- Accueil
- > Catalogue général
- > Fabre, Jean (15..-16..?) - Les practiques du Sieur Fabre sur l'ordre et regle de fortifier...
Les practiques du Sieur Fabre sur l'ordre et regle de fortifier, garder, attaquer, et deffendre les places
-
-
- -Zi
- ytt .'T’auentier
- feeit .
- X
- EE5 PRACTJ QV E5 DV 51EVR FABRE . 5VRTORDRE ET REIGLEDE FORTIFIER, GARDE R, ATTAQVE R. ET DEFE.V DRE, LE 5 PLACE 5.
- \Anec Isn facile
- moyen
- ; your Une r rfo Mes Jo rie s le y l&W ttoit les
- places eï les Ba/Ümens ; jue le la Ccmjjaùpie . ycur les, Cartes
- A TARIS Oies . SAMVLL T H IB O VS T au Balais en-la (j alerte les ‘Prijoniers. J Juec TruùUje lu Roy . - .
- i b a ÿ
- = SS Tt?S
- rfs'
- IHi
- à\sw
- pl.n.n. - vue 1/228
-
-
-
- p.n.n. - vue 2/228
-
-
-
- LE S
- DV SIEVR FABRE»
- SVR L'ORDRE ET REGLE
- DE FORTIFIER, GARDER;
- ATTAQVER, ET DEFFENDRE
- LÉS PLAGES.
- Âuec vn facile moyen pour ïeüer toutes fortes de Plans }tant des Places ôt des Baftimtns, que de la Campagne
- pour les Cartes.
- —I---*—-I- 1 i-----1---|Jf
- A PARIS,
- Chez SAMYEL T HIB O V S T, auPalais.en la Gallcrie
- des prifonniers.
- M. DC XXIX.
- *AVEC ‘PRIVILEGE t>V ROT.
- Page de titre 1 - vue 3/228
-
-
-
- p.2 - vue 4/228
-
-
-
- AV ROY
- IRE.
- F- M.fcait quels feruices*peut rendre aon homme de commandement,fois dedans fit deuant lesplaces de guerre, s il fait comme il lesfaut rendrefortes, & les bien a fleurer, & foigne ufementgarder en fout temps'. &auec quel ordre & preuoyance il les faut attaquer & deffendre félon les occa-fons. Cefie confderation & les difficultés aux acheminemens de cefie tognoiflamegenerale, que rencontrent la plus part de ceux qui la défirent auoir, & en fcauoir utilement les dépendances, m'ont curieufementforte à la recherche den faciliter les moyens, & ayant creu de m'en ejlre aucunement approché par cet ef
- A ij
- p.3 - vue 5/228
-
-
-
- 4 AV ROY
- fay \auecrefj)e£ï\ i’ayprinsla hardieffedelepre-fentera F.fiî. & lafupplier tres-humblement de le vouloir regarderfelonfon ordinairebonté, non pour le befoin que vous en ayez* SIRE, moins pour le mérité de louurier, ny delouura-ge\mais feulement à caufe dufubieff, & pour lafacilitédétordre quipourra apporter dufou-lagement [fie ne me trompe ) à ceux qui aiment la briefueté\ O a eflé mon principal def fein, SIRE, afin que parcefie ouuerture les bons courages François fepuiffentfans beau~ coup depeine exercer enfesparties de la guerres pour en pouuoirfémir V. M. oAufsi ay 4e voue ma vie, mes foins, & mes labeurs , àto-beyffance naturelle que ie vous dois, S IRE,à* à Dieu mesprières ,pour la perpétuelle confer-uation de vofre vrayement iufle & Royale lé y comme
- Voftretre s-humble, tres-obeïflanr, & tres-fidellefubieâ:& feruiteur,
- I. FABRE.
- p.4 - vue 6/228
-
-
-
- 5
- P R E F A CE.
- ’Auois refolu, conclu, 6c prefque mis au net cet efTay dés l’anneemil fixcens vingt. Les feruices perfonels auf-
- ?uels ma charge m’obligeoit dans les >amp 6c armees du Roy mauoientem-peche d’y mettre la derniere main, îufques à prefent, qu’vn loifir contraint par l a-ge, 6c autres incommoditez qui me refilent de la guerre, m’a permis de le mettre en cet eftat: combien que pédant ce temps là jel’aye toufiours chéri comme mon enfant, 6c tranfporté par tout là où le me fuis porté par le commandement 6c pour le feruice de S. M. qui mç fit l’honneur il y a tantoft cinq années palfees d’en vouloir
- p.5 - vue 7/228
-
-
-
- & PREFACE
- *
- voir la côppie & enapprouuerle delfein, dont jauois défia fait tailler les planches. Sous cet auguffce &: Royal adueu , je le donne maintenant au public, comme vn fommaire recueil de ce qu’il ma femblé fe pouuoir generalementdirede la bonté 6c facile conftrp&ion des places de guerre, du loin que Ion doit prendre ! les garder, apres lesauoir fortifiées & adiancees* du moyen de loger feuremenc vnearmee af-fiegeante, 6c empêcher le fecours 6c ad-uis aux afsiegez , comme atilsi de fe loger , couurir 6c elpauler dans les baceries* conduire fans confufion les approches, 6c attaquer auec raifon vne place: 6c en fin comme il faut cercher ceux de la deffence, lors que Ion y eft enfermé, pour y pouuoir longuement refilter. Les plus fages que moy en jugeront, 6ç polsible qüelqu vn à l aduenir prendra la peine de rendre par vn pareil ou meilleur ordre les obferuaaons,
- p.6 - vue 8/228
-
-
-
- PREFACE, 7
- pratiqués curieufes 6t vtilcs enfemble, plus familiers à noftrejpâcrie*
- le me fuis licentie au premier traicté qui regarde la fortification, tant aux dedans qu’aux dehors des places, 6c quimef-me neft point différant de la moderne, 6c plus recéte opimon,de nem attacher point aux plus exactes fupputations / non plus qu’aux demonftrations autres que pradi-ques: Ce que je fai pat tout ailleurs, ce neft pas que le neftime grandement la contemplation : mais le faid de fhomme de guerre eftant l’execution des bien entendues , feines, meures, 6c hardies delibera-
- tions , je me fuis pluftoft réduit à la mécanique , dont le mot neft pas fi abied, puis qu’il figmfie vn ouurage induftrieufement inuenté. , s
- Au fécond, je me fuis vnpeueftendu fur la garde ordinaire, là où j’ay effayé de remettre en ordre 6c vfage quelques cho-
- p.7 - vue 9/228
-
-
-
- b PREFACE.
- Tes qu’il m’a femblé s’y rencontrer hors d’afsiette.
- Au troifiefme, j ’ay vn peu raifonné fur l’ordre du logement affeuré d’vne armee afsiegeante en toutes fes polies, ôc conduit l’attaque îufques au rampart de la place.
- Et au dernier qui regarde ladeffençe, là où par le trauail Bien conduit, mefnagé ôc deffendu (fi lesafsiegez font attaquez par approches, ôc pied à pied,ils reduiffent bien iouüent les affaires en tel eftatquede là dépend leur déliurance) j’en ay dit mes petits fentimens que ie foubfinets auec tout le refte à la cenfure des plus habiles.
- Ce que j’en expliqueray cy-apres ne veinera point 1 efprit, & ne chargera point . a mémoire, ôclouffriray auec joye àc contentement que les plus cognoiffans que moy y corrigent àc augmentent auec équipé tout ce que bon leur femblera ; j e laiffe à cet effcd: expreffement les marges de
- mon
- p.8 - vue 10/228
-
-
-
- PREFACE. ,
- mon liure grands ôc fpacieux : car pour Ceux qui n’en-fçauent pas dauantage,ils me trouuerot appuie fur les maximesreceuës ôc eftablies parmi les gens du meftier, ôc principalement fur cefte-cy , que Ion ne fçauroit fournir trop d’embrafures fur vn flanc ; ce qui s’appelle voir ôc deflendre par beaucoup a endroits ôc femblables moyens vne mefme choie, ôc qui reulsit commodément par le rapprochement rai-lonnabledes tenailles ou angles flanquans. C’eftpourquoy auec les experimetez j’ay prislanailfance de mes deffences en tous [es ordres des plans que j’en donne, le plus auant dans la courtine que j ay peu,comme grandement incommodez aux alfaillans, ôc au contraire neceflaires ôc aduantageu-les aux aflaillis, tant pour la raifon des gardes,quedes deffences, aux dedans ôc dehors des places.
- p.9 - vue 11/228
-
-
-
- ià PREFACE
- Les faciles moyens que j en propofe/onc plus mécaniques, &: matériels , que fub-tilement imaginez, tk n ont point befoin de beaucoup d'Aritmetique, nydeGeo-metne : carloperationeneft plus manuelle ôepractique , que profondément Théorique ; mon intention eftant de loulager & contenter lefprit de ceux qui auront la curiofité de cognoiftre entendre ce que le propofe, foit par la confédération de leurs charges, ou par maniéré de récréation, lors qu ils font tréue auec les affaires pénibles ôc feneufes : car par la cognoif-lànce de celle pratique, Ion pourra remarquer la bonté ou le deffault des places, qui eft vne jdee de leur garde, attaque, êc deffence, comme de mefme Ion pourra confiderer les moyens de falfeu-rcr ou entreprendre, furies quartiers, fort à la telle ou autres endroits d vne àrmee,
- p.10 - vue 12/228
-
-
-
- II
- PREFACE.
- oulogee en quartiers feparez, ou retranchée à la campagne, ou deuant vne place, qui neft pas vn petit aduantage a vn Capitaine, mais affin de rendre cetraifté plus intelligible , il ne ferà point hors de propos, ce me lemble de ramener fom-mairement la fortification , depuis fon origine jufques aujourdhuy.
- p.11 - vue 13/228
-
-
-
- p.12 - vue 14/228
-
-
-
- PREMIER TRAICTE-
- DES PRACTIQVES
- DV SIEVR FABRE S V R L’ORDRE ET R El G LE
- de fortifier, garder, attaquer, & deffendre
- De t Ancienne çf Moderne fortification des places l
- GHAPITRE PREMIER»
- ES anciens fe feruoient à cet cffed: des tours rondes , quarrees ou a pans, attachées fur vne mefme ligne droitte par des courtes murailles entie deux,qu’ilsappelloient Courtines, ou parencoi* gneures aduanqant la moitié des angles, les autres de* meurans retirés en dedans,&conftruifoiet leurs tours lur les faillies & angles aduancés,& deffèndoientletout feulement de la moyenne portée de l’arc * ou de l’arbalefte, comme il fe peut voir parles mémoires & mafures qui en relient encores, & c’elloit pour refiller aux machines à bras ou à main, dont l’on vfoit en ce temps-là pour ruineriez forterelïes qui n’elloient deffenduës alors qu’à coups de traiét ou de jet, iufques à ce qu’ils en venoient auxmains.
- D
- p.13 - vue 15/228
-
-
-
- i4 Pratiques du fieur Fabre,
- le melicentieraydedire en fuitte de ce propos, pour-ueuqueie ne fois point ennuieux,que ce que l’antiquité raconte des Machines d’Archimede,deffendant la ville de Syracufe, attaquée par les Romains, ne feraparauan-turepas trouué fi miraculeux, fi l’on confidere les armes offenfiues de Ton temps, qui permetoient aux attaquans de faire leurs aprochesauec beaucoup moins dehafard qu’auiourd’huy : car les trai&s de l’arc ou de l’arbalefte, dont l’effeéfcn’eftpas fort violent, à caufe de leur courte portée êtfoibleffe de leur mouuement, eftoient facilement arreftez de près par des bien legeres couuertures d’armes; c’eflpourquoy ileftbienaifé à remarquer que les barques qui effoient agraffees & enleuees par ceuxde la ville,ou bruflees par les miroirsardants ou concaues en deuoient eftre fort proches; car ne craignant point les armes offenfiues , elles pouuoient venir à couuert ou de leurs pauois, ou autres mantelets à preuue du gros jet,ôc couuertes cotre le feu,au pied des murailles,en intention d’ydrefferdesefchelles ou ponts, oulesfapperouef-branlerpar leurs beliers, & autres inftruments, pour fâcher d y faire breche & s’y loger>& ainfi effcant fi proches il n’eftoit pas malaifé de les brufler ou accrocher auec des mouuemens pareils , oufaifantl’effeéfc pareil à nos grues à contrepois, & ce par le moyen des agraffes ou tenailles difpofees à cet effeét; car pour les grands vaifle-aux qui deuoient pouffer,{oull:enir,&: fuiure l’execution; il n’eft pas imaginable, & cela mefme feroit bien inutile auiourdhuy à caufe de l’artillerie ou canes à feu, tant du coflé des attaquans que des attaquez, qui ne fe iouent pas fi près les vns des autres, craignant les effeéfs de la poudre, qui portant violemment, & quaii en vn in-
- p.14 - vue 16/228
-
-
-
- Traiffé I. 15
- liant lesboulets bien loing,ruineroit les machines,8c des vns ôc des autres. Ce meflange confus d’elemens en celle matière, admirable en ceseffeéts, me dilpenlera d’e-ftre vn peu plus long fur des petites obferuations, que i’ay autrefois faites avoir brufler la poudre à canon, ôc dire qu’il femble que Pelement du feu ou de l’air vif, ef-tant réduit en ce corps terreflre, appelé poudre, pour re-uenir en fa première nature, doitpafler fansmoyende l’vnextreme en l’autre , & violenter les deux elemens moyens, à fçauoir, l’eau 6c Pair grofsier,6c que c’eft ce qui caufe celle grande force 5c violence, puis qu’il y a vn flloudain changement, d’vne fi petite efpace qu’occu-poit celle matière maniable, en vne mille fo is aufsi grande, lors qu’imperceptiblement elle fe réduit enfeu ou airvif ; car aucuns tiennent qu’vne partie de terre eftra-malfeeôc rellreinte en farquantité de dix parties d’eau,& vne partie d’eau de dix parties d’air efpais, ôc vne d’air ef pais de dix d’air vif ou feu, qui eft comme vnà mille; 6c ainfivn grain de poudre occupera f’efuaporantdans l’e-flenduë de Pair,mille fois autant d’elpace qu’elle en oc-cupoit, ellant reduitte en matière terrellre ou poudre> comment quelle feutauparant ou libre ôuenfermee, & mefme il seble que celle efpace qui l’enfermoit fouffre enfadeliurance,le vuidefon ennemy, ce qui ce remarque par l’efclattant bruit que faiéb Pair rentrant en Ion lieu dans lacanedelapiece ; carc’eftlà à mon aduis ou par impétueux concours 6c comprefsion d’elemens que s’engendre cet horrible tonnerre, 6c non pas dansleflen due de Pair, commelon croit Peflfet des mines ou fou-gades nous en font voir l’experience ; car en quelle quantité que les poudres y font mifes, elles ne font que
- p.15 - vue 17/228
-
-
-
- lé Pratiques du peut Fabre,
- vanter * St foufflent fans grand bruit,eh ouurant St reft-uerfant ce qui les enferme , aux endroits qu elles trou-uent le plus foible. C’eft ce que l’experience m'en a faiéfc imaginer, Stquéj’aycreu n’eflre pas tant inutile, ny hors de propos, puisqu’il nous feracognoiftreque par les violens St imaginables effeéfcs de l’artillerie ceux qui en furent premièrement attaquez , voyant auec efbonnement fi furieufement ruiner leurs defences,furent contraints d’auoir recours à quelque puiffant re^ mede pouroppofer à l’effort de ces nouuellesmachines. Et voyant de quelle longueur eftoit leurportee,ils f imaginèrent qu’il falloit prendre leurs defences d’auf-fi loing î car le commencement ne fut que des groffes pièces de fer, forgé ôtfoudé, quils appelloient bombardes, telles que Ion en voit encore en beaucoup d’ar-cenacs , St cela mefme les fît aduifer d’eflargirleurs tours, St les aduancer ou en forme de demy ouale ou en angle pointu ou moufse,felo quils iugeoiet mieux à, pro* pos ; mais tout cela ne leur fuccedant pas à fouhait,ils fe remirent auec vne longue eftedue furies angles taillas 8t rentrans, prins dans le cercle faiéts en forme d eftoilleà cinq ou à fix pointes, ou dauantage, qu’ils appelloient efperons, à caufe de leur figure, femblablé à vne molette d’efperon , St rendirent les angles auec leurs co-ftes folides St maffifs, beaucoup plus largesqu’aupa^ rauant,par leterrein,dontils lesfourroient,St en firent cequenous appelions remparts, qui eftce qui a donné à mon aduis le commencement à la pratique d’auiourd’huy, de fortifier les places fur la figure circulaire, St quinefe faifoitpasdeuantl’inuentiondela poudre 5 mais l’experience leur ayant faiét voir qu’il
- falloic
- p.16 - vue 18/228
-
-
-
- Traîïïël* xy
- faîloit deffendre ces angles plus feurement *, & en ayant confideré la foiblette ils en enfermèrent le vui-de entre leurs pointes,par des lignes de front , ôc en for-' merent ce que l’on appelle poligones , ou figures à plufieurs angles, ôc efleuerentàplomben dehors fur les cottes de ces nouueaux angles, beaucoup plus ou-uerts que les autres, des lignes de flanc, fur lefquels ils en aduancerent encore d’autres, qui faifant angle en leur rencontre, formèrent ce qu’ils appelloient boule-uards, qui font nos battions d’auiourd’huy, ôc deffen-doient ces corps ainfi conftruits,par le canon logé dans les batte chambres,ou cafemattes,couuertsd’orillons, qu’ils pratiquèrent en dedans, furl’ettenduë de fesefi paulemens,tels que l’on les voit auiourd’huy en la plus grand part des places fortifiées en ce temps-là ; ôcc’ett ce que I on appelle flancs bas ou cachez. Yoiîa le commencement de la fortification moderne, ôc là où l’on en fut demeuré fi le meftier ne fe fut point raffiné par îëntrefuitte des guerres.
- Depuis ce teps-ïà ceux qui ont efté le plus fouuentôc cotinuellemet attaquez, ont recerché d’autres moyens pour fe eonferuer : car voyant que les pièces eonftrui-tes Ôc attachées en la première forme eftoient deffen-duës de trop loing,&que pour fermes ôcmafsiues quelles futtent, foit par mattonnerie, ou par terrein, leur re-fiftance eftoit de peu de durée : car apres que les atta-quans leur auoient ofté les premières deffences, que I on appelle prapeéts, guerrittes, ôc autres œuures mortes, ôc par îembouchement de leurs flancs aueugle leurs embrafures, ou démonté leurs pièces, çant fur les caualiers, ramparts, qu’autres lieux defcouuerts, ôc
- p.17 - vue 19/228
-
-
-
- î8 Pratiques du peur Fabre,
- eftonne & ruine parle canon, partie de leurs imparfaits battions, où ilsles emportoient par alïàult, ou en cas de retranchement, ils le logeoient fur les rampartsyce qui toutefois ne feprattiquoit que rarement alors, &à la longue, l’attaque eftant opinbftree, il falloit capituler ou fe perdre.
- Cela les fit aduiler de trauaïller dans les fofTez par rauelins, ce qu’ils Faifoicnt alors, pour racourcir fexcef fiue longueur de leurs courtines, qui n eftoieot deffen-duêsque de là moy enneportee du canon, Ôc les réduire à celle de l arquebufe, dont ils fe comencerenc à fer-uir,St encorcs ils efleuoient delà terre en dehors, fur le bord St au long du foüé, pour en couurir le tout.
- Mais ce demicrtrauailhors .du fofsé qui hauffoit ce que Ton appelle contrefcarpefnettant flanqué ne défendu par aucun endroit du dedans,donnoit la hardief-feaux attaquans de s’y venir loger àcouuert, auec bien peu detranchee, St beaucoup moins de péril qu’aupa* rauant, Stdclàcontiiiuer leur progrès auec plus de facilité j ce qui fit aduiler les attaquez demelhager fur le bord, Scauîong des foiïez, ce que l’on appelle Gorri-dors,ou chemins couuerts, pour auec la moufqueterie -deffendre aucunement îaeampagne; St cela ayant reùf-fifelonleur projet, ils le jetterentplus auant dans la campagne de lacontr’efoarpe, St y firent ce que nous appelions demy-lunes, cornes, tenailles, St autres trauaux qui fe pratiquent maintenant, St comme il le verra par les plans foiuans, en leur lieu : c’eft aulsice que l’on peut faire de plus excellent, pour tenir les ennemisloing, St gaigner le temps: car ces trauaux eftant bien conduits, foigneufement gardez, Stvaillamentdeffendus, font ca-
- p.18 - vue 20/228
-
-
-
- v TrâÏEié I. ï9
- pabl es de grande refiftance, ôtbien fouuent morfondet & incommodent bien fort les grandes & puiiïantes armees puis qu’ils les reduifent à la patience des blocus.
- C’eftcequej’ay peu fommairement recueillir du commencement, progrès, & de l’eftat prefentde la fortification.
- Mais dautantque les places fortifiées & gardées (ont le fubieét de l’attaque & delàdeffence, j’elîerayà mon pofsible, de rendre ma propofition familière, parle îuiuant ordre de leur conftruétion, fur lequel j’ay fondé ledefleinde ma Pratique, que ie tafcheray de faciliter par l’explication de tous les termes du mefl ier que iepourray rendre comuns & intelligibles en noflre langue: ce que ie remets à la fin demonliure, pour ceux qui n’ont pas efté nourris & exercés aux armées, & gamifons, là où l’on en apprend, beaucoup plus que ie n’en fçaurois dire; &pour m’acquiter de ce que j’ay promis en voicy la reigle des plans.
- De fer letton de la Reigle Pratique fur les deux ordres des plans} en fa première face .
- CHAPITRE IL
- A matière en fera meilleure de leton ou cuiure jaune, que d’autre chofe,cobien que ce qui en eft icy imprimé pourrait aucunement fuffire pour les premiers efîais: Elle codent en (à première face les coftes des figures à plufieurs angles & coftes elgaux prifes das le cercle, depuis trois iufques à douze, fuiuant l’ordre des caraéteres quiy sot marqués aux extrémités des lignes, duquel cercle la ligne qui eft au deflus mar-
- p.19 - vue 21/228
-
-
-
- 2,0
- Pratiques du fleur Fahre,
- quee DD. en eft le demy diamètre ; 6c celle qui eft au deffoubs marquée LD. eft la ligne droitte, qui porte Tordre des figures qui pafTent douze.
- Aucofté droit,6centrauers,ily a vne ligne marquée R G. que ie donne à la fin de mes plans, pour reigle generale fur toutes les figures, depuis le fix angle iufques à la ligne droitte , comme il fe verra apres : mais au qua-drangîe ,6ccinq angle lapofition delà ligne duflacn’eft qu’à trois mefures , comme fur leurs coftes au cercle: Et ceux-là feront capables,tant de conftruire,marquer, qu’entendre l’vfàge de toute cefte piece, qui fçauront faire vn cercle auec le compas, dont la ligne DD. donnera le Centre par vn bout, ôc la circonferance en là reuolution par l’autre.
- Celte ligne DD. eft naturellement contenue fix fois dans le cercle, 6c donne la figure fix angle, fi de chacun point de diuifion du cercle l’on conduit vne ligne iufques au plus prochain ( j’appelle cefte figure fix angle, 6c celle qui la précédé cinq angle , 6c les fumantes fèpt angle, huièt angle, 6c c. puis que fondit bien triangle 6c quadrangle:) Par le mefme moyen il fçaura faire le triangle à trois coftes efgaux, fur le mefme cercle , s’il comprend deux coftez du fix angle, par vne ligne; caries trois feront la figure; 6c s’il diuife la fixiefme partie du cercle en deux, ilaura le douze angle, dela-quelle diuifion prenant trois parties, il aura le quadrangle ; 6c cefte quatrième partie du cercle mife en deux , donnera le huièt angle ; 6c s’il met la troifié-me partie du mefme cercle en trois 9 il aura le neuf angle.
- Ilrefte feulement à trouuer les autres, qui font le
- ~ cinq angle,'
- p.20 - vue 22/228
-
-
-
- ' f raiiïè I. xt
- cinq angle, fept angle, &: onz’ angle ; car pour ma pratique je n’en demande pas dauantage que douze, par ce que ce qui va au delà, prendra fon ordre de con-flrution, fur la pratique de la ligne droitte, comme il fera dit cy-apres»
- Ces diuifions fetrouuent par Arithmétique fur le cercle de trois cens foixante, non toutesfois toutes fans nombres rompus, ôtparconfequent il faut procéder mécaniquement, qui reuient toutàvn, fil’oncerche auec le compas commun, puis que ces operations font plus materielles & fenfibles ; car iln’eft pas trop malaifé, decercherle cinq angle, dans la cinquiefme partie du cercle, dont la moitié fait le dix angle ; & pour le fept angle & onze angle, bien qu ils foientvn peu laborieux à cercher»toutesfoisl’onlesrencontre.Ilyades pratiques pour ces impers ; mais il les faut auoir dans la mémoire : ce qui eft bien plus prompt dans la cerche par le compas commun,mécanique pourmecanique.
- Tous ceux qui onttrauaillé pour nous donner l’in-ftrument pratique,que l’on appelle compas depropor-tion, nous ont beaucoup obligez : ;1 eft tres-Commode pourladiuifion du cercle ,ôt de la ligne droitte,la valeur des angles du centre, ôt de la circonférence, fe trouuent fort promptement,& aifement parcefte voye,non toutesfois (ans fration, & les efchelles que l’on pofe pour les deffeins, enfontaufsi bien promptement faites, en quelle grandeur que l’on veut»
- Son vfage pour la cognoiffance des plans ôcdes fo-lides, qui efbla raifon des furfaces des corps,& des corps mefmes,en eft très-vtile : mais il y a des efprits quinefe fçauroient pener, à comprendre vne chofe fi aifee ; en-
- p.21 - vue 23/228
-
-
-
- 22
- Pratiques âu fieur Fabre
- core moins vne infinité de belles gentilles ôe fubtiles chofes, qui font de (on vfage, ôc defquels celuy queie defire entendre, ma praétique n’a point abfoluement befbin 5 combien que s’il cognoilloit 'tout l’Euclide, î’Archimede, fie tout le refte des bons autheurs,au fons il n’en feroit que mieux : maispource que ie propofe,iI fuffirace me femble,d’entendre peu de chofe.au deffus decequej’ay dit,des lignes qui font comprmfes dans mareigle fit leur praétique,qui eft contenue en leurdi-uifion, & marquez par lettres fignificatiues.
- Première face de la Reigle.
- I’ay dit que la ligne D D. eft le demy-diametre, fur lequel fe defcritle cercle, fit dans lequel, les dix figures dont les dix lignes chiffrées, depuis trois iufquesà douze, font les codés ; font deferittes, chacune def-quelles corne la ligne LD. font diuifèes en vingt parties, dont chacune parties vaut cinqtoifê -, fit fi l’on faiét valoir la partie fixtoifès Jatouteen vaudra cent vingt: celle mefure de deffences eftreceuë: carc’eft l’ordinaire fie raifonnable portée du moufquet j 6c ainfi elles fer-uiront d’efchelle chacune pour fa figure ; fie faut obier-uer,que les lettres marquées au déifias defdites lignes,à
- p.22 - vue 24/228
-
-
-
- TraÏBé I. 23
- rendroitdecertainspointsfferuentpourlaconftru&ion
- du premier ordre des plans, & celles qui font marquées au deffoubs, 6c adreffees par petits traiéts, là où elles fetrouuent inégalés ,feruent pour le fécond ordre, qui prendfa deffence du milieu de la courtine, marqué N. comme il fe verra apres.
- Etayant cherché,ce qui fe peut raifonnablement faire fur chacune figure, ray marqué fur chacun coftéje lieu & pofition de la ligne du flanc ou efpaule par F. & la hauteur, auance ou faillie de la mefme ligne} par H. ob-feruantquelàoùces deux lettres fontiointes ainfi-HF. c eftvne mefme melure. Et la hauteur de l’angle du ba* ftion, depuis l’angle de la figure que l’on appelle capitale par J. 6c le milieu de la face par N. que i’appelle nombril de la courtine.
- Au delà deN.i’ay marqué parlalettreGreque (J) lalar-geurdufoffé, parc celledelacontr’efcarpe, & par celle deT.laderniere tranchée oùfoffé de la contr’efcar-pe, fi l’on ne fe veut point contenter du fimple glacis. Pour la fauflebrayè ou bafle enceinte, ie la réduits pour le moins à la veuë de la plus bafle embrafùrc de la ligne du flanc vers la courtine, car tant plus elle fera veuë delà courtine, tant meilleure en fera la garde 8t la deffence pour la largeur elle defpendra de l’efpace,pourueu qu’elle n’excede point huiéf toifes, qui fera quatre dans œu-ure, ôc autant pour le parapeét. Cecy fe verra mieux au reuers, & fur la reigle 6c efchele des por fils, tant Amples* que perfpeétifs,
- p.23 - vue 25/228
-
-
-
- /
- Pratiques du Jieur Fabre]
- Frattiqüe de la Reiglel
- CHAPITRE
- I I I.
- Our plus facile intelligence de laconftruétion, i’ay mis icy la figure fept angle, quils appellent heptagone, auec fon cofté marqué par les mef-mes lettres de la Reigle, for la pratique de laquelle fo peuuent comprendre toutes les autres. Car qui fçaura tracer cefteicy ,il tracera & par lignes,&: for la terremef-mes, toutes les figures quiy font marquées, ayant feulement vn plan de la fimple figureauec vn cofté,portant lafofdite diuifion,ôt marques par lettres : car par les li-' gnes taillante, & coupate,qui reprefententles cordeaux l’on trouueraladire<ftion,des angles faillans au dedas ôc au dehors,&: leurs mefores forlaReigle,& pour la courtine , elpaules & pans, cela n’eft pas malaifé.
- Pourcommencerdonc, ilfautprendre auec vn compas commun la ligne D D. & en faire le cercle, & apres y rapporter le cofté fept prins fur la reigle,entre les deux
- cara-1
- p.24 - vue 26/228
-
-
-
- Tfàîtté I. 2j
- Cârâderés^. 7. qui donnera la diuifion dudit cercle en fept parties égalés; Ôt tirant des lignes droittés de point à point, vous aurez la {impie figure fept angle : car pour la courtine, efpaules & panjcelan’eflpasmalaisé.
- G
- p.25 - vue 27/228
-
-
-
- 24 Pratiques du fieur Fabre,
- Pour rendre la chofe plus aifee, j’ay marqué les lignes en points, qui repreièntentle cordage, & qui forcent d’vn mefine centre, à fçauoir, celle qui fort parle milieu de l’angle de la figure, par S. qui fignifie faillante, & celle qui coupe le collé en deux efgalîement, par C. qui fignifie coupante, Ôc qui paffe au droit de N.
- Il faut eftendre ces lignes, hors desmefures detout le deflein, comme l’on faiél du cordage en alignant, apres auoir alignez & tracez les collez de la fimple figure.
- Ce general alignement posé ; il faut prendre furia ligne 7. ladiftance du premier point, jufquesàF.ôc marquer fur chacun collé celle dillance, depuis l’angle de la figure, & faire ainfi fur tous les angles ; & ce fera la pofition de laligne du flanc.
- Apres vousprendrez ladiftance depuis F. iufques à $ Ôc la raporterez en dehors, fur la faillante, depuis le mefme angle de la figure, & ce fera la pofition de l’angle du baftion ou capitale; jl eft marqué par A. ce que vous ferez aulsi fur tous les autres angles.
- En fuitte vous prendrez , depuis le premier point de la ligne delaReigle, ladiftance iufques à tî. il le trouue en celle figure joint à F. ôt faiél H F. qui eft vnemefme mefure; &cefera l’aduance, faillie, ouhau-teur, de la ligne du flanc, ou elpaule, qu’il faudra conduire auec vne efquierre en alignant &c traçant, ou par vne ligne plomb, ou perpendiculaire, comme ils l’appellent, ou auec vne reigle commune, qui loit marquée jau milieu, par le traiélquarré des artifans, qui eft l’angle droit, Ôtrapporter ce traiét fur le cofté de la figure, qui eft le moyen de trouuer les lignes egalement diftam
- p.26 - vue 28/228
-
-
-
- T ratfité I. 27
- tes, appeïlees parallèles, & à plomb, pour conduire fans erreur, les alignemens, tant des baffes enceintes, que des foiTez ôt autres dehors.
- Cela faiét, vous conduirez vos lignes ou cordeaux,1 depuis J iufques à H. qui eft depuis l’angle du baftion, Sc quin’eft marqué icy que par A. fimple, iufques au bout de l’efpaule H. comme la ligne en points le montre au deffein, & qui eft continuée iufques à la courtine j & ainfi vous aurez vos pans de baftions formez, ôc continuant de mefme par tout, Voftre place feraclofe, par fept baftions , auec leurs efpaulemens & courtines.
- Le deffein de la place ainfi clofe, pour faire la bafle enceinte, il faudra prendre fur les lignes parallèles à plomb, furies pans dubaftion, vne ligne parallèle, ou egallement diftante dubaftion ; ôt vne autre aufsi parallèle, au pan du baftion voifin, qui fe rencontreront fur la coupante, & donneront l'angle flanquant, ou tenaille de la baffe enceinte.
- Mais il faudra fuiurefur les faces, là où feront les portes, les mefmes parallèles, aux efpaulemens, & courtines : car ce double flanc, tant du dedans, que delà baffe enceinte, eft vne grande deffence furies portes, comme ilfe void fùrlaplanche, ôt furies autres faces; je les conduis iufques à l’angle de la tenaille fur la coupante, pour des raifbns qui fë diront apres.
- Sa largeur en cefte figure, fera félon laveué de fembrafure , du pied de l’efpaulement, delà où les baffes enceintes, doiuent eftrepour le moins deffen-duës. Aux plus grandes figures, & aux lignes droittes, l’on leur donne ordinairement huiét toifes, qui eft quatre toifes, entre le rempart de la place, & le parapet ;
- G i| " ^
- p.27 - vue 29/228
-
-
-
- 28 # Pratiques du Jieur Fabre,
- les quatre rettantes, pour le parapet, la banquette du dedans, &le relais du dehors,oupasdelafouris.
- Cette diftance marquée pour la fauffe braye, ou batte enceinte, il faut prendre celle depuis N.iufques à (J) 8c la raporter fur les parallèles à plomb, en fuitte de la baffe enceinte, & fe fera la largeur du fotte principal, & depuis (J) iufquesà c fur les mefmes parallèles l’on trouueraaufsi la largeur delacontr’efcarpe, corn.-prins le chemin couuert ou corridor, qui fe prend de la mefure de T. laquelle fert pour les foffez des demy-lu-nes, Stpourladerniere tranchée de la contr’efcarpe,ôc trauaux cornus, fi Ion ne fe contente pas de les faire en glacis j cequej’approuue.
- Pour les demy-lunes, elles feront raifonnables, en prenant laligne J depuis le premier point, Scia rapor-tant en dehors, de l angle entrant du foffé fur la coupante , il faudra prendre 1 alignement de leur deffence des angles delà fimple figure, qui font les centres des battions , ôttrouuer leurs parallèles pour leurs foffez, chemins couuerts, ôt contr’efcarpes, comme j’ay dit de la baffe enceinte du fofïe principal, & autres.
- Voila la conftru&ion, de celle figure, de fept battions auec fes dehors, qui eft prins du premier ordre demesplans, 8t félon la pratique d’auiourd’huy plus communément obfèruee} dontvous aurez icy la figure entière.
- p.28 - vue 30/228
-
-
-
- T raidie I.
- *9
- -Septangle auecjes dehors attachez,, quiefimts cj-dettant pour l’exemple general de la confiruâion.
- L’on fe lèruira de la mefme pratique * pour deflei-gner,aligner, & tracer., lamefrne figure * au fécond ordre , auquel l’on verra beaucoup de raifons, pour ce que l’on appelle irrégulier. Car toutes les deffences,
- H
- p.29 - vue 31/228
-
-
-
- 30 Pratiques
- mefmes aux petis plans,font prinfes du milieu, ou nombril delacourtine,quieft;donnerce{l:emoitié de courtine, pour flanc, réduit à la moitié de la portée du moufquet, ou ligne de deffence, eu efgard à ce que l’on pradiquoit, il n’y a pas longtemps,
- Cecy lèruira, aux lieux contraints, aux angles diuers, lignes courtes, & autres deflauts, qui fe trouuent aux places, félon les afsiettes, ôt alignemensnaturels, ou mal ailpolèz & ordonnez.
- ‘Pratique des p or fis, qui efi le front des hauteurs çtf efpaijfeuri des bafiimens % auecleurs talus ou retraites.
- CHAPITRE I 111.
- Seconde face ou reuers de la Reigle'.
- E derrière ou reuers de ma reigle emporte la ligne ; elle eflmarquee par lettres fignifïca-tiues, comme la première face : l’efpaifleur du rempart eft marqué icy par R. la fauf-fe braie ou balle enceinte, par F B. depuis R. elle le peut prendre de cinq, fix, iulquesà huid toiles, félon que les veues deselpaulemensle pourront permettre, comme jay dit ; la largeur du folié, &; le relie y
- p.30 - vue 32/228
-
-
-
- T yaiâti L p
- eft marqué aufsi, de mefme qu’en la première face.
- Les triangles, qui font au deffoubs, marquent au premier, parTN. le talu naturel, ou esboulement naturel , de la terre fe ch etran {portée ; ce qui le peut aufsi confiderer en toutes matières, qui font en menues parties, comme les graines & les fables 5 car naturellemét elles s’esboulent pied, fur pied, s’eftendant à l’entour de la hauteur, autant qu’elle monte, comme quatre fur quatre -, ôc ceft esboulement eft naturellement accefsi-ble. Celuy marqué par la {impie lettre G.monftrel’ay-de, que l’on prend du gafon ou torchis, en cas de necef-fité, pour les terres, qui n’ont point grande liaifon ; ôc qui eft de deux pieds l’vn, comme fix fur trois ; & ce talu n’eft point accefsible, fans moyen, comme le naturel. GF. dénoté gafon faciné, qui eft de trois pieds l’vn, plus roide que les autres.
- Ceux qui font marquezpar M.font pour la maffon-nerie, dont le premier eft à raifon de fix fur vn, & le dernier à raifon de dix pieds l’vn. Cequialetalu moindre que ce dernier, s’appelle retraite ; ôc ce qui en a dauan-tage que le talu naturel, s’appelle glacis.
- Iepofègenerallement la raifon de celte ftruéture: car ily a des terreins qui auecle fimple gafon , fe maintiennent beaucoup mieux que d’autres, auecl’ayde de la fafsine ; &de mefme en eft-il des matériaux auxbafti-
- mens; ce qu’il faut bien confiderer, donnant plus ou moins de glacis, talu, ou retraiéte, félon les qualitcz,' tant dès climats, &afpeétsdu Soleil, que des matières. En la planche desporfils perfpeétifs cy-deffoubs; l’on verra comme le tout fe doit difpofer & accommoder.
- H ij
- p.31 - vue 33/228
-
-
-
- Pratiques du fieur Paire,
- *V radique des 1? or fils ralongez* çf perfÿetfifs.
- CHAPITRE Y.
- Efte piece porte les trois fortes des efleua-dons ou remparts, qui fefont, ouparfim-ple terrein, ou auec les paremens du ga-fonnage , ou auec les baftimens de maf-
- fonnerie.
- Le pied & le foulier qui y font reprefentez, par les lignes quidefcendent,lVne du talon nud, êd’autrede rauantpied au foulier, monftrent, de là où deffen-dent les termes de talu & efcarpe, comme il fera expliqué à la fïnduliure.
- Le triangle TN. y eft remis, pour monftrerque letrauailquilefùit, eft fuiuant le talu naturel, &lesautres font aufsi, chacun félon leur ordre dugafonnage,
- &de
- p.32 - vue 34/228
-
-
-
- TmÏÏé I. , ^
- & de la mafïbnnerie : ce que les lettres G. & M. mon-ftrent comme aureuers de la reigle.
- Le premier rempart apres TN. qui eft auec les pal-liffades, n’eftpaschofe nouuelle : carde la charge des paux dont ilsfont conftruits, l’on a autrefois appeliez, les foldatsdVn general des armees,Romaines Mulets, parce qu’il les furchargeoit outre leurs bagages,de cefte fommed’vnpieu ou pal chacun, auec les outils pour les arrefter ôt lier dans le terrein, dés qu’ils arriuoient aulieu de leur camp. Véritablement, c’cft vne grandepre-uoyance à vn general d’armee conquérant , & ad’ uançant païs, de ce munir des chofes pareilles : car fur le fimple terrein, fans autre parement ny maçonnerie, il fê peut bien promptement loger à couuert des ennemis ; (oit en tirant pais, ou faifant retraite, s’il y eft contraint.
- lelogecespalliffadesoü eftecadesau fimple terrein'’ f vne furie haut durempart, ôc l’autre en bas fur vne banquette de douze pieds pour le moins; ôdur le bord du folfé, duquel eft fortie la terre du rempart, parce que dans cefte largeur, l’on peut efleuer par derrière, tant en l’vne qu’en l’autre , vn parapet pour couurir ceux qui font en defifence, auecarmes à feu, ou à court, ou à long bois. I’ay mis ce rempart haut ôdarge: mais I on n’a pas toufiours le loifir de le rendre tel j ôtcen’eft que»pour en faire voir la forme.
- Le fécond apres les triangles G. & G F. eft faiél à loifir, auec parement de gafon & fafsine, de trois pieds fur vn, ou fix fur deux de taluj & fur le niueau du rempart ou terre plein, & au deffoubs du parapet, l’on y couche vnepalliffade en façon de peigne, qui fert con-
- p.33 - vue 35/228
-
-
-
- 3 4 PrâBîques du peur Fabre,
- treles furprinfes; elle y eft reprefentee foubs l’embra-leure du canon.
- La fauffe bray e oubalfe enceinte, eft de huiét toiles de largeur, à fçauoir, quatre dans œuure, entre le rempart ôdeparapet 5 ôc les autres quatre font pour le parapet, comprins la balle banquette ou pas de la fou-ris: c’eft pour les grandes figures, ôt fur les lignes droit-tes & angles droits : car il eft capable de refifter au canon pour quelque temps. Sa hauteur fi ! on s’efleueplus haut que fept à huiéfc pieds, peut aller iufques au ni-ueau des parapets de la contr’efcarpe, comme ilfevoid en la figure des porfils perfpeétifs.
- Sur la contr’efcarpe, qui eft ce qui comprend,tant le chemin couuert, que le parapet en glacis, fur le bord du petit folle ; j’ay rengé delà caualerie a couuert dudit parapet 5 car dans trente pieds d’efpace, trois ou quatre cheuaux de front y peuuent faire effeéfc, pour prendre en flanc, ceux qui par affaut viennent fur les dehors ; & au bas du glacis, fur le bord du petit folfé ou derniere trencheej j y ay mis des pieux d’allaut, qui font embarras, dequoy l’on fe fert aux brèches.
- Le troifiefme apres lestriangles M. reprefente les murs & remparts, dyn^ place fortifiée en pleine commodité, leterreiny eft plus efleué que la maflonnerie, qui en eft feparee, par vne efpacede huiéfc iufques à douze pieds, pour le chemin des rondes, s’il eft plus large, il n’en fera que mieux.
- La hauteur de ce terrein, régnant ainfi par tout, fert au lieu des caualiers que l’on faifoit au commencement de l’artillerie. Sa baffe enceinte, folfé, chemin couuert, contr’efcarpe, ôc derniere tranchée, eft de mefme
- p.34 - vue 36/228
-
-
-
- Tramé I. ~ 35
- que ce qui eft au deuant > St au reuers delà reigle’ comme les diuifions St lettres fignificatiues le montrent: lefpaiflèur de ces derniers remparts, du gafonnage ô£ maçonneries, ont leurs terre-pleins en diuers degrezj ce n eft pas qu’ils doiuent eftre autrement, que le premier, qui effc efplanadé pour le fèruicedu canon, mais c’efi pour monftrer que lors que le canon desattaquans a ruiné les plus hauts, l’on fe retire plus bas pour fe fer-uir, autant que l’on place du canon , St de la mouf-queterie.
- Uj
- p.35 - vue 37/228
-
-
-
- ^Triangle du premier ordre auecdemy-lunes \ chemins couuertsJ mec vnfofié ouuert.
- CHAPITRE VI.
- p.36 - vue 38/228
-
-
-
- T Ydî&é L yj
- E commence l’ordre de mes plans par celle première figure de ma reigle, qui porte toutes les parties de fa coftrudion,entre les chiffres 3 3. jl n’elt mis icy, que par laconfideration de lès deffauts, tant en là capacité, qu’en l'imperfection de fies angles flanquez, & elpaulemerts 5 du pied delquels la deflènce prend naiflance. Ceux qui ne voudront pas prendre la peine, d’eflayer les plus grandes figures fur mareigle, auront bien toll pratiquée celte icy, parlé mefme ordre delà conllruétion du fept angle, auquel ie les renuoye » pour mieux comprendre la fuitte de tout le relie.
- K
- p.37 - vue 39/228
-
-
-
- 38 'Pratiques dupmr Faire]
- 'Triangle du'fecond ordre,vende la guérit te du nombril de la courtine tauecbaffe enceinte.
- p.38 - vue 40/228
-
-
-
- Traite L ^
- pant la ligne plomb faicte fur F. donne celle hauteur du flanc. le donne bafle enceinte à celle figure, plus pour exemple, que pour vtilité ; car elle ne fert icy, que pour faire cognoillre la bonté &: perfection des autres figures, par l’oppofition de fes deffauts»
- Triangle composé mec dehorsi
- p.39 - vue 41/228
-
-
-
- 40 Pratiques àu fieur Fahe
- La foibleffe des deux triangles precedens, m'ont fait eflargir ces aduances, partenaillesefpaülees, furies angles delà figure ; il fe trouue neantmoins raifon, & capacité de deffence en celle figure, tant en fes dedans qu’en fes dehors, foit contre les coups demain, ou contre vn camp volant,qui n’efl ordinairement compofé, que de deux ou trois régi mens , & quelques petites trouppesde caualerie, auec des legeres pièces de campagne : car l’on s’oppofe bien à l’effort de ces petites af-femblees, endeslieuxpires queceftuy-cy.
- Les alignemens de fes tenailles, naifïentdu milieu des collés qui portent les angles delà figure, duquel endroit, lesdeux collés fedefcouurent ,de la portée ordinaire du moufquet, veu la petiteffe de la place 9 & couppentles collés qui portent l’angle,à trente toifes audeffoubs dudit angle: leur faillie hors de la figure eft de quarante toifes, les mefures des foffez, demy-lunes, & contr’efcàrpes,auecladernieretranchéej (fi l’on ne fe contente point dufimple glacis, &qui peut fuffire, ) fe trouuent dans l’efchelle,qui efl fur la mefme planche} cefle figureefl plus receuable que les fimples triangles, ôc s’y trouue mefme quelque chofe de bon, pource que l’on appelle irrégulier.
- La pratique de ces petites figures efl agréable fur Pargille, là où l’on comprend beaucoup de choies fur le relief, que les fimples lignes, porfils, ny perfpeétiues, ne peuuent que mal-aifementmonflrer, à ceux qui ne font que commencer,fans auoir veu quelque chofe de la pratique* & mefmes l’on fe difpenfe quelquefois par gen-tilîelTefur les bloccus, de faire beaucoup de choies fem-blables, fans grand trauail ny defpenfe.
- Quadrangle
- p.40 - vue 42/228
-
-
-
- Traiëté I.
- 41
- Quadrangle du premier ordre, mec demjAunes, chemins couaertSy ççffojfez, ouuerts. ~ ""
- CHAPITRE VII.
- • --- v::-. z
- p.41 - vue 43/228
-
-
-
- 42 Pratiques du fleur Fabre,
- Efte figure, eft la plus petite , de celles qui fe pratiquent le plus auiourd’huy, par ceque ladefpence n’en eft pas grande, foit en ftruture, ou garnifon ; combien qu’elle le puiffe raifonnablement deffendre, eftant iudi-cieulement accommodée.
- Çes battions fontflanquezde lapremicre embra-feure du pied de l’efpaulement des battions voifins, qui eft ce que l’on appelle flanc rafant, ou paflant fans rencontre.
- Sa conftrution eft fur ma reigle, en la ligne enfermée entre les chiffres 4.4. & fe pratique de mefme que toutes les autres : je ne luy ay point donné icy de baffe enceinte ; carelle ny ferôit pas en fa perfetion, à caufedu flanc paffant, qui ne la fçauroit voir que d’vne partie de fa hauteur, s’il la falloit faire bonne : ce n’eft pas pourtant que les retraites des talus, tant de la courtine, que delà mefine baffe enceinte, n’en defcouurent beaucoup : mefme en cette figure, là où ie ne prens que cent toifes de face; mais en ma reigle generale, là où ieluy en donne cent vingt, elle le trouue en (on point; comme il fe verra en fon lieu, fur les derniers plans ôc deflèins, furlalignedroittecontinuée, faifantrencontre auec lesangles droits de la figure : carc’eft là où ie croy auoir abrégé beaucoup de choies fui la pratique du cercle , que ie ne laifferay pas pourtant de pourfui-ure, en Tvn 8t en l’aure ordre, afin de donner vne co-gnoiffance plus generale de la fortification.
- Ces demy-lunes ont leur alignement du centre des battions, lur la hauteur, de là la capitale, & leurs foffez font vuides iulquesau grand foffé. Au fécond ordre, ie
- p.42 - vue 44/228
-
-
-
- Traitte I. 43
- luy en donne, fur l’amoindriflement, & de Tes angles flanquez, 6c de feselpaulemens ; je remets toutesfois à la difcretion des entendus, de s’en feruir, là où il le faudra neeeflairement faire -
- Pour les tenailles Amples ou elpaulees (quel’on appelle cornes) fi Pon en veut faire, ou fur les courtines, ou fur les angles flanquez, la mefiire s’en trouuera fur les defleins des lignes droittes, ou fur les trauaux, par lef-quelsl’on occupe les commandements, dont il y a cy-apres vne figure exprefle 5 mais plus particulièrement, êc exactement fur le grand quarré des lignes droittes continuées : là où ie donne cent vingt toiles d’elpace, de centre à centre d’vnbaftion à l’autre.
- I’obferue en toutes mes portes, de laifler le paflage defcouuert, de la largeur du rempart, {ans autre bafti-mentdeflus, que les trâuerfes ou galeries, perceesde beaucoup d’embrafeures, qui font grand effet pour la deffence des portes, foit parlamoufqueterie, ou jet de pierres, grenades, pots à feu* 8c autres chofes à lé deffendre, outre que dans celle largeur, l’on peut mettre quantité d’embarras, foit feuillets ou barrières, bois lardez, ou pieux d’aflaut, qui obligent à autant de coups de pétard, ou à mettre le temps à les rompre, par autres moyens.
- le fais aufsi deuant le mettre, 6c premier pont leuis, vn rauelin réduit, dans la baflè enceinte, qui s’eftend iufques à l’angle de la tenaille, là où Ton pofera vn corps de garde, qui aura correlpondanceauec les autres,de labafle enceinte, lors qu’elle eft gardee: car les portes en font beaucoup mieuxaflèurees : au delà duquel rauelin, ily aura encore vn autre pont leuis, quiaboutira
- p.43 - vue 45/228
-
-
-
- 44 Pratiques du fieur Fabret
- au pont dormant qui vient de lademy-lune ; & à la de-my-lune eftant fofïoyee & pallilïàdee : je fais encore vn autre pont leuis fur fon folié.
- Quadrangle du fécond ordre, *veu de lagueritte du nombril de la courtine s anec baffe enceinte*
- JO 40 JO
- J 10
- *
- Jeftuy-cy
- p.44 - vue 46/228
-
-
-
- TraiBé I. 45
- Ceftuy-cy a fadeffence du nombril de la courtine, comme toutes lés autres figures de cet ordre, fa confrmation eftaudefloubsidela ligne 4.4.elleportebafleen-çeinte: mais j’en ay parlé cy-deflus.
- Quadrangle composé: faifant la croix du S.EJprit, auCc dehorsï
- rii--g?3E^nigîi-r^iMii
- p.45 - vue 47/228
-
-
-
- 4^ jPratiques du fieur Fahre>
- I’ay par fantafie, donné des tenailles elpaulees,auec dehors, à cefte figure quarree ; &nelabaille que pour vne fuitte, à l’ouuerture des pratiques, 1’alignement de ces tenailles, naift de l’angle oppofé de la figure, duquel elles Cedefcouurent d’vn cofté & d’autre;elles ont leur faillie à vingt toifes audefloubs de l’angle qui les porte: j’ayeflargy ces demy-lunes, pour la grâce des fleurs de lys qui fe rencontrent en la vuidange : ces me-fures font fur l’efchelle, qui eft dans la figure, & non pas dans mareigle: ces petites pièces nenuifent ny à l’vne ny à la pratique, fi l’on'y donne quelque peu de temps à les confiderer.
- p.46 - vue 48/228
-
-
-
- Traifte I.
- 47
- Cinq angle du premier ordre, auec demy-lmes, cheminscouuertSi (S'fojfeZi ouuerts.
- CHAPITRE V 1 I i,
- p.47 - vue 49/228
-
-
-
- 48 Pratiques àu peur Fabre,
- A conftruétion eft fur lareigle, en la ligne 5. 5. je luy donne baffe enceinte, ôcflanc fichant, parce que tout ce qui refte de la courtine, fait l’effet de l efpaule, &de tout le pan dubaftionvoifin,fùr celuyqui eneftveu&flan-qué ; là où tous les coups portent bricole^ou fe fichent éc entrent dans le pan, fans palier outre.
- Les points qui fontmarquez, deuant lamaiftreffe porte, Selon pont leuis, marquent lerauelinréduit, qui s’aduance iufquesau fécond pont, qui aboutit au pont dormant, qui vient de lademy-lune; comme j’aydit au premier quadrangle, là où ledit rauelin réduit eft marqué par lignes entières, pour monltrer qu’aux foi fez fecs, il faut faire ledit rauelin de maffonnerie ou ter-rafle gafonnee ; ôc à ceux qui font pleins d’eau, il faut couurir le dehors, outre le parapet du gafonnage des palliflades qui y font marquées par points.
- I’ay defcrit l’ordre des dehors, ( s’il en faut faire ) fur la conftruétion du fept angle, là où il faut auoir recours , tant pour ceftuy-.cy, que pour tous les autres, quifuiuent furlapraétique du cercle, le vuide des battions en forme circulaire, n’eft icy de nulle confidera-tion: car il eft aufsi bon de cefte forte, que de celle des autres plans : je diray en fon lieu, pourquoy il les faut laitier vuides.
- p.48 - vue 50/228
-
-
-
- Ci/tj angle du fécond ordre yveti dela gueritte du nombril de U courtine 3 auec baffe enceinte.
- èà ' 70 !)o 4!
- Efchelle dt
- p.49 - vue 51/228
-
-
-
- Pratiques du fleur Fabre,
- Six angle du premier ordre , duec-fès dehors attachez*
- CHAPITRE V 111 T.
- p.50 - vue 52/228
-
-
-
- 'T raidi e I. 51
- Lneme refte à dire icy, ôc aux figures fui* uantes prinfes du cercle, finon que j’ay prins mes balles enceintes,auecplus grade liberté» qu’aux precedentes, parce que la tenaille le retraifsit toufiours » & par confequent le flanc s’en rend meilleur : c’elt àcelte figure,que nos deuanciers ce font attachez à l’angle flanqué droit, d’où s’enfuit vne grande perte, & de flanc, &d’embrafeures, qui efl, ce qui fait la deffence ôc la veué libre pour les gardes : l’on trou* ueraaulsi, que la pratique de contraire en dehors de la figure a cetaduantage,que par lareltreinte, non contrainte, quel’on prend fur les angles flanquez* (les collez des figures eltant de cent à cent vingt toifes:) les deffenfesmefmcs prinfes du pied des elpaulemens,ne les excéderont pas de dix toifes ; tellement que celles qui viennent des courtines feront beaucoup plus courtes, Pour les lignes du flanc, au quadrangle du premier ordre, elles font de quinze toifes: & au fécond ordre d’enuiron dix ; au cinq angle du premier ordre, elles paflentlèize, ôc au fécond elles font d’enuiron treize.
- Et au premier ordre de ce fix angle, elles font de vingt toifes;&: au fécond de quinze: car pour les dehors* c’elt comme en laconftruétion du fept angle.
- Laraifon,pourquoy ie ne rends pas la baffe enceinte , parallèle aux efpaulemens, & à la courtine, fur les faces, là où il n y a point de porte, ôc que ie les conduits félon l’angle flanquant ou tenaille 5 elt la mefme des dehors attachez: carletrauail s’en conferue beaucoup! mieux; ôcmefmes les gardes s’en font bien plus certaines : car vne fentinelle de celte polie, relpond de veué,' , à celle des angles faillans, autant quele temps
- p.51 - vue 53/228
-
-
-
- 52. 'Trafiques du Jieur Fabre>
- lepeutpermettre: outreque c’eft vnmagafin de terre, fi l’on en a belbin, lors que l’on eft attaqué : car pour les alignemens parallelles, fur les efpaulemens & courtines,ils fe peuuenttoufioursfuiurestandis que l’on def-fendle dehors, ft la place eft attaquée de ce cofté-là; & encore cet efpace peut feruir,pour retirer les païfans auec leursbeftes &: commoditez, lorsqu’ils font contraints de quitter la campagne : comme aulsi, fi le chef qui commande dans la place a quelque foupçon, fur aucunes des trouppes de la garnifoh, il les peut loger dans ces efpaces, foubs pretexte d y faire garde} là où elles ne feront pasfidangereufes, deuant que la place foit afsiegee & attaquée, que parmy les autres trouppes, dont il ne fe mesfie point.
- it
- p.52 - vue 54/228
-
-
-
- Traidie I.
- Six angle dû fécond ordre, neu de lagueritte du nombril de là courtine ,auec baffe enceinte. '
- j AO 2.0 jo O JO 6® 70 B° 9° 100
- Efdielle de 100 eu 120 Thoifes.
- Sa conftru&ion eft loubs la ligne 6.6. comme tous les autres de ceft ordre, font foubs les lignes de leurs cara&eres : celuy de ce nombre icy, commence à paP fer pour bonne place : car (es elpaulemens (ont de quinze toifes, & lès angles flanquez ôdgorgez, ou collets des
- p.53 - vue 55/228
-
-
-
- 54 Pratiques du Jîeur Fabre,
- battions, font d’alfez raifonnable grandeur : car pour tous ceux qui fuiuent en ce fécond ordre, ie ne les efti-me pas moins, que ceux qui font du premier ordre; & melme leur pratique eft plus aifee que des autres ; car la capitale $ alignée au nombril N. làoùj’aduancevne gueritte, donnent les efpaulemens fur la ligne plomb F. comme j’ay dit : pour les folfez &: dehors Ton fe peut feruir du delïus de leurs lignes, qui en portent les lettres fignificatiues : c’eftpourquoy ie n’en diray rien dauantage, ôtmecontenteray de vous en donner les plans, en fuitte de ceux du premier ordre.
- p.54 - vue 56/228
-
-
-
- Traitté L
- 55
- Sept angle du premier ordre, auecfes dehors attachez**
- CHAPITRE X.
- O ij
- p.55 - vue 57/228
-
-
-
- 5 6 Pratiques du feur Fabre,
- L feroit fuperflu, d’en difcourir dauantage, puis que j’ay prins cefte figure , pour le pa-tron de mapra&ique, & qui parleaflez clai-rement.d’elle mefme, comme il me femble: c’efi; pourquoy aux figures fumantes, prinfès dans le cercle, foit du premier ou du fécond ordre, je n’en diray rien dauantage , que ce que leur titre en mar-
- Sept angle du fécond ordre, *veu de U guérit te du nombril de la courtine, anec baffe enceinte.
- Httiffi angle
- p.56 - vue 58/228
-
-
-
- TralEié I.
- 57
- Huiët angle dû premier ordre, attecfis dehors Attachera
- p.57 - vue 59/228
-
-
-
- Trafiques dufleur Fabre,
- Huit} Angle du fécond ordre , veu de la gueritte du nombril, de la courtine,mec baffe enceinte.
- 10 jo 4o 50 66 70 go 90 100
- p.58 - vue 60/228
-
-
-
- Traicfè I.
- Neuf angle du premier ordre ,amc fis dehors attache^.
- p.59 - vue 61/228
-
-
-
- Co
- Pratiques du feur Fabret
- Neufangle du fécond ordre, <ueu de la guérit te du nombril de la courtine, auec labajfe enceinte.
- p.60 - vue 62/228
-
-
-
- I.
- 6j
- Dix angle du premier ordre, duec fes dehors attachezï.'
- p.61 - vue 63/228
-
-
-
- 6i Pratiques du feur Fabrey
- Dix angle du fécond ordre 9 *veu de la guérit te du nombril de la courtine 9 auec bajfe enceinte.
- p.62 - vue 64/228
-
-
-
- T raffii I.
- V
- Vn&e angle du premier ordre, auec fes dehors attachez»,
- p.63 - vue 65/228
-
-
-
- 64 Pratiques du Jîeur Fabre,
- Vn%e angle du fécond ordre, <veu de la guérit te du nombril de la courtine >jmec bajfe enceinte.
- le 100 ou iao
- p.64 - vue 66/228
-
-
-
- TYdiÏÏe I. gf
- Dou&e angle du premier ordre, auec fies dehors attacher,
- K
- p.65 - vue 67/228
-
-
-
- Pratiques du feur Fabre,
- Dou&e angle du fécond ordre, *ueu de la guérit te dnncmbri\ de U courtine ,auec baffe enceinte,
- go 10 O
- le 100 OU lioTkoil
- p.66 - vue 68/228
-
-
-
- Traité I.
- é
- 7
- Lignes droit tes continuées auec leurs dehors attacher y tenailles ejpauleesl
- entre deux flancs y retranchées en dejjew.
- C H A P I T R E XI.
- llltlV.tiùihùtghivut»
- p.67 - vue 69/228
-
-
-
- 68 Pratiques
- Ombien que fur ma reigle, par lettres fi-gnifiantes, j’aye-donné à la ligne droitte L D.les mefuresqui y (ont contenues, félon les plus communes pratiques: comme aufsi aux figures prinfès dans le cercle; je ne m’abflraints pas pourtant, nyaux vnes, nyaux autres, non plus qu’aux trauaux des tenailles efpaulees, qui font en ces figures icy, veu que ce font pluftofl différences douteufes que deliberations refoluës.
- Car ma reigle generale RG. au codé delà première face, par la demy-îigne marquée foixante, en porte ma derniere opinion.
- L’on comprendra neantmoins, dans ces premières lignes droittes continuées, vn ordre general, de la po-fition des trauaux cornus, ôc plus particulièrement, ce-luy d’ouurir les foffez des demy-lunes; & de fe retrancher , tant fur leur efpace, que fur les tenailles ou cornes, foie fimples ou efpaulees, corne aufsi fùrlescontr’efcar-pes; ce qui femoflre fur lafigurepaY les lignes en points.
- Et faudra remarquer, que fes trauaux cornus, ou tenailles efpaulees, ne doiuent ellre aduancees de ce qui les contfi efpaule & flanque, que de la commune portée du moufquet, comme j’ay dit, qui eft cent vingt toi-fes; fi ce n’eil que quelque confideration y oblige, comme pourroit eflre, ce qui refie, entre vneriuiere, ouvn marais, ouvn précipice, s’il s’y trouuedel’efpace, qui puiffe feruir de logement aux ennemis : car en ce cas, pourueû que la diflance n’en foit pas trop grande; jl fe faudra aduancer en fprte, que l’on gaigne fes aduanta-ges par trauail.
- Travaux
- p.68 - vue 70/228
-
-
-
- T raiiïè I.
- cTrauapix avancez, pour occuper les commanàemens.
- CHAPITRE XII.
- Efte figure efl: la moitié du dix angle, fur larei-gle, & n’efl mife jcy, que pour l’afsiette des tenailles, Amples, & efpaulees, à defTein d’occuper les commandëmens voifins : ces trauaux fe font larges ou ferrez, félon la difpofitiori des lieux, leurs telles pourront eftre icy, vn peu efloignees, du dedans de la place, contre l’ordre, deneles efloigner pas, plus auant que la commune portée du moufquet, qui efl; cent vingt toifes: mais prefuppofant, le commande-
- p.69 - vue 71/228
-
-
-
- 70 Pratiques du fteur Fahre,
- ment ellre de celle eftenduë : jel’occupetout, pour les raifons, que j’ay dites cy-deflus aux lignes droittes.
- Les lignes en points, quiy font, montrent comme il fefautoueflargir, ou retrancher, & ouurirlesfolfez desdemy-lunes, &: angles faillans de la contr’efcarpejj comme j’ay défia dit aux lignes droittes.
- De la régularité, ou irrégularité des places.
- CHAPITRE XIII.
- A confideration de fes vocables, ne rendent les places de guerre, ny pires ny meilleures; car le defFaut des deffen.ces, qui ell l’elfen-tielle irrégularité, vient principallement, de leurs collez, ou trop eftendus fans flanc, ou fi eftroitement flanquez &efpaulez , que l’on ny peut faire, que peu ou point d’embrafoures, ou par la trop grande ouuerture des angles flanquans, ou angles des tenailles, lors qu’elles approchent de la ligne droitte: car elles ne doiuent eftreny trojp ouuertes, ny trop ferrees ; parcequecel-lesqui approchent plus de l’angle droit, font les meilleures .
- L’irrégularité Géométrique , n’eft pas mefme au triangle parfait, ou de trois collez égaux , puis qu’il s’infcript regulierement dans le cercle, auec égalité de fes angles & collez ; & à moindre raifon, le quadrangle, 8t le cinq angle. C’elt trois figures, font véritablement defeétueufes, parleur petite capacité: la première, qui eft le triangle, ell inutile? mais la fécondé, qui ell le quadrangle, ell receu, pour place paflable, ôc
- p.70 - vue 72/228
-
-
-
- TraiBé I. 71
- deffenfable,contre certaines attaques ; &.la figure cinq angle, eft encore meilleure.
- Les angles des battions, ou angles flanquez , plus ferrez que l’angle droit, félon les angles, des figures qu’ils couurent , n’entreront point aufsi par mefme moyen , en confideration d’irrégularité : puis que celuy , du triangle parfait, ou de trois lignes égalés, effc receu fur l’angle droit: combien que ce ne foit, que la troifiefme partie, de fon ouuerture; mais véritablement,les angles flanquez droits,ou ceux qui en approchent le plus, (ont les meilleurs ôt plus receu ables: combien que ceux qui font aucunement moindres, foient receus, & vtilement employez.
- LesdefFauts (ontbien grands,auxplacescomman-dees, delcouuertes de fort prés ; car de fes comman-demens, l’on délogé les attaqués de leurs deffences, à quoy la régularité des figures, ne fçauroient donner aucune ordre, de furplusles enfilemens, tant des dehors,que des dedans,foit de niueau,ou de plus haut, font des grandes deffeétuofitez, quelle perfection de régularité, qu’il y ait en la figure ; mais vne plus petite elpace, que les mefures ordinaires du quadrangle, en a encore de plus grandes; & ce font,les eflentiels deffauts des places, comme j’ay dit, non pas ceux ,d’vneiufte égalité des angles, & des coftez des figures ; encore que ce foit par ce biais, qu’il faut cognoiftre les autres, parce que lesreigles, en fontplus aifees, àmonttrer fur le cercle; puis que la couftume l a emporté : combien que j’elpe-re, de donner des raifons furies lignes droittes continuées, &: qui forment l’angle droit eh leur aflèmblage, lefquelles bien examinées, entreront en confideration,
- p.71 - vue 73/228
-
-
-
- 7* Pratiques du peur Fabre,
- fi iene me trompe : Et prendray la hardie fie de dire, que fauf les deffauts peu confiderables des baftions qui font faits, fur les quatre angles d’vn quadrangle, ou ber-long ; l’erreur que l’on commettroit à l’aduenir, aux deffeins des places neuues , ou à racommoder en fe feruant pour reigle generale, de cefte figure quarree, ou rectangulaire, comme ils l’appellent , fera de fort petiteconfequence: car c’eft erreur, que l’on remarque pour deffaut, ou irrégularité, en cet angle droit ou ef-quierre 5 efb le patron de toute iufteffe ôt régularité, aux mécaniques; tant s’en faut qu’il y apporte dude-fordre ; cela mefme tombe foubs les fens ; car pref que tous nos communs logemens , auec leurs orne-mens, ameublemens» &c ajancemens, & iufquesà nos liures êt papiers ordinaires, font difpofez par fon ordre.
- Or en lapraétique vulgaire delà fortification, l’angle droit, efb mis le plus communément en vfage, çom-mej’ay dit au quadrangle du premier ordre ; & l’on fe fert ordinairement de cefte plus petite & première figure receué’ & receuable, par l’aprobation de tous les meilleurs ôtplus praétis artiffces d’auiourd’huy : car les baftions, qui font faits,fur l’angle dtoit duquarré, ne font point fi defeétueux , qu’ils ne portent des efpau-lemens raifonnables, pour y loger allez bon nombre d’embrafeures;& meffnes les angles de ces baftions,bien qu’ils ne contiennent que les deux tiers de l’ouuerture de l’angle droit, comme j’ay dit, ne refirent pas pourtant, d’auoir allez defolidité & de commodité d’efpa-ce, pour leur garde & deffence; &: qui eftants couuerts fur leurs angles, par les trauaux ordinaires que l’on y
- fai6t
- p.72 - vue 74/228
-
-
-
- Tfdiêie L 73
- faicl: aux dehors, 6c dont j’en donne vn deflfein, fur la grande tenaille efpaulee, qui couure le baftion de la figure quarree,,auec deux planches fuiuantes ,ne doiuent eftre autant confiderees, que ceux qui font conftruits, fur les plus grands angles ; veu que Tonne s’amufeplus auiourd huy,àconfumer inutilement les poudres, pour en ruiner les angles flanquez, non plus qu’à ceux des autres figures, apres que Ton s’eft logé furies dehors,& paf-sé les foifez,par trauerfes ou galeries,parce que les mines font plus d’execution en vn.moment, que le canon n’en fçauroit faire en bien longtemps: 6c mefmesqueces petits defauts, s’ils fepeuuentappellertels, font reparez parlesbaftions voifihs, fur Tentrefuitte delamef-rae ligne droitte, dont la veuëfurle dehors eft fi commode , tant pour les gardes que pour les deffences, qu’il ne s’en trouue point, en toutes les autres figures de plus parfaites : car outre les aduantages défia dits ; leurs ef-paulemens en font fort couuerts, par Tentrefuitte des baftions voifins, qui obligent les attaquans de loger les batteriesbienpréspourles emboucher,ce qu’ilsnepeu-uent faire fans grand trauail 6c péril ; 6c les demy-lunes 6c autres trauaux qui fe font fur la contr’elcarpe de la ligne droitte bien ordonnée , ont beaucoup plus de. commodité, 6c de raifondedeffence, que tout ce qui fe fait, fur les figures prinfes du cercle.
- Ce n’eft pas que ie mefprife la figure circulaire, admirée par vne infinité de confiderations, comme, 6c plus parfaire, 6c plus capable que les autres. Combien, qu’ilfemble quelle appartiennepluftoft aux mouue-mens, qu’aux chofes qui doiuent demeurer fermes 6c ftables.
- p.73 - vue 75/228
-
-
-
- Et me femble encore, qu’il y a bien plus de diuerfité, & de variété, & parauanture, plus d’irrégularité pour celle pratique, aux angles des figures, qui fe prennent également dans le cercle, qu’aux angles droits,qui font lesreigles effentielles des efquierres & affemblages, St des plombs & niueauxaux mécaniques,là oùiln’y doit point auoir de contrariété. Etfi iene craignois, que l’on m’accufat de témérité, il m’efchaperoit de dire, que ce que l’on a appellé irrégularité iufques auiourd’huy,pour ce regard,eflplufloft foncontraire:car il eft bien plus ai-fe ,de reigler, tant en la fortification,qu’en l’ajaneement & logement des places, ce qui fe trouue fur les angles droits,que ce quieflfi diuers dans l’infinie variété des autres : c’eflpourquoy ie ne reprouue point les lignes droittescontinuées, qui donnent les angles droits en leur rencontrerais au contraire ie m’y attache,par les raifons quei’ay dites, & par cellesquel’on en verra, fur les deffeins que i’endonneray cy-apres,& neferay point dedifficulté,demettretellequantité d’angles ôdignes, quelle inégalité que i’y trouue,tout fur vne mefme ligne droitte, & l’efquarrer fur la première rencontre d’vne autre,quimedonnerontenfemble l’angle droit parleur affemblage. Et m’ofe affeurer, que ceux qui fe voudront vn peu amufer, à confiderer les faciles defïèins que i’en donne, ils y trouueront outre ceque i’en ay dit, des raifons allez puiffantes, pour ne Jfè plus tant confondre,dans cette pénible diuerfité d’angles,qui embar-rafïent plusl’efprit, ençefle pratique, qu’ils n’y apportent d’vtilité ; & conflruifant d’ores-en-auant félon celle reigle, ilslatrouueront,àmonaduis, capabledç tout ce que je viens de dire.
- p.74 - vue 76/228
-
-
-
- Tm£té L
- Ccnfiruâions far la ligne dtoitte,
- CHAPITRE XIIII.
- ’Ay dit, parlant cy-delïus de l’irrégularité, que les petites efpaces, eftroittes ôt reffer-rees, font au nombre des plus irreguîieres, comme incapables de beaucoup de loge* ment, ôt de deffence.
- Tous les fronts aduancez, de la largeur de quarante , iulques à quatre vingt ou cent toiles,ont fes deffauts, par ce que l’on neles fçauroit couurir, que par deslim-ples Ôt foibles elpaulemens, ou petits demis baftions (commeon les appelle) ou bien s’il faut couurir le bout de leurs lignes, finiflant fur vn angle droit *, (les lignes eftant moindres que cent toiles) il le faudra faire par des battions entiers, 8t fort imparfaits, comme ceux du quadrangle du fécond ordre.
- Toütesfois l’on rencontre ordinairement, des alsiet-tes de pareille eltenduë , Ôt qu’il faut necelfairement accommoder: mais cela fe fait au deuant d’vne bonne place, pour eftendre fes poltes de garde, ôt de deffcnce, aux dehors, par logements fortifiez ;oufurvn palïàge deriuiere,àlatelted’vnpont, oud’vn marais, ou fur quelque deltroit, non veu, commandé, ny enfilé, ôc bien fouuent auxbloccus, ou cloltures des camps; mais tout cecy veuteftre fouftenu par d es forces capables de leslouuentrafrechir , pour y pouuoir opinialtrer les combats : car autrement, tout le trauail en lêroit inutile ôt preiudiciable.
- Apres celle-cy, les irregularitez font infinies, tant
- 1 ‘i
- p.75 - vue 77/228
-
-
-
- 76 Pratiques du peut Fahre,
- fur les angles que fur leurs coftez,fil’on s’aftreint à l’accommodement de chacun angle, ou félon fanature,ou félon les lignes que l’on luy fait rencontrer, poury trou-uer quelque remede.
- Oeftpourquoy j’ay imaginé , pour euiterlatrop îaborieufe reformation que l’on cerche,pour réduire les figures inégalés, en leurs angles ôt codiez, à celles qui sot prinfos egallementdans le cercle > de fonder files angles droits y pourraient apporter de la facilité» & ofimt croire, que par les figures que j’en donneray cy-apresj il y en aura quelque ouuerture ; j’en ay hafàrdé le defièin, en la planche fuiuante, furies tenailles efpaulees, & lignes continuées : là où j’en rapporte les exemples, que je foubsmets à l’examen des fçauans, & qui fans pafsion voudront prendrelapeine d’en iuger.
- le parle icy des tenailles, tant fimples qu’efpau-leesfur leur front ; n’ayant autre fuitte que leurs lignes dedeffence; nailfant des lieux qui lesdoiuentfoufte-j nir: car pour celles qui font couuertes fur leurs angles droits, par des battions entiers, ôc qui ontefté pratiquées, à la derniere place conteftee,bloquée, &prinfo, entre nos voifins : Elles ont la forme d vn demy fort, &ence cas , elles doiuent approcher de cent toifes,pour eftre bonnes, & encore faut-il que le derrière, enfoit puiffammentcontr’elpaulé, & fouftenu.
- Les plus grandes aifficultez qui fotrouuent for fe fùbieét icy, aux lignes continuées j eften celles quipaf-fent cent, ou cent vingt, iufques à l’eftenduë de deux cens toifos : car il faut obferuer, vne certaine proportion , entre les corps deffendus, &: les diftances des lieux, de là où vient leur deffence :ce que i’ay tafché
- de mettre
- p.76 - vue 78/228
-
-
-
- Traiftè I.' 77
- e mettre en quelque receuable 8c vtilepratique, en ugmentant toufiours mes lignes de dix en dixtoifes, depuis cinquante iufques à deux cens, 8C prenant mes deffences par tout, du nombril des courtines, ou du point, là où les alignemens, des corps plus confidera-bles, tombent fur icelles, apres la ligne de cinquante toifes.
- Tenailles ejpatilees lignes droilies continuées. ,
- CHAPITRE XV. 1
- Omme i’ay commencé en mes figures? prinfes dans le cercle, par la plus petite> 8c imparfaiéle;ie continue encore icy de mef-me; combien qu’en vnenecefsité l’onfefer* ue des moindres efpaces en largeur, pour les tenailles efpaulees, que l’on appelle communément cornes,1 & qui font au commencement de la planche (ùiuante.
- as
- p.77 - vue 79/228
-
-
-
- p.78 - vue 80/228
-
-
-
- Traiffé I. y9
- Pour rendre plus intelligibles, les figures qui font dans cefte planche; il fefaudravn peu affubiedi^à l’ordre que j’en ay imaginé, ôt qui eft la luitte de celuy, que j’ay commencé aux figuresprinfes dans le cercle; comme tout de mefme, en l’origine du fubied de ce Trai-dé, qui eft l’induftrieux accommodement des places de guerre, vulgairement appelléFortification;làoù ie penfel’auoir fommairement ramené, depuis l’antiquité deuant l’artillerie, iufques aujourd’huy ; & ce par l’entrefuittede ce qu’ils faifoient alors; comme aufsi de ce que firent les premiers qui efprouuerent les effeds de la poudre à canon , & après de ce que ceux qui les ont fuiuis, ont faid depuis en corrigeant les premières erreurs ; ôc en fin j’ay dit, comme il me lèmble, ce qui fe faid maintenant le plus ordinairement; à quoy j’olè adioufter, cequeiecroy le pouuoir & deuoir plus facilement & commodément faire , par l’ordre des lignes droittes continuées, finilfantlur les angles droits.
- La planche de cefte diuerlè quantité dedelïèinsde tenailles elpaulees,ôdignes droites cotinuecs,n’eftpasvne perfedion deregularité: mais bien vneouuerture pour s’en approcher: ce que j’ofe efperer que ceux-là rencontreront , qui le voudront vn peu péner, à en confiderer lesraifons: car je m’alfeure qu’ils yadjanceront àl’ad-uenir beaucoup de cho fies, & les mettrot en vneplus iu-fte & reiglee afsiette, que ne font les rudes commence-mens que j en donne : mais il me fuffira de l’auoir com-' mencé.
- En toute cefte recerche, ie me fers le plus ordinai-rement,des nombres de cinq, & de dix; comme les plus familiers & prefens à nosyeux, ôt fur nous mefme : c’eft
- p.79 - vue 81/228
-
-
-
- 7% 'Pratiques du Jteur Fabre,
- aufsi parle nombre decinq, que j’augmente ou diminue les capitales & collets : car les courtines fe changent de mefme , par l’augmentation ou diminution des collets , comme il fe voidfur la planche ; mais aux lignes entières, j’y procédé parle nombre de dix : car pour les lignes de flanc , ou des pans, elles font fans mefurescertaines,ny arreftees ; 8t c’eft ce que l’on ap' pelle, irrationnel aux lignes, quieft la mefme chofe que les fractions aux nombres, comme il fè pratiquera cy-àpres enfonlieufurie quarré pratique,marqué QR.. en (à planche.
- Les vocables, de capitale, collet ou gorge,flanc,ou efpaule, pan, ou face, & courtine, font expliquez, 8c eftendus à la fin de celiure, en forme de table, auec le refte des termes dumeftier, qui font venus en maco-gnoiflance,& dontie mefuispeufouuenir;làoùieren-uoye ceux qui ne les entendront pas au commencement.
- le mets en vfage encore de nouueau, trois termes ou noms CigniGcatifs, que j’attribue aux trois battions, dont ie me fers, en la pratique defes lignes droittes continuées, finiffant fur lesangles droits.
- Carpremierement j’appelle baftion receu, le premier baftion qui fe conftruit fur l’angle droit, à quarante toifes de capitale, contees fur la faillante, tombant fur les deux pofitions du flanc , fur les coftez de l’angle droit, & de vingt toifes chacune, les lignes de flanc, ayant quinze toifes, comme ilfevoid en laderniere figure delà planche chiffrée 120. qui eft vne partie de laconftrutionduquadrangleentier, que ie donne cy-apres fur cefte mefure, de cent vingt toifes, & qui eft
- p.2x78 - vue 82/228
-
-
-
- T Y ai clé I. 79
- ma mefureôc reigle generale, en celle dernierepratique, aux places parfaites, comme iediray fur les figures (muantes.
- l’appelle le fécond, petitbaftion , 8c dans la fuitte du difcours, ie diray Amplement petit, foubs entendant baftion,comme de mefme des autres: ce petit eft arrefté,à trente toifes de capitale fur trente de collet, 8t quinze de flanc, 8c feloge, ou entre deux efpaule-mens : comme ilfe voiden la planche,fur les lignes chiffrées audeflus, 150.160. ÔC170. ouàfafuitte, ajrecles autres baftions, entre les angles droits, lors qùela ligne le peut permettre : ce que l’on verra en pratiquant.
- Le troiflefme, ie l’appelle grand baftion, qui a quarante de capitale, fur quarante de collet, St vingt deflanc, ôcmefemble que celle grandeur eft iufte 8c égale, tant pour la deffence que pour les gardes : ce nombre de quarante, outreles miftercs, qui y font confierez , en des chofesplus rcleuees, eft fort accommo-dableà cefte pratique : caria capitale, ou collet de ce baftion, (dont la moitié eft vingt;) eftant double,donne la courtine> de quatre vingt toifes ; 8c eftant triple, il donne la deftence generale, qui eft de fix vingt toifes; dont la moitié eft dans ma reigle, marquée par RJ G. n’ayant point iugé neceftaire de s’eftendre dauan-tage, affïn de l’auoir plus prefente dans la mémoire.
- C e gran d baftion, eft logé feul, en la planche, entre les efpaulemens des lignes chiffrées 180.190.200.8c 3 o o. 8c fur le grand quarré en fa planche exprefle : il eft accompagné d’vn autre égal, 8c pareillement pofé, tous deux e (paillez des baftions receus,fur l’angle droit.
- p.2x79 - vue 83/228
-
-
-
- Sa Trafiques du fieur Fabre9
- couuert des tenailles efpaulees, comme il fe void en deux planches cy-apres: mais il faut fuiure les figures de la planche, par les chiffres, qui font fur les lignes,Ôc commencer premièrement, par
- La ligne jo. toifes portant tenaille efpaulee.
- Cinquante toifes de ligne, nepeutreceuoir, que des bien foibles,ôt imparfaits efpaulemens, appeliez vulgairement,demisbaftions, n’ayant que quinze toifes de capitale, fur quinze de collet, ou gorge, & la ligne du flanc de la moitié , ne reftant que vingt toifes pour la courtine: cefteefpace eft petite, ôcparconfe-quentfoible, & de peu de refiftance, tant pour la petite capacité de fon front, que dureftede fesaligne-mens, ôcefpaifleurs de ces remparts; 6tencore de fa deffence, qui eft prinfe des bouts delà courtine aux pieds des lignes de flanc, comme il Ce void en la fi-gure.
- ëo. toifes portant tenaille efauleel
- Cefteefpace, defoixante toifes, efl:aucunement meilleure, par ce que fa courtine, ralonge de dix toiles, & faiét trente en tout; fes efpaulemens, ont vingt de capitale, fur quinze de collet : je commence à celle-cy, de prendre la deffence, du nombril de la courtine, pour gagner dauantage d’embrafeures, comme iefay par tout là où ie m’y puis accommoder.
- 70. toifes portant tenaille efyaulee.
- Soixante dix toifes, portera de mefmes, fa capitale de vingt fur quinze, ôt fa courtine aura quarante toifes.
- p.80 - vue 84/228
-
-
-
- T raiâè I. Si
- Soi toijes portant tenaille ejjjmleel
- Les efpaulemens, de quatre vingt toifes,fontcapâ-blés d’vne bonne defFenee, fur les aduances, en façon de corne, comme celle dont j’ay couuert le baifcion receu, fur l’angle droit du grand quarrécy-apres, la capitale a icy vingt toifes, fur vingt de collet, & le flanc la moitié, ôt la courtine quarante : pour en couurir 1 angle droit fur fonply, comme en toutes fes petites lignes, l’on fe peut feruir , du double efpaulement, comme il effc marqué en points, fur la figure 90. fi les efpaces le peuuent permettre : mais alors ; ce font des demis forts, ou bien l’on peut couurir l’angle de cefte-cy, par le baffcion, du quadrangle du fécond ordre, au mefme effet du demy fort.
- po. toijes portant tenaille ejftaukél
- Quatre-vingt dix toifes, porteront la capitale de vingt cinq,fur vingt de collet, à cinquante de courtine; le mefme efpaulement replié, commeil effc marqué en ceffce mefme figure, fur la planche , peut feruir pour en couurir l’angle droit, ou bien le baffcion du quadran-gle du fécond ordre : jedonneraycy-apres vne figure, fortifiée fur le dehors, qui couure le double efpaulement , furlereply de langle droit,qui ferufraaufsi fur toutes les autres extremitez des lignes, dont les mefu-res, ne s’accorderont pas auec le Saftion receu ; confi-derant toutesfois, la force qu’il faut donner aux corps deffendus, par la diffcânce de leurs deffences, auecl’ob-feruation, d’vne raifonnable proportion de l’vn à fau*
- p.81 - vue 85/228
-
-
-
- 8z
- Pratiques
- ïoo. toifes portant tenaille efyaulct.
- La ligne de cent toifes,portera vingt cinq fur vingt, à fbixante de courtine entre deux efpaulemens : c’eft la ligne de toutes les figures precedentes, du premier & fécond ordre fur ma reigle:pour couurir le reply de l’angle droit, outre le renuerfement de l’efpaulement, l’on fe peutfêruirdubaftion receu5quieftfurie cofté duqua-drangle,fur la derniere figure de la planche; mais il ne fera veu, que des extremitez delà courtine, au pied des lignes de flanc.
- no. toifes portant tenaille efpauLeel
- Cent dix toifes, receuront trente fur vingt-cinq, à foixante de courtine, le baftion receu en peut couurir le reply de l’angle, auec plus de liberté.
- no. toifes, portant tenaille ejpaulee, au bas de laplanche,lebafiionreceu.
- Cefte efpace de cent vingt toifes, eft la ligne, fur laquelle ie fonde ma reigle generale , pour la continuation des lignes droittes, par ce qu’vn moufquet bien chargé, & tiré derrière vn bon parapet, a fa portée de point en blanc, bienloing au delà; combien que ie mefnage les courtines, autant qu’il m’eft pofsible, pour en retirer autant de flanc, & dembrafèures que iepuis, pour en auoir mes deffences plus courtes : je me fers fur cefte ligne du baftion receu, dont j’ay parlé cy-def fus, en la ligne 100. duquel, & de la figure du qua-drangle entière ; je donne vne planche, auec les mefu-res marquées, Ôtfignifiees, comme en la conftrufàion dufept angle, aux cercles, fans me feruir pourtant du
- ~ cercle,
- p.82 - vue 86/228
-
-
-
- Traifté L 85
- cercle, pour fa conftru&ion : jcy les elpaulemens de cefte ligne, font de trente fur vingt cinq, à foixante &; dix de courtine.
- 1 3 °*
- Cent trente, à trente fur trente, & foixante dix-de courtine.
- 140.
- Cent quarante,à trente fur trente, quatre vingt de courtine.
- 1 $ o.
- Cent cinquante, aura trois corps lur fon eftenduë, à fçauoir deux efpaulemens, de trente fur vingt auec le petit baftion, de trente, & le flanc de quinze fur trente , aux courtines de quarante.
- r 6 o.
- Cent foixante, aura trente fur vingt cinq, & quarante de courtine, auec le petit baftion.
- 1 y o.
- Cent foixante dix, aura trente fur vingt cinq, auec le petit baftion, à quarante cinq aux courtines.
- 180.
- Cent quatre vingts, aura trente lur vingt-cinq, auec le grand baftion, à quarante de capitale, fur quarante de collet, & le flanc de vingt, à quarante-cinq aux cour-
- tines.
- 1 9 o
- 1 .•
- Cent quatre-vingt dix , aura trente fur vingt cinq,1 auec le grandbaftion, de quarante de capitale, fur quarante de collet, à cinquante aux courtines.
- 200.
- Deux cens toiles porteront le grand baftion, auçç
- x
- p.83 - vue 87/228
-
-
-
- s4 Trafiques du fteur Fahre,
- trente fur trente, aux elpaulemens, à quinze de flanc, & cinquante aux courtines.
- 3.0 o.
- Sont capables, outre les elpaulemens de trente fur trente, de deuxgrands baftions, aux courtines entre les elpaulemens de cinquante , Ôtentre les baftions de foi-xante. ,
- Il lêroit ennuieux de continuer de dix en dix, depuis deux cens iufques à trois cens: je remets cela, à la patience de ceux qui s y voudront elprouuer ; là où mefme il n’y aura point de temps à perdre.
- fio. portant les baftions rectus > pour couurir les angles droits.
- Laderniere figure, de cent vingt toiles, porte vne partie de la conftru&ion du quadrangîe, que ie donne-ray cy-apres, par vne planche particulière, comme f ay dit- 1
- p.84 - vue 88/228
-
-
-
- Traiffê I.’
- h
- Çfûadrangle de cent vingt toifes deface, fèruant] four là conflruÜioà
- ’ ’ ’ les.
- Ce dernier quadrangle, neft pas fur ma reigle des cercles ; combien que l’on le peut conftruire, par le moyen du cercle entier, oududemy, ou du quart du cercle : mais plus facilemêt auec vne efquierre, ou deux reigles bien dreflèes, &: marquées par des trai£fcs quar-rez, qui efl la mefme chofe que les angles droits : je donne lès reigles ainfi marquées,dans vne planche cy-apres. Parl’vn des moyens lûfdits ; il fautguarrer quatre lignes droittes* chacune de cent vingt toifes j en for-
- p.85 - vue 89/228
-
-
-
- 8£ Pratiques du Jieur Fabre,
- te qu e les quatre angles,ne foiet pas plus ouuerts, ny plus ferrez, 1’vn que l’autre ; & ce feront des angles droits.
- Apres, il.faut tirer des lignes, del’vn angle à l’autre, qui trauerfent la figure, & s’eftendent autant que l’on voudra; on les appelle diagonales : car fur leur entrecroi-fement, fetrouuera le milieu de la figure; fes lignes font marquées par S, & font comme les faillantes au fept angle, ôt en fuitte: jl faut trouuer la moitié des coftez* je l’appelle nombril, fur le cercle, & trauerfe encore des lignes, qui fortent bien auant de la figure ; elles font marquées par C. êtappellees coupantes, au mef-me fept angle : celafaiét ; jl faut procéder parl’fchel-le, qui eft fur la planche; & par les mefures marquées, auec les lettres fignifiantes. .
- Comme il faut marquer Ja pofition du flanc de 20. toifes,parF.quiledenotte. Sahauteur, de i5«toifes,par H. & la capitale de 40. toifes par $. car par ce moyen vous clorrez la figure, par quatre baftions, qui font, Ôt receuables&receus; c’eftpourquoy au chapitre precedent des tenailles efpaulees, & lignes droittes cotinuees* je les ay appeliez baftions receus : apres vous continuerez par les parallèles à plomb,comme au fept angle, pour trouuer les mefures de la baffe enceinte , & du grand foffé. Pour la baffe enceinte, elle eftcomprinfe dans les alignemens, parallèles aux pans des baftions, qui prennent leurnaiffance,delà première embrafeure, de laligne du flanc, qui eft la dernierede la courtine: mais le foffé eft marqué fur l’efchelle, par ([). à conter depuis N. & qui eft égal à H. quia quinze toifes : j’ay parlé de leurs largeurs ôtexauffemens, fur la planche desporfilsralongez &perfpeétifs,pourles dehors de ce-
- p.86 - vue 90/228
-
-
-
- T raidie I. ^ 87
- fie figure ; l’ordre en eft fur la conftruélion du lèpt angle, êc plus particulièrement fur la planche, de laqua-triémepartie, du grand quadrangle de douze bâfrions, cy-apres.
- Ceftla confideration de ce quadrangle, qui ma faiét opiniaftrer; jlyadefiabienlongtempsàla recherche de celte réduction, de toutes les figures inégalés, & irregulieres à la figure quarréeentoutlèns,oubarlon-gue; qu’ils appellent parallélogramme-, dont ie doneray les figures en fuitte, & faut obleruer, que comme aux cercles, l’on ne trouue la régularité, que par l’égalité, de tous les coftez des figures & de leurs angles, dont le nombre eft quafi infiny : enfemble des corps conftruits fur icelles; ferapportant neantmoins aux maximes efta-blies, fans l’obferuation desquelles, il n’y arien de certain. Ainfi, mais non fi abfolument iepofeicy certaines places regulieres, félon ma réglé generale, Ôcdont le nombre fera bien aifé à trouuer.
- Car commençant par celle figure quadrangulaire,' qui a cent vingt toifes de face; combien qu’elle ne porte , que les quatre battions receus, auec la batte enceinte raifonnable ; je la mets neantmoins pour la première.
- La fécondé, fera celle qui portera, fur deux cens quarante toifes de face, outre les quatre battions receus , quatre grands battions, de quarante fur quarante .
- La troifiefme, celle qui aura trois cens foixante toifes de face, & portera, auec les quatre battions receus, deux grands battions entre deux receus, qui fera en tout le nombre de douze battions, à fçauoir, quatre
- p.87 - vue 91/228
-
-
-
- $8 Trafiques dufieur Fabre,
- receus, & hui<ft grands; comme eft le grand quadran-gîe, que ie donne, couuerc fur les angles, de quatre tenailles efpaulees, & acheuees, par foflez & contr’-efcarpes, comme tous lerefte de Tes dehors; ainfiaugmentant les coftez de cent vingt toifes, l’on trouuera les figures regulieres, félon mon opinion : combien que ie n’appelle pas abfoluemet irregulieres, celles qui auront leurs angles droits, couuerts par les doubles efpaule-mens,ny celles qui auront les angles defcouuerts , entre les grands, ou petits baftions, félon vne certaine proportion: car ce font pluftoft,deffautsd’efpace , qu’ir-reguîarité, puis qu’il y a moyen, de trouuer du reme-de à fês inconueniens , par la pratique que j’en ay donnée, fur la planche des tenailles efpaulees, & lignes droittes continuées ; obferuant comme j ay dit, la proportion des diftances, aux corps deffendus ; cequeie reduiray aux particuiaritez fuiuantes.
- A fçauoir, que les diftances des courtines, félon mon aduis, ne doiuent pas eftreplus courtes, entre deux corps deffendus, que quarante toiles ; ny aufsi plus longues que quatre vingts toiles : car pour les corps deffen-dus,en qualité debaftions; je lesay réduits par lesmefu-res,& nommez par les noms, qui m’ont fêmblé les plus conuenables. Afçauoir, la hauteur & largeur du petit baftion, qui font fa capitale, & collet, de trente toifes » tant l’vneque l’autre; àda moitié pour le flanc; ôt du grandbaftion,de quarate toiles, fur la capitale,&collet; & la moitié de mefme pour le flanc: mais pour lebaftio receuja capitale fera de quarante toifes, fur vint de de-my collet,à quinze de flanc.Pour les efpaulemens Amples, que l’on appelle demis baftions, ils ne doiuent
- p.88 - vue 92/228
-
-
-
- T raillé L 8?
- point eftreplus petits, que vingt toifes de capitale, fur vingt decollet, qui donne dix de flanc, ny plus grands, que trente de capitale, fur autant de collet, qui donneront quinze de flanc : mais il fe faudra accommoder, tant aux courtines, qu’aux efpaulemens, entre les deux mefuresque ieleur donne, m’en remettant à la pratique iudicieufe des plus aduifez.
- ${jdutfwn des figures irregulieres aux angles droits>
- CHAPITRE XVI.
- E me fuis aflez eftendu, ce me femble, aux chapitres precedens, fur les efpaulemens 8c baftions, que j’eflime fe deuoir faire fur les lignes droittes continuées*, enfèmble fur le quadrangle, que ie donne > pour première figure régulière ,8c qui porte fur (on angle le baftion receu pour couurir les angles droits : mais il n’y aura point de danger, à monaduis, de faire cognoifire, les moyens qu’il y a, pour deffendre, confèruer, Stcouurir, les angles droits, 8c donner vn nom particulièrement conuena-ble à chaque forte de remede, qui fe pratiquera, par les aides que l’on attachera, furies corps de celle efpe-ce de figures.
- Caries angles droits, félon les diuerfes efpaces, 8c longueurs des lignes, qui donnent les différences des deffences, doiuent ellre fècourus ; en forte qu’eflant defcouuerts, ils foientveus ôcefpâulez de fort prés ; 8c lors que l’efpace ne pourra pas tout à fait permettre de lescouurirj jl les faudra contr’efpauler,par conjontion d efpaulemens, à angles droits fur lepied de leurs capita-
- 2 ij “ J
- p.89 - vue 93/228
-
-
-
- 9 o Pratiques du fleur Fabre,
- les, 6c ainfil angle demeurera ouuert, 6c lors que la di-ftance fera, félon lareigle generale, 6c qu’il fe pourra du tout couurir, parlebaftionreceu, jlferacouuertenl’e-ftatque ie le defire.
- Il y auradonctrois moyens qui fe pra<ftiqueront,fùr ces trois fortes de rencontres, fur l’angle droit, lequel pour ce refpeéfc, aura aufsi trois noms differens, à fça-uoir, Angle defcouuert, Angle ouuert, & Anglecou-uert : l’Angle defcouuert, eft celuy qui aurafes deffen-ces, par des baftions entiers , foient petit ou grands; comme il fe verra aux deux petits deffeins des forts de campagne, que ie donne cy-apres; & par la figure inégalé, reduitte à la régularité de l’angle droit, autant qu’il m’a efté pofsible, 6c plus particulierement fur la planche, là où ceft angle ouuert eft embraffé, ôt cou-uert fur lacontr’efcarpe, parlagrande tenaille efpaulee, ôccontr’cfpaulee furl’angledufofTé.
- L’angle ouuert, eft celuy duquel l’extremitérefte entre les deux efpaulemens, joints par le pied des capitales , fur l’angle droit, laiffant mefme vn angle droit ouuert; comme il fevoid en la planche des efpau-îemens, en la figure 90. 6c plus particulièrement en la planche, là où iele mets, à l’abry de la grande tenaille efpaulee, comme langle defcouuert.
- Et en fin, l’angle couuert eft celuy,qui eft tout embraffé , 6c refèrré, das le baftion receu : comme il fe void en (à figure; 6c fur celle des gardes, 6c plus particulière-’ ment furla planche, du quart de la grande figure qua-drangulaire, couuerte au dehors, parlagrande tenaille efpaulee, gcplus generalement fur lagrande figure entière du grand quadrangle,de douze baftions, dont les
- hui£t
- p.90 - vue 94/228
-
-
-
- 4
- Traiëté I.
- huiéf: font appeliez grands, & les quatre qui font fur les quatre angles > Receus , & defquels ie parle*
- ‘Petits forts de campaigne, ayant chacun vn hafiion,fur le milité^ • de la face de la figure.
- T R
- Le petit fort imparfait triangulaire, qui eft le premier dans la planche, eft delaconfideration,detous les autres tri angles, qui n’ont que lafeüle gentilleffe, en cefte pratique; neantmoins il peut feruir de redoute, entre deux lignes commüniquables; aux bloccus,comme le quadrangle quile fuit. Dans ces trâuaux, qui fe fontauecpatience, l’on fai6t cequivientàlafantafie, pourueu qu’il foitvtile, pour garde, deffence, & logement; je les mets icy, pour faire voir, les angles des figures defcouuerts, & de là ou l’on les peut deffendre ; l ef chelle que j’y ay mifè, n’eft pas diuifee par toifes refo-luës: côme tout le reite demes deffeins; mais feulement
- p.91 - vue 95/228
-
-
-
- n Pratiques du fleur Fahref
- par (impies parties, comme pourroient eftre, pas communs , demy toifes, ou telles autres, dont on fe voudra fouir, par ce que, cene font point pièces à s’arre-fter. Par îefchellequiy effc, l’on verra, de quelle partie delà face, les battions y font deffendus, & quelle di-ftance il y a , depuis les lignes des flancs, iufques aux cxtremitez, des angles des figures : car fi l’on fait valoir les flancs quinze mefures, le refte de la ligne en aura trente, ôc autant la capitale, ôc le collet ; ôc ainfi il y aura quinze mefures, qui verront le pan du baftion: 5c fl le flanc a vingt mefures, le refte de la ligne, iufques à l’angle, aura quarante toifes comme la capitale ôtle collet, ôc le pan fera veu de vingt mefures: fos petites pièces ferotcognoiftre les plus grandes, là où ie remar-queray plus particulièrement les deffauts de fos angles defcouuerts, combien qu’il peut arriuer, que l’on effc quelquesfois,contraint par necefsité de s’en feruir,
- le reuiens toufîours à mon premier propos, que l’adjancement, des plus belles, vtiles, 5c commodes chofos à l’homme, font conduittes , par la direction des angfos droits, qui fofont, des deux lignes, ôc que j’ay fouuent redit, au plomb, ôc au niueau, fur laiufte afsiette dcfquelles, toutes chofos égalés en poids, demeurent en balance , fans laquelle iufteffo il n’y au-roit nul mouuement reiglé » ny certain : les moindres artifans, en cognoiflent quelque chofo ; mais les plus expérimentez aux mécaniques > le pratiquent plus hcureufement : cette raifon fo peut confiderer; fur l’af-flette 5c repos» de tous les animaux ; depuis la mouche iufques à l’elephat:car il faut de necefsité, que cette iuttefle d’equilibre, au pois égal ; fe rencontre en leurs
- p.92 - vue 96/228
-
-
-
- T raidie L ^
- pofturespourtrouuer leuraife; Sc fi nous prenons garde à nous mefmes,noustrouuerons, qu’il efl tout vray, que fi noflre corps, n’efi en égal poix, tant d’vn collé que d’autre , nous ne fommes point en repos, tef-moin, tantdechangemens demouuemens, que nous faifons, pour rencontrer celle afsiette, tantofi fur vn pied> tantofi fur l’autre, fi nous fommes debout, St mefmeseflantafiis, nous ne demeurons pas toufiours demefme afsiette, toutdemefme le regard, n’efi iufte ny égal, fi la telle n’efi fur fon plomb : car il efl de tra-uers, s’il n’efi fait furie niueau, égal à celuy qui efl foubs les pieds, fil’homme efl librement debout, ou fur celuy qu’il efl balancé, eflant afsis ou couché : ce qui fe remarque plus particulièrement à la leéturej car il eft bien malaifé, de lirel’efcriture, qui n’aura pas les lignes di-fpofees, félon le niueau, de la pofition des yeux, qui dépend de celuy qui tient tout le corps en repos, moyennant le niueau au plomb, St ce font lesnaturels fon-demens, de toutes les agitations du corps : car en la courfè , St autres exercices; il faut que celle égalité de poix, y foit naturellement ; autrement la moindre rencontre inégalé, eflla cheute, oudeflournement de celuy qui court,outrauailleauec violence :cemefmeni-ueau que i’ay dit, faiét que l’homme eflant debout St libre, leue naturellementfes deux mains,au niueau de fes yeux ; St trouue, par le moyen de la moindre chofe égalé, qu’il aye en fes mains, lareduifant à la hauteur de fa veuë, le niueau St hauteur, des chofes qui font de-uantluy, de quelle diftancequ elles foient; j’ayentre-prins,de faire goufleyl’vtilité des angles droits, en la pratique que j’ay embrafièe, qui efl ce qui me fait quel-
- p.93 - vue 97/228
-
-
-
- ?4 Pratiques du fieur Fabre,
- quesfois efcarterde mon difcoürs, auquel reuenant: je dis,me tenant toufioursàmapremiereopinion,que pour réduire en quelque égalité les figures, qui feront aulsi diuerfes en aduances, qu’en retraites, §£ dont les mefijres, auront autant d inégalité , pour trouuer les raifonnables deffences ,& portées des armes à feu, qu’il s’en rencontrera en leurs angles ôtcoftez ; jl n’y aura point de mal, félon mon aduis, de fuiure les aligne-mens,qui donnerontles angles droits,par leur affembla-ge,les mefnageat & departat toutefois,en telle forte que tatles figures, que les corps conffcruitsdefïus, approchét des melures,qui font neceffaires, àleursfeuretez & deffences. Or fi les aduances ou retraite des angles, vous contraignent» foit par précipices, riuieresou marais^il s’en faudra tenir là : car vous ne fçauriez forcer ou commander la nature qu’auec des grands frais, ôtpofsible des plus grandes difficultez » & alors mefme , ce qui vous oftort le moyen de vous regler, portera aueCfby, la reigle de voftre confèruation par l’afsiette de tels lieux, défia fortifiez par la nature mefme : mais s’il vous eft permis de vous relargir, îur vne figurebifarre, enfes angles d’habitation , qui eft, ce qu’il faut ordinairement conferuer : car ce font logemens » & couuerts faiéts, ÔC accouftumez, Ôt que l’habitant quitte mal-aifement; jl faudra voir ,fi la forme quarree, pouffant le deffein en dehors, pourra donner les aduantages que l’on cerche.
- Premiers
- p.94 - vue 98/228
-
-
-
- Traidie I.
- Première figure itrégalé, reduitte à la régularité des angles droits', ajant neantmoins les quatre angles defcoüuerts.
- Pour en venir à la pratique, qui eft comme j’ay dit, & que ie répété encore, lareduétioh, des quanti-tez inégales, en leurs angles &coftéZ, à Vne certaine égalité, dequêlqu’Vne des figures, prinfes dans le cercle , félon l’ordinaire pratique, les accommodant, félon la capacité des angles, & dés coftez, de la figure régulière, qui y Conuiendra le mieux; & c’eft là, où fe trouuent les grandes difficultezî car pour exemple, s’il fe rencontre vne figure, telle que celle, dont ie donne
- V
- p.95 - vue 99/228
-
-
-
- 5^ Pratiques àufieur Fabret
- ledeffein en deux planches, & que j’ay diuerfèment fortifiée de bonne forte, fur l’angle defcouuert, quieft cefte première j & de l’autre fur l’angle couuert, que ie mettray en fon lieu, parlant de cet angle. Pour la ramener à la régularité circulaire, il en faudra prendre, vne grande partie, ôc paraduanture de telle confequence, que lemeilleur, & leplus habité de la place en fera ruiné : car il fembleimpofsible, delàpouuoiraccommoder, par l’ordre des figures, regulierementprinfesdans le cercle, ou fans en perdre plus de la troifiefme partie, en prenant feulement, ce qui le pourra accommoder, aux dépendances du cercle, ou fans en multiplier beaucoup l’eftendué, en embraflant tout, parlesmefmes moyens, outre qu’il eft bien malaifé, d’y trouuer vn milieu, en faifant des baftions, fur chacun angle Paillant, ou retranchant, Ôt en couppant des pièces, qui eft: commettre vne grande erreur : car en faiét de conque-ftes, & de places de guerre, il Vaut toufiours mieux s’eflargir, que Ce reftraindre, auec mefiire toutesfois ; ôc encore faudra-il beaucoup de trauail, foit d’vne façon ou de l’autre.
- Parauanture le deffein de la reduébion, fur l’angle droit, telle que ,ie la baille, en cefte figure, fèmblera plus eftrange, que celleque ien’approuue point : car ou elle reftrefiira la place , ou elle l eflargira ; fi elle la re-ftrelsit, ilarriuera encore quelques inconueniens, que ie confeilled’efuiter, en la pratique circulaire, Ôc fi ie l’augmente, je fuis encore (ubieét detomber ,aux me£ mes accidens ,,que ie confeille de fuir ; mais il faut premièrement examiner l’vn &: l'autre,pour en trouuer la yerité,Prenos doncIecofté»dans lequel toute l efchelle
- p.96 - vue 100/228
-
-
-
- T Ydffic I. y-j
- efb enfermee,à réduire,à la nature des figures du cercle} Scainfi, ce qui refiera» apres la fin de ladite efchelle, fera retranché ; ou bien embraffons ,-autant que j’en enferme ; dans la longueur de mon deffein, dans le circuit d’vn cercle; qui aura fon centre; entre les chiffres 20.8c 40. 8c enladiuifion; enuiron trente fur l efchelle: jl efl tout certain, que la place ragrandira de beaucoup, 8c biffera encore vne grande partie, de ce qui eftau delà, du dernier bout del’efchelle» vers le chiffre 120. toi-fes, qui ne fera gueres moindre, q ue le quart de la place: car de s’en reflreindre du mefme point; à la largeur en dedans ; c’efl en retrancher plus de la moitié : voyons maintenant’ fi par ma praélique, la mefme chofe arri-uera> là où toutesfois, ie ne voy pas grande apparence: car par le retranchement que je fay, fur le deffein fortifié, des deux bouts delalôgueur, ienepersquelesdeux triangles > l’vn vers le coflé, du commencement de l efi cheîle » prefque égala celuy, qui eft au coflé de la fin; ôcfuiuant mesalignemens, fur la logueur» j’enferme les deux angles rentrans ; qui font, l’vn fur le premier bout de l’efchelle, ôc l’autre fur le dernier bout, 8c ainfi ie regagne autant deterrein, que i’en ay abandonné: que fi i’embraffe tout lelogement,ie n’augmente la place» que d’vn quatriefme, fur Peftenduë de fa logueur. Il refie à voir, fi les lignes, auront plus de proportion aux deffenfes ,reflreintesen l’eftenduë démon deffëin, qu’en celuy qu’il faudroitprendre dans le cercle,ou dans vne partie d’iceluy. 1
- Or fi iepofe mon centre, fur le point de l’efchelle, qui efl entre les chiffres 20.8c 40. qui fera enuiron la di-uifion trente,Comme i’ay dit, ienetrouue, qu’enuiron
- B b ij
- p.97 - vue 101/228
-
-
-
- >8 Pratiques du fieur Fabre,
- cent vingt toiles de largeur :&fi ieitt’en arrefte là, ie pers la moitié de la place : mais fi ie porte ma circonférence , (ur toutes les extremitez de la figure, prenant le centre fur la diuifion N, au deflus du chiffre 6o. fur l’échelle, i’enferme en apparence, trois efpaces egalles, à celle de laplace : mais fi ie la prends entre deux, ie perds (comme i’aydit)la moitié delà place,ou bien,fi pour auoirledemy cercle, iepofe mon centre, fur la face de la figure en bas,au droit de la courtine, qui refpond à la diuifion enuiron trente fur l’efchelle,ôr qui fera bien prés du flanc du premier baftion,ieperdray encore,enuiron le tiers de la place,qui eft cefte grande piece,apres le bout de l’efchelle: il s’enfuiura donc,quemeredui-fànt au quaré long, ou barlong ,fi la figure y confènt, ou auquarré parfaiét,Ti elle le permet, en quelle façon quefoitla piece,tous fes defordres n’y arriueront pas, ce que ie penfe auoir affez donné à entendre;, fans autre fupputation exa6te,ny demonftration infaillible, félon que iel’ay premièrement protefté.
- Il refte maintenant deux difficultez, dont la première,& la plus importante,eft fur la mefûre, des lignes de deffenfe, qui fe doiuent approcher,des raifons que i’en ay alléguées. Or il eft tout certain, qu’vn diamètre de fix vingtstoifes,telqu’eftla largeur de cefte figure, & qui retranchera la moitiee delà place,ne peut porter, que foixante toifès de face,qui donnera, ou vn fix angle, dont les deffenfes feront trop courtes,ou les corps def-fendus tres-imparfaiéfcs,ouvncinq angle en tout cas, fi les deffenfes raifonnables s’y trouuent ; mais il fera bien meilleur, d’en faire vn quadrangle,&y adioufter le refte de la place en fuitte,poury trouuerla raifonnable
- force
- p.98 - vue 102/228
-
-
-
- T raidie I.
- force 8t deffence ; comme aux deux defleins que j’en donne; dont le premier elt employé en ce chapitre, qui a cent vingt toiles, de centre à centre , des deux grands battions, fur les plus longues faces, à quarante fur quarante, vingt de flanc, & quatre-vingts de courtine , & les fix vingt toifes qui relient : (car la toute a deux cens quarante) feront vingt, pour le demy collet, de chacun ballion, & quarante, pourlereftedela ligne, quifaiéfc l’angle delcouuert, & qui neantmoins, def-fend le ballion de vingt toifes de l’angle : celle façon d’angledefcouuert, aellé praéliqué , comme ieferay voir : mais le meilleur que j’en trouue ; c’elt que l’on fe peut ellendre, aux baffes enceintes, aucc grande liberté; que fi j’augmente le delfein, pour tout embraf fer, en prenant les dçux pièces, qui font en attente, aux deux bouts, ôc qui fera ; foixante toiles pour les deux, faifànt en tout, trois cens fur la longueur des grands collez ; je feray en tout cas, auec les deux ba-ftions receus, deuxpetitsballions, de trente lùr trente,' & me reliera, enuiron foixante lèpt toiles, fur chacune des trois courtines : car les largeurs de cent vingt, garderont leur ordre fur la largeur : St ainfi j’auray mon compte, auec la liberté des balfes'enceintes, St quinze toifes de flanc, lur chacun de mes battions ; ce qui eft raifonnable, pour la grandeur de la place, qui fe pourra accommoder aux dehors, lèlon l’ordre, que j’en donneray aux planches fuiuantes.Vn des excellens per-fonnages de noftre temps, au traiété des places irregu-lieres, s’eflferuy des angles defcouuerts, fur cent toifes de dillances, fur vn collé, St quatre vingts fur l’autre , en des plans irréguliers, qu’il nous a donnez, re-
- p.99 - vue 103/228
-
-
-
- loo Pratiques du Jieur Fabre,
- formez félon laraifon du cercle, feferuant autant qu’il a peu des angles flanquez droits ; deffendus du pied des lignes de flanc ; combien qu’il fe ferue des plus petits, là ou la chofel’oblige ; je raporteray les trois plans irréguliers, reformez, qu’il nous alaiflèz,que j’ay hafardé de réduire à ma pratique, n’entendant pourtant, rien diminuer de fa réputation : jlnous alaiflez aufsi au mefme traité vn quarré long , &Vn autre en tous fens à angles ouuerts, qui font les efpaulemens, qu’il appelle demis baftions.
- Ilfemblera, par le precedent raifonnement, quC j’aye voulu choquer, IeanErrard, l’vn des plus habilles hommes, à mon gré ? qui aye efcrit fur cefubiet, foit deuant ou apres luy, très-grand, & iudicieux praticien, comme fon œuure de JSi fortification, que l’on ne Içauroit affez eflimer, le tefmoigne 5 mais ie fuis bien loing, de celle enuieufe imagination: car iene penfe auoir rien veu en fes elcrits, qui ne foit digne de confideratiom & mefme fi l’on prend garde à ce qu’il die» fur 1 irrégulier j iem’afleure que l’on trouuera, que ie ne contrarie, ny à fes opinions > ny à fes maximes, autres toutesfois, que celles deconftruireabfolument, fur les figures du cercle, loit en dedans 5 là où il s’eft eftably, ou en dehors, dont l’vfitge eftoit deuant luy, éc qu’il a reietté ; & celle qu’il (emble, fi refoluement fouftenir, & à laquelle il s’eflioitinfenfiblement obligé, par l’ordre, de fa conftru tion, en dedans du cercle comme i ay dit, pour y trouuer les angles droits, fur les corps, deffendus, ou angles flanquez, en toutes ces places regulieres 5 maisilellbienaifeàiuger,pourquoy il s’eftoit fi fermement attaché, à celle dernière maxi-
- p.100 - vue 104/228
-
-
-
- T ratât' I. tor
- me ; 8c qui ëft véritablement tres-receuable,iàoù l’on s’en peut feruir ; combien que l’on trouuera» qu’il ne bannit point de fa pratique, l’angle du triangle, à trois coftez égaux, qui eft les deux troifiefmes parties du droit, ôc qui eft celuy mefme. du baftion receu, nori plus que les autres angles, moindres que le droit. Or ce qui Pauoitfi fort attaché t àcefte maxime , eftoitla forme d’attaquer,pratiquée deuant luy, 8c dont l’vfa-ge,eftoit encore de fon temps; mais neantmoins grandement reformé, à quoy il s’accorde ; commençant d^approuuerdestrauaux desdehors, qui entroient défia en réputation ; contre cefte prodigue forte d’affaillir, par laquelle, l’on fe faifoit iour} par le canôn, pour donner des alfauts, à camp ouuert, & làoùfeperdoit, 8c plus d’hommes, 8c confumoit, plus de munitions, en quinze iours; que l’on ne fait maintenant, entoure vne occafion. Il a mis en art, autant qu’il a peu,ce qui fe faifoit de fon temps', par ce qu’il n’y auoit rien de plus nouueau , que ce qu’il voyoitnaiftrej 8c quemefme il neblalmepas; aufsi véritablement, il n’y arien de redite inutilement dans fon liure , que j’ay toüfiourseftimé, ôc eftime grandement : car puis que lestrauaux aux dehors , n’eftoit point > en grand vfage; ôc la pratique des mines, fçrt peucogneuë, ôc que l’on alloit’fans autre obftacle, droit aux baftions de la place : )1 failloit par necelsité, les tenir grands ôc forts, en toutes leur parties, à quoy l’angle droit» luy feruoit, d’vn afleuré fondement-.mais auiourd’huy, que toutes chofes,femblent eftre à leur période» tantenl’attaqüe, qu’en la deffen-ces, ôc quel’onvoid infenfiblement,reftufciter, la pratique de la venerable antiquité ; par la prudente confi-
- p.101 - vue 105/228
-
-
-
- io2 Trafiques âufieurFabre*
- deration de Tes exemples ; comme la derniere, heureu-fe» glorieufe.&tres-iudicieufeaéfion, de noftre grand Roy, deuant les places de fon Royaume, qui eftoit en réputation, de la plus forte de toute l’europe, en a faiét voir les effets : je ne puis imaginer» ce que Pefprit humain pourra déformais inuenter denouueau» pour refi-fterdans les places» contre les püiffantes armees, bien entretenues, difciplinees > ôc conduittes, par des grands Capitaines : toutesfois, puis c’effc le dernier remede, quela fortification desplaces, pour ceux > qui nepeu-uent pas tenir la campagne , pour refifter auec forces egalles, à celles des'conquerans, jl s’en faut tenir» à ce qui Ce faiét» leplus ordinairement » Ôc vtilement.
- le continueray donc le reignement, des figures inégalés à vnereceuable égalité, auquel reiglement, quatre ou cinq toifes, de plus, ou de moins, fur les logueurs des lignes, de deux ou trois cens toifes, n’arrefteront pas le deffein de ma pratique; de laquelle le butprin-eipaleft, de faire en forte, que toutes les courtines, me feruentde flanc, & me donnent le moyen dem’eften-dre fur les baffes enceintes-, obfèruant neantmoins,vne conuenable proportion, des chofès deffendués » à celles qui les deffendent, comme ie répété fouuent : car j’efta-blis, mes maximes fondamentales ladeffus.
- Or en l’ordre > de ce reiglement d’inégalité ; jetrou-ue» felon’mon iugement» finon tout» au moins vne grande partie > de ce que ie demande, à fçauoir » Paboutiffe-ment des alignemens » des pans» des baftions^quin’efl que l’origine» ounaiflance de leurs deffences ») fur tels endroits des courtines » que j’aye moyen, d’y mefnager les baffes enceintes » félon mon deffein: car auec tous
- p.102 - vue 106/228
-
-
-
- T raidie I. 103
- ceux, qui s’y cognoiffent bien, iefay grand eftat de Celte fécondé clolture, auxplaces.
- Pour les corps deffendus, jenelestrouuepasfort efloignez, de leur raifonnable force ; il eftvray, que l’on me dira, que le petit baftion, de trente fur trente, femble eltre bien dilproportionné, au grand, qui a quarante fur quarante, puis que c’eft plus d’vn troifief me moins, qui eft beaucoup fur telles pièces; jel’ad-uouë aucunement aux grandes places,ôdongues lignes; mais aux petites, & moyennes, là où les elpaces obligent de faire ainfi : jl effc toufiours meilleur , accompagné des battions receus, que des anglesouuerts, ou defcouuerts; combien que ie n’eftablis pas rigoureu-fement celte opinion: caria confideration de l’angle droit lurla piece, jointe à la bien feance,là où toutes-fois cecy fe pourra vtilement rencontrer, me font con-fentir à celle mefure, laquelleneantmoins fepeutaugmenter, de cinq toifes, foitfur la capitale, ou fur le collet: combien qu’enPvn, ouenl’autre, l’angles’ou-urira, ou ferrera,ou bien l’on pourra prendre cell augmentation , fur tous les deux, fi la ehofe le dit ; & ainfi l’angle demeurera droit : car lors que j’ay dit, que les baftions, ne doiuent pas eftre plus petits, que trente fur trente, nyplusgrands, que quarante fur quarante, je n’ay pas exclus le milieu, qui ell trente cinq, plus ou moins : toutesfois ce confentement d’augmentation, queiedonne, en ce petit baftion, ell aux conditions, que toute la.courtine lêrue de flanc, comme j aydit,ôc quelalibertéi delabalfe^nceinte s’y trouue, que j’ap-prouue de fix, iufques ahuiél toifes ; car fur la ligne, de cent vingt toifes, entre deux centres, l’on ne fçautoit al-
- p.103 - vue 107/228
-
-
-
- f©4 Pratiques du fleur Fabre,
- 1er plus auant, principallement, furies faces des battions , qui couurent les angles, 8c que j appelle receus: aufsi croy-ie, auoir approché decefte mefure, par ma pratique ; qui fera caufe, que ie ne m’eftendray pas da-uantage; fur la figure precedente, a angles defcouuerts, Scquelexpert Errard, a pratiquez fur l'irregulier, au duatriefme chapitre de fonliure» delà fortification» 8c encoreparpiecesdeftachees, ayant la deffence de cent ïoifes, pour fauuer en ces endroits là ,1a face de la place} combien queien’approuuepas ces angles defcouuerts, quoy qu’il s’y rencontre vne gran de liberté , pour la baf-fe enceinte : car dés que le dehors, qui les couurent, font emportez 5 les flancs de leurs deffences, qui font les ef-paules, des grands battions qui les voyent, font embouchez par le canon} 8c ainfi tout l’angle demeure dénué de deffence, fi ce n’eft celle, qui peut venir bien foiblement, 8c perilleufement, des pans des battions} Pour à quoy remedier, j’ay couucrt, 8c embraffé l’angle dufoflfé» par la grande tenaille efpaulee, comme il fe verra, en la figure fuiuante, en laquelle, elle eft contr’efpaulee,fur fes deux aifles, ou à fa queue, par les deuxquarrez, qui y font defsignez en points ; 8c encore» ceft angle defcouuert, eft retranché en dedans de la place, par des doubles lignes en points» dans le quar-ré vuide» qui y eft» 8c dont les alignemens 9 naiffent des efpaules des baftions, 8c bafïès enceintes. le le marque, particulièrement B D.cy-apres, pour place d’armes, dans la figure des gardes ; comme elle eft aufsi ge-nerallement dansle grand quadrangle , des douze baftions en la piece accomplie.
- p.104 - vue 108/228
-
-
-
- Traiiïé I.
- «°J
- patriefmepartie,d"*vn grand, qmdrangle ,ajant l'angledefcomert,mais couuert de lagrande tenaille, contreffaulee, endejfein.
- L'ordre del’efchelle, de celle derniere figure, n’eft point autre, que celuy de ma reigle » fi ce n’eft qu’entre les vingt toiles HF. jay’mis aux commencemens, & furie chiffre j. la lettre T. pour la largeur, de toutes les tranchées,& petitsfoffez; R. pour le terreplein; du rempart en haut; & (J) pour la largeur du grandfof-fé : car pour lerefte* il eft comme fur ma reigle, hors-mis que N. qui eft fur 60. fai&icy le nombril, ou milieu de la ligne.
- p.105 - vue 109/228
-
-
-
- io£
- De l’angle ouuert ou contrejjiaulé.
- i
- CHAPITRE XVII.
- ’Angle ouuert, corne meilleur quele defcou-uert,luy fuccede par ordre,j’en ayparlé, fur lagrad planche des efpaulemens, fur la ligne 90. là où il eflreprefenté; fur lereply de l’angle droit, par deux efpaulemens, joints par le pied de leurs capitales : Dans le mefme article 90. j’auois promis, la figure, qui porte, deux efpaulemens; fur l’ahgle droit, &qui faitl’angle ouuert,qui fuiuraapres.Errard, comme j’ay dit, s’eft fèruy de cefl ordre, pour fortifier l’angle droit, fur fon quarré compôfé,- au ch. 7. du 1.3. s’y •aflùbieftiffant, pour raifon d’vne moindre garde 5 com • bien qu’il la deffende, par cent cinquante toifes, naif-fant du pied » de la ligne du flanc palfant, ou rafant, fans aucune veuë de la co urtine, & donne aux efpaulemens, qui ferment cefl angle ouuert, quarante cinq toifes de capitale, fur cinquante de collet, qui fai<5t des bien grandes pièces; mais fa raifon eft fondée, fur la forme d’attaquer, de fon temps, comme j’ay dit : & cefl, en cefl endroit là, qu’il commence d’approuuer les dehors, fur lacontr’efcarpe, aux places qu’il appelle irre-gulieres, & qu’il auoit reiettez auparauant, au ch. 28. du fecod liure ; fur celles qui font accomodees félon fes maximes, & pour monflrer que lachofeluyefloitnou-uelle; il en attribue l’inuention au Comte de Linar, au chap.11. du liure 3. Aufsi depuis ce temps-là, onabien fort &vtilement trauaillé»fùrles contr efcarpes : ce qui permet aufsi maintenant de tenir les corps desbaflions,
- aucunement
- p.106 - vue 110/228
-
-
-
- TraiÏÏe * I. I07
- aucunement moindres ; &de fedilpenfer, des angles droits» fur les angles flanquez» là où » onny eltpas ab-folument obligé; cequiconuertit, beaucoup de courtine en flanc, & donne parconfequent» beaucoup plus d’embrafeures > outre la libre veuë pour les gardes.
- ^Partie d'vn grand quadrangle, ou b arlong>fortifié par deux efpaulemens> qui donnent langle ouuert ,fur /’angle droit, letoutcouuert ,d,füne grande tenaille efpaulee, çf contreJpaulee.de lacontrefcarpe.
- L’ordre de ceft angle ouuert, elt comme j’ay dit, dans la grande planche des efpaulemens,làoù i’ay promis celte figure là»telle queie la baille :ces efpaulemens, font detrente lùrtrente^ à loixante de courtine, entre les deux petits baltions, de trente fur trente : j’ay ainfi accommodé, félon ma pratique, l’vne des places ir-regulieres de Errard, que j’ay reduitte en la reftrefiflant;
- p.107 - vue 111/228
-
-
-
- îoo Pratiques du fieur Fabre\
- à ma reigle generale , plus bas dans la mefme planche, fànstoutesfois blafmer, ce qu’il y a fait, félon l’ordre de foin temps» comme j’ay dit.
- De plus, j’ay couuert ceffc angle ouuert, de la grande tenaille efpaulee, pareille à la precedente, 6c marqueparR. dam icelle, vn retranchement, par les doubles lignes pointées : comme vn autre, dans la place marque, parla mefme lettre, & de la mefmenature de lignes, ayant leur origine, comme en la precedente figure des lignes des efpaulemens, 6c de la batte enceinte.
- Lescontr’elpaulemens, qui font aux ailles delà tenaille, & quiaboutiffent auxdemy-lunes, ne font pas de grand trauaihmais ils font bons,ôc forts, 6c fècourent la longueur de la deffence.
- I’ayaduancé, vn angle de la batte enceinte, marqué BE. dans l’angle ouuert. Sur ceft angle, 6c fur l’angle defoouuert, elle fo peut faire bien fpatieufo.
- I’ay mis, fur le refte de la planche, vne pratique, dedeuxreigles, marquées, par le trait quarré, descommuns artifans, l’vne entière, 6c l’autre vuide en dedans ; par le moyen defquelles, eftant appliquées en forte, que le trait quarré, fe rapporte droit, for vne ligne droitte, en tirant deux lignes continuées, aulongdesreigles, l’on fait les lignes parallèles, marquées PAL. qui feruent, pour delsigner, 6c aligner, les lignes parallèles, à plomb, for les courtines, pour auoir la mefure» des capitales des battions,ôcdes demy-lunes: 6c fur les pans des battions, pour trouuer,lalargeur parallèle > des battes enceintes, 6c du grand fofle : comme aufsi, for les pans des demy-lunes, pour trouuer, les
- p.108 - vue 112/228
-
-
-
- Traitté I* ioÿ
- parallèles des fofifez, & glacis des contr’efcarpes, les lettres AD» qui font entre deux reigles^monftrent les angles droits , qui fe forment» par celle application.
- De ïangle droit couuert par le baftion recette
- CHAPITRE XVIII.
- Euant que vous donner les ligures, qui font couuertes fur l’angle droit,’ par le baliion re-ceu, & que j’appelle accomplies en toutes les parties que ie déliré, Il rn’afemblé à propos, pour ne laiflèr rien derrière, de ce qui pourra familièrement feruir à ma pratique : vous donner plu-ftoft trois pièces pratiques fur vne mefme planche, que j’ay creu deuoir foulager ceux, qui ne font pas fort verlez, aux commencemens delà Geometrie, à la profonde recherche, de laquelle, ie n’oblige perfonne, pour ce que ie déliré faire entendre ; en ces quatre traitez.
- X
- Qmrré pratique.
- La première marquée, par fignifie vn quar-
- ré praéfcique.que j’ay diuifé en quarante parties fur chaque fens, dont la continuation du piedoubafe, s’ellend iufques à cent vingt parties. le m’en fers, pour approcher mécaniquement, de la cognoilfance, des lignes, quiletrauerlènndont l’on appelle la plus grande, &qui lediuife egallement, par les deux angles oppofez dia-gnale j de laquelle à fon collé, non plus; que du cercle à fon diamètre, l’on ne trouue point la railom & c’ell pourquoy elles font appellees irrationnelles, qui effc la
- E e ij
- p.109 - vue 113/228
-
-
-
- no Pratiques du (leur Fabre,
- mefmechofe; que la différence des nombres» qui fedi-uifent enpers, à ceux qui ne s’y peuuent pas diuifer, fans fractions, ou nombres rompus: c'eft pourquoy i’ay xerché celle pratique , afin que l’onpuiffe cognoi-ftre, à quelle hauteurraifonnable, jl faut conduire les lignes de flanc; & pouf fçauoir aufsi, autantque la pratique le peut permettre , la longueur des pans, tant desbaftions,quedesefpaulemens fur les tenailles, ou fur les lignes droittes continuées : jl peut aufsi vtile-ment feruirpour conduire les glacis, talus, & retraites.
- Pour la hauteur des efpaules»ou lignes de flanc, elles fetrouueront fur la ligne plomb, à laquelle le pan aboutit, comme lors quel’onprend 15. fur 15. 8c furie courant de 3 5. la ligne de niueau , foubs quinze de plomb , fe doit rencontrer par latrauerfante, fur la ligne, que la parallèle en points couppe la ligne plomb, 15. fiir 15. Pour laquelle ligne pointée marquer, afin de Içauoir à peu près, la hauteur de la ligne du flanc, & la longueur du pan de l’efpaulement, ou du baftion , jl fautpofer vnereigle ouvnfillet parallèlement, au def-foubs de la ligne à niueau 10. 10. 8t l’on trouuera, que c’efl enuiron huit & demy ; que le flanc occupe fur la lignepîombij. 15, & c’efl ainfi, qu’il faudra procéder, pour toutes les autres lignes de flanc, dont l’on ne rencontrera pas les mefures, fur les angles droits, que font les lignes à plomb fur celles de niueau » comme il fe void en celle de 20. fur 20. courant à quarante, qui donne 10. de flanc, fur le plomb de 20. fur 20. & en celle de 30. fur vingt, courant à 6 o. qui donne 20. de flanc, fur le plomb 20. 20. tout de mefme que 40. fur 20. cou-rantà40.ôca3o.fur3O. courantà<5o. elle en donne 1 y
- mais
- p.110 - vue 114/228
-
-
-
- TmBê I. m
- mais à 3 $. fuf3 ©.courant à 70. elle eh donne vingt.
- Pour ïamefure des pans & bâfrions , c’eft vnepra&t-que plus vulgaire que celle-cy : car prenant leur lign e par le compas commun^ laraportant fur l’vn des coftez du quarré»au premier nombre, la pointe eftenduë,donnera fur quel cofré que ce foitje nombre des parties qu’il com tiendras comme les parties des cercles en points le mon-firent, & ces lignes des pans qui tombent dans l’imper qu’ils appellent irrationel.Or ces triangles, qui fe formée des niueaux & des plombs,& qui donnent l’angle droit, Se fe ferment par les pans des efpaulemens,ou des ba-frions, qui font les lignes, qui les fouftiennent, font demonftrables par là raifon de leurs quarrez \ mais plus clairement par les proportions, qu’ils appellent analogies, quin’eftquelafimilitude des figures, par légalité de leurs angles, & raifons femblables, de leurs coftez, lesvnes aux autres: ce que j’en disn’eft pas pourtant, pour m’y eften dre dauantage.
- le ne doute pas, que les plus fubtils ne difent queie me mets trop dans la bafie pratique des plus comuns artifans : mais c’eft pourtant par celle-là que Ion à corn-mecé les plus belles chofes materielles! car des plus fini' pies ôtgrofsieres expériences font fortiesles plus hautes ïpeculations dont l’on fait tant de cas»
- Pour les glacis, talus, ôt retraites, les praéli-ques en font pour le moins âufsi baffes, & familières! car prenant vne partie fbubs 40. c’eft vn quarantaine de retraite,& io.parties fous 30. donne letalus comme vnfoubs trois, qui eft vn tiers ; ôt tout de mefme en eft-il aux glacis : car quinze foubs dix, eft comme trois foubs deux, ou deux fur trois.
- p.111 - vue 115/228
-
-
-
- ni Pratiques dufieurFabret
- Figure contenant la pratique des diagonales, ou trauerfantes furie quant, enfemble vne mécanique réduction du cercle au quant, auec toutes figures du grand au petit, çtf du petit au grand.
- loo 105 110 X15 J10
- partes
- 30 <f0 jf./ jo jj 60 *jr ÿo' 7J 8° & J 9° 9S
- le donne encore celte figure, C. qui lignifie
- cercle quarré, non par demonflration, ne 1 ayant pas fi curieufement cerché : car le cercle diuifë en douze parties, comme celuy des orologes communs en douze heures égalés» m’en a fourny la grofsiere inuention, entrauerfant lalignedei. heure à 11.&la pouffant hors du cercle, & puis faifant de mefme, de 2. à 4. de 4. à 8. & de 8. à 10. car par leurs rencontres, ou en-trecroilèmens hors du cercle; elles donnent quatre angles droits, qui font vn quadrangle égal en angles & collez } approchant aucunement, de l’èlpace que ce cercle occupe ; Ôç qui eft celuy que ie cerche, fans autre fi-nelïè, que pour y réduire lafigure circulaire, ou là moitié , ou fa quatrième partie, ou autre telle que l’on ren-
- p.112 - vue 116/228
-
-
-
- contrera" eh quarrê du barlongs, pour l'accommoder à ma pratique.
- Réduction des plans, du grand au petit, ou au contraire•
- Il fe rencontre aulsi bien fouuent, qu’il faut redui-re les plans du grand au petit, ou augmenter le petit pour le faire plus grand : je vous en donne vne pratique, quiferoit neantmoins démontrable Géométriquement; a. quoy j’ay proteflé’de ne vous obliger point: Il effc marqué fur la planche PR. qui fignifie plan réduit: car parles parallèles, ou egallementdiftantes, Toit en dedans, ou en dehors des deffeins, qui fe continuent de point en point, fur les lignes Taillantes en points par les angles des figures, & qui partent toutes d vn centre, l’on fait aifement celle pratique : ceuxquife voudront amufer,à demonflrer & fupputer fur celle petit© planche,ils y trouuerontle champ tout ouuert,
- Cequeie lailïè à ceux, qui voudront aller plus auant, que la fimple pratique que ie donne: car il eil tres-aifé detrouuerdans les angles droits, ou aux triangles retangles, qu’ils appellent, vne grande partie de ce qui eft de plus beau, en fes deux parties de la fuppu-tation, & de la demonflration, aux figures compolêeS des lignes droittes, qui font celles, qui font entièrement de mon intention, en celle derniere pratique des angles droits, que ie pourfuiuray , par la figuré füiuante égale , & pareille, à l’irreguliere que j’ay donnée de* uant i mais differentes en l’ordre de la fortification: car lapremiere a faconltrution d’accommodement, fur les angles droits defcoüuérts, & celle-cy fur les cou-
- uerts ; j’ay amené toutes les railons, dont ie me fuis peu
- ^~ FF
- p.113 - vue 117/228
-
-
-
- i©4. Pratiques du Jteur Fabre,
- aduifèr, fur la réclusion de cefte figure aux angles droits^ qui eft ma conclufion generale, fur toutes celles qui s’y pourront ramener : ce n’eft pas pourtant,qu e s’il fe trou* uedesmurs auec leurs remparts,&foflez,ay at les deuës diftances, pourreceuoir des baftions, prins des figures du cercle, qu’il les faille deftruire : car c’eft trauail vtile-mentfaiét : mais il fera bien-aifé de ce feruir, furtous les angles, depuis lequadrangle iufques àlalignedroitte, des melures queie donne, pour le grandbaftion, qui eft quarante de capitale, fur vingt de demy collet, fur chacun cofté d’angle , & autant de ligne de flanc : car Cesbaftions fepeuuent accommoder, par toutes les figures; horfmisqu’au quadrangle, & au cinq angle,les lignes du flanc font moindres, que vingt toiles.
- En fuitte de ces trois pratiques, que j’ay meflees dans ce difcours de l’irrégularité ; je me licentie d’en* trepVendre, (conferuantneantmoins la réputation, ôt eftime,que iefay dufçauantErrard,) dereduireàl’ordre de ma pratique, les trois figuresinegales,qu’ilnous a laiflees,au 13. 14. & 15. chap. de (on troifiémeliure, qui eft de lirregularité ; veu que ie ne la trouue point efloignee, de ce qui s’eft faiéf, fur beaucoup de places frontières de ce Royaume ; faufle plus ou le moins aux corps deffendus, & aux diftances deleurs deffences, ÔC là où ceux qui y ont trauaillé, ne fe font point aheurtez à la figure circulaire » ny à l’angle droit lur les baftions, puis qu’ils ont trouué les angles droits » ou des lignes qui leur en donnoient » de fort approchans au total de la figure.
- I’ay réduit ces trois figures en petit, fiiiuant la pratique de la troifiéme figure, de la plancheprecedente,
- marqué
- p.114 - vue 118/228
-
-
-
- "T raiête L «5
- marqué P. R. qui fignifie plan réduit : & afin de ne Vous amuferpàs., à tant de planches, eftalees en diuers endroits: je les ay toutescomprinfes dans vne, &caccommodées: lapremiere&la fécondé marquées parles chiffres 1. & 2. en deuxdiuerfes façons: mais pourtant toutes trois fur la figure quadrangulaire.
- A la première de ces trois, qui approche de la figure circulaire, Errard chap. 13. a prefenté trois figures de fon ordre, à fçauoir, le cinq angle, le fix angle', & lefept angle > & ayant trouué le cinq angle trop petit, ôt le fept angle trop grand} il s’eft tenu aufix angle,& de* meure en cefte refolution.
- le ne blafme point fon defiein, qui effcoit de rendre les figures entières ôcparfaiétes, félon fes maxime s,fondées principallement, fur la conferuation de l’angle droit, fur la pointe de fes battions 5 ne fe fouciant point au rèfte, ny delabaffe enceinte, ny des autres dehors, non plus quedefe feruir des courtinespour deffence: ce qui (toutesfois , eft venu en telle confideration depuis !uy(, qu’vne place nefê peut eftimer bonne, qui ne foie accompagnée de fes trois circonftances ; mais l’onatta-quoit autrement alors qu’auiourd’huy, comme j’ay dit: c’ett pourquoy il mettoit toute la perfection au dedans, Ôc à vne feuleclofture, là où on en faiét maintenant trois.
- Orpourlebaftion, des trois defieins qu’il prefente fur fa première figure 5 jl me fèmble bien ü que le fix angle» auquel il s’eft arrefté, eft vne belle & bonne figure, & de moindre frais en conftruétion, & en garde i quele fept angle : car pour le cinq angle, il s’en exeufe : mais comme chacun a fes imaginations, & que la mienne efl;
- p.115 - vue 119/228
-
-
-
- n £ Pratiques du fieur Fabre,
- pluftoft, à conftruire en dehors qùen dedans; qui eft agrandir la place, &non pas la reftrefsir ; jlmefemble que s’il m’euft fallu faire vn deffein tout nouueau, furie circulaire, j eufle pluftoft choifi le fept angle ; & mefme s’il m’euft efté permis, j’euffeprins le huid angle, qui euft enclofe toute la place dans le nouueau deffem; Aufsi en l’ordre que ie procédé; je fay huiét baftions fur la figure quadrangulaire, marquée parle chiffrei. que iepouffe aucunement, hors de la vieille clofture,parles quatre angles droits, queie iette dehors, couuerts des quatre baftions receus; entre lefquels, j’en conftruits encore quatre, àfçauoir, deuxgrandsf l’vnen haut, & l’autre en bas, dé quarante fur quarante, & deux petits, Tvn adroit, àc l’autre à gauche, de trente fur trente: je me fuis réduit aux deux petits, pour conferuer & me feruir, d’vnepartie des murs, que j’y rencontre, l’vn en haut & l’autre en bas; combien que les baftions en occupent vne bonne partie; mais au fécond deffein de la mefme figure plusbas, marquée de mefme, par le chiffre i. le m’eftenshors de laclofture, êtgaignantla di-ftance, de mes deffences, & lignes generales ; je fay grands, les quatre baftions fur la ligne droitte , & fur la mefurede quarante fur quarante; là où tout demeft me qu’au premier, je trouue la liberté de la baffe enceinte, & des veué’s entières d’vn mefme point de la courtine, fur les flancs, & pansdes deux baftions, comme j’ay monftré au dernier quadrangle de 120, toifes de face.
- La confédération des frais, font de deux baftions dauantage, & la garde par confequent, de deux corps de garde» fuiuant mon opinion au traiélé des gardes:
- p.116 - vue 120/228
-
-
-
- T ïdiffic I. uj
- maislesfraisdece trauail, &de ceftegarde, font préférables , à mon aduis, à la reftreinte de la fortification dans la place, qui ne fepeut amoindrir en apparence, que par la ruine de beaucoup delogemens, ou pour le moins des defcharges ôtcommoditez de l’habitant, ou la place feroit bien deferte, làoùjettant la fortification en dehors ,tant en vn deffein quen l’autre: je ne ruine que quelques héritages, moins neceflaires* & commodes aux bourgeois, que ce qui eft dans l’enclos delà place.
- Outre,commej’ay dit, quelaplace, aulieudefe ruiner, s’augmente d’autant de commodité d’habitâ-tion, qui fert à foulager la garde, fi le nombre des habi-tans augmente aufsi.
- La féconde marquée icy, par le chiffre 2. a eft é fortifiée parErrardchap. 14, fur le cofté qui approche du cercle par l’ordre de fes maximes, autant qu’il a peu, fe feruant, de quatre diuers centres, pour trouuer fon conte : mais fur la plus longue ligne, qui eft celle d’en^i-bas, il a trauaillé au dehors, par vne grande tenaille, ayant ces efpaulemens à angles droits, & fur viy cofté d’vne autre longue ligne. Il afaiéb vn feul-cor^s en dehors , laifiant vn angle defcouuert, d’vne longue di-ftance.
- p.117 - vue 121/228
-
-
-
- n8 Pratiques dufieur Fabre>
- ^tois figures d'Evrard, frinfesdu 13.14. (cf ij. ch. defontroijîejme liurél
- reduittes d l’angle droit.
- «je tfo y« 100 140.T»
- le Tay accommodée en deux façons ; la première eft par angles ouuerts, de 30. far 30. aux efpaulemens, & autant aux petits battions» que fi ce dettein fêmble de
- p.118 - vue 122/228
-
-
-
- Traicîe I*
- trop de frais, tant en trâuail qu en garde 4 ie l’ûy feduit à ma feigle generale, comme le premier.
- Le troifiéme marque par le chiffre trois, eft Fortifié parErrardchap.15. par fix grands baftions, dontle plus grand a enuiron 65. toifes decollet, & les autres pafTent cinquante, horfmis l’vn qui eft à quarante cinq ou enuiron, & toutes fes lignes de flanc de 15. toifes : je 1 ay réduit comme les autres, à la figure quarree, & fur mareiglegenerale de 240. toifes de Face, à quatre baftions receus, & quatre grands comme lesautres trois*
- Chacune de Tes petites figures, porte fon efchelle4 que j’ay reduittes comme les figures, aufsi approchantes des originaux d’Errard, qu’il m’a eftépofsible: ce qui fe pourra vérifier fur fon 3. liure : &: ne doute pas que ceft excellent homme, n’euft mieuxfaiét félon la pratique d’auiqurd’huy, que tout ce que ie fçaurois imaginer.
- p.119 - vue 123/228
-
-
-
- 110
- Trafiques du fieur Fabre,
- Seconde figure inégalé, réduit te a la régularité des angles droits, ayant les quatre angles couuerts.
- Celte derniere figure inégalé , elt égalé & lèm-blablement pofoe , à la première que j’ay baillée t accommodée par l’angle droit defcouuert : l’vne Ôt l’autre figure font deuxbarlongs, compofez de deux quarrez joints, chacun de 120. toiles» comme le qua-drangle que j’ay mis cy-deuant chap.15. pour première figure reguliere, à la pratique des angles droits cou-
- p.120 - vue 124/228
-
-
-
- T raiBè L m
- üerts ; les mefmes raifons que j’ay àmeiïeeSipôur fa figure égalé 8c femblablement pofees,feruiront pour celle je y, puis quelles conuiennent 8c fe peuuent rapporter l’vne fur 1 autre fans différence.
- En l’efchelle de cefteicy,la lettre H.auec le chiffre i, deffus, qui fignifie première hauteur, fur trois mefures, 8c qui fai£t quinze toifes, eft comme auquadrangle queieviensdedire,lereftede l’efchelle eft commune à toutes les autres conftruéfcions, horfmis que N. fur 6o. eft le milieu ou nombril de l’efchelle, 8c J. fur 8 o. eft la longueur des courtines entre deux baftions.
- Hh ij
- p.121 - vue 125/228
-
-
-
- Figure d'<vn quatrième delà figure accomplie, furïangle droit comert par le baftion receu, auec l'ordre des dehors.
- ne
- p.122 - vue 126/228
-
-
-
- Trâitîé L 123
- Il ne me relie plus fur les angles droits, que la figure accomplie, qui eft dedouzé baftiohs, àfçaüoir quatre teceus, qui couurend’angledroiét, Schuiélgrands fur les quatre collez : j’en aÿ affez parlé âuànt qüe la mpn-ftrer, qui fera caufe paraduanttire quelle île fera pas fl bien receue : mais d’autant quelle eft reduitte fur vne petite efchelle : j’en ay eflargy le deffein j fur vn quatrième du total, qui eft celle figure» dans laquelle plus particulièrement. l’on pourra remarquer les mefures, de tout le defiein, auquel tous les trauaux * font en l’e* ftat qu’il me femble deuoir ellre,tant aux dedas qu’aux dehors, foit la balle enceinte, les demy-lunes , 8c la grande tenaille efpaulee, auec leurs fo£Tez, 8t les gla* cis qui bornent le tout, îefquelsfetrouueront icy de quinze toifes, qui eft la largeur dufolfé principal; mais celle mefuren eft point limitée à ce terme j car ce font efplanades venant à riemcomme parlent les trauailleurs, Il faut remarquer tant icy, que fur la piece entière cy-àpres, que les doubles lignes marquent les parapets, comme fur la première enceinte » tant des baftions que des courtinesî 8t fur la balfe enceinte , qui eft vne fécondé clofture» comme j’ay dit; 8t celles des demy-lu-nés font demefmeque celles qui régnent les dernieres fur les corridors, Unifiant aux glacis ; fur les angles fail-lans 8t rentrans» 8c fur lelquels angles j’ay paflfé des lignes , qui monftrent le relief ou arefte des faillans, 8c l’enfonceure ou ruilïèau desrencontrans.il ne faut pas imaginer que ce foient trauaux fort releuez , comme j’ay dit»
- ii
- p.123 - vue 127/228
-
-
-
- ïï4 Pratiques du fieur Fabre,
- Grand quadrangle, accomply en toutes fis parties, tant au dedans qu au dehors.
- J <4r
- Apres auoir pafsé par les figures prinfes régulièrement dans le cercle, en fuitte parcelles qui font appel-
- p.124 - vue 128/228
-
-
-
- T raiÏÏè I.
- îees irlrrégulières;6c eh fin parla réduction des inégales* à la régularité de l’angle droit* autant qu’il m’a efté pofi fible, 6c ce par les trois moyens,que j’ay remarquez pou-uoir feruir a accommoder ceft angle, foit le laiftant def-couuert, 6c yeu par deux baftions voifins,ou parledou-bleefpaulement fur l’angle quilaifie fon extrémité ou-uerte, ouparlacouuerture du baftion que j’appelle re~ ceu, qui eft lvn des trois dont ie me fers feulement : car les autres deuxfontlepetit6c le grand,
- le viens maintenant à oefte figure, que j’ay eftimee eftre en laperfeétion de la régularité, puis quelle a les quatre angles droits égaux à eux meÇmes, toutdemefi me que ces quatre coftez, fur laquelle ie n’ay pas beaucoup à m’eftendre,pour ce qui regarde la conftruétion, des douze corps défendus quelle porte, dont les quatre couurent les quatre angles, 6c les huiét font attachez aux quatre codez, non plus qu’à ce qu’il faut faire,pour trouuerlesalignemens des dehors, tant aux douze de-my-lunes,qu’auxquatretenaillesefpaulees for les quatre angles des baftion s receus, auec leur foitte des parapets, fofez, 6c contr’efoarpe en glacis : car parles pre-cedens difcours, il fe pourra recueillir, tout ce que ie pourrais redire de nouueau là defes.
- Il ne me refte donc, que de parler du dedans 6c de la lymetrie, ou conuenance des mefures, qui fe trou-uent egalement proportionnées, for toutes les parties de feslogemens,parlesâlignemens,qüi dépendent tous des angles droits ; 6c qui font ceux qui font les plus ac-commodables à tous vfages, 6c que les architectes re-cerchent auec plus de foin, tachant d’y ramener autant qu’ils peuuent, tous les angles qu’ils en trouuent efloi-
- 1 i ij
- p.125 - vue 129/228
-
-
-
- gneZ, St qu’ils appellent faux elquierres, Comme s’il n’y auoit que les feuls angles droits, ( St qui font les efquiei^ res mefmes)qui foientvraisStiuftesangles,aufsiverita-blement, ienem’efloignepas de leur fentimenu com-bienquej’approuue,latiercepartied’iceluyaueclesplus expérimentez, pour la couuerture de ceft angle, en faiCb de fortification : St ie m’affeure aufsi que ceft ordre d’Architecture militaire, a fortifier fur les angles droits* nefe trouuerapas fi eftrange, ny mefleante en la ciuile, qui fuit St efuite ce qui répugné à la beauté, St adjan-cement,desde{partemens d’habitation, St qui feren* contre dans les angles, qui s'engendrent, par l’ordre des figures, prinfes des cercles, là où ils trouuent ordinaire-* ment, auecdefplaifir cesfaux.efquierres> St en effeCtil fera beaucoup plus aifé de trouuer le contenu logeable d’vne place, par ceft ordre, que par le circulaire : car outre les lieux deftinez pour les gardes, St munitions de bouche St de guerre, les rués, places, & autres lieux publics ; foit pour la deuotion, charité, juftice,police, ou negoce,s y trouuerot fans aucune cotrainte nydefor-mité,à quoy les excelles architectes, trouuerot dequoy s’exercer auec liberté} c’eft pourquoy ie nem’eftens point fur rembelliflement de la place,qui femble lettre allez d’ellemefme,pour la fimple StnaturelleperfeCtion de fa figure quarree en tous fens, dot les coftez sot chacun de 360. toifes}& me contenteray que les parties de la fortification queie recerche, s’y rencontrent par l’or-
- 1 J n 1 r • . . 1 /
- dre de ceit angle, luiuant mon intention,'auec les com-moditez des gardes, St autres chofes necefiàires pour la deffence : c’eft pourquoy j’ay laififé , les efpaces des grands quarrez aux quatre coins, qui feruiront de place
- < d'armes,
- p.126 - vue 130/228
-
-
-
- TYditte I. 127
- d’armes, aux occafions, comme il fera dit cy apres au traiété des gardes ; enfemble la diflance de vingt toifes, entre les remparts & les logemens : ce qui feruira tout enfemble, pour l’exercice des gens de guerre, & de promenade ôt récréation pour les habitans , outre que ces efpaces non contraintes,feruirot vtilemet du collé que la place fera attaquée àbeaucoup de chofes que l’on pourra faire lors que l’on viendra aux derniers remedes des retranchemes, & dont il fera plus amplement parlé en fon lieu. le me cotenteray donc,de vous donner ce-fie figure accomplie félon mon fens, pour la derniere de ce traiété , auquel j’ay adioufté, la praétique du cercle, par l’aiguille aimantée, pour leuer les plans; d autant que pour réduire les inégaux à l’ordre régulier, il les faut auoir les plus exaéles qu’il eftpofsible, pour former le defiein de leur accommodement; Sc de plus que pour les aduenué’s, ou lieux voifins des places, il faut auoir le plan de la campagne, pour beaucoupde confiderations : &que pour les routes, SC logemens désarmées, il faut aufsi auoir par cartes particulières* les lieux par les diftances ; j’en donneray vne praétique afiez familière, félon qu’ilmefemble au chapitre fuiuant.
- Kk
- p.127 - vue 131/228
-
-
-
- Pratiques dufleur Fabret
- Jouuelle pratique du cercle, pour leuer les plans des places 3 (f de la camp digne.
- CHAPITRE XV I I i I.
- E que nos mariniers appellent quadran ou compas marin, les Italiens l’appellentBof-folo, ouBoiTola,qui eftnoftre Bouïs, duquel les boëtes qui contiennent les rofes des vents, les aiguilles aimantées fur leurs piuots, font le plus communément faiétes.
- Son nom nylon vfage, pourlanauigation, ne font point de la considération de ce traiété, non plus que la nature conuenante ou fimpatique, de l’aimant auecle fer, qu’aucuns tiennent eftre caufee, parles elpritsdu metail enfermez dans la marcafsitte, moins fa nature encline, à re garder opiniaftrement les points & efsieux du monde,& y obliger l’acier qui en a efté touché, que d’autres attribuent, à la nature delà terre, quin’eft,ce difent-ils, qu’vn globe d’aimant en toutes fes parties', ayant fon elpritdans l’infiny, au droit des points arabique &antar6tique,qui font les mefmes points des ef-fieux ou pôles du monde : je ne fçay fi toutes les parties de la terre, tiennent de cefte marcafsitte, jl eft bien vray, qu’il n’y a guere de lieux montagneux, là où il ne fe trouue de celle du fer,fort femblable à la pi erre d’aimant. Or ilrî’y a point déminé de fer fans acier: car il fe tire* delamareafsiteplus cuitte par la nature, qui eft, fi ie ne me trompe, lamëfme pierre d’aimant,puiftan-te» ou fbible» félon la perfection de fà maturité.
- L’indice en eft, aux outils des artifans qui trauail-
- p.128 - vue 132/228
-
-
-
- T raidie I. Fi?
- lentaufer» & qui font faits d’acier: car ils attirent la li* maille du fer commun, aueclamefme puifïanceque la pierre d’aimant j ôtceux qui font de meilleure eftoffe, font aufsi plus puifïans en celte attraélion : ce’qui m’a faiét fouuent imaginer, que la différence de la decli-naifon des aiguilles, qui naturellement doiuent regarder* les points des efsieux du monde* eft caufee parles mines aimantées; plusdefcouuertes en aucuns endroits qu’en autres; tant dans la mer que fur la terre, ôtquide-ftournent» le naturel & volontaire mouuement des aiguilles , de leur vraye inclination ; & que c’en: ce qui fait commettre les grandes erreurs» aux longitudes : car il ne s’en trouueroit non plus qu’aux latitudes, fans ceft accident-là.
- Ceux qui nauigent, nous apportent des pierres diuerfes en couleur, en grain , & en force, de beaucoup d’endroits de la terrej 8depuisaffeurer,poürl’auoirex-perimenté, tant par l’erreur & diuerfè variation de l’aiguille, que par l’effeâ: des pierres prinfès fur les lieux mefmes, qu’il y en a vne Roche jumelle en France, dont laplus grande moitié eft en forme piramidale, & l’autre demy-ronde, toutes deux jointes par lepied,ny ayant entre deux que lepaffage d’vn chariot: La plus grande, & fur laquelle il y a vn chafteau de garde, duquel il me fut impofsible de leuer le plan par la BoufTol-le,ce qui me fît reconoiftre lanature de laRoche à vingt toifes de hauteur, & 4 o. de largeur par le pied, la plus petiteenalamoitié moins, & toutes deux font enceintes du cofté demidy, par vnefortification antique, de demy tours rondes,fortproches, l’vne de l’autre 5 comme la figure que j’en ay prinfe fur les lieux le reprefente:
- Kk ij
- p.129 - vue 133/228
-
-
-
- 130 Pratiques du feur Fabre,
- celteRocheell dans laprouincedu Laguedoc,auDio-cefe de Mende, & fur le chemin dudit Mende à faincfc Flour d’Aüuergne, à quatre lieues enuiron de l’vn &: de l’autre.
- L’on l’appelle au pais le Roc de Peire>jene{çay fi anciennement en ayant recogneu l’effeât, on l’aainfi baptifé, parce que c’eft vne Roche de pierre d’aimant.
- Figure des Rocs çf Chafieau delPeire enGeuaudan, qui font deux Roches d'aimant mntes far le pied.
- Et combien que celle petite digrefsion fur la mar-cafsitte de l’aimant ne loit qu’vne dépendance de mon delfein, qui eft de donner félon qu’il me lèmble, vn moyen plus facile que l’ordinaire ; pour leuer toutes fortes de plans, tant parla cognoilfance de l’égalité des angles, que de la proportion de leurs codez femblables: je n’ay pas pourtant relié, de l’expofer au iugement des curieux fur fes deux fubiets, tant de la nature de l’ai-
- manc
- p.130 - vue 134/228
-
-
-
- Traiiïé I. r^r
- mant qui eft l’ame de celle pratique, que des angles §t leurs collez qui en conftituent le corps, affin qu’en examinant mon imagination ,/iIs nous apportent à l’adue-nir, quelque chofe de plus vtile en l’vn & en l’autre.
- Conjlmiïïon du cercle pourleuer les plAns des places, & de la
- campagne*
- CHAPITRE XX.
- Figure des trois pièces du cercle diuisé, dont le s deux petites Je rapportent
- dans la plus grande, " J
- Omme ma reigle à fortifier, fepeut faire fur toute fortes de métaux, ou autres chofes Solides } de mefme en efl-il de ceft inflrument: mais le cuiure jaune ou leton, efl le plus propre pour
- p.131 - vue 135/228
-
-
-
- i 31 Pratiques du four Fabre,
- Tvn & pour l’autre 5 c’eftpourquoy l’on pourra accommoder vne tablette» de quatre iufques à fix pouces de longueur, & l’arrondir en demy cercle, ou pour le moins en forte, qu’il n’y aye quvne ligne droitte à prefênter, comme la figure lemonftre.
- Ce que ie ne fay pas fans confideration ; & à ceffc effeët ie marque fur les deux bouts, la main droitte & la main gauche, par les lettres D. & G. parce qu’il le faut manier par ceft ordre, pour prefenter toufiours vn mef-me çofté.
- Dans lelpacede la largeur, qui eft le demy diamettre, ou figure qui en approche, il faut defcrire vn cercle fur lalignepîomb, tombant fur le milieu du diamètre de la piece, le plus grand qu’il fè pourra faire fera le meilleur, lequel cercle il faudra dreffer en 3 do. parties, qui eft la plus commune des Aftronomes, Géographes , & autres .
- Mais il faut que cefle piece foit percee au centre du cercle entier, qui eft defcrit dans icelle, pour rece-uoir îegon de Ja boëte qui porte l’aiguille ; entre laquelle boete» & la grande piece,ou demy cercle, fe mettra encore vne piece moyenne,qui fe mouura félon les operations que l’on fera; comme aufsi ladite boëte, lef-quelles deux pièces» auront chacune vne pointe, & la moyenne, vne grande fleur de lisoppofee àfapointe, qui feruira pour l’arrefter quand il en fera befoin.
- Pour la boëte,elle n’a point befoin d’autre diuifio,que d’vne ligne reprefentant l’aiguille » ayant vne fleur delis furvn bout*qui marquera le Septentrion, & fur [autre vne languette, ou fer de dard» ou fléché^ qui mon--ftrerale Midy, comme aux quadrans communs. Ces
- p.132 - vue 136/228
-
-
-
- T raifte I. 133
- trois pièces font reprefentees feparees en laplanchepar-ticuliere>àfçauoir»par i. la grande pièce, par 2. la moyenne, & par 3. la boëte.
- Celle pratique fe comprendra fuffifamment,auec deux angles, lvn Taillant & lautre rentrant: car les lignes courbes ou tortues, ne Te melurent que par angles.
- Et faudra marquer Tes angles fur vos tablettes, afin qu’ils ne vous apportent point d’erreur, lorsque vous voudrez mettre vollre plan au net;c cil pourquoy il faut marquer le Taillant par S. ôde rentrant par R.& procéder ainli,
- , ij
- _______ À
- TPractique du Cercle.
- CHAPITRE XXL
- E prefente le collé du demy cercle, fur le premier collé de la figure, dont ieveuxle-uer le plan, 8t o riente ma boëte auec la moy-j enne, mettant l’aiguille vraye mouuante 8c aimantée, droitement fur la feinte fixe, au fonds delà boete; ôc ainli les pointes attachées à laboete, êc à la moyenne, le rencontrent direélement.
- LIij
- p.133 - vue 137/228
-
-
-
- Pratiques dufieur Fabre,
- Le Cerde diuisé, auecles trois pièces mifès en leur place.
- Apres ie prens mon demy cercle à deux mains, comme j’ay faiét, & le tranfporte fur le fécond cofté, qui compofe l’angle que iecerche, & alors ievoy que ceft angle le forme dans ma boëte, entre la fleur vraye & la pointe feinte: mais ien’en fçay pas pourtant la valeur : c’eftpourquoy ie mets le doigt, fur la grande fleur hors de la boëte, pour arrefter la moyenne en ce A: eftatj afin que fa pointe demeure, fur le premier point du premier cofté' ôtrameine ma boëte en forte, quelafleur feinte , fe trouue foubs la pointe vraye: car entre les
- p.134 - vue 138/228
-
-
-
- Tratâté I. 135
- deux pointes, de la moyenne, & delà boéte , Te trou-ue certain nombre de degrez fur lecercle diuife,quime donnera la valeur démon angle : pour lequel trouuer plus promptement, je tourne ma grande fleur de la moyenne, qui porte la boéte auec foy, iufques à ce que j’ayetrouué le premier degré de ladiuifion de mon cercle, & alors entre deux pointes, je trouue le nombre des degrez, quemon angle vaut : cé quej’efcris furmes tablettes, marquant l’angleparvn S. s’iledTaillant, ôc par vn R. s’il efb rentrant , & ayant mefuré les deux codez, je fçay leur quantité ; comme par le cercle celle de l’angle, & ainfi en continuant j’emporte mon plan, que ie mettray au net, fi ie veux, fans erreur, à cent lieues de là.
- Pour leuer les plans de la campaigne, la pratique n’en edpas fi mal-aifee, par ce que par deux lieux ou edàfsions,.vous prefentez toufiours vodre ligne, du codé làouvousedes, fans variation, & il ne vous faut point ramener fleur fur dard;5 comme aux angles foli-des, mais feulement en ces angles icy} qui font vuidesj vous ramenez fleur fur fleur, & dard fur dard.
- le vous en donne vne planche en figures : mais pour l’operation de fes angles vuides, il faut des pimulesou pièces percees 8c attachées fur le codé. Au dosdudemy cercle y il faudra marqu er vn cercle, de la mefme grandeur de celuy des degrez, pour prendre deflus les angles des plans, que l’on voudra mettre au net, comme celuy que j’ay 'mis dans la planche , auec fon nom Dos.
- p.135 - vue 139/228
-
-
-
- p.136 - vue 140/228
-
-
-
- Traittè I. \n
- Les angles qui y font marquez furie grand triangle , le font auffi dans le cercle, l’vn fur l’angle puuerc d’vne place, dont ie marque fur chacune extrertiité la partie du cercle qui le donne, par vn o. qui fignifïe ou-uert; ôd angleeft marqué par ces trois lettres A. D. P. qui fignifïe angle delà place, fur le grand angle, ou ou-* uert dudit grandtriangle.
- L’autre angle marqué par S. fur fes extremitez, monftre vn angle de campagne ou vuide , qui eft le me fine du grand triangle , marqué par fes trois lettres A. D, C. qui fignifïe angle de campagne, dont la pratique eft plus eftendüe ,lur le triangle à trois pofi-tionsde places, ou villages,pour en cognoiftreles di-ftances, marquées par i. 2.3.
- Par fes operations, vous verrez ce que j’ay dit, que fur vn angle folide, par ce qu’il faut tranfporter le de-my cercle, fur les coftez oppofez: jlfaut aufsi que l’aiguille, qui eft toufiours fur vne mefme direction, ou parallèles , donne l’angle fur la fleur, & fur la pointe.
- Mais fur les angles vuides , dautant que la ligne ne fe tranfporte point 5 mais regarde toufiours de mefmes 5 aufsi l’aiguille ne change point de regard en la ramenant, & la fleur fe trouue fur la fleur, & le dard fur le dard. Ce demy cercle fe peut loger fur vn pied, auec vn nœud, ou vn genou, comme les autres} fk fur fondos, l’on y peut adioufter tout ce que I on voudra des pratiques communes, pour prendre les hauteurs, & autres obferuations. Il y a vne pratique fort vulgaire, qui fe fai&par le rapport des gens dupais» du-
- Mlïl ij
- p.137 - vue 141/228
-
-
-
- 138 Pratiques du fleur F airey
- quel l’on veut faire des cartes, pour les routes & loge-mens ; elles fefontpar vneefchelle, auec vn triangle de lieu en autre : mais il faut auoir vne grande routine à ce* la, outre qu’il faut que les gens du pais donnent les vrayes dire&ions ôcdiftances, autrementtoutletrauail en eft inutile.
- FIN DV I. LIVRE.
- j
- p.138 - vue 142/228
-
-
-
- TRAICTE SECOND
- DES
- DV SIEVR FABRE
- CONTENANT L'ORDRE
- DE LA GARDE ORDINAIRE
- DES PLACES*
- A PARIS;
- Chez SAMVEL TH IB O V S T, auPahis.cnla Gallerie
- des prifonniers.
- M. DC XXIX.
- dLVÉC TRIJTILEGE DV^ ROT.
- p.n.n. - vue 143/228
-
-
-
- p.n.n. - vue 144/228
-
-
-
- 139
- PREFACE.
- E Trai&e fcmblera fuperflu, d’autant qu’il n’y a vieil Gouuer-neurde place, qui ne me faffeleçon {ut la garde ae celle là ou il commande, enfçachantplusdeparticulantez que tous ceux qui s’en voudraient mefler: mais fiîon confidere mon intention, qui eft de dire la raifon des cliofes qui fe doiuent faire , & dont tous ceux qui commencent d’apprendre le meftier, ne font pas tout à coup refolus , ils trouueront qu’en l’ordre general que le propofe,pour reiglertant les portes de fa&ion, que les corps de garde^ les factions mefmes, il y aura dequoy exercer les nouueaux Capitaines, car pour les expérimentez ( comme l’ay défia
- p.139 - vue 145/228
-
-
-
- 140 PREFACE
- protefté) ils n’ont befoin de mon Liure, ny de mes aduis,auffi n’eft ce pas pour eux, fi ce n’eft entant qu’il leur plaira de mger de ma conception,que l’efcryce trai&ë, qui n’eft non plus pour ceux qui ayment mieux s’imaginer les chofes,que les mettre eneffed: car tout ce que îe dis confifte à agir effeduellement, par fexercice de Fefi prit 6c du corps enfemble ; 6c s’il fe trouue quelque nouueaute en mes termes, ce fera pourefuiter la confufion, 6c fequiuoque, comme grandemët dangereufes en ce me-flier : car d’appeller corps de garde 6c fcn-qnelle,leslieuxdeftinezaux fadions,ce|l confondre ( ce me femble ) la maifoh auec Tbabitant. Etc’eftpourquoydans les places , l’appelle le logement defhné pour re-ceuoir la garde en corps,pofte de garde, 6c la guente aubette ou efchauguette, pofte de fentinelle,ou d’efcoute,puis que tout ce-cy fe pofe auec temps mefuré : car les ron-
- p.140 - vue 146/228
-
-
-
- PREFACE. 4i
- des, patrouilles, 6c autres vifites,nont point de porte reiglee ny arreftee, qu’aux lieux de leurs corps de garde. Et parce que l’execution dvn ordre refolu, confifte au commandement 6c en l’obeyflTance^ôe que mon deffein eft de trai&er de k garde ordinaire des places, qui confifte en tous les deux, il m’a lemblé pour rendre les cliofes plus intelligibles , de procéder par la diuifion fui-uante.
- Les commandemens font fuperieurs > ou inferieurs. Les fuperieurs font abfolus, comme procedans dVn feuf ou refolus par le confentement de plufieurs, ayans meL mes mterefts 6c intentions. Les inferieurs font fubalternes > ou foubfmis à ceux-cy, îufques aux derniers ordres de commandement.
- Les rapports du commandement à h> beïftance parmi les gens de guerre, fecon-fidererorit principalement icy, comme
- Nn ij
- p.141 - vue 147/228
-
-
-
- 142. PREFACE.
- adtions ôcfadtions : Car des dernieres efl
- venue la couflume aujourd’huy receuë, d appeller les fentinelles, 6c autres bas fermées foldatefques fadtionaires. Et am-fi il n’y aura pointde mal,ce me femble, de rendre le mot de fadhon general,pour toute fortes de feruices cofiftans à fairerôe ap-peller auffi generalement,celuyde commander en chef adhon , qui fe rapporte particulièrement à badtion du îugement, comme la fadhon au trauail du corps.
- Les factions doques qui conhflent en l’e-xecution 6c obeylfance,qui efl le feruice, feront confiderees en ce traidte, comme generales, ou particulières.
- Les generales regardent la garde en general, comme fadhon generale, compofee des officiers 6c des fadhonaires pour feruir aux guets,6c autres fadtions,ôc qui tous en-femble dans leur pofle arreflee, font le corps de garde. 1-
- L_esfadions
- p.142 - vue 148/228
-
-
-
- PREFACE. Ï43
- Les fadions de guet, fe font ou en polies arreftees, ou par vifites.
- Les fadions des poftes arreftees font les fentinelles,ou aduancees, que I on appelle perdues, a la campagne, 1 impies, ou doubles,ou triples, félon les occafions ; ou bien proches 6c à couuert de leurs corps de garde dans les places.
- Les fadions des vifites , font les rondes ou patrouilles, generales ou particulières, félon l’ordre 6c le commandement.
- Les poftes des corps de garde dans les places, n ont point d’autre nom propre,que celuy dubaftion, ou quartier qu elles gardent. Ces noms fe donnent félon la fanta-fie de ceux a qui font les places:& celles des fentinelles font cognuè’s, par les noms vuL guaires de guerittes, aubettes, ou efchau-guettes,qui feruent de couuert contre le mauuais temps.Car pour la campagne, 6c principalement aux camps, les armeestL
- p.143 - vue 149/228
-
-
-
- .44 PREFACE. '
- rant pais,ou aux fieges fi elles bloquent, ou attaquent, les portes de garde ny de guet, n ayant point de lieux ordinairement arre-ftez, à caufe des dmerfes occafions, n’ont autre nom que celuy du chef qui y commande durant la fa6tio,fi ce n’ertque lelieu foit fignalé, par quelque chofe de remarquable ,comme.Vn quarrefour,vn arbre,’ vne roche,ou autres chofes.Maisil en faut venir à l’ordre.
- p.144 - vue 150/228
-
-
-
- *4*
- SECOND TRAICTE-
- DE S P RAC TIQVES
- DV SIEVR FABRE* CONTENANT L’ORDRE DE LA
- garde ordinaire des places.
- Ordre des gardes.
- CHAPITRE
- Es gardes font ordinaires ou extraordinaires : les ordinaires fe peuuent reigler 3 car des extraordinaires qui fe font pour diuerfes oc-cafions, l’on n’en fçauroit rien déterminer.
- Selon la con flru&ion des places fortifiées à la moderne,il efl tout certain,que tant plus la tenaille * ou angle flanquant approchera,ou rentrera dans la courtine,tant meilleure en fera la garde: car eh vne grande place, dont le circuit approche plus de la ligne droitte, ou fur les lignes droittes continuées, finiflantfur les angles droits, là où la tenaille fai6t leffeâ: que ie demande, vne fentinelle de celle pofle,qui eft dans l’angle de la tenaille (fi le temps le permet,ôc principalement fur les foffez pleins d’eau) peut voir toute la courtine,les deux efpaulemens,ôt les deux pans des baftions, de la face for
- , O o ij
- p.145 - vue 151/228
-
-
-
- 146 Pratiques du fieur Fabre,
- laquelle il eft en faétion,comme il fepeut voir au plan douze du premier ordre, ôc en tous les dix du fécond ordre,& plus particulièrement & aduantageufement, aux grandes figures quarees, ou en tous fens, ou barlon-gues,dont i’ay donné les derniers plansifurl’vn defquels que ie mets icy, i’ay marqué les poftes des corps de garde &: des fentinelles. Et celles qui font furies angles faillans,voyentàdroitte&àgauche, les deux pans des battions, auec ceux des deux voifins, & leurs efpaule-mens & moitié de leurs courtines. Et les rondes ont les mefmes aduantages, fur les coftez qu elles vifitent.Et furlesefpaulemens ceux qui y font en faétion, voyent autant.que celuy qui ett aunombril de la courtine, là où la tenaille y aboutit,ou s’y renfonce. Voila les aduantages, qu’apportent les rapprochemens de tenailles aux gardes, 8tparcofequent aux deffenfes,puis que la courtine fè conuertit en autant de flanc,qu’elle peut auoir de véue fur les pans des battions.
- C’eft ce qui rendles faufles brayes,ou battes enceintes,excellentes pour les gardes, outre lanecefîàire vtilité de leurs deffenfes. C’eft aufsi pourquoy en. tous mes plans dependansdu cercle, ie ne les ay pas rendues par toutparallelesàlacourtine,ny aux lignesde flanc,fice n’ettfur les portes, affin de gagner ces doubles efpaules, dont les flancs font meilleurs que du cofté de la tenaille: mais ie me fuis autant fondé fur la raifon des gardes, que des deffenfes: car les poftes des fèntinelles,fe trou-uansfurles angles entransôtfaillans, fontlemefme ef-feétque celuy du dedans, fur le nombril delà courtine, êt encore meilleur,parce que les lignes font entieremet & réciproquement veuës de ces endroits là. Et cela
- > mefmc
- p.146 - vue 152/228
-
-
-
- TYâitlé I L 147
- mefme faiét pour la deffenfe, outre (comme il fera dit) que c’eftvn magafin de terre, qui peut feruir pour s’accommoder enfontempsj’ay imaginéaufi.furiesflacs là où il faut retirer parallèlement celle bafTe enceinte, de faire le fécond pont leuis fur l’angle de la tenaille, félon quelle s’y rencontre, ayant néanmoins communié cation auec toutelabaffe enceinte; & ainfi les trois polies d’vnemelme face, bien qu’elles foient aucunement efloignees,fè trouueront en veuë 8c en ouye les vnes des autres, autant que le temps le pourra permettre; ce qui cft la perfection des bonnes gardes.
- Règlement des Gardes.
- CHAPITRE
- IL
- L faudra donc reigîer les gardes, quinedoi-uent ellre elloignees que d’vne raifonnable di-llance* pour en receuoirles effeétsfufdiéls. Or fi l’on y peut apporter quelque reigle,larai-fon s’en trouueraplus aifement, lùr les places régulières en leur figure, que fur les confufemet irregulieresicar la reigle des premières leur doit feruir de modelle, corne en la fortification. 11 y aura donc en yne place régulière , autant de polies ordinaires de lèntinelle, qu’il y aura d’angles faillans aux ballions; c’elt àfçauoir, la pointe, 8t les deux faillies des efpaulemens. Et outre cela, le nombril ou demy courtine, 8t la première pof-te deuant le corps de garde, qui ferontcinq en tout.
- Pay creu que ce reiglement fe pourra mieux comprendre, fur laligne droitte 8t fur les angles droits, comme plus afiubietis,8t ordinaires à nos lèns,que furies au*
- pp
- p.147 - vue 153/228
-
-
-
- 148 Pratiques du fîeur Fabre,
- très figures; parce que mon deffein, s’eftend furdiuers accidens, qui peuuent arriuer de nuit aux gardes, 6c trouuant cefte figure plus propre pour enraifonner ; je l’a y pluftoft efleuë # que les figures qui fe prennent dans le cercle, commemon deffein le monftre.
- Mais pour commencer ce reiglement; jlfautcon-fiderer que nous ne faifons rien de nouueau auiour-d’huy, qui n’aye efté pratiqué, dés que les hommes en nombre de fe pouuoir nuire, font entrez en meffiance les vns des autres, 6c particulièrement ceux, qui fe font attaquez 6c defféndus à main armee. Caries anciennes veilles de trois en trois heures, ne font que nos fentinel-les, 6c bafiès factions de guet ordinaires 5 les efquadres, les manipules, ou pelotons, font quafi la mefme chofe que nos efcoüades, 6c paràduânture hors de l’ordre des combats : eftoit-ce le nombre de leurs hommes, qu’ils mettoient en garde ordinaire en leurs garnifons, fut-ce à la campagne, lors qu’il faifoient place d’armes, retranchée, 6cqui eftoientleurs vrais camps, ou dans les villes comme nous faifons auiourd’huy.
- Maislaiflons 1 antiquité, 6c venons à ce qui fe pratique, ou qui me femble fe deuoir pratiquer maintenant, pour le reiglement des gardes. Car comme ie conçoy, de la façon que nos places (ont difpofees auiourd’huy , à caufe de la différence de nos traits à ceux des anciens; jl a fallu autrement reigler les poftes des fations, que l’on ne faifoit en ce temps-là.
- Ccferadoncauecceuxqui s’y entendent; que jap-prouueray les poftes des corps de garde, en dedans de la place ; au milieu 6c au pied des remparts des courtines, comme ie les ay marquées au delfein, par la lettre G.
- p.148 - vue 154/228
-
-
-
- Traité II. 14?
- qui lignifie garde, & qui feront ainfi alfez proches les vnes des autres, puis qu’elles n’auront qu’vn baltion en-tre deux celles des lèntinelles, aux lieux queiediray & marqueray, fur le melme delïein que j’en donne icy : mais il Faut premièrement fçauoir le nombre d’hommes qu’il faudra, pour garder ordinairement vn ba* ftion , fur toutes fes polies, afin que par celle reigle, l’on demeure d’accord du nombre de la garnifon des places.
- Or il ell tout certain, fuiuant l’ordre de la fortification moderne» que les angles faillans, foitduballion fur là pointe, ou de lès elpaulemens > ne font gueres efi loignez les vns des autres ; & ainfi par l’ordre marqué fur ledelfein, jl faudrapofer la première lèntinelle de-uant le corps de garde, qui fe rencontrera aux aduenuës de la ville & des remparts» que ie marque”. La fécondé en haut fur le nombril de la courtine marquée La troifiefme lùr l’elpaule droitte du baffcion °. La qua-triefme fur fon angle ou pointe Etlacinquiefmelur l’elpaule gauche
- Pp ij
- p.149 - vue 155/228
-
-
-
- ï ui !
- **• t
- Figure qui montre les fofies des corps de gardes Qf desfentinelles.
- p.150 - vue 156/228
-
-
-
- Traifte 11. 151
- Pour les temps des fa&ions, ces cinq fa&ionnai-res doiuent eflre releuez pour le moins, de trois en trois heures, qui font les veilles ordinaires ; ôcainfi aux plus longues nuiéts de Phiuer, qui font depuis le quinziéme deNouembre, iufquesauquinziefme deFeurier : ce qui dure trois mois ; auquel temps les nuiéts (ont de quatorze, quinze,iulques à prés de feize heures : (j’entends de 1 ’vn Soleil à l'autre; quiefble vray temps ôc heure de fermer ôc ouurir les portes aux places jaloufes:)Ils feront releuez cinq fois, qui fera en tout le nombre de vingt-cinq faétions, qui eftà dire autant d’hommes, ôc pour accomplir le nombre de trente, qui eft la troifiéme partie d’vne compagnie de cent hommes ; les dix pour cent retranchez,ôcfans y compter les officiers ,il faudra ad-ioufter encore cinqhommes, qui fera vne efcoüade ou efquadre de trois files; dont les trois efcouadesfoubs trois Caporaux, font la compagnie complette de qua-trevingts dix faétionnaires.Ces cinq icy en chacune efcoüade* feruant pour faire les rondes, [oules accompagner, ôc rendre autres feruices neceflaires ; l’onlesap-pelle Apointez : car ils ont plus haute paye que lesOrdi-naires, Ôc font exempts le plus communément des fa-étionsde fentinelle; Ton lésa appelez autresfois lance e(pezada,ou lance rompue,lors qu’ils eftoient démontez ôc réduits dans l’infanterie , ôc commandoient le corps de garde en l’abfence du Caporal, comme il Ce faid encore auiourd’huy.
- Ce nombre de trente pofé, ôc feruant vne garde, ou foubs le Capitaine en chef, ou foubs le Lieutenant, ou foubs f En feigne, ou foubs vn Sergent, de I’vn def-quels, quel qu’il foit, le Caporal, ou chef d’efcadre,
- p.151 - vue 157/228
-
-
-
- 152 Pratiques dufieur Fabre,
- auectout lecorps des faélionn aires, doit dépendre 61 obéir abfôluëment : car c’efl à eux aufsi durant leur garde , de refpondre de tous les accidens quiy furuiennent. Apres la faélion fèruie, ils auront deux nuiéfo de franches, qui efl le plus grand foulagement que l’on donne aux gardes ; ôc ainfi les trois efeouades foubs vne enfei-gne,ou drapeau, feront la compagnie de cent hommes auecle defeonte de dix pour cent, qui pourront auec le foulagement fufdit’, aifement ôc fans confufion, fer-uir la garde ordinaire d’vn baflion, auec la moitié de fa courtine; ôc ainfi par celle garde exaétemenc obfer-uee, jl faudra autant de compagnies de cent hommes, pour la garnifond vne place, qu’il y aura de ballions fur fa clollure, fi ce n’eft que l’on fe fie ôc aide des habi-tans, dont la garde n’eft pas toufiours fortalfeuree ny reiglee; ôc c’ellpar le moyen fufdit, ce me femble, que lesgarnifons fepeuuentreigler,par la fimple veue des plans réguliers, ôc autres bien raifonnez,en confiderant ôc examinant les diftances despolles des corps de garde ôcdeslentinelles.
- Ceux qui voudront prendre la peine de confide-rerceplan, y pourront remarquer, outre ces cinq polies ordinaires, marquées par les chiffres, encore vne pareille garde fur la baffe enceinte, parles cinq gros points, qui y font reprefentez en cefle forme ♦ dont le premier efl prés du corps de garde ; le fécond au pied de fefpaule droitte ; le troifiéme fur le milieu du pan droit; le quatrième fur le milieu du pan gauche, ôc le cinquième au pied de fefpaule gauche, qui efl l’ordre de garde qui fe doit faire au dehors, ôc qui efl la plus feurepour le dedans : car le foffé ôc toqtes les portes,
- p.152 - vue 158/228
-
-
-
- TraiBe II.
- en font de beaucoup mieuxgardees, defcouuertes, 8t plus aifement vifitees que du haut du rempart. Ces gardes doubles fe font alors, que Ion a aduis des entre-prinfes des ennemis, ou que leurs armees font proches de la place.
- Outre les obferuâtions fufdites, j’ay lailfé furies quatre angles du dedans de la place, vne efpace d’en-uiron cinquante toiles en tous fens, marquée P. D. qui feruira en cas d’allarme,de quatre places d’armes, ou rendez-vous , pour les compagnies qui auront défia receu ceft ordre, pour de là enuoyer des hommes, aux lieux là où les ennemis aflfaillent, 8c doubler les gardes là où il en fera befoin, fe referuant toufiours vn allez fuffîfant nombre d’hommes, pourfubuenir aux acci-dens quipeuuentarriuer, foit pour aller affronter les ennemis fur les remparts, 8c les repouffer, ou dans les rues, s’ils font défia dans la place , 8c les prendre par flanc, 8c les coupper 8c feparer de leurs gros, qui eft le moyen de les deffaire ou chaffer plus promptement de la place. La difpofition de ce defleîn, permet de laifl fer ces efpaces, auec la place publique, qui fert de place d’armes generale ; 8c qui eftant au milieu de la place, là où le corps de garde major fe pofe ordinairement, 8c là où le Gouuerneur fe rend,comme au centre, auec ce qu’il a de meilleur, pour donner ordre à tout ce qui fur-uient d’accidens, durant les allarmes ou furprinfes.
- Le plan entier 8c accopli en petit furie quarré parfait, monftre la difpofition de ces places d’armes „ auquel 8cà tous les autres de cefte façon,j’ay laifle ao.toifes d’efpace entre les remparts 8tleslogemens, pour la plus grande liberté des gardes, outre que tout cela fert > tant pour
- p.153 - vue 159/228
-
-
-
- 154 Pratiques du Jieur Fabre,
- exercer les foldats» 5c faire reueuës, que de promenades auxhabitans.
- le continueraydoncce difeours en fuittedes rondes, fans nveftendre dauantage aux menus des gardes: fur ce qu’illêmeutquelquefois desdifputes,àla rencontre des rondes croifees, pour fçauoir laquelle doitplu-lloft receuoir lemot, oulapremiere, qui parle qui va là, defcouure celle qui vient àluy, ou celle qui eft plus prés de fon corps de garde : Et Sautant que dans les grandes places, l’onpolè des corps de gardes majors, de là où l’on enuoye des rondes & patroüilles , ou que par l’ordre du Gouuerneur , fes domeftiques qualifiez en font lors qu’il le juge à propos, il me femble pour le plus alîèuré , pour olter celle chicane, indigne des gens de guerre,qu’il faudroit faire accompagner la ronde qui fort de fon corps degarde, {bit du major ou d’ailleurs, par vnApointé ou autre,ayant aulsi lè mot, jufques àlapremière fentinelle du prochain corps de garde : car parce moyen ladilputeferoit oflee, par ce que tous les corps de garde faifant de mef-me accompagner les rondes, iulques à la plus prochaine polie du corps de garde voifin, jl faudra que les rondes donnent le mot par toutes les autres polies de garde, horfmis en celles de leurs corps, là où elles lé rece-uront des autres, & fi la rencontre fe faiét entre deux gardes, celuy qui aura la main droitte furies dehors, le fera rendre à celuy qui l’aura fur le dedans de la place; & voila ce me lèmble dequoy terminer ce different, & le compagnon qui retournera, fera toufiours la ronde double fur fes polies. Celle faétion efl vn peu pénible, mais elle eft feure & hors de dilpute.
- Ilarriue
- p.154 - vue 160/228
-
-
-
- Traiïïé IL 155
- Il arriue vn autre accident qui n eft pas moins pon* tilleux,pour le regard des SergensMaj ors lors qu’ils font la première ronde, pour recognoiftre fi le mot ou ordre elt bien donné, receu, & obferué, par tous les corps de garde. Cela le doit véritablement faire pendant qu’il re-fbedu iour, ôcdésqu’ilarendu les clefs au Gouuerneun car eftant recognu l’on ne luy doit point refufer celaj puis que c’eft par raifon d’ordre \ maiscomecelte charge eft pénible ôtfubiette , il elt bien fouuent mal-aifé qu’il puilfe faire celle ronde à celle heure-là 5 car pour les aides la dilpute en eft encore plus grande»
- S’il arriue donc qu’il face là première ronde à nuiét clofe, pour éuiterledefordre que la chaleur de quelque jeune officier pourroit engendrer, jl'vaut bien mieux qu’il le rénde pailiblement, & le redife encore vne Ôc deux fois à l’oreille de celuy qui le reçoit,& s’informe encore s’ill’auoit demelme, afin qu’il ne fe change point, comme il arriue bien fouuent : car cela melfne fe peut rencontrer aux alarmes, lors que l’on change le mot à dellein, depeurdetrahilbn ou furprinle, là où il n’elt pas temps de conteller; mais il le doit promptement rendre 6t changer, félon l’ordre & le commandement qu’il en a du Gouuerneur.
- le donneray encore ce petit aduis lur les fentinelles, qu’il eftbeaucoup meilleur de les releuer en diuers teps que non pas toutes à la fois ; car ce font autant de rondes & vifites, que faiél celuy qui les releue furies polies làoùilrepalTe.
- Par le mauuais temps, foitfroid, venteux ouplu-uieux, il les faut fort fouuent releuer, ôtmefmes les doubler : car c’eft alors que les entreprenans exécutent mi-
- p.155 - vue 161/228
-
-
-
- 1)6 Pratiques du Jieur Fabre,
- eux leurs delleins, fi par malheur les poftes fe trouuent en mauuaifè garde par le deffaut des factionnaires, qui le feront mis àl’abry, ou fi par vn plus grand inconue* nient, le froid ouïes orages ne les ont tranfis ou ef-tourdis.
- le neparle icy que des gardes ordinaires, qui fe doi-uent faire autour de la place: car pour celles qui fe font aux dedans,pour autres refpeCts ou confiderations; jeles laide félon les occafions, au foin & à laprudencede ce* luy qui y doit agir dedans.
- Et celte reigle generale n’oblige point les faCtions là où il n’en eft point de befoin : earfurvneriuiere, vn marais , ou vn précipice , ou autres lieux de difficile abord, ilfemble fuperflu degarder, cequifegarde de foy mefme, & fur les collez des places qui ont fes ad-uantages pour la garde, l’on ne s’en peine pas tant que aux autres endroits : combien qu’il faille veiller fur tout fort foigneufement, pour plus grande feureté, & n’en négliger ny garde, ny vifite : car c’ell le plus fbuuent parla que les places font furprinfes.
- FIN DV II. T RAI C TE,
- p.156 - vue 162/228
-
-
-
- TRAICTE III.
- PRACTIQVES
- DV SIEVR FABRE,
- CONTENANT LES SIEGES
- ET ATTAQVES
- DESPLACES.
- A P A R I S ;
- ghez SAMVEL T HIB O V S T, au Palais, en la Gallcrie
- des prifonniers.
- M.^DC XX IX
- WVEC PRIVILEGE DV ROT.
- p.n.n. - vue 163/228
-
-
-
- p.n.n. - vue 164/228
-
-
-
- PREFACE.
- E difcoürs ferôit mieux receu dVn'grandCapitaine que demôy; mais félon ma première protefta-tien, qui eft de faciliter les moyens delà cognoilfance des quatre parties que j’ay promifes > par les plus receuès opinions des expérimentez ; fentreprendray de parler des feges ôc attaques des places, auec lamefme referuepour ceux qui au-, ront,ôé plus dexperience ôe meilleure imagination que moy, d’y glôfer 8c fupprimer ce qu’ils y trouuerôiit dedefe&ueux ou fu-perflu , en y apportant leurs plus faines opinions: Et diray que les circônftancesde
- aces, qüi fefaid
- en intention
- R» »i
- p.157 - vue 165/228
-
-
-
- 1,1 PREFACE.
- fifter,” eftant bien cogneuës donnent vne grande ouuerture aux defleins de les attaquer , &: que celuy qui entend bien le fonds du premier heft pas beaucoup eiloigné de la cognoiftance generale de l’autre.
- En ce traidé îcy, j e propofe du trauail à faire ; car auec luy l’on vient à bout de tout, & fans luy l’homme n’a rien, puis que fon pain mefmen eft quelefalaire de fes labeurs; je ne dis pas pourtant non plus que aux gardes, qu’il en faille faire là où il n’en eftpasbefoin.
- Mais il faudra cofiderer icy,que le terme d’attaque auquel on oppofe la deffence, eft accouftumé,parce que c eft la voye des plus vigoureufes ôegenereufes a&ions, qui font les combats ordinaires, ôc les alfauts, &: qui font caufe,à mon aduis ,que le terme en eft plus en vfage, comme milieu entre le fiege àc l’aflaut : voila pourquoy il eft communément pnns pour vne bonne par-
- tic des
- p.158 - vue 166/228
-
-
-
- PREFACE
- tie des autres adions, qui eft la caufe que ie ne change rien à celle façon de parler, 6c appelle ce troifiefme Traidé attaque ; co~* bien que la façon d’alsieger en general, y foit defcrite, félon mon imagination foubs ce terme dont lonvfe communément, ôt qui ellvn de ceux qui fignifie leftat pre-fent, des trouppes alfemblees, auec armes en vn corps bien ordonné, foubs vn Gene-
- ral oc ornciers au aeiiouos ae iuy,auec toutes les chofes neceflaires à vne armee ; veu
- que hors de cet ordre, ce nell qu vne af-femblee tumultueufe ôc confufe, plus ca~ pable de defordre, ruine Ôe dilsipation, que d’aucune bonne adion.
- Et combien que jappréhende d’auoir mauuaife grâce en mes difgrelsions trop frequentes, toutesfois fi mon intention eft aucunement excufee, j hafarderay cefte-cy pour ceux feulement, qui n ont pas encore la cognoilfance des chofes qui fe font
- Ss
- p.159 - vue 167/228
-
-
-
- Wo PREFACE.'
- aux armees : Car d’vne armee bien regleé,1 6c conduite,I on dit quelle marche,loge, ou combat,ce qui s’entend,en tirant 6c aduan-çant pais, ou en fe retirant.
- Ou bien on dit, l’armee campe, afsie-ge, inueftit, bloque, attaque, ou allant, qui font termes, dont les quatre premiers lignifient,arreft 6c demeure en quelque lieu, x>ur l’effed: des deux qui fument,à fçauoir attaque 6c l’affaut, s’il en faut venir àîex-tremite du dernier.
- Or toutes fes a&ions d’armee, font auf-
- * À
- fi differentes que les lubiets s’en rencontrent diffemblables : Car pour l’ordre de marcher, il eft aufsi diuers que le nombre des hommes,de l’attirail 6c autres voitures, fe trouue proportionné,ou dilproportion-né à la dilpofition des paffages. Il en eft de melmedeceluy du loger, ce que j’entens en quartiers feparez, pour fe rejoindre en corps félon les rendez-vous donnez par le
- p.160 - vue 168/228
-
-
-
- PREFACE ia
- General : Car pour les combats, la diuer-f,tc en eft bien encore plus grande , veu qu’il ne fie trouue point, que deux batailles fie foient ïamais données, auec obfbmation des combatans, quel ordre qu’il aye eii> de femblable aux precedentes, qui aye reufsi femblablement, 6c en mefme point, a caufe d’vne infinité de circonftances qui fc rencotrent, tant en la diuerfité des lieux, qu’en la différence des accidens qui arri-uent inopinément en ces occafions, 6c défi* quels le fieul remede, dépend de l’œil 6c du iugement de celuy qui coduit ladion: Car le plus fouuent ces accidens, lors qu’on en vient aux mains, font fi foudains 6c îm-preueus, qu il eft quafi impofsible d’vfer d’autre dificours, que de celuy du bon Génie prefient 6c afsiftant, ou par le moyen d’vnbon 6c prômptmouuement, ou par celuy d’vn foudain reffiouuemr des occa-j fions pareilles à celles qui fc prefentent»
- p.161 - vue 169/228
-
-
-
- i& PREFACE
- commettant le refte à l’euenement, qui de-* pendabfoluëment de la volonté de Dieu. Voila à monaduis les trois principales actions de la campagne à defcouuert.
- Il en refte encore fix, dont les quatre premières, comme j’aydit, reprefentent quelque forme de repos au gros du corps dans le fejour des armees ( fi dans ces corps fidiuers il fe peut trouuer du repos) defi-quels toutesfois les deux fortes de camper,' foit à defcouuert pour quelque temps à la campagne, ou auec patience refoluë de-uant les places , horfmis les factions des gardes, en ont quelque reftemblance, auf-quelles fix il ne s y rencotre guere moins de diuerfité qu’aux trois precedentes, tant à caufe des lieux que des accidens, ôc fur lesquels iene m’eftendray pasdauantage,de peur d’eftre ennuyeux.’
- Mais reuenant au propos de camper fimplement, quimefemble fedeuoir en-
- cendre
- p.162 - vue 170/228
-
-
-
- , PREFACE. tS)
- tedre de larmee arreftee & logée au piquet à la campagne : car le lieu là ou elle, s’arrefte, ainfi s’appelle proprement Camp,6c de ce-ftui-cytous les autres s appellent Camps; Voila pourquoy Ion efcrit du Camp de telle part, ou au Camp en telle part: Combien que le terme fe foit rendu general, en quel eftat que foit l armee en corps:car l’on appelle le tout Camp, bien qu elle loge ou marche.
- Alors donc qu elle s’arrefte purement ôcfimplement, ôc quelle faid place d’armes , elle fe retranche ôc fortifie par portes de garde ôc de deffence, pour fe mettre à couuert des ennemis, & éuiter le hafard du combat, fi elle ne s*y trouue forcée, ou dif-pofee ôc obligée, par des fortes & aduanta-geufes confiderations, voyant ou fçachant les ennemis en campagne, ou en corps d’armee, ou feparez, ôe à deffein de fe joindre &c fairetefte,&: empefcher fes progrez.
- p.163 - vue 171/228
-
-
-
- i^4 PREFACE
- Et voila fe me femble ce qui fe doit appeler proprement Camper; & qui fe dit en vieux termes, alTeoir l’hoft, & afleoir le Camp; combienquil femble, qu alTeoir l’fioft, fe rapporte feulement à laplace d’armes, ou defcouuerte, ou fortifiée à la campagne: & qu alTeoir leCampfignifie, af* {îeger vne place, foit en hnueftiftant feulement ; ce qui fe fai6t aux petites places, & qu’il faut promptement expedier : ou bien faifant F enceinte de la clofture, fortifiée par communication de trauaux ; qui eft ce que l’on appelle Bloccus ; combien que tous ces trois loient a êtes d’hoftilité: mais il faut venir à l’ordre desSieges,qui eft l’afsiette du camp deuant les places, en intention de prendre les afsiegez par le bec, comme on dit, qui eft auec la patience du bloccus, ôequi nerefte pas pourtant d’e-ftre vne efpece d attaque;mais néanmoins vn peu efloignee; ou bien les prefter par les
- p.164 - vue 172/228
-
-
-
- PREFACE / ^
- attaques d’approche^ui fe font pifed à pied pour en venir aux mains par affaut, ou pour mieux en auoir raifon, par compofî-non, qui eft vne voye plus humaine.
- Or 1 on fe refout à la clofture du Camp, fi la pl ace eft tellement forte, foit par nature ou par art, 6c munie tant d hommes,que de toutes cliofes neceftaires à la vie ôeàla deffence, que les autres moyens d’en venir à bout, engendrent pluftoft du delordre,ôe de la confufion que de l’vtilite, ôe retardent pluftoft l’execution du deftein que 1 ad-uancer ; comme font les attaques 6c aftauts précipitez, fur quoy il y auroit beaucoup de chofes à dire.
- Cefte façon d’afsieger par clofture, eft véritablement la plus longue 6c laplus oifi-ue ; mais pourtant la plus feüre* fil’afsiege-ant a bien pnns fes mefures : car il n y a point déplacé imprenable par ce biaisdà, quelle inexpugnable qu elle foit . Et com-
- Tt U
- p.165 - vue 173/228
-
-
-
- *« PREFACE.
- bien-que ce ne foit pas de mon fai6t 1 cy, de m’eftendre fur les circonstances de celle façon de Siégé, qui reuisiffant eft vne action de prudence ôe de bon-heur, veu que touclelubietde mon liure, eft la faânon d’obeiffance & de crauail, félon l’ordre de celuy qui agit généralement. I’ay creu ne-antmoins, qu’il nyauroitpointdemalde fre ces différences, à ceux qui n ont point encore véu le loup, comme on dit.
- Or tout ce trauail par clofture, fe fai6t en intention d’efuiter fes trois chofes.
- La première , que les ennemis riem-pefchent point voftre deffein, vous obligeant aucombat, s’il vous trouue àdefcou-uert fans retranchemens.
- faire cognoi q
- point
- La fécondé, que par voftre trauail bien garde,vous empefchiez les fbrties àla cam-J pagne,de ceux que vous auez enfermez; çar leur pentes çourfes ayant la campagne
- p.166 - vue 174/228
-
-
-
- PREFACE lèy
- libre, les tiennent en chaleur ôCefperance, par le moyen de quelques petits butins ou prifonmers qu'ils attrapent, outre que par ce moyen, ils reçoiuent desaduis à toute heure.
- Latroifiefme & la principale eft, que vous empefchiez par ce moyen les fecours 6c rafraichiiTemens generaux,que les afsie-gezpeuuent reçeuoir ; qui eft ordinairement leur deliurance.Ie tafcheray cy-apres
- que tout ce que j’aydit aux deux précédais traictez. Et reray voir que dans cet enclos afteure, rafsiegeantpeutmefiiager fesdef-feins, veu que s’il recognoift foible la place qu il afsiege, ou par les deffauts de la nature ou de 1 art,ou par la diminution du nombre des hommes, réduits à tel point qu ils ne puiftent pas fubfifter, àgarder le circuit de la place 6c de Tes dehors, ou fournir aux fadnons 6c trauaux dont l'on aurarecognu
- p.167 - vue 175/228
-
-
-
- i<8 PREFACE.
- les deffauts. Il peut pour gaigner le temps," entreprendre l’attaque pied à pied, pour s’attacher par trauail, au dernier pied du rempart de la place , &c de là l’aiffaillir à camp ouuert,ou par autre moyen que l’oc-cafion luy offrira. Car attaquer &c affaillir font deux chofes bien differentes; l’attaque fe faifant par attachemens,.& continuation de trauaux îufques à la place ; mais l’affaut eft fe jetter à corps perdu, àc d’vn plain fault ; ou auec vne pareille promptitude dans la place, & en venir aux mains pour vaincre les affaillis, ou receuoir du pire ef-tant repoufsé : cecy foitdit generalement; car il en faut venir au particulier.
- p.168 - vue 176/228
-
-
-
- T R A I C T E III.
- DES PRACTIQVES
- DV SIEVR FABRE*
- CONTENANT LES
- & attaques des places.
- SIEGES
- - __________..- ____________________: .1
- jDe la cognoijfance (g recognoijfancè des places-.
- CHAPITRE L
- À place fur laquelle oh à deflfein , doit eftre bien cognuë & recognuë, car ie la prefup-pofe du nombre de celles que l’on eftime bonnes : car autrement il n’y faudrait pas tant de façon, combien qu’il en faille Içauoir toutes les particularitez, quelque mefchante qu elle puiflè eftre» Or elle doit eftre cognuë , principalement parles moyens qu’elle a de refifter » tant par le nombre des hommes, par les munitions de bouche & de guerre qui y font dedans, que par les fecours & rafraiehifle-ment quelle peut receuoir, ou qu’onluy peut em-pefchçr.
- Et recognuë par ï’afsiette, par les aduenuës, par les trauaüx qui y fontdefia faits,ouqui s’y peuuent faire tant au dedans qu’au dehors > autant quelle pourra eftre recognuë.
- ' Xv ij
- p.169 - vue 177/228
-
-
-
- 170 TraiBé III. PraB. du fieur Fah.
- La première cognoilïance, ne peut venirque par l’intelligence des perfonnes affidees ; ôc larecognoif-fance, par hommes hardis, capables, ôc expérimentez en telles choies, & n’ayant autre interefl que leur propre deuoir.
- Les bons plans donnent vne moyenne cognoifian-ce, tant de la capacité de la place en toutes Tes parties, que de ladifpofition des alignemens des deffences : Il en fera meilleur, fi les aduenües ôc la campagne à vne îieüeauxenuironsylbntreprefentees. Mais comme la guerre fefaiét à l’œil, au fs i la veüe de la place, en donne vne bien plps grande ôc certaine cognoifiance, que le meilleur & exaét plan que l’on fçauroit faire.
- Suppofant donc toutes choies cognües, recognué’s, meurement deliberees, ôcles préparatifs du deffein difi pofezparbon ordre, il nefaut plus marchander, ains diligenter labefongne : car fi le temps eft cher en quelque occafion, il l’eft principalement en celle icy.
- La première choie donc que l’entreprenant doit faire, c’ell de s’alïeurer les pafiages, pour auoir communication auecfes amis» ôc receuoir toutes choies ne-celfaires à maintenir fon armee : Chaftiantauec feueri-té, tous ceux qui apporteront lemoindre defordreàce: lie commodité. Toutes ces chofes ellant alfeurees ôc reiglces » il doit marcher refolument, ôcinueftir la place , fi elle eft de la nature, de celles qui le peuuent eltre promptement, logeant fes quartiers auec prudence? confiderant ce qui luy peut arriuer, tant du dedans que du dehors ; ôc prendra tout au pire : car ainfi failànt il pouruoiraàtout, à fon aduantage.
- Or il peut arriuerquepour s’affeurer lespaflagesil
- rencontrera
- p.170 - vue 178/228
-
-
-
- Trat&é 11 L ïjt
- rencontrera fur Ton chemin telles places , qui feront de petite confiderationenellemefnics; mais pourtant en tels lieux, qu’elles pourront retarder Tes plus grands deffeins: Commepourroient eftre quelque petits forts fur vn partage, ou petits villages fortifiez , ou bien quelques mefchants chafteaux , ou autres lieux à faire pendre celuy qui imprudemment y attend le cânpn*
- En ce cas, jl faut prefler cela par attaque fans sy beaucoup amufer> les inueftiffant 8t ferrant de prés, êc fe feruant de tous les âduântages que la nature du lieu donnera, ou que la mefnagerie des habitans aura voulu efpargner, comme forte z d’heritagés, murailles de jardins, hay es, petits logis, 8t chemins ereux;le tout nonveuny enfilé; mais fur ces mefchants lieux il fè faut feruir promptement ôc habilement du canon 5 car ils en reçoiuent de grandes incommoditez & eftonne* mens : Et mefme fi la place fe peut aborder par des lieux non flanquez, & que I on fepuifle loger au pied des murailles, jlfèra aisé, d’y faire ouuerture foubs des bons mantelets parlafàppe, pour y loger des petarts debout, ou bien les piloter, êcbrufler les eftânçons pour enleuer ou ruiner le mur, ôt y faire breche, pour à quoy plus facilement paruenir, il faut perpétuellement tirer fur les embrafeures des inueftis, foit en les aueuglant par le canon, ouïes rendant perilleufes & inutiles parla moufqueterie, ce qu’il faut faire tant de iour que de nuiét.
- Ces chofes expediees aux petites places, & arriuant deuant la place fur laquelle eft le principal defïein, pour éuiter les inconueniens que jay dits en ma préfacé, jl faudra clorre & retrancher le Camp.
- p.171 - vue 179/228
-
-
-
- 1
- Pratiques du fieurFabre>
- De la clojture du Camp ou Bloccuf.
- CHAPITRE II.
- Arce que ceux qui s’enferment dans vnè bonne place, pour y attendre î’euenement d’vn long fiege, nelaiffent rien à l’entour qui lespuifle incommoder, ny accommoder lesafsiegeans, & melmes iufques à efplanadertout ce qui peut couurir les attaquans ou fauorifer les approches, s’ils en ont la commodité ôdetemps: Ieprefup-pofe en ceffc ordre de camper que iedelcris au commencement de ce traité, que I on doit trouuer la campagne defcouuerte & denuee de toute commodité» combien que rarement fe trouue-il place» là où la nature ne donne aux enuirons quelques petites hauteurs, que l’on appelle rideaux, & qui peuuent couurir les lo-gemens, pourueu qu’on s’aide de quelque peu de tra-uail ; c’efl pourquoy j’en ay reprefenté vn deuant le quartier que ieloge, marqué par les lettres T. qui peutfignifier trauerle, s’y elle eft fort exhauflee. Ce n’effc pas que ie la mette en confideration de couuer-ture des coups de canon : car iln’eftny bien feant, ny félon le bon ordre, de commencer les logemcns fi prés, fi ce n’efi: que le rideau fut fi aduantageux, qu’il fut mal-aisé d’en eftre incommodé parles volees perdues du dedans ; ce qui peut arriuer eftant trop prés? outre que les alarmes font trop frequentes en ces voifinagesfiprochains, fi ce n’eft dans les approches de l’attaque , là où elles font ordinaires & accouftu-
- p.172 - vue 180/228
-
-
-
- TraiBé III. m
- fiaeès: ou bien l’on fe pourra feruir de Tes petites emi-rtencesj fi elles fetrouuent entre vnè riuiere 8t la place* St que pour referrer dauantage les alsiegez, il fe faille loge en vne moyenne diflance,8c l’accornoder ou félon la form e que ie luy doue, ou autre telle que l’on trouuera meilleure,& eftendre le quartier au delà du rideau efioi-gné de la place, cortie ie le reprefente, ayant neatmoins lepafiage de la riuierelibre : ce n eftpas que j’ellablilFe cet ordre abfolumentj car les difpofitions des afsiettès* St rencontres des lieux aucunement couuerts, difpem fentd’vne figure fi exaéle -, maisilfâutprendrequelque chofe dereiglé pourpatron, fi l’on veut imiter le bon ordre.
- Cell âduântâge donc fe rencontrant, il ne le faü* dira pas mefprifer, St mefmes fi l’on ëll necèfsité de fe loger prés, ne trouüânt pas là nature du lieu ainfi difpo* fee 5 jl faudra trauailler, ou en celle forte, ou en quelque autre, ou de front ou autrement* pourueü qu’elle ne foit point enfilee : le la reprefente prés de la place ; ce n’efl pas qu'elle doiue eftre fi prés 5 car il faut pour le moins efuiter la volee du canon 5 mais ie ne là pouüois repre*> fenter dans ce papier qu’en celle dillance ; St ne faut point aufsi trouuer effrange * fi ie la reprefente deux fois, l’vne icy, St l’autre en là piece entière, la joignant St affemblant par la moitié de la figure de la place ; car c eft pour monllrer deux attaques * fur deux faces op* pofees de la place, aüecles quartiers logez*
- Pour entrer donc en trauail, fi le lieu offre celle commodité decouuertüré,il s’en faudra feruir; St fi elle fe rencontre baffe la rehauffer, quand ce ne feroit que
- Xx ij
- p.173 - vue 181/228
-
-
-
- 174 Pratiques dufieur Fabret
- pour empefcher que les afsiegez ne voyent lordre de voftre logement, comme il eft aisé auiourd’huy par les tuyaux optiques ou lunettes d’approches, & commencer à trauailler fur la main droitte, au grand logement pour le General, commeeftant laperfonne la plus recommandable , lequel trauail il faudra faire en laforme, qu’elle y effc defsignee,ou corne celle delà main gauche, marquée comela premierepardes grandes lettres LL. fi ce n’efl; queladifpofitiondulieuen offre vne meilleure, ou qu’il oblige à vne autre par ladiuçrfité de fon af fiette:carces trauauxnefontpas dereffencedudefïèin; mais il fuffiradeles rendre afïèurez & commodes.
- JEn mefme temps il faudra trauailler aux redoutes quarrees deuersla campagne, pareilles & en mefme di-ftance que celles qui font au pied defdits logem ens, l’vn defquels pourra feruirpour quelque perfonne qualifies 6c confiderable apres celle du General,ou à tel autre vfa-ge que l’on aduifera le mieux, foit pour le parc general de l’artillerie ou desviures.
- Ces logemens font fortifiez fur l’angle droit,l’vncou-uert, & l’autre ouuert, tous deux deffendus du nombril delà courtine, làoù font leurs entrées ôc jOues, tant du coflé du quartier que de la campagne. La trachee ouli-gnequilesjointl’vne à l’autre efî: d’enuiron fbixantedix toifesde longueur, & fa largeur de deux toifes, laquelle largeur fe doit donner, tanta celle-cy qu’aux tranchées d’approche, parce qu’aux attaques dans cefte efpacc, l’on peut rouler le canon & les chariots pour le feruir. Les ouucrtures y font marquées au milieu des lignes} I on en faiéfc là où il en eff feulementbefoin.
- Lesredoutesont vingt toifes de face, qui me fem-
- blevnc
- p.174 - vue 182/228
-
-
-
- III. m
- ble vne râifonnable grandeur, tant pour la gardé que pourladeffence: car ily aura duvuide derrière lepara-peét allez fufïïfan^pourméttre vn bon nombre d’hommes àcouuert, aueé l’elpace libre pour le combat. Pour la hauteur elle fe prendra de lavuidange de leurs folfez,qui fe pourra exhaulfer iufques a quinze ou vingt pieds,
- le n’ay pas beaucoup eflargy le quartier, parce que je n’y fay que deux rangs de petits logemens pour les gens de guerre, marquez par les petites lettres l l. entre lefquelsie marque trois parcs, Tvn au milieu, ôdes autres deux à droitte St à gauche, qui Terniront pour les'particulieres munitions de bouche ou de guerre, ou à tel autre vlage queTon âduifera pour le mieux»
- Entre tous ces logemens St les redoutes qui font vers' la campagne, je laide enuiron quarante toifes de diftan-ce, qui eftla place d’arm es, pour (émettre en ordre de deffendre laclofture, fi elle eft attaquée. I’ay marqué par vne vn des petits logemens prés du grand à main droitte, qui fera à la veuë du General, & feruira de Chapelle au quartier, St ne m’amufè point à marquer les huttes particulières des gens de guerre, Toit Infanterie, ou Caualerie , ou pour les viuandiers St marchands : car c’eft vne chofe afifez vulgaire,outre que j’ay protefté de ne m’eftendre point au menu, m’arreftant feulement à ce qui me femblefè deuoir faire generallement, & à peu prés,pour lelogemertt d’vn quartier. Mais il faut continuer l’enceinte pour fè donner la main , St auoir comu-nication d’vn quartier à l’autre, Scparcetrauail fepre-cautionner, contre les trois accidens que j’ay dits cy-deuant en ma préfacé,
- T y
- p.175 - vue 183/228
-
-
-
- Moitié de la firurê de là cloflure du Camp ouBloccus.
- p.176 - vue 184/228
-
-
-
- Traiffi III.
- Laplanche de ces logemens & attaques efl employée deux fois en ce chapitre, afin de voir la fîgu • re&le difcours enfemble. Orfil’oneflrefoluàlafim-pie cloflure, il faudra joindre les doubles redoutes de la cloflure aux deux dernieres, qui font à droitte St à gauche, hors desgrands logemens, & qui finiflentaux deux bouts du rideau, outrauerfe. Car fi le deffein efl d’attaquer, il faudra continuer leurs lignes vers la place, pour joindre les deux redoutes aduancees dans la cloflure, & qui font fans marque, comme il fe dira aux trauaux de l’attaque, St fur la figure entière cy-apres.
- le ne donne pas tant de diflance à fes doubles re-* doutes, du refie delà cloflure hors des logemens, quà celles quicouurentles quartiers, parce qu elles font plus feurement efpaulees les vnes des autres eflant plus proches, & laiffe leurs lignes de la largeur des autres} mais ie fay leurs foffez aucunement plus larges, pour-ce qu’il faut prendre dauantagedeleur vuidange, pour en faire les parapets plus forts,elles font doubles,au lieu des petits forts de campagne que l’on fai6t ordinairement , félon la fantafie, ou de ceux qui commandent, ou de ceux à qui l’on commet la direction du trauaifi j’en ay donné quatre félon lamienne , à fçauoir le triangle St quadrangle compofez en l’ordre des plans, St deux fimples auec angles defcouuerts en l’irregulier, chap.i(5. Car flanc imparfaiél pour imparfait, je ny trouue pas grande différence, puis que le fecours en efl fi proche, St que toute l’armee efl obligée à les fou fie-nir fi elles font attaquées.
- l’allegue lamefmeexcufe pour leur voifinage de la
- Y y ij
- p.177 - vue 185/228
-
-
-
- 178 Pratiques dafeur Fabre#
- place, que j’ay faiét du quartier 5 car elles ne doiuent point eftre expofees, en lieuqu’elles puilTent eftre en-leueesparlesafsiegez, nymefmes attaquées * fans que l’onaye le temps de lcsfecourir, & couper les ennemis entre la place 8t Tes poftes.
- Iay aduancé vne tenaille efpauîee au milieu du rideau, 6tdeuant leparc du milieu, marqué M. quifer-uira à deux effets ; le premier pour le fimple bloccus; carl’eleuant de raifonnable hauteur, elledefcouuriraaft fez loin, ôt mefmes 1 on pourra loger de l’artillerie fur (es efpaulemens, qui verra fur la campagne, lors que les trouppesdes afsiegezfortiront dececofté-là, outre que les gardes feront fortafleureesdansceftepofte; c’eft la première confideration. -
- La fécondé eft, que fi l’on fe refout à l’attaque, l’af femblee des compagnies qui entreront en garde aux tranchées, s’en fera en ce lieu-là, pour prendre l’ordre de leurs departemens, à droitte & à gauche, félonies jlluës quicommencentleslignesd’approche, à trauers lés colles de ladite tenaille; c’eft pourquoy elle eft marquée ASS. qui figniheaffemblee ; 6t mefmes fi fans autre plus grand deffein, l’on veut tenir les afsiegez plus ferrez, &en plus grande apprehenfion, l’on pourraad-uancer les lignes qui fortent de la tenaille, iufques aux redoutes marquées R. que l’on communiquera aux deux parcs, à droitte 6t à gauche marquez M. foubs les grands logemens ; 6t ainfi le quartier fera encore clos du cofté de la place, 6c gardé tant par la tenaille, que par les deux redoutes; car les deux bouts du rideau fepeu-uent aifement accommoder.
- Voila iufques ou fe peut eftendre la clofture ou
- " “ Bloccus
- p.178 - vue 186/228
-
-
-
- Traitte IIL
- Bloccus (ans rien engager : cecy confifteert traüailbiert ordonné, fidèlement, foigneufement & diligemment exécuté , qui feruira d accoufturner les (oldats à la fatigue, 8c à la patience necefiaire, afléurera les quartiers, 8c donnera le temps de toufiours mieux confiderer, 8c re-cognoiftre la place ; outre que fur ces temps-là, les afsie-gez hafardent ordinairement des forties, qui ne reufsif-fentque rarement àleuraduantage , filés trauaux font bien fouftenus, 8c mefme bien fouuent ils y perdent telles perfonnes ) que leur bon-heur aux chofes reduit-tes àl’extremité euft dépendu de leur prefence»
- Des tranchées d'approche çf des batteries9 qui font tes trauaux
- CHAPITRE IIL
- A tenaille dontj ay fait mention aü Chapitre precedent eft vnemertace de l'attaque* puis qu’elletourne (es angles deffendus vers lapla-ce, 8c qui eftant bien gardez 8c munis de ca^ non, doit tenir les afsiegezen ceruelle: c eft aufsi de ce lieu là,que le deffein des approches fe doit commencer, 8c cepar les lignes qui fortet des codez de ladite tenaille, 8c qui fe joignent auec celles qui fortiront aufii, 8c en mefme temps des parcs M. à droitte 8c à gauche, fe joignant aux redoutes marquées R. Defquelles les mai-ftrelTes lignes des tranchées fe doiuent continuer, 8c qui font celles par lefquelles onfe conduira àcouuert, à droitte 8c à gauche, dans les quatre batteries en tenaille marquées B. 8cdelàpa(fant aux trois redouteslozan-ges, l’vne au milieu entre les deux batteries du milieu.
- Z z
- p.179 - vue 187/228
-
-
-
- loo Pratiques du jieur Fabre,
- & les autres deux lignes lurlesaiües des deux autres,plus auant que les deux autres batteries, ôc encore d’enuiron le milieu des lignes au droit des lettres B. l’on ira aufsià eouuert aux deux autres redoutes lozanges, quiauec les trois fufdites feront le nombre de cinq.
- Or d’autant que les lignes plus courtes & plus afi feurees, font celles dont la direétion approche le plus de laplace, fans ellre veuësny enfîlees d aucun angle fait* lant, & que le quartier logé que ie defcrits, eft difposé en telle forte, qu’il fe trouue efgalement prés de laplace: j’ay creu qu’embrafïant par tranchée, autant d’efpace que le quartier en peut commodément garder ôt def-fendreauec fa part de clofture, les afsiegez entreront en plus grande jaloufie, & par mefme moyen en feront plus incommodez ôcfatiguez , & pour ceft effeét fui-uant lebon ordre Ôc la précaution des marques iufte-ment mifes ; jl faut tirer femblablement ôc efgalement autant qu il fera pofsible, les quatre lignes qui tombent furies quatre endroits des batteries marquées B. efloi-gnees de la longueur de foixante ou quatre-vingts toifes des redoutes R. & de chacun cofté il faut embralfer vn angle alfez capable, pour drelfer les batteries en la forme de ce defïein , ou en approcher le plus qu’il fe pourra: Le premier trauail en ceftendroit,pour feruir auxbattcries fufdites doiteftre fait en façô de redoutes tenaillces, dont les folïèz feront aucunement plus larges que des autres, afin d’exhauffer les batteries de leur vuidange , outre qu’il faut jetter bien de la terre vers la place, pour couurir tant les trauailleurs quele palfage.
- Ces tenailles auront de 15. à2o. toifes de longueur, àdroitte&àgauche, & de huiétàdix de largeur, tant
- p.180 - vue 188/228
-
-
-
- Traiâé 11 L êi
- pour la lèureté > feruice 6c éxecution cîu canon, que pour la commodité de Tes officiers : car éftant retrouf-fees comme les redouttes > elles en feront âufi plus ai-fêment gardées. Ce tràüail elt le plus grand : mais c’eftaulsi celuy qui doit faire le plus grand effeéfc; c’eft pourquoyil le faut foigneüfementconfidereirj& remarquer que les deux batteries des ailles doiuent eftre les premières commencées ,à câufe du voifinage du quartier^ delà clollure, à laquelle on fepeutioindreauee peu de trauail, ayant âduancé enuiron vingt cinq ou trente toifes au delà du delfein de la batterie, &faiâ; les deux redoutes lozanges » qui feront les plus aduan-cees, dont les alignemens des coftez deuers le quartier* viendront rencontrer les deux redouttes fans marque proches delaclollure, qui font âduancees vers la place à ce delfein $ & parce trauâil vous ferez encores deux cloltures fur les deux bouts du quartier * qui auec les deux marquées * ôt la tenaille efpaulee, le fermeront du cofté de la place.
- Tous ces trauaux icy femblent apporter de la longueur, & veulent beaucoup de temps,fe diront lesplus haftez ; mais s’ils confiderent ce qu’ils attaquent & ce qui les peut attaquer * ils ne plaindron t pas quinze ou vingt iours de temps, à reculer pour mieux (àuter, comme on dit. Aufsi durant que ces trauaux le font, l’on taf-fche à démonter le canon des afsiegez, ôdeurruiner le plus que l’on peut les hautes deffencesj l’armec s’accou-ftume tant au trauail qu’à voir & combattre fouuent les ennemis, qui aduanceront leurs traüaux en dehors, & feront ce qu’ils pourront pour empefcher ceux des attaquans 5 mais neantmoins voy ant continuer les def-
- Zz ij
- p.181 - vue 189/228
-
-
-
- i$2, Pratiques du fleur Fahrel
- feins des attaquez, ils ne peuuent eftre fans de grandes apprehenfions,quiles tiendra toufiours en ceruelle,6c les fatiguera par trauail & par gardes, outre ledefefpoir qu’ils conceuront de ne pouuoirplus eftre aduertisny fecourus, fi la clofture generale eft parfaire 6c accomplie, ôc qui eft la clef delà befbngne, là où cependant vos amis vont ôc viennent, ÔC l’on s’aduife de beaucoup de chofes à faire.
- Cette fécondé clofture vers la place, 6c les deux batteries dreflees, ilfautparmefme ordre continuer les deux autres, ôc faire les trois redoutes lozanges, vne entre chacune batterie,fur lesroelmes defleins des premières 5 6c celafaiét 6cbien gardé, il y faut conduire le canon, qui fauorifànt le tra.uail.aura démonté les pièces, ou ruiné les hautes deffences des afsiegez ; car alors, 6c non pluftoft il le faut mettre en batterie, fi ce n’eft que Tonne redoute pas beaucoup la chaleur des afsiegez, qui auront faiét plusieurs 6c refolues forties , s’ils font gensdecœur, aufquelles fi l’ordre de ces trauaux aefté bien oblêrué, ils n’auront pas receu beaucoup d’auan-tage.
- Par cetrauail acheué, il y a grande fèureté, tant pour les trouppes que pour les quatre batteries , quieftant elpaulees de cinq redoutes lozanges bien flanquées, 6c gardées,elles ne fçauroient eftre incommodées des attaquez, que j’ayprelùppofez eftre en nombre 6c enrefo-lution de fouuent 6c hardiement{ôrtir,pour empefeher ôc ruiner ce deflèin.I’ayaulsi dilposé ces batteries en for-te quelles ne peuuent eftre battues en roue par le canon des attaquez , d’autant que leurs alignemens fuiuent ceux des tranchées.
- p.182 - vue 190/228
-
-
-
- Figufe de F attaque entière par deux quartiers d'armee ,auec la clôture du Camp,ou Bloecur.
- pl.n.n. - vue 191/228
-
-
-
- TraiBé III.
- Il faut voir maintenant le feruice que l’on en peut tirer, qui efl principalement fur le deflein degaignet les dehors , ôt que les afsiegez doiuent conferuer auec grand foin & refolution.
- I’ay prefupposé en celle attaque Vne place prife eft plain drap,comme on dit,regulierement fortifiée au dedans ôc au dehors, dans vne large campagne non fubie-dte à inondation, foit par art ou par nature, ôt pouuant permettre aux attaquans letrauailqueie propofe : Car de ceft ordre general & régulier, comme de celuy delà fortification, l’on peut tirer vne infinité de particulier res & vtiles confcquences, là où Ton ne trouue pas les mefmes chofes, où que Ion en trouue de plus commo-des: Car toutes les places que l’on attaque ne le rencontrent pas au point de celle cy, que iepreluppofe ellre fortifiée & munie, pour foullenir vnpuilïant 8c long fiege.
- La place doncques"ellant fortifiée au dehors -, 8t fa contr’efcarpebien folfoyee & tenâillee pardemy lunes &contr'efcarpes,il ellàprefüppolèrque letrauail n’en fera pas fort exhaufsë par delîus la campagne, & cela eliant,l’attaquatayant leterrein&le falsinage àcom-modité, ilenpeutgaigner le niueàu, ou bien s’exhauf-fer par delfus, 8t cet aduantage eflant gaigiié , 8t les batteries difpofees en tenailles par l’ordre de ce delïein* il faut que les dehors en foient grandement incommodez , fi le canon eft bien habilement 8t continuellement ferui: car comme il fe peut voir parles lignes marquées en points, reprelèntant aifement les volees du canon, toute la contr’efcarpe qui eftembralfee par les tranchées, contenant trois demy lunés, 6e les deux an-
- »'• ' ^ trr* •- - t *** a A ^
- p.183 - vue 192/228
-
-
-
- 184 rramques
- gîesfaillans de la contr’efcarpe, deuantlesbaflions, eti eft entièrement enÉlee, & le peu qui refte le peut eftre aufsi par les deux redoutes aduancees,fans marque proches de laclofture, d’où s’enfuit vn grand defordre fi l’execution s’en faiét promptement : car fi le niueau eft feulement gaigné, il eft impofsible aux attaquez d’y pouuoir longuement demeurer, quel ordre qu’ils y apportent à y mettre de la nouuelle terre, ôc parconfe-qucnt aisé aux attaquans de syloger, apres toutesfois que les parapeéfs & toutes hautes deffences du dedans auront efté oftees : cardeuant cela,il y a très-grand péril à l’entreprife de ces logemens.
- Or lesmefmes batteries, & d’vne mefmepofte,peu-uent faire cet effed-là, par ce quelles font difpofeesen forte, qu’en rafflant elles emportent toutes les œuures mortes, tant de la courtine des pans des baftionsque des efpaules.
- Tandis que le canon joue fur les hautes deffences & fur les dehors, il faut continuer la nuiéi: les maiftref-fes lignes depuis la lozange du milieu iufques aux angles du fofsé de la contr’efcarpe auec ouuertures aux endroits neceflaireSj&auec redoutes s’ileneftbefoin, ôc faire en forte quelesalignemens des deux autres redoutes lozanges voifines les viennent joindre. Dans la continuation de ces lignes l’on prendra vne tranchée de front, qui fetrouuera parallèle à la courtine de la place, & qui fe joindra au fofsé de la demy lune du milieu de l’attaque, & ainfi les tranchées joindront les cinq angles des trois demy lunes, & des faillies du fofsé de la contr’efcarpe , & dans les angles que donnent la rencontre de ces lignes, fe feront tant de places d armes que
- p.184 - vue 193/228
-
-
-
- ï oh voudrai, pour contenir & mettre en ordre, les hommes qu’il faudra difpofer pour donner ou fouftenir ceux qui donneront aux dehors : mais par ce que je n’ay pas promis de m’eftendré fur l’ordre des gens de guerre; pour exécuter cequ’ilfaut faire aüxaflauts des dehors; je dis que les dehors eftant emportez, ou parle deffaut de ceux qui les abandonnent , ou par fourneaux oufou-gades, fi le canon rie les a peu entièrement défloger; jl s’y faut promptement loger pour continuer & s ad-uancer vers la place, parlepaflfage du fofsé,quife commence en ouurantla contr’efcarpe foubs terre, afin d’ef-uiterlescoups qui viennent du haut des remparts de la place : mais il faut que letrauail de la contr’efcarpe fe hauffe , ôc efgaîes’il y a moyen le niueau du rempart; Ce quih’eftpas mal-aisé fi l’onfaiét le rëhaufifement de la largeur de dix ou douze pieds par hautjcar leterrein de la contr’efcarpe le fafsinage, fi l’on en a, peuuentferuir à cela, puis qu’il ny arien fur lerenlpartquiempefche de faire ces logemens ; le canon ayant tout ruiné , de-monté & aueuglé. Et cecy mefine feruira tant contre les flancs bas, qui font la baffe enceinte & les coffres que l’on fait dans les foffezfecs, que cotre les flancs couuerts oucachez,quel’onappelleCafemattes,ce qui toutefois, fedoit battre de l’angle dufofsé; foit en enterrant le canon ou l’abaiffant iufques au niueau de la campagne; cecy fe faiéf pour palier les galeries outrauerfes, pour s’attacher aux pans des battions* pour puis apres fe couler parles voyes des mines fous leterrein, ôt en retirer plus d’effeét en peu de temps fbübs terre, que l’on ne fe-toit en beaucoup par le canon à defcouüert. Il eft vray
- que dans ce paffage il y a tdü péril tant aux foffezfecs,
- ~ AAa ij
- p.185 - vue 194/228
-
-
-
- 'M 'Pratiques dupeur Fabre,
- qu’à ccuxqui font pleins d’eau, mais aux premierspîus qu’aux derniers, parce que les attaquez fe logent dans la terre iulques aux yeux dans des efpaces allez larges pour feCèruirdumoulquet, & ce par le moyen despie-ces de bois droit, ou planches couuertes d’autres, ôc de la terre audeffùs ; tellement que ces trauaux ne font pasexhauffez plus de deux pieds fur le niueau dufofsé, êz c’eft ce que l’on appelle coffres, mais le remede à celaeft tres-aisé ; car trois ou quatre pieds deterre relouez par la vuidange du paffage de la gallerie} couurent tout cela, combien que quelquefois les attaquez font ces trauaux,. en forte qu’il y a moyen d’y loger des ar-quebufes à croc,qui incomode bien fort fur les paffages des galleries, à quoy le canon audeffus de lacontr’ef-carpe ne peut rien faire; car il ne fçauroit tirer au plonge ; ce qui faiéfc que l’on l’enterre pour ruiner les coffres, mais quelquesfois aufsi il y faut venir par tranchée auec des petites pièces, ôdors principalement que les coffres iont dan s les angles des foffez, là où il eft mal-aisé de les voir.
- L’on trouuera icy queienefay paseffat fans raifon desbaffes enceintes, qui font les retraites qui efpaulent ces petits trauaux dans le fofsé, pour lefquelles ruiner il faut bien trauailler : car fi elles ont vingt-quatre pieds d’eipaiOeur & autant de vuide par derrière, jl y a bien des combats à rendre auant que les auoirgaignez , outre que ff l'on commence le trauail des voyes des mines pour palier par deffoubs, il n’y a rien de fi aisé à efuen-terjcar les attaquez vous fentiront venir, comme on dit, outre que cela ne reufsitpas toufiours à louhait; car bien fouuet la mine vante plus par ceffc endroit là que par ail-
- p.186 - vue 195/228
-
-
-
- Traîfte III. 187
- leurs, à caufê delafoibleffe duterrein quiîâcouure* Maislabaffe enceinte gaignee, & les voyes des mines bien conduites, ôdes chambres bien départies ôé garnies de la quantité de poudre qu'il Faut/les canaux couuerts, ôdes voyes tebouchees ôtl’executiott faiéte à propos, (ans que les attaquez ayent eü moyen d’efuen-ter le trauail ou defîober la poudre par côtremine, c’eft à l’attaquant de fe loger, s’il né peut gaigner la brèche d’amblee par afTaut, & fe jetter dans la place*
- Voila iufques ou conduit le deffein de cefte attaque? je ne parle que fommairemet du pafîàge du fofsé 8c des mines, car cela a efté défia dit par d’autres: mais m’at-reftant & traitant feulement du gros de l’affaire, qui eft le principal deflTein de l’afsiegeant} je dis qu’il y a apparence que les dehors eftans gaignez,ôde fofsé & baffe enceinte trauerfez, le refte ne foit pas mal-aisé à faire, fi toutes chofes dans le quartier refpôdentà l’intention de celuy qui attaque,&que les afsiegez,n’ayant eu fecours n’y nouuelles de leurs amis, la place', comme ie prefup-pofe, aye efté iudicieufement en faifon conuenable, vigoureufèment ôc fidellement attaquée.
- Neantmoins d’autant que toutes chofes, & particulièrement en la guerre, ne reufsiffent pas àfouhait, ôc que tout ce que l’homme entreprend defpend d’vne plus puiffante difpofition? je donnerayautraiété fûiuat les moyensgeneraux delà deffence, félon l’ordre ôt les proteftations défia dites.
- p.187 - vue 196/228
-
-
-
- p.188 - vue 197/228
-
-
-
- TRAICTE IIII.
- PRACTÎQVES
- DY SIEVR FABRE'
- DE LA DEFFENCE
- DES PLACES:
- A PARIS,
- Chez SA MVEL TH IBO V S T, au Palais, en la Gallerie
- des prifonniers.
- mTdc XXIX ~~
- AVEC PRIVILEGE DV ROT.
- p.n.n. - vue 198/228
-
-
-
- p.n.n. - vue 199/228
-
-
-
- i8^
- PREFACE.
- Enem’eftendray non plus îcyfur les particularitez de la defFence,que j ay fai6t aux trois autres traictez, veu que s’il falloir parler des menus dVne armee, au lieu de cet eflay vn plus capable quemoy enferôit quatre volumes entiers, 6c particulièrement fur les deux traiârez de l’attaque 6c de la defFence : Car au def-fein d’vn liege s’il falloit tout particularifer par defcription : jl faudrait commencer par les préparatifs, future par lâleueedes gens de guerre, 6c continuer par là difcipln ne, tant aux exercices, qu’aux a6tions& fanions de l’auant-garde, bataille, 6c arriéré-gârde ; Au loger, marcher, & combattre; 6c outre ce qui regarde leur pavement 6c
- BB b ij
- p.189 - vue 200/228
-
-
-
- *0 PREFACE
- nourriture, s’eftendre for l’ordre des machines, qui confifteenleur qualité, voilures , feruices 6c effedis, 6c qui traîne vne grande foitte for 1 ordre general de l’artillerie , comme l’vn des quatre corps de formée en bloc, qui font la Caualerie, Pin» fanterie, l’Artillerie, 6c les Vîures.
- Amfi enladeflfence, jl faudrait réduire vn ordre dans la place afsiegee, pour le règlement, tant de la police 6c œconomie,1 que des adrions 6c factions, 6c bien plus exad; que l’autre, d’autant qu’il faut prendre fes mefures beaucoup plus juftes, pour pouuoir longuement durer dans vne place , que pour s’y camper deuant, par les raifons que j’ay défia touchées: Ce que je remets aux plus judicieux, me contentant de dire mon aduis feulement fur l’ordre de la deffence, 6c retraiéte en dedans, lors que la necefsité preffe; 6c ainfi en rehftant vaillamment,attendre vigoureufement 6c ver-
- cueufemcnc
- p.190 - vue 201/228
-
-
-
- PREFACE t9:
- tueufementleseuenements.
- Ayant forme le deffein du precedent traidé qui eft de l’attaque, fur le plan d’v-ne place de dix baftions qui faid vingt angles faillans au dehors fur la contr’efcarpe; jl faudra voir quel moyen il fe pourra trou-uer pour les conferuer & deffendre,& y re-fifter autant que la vertu, vigueur & indu-ftrie des afsiegez pourra durer.
- Au premier traidé de celiure qui eft delà fortification, ÔefurlafinduChap.i. j’ay fommairement dit que les dehors des places, font les effentiels moyens de gai-gnerdu temps, en vne fi pefante ôe fou-cieule affaire que d’eftre enfermé dans vne place par vnpuiffant ennemy, fans efpoir deftreaduerty, fecouru n’y rafraichy par fes amis, fi la fortune ne change de vifage: C’eft pourquoy je diray fommairement mon opinion , fur ce qu’il me femble fe pouuoir generalement faire aux trauaux
- C C c
- p.191 - vue 202/228
-
-
-
- ^ PREFACE.
- d’vne phux afsiegee > pour les deffendre autant cju vn homme de bien, judicieux 6c vaillant le peut faire > eftant en effcat d a-girpar fon jugement, 6c feruir de fa per-fonne.
- p.192 - vue 203/228
-
-
-
- m
- TR A I CTE IIII.
- DES P R ACTIQVES
- DV SIEVR FABRE-
- De la deffence des Places.
- Raifonnement fur la deffence*
- Refuppofant la place munie par la prudence de ceux qui ont l’intereft de fa conferuation, tant d’hommes, munitions de bouche, de guerre, que de toutes autres commoditez, machines, & artifices, propres à là deffence.
- Que l’ordre y foit tellement eftably, qu’outre là police ôda mefnagére diftribution des viures, commodités, êt munitios de guerre,le Gouuerneur y eftant abfolument obey, tous les quartiers félon leurs depar-temens foient foigneufement & fidellement gardez, auec autant de foulagement qu’il fe pourra donner,tant au x gens de guerre que de trauail.
- Aquoy le Maiftre ou Gouuerneur de îaplacedoit auoirpreueude longuemainen telle forte, que les tra-uaux ôt autres chofes neceffaires qu’ily aura faites,püifi fent reufsir félon fon intention lors qu’elle feraafsiegee, qui doit auoir efté de conferuer ôt foulager fes hommes, afin de faire plus longuement durer le fiege, &gaigner
- C C.c ii
- p.193 - vue 204/228
-
-
-
- Î94 Trafiques du fieur Fabre,
- la faifon incommode aux afsiegeans, ou quelque autre moyen de deliurance.
- La place eftant donc inueftie, & le Gouuerneur voy ant que l’afsiegeant l’enferme de tous codez, jl ne réitéra paspourtant,gaignanttoufiours par trauail autant de terrein qu’il en pourra contefter (arts perte d’hommes, de receuoir tous les aduis & autres chofes qu’il pourra fufques à ce qu’il fera ferré déplus prés; ôc parce qu’il eft à prefuppofer que la place que ie propofe ne foit point dégarnie d’artillerie, jl la placera fur fes remparts félon le nombre qu’il en aura, ôde plus à cou-uert de celle des afsiegeans, qui luy pointeront toufiours trois ou quatre pièces contre vne, afin de la luy démon • ter promptement quels caualiers qu’il puifie faire, Et pour plus grande feureté, je fe'rois d’aduis qu’il logeaft celles qu’il luy doiuent feruir fur la campagne, fur les basions qui ne font point embrafTez par l’attaque, parce que l’afsiegeant n’en voit qu’vn pan de chacun, & qu’ils ne feront point attaquez par lamine, outre qu’il aura plus de veuë fur tout le trauail, eftant plus efloigné de la fumee du canon ôt delà moufqueterie ordinaire des afsiegeans. Cen’eftpasqueiefoisdaduisqu’ils’enférue à toute heure ny occafion ; car outre que les coups en font fort incertains, il fe confomme beaucoup de poudre qui luy pourroit manquer à la longue ; &pour celles qui luy doiuent feruir dans la baffe enceinte ôt autres flancsbas.ilenvferaauec difcretion; car c’eft bien de l’embaras qu’vne groffe piece en ces endroits-là; c’eft pourquoy les plusportatiues y feront les plus commodes .
- Et d’autant que c’eft les dehors qu’il doit lespre-
- miers
- p.194 - vue 205/228
-
-
-
- I I I I. i^j
- ïniers deffendre ; & quên l’ordre de la forti ficat ion j’aÿ dit qu en lés conftruifant on les doit lai (Ter liés enïèm-ble pour plus grande duree & communication : ce qui faiétvnetroifiefme enceinte de la place; je dis maintenant qu’il doit continuer les fofïèz des derny lunes iuf-quesau fofsé principal, eh la forme qu’il efl marqué au deffein de l'attaque* & aux defleins destrauauxaduam eezen façon de corne hors de lacontr’efcarpe fur la fécondé ligne droite > &; couper encore les angles faillans delà cotr’efcarpe en la forme qu’ilsy font marquez par points ou autrement ; car ainfi les trauaux fe trouueront en corpsfeparez & en meilleure deffencei
- Et pourra releuer la moitié de là contr’efcarpe,pour faire Ion Corridor de hauteur capable de couurir tant l’homme depiedquedecheual, comme il fe voit en la planche des porfils perfpeétifs : car vne contr’elcarpe citant bien large & couuerte, fe peutapparammentdef-fendre parla caualerie, & trois oü quatre hommes de cheual de front à droite & à gauche font capables de renuerfer l’ordre des affâillans qui eftâns pris par flanc ne peüuent pas rendre grand combat.
- Et combien qu’il n’y ait rien de plus afleuré pour la deffence que la moufqueterie de loin,les pierres de prés ôda picque, l’efpee& autres ballons,lors qu’on en efl aux mains : le ne dis pas que les grenades, pots, cercles à feu, ôc autres artifices ne feruent à l’offenfiue pour la re-fiftance; mais il y a vnmoyen particulier pour fe feruir del’eâuauxalfautsopiniaflrez.qui apporte de grandes incommoditez &: fafcheries aux affaillans : Ilyen aqui fe feruent des poufsieres & cendres ; mais fi le vent change, elles font aufsi nuifibles aux vns qu’aux autres.
- DDd
- p.195 - vue 206/228
-
-
-
- ÿf Pratiques du fieur Fabre',
- Pour les embaralfemens des brefches, le plus prompt St aflfeuré eft le gros bois ôt long, de quelle qualité qu’il foit, le plus gros ôt branchu en eft le meilleur : car il faut ou que les attaquans le tirent à eux ou qu’ils y mettent le feu, parce que le canon n’en faié/fc pas grand degaft, ôt fi on peutl’enterrer.oujetterdesquartiers depierredef fus, il n’en fera que meilleur. L’on faiét des pièces de Camp, que l’on appelle cheuaux de frife, des pieux d’aflaut, ôt autres chofes propres àembaralïer les pairages; mais les meilleurs trauaux que l’onpuiffe faire de bois à le couurir ôt deffendre ; ce font les coffres ôt les chandeliers, dont l’vfage eft allez cognu : C eft pour-quoy ie ne nry eftends point dauantage.
- Refte à parler des retranchemens, qui font les derniers remedes de la deffence.
- En cefte forme d attaque, fi les demy-lunes ôt angles làillans de la contr’efcarpe font tellement preftez parles attaquans quil les faille quitter, l’on pratique des mines ou fourneaux pour enleuer ôt les angles ôt les ennemis qui s’y logent eftourdiment; mais cefte fineffe eft fort delcouuerte 5 car fi les attaquans font aduifez, ils fouilleront de leur cofté lors qu’ils verront que les attaquez abandonnent leurs poftes, iufques à ce qu’ils ay-ent recognu s’il y a rien de dangereux.
- Ayans doncques de l’elpace alfez pour fe retrancher, jl faut prendre vn angle entrant filademy-lunele peut permettre, afin de faire vne tenaille en dedans comme il eft marqué par points en la demy-lune à main gauche, fur la fécondé planche delaîigne droite, ou au delfous de la tenaille efpaulee ou aduance en façon de corne; ôt fi les ennemis font défia fi auant que la
- p.196 - vue 207/228
-
-
-
- TraiBé IIII.
- moitié delà demy-lune (bit logee par eux, fi tant efl; qu’ils s’enarreftent-là,quiefi:la plus grande faute qu’ils peuuent faire, fi leur canon aeftébienferuy, & que lés parapeétsôt autres flancs nuifibles de la place ducofté de l’attaque ayent efté bien oftez ; jl faudra prendre le retranchement félon l’alignement general delacon-tr’efcarpe, comme il efl; marqué enla demy-lune du milieu de la mefme plan chèque ie remets icy en fuitte, pour ne donner point la peine au Leéteur de la chercher en fonlieu; ôt pour les angles faillans delà contr’ef-carpe il fe pourront retrancher comme il a efté dit.
- Mais d’autant que toutes places ne font pas fortifiées de mefme, & que lestrauaux fefontaufsi diuer-fement que les afsiettes fè ren contrent bifarres, s’il faut
- DDd ij
- p.197 - vue 208/228
-
-
-
- rques au jteurram,
- deffendre dès travaux aduancez que l’on appelle cornes, qui fe doiuent attaquer par la rnefrne raifon que les autres dehors, & l’attaque en efl encore bien plus aifee, puis que ce n’ell qu’vne foible telle, fans autre fuîtte 'n’y liaifon en Ion front. Apres auoirdeffendu tant qu’on aurapeu la demy lune qUieftau deuant, Ôc les deux demy battions par l’ordre ttifdit, fil’oneftne-cefsité de les quitter, il faudra le retrancher en la forme, de la tenaille qui eft marquée en points, en le retirant en dedans delà piece î &. faut que ce retranchement le commence dés que les afsiegeans attaquent la telle* car quelquefois l’attaquefe fait par le flanc, ôc s’il n’y a point de retranchement l’attaquant s’y loge aduanta-geufèment, parce queces.trauaux fe font le plus fou* uent pour occuper les commandemens, qui eflant gai-gnez par les ennemis mettroient tout le relie des dehors qui en feroient veusentres-mauuais party, & s’il fefaut rettreindre dansvneentrefuitte de tenailles comme elles font marquées en la planche des dehors de la figure prifè furie plan vnze,qui font à l’effeél fufdit d’occuper descommandemens, jl fe faudra retrancher félon l’ordre marqué par points en ladite planche, & en la corne qui a la telle large, & à celle qu’il a plus ellroitte il faudra fùiure aufsi le delïein de ces points : I’ay dit que ces trauaux icy font grands, comme eftans parties d’vne grande place qui aura le baflion de cinquante toifes de gorge ou collet, de vingt cinq d’efpaülement, la balle enceinte dedix toifes, ôdegrand fofsé de vingt de largeur , là où il y a moyen de faire beaucoup de trauail pour fe retrancher.
- Mais fi
- p.198 - vue 209/228
-
-
-
- Traicte I I II.
- Mais fi 1 attaqué eft contraint d’abandonner les dehors, qui eft vn grand accident .l’attaquant fe logera fur la contr’efcarpe, & y conduira Ton canon, & ainfi auec cet aduantage il embouchera les flancs bas, & s’efleuant par efehaffaut ou caualiers, incommodera grandement > tant le haut des remparts > que le Foflé, 8c la baffe enceinte , là où l’on faiéfc la feconde deffen-ce par coffres ou autres retranchemens pour gaigner dauantage de temps ; 8t c’eft-là que la tenaille de la baffe enceinte feruira demagazin de terre, ou pour fe retirer parallèlement, ou pour faire tel autre trauail flanqué quel’on imaginera : mais il fera bien mal-aisé d’empef-cherjqueces trauaux ne foient veus delà contr’efcar-pe, non toutesfois fl facilement qu’il ne faille encore
- p.199 - vue 210/228
-
-
-
- 200 Pratiques du fieur Fahre.
- bien trauailler pour en defloger les attaquez : mais lors que cetrauail eft perdu, ôt que l’aiflaillant palfe le fofsé ou par trauerfes oupargalleries, ôt qu’il fouille en di-uers endroits pour faire fes mines, il eft temps de trauailler aux retranchemens dans la gorge ou Collet des baftions en la forme que ielesay mis fur 1 angleouuert, ôt fur le defcouuert aux figures du Chap.i <5, du premier traiété, ôt en la planche de l’attaque ou autrement,com-melon aduifera mieux, ôt fe préparer pour les generaux, s’ilreftedela vigueur à ceux qui fans nouuelles n’y rafraifehiffements auront fouffert des grandes attaques judicieufement ordonnées,& hardiment executees.
- I’aylaifsé tous les baftions delà place creux, tant pour la commodité des retranchemens, que pour plus aifement rencontrer le trauail des mines : Car vn ba-ftion mafsif, n’ayant ny puits nycontremines, donne autant de peine aux attaquez de cercher les chambres ôt voyes des mines qu’aux attaquans de conduire ôt loger leurpoudre. Et parce que les retranchements en general & en particulier font monftrez ôt fortiudicieu-fement défaits par Errad au Chap. 7. de fon premier liure, Ôt reprefentez en deffein au Chap. 29. du 2. Ôt au 19. ôt 2 o. du 3. ôtau 2. du 4-ien en diray pas dauantage; cariene trouue point d’autheur qui en aitparléauectel-lepertinence queluy.
- H me refte à prier le Leéteur de croire que fi j’ay ef-critfuccin<ftement,c’eftpluftoft de peur de l’ennuyer que pour affeéler l’obfcuritéj car corne i’ay me la briéue-té ôt la facilité auec ordre, j’euite aufsi autant que je puisl’obfcurité ambiguë, ôt confufe, eftimant que les cognoilfans qui s’y portent à ce deffein font ou enuieu x,
- p.200 - vue 211/228
-
-
-
- Traiïïe 1111. 201
- ou negligens aux chôfès qui regardentl’vtilité publique,-corne cefte-cy qui netend qu’au repos & conferuatiori de lapieté quicôfrfteenlaFoy de la religio Catholique, Apoftolique & Romaine, en 1 obeiffance deuë à Ton Prince,en la juftice '& équité* & en tout autre bon ordre qui regarde les meurs & la police. le m’efforce autant qu’il m’efl pofsible en tout cet effay d’ouurir la trechee* ’ comme on dit, & conduire les bons courages par les plus courts &c ayfez chemins du meftier. Celuy qui en voudra fçauoir dauantage recherchera par mon aduis les belles occafions ; car il eft bien mal-aysé de fe rendre maiftre fans faire apprentiffage: l’affeurant que la facilité de mes efcrits, fi j’ay efté allez heureux de lapou-uoir rencontrer luy profitera fort peu , au prix de ce qu’il enverra dans vne annee parmy les armes fous les grands Capitaines} là où il en apprendra ôtcognoiftra plus en bien peu de temps, qu’il ne fçauroit faire en toute fa vie pour longue qu’elle puiffe eftre, dans vn cabinet à lire des liures.
- Aufsi autre chofe eftla pratique,& autre la côtempla-tion,qui en cette profeffion different 1*vne de l’autre,corne letrauail du corps durant les factions d’obeiffance différé des imaginatios & coceptios de l’efprit libre aux chofesquiconfiftent enfpeculation. Iaduouë, s’ileft pofsible,que la derniere doit eftre pluftoft imprimée das l’efprit que de mettre en executiô aucune chofe de foy, ou de fa confiancemeffne. Ce raifonnement eft vni-uerfellement receuj mais puis que la guerre fefaiét plus à l’œil qu’en jdee , & que les occafions s y offrent fi diuerfes, ôt inopinées, qu’il faut quvn grand fecours du ciel joint à vne grande expérience en face reufsir les
- EEe ij
- p.201 - vue 212/228
-
-
-
- ioi PraBiq, du fieurFabre, Traifléllll.
- cuenements, comme j’ay dit en ma préfacé dutroi-fiefme trai&é, je confeille ceux qui aimeront leur réputation d’embrafler vigoureufement & hardiment le labeur outrauail du corps, & le joindre auec latheorie fille aifnee de la pratique, s’obftinant à la peine par l’émulation de leurs femblables, pour acquérir auec eux expérience & honneur en ce généreux exercice, le fouhaitte ce bon-heur à tous les bons & vrays François, qui auec la crainte de Dieu (cruiront fidèlement le Roy, &aymeront chèrement leur Patrie.
- Fin du 1111. Trai&é.
- p.202 - vue 213/228
-
-
-
- pl.n.n. - vue 214/228
-
-
-
- 20)
- ’Auois faiéfc grauer la Carte du voyage que l’armeeduRoy, commadee pâr Monfieur le Marefchal d’Eftree, alors appelé Monfieur le Marquis de Cœuure fît en 1 annee 162 aux pais desGrifons, laValtelline ôt GomtezdeBor* mio ôtChauene : Enfemble desforts ôt trauauxqui y furent depuis faits, defquelsie fus commandé de donneras defleins & les faire aligner ôt tracer.
- A mon retour ie prefentay au Roy çefte Carte auec les deffeins, qui me fît l’honneur de les receuoirde bon ceil; & parce que ienenauois publié quelescopies que j’auois données apres celles de S. M. aux principaux Seigneurs ôt Miniftres de l’Eftat, mes amis m’ont pref-sé depuis de les faire voir auec mon liure, puis que c’eft vne piece de mon meflier ,qui eft la caufe que ieles ay^ faiéls attacher icy pour contenter les curieux.
- Les trois forts de la Valee font marquez fur la riuiere d’Ada, qui commence à Bormio,ôtentre dans le lac de Corne, qui eft vn mefme auec celuy deChaueneôt Lecco, par là où elle reprend fon cours dans l’Italie.
- Entre l’emboucheure de ladiéte riuiere Ôc le Lac eft afsis le fort deFuentes bafty de maffônneriefànsbeau-coupde terrein,ôtfur vneroche,fans autre régularité que ce que la nature a offert d’angles rentrons ôt faillans pour fadeffence; jleftneantmoins fort bon Contre les coups demain.
- Le fort de Bormio marqué par le chiffre 1. auoit efté défia conftruit par ceux qui auoient occupé la Vâlee. Monfieur le General me commanda d’ordonner le tra-ua.il qui y futfaiél au dehors, parce que le dedans en eftoit fort deffeétueux, tant par fapetiteffe, c
- ie parles
- Ftf “
- p.203 - vue 215/228
-
-
-
- &04-
- commandemens voifins qu’il fallut occuper par le tra-uail tenaillé & efpaulé, & le deffcourner, pour eui-ter les enfilemens, ôtcouurir les flancs, comme il fe void au plan,qui eft fur vne mefme elchele auec les deux autres.
- Celuy de Tiran marqué 3-fut delTeigné par moy fur le premier ordre de ma reigle à cettoifes de face, n’ayat pas eu l’efpace pour l’eftendre dauantage félon l’ordre au quarré de ma derniere pratique fur les lignes droites continuées, finillant fur les angles droits, la largeur de la Valee ne le permettant pas,
- Il fut aligné & piqueté en maprefence,cotre l’ordre & le deflein'defia labouré que le CaualierTenfsin,h6me praéficôc expérimenté, ôcquieftoit dans larmee delà part de la Seigneurie de Venife auoit anticipé ailleurs, combien qu’il fut foubsmis à des commandemens fort voifins,outre la liberté des paflages qui en demeuroiet couuerts à droit & à gauche de fon deflein à l’aduanta-ge des ennemis -, aufii fut-il iugé autrement, & mon défi fei'n fuiuy & exécuté par luy,
- Çeluy deThraonamarqué 4.futdefleignéparmoy, ôcaligné Retracé en maprefence, & le gafonnage faiéfc par des ouuriers Venitiens : jl eftoit reftreint à quatre-vingts toifes de face à caufe de la riuiere; combien que la Valee foit plus large en cet endroit-là qu’à Tiran 5 & parce qu’il reftoit de l’efpace là où ilypouuoitauoir du logement dans les ruifleaux qui dônoient des tranchées couuertes entre la riuiere ôc le fort} jl les fallut gaigner parle trauail delà tenaille elpaulee auec la petite demy-lune au bout : Ce fort eftoit à la veuë de celuy de Fu-entes.
- p.204 - vue 216/228
-
-
-
- La Vaïeë appelée Vaîtellinë, contient foixante mille de longueur, qui eft depuis le fort deBortnio à celuy de Fuentes : celle efpace fc peut rapporter , fi ie nemë trompe, à vingt lieues communes deFrance, donnant trois mille à chaque lieue ; &ainfi il fettiblë que le degré des Geografes, qui eft de foixante parties ou minutes,fur la ligne Equinoctiale,pourra eftre mefuré fur la terre, par vingt lieues de France, qui m’a fait pënfèr que vn mille & vne minute fur la teirre, foit vne mefme mefu-ïé, & que les Romains (c foient feruis de celle rrtefurë en leurs miliaires, dont ils drelfoient des termes ou Co-lomnes ; & cela ellant, je croy qu’il y aura vn peu plus de clarté aux diltancesGeografiqueSi & que par cet ordre obferué des miles Italiques ou R0mains, les Cartes en pourraient eftre plus intelligibles ? tant auxlongitu-desqu’aux latitudes ,coptant & reduifànt les plus petits degrez à ceux de l’equinoélial, qui eftla ligne ou ceintu-rede la terre que le Soleil voit à plomb deux fois l’an* neeaux failons du Printemps & de l’Autoinrie,l’vne au mois de Mars, & l’autre au mois de Septembre. Or pour la vraye longueur des miles, on entend des pas Géométriques, qui font de cinq pieds chacun, dont celuy deFrance que l’on appelle pied de Roy, diuifé en douze pouces, & le pouce en douze lignes ou parties, n’efl différant de celuy de Rome d’aulourd huy, que d’enuiron trois lignes ou parties,defquels celuy de Rome eft moindre , qui cil; trois parties de 144. ou vn quarantehuiétiefme.
- “ FFf ij
- p.205 - vue 217/228
-
-
-
- D effein des forts faits dans U Kaltelline, en tannee i6i€.
- pl.n.n. - vue 218/228
-
-
-
- explication
- PAR ORDRE ALPHABETIC
- DES TERMES DV SYBIEGT
- DE CE LIVRE A
- 5 Boutir, adianccr, aligner, at-racher, & toucplein d’aütres ; termes inuentés, ornés, & ï polis dans le repos de TAîrchL tedure Ciuiie, dcmefmeqüe lès beautés de fes ouurages, s’accômdacnt àffez bien comme il m’a femblé aux difeours de là militaire, &c la rendent aucunement pluls familière & intelligible •, d autant quelle a la plus part des liens,fiers,impérieux, al-ders^ôc extraordinaires,comme la nature de fon fubied. C’eft poürquoy ie me fers autant qu’il m’cftpoflible en ce ïim-ple & naïf raifonnenieilt de là fa&iue des termes de l’Architecture Ciuile.
- Aboutir vient de bout, càrceft le rencontre, bout par bout de mur à mür en droitte ligne, ou du bout de Tvn au pan Oùtrauersd’vnautre, le terme eft commun en l’vne & en l’autre Architecture* êccogneuparles lignes folides qui font les murs des baftimens; Mais aux lignes vüides des cloftures, ôc approches des attaques, aboutir lignifie lcuraflenibla-ge,fecontinuantdroitement ou failànt diucrÇ angles en leur rencontre, ce qui s appelle communication de lignes & fe donner la main.
- Adiancer fe ràpporte à la difpolitibn bien proportionnée, tant des ldgemens dans les places, des rues * voyes &: lieux publics, que de toutes autres commodités feruant à l’habitant & à l’homme de guerre*
- Aligner eft aflez intelligible pàr cordeaux ou piquets, fur lequel alignement on trace ou laboure. Mais polir aligner les tranchées d’approche aux attaques là où on n’a pas tous les lôifirs que l’on prend aux agréables dilpolitions d’vn parterre, lo'n met là nuict des marques aux lieux qui doiuent conduire les lignes le iôur, & là où bien fouüent les marqueurs font eux mefmes marquésdordre en eft pourtant plus certain par le moyen d’vrie rnechccoüuerte du cofte'de la place, ôc defcouuerte du edfté de l’attaque, ce qui fe doit faire entre deux feux enoi-gnez, dont il faut remarquer les endroits en plein iour,affin de marquer plus feu-rem ent les lignes la nüict : car alors on ne peut manquer de bien aflbir les paniers , manequins, tonneaux, pieux, gabions du autres fighaulx.
- Angle eft vn terme commun combien qu’il defeend d’vrie autre langue, & eft l’afleniblagc de deux lignes à vn endroit , fôit fdlides, du vuides, ou peintes, du feintes, nos lettres capitales en fournirent daflTezdiüerSiCdmmcAquifaiét vn angle aigu Taillant, & V vn rentrant, L vn droit, M deux faillans & vn rentrant , eftant droit & renuerfé le contraire, T deux angles droits, comme E én donne quatre par des parallèles couchés, & H autant par des droites , & X deux angles ouuerts plus grands que deux droits,enfcpablc, deux
- p.n.n. - vue 219/228
-
-
-
- ferrés plus petits que ceux-là.
- Ercard aie premier donne le nom d’angle Sanqué à l’angle ou pointe d’vn ba-ition,ou autre angle (aillant,flanque' ou elpaulê par vn autre angle, ôc d’angle flanquantà celuy qui le flanque ou elpau-îc, Ôc qui fe fait de deux lignes qui & viennent ioindre ôc aboutir à vn point , & fontvu angle rentrant depuis les extrémités de deux angles faillans, la lettre M qui rcprcfentevne tenaille àfim pie-front en feruira d’exemple : car les deux colom-ncs ou iambes auec les deux côftcz qui feroient la lettre V en dedans donnent deux angles faillans & flanqués, ôc vn angle flanquant, qui eft le rentrant ou V, le mm dç tenaille eft: donné à cet angle lors que les lignes fe croifent comme la lettre X,parce que les deux bouts de deux lignes folides& maniables, arreftées ou liées en vn endroit eftant prefles font ferrer les autres deux bouts,qui eft l’e-ffe&de la tenaille ou des cifeaux, ôc cela arriue aux lignes de deflcnce lors qu elles naif-fentoudu picddcsefpaules,ou qu'elles approchent du milieu de la co urtinc, car clics fcntrecroifcnt ôc font tenaille, Ôc de làparanglc de la tenaille on entend les angles rentrans,qui font ceux qui flanquent, dpaulent, voyent & defrendent les battions, la batte enceinte, les demy lunes, les tenailles elpaulées ou autres, ôc tous autres angles for la contrefcarpe, comme auffi par angle flanqué on entend ceux des battions, batte enceinte, demy lunes, tenailles elpaulces, ôc tous aurres angles faillans, veus, flâqués,efpau-lés ôc deffendus par les angles de la tenaille: mais Errard appelle la (impie tenaille fimplcflanc, comme aux (impies angles faillans ôc rentrans de la contrefcarpe qui dl la lettre V, ôc doubles lors qu’il y a deux flancs for vne ligne de front ou courtine, ôc qui font difpofés comme les deux lettres L ^ *-J auec des — couchés entre deux qui ié regardent, donc les deux colomnes reprefentent les lignes du flanc, ôclespieds oufoubattemésauec les _ _ la courtine , car ces deux angles droits fc flanquent ôc défendent beau-
- coup mieux qu vn fimple angle tentràht compofé de deux lignes failant la lettré V. Mon imagination for les lettres capitales me porte à foire entendregrofficrc-inenta ceux qui ne fçauent quec’éft, ôcia conftrùéfion ôc les termes des parties des deux battions dontie me fers for les lignés droites & ;angtes droits : car ceux qui fe cônftruifent fur les angles des figures prinfesdan-s le cercle (è comprendront parmefiïicmoyen, ôccecy me rè-îeuera de beaucoup d’articles qu’il me foudroie expliquer plus bas-, i’ay défia dit que les deux LJ placées en cette forte reprefentent les lignes de flanc ou efpaulesde deux battions oppofés, ôc leurs bazes auec les ^ la courtine-, ôc fi l'on continué encore L droit d’vn cofté, ôc I gauche de l’autre en cefte icy a E m.-1L la nouuelie efpace qui eft entre les deux colomnes des L qui fc tournent le dos, monftrenr la gorge oucolct des battions, for les extremi-tez defquellcs colomnes , (i vous y ren-uerfez vn A cette forte veus ferés l’angle flanqué du baftion , duquel les deux pans feront les deux coftez de la lettre renuerfée. Voila fommaircment la deicription du grand ôc du petit baftion fur la ligne droite.
- Cette pratique fe fera encore plus familièrement par deux x X renuerfez qui donneront les deux dpaules par leurs colomnes, ôc le colet par la moitié de leurs tréteaux en dedans, ôc partie des courtines par les autres moitiés en dehors, ôc appliquant for les extremitez des colomnes vn a renuerfé comme i’ay dit dettiis, vous aurez le raefme baftion: Mais pour la capiralc il faudra deux I l’vn fur l’autre entre les deux 2 renuer^-fez en cefte forte XrX car fi l’on imagine encore? deux i trauerfez à droitte ôc à gauche depuis l’extremité de I au deflus aux extremitez des colomnes des 2 renuerfezfoifant l’effedde V renuer-fé, l’on aura les deux pans du baftion qui feront l’angle flanqué.
- Pour le baftion fur l’angle droit que
- p.n.n. - vue 220/228
-
-
-
- iappcllé recciï il fe ferâ pat les deux j.' renuerfez de biais donnant langle droit parle rencontredesextremitez des deux tréteaux, car les colomnes donneront les lignes de flanc, 6c renuerfant vn V comme i’ay dit vous aurez le baftion de l’angle du triangle parfait fur le baftion quicouurc langle droit.
- Angle dcfcoüuert * angle ouüert* & angle eouucrt font trois accidens de l’angle droit fortifié, ce que i’ay expliqué au chapitre 16. du premier liure.
- Afliegcr, approcher* attaquer* àflàil-ïir, voyez la préface du troificfme trai&é, & le chapitre 3. du mcfmc. Attaquer vient de l’Italien qui fignifie attacher.
- Armes, le terme en defeend comme ils difent de ce qu'elles font le plus communément portées oufupportécs parles efpaules, félon les Latins* comme font tous battons à offcncer* foie à fcù ou tous de fer, foit à court ou à long bois* ferrés au bout, comme aulli celles qui ioignent au corps , ou celles que le bras fouftient pour les couürir & defFcndre des coups.
- Aueuglcr s’entend des embrafures & ouucrtures fur les flancs*lors que le canon les a accablées des hautes ruines, ce qui arriue aux flancs bas ou cafcmatcsde mattbnncrie, ou aux hautes 6c battes fur les parapedsjlors quelles font rendues inutiles. Voyez Embrafures.
- Aubete,fc dit ainfi de ce que le fa&iô-iiairc y attend l’aube du iour, 6c ceft vne petite pofte qui fert de couucrt aux fenti-nclles contre le mauuais temps. Pour le mot de fentinelle il defeend de l’Italien qui dit ftntire, pour ouïr 6c entendre.
- B
- BAnqiiette vient de banc, ceft vn marchepied derrière le parapedfur lequel le mofquetàire monte pour tirer, 6c en defeend pour recharger à couuert.
- Baftion cft purement François,comme baftiment,au commencement il a cfté appelle boulcuard qui femble def-ccndre dcl’Alcmant ÏÏohcrck, quifigni-fieçoreau, 6c puurage,ou puiflànç ou-
- üragc.Or ceft vn corps deffendu ou flanqué 6c cfpaulé* attaché ou fur vn angle où fur vn collé de place, le me fers de trois fortes de battions fur lès, figures qùarreés en tous, fens* ou fur les bar7 longues,dont les deux, à fçauoi'r le grand & le petit Ont l’angle flanqué droit, 6c le trôihefme que i’appclle receu, a les deux tiers d’vn angle droit, quieft langle du triangle à trois angles 6c trois collez égaux. Voyez le chapitre 15. du premier traiélé : i’en ay monftré vne pratique par lettres Capitales * Voyez deflfus, an-
- glc- . , . . , .
- Bârlong eft vhc figure quarrée plus
- longue que large.
- . Batte enceinte où fàuflc b ray e , il m’à fcmbléqùece nouucau terme en feraau-cunement plus gracieux. Vôvez en là conftrudiondu feptanglc chap. 3. & en là figuredesporfils prefpedifs cliap.y.dù premier traïdé.
- Batterie eft le lieu là ou on loge le canon* fur fon lit ûuplatte forme , entré deux gabions ou autre e(paulenient,cou--urànt l’embrafure tant aux attaques qus-dans les places : ce terme femble delà cendre auec tous les autres qui lignifient battre ou ellre battu de ballon; car on dit, outre* baftôn ferré ;ou non ferré* ballon à feu* quis entend tarit du petit que du gros* à fçauoir dufimple piftolet iufqu es au double canon, 6c de là on dit batteries aux attaques; Or elles fe font ou de front, ou de biais * ou croisées* foit à niùeau* où plus hautes ou plus baffes que le niueau.
- La batterie de front fefaid lors què la pièce eft pointée fur vne ligne droite 6c qui ne varie ny à droitte ny à gauche du pan quelle bat au moins de beaucoup* car alors qu’elle varie 6c trauerfe elle bat de biais, ce qui fe fait pourelcor-ner& rafler les eeuures mortes* ou bricoler fur les viües.
- La croifee fe fait lors que les deux lignes de biais fé croifenc au mcfmedef fein que deflus.
- Elles font diuers eifeds félon raftiette des plateformes * foit de niueau, ou plus!
- G ij
- p.n.n. - vue 221/228
-
-
-
- liscut ou plus tas quelcniucau: carpour leniucau les coups en font naturellement plus iuftcs ôc plus affeurés, cela fe Void ordinairement aux jeux de prix, fi plus haut que le niueau la pointe en eft incertaine à caufe de l’air profiler oppofé en bas, qui fait remonter auec la violence du feu le boulet qu’il pouffe, & fi plus bas il en arriue encore de l’incertitude par la mefmc railon que le feu s’efleue par la violence naturelle au deffus de l’air, mais neantmoins les habiles poindteurs s’adiuftent à tout, ayant bien recogneu leur piece ôc la force de la poudre lur le poids du boulet qu’elle chaffe. Il y a encore la batterie en ruine qui n a ny pointe ny mire, & qui fefait pour efpouuan-terleshabitans aux grandes pkees,parce qu elle va fur leurs habitations, ce que les gens de guerre ne craignent pas beaucoup, ficen’eft aux petites places, def-quelles toutes batteries doiuent eftre là ^ ruine.
- Et pour ne m’eftendre point en vne infinité d’articles de peur de m’engager à faire pluftoft vn calepin qu’vn ample vocabulaire, car le champ eft affez efpa-cieuxfur lefubieét que ie traiéfcc, ie me reftraindray à ce qui pourra feulement feruiràcequeiay promis, & parce que i’ay parle"des ceuures mortes qui font des petites parties pofées ou légèrement attachées au vif ôc gros des remparts, Ôc maflif desbaftimens de la place, comme font les Caualiers,aubettes, ou guerittes, qui eft vne même chofe,puis que guérite cft porte de guet.Gabions, dont le mot defeend de l ltalicn Gabbia^ quifignifie cage, facs, Ôc panniersplains de terre, ôc les parape&s, dont le terme eft Italien, quifignifie couurir la poitrine, ôc autre chofeà fe remparcr, qui vient deritalicn Riparo, de là où le terme de rempart défi cend. Ictafcheray d abréger autant qu’il meferapoffible.
- Beliers des anciens eftoient des pièces de bois armées de fer par le bout, fup-portées en Balance par vne corde ou chaine attachée à vn treteau couuertd’vn mantelet,aueclefquelles à force de bras
- & continuation de coups l’on esbranloi'C les murailles,àquoy noftre canon a fiie-cedê, mais bien plus rudement.
- Bloccuseft vnmot Allemand comparé de B ^r, qui eft vne poutre & te, vné maifon, ôc qui fignifievn logement de grofléspièces de bois qui blocquent où ferment les havres, & qui feruent de li£fc au canon qui en deffend [entrée, ôc dé barrière aux vaiffeaux qui en pourro ient fôrtir. De là on a appelé la Clofture du Camp aux fieges Bloccus, parce que lar-mee s’y retire en bloc ôc à couùert, &c blocque par mefmc moyen la place. Voyez la préfacé du troifiefmc traidté.
- Bois lardé eft ce qui dans Errard chap. 9. du premier liure eft appelé piece aé fermeture de Camp , qu il attribué à Meflire Robert Comte de la Mark, on les a appeliez depuis cheüaux de Frifc* parce quïls font communément maigres: Etpourefuiter les figures, i’ayima* gihé de les reprefenter par des X attachez par des >— couchez en cette forte — X ~ X X •— mais il faut que les croifées trauerfent la piece qui reprefen-tc le —. afix pouces l’vne de l’autre aux deiliis>& deffous, ôc aux coftez, & de telle longueur qu elles ne puiffent eftre fau-tées ny enjambées eftât drefféesrees pièces font fort embaraffantes fiir les portes des places, ôc principalement aux brefehes* mais il en faut auoir quantité*
- C
- CA non vient de cane ou rofeaù qui fignifie là longueur de la piece dont le creux eft appelé lame,les fix efpe-ces en font très. bien défaites au commencement du liure d’Errard.
- Camp, voyez la préfacé du troifiefme traicfcé.
- Caualiers font efleuations de terre fur lesbaftions ou remparts, ou aux attaques , le mot vient de l’Italien, par ce qu’il femble vn homme à cheual fur le rampart, ils font auffi des Caualiers à cheual qui font Caualier fur Caualier, Ôc ne faut pas imaginer pourtant que le
- mot
- p.n.n. - vue 222/228
-
-
-
- mot de démonter les pièces vienne delà, caron dit la piece montée fur fon affuft lors quelle eft en eftat de rouler ôc feruir, & démontée lors quelle a le ventre à terre, ou que par les coups des ennemis elle a le rouage,ou raffuft, ôu l’cflieu rompu, car alors elle eft inutile. Voyez la repre-fentationen deflein des câualicrs dans Érrard Chap. i. & 5. du qüâtriefmcliüré, ôc de leur effed aux aflâuts au z ô. du troi-fiefme, combien qu’il fe férue Ôc tres-à propos pour caualiersde tout le rempart des courtines,eftant rchauffépardef-fus les parape&s & chemin des ronde$,aü chap-. 9. du premier liure, ce que ie fây de mefme, comme il fê Void aux porfils prefpedifs, car par ce moyen il n’en faut point faire de particuliers.
- Cherche eft vn terme mécanique qui fignifie eercher ôc trouuer par rencontre la mefure de quelque choie auec la rci* gle par le compas.
- Caporal, comme le mot de Capitaine', vient de l’Italien Càpo, qui fignifie chef,aufli fait Caporal ou Cap defeadre, ie ne fçay fi l’addition de Oral fe petit rapporter aux heures de fadion fur lesquelles il commande ôc en eft le chef.
- Contrefcarpé, ôc efearpe defeendent de Tltalien Scarpa, qui fignifie folier, ôc contrefcarpe du contre folier,ou oppofi-tion des deux parla pointe^ iay monftré fa différence à celle du talu en la planche des porfils perfpedifs. Voyez là deflîis Errard chap. 9. du liüre premier. En la «fortification ce n eft autre chofe qüe le glacis opposé lvn à l’autre dans les fofles qui font les pentes en dedans du cofté du rampart, ôc du cofté de la campagne, mais depuis l’inucntion dés trauauxaux dehors l'on appelé conttefcâtpé ért général tout ce qui s’y accommode deflus^ foit corridors * demilunes, ou cornes^ ôc en particulier on appelle contref-carpc le terrein qui eft accommodé éii glacis au delà du parapet du chemin coU-uert ou bien fôffoyé d vnc tranchée dé quatre ou cinq toifes * comme fur lés plans du premier ordre, ôc aux porfils perfpe&ifs, ôc expreffement au quart de
- là figure qüàrréc accomplie.
- Centre eft le point fur lequel vne pointe du compas s’arrefté pour defcrirelc cercle par la reüôlütiôn où tour de l’autre.
- Corne'jlés Alemâns difcn't CŸon rverck* qui fignifie ctailail cornu,il m’a s'éblé qu’il n y aura point de mcffeance de fappellet tenaille cfpàulée. Voyez la grande planche chap. 1 ). du premier liure.
- Corps de garde eft vne affemblde d’hommes armez pour feruir aux fa. étions des fentinelles^ rondes Ôc pa-troüillcs.
- Corridor eft Italien qüife diroit COut-roir; on les appelé chemins couuerts, mais’c’eft du parapet de la contrcfcaapci Voyez les porfils perfpe&ifs.
- ( , Courtines, voyez le commencement
- du premier chap. du premier traiéle, ce font les lignes qui à la faucur des parapets donnent communication à couuert d’vn baftion à l’autre, ôc qui aboutiffent aux efpaules ou lignes de flanc.
- &
- DEmy baftion eft la moitié ducorps deffenduj ic l’appelle efpaulement fur 1 angle droit aux tenailles efpaulées.
- Demy lune, ienepüisperifer doùcet effrange mot peut eftreforty, fi ce n’eft que les premiers trauaux qui ont eftés iet*-tés fur les dehors âyent efté faits en demy cercle j comme l’on commença les premiers baftiôùs, ôc qu’on appela fers à theual* ôc qui ont la figure d’vn croiffant ayant les cornes tournées vers la place: Cômc l’on appela auffi cfpcrons tous les angles faillansàcaufe de leur pointe, à la difterécedesfersà cheual,de mefme que les figures en eftoilc ou moletted’cfpr 6. Voyez le premier chap. du premier trai-dé^ces ternies font jprins de l’vfage de la caüalerie,maisletrauail des demy lunes eftant rohd en dehors, ôc offrant du logement aux attaquans l’on y a aduancé l’angle par deux lignes droittés qui eftant defcouucrtes en donne la veuë libre, cômc fi fur la lettre O tournée en bas on appliquoit deffus vn ^ réucrfé,qui feroiç
- p.n.n. - vue 223/228
-
-
-
- jgErrarâ attribue rinùention de ces pièces au Conte de Linars : mais le fieurde la Noue a commencé de deffendre les dehors, ou pour le moins fai6t garder ce qu'il y a rencontré déplus aduantageux. Le mefmc Errard les appelé couuertures <ie portes 6c rauelins, c’eft aufli de fon temps qu* on a commencé de les mettre en vfage. Ces trauaux ne1 font pas beaucoup exaucés, car leurs patapets n’excédent que fort peu ceux de la con-trefearpe, & font deffendus des baftions de la place , leurs foffés ne font pas ny beaucoup creux ny beaucoup larges, mais ce font des grandes dcffences fur la confrefcarpe.
- Diametreeftlalignequi coupe le cercle en deux egalement, 6c paffe fur le centre dontla moitié eft le demy diamètre, ces deux mots de centre 6c Diamètre (ont Grecs, ie nay point trouué de mot François propre pour les exprimer par vn leul vocable, c’eft pourquoy ie içs laiffe en Icftat que ie les ay trouués.
- Lemotderauelinvient dereue^r,6c c’eft vn petit couuert hors du foffé au bout du dernier pont dormant, qui eft la pofte ordinaire de ccluy qui tient le rc-giftre de ceux qui entrent le iour dans la place, 6c apres la porte fermée il le va receler au Gouuerneur par le roolle qu’il luyen apporte. Von taiâ: différence au-iourdhuy de rauelin à demy lune feulement des lignes recouppées vers le foffé, comme il fc void fur celles delà figure accomplie du grand quarré aux demy lunes qui font au milieu du coftédela place, éc deuant les portes, ce qui confirme encore mon opinion, que le m ot de rauelin defeend de là,mais aux cinq angle du premier ordre les demy lunes ne font point recoupées.
- E
- EMbarasfontempcfchemés par barres ou barrières, mais en termes du meftier, c’eft tout ce qui ferme ou empef che les aduenues aux ennemis fans clo-fture fort folide, comme fur les grands cheminspourarrefter la caualerie,& met
- mes l’ordre du front de rinfanterie,l*ônÿ abat 6c trauerfe les plus grands arbres que l’on y rencontre fur les bords, ou bien on y vuide des tranchées à trauers., ou fi le pais eft pierreux© n y fait des murs fecs ,& c’eft pour lâ campagne. Auxlo-gemensdes bourgs où villages clos on met à trauers les rues 6c derrière lespor-< tes tant les charrettes despaïfaïi's que celles des bagages, 6c autres pièces de bois que l’on peut rencontrer 4ns conter les barricades que l’on fai61 en derrière fi l’on craint d’eftre attaqué dans le logis* Mais aux places, entre deux portes, ôc deuant 6c derrière les ponts leuis, outre les barrières on y trauerfe dù bois lardé, ou les fiche dans les pièces des ponts dor-mans, des pieux d affaut 6c autres chofes portatiues dont on s’aduife pour obliger les ennemis de trauaillerà les rompre a la main, oulesenleuer à coups de pétard, qui eft vn temps qui fe gaigne pour fe préparer à les rcceuoir. Toutcecy fe faieft aufli aux brefehes contre les affauts.
- Enfiler eft voir de droit fil quelque choie, c’eft pourquoy on dit trauaux enfilés, à quoy l’on oppofe ce que les Italiens appellent Sfili^tta, qui eft vne trauerfe qui bouche l’enfilcment laiffant vn paffage au deffoubs.
- Emboucher s’entend principalement du cofté que le canon tourne la bouche, ainfi vn flanc eft embouché,lors qu’il eft veci& dcfcouuert à plein par le canô: car alors Ü-en aueugle les embrafures hautes 6c baffes, qui eft ruiner les ouuertures par ou onfefertducanon, 6c de toutes autres menues pièces iufquesau mofquet foitenhautou en bas.
- Embrafeures, ce mot porte feu, 6c de là on dit qu’aux places bien deffendues, les embrafeures font perpétuellement en feu, 6c ce font les ouuercures ou trous qui font dans les flancs bas ou Cafemattes,ou fur les parapets ou entre deux gabiôs,foit dedans ou dehors la place, 6c généralement tous autres trous ou ouuercures par lcfquels on feferc des armes à feu derrière les parapets. L’on les appelle abufiue-ment flancs, car ils n’en font que les par-
- p.n.n. - vue 224/228
-
-
-
- lits comme les doigts de la main. Elles fontauflîappelées Oanonieres, ôc parles Italiens tronieres, à caufe des tôncries qu’ils apportent troni.
- Efcoadc vient d’efcadre, qui eft vn nombre quarré d’homes dans la Cauale-rieappelé efcâdron, mais dans les gens dé pied c’eft vne partie de la Compagnie îoubsvn Caporal. Voyez au traiélé fécond chap. z. au reglement des gardes, là ou la Compagnie eft de cent hommes, les dix pour cent oftés que le Roy donne aux Capitaines à caufe des malades * ôc ainfi c’eft trente hommes pourefcoade.
- Efpaules, Ton appelle ainft les deux lignes plomb qui donnent les flancs aux baftiôns, ôc font appellées ainfi, parce que l’on dit cfpauler ou faire elpaule lors que Ton appuie, donne,ayde,ou couure ceux qui fans ceft àppuy feroient en péril. A uxattaques & aux combats Ton dit ef-pauler les trouppes aduancées lors qu’elles font foüftenues par d autres, ôc ainfi les elpaulemens font les deffences des baftiôns les vns des autres.
- F
- \
- i ILànceftlecofté dé quelque corpsî Voyez Efpaules plus h aut, on dit flancs fichants, rafants, bas ou cachet: lés fichans font ceux qui entrent ou portent bricole fur quelque corps veü : or aux deffeins de l’angle flanqué droit fur les figures prinfes du cercle iufqucs au douze angle, pour conferuer ceft angle droit félon la pra&ique d’Errard,il a falü pren-dre tout le flanc fichant de la courtine qui eft la veue de toute cette ligne fur lés battions* ôc ainfi Pon ne seft feruy que du flanc rafant quinaift de la première em-brafurc de l’efpâule du baftion du cofté de la courtine ayant veue au long du pan du baftion oppofé, fans pouüoir ny entrer ny porter bricolle * ôc ne faifant que paffer fans rencontre, ceft aiifli la derniere embrafure de la courtine qui void feulement le pan en ligne droite fans y faire arreft, rencontre ny bricole.
- Flancs bas cachés ôc couuerts font ceux
- aufquels l’on loge dù cànôndans les cà-femattes, ie croy que le mot vient de Ca-fa & matoni qui fignifie logement dé brique en Italien, c’eft vne partie de lef. paule qüePonvuideauiourdhuy p'résd® la courtine félon le nombre des pièces doiitl’onfe veutféruir. Depuis le paffa. ge des galeries l’on a fàids des flancs bas dans les fôffés fecs, que l’on a appelles coffres, qui font des logemens de planches de la hauteur de l’homme enterrés iufques aux cmbrafeUrés ôc coüüerts dé terre, de là ou ôn tire fur ceux qui paffent la contrefcarpe,ôc qui trâüaillent dans le foffé, ces flânes font fort malaifés à deûo-ger fi Pon ne vient à eux par tranchée, ôc que l’on ne les enfonce ou à coups de pétards ou de petites pièces, car le canon d’en haut n’y peut rien faire. Les flancs cachés fe faifoient* il nya pas long temps auec orilîons,qui eft vn trauail rondfurlè bout des efpaules, qui aduançôit, cou-uroit ôc cach'oit les flancs bas, mais Pon à laiffé ce trauail comme peu vtile, car au-ioGrdhuy le canon fe loge plus vtilemenc aux efpaules de la baffe enceinte contre le paffage du foffé par galeries ou crâ-Uërfes, ou bien on cnvuideletcrreindc Pefpaulc. . -
- Foffé, ilcft où principal,qui eft le grand delà place,Ou particulier des demy lunes, cornes* tenailles, ou autres traùaux.
- Les fofles font fecs en bon terrein qui font les meilleurs cotre les attaques pied à pied,ou pleins de vàfe* qui empefenent les furprinfes * ou plains d'eaü, qui font le mefme effeét, ôc font les meilleurs pouir les gardes, car pour obfcure que la nuict foitilne paffe rien fur l’eau que l’on ne defcouure, ainfi l’on dit foffé fec, à vafe, ôc à nage.
- Fougades ou fourneaux font petites mines que Pon fait aux petits trauaux, là où l’on ne foüille pas fort auant. Car les grandes mines quife font foubs les grâds corps des baftiôns, fe conduifent par angles* ôc deftours iufques aux chambres. Voyez la fin du dernier chap. du traiélé troifiefme.
- HHhii
- p.n.n. - vue 225/228
-
-
-
- G
- G Alerics font partages à traucrs les fofles pour s’attacher aux rempars Sc trauailler aux mines ou fappcs, elles fc font de bois que Ton couure de terre au •dertiis fi le fofle eft fcc,aux foflez d’anage l’on les fait de mcfmc à flot, ou à get par facinage farcy, mais ce trauail ne fe fai6b point que tout le forte ne foit nettoyé de toutes fortes de flancs bas, & à couvert de tous ceux qui pourroient relier «n haut.
- H
- HVtes font loges des gens de guerre à la campagncfaiébes de chaume comme les cabanes des bergers.
- I
- INueftircft enuironnerla place & c’cft le commencement du fiege.
- L O
- Lignes font droittes ou courbées, mais les droittes font principale-ment de cefte pra<ftique,en laquelle on fè fort de la ligne de deffenpe, qui cil celle qui alignclepandubaftion de quelque endroit de la courtine, d’où la mefure eft la commune portée du moufquet, les lignes de flanc ou efpaulcs fontexpli-quées en diuersendroits, les fàillantes & coupanres au premier chapitre du premier trai6lé,Les capitales qui font la mefure de la hauteur de la faillie des angles desbaftionsforlesanglesdela place, ou d*vn point for la ligne droiéle, au mefme chapitre*
- Les parallèles qui font également di-ftantes, comme les deux collez d’vne table ou d’vn liure, au mcfmc chap. il n’y a point de terme François pour l’exprimer parvnfeulmot,
- Ligneà plomb, eft celle qui eft repre-fèntée par vn filet auquel vn plomb eft attaché, que l’on appelle pependicu-laire.
- Ligne de niueau, eft celle qui ne pend ny d’vn coftény d’autre, & que l’on appelle plaint.
- Lignes de communication font les tranchées qui coni oignent les trauaux des bloccus, ou autres qui ont accès les vns aux autres.
- Lignes d’approche fdntlcs premières ouuerturcs des tranchées.
- Lignes d’attaque, celles qui vont à la fappc au pied des trauaux des attaques.
- Lignes de front, celles qui font parallèles à vn frontoppofé.
- Lignes maiftreftes aux treïichées font celles qui font la croix en fautoir, ou fainéb André comme la lettre X, & c’eft pour s’attacher aux angles des attaques.
- M
- MAntélets font couuertures dà bois qui feruent aux approches on aux fàppes, ils doiuét eftrc à 1 épreuuè du moufquet aux collés, ôc du gros get en haut, ôc munis contre le feu for les appantis.
- N
- NO mbril, i’vfe de ce terme^parce que c’eft le milieu de la courtine, & que par tout là ou ie puis ie prends mes deftences de là, comme l’enfant ptendfà nourriture par là au ventre de la merc,outre que les Grecs appellent ainfi le milieu de leur front de bataille, & mefme qu*v-ne figure humaine bien proportionnée eftendnaturellement, &; fans contrainte les bras en forte que la pointe d’vn compas eflant mife fur le nombril, l’autre pointe faifantk reuolution pafle foubs le talon, qui fouftient la figure en balance, & for l’extrémité des doigts de la main.
- * : p
- POftcs, le terme eft Italien, &de là nous difons cheuaux de polie, parce qu’ils font pofës en certains lieux là ou onlestrouue à point nommé, ainfi en eft il des gardes.
- Ponts
- p.n.n. - vue 226/228
-
-
-
- Ponts aux places font ou dormans ou !euis,Ies dormans font fermes fans bouger, ôc les leuis fe haulfei.it ôc bailfent, ou à fléchés ou à trebuchet.
- Pots à feu, font de terre ou de verre pleinsdepôudre, bien eouuerts 6c garnis de mcches allumées autour, parce qu’en tombant ils fc calfent, 6c allument la poudre, ce qui efl dangereux dans vne troupe de mofquetaires,ferrée ôc contrainte, car cela met le feu à leurs bando-lieres 6c mofqucts.
- F I
- Porfils font les efpeflèurs des baftî-.* 1 mens reprefentez en delfein,ce mot fem-ble defcendu de porfilure.
- Pans font les collés de Pangic du baftion.
- Pieux d aflàut font des pièces de bois qui ônt trois ou quatre clous attachés à la telle, on les renge ôc attache en forte qu’vn homme ne peut pas palfer entre deux. F en ay reprefenté en la planche des , porfils perfpeétifs au trauail gafoné, 6c facinê.
- . R
- Priuilege du Roy.
- OvYS PAR LÀ GRACE DE DlEV RÔŸ DE FRANCE ET DE NâVÀRRE^ A nosamez 6c féaux les Gens tenansnos Cours de Parlements,Baillifs* Senefchaux 6c autres qu’il appartiendra, chacun en droit foy : Salut. Noftre cher ôc bienamé le Sr Jean Fabre noftre Ingénieur ordinaire aux Fortifications de France, ôc de nos camps ôcarmees, nous a fait temonftrer qu’il s’eft volontairement employé à compofervnliure intitulé Les Pratîi* quesdu Sf Fabre ,fur l'ordre & reigle de fortifier 3 garder, attaquer, & de fendre les places, auecVnfacile moyenpour leaer toutes for tes de plans, tant des baflimens, que de la Qampagm four les cartes, qu’il defireroit faire imprimer 6c mettre en lumière, mais craignant qu a fon preiudicè autres Imprimeurs que celuy qu’il a choill voululfent imprimer ledit liure, il nous a tres-humblement requisluy pouruoirde nos Lettres neceffaircs. A ces c avs es, ayant iugé ledit luire vtile pour noftre feruice, auons audit expofant permis Ôc odroyé, permettons ôc odroyons par cesprelèntes^ lignées de noftre main, faire imprimer, vendre 6c diftribüer en noftre Royaume ledit liure par luy compole : failànt deffences à tous autres Imprimeurs que celuy qui fera par luy nommé, d’imprimer ou faire imprimer ledit liure, 6c à tous ouuriers ôc artifaiis de contrefaire les planches ôc inllrumens dont les figures y font reprefentées, ny les Vendre 6c diftribuer pendant le temps de fix ans, à compter du dernier iour de l’impreffion dudit liure,fur peine de trois milliüresd’amende,confifcationdefditsliüres,planches6cinftrumens, 6cà tous def-pens, dommages 6c interefts enuers ledit expofant. Voulons 6c nous plaift, qu’en fai-fant mettre au commencement oûà là fin dudit liurevn bref 6c fommaire extraid des prefentes, elles foient tenues pour fufKlàmment lignifiées, ôc venues à la cognoiftànce de tous, comme fi plus particulièrement elles eftoient exprimées. Car tel eft noftre plaifir. Donnéàlaind Germain en Laye le vingtiefme iour d’Aouft l’an de gracemil fix cens vingt-quatre. Et de noftre régné le quinziefme, Signées, Lovys. Etplus bas par le Roy . Phelipeavx. Et feelèes du grand feau de cire jaune*
- LEdit ficur Fabre a cédé ôc transporté le fufdit Priuilege, pour celle impreflîon tant feulement,aufieurSamuelThibouft Marchand Libraire, tenant fa boutique au Palais fur la Galerie des PrifonnierSi Ceiourd’huy premier luin mil fix cens vingt neuf
- I. Fabre.
- 11 i
- p.n.n. - vue 227/228
-
-
-
- p.n.n. - vue 228/228
-
-