet aflemblage folide, on y met deux boulons de fer de 2 lignes de diamètre , qui paffent à travers de cette cage fans toucher à la vis de bois K, dont on connoîtra bientôt l’ufàge ; ces petits boulons ont une tête ronde en goutte de fuif, Sc le bout fe vifle dans des petits écrous convenables à leur groffeur. On cheville les tenons du haut Sc du bas de ces montants ou jumelles ; avec des broches de fil dé fer de 2 lignes de diamètre, que l’on frotte de fuif, Sc qui paffent tout à travers les affemblages de cette cage, pour pouvoir la démonter quand on veut.
- Le chaflis coulant ,fig. 12 , qui porte les deux roues, Sc dont j’ai dit un mot, eft fait du même bois que le refte ; on le choifit bien liant, fans nœuds ni fentes & bien de fil : il eft compofé de quatre pièces ; favoir, de deux montants A , B, de 6 pouces de hauteur, fur 2 pouces d’équarriflàge ; ces montants font liés enfemble au moyen de deux petites traverfos E, D , de pareil bois & aflem-blées à tenons Sc mortâifés collés Sc chevillés : on voit for la figure les marques de ces chevilles. On obfervera que les mortaifes ne paflènt point à travers ces petits montants.
- Sur chaque face de ce chaflis, on pouffe deux rainures perpendiculaires marquées 1 Sc 2 ; l’autre face du chaflis doit avoir auffi deux rainures femblabies , mais elles ne peuvent être vues ici : on n’a pu repréfenter for cette figure que le haut de ces rainures par le haut du chaflis ; ces quatre rainures, qui font parallèles entr’elles, gliffènt dans la grande coulifle C du montant AB E 9fig. 1 r , qu’elles embraffent tant en dedans qu’en dehors de fes joués. 11 en eft de même de l’autre montant, comme on le voit en a j b9e 9d 9 fig. 2, où ce même chaflîs eft repréfenté dans là place, & portant les deux roues R 9f9 montées aux deux bouts de l’arbre, qui paffè tout à travers dü chaflîs : on peut voir l’embafe & le corps de cet arbre au milieu du chaflis, fig. 2 ; le refte eft caché dans le bois, Sc ne peut être vu.
- Il nous refte à dire la maniéré d’ajufter la petite roue de bois for le menu bout de l’arbre , ainfi que la fa^on dont cet arbre eft ajufté dans fon chaflis, qui eft percé à travers des petits côtés A, B9fig. 12. Ge trou eft affez grand du côté A, pour y loger le canon de cuivre a, au-deflus de la figure 6, auquel eft un chapeau que l’on encaftre à fleur du côté A de ce même chaflîs, fig. 12 , comme on le voit; Sc comme il entre ferme dans fon entaille], il n’eft befoin, pour l’y; arrêter, que de quatre petites pointes de cuivre qui paffent à travers du chapeau ^
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- fego TOURNEUR MÉCANICIENS. Partie.
- Sc encrent dans le bois du chaflis : on fait feulement attention de ne pas mettre Planche lune de ces pointes de cuivre dans le prolongement d’un trou qui eft percé perpendiculairement depuis le haut de ce chaflis , & qui communique dans l’intérieur du canon a, afin d’y* introduire de l’huile. On voit ces trous marqués 3 Sc 4, en deffus du chaflis.
- L’autre canon de cuivre h, fig. 6, s’ajufte dans le côté B du chaflis de la même maniéré que le premier. Ces deux canons s enfilent jufte y mais librement *, fur l’arbre aux endroits E, F: ils fervent à faciliter les frottements de l’arbre, qui doit tourner librement dans fon chaflis garni de ces deux canons , que Ton ajufte en place au moyen de vilbrequins de grofleur convenable, de gouges & de petits cifoaux de Menuifiers ; mais dans la fuite j’enfeignerai une autre méthode pour placer ces canons plus promptement, Sc dans une direétion beaucoup plus sûre, en fe fervant d’un Tour en l’air.
- Pour finir ce qui a rapport à l’arbre, voici la maniéré dont la roue /, fig. 2 K& 7 , avec fà manivelle 9fig. 8 > font montées deflus.
- J’ai déjà dit que la partie de cet arbre, entre F Sc B, étoit à fix pans , 8c un peu plus menue vers B, afin de lui donner de rentrée dans le canon de cuivre m y fig* à* qui s’enfile deflus jufte Sc ferme, parce que le trou de ce canon eft aufli hexagone. J’enfeignerai dans la fuite plufieurs méthodes abrégées pour former ces trous hexagones ou de tels autres polygones qu’on voudra, Sc de toutes grandeurs, tant en diamètre qu’en longueur , lans fo fervir des moyens ordinaires , qui font les eftampes ou mandrins d’acier , qui font difficiles à faire, Sc très-difpendieux, fur tout pour les grands ouvrages. Revenons à notre arbre.
- Le canon de cuivre étant ainfi enfilé à force fur l’arbre , on y fait une marque qui doit fervir de repaire 9 pour connoître quels font les pans qui doivent aller .enfemble : on y forme aufli un chapeau d’une même piece ; puis on le tourne fur fon arbre , & enfuite on l’ajufte dans le centre de la petite roue de bois de noyerf9fig. 7* prife fur le bois en travers , c’eft-à-dire, coupée dans une planche. Je foppofo cette roue placée fiir un Tour en l’air ; ce canon doit entrer rond Sc ferme dans là place : on le fixe au moyen de quatre petites vis de fer à têtes coniques , qui fe logent dans les quatre trous qui font percés près le bord de fon .chapeau, à travers duquel elles paflènt, Sc vont fe viflèr dans le bois de cette roue , comme il eft repréfenté dans la figure/'/, fig?* On a feulement attention, en plaçant ces roues fur leur arbre, de faire en forte que les croifées de chacune d’elles fe regardent, ce qui eft très-facile, en ne plaçant l’étoquiau qui fixe la grande roue fur fon embafe, qu’après que la petite roue eft entièrement finie, parce qu’il faut que les rayons perpendiculaires de cette petite roue foient dans le fil du bois. Enfin lorfque cette roue eft ajuftée fur fon canon , Sc montée fur fon arbre, on la tourne fur un Tour à pointes : on
- lui donne le même profil à peu-près qu’à la grande RS, fig. j1. On y fait de
- plus une
- rainure angulaire fur fa circonférence, avec un grain-d’orge fort aigu,
- afin
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- ï. Section. Chap. X. Defcription du pied de la Rôuê. iSr afin que la corde y foie mieux pincée, Sc qu’elle ne puifle giifler en faifànt tourner la Meule-
- La roue étant achevée de tourner , on la polit avec de la prêle ; enluite on la frotte avec un peu de cire, que l’on effuie avec un chiffon 4e laine, comme on l’enfeignera en parlant du poli dans un Article particulier. Après cela on démonte l’arbre fans toucher au canon, qui refte toujours au centre de fa roue ; puis prenant un compas, on divifè & on trace les quatre rayons de cette roue, à l’endroit qu’on a préparé à cet effet, en le tournant droit à la réglé, un peu plus bas que le bord de la roue , de maniéré que cela forme une efpece de panneau fur chacune de fes faces; & pour découper ces rayons, on fait trois trous de vilbrequin aux trois angles des efpaces qu’on veut mettre à jour ; puis paffant dans l’un de ces trous le feuillet N9fig. 5 > ^ T4* qui eft une feie de marqueterie , après l’avoir pincé ferme dans les mâchoires ou mouffles D, E ; enfuite tournant le bouton if pour bander ce feuillet, que l’on graifîe avec du fuif de temps en temps pour le faire couler aifément dans le bois, on pince cette roue dans des tenailles de bois garnies de mâchoires de liege, FL 7, Jîg. 10 ; & lorfqu’on a découpé les quatre triangles avec la feie, on ragrée les croifées de cette roue avec des râpes fines , ou bien des limes bâtardes d’Angleterre; enluite on y paffe une oreille de peau de chien de mer & de la prêle , & on les polit à la cire , comme on a déjà dit.
- On doit avoir eu foin de réferver au centre de cette roue, à meme l’épailfeur du bois , fur la face extérieure, une elpece de moyeu, dont on voit le profil en g9fig. 2, Sc contre lequel on applique l’œil de la manivelle de fer n, 0, fig 8, Cette manivelle a environ 4 pouces de rayon à prendre depuis le centre de l’œil hexagone 0p, jufqu’au centre du bouton r. L’œil eft épais d’un pouce , & eft à fix pans, comme on l’a déjà dit : il s’enfile fur le bout à pans de l’arbre , où il eft retenu par un écrou rond K» qu^ Ton ferre au moyen d’une clef -fourchue , dont les griffes recourbées entrent dans les deux trous qu’on voit fur le plan de cet éctou, en YOn voit la coupe de cette manivelle dans toute fa longueur en n ; qs9 fait voir l’épailfeur de fon œil, avec la coupe du trou à fix pans fur fà longueur. On voit auffi une fraifüre ronde q, pour recevoir l’écrou rond Y9 dont on a parlé j & qui fe noie à fleur du plan extérieur de la manivelle : on a fofti que l’arrafèment du corps de l’arbre, depuis E jufqu’à F, foit un peu plus long que la largeur du chafîîs dans lequel il tourne, de l’épaifleur d’une carte à jouer , afin que lorfqu’on ferre fortement l’écrou Y, la preflîon de la manivelle & de la roue n’empêchent pas cet arbre de tourner bien librement dans le chafïis.
- La branche de la manivelle fè réduit à Alignes d’épaiffeur : on peut fuivre le
- ( ^ ) Prüe ou Afprêle, autrement Queue de cheval , en latin Equifetum ; c’eft une efpece d’herbe ou de jonc très-dur & rude, dont la tige eft ronde Si divifée par nœuds : elle croît dans les bois,
- Tourneur , L Part. /. Secl.
- aux endroits aquatiques. On s’èn fert pour adoucir le bois. Elle eft d’un ufage journalier dans beaucoup d’Arts mécaniques,
- B 4
- Planche
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- a8a TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- ... profil indiqué par cette coupe n t , fig. 8, en fe rapportant à l'échelle qui eft au
- Planche bas Je ]a planche : on voit auflî dans la même coupe le profil du bouton tr ; c’eft dans le collet t, que Ion accroche l’agraffe de laiton repréfentée dans la figure 13 , dont nous nous occuperons dans un inftant.
- Après avoir enfoigné à rendre le chaflîs mobile dans fes jumelles ou montants , il faut maintenant décrire le moyen de le haufler ou baiffer , & même de le fixer à la hauteur quon veut ; pour cet effet on ajufte dans cette cage une vis de bois K, fig. 2 & 14 , dun pouce un quart de diamètre fur le filet, 8c d’un bois ferme, liant, fins nœuds & bien de fil : on la tourne cylindrique par le corps, enfuite on la fait palfer en tournant dans le trou d’une,filiere en bois, dont on parlera en fon lieu. Lorfque les pas font formés, on remet cette vis fur le Tour pour finir la tête, qui eft traverfée par deux trous qui fe croifent, ce qui fait quatre trous fur fi circonférence : on met dans ces trous quatre petits boutons de pareil bois, qui font tournés du profil qu’on voit à la tête de cette vis K ; mais on doit faire attention que ces boutons ne l’empêchent point de tourner lorfqu’elle eft en place. L’entre-toife / doit être percée 8c taraudée au milieu , afin que la vis paflanr à travers, rencontre jufte le milieu du haut de ce chaflîs, tant fur la largeur que fur l’épaifi feur. Cette vis eft chauffée par le bas d’une virole de laiton d’un pouce & demi de longueur, 8c dont le dehors paflè jufte dans le trou à écrou de cette vis, c’eft-à-dire, que le diamètre extérieur de cette virole doit être égal au diamètre du fond du filet de la vis, ce quon nomme le nud de la vis : on tourne ce bout jufqu’à ce qu’il puiflè entrer jufte 8c ferme dans cette virole, que l’on chaflè à coups de maillet for ce bout ; enfoite on fait un trou de vilbrequin au centre du bout de cette vis ; & pour que ce trou foit bien droit, on le perce fur le Tour à la lunette* comme on le dira dans la fuite ; après quoi on a un petit boulon de fer à tête ronde, comme fon collet, 8c l’arrafement bien droit ; la tige de ce boulon va un peu en diminuant vers le bout , que l’on enfonce à force dans le centre de cette vis, que la virole de cuivre empêche de fendre ; 8c lorfquece boulon eft entré à 2 lignes près du bout de la virole, comme il eft repréfenté en h i y fig• 14, pour qu’il ne forte jamais de fi place, on le goupille tout à travers en h : cette goupille doit avoir une ligne de diamètre au plus, & doit être placée plus haut que le milieu de la hauteur de la virole , parce que c’eft la têtS de ce boulon qui porte tout le poids des deux roues & de leurs armatures, comme on va le voir. Le bout de la vis , autrement la virole de cuivre, doit entrer 8c tourner librement dans un trou pratiqué au milieu de la traverfe du haut du chaflîs, comme on le voit dans la figure 12 ; ce trou eft traverfé près du bas de cette piece, comme on le voit au-deflbus de la lettre E, d’une petite mor-taife, dans laquelle on fait entrer le bout x de la petite équerre de fer e x 3 fig. ij ; 8c comme cette mortaife perce à travers le chaflîs, on y met derrière ce chaflîs, une autre équerre toute femblable à la première, de maniéré que le
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- I. Section, Chap. X. Deficription du pied de la Roue. 283
- collet quon voit au bas du tenon de cette vis , fe trouve embrafle par les deux échancrures circulaires qu'on voit en ^ à chacune d’elles ; par ce moyen la vis peut tourner , mais non pas fortir de fbn trou : elle entraîne le chafïis D E, fig'• 12 , ou ab de y fig. 2 , le faifànt haufler ou bailler fuivant qu’on tourne la vis à droite ou bien à gauche. Comme il importe que ces petites équerres ne fartent point de leur mortaife, on les arrête au chaflîs moyennant une petite vis quon place vers le haut de chacune : on en voit une en ef9 fig. 15, où cette équerre eft repréfentée de profil ; on en voit auffi une en e, fur le chaffis de la figure 2. L’équerre du milieu ex, eft la meme qui eft repréfentée en perfpec-tive ; les deux autres e x9 x e, font voir la rencontre du plan de chacune d’elles, en dans le milieu de la mortaife. Le bout de ces équerres e9e9 devroit s’élever à angles droits au-deflus de leurs plans, mais cela auroit apporté trop de confufîon dans le deffin. Il fuffit de leur donner environ 2 lignes d’épaifleur ; 8c le bout qui eft apparent fur la face du chaffis, doit être limé à chanfrein 9 arrondi fur les quatre côtés 9 afin de ne pas fe blefler lorfqu’on y touche.
- Lafonâion de cette vis de bois eft, comme on l’a dit, de faire defeendre ou monter le chaffis, & par conféquent les roues qu’il porte, & par ce moyen on peut tendre ou détendre la corde plus ou moins , fuivant le befoin.
- On fixe toute cette mécanique au-deflous de la table , au moyen de quatre vis de fer qui paflent à travers le chapeau X Vy dont on voit la place indiquée par des lignes ponétuées fur le plan de cette table, fig. 3 ; & on a foin de faire convenir le côté V de ce chapeau Sc de fbn montant U, qui lui eft arrafé, tout proche de l’ouverture oblongue y 9 6* Cette ouverture arrondie par les bouts , fert à pafler la corde qui communique le mouvement de rotation de la roue à la Meule, 8c cette corde paffie par la mortaife 5 & 6 ; & comme les deux parties de cette corde s’approchent plus dans le haut que par en-bas, à caufe que la roue f 9 fig. 2 , eft d’un plus grand diamètre que la poulie qui eft fur l’arbre de la Meule, on tient cette ouverture plus longue par-deflous la table que par deffiis, afin que dans aucun cas cette corde ne touche point à la table, car le frottement l’ufèroit très-promptement. J'enfeignerai dans la fuite la maniéré de fouder enfemble les deux bouts d’une corde, foit de chanvre ou de boyau, fans y faire de nœuds, & fans rien y rapporter,de maniéré quelle n’ait point de bouts : c’eft ce qu’on nomme une corde fans fin. Il ne faut pas que l’endroit de la foudure foit plus gros que le refte de la corde ; & quand cette foudure eft bien faite , elle ne caftera pas plutôt là qu’ailleurs. J’aurai occafion de parler fouvent, de ces fortes de cordes , qu’on emploie dans diverfès machines.
- Pour achever de fixer ce pied de roue , on place un cylindre de bois g 9 fig.
- I <5 2 , entre la planche C c du bas du pied, & les traverfes qui font au bas des pieds de la table, à l’endroit où ces deux traverfes fe croifent, fig. 1 & 2. On fixe ce cylindre au moyen d’un petit boulon de fer à écrou, qui paflè à travers
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- Planche
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- *g4 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- » les traverfes, le cylindre & la planche C, qui affermit toute cette machine, St la rend auflî folide que fi elle étoit toute d'une piece.
- La table étant achevée 8c garnie de fes roues , il refte à décrire la maniéré d'y. ajouter une pédale, avec laquelle on fait aller toute cette machine*
- «
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- Defcription d’une Marche ou Pédale qui s*adapte au pied
- de la Meule a roue% '
- Cette Marche reffemble un peu à celle qu'on a décrite ci-devant, au Para* graphe V, de l'Article V de ce Chapitre ; car on peut l'ôter & la remettre à fà place de la même maniéré que cette première ; néanmoins toutes les parties qui compofent celle-ci, font différentes : il n’y a que la Marche proprement dite, fur laquelle on pofe le pied.
- Cette Marche Æ 9fig. 1 8cfig. 2 , eft une planche de bois de chêne , longue d'environ 15 a 16 pouces, large d'environ 3 pouces 8c demi par le bout de der-, riere : elle va en étréciflant, & fe réduit à un pouce & demi au bout de devant : elle eft épaifle d'un pouce & demi au large bout, 8c on l’amincit à moitié d’épaif-feur au bout de devant. Le bout de derrière eft traverfé par-deffous, par une rainure ronde dans le fond, qui fert à loger le boulon rond de la chappe'de fer A ,fig. 16. Cette chappe eft compofée de trois parties, qui font la platine B, fon boulon rond A, 8c le pied C, qui fert de fupport au boulon A, qu'on peut appelier la broche de la chappe. Cette broche eft rivée très-folidement dans le milieu de la largeur du corps de cette platine B, à 2 pouces 8c demi au-deffus du bas, qui doit pofer à terre. L'autre bout de cette broche A eft auffi bien rivé à travers le haut du fupport (7, de maniéré que la platine B, fà broche A 9Scle pied ou le fupport C, ne font plus qu'une feule & même piece , que nous nommerons la chappe de la Marche. Mais avant de river toutes c es pièces enfemble , il faut leur donner la forme à toutes féparément. ;
- D'abord la platine B a deux oreilles W9fig.i929l6flj8cb9fig. 18: on voit cette platine toute plate repréfentée dans la figure 17 ; B, eft le corps de la platine ; W, W, font fes deux oreilles, que l’on replie à chaud, de maniéré qu’elles puilfent embrafler jufte le bas d'un des pieds de la table , comme on le voit dans les figures 1 8c 2.
- > La figure 18 fait voir le deffous ou le plan de la chappe affemblé.
- Le haut de cette même platine eft percé d'un trou rond, qui communique à une ouverture longue ; c'eft par ce trou que la tête d'une vis, qui tient au pied de la table, paffe, 8c que fon collet fe loge dans cette ouverture longue, qui eft au-deffus du trou de la platine. On voit l’effet de la vis accrochée dans fà platine 3 1 , & en même temps les oreilles W, qui embraffent le bas du
- pied de cette table,
- Cette
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- I. Section, Chap. X. Defcrlption d'une Marche ou Pédale, &c. 28 y
- Cette même platine doit être courbée , ou hâtée en bâton rompu ( *) ftr fon épaiffèur, vers le milieu de fa longueur, pour que le haut s’applique le long du Planche pied de la table, 3c que le bas pafïe devant la faillie de la moulure qui eft proche le bas de ce pied. Cette platine étant ainfi difpofée, on y ajoute les deux autres pièces , qui font le pied ou fopport C9Jig. 16, quarré dans toute fa longueur, auquel on forme une efpece d’empattement par le bas, pour repofer fur le plancher. On rive la broche A folidement vers le haut de ce pied, de maniéré qu’elle ne foit pas plus haute d’un bout que de l’autre, qui eft rivé dans le bas de la platine B, comme on l’a déjà dit ; alors la chappe eft achevée.
- La marche Æ eft armée à l’autre bout d’une autre petite chappe auffi de feç ABC, jig. 19 ; A, fait voir la face de cette chappe, traverfée par le haut par un petit cylindre de fer , dont les deux bouts font amincis en forme d.e pivots : on ouvre un peu le haut de cette chappe, afin de faire entrer ce- cylindre dans fà place ; enfuite on rive les pivots dans les trous qui font percés à travers les joues de la chappe ; B> repréfonte l’une de ces joues avec fon trou vers le haut * qui eft arrondi. On a fait des arrafoments à ce cylindre, afin qu’en le rivant, il entretienne l’écartement des joues de la chappe. Le bout Æ 9Jig. 1, de la marche étant entré dans le bas de la chappe A, Jig. 19 , on la fixe en cet endroit au moyen d’une vis à bois placée au milieu du delfous de cette chappe, comme on le voit en C, qui en repréfente le plan ou le deffous féparément : on a foin de laifler affez d’efpace entre le cylindre & le bois de la marche, pour y pouvoir palfer une courroie de cuir de Ruffie ,A B, fig. 20 9 ou elle eft repréfontée de face, & garnie de fa boucle de cuivre C, qui en arrête les deux bouts : a b 3 repréfonte cette même courroie vue de côté ; on voit le cylindre b, qui doit être placé dans la chappe A B 9àt la figure Ï9 : on voit auffi le côté de la boucle Di avec la courroie qui eft paffiée en dedans ; E, eft la boucle de cuivre féparée de fa courroie. Cette boucle reffiemble à peu-près à celles qu’on voir aux petites attaches d’un ceinturon d’épée; le haut de cette courroie^, doit pafler dans la chappe de cuivre M, qui termine le bas de l’agraffe N, fig. 13 , dont on a déjà dit un mot en parlant de la manivelle de la roue.
- Le cylindre de cette chappe de cuivre eft fait & s’ajufte de la même maniéré qu’on a pratiqué en fabriquant l’autre chappe, Jig. 19, c’eft-à-dire, qu’il faut; écarter les deux joues de cuivre, pour pouvoir faire entrer fon cylindre en place & le river. On voit le bout de ce cylindre en a 9jig. 20 , du fens qu’il doit être placé dans fa chappe m , Jig. 13. Le trou rond f de cette agraffe , fore pour enfiler le bouton r de la manivelle, & fa tige ou le collet r, fig, 8 * s’engage dans la rainure qui eft au-deffus.
- ( * ) Hâté, c’eft lorfqu’on fait deux coudes proches l’un de l’autre en fens contraires. Il y a deux fortes deHâtures, les uné$ à l’équerre , les autres en bâtons rompus; ce font celles dont les angles ne font pas droits, mais obtus. On pourroit en-
- Tourneur. , I. Part. I. Seçt.
- core compter une troifieme forte de Hâture ; c’eli lorfque les angles font arrondis tant en dedans qu’en dehors, ce font les plus folides ; mais il faut que la place où on doit les appliquer le permette.
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- ±26 TOURNEUR MÉCANICIEN. I. Partie;
- Je n’en dirai pas davantage fur cette marche, d autant que ce que j’ai dit au Paragraphe V. de l’Article V. de ce Chapitre, doit aider à bien entendre cette defcription ; car on voit que la chappe qui porte la Pédale & l’agraffe de la ma-; nivelle , fe décrochent comme à l’autre.
- §. III. Maniéré d’enarbrer la Meule.
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- Cette Meule, qui tourne par le moyen de la roue, eft la troifieme partie de la Machine entière : elle en contient elle-même plufieurs autres , qui font au nombre de quatre ; fayoir, i°. la Meule proprement dite ; 2°. fon arbre, qui eft de fer ; 30. fa poulie de bois ; 40. on y peut comprendre fon auge, qui eft de fer-blanc.
- La Meule eft une pierre de grès ronde & plate, de 8 ou 10 pouces ou davantage , de diamètre, fuivant que les deux fupports G 8c H 9fig, 2 , font plus ou moins élevés depuis le centre des vis N, N, jufqu’au-deflus de la table. Ces fupports font les fondions des poupées du Tour à pointes , comme on va le voir. O11 choifit cette Meule d’une bonne qualité, comme on la enfeigné au Paragraphe I. de l’Article L de ce Chapitre ; on la perce, on la monte avec des coins de bois fur fon arbre , & on la tourne fuivant les procédés contenus dans le Paragraphe XIII.
- Je ne m’étendrai pas davantage fur ce fujet, je ne ferois que me répéter ; mais avant que de montet cette Meule , il faut abfolumènt avoir un arbre, que nous allons décrire.
- De VArbre de la Meule.
- Cet Arbre eft de peu deconféquence; car ce n’eft quun bout de fer dé carillon , doux , de 8 à 9 lignes d’équarriflàge, de la longueur d’un pied, en tout, y compris les pointes, qui font d’acier trempé ; mais on leur donne une chaude grade à la forge, pour fonder les pailles s’il y en a, & les rendre pointues , mais quarrément, afin qu’elles foient mieux foudées ; car fi on les arron-; diflbit au marteau en les forgeant, on courrbit rilque de les fendre : il faut donc les forger quarrées, 8c les arrondir à la lime d’abord, &enjuite les tourner * après quoi on les trempe de tout leur dur, & on les fait revenir couleur d’or.1 On fait attention de tenir cet arbre un peu plus menu du côté où l’on place la poulie de bois 10,^. 2. U faut drefler cet arbre au marteau , julqu’à ce qu’on le juge droit à la réglé.
- Quant à la poulie, on la fait d’un bois dur & liant, tel que le frêne , le cormier, l’alifier : le buis même feroit le meilleur. On la perce à travers {à longueur, qui eft d’environ 2 à 3 pouces: on l’ajufte forïarbre, en frappant fur 1 une de fes pointes avec un maillet de bois, ou bien on fe fort d’un marteau
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- I. Section, Chap. X. Confiruction d’une Auge de fer-blanc > SCc. 287 de fer; mais il faut mettre entre ce marteau & la pointe, un bout de bois dur , ou bien une mafle de plomb un peu épaifle, de crainte d’émoufler la pointe. Lorfque ce morceau de bois eft enfilé fur Tarbre , Sc qu’il eft à fa place, on le tourne Sc on le forme en poulie, en y creufant trois ou quatre rainures angulaires , dans lefquelles la corde pafle pour faire tourner la Meule. On fait plu-fleurs rainures à côté les unes des autres, afin de changer la corde à mefure que la poulie s’ufe en travaillant.
- La poulie étant tournée & finie fur l’arbre , il eft temps de monter la Meule , comme on l’a dit plus haut.
- La Meule à fon tour étant finie, il faut placer l’auge qui doit contenir l'eau pour mouiller la Meule Sc rafraîchir l’outil qu’on veut émoudre.
- Conftruclion d'une Auge de fer-blanc pour une Meule a roue.
- Cette Auge étant de fer-blanc, fen donnerai feulement la forme & les dimensions : du refte c’eft l’affaire du Ferblantier ; c’eft pourquoi je n enfeigneral point la maniéré de la fabriquer ni de la fouder.
- On coupera des cartons de la grandeur de la joue de face FL, fig< I, & de la forme convenable : l’autre joue lui étant femblable , le même çpodele doit fervir. Il faut encore couper un autre carton de la grandeur D f, qui eft l’un des petits cotés de cette Auge : l’autre lui doit être femblable. Les quatre parties de cette Auge étant aflemblées Sc foudées , donnent la grandeur du fond qui convient. Les joues F font échancrées circulairement parle haut, afin que l’arbre de la Meule paffe librement au-deffus; & les bouts de ces échan-* crures doivent remonter vers le haut D des petits côtés, afin de retenir l’eau £ qui, fans cela, rejaillirait hors de l’Auge. On peut néanmoins y ajouter un rabat-eau , tel que celui qui eft décrit au Paragraphe VIL de l’article premier de ce Chapitre, & repréfenté dans la figure 16 , PL 24; c’eft pourquoi je n’eri parlerai pas davantage. Je dirai feulement qu’il faut fouder deux rondelles de cuivre formées en goutte de fuif, un peu épaifles vers le centre, qui doit être percé jufte de la groffeur de la broche ronde de cuivre qui porte le chapeau du rabat-eau. Çes gouttes doivent être placées en dehors des joues de l’Auge, à l’endroit marqué F. L’autre goutte, qui eft par-derriere, doit être pofée bien jufte à la même hauteur, Sc vis-à-vis de la première ; elles font faites pour, donner plus d’épailfeur aux joues de cette Auge, afin d’arrêter le rabat-eau plus folidement : outre cela , s’il ne pafloit que dans l’épaiflèur du fer-blanc , l’eau qui s’enleve pourrait filtrer à travers les trous, entre la broche de ce rabat-^
- eau.
- Il s’agit préfentement d’aflurer l’Auge à là place fur la table ; pour cet effetf pn foude quatre petites équerres de laiton au bas des joues : on en voit une en place vers L ,fig. 1 ; les trois autres ferablables ne peuvent être vues dans cett$
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- *88 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- -- figure. On attache le bas de ces équerres au moyen de quatre petites vis qui en-Flanche trent dans la table ; on place en dedans, en travers du petit côté D de l'Auge , une traverfe de bois dune largeur convenable, pour fervir de fupport à la main de l’Artifte. Le defïbus de cette traverfe eft taillé en chanfrein, afin quelle approche plus près de la circonférence de la Meule. On attache cette traverfe au moyen de deux vis qui paffent à travers le haut du petit côté D de cette 'Auge, & dont on y voit les têtes, Sc elles vont fe viffer dans le bois de ce fup-j)ort. Le haut de ces petits côtés D, D,fig. I & 2, font taillés en rond, & rebordés au marteau, afin quils ne bleffent pas les mains de l’Artifte.
- * il ne faut pas omettre en taillant les cartons qui fervent de modèles pour couper le fer-blanc, de leur donner aflez de grandeur pour que la Meule ait au moins un pouce un quart de jeu aux endroits où elle approche le -plus de Cm Auge. On obfèrve le même écartement de tous les côtés de l'Auge, comme on l’a déjà enfeigné aux Paragraphes IL Sc III. de l'Article I. de ce Chapitre. Toutes les pièces qui compofent cette Machine étant raffemblées, la Meule eft en état de fèrvir.
- Il nous refte encore à décrire une autre forte d’arbre à écrous, fur lequel on peut monter cette Meule Sc la démonter, pour en fubftituer d'autres fur le même arbre,
- §• IV. Defcrlptîon dune autre forte d Arbre a écrous ï l
- Cet Arbre a quelque reffemblance avec celui que j’ai décrit aux Paragraphes X. Sc XI. de l’Article I. de ce Chapitre, en ce que celui-ci, fig. 21, a deux écrous de cuivre C, jD, qui preflent les deux côtés de la Meule avec des rondelles de chapeau entre-deux, comme j’ai dit ci-devant. La figure c, d reprérente le plan de ces écrous percés de deux trous près du bord, pour placer les becs de la clef qui doit les ferrer en place.
- Le refte de cet Arbre eft tout-à-fait différent de celui du Paragraphe XI. Il eft formé d'une broche de fer doux, bien droite, Sc longue d'un pied, comme celui de la Meule à roué, fig. a. Le corps A eft forgé oélogone, autrement dit à huit pans, Sc aflez gros pour pouvoir y tourner deux vis, dont les filets foient diftants les uns des autres des deux tiers d'une ligne, tout au plus, comme on l’a dit au Paragraphe X, Art. /; ceft fur ces vis qu’on place les écrous C, D ; que j’ai repréfentés au trait feulement, afin de laiffer voir les deux vis qui paffent à travers du centre de c es écrous : le refte du corps B doit être forgé quarré ; îde même que les deux pointes E, F, pour les raifons qu’on a dites au Paragra-» graphe précédent. On arrondit ces pointes à la lime, comme on a dit, Sc on place la poulie de bois-fur ce quarré.
- Lorfque la Meule, qui doit être déjà tournée fur fes deux faces, eft placée fur le corps A de cet arbre, & quelle pofe deffus le plan droit de l’écrou D9 on
- coule
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- ï. Section , Ceîap. X. Defcription de différentes Poüffoires, ôc. 28p coule un peu de plomb fondu dans le trou du centre, afin de remplir le vuide qu’il peut y avoir ; on donne un peu d’entrée au corps A de cet arbre, afin qu’on puifle facilement 1 ôter & le remettre dans la Meule, ayant foin d’y faire une marque pour repaire , enfùite on coupe l’excédent du plomb à fleur de là Meule ; on place l’écrou C fur fa rondelle de chapeau , & enfin on retourne la Meule comme on l’a enfeigné dans les Paragraphes X & XI, Art. /, 8c au Paragraphe IV. de l’Article IV. de ce même Chapitre.
- La conftruélion de ce nouvel arbre, fait voir qu’on peut fùbftituer plufieurs Meules l’une à l’autre, de différentes formes & de différentes qualités, pat rapport à la fineffe de leurs grains , & à leur denfité. On peut aufïi faire une Meule avec un morceau de pierre à l’huile, foit une pierre du Levant, ou bien une pierre de Lorraine. Je ferai connoître la différence de ces fortes de pierres, en parlant de celles qui fervent pour affiler les tranchants.
- On peut même faire des Meules de différents métaux & autres matières , telles que le plomb , l’étain, le cuivre rouge , le cuivre jaune , le fer doux, & de bois même, en les enduifant de poudre d’émeri, ou bien de différentes potées délayées avec de Peau ou de f huile, ou bien de l’eau-de-vie , comme on le verra dans la fuite, dans l’Article où l’on traitera de la maniéré de polir différentes matières ; mais je ne parlerai ici que de la conftruétion des inftruments propres au poli, Sc qui peuvent s’adapter à cette Machine à roue, qui peut fervir à beaucoup d’uïàges ; car outre les inftruments qui fervent au poli, on peut encore y fubftituer aufli différents petits Tours , foit un Tour à pointes , ou bien un Tout en l’air, - comme je le dirai dans fbn lieu. On peut aufli y ajouter le Moulin du Lapidaire, où les Meules tournent horizontalement, toujours par le moyen de la grande roue.
- V. Defcription de différentes Poüffoires quon peut adapter fur cette Machine en place de la Meule , & qui peuvent fervir a polir les métaux . ou autres matières. ’ .
- Une Poliffoire eft une roue de bois qui peut fe monter fur l’arbre en placé de la Meule. Celle qui eft repréfentée ici, porte environ 8 pouces de diamètre: voyez A B 9fig. 22. On en fait de plus grandes, de plus petites, & de différentes formes par leur circonférence , fuivant les ufages auxquels on les deftine. On les fait ordinairement en bois de noyer bien ferme, fins nœuds ni fentes ; le centre de cette roue eft percé quarrément, afin d’y placer l’arbre que l’on y fait entrer à force. Ce arbre eft de fer doux, d’un morceau de carillon de g à 9 lignes d’équarriflage, forgé & préparé à la lime de la même maniéré & de la même longueur que le premier arbre de la Meule fig. 2 : on y met aufli une femblable poulie D, fig. 22. Cette Poliffoire doit avoir un pouce Sc demi de-paiffeur vers fon milieu, en approchant de l’arbre C. On la tourne bien ronde, Tourneur , I. Part. /. Seél.. D 4
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- 29o TOURNEUR ME CANI CIE N, I. Partie. tant fur les faces que fur fa circonférence fur-tout, car c’eft par cette déniera partie qu on s’en fert. On tourne aufïi la poulie D fur fon arbre même, afin que la Polifîoire tourne jufte fans familier ; & pour s’en fervir au poli, on enduit la circonférence de la Polifîoire avec de la poudre d’émeri bien pulvérifee 8c détrempée avec de 1 huile d olive en confiftance d’une pâte claire : on remet de temps en temps un peu de cet émeri délayé fur l’ouvrage qu’on polit. On a coutume de mêler de l’émeri avec une quantité fufSfànte d’huile dans un de ces vafes de fayence qu’on nomme pots h pommade :on en prend un peu avec une fpatule de bois;* 8c on l’étend fur la circonférence de la Poliffoire.
- J’ai déjà dit que l’on faifoit des Poliflbires de différentes grandeurs ; on en fait aufîi qui font égales d’épaiffeur depuis le centre jufqu’à la circonférence ; d’autres qui n’ont que 2 pouces de diamètre, mais pas plus petites, car l’arbre ne paflèroit point à travers ; & fi l’on en voulait de très-petites, il faudroit les faire tout én bois d’un feul morceau, jufqu’à la poulie , qu’on pourroit tourner à même la piece ; il faudroit feulement ficher à chaque bout un goujon d’acier & les rendre pointus avec la lime , afin qu’ils forviflènt de pivots à cet arbre de bois.
- Ces fortes ’de Poliffoires font très-commodes pour polir dans les petits creux ronds des moulures. On en fait d’autres dont la circonférence eft creufée en gorge , d’autres en forme de baguettes {aillantes, comme pour polir dans des cannelures, fuivant la grofFeur des membres des moulures qu’on veut polir; mais ces fortes de Poliffoires à moulures doivent être d’un grand diamètre, autrement elles feroient des ondes fur l’ouvrage ; c’eft pourquoi on ne fàuroit polir, par ce moyen * des pièces longues & droites ; il eft pourtant à propos d’en avoir plufieurs afforties en grandeurs & épaiffours, à caufe des différentes poudres dont on fe fert pour polir; car la Poliffoire qui fert pour adoucir l’ouvrage , ne faurok fervir pour le luftrer 8c le brillanter : on en fait aufïï dont la circonférence eft couverte d’un cuir de buffle collé bien*proprement tout à l’entour ; on y met de la potée d’émeri bien fine, de la potée d’étain ^ du rouge d’Angleterre, de la pierre pourrie ou du tripoli, fuivant les cas, & félon les métaux qu’on veut polir ou luftrer.
- On fait encore des Poliifoires fort épaiffes , telles que celle que repréfente la figure 23 ; fon diamètre A B eft de 8 pouces , for 4 pouces d’épaifleur : elles font faites en bois de noyer bien fec , fins nœuds ni fentes, & très-ferme ; on les creufe de chaque côté E, F, pour les rendre plus légères. L’arbre de fer C9 & fa poulie Z>, font femblables aux précédentes, ou bien à celui de la figure 2.
- Toutes ces Poliffoires doivent avoir chacune leur arbre, d’autant qu’ils font tous de très-peu de valeur, par ce moyen elles reftent plus conftamment droites 8c rondes, au moyen de ce qu’on ne les démonte point ; car c’eft cette rondeur qui eft eflèntielle pour bien polir.
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- ï. Section, Chap. X. Defcription de différentes Polffoires, SCc. 29 r On fait encore des Polifloires donc le fil du bois eft de bouc dans toute leur circonférence ; pour cet effet on aflemble huit petits morceaux de bois de noyer, que Ton prépare à bien joindre , Sc que Ton colle enfombie comme il eft marqué dans la figure 24. On a grand foin que le droic fil du bois pafle jufte au milieu de chacun des huit petits morceaux, de maniéré que ce droic fil foit dirigé jufte au centre du cercle A B, & que le bois de bouc fe rencontre tout à l’entour, comme je viens de le dire, ou tout au moins à peu de chofe près. Cette Poliflbire porte 8 pouces de diamètre, depuis A jufqu’à B, for un pouce & demi d’épaiflèur : on la drefle bien de chaque côté, & on y applique deux plaques de même bois de noyer , afin de bien lier enfemble toutes les pièces qui, lacompofent, St par ce moyen la rendre plus folide. Ces plaques ont pour diamètre le cercle ponélué C D> qui eft d’un demi-pouce plus petit tout autour que le grand cercle A B1 elles ont 2 à 3 lignes d’épaiflèur ; on les colle fur les joues de cette Poliflbire : on met le tout en prefle ; St lorfque la colle-forte eft féche, on perce le centre de cette Poliflbire quarrément, St on la monte fur fon arbre : on la tourne bien ronde en tous fens , comme on a fait aux autres, obfervant de prendre peu de bois à la fois avec l’outil fur la circonférence , de crainte de l’éclatter en tournant. On arrondit un peu les bords des plaques qu’on a collées fur les deux joues , afin qu’ils nèohoquent rien en tournant lorfqu’on polit»
- Cette maniéré de faire des Polifloires , coûte beaucoup plus que celles qui font d’une piece ; mais elles ont plufîeurs avantages fur les premières ; i°. elles poliffent plus également, d’autant que tous les points de la circonférence font égaux en denfité, au lieu que dans les premières, les deux côtés ou le bois eft de fil, ne prennent pas bien l’émeri & gliffent for l’ouvrage ; mais dans les endroits où le bois eft par le bout, l’émeri y entre mieux, St fait un meilleur effet. 2°. Cette derniere Poliflbire l’emporte for les autres pour l’expédition de l’ouvrage, parce que la difpofition des pores étant par-tout la même, eft plus propre à retenir l’émeri, ce qui fait qu’elles poliflent très-vite.
- Quand on a, avec cette Poliflbire, effacé tous les traits de lime, on en prend d’autres pour luftrer l’ouvrage.
- Autre Polffoire faite en maniéré de Broffe.
- Cette Poliflbire eft, à proprement parler, une brofle circulaire: elle eft compofée d’une efpece de roue de bois de noyer d’environ 4 pouces de diamètre , comme A B, fig. 25 ; le cercle A B repréfente l’extérieur de la circon*^ férence de cette roue ; car les poils ou foies de fànglier qu’on y ajoute, excédent la circonférence de la quantité néceflàire à une broffe. Cette roue donc eft divifée de façon qu’on peut y faire fur fà largeur trois rangées de trous, difpo-fées de maniéré que les deux rangées de côté foient percées le plus prèspoflible
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- ap* TOURNEUR MÉ CANICIEN* I. Partie. de Tentre-deux des trous de la rangée du milieu, tels à peu-près qu’ils font repréfentés dans la figure 16. On doit obferver que ces trous doivent être faits différemment l’un de l’autre , car les trous de la rangée du milieu font dirigés perpendiculairement à la circonférence du cercle , & par conféquent fuivant la direétion du rayon de ce même cercle. Les trous des deux autres rangées fuivent auffi la direction du rayon, mais ils ne fuivent pas la direétion des plans de cette roue , & font inclinés en fe rapprochant fur ceux de la rangée du milieu , de maniéré que les trous de la rangée C penchent vers D, & ceux de la rangée D doivent pencher vers C \ cette difpofition fait que les poils de cette broflè s’approchent fi fort, que les trois rangs femblent fe confondre par le haut. Ces trous ont environs 3 lignes de diamètre, & font diftants d’une ligne l’un de l’autre, fuivant la circonférence du cercle de la roue.
- Il eft inutile de répéter qu’il faut percer, monter & tourner cette roue fur fon arbre ; car ce que j’ai dit des autres, doit fuffire pour bien faire celle-ci. Je dirai feulement que l’on trace ces trois rangées de trous fur le Tour avec la pointe d’un grain-d’orge,
- On Ghoifit, pour faire cette roue, du bois de noyer liant, (ans noeuds , ou bien du frêne ; mais le bois coupé par tronçons eft préférable à celui qu’on cou-peroit à même une planche ; car toutes les fibres du bois étant dirigées fuivant l’épaiiTeur de cette roue, toute la circonférence en eft bien plus homogène, les trous fe font mieux & ne s’écachent point par les bords.
- Cette roue étant tournée & percée comme on vient de le dire, on l’envoie au Broflier, qui y met des foies de fanglier, quil fixe avec de la poix fondue ; puis fortant de fes mains elle change de nom, Sc s’appelle une BroJJe a polir au Tour. On s’en fert pour polir des ouvrages en bas-reliefs, tels que des guillo-chés fur l’acier ou d’autres métaux : on y met de l’émeri comme aux autres Po-lifloires. On en doit avoir de plufieurs fortes , dont les unes font garnies de poil rude, pour commencer; d’autres de poil plus doux, & d’autres enfin garnies avec du poil encore plus doux ; cette derniere brolfe fert pour luftrer.
- J’enfeignerai dans la fuite une méthode sûre pour faire des trous fur la circonférence d’une roue fans la divifer, SC le moyen de les faire droits, ou bien de telle obliquité qu’on voudra choifir pour le premier & toujours fuivant la même direétion, jufqu’au dernier. Soit que cette roue fbit de bois ou de cuivre * cette opération fera très-prompte.
- Autre maniéré de faire des Roues a brojfes fervant a polir. ;
- O N peut encore faire des Broffes à polir d’une autre façon; & pour cela on prend un cercle de laiton foudé en foudure forte : voyez la note du Paragraphe VI, Art• V9 page orj 1 ; on le tourne en tous fens pour le rendre rond & d’égale largeur, il doit avoir % lignes d’épailfeur, au moins * tout fini : on le
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- I. Section, Chaf. X. Defcrlptlon des Polijjbires en brojje , &c* 293
- perce comme il vient d’être dit au Paragraphe V du préfent Article. Ce cercle étant percé , il faut ébizeler (*) les trous , tant en dedans qu’en dehors de ce même cercle ; enfuite on y ajoute au Tour deux plaques de bois de noyer, d’un pouce d’épaiffeur : on tourne ces plaques fur l’arbre, 8c on les fait entrer dans ce cercle de cuivre à feuillure d’environ 2 lignes de profondeur de chaque côté de ce cercle : le bord de chacune de ces plaques doit déborder fa feuillure d’une ligne autour de la circonférence, 8c pour cela il doit être à chanfrein arrondi, de maniéré que le cercle ne tient que par la preffion qu’il reçoit entre ces deux plaques de bois, qui font prelfées à leur tour par les écrous de cuivre qui font fur l’arbre de la figure 21 du Paragraphe IV du préfent Article. On fait, lî l’on veut, ces deux plaques de cuivre, mais on ne leur laifle que 2 fortes 1 f gnes d’épaiffeur, 8c elles n’entrent que d’une forte ligne dans la virole par leurs feuillures; & pour plus de folidité, on emboutit un peu ces plaques (**) , & on a foin de mettre le côté convexe en dehors de la virole. Cette dilpofition donne beaucoup de folidité à cette roue ; 8c lorfqu’elle eft finie, on donne le cercle feulement au Broflîer, pour qu’il y mette du crin ou de la foie de fànglier : il arrête ces crins non avec de la poix , mais avec de la ficelle, ou bien un fil de laiton qu’il palfe dans ces crins pliés en deux, 8c qu’on voit en dedans du cercle de cuivre. Cette maniéré de monter les broffes eft plus folide, mais elles coûtent plus que les premières , qui ne font qu’en bois ; & alors l’eau ni l’huile qu’on emploie dans le poli, n’y font aucun mauvais effet ; & lorfque les crins font ufés, on démonte le cercle, on le jette for le feu pour ôter les crins 8c la craffe du poli, enfoite on en remet d’autres, & cela fait une broffe toute neuve ; mais il ne faut la chauffer que petit rouge.
- Ceux qui voudront en {avoir davantage en matière de poli, pourront con-folter l’Art du Coutelier, par M, Perret, dont on a déjà parlé.
- J’ai dit ci-deffus qu’on pou voit mettre for cet arbre , jig. 2 ï , des roues de différents métaux &de plufieurs formes, comme de plomb ou de fer, avec lesquelles on peut ufer promptement l’acier trempé , 8c même le couper très-vîte.! Je parlerai fouvent de ces opérations dans la foite, en traitant de la maniéré dq travailler les métaux.
- On voit bien qu’il eft très-facile 8c très-commode de pouvoir monter toutes les Poliflbires à broffe for ce même arbre repréfenté dans la figure 2î, PL 29^ au moyen de ces deux écrous , comme je l’ai dit ci-devant.
- « Il refte préfentement, pour finir l’Article des Meules, à décrire d’autres Meules qui tournent horizontalement ; c’eft ce qu’on verra dans l’Article qui fuit.
- (*) Cette opération confifte à faire un chan- rend convexe de l’autre, comme le cryftal d’une frein au bord d’un trou, avec une fraife coni- montre, ce qui fe fait en frappant dans fon mi-qyg. lieu avec un marteau à tête ronde , évitant de
- ('** ) Emboutir une plaque de métal, c’eft lui frapper fur les bords, & faifant toujours tQUï-d donner une forme concave d’un côté, qui la | ner la piece fur une mafîe de plomb.
- Tourneur , /. Paru /. Se cl. E 4
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- ^4 TOURNEUR MÉCANICIEN, 1. Partie.
- Article Septième.
- §. I. Defcription d’une Meule qui tourne horizontalement ( * ) par le moyen d’une roue quon fait aller avec la main ou avec le pied.
- Cette Meule refîemble au Moulin du Lapidaire , en ce qu elle tourne horizontalement ; on peut même s’en fervir aux mêmes ufages, mais auffi on peut émoudre des outils deffus , & polir de l’acier bien droit, en changeant de différentes Meules ou Poliffoires. Les Horlogers fe fervent de ces fortes de petits Moulins pour polir toutes les pièces d’acier qui compofent les quadraétures d’une Montre à répétition ; c’eft pourquoi le Tourneur Mécanicien peut employer cet inftrument à beaucoup d’ufages différents, comme nous le dirons dans la fuite : nous ne parlerons ici que de fa conftruétion, & de la maniéré de la faire mouvoir. On.traitera d’abord de la monture ou table de bois, enfuite de fbn armature en fer Sc cuivre, Sc enfin de la maniéré d’y adapter différentes for tes de Meules ou Polifloires de différentes matières.
- La. Figure 1, PL 30, repréfente la Machine toute montée vue en perf-
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- La Figure 2 en eft le plan vu par-defïous.
- La Figure 3 eft le profil de cette même Machine, ou fa coupe géométrale , fuivant fa longueur, A la vue de ces trois figures, on peut diftinguer toutes les pièces qui les compofent.
- La table eft faite de bon bois de chêne ou de noyer bien choifi ; cette table a 2 pieds de longueur , fur un pied de largeur, & un pouce un quart d’épait feur, bien dreffée à la varlope. Au quatre coins de cette table Sc par-deflous, on y affemble quatre petits pieds de pareil bois , d’environ 2 pouces d’équar-riflàge, fur 6 pouces de hauteur, à compter de deffus cette machine, dans laquelle ils font aflemblés à tenons & mortaifes, qui ne paffent point à travers de la table. Le bas de ces pieds r, 2,3 Sc 4, eft retenu par trois traverfes du même bois, dont les deux petites s’aflemblent dans les pieds à tenons Sc mortaifes, en terme de Menuiferie, c’efi>à-dire , à tenons doubles, à 3 quarts de pouce près du bas de ces pieds. La traverfe K, fig. 1, porte un pouce d’épaiflèur, Sc fa largeur doit affleurer les deux côtés des pieds 1 Sc 4, fig, r & 2 : celle qui traverfe la table à l’autre bout /, eft de l’épaiffeur des pieds 2 Sc 3, dans lefquels elle eft pareillement affemblée à tenons doubles ; mais fa hauteur eft depuis M, fig. 1, jufqu au-deflous de la table, & elle doit même y toucher. La longue traverfe L, qui eft de toute la longueur de la table, s’aflemble dans les deux petites traverfes de deux maniérés différentes ; car le bout K de la traverfe L,
- (* ) lorfque le plan d’une roue eft parallèle à la ligne de niveau*
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- ï. Section , Chap, X. D'une Meule qui tourne horizontalement, &c. 29y s aflemble à tenon 8c mortaifè tout Amplement ; ce bout a 3 pouces 8c demi ? de largeur , fur un pouce dépaiflèur, comme la petite traverfe dans laquelle il eft aflemblé comme il vient d etre dit ; l'autre bout de cette longue traverfe L , porte 6 pouces de largeur , 8c toujours un pouce dépaiflèur d'un bout 3 l'autre : on voit le plan de cette longue traverfe O L MM9fig. 2 : elle eft refendue par une ouverture d'environ 9 pouces de longueur, fur 2 pouces de largeur , ce qui forme une rainure dans laquelle fe place le petit chaflîs D E>fig*
- 1 & 3 ; cette rainure doit être bien égale de largeur d'un bout a l'autre , afin que le chaflis puifle couler bien jufte dans fà place. Les deux bouts de la traverfe MM9 font entaillés de leur épaifleur en deflous de la petite traverfe, fig. 2 , & tout cet affêmblage eft chevillé par une broche de fer iV, qui pafle tout à travers les deux pieds , la petite traverfe , & les enfourchements de la grande, & par ce moyen rend le tout enfemble très-folide, & en même temps .facile à démonter; car en retirant la broche de fer N, on enleve le bout fourchu de la grande traverfe, & on retire l’autre bout de dedans la mortaife K de la petite traverfe , alors cette grande traverfe eft entièrement feparée du refte de fon bâtr, ce qui eft néceflàire, afin de pouvoir ôter & remettre en place le petit chaflis D E, fig. 1 : on voit ce même chaflîs D E Z à découvert 9fig. 4 ; il eft compofé de deux autres petites coulifles D 9 Z, longues d'environ 4 pouces > fur 3 de largeur chacune ; leurs épaifleurs font différentes , car celle d'en-bas n'a qu'un pouce & demi d'épaiffeur depuis D jufqu'en deflous G ; l'autre cou-liflfe Z doit avoir 2 pouces d'épaifleur depuis P jufqu'en T : ces deux coulifles font liées enfemble par une traverfe E, qui y eft aflemblée à tenons & mortai-fés. L'affemblage d'en-bas doit être collé dans la coulifle D 9 pour ne point la démonter; quant à l'autre , il faut qu'elle puifle fe démonter , afin de pouvoir ôter & remettre l'arbre de la Meule quand on le veut ; & pour bien affermir tous ces aflèmblages, on enfile un petit boulon de fer qui traverfe ces deux coulifles avec la traverfe , depuis le haut où la tête de ce boulon eft placée, jufqu'au deflous de la coulifle G, où on le fixe avec un écrou. On ajufte dans cette traverfe E , le bout d'une vis de bois F, qui entre dans cette traverfe au moyen d'un tenon qui fe trouve chevillé par le même boulon qui enfile le tout, comme on vient de le dire. Cette vis F pafle à travers fbn écrou G > fig. 1,2 & 3. On met quatre petits boutons tournés, fur la circonférence de cet écrou : ces hou*' tons fervent à donner de la prife aux doigts pour le faire tourner. On doit obferver de poufler des feuillures le long & des deux côtés des deux coulifles du petit chaflis, de maniéré que la partie G de ce chaflis, fig. 4 , entre jufte dans la grande rainure de la traverfe L MM, fig. 2 ; l'autre partie d'en-hautF, doit entrer jufte dans une femblable rainure que l'on a faite à travers la tabla 1 & 3 , & bien parallèlement à la rainure de la longue traverfe, de maniéré que ce petit chaflis puifle couler aifément & bien jufte dans les rainures de la table & de fa longue traverfe, au moyen de l'écrou G, qui tire la vis 8c
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- ? fon chaffis tout enfemble, fig. i, 2 & 3. La figure 5 fait voir ce même chaffis vu par le bout D Z, autrement dit c’eft le plan de ce chaffis : on y voit les joues 1,2,3 & 4, qui fervent de recouvrements aux rainures de la table & de la traverfe de cette Machine : on voit encore ces recouvrements annoncés par des traits ponétués k , l > fig. 2 ; ils fervent pour entretenir le chaffis du haut-en-bas, fans aucun jeu que celui qui fe fait en long. On fent que toute cette mécanique fert à tendre la corde plus ou moins, comme on le dira dans peu .
- Pour finir ce Paragraphe , où Ton ne traite que de la fabrication des pièces de bois qui entrent dans la conftruétion de cette Machine, il faut dire un mot de la roue C, fig. 1 : elle doit être d’un bois fec & uni, d’un pied de diamètre , fur un pouce & demi d’épaifleur , toute dégroffie à la varlope feulement ; car il faut quelle foit finie en la tournant fur fon arbre , comme on le verra dans la fuite. Je pafle à larmature de cette Meule. -
- §. II. Defcription de U Armature d’une Meule horizontale.
- Les principales pièces de cette Armature , confiftent en deux arbres de fer , l’un pour la roue de bois C, qui doit faire mouvoir toute la mécanique de ce Moulin ; 1 autre arbre eft celui qui porte la Meule. Nous commencerons par l’arbre de la roue.
- C’eft un morceau de fer doux, forgé rond & fans défauts, d’environ 6 pouces de longueur Q O, fig. 3 , fur un pouce de diamètre par le corps R: on y réferve à la forge une embafe du même morceau P, de '2 pouces de diamètre , à la diftance de $ pouces un quart depuis l’arrafement de cetté embafe P, jufqu’au bout O. Le corps de l’arbre eft quarré près de cet arrafement, afin de recevoir la roue de bois C, que l’on fixe au moyen d’une clavette de fer R, qui pafle à travers le corps de cet arbre , & dont les deux bouts repofent fur une rondelle de fer qui eft enfilée fur le corps de l’arbre , afin que cette clayette ne froiflè point le bois de la roue en paflànt deftùs.
- Cet arbre eft tourné d’un bout à l’autre ; on diminue le haut pour former un collet qui pafle à travers la platine de cuivre a b , fig. 3 , qui eft entaillée de fon épaiflèur dans le delïus de la table , & attachée avec deux vis à bois: on voit bien dans cette figure 3 , que le trou de la table eft plus grand que la grofleur du corps de l’arbre qui pafle à travers, afin qu’il ne touche point au bois en tournant , & qu’il roule feulement dans la platine de cuivre, comme on l’a déjà dit.
- ! Au-deflTus du collet de cet arbre , eft un quarré qui pafle à travers l’œil de la manivelle, que l’on arrête avec un écrou Q, vifle fur le bout de cet arbre. On met à la broche de cette manivelle une poignée de bois B, tournée, 8c qui n’eft -pas percée d’un bout à l’autre, car le fond de ce trou doit porter fur le bout arrondi de la broche de la manivelle ; l’autre bout, qui eft le bas de cet arbre ,
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- I. Section, Chap. X. D'une Meule qui tourne horizontalement, &c. 297 eft tourné & diminué en forme d’un pivot cylindrique , qui pafle à travers de la platine de cuivreci y fig- 3 > laquelle eft entaillée par-deflous la longue traverfe, puis arrêtée avec deux vis à bois : voye£ les figures 2 & 3.
- Lorfque l’arbre eft fini & ajufté tel qu on Ta dit, on place la roue C à de*; meure fur cet arbre, & on tourne cette roue bien ronde, tant fur fes deux plans que fur fa circonférence, fur laquelle on creufe, avec le grain-d orge deux gorges angulaires , deftinées à recevoir la corde qui fait tourner l’arbre de la Meule dont nous allons parler. Voye\les figures 1,2 & 3.
- Il refte à décrire larbre de la Meule & fa garniture.
- L’arbre de la Meule eft un morceau de fer doux, de 6 à 7 pouces de longueur,; en tout, fur un pouce de diamètre par le corps £7, qui eft forgé rond. Le bas de cet arbre eft fait d’un bout d’acier foudé en forgeant, & fait en pointe quarrée, qu’on arrondit enfuite à la lime, pour les raifons qu’on a dites dans la fécondé partie du Paragraphe III. de l’Article VI. de ce Chapitre ; en-, fuite on tourne cet arbre d’un bout à l’autre, & on y réferve un cône près le bout d’en-haut, qui, pour cet effet, eft diminué un peu pour pafïer à travers une platine de cuivre gh9 fig. 3, dont le trou eft creufé en cône pour recevoir: celui de l’arbre qui doit y tourner jufte & libre ; on entaille la table, & on arrête cette platine de cuivre avec des vis de fer , dans le bois de la couliffe lu-périeuredu chaflis^Z, comme il vient d’être dit des deux autres platines ab± ci y de la roue. Au-deffus du cône de l’arbre , on voit un petit collet d’environ 2 lignes de hauteur : il fert d’aflîette ou d’arralèment à une vis tournée qui ter-, mine cet arbre ; & fur cette vis on monte l’écrou de cuivre S, qui fert d’embafe à l’arbre , & de point d’appui au porte-Meule fi fig-1 <5 3 : on voit le plan de cet écrou S, dans la figure 6 ; [le trou du centre y eft marqué : les deux autres trous font faits pour placer les becs d’une clef qui ferre ou delferre cet écrou* Au bas du corps U de cet arbre, on forme fix pans avec une lime, & c’eft fur ces pans que fe monte la poulie de bois, avec deux gorges angulaires de différents diamètres T, & on la tourne fur fon arbre, dont le bas diminue infenfible-ment jufqu’à fa pointe d’acier, qui eft aufiî tournée en cône ; on la trempe * enfuite on la repolit à l’émeri, & cet arbre eft fini. U faut préfentement le mettre en place.
- Pour cet effet on fait une quatrième platine de cuivre ef, fig. 3, dont le milieu eft percé & taraudé ; c’eft dans ce trou qu’on fait entrer la vis V> qui eft aufiî de cuivre, de 6 lignes de diamètre, & dont les pas font très-fins, comme ceux qu’on a taraudés dans la platine ; la tête de cette vis eft quarrée, & on la ferre avec une clef convenable : elle doit tourner ferme dans û place ; SC pour qu elle ne s’écorche point dans fon écrou, on met dans ces filets un peu de cire fondue avec du fuif, cela empêche que les métaux ne fe mordent dans les frottements fermes, tel que celui de cette vis , dont la fonélion eft de recevoir la pointe de larbre dans fon centre , qu’on a un peu çreufé en entonnoir, ou Tourneur y I. Part. L Secl. F 4
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- 2Pg TOURNEUR MÉCANICIEN;!. Partie. on met un peu d’huile pour faciliter le frottement de la pointe de l’arbre. La vis doit tourner ferme dans fon écrou , autrement fi elle étoit aifée, elle fe déviflè-roit pendant que farbre tourneroit. On voit auflî qu’en ferrant ou defferrant un peu cette vis V, on donne plus ou moins de liberté à l’arbre de la Meule ; car fi l’on fait entrer la vis davantage, on pouffe le cône du collet de l’arbre dans là platine de cuivre , & par-là on fupprime le trop de jeu qu’il pourroit avoir pris par le haut en travaillant ; enfin il faut attacher cette platine ef9 fg. 3 , avec deux vis dans la partie D G du bas de ce chaffis, fig. 3 & 4.
- Pour achever cet Article, nous allons enfeigner la maniéré de monter la Meule fur l’arbre de ce Moulin , avec d’autres pièces qu’on peut y placer alternativement.
- §. III* Manière de monter une Meule fur Varbre d'un Moulin qui tourne horizontalement , autrement dit le Moulin du Lapidaire ; comme auffi d'y placer différentes Roues ou Meules de plufieurs matières, & qui fervent a polir Vacier êC les autres métaux.
- Première maniéré de monter la Meule.
- Cette Meule étant choifie d’un grès convenable, il s’agit de la monter ronde & droite ; pour cet effet il faut avoir un bout de planche de bois de noyer, ou d’autre bon bois ferme , d’environ 8 à p pouces de diamètre, fur 2 pouces d’épaiffeur : on perce & on taraude le plan de ce plateau de bois ; enfiiite on le monte fur la vis de l’arbre U9fig. 3 , de maniéré qu’il joigne bien & s’ap^ puie fur l’embafe ou l’écrou de cuivre S. Cela étant fait, il faut placer le collet de cet arbre dans une lunette fur le Tour à pointes, dont on parlera dans la fuite, & tourner ce plateau de bois de maniéré que la Meule puifïe s’emboîter dedans par le defîous de ce plateau ; enfùite on le tourne par dehors & par def-fbus, pour le dégager, comme on le voit dans la figure 3 , ou ce plateau i eft coupé en travers pour en faire voir la forme, tant en dehors qu’en deflus : il eft creufé en maniéré d’une boîte, dans laquelle la Meule A eft enclavée. On affermit cette Meule avec du maflic fondu, que l’on coule entre la Meule Sc le rebord du plateau. On arrondit cette Meule fur le Tour à pointes & à lunette , de la même maniéré qu’on a tourné le plateau, en obfèrvant ce qui a été enfèi-gné dans le Paragraphe XIII. du premier Article de ce même Chapitre.
- Seconde maniéré de monter les Mejules horizontales.
- Ceux qui veulent que les chofes foient faites plus folidement & plus proprement , peuvent tourner un porte-Meule tout de cuivre : il doit être beaucoup plus mince, de maniéré que fi celui de bois portoit un pouce d’épaiffeur tout fini,
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- I. Section. Chap. X. Maniéré de monter une Meule horizontale. celui de cuivre feroit aflez Ibiide n’ayant que 2 lignes d’épaifleur après qu’il auroit été tourné ; 8c dans ce cas, on pourroit laiiler autour de û circonférence line forte baguette, dans laquelle on placeroit quatre vis de cuivre qui fe-roient dirigées vers le centre , & qui ferviroient à retenir la Meule ferme dans fon baffin : il faudroit feulement mettre une petite lame de plomb entre le bouc de ces vis 8c la Meule, afin que leur predion ne fe fît pas à nud fur la pierre.
- Lorfqu il y a des vis pour tenir la Meule, il n’eft pas befoin d’y couler de maftic ; on peut même fubftituer d’autres Meules dans ce même baflin.
- Il eft facile de voir que pour faire mouvoir cette Machine, on tient avec la main gauche la poignée de bois B de la manivelle, 8c qu’en failànt tourner la roue C, qui eft fur cet arbre, elle communique Ion mouvement à l’arbre de la Meule A, fig„ r, par le moyen de la corde ; & pendant que la Meule tourne % on préfente l’outil, que l’on tient de la main droite , en appuyant fur cette Meule 9 qu’on mouille, 8c par ce moyen on émoud cet outil comme on le, veut.
- Il eft aifé de voir qu’on peut démonter la Meule de de defîus fon arbre facilement , & fins la faire fortir de fon badin, foit de bois ou de cuivre ; car on peut le dévider de deflus l’arbre, & laifler la Meule & fon plateau tenir enfèm-ble, afin de monter fur le même arbre d’autres Meules faites avec différentes pierres , foit à l’eau , foit des pierres à l’huile , ou bien des roues de plomb , d’étain , de bois ou d’autres matières , dont nous allons traiter dans les Paragraphes {bivants ; mais il eft nécedàire de dire que lorlqu’on veut faire un plateau ou badin de cuivre, il faut en tourner un tout pareil en bois, mais un peu plus épais, car il vient plus mince fortant de la fonte ; & en outre il faut pouvoir le tourner , 8c qu’au fortir du Tour il foit de l’épaiffeur recommandée. Il faut aufiï que le bord de ce modèle aille en évalant, pour que le fable du moule du Fon. deur puifle fortir facilement, c’eft ce qu’on appelle donner de la dépouille au modèle. Ce modèle étant tourné bien uni, on le donne au Fondeur, qui en coule un femblable en cuivre ; enfuite on le tourne 8c on le monte comme on a dit ci-deftus.
- Lorfque la Meule eft montée far fon badin, quelle eft tournée & prête à fervir pour émoudre des outils, il faut mettre un rebord de bois fur la table HI, afin d’empêcher que la meulée, autrement dit la boue que l’eau produit fur cette Meule , n’éclabouflè l’Ârtifte.
- Ce rebord eft compofé de quatre bouts de planche d’environ un pied de longueur chacune, fur environ 3 pouces de hauteur, & d’un pouce d’épaideur % tout au plus ; ces quatre planches font ademblées par leurs bouts en queue d’ar-ronde, de maniéré que cet ademblage forme une efpece de caifte fans fond parce que le dedus de la table en tient lieu. On pofe cette caide de maniéré que trois de fes côtés emboîtent la table , l’un depuis 6 jufqu’à /, l’autre depuis
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- 3oo TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie. t / jufqu’à 7 ^ le troifieme côté emboîte depuis 7 jufqu’à y, au nioyen d'une feuillure qu’on a pratiquée en dedans de fes trois côtés, de 6 lignes d’épaiffeur , & dun pouce de hauteur , de maniéré que ces trois côtés defcendent en contrebas fur l’épaifleur de la table de la profondeur d’un pouce. Le quatrième côté de cette bordure n’a que 2 pouces de hauteur, fans avoir de feuillure, & il traverfe la table fuivant la direélion de la ligne 5 jufqu’à 6, de maniéré que ce rebord ne fait que pofer feulement tout à plat fur cette table, & achevé de former un rebord de 2 pouces de hauteur tout autour : on n’attache point autrement cette caille, afin de l’ôter & la remettre fuivant le befoin : on arrondit un peu les vives-arêtes, pour qu’elles ne bleifent point. Ce rebord tient lieu de rabat-eau, car on n’en fauroit mettre à ces fortes de Meules. Il fert encore pour pofer en travers cette elpece de caiffe, une planche d’environ 3 pouces de largeur, for un demi-pouce d’épaiffeur, qui fert de fupport pour appuyer la main de l’Artifte.
- Et afin d’empêcher la pouffiere de tomber fur la Meule ou fur les pierres à l’huile, ou bien fur les autres roues ou polifîoires que l’on place alternativement fur le même arbre de cette Machine, on prend un bout de planche du même diamètre que le balîin i ; on le creufe un peu plus que l’excédent de la Meule fur fon balîin, fur le Tour, & on en forme une efpece de boîte qui fèrt à couvrir la Meule ou la Polilïoire qui efl montée fur la Machine ; on tourne cette couverture par dehors, pour plus de propreté. On en voit le profil ou la coupe en X Y9 au-deffus de fa place,fig. 3.
- §. IV. Defcription de plujieurs Meules ou Poliffoires de différentes matières , & quon peut adapter au Moulin horizontal, foit -pour affiler des Outils ,
- ou bien pour polir les Métaux.
- Souvent après avoir émoulu des outils fur une Meule de grès, il efl: nécef-ïàire de les repafler fur une pierre qui foit plus douce, pour les affiler ; c’eft ce qu’on peut faire de bien des maniérés différentes.
- Nous parlerons d’abord de la maniéré de monter une pierre à l’huile fur ce Moulin horizontal ; pour cet effet il faut avoir une Meule qui foit faite d'un bon morceau de pierre du Levant, choifie d’un grain bien égal : on enfèignera dans la fuite la maniéré de les bien choifir ; mais il efl très-difficile de pouvoir fè procurer de ces fortes de pierres d’une certaine grandeur, car je n’en ai pas pu .trouver de plus grandes que d’environ 6 pouces de diamètre. On la monte dans un plateau ou baffin convenable à fa grandeur ; on fait ce baffm en bois ou bien en cuivre , de la maniéré qu’il vient d’être dit ci-deffiis, & on fe fert des mêmes moyens pour l’arrêter dans ce balîin, qu’on a déjà décrits pour une plus grande Meule.
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- I. Section, Chap. X. Autres Meules pour affiler les Outils, &c* 3 or
- §. V. Autres Meules pour affiler les Outils ; avec la maniéré de couper en rond les pierres dures, quon nomme Pierres à l'huile,
- A u défaut de pierres du Levant, on peut en avoir d’autres , que Ton tire de la Lorraine ; j’en ai trouvé de très-bonnes, & on les acheté à bien meilleur marché que celles qui nous viennent du Levant. On les monte dans un plateau ou baflïn que l’on yiffe fur l’arbre, comme il vient d’être enfeigné plus haut. On les fait tailler en rond par un Marbrier ; il feroit pourtant poffible de les couper foi-même en rond fur ce Moulin: & voici la maniéré d’y procéder promptement 8c {ans rien rifquer.
- Pour cet effet il faut avoir un cercle de fer en tôle mince, dont le diamètre intérieur doit être jufte de la grandeur de la pierre qu’on veut couper en rond ; on brafe avec du laiton les deux bouts de cette tôle, que l’on amincit à la lime de maniéré que ces bouts fè croifènt l’un fur l’autre d’environ 4 à y lignes : on les attache enfemble au moyen de deux petites rivures ou bien on les lie avec du fil de fer recuit ; enfuite on y met de petits paillons de laiton, avec un peu de poudre de borax un peu mouillée d’eau ; puis pofirnt la piece fur des charbons qu’on allume au foufflet ^ le cuivre le fond, 8c fixe la jointure de ce cercle ; c’eft ce qu’on appelle brâfer le fer ; & lorlqu’il eft froid , on le bat à petits coups de marteau lur une enclume à bigorne, ou bien fur une barre de fer ronde ^ d’environ 2 pouces de grofleur, que l’on fait tenir ferme dans un fort étau. On fait: toujours tourner ce cercle en le frappant Sc ménageant la brâfùre, que les coups de marteau feraient quitter ; 8c lorfque ce cercle eft bien rond, on amincit l’endroit de la brafure avec une lime , de maniéré que ce cercle {oit bien égal d’é-paifîeur par-tout ; enfuite on le monte fur le bout d’un morceau de bois tourné, qui entre à force dans ce cercle de la profondeur de trois quarts de pouce, tout au plus : on le fixe fur cette elpece de mandrin au moyen de fix petits clous d’épingle.
- Tout étant ainfi préparé, on attache la pierre tout à plat fur un plateau de bois avec du maftic fondu ; puis en chauffant un peu ce morceau de pierre, on l’arrange de façon que fon centre correfponde au centre de l’arbre U de cette Machine, fig. 1 ; bien entendu que ce plateau eft tourné bien droit fur l’arbre , 8c qu’il n’a point de rebord, afin qu’on puiffe faire glifter la pierre de côté ou d’autre pour la bien centrer ; 8c lorfqu’elle eft refroidie on ajufte une efpece de fupport fait avec des bouts de planche, qu’on affermit à la hâte lur la table , afin de prélenter le cercle de fer à plat fur la pierre qu’on veut couper 5 on prend de l’émeri à gros grainsdétrempé avec de l’eau , que l’on met entre le cercle 8c la pierre ; on fait enfuite tourner la manivellede la roue par quelqu’un , puis tenant le cercle par le bois lur lequel il eft attaché , & ayant la précaution de ne pas appuyer beaucoup avec les mains, 8c prenant garde fur-tout qu’il ne Tourneur, I, Part. L Secl. G 4
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- 3oa tourneur mécanicien > i. partie.
- varie point, la poudre d’émeri & l’eau creufent un fillon circulaire, & en peu de temps la pierre fè coupe en rond : on a foin de remettre de l’émeri & de l’eau de temps en temps ; car ce cercle fait le même effet que lorfqu’on foie une pierre dure avec une foie droite. La pierre étant ainfi coupée ronde, on la drefle for fes deux faces , en la frottant for quelque pierre droite & ordinaire , for laquelle on interpofe du grès écrafé, frottant cette Meule deflus à foc Sc fans appuyer. O n la met aufli aifément d epaifleur de la meme maniéré , en fou-lageant un peu avec la main la partie mince qu’on veut égaliffer d’épaiflèur, de maniéré qu’il n’y ait que le plus épais de cette pierre qui porte for le grès.
- On pourroit aulîi couper cette pierre en fo forvant de grès & d’eau ; mais l’émeri va beaucoup plus vite.
- On doit avoir compris dans le détail de cette opération, que la pierre doit être en delfous de la foie, afin que l’émeri & l’eau fo conforvent toujours dans le trait de cette foie. Je l’appelle de ce nom, quoique ce foit un cercle. Si l’on faifoit ce cercle avec une lame de cuivre rouge, cela couperoit un peu plus vite, mais le fer efl: très-bon Sc coûte moins.
- §. VI. Autres fortes de Meules que Von fait avec différents métaux, & qui peuvent s'adapter fur l'arbre du Moulin horizontal ; avec la maniéré de couler ces Meules en plomb & en étain.
- O n fait auflî des Meules de plomb qui font très-utiles & de peu de dépenfo ; on peut les fondre foi‘même fins beaucoup d’apprêt. Pour cet effet on prend un bout de planche de tel bois qu’on veut, de l’épaiffour d’un pouce ou environ , que l’on découpe en rond de la grandeur qu’on veut donner à la Meule, ou un quart de pouce de plus grand, pour avoir de quoi la tourner : on entoure cette roue de bois avec une bande de carton de 2 pouces de largeur ; on l’attache for la circonférence de ce rond de bois avec des petits clous-d’épingle, de maniéré que le tout forme une boîte d’un pouce de profondeur: on la potaffe avec de l’ochre jaune Sc de l’eau par dedans feulement, comme on a dit dans le Paragraphe XII. du premier Article de ce Chapitre. On laiffo bien fécher cette peinture; enfoite on prend un écrou de cuivre A B,fig* 7, du diamètre de 3 pouces & demi, for trois quarts de pouce d’épaiflèur dans fon milieu, où on a réforvé une tétine de 2 pouces un quart de diamètre, & dont le centre efl percé & tourné à vis, afin qu’il puiffe fo monter jufte for la vis de l’arbre U, de maniéré que la tétine cd joigne bien contre l’embafo S 9fig. 3 & que cette
- même tétine affleure la circonférence extérieure de cette embafo. On voit la coupe ou le profil de cet écrou de cuivre à côté du plan A B >fig. 7 ; e, efl: l’écrou du centre ; cd, le diamètre & la forme de la tétine ; fon bord a b, abattu en chanfrein j doit avoir 2 lignes d’épaiflèur ou environ. Il faut que cet écrou foit tourné bien rond; c’eft pourquoi il efl: à propos de l’achever de tourner for
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- Section, Chap. X. Autres fortes de Meules faites en métaux, &c. 303 l'arbre de la machine : on perce quatre trous à travers, près le bord , comme il eft marqué dans le plan A B : on en dira l’ufàge dans la fuite.
- Comme on a befoin de monter de cette façon différentes Meules, il eft à propos de faire fondre au moins fix écrous à la fois, d’après le même modèle de bois.
- Je reviens à notre roue de plomb : pour cet effet il faut étamer le plan droit f y fig. 7, en opérant comme on fa enfeigné dans le Paragraphe II. de f Article IV. de ce Chapitre. Je fuppofe que Ton a fait pluileurs .petits traits de grain-d’orge fur le plan de cet écrou qu'on veut étamer , afin que l'étain,s'y arrête mieux ; enfuite on prend une réglé de bois d’environ 2 pouces de largeur, fur 6 lignes d’épaifleur, & d’un pouce plus longue que le diamètre de la boîte ou le moule dans lequel on veut couler la roue ; on perce cette réglé par le mi^ lieu, Sc on y place une cheville auffi de bois, de la groffeur du trou de l’écrou de cuivre de la figure 7 ; il faut que cette cheville entre à force dans le réglet , & qu’elle tienne jufte à frottement dans cet écrou de cuivre ; enfuite il faut avoir deux autres petits réglets aufîi de bois, de 3 à 4 pouces de longueur chacun, fur environ 2 pouces de largeur, Sc de 6 lignes d’épaifleur : on attache ces petits réglets en travers & à plat, tout près les deux bouts de la première réglé , avec des clous-d’épingle, de maniéré que l’écrou de cuivre A B ,fig. 7, étant monté fur la cheville qui eft au milieu de la réglé, foit auffi au milieu delà diftance d’un réglet à l’autre ; enfuite pofant la réglé en travers le moule , les petits réglets pofant fur les bords du cercle du carton, éléveront cette réglé de maniéré que l’écrou de cuivre fe trouvera fufpendu au-deflus du milieu de ce moule, & le plan a b de l’écrou fè trouvera placé une ligne plus bas que le rebord de carton*
- Il faut fixer la réglé fur le moule avec de la ficelle, qui la prenne fuivant fà longueur, en traverfànt le moule par-defîbus par plufieurs tours.
- Le moule ainfi préparé, & l’écrou fufpendu au milieu, il eft temps d’y couler le plomb, & d’emplir le moule jufqu’au bord. Il faut qu’il foit placé bien de niveau, autrement la roue de plomb feroit plus épaifïe du côté le plus bas que de l’autre ; & comme on a eu la précaution d’étamer l’écrou de cuivre ; par ce moyen lorfque le plomb fera coulé , cet écrou fe trouvera foudé & enclavé au milieu de cette roue. Il eft bon auffi de le faire un peu chauffer avant de couler le plomb, ce qu’on peut faire avant de le placer fur le moule. On peut auffi fe difpenfèr de le lier avec de la ficelle, en plaçant un poids fuffifàmment lourd, pour que le plomb , par fa pefànteur, n’éleve pas l’écrou au-deffus de la place où il doit être. On fent bien qu’il eft aifé de placer cet écrou au centre du moule, en prenant avec un compas la diftance du bord de l’écrou au bord de carton. H faut que le plomb foit affez chaud pour bien rouffir un papier qu'on tremperoit dedans, mais il ne faut pas que le papier s’y enflamme ; & fi cela étoit, il faudroit attendre, & le laiffer un peu refroidir avant de le couler ; car s’il étoit trop chaud, il brâleroit le moule : au contraire, fi le plomb étoit trop
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- * froid, il fe figeroit trop vite, & la piece ne viendroit pas unie : un peu d’ex* périence fuffit pour mettre au fait de cette opération, que .nous répéterons plu* fieurs fois dans bien des occafions différentes,
- Il ne faut pas omettre de jetter un peu de fuif dans le plomb fondu, & le laifîèr brûler, cela fert à le révivifier ; enfiiite on l’écume avec une fpatule de fer ou de bois, pour enlever la crafîè qui nage fur la furface , & c’eft alors qu’on Téprouve avec le papier, comme il vient d etre dit.
- Cette roue étant refroidie , on la retire du moule , on la monte fur l’arbre U par fon écrou de cuivre ; on la tourne bien droite par-deflûs, & bien ronde par le bord : on arrondit un peu les vives-arêtes, qui couperoient les doigts de l’Artifte en tournant. On doit auffi la tourner par-deflous, pour la mettre d’égale épaifïèur, ce qui la rend en même temps de pefànteur égale dans toute fa circonférence ; car fans cette juftefïe, la roue auroit en tournant un battement qui cau-feroit des fecouffes, & qui feroit même du bruit.
- Cette roue étant achevée Sc montée fur le Moulin , on peut s’en fervir pour 'émoudre des outils, en mettant defîus de l’émeri un peu gros délayé avec de l’eau. Cette Meule peut faire le même effet d’une autre qui feroit de grès , Sc on peut auflî dreilèr deflus différentes pièces d’acier trempé , qu’elle ufera très-promptement , en faifant un peu vaciller la piece avec la main pendant que cette. Meule tourne, obfervant de ne pas beaucoup appuyer fur l’ouvrage, car on dérangeroit l’émeri, qui doit toujours être entre l’ouvrage & la Meule: on remet de temps en temps de l’émeri trempé d’eau, en fe fervant d’un pinceau de poil de cochon, fans être emmanché ; ce pinceau ou cette brofle trempe toujours dans un pot, où l’eau & l’émeri font délayés enfemble un peu clair, & fur-tout l’émeri un peu gros, afin qu’il ufe plus vite la piece , qu’on adoucit & qu’on polit avec d’autres Meules ou Polifloires dont nous parlerons dans la fuite.
- Confiruclion d'une Meule d*.étain, avec la maniéré de la couler en moule,
- enjiâte la tourner , & de s9en fervir.
- O N doit auffi fe pourvoir de Meules d’étain : elles fervent pour adoucir* l’ouvrage , en y employant de la potée d’émeri, ou bien de la potée d’étain qui donne un bien plus beau poli : auffi on ne s’en fert qu’après avoir bien adouci avec les autres drogues dont on vient de parler, Sc dont nous traiterons dans l’Article du Poli.
- On fond ces Meules avec de l’étain fin, que l’on acheté en petits chapeaux quarrés, Sc dont on a parlé dans le Paragraphe XII. de l’Article I. de ce Chapitre. On potaffe le moule avec de l’ochre jaune , comme il a été enfèigné dans ce même Paragraphe XII, An. /. Pour cet effet on fe fert du moule & des mêmes moyens décrits dans le précédent Paragraphe : on met auffi du fuif dans
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- I. Section, Chap. X. Dèfcription d'une Meule de fer battu» joy
- I étain fondu, ôn l’écume, on éprouve fa chaleur ^ & on le coule dans ce moule, en pratiquant les mêmes procédés qu’on a fui vis en fondant la roue de plomb»
- II faut aufli étamer le planf de 1 ecrou de cuivre qu’on veut mettre au centre j enfin la roue d’étain étant refroidie, on la monte fur l’arbre & on la tourne droite en defîus, rondd par le bord , & on la tourne par-deflbus pour la rendre égale d’épaiffeur 8c de pefànteur ; alors cette roue eft finie 8c prête à fervir.
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- §. VII. Dèfcription d’une Meule de fer battu*
- Il eft d’ufage de fo fervir de roues de fer, foit pour émoudre des outils, ou bien pour polir 8c bien dreffer de l’acier ; pour cet effet on fait forger une plaque de fer doux, du diamètre que l’on veut donner à cette Meule, comme de 8 pouces, fur 6 lignes d’épaiffeur , toute finie ; il faut tâcher qu’ elle foit bien faine 8c bien nette , fans pailles ni gerçures : on la tourne droite à la réglé par le plus beau côté, que l’on mettra en deffus. Pour ce qui eft du deflous, il n’eft pas néceflàire de le rendre droit ; car s’il étoit un peu plus épais vers le milieu ,* il n en ferait que mieux. On tourne aufîi le bord, dont on arrondit les arêtes ; 8c par-deflbus on y creufe une place ronde de la grandeur jufte du diamètre de l’écrou de cuivre A B, fig. 7, 8c dans laquelle cet écrou fe noyé de la profondeur d’une demi-ligne. J’enfeignerai dans la fuite la maniéré de tourner les; roues de fer ou d’autres métaux. Mais revenons à notre fujet.
- La roue étant tournée bien ronde 8c droite par-deflus , il s’agit d’y attacher; l’écrou de cuivre dans la place qu on a tournée pour le recevoir, en deflous do cette roue ; pour cet effet il y a deux moyens de procéder : l’un eft en étamant les? deux plans qu’on veut attacher enfemble ; favoir, le creux de deflous la roue de fer, dans lequel doit entrer le rebord de l’écrou de cuivre ; enfuite le plan /de cet écrou par-defliis, en fe fervant des procédés qui font enfeignés dans le Paragraphe IL de l’Article IV. de ce Chapitre ; & lorfque ces deux pièces font étamées on les pofe l’une for l’autre, en y ajoutant deux ou trois gouttes d’étain : on place le tout for des charbons ardents, 8c on fait un peu tourner l’écrou à droite 8c à gauche, en le tenant avec des pinces de fer propres à cet ufage , ou feien on tient cet écrou avec un morceau de chapeau plié en double , pour ne pas fe brûler les doigts : ce mouvement qu’on fait faire à cet écrou dans fa place * eft très-néceffaire pour faire couler 8c étendre l’étain parfaitement entre ces deux pièces ; enfoite on retire le tout de deflus le feu adroitement, on pofo la roue à plat for quelqu’établi, & on appuie for le revers de l’écrou de cuivre avec un bout de bois , afin de le faire bien joindre dans la roue, 8c de faire remonter l’étain qu’il peut y avoir de trop entre-deux , ou bien on le charge d’un poids convenable , jufqu’à ce que l’étain foit figé ; & lorfque tout eft refroidi 9 on nétoie la foudure en plaçant la roue fur le Tour, 8c fe fervant d’un peu de grès en poudre délayée avec de l’huile d’olive fur le plat d’un morceau de bois Tourneur , L Paru L Secl. H 4
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- TOURNEUR MÉCANICIEN. I.Vaktuu » :blanc, pour frotter la pièce en la faifant toujours tourner ; St lorfque là roue eft
- R,anche ijeblanchiè en deffous, on l’effuie avec un morceau de vieux linge, & onia
- , 0
- met en place en la viflànt fur l’arbre déjà Machine.
- Mais avant de fe fervir de cette Meule de fer, il faut la frotter avec une lime plate bâtarde rude d Angleterre, & fans manche, en tenant cette lime avec les doigts, St dirigeant fa courfe depuis le bord jufqu’au centre de là roue, de maniéré que les traits de la lime marquent les rayons du cercle ; St fi on a bien' opéré , tant en tournant la roue qu en la foudant a fon ecrou y St en la frottant avec la lime , cette roue doit tourner ronde St droite fur l’arbre du Moulin. Ces traits de lime font faits pour arrêter l’émeri fin en poudre détrempé d’huile d’olive , avec lequel on adoudt très-bien les pièces qu’on a dégroflies fur la roue de plomb avec l’émeri à l’eau. Cette roue de fer eft très-bonne pour adoucir le tranchant des outils.
- J’ai dit qu’il y avoit un fécond moyen d’attacher cette Meule fur fbn écrou de cuivre ; c’eft 9 lorfque cet écrou eft encaftré jufte au centre du deilbus de la roue, de faire quatre petits trous tout à travers de la roue 5 vis-à-vis de ceux du bord de l’écrou AB, fig. 7 9 ce qui eft fort facile en tenant ces deux pièces jointes enfembîe dans un étau avec des mâchoires de plomb ; d’abord on fait un de ces quatre trous tout à travers les deux pièces 9 on y enfonce une cheville de fer qui arrête l’écrou dans fà place ; enfuite on continue de faire les trois autres trous dans la roue, en commençant toujours à préfenter le foret par l’un des trous de l’écrou, ce qui fert de guide pour que tous ces trous foient bien vis-à-vis les uns des autres. Les trous étant faits 9 il faut les ébizeler en dehors 9 & y mettre quatre rivures, que l’on a foin de river adroitement à petits coups de marteau , après quoi on les affleure avec la lime.
- U y a un troifieme moyen d’attacher l’écrou deflous la roue de fer, c’eft 9 au lieu de rivures, d’y mettre des vis ; St pour cet effet on ne fait les trous dans la roue de fer, que de 3 lignes de profondeur, afin qu’ils ne paroiffent pas en deffus.
- Chacune de ces trois méthodes eft fort bonne, pourvu qu’on y apporté attention.
- §. VIII. Defcription des Meutes de cuivre rouge & de cuivre jaunes
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- Il eft bon d’avoir d’autres Roues ou Meules, foit en cuivre rouge ou bien ert cuivre jaune; & quoique ce métal foit originairement le même, puifqu’il n’y a point de mine de cuivre jaune & que cette couleur ne provient que du mélange du cuivre rouge avec la pierre calamine, que l’on fond enfembîe, ce qui forme le laiton, autrement dit le cuivre jaune, néanmoins ces deux fortes de cuivre ont des qualités différentes qui produifont différents polis , qu’on obtient avec ces
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- > !• Section, Chap. X. Defcription des Meules de cuivre rouge, &c. 307 «feux fortes de Meules. Nous parlerons d’abord d’une Meule faîte en cuivre rouge.
- On trouve chez les Marchands Quincailliers, des tables de ce métal de différentes épaiffeurs ; on en fait couper un morceau de la grandeur qu ôn veut donner au diamètre de la roue : je fuppofe que ce foit de 8 pouces, for 6 lignes d epaifleur. On le choifît bien net, fans pailles ni cendrures : on l’arrondit au trait du compas ; enfoite on le dreffe avec un gros marteau , fans beaucoup le v frapper, pour ne pas écrouir la matière; fi pourtant on appréhendoit'que les coups de marteau ne 1 eulîent trop écrouie, il faudroit recuire cette plaque avant de la tourner, en la faifànt chauffer jufqu’à ce qu’elle devienne rouge, Sc la laiffant refroidir d’elle-même en là retirant du feu ; enfoite on ébauche cette roue fur le Tour * & on choifit le plus beau côté pour mettre en delfus. Si par la fuite il fo trouvoit quelques petits creux provenants d’une cendrure, il faudroit les boucher en y faifant un trou, & en y mettant un rivet provenant d’une rognure de la même piece ; enfoite on replace cette roue fur le Tour, 8c on i’açheve de tourner en lui donnant la même forme qu’on a donnée à la roue de fer : on y fait auffi un creux en deffous pour attacher l’écrou de cuivre tourné A B yfig. 7 ; on attache cet écrou dans fa place au centre, foit en le foudant à l’étain , ou en l’attachant avec des rivets de cuivre rouge, ou bien avec quatre vis d’acier qui ne paffent point à travers de cette roue , comme on l’a enfoigné dans le Paragraphe précédent.
- Cette Meule étant achevée, on la monte for l’arbre de la Machine ; & pou* s en fervir on y met deflus de l’émeri avec de l’eau, fi l’on veut beaucoup avancer l’ouvrage ; mais fi l’on veut l’adoucir davantage, il faut fo forvir d’huile avec l’émeri : nota qu’il faut toujours faire vaciller la piece qu’on paftc for cette roue , afin de l’adoucir également.
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- Autre Roue ou Meule de laiton Jervant au Poli.
- Une Roue ou Meule faite avec du laiton, eft très-bonne pour adoucir l’ouvrage, parce quelle fait les traits bien plus fins que celle de cuivre rouge. Celles qu’on feroit avec du cuivre jaune qu’on auroit jetté en fonte, ne font pas fi bonnes ; le laiton qu’on vend en tables, eft infiniment préférable , d’autant que cette matière n’a été fondue qu’une fois en fabriquant ces tables. Nous aurons fouvent occafion de parler de la différence de ces matières, qui eft pourtant abfolument la meme , quant au fond, puifque la différence ne vient que de ce que le laiton a ete refondu une foconde foisy comme je l’ai remarqué plus haut 8c que la refonte l’aigrit 8c le rend plus dur ; néanmoins au défaut de laiton en tables, il faudroit avoir recours au Fondeur, en lui recommandant d’employer de bonnes matières, & d’y ajouter une huitième partie de cuivre rouge, de jetter un peu de charbon dans fon creufot avec la matière, & de la bien écumec
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- avant de la couler dans le moule ; & dans ce cas il faudroit laifler au modèle de
- bois une épaifleur au milieu, afin que ce que nous appelions l’écrou
- vînt à la fonte de la même piece que la roue, alors on n’auroit pas la peine de
- rapporter cet écrou, foit en le foudant à rétain, ou bien en rattachant avec des
- vis.
- Mais fi Ton peut fe procurer du laiton en planche , il faut le préférer, pourvu quil foit bien net des deux cotés : on en fait couper un quarré de la grandeur du diamètre de la roue, que je fuppofe être de 8 pouces ; on y trace un cercle avec un compas : on le coupe avec la fcie à découper, A B C,jîg. y . Ph 14, dont le feuillet N foit un peu fort, & le frottant fouvent de fuif ; de cette maniéré on découpera facilement la piece, iaiflànt le trait de compas en dehors , afin d’avoir de quoi le bien arrondir fur le Tour.
- La plaque étant ainfi découpée, il faut la bien dreffer avec le gros marteau à; main ; car comme elle a 6 lignes d’épaifleur , elle n’obéit pas aifément aux coups d’un marteau léger ; & pour ne la pas écrouir en frappant deffus, il faut mettre une lame de plomb un peu épaiffe fous les endroits où l’on veut frapper ^ afin que le marteau ne froifle pas le laiton.
- La piece étant bien droite à la réglé, on l’ébauche fur le Tour, & on choifit le plus beau côté pour mettre en deflus ; enfuite on y fait au milieu le creux pour encaftrer jufte l’écrou de cuivre A B 9jtg. 7. On étame le creux de la roue & le plan/*de cet écrou : on le foude de la maniéré qu’on a enfeignée ci-devant ^ page 250, ou bien on le rive ; il fèroit même facile de l’attacher avec des vis : on choifira de tous ces moyens celui qu’on jugera à propos, ou qu’on fera plus a portée de mettre en ulàge.
- Cette Meule étant achevée, on la nétoie avec du fable, fi elle eft foudée J mais fi elle tient avec des vis, il n’en eft pas befoin , n’ayant pas été lur le feu.'
- L’ufàge de cette Meule eft de bien adoucir ,#en fè fervant de pierre-de~ponce réduite en poudre très-fine , ou de tripoli délayé avec de l’eau.
- J’ai décrit la Meule d’étain avant celle-ci, parce qu’on peut la fondre dans le même moule A & de la même maniéré que l’on coule les roues de plomb ; mais dans l’ufage du poli, ôn ne fe fert de roues d’étain qu’après s’être fervi de celles de cuivre. ^
- Il y a encore plufieurs autres maniérés de découper une plaque ronde dans un quarré de métal, foit avec une efpece de compas à verge, dont on a donné la defcription, page 106, & qui approche beaucoup de celui que repréfènte la figure 10 , PL 11, en faifimt une rainure fur chaque face de la plaque , à peu-: près au tiers de fon épaiflèur, après quoi le cercle fe détachera aifément en frappant avec un maillet deflus & deflous ; ou bien fur le Tour en l’air, dont nous traiterons en particulier.
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- ï. Section, Chap. X. Des Poli [foires de différents bois > 8Gc. 305? §. IX. Defcripdon des Poli [foires de différents bois , qu on place fur ce Moulin.
- Lorsqu’on veut faire un beau poli, il faut avoir des Meules de bois tel que du noyer : on leur donne 8 pouces de diamètre , fur un pouce d’épaifieur. Il faut choifir un morceau de bois ferme & uni, fans nœuds ni fentes : on le tourne Sc on y fait un creux par-deflous au centre, pour loger le bord de l’écrou de cuivre ; on l’attache avec quatre vis de fer qui paflent dans les trous qu’on a faits dans le bord de cet écrou , Sc entrent dans la roue à moitié de fon épailfeur. Lorfque le plan de deflus eft bien droit, 011 la monte fur l’arbre U,fig. 3 ; & pour s’en fervir, il faut mettre de l’émeri très-fin délayé avec de l’huile d’olive. Cette Polifioire adoucit très-bien les tranchants , & donne un beau poli à l’acier, .
- Si l’on veut encore que cette Polifioire poliffè plus vite, il faut la couper dans un tronçon de bois de noyer du dfametre requis, Sc lui donner un pouce Sc demi d’épaifieur, parce que le bois étant pris fur fon fil, n’a pas tant de foli-dité, Sc il pourroit fe rompre aifément ; il faut prendre du bois plus gros qu’il n’eft befoin ^ afin de pouvoir ôter l’aubier qui eft tout à l’entour, & qui eft trop, tendre ; enfuite on tourne cette roue : on y fait un creux en deffbus pour logée l’écrou de cuivre avec quatre vis de fer, comme il vient d’être dit plus haut, Sc on fe fert de cette Polifioire avec de l’émeri & de l’huile.
- On fait encore des Polifioires de buis ; pour cela on choifit un tronçon de buis bien fec, fain, fins nœuds ni fentes, d’une couleur jaune bien égale partout , fins aucune tache brune provenant de pourriture, d’environ 8 pouces de diamètre, fur un pouce & demi d’épaifieur : on le tourne & on y attache l’écrott de cuivre A B dans fi noyure avec quatre vis de fer, comme on a fait aux: autres Polifioires de bois. L’ufage de cette Polifioire eft de brillanter l’ouvrage* foit avec du tripoli ou de la pierre pourrie qui nous vient d’Angleterre : on’ détrempe ces poudres avec de l’eau-de-vie.
- On fait aufli d’autres Polifioires qu’on prend à même une planche de bois de noyer ; Sc après qu’elles font tournées , on colle deflus , avec de la colle-forte d’Angleterre, un morceau de buffle bien uni : on en couvre d’autres avec du chapeau.
- Je ne dois pas omettre qu’on fait encore des Polifloires’avec du bois de tilleul j qu’on tourne & qu’on monte comme il vient d’être dit. On fe fert de ces Meules de tilleul, en mettant deflus de la pierre-ponce en poudre très-fine, délayée avec de l’huile d’olive, Sc avec cela on peut commencer à polir le cuivre au fortir de la lime, ce qui emporte promptement les traits que la lime avoir lailfés fur l’ouvrage, bien entendu qu’on ne peut fe fervir de ces inftruments que pour polir des pièces plates.
- Ceux qui voudront économifer, pourront faire des écrous comme A, y, avec du bois dur employé en travers, comme de noyer, d’alifier, de Tourneur ? L Part. 1. Se cl. 14
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- 2.10 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie. t pommier , poirier, cormier , & autres bois fermes & fans nœuds ni fentes : on les tourne, & on y fait l’écrou fur le Tour ; on les colle dans leur place au centre de la Polifloire de bois tendre.
- Les Poliffoires de noyer, faites de bois de travers, peuvent avoir leurs écrous pris fur la piece même, fans les coller ; il ne s’agit que d’avoir du bois afiez épais pour réferver cet écrou au milieu en le tournant.
- Pour ce qui eft des Meules de noyer à bois de bout, il eft de toute néceflité d’y rapporter un écrou en bois de travers, collé au centre ; car fi on faifoic l’écrou à même le bois * qui eft de bout, les filets de cet écrou s’emporteroient tout de fuite, finon il faudroit en mettre un en cuivre, comme on l’a dit au commencement; mais pour les Polifloires de buis , l’écrou peut fè faire à même hrpiece, quoique le bois foit de bout ; & le buis étant plus dur que tous les autres bois, les filets peuvent réfifter.
- On voit, par ce que je viens de dire, qu’on peut varier à l’infini les Polifloires 8c la maniéré de s’en fervir. On peut en imaginer d’autres en employant peut-être d’autres fubftances que celles dont j’ai parlé ; mais on comprendra que ce Moulin peut s’employer à bien des ufàges , fbit fur les métaux ou fur les pierres de différentes efpeces.
- J’ai dit plus haut, page 289, que ce Moulin pouvoit s’adapter deflus la table de la Meule à roue qu’on fait aller au pied ; il ne s’agit que d’établir la communication de mouvement entre ces deux machines, ce qui feroit très-commode , en ce que l’on pourroit jouir de fes deux mains pour tenir l’ouvrage, {ans que cela interrompît en rien le mouvement de la machine, qui ne feroit qu’un peu plus compliquée, fans pourtant tirer à conféquence pour la force motrice, qui eft le pied de l’Artifte. Au furplus j’ai décrit la maniéré de faire différentes Pédales qui donnent plus ou moins de puiflance à cet Artifte. Il ne s’agit donc que de faire choix de celle qu’on veut adapter à cette machine. Voyons à préfent la maniéré d’adapter la machine à roue verticale (*), à la machine horizontale.
- Pour cet effet on démonte les deux montants G, H 9 fig. 2, PL 29, & on ote la Meule & fon auge de fer-blanc DE, afin de rendre la table toute nue ; on pofe deflus le moulin horizontal tout à plat, de maniéré que les pieds de ce moulin du côté 619fig: 1 & 2, PL 30, affleurent le côté A9 9fig. 3, PL 29 , & par conféquent le côté H, 5,7, fig* 1, PL 30, fera placé parallèlement à
- 4 pouces de diftance du côté Z B, fig. 3, PL 29, ce qui fera fort aifé, puisque le moulin ne porte qu’un pied de large, & que la table porte 16 pouces ; il faut de plus que l’arbre U de la roue horizontale, PL 30, fe rencontre jufte au milieu de la longueur de la grande table Z B, fig. 3 , de maniéré qu’il iè trouve placé fur la ligne ponétuée U, fig* 3 , qui traverfè le milieu de la diftance
- 5 6c6 , même Planche ; car c’eft par cette ouverture oblongue que la corde doit
- (* )Dont le plan eft perpendiculaire, ou fuivant la ligne d’à-plomb.
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- I. Section, Chap. X. Des Polijfioires de différents bois , &c. 3 r l
- pafler ; cette même corde doit fe replier à plat à 3 pouces Sc demi au-deflus de i ouverture 5 Sc 6 ; enfuite elle paffe fur la poulie T, fig,. 3 , PL 30; mais pour faire ce renvoi de mouvement, il faut placer deux poulies dont la circonférence affleure la ligne ponéluée sf Sc 6, fig,. 3 , Sc dont les chappes foient tellement difpofées , que la direétion de leurs axes fe trouve à angles droits avec les deux branches de la corde, qui va, de la roue d’en~bas , paflèr dans fouverture oblon-gue ÿ Sc 6 ,fig, 3 , PL 30, avec les deux autres branches de cette même corde, qui fe replient fur ces poulies, Sc qui font tourner la Meule horizontale. Pour cet effet on monte chacune de ces poulies fur deux équerres, dont la branche fupérieure efl: de hauteur inégale, ce qui donne à leur axe un peu d’inclinaifbn par rapport au plan de la table, Sc fait qu elles fe trouvent à angles droits avec les branches de la corde qui vient de la grande roue. Il faut avoir attention que chaque poulie doit pencher en dedans, & de plus de faire ces équerres affez élevées par dehors pour que la rainure des poulies fe trouve de niveau avec celle qui mene la Meule.
- Quant à la direélion des axes de ces poulies , il efl: facile, en les fixant fur la table, de leur donner celle que prend la corde en fortant de deffus pour aller embraflèr la poulie de la Meule, On monte chaque couple d'équerres formant une chappe, fur une réglé de fer de même largeur, Sc on les y rive de manière à ne former plus quune piece, Sc par ce moyen on efl: affuré de ne rien changer à la direélion qu’on a une fois donnée aux axes des poulies ; de plus , on peut démonter aifément cette machine horizontale pour remettre la Meule verticale quand on en a befoin.
- Ceux qui ne pourront pas tracer géométriquement la diipofition des axes des poulies , n auront qu’à faire une chappe avec des équerres de plomb, alors ils les feront plier fuivant le befoin ; Sc les modèles étant faits, leur ferviront pour fe faire entendre à l’Ouvrier qui doit les faire en fer ou en cuivre. On fixe ce Moulin fur la grande table avec des vis de fer, ou bien trois équerres fuffifènt pour attacher ces machines enfèmble : on fènt bien qu’il faut mettre une petite cale de bois entre la traverfe Kyfig. 1 , PL 29, afin de venir à fleur des petits pieds, Sc que le Moulin pofe de niveau fur la grande table. On doit aufli ôter la manivelle B du Moulin horizontal, parce quelle ne ferviroit qu’à embarr* rafle* > puifque le mouvement ne vient que de la roue verticale.
- Maniéré de faire tourner la Meule horizontale très-vîte , fans accéléré/j le mouvement de la roue verticale.
- Si l’on vouloit que la Meule ou Polifloire horizontale tournât très-vite ^ comme lorfqu’on veut brillanter l’acier, il faudroit ajouter en deflous de la roue C y Sc dans l’intervalle P y fig. 3 , PL 30, une autre petite roue de bois d’environ 3 pouces de diamètre, fur 8 lignes d epaifleur ; on attache cette roue au centre
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- 3r2 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- -, de la roue C, au moyen de quatre vis qui entrent dans le bois s enfùite on change le Moulin de droite à gauche , c’eft-à~dire , bout pour bout fur la grande table , de maniéré que l’arbre de la roue C, qui porte la manivelle, fe trouve jufte à la même place où l’arbre de la Meule étoit placé auparavant, c’eft-à-dire , que ce moulin foit difpofé de maniéré que l’arbre Q de la roue,fig. 3 , PL 30, tombe perpendiculairement fur quelqu’un des points de la ligne VY9 fig. 3 , PL 29 : les chappes & leurs poulies peuvent refier a la meme place ou elles étoient précédemment ; & la corde paflànt par-deffus, embraffe la poulie horizontale qu’on vient de placer au-deffous de la grande roue du moulin, & cette grande roue C ayant aufïï fa corde, qui paife fur la poulie T de la Meule A ,fig. 3 , PL 30 , de maniéré que la roue verticale gf3 fig. 2 , PL 29, faifànt un tour, la poulie horizontale à laquelle celle-ci correfpond au moyen de fà corde recourbée d’équerre ,, fait environ quatre tours ; la grande roue C du moulin étant fur le même arbre, en fait autant ; mais celle de la Meule A ,fig. 3 , TL 30, fait fix tours, pendant que la roue C n’en fait qu’un; ainfi la Meule horizontale fera vingt-quatre tours pendant que la roue verticale n’en fera qu’un: au lieu que dans le premier cas, la Meule horizontale ne faifoit que quatre à cinq tours contre un de la même roue verticale ; dans ce cas le mouvement eft double, à caufè des deux roues & des deux poulies dont les différents diamètres occafion-nent des vite (Tes accélérées, comme on vient de le dire.
- On comprendra aifément tout ce mécanifme, en jettant la vue fur les figures; J’ai dit qu’on pouvoir monter fur cette Meule, PL 29, différents petits Tours, foit à pointes, foit en l’air ; on peut même y adapter la machine à graver en pierres fines, puifque ce n’eft qu’un petit Tour. Toutes ces différentes propriétés ne feront pas difficiles à exécuter, parce que la direction de la corde fera toujours droite , & qu’il ne faudra point de poulie de renvoi ; il faudra feulement établir fur la table une efpece de fupport en griffe, qui recevra les différents petits Tours qu’on voudra placer deffus fuivant le befbin , ce qui fera très-commode pour tourner promptement différentes petites pièces. J’enfeigneraî dans la fuite tous les moyens d’opérer, en décrivant tous ces différents Tours.
- §. X. Deficription de différentes Pierres droites qui fervent pour affiler les Outils du Tourneur ; avec les moyens d'en connoître la qualité y pour les bien choifir ,
- & la maniéré de les préparer pour les mettre en ufage.
- O N vient de voir différentes maniérés d’affiler les outils d’un Tourneur avec des pierres à l’huile taillées en forme de Meules, ou bien avec des Meules de différents métaux. Ces machines, trop difpendieufes pour le commun des Ouvriers , ne font guere en ufage que parmi des Amateurs, qui, quoiqu’ils ne s’occupent du travail des mains que pour fe délafler d’occupations plus importantes , ne laiflenc pas d’éclairer les Arts par d’heureufes découvertes.
- Pour
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- ï. Section* Chap. X. De différentes Pierres droites pour âffler, &c. 3x3 Pour mettre ce Traité à la portée de tout le monde, je vais commencer par la connoiffance des Pierres qu on nomme Affloires , dont les Tourneurs font ufàge. Elles font de differentes couleurs, & nous viennent de différents pays. On en diftingue de trois fortes ; l°. des grifes, 20. des blondes, 3°. enfin des bru* nés : les grifes nous viennent de bien des pays : il en vient d’Auvergne, du pays de Liege, & d’Angleterre. Les blondes, qu’on nomme Pierres du. Levant, parce qu’on les tire de ce pays, fo nomment encore Pierres a V huile 3 parce qu’on ne s’en fort qu’avec de l’huile. Les brunes nous viennent de Lorraine: on s’en fort à l’eau & à l’huile. Nous allons donner la cofrnoiffance de ces Pierres en particulier, & en même temps de la maniéré de les apprêter & de s’en forvir.
- Parmi les Pierres grifes 9 il s’en trouve dont le gris tire for le brun ; mais elles ont le grain gros & dur, c’eft pourquoi il faut les rejetter.
- §. XI. Defcriptlon des Pierres grifes qui fervent pour affiler
- les Outils de Tourneur.
- Les Pierres dont les Tourneurs fo forveht * & qu’on nomme communément Affloires, font de couleur grifo, fur-tout celles qui nous viennent d’Angleterre. Il faut choifir celles qui font bien égales en couleur par-tout, & dont les pores font arrangées par ftries, connues des aiguilles à côté les unes des autres : celles qui font les plus ferrées, & qui offrent une certaine réfiftance ou âpreté en paflànt une lame de couteau deffus à foc, font les meilleures. Cette Pierre eft un peu pefante ; mais celles qui font légères, ont le grain trop gros : elles font fàbleu-fes, & ne fontpas un tranchant fin & doux. Ces Pierres ne nous viennent que par > petits morceaux, qui ne paffent pas ordinairement un pied de longueur, fur un pouce ou 15 lignes de largeur, tout au plus, & 6 à 7 lignes d’épaiffour ; mais un Tourneur n’a pas befoin de longues Affiloires : il fuffit qu’il en ait depuis 4 jufqu’à 6 pouces de long, & de différentes épaiffeurs. Ces Pierres font toutes raboteufes & inégales par leur forface lorfqu’on les acheté chez les Quincailliers ; il faut les frotter fur une pierre de taille ou for un grès, avec du fable ou bien du grès en poudre à foc : on les fait plates for les deux faces, 8c en demi-rond par les côtés. On fait un de ces côtés arrondis plus gros, pour affiler dans la cannelure des groffes gouges; l’autre côté doit être plus petit, pour qu’il puiffe entrer dans les plus petites.
- Il efl: bon d’avoir au moins trois Affiloires de différentes épaiffours, ce qui, joint à la différente épaiffeur de chacun de leurs côtés, produit le même effet que fi on en avoit fix. On voit la forme qu’on donne à ces fortes d’Affi-loires, dans la figureS, PL 26; AB, repréfente celles qu’on trouve toutes taillées chez les Marchands ; mais je préféré les brutes, parce qu’on leur fait les côtés F, G, très-peu bombés, afin quils coulent plus droit dans la cannelure Tourneur , /. Part. /. Se cl. K 4
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- des gouges. C Z?, fait voir la coupe de cette Affiloîre en travers : on voit en E, une efpece de creux qui fe forme dans toute la longueur d’une de fes faces, par le frottement du dos de la gouge, lorfqu’on l’affile ; l’autre face H de cette Pierre doit être droite, parce qu’on s’en fert pour affiler les cifeaux à tourner.
- Les maniérés de fe fervir de ces Affiloires , tant pour les cifeaux que pour les gouges de Tourneur, ne feuroient être aflujetties à des réglés qu’on puifîe décrire 5 chacun s’en fert comme il le juge a propos. Mais ordinairement on tient l’outil d’une main , 8c l’Affiioire de l’autre, la faifant gliffer fuivant fa longueur le long du tranchant d’un côté 8c de l’autre ^ jufqu’à ce que le morfil foit emporté. Les Affiloires qu’on tire du pays de Liege font d’un gris plus blanchâtre que celles d’Angleterre ; il faut que le grain en foit fin & ferré, & que le couteau morde également deffus. On les débite avec une fcie de tôle, par le fecours de grès & d’eau : pour cela on les {celle fur une planche ou autre part, pour qu’elles ne vacillent point : on les arrondit fur le champ, après avoir applati leurs faces ; on s’en fert comme il vient d’être dit pour les gouges de Menuifiers ou celles de Tourneurs, 8c autres outils emmanchés.
- Lorfqu’on a plufieurs morceaux de Pierres ainfi préparées, on choifit des bouts de différentes épaiffeurs, 8c de formes différentes ; on place cinq ou fix de ces Affiloires chacune dans leur entaille, que l’on a faites exprès à côté les unes des autres, de diftance en diftance * en travers un morceau de bois : on les affujettit dans leurs entailles avec chacune un coin, qui doit être d’un bois doux, afin qu’il prête un peu en le ferrant& ne caffe pas les Affiloires : voyq la figure 9; A B, eft le morceau de bois entaillé ; 1 & 2, font des Affiloires fixées par leurs coins e, e ; l’entaille vuide d4, eft prête à recevoir une autre Affiloire C, qu’on voit à nud au-deiïus de l’entaille ; DE, eft le coin de bois : on fait de ces morceaux de bois affez longs pour y pouvoir placer fix Affiloires, ou même davantage, à volonté. On nomme ce morceau de bois ainfi arrangé, ï entaille aux Ajfiloires.
- On fe fert de cet infiniment pour affiler les outils qui font profilés, pour former une moulure tout d’un coup. On a de ces outils pour le Tour. On affile de même les outils à moulures du-Menuifier, dont le fer eft placé dans un fût de bois lorfqu’on s’en fert, tels qu’on les voit dans les figures 6 8c 7, FL 15* : on voit bien que pour les affiler, il faut ôter le fer de dedans fon fût : on a grand foin de ne pas appuyer plus dans un endroit que dans un autre, afin de con-ferver la forme du profil de l’outil ; & en même terîips il faut prendre garde de ne pas changer la pente du bifeau qu’il avoit. On arrête l’entaille aux Affiloires fur un établi, en la pinçant fous le valet : on a foin de mouiller l’outil de temps en temps pendant qu’on affile, car ces fortes de Pierres ne peuvent pas {èrvir fans eau.
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- I. Section, Chap. X. Des Pierres du Levant, &c, 3ry
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- §. XII. Des Pierres du Levant, dont on Je fert pour affiler les Outils Z6,
- de Tourneur, & qu on nomme Pierres à l’huile.
- Les meilleures Pierres pour affiler les outils, nous viennent du Levant: on les nomme auffi Amplement Pierres a Uhuile, à caufe qu’on ne s’en fort qu’avec de l’huile. Il faut choifir dans ces Pierres celles qui font les plus blondes ; car celles qui font grisâtres ou brunes, font trop dures, quoiqu on les tire du même pays : les blondes font préférables en tout, lorfquelles font toutes d’une même couleur ; car fouvent elles ont des veines foncées en brun. Il faut aufll qu’il n’y ait point de taches, qui font comme autant de clous noirs ou roux ; ces taches font très*dures, 8c font fauter l’outil en le paffant fur la Pierre.
- Les veines en font autant, & ces deux défauts empêchent de bien affiler un outil, 8c ils font des petites breches fur le tranchant. Pour les bien choifir, il faut en ôter une efpece d’écorce qui les entoure ; pour cet effet on les fait fder par un Marbrier, par le milieu dans toute leur longueur , avec le grès & l’eau,
- 8c par ce moyen on voit le cœur.
- Une moyenne Pierre à l’huile eft fiiffifàmment épaifîe lorfqu’elle a un pouce ;
- & un pouce & demi fuffit pour une Pierre d’un pied de longueur.
- Lorfque la Pierre eft fciée, ou qu’on en a ôté l’écorce en la frottant au grès à fec , on y verfe de l’huile d’olive, pour mieux voir fa couleur ou fes défauts ; enfuite on paffe le bout d’un outil trempé dur, en frottant d’un bout à l’autre ; fi l’on fent à la main que la Pierre arrête l’outil également par-tout, & qu’on entende un bruit fourd, fans fautillement, & que l’huile fe noircifle auffi-tôt que l’outil a été quatre ou fix fois d’un bout à l’autre, tout cela dénote une bonne Pierre. On obferve encore de pencher un peu l’outil ; & fi en le frottant, cette pente y forme un nouveau bifeau promptement, foyez affûte que la Pierre efl: très-bonne. Enfuite on coupe les bouts à la foie ; on la dreffo au grès à fec : on lui donne une forme à peu-près régulière , en ménageant fit grandeur; car les grandes Pierres qui font bonnes , font très-rares. Il y a dans Paris des Quincailliers qui tiennent de ces Pierres toutes fciées dans leurs maga-fins, alors il efl: plus facile de les choifir bonnes.
- Lorfqu’une bonne Pierre efl: taillée 8c dreffée, au moins par-deiffus, on l’adoucit avec la pierre-ponce à fec, 8c on l’enchâiîè dans un morceau de bon bois de noyer, comme on le voit dans la figure 6, PL 26* A B , repréfente la Pierre fous la forme d’un parallélogramme : elle efl encaftrée dans un morceau de bois C D y de toute fon épaiffeur, à y à 6 lignes près, qui doivent excéder le deffus du bois. On voit la coupe en travers du bois 8c de fà Pierre, dans la figure 7 ; cd> efl: la largeur de l’extérieur de cette monture de bois, & la Pierre a'b, qui efl: encaftrée dans fa monture, & qui excede au-defîus des bords du bois. On fait tout autour de la Pierre, fur le bord du bois, ayec la gouge du.Menuifier,
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- Sï6 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie,
- une rainure ronde , dont on voit la coupe au-deflbus de £, dans la figure 7* cette rainure fert à recevoir l'huile qui coule de deflus la Pierre, Sc empêche qu'elle ne fe répande for l'établi. O11 fait à cette monture , à .même la piece ^ un manche C, d'environ 4 pouces de longueur, un peu dégagé en deflous, afin qu'on puiflè paflèr les doigts entre ce manche Sc rétabli. Les uns tournent ce manche , d'autres le font à pans à la râpe Sc à la lime : on le polit ; Sc lorfque cette monture eft finie , on y fait entrer la Pierre un peu jufte ; Sc s'il y avoit du jour entre la Pierre Sc ce bois, il faudroit mettre un peu de maftic en poudre dans cette elpece de fente, en gliflànt un fer un peu chaud tout autour ; enfuite on frotte tout du long avec un éclat de bois blanc, pour ôter le foperflu de ce maftic.
- Il ne faut pas oublier de faire un couvercle ef, de pareil bois que la monture , Sc de la même grandeur que la Pierre , tant en longueur qu’en largeur. Ge couvercle eft compofé de quatre réglées aflemblés à queues d'aronde couvertes , afin d'avoir de quoi arrondir les quatre angles extérieurs : on rapporte le deflus à feuillures. On colle tous ces aflemblages, Sc on polit toute cette monture, qui, d’ailleurs, empêchant qu’on ne cafle la Pierre, la rend plus commode à manier ; Sc le couvercle empêche la pouffiere Sc les copeaux de tomber deflus, ce qui épaiflit l'huile : la meilleure eft la moins fujette à s’épaiflîr en léchant trop promptement ; car il faut que cette Pierre en foit toujours imbibée : elle en devient meilleure.
- On fait ces montures de toutes fortes de bons bois, ainfi que de bois des Indes , comme de paiiflandre , bois violet, bois de rofe ou autres.
- On fait aufîi des Affiloires avec des rognures de ces Pierres : on les taille de la même maniéré que les Pierres à l'eau ; mais on s’en fert avec de l'huile : elles font les tranchants bien plus fins.
- Comme on eft obligé de redrelTer ces Pierres de temps en temps, parce qu'elles fe creufont en aiguilànt deflus, à la fin elles viennent à fleur du bois de la monture ; alors on les retire , Sc on met deflous une cale de bois, de carton , ou bien une de plomb, pour lui reftituer le poids qu'elle a perdu en s'ulànt.
- §, XIII. Defcription & ufages des Pierres de Lorraine.
- Les Pierres qu'on tire de Lorraine , font très-bonnes pour affiler les outils d'un Tourneur ; mais il eft rare d'en .trouver qui foient d'une bonne qualité ; les unes font trop dures, d'autres ne mordent pas aflez, & l'outil ne fait que gliflèr deflus. Ces fortes de Pierres font ordinairement de couleur brune, tirant un peu fur le gris mêlé ; les bonnes ont le grain fin Sc bien égal, les veines dures ou fableufes en long ou en travers. Il ne faut pas non plus qu'il y ait des taches ; enfin il faut que le grain foit égal. J'ai dit qu'elles étoient brunes, tirant fur un
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- Section, Chap. X. Des Pierres de Lorraine, SC de leurs ufages. 3Î7 gris mêlé, ce qui fait qu’elles paroiflent un peu marbrées par-deffus, & tiquetées par le coté ; ces nuances ne s apperçoivent que lorfqu’on humeéte la Pierre , foit avec de l’eau ou bien avec de l’huile : il y en a même auxquelles on ne peut appercevoir ces taches qu’à l’aide d’un microfcope ; ce font les meilleures, fur-tout lorfque l’outil prend bien deflus , {oit à l’eau , foit avec de l’huile* Il faut encore prendre garde fi l’huile fe noircit promptement lorfqu’on promene l’outil deflus ; enfin il faut lui faire fouffrir les mêmes épreuves qu’aux Pierres du Levant ; & lorfqu elle a paru remplir les conditions ci-deflus, on eft sûr que la Pierre eft bonne. En générai, toutes les Pierres à l’huile deviennent meilleures à mefure que l’huile y pénétré plus avant. On les entaille , on les dreflè au grès; on les enchâfle comme on a dit ci-deftiis.
- On fait aulïi de très-bonnes Affiloires avec de petits morceaux de ces Pierres ; on les débite à la fcie , au grès & à l’eau ; on les dreffe & on arrondit les côtés au grès à fec , comme on a dit en parlant des autres Affiloires : toute la différence, c’eft que celles-ci font un tranchant bien plus fin Sc plus doux que les Pierres grifes; de plus, on peut s’en fervir à l’eau 5 mais fi on y met de l’huile, elles font le tranchant auffi fin que les Affiloires qui font faites avec des Pierres du Levant. Un autre avantage , c’eft quelles coûtent moins, & qu’elles font moins fujettes à fe rompre en s’en fervant ; car les Affiloires de Pierres du Levant font très-fragiles. On peut encore ajouter à cela que les Pierres de Lorraine gardent mieux leurs vives - arêtes pour entrer dans les petits outils à moulures.
- J’enfeignerai la maniéré de faire des Affiloires avec des métaux, & de s’en fervir pour les petits outils à moulures, dont on parlera à l’article du Tour à guillocher,
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- 3î8 tourneur mécanicien, i. partie.
- CHAPITRE ONZIEME.
- Defcription de différents Bancs ou Etablis de Tour j du Banc fur lequel s’affîed le Tourneur ; des Poupées à pointes ; de la Perche SC de l'Arc ; des Marches y des différents Supports de Tour, SC des Lunettes de Tour.
- §. I. Defcription d'un Banc ou Etabli de Tour ordinaire &fmple.
- L e Banc ou l’Etabli du Tour eft compofé d’abord de deux pièces de bois, PL 31.3 fig- 1 y de 5 à 6 pouces d’équarriiïàge, d’une longueur proportionnée à celle des pièces que l’on veut y tourner. On les nomme jumelles : elles font portées par deux montants C > C, aflemblés par le haut à doubles tenons dans les mortaifos pratiquées en deflous des jumellesSc dans le bas par le même affemblage double, dans les mortaifes du patin D9 qui pofe fur le plancher ; & pour le rendre plus folide , on y ajoute les arcs-boutants F, G9 à tenons & mortaifes fimples, mais à embrevements (*), tant dans le montant C, que dans le patin D y ce qui 5 comme on le voit fur la figure, fe pratique à chaque bout du Banc ou Etabli.
- Les jumelles font écartées l’une de l’autre d’environ un pouce & demi ou 2 pouces, afin de laiffer aux poupées la liberté de couler d’un bout à l’autre entre elles. On parlera des poupées ci-après.
- Les montants C, C, font liés l’un à l’autre par une entre-toifo /, pour con-ferver entre les deux jumelles la même diftance de l’une à l’autre ; & Ton place cette entre-toifo affez bas pour que la queue des poupées ne puifle pas y toucher , & qu’on les faflè couler librement d’un bout à l’autre de l’Etabli; il faut cependant faire attention que les tenons de lentre-toife I > ne rencontrent pas ceux des arcs-boutants.
- L’Etabli d’un Tour ne fouroit être trop folide; le choc de la piece contre l’outil, occafionne un tremblement qui nuit à la jufteffo de l’ouvrage ; c’eft pourquoi on donne à l’Etabli le plus de mafle que l’on peut > en le conftruifant de fortes pièces d’un bois dur & pefant, tel que le chêne, ou autre bois fort & liant ; & pour lui donner plus de fiabilité, on l’aflujétit au plancher au moyen de pattes ou de griffes de fer, que l’on y fcelle, & qu’on attache aux patins Di avec des vis à bois, & non des clous, qui font fendre & éclater le bois ; de
- ( * ) C’eft une coupe ou entaille faite en biais fur les deux joues de chaque mortaife, fuivant leur longueur, que le bout de chaque arc-boutant remplit; parce moyen l’arc-boutant, le
- montant C, & le patin D fe trouvent liés très-folidement. On verra cet afTemWage employé en plufieurs endroits dans la fuite, en expliquant l’Atelier du Tourneur en fer.
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- I. Section, Chap. X. D'un Etabli fait en maniéré de table, &c. 319 plus, on a l’agrément de démonter fon Etabli quand on veut, fans rien gâter. Quelquefois encore on arcboute le Banc avec d autres pièces de bois qui portent d’un bout fur l’Etabli, 8c de l’autre contre les murs ou contre le plafond. Toutes ces précautions ne fuffiroient pas encore aux Ouvriers qui tournent de grofles pièces de fer ou de pierre, fi leurs Ateliers n’étoient au rez-de-chauffée , parce que dans les étages (upérieurs on auroit à craindre le tremblement des planchers ; mais pour les ouvrages d’un moyen volume, on peut s’en contenter.
- La hauteur de l’Etabli varie entre 3 & 4 pieds ; & il eft naturel de penfèr qu’elle doit être proportionnée à la taille de celui qui travaille. Ordinairement on donne environ 3 pieds 9 pouces de hauteur, depuis le plancher jufqu’au centre des pointes des poupées ou de l’ouvrage, ce qui revient à un pouce plus haut que le coude du bras du Tourneur, ou à peu-près. Cependant les Tourneurs ne changent pas d’Etablis comme de Compagnons , & ceux-ci font obligés de. fe fervir des Tours qu’ils trouvent montés dans les Ateliers.
- Le Banc de ceux qui tournent les métaux ou la pierre, eft beaucoup plus fort que celui que nous venons de décrire. On en fera voir la différence en expliquant l’Atelier du Tourneur en fer ou en pierre ; & comme elle ne confifte que dans les dimenfions ou grofïèurs des bois qui compofênt le Banc , je n’en dirai pas davantage préfentement, parce qu’à l’infpeétion feule des équipages qui compofênt cet Atelier, on verra que les afîemblages font les mêmes qu’à celui qu’on vient de décrire.
- §. IL Defcription d'un autre Etabli fait en maniéré de table,
- d'une conftruclion differente.
- ^ O n fait encore des Etablis de Tour de bien d’autres maniérés. La figure r, pf. 32, en repréfente un fait en maniéré de table ou banc, monté fur quatre pieds liés enfemble avec trois traverses ; A B CD, eft la table, qui doit être de bon bois , tel que du chêne, du noyer ou de l’orme ; & même on en fait de hêtre, mais ce dernier fè déjette beaucoup. On doit choifir du bois fans nœuds ni gerçures, point piqué de vers, bien uni, 8c fur-tout bien fec. Cette table doit avoir environ 4 pieds de longueur , fur 20 à 22 pouces de largeur * & 4 à 5 pouces d’épaifleur ; pour qu’il (bit plus folide, 8c qu’il fe déjette moins, on rapporte la jumelle de devant A B, au moyen de quoi on peut drefler parfaitement , avec la varlope, les côtés qui forment le dedans de la rainure de cet Etabli. On fixe cette jumelle avec la table , ,au moyen de deux emboîtures de pareil bois, affembiées à tenons 8c mortaifès, 8c à aflemblages doubles, tels qu’on les voit ponétués aux deux bouts de la table, fig. 3. E F 8c G H f repréfentent les deux emboîtures vues du côté des mortaifes, numérotées 8,9, 10 & 11 ; 8c de plus, voyez la première figure de la Planche 33 ; c’eft un bout d’Etabli rompu, pour faire voir tous les tenons à découvert,
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- 320 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- Sc fous les mêmes numérots 8,9,10 & 11, afin d'en faciliter Implication* Planche Qn coile tous ces aflemblages , & on les cheville, pour plus grande folidité.
- Il faut pourtant remarquer que l'on fait toutes ces emboîtures de plufieurâ maniérés ; la plus fimple eft celle qu on vient de décrire, parce que les aflemblages font faits quarrément à l'Etabli, & qu’bn voit le bois de bout des emboîtures , comme en B ,jig 2 , PL 32.
- L’autre manière efl: plus propre Sc aufîi folide, mais elle coûte plus de temps à faire: elle confifte à faire la coupe du bout de chaque emboîture à anglet ou onglet, c'eft-à-dire , que cette coupe efl: dans la diagonale de l’angle de l’Etabli : voyez A Cy jig. 1 & 3. On a de plus le foin d’introduire les chevilles des aflemblages par-deflous les emboîtures, & de ne point faire pafler les trous à travers, c’eft-à-dire, qu'il s’en faut d'un quart de pouce que les trous des chevilles ne . paroiflent en deflus de l'Etabli;
- Bien fouvent on réforye les emboîtures plus épaiftes que la table d'environ trois quarts de pouce, afin d'y ravaler à l'Etabli un rebord qui vient en joindre le plan en demi-rond ; car s’il étoit quarré, on auroit de la peine à fàifir avec les doigts les petits outils qui roulent dans les angles. Le rebord qui efl: en long 8c par derrière de cet Etabli, efl: rapporté à rainure & languette , & même un peu embrevé , afin de pouvoir pouflèr avec le rabot rond, le même adouciflement intérieur qu'on a réfor vé aux emboîtures. Le haut du rebord efl: arrondi des deux côtés, ce qui forme un demi-rond ; on coupe ceux des deux bouts à 1 pouces près du bord de la jumelle de devant, en adouciflement jufqu’à raze du plan de deflus de l'Etabli ; enfoite on pouflè une moulure en quart de rond le long du bord antérieur de cette jumelle, afin que la vive-arête ne fo gâte pas en travaillant.
- La table de cet Etabli étant ainfi difpofée , on la monte fur quatre pieds c^e bon bois, d’environ 4 pouces d’équarriflâge, dont le haut efl: aflemblé à doubles tenons Sc mortaifos en deflous à chaque angle de l'Etabli, & à raze des bords. On obforve de faire ces tenons d’un pouce & demi de longueur feulement, Sc de les dilpofer de maniéré qu'on ne coupe point les aflemblages des emboîtures : un Menuifier adroit foura bien tracer toutes ces coupes.
- On donne ordinairement un peu de pente en dehors aux deux pieds de devant , numérotés 1 Sc 2 3 jig. 1 ; cette pente efl de l'épaîfleur des pieds, par le bas feulement, afin de donner plus.d'empattement & plus de fiabilité à l'E-tabli. Cette coupe eft très-bien repréfentée dans la figure 2 de cette Planche , où l’Etabli eft vu par le bout ; & la ligne perpendiculaire 0 M> fait voir l'écartement au bas du pied.
- On pofe les pieds de derrière 3 & 4, tout droits, & perpendiculaires au plan de l'Etabli, parce qu'ordinairement on place ces Etablis le long de l’appui d'une fenêtre.
- Ces quatre pieds font liés enfomble au moyen de trois traverfos de pareil bois , numéros 5,6 Scj ,fig. 1. Pour
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- ï. Section. Ciîàp. XI. D’ùn Etabli fait en maniéré de table, &c. 32T
- Pour rendre cet Etabli bien folide, ony met des vis & des écrous de fer entaillés dans le bois, tels qu’on les voit pondues au haut des pieds de l’Êtabli, fig. 2 : on a foin de les placer bien perpendiculaires au plan fopérieur de l’Eta-bli; c’eft pourquoi la vis du pied de devant eft dans la direction H19fig. 2.
- A B 9 fig. y , repréfente une de ces vis en profil, & fon écrou C enfilé de^ dans ; E, eft le plan de l’écrou ; D9 le plan de la tête de cette vis, avec deux trous qui reçoivent les pivots 1 & 2 de la clef faite en T, qui fert à tourner les vis.
- Les écrous font entaillés dans le haut des pieds, du côté intérieur, & qui eft le moins vifible ; enfuite on rebouche l’entrée de cette entaille avec du même, bois du même fil que le pied : on le colle & on affleure le tout, pour plus de propreté, vers O, fig. 2. La tête A de la vis doit être tournée, puis entaillée à fleur du deflus de l’Etabli. Voyez ce qui eft dit page 199 .
- Les dimenfions de toutes les pièces de la figure y , font doubles des autres figures en grandeur, pour rendre toutes ces parties plus fenfibles.
- Pour rendre cet Etabli plus aifé à démonter, Sc par conféquent à tranfpor-ter , on met une pareille vis à chacun des affemblages, ce qui fait dix en tout.
- On fera peut-être furpris, à l’inlpeélion de la figure 1, de voir que les trois traverfes qui aflemblent les quatre pieds, font chacune à une hauteur différente. En voici la raifon : celle y, qui eft à la gauche du Tourneur, doit être à environ 3:4 à 1 y pouces au-deffus du plancher, afin de donner la liberté au marche-pied P y qui paffe deflous, de lever affez haut pour faire tourner facilement la roue, qu’on place ordinairement au-deflus de i’Etabli.
- La traverfo, n°. 4, doit être au-delfous de celle y, pour qu’elle ne rencontre pas fes tenons dans fon affemblage ; iln’eft même pas nécefflure quelle foitaufïï épaiffe que les pieds : on la fait affleurer en dehors, pour quelle n’incommode pas le pied du Tourneur, & ne gêne point la pédale. -
- La troifieme traverfo 6, fo place encore au-deflous de la féconde, pour la folidité des affemblages.
- Il arrive quelquefois qu’on place la pédale ou le marche-pied en dehors des pieds & au bout de I’Etablipour gagner de la longueur du levier, & profiter de tous les avantages ; alors il faut placer cette traverfo n°. 6 i de maniéré quelle foit au-deflus de la pédale fans y toucher. Tputcela fora expliqué dans la fuite , en parlant des petites roues qu’on place delfiis ou deflous les Tours.
- Comme for ces fortes d Etablis on ne tourne ordinairement que de petits ouvrages , les poupées font fort bafles, Sc n’ont qu’environ j pouces de centre } c eft pourquoi on donne ordinairement 3 pieds un ou 2 pouces de hauteur à ces Etablis, depuis le plancher jufqu’au-deffus de cette table ; enfin, réglé générale , il faut que le centre de la pointe de la poupée foit à la hauteur du creux de l’eftomach du Tourneur, ou à peu-près.
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- §. IIL Defcription déune autre efpece de Table de Tour plus propre que les précédentes , & dont les pieds font faits en confoles.
- La figure y , PL 3 3 , repréfonte une maniéré de faire les pieds de Tour plus façonnés & plus propres que celle qu'on a décrite ci-devant: elle confifte en un fort patin AB 9 de bois de noyer ou autre bois propre, fur lequel on affemble le montant C D à tenons & mortaifos doubles : for le plat de ce montant, on ravale un champ qui fait l'effet. d’un panneau, encadré par deux champs étroits en forme d’une S, tels qu’on voit en la figure y. Le montant doit avoir environ 4 pouces d’épaiffeur, & la même largeur que la table du Tour à laquelle il tient par les tenons r, 2 Sc 3, qu’on ne fait entrer qu’à moitié de l’épaiflêur de l’Etabli, & qu’on affermit avec des vis de fer A, B, C y E 9fg. y, où on en voit une ; & pour plus de folidité, on place des arcs-boutants de fer à pattes coudées G, H 9fig. 2 , où elles font repréfentées de côté ; g H> en fait voir le plan ôc les deux trous qui font à chaque patte , dans lelquels on fait entrer des vis à bois , qui fervent à les attacher contre la confole & fous l’Etabli, qui, par4à, devient très-folide, & peut fe placer au milieu d’un appartement. A chaque bout du patin on met une vis IK, de bois ou de fer, à volonté : elles fervent à caler l’Etabli fur le plancher, en faifint agir celle qui convient. On n’a pas befoin d’en mettre aux deux patins du Tour, deux vis à un feul foffifont : a c d, repréfente ce pied fur fon patin vu de profil.
- Comme ces fortes d’Etablis n’ont point de place fixe, on y met ordinairement un rebord fur trois côtés ; favoir, un par derrière dans toute fa longueur , & un autre à chacun des bouts : on laiffe le devant libre , pour la facilité du Tourneur ; on arrondit feulement l’arête de la jumelle de devant, en y pouffant un petit quart de rond entre deux quarrés, comme on a déjà dit ci-devant.
- La figure 4 repréfente un des bouts de cette bordure rompue ; Ay en fait voir le dehors par l’onglet ; C, en fait voir le profil par le bout du côté de l’Ouvrier, où elle vient affleurer le deffus de l’Etabli fur lequel elle pofe fur fà feuillure.
- La figure 6 fait voir le dedans de la bordure ; F F, eft fon rebord ; E, fon ravalement en feuillure ; D> les queues d’aronde ou d’ironde perdues, parce que la coupe en onglet on anglet les cache. On attache ces bordures fur l’épaif feur de l’Etabli avec des vis à bois.
- La figure 7 repréfente la coupe en travers de cette bordure ; G, fait voir fâ portée fur l’Etabli ; Hy eft un bout rompu de l’Etabli, pour faire voir la pofition de la bordure.
- On fait d’autres Etablis dont la bordure fait le patin des piliers de l’arc , comme dans la figure 1, PL 32, ainfî qu’on l’expliquera en parlant de l’arc, &c.
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- ï. Section, Chap. XL D ’une autre Table plus petite, &c. 323
- §. IV. Defcription d'une autre Table plus petite, propre pour recevoir un Tour
- portatif qui ejl fait tout en métaux.
- La figure 3, P/. 33 , repréfente un autre pied d’Etabli de Tourna peu-près fomblable au précédent, mais il eft moins large & moins fort ; c’eft pour porter de petits Tours, qu’on nomme Tours d'Horloger : iis font tout en acier ou en cuivre : on en parlera en Ion lieu. Il fiiffit de dire qu’on ne fait point de rainure à ces Etablis, parce que les poupées font enfilées par la barre du Tour, & celle-ci eft fixée par des griffes qui embraffent l’Etabli.
- A, eft le patin vu en perfpeélive ; B , le montant ravalé à confoles ; C, le trou de la vis A B CE ,fig. y. On y met auffi de petits arcs-boutants de fer, femblables aux autres, & en proportion de l’Etabli ; a, eft ce même patin vu par le bout ; b, le profil ou côté du montant en confole.
- §, V. Defcription d'une autre efpece de Tour fimple.tout en bois, qui fe plie tout monté, & qu'on tranfporte facilement ou l'on veut, avec fes poupées, fa perche , • &c.
- Comme il arrive quelquefois que des Amateurs ne font pas aflez grandement logés pour avoir leur Tour toujours monté, ou qu’on veut tourner dans un appartement fans beaucoup l’embarrafler, j’ai imaginé l’Etabli que repréfonte la figure y , afin qu’en le pliant, on puiffe le cacher dans un coin.
- A 3 B, font deux jumelles de bois , de 3 à 4 poïces d’équarriflàge , liées enfomble par deux entre-toifos G, H, Sc portées par les quatre pieds de pareil bois, C, D, E, F ; deux de ces pieds D & F, font affomblés fermes & fiables dans la jumelle B, à tenons & mortaifos, & l’affleurent par-devant; les deux autres CE, ne font liées enfomble que par la longue traverfo MN, qu’on tient large d’environ 9 pouces, à tenons doubles : ils font mobiles en-haut, & ne tiennent à la jumelle A que par une charnière de fer chacun, que l’on y attache, ainfi qu’à la jumelle, avec des vis à bois en dedans, comme on le voit en O, fig. 6. La traverfo de bois / K, eft mobile en I> comme centre, for une vis de fer, & par l’autre bout K, vient s’accrocher par fon entaille dans une fomblable vis de fer qui tient au pied, & qu’on ne démonte pas. On comprend aifément que cette traverfo tient les pieds C, D, dans un écartement convenable ; & lorfqu’on décrochera la traverfo en la faifànt tourner jufqu’à ce quelle fo trouve tout à plat le long du pied C, vers O, le pied étant pliant en O à charnière, s’approche du pied D, l’Etabli fo plie, & n’occupera de place que de l’épaiffeur des pieds C & D : l’autre bout étant fait de même, s’approchera en même temps.
- La tablette L, qui a un petit rebord de trois côtés, s’attache à la jumelle A,
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- avec des petites charnières de fer , attendu qu’en ôtant le pilier qui porte une bafcule, & les Jeux poupées, on abat la planche L , & elle couvre les Jeux jumelles A, B, quand on ne travaille pas. Cette planche L fert à élargir l’Eta-bli, pour donner plus de commodité à placer les outils & l'ouvrage*
- §. VI. Defcîipdon d’une efpece de Banc qui fert pour ajfeoir le Tourneur en travaillant.
- A ? R e’s avoir donné la defcription des différents Bancs ou Etablis de Tour ^ il efl à propos de parler d’une autre efpece de Banc qui fert de fiége au Tourneur*
- Ce Banc ,fig. i, PL 3 y , efl: compofé d’une planche de bois ferme & liant, tel que le chêne , le noyer, ou le hêtre* de 4 pieds de longueur ou environ, fur 7 à 8 pouces de largeur, & d’un pouce d’épaiffeur ; il efl; fupporté par deux montants C, C,fig. 1 , qui y font affemblés par le haut à tenons & mortaifes, auflï bien que par le bas dans les patins D 9 D; 8c dans ces derniers ils font collés & chevillés , pour plus grande folidité. Ces deux montants font liés enfem-ble par une longue traverfe E, placée à environ 3 pouces au-deflus de 1 allé ni -blage des patins : à chaque bout efl: une vis de fer dont la tige quarrée efl: fichée à force dans cette traverfe , puis goupillée ; les bouts qui excédent, reçoivent un écrou à oreilles F, pour affermir ce Banc, & néanmoins pouvoir le démonter au befoin. L’écrou qui efl: à Tautre bout ne peut être vu , à caufe que ce Banc efl: repréfenté en perfpeétive*
- On place au haut 3c en dedans de ces montants, des équerres de fer d’une force convenable: on les attache en IK 9 tant dans les montants que fous la planche du fiége avec des vis à bois ; au moyen de toute cette petite armature, on peut démonter facilement ce Banc quand on le veut.
- Le deffus de ce fiége efl: rembourré de crin, & couvert de quelqu’étoffe ou de maroquin ; c’efl: un Tapiffier qui fait ce dernier ouvrage : toute cette garniture efl: clouée avec des clous de cuivre dorés ou autres, à volonté*
- Il efl: nécefïàire que cette planche foit pofée un peu obliquement fur les montants , d’environ un pouce fur fa largeur, de maniéré que le deffus de ce fiége foit un peu en pupitre, & que le côté le plus bas fe préfènte au Tourneur, afin que par cette pofition il ne foit point gêné en faifànt mouvoir la marche du Tour avec le pied : voyez la figure 2 , qui repréfente le bout de ce Banc garni de toutes fes parties affemblées.
- On rend ce fiége fiable, en le fixant à l’établi du Taur par deux moyens différents.
- i°. En attachant deux courroies de cuir de Ruflie , l’une au haut de chacun des montants C, C. La figure 5 repréfente cette courroie ; fon bout H efl revêtu de chaque côté d’une platine de cuivre, qui font rivées enfemble, le cuir entre-deux , au moyen de quatre rivures, une à chaque coin ; Sc c’efl par le trou qui efl au
- milieu ,
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- î. Section, Ch a?. Xï. Des Poupées de Tour a pointes en généraL 32 ÿ milieu , que paffe une vis à bois que Ton vifle ferme en dehors de chaque montant , de maniéré néanmoins que cette courroie puiffe tourner facilement, Sc pendre le long du montant lorlquè ce Banc eft fépâré du Tour;
- L’autre bout de la courroie L, efl: auffi armé de trois petites plaques de laiton r, 2 Sc 3, femblables à la première , & attachées de même par quatre rivures, & de chaque côté du cuir ; & les trous qu’on voit dans leur milieu , fervent à fixer ce fiége plus ou moins proche de l’Etabli du Tour, fuivant que les «pièces qu’on tourne font plus ou moins greffes, au moyen d’un bout de broche fiché à force dans le haut , à côté Sc en dedans du pied de l’Etabli.
- L’autre maniéré confifte en un crochet de fer, fg. 4 9 qui efl: attaché par Ibiï œil à un piton h, qu’on monte à vis en dehors , Sc en-haut du montant du Banc : à l’autre bout de ce crochet, on a réfervé trois dents * marquées 1,2 Sc 3 ; l’une ou l’autre de ces dents 1er t pour arrêter le fiége à l’Etabli, parce qu’on l’accroche dans un piton monté à vis en dedans du côté du pied du même Etabli, par ce moyen on peut s’approcher plus ou moins du Tour, enfe fervant de l’une ou de l’autre des dents du crochet. Ce qui vient d’être dit de ce crochet, doit s’appliquer au crochet femblable qui doit être à l’autre bout du Banc ou fiége du Tourneur.
- J’ai fait defliner la courroie Sc le crochet fiir une échelle double de celle qui Convient au Banc : on leur donne ordinairement 22 ou 24 pouc.es de longueur en tout.
- Article Second,
- Des Pùi ipées de Tour a pointes en générah
- §. I. Des Poupées quon nomme Poupées à pointes ordinaires Sc fîmples* fervant pour tourner de moyens & de petits Ouvrages re en bois , en ivoire, &c*
- ti es Poupées font, pour ainfi dire, partie de l’Etabli, Sc pourroient même ÿ être fixées à demeure, fi les pièces que l’on tourne n’étoient de différentes longueurs ; c’eft pour cela qu’on les fait mobiles entre les jumelles. Elles font faites d’une feule piece de bois; la tête 3fig. 2, PL 3 r, s’élève entièrement au-deffus de l’établi : la queue L entre dans la rainure ; Sc pour y pouvoir glifler plus facilement, Ion épaiffeur doit être un peu moindre que la largeur de cette rainure. On voit en A B, fig. 2, la coupe perpendiculaire des deux jumelles ; la queue L , de la Poupée prife entre deux, marque la largeur O de la rainure : la tête K efl appuyée par là bafe au-deflùs de l’établi ; Sc dans cette queue on fait une ouverture M 9fig. 3 , au-deffous de l’épaiffeur dès jumelles, de forte cependant que la diftance MB> foit quelque peu moindre que cette épaiflèur: on fixe cette Poupée où l’on veut, au moyen de la clef N> faite en coin lur fa Tourneur , I. Part. /. Secl. N 4
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- TOURNEUR MÉCANICIEN, !. Partie.
- 1 largeur feulement, & dont l’épaiffèur doit être égale d’un bout à l’autre, Sc telle qu’elle puifle entrer librement dans l’ouverture M : en chaffànt cette clef avec un maillet, on afîujettit la Poupée d’une maniéré inébranlable.
- II. Defcriptlon d'une autre efpece de Poupées a pointes, plus propres & pûâ commodes que les premières , & quon fixe avec des vis de fer.
- IL eft encore une autre maniéré de fixer les Poupées plus commode que lâ précédente, félon laquelle il faut toujours avoir le maillet à la main. La tête K de celle-ci ,fig. 2. & 3, PL 36, ne différé pas beaucoup de la précédente ; la queue L eft plus courte * Sc là longueur doit être un peu moindre que l’épaif feur des jumelles. On fait àu^deflbüs de h 5 au milieu de cette queue, fuivant là longueur Sc fon épaiflèur, un trou dont le diamètre eft déterminé par celui de la vis, qui doit ÿ entrer librement, Sc fa profondeur par la longueur dû cette vis : on fait en £ une ouverture, où doit être logé l’écrou de fer H, dont le trou réponde à celui de la Poupée en h , Sc fuivant le pas de la vis G F. Cette vis eft de fer, taraudée depuis G jufqu’en I ,fig. 3 > là tête forme un anneau F % Sc porte une embafe en N: elle doit paffer par un trou R, fait à la traverfe de fer P p, Sc un peu plus gros que le diamètre de la vis; Le petit talon m3 m, de la traverfe, doit entrer dans la rainure de l’établi, ce qui l’empêche de tourner quand on ne defferre la vis que pour faire avancer ou reculer la Poupée, à moins qu’en la delferrant on ne le faffe defcendre plus bas que les jumelles. La largeur qq, de la traverfe, eft telle quelle puifle paffer aifément dans la rainure de : l’établi, en dirigeant fa longueur fuivant celle de cette même rainure, de forte qu’on peut enlever tout à la fois la Poupée garnie de fà vis Sc de fa traverfe; Lorfque l’écrou H eft fixé dans l’ouverture en E, on recouvre cette ouverture avec un morceau du même bois, que l’on ÿ colle proprement, Sc on le fait affleurer d’un côté & d’autre du tenon de cette Poupée. On fent aflez qu’en ferrant la vis avec force , fà bafe N portant contre la traverfe qui eft placée à angles droits avec les jumelles, contre lefquelles elle appuie, la Poupée fera très-folidement arrêtée : on peut même ne l’afliijétir qu’autant qu’on le defire, ce qui eft très-commode dans certains cas.
- §. III. Defcription des Mantonnieres de Poupées a pointes faites en boisi
- m
- Une piece très-eflentielle à chaque Poupée, eft la Mantonniere XX 9figl I & 3 , PL 3 r , & fig. 4, PL 3 6: elle eft compofée d’une barre de bois X X, qui doit gliffer dans une ouverture ou mortaife faite à la Poupée Q, en la rem-pliffant exaélement, mais librement. Sur cette mantonniere eft ajufté, à tenons Sc mortaifes, le mantonnet Z, avec un talon £, pour le rendre plus fblide ; de plus, à la diftance d’environ un pouce ou un peu plus, on en place un autre de
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- ï. Section, Chap. XI. Des Mantonnieres toutes en fer poli y SCc. bois ou de fer, aflemblé à mortaife comme Ttu9fig. 4, PL 36. Lorfque ces deux mantonnets font de bois, on les colle 8c on les cheville pour les rendre très-folides ; fi au contraire on fait ce dernier en fer > comme à la figure y , Pl> 36, il faut le faire plus mince en tous fens, l’aflembler de même bien jufte , 8c le goupiller (*) ; ceft entre ces deux mantonnets que Ton place la barre qui fert de fupport à l’outil : on la fixe à la hauteur qu’on veut, au moyen de la vis Y y yfig. 4, PL 36 y laquelle paflànt à travers le haut du premier mantonnet Z 4 Va preflèr cette barre, dont on parlera dans la fuite, en décrivant les lupports ; ce fécond mantonnet T tu, fe loge dans une entaille r ,fig. 3 , faite exprès à la Poupée, 8c qu’il remplit exactement, de maniéré que fa furface intérieure affleure celle de la Poupée.
- Pour arrêter cette Mantonniere X\ la diftancé que l’on veut > on fait un trou à la Poupée enS3fig. 1 <5 3 , PL 3 r : on le taraude & on y met une vis de bon bois Y, dont la tête eft taillée à fix pans, ou plus ordinairement plate, comme elles font repréfentées dans cette Planche.
- Il ne faut pas omettre de réferver à ce dernier mantonnet Un talon t, fg. 4 j foit qu’on le fafle de bois ou de fer ; mais Ce dernier eft préférable, parce qu’il peut être plus mince, & l’entaille qu’on fait dans la Poupée étant plus petite , i’aSbiblit moins : il faut fur-tout lui conferver toute la largeur de fon arrafemenÊ tu9 parce que tout l’effort fe fait en ce fens> & qu’il pourroit fe renverfer par là preffion de la vis Y.
- Planche
- §. IV. Defcription d'autres Mantonnieres toutes en fer poli, & propres a mettre^
- a des Poupées a pointes*
- r Ceux qui népargtïent point la dépenfe, font faire ces Mantonnieres en fer $ telles que celle de la figure 5 , FL 36, elles n en font que meilleures. On les forge chacune toute d’une pièce ; enfuite on les lime bien droites : on leur donne beaucoup moins d’épailTeur,*^ elles ont néanmoins plus de force que celles de bois, que les Ouvriers préfèrent parce que cela leur coûte moinsi
- On voit la coupe en travers de cette Mantonniere H, fig. y : fon épaiffeu^ doit être égale dans toute fà longueur*
- Je penfe qu’il eft à propos de dire ici un mot fur la maniéré de faire cette Mantonniere, que les Forgerons ont quelquefois peine à rendre bien faine &' bien nette. Pour plus de facilité, on la forge de deux pièces^ ayant choifiun morceau de fer convenable , bien foudé ou corroyé un peu plus fort d’un bouc qu’à l’aütre, fuivant les dimenfions de la figure y : voyez l’échelle fupérieure qui eft au bas de cette Planche, qui marque 24 pouces ; on la coude en rond comme il eft repréfenté en t uo , de maniéré que la partie x 0 ut, forme une efpece de crochet; enfuite on amincit le talon 0 u, avec la panne du manteau, fuivant cette*
- (* ) Ceft arrêter une pièce avec une petite cheville de fer qui paflç à travers raffemblage*
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- yis TOURNÉ U R MÉCÀNÏCIEN, î. Pamœ.
- —. dire£Hon oblique : c’eft ce qu’on nomme amorcer, afin d’y fbuder à chaude*
- "t) -* i *
- L^CHE portée la branche de fer b k de femblable épaiffeur, Sc amorcée en o u de même ; 'enfùite on plie le coude xf9 que Ton renforme fur un mandrin de fer plat, qui remplit l’intervalle où doit pafler la barre.. En fuivant cette méthode, ôn épar^ gne bien de la peiné & de la dépenfe au Forgeron , Sc en même temps la piece efl: bien meilleure qüe fi on Tavoit enlevée toute d une piece dans une groflé fnaffe de fer: on a foin de voir fi elle neft point caiTéë dans des coudes; ceft Ce qu’on nomme cricquûres ou gerçures (*)*
- On voit en h9fig. J, là forme d’un petit reflôrt d acier que Ion attache dans fintervalle u9 au bas du grand màntonnet/', au moyen d’une petite rivure qui enfile le màntonnet Sc le reflort ^ dont on voit le trou en i : la fonction de ce f effort, efl: d’empêcher que le bout de la vis de fer ne s’imprime dans la barre ôu fupport.
- On me pardonnera cette petite digreffion fur la forge : elle paroîtra déplacée â ceux qui n’envîfàgeront que l’Art du Tour purement Sc Amplement ; mais je dois aux Artiftes , Compte de toutes les opérations qui fervent à fabriquer les inftruments & uftenfiles que je décris.
- On donne quelquefois une forme differente à là partie fupérieure des Pou-* pées ; c’eft lorfqu on veut que les centres des pointes tombent à-plomb fur le milieu de la rainure de l’établi. Oette forme confifte à les entailler ou échancrer en K ,fig. 2, auffi près de la pointe qu’il efl: poffible, afin de pouvoir appro-* cher le fupport très-près des menus ouvrages.
- Ces Poupées ne différent en rien des précédentes, & elles font garnies de§ mêmes pièces. Nous reviendrons à cette figure en parlant des pointes dont elles doivent être garnies, Sc en même temps nous expliquerons toutes les differentes pointes quon peut appliquer à ces fortes de Poupées, fuivant la magnificence ou l’économie de l’Artifte qui fait exécuter un Tour.
- §. V. Defcfipdon d'autres Poupées a pointes plus fortes, <§ propres pour tourner, les métaux, la pierre & autres matières dures*
- Les Tourneurs en métaux ou en pierre * fè fervent de Poupées plus fortes TSc plus maflîves que celles dont nous venons de parler : elles ne font pas échancrées, & ne portent pas de mantonnieres, parce qu’ils ont befoin, pour foutenir l’outil , d’un appui plus ferme que celui qui leur fèroit donné par la barre, & dont on pariera dans la fuite.
- Ces Poupées font repréfentées dans la Planche 37 , fig. ï, 2, 3 <5 4, et* différents fens , ou vues de divers côtés.
- La figure 1 repréfente cette Poupée vue de face du côté de la pointe; la coupe
- C * ) Ce font des fentes en travers : on les voit aifément quand la piece efl à moitié rouge, en la regardant dans l’obfcuricd.
- AB
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- I. Section, Chap, XI. Maniéré d'armer les Poupées de vis de fit, &c. 329 A B des deux jumelles fur lefquelles la Poupée repofe, Ion tenon entre-deux,
- & dans lequel entre la vis de fer F G , efl; beaucoup plus forte dans toutes fes * LA^CHE
- proportions, que celles qu’on vient de décrire. Cette vis pafle dans la traverfe
- de fer m m ,fig- r > dont on a déjà parlé ; toute la différence confifte en ce qu’on
- place l’écrou dans le corps même de la Poupée, en G : on le recouvre d’une
- pièce de bois collée , que l’on affleure à la Face de la Poupée , comme il a été
- dit précédemment. Il efl: aifé de concevoir que toute cette armature fert à rendre
- cette Poupée très-folide.
- §. VI. Maniéré (Farmer avec des vis de fer les Poupées a pointes propres
- d tourner les métaux ou de gros ouvrages, afin de les fixer folidement
- fur FEtabli du Tourneur.
- * /
- La Poupée reprêfèntée dans la figure a, PL 37, efl: armée par le bas de deux vis de fer f9f, dont les têtes font faites en pitons, Sc l’embafe h comme à l’ordinaire, excepté que le tout efl très-gros & très-fort. On ne met ordinairement qu’une vis ? aux Poupées qui n’ont que 7 pouces de^ hauteur depuis le Centre de la pointe, jufqu’à l’arrafement qui porte fur l’établi ; & cette vis doit avoir environ 10 à 12 lignes de diamètre, cela fuffit pour tourner des métaux d’une force moyenne, foit à la pédale & à la perche, ou bien à la roue, comme on le dira dans la fuite. Ces Poupées font faites fur l’échelle de a pieds qui efl: au bas de la Planche.
- Certains ouvrages extrêmement pelants & d’un gros dkmetre, tels que des cylindres de fer ou de cuivre, des focles ou de gros baluflres de pierre, demandent encore des Poupées d’autant plus folides , qu’elles doivent être plus éle.. vées, à caufe qu’on tourne ces ouvrages à la grande roue, & qu’on met fur l’ouvrage une poulie d’un grand diamètre ; alors on leur donne plus de hauteur de centre, & par conféquent il leur faut plus de groffeur. On peut leur donner la forme de cellesfig. 1 & a, en le fervant de l’échelle de 4 pieds, qui efl: tout au bas de cette Planche ; alors toutes les dimenfions font doubles des précédentes.
- Pour rendre ces Poupées inébranlables, il faut leur mettre deux vîsi/, m mf , telles que la figure a les repréfente, fans quoi les maflès qu’on leur fait porter les feroient renverfer au moindre effort, & feroient échapper l’oqvrage d’entre les pointes.
- Planche 37•
- \
- Tourneur , I. Part. I. Seci.
- O 4
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- Planche
- 37-
- Planche
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- 330 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie,
- 1
- §. VIL Autre maniéré de fixer de fortes Poupées fur VEtabli du Tourneur, en fie fervant de clefs de bois particulières.
- Ta 1 fait repréfenter dans cette Planche 37, fig- 3 & 4, les mêmes Poupées C8c D, propres aux mêmes ufàges, mais qu’on peut fixer par des clefs de bois p 3 q, en faveur des Artiftes qui ne veulent pas faire beaucoup de dépenfe ; toute la différence de ces Poupées ne confifte que dans la maniéré de les arrêter fur Tétabli. On fait leurs queues beaucoup plus longues : on y fait deux mortaifes L, M. La diftance de l’arrafèment de la Poupée à la môrtaife L ou M, doit excéder d’un demi-pouce l’épaifleur des jumelles A, B, fig. 3, & cet excès fe loge dans l’entaille de la piece de bois N, fig. 6 ; l’entaille d’une autre pièce aufîi de bois O, embrafîe le bas de la môrtaife, & c’eft entre ces deux pièces qu’on enfonce les deux clefs de bois p ,q, en fens contraire, en frappant de toutes fes forces avec un gros maillet , ou bien une mafle de fer, fig. 3 , PL 13 ; fi l’on n’avoit la précaution de mettre ces deux pièces de bois N , O >fig- 3 6, PL 37, les clefs pourroient marquer l’établi Sc les mortaifes de la Poupée, à caufe de la grande force qu’on emploie pour les faire entrer & ferrer les Poupées le plus qu’il eft poflible, pour les rendre inébranlables.
- Toutes les Poupées de Tour peuvent s’afîujettir par l’un des moyens qu’on vient d’indiquer1; chacun choifira la méthode qui lui conviendra le mieux.
- On n’oubliera pas que les mêmes formes des figures i,2,3&4,fe peuvent exécuter fur des dimenfions différentes , en fe fervant de l’une ou l’autre échelles qui font au bas de la Planche 16 ; car celle de defîïis eft de 2 pieds, & celle de deffous eft de quatre , ce qui double les dimenfions.
- §, VIII. Defcription d’une forte de Clef de bois, fervant a fixer des Poupées de Tour , de maniéré quon na pas befoin de frapper dejfus.
- La figure 5, PL 35 , repréfente une Clef toute de bois, qu’on peut faire foi-même, & qui a cela de commode, qu’il ne faut point frapper deffus pour s’en fèrvir, & qui, par conféquent, ne caufe aucun bruit en travaillant.
- ABC DE, fait voir cette Clef en perfpeéli ve & toute complette ; le corps dé la Clef A B, eft d’environ 8 à 9 pouces de longueur, fur 2 pouces de largeur, & ir à 12 lignes d’épaiffeur ; fà tête A eft plus épaiife, afin d’y pratiquer un trou taraudé fuivant fà largeur, pour recevoir la vis DC, dont la tête eft tournée , puis applatie de chaque côté, ce qui forme un ovale, & en même temps donne de la prifè pour la ferrer avec plus de force. Cette vis C, paflànt à travers la Clef, va preffer un reflort de bois en D 3 dont le bout E eft attaché fur le champ de cette Clef avec trois clous-d’épingle.
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- I. Section> Cètap. XI. Des Pointes de Tour. 331
- Ce reflbrt doit être d'un bois liant, & de la forme de >fig.6> où l’on voit les trois trous qui fervent à 1 attacher en e.
- Le profil ah , même figure , fait voir cette Clef fur fon champ, autrement dit fbn côté.
- La figure 7 repréfente cette Clef en place ; 1 8c 2 font voir la coupe ou le bout des jumelles ; 3 , repréfente une partie de la tête d'une Poupée ; 4, repréfente fbn tenon , dans lequel eft enfilée la Clef A B avec la vis C, qui, paflànt à travers la Clef, va prefler le reflbrt de bois en Z), lequel 9 à fbn tour, prefle la jumelle 2, & par conféquent tient la Poupée fiable.
- Il eft à propos d'avertir que lorfque le Tourneur eft d'une haute ftature, il faut qu'il place cette Clef à rebours des autres, c’eft-à-dire, que fbn genouil fe rencontre vers B, pendant qu'il fait aller la pédale dont on parlera dans la fuite.
- Cette efpece de Clef eft très-commode par fà fimplicité, mais elle ne peut feryir que pour de légers ouvrages.
- Article Troisième.
- Defcription de différentes fortes de Pointes de Tour.
- §. I. Des Pointes ordinaires & fimples, quon nomme Pointes coudées.
- D e toutes les Pointes en ufàge chez les Tourneurs, les plus ordinaires font celles que repréfente la figure 6 ; IA B CD, eft une piece de fer de trois quarts de pouce d'équarriflàge , coudée en A 8c en B : on drelîe toutes les faces A, B, C3 à la lime b(ien d'équerre ; le cône ou la pointe L /, doit être tout d'acier bien fàin, foudée au bout de la branche A, 8c limée le plus rond qu'il eft poffible, enfuite trempée 8c revenue jaune.
- La queue C D doit être taraudée en vis pour recevoir un écrou de fer quarré ou d’autre forme , à volonté, fervant à fixer la pointe fur la Poupée K,fig. a & 3 . On peut même, par économie, fe difpenfer de tarauder le bout.
- Le corps PB doit avoir environ 2 pouces un quart ou 2 pouces 8c demi, en mefurant depuis le centre ou l'axe AI, jufqu’au centre ou l'axe de la queue B D : voyez l'échelle d'un pied qui eft au bas de la Planche.
- La partie B D , paffe à travers de la Poupée ,# & la tête A I doit fe trouver le plus près qu’il eft poffible du bord intérieur de cette Poupée ; 8c pour laiffier plus d'épaifleur au bois, on lime la partie AL de cette branche de forme oélo-gone , ou à huit pans.
- On place cette Pointe obliquement dans fà poupée, afin que l'on puifle approcher la barre ou le fupport des pièces qu'on tourne lorfqu'elles font d'un petit diamètre $ fi la pointe n'étoit pas coudée, on feroit obligé de percer la
- Planche
- 3£<
- Planche
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- Planche 3 S.
- 332 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- * poupée fort près de l’angle den-haut, ôc le trou étant trop près du bord , le bois feroit en danger de s’éclatter au moindre -effort ; c’eft pourquoi on a pris le parti de faire un double coude à la pointe, alors la queue D B traverfe la poupée dans le milieu du bois, où il eft dans toute fa force. On fait fur la face inté* rieur de chaque poupée , une entaille en biais, dans laquelle on loge bien jufte le corps A B de la Pointe, de maniéré que la furface B affleure le bois de cette poupée. On a foin de limer les deux faces de ce corps AB3dt forte que la face intérieure A, foit plus étroite de peu de chofe que la furface extérieure B , afin de donner à la Pointe un peu Centrée dans le bois, en terme d’Ouvrier.
- Cette opération d’ajufter les Pointes fur leurs poupées, a fes difficultés ; car il faut avoir grand foin que ces deux Pointes fe répondent exactement, c’eft-à-dire, que Taxe AI de chacune foit dans un même alignement.
- §. II. Defcription d'une autre forte de Pointe droite, SG à vis a bois.
- En perfectionnant tous les Arts, 3c rendant plus commodes tous les uften-files qu’on y emploie, on a trouvé que ces Pointes étoient gênantes , parce qu’en travaillant , l’ouvrage fe relâche ôc prend du jeu ; on ne pourroitle relferrer qu’en frappant fur le derrière de la poupée avec un maillet de bois ou une maffe de fer ; mais ces coups répétés brifont à la longue les poupées , 3c fouvent fendent ou éclatent l’ouvrage» Pour remédier à cet inconvénient, on fait une des Pointes à vis à b, PL 31, fig. 1 & Vignette. La poupée eft percée d’un trou taraudé pour recevoir cette vis, dont l’autre bout porte une manivelle ajuftée quarrément, & qui fort à la faire tourner plus ou moins, félon le befoin.
- Il eft à propos que le corps de cette Pointe, qui eft à vis, foit taraudé d’un pas tranchant par le bord, & beaucoup plus vuide que plein, afin qu’il refte plus de bois dans la poupée; & comme on déviflè ou reviffe fouvent cette Pointe^en travaillant, on ufo moins le trou qui la reçoit Nous entrerons dans un plus grand détail, fur la conftruélion d’une telle Pointe, dans la fuite, en parlant de la maniéré de travailler le fer & l’acier.
- §, III. Defcription d3une autre forte de Pointe coudée & tournée d moulures.
- Ceux qui aiment les ouvrages recherchés, ont des Pointes dont le cône IM 9 fig* 6 9 PL 3 6 ,Sc l’embafo K, font tournés ; pour cet effet on réferve plus de groffeur à la branche IM K A, de maniéré que l’embafo K couvre le haut de l’entaille dans laquelle fe loge le corps A B de cette Pointe, qu’on nomme ordinairement Pointe d vafe tourné: On verra dans la fuite, en parlant de la maniéré de tourner le fer, celle de tourner ces fortes de Pointes , qui , du refte, fe font & fe placent comme les Pointes coudées fimples.
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- I. Section s Chap. XI. Des Pointes de Tour droites, SCc. 333
- §. IV. Defcription d’autres Pointes de Tour droites, d L’ufdge de ceux qui tournent de petits ouvrages en bois , ivoire & en métaux ; avec la manière de pofer ces Pointes dans leurs Poupées.
- Des Pointes droites dont fe fervent ceux qui tournent les métaux.
- Les Tourneurs en métaux fe fervent de Pointes droites, telles que celles = Dy Ay I, F, G 9fg. 8, PL 36. La première DC AIy eft compofée de deux parties principales ; favoir, le corps CA, qui eft quarré , & la tête AI, qui efl ronde & tournée en vafe. On doit fe fouvenir que le cône de cette Pointe doit être de bon acier ; pour la gorge ou feotie, elle peut être de fer, ainli que l’embafe B b tournée comme on fa dit. Le corps AC peut être très-bon en fer d’un petit pouce en quarré, & un peu en diminuant depuis A jufqu en C, afin de lui donner de l’entrée dans la poupée : cette longueur doit être un peu moindre d’un quart de pouce, que l’épaiffeur de la poupée , afin que la vis D & fon écrou hexagone la prelfent par derrière , & affurent parfaitement cette Pointe. Lorfqu’elle eft tournée, on la trempe comme les précédentes.
- L’autre Pointe , qui fert de compagne à celle-ci, eft différente en ce que lé corps eft tourné cylindriquement, & taraudé en vis d’un pas tranchant triangulaire d’un bout à l’autre, depuis le gros de la pointe Ff, jufqu au col de la tête G g, fig. 8 , qui eft tournée de la forme d’une efpece de fphéroïde applati fur fon axe Ih y autrement dit comme une pomme ; on fait tout à travers cette tête un ou deux trous qui fe croifent, & toujours perpendiculairement à l’axe Ih 9 ce qui forme quatre trous fur la circonférence G g \ ils fervent à recevoir une broche de fer qui fait l’office d’un levier, pour avoir la force de faire tourner la vis dans l’écrou de la poupée. On tourne une petite moulure de chaque côté de la tête de cette Pointe, pour l’enjoliver. Le cônelFf eft d’acier tourné. On tourne cylindriquement la partie qui eft entre le cône & le commencement dé la vis, & au même diamètre du fond du filet. On adoucit le dernier tour de vis un peu en pente du côté des filets, afin qu’il ne fe renverfè point, & ne coupé pas les doigts lorfqu’on y touche en travaillant.
- La Poupée qui reçoit cette Pointe , doit être percée d’un trou taraudé dans le bois, & du même pas. Il faut une attention finguliere pour bien fafre ce trotf dans la poupée ; car il doit être égal de diamètre d’un bout à l’autre , parfaitement parallèle d’une part au plan de l’établi, & de l’autre fuivant la dîreélion dé la rainure de cet établi. On fe fert, pour tracer ce trou „ du triangle du Menui-fier , ou d’une équerre à chaperon , avec le trufquin, après quoi on le taraudé. Je décrirai dans la fuite un tarau fingulier, que j’ai imaginé pour tarauder parfaitement la place de* ces vis dans les poupées.
- Il faut Laifïer la tête de la poupée un peu haute, de crainte que le bois lié Tourneur, LPart.I. Secl. P 4
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- 334 TOURNEUR MÉCANICIEN^ I. Partie. s’éclatte en taraudant le trou qui doit recevoir la vis ; enfuite on coupe ce (urplus Planche fc>0is, Sç on finit la poupée comme il convient. La vis doit remplir le trou de la poupée bien exaélement, de maniéré quelle tourne avec un peu de peine, en fe fervant d’une broche de fer paflee dans les trous de la tête, comme on Fa dit. * /
- Ces fortes de Pointes font ordinairement placées de maniéré qu’une ligne verticale qui pafleroit par leur centre , tombât fur le milieu de la rainure de l’établi ; & comme il eft également avantageux que la barre ou fupport puiffe approcher du centre , autant qu’il eft polîible , on échancre le haut des pou* pées comme on le voit fig. 2 <5 3 , où cette efpece de poupée eft échancrée ou entaillée en K 9 pour recevoir la barre.
- On renvoie le Leéteur à la figure 2, qui a déjà fervi à expliquer la maniéré de placer les Pointes coudées, afin de ne point multiplier le nombre des Planches.
- Comme ces Pointes font de moyenne grofleur, de même que leurs poupées, elles peuvent fervir à de petits ouvrages en métaux, ainfi qu’aux ouvrages en bois & ivoire.
- §. V. Autre maniéré de faire des Pointes droites toutes deux a vafe,
- tournées & a vis.
- Les Amateurs qui voudront que les deux Pointes fe reffemblent par le vafe, peuvent les faire faire pareilles à la première, décrite dans la figure 8, dont le corps eft quarré, & la tête en vafe, tournée, &c ; mais le corps DCA doit être rond & cylindrique depuis farrafoment de Fembafe B b1, jufqu’à l’autre bout D : on doit même tenir ce corps plus long d’environ un à 2 pouces, en-fuite tourné & taraudé en vis à filets triangulaires , comme l’autre vis dont on vient de parler : on la monte à vis dans le bois de la poupée , comme on Fa dit, & alors les deux Pointes qui fo regardent font femblables. Le bout D eft un quarré infcrit au cercle du diamètre du fond du filet, ou autrement du nud de la vis : il doit être long d’un pouce, tout au plus, pour recevoir une clef de fer dont l’œil foit ajufté bien jufte fur ce quarré, & qui fort de levier pour avancer & reculer cette Pointe.
- Lorfque desMeux Pointes, l’une eft mobile, on place la poupée où elle eft, à la droite du Tourneur, afin qu’il ait plus d’aifance pour la faire agir ; au contraire , la Pointe dont le corps eft quarré, fe place ordinairement à gauche de l’Artifte ; Sç cette poupée reliant toujours fiable & immobile, fe nomme la ' Poupée dormante , parce qu’on fait toujours avancer & reculer celle qui eft à droite, félon la longueur des pièces qu’on a à tourner.
- Comme on eft quelquefois dans la nécefîité de retourner l’une de ces poupées devant derrière, & fouvent même toutes deux, lorfqu’on tourne des pièces dont le bout fe termine en pointe, alors le trou du centre de la Pointe
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- I. Section, Ghap. XI. Autres Pointes de Tour fans vafe ni têtes, &c. 33 £ par derrière * reçoit le bout de l’ouvrage. On pique aufli à l’entour du trou du centre des Pointes, de petits trous qui fervent à placer les centres pointus des très-petits ouvrages, obfervant feulement de placer les pointes de l'ouvrage dans les trous correfpondants d’une Pointe à l'autre.
- <§. VI. Autres Pointes de Tour fans vafe ni têtes, & qui font infiniment plus commodes pour un Tourneur Mécanicien.
- À f 1 n de perfeétionner, autant qu’il étoit poflîbte, un inftrument fi nécef-fàire au Tourneur, j’ai imaginé de faire deux Pointes pareilles, telles que celles qu’on voit fig. I, %, 3 & 4, PL 37: elles font tournées cylindriquement par le corps , & taraudées fuivant leur longueur, comme les précédentes, Sc d’environ 3 pouces glus longues que l’épaifleur de la poupée : elles ont le même cône K par un bout, en acier tourné & trempé ; l’autre bout G eft taillé en hexagone, infcrit au plus grand cercle ou diamètre de la vis, de laquelle il eft féparé par un aftragale b, entre deux quarrés tournés proprement. Cette partie hexagone eft faite de maniéré qu’elle entre jufte dan? la partie N de la clef de fer, fig. 5*, de maniéré qu’avec cette clef on peut, en faifimt tourner la vis, la ferrer plus ou moins, à volonté.
- La propriété de ces Pointes, eft de laifler approcher les fiipports très-proches de l’ouvrage quand on retourne les poupées, puifque le diamètre de l'aftragale n’excede pas de beaucoup celui de la vis, Sc qu’au contraire les têtes des Pointes à vis G 9 gifig* 8, PL 3 6, font bien plus grolïès.
- On place ces Pointes ordinairement de maniéré que le plan vertical de leurs pointes paffe jufte au milieu de la rainure de l’établi.
- On ne fauroit trop infifter fur l’attention qu’il faut apporter pour faire ces fortes de Pointes bien droites & bien cylindriques ; de les placer parallèlement au plan & à la rainure de l’établi.
- On peut auflî tourner ces poupées devant ou derrière, pour fe fesyir de l’un ou de 1 autre bout de ces Pointes, fuivant le befoin. U faut fe fouvenir que l’échelle qui eft au bas de la Planche 37, numérotée pour % pieds, eft pour les poupées de moyenne grolfeur ; Sc que celle numérotée 4 pieds, eft faite pour des poupées doubles en dimenfions dans toutes leurs parties. Le trou taraudé doit être percé avant de finir Sc de raccourcir le haut de la tête de la poupée. On verra dans la fuite le tarau propre à ces Pointes.
- Planche
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- TOURNEUR MÉ CANICIEN, I. Partie. Article Quatrième. Defcription de la Perche y de VArc & de fes Piliers.
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- §. I. De la Perche fimple pour le Tour,
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- Planche
- 3*.
- 25 La Perche eft un reflort de bois qui fert à faire relever la marche ou pédale que l’impulfion du pied dü Tourneur fait bailler ; il faut donc la choilir dun bois franc, droite fans noeuds, autant quil eft poflible, & bien élaftique: on prend ordinairement de l’érable ; on lui donne environ 8 pieds de longueur, quand la place le permet, fur un pouce & demi ou 2 pouces moins un quart de diamètre : on lui laiflè fon écorce, ce qui l’empêche de trop fécher. On l’atta-che au plafond, de maniéré que le bout le plus menu D, fig. I, Vignette, PL 31, où la corde eft attachée , la fafle paffer perpendiculairement au milieu de la rainure*des deux jumelles A, B, & même un peu plus du côté du Tourneur, que de la jumelle oppofée.
- Il y a plufieurs maniérés d’attacher cette Perche au plafond 5 les uns fe fervent d’un tire-fond de fer, que l’on vifle fortement dans une foiive, & dans l’anneau duquel pafle la Perche ; ce tire-fond lui fert de point d’appui, & eft place à un pied de diftance du gros bout C de la Perche, qu’on ne doit point planer ni amincir. On fait relever le bout D jufqu’à ce qu’il foit à un pouce près de toucher le plafond, en attachant à 'ce plafond une planche fur fon champ , & fur l’épaifleur de laquelle on forme plufieurs crans en arcs de cercles, dans lefquels le gros bout C de la Perche repofè , félon que le Tourneur veut que la corde 9 qui eft liée en D, tombe perpendiculairement à tous les points de la longueur de la rainure de l’établi. On connoît fi le reflbrt de cette Perche eft fuffifàmment fort, lorfqu’en y attachant un poids de 20 à 24 livres , le bout D de cette Perche baifle«d’environ 15 pouces ; car fi elle étoit trop roide, l’Artifte fatigueroit beaucoup, ayant à vaincre la roideur du rèftort, & la réfiftance de la matière qu’il veut couper avec l’outiL Si au contraire il étoit trop foiblela Perche feroit trop parefleufe à relever la marche, fur-tout fi l’ouvrage étoit pelant > ou d’un grand diamètre ; c’eft pourquoi aftez fouvent on avance ou l’on recule la Perche de D en C, afin de pouvoir augmenter ou diminuer l’élafticité de cette Perche fuivant les circonftances. x
- L’autre maniéré d’attacher la Perche au plafond, comme font les Tourneurs, c eft en viflant deux tire-fonds G, G, fig. 1 , Vignette, dans lefquels on pafle un bâton AT, qui fert de point d’appui ou de chevalet à la Perche. Le bout C eft percé, & dans ce trou pafle un morceau de bois, dont le bout eft diminué pour fervir de pivot à la Perche , afin quelle puiffe parcourir toute la diftance qui eft entre les deux tire-fonds G, G.
- D’autres
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- I. Section, Chap. XI. De là Perche, de l'Arc, &c* $ 37
- D*autres font ce chevalet tout en bois, en prenant deux bouts de planche G 9 G 9fig. 1, Vignette, qu’on attache au plafond , fur-tout fi ce font des foli-Ves apparentes ; ils font percés de deux trous, dans lefquels pafle le bâton Jfï qui foutient la Perche. Le tafleau A, & fon pivot perpendiculaire , la relèvent à un pouce du plancher par fon bout D, afin qu’en aucun cas elle ne puiffè venitf toucher la tête du Tourneur.
- D’autres enfin font ce chevalet ou fupport H de la Perche tout en fer, en faifànt couder un fer en forme de fût de vilbrequin. Chacun imagine des moyens fuivant fon génie , ou félon la place ou la fituation de l’Atelier.
- Beaucoup de perfonnes ne deftinant pas une piece de leur appartement à former un Laboratoire , ne veulent ni laiflèr au plancher une Perche qui le défigurerait , ni même l’attacher à ce même plancher, ce qui le gâte encore beaucoup ; pour ne rien laifler à defirer à chacun de mes Leéteurs, je vais décrire un Tour pliant 8c portatif, for lequel fe place la Perche, & qu’on peut emporter tout entier où l’on veut.
- La figure 5 , PL 34, repréfente ce Tour tout monte. Quant au banc ou établi , on reconnoîtra aifément que nous en avons déjà parlé. La Perche eft fixée derrière fur la planche M N, dans la direction de la ligne ponéluée Q ; & pour cela on plante deux forts tire-fonds à un pied de diftanee l’un de l’autre, ou environ , de maniéré que le gros bout de la Perche étant enfilé dedans , y foit ferme, & dirigé obliquement de P en R, fans cependant que le bout R puiffè toucher à terre. Cette Perche ne peut être plus longue que l’établi ; c’eft pour-; quoi il faut qu’elle foit foible, & fon point d’appui fort éloigné du petit bout R, afin quelle foit bien élaftique. On attache, en R9 une corde qui monte & ya fo fixer en S * au bout d’un levier S T, mobile au quart de fa longueur, au point £7, dans la chappe ou fourchette du pilier de bois qui pafle à travers la tablette L, & dont le bout d’en-bas eft entaillé en enfourchement pour embrafler le haut de la traverfe M : on voit que la corde liée en T, defcend & fait tour-i lier l’ouvrage par l’impulfion que reçoit la marche JT. Il faut faire ce levier d© bon bois ferme & liant, le tenir un peu plus gros en £7, où il fouffre le plus grand effort. -
- On voit clairement que la diftanee S U n’étant que du quart de la longueur to-i taie du levier, ce même bout S ne parcourra que le quart de i’efpace que l’autre bout T doit parcourir dans un même temps ; & le bout R de la Perche fera peu de chemin, & pourra avoir un fort reffort: le bout T du levier, tirant beau-, coup de longueur de corde, fera faire bien des révolutions à l’ouvrage qu’on tourne.
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- Tourneur } I. Part. I. Seck
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- Planche
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- 33g TOURNEUR MÉCANICIEN I. Partie.
- §• IL Defcription d’un Arc de bois, SC de la maniéré de le monter fur un Tour:
- i Lorsque Iendroit ou 1 on tourne eft fort bas, comme de 6 à 7 pieds de hauteur, on courroit rifque de fè frapper la tête avec la perche ordinaire, chaque fois qu’on abailîe le pied; alors on lui fubftitue un Arc de bois ou d’acier; Le premier, repréfènté dans la Planche 52, fig. r , eflr de bois élafti-que, tel que l’érable, ou autre bois liant, long de 3 ou 4 pieds, & fort du milieu : on le diminue en venant jufqu’aux deux bouts, auxquels on fait une petite encoche, afin d’y attacher la corde qui doit bander l’Arc ; on enfile fur cette corde une petite chappe portant fa poulie, le tout en bois très-mince, pour n’être pas lourd ; ceft à cette chappe que tient la corde qui fait tourner l’ouvrage. -
- Il eftaifé d’imaginer des moyens d’attacher cet Arc au plafond : ici il paffe dans une efpecede poupée de bois Z, traverféepar le haut d’une barre IK : celle-ci eft fbutenue par deux piliers auffi de bois G, G, cintrés dans leur longueur, de maniéré que la joue de devant de fenfourchement A, fig. 2 , même Planche * dans laquelle fe place la barre IK, fig. I, fe trouve correfpondre perpendiculairement au côté intérieur de la rainure de l’établi, en Z, afin que la corde ne touche point au vifàge du Tourneur. Au bas de ces piliers G, G, on emmanche à tenons & mortaifès, les patins E 8c F; ces patins fervent en même temps de rebords à l’établi : on les y attache avec des vis de fer, qu’on nomme vis à boisi Ces patins font ravalés en feuillqre en dedans, & repofent delïus l’établi : on y ajufte une tringle de bois F F, fig. 1, qui lie les deux montants enfèmble, & fèrt en même temps de rebord à l’établi par derrière.
- On voit qu’on peut promener l’Arc d’un bout à l’autre de la barre IK : on le fixe où l’on veut au moyen d’un coin Y, qu’on ferre avec un marteau.
- $••111. Defcription d’un autre Arc de bois plus élafiique que le précédent, avec la maniéré de le monter pour s’en fervir ; & quelques remarques fur la confiruclion d’un nouvel Arc d’acier , compofé de plufieurs lames oit
- La figure r, PL 38, repréfente un autre Arc de bois plus élafiique, 8c pai conféquent beaucoup plus commode que celui qu’on a expliqué au Paragraphe précédent.
- Cet Arc eft compofé de trois efpeces de lames de bois de fapin le plus fin ^ & dont la maille foit très-ferrée, tel qu’on s’en fert pour faire des tables de cia-; vecins, de Bafles-de-viole & autres inftruments de mufique ; on a foin de choifir ce bois de maniéré que là maille fe trouve fur le champ, c’eft-à-dire, qu’il faut que les fibres ligneufes foient apparentes fur les plans de chaque feuille ou lame j
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- I. Section, Chap. XI. Defcription d’un Arc de bois, 339
- & c’eft ce qui arrive lorfqu’en débitant l’arbre, on le refend d’abord par quar-tiers • fuivant la direction des lignes A 9C 9 B 9 D 9 Jig, 4, Sc enfuite foivant la Planche direction des rayons E 9F9 G, H,/; alors on enleve à la varlope le côté du cœur de l’arbre, Sc on égalife chaque lame dans toute là largeur ; la première lame doit avoir 3 pieds & demi de longueur en tout, depuis A jufqu en B ± fîg. 1, fur 3 pouces de largeur bien égale d’un bout à l’autre ; Sc pour épaifleur , elle doit avoir environ 3 lignes Sc demie dans Ion milieu, & aller toujours en diminuant vers chacun de les bouts, jufqu’à % lignes Sc demie, le plus égaie-ment qu’il eft poffible de faire en les rabotant, & for-tout obfervant l’égalité de largeur d’un bout à l’autre. La féconde lame doit avoir 2 pouces de moins en longueur que la première, & fa largeur doit être égale à celle de la précédente ,
- & de 3 lignes d’épaïflèur au milieu, en diminuant, de maniéré que chaque bout fe réduit à 2 lignes d’épaiffeur. La troifieme lame n’a que 3 pieds 2 pouces de longueur en tout, for 3 pouces de largeur d’un bout à l’autre, comme les deux premières, Sc % lignes Sc demie d’épaiflèur .dans fbn milieu, & en diminuant peu-à-peu en allant par chacun de fes bouts , pour fe réduire à une ligne & demie d’épaifleur par fes extrémités. On les arrête enfomble à plat l’une fur l’autre, au moyen de quatre petits clous-d’épingle qui les traverfent toutes trois vers leur milieu, Sc qui, en même temps, traverfent les plans inférieurs#.de l’étrier D 9fig.l, Sc c d3fig. 7, 8 & 9 , comme on le dira plus bas, obfervant de placer la plus courte lame en premier, la moyenne au milieu, Sc la plus longue par-deflus les autres, de maniéré qu’elles fe dépaflent d’un pouce l’une l’autre par chacun de leurs bouts, & que la plus longue les couvre toutes.
- Les bouts de ces mêmes lames font coupés à angles droits for leur largeur, Sc un peu en chanfrein arrondi fur l’épaifTeur. On a foin auflï, avant de les attacher enfemble, de les frotter avec un peu de fàvon blanc d’un bout à l’autre fur leurs plans qui fe touchent, afin de faciliter le frottement quelles éprouvent en fléchiflànt ; enfuite on arme les deux bouts de cette grande lame d’une plaque de cuivre ou laiton, d’environ 3 pouces en quarré, Sc dont les deux côtés qui excédent font rabattus d’équerre, pour embraffer Sc contenir les côtés tout près des bouts de ces trois lames : on m leur laifîe que la liberté de gliflèc fuivant leur longueur, en gardant toujours leur même direction. A B, Jig. 3 , fait voir le plan de cette plaque fous des dimenfions doubles, afin de rendre les objets plus fenfibles ; ainfi A C, Jig. 3, ne repréfente que la moitié de ce même Arc vu par-deflus* a b c, Jig. 6 , repréfente la coupe ou profil de cette platine de laiton ; a Sc b, font les côtés qui embraflent Sc dirigent les trois lames ; Sc c repréfente le plan A B qui les couvre. D ScE9 font deux trous de % lignes de diamètre, dans lefquels pafle la corde qui fort à bander cet Arc. Les quatre autres trous numérotés 1,2 , 3 & 4, font très-petits, & fervent à pla-; çer de petits clous de laiton , afin d’attacher folidement cette platine fur le bout de Y extrados de ce même Arc, lequel, par fon autre bout, doit être armé de la.
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- tourneur mécanicien, i. partie,
- même maniéré. Cette double armature fert à empêcher que les bouts des lames Planche ne s’éclatent par les efforts de la corde,
- La figure 2 repréfente la moitié de ce même Arc vue fur l’épaiffeur des lames ; A B C & D E F, qui font des lignes ponéluées, repréfentent les endroits où finiflent les bouts de ces mêmes lames, qu’on fait voir à travers le côté de l’armature de laiton 3 8c 4, comme fi elle étoit tranfparente. Cette figure 2 eft faite fur une échelle double en dimenfions de la figure r.
- La figure $ repréfente cette même plaque de laiton vue par dedans en perfi peétive; la partie Al F 9 repréfente l’un des ailerons qui embraffent les trois lames de fipin par leurs côtés : on voit bien que cet aileron eft plus élevé au plan de cette plaque depuis I jufqu’ert F, qu’à l’extrémite A , parce que cette pre-; miere partie doit embraffer lepaifleur des trois lames de lapin tout à la fois ; & qu’au contraire la partie A n’embrafle qu’une lame , qui eft la grande ; c’eft pourquoi ces ailerons vont en diminuant en hauteur. L’armature de l’autre bout eft faite tout de même que celle-ci.
- Il refte à décrire la maniéré de conftruire ces armatures;
- Maniéré de fabriquer, avec du laiton, VArmature d'un Arc de bois
- de fapin, à trois lames«
- Pour faire l’armature des deux bouts de cet Arc À B, fig. r , PL 38, coupez à même une planche de laiton une plaque de 4 pouces & demi de Ion-; gueur , fur 3 pouces de largeur , & d’une ligne d’épaiffèur, choifie bien nette j fins pailles ni gerçures ; dreflèz cette plaque for une enclume, en frappant adroitement avec un maillet de bois, ou bien placez-la fur le bout d’un billot de bois dur Sc droit, & frappez avec un fort marteau à petits coups, afin de ne la pas écrouir ; enfuite dreflez avec une lime les côtés A G & /H, fig. ÿ, de maniéré qu’ils foient à la réglé & parallèles entr’eux ; 3c lorfque ces plaques font droites ; tant fer les plans que for les deux côtés, on les fait recuire en les plaçant fot les charbons ardents fins fouffler ; & lorfqu’elles font- rouge couleur de cerife on les ôte du feu doucement , de crainte de les caffer, on les pofe fur la cendre ; lorfqu’elles font froides, on applique l’équerre à chaperon, fig. 2 PL 9, le long du côté A G9 qu’on a limé; enfuite menant une pointe d’aciet, for le long de l’autre branche, on trace la ligne G H, qui fe trouve à angle; droit avec le côté A G, fig. 5 ; après cela, avec la même équerre qu’on retourne on trace la ligne A F, diftante de celle GH, de la largeur jufte des lames d^ l’Arc.
- Il n’eft plus queftion que de plier ces lames, afin de relever les ailerons A FIScGHB, qui doivent être bien d’équerre au plan, & embraffer jufte les cotés de l’Arc ; & pour faire cette opération proprement, promptement & fins mâcher le cuivre, on fe fert d’une mordache ouplsyon de tôle N O P9fig- de
- lepaiffeut
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- î. Section, Chap. XI. De V Armature en laiton pour un Arc de bois. 341 fépaifleur d’un liard, tout au plus : on la fait recuire rouge ; & lorfqu’elle eft refroidie , on la plie vers O 9 de maniéré que le bout JY vienne joindre à plat le bout P. On a foin de mettre entre deux une cale, foit de fer ou de cuivre, de fépaifleur de la plaque de laiton ; enfuite on dreflè à la lime les bords JY, O, P, enfemble 5 en les ferrant dans fétau, la cale entre-deux , après quoi on ôte les bavures que la lime peut avoir faites aux côtés. Cela fait, on giifle cette mor-dache le long de la ligne G H, fig. y , de maniéré que le côté drefle P O, fig. ïq, s’applique exaélement le long de cette ligne G H ; enfuite on place le tout dans un fort étau , tel que celui qui eft repréfentéfig. 1, PL 7, en faifànt attention que le bord de la mordache de tôle, 6c le trait de la plaque de laiton qu’on veut plier, foient à fleur du deflùs du mords de fétau, que l’on ferre fortement ; enluite prenant un fort marteau du poids d’environ 3 livres, au moins, on ren-verfè l’aileron B G fur le mords de l’étau , en le laiflant plus ouvert qu’un angle droit ; car fi on le fermoit trop, on cafleroit le laiton en rouvrant cet angle. Pour faire venir l’arête à angle vif, il faut prendre un autre marteau du poids d’une demi-livre, au plus, puis frapper à petits coups redoublés le long de l’arête avec la panne de ce marteau, que l’on dirige fuivant l’obliquité des lignes a b y c d 9 g h, ik ,fig. 2 ; enfuite on recommencera la même opération en fens contraire, fans deflerrer l’étau , & dirigeant la panne du même marteau fuivanc l’obliquité des autres lignes 4i9 k e 9 gd, fb , ôc, en inclinant un peu ce marteau de maniéré qu’il rappelle la matière, 8c la rarnene vers l’angle ; & pour qu’en frappant, cet aileron ne fe ferme pas trop, on le foutient avec un fermoir de Menuifier, ou quelqu’autre cifeau dont le côté du tranchant repofe & s-’ap-puie fur le mords de fétau , 8c de cette maniéré on forme l’angle un peu obtus, parce qu’il eft très-facile de le fermer tant qu’on veut, mais non pas de l’ouvrir.
- Cette opération étant faite fur l’aileron, il faut deflerrer la piece , la retirer de fétau 8c l’y remettre, en enfermant cet aileron , commencé à plier, dans la mordache de tôle., pour frapper avec la panne du marteau fur l’autre côté du même angle , qu’on n’a encore qu’à demi formé. On répété dans cette opération tous les procédés qu’on vient de décrire* en fuivant les lignes obliques qu’on voit fur le bout de la figure 2 , qui repréfente cette armature en place.
- Pendant ce fécond travail, il faut foutenir l’autre bout de la plaque avec la main , afin que l’angle ne foit pas plus fermé que d’équerre, & même un peu moins, comme on a déjà dit ; & avec un peu de patience on peut couder, par cette méthode, toutes fortes d’équerres de cuivre , d’argent, &c, dont on a (ouvent befoin, fans rifquer de les mâcher ou mutiler dans un étau. On fait auflï de ces mordaches en cuivre 8c en plomb : Vcye% page 7p. Je me fuis un peu étendu fur cette opération , parce que j’en connois futilité, & qu’il faudra y renvoyer en beaucoup d’occafions dans la fuite de cet Ouvrage.
- L’autre aileron A I F> fe coude de la même maniéré.
- Si par hafard les deux ailerons fe trouvoient trop proches l’un de l’autre, 8c Tourneur , /. Part. L Secl. R4
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- 342 TOURNEUR MECANICIEN, L Partie.
- = que l’Arc n’y pût entrer, on pourroit y remédier de deux maniérés, foit en rendant cet Arc un peu plus étroit ; car il importe peu qu’il ait une ligne déplus ou de moins en largeur d’un bout à l’autre, foit en planant l’intervalle entre les ailerons fur un tas ou enclume bien unie, parce qu’en le forgeant doucement, on peut l’agrandir tant qu’on voudra ; & lorfqu on a bien dreffé au "marteau , bien dégauchi & mis ces plaques à l'équerre & à la réglé, on rétrécit les ailerons en approchant de leurs bouts A, G > fig. 5 , comme on le voit au profil D E F, fig. 2 ; enfuite on les lime : on arrondit les bords des ailerons, les côtés de ces plaques ; ôn ôte les quarres qui bleftent les mains : on y fait les trous D9 E, fig. 3 j Sc les quatre autres petits trous où l’on place les clous de laiton , comme on a déjà dit plus haut. Gela fait, on adoucit tout cet ouvrage à la lime, pour le dilpoftr au poli.
- Pour pouvoir limer ces armatures commodément, il faut faire un mandrin de bois ferme, tel que de chêne ou de charme, qui remplifle jufte l’interyalle des ailerons, ayant foin que les fibres du bois foient dirigées en travers, de maniera que chaque aileron touche jufte, Sc foit fbutenu par le bois de bout qui fervîra pour tenir ferme la piece dans l’étau en la finiflànt à la limé.
- Il faut enfuite faire l’écrier auffi de cuivre, C D, fig. 1, PL 38, dont on a déjà dit un mot au commencement de cet Article. Cet étrier embrafle le milieu de l’Arc en entier , ainfi que la longue barre ou traverfe de bois EF, qui va d’un bout à l’autre de l’établi, Sc dont, on parlera dans la fuite. Au haut de cette barre, on a réfervé à cet étrier de cuivre, quatre oreilles qui s’écartent des deux côtés, droits Sc parallèles, en G H, fig* 1; ceft entre ces quatre oreilles qu’on place deux cylindres ou rouleaux de buis ou d’autre bois dur, à l’aide dëfquels avance Sc recule l’étrier fur la barre E F. Ces cylindres font enfilés par des petits boulons de fer à écrous, qui leur fervent d’axes , Sc dont on ne Voit que la tête dans cette figure 1.
- La figure 7 repréfente ce même étrier garni de fes rouleaux, & vu en perfo peétive : on y voit auffi une efpece de cloifon ou entre-toife i k , qui tient dans cet étrier au moyen de trois petits tenons l,m,n, qu’on a réfervés à chaque bout, Sc qui s’aflèmblent dans des mortaifes pratiquées dans chaque joue de l’étrier , ainfi que la figure les repréfente.
- La figure iy fait voir le plan de cette entre-toife, qui eft auffi de cuivre, comme l’étrier. On y diftingue les fix tenons /, /7Z, /z, & 0,y?, Sc c’eft dans l’elpace compris entre cette cloifon Sc le plan inférieur de l’étrier, qu’on place lés trois feuilles de fàpin qui compofent l’Arc : on l’y arrête au moyen de quatre petits clous-d’épingle en cuivre, qui paffent à travers les trous I,2,3&4, puis à travers les feuilles de l’Arc & le plan inférieur de l’étrier, par ce moyen l’ Arc ne peut manquer d’être toujours arrêté par le milieu.
- La figure 8 repréfente ce même étrier vü de face & en coupe, foi van t la longueur de l’Arc * dont on voit les bouts rompus A, B, COn y diftingue auffi
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- I. Section. Chap. XI. De VArmature en laiton pour un Arc de bols. 345 deux des quatre clous-d’épingle c & d, qui tiennent le tout enfemble : on y voit aulîî la coupe de ces deux cylindres, au centre defquels eft un trou rond OÙ paiïent les broches fur lefquelles ils tournent.
- Les trous des oreilles G9 H9 font d’abord faits ronds; mais enfuite, avec l’angle d’une lime à trois quarres, on y .pratique une petite entaille angulaire R S, dans laquelle on place un étouquiau qu’on a dû réferver fur la tète & près de l’arrafoment de ce boulon de fer, afin que lorfque les cylindres tournent , leurs boulons ne fe déviflent pas.
- La figure 9 repréfente encore ce même étrier en coupe en travers, & du haut en bas : on y voit un cylindre fur fà longueur, & enfilé par fon boulon , qui pafle à travers les deux oreilles G , H 9 Sc va fe vifler dans fon écrou hexagone T. On diftingue auffi dans cette figure 9, un petit intervalle qui eft entre chaque oreille de l’étrier & les bouts du cylindre ; pour cet effet on réferve à chaque bout des cylindres, lorfqu’on les tourne, une petite éminence plate & ronde, d’une demi-ligne d’épaifleur, & d’environ le tiers du diamètre de ces mêmes cylindres , afin de faciliter le frottement. abf9 fait voir la coupe des trois lames de bois en travers : on diftingue auffi deux clous c, d, qui tiennent le tout enfemble. Au-deflous de cette figure 9 , on voit un des boulons U 9 X, avec lequel on enfile l’étrier & le cylindre : on voit fa tête U ; & en dedans , près l’arrafement, on diftingue l’étouquiau JT, qui l’empêche de tourner.
- On remarquera auffi que les trois figures qui font fous les numéros7,8 & 9 , font faites fur une échelle double de celle de la figure 1.
- Il nous refte peu de chofe à dire fur la maniéré de s’y prendre pour fabriquer cet étrier en cuivre.
- Maniéré de fabriquer en cuivre un Etrier pour porter un Arc a trois lames*
- Cet étrier fe coupe à même une table ou planche de laiton ; pour cet effet il faut tracer fur du papier ou du carton, la forme de cet étrier tout à plat ; en* fuite onchoifit une plaque de beau laiton, bien net, fans piquûres ni caffures^ d’environ 10 pouces trois quarts de longueur, fur 4 pouces 9 lignes de largeur, & d’une ligne d’épaifleur, ou un peu plus, mais bien égale d’un bout à l’autre ; on l’applatit fur le billot de bois avec le gros marteau de fer, comme on a dit en parlant des armatures des bouts ; enfuite on trace fur ce cuivre tous les contours qui forment cet étrier ; fon milieu ou fon corps doit avoir 3 pouces de largeur depuis L jufqu en M, fig. 8. Les oreilles font {aillantes autant d’un côté que d’un autre, ce qui revient à 3 pouces 9 lignes. En dehors des côtés de chaque oreille, on trace le dégagement d’en-haut N, bien à angle droit avec les côtés des joues L9 M, qui doivent être parallèles entr’elles. Les cylindres ont un pouce de diamètre ; & les oreilles de l’étrier qui embraflent ces memes cy<* lindres, ont une ligne de moins tout autour, ce qui fait 10 lignes pour chaque
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- 344 TOURNEUR MÉCANICIE N, I. Partie.
- -oreille. La hauteur depuis la ligne ponétuée 0, qui affleure le deffous des cylindres jufqu’à la cloifon l mn 9jig. 8, eft de 2 pouces, qui font l’épaiffeur de la barre de bois E Ffig. 1, depuis 0 jufqu’en n, même fig. qui réglé cette distance. Il faut prendre enfuite l’épaiffeur d’une ligné pour la cloifon / m n9fig. 8 ; puis il faut ajouter 10 lignes pour l’épaiffeur totale de l’Arc; enfuite prendre 3 pouces pour la largeur de ce même Arc ; après cela il faut répéter ces mêmes traits & les mêmes dimenfions fur l’autre joue de*derriere de cet étrier. Enfuite on découpe ce laiton foit avec une fcie à cuivre, ou bien avec des cifeaux ou cifelets bien trempés , obfervantde placer l’ouvrage fur quelque groffe plaque de fer non trempé, autrement on émouflèroit les cifelets. Après qu’on l’a découpé , 011 ébarbe les bords tout à l’entour, feivant les contours qu’on a tracés fur cette plaque ; enfuite on trace jufte les trois mortaifes 19m 9n9 fig. 7, où s’affemblent les tenons de la cloifen ou entre-toife o9p, y, 8c l9m9n9 fig. 15. On répété ces mêmes traits fur la partie de cette plaque qui doit former la joue de derrière , de maniéré que tous ces traits fe rapportent vis-à-vis les uns des autres lorfqu’on aura plié la piece. Pour les traits en longon fe fervira de l’équerre à chaperon; mais pour ceux des côtés, on fe fervira dun petit trufe quin d’acier , fig. 10, PL io, dont le bec fait le trait, & fbnbout A fert de guide : de cette maniéré on peut tracer les mortaifes 8c les tenons bien juftes. Enfuite il faut faire ces mortaifes, ce qui fe peut de deux maniérés différentes , foit en prenant un poinçon d’acier trempé, qu’on nomme emporte-piece , dont le bout eft coupé quarrément 5 & qu’on a foin de faire un peu plus menu 9 en tous fens, que la mortaife, afin de pouvoir la recaler avec une petite lime plate lorfqu’on l’a percée , ce qui fe fait en plaçant la plaque de cuivre à plat 8c en travers fer les mords d’un étau entrouvert, de maniéré que le poinçon ne touche pas à l’étau, autrement on l’ébrécheroit ; enfuite on frappe fer la tête de ce poinçon avec un marteau du poids d’une livre, environ, 8c en trois coups la plaque fe trouve percée & forme la mortaife ; enfuite on retourne cette plaque & on la pofe fur un tas ou enclume bien unie, 8c à petits coups de marteau on renforme cette mortaife en applatiflant la bourfoufflure que l’enfoncement du poinçon avoit caufée.
- Cette méthode de faire des trous dans du métal, eft fort bonne & très-prom* pte ; mais il faut opérer adroitement, en pofant ce poinçon jufte dans les intervalles des traits, 8c on peut faire des trous de toutes fortes de formes, foit ronds,
- quarrés, ovales, &c.
- Il eft bon de dire que fi la plaque de métal étoit très-mince, comme d’un quart de ligne ou moins, il faudroit placer cette plaque fur une maffe d’étain bien unie, 8c mettre une Carte à jouer entre-deux, puis frapper fer l’emporte-piece. On peut creufer fer le Tour le bout de l’emporte-piece, 8c y former en creux telle moulure qu’on voudra, le tremper 8c le bien polir, 8c la piece quon découpera viendra toute polie, comme une rofette ornée de moulures, ou
- autre.
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- ï. Section, Chap. XI. De VArmature en laiton pour un Arc de bois. 345 autre. Il faut que le bord de cet inftrument foit bien tranchant. On applique * ces rofettes fur différents ouvrages de Tour , tels que des lanternes de poche 8c autres ouvrages , dont on parlera plus au long dans la fuite.
- J ai placé cette remarque ici, à caufe de la reflèmblance de l’inftrument 8c de l’opération. Mais revenons à notre fujet.
- La plaque étant bien dreflee au marteau, il faut la recuire au feu, comme on a dit plus haut ; &lorfqu’elle eft refroidie, on la plie à l’étau dans des mor-daches de tdle, de fer ou de laiton, en y apportant beaucoup d’attention; 8c s’il arrivoit qu’en coudant cette plaque , il y eût duv gauche dans quelqu’une de lès parties, il faudroit les faire revenir d’équerre en tous fens , en forgeant à petits coups de marteau , pour étendre certaines parties.
- Lorfque tous les plans de cet étrier font bien dégauchis droits à la réglé 8c à l’équerre de tous côtés , on ajufte l’entre-toifo dans là place , en faifànt un peu fléchir les joues en dehors, afin de pouvoir faire entrer les tenons; enfuite on lime le tout : on l’adoucit pour le rendre prêt à polir, obforvant d’y placer un mandrin de bois dur à bois de bout, qui foutient les joues bien droites, & qui fort à le tenir ferme dans l’étau en le limant. On peut encore le clouer avec des petites pointes de laiton , que l’on ôte après qu’il eft limé. On ajufte auffi les boulons, les cylindres de bois tournés. On fait les quatre trous en deflous de cet étrier & de l’entre-toifo, afin d’y palier les quatre clous-d’épingle qui le fixent au milieu de l’Arc, comme on a dit plus haut.
- La fécondé maniéré de faire les trois mortaifos l,m, n , fins fo forvir d’uni poinçon ou emporte-piece , eft de faire plufieurs petits trous dans cette plaque ^ avec un petit foret d’Horloger, dont on parlera dans la fuite, fort près les uns des autres ; enfuite, avec de petites limes, on les agrandit pour former les mor-taifes. Cette méthode eft plus longue, mais elle eft plus sure , puifqu on peut faire ces mortaifos plus juftes , fuivant les traits , & de plus, après que l’étrier eft coudé & tout-à-fait formé , avant de le finir à la lime.
- J’ai décrit les deux méthodes, afin que l’Artifte puifle choifir celle qui lui fora plus commode ; mais cette derniere doit être préférée.
- Tout étant ainfi difpofé, le cuivre étant poli & en place, il n’eft plus quefo tion que d’y mettre la corde, & de bien tendre .cet Arc. Pour cet effet on le place fons-deffus-deflbus fur des têtes de poupées hautes d’un pied ou environ, 8C on procédera à le cintrer, comme on le verra dans le Paragraphe fuivant ; mais je dois prévenir qu’on peut employer, pour tendre cet Arc, de la corde de chanvre.
- < Si on prend de la corde de chanvre, il faut choifir du gros fouet, ou de la corde de brins, la meilleure eft à trois cordons, & qu’on nomme du fil a gorre ; on l’enfile dans le trou E, fig. 3 , faifànt entrer cette corde par le deflous de l’Arc, & du côté où les bouts des lames viennent aboutir; enfuite on enfile le même bout de cette corde dans le trou D, 8c l’on tire ce bout jufqu’à ce qu’il Tourneur, L Part. L Secl. S 4
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- 34« TOURNEUR M É CA NI CIE N, I. Partie. dépaffe l'autre bout de ce même Arc d’environ 9 à io pouces» Ces deux cordes Planche étant à côté l’une de l’autre, on coupe la plus longue à la même mefure qu’on a tiré la première ; enfuite on fait courber l’Arc d’environ 8 à 9 pouces de Cintre ; & lorfqu’il efl fixé en cet état, on tord les deux brins de corde enfem-ble, de maniéré quelles fembient n en plus faire qu’une ; puis on enfile les bouts de ces cordes dans les trous qui font au fécond bout de l’Arc 8c de fon armature, en tendant ces bouts de corde le plus qu’il efl: pofïïble ; & on arrête* folidement cette corde par un nœud à chaque bout, fur le dos de l’Arc & de fbn armature : enfuite oii ôte l’Arc de la place où on l’avoit mis pour le tendre , & il efl en état d’être attaché à la barre de bois, laquelle tient elle-même à deux piliers montants I, K 9 fig. 1. Ces deux piliers font de bois dé chêne , de noyer ou autre bois folide 8c propre ; le haut de chacun efl terminé par une efpece $ encorbellement, faifant faillie d’après le nud du pilier montant. Cette pièce efl 1 emmanchée à doubles tenons Z, M, fig,. 10, qui repréfente le profil de ce pilier, & dans le bas la coupe de l’établi Y, afin de faire voir l’aflemblage du haut& du bas de ce pilier, comme il efl marqué par des lignes ponéluées ; le bas de 1 encorbellement repofe fur une entaille qu’on a faite en-haut , à la face de ce pilier!, tel qu’on le voit en N > fig- 10 : cette coupe fe nomme embrevement. Le bout de devant de cet encorbellement efl entaillé quarrément, afin d’y pouvoir loger l’un des bouts de la traverfe qui porte l’Arc , comme on le voit en/\ où cette grande traverfe ou barre E F> fig. x , 8c fi, fig. 10, efl fixée par un boulon de fer P, qui pafîe à travers la barre 8c le haut de l’encorbellement, enfuite fe ville dans Fécrou à oreilles Q : on voit le profil de ce boulon dans la figure 11; le corps efl quarré a ; b c efl le profil de fa tête ; le plan de cette même tête efl dh ; la vis i k yfig. 11, efl pour recevoir l’écrou Q, fig. io. Le bas de ce pilier s’afe femble dans une mortaife peu profonde qu’on a faite fur l’établi, en P; on affermit le tout au moyen d’une longue vis de fer S T, dont le corps & les filets font marqués par ponctuation , de même que fon écrou U, qui n’eft que ponctué , parce qu’on le fait entrer par le derrière X de ce pilier, & on le recouvre enfuite par une petite piece de bois collée 8c ragréée proprement. La tête S de ce boulon efl terminée en hexagone, avec une embafe tournée au-collet; & pour ferrer l’écrou , on fe fert auffi d’une clef hexagone, ajuftée fur les pans de cette tête de vis. On pourroic fe paffer de faire un tenon au bas de ce pilier, ni une mortaife fur l’établi, la vis fuffiroit pour le rendre folide. L’autre pilieç efl abfolument femblable, ainfi je n’en dirai rien.
- Il refte encore à décrire une partie de cette machine ; c eft une efpece de chappe ou mouffle à deux bouts, dans laquelle on place deux poulies ,fig. 12 &, 13 , PL 38. Chacune de ces mouffles eft difpofée de maniéré que leurs poulies fe trouvent placées à angle droit l’une par rapport à l’autre.
- 9fig-12 , repréfente la chappe fupérieure vue de face, avec fa poulie fuppofée dedans, 8c qu’on ne peut voir. Cette poulie eft trayerfée par un petit
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- I. Section, Chap. XI. De £ Armature en laiton pour un Arc de bols. 347 boulon de fer qui lui fert d’axe, & dont on voit la tête au centre ; C D , repré-fente le profil de l’autre chappe , que j’appellerai chappe inférieure : on y voit la Manche poulie F tournante fur Ion boulon de fer, lequel traverlànt la mouffle 8c cette poulie, vient fe viffer dans fon écrou £>, fig. 12, quon ne ferre pas beaucoup , afin de laifîer à cette poulie la liberté de tourner très-librement, comme on a fait à la poulie A B de la mouffle fupérieure.
- La figure 13 fait voir la coupe perpendiculaire par le milieu de la mouffle & des deux poulies ; celle a b fe trouve coupée foivant la direétion de fes plans ,
- 8c par le milieu de fa gorge ou rainure , dans laquelle paflfe la corde. L’autre mouffle eft coupée perpendiculairement aux joues de la première, & aux plans de fà poulie/, 8c parallèlement à fon axe ou boulon fur lequel elle roule.
- On voit en jf, fig. 13 , le profil de cette poulie , fa gorge & le petit jour qui doit fo trouver entre les côtés de cette même poulie, & l’intérieur des joues de la mouffle ; 8c pour cet effet on a réfer vé auTour,des deux côtés de la poulie, deux petites éminences qu on nomme tétines , d’environ une ligne à l’entour du trou de fon centre, comme on l’a dit en parlant des cylindres qui font dans l’étrier.
- On peut faire ces poulies en bois dur, tel que du buis, ou de bois des Indes ; en ayant la précaution de garnir le trou d’une virole de cuivre jaune. 1
- On peut aufîi les faire entièrement de cuivre : elles feront plutôt faites ; mais il faut.qu’elles foient bien rondes. Pour cet effet on les tournera fur une broche ou faux arbre d’acier bien droit, fig. 16 & ij, PL 41. On pourroit auffi faire la mouffle en bois de noyer, de charme ou autre bois ferme & liant, & alors il n eft pas néceflàire de mettre des boulons à vis & écrous, de Amples goupilles fuffiroient. Mais comme la mouffle repréfentée dans cette Planche 38} fig. 1%
- & 13 , eft cenfée faite en cuivre, je dois donner la maniéré de la fabriquer.
- Maniéré de fabriquer cette Moufle en laiton.
- I l faut découper deux plaques de laiton d’une forte iijjne d’épaiffeur , 8c de la même forme que la figure 16, & fuivant le contour AB Cd: on les faie recuire après quelles font ébarbées ; on les plie enfuite par le milieu de la longueur & en travers, de maniéré que la partie circulaire A B, foit appliquée exactement for l’autre ; mais il faut laifler entre chaque joue de cette mouffle, l’épaiffeur convenable pour la poulie, enfin il faut lui donner la forme cde9 fig. 17 ; & pour cet effet il faut faire à la râpe & à la lime , un mandrin de buis qui rempliflè le vuide c d, & que le bout foit arrondi fuivant la courbure e. On pince le tout dans l’étau, en faifànt attention de mettre une carte à jouer en dehors des joues c, d, afin que l’étau ne marque pas le laiton ; enfoite on frappe avec un petit marteau fur le cintre e, fig. 17, afin de le bien arrondir, & le former fuivant la figure du mandrin.
- On fait enfoite une fécondé mouffle toute femblable à cette première, 8c
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- 34B TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partiè.
- : dont on voit un plan abgk ,fig. 18 ; on fait à cette mouffle une entaille demi* ronde en/', avec une lime queue-de-rat, dirigée bien à angle droit fur le dos gk. On fait une femblable entaille fur le dos de la mouffle c d, fuivant la ligne no y fig. 17; on ajufte ces dêux entailles de maniéré que les extrados des deux mouffles joignent bien enfemble, 8c que leur profondeur ne foit creufée que de 1 epaifleur du laiton, 8c on les place bien à angle droit lune par rapport à 1 autre ; enfoite on fait quatre petits croilfants de laiton un peu plus épais que le cuivre des mouffles, 8c fuivant les lignes courbes ponéluées g3 h, k ,fig. 18 ; on place ces croifiants à califourchon fur les extrados de chaque mouffle : on lie ces pièces avec du petit fil de fer bien recuit, après avoir bien nétoyé toutes les parties de ce laiton qui doivent fe toucher enfemble, fans quoi la foudure ne cou-leroit pas entre-deux.
- Lorlque ces mouffles font foudées de maniéré quelles ne font plus qu’une feule piece, telle quon la voit en la figure 12, on répare le tout à la lime, 8c l’on forme des congés cintrés, tels qu’on les voit en g, h, k, fig. xsl ; mais avant de les réparer avec la lime, on les plane un peu avec un marteau , afin de les écrouir ou les durcir un peu ; 8c quand cette mouffle eft bien formée & adoucie à la lime douce, on polit le tout comme on l’a dit plus haut.
- Les boulons ou broches de fer qui paflent à travers la mouffle & les poulies , font faits comme ceux qui paflent à travers les cylindres de ïétntt, fig. 7 & 9 * à la réferve que ceux-ci font plus menus : on y réferve auffi un étouquiau à leur arrafement, près de la tête, pour empêcher qu’ils ne tournent. Cela étant fait, on place cette mouffle à califourchon lur la grande corde double, comme on le voit à l’Arc , fig. I, de maniéré que la poulie a b {bit entre la corde & l’étrier ce qui fe fait en ôtant fon boulon, après quoi on remet la poulie à fi place.
- Maniéré de fe fervir de VArc a trois lames
- La mouffle a b étant placée fur la grofle corde, fig, 1, comme on l’a déjà dit, on enfile une corde fimple fur la poulie c d, 8c on en arrête le bout dans le crochet Z, qui eft ville au bord extérieur de l’établi, c’eft-à-dire, du côté oppofé à l’Artifte , & on place plufieurs crochets femblables le long de ce bord de l’établi, afin d’y arrêter alternativement la corde lorlqu’on change cet Arc de place, en promenant l’étrier G H d’un bout à l’autre de la barre de bois E Fy fig. r, félon le befoin. L’autre bout de cette corde P, fig. 1, s’entortille autour de l’ouvrage, & enfiiite paflànt à travers la rainure de l’établi, va fe fixer au bout de la marche ou pédale ; l’impulfion du pied faifint bailler la pédale, tire la corde d’environ 18 pouces de longueur, ce qui fait tourner plufieurs tours à cet ouvrage m. On doit feulement remarquer i°. que la pédale ayant parcouru i8> pouces d’elpace ou environ, a défilé une femblable longueur de corde ; mais *luefi Hjênae temps la mouffle abcd, n’a parcouru que p pouces l moitié de
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- I. Section, Chap, XL De V Armature en laiton pour un Arc de bois. 349 l’efpace parcouru par la pédale, à caufè que la mouffle eft mobile, ce qui dérive des principes de Mécanique-pratique, dont on a donné quelques notions au commencement de cet Ouvrage : par ce moyen l'Arc fouffre moins d’effort, & les différents degrés de tenfion fe font moins fentir au pied de l’Artifte ; mais auffi il faut que ce même Arc ait le double de force qu’un Arc ou une perche ordinaire ^ qu’on éprouve avec vingt livres de réfiftance à la puiflance impulfive : celui-ci doit réfifter à une puiflance de quarante livres. Cette expérience eff facile à faire, en renverfànt cet Arc, & appuyant les bouts armés de ce même Arc fur deux tables de même hauteur, & enfuite fufpendant un poids de quarante livres au milieu., il faut qu’il fe courbe d’environ 9 pouces de fléché vers fon milieu. 20. On doit encore obfèrver que l’application de la mouffle à cette mécanique , n’influe en rien fur la quantité de révolutions que la corde fait faire à l’ouvrage m9 & que ces révolutions fe font en raifon de fon diamètre , & de la grandeur de l’efjpace parcouru par l’impulfion de la pédale du Tour.
- D’après ce qui vient d’être dit, on voit qu’il fèroit poflîble de fabriquer un très-bon Arc compofé de trois lames d’acier bien forgées & fans défauts, & en aminciflânt les deux bouts qui fèroient un peu élargis, afin de pouvoir les relever un peu pour que la lame de delîbus embrafsât les côtés de la fécondé, qui eft deffus, & celle-ci embrafleroit la première , qui les couvre toutes, Sc les dépaffe d’un pouce par chacun de fes bouts.
- On fait à chaque bout de cet Arc deux trous, comme à celui de bois armé de
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- 3 S.
- cuivre.
- On arrête les bouts de la corde double de la même maniéré qu’on a fait à l’Arc de bois ; toute la différence eft qu’on peut réduire un tel Arc d’acier à 2' pieds de longueur, ou quelques pouces de plus, & d une ligne d’épaiffeur tout au plus par le milieu, en fe réduifànt à un tiers d’épaiffeur par chacun de fes bouts, pour la plus grande lame, & ces bouts doivent être faits en élargiffant en forme de queue d’aronde , afin de pouvoir tenir les trous plus écartés l’un de l’autre. La fécondé lame doit être de 2 pouces plus courte que la grande ; la troifîeme doit être encore de 2 pouces plus courte que la féconde, 6c. elles doivent être toutes plus minces l’une que l’autre , à proportion de leur longueur ; mais quanta la largeur, elles doivent être égales entr’elles d’un bout à l’autre, & avoir environ un pouce un quart, fans compter la place des pattes ; & lorf-qu elles feront limées, il faut les tremper, & enfuite les faire recuire à la couleur de bleü, qui eft la trempe qu’on donne aux refïbrts, pour qu’ils ne caftent point ; enfuite on les affemble toutes trois l’une fur l’autre.
- On doit préférer de les faire plutôt foibles que trop épaifles, parce que fi elles étoient trop flexibles , on pourroit en ajouter en deflous une quatrième, qui feroit beaucoup plus mince.
- Quant à la maniéré de les monter, on fùivra ce qui a été décrit plus haut, en parlant de l’Arc de bois.
- Tourneur , /. Part. L Seci. J 4
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- Uj > 00 Z
- 3^o tourneur mécanicien, i. partie.
- Cet Arc d’acier fera encore plus commode que le premier en ce qu’il occupera moins de place, & qu’on peut le réduire de l’épaifleur convenable pour qu’il foit bien élaftique, & qu’il vienne au degré de force qu’on a enfeigné plus haut.
- On voit bien qu’il n’eft pas befoind’armer les bouts de ces lames, puifqu’elles font d’acier ; il fuffit de bien ébizeler les trous, afin d’empêcher qu’ils ne coupent la corde qu’on veut y attacher.
- JP9fig. i , repréfente le côté de la jumelle d’un établi de Tourneur rompu
- en /S.
- Les poupées r & A font de fimples poupées à pointes* & le cylindre m doit tourner entre ces deux pointes. Toutes ces parties ne font repréfentées dans cette Planche , que pour mieux faire fentir tous les effets de cet Arc ; on n’a marqué que le deflus de l’établi, fans y repréfenter les pieds, qui n’étoient pas néceffaires dans cette dèfcription.
- Il eft à propos de faire remarquer qu’on peut faire tout cet Arc en bois, comme on l’a dit au commencement ; mais de plus on peut faire toute fon amar-ture entièrement de bois ; car on peut coller un morceau de bois ferme & liant fur chacun des bouts de l’extrados de la longue lame , en dirigeant le fil du bois de cette garniture , en travers de celui des lames de cet Arc ; de même on peut faire l’étrier auffi tout en bois, en noyer ou bien en charme , bien affemblé à queue d’aronde * &’ bien collé ; mais alors il n’y faut pas mettre de cylindre dans le haut, parce que cela ôteroit la folidité : dans ce cas on le fixera avec une clef ou clavette de bois, en mettant une cale entaillée pour recevoir cette clavette , Sc en même temps empêcher que cette même clavette ne froide le deflus de la longue barre E F\ fîg. i.
- On peut encore fe fervir d’une poulie flmple en place de la double dont nous avons parlé ; & dans ce cas, on la fixe au bas d’un crochet tournant & à porte-moufqueton, dans lequel on paffe la corde de l’Arc ; & par ce moyen cette poulie peut fe promener fur cette corde, & fe prêter à toutes fes courbures.
- §. IV. Dèfcription de U Arc d’acier, pi- 3
- Ceux qui veulent établir leur Atelier avec plus de magnificence, font ufàge d’un Arc d’acier, qui fupplée au reflort de la perche , & des autres moyens enfei-gnés} mais étant beaucoup plus court, ce reflort deviendrait trop roide : on y remédie au moyen d’une bobine de bois tournée, percée de quatre trous à égale diftance les uns des autres, & de l’axe de la bobine. On fait palier quatre cordes à boyau à travers ces trous ; on les arrête à chaque extrémité de l’Arc, dans des anneaux ou boucles qu’on y a réfervés, & on leur donne la plus grande tenfion qu’il eft poffible. Lorfqu’on fait tourner la bobine, les cordes s’entortillent les unes fur les autres, & fe raccourcifîànt, forcent les deux bouts de l’Arc de fléchir tant foit peu, de forte que l’élafticité des cordes combinée avec celle de 1 Arc, produit un reflort d’une force fufEfànte. %
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- I- Section, Chap. XI. Defcription d*un Arc d'acier. 350 L Arc AB, fig. 1 & 2 , doit être d’acier forgé bien net, fans pailles ni criqutzres. Il a 2 pieds de long . il efl plus épais au milieu , à fon fommet (7, Sc Planche'
- fon épaifleur va en diminuant jufqu’à Tes extrémités : elle eft de 6 à 7 lignes en 38*
- C, qui fe réduifent à quatre en A & en B, où il eft replié & terminé par deux boucles a, b,fig. 2 : elles font prifes fur la même piece. AB C, fig. 1, repréfente l’Arc en perfpeélive, Sc a b c le delfous. Sa courbure mefurée depuis le milieu C, fur la perpendiculaire à la ligne AB, eft de 7 pouces ; fa largeur au milieu, en C, eft de 18 à 20 lignes en étrécirtànt venant à fes extrémités, qui fo réduifont à un pouce de largeur.
- La bobine JE F,fig• 1 > quon fait ordinairement de bois de noyer, ou autre bois ferme, doux Sc liant, a q pouces de diamètre, Sc 6 pouces de longueur; ces dimenfions ne font néanmoins pas fixes : elles varient fuivant la force de 1 Arc ; Sc s’il eft plus foible, la bobine doit être d’un plus petit diamètre. On y réferve deux aftragales E, F, pour empêcher la corde dont elle eft enveloppée, de s échapper : elle tient au moyen d’un trou fait à travers l’aftragale, & eft arretee par un petit nœud entre deux des quatre premières cordes ; on diminue les deux bouts de Ja bobine E F, leur donnant à peu-près la figure d’un cône tronqué, en adoucifTant les deux angles des deux bouts. On fait, fuivant la longueur de la bobine, quatre trous le plus près poffible de la circonférence H de cette bobine, fans trop affoiblir le bois ; ces trous font placés fur un cercle divifé en quatre parties égales, & on ne fauroit avoir trop d’attention à les rendre bien parallèles entr’eux & à l’axe de la bobine.
- E F, fig. 9, même Pl. repréfente la coupe de cette bobine, à laquelle on voit les quatre trous par où partent les quatre brins de la corde. Vis-à-vis de chacun de ces trous, on fait une cannelure fur la partie conique, & on y colle de petits morceaux de cuir de veau, qu’on laiflè tant foit peu déborder, pour empêcher leurs arêtes de couper les cordes.
- Il eft à propos de faire les quatre trous en commençant, Sc lorfque la bobine n eft qu’ébauchée comme un cylindre, on eft moins en rifque de rien gâter
- Maniéré de placer la corde, & de bien tendre un Arc.
- Mettez fur le Tour vos deux poupées à pointes ; tournez-les devant derrière : placez les deux bouts A, B de votre Arc comme on le voit dans la figure r ,
- PL 34; ayez deux traverfes de bon bois C, D,fig. I§i; enfilez le boulon de fer E, dans la traverfo C : paflèz-le dans la rainure de l’établi, fig. 1, en dertous duquel on enfile, fur le boulon, une piece de bois G, Sc enfiiite l’écrou à oreilles F. Ayez deux liens de fer H, /, ou à leur défaut, prenez du fil de fer recuit, un peu fort; faites-en des cercles ovales de 15 à 20 tours chacun , tous d’une piece ; arrangez le tout comme vous voyez dans la figure r : mettez la traverfo D dans les cercles, de maniéré que le milieu de l’Are foie pris
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- 3P TOURNEUR MÉCANICIEN, î. Partis. entre-deux *, alors ferrez l’écrou F du boulon de fer, vous ferez plier l’Arc très-facilement d’un pouce ou environ, ce qui fùffit.
- En cet état de tendon * on prend une corde à boyau dont la longueur ait quatre fois & plus que celle de l’Arc, depuis A jufqu’en B ; on en paflè un bout dans une des boucles A ou B de l’Arc : on fait pafler l’autre par l’un des trous de la bobine, enfuite dans l’autre boucle : elle revient à la première, après avoir pafle par un fécond trou de la bobine , & refait le meme chemin, paflànt dans les deux autres trous Sc dans les boucles, de maniéré que deux des trous de cette bobine foient en dedans de la courbure de l’Arc, & les deux autres en dehors, & fur-tout que les cordes ne fe croifent point avant de les arrêter. On tire fortement cette corde par la même boucle, en fe fervant d’un bâton pour levier, afin d’avoir plus de force ; on arrête ces bouts de corde en les détordant adroitement chacun en deux parties, fans déchirer les fibres de la corde ; enfuite on les lie l’un à l’autre toujours à la même boucle, & le plus ferme qu’on le peut; après quoi on defferre>le boulon à vis is; on ôte l’Arc, qui part avec force , fon reflort fe redreflè, & tend les cordes très-fortement.
- Cette méthode eft facile à exécuter ; c eft, à coup sûr , la meilleure que je connoifle, d’autant qu’on ne court point rifque de fe blefler.
- Pour que cet Arc fafle bien également le reflort, il faut apporter la plus grande attention à le limer en diminuant vers les bouts bien également de chaque côté. Lorfqu’il eft limé, on le trempe comme un reflort; d’autres fe contentent de le faire bien battre avec un marteau qu’on trempe fouvent dans l’eau jufqu’à ce qu’il foit refroidi, fans le recuire.
- J’enfeignerai toutes ces méthodes de fabrication d’inftruments au Chapitre qui traitera de la conftruélion des Machines, avec la derniere exactitude, en parlant de la maniéré de travailler les métaux.
- §, V. Autre Arc d'acier quon tend ou détend a volonté\
- On conftruit encore des Arcs d’acier que l’on peut tendre plus ou moins, I volonté, en cette manière :
- On réferve à chaque bout une boîte ou canal percé quarrément, Ab, fig. 3 <5 4, PL 39, dans lefquelles on paflè les pitons c, d9 vus de face, & e vus de côté, dont la tige eft quarrée, & le bout rond, taraudé en vis ; on les ferre plus ou moins avec un écrou hexagone b, fig. 3 : les cordes paflànt par l’œil de ces pitons, s’étendent plus ou moins, parce qu’avant de pafler la corde à boyau dans la bobine , on a eu foin de mettre l’écrou tout au bout des pitons ; alors on n’a pas befoin de bander l’Arc de la maniéré qu’on a pratiquée précédemment.
- Cette méthode eft très-avantageufe, puifqu’on eft le maître de remédier aux intempéries de l’air, qui font varier fans celle la tenfion des cordes, félon qu*il
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- I. S ECTiô N , Ch AP. XI. Autre Ârc d’acier facile à conftrîlire. 3 J3
- Fait plus ou moins fec ; mais ces Arcs font plus difpendicux que ceux qui font
- .faits à l’ordinaire.
- §. VI. Autre Arc aujfi d’acier, fort facile a construire.
- O N fait encore d’autres Arcs d’acier tout unis, & le bout tout droit ; alorà on y rapporte des boîtes de fer ou de cuivre. Celles-ci coûtent moins, parce qu’on les fait fondre. Voy. les figures 3 & 4, PL 34. La figure 3 fait voir un bout d’Arc rompu armé de fà boîte , de fon piton & de fon écrou. La figure 4 fait yoir la boîte toute nue. Les deux petites oreilles A embraffent l’Arc, & empêchent les boîtes de vaciller de côté ou d’autre, & le trou b reçoit le bout de ce même Arc.
- On peut auffi, au lieu de boîte à canal quarré, chauffer les bouts de l’Arc ^ de maniéré que ces boîtes ayent un piton fimple femblable aux pitons A y B 9 fig.i9Pl.^& 39-
- Il refte à parler des différentes maniérés de fofpôndre l’Arc, dont on a déjà dit un mot en parlant de l’Arc de bois ; mais il y en a bien d’autres. /
- §, VIL Différentes maniérés de faire des Piliers pour foutenir î
- * , *
- les Arcs de Tour.
- Lorsqu’on veut épargner la dépenfe, on fait faire, par un Menuifîer, un pilier de bois A B 9fig. 5 , PL 39, de 2 pieds & demi ou environ de hauteur , & de 4 pouces de largeur par le bas A, fur 2 à 3 pouces d’épaifieur dans toute fa hauteur. Au haut de ce pilier B , on réforve un talon ïaillant E, 8c l’on fait deux tenons qui s’affemblent dans les mortaifes de la piece ou chapeau D C, où l’on voit ces deux tenons & mortaifes ponétués proche de B. On colle & on cheville cet afïèmblage, afin qu’il foit très-folide. On fait en deflus & aü bout D du chapeau , une entaille pour recevoir l’Arc d’acier, en dedans & au milieu duquel on a fait un petit point creux, qui fert pour recevoir une petite pointe de fer que l’on fiche au milieu du plat de l’entaille, afin d’empêcher l’Arc de gliffer de côté ou d’autre. On recouvre le tout avec une équerre de fer D F, de la même largeur que le chapeau, & on fixe cette efpece d’équerre au moyen de trois vis de fer taraudées pour le bois, 1, 2 & 2 ; alors l’Arc eft très-affermi fur fon pilier.
- On arrête ce pilier fur l’établi du Tour, au moyen de trois équerres de fer repréfentées au bas de la figure 4 ; GH, eft le plan du pilier ; 4, y & 6, le plan de dellous des équerres, que l’on attache au pilier par deux vis à chacune ; Sc fur l’établi uiifc vis à chaque fuffit. Il n’eft pas nécellàire de mettre d’équerre en devant de ce pilier ; car outre quelle pourroit nuire aux poupées du Tour ; cette équerre feroit inutile, puifqu’en faifànt agir l’Arc, tout l’effort tend à le faire pencher en devant.
- Tourneur , L Part. /. SecL V 4
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- m . TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- Il faut pourtant ne pas oublier de faire en forte que le devant de ce pilier ïbit d'équerre avec le plan de l'établi.
- Le chapeau D C efi placé obliquement, afin d'approcher l'Arc plus près de la ligne perpendiculaire de la bobine aux pointes.
- a b , fait voir l'une de ces équerres en perfpeétive.
- Ceux qui veulent que l'Arc foit mobile d’un bout à l'autre de l'établi, feront faire deux piliers de fer femblables à celui qui efi: repréfenté dans la figure 6". ACDEF, FL 39 , fait voir ce pilier de côté fur là largeur ; a efy efi: la vue du même pilier fur le devant ou fur fbn épaifleur»
- On donne ordinairement 2 pieds 8c demi ou 2 pieds 9 pouces de hauteur a ce pilier , depuis l'arrafement ou le deflous de l'embafe (7, jufqu’au-deflus du bec E, qui fupporte la traverfe de bois par fes bouts /, K , fig. r, & que l'on fixe au pilier au moyen d’une vis de fer, qui, paffant au travers de la traverfe, va fè viflèr dans le trou G des montants A, F, fig. 6, qui vont en diminuant de bas en haut. Il y a des perfonnes qui les font limer 8c polir fur leurs quatre faces ; d'autres fe contentent qu'ils foienc bien proprement forgés, puis ébarbés à la lime, 8c enfuite bronzés ou vernis î on les courbe par le haut, pour laiffer librement pafler les poupées en bas des piliers, & en même temps pour approcher l'Arc plus près de la ligne d'à-plomb de la rainure de l'établi. Le tenon quarré H h , paffe à travers l'établi, & le bout taraudé reçoit l'écrou hexagone £c à chaperon B, que l'on ferre avec une clef propre à cet ufàge.
- Rien n'eft auffi facile que de fufpendre l'Arc à la traverfe de bois 1K %fig. r ; au moyen de l'étrier de fer D, qu’on lime proprement, 8c dont le bas efi: percé & taraudé pour recevoir une vis L , dont la tête efi plate 8c ovale. Le bout de la vis d'acier efi limé en pointe moufle, ou d'un angle très-obtus, 8c entre dans le petit trou qui efi deflous l'Arc , comme on l’a dit plus haut.
- Cet étrier embrafle l'Arc, la traverfe de bois, & un petit couflînet de fer M> fait à peu-près en plan comme la lettre H de l'alphabet, avec fes quatre oreilles ; il embrafle les deux côtés de l'étrier, de maniéré que gliflànt de droite à gauche, il ne puifle échapper. Le tout efi retenu par deux vis de fer qui paflfent dans les trous d'un côté de l'étrier, & fe vident dans l'autre côté qui efi taraudé. On prefle plus ou moins l'Arc contre la barre IK, ayec la vis L, pouc le fixer où l'on veut dans toute fà longueur.
- On donne ordinairement à cet étrier 2 pouces de largeur, fur 2 à 3 lignes d’épaifleur à chaque joue. La piece de bois doit avoir 2 pouces & demi de lar-* geur, à proportion de fa longueur ; & pour fon épaifleur, il faut fè conformer à la largeur de l'Arc.
- Lorfque le plafond du Laboratoire efi bas, pour gagner de la hauteur, ori prend une barre de fer d'environ un pouce ou iy lignes en quarré, que l’on attache aux piliers dans la place E F, fig. 6y avec une vis f comme on vient de dire pour la barre de bois, bien entendu qu’on fait cette place EF convenable
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- I. Section, Chap. XI. Des Piliers fervdnt a foütenir tes Arcs; 355
- à la barre de fer dont on veut le fervir. Enfuite on fait un étrier ou boucle de 2 fer toute d'une pièce, comme on le voit en M, fig. 7* L'ouverture N fert à paffibr la barre de traverle : elle eft plus large par le bas en op > pour recevoir l’Arc. Le bas de cette boucle eft percé & taraudé pour recevoir la vis 1 & 2 , qui preflè l'Arc , Sc par conféquent la barre ; & on a la liberté de le promenée & le fixer où l'on veut.
- On a foin de tenir la partie de cette boucle où on met la vis, plus épairta que le refte, ou d'y former une tétine, pour y pouvoir pratiquer plus de pas de vis.
- Il faut faire attention d’enfiler l'Arc dans la boucle avant d’y mettre les cor** des, autrement il faudroit faire cette boucle de deux pièces rapportées, ce qui donneroit beaucoup plus d’ouvrage.
- Comme il Ce trouve des perfonnes qui ne veulent point percer leurs établis , Sc qui veulent promener le pilier Sc l'Arc d’un bout à l'autre du banc du Tour * fai imaginé celui qu'on voit fig, 9, dont le ba s A B C eft coudé en fût de viL brequin, afin qu'il puifîe embrafïèr l'établi où on 1 arrête , du côté oppofé au Tourneur * au moyen de la vis de preffion , dont la tête eft faite en piton * dans le trou duquel on peut pafîer une broche qui fert de levier, afin d'avoir plus de force pour le ferrer ; on laiffe la partie B un peu plus large , parce que c'eft en cet endroit que tout l'effort de la preffion Ce porte. La partie A, qui eft taraudée, eft ronde * avec une goutte au-defïbus * pour avoir plus de force ; le refte eft plat, d'environ 2 pouces de largeur par le bas , & toujours en diminuant en allant vers le haut. On donnera à la branche de Cè fupport un pouce d'épaiffeur par le bas, Sc le haut en diminuant* V"oyè\ la figure 8 * où ce pilier eft vu de champ ; Sç pour le rendre plus fiable , & diminuer l'ébranlement de droite à gauche, on rapporte un petit patin C C , que l'on voit en perfpeétiye , fig. 10* Son entaille m eft de i'épaiffeur jufte du bas du pilier, dans laquelle il s'enclave. L'épaiffeur du fond du patin mn, eft entaillée à l'angle H, fig. 9 ; de maniéré que le deflous de ce patin loic bien dreffé Sc dans l'aligne ment, de la partie G
- Les deux petites oreilles du patin m9 fig. 10, font percées d'un trou de foret , dans lequel on parte une goupille de fer qu'on rive fortement, afin que ce patin femble ne faire qu’une piece avec le pilier, dont il ne doit jamais fo féparer*
- La figure 8 fait voir ce patin aflemblé en C C+
- Le haut D du pilier, fig. 9, eft courbé, afin de préfenter l'Arc oblique^ ment , de maniéré que le point extérieur F de la circonférence de la bobine E, s’approche le plus près poffible de l'à-plomb de la rainure de l'établi. Il eft aiCé de voir que E F repréfente la bobine de l'Arc qu'on voit par le bout.
- Le bout D du pilier forme une mâchoire dans laquelle on pince l'Arc. La partie fupérieure ID fe démonte , Sc on l'affujettit au moyen de la vis K j
- rarwintii
- Planche
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- 3S6 TOURNEUR MÉCANICIEN I. Par’txè.
- - _ —. taraudée dans le collet de la mâchoire inférieure ; L, forme les levres de Ces
- .Planche mâchoires qui aident à retenir l’Arc. d9fig. 8, fait voir le devant de ces mâ-^ choires. On lime, on polit ce pilier ; d’autres le font feulement bronzer. J’en ai fait plufieurs d’une & d’autre façons : le poli efl plus beau, mais il coûte beaucoup plus, & demande bien plus d’attention en le forgeant ; car il faut) que le fer {oit bien net : au lieu que la peinture & le vernis cachent les
- défauts.
- On parlera dans la fuite d’autres moyens de fe paffer d’Ârc ou de Perche § en parlant des Tours portatifs, qu’on décrira dans la fécondé Partie de ceç Ouvrage.
- Article Cinquième. ;
- Defcription des differentes Marches ou Pédales pour faire aller le Toun
- §. I. De la Marche ou Pédale fimple & ordinaire,. î
- L a Marche, que quelques-uns nomment Pédale , reçoit le bout de la corde ' dont on fe fert pour tourner ; enfuite le Tourneur pofànt Ion pied deffus, la fait baiffer , & à chaque impulfion fait faire plufieurs révolutions à l’ouvrage, qui efl: fans celle rappelle dans un fens contraire par le reffort de Tare ou de la
- On fait différentes Marches, fuivant le goût du Tourneur, 8c la grofleuf des ouvrages qu’on veut tourner.
- Chez les Tourneurs én grands ouvrages, comme en meubles, c’eft une barre Planche ^0]s pp 6 y PL dans la Vignette, longue d’environ y pieds, de
- 5 ’ a pouces de largeur, & d’un pouce & demi d’épaiffeur. A un pied de l’extrémité P9 efl affemblée une autre barre de bois m n, de même longueur, largeur & épaiffeur que la première, quelquefois plus longue d’un pied, fuivant la place*1 Cette barre m n fait un angle obtus en m , avec la première barre ; & pour ren-* dre cet affemblage plus folide , on lie enfemble ces deux barres avec un petit bout de planche Y, attachée fur toutes les deux aux points i & z , de manier© qu’elle faffe un angle droit ou d’équerre au point o ; c’eft fur cette planche quei le Tourneur pofe le pied pour travailler. Voye^ la Vignette , fig. I.
- Le bout de la première barre efl taillé en fourchette en P, dans laquelle paffe la corde. Environ à 4 ou 6 pouces de diftance du fond de la fourchette^ efl un trou dans lequel on paffe un bout de la corde, qu’on y arrête par unf nœud : on l’entortille autour de la première barre de plufieurs tours, depuis lej trou jufqu’à la fourchette, afin d’avoir allez de corde pour fournir à mefiire! quelle s’ufe ou quelle caffe en travaillant. L’autre bout de cette corde doit monter beaucoup plus haut que les pointes du Tour , pour 1 attacher dans une boucle qui efl en d, fig, x, dans la Vignette, 8ç qu’on a faite à un bout de
- corde
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- I. Section, Ch ap. XI. D'une Marche qui fe meut et charnières. 3 57
- torde qui pend de la perche ou de la bobine de Tare ; & pour cela on fait un s nœud à celle qui vient de la Marche. Il y a des Tourneurs qui y mettent un petit bouton de bois dur ou de corne ; d’autres fe contentent de faire le nœud un peu gros y afin qu il n échappé pas de la boucle, qui doit être faite environ 3 un pied & demi plus haut que le centre des pointes du Tour, afin que dans les grandes impulfions du pied, cette boucle & le bouton ne viennent pas fur
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- ïouvrage*
- Ces fortes de Marches font fort longues , parce que la corde paflànt en dehors des jumelles A, B du Tour, ne doit pas y toucher lorfqu’on baille la Marche avec le pied.
- §. IL Autre Marche arrêtée a;u pied de Vétabli, & qui fe meut
- avec des charnières.
- Tes Tourneurs en petits ouvrages font paflêr la corde dans la rainure des .....**«*«*.
- jumelles du Tour ; alors on fait une Marche ou Pédale comme on voit dans la Planche figure 4, PL 32. Cette Pédale confifte en une barre de bois P Q, dont le bouc ^
- Q vient s’affembler à tenons & mortaifes, & d’équerre dans la traverfe V ; ces deux barres ont environ 2 pouces de largeur chacune, fur un pouce d’épaiffeurï le bout P eft plus mince de moitié que du côté de Paflemblage, afin de rendre la Pédale plus légère. On lie enfemble ces deux barres par une troifieme T, à tenons & mortaifes ; mais cette derniere eft de moitié plus mince que les autres p ’& ne porte quun demi-pouce d’épailïèur, parce qu’elle ne fouffre point d’effort jj f& n’a d’autre fonélion que de rendre la première barre folide dans l’affemblage^
- On a foin cependant que cette petite barre T, affleure les deux autres en deffus.
- On doit encore faire attention d’arranger toutes ces pièces de maniéré que la rive P Q fe trouve placée jufte à Là-plomb du milieu de la rainure de l’établi , dans laquelle paffent les queues des poupées.
- Il y a des Tourneurs qui font fur la longueur de cette Marche plufieurs trous, dans lefquels on met alternativement le petit boulon de fer A , qui fèrt à fixer la petite barre R, percée d’un trou S ouvert en fourchette , comme on le voit : c eft autour de cette derniere barre, qu’on enveloppe la corde par plufieurs tours- ; & lorfqu’on en a mis une certaine quantité, on la paffe par la fourchette S, enfuitc on l’arrête à la boucle de la corde d’en-haut. On affermit cette derniere barre R au moyen de l’écrou B, qu’on peut faire à oreilles ou \
- hexagone, au moyen de quoi on peut tourner cette petite barre, & la faire biaifer à droite ou à gauche, fuivant le befoin ; & en la changeant de trous, on allonge ou l’on raccourcit la Pédale fuivant les cas, depuis X jufqu’au bout P*
- On attache cette Pédale aux pieds de l’établi * à droite, 2 & 3 9fig. I, au moyen de deux charnières de fer 1 & 2 ,fîg* 4 * avec des vis à bois.
- Tourneur, /. Part. I. Sccl. X 4
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- 3:5-8 TOÙRNEÜR MÉCANICIEN, I. Pamïé.
- » Lorfqu’on veuc changer fà Pédale , foit pour en placer une qui fafle aller une roue*ou autrement, on fait les goupilles 5 & 3 doubles , de maniéré que lorf-que la partie ronde A, qui eft fendue en deux, eft enfilée dans le nœud de la charnière, elle fait reflbrt & tend à s’écarter ; alors une petite levre 3 , qui excede un peu fon diamètre, l’empêche de forcir de fa place , d autant plus que' fà tête en piton lui aide encore à faire reflort ; cette tete y, fert encore pour attacher cette goupille avec une ficelle, a un clou au pied du Tour, pour qu’elle ne fe perde pas ; alors on en eft quitte pour mettre à toutes les Pédales des moitiés de charnières toutes femblables, parce que les autres moitiés 1 8c 2, reftent attachées aux pieds du Tour.
- Si l’on fe fervoit d une roue pofée fur l’établi du Tour, il faudroit avoir une Pédale longue qui pafsât deffous la traverfe y , jîg. I, afin qu’en fe prolongeant elle pût atteindre à la corde qui fait aller cette roue, comme on dira dans la fuite ; mais cette Pédale feroit trop lourde pour tourner de petits ouvrages avec l’arc ou la perche*
- Lorfqu’on veut avoir une Pédale plus décorée, on peut la chantourner en confoie à rouleaux , ou de toute autre maniéré, comme on en voit une dans la Planche 33 >fig* 8. La grande barre A B eft aflemblée à tenons & mortaifes dans la traverfe CD; ces deux barres font liées enfemble par l’arc-boutant EF; favoir, par un tenon en F, 8c par une clef en E, enfuite collées & chevillées, On a foin de ne pas découper à jour les rouleaux A, F; on les grave feulement de 2 lignes de profondeur.
- On ne met point de charnières à ces fortes de Pédales : elles roulent entre deux pointes d’acier, dont celle G eft coudée d’équerre, 8c la queue eft taraudée à vis à bois , pour être forcée dans le pied de l’établi de derrière, 8c en dedans du Tour,
- L’autre H h, eft faite en forme de piton, & taraudée : elle reçoit la vis tournée /, que l’on ferre plus ou moins, pour donner du jeu ou de la liberté à cette Pédale qui doit fe mouvoir fans balottage.
- La traverfe CD, eft embrafléepar une double équerre ou crampon KL? que Ton encaftre de toute fon épaiflèur dans la traverfe CD, de maniéré qu’on ne voit point de fer par-deflus ni par-deflous la Pédale, & on la fixe avec les vis 1, 2 8c 3 , à têtes perdues. On fait le crampon fort mince dans toute fa longueur , il n’a pas plus de 2 lignes d’épaifleur entre M N, & de l’autre fens 6 lignes, afin de pouvoir loger les têtes des vis faites en cônes ou en entonnoirs.
- On fait les deux becs K, L, de 6 lignes d’épaifleur en tous fens, parce qu’ils reçoivent les pointes g, h, qui y roulent à frottement. On donne à ce crampon en dehors, la même longueur que celle de la traverfe C D, & celle-ci eft déterminée par l’écartement intérieur des deux pieds de l’établi ou on doit 1 attacher.
- Bien fouvent on garnit ces Pédales, depuis A jufqu en P? avec du maroquin rembourre de crin, pour plus de commodité.
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- I. Section, Chap. XI. De la Marche des Tourneurs Mécaniciens i 359
- §. III. De la Marche dont fe fervent les Tourneurs Mécanic iens. Planche
- Les Tourneurs en fer & autres métaux * ainfi que les Mécaniciens, fe fervent, pour Pédale, tout fimpiement d'une planche de bois de fapin, d’environ 4 pieds de longueur, fur 4 pouces de largeur, & d’un pouce d’épaife feur. On fait une entaille au bout en forme dune fourchette, pour arrêter la ' corde; & à 3 pouces en deçà on fait un trou, où on arrête par un nœud le bout de cette corde : du refte on l'entortille autour de la Pédale comme on a dit ci-devant.
- On n’arrête point ces fortes de Marches ou Pédales, afin de les placer tantôt à droite, tantôt à gauche , ou bien en arriéré, fuivant la pofition que l’Artifte eft obligé de prendre, à caufe des différents plans que les pièces qu'on tourna préfentent au Tourneur.
- On fait de ces Pédales depuis deux pieds, trois pieds, quatre , enfin jufqu'à cinq pieds de longueur, foivant que la piece de métal qu’on travaille, eft groffe ou pelante.
- On peut y éprouver au commencement quelqu'inconvénient, en ce que cette Marche va & vient d’un côté & d’autre , qu'elle avance ou qu'elle recule ,
- & enfin qu’on rifque de la faire toucher, même alfez rudement, contre l’autre 1
- jambe fixe, qui porte tout le poids du corps, & de fe bleflèr en l’écorchant J mais un peu d’habitude remédie à tout cela : on parvient à baiffer le pied bierï droit & ferme ; & je puis dire que dans l’habitude ou je fuis de me fervir indife tinélement de toutes fortes de Pédales, je trouve que ces dernieres font les plus commodes , fur-tout travaillant de Mécanique. Voyez la figure y, PL 34 ;
- Jüf, eft la fourchette dans laquelle paffe la corde; Y, le bout qui pofe par terre. Si l’on veut éviter le bruit que ce bout fait for le plancher, on le garnit, d’un morceau de chapeau, qui l'enveloppe par-deflus & par-deflous, & un peu plus grand que la partie qui touche par terre. Les Ouvriers n'y mettent ordinairement rien.
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- 36o tourneur mécanicien,!, parti*.
- Article Sixième.
- Des Supports en général ; de la Barre, & de plujieurs autres Supports,
- avec leurs différents ufages.
- Cet Article fe dîvîfe d’abord en deux parties ; favoir, le Support de Toutil, & le Support de louvrage. On traitera dans#cette première Partie des différents Supports qui fervent à foutenir l’outil dans tous les cas, pour le Tour à pointes.
- La fécondé Partie contiendra la defcriptîon de différents autres Supports propres à foutenir les ouvrages lorfqu ils font trop minces ou trop déliés pour pouvoir réfifter aux efforts de l’outil qui entame la matière.
- Parmi les Supports qui fervent à foutenir l’outil, les uns font fort fimples ^ & n’exigent pas beaucoup de dépenfe ; les autres font plus compliqués & plus dilpendieux. Quant à leur mérite intrinféque, c’eft la folidité.
- Première Partie. Des Supports de VOutil du Tourneur.
- §. I, De la Barre Jïmple a l’ufage ordinaire du Tourneur.
- Louvrage étant placé entre les deux pointes des poupées , il eft très-nécefc foire, & même indiipenfeble, d’avoir un point d’appui pour fupporter l’outil en travaillant.
- Le plus (Impie, 8ccelui dont fe fervent prefque tous les Tourneurs, ç eft la Barre, telle qu’on la voitfig. $ , PL 31, B B, au-deffous de la Vignette. On la fait ordinairement de toute la longueur de l’établi. On en fait auffi de moins longues, telle que celle qui eft repréfentée en B b, fig, 1, même Planche , Vignette.
- On expliquera ailleurs pourquoi cette Barre eft plus courte que l’établi; fon épaiffeur eft déterminée par l’ouverture de la manconniere, dans laquelle elle eft portée : on la tient plus épaiffe quand elle eft bien longue, le tout à proportion des ouvrages que l’on tourne le plus fouvent ; fa largeur eft déterminée par la hauteur qui fo trouve depuis la pointe du Tour jufqu’au bas de l’enfourchement de la mantonniere : on fait en forte qu’elle foit d’une ligne moins large que cette hauteur, & un peu plus mince que l’enfourchement ^ afin de la pouvoir glifler librement fur fo longueur. On la fixe où l’on veut au moyen d’une vis qui eft placée en Z 9fîg. 4 & y, PL 36, de cette mantonniere , foit en bois, foie en fer : le bout de cette Barre fe voit jig. 7 > PL 31, dont l’angle A eft arrondi en quart de cercle dans toute fo longueur ; & cet arrondiffement étant placé du côté de TOuvrier, il peut hauffer ou bailler l’outil plus ou moins, félon qu’il
- le
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- I. Section, Chap. XI. De là Barre coupée» le veut faire mordre fur l'ouvrage. Cette Barre doit être d'un bois ferme, bien net 8c fans nœuds.
- De la Barre coupée.
- Planche
- Lorsque les pièces qu on veut tourner font fort longues, ou qu’elles font coudées, tel que le pied du doffier d’une chaife ou autre ouvrage , on fe ferc d'une Barre beaucoup plus courte, telle que jB la repréfente dans la Vignette , fig. 1, PL 31 : ( voyez le bas de cette Planché , fous les mêmes numéros & lettres ; ) & afin d'en fixer le bout 011 l'on veut, on fait une faufïe poupée b b % plus balle que les autres, de maniéré que l'ouvrage puilïè palier par-delîiis , & tourner fans y toucher : on y enfile dans une mortaife une mantonniere aa; différente des autres en ce que les deux mantonnets x, font pris dans la même piece de bois, & que la Barre fe place dans l’enfourchement qu’on y a pratiqué pour la recevoir. On voit aifément toute cette conftruélion par la feule infpeélion de la figure i > PL On voit auffi que cette fauilè poupée n’a point de tete, & qu elle eft égalé d'épaifïèur au tenon des autres poupées d'un bout à l'autre ; de maniéré que fi l'on ôtoit la mantonniere a a 5 cette faulfe poupée palïeroit à travers la rainure, entre les deux jumelles A , B.
- Cette poupée a deux mortaifes , l'une pour recevoir la mantonniere a a ; l'autre au-delfous fert à placer la clef ou coin /z, qui, en même temps , arrête la mantonniere & la poupée fur l'établi A B; par ce moyen on fbutient la longue Barre dans le milieu ou à tel point qu’on le veut, pour la rendre plus folide dans les ouvrages d’une certaine longueur.
- Il eft à propos de donner un exemple de Ce qui vient d'être dit, & d'enfeî-? gner la maniéré de placer une piece coudée fur le Tour, comme un doffier de chaife, ou autre piece , en failànt ufage de la petite Barre & de la mantonniere dont on vient de parler. Voyez la Planche 13 , fig. 18, qui repréfente le pied d’un doffier de chaife MN, coudé en O, dont il faut tourner la partie O M ; pour cet effet on prend la boîte de bois AB, fig> 17 , percée obliquement a l'un de fes bouts , en A a ; on fait entrer le bout N du doffier dans ce trou j tout à travers : on l'y affujettit avec le petit coin C Q, que l'on place dans l'entaille a ; & lorfque cette Barre eft fixée bien ferme à l'aide d'un marteau , on choifit parmi les trous marqués de à en b, fig. 17, celui qui correfpondle mieux à la ligne droite P M Q1, qui eft ponétuée, & qui paffe à travers les deux figures 17 & 18: cette ligne eft l'axe ou centre de la partie O M du doffier, ce qui fait qu’il tourne rond 8c droit, quoiqu’il foit coudé en O. Si on youloit tourner l'autre bout du pied de doffier depuis O jufqu'en N9 il faudroit faire la même opération, en plaçant la boîte A B à l'autre bout M de ce pied.
- Cette piece étant montée fur le Tour entre les deux pointes, comme on le voit en la Planche 3 r, fig. x, Vignette, on voit qu’il eft néceflaire de fe fervir d’une Barre plus courte, & de la fauflè poupée qui la fbutient vers le milieu
- Tourneur , L Part. I. Secl. Y q
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- 3fa tourneur mécanicien,!. Partie,
- Ap la loncnieur du pied de doffier. & par ce moyen on peut le tourner jufqn ’au Planche couc[e de cette piece. Si au contraire la barre étoit plus longue, cette piece ne pourrait tourner, 8c fon coude la feroit frapper contre ; & lî Ton vouloit Té-carter autant quii faudrait pour en empêcher, alors elle fe trouveroit trop éloignée de l’ouvrage pour fupporter Toutil. On verra Tutilité de tout ce qui vient d’être dit , dans la fuite de cet Ouvrage, en parlant des différentes opérations du Tourneur.
- Quant à la forme de la boite , c’eft un morceau de bois ferme & liant, tel qu’un bout de planche, d’environ 6 à 7 pouces de longueur, fur 3 pouces de largeur, 8c de 2 pouces d’épaifleur, percée tout à travers, fur la face la plus large, d’un trou rond ou quarré, fuivant la forme du bout de la piece ; car on fait qu’il y a des pieds de doffier qui font ronds d’un bout, 8c quarrés de l’autre; On fait dans cette boîte , à côté de ce trou, une entaille quarrée avec un bec-d’âne , pour loger le coin qui tient la piece en place. Les trous pointés qui fui—, vent la même direction A B,fîg. 17, font faits pour placer la pointe du Tour , & regagner l’excentricité de cette piece coudée. Je crois que Tinlpeétion de la figure fuffit.
- §• III. Defcription d’un Support tout en fer & en cuivre, propre pour tourner les métaux.
- La Barre de Tour qui fert de Support au Tour à pointes, ci-devant expliquée , n’étant pas affiez folide pour tourner des métaux, on a été obligé d’imac giner celui dont nous allons donner la conftruétion, pour fupporter l’outil.
- Ce Support eft ifolé : on le place foivant le befoin 8c 1 intention de l’Artifte* Il eft compofé d’une femelle de fer, de cuivre ou de bois ferme ABC D,figm 1, PL 40, de 10 à 11 pouces de longueur, fur 3 pouces & demi de largeur, & d’un pouce un quart d’épaifleur toute finie : elle eft plus large d’un demi-pouce de chaque côté , en C D HI, & eft ouverte de F en G ; aux deux côtés de cette ouverture, on pratique une feuillure dont le profil K LF, fe voit dans la figure 3 , par la coupe en travers de la femelle, fur la ligne MN ,fig. 2. Quand on le fait de cuivre, on fait la partie de derrière C D MN * plus épaiflè d’environ 2 à 3 lignes que celle de devant M N a b, fig. 2 , afin que la couver-; ture rempliflànt ce vuide, affleure la partie C D M N y 8c que la femelle fe trouve d’égale épaifleur d’un bout à l’autre.
- On aflùjettit ces deux pieoes enfemble par de bonnes riyures, ou avec des vis, fi c’eft de fer ou de cuivre ; mais fi on le fait en bois, on fait la fomelle égale d’épaifleur d’un bout à l’autre ; on colle la plaque qui couvre l’ouverture & les feuillures, & on ragrée les bords tout enfemble au pourtour. Cette ouverture ou rainure, fert à introduire le boulon de fer qu’on appelle le T %fig: 9 > la partie O de ce T, qui eft quarrée, doit y couler librement, 8c la tête F
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- I. Sections Chap. XL D*un Support tout en fer & en cuivre, &c. 363 fè loge dans les feuillures 1 la partie O & la tête F étant quarrées, l'empêchent de tourner lorfqu’on ferre l'écrou H. La tige P Q, qui eft ronde, doit être égale à l'épaifleur de l’établi ; le relie du T doit être taraudé en vis pour rece*< voir l'écrou H ; Sc cette vis doit être allez longue pour qu’on puifle introduire, entre l’écrou & l’établi, une rondelle /K, d'un pouce Sc demi d'épaifleur, fi elle eft de bois ; mais fi on la fait en cuivre, un pouce d'épaifleur fuffit.
- Sur cette double femelle, on pofe la piece en équerre V YXx *fig. 6 ; qu’on appelle focle, talon, ou chaife de Support, fuivant les differents Ouvriers ou les Ateliers. On affujettit cette équerre au moyen de la vis à tête ronde P p , fig. 11. Cette tête eft percée de quatre trous q, qui fe croifent à angles droits, Sc dont on ne peut voir ici qu'un ; c’eft dans l’un de ces trous qu'on introduit le bout d’acier d de la clef de fer, fig. ro, afin de pouvoir ferrer fortement cette vis. L’écrou eft encadré dans la femelle même en E e, fig. 1 & 2, & répond au trou E de la chaife ou focle, fig. 6. Sur la partie X qui s’élève, on fait trois ouvertures 1,2 Sc 3 , de 8 lignes en quarré chacune, deftinées à recevoir le petit T,fig. 12., qui doit y paffer facilement ; ce T mn, eft terminé en vis, & fert, au moyen de fon écrou hexagone Sc à chapeau R, à fixer fur la partie Xx de l’équerre, fig. 6 & 8 , la cale de bois SS R 9fig. 13 , fur la longueur de laquelle on fait une rainure R9 qui forme un enfourchement par ou pafle le corps quarré r du petit T ; Sc pour que fà tête m ,fig. 12 , affleure avec ia partie fupérieure de la cale de bois du Support, on amincit les deux jambes de cette cale le long de l’enfourchement R, fig- 13 , de l'épaifleur de la tête du petit T feulement, afin de conferver la folidité de cette cale , que l’on fixe à la hauteur convenable.
- L’une des branches du petit T, fig. 12 , eft plus courte que l'autre, afin qu’elle ne déborde pas lorfqu’on place le T dans l'une des deux ouvertures 1 Sc
- 3 , qui font plus proches du bord, fig. y, ou l'on voit de face le parement X Y Sc x9 de la figure 6.
- On fixe la femelle fur l’établi au moyen du grand T ,F G 9 fig. y. le collet O Sc ià tête F étant quarrés Sc gliflànt aifément fans jeu dans la rainure, on pourra éloigner ou rapprocher Sc faire tourner en tous fens la femelle.
- On voit que la piece en équerre ou la chaife , peut auffî tourner en tous fens $ au moyen de fon tourillon à vis P p 9fig. 119Sc être fixée dans la fitua-tion la plus avantageufe.
- La figure 8 repréfente en perfpeélive ce Support garni de toutes lés pièces qui le compofent, à l’exception du T à vis, fig. p , qu’on doit fuppofer pafle dans la rainure ou canal pratiqué dans la femelle. On voit la même femelle recouverte, ne faifànt plus qu’une feule piece avec la piece d’équerre Y Xx, dont l’angle Z eft limé en bifeau, même un peu arrondi, pour ne point èlefler la main de l'Artifte; la vis Pp 9 dont on ne voit que la tête qui l'attache fur la femelle ; la cale de bois SS S, dont langle F eft arrondi ; Sc c’eft fur cette
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- 3 <4 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- — partie ^ J, que Ion pofe l’outil. On voit aufli que cette cale efl: attachée à la
- Planche pièce d’équerre par le petit T m n, & fon écrou R , que l’on peut ferrer avec ^°‘ l’ouverture E de la clef de fer E d ; le petit trou rond qui efl: tout proche, fert pour l’accrocher dans l’Atelier au moyen d’une petite broche. On voit la coupe de cette clef prife en travers, en h y fig. io : il faut que le bout d foie d’acier entre deux fers, & trempé revenu bleu , afin qu’il ne plie point en ferrant la vis P.
- Lorfque l’équerre, fig. 6, efl: fixée fur la femelle au moyen de la vis à quatre trous , on arrondit les* coins C, D, V3 u , fig, 8 , tant de la femelle que de la chaife, tout enfemble , comme on voit dans la figure 2, en cd; on arrondit de même le coin a b de la femelle , ainfi que les arêtes de deflus, depuis a hbi9 feulement ; mais on laifîe bien quarrée la partie ch di, pour quelle ferve de bafe à la chaife : on arrondit aufli toutes les quarres de la chaife , à l’exception des endroits où elle s'applique contre quelque chofe.
- On doit faire le trou dans la femelle, de maniéré que les diftances de ce trou e y , e 6, e 7, fig, 2 , foient égales, afin quela chaife s’affleure en tous fèns avec la femelle. Il faut néanmoins que la diflance du trou E 8, de la chaife 9 fig. 6 9 foit moindre d'un demi-pouce que celle des trois autres côtés, afin que lorfqu’elle efl: tournée de l’un de ces trois cotés, la cale de bois quelle porte ne défàffleure pas de beaucoup les côtés y , 6,7 de la même femelle.
- Lorfqu’on fait ce Support tout en bois, on fait la femelle d’un quart de pouce plus épaifle, & la bafe de la chaife auffi plus épaifle depuis V jufqu’en Y9 parce que cette partie fe trouvant à bois de bout, pourroît cafler au moindre effort. On prend pour cette piece, du bois bien de fil, très-ferme, liant & fans nœuds.
- Il faut creufèr en arc de cercle la partie 4, qui efl: en congé, fig. 6, & bien de niveau au plan E. Cette cavité 4 , fert à laifler un jeu libre à la tête de la vis Pp9fig.ii.
- Lorfque ce Support efl: en bois, on fait la vis Pp plus fimplefig. 14 ; la' tête efl: percée de quatre trous qui fe croifent, comme dans l’autre, à la réferve que cette tête efl cylindrique, un peu arrondie par-deflus en forme’de calotte furbaîflee : on donne à cette tête un pouce un quart de diamètre , fur un peu moins d’un pouce de hauteur , afin qu’elle ne touche pas à l’écrou Æ du petit T9fig. 8 & ï2. A B9 fig. 14, efl l’écrou de la vis vu en perfpeélive ; la partie B efl plus épailfe , pour qu’il y ait plus de filets dans cet écrou : on lui donne ordinairement un demi-pouce d’épaillèur tout au plus ; les deux oreilles 1 & aî en ont la moitié moins, afin de ne pas affoiblir la femelle dans laquelle il doit être encaftré à fleur de deffous. Les trous 1 Sc 2 fervent à placer des vis de fet a b ; 1,2, fait voir l’épailîeur de cet écrou ; c d, fait voir le plan de deffous de l’écrou ; 1 & 2 font les places des vis, au moyen defquelles on le fixe à la femelle*
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- î. Section, Chaf, XI. Des Modèles en bois pourfondre les Supports , &c.
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- §. IV. Maniéré de faire les Modèles de bois pour jetter en fonte un Support ^o. de cuivre ; avec les obfervations ne'cejfaires a ce fujet.
- O N fe trouve quelquefois dans la nécefîîté de faire foî-mêmé les modèles en bois, pour faire jetter en fonte les pièces d’un Support en cuivre: afin que l’ouvrage vienne bien net * il y a plufieurs précautions à prendre ; il faut d’abord faire un modèle en bois de chaque piece, & le tenir au moins d’une ligne plus épais en tous fens, parce que d’abord le fable du moule fe rapetifle en féchant, & que la matière en refroidilîànt fe reflferre très-fenfiblement ; & de plus, il faut faire attention que la lime diminue & amincit cette piece en dreffant & finif*, fànt , ainfi on ne rifque rien de donner plus d’épaiffeur aux modèles à proportion de leur groffeur.
- Pour plus de propreté pour l’ouvrage, & de facilité pour le Fondeur, j’aï imaginé de faire mon modèle de femelle de deux pièces, comme il eft repré-fenté dans la figure 7 ^ AB C D ; on raflemble ces deux pièces au moyen des goujons 1,3, & des trous 2 & 4* On a foin de frotter ces goujons avec du favon : ils doivent être fermes dans l’une des pièces D, B , à frottement doux au dedans de l’autre piece C A; & pour empêcher que la rainure F Gfg, ne foit plus étroite en G qu’en F, on fiche le petit crampon a b de fil de fer d’une ligne de diamètre , dont on fait entrer les pointes en deflousdes parties AyBy de la femelle * cela l’entretient jufte de largeur d’un bout à l’autre, & le Fondeur , en battant fon fable pour faire fon moule, ne dérange rien.
- Le moule étant fait, le Fondeur l’ouvre, & avec un couteau arrache ce
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- crampon ; puis , avec le meme couteau , il déjoint les pièces AC, B D de la femelle, & la terre ou fable qui doit former la rainure & les feuillures relient tout d’une piece dans le moule ; avec cette précaution on n’a prefque rien à réparer avec la lime. Je donnerai à mefure la maniéré de faire les modèles des pièces difficiles à jetter en fonte ; & à la fin de cette Seélion * celle d’exécuter très-bien & facilement toutes ces pièces.
- Si je me fuis étendu un peu fur cet Article, c’eft qu’il me fervira d’introduction à plufieurs autres machines dont il fera parlé en fon lieu.
- §. V. Defcription d'un Support tout en bois, & qui peut fervir a peu-pres aux memes ufages*
- La figure 6, P/. 41, repréfènte à peu-près le même Support, mais il eft plus grand, plus gros, & tout en bois ; du refte la defcription eft la même, à l’exception du chiffre qui indique la figure : du refte celui-ci eft très - bon pour les perfonnes qui veulent ménager la dépenfè.
- La figure 7 repréfente le bout de devant de la femelle > $ç le canal qui reçoit; foUKNEUR, I. Part. I. Secl. Z 4
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- 366 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- la tête du T ; ce canal eft recouvert, pour plus de folidité, & en même temps
- pour empêcher que les copeaux de Tourneur n entrent dedans, 8t n’empêchent
- de faire mouvoir le Support.
- La figure 9 fait voir le petit T, & fon écrou R.
- La figure 10 repréfente le petit boulon 8c fon écrou, avec les deux petites vis : on voit à fa. tête P3 deux des quatre trous qui fe croifènt, St dans lefquels
- on place la clef9jig. y.
- Le T9fig. 8, eft de bois & de fer; fa tête eft ronde, comme fon collet O, pour qu’il tourne dans la rainure du Support ; la queue P de ce boulon eft quarrée : on la chaftè à coups de maillet dans une piece de bois A B 9 qui eft faite comme la queue d’une poupée ; St de crainte de la fendre, on place dans le haut un cercle de fer ; enfuite on arrête le boulon en c & en d3 par deux goupilles qui fe croifènt à angles droits , & qui font éloignées Tune de l’autre, pour plus de folidité. La mortaife Q fert à paffer une clavette de bois ou une clef, comme on a dit en parlant des poupées. Cette piece de bois A B doit
- gliflèr librement dans la rainure de l’établi.
- Cette piece, qui tient lieu du. T dccrit dans la flanche precedente3 a les
- mêmes propriétés, St ne coûte pas fi cher.
- Il y a encore une autre maniéré d’arrêter cette efpece de Support : elle con-fifte à faire la femelle pleine: voyez A, fig. 11, qui repréfente le bout de devant de cette femelle: elle eft embraffée par un étrier de fer plat, dont on voit le champ ou lepaiflèur abdd 3 & en même temps la forme qu’il doit avoir de face ; fa largeur par le côté eft d’environ un pouce un quart dans tout fon pourtour , & doit être d’environ 3 lignes d’épaifieur, excepté en MSt en N, parce que c’eft à ces endroits qu il foufïre un plus grand effort. La partie B B repréfente un bout des jumelles, fur quoi pofe le Support ; on l’affermit au moyen de la clef ou clavette de bois cc > comme une poupée ordinaire.
- Cette maniéré eft très-fblide ; le feul inconvénient eft que la femelle du Support ne peut pas tourner fur l’établi comme aux autres ; mais la chaife ou l’équerre tourne & y fupplée, au moins en partie.
- Les Tourneurs en pierre * marbre & autres gros ouvrages, n’en ont pas d’autre , 8t le talon ou la chaife eft folidement aflemblé dans la femelle ; on y met même deux équerres de fer aux côtés T", y , que l’on y attache avec des
- vis dans le bois.
- Il faut encore armer d’une platiné de fer d’une ligne d’épaifteur, l’intérieur du montant de cette chaife en travers, à l’endroit des trous quarrés 1,2,3,; fans quoi le bois feroit très-promptement ufé par l’écrou.
- .On fait de ces cales de Support de toutes largeurs ; on en fait même dont lé haut ou pofè l’outil, n’a quelquefois que 3 lignes de largeur, afin dé pouvoir approcher très-près de l’ouvrage dans des gorges fort étroites, fur-tout en tournant des métaux.
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- î. Section, Chap. XI. D'un Support pour tourner les lois de travers. 367
- §. VI. Defcription d'une autre èfpece de Support, propre pour tourner
- les bois de travers•
- On appelle bois de travers, celui dont les fibres font en travers, comme quand on découpe une planche pour faire un cadre ou un plateau de guéridon , une roue de rouet, ou autres ouvrages de ce genre.
- La figure r , PL 41 * repréfente ce Support tout monté ; A B , eft une poupée fiable, dont la queue pafîe entre les jumelles du Tour AA, fur lefquelles elle fe fixe au moyen d’une clef ou clavette de bois g9 comme celle d’une poupée ordinaire: on voit le côté de cette poupée db c ^ fig. 2; elle porte 2 pouces depaiffeur, que l’on a réduit à moitié depuis 1 jufqu’à 2, afin d’y pouvoir placer la planche D E y fig. ï, quon attache à la poupée AB, au moyen de deux petits T de fer, dont ôn ne voit que le bout, & leurs écrous hexagones 3 & 4 ; les T étant par derrière cette piece, ne peuvent être apper-çus ; mais on les voit très-bien fig. 4, numéros I & 2", ainfi que la rainure dans laquelle pafïè le corps quarré de ces T, & les feuillures qui fervent à affleurer leurs têtes 1,2, au plan intérieur de cette planche de Support. Cette même planche DE, fig. t, eft donc faîte par le revers comme celle de la figure 4 ; mais elle a de plus, fur ce même plan $ un autre bout de planche qui prend depuis d jufqu’en F, 8c qui forme avec cette première, une efpece d’é-qüerre : on en voit le plan dans la figure 3, ou fd 8c d e, forment une équerre ; voyez fon élévation & fà coüpe F f d9 fig. 2. On colle ces deux pièces à plat-joint ; erifiiite on y met des chevilles auffi collées, comme on voit oxidD F, fig. r : tout le pourtour de ce Support en équerre efl arrondi par dehors, comme on le voit en dyfig. r 3 8c en y , fig. 2.
- Il efl aifé de fentir , par le plan de ce Support 3 fig. 3 , de quelle maniéré il eft placé fur lés deux jumelles A, 4, & que le plan vertical de la roue ou poulie qu on veut tourner, efl parallèle à la ligne d e ; ainfi pofàht fon outil fur cette partie du Support, perpendiculairement au plan de l’ouvrage, 8c le promenant depuis d jufqu en Kj qui en eft le centre, on peut le rendre uni, ou y former des moulures.
- Lorfqu on veut tourner fur la circonférence de ce plateau, foit une poulie , ou toute autre piece, on pofe l’outil fur l’équerre de ce Support, depuis fjufqu en d, fig. i. Oh n’â tëpiréfehté que des fragments de jümeiles dans toutes les figures j pbür éviter la cohfufion.
- La planche D E , fig. 1, & qui fert de cale à Support, va en bâiflanc de-? puis $ jufqu’à 6 j afin que le mandrin qui eft au centre K > pafle par-deflus * 8c en même temps pour empêcher la gouge de reculer depuis le centre jufqu’à la circonférence de l’ouvragé ; ce qui arrivefoit fans cela, à caufe qu’on ëft obligé de baifïèr le mânche de lai gouge pour la tenir haute du tranchant lorfqu on tourne du bois,-ëommeôn'le dira dans la fuite;
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- 368 TOURNEUR MÉ CANI CIE N, I. Partie.
- Lorfqu’on veut tourner une piece mince , il faut pouvoir placer une bobine convenable, & au centre d’un morceau de planche d’un pouce d’épaiffeur, & quelquefois beaucoup moins, d’autres fois plus épais, on a recours à des efpeces de mandrins ou broches que l’on attache au revers du plateau qu’on veut tourner.
- §. VIL Defcription de différents Mandrins dont on fe fin pour placer la corde du Tour, lorjquon tourne du bois de travers,
- Le mandrin b c, jig. 12, qu’on appelle une griffe, eft compofé d’une piece de bois ronde , & de trois griffes de fer : on commence par dreffer au Tour le plan bd\ on y fait un trait de grain-d’orge à l’endroit où l’on veut placer les griffes ; quelquefois on le garnit d’un cercle de fer ou de cuivre en h, fur une feuillure qu’on a pratiquée au bord fur le Tour à pointes, pour empêcher que le bois ne fe fende, foie en enfonçant les griffes , foie en failant ufage de cet inftrument. On a foin de limer le bout des griffes qui entre dans le mandrin,' bien droit, foit qu’on prenne du fer rond ou quarre , afin qu étant enfoncées à force dans ce mandrin „ elles buttent au fond du trou, & n’entrent pas plus avant lorfqu’on en fait ufàge. Les griffes ainfi placées , on les lime en pointes quarrées ; enfuite on remet ce mandrin fur le Tour pour achever de le tourner : on y fait deux bobines A, a, dont on a foin d’arrondir les bords E, afin qu’ils . ne coupent pas la corde en tournant ; de plus, on fait le plan du bout efy un „ peu convexe , afin qu’en frappant deflùs pour faire entrer les griffes dans l’ouvrage, il ne fende pas. On a foin auffi de creufer le centre/*avant de le tourner, foit avec un grain-d’orge ou une petite vrille, afin qu il ne fe décentre pas en travaillant.
- Il faut choifir un bois ferme & liant pour faire ces fortes de mandrins.
- L’une des pointes eft au bout du mandrin,[8c l’autre au centre de l’ouvrage même.
- La figure 13 repréfente le mandrin à pointé fimple ; cette pointe g eft de fer, mais plus greffe que celles dont nous venons de parler, puifqu’elle feule fouffre l’effort des trois autres : du refte ce mandrin eft fait à peu-près comme le pré-i cèdent.
- Ce mandrin fert dans beaucoup de cas, fur-tout lorfqu’on veut approchée fort près du centre en tournant ; c’eft pourquoi on a dégagé la partie a b. On en verra l’ufàge dans la fuite.
- La figure 14 repréfente un autre mandrin auffi de bois ; fa vis de fer eft faite en cône à fimple filet ; la partie qui entre dans ce mandrin eft quarrée , 8c chat fée à force dans le bois, puis goupillée en b avec une broche de fer qui, paffant à travers le fer'& le bois , empêche que la vis ne forte en la viffant dans la piece qu’on veut tourner. On a foin de tourner le plan A bien droit, même
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- ï. Section. Chap. XI. Defcrlptlon de differents Mandrins, Ôc. 3^9. Un peu creux afin qu’il s’applique bien fur l’ouvrage ; on fait au contraire le bout f un peu bombé s 8c le centre un peu enfoncé, pour recevoir la pointe du Tour, les bords arrondis, comme on a dit pour les autres mandrins.
- Celui-ci fert à tourner des pièces qui ne doivent pas être percées à travers parce qu’on pique la pointe du Tour de l’autre côté, au centre de l’ouvrage ; 8c quand on ne veut pas que le trou de la pointe paroifîe, on y colle un petit morceau de bois qu’on nomme taquet, qui reçoit cette pointe, &qu on arrache quand l’ouvrage efl: fini.
- Le mandrin à vis, /zg. I y, eft fait comme le précédent, avec cette différence que la vis de fer efl: égale de grofleur d’un bout à l’autre, & qu’elle a un centre percé d’un très-petit trou, dans lequel la pointe du Tour entre en travaillant ; on fait ce trou très-petit, & profond de 2 à 3 lignes, afin que le bout de la pointe ne touche pas au fond, parce que le frottement de ce fer doux uferoit promptement le bout de la pointe du Tour, quoiqu’elle foie trempée très-dur. On goupille cette vis en b, comme on a dit ci-devant, & on drefîe fur le Tour la face A, même un peu concave. On fait le bout/'un peu bombé,, le centre un peu profond, comme aux autres.
- Ce mandrin à vis de fer, fe place au centre d’un grand plateau qu’on veut tourner, lorfqu’il n’importe pas qu’il foit percé à travers, car autrement il faut fe fervir des autres.
- On en fait qui ont deux bobines de différentes groffeurs, tel qu on le voit dans la figure 12 , afin de faire tourner la piece plus ou moins vite, fuivant le belbin.
- On en fait aufîl de plufieurs groffeurs ; ordinairement les plus gros n’ont pas plus de 4 pouces de diamètre dans le creux du corps des bobines. On en fait de petits d’environ un pouce de diamètre : il luffit d’en avoir de trois grofîèurs aflbr-ties. Il faut que les vis de fer foient proportionnées au corps de leurs mandrins:
- Ces mandrins font fort commodes, en ce qu’on ôte la piece de deffus le Tout fans détacher le mandrin ; & quand on la veut retourner, elle efl: toujours ronde, fi l’on n’a pas laifle au bois le temps de fe déjetter ; par exemple, pour une roue de petit rouet, où l’on veut couler de l’étain dans la gorge , on la creufe feulement, laiflant les deux côtés du plateau brutes ; enfùite on tourne Pétain 8c le bois, comme il fera enfeigné ci-après, & encore dans bien d’autres ufàges où l’on en verra l’utilité.
- Ceux qui ne veulent point faire de dépenfe , font ces derniers mandrins en bois ferme & liant ; & au lieu de vis, ils y font un tenon rond, un peu plus menu du bout, pour faciliter l’entrée. On le chaffe à force à coups de maillet, en prenant garde de le trop forcer, crainte de fendre la piece ; mais ce tenon ne peut pas avoir beaucoup moins d’un pouce de diamètre : il ne doit pas être bien long, autrement il trembleroit en tournant, ce que les Ouvriers appellent brouter.
- Tourneur , L Part. L Secî. A $
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- •570 TOURNEUR ME CA NI CIE N, I. Partie.
- La figure 16 repréfente un autre petit mandrin ou arbre, dont laxe a c eft d’acier, s’il eft menu ; mais s’il a feulement un demi-pouce de diamètre, le fer fuffit; & alors il faut que les pointes a,c, foient d’acier, tournées en cône, trempées & revenues bleu ; là tige doit aller un peu en diminuant de b en a, pour faciliter l’entrée dans l’ouvrage : elle doit être auffi tournée, après quoi on la raye en long avec une lime un peu rude, de b en «, afin qu’étant enfoncée dans le bois elle ne puiffe tourner. La partie qui eft dans la bobine D, doit être quar-
- rée ou à huit pans, pour tenir plus folidement.
- La figure 17 représente une autre broche toute femblable, avec cette différence que les bouts/, g, font arrafés droits, & percés d’un petit trou de 3 lignes de profondeur, fur une demi-ligne de diamètre, au plus, afin que la pointe du Tour ne touche pas au fond. Le corps b f vu en diminuant jufqu’au bout : on le tire de long pour le rayer comme le précédent. La poulie D eft montée fur un oélogone ou un quarré ; enfin le tout comme a 1 autre, a la relèrve qu il ne
- faut point d’acier aux deux bouts.
- On fait de ces broches ou mandrins de toutes groffeurs, depuis une ligne & au-deffus. Les petits doivent être entièrement en acier.
- On en fait qui ont un pouce & plus de diamètre, & longs à proportion des pièces qu’on veut tourner defTus : ils font de fer, & percés d’un trou à chaque bout pour les centrer. On les tourne fi ceft pour des ouvrages de
- jirécifion.
- On en fait auffi dont la tige bf,fig. 17, eft à huit pans, lorfque ceft pour fervir dans des bois tendres.
- Il eft nécefTaire d’avoir une fécondé planche ou cale de Support e d ,fig. 4 , afin que lorfqu on a tourné le plateau du premier côté,. & qu’on veut tourner les revers, on ôte la piece avec fon mandrin de deffiis le Tour fans les féparer ; on replace le tout devant derrière, entre les pointes, & on fubftitue cette plançhe e d, fig. 4, à celle DE, fig. 1, qu’on ayoit d’abord fixée au Support ; l’entaille ou l’échancrure L M, plus baffe que MN, laiffe tourner librement le grand diamètre fans que le mandrin y touche : cette cale n’a pas befoin d’avoir de retour en équerre, comme/d,fig. a , puifqu’on fuppofe que la circon-
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- férence du plateau eft déjà tournée.
- Je n’ai pu me difpenfer de décrire ici les mandrins, afin de mieux faire fèntÎE la néceffité d’échancrer cette cale.
- Ilne faut pas manquer de mettre une platine de tôle d’environ une demi-: ligne d’épaiffeur,‘furle dos de la poupée, afin que les écrous hexagones 3 & 4* ne rongent pas le bois en les ferrant avec la clef de fer Ed, fig. J.
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- 1 Section, Ch ap. XL Support pour tes ouvrages d’un grand diamètre. 371
- §. VIII. Support propre aux ouvrages d’un grand diamètre.
- Quand on veut tourner des pièces de grand diamètre, il faut des inftru-ments qui puiflènt non-feulement s’accorder avec l'étendue de ces ouvrages , mais encore réfifter aux efforts qu’ils y éprouvent. Je donne ici la maniéré de faire un grand Support très-folide & à peu de frais , en faveur des Ouvriers.
- A B 9fig. 7 9 Pt. 37 , repréfente ce Support vu en deffus ; E F, le même vu en deflous. Il eft compofé de deux pièces de bois femblables, longues d’environ 2 pieds chacune : voyez l’échelle de 4 pieds, for laquelle on peut prendre toutes ces mefores.
- On donne aux deux joues de ces pièces, 6 pouces de hauteur de K en I £ 8c 3 pouces d epaiffeur à chacune : elles font jointes enfemble par les deux bouts fans fe toucher, au moyen de deux entre-toifes e 9f9 qui font deux bouts de planche d un pouce d épaifleur, ce qui forme la rainure en long : le tout eft lié par quatre boulons de fer a, b, c, d, à tête quarrée , dont on voit les têtes encadrées à fleur dans la partie F, & les écrous ronds aufft encadrés en la partie B, & qui, par conféquent, paflènt à travers , & lient toutes ces pièces enfemble très-folidement ; car on colle les entre-toifes entre les joues du Support; enfuite on ferre les écrous des quatre boulons avec la clef CD,fig. 12,8c on recale l’excédent des deux entre-toifes e, f, avec le rabot : on voit bien que ces deux cales ou entre-toifes font un vuide entre les deux joues de cette femelle d# Support ; c eft dans cette rainure ef, que fe place
- Avant de coller les pièces de cette femelle, il faut faire dans chaque joue, de g en h, une feuillure d’environ un pouce de largeur , for autant de profondeur , afin que la tête c de ce même T , fig. 8, puifle £ y loger de toute fon épaifleur : & fe promener librement d’un bout à l’autre fans toucher l’établi.
- On voit en B un de ces boulons dont la tige eft ronde : il eft repréfenté en perfpeétive avec fon écrou dans la figure 10 : les entailles m, n, reçoivent les dents de la clef C, fig. 12 ; mais il faut obferver que les figures 1© & 12 , font faites for l’échelle de deux pieds, au moyen de quoi elles paroilfent doubles de leur grandeur, afin que ces figures foient plus fenfibles.
- On pofe for le plan A B de cette femelle, l’un des deux Supports dont on a donné l’explication, foit en cuivre ou en bois ; & fi la rainure de l’un de ces Supports eft à découvert, on fe fert, pour l’affermir for la grande femelle, du T, fig. 8, que l’on place la tête en-bas dans la rainure g h qui fe trouve en deflous. On ferre l’écrou A avec l’ouverture M de la clef de îti,fig. y. Si, au contraire , ce Support eft couvert, on fe fervira de fon propre T pour l’affermir fur le plan AB,fig. 10, PL 16.
- On fixe ce Support for l’établi avec le grand T, fig. ir ; /K, fait voir la coupe en travers de cette femelle ; A, eft la tête du T qui doit la prefler ; C,
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- 57* TOURNEUR MÉCANICIEN. L Partie.
- , eft le collet qùarré, d’un pouce de long , qui entre dans fa rainure , pour empêcher quil ne tourne en ferrant l’écrou hexagone B avec la clef 9fig. ÿ ; cet écrou prelfe la traverfe de fer h, fig, 11, laquelle, à fon tour, preflfe le deflous de l’établi, & par ce moyen rend le tout inébranlable. Le corps de ce T eft rond depuis e jufqu’en d\ il a pourlongueur lepaifleur de la femelle 1K s ÔC celle de l’établi du Tour : le refte eft taraudé en vis pour recevoir l’écrou B.
- Il faut faire en forte que la tête A du grand T, foit de même épaifîeur que û tige, afin qu’il puiffe pafifer librement dans la rainure de cette grande femelle IK ; 8c quand on veut l’ôter de fa place, on n’a befoin de déviffer que l’épaif* feur de la rainure où la tête eft engagée, au moyen de quoi on tourne cette tête fuivant la longueur de la rainure , & il fort très-aifément.
- On fait la tête du petit T >fig, 8, de la même maniéré : on réferve un collet quarré en B, d’un pouce de long * & le corps D rond, pour les raifons qu’on 'vient de dire ; la tête doit avoir 3 pouces de longueur , de e en /*, fuivant les mefures de la rainure 8c des feuillures de la grande femelle,
- §. IX. Defcrïption d'une Barre ou Support nouveau tout enfer, :
- Ce Support eft compofé d’une barre de fer d’environ 2 pieds de longueur ; for 2 pouces & demi de largeur, & un pouce d’épaiffeur, fig. 1, PL 42 ; A B, eft fa longueur, fuivant laquelle il a deux ouvertures CD,E F9 longues de 10 pouces chacune, for 6 à 7 lignes de largeur. Ces ouvertures fervent à pafler un petit T de fer, comme ceux des autres Supports, fig, 3. A 9 la tête du T ; B, la vis dans fon écrou hexagone C; L> 9 le corps quarré de ce (T, qui étant paffé à travers l’une de ces rainures , reçoit & fixe la cale.de bois , fig. 4 & 5- , en paflant dans l’ouverture L jufqu’au mantonnet K de cette cale , qui fert à loger la tête du T , afin quelle ne gâte pas l’ouvrage en tournant.
- La figure 2 repréfente cette Barre garnie de fon T & de fo cale de bois, vue en dedans 8c en dehors.
- On a defliné ces figures 2,3, 4, & tous les autres développements, for une échelle double de celle de la figure 1, afin d’en faire mieux voir tous les détails : voyez celle de 3 pouces qui eft au bas de la Planche.
- Au contraire , la figure 1 eft faite fur une échelle de 6 pouces, qui eft au-; deffos de l’autre , afin de préfonter cette piece dans toute fon étendue.
- Cette Barre ainfi garnie de la cale, fe place dans l’enfourchement des man-tonnieres de fer des poupées à pointe décrites dans la Planche 36 , fig,, 2,3,4 & j ; on l’affermit en ferrant la vis Z, de cette mantonniere. ï/épaiffeur de la cale de bois, fert pour approcher l’outil de l’ouvrage ; & comme cette Barre eft de fer, elle eft infiniment plus folide que les Barres de bois dont on a parlé ch deffus, & on peut tourner sûrement de petites pièces en métaux > fon s craindre que l’outil tremble 8c fafle des ondulations fur l'ouvrage*
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- î. Section, Chap. XI. Autre Barre pour les ouvrages cylindriques, a 75
- Je dois avertir que cette Barre A B 3fig. 1, n’eft pas forgée toute d’une foule 1 piece, cela foroit trop difficile a executer, tant pour la forge que pour la lime î c’eft pourquoi on choifit deux barreaux de for de 2 pieds de long chacun, & d’un peu plus d’un pouce d’équarriflàge, afin de les pouvoir bien drelfor à la lime en tous fons.
- On commence par bien limer les côtés qui doivent former le dedans des cou-* liffies; on ajufte les trois entre-toifos C,DE,F, qu’on lime égales d’épaiiTeur entr’elles, & de l’ouverture dont on veut faire la rainure ; enfuite on fait deux trous au-deflüs de la place de chaque entre-toifo, comme en ab3ghScilj afin de pouvoir enfiler par deux goupilles ou deux broches rondes, chaque entre-toife & les deux barres tout à la fois, obforvant d’éyafer en entonnoir l’entrée 8c la fortie de chaque trou pour loger les riyures. On fo fervira d’un marteau d’établi, du poids d’environ une livre, afin que chaque riyure fo fafle plus profondément»
- J’ai déjà dit qu’il n’y avok que le dedans de la rainure de limé, tout le dehors eft brut comme il eft forti de la forge ; on frappe légèrement fur les joints des entre-toifos, pour les faire bien approcher ; enfuite on lime le tout enfomble bien droit, & on ne voit ordinairement pas les jointures G elles font bien faites. on le polit, comme on dira dans 1 Article du travail des métaux.
- §• X. Autre Barre de Tour d une nouvelle invention, fervant pour tourner; facilement des ouvrages parfaitement cylindriques.
- Il relie à préfont à expliquer la conftruétion & l’ufage d’une autre Barre-propre pour tourner très-jufte des corps cylindriques.
- La Barre qu on vient de décrire , bien faite 8c bien droite en tous fens , comme il vient d'être enfeigné, peut fervir à l’ufage quon va voir. Il y faut faire de plus une cannelure fur fonchamp fupérieur A,fig* 6 & j, PL 42; d’un bout à l’autre de cette Barre A B, dont on voit la coupe fig. 7.
- Enfuite faites deux autres rainures parallèles entr’elles fur chaque face du plat de la Barre, ( voyez V, Vy fig. 7 ) bien droites & bien quarrées d’un bout à l’autre ; c’eft dans ces rainures que gliiïènt les mantonnets O 9 R, du porte-outil, fig. 12, où il eft repréfenté vu de côté ; les échancrures S, S, embraflène les parties fupérieures T, Ty de la Barre vue par le bout, fig. y; 8c en perlpec-ùveyfig. 2 & 6: dans cette dernîereelle eft repréfentée garnie de fon porte-; outil J & 1 outil paflant a travers de F en E, eft prefle par le bec L d'un reflort L M, qui eft fixe fur le porte-outil au moyen de deux vis /, K, & qui permet à l’outil de couler un peu jufte.
- Il faut que le canal du porte-outil foie rempli exactement par la largeur de cet outil. On ne laifle fortir par le bout G H, que ce que l’on veut du tranchant E de 1 outil, fig* S y parce qu il eft enfile par une boucle ou petit coulant Tourneur , /. Fart. L SecL B y
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- 174 TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Partie.
- X,fig- 8 fit 9, où l’on en voit le plan ; l’entaille a eft la place du couffinet Yt Planche afin que la preffion de la vis fe faflè deflùs, & ne marque pas l outil.
- i1* La figure 11 fait voir le plan du porte-outil garni de fon reflôrt L M, attaché
- avec fes vis I,K. Il faut prendre garde que le bec L de Ce reffort ne touche la partie o du devant du porte-outil, afin que la preffion du reffort fe fafle s peu-près au tiers de fa longueur.
- La figure ro repréfènte le porte-outil vu auffi par le plan fuperieur* niaisnud,' dépouillé de fon reflôrt & de fa vis ; l’ouverture P, fert pour donner la liberté au reffort de preffer l’outil, comme il a été dit ci-deffus.
- La figure I3 repréfente un autre petit reffort d’acier, auffi trempé & revenu bleu, que l’on place dans l’entaille S du côté O, fig. 12, & on l’y fixe avec une vis par l’un de fes crochets a, fig. 13 , ou on le voit fur fon champ, Sc là courbure c dfait voir fa largeur, qui doit remplir l’entaille S du côté du man-tonnet O, fig. 12. Le plan e, fig. 13 , fait voir le bout du crochet ou du man-tonnet cl , 8c le trou proche de e, ou pafîè la vis qui 1 attache en Z , contre l’entaille S Z, afin que ce reffort ait toute i’élafticité que fa longueur & fa courbure a b, fig. 13, peuvent lui permettre , Sc par ce moyen laiflër glifîer le porte-outil d’un bout à l’autre du Support fans aucun balottage, & en même temps que l’outil puiffe avancer & reculer dans fon porte-outil, autant que la boucle X ,fig. 8 & 9 , qu’on aura fixée, le lui permettra.
- Ufage de ce Support.
- Les pièces étant ainfi difpofées, & la grande Barre A B étant placée paral-i lément à l’axe de l’ouvrage, & arrêtée dans les mantonnieres de fer, fig. y, PU S6, fi l’on promene le porte-outil avec la main de droite à gauche, ou de gauche à droite, en preffant légèrement l’outil contre l’ouvrage, ne lui laiffant prendre que peu de matière à la fois, jufqu’à ce que la boucle X, fig. 9, touche au porte-outil, il eft clair que la piece fera tournée cylindriquement, ce qui eft néceffaire, par exemple, lorfqu’on fait la fermeture d’un étui. On peut le creufer en dedans de la même façon, comme on le dira ci-après.
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- I. Section, Chap. XI. Des Supports pourfoutenir V ouvrage. 375*
- Seconde Partie. Defcription de differents Supports propres a foutenir les ouvrages minces pendant quon les tourne*
- §. I. Defcription d'un Support tout des plus fimples.
- Les Supports les plus fimples confident en une poupée plus baffevde tête que ' les autres, comme ABC 9fig. 1, PL 3 6: elle n’a de hauteur que la moitié de celles à pointes ordinaires ; A , B, en font les deux joues : elle eft refendue en deux fur la longueur jufqu’en la mortaife cy où Ion place la clef de bois pour la fixer for les jumelles du Tour. On voit en D une vis de bois dont la tête eft percée en travers, afin d y pafler une broche pour ferrer cette vis, dont le collet rond & uni pafle au travers de la joue B, & va fe vider enfuite dans l’autre joue A : on voit le bout de cette vis fortir en E; abc, fait voir fautre face de cette poupée, & le bout de la tête de la vis D.
- La planchette HI, eft précifément ce qu’on appelle Support ; fon entaille I fert pour laifler pafler la vis £ Z?, & fes deux jambes rempliflènt l’entaille/* de la poupée AB ; 8c ferrant la vis* la planchette fè trouve prefifée entre les deux joues comme entre les mâchoires d’un étau.
- L’autre entaille H reçoit & fupporte l’ouvrage pendant que l’on tourne i voyez la face a b, où la planchette du Support eft vue en trait h L II faut que la piece qu’on tourne, touche aux trois points marqués r, 2 , 3*
- Comme le diamètre des pièces qu’on tourne varie à l’infini, l’entaille cir-" culaire qu’on voit à la planchette , ne foffiroit pas pour d’autres diamètres ; aufîï par le moyen de cette poupée, on a la commodité d’en changer autant qu’on en a befoin. On peut auffi y mettre une planchette qui ait un trou rond & conique L , qu’on nomme lunette ; ainfi la planchette LI, eft une lunette , Sd fert à percer différents ouvrages fur le Tour, par leur centre, mais toujours bien droit : on en parlera dans la fuite.
- On frotte les pièces, les Supports & les lunettes avec du favon à foc, pour empêcher qu elles ne s’échauffent & ne brûlent en tournant*
- §. IL Defcription d’une autre efpece de Support plus commode*
- _ f
- C e Support > j%. 7, même PL eft compofé de plufieurs pièces de bois aflem* blées ; lavoir, la grande piece de bois ABC, entaillée pour recevoir la barre d’un Tour à pointes ordinaire, dont le bout ou la coupe E fe voit en cette figure. On l’aflùjettit à cette barre au moyen de la vis de bois à tête plate D. L’autre bout A de la piece AB C, eft percé de deux trous ronds ; le premier eft uni, & reçoit le tenon rond du montant F ou f, fig. 10 ; ce tenon I ou i, eft taraudé pour recevoir l’écrou m, avec lequel on affermit le montant
- m
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- jr ^ — i i . .
- Flanche
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- yj6 TOURNÉ U R MÉCANICIEN, I. Partie.
- fur la grande pièce ; cet écrou eft tourné en olive avec un bouton à chaque
- bout * & applati delîus & deffous pour qu’il pofe bien en ferrant la vis du
- montant.
- L’autre trou % eft taraudé & fert d’écrou à la longue vis perpendiculaire kl% fig. 10 ; le haut du montant eft traverfé par une mortaife F fi 9 dans laquelle paffe le réglet g-, dont le bout N eft entaille à peu-près en demi-cercle, pour fupporter la piece qu’on tourne. On fixe ce réglet au moyen de la vis H, qui la preflè.
- La figure 9 £ait voir la grande piece ou la griffe de ce Support en perfpeétive j & dépouillée des autres pièces : on voit fes trois trous ; celui c eft taraudé, & reçoit la vis D, fig. 7 ; le trou 1, dans lequel paffe le montant F, eft tout uni ; & l’autre trou a, fert d’écrou à la longue vis k /, qui, elle-même, fert de fou-tient ou de point d’appui à ce Support, parce qu’il vient pofer fur l’une des jumelles, dont on n’a repréfenté que le bout en XZ. On voit ce Support tout monté dans la figure 7.
- A la feule infpeétion, on conçoit aifément toutes les commodités de ce; Support, qui {ont :
- i°. De le placer où l’on veut dans toute l'étendue de la barre de bois d’uri Tour à pointes ordinaire, & de l’y fixer avec la vis D fans démonter l'ouvragé d’entre les pointes.
- a°. La facilité de changer le réglet Cou^, pour en mettre un qui ait l’en-* taille plus ou moins grande, fuivant la groflèur des différentes parties de la piece qu’on tourne.
- 30. La liberté de le roidir du haut-en-bas en tournant la pomme de la vis if avec la main* afin de contre-balancer l’ébranlement, tant de la barre que du Support.
- Cet uftenfile eft très-commode, & un Artifte un peu adroit peut le faire lui-; même ; car prefque toutes les pièces qui le compofent, font faites au Tour.
- Il peut être fait du bois qu’on voudra, pourvu qu’il foit liant & ferme, tel que le noyer brun, l’alifier, le cormier, le charme, & autres bois doux SC fermes;
- Il occupe très-peu de place entre les poupées à pointes, & par-là on peut pofer les outils du Tour aifément entre ces poupées, for le banc du Tour, cq qui n eft pas fi aifé avec la poupée du Support précédent.
- On trouvera toutes les dimenfions juftes de ce Support, for l’échelle de x% pouces qui eft au bas de cette Planche.
- §. III;
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- ï. Section, Citap. XI. D'un Support tout en fer poli. 377
- §. III. Defcription d'un autre Support tout en fer poli,
- & fervant au même ufage.
- Le bas de la Planche 8 (*) repréfènte tous les développements d’un Sup- «ss— port de fer & acier poli, propre à foutenir les ouvrages déliés, foit en bois , Planche foit en ivoire. '
- La figure 8 repréfente ce Support tout monté, attaché à la barre de bois G d’un Tour à pointes , & garni de fbn réglée de bois F, qui doit foutenir l’ouvrage dans fbn entaille Z.
- Ce Support eft compofé d’une piece de fer courbée / A B M; le bout /eft taraudé en vis, qui entre dans l’écrou hexagone H h 9 fig. 8 & 11 ; cet écrou prefle la mâchoire de rapport Cc9 laquelle, à fbn tour, preflê la barre G: cette mâchoire a un petit mantonnet qui vient s’ajufter enc, dans une entaille faite exprès à la grande piece IA B M* Le montant D, qui s’élève fur le dos de la grande piece, n’a que la moitié de l’épaifleur de cette piece AB 9Sc on y applique contre une piece P 9fg. 8, au moyen d’une vis E, dont le collet rond pafte uni dans cette joue P9 & enfuite va fe vifler dans le montant D, qui doit être perpendiculaire au plan de l’établi. C’eft entre ce montant D, Sc la joue de rapport P9 que l’on aflhjettit le réglet F comme dans un étau.
- La figure 10 fait voir ce Support en face, avec les entailles qu’on a faites aux joues D, d, pour y placer le réglet jf, que l’on tient un peu plus épais que fon entaille/', afin que la vis L ait de quoi preiîèr fur ce réglet ; la tête E9 eft faite en forme de piton,, qui prend fa naiflance dans l’embafe de cette vis, proche de d : la joue de rapport Xd9 eft vue du côté du dedans, avec le trou de cette vis près de l’entaille.
- La figure 9 fait voir cette grande piece / AD B M, toute nue, & l’intérieur de la joue du montant D. Il faut que ce montant D foit bien parallèle au plan de la barre & à fbn entaille G , & que la vis / foit bien perpendiculaire au plan & à l’entaille de la barre G, de même qu’au côté D du montant.
- La partie M de cette grande piece forme un œil rond & taraudé, qui ferc d’écrou à la vis K, qui lui eft perpendiculaire ; fa tête eft gaudronnée, afin qu’on"la puifle tourner facilement avec les doigts; le bout O de cette vis eft tourné en pivot, réduit environ à moitié du diamètre du corps, & il palfe à travers la rondelle N9 qui eft auffi tournée; après quoi on rive ce pivot de maniéré néanmoins qu il puifle tourner librement dans cetre rondelle , que l’on creufè un peu par-deflous, pour noyer la rivure, afin que le bout du pivot de la vis
- (* ) Je crois devoir à mes Ledeurs compte du dérangement qu’ils appercevrontdans l'ordre des Planches de cette Partie ; le voici : Un Savant du premier ordre(feuM. de Toumieres) s’étoit chargé delà defcription de l’Art que je traite aujour-
- Tourneur, /. Part. L Secl.
- d’hui ; la foibleffe de fa fanté l’a depuis engagé à me charger de cette tâche : il avoit fait graver quelques Planches, mais j’ai cm devoir leur don* ner un ordre différent.
- c s
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- 37s TOURNEUR MÉCANICIEN* I. Partie.
- X O ne gratte pas l’établi du Tour ; car c’eft à Taide de cette vis que ce Support Planche prencj fon point d’appui fur les jumelles ou fur rétabli du Tour.
- Ce Support tient beaucoup moins de place qu’aucun des autres : il eft plus dégagé , plus joli, plus fiable que les autres.
- Dans la fuite on en verra un autre très-fimple, que je n'ai pas jugé à propos de décrire en ce Chapitre „ parce que fa plus grande utilité eft d’être très-folide , & qu’on ne s’en fert que pour tourner des pièces en fer & acier , lorf quelles font longues, 8c par conféquent très-flexibles. J’en donnerai le détail & l’ufàge dans le Chapitre où l’on traitera de la maniéré de tourner le fer & l’acier le plus exactement poflîble ; j’y joindrai divers autres inftruments curieux , nouveaux 8c fort utiles aux Artiftes qui s’occupent de la Mécanique.
- Article Septième.
- Des Lunettes de Tour en général; de leurs Poupées & de leurs Armatures.
- Planches 43 & 44*
- L a Lunette ordinaire dont un Tourneur fe fèrt, eft un infiniment fi fimple, qu’il femble n'avoir pas befoin d’une ample defcription. Ce n’eft fouyent qu’un bout de planche .de bois, de 8 à io pouces de longueur, fur 4 à y pouces de largeur, & de 9 lignes d’épaifleur, tel que A B,fig. 1, PL 43. Près l’un de fes bouts on fait un trou conique Cy de l’angle de 60 degrés tout au plus ; ce trou reçoit & foutient le bout de l’ouvrage, & la pointe du Tour foutient l’autre, fig. 1 & 2 , PL 44.
- Cet uftenfile eft d’un u/àge univerfel ; mais comme la forme qu’on a donnée aux differentes Lunettes varie infiniment, je dois les expliquer avec quelque détail.
- Je décrirai i°. les Lunettes de bois ; 20. celles qui font en fer ou en cuivre, mais fimples ; 30. les Lunettes qui font aufli en fer ou en cuivre, brifées ou à charnières ; 40. celles dont le plan eft un cercle percé de plufieurs trous coniques comme les premières, & tous placés à la même diftance du centre du plan circulaire ; y°. enfin les différentes poupées qui doivent fupporter ces différentes Lunettes , avec la maniéré de les attacher chacune à la poupée qui lui convient, avec les armatures quon emploie dans ces différents cas.
- §. I. Defcription d!une Lunette fimple en bois.
- L a figure r, PL 43 , repréfonte une Lunette de bois ; c eft, comme on a dit , un bout de planche de bois doux, ferme & liant, tel que du cormier, de l’alifier, du noyer, du hêtre, du poirier ou du charme; ce bout de planche doit avoir depuis 8 ju/qu’à 10 pouces au plus de longueur, depuis 3 jufqu’à 6 pouces de largeur, 8c depuis 6 lignes jufqu’à un pouce d’épaifleur, le tout
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- I. Section, Chap. XI. D'une Lunette Jimple en bois. 379
- plus ou moins, félon la groffeur des ouvrages qu'on veut faire. Cette planche ABy efl: percée coniquement en C, de 1 angle de 60 degrés, tout au plus , & c’eft l'ouvrage quon veut faire, qui détermine le diafiietre de ce trou, que Ton fait fur le Tour en plufieurs maniérés.
- Premièrement fi 1’ on veut faire mne Lunette de 4 pouces d’ouverture ou plus, après avoir corroyé fon bois à la varlope ou au rabot, on marquera le centre, & on le percera de la groffeur convenable pour faire entrer la vis de fer A du mandrin de bois Af,fig. iy , PL 41, & la plaque de bois étant entrée jufqu’à ce quelle joigne fur farrafement A b de ce même mandrin, que l'on placera fur un Tour à pointes, on fe fervira du fupport repréfenté dans la figure 4, même Planche.
- Les chofes étant en cet état, on voit qu’il efl: aifé de faire un trou en cône fur le Tour , en fe fervant de la gouge & du grain-d’orge décrits au Chapitre IX. Mais fi l’on vouloir faire une Lunette d’un petit diamettre, il faudroit fe fervir du mandrin à griffes ,fig. 12 , même PL on attache ce mandrin derrière la plaque de bois qu on veut percer fur le Tour , & avec les outils on Creufè ce trou jufqu’à ce que l’outil approche du bois du mandrin ; alors la Lunette fè détache & laiffè fon centre, qu’on nomme le noyau , attaché fur ce mandrin ; comme on a fait à la première opération de la grande Lunette.
- J’enfeignerai dans la fuite la maniéré de faire les trous des Lunettes fur le Tour en l’air.
- U refte à dire que le bout d’en-bas de cette Lunette , efl: refendu en D ; Sc pour cela on fait un trou dans le haut de cet enfourchement, & enfuite on achevé par deux traits de fcie parallèles qui vont rendre à ce trou* C’eft par cet enfourchement que paffe le T ou la vis qui attache cette Lunette à fa poupée. On voit en a b > le profil ou la coupe de cette Lunette ; bd, efl: le vuide de l’enfourchement ; cfScgh9 efl: l’obliquité de la coupe du trou conique.
- La figure 2, même PL repréfente une autre Lunette en bois, qu’on nomme Lunette Jimple , quoiqu’elle ait deux trous ; A B, fait voir cette Lunette du côté que le Tourneur la peut voir; il y a deux trous coniques de différentes groffeurs, afin de choifir celui qui convient à l’ouvrage. Au milieu & entre ces trous, efl une mortaife C, qui paffe à travers, & dans laquelle paffe le T, qui fixe la Lunette fur la poupée. Il efl facile de retourner cette Lunette du haut en bas, afin de fe fervir d'un trou ou de l’autre, fans fortir le T qui pafle à travers l’autre, jig, 2; ab9 repréfente cette même Lunette vue fur l’autre face & du côté de l’ouyrage. On voit cette Lunette en place, jîg. %, PL 44.
- Planche
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- TOURNEUR MÉCANICIEN, I. Parti*.
- Planche 43 «
- $. II. Autre Lunette fimple en métal.
- On fait auffi d'autres Lunettes fimples fomblables aux précédentes, mais qui font en fer; alors elles font la moitié plus minces, 8c de la largeur 8c longueur convenables au diamètre des trous quon veut y faire. On y pratique auffi une mortaife entre les deux trous coniques, afin d'y paffer le T.
- La figure 3 repréfente cette Lunette en fer vue des deux côtés ; ABy la repréfente vue par là face extérieure, & CD eft la même vue par le revers & du côté de l'ouvrage,
- On fait ordinairement le trou de ces Lunettes, foit de fer ou bien de cuivre, fur le Tour en l'air; d'autres les ébauchent à la lime, & les finiffent à la fraife décrite au Paragraphe 8 du Chapitre VIII.
- On parlera de toutes ces opérations en enfeignant la maniéré de travailler les métaux.
- Quant aux préparations de la matière , c eft une affaire de Forgeron.
- §. III. Autre Lunette auffi en fer ou cuivre, qui s’ouvre à charnière,
- & qu’on nomme Lunette^brifée.
- L a figure 4, meme Planche , repréfente une autre efpece de Lunette en fer ou cuivre , & qui s'ouvre à charnière, qu'on nomme Lunette brifée. Elle eft compofëe de deux réglés de fer ou de cuivre , telles que G , H, fig. 4, qui font affemblées au moyen de la charnière Y, qui reflemble a celle d un pied-de-roi. Ces deux pièces doivent être bien dreffées, 8c bien joindre d’un bout à l'autre. On voit les développements de cette Lunette dans les figures 6 8c 7.
- Le côté H K fe nomme le fimple , à caufe qu'il n’y a qu'un charnon fimple en H. L'autre côté CL, fig. 6, fe nomme le double, à caufe qu'il y a double charnon en L. On voit que ces deux charnons font faits pour embraffer celui H, & rouler cnfemble bien jufte.
- J'enfeignerai dans la fuite la maniéré de bien faire ces fortes de charnières ^ quoiqu'elles foient prifes à même la piece , 8c que leurs charnons ne foient pas foudés, comme on le fait allez fouvent.
- Le haut de cette Lunette eft terminé par une bride de fer IG>fig. 4 & 7, qui embraffe les tenons du haut des deux réglés qui compofent cette Lunette ; 8c comme ces tenons font plus minces que ces mêmes réglés, la bride / G affleure les joues de la Lunette fur fon épaiffeur. Cette bride eft mobile, comme à charnière en G, de maniéré qu’en levant le bec I, les réglés M, N9 fig- 4, peuvent s’écarter l’une de l’autre par le haut, au moyen
- de
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- I. Section, Chap. XI. Autre Lunette d'une forme circulaire 9 &c. $8t de la charnière Y, qui eft au bas. On voit en K Sc en G9 fig. 6, les deux tenons que la bride I G ,fig. 7, embrafîe lorfque tout eft refermé.
- Les trous quarrés marqués 1 , 2 & 3 , font faits dans la réglé LG, afin de pafler à travers des boulons de fer à écrous qui fervent pour attacher cette Lunette fur fa poupée de bols. Le trou C eft conique, & il doit être fait for le Tour en l’air, Sc de fangle indiqué ci-deflus.
- Toute cette Lunette doit être bien dreflee à la réglé & à l’équerre en tous fens.
- Un des principaux ufàges de cette Lunette , eft de pouvoir embraftèr des ouvrages qui ont des moulures d’un grand diamètre , à proportion des gorges qui doivent être dégagées ; & en les foutenant, cela donne la liberté d’amincir ces ouvrages for le Tour tant qu on le veut, fans craindre de les rompre.
- Il y a encore bien d’autres cas ou cette efpece de Lunette eft nécefïàire : on pourroit même en faire un Tour en l’air, dont l’arbre feroit très-bon étant en buis feulement. J enfeignerai bien d’autres propriétés de cet inftrument * dans la fuite.
- Planche
- §. IV. Autre Lunette d’une forme circulaire \ a plufieurs trous coniques ,
- SC tous placés a la même difiance du centre.
- La figure 10 repréfonte une Lunette dont le plan eft circulaire: elle e£6 de fer j forgée, de 7 à 8 pouces de diamètre, for y lignes d’épaifleur, toute tournée Sc finie. A B , fig. 10, en eft le diamètre ; C’ D, fig. 11, eft la même Lunette vue de champ ou for fon épaiffeur: elle a 12 trous coniques tous également diftants du centre, Sc de différents diamètres, afin qu’on puiffe choifir celui qui convient le mieux ; Sc comme ils font tous égale-ment éloignés du centre E 9 fig. 10 9 une fois qu’on l’a bien montée fur fà poupée de hauteur jufte à la pointe du Tour„ for un trou feulement, on eft sûr que tous les autres trous font à la même hauteur. On voit cette même Lunette toute montée, mais en profil B , for fa poupée EF,fig. 13 : on voit même un morceau de bois tourné en cône, Sc qui va depuis la pointe C jufqu’à la pointe D des deux poupées;
- La figure 10 repréfente cette Lunette du côté de l’entrée des trous, Sc la figure 9 la fait voir de l’autre côté.
- On fait de toutes ces fortes de Lunettes en fer ; ce font, fans contredit, les meilleures, parce que l’ouvrage étant frotté de fàvon au point de frottement , coule doux & fans aucun bruit ; au contraire , celles qui font en cuivre font un bruit infopportable, quelque chofo qu’on y mette pour adoucir : elles ne font bonnes que lorfqu’on s'en fort for des ouvrages de fer ou d’acier; alors les Lunettes de cuivre font très-bonnes, en mettant de l’huile au frottement.
- Tourneur, L Part. I. Secî. D y
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- 4» .. — ü
- ^Planche
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- TOURNEUR MÉ C AN 1 CIE N y I. Partis:
- §. V. Defcription des differentes Poupées a Lunettes ?
- <$C leurs Armatures enfer.
- L a première Lunette décrite au Paragraphe r, n étant que de bois , les Tourneurs lui font ordinairement une Poupée auffi de bois, comme on les voit repréfentés en A B C, ou bien abc, fig. r, PL 36. On voie que la vis D E eft auffi de bois, tournée, & quelle prefle la Lunette IL, fig.
- 1, dans l’ouverture / de la tête de cette Poupée.
- Les Artiftes plus recherchés, font leurs Poupées à Lunettes plus propres & plus folides que celle qu’on vient de voir. £ F, fig- 13 » PL 43 > & fis•1 > PL 44, repréfentent cette Poupée : elles reffemblent parfaitement aux autres Poupées de Tour, à cela près quelles ne font pas auffi hautes. On les arrête fur letabli par les mêmes moyens , avec une clef ou avec une vis. Sur la hauteur eft un trou quarré qui reçoit la tige quarrée du T qu’on voit en U, fig,
- 2, PL 44 , & à part, fig. 8 , PL 43 , ou celle du boulon à vis, fig. 12 , même Planche ; la tige de ces deux pièces eft quarrée , pour qu elles ne tournent pas quand on ferre l’écrou à pans Xou *. La tête O P, du T, prefîè contre la Lunette, & la fixe contre la Poupée à la hauteur qu’on defire. La tête du boulon eft ronde, de la groffieur jufte du trou qui eft au centre E de la Lunette, fig. 9 <5 10 ; & quand on ferre l’écrou^. 14, au moyen d une clef, la Lunette eft inébranlable.
- Il faut avoir foin de faire le trou quarré de la Poupée, à une hauteur telle que la Lunette étant en place , reponde exactement au centre des deux pointes des Poupées, ce qu’on connoîtra affez bien, en faifant entrer une de ces pointes dans un trou conique plus petit qu elle j fi elle s y prelènte exa(qement, on peut être affiné de la jufteffe de fa pofition. U eft évident que fi la Lunette AB , fig. 1$, n’étoit pas bien placée, elle n’embrafferoit pas exaélement la piece conique qui y palîè & eft retenue par les pointes
- C,D.
- Il y a des Ouvriers qui, au lieu d’un écrou pour ferrer la Lunette, percent la tige du boulon ou T, & y mettent une clavette ; cette méthode eft plus prompte, mais elle n’eft pas auffi folide.
- Il faut auffi avoir attention de mettre entre l’écrou & la Poupée, une ron-’delle de cuivre , fans quoi cet écrou rongeroit en peu de temps le bois, & s’y enterreroit infenfiblement.
- A p r e’s avoir décrit tous les Outils & Uftenfiles dont doit Ce pourvoir un Tourneur Mécanicien, je pafle à la maniéré de les mettre en ulàge ; & comme l’Art que je décris tient à une infinité d’autres, j’ai cru devoir m’occuper d’abord de tous ces inftruments , pour n’être plus arrêté dans le détail des
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- I, Section, Chapitre XI: 383
- 'opérations, qui va fuivre. Quelques perfonnes trouveront peut-être que je ne réponds pas affèz vite à leur empreflèment ; mais je penfe que celui qui décrit un Art, ne doit fuppofor à fes Leéteurs aucunes connoiflànces de cet Art. Qui ne fait que les Traités de la plus haute Géométrie ^ fùppofont la connoiflànce des angles & des lignes ? Ayant à décrire par la fuite les Machines les plus ingénieufes & les plus compliquées, & me propolant même cTenfeigner au Leéteur le moins adroit, à les conftruire ou à en diriger la conftruâion , j’ai du, ce me femble, mettre fous fes yeux les outils qui font indifpenfables pour s’en acquitter comme il faut.
- Fin de la première Seclion de la première Partie;
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- TABLE
- DES CHAPITRES ET ARTICLES
- DE LA PREMIERE SECTION DE LA PREMIERE PARTIE
- DE L’ART DU TOURNEUR MÉCANICIEN.
- Chapitre premier.'Abrégéde
- Géométrie Pratique. Page i
- Article Premier. Longimètrie. Ibid.
- Art. II. Planimétrie. 7
- Art. III. Stéréométrie. I3
- Notions abrégées de Mécanique & de Statique.
- 15
- Des trois genres de Leviers. ; ^ J 6 & fuiv.
- De la direction des Forces. 15)
- Des Leviers coudés. 20
- Exemple d’un Levier coudé plus fermé que d’é-querre. 21
- Remarques fur les Manivelles. Ibid.
- De la Poulie. 22
- CHAPITRE II. Connoijfance des Bois propres à être tournés, ér de quelques autres fubf-tames quon travaille ajjez ordinairement au Tour. 1 24.
- Art. I. De la connoijfance des Bois François,
- Ibid. & Jïtiy.
- Art. II. Connoijfance des Unis Etrangers. 6 Sc fuiv CHAPITRE III. Des Moulures en général.
- 57
- Art. I. Connoître les Moulures / & réglés générales pour leur dijlribution y 8
- Art. IL Maniéré de tracer géométriquement les Moulures. yp
- Des petites Moulures 62
- Réglés générales pour la difîribution des Moulures. 63
- Art. III. Des différentes formes des Moulures ; & maniéré de les ajfembler. 6^
- CHAPITRE IV. Defcription des Etaux , d’autres înjlruments qui y ont rapport.
- Art. I. Des Etaux & autres Inflruments de bois
- ïbid.
- §. I. Defcription d’an Etau de bois. Ibid,
- §. II. Defcription des Etaux à main, ou Tenailles à vis, en bois. 70
- §. III. Des Pointes à tracer ou à piquer le
- bois.
- 7i
- §. IV. Defcription d’un Inflrument fervant à tenir les Scies pendant qu’on lime leurs dents. 72
- Art. II. Des Etaux de fer. Ibid.
- §• I. Defcription d’un grand Etau de fer. 73
- §• IL Defcription d’un Etau d’Horloger. Page
- 75,
- §. III. Maniéré de choifîr un Etau de fer, Ôc des qualités qui conftituent fa bonté.
- Ibid:
- §. IV. Defcription d’une nouvelle Manivelle qu’on peut adapter à toutes fortes d’Etaux, gros ou petits. 77
- §, V. Defcription fommaire d’un fort Etau commun $ 6c Remarques utiles fur fa conf» trudion. 7 g
- §. VI. Defcription d’une efpece de Tenaille fervant à tenir l’ouvrage dans l’Etau, lorf> qu’on veut limer des Chanfreins.
- §. VII. Des différents Inflruments dont on fe fert poqr empêcher que les dents des mâchoires ne marquent l’ouvrage lorfqu’ii efl prêt d’être fini Sc poli. Ibid.
- §. VIII. Defcription des Tenailles de bois qu’on place dans les Etaux de fer. 80 §. IX. Autres Tenailles de bois garnies de liege en dedans. Ibid.
- §. X. Defcription des Mordaches ou Mâchoires de plomb. Ibid.
- §. XI, Defcription d’un Moule propre à couler les Mordaches de plomb grandes & petites. gi;
- §. XII. Defcription d’un Touret de fer qu’on place dans un Etau. g3
- §. XIII. Defcription d’un Touret tout en bois.
- § XIV. Defcription d’une grofie Pince en bec-de-canne. gy
- §• XV. Autres petites Pinces de plufîeurs grof-feurs, dont les becs font de différentes for»
- 0 raes* Ibid.
- Remarques fur les Pinces.
- §. XVI. Defcription d’un Etau à main tout en acier. ^
- §. XVII. Defcription d’une Tenaille à boucle.
- g y
- CHAPITRE V. Defcription de différentes Equerres, tant en métaux qùen bois. S 6
- Art. I. Des Equerres en métaux. Ibid.
- §. I. Defcription d’une Equerre plate en acier ou en cuivre. Ibid.
- §. IL Maniéré de conftruire une Equerre à chaperon, que les Menuifiers nomment triangle.
- %7
- §. III.
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- TABLE DES CHAPITRES, &c.
- §. III. Defcription d’une autre Equerre faite en forme de T. Puge 88
- §. IV. Defcription d’une Equerre en forme de croix à couliffe, Sc fes différents ufages.
- Ibid.
- §. V. Defcription d’une Equerre mobile , qu’on nomme fauJfe-Equerre ou Sauterelle, en acier OU en cuivre ; avec fon ufage. 90 §. VI. Equerre de bois fervant à plufieurs ufages. 91
- §. VII. Defcription d’une fauffe-Equerre, ou Sauterelle, toute en bois. 92
- CHAPITRE VI. Des Compas en général, tant de ceux quon fait avec les métaux 9 que de ceux que l’on fait en bots 93
- Art. I. Defcription de plufieurs Compas de différents métaux , & leurs ufages pour un Tourneur Mécanicien. Ibid.
- §. I. Maniéré de choifir un Compas ordinaire , tout de fer. Ibid.
- §. II. Autre Compas auffi de fer, dont les branches font courbées ou cintrées, pour prendre les épaifleurs «Sc les différents diamètres des ouvrages. 94
- §. III. Autre efpece de Compas propre à divers ufages , parce qu’il peut fervîr tant en dedans qu’en dehors de l’ouvrage. Ibid. §. IV. Autre Compas d’acier à reffort, dont la tête eft fans charnière, avec fon ufage.
- . . 9S
- §. V. Defcription d’un autre Compas qu’on
- nomme Maître à danfer, ayant une barrette pour le fixer. Ibid.
- Maniéré de vérifier ces fortes de Compas. 9 6 §. VI. Defcription d’un autre Compas qu’on nomme un Huit-de-chiffre, & fon ufage. 97 §, VIL Defcription d’un grand Compas d’acier ou de cuivre, ayant une barrette droite pour le fixer. 98
- §. VIII. Defcription d’un Compas à quart de cercle , & fes différents ufages. Ibid.
- §. IX. Defcription d’un calibre à couliffe, fervant à mefurer les épaiffeurs de l’ouvrage. 100
- X. Defcription d’un très-grand Compas de trois pieds 3c demi de longueur de jambes ou branches, conftruit moitié en bois, 8c moitié en fer 3c acier. 101
- Art. II. Defcription de différents Compas à verge, dont les uns font en acier & en cuivre, T autres tout de bois , d'autres enfin partie en bois des Indes , en acier en cuivre. 103
- §. I. Defcription d’un Compas à verge d’acier , avec fes boîtes de cuivre, êc fes ufa-
- 3
- y
- ges.
- Ibid.
- §. IL Defcription d’une autre efpece de Compas à verge tout en bois, fervant à tracer & à découper l’ouvrage. 107
- §. III. Defcription d’un Compas à verge à rappel, fans temps perdu, 3c propre à divi-fer des Inftruments de Mathématiques & autres. IOp
- Defcription du Compas 8c du rappel. Ibid,
- Maniéré de fabriquer un Compas à verge à rappel , 3c fans qu’il y ait de temps perdu à ce même rappel. 114
- Nouvelle maniéré plus fîmple d’armer une verge de Compas «Scfans temps perdu, dans le mouvement de la vis. 133
- Abt* I* Des Trufquins en général , tant en bois, quen cuivre & acier. 142
- Tourneur , I. Pan. I. Secl.
- §. I. Defcription d’un Trufquin tout en bois.
- Page 142
- §. IL Defcription d’un Trufquin d’acier fervant à tracer & à canneler. Ibid.
- §. III. Defcription d’un autre Trufquin aulü tout en acier, avec fon rappel à vis, «Sc fon
- ufage. , ^ r , *43
- Effets Sc ufages du Trufquin a vis de rappel.
- CHAPITRÉ VII. Defcription des Scies SC autres Inflrmments propres pour préparer le Bois > T Ivoire ou autres Matières quon veut tourner, 146
- Art. I. Des Scies d'acier en générai. Ibid.
- §. I. Defcription d’une grande Scie non trempée , fervant à débiter le bois tendre, avec la maniéré de faire la monture en bois pour cette Scie. Ibid•
- §. II. Defcription d’une autre Scie , qu’on
- nomme Scie tournante , ou Scie à chantourner.’
- 149
- §. III. Defcription d’une autre efpece de Scie, qu’on nomme Scie à refendre, parce qu’elle fert à refendre le bois fuivant fa longueur.
- lS°
- §. IV. Defcription d’une Scie dont le feuillet eft trempé ; «Sc la maniéré de faire fa monture en bois , ou bien delà monter dans un arçon de fer fimple à l’ordinaire. 15* 1 §. V. Maniéré de limer & affiler les dents d’un feuillet de Scie trempée, «Sc de préparer une lime à trois quarres pour cet ufage, «Sc avec laquelle on peut reculer une dent à droite ou à gauche. iy^
- z §. VI. Defcription d’une Scie dont l’arçon eft d’acier poli, 5c dont on peut tendre la lame plus ou moins, à volonté. iy4
- §. VII. Defcription d’une autre efpece de Scie à découper ou chantourner de petits ouvrages , autrement dite Scie de marqueterie. 1 y % §. VIII. Defcription d’une autre Scie tour-; nante à reffort 3c à détente. 1
- Ufage de cette Scie, Sc maniéré de s’en fervir.
- §* IX. Defcription d’une Scie à main OU Scie d’entrée. Ibid:
- §. X. Defcription d’une autre efpece de Scie , qu'on nomme Scie à dofjîer. 199
- §.XI. Defcription d’une autre Scie , qu’on nomme Scie à chevilles. 160
- Obfervation fur les lames de Scie. 161
- Art. IL Maniéré de préparer les Bois pour les mettre, fur leTour, enfaifant ufage de divers Inftruments, comme du Coutre 3c de la Hache. i6z
- §. I, Defcription d’un Coûtre à fendre le bois fuivant fa longueur «Sc fon fil. Ibid*
- §. II. Defcription de trois Haches de formes différentes, fervent pour préparer toutes fortes de Bois, l’Ivoire, la Corne, 3c autres matières. Ibid.
- Autre maniéré de faire les Haches. 165
- Autres efpeces de Haches, nommées Hachettes.
- Ibid.
- $. III. Defcription d’une Plane propre à unir le bois après s’être fervi de la Hache, 8c achever de lè préparer pour le mettre fur leTour. 164
- §. IV. Defcription d’une Selle qui fert à planer , à percer 3c affembler l’ouvrage. 1 §.V. Defcription du Ventre à planer l’ouvrage. Ibid.
- * $, y.I. Maniéré de préparer les Bois au Rabot
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- TABLE DES CHAPITRES, &c.
- & à la Varlope. Page 167
- Dcfcription de la Varlope à onglets. 168
- — d’un Rabot. Ibid.
- —-----d’un Guillaume. 169
- -.-d’un Feuilleret. Ibid.
- ——d’un infiniment qu’on nomme Guimbarde ; Sc fesufages, tant fur le bois que fur le cuivre.
- J70
- §. VII. Defcription des Outils propres à pouffer des moulures droites de diverfes formes.
- 171
- ç. VIII. Defcription de differents Outils qui fervent à préparer le bois avant de le raboter ou de le tourner. Ibid.
- Des Becs-d’âne. 172
- Defcription d’une Gouge de Menuifier ou de Sculpteur. ^ 174
- §. IX. Defcription de l’Entaille à recaler le bois de bout, tel que les onglets d’un cadre de tableau quarré , ou les joints de quelques autres coupes à bois de bout. 175*
- 5.X. Defcription d’un Babot dont le corps eft cylindrique dans toute fa longueur. Ibid. §. XI. Defcription d’une Preffe qu’on attache par le côté de l’établi du Menuifier, & qui fert pour tenir le bois pendant qu’on le prépare pour le mettre furie Tour. 176
- Art. III. Defcription de différents Outils, qui,fans couper, ne laijfent pas de dégrojjîr & préparer V ouvrage pour le mettre fur le Tour. 177
- §. I. Defcription d’une Ecouenne fervant à dégrofiir les forts ouvrages en bois durs Sc en ivoire. Ibid.
- §.II. Defcription d’une Râpe à bois, Sc fon ufage. Ibid.
- §. III. Defcription d’une Grêle fervant pour dreffer & amincir les petits ouvrages en bois dur ou en ivoire. 178
- Autre Grêle à queue recourbée. Ibid.
- Autre Grêlette fervant pour travailler dans des trous quarrés. Ibid.
- Defcription d’une autre Grêlette ronde par les côtés, Sc qu’on nomme Grêlette en dos de carpe.
- I79
- Autre petite Grêlette quarrée. Ibid.
- Deux autres Grêlettes de différentes largeurs Sc épaiffeurs. ^ # Ibid.
- §. IV. Defcription de différents Racloirs fervant à unir l’ouvrage. ^ __ Ibid.
- V. Des Grattoirs ou Batiffoires fervant à unir l’ouvrage. ^ 181
- $, VI* Defcription d’une Pince propre à porter une éponge pour mouiller les métaux qu’on tourne. 182
- §. VII. Defcription d’un Pot à la Colle forte.
- 183
- CHAPITRE VIII. Defcription de plufteurs fortes de Vilbr équins à tuf âge du Tourneur Mécanicien 9 & de différents lnfrumems qui y ont rapport. 184
- §. I. Defcription d’un Viîbrequin fimple dont le fût eft de bois, à l’ufage d’un Tourneur ordinaire, avec la maniéré de tremper Sc recuire les meches. Ibid.
- §.II. Defcription du Ventre à percer, pour maintenir le Viîbrequin du Tourneur. 186 III. Defcription d’une autre efpece de Vil-brequin dont le fût eft de bois, à poignée Sc à pomme tournante ; Sc de différents Inftru-ments qui y ont rapport. Ibid.
- S. V. Defcription d’une Fraife finguliere, pour
- encaftrer des têtes de vis, avec tous fes développements. Page 189
- §. VI. Defcription d’un très-beau Viîbrequin dont la monture eft toute d’acier. 192 §. VII. Defcription de différentes Meches de Vilbrequins à divers ufages. 197
- §. VIII. Defcription d’une Fraife d’acier en
- CÔne ponrloe métaux. 198
- §. ix. Defcription d’une autre Fraife toute d’acier, propre à fraifer des trous ronds dans le bois, Sc faifant tout à la fois les fondions de plufieurs autres Inftruments décrits au cinquième Paragraphe. '199 §. X. Des Vrilles à percer le bois. 200
- Autre efpece de Vrilles, qu’on nomme Queues de cochon. 2 or
- CHAPITRE IX. Defcription des Outils à £ufage du Tour y tant pour les Bois tendres que pour les Bois durs, £Ivoire , £ Ecaille de Tortue, la Corne , les Métaux y les Pierres à bâtir , le Marbre meme, & généralement toutes les fubjlances quon peut travailler fur le Tour. 202
- §. I. Des Outils propres pour tourner les Bois tendres. Ibid.
- $. II. Maniéré de tremper les Gouges Sc autres Outils du Tourneur. 203
- §. III. Defcription des gros Outils à planche , fervant à tourner les gros ouvrages. 20q
- §. IV. Defcription des Crochets fervant pour évuider l’ouvrage fur le Tour. 206
- §. V. Defcription des Outils fervant fur le Tour à lunette, Sc à travailler dans l’intérieur des petits ouvrages. Ibid.
- $. VI. Defcription des Outils fervant à tourner de petits ouvrages en bois dur, en ivoire & en métaux. 20S
- §. VII. Defcription des Outils fervant à détacher , évuider, appîanir les ouvrages qu’on fait en ivoire, en bois durs & en métaux.
- 209
- §. VIII. Defcription des Outils fervant à former des Vis fur le Tour. 210
- §. IX. Defcription des petits Outilsdroits.fer-vant à tourner le fer Sc l’acier, Sc à les couper tout polis. 211
- CH AP. X. Defcription de différentes Meules à tuf âge du Tourneur Mécanicien. 214
- Art. I. Defcription dû une Meulefimple, montée dans fon auge fur fon pied, avec fon armature fer fa garniture. Ibid.
- §. I. Maniéré de choifir une bonne Meule. 215 §. II. Defcription d’une Auge de Meule toute fimple. 216
- §. III, Defcription d’une Auge plus propre que la précédente, Sc plus commode pour un Artifte. 217
- §. IV. Defcription de l’Armature de l’Auge d’une Meule. 219
- Du fupport d’une Meule, Sc de fa ferrure. Ibid. §. V. Defcription de l’Armature des collets qui fupportent l’arbre de la Meule. 220
- §.VI. Defcription d’une Marche ou Pédale fimple, Sc de fon armature pour une Meule.
- 2211
- §. VII. Defcription du Rabat-eau de la Meule.
- Ibid.
- §. VIII. Defcription de l’Arbre d’une Meule.
- §. IX. Defcription de la Manivelle. 224
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- TABLE DES C
- Remarques nécefTaires fur la Manivelle d’une Meule de Tourneur , ôc fur les Manivelles en général. Page 22 f
- §. X. Defcription d’une Meule qui peut fe démonter de deffus fon arbre à volonté. 227 XI. Conftru&ion d’un autre Arbre de Meule encore plus commode, ôc qui coûte moins que le précédent. 22g
- §. XII. Maniéré de fondre des Collets qui doivent fupporter l’arbre de la Meule. 229 Maniéré de faire la Compofition avec laquelle on fond de très-bons Collets. Ibid.
- §. XIII. Maniéré de percer une Meule de grès, de la monter fur fon arbre, & de la tourner ; avec les Inftruments néceffaires pour faire toutes ces opérations promptement ôc avec facilité. 231
- De PInftrument qu’on nomme un Perce-Meule.
- Ibid.
- Maniéré de percer une Meule de grès. 232
- Maniéré de monter une Meule droite pour la tourner enfuite. ihid.
- §. XIV. Maniéré d’enduire le dedans d’une Auge de Meule avec du gaudron ou du maftic. 233
- Maniéré de gaudronner. Ibid.
- Compofition de j> Wi®v»*c Mallies à divers ufages.
- 234.
- Compofition du Maftic rouge. Ibid.
- Compofition d’un Maftic brun. Ibid.
- §. XV. Maniéré de doubler les Auges de Meule en plomb, avec la defcription des Inftruments Sc Matières propres à faire cette opération. 237
- §. XVI. Maniéré de faire la Soudure d’étain.
- 237
- §. XVII. Conftru&ion d’un Fer à fouder. Ibid.
- §. XVIII. Maniéré de fouder le plomb de l’Auge d’une Meule. 238
- Art. II. Defcription d'une Meule que l'on haujfe ou baiffe au moyen de vis, & dont la monture eji plus commode que la précédente. 24,2
- §. I. Defcription de l’Auge. Ibid.
- §. II. Maniéré d’armer «Sc ajufter une Meule qui fe baufte ou baille fuivant le befoin.
- Art. III. Defcription d'autres petites Meules portatives. . 24^
- §. II. Maniéré de faire les Supports des Collets , 5c de les armer de fer. 246
- §. III. Maniéré d’arrêter une Meule portative fur un établi quelconque. 247
- Art. IV. §. I. Autre Meule portative & enjolivée.
- §. IL Defcription de la Garniture des petites Meules ornées. 245?
- Couverture ou enveloppe du Support à collets.
- §. III. Maniéré de fondre fies Collets d’étain pour de petites Meules portatives. 233 §.IV. Préparations pour les Meules qu’on monte à écrous. 25*4
- §. V. Conftrudion de Crochets nouveaux ôc d’une conftrudion finguliere, pour l’Auge de la Meule portative ornée. 2jy
- ART.V. Defcription d'une grande Meule décorée & ornée, montée fur quatre pieds, & mobile de bas enhaut. 278
- §. I. Conftrudion de l’Auge. Ibid.
- §. II. Maniéré de faire l’aflemblage du pied de cette Auge. ^ 261
- j. III. Defcription de l’Armature de l’Auge de cette Meule. 262
- H A P IT R E S , &c.
- Des Supports des Collets de cette Meule. Page
- 262
- §. IV. Conftru&ion d’un Tuyau ou Canon à vis, pour vuider l’eau de l’Auge de la Meule.
- 2 6S
- §. V. Defcription d’une Pédale particulière.
- 270
- §. VI. Defcription d’une autre Pédale ou Marche plus compoféc Sc plus commode que les deux premières. 271
- Remarques fur eette Pédale. 273
- Seconde Remarque, Ibid.
- Troifieme Remarque. 274
- Art. VI. §. I. Defcription dw autre forte de Meule marchant au moyen d'une roue qu\n fait tourner avec le pied. Ibid.
- §. II. Defcriptioh de la Roue de cette Meule ; de fon pied de bois ; avec la maniéré dont cette Machine eft ajuftée ; Ôc de fes différents mouvements. 27 6
- De l’Arbre de la Roue. 377,
- Defcription du Pied de la Roue. 278
- Defcription d’une Marche ou pédale qui s’adapte au pied de la Meule à roue. 284
- §. III. Maniéré d’enarbrer la Meule. 286 De l’Arbre de la Meule. Ibid,
- Conftrudion d’une Auge de fer-blanc pour une Meule à roue. 287
- §. IV. Defcription d’une autre forte d’Arbre à écrous. 288
- §. V. Defcription de différentes PolifToires qu’on peut adapter fur cette Machine en place de la Meule, Ôc qui peuvent fervir à polir les métaux ou autres matières. 28^ Autre PolifToire faite en maniéré de Brofîe. 29 il Autre maniéré de faire des Roues à broffes fer-vantàpolir. 292
- Art. VII. §. I. Defcription d'une Meule qui tourne, horizontalement par le moyen d'une roue qu*on fait aller avec la main ou avec le pied. 294
- §. II. Defcription de l’Armature d’une Meule horizontale. 296
- §. III. Maniéré de monter une Meule fur l’arbre d’un Moulin qui tourne horizontalement, autrement dit le Moulin du Lapidaire; comme auffi d’y placer différentes Roues ou Meules de plufieurs matières, & qui fervent à polir l’acier Ôc les autres métaux. 298
- Première maniéré. Ibid.
- Seconde maniéré. Ibid.
- IV. Defcription de plufieurs Meules ou Po-liffoires de differentes matières , ôc qu’on peut adapter au Moulin horizontal, foit pour affiler des outils , ou bien pour polir les métaux. 300
- §, V. Autres Meules pour affiler les Outils ; avec la maniéré de couper en rond les pierres dures, qu’on nomme Pierres à l'huile.
- 301
- §. VI. Autres fortes de Meules que l’on fait avec différents métaux, ôc qui peuvent s’adapter fur lîarbre du Moulin horizontal; avec la maniéré de couler ces Meules en plomb ôc en étain. ^02
- Conftrudion d’une Meule d’étain, avec la maniéré de la couler en moule, enfuite la tourner Sc de s’en fervir. oqa,
- §. VII. Defcription d’une Meule de fer battu.
- §• VIII. Defcription des Meules de cuivre
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- 3*8
- TABLE DES CHAPITRES, &c.
- rouge & de cuivre jaune. Page 306
- Autre Roue ou Meule de laiton fcrvant au poli.
- 307
- §. IX. Defcription des Poliffoires de différents bois , qu’on place fur ce Moulin.
- 309
- Maniéré de faire tourner la Meule horizontale très-vîte, fans accélérer le mouvement de la roue verticale. 31}
- §. X. Defcription de différentes Pierres droites qui fervent pour affiler les Outils du Tourneur ; avec les moyens d’en connoitre la qualité, pour les bien choifir, 8c la maniéré de les préparer pour les mettre en ufage. ^ 312
- §. XI. Defcription des Pierres grifes qui fervent pour affiler les Outils de Tourneur.
- 313
- XII. Des Pierres du Levant dont on fe fert pour affiler les Outils de Tourneur, & qu’on nomme Pierres à Vhuile. 315*
- §. XIII. Defcription & ufages des Pierres de Lorraine. 316
- CHAPITRE XI. Defcription de différents Bancs ou Etablis de Tour ; du Banc fur lequel s’affied le Tourneur ; des Poupées à pointes ; de la Perche & de F Arc ; des Marches ,* des différents Supports de Tour 9 & des Lunettes de Tour. 3 18
- §. I. Defcription d’un Banc ou Etabli de Tour ordinaire & fimple. Ibid.
- §.II. Defcription d’un autre Etabli fait en maniéré de table , d’une conftruéHon différente. 319
- §. III. Defcription d’une autre efpece de Table de Tour plus propre que les précédentes , 8c dont les pieds font faits en confoles.
- 322
- §. IV. Defcription d’une autre Table plus petite, propre pour recevoir un Tour portatif qui eft fait tout en métaux. 323
- §. V. Defcription d’une autre efpece de Tour limple tout en bois, qui fe plie tout monté, & qu’on tranfporte facilement où l’on veut, avec les poupées, fa perche, Ôcc.
- * Ibid.
- §. VI. Defcription d’une efpece de Banc qui fert pour affeoir le Tourneur en travaillant. 324
- ÂRT. II. Des Poupées de Tour à pointes en général*
- 32/
- §. I. Des Poupées qu on nomme Poupées à pointes ordinaires Jitnples, fervant pour tourner de moyens 8c de petits Ouvrages en bois , en ivoire , &c. Ibid.
- §. II. Defcription d’une autre efpece de Poupées à pointes, plus propres 8c plus commodes que les premières, & qu’on fixe avec des vis de fer. 326
- §. III. Defcription des Mantonnieres de Poupées à pointes faites en bois. Ibid.
- §. IV. Defcription d’autres Mantonnieres toutes en fer poli, ôc propres à mettre à des Poupées à pointes. 327
- §. V. Defcription d’autres Poupées à pointes plus fortes, 8c propres pour tourner les métaux, la pierre 8c autres matières dures 328
- §. VI. Maniéré d’armer avec des vis de fer les Poupées à pointes propres à tourner les
- métaux ou de gros ouvrages, afin de le? fixer folidement fur l’Etabli du Tourneur
- Page 329
- §. VU. Autre maniéré de fixer de fortes Poupées fur l’Etabli du Tourneur, en fe fervant de clefs de bois particulières. 330 §. VIII. Defcription d’une forte de Clef de bois fervant à fixer des Poupées de Tour, de maniéré qu’on n’a pas bcfoin de frapper deffus. Ibid.
- Art. III. Defcription de différentes fortes de Pointes de Tour. ‘ 331!
- §. I. Des Pointes ordinaires 8c Amples, qu’on nomme Pointes coudées. Ibid.
- §. II. Defcription d’une autre forte de Pointe droite ,& à vis à bois. 332
- $. III. Defcription d’une autre forte de Pointe coudée 8c tournée à moulures. Ibid.
- §. IV. Defcription d’autres Pointes de Tour droites, à l’ufage de ceux qui tournent de petits ouvrages en bois, ivoire & en métaux ; avec la maniéré de pofer ces Pointes dans leurs Poupées. 333
- Des Pointes droites dont fe fervent ceux qui tournent les métaux. Ibid.
- §.V. Autre maniéré de faire des Pointes droites tomes deux à vafe, tournées 8c à vis. s 3 f
- §. Vl. Autres Pointes de Tour fans vafe ni têtes , 8c qui font infiniment plus commodes pour un Tourneur Mécanicien. 33 y. Art. IV. Defcription de la Perche, de VArc & de fes Piliers. 336,
- §. 1. De la Perche fimple pour le Tour. §. II. Defcription d’un Arc de bois , & de la maniéré de le monter fur un Tour;
- 338
- §. III. Defcription d’un autre Arc de bois plus élaflique que le précédent, avec la maniéré de le monter pour s’en fervir ; 8c quelques remarques fur la conflrudion d’un nouvel Arc d’acier , compofé de plufieurs lames ou feuilles. Ibid.
- Maniérés de fabriquer, avec du laiton, l’Armature d’un Arc de bois de fapin, à trois lames. 340
- Maniéré de fabriquer en cuivre un Etrier pour, porter un Arc à trois lames. 343
- Maniéré de fabriquer une Mouffie en laiton.
- 347
- Maniéré de fe fervir de l’Arc à trois lames;
- 348
- §. IV. Defcription de l’Arc d’acier. 3 yq.
- Maniéré de placer la corde , 8c de bien tendre un Arc. 35*11
- §. V. Autre Arc d’acier qu’on tend ou détend à volonté. 3 $2
- §. VI. Autre Arc aufli d’acier, fort facile à conftruire. 35*3]
- §. VII. Différentes maniérés de faire des Piliers pour foutenir les Arcs de Tour. Ibid, Art. V. Dejcripdon des différentes Marches ou Pédales pour faire aller le Tour. 3 56
- §. I. De la Marche ou Pédale limple 8c ordinaire. Ibid*
- §. II. Autre Marche arrêtée au pied de l’établi , 8c qui fe meut avec des charnières;
- ' SS 7
- §. III. De la Marche dont fe fervent les Tourneurs Mécaniciens. 35*9
- Art. VI. Des Supports en général ; de la Barre ,
- &
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- TABLE DES CHAPITRES, &e;
- 389
- & de plujieurs autres Supports, avec leurs différents ufages. 3 60
- Pâemiejre Partie, Des Supports de l’outil du Tourneur. Ibid.
- §. I. De la Barr*> fîmple à l’ufage ordinaire
- du Tourneur. j&â/.
- §. II. De la Barre coupée. 3S1
- III. Defcription d’un Support tout en fec & en cuivre, propre pour tourner les métaux. 3 62
- $. IV. Maniéré de faire les Modèles de bois
- pour jetter en fonte un Support de cuivre ; avec les obfervations néceffaires à ce fujet.
- §. V. Defcription d’un Support tout en bois, & qui peut fervir à peu-près aux mêmes ufages. Ibid.
- §. VI. Defcription d’une autre efpece de Support, propre pour tourner les bois de travers. 367
- §. VII. Defcription - de différents Mandrins dont on fe fert pour placer la corde du Tour , lorfqu’on tourne du bois de travers. 368
- §• VlII. Snpprkt* propre anv ouvrages d’un grand diamètre.
- §. IX. Defcription d’une Barre ou Support nouveau tout en fer, 372
- §. X. Autre Barre de Tour d*une nouvelle invention , fervant pour tourner facilement des ouvrages parfaitement cylindriques.
- 373
- Ufage de ce Support. 37^
- Seconde Partie. Defcription de différents Supports propres à foutenir les ouvrages minces pendant qu’on les tourne. 37^
- §. 1. Defcription d’un Support tout des plus Amples. ^ _ ihiAi
- §. II. Defcription d’urie autre efpece de Support plus commode. jfofc
- §. III. Defcription d un âuua Support tout en fer poli, & fervant au mêmc,ifage. 37^ Art. VII. Des Lunettes de Tour en général ; de leurs Poupées & de leurs Armatures. 378
- §. I. Defcription d’une Lunette Ample en bois.
- Ibid.
- §. II. Autre Lunette Ample en métal. 380 §. III. Autre Lunette aufA en fer ou cuivre , qui s’ouvre à charnière, & qu’on nomme Lunette brifée.
- §. IV. Autre Lunette d’une forme circulaire , à pluAeurs trous coniques, & tous placés à la même diftance du centre. 3811
- §. V. Defcription des différentes Poupées à Lunettes, & de leurs Armatures en fer. 383
- Fin de la Table;
- Tourneur ï J. Part. I. Seal.
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- EXTRAIT DES REGISTRES
- DE L’ACADÉMIE ROYALE DF« SCIENCES. 1
- »
- r)u Mai 1775*.
- M ESSIEURS DU HA«^ ôc Fougeroux, qui avoient été nommés pour examlnef îa première Se#*°n ^ première Partie de Y Art du Tourneur Mécanicien} par M.Hulot,
- pere, Tourneur Mécanicien Breveté du Roi, en ayant fait leur rapport; l'Académie a jugé que cette première Se&ion étoit décrite avec foin, ôc d’une façon très-intelligible ; qu’elle paroiffoit digne de la réputation de fon Auteur, connu pour un des plus grands Artiftes qu'il y ait eu en ce genre, fur-tout dans les cas où il faut trouver des reflourçes & des expédients pour exécuter facilement ôc avec précifion toutes fortes d’ouvrages ; qu'il y faifoit connoitre les Outils particuliers dont il fe fert, Ôc les maniérés de travailler qui lui font propres , ôc qu’on defiroit beaucoup de favoir, en quoi il rend au Public un fervice inappréciable; ôc qu'enfin cet Ouvrage méritoit fe» é!nSeS? ôc d'être Imprimé à la fuite des Arts dont elle publie la Defcription : en foi de quoi j'ai ligné préfent Certificat, A Paris, le 30 Mai 177y*
- GRANDJEAN DE FOUCHY,
- Secrétaire perpétuel de VAcadémie Royale des Sciences*
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- ERRATA.
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- AGE ïïïylig. 18, Si page ît8 , lign. 8 , Fl. 4f,
- Ufe\ : PI. 48.
- Page 161, à l’Article des Oblèrvatiofis fur les lames de leie, ligrt. 27, après ces mots : quHl ejl bon de tenir plus mince ; ajoute\ ; en luxant toujours çe qui eft dit au. bas des
- pages 146 & iyi, fur l’égalité qu’on doit confêrver auj| feuillets de fcie dans toute leur longueur.
- Page 23 1, VIII, life\ : §. XIII.
- Page 280 2 ligne 15, Repaire, lije\ ; Repère»
- DE( L’IMPRIME RIE DE L. F. DELATOUR. 177;.
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