Revue technique de l'exposition universelle de 1878
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- REVUE TECHNIQUE
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- L EXPOSITION UNIVERSELLE
- DE 1878
- PUBLIÉE
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- Par le Journal LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Blanche, PARIS
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 36, rue Blanche
- REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- LE CONSTRUCTEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE de 1878.
- Les principaux journaux industriels ont pris leurs dispositions pour tenir leurs lecteurs au courant des merveilles qui se trouveront réunies au Champ-de-Mars. Il appartient à notre journal d’être le premier à l’œuvre, et nous commençons aujourd’hui même notre Revue de l’Exposition universelle de 1878. Plusieurs motifs sérieux nous y engagent.
- D'abord, malgré les collaborateurs spéciaux qui nous ont assuré de leur concours, malgré les suppléments que notre publication doit offrir avec la plus grande largesse à ses abonnés, le sujet d’études est si varié et si important qu’il faut, pour faire une œuvre complète, la commencer sans retard.
- Puis l’Exposition renferme des parties cachées, nécessaires à son édification, qui bientôt disparaîtront, recouvertes par les produits ou les décorations ; ces parties fondamentales, essentielles, ne méritent-elles pas notre examen? D’ailleurs, c’est seulement pendant leur montage qu’on peut se rendre un compte exact de l’exécution des machines.
- Enfin, malgré la vigilance et les encouragements de l’administration supérieure, l’activité n’est pas encore aussi grande qu’elle pourrait l’être. N’est-il pas juste de récompenser ceux qui ont fait diligence en citant leurs noms, afin surtout que leur exemple soit un stimulant qui permette cette fois d’ajouter une qualité, l’exactitude, à celles très-nombreuses que nous possédons déjà ?
- A l’heure qu’il est, le palais du Champ-de-Mars apparaît encore incomplet dans son ornementation; c’est le moment de le juger. Nous laissons à notre rédacteur-architecte, le soin d’apprécier ce grand œuvre, pour lequel il nous semble qu’on a abusé des principes, mais dont les défauts seront oubliés devant les richesses de détails.
- En entrant par la porte de l’avenue Rapp, qui sera k principale de fait, on laisse, à gauche le pavillon d’administration, à droite celui des Comités et du Jury; et l’on se trouve dans l’avenue des générateurs, laquelle est comprise entre la galerie française des machines (dans le grand palais) et les annexes qui sont parallèles à ces galeries.
- La construction de ces annexes est l’une des choses les plus remarquables, comme charpenterie métallique ; il n’y a là aucun tour de force, mais bien un tracé de ferme, qui est tout à la fois simple, élégant, rationnel.
- Les annexes sont destinées à recevoir les produits des différentes classes du sixième groupe, trop nom-, breux pour trouver place dans le palais.
- Ces produits sont, en grande partie, des machines auxquelles le mouvement sera donné par des moteurs à vapeur demi-fixes, et par une transmission supportée au milieu de la largeur.par des chevalets en fonte.
- Nous ne pouvons passer outre sans critiquer, avec la plus grande force, ces chevalets bas, lourds, antifrançais. Au lieu de colonnettes élégantes, dont nos bons fondeurs présentaient des modèles variés, on a fait choix d’un type affreux, qui n’a qu’une qualité pour le fournisseur, le poids.
- Ecartons-nous promptement de cette erreur, et après avoir constaté la présence, dans la classe 60 (côté de l’Ecole militaire), d’une grande machine à papier déjà presqu’entièrementmontée, de M. Lhuillier, devienne, parcourons l’avenue des générateurs.
- Les groupes de générateurs, pour la section française, sont au nombre de cinq, ayant chacun leur cheminée.
- Le premier groupe en partant de l’Ecole militaire,
- comprend deux grands générateurs tubulaires de la Compagnie de Fives-Lille ; la cheminée, en tôle, sans haubans, est boulonnée sur un socle en fonte.
- Le deuxième groupe comprend trois générateurs semi-tubulaires,du système Thomas et Laurens, avec bouilleur au-dessus, construits par la Société centrale de construction de machines de Pantin ; l’un de ces générateurs est muni d’un porte-tube séparateur de niveau d’eau, et chacun d’eux offre une surface de chauffe de près de 70 mètres. Ils sont desservis par une cheminée en briques, dont nous recommandons la forme sévère et rationnelle.
- Le troisième groupe (générateurs Belleville) et le cinquième, ne présentent encore que leurs cheminées en briques, trop ouvragées. Mais en revanche, le quatrième groupe mérite une mention toute particulière, puisque ses générateurs sont prêts à fonctionner.
- M. Boyer, constructeur à Lille, est le fournisseur de ces appareils, qui comprennent deux grands générateurs avec bouilleur et réchauffeurs, présentant chacun une surface de 104 mètres superficiels.
- Nous reviendrons sur ces générateurs qui sortent de ' la maison Villette de Lille; nous constatons surtout, aujourd’hui, que M. Boyer est prêt à fonctionner. Ses machines sont montées; sa cheminée et son fourneau, construits par M. Gordier, sont à peu près terminés ; la mise en marche doit se faire du 20 au 22 mars. Un tel résultat est dû en partie à l’activité incessante de M. Le Chevalier, le directeur si bien connu de la fonderie veuve Thiébaut, lequel s’est chargé des intérêts de son ami M. E. Boyer.
- Si de l’avenue des générateurs nous entrons dans la galerie des machines, nous trouvons partout les moteurs en montage.
- Nous notons ceux :
- De MM. Thomas et Powel, machine à balancier,
- De MM. Boudier frères, de Rouen,
- De M. Farcot,
- De M. Boyer, une à balancier de la force de 20 chevaux, une horizontale avec bâti du genre Corliss.
- - Bien des travaux restent encore à faire dans cette. galerie, où apparaissent cependant déjà quelques installations presque complètes, notamment celle de M. Bérendorf (machines de tannerie).
- Du côté des sections étrangères, la disposition est la même qu’en France.
- Entre la galerie des machines et les annexes sont placés les générateurs.
- Les annexes ne sont pas d’une forme régulière ; chaque pays les a disposées à sa fantaisie ; ces constructions n’offrent du reste rien de remarquable.
- Les groupes des générateurs sont au nombre de quatre, desservis par des cheminées en briques construites par MM. Gordier et Joachim.
- L’un de ces groupes se compose de trois grands générateurs Gaîloway.
- Un autre est formé de chaudières à tubes chauffés extérieurement sortant des ateliers'de Molembeeck.
- La disposition Ten~Brink est exposée par MM. Es-cher Wyss et Cie, de Zurich.
- La galerie des machines est encore peu avancée. Les supports des transmissions indiquent que dans la moitié de l’espace seulement, les machines seront en mouvement.
- MM. Gaîloway et fils ont mis en montage une de leurs machines qui servira de moteur.
- Les pièces de cette machine, ainsi que les transmissions qui l’accompagnent, sont robustes, mais elles n’ont pas l’harmonie qui caractérise les produits des bonnes maisons de construction française.
- La même réflexion peut être faite pour les grues roulantes qui desservent les galeries des machines en France et à l’étranger.
- Comment comparer les engins d’Appleby brothers, aux magnifiques élévateurs du Creusot et de MM. Cail-lard frères?
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- RÈGLEMENT SPÉCIAL
- RELATIF
- A L’ENVOI, A LA RÉCEPTION, A L’INSTALLATION
- ET A LA
- RÉEXPÉDITION DES PRODUITS EXPOSÉS.
- ARTICLE PREMIER.
- Chaque producteur français admis à exposer recevra, en temps utile et dans le plus bref délai possible, un bulletin d’exposant portant son numéro d’ordre, et indiquant les dimensions de l’emplacement mis à sa disposition. Il recevra en même temps les adresses imprimées pour l’expédition ou le transport de ses produits aux locaux de l’Exposition.
- art. 2.
- Les adresses fournies aux exposants seront imprimées sur papier de couleurs différentes, suivant le groupe auquel appartiendront les produits à exposer.
- Les couleurs conventionnelles adoptées sont les suivantes :
- Groupe 2. (Éducation, enseignement, matériel des arts libéraux.) — Blanc.
- Groupe 3. (Mobilier et accessoires.) — Bleu.
- Groupe 4. (Tissus. Vêtement et accessoires.) — Jaune d’or.
- Groupe 5. (Industries extractives, produits bruts et ouvrés.) — Brun.
- Groupe 6. (Outillage et procédés des industries mécaniques.) — Rouge.
- Groupe 7. (Produits alimentaires.) — Violet.
- Groupe 8. (Agriculture et pisciculture.) — Vert foncé. Groupe 9. (Horticulture.) — Vert clair.
- Les adresses dont il vient d’être fait mention porteront, imprimées en caractères très-visibles, les indications suivantes :
- 1° Le numéro du groupe ;
- 2° Le numéro de la classe ;
- 3° L’adresse libellée ainsi qu’il suit :
- Monsieur le Sénateur,
- Commissaire général de l’Exposition universelle de 1818, au Champ de Mars,
- PARIS.
- Si, par exception, les produits à expédier devaient être exposés dans les locaux du Trocadéro, l’exposant en ferait, sur l’adresse, mention à la main et en gros caractères.
- art. 3.
- Les colis d'origine française renfermant des produits destinés à l’Exposition devront porter, comme marques distinctives et tracées au pinceau, les lettres
- E. U entourées d’un cercle ^e. u.^; ils porteront, en
- outre, également tracé au pinceau, le numéro d’ordre de l’exposant.
- La lettre de voiture accompagnant le colis répétera, avec le nom de l’exposant, le numéro et l’adresse.
- L’expéditeur devra fixer sur deux des faces du colis l’adresse imprimée qui lui aura été envoyée en double, à cet effet, par les soins du comité d’admission.
- art. 4.
- Chaque exposant devra pourvoir, soit par lui-même, soit par ses agents, à l’expédition, au transport et à la réception de ses colis, ainsi qu’à la reconnaissance de leur contenu.
- Si l’exposant ou ses agents ne sont pas présents pour recevoir les colis à leur arrivée dans l’enceinte de l’Exposition, l’entrepreneur de transport sera tenu de les remporter immédiatement.
- Le commissariat général s’abstient de toute intervention entre les entrepreneurs et les exposants. 11 se borne à signaler à ces derniers, comme pouvant leur être utile, l’agence générale qui sera instituée par la chambre de commerce de Paris pour la réception, la manutention et la réexpédition des produits exposés.
- Les colis de provenance étrangère renfermant des produits destinés à l’Exposition devront aussi porter, comme marques distinctives, les lettres E. U. entourées d’un cercle et tracées au pinceau. Us seront adressés au Champ-de-Mars, au commissaire délégué de la nationalité dont relève l’exposition.
- Les colis d’origine étrangère devront tous porter l’indication bien visible de leur provenance, à savoir : les couleurs et emblèmes de leur pavillon national. MM. les Commissaires étrangers sont expressément invités à faire connaître en temps utile au Commissariat général les modèles d’adresse et les signes de reconnaissance adoptés par chacun deux.
- art. G.
- Les produits tant français qu’étrangers seront admis dans les enceintes de l’Exposition à partir du 1er janvier 1878, jusques et y compris le 30 mars suivant. Les dates ci-dessus pourront être, par dispositions spé-
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 06, rue Planche.
- REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLLE DE 1878
- cîales du Commissaire général, devancées pour les objets dont l’installation est difficile, ou différées pour les objets de grande valeur.
- Le commissaire général se réserve en outre le droit d’autoriser à devancer la première de ces dates, si l’état des travaux de construction le permet ou si les conditions de transport des colis de provenance étrangère le rend nécessaire.
- art. 7.
- Ainsi qu’il a été dit à l’article 37 du règlement général, les enceintes de l’Exposition sont constituées en entrepôt réel de douane et d’octroi : les produits étrangers destinés à l’Exposition sont admis, à ce titre, jusqu’au 15 mars 1878, par tous les bureaux ouverts au transit ordinaire ou international, sous les conditions indiquées au décret du 4 septembre 1876.
- art. 8.
- Le commissaire général déterminera, en chaque cas particulier, l'époque à laquelle les matériaux destinés aux constructions formant elles-mêmes objet d’exposition, ainsi que les machines et appareils démontés, les objets lourds et encombrants ; ceux qui exigent des massifs ou des fondations spéciales, peuvent être amenés dans les enceintes de l’Exposition.
- Les plans des installations qui exigeront soit des dispositions spéciales, soit des travaux de construction exceptionnelle, devront, préalablement à leur exécution, être approuvés par le Commissaire général, et resteront sous la surveillance des agents du Commissariat.
- art. 9.
- Les travaux d’installation exceptionnelle dont ifest question à l’article précédent seront commencés aussitôt que l’état d’avancement des bâtiments et dépendances de l’Exposition le permettra.
- Les travaux d’installation courante devront être commencés au plus tard le l°r décembre 1877, et être prêts à recevoir les produits avant le 15 février 1878.
- art. 10.
- Les produits de toute nature devront être installés et les expositions partielles complètement terminées pour le 15 avril 1878. Ce terme est de rigueur. En conséquence, le Commissaire général se réserve le droit de disposer de tout emplacement qui, à la date précitée, ne serait pas occupé ou se prouverait incomplètement occupé par les titulaires.
- art. 11.
- Les espaces réservés .en dehors des installations de produits étant strictement calculés pour les besoins de la circulation, il est interdit d’y laisser stationner les colis ou les caisses vides.
- art. 12.
- Ainsi qu’il résulte de l’article précédent, le Commissariat générai reste complètement étranger à l’emma-gasinement et à la conservation des caisses vides, il n’a pris à cet égard aucune disposition, ni réservé aucun emplacement. Il ne peut qu’inviter les exposants, qui ne seraient pas en mesure de pourvoir par eux-mêmes à l’emménagement et à la conservation de leurs caisses vides, à s’adresser à l’agence générale instituée par la chambre de commerce de Paris. (Voir art. 4.)
- art. 13.
- Il est expressément entendu que tous les frais d’emballage, de transport, de manutention, de déballage, de réexpédition, et en général tous les frais autres que ceux qui sont spécifiés, aux articles 14 et 28 du règlement général comme étant faits par l’État, restent à la charge des exposants.
- art. 14.
- Aussitôt après la clôture de l’Exposition, les exposants devront procéder à l’enlèvement de leurs produits et installations. Cette opération devra être terminée avant le 15 décembre 1878.
- Passé ce terme, les produits, les colis et les installations qui n’auraient pas été retirés par les exposants ou leurs agents seront enlevés d’office et consignés dans un magasin public, aux frais et risques des exposants.
- Les objets qui, au 30 juin 1879, n’auraient' pas été retirés de ce magasin seront vendus publiquement, et le produit net de la vente sera versé dans les caisses-de l’Assistance publique.
- Décret instituant ies Congrès à l’Exposition.
- En conviant les différentes nations à de grandes expositions internationales, en rapprochant dans une même enceinte les productions de tout genre créées par les divers pays, on avait à l’origine pour but de constater l’état d’avancement de l’industrie, les progrès réalisés et, par la comparaison des résultats atteints, de stimuler l’émulation, l’esprit d’invention, de donner une direction utile aux efforts de chacun et de poser ainsi les jalons des progrès à venir.
- Bientôt la sphère d’action des expositions internationales a été étendue aux matières pédagogiques, au
- rapprochement, à la comparaison des méthodes d’enseignement et d’éducation appliquées chez les divers peuples pour élever le niveau moral et intellectuel de leurs jeunes générations.
- La construction du palais du Trocadéro nous a offert les moyens de convier un ordre nouveau de concurrents et de donner place, dans notre programme, aux manifestations de cet art puissant et charmant tout à la fois, qui captive le sens de l’ouïe, produit sur l’âme des impressions si vives çt si profondes, et entre pour une très-large part dans les plaisirs et les délassements des sociétés : la musique.
- Nous essayons aujourd’hui de faire un pas de plus et de provoquer dans l’ordre de l’intelligence et de la | science les constatations, les comparaisons, les lumineuses controverses, les jugements autorisés que le rapprochement méthodique des merveilles de l’industrie permet d’obtenir dans le domaine du travail manuel et mécanique. L’expérience nous a appris qu’à chaque exposition on voit affluer de tous les points du monde les personnalités ies plus éminentes des divers pays, les pionniers les plus illustres de la science, de l’art et du travail. Nous venons faire appel à cette glorieuse phalange, nous sollicitons son concours pour organiser pendant la durée de l’Exposition une série de congrès et de conférences fonctionnant parallèlement avec l’exposition matérielle des produits et destinée à fournir à la pensée créatrice qui transforme la matière et l’approprie aux besoins de l’homme un vaste champ de manifestation.
- Dans les conférences seront exposés les enseignements offerts par l’étude des produits réunis dans les diverses classes, l’histoire de leurs progrès et des sciences qu’ils mettent à profit, la nature et l’étendue des besoins auxquels ils donnent satisfaction, l’état des mœurs et le degré de civilisation auxquels ils correspondent, la pensée de laquelle ils procèdent, le développement et l’impulsion nouvelle que cette pensée peut recevoir.
- Dans le congrès seront contradictoirement débattues toutes les questions de législation et de doctrine qui touchent à l’industrie, aux sciences, aux arts, soit en les envisageant dans leur essence propre, soit en les considérant sous l’aspect des rapports internationaux dont elles sont la cause, et de ces discussions ressortiront la mise en lumière de points restés obscurs, la solution de questions encore incertaines, l’affirmation de règles et de principes féconds, l’unification d’efforts que leur isolement rendait infructueux.
- La facilité, la rapidité des communications, le développement des rapports commerciaux ont créé entre les divers peuples une foule d’intérêts communs dans lesquels la divergence des législations jette le plus grand trouble. Des réunions dans lesquelles seraient discutées les bases d’une entente avantageuse pour tous hâteraient certainement beaucoup l’adoption de régies internationales uniformes.
- Déjà l’initiative privée a organisé un certain nombre d’associations pour élucider des questions spéciales : l’hygiène, le sauvetage, la géographie, la météorologie, l’agriculture, la statistique, la propriété industrielle, les marques de fabrique, l’avancement des sciences et plusieurs autres que nous pourrions ajouter à cette liste, ont déjà leurs congrès organisés ou en voie de formation, mais ces divers groupes, ne remplissant qu’une petite partie du vaste cadre formé par l’exposition, elles n’embrassent pas à beaucoup près l’horizon industriel, artistique, scientifique sur lequel nous voulons projeter la lumière.
- L’arrêté du ministre de l’agriculture et du commerce inséré ci-dessous a pour but de combler ces lacunes. Il charge un comité, émanation de huit commissions spéciales, de tracer un programme des sujets sur lesquels des conférences et des congrès peuvent être utilement institués, d’établir entre les conférences un ordre méthodique et logique destiné à les rendre plus claires, plus compréhensibles pour le public, de provoquer l’organisation des congrès qui n’auraient pas trouvé de promoteurs, de faciliter la tenue des unes et des autres en mettant à leur disposition dans le palais du Trocadéro des locaux appropriés à leurs réunions et un personnel de sténographes, d’imprimer à l’ensemble de l’œuvre l’unité de direction qui peut seule assurer sa réussite ; de présider enfin à la publication d’un ouvrage, véritable livre d’or de l’Exposition, dans lequel seront recueillis les travaux, les délibérations, les avis que la commission aura jugés dignes d’être conservés dans ses annales, et qui, survivant à l’œuvre, conservera d’une manière durable les enseignements qu’elle aura produits.
- En offrant son patronage, l’administration n’entend d’ailleurs en aucune façon se substituer à l’initiative privée dans l’organisation intérieure des congrès, la composition de leurs ordres du jour, la direction de leurs séances. Le congrès une fois admis par la commission compétente, celle-ci n’aura à demander que la communication des programmes, dans le seul but d’écarter de la discussion les questions qui ne rentreraient pas dans le cadre général que l’exposition peut comporter.
- L’ensemble de l’œuvre des conférences et des congrès internationaux devant fonctionner parallèlement .à l’exposition des produits dont elle est le reflet, il a paru utile de former sept commissions spéciales correspondant aux divers groupes entre lesquels ces pro-
- duits sont-distribués. Les six premières se rapportent respectivement aux six premiers groupes ; la septième aux groupes 7, 8 et 9, que leur analogie ne permettait pas de séparer. Nous avons ajouté à cet ensemble une commission qui embrassera dans sa sphère les questions qui touchent aux sciences économiques, à la législation, à la statistique. On s’est, d’ailleurs, attaché dans le choix des personnes, adonner autant que possible, à chaque classe importante, un représentant spécial et autorisé.
- Cette organisation est complétée par la constitution d’un secrétariat chargé de pourvoir, sous l’autorité et le contrôle du commissariat général, à l’exécution des décisions prises par le comité central.
- Tel est en résumé le but de l’œuvre des conférences et congrès internationaux et le rôle delà commission chargée de présider à leur organisation. Il est permis d’espérer qu’une telle œuvre, constituant en quelque sorte la partie esthétique de l’Exposition de 1878, concourra puissamment aux résultats heureux qu’on peut attendre de cette grande solennité et qu’elle en augmentera l’éclat en même temps qu’elle en étendra la sphère d’activité et l’influence civilisatrice.
- Le ministre de l’agriculture et du commerce,
- Arrête :
- Art. ler.’— Il est institué pendant la durée de l’Exposition universelle de 1878 huit groupes de conférences et de congrès dans lesquels seront traitées les questions qui se rattachent à l’origine, à la production, à l’exécution, aux progrès, aux débouchés, à la législation, à la protection légale des œuvres et des produits de toute nature réunis dans l’enceinte de l’Exposition.
- Art. 2. — Ces conférences et ces congrès seront tenus dans les salles du palais du Trocadéro sous la haute direction et le contrôle d’un comité spécial.
- Art. 3. — Pour la préparation et l’organisation générale des conférences et des congrès, il est créé sept commissions correspondant aux divers groupes des produits de l’Exposition et une huitième commission réunissant dans ses attributions tout ce qui ne peut trouver dans l’Exposition sa représentation matérielle.
- Chacune de ces commissions se constituera en choisissant dans son sein un président et un secrétaire.
- Art. 4. — Un comité central composé des huit présidents ainsi nommés, centralisera et coordonnera le travail des commissions. Il arrêtera, sous l’approbation du gouvernement, les dispositions réglementaires relatives à leur marche, fixera l’ordre et la nature des conférences et des congrès qu’il y aura lieu d’autoriser ou de provoquer. Il désignera les documents qui devront être publiés dans un recueil.
- Ce comité sera présidé par le ministre de l'agriculture et du commerce, ou par le sous-secrétaire d’Etat.
- Art. 5. ~- Il est institué près du comité central un secrétariat chargé de préparer les travaux des commissions, de recueillir les décisions du comité et d’en assurer l’exécution.
- Art/6. — Un crédit de 100,000 fr. est ouvert au commissaire général de l’Exposition pour faire face aux dépenses d’installation, de publicité et de publications que réclamera l’institution des conférences et des congrès.
- Ce crédit de 100,000 fr. sera imputé sur le chapitre 4 du budget général de l’Exposition universelle.
- Paris, le 10 mars 1878.
- TEÎSSERENC DE BORT.
- CATALOGUE DU GROUPE Vï
- (OUTILLAGE DES INDUSTRIES MÉCANIQUES) A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Classe 54
- Machines et Appareils de la Mécanique générale
- L. Amenc, à Clermont-Ferrand. — Godets graisseurs et burettes.
- Artige et C% 66, rue du Théâtre, à Paris-Grenelle. — Générateurs et machines à vapeur.
- Autier, 40, rue du Bac, à Paris. — Pompe centrifuge.
- Bérendorf, 75, avenue d’Italie, à Paris. •— Machine à vapeur.
- Bon et Lustrement, 71, rue de Chabrol, à Paris. Apareils de levage.
- Boudier frères, à Rouen. — Machines à vapeur servant de moteurs à l’Exposition.
- (A suivre.)
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- Paris
- 30, rue Blanche
- LE CONSTRUCTEUR REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878 3
- LE CONSTRUCTEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE de 1878.
- Les cheminées, à l’Exposition universelle, sont au nombre de dix, en ne comptant pas bien entendu celles des machines demi-fixes et locomobiles.
- Cinq de ces cheminées desservent les générateurs de la section française, quatre autres sont affectées au service des générateurs des sections étrangères ; enfin la dernière est celle des moteurs du service d’eau.
- Ainsi que nous l’avons déjà indiqué, la cheminée de la compagnie de Fives-Lille est la seule en tôle, tandis que toutes les autres sont en briques.
- Arrêtons -nous donc un peu sur cette construction.
- La cheminée de Fives est d’une seule pièce, formée de viroles en tôle de 4 à 8 millimètres d’épaisseur. Ses dimensions sont environ : hauteur 25 mètres, diamètre au sommet 90 centimètres, à la base lm 35 ; c’est un cône très-allongé. Ce monofer repose sur un socle en fonte de 2 mètres de hauteur ayant lui-même une forme conique très-évasée à la base, puisque le diamètre inférieur de ce socle est d’environ 2 mètres 20, tandis que son diamètre supérieur n’a que lm 35. La cheminée et le socle présentent à leurs extrémités en contact une large collerette, l’une en fer, l’autre en fonte ; ces deux collerettes sont réunies entre elles par un rang circulaire de boulons. Enfin le socle repose par sa base sur un massif en maçonnerie qui affleure le sol ; il est relié à ce massif par six grands et forts tirants ou boulons de fondation.
- Cette cheminée est, on le voit, d’une grande simplicité. Elle est bien étudiée, bien assise, simple, assez durable, économique ; .elle n’a pas besoin de tirants, qui constituaient jusqu’ici un des graves inconvénients des cheminées en tôle.
- Cette cheminée constitue donc un véritable progrès sur tout ce qui avait été fait jusqu’ici dans le même genre. Est-ce cependant le dernier mot ; nous ne le croyons pas.
- On voit que pour donner à l’appareil une assise suffisante , il a fallu le mettre de forme conique ; or on sait que pour bien déterminer l’appel des gaz il faudrait donner à la cheminée la forme d’un cône renversé, c’est-à-dire mettre au sommet son plus grand diamètre. D’un autre côté l’air froid frappant directement sur la tôle est une cause de diminution dans le tirage et d’usure plus rapide du métal. Ainsi les conditions de bonne marche et de longue durée ne sont pas encore atteintes dans la cheminée de la Compagnie de Fives-Lille. Et cependant la solution saute aux yeux ; il faut à toute cheminée en tôle une enveloppe.
- La cheminée elle-même sera un cône renversé ; l’enveloppe sera conique avec sa grande base au pied. L’écartement des deux cônes presque nul au sommet sera considérable dans la partie basse qui fatigue le plus.
- Les avantages d’une telle disposition ne sont pas contestables. Mais le prix, nous dira-t-on, se trouvera bien augmenté. Il n’en est rien. Car le tirage se faisant beaucoup mieux, la hauteur pourra être diminuée d au moins un quart ; les tôles ne fatiguant plus pourront être réduites d’épaisseur de plus d’un tiers ; le poids étant mieux réparti, les fondations sont moins coûteuses et il en est de même du montage. En réalité, nous pensons que l’avantage comme prix resterait à la cheminée avec enveloppe, dont d’ailleurs la durée serait considérablement augmentée.
- Dans la section française, la première cheminée en partant de la Seine est construite par la maison Chevalier et Grenier sous la direction de M. Léon Droux, ingénieur ^ la troisième, desservant les générateurs Belleville, a été élevée par M. Guénot. Dans les sections étrangères les deux premières cheminées en partant de l’Ecole militaire, desservent les générateurs de Belgique et d’Autriche ; elles ont été construités par M. Joachim. Les cinq autres cheminées sont l’œuvre de M. Cordier, de Paris.
- Ces cinq cheminées, toutes en briques, sont d’une grande hauteur et parfaitement exécutées ; nous les passerons en revue successivement.
- La première, située sur le bord de la Seine (rive
- droite ou du Trocadéro), sert aux générateurs de MM. Meunier et Ce, de Fives-Lille et Le Brun, de Creil, Les moteurs nécessaires pour l’élévation des eaux alimentant la cascade monumentale et l’Exposition tout entière sont fournis par MM. Lecouteux et Garnier, de Paris et par M. Le Brun. M. Le Brun a établi lui-même ses générateurs, mais ceux de MM. Lecouteux et Garnier sortent des ateliers de MM. Meunier et Ce.
- Nous reviendrons sur ces appareils moteurs qui sont d’une perfection remarquable; rien ne laisse à désirer dans tous les détails ; les générateurs au nombre de quatre sont tous munis du porte-tube séparateur de niveau d’eau aujourd’hui indispensable et que d’ailleurs MM. Meunier et Ce appliquent sans exception sur les 120 générateurs de grande puissance qui sortent annuellement.de leurs usines.
- La cheminée de M. Cordier dans laquelle se rendent les gaz de ces quatre générateurs a 1 m. 30 de diamètre intérieur au sommet et 32 mètres de hauteur; elle est placée entre les deux groupes de moteurs.
- Dans les sections étrangères M. Cordier a élevé deux cheminées, l’une destinée aux générateurs des Etats-Unis et qui a 34 mètres de hauteur avec 94 centimètres de diamètre au sommet, l’autre desservant les générateurs anglais delà maison Galloway; cette dernière, la plus importante de toute l’Exposition, mesure 38 mètres de hauteur et 1 m. 30 d’ouverture au faîte.
- Nous avons déjà dit, dans notre précédente chronique, que la cheminée des moteurs Boyer avait été fournie par M. Cordier ; ses dimensions sont : hauteur 37 mètres, diamètre intérieur au sommet 90 centimètres.
- Toutes ces cheminées sont à section circulaire, avec des socles de forme variée, octogones ou à pans coupés, peut-être trop ornementés. Celle qui dessert les trois générateurs de la Société centrale de construction de machines de Pantin est d’une forme plus sévère, mais beaucoup plus rationnelle, nous pouvons même dire élégante. Le socle y est supprimé et le fut de la cheminée se prolonge en s’élargissant jusqu’aux fondations qui affleurent avec le sol ; ainsi à sa base la cheminée a la forme d’un tronc de cône très-évasé ; voici les dimensions de ce monument qui ne manquera pas d’attirer l’attention des visiteurs ; diamètre au sommet 90 centimètres, hauteur 35 mètres.
- En terminant cette revue des cheminées de l’Exposition, nous regrettons de n’y avoir pas vu de dispositions plus variées. Plusieurs système nouveaux seront sans doute exposés sur plans, mais cela ne suffit pas 5 nous eussions désiré les voir en exécution, afin qu’on pût mieux les apprécier.
- Un de nos correspondants nous envoie, par exemple, la description suivante d’une disposition, au moins très-nouvelle et originale adoptée à la distillerie de Rocourt, près Saint-Quentin, sur les idées de l’ingénieur-directeur de la nouvelle Société à laquelle appartient cette usine.
- Cette cheminée se compose d’un cylindre vertical en briques à plat de 11 centimètres de largeur, emboîtées les unes dans les autres et réunies à la manière ordinaire par un joint en mortier. Pour consolider cette colonne creuse, on a élevé extérieurement et au carré, quatre montants coniques, formés de deux eornières de 6 à 7 centimètres, allant du bas en haut et entretoisés par un treillage formé d’une série de croix de Saint-André surperposées en fer plat de 8 à 10 m/m d’épaisseur.Ces montants ont approximativement lm 20 à 1m 50 à la base et 0m 60 à 0m 70 dans le haut. Ils sont orientés de façon à offrir le moins de prise au vent ; ils sont réunis, tous les 5 à 6 mètres, par un cercle en fer plat de 10 centimètres environ de largeur et d’un diamètre égal à celui de l’extérieur de la colonne en briques. Ces cercles ont pour but de guider la maçonnerie et de la relier avec les armatures en fer extérieures. Pour rattacher les piliers métalliques entre eux, deux sortes d’hélices en fert plat et à pas très-allongés réunissent intérieurement et extérieurement les cornières en fer et forment du tout une ossature inébranlable. Les montants possèdent à leur base 2 liens en fer à double T recourbés pour être fixés sur une plate-forme en fonte, laquelle est retenue à un petit massif en maçonnerie à l’aide de boulons de fondation.
- Les pièces de fer sont en partie rivées, en partie boulonnées pour en rendre l’expédition par fragments
- ainsi que le montage plus facile. Ce montage est du reste effectué avec une grande célérité. La pose des briques n’exige pas d’échafaudage, les montants posés d’abord servent à établir les planchers mobiles que les maçons, placés pour travailler à l’extérieur de la cheminée, élèvent au fur et à mesure de l’édification.
- Les principaux avantages de cette disposition sont : la facilité d’établissement d’une cheminée, même de grande hauteur, sur un terrain dont le sous-sol offre peu de garanties de solidité, la presque suppression des fondations toujours très-coûteuses, la rapidité de montage, enfin une grande économie dans le prix de revient.
- LES CONSTRUCTIONS MÉTALLIQUES
- DU
- PALAIS DU CHAMP-DE-MARS
- _ Galeries des machines. — La Compagnie de Fives-Lille avait une des galeries de machines à construire. Elle se servait d’up échafaudage se composant d’un plancher de 39m,50 de largeur, sur 6m,60 de longueur, à 23m,0O de hauteur, et sur lequel roulait un. chariot surmonté d’un treuil. Ce chariot portait une flèche de 8m,00, sur laquelle étaient deux poulies : une près du treuil, montant tous les tronçons de ferme sur un plancher, épousant à peu près la forme intérieure de la ferme, situé à l’arrière de l’échafaudage, une autre, à 7m,50, montait les pannes qui étaient saisies par le milieu. Les piliers étaient montés à l'aide de poulies de renvoi fixées à l’échafaudage et à leur tête; huit hommes à un treuil situé à la partie inférieure effectuaient cette opération en 40 minutes. Les deux piliers étaient levés en même temps ; pour cela ils étaient couchés perpendiculairement à l’axe de la galerie; leur pied était muni d’un axe en fer boulonné dans des trous de rivets et reposant sur deux coussinets fixés à un cadre en charpente de sorte qu’il pivotait autour de cet axe. Le chéneau était levé par la première poulie du treuil supérieur et un palan fixé à un chevalet situé dans le chéneau de la travée précédente. La sablière et les pièces de la muraille vitrée étaient levées au moyen de palans et de poulies fixés au chéneau qui servait de poutre résistante. Les pièces étaient bou • lonnées par des ouvriers montés sur des ponts volants.
- La galerie extérieure était montée avec une grue roulante, et un petit échafaudage suivant la grue servait à la mise en place des pannes et au rivetage.
- La quantité de métal levé était de 20 tonnes par jour.
- MM. Schneider et CÎ0, du Creusot, qui avaient l’entreprise de la seconde galerie des machines, ont employé un échafaudage composé d’un vaste plancher dn 23»,00 de largeur sur 20m,00 de longueur, situé à 16 mètres du sol. A l’avant de ce plancher se trouvait un dos d’âne sur lequel on faisait le réglage de la ferme. Deux chèvres étaient également situées sur ce plancher ; enfin deux autres petits planchers latéraux portant également une chèvre étaient établis à 13m,00 de hauteur.
- Les piliers étaient couchés à peu près parallèlement à l’axe de la galerie et levés à l’aide de deux palans fixés aux angles du grand plancher supérieur. Ils étaient levés l’un après l’autre ; l’opération durait 45 minutes par pilier.
- Les tronçons de ferme et les pannes étaient amenés à pied d’œuvre par une grue roulante à vapeur, qui allait les chercher à l’estacade de déchargement, le transport du Creusot s’étant fait par eau. Ces pièces étaient montées sur la plate-forme à l’aide d’un fort palan, et là, elles étaient coltinées et mises en place par les deux chèvres dont nous avons parlé. Les deux pannes extrêmes et le chéneau étaient levés par les deux chèvres des petits planchers latéraux.
- Toutes les autres pièces étaient alors montées comme nous l’avons vu faire à la Compagnie de Fives-Lille. La différence n’existe que dans la réception des pièces au chantier. Ainsi la sablière inferieure arrivait en onze pièces, qui étaient assemblées et rivées à pied d’œuvre, pour être levées d’un seul morceau.
- Le montage de la galerie extérieure se faisait d’une façon analogue, avec cette différence que la grue roulante était ici remplacée par une chèvre et par un mât maintenu dans la position verticale par trois haubans servant au levage des pannes.
- La quantité de fer levée par jour fêtait d’environ 17 tonnes. Le montage des pièces de la muraille vitrée s’étant fait ultérieurement, il est difficile de donner des chiffres exacts.
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- Paris LE CONSTRUCTEUR 36, rue Planche.
- 4 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLLE DE 1873
- sant suivre de la raison Sociale telle qu’elle figurera au catalogue.
- 2° L’adresse de votre établissement commercial.
- 3° Les numéros de la classe ou des classes auxquelles appartiennent les produits que vous exposerez.
- Enfin votre signature sociale devra être apposée au bas de ces diverses mentions.
- Je crois utile de vous rappeler qu’aux termes de l’article 12 du règlement précité, il ne sera délivré qu’une seule carte par exposant. Les associations, compagnies, sociétés et comices n’ont droit, en conséquence, qu’à une seule entrée gratuite.
- Je dois vous informer, en outre, que si cet envoi j de photographies ne me parvenait pas avant le 15 mars prochain, la carte d’entrée ne pourrait être retirée avant l’ouverture de l’Exposition, c’est-à-dire avant le 1er mai 1878. (1)
- Les cartes d’entrée gratuite seront délivrées aux Tuileries (pavillon de Flore, guichet des Lions), du 15 au 30 avril prochain (de 9 heures du matin à 5 heures du soir).
- Ces cartes seront remises contre la signature de l’exposant, s’il peut se présenter en personne, et sur le vu des pièces établissant son identité, ou contre celle d’un mandataire dûment accrédité, qui devra justifier de ses pouvoirs, lors de la délivrance de la carte.
- CATALOGUE DU GROUPE fï
- (OUTILLAGE DES INDUSTRIES MÉCANIQUES)
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- — Suite (1*) —
- Classe 5 Si
- Matériel et procédés des Usines agricoles et des industries alimentaires!
- Jean et Peyrusson, (ancienne maison Baudet et Boire), à Lille. — Presses à jus sucrés.
- Brissonneau frères, à Nantes. — Moulin à canne.
- Delle Biaise, à Signy-îe-Petit (Ardennes). Four à revivifier le noir.
- Demaux et fils, à Toulouse. —- Machine à laver les blés.
- ©amourette, 56, rue Blanche, à Paris. — Plans de machines de tannerie.
- Poisson, 90, rue Rochechouart, à Paris. — Machines pour la corroierie.
- Sehreiber, à Saint-Quentin. — Machines diverses.
- Classe 54
- Machines et appareils de la Mécanique générale
- Boyer, à Lille. — Machine à vapeur horizontale. — Machine à vapeur à balancier (moteurs de l’Exposition).
- Brouhot et Ce, à Vierzon (Cher). — Machines à vapeur.
- Gaillard frères, Le Havre. — Cabestans, treuils et grues à bras ou à vapeur.
- Claparède et Ga? à Saint-Denis (Seine). — Machine à vapeur.
- ©amourette, 56, rue Blanche, à Paris. — Indicateurs de niveau d’eau avec porte-tube séparateur. — Sifflets d’alarme pour le manque d’eau et le trop-plein.
- H. ©avid, à Orléans. — Pompe à 3 corps, en cuivre, avec récipient d’air sur l’ascension, commandée par mouvement à vilebrequin triple, engrenage de 1 pour 4 dont le pignon recevra commande de la transmission. —- Pompe à piston à un corps cuivre, commandée également par la transmission. — Deux pompes-chapelets, l’une marchant au moteur, l’autre à bras.
- Dumont et Ce, 55, rue Sedaine, à Paris. — — Pompes.
- Gaiitreau, à Pour dan (Seine et Oise). — Machines à vapeur.
- Le Brun, à Creil (Oise). — Générateurs et machines à vapeur (moteurs de l’Exposition.
- Grands vestibules. — MM. Çail et Ce, qui ont construit le vestibule du côté de l’École Militaire, ont employé deux échafaudages. Le premier se composait d’un plancher à Am,500 de hauteur au-dessus du sol et sur lequel étaient établis deux treuils Mégy, mus par la vapeur, ainsi que la chaudière verticale.
- De chacun de ces treuils partaient deux chaînes, l’une montant à 18m,00 de hauteur, et là obliquant entre deux moises pour aller trouver l’angle de l’échafaudage au-dessus do la fondation des piliers. Ceux-ci étaient couchés parallèlement à l’axe de la galerie, le pied était muni d'une paire de galets roulant sur un plancher en'madriers. Le point d’attache de la chaîne était pris à la tête du pilier, de façon qu’à la fin de l’opération il se trouvât suspendu, et que deux ou trois hommes pussent le guider dans la descente A la fin de cette opération, l’assemblage et le rivetage des trois tronçons composant la ferme étaient terminés. Ce travail se faisait à terre sur un plancher, au pied et à l’arrière de l’échafaudage.
- Les deux autres chaînes, partant des treuils au lieu de prendre la direction oblique, montaient à 24m,00 de hauteur pour redescendre saisir la ferme à 4m,ÜO de chaque côté de l’axe. La ferme ainsi levée étau boulonnée sur les pilit-rs, et le second échafaudage venait alors se coller contre le premier, pour procéder immédiatement au montage des deux sablières supérieures et des pannes.
- Il se composait de trois planchers de 12 mètres de longueur : un au centre à 18 mètres de hauteur et deux latéraux à 15 mètres au-dessus du sol, sur lesquels étaient établies deux grues tournantes servant au levage de toutes les pièces. Les pannes de la partie haute de la ferme étaient mises en place à l’aide de petits chevalets fixés aux arbalétriers. Ces deux planchers inférieurs servaient également au rivetage de la ferme avec les piliers.
- De même que dans les galeries des machines, on se servait du chpneau comme point d’attache des palans pour le montage de la partie vitrée ; ici c’est la sablière supérieure qui a rempli cet office.
- Le montage de la marquise se faisait au moyen d’un chariot à 4 roues, sur le plancher duquel étaient fixes une chèvre et un petit treuil.
- MM. Eiffel et Ce ont construit le vestibule du côté de la Seine ; ils ont adopté à peu près la même marche. Ils avaient deux échafaudages ; le premier, pour lever les piliers et la ferme, se composait d’un plancher unique à 24 mètres de hauteur, sur lequel se trouvaient disposées deux volées en fer double T, pivotant autour d’un axe, de façon à pouvoir lever les piliers et la ferme; de cette façon il n’y avait à chaque treuil qu’une seule chaîne au heu de deux. Le montage des piliers différait en ce que ceux-ci arrivaient en deux parties, et par suite étaient levés en deux fois. Le tronçon inférieur, dont la base reposait sur un petit chariot monté sur rouleaux, était mis en place, puis on venait y déposer le tronçon supérieur. La ferme était boulonnée à terre, montée d’une seule pièce, comme chez MM. Cail, et assemblée avec les piliers. Le second échafaudage, composé de cinq planchers, venait lever les sablières supérieures, les pannes et servir au rivetage des divers joints. La partie vitrée était montée comme nous l’avons vu pratiquer jusqu’à présent.
- SERVICE DES ENTRÉES
- Délivrance des cartes d’exposants.
- Nous. recevons la lettre suivante relative aux cartes d'entrée gratuites accordées aux exposants ; nous fournirons à nos abonnés les explications qui leur seraient utiles à cet égard.
- Conformément aux articles 7 et 12 du règlement sur les entrées à l’Exposition,approuvé par décret dul3oc-tobre 1877, (1) j’ai l’honneur de vous prier de vouloir bien envoyer sans aucun retard, à l’adresse ci-contre deux épreuves de votre portrait photographié ou du portrait de la personne à laquelle vous céderez votre carte d exposant. L’un de ces exemplaires doit rester dans les archives de l’agent comptable et l’autre servira à l'établissement de la carte d’entrée gratuite qui vous sera délivrée à titre d’exposant.
- Les épreuves en question devront être du format dit carte de visite, c’est-à-dire n’excédant pas les dimensions de 11 centimètres de hauteur sur 7 centime res de longueur.
- . Au dos des dits portraits il y aura lieu d’écrire très-Ihcblement, comme il est indiqué au tableau ci-après :
- 1° Le nom et les prénoms du titulaire, en les fai-
- (!) Voir ce décret aux numéros du 29 octobre et du 12 novembre 1877 du Journal le Constructeur.
- Fleury, rue de Crimée, 91, à Paris. — Moulins à meules verticales.
- Le Blanc et G% 26, rue du Rendez-Vous, à Paris. —- Filtre-presse.
- Lecointe et Villette, à Saint-Quentin. •— Appareils de sucrerie.
- Sehreiber, à Saint-Quentin. »— Four à revivifier le noir.
- Toulet aîné, à Albert (Somme). — Appareils pour huilerie.
- Classe 53
- Matériel des arts chimiques, de la pharmacie et de la tannerie.
- Bérendorf fils, 75, avenue d’Italie, à Paris. —- Machines diverses pour tannerie et corroierie.
- Colombier, 24 et 26, rue des Tuileries, à Lyon. — Appareils spéciaux à distiller munis d’un épurateur et d'un rectificateur des alcools, système breveté s. g. d. g. — Laboratoire complet pour liquoristes. — Générateur de vapeur vertical demi-fixe et démontable, breveté s. g. d. g.
- (1) Le délai pour l’envoi des photographies a cto prolongé de 15 jours, jusqu’au 31 mars.
- (1*) Voir notre précédent numéro.
- Lecouteux et Garnier, 74, rue Oberkampf, à Paris. — Machines à vapeur (moteurs de l’Exposition).
- Noël, à Provins (Seine-et-Marne). — Régulateurs pour machines à vapeur.
- L. Poillon, 78, boulevard Saint-Germain, à Paris. — Machine fixe Demenge à condensation de 40 chevaux et une Locomobile Demenge de 6 chevaux (C® de Fives-Lille). — Pompe Greindl de 4,500 litres par minute (Ce de Fives-Lille). — Pompe Greindl de 1,500 litres par minute (maison Cail et Ce). — Pompe Greindl à vapeur à moteur direct fonctionnant sur la berge et pompes Greindl de divers numéros (maison Lecointe et Villette). Pompe Greindl à moteur direct fonctionnant également sur la berge et diverses pompes Greindl (maison Locoge et Ce).
- A suivre.
- MM. les exposants du 6“e Groupe sont invités à faire connaître, au bureau du journal le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris, la nomenclature des machines et appareils qu’ils exposent. L’inscription au Catalogue du journal-est gratuite pour les abonnés. — (Le journal le Matériel agricole publie le Catalogue relatif à V Agriculture.)
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- S 6, rue Blanche
- REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878 8
- LE CONSTRUCTEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE de 1878.
- Les moteurs de M. Le Brun, de Creil. —
- Les transmissions.
- Ainsi que nous l’annoncions dans notre dernière revue, l’une des machines motrices de M. Boyer, de Lille, vient d’être mise en route.
- Du reste les générateurs et les machines à vapeur dans la section française sont en bonne voie d’installation-, parmi eux nous citons de mémoire, les machines jumelles horizontales de MM. Lecointe et Villette, celles des maisons Gail, Farcot et de la Compagnie de Fives-Lille, les machines motrices de MM. Thomas et Powell et de MM. Boudier frères, de Rouen.
- Les appareils spéciaux commencent aussi à arriver dans la galerie des machines. Notons : à l’entrée (Avenue Rapp), une très-forte grue à vapeur de la maison Voruz, de Nantes, laquelle est destinée au service des quais de Rouen ; dans la galerie, les moulins à canne de MM. Gail et C® et de la Compagnie de Fives-Lille, un grand appareil de distillation de la maison Savalle et C% etc.
- Les étrangers ont aussi travaillé activement depuis huit jours. Spécialement nous devons signaler la Suisse qui nous donne toujours l’exemple de l’exactitude ; en une semaine l’importante exposition de la Société suisse de constructions mécaniques de Winter-thur a été complètement mise en place.
- Nous devons satisfaire à la promesse que nous avons faite à nos lecteurs de leur décrire les magnifiques moteurs qui sont chargés du service des eaux et qui sont établis à cet effet au pied du Trocadéro.
- Machines exposées par M. L. Le Brun, de Creil, et destinées à faire le service hydraulique du Trocadéro et de VExposition.
- M. Le Brun est un des constructeurs spéciaux les mieux connus pour l’établissement des services d’eau. Il était donc tout naturel qu’il fût appelé à fournir les appareils nécessaires au service hydraulique de l’Exposition universelle de 1878.
- Nous connaissions déjà ses machines; et nous pouvons dire, après les avoir examinées, que celles qu’il a envoyées au Trocadéro méritent de fixer l’attention de tous les connaisseurs.
- L’installation de M. Le Brun se compose :
- De deux machines horizontales jumelles actionnant un seul arbre sur lequel est monté un volant de grand diamètre.
- Chacune des machines comporte :
- Une pompe élévatoire à double effet, une pompe alimentaire, un condenseur et une pompe à air, de sorte que l’une d’elles peut fonctionner indépendamment de l’autre, ce qui permet de ne pas interrompre le service, lors même que l’une des machines serait en réparation.
- Dans chacune des machines, la traverse du piston à vapeur est reliée par deux petites bielles à un balancier double en fer forgé, qui actionne par l’intermédiaire de deux bielles les pistons de la pompe élévatoire et celui de la pompe h air du condenseur.
- Sur la tige du piston de la pompe à air est fixée une traverse en fer qui porte et fait mouvoir les plongeurs de la pompe alimentaire et celui d’une pompe destinée à envoyer de l’air dans le récipient de refoulement des pompes élévatoires.
- Les cylindres à vapeur sont munis, d’une enveloppe en fonte dans laquelle circule la vapeur avant de se rendre dans la boîte des tiroirs.
- La distribution est du système Meyer à détente variable à la main.
- Les pistons des pompes élévatoires sont composés d’une rondelle centrale en gutta-percha ; les chapelles présentent de très-grandes sections pour le passage de l’eau qui dans tout son parcours n’a qu’une très-faible vitesse.
- Les clapets d’aspiration et de refoulement sont composés de rondelles en cuir renforcées par des plaques en fer, ils sont disposés de façon à permettre une facile circulation de l’eau.
- Les machines doivent faire 16 tours par minute et élever à l’heure 750,000 litres d’eau à 50 mètres de hauteur tant pour la grande cascade du Trocadéro que pour les besoins de l’exposition du Champ-de-Mars,
- Voici leurs dimensions principales :
- Diamètre du piston à vapeur.............. 0ra700
- Course................................... 1 600
- Diamètre du piston de la pompe élévatoire 0 520
- Course.................................... 1 »
- Diamètre du volant....................... 7 400
- Poids du volant..................„....... 15,000 k.
- Diamètre des récipients d’air des pompes. lm50
- Hauteur.................................. 10mQ0
- Les chaudières sont du système semi-tubulaire et doivent fonctionner à la pression normale de 6 kilog. ; leur surface de chauffe totale est de 350 mètres carrés y compris le bouilleur réchauffeur.
- Chacune d’elles porte un indicateur magnétique de niveau d’eau Lethuillier-Pinel et un niveau d’eau à porte-tube séparateur.
- Le poids total des machines et des chaudières avec leurs accessoires est d’environ 160,000 k.
- Le montage des machines et des chaudières est à peu près terminé et la mise en marche pourra avoir lieu vers le 10 avril.
- Le bâtiment très-élégant qui compose l’usine a été construit sur les plans de M. Salard, architecte, inspecteur des travaux de reconstruction de l’flôtel-de* Ville.
- Revenant à la galerie des machines nous pouvons y étudier la transmission qui est à peu près complètement en place.
- La transmission consiste en une double ligne d’arbres de 80 millimètres de diamètre, tournés partout, régnant à 4m50 au-dessus du sol, dans toute la longueur de la galerie des machines et coupée cependant à chaque changement de classe, par cette raison que chaque classe possède son ou ses moteurs particuliers. Ces moteurs n’actionnent pas directement la transmission, mais bien un petit arbre de commande d’un diamètre de 120 millimètres et parallèle aux lignes de couche.
- L’ensemble des transmissions est supporté parun beffroi en fonte qui règne aussi dans toute la longueur de la galerie. Ce beffroi est formé d’une série de 2 colonnes de forme octogone, dont la largeur est de 20 centimètres ; toutefois cette largeur est portée à 24 centimètres dans la partie la plus basse et à 32 centimètres au socle.
- Les deux rangées de colonnes sont séparées de 3 mètres d’axe en axe et c’est entre elles que se trouve la galerie souterraine recevant les tuyaux d’eau, de vapeur, de gaz. La distance d’axe en axe de deux colonnes successives est de 3 m. 30, sauf au point d’attaque des moteurs où cette distance n’est que de lra80.
- Toutes les colonnes sont solidement fixées par le pied. En tête elles sont réunies, perpendiculairement aux axes de transmission, par un sommier en fonte, plein sur le dessus et sur les deux faces, lequel fait saillie de 70 centimètres à droite et à gauche ; c’est sur ces saillies terminées en forme de consoles que sont placés les paliers de la transmission. Dans le sens delalongueur les colonnes sontmaintenues par des entretoises en fonte, en forme de double T, lesquelles sont boulonnées sur les sommiers. Ces derniers dans l’endroit des commandes des moteurs sont allongés de 50 centimètres et viennent se terminer sur une colonne extérieure.
- Comme on le voit, cette disposition de beffroi est simple et solide ; mais elle n’offre rien de nouveau, ni surtout d’élégant. C’est moins lourd que les jambages des annexes, mais ce n’est pas encore beau. Du reste si les fournisseurs, MM. Haldy Rœckling et C% de Pont-à-Mousson, livrent à bon marché, on ne peut les citer ni pour la perfection ni pour la forme.
- Nous avons dit que l’arbre de couche avait 80 millimètres de diamètre. Ses manchons sont de trois genres : les uns à plateaux avec emboîtement et six boulons dont les têtes et écrous sont noyés dans la fonte; les autres coupés suivant un plan passant par l’axe de l’arbre et réunis, soit par deux frettes en acier chassées sur les parties cônes extérieures, soit par six boulons noyés dans la fonte ; dans ce dernier cas les dimensions des manchons sont : diamètre extérieur
- 200 millimètres, longueur 360 millimètres ; dans le premier cas les dimensions varient, mais devraient être : diamètre 170 millimètres, longueur 280 millimètres.
- LES CONSTRUCTIONS MÉTALLIQUES
- DU
- PALAIS DU CHAMP-DE-MAES
- — Suite (1) —
- Pavillons d’angles. — Pour ce montage, MM. Cail et 0* ont employé un échafaudage fixe, qui se composait d’un plancher à 20m,50 de hauteur, et d’un autre couvrant tout l’échafaudage, à 33 mètres au-dessus du sol, sur lequel était installée une grande grue tournante.
- Les piliers arrivaient au chantier en deux parties. Le tronçon inférieur était amené sur sa fondation, de manière que le côté de la base reposant sur la chape coïncidât avec sa position définitive. Alors, au moyen de deux forts palans fixés sur les moises à 20m,5O et de deux treuils, on élevait ce tronçon. Le tronçon supérieur était élevé delà même façon ; il était maintenu avec un second palan pour l’empêcher de heurter le tronçon inférieur. Les entretoises, d’un poids de 1.9,000 kilogrammes, arrivaient de l’àtelier en cinq morceaux. Elles étaient montées toujours au moyen de palans fixés aux mêmes moises; elles étaient boulonnées et attachées à l’échafaudage, de manière à éviter tout renversement du pilier. Lorsque la clef était montée, on pouvait river ces différentes parties.
- Le montage des arcs des verrières et des arêtiers commençait alors, et pour cela on se servait de la grande grue tournante, qui levait toutes les pièces qui étaient définitivement boulonnées. Arrivé au niveau du plancher à 33^,00, pour le montage de la partie supérieure, on élevait un petit échafaudage-, il se composait de quatre pièces de bois verticales entrecroisées par des croix de Saint-André. La chèvre, devenue fixe, continuait à lever toutes les pièces de la partie supérieure, les déposait sur le plancher, et de la elles étaient coltinées et mises en place par de simples chèvres.
- Pour le montage des pavillons, MM. Eiffel et C8 se sont servis d’un échafaudage roulant, composé de deux planchers de 24 mètres de longueur sur 8 de largeur ; le premier à 18m,500, le seeond à 38 mètres.
- Le levage des piliers se faisait également en deux parties, avec cette différence que la base roulait sur un petit chariot au lieu de pivoter autour d’un de ses côtés. Les entretoises étaient montées en trois parties, deux extrêmes et une clef. Ceci posé, on levait deux piliers, une entretoise complète et deux parties extrêmes. Cet ensemble était arc-bouté par de solides pièces de bois; l’échafaudage était transporté de l’autre côté pour effectuer la même opération, et sans le déplacer, au moyen des mêmes volées en fer double T, on les ripait sur le plancher, car ici, elles ne pivotaient plus autour de l’axe, de manière à lever les deux clefs ; la partie inférieure de la construction était ainsi terminée. On procédait d’une façon analogue pour les arcs de verrières en se servant de’un plancher à 38 mètres. Enfin, toute la partie haute était montée à l’aide de chèvres.
- Galeries intérieures. — M. Baudetavait monté deux échafaudages roulants sur le plancher en fer. Us se composaient d’une plate-forme ayant la même inclinaison que les arbalétriers et pouvant se replier de manière à passer sous les tirants. A l’avant, deux pièces verticales montant jusqu’au niveau de la panne la plus élevée ; sur cette pièce pouvaient pivoter deux moises horizontales formant le T. Aux pieds de ces pièces étaient deux treuils mus par une locomobile ; de chacun d’eux partait une chaîne montant verticalement, allant jusqu’à l’extrémité de la potence et redescendant chercher toutes les pièces dans le sous-sol.
- M. Moisant n’avait qu’un seul échafaudage, roulant également sur les fers du plancher ; c’était une plateforme de 13 mètres sur 24 mètres, qui permettait aux ouvriers de travailler en toute sécurité, à l’avant de laquelle étaient deux treuils montés sur des tréteaux
- flèches saillantes servant à lever les colonnes et toutes les pièces de la ferme. Toutes ces pièces étaient assemblées sur un traiteau-milieu à l’aide de deux palans différentiels et la ferme était déposée sur les colonnes.
- M. Rigolet avait cinq échafaudages; deux pour les
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- Fa ris LE CONSTRUCTEUR 56, rue Blanche.
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- passées, de 5 mètres, roulant sur les fers du plancher, ut trois pour les galeries, de 25 mètres. Les deux premiers se composaient d’une plate-forme sur laquelle était un treuil levant toutes les pièces de cette galerie. Les trois autres, roulant dans les sous-sols, formaient pour ainsi dire deux chèvres entretoisées et servaient à lever les fermes de 25 mètres, toutes assemblées dans les sous-sols.
- M. Roussel avait quatre échafaudages roulant tous dans les sous-sols. Les deux des passages, de 5 mètres, présentaient une grande analogie avec ceux de M. Rigolet. Les deux des galeries, de 25 mètres, se composaient d’une plate-forme passant sous les tirants, et dont la partie centrale était indépendante de manière à pouvoir s’élever à l’aide de deux treuils ; de cette façon les pannes, étant déposées sur ce plancher mobile, étaient élevées à hauteur, à la demande des ouvriers.
- La ferme était montée des sous-sols toute assemblée à l’aidé de deux petites chèvres pivotantes à l'avant de l’échafaudage.
- Rudler, Ingénieur.
- (Communication à la Société des Ingénieurs civils).
- La première description que nous avons donnée des Constructions métalliques au Champ-de-Mars, résulte de la communication faite par M. Rudler à la Société des Ingénieurs civils.
- Cette description était un peu abrégée. Nous la complétons par les études suivantes faites par M. C. A. Oppermann, dans ses Nouvelles Annales de la Construction.
- On sait que la division du travail a eu lieu, comme il suit, entre les principales usines et constructeurs spéciaux, à la suite des adjudications des 5 et 22 septembre 1876.
- 1° Le Creusât, pour la galerie des machines étrangères, avenue de Suffren ;
- 2° Ce de Fives-Lille, pour la galerie des machines françaises, avenue Labourdonnaye;
- 3° MM .Baudet, Moisant, Roussel et Rigolet, chacun pour un quart des galeries intermédiaires -,
- li° Eiffel, ponr le grand vestibule, côté de la Seine ;
- 5° Cail et C8, pour le vestibule, côté de l’Ecole militaire.
- Toute latitude ayant naturellement été laissée aux constructeurs pour le mode de transport et de levage des fermes qu’ils jugeraient le plus rapide et le plus avantageux, il en est résulté une variété des plus instructives comme systèmes employés.
- Echafaudages roulants du Creusot.
- Voici d’abord l’ensemble du mode de levage adopté par le Creusot :
- Son entreprise se composait de quarante-deux grandes fermes de 37 mètres de portée, reposant sur quatre-vingt-quatre piliers en tôle et fers spéciaux de 16 mètres de hauteur, plus un nombre correspondant de fermes de 12 mètres de portée, avec marquise extérieure de 5 mètres constituant la galerie latérale de circulation.
- La distance d’axe en axe des fermes étant de 15 mètres, il en résulte une longueur totale de 44 X'15 (car il y a deux fermes extrêmes, faisant partie des vestibules et dômes d’angle Eiffel et Cail, sur lesquelles viennent reposer les pannes des dernières travées de chaque bout); soit 660 mètres sur une largeur de :
- 35m -f- 12m -j- 5m “ 52m.
- En tout, une surface couverte de 34,320 mètres superficiels (la surface couverte totale du Palais sera d’environ 243,000 mètres).
- Enfin, le poids total des pièces métalliques, fournies par le Creusot pour sa quote-part, a été d’environ 4,000 tonnes, ce qui représenterait environ 116 kilogrammes par mètre carré en moyenne.
- Transport des pièces. — Les pièces, préparées d’abord aux chantiers de MM. Schneider et Ce, à Châ-lon-sur-Saône, ont été amenées au quai du Champ-de-Mars par la voie fluviale, en une série de bateaux qui effectuaient le trajet en douze jours.
- Chaque bateau chargeant environ 150 tonnes, il a donc fallu vingt-sept voyages réguliers, sans compter
- les transports secondaires et les expéditions du matériel, d’ouvriers, etc.
- Estocade de déchargement. — Une estacade spéciale de 33 mètres de longueur, partant des rails de service du Champ-de-Mars et aboutissant à une grue pivotante, à vapeur, installée sur un chariot roulant en fonte et tôle, servait à prendre directement les pièces dans les bateaux et à les amener à pied d’œuvre.
- La construction de cette estacade, sur le bas-port, ne présente d’ailleurs rien de particulier ; elle se compose simplement de deux doubles longrines 30/30 superposées, reposant sur des pieux carrés du même équarrissage, espacés de 5 mètres et 7 mètres d’axe en axe, avec contre-fiches 30/30 réduisant les portées libres des longrines à 1 mètre et 3 mètres seulement. L’espacement des rails, d'axe en axe, est de lm,51.
- On peut s’expliquer la force exceptionnelle de cette estacade par ce fait, que le Creusot enverra ultérieurement à l’Exposition, pour son propre compte, des pièces de marine, machines-motrices et autres, qui auront des poids très-considérables et passeront sans doute par la même voie.
- Echafaud roulant. — Cinq rails, dont un unique au centre et deux sur chaque côté, portent l’ensemble de la construction. Sur chacun de ces rails roulent quatre galets accouplés par paire à l’avant et à l’arrière. Ainsi tout l’échafaudage roule sur six chariots et vingt galets, les chariots latéraux étant supportés par quatre galets.
- Le grand plancher de service, mesurant 37 mètres de largeur sur 23ia 70 de longueur, établi au niveau de 16 mètres au-dessus du sol ou des rails, est supporté par six grands poteaux qui reposent sur les chariots.
- Un plancher supérieur angulaire, à double pente, sert à recevoir les parties de chaque ferme et à les assembler sur place, au moyen de deux chèvres ordinaires, de 11 mètres- de hauteur. Enfin, deux autres planchers additionnels, plus petits, servent à poser les chéneaux longitudinaux et les vitrages intermédiaires des entre-axes successifs.
- Treuils. — Les manœuvres de force s’exécutent à bras d’hommes, au moyen d’une série de treuils établis en arrière du plancher, et dont les chaînes ou cordages sont renvoyés par des poulies de renvoi aux pièces à soulever.
- Levage des piliers. — Le travail le plus important était la mise en place des piliers, pesant, comme nous l’avons dit plus haut, 7,500 kilogrammes chacun.
- Ces grosses pièces se dressaient, en pivotant autour de leur base au moyen de deux chèvres latérales de 11 mètres.
- Déplacement du hâti. — Lorsque la pose d’une ferme était terminée, une heure suffisait pour déplacer l’ensemble de l’échafaudage de 15 mètres d’entre-axe, et l’on recommençait l’opération en relevant successivement les deux piliers et la ferme correspondante.
- Echafaudage roulant de la Compagnie de Fives-Lille.
- Le bâti roulant des usines de Fives-Lille est aussi très-bien disposé et se distingue principalement de celui du Creusot:
- 1° Par ce fait qu’il comporte un moindre cube de bois, étant moins large dans le sens du mouvement des travées ;
- 2° Parce que son plancher horizontal est supérieur au niveau de la ferme et sur le côté -,
- 3° Le plancher mobile d’assemblage suit polygona-lement le dessous de l’arc d’intrados de la ferme -,
- 4° Les treuils de levage principaux sont placés en bas, entre les montants de chaque côté. Une autre grue roulante supérieure sert au levage des pannes et tronçons des fermes dans le plan du milieu del’entre-axe-, 5° Le roulement a lieu sur quatre rails (pas de rail central) au moyen de quatre roues- galets également espacés sur chaque rail, entre les moises horizontales qui assemblent les montants dans le sens du mouvement.
- (ri suivre).
- CATALOGUE DU GROUPE VI
- (OUTILLAGE' DES INDUSTRIES MÉCANIQUES)
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- — Suite (1*) —
- Classe 52
- Matériel et procédés des Usines agricoles et des industries alimentaires.
- Decauville aîné, à Petit-Bourg (Seine-et-Oise). — Plan d’une distillerie.
- Egrot, rue Mathis, 23, à Paris. — Appareils distillatoires.
- Fouché et Delaharpe, rue des Ecluses-Saint-Martin, à Paris. — Appareils pour conserves.
- Hignette, 23, boulevard Voltaire, à Paris. — Nettoyage complet pour meunerie. — Epierreur pour céréales. — Tarare aspirateur pour toutes sortes de matières. —-Blanchisseur de riz. — Epierreur-aspira-teur. — Trieurs à alvéoles superposés pour extraire des céréales les graines rondes et longues.
- Classe 54
- Machines et appareils de la Mécanique générale
- Vve Bernier et G0, 12, rue Corbeau, à Paris — Palier, pivot de turbine, treuils.
- Brisson, Fauchon et C% à Orléans. — Lo-comobiles.
- Brun, à Marseille. ~~~ Chaudière tubulaire.
- Gorbran et Le Marchand, à Rouen. — Machines à vapeur, système Corliss.
- Giroud, rue des Petits-Hôtels, 27, à Paris. — Régulateurs pour le gaz.
- Hachette fils et Driout, à Saint-Dizier. — Chaudières à vapeur.
- Hignette, boulevard Voltaire, 23, à Paris. — Paliers graisseurs automatiques sans mèches pour arbres horizontaux et verticaux.
- Le Gavrian et fils, à Lille. — Machine à vapeur,'système Corliss.
- Locoge et Ce, à Lille. — Pompe Greindl, à moteur direct spécial, fonctionnant sur la berge. —- Pompe Greindl de 1,500 litres du type ordinaire fonctionnant à courroie, sur la berge et diverses autres types de pompes Greindl pour l’industrie.
- Olry et Granddemange, 83, rue Saint-Maur, à Paris. — Machines à vapeur.
- ri suivre.
- — ------------
- MM. les exposants du 6ma Groupe sont invités à faire connaître, au bureau du journal le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris, la nomenclature des machines et appareils qu'ils exposent. L’inscription au Catalogue du journal est gratuite pjour les abonnés. — (Le journal le Matériel agricole publie le Catalogue relatif à V Agriculture.)
- (V) Voir notre dernier numéro.
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- Paris
- 86, rue Blanche
- LE CONSTRUCTEUR REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878 7
- LE CONSTRUCTEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE de 1878.
- Les transmissions de mouvement dans les galeries
- des machines. — Les générateurs à vapeur de
- M. P. Villette, constructeur à, Lille.
- La transmission générale dans la section des machines françaises, se compose, ainsi que nous l’avons dit dans notre dernier numéro, d’arbres de commande en nombre égal aux moteurs et d’une double ligne de couche qui occupe toute la longueur de la galerie des machines avec interruption à chaque classe ou section de classe desservie par une machine à vapeur.
- Les arbres de commande ont 120 millimètres de diamètre, les lignes de couche ont 80 millimètres. Ces dimensions sont largement suffisantes si l’on songe aux efforts qui sont transmis, assez faibles vu leur division; en outre les portées sont courtes, de 3m30 d’axe en axe des paliers. Ce sont là d’excellentes conditions qui peuvent assurément servir de guide.
- Les paliers, organes essentiels, sont aussi remarquables par leur assise et leur bonne disposition. Le coussinet, formé de deux coquilles en bronze, a une longueur plus que double de son diamètre, 180 millimètres pour 80. Ce coussinet est entouré, à ses deux extrémités, d’une chambre ménagée dans l’épaisseur du palier et qui sert à retenir la matière lubrifiante. Cette matière s’introduit en haut par un trou bouché à vis; la partie en excès peut s’écouler par deux orifices placés au bas des chambres et fermés par un bouchon. Le chapeau bien emboîté est retenu par quatre boulons et le palier lui-même, d’une largeur totale de 25 centimètres, est attaché sur le bâti par quatre autres boulons.
- Nous avons indiqué que les manchons d’assemblage des arbres étaient de trois formes différentes -, nous pourrions dire de quatre, les manchons à plateaux formant quelquefois poulies.
- Les dimensions des manchons cylindriques en deux parties, avec six boulons à tête et écrou noyés dans la masse, sont: longueur, 36 centimètres; diamètre, 20 centimètres; diamètre des boulons, 25 millimètres.
- Les dimensions des manchons cylîndro-coniques en deux parties, sans boulons mais avec frettes en acier, sont : longueur, 32 centimètres ; diamètre, 17 centimètres -, frettes, 40 X 22 millimètres.
- Les dimensions des manchons à plateaux formant poulies, sont :
- Diamètre de la poulie, 36 centimètres; largeur de la poulie, variable ; diamètre du deuxième plateau qui rentre dans le premier formant poulie, 30 centimètres; diamètre du moyeu, 17 centimètres; diamètre des six boulons, 22 millimètres. L’un des bouts d’arbre rentre de 5 centimètres dans le plateau qui porte l’autre bout.
- Si de la section française nous passons aux sections étrangères, nous trouvons les mêmes bâtis ou beffrois en fonte. Mais ces bâtis ne régnent que sur un tiers de la longueur, ce qui indique qu’un certain nombre de machines ne sont pas mises en mouvement ; de plus les transmissions sont différentes.
- D’abord, dans la partie de la galerie réservée à l’Angleterre, on trouve une ligne de couche souterraine formée d’arbres en fer brut de 120 et 100 millimètres. Puis les lignes supérieures, tournées partout, n’ont que 70, 65 et 60 millimètres de diamètre, les portées de coussinet à coussinet étant d’ailleurs les mêmes qu’en France.
- Les manchons d’assemblage sont des poulies longues avec un moyeu fendu dans toute sa longueur et portant, en face de cette fente, la rainure nécessaire à l’enclavement de la clavette. Les arbres étant entrés dans le moyeu de cette poulie, on y visse près de la fente, entre la jante et le moyeu, quatre vis coniques qui forcent ce moyeu fendu à se serrer fortement sur les arbres. Les vis étant à bloc ou suffisamment enfoncées, tout l’ensemble ne fait plus qu’un.
- Les paliers de la transmission anglaise laissent beaucoup à désirer. D’abord, dans les coussinets, dont la longueur est d’environ une fois et demie le diamètre,
- la coquille inférieure est seule en bronze ; celle du dessus est en fonte. Puis ces coussinets reposent dans des cuvettes en fontes séparées, auxquelles ils ne sont assujettis que par deux boulons ; enfin ce sont ces mêmes boulons qui, prolongés et munis d’une embase servent à fixer les cuvettes elles-mêmes sur les bâtis. Ces conditions ne nous paraissent pas présenter une assise suffisante.
- Les générateurs à, vapeur de la maison P. Villette de Lille.
- Nous continuons nos études sur les générateurs moteurs de l’Exposition par l’examen de ceux qui ont été fournis par M. Boyer de Lille et qui ont été construits par M. P. Villette de la même ville.
- Ces générateurs, au nombre de deux semblables, se composent : d’une chaudière de 8 mètres de longueur et de 1 m. 20 de diamètre surmontée d’un dôme de vapeur de 0 m. 70 de diamètre sur 0 m. 60 de hauteur ; de deux bouilleurs et de deux réchauffeurs. Les bouilleurs comme les réchauffeurs, ont 70 centimètres de diamètre et 10 m. 15 de longueur; ils sont réunis à la chaudière par deux communications hautes présentant 33 centimètres de diamètre et 35 de hauteur.
- La surface de chauffe de chacun des générateurs est de 104 mètres carrés, savoir : 59. m 60 pour chaudière et bouilleurs, et 44 m. 40 pour réchauffeurs.
- La chaudière est entièrement noyée dans la maçonnerie ; elle est munie, sur un de ses fonds, d’une prolonge qui se termine sur la façade du foyer par une plaque en fonte destinée à recevoir le tube de niveau d’eau.
- On doit remarquer la construction de ces chaudières et la bonne disposition des tôles dont les clouures longitudinales doubles sont croisées ; les rivets sont tous également espacés jusque dans les coins des tôles où souvent on en supprime pour plus de facilité.
- Le timbre est de 5 k. 500. Les indicateurs de niveau d’eau doivent consister en un flotteur magnétique et en un porte-tube séparateur ; ce dernier appareil a du reste été adopté par MM. Boyer et Villette pour plusieurs de leurs générateurs.
- Nous retrouverons M. Villette à l’Exposition dans la classe 54 où il expose une chaudière verticale ; mais nous devons rappeler que ses générateurs sont les premiers qui soient parvenus à l’Exposition, ce qui a permis à M. Boyer de faire fonctionner depuis huit jours déjà sa machine à vapeur à balancier.
- LES CONSTRUCTIONS MÉTALLIQUES
- DU
- PALAIS DU CHAMP-DE-MARS
- \ — Suite (1) —
- Echafaudage roulant de la Compagnie de Fives-Lille.
- Levage des piliers. — Les deux treuils d’enlevage des piliers étaient manœuvrés chacun par huit hommes et un chef demanœuvre,en tout dix-huithommes. Cette opération durait, au maximum, une heure.
- A chaque pilier était adapté d’avance un premier tronçon (retombée) de la ferme correspondante.
- Levage des pièces de la ferme. — Toutes les pièces ou tronçons d’arc, passaient par une même trappe mobile, ménagée dans le plancher supérieur de l’échafaudage.
- Le treuil d’enlevage de la grue supérieure était manœuvré par six hommes.
- Pose des pannes. — Les pannes courantes, d’une ferme à l’autre, ainsi que les faîtages et pièces des chéneaux, étaient enlevées à l’extrémité de la flèche de là grue roulante supérieure, — extrémité dont l’aplomb correspondait au milieu de leur longueur, c’est-à-dire au milieu même des travées.
- Les tronçons d’arc étaient enlevés par un autre cordage. descendant à l’aplomb de l’axe des fermes, correspondant à un point intermédiaire de la longueur de la flèche de la même grue.
- (1) Voir notre dernier numéro.
- Chacun des cordages s’enroulait sur le même treuil à tour de rôle, suivant l’opération que l’on voniai exécuter.
- Poids des pièces enlevées.
- 1° Poids d’un pilier, avec l’amorce de la retombée de la ferme 8.000 kil.
- 2° Poids des tronçons des fermes 1.350 à 2.600 kil.
- 3° Pannes faîtières, chacune 1.300 kil.
- 4° Pannes courantes 750 kil.
- Régime de la manœuvre. — Par semaine de six jours etdemide travail effectif, on a monté, en moyenne, deux fermes et demie, soit cinq fermes en quatorze jours.
- Le nombre des ouvriers travaillant sur le chantier a varié de cent dix à cent trente.
- Échafaudage roulant des galeries intermédiaires
- de 25 mètres, par M. Moisant, Constructeur, à Paris.
- L’échafaudage employé par M. Moisant a 24 mètres de longueur sur 13 mètres de largeur, soit une surface de 312 mètres carrés, sur laquelle le service peut se faire sans fausses manœuvres et avec toute la sécurité désirable pour les ouvriers.
- Le levage des fermes s’opère de la manière suivante :
- Pendant que l’on pose les fers d’une travée, on approvisionne à l’avant les fers de la travée suivante, et ainsi de suite ; on se sert de l’arrière pour imprimer immédiatement les premières couches de peinture, et éviter ainsi un nouvel échafaudage pour les peintres. De cette manière tout le travail se fait à la fois : les couvreurs et les vitriers peuvent suivre sans interruption.
- Cet échafaudage est monté sur neuf roues en fonte.
- Les trois roues centrales sont commandées par un arbre horizontal de 21 mètres de longueur qui les relie, et sur lequel sont calées des roues d’engrenage, actionnées elles-mêmes par de petits pignons portant quatre bras.
- En troi% minutes, douze hommes font avancer l’échafaudage de 5 mètres.
- Tout l’appareil repose sur des rails placés directement sur les planches, sans tréteaux inférieurs, ce qui permet de franchir les terre-pleins sans rien démonter.
- Pour transporter cet échafaudage dans une galerie parallèle, on soulève d’abord le tout sur des crics ; puis on applique à l’extrémité des poteaux douze petits galets à chape, qu’on a placés dans une direction perpendiculaire à celle occupée. On pose la voie, on descend l’échafaud sur les rails ; on l’avance à la distance voulue, et l’on fait l’opération contraire à la rentrée dans l’autre galerie.
- Toute cette manœuvre se fait aisément dans une journée.
- Avec vingt-cinq hommes, travaillant douze heures par jour, on monte trois travées complètes, entièrement terminées, y compris la petite galerie de 5 mètres qui se monte en même temps.
- Le service est fait par deux treuils placés sur la plateforme-, le levage des fermes a lieu par parties, au moyen des tréteaux placés au milieu, et de deux palans différentiels à chaînes.
- L’échafaudage complet cube 38 mètres de bois à 100 francs le mètre, compris boulons, roues et arbre.
- Les deux treuils ont coûté 500 francs chacun.
- La dépense totale a été de 4,800 francs.
- (.A suivre.)
- LE SERVICE DE L’INSTALLATION
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Les deux lettres suivantes viennent d'être adressées par M. le Directeur de la section française aux Exposants de Paris et des Départements :
- PREMIÈRE LETTRE.
- Monsieur,
- Le moment est venu de prendre possession, sans aucun retard, de l’emplacement qui vous est réservé dans le groupe.classe...
- J’ai l’honneur de vous informer, en conséquence,
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- Paris LE CONSTRUCTEUR 36, rue Rlanche.
- 8 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLLE DE 1878
- que M. le Commissaire général a donné des ordres formels pour que, conformément au paragraphe 34 de l’Instruction sur la manutention, les produits destinés à l’Exposition ne fussent plus reçus après le 25 avril.
- Je dois vous rappeler, en outre, que l’Administration a le droit de disposer, à partir du 15 avril, en faveur des industriels non admis ou réclamants, de tout emplacement qui, à la ladite date, ne serait pas occupé, au moins par un commencement d’installation.
- Le cas échéant, elle usera de ce droit.
- Je saisis cette occasion pour vous faire connaître que, sur le vu de pièces justifiant de votre, qualité d’Exposant, il vous sera délivré, à ma direction, contre votre signature, de 9 heures 1/2 à midi et de 2 heures à 5 heures, les laissez-passer nécessaires pour vous permettre de pénétrer, jusqu’au 30 avril, dans les enceintes de l’Exposition.
- Recevez...........
- DEUXIÈME LETTRE.
- Monsieur,
- Le moment est venu d’expédier immédiatement les produits que vous destinez à l’Exposition (groupe.... classe....). J’ai l’honneur de vous adresser en conséquence : 1° un bulletin justificatif dont vous avez à compléter les différentes indications pour en faire l’usage prescrit au § 7 de l’Instruction sur la Manutention que je vous ai adressée dernièrement et à laquelle je vous prie instamment de vous reporter; 2® les étiquettes que vous avez à remplir et à apposer au moins sur deux faces de chacun de vos colis.
- Je vous rappelle que, aux termes des §§ 6, 7 et 16 de ladite instruction, si vous adressez directement vos colis au Ghamp-de-Mars, vous ne pouvez prendre absolument pour destinataire que MM. les délégués portés, pour votre classe, dans le tableau qui est au verso du bulletin justificatif. Tout colis adressé-à une autre personne sera refusé, lorsqu’il arrivera à l’Exposition, à moins qu’il ne soit accompagné par cette personne. Du reste, vous trouverez ci-contre un extrait de l’instruction sur la manutention relatif à ce mode de procéder.
- Je vous informe, en outre, que M. le Commissaire général a donné des ordres formels pour que, conformément au § 34 de l’Instruction, les colis des exposants ne soient plus reçus après le 25 avril, et je vous rappelle que l’Administration a le droit de disposer, dès le 15 avril, en faveur des industriels non admis ou réclamants, de tout emplacement qui, à ladite date, ne serait pas occupé, au moins par un commencement d’installation.
- Le cas échéant elle usera de ce droit.
- Je saisis cette occasion pour vous faire connaître que, sur le vu de pièces justifiant de votre qualité d’exposant, il sera délivré à ma direction (Palais du Champ-de-Mars), de 9 heures 1/2 à midi et de 2 heures à 5, les laissez-passer nécessaires pour vous permettre à vous-même ou à votre représentant, de pénétrer jusqu’au 30 avril dans les enceintes de l’Exposition.
- Recevez. ......
- Signé (pour les deux lettres).
- Le Directeur de la section française :
- Dietz-Monnin.
- M. Marteau, président du Comité d’installation de la classe lx9, a fait accompagner, pour les exposants de sa classe, les lettres qui précèdent de la circulaire qui suit. — En reproduisant cette circulaire nous exprimons le désir que l'initiative prise par M. Marteau trouve des imitateurs.
- Monsieur,
- Permettez-moi, après la circulaire de M. le Directeur de la Section française, circulaire que je vous adresse sous ce pli, d’ajouter quelques mots pour répondre aux nombreuses questions qui m’ont été faites par les Exposants de notre Classe.
- 1° La somme que vous avez versée comprend tous les frais que votre exposition pourra vous occasionner, excepté ceux du transport de vos produits et de leur mise en place comme ceux de leur reprise et de leur réexpédition;
- 2° Votre emplacement sera complètement préparé et vous n’aurez qu’à y clouer ou étaler vos produits;
- 3° Les récompenses obtenues dans les Expositions universelles de Paris 1855 et 1867, de Londres, de Vienne et de Philadelphie, seront seules admises à figurer à l’Exposition universelle de 1878.
- Celles des concours régionaux en seront exclues.
- Les médailles et croix devront être du module de celles délivrées aux exposants.
- Elles seront placées à l’intérieur des vitrines et ne pourront pas figurer à côté des noms et adresses des exposants au fronton destites vitrines ;
- 4° L’emploi d’un agent ou représentant n’est pas absolument nécessaire, ainsi que vous allez le constater en lisant cette circulaire ;
- 5° La mesure exacte de la partie verticale de l’emplacement qui vous est destiné et de :
- mètre de hauteur, mètre de largeur.
- Pour cette partie-là, il n’y a pas de profondeur.Votre exposition doit donc se faire ou à plat ou en rouleaux ne dépassant pas 25 centimètres de diamètre.
- Cette surface n’est pas vitrée.
- 6° Le pupitre qui se trouve au-dessous de cette partie verticale est vitré et fermé à clef. Il a les dimensions suivantes ;
- Hauteur au fond : 0 30
- Hauteur en avant : 0 10
- # 7° Le soubassement du meuble se compose d’une armoire fermant aussi à clef et de la largeur de votre pupitre. Vous pourrez mettre dans cette armoire ce que vous jugerez convenable : réserve de marchandises, instruments pour épousseter ou réparer vos produits, etc.
- 8° Je vous conseille très-vivement de préparer chez vous votre exposition verticale.
- Pour cela, faites confectionner un panneau en planches bien barré et exactement de la mesure indiquée au paragraphe 5. Clouez solidement dessus vos produits dans la disposition que vous voudrez leur donner. Inscrivez au dos de ce panneau votre raison sociale, le numéro de votre place et les mots Haut et Bas.
- Expédiez dans une caisse ce tableau bien emballé. Joignez-y des morceaux de cuir ou des paquets de peaux, en un mot, des échantillons de votre fabrication.
- Ges échantillons garniront votre pupitre vitré et seront destinés à être plus spécialement soumis à l’appréciation du jury et des gens spéciaux.
- 9° Si vous faites l’expédition de vos produits sous la forme du tableau que je vous ai décrit au paragraphe précédent, je me charge, mais dans cette hypothèse-là seulement, de faire mettre en place votre exposition. Vous n’auriez dans ce cas à payer que quelques frais d’ouvriers et je prendrais ces frais sur le solde que j’aurai, je l’espère, à répartir en fin de l’Exposition. Il est bien entendu que mon concours personnel sera tout officieux.
- 10° Si vous appréciez la portée de la proposition que je viens de vous faire, veuillez me retourner immédiatement la lettre ci-jointe, affranchie, afin que je prenne mes dispositions en conséquence.
- Si vous croyez préférable d’avoir recours à un représentant, j’appelle toute votre attention sur l’article 30 de Y Instruction pour la manutention des produits destinés à l’Exposition.
- Je vous recommande, en conséquence, de donner des ordres bien formels à votre représentant pour qu’il fasse le déballage de vos produits aussitôt leur arrivée à l’Exposition.
- La disposition de nos salles est telle que pour éviter l’encombrement de là dernière heure, je serai forcé de faire déballer tout colis, dès son arrivée, et cela alors à vos frais et à vos risques et périls.
- 12® Si les dimensions que je vous indique plus haut ne correspondaient pas, à quelques centimètres près, à celles qui vous ont été précédemment annoncées, cela proviendrait d’un remaniement général qu’il a été indispensable de faire après la circulaire du Comité (septembre 1877).
- Il ne saurait plus être fait actuellement aucune réclamation utile à ce sujet. Toutes les places sont définitivement attribuées et rien ne fait supposer que même un seul Exposant renonce à son emplacement.
- Au moment de l’apurement définitif des comptes de la Classe il sera fait état à chacun de la valeur de l’emplacement qui lui aura été donné, en plus ou en moins.
- Veuillez agréer, M , mes salutations empressées. '
- Le Président du Comité d'installation de la classe 49, Alb. MARTEAU.
- AVIS
- Malgré ou plutôt par suite de cet avis, tous les exposants des départements ont en réalité besoin d’un représentant à Paris.
- L’agence générale, MM. les ingénieurs délégués, surchargés en ce moment, peuvent à peine suffire à leurs fonctions multiples.
- Tous les présidents ne se chargent pas, comme M. Marteau, de faire mettre en place les produits, et d’ailleurs cela ne constitue pas la représentation.
- L’administration du Journal le Constructeur rappelle qu’elle est à la disposition de ses abonnés pour tous les renseignements qui leur seront utiles.
- SERVICE DES ENTRÉES
- Délivrance des cartes d’abonnement.
- Le prix d’un abonnement à l’Exposition de 1878, pour la saison entière, est de 100 francs par personne.
- Les cartes d’abonnement donnent le droit d’entrer tous les jours, et par toutes les portes, dans le palais et les parcs du Champ-de-Mars, du Trocadéro et du quai d’Orsay, ainsi qu’à l’exposition spéciale des animaux (Esplanade des Invalides), aux heures d’admission générale du public et aux heures réservées pour les études (8 à 10 heures du matin).
- Toute personne qui demande une carte d’abonnement doit présenter son portrait-carte photographié, en double exemplaire, et apposer sa signature sur le registre de l’agent comptable du Trésor.
- Les cartes d’abonnement sont nominatives et personnelles.
- Toute carte prêtée sera retirée.
- La personne qui prêtera sa carte et celle qui fera usage d’une carte ne lui appartenant pas, seront poursuivies conformément à la loi.
- Le bureau des abonnements sera ouvert :
- Du 1er au 30 avril 1878, au ministère des finances (entrée par la place du Carrousel, pavillon Colbert);
- A partir du 1er mai 1878, à l’Exposition même, porte du quai d’Orsay.
- Les habitants des départements pourront, à partir du 1er avril prochain, verser le prix de leur abonnement entre les mains du percepteur de leur résidence et lui déposer les deux exemplaires de leur portrait photographique.
- Les personnes qui habitent l’étranger peuvent adresser leur demande au ministère des finances, en y joignant, avec- deux exemplaires de leur portrait photographique,la somme nécessaire expédiée, sous pli chargé, en billets de Banque de France ou en mandats de poste.
- L’ANGLETERRE
- à l’Exposition universelle de 1878.
- Décret instituant la Commission royale pour l’Exposition de Paris de 1878.
- Nous, Victoria, par la grâce de Dieu, Reine du Royaume uni de la Grande-Bretagne et de l’Irlande, nomme Président notre fils, Albert Edouard, Prince de Galles, officier des plus nobles ordres, Maréchal
- de Camp de l’armée.
- Suit la liste des membres de la Commission. . .
- Vu qu’il nous a été notifié par notre Secrétaire d’Etat, Ministre des affaires étrangères, que le Maréchal de MaJ-Mahon, Président de la République française, a décrété qu’une Exposition universelle pour les travaux de l’Industrie et de l’Agriculture, ainsi que pour les Beaux-Arts, aura lieu à Paris en l’année 1878. Et vu que c’est notre désir qu’à une telle Exposition se produisent de grandes représentations de l’Industrie, de l’Agriculture et des Beaux-Arts, de la part de notre Royaume Uni delà Grande-Bretagne et de l’Irlânde, de nos Colonies et dépendances en Europe, Asie, Afrique, Amérique et Australie, et que nos sujets y prennent une large part.
- Vous informons que : En considération des bienfaits qu’elle doit apporter et désirant sérieusement que le succès de ladite Exposition soit encouragé; donnant grande confiance à votre fidélité, discrétion et probité, nous vous avons autorisés et désignés, par le présent, à être nos commissaires pour nous informer sur les meilleurs moyens grâce auxquels les produits de l’Industrie, de l’Agriculture et des Beaux-Arts du Royaume Uni, de nos Colonies et dépendances, peuvent être préparés et envoyés à ladite Exposition.
- Nous verrons avec grand plaisir que vous — ou plusieurs membres de la Commission désignés par vous à cet effet, aussi souvent qu’il sera nécessaire et tant que la Commission restera en fonctions, — nous informiez par écrit, avec le sceau apposé, de vos diverses manières d’agir.
- Et enfin, nous vous ordonnons par ce présent que notre Commission garde ses pleins pouvoirs jusqu’à la clôture de ladite Exposition, et que vous, nos dits Commissaires, ou trois ou plus d’entre vous, procèdent à l’exécution de toutes affaires concernant votre mission.
- . Et dans le but de vous aider dans cette mission, nous désignons à cet effet, notre dévoué et féal Francis Philip, Cunliffe Owen, écuyer, Membre de notre très-honorable ordre des Bains, comme Secrétaire de notre Commission.
- Donné à notre Cour de St.-James, le vingt-deux janvier 1877, dans la 41me année de notre règne.
- Par Sa Majesté
- Le Commandeur
- Signé : Richard Assheton Cross.
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- Paris LE CONSTRUCTEUR 36, rue Blanche.
- REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878 9
- LE CONSTRUCTEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE de 1878.
- Les exposants français clans la galerie des machines. — JLes transmissions par câbles.
- M. Dietz-Monin, directeur delà section française à l’Exposition, vient de transmettre aux divers présidents des comités des classes de la section qu’il dirige, et en les priant de le mettre d’urgence en mesure d’y répondre utilement, la lettre suivante que lui a adressée M. Krantz, commissaire-général :
- Mon cher«directeur,
- Il importe aujourd’hui de presser autant que possible les installations de nos exposants français, et il serait désirable à cet égard qu’un peu d’émulation pût se développer chez eux.
- Dans ce but, je vous prie de vouloir bien me signaler sans retard tous les progrès accomplis par les classes les plus avancées. Je tiens à savoir les numéros des classes dans lesquelles les produits seront apportés sans délai, ainsi que les noms des exposants qui les premiers auront garni leurs vitrines.
- Ces indications seront, sur-le-champ, communiquées à la presse.
- Agréez, etc.
- Le sénateur commissaire-général, Krantz.
- Nous nous félicitons d’avoir, une fois de plus, devancé les idées de l’administration supérieure de l’Exposition universelle. Il y a déjà un mois que nous avons, les premiers, cité, dans le Constructeur, les exposants dont l’installation était commencée.
- Nous passerons encore en revue les exposants français dans la galerie des machines.
- La statue équestre et monumentale de Charlemagne, exposéepar la maison Thiébaut et fils, de Paris, est en place.
- Dans la classe 58, MM. Lecointe et Villette, constructeurs à Saint-Quentin, installent deux machines horizontales jumelles avec pompes à air, destinées à donner le mouvement à la transmission.
- Si nous passons à la classe 53, nous trouvons : les machines et appareils de tannerie de la maison Béren-dorf, de Paris, complètement installés ; en face, la belle exposition de M. Morane jeune en montage ; puis les marteaux à battre le cuir de M. Tourin et de M. Komgen.
- Le mouvement, dans la classe 52, sera donné par deux machines horizontales jumelles fournies par MM. Satre et Averly, constructeurs à Lyon.
- Le grand appareil de distillation de MM. Savalle et Cie est entièrement monté. La Compagnie de Fives-Lille installe un appareil à triple effet, un moulin à cannes et divers appareils pour sucrerie. Notons aussi le moulin à cannes de MM. Cail et Cie, celui de MM. Brissonneau frères et Cie, de Nantes, les beaux appareils de la maison Mignon et Rouart.
- M. E. Boyer, de Lille, a établi deux très-belles machines qui doivent desservir, comme moteurs, la classe 55. L’une, à balancier, fonctionne déjà depuis 15 jours ; 1 autre, horizontale avec bâti du genre Corliss, est presque complètement installée. Nous citerons dans cette classe, si intéressante pour le constructeur, les machines-outils de MM. Varral, Elwei et Middleton, de MM. Périn, Panhard et Cie de la Compagnie de Fives-Lille, de M. Lozai de Rouen.
- La classe 54 (mécanique générale), renfermera un grand nombre de moteurs, tous en installation.
- La maison Farcot expose une 'grande chaudière semi-tubulaire, une machine horizontale de 80 chevaux et deux machines jumelles, genre Corliss modifié d’après le système Bède et Farcot, de la force de 350 chevaux.
- MM. Boudier frères, de Rouen, ont une machine à balancier et une machine horizontale. M. Le Gâvrian, de Lille, l’habile promoteur des Corliss en France, a envoyé un type de 300 chevaux d’une perfection re-
- marquable. Puis viennent les Fonderies et Forges de l’Horme, MM. Cail et Cift, Windsor et fils de Rouen, Feray d’Essonnes (machine à trois cylindres), Béren-dorf, Rreval, Damey, Crespin et Marteau, Olry et Granddemangp, qui tous exposent des machines à vapeur de divers systèmes.
- Dans ia classe 50, la maison Voruz, de Nantes, place ses appareils spéciaux de moulage pour fonderies. La Société de constructions mécaniques d’Anzin (ancien établissement Quillacq et Ce), la Compagnie de Fives-Lille, MM. Rivière et Dejean, d’Alais, s’occupent activement de l’installation d’appareils d’extraction et de matériel spécial des mines.
- Avant de quitter la galerie des machines, nous citerons encore une machine demi-fixe horizontale à deux cylindres, système Compound, de la Société centrale de construction de machines de Pantin, un moteur système Fourlinnie, des usines de Marquise ; une machine à balancier, de MM. Thomas et Povvel, de Rouen • les machines de filature deMme veuve Mercier, de bouviers, et divers appareils de MM. Buffaud frères, de Lyon, de M. Dubuc, de Paris,
- La plupart des transmissions seront commandées par courroies en cuir. Cependant il faut citer, comme nouveauté à l’Exposition de 1878, les câbles en chanvre appliqués notamment par MM. Boyer et par MM. Satre et Averly.
- delà machine et l’axe de ia poulie commandée, tous les essais faits entre 6 et 18 mètres ont parfaitement réussi.
- Voici, succinctement exposé, ce système de transmission par les câbles en chanvre;
- S'il s’agit, maintenant, de le comparer à ceux précédemment employés, nous ferons observer, tout d'abord, que tous les avantages inhérents aux transmissions par courroies, appartiennent également aux transmissions obtenues à l’aide de câbles en chanvre ; de plus, notons qu’avec une même largeur de jante, ia force transmise est beaucoup plus considérable qu’avec des courroies.
- M. Durie constate, d’après des expériences faites par lui-même, qu’un câble de 0,052 de diamètre, à une vitesse de 15 m. 24 par seconde, donne le même résultat qu’une courroie de 0,10 marchant à la même vitesse.
- Le prix d’établissement est, il est vrai, plus élevé, à cause du développement à donner aux jantes des poulies, jantes où doivent être creusées les rainures sur lesquelles viennent passer les câbles, mais les frais d’entretien sont de beaucoup inférieurs. Enfin, la distribution de la force est grandement facilitée.
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- Dans ce système, la courroie unique est remplacée par une série de câbles de dimensions moindres et offrant ainsi de plus grandes facilités de tension.
- Cette disposition indique avec quelle facilité on peut transmettre la force motrice de la machine aussi bien a un seul arbre qu’à plusieurs, et cela, quelle que soit la hauteur à laquelle ils se trouvent placés.
- On peut aussi augmenter le nombre des câbles en proportion de la force à produire, et sans avoir à redouter l’inconvénient qui se produit avec la courroie, c’est-à-dire le glissement.
- Des expériences faites, il résulte que la forme à donner aux rainures où passent les câbles est celle d’un V dont les côtés décrivent un angle de 40 degrés. Un angle plus grand déterminerait un glissement des câbles ; plus aigu, leur usure deviendrait très-rapide.
- Remarquons, en passant, que les" câbles s’appuient, non sur le fond de la rainure, mais sur les faces plates qui la limitent.
- Fabriqués avec du chanvre de première qualité, à longs brins et bien tordus — de façon toutefois à leur laisser toute leur élasticité, — d’un diamètre qui varie de 0,035 à 0,060, ces câbles ont une durée moyenne de cinq années. On en pourrait, cependant, citer beaucoup qui, placés depuis dix ans, rendent encore d’excellents services.
- Une précaution à prendre est d’allonger autant que possible l’épissure qui relie les deux extrémités du câble de façon à conserver un diamètre aussi constant que possible. — Comme point de comparaison, nous prendrons un câble de 0,052 de diamètre qui nécessite une épissure longue de 3 mètres au moins.
- Il faut tenir compte également, des proportions à garder entre les diamètres du câble et de la poulie : l’expérience a démontré que les poulies ne sauraient être en aucune circonstance d’un diamètre de trente fois inférieur à celui du câble. —- Et, en effet, sur une poulie d’un trop petit diamètre, un câble trop gros subirait, par suite de la courbure exagérée des fibres extérieures, une usure excessivement rapide.
- On arriverait aussi à de fréquentes ruptures, en recherchant, comme pour les courroies, des brins entièrement rectilignes.
- Bien que l’on doive se préoccuper d’employer le moins de câbles possible, il sera prudent d’actionner chaque poulie avec plusieurs câbles, et ce, pour deux raisons : d’abord, il est bon de ne pas faire travailler le câble à sa limite de résistance • ensuite, si l’un des câbles venait à se briser, grâce aux autres, on aura le temps de réparer l’avarie sans qu’il y ait eu arrêt de l’arbre mis en mouvement.
- Du reste, on peut encore diminuer d’une façon sensible l’effort subi par les câbles, en augmentant leur vitesse ; on s’est arrangé, en pratique, à obtenir une vitesse variant de quinze à trente mètres par seconde.
- Quant à la distance à mettre entre l’axe du volant
- PENDANT L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Nous avons publié, dans notre numéro du 18 mars, le décret instituant les congrès et conférences pendant l’Exposition universelle de 1878.
- Le Journal officiel vient de publier, comme il suit i organisation de ces congrès.
- La commission instituée pour procéder à l’organisation des conférences et des congrès qui auront beu dans le palais du Trocadéro pendant la durée de
- I Exposition, s’est réunie le 3 avril aux Tuileries, et M. le ministre de 1 agriculture et du commerce, assiste de M. Girerd, sous-secrétaire d’Etat, a procédé a son installation.
- Dans une courte allocution, M. Teisserenc de Bort a lait connaître aux membres de la commission le but
- e 1 oeuvre à laquelle il les avait conviés à concourir
- II les a remerciés de leur empressement à répondre a son appel, il a moniré quels services cette œuvre ainsi patronnée par tant d’hommes éminents devait rendre a 1 Exposition dont elle augmenterait l’utilité au double point de vue de l’enseignement et de l’extension des rapports internationaux.
- Il a dit en terminant que de nombreux congrès sont déjà en organisation et demandent à l’administration de les accueillir dans les salles du Trocadéro.
- Les huit groupes de la commission correspondent à la classification adoptée pour les produits de i’Exposi-tion, ils se partageront l’examen des divers projets qui pourront lui être soumis, prendront l’initiative et se livreront a 1 etude préparatoire de ceux qui n’auraient pas encore de promoteurs et que les commissions jugeront utiles de provoquer.
- La première commission aura à s’occuper des congres et conférences se rattachant au premier groupe de la classification : beaux-arts, architecture, peinture, sculpture, gravure, musique, poésie.
- La deuxième commission s’occupera des réunions qui correspondent aux éléments du deuxième groupe c’est-à-dire de tout ce qui concerne l’éducation et
- ensf.^ement, la médecine, l’hygiène publique, les
- eu Go UD61 clUX.
- La troisième comprendra : l’habitation, le mobilier et tout ce qui s’y rattache, la céramique, les bronzes, etc»
- La quatrième, les nombreuses questions relatives aux matières textiles.
- La cinquième, les matières brutes, les mines, les forets, les produits chimiques, les teintures, l’impression, etc. 5 ^
- , .La sixième, une des plus nombreuses à cause de letendue que comportent les questions qui rentrent dans le groupe auquel elle correspond, comprendra • les industries mécaniques dans toutes leurs applications, le genie civil et rural, les applications de l’é-leetricite, la météorologie, etc.
- La septième, également très-importante, s’occupera de tout ce qui touche à l’agriculture et à l'alimentation ; elle correspond aux septième, huitième et neuvième groupes de la classification.
- Enfin la huitième commission aura dans sa sphère d action 1 etude des questions qui n’ont pas leur représentation matérielle dans l’exposition des produits . 1 économie politique, les sciences économi-malne a esislati0n’la stahstique, seront de son do-
- A 1 issue de la réunion plénière, chacune des huit
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Planche
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- commissions s’est réunie dans une salle particulière et a procédé à la constitution de son bureau.
- Ont été nommés :
- Groupe supplémentaire.
- Président : M. Jules Simon, sénateur, membre de l’Académie française.
- Vice-président : M. de Quatrefages, membre de l’Institut.
- Secrétaire : M. Lyon-Caen, agrégé de la Faculté de droit de Paris.
- Groupe I.
- Président : M. Lefuel, membre de l’Institut.
- Secrétaire ; M. le vicomte Henri Delaborde, membre de l’Institut.
- Groupe II.
- Président : M. Labouîaye, sénateur, membre de l’Institut, administrateur du Collège de France.
- Vice-présidents : MM. Henri Martin, sénateur, membre de l’Institut ; Laussedat, député.
- Secrétaires : MM. Corréard, membre de l’Académie des sciences ; Liouville, député, agrégé de la Faculté de médecine.
- Groupe III.
- Président : M. G rayer, membre de l’Institut, inspecteur des beaux-arts.
- Vice-président : M. Barbedienne, président de la chambre syndicale des bronzes.
- Secrétaire : M. Chiris, député.
- Groupe IV.
- Président : M. Dauphinot, sénateur.
- Vice-président : M. Gustave Roy, membre du comité consultatif des arts et manufactures.
- Secrétaire : M. Savoy, membre de la commission des valeurs de douanes.
- Groupe V.
- Président : M. Chevreul, membre de l’Institut, directeur du Muséum d’histoire naturelle.
- Vice-président : M. Sainte-Claire Deville, membre de l’Institut.
- Groupe Fl.
- Président : M. Duclerc, vice-président du Sénat.
- Vice-président : M. Tresca, membre de l’Institut, sous-directeur au Conservatoire des arts et métiers.
- Secrétaire : M. Turgan, publiciste.
- Groupes VII, VIII, IX.
- Président : M. Victor Lefranc, ancien ministre, membre de la Société des agriculteurs de France.
- Vice-présidents : MM. Foucher de Careil, sénateur, vice-président de la Société des agriculteurs de France ; Menier, député, membre de la Chambre de commerce de Paris, conseiller général de Seine-et-Marne.
- Secrétaires : MM. Barrai, secrétaire perpétuel de la Société centrale d’agriculture; Bouley, membre de l’Institut, inspecteur général des écoles vétérinaires.
- Le comité central, composé de huit présidents, centralisera et coordonnera le travail des commissions. Il arrêtera, sous l’approbation du gouvernement, les dispositions réglementaires relatives à leur marche, fixera l’ordre et la nature des conférences et des congrès qu’il y aura lieu d’autoriser ou de provoquer, et désignera les documents qui devront être publiés dans un recueil. Ce comité sera présidé par le ministre de l’agriculture et du commerce ou par le sous-secrétaire d’Etat.
- Arrêté ministériel
- du S Avril organisant les Congrès et Conférences.
- Le ministre de l’agriculture et du commerce,
- Sur la proposition du sénateur, commissaire général, et l’avis du comité central des conférences et des congrès,
- Arrête :
- Le règlement général des conférences et des congrès qui auront lieu dans le palais du Trocadéro, pendant la durée de l’Exposition, est conçu ainsi qu’il suit :
- I
- DISPOSITIONS GÉNÉRALES.
- Art. 1er, — Les congrès et conférences qui auront lieu pendant l’Exposition de 1878, dans les salles du palais du Trocadéro, sont placés sous le patronage du gouvernement français. Ce patronage ne peut, en aucune façon, engager l’administration, quant aux opinions émises, ou aux voeux ou résolutions formulées.
- Art. 2. — Toutes les communications relatives aux congrès et aux conférences doivent être adressées à M. le ministre de l’agriculture et du commerce (secrétariat du comité central, pavillon de Flore, palais des Tuileries).
- Art. 3. — Les programmes de ces congrès et de ces conférences seront préalablement communiqués au comité central directeur institué par arrêté ministériel du 10 mars 1878. Le comité prononcera sur leur admission après avoir pris l’avis des commissions compétentes.
- Les discussions politiques ou religieuses sont formellement interdites.
- Art. 4. — Les salles du Trocadéro affectées aux congrès et aux conférences seront mises gratuitement à la disposition des réunions autorisées, aux jours et heures déterminés par le commissaire général sur la proposition du comité central.
- Art. 5. — Les cartes d’entrée aux salles des congrès et conférences ne dispenseront pas d’acquitter le droit d’entrée à l’Exposition.
- Art. 6. — Les conférenciers pourront être de toute nationalité. Aucune restriction ne sera imposée quant à l’emploi des langues étrangères.
- Art. 7. — La surveillance supérieure des salles de conférences du palais du Trocadéro appartient au commissariat général de l’Exposition, auquel un certain nombre de places sera réservé sur sa demande.
- Art. 8. — Les membres des commissions des congrès et des conférences peuvent faire partie, à titre personnel, des congrès qui seront organisés. Ils peuvent faire des conférences.
- Art. 9. — Les huit commissions d’initiative, instituées par l’arrêté ministériel du 10 mars 1878, dresseront, chacun en ce qui la concerne, une nomenclature comprenant les congrès et les conférences qui correspondent aux groupes qu'elles représentent, et qu’il leur paraîtrait utile de provoquer. Elles prendront l’initiative de l’organisation préparatoire de ces congrès et conférences, et saisiront ensuite le comité central des projets qu’elles auront élaborés.
- Art. 10. — Tout incident non piévu par le présent règlement sera soumis au comité central qui statuera.
- H
- CONGRÈS.
- Art. 11. — Les congrès, qu’ils soient dus à l’initiative privée ou provoqués par les commissions, s’organiseront et s’administreront eux-mêmes, fixeront, s’il y a lieu, leurs cotisations et se conformeront d’ailleurs aux conditions d’ordre général déterminées par le présent règlement. La seule différence, en ce qui concerne les congrès provoqués par les commissions, c’est que les comités d’organisation chargés d’en poursuivre la réalisation seront désignés par l’administration. Une fois désignés, ces comités fonctionneront dans les mêmes conditions que ceux émanant de l’initiative privée.
- Art. 12. — Toute demande aux fins d'être admis à tenir un congrès dans l’une des salles du palais du Trocadéro devra être adressée à M. le ministre de l’agriculture et du commerce. La demande devra être accompagnée du programme des questions soumises aux délibérations du congrès, de l’indication du nombre présumé des séances et de l’époque proposée, pour la tenue du congrès. Il sera statué par le comité central, sur le rapport de la commission compétente.
- Art. 13. — Les congrès ne sont pas publics ; les adhérents seuls pourront y être admis sur la présentation de la carte personnelle qui leur sera délivrée par les soins des organisateurs des congrès; ces cartes recevront l’estampille du commissariat général ; conformément à l’article 5, elles ne dispensent pas de l’obligation du billet d’entrée à l’Exposition.
- Art. 14. — Des délégués étrangers pourront être accrédités par leurs gouvernements respectifs pour suivre les travaux des congrès.
- Art. 15. — Les membres du comité central auront leurs libres entrées à tous les congrès, mais ils ne pourront prendre part aux délibérations qu’en qualité d’adhérents.
- III
- CONFÉRENCES.
- Art. 16. — Toute personne qui désirera faire des conférences devra adresser sa demande à M. le ministre de l’agriculture et du commerce et y joindre par écrit l’indication des sujets qu’elle se propose de traiter. Il sera statué par le comité central, sur le rapport de la commission compétente.
- Art. 17. — Les conférences seront publiques; suivant leur nature et leur but, la perception d’un droit d’entrée pourra être autorisée.
- IV
- PUBLICATION DU RECUEIL.
- Art. 18. —Un service de sténographie sera organisé par le commissariat général, en vue de la publication du Recueil des congrès et conférences de l’Exposition de 1878, prévu par l’arrêté ministériel du 10 mars 1878.
- Art. 19. — Ce Recueil sera publié sous la surveillance du comité central des congrès et conférences. Le comité conservera tous ses droits en ce qui concerne l’insertion dans le recueil des mémoires, discours ou discussions, alors môme qu’ils auraient été préalablement publiés, en tout ou en partie, aux frais de leurs auteurs ou des organisateurs des congrès.
- Art. 20. — Le Recueil sera publié en langue française. Il ne pourra être tenu compte, dans le choix des documents qui devront être compris dans le Recueil, en ce qui concerne les mémoires, discours ou conférences en langue étrangère, que de -ceux dont les auteurs auront remis une traduction française au secrétariat du comité.
- BREVETS D’INVENTION
- Loi du 8 avril
- PORTANT DÉROGATION, PENDANT LA DURÉE DE L’EX-POSITION UNIVERSELLE DE 1878, A L’ARTICLE 32, PARAGRAPHES 2 ET 3 DE LA LOI DU 5 JUILLET 1844, SUR LES BREVETS D’INVENTION.
- Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté,
- Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
- Art. 1er. — Tout breveté français ou étranger qui aura exposé à l’Exposition unfverselle de 1878 un objet semblable à celui qui est garanti par son brevet, sera considéré comme ayant exploité sa découverte ou son invention en France, depuis l’ouverture officielle de l’Exposition.
- La déchéance prévue par l’article 32, § 2 de la loi du 5 juillet 1844, et non encore encourue, sera interrompue : le délai de la déchéance courra à nouveau à partir seulement delà clôture officielle de l’Exposition universelle.
- Art. 2. — L’autorisation du ministre de l’agriculture et du commerce, exigée par la loi des 20-31 mai 1856, ne sera pas nécessaire pour l’introduction en France d’un spécimen unique, fabriqué en pays étranger, d’une invention brevetée en France et qui sera admis à l’Exposition universelle de 1878.
- La déchéance prévue par l’article 32, § 3 de la loi du 5 juillet 1844 sera encourue si ce spécimen n’est pas réexporté dans le mois de la clôture officielle de l’Exposition.
- L’autorisation ministérielle restera nécessaire pour l’introduction de plusieurs spécimens, conJormément à la loi susvisée des 20-31 mai 1856.
- Art. 3. — Les dispositions qui précèdent seront applicables à tout breveté français ou étranger ayant pris part à l’Exposition ouvrière de Paris, s’il a, d’ailleurs, rempli les conditions qui seront ultérieurement indiquées dans un règlement d’administration publique.
- La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et la Chambre des députés, sera exécutée comme loi de l’Etat.
- SERVICE DES ENTREES
- Vente des tickets
- Indépendamment des bureaux de tabac, des bureaux de poste et des bureaux télégraphiques, qui sont tenus de vendre au public les tickets d’entrée à l’Exposition, des permis de vente pourront être accordés aux personnes qui, sur leur demande, seront agréées par l’administration des finances, notamment :
- Les compagnies de chemins de fer ;
- Les entreprises de voitures publiques (omnibus, tramways, bateaux à vapeur et voitures de place);
- Les maîtres d’hôtel, cafetiers, débitants de vin et liqueurs ;
- Les marchands de journaux, etc.
- Les intermédiaires officieux doivent adresser au ministre des finances une demande sur papier timbré. Cette demande doit préalablement être soumise au visa du commissaire de police de leur quartier.
- Les intermédiaires autorisés à vendre les tickets au public ne pourront se les procurer qu’auprès de l’agent comptable du Trésor. Il leur est interdit de les vendre au-dessus ou au-dessous du prix de 1 fr., fixé par l’article 3, sous peine d’être poursuivis conformément à la loi.
- Ils seront, d’ailleurs, tenus d’afficher d’une manière apparente, dans le local affecté à la vente des tickets, l’autorisation qui leur aura été donnée par l’administration des finances.
- Le bureau de l’agent comptable sera ouvert aux intermédiaires, savoir :
- Du 45 au 30 avril 1878, au ministère des finances (entrée par la place du Carrousel, pavillon Colbert);
- A partir du 1er mai 1878, à l’Exposition même, porte du quai d’Orsay.
- Toute vente de tickets par l’agent comptable aura lieu au comptant, et la livraison se fera par feuilles entières de 36 tickets.
- Une remise de 2 p. 100 sera allouée aux intermédiaires .
- Les tickets qui n’auront pas été vendus seront remboursés aux intermédiaires au prix net d’achat, c’est-à-dire déduction faite de la remise de 2 p. 100 ci-dessus. Toutefois, ces remboursements ne pourront être faits par l’agent comptable que pendant le mois qui suivra la clôture de l’Exposition.
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- Paris LE CONSTRUCTEUR 36, rue Blanche.
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- REVUE DE L EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878 H
- L’INAUGURATION
- DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Les détails principaux relatifs au cérémonial de Tinauguration de l’Exposition ont été définitivement réglés.
- C'est à deux heures précises, le 1er mai, qu’aura j lieu l’ouverture de l’Exposition. j
- Avant deux heures, M. le ministre de l’agriculture et du commerce aura reçu dans le grand vestibule d’honneur du paiais du Trocadéro les princes étrangers en résidence à Paris et représentant officiellement leu; s souverains, le prince de Galles, don François d’Assise, le prince royal des Pays-Bas, le prince royal de Danemark, le grand-duc de Leutchemberg, représentant l’empereur de Rassie; les ambassadeurs, les chargés d’affaires, les commissaires et présidents des sections étrangères, les bureaux de la Chambre et du Sénat de France, ainsi que les ministres français et les délégations de tous les corps constitués de noire pays, etc.
- Le Président de la République, en grand uniforme de maréchal de France, partira à une heure trois quarts de l’Elysée, accompagné de Mme de Mac-Mahon, en voiture de gala, et arrivera à deux heures précises au Trocadéro, après avoir traversé rapidement les Champs-Elysées, la place de l’Etoile et le boulevard du Roi-de-Rome. U sera escorté de toute sa maison militaire, en grande tenue. Sur son passage, Ses troupes échelonnées formeront la haie.
- M. le ministre de l’agriculture et du commerce conduira le Maréchal-Président dans le salon des Princes. Après l’échange des compliments d’usage, le cortège officiel se formera sous le grand péristyle et se dirigera vers la grande cascade. Il prendra place sur une petite plate-forme dominant la grande vasque supérieure de la cascade.
- Mme la maréchale - de Mac-Mahon, les femmes des membres du corps diplomatique et celles des ministres occuperont une tribune formée par les trois arcades de derrière.
- En arrivant sur la plate-forme, M. Teisserenc de Bort, ayant à ses côtés M. Edmond Teisserenc de Bort, son chef de cabinet; M. Krantz, commissaire général; M. Dietz-Monin, directeur de la section fran-. çaise; M. Berger, directeur des sections étrangères, adressera au Président de la ' République quelques paroles de bienvenue.
- Le Président de la République y répondra par ces seuls mots prononcés à haute voix : F Exposition est ouverte !
- Les canons des Invalides, ceux d’une batterie de douze pièces, installée à l’Ile des Cygnes, et ceux du Mont-Valérien feront alors entendre une salve de cent un coups de canon.
- Immédiatement après, deux musiques militaires joueront des morceaux désignés, et toutes les cascades seront mises en mouvement; des marins et des soldats placés auprès de tous les mâts hisseront les drapeaux de toutes les nations sur les toits et les dômes des deux paiais et de leurs annexes.
- Sur l’invitation qui lui en sera faite, le cortège ainsi formé :
- M. Ferdinand i'mval, préfet de la Seine; M. Albert Gigot, préfet de police; M. Teisserenc de Bort, M. Krantz, les princes, le Maréchal- Président, M. d’Au-diffret-Pasquier, président du S énat ; M. Grévy, président de la Chambre-, les membres du corps diplomatique, les ministres et leurs sous-secrétaires d’Etat, les délégués dos corps constitués, les membres de la commission supérieure des Expositions internationales, les commissaires généraux étrangers, les directeurs et les chefs de service de l’Exposition, visitera l'Exposition en remontant dans la galerie circulaire du côté de Passv, et descendra dans le parc en suivant le côté droit de la cascade au milieu d’un double cordon de troupes.
- A l’entrée du palais du Champ de-Mars, le cortège trouvera tous les membres du Sénat, de la Chambre des députés, du Conseil d'Etat, de la magistrature, de l'Institut, de l'état-major de l’armée, etc., etc. Le cortège passera devant les façades de toutes les sections, au seuil desquelles se trouveront les commissions des pays exposants. Aux fenêtres de toutes les façades on verra les femmes des commissaires, étrangers et leurs invités.
- Les visiteurs, 3près avoir parcouru la galerie du
- i travail manuel, entreront dans la galerie des machi-; nés, qu’ils suivront jusqu’à la porte Rapp, où le Maré-j chal-Président prendra congé de ses hôtes. Il remontera en voiture et retournera à l’Elysée. Sur son passage, les troupes seront échelonnées.
- LES GRANDS VESTIBULES
- AU PALAIS DU CHAMP-DE-MARS
- Voici les éléments qui composent les deux grands vestibules terminant le palais du Champ-de-Mars des deux côtés, Seine et Ecole militaire.
- Chaque vestibule comprend d’abord au centre un large pavillon à base carrée, surmonté d’une coupole hémisphérique, ayant pour naissance le cercle qui passe par les angles du carré et recoupée verticalement par les plans des façades.
- Ce système produit quatre arcades égales en plein centre.
- A droite et à gauche du pavillon central sont deux vastesgaieries.de 25m6Û de largeur chacune, puis deux pavillons d’angle, à coupoles plus hautes que fa coupole centrale, et vitrés sur leurs quatre faces, tandis que le pavillon central n’est vitré que sur deux faces et porte latéralement à son dôme deux demi-calottes à nervures côtelées, en forme de coquilles de pèlerin.
- Deux escaliers tournants à jour, dont les dispositions. rappellent (en plus massif) celles du célèbre escalier du château de Blois, conduiront les visiteurs à une sorte de balcon-terrasse, qui recoupe l’arcade centrale aux f environ de sa hauteur, et qui se trouve latéralement soutenu par deux colossales consoles à paimettes du style grec.
- Ce qui ressortira incontestablement de l’énormité des dimensions relatives et de l’accumulation des mosaïques, des majoliques, des dorures, des écussons et des statues, c’est un grand effet de richesse. Ce sera imposant, à la manière de la façade du Nouvel Opéra.
- Au sommet de l’arcade centrale, et en clef de voûte, on doit placer un groupe de deux statues ai ées, se donnant la main, au-dessous du mot PAX, couronné d’épis de blé.
- Le monogramme R. F.sera sculpté au-dessous dans la clef de voûte elle-même, formant écusson.
- L’idée de décorer toute la ligne supérieure de la façade au moyen d’écussons portant les armes des différentes nations est ce qu’il y a de plus satisfaisant dans tout cet ensemble.
- C’était d’ailleurs une combinaison tout naturellement indiquée par la destination de l’édifice, et, qui a eu des précédents dans tous les palais d’exposition antérieurs.
- Notre confrère, M. C. A. Oppermann, décrit dans les Nouvelles annales de la Construction, d’une manière très-exacte et ainsi qu’il suit, l’impression produite par la façade principale du palais.
- Sans doute, l’ensemble de l’Exposition sera admirable, et constituera la plus haute et la plus complète manifestation du. génie humain ; mais, tout en rendant justice à l’excellente disposition du plan d’ensemble, qui est infiniment 'préférable à l’agencement elliptique et rayonnant de 1867, on est obligé de faire quelques réserves en ce qui concerne les élévations et le côté plus spécialement « architectonique » de l’œuvre.
- Il semble que, dans une occasion aussi solennelle, il eût été possible d’imaginer quelque chose de plus élégant et de plus fier que cette fantaisie pseudo-orientale, dont le caractère dominant est la massivité.
- Le dôme central, surtout, paraît extraordinairement écrasé : ce style d’architecture mixte, genre Indien-Persan-Egyptien-Mauresque, que MM. Davioud et Bourdais ont combiné avec les velléités néo-étrusques de l’école classique, produit ici un singulier effet, et ne répond pas à l’idée que l’on voudrait se faire d’un type sérieux de l’architecture moderne. Au lieu de ces trois énormes ruches d’abeilles qui s’ouvrent en voûtes de four et rappellent involontairement les pagodes de D .:hli, nous eussions préféré voir appliquer le métal à des formes plus sveltes et plus élancées. Lorsque l'on peu!, avec du fer, monter aisément à des hauteurs triples de j celles de la maçonnerie, pourquoi faire plus bas et i pins lourd que les dômes de Saint-Pierre, de FL rance, de Irise, et môme de la première mosquée vmmo ?
- Plii'hem a tours et tourelles, comm • à Philadelphie, à Amsterdam et à Anvers, eussent introduit, dans l’aspect général, une variété de hauteurs qui lui manque.
- Au lieu de disgracieuses fenêtres carrées, à canevas ( c.irré, qui ferment !a grande galerie du vestibule,
- n’eùt-il pas été préférable de figurer des arcades, ou tout au moins, des arcs de cercle ou des anses de panier ?
- Enfin, à un point de vue plus secondaire, mais qui frappera aussi beaucoup les visiteurs, une fois qu’ils seront entrés dans l’intérieur du palais, c’est l’excessive simplicité du dessin des vitreries et des mosaïques.
- Il est évident qu’eu se donnant la peine de chercher autre chose que les tracés commodes du T grand aigle et de l’équerre à 45 degrés, on pourrait trouver, dans le riche répertoire de nos cathédrales, plus de mille motifs de rosaces et de fenêtres hautes, d’un dessin rayonnant ou entrelacé, qui eussent produit un tout autre effet que ces grands éenquiers rectangulaires, et ces naïfs -.s de carreau qui garnissent, uniformément, les vastes cintres des trois coupoles et les baies des galeries intermédiaires.
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- FAITS DIVERS
- La délivrance des cartes d’entrée permanentes, qui devait commencer le 15 avril au palais des Tuileries, guichet des Lions, ne pourra avoir lieu qu’à partir du 20 de ce mois au même local.
- MM. les exposants français auront à retirer leurs cartes, tous les jours, de onze heures du matin à cinq heures du soir. Ils auront à justifier de leur qualité d’exposants et à signer le récépissé qui a été envoyé à chacun d’eux par les soins de l’administration.
- Le comité limer de Lille a décidé, dans sa dernière séance, de tenir à Paris, pendant l’Exposition universelle, un Congrès international de filateurs de lin pour régler le mode d’achat du lin de provenance russe.
- On vient de terminer l’aménagement intérieur du steamer Castor destiné à transporter du poisson pour l’aquarium de l’Exposition à Paris. Quatre compartiments étanches ont été installés dans la cale du steamer : deux à l’avant et deux à l’arrière ; ils peuvent contenir ensemble 40,000 litres d’eau.
- Sur le pont, à l’avant de la cheminée, on a installé une pompe rotative, système Duflot ; cet appareil, qui tient très-peu de place, est mis en mouvement par la chaudière du steamer. Cette pompe aspirante et foulante peut débiter 1,200 litres d’eau à la minute ; elle servira d’abord à aspirer l’eau de mer, qu’elle refoulera ensuite dans les caisses en fer installées à bord du Jupiter, l’ancien remorqueur qui a été transformé en chaland et qui peut porter 350 tonneaux d’eau.
- A chaque voyage, les caisses d’eau du Jupiter seront remplies à l’aide de la pompe du Castor, près duquel le Jupiter viendra se placer. Cette pompe servira, en outre, à élever l’eau qu’elle laissera retomber sous forme de pluie dans les compartiments du Castor, où se trouvera le poisson, ce qui aura pour but de renouveler l’oxygène.
- La cheminée du petit steamer a subi aussi une légère transformation, afin de permettre le passage sous les pohts.
- On vient d’inaugurer la nouvelle passerelle, réservée aux piétons, qui met en communication Passy et Grenelle et qui était devenue indispensable par suite de la suppression du pont d’Iéna réservé au service de l’Exposition.
- La Commission des marchés de l'Exposition universelle a ratifié les marchés suivants :
- 1° Couverture du palais du Trocadéro. — Impor-tance70,000 f.; adjudicataires MM. Monduit,Gaget, Gauthier et Cie à 18,27 de rabais.
- 2e Travaux de serrurerie au Trocadéro.—Importance 11,000 fr.; adjudicataires MM. Joly et Cie à Argenteuil.
- 3e Constructions sur VEsplanade des Invalides. — Importance 62,000fr.; adjudicataire M. Lasnier àl6 % de rabais.
- 4e Menuiserie des portes du palais. — Importance 90,000 fr.; adjudicataire M. Bertrand à 6,20 0/0 de rabais. .
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- DÉCRET RELATIF AUX RÉCOMPENSES
- et nu Jury international.
- La réunion de la Commission supérieure des Expositions interne ti on aies, relativement au Jury, donne une importance cl'actualité au document qui suit :
- Le Président de la République française,
- A:u les décrets des 4 et, 13 avril 1876 instituant
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-
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-
- Paris LE CONSTRUCTEUR i>6, rue Planche.
- 12 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLLE DE 1878
- une Exposition universelle internationale à Paris en 1878;
- Vu la loi du 29 juillet 1876 ;
- Vu le décret du 7 septembre portant approbation du règlement général ;
- Sur le rapport du ministre de l’agriculture et du commerce,
- Décrète,
- TITRE I«r
- DISPOSITIONS GÉNÉRALES
- Art. 1er. — Une somme de 1,500,000 francs a été consacrée aux récompenses qui doivent être décernées à l’occasion de l’Exposition universelle de 1878.
- Il est institué un jury international chargé d’attribuer ces récompenses.
- Art. 2. — Le jury international est composé de 650 membres, 350 étrangers et 300 Français. Les jurés étrangers sont répartis entre les diverses nations d’après la proportion des surfaces occupées par chacune d’elles, le nombre de leurs exposants et l’importance de leur exposition.
- Il est nommé, en outre, 325 jurés suppléants, 175 étrangers et 150 Français, répartis suivant le même mode que les jurés titulaires.
- Art. 3. — Les membres étrangers du jury international sont désignés par le gouvernement de chaque pays.
- Les membres français sont nommés par décret, sur la proposition de la Commission supérieure :
- Les jurés suppléants sont nommés de la mêmema-nière que les jurés titulaires. Ils prennent la place des jurés titulaires absents, et sont désignés, chaque fois que leur présence est nécessaire, par le jury de la classe à laquelle ils appartiennent. Leurs fonctions cessent au retour de ceux qu’ils remplacent.
- Toutes les nominations doivent être faites avant le 1er janvier 1878.
- La Commission supérieure, après s’être concertée avec les diverses Commissions étrangères, répartit les membres du jury entre les classes.
- Art. 4. — Le jury international doit accomplir ses travaux du ler juin au l*r septembre inclusivement. Toutefois, en ce qui concerne les classes des groupes 7, 8 et 9, donnant lieu à des concours partiels, les opérations du jury se poursuivront pendant toute la durée de l’Exposition, ainsi qu’il sera dit au titre V.
- Art. 5. — La distribution des récompenses est fixée au 10 septembre 1878.
- A suivre.
- Liste des Fonctionnaires de F administration
- à l’Exposition universelle.
- COMMISSARIAT GÉNÉRAL.
- Motel du ministre de l’intérieur, rue de grenelle-SAINT-GERMAIN. 101.
- MM. Krantz (J.-B.), commissaire général, avenue Duquesne, 30.
- Krantz (C), chef du cabinet, rue Saint-André-des-Arts, 46.
- Ladreit de Lacharrière, secrétaire du commissariat général, Pré-aux-Clercs, 9.
- MM. Gêry (Gabriel), attaché.
- Thurneyssen, attaché. Desmoulins, rédacteur. Escaly, commis principal, chef du bureau des ex-, péditions.
- COMPTABILITÉ.
- MM. Allain-Launay, ins- j MM. Schœffel, régisseur, pecteur des finances. Haguet, chef du maté-Leffe (de), archiviste. j riel.
- 2° Travaux du Champ-de-Mars, SERVICE D’ARCHITECTURE. Personnel fixe.
- MM. Hardy, architecte. Picq, inspecteur.
- MM. Gouny, inspecteur. Charbonnier, sous - inspecteur.
- Personnel temporaire.
- MM. Mimey, architecte. I M. Dauban, dessinateur. Richon, architecte. !
- SERVICE DES TRAVAUX
- Personnel fixe.
- M. Houberdon, ingénieur. I M. de Faucompré, con-
- | ducteur.
- Personnel temporaire.
- MM. Godard, chef de section.
- Rigaud, conducteur. Belbèze, conducteur. Penoux, conducteur.
- MM. Lafut, conducteur. Cruchant, conducteur -comptable.
- Grand, dessinateur, rue Gauthey, 19.
- 3° Travaux du Trocadéro SERVICE D’ARCHITECTURE. Personnel fixe.
- MM. Davioud, architecte. Bourdais, architecte. Raulin, inspecteur.
- MM. Pamard, inspecteur. Bérard, sous-inspecteur. Métivier, sous-inspecteur.
- Personnel temporaire.
- M. Pochet, dessinateur. | M. Gravigny, dessinateur.
- SERVICE DES TRAVAUX DE CONSTRUCTION. Personnel fixe.
- M. Causel, ingénieur.' | M. Planche, sous-ingénr. Personnel temporaire.
- MM. Renault, conducteur. Diot, id.
- Concorde, piqueur.
- MM. Poulain, conducteur Petit. id.
- Suréda, id.
- Poitrineau, id.
- Pouret, id.
- Fresnel , conducteur comptable.
- 4° Service spécial des constructions métalliques.
- ÉTUDES. - CONTROLE. — SURVEILLANCE. Personnel temporaire.
- MM. Parent, ingénieur- MM. Péneaud, dessinât5*.
- inspecteur. Gillard, id.
- Bozon, id. ; Hoff (colonel), contrôleur.
- Rudier, id. j Bruckner (colonel), con-
- Raymondaux, id. ! trôleur.
- SERVICE DES MACHINES.
- Personnel fixe.
- M. Roland, ingénieur des mines, attaché an service des machines.
- MM. Lecoeuvre, ingénieur en chef du service.
- Debize, ingénieur en chef des manufactures de l’Etat, chef de service adjoint.
- Personnel temporaire.
- MM. Caen, conducteur. | M. Beretta, conducteur.
- Parent, conducteur. |
- SERVICE DE LA VOIE.
- Personnel temporaire.
- M. Bureau, chef de section.
- DIRECTION DES BEAUX-ARTS.
- M. Chennevières (marquis de), 3, rue de Valois.
- M. Samin (attaché), rue de l’Université, 187.
- DIRECTION DES EXPOSITIONS TEMPORAIRES D’ANIMAUX VIVANTS.
- M. Porliër, directeur, rue Saint-Dominique, 60.
- DIRECTION DE L’AGRICULTURE, DE LTIORTICUL TURE ET DE LA PISCICULTURE.
- DIRECTION DES TRAVAUX.
- 1° Service central.
- Personnel fixe.
- MM. Valtière, ingénieur
- MM. Duval, ingénieur en chef, directeur des travaux, 8, avenue Saint-François-Xavier.
- Barois, ingénieur des ponts et chaussées, attaché.
- MM. Houchet, vérificateur Poitou, comptable.
- chef de service, 9, rue de la Tour (Passy). Pieuchot, chef comptable régisseur, rueMarjolin, 34, à Levallois-Perret.
- MM. Coquet, dessinateur. Huet, expéditionnaire.
- MM. Tisserand, inspecteur général de l’agriculture, directeur.
- Hardy, chef de groupe de l’horticulture.
- H. de la Blanchière, chef de service de la pisciculture.
- M. Longpcrier (Adrien), membre de l’Institut, directeur.
- MM. Focillon, chef de groupe des machines, établissemënts et produits agricoles.
- Joignaux, attaché.
- Chevalier, chef du service des travaux du parc.
- MM. Schlumberger (Gustave), lauréat de l’Institut, secrétaire général. Bertera, attaché.
- Personnel temporaire.
- DIRECTION DE L’EXPOSITION HISTORIQUE DE L’ART ANCIEN.
- SERVICE MÉDICAL.
- MM. Ladreit de La Char-rière, médecin en chef, rue Bonaparte, 1.
- Vénet, docteur-médecin.
- MM. Audigé, docteur-médecin.
- Testaud, docteur - pharmacien.
- DIRECTION DES SECTIONS ÉTRANGÈRES.
- MM. Berger (Georges), directeur, rue de la Baume, 4.
- Vergé (Charles), auditeur au Conseil d’Etat, chef de service de la direction, rue du Cirque, 5.
- Céry (Gabriel), secrétaire de la direction, rue de la Pépinière, 18.
- SERVICE D’AB
- M. Etienne (Lucien), chef du service d*architec-ture de la direction des sections étrangères, rue Saint-Honoré, 364.
- SERVICE DE LA
- MM. de Cadrika, ancien Consul général de France, rue Saint-Pétersbourg, 3.
- Jamain, conservateur du dépôt légal à la direction des Beaux-Arts, rue de l’Université, 18.
- Ballu (Roger), rue St-La-zare, 75.
- Vergé (Henri), rue du Cirque, 5.
- M. Gagné (Emile), architecte inspecteur de la direction des sections étrangères, place Dauphine, 13.
- MANUTENTION.
- M. Morgan (Charles), inspecteur de la manutention à la direction des section étrangères, rue Mosnier, 25.
- E. Bureau (Charles), inspecteur du chemin de fer à la direction des sections étrangères, rue j de Grenelle, 206.
- Architectes
- dirigeant les travaux d’installation des classes des Gouvernements étrangers.
- Amérique centr. etmérid.
- (Etats de f). . .
- Angleterre (Grande-Bretagne). ...............
- (Autriche Autriche-Hongr.]
- (Hongrie
- Belgique...............
- Chine..................
- Danemarck..............
- Espagne. * ' . . • •
- Grèce .................
- Italie.................
- Japon..................
- Luxembourg (Grand-Duché de) ..... Maroc
- Monaco (Principauté de).
- Norwége................
- Pays-Bas...............
- Portugal...............
- Russie................i
- î
- Saint-Marin (République
- de)................ •
- Siam...................
- Suède .................
- Suisse .... .
- Tunisie................
- Vandoyer (Alfred), me Blanche, 76, Paris.
- Redgrave (Gilbert), à Londres.
- Korompay (Gustave), à Vienne.
- Kauser (J.), àPesth.
- Janlet, à Bruxelles.
- Sun-Sing-Kang.
- Dahlerup (le professeur) à Copenhague).
- Villajos, à Madrid.
- Bénard (Paul), rue Mos-riier, 2, Paris.
- G. Basile (le professeur), à Palerme.
- N.....
- Vaudoyer (Alfred), rue Blanche, 76, à Paris.
- Drevet, rue du Cirque, 20.
- Janty, rue St-Denis, 28, à Colombes (Seine).
- Thrap-Meyer,àChristiania
- Van denBrink, à La Haye.
- Pascal (J.-L.), boulevard Sébastopol, 9, Paris.
- Ropet, à St-Pétersbourg.
- Bénard (Paul), rue Mosnier, 2, Paris.
- Vaudoyer (Alfred), rue Blanche, 76, Paris.
- N.....
- tssoeus, à Stockholm.
- F. Jaeger, rue Mansart, 11, Paris.
- Desmarest (Emile), rue Vintimille, 11, Paris.
- SECTION FRANÇAISE.
- MM. Dietz-Monin, directeur.
- Giroud, sous-directeur. Crépinet, architecte. Fallois (de),chef de groupe Massue (de la).
- Lçckert.
- MM. Lix, chef de groupe.
- Dheu, ingénieur, service des catalogues.
- Vincent, chef de bureau de la correspondance.
- Thielley, chef de bureau des expéditions.
- Martin, chef de bureau.
- SERVICE D’ARCHITECTURE.
- M. Crépinet, architecte de la section française, membre du conseil général des bâtiments civils. (Hôtel des Invalides.
- M. Baudreux, inspecteur.
- PERSONNEL DU BUREAU DES ÉTUDES GÉNÉRALES
- MM. Sureau. Catenacci.
- V alaury. Bennetot.
- MM. Cou veux.
- Rodolosse.
- Laffitte.
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- Paris LE CONSTRUCTEUR '
- REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE
- S6, rue Blanche. 1878 13
- LE CHAUFFAGE ET LA VENTILATION
- AU PALAIS DU TROCADÉRO
- Communication de M. Bourdais à, la Société des Ingénieurs civils.
- Le problème du Chauffage et de ia Ventilation de la grande salle des fêtes du Trocadéro est un de ceux qui ont occupé, dès les premiers jours, les architectes chargés de la construction du Palais ; il était en effet évident, à priori, que les dispositions à prendre pour assurer ces deux services devaient occuper des espaces importants dans l’ensemble des parties de la construction, et qu’il eût été probablement impossible de disposer après coup dans le bâtiment des conduits de l’importance de ceux qui devaient être nécessaires.
- La grande salle devait contenir en effet 5,000 personnes, et ne pouvait, sans des moyens puissants de chauffage pour ia saison froide et ae ventilation pendant i’année entière, offrir un séjour confortable et hygiénique, soit pendant la durée de l’Exposition, soit ensuite dans les saisons d’hiver, après que la ville de Paris aurait pris possession de l’ensemble du Palais. Le problème se divisa naturellement en deux parties ; Chauffage et Ventilation, et ces deux parties devaient rester complètement séparées l’une de l’autre, par cette majeure raison que l’Etat, qui construisait le Palais, dans cette seule vue de l’Exposition universelle, pouvait se dispenser d’exécuter immédiatement les travaux de chauffage.
- Il convenait néanmoins de prévoir à l'avance comment ces derniers travaux pourraient .ultérieurement être exécutés, sans nuire ni à la solidité ni aux aménagements des bâtiments.
- Le problème de ventilation fut posé ainsi :
- Fournir 40m3 d’air par heure à chacune des 5,000 personnes groupées dans la salle, soit un total de 200,000m3 d’air par heure, soit 56 mètres cubes par seconde. Le premier point à établir concernait le sens du mouvement de l’air dans la salle. Devait-il se mouvoir de bas en haut, ou bien de haut en bas ?
- Si l’on considère qu’une veine fluide qui s’écoule dans un vaste millieu conserve sur une longueur assez grande de son parcours, et sans épanouissement très-sensible de sa forme cylindrique, la vitesse qu’il possédait à l’orifice d’entrée; si, d’autre part, on constate que dans ia salle qui nous occupe et dont la forme est celle’d’un vaste amphithéâtre, toutes les parties de planchers sont ocçupées par des spectateurs, on peut conclure immédiatement que iesbouches d’entrée d’air ne pourront pas sans inconvénients être située sur le sol.
- Au contraire, si l’on sait qu’une veine fluide sortant d’un vaste milieu, et prenant accès dans un conduit, se compose d’une série de veines convergeant toutes vers l’orifice de sortie, on se rendra bien facilement compte qu’autour de la bouche d’évacuation, et dans un rayon relativement assez restreint, la vitesse de sortie de l’air sera très-faible et par conséquent peu sensible; on en conclut que les bouches d’évacuation pourront sans inconvénient être placées sur le sol, près des spectateurs.
- Si, par une disposition spécialement étudiée, on peut faire que le nombre de ces bouches soit égal au nombre de personnes occupant la salle et si leur section est suffisamment grande, il est certain que le renouvellement de l’air pourra s’effectuer d’une façon très-régulière, sans que la vitesse de ce déplacement soit sensible et par conséquent incommode.
- Des considérations qui précèdent, on conclut que l’air pur doit arriver loin du spectateur; il peut au contraire sortir près de lui.
- Ce principe étant admis, comment la circulation de cet air sera-t-elle produite ? sera-ce par appel ou bien par compression ?
- Si 1 on se reporte aux considérations qui précèdent, on sera convaincu que toute porte qui s’ouvre donnera lieu à des rentrées d’air insupportables, si la salle est en dépression. Cet inconvénient n’aura pas lieu si la salle est en pression.
- Les moyens mécaniques seuls permettent d’obtenir ce résultat.
- Si l’on considère que le volume d’air à fournir estde 56 mètres cubes par seconde ; si, d’autrepart, on s’impose comme limite supérieure de vitesse dans les conduits le chiffre de h mètres par seconde, en en conclut que la section des conduits devra être au mini-5 6
- mura de — ” 13m2.
- Les dispositions symétriques de la construction, par rapport à un grand axe principal, conduisaient naturellement à décomposer les organes de la ventilation en deux parties égales et symétriques, et par conséquent à établir les calculs pour une moitié de la salle, soit pour 28 mètres cubes par seconde, exigeant par conséquent des conduits d’un minimum de 7m2 de section.
- Pour chaque moitié de la salle, il a été possible de disposer, dans l’espace libre laissé entre les côtés de la conque d’orchestre et le mur pignon sur la place du Roi de Rome, trois cheminées de passage d’air : la première, dite de prise de l’air pur, part du sol même des carrières situées sous le Palais, et monte jusqu’au sommet de l’édifice ; des registres placés à un niveau convenable permettent d’introduire dans la cheminée, soit de l’air puisé au-dessus du toit, soit de l’air pris dans ies carrières dur Trocadéro.
- Il convient, en effet, de faire remarquer, au point de vue de la température, que la possibilité de puiser de l’air dans les carrières peut avoir une importance considérable. On a constaté que cet air est parfaitement pur, et que son renouvellement peut être assuré d’une manière très-facile par Rétablissement d’un puits d’aérage pratiqué dans le jardin. Or, les parois des piliers de carrières forment mcome une immense surface de chauffe ou de refroidissement, élevant ou abaissant suivant la saison de quelques degrés sensibles la température de l’air d’arrivée; il est certain que cette quantité de calories positives ou négatives doit donner lieu à une économie journalière dans le fonc-tionnement'des appareils.
- En été l’air sera toujours remarquablement frais et en hiver son réchauffement sera plus rapide et plus économique.
- A quelque source d’ailleurs qu’on s’approvisionne d’air pur, celui-ci sera pris par l’organe de propulsion et lancé vers la voûte de la grande salle par une cheminée dite d’introduction.
- L’air passant au travers de la calotte sphérique centrale, ouverte dans la voûte, descendra progressivement jusqu’au sol, d’où il s’écoulera par les 5,000 bouches dont il a été question plus haut; ces bouches seront ramifiées entre elles par séries progressives, et la somme totale d’air qu’elles débitent sera appelé par un second organe d’entraînement mécanique, pour être enfin jeté dans la troisième cheminée, dited’évacuation. Geile-ci communiquera avec la lenterne centrale qui surmonte le comble de la grande salle, et l’air impur sortira très-loin de la prise d’alimentation, ce qui est une condition essentielle à remplir.
- D’après ces dispositions, on voit qu’il est fait usage de deux organes mécaniques, l’un qui souffle l’air par la grande voûte, l’autre qui l’aspire par le sol ; la raison d’être de cette double action, tient à quelques considérations qu’il est utile d’exposer.
- La somme de chemin parcouru par l’air de ventilation dans les divers conduits qui le contiennent, comme aussi les divers coudes qui ramifient entre eux, ces divers conduits donnent lieu à des frottements de diverses natures, et exige une pression effective assez considérable pour déterminer le mouvement de l’air.
- Les expériences d’Aubuisson nous fournissent une formule qui nous permet de calculer cette pression.
- Si on désigne par P ia pression de l’air (exprimée en hauteur d’eau), par l la longueur des conduits, Dleur diamètre moyen, v la vitesse de l’air, on aura :
- P = 0.000003
- remplaçant ces diverses lettres par leur valeur numérique, on obtient :
- P = 0.000003-^5. 42 = 0.m0032.
- 3
- Mais la pression nécessaire a la marche de l’air, sans tenir compte des frottements, sera donnée par la formule
- v 2 g h ou bien v =J//2 g æ -jjjj-
- en transformant la hauteur h en air en hauteur d’eau æ et en considérant que lm30 représente la densité de l’air par rapport à l’eau pesant 1000.
- En remplaçant les lettres par leur valeur, et élevant au carré, ôn a :
- A3 =: 2 <7 x • d’où x = 0“.001.
- Cette pression due à la marche de l’air, jointe à celle nécessaire pour vaincre les frottements porte donc le total de la pression à 0.0OZj.2.
- Pour tenir compte des divers obstacles non soumis
- aux calculs, nous avons cru devoir prendre, comme base d’évaluation pratique, une pression de 6 millimètres d’eau ; or, une telle pression, qui équivaut à 6 kilogrammes par mètre carré rendraittrès-incommode l’ouverture et la fermeture des portes ; de plus elle créerait une sortie anormale sensible de l’air, par les joints des grandes baies de ia salle. C’est pourquoi cette pression a été décomposée en deux : en une pression positive de 3 millimètres d’eau environ, pression positive donnée par l’organe de propulsion et en une pression négative de 3 millimètres d’eau donnée par l’organe d’aspiration, cela étant obtenu en réglant les vitesses relatives de marche des deux appareils de propulsion et d’aspiration. On comprend qu’il sera ainsi pratiquement possible dérégler exactement à une quantité positive aussi faible qu’on le voudra la pression réelle de l’air dans la salle.
- Nous avons dit qu’il y aurait autant de bouches d’évacuation qu’il y aurait de spectateurs. La disposition de ces bouches a fait l’objet d’une étude particulière.
- On sait que les bouches ouvertes sur le parquet ont le grave inconvénient d’accumuler dans les conduits des poussières, qui en diminuent assez rapidement la section ; d’autre part, les vêtements d,es femmes devaient faire craindre qu’un grand nombre de bouches ouvertes sous le parquet fussent obstruées et sans effet utile. Il a semblé par conséquent d ivoir être remédié à ces divers inconvénients, en plaçant près de chaque siège un tube vertical percé en plusieurs points de sa longueur, et pouvant par conséquent permettre l’aspiration de l’air à des hauteurs differentes, suivant les cas particuliers qui devaient se présenter à chaque place; c’est ainsi qne l’espace triangulaire laissé entre deux retours opposés de dossiers de sièges a été utilisé pour y placer le tube de ventilation nécessaire à chaque place.
- Les ramifications sous le parquet des diverses places entre elles ont donné lieu à une disposition toute nouvelle, qui a pour but d’égaliser aussi exactement que possible, entre toutes les places, la somme des frottements dans les divers points de la canalisation. Le principe de leur tracé consiste à faire parcourir à l’air qui sort de chacune des places, une somme de longueur toujours égale. Lesjffaces situées près de l’organe d’aspiration ne sont pas ramifiées directement au conduit principal, mais s’en vont chercher au contraire leur point de jonction à un point moyen, sorte de centre de gravité de la surface générale du parquet ou des loges.
- Il nous reste pour terminer cette étude à examiner un dernier point des plus importants : Quelle doit être la nature et la forme de chacun des deux organes d’aspiration et de propulsion de l’air ?
- Après avoir étudié les divers ventilateurs en usage dans les mines, nous avons été convaincu que le bruit relativement considérable produit par leur mouvement rendait leur usage impossible dans la salle du Trocadéro; par ailleurs leur rendement, sauf des cas très-exceptionnels, était loin de pouvoir donner une grande satisfaction.
- Un de nos collègues, M. Ser, professeur à l’Ecole centrale, vient défaire usage dans l’hôpital de Ménil-montant d’une hélice quMui avait donné des résultats tout à fait remarquables ; aussi nous avons cru devoir songer à l’emploi de ce moyen de propulsion.
- MM. Geneste et Herscher furent chargés d’examiner l’ensemble du projet ainsi établi, et de faire à l’administration supérieure des propositions de prix pour l’établissement de son ensemble. Ces Messieurs se sont aussitôt livrés à une série d’expériences sur l’usage des ventilateurs à hélices et ies résultats qu’ils ont obtenus ont été de nature à donner toute confiance dans l’application de cet appareil à la ventilation du Trocadéro. L’ensemble de ces expériences pourrait faire l’objet d’une communication ultérieure intéressante ; aussi serait il prématuré de s’étendre davantage aujourd’hui sur cette partie spéciale des organes mécaniques.
- Pour nous résumer, nous pouvons dire que la salle du Trocadéro, contenant 5,000 spectateurs, alimentera d’air chacun d’eux, à raison de /i0m3 par heure; l’air arrivera par le haut de la salle, frais en été, chaud en hiver, descendra uniformément jusqu’au sol, et sera évacué par 5,000 bouches égaies, réparties sur la surface du sol); la pression do l’air dans la salle sera positive et réglée à une rnesuie aussi faible que possible,
- I au moyen des inégalités de vitesse de marche des hé-| lices soufflantes et des hélices aspirantes ; l’air pur sera ! pris à volonté, soit au sommet des toits, soit dans les carrières du Trocadéro ; il sera en tous cas expulsé loin des prises d’alimentation.
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- Faris
- LE CONSTRUCTEUR 36, rue Blanche.
- 14 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Etablissement d’un bureau temporaire de poste et télégraphe de plein exercice pour le service intérieur de l’Exposition universelle internationale de 1878, à, Paris.
- Un bureau temporaire de poste et télégraphe sera établi pendant la durée de l’Exposition internationale qui doit avoir lieu à Paris, du 1er maj au 31 octobre 4878, pour le service intérieur de cette Exposition.
- 11 sera installé, dans l’enceinte fermée du Champ-de-Mars, dans le bâtiment affecté aux services administratifs, avenue de la Bourdonnaye, au débouché de l’avenue Rapp.
- Le public ne pourra y accéder que par une des portes payantes de l’enceinte.
- Ce bureau sera désigné sous le nom de Bureau de poste et télégraphe du palais de l’Exposition universelle internationale de i878, à .Paris.
- Il effectuera toutes les opérations des bureaux dé poste et des bureaux télégraphiques de plein exercice. Il débitera des timbres-poste de toutes les catégories, recevra des valeurs déclarées et des objets recommandés, délivrera et payera les mandats d’articles d’argent à destination ou provenant tant des bureaux français que des bureaux étrangers avec, lesquels les conventions internationales autorisent l’échange de ces mandats. Il y sera mis en vente des tickets d’entrée à l’Exposition.
- Les exposants installés dans le palais et les parcs du Champ-de-Mars, du Trocadéro et du quai d’Orsay pourront se faire adresser des lettres et des télégrammes au bureau de l’Exposition, soit poste restante, soit à la place de leur installation. Les correspondances portant cette dernière indication leur seront remises par l’intermédiaire des facteurs attachés au bureau de l’Exposition ; les autres devront être retirées au guichet de ce bureau.
- Les correspondances elles télégrammes adressés aux exposants installés à l’Exposition spéciale des animaux, sur l’esplanade des Invalides, seront compris dans le service ordinaire de la distribution à Paris.
- Il sera établi dans l’enceinte de l’Exposition et ses annexes quatorze boîtes aux lettres supplémentaires pour le dépôt de la correspondance des exposants.
- Le bureau de l’Exposition sera ouvert de 8 heures du matin à 8 heures du soir les jours ouvrables et de 8 heures du matin à 5 heures du soir les dimanches et les jours fériés.
- Il sera fait, dans l’enceinte de l’Exposition, sept distributions et sept levées déboîtés supplémentaires par jour.
- Les distributions auront lieu :
- La première, â 8 heures du matin.
- La deuxième, à 10 heures du matin.
- La troisième, à midi.
- La quatrième, à 2 heures du soir.
- La cinquième, à 4 heures du soir.
- La sixième, à 6 heures du soir.
- La septième, à 8 heures du soir.
- Les levées des boîtes supplémentaires seront effectuées :
- La première, à 7 heures du matin.
- La deuxième, à 9 heures 30 du matin.
- La troisième, à 41 heures 30 du matin.
- La quatrième, à 1 heure 30 du soir.
- La cinquième, à 3 heures 30 du soir.
- La sixième, à 5 heures du soir.
- La se ptième, à 9 heures du sjpir.
- Les dimanches et les jours fériés, les deux dernières distributions et les deux dernières levées des boîtes supplémentaires seront supprimées.
- La dernière levée générale de la boîte aux lettres du bureau de l’Exposition sera opérée à 5 heures 45 du soir pour les départements et les pays étrangers.
- Les lettres déposées dans ladite boîte et tous autres objets de correspondance remis au guichet du bureau après ce délai pourront profiter, quel que soit leur poids, des départs du jour moyennant les taxes supplémentaires fixes d’affranchissement ci-après indiquées :
- 20 centimes pour les dépôts effectués de 5 heures 45 à G heures du soir :
- 40 centimes pour les dépôts effectués de G heures à G heures 45 du soir.
- Ces taxes seront acquittées en timbres-poste apposés par les expéditeurs sur les lettres ou autres objets.
- Les exposants sont priés de s’adresser, pour tous renseignements ou réclamations concernant le service, au chef du bureau de poste et télégraphe de l’Exposition.
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- LA COMMISSION SUPÉRIEURE
- DES EXPOSITIONS INTERNATIONALES
- Augmentation du nombre des membres de la Commission.
- Décret.
- Le Président de la République française,
- Vu le décret du 5 avril 4870, instituant une commission supérieure chargée de proposer les différentes mesures relatives aux Expositions internationales ;
- Vu le décret du 30 décembre 4871 reconstituant cette Commission ;
- Sur la proposition du Ministre de l’agriculture et du commerce ;
- Décrète :
- Art. 4er. — Sont nommés membres de la Commission supérieure des Expositions internationales, savoir :
- Membres de droit :
- M. Gyprien Girerd, député, sous-secrétaire d’Etat au ministère de l'agriculture et du commerce.
- M. Casimir Périer, député, sous-secrétaire d’Etat au ministère de l’instruction publique, des cultes et des beaux-arts.
- Membres titulaires :
- M. Pornel, sénateur, président de la commission de l’Exposition algérienne.
- M. Duverger, directeur général des chemins de fer, _ M. Janssen, membre de l’Académie des sciences, directeur de l’Observatoire de Meudon.
- Art. 2. — Le ministre de l’agriculture et du commerce est chargé de l’exécution du présent décret. Fait à Paris, le 49 avril 1878.
- LE JURY DES RÉCOMPENSES
- Augmentation du nombre des Membres du Jury.
- Rapport au Président de la République.
- Monsieur le Président,
- Le réglement spécial de l’Exposition relatif à la distribution des récompenses, inséré au Journal officiel du 45 août 4877, fixe à 350 le nombre des membres du jury étranger, et à 300 le nombre des membres du jury français.
- Ce nombre avait été basé sur la présomption alors assez générale que l’Exposition du 1878 ne différerait pas sensiblement, comme importance et comme nombre d’exposants, de l’Exposition de 4867, qui était considérée comme ayant obtenu un succès exceptionnel.
- Mais toutes les prévisions ont été dépassées par l’événement et l’Exposition de 4878 laissera bien loin derrière elle toutes celles qui l’ont précédée.-
- Dans cette situation nouvelle et pour ne pas imposer aux membres du jury une 'trop lourde tâche, il a paru nécessaire d’augmenter le nombre des personnes appelées à la composer. Une entente a été établie avec les commissariats étrangers. Elle a eu pour résultat de faire reconnaître qu’une addition de 400 jurés, répartis par portions égales entre la section française et la section étrangère, suffirait à tous les besoins.
- J’ai donc l’honneur, monsieur le Président, de vous demander de modifier le premier paragraphe de l’article 2 du titre Ier du réglement en ce sens, que le nombre des membres du jury international sera porté de 650 à 750 membres, divisés en 400 membres étrangers et 350 membres français.
- Le môme réglement porte, article 3 : que les nominations des membres français et étrangers du jury devront être effectuées avant le 4rr janvier 1878.
- Des difficultés matérielles de toute sorte ont rendu impossible la mise à exécution de cette prescription qui n’était pas, d’ailleurs, à l’abri de critiques sérieuses et fondées. On peut étendre jusqu’au 45 mai le délai accordé pour la désignation du jury sans qu’aucun intérêt ait à en souffrir.
- Si vous voulez bien approuver ces propositions, je vous prierai, monsieur le Président, de vouloir bien revêtir de votre signature le projet de décret que j’ai l’honneur de vous soumettre.
- Veuillez agréer, monsieur le Président, l’hommage de mon dévouement respectueux.
- Décret.
- Ce Président de la République française,
- Vu le paragraphe 1er de l’article 2 du décret du 44 août 1877, relatif au réglement des récompenses de l’Exposition universelle internationale de 1878 et organisant les jurys chargés de les répartir, lequel paragraphe fixe le nombre des membres du jury à 650, dont 350 étrangers et 300 français ;
- Vu le paragraphe 4 de l’article 3 du même décret fixant au 1er janvier 1878 l’époque à laquelle devaient être faites leshiominations du jury;
- Sur le rapport du ministre de l’agriculture et du commerce,
- Décrète :
- Art. 1er. — Les deux paragraphes ci-dessus du décret du 44 août 4877 sont modifiés ainsi qu’il suit :
- « Art. 2. § 4. — Le jury international de l’Exposition universelle de 4878 est,composé de 750 membres, 400 étrangers et 350 français.
- « Art. 3 § 4.— Toutes les nominations devront être effectuées avant le 45 mai 1878. »
- Art. 2. — Le ministre de l’agriculture et du commerce est chargé de l’exécution du présent décret.
- Fait à Paris, le 19 avril 4878.
- LES ENTRÉES A L’EXPOSITION
- Le ministre des finances vient d’arrêter définitivement les dispositions d’après lesquelles lepubliopourra pénétrer dans l’enceinte du Champ-de-Mars et du Trocadéro.
- Les portes d’entrées seront au nombre de seize; elles comprendront 22 guichets pour les jours ordinaires et 8 guichets pour les jours supplémentaires ; ils seront répartis comme suit :
- Porte Rapp, 4 guichets, dont 3 seulement ouverts en semaine.
- Porte Tourville, 2 guichets, dont 4 seulement ouvert en semaine.
- Porte Dupleix, 2 guichets, 4 seulement ouvert en semaine.
- Porte Desaix, 1 guichet ouvert en semaine.,
- Porte de Grenelle, 2 guichets ouverts en semaine.
- Porte de Passy, 1 guichet ouvert en semaine.
- Porte Benjamin-Delessert, 1 guichet ouvert en semaine.
- Porte du Trocadéro, 4 guichets, dont 3 seulement ouverts en semaine.
- Porte d’Iéna, 1 guichet ouvert en semaine.
- Porte de Ghaillot, 1 guichet ouvert en semaine.
- Porte de la Seine, 2 guichets, dont 1 seulement ouvert en semaine.
- Porte du quai d’Orsay, 3 guichets, dont 2 seulement, ouverts en semaine.
- Porte de Paris, 2 guichets, dont 4 seulement ouvert en semaine.
- Porte du pont des Invalides, 2 guichets, dont 1 seulement ouvert en semaine.
- Porte Latour-Maubourg, L guichet ouvert en semaine.
- Porte Saint-Dominique, un guichet ouvert en semaine.
- A chaque guichet se trouveront trois préposés : deux qui oblitéreront les tickets sous les yeux du public au moyen d’un emporte-pièce ; le troisième qui les recevra et les introduira dans une boîte cadenassée en forme de tirelire.
- Les enfants portés sur les bras entreront gratuitement ; les autres enfants devront être munis de tickets.
- Trois gardiens de la paix assureront le service d’ordre et de police à chaque guichet.
- Les portes d’entrée à l’Exposition seront ouvertes :
- Pour les ouvriers, gens de service et gardiens employés par les exposants, à partir de six heures du matin.
- Aux porteurs de cartes d’abonnements, de cartes d’exposants et de cartes de service, à partir de huit heures du matin (heures réservées aux études).
- Au public depuis dix heures du matin jusqu’à la fin de la journée.
- La fermeture des guichets aura lieu à six heures du soir; toutefois, pendant les longs jours d’été, l’heure de la fermeture sera prolongée.
- Les abonnés entreront par les mêmes guichets que les porteurs de tickets. Ils se borneront à montrer leur carte, sans s’en dessaisir, aux préposés placés aux entrées du guichet et la remettront au troisième préposé, qui est chargé de constater leur identité et de mentionner leur entrée au moyen d’un timbre à sonnerie.
- Le ministre de Vagriculture et du commerce, Tetsberenc de bort.
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR 56, rue Blanche.
- REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878 ^
- LA FÊTE D’INAUGURATION
- DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Notre directeur appréciant dans sa chronique T importance de la fête d’inauguration de l’Exposition universelle, nous nous bornons à en donner le compterendu exact, d’après le Journal officiel.
- L’ouverture officielle de l’Exposition universelle a eu lieu mercredi, 1er mai, à deux heures précises.
- Le Président de la République était assisté de :
- S. M. le Roi Don François d’Assise, S. A. R. Mgr le Prince de Galles, S. A. R. Mgr le Prince Royal de Danemark, S. A. R. Mgr le Duc d’Aoste, S. A. R. le Prince Henri dès Pays:Bas, Présidents d’honneur de leurs commissions nationales;
- Du président du Sénat, accompagné du bureau du •Sénat ;
- Du président de la Chambre des députés, accompagné du bureau de la Chambre ;
- Du vice-président du conseil d’Etat et des quatre présidents de section;
- Des ministres, de M. le maréchal Canrobert, M. le grand chancelier de la Légion d’honneur, M. le général gouverneur de Paris, M. le gouverneur des Invalides, des sous-secrétaires d’Etat;
- Des présidents et vice-présidents du conseil général de la Seine et du conseil municipal de Paris.
- Il a été reçu au palais du Trocadéro par M. le ministre de l’agriculture et du commerce; M. Girerd, sous-secrétaire d’Etat ; M. le préfet de la Seine; M. le préfet de police ; M. Krantz, sénateur, commissaire général ; M. Georges Berger, directeur de la section étrangère ; M. Dietz-Monnin, directeur de la section française; M. Duval, directeur des travaux; M. Edmond Teisserenc de Bort, chef du cabinet du ministre de l’agriculture et du commerce.
- La commission supérieure et MM. _ les présidents des commissions étrangères ont été présentés au Président de la République à sa sortie du salon d’attente.
- Le cortège s’est ensuite rendu sur la plate-forme préparée au-dessus de la cascade, en suivant la galerie du pourtour du rez-de-chaussée, réservée à MM. les sénateurs et à MM. les députés qui ont pris rang à la suite des présidents des deux Chambres.
- Des tribunes spéciales, construites dans la galerie du pourtour, étaient préparées pour le corps diplomatique, pour Mm® la maréchale de Mac-Mahon, les ambassadrices, les femmes des ministres et dames du corps diplomatique.
- Le Président de la République et les princes, ayant adroite le président du Sénat et le bureau du Sénat, le président de la Chambre des députés et le bureau de la Chambre ; à gauche, les ministres et les grands fonctionnaires de l’Etat, ont pris place faisant face à l’Exposition.
- M. le ministre du commerce a prononcé le discours suivant ;
- Monsieur le Président de la République, Monsieur le Président du Sénat,
- Monsieur le Président de la Chambre des Députés,
- Vous venez inaugurer un palais consacré à la glorification du travail et des arts de la paix, une œuvre chère à notre pays parce qu’elle symbolise sous une forme tangible ses aspirations d’union, de concorde, de civilisation et de progrès.
- Permettez-moi, au moment où vous pénétrez dans cette enceinte, de vous offrir les hommages du personnel des commissariats de l’Exposition et de vous souhaiter, en son nom, une respectueuse et cordiale bienvenue.
- Ai-je besoin de le rappeler? l’idée de cette Exposition est née le lendemain du jour où la République a reçu sa consécration définitive par la mise en vigueur de notre Constitution.
- En conviant le monde à un grand tournoi dont nous fixions l’ouverture au 1er mai 1878, le Gouvernement de la République marquait ses tendances et le but qu’il voulait désormais assigner à ses efforts et à son activité. 11 témoignait de sa foi dans la stabilité, dans la fécondité des institutions que le pays s’était données; il proclamait sa confiance dans les sympathies des gouvernements étrangers.
- Accueilli partout avec faveur, honoré par les Chambres françaises d’un vote unanime, ce projet fut sanctionné par la loi du 29 juillet 1876. Les mises en adjudications commencèrent avec le mois de septembre et, le 1er décembre, les ouvriers prenaient possession du Champ-de-Mars et préludaient à la mise en train des travaux.
- Aujourd’hui et malgré la nécessité qui s’est imposée d’augmenter de moitié, pour suffire à l’affluence excep-
- tionnelle des exposants, l’étendue des constructions prévues à l’origine, l’installation est terminée et nous allons, comme nous l’avions annoncé, ouvrir nos galeries à l’admiration et aux études du public.
- C’est donc en moins de vingt mois qu’ont été élevées et meublées de toutes les merveilles de l’art, de la science, de l’agriculture, de l’industrie, venues de toutes les parties du monde, ces constructions gigantesques qui, par leur ampleur, par le nombre des exposants qu’elles abritent, par la variété et l’universalité des objets qu’elles rapprochent, laissent bien loin derrière elles tout ce qui avait été obtenu dans nos précédentes expositions.
- La statistique supputera le nombre prodigieux de tonnes de métal qu’il a fallu mettre en œuvre pour les édifier. Le génie civil énumérera les difficultés matérielles qu’a rencontrées l’exécution, les problèmes nouveaux qu’elle, .a résolus. Je dois me borner en ce moment à constater tout ce qu’il a fallu accumuler d’activité, d’entente mutuelle, d’efforts surhumains, de persévérante énergie pour improviser en si peu de temps une œuvre si colossale. Témoin assidu de ces efforts, j’aime à proclamer la part qui revient à chacun dans un résultat qu’on peut sans exagération qualifier de merveilleux.
- Que les Etats étrangers qui occupent dans l’Exposition une si grande place soient nommés les premiers! Ils ont magnifiquement répondu à notre appel, ils nous ont choisi pour collaborateurs leurs personnalités les plus éminentes, ils nous ont envoyé leurs richesses artistiques, leurs productions industrielles les plus précieuses. Ils n’ont reculé devant aucune fatigue, devant aucun sacrifice pour augmenter l’éclat et l’élégance de notre Exposition, ils mettent aujourd’hui le comble à leur courtoisie en honorant notre fête par la présence de leurs citoyens les plus illustres, de leurs princes les plus aimes. Le Gouvernement de la République sait le haut prix qu’il doit attacher à ces témoignages. Il en est justement fier et je me fais ici l'interprète de ses sentiments en offrant à nos hôtes étrangers l’expression de sa vive et profonde reconnaissance.
- Dans la section française, il faudrait, pour rendre justice à tous les mérites, nommer le personnel tout entier : directeurs, ingénieurs, architectes, conducteurs de travaux, entrepreneurs, ouvriers, groupés autour d’un chef éminent par la science et son esprit organisateur, ont donné le spectacle d’un entrain, d’un dévouement, d’une patriotique émulation qui n’ont pas un seul instant faibli. Pour atteindre le but, il ne fallait rien moins que cet accord absolu, que ce concours infatigable, mais il a été donné sans réserve. La parole .de la France était en jeu : tous le comprenaient et se faisaient un point d’honneur de la dégager.
- Enfin, messieurs, dans cette énumération des collaborateurs les plus zélés et les plus utiles de la période d’organisation, je ne dois pas oublier les membres des nombreuses commissions qui ont été en quelque sorte notre conseil et notre point d’appui, qui ont mis au service de notre œuvre nationale leur temps toujours précieux et l’autorité d’une expérience acquise dans une. vie de labeurs noblement remplie : la commission supérieure, les commissions des marchés, du contentieux, les comités d’admission et d’installation. Je me ferais un devoir d’ajouter une mention pour les exposants, s’ils ne devaient trouver, après avoir subi le jugement du jury, leur fête spéciale dans la distribution des récompenses. Mais il n’est que juste de reconnaître dès aujourd’hui combien la difficulté des temps au milieu desquels ils ont préparé leurs produits ajoute au mérite de leur participation si nombreuse et si brillante.
- L’Exposition est donc le résultat d’un puissant effort d’intelligence et de bonnes volontés, une preuve de virilité qui marquera dans l’histoire de notre République. Du haut de cette terrasse, vous entrevoyez ses splendeurs extérieures, mais il faut pénétrer à l’intérieur pour avoir une juste idée de sa magnificence.
- Je vous prie, monsieur le Président de la République, de déclarer que l’Exposition est ouverte, et de me permettre de vous conduire, ainsi que les grands pouvoirs de l’Etat qui vous assistent et les hôtes illustres qui vous accompagnent, à travers ses galeries. Vous y trouverez, j’ose le dire, un spectacle digne de satisfaire votre ardent patriotisme ; vous y verrez que la France, rassurée sur son avenir, a repris, sous l’égide d’un régime politique qui a sa confiance, un nouvel essor, un regain d’activité et d’énergie. Vous y reconnaîtrez qu’elle travaille avec plus d’ardeur que jamais pour accroître ces créations qui honorent leurs artisans, embellissent et rendent plus facile la vie des peuples, élèvent le niveau moral des sociétés et multiplient pour le bonheur et la gloire de l’humanité les bienfaits de la civilisation.
- Le Maréchal a répondu ;
- Monsieur le Ministre,
- Je m’associe de grand cœur aux sentiments que vous venez d’exprimer, et je compte comme vous que notre Exposition aura un grand et légitime succès. Je vous félicite vous et vos collaborateurs du magnifique résultat auquel ont abouti vos efforts et dont je suis heureux de rendre témoin le monde entier.
- Nous devons aussi remercier les nations étrangères d’avoir si complètement répondu à l’appel que leur a fait la France.
- Au nom de la République, je déclare ouverte l’Exposition universelle de 1878.
- M. le ministre de l’agriculture et du commerce a alors présenté M. Krantz, sénateur, commissaire général de l’Exposition, auquel le Président de la République a adressé de chaleureuses félicitations pour la haute intelligence et l’activité qu’il a apportées dans la réalisation decettegrandeceuvre.il l’a chargé de transmettre au personnel sous ses ordres l’expression de sa vive satisfaction.
- Le ministre a alors proposé au Maréchal de récompenser ceux des ingénieurs et des entrepreneurs qui se sont le pins distingués dans les travaux de construction et dont la tache est dès à présent accomplie.
- Ont été promus dans la Légion d’honneur :
- Au grade de commandeur :
- M. Duval, ingénieur en chef des travaux du Champ-de-Mars et du Trocadéro.
- Au grade d’officier :
- MM.
- Hardy, architecte du palais du Champ-de-Mars ; Davioud, architecte du palais du Trocadéro ;
- Sourdais, ingénieur, architecte du palais du Trocadéro.
- Au grade de chevalier :
- MM.
- Vallière, ingénieur en chef des bureaux de la direction;
- Gauset, ingénieur aux travaux du palais du Trocadéro ;
- Hauberdon, ingénieur aux travaux du palais du Champ-de-Mars.
- Barois, ingénieur des ponts et chaussées attaché. Raulin, architecte, inspecteur des travaux du Trocadéro.
- Bouvard, architecte chargé de la construction du pavillon de la Ville et de l’installation de l’exposition municipale.
- Masselin, entrepreneur de maçonnerie, adjudicataire des travaux de la grande salle et de l’aile gauche ' du Trocadéro.
- Eiffel, entrepreneur du bâtiment en fer de l’exposition de la ville de Paris et du grand vestibule du côté de la Seine.
- Poirier, entrepreneur de charpentes.
- Collet, entrepreneur de charpentes.
- Le cortège a continué à suivre le pourtour extérieur, où était placé le personnel du commissariat générai; puis il a descendu le jardin du Trocadéro dans l’ordre suivant :
- Le ministre de l’agriculture et du commerce; M. Krantz, commissaire générai, et le haut personnel du commissariat;
- Le Président de la République et les princes ayant à leur droite le président du Sénat et à leur gauche 1® président de la Chambre des députés ;
- Les présidents étaient accompagnés des bureaux des deux Chambres ;
- Le corps diplomatique, les ministres et les grands fonctionnâmes de l’Etat ;
- Les sénateurs ;
- Les* députés ;
- Les membres du conseil d’Etat ;
- Les membres du conseil général et du conseil municipal.
- Arrivés au grand vestibule d’honneur du Champ-de-Mars, les Présidents sont passés successivement devant les députations des grands corps de l’Etat, de i’armée de Paris, des ministères et administrations publiques, rangés en cercle sous le dôme central.
- Le cortège a parcouru ensuite la grande avenue découverte des Beaux-Arts, en longeant les façades nationales devant chacune desquelles étaient rangés les hauts fonctionnaires des commissions étrangères. Arrivé dans le grand vestibule terminal du côté de l’Ecole militaire, il a tourné à gauche, où étaient placés les membres de la commission impériale d’Allemagne; il est ensuite entré dans la galerie française du mobilier, où ont été présentés les présidents des comités d’admission et d’installation. Après ce parcours, le cortège est sorti par la porte Rapp, où les escortes et les voitures attendaient les personnes qui en faisaient partie.
- La cérémonie a été terminée à quatre heures et les portes ont été ouvertes au public.
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- Paris LE CONSTRUCTEUR 36, rue Blanche.
- 16 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- DÉCRET RELATIF AUX RÉCOMPENSES
- et au Jury international.
- Suite (1*) —
- TITRE II
- DISPOSITIONS CONCERNANT LE GROUPE DES ŒUVRES D’ART.
- Art. 6. — Les récompenses mises à la disposition du jury international pour les oeuvres d’art sont réglées comme il suit :
- Dix-sept médailles d’honneur e)t objets d’art d’origine française.
- Trente-deux premières médailles.
- Quarante-quatre deuxièmes médailles.
- Quarante-huit troisièmes médailles.
- Art. 7. ~~ Les récompenses instituées à l’article 6 sont réparties comme il suit entre les quatre sections des beaux-arts qui correspondent aux classes du premier groupe.
- lr* section. — Classes lre et 2e réunies.
- Huit médailles d’honneur. ;
- Quinze premières médailles. '
- Vingt deuxièmes médailles. _ ' j
- Vingt-quatre troisièmes médailles. j
- 2e section. — Classe 3e. ]
- Quatre médailles d’honneur.
- Huit premières médailles.
- Douze deuxièmes médailles.
- Douze troisièmes médailles.
- 3° section. — Classe 4e.
- Trois médailles d’honneur.
- Six premières médailles.
- Huit deuxièmes médailles.
- Huit troisièmes médailles.
- section. — Classe 5e.
- Deux médailles d’honneur.
- Trois premières médailles.
- Quatre deuxièmes médailles.
- Quatre troisièmes médailles.
- Art. 8, — Le jury pour le groupe des oeuvres d’art comprend soixante-trois membres.
- La proportion numérique des membres étrangers et français dans chacune des quatre sections sera fixée par décret rendu sur la proposition du ministre de l’agriculture et du commerce.
- Les membres français des quatre sections sont nommés par décret sur la proposition de la Commission supérieure, parmi les membres du jury d’admission.
- Les exposants ayant accepté les fonctions de membre du jury international pour les œuvres d’art ne sont pas exclus du concours pour les récompense s
- Chacune des quatre sections est présidée par un de ses membres, nommé par le ministre sur la proposition de la Commission supérieure. Deux des présidents sont Français.
- Art. 9. Les quatre sections peuvent se réunir pour proposer, s’il y a lieu, des modifications à la répartition des récompenses telle qu’elle est établie aux articles G et 7.
- Le président des quatre sections réunies est nommé par décret sur la proposition de la Commission supérieure et choisi parmi ses membres.
- TITRE Ht .
- RECOMPENSES ATTRIBUÉES AUX PRODUITS DE
- l’agriculture et dé l’industrie
- Art. 10.—Les récompenses mises à la disposition du jury international pour les expositions collectives ou individuelles des produits de l’agriculture et de l’industrie, sont,rêglées comme il. suit :
- Cent grands prix et allocations exceptionnelles en argent.
- Mille médailles d’or.-
- Quatre mille médailles d’argent.
- Huit mille médailles de bronze.
- Huit mille mentions honorables.
- Toutes les médailles ont le môme module.
- Art. 11. — La Commission supérieure, après avoir entendu les présidents de groupe, répartit provisoirement, avant le 1er juin 1878, entre les divers groupes, le nombre total des médailles et mentions.
- Art. 12. — Les grands prix sont destinés à récompenser, soit le mérite des inventions ou des perfectionnements qui ont rapporté une amélioration considérable dans la qualité des produits ou dans les procédés de fabrication, soit les expositions collectives
- dont l’ensemble constitue un mérite ou un progrès exceptionnel.
- Art. 13. — L’attribution des récompenses instituées à l’article 10 pour les groupes de l’industrie et de l’agriculture résulte des opérations successives des jurys de classe, des jurys de groupe, et du jury des présidents.
- Art. 14. — La proportion numérique des membres étrangers ou français dans chacun des jurys de classe sera fixée par décret rendu sur la proposition du ministre de l’agriculture et du commerce.
- TITRE IV
- DISPOSITIONS SPÉCIALES CONCERNANT LES GROUPES DES PRODUITS DE L’INDUSTRIE
- Art. 15. — Chaque jury de classe se réunit le 1er juin 1878.
- Dans sa première réunion, il nomme un président, un vice-président et un secrétaire; l’élection du rapporteur doit avoir lieu avant le 15juin.
- Art. 16. — Les jurys de classe peuvent appeler dans leur sein, pour certaines questions déterminées, des membres des autres classes du jury international ou des experts choisis en dehors de ce jury. Dans ce dernier cas, la nomination de l’expert doit être approuvée par le président du groupe. Les membres ainsi associés et les experts n’ont pas voix délibérative.
- Art. 17. — Les exposants qui ont accepté les fonctions de membres du jury international, sont par ce seul fait, mis hors de concurs pour les récompenses.
- Les exposants appelés à titre d’associés ou d’experts près d’un jury de classe, sont également exclus du concours, en ce qui concerne les produits de la classe où ils sont appelés adonner leur avis.
- Art. 18. — Chaque jury de classe procède à l’examen des produits, appareils ou procédés qui lui sont soumis, et fait sans distinction de nationalité le classement des exposants qui lui paraissent dignes de récompense.
- Il dresse la liste des exposants qui par application des articles 16 et 17 se trouvent mis hors concours.
- Il classe enfin, sans distinction de nationalité, les collaborateurs, contre-maîtres ou ouvriers qu’il croit devoir signaler, soit pour services rendus à l’agriculture ou à l’industrie, soit enfin pour leur participation à la production d’objets remarquables figurant à l’Exposition.
- Les listes de classement revêtues de la signature des membres qui ont pris part au travail et de celle du président et du secrétaire du jury de groupe sont remises par ce dernier' au commissariat général au plus tard le 8 juillet 1878.
- Si un jury de classe n’a pas déposé ses listes à l’époque ci-dessus indiquée, elles seront établies d’office par le jury de groupe.
- Art. 19. — Les présidents et les rapporteurs des jurys de classe composent les jurys de groupe, qui se réunissent le 10 juillet 1878. En cas d’absence, les présidents sont remplacés par les vice-présidents.
- Il est nommé, pour chaque /ara/ de groupe, un président et deux vice-présidents, pris en dehors des membres de ces jurys.
- La.répartition de ces présidents et vice-présidents entre les diverses nations sera fixée par décret rendu sur la proposition du ministre de l’agriculture et du commerce.
- Les présidents et vice-présidents étrangers sont nommés par les gouvernements étrangers ; les français sont nommés par décret sur la proposition de la commission supérieure. Le secrétaire de chaque jury de groupe est nommé par décret sur la proposition de la même commission.
- A suivre.
- LES EXPOSITIONS ÉTRANGÈRES
- LA SUISSE
- La Suisse donne à tous l’exemple de l’exactitude ; nous lui devons une mention spéciale.
- Nous venons de recevoir, du Commissariat général de Suisse, le catalogue, déjà publié.
- L’Exposition suisse, enclavée entre la Russie et la Belgique, comprend une façade nationale, les arts libéraux, l’architecture, le génie civil, l’instruction publique, les sculptures en bois et faïences, l’horlogerie et la bijouterie, les pianos, les cotonnades, les soieries, les instruments de chirurgie, les chaussures, les produits chimiques, les œuvres photographiques, les broderies, les machines et outils, les poêles, les marbres. — Les sections de l’horlogerie et des machines sont les plus importantes.
- Nous publions, d’après le catalogue, la liste des exposants du 6e groupe (outillage et procédés des industries mécaniques).
- Classe 50
- (Matériel et procédés de l’Exploitation des mines et de la métallurgie.)
- Em. Bürgin, à Bâle. — Appareil magnéto-électrique pour l’inflammation des mines. — Machine magnéto-électrique. — Lampe à lumière électrique.
- Cléchet et Kinsmen, ci La Plaine, près Genève. — Mèches de sûreté pour mines.
- H. Maag, à Schaffhouse. — Creusets en graphite. Sulzer jrères, ci ÏVintertliur. — Machine à vapeur d’extraction accouplée. — Ventilateurs.
- Société suisse pour la construction de locomotives et de machines, à Winterthur. — Ventilateurs fonctionnant sans bruit.
- Classe 51
- (Matériel des exploitations rurales et forestières.)
- Classe 5 S
- (Matériel des usines agricoles et des industries alimentaires.)
- (Sont publiées dans le journal le Matériel Agricole.)
- Classe 53
- (Matériel des arts chimiques et de la tannerie.)
- E.-C. Maccaud, ingénieur, EchallensDessin d’une usine à gaz avec tous ses organes.
- Edm. Messmer, ingénieur, ci Fra-uenfeld. — Appareils destinés à modérer la pression du gaz d’éclairage.
- Sulzer frères, à Winterthur. — Appareil à gaz d’huile.
- Classe 54
- (Machines et appareils de la mécanique générale.)
- Abt. Roman, constructeur, à Aarau. — Statistique des machines à vapeur et des chaudières de la Suisse en 1877.
- Théod. et Fréd. Bell, à Kriens, près Lucerne. — Turbine, système Girard.
- Bühler-JVuest, ci Buron. — Echantillons de tuyaux en toile.
- Colladon, Daniel, ingénieur, ci Genève. — Modèle des compresseurs à air et à gaz du système Colladon, système exclusivement adopté pour les travaux du tunnel de St-Gothard, pour la compression à 12 atmosphères du gaz riche et l’éclairage des trains de nuit sur les chemins de fer belges et italiens.
- Em. Deck, ingénieur, à Bâle. — Machine à vapeur rotative à détente variable et changement de marche.
- — Escher, Wyss et C°, à Zurich. — Machine à vapeur horizontale de GO chevaux, système Woolf, avec volant funiculaire. — Machine marine verticale à hélice de 50 à 60 chevaux, système Woolf. — Chaudière de 40 chevaux avec grille à combustion sans fumée, système Ten Brink. — Turbines pour fortes chutes jusqu’à 200 mètres. — Plans de bateaux à vapeur, de turbines, roue hydraulique et transmissions.
- J. Kohler, à Diêtikon. — Déchets de coton lavé et cardé pour nettoyage des machines.
- B. Roy et Cie, à Vevey. — Plans de roue hélice et des pompes pour la ville de Genève.
- G. Schick, mécanicien, à Schaffhouse. — Jonction pour tuyaux.
- A Schmid, fabrique de machines sur la Sihl, à Zurich. — Moteurs hydrauliques. — Compteurs à eau.
- — Pompes à comprimer l’air et à faire le vide. — Pompes d’alimentation. — Soupapes de sûreté.
- Schwarzenbach, ci Horgen.—Assortiment de tuyaux en toile.
- Socin et ïVick, à Bâle. —- Machines à vapeur et turbines.
- Sulzer frères, à WEnterthur. —Machine à vapeur à soupapes de 80 chevaux. — Machine à vapeur à tiroirs de 10 chevaux. — Chaudière tubulaire fumivore.
- — Pompes à vapeur. — Pompes centrifuges.—Plans de machines à vapeur, transmissions, bateaux à vapeur, etc.
- Société suisse pour la construction de Locomotives et de machines, à Winterthur.—Machine à vapeur à soupapes pour grande vitesse, système Brown breveté.
- — Machine à vapeur à deux tiroirs superposés. — Pompe rotative perfectionnée; peut aussi servir de pompe à incendie. — Pompe alimentaire à vapeur (petit cheval vapeur). — Pompe alimentaire sans tiroir ni soupapes.
- Stutz, Gaspard, à Ester. — Courroies de transmission.
- A suivre.
- (1) Voir notre numéro du 22 avril.
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- REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- 17
- Les façades arcliitcelurales à l'Exposition.
- En entrant dans le grand quadrilatère de l’Exposition par le vestibule d’honneur, sous le dôme central, on rencontre sur la droite une longue avenue qui longe, d’un côté, les galeries destinées aux monuments des beaux-arts et le pavillon de la ville de Paris ; de l’autre côté se développe toute une série de façades architecturales qui reproduisent des spécimens d’architecture de différents styles et de différentes époques, pris chez les nations représentées à notre Exposition universelle.
- On se trouve d’abord en face de manoirs anglais. La longueur de l’espace occupé par l’exposition de l’Angleterre sur l’avenue centrale est de plus de 540 pieds. Le premier de ces édifices reproduit le style d’architecture en vogue du temps de la reine Anne ; c’est le type d’un manoir seigneurial de la vieille Angleterre ; cet édifice a été mis à la disposition de S. A. IL le prince de Galles, président de l’exposition anglaise,-pour l’usage delà commission.
- Le second édifice, pavillon du prince de Galles, a été élevé sur les dessins de M. Gilbert Redgrave ; c’est une solide et massive construction aux fenêtres ogivales, dans le styte du règne d’Elisabeth ; c’est le vrai type de beaucoup d’édifices dans lesquels l’aristocratie anglaise se plaît encore de nos jours à reproduire l’architecture des siècles passés. Puis, vient une maison de ville construite en bois et en plâtre ; telles étaient, dans toutes les villes d’Angleterre et à Londres, du quinzième au dix-septième siècle, les maisons des marchands çt des bourgeois ; on en voit encore quelques vieux spéciméns qui ont résisté à l’action du temps et au besoin de renouvellement qui, à la longue, finit par emporter les vieux édifices. Ges maisons rappellent, par leur charpente disposée en arête de poisson, nos anciennes maisons françaises du temps de Henri IV, dont quelques-unes subsistent encore.
- Enfin le cinquième édifice est une maison de campagne anglaise du temps de Guillaume III. Ce cottage, avec ses festons de lierre et ses plates-bandes fleuries, est encore aujourd’hui le gracieux modèle de presque toutes les habitations plus ou moins ornées, plus ou moins luxueuses, mais toutes confortables et charmantes, du pays de Kent, du Devonshire ou de l’île de Wight.
- Après l’Angleterre, viennent la Suède et la Nor-wége, avec leurs grandes constructions dont les parois sont formées d'arbres entiers. Nulle demeure n’est plus chaude pendant l’hiver, ni mieux garantie contre le froid et le vent ; on y est imprégné du parfum des sapins du Nord.
- L’Italie expose un peu plus loin la grandiose façade d’un édifice monumental, dont les parois sont revêtues de larges panneaux de terre cuite ornementés de fleurs et de guirlandes ; le plein cintre majestueux, les colonnes de marbre,' une élégante série de médaillons des grands artistes italiens, forment un ensemble du plus beau style, qui rappelle la terre classique des arts.
- Le Japon et la Chine nous présentent à la suite le style particulier de leur architecture, qui ne manque ni d’originalité ni de grâce. L’Autriche, la Russie, la Suisse, ont élevé des façades qui méritent à des' litres divers de fixer l’attention.
- La Belgique a élevé un véritable et splendide palais en marbre et en pierre de taille d’un ton gris qui donne aux monuments de ce pays un cachet particulier. Cette façade, d’une grande magnificence, reproduit avec fidélité l’architecture des châteaux et des grands hôtels de la Belgique. Il est construit dans le style de la Renaissance, mais ne. reprodui t aucun édifice en particulier.
- La Grèce, dans un étroit espace, nous montre la façade d’une maison grecque moderne; maison blanche, foule petite, ornée de fresques eide décorations (fui font penser à Pornpeï; tout y est simple, sobre, pur, et d’une suprême élégance. La Grèce est encore' et toujours la patrie des arts et des grâces.
- Le Danemark expose le « pignon sur rue» d’une do ses maisons ; 1’Amériquo centrale se distingue par une belle galerie' aux arcades en plein cintre, sur-
- montée d’une galerie de bois qui surplombe à la manière des chalets suisses.
- Le Portugal attire l’attention par une façade splendide et très-ornée ; c’est le porche d’une église gothique, sculptée, découpée de dentelures, ornée de statues dans des niches, comme l’architecture gothique en a placé sur tous ses monuments.
- Enfin, pour terminer cette énumération, la Hollande nous présente un véritable monument où son histoire et son génie national semblent revivre. G’esf un grand édifice de briques, très-massif, mais non dénué d’ornements sévères ; la cour carrée qui le domine rappelle le beffroi des temps passés.
- On peut affirmer que cette belle avenue « des façades architecturales des puissances étrangères » exercera un attrait puissant sur les visiteurs de l’Exposition.
- (Journal officiel.)
- Le cylindre et foutes les pièces soumises à la même pression ont été essayées à une pression double de celle qui serai! nécessaire pour soutenir le plateau et
- le plongeur sans le secours de contre-poids.
- L’appareil, une fois terminé complètement, est essayé en chargeant le plateau d’un poids de 4,000 ki-granunes, et en le faisant descendre et arrêter-brusquement à une vitesse double de la vitesse normale fixée pour le service ordinaire.
- Le prix par voyageur pour la montée et la descente est fixé à 2 fr. Le plateau pourra contenir plus de quinze personnes.
- La dépense totale de la construction est estimée à près de 100,000 fr.
- —---------------------
- DÉMET RELATIF AUX RÉCOMPENSES
- LES ASCENSEURS
- DU PALAIS DU TROCADÉKO.
- On sait que deux ascenseurs doivent servir à élever les visiteurs sur les tourelles du palais du Trocadéro. — L’installation de ces ascenseurs est rendue plus intéressante par suite de l’accident récent du Grand-Hôtel.
- La hauteur du sol à la plate-forme est de 60 mètres.
- ' La machine à vapeur construite pour Lire monter l’eau, ainsi que les appareils et les moteurs sont placés dans le sous-sol du palais-, l’évacuation des eaux et de la vapeur se.fait dans les égouts du palais.
- Les quatre colonnes en fonte qui servent à guider le plateau ont été disposés de façon à pouvoir être utilisés après l’Exposition, dans le cas où l’administration, ne conservant pas l’ascenseur, voudrait établir un escalier tournant entre le sol et la plate-forme supérieure des tours.
- Les plus minutieuses précautions ont été prisespour assurer la plus complète sécurité des voyageurs.
- Le poids du plateau et du plongeur sont équilibrés par des contre-poids, sauf la partie du poids qui doit rester libre pour vaincre les frottements et déterminer l’écoulement de l’eau à la descente.
- On sait que, pour les monte-charges et les ascenseurs hydrauliques en général, le plateau descend parle fait seul de son propre poids, un robinet placé en bas s’étant ouvert à l’arrivée du plateau, à la fin de la course ascensionnelle, et ayant laissé s’écouler l’eau.
- Les accidents ne peuvent avoir lieu que par suite'de l’accélération du plateau à la descente ou par suite de la rupture d’une chaîne ou d’un tuyau d’eau à la montée.
- Pour éviter ces accidents, d'ailleurs très-rares, on compense, par des contre-poids, les différences de pression de Peau sous la base du piston, les pertes de poids du plongeur par immersion dans l’eau et les chaînes de contre-poids, de manière que la force accélératrice résultante varie aussi peu que possible-.
- De plus, l’orifice d’entrée et de sortie de l'eau dans le cylindre est muni d’un appareil seif-ac ing, destiné à fermer cet orifice lorsque la vitesse de passage de l’eau dépassera la vitesse du régime fixé.
- Enfin, un indicateur de vitesse, actionné par le plateau ascenseur et placé devant les yeux de l’agent chargé de la manœuvre, lui indiquera, à chaque moment, la vitesse de l’appareil, de manière à ce qu’il puisse remédier aussitôt aux accélérations anormales qui tendraient à se produire.
- Les maillons des chaînes sont dans la forme adoptée par la marine cle l’État pour les chaînes non ctan-çonnees.
- Les chaînes ont été essayées à une tension de douze kilogrammes par millimètre carré, et les bouts de chaque chaîne ont pu résister à 27 kilogrammes par mètre carré.
- (Suite).
- Art. 20. — Chaque jury de groupe après avoir examine les réclamations qui sont de sa compétence, arrête les listes de classement (dressées par les jurys de classeJ.
- Il s’adjoint successivement chaque jury de classe pour les délibérations qui le concernent. Les membres ainsi adjoints ont voix délibérative.
- Le résultat de ses opérations doit être remis au commissariat général au plus tard le 31 juillet 1878 ; si les travaux d’un groupe ne sont pas terminés à cette époque, le jury des présidents y pourvoit d’urgence.
- Art. 21 — Les présidents et vice-présidents des jurys du groupe constituent le jury des présidents qui se réunit le 1er août 1878.
- La présidence de ce conseil appartient à l’un des présidents de la commission supérieure.
- Les fonctions du secrétaire sont remplies par les secrétaires de là commission supérieure.
- Les.travaux du jury des présidents doivent être terminés le 10 août.
- TITRE V.
- DISPOSITIONS SPÉCIALES AUX PRODUITS ALIMENTAI»
- UES ET AUX PRODUITS DE L’AGRICULTURE ET DE
- L’i-IORTICULTURE.
- Art. 22. — Les groupes 7, 8 et 9, comprenant des produits qui peuvent varier jusqu’à la clôture de l’Exposition et donner lieu à des concours successifs, les jurys des classes qui y sont comprises pourront se borner à faire, aux dates indiquées au titre IV pour les autres groupes, les propositions relatives au nombre des récompenses qu’il convient d’attribuer à chaque classe.
- Art. 23. — Pendant toute la durée de l’Exposition, le ministre, sur la proposition des sous-commissions compétentes de la commission supérieure, nomme tous les quinze jours les associés temporaires chargés de seconder les membres du jury de classe dans l’examen des produits compris dans les concours partiels qui pourront avoir lieu pour certaines classes des groupes 7, 8 et 9.
- Dès que ces concours partiels sont terminés, chaque comité temporaire, formé des jurés et des associés temporaires, classe les exposants, collaborateurs et ouvriers qu’il juge dignes de récompense et les' rango en quatre catégories sous les titres de premiers prix, deuxièmes prix, troisièmes prix et mentions honorables de concours partiels
- Ce classement pourra être immédiatement rendu public.
- Art. 24. — Du 15 au 20 novembre 1878, les jurys des groupes 7, 8 et 9, d'après les listes des prix et mentions honorables attribués par les comités temporaires en conformité cle l’article précédent, dressent pour chaque classe la liste d’ensemble des exposants ainsi que celle des collaborateurs et ouvriers, et décerne les récompenses que la commission supérieure a mises à leur disposition.
- Les diplômes porteront un rappel des prix et men-tions'honorabies que les comités temporaires auront attribués aux lauréats pendant la durée de l’Exposition.
- Art. 25. — Les dispositions qui précèdent ne sont pas applicables aux produits des groupes 77 à 82, régis en ce qui concerne les récompenses par les annexes au réglement, général.
- TITRE VI.
- DISPOSITIONS GÉNÉRALES.
- Art. 2ü. — Dès que les travaux du jury des présidents lui ont été remis, la commission supérieure arrête définitivement le nombre des médailles à attribuer à charpie groupe.
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- Paris
- 18
- LE COMSTItlîCTElJi
- 3ü>, rue Manche.
- BEVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 187
- Les jurys de groupe se réunissent ensuite pour faire entre les classes la répartition de ces récompenses.
- Art. 27. — Les jurys de classe prononcent définitivement sur les mentions honorables et les médailles d’honneur dans les limites de leur répartition. Ils prononcent en premier ressort sur les médailles d’or et d’argent.
- Les jurys dégroupé prononcent en dernier ressort, sous ies mêmes réserves, sur les médailles d’or et d’argent.
- Le jury des presidents prononce sur les mêmes récompenses exceptionnelles.
- La commission supérieure connaît de toutes les réclamations et statue à leur sujet.
- Elle juge en dernier ressort toutes les difficultés ou conflits d’attribution qui peuvent se produire au cours des travaux du jury international.
- Art. 28. — Un rapport administratif sur l’Exposition universelle de 1878 sera publié par le commissaire général. Le rapport général du jury international sera publié sous la direction et lasurveil-lance de la commission supérieure. •
- Art. 29. — Le ministre de l’agriculture et du commerce est chargé de l’exécution du présent décret.
- Fait à Paris, le 14 août 1877.
- Maréchal du MAC-MAHON,
- duc DE MAGENTA.
- Par le Président de la République :
- Le Ministre de l’agriculture et du commerce,
- E. DE MlîAUX.
- LES EXPOSITIONS
- LA SUISSE
- Suite (P
- Classe “>£>
- Machines-Outils.
- Æmmer et C°, à Baie. — Machine à raboter, à crémaillère et à vis sans fin, débrayage perfectionné de notre invention. — Tour parallèle et à Fileter, banc rompu de 3 mètres, hauteur des pointes, 200 millimm,
- Thcod. et Fréd. Bell, à Kriens. — Machine à égaliser les dents de roues d’engrenages coniques et droites, servant aussi comme mortaiseuse ordinaire.
- Fabrique d’outils et de machines d’Œrlikon, à Œr-likon. — Machine à percer et à. fraiser des surfaces jusqu’à 600 millimm. de longueur. — Tour avec porte-outils mobile (système revolver) pour la fabrication des vis. — Scie circulaire double pour découper les dents en bois des roues d’angles et roues d’engrenages. — Machine à raboter le bois avec scie à ruban et appareil à fraiser les mortaises. Machines à mouler pour petites roues doubles.
- Bobert Lan doit, « Kussnach t. —Machine à meule d’émeri pour affûter les forets.
- A. 31 illot, à Zurich. — Nouvelle machine automatique universelle pour rhabiller les meules de moulin, au moyen du diamant rotatif.
- Oïafesso O I
- Matériel des chemins de fer
- Abt. Roman, constructeur des ateliers de construction d’Aarau, à Aarau. — Statistique des locomotives des chemins de fer suisses. — Description des chemins de fer à crémaillère en exploitation et leur matériel roulant.
- Rcishauer et Bluntschli, à Zurich. — Appareils pour cintrer et percer les rails.
- iV. Pdggenbach, ingénieur, à Aarau. — Locomotive système mixte, brevets Riggenbaeh.
- AT. Riggenbaeh, directeur des ateliers de construction d’Aarau, et Abt. Boniau, constructeur, à Aarau.
- — Dessin du matériel fixe pour chemins de fer à crémaillère. — Dessins de locomotives à roues dentées.
- — Dessin d’un wagon à frein.
- A. Schmid, fabrique de machines sur la Sihl, à Zurich. — Locomotive routière.
- ! Noir noliv (]i
- nin:r iiimn-ri
- Société industrielle suisse, à Neuhausen. — Voiture de tramway, nouvelle construction brevetée.
- Société suisse pour la construction de locomotives et de machines, à Winlerthur. — Locomotive-tender pour le service des gares ou usines, système Brown, breveté. — Locomotive pour tramways, système Brown, breveté.
- LE CATALOGUE OFFICIEL
- DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Le premier fascicule du tome Ie1' du. Catalogue général de l’Exposition universelle, groupe T (Beaux-arts), est actuellement mis en vente : Prix : 2 fr. Il contient la liste des exposants français et do la plupart des exposants étrangers. Un second fascicule complémentaire sera incessamment publié.
- Les autres volumes actuellement mis à la disposition du public sont :
- Le tome IL — Section française : France. — Groupes II à YI. — Classes 6 à 68. — Prix : 3 fr.
- Le tome fil. — Section française : Francé. Groupes YII à IX. — Classes 69 à 90. — Algérie, Colonies. — Prix : 3 fr.
- La vente du Catalogue a lieu :
- A Paris : soit au bureau du garde-magasin du Trésor, vue de Rivoli, n° 192, à l’angle de la place des Pyramides, de dix heures à quatre heures, soit par l’intermédiaire de libraires et autres personnes autorisées par l’administration des finances;
- Dans les départements : par l’entremise, soit de libraires et autres personnes privées, comme il vient d’être dit, soit des percepteurs des contributions directes.
- Les libraires et intermédiaires officieux de Paris et des départements ne pourront acheter qu'au comptant le catalogue général ou les volumes isolés. Il leur sera fait une remise de 20 p. Î00 par volume. Le prix des volumes invendus ne leur sera pas remboursé. La livraison des volumes a lieu surplace. Il appartient aux ayants droit de les faire transporter à leur domicile à leurs frais et risques. Cette règle s’applique notamment aux libraires et intermédiaires des départements, qui doivent dès lors avoir un correspondant à Paris, tant pour le payement au comptant que pour la prise de possession et le transport des volumes achetés par eux.
- Les percepteurs devront recevoir le prix intégral des volumes du catalogue qui leur seront demandés par le public, et en délivrer une quittance à souche ; ils transmettront immédiatement au garde-magasin ils sommes reçues pour son compte, et, dans un délai de dix jours au plus, celui-ci leur renverra par la poste, en franchise, les exemplaires destinés à être remis aux acheteurs en échange de la quittance à souche.
- Il COMMISSION SUPÉRIEURE
- DUS EXPOSITIONS TNTEIÏNATIONALKS
- Augmentation du nombre dos membres de la Commission.
- %
- Décret.
- Le Président de la République française,
- Vu le décret du 5 avril 1870, instituant une commission supérieure chargée de proposer les différentes mesures relatives aux Expositions internationales ;
- Vu le décret du 30 décembre 1871 reconstituant cette Commission ;
- Sur la proposition du Ministre do P agriculture cl du commerce :
- Décrète
- Art. lp>\ — Sont nommés membres de la Commission supérieure des Expositions internationales, savoir :
- Membres de dv»ll :
- M. Cyprien Girerd, député, sous-secrétaire d’Etat au ministère de l’agriculture et du commerce.
- M. Casimir Périer, député, sous-secrétaire d’Etat au ministère de l’instruction publique, dos cubes cl des beaux-arts.
- Membres titulaires :
- M. Pomei, sénateur, président de la commission de l’Exposition algérienne.
- M. Du verger, directeur général des chemins de fer.
- M. Janssen, membre de l’Académie des sciences, directeur de l’Observatoire de Meudon.
- Art. 2. — Le ministre de l’agriculture et du commerce est chargé de l’exécution du présent décret. Fait, à Paris, le 19 avril 1878.
- LE III!V DES RECOMPENSES
- Augmentation du nombre des Membres.
- Rapport au Président de la République.
- Monsieur le Président,
- Le règlement spécial de l’Exposition relatif à la distribution des récompenses, inséré au Journal officiel du 15 août 1877, fixe à 350 le nombre des membres du jury français.
- Ce nombre avait été basé sur la présomption alors assez générale que l’Exposition de 1878 ne différerait pas sensiblement, comme importance et comme nombre d'exposants, de l’Exposition de 1867, qui était considérée comme ayant obtenu un succès exceptionnel.
- Mais toutes les prévisions ont été dépassées par l’événement et l’Exposition de 1878 laissera bien loin derrière elle toutes celles qui l’ont précédée.
- Dans cette situation nouvelle et pour ne pas imposer aux membres du jury une trop lourde tâche, il a paru nécessaire d’augmenter le nombre des personnes appelées à la composer. Une entente a été établie avec les commissariats étrangers. Elle a eu pour résultat de faire reconnaître qu’une addition de 100 jurés, répartis par portions égales entre la section française et la section étrangère, suffirait à tous les besoins .
- J’ai donc l’honneur, monsieur le Président, de vous demander de modifier le premier paragraphe de l’article 2 du titre Ier du règlement en ce sens, que le nombre des membres du jury international sera, porté de 050 à 750 membres, divisés en 400 membres étrangers et 350 membres français.
- Le même règlement porte, article 3 : que les nomi-nations, des membres français et étrangers du jury devront être effectuées avant le 1er janvier 1878.
- Des difficultés matérielles de toute sorte ont rendu impossible la mise à exécution de cette prescription qui n’était pas, d’ailleurs, à l’abri de critiques sérieuses et fondées. On peut étendre jusqu’au 15 mai le délai accordé pour la désignation du jury sans qu’aucun intérêt ait à en souffrir.
- Si vous voulez bien approuver ces propositions, je vous prierai, monsieur le Président, de vouloir bien revêtir de votre signature le projet de décret que j’ai l’honneur de vous soumettre.
- Veuillez agréer, monsieur le Président, l’hommage de mon dévouement respectueux.
- Le ministre de l’agriculture et du commerce, Trtssf.uenc de dort.
- Décret.
- Le Président de la République française,
- Vu le paragraphe 1e1' de l’article 2 du décret du 14 août 1877, relatif au réglement des récompenses de l’Exposition universelle internationale de 1878 et organisant les jurys chargés de les répartir, lequel paragraphe fixe le nombre des membres du jury à 650, dont 350 étrangers et 300 français ;
- Vu le paragraphe 4 de l’article 3 du même décret fixant nu 1er janvier 1878 l’époque à laquelle devaient être faites les nominations du jury ;
- Sur le rapport du ministre de l’agriculture et du commerce,
- Décrète :
- Art. l«p. — Les deux paragraphes ci-dessus du décret du 14 août 1877 sont modifiés ainsi qu’il suit :
- « Art. 2. § 1. — Le jury international de l’Exposition universelle de 1878 est composé de 750 membres, 400 étrangers et 350 français.
- « Art. 3- | 4. — Toutes les nominations devront être effectuées avant le 15 mai 1878. •»
- Art. 2. — Le ministre de l’agriculture et du commerce est chargé de l’exécution du présent décret. ‘*‘Fait à Paris, le 19 avril 1878.
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 50, rue Blanche
- REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878 19
- LES MACHINES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Beaucoup d’industriels allant visiter une Exposition universelle (voir même un concpurs régional) s’attendent à y rencontrer toujours des systèmes nouveaux incomparablement meilleurs que ceux qui les ont précédés. C’est là une erreur complète, et en mécanique appliquée comme en toute autre branche de nos connaissances, l’esprit humain ne marche point par sauts. Les progrès se suivent et s’enchaînent, mais ne s’improvisent point, et personne ne peut revendiquer la paternité exclusive de telle ou telle machine dont se sert l’industrie, pas plus que celle de la locomotion à vapeur. Même dans un sujet borné, ce que sait l’homme n’est généralement que bien peu de chose en comparaison de ce qui lui reste à apprendre, et telle invention qui paraît aujourd’hui un grand pas fait en avant peut quelquefois être considérée quelques années après comme rétrograde. Il n’y a généralement progrès réel que lorsque plusieurs inventeurs ont apporté leur contingent et lorsque le temps et l’expérience ont prononcé. Il s’en faut de beaucoup du reste que l’émulation commerciale soit toujours un auxiliaire de l’étude et du progrès scientifique; et telle comparaison de systèmes qui devrait être très-claire devient singulièrement embrouillée dès qu’y interviennent les coefficients de charlatanisme et de réclame. Il faut des années pour que la lumière se fasse et pour que les inventions soient jugées à leur véritable valeur, et encore faut-il que l’inventeur sérieux et convaincu ne se décourage pas pendant cette période d’incrédulité et que ses ressources lui permettent d’en prendre son parti.
- De grands progrès ont-ils été apportés à la construction des machines à vapeur pendant l’étape industrielle qui a séparé l’Exposition de 1867 de celle de 1878? Oui, incontestablement. Mais l’ingénieur qui a visité consciencieusement les deux Expositions, trouve-t-il en 1878 les principes de la construction des machines à vapeur bouleversés par des découvertes ou inventions nouvelles?
- Assurément non ; et il convient en pareille matière de ne pas attacher une importance exagérée à certains engouements auxquels beaucoup de constructeurs ne se sont trouvés associés que malgré'eux et pour donner au goût du jour un semblant de satisfaction.
- C’est assurément un engouement que la corlissifica-tion générale des machines à laquelle nous assistons et par suite de laquelle les constructeurs mêmes qui n’emploient ni les déclics ni les quatre distributeurs se croient obligés d’emprunter à la machine Corliss sa poutre-bâtis (d’une forme heureuse d’ailleurs).
- Simple engouement encore que d’affirmer qu’une machine de ce type soit nécessairement plus économique de consommation qu’une bonne machine Corn-pound ou Wolf ou même qu’une machine à un seul cylindre et à distribution ordinaire parfaitement étudiée.
- 11 n’en est pas moins vrai de dire que l’introduction des machines Corliss dans l’industrie a rendu des services très-réels malgré l’abus qui en a été fait.
- 1° Parce que Ton s’est apprivoisé avec l’idée d’avoir de bonnes machines à grande vitesse, tandis qu’au-paravant il semblait qu’une machine à grande vitesse fût nécessairement une machine menant grand tapage et s’usant rapidement.
- 2° Parce que la bonne construction et la fabrication soignée se sont généralisées par* l’entraînement de l’exemple, au lieu de rester comme précédemment le privilège d’un petit nombre de maisons de premier ordre ou soi-disant telles.
- Cela n’a l’air de rien et est au contraire un progrès énorme. Les grandes vitesses de pistons peuvent seules permettre en effet de faire des machines réalisant de grandes puissances avec des dimensions réduites, c’est-à-dire d’arriver au bon marché d’acquisition tout en laissant au constructeur un bénéfice raisonnable. Les soins de construction permettent seuls de réaliser de grandes vitesses dans les machines -— tel petit défaut qui passerait inaperçu avec une allure lente, devient au contraire criant dans un outil à marche rapide. On est forcé d’y porter remède.
- Une chose donc frappe le visiteur à l’Exposition ; c’est que sauf un très-petit nombre d’exceptions, les machines exposées sont des machines soignées et par-faitement finies, et pour quiconque sait ce que c’est que la direction d’un atelier, il y a là une immense difficulté vaincue, dans cette généralisation de l’art de bien fabriquer des machines finies.
- Donc, soins plus grands donnés, abaissement de prix, et étude beaucoup plus complète des détails, vitesses linéaires plus grandes des pistons, grands perfectionnements dans les appareils de distribution de vapeur, de détente et de régularisation de marche. Voilà ce qui frappe le visiteur lorsqu’il jette sur les machines exposées un coup d'œil d’ensemble, et l’exécution imparfaite ou négligée (si commune autrefois) tend à devenir une rare exception.
- Ceci dit, nous pourrions partir d’une extrémité quelconque de la grande galerie des machines et analyser les moteurs en activité d’abord dans l’ordre où iis se rencontreraient sur notre chemin. Mais cette marche n’aurait rien de méthodique. Elle occasionnerait beaucoup de redites, puisqu’il y a des machines assez distantes d’installation et qui se ressemblent néanmoins beaucoup. Nous répéterions les mêmes choses une dizaine de fois, et cela pourrait devenir quelque peu monotone.
- Nous croyons préférable pour le lecteur de décrire :
- 1° Les machines plus ou moins Corliss ;
- 2° Les machines plus ou moins Compounds;
- 3° Les machines Wolf à balancier ;
- 4° Les machines horizontales non corlissifiées ou peu corlissifiées •
- 5° Les..... autres.
- Cette classification n’est peut-être pas très-scientifique ; mais elle en vaut une autre au point de vue de I intelligence générale du sujet; nous nous occuperons donc des machines Corliss dans un prochain article.
- L. Poillon,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- FAITS DIVERS
- Le public est prévenu que de huit à dix heures du matin (heures réservées aux études) les visiteurs seront admis dans l’enceinte de l’Exposition moyennant le payement de deux tickets de 1 fr.
- Les porteurs de cartes d’abonnement ont de droit accès dans l’Exposition dès huit heures du matin.
- Les porteurs de cartes de service et de cartes d’exposants entreront à partir de six heures du matin.
- A partir du dimanche 12 mai, le bureau de l’agent comptable, pour la délivrance des cartes d’abonnement et la vente des tickets, est transféré rue de Rivoli, n° 192, à l’angle de la place des Pyramides, Le bureau est ouvert tous les jours même le dimanche, de neuf heures à quatre heures.
- La société de géographie de Marseille aura sa place à l’Exposition du Ghamp-de-Mars. Grâce aux efforts de son secrétaire général, M. Bainier, elle a rassemblé tous les produits de l’Afrique utilisés par le commerce et l’industrie. Deux cent sèize types des matières empruntées à l’Afrique, dit le Sémaphore, ont été réunis dans une vaste vitrine qui sera surmontée des portraits de Cameron, de Stanley etdeLivingstone. Une collection ethnographique des plus curieuses, armes et ustensiles, complétera l’exposition de la société.
- La compagnie P.-L.-M. vient de décider qu’une réduction de 5 ) p. 100 sur le prix ordinaire des billets de 3e classe sera accordée, à l’allée et au retour, aux ouvriers qui seront envoyés à l’Exposition universelle, par groupes de quatre personnes au moins, aux frais des établissements industriels, des chambres de commerce et des comités départementaux, constitués spécialement pour faciliter le voyage des ouvriers à l’Exposition.
- ( Uette réduction sera allouée sur la présentation d une carte délivrée dans les bureaux de l’inspecteur principal de l’exploitation, cours du Midi, n° 10, sur une lettre de demande indiquant :
- 1° La liste nominative des ouvriers envoyés;
- 2° La date de départ ;
- , 3° Que les ouvriers sont envoyés aux frais de leur, etablissement.
- De plus, il conviendra que la demande soit revêtue
- du visa de la chambre de commerce ou du comité départemental.
- Le voyage, aller et retour, devra être accompli dans une période de quinze jours au plus.
- La Société industrielle du Nord de la France vient de décider la nomination de différentes commissions désignées pour étudier, à l’Exposition universelle, les applications pratiques des questions industrielles et les progrès réalisés depuis l’Exposition universelle de 1867.
- Pendant la durée et après la clôture de l’Exposition, les commissions recueilleront dans des réunions spéciales les rapports écrits ou les observations verbales des différents sociétaires, et les condenseront dans un rapport général,
- LES SECTIONS ÉTRANGÈRES
- LA GALERIE DES MACHINES
- La galerie des machines étrangères a les mêmes dimensions que la galerie française ; elle se trouve également divisée en 11 sections, mais sur ce nombre cinq seulement participent à la force motrice, ce sont les deux sections anglaises et les trois sections affectées respectivement :
- 1° A l’exposition de l’Autriche-Hongrie, des Etats-Unis et de la Suède ;
- 2° A l’exposition de la Suisse ;
- 3° A celle de la Belgique.
- La disposition de la transmission est la même que dans la partie française.
- Dans les deux premières sections qui se présentent au visiteur entrant dans la galerie des machines étrangères par le grand vestibule du Palais, et qui sont occupées par l’Angleterre, la force motrice est fournie par une machine située à l’entrée de la deuxième section.
- L’arbre de transmission placé au sommet des colonnes de support dans l’axe de la galerie est mis en mouvement par des courroies à l’aide d’une transmission souterraine de 1 27 millimètres de diamètre tnue directement par la machine motrice dont nous venons de parler.
- Cette transmission souterraine située à 0,60 au-dessous du parquet passe entre les fondations des colonnes ; et ses paliers reposent sur des blocs de pierre assis sur des massifs de béton.
- Dans la 3e section, les paliers de la transmission inférieure sont montés sur de petites colonnes.
- On ne peut donc circuler dans la galerie inférieure formée par les deux rangées de colonnes qui soutiennent les arbres de transmission supérieure.
- Les dispositions des autres sections étrangères qui participent à la force motrice sont tout à fait semblables à celles des sections françaises qui leur correspondent.
- La vitesse de transmission des arbres supérieurs de commande est la même que pour la section française, soit 120 tours par minute.
- Dans la section étrangère on remarque parmi les principaux constructeurs qui ont fourni les machines motrices :
- MM. Galloway, de Manchester-, Sulfzer, de Win-terthur ; Wheeloek, de Worcester ; Walschaerts et Cail Halot, de Bruxelles; Es cher Wyss, de Zurich, etc.
- Les chaudières qui fournissent la vapeur nécessaire au fonctionnement des machines sont i éparties en quatre groupes, placés en dehors de la galerie parallèlement à son axe longitudinal et à une distance d’environ 14 mètres de la galerie extérieure.
- La vapeur est conduite de chaque groupe de chaudières aux moteurs dans des tuyaux en cuivre ou en fonte d’un diamètre suffisant pour diminuer autant que possible la perte de pression ; ils sont renfermés dans des caniveaux souterrains. En débouchant dans la galerie des machines, le tuyau de prise principal se divise en deux branches amenant la vapeur aux différents moteurs de la section, et sur lesquelles on peut d’ailleurs faire des prises dans le cas où l'on aurait à mettre en marche d’autres machines.
- Les quatre groupes de chaudières de la section étrangère ont été installés par les constructeurs dont les noms suivent; nous indiquons également la force en chevaux-vapeur qu’elles sont capables de produire.
- Le groupe n° 1, établi par la maison Galloway, de Manchester (Angleterre), comprend trois corps de
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- Taris LE CONSTRUCTEUR 56, rue Blanche.
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- chaudières de 2 m.de diamètre, de 8 mètres de longueur et ayant un double foyer intérieur • il peut produire une force totale de 300 chevaux et alimente les machines de la section anglaise.
- Le groupe n3 2, produisant 125 chevaux de force et installé par la maison Séraphin, sert à actionner les machines des sections américaine, suédoise et norvégienne.
- Les chaudières qui le composent sont du genre de celles des locomotives et sont munies de tubes Field dans le foyer.
- Le groupe n° 3 a été installé par la maison Fontaine, de Lille; il actionne les machines de la section autrichienne.
- La force qu’il peut développer est de 200 chevaux avec 240 m. de surface de chauffe.
- Enfin le IVe groupe comprend plusieurs appareils fournis par cinq constructeurs, dont deux Suisses et trois Belges : MM. Gebruder Salzer, de Winterthur, ont des chandières à bouilleurs fournissant une force de 80 chevaux ; MM. Escher Wyss et G°, de Zurich, ont des appareils du même système que les précédents et d’une force de 40 chevaux ; MM. John Mac-Nicol, de Seraing et de Naeyer, de Bruxelles, ont des chaudières (système Bellevilïe) d’une force respective de 50 et 140 chevaux.
- Enfin, la chaudière à bouilleurs de MM. Barbe et Petay, de Moteenbeck, a une surface de chauffe de 150 m. et peut fournir 120 chevaux de force.
- Ce dernier groupe représente donc une force totale de 430 chevaux.
- Pour l’ensemble des sections étrangères la force motrice disponible s’élève à environ 1,055 chevaux vapeur.
- LES CONGRÈS
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Congrès international d’hygiène.
- Arrêté ministériel du 12 mai.
- Art. 1er. — Un congrès international d’hygiène est autorisé à se tenir au Palais du Trocadéro, du ler au 10 août 1878.
- PROGRAMME
- DU CONGRÈS INTERNATIONAL D’HYGIÈNE
- 1. — Htjgiène du nouveau-né. —De la mortalité des
- enfants nouveaux-nés dans les différents pays. Des niesuresji employer pour la faire diminuer. — Secours de l’administration. — Hôpitaux spéciaux pour les filles-mères, fermes-nourrices, tours...., etc.
- 2. — De Valtération des cours d’eau. — De leur corruption :
- 1° Par les produits industriels; moyens à employer pour prévenir et combattre les conséquences de cette altération.
- 2° Par les eaux d’égout. Utilisation des eaux d’égout par le procédé agricole.
- 3. — Hygiène alimentaire. — Des produits alimentaires avariés ou falsifiés.
- 1° Des moyens pratiques qui peuvent permettre de constater le bon état des viandes de boucherie servant à l’alimentation des villes et des campagnes.
- 2° De l’emploi de certaines substances pour la coloration des produits alimentaires, et des dangers qui peuvent en résulter pour la santé publique.
- 4. — Des logements des classes nécessiteuses. — Maisons et cités ouvrières. — Garnis et logements ^d’ouvriers dans les grandes villes.
- 5. — Hygiène professionnelle. — Des moyens de diminuer les dangers qui résultent pour les travailleurs des différentes industries de l’emploi des substances minérales toxiques : mercure, plomb, arsenic, etc. Essais tentés pour les remplacer définitivement par des substances inoffensives.
- 6. — Prophylaxie des maladies infectieuses et contagieuses. — Quelles sont les maladies transmissibles qui nécessitent l’isolement des ’malades dans les hôpitaux généraux et spéciaux, et comment concilier cet isolement avec les exigences pratiques du service?
- 7. — D’autres questions intéressant l’hygiène pourront être soumises aux délibérations'du congrès.
- Congrès international de la propriété industrielle
- Arrêté ministériel du 12 mai. >
- Art. Ie’’. — Un congrès international de la propriété industrielle (brevets d’invention, modèles et dessins de fabrique, marques et noms de commerce) est autorisé à se tenir au palais du Trocadéro.
- Art. 2. — La liste des membres proposée par le Comité central des Congrès et Conférences pour procéder à l’organisation de ce Congrès est approuvée.
- COMITÉ D’ORGANISATION
- DU CONGRÈS INTERNATIONAL DE LA PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE
- MM. Renouard, sénateur, membre de l’Institut, ancien procureur général à la Cour de cassation.
- Bozérian, sénateur, avocat à la cour d’appel de Paris.
- Foucher de Careil, sénateur.
- Le comte de Douhet, sénateur.
- Hérold, sénateur, avocat à la cour d’appel.
- Tirard, député.
- Tranchant, conseiller d’Etat.
- Meuraud, directeur des consulats au ministère des affaires étrangères.
- Dumoustier de Frédilly, directeur du commerce intérieur.
- Tresca, sous-directeur du Conservatoire des arts et métiers.
- ÜPéligot, membre de l’Institut.
- Levasseur, professeur de droit industriel au Conservatoire.
- Renault, professeur agrégé à la faculté de droit, chargé du cours de droit international.
- Lyon Caen, professeur agrégé à la faculté de droit de Paris.
- Baudelot, président du tribunal de commerce de la Seine.
- Houette, président de la chambre de commerce de Paris.
- Goupy, président du conseil des Prud’hommes de Paris.
- Gustave Roy, membre du- comité consultatif des arts et manufactures.
- Griolet, administrateur de la Compagnie des chemins de fer du Nord, ancien maître des requêtes.
- Charles Thirion, ingénieur civil, secrétaire du Comité central des Congrès et conférences de l’Exposition de 1878.
- Dumoustier de Frédilly fils, chef de bureau au ministère de l’agriculture et du commerce.
- Ortolan, rédacteur au ministère des affaires étrangères.
- Ad. Iluard, avocat, vice-président de la Société des inventeurs.
- Pataille, avocat à la cour d’appel de Paris.
- Eugène Pouillet, avocat à la cour d’appel de Paris.
- Clunet, avocat à la cour de Paris, rédacteur en chef de la Revue du droit international privé.
- Barbedienne, président de la chambre syndicale des bronzes.
- Christofle, fabricant d’orfèvrerie.
- Froment-Meurice, fabricant d’orfèvrerie.
- Emile Barrault, ingénieur civil.
- De Maillard de Marafy, conseil juriste de la société de l’Union des fabricants.
- Armengaud fils aîné, ingénieur civil.
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- LS CATALOGUE OFFICIEL
- Le premier fascicule du tome 1er du Catalogue gêné- , raî de l'Exposition universelle, groupe I (Beaux-Arts), est actuellement mis en vente : Prix : 2 fr. 11 contient la liste des exposants français et de la plupart des exposants étrangers. Un second fascicule complémentaire sera incessamment publié.
- Les autres volumes actuellement mis à la disposition v du public sont :
- Le torne IL — Section française : France. — Groupes II à VI. — Classes 6 à 68. — Prix : 3 fr.
- Le tome 1IL — Section française : France. — Groupes VU à IX. — Classes 69 à 90. — Algérie, Colonies. — Prix : 3 fr.
- La vente du Catalogue a lieu :
- A Paris : soit au bureau du garde-magasin du Trésor, rue de Rivoli, n° 192, à l’angle de la place des Pyramides, de dix heures à quatre heures, soit par l’intermédiaire de libraires et autres personnes autorisées par l’administration des finances;
- Dans les départements : par l’entremise, soit de libraires et autres personnes privées, comme il vient d’être dit, soit des percepteurs des contributions directes.
- Les libraires et intermédiaires officieux de Paris et des départements ne pourront acheter qu'au comptant le cataloguer"général ou les volumes isolés. Il leur sera fait une remise de 20 p. 100 par volume. Le prix des volumes invendus ne leur sera pas remboursé. La livraison des volumes a lieu sur place. Il appartient aux ayants droit de les faire transporter à leur domicile à leurs frais et risques. Cette règle s’applique notamment aux libraires et intermédiaires des départements, qui doivent dès lors avoir un correspondant à Paris, tant pour le payement au comptant que pour la prise de possession et le transport des volumes achetés par eux.
- Les percepteurs devront recevoir le nrix intégral des volumes du catalogue qui leur seront demandés par le public, et en délivrer une quittance à souche; ils transmettront immédiatement au garde-magasin les sommes reçues pour son compte, et, dans un délai de. dix jours au plus, celui-ci leur renverra par la poste, en franchise, les exemplaires destinés à être remis aux acheteurs en échange de la quittance à souche.
- LES CATALOGUES
- Catalogue de la section anglaise.
- Le catalogue de la section anglaise à l’Exposition vient :1e paraître; c’est un document d’autant plus intéressant, qu’on en peut extraire de nombreuses informations sur la situation relative des différentes branches en Angleterre, et de l’activité qui se développe plus ou moins sur différents points.
- Le nombre des exposants est de plus de 1,500. Londres, y compris ses faubourgs, entre dans ce chiffre pour 700; Manchester, 64 ; Birmingham 56; Glasgow, 43 ; Leeds, 40 ; Edimbourg, 38 ; Sheffield, 35 ; Dublin, 28 ; Huddersfield, 24 ; Liverpool, 22 ; Bradford, 18 ; Belfast, 17 ; Norwich, 16 ; Bristol, 15 ; Nottingham, 13.
- Dans quelques classes il y a foule ; d’autres sont complètement vides, d’autres sont à peine représentées. Dans la 7e classe (organisation de l’instruction secondaire), il n’y a pas d’exposant ; quatre classes sur six, dans l’horticulture, sont dans le même cas. La sylviculture n’a qu’un seul exposant ; il en est de même pour les insectes utiles ou nuisibles, et pour les fruits et végétaux présentés par un seul horticulteur d’Edimbourg. Les papiers de tenture, les châles, les fleurs et plantes d’ornement n’ont que 3 exposants chacun ; la coutellerie en a 5 ; les cartes, les articles de voyage, de campement, le matériel militaire, en ont 5 chacun.
- Les mines et la métallurgie comptent 108 exposants ; les produits chimiques et pharmaceutiques, 89 ; l’outillage du génie civil, 81 ; les machines en général, 79 ; les tissus et filatures de laines, 69 ; l’outillage d’agriculture, 68 ; la navigation et appareils de sauvetage, 45; l’habillement, 44.
- Si l’on veut une énumération plus générale par groupes, les appareils et procédés mécaniques comptent 530 exposants; la fabrication des tissus, 292 ; l’ameublement et ses accessoires, 244; l’industrie des mines avec ses produits bruts et manufacturés, 241 ; les procédés de l’éducation et des arts libéraux, 208 ; les produits alimentaires, 98, et l’horticulture, 25.
- Dans le groupe des beaux-arts, il y a 283 peintures à l’huile, 191 aquarelles et dessins, 46 sculptures, 171 dessins et modèles d’architecture, .42 gravures et lithographies.
- 250 amateurs ont contribué à ce groupe en permettant aux commissaires de choisir dans leurs collections.
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- Paris LE CONSTRUCTEUR 36, rue Rlanche.
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- LES MACHINES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- — Suite (!) —
- Les machines genre Corliss.
- Machines Zimmermann, construites 'par MM. Lecointe et Fillette, de St-Quentin.
- Dans un précédent article, nous avons annoncé l'intention de nous occuper d’abord dans notre revue des machines de l'Exposition, des machines genre Corliss. Le caractère distinctif de ces machines consiste dans une distribution effectuée non plus par un tiroir simple (accompagné ou non de glissières de détente), mais par quatre secteurs ou portions de robinets placés aux extrémités du cylindre. Deux de ces secteurs servent à l’admission et les deux autres opèrent l’échappement. Le fonctionnement des secteurs d’échappement est naturellement invariable : mais celui des secteurs d’admission comporte généralement un appareü de détente influencé par le régulateur à l’aide de mécanismes divers. Les organes d’admission, tout comme ceux d’échappement, sont disposés du reste pour offrir au passage de la vapeur de très-grandes sections, largement et rapidement découvertes-, et cette particularité évite le laminage et permet par suite de réaliser sans étranglements des vitesses linéaires de piston considérables. Cette augmentation de vitesse donne naturellement une augmentation correspondante de puissance à dimensions égales. Elle abaisse donc le prix de construction d’une machine d’une puissance donnée, comme nous l’avons dit dans un article précédent.
- Les secteurs ou portions de robinets peuvent être remplacés par des soupapes à simple ou à double siège, équilibrées ou non équilibrées, ou même par des tiroirs plats, comme nous le verrons en étudiant les divers systèmes particuliers. Théoriquement, cela ne change rien au principe de la machine à quatre distributeurs, et des diagrammes aussi satisfaisants peuvent être obtenus avec un dispositif qu’avec un autre. Le seul point auquel il convienne de s’attacher en pareille matière, c'est d’avoir affaire à un mécanisme qui ne se dérange point et qui ne soit pas une cause de réparations fréquentes ni d’arrêts répétés. En outre, les réparations, lorsqu’elles sont devenues nécessaires, doivent être faciles.
- En dehors de cela une machine à quatre distributeurs en vaut une autre, croyons-nous; et il serait tout à fait chimérique de viser à une économie de combustible par la substitution d’un mécanisme de soupapes à un mécanisme de secteurs ou de tiroirs, si ce dernier est bien étudié.
- Mais ce n’est pas tout. Indépendamment de la suppression des étranglements à l’entrée et à la sortie de la vapeur pour les grandes vitesses de pistons, on réalise du même coup dans la plupart des machines à quatre distributeurs, d’autres avantages.
- La suppression des espaces nuisibles ou tout au moins leur réduction, est une chose qui résulte ici de l'agencement même des organes.
- Distincts des conduits d’admission, les conduits d’échappement ne refroidissent ni ne condensent plus la vapeur à son entrée. Dans une machine ordinaire, au contraire, les mêmes conduits communiquent alternativement avec l'admission et avec le milieu relativement froid d’échappement.
- L’eau de purge trouve dans les orifices inférieurs d’échappement une issue directe et facile. Elle ne demande qu’à s’en aller. Donc moins de chances de coups d’eau.
- Il y a là en résumé un ensemble d’avantages qu’il serait injuste de méconnaître et qui ressortiront mieux lorsque nous aurons décrit un ou deux systèmes. Nous n’aurons pas loin à aller pour en rencontrer sur notre chemin.
- Lorsque l’on entre en effet dans la grande galerie des machines françaises par son extrémité la plus rapprochée de la Seine, on se trouve tout d’abord en présence de deux machines accouplées système Zimmermann, construites par MM. Lecointe et Villette, de Saint-Quentin.
- Nous nous occuperons tout d’abord de ces machines, qui sont des machines à quatre distributeurs et à détente variable par le régulateur. Les distributeurs consistent en soupapes équilibrées à doubles sièges.
- Gomme formes générales, la machine Zimmermann rappelle les machines à déclics Corliss, Inglis/Sul-zer, etc. Comme dans celles-ci, le bâtis en fonte creux a l’aspect d’une poutre et se termine à une extrémité par un support recevant les coussinets du palier de manivelle et à l’autre extrémité par un assemblage boulonné avec le cylindre à vapeur. Le cylindre se boulonne au massif de fondation par deux larges pattes. Il est venu de fonte avec une enveloppe de vapeur et porte naturellement quatre orifices recevant les deux soupapes d’admission et les deux soupapes d’échappement.
- Une partie cylindrique alésée au bâtis sert de guide à la tète du piston. Cette tête est à fourche et s’articule avec une des extrémités de la bielle. Celle-ci est ronde. La crosse de piston porté deux sabots en fonte qui servent de glissières dans le guide alésé.
- La bielle est à deux têtes simples et la manivelle en fer forgé. L’aspect général est robuste et satisfaisant, et la construction paraît bien traitée.
- Mais arrivons tout de suite aux points caractéristiques du système, lesquels résident dans la distribution.
- Deux soupapes supérieures servent à l’admission, et deux soupapes inférieures à l’échappement; nous l’avons dit déjà. Ces quatre soupapes ainsi que leurs sièges, sont en acier fondu ou en bronze dur ou en bronze phosphoreux.
- On peut facilement démonter et remplacer soupapes et sièges, sans le secours d’acun ouvrier spécial.
- Quant au mécanisme actionnant les soupapes, il se compose bu dispositif suivant
- La barre de l’excentrique traditionnel et classique calé sur l’arbre moteur donne le mouvement à une pièce triangulaire et à un levier. La pièce triangulaire commande l’introduction, et le levier commande l’échappement.
- Mobile autour d’un axe fixé au cylindre, la pièce" triangulaire porte trois axes d’articulation dont l’un est en relation avec la barre de l’excentrique. Les deux autres axes correspondent à deux petites bielles qui agissent sur les deux organes d’admission et détente.
- Ces pièces-portent chacune un cliquet en acier articulé autour d’un petit axe auxiliaire et derrière chaque cliquet agit un ressort. Les cliquets actionnent des petits axes qui soulèvent les soupapes d’admission à î’aide de leviers calés sur eux. Au-dessus des soupapes se présentent des boîtes à ressorts, qui opèrent la fermeture.
- Chacune de ces boîtes contient un piston qui comprime de l’air dans le fond, et dont l’orifice d’évacuation est réglé par une vis. Cet air comprimé empêche le piston de buter contre le fond.
- L’excentrique de distribution imprime à la pièce triangulaire un mouvement de va-et-vient. Les cliquets rencontrent en descendant les extrémités en acier des leviers et soulèvent alternativement les soupapes pendant une certaine fraction de la course du piston. Cette fraction est d’autant plus grande que plus grand est au moment du contact le croisement ou recouvrement des cliquets avec les extrémités- des leviers.
- La fermeture des soupapes s’opère instantanément dès que les cliquets quittent les.,leviers et l’instant auquel les cliquets cessent d’être en prise avec les leviers est déterminé par la position du régulateur. Ce dernier actionne un levier calé sur un axe qui porte une double came.
- Cette came porte des points d’articulation qui décrivent des arcs de cercle et ce mouvement, transmis-par des bieiles, rapproche ou écarte des pièces correspondantes.
- Par suite, les cliquets mordent plus ou moins sur les leviers et l’introduction de vapeur est plus ou moins prolongée suivant la résistance à vaincre.
- Quant aux soupapes d’échappement, elles fonctionnent naturellement sans déclic et sont ouvertes alternativement pendant toute la course du piston.
- En résumé, ce mécanisme est relativement simple, accessible dans toutes ses parties, et facilement réparable.
- La marche paraît très-satisfaisante et très-régulière, et les pompes à air horizontales empruntent leur mouvement à une disposition de leviers et bielles, fréquemment usitée.
- La description que nous venons de donner sera très-certainement suffisante pour signaler au lecteur ayant les machines sous les yeux, tous les points spécialement dignes de son attention.
- En décrivant prochainement d’autres systèmes, nous pourrons nous affranchir de beaucoup de généralités qui devaient être énoncées une fois pour toutes en abordant cette question des machines à quatre distributeurs.
- L. Poillon,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- LE SERVICE HYDRAULIQUE
- Afin de faire ressortir l’importance du service hydraulique en 1878, il est nécessaire de rappeler sur quelles bases était établi celui de la dernière Exposition.
- Voici comment ie Journal des Travaux publics décrit ce service :
- En 1867, on avait créé trois catégories ;
- 1° Le service du parc, comprenant l'arrosage des pelouses, les cascades, les rivières, les fontaines monumentales, nécessitait un volume total de 5,500 mètres cubes par jour.
- 2° Le service mécanique ayant de nombreuses exigences, parce qu’il comprenait le volume d’eau nécessaire à ia condensation des ' machines, demandait un volume total de 8,700 mètres cubes par jour. On avait pris pour base des évaluations : le chiffre de 600 litres par heure et par cheval de force pour la condensation, et comme les machines à condensation représentaient une force de 500 chevaux et marchaient pendant 8 heures, le volume d’eau nécessaire à la condensation seulement s’élevait à 2,5Q0 mètres ! cubes par jour. On comptait sur 50 litres par heure et par force de cheval pour l’alimentation des chaudières, ce qui faisait pour 1,000 chevaux de force et une marche de 8 heures, 400 mètres cubes.
- Enfin il restait 300 mètres cubes pour la consommation de l’eau de refroidissement, pour les moteurs à gaz et pour le fonctionnement des monte-charges hydrauliques et autres appareils à eau forcée.
- Quant aux besoins de la population, on avait pris pour base la consommation correspondante à celle d’une ville de cent mille âmes, ce qui, à raison de 10 litres par personne et par jour, formait un volume total de 1,000 mètres cubes.
- En résumé, c’était un volume journalier de 10,000 mètres cubes, en nombre rond, qu’il s’agissait d’élever et de distribuer.
- Le service fut divisé en deux étages ayant un niveau distinct, devant répondre à une distribution de 5,000 mètres cubes environ, et pouvant être mis en communication suivant les besoins.
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- Le bas service ou service à basse pression, consistait à puiser l’eau de la Seine et à la refouler au moyen de pompes dans le lac du Champ-de-Mars dont le niveau était à 5 mètres environ au-dessus du fleuve, puis à reprendre ces eaux pour les élever de nouveau dans un réservoir placé à 15 mètres au-dessus du niveau de l’étiage et en communication avec le réseau de distribution.
- Pour ciéer îe haut service on établit au sommet du Trocadéro, le long de l’avenue Ma'akoffj un réservoir d’une contenance d’environ 5,000 mètres cubes ; son altitude était de 30 à 35 mètres au-dessus de l’étiage.
- L’usine hydraulique créée sur le bord de la Seine, en aval du pont d’iéna, comprenait deux machines Woolf accouplées, refoulant l’eau directement au réservoir précédent, situé à 560 mètres de l’usine.
- La conduite de refoulement avait un diamètre de 0 m. 35 et servait en même temps de conduite de distribution; àpartirdel’usmehydraulique, elleseramifiait en un certain nombre de branchements aboutissant à des bouches d’incendie.
- Le même tuyau servant à la fois au refoulement et à la distribution, il en résultait que le réservoir ne se remplissait qu’autant que le volume d’eau élevé
- •1) Voir notre dernier numéro.
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- par les machines était supérieur à celui dépensé au Champ-de-Mars.
- On économisait de ce fait la dépense d’une double conduite ; pendant la nuit, on avait soin de maintenir le réservoir à moitié plein par mesure de précaution, en cas d’incendie. Le réseau de distribution de l’Exposition de 1867 était d’ailleurs relié en six points différents avec celui de la Ville, de sorte qu’à certains moments, on pouvait recevoir les eaux de i’Ourcq, celles de la Seine puisées à Chaillot, ou enfin celles de la Dhuis.
- Grâce à cette disposition, la Ville avait pu fournir l’eau nécessaire aux différents services de l’Exposition en attendant le fonctionnement normal de la distribution spéciale du Champ-de-Mars.
- {A suivre.)
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- 13IV 1878
- Congrès de l’Agriculture Décret ministériel du 23 mai instituant le Congrès.
- Art. Ie1'. — Un Congrès international de l’agriculture est autorisé à se tenir au palais du Trocadéro, du 10 au 20 juin 1878.
- Art. 2. — M. le sénateur, commissaire général, est chargé de l’exécution du présent arrêté.
- PROGRAMME
- Du Congrès international de l’agriculture.
- I1'5* section. —- Agriculture proprement dite.
- Des assolements.
- Des systèmes de défoncement et de labour.
- Des engrais.
- 2e section. Économie du bétail.
- De la production de l’alimentation économique du bétail.
- De l’importation des viandes d’Amérique.
- Des mesures internationales contre les épizooties.
- 3e section. — Viticulture.
- Des ennemis de la vigne, et notamment du phylloxéra.
- Des plants américains.
- Des impôts sur les boissons.
- 4e section. — Sylviculture.
- Des influences météorologiques sur la végétation forestière ; de la distribution géographique des forêts et de la répartition des essences.
- Du déboisement ; de son influence au point de vue des inondations.
- Du repeuplement des vides dans les forêts.
- 5e section. — Horticulture et cultures arbustives.
- De la culture maraîchère et fruitière, en vue de l’alimentation des marchés.
- De l’utilisation des eaux d’égoût pour la production maraîchère.
- De la conservation et du transport des fruits et autres produits horticoles.
- 6° section. — Génie rural.
- Du labourage à vapeur.
- De l’aménagement des eaux ; des irrigations.
- De l’usage des voies ferrées dans les exploitations agricoles.
- Du matériel agricole, notamment des moissonneuses et faucheuses.
- 7e section. — Industries agricoles.
- Des divers procédés d’extraction du jus de betterave.
- Du meilleur mode d’appréciation de la richesse saccharine de la betterave, au point de vue de l’industrie sucrière.
- Des procédés de fabrication de l’alcool.
- De la législation sur l’alcool.
- Des procédés de fabrication sur les huiles végétales.
- De la production et du traitement préparatoire de matières textiles.
- 8e section. — Sériciculture et entomologie.
- Du meilleur mode de vérification des graines de vers à soie et répression des fraudes.
- De l’influence des diverses espèces de feuilles de mûrier sur la production de la soie.
- Des méthodes vicieuses d’apiculture, notamment de fétoufïage.
- Des insectes nuisibles.
- 9e section. —- Économie et législation rurales.
- Des institutions agricoles ; des rapports entre l’agriculture et l’Etat.
- Du crédit agricole.
- Du cadastre.
- De la statistique agricole.
- LE CONSTRUCTEUR 36, rue Blanche.
- L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Du métayage et du fermage; des règles et coutumes qui régissent la situation du fermier sortant.
- 10° section. — Enseignement agricole.
- Des procédés et méthodes à recommander pour le développement de l’instruction agricole à tous les degrés.
- Des stations agronomiques; de l’unification des méthodes de constatation dans ces établissements.
- Ile section. — Production chevaline.
- Des meilleurs moyens scientifiques et pratiques d’assurer la bonne production, suivant les contrées :
- Du cheval de selle ;
- Du cheval d’attelage ;
- Du cheval de trait proprement dit.
- Con'grès de l’unification du numérotage des fils.
- Décret ministériel du 23 mai instituant le Congrès.
- Art. Ie1'. — Un Congrès international pour « l’unification du numérotage des fils de toute nature » est autorisé à se tenir au palais du Trocadéro, les 25, 26 et 27 juin 1878.
- Art. 2. — La liste des membres proposés par le Comité central des congrès et conférences, pour procéder à l’organisation de ce Congrès, est approuvée.
- COMITÉ D’ORGANISATION du Congrès pour l’unification du. numérotage des fils de toute nature.
- MM. Balsan, membre du conseil supérieur du commerce.
- Blanchon (Gaston), manufacturier à Lyon.
- Cabanis, directeur du bureau de mesurage et de conditionnement d.e Reims.
- Cordier, sénateur, manufacturier, membre de la chambre de commerce de Rouen.
- Dauphinot, sénateur, président de chambre de commerce de Reims, membre du comité supérieur du commerce.
- Carlos Delatre fils, manufacturier à Roubaix.
- Delfosse, manufacturier à Roubaix.
- Feray, sénateur, membre du conseil supérieur de l’agriculture, du commerce et de l’industrie.
- Galline, président de la chambre de commerce de Lyon.
- Kœchlin-Schwartz, manufacturier.
- Leblanc, filateur à Lille.
- Legrand, manufacturier à Fourmie,s, membre de la commission des valeurs.
- Magnier, manufacturier, membre de la commission des valeurs.
- Marcilhacy, membre de la chambre de commerce de Paris.
- Musin, directeur du bureau de mesurage et de conditionnement de Roubaix.
- Perret, directeur de la condition des soies à Lyon.
- Persoz, directeur de la condition des soies à Paris.
- Pouyer-Quertier, sénateur, président de la chambre de commerce de Rouen.
- Rhodé, négociant à Paris, président du syndicat
- , des soies.
- Roger, membre de la chambre de commerce d’Amiens.
- Roudot(Natalîs), président de la4® section delà commission des valeurs.
- Roy (Gustave), membre du comité consultatif des arts et manufactures, membre de la chambre de commerce de Paris.
- Sêvène, secrétaire de la chambre de commerce de Lyon.
- Siéber, membre du comité consultatif des arts et. manufactures.
- Simon (Edouard), ingénieur civil, président du comité d’installation des classes 56 et 57 (filature et tissage).
- Simonnot-Godard, membre de la commission des valeurs.
- LE CATALOGUE
- Le tome IV du Cataloguer général (sections étrangères, Ire partie) est mis en vente à partir de mercredi 22 mai. Prix : 3 fr.
- , Les autres volumes actuellement mis à la disposition du public sont :
- Le 1er fascicule du tome Ier, groupe I (Beaux-Arts) : 2 francs.
- Le tome II. — Section française : France.
- Groupes II à VI.—Classes 6 à 68. — Prix : 3 francs.
- Le tome III. — Section française : France. — Groupes VII à IX. — Classes 69 à 90. — Algérie, colonies. — Prix : 3 francs.
- La vente du Catalogue a lieu au bureau du garde-magasin du Trésor, rue de Rivoli, 192, à l’angle de la place des Pyramides, deneufheures à quatre heures.
- Section française.
- Classe 54.
- Machines et appareils de la mécanique générale.
- (.Palais du Champ de Mars, galerie des machines. — Parc du Champ de Mars, annexe sud de l’avenue de Labourdonnaye. — Berge de la Seine à l’est dupont d’Iéna.)
- NOTICE.
- La classe 54, celle de la mécanique générale, comprend toutes les machines à l’aide desquelles l’industrie produit, recueille, transmet et mesure le travail. Si en cette matière, il n'y a pas de découverîes bien saillantes à signaler depuis l’Exposition de 1867, on peut du moins faire ressortir le progrès continu qui y a été réalisé, progrès dû à l’intelligence de plus en plus complète des vraies conditions imposées aux appareils industriels. Chaque jour le rôle des machines augmente dans l’industrie; la vapeur tend à se substituer aux autres forces motrices; l’homme est exonéré d’une fouie de travaux difficiles ou pénibles. En même temps la machine motrice, autrefois réservée aux grandes usines, pénètre dans les petits ateliers. Des machines-outils perfectionnées exécutent les opérations réservées jusqu’ici à la main humaine. Une telle transformation constitue un progrès bien réel. Elle entraîne toutefois une diminution corrélative dans l’adresse de l’ouvrier, et certaines fabrications spéciales, celle des instruments de précision par exemple, peuvent regretter les ouvriers artistes d’autrefois, devenus rares aujourd’hui.
- L’extension du rôle industriel des machines coïncide avec l’amélioration du sort de l’ouvrier. Les salaires s’élèvent en proportion de l’importance de la production, et des rémunérations de plus en plus larges sont assurées à l’ouvrier consciencieux et habile. Il en est ainsi dans les grandes villes, où les établissements industriels se placent de préférence, et aussi dans les campagnes, près des centres de production métallurgique par exemple, où d’importantes industries ont trouvé, pour se développer, un milieu favorable:
- Un autre caractère de la production mécanique française, c’est l’application croissante du principe économique de la division du travail. Chaque maisoû tend à se spécialiser; chacune apporte, en même temps, un plus grand soin aux opérations qu’elle exécute, et parvient ainsi à donner à ses produits un degré de perfection qui, autrefois, eût paru impossible à atteindre. Les fonderies, les usines à fer, livrent aux constructeurs leurs pièces ajustées et prêtes à l’emploi. Le même principe a donné naissance à des établissements spéciaux qui fabriquent les éléments détachés de la composition des machines. Telle usine construit des roues d’engrenage, telle autre des poulies, d’autres encore les appareils de transmission -, toutes ces usines concourent à approvisionner les industries les plus diverses. Que de facilités si l’on compare l’état actuel à celui d’il y a vingt ans!
- Bornons-nous, en dehors de ces considérations générales, à indiquer quelques-uns des progrès mécaniques accomplis. L’emploi très-répandu des études télodynamiques permet de transmettre à grande distance la puissance empruntée à une chute d’eau ou à une machine à vapeur et de la distribuer entre un grand nombre d’ateliers.
- La France possède, dès aujourd’hui, plusieurs installations de cette nature, qui peuvent se Comparer à ce que la Suisse a de plus complet dans le même genre. Pour les machines à souiever les poids, en même temps qu’on en a accru la puissance, on en a augmenté la sûreté, etle manœuvre qui cesse d’exercer son effort sur la manivelle n’est plus menacé d’être frappé, la chaîne se déroulant par défaut d’encliquetage. On a aussi notablement perfectionné tous les appareils enregistreurs, compteurs,dynamomètres, etc. Les grandes vitesses ne font plus obstacle à l’exactitude de leurs indications, et de nombreuses observations, poursuivies sur la locomotive et sur les trains de chemins de fer, ont fait, reconnaître des phénomènes mécaniques' tout nouveaux dans ces mouvements précipités. Mêmes améliorations des appareils de pesage. La balance peut aujourd’hui enregistrer les 1 pesées et les montrer au dehors, de manière à ne laisser le champ libre ni aux erreurs ni aux fraudes. Une balance montée sur voiture accompagne les transports et sert à contrôler à l’arrivée l’intégrité du chargement.
- A suivre.
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- LE CONSTRUCTEUR
- 86, rue Rlanche
- Directeur :
- REVEE DE L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- 23
- M. J.-P. DAMOURETTE,
- RÉDACTEURS.
- Ingénieur, ancien Elève de l’Ecole polytechnique.
- t MM. H. de la MOTTA, Architecte.
- I DEBJÉ, Ingénieur civil.
- J L. POILLON, ingénieur civil.
- * * * J BOUVET, Ingénieur civil.
- / E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- \ ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. —- Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, a Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction (même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LES MACHINES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Les machines genre Corliss.
- — Suite. —
- Il reste entendu que nous ne nous arrêtons pour le moment dans la grande galerie des machines françaises que devant les machines genre Corliss. Partant de là, celles que nous trouvons d’abord en nous éloignant de la machine Zimmermann, Lecointe et Villette, sont la machine d’épuisement des forges et fonderies de l’Horme, près Saint-Chamond, la machine Cail, et les machines Corliss proprement dites de MM. Lecouteux et Garnier.
- La machine des forges et fonderies de l’Horme est une machine à quatre soupapes, soigneusement et robustement construite et pourvue d’un ingénieux système de déclics. Mais l’allure de cette machine étant assez lente, nous n’avons pas bien saisi les raisons pour lesquelles les constructeurs ont préféré l’emploi des quatre distributeurs à celui des distributions ordinaires plus simples et moins coûteuses. Peut-être est-ce une concession faite au goût des acheteurs, et à la vogue du moment? Il n’y a rien à dire à cela.
- Quant à la machine Cail, c’est une modification ingénieuse de la machine anglaise dite système In-glis dont la description complète existe dans la publication Armengaud et dans d’autres ouvrages spéciaux. La machine Inglis est construite par la maison Hick Hargreaves et Cie, de Bolton (Angleterre) qui n’a rien exposé. C’est toujours une machine à quatre robinets ou distributeurs cylindriques. Le principal but des modifications apportées à ce système par MM. Cail et Cie a été de simplifier le mécanisme de distribution et de le rendre moins délicat, tout en conservant la commande symétrique si rationnelle et si élégante des quatre obturateurs Inglis.
- Dans la famille de machines dont nous nous occupons en ce moment, on appelle déclic le mécanisme par lequel le régulateur coupe brusquement l’introduction de la vapeur à un instant variable de la course du piston. Le déclic des machines Inglis a été, par MM. Cail et G18, complètement transformé et renforcé; et ils ont réussi à réduire à leur minimum le nombre et l’importance des pièces inévitablement soumises à des mouvements brusques. Cela ne peut évidemment être que favorable à la longue durée du bon fonctionnement.
- De même que dans la machine Inglis, la barre de l’excentrique imprime un mouvement d’oscillation sur son axe à une pièce portant les tourillons d articulation des quatre bielles actionnant lés obturateurs. Le centre de l’axe d’oscillation se trouve au milieu de la longueur du cylindre, sur le côté de celui-ci.
- Comme toujours, le fonctionnement des deux obturateurs d’échappement est invariable. Celui des obturateurs d’admission est au contraire influencé par le régulateur, lequel produit à un instant variable de la course du piston, le déclanchement d une pièce d entraînement. La disposition de cette pièce et le jeu du déclanchement ne seraient pas intelligibles sans figure, et nous ne pouvons donc
- sur ce point que renvoyer le lecteur à l’inspection de la machine elle-même, dont l'allure est parfaitement douce et régulière.
- Un indicateur de détente permet de vérifier à chaque instant quelle est l’introduction réelle de vapeur et de constater si elle est bien la même pour les deux faces du piston (sans qu’il soit nécessaire de relever des diagrammes).
- Les sièges des obturateurs présentent des portées de rattrapage d’usure permettant de les réaléser ; et c’est là un point pratique très-important.
- Le cylindre à vapeur est venu de fonte avec un socle large et solide et avec une enveloppe de vapeur (comme cela existe aussi dans la machine Zimmermann).
- Cette question d’enveloppe de vapeur est encore une chose à prendre en très-sérieuse considération dans toutes les machines en général et tout particulièrement dans les machines genre Corliss. Nous y reviendrons dans un instant. Quoi qu’il en soit, la machine exposée par MM. Cail et Cie atteste que la construction des moteurs à vapeur ne le cède en rien chez eux à celle des appareils et machines plus spécialement destinés à la sucrerie; et cette machine conviendrait au filateur le plus difficile à satisfaire, par les soins apportés aux moindres détails.
- Cette réflexion est celle que l’on se fait également lorsque l’on se trouve un peu plus loin en présence des machines Corliss de MM. Lecouteux et Garnier, de celles de MM. Le Gavrian et fils, de Lille, et de celles de MM. Corbran et Lemavehand, de Rouen. Inutile de scinder ce que nous avons à dire de ces diverses machines qui nous ont paru entièrement semblables. Ce qui frappe, lorsqu’on les examine, c’est le fini, le poli, le soin extrême. On en est véritablement ébloui ; et telle a été la principale cause de la faveur dont ces machines jouissent dans les manufactures et dans les industries textiles principalement.
- La machine Corliss est encore une machine à quatre robinets ou secteurs cylindriques comme celle décrite tout à l’heure. La difficulté des réparations de ce genre de distributeurs est la seule objection sérieuse que l’on puisse formuler contre leur emploi. Le régulateur agit sur la détente par un mécanisme que l’on ne peut bien saisir que de visu ou à l’aide d’une figure. Le mécanisme de commande des obturateurs n’est pas symétrique pour les deux faces du piston. Mais ce point n’a pas grande importance.
- Les machines Corliss sont quelquefois pourvues d’enveloppes de vapeur et d’autres fois elles ne le sont point. Quelquefois ces enveloppes de vapeur sont venues de fonte avec le cylindre même et ses supports (comme dans les machines Cail et Zimmermann). D’autres fois, au contraire, elles sont rapportées; c’est-à-dire que l’enveloppe est emmanchée à chaud par des portées alésées sur| des cordons tournés au cylindre ou encore le cylindre est emmanché à froid dans l’enveloppe à la presse hydraulique.
- Des expériences très-sérieuses et souvent répétées (notamment celles de M. Hallauer, de Mulhouse), ont prouvé que l’économie de consommation procurée par l’enveloppe de vapeur n’était pas moindre que 20 à 25 p. c., lorsque l’on faisait circuler dans l’enveloppe de la vapeur bien sèche et bine purgée d’eau (ou même légèrement surchauffée), possédant toute la pression du généra-
- teur. C’est d’ailleurs surtout pour les machines à condensation et à grande détente que l’emploi de 1 enveloppe présente une grande importance ; et livrer une telle machine sans enveloppe de vapeur est une chose qui ne saurait se justifier que par des motifs purement commerciaux (et comme tels dépourvus de toute valeur technique).
- Mais la nécessité de l’enveloppe de vapeur admise en principe n’en laisse pas moins le constructeur en présence de pas mal de difficultés d’application (pour les machines à quatre distributeurs principalement).
- Si vous fondez le cylindre avec ses supports et avec son enveloppe, vous évitez sans doute beaucoup de main-d’œuvre de tournage, alésage et ajustage et vous esquivez du même coup un certain nombre de joints. Or les joints peuvent toujours fuir et occasionner des arrêts et des ennuis. Moins on en a, et mieux cela vaut.
- Mais d’un autre côté l’exécution de la pièce en fonderie devient très-difficile, et les chances de défectuosités de matière augmentent.
- En cas d’avaries ou de réparations, tout est à changer,
- D ailleurs est-il bien rationnel de faire avec la même nature de fontes des parties telles que le cylindre et ses sièges de distribution appelés à résister au frottement et à l’usure et une pièce comme 1 enveloppe, devant posséder une certaine ductilité pour résister a des effets de dilatations et contractions?
- L’emmanchement à chaud est difficile à faire à point.
- Souvent 1 enveloppe saute si le cylindre y entre trop juste, e^si l’emmanchement n’est pas précis, il y a au contraire fuite.
- L emmanchement à froid et à la presse hydraulique est plus rationnel mais exige un outillage spécial.
- En résumé, ce dernier est le meilleur, croyons-nous ; et nous aurons occasion de dire encore quelques mots de la question des enveloppes en parlant des machines Corliss de la maison Farcot (en montage en ce moment).
- L. Poillon,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- -— ---------iQi ------------»
- LE SERVICE HYDRAULIQUE
- — Suite. —
- En 1878, le service hydraulique installé par les soins de l’ingénieur des ponts et chaussées, M. Bar-rois, a été prêt à fonctionner au jaur dit.
- Les besoins de l’Exposition actuelle dépassent de plus de moitié ceux de l’Exposition de 1867. On a jugé que pour satisfaire au service hydraulique du Champ-de- Mars et du Trocadéro, il fallait disposer par journée de 13 heures de 20,000 mètres cubes, et que ce volume devait pouvoir être porté à 30,000 mètres.
- La distribution comprend deux parties :
- 1° Un service de distribution à haute pression devant assurer le volume d’eau nécessaire à l’arrosage des jardins et des palais, au secours en cas
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- arts
- LE CONSTRUCTEUR 56, rue Rlanche.
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- d’incendie, à l’alimentation des fontaines et des jets d’eau du bassin inférieur de la cascade du Troca-déro, et enfin au fonctionnement des ascenseurs, monte-charges et autres appareils hydrauliques.
- Le volume d’eau nécessaire à ces différents services à haute pression est de 10,000 mètres cubes par jour ; il provient du réservoir inférieur de Passy, que la ville de Paris a mis à la disposition de la Compagnie générale des eaux pendant la durée de l’Exposition ;
- 2° Un service de distribution à basse pression devant disposer d’un volume total de 20,000 mètres cubes d’eau par journée de 13 heures pour l’alimentation de la cascade et du bassin inférieur du Trocadéro et du Champ-de-Mars, des bassins de ce dernier, et enfin, pour le service mécanique et les besoins des exposants, lesquels n’exigent pas une pression élevée.
- Sur ces 20,000 mètres cubes, 10,000 mètres cubes sont puisés dans la Seine et élevés dans, le bassin réservoir de la place du Trocadéro par l’usine hydraulique installée sur le quai de Billy ; les 10,000 mètres cubes complémentaires sont élevés et livrés gratuitement par la ville de Paris.
- Dans l’intérieur des bâtiments, le service d’incendie est fait au moyen de robinets spéciaux.
- Des bouches d’eau de 0m10 de diamètre pour pompes à vapeur sontréparties sur la surface du Champ-de-Mars et du Trocadéro.
- Enfin des conduites de 0ra30 de diamètre mettent les différentes artères du réseau de distribution de l’Exposition en communication avec les conduites d’eau de la Vanne. Ces conduites de raccordement sont établies du côté de l’Ecole-militaire et du Trocadéro.
- La Compagnie générale des Eaux a pris à forfait la fourniture en location de toutes les matières nécessaires à la canalisation comprise entre l’usine hydraulique du quai de Biliy, le réservoir de Passy, le bassin de la place du Trocadéro et les orifices de distribution ; la pose et la dépose des conduites, les frais et installations nécessaires pour élever l’eau dans les deux réservoirs, l’amener et la distribuer dans l’intérieur de l’Exposition, en même temps que l’eau élevée par la Ville de Paris, au bassin-réservoir du Trocadéro, et enfin l’entretien des différentes parties de la distribution.
- Cette Compagnie fournit en outre les prises d’eau.
- Les fontes employées dans la canalisation proviennent des usines de Fourchambault, de Marquise et du Mans.
- *
- 4 *
- Les machines installées sur le quai de Billy pour le service hydraulique de l’Exposition^nt été exposées par M. Le Brun, de Creil, et MM. Lecouteux et Garnier.
- L’installation de M. Le Brun se compose de deux machines horizontales jumelles actionnant un seul arbre, sur lequel est placé le volant régulateur.
- Nous avons donné clans un numéro précédent les principales dimensions de ces machines, que nous examinerons de nouveau dans notre Revue des machines à vapeur.
- Ces machines ont été mises en marche avant j'ouverture de l’Exposition et ont fonctionné le jour de l’inauguration.
- Les pompes installées dans le bâtiment voisin par la maison Lecouteux et Garnier, sont à simple effet. Elles se composent de deux machines accouplées du système Corliss dont voici les prin-
- cipales dimensions :
- Diamètre du cylindre à vapeur. 0m660
- Course du piston............. lm31Q
- Diamètre du plongeur des.
- pompes .................... 0ra380
- Course du piston plongeur . . . 1 m310
- Diamètre, du volant.......... lmC00
- Poids....................... 15 tonnes.
- La conduite des pistons plongeurs se fait directement par le prolongement de la tige des pistons
- à vapeur.
- La vitesse varie entre 15 et 35 tours.
- Les générateurs qui fournissent la vapeur à ces dernières machines hydrauliques ont été installées par la maison Meunier, de Lille. Ils se composent de deux corps de chauffe de 100 mètres carrés, et pouvant produire la vapeur nécessaire à une machine de 200 chevaux de force.
- Ces générateurs ainsi que ceux de M. Le Brun sont munis d’indicateurs de niveau d’eau avec porte-tube séparateur.
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- Le réservoir de Passy, point de départ de la distribution à haute pression, est alimenté également par les eaux de la Seine qu’v refoulentles machines du quai de Biliy à l’aide d’une conduite de 0ra60 de diamètre. Une conduite de même diamètre, branchée sur la conduite de refoulement, permet d’envoyer les eaux dans le réservoir de la place du Trocadéro, et peut être mise en communication avec la conduite d’amenée voisine de celle de refoulement.
- Le remplissage des réservoirs se fait à l’aide de la conduite de refoulement pendant le jour et principalement aux heures d’ouverture de l’Exposition ; en dehors de ces heures, on peut utiliser pour le remplissage des réservoirs une conduite de 0m6Q de diamètre établie le long du quai de Billy et reliant l’établissement hydraulique avec la conduite d’amenée au-dessous du bassin de la cascade.
- La conduite d’amenée des eaux du réservoir de Passy et les deux autres conduites qui débitent les eaux du réservoir de la place du Trocadéro, ont un diamètre de 0m60. Elles sont munies de robinets-vannes et de tuyaux de décharges communiquant avec les égouts de la place du Roi-de-Rome, elles passent dans les sous-sols du palais du Trocadéro et arrivent à la cascade, qu’elles peuvent alimenter simultanément.
- A partir de ce point, ces trois conduites se réduisent à deux d’un diamètre de 0ra60, qui sont placées dans une galerie creusée dans l’axe de la cascade et aboutissant au-dessous du bassin; après avoir alimenté les effets d’eau à haute et à basse pression de ce bassin, elles se réunissent en une conduite unique de O^ôO de diamètre, qui se dirige en empruntant le pont d’Iéna jusqu’au pied de la terrasse du palais du Champ-de-Mars.
- Là, cette conduite se bifurque en deux branches d’un diamètre de Qm500 qui contournent le palais, longent les deux faces parallèles aux avenues delà Bourdonnaye et de Suffren et se réunissent au centre de la façade du palais qui regarde l’Ecole-Militaire.
- Six conduites secondaires, dont quatre de 0m150 de diamètre et deux de 0m250, réunissent les deux conduites maîtresses établies le long des façades du Palais regardant la Seine et l’Ecole-Militaire, en passant le long des galeries perpendiculaires à ces deux façades. Enfin une conduite de 0m500 de diamètre posée perpendiculairement au grand axe du palais et à peu de distance de son petit axe, réunit toutes les conduites précédentes.
- En ce qui concerne le service de distribution à basse pression, les eaux du bassin de la cascade sont reprises par deux conduites de 0m500 de diamètre,-qui arrivent jusqu’à la façade du palais du Champ-de-Mars et se développent ensuite sur les deux côtés du palais, parallèlement aax conduites à haute pression.
- Ces conduites à basse pression alimentent . par des branchements de 0ml5 de diamètre établis au droit des chaudières distribuées le long du palais, deux conduites de 0m100 de diamètre se développant dans l’intérieur des galeries des machines pour distribuer l’eau nécessaire à la condensation de la vapeur des différents moteurs.
- Des chambres de manœuvres établies à la cascade du Trocadéro, sous le bassin inférieur, et devant la terrasse du palais du Champ -de-Mars, permettent de mettre en communication les conduites à haute et à basse pression.
- Les mêmes manœuvres peuvent s’exécuter également aux deux extrémités de la conduite transversale de 0m500 de diamètre, établie parallèlement et à peu de distance du petit axe du palais.
- On peut de même porter instantanément toute l’eau à haute pression en un point quelconque du Champ-de-Mars ou du Trocadéro.
- Sur les grandes artères de distribution d’eau à haute pression dont nous avons indiqué le parcours on a échelonnédes prises qui alimenlentun réseau de conduites distributives permettant de faire arriver l’eau d’arrosage et d’agrément dans les différentes parties du parc du Trocadéro, dans les galeries des deux ailes et du pavillon central du palais. La même observation s’applique pour les prises d’eau établies sur les conduites maîtresses entre le pont
- d’Iéna et le palais du Champ-de-Mars pour le service du parc.
- Des bouches d’arrosage sont établies dans les jardins autour du palais du Champ-de-Mars, dans le jardin central et dans les passages longeant les bâtiments des beaux-arts pour servir en cas d’incendie. Elles sont montées sur branchements de 0m0âl de diamètre, avec prise d’eau de même dimension.
- (.A suivre.)
- FAITS DIVERS
- Les Fêtes de l’Exposition universelle.
- Voici l’exposé des motifs et le texte du projet de loi concernant les fêtes à donner pendant la durée de l’Exposition universelle.
- EXPOSÉ DES MOTIFS.
- Messieurs,
- La France a convié le monde entier à la plus .grande des manifestations du travail humain. Vous savez maintenant si l’appel de la République a été entendu. Ces adhésions lui sont venues de tous les points du globe avec un empressement et une cordialité pour lesquels elle ne saurait témoigner assez haut sa satisfaction et sa reconnaissance.
- Les souverains, les princes, les représentants les plus élevés comme les plus modestes de l’industrie, de l’agriculture et des arts, ont donné à notre pays des marques de sympathie telles que nous avons le droit d’en être fiers. Etrangers et compatriotes ont envoyé dans ce Paris, plus vivant et plus aimé que jamais, pour y composer le plus merveilleux spectacle, tous lés chefs-d’œuvre de la science et du génie.
- Il convient à notre pays, qui est l’objet d’un pareil hommage, de prouver qu’il en est digne en offrant à tous une hospitalité qui traduise ses sentiments de gratitude. Pour payer ce tribut, il faut que Paris, en généreuse capitale et au nom de la France,-fasse un noble accueil à tous ceux qui ont édifié ce monument grandiose, élevé sur les deux rives de la Seine à la Paix, à la Concorde, au Travail, comme à tous ceux aussi qui arrivent en foule pour contempler ses magnificences.
- La nécessité d’organiser des fêtes qui expriment les sentiments dont sont pénétrés tous les cœurs vraiment français paraît donc indiscutable. Sans douté le chef de l’Etat et les ministres s’efforcent de remplir ce devoir par des réceptions dont le Parlement leur a laissé le soin. Mais ce sont là des fêtes forcément restreintes, ne comportant que certaines catégories d’invités, et auxquelles manque le caractère d’allégresse publique.
- Une fête nationale, telle que l’indiquent les circonstances, doit être la fête de tous et, pour ainsi dire, faire battre ensemble tous les cœurs. Une manifestation qui aurait ce caractère pourrait, à juste titre, s’appeler la grande fête de la Paix et du Travail.
- Ces considérations ne sont que Texpiession affaiblie de vos propres sentiments; en conséquence, nous n’hésitons pas à vous proposer d’ouvrir un crédit de 500,000 fr. au ministre de l’inté-térieur.
- PROJET DE LOI.
- Art. 1er. — Il est alloué au ministre de l’intérieur, sur l’exercice 1878, au delà des crédits ouverts par la loi des finances,un crédit extraordinaire de 500,000 fr. (qui sera classé au chapitre du budget de ce département), pour la célébration de fêtes publiques pendant l’Exposition universelle.
- Art. 2. — Il sera pourvu à cette dépense àü moyen des ressources générales du budget de l’exercice 1878.
- Ces fêtes auront lieu, paraît-il, à l’occasion de la distribution des récompenses de l’Exposition. La date de cette distribution, fixée par un précédent décret au 10 septembre, ne serait pas définitive.
- LES MACHINES-OUTILS
- Considérations générales (1).
- La machine-outil se compose, d’une manière générale, d’un organe agissant dérivé des outils du type le plus simple et auquel on donne un em-
- (1) Catalogue officiel de l’Exposition universelle.
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- Paris.
- LE CONSTRUCTEUR
- 36, rue Rlanche.
- REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
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- manchement solide. Cet organe, mis en fonction ! par un groupement plus on moins compliqué d’actions mécaniques et mû par une force motrice quelconque, est dirigé soit par la main d’un ouvrier, soit d’une manière absolument automatique.
- Le but général d’une machine de ce genre est de transformer une masse solide en lui assurant une forme et des dimensions parfaitement déterminées; de là résultent deux conditions fondamentales que doit réaliser toute machine-outil : donner à la masse a transformer une stabilité parfaite ; assurer a l'outil des conditions de travail absolument géométriques. Toutes les modifications ou les progrès accomplis ont eu pour but, en assurant la réalisation des deux conditions fondamentales, soit de rendre leur fonctionnement plus automatique, soit d’élaborer de plus grosses pièces et d’accélérer l’évolution des pièces à façonner.
- La machine-outil présente sur l’outil manuel les avantages très-marqués d’une action plus régulière et plus rapide et d’une production bien plus considérable. Ces machines se sont développées et multipliées selon les exigences de l’industrie moderne dont elles sont devenues le plus puissant et l’indispensable auxiliaire.
- Les produits appartenant à la classe 55 peuvent former dix subdivisions distinctes qui se groupent en deux séries machines-outils pour façonner les métaux et machines-outils pour les industries.
- Ce sont, pour la première série ; 1° les machines-outils proprement dites, employées au travail des métaux, que l’on peut désigner sous lé nom d’outils généraux des ateliers de construction métallique et mécanique, tels que les tours de toutes sortes; les machines à fileter, à tarauder; les machines à raboter, qui prennent le nom d’étaux limeurs quand elles sont de petites dimensions; les machines à mortaiser; les machines à percer, à aléser, à faire lés rayures; les machines à fraiser, dont, on a beaucoup multiplié et étendu les services; puis tout l'outillage des ateliers de charpenterie en fer et de tôlerie, connu sous le nom d’outillage de chaudronnerie, comprenant toutes les machines à cisailler, à poinçonner, à chanfreiner, à cintrer, etc.; enfin les machines servant à la pré paration des bois en grume.
- Les outils manuels de, l’ouvrier qui lui permettent de ,compléter et d’achever le travail des machines et les instruments qui sont nécessaires à la préparation, au réglage et à la vérification du travail, tels que les règles, équerres, trousse-quins, etc,, appartiennent aussi à cette catégorie.
- 2° Les machines-outils destinées au travail des métaux, mais plus spécialement employées aux travaux de précision, tels que les tours spéciaux, les machines à diviser, à tailler, à découper les dents d’engrenage, etc. Si les principes de leur fonctionnement sont les mêmes que ceux des machines précédentes, leur mode de construction est différent : elles sont fabriquées par des constructeurs spéciaux et rentrent, par ce fait, dans la classe des instruments de précision.
- • 3° Les machines-outils employées à étirer, emboutir, découper, mettre en œuvre les métaux précieux ou les métaux employés à la fabrication des objets.d’orfévrerie, de bimbeloterie, etc., rentrant dans les articles de Paris, b0 Les machines à émoudre, à polir, et, .suivant l'expression des ateliers, les machines à meuler, dont l’usage tend de jour en jour à se vulgariser .dans tons les cas où. il faut parer ou ajuster à demi certaines surfaces qui n’ont pas besoin d’être réglées. .
- 5° Les machines-outils servant au forgeage du fer, comme le marteau-pilon, et celles destinées à l’étampage du fer, dont les machines à fabriquer les clous et les pointes de Paris sont le type le plus connu.
- 6° Les machines-outils à forger, souder, étirer et refouler le fer, mais destinées spécialement au charronnage, et celles qui sont spéciales à la maré-chalerie pour la préparation et l’achèvement des fers à cheval.
- Les quatre dernières subdivisions, qui constituent la seconde série, comprennent :
- 7° Les machines à broyer et à malaxer, employées dans un très-grand nombre d’industries et dont les types les plus intéressants se retrouveront dans les classes spéciales à ces diverses industries. 8« Les machines employées à la fabrication mé-
- canique des tonneaux, genre dans lequel il y a le plus de progrès à constater depuis 1867.
- 9° Celles qui sont spéciales à l’usinage du liège et à sa transformation en bouchons.
- 10° Enfin les machines spéciales à la mise en presse des allumettes chimiques.
- Les machines-outils sont construites en métal.
- La fonte est presque exclusivement employée pour la fabrication des plaques de fondation, des bâtis, des supports et des organes de transmission, tels que les engrenages, les poulies, etc.
- Le fer, pour la fabrication des arbres de transmission, des leviers de mise en train et d’arrêt, des boulons qui servent à relier les pièces les unes aux autres, et des boulons de fondation.
- L’emploi de l’acier a été limité jusqu’à présent à la fabrication de l’outjl proprement dit, destiné à exécuter le travail commandé par la machine. Néanmoins, il a été substitué au fer et à la fonte, soit dans quelques machines servant à des travaux de précision, Suit dans les machines-outils des plus grands types, toutes les fois qu’on a eu besoin de donner à un organe une résistance exceptionnelle.
- La base générale de l’évaluation du prix des machines-outils est le poids, dès qu’il s’agit d’une machine de service courant. Les prix des types les plus connus, les plus vulgarisés, oscillent autour de 50 fr. les 100 kilogrammes. Cependant la plupart des machines-outils d’une exécution soignée, qui constituent l’outillage des ateliers de construction métallique sont vendues au prix de 100 francs les 100 kilogrammes, et atteignent le prix de 120 francs et 130 francs et même au-delà, suivant la nouveauté du modèle, sa complication et l’importance de la machine.
- Quant aux outils destinés aux travaux de précision, leur valeur ne peut être indiquée. Elle dépend tout entière du soin et de la quantité de travail dépensés pour leur exécution.
- Il en est de même des outils spéciaux à telle ou telle industrie dont l’exploitation est monopolisée par des droits de brevet.
- Le centre le plus important de production est le département deTa Seine, qui réunit le plus grand nombre de constructeurs et parmi eux les plus anciens et les plus réputés.
- Les départements de la Somme et des Ardennes jsont également des centres intéressants-, mais.leur principale production concerne surtout les outils les plus courants qui peuvent être fabriqués comme objets d’approvisionnement et de magasin.
- La Haute-Marne, le Nord, la Seine-Inférieure, les Bouches-du-Rhône, le Rhône, la Loire, la Loire-Inférieure et le département de Seine-et-Marne viennent en troisième ligne.
- . On peut ajouter que tous les grands ateliers de construction métallique, ainsi que les grandes usines métallurgiques, appelés par lés nécessités commerciales à donner une main-d’œuvre mécanique à certains de leurs produits, construisent eux-mêmes leurs outils principaux, afin de les mieux approprier à leurs besoins personnels.
- Les départements du Loiret et d’Indre-et-Loire ont donné une impulsion assez considérable à la fabrication des machines-outils qui ont pour but le forgeage du fer pour la préparation ou l’achèvement des ferrures de charronnage.
- . Quant aux. produits de la classe 55 appartenant au second groupe, leur fabrication s est développée soit dans les départements producteurs des matières premières, comme le Var pour les machines à usiner le liège, soit dans les départements consommateurs comme l’Hérault, la Gironde, le Lot-et-Garonne, le Loiret et l’Indre-et-Loire pour les machines à fabriquer les tonneaux ; le département des Bouches-du-Rhône et le Jura, pour les machines à mettre en presse les allumettes chimiques.
- Dans les départements du Nord, de Sa Somme, des Ardennes, de la Haute-Marne, le prix de la main-d’œuvre est inférieur d’environ 20 p. c. en moyenne au prix payé dans les autres départements producteurs. On peut estimer que la moyenne des salaires payés aux ouvriers, manœuvres et auxiliaires, dans le département de la Seine, qui est de k francs par journée de travail de 10 heures, représente assez bien la moyenne des salaires payés dans le midi et dans le nord-ouest de la France.
- Il est difficile d’évaluer la production annuelle spéciale aux machines-outils comprises dans la classe 55. En effet, les quelques grandes maisons
- qui se renferment exclusivement dans cette fabrication sont l’exception, et la plupart des autres constructeurs étendent leur activité à tout ce qui concerne la construction mécanique, métallique, et la machinerie à vapeur.
- A suivre.
- LE CATALOGUE
- SECTION FRANÇAISE
- — Suite (1) —
- Classe 54.
- Machines et appareils de la mécanique générale.
- (Palais du Champ de Mars, galerie des machines.
- — Parc du Champ de Mars, annexe sud de l’avenue de Labourdonnaye. — Berge de la Seine à l’est du pont d’Iéna.)
- NOTICE.
- Le véritable progrès de la mécanique contemporaine doit peut-être se résumer dans le fait même de l’emploi de plus en plus général de la vapeur.
- L’industrie du bâtiment, l’agriculture, les travaux publics, se servent couramment de la Jocomobile. Dans les gares de nos chemins de fer, sur les quais de nos ports, nous voyons des grues à vapeur enlever, au bout de leurs flèches de 6 à 8 mètres, les chargements des wagons et des navires. Dans les usines, les grues roulantes de 20 mètres de portée, montées sur rails et mises en action par une machine à vapeur qu’elles portent avec elles, font circuler, d’un bout à l’autre de l’atelier, des fardeaux de 10 à 12 tonnes.
- La machine à vapeur a reçu de nombreux perfectionnements de détail dans une voie depuis longtemps ouverte. Les efforts du constructeur tendent vers la réduction à la plus faible limite possible de la consommation de combustible par rapport au travail produit. La construction de.locomobiles plus puissantes, la création des machines demi-fixes, très-appréciées dans l’industrie, ont assuré à toute cette classe de machines légères l’économie du combustible due en grande partie au voisinage intime de la chaudière et des cylindres, et comparable à celle qu’on réalise dans les grandes machines fixes, grâce au soin que l’on apporte au mécanisme de la distribution.
- Deux types nouveaux de machines à vapeur paraissent aujourd’hui entrés dans les habitudes de l’industrie française, ce sont les machines avec détentes Corliss, Sulzer ou autres, dans lesquelles la distribution s’opère par l’intermédiaire de quatre orifices indépendants, munis de robinets manœuvres par la machine, et les machines Compound qui dérivent des anciennes machines de Woolf ; deux cylindres inégaux, séparés par un réservoir de vapeur, permettent de faire varier à volonté la détente entre des limites très-écartées, et aussi de faire agir simultanément la vapeur directe dans chacun d’eux, de manière à développer des efforts plus énergiques. Imaginée d’abord comme machine marine par un de nos ingénieurs, la machine Compound fournit aujourd’hui à l’industrie des machines fixes, en attendant qu’elle soit admise sur la locomotive, où des essais récents permettent d’en prévoirie succès. définitif ; il faut surtout avoir égard à ce point de vue, à la faculté qu’elle donne au mécanicien d’accroître considérablement l’effort de traction au moment du démarrage.
- Un perfectionnement des chaudières a'consisté dans la création du type à tubes verticaux avec double circulation qui produit une vaporisation très-rapide. Indépendamment de cette amélioration, qui est importante dans certains cas, on doit noter le progrès continu de la fabrication des chaudières depuis que les règlements administratifs laissent toute liberté aux constructeurs rendus par cela même rèsponsables. L’expérience leur a révélé, conformément à la théorie, que la résistance d’une enveloppe est mieux garantie par la qualité des tôles que par l’exagération des épaisseurs.
- A suivre.
- (1) Voir notre dernier numéro.
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- Paris. LE CONSTRUCTEUR 56, rue Blanche.
- 26 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- LA COMMISSION
- Le Ministre de l’agriculture et du commerce,
- Vu l’arrêté en date du 10 mars, instituant huit groupes de conférences et congrès pendant la durée de l’Exposition universelle internationale de 1878 ;
- Sur la proposition du Sénateur, Commissaire général,
- Arrête :
- Article premier.
- Sont nommés membres de la Commission chargée de la préparation et de l’organisation général-de ces conférences et congrès, savoir :
- GROUPE I.
- Beaux-Arts, Architecture, Peinture, Sculpture, Gravure, Musique, Poésie.
- MM. le vicomte Henri Delaborde, membre de l’Institut, secrétaire perpétuel de l’Académie des beaux-arts.
- Guillaume, membre de l’Institut, directeur de l’École des beaux-arts.
- Charles Blanc, membre libre de l’Académie des beaux-arts.
- Lefuel, membre de l’Institut.
- Viollet-Leduc, architecte, membre du Conseil municipal de Paris.
- Taine, professeur d’esthétique à l’École des - beaux-arts.
- Gérôme, membre de l’Institut.
- Ambroise Thomas, membre de l’Institut, directeur du Conservatoire national de musique.
- Gounod, membre de l’Institut, compositeur de musique.
- Legouvé, membre de l’Institut, homme de lettres
- Victor Hugo, membre de l’Institut, sénateur.
- Meissonnier,- membre de l’Institut, artiste peintre.
- Ttersot, membre de la Chambre des députés.
- le comte d’OsMOY, membre de la Chambre des députés.
- Edmond About,'homme de lettres.
- Le bureau de ce groupe est composé ainsi qu’il suit :
- Président.. M. Lefuel.
- . Secrétaire.. M. le vicomte Henri Delaborde.
- GROUPE II.
- Éducation; Enseignement primaire, supérieur, Médecine, Hygiène, Publications périodiques; Matériel et procédés des arts libéraux.
- MM. Ed. Laboulaye, membre de l’Institut, administrateur du Collège de France, sénateur.
- Henri Martin, membre de l’Institut, sénateur.
- Paul Bert, député, professeur à la Faculté des sciences,
- Gréard, inspecteur général de l’instruction publique.
- De Watteville, directeur des Sciences et Lettres au Ministère de l’instruction publique, des cultes et des beaux-arts.
- Trélat, membre de l’Académie de médecine.
- Jaccoud, membre de l’Académie de médecine, professeur à la Faculté.
- Prétet, conseiller municipal de Paris.
- Dumoustier de Frédilly, directeur du Commerce intérieur au Ministère de l’agriculture et du comm'erce.
- Liouville, député, agrégé à la Faculté de médecine.
- Maze, agrégé de l’Université, ancien préfet.
- Corbon-, sénateur.
- Du Mesnil, directeur de l’Enseignement supérieur au Ministère de l’instruction publique, des cultes et des beaux-arts, conseiller d’État.
- Laussédat, député.
- Deloche, directeur de la Comptabilité centrale et de la Statistique au Ministère de l’agriculture et du commerce, membre de l'Institut.
- Claude-Lafontaine, président du Conseil d’administration de l’Ecole Monge.
- Laisant, docteur ès sciences, député.
- Le docteur Lunier, inspecteur général des asiles d’aliénés.
- Le bureau de ce groupe est composé ainsi qu’il suit :
- Président.......... M. Laboulaye.
- Vice-Présidents.... ( ^enr^ Martin.
- } M. Laussédat.
- Secrétaires........ j Bréard.
- ‘ M. Liouville.
- GROUPE III.
- Mobilier, Céramique, Bronzes, Horlogerie, Armurerie!
- MM. Anatole Gruyer, membre de l’Institut, inspecteur des beaux-arts.
- L. Robert, administrateur de la Manufacture de Sèvres.
- Darcel, administrateur de la Manufacture des Gobelins.
- A. Dubouchet, administrateur de la Société centrale des beaux-arts appliqués à l’industrie.
- Émile Muller, professeur à l’École centrale des arts et manufactures.
- Barbedienne, président de la Chambre syndicale des bronzes.
- Dieterle, directeur de la manufacture de Beauvais.
- Léon Ghiris, député.
- Le commandant Périer, membre du Bureau des longitudes.
- Denuelle, membre de la commission des monuments historiques.
- Marie, directeur adjoint du Commerce extérieur au Ministère de l’agriculture et du commerce.
- Le bureau de ce groupe est composé ainsi qu’il -suit :
- Président....... M. Gruyer.
- Vice-Président.. M. Barbedienne. Secrétaire...... M. Chiris.
- GROUPE IV.
- Tissage, Soie, Laine peignée et cardée, Coton, Lin, Bijouterie.
- MM. Max Richard, ancien député.
- . Tirard, député.
- G. R.oy, membre du Comité consultatif des arts et manufactures.
- Richard Waddington, député.
- Siéber, membre du Comité consultatif des arts et manufactures.
- Dauphinot, président de la Chambre de commerce de Reims, sénateur.
- Dautresme, manufacturier, député.
- Person, président de la Chambre syndicale d’exportation.
- Cunin-Gridaine, président de la Chambre de commerce de Sedan, sénateur.
- Ozenne, conseiller d’État, secrétaire général du ministère de l’agriculture et du commerce.
- Sevène, membre du Conseil supérieur du commerce.
- Pouyer-Quertier, sénateur, premier vice-président du Conseil supérieur du commerce, de l'agriculture et de l’industrie.
- Savoy, membre de la Commission des valeurs en douane.
- Fontenay, bijoutier, membre de la Chambre de commerce de Paris.
- Scheurer-Kestner, sénateur.
- Claude (des Vosges), sénateur.
- Le bureau de ce groupe est composé ainsi qu’il suit ;
- Président....... M. Dauphinot.
- Vice-Président.... M. Gustave Roy. Secrétaire...... M. Savoy.
- GROUPE V.
- Mines, Forêts, Produits chimiques, Teintures, Impressions, Cuirs.
- MM. Chevreul, membre de l’Institut, directeur du, Muséum d’histoire naturelle.
- Sainte-Claire-Deville, membre de l’Institut.
- Jordan, professeur de métallurgie à l’École centrale des arts et manufactures.
- Aimé GiRx\rd, professeur au Conservatoire des arts et métiers à l’Institut agronomique.
- Moissenet, professeur à l’École des mines.
- Lauth, conseiller municipal de Paris, fabricant de produits chimiques.
- Tassy, professeur à l’Institut agronomique.
- Houette, président de la Chambre de com-' merce de Paris.
- Porrier, président de la Chambre syndicale des produits chimiques.
- Daubrée, membre de l’Institut, directeur de l’École des mines.
- Simonin, ingénieur, ancien délégué à l’Exposition de Philadelphie.
- Cordier, sénateur.
- Gailly, député.
- Le bureau de ce groupe est composé ainsi qu’il suit :
- Président....... M. Chevreul*.
- Vice-Président.. M. Sainte-Glaire Deville.
- Secrétaire...... M. Simonin.
- GROUPE VI.
- Génie rural, Machines et Mécaniques, Matériel des mines, Travaux publics, Constructions navales, Télégraphie, Electricité, Météorologie.
- MM. Duclerc, vice-président du Sénat.
- Hervé-Mangon, membre de l'Institut, professeur à l’Institut agronomique.
- Couche, inspecteur général des mines.
- Gargan, président de la Chambre syndicale des mécaniciens.
- Ch. Laboulaye, secrétaire de la Société d’encouragement.
- A. Lavalley, ingénieur civil.
- De Fréminville, directeur des constructions navales.
- Surell, ancien directeur du chemin de fer du Midi. '
- E. Trélat, professeur au Conservatoire des arts et métiers.
- Ed. Gollignon, professeur de mécanique appliquée à l’École des ponts et chaussées.
- Baron, inspecteur des lignes télégraphiques.
- Le commandant Mouchez, membre de l’Institut.
- Veron-Duverger, directeur général des chemins de fer au Ministère des travaux publics.
- Turgàn, publiciste.
- Charton, ingénieur.
- Tresca, membre de l’Académie des sciences, sous-directeur du Conservatoire des arts et métiers.
- Bergon, inspecteur divisionnaire des lignes télégraphiques.
- Blavier, inspecteur divisionnaire des lignes télégraphiques.
- Le bureau de ce groupe est composé ainsi qu’il suit :
- Président........... M. Duclerc.
- Vice-Président...... M. Tresca.
- Secrétaire.......... M. Turgan.
- A suivre.
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Blanche.
- 27
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE,
- RÉDACTEURS.
- Ingénieur, ancien Elève de l’Ecole polytechnique.
- /
- i MM. II. de la MOTTA, Architecte, i DEBIÉ, Ingénieur civil.
- } L. POILLON, ingénieur civil.
- \ BOUVET, Ingénieur civil.
- s E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- \ ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rite Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage (même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- qui est la propriété du journal, toute reproduction
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- LES MACHINES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Les machines genre Corliss.
- — Suite. —
- Les machines Sulzer.
- Les machines Sulzer sont représentées a l’Exposition universelle d’une façon très-remarquable. Il y a celles de MM. Sulzer frères, deWinterthur (Suisse), qui sont en même temps Compounds, celles de MM. Satre et Averly, de Lyon, celles de MM. Quil-lacq et Cie, d’Ànzin (Nord).
- La machine Sulzer est toujours une machine à quatre distributeurs (quatre soupapes équilibrées maintenues sur leurs sièges par des ressorts à boudins).
- La tige du piston est guidée par une glissière cylindrique. Les tiges des soupapes d’admission sont pourvues de petits pistons formant coussins d’air. Les soupapes et leurs sièges sont en fonte fine au bois.
- Le régulateur est un régulateur Porter, c’est-à-dire à douille surmontée d’une masse pesante bien équilibrée. Soit dit en passant, on démontre dans les cours de mécanique qu’un poids ajouté à une telle masse fait le même effet que s’il était ajouté aux boules; et c’est ce qui explique que les boules des régulateurs construits d’après ce principe sont très-petites. Le levier de manœuvre actionné par le régulateur est mobile autour d’un axe horizontal. Une des extrémités de ce levier s’articule à la tige du piston d’une petite pompe remplie d’huile; et l’autre extrémité commande le mécanisme de détente. Le piston de la pompe à huile est percé de trous, et ce petit appareil sert : 1° à modérer et à tempérer les variations brusques par suite de la résistance qu’oppose le piston à l’huile qui le traverse. (C’est une espèce de frein que ce piston); 2° à amortir et à supprimer par suite les oscillations des boules quand la vitesse varie.
- La pompe à huile du régulateur est en somme une disposition recommandable. Hâtons-nous d’ajouter qu’elle n’est pas spéciale à la machine Sulzer et qu’un très-grand nombre de constructeurs en font usage maintenant.
- Autre point à noter en ce qui concerne les régulateurs des machines Sulzer : c’est que ces régulateurs sont commandés par engrenages. Cela évite toute incertitude ou toute modification dans la transmission du mouvement de l’arbre du moteur au régulateur et au mécanisme de détente.
- Une courroie peut au contraire se relâcher et glisser.
- Des cames manœuvrent les soupapes d’échappement et d’admission d’une façon invariable pour les premières et d’une façon variable pour les secondes.
- Aucun laminage à l’introduction. Aucun étranglement à l’échappement.
- Inutile d’ajouter que les machines Sulzer ont leurs cylindres pourvus d’enveloppes de vapeur et que ces enveloppes sont elles-mêmes recouvertes de bois et feutre.
- Le mécanisme de commande des soupapes est
- relativement simple et facilement accessible. La construction est du reste.parfaitement traitée, aussi bien chez MM. Sulzer frères eux-mêmes que chez leurs concessionnaires français, MM. Satre et Averly, de Lyon, et Quillacq et O, d’Anzin. La marche est douce et régulière; et il est évident, d’après les principes mêmes de la construction, que la consommation ne peut être qu’économique.
- On ne peut attendre également qu’une consommation économique des énormes machines genre Corliss exposées par MM. Farcot et ses fils et commandées pour l’une des usines hydrauliques de la ville de Paris. Construites avec les soins et l’étude que l’on est accoutumé de longue date à trouver dans les machines de cette maison, les machines exposées nous paraissent beaucoup meilleures que les machines Bède et Farcot, des usines des eaux d’égouts de la plaine de Gennevilliers. Le mécanisme de distribution est beaucoup plus simple et doit être par suite beaucoup moins exposé à se déranger.
- Nous allons du reste analyser rapidement ce que ces machines présentent de particulièrement remarquable.
- 1° Il y a comme dans la machine Corliss ordinaire deux secteurs ou robinets cylindriques d’admission et deux secteurs d’échappement. Mais ces organes sont placés dans les fonds de cylindre; et l’espace nuisible est par conséquent réduit à rien. On a poussé la préoccupation de cette suppression de l’espace nuisible jusqu’à disposer les choses de telle façon que le secteur d’échappement pénètre dans le cylindre pendant sa période d’ouverture. Il s’efface devant le piston quand celui-ci revient et sa saillie s’évanouit sur le plan du fonds de cylindre. Il ne reste entre le piston arrivé au bout de sa course et le fonds, que le jeu strictement nécessaire pour parer au jeu éventuel d’un clavetage ou d’une articulation.
- L’espace nuisible n’est plus que de moins de ytô du volume du cylindre au lieu d’être de comme dans une machine Corliss ordinaire.
- 2° Une enveloppe de vapeur à large section entoure entièrement le cylindre et les fonds de cylindre et ceux-ci sont indépendants. C’est là une disposition évidemment rationnelle et avantageuse. Toutefois, comme il existe à la fois un joint annulaire extérieur entre la collerette de l’enveloppe et le fonds et un joint annulaire intérieur concentrique au premier entre le cylindre et un rebord du même fonds, il y a peut-être là manque de sécurité absolue. 11 pourrait arriver en effet que le joint intérieur fût mauvais sans que l’on s’en aperçût, le joint extérieur étant d'ailleurs réussi. On ne serait averti alors de la défectuosité qu’en relevant un diagramme, et relever un diagramme est chose que le chauffeur ou le premier venu ne sauraient faire. Ce point nous paraît donc un peu délicat.
- 3° Les ressorts métalliques des machines Corliss sont supprimés pour la bonne et rapide fermeture des obturateurs d’admission. On les a remplacés par un ressort vapeur ou petit piston à vapeur vertical. Celui-ci reçoit sur sa face supérieure de la vapeur à une pression réglée par un petit robinet et la face inférieure comprime de l’air qui s’échappe par un autre petit robinet réglé à volonté également.
- AJ Le régulateur peut faire varier l’admission de 0.75 ou 0.80 de la course et non pas seulement de
- 0.35 à 0.40, ce qui permet d’augmenter énormément le travail effectif des machines.
- 5° Le régulateur est un régulateur Farcot isochrone à bras et bielles croisées.
- 6° La distribution est la distribution symétrique Inglis actionnée par un disque médian placé sur le coté du cylindre et recevant un mouvement d’oscillation sur son axe par la barre de l’excentrique.
- Le déclanchement spécial des obturateurs d’admission est très-ingénieux, mais doit être vu.
- Nous ne saurions, sans figure, en donner une idée nette.
- 7° Des détails intéressants sont à noter dans le mécanisme de mise en train et d’arrêt, dans la commande du régulateur, dans son gouverneur hydraulique et dans la commande de la pompe à air et de de la pompe alimentaire par un même balancier vertical. 11 faut voir toute la machine, et l’étude en est très intéressante.
- Gitons encore pour aujourd’hui parmi les machines étrangères remarquables du même genre, les machines Socin et Wick, de Bâle (Suisse), avec soupapes équilibrées pour l’admission et tiroirs à grilles pour l’échappement. .Notons également dans la section autrichienne la machine Coilmann, construite par M. Riedinger et d’autres constructeurs. Cette machine est une machine à quatre soupapes, d’une marche exceptionnellement douce, régulière et silencieuse. C’est parmi les machines nouvelles l’une des plus remarquables de l’Exposition, non pas que les principes en soient nouveaux, mais à cause de l’élégance de la solution dans l’établissement des quatre distributeurs.
- L. Poillon,
- Ingénieur des Arts et Manufacturas.
- L’EXPOSITION COLLECTIVE OUVRIÈRE.
- L’Expositon collective ouvrière contenant des produits industriels dus à l’initiative et au travail individuel a été inaugurée le 2 juin. On sait que la ville de Paris avait accordé pour cette exposition un terrain, avenue de la Bourdonnaye.
- M. Teisserenc de Bort, ministre de l’agriculture et du commerce, présidait cette cérémonie ; il était assisté de M. Hérisson, président du conseil municipal, de M. Engelhardt, président du conseil général, des sénateurs et députés de la Seine, des conseillers généraux et municipaux.
- M. le ministre a ouvert la séance par le discours suivant, chaleureusement applaudi :
- Messieurs,
- Vous avez bien voulu m’inviter à ouvrir votre Exposition.
- Le ministre d’une République qui honore le travail dans ses représentants et dans ses manifestations ne pouvait faire à vos ouvertures qu’un accueil sympathique et empressé.
- Il avait vivement regretté de ne pas voir figurer uos produits dans les galeries d’une enceinte voisine que nous nous étions appliqués à rendre accessibles à tous, pour bien constater une fois de plus que dans notre société moderne, il n’y a pas de classes, mais seulement des citoyens avec des droits égaux, unis par les liens étroits de la solidarité et de l’amour de la partie.
- Mais puisque les prescriptions du règlement général n’ont pu se concilier avec votre désir de
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- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Rlanche,
- Paris
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- grouper des produits divers en une exposition collective, je suis heureux de voir que vos efforts personnels, l’assistance des conseils électifs du département de la Seine, qui sera, je l’espère, bientôt complétée par un témoignage de sympathie des Chambres, vous aient permis de réaliser cette exposition, qui sera pour les nombreux visiteurs affluant sur Paris un nouveau sujet d’étude et d’attraction.
- Le travail, cons-idéré dans les sociétés anciennes comme un signe de servitude et d’abaissement, est devenu dans nos sociétés modernes le titre le plus solide, le plus indiscutable à l’estime, au respect de tous, le moyen le plus efficace de servir son pays et d’arriver à la gloire.
- Qui oubliera jamais le nom de Jacquard, ce modeste ouvrier dont la découverte a fait le tour du monde et dont le nom restera à jamais illustre; et celui de StepherïSon, ouvrier comme Jacquard, créateur de cette machine merveilleuse qui supprime les distances et donne au commerce un immense essor.
- Ces hommes de génie et tant d’autres que je pourrais citer ne doivent-ils pas être classés au nombre des bienfaiteurs de l’humanité?
- Ce sont ces vocations, cette direction de toutes les intelligences, de toutes les aptitudes vers les efforts utiles, cette passion des arts de la paix que les expositions tendent à entretenir, à exalter, et c’est pour cela que votre gouvernement s’attache à les encourager chaque fois qu’elles se produisent avec un caractère sérieux.
- J’ai la confiance que cette Exposition que nous allons visiter ensemble viendra en aide à ce grand mouvement, à ce souffle civilisateur, et lui apportera de nouvelles conditions de durée et de succès.
- Tous nous avons à cœur d’asseoir la République sur des bases inébranlables. Tous nous voulons une République puissante, bienfaisante, féconde, respectée.
- Prenons pour devise ces trois mots écrits au frontispice de nos expositions: Paix, travail, émulation. Faisons prévaloir les principes qu’ils formulent par nos exemples, et nous aurons agi en bons citoyens, nous aurons bien mérité de notre chère France et de l’humanité,
- M. Teisserenc de Bort a ensuite visité en détail cette Exposition.
- LES MACHINES-OUTILS
- Considérations générales (1).
- — Suite (1*) —
- La production de ces dernières années représenterait peut-être un chiffre exagéré par suite des grandes commandes faites par l’Etat pour le complément de l’outillage de ses arsenaux et pour l’installation des ateliers de constructions navales métalliques dont les ports militaires ont été dotés.
- Dans tous les cas on peut constater avec satisfaction que l’importation des outils étrangers diminue de jour en jour. On sait maintenant que les étrangers, et les Anglais notamment, malgré le bon marché de leurs matières premières, demandent des prix supérieurs aux prix français dès qu’on exige d’eux le soin et le fini d’exécution.
- Les industriels éclairés n’ont plus recours aux ateliers étrangers que pour l’achat de certaines machines brevetées, dont ceux-ci monopolisent la fabrication.
- Cette situation est la meilleure preuve des améliorations générales obtenues en France dans la fabrication des machines outils.
- Les progrès paiticuliers réalisés depuis 1867, qu’on peut dès à présent signaler à l’attention dn public, concernent surtout :
- Les tours, machines à rayer, à fileter des plus grands modèles, dont on est arrivé à régler le travail avec la dernière précision ; t
- Les machines à fraiser, qui ont été appliquées de la manière la plus heureuse au façonnage de certaines pièces exigeant jusque là un long travail à la main ; l’accroissement progressif de leurs dimensions, les ingénieuses dispositions dont elles ont été l’objet, en ont fait des machines capables de rendre les services les plus variés et les plus éten-
- (1) Catalogue officiel de l’Exposition universelle. (L*) Voir notre dernier numéro.
- dus et particulièrement précieuses à certains ateliers dont l’outillage est restreint ;
- Les machines ameuler, qui sortant de leur premier rôle si restreint de machines à polir, sont devenues de véritables outils pour l’exécution des travaux de chaudronnerie et d’ajustage ;
- Les machines-outils spéciales à la fabrication de l’orfèvrerie et des articles de Paris, qui ont été vulgarisées et appelées à rendre des services plus variés; enfin d'une manière générale, les machines appartenant au second groupe des produits de la ciasse 55, qui témoignent des efforts constants faits par notre industrie pour accroître et perfectionner ses moyens d’action.
- A suivre.
- FAITS DIVERS
- Par une décision en date du 7 mai courant, le ministre de la marine et des colonies a nommé une commission chargée d’étudier, au point de vue de la marine, l’Exposition universelle de 1878.
- Cette commission est composée de la manière suivante :
- Président.
- M. Jauréguiberry, vice-amiral.
- Membres.
- MM. de Fauque de Jonquières, contre-amiral ; "Virgile, général de brigade d’artillerie de la marine;
- Marielle, directeur des constructions navales ;
- Duperré (Charles), capitaine de vaisseau ; Guède, ingénieur deler classe de la marine ; Poix (Charles), ingénieur hydrographique de lre classe.
- Membr es- abjoints.
- MM. de Poyen-Bellisle, chef d’escadron d’artillerie de la marine ;
- Guillaume, mécanicien principal de la marine.
- Secrétaire.
- M. Dislère, sou-ingénieur de lre classe de la marine.
- Secrétaires-adjoints.
- MM. Kœnig, lieutenant de marine ;
- Valin, sous-ingénieur de lre classe de la marine ;
- de Langsdorff, lieutenant de vaisseau, officier d’ordonnance du Maréchal Président de la République.
- L’Exposition des sciences anthropologiques organisée au Trocadéro par les soins de la Société anthropologique de Paris a eu lieu lundi dernier. En l’absence de M. Bardoux, empêché, la cérémonie a été présidée par M. Teisserenc de Bort, ministre de l’agriculture et du commerce. A son arrivée, le ministre a été reçu par MM. Henri Martin, sénateur, président de la société ; de Quatre-fages, président de la commission, le docteur Broca et les organisateurs de cette exposition, tant étrangers que Français.
- M. Henri Martin a prononcé un discours dans lequel, en s’adressant au ministre, il a exposé le but que se propose la Société d’anthropologie et les résultats remarquables déjà obtenus.
- M. de Quatrefages a pris ensuite la parole pour féliciter hautement les organisateurs de l’exposition. Enfin, M. Broca a dit à son tour quelques mots relatifs à l’exposition purement anthropologique.
- M. Teisserenc de Bort a remercié chaleureusement de l’excellent accueil qui lui était fait, ajoutant en substance :
- «Vous trouverez en moi un juge peu compétent dans la matière, mais j’ai suivi avec trop de soin les publications relatives à cette science, dont, grâce à vous, les progrès vont grandissant chaque jour, pour ne pas attacher un vif intérêt à vos recherches et à leur succès, et mon admiration est acquise aux hommes qui vont chercher jusqu’au fond des entrailles de la terre les moyens d'élargir notre horizon scientifique, :t
- La visite des objets exposés a commencé après le discours du ministre.
- T^a Chambre des députés a voté le crédit de 500.000 fr. destiné à donner des fêtes publiques pendant la durée de l’Exposition universelle. -
- Lundi dernier, à neuf heures et demie, a eu lieu l’inauguration de la grande salle des fêtes au palais du Trocadéro. Un concert auquel plus de 400 choristes et instrumentistes, hommes et femmes, ont pris part, a été donné en présence de plusieurs milliers de spectateurs.
- M. Georges Berger, directeur des sections étrangères, a, dans une allocution chaleureusement applaudie, souhaité la bienvenue au public qui avait été convié à cette fête.
- La salle est vaste et d’une bonne sonorité.
- ~ Les installations sont assez commodes et la circulation facile, ce qui n’est point à dédaigner dans une salle qui doit contenir environ 5,000 personnes.
- La décoration est d’une grande sobriété, bien que riche; elle est très-claire, d’une teinte de pierre naturelle avec ornements d’or; des teintures peintes, brun rouge relevé d’or, en atténuent la monotonie. Les boiseries des galeries et des loges sont en bois noir fileté d’or.
- Au fond de l’hémicycle où se trouve l’orchestre se dresse un orgue monumental qui n’est point tout à fait terminé, mais déjà très-avancé. Au-dessus, la coupole est peinte en bleu sur lequel se détachent quelques plantes des tropiques, largement peintes et d’une tonalité un peu grise.
- La salle est éclairée par un prafond vitré et de grandes baies garnies de vitraux de couleurs.
- Des écussons portant les noms des grands compositeurs : S. Bach, Hoendel, Haydn, Mozart, Beethoven, Cherubini, Weber, Mendelssohn, Berlioz, F. David, c’est-à-dire des maîtres qui ont brillé surtout dans le genre symphonique.
- Le parquet est très-vaste, incliné suffisamment. Autour règne un rang de baignoires, au-dessus desquelles une galerie peu profonde, puis un amphithéâtre contenant un grand nombre de places.
- Deux grandes loges officielles : l’une pour le chef de l’Etat, l’autre pour la Ville de Paris, occupent la droite et la gauche ; enfin, au-dessus de l’amphithéâtre, un rang de grandes loges.
- .. ..................... ...
- LES EAUX ET ÉGOUTS
- au pavillon de la Ville de Paris
- Nous empruntons au Journal des Travaux publics, très-spécial en ces matières, l’étude suivante sur les eaux et égouts de la Ville de Paris ;
- Le service des eaux et des égouts occupe, à juste titre, une place importante dans l’exposition de la Ville de Paris. Des modèles réduits des grands réservoirs, des plans, cartes, spécimens d’appareils de distribution d’eau, etc., permettent aux visiteurs de se rendre un compte exact des grands travaux entrepris dans ces dernières années pour donner aux habitants de la capitale un volume d’eau potable en rapport avec leurs besoins.
- Nous allons essayer de mettre le lecteur au courant du service hydraulique qui fonctionne actuellement.
- Par suite du grand accroissement de la population et de l’extension donnée au périmètre de la capitale en 1869, le service des eaux était devenu insuffisant. Déduction faite du volume nécessaire au service public, chaque habitant ne pouvait recevoir que 35 litres d’eau par jour ; encore cette eau était-elle impure puisqu’elle provenait, soit de la Seine qui reçoit les produits des égouts et les résidus d’une foule d’industries, soit du canal de l’Ourcq, qui sert, comme on sait, à la fois à l’adduction des eaux potables et à la navigation.
- Après de longues études et des discussions souvent passionnées, on résolut d’amener à Paris les eaux des sources de la Dhuys et de la Vanne qui sortent des terrains crayeux du bassin de Paris, à la limite des argiles de la Brie et de la craie blanche de Champagne.
- M. Belgrand, inspecteur général des ponts et chaussées, fut chargé de l’étude de ce projet et de son exécution.
- Avec le système actuellement établi, le service hydraulique de la capitale comprend deux natures d’eaux différentes :
- Les eaux de la Seine et du canal de l’Ourcq sont affectées aux services publics : arrosage des rues, lavage des égouts, entretien des fontaines monumentales, etc. Les eaux de source sont exclusivement réservées à la boisson et aux usages domestiques ; elles arrivent fraîches et limpides jusqu’aux étages les plus élevés des maisons, et les ménages
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- Paris
- _____________LE CONSTRUCTEUR 56, rue Blanche.
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- bourgeois se trouvent ainsi soustraits à l’impôt si onéreux du marchand d’eau filtrée.
- Grâce à cette combinaison, Paris peut disposer aujourd’hui de 323,000 mètres cubes d’eau par jour, savoir :
- 153,000 mètres cubes fournis par la Seine, le canal de l’Ourcq et le puits de Grenelle.
- 170,000 mètres cubes amenés par les trois dérivations de la Vanne et de la Dhuys.
- Ce vaste projet ne fut pas exécuté d’un seul coup.
- On commença par l’adduction des eaux de la Dhuys, qui fut terminée en 1865. L’aqueduc de dérivation se compose de galeries en maçonnerie de lm7ô à lm40 de largeur intérieure, et de tuyaux en fonte de 1 rn. à 1 m. 10 de diamètre. Il est établi sur les coteaux qui bordent la Dhuys ou la Marne et a une longueur totale de 130,880 mètres.
- Les eaux de la Dhuys prises à la cote de 130 m. au-dessus du niveau de la mer, arrivent sur les hauteurs de Ménilmontant à l’altitude de 108 mètres, c’est-à-dire à 81 mètres au-dessus du niveau moyen de la Seine.
- Le réservoir de Ménilmontant, situé de manière à pouvoir alimenter les quartiers hauts de la rive droite de la Seine, est divisé en deux étages.
- Les eaux de la Dhuys arrivent à l’étage supérieur; l’étage inférieur est rempli au moyen des eaux de la Marne pour suppléer à.l’insuffisance du canal de l’Ourcq pendant les mois les plus chauds.
- A cet effet, la Ville de Paris a installé 3 usines hydrauliques dont on peut voir à l’Exposition des dessins, aquarelles, et photogiaphies formant une collection des plus complètes, savoir :
- 1° L’usine de Trillardon (département de Seine et Marne), prenant l’eau de la Marne pour la déverser dans le canal de l’Ourcq, à l’aide d’une roue hydraulique Sagebien, et de pompes. Les travaux ont été achevés en J 868.
- 2° L’usine hydraulique d’Isles-Ies-Meldeuses, achevée également en 1868, et établie au barrage du même nom, dont la chute a été mise à la disposition du service des eaux.
- 3° L’usine hydraulique de Saint-Maur, qui renferme 4 roues turbines du système Girard, donnant ensemble une force de 480 chevaux, trois turbines du système Fourneyron, d’une force totale de 300 chevaux, et enfin deux machines à vapeur de 150 chevaux chacune, soit au total 1,080 chevaux de force.
- La force motrice est due à l’eau de la Marne et à la chute du canal de Saint-Maur.
- Deux des roues du système Girard servent à envoyer, dans le réservoir de la Dhuys à Ménilmontant, 12,000 mètres d’eau par 24 heures, puisés dans une source découverte à Saint-Maur, par M. Belgrand. ’ r
- Les deux autres roues et deux des turbines refoulent dans les bassins inférieurs du réservoir de Ménilmontant 28,000 mètres d’eau de la Marne.
- Enfin, l’une des turbines élève dans le lac de Gravelle, qui sert à la distribution du bois de Vin-cennes, 12 à 15,000 mètres d’eau de la Marne.
- Les deux machines à vapeur servent à parer à la faiblesse du service pendant les grandes chaleurs.
- Quand toutes les machines marchent, l’usine de Saint-Maur peut monter en 24 heures 52 à 55,000 mètres d’eau.
- L’aqueduc de la Vanne, terminé en 1873, sert à amener les eaux de sources sur les hauteurs de la rive gauche de la Seine pour alimenter les maisons des quartiers bas et moyens de Paris. Son débit est de 100,000 mètres par 24 heures, sa longueur totale est de 173,000 mètres; il comprend des parties voûtees, en tranchées, des areatures, des souterrains et des siphons.
- Les eaux des sources basses de la Vanne sont relevées parj’usine hydraulique de la Forge et l’u-sme de Chigv, dans le département de l’Yonne. Des collecteurs amènent toutes les eaux de source dans 1 aqueduc principal dont le point de départ se trouve sur les coteaux de la rive droite de la Vanne, pres-qu en face de l’usine delà Forge.
- Cet aqueduc passe de la vallée de la Vanne dans celle de l’Yonne, qu’il traverse à l’aide d’un siphon de 3 737 mètres de longueur, et de 40 mètres de fléché, soutenu sur un pont aqueduc en béton ag- < gjoméré, au-dessus des eaux des crues de l’Yonne.
- A partir du siphon de l’Yonne, l’aqueduc passe dans un grand nombre de souterrains qui percent
- les contreforts de la craie, il traverse les sables de la forêt de Fontainebleau au moyen de tranchées et de parties sur arcades, et arrive au siphon de Mo-ret; il franchit ensuite les vallées de l’Essonnes et de l’Orge à l’aide de siphons, passe au-dessus de la Bièvre par un pont-canal de 990 mètres de longueur, composé de 77 arcades superposées à celles du pont-aqueduc de Marie de Médicis, et arrive enfm au réservoir de Montsouris, situé au sud de Paris, à peu de distance de l’Observatoire.
- La capacité de ce réservoir est de 305,000 mètres cubes, il est divisé en deux étages-, le réservoir supérieur se compose de 28 compartiments.
- En résumé, la distribution actuelle permettrait de distribuer 227 litres par personne et par jour. Outre les dessins représentant les usines hydrauli-; ques citées ci-dessus, le service des eaux a exposé les vues des pompes à feu ce Chaillot et du quai d’Austerlitz qui élèvent les eaux de la Seine.
- On peut se rendre compte du système général des conduites de distribution en consultant les albums et les cartes exposées à ce sujet. Au 1er janvier 1874, la longueur des conduites publiques dans Paris était de 1,431,000 mètres.
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- Le complément indispensable a’une bonne distribution d’eau est l’établissement d’un système rationnel d’égouts. Sion examine l’album du réseau des égoûts et la carte générale dudit réseau, on verra que Paris est très-bien doté sous ce rapport ; des modèles au 1/10 donnent la série des différents types d’égouts et un plan relief du siphon situé sous la Seine, en amont du pont de l’Alma. A côté de ce pian on a exposé la griffe et la boule employées au curage du siphon.
- On sait, que le grand égoût collecteur débouche dans la Seine près du pont d’Asnières; les eaux du fleuve se trouvent ainsi empestées sur un long parcours. Depuis quelques années, (m s’occupe activement de faire disparaître ce foyer d’infection au profit de I’agricuiture.
- De nombreux essais ont été faits et se font encore pour utiliser les eaux d’égout à l’arrosage des terres ; ces expériences se poursuivent dans la plaine de Genneviîliers. On a exposé un plan général de cette installation ainsi que la vue de l’usine de Clichy qui refoule les eaux d’égouts dans la plaine. Des tableaux statistiques indiquentie nombre d’hectares soumis à l’irrigation, les éléments divers relatifs à la composition des eaux d’égouts et aux circonstances météorologiques de l’exploitation. Enfin on a exposé le modèle d’un champ irrigué, des échantillons d’eaux d’égoût, de dépôts solides des rigoles, et une collection des produits agricoles obtenus.
- LE CATALOGUE
- SECTION FRANÇAISE
- — Suite (1) —
- Classe 54.
- Machines et appareils de la mécanique générale.
- En somme, la sûreté des appareils à vapeur a augmenté sous l’influence d’une législation plus libérale. On n’a pas épargné non plus les ingénieuses recherches, et le perfectionnement des accessoires, manomètres, soupapes, indicateurs de niveau, ont eu les plus heureux résultats au point de vue de la sécurité. Mais le meilleur p:éservatif contre les accidents paraît être dans l’Association entre les propriétaires de machines à vapeur, et dans la surveillance incessamment exercée sur les machines à feu par les ingénieurs de ces sortes de syndicats.
- La petite industrie emploie beaucoup les machines à gaz, qui lui rendent de bons services. Peut-être les machines à air cliaud, constamment étudiées malgré l’insuccès pratique des premières tentatives, pourront-elles bientôt entrer en ligne avec elles pour le même objet. Quant aux moteurs
- (1) Voir notre dernier numéro.
- électriques, l’emploi en paraît être limité jusqu’à présent à la transmission des effets mécaniques les plus faibles ; ce sont des agents de signaux, plutôt que des moteurs industriels.
- Le progrès des machines hydrauliques est tout entier dans le détail, dans les soins apportés à la construction des organes de ces machines. Peu ou point d’amélioration dans les pompes à piston. Pour les grands épuisements, les pompes centrifuges continuent à donner les résultats les plus satisfaisants; une pratique déjà longue a mis en évidence l’avantage que présente l’emploi de deux pompes superposées ou conjuguées à la place d’une pompe unique.
- Les machines de distribution d’eau, fabriquées par des maisons spéciales, ont été sensiblement améliorées, et le choix entre les types divers dont on connaît bien maintenant les mérites n’est plus laissé à l’arbitraire du constructeur. On s’est applaudi en plusieurs circonstances, pour les prises d’eau comme pour les autres usines, d’avoir associé à un récepteur hydraulique une machine à vapeur qui fournit le complément du travail moteur, lorsque le moteur hydraulique vient à chômer.
- Bien que les pompes à incendie n’appartiennent pas à la classe 54, il est difficile, dans cette revue générale, de ne pas les rattacher incidemment.
- L’introduction en France des pompes à incendie à vapeur marque un progrès évident des habitudes municipales, et il est à souhaiter que les villes adoptent toutes l’usage de ces appareils si utiles.
- _ A l’égard des récepteurs hydrauliques, on peut signaler la substitution de roues lentes de grand rendement à certaines turbines de faible puissance ; l’installation de turbines près de chutes d’eau dont on distribue au loin la puissance motrice; enfm l’emploi des roues-turbines qui permettent de régler à volonté la vitesse de l’appareil d’après les variations du volume d’eau dont on dispose.
- Un lien étroit rattache aux appareils dont il vient d’être question la presse hydraulique que l’on construit aujourd’hui en fer et qu’on emploie à une foule de nouveaux usages, notamment aux épreuves des fers, des aciers et des matériaux de constructions ; les accumulateurs, qui n’ont pas joué jusqu’ici en France un rôle à comparer à celui qu’on leur a donné dès le principe en Angleterre, mais qui cependant se rencontrent dans certaines gares et dans certains docks et trouvent dans les maisons de Paris un emploi utile pour le service des ascenseurs; les moulins à vent, appareils simples et peu coûteux, exposés malheureusement à de fréquents chômages, et qui appellent une machine à vapeur comme complément presque indispensable.
- Le programme de la classe 54 renferme enfm les appareils d’aérostation ; mais malgré la création récente d’oiseaux mécaniques, malgré les études mécaniques et physiologiques des lois du vol, aucun appareil important n’a été présenté qui permette d’espérer une solution prochaine du problème de la navigation aérienne.
- La France au point de vue de la production des machines se suffît à elle-même en général. Elle tire de l’Angleterre certaines machines agricoles. Quant aux machines proprement dites, elle alimente seule son propre marché, et elle fournit en sus à l’Espagne, à l’Italie, à la Russie, à l’Orient.
- Comme caractère général, l’industrie française s’est transformée dans les vingt dernières années : longtemps vouée à la production restreinte d’objets de choix, elle est arrivée aujourd’hui à une production plus étendue, et s’efforce d’unir la qualité à la quantité.
- A suivre.
- LISTE DES EXPOSANTS.
- Achard, à Paris. — Organes d’un embrayage électrique (dessin).
- Adeline, à Paris. — Courroies, joints pour vapeur^
- Alexander, à Neuilly. — Calorifuge-ciment non conducteur du calorique.
- Amène, à Clermont-Ferrand. — Godets-graisseurs, burettes.
- Angely, à Tarbes. — Elévateur hydraulique.
- Armandies, à Lagny. —Pompes; appareils hydrauliques.
- Armengaud aîné, rue Saint-Sébastien, 45, à Paris. — Dessins de machines et appareils.
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Rlanche
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- Arnaud, à Valence (Drôme). — Romaines.
- Àrnaudeau, à Paris. — Treuil.
- Artige et Cie, 66, rue du Théâtre, à Paris-Grenelle. — Machines à vapeur fixes horizontales.
- Associations des propriétaires d’appareils à vapeur : 1° du Nord de la France (ingénieur en chef, M. E. Gornut), à Lille; 2» La Normande (ingénieur en chef, M. H. Roland), à Rouen ; 3U La Parisienne (ingénieur-directeur, M. Jourdain), à Paris, boulevard Haussniann, 56. — Spécimens des défauts, oxydations, incrustations, etc., découverts dans les visites intérieures _ des chaudières à vapeur ou à la suite d’explosions ; bulletins et comptes-rendus.
- Aubert, 4, rue Claude-Vellefaux, à Paris. — Machines à vapeur verticales, fixe, mi-fixe, et loco-mobiles à détente variable ; chaudières à tubes mobiles Bérendorf.
- Aubry, à Paris. — Pompes dites paradoxales, manèges et transmissions ; pompes d’épuisement.
- Aubry et Cie, à Paris. — Pompes aspirantes et foulantes diverses; moulin à vent à ailes en fer et à frein modérateur et automoteur (voir avenue du Trocadéro).
- Audineau, à Nantes. — Compteur hydraulique.
- Auguet et Lefèvre, à Vincennes. — Courroies de transmissions en chanvre doublé.
- Autier, 40, rue du Bac, à Paris. — Pompe centrifuge.
- Babonaux, à Valenciennes. — Bascules à romaine ; bascule en l’air pour grue; pont bascule.
- Bageau, 29, rue Bichat, à Paris. — Courroies soudées.
- Baillet et Audemar, à Dole (Jura). — Inventeurs de pompes construites par Guyon et Audemar.
- Bailly et Roche frères, à Reims. — Bascules portatives.
- Barbe, à Bayonne. — Régulateur centrifuge équilibré et appliqué directement au vannage d’une turbine.
- Barreau-Pinchon, à Amiens. — Un joint métallique universel.
- Bartalot, à Levallois-Perret. — Agrafe métallique pour courroies.
- Bataille et Bloom, à Lille. —• Appareil destiné à faire varier la vitesse d’une machine; poulies extensibles.
- Batifoulier fils, à Besançon. — Une pompe à double effet.
- Beaume, à Boulogne. — Pompes élévatoires.
- Beaffa et Cie, à Paris. — Ecouvillons pour chaudières.
- Belleville et C>e, à Paris. — Générateurs à vapeur installés dans le parc et alimentant les moteurs des sections V, VI et VII de la galerie française des machines; générateurs à vapeur inexplosibles des types fixe, marin et transportable; pompes à vapeur alimentaires pour haute pression,
- Bérendorf, 75, avenue d’Italie, à Paris. — Machine horizontale à vapeur; machine locomobile avec tubes système Bérendorf.
- Bergerat, 14, rue Daubenton, à Paris. — Machine pour gerber les fûts.
- Bernard, à Bavay. -- Appareil de sûreté automatique et de contrôle, pour presse hydraulique ou tout engin hydraulique.
- Bernhard, 107, rue Lafayette, à Paris. — Modèle de générateur et de moteur expliquant l’effet d’un tartrifuge lubrifiant.
- Bernier (veuve) et Gio, 12, rue Corbeau, à Paris. — Machine à gerber les fûts ; machine à élever les fardeaux; poulie à parachute de sûreté.
- Béthouart et Brault, à Chartres. — Palier à vis hélicoïdale; pivot de turbine; crapaudine d’arbre vertical à mouvement d’huile continu; turbine Fontaine perfectionnée.
- Bigot, à Lorient. — Bascule.
- Blanc, à Paris. — Un pananémone automoteur.
- Blazioski, à Paris. — Robinetterie pour eau et vapeur.
- Blondel et fils., à Déville-lès-Rouen. — Extracteurs de vapeur condensée.
- Bodin et Decazes, à Paris. •— Moteur à gaz d’éclairage.
- Bohler, à Paris. — Inventeur de robinet et injec-teur construits par Guyenet.
- Bollée, au Mans. — Moteur- à vent dit éolienne-bélier hydraulique.
- Bon et Lustremant, rue de Chabrol, 71, à Paris. — Ascenseur hydraulique au palais du Trocadéro.
- Bordone, rue Lafontaine, 30, à Paris. — Chaudière verticale.
- Borius, rue de Turenne, 19, à Paris. — Appareil de mesurage pour les liquides.
- Bossière, au Havre. — Treuils à vapeur; cheval alimentaire.
- Boudet, à Roanne. — Bascule.
- Boudier frères, à Rouen. — Machine horizontale à deux cylindres de 40 chevaux et machine verticale à balancier de 30 chevaux, système Woolf, toutes deux à détente variable par le régulateur et actionnant les deux transmissions de la classe 55 (section V); transmission en service dans la section V de la grande galerie. j||
- A suivre.
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- LA COMMISSION
- — Suite. —
- GROUPES VII, VIII ET IX.
- Produits alimentaires, Agriculture, Pisciculture, Horticulture.
- MM. Lecouteux, secrétaire général de la Société des agriculteurs de France.
- Pasteur, membre de l’Institut et de la Société centrale d’agriculture.
- Boulev, membre de l’Institut, inspecteur général des Écoles vétérinaires.
- Milne Edwards, membre de l’Institut, doyen de la Faculté des sciences de Paris.
- Menier, conseiller général de Seine-et-Marne, membre de la Chambre de commerce de Paris, député.
- De Béhague, président de la Société centrale d’agriculture de France.
- Delacour, ancien député, membre du Conseil supérieur des haras.
- Barrai, secrétaire perpétuel de la Société centrale d’agriculture.
- Alph. Lavallée, trésorier perpétuel de la Société centrale des agriculteurs de France, vice-président de la société de botanique de France.
- Du Breuil, professeur d’horticulture, d’arboriculture et de viticulture à l’Institut agronomique.
- Foucher de Careil, sénateur, vice-président de la Société des Agriculteurs de France.
- Gaston Bazile, agriculteur, président delà Société d’agriculture de l’Hérault, membre du Conseil supérieur de l’agriculture, du commerce et de l’industrie.
- De Monicault, administrateur de la Société des agriculteurs de France.
- Victor Lefranc, ancien ministre, membre de la Société des agriculteurs de France.
- De Billancourt, député.
- Le bureau de ce groupe est composé ainsi qu’il suit :
- Président.......
- Vices-Présidents
- Secrétaires ....
- M. Victor Lefranc.
- M. Foucher de Gateil. M. Menier.
- M. Barrai.
- M. Alph. Lavallée.
- GROUPE SUPPLÉMENTAIRE
- Économie politique, Sciences économiques, Droit administratif, Droit industriel, Droit international.
- MM. Jules Simon, sénateur, membre de l’Académie française.
- Joseph Garnier, sénateur, membre de l’Institut.
- Levasseur, membre de l’Institut, professeur au Collège de France et au Conservatoire des arts et métiers.
- De Quatrefages, membre de l’Institut.
- Aucoc, membre de l’Institut, président de section au Conseil d’Etat.
- Bozérian, avocat à la Coup d’appel, sénateur.
- Meurand, directeur des consulats et affaires commerciales au Ministère des affaires étrangères.
- Clamageran, avocat à la Cour d’appel, conseiller municipal de Paris.
- MM- Lyon Caen, agrégé à la Faculté de droit de Paris.
- Paul Leroy-Beaulieu, directeur de l’Économiste français.
- Le comte de Choiseul, député.
- Léon Renault, député, membre de la Société centrale de médecine vétérinaire.
- Emile de Girardin, député, publiciste.
- Henri Germain, député.
- Journault, député.
- Bréal, membre de l’Institut, professeur au Collège de France.
- Le docteur Broca, professeur à la Faculté de médecine, secrétaire général de la Société anthropologique.
- Malte-Brun, ancien secrétaire général de la Société de géographie.
- Léon de Rosny, président de la Société d’ethnographie.
- Le bureau de ce groupe est composé ainsi qu’il suit :
- Président........ M. Jules Simon.
- VicerPrésident... M. De Quatrefages.
- Secrétaire........M. Lyon-Caen.
- Paris, le 25 mars 1878.
- Le Ministre de l’agriculture et du commerce, TEISSERENC DE BORT.
- Les bureaux du secrétariat des congrès et conférences sont établis au Palais des Tuileries (pavillon de Flore). Pour les demandes diverses de renseignements, le public pourra s’adresser à M. Thirion, secrétaire de la Commission.
- Le Comité central institué par l’article 4 de l’arrêté du 10 mars qui précède, se trouve donc composé ainsi qu’il suit :
- Président : M. le Ministre de l’agriculture et du commerce.
- Et en son absence :
- M. le Soüs-Secrétaire d’Ètat au même département.
- Mem bres :
- MM. Lefuel, membre de l’Institut, président du Groupe I.
- Ed. Laboulaye, membre de l’Institut, administrateur du Collège de France, président du Groupe II.
- Anatole Gruyer, membre de l’Institut, inspecteur des beaux-arts, président du Groupe III.
- Dauphinot, manufacturier, sénateur, président du Groupe IV.
- Chevreul, membre de l’Institut, directeur du Muséum d’histoire naturelle, président du Groupe V.
- Duclerc, vice-président du Sénat, président du Groupe VI.
- Victor Lefranc, ancien ministre, membre de la Société des agriculteurs de France, président des Groupes VII, VIII et IX.
- Jules Simon, sénateur, membre de l’Académie française, président du groupe supplémentaire.
- Charles Thirion, ingénieur civil, secrétaire.
- La Société des agriculteurs de France a organisé un congrès international de l’agriculture, qui sera ouvert le mardi 11 juin, à deux heures, au palais du Trocadéro.
- La plupart des nations étrangères, notamment l’Angleterre, l’Allemagne, la Belgique, la Russie, l’Autriche et la Hongrie, l’Italie, la Suisse, le Danemark, l’Espagne, le Pérou, l’Australie, etc., seront représentées au congrès par des délégués choisis parmi les agriculteurs les plus éminents.
- Les principaux représentants de la presse française et étrangère ont été invités au banquet international de l’agriculture, qui aura lieu au Grand-Hôtel, le mardi 18 juin.
- Le Congrès scientifique des institutions de prévoyance doit avoir lieu, du 1er au 7 juillet, sous la présidence de MM. Hippolyte Passy et Laboulaye, assistés des autres présidents de la Société des institutions de prévoyance et du secrétaire perpétuel, M. de Malarce.
- Plusieurs gouvernements étrangers ont déjà fait connaître les délégués qu’ils ont chargés de concourir au Congrès et d’y présenter des rapports sur les services publics de leur pays.
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- LE CONSTRUCTEUR
- S6, rue Rlanche.
- REVU DE L EXPOSITION UNIVERSELLE DE 187$
- 31
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de PEcolej^olytechnique.
- REDACTEURS.
- MM. H. de la MOTTA, Architecte.
- DEB1É, Ingénieur civil.
- L. POILLON, ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction (même avec indication de la provenance) en est absolument interdite. *
- LES MACHINES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Les machines genre Corliss.
- — Suite (1). —
- Systèmes divers.
- Parmi les machines à vapeur genre Corliss à un seul cylindre que nous avons remarquées ces jours-ci à l'Exposition universelle, nous devons citer encore :
- Une machine Walschaerts, de Bruxelles ;
- Une machine à h distributeurs, de M. La Rochay-raond, constructeur à Tournai;
- Les énormes machines à 4 soupapes de la Société Cockerill, actionnant un train de laminoirs -,
- La machine Cail-Halot et Cie, de Bruxelles (système des ateliers de Bitschwiller-Thann) ;
- Une machine rationnelle et bien construite à h tiroirs, sur laquelle il est écrit : M. K. Allam-vasutak Gepgyara Budafesten Zimmermann F. igazgato. (Nous sera-t-il permis de faire observer à ce sujet aux constructeurs étrangers qu’en France la traduction de semblables désignations serait assez nécessaire ?) ;
- La machine à 4 soupapes de la Société suisse pour la construction des machines, à Winterlhur (Suisse) -,
- Une machine assez compliquée à h tiroirs qui, d’après l’inscription qu’elle porte, paraît construite par L. et V. Florio et Cie, fondeurs à Palerme, à moins que ce ne soit par MM. W. Theis et Balaes, à moins encore que Palerme soit le nom du constructeur ;
- Une machine à 4 soupapes, à détente variable par le régulateur, de MM. Crespin et Marteau, de Paris ;
- Une machine américaine Wheelock, dite Harris-Corliss.
- Nous ne pouvons décrire tous ces systèmes d’une façon spéciale, car cela nous conduirait à répéter un grand nombre de fois les mêmes choses; et nous nous occuperons donc seulement de ce qui nous fournira l’occasion de formuler des observations différentes de celles déjà énoncées dans nos articles précédents.
- Arrêtons-nous donc seulement aux machines Cail-Halot, et Wheelock.
- La machine Cail-Halot (système des ateliers de Bitschwiller-Thann) est une machine de 55 chevaux à 4 tiroirs plats, enveloppe de vapeur au cylindre, détente variable par le régulateur.
- Le fonctionnement des tiroirs d’échappement est naturellement invariable, et le régulateur intervient au contraire dans le mode d’action des tiroirs d’admission pour intercepter l’introduction de la vapeur plus ou moins tôt suivant la charge de la machine. (C'est toujours la même chose).
- Au point de vue de l’utilisation théorique du travail de la vapeur, il est clair que la substitution des tiroirs plats aux soupapes équilibrées et aux secteurs circulaires n’entraîne par lui-même aucun avantage. Au point de vue pratique, le tiroir plat
- (1) Voir nos numéros du 70 mai, du TI mai. du 3 juin, du 10 juin 1878. ’
- est peut-être préférable à tout autre organe de distribution :
- 1° Parce qu’il se rode de lui-même à la marche sur sa glace ;
- 2° Parce que le premier mécanicien intelligent venu répare un tiroir plat ou redresse sa glace ou remplace le tiroir au besoin ou le règle. Des retouches ou réparations à une distribution à soupapes ou à des secteurs circulaires exigent au contraire des soins spéciaux et ne sauraient être bien faites par des ouvriers non familiarisés avec ce genre de travail. Cela peut être une grande gêne dans nombre de cas.
- On objecte quelquefois contre l’emploi des tiroirs plats le travail de frottement considérable qu’absorbe leur mouvement sous l’influence de la pression de la vapeur. Mais ce travail n’est pas aussi important qu’on veut bien le dire, lorsque les surfaces et courses des tiroirs ne sont pas exagérées. On connaît du reste divers dispositifs de tiroirs équilibrés, c’est-à-dire sur lesquels la pression effective de la vapeur est sensiblement nulle.
- Nous croyons donc que l’emploi de quatre tiroirs vaut bien en pratique celui de quatre soupapes ou de quatre obturateurs cylindriques. Ceci soit dit aussi bien pour les autres systèmes similaires que pour la machine des ateliers de Bitschwiller-Thann.
- Une autre particularité que présente celle-ci, c’est qu’au lieu d’une garniture formée de cercles métalliques formant ressorts et espacés dans des gorges distinctes à certains intervalles, le corps du piston porte un ressort unique enroulé autour de lui en spirale. Cette disposition nous paraît excellente si son exécution ne donne pas lieu à trop de difficultés.
- Bonne machine en résumé, que la machine de Bitschwiller-Thann.
- En ce qui concerne la machine Wheelock, c’est une machine qui paraît présenter quelques qualités spéciales, malgré une certaine enveloppe argentée et des peintures plus dignes d’une exhibition foraine que du grand tournoi pacifique auquel nous assistons (expression consacrée par un certain usage déjà).
- La machine Wheelock est une machine à quatre secteurs cylindriques. Mais ces secteurs sont juxtaposés deux par deux à chaque extrémité inférieure du cylindre, et il n’y a à chaque bout de celui-ci qu’une seule ouverture servant à la fois à l’admission et à l’échappement.
- Il résulte des situations respectives de chaque obturateur d’admission par rapport à celui d’échappement un petit avantage : c’est que quand l’obturateur d’admission fuit ou perd un peu, lorsque le mécanisme de détente l’a refermé, et que la valve d’échappement est ouverte, la vapeur qui fuit à l’admission ne peut néanmoins pas aller se perdre par l’échappement.
- La valve de détente ou d’admission placée immédiatement derrière la valve d’échappement, empêche en effet cette circonstance de se produire.
- Le mécanisme des obturateurs d’admission et d’échappement présente également au point de vue de son mode de commande, quelques particularités intéressantes, et nous engageons donc nos lecteurs à visiter cette machine, les Américains n’en ayant du reste exposé aucune autre d’un caractère nouveau (dans la grande galerie tout au moins).
- En nous occupant dans quelque temps des machines Gompounds, nous aurons à citer encore quelques autres combinaisons pour les quatre distributeurs, puisque ceux-ci sont aussi bien applicables aux machines à deux cylindres qu’à celles à un seul cylindre.
- L. Poillon,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Ordre des Congrès.
- Dans sa séance du 5 de ce mois, le comité des congrès et conférences de l’Exposition de 1878 a arrêté les époques auxquelles se tiendront, au Palais du Troeadéro, les congrès autorisés jusqu’à ce jour.
- Ces congrès auront lieu, par ordre de dates :
- Congrès international agricole, du 10 au 20 juin.
- Congrès international pour l’unification du numérotage des fils, les 25, 26 et 27 juin.
- Congrès international des institutions de prévoyance, du 1er au 7 juillet.
- Congrès international de démographie, du 5 au 9 juillet.
- Congrès international des sciences ethnographiques, du 15 au 17 juillet.
- Congrès international pour l’étude et l’amélioration des moyens de transport, du 22 au 26 juillet.
- Congrès international d’architecture, du 29 juillet au 3 août.
- Congrès international d’hygiène, du au 10 août.
- Congrès international du génie civil, du 5 au 14 août.
- Congrès international des sciences anthropologiques, du 16 au 21 août.
- Congrès international du commerce et de l’industrie, du 16 au 22 août.
- Congrès international de météorologie, du 24 au 28 août.
- Congrès international géologique, du 29 août au 4 septembre.
- Congrès international de la propriété industrielle (brevets d’invention, modèles et dessins de fabrique, marques et noms de commerce), du 7 au 17 septembre.
- Le tableau général des congrès et des conférences doit être publié aussitôt que le comité central aura statué sur les diverses demandes encore soumises à l’examen des commissions.
- Excursions industrielles.
- Le préfet de police vient d’autoriser la constitution régulière d’une association fondée sous le nom de Société d’excursions artistiques, scientifiques et industrielles.
- Cette Société, présidée par M. Krantz, et placée sous le patronage de M. Teisserenc de Bort et de M. Bardoux, a pour but d’organiser pour les monuments, les musées et les usines, pour les expositions, et notamment pour celle de 1878, des séries de visites pendant lesquelles les auditeurs, groupés autour d’un démonstrateur éclairé, recevront des explications sur les établissements qu’ils visitent.
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- S6, rue Planche
- 32 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- LES SECTIONS ÉTRANGÈRES
- LA HOLLANDE
- Moteur hydraulique pour le drainage ou l’épuise-ment de terrains, système de l’ingénieur H.-F. Fijnje van Salverda. Dessin.
- Le dessin représente la machine à vapeur construite dans le polder dit Bommelerwaard en amont de la digue dite Meijdijk.
- La hauteur de l’eau à élever s’élève quelquefois à 4 m., et peut descendra jusqu’à quelques centimètres, même jusqu’à décharge naturelle. La hauteur moyenne d’élévation est de lra50.
- Le système, inventé par l’ancien inspecteur.du Waterstaat, M. F. Fijnje van Salverda, consiste, pour cette machine à vapeur, en une seule pompe foulante à double effet, ayant 2m24 de diamètre et 2^59 de hauteur, placée en dessous des plus basses eaux d’été du polder. Un piston massif se meut dans ce tube et refoule l’eau aussi bien à la montée qu’à la descente.
- Le cours d’eau, qui est séparé des eaux extérieures de la rivière et des eaux intérieures du polder par un châssis de fer, contenant les soupapes, occupe un espace carré, partagé en deux chambres par un fort plancher de fer à moitié de sa hauteur.
- L’eau du polder entre alternativement dans la chambre supérieure et inférieure en même temps que l’eau est refoulée de la chambre inférieure et supérieure. Les soupapes se ferment par leur propre poids après chaque course de piston, soit dans la chambre inférieure, soit dans la chambre supérieure. Ces soupapes ont, aussi bien pour l’entrée que pour le refoulement des eaux, une surface totale de 2,878 mètres .carrés; le coup de piston a une longueur de 3 m. 50; la vitesse de mouvement est de 22 à 24 coups de piston par minute. Dans les conditions les plus défavorables, la capacité de la machine est encore de 100 mètres cubes par minute. La machine à vapeur proprement dite a la construction ordinaire de Cornwal avec une force effective de 90 chevaux.
- Le moteur, construit d’après ce système à Dreu-mel, en 1845, fonctionne chaque année sans avoir montré un défaut quelconque.
- Dessèchement du lac de Harlem. Dessin.
- Le lac de Harlem, ayant une surface de 18,154 hectares, a été desséché dans les années 1840-1852. Pour obvier aux difficultés résultant de ce dessèchement pour l’écoulement des eaux d’un grand nombre de polders environnants, il était nécessaire de construire trois machines à vapeur et d’améliorer le canal de décharge près de Katwijk.
- Ces machines à vapeur servent à mettre en mouvement des roues élévatoires de 6 m. 60 à 5 m. 80 de diamètre et de 2 m. 50 à 1 m. 80 de largeur, élevant l’eau à 1 m. de hauteur, avec 7 à 10 coups de piston par minute.
- La digue d’enclos, comprenant le lac entier, a une longueur d’environ 60,000 m.
- Le dessèchement a eu lieu au moyen de trois machines à vapeur avec pompes pour l’épuisement des eaux. Une de ces machines a onze pompes en fer de fonte de 1 m. 60 de diamètre et 2 m. 85 de course de piston. Les pistons font six coups par minute et élèvent l’eau à une hauteur de 4 m. 50; ; chaque pompe fournit par coup 6 mètres cubes s d’eau. Les deux autres machines ont chacune huit pompes de 1 m. 85 de diamètre avec le même cours de piston et la même capacité que la machine employée en premier lieu. Le nombre des coups par minute est de 6 à 6 1/2, et le volume d’eau par coup, pour chaque pompe, est de 6 1/2 m.3. Le volume d’eau qui a été épuisé s’élève à 832 millions m. 3. Le dessèchement a eu lieu aux frais de l’Etat, pour la somme d’environ 14 millions de florins, dont 9 millions sont, rentrés par la vente des terrains et par d’autres revenus, de sorte que le dessèchement n’a coûté que 4 1/2 millions de fl.
- Barrage de l’Escaut oriental et du Sloe. — Dessin.
- Les barrages de l’Escaut et du Sloe, dans le chemin qui relie le port deJUessingue au réseau européen, ont une longueur de 3,637 m. et 1,000 m.
- Le premier a été exécuté dans les années 1866-67. Le second a été fait en neuf mois en 1870. On a commencé par défendre le lit par une couche de plates-formes en fascines, sur laquelle, quant au barrage de l’Escaut, on a établi deux massifs de plates-formes jusqu’à la hauteur de la marée basse.
- Entre ces massifs, on a fait un remplissage de terre et de sable. Au-dessus des basses mers le barrage consiste principalement en sable, dont les talus sont garnis d’une couche d’argile d’une épaisseur de 0m,50àl m. Les talus sont, en outre,
- revêtus de plates-formes en fascines recouvertes et défendues par les enrochements jusqu’à la hauteur des plus hautes mers. Au-dessus, les talus ne sont défendus que par un gazonnement.
- Le barrage a une profondeur qui va jusqu’à 10 m. La différence entre les hautes et les basses mers, est de 4m,10. Les dépenses sont montées à 1,900,000 florins.
- Le barrage du Sloe, qui a une profondeur allant jusqu’à 12 m., n’a qu’un massif de plates-formes. Un second massif, de très-petites dimensions, ne sert qu’à arrêter les terres formant le pied de la digue. Le barrage a coûté 1,100,000 florins.
- Les travaux ont été projetés et exécutés par l’ingénieur en chef des chemins de fer de l’Etat, M,. Simon Gz., secondé par MM. les ingénieurs J.-P. Kesper, pour le barrage de l’Escaut, et P.-J. Neyth, pour le barrage du Sloe.
- Pont sur le Wahal à Nymègue. Dessin et tableau.
- Le pont se trouve dans le chemin de fer qui relie les villes d’Àrnhem et Nymègue. Il vient d’être achevé. Entre ses culées, le pont a une longueur de 682m,47, divisée en cinq travées de 53m,50 d’ouverture sur la rive droite, là où les terrains sont à sec au niveau des eaux moyennes; et en trois travées, ayant une ouverture de 127 m. sur le lit de la rivière.
- Les piles et la superstructure sont à double voie.
- Les culées et les piles pour les grandes ouvertures sont fondées sur pilotis, se trouvant dans une enceinte de pieux jointifs qui sert d’enveloppe à un massif de béton, engagé dans les têtes des pieux de fondation.
- Les piles des petites ouvertures ne sont pas fondées sur pilotis. La fondation est en béton enveloppé de la même manière.
- La superstructure est du même système que les ponts susmentionnés : du second ordre pour les grandes et du premier ordre pour les petites travées. — Celles de 127 m. ont la partie supérieure en forme curviligne, d’une hauteur de 22 m. au milieu, diminuant jusqu’à 7,282 m. aux extrémités. — Les petites travées ont une hauteur de 6m,90. Le dessous du tablier se trouve à 13m,58 au-dessous des eaux moyennes.
- Le poids total des métaux employés monte à 4,526,740 kil. de fer laminé; 36,726 kil. de fer forgé; 74,654 kil. de tôle; 7,121 kil. de fer fondu; 537,857 kil. d’acier.
- Les dépenses s’élèveront en tout à 3,200,000 fl. — Chaque travée de 127 m. coûtera 345,000 fl., et chaque travée de 53m,50 d’ouverture, 84,000 fl.
- Les travaux ont été projetés et exécutés par M. l’ingénieur en chef J.-G. van den Bergh, secondé par les ingénieurs MM. A. van Idsinga et J.-M. Telders.
- /Revue nouvelle de l’Industrie).
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- LE JURY INTERNATIONAL DIS RÉCOMPENSES
- à l’Exposition universelle
- (Décret du 8 juin 1878).
- Le Président de la République française,
- Vu le règlement approuvé par décrets des 15 août 1877 et 19 avril 1878, fixant la nature des récompenses à décerner à l’occasion de l’Exposition universelle internationale de 1878, et organisant les jurys chargés de les répartir;
- Vu l’arrêté du ministre de l’instruction publique, des cultes et des beaux-arts, en date du 2 novembre 1876, désignant les membres des jurys pour l’admission des œuvres d’art à l’Exposition;
- Vu le décret du 30 avril 1878 relatif à la répartition des présidents et vice-présidents dégroupés du jury des récompenses entre les diverses nations participant à l’Exposition universelle internationale ;
- Vu les présentations de la commission supérieure des expositions internationales;
- Sur le rapport du ministre de l’agriculture et du commerce,
- Décrète :
- Article 1er. — Sont approuvées les listes annexées au présent décret portant désignation des membres du jury international des récompenses, ainsi que des présidents, vice-présidents et secrétaires de groupes.
- Art. 2. — Le ministre de l’agriculture et du commerce est chargé de l’exécution du présent décret,
- GROUPE VI
- Outillage et procédés des industries mécaniques (1).
- Angleterre. — The Earl of Caithness.
- France. — Tresca, membre de l’Institut, sous-directeur du conservatoire des arts et métiers, professeur de l’institut agronomique, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878, 1er vice-président.
- Russie. — Wischnegradski, docteur de l’institut technologique, conseiller d’Etat actuel, 2e vice-président.
- France. —- Lockert, ingénieur civil, ancien élève de l’école centrale des arts et manufactures, chef du sixième groupe de la section française à l’Exposition universelle de 1878, secrétaire.
- — Bourdon fils, ingénieur civil, constructeur de manomètres, secrétaire des comités d’admission et d’installation à l'Exposition universelle de 1878, secrétaire.
- — Charton fils, ingénieur des ponts et chaussées, secrétaire.
- — Peligot, ingénieur civil, secrétaire du jury de l’Exposition universelle de 1867, secrétaire.
- CLASSE 50
- Matériel et procédés de l’exploitation des mines et de la métallurgie.
- Angleterre et ses colonies. — J. Arthur Phillips, esq.
- Autriche-Hongrie. — Pierre Schwing, directeur des mines de fer de la compagnie impériale et royale du chemin de fer de l’Etat, inspecteur supérieur.
- Belgique. — Habets, ingénieur des mines à Liège.
- Espagne. — José Echeverria.
- France. — Burat, ingénieur des mines, professeur à l’école centrale des arts et manufactures, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- — Degousé, ingénieur civil, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- —> Marmottan, président du conseil d’administration de la compagnie des mines de Bruay, à Bruay.
- — Ledoux (Ch.), ingénieur au corps national des mines, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- Suppléants. — Pernolet (Arthur), ingénieur des mines, membre des comités''d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- — Valton, ingénieur des mines, membre du jury à l’Exposition de Philadelphie (1876), membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878.
- CLASSE 51
- Matériel et procédés des exploitations rurales et forestières.
- Angleterre et ses colonies. — Sir Archibald K. Macdonald, bart.
- — John Coleman, esq..
- Etats-Unis. — Franck G. Johnson.
- Suède et Norwége. — Professeur H. O. Na-» thorst, directeur de l’institut agricole d’Alnarp.
- Russie. — Tschernaieff, délégué du département de l’agriculture.
- Belgique. — Leclerc, inspecteur général de l’agriculture et des chemins vicinaux à Bruxelles.
- Danemark. — Le chambellan baron K. F. O. Reedtz-Thott.
- Portugal. — Pedro R. da Cunlia è Silva, ingé-. nieur en chef de la division forestière du nord du Portugal, 23, avenue de Friedland.
- A suivre.
- (ï) Nous commençons par le groupe VI qui intéresse le plus nos lecteurs.
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- LE CONSTRUCTEUR 86, rue Blanche.
- REVUE DE L EXPOSITION IMitSBÜ DE 1878
- 33
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de l’Ecole polytechnique.
- RÉDACTEURS
- MM. 11. de la MOTTA, Architecte.
- DEB1É, Ingénieur civil.
- L. POILLON, ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, a
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute (meme avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- Paris.
- reproduction
- LES MACHINES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- (Suite) — 6e ARTICLE (Voir le Constructeur du 20 Med).
- En commençant cette série d’articles sur les machines à vapeur de l’Exposition universelle, nous avions annoncé l’intention de considérer successivement :
- m Les machines plus ou moins Corliss;
- 2° Les machines plus ou moins Compound ;
- 3° Les machines Woolf à balancier;
- k° Les machines horizontales peu ou point corlis-sifiées ;
- 5° Les autres, c’est-à-dire les machines ne rentrant spécialement dans aucune des quatre catégories précédemment énoncées.
- Fidèle à ce programme jusqu’à présent, nous avons dit des machines Corliss ce que nous pensions devoir en dire.
- Nous avons parcouru maintenant à peu près toutes les galeries et annexes et tous les recoins de l’Exposition; et si un ou plusieurs lecteurs en ont fait autant, ils apprécieront que ce n’est pas là une mince besogne lorsque Ton veut apporter à son examen une certaine attention. Or, plus on avance dans cette recherche et plus on est entraîné à admettre que l’avenir appartient aux machines Compound ou à deux cylindres inégaux. Telle est du moins notre impression, et nous la justifierons plus tard. Les machines Compound (de types très-divers du reste), nous paraissent être celles qui offrent en ce moment à l’industrie les plus grands avantages incontestablement. C’est donc sur ces machines que nous nous étendrons principalement, et puisqu’elles nous paraissent les meilleures, nous les donnerons comme conclusion de notre travail. On réserve généralement le meilleur pour la fin.
- Nous parlerons donc pour le moment des machines . horizontales ordinaires à un seul cylindre, puis des machines Woolf à balancier, puis des machines diverses ne rentrant dans aucune catégorie nettement définie, puis finalement des machines Compounds à double et à simple effet.
- Comme machines horizontales ordinaires à un seul cylindre, voici d'abord dans la grande galerie des machines françaises, la machine Farcot, la machine Duvergier, de Lyon, celle de MM. Olry et Granddemange, de Paris, et d’autres.
- De la machine Farcot, il est peu utile de donner une description détaillée, car ce type est connu de longue date. Rappelons-en seulement les parties essentielles qui consistent : 1° dans la détente Farcot; 2° dans le régulateur Farcot.
- La détente Farcot a été l’une des premières imaginées pour rendre le degré d’admission dans le cylindre à vapeur solidaire du fonctionnement du régulateur. Un tiroir simple percé d’orifices et sur le dos de ce tiroir deux glissières butant plus ou moins tôt contre une came orientée par le régulateur, tel est le principe. Les orifices sont fractionnés sur le dos du tiroir, et il y en a trois pour chaque conduit d’admission. De cette façon, un faible mouvement linéaire de chaque glissière découvre une section assez considérable. A chaque extrémité de sa course, chaque glissière rencontre
- une butée fixe; et lorsque la machine est au repos, des ressorts remplacent pour appliquer les glissières contre le dos du tiroir la pression de vapeur absente.
- Un seul excentrique appliqué au tiroir principal suffit au fonctionnement du système, et les glissières suivent le mouvement de ce tiroir jusqu’aux butées, en vertu de la pression de la vapeur qui les y applique.
- La détente Farcot n’est pas mauvaise en elle-même, et donne des résultats économiques lorsqu’elle est bien déterminée et bien établie. Malheureusement, elle ne laisse pas que d’être un peu délicate, et un grand nombre de détentes Farcot établies par des constructeurs autres que MM. Farcot et fils eux-mêmes ne fonctionnent pas du tout ou fonctionnent mal.
- Cela tient à des causes diverses. Tantôt ia construction négligée empêche les diverses parties du mécanisme de jouer en réalité le rôle dévolu à chacune.
- D’autres fois, on a voulu appliquer une détente Farcot sur une glace de çylindre et sur des orifices qui n’étaient nullement disposés pour cela; et toutes les surfaces de contact et de séparations des orifices se trouvent insuffisantes. C’est cet inconvénient des tables trop courtes qui se présente le plus souvent en pratique. C’est du moins celui que nous avons eu l'occasion d’observer le plus souvent, et nous pensons que la plupart des détentes Farcot, construites par la maison Farcot elle-même, donnent satisfaction.
- En ce qui concerne le régulateur Farcot, il a un double but : 1° établir une liaison variable entre chaque position du régulateur et le degré correspondant de détente ; en d’autres termes, permettre de marcher à la même vitesse avec des admissions différentes, suivant la charge; 2° permettre aux boules du régulateur d’occuper dans chaque situation de celui-ci une position momentanée à’équilibre stable, au lieu de se trouver livrées à une série indéfinie d’oscillations. A cet effet, les centres des boules se trouvent astreints à parcourir une parabole (sensiblement) au lieu de s'e mouvoir suivant un arc de cercle.
- Tels sont en résumé ies points saillants des machines Farcot ancien type, et l’on s’explique par des qualités très-sérieuses leur grande vogue, surtout à une époque où le nombre des bons constructeurs et des types bien étudiés, se trouvait fort restreint.
- Nous ne savons du reste si les machines Farcot anciennes ne valaient pas tout autant, sous beaucoup de rapports, que les machines Farcot actuelles à quatre distributeurs.
- En ce qui concerne les machines Duvergier, de Lyon, on en voit un très-beau spécimen dans la grande galerie des machines françaises à côté d’une taillerie de diamants qui attire toujours une grande foule de curieux.
- La construction de la machine Duvergier est extrêmement soignée ; et bien queles organes paraissent un peu compliqués et que l’aspect général ne soit pas aussi élégant que celui de beaucoup d'autres machines, la marche est extraordinairement douce.
- Le représentant de la maison offre du reste à qui veut les voir des tableaux d’expériences extrêmement
- satisfaisants. Mais il se refuse absolument à donner aucune explication sur le fonctionnement de la machine et sur la manière dont ces résultats sont obtenus. Sans donc contester en aucune façon que la machine Duvergier soit ou tout au moins doive être une excellente machine, nous regrettons de ne pouvoir en apporter au lecteur d’autre démonstration que l’expression de l’opinion publique du pays et les affirmations du représentant.
- L. Poillon,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- LES CHAUDIÈRES
- exposées par M. Le Brun dans le Pavillon des Machines hydrauliques de Paris Système breveté s. g. d. g.
- Le groupe de deux chaudières qui va être décrit a été étudié pour fournir de la vapeur aux machines établies au Trocadéro par M. Le Brun, constructeur à Creil, pour le service des eaux de l’Exposition universelle de 1878.
- Chaque chaudière se compose de deux bouilleurs reliés par des communications d’un grand diamètre au corps principal de la chaudière.
- Le corps cylindrique est en forte tôle et d’un grand diamètre. Les fonds plats dans lesquels sont percés les trous destinés à recevoir les tubes sont très-épais afin qu’en baguant les tubes ces trous ne puissent se déformer.
- Ce corps cylindrique est chauffé directement par dessous en même temps que les bouilleurs sur les côtés par des retours de flamme qui sont décrits plus loin, ce qui constitue avec les bouilleurs une partie de la surface de chauffe générale de cet appareil.
- La surface de chauffe complémentaire est obtenue par un faisceau de tubes en fer d’un grand diamètre qui présentent une grande résistance par suite de leurs dimensions, ce qui permet de les établir sans avoir besoin de les soutenir dans leur longueur.
- On peut donc en profitant de leur rigidité, et en les baguant fortement et avec soin, s’en servir pour maintenir les plaques tubulaires du corps cylindrique et les empêcher de se déformer sans le secours d’entretoises ni tirants.
- Les grandes dimensions de ces tubes permettent d’en réduire le nombre et de laisser entre chaque rangée un espace suffisant pour que ia solidité des plaques tubulaires se trouve parfaitement assurée. Le grand diamètre donne toute facilité pour le nettoyage intérieur des tubes..
- La chaudière porte un dôme de vapeur d’une grande capacité dans lequel on a toujours de la vapeur sèche, les entraînements d’eau étant ainsi complètement évités. Le dôme est surmonté des appareils de prise de vapeur, lesquels sont reliés par un tuyau permettant à la pression de s'équilibrer dans les deux chaudières qui sont placées côte à côte dans un seul et même fourneau et ont entre elles un bouilleur, dit réchauffeur, placé de telle sorte que sa partie supérieure est un peu au-dessous du niveau que l’eau doit occuper dans les deux chaudières et qui reçoit directement des pompes l’eau d’alimentation destinée à entrer dans l’une ou dans l’autre des chauuièrespour être transformée en vapeur. A cet effet il existe une tubulure à l’extrémité d’arrière de ce bouilleur, laquelle re-
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- LE CONSTRUCTEUR
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- çoit les tuyaux d’alimentation, et à l’avant une autre tubulure mise en communication avec les réservoirs de vapeur des chaudières au moyen de tuyaux et de robinets.
- A l’extrémité avant sont deux tubulures inférieures, desquelles partent deux tuyaux allant respectivement dans un des bouilleursde chaque chaudière pour y conduire l’eau d’alimentation et qui sont munis chacun d’un robinet pour intercepter ia communication au besoin ; enfin le fourneau est constitué par une devanture en fonte possédant quatre portes de foyer et quatre portes de cendriers, affectés deux par deux au service de chaque chaudière-, deux grandes portes supérieures s’ouvrent devant chaque corps cylindrique, afin de permettre le nettoyage des tubes et celui de l’entrée des carneaux latéraux, chaque grille règne dans toute la largeur prise par les deux bouilleurs de chaque chaudière. Aussitôt après la grille, le fourneau se prolonge d’abord par un autel et ensuite par un carneau principal conduisant les gaz en contact avec les bouilleurs jusqu’à l’extrémité de la chaudière ; là le carneau remonte et conduit les gaz dans les tubes qu’ils traversent pour revenir à l’avant où ils se séparent pour passer dans des carneaux latéraux à droite et à gauche de chaque corps cylindrique et se rendre ensuite à la cheminée.
- Un de ces carneaux latéraux de chaque chaudière laisse à nu une partie du bouilleur réchauffeur placé entre les chaudières, en sorte que les gaz qui les parcourent chauffentnon-seulement les corps cylindriques mais aussi les parois du bouilleur réchauffeur qui sont à découvert et en contact avec eux.
- Chaque carneau latéral est h son extrémité muni d’un registre afin de permettre la règlementation du tirage selon les besoins • des armatures convenables relient les différentes parties du fourneau et assurent sa solidité et sa durée.
- f'onetioimement et Conduite des Chaudières.
- Ce groupe de chaudières étant étudié surtout en vue d’un nouvelle disposition de bouilleur réchauffeur commun et d’un chauffage méthodique, il est nécessaire d’examiner leur mode de fonctionnement.
- Conduite des Foyers et des Carneaux.
- Chaque foyer étant d’une très-grande largeur, on a vu ci-dessus qu’il était nécessaire d’avoir deux portes pour leur service afin d’en atteindre toutes les parties. Les foyers ayant été chargés, si la combustion devient trop active (la combustion devant être lente avec les dimensions de grilles), on fermera une des portes des cendriers comme cela se fait habituellement; mais il peut arriver que le bouilleur réchauffeur soit à une trop haute température, ce bouilleur ne devant pas produire de va- j peur ; ou à une température trop basse, ce qui se- | rait défectueux, l’eau devant être chauffée à un 1 degré convenable avant d’être introduite dans les chaudières. Il faudra donc aussi fermer un des deux registres de la chaudière considérée ; et suivant le cas, ce sera celui qui permet au gaz d’être en contact avec le bouilleur réchauffeur ou celui qui fera passer les gaz dans le.carneau latéral opposé audit bouilleur afin qu’il ne soit pas échauffé.
- On voit que par cette disposition on peut à volonté mettre une ou les deux chaudières en feu et que le bouilleur réchauffeur est dans l’un ou l’autre cas chauffé à la température qu’on juge la plus convenable.
- Alimentation.
- Comme il est dit plus haut les tuyaux d’alimentation sont branchés sur une tubulure par laquelle l’eau pénètre dans le bouilleur réchauffeur. Ce bouilleur est entièrement plein d’eau et au-dessous du niveau d’eau normal des chaudières.
- Cette disposition a pour résultat, lorsque les deux chaudières marchent ensemble, de conserver la même hauteur d’eau dans les appareils et aussi d’empêcher la formation de la vapeur dans le bouilleur; dans le cas où cette dernière se formerait malgré les dispositions prises, elle se dégagerait par la tubulure située à l’avant du bouilleur et en communication avec le réservoir de vapeur des chaudières. Ceci a lieu lorsque les deux chaudières marchent ensemble. Mais lorsqu’une chaudière seule doit fonctionner, on voit qu'il suffit de fermer
- le tuyau d’avant correspondant à la chaudière qui ne marche pas et le tuyau delà tubulure supérieure d’avant pour que la communication n’ait lieu qu’avec la chaudière en marche.
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- FAITS DIVERS
- Le tome VII du Catalogue général (Concours d’animaux vivants et d’horticulture) vient de paraître. — Prix : 1 fr. 50.
- Les autres volumes actuellement mis à la disposition du public sont :
- Le tome I*r, groupe I (Beaux-Arts). — Prix :
- 2 francs.
- Le tome II. — Section française : France. — Groupes II à VI. — Classes 6 à 68. — Prix :
- 3 francs.
- Le tome III. — Section française : France. — Groupes VII à IX. — Classes 69 à 90. — Algérie, colonies. — Prix : 3 francs.
- Le tome IV. — Sections étrangères, lre partie. — Prix : 3 francs.
- On connaît aujourd’hui le chiffre exact des dépenses qu’a occasionnées la construction de l’Exposition universelle. Le ministre du commerce a annoncé à la commission du budget que le total de ces dépenses était de 45,300,000 francs. Il est supérieur de 10 millions aux prévisions qui étaient formulées dans le projet de loi présenté aux Chambres en 1876. Cette augmentation tient à ce qu’on a accru, dans une assez forte proportion, les surfaces sur lesquelles des constructions supplémentaires ont été élevées pour satisfaire aux exigences qu’on n’avait pu prévoir deux années d’avance.
- ^Mais, si les prévisions des dépenses sont dépassées, nous avons la satisfaction de dire que celles des recettes le sont également. Le produit des entrées, qu’on évaluait en 1876 à 6 millions, puis à 10, en pensant qu’il y avait peut-être exagération, sera, si l’on en juge par les six premières semaines écoulées depuis l’ouverture de l’Exposition, de beaucoup supérieur à ce chiffre. En s’en tenant à de justes appréciations, le ministre du commerce estime à 14 millions le produit des entrées. Et encore cette estimation a-t-elle été faite alors qu’on ne soupçonnait pas le succès absolument inespéré des premiers jours de cette semaine, où l’on a dépassé les recettes les plus fortes de 1867.
- En tenant compte de ce double mouvement d’augmentation des recettes et des dépenses, on suppose que le déficit sera au plus égal à celui qu’on prévoyait en 1876, c’est-à-dire de 10 millions. On calcule en effet de la manière suivante les recettes que vaudra l’Exposition au Trésor :
- Produit des entrées, 14 millions; revente des matériaux du Champ-de-Mars, 7 millions; subvention de la ville de Paris,6 millions; rachat du palais du Trocadéro par la ville de Paris, 3 millions ; redevances des cafés et restaurants du parc, 3 millions et demi; produit des concerts du Trocadéro, 1 million. Total, 34 millions et demi.
- Ajoutons qu’en regard de ce fait, il faut placer la plus-value certaine du rendement des impôts indirects en 1878, qu’on évalue au minimum, à 10 millions.
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- LES APPAREILS DE CHAUFFAGE
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Il est de règle de faire précéder une étude détaillée d’appareils, de quelque nature qu’ils soient, par des considérations générales qui rappellent les principes fondamentaux qui ont servi de guides dans la construction desdits appareils. Cela est absolument nécessaire et nous aurions voulu le faire ; mais quand on essaie de définir, formuler les principes sur lesquels repose l’industrie du chauffage, on se trouve en présence d’opinions tellement diverses (souvent contraires), que la plus grande réserve s’impose. Nous espérons que l’initiative prise par M. Trélat, devant la Société des ingénieurs civils, puis le Congrès d’hygiène, auront comme résultat d’élucider quelque peu la question, pour le plus grand bien de la santé publique.
- On comprendra notre réserve en lisant les quelques explications suivantes :
- « Tel air, tel sang » écrivait Romazzini en 1691.
- « L’action de l’air sur l’économie est de tous les instants, elle est identique avec la vie » : c’est ainsi que s’exprime un médecin célèbre, Michel Lévy, dans son traité d’hygiène.
- Si le rôle de l’air sur notre santé est aussi considérable, et ce fait aujourd’hui n’est plus mis en doute par personne, il est évident que nous devons apporter le plus grand soin à nous procurer de l’air pur.
- Avoir de l’air pur, même dans les grandes villes, est extrêmement facile quoiqu’on dise.
- A Paris, depuis que de grandes voies de communication ont remplacé les rues étroites comme on en rencontre encore ça et là quelques-unes, on peut dire que partout on a de l’air pur ; mais autre chose est d’avoir de Pair pur à l’intérieur de nos habitations. Tout, dans nous et autour de nous, concourt à la viciation de l’air que nous respirons.
- Or, parmi les nombreuses causes de viciation de l’air, il en est une qui dépend essentiellement du plus ou moins bon agencement des appareils de chauffage que nous employons.
- Si certains appareils de chauffage sont susceptibles de vicier dans une certaine mesure Pair que nous respirons, ils sont mauvais quelqu’économique que soit leur emploi.
- C’est donc au point de vue exclusif de l’hygiène que nous devrions nous placer, pour porter un jugement sur les appareils exposés, car la première et la plus sérieuse économie à réaliser en ce monde est celle de notre santé. Mais, ainsi que nous l’avons dit en commençant, les opinions souvent fort opposées que professent les hommes compétents, au sujet de l’action des appareils de chauffage sur les qualités de Pair que nous respirons, nous empêchent de nous prononcer dès maintenant.
- Dans le programme des questions dont l’étude est soumise au Congrès d’hygiène qui doit se tenir a& mois d’août, au Trocadéro, on a fait figurer l’étude de quelques points intéressants, mais l’ensemble des questions hygiéniques se rattachant à l’action des appareils de chauffage sur les qualités de Pair nous paraît avoir été totalement négligé. Nous avons écrit au Comité organisateur du Congrès d’hygiène pour lui signaler cette lacune importante. Nous espérons qu’elle sera comblée et que les discussions provoquées sur ce sujet auront pour résultat de fixer les idées sur ces questions encore vagues dont la connaissance exacte intéresse au plus haut point la conservation de la santé publique.
- Nous attendrons donc que le Congrès d’hygiène se soit prononcé pour examiner et discuter à notre tour aussi bien les conclusions qui seront prises que les applications qu’on peut en faire aux appareils de chauffage qui sont exposés.
- Quant à présent nous nous bornerons simplement à décrire les appareils en les examinant au double point de vue de leur agencement et de l’économie ii que procure leur emploi.
- i Notre étude comprendra deux parties. Dans la première nous nous occuperons des appareils employés pour le service des locaux habités ; dans la seconde, nous décrirons les appareils industriels; — quant à l’ordre à suivre, il nous a paru que le plus simple était de passer successivement en revue, les appareils exposés par chaque nation.
- Classe 27.
- Les appareils exposés par les constructeurs français sont placés soit dans le palais, à la classe 27, soit dans une grande annexe située près le pavillon du Creusot.
- La maison Duvoir-Leblanc expose le modèle d’une installation de chauffage et de ventilation qu’elle vient d’exécuter au Dépôt, près la préfecture de police à Paris. Les résultats obtenus sont réellement remarquables, comparés à la simplicité des moyens employés. Le chauffage est produit par des circulations d’eau placées dans un vaste conduit suspendu au plafond du sous-sol situé au-dessous des pièces à chauffer. L’air pur pris à
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- même le sous-sol s’échauffe au contact des tuyaux d’eau chaude et pénètre dans les pièces et salles du Dépôt par des conduits dont les orifices d’émission sont à environ 1 m. 50 du sol. L’air vicié est appelé daos des conduits fermés par des grilles placées verticalement près du sol.
- Les orifices d’entrée et de sortie d’air ont été calculés pour obtenir des vitesses qni ne soient pas gênantes.
- D’après les procès-verbaux dressés lors de la réception définitive, les appareils qui avaient été prévus pour maintenir une température moyenne de 16 degrés dans des salles occupés par 350 individus en comptant sur un renouvellement d’air de 20 mètres cubes par heure et par individu, soit 7,000 mètres cubes par heure, ces appareils, disons-nous, ont permis de maintenir la température nécessaire, mais en produisant une ventilation de 13,486 m. cubes soit environ 38 mètres cubes d’air par heure et par individu.
- Nous ne pouvons entrer dans le détail de quelques dispositifs qui caractérisent cette installation dont le résultat comparé aux prescriptions du cahier des charges ne laisse rien à désirer.
- ~ Le plan du chauffage du château de Chantilly, un modèle de lessiveuse automatique, puis, un petit modèle de calorifère à eau chaude, formé par des tubes horizontaux, complètent l’ensemble de l’exposition de la maison Duvoir-Leblanc qui soutient dignement la bonne réputation que s’est justement acquise son fondateur dans l’exécution des grands travaux de chauffage par circulation d’eau chaude.
- M. Jules Grouvelle, qui continue les traditions paternelles en appliquant le chauffage^ vapeur, expose quelques tableaux représentant : 1° le chauffage et la ventilation de la prison de Tours ; 2° les détails d’un appareil purgeur automatique ; 3° l’ensemble d’un calorifère à air chaud.
- Au-dessous de ces tableaux, sur un pupitre, M. Grouvelle a placé un album contenant le détail de diverses applications qu’il a faites notamment à la prison de la Santé.
- L’installation faite par M. Grouvelle dans la prison de Tours est doublement intéressante, car elle est simple et peu coûteuse. Les frais de construction ont atteint pour chaque cellule 125 fr. pour le chauffage et 65 fr. pour la ventilation, soit en tout 190 fr.-, ce qui pour un effectif de 112 cellules représente une dépense totale de 21,000 francs environ (1).
- Le chauffage est obtenu partie à l’aide de la vapeur qui circule dans des bornes en fonte placées à même les cellules et partie par l’air chaud revenant du couloir central.
- La ventilation des cellules s’effectue par les tuyaux de chute sous l’action de l’appel énergique créé dans deux hautes cheminées, par la chaleur perdue du tuyau de fumée.
- Les dispositions aussi simples qu’ingénieuses employées par M. Grouvelle sont excellentes, pourtant nous pensons qu’il eût été préférable de chauffer exclusivement les cellules par émission d’air chaud. L’emploi des surfaces rayonnantes, placées à même les salles ou les cellules ne nous paraît admissible que lorsqu’il s’agit de chauffer des espaces non habités. Cette manière de voir est loin d’être partagée par beaucoup de personnes, mais nous sommes convaincus que dans un temps donné on renoncera au chauffage par l’emploi de surfaces rayonnantes, dont la première action consiste précisément à contribuer à la viciation de l’air que nous respirons.
- L’appareil purgeur automatique que M. Grouvelle emploie dans ses chauffages pour ramener, sans perte de vapeur, l’eau condensée à la bâche d’alimentation, est un appareil simple et bien agencé ; les points de suspension de ses diverses parties mobiles sont disposés pour éviter les frottements qui pourraient entrave^ le fonctionnement automatique de l’appareil.
- (1) Cette dépense est fort peu importante comparée à celle admise généralement et qui varie entre 400 fr. et 500 fr. par cellule.
- Tel qu’il est, ce purgeur nous paraît pouvoir rendre de très utiles services, non-seulement dans l’installation des chauffages à vapeur, mais encore dans l’industrie en général, pour débarrasser automatiquement les canalisations de vapeur de l’eau de condensation qu’elles contiennent.
- Dans la seconde partie de cette étude, nous donnerons la description de quelques applications industrielles du chauffage à vapeur faites par M. Grouvelle avec autant de succès que celui qu’il a obtenu dans ses installations du chauffage dans les édifices publics.
- La maison d'Hamelincourt était en 1867 considérée comme la première dans l’industrie duchauf-* fage. Parmi les travaux considérables exécutés par cette importante maison il nous suffira de rappeler le Grand Opéra de Paris, les gares du Nord, d’Orléans, de Lyon et l’Asile St-Anne.
- Nous avons craint un moment que la mort de M. d’Hamelincourt, survenue tout récemment, en privant la maison du chef qui avait fait faire tant de progrès à l’art si difficile du chauffage et de la ven’ tiiation, ne vînt apporter quelqu’entrave à l’exposition intéressante qu’on était en droit d’attendre ; il n’en a rien été.
- La maison d’Hamelincourt expose tout d’abord un appareil hydro-calorifère, ou calorifère de cave à eau chaude.
- Cet appareil est formé par une chaudière verticale à foyer intérieur ; de cette chaudière partentdes canalisations qui alimentent de vastes poêles ou surfaces annexes en fonte placées latéralement tout autour de la chaudière centrale qui ne peut jamais être sous pression parce qu’elle est munie d’un tuyau d’échappement libre. La seule critique que nous nous permettrons est celle-ci : nous ne comprenons pas pourquoi M. d’Hamelincourt a placé des nervures sur les surfaces des poêles à eau chaude, où elles nous paraissent absolument inutiles. L’emploi des surfaces nervées, conseillé parPécietdès 1840, se comprend quand il s'agit d’empêcher les surfaces de transmission d’atteindre une trop haute température, comme cela est nécessaire dans une certaine mesure avec les calorifères à air chaud. Mais des nervures sur des surfaces chauffées au plus à 90 degrés, cela ne se comprend guère, car l’augmentation assez insignifiante du rendement est compensée par un excès de dépense qu’il eût été facile de réduire dans une notable proportion.
- Tel qu’il est, et plus encore, en le simplifiant, l’appareil hydro-calorifère de M. d’Hamelincourt constitue un excellent appareil de chauffage qui réunit à très peu près les meilleures conditions qu’il soit possible de désirer au point de vue hygiénique, à la condition toutefois que son fonctionnement soit combiné avec celui d’une ventilation très-abondante.
- Le calorifère à air chaud, exposé par la maison d’Hamelincourt,est un appareil simple comme construction et dont le fonctionnement, méthodique assure la bonne utilisation du calorique développé.
- Ce calorifère construit en fonte et tôle comprend un foyer rectangulaire dont les parois formées par des plaques de fonte à nervures extérieures sont garnies à l’intérieur de briques réfractaires pour empêcher l’action du combustible sur le métal.
- Autour du foyer central, sont disposées plusieurs colonnes formées par des anneaux en fonte également munis de nervures extérieures. En sortant du foyer par la partie supérieure, les produits de la combustion pénètrent dans ces colonnes où ils circulent méthodiquement de haut en bas, en se refroidissant tandis que l’air à chauffer pris à l’extérieur, amené à la base de la chambre de chaleur, s’échauffe progressivement au fur et à mesure qu’il s’élève et se trouve au contact de surfaces de plus en plus chaudes.
- Quand la fumée est parvenue à la base des colonnes latérales où elle s’est refroidie, elle s’échappe par des conduits en tôle qui la ramènent à la partie supérieure du calorifère dans un récipient d’où elle est menée par un tuyau à la cheminée. Cette dernière partie du calorifère nous paraît inutile et défectueuse à tous les points de vue, mais comme elle
- peut être facilement corrigée nous n’insisterons pas.
- Nous ne pouvons décrire faute de place les dispositifs ingénieux imaginés par M. d’Hamelincourt pour résoudre les problèmes si complexes et si difficiles qu’offraient la ventilation et le chauffage de l’Opéra, de l’asile Ste-Anne, etc.
- En terminant cet examen trop rapide de l’exposition de cette maison nous ne pouvons que former le vœu de voir une direction active et intelligente reprendre les traditions et développer l’importance d’une maison que M. d’Hamelincourt avait su placer et maintenir au premier rang dans l’industrie du chauffage.
- Auguste BOUVET, Ingénieur civil,
- i7, rue Fontaine du Roi.
- (4 suivre).
- LES CONGRÈS ET CONFÈRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Congrès international des moyens de transport.
- Arrêté du 11 juin 1878.
- Art. 1er. — Un Congrès international, pour le développement et l’amélioration des moyens de transports, est autorisé à se tenir dans l’une des salles du Trocadéro, du 22 au 27 juin 1878.
- Art. 2. — M. le sénateur, commissaire général, est chargé de l’exécution du présent arrêté.
- PROGRAMME DU CONGRÈS
- I. — Chemins de fer.
- 1° Extensions, prolongements et raccordements des divers réseaux de chemins de fer au point de vue du développement des relations internationales ;
- 2° Systèmes suivis dans les différ&mts pays en matière de construction, d’exploitation et d’administration des voies ferrées ;
- 3° Bases sur lesquelles pourrait être établie une statistique internationale des chemins de fer;
- 4° De l’établissement d’une législation internationale sur les transports par chemins de fer.
- II. — Navigation.
- 1° Navigation intérieure, fleuves, rivières, canaux, extension et raccordements des réseaux concordance des chômages au point de vue international;
- 2» Navigation maritime, développement et aménagement des ports de commerce.
- ...... ---------
- Congrès international des Architectes.
- Arrêté du 11 juin 1878.
- Art. 1er. — Un congrès international des architectes est autorisé à se tenir aü palais du Trocadéro, du 29 juillet au 3 août 1878.
- Art. 2. — M. le sénateur, commissaire général, est chargé de l’exécution du présent arrêté.
- PROGRAMME DU CONGRÈS
- I. — Etat actuel de l’architecture publique et privée. — Influence de la nationalité. — Conservation des monuments historiques.
- IL — Enseignement de l’architecture. — Ecoles nationales, publiques et privées.
- III. — Condition de l’architecte. — Responsabilité. — Propriété artistique. — Honoraires.
- IV. — Personnel du bâtiment. — Organisation du chantier. — Apprentissage.
- ,V. — Concours publics.
- VI. — Gonférenées et rapports sur l’esthétique, le Salon de 1878 et l’Exposition universelle de 1878 (Architecture et arts et industries se rattachant à l’architecture).
- Nota. — D’autres questions intéressant l’architecture pourront, après avis préalable du comité d'organisation, être soumises aux délibérations du Congrès.
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- Paris________________LE CONSTRUCTEUR 86, rue Blanche.
- 36 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- LE JURY INTERNATIONAL DES RÉCOMPENSES
- à l’Exposition universelle
- GROUPE VI
- Outillage et procédés des industries mécaniques (suite) (1).
- CLASSE 51 (suite)
- France. — Pinet (d’Abilly), constructeur de machines agricoles, maire, conseiller général.
- —. Chabrier (Ernest), ingénieur civil, vice-président de la société des agriculteurs, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition uviverselle de 1878.
- — Durand-Claye (Alfred), ingénieur des ponts et chaussées, attaché aux travaux d’utilisation des eaux d’égouts à Gennevil-liers, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- — Liébaut, ingénieur-constructeur, secrétaire de la société des agriculteurs, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- Suppléant. — Caron, ingénieur en chef, inspecteur des manufactures de l’Etat, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- CLASSE 52
- Matériel et procédés des usines agricoles et des industries alimentaires.
- Angleterre et ses colonies. — Lieutenant-colonel Grantham.
- Autriche-Hongrie. — Gustave Noback, ingénieur et fabricant à Prague.
- — Le docteur Eugène de Rodiczky, professeur à l’académie supérieure d’agriculture à Magyar-Ovar.
- Suisse. — John Blanchot.
- Belgique. — Gilain, industriel à Tirlemont.
- France, — Mignon, ingénieur-constructeur, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- — Cogniet, juge au tribunal de la Seine, membre du comité d’admission à l’Ex-
- , « position universelle de 1878.
- Menier, député, manufacturier à Noisiel, , 5, avenueVan-Dyck, parc Monceau, Paris.
- — Groult jeune, manufacturier, membre du jury à Vienne (1873), membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- Suppléant. — Boüssihgàult fils, essayeur chimiste à Besançon,- 6, place des Vosges, à Paris.
- CLASSE 53
- Matériel des arts chimiques, de la pharmacie et de la tannerie.
- Angleterre et ses colonies. — Berger Spense, esq.
- France. — Wurtz, docteur, ancien doyen de là faculté de médecine, membre de l’Institut, membre du jury (1867), membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878.
- — Leblanc, ingénieur, professeur à l’école centrale des arts et manufactures, avenue Victoria, annexe nord.
- — Limousin, pharmacien, lauréat de l’Exposition de 1867, membre du jury à l’Exposition d’hygiène de Bruxelles (1876), membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- Suppléants. — Schmitz, ingénieur de la compagnie parisienne du gaz, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- — Truelle, juge au tribunal de commerce, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878.
- (1) Voir notre dernier numéro.
- CLASSE 54
- Machines et appareils de la mécanique générale.
- Angleterre et ses colonies. — John Robinson, esq, président de la société des ingé-' nieurs mécaniciens.
- — John Anderson, esq., L. L. D., M. I. C. E*
- Etats-Unis. — Professeur George Davidson.
- — Thomas James Sloan.
- Italie. — Alessandro Mantese, ingénieur en chef du génie civil.
- Suède et Norwège. — A. B. Münter, gérant de la compagnie des usines de Kockum.
- Espagne. — Meiiton Martin.
- Autriche-Hongrie. — Charles Pfafï, fabricant de machines à Ottakring.
- Russie. — Della-Vos, directeur de l’école impériale technique de Moscou.
- Suisse. — Autenheimer, directeur du Technicum à Winterthour.
- Belgique. — Dwelshauwers Derg, professeur à l’Université de Liège.
- Pays-Bas. — A. Kapteyn, ingénieur.
- France. — Résal, membre de l’Institut, ingénieur en chef des mines, professeur à l’école polytechnique, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878.
- — llirseh, ingénieur des ponts et chaussées, professeur à l’école des ponts et chaussées, membre de comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878.
- — Rolland, membre de l’Institut, directeur des manufactures de l’Etat, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878.
- — Périssé, ingénieur civil, directeur delà société générale de métallurgie, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- — Goîlignon fils, ingénieur des ponts et chaussées, 70, boulevard Saint-Germain.
- — Peaucèllier, lieutenant-colonel du génie, directeur du génie à Toul (Meurthe-et-Moselle), membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878.
- — De Comberousse, ingénieur, professeur à l’école centrale des arts et manufactures, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle dé 1878.
- — Gargan, ingénieur civil, constructeur-mécanicien, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- Suppléants. — Bourdon père, manufacturier à . Paris, 74, faubourg, du Temple.
- — Leclère, capitaine d’artillerie, attaché au service des expériences de communications aériennes.
- — Henry, capitaine d’état-major, aide de camp du général Ghanzyj hôtel de Castille, rue de Richelieu.
- CLASSE 55
- . Machines-outils.
- Angleterre et ses colonies. — William Richardson, esq. .
- Etats-Unis. — B. B. Hotchkiss.
- — Charles R. Goodwin.
- Suède et Norwège. — E. Franckel, ex-directeur du matériel des chemins de fer de l’Etat.
- Suisse. — Maurice Probst, ingénieur à Berne.
- Belgique. — Schaar, ingénieur en chef, directeur aux chemins de fer de l’Etat à Bruxelles.
- France. — Kretz, ingénieur en chef, inspecteur des manufactures de l’Etat, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- — Crozet-Boussingault, manufacturier au
- Chambon (Loire).
- — Regray, ingénieui'-chef du matériel et de la traction à la compagnie des chemins de fer de l’Est.
- — Rault, ingénieur des manufactures de l’Etat, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- — Pihet, ingénieur-constructeur, membre
- des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- Suppléants. — Frey, ingénieur des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- •— Léon, ingénieur, chef adjoint du matériel à la compagnie des chemins de fer de Paris-Lyon-Méditerranée.
- CLASSE 56
- Matér iel e t procédés du filage et .de la corderie.
- Angleterre et ses colonies. — T. II. Side-botton, esq. M. P.
- France (classes S6 et 57 réunies). — Claude, sénateur, manufacturier, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878.
- — Simon (E), ingénieur, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878.
- — Lecomte, ancien député, fabricant de dentelles.
- — Gros-Hartmann, de la maison Gros-Maro-zeau, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- Suppléant. — Turgan, ingénieur, administrateur de la société du zinc de Silésie et de la société du zinc du midi, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878.
- CLASSE 57. 'b-''
- Materiel et procédés du tissage.
- Angleterre et ses colonies. — Richard Tonge, esq.
- France. —-N...
- CLASSE 58.
- Matériel et procédés de la couture et de la confection des vêtements.
- Angleterre et ses colonies. — F.-A. Paget, esq. C. E,
- États-Unis. — ,N...
- France. — Fanien, manufacturier, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- — Bariquand fils, fabricant de machines à coudre, membre du comité d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- Suppléants. — Gingembre (L.), manufacturier, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878. ..
- — Boussard, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- ' .CLASSE 59.
- Matériel et procédés de la confection des objets de mobilier et d’habitation.
- Angleterre et ses colonies. — The I-Ion Edouard Combes, commissaire général de la Nouvelle-Galles du Sud.
- Etats-Unis. — A.-G. Wilkinson.
- France. — Cousté, entrepreneur de travaux publics, ancien juge au tribunal dé commerce de la Seine, membre du comité d’admission â l’Exposition universelle de 1878.
- — Haret père, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- Suppléants. — Armengaud jeune, ingénieur, ancien élève de l’école polytechnique, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- — Chevalier, entrepreneur de travauxpublics, membre du comité d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- A suivre.
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-
-
- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- o(i, rue Blanche.
- ME DE L EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- 37
- Directeur : M. J.-P. DÀMOURETTE. Ingénieur, ancien Elève de FEeole polytechnique.
- RÉDACTEURS.
- MM. H. de la MÜTTA, Architecte.
- DEBÎË, ingénieur civil.
- L. POILLON, ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEL, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- » \v
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Pans.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction (même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LES MACHINES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Le Puïsomètre de Hall.
- Quelques lecteurs nous demandent des renseignements sur le puïsomètre qui fait en ce moment merveille à l’Exposition universelle et qui, placé tout au bord de la Seine, à l’entrée de l’annexe des pompes, doit à cette situation topographique exceptionnelle l’inappréciable avantage de pouvoir lancer un jet d’eau dans le fleuve presque tout le jour durant sans incommoder personne. Cette circonstance appelle nécessairement l’attention.
- Le puïsomètre étant à la fois un moteur à vapeur et une pompe, nous pouvons en intercaler la description dans notre série d’articles sans trop en bousculer l’ordre logique ni l’enchaînement. Parlons donc du puïsomètre aujourd’hui, puisque c’est après tout un appareil dans lequel de la vapeur agit pour fournir un travail mécanique, bien que ce travail soit spécialement utilisé pour élever de l’eau.
- Disons tout de suite que c’est un instrument qui peut rendre d’excellents services dans certains cas, (en nombre limité).
- Quels sont ces services et quels sont ces cas ? C’est ce que nous étudierons plus loin.
- Occupons-nous d’abord de traduire le prospectus des vendeurs dans lequel, à côté de beaucoup d’exagérations, nous trouverons peut-être bien quelques renseignements utiles. Cela s’est vu. — Donc nous traduisons :
- « Le puïsomètre est la meilleure pompe du » monde pour prendre l’eau à une grande profon-» deur. Il n’exige pas de machine à vapeur. On peut » le suspendre dans le puits le plus étroit. Une fois » en marche, on peut l’abandonner à lui-même. Le » sable et le gravier le laissent indifférent.
- y> Il ne présente aucun mécanisme susceptible » de se déranger. Les seules parties de l’appareil » sujettes à s’oser à la longue, sont des valves fa-» elles à réparer immédiatement et à peu de frais.
- » Pas d’huile, de suif, ni de bourrages. C’est la » meilleure pompe d’entrepreneurs et la. meilleure » pompe de cale, la meilleure pompe pour produits » chimiques.
- » Aucune pompe capable d’élever la même » quantité d’eau ne peut être montée dans un es-» pace aussi resserré, ni montée en aussi peu de » temps ni à si peu de frais, »
- Donnons tout de suite, après cela, le tarif ; et nous en aurons fini avec le boniment. Nous examinerons le fonctionnement aussitôt après. Voici donc le tarif :
- DIAMÈTRE DIAMÈTRE DIAMÈTRE
- N« DO TUYAU (le prise de vapeur. DO TUYAU d’aspiration. DE TUYAU de décharge.
- i 1/4 de pouce 1 pouce 1/2 1 pouce.
- 2 1/4 » 2 1 1/2
- 3 1/2 » 3 2
- ! 4 1/2 • » 4 2 1/2 j
- 5 3/4 » 4 1/2 3
- 6 1 pouce. 5 3 1/2
- ! ? 1 » 6 4
- 1 8 ! 1 1/4 7 5
- ! y ! 1 1/2 9 0
- i 10 j 1 1/2 10 7
- ii 1 2 » 12 8
- 12 } 2 1/2 15 10
- 13 | 3 » 18 1 12
- Lorsque nous aurons dit après cela que l’on emploie encore le puïsomètre comme cheval-alimentaire et que pour 10, 15, AO et 75 chevaux les prix sont de 10, 33, 16 et 23 livres, nous aurons exposé tout ce que le prospectus pouvait nous fournir de renseignements.
- Mais beaucoup de lecteurs ne se contenteront pas de cela.
- Il n’est que temps d’expliquer en quelques lignes le principe et le fonctionnement de Rappareil. C’est ce que nous allons faire.
- Supposez un corps de pompe sans piston, plon-geantpariebasdans l’eau et portantun clapet d’aspi-rationunpeu au-dessus du niveau de l’eau et sur le côté un ciapet de refoulement avec tuyau correspondant, le haut dudit corps de pompe étant fermé et communiquant avec un tuyau de vapeur muni d'un robinet. Remplissez le corps de pompe de vapeur et fermez votre robinet ; il est clair
- IMPÉRIAL GALLOXS par heure. PRIX de la POMPE. PRIX DES CLAPETS . de pied. - -, - ..... ...... PRIX DES VALVES dites de back pressure
- 500 13 L. 1 L. 5 shill. IL. 5 shill J
- 1450 20 1 15 1 15 !
- 3000 26 2 15 2 io ;
- 5000 35 3 10 2 17 j
- 9000 45 4 » 3 5 • !
- 13200 55 4 15 4 » !
- 17000 70 5 5 4 15 !
- 26000 100 6 » 5 5 ;
- 30000 120 7 10 6 ;) i
- 52000 150 9 » 7 >, j
- 65000 200 il » . 8 » !
- 95000. 250 |13 » V 10 10 i
- 140000 350 | 14 » 13 » i
- que la vapeur emprisonnée là-dedans va se condenser en partie, déterminant ainsi un vide partiel. — L’eau de la nappe inférieure montera donc dans le corps de pompe en soulevant le clapet d’aspiration en vertu de la pression atmosphérique et finira par le remplir complètement en condensant toute la vapeur primitivement contenue. A cet instant, rouvrez le robinet de vapeur : aussitôt la vapeur viendra faire pression sur le liquide et l’expulsera par le tuyau de refoulement en s’y condensant en faible partie et remplissant de nouveau le cüÉffe de pompe. — Répétez périodiquement l’ouverture et la fermeture du robinet ; et vous voyez immédiatement que vous avez un moyën (peut-être peu économique mais assurément fort simple) d’élever de l’eau par des poussées de vapeur successives, que nous pourrons qualifier de pulsations ou battements. !
- L’idée fondamentale étant bien comprise, au heu !
- d’avoir un seul corps de pompe, mettez-en deux, l’un à côté de l’autre en réunissant leurs aspirations et leurs refoulements. Au lieu de laisser ces corps de pompes cylindriques (ce qui ne présente aucun intérêt puisqu’il n’y a pas de piston) donnez à chacun la forme d’une demi-poire à peu près, les gros bouts étant en bas. Vers le haut (queue de la poire) supposez un tuyau de vapeur unique vertical envoyant un embranchement à chaque ventricule ou compartiment ; et au lieu d’un robinet à chaque embranchement, supposez une seule soupape sphérique voyageant de l’un à l’autre, de telle façon que chaque ventricule soit alternativement ouvert et fermé à l’arrivée de là vapeur. Voilà le pul-somètre trouvé ; et tandis qu’un ventricule se remplit d’eau, la vapeur agit dans son voisin pour expulser par le refoulement l’eau introduite un. instant auparavant. Puis la soupape sphérique revient fermer l’introduction de vapeur sous l’influence de la condensation partielle éprouvée par celle-ci ; et ainsi de suite. Les mêmes effets se reproduisent périodiquement ; et les pulsations subordonnées au mouvement de la soupape se succèdent plus ou moins espacées suivant la pression de la vapeur, la hauteur d’aspiration, celle du refoulement, etc.
- Comme on le voit, on ne peut rien concevoir de plus simple que ce mécanisme. Un appareil en fonte brute avec des clapets faciles à visiter, quelques bouts de tuyaux et un jet de vapeur ; et c’est tout. Vous suspendez cela à une chaîne ou à ce que vous voulez ; et vous supprimez 'a la fois et une bonne partie de la dépense d’acquisition, et la plus grande partie des frais d’installation. Pour assécher un puits de mine, une carrière, une cave, et pour faire en général n’importe quel travail répondant à des besoins momentanés, rien de mieux. Pour un service fixe, devant fonctionner à demeure, les avantages de simplicité et d’économie disparaissent au, contraire devant l’exagération de la dépense journalière de vapeur et de combustible.
- Quels sont du reste les résultats pratiques et économiques du puïsomètre? C’est ce que nous examinerons dans un prochain article, en rendant compte de quelques expériences faites sur cet instrument.
- L. Poillon,
- ingénieur des Arls et Manufactures.
- Lois diverses relatives à l'Exposition universelle
- Uai pas-tant ouverture au ministre de l’instruc* tion publique, des cultes et des beaux-arts d’im crédit de 100,009 franes sur l’exercice IS1?1®, à l’effet de réunir à Paris, pour visiter l’Exposition et assister à des conférences pédagogiques, des instituteurs et autres membres de l’enseignement primaire.
- Art. 1er. — Un crédit de cent mille francs (100.000 fr.) est ouvert au ministre de l’instruction publique sur l’exercice 1878 (chapitre 35, instruction primaire), à l’effet de réunir à Paris, au moment des vacances scolaires, pour visiter l’Exposition et assister h des conférences pédagogiques, le plus grand nombre possible d’instituteurs et autres membres de l’enseignement.
- Art. 2. — Une commission nommée par le mi-
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- Paris. LE CONSTRUCTEUR 56, rue Blanche.
- 38 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- nistre de l'instruction publique sera chargée, de concert avec le ministre de l’agriculture et du commerce, d’organiser ces réunions et de prendre toutes les mesures nécessaires pour l’exécution de la présente loi.
- Loi relative aux récompenses à décerner à l’occasion «le l’Exposition universelle de Paris en
- 18*8.
- Article unique. — Le Gouvernement est autorisé à faire dans l’ordre de la Légion d’honneur, sur la proposition du ministre de l’agriculture et du commerce, en dehors des dispositions restrictives des trois premiers paragraphes de l’article 1er de la loi du 25 juillet 1873, en faveur des artistes, des agriculteurs, des industriels et de leurs collaborateurs, contre-maîtres et ouvriers français, qui se seront le plus exceptionnellement distingués à l’Exposition universelle ouverte à Paris en 1878, des nominations et promotions dont le nombre ne pourra pas dépasser :
- 4 croix de grand-officier,
- 16 croix de commandeur,
- 80 croix d’officier,
- 300 croix de chevalier.
- Soit, en totalité, 400 promotions ou nominations.
- Loi portant ouverture au ministre de l’agriculture et du commerce, sur le budget «le l’exercice ISfS, d’un crédit extraordinaire de 100,000 fr.
- Art. 1er. —• Il est ouvert au ministre de l’agriculture et du commerce, sur le budget de l’exercice 1878, un crédit extraordinaire de cent mille francs (100,000 fr.), sous la rubrique Chapitre 11 bis (Achats de modèles et dessins à l’Exposition universelle de 1878, pour le Conservatoire des arts et métier.)
- Art. 2. — Il sera pourvu à l’acquittement de ces dépenses au moyen des ressources générales affectées au budget de l’exercice 1878.
- LE JURY INTERNATIONAL DES RÉCOMPENSES
- à- l’Exposition universelle
- GROUPE VI
- Outillage et procédés des industries mécaniques (suite) (1).
- CLASSE 60.
- Matériel et procédés de la papeterie, des teintures et des impressions.
- Angleterre et ses, colonies. — Sir Sydney Waterlow Bart, M. P.
- Suède et Norwège. — A. Anderson,professeur à l’école supérieure technique.
- Belgique. — Duysberg, industriel à Huy.
- France. — Ch. Laboulaye, ingénieur-expert, ancien fabricant de papier, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878,
- — Errnel, ingénieur, chargé de la fabrication des billets à la Banque de France, membre des comités d’admission et d’installation' à l’Exposition universelle de 1878.
- Suppléants. — Turquetill, fabricant de papiers peints, membre du conseil d’administration de l’union centrale des arts appliqués à l’industrie, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878.
- — Deresnêmesnii, ancien directeur de l’Imprimerie nationale.
- CLASSE 61.
- Machines, instruments et procédés usités dans divers travaux.
- Angleterre et ses colonies.—Edwards Wood, esq.
- France. — Lévy, ingénieur civil des mines, membre des comités d’admission et d’insinUation à l’Exposition universelle de 1878.
- — Philipps, membre de l’instilul, ingénieur en chef des mines, 27, rue de Mari-gnan.
- < l) Voir nos derniers numéros.
- Suppléants. — Pierret, horloger-mécanicien, membre du comité d’admission à l’Expositon universelle de 1878.
- — Tourette, fabricant de boutons, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- CLASSE 62.
- Carrosserie et charronnage.
- Angleterre et ses colonies. — T. C. Starey, esq.
- Etats-Unis. — JohnMunroe.
- Russie. — Labsine, directeur de l’école des métiers à St-Pétersbourg.
- Belgique. — Charlet, industriel à Bruxelles.
- Italie. — Lecomte G.-F. Fenaroli, sénateur.
- France,—Binder aîné (Charles), carrossier, maire de l’Ile-Adam, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- — Guiet, membre du jury à l’Exposition de Philadelphie (1876), membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878.
- — Belvalette, carrossier, membre du jury en 1867, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878.
- — Jeanteaud, carrossier, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- Suppléants. — Ban vais, commandant d’artillerie, chargé de la direction du matériel des transports militaires, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- — Lemoine, fabricant de ressorts et essieux, .membre du comité d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- CLASSE 63.
- Bourellerie et; sellerie.
- Angleterre et ses colonies. — Lepel H, Grif-fin, esq.
- Espagne. — S. Exc. le comte de Sanafé.
- Etats de l’Amérique centrale et méridionale. — N...
- France. — Noisette, directeur du matériel de la Compagnie générale des omnibus de Paris, membre du jury en 1867, membre des comités d'admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- — Marion, administrateur de la Compagnie générale des petites voitures, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878.
- — Savoy, négociant commissionnaire, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- Suppléant. — Rilling, membre du conseil d’administration de la Compagnie générale des petites voitures.
- CLASSE 64.
- Matériel des chemins de fer.
- Angleterre et ses colonies. — Capitain Douglas Gallon R. E., G. B. F. R. S.
- Etats-Unis. — Théodore Br on son.
- Suède et Norwège. — A. Aîmgren, ingénieur en chef du service du trafic aux chemins de fer de l’Etat.
- Autriche-Hongrie. — Charles Hornbostel, directeur de la section de la Kaiserin-Elisabetli-balm, à Vienne.
- — Albert de Szent-Gyorgyi, ingénieur en chef de la Société des chemins de fer de l’Etat, à Budapesth.
- Belgique. — Belpaire, administrateur des chemins de fer de l’Etat, membre de la commission belge.
- France. — Couche, inspecteur général des mines, 7, me Bonaparte.
- — Üeîaistre, ingénieur en chef des ponts et chaussées, directeur de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, 7, rue d’Amsterdam.
- — Solacroap, ingénieur en chef des ponts et chaussées, directeur de la Compagnie d’Orléans, 8. rue de Londres.
- — Maution. ingénieur en chef des travaux et de la surveillance à la Compagnie des
- chemins de fer du Nord, professeur à l’Ecole centrale des arts et manufactures, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878.
- — Jacqmin, ingénieur en chef des ponts et chaussées, directeur des chemins de fer de l’Est, membre du comité d’admission à l’Exposition ùniverselle de 1878.
- — Marié, ingénieur en chef du matériel et de la
- traction à la Compagnie des chemins de fer de Paris-Lyon-Méditerranée, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878.
- Suppléants. — Bandérali, ingénieur, inspecteur du service central du matériel et de la traction au chemin de fer du Nord, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- — Olîivier (Achille), ingénieur civil, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- CLASSE 65.
- Matériel et procédés de la télégraphie.
- Angleterre et ses colonies. — Major Webber, chef de la télégraphie militaire au Post-Office, membre du conseil de la Société des ingénieurs télégraphistes.
- France. — Becquerel (Edmond), membre de l’Institut, professeur au Conservatoire des arts et métiers, membre des jurys de 1855-1867, membre des comités d'admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- — Bergon, administrateur divisionnaire des lignes télégraphiques, 56, rue Madame.
- Suppléants. — Baron, inspecteur des télégraphes, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- — Hocq, capitaine d’artillerie, directeur du matériel des transports de la télégraphie militaire, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- CLASSE 66
- Angleterre et ses colonies. — Professer Fleeming Jenkin.
- — T. C. Koefer, esq., C. E,, chief executive commis.
- Etats-Unis. — J.-E. Sickels.
- Autriche-Hongrie. — Frédéric Stach, ingénieur civil et vice-président de la Société des ingénieurs et architectes à Vienne.
- Suisse. — Môser, ingénieur en chef de la ville de Zurich.
- Belgique. — Maus, directeur général de l’administration des ponts et chaussées à Bruxelles, membre de l’Académie royale de Belgique.
- Pays-Bas. — J. A. A|. Waldorp, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Italie. — A. Betocchi, inspecteur du génie civil.
- Espagne. — Carlos Maria de Castro.
- France. — Bailly, architecte, membre de l’Institut, inspecteur général honoraire des travaux de Paris, membre du jury à l’Exposition de Vienne en 1873, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878.
- —- Kleitz, 'inspecteur général des ponts et chaussées en retraite, ancien vice-président du conseil général des ponts et chaussées, ancien président du jury international du groupe 18 à l’exposition universelle de Vienne, 103, rue Neuve-des-Mathurins.
- — Ponsin, ingénieur de la compagnie d’Orléans.
- Watel, membre du conseil municipal de Paris, entrepreneur de travaux publics, membre des comités d’admission et d’installation, à l’Exposition universelle de 1878.
- — Richard (Louis), ancien ingénieur en chef de la compagnie des chemins de fer des Gharentes, président delà société des ingénieurs civils, membre des comités d’admission et d'installation à l’Exposition universelle de 1878.
- A suivre.
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-
- Paris
- LE CONSTRUCTEUR 30, rue Blanche.
- REVU DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Directeur
- : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de PEcole polytechnique.
- RÉDACTEURS
- MM. H. de la MQTTA, Architecte.
- DEB3É, Ingénieur civil.
- L. POILLON, ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction (même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LES MACHINES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- (8e ARTICLE).
- (Voir nos numéros des 20 et 27 mai; 3, 10, 17, 24 juin et* l01' juillet.)
- Le Pulsomètre de Hall.
- — Suite (1) —
- Nous avons dans un précédent article étudié le principe du pulsomètre et expliqué son fonctionnement d’une manière générale. Nous allons aujourd’hui analyser de plus près ce qui se passe dans ce fonctionnement suivant que varient les diverses circonstances de l’installation, et nous citerons les résultats de quelques expériences.
- Le travail utile d’un pulsomètre est le produit de la hauteur totale à laquelle il élève l’eau par le poids d’eau élevé par seconde. Le rapport du travail dépensé au travail utile est le rendement ou effet utile. Le travail dépensé est celui de la vapeur qui vient faire pression sur le liquide -, et comme une partie de cette vapeur se condense et qu’elle travaille sans détente, on voit tout|de suite qu’il n’est pas possible de s’attendre à un effet utile très-satisfaisant ni à une consommation de vapeur très-restreinte.
- Le meilleur moyen de se rendre compte des phases diverses du travail de la vapeur dans les deux chambres du pulsomètre est de relever des diagrammes de ce travail, c’est-à-dire d’enregistrer les variations de la pression à l’aide d’un crayon sur un papier se déroulant d’un mouvement continu. C’est ce qui a été fait ; et nous trouvons dans un journal allemand (le Maschinen constructeur) quelques renseignements sur des expériences de ce , genre faites à Kœnigsberg et à Wilhelmshaven et dont nous citerons tout à l'heure les résultats numériques.
- Examinons auparavant d’une manière générale ce qui se passe dans chaque chambre du pulsomètre et quelles sont les circonstances diverses de l’installation, susceptibles de modifier son fonctionnement.
- Lorsque l’une des chambres est remplie d’eau et que la vapeur arrive sur l’eau pour expulser celle-ci, cette vapeur ne rencontre au début ni changement brusque de section ni surface de refroidissement bien étendue. Un peu d’air s’interpose du reste entre elle et l’eau ; et la condensation est donc assez faible. Au fur et à mesure que l’eau est expulsée, les surfaces refroidissantes augmentent ; et bientôt la pression de la vapeur diminue sensiblement par sa condensation partielle. Si cette pression devient insuffisante pour vaincre la pression de la colonne de refoulement, l’expulsion de , l’eau cesse. Il est donc indispensable qu’à ce moment même le clapet sphérique vienne refermer l’introduction de la vapeur sous peine de laisser se condenser en pure perte un certain volume de celie-
- (1) Voir le n° du 1er juillet.
- ci; du rapport entre la pression de la vapeur et la hauteur de refoulement dépend d’ailleurs évidemment le moment où cesse l'action utile.
- Dans la chambre voisine de l’instrument, que se passe-t-ii pendant ce même temps? Au début, cette chambre est pleine de vapeur et communique avec l’aspiration seulement, l’arrivée de vapeur étant fermée. En présence de l’eau d’aspiration, la vapeur se condense ; un vide partiel se forme ; et l’eau d’aspiration se précipite dans la chambre de plus en plus rapidement à mesure que la condensation fait des progrès.' La vitesse maximum avec laquelle l’eau peut pénétrer dans cette capacité est du reste exprimée par s/ 2 g h’, h’ étant une colonne d’eau égale à la différence entre la pression atmosphérique de 10’ 33 et la hauteur d’aspiration établie dans l’installation (augmentée de la tension des vapeurs restant dans la chambre puisque le vide absolu ne peut y être atteint).
- On voit immédiatement d’après tout cela que si l’on emploie de la vapeur à une pression très-élevée, on est dans des conditions favorables au point de vue du refoulement mais que le vide s’établit d’autant plus difficilement du côté de l’aspiration, puisque celle-ci ne résulte que ude la condensation de la vapeur.
- En résumé on a trouvé que 8 mètres d’eau représentaient à peu près le meilleur vide possible à obtenir dans un appareil de ce genre. Il convient donc de ne pas établir une hauteur d’aspiration supérieure à 3 ou k mètres si l’on ne veut pas que l’eau arrive trop lentement et que le nombre depulsations devienne trop faible. Si l’eau arrive dans la chambre d’aspiration avec une vitesse trop faible, il est clair, en effet, que l’on augmente les condensations en pure perte. Le temps nécessaire au refoulement de l’eau dépend de la pression de la vapeur et de la hauteur de refoulement -, et plus celle-ci augmente, plus augmente la pression de vapeur indispensable et plus il convient de réduire la hauteur d’aspiration.
- Si les relations entre lu pression de la vapeur, la hauteur d’aspiration et celle de refoulement ne sont pas convenablement déterminées, il peut arriver que la durée du refoulement soit moindre que celle de l’aspiration. Alors les intervalles de constance de pression avant le déplacement de la soupape sphérique deviennent plus grands; et de la vapeur se condense là sans aucun effet utile. Cette observation explique les dépenses de vapeur très-inégales observées dans certains cas, avec les mêmes hauteurs d’aspiration et de refoulement.
- Il résulte de ià aussi qu’à chaque hauteur d’aspiration doit correspondre un nombre de pulsations déterminé, pour atteindre le rendement maximum.
- L’observation de la température de l’eau élevée indique du reste si l’on a condensé un volume de vapeur plus ou moins considérable ; et il est évident que les conditions de marche sont d’autant meilleures que cette eau est plus froide. Toute élévation de température correspond en effet à une condensation ou destruction de fluide moteur et par suite, à une perte sèche, puisque l’élévation du liquide à la hauteur voulue, est le seul effet cherché.
- Voici maintenant les résultats d’expériences faites en Allemagne sur le pulsomètre, (résultats que nous extrayons de la Revue industrielle de MM. Fontaine et Baquet).
- Détail des expériences. à Kœnisberg. à Wilhelmshaven
- Pression dans chau-
- dière 35“ 35“ 40, 20
- Hauteur d’aspiration Hauteur de refoule- 3, 58 3, 807 5, 40
- ment 7, 70 7, 70 4, 78
- Hauteur totale Eau élevée par mi- 11, 28 11, 507 10,18
- nute 423 k. 458, 6 221, 4
- Travail par seconde. Température de l’eau 79, 5 87,9 37, 56
- du puits Température de l’eau 12»,5 12°,5 ?
- élevée Augmentât ion de 17»,5 15»,5 ?
- température Unités [de chaleur 5», 5 2»,5 2»,89
- par minute...... Quantité de vapeur dépensée par mi- 2115 1147 639,8
- nute » 1 kil. de vapeur donne en kilogram- 3,365 1, 83 1 k
- mètres 1126 2882 2211,6
- Depuis, d’autres expériences poursuivies par une
- Société d’ingénieurs de Berlin ont établi que le pulsomètre exige de 2 à 3 fois plus de vapeur qu’une pompe à vapeur bien construite d’un rendement de 0,65 à 0,90 0/0 ; et il est clair que cette dépense peut aller à 5 ou 6 fois au lieu de 2 ou 3, lorsque l’installation est mal étudiée. D’après le principe même del’appareil, et quelles que soient les améliorations de détail que l’on pourra lui apporter, il est certain que l’on ne peut espérer en aucun cas une consommation de vapeur inférieure au double ou au triple de ce qu’exige une pompe bien établie. Et eneffet la vapeur s’y condense toujours en propor-tionplusoumoins grande et y travaille en outre sans détente. Malgré cela le pulsomètre est un excellent appareil lorsqu’il s’agit de vider un puits de mine, ou une cave, d’assécher une carrière, d’obtenir en un mot une fois pour toutes un résultat avec le moins de frais d’installation possible. Dans de tels cas, en effet, la dépense journalière de vapeur et de combustible perd toute importance pratique ; et l’appareil lui-même peut être sacrifié une fois sa tâche accomplie.
- L. POILLON,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Les Conférences
- Les conférences publiques du palais du Troca-déro, dont le but est de mettre en lumière les enseignements industriels et économiques que comporte l’exposition des produits réunis au palais du Champ-de-Mars, commenceront le lundi 8 juillet.
- Voici la liste des conférences comprises dans la première série. Elles auront lieu les jours ci-après indiqués, à 2 heures.
- Lundi 8 juillet. — Conférence sur les machines Compound, à l’Exposition de 1878, comparées aux machines Gorliss, par M. de Fréminville, directeur des constructions navales en retraite, professeur à l’école centrale des arts et manufactures.
- Mardi 9 juillet. — Conférence sur la destruction du phylloxéra, par M. Rohart, manufacturier, chimiste.
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 80, rue Blanche
- 40 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Mercredi 10 juillet. — Conférence sur l’enseignement professionnel, par M. Corbon, sénateur.
- Jeudi 11 juillet. — Conférence sur l'instruction des sourds-muets, par la méthode Jacob Rodrigues-Péreire, par M. Hément, inspecteur de l’enseignement primaire.
- Samedi 13 juillet. — Conférence sur les conditions techniques et économiques d’une organisation rationnelle des chemins de fer, par M. Vau-thier, ingénieur des ponts et chaussées.
- Mardi 16 juillet. — Conférence sur la fabrication dû gaz d’éclairage, par M. Arson, ingénieur de la Compagnie parisienne du gaz.
- Mercredi 17 juillet, -- Conférence sur les sous-produits dérivés de la houille, par M. Berlin, professeur de l’Association polytechnique.
- Jeudi 18 juillet. — Conférence sur l’astronomie à l’Exposition de 1878, par M. Vinot, directeur du journal le Ciel.
- Samedi 20 juillet. —- Conférence sur l’acier, par M. Marché, ingénieur civil.
- LES CONGRES
- Liste des Congrès autorisés au Trocadéro
- Congrès international agricole, du 10 au 20 juin.
- Congrès international pour l’unification du numérotage des fils, les 25, 26 et 27 juin.
- Congrès international des institutions de prévoyance, du 1er au 7 juillet.
- Congrès international de démographie, du 5 au 9 juillet.
- Congrès international des sciences ethnographiques, du 15 au 17 juillet.
- Congrès international pour l’étude et l’amélioration des moyens de transport, du 22 au 25 juillet.
- Congrès international d’architecture, du 29 juillet au 3 août.
- Congrès international d’hygiène, du 1er au 10 août.
- Congrès international du génie civil, du 5 au 14 août.
- Congrès international des sciences anthropologiques, du 16 au 21 août.
- Congrès international du commerce et de l’industrie, du 16 au 22 août.
- Congrès international de météorologie, du 24 au 28 août.
- Congrès international géologique, du 29 août au 4 septembre.
- Congrès international de la propriété industrielle (brevets d’invention, modèles et dessins de fabrique, marques et noms de commerce), du 7 au 17 septembre.
- Le tableau général des congrès et des conférences doit être publié aussitôt que le comité central aura statué sur les diverses demandes encore soumises à l’examen des commissions.
- Lés deux premiers de ces Congrès sont terminés. .
- Le journal le Matériel agricole a rendu compte du Congrès d’agriculture.
- Congrès de Funification, du numérotage des fils.
- Les membres composant le congrès de Paris réunis dans le but de chercher le moyen de rendre uniforme le numérotage des fils, ont arrêté les résolutions suivantes :
- « Le congrès confirme les décisions prises pour le numérotage international des fils dans les congrès de Vienne, de Bruxelles et de Turin, décisions qui se résument comme suit :
- « 1° Le numérotage international des fils sera basé sur le système métrique ;
- « 2° Le numéro du fil sera déterminé par le nombre de mètres de fil correspondant à un gramme, sauf la modification pour la soie grège et moulinée qui fait l’objet des articles 6 et 7 ;
- « 3° La longueur de l’écheveau admise pour tous les genres de fils dévidés est fixée à mi.le mètres avec subdivisions décimales;
- « 4° Tout système de dévidage, à condition qu’il donne mille mètres par écheveau, est légal ;
- « 5° Le numéro de tout fil, soit retors, soit teint ou blanchi, sera déterminé, sauf stipulation contraire, par le nombre de mètres correspondant à un gramme ;
- « 6° Le numéro de la soie grège et moulinée sera déterminé par le nombre de grammes que pèse un fil d’une longueur de 10,000 mètres ;
- « 7° Les essais se feront sur la base de l’unité de longueur de 500 mètres et de l’unité de poids de 50 milligrammes ;
- « 8° La base légale du titrage des fils est le conditionnement. Le conditionnement est facultatif, mais il devient obligatoire à la demande d’une des parties intéressées;
- « 9° Les taux de reprise au conditionnement sont les suivants :
- Soie ... 11
- Laine peignée.... ... 18 1/4
- Laine filée ... 17
- Coton .. 8 1/2
- Lin .. 12
- Chanvre .. 12
- Jute .. 13 3/4
- Etoupe .. 12 1/2
- « Le congrès décide que ces résolutions seront transmises au Gouvernement français, dans la personne de M. le ministre de l’agriculture et du commerce. Il exprime le vœu que ces résolutions reçoivent des différents gouvernements intéressés une sanction légale, et à cet effet il prie M. le ministre de l’agriculture et du commerce de provoquer la réunion d’une commission composée de délégués officiels des différents pays représentés au congrès et chargés d’étudier les moyens de consacrer définitivement, par une convention internationale, l’unification du numérotage des fils. « Paris, le 27 juin 1878.
- « Les commissaires délégués par le congrès, <x Signé : Gustave Paeher ; Dauphinot, président ;
- G. Roy ; Mullendorf ; Pastor ; Meigerka ; Gron;
- J. Peyrat ; A. Perret ; Karcher. »
- Congrès scientifique des institutions de prévoyance.
- Art. 1er. —- Un congrès scientifique international des institutions de prévoyance est autorisé à se tenir au palais du Trocadéro, du 1er au7 juillet.
- Arrêté.
- PROGRAMME.
- Institutions de prévoyance populaires, établies dans les divers pays du monde;
- Caisses d’épargne, caisses d’épargne scolaires, bureaux d’épargne des manufactures et ateliers;
- Sociétés de secours mutuels, assurances sur la vie, caisses de retraites;
- Unions de consommation, unions de crédit, banques populaires.
- Sur chacune de ces institutions :
- Etude comparée des législations et des organisations administratives;
- Modes d’opération et de comptabilité;
- Bases scientifiques (notamment tables de maladie et de mortalité);
- Statistiques ; '
- Résultats économiques et moraux.
- Congrès de démographie.
- ' Arrêté.
- Art. 1er. — Un congrès international de démographie est autorisé à se tenir au Palais du Trocadéro du 5 au 9 juillet 1878.
- PROGRAMME. ,
- Recensement de la population;
- Registres de population ;
- Enregistrement des actes de l’état civil et constatations médicales des naissances et des décès;
- Mort-nés ;
- Méthodes de calcul de la mortalité ;
- Statistique militaire et topographie médicale;
- Fixation du jour qui commence la semaine;
- Organisation des bureaux de statistique;
- Bulletin périodique de démographie dans les grandes villes;
- Projet d’une publication démographique récapitulative dans chaque pays ;
- Emigration ;
- Programme d’enseignement de la démographie.
- Congrès des sciences ethnographiques.
- Arrêté.
- Art. 1er. _ un congrès international des sciences ethnographiques est autorisé à se tenir au palais du Trocadéro du 15 au 17 juillet 1878.
- PROGRAMME.
- Les travaux sont répartis entre sept sections.
- Section I.
- Ethnogénie : Origine et migration des peuples.
- Section II.
- Ethnologie : Du développement des nations sous l’influence des milieux; situation géographique, climat, alimentation.
- Section III.
- Ethnographie théorique : Des différences qui existent entre la race, la nation et l’Etat. Des nationalités normales et des nationalités factices.
- Section IP.
- Ethnographie descriptive : Distribution et classification des peuples sur la surface du globe.
- Section V.
- Ethique : Mœurs et coutume? des nations.
- Section VI.
- Ethnographie politique : Sur quelles bases repose l’existence des nations. Moiifs qui les sollicitent à se grouper entre elles de manière à former de grands Etats, ou à se .subdiviser afin d’obtenir les avantages de la décentralisation.
- Section VIL
- Ethnodicée : Droit international ; de l’étude comparée des législations au point de vue de l’ethnographie.
- A suivre.
- LES APPAREILS DE CHAUFFAGE
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- 2° ARTICLE (1)
- Dans notre précédent article, nous avons donné quelques détails sur les expositions de trois maisons françaises qui ont développé l’industrie du chauffage en lui faisant faire des progrès considérables.
- Aujourd’hui nous continuerons cette étude par la description des expositions des autres établissements qui figurent dans la classe 27, dans le Palais.
- La maison Geneste, Herscher et Cie expose tout une série de dessins d’installations faites ou à faire, des dessins d’appareils spéciaux à vapeur, différents spécimens d’appareils ayant trait à l’emploi de la vapeur pour le chauffage, une hélice actionnée directement par une roue-turbine, et, enfin différents appareils, manomètres, anémomètres, etc.
- Si maintenant on veut avoir une idée de l’ensemble de l’exposition de cette maison, il ne faut pas se contenter d’examiner les appareils qui figurent dans la classe 27, il faut encore se livrer à une promenade qui commence en face l’Ecole militaire pour se terminer au Trocadéro en passant par l’exposition de M. Tallet (baraquements militaires) -, puis dans la section belge où nous voyons encore des appareils de chauffage, puis dans la grande galerie des machines (section française) où nous trouvons une seconde édition des appareils exposés dans la classe 27, — puisdansl’annexe delà galerie des machines où la maison Geneste, Herscher et Cie expose un four de campagne à l’usage des troupes, puis dans l’annexe du chauffage près le pavillon du Oeusot, puis dans le pavillon du Génie civil, etc.; il faut le reconnaître, la maison Geneste, Herscher et Cie a exposé un peu partout des appareils de chauffage.
- Nous ne pouvons donner la description de tou? les appareils exposés. Le purgeur automatique dont le fonctionnement est basé sur le principe de la balance Hydrostatique, nous paraît devoir rendre de réels services. Mais les appareils détendeur de vapeur, le purgeur automatique dont le fonctionnement est basé sur l’emploi de liquides entrant en ébullition au-dessous de 100 degrés, la boîte de dilatation et quelques appareils, etc., tout en faisant
- (I) Voir notre numéro du 24 juin.
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- Paris. LE CONSTRUCTEUR 86, rue Blanehe.
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- le plus grand honneur à l’esprit inventif de l’habile ingénieur de la maison Geneste, Herscher et C‘e, M. Somasco, ces appareils, disons-nous, ne nous paraissent pas sa tm fa ire à toutes les conditions qu’on est en droit d’exiger d’appareils qui doivent entrer dans la pratique courante; d’ailleurs quelques-uns de ces appareils sont de création tellement récente qu’il est bien difficile de se prononcer en connaissance de cause.
- Le ventilateur hélicoïdal exposé par la maison Geneste, Herscher et Cip, ressemble à fort peu de chose près à la « roue-hélice de Girard « qui fonctionne depuis fort longtemps avec succès à l’usine de Noi.-iel. Les excellents résultats obtenus avec ce moteur hydraulique ne permettent pas de douter un seul instant des bons effets produits par cette même roue ou tout autre similaire, quand on l’emploie pour mettre en mouvement de l’air ou des g8Z) — car, ainsi que le faisait remarquer le savant professeur de l’Ecole centrale, M. Ser, il y a quelques jours, à la Société des ingénieurs civils, on peut dans le calcul des ventilateurs, considérer l’air comme un fluide incompressible, eu égard aux faibles variations de volumes que lui font subir des pressions qui dépassent rarement quelques centimètres d’eau — et dans ce cas les formules applicables à l’écoulement de l’eau sont également applicables à la mise en mouvement des gaz, sauf bien entendu les modifications inhérentes à la nature mêrue des fluides.
- Cette manière de voir admise par les hommes compétents a reçu enfin, il y a quelques jours, une sorte de sanction officielle, quand l’illustre président de la Société des ingénieurs civils, M. Tresca, a déclaré avoir admis la théorie de M. Ser dans son cours de mécanique, en faisant remarquer que les formules établies par M. Ser, permettent de déterminer d’une manière très-simple les données précises pour la construction des turbines des ventilateurs.
- Nous prions le lecteur de vouloir bien nous pardonner cette courte digression, et nous revenons à l’exposition multiple de la maison Geneste, Herscher et O.
- Dans la section du Génie civil, ladite maison a exposé deux appareils, l’un destiné à étudier la porosité des murs, l’autre à déterminer l’importance de la condensation de la vapeur au contact de surfaces refroidies par de l’air, suivant l’état des surfaces de refroidissement.
- Ce sont là deux appareils fort intéressants, mais qui pour donner des résultats bien évidents, surtout le dernier,nous paraissent devoir subir quelques modifications que l’esprit inventif de M. Somasco saura bien apporter.
- En examinant quelques-uns des projets exposés par la maison Geneste, Herscher et Cio, nous avons remarqué que le parti qui semblait dominer était la dissémination des appareils dans les diverses parties d’un même édifice. — On trouve ainsi des chambres de chaleur et des hélices propulsives réparties en plusieurs points, de la cave au grenier. Cette manière de faire, commandée sans doute par les circonstances, présentera dans le service courant plus d’un ennui, car la surveillance et les réparations seront diiflciles. Nous préférons de beaucoup l’emploi d’appareils placés dans les sous-sols et d’un accès facile au mécanicien, —de même que nous pensons qu’il vaut mieux assurer le chauffage par une émission abondante d’air chauffé à une température très-modérée, plutôt que de recourir à un système mixte qui consiste à chauffer, partie par émission d’air et partie par le rayonnement des surfaces métalliques dans lesquelles on fait circuler de l’eau et de ia vapeur.
- L’insalubrité des surfaces rayonnantes placées à même les salles ne peut être mise en doute, surtout quand la ventilation est restreinte, ce qui est le cas le plus fréquent ; car alors l’air plus ou moins vicié en séjournant au contact des surfaces de chauffe se vicie davantage.
- En terminant, nous exprimons le désir bien sincère de voir la maison Geneste, Herscher et Gie s’occuper plus spécialement des questions hygiéniques dont la connaissance est si essentielle pour la cons-
- truction des bons appareils de chauffage, car dans l’ensemble de son exposition, elle semble avoir négligé cette partie plusque tout autre.
- M. Em. Muller, dont le nom est bien connu, soit comme profe^eur à l’Ecole centrale, soit comme fabricant de produits réfractaires, expose différents spécimens obtenus dans l’usine d’Ivry. — Nous aurons l’occasion, dans la partie où nous traiterons du chauffage industriel, de revenir sur ia construction des foyers spéciaux ; pour aujourd’hui nous parlerons seulement de quelques appareils relatifs au chauffage domestique.
- La cheminée en terre cuite émaillée du prix de 50 fr., nous paraît constituer un,excellent appareil peu encombrant pour le chauffage de petites pièces.
- ' Le poêle en terre réfractaire, avec enveloppe en terre vernissée, a donné d’excellents résultats dans les essais qui furent faits au Conservatoire par M. le général Morin ; la seule crainte qu’on peut avoir est relative à la détérioration des pièces du foyer. On peut avec cet appareil obtenir d'aussi bons résultats qu’avec les appareils métalliques, à la condition de ne pas faire un feu exagéré.
- Le calorifère Michel Perret, tout en briques réfractaires, destiné à brûler les fines, peut rendre des services, mais il a l’inconvénient d’être encom-! brant.
- Le calorifère à air chaud, formé par des pièces en terre réfractaire, assure un chauffage méihodi-que très-satisfaisant. — Le seul reproche que nous ferons à ces appareils comme à tous ceux du même genre est l’impossibilité presque absolue de constater de visu l’état des surfaces de chauffe et. de les réparer facilement quand on a pu constater une détérioration quelconque.
- MM. Giraudeau et Jolibert exposent divers appareils parmi lesquels nous remarquons un calorifère à surfaces ondulées. —- Qu’on se représente un foyer en fonte surrnonté d’une large colonne dans laquelle les produits sortant du foyer circulent méthodiquement, puis s’échappent dans la cheminée par la partie inférieure de la susdite colonne.
- Tel qu’il est cet appareil est simple et nous ne sommes nullement surpris qu’il ait donné de bons résultats lors des essais faits par ia Commission nommée par le préfet pour déterminer le meilleur appareil à employer dans les écoles. Mais pourtant il ne nous satisfait pas encore ; d’une part, les espaces où l’air circule sont trop restreints, d’autre part, le foyer qui est la pièce la plus chaude du calorifère étant placé immédiatement sous le coffre supérieur où la fumée doit se refroidir, contribue au réchauffement de cette fumée, ce qui est évidemment contraire au but proposé.
- Nous pensons que ces quelques critiques suffisent pour indiquer aux constructeurs de cet appareil dans quelle voie ils doivent chercher les améliorations nécessaires. — La question du chauffage des écoles prend tous les jours une importance riou-, velie et malheureusement, il faut bien le reconnaître, il n’existe pas encore un seul appareil qui réalise vraiment le chauffage hygiénique des écoles.
- Les constructeurs, jusqu’à présent, se sont ingéniés à trouver des combinaisons ayant pour résultat de bien utiliser la chaleur développée ; mais c’est la, disons-le bien haut, le petit côté du problème. — Il faut avant tout, et coûte que coûte, conserver à l’air ses propriétés hygiéniques, un degré hygrométrique convenable, empêcher l’air vicié des classes de venir plusieurs fois circuler autour des surfaces de chauffe, etc., et pour cela, il faut de toute nécessité une ventilation très-abondante, beaucoup plus considérable que celle admise jusqu’à présent.
- Le calorifère de cave exposé par la maison Giraudeau et Jolibert repose sur le même principe que le calorifère portatif, et par suite, il nous paraît susceptible des mêmes critiques.
- Le calorifère à air avec appareil spécial pour desservir des chauffrettes dans lesquelles circule de l’eau chaude, nous sembla être une sorte de ré-
- duction du calorifère mixte à air et à eau de la maison Duvoir. Cet appareil ne peut guère s’employer que dans certains cas spéciaux dans des bureaux ou salles d’étude.
- M. Charles Joly, l’auteur de l’un des meilleurs traités pratiques de chauffage et ventilation qui aient été publiés depuis longtemps, expose trois modèles de foyer de cheminée. Des foyers dont la forme est fort simple permettent néanmoins d’obtenir une bonne utilisation du combustible. La forme parabolique de la partie supérieure du foyer détermine la facile projection en avant des rayons calorifiques ; d’autre part, le forme du foyer composé de surfaces nervées et ondulées, en développant les surfaces de transmission permet d’échauffer un grand volume d’air pris à l’extérieur à l’aide d’un conduit spécial. Ce foyer dont les angles de la partie supérieure en façade sont arrondis pour éviter les courants d’air froid dans les angles, est muni d’une trappe mobile qui sert à intercepter toute communication entre les pièces et le conduit de cheminée pendant l’été ; on évite ainsi les courants d’air froid, dont l’odeur désagréable empeste souvent les pièces pendant l’été. M. Joly a fait de nombreuses applications de son foyer notamment dans les salles d’hôpital. Nous avons bien regretté de ne pas voir figurer dans l'exposition de M. Joly, ne fût-ce qu’un modèle du fourneau type américain, dont il a vulgarisé l’usage en France. Ce fourneau a ceci de particulier que la chaleur perdue iu foyer est utilisée à chauffer un grand réservoir, et qu’il procure ainsi, sans dépense, de l’eau chaude pour les bains, lavabos et autres usages domestiques.
- Un modèle de ce fourneau existe, croyons-nous, dans les collections du Conservaioire des Arts-et-Métiers.
- Que M. Ch. Joly nous permette cette amicale critique, nous croyons qu’il eût dû exposer ce modèle, car, comme il Seditexcellemment dans son livre, répandre partout à profusion, i’air et la lumière, mettre de l’eau à la portée de tou*, c’est résoudre la question hygiénique.
- C’est absolument notre opinion, mais combien encore il faudra de temps pour arriver à ce résultat!
- M. Ducrot expose divers modèles de ce qu’il appelle « calorifère diathermane ».
- Cet appareil se compose essentiellement d’une grande grille ronde ou rectangulaire enveloppée à quelque distance par un entourage en toile métallique.
- Cet appareil fient le milieu entre le foyer ef ja cheminée, il ventile un peu moins qu’une cheminée ordinaire, mais chauffe un peu plus, parce que le rayonnement du combustible est presque totalement utilisé; il chauffe moins, mais ventile un peu plus qu’un poêle.
- La garniture en toile métallique, en empêchant le combustible de tomber sur le soi ou d’être touché, permet d’employer cet appareil là où il y a des enfants. En résumé cet appareil, sans présenter aucune nouveauté bien saillante peut rendre quelques services.
- M. Mîlhomme expose un modèle de calorifère de cave mulîi-tubulaire, dont la construction originale appelle l’attention. Qu’on se figure deux grands coffres rectangulaires placés verticalement, reliés par des tubes creux en tôle dont le développement représente une surface de chauffe considérable. Les produits de la combustion en circulant dans les tubes supérieurs perdent une partie de leur chaleur ; ils achèvent de se refroidir dans les tubes inférieurs. La seule crainte que nous ayons à l’égard de cet appareil, est de voir ies tubes horizontaux dont la section est assez petite, se boucher par la suie. Il paraît qu’à l'usage cet inconvénient ne se produit pas- ; nous pensons pourtant que par mesure de précaution, il est bon d’employer avec ce système, des charbon maigres.
- La maison Piet et Cie expose un modèle de calorifère du système Perret, lequel est complété par l’adjonction d’un appareil tubulaire en tôle pour
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- Paris LE CONSTRUCTEUR 50, rue Blanche.
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- utiliser la chaleur du gaz qui sort du foyer proprement dit.
- La Compagnie parisienne d’éclairage et de chauffage par le gaz expose toute une série de charmants appareils qu’elle fait construire pour l’usage exclusif du coke de gaz. Ces foyers sont tellement connus que nous croyons inutile d’en donner une description.
- M. Boucher expose quelques spécimens de ses petits calorifères métalliques, avec enveloppes en faïence.
- M. Hurez expose deux types de cheminées en tôle repoussée, qui pour la finesse du travail ne le cèdent en rien à ce qui se fait de mieux dans le nord.
- MM. Demothe et Goesels exposent quelques modèles de leurs calorifères portatifs.
- MM. Cuau et O exposent un appareil du système Nezeraux pour le refroidissement de l’air.
- Cet appareil est fort simple, nous l’avons vu fonctionner et il nous a paru donner d’assez bons résultats. L’air propulsé par un ventilateur passe au travers d’une plaque métallique perforée sur laquelle on maintient constamment une couche d’eau | courante de quelques millimètres d’eau d’épaisseur. l L’air se trouve ainsi refroidi et humidifié dans une j certaine proportion. j
- Le calorifère à ailettes creuses pour le chauffage à l’air chaud et l’appareil à eau chaude présentent quelques particularités sur lesquels nous reviendrons dans notre prochain article.
- Les objets qui figurent encore dans la classe 27, concernent plus spécialement le service de la cuisine ; ils ne rentrent donc pas dans le cadre de notre étude.
- Dans le prochain article nous étudierons les appareils qui figurent dans l’annexe de la classe 27.
- Auguste Bouvet,
- Ingénieur civil.
- LE JURY INTERMTIONiL DES RÉCOMPENSES
- à l’Exposition universelle
- ,GROUPE VI
- Outillage et procédés des industries mécaniques (suite) (1).
- CLASSE 66. — Matériel et procédés du génie civil, des travaux. publics et de l’architecture (suite) (1).
- — Voisin-Bey, ingénieur en chef des ponts et chaussées, 5, rue Auber.
- — Michau, entrepreneur de travaux publics,
- juge au tribunal decommercede laSeine, membre du comité d’admission à l’Exposition universelle de 1878.
- — Trélat (Emile), professeur à l’école des arts et métiers, directeur de l’école centrale d’architecture, membre du jury (1855-1862-1867,) membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- Suppléants. — Baudet (Emile), ingénieur-constructeur, administrateur de la société des travaux publics, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- — Mozet, entrepreneur de travaux publics, juge au tribunal de commerce de la Seine, membre du comité d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- — Vée (Léonce), ingénieur civil, membre des
- comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- Boutillier, ingénieur civil, professeur à l’école centrale, 134, boulevard Hauss-mann.
- CLASSE 67.
- Matériel de la navigation et du sauvetage.
- Angleterre et ses colonies. — Rear Admirai the Hon. H. Garr Glyn. G. B. G. S. I.
- Suède et Norwège. — A. Dekke, constructeur de navire à Bergen.
- Italie.— B. Brin, député, inspecteur du génie ! naval.
- Grèce. — N...
- France. — Vice-amiralKrantz, chef d’état-major général du ministre de la marine, au ministère de la marine.
- — Mangin, directeur des constructions navales au ministère de la marine, membre du jury de 1867, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- '
- — Pérignon (E.), ingénieur des arts et manu- >î factures, président du conseil maritime du Yacht de France, membre des comités d’admission et d’installation à l’Ex- i position universelle de 1878.
- Suppléants. — Mazeline, constructeur, membre des comités d’admission et d’installation à l’Exposition universelle de 1878.
- — Le vicomte de Maigret, lieutenant de vaisseau, officier d’ordonnance du ministre de la marine.
- CLASSE 68.
- Matériel et procédés de Vart militaire, Etats-Unis. — Général W. W. H. Davis.
- Espagne. — S. Exc. Francisco Gonzalez Manri-que, général de brigade.
- Pays-Bas. — J. A. A. Besier, général de l’état-major des Pays-Bas.
- France. — N...
- ---———^——-----------
- LE CiTÂLOeiîE
- SECTION FRANÇAISE
- — Suite (1) —
- Classe 54.
- Machines et appareils de la mécanique générale.
- LISTE DES EXPOSANTS.
- — Suite. —
- Boué, à Paris. — Locomobile de 4 chevaux.
- Bougarel, 24, rue de Dunkerque, à Paris. — Manomètre métallique Bourdon et son application aux épreuves de chaudières à vapeur.
- Bouillant, à Paris. — Grue tournante à pivot fixe.
- Bourdon, à Paris. —Manomètres; machines à vapeur, ventilateurs, régulateurs, etc.
- Bourelly, Raynaud et Laugier, à Marseille. — Pompes aspirantes et foulantes.
- Bourgeois, à Paris. — Graisseur.
- Bourgougnon, à Paris. — Treuil.
- Bourry, rue Taitbout, 80, à Paris. — Chaudière ' tubulaire.
- Bouvier, à Angers. — Compteur à eau, système Piau.
- Boyer, à Bordeaux. — Courroie-boyau.
- Boyer, â Lille. — Générateurs à vapeur installés dans le parc et alimentant les moteurs des sections III et IV de la galerie française des machines; machines à vapeur à condensation et détente variable par régulateur ; une verticale de 50 chevaux et une horizontale de 100 chevaux
- avec transmission par câbles, actionnant les transmissions de la section IV, classes 55 et 59, dans la galerie française des machines ; transmissions en service dans la section IV de la grande galerie.
- Bréval, rue Vicq d’Azyr, 22, à Paris. — Machine à vapeur fixe horizontale.
- Brisson, Fauchon et Cie, à Orléans. — Locomo-biles et machines mi-fixes.
- Brissonneau frères, à Nantes. — Machine à vapeur mi-fixe.
- Broquin, Lainé et Muller, à Paris. — Robinets.
- Brossard, à Lyon. — Spécimens d’appareils de condensation pour machines à vapeur.
- Brossement, à Paris. — Pompes diverses.
- Brouhot et Cie, à Vierzon. — Machines à vapeur : fixe, verticale, mi-fixe et locomobile.
- Brunot, à Amiens. — Appareil contrôleur du mouvement des machines à vapeur ou autres.
- Buffaud frères, à Lyon. — Machines à vapeur fixes horizontales.
- Bunel, à Pont-Sainte-Maxence (Oise). — Pompes.
- Burguy, à Bar-le-Duc. — Presses hydrauliques.
- Buss, Sombart et Gie, à Paris. — Inventeurs d’appareils tels que régulateurs cosinus, tachy-mètre manomètre, compteur à eau, construits dans les ateliers de MM. Flaud et Gohendet à Paris.
- Gacheleux, à 'Paris. — Modèle de transformation de mouvement.
- Gaen, à Paris. •— Paliers graisseurs employés dans une partie de la transmission de la galerie des machines, section française.
- Gail et Gie, 15, quai de Grenelle, à Paris. — Machine à vapeur à distributeurs circulaires, à détente.variable et, à condensation de 60 chevaux actionnant l’une des transmissions de la section VI, classe 54, dans la galerie française des machines ; pompe à air horizontale avec moteur direct ; machine d’alimentation pour générateurs ; pompe rotative Greindl ; machine à vapeur mi-fixe à condensation par surface ; pompe, injecteur ; éjecteur aspirant ; pièces détachées ; transmissions en service dans la section VI de la grande galerie.
- Gaillard frères, au Havre. — Grue à vapeur en service.
- Gance, à Paris. — Moteur électro-magnétique.
- Garnaire et Montellier, à Saint-Chamond. — Chaudière verticale ; thermosiphon ; grille mobile à , charnière.
- Casalonga, 19, rue des Halles, Paris. —- Compteur ou mesureur de liquides ; moteur hydraulique ; palier graissèur, joint universel.
- Çassassa, à Pantin. — Pompes rotatives en caoutchouc.
- Casse, à Paris. — Manomètres métalliques.
- Gauchoix, à Elbeuf. — Robinets graisseurs automatiques.
- Gazaubon, à Paris. — Machine à vapeur horizontale avec détente variable.
- Chaligny et Guyot-Sionnert, rue Philippe de Girard, 54, Paris. — Machines fixes horizontales ; machines à vapeur mi-fixes ; machines à vapeur locomobiles ; locomobile à condensation actionnant la transmission de la classe 53.
- Ghalléat, à Satillieu. — Compteur hydraulique.
- Ghambault, à Paris. — Robinetterie pour machines à vapeur.
- Chameroy et Gie, 147, rue d’Allemagne, Paris. — Bascules à contrôle imprimant le poids ; robinet supprimant les coups de bélier et appareils hydrauliques.
- Charpentier, 8, boulevard de Clichy, Paris. — Aspirateurs insufflateurs à vapeur surchauffée ; dessins, modèles et appareils.
- Chartier et Henry, à Paris. — Mastic de minium de A. J. Lange, pour joints et mastic calorifuge.
- Chaudré, 79, boulevard de Vaugirard, Paris. — Machines à vapeur, divers appareils de sûreté ; indicateurs métalliques du niveau de l’eau ; obturateurs pour tiges de papillon et de détente.
- (.A suivre.)
- (1) Voir notre dernier numéro.
- (1) Voir nos précédents numéros
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 86, rue Blanche.
- lEYll DE L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de l'Ecole polytechnique.
- MM. H. de la MOTTA, Architecte.
- DEBiÉ, Ingénieur civil.
- L. POILLON, ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction (même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- RÉDACTEURS.
- LES MACHINES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- (9e ARTICLE).
- Voir nos numéros des 20 et 27 mai; 3, 10, 17, 24 juin lor et 8 juillet).
- Les Machines horizontales ordinaires.
- — Suite —
- Le pulsomètre nous avait quelque peu détourné de notre objet principal, et nous nous hâtons d’y revenir, pour nous occuper des machines horizontales à un seul cylindre de MM. Chaligny et Guyot-Sionnest, Berendorf, P. Boyer, Compagnie de Fives-Lilie, Olry et Granddemange, etc.
- Des deux premières nous ne dirons rien. Nous constaterons seulement, en passant, que ce sont deux machines horizontales ordinaires à détente variable, bien construites et bien étudiées, mais de dispositions connues. On pourrait ajouter que la machine' Guyot-Sionnest présente un bâtis particulier non symétrique, mais qui paraît très robuste. La machine Boyer est une très belle machine horizontale ordinaire que son constructeur a dotée d’un bâtis genre Corliss et dont le cylindre présente à chacune de ses extrémités un système de tiroirs à détente variable par le régulateur. Suivant les traditions de la maison, la machine est extrêmement robuste de dimensions et solide. La construction est très-soignée. L’aspect est très-satisfaisant; et la distribution à chaque bout du cylindre a pour effet de raccourcir les conduits à vapeur et de diminuer les espaces nuisibles dans des proportions notables.
- Les mêmes réflexions se présentent à l’esprit lorsque l’on examine la machine motrice de la Compagnie de Fives-Lille placée à l’extrémité de la grande galerie confinant à l’Ecole militaire et dont un autre spécimen du même genre fonctionne dans le pavillon des machines frigorifiques Raoul Pictet. La seule marque de fabrique suffit pour que l’on sache qu’il s’agit de belles machines étudiées sérieusement.
- Ici encore le bâtis genre Corliss. Ici également la distribution à détente variable a chaque bout du cylindre. Ajouter que la construction est très-soignée devient banal et c’est, chose superflue. Le bâtis genre Corliss se recommande par ses formes heureuses et permet un démontage facile du fond antérieur du cylindre, tandis que la plupart des bâtis de ce genre ne le permettent point.
- Malgré cela, c’est là encore une machine ordinaire ; et il n'y a pas là d’applications de principes nouveaux. Nous aurons à nous arrêter plus longuement à la machine Compound à simple effet, système Demenge de la Compagnie de Fives-Lille, parce que là, au contraire, tout est original et mérite une étude spéciale. C’est l’un des très-rares systèmes de l’Exposition que l’on puisse dire à la fois pratiques et presque inédits; et nous ne savons si le jury des récompenses s’en sera aperçu, car les jurys des récompenses ne voient généralement que ce qu’ils ont déjà eu l’occasion de voir ailleurs. Mais n’anticipons pas sur l’avenir, et arrêtons-nous
- à la machine à un cylindre de MM. Olry et Granddemange. Ne craignons même pas d’y séjourner un peu plus longtemps qu’auprès des autres, car ici il y a du neuf, et il y en a même beaucoup.
- Sans nous arrêter à répéter que la machine Olry et Granddemange est bien construite, élégante, robuste (ce qui serait vrai du reste), occupons-nous tout de suite de ce qu’elle offre de caractéristique. C’est son système de détente variable par le régulateur, dû à M. Demenge comme la machine Compcmnd déjà nommée.
- Ce système est à la fois beaucoup plus simple que les déclics et les soupapes et beaucoup plus pratique.
- Pour faire comprendre sans dessins ce qu’est cette distribution, il importe de bien scinder les descriptions de ses diverses parties.
- Ne craignons donc pasde morceler notre exposé. U n’en sera que plus clair.
- La glace du cylindre est une glace ordinaire sur laquelle travaille un tiroir percé de deux lumières, dont le dos est dressé. Ce tiroir est guidé en dessus et en dessous. Ses lumières sont un peu plus petites que celles de la glace du cylindre ; et grâce à cette disposition, la tige de l’excentrique de distribution peut se raccourcir de 6mra sans que la distribution soit déréglée. Cela permet de marcher de 5 à 10 années sans être obligé de régler à nouveau.
- Contre le dos dressé du tiroir une seconde glace se trouve appliquée par la pression de la vapeur sans pouvoir éprouver aucun déplacement longitudinal.
- Au centre de cette seconde glace existe un orifice unique un peu plus grand que les deux lumières percées à travers le tiroir, lesquelles viennent successivement se mettre en correspondance avec cet orifice (qui sert à produire la détente, comme on le verra dans un instant).
- Le dos de cette seconde glace présente (dans la région correspondant à l’orifice) une partie alésée cylindrîquement*, et derrière vient la capacité formant boîte à vapeur.
- On conçoit que si tout se bornait à ce que nous venons de décrire, le tiroir fonctionnerait entre ses deux glaces et par rapport à l’orifice médian, comme un tiroir ordinaire ou à peu près.
- Mais contre la partie cylindrique tourne, d’un mouvement discontinu, un obturateur également cylindrique actionné par le régulateur et destiné à fermer l’orifice médian et par suite à produire la détente à un instant variable de la course du piston.
- Tout en ayant le même rayon de courbure que le siège cylindrique, cet obturateur est excentré par rapport à celui-ci.
- Il est commandé par une petite manivelle calée sur son extrémité supérieure; et cette manivelle est constamment soumise à la traction d’un petit ressort tendant à produire le mouvement de fermeture. Mais dans certains moments cette manivelle est sollicitée en sens inverse par une bielle qu’actionne le régulateur; et la résistance du ressort étant vaincue par cette bielle, l’obturateur se trouve ouvert.
- En résumé, l’obturateur ou appareil de détente fonctionne comme il'suit: Lorsque le régulateur n’agit pas sur la bielle et l’abandonne à elle-même, le ressort ferme brusquement l’obluraleur
- et en vertu de l’excentricité, il le serre sur son siège à la façon d’un coin. Un coussin d’air amortit le choc de fermeture.
- Quand, au contraire, le régulateur tire la bielle, ceile-ci décolle facilement l’obturaieur de son siège en vertu de l’excentricité des surfaces-, et de toutes parts enveloppé de vapeur (c’est-à-dire équilibré) ledit obturateur continue son mouvement sous l’influence d’un faible effort.
- L’ouverture et la fermeture sont tout aussi brusques que dans les machines Corliss. Le serrage et le rodage sont automatiques et évitent toutes fuites.
- Enfin le mouvement s’opère sans frottement ni grippement possibles.
- Voilà pour ce qui concerne les fonctions de la distribution.
- Quant aux fonctions du régulateur, son arbre est creux et porte un manchon ou came agissant contre un galet ovoïde placé à l’extrémité d’une branche d’un levier cpudé. L’autre branche de ce levier s’articule à la bielle, dont nous parlerons tout à l’heure, Le levier reçoit aussi un mouvement oscillatoire qui s’amplifie sur la bielle par la plus grande longueur de la branche correspondante.
- La came sert au régulateur de masse centrale, d’après le principe des régulateurs Porter. L’arbre du régulateur, commandé par engrenages, fait un nombre de tours exactement double de celui de la machine.
- La came présente trois parties de rayons différents superposées et raccordées entre elles par des surfaces cylindriques pour opérer le démasque-menî et par des surfaces hélicoïdales pour laisser s’opérer l’occlusion ou fermeture.
- - On comprend immédiatement que pour que ces divers effets puissent se réaliser, il faut que la came, tout en tournant avec le régulateur, se déplace le long de l’arbre et y occupe une position dépendant de celle des boules, de façon à présenter l’une ou l’autre de ses parties au contact du levier coudé.
- Voici comment ces relations s’obtiennent :
- Les boules du régulateur sent fixées aux extrémités de leviers coudés articulés par leurs points d’inflexion aux extrémités des branches d’une pièce verticale en forme de Y. Cette pièce est fixée sur l’arbre du régulateur et tourne avec lui. Les deux extrémités des leviers coudés opposées aux boules, viennent presque se rejoindre sur l’axe de rotation et sont presque horizontales. Elles portent deux petits galets qui s’engagent sous la tête d’un boulon concentrique à l’arbre creux du régulateur. Lorsque les boules du régulateur s’écartent, les leviers tournent autour de leurs axes et soulèvent ce boulon. Celui-ci est d’ailleurs relié à la came par une clavette ; et l’arbre creux présente une mortaise ou coulisse longitudinale dans laquelle cette clavette glisse librement. On comprend donc que suivant la position des boules la position de la came varie sur l’arbre et que par suite varie la portion de cette came agissant sur le levier coudé.
- Un premier avantage de ce mécanisme, c’est qu’un très-faible déplacement des boules suffit pour donner à la came une course assez grande. De là une grande sensibilité.
- L’introduction varie de 0 à 8/10 suivant que telle ou telle portion de la came ou manchon est réalisée.
- Tous les degrés intermédiaires d’admission sont
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Blanche
- REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878 44
- possibles du reste; et ce, par gradations presque insensib es.
- Peu d’articulations, action directe du régulateur sur la came; isolement complet de celle-ci par rap-poit à ia distribution pendant la détente (car alors le galet est à 0,00o du noyau de la came) : tels sont les autres avantages obtenus.
- Eu résumé donc et pour les machines à un seul cylindre, le système de distribution et de détente Demenge. appliqué par MM. Oby et Granddemange, se recommande comme étant exceptionnellement simple, pratique et elficace. 11 paraît même facile d’en faire l’application à des machines existantes sans être entraîné à de grands frais.
- L. Poillon,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- Les Essais sur terrain des machines agricoles.
- ARTICLE 1er.
- En exécution du Règlement ministériel en date du 14 juin 1878, les essais des machines agricoles auront lieu dans l’ordre suivant :
- 1* Machines à moissonner et à lier les céréales.
- Faucheuses, faneuses, râteleuses.
- Les essais auront lieu le lundi 22 juillet et jour suivant s’il y a lieu, à Mormant (Seine-et-Marne). — Chemin de fer do l’Est, ligne de Paris à Mulhouse.
- 3“ Appareils mus par la Tapeur et par des
- attelages, et appropriés à la culture du sol.
- Les essais auront lieu le lundi 29 juillet, à partir de8 heures du matin, à Petit-Bourg,'.près la station d'Éonj, ligne de Paris à Lyon.
- 2♦ Machines et instruments d’intérieur de ferme.
- Les essais auront lieu le lundi 1er «août et jours suivants, s’il y a lieu, dans l’enceinte réservée de l’Esplanade des Invalides.
- ARTICLE 2.
- Douze objets d’art seront mis à la disposition de la Commission d’organisation des essais, pour récompenser les mérites exceptionnels qui viendraient à se produire dans ces épreuves publiques.
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- LES OOIVG-iRÈS
- — Suite (î) —
- Congrès des sciences anthropologiques.
- Arrêté.
- Art. Ier.—Un congrès international des sciences anthropologiques est autorisé à se tenir dans l une des salles du palais du Trocudéro, du 16 au 21 août 1878.
- PROGRAMME.
- Etude des riches matériaux réunis au Trocndéro dans I exposition des sciences anthropologiques.
- Discussion des questions que fera naître la comparaison des nombreuses collections qui constituent cette exposition.
- Communication et discussion d’une série de rapports présentés dans la séance d’ouverture par la commission d’organisation sur les diverse* parties de l’exposition des sciences anthropologiques et relatifs <i :
- 40 [/anthropologie anatomique et biologique;
- 2° LVthnologie et l’anthropologie linguistique ;
- 3° Le préhistorique ;
- 4° La démographie anthropologique et la géographie médicale.
- Communications du erses faites par les membres du congrès et mises h l’ordre du jour conformément au classement qui précède.
- Congrès du commerce et de l’industrie. Arrêté.
- Art. 1er, — Un congrès international du com-
- (1) Voir notre dernier numéro-
- mer ce et de l’industrie est autorisé à se tenir au palais du Trocadéro du 16 au 22 août 1878.
- PROGRAMME.
- Ie section. — Régime économique du commerce et
- de l’industrie.
- 2e section. — Education professionnelle 3e section. — Législation comparée.
- lre section. — Régime économique du commerce et et de Vindustrie.
- Cette section aura à examiner les questions sui-vantes :
- l1’ Quel régime concilie le mieux les intérêts de la production et de Ja consommation (de celui des tarifs généraux ou de celui des traités de commerce ?)
- 2° Dans quel esprit et dans quelles vues doivent être aujourd’hui conçus et rédigés les tarifs douaniers ?
- Envisagées comme instrument fiscal, les douanes portent obstacle à la rapidité des transactions ; offrent-elles des avantages compensateurs suffisants pour autoriser leur maintien?
- 3° Quelle est l’influence des monopoles sur le crédit et sur le développement de l’industrie et du commerce? En est-il qui puissent se justifier par l’intérêt public ?
- Quelles sont les améliorations à introduire au point, de vue des transports par chemins de fer? (Tarifs, délais, etc.)
- 4° Y a-t-il lieu de régler légalement l’intérêt de l’argent autrement que pour en déterminer le taux à défaut de conventions ?
- 5° Quels sont les impôts qui, par leur nature, feraient le moins obstacle au développement du commerce et de l’industrie sans réduire les ressources de l’Etat ?
- Quelle est sur les intérêts matériels et moraux de l’industrie l’influence des impôts recouvrés par l’exercice ?
- Quel serait le meilleur mode de transformation?
- 2e section. — Education professionnelle.
- Rentrent dans les études de cette section les questions suivantes :
- 1° Quelle pourrait être la meilleure règlementation des enfants et des filles mineures dans les manufactures et ateliers ?
- 2° De la condition des apprentis dans les divers pays.
- 3° Comment doivent être organisées les écoles professionnelles pour donner des résultats pratiques ?
- 3e section. — Législation comparée.
- Les questions soumises à cette section sont celles qui suivent :
- Le développement progressif des relations commerciales n’exigeraii-il pas rétablissement d’un code de commerce international, notamment en ce qui concerne :
- 1° La compétence des tribunaux et les formalités exigées pour la validité des engagements ;
- 2° Les effets de la faillite:
- 3° Les formes et les effets de la lettre de change;
- 4 Les formalités nécessaires pour la validation I des sociétés, surtout en matière de publicité.,
- 5» L’hypo;hèque maritime.
- Congrès de géologie.
- Art. leï. — Un congrès international de géologie rst autorisé à se tenir au palais du Trocadéro, du 29 août au 4 septembre 1878.
- PROGRAMME :
- 1° Unification des travaux géologiques au point de vue de la nomenclature et du figuré ;
- 2° Discussion de quelques questions relatives aux limites et aux caractères des terrains;
- 3° Représentation et coordination des faits d’alignement (failles et filons) ;
- 4° Valeur respective des faunes et des flores au point de vue de la délimitation des terrains ;
- 5° Valeur de la composition minéralogique et de la texture des roches au point de vue de leur origine et de leur âge. _______
- Congrès de la propriété industrielle.
- LISTE complémentaire proposée par le comité d’organisation du Congrès de la propriété industrielle.
- MM. Armengaud jeune, ingénieur civil.
- Champetier de Ribes, avocat à la cour d’appel.
- Cordier, sénateur.
- Deck, céramiste.
- Desnos, ingénieur civil.
- MM. Duplan, vice-président de la chambre syndicale des tissus.
- Gévelot, député.
- Girard (Aimé), professeur de chimie industrielle au Conservatoire des arts et métiers.
- Goupil, éditeur.
- Grodet (Albert), avocat, secrétaire du comité du contentieux de l’Exposition universelle (section de la propriété industrielle;.
- Laboulaye (Charles), secrétaire de la Société d’encouragement.
- Lavollée (Charles), membre de ladite Société.
- Marcilhacv, président de la chambre syndicale des tissus.
- Pascal Duprat, député.
- Péligot (Henry), ingénieur expert.
- Poirrier, manufacturier.
- Rendu (Ambroise), avocat à la cour d’appel.
- Rondelet, fabricant de chasublerie.
- A suivre.
- LE CATALOGUE
- SECTION FRANÇAISE
- — Suite (1) —
- Classe 54.
- Machines et appareils de la mécanique générale.
- LISTE DES EXPOSANTS.
- — Suite. —
- C. Chaumé-Delabarre, à Puteaux (Seine). Fourneau de chaudière à vapeur garni de deux appareils dits de soufflerie physique.
- Chauvin et Marin-Darbel, à Paris, rue du Banquier, 25. Ponts à bascule, bascules romaines, treuils, grues roulantes, machines à essayer les métaux.
- Chenon, à Paris, rue St-Quentin, 22. Courroies en cuir.
- Chertemps, à Paris, passage St-Sébastien, 11 bis. Régulateurs de force motrice, système Lenoir.
- Cheton. à Paris, rue de l’Ourcq, 112. Machine à vapeur portative avec sa chaudière ; modérateur de vitesse; rebinets-vannes.
- Chevallier, Grenier et Droux, Lyon (Rhône), 59 et 60, chaussée Perrache. Chaudières à vapeur à foyers intérieurs et à bouilleurs, installées dans le parc et alimentant les moteurs des sections I et II de la galerie française des machines; locomobile actionnant une des transmissions de la classe 52, dans l’annexe de l’avenue de la Bourdonnaye ; distribution générale de vapeur dans les deux annexes des machines de l’avenue de la Bourdonnaye.
- L. Chevallier, Orléans (Loiret). Plans et dessins de l’application du liège dans l’enveloppe des cylindres des machines à vapeur et des dômes des générateurs.
- Chouanard, à Paris, 3 rue St-Denis. Treuils, vérins. crics, etc.
- Chrétien, à Paris, rue de Monceau, 87. Modèles de grues à vapeur.
- F. M. Claparède, à St-Denis (Seine). Machine à vapeur horizontale de 40 chevaux actionnant l’une des transmissions de la section II, classes 52 et 53 dans la galerie française des machines, transmissions en service dans la section II de la galerie des machines.
- Cleuet, à Paris, 196, rue d’Allemagne. Régulateurs d’alimentation des chaudières; condensateurs.
- Cûchard, à Paris, rue Oberkampf, 6. Transmissions en service dans les sections I, V, VI et XI de la grande galerie.
- Cochot, à Paris, 34 et 36, avenue Lacuée. Machine d’un demi cheval pour petites industries ; locomobile.
- Collet, à Paris, 48, rue Laffitte. Appareil protecteur des tubes indicateurs du niveau dans les chaudières à vapeur; vaporisateur siphoïde.
- Collin, à Paris, 118, rue Montmartre. Marégraphes; appareils enregistreurs, compteurs et contrôleurs.
- Colombier, à Lyon (Rhône), 24 et 26, rue des Tuileries. Générateurs, moteur et condenseur.
- A suivre.
- (1) Voir nos précëcUnts numéros
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- Paris
- 36, rue Blanche
- LE CONSTRUCTEUR
- REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE IS78
- Directeur : M. J.-P. DÂMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de l’Ecole polytechnique.
- MM. H. de la MOTTA, Architecte.
- DEBIÉ, Ingénieur civil.
- L. POILLON, ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. Toutes les communications doivent être adressées a la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, h Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction (même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- RÉDACTEURS.
- LES MACHINES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- (10e ARTICLE).
- Voir nos numéros des 20 et 27 mai; 3, 10, 17, 24 juin 1er, 8 et 15 juillet).
- Les Machines Woolf à balancier et autres.
- — Les Machines Çompounds. — Généralités.
- Nous aurions pu citer encore parmi les machines à vapeur horizontales ordinaires à un seul cylindre de l’Exposition, les machines Brevai, Artige, Buffaud de Lyon, et d’autres. La machine Buffaud se signale même par un bâtis en coffre tout à fait spécial d’un aspect assez élégant. Nous aurions pu mentionner également parmi les machines à quatre distributeurs, un type nouveau, créé par M. Artige et exposé à côté de sa machine horizontale ordinaire.
- Une machine réellement neuve aussi est celle de MM. Locoge et Ce, de Lille, actionnant directement une pompe système Greindl à incendie. Mais cette machiné fait tellement corps avec sa pompe que l’on ne peut guère séparer la description de l’une de celle de l’autre. Nous lui consacrerons plus tard un article spécial.
- Nous avons encore tant de types à considérer et de matières à traiter que force nous est d’abréger quelque peu. Nous arriverions sans cela à entretenir encore nos lecteurs de l’Exposition de 1878 en 1880; et quelques personnes pourraient trouver avec quelque raison que cela manque d’actualité. Il ne faut pas abuser des meilleures choses.
- Dirigeons-nous doncverslesmachines Çompounds ou à (feux cylindres qui nous paraissent être les machines de l’avenir, comme nous avons eu l’occasion de le dire déjà, et qui comptent d’ailleurs un nombre respectable d’applications dans le présent. Comme transition toute naturelle, considérons d’abord les machines à balancier système Woolf, dont de très-beaux spécimens ont été exposés par MM. P. Boyer de Lille, Boudier frères, Windsor frères, Thomas et Powell, de Rouen.
- Ce n’est certes pas une nouveauté que la machine à balancier système Woolf 014 à deux cylindres, et dans certaines contrées et pour certaines industries, on n’en a pas voulu d’autres pendant bien longtemps. Bien que la faveur dont ce système a joui ne soit plus ce qu’elle a été, il serait injuste de nier les qualités sérieuses par lesquelles elle se justifiait. Un simple engouement commercial n’aurait pas suffi à décider les industriels et les ingénieurs à acheter pendant longtemps des machines très-lourdes, très-volumineuses, .très-chères, coûteuses de fondations, d’installation et d’accessoires de toute nature, si aucune compensation de quelque valeur ne leur avait été assurée. D’abord les anciens systèmes de machines horizontales n’étaient pas ce qu’ils sont maintenant ; et l’on avait donc beaucoup moins de choix qu’à notre époque. Ensuite les avantages de la machine à balancier sont assez sérieux pour que si elle venait à disparaître momentanément il ne fallût pas désespérer de voir dans une trentaine d’années un cons-
- tructeur l’inventer pour détrôner les uns ou les autres des systèmes qui prévaudront à cette époque.
- Il n’y a sous le soleil rien d’absolument nouveau, dit-on.
- Quoi qu’il en soit, c’est le cas d’exposer ici et tout d’abord au sujet de l’emploi de deux ou plusieurs cylindres dans les machines, quelques considérations générales. Cette question a été tout récemment traitée dans une conférence publique au Trocadéro, par M. de Fréminville, professeur à l’école centrale, avec beaucoup d’autorité, de compétence et d’impartialité. Nous avons regretté seulement d’y voir omise la question des machines Compound à simple effet dont nous aurons à nous occuper plus tard.
- Quoi qu’il en soit, on appelle machines à deux cylindres, celles qui comprennent en effet deux cylindres complets avec leurs organes de distribution.
- La vapeur agit dans un premier cylindre soit à pleine pression, soit avec un certain degré de détente ; de ce premier cylindre elle s’échappe pour aller agir dans un second en s’y détendant ; et il faut que la capacité de ce cylindre soit plus grande que celle du premier, car sans cela la vapeur ne ferait que se déplacer d’un cylindre à l’autre sans éprouver aucune détente et sans développer aucun travail utile.
- A la suite du second cylindre, on peut à la rigueur en concevoir un troisième, et ainsi de suite : mais généralement il n’y en a que deux ; et deux cylindres suffisent pour réaliser la détente de la vapeur de la façon offrant le maximum d’avantages pratiques (ce qui est le but poursuivi).
- Quand l’échappement du petit au grand cylindre s’effectue directement, la machine est dite système Woolf.
- Elle est dite Compound au contraire lorsqu’entre les deux cylindres la vapeur traverse une capacité intermédiaire plus ou moins grande (dans laquelle on lui fait généralement subir un réchauffage).
- La combinaison des machines à deux cylindres a été imaginée en vue d’obtenir une réalisation pratique meilleure du principe de la détente. Non-seulement par l’emploi de deux cylindres on atténue très-fortement les influences des fuites de vapeur et des espaces nuisibles, mais on obtient beaucoup plus de régularité et de douceur dans l’allure de la machine et dans les efforts développés sur les diverses pièces. Cela est facile à comprendre.
- Dans les machines à un seul cylindre en effet, la puissance éprouve des variations fâcheuses depuis le commencement jusqu’à la fin de la course du piston ; et cela conduit à donner aux divers organes de la transmission de la puissance des dimensions relativement fortes, outre que le volant a de grandes irrégularités à corriger.
- Par l’emploi de deux cylindres dont les pistons fonctionnent simultanément sous des pressions différentes, l’irrégularité des efforts n’est pas complètement évitée : mais elle est beaucoup moindre ; et il devient beaucoup plus facile de produire sans inconvénient des détentes prolongées. Comme nous l’avons dit plus haut, la détente peut commencer dans le petit cylindre, et elle se complète dans le grand cylindre, le rapport du volume décrit par le grand piston à celui du volume décrit par le petit variant entre 3 et 6 suivant la pression initiale de
- la vapeur, le degré de détente admis dans le petit cylindre et le degré de détente dans le grand. Dans les machines Woolf, il n’y a pas de détente dans le grand cylindre ; et la vapeur s’échappant du petit cylindre y pénètre librement pendant toute la course du piston. Mais dans les machines Çompounds ou présentant un récipient intermédiaire entre le petit cylindre et le grand, la détente dansle grand cylindre est indispensable sous peine de créer une perte de travail moteur.
- Danslaplupart des machines à deux cylindres (surtout celles à balancier), les deux pistons marchent dans le même sens, et les passages de vapeur sont alors croisés, la vapeur passant du dessous du petit piston au-dessous du grand. Mais quelquefois on construit des machines dans lesquelles les pistons ont une marche croisée et les passages de vapeur sont alors directs, c’est-à-dire qu’en sortant du petit cylindre, la vapeur passe directement dans le bout correspondant du grand. Un exemple remarquable de cette disposition est l’excellente machine horizontale de MM. Boudier frères.
- Que l’on emploie deux cylindres ou un seul, le travail développé par un même volume de vapeur également détendu est toujours îe même et exprimé par la formule connue :
- T= V h- (l + 2,3026.0g. (£)--
- V, volume de vapeur admis à pleine pression.
- h, pression de cette vapeur en kil. par unité de surface.
- h’, contre-pression en kil. par unité de surface.
- / z, course totale du piston ; z0 course effectuée à pleine pression.
- Dans cette formule le travail de la détente est le
- terme V h. 2,3026 log. — z„
- Basée sur la loi de Mariotte, cette formule n’est pas absolument rigoureuse pour la vapeur, mais suffit pour les besoins de la pratique.
- Le travail de la contre-pression est aussi le même avec deux cylindres qu’avec un seul.
- En ce qui concerne la détente, il y a beaucoup moins d’intérêt à la rendre variable au petit cylindre d’une machine à deux cylindres qu’au cylindre unique d’une machine à un cylindre.
- Et, en effet, le rapport des volumes engendrés par les deux pistons est une constante qui ne permet pas de varier utilement l’admission au petit cylindre entre des limites très-écartées. 11 convient de remarquer, du reste, que si l’on n’utilise pas parfaitement sa vapeur en ne la détendant pas assez, on ne l’utilise pas bien non plus lorsqu’on veut la détendre trop. Si la pression de la vapeur détendue tombe au dessous de la pression du milieu d’échappement, on engendre un travail négatif. On comprend donc que l’on ne puisse pas augmenter de beaucoup la détente dans le petit cylindre au delà de son degré normal.
- Terminons ces considérations en disant que si l’on a bien saisi le principe des machines à deux cylindres on comprendra immédiatement qu’il est rationnel pour ces machines comme pour celles à un seul cylindre d'adopter une pression initiale de vapeur élevée pour pouvoir détendre beaucoup. D’ailleurs l’irrégularité occasionnée par cette détente prolongée se fera moins sentir que pour les
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- machines à un seul cylindre, il y aura donc lieu de faire les grands cylindres très-grands par rapport aux petits et de détendre dans les petits cylindres pour arriver à un degré très-élevé de détente totale.
- Ces généralités étant bien comprises nous exa-minerons dans un prochain article les machines à balancier Boyer, Boudier, Windsor et Powell.
- L. Poillon,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- LES CHAUDIÈRES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Les générateurs des moteurs de l’Exposition ayant été établis avant tous autres appareils. c'est par eux que nous avons commencé notre Revue spéciale (1).
- Mais quelques-uns étaient encore inachevés ; puis divers systèmes de chaudières ont été admis sans fonctionner; quelques-uns présentent des dispositions intéressantes.
- Il est donc utile de reprendre l'étude générale des générateurs ; et c'est ce que nous nous proposons de faire avec continuité.
- Tout en décrivant les appareils exposés, nous nous permettrons de donner aux constructeurs quelques avis qui n'ont en vue que l'amélioration de la construction. Une Exposition universelle a un double but : Instruire par la démonstration de ce qui est fait; instruire encore par l’indication de ce qui est à faire.
- tes générateurs de la Compagnie de Fives-tille
- Les deux générateurs installés par la Compagnie de Fives-Lille sont du système tubulaire à foyer rectangulaire, avec réservoir de vapeur.
- La surface de chauffe de chacun d’eux est 120 mètres carrés, soit pour les deux, 240 mètres carrés.
- Les conditions principales d’établissement de ces générateurs sont les suivantes :
- Timbre ’ du foyer » 6k. 9m287
- Surface de chauffe [ des tubes 110 50
- totale 120 37
- j longueur lm.67
- Grille ! largeur lm.3l
- 1 [ surface 2M.19
- long, entre plaques 5ra.
- Tubes j 1 Nombre » 105.
- 1 diamètre extérieur... 0m.070
- f diamètre intérieur... 0m.064
- Ecartement des tubes................... 0m.090
- Hauteur du ciel du foyer au-dessus de
- la grille............................. lm.54
- Diamètre du corps cylindrique.......... lm.49
- Longueur totale du générateur........... 7m,72 ’
- Diamètre du dôme de prise de vapeur...» 0m.750
- Hauteur du dôme de prise de vapeur. lm.200
- / du foyer....... 12»/“
- l de l’enveloppe du
- \ foyer............-.. 12m/m
- Epaisseur des tôles / du corps cylin-
- | drique.............. 12m/ra5
- ! du dôme de prise
- \ de vapeur....... 9m/m
- Diamètre des ëntretoises du foyer...... 0m.O21
- Ecartement..........’................... 0m.î05
- Volume d’eau au niveau moyen........... 4“3200
- Volume de vapeur............................ 4m3200
- Diamètre des soupapes de sûreté........ 0m. 130
- L’alimentation est faite par deux injecteurs, l’un du système Turck, l’autredu système Vabe, aspirant dans deux bacs jaugés qu’on vide et qu’on emplit alternativement, ce qui permet de se rendre un compte très-exact de la quantité d’eau vaporisée chaque jour.
- La tuyauterie est disposée pour que l’un ou l’au-
- (1) Voir nos numéros des 18 et 25 mars, 8 avril, 20 mai et 24 juin 1878.
- tre injecteur puisse alimenter l’un ou l’autre générateur.
- Une seule cheminée en tôle dessert les deux générateurs. Cette cheminée, dont nous avons donné la description dans notre numéro du 25 mars dernier, a 0 m. 900 de diamètre en haut et 1 rn. 350 en bas. La partie conique en tôle est boulonnée sur un socle en fonte rivé au massif par des boulons de fondation.
- La stabilité de cette cheminée a été assurée sans le secours de haubans. Le moment d’inertie de la section transversale à la partie inférieure du fût en tôle est suffisant pour que la cheminée résiste avec sécurité à l’action des plus grands vents, sans flèche trop sensible à la partie supérieure.
- Nous avons fait connaître, dans notre numéro précité du 25 mars, qu’une telle cheminée en tôle, pour avoir un grand tirage et une durée économique, devrait être à enveloppe : la cheminée intérieure étant un cône renversé, et l’enveloppe un cône dont la petite base (du haut) se raccorderait avec la cheminée et dont la grande base (inférieure) augmenterait la stabilité et surtout la durée de l’appareil.
- Les générateurs français de l’Exposition sont tous de bons modèles qui fonctionnent bien, malgré le travail excessif qui parfois leur est demandé. Leurs productions de vapeur sont remarquables.
- Voici les résultats des générateurs de la Compagnie de Fives-Lille :
- 1° La production moyenne de vapeur par kilog. de charbon est de 9 k. 260 ;
- 2° Cette même production par mètre carré de surface de chauffe est de 13 k. 09 ;
- 3° Le charbon employé étant un mélange d’An-zin et d’Aniche, la quantité de cendres produites est en moyenne de 8,90 p. 100 du poids du charbon.
- Nous ne ferons qu’une observation critique sur les générateurs de la Compagnie de Fives-Lille. Leurs indicateurs de niveau d’eau laissent à désirer et ne présentent pas les perfectionnements adoptés par nos grands constructeurs; des appareils, d’aussi excellente construction et de cette importance, ne doivent laisser en rien à désirer.
- Avant de passer à la description des autres générateurs, nous devons rappeler les moyens d’action d© la Compagnie de Fives-Lille et ses autres expositions ; sommairement toutefois, puisqu’il en sera question dans d’autres articles spéciaux.
- Les établissement s de la Compagnie de Fives-Lille comprennent :
- Un immeuble où sont situés les bureaux du siège social et administratif, 159, rue de l’Université, à Paris.
- Les ateliers de constructions de Fives-Lille (Nord) et de Givors (Rhône).
- La Compagnie est représentée à l’étranger par ses agences de Russie, d’Autriche, d’Italie, d’Espagne, de Portugal, d'Egypte, des Antilles, de Java, de Maurice, de la Réunion, du Brésil, etc.
- Les ateliers de Fives-Lille occupent une surface de 10 hectares, dont 5 hectares 1/2 de bâtiments couverts et 4 hectares 1/2 de cours. Ils emploient 2,500 à 3,000 ouvriers et disposent d’une force motrice de plus de 700 chevaux actionnant environ 580 machines-outils et 20 marteaux pilons. L’importance de leur outillage leur permet de produire annuellement : 80 locomotives et tenders, 6,000 tonnes de ponts et de charpentes métalliques et 6,000 tonnes de matériel de sucreries, exploitation de mines navigation à vapeur, matériel d’artillerie et industries diverses.
- L’établissement de Givors occupe une surface de 2 hectares 1/2, dont 1 hectare de bâtiments couverts et 1 hectare 1/2 de cours. Il possède 98 machines-outils et des moteurs à vapeur d’une puissance de 100 chevaux. Il occupe environ 600 ouvriers et construit spécialement le matériel fixe et les roues montées pour véhicules de chemins de fer, les appareils d’enlevage, le matériel pour traitement mécanique des minerais, les affûts de canons, la chaudronnerie de fer, les ponts et charpentes métalliques.
- Les principales expositions de la Compagnie de Fives-Lille sont:
- 1° Classe 50, galerie des machines :
- Deux machines d’extraction exécutées pour les mines de Béthune ;
- Des dessins représentant des machines à compri-
- mer l’air, et un chevalet d’extraction avec planchers et charpentes métalliques.
- 2° Classe 52, galerie des machines :
- Un moulin à cannes avec sa machine motrice et sa transmission ;
- Un appareil d’évaporation dans le vide, à basse température et à triple effet;
- Un appareil à force centrifuge pour le clairçage des sucres ;
- Un appareil de distillation continue ; un filtre ta mise u r (système de Loynes) ;
- Des machines à casser le sucre.
- 3° Exposition Raoul Pictet et Ce :
- Un matériel pour la fabrication de la glace, comprenant, entre autres appareils, un générateur tubulaire à foyer amovible, de 70 mètres carrés de surface de chauffe et une cheminée en tôle, sans haubans, de 20 mètres de hauteur.
- 4° Classe 54, galerie des machines:
- Une machine motrice, de 40 chevaux ;
- Une machine Compound (système Demenge), motrice, de 40 chevaux.
- 5° Classe 54, annexe :
- Une machine locomobile Compound (système Demenge) de 6 chevaux ;
- Une machine locomobile de 12 chevaux ;
- 6° Dans le parc :
- Les deux générateurs ci-dessus décrits.
- 7° Classe 54, annexe de la Seine :
- Une pompe rotative, système Greindl.
- 8° Classe 55, galerie des machines :
- Deux machines à raboter et une machine à raor-taiser.
- 9° Classe 64, annexes :
- Une locomotive-tender à 4 essieux, dont deux couplés ;
- Une locomotive à voie de 1 mètre avec avant-train convergent ;
- Une locomotive à 6 roues couplées ;
- Une locomotive-tender pour la manœuvre dans les gares ;
- Une locomotive pour tramways ;
- Un chariot-roulant à vapeur pour wagons chargés.
- 10° Classe 66, Trocadéro :
- Dessins de ponts et de travaux métalliques ;
- Un bateau-dragueur porteur de la force de 150 chevaux.
- DES FERS A CHEVAL
- MM. Sibut aîné et Çe (Forges nmiënoises) à Amiens (Somme).
- Nous n’avons pas à faire ici l’historique de la / fabrication mécanique des fers à cheval. Cette étude se trouve déjà dans nos numéros des 15 octobre, 5 et 49 novembre, 17,24 et 31 décembre 1877 et du 7 janvier 1878.
- Notre attention doit s’arrêter sur les derniers perfectionnements accomplis et pour cela nous devons étudier spécialement l’Exposition si intéressante de MM. Sibut aîné et Ce (classes 43 et 76).
- La note sur l’usine de MM. Sibut aîné et C«, lue dans la séance du 1er juillet à la Société industrielle d’Amiens par M. Ch. Rousseau au nom de la commission du Comité des arts et mécanique, nous fournit à cet égard des renseignements précieux, et nous regrettons que le défaut d’espace ne nous permette pas de la publier toute entière.
- L’historique de la fondation à Amiens, par M. Sibut aîné, de l’industrie des fers à cheval forgés mécaniquement et des développements qu’elle y a pris sous sa direction, peut être divisé en trois périodes bien distinctes, savoir :
- 1865 — Premiers procédés et fondation de l’industrie à Amiens.
- 1874 — Transformation du système. Installation des appareils nouveaux.
- 1876 — Nouvelle Société. Translation de l’Usine. Doublement du matériel.
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- S
- lrt période. — Premiers procédés et fondation de VIndustrie à A miens.
- La fondation de cette industrie à Amiens, par M. Sibut aîné, date de 1865. C’est vers la fin de cette année que furent pris les premiers brevets et qu’une première Société fut fondée pour leur exploitation sous la raison sociale Sibut aîné et Ce.
- Dès le commencement de 1866, l’usine était achevée et les appareils y étaient installés, mais ce ne fut qu’en juin de la même année qu’elle put être mise en marche et qu’elle produisit son premier fer à cheval.
- Les débuts furent extrêmement pénibles : de grandes préventions étaient à vaincre, car la consommation, mise en défiance par la médiocrité des résultats qu’avaient donnés jusqu’alors divers essais déjà tentés, restait absolument convaincue de l’impuissance de la mécanique à produire des fers à cheval correctement forgés.
- Les premiers produits de la nouvelle usine étaient d’ailleurs, il faut l’avouer, imparfaits encore. Les machines ne donnaient pas à beaucoup près les résultats attendus. Ce fut une première et forte déception. M. Sibut cependant ne perdit pas courage, et tourna dèsders toutes ses études vers la découverte des modifications à apporter aux appareils pour remédier aux imperfections du produit.
- A partir de ce moment, chaque jour amène quelque changement ; tout organe qui ne produit pas l’effet voulu est impitoyablement supprimé et remplacé par un autre mieux conçu, les essais succèdent aux essais, un perfectionnement en amène un autre, et d’heureuses et importantes modifications dans le système se trouvent ainsi réalisées en quelques mois.
- L’espoir commençait à trouver une base -, et bien que les deux premières années fussent très-onéreuses, dès le troisième exercice, l’inventeur pouvait entrevoir enfin le prix de son énergique persévérance.
- Mais alors viennent les années néfastes de la guerre et les malheurs de l’invasion, qui forcèrent l’usine à éteindre ses feux.
- A la réouverture, en juillet 1871, après neuf mois de chômage, M. Sibut aîné remit en marche et vit bientôt sa production impuissante à satisfaire à l’écoulement. Le produit toujours plus perfectionné était chaque jour plus apprécié ; une extension de l’usine était devenue indispensable.
- 2* période. Transformation des procédés. — Installation des appareils nouveaux.
- Depuis la réouverture en juillet 1871 jusqu’en 1874, M. Sibut s’était remis avec ardeur à l’étude des perfectionnements dont ses procédés étaient encore susceptibles. Il avait inventé des engins nouveaux et des dispositions nouvelles à ceux déjà existants, et il en était né un nouveau système qui transformait radicalement l’ancien. Cette transfor-malion se trouva complète en mars 1874.
- A partir de cette transformation, les produits rivalisent de perfection avec le meilleur travail manuel, en même temps que les nouveaux , appareils fonctionnent avec une plus grande facilité et permettent de réaliser dans les frais de fabrication des économies considérables qui profitent à la consommation par l’abaissement des prix de vente. Aussi le préjugé contre le fer mécanique s’efface-t-il de plus en plus, si bien que la production et l’écoulement atteignent et dépassent, dès 1874, le chiffre annuel de 1 million de k., et que l’usine qui, jusqu'alors, n’avait fonctionné que pendant les heures de jour, se voit obligée de fabriquer jour et nuit.
- Dans cette même année, M. Sibut, frappé de là fréquence des chutes des chevaux toujours occasionnées par le glissement de leur ferrure lisse sur le pavé, avait créé un fer spécial qu’il appela fer strié à cause des stries ou cavités que présente sa surface inférieure et qui forment comme autant de crans s’opposant au glissement en faisant obstacle à la formation d’une surface lisse.
- Dès sa création, ce genre de fers fut très apprécié; car il répondait à un besoin réel et il est depuis lors employé avec succès au ferrage des pieds faibles.
- Cependant la renommée et la clientèle de l’usine s’étendent au loin.
- En septembre 1874, le président de la République, accompagné du ministre de la guerre et des
- autorités de la ville et du département, honore de sa visite les forges amiénoises.
- MM. Sibut aîné et Ce obtiennent en 1875, au Concours régional du Nord à Amiens, une médaille d’or, puis en 1876, au concours d’Arras, une seconde médaille d’or, et à Gand une médaille d’argent hors concours.
- .De 1875 à 1876, M. Sibut était parvenu, par des dispositions nouvelles dans ses appareils, à aborder enfin la fabrication des fers dits Pinçards et celle des fers à Mulets dont les formes particulières avaient opposé jusqu’alors un obstacle invincible à leur production par la machine, et il enrichit ainsi ses séries de produits de ces deux genres de ferrures.
- Avec le mois de septembre 1876, l’industrie des fers à cheval à Amiens va entrer dans une nouvelle phase.
- Le matériel, qui fonctionne jour et nuit dans l’usine du boulevard Baraban, est arrivé à son maximum possible de production, et cependant cette production ne suffit plus à l’extension toujours croissante de l’écoulement. Il devient donc nécessaire d’aviser aux moyens d’augmenter la puissance de production.
- Il y est pourvu par la formation d’une Société en commandite par actions au capital de 400,000 francs pouvant être porté à 600,000 francs.
- C’est ainsi que s’ouvre la troisième période.
- 3me période. — Nouvelle Société. — Translation de l'Usine et doublement du Matériel.
- Une nouvelle usine de 1,200 mètres de surface s’élève, en quelques mois sur un terrain d’un hec-taie d’étendue près de la gare d’Amiens et l’usine est reliée à cette gare par un embranchement particulier dont elle obtient la concession.
- L’ancien matériel de fabrication y est transporté et y double un second matériel semblable qui y avait été installé dès l’usine consfruite; celle-ci est mise en marche le 1er juin 1877.
- Les proportions de cette nouvelle exploitation sont dès lors suffisantes pour répondre à toutes les éventualités, car les deux matériels produisent couramment un ensemble de 10 à 12,000 fers par jour, et l’usine se prête d’ailleurs à toutes les extensions que pourra demander l’avenir-, désormais tranquille de ce côté, M. Sibut poursuit le cours des progrès de son industrie.
- Nombre de types nouveaux sont créés dans les genres ordinaires afin de satisfaire aux usages d’un plus grand nombre de régions; un troisième groupe d’appareils de fabrication est mis en construction pour porter au besoin la production journalière au-delà de 45,000 fers pendant que la fabrication des ferrures légères pour chevaux de maître et des ferrures aux types étrangers est mise à l’étude.
- Entre temps, la renommée des procédés de fabrication de l’usine a franchi les frontières et lui amène de nombreuses demandes de licences d’exploitation de ces procédés à l’étranger. Deux de ces propositions aboutissent à conclusion dès le commencement de 1877, et deux licences sont concédées par traités authentiques pour l’Espagne et pour la Belgique, l’une en février et l’autre en mars 1877. — Par suite de ces concessions, deux groupes des machines spéciales de fabrication sont construits par les soins de l’usine sur le modèle des siennes et sont fournis par elle aux deux établissements formés à cet effet : l’un à Verviers et l’autre à Barcelone, et ces deux établissements nouveaux sont achevés et mis en exploitation l’un en décembre 1877 et l’autre en mars 1878.
- Diverses autres propositions étrangères du même genre sont encore actuellement l’objet d’études et de négociations actives.
- L’usine n’en continue qu’avec plus de sollicitude ses créations nouvelles, car la ferrure des chevaux est un champ presque inépuisable : chaque continent, chaque contrée, chaque région, chaque race de chevaux a ses types différents de fers.
- C’est pour satisfaire à ces exigences nouvelles que M. Sibut vient de créer encore tout récemment un appareil additionnel spécial qui lui permet de produire mécaniquement des fers à rainures qu’il a créés pour le ferrage des chevaux de maître et qui rappellent le type des fers anglais. Dans ces fers légers et élégants qu’il nomme fers à gorge et qui sont des dérivés de ses premiers fers striés, les étampures sont logées dans des gorges creusées le
- long de chacune des deux branches et arrêtées de chaque côté de la pince qu’elles laissent pleine, ainsi qu’à chacun des deux talons dont la section demeure également entière. Cette disposition qui forme de véritables stries par les têtes des clous espacés dans 13 gorge, maintient le pied solide en rendant le fer résistant au glissement à l’instar des fers striés et laisse même plus commodément que ceux-ci au maréchal toute l’étoffe dont il a besoin pour lever le pinçon et pour terminer les talons avec ou sans crampons à son gré.
- M. Sibut vient d’établir en même temps des fers forgés selon le type russe, c’est-à-dire des fers à trois crampons l’un à la pince et les deux autres à l’extrémité des talons, et il est à remarquer que ces trois crampons sont pris dans la masse du lopin lui-même, ce qui leur assure toute solidité, tandis que dans la pratique manuelle ils ne peuvent être obtenus que par l’addition sur le fer de morceaux de fer qui lui sont étrangers et qui y sont soudés à chaud avec plus ou moins de solidité. On peut dire que la production mécanique de ces crampons sans soudure est un véritable tour de force, et cependant, avec le concours de l’appareil nouvellement inventé, ce genre de fers se forge avec la même facilité et avec la même rapidité que les autres genres, fournissant ainsi la démonstration la plus indiscutable de la docilité, si l’on peut s’exprimer ainsi, à laquelle M. Sibut est parvenu à plier ses procédés mécaniques.
- Les ferrures diverses que l’usine produit aujourd’hui forment ainsi plus de 50 numéros distinctifs différant tous entre eux soit par leur genre soit par la grandeur.
- Les spécimens de ferrures exposés par MM. Sibut aîné et Ce, à l’Exposition universelle de 4878, Palais du Champ de-Mars, classe 43, salle 3, donnent une idée très-saisissante de leur grande variété et des soins qui président à cette fabrication tant dans leur usine d’Amiens que dans celles de leurs amis de Barcelone et de Verviers dont plusieurs échantillons font partie de la même exposition ; ees^spé-cimens sont présentés sans aucune retouche, tels qu’ils sont forgés, cintrés, étampés et contrepercés mécaniquement, et tels qu’ils sont livrés sans aucune retouche à la consommation qui n’a plus rien à y faire, tant la tournure et la forme en sont correctes et achevées, que la levée du pinçon et l’ajus-ture à son gré, ces deux façons dernières ne pouvant d’ailleurs être faites qu’au moment de la pose selon le pied à ferrer, et devant être dès lors réservées à la main du maréchal-ferrant.
- Mais si l’exposition ,de MM. Sibut aîné et C« montre bien la variété et le fini des produits, comment donner l’idée du fonctionnement des appareils qui les forgent, les cintrent, les étampent, les ajustent et les contrepercent avec une rapidité telle que chaque lopin sortant du four est ainsi transformé en moins de dix secondes en un fer à cheval complètement achevé !
- Pour cela il aurait fallu pouvoir installer un groupe d’appareils au Champ de Mars même avec les fours et les transmissions de mouvements nécessaires ; ou plutôt il faut voir fonctionner à Amiens même l’usine de MM. Sibut aîné et G®.
- | Nous résumerons, ainsi qu’il suit, avec M. Ch. Rousseau, les principaux avantages qu’offre à la consommation générale l’industrie de la fabrication mécanique des fers à cheval.
- / 1° Elle supplée au manque de bras qui s’accentue
- 1 d’année en année dans l’agriculture, surtout pendant la période des travaux des champs, c’est-à-dire pendant toute bonne saison ;
- 2° Elle fournit à la maréchalerie une ferrure toujours régulière et qui par cela même profite à l’hygiène du cheval;
- 3° Elle supprime la grosse fatigue du maréchal-ferrant, celle qui rebute et éloigne les apprentis, c’est-à-dire la forge, et lui livre le fer tout forgé pour ne lui laisser à faire que l’ajustage et la pose au pied du ceeval;
- 4° Enfin, l’Etat lui-même y trouvera un fournisseur de plus en plus nécessaire à mesure que le recrutement des forgerons-soldats lui deviendra plus difficile.
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- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- LES CONGRÈS
- Congrès international des géomètres experts.
- Arrêté.
- Art. 1er. — Un Congrès international de géomètres experts est autorisé à se tenir dans l’une des salles du palais du Trocadéro du 18 au 20 juillet 1878.
- PROGRAMME
- 1° Y a-t-il lieu^d’insister auprès des pouvoirs des diverses nations pour que des diplômes de capacité soient imposés aux géomètres, la profession restant d’ailleurs de libre exercice pour les géomètres pourvus de diplômes ?
- 2o y a-t-il lieu de demander que les cadastres soient refaits par des géomètres pourvus d’un diplôme, avec une telle précision d’ensemble et de détails qu’ils forment le véritable livre foncier ou terrier de chaque Etat ?
- 3° Les cadastres ainsi refaits, après toutes enquêtes pouvant en garantir l’exactitude et la sincérité, ne devront-ils pas, à l’avenir, faire titre au point de vue de la délimitation et de la contenance des héritages et de toutes les autres énonciations qu’ils peuvent contenir?
- 4° Les évaluations de revenus, contenues dans les états de sections, doivent-elles être celles du revenu vrai ou possible de chaque parcelle, ou de chaque propriété bâtie?
- 5o N’y a-t-il pas lieu de fixer ce revenu net de toutes charges ?
- 6° Doit-on établir des conservations spéciales du cadastre, aux lieux où existent les conservations des hypothèques, et en rapport constant avec ces dernières?
- 7° N’y a-t-il pas lieu d’obliger à l’insertion rigoureusement exacte, dans les divers actes authentiques ou autres, de toutes les indications cadastrales telles que sections, numéros, lieux dits, contenances et revenus ?
- 8° Les mutations cadastrales ne doivent-elles pas être opérées par les géomètres conservateurs seuls, au vu des actes soumis à la transcription ou des extraits fournis par l’administration de l’enregistrement?
- 9° Les matrices cadastrales ne doivent-elles pas avoir un article distinct pour chaque propriétaire réel, soit que les parcelles appartiennent en propre au mari, à la femme, à un ou plusieurs de leurs enfants, ou à des propriétaires indivis ?
- 10° Les évaluations cadastrales ne doivent-elles pas servir seules à la perception des diverses contributions directes, et à celle des droits d’enregistrement de toute nature?
- 14° En cas de coupures de parcelles, n’y art-il pas lieu d’exiger qu’un plan dressé à l’échelle du cadastre, par un géomètre pourvu de diplôme, soit joint à la minute et produit par duplicata au conservateur du cadastre pour lui servir à l’application rigoureuse des mutations ?
- 12° Les plans cadastraux et leurs annexes, outre les délimitations, contenances et revenus, ne doivent-ils pas contenir les altitudes et reliefs du sol et sa composition géologique ?
- 13° Ne doivent-ils pas être renouvelés intégralement à époques fixes, surtout en ce qui concerne les évaluations des revenus ?
- 14° Enfin, quelle durée convient-il d’assigner aux périodes de renouvellement, soit pour les plans, soit pour les évaluations des revenus?
- Congrès international de météorologie.
- Arrêté.
- Art. 1er. — Un congrès international de météorologie est autorisé à se tenir au Palais du Trocadéro du 24 au 28 août 1878.
- PROGRAMME
- I. — Quelle est l’organisation de l’étude des orages en Europe et en Amérique? Quels seraient les moyens d’assurer à l’étude des orages des bases uniformes pour suivre leur marche non-seulement sur un espace limité, mais sur un continent tout entier?
- IL— Quel est le système le plus avantageux de représentation des orages et de leur marche? Quels
- signes et quelles abréviations pourrait-on adopter pour faciliter à chaque météorologiste l’intelligence des cartes d’orages, quelle que soit sa nationalité? (Les météorologistes sont priés d’envoyer au comité les spécimens des cartes d’orages ou dps imprimés employés dans leur pays).
- III. — Origine et mode de propagation des trombes ou des cyclones.
- IV- — Comment peut-on expliquer les trombes marines ou terrestres qui semblent se former et se maintenir en calme plat?
- V. — Quelles seraient les mesures à prendre pour rendre plus nombreuses et plus parfaites les observations météorologiques faites pendant les ascensions aérostatiques? Emploi des ballons captifs.
- VI. — Discussion des méthodes d’observations magnétiques : variations de la déclinaison et de la force horizontale terrestre avec les différents phénomènes atmosphériques.
- VIL — Relations des taches solaires avec la température ou l’état magnétique du globe terrestre.
- VIII. — Influence de la culture, des gazonne-ments^ et des reboisements sur la production de la rosée, sur la quantité de pluie tombée et sur son écoulement à la surface du sol.
- IX. — Observations sur les hauteurs des cours d’eau, système d’avertissement des crues.
- X. — Des meilleurs moyens de constater, dans les études météorologiques, la variation des éléments de l’atmosphère et des eaux météoriques, (acide carbonique, acide nitrique, ammoniaque, ozone, poussières de l’air, miasmes, etc.)
- XL — Quelle est la valeur des papiers ozono-métriques?
- XII. Quelles seraient les mesures à adopter dans les observations pour hâter les progrès de la météorologie chimique?
- XIII. — De l’importance des instruments enregistreurs au point de vue des progrès de la météorologie.
- XIV. — Peut-on donner des règles précises sur la manière la plus convenable de disposer le thermomètre pour déterminer la température de l’air? (Les météorologistes sont priés d’envoyer ou d’apporter au congrès les dessins des abris employés dans leur pays, et une notice indiquant les avantages et les inconvénients de chaque système).
- XV. — Quelles sont les heures d’observations dans chaque pays pour les stations de premier, de deuxième ou de troisième ordre?
- XVI. -— Quelles sont les heures d’observations que l’on pourrait recommander d’une manière générale?
- XVII. — Des méthodes employées pour la mesure de l’évaporation.
- XVIII.—Mesure et répartition de la pluie; mesure de la neige.
- XIX. — Existe-t-il des recherches nouvelles sur une méthode simple et certaine pour déterminer la radiation?
- XX. — Méthodes d’observation de l’électricité atmosphérique.
- XXL — De l’utilité d’introduire les observations simultanées dans la marine, et de la marche à suivre pour réaliser ces observations.
- Le Congrès littéraire international a adopté les propositions suivantes :
- I. — Le droit de l’auteur sur son oeuvre constitue, non une concession de la loi, mais une des formes de la propriété, que le législateur doit garantir.
- IL — Le droit de l’auteur, de ses héritiers et de ses ayant cause est perpétuel.
- III. — Après expiration du délai fixé pour la durée des droits de l’auteur par les lois actuellement en vigueur dans les différents pays, toute personne pourra reproduire librement les oeuvres littéraires, à charge de payer une redevance aux héritiers ou ayant cause de l’auteur.
- IV. — Toute oeuvre littéraire, scientifique ou artistique sera traitée dans les pays autres que son pays d’origine, suivant les mêmes lois que les œuvres d’origine nationale.
- Il en sera de même en ce qui concerne l’exécution des œuvres dramatiques et musicales.
- V. — Pour que cette protection lui soit assurée, il suffira à l’auteur d’avoir accompli dans le pays où l’œuvre a été publiée pour la première fois les formalités d’usage.
- VI. — Le Congrès estime que l’amélioration de
- la condition morale et matérielle des littérateurs est essentiellement liée à la fondation ou au développement des sociétés ayant pour objet la défense des droits de l’écrivain' et la création de fonds de secours et de retraite.
- En outre, le congrès a émis le vœu que la question de crédit littéraire soit mise à l’étude et inscrite au programme du prochain Congrès international.
- Enfin, il a adopté le projet de fonder une association littéraire internationale, ouverte aux sociétés littéraires et aux écrivains de tous les pays.
- Le Congrès exprime en outre les vœux suivants :
- 1° Que les traités internationaux réservent à l’auteur le droit exclusif d’autoriser la traduction ou l’adaptation ;
- 2° Qu’à l’avenir les conventions littéraires soient rendues absolument indépendantes des traités de commerce ;
- 3° Que le Gouvernement français prenne l’initiative d’une réunion internationale où les représentants des divers gouvernements élaboreraient une convention uniforme, réglant l’usage de la propriété littéraire, selon l’esprit des résolutions que le Congrès a adoptées.
- LE CATALOGUE
- SECTION FRANÇAISE
- — Suite (1) —
- Classe 54.
- Machines et appareils de la mécanique générale.
- LISTE DES EXPOSANTS.
- — Suite. —
- Compagnie de Fives-Lille pour constructions mécaniques et entreprises. (Administrateur délégué : M. P.-F. Moreaux) à Paris, 159, rue de l’Université. Générateurs tubulaires installés dans le parc et alimentant, les moteurs des sections X et XI de la galerie française des machines ; machine motrice horizontale de 30 chevaux actionnant la transmission de la section XI, classe 60, dans la galerie française des machines ; machine fixe système Demenge à deux cylindres Compound ; pompe rotative système Greindl: locomobile système Demenge; transmissions en service dans la section XI dé la grande galerie-
- Compagnie des chemins de fer de l’Est, à Paris, gare de Strasbourg. (Ingénieur en chef, M. Re-gray.) Appareil destiné au réchauffage, par immersion sans bouchage ni débouchage, des bouil-lotes employées pour le chauffage des voitures de chemin de fer. (Appareil faisant partie de la classe 64).
- Compagnie des fonderies et forges de l’Horme (Directeur E. Lescure), à St-Julien en Jarret (Loire). •— Machine horizontale à deux cylindres et deux pompes pour épuisement, système dit à rotation.
- Compagnie des hauts fourneaux, forges et aciéries de la marine et des chemins de fer (Directeur M. Montgolfler), à St-Chamond (Loire). — Pièces de mécanisme détachées. Pavillon spécial (Parc).
- Compagnie parisienne de chauffage et d’éclairage par le gaz (Directeur M.E. Camus), à Paris, 6, rue Condorcet. — Machines à gaz horizontales, système Lenoir ; machines à gaz verticales, système Langen et Otto.
- Constant et Ce, à Clichy-la-Garenne (Seine), 48, rue de Neuilly. — Tartriphage Constant pour la désincrustation des chaudières.
- Coq fils et Simon, à Aix (Bouches-du-Rhône). — Soupapes de sûreté, système Estienne.
- Coque, à Paris, 48, boulevard de Strasbourg. — Compteur à eau.
- Corbran et le Marchand, aux Chartreux, commune du Petit-Quevilly (Seine-Inférieure). — Une paire de machines à vapeur Corliss d’une force collective nominale de 120 chevaux.
- Cordier aîné, à Paris, 98, rue du Chemin-Vert.— Modèles en relief de fourneaux de chaudières à vapeur.
- A suivre.
- (1) Voir nos précédents numéros
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR.
- 36, rue Blanche.
- REVUE DE L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
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- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de l'Ecole polytechnique.
- RÉDACTEURS.
- V
- H. de la MOTTA, Architecte.
- DEB1É, Ingénieur civil.
- L. POILLON, ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction (même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LES GÉNÉRATEURS
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- (7e ARTICLE).
- Voir nos numéros des 18 et 25 mars ; S avril, 20 mai, 24 juin, 22 juillet).
- Les générateurs de la Société centrale de construction de machines
- Le second groupe de générateurs que l’on trouve en partant de l’Ecole militaire, a été fourni par la Société centrale de construction de machines, qui a son siège à Pantin, qprès Paris, et dont les administrateurs sont MM. C. Weyher et Richemond, ingénieurs civils.
- Ce groupe se compose de trois chaudières semblables, à foyer tubulaire amovible avec retour de flammes dans les tubes et dilatation libre.
- Chacune de ces chaudières est formée de deux parties principales :
- 1° le Vaporisateur, comprenant le foyer intérieur, le retour de flamme et le faisceau de tubes compris entre les deux plaques tubulaires d’avant et d’arrière;
- 2° la Calandre ou grand cylindre enveloppe. Lorsque les générateurs sont de moyenne ou de grande surface, et c’est le cas qui nous occupe, la calandre est surmontée d’un deuxième cylindre qui sert de réservoir pour l’eau et la vapeur, cylindre qui est lui-même muni d’un dôme.
- Ces deux parties, le Vaporisateur et la Calandre, sont réunies l’une à l’autre par un joint unique à brides, boulons et rondelle de caoutchouc ; cette rondelle peut servir plusieurs années et supporter plusieurs démontages, parce que le joint étant extérieur n’est jamais très-chaud. Les gaz produits de la combustion ne s’échappent par les canaux qu’après avoir passé par le retour de flamme, par le faisceau de tubes et par la vaste chambre en maçonnerie qui entoure le générateur, lequel se trouve ainsi enveloppé de toutes parts par les gaz, avant leur passage dans la cheminée.
- Les principaux avantages des générateurs de la Société centrale peuvent s’expliquer ainsi qu’il suit :
- Économie du combustible. Fumivorité. — La houille, en brûlant sur la grille, produit :
- 1° De la chaleur rayonnante;
- 2° Un mélange de gaz combustibles, d’air chaud et de gaz incombustibles, qui entraîne avec lui des parcelles de charbon.
- Or ici, le foyer étant intérieur, fait profiter d’abord de toute la chaleur rayonnante de la grille. Puis les gaz combustibles et les parcelles de charbon se répandent avec l’air chaud dans la grande chambre à combustion,, et viennent ensuite rencontrer le fond de cette chambre qui les oblige à rebrousser chemin. Us se mélangent, se brassent; l’air chaud brûle les gaz et les parcelles de charbon entraînées. La combustion étant alors complètement terminée, toute la chaleur rayonnante produite par la grille et parla flamme étant recueillie, les gaz éteints, appelés par le tirage, entrent dans les tubes et perdent, par contact, la haute température à laquelle la combustion les avait portés. Au sortir des tubes, ces gaz achèvent de se refroidir en se répandant, par la boîte à fu-
- mée, dans lé grand carneau qui enveloppe toute la chaudière et conduit à la cheminée.
- On ne laisse ainsi à la fumée que la température nécessaire pour produire le tirage.
- La combustion étant complète dans ces chaudières, aussi bien pour le gaz que pour les parcelles de charbon entraînées, il en résulte qu’elles sont fumivores.
- Facilité du nettoyage. — Pour enlever les dépôts, on défait les boulons du joint unique à brides; on adapte deux galets, disposés pour cela, à la base de la plaque tubulaire d’avant, et, à l’aide d’un palan, on sort le vaporisateur de la calandre. Le vaporisateur est parfaitement rigide et maniable, et toutes ses parties sont facilement abordables; on peut donc les débarrasser aisément avec un burin des dépôts, plus ou moins adhérents suivant la nature de l’eau. On sait quels inconvénients considérables sont évités quand on peut nettoyer sérieusement une chaudière. Les incrustations nuisent à la transmission du calorique, occasionnent des coups de feu et détruisent rapidement les chaudières.
- Grâce à la facilité du nettoyage dans les chaudières qui nous occupent, l’économie du combustible, démontrée aux essais, se continue en service courant, puisqu’on peut maintenir les surfaces de chauffe en parfait état de propreté.
- Dilatation libre grâce au joint unique. — On a cherché à imiter les chaudières à foyer amovible en reliant le vaporisateur à la calandre par deux joints •• l’un à l’avant, l’autre à l’arrière. Alors, oïi le comprend, le foyer et les tubes, bien plus fortement chauffés que la calandre, se dilatent davantage. Gette dilatation n’est pas libre ; le foyer et les tubes poussent avec une grande force sur les plaques tubulaires et y déterminent des fuites continuelles, et quelquefois, malheureusement, l’explosion de la chaudière. De plus, le joint d’arrière est dans le feu.
- Dans les .chaudières de la Société centrale, au contraire, le vaporisateur maintenu seulement à l’avant se dilate librement à l’arrière, sans être gêné par aucune résistance,
- Conservation des plaques tubulaires. — Les plaques tubulaires ne reçoivent pas le coup de feu direct et sont soustraites ainsi à un grave inconvénient que présentent les autres chaudières à foyer intérieur. Dans les autres systèmes, en effet, la plaque tubulaire d’avant forme la paroi postérieure du foyer, reçoit le rayonnement de la grille et est frappée directement par les gaz enflammés. Sous l’influence de cette température élevée, les abouts des tubes, qui sont la partie la plus délicate d’une chaudière, sont brûlés et détruits rapidement. — Ici, au contraire, la première plaque tubulaire rencontrée par les gaz est celle d’arrière, ét au moment où ils y arrivent, ces- gaz ne sont plus assez chauds pour l’altérer.
- Sécurité. — Dans les chaudières de MM. Weyher et Richemond, le cylindre supérieur sert de réservoir d’eau et de vapeur ; le niveau normal de l’eau étant ainsi placé à une grande hauteur au-dessus des tubes et, des autres parois qui voient le feu, il faudrait que la surveillance du chauffeur fût en défaut pendant un temps très long, pour que ce niveau s’abaissât jusqu’aux tubes.
- Cette réserve de vapeur et d’eau bouillante donne toute la régularité possible dans la pression, la température et l’émission de la vapeur.
- Aux avantages qui précèdent, il faut ajouter que les générateurs de la Société centrale présentent une grande économie d’emplacement et de construction pour le fourneau.
- La basse température à laquelle se trouvent les produits de la combustion en arrivant dans la chambre en maçonnerie qui enveloppe le générateur, permet de faire cette chambre en briques ordinaires, et comme cette maçonnerie ne porte rien et ne sert que d’enveloppe, on peut la faire sur une simple épaisseur de briques. Par suite, la maçonnerie est peu coûteuse et rachète l’excédant de prix de la partie métallique.
- Non-seulement l’amovibilité du vaporisateur en rend la visite et les réparations très facile ; mais en outre, en cas de force majeure, il est possible de remplacer ce vaporisateur par un autre du même numéro qui entre exactement à sa place; et ainsi tout chômage est évité.
- Au lieu d’une chaudière de rechange, on peut aussi avoir seulement un vaporisateur que l’on conserve au magasin, ce qui procure une économie de première installation.
- La réputation acquise par la Société centrale de construction de machines est tellement universelle que nous croyons inutile de rappeler que leurs générateurs sont éminemment propres à toutes les industries qui font une grande consommation de vapeur.
- Les trois générateurs exposés présentent 200 mètres de surface de chauffe et produisent 2,500 kil. de vapeur sèche à 6 k. 500 de pression par heure, soit 12 k. 500 par mètre superficiel; la proportion de l’eau vaporisée au combustible consommé est de 9. Ces conditions sont éminemment remarquables et expliquent la faveur exceptionnelle dont jouissent ces appareils.
- Nous retrouverons les générateurs de la Société centrale, lorsqu’il sera question, dans cette Revue, des locomobiies et demi-fixes. Mais nous ne pouvons les quitter sans remarquer le soin qui est apporté à l’exécution de tous leurs détails. Les indicateurs de niveau d’eau et les soupapes de sûreté sont établis dans les meilleures conditions,
- LES MACHINES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- (11e ARTICLE).
- Voir nos numéros des 20 et 27 mai ; 3, 10, 17, 24 juin ; 1er, 8, 45 et 22 juillet.
- Les Machines à balancier système Woolf.
- Nous avons à examiner aujourd’hui les machines Woolf à balancier de MM Thomas et Powell, Bou-dier frères, Windsor frères, de Rouen, et P. Boyer, de Lille.
- Lorsque nous aurons dit que ces machines sont parfaitement soignées et construites, et que sous ce rapport il serait difficile de motiver une préférence en faveur de l’une ou de l’autre, nous serons dispensé de répéter quatre fois les mêmes réflexions. Nous aurons en outre fait preuve d’impartialité et d’exactitude.
- Laissons donc de côté ces questions de soins et de bonne construction, et considérons-les comme résolues au profit et à l’avantage des constructeurs. Ne signalons dans chacune des quatre machines dont il s’agit, que ce qu.’elle-présente de réellement spécial.
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- 56, rue Blanche
- Paris LE CONSTRUCTEUR
- 50 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Le balancier de la machine Thomas et Powel repose sur une tour centrale unique au lieu d’être supporté par des sommiers eux-mêmes reliés à des murs latéraux et par des colonnes isolées. Cette disposition nous paraît élégante et commode. Nous croyons même qu’elle serait plus employée si les constructeurs n’éprouvaient pas une répugnance (assez justifiée) à modifier leurs types et à réformer des modèles qui leur ont coûté fort cher la plupart du temps.
- JEn dehors de cette particularité, le point caractéristique de la machine Poweil est l’application au petit cylindre d’une détente variable Système Cor-rey. Cette détente n’entraînant de modifications qu’à la petite boîte à vapeur et au petit cylindre est facile à appliquer à d’anciennes machines quelles qu’elles soient.
- Les tiroirs du petit et du grand cylindre restent actionnés par une came triangulaire ; et la réglementation de ces tiroirs reste la même qu’aupara-vant, sauf pour ce qui concerne l’admission dans le petit cylindre. La came triangulaire a, comme on le sait, sur l’excentrique simple l’avantage de laisser les orifices d’admission et d’échappement plus longtemps découverts, et c’est à tortque l’on n’en fait pas plus souvent usage. Au lieu d’être constamment en mouvement, le tiroir commandé par une came triangulaire s'arrête un certain temps à chaque extrémité de sa course. Pour une même section de lumières, les surfaces absolues d’orifices offertes à l’échappement et à l’introduction de la vapeur, sont donc plus grandes.
- Quoi qu’il en soit le but de l’application de la détente Correy est de faire cesser l’admission de la vapeur à une période quelconque de la course du petit piston (correspondant à une certaine position des boules, du régulateur) et pouvant varier de 0 à 0,8 de la course, l’ouverture des orifices d’admission s’opérant rapidement et leur fermeture étant instantanée.
- Pour cela, le tiroir du petit cylindre a sa face intérieure disposée comme celle d’un tiroir ordinaire. Mais son dos est dressé et porte deux orifices rectangulaires dont les dimensions correspondent à la section d’orifice découverte sur les bords de la face intérieure.
- Deux palettes sont maintenues appuyées sur ce dos par la pression de la vapeur et peuvent en fermer complètement les deux orifices de manière à intercepter toute introduction. Ces palettes sont montées sur deux tiges sortant de la boîte à vapeur-, et le diamètre de ces tiges est calculé pour que la pression de la vapeur s’exerçant sur leur extrémité inférieure augmentée du poids des pièces forme un total supérieur à l’effort nécessaire pour les mettre en mouvement. De cette façon, les tiges et les palettes reviennent à leur place sans l’intervention d’aucun ressort, dès qu’est suspendue l’action du mécanisme qui les élève.
- Chaque tige porte à sa sortie des presses-étou-pes un petit renflement formant piston dans une boîte à air et amortissant les chocs.
- Le mouvement est donné à chacune des tiges par deux petits excentriques calés sur l’arbre de distri bution ou sur un petit arbre spécial. Ces excentriques sont articulés à deux tiges avec commande à déclic -, et le régulateur règle l’action de celui-ci. Pour arrêter les oscillations trop rapides, ce petit piston est suspendu à la tringle du manchon mobile du régulateur, et fonctionne avec jeu dans un petit cylindre rempli d’huile (disposition déjà plusieurs fois citée).
- L’introduction peut varier de 0 à toute la course du petit piston.
- Il est impossible de donner sans figure plus de détails à ce sujet. En résumé l’appareil Correy laisse les lumières ouvertes en grand pendant toute l’admission, puis coupe la vapeur instantanément.
- C’est tout ce que l’on peut désirer pour un mécanisme de ce genre.
- Dans la machine à balancier de M. P. Boyer, de Lille, le mécanisme de la détente au petit cylindre nous a paru avoir une grande analogie avec la dé-
- tente Correy et donne à peu près les mêmés résultats.
- Dans la machine à balancier Boudier frères, un seul déclic actionné par une came à double mouvement limite l’introduction de la vapeur dans le petit cylindre. Le régulateur règle et détermine la position de la came ; et là encore la détente dans le petit cylindre varie donc suivant le travail à développer momentanément.
- Tel est également le cas de la machine de MM. Windsor frères. Un régulatenr système Porter à grande vitesse (actionné par engrenages) règle la position variable d’une came double, à l’aide d’un système de leviers. Cette came est montée sur un arbre qui fait un nombre de tours double de celui de l’arbre du volant. A l’aide d’un mécanisme de leviers, la came actionne une sorte de robinet ou secteur cylindrique analogue aux obturateurs d’admission des machines Corliss. Un piston à air sert de modérateur à ce mouvement. Placé au dos d.e la boîte à vapeur du petit cylindre, l’obturateur y intercepte l’action de la vapeur à un instant variable avec la position des boules du régulateur. Ce mécanisme (dit système Hall et Windsor) n’est pas très-simple, nous le croyons néanmoins peu sujet à se déranger et d’un fonctionnement certain. C’est beaucoup.
- Comme nous l’avons dit précédemment, les machines à balancier ont été longtemps les plus employées et sont très-commodes pour commander des tiges de pompes à pistons pour élévations d’eau (système appelé à disparaître dans un avenir plus ou moins éloigné).
- En raison de leur grande masse et de la régularité qui en résulte, et en raison de leur faible vitesse et de leurs grandes dimensions relatives, elles supportent mieux que beaucoup d’autres machines des surcharges allant au double de leur puissance nominale.
- Cela est très-commode pour les industriels qui commandent une machine destinée à subvenir à des besoins qu’ils ne peuvent prévoir exactement et qui sont subordonnés à la prospérité de leur industrie.
- On peut, en variant la pression de la vapeur admise au petit cylindre, le degré de détente dans celui-ci et la vitesse (dans des limites restreintes), on peut, disons-nous, généralement faire développer facilement à une machine à balancier'une puissance triple de la puissance normale pour laquelle elle a été achetée. Les organes sont généralement assez forts pour permettre cet abus.
- Malgré tout cela l’installation du système est compliquée et coûteuse, non-seulement en elle-même mais par l’importance des massifs et des constructions qu’elle nécessite.
- Le mouvement du piston ne se transmet à l’arbre que par l’intermédiaire de h ou 5 articulations, et chaque articulation est une cause de jeu et de chocs.
- Le grand espace occupé par ces machines ne permet que difficilement d’en rendre les diverses parties bien solidaires, d’éviter les tassements inégaux et par suite les frottements anormaux et les chances de rupture auxquels ces tassements donnent lieu.
- Les grands poids et l’élasticité des longues pièces qui transmettent le mouvement rendentimpossibles les changements rapides de direction de mouvement, et la vitesse est donc nécessairement moindre qu’avec les autres machines.
- Pour les filatures, la régularité et la douceur du mouvement des machines à balancier les rendent précieuses. C’est à tort que l’on a reproché parfois à la bielle et au balancier d’absorber de la puissance vive en pure perte 5 car vers les points morts la puissance vive de ces pièces diminue progressivement sans secousses ni chocs. Elle sert même à régulariser le mouvement.
- Les pistons ont de très-faibles vitesses vers les extrémités de leur course, et cela permet à la vapeur de pénétrer dans le cylindre et de s’en échapper dans les meilleures conditions.
- Mais enfin le temps des machines à balancier nous paraît passé néanmoins parce que l’on possède
- maintenant d’autres systèmes permettant de réaliser avec beaucoup moins de frais des avantages plus grands.
- L. Poillon,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- .Les Conférences
- Les .conférences publiques au palais du Troca-déro (deuxième série) ont commencé le mardi 23 juillet.
- Elles ont lieu â deux heures, salles du pavillon gauche (côté de Passv), les jours ci-après indiqués :
- Jeudi 25 juillet. — Conférence sur le Palais de l’Exposition de 1878, par M. E. Trélat, professeur au Conservatoire des arts et métiers.
- Samedi 27 juillet. — Conférence sur le verre, sa fabrication et ses applications, par M. Clémandot, ingénieur civil.
- Mardi 30 juillet. — Conférence sur le choix d’un état au point de vue hygiénique et social, par Mme Placide Conly, ancien membre de la commission du travail des enfants dans les manufactures.
- Mercredi 31 juillet. — Conférence sur la minoterie, par M. Vigreux, ingénieur civil.
- Jeudi 1er août. —• Conférence sur le boudhisme à l’Exposition, par M. Léon Feer, membre de la Société académique indo-chinoise.
- Samedi 3 août, — Conférence sur la fabrication du savon de Marseille, par M. Arnavon, manufacturier.
- Le Congrès littéraire international a adopté les propositions suivantes :
- I. — Le droit de l'auteur sur son œuvre constitue, non une concession de la loi, mais une des formes de la propriété, que le législateur doit garantir.
- IL — Le droit de Fauteur, de ses héritiers et de ses ayant-cause est perpétuel.
- III. — Après expiration du délai fixé pour la durée des droits de l’auteur par les lois actuellement en vigueur dans les différents pays, toute personne pourra reproduire librement les œuvres littéraires, à charge de payer une redevance aux héritiers ou ayant-cause de l’auteur.
- IV. —- Toute œuvre littéraire, scientifique ou artistique sera traitée dans les pays autres que son pays d’origine, suivant les mêmes lois que les œuvres d’origine nationale.
- Il en sera de même en ce qui concerne l'exécution des œuvres dramatiques et musicales.
- V. — Pour que cette protection lui soit assurée, il suffira à l’auteur d’avoir accompli dans le pays où l’œuvre a été publiée pour la première fois les formalités d’usage.
- VI. — Le Congrès estime que l’amélioration de la condition morale et matérielle des littérateurs est essentiellement liée à la fondation ou au développement de sociétés ayant pour objet la défense des droits de l’écrivain et la création de fonds de secours et de retraite.
- En outre, le Congrès a émis le vœu que la question de crédit littéraire soit mise à l’étude et inscrite au programme du prochain Congrès international.
- Enfin, il a adopté le projet de fonder une association littéraire internationale, ouverte aux sociétés littéraires et aux écrivains de tous les pays.
- Le Congrès émet en outre les vœux suivants :
- 1° Que les traités internationaux réservent â l’auteur le droit exclusif d’autoriser la traduction ou l’adaptation ;
- 2° Qu’à l’avenir les conventions littéraires soient rendues absolument indépendantes des traités de commerce ;
- 3° Que le gouvernement français prenne l’initiative d’une réunion internationale où les représentants des divers gouvernements élaboreraient une convention uniforme, réglant l’usage de la propriété littéraire, selon l’esprit des résolutions que le Congrès a adoptées.
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR 36, me Blanche.
- 1878
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de TEcole polytechnique.
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- I MM. DEB1E, Ingénieur civil.
- ! L. POILLON, ingénieur civil.
- RÉDACTEURS. ...... J BOUVET, Ingénieur civil.
- | È. LENEVEU, Ingénieur civil,
- f ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LES GÉNÉRATEURS
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- (8e article).
- Voir nos numéros des 18 et 25 mars, 8 avril, 20 mai, 21 juin, 22 et 29 juillet).
- Les générateurs Belleville,,
- Le troisième groupe de générateurs affecté au service de la force motrice dans la section française est, en partant de l’Ecole militaire, celui des générateurs Belleville. Ce groupe, d’une force de 300 chevaux, est du reste le plus central et par suite il est le plus chargé au point de vue de la fourniture de la vapeur.
- Les opinions sur les générateurs Belleville sont assez divergentes; beaucoup en parlent sans les connaître ou d’après les résultats des premiers modèles qui laissaient certainement à désirer. On peut dire que le modèle de 1877 diffère complètement des précédents et donne de très-bons résultats. D’ailleurs, la disposition adoptée par M. Belleville, qui est l’œuvre de toute sa vie, a été imitée, à l’étranger surtout; elle constitue un type nouveau. A tous ces titres il nous paraît indispensable d’entrer dans, quelques développements au sujet de ces appareils.
- Bien que le premier brevet pris par M. Belleville pour ses générateurs date de 1850, ces appareils ne sont entrés dans le domaine de la pratique qu’après dix années d’études et d’essais, soit en 1860.
- Depuis cette époque, l’inventeur, utilisant l’expérience acquise par un nombre considérable d’applications, a créé successivement les modèles 1862, 1868, 1872, 1875 et enfin le dernier modèle qui porte la date de 1877.
- Description des générateurs.
- Les générateurs Belleville, du modèle 1877, se composent essentiellement des organes principaux qui suivent : 1° d’éléments générateurs verticaux dont le nombre et les dimensions varient suivant la force des appareils producteurs. Chaque élément est composé d’un certain nombre de tubes assemblés en spirales allongées à l’aide de boîtes de raccordement. Ces éléments sont constitués de telle sorte que chacun d’eux est indépendant des autres et forme, en quelque sorte, une unité distincte, condition très-importante pour la facilité des transports, montages et réparations.
- 2° D’un tube-collecteur d’alimentation disposé transversalement au-dessus des portes de foyer et qui, tout en servant de point d’appui à la partie antérieure des éléments, communique avec chacun d’eux à l’aide d’un raccordement à joint conique, d’un démontage facile.
- 3° D’un cylindre-collecteur épurateur de vapeur et d’eau d'alimentation, disposé transversalement au-dessus de la couverture du générateur et à l’abri, par conséquent, de l’action corrosive et de la température des gaz de la combustion.
- Il communique avec la partie supérieure de chaque élément à l’aide d’un raccordement à joint conique, dont le démontage est des plus faciles.
- Il précipite les dépôts calcaires par le réchauffement rapide de l’eau d’alimentation, et répare complètement la vapeur des vésicules d’eau et des
- corps étrangers quelle peut entraîner au sortir des éléments.
- Le collecteur-épurateur est relié au déjecteur des dépôts calcaires par un tube de large section destiné à permettre le retour facile au générateur de l’eau d’alimentation injectée dans le cylindre-collecteur, ainsi que de l’eau séparée de la vapeur et retenue dans cet organe.
- k° D’un récipient-déjecteur des dépôts calcaires, qui communique avec le collecteur-épurateur et avec le collecteur d’alimentation. Ce déjecteur opère la séparation méthodique et la retenue des dépôts ou résidus quelconques d’une densité plus grande que celle de l’eau et qui sont entraînés par l’eau se rendant de l’épurateur aux éléments générateurs. Ces dépôts ou résidus peuvent être extraits du déjecteur pendant la marche, aussi souvent qu’on le juge utile, à l’aide du robinet spécial situé à sa base.
- 6° D’un régulateur automatique d’alimentation et de niveau d’eau, muni d’un sifflet avertisseur. La disposition nouvelle de cet organe donne la certitude d’un bon service, procure une régularité parfaite d’alimentatien et de hauteur de niveau d’eau dans les divers éléments d’un même générateur, quels que soient l’allure de marche et le volume d’eau à vaporiser. 11 rend le service de l’alimentation extrêmement facile et d’une surveillance pour ainsi dire nulle pour le personnel chargé de la conduite des générateurs.
- 7° D’un régulateur automatique de combustion et de pression qui commande un registre-valve. Il est plus spécialement applicable aux générateurs du type fixe. La cuvette de ce régulateur est en communication avec la pression du générateur.
- 8° D’un foyer, comportant : 1° une disposition spéciale de portes distinctes pour chargement et décrassage, qui rendent la conduite du feu plus facile et moins pénible pour les chauffeurs: 2» un système breveté de grille en fer composée de barreaux ondulés et de barreaux droits intercalés.
- Cette disposition de grille donne un ensemble d’une grande solidité, en ce que tous les barreaux se contre-buttent les uns les autres en des points très-rapproehés. Les espaces vides réservés entre' eux au passage de l’air sont d’une parfaite régularité; ils ont l’aspect de petits, triangles très-allongés. L’air nécessaire à la combustion se trouve ainsi divisé en lames minces réparties très-également sur toute la surface de la grille ; cette condition donne lieu à un refroidissement assez notable pour que les mâchefers n’y adhèrent jamais.
- 9° D’une enveloppe en fer et briques renfermant les éléments générateurs et le foyer. Cette enveloppe, d’une construction simple et solide, est munie des portes nécessaires pour le service du lover et pour l’accès facile de toutes les parties de l’intérieur et de l’extérieur des tubes générateurs.
- Travail des Générateurs.
- L’eau d’alimentation, fournie par des pompes ou par tout autre engin, arrive au robinet d’alimentation, puis pénètre dans le cylindre-collecteur épurateur par son extrémité de droite ; elle est injectée de telle sorte que la rapide élévation de sa température au contact de la vapeur détermine la précipitation instantanée des sels calcaires à l’état pulvérulent. L'eau d’alimentation ayant ainsi atteint une température qui est sensiblement celle de la vapeur, traverse le cylindre-épurateur dans toute sa longueur pour se rendre, par le tuyau de retour situé à gauche, au récipient-déjecteur, où elle abandonne les dépôts calcaires précipités et les autres corps étrangers qu’elle a pu entraîner avec elle. L’eau se rend ensuite dans le tube-collecteur
- d'alimentation, d’où elle se répartit entre les éléments générateurs, en passant par la tubulure à joint conique qui relie chacun d’eux avec ce tube-collecteur; elle pénètre ainsi dans chaque élément en raison du besoin de sa vaporisation, de manière à maintenir régulièrement dans chacun d’eux la même hauteur du niveau normale, déterminée pour le meilleur travail et réglée par l'automoteur d'alimentation.
- Le réchauffement de l’eau à haute température dans le collecteur-épurateur et la précipitation des sels calcaires, qui en résulte, ont pour conséquences favorables : de supprimer les avaries par coup de feu, résultant de 1 accumulation des croûtes calcaires sur les surfaces de chauffe les plus rapprochées du feu, et d’augmenter l’utilisation de ces surfaces; de régulariser le travail de vaporisation, des divers éléments composant un même générateur, parce qu’ils reçoivent tous l’eau d’alimenta-ti.on à la même température élevée; de supprimer dans les tubes générateurs l’action si nuisible des contractions et dilatations successives, qui peuvent résulter des intermittences d’alimentation à des températures plus ou moins différentes de celle de la vapeur.
- L’eau introduite dans chaque élément se vaporise en partie dans les fourches les plus rapprochées du feu, et la vapeur qui s’en dégage, plus ou moins chargée d’eau, suivant la hauteur du niveau qu’on veut maintenir dans le générateur, circule rapidement dans les fourches supérieures situées au-dessus du niveau normal de l’eau.
- Dans cette circulation rapide, une partie de l’eau se vaporise au contact des parois contre lesquelles elle est incessamment appliquée et froissée par la vitesse du courant de vapeur.
- Au sortir de chaque élément, la vapeur pénètre dans le cylindre-collecteur épurateur par la tubulure à joint conique qui projette le courant contre une cloison directrice disposée de manière à obtenir la séparation de cette vapeur d’avec l’eau et les autres corps étrangers qu’elle entraîne. L’eau ainsi retenue dans l’épurateur se mêle à l’eau d’alimentation pour faire retour avec elle aux éléments générateurs, en abandonnant ses dépôts et autres impuretés dans le récipient-déjecteur.
- L’épurateur retient de même et fait retourner au générateur l’eau qui peut être soulevée lors des émulsions produites, soit par une trop rapide ouverture du robinet de prise de vapeur, soit par la brusque accélération d’allure d’une machine.
- La vapeur, à sa sortie de l’épurateur, circule dans le sécheur, pour se rendre ensuite à la conduite de vapeur.
- Les organes principaux qui ont été indiqués comme faisant partie du modèle Belleville de 1877 n’existent, pas dans les modèles précédents et constituent bien un brevet nouveau.
- En pratique, la divisibilité des éléments, la faculté d’éiever le niveau de l’eau de manière à humecter tous les tubes, sont des propriétés essentielles et entièrement nouvelles; la dernière n’est possible que grâce au collecteur-épurateur de vapeur qui permet, par une disposition très-simple, non-seulement de réchauffer l’eau d’alimentation et d’en soustraire les dépôts calcaires, mais aussi de séparer la vapeur des vésicules d’eau et des corps étrangers qu’elle peut entraîner.
- Quelques mots sont encore utiles sur la régulation de l’alimentation et de la pression de vapeur.
- Régulation de l’alimentation d’après l’état de la vapeur.
- Suivant que la vapeur en circulation dans un élément contient, par suite du plus ou moins d’activité
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- de l’ébullition, une proportion d’eau plus ou moins grande, la résistance à l’écoulement du mélange d’eau et de vapeur augmente ou diminue en raison delà variation de sa densité moyenne. La hauteur d’eau correspondante a cette résistance, ou perte de charge, augmente oudiminue donc dans le même sens.
- D’autre part, la colonne de niveau étant mise^en communication avec les deux points extrêmes d’un élément, le niveau apparent qui s’y établit surpasse le niveau réel dans l’élément de la hauteur qui représente la perte de charge dont nous venons de parler. Par suite, la différence des niveaux entre la colonne et l’élément augmente ou diminue suivant que la proportion d’eau contenue dans la vapeur devient plus ou moins grande.
- En conséquence, si le niveau d’eau de la colonne agit sur un flotteur chargé de régler l’ouverture du robinet d’alimentation, chaque augmentation ou diminution de la proportion d’eau contenue dans la vapeur fait fermer ou ouvrir dans une certaine mesure le robinet d’alimentation et il en résulte que la quantité d’eau introduite dans le générateur diminue ou augmente, jusqu’à ce que la diminution ou l’augmentation du niveau dans l’élément soit telle, que l’état de vapeur primitif soit de nouveau réalisé.
- L’appareil, une fois réglé pour un état de vapeur déterminé, tend donc à ramener le niveau réel dans le générateur au point voulu pour maintenir la vapeur à ce même état, quelque puisse être le degré d’activité de la combustion et de l’ébullition»
- Régulation de la pression de vapeur.
- Ce système de régulateur se compose d’un ressort à capacité étanche, formé de ressorts Belleville (disques tronc-coniques en acier) (1) superpo^s alternativement par leur grande et leur petite base, avec interposition d’une rondelle de toile métallique recouverte de caoutchouc feutré. Ce ressort est renfermé dans une cuvette en fonte.
- L’extérieur du ressort étant mis en communication avec la pression du générateur et l’intérieur avec la pression atmosphérique, toute augmentation de pression du générateur comprime le ressort et fait fermer proportionnellement le registre, et toute diminution le fait ouvrir.
- L’appareil étant réglé pour réaliser l’ouverture et la fermeture totale du registre de la cheminée dans les limites d’une atmosphère, la pression se trouve toujours maintenue dans ces mêmes limites et ne peut même les atteindre que dans des cas exceptionnels ; la puissance, du ressort et l’absence de frottements donnent à cet appareil un fonctionnement assuré, d’où résulte une remarquable régularité pratique.
- Voici les avantages que M. Belleville revendique pour ses générateurs :
- 1° Grande sécurité, provenant du petit diamètre relatif des tubes ;
- 2° Economie de combustible et bonne utilisation de la chaleur ;
- 3° Petit volume et facilité de transport et d’installation ;
- 4° Facilité de nettoyage et de réparations ;
- 5° Prompte mise en pression ;
- 6° Régularité de pression et de production ;
- 7° Emploi de hautes pressions et facilité de conduite.
- ï
- Le groupe des générateurs Belleville du service de la force motrice se compose de trois générateurs, chacun de la force nominale de 100 chevaux.
- Chaque générateur comporte :
- 1° Six éléments doubles, d’une longueur de 2 m. 400, composés chacun de 9 fourches, ou 18 tubes de 125 m/m de diamètre extérieur et de 5 m/m d’épaisseur, ayant ensemble une surface de chauffe de........................mètres carrés 105mo60
- 2° Un sécheur de vapeur, composé de 12 tubes d’une longueur de 2,100, et des mêmes diamètre et épaisseur, ayant une surface de chauffe der.................. 10mq32
- Soit surface de chauffe d’un générateur.................................... 115mn92
- Et surface totale de chauffe du groupe 3â7mq76
- (1) Les ressorts Belleville sont, depuis dix ans, répandus dans l’industrie, où ils ont. des emplois variés et sont.notamment appliqués aux tampons de wagons, recul des canons de groscalibre, etc.
- La surface de chauffe par cheval nominal est donc de......................... Imql5
- La surface de grille de chaque générateur est de............................... 4nlq
- Et surface totale de grille du groupe de 12m<t Rapport de la surface de grille à la
- surface de chauffe........................ 1:29
- Surface de grille par cheval nominal... 4draq
- La cheminée, d’une hauteur de 30 mètres, a une section libre au sommet de 113 décimètres carrés.
- La vaporisation du groupe des générateurs Belleville s’est élevée, du 10 juin au 10 juillet, à 1,890,580 k. de vapeur; la dépense' de charbon dans le même temps a été de 135,816 kilog., soit une production moyenne en travail courant de 8^778 de vapeur par kilog. de charbon brut, y compris allumages, heures de suspension et extinction journalière.
- Le charbon brûlé est du tout-venant d’Àniche.
- Nous pouvons ajouter que la vapeur est très-sèche, ainsi que le démontre un jet de vapeur pris sur la conduite générale.
- Quant à la production elle s’élève souvent h 6,000 kilogrammes à l’heure, soit 20 kilogrammes par cheval nominal.
- L’Exposition générale de MM. J. Belleville et Ce est située à quelques pas de leur pavillon de force motrice, dans l’annexe de la galerie des machines, classe 54. Elle comprend notamment : un générateur du type marin de 60 chevaux du modèle 1877; — un générateur du type transportable de 12 chevaux, modèle applicable notamment aux remorqueurs pour tramways ; — un générateur, de 9 mètres de surface de chauffe, à échappement silencieux, nouveau modèle pour embarcations de la marine militaire; — une machine locomobile verticale, de 16 chevaux, à changement de marche; — une machine iocomobile verticale de 8 chevaux, démontable pu fractions de moins de 100 kilos, pour le transport à dos de mulets dans les montagnes; — une série de pompes à vapeur Belleville pour alimentation des chaudières à haute pression, fixes et marines, de 25 à 300 chevaux, etc.
- DIVERS
- Les Récompenses à l’Exposition universelle.
- Le conseil supérieur des expositions internationales et les présidents de jurys de groupe ont fixé ainsi la répartition des récompenses :
- Exposants. Récompenses.
- 1er groupe 3.000 306
- 2e _ 6.076 3.655
- 3e - 4.739 2.876
- 4e — 6.530 4.547
- 5e — 7.444 3.449
- 6e — 6.620 4.656
- 7e __ 15.170 7.730
- 8e — 2.530 1.648
- 95 — 896 641
- 53.005 29.468
- Quant au détail des médailles et récompenses par catégories, voici les nombres primitivement fixés, et celui qui est demandé par les présidents de groupe :
- Ancien Chiffre
- chiffre. nouveau.
- Or 1.000 2.650
- Argent 4.000 6.400
- Bronze 8.000 10.000
- Ment8 honorables 8.000 10.500
- 21.000 29.550
- M. Teisserenc de Bort a informé la commission supérieure que, sur la demande qui lui en a été faite par l’unanimité des membres du jury, il avait décidé que la valeur des médailles dont le chiffre avait été primitivement, fixé serait diminué de moitié et que le nombre en serait doublé.
- Le nombre total des grands prix est porté à 150 et celui des médailles d’or à 2,500.
- La commission a remercié le ministre de cette décision, qui permettra au jury de récompenser tous les mérites sans augmenter les dépenses.
- Les présidents de groupe ont fait connaître ensuite la liste de leurs propositions pour chacune de leurs classes. Ces propositions ont été adoptées par la commission.
- Le prix d’un abonnement à l’Exposition de 1878 est réduit à 40 francs par personne à partir du 1er août.
- Les cartes d’abonnement donnent le droit d’entrer tous les jours, et par toutes les portes, dans le palais et les parcs du Champ-de-Mars, du Tro-cadéro et du quai d’Orsay, ainsi qu’à l’exposition spéciale des animaux (Esplanade des Invalides), aux heures d’admission générale du public et aux heures réservées pour les études (huit à dix heures du marin).
- Toute personne qui demande une carte d’abonnement doit présenter son portrait-car te photographié, en double exemplaire, et apposer sa signature sur le registre de l’agent comptable du Trésor.
- Les cartes d’abonnement sont nominatives et personnelles.
- La délivrance des cartes à prix réduit a commencé le jeudi îet août. Le bureau de l’agent comptable est situé rue de Rivoli, 192 (à l’angle de la place des Pyramides).
- LES MACHINES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- (12e ARTICLE).
- Voir nos numéros des 20 et 27 mai ; 3, 10, 17, 24 juin ? 1er, 8, 15, 22 et 29 juillet.
- Les Machines Compounds on à deux cylindres.
- Nous examinerons successivement deux catégories de machines Compounds ou à deux cylindres : 1° celles à double effet; 2° celles à simple effet.
- Parmi les premières, nous nous arrêterons d’abord aux machines semi-fixes et locomobiles de la Société centrale de construction de machines de Pantin (Weyher et Richemond, administrateurs). Les machines semi-fixes, c’est-à-dire montées sur leurs chaudières, étant presque toujours employées par cette maison et constituant sa principale spé-' cialité, nous serions tout naturellement amené à parier des chaudières en même temps qub des machines. Mais précisément cette étude des chaudières de la Société centrale a été faite dans le dernier numéro du Constructeur et nous ne pouvons mieux faire que d’y renvoyer nos lecteurs.
- Qn ne peut en somme reprocher à cette chaudière que les deux points suivants : 1° la forme irrégulière de la panse du foyer en rend la construction un peu difficile.
- 2° îa disposition de la ' chaudière expose à des entraînements d’eau avec la vapeur, lesquels peuvent atteindre 25 ou 30 0|0 si aucune disposition spéciale n’est adoptée pour les empêcher.
- Nous verrons plus tard comment M. Demenge, ; ingénieur des arts et manufactures et ancien élève des arts et métiers de Ghâlons, a combiné un type de chaudière qui réalise les mêmes avantages (à un degré même supérieur) en évitant les inconvénients précités.
- Quoi qu’il en soit, revenons aux machines mi-fixes Weyher et Richemond. .
- Dans ces appareils, les bâtis sont très-rigides et très-robustes et rendent les machines tout à fait indifférentes aux dilatations et contraction des chaudières. Les attaches sont des plus solides.
- La vapeur est admise au petit cylindre avec une détente genre Farcot, puis s’échappe dans un récipient intermédiaire où elle est réchauffée, puis pénètre dans le grand cylindre par un tiroir à coquille avec détente par recouvrement.
- Les cylindres sont à enveloppes de vapeur, et la vapeur des enveloppes est de la vapeur vierge venant de la chaudière. Par leurs surfaces extérieures, les dites enveloppes réchauffent le réci-dient intermédiaire, disposé concentriquement.
- Des réchauffeurs utilisent la vapeur d’échappement au chauffage de l’eau d’alimentation dans les locomobiles et les machines sans condensation.
- Les pompes alimentaires fonctionnent toujours; et quand elles n’envoient pas l’eau dans la chau-
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- aière, elles la renvoient au réservoir. Cela évite les désamorçages et les échauffements de la pompe pendant ses arrêts,,
- Les changements de marche sont des plus simples et des mieux étudiés, lorsque la destination spéciale de la machine en exige l’emploi.
- La pompe à air est à deux corps à simple effet, et chaque piston est un plongeur en bronze. Les deux pistons sont actionnés par un balancier. Les clapets en caoutchouc sont disposés pour que l’eau s’écoule du condenseur dans la pompe sans aucune aspiration. La chambre de condensation est très-vaste et i’eau y est très-divisée. ;
- L’arbre moteur est à deux coudes à angle droit ce qui augmente la régularité du mouvement. Les paliers sont très-larges ; et à chaque bout de l’arbre existe un fort volant-poulie. Les bielles en fer forgé se terminent par de grosses têtes en bronze embrassant les mannelons de l’arbre.
- Les efforts par centimètre carré sur toutes les surfaces frottantes sont très-réduits, et les moyens de graissage sont très-complets, ainsi que les rattrapages de jeu. Des types divers existent du reste pour satisfaire aux besoins spéciaux des diverses fl industries ; et les machines à un seul cylindre ne sont pas moins soignées. ;
- Toutes les machines sont pourvues de régulateurs â compensateurs Denis, et c’est ici le cas d’entrer dans quelques détails au sujet de ce mécanisme.
- La plupart des régulateurs ont l’inconvénient d’être reliés d’nne manière invariable avec l’organe de détente ou le papillon qpi règle l’introduction de j la vapeur au cylindre. Il en résulte que chaque variation d’introduction de vapeur n’est et ne peut être que la conséquence d’une variation de position du régulateur ou d’une variation de vitesse de la machine.
- Si le travail change souvent, la machine ne-marche qu’avec une série d’oscillations plus ou moins accusées.
- Le compensateur Denis ajouté à un régulateur à boules ordinaire lui laisse toute l’instantanéité de son action, mais introduit yn élément nouveau. • C’est que le régulateur peut revenir à sa position normale d’équilibre correspondant à une certaine vitesse en laissant le papillon ou l’organe de détente dans la situation où il les avait amenés pour parer à la variatiôn de résistance ou de puissance.
- Cet effet se produisant en toutes circonstances, la vitesse du moteur ne peut plus varier.
- Le mécanisme compensateur est du reste entièrement indépendant du régulateur lui-même, et peut être appliqué toujours. Nous ne pouvons, faute de figure, entrer dans des détailsdescriptifs. Contentons-nous d’ajouter qu’il existe trois types de compensateurs Denis applicables suivant les circonstances :
- 1° le compensateur automatique à mouvement différentiel; 2° le compensateur automatique à mouvements inverses; 3° le compensateur automatique à contre-poids mobile. Les deux premiers conviennent à tous les moteurs. Le 3e système est spécialement destiné aux machines déjà existantes. Son application ne nécessite ni étude préalable ni chômage; et les appareils sont tous de même modèle, quelle que soit la force du moteur.
- MM. Weyher et P.ichemond affirment pouvoir garantir avec leurs machines Compounds mi-fixes des consommations aussi réduites qu’avec les meilleures machines fixes, et les frais d’installation sont évidemment moindres ainsi que l’emplacement occupé. Une machine de 100 chevaux ne coûte que 53,000 francs.
- L. Poillon,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- LES CONGRÈS
- Congrès international de la propriété artistique.
- .Décret
- Art. 4 «ri — Un congrès international de la propriété artistique est autorisé à se tenir au palais du Trocadéro du 18 au 21 septembre 1878.
- Art. 2. — La liste des membres proposés par le 1 comité des congrès et conférences pour procéder à l’organisation de ce congrès est approuvée.
- (Suit la liste des membres. — Journal officiel du 26 juillet).
- PROGRAMME
- I. — Quelle est la nature du droit de l’artiste sur sus oeuvres, soit qu’il s’agisse du peintre, du sculpteur, de l’architecte, du graveur, du musicien ou du compositeur dramatique ?
- II. — La durée de ce droit doit-eile être limitée?
- III. — L’auteur d’une œuvre d’art doit-il être astreint à quelque formalité pour assurer la protection de son droit ?
- IV. — L’atteinte portée au droit de fauteur sur son œuvre doit-elle être considérée comme un délit?
- V. —- La contrefaçon doit-elle être poursuivie par le ministère public ou seulement par la partie lésée?
- VI. — Doit-on assimiler à la contrefaçon la reproduction d’une oeuvre d’art par l’industrie ?
- VIL — L’acquisition d’une œuvre d’art sans conditions donne-t-elle à l’acquéreur le droit de la reproduire par un procédé quelconque ?
- VIII. — De quelle manière ce droit peut-il être exercé, soit par l’artiste, soit par celui à qui il l’aurait cédé ?
- IX. — Si le droit de reproduction reste â l’artiste, celui-ci peut-il user d’un procédé similaire pouvant déprécier l’œuvre originale, ou sera-t-il tenu de faire connaître, par une marque quelconque, que l’œuvre similaire n’est qu’une reproduction ?
- X. — Quelles seraient les meilleures dispositions à prendre pour réprimer l’apposition d’une fausse signature sur une œuvre d’art?
- XL — De la protection des œuvres d’art au moyen des conventions internationales, et de la suppression du dépôt et de l’enregistrement international dans les pays où ces formalités existent “encore.
- XII. — Y aurait-il avantage pour les artistes â former une société comme la Société des gens de lettres ?
- XIII. — Y aurait-il avantage à créer entre les artistes des associations internationales, soit en vue d’établir une législation uniforme, soit pour protéger les artistes dans tous les pays ?
- Nota. — D’autres questions intéressant la propriété artistique pourront, après avis préalable du comité d’organisation, être soumises aux délibérations du congrès.
- Congrès international du Club-alpin.
- Un congrès international du club-alpin-français est autorisé à se tenir dans une des salles du palais des Tuileries les 6 et 7 septembre 1878.
- Congrès international de géographie commerciale
- Décret.
- Un congrès international de géographie commerciale est autorisé à se réunir au Palais du Trocadéro, du 23 au 28 septembre 1878.
- PROGRAMME 1er Section
- Explorations et voies commerciales.
- Explorations commerciales récentes ; leurs résultats.
- Explorations commerciales à provoquer pour ouvrir de nouveaux débouchés au commerce et à l’industrie.
- Conditions dans lesquelles doit être entreprise une exploration commerciale.
- Programmes et questionnaires à proposer aux voyageurs, aux capitaines de navires, aux consuls.
- Nouvelles routes terrestres, maritimes, fluviales à suivre ou à ouvrir au commerce.
- Vœux à adresser au ministère de la marine et des colonies et au ministère des affaires étrangères.
- 2e Section
- produits naturels et manufacturés.
- Produits végétaux, minéraux et animaux à exporter des diverses parties du globe ; marchandises à y importer en échange.
- Musées de géographie commerciale créés ou à créer.
- Animaux et plantes à échanger entre les divers pays au point de vue de leur acclimatation.
- Procédés industriels des pays lointains et en particulier de l’extrême Orient.
- Questionnaires à soumettre aux consuls et aux commerçants résidant à l’étranger.
- Vœux à adresser au ministère de l’agriculture et du commerce.
- 3e Section
- Emigration et colonisation.
- Causes générales de l’émigration.
- Divers systèmes de coionisation; exemples à suivre.
- Vœux à adresser aux ministères de la marine et des colonies, de l'intérieur, des affaires étrangères.
- 4e Section Enseignement.
- Diffusion de la géographie commerciale : livres, publications périodiques, cours, conférences, voyages d’études.
- Enseignement de la géographie à introduire à tous les degrés : primaire, secondaire, supérieur et spécial, au point de vue des connaissances relatives à la géographie commerciale.
- Utilité de renseignement topographique, au point de vue des renseignements que peuvent fournir les explorateurs sur une contrée. *
- Vœux à adresser aux ministères de l’instruction publique et de l’agriculture.
- 5e Section Questions générales.
- Développement des entreprises coloniales.
- Relations des sociétés de géographie commerciale entre elles et avec les sociétés scientifiques et économiques.
- Moyens d’associer les intérêts commerciaux et scientifiques; services réciproques que peuvent se rendre le commerce et la science.
- LIS APPAREILS DE CHAUFFAGE
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- L’annexe de la classe 27 contient quelques spécimens intéressants.
- MM. Cuau et G®, de Paris, exposent une série de leurs appareils en fonte à ailettes creuses.
- La substitution des ailettes creuses, dans lesquelles l’air doit circuler, aux ailettes pleines, est-elle avantageuse? Nous ne le pensons pas.
- L’espace fort restreint laissé au passage de l’air entre la paroi du foyer et les parois des ailettes nous paraît insuffisant pour faciliter la circulation de l’air surtout, et c’est ce qui doit arriver dans ces appareils quand la température des parois est fort élevée. — Nous avons eu l’occasion, il y a quelques armées, d’étudier les phénomènes dus à l’action des surfaces fortement chauffées sur la circulation de l’air. Nous sommes arrivés à celte conclusion « que lorsque l'espace où doit circuler l'air est trop restreint, l'action répulsive du calorique est telle que le mouvement de l’air est diminué dans une notable proportion et qu'il peut être presque complètement arrêté quand les surfaces de chauffe sont portées au rouge sombre. » (Comptes-rendus des séances de l’Académie des sciences. — Séance du 29 juillet 1872, page 253.)
- Les expériences dont nous rendions compte à cette époque sont bien antérieures au radiornètre de Crokes. Depuis, nous avons pu, par des expériences précises, montrer que les rayons calorifiques concentrés en un point à l’aide d’un miroir
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- Paris
- LE CONSTBUCTEUE 36, me Blanche.
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- parabolique déterminaient îa déviation d’un pendule. Ce qui démontre d’un manière péremptoire l’action répulsive des rayons calorifiques.
- Cela étant, nous répétons ce que nous disions précédemment, à savoir : que les espaces laissés libres à la circulation de l’air dans les ailettes ne nous paraissent pas suffisants. — Néanmoins, ces appareils à ailettes creuses peuvent être d’excellents appareils de chauffage, parce que la surface extérieure des ailettes transmet à l’air le calorique reçu soit par transmission intermoléculaire, soit par rayonnement.
- L’appareil saturateur d’air exposé par la maison Cuau et Ce fonctionne dans la galerie des machines. Cet appareil se compose essentiellement d’une plaque métallique perforée sur laquelle on maintient une mince couche d’eau froide sans cesse renouvelée. L’air, venant d’un ventilateur, traverse l’eau en passant par les orifices de la tôle perforée ; on obtient ainsi un refroidissement très-sensible, mais à première vue, il nous semble qu’on a une perte de charge considérable sans aucun bénéfice résultant du passage de l’air au travers de cette paroi perforée. Par suite, on est forcé d’avoir recours à des ventilateurs à force centrifuge, alors qu’il y aurait économie au point de vue de la force dépensée à employer des ventilateurs qui permettent de mettre en mouvement de grands volumes d’air, mais ne donnent que des pressions insignifiantes.
- MM. Gaillard, Haillot et Ce exposent un spécimen de leur calorifère en terre réfractaire. Les expériences qui ont été faites avec ces appareils depuis plusieurs années, ont montré qu’ils donnent d’aussi bons résultats que les calorifères à parois métalliques. Mais, par la nature même des matériaux qui les composent, ces appareils occupent forcément un grand espace, dont on ne dispose pas toujours dans les caves de nos maisons.
- Les calorifères en terre réfractaire sont-ils préférables aux calorifères métalliques, au point de vue de l’hygiène ?
- Nous n’hésitons pas a répondre : Non, les appareils en terre réfractaire ne sont pas préférables aux calorifères métalliques quand ceux-ci sont bien construits, c’est-à-dire quand les surfaces métalliques sont suffisamment multipliées pour que leur température n’atteigne pas celle du rouge sombre.
- Les appareils en terre réfractaire ne nous paraissent donc pas devoir être préférés aux calorifères métalliques à surface multiple, sauf dans le cas où l’on veut obtenir, comme en Russie, un chauffage continu le jour et la nuit. Dans ce cas, la grande quantité de calorique emmagasinée par la brique réfractaire pendant le jour est récupérée pendant la nuit.
- Nous croyons que les calorifères céramiques sont surtout destinés aux applications industrielles, où ils fonctionnent comme récupérateurs, etc.
- MM. Gaillard, Haillot et Ce exposent, en outre, un modèle de calorifère d’école dont l’appareil intérieur est en terre réfractaire. Nous sommes loin d’approuver les dispositions prises, car l’appareil est volumineux, et, dans les classes où l’espace est forcément limité, nous doutons fort qu’on puisse les employer, à moins de recourir à l’emploi de dispositions spéciales. Le mode de ventilation consistant à faire arriver l’air vicié de la classe dans un coffre, où il se mélange avec la fumée, nous paraît susceptible de causer plus d’un ennui, surtout quand par les temps humides le tirage s’effectue difficilement.
- La chaudière à eau chaude, à circulation rapide, dont un dessin est exposé par la même maison, nous paraît des plus intéressantes. L’emploi des tubes Field permet de développer considérablement la surface recevant le rayonnement direct. En même temps que la cloison verticale qui force le renversement du courant de fumée assure la bonne utilisation de la chaleur dégagée.
- M. Wazon expose un modèle de cheminée fumi-vore qui diffère essentiellement de tout ce qui s’est fait jusqu’à ce jour.
- Le combustible, coke ou charbon placé dans une grille, rayonne une partie de son calorique sur 3
- plans inclinés qui le réfléchissent dans la pièce à chauffer. D’autre part, comme la combustion s’effectue, à flamme renversée, dans des conditions qui empêchent la production de l’oxyde de carbone, mais sans excès d’air bien considérable on obtient un excellent rendement calorifique.
- Pour que la plus grande partie de îa chaleur em- portée par la fumée soit utilisée au profit du chauffage, M. Wazon fait circuler cette fumée dans un tuyau métallique placé dans l’axe d’un coffre vertical. L’air pur, pris à l’extérieur, amené à la partie basse de ce coffre, s’échauffe au contact du tuyau en refroidissant la fumée, l’air ainsi échauffé pénètre dans la salle, tandis que la fumée s’échappe dans la cheminée où elle se mêle à l’air vicié.
- À l’aide des dispositions proposées par M. Wazon on peut prendre l’air vicié, soit à niveau du sol, soit près du plafond, ou bien simultanément à ces deux niveaux. Cette combinaison est avantageuse, en ce sens qu’on peut ainsi évacuer la totalité de l’air vicié qui se trouve dans une salle.
- On admet, et selon nous à tort, que l’air vicié, en hiver, se trouve à niveau du sol, tandis qu’en été il se cantonnerait dans les parties supérieures.
- Les nombreuses expériences que nous avons faites en toutes saisons et pendant plusieurs années, ne nous ont jamais permis de douter qu’en hiver aussi bien qu’en été l’air vicié, ou plutôt les miasmes qui vicient l’air se trouvent répandus partout et à tous niveaux, par conséquent nous admettons l’absolue nécessité de puiser l’air vicié à différents niveaux dans les.salies habitées. Sans doute suivant les variations thermométriques on pourra constater des différences dans ie degré de pureté de l’air pris à différents niveaux, mais rien de plus.
- A ce titre la cheminée deM. Wazon est donc tout particulièrement intéressante, malheureusement elle exige pour sa construction certaines dispositions spéciales qui en rendent l’application bien difficile, au moins dans les maisons ordinaires.
- Le petit ventilateur présenté par M. Wazon, nous paraît également fort intéressant mais en l’absence de tous renseignements précis sur son rendement nous ajournons notre étude sur cet appareil.
- La maison Geneste, Herscher et Ce, expose dans l’annexe du chauffage quelques modèles d’appareils à air chaud. Le calorifère de cave avec appareil hemicycloïdal est certainement l’un des meilleurs appareils de chauffage qui figurent dans l’Exposition. A la grande simplicité de l’agencement,’ à la solidité des assemblages, cet appareil ajoute l’avantage de faciliter la libre circulation de l’air dont il assure ie chauffage méthodique. Nous pensons toutefois qu’il sera possible de simplifier encore cet appareil, d’augmenter son rendement calorifique, tout en diminuant son volume-, dans ces conditions, le calorifère à air chaud, rendu plus pratique, verra augmenter le nombre de ses applications déjà si considérable.
- Si nous approuvons entièrement le calorifère de cave, nous sommes loin de partager le même en- ; thousiasme en ce qui concerne les deux modèles de calorifères pour école exposés par la même maison. Autant dans le premier appareil les surfaces ont été disposées pour l’utilisation facile et méthodique du calorique, autant dans les calorifères pour école, les espaces laissés libres pour la circulation de l’air sont restreints. Nous sommes avant tout partisan, des larges alimentations d’air, nous pensons que les locaux que nous habitons doivent être aborn damment ventilés, avec de l’air frais en été, avec de l’air plus ou moins chaud en hiver. Or, les appareils exposés par la maison Geneste, Herscher et Ce, nous paraissent des plus défectueux à cet égard. Nous admettons que dans une classe comme dans un atelier i! faut donner de 20 à 30 mètres cubes par heure et par individu. Avec le petit calorifère présenté comme devant suffire pour une classe de 50 élèves, nous nous demandons comment on fournira les 1,000 à 1,500 mètres cubes d’air chaud nécessaires à la ventilation ?
- Auguste Bouvet, Ingénieur civil.
- A suivre.
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- LE CATALOGUE
- SECTION FRANÇAISE
- Classe 54 (Suite) (1).
- Machines et appareils de la mécanique générale.
- LISTE DES EXPOSANTS. — Suite. —
- Corpet et Bourdon, à Paris, 117 et 119, avenue Philippe-Auguste. — Robinets, purgeur de vapeur et modèles de mouvement différentiel et d’accouplement d’arbres parallèles.
- Crespin eF Marteau, à Paris, 23, avenue Parmen-j tier. — Machine horizontale fixe à détente et condensation et admission par soupapes équilibrées ; machine locomobile; machine mi-fixe; locomobile à condensation actionnant l’une des transmissions de la classe 51 dans l’annexe de l’avenue de la Bourdonnaye.
- Crozet et Ce, au Chambon-Feugerolles (Loire). — Injecteurs; régulateurs Allen ; compteur à eau ; « paliers américains; plans; modèles.
- Cruet, à Paris, 60, rue de Vaugirard. —- Pâte désincrustante pour les chaudières à vapeur.
- Cuau aîné et Cs, à Paris, boulevard de Cour-celles, 88. — Injecteurs pour alimenter les chaudières à vapeur.
- Daix, à Saint-Quentin'(Aisne), 38, boulevard Saint-Martin. — Robinets pour la vapeur ; soupapes ; appareils graisseurs ; sifflets d’alarme.
- Damey, à Dole (Jura), 3, rue du Château-d’Eau. — Machines fixes ; régulateur à vapeur ; machines mi-fixes et locomobiles.
- Damoiseau, à Alençon (Orne). — Graisseur automatique.
- Damqurette (J.-P.), fà Paris, 56, rue Blanche. — Appareils indicateurs de niveau d’eau dits porte-tube séparateurs.
- Dardel, Melun (Seine-et-Oisé). — Turbine munie d’un vannage à changement de voie ; turbine à deux injecteurs latéraux ; pompe élévatoire.
- David, à Orléans (Loiret). -— Manèges à cuve en fonte pour commande de pompe, etc. ; pompes diverses.
- Dayet et Rocher, à Toulouse (Haute-Garonne), Allée Saint-Michel, 6. — Presse étoupe en amiante.
- Decauville aîné, à Petit-Bourg, commune d’Evry (Seine-et-Oise). — Boîte à graisse de sûreté.
- Dëchamp, à Lyon (Rhône), 26, rue de Marseille. — Appareil de sûreté pour chaudières à vapeur.
- Decceur, à Thiers (Puy-de-Dôme). — Turbine centripète ; pompe centrifuge.
- Dedieu, à Lyon (Rhône),T8, quai de Vaise. — Manomètres métalliques et instruments de sûreté.
- Dégremont et Ce, au Gateau (Nord). — Enveloppe isolante pour tuyaux de vapeur.
- Del, à Vierzon-Forges (Cher). — Machines à vapeur locomobiles:
- Delacroix et Ce, à Déville-lez-Rouen (Seine-J Inférieure). — Anti-incrustateur.
- Delahaye et Renard, à Meudon (Seine). — Elé-
- . vateur pneumatique.
- Delettrez, à Levallois-Perret (Seine), 7 et 9, rue Gide. — Godets graisseurs.
- Delmann, à Yilleneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), 44, rue de Paris. — Pompes diverses sans boîtes à étoupes.
- Deniau, à Saint-Denis (Seine), I, rue de la Briche. — Modérateurs chronométriques.
- Denis, à Saint-Georges-Buttavent (Mayenne), section de Fontaine-Daniel. — Mécanisme compensateur à mouvement différentiel pour régulateurs de mouvement.
- Desrordes, à Paris, 64, rue de Saintonge. — Manomètres métalliques ; dynamomètres de pression, de traction et de répulsion ; compteurs de tours et autres.
- Deschiens, à Paris, 123, boulevard Saint-Michel. — Compteurs totalisateurs à mouvement rotatif ou alternatif, pour mesurer la vitesse des machines.
- Digeon, à Paris, 13, rue de Marseille. — Dynamomètre de traction.
- Dimps, à Boursonne (Oise). — Plans d’un moteur hydraulique.
- A suivre.
- (1) Voir nos précédents numéros
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Rlanche
- Supplément au n° 312. — Lundi 12 août 1878.
- REVUE DE L EXP0S1M UNIVERSELLE DE 1878
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur^ ancien Elève de PEcole polytechnique.
- !MM. DEBIÉ, Ingénieur civil.
- L. POILLON, ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- La Direction du journal n’est pas responsable des opinions émises par ses rédacteurs spéciaux. C’est à la direction même que les communications et observations doivent être adressées; elle seule a le droit déjuger de leur opportunité.
- LES GÉNÉRATEURS
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- (9e ARTICLE).
- Voir nos numéros des 18 et 25 mars, 8 avril, 20 mai, 21 juin, 22 et 29 juillet, 5 août).
- Les chaudières Demenge.
- Dans le dernier article de notre rédacteur, ,M.L. Poillon, il est dit, en parlant de la chaudière de la Société centrale de construction de machines de Pantin :
- « On ne peut en somme reprocher à cette chaudière que les deux points suivants : 1° la forme irrégulière de la panse du foyer en rend la construction un peu difficile.
- » 2° La disposition de la chaudière expose à des entraînements d’eau avec la vapeur, lesquels peuvent atteindre 25 ou 30 p. c. si aucune disposition spéciale n’est adoptée pour les empêcher.
- » Nous verrons plus tard comment M. Demenge, ingénieur des arts et manufactures et ancien élève des arts et métiers de Châlons, a combiné un type de chaudière qui réalise les mêmes avantages (à un degré même supérieur) en évitant les inconvénients précités. »
- Cette appréciation peut paraître contradictoire avec l’opinion émise dans notre '7me article (du 29 juillet) sur les générateurs de la Société centrale.
- Nous sommes ainsi conduits, avant de continuer l’étude des générateurs fournissant la force motrice, à examiner la chaudière Demenge, qui vient d’être citée.
- Le type adopté par M. Demenge est, comme celui de la Société centrale, dérivé du système Pérignon, Laurens et Thomas.
- Chacune des chaudières se compose donc de deux parties principales :
- 1° le Vaporisateur, comprenant le foyer intérieur, le retour de flamme et le faisceau de tubes compris entre les deux plaques tubulaires d’avant et d’arrière ;
- 2° la Calandre ou grand cylindre enveloppe.
- Ces deux parties, le Vaporisateur et la Calandre, sont réunies l’une à l’autre par un joint unique à brides, boulons et rondelles de caoutchouc.
- Nous ne reviendrons pas sur les avantages de cette disposition ; nous les avons déjà fait connaître.
- Un inconvénient se présentait autrefois : l’entraînement, d’eau assez considérable.
- M. Demenge propose d’y remédier en soulevant la partie-avant de la chaudière, en lui donnant une légère inclinaison. De cette manière, tandis que la panse ou chambre de retour est plus plongée dans
- l’eau, l’extrémité avant des tubes se trouve dans la chambre de la vapeur qui est ainsi séchée avant son départ au travail.
- L’auteur résume, ainsi qu’il suit, les avantages de cette disposition :
- 1° La panse et sa calotte, au lieu d’être irrégulières, sont cylindrique et sphérique et par suite, d’une construction plus simple ;
- 2° La plaque tubulaire de la panse est considérablement agrandie, ce qui permet d’augmenter d’au moins 50 p. c. la surface de chauffe tubulaire -,
- 3° Le faisceau formé de tubes très-divergents est facilement nettoyable dans les plus grandes chaudières;
- k° La chaudière tient moins de place, est plus légère et coûte moins cher;
- 5° La vapeur est d’un titre plus élevé, ce qui donne lieu à une économie de combustible quand cette vapeur doit servir à alimenter un moteur.
- Certes, l’idée très-simple de M. Demenge est heureuse et doit amener, en partie au moins, les résultats qu’il annonce.
- Mais c’est à tort qu’on rabaisserait à son profit les chaudières construites par la Société centrale.
- On sait, en effet, que dans les grands générateurs livrés par l’usine de Pantin, les proportions sont telles qu’il n’y a jamais que deux rangs de tubes, au plus et chevauchés, autour du vaporisateur, et que la caiandre est surmontée d’un deuxième cylindre qui sert de réservoir d’eau et de vapeur, cylindre muni lui-même d’un dôme.
- Si l’on ajoute que les gaz produits de la combustion, après avoir franchi le retour de flammes et le faisceau de tubes, se rendent dans une vaste chambre en maçonnerie qui entoure le générateur avant de passer aux carneaux et à la cheminée, on reconnaîtra que M. Weyher et Richemond ont adopté une disposition bien étudiée, sérieuse, et susceptible de donner les meilleurs résultats pratiques.
- La Direction.
- LES MACHINES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- (13e ARTICLE).
- Voir nos numéros des 20 et 27 mai ; 3, 10, 17, 24 juin ; 1er, 8, 15, 22 et 29 juillet, et 5 août.
- Les Machines Compounds ou à deux cylindres.
- Machine Claparède.
- L’une des machines Compounds à double effet les plus remarquables de l’Exposition est la machine Claparède, de Saint-Denis. C’est une machine qui doit être assez coûteuse de construction, mais qui est très-étudiée assurément. Mentionnons-en les points caractéristiques, et nous apprécierons après.
- Deux soupapes équilibrées distinctes faisant l’admission et l’échappement à chaque extrémité de chaque cylindre; une détente variable dans chaque cylindre par les déplacements qu’imprime le régulateur à des manchons à bosses ; tout ce mécanisme
- actionné par engrenages, des enveloppes de vapeur vierge indépendantes pour chaque cylindre, et celle du grand cylindre servant en même temps de réchauffeur au récipient intermédiaire; les manivelles ou coudes de l’arbre à angle droit, une seule glissière (inférieure) pour chaque bielle, une pompe à air à double effet placée en dessous même des cylindres à vapeur : telles sont les particularités essentielles de cette machine.
- Nous avons déjà rencontré d’autres machines à soupapes équilibrées à chaque extrémité du cylindre, et nous ne parlerons donc plus des soupapes. Mais nous nous arrêterons davantage à la détente variable dans chaque cylindre par le régulateur, parce que c’est là un point tout à fait spécial. Nous n’avons même pas rencontré à l’Exposition d’autres machines que la machine Claparède présentant cette particularité. C’est-à-dire qu’à la plupart des machines à deux cylindres le régulateur influe sur la détente dans le petit cylindre, mais que la détente au grand cylindre (quand elle existe) est absolument fixe.
- Y a-t-il un certain intérêt à varier la détente dans le grand cylindre quand onia varie dans le petit? Oui, assurément, lorsqu’il y a un récipient de vapeur intermédiaire entre le petit cylindre et le grand. Nous avons vu en effet que dans ce cas il convenait d’observer certaines relations entre la capacité du récipient intermédiaire, le rapport des volumes décrits par les pistons, le degré de détente dans le petit cylindre, celui de la détente au grand cylindre et la pression initiale de la vapeur, sous peine de subir une certaine perte.
- Il est donc logique de ne pas faire varier la détente au petit cylindre sans que celle au grand cylindre éprouve une variation corrélative. La négligence de ce point se traduit-elle par une différence de consommation très-importante? Non, mais il y a néanmoins un certain mérite à avoir donné au problème une solution mieux étudiée que beaucoup d’autres.
- Ajoutons du reste que tous les mécanismes employés sont relativement simples, très-robustes et très-rustiques. Il n’y a donc pas à craindre de dérangements ni d’accroc à la marche. Il n’y a en présence que des mécanismes parfaitement solidaires les uns des autres, sans usure possible ni glissements de courroies.
- Les enveloppes des cylindres sont d’une construction simple, et en contribuant au réchauffage du récipient intermédiaire, elles remplissent des fonctions d’une utilité incontestable (qui sera plus tard mieux appréciée).
- Les coudes de l’arbre à angle droit augmentent le coefficient de régularité. La pompe à air placée en dessous même des cylindres à vapeur simplifie le mécanisme et réduit l’emplacement occupé.
- En résumé, la machine Claparède, bien étudiée et bien construite, constitue l’un des plus remarquables moteurs de l’Exposition.
- L. Poillon,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Blanche. 202
- 56 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- LES MACHINES-OUTILS
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- M. Bouliey,
- CONSTRUCTEUR-MÉCANICIEN Avenue Daumesnil, 43, à Paris.
- Les machines-outils sont, pour le constructeur, une des parties les plus intéressantes de l'Exposition.
- Ainsi qu’il a été dit dans une notice sommaire (1), le but général d’une machine-outil est de transformer une masse solide en lui donnant une forme et des dimensions déterminées. De là résultent deux conditions fondamentales que doit réaliser toute machine-outil : donner à la masse à transformer une stabilité parfaite, assurer à l’outil des conditions de travail absolument géométriques. Les progrès accomplis depuis 1867 ont eu pour but, tout en assurant la réalisation de ces deux conditions fondamentales, soit le travail de plus grosses pièces ou la facilité de leur déplacement, soit l’utilisation de nouveaux outils ou l’accélération de leur mouvement.
- C’est parce que les premières machines-outils laissaient à désirer au point de vue surtout de la stabilité et de la force des organes que quelques grands ateliers se sont décidés à construire eux-mêmes leurs outils principaux. En réalité, ce serait un tort de suivre cette voie. En général l’exécution d’une seule machine coûte plus que son prix de vente et ne saurait présenter les mêmes conditions de fini et de facilité de travail.
- D’ailleurs les constructeurs de machines-outils, les principaux du moins, livrent aujourd'hui des appareils qui ne laissent rien à désirer comme conception ou comme exécution. Les signaler, c’est rendre service aux chefs d’ateliers. Nous passerons donc en revue les machines-outils de l’Exposition, commençant aujourd’hui par l’une des plus importantes maisons, celle de M. Bouhey. j
- Grand tour double pour roues de locomotives.
- Voici les principales dimensions de ce tour qui frappe par ses larges proportions :
- Hauteur de pointes......... lm250
- Diamètre des plateaux...... 2m500
- Longueur du banc............... 8m250
- Largeur du dessus du banc 2m720 Poids du tour................. 56.800 k.
- Ce tour a 15 vitesses différentes pour tourner des diamètres de 0,100 à 2,500.
- Les plateaux portent des rainures transversales pour recevoir des poupées mordaches à talon de retenue. Ces poupées se déplacent facilement et peuvent serrer les pièces extérieurement ou intérieurement.
- Les commandes, séparées des plateaux et placées à l’arrière, sont supportées par deux poupées qui se meuvent parallèlement au moyen de crémaillères pour faire engrener les pignons et éviter qu’ils ne soient en porte-à-faux.
- L’arbre de la commande simultanée est monté sur paliers-graisseurs. Les parties de cet arbre qui reçoivent les pignons sont augmentées de diamètre pour éviter les trépidations.
- Les mouvements excentriques, donnant l’avancement automatique aux chariots, sont montés sur les extrémités des arbres et sur les butées pour qu’ils soient plus faciles à approcher et à régler.
- En résumé, nous devons signaler les bonnes proportions de ce tour, les larges bases de la plaque de fondation, des poupées et des supports à chariots, les dispositions à grandes surfaces frottantes de ces supports, les commandes simultanées, les mordaches et les mouvements sur les butées : toutes améliorations importantes sur les tours construits jusqu’à ce jour.
- (1) Voir nos numéros des 3 et 10 juin.
- Grande machine à percer radiale.
- En voici les principales dimensions :
- Course verticale............. ImOOO
- Course horizontale du chariot porte-outil...............de 0^600 à 2m000
- Poids........................ 12.600 kilogr.
- La commande, placée à la partie supérieure, permet au bras radial de faire le tour entier.
- M. Bouhey a créé cette disposition de commande supérieure et l’a appliquée pour la première fois sur la machine qu’il avait exposée en 1867.
- Mais depuis il a complété et amélioré cette machine principalement :
- 1° Par le mouvement automatique pour élever ou descendre le bras radial.
- 2° Par la disposition permettant au perceur de déplacer avec facilité le foret au moyen de deux volants placés sur le porte-outil : l’un pour déplacer le bras radial suivant un cercle, l’autre pour faire varier le porte-outil sur le bras radial suivant un rayon.
- 3° Par l’application d’un collier garpi de galets coniques, sur lequel repose et roule le support du bras radial.
- Machines à percer.
- Parmi les machines à percer de l’exposition de M. Bouhey figurent :
- Une forte machine à percer à colonne et à triple engrenage avec plateau circulaire pour l’alésage et plateau à équerre ;
- Une machine à percer à colonne ordinaire avec commande par simple engrenage, dans laquelle on remarque le perfectionnement du mordache qui pivote et s’incline en tous sens;
- Une machine à percer à 2 forets, spéciale pour rails. La disposition générale et les divers mouvements de cette machine sont nouveaux et étudiés en vue de la rapidité et de la facilité du travail. On remarque surtout l’application d’un mouvement automatique rapide au moyen d’un levier agissant sur deux cônes de friction qui commandent la vis du chariot porte-foret, afin d’éviter la perte de temps pour remonter les forets après le perçage et les faire descendre jusque sur la pièce à percer.
- Machines à raboter.
- M. Bouhey expose une machine à raboter à retour rapide, de 2. mètres de course, 0m,90Q de largeur, 0m,800 de hauteur avec graisseurs dans les V, double crémaillère et pignons en fer-, le mouvement de l’outil est automatique, le poids de cette machine est de 5,100 kilog.
- A côté se trouvent deux raboteuses transversales, dites limeuses, l’une de 240 mill. de course (type ordinaire le plus répandu), l’autre plus forte, de 470 mill. de course et du poids de 5,070 kilog.
- Ces machines, la derrière surtout, qui est à retour rapide, présentent toutes les améliorations apportées par M. Bouhey depuis 28 ans, époque à laquelle il a construit la première limeuse.
- Jusqu’à ce moment, ces machines avaient le porte-outil conduit par un excentrique agissant dans une coulisse verticale ou par une bielle placée à l’arrière et nécessairement trop courte. M. Bouhey a fixé la bielle sur la face latérale du porte-outil au milieu de sa longueur, disposition qui a pour avantage de permettre une bielle très-longue, tout en diminuant la longueur de la machine.
- On remarque également : la table pour recevoir les pièces portant combinaison de vis sans fin, pour le mouvement transversal et de crémaillère pour la montée et la descente -, et une disposition nouvelle du mouvement automatique de la tête du porte-outil qui lui permet de s’incliner et de donner l’avancement de l’outil en tous sens.
- Machines à fraiser.
- Les machines à fraiser sont assez nombreuses à l’Exposition ; plusieurs méritent de fixer l’attention. Celle de M. Bouhey, à chariot porte-fraise ver-
- tical, est remarquable par ses bonnes proportions, la disposition de ses organes, ses mouvements automatiques dans tous les sens et par son plateau - cii culaire portant un mordache pour recevoir les boîtes à graisses. ________
- Marteau-pilon.
- Le marteau à courroie et à ressort, système Shaw de Justice, est d’invention américaine ; il parut en 1867 mais laissait alors beaucoup à désirer. M. Bouhey devint acquéreur du brevet en France et s’appliqua à approprier ce nouvel outil aux exigences des petites et grandes forges.
- Les perfectionnements qu’il a apportés dans ces marteaux consistent : dans la forme du bâti reportant la chabotte en avant et permettant trois faces libres sur l’enclume ; dans la disposition de la bielle en 3 parties, permettant d’en varier facilement la longueur-, dans le guidage du mouton ou marteau; dans la construction du ressort et le mode d’attache de ce ressort au mouton.
- Cisailles
- Aucune maison en France ne présente un plus grand nombre de types de cisailles diverses que la maison Bouhey ; aucune n’en livre un aussi grand nombre à l’industrie. Toutes se distinguent par leur solidité et par leurs dispositions bien pratiques.
- Le découpoir, permettant de cisailler la cornière de 120 mill., ou le fer en barres, ou de poinçonner un trou de 40 mill., peut présenter en outre des dispositions spéciales d’outillage pour travailler des fers de forme variée ; son poids et de 11.200 kilog.
- Comme cisailles-poinçonneuses à double effet on remarque dans l’Exposition de M. Bouhey, deux types bien répandus :
- L’un à double face, du poids de 4-400 kilog., pouvant cisailler de la tôle de 11 mill. et poinçonner un trou de 22 mill.; l’autre à double effet sur la même face avec lames obliques pour tôle et fer en barres.
- Dans sa cisaille circulaire pour tôle de 5 mill., avec guide pour couper rond monté sur chariot, M. Bouhey a pris le soin de disposer le guide pivotant avec vis de butée, afin de bien régler l’entrée de la tôle entre les lames ; la machine porte en outre une douille excentrée mue par une vis sans fin, pour abaisser ou élever la lame supérieure suivant les épaisseurs à cisailler.
- La poinçonneuse horizontale attire surtout l’attention, parce que c’est un type nouveau qui sera dans un certain nombre de cas d’une grande uti-I lité.
- 1 Dans cette machine le levier horizontal est mû I par une came. Par sa forme et sa disposition, le bâti reçoit tous les organes et renferme en arrière le mouvement de commande du porte-outil. — Le porte-matrice s’adapte sur un support en fer fixé en avant du bâti, pour permettre de changer ou modifier ces pièces suivant les formes et les courbes des fers à poinçonner.
- Les autres appareils exposés par M. Bouhey consistent en : deux ventilateurs sans bruit, l’un de 500 mill. de diamètre intérieur, l’autre de 800 mill. avec enveloppe d’aspiration ; deux paliers-graisseurs pour arbres de 40 et de 110 millimètres. Ce modèle, créé en 1861, fondé sur la capillarité des mèches, entretient d’une manière constante et régulière la lubrification des arbres dans leurs coussinets; le modèle de 110 mill. a été adopté par la Compagnie du chemin de fer de Lyon pour les transmissions principales de ses grands ateliers.
- Dans cette revue rapide de l’Exposition de M. Bouhey, nous avons noté avec intention les poids des principaux appareils. Comme nous le disions en commençant, les constructeurs français ont, en général, trop sacrifié la solidité qui est la première condition d’un bon travail pour les machines-outils. La conséquence a été d’écarter d’eux une partie de la clientèle qui s’est adressée à l’étranger ou a cherché à exécuter elle-même.
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- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Rlanehe. 203
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- A notre époque, où pour le progrès tout doit être spécialisé, cette conséquence était réellement fâcheuse. On doit donc féliciter M. Bouhey, par la bonne exécution de ses machines aussi bien que par le nombre considérable de ses modèles et des appareils prêts à livrer 'en magasin, d’avoir contribué à relever la construction française.
- DIVERS
- L’EXPOSITION DU PAPIER A BERLIN.
- Nous avons annoncé qu’à Berlin avait lieu en ce moment une exposition consacrée à l'industrie du papier et aux branches qui s’y rattachent.
- Le nombre des exposants est de 487, plusieurs étant représentés plus d’une fois, dans les différents groupes, mais ne figurant pourtant que pour une seule unité dans le chiffre ci-dessus. Cette exposition est internationale : le nombre des exposants étrangers est de 57, parmi lesquels 25 maisons autrichiennes, 7 anglaises, 5 belges, 4 russes, 4 américaines, 3 suédoises, 3 italiennes, 1 française, 1 hollandaise, 1 danoise, etc. L’industrie de la Chine et du Japon est représentée par la collection appartenant au musée industriel de Berlin et que cet établissement a prêtée pour la circonstance.
- Les machines pour la fabrication et les différentes manipulations du papier qui ont été exposées peuvent être mises en mouvement au moyen de la vapeur : une force de 200 chevaux est, à cet effet, à la disposition des exposants.
- 1 Une des curiosités de cette exhibition consiste en une maison, dite maison de papier (Papierhaus).
- C’est une maison ne se composant que d’un rez-de-chaussée. Le corps du bâtiment est en bois, à l’américaine; mais à l’extérieur on peut voir un revêtement de carton-pierre pour garantir contre la chaleur, le froid et les insectes tandis qu’à l’intérieur la même matière est directement clouée contre les murs et sert à remplacer le bois.
- Le toit est couvert d’une couche de ce carton, qui sert pour les toitures.
- L’aménagement intérieur nous offre des portes en carton, des tapisseries, un plafond, des lustres, des tapis, des stores et des rideaux en papier, jusqu’à un poêle en papier, dans lequel poêle on peut, à ce qu’il paraît, faire du feu. Les tables, appuis, etc., sont en papier mâché. Plus loin, on aperçoit d’autres objets, fabriqués avec la même matière, notamment un tonneau, des seaux, des chaises, des écrans, des cannes, des ronds de serviette, et les serviettes elles-mêmes, sans compter des jupons en papier, jupons à la dernière mode, façonnés, avec plissés et garnitures.
- On voit même un bateau à voiles, formé de 800 bandes de carton.
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- LES OOjNTO-EÈS
- Congrès international de médecine légale.
- Art. ler. —• Un Congrès international de médecine légale est autorisé à se tenir au palais du Trocadéro ou des Tuileries les 12, 13 et 14 août 1878.
- Congrès international de l’alcoolisme.
- Un congrès international pour l’étude des questions relatives à l’alcoolisme est autorisé à se tenir au palais des Tuileries les 13, 14 et 16 août 1878.
- Congrès international sur le service médical des armées.
- Un congrès international sur le service médical des armées en campagne est autorisé à se tenir au palais des Tuileries, les 12, 13 et 14 août 1878.
- Congrès international d’homœopathie.
- Un congrès international d’homœopathie est autorisé à se tenir au palais du Trocadéro, du 12 au 14 août 1878.
- Congrès international de botanique et d’horticulture.
- t Un congrès international de botanique et d’horticulture est autorisé à se tenir au palais du Trocadéro, du 16 au 23 août 1878.
- Congrès international pour l’imification des poids, mesures et monnaies.
- Arrêté.
- Art. 1er. _ Un Congrès international pour l’unification des poids, mesures et monnaies, est autorisé à se tenir au palais du Trocadéro les 2, 3 et 4 septembre 1878.
- PROGRAMME.
- 1° Historique des progrès du système métrique depuis l’Exposition de 1867;
- 2° Dévèloppement et applications dont il est susceptible au point de vue technique et au point de vue scientifique;
- 3° Question monétaire.
- Le Congrès international des architectes.
- Le Congrès international des architectes organisé par la Société centrale a été bien suivi.
- La séance principale a eu lieu le 3 août, sous la présidence de M. Guillaume, directeur des beaux-arts.
- Voici l’ordre de cette séance :
- 1° Discours du Président;
- 2° Distribution des médailles accordées par la Société centrale des architectes ;
- Rapport de M. Charles Lucas, secrétaire-rédacteur de la Société centrale des architectes, au nom du Jury des Récompenses accordées à l’architecture privée et au nom de la Commission des Encouragements au personnel du bâtiment.
- 3° Excursion dans la campagne de Rome, par M. Ernest Desjardins, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.
- CONGRÈS INTERNATIONAL
- DU
- GÉNIE CIVIL
- (Séance' du lundi 5 août 1878).
- Section I. — Mines et Métallurgie.
- . La première réunion du Congrès des Ingénieurs civils a eu lieu lundi dernier, de 10 h. à 1 h,, dans une des salles de conférences du Palais du Trocadéro.
- Une centaine d’ingénieurs environ, parmi lesquels on remarquait un certain nombre d’étrangers, assistaient à cette séance d’inauguration ouverte par une courte allocution de M. Tresca, président, qui rappelle en quelques mots l’origine, le but et l’utilité du Congrès. Il espère que les nombreux progrès et innovations constatés par les jurys de l’Exposition dans toutes les branches de l’art de l’ingénieur, donneront lieu à des communications et discussions intéressantes, et termine en souhaitant la bienvenue aux membres étrangers dont la participation aux travaux du Congrès augmente l’importance de cette solennité.
- Cédant alors le fauteuil de la présidence à M. Siemens, l’éminent ingénieur anglais, qui a été nommé président du bureau de la lie section, M. Tresca se retire en engageant les membres des autres sections à se réunir à deux heures au Pavillon de Flore pour y constituer leurs bureaux.
- M. W. Siemens, en quelques mots d’un français très correct, remercie ses collègues de l'honneur qui lui est fait et donne la parole à M. Lippmann, qui doit entretenir l’assemblée de l’art des sondages, de ses progrès et de ses résultats.
- La première partie de l’étude de M. Lippmann est consacrée à l’historique de la question, Il rappelle la légende de Moïse au désert, frappant le rocher de sa baguette et en faisant jaillir les eaux, et donne quelques détails sur l’origine des puits artésiens.
- Passant ensuite à l’étude des différents modes de forage qui ont été eu sont encore usités, l’orateur se livre à l’examen critique comparatif de la valeur
- de chacun des trois principaux de ces systèmes : sondage à la corde, à la sonde rigide, au diamant.
- L’espace dont nous disposons ne nous permettant pas de le suivre dans cet exposé, nous nous bornerons adiré que les noms désormais célèbres des Dégousée, Ch. Laurent, Flachat, Mullot, Kindt et Chaudron sont souvent cités ainsi que celui de l’ingénieur Leschot, l’inventeur des perforateurs au diamant noir.
- Après la lecture d’une communication de M. Chastelain qui préconise, pour le percement des puits de grande section, la méthode dite par agrandissements successifs et une réponse de M. Lippmann qui profère celle du percement immédiat à la largeur définitive, on entend un jeune ingénieur dont nous regrettons de ne pas connaître le nom et qui donne de très-intéressants détails sur l’application de la dynamite et surtout de la dynamite-gomme au fonçage des puits dans la roche dure.
- Ce nouvel explosif, désigné aussi sous le nom de dualine par l’inventeur (le célèbre chimiste suédois Nobel), est un composé de 92 p. 0/0 de nitro-gly-cérine et de 8 p. 0|0 de collodion ; son aspect est assez semblable à celui de la gélatine ou de la gomme arabique, et sa puissance est, paraît-il, de beaucoup supérieure à celle de la dynamite ordinaire.
- La seconde partie de la séance est ensuite con sacrée à l’audition d’un travail de M. Brüll sur les transports souterrains et au jour, par chaînes flottantes.
- Bien que l’heure avancée contraigne M. Brü’là écourter son sujet, l’importance de la question traitée, les nombreux détails et exemples d’applications cités intéressent vivement l’auditoire, surtout en ce qui concerne les bases d’établissement d’un projet de transport à la chaîne flottante dû à M. Brüll et qui doit desservir une importante mine de fer algérienne située à 6 k. d’un port d’embarquement et à 700 m. d’altitude.
- La séance est levée à 1 h.
- A 3 h. quelques membres du Congrès, une vingtaine tout au plus, sont réunis au Pavillon de Flore ; mais comme certaines sections ne sont représentées que par une ou deux personnes il est impossible de procéder à la formation des bureaux.
- (Séance du mardi 6 août 1878).
- IIe section. — Agriculture et Génie rural.
- M. Hervé Mangon préside; cinquante à soixante membres du Congrès environ assistent à cette réunion.
- Une indisposition ayant retenu M. Decauville aîné, rapporteur, il est donné cependant lecture de son travail sur le Labourage à vapeur.
- La haute compétence de l’auteur, les expériences nombreuses et coûteuses auxquelles il s’est livré donnent beaucoup de prix aux renseignements techniques contenus dans son mémoire.
- M. Debains reprend le même sujet. 11 divise son étude en 3 parties principales : le moteur, l’outil, le prix de revient.
- Examinant à tond ces questions, surtout en ce qui concerne les différentes dispositions des câbles, il termine en disant que les appareils doivent varier avec la nature du travail à effectuer et par suite avec les contrées et que l’extension du labourage à vapeur est subordonnée à ce progrès.
- Après quelques observations de M. Ganneronsur la nécessité de propager ie'labourage à vapeur, un membre du Congrès exprime le désir de voir substituer à l’expression « labourage à vapeur » celle plus correcte suivant lui de « culture à vapeur »,
- Un autre membre appelle l’attention des ingénieurs sur l’utilité fort grande qu’il y aurait, dans un pays où la propriété est aussi divisée que dans le nôtre, à rendre la culture à vapeur accessible aux petits propriétaires en simplifiant les appareils.
- L’ordre du jour étant épuisé, M. Hervé-Mangon résume les opinions qui se sont produites au cours de la discussion et dit qu’à son avis on ne devrait pas même dire « culture à vapeur » mais bien « culture mécanique »; car il existe en Angleterre des appareils de labourage mécanique qui sont mus par des chutes d’eau à des distances de 3 à
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- 204 Paris
- LE CONSTRUCTEUR
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- 4,000 mètres du moteur hydraulique, au moyen des câbles télédynamiques de Hirn.
- Entrant ensuite dans des considérations d’ordre élevé sur le rôle humanitaire des machines agricoles comparées au travail manuel, le président termine sa spirituelle improvisation aux applaudissements répétés des assistants.
- 11 sera rendu compte, au prochain numéro du Constructeur, des séances suivantes dont voici l’énoncé :
- Réunion du 7 août. — 3e section. — (Machines.)
- Sociétés de surveillance des appareils à vapeur. — M. Cornut, rapporteur.
- Unification dans les dimensions des organes des machines et dans les données relatives au calcul des pièces. — MM. E. Bourdon et Gasalonga, rapporteurs.
- Réunion du 8 août. — 4e section. — (Routes, rivières et canaux.)
- Barrages mobiles en rivière. —• M. de Préaudeau, rapporteur.
- Procédés nouveaux de montage des ponts métalliques. — M. Sevrig, rapporteur.
- Réunion du 9 août. — 5e section. — (Chemins de fer.)
- Freins continus pour chemins de fer. — M. Bailly, rapporteur.
- Machines pour tramways. — M. Anatole Mallet, rapporteur.
- Chemins de fer économiques sur routes.
- Réunion du 10 août. —6e section. — (Navigation fluviale et maritime.)
- Communications à travers le Pas-de-Calais. — M. Abernethy, rapporteur, louage sur chaîne noyée.
- Il a été décidé qu’après la conférence sur la dynamite et les substances explosives de M. Roux, ingénieur des manufactures de l’Etat, une séance supplémentaire du Congrès aurait lieu.
- En voici l’ordre du jour :
- 1° Discussion sur la communication de M. Lipp-mann sur l’art du sondage ; Progrès et résultats.
- 2° Discussion sur la communication de M. Brüll sur les transports souterrains et au jour, par chaînes flottantes.
- Les Conférences
- Conférences publiques du Palais du Trocadéro
- à 2 heures précises, salle du pavillon de gauche (côté de Passy).
- ' TROISIÈME SÉRIE. Conférences du Congrès du Génie civil.
- Mercredi 7 août.
- Conférence sur les Travaux publics aux États-Unis d’Amérique, par M. Malézieux, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Jeudi 8 août.
- Conférence sur les Applications industrielles de l’électricité, par M. Antoine Bréguet, ingénieur-constructeur.
- Samedi 10 août.
- Conférence . sur la Dynamite et les substances explosives,rpar M. Roux, ingénieur des manufactures de l’État,
- Mardi 13 août.
- Conférence sur l’Emploi des eaux en agriculture parles canaux d’irrigation, par M. de Passy, ingénieur en chef des ponts et chaussées, en retraite.
- Mercredi 14 août.
- Conférence sur les Moteurs à gaz à l’Exposition de 1878, par M. Jules Armengaud jeune, ingénieur civil.
- LES APPAREILS DE CHAUFFAGE
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- — Suite (1) —
- M. Derosne, maître de forges à Loulans et Larrais (Haute-Saône) expose un calorifère tout en fonte, formé par la réunion de lames indépendantes. Cet appareil est certainement l’une des plus belles pièces de fonderies qui figurent dans l’exposition spéciale du chauffage. Nous trouvons que le développement donné aux lames est beaucoup trop considérable-, toutefois, si nous considérons que cet appareil doit se placer principalement dans les usines, où le feu est poussé fort activement, on s’explique jusqu’à un certain point le développement des lames que nous jugerions excessif s’il s’agissait d’un calorifère pour habitation particulière.
- M. Réveilhac, de Paris, expose divers modèles de calorifère avec et sans nervures, dont l’usage est très répandu, aussi bien à Paris qu’en province. Le soin avec lequel M. Réveilhac étudie ses diverti modèles d’appareils, la bonne exécution comme fonte de ses calorifères aussi bien que la grande facilité d’assemblage des diverses pièces qui les composent j ustifient la faveur très méritée selon nous dont jouissent ces appareils près des constructeurs.
- M. Zani, de St-Germain, expose un modèle de calorifère composé d’une cloche et d’un appareil serpentin, tout en terre réfractaire. Comme curiosité cet appareil est intéressant, mais comme calorifère nous avouons qu’il ne nous convient pas. La substitution de la terre réfractaire à la fonte, dans les conditions que semble admettre M. Zani, est loin de nous paraître satisfaisante, aussi bien pour l’économie du combustible que pour l’hygiène.
- Les petits appareils à eau chaude, exposés par le même constructeur, sont curieux comme exécution mais ils gagneraient assurément à être simplifiés.
- Le calorifère tout en tôle exposé par M. Nicora nous paraît intéressant surtout à cause de son foyer dans lequel le renversement de la fumée assure en quelque sorte la combustion complète du charbon. Nous pensons toutefois que cet appareil pourrait donner un rendement supérieur silescoffres placés latéralement étaient simplifiés, ce qui est extrêmement facile.
- Le calorifère en fonte à nervures, de MM. Robert père et fils, ressemble assez extérieurementaux calorifères français et anglais, qu’une réclame soutenue pendant plusieurs années a fait connaître dans le public, mais il en diffèrebeaucoup comme construction intérieure.
- Dans les poêles et calorifères ordinaires, on sait que la flamme qui se dégage du combustible forme un cône dont le sommet se dirige vers l’orifice du tuyau de fumée. Il résulte de ce fait qu’une partie de"la surface de l’appareil ne reçoit pas le contact immédiat et constant des flammes, de là une perte assez sensible de chaleur. MM. Robert, pour obvier à cet inconvénient, ont eu l’idée de disposer dans l’axe de leur appareil un cylindre qui force les gaz chauds à s’épanouir entre les parois de ce cylindre et la circonférence intérieure du foyer. Le cylindre placé à l’intérieur du foyer remplit le même rôle que le tampon métallique ou réfractaire qui dans les chaudières Field force les gaz chauds du foyer à circuler autour des tubes avant de s’échapper dans la cheminée.
- L’économie produite par cette disposition est tellement évidente que nons ne croyons pas devoir insister davantage.
- La maison Gurney expose deux modèles de calorifère en fonte, nous aurons l’occasion de parler de ces appareils quand nous décrirons les calorifères exposés dans la section anglaise.
- Les appareils exposés parM. Grossot nous paraissent peu intéressants; l’hélice qu’il propose de placer dans l’axe des tuyaux de fumée est loin d’être une nouveauté, tous les appareils qui figurent dans l’exposition de la Suède et de la Norwège sont mu-
- (1) Voir notre dernier numéro.
- nis de ce complément qui nous paraît être à coup sûr encombrant, mais dont l’utilité est loin d’être démontrée ; mais nous devons pourtant reconnaître une certaine idée dans l’emploi de troncs de cône creux fixés sur les parois du coffre de fumée qui surmonte le calorifère à air chaud. Cette pensée d’augmenter la surface de chauffe par l’emploi de tubes ou cônes creux, fixés sur les surfaces de chauffe, nous paraît pouvoir donner de bons résultats, à la condition que l’application en soit rendue réellement pratique, ce qui est loin d’exister dans l’appareil précité.
- MM. Mathian ont exposé quelques spécimens de leur calorifère sphérique; malgré toute notre bonne volonté nous sommes forcé d’avouer que cet appareil est le contraire absolu de notre idéal, sa construction repose sur des principes absolument contraires à ceux que nous avons toujours admis.
- Les petites chaudières à eau chaude pour les serres nous satisfont davantage, elles sont simples comme construction et conviennent parfaitement au service auquel elles sont destinées.
- Auguste Bouvet,
- Ingénieur civil.
- A suivre.
- LE CATALOGUE
- SECTION FRANÇAISE
- Classe 54 (Suite) (1).
- Machines et appareils de la mécanique générale.
- LISTE DES EXPOSANTS.
- Suite (1)
- Domange, Lemierre et Ce, à Paris, 74, boulevard Voltaire. — Courroies en cuir pour transmissions ; application générale de tous cuirs à la mécanique.
- Donnadieu, à Paris, 50, rue Nollet. — Pompe à piston fixe.
- P.-J. Dormoy, à Bordeaux (Gironde), 3, rue Vilaris. — Appareils de sûreté et robinets pour chaudières de machines à vapeur.
- Dubuc, à Paris, 68, me de Turbigo.’ — Machine à vapeur horizontale.
- Ducastel, à Paris, 116, boulevard Voltaire.-— Grille fumivore à mouvement rectiligne, modèle réduit avec plans.
- Ducomet, à Paris, 20, rue des Petits-Hôtels. — Manomètres métalliques ; tubes en verre pour niveau d’eau.
- Dudon-Mahon, à Soissons (Aisne), Place de la Gare. — Pompes diverses.
- H. Dufort, à Paris, 77, me St-Charles. — Petite turbine à vapeur ou à eau.
- Dulac frères, à Paris, 74, rue des Boulets.—Appareils destinés à produire dans les générateurs un courant du liquide sur les parois chauffées et l’élimination des sels calcaires ; appareil de démonstration ; chaudière Imbert et Dulac fournissant la vapeur dans l’annexe de la berge, classe 54.
- Dumont et Ce, à Paris, 55, rue Sedaine. — Pompe centrifuge avec son moteur adhérent. Types de pompes et accessoires.
- G. Dupuch, à Paris, 10, me Claude-Veïlefaux.— Robinets de prise dé vapeur sans garniture, niveau à clapet de sûreté automatique; robinet autograisseur ; manomètres ; coussinets en bronze.
- G. Durand, à Niort (Deux-Sèvres). — Compteur à eau pouvant servir de petit moteur.
- Durenne, à Courbevoie (Seine). — Locomobile fournissant la force dans l’annexe de la berge, classe 54; générateurs à vapeur; pièces détachées; pompes; grues à main, à vapeur et du système Derrick ; hélice de ventilateur.
- Dusaulx, à Paris, 61, rue Lauriston. — Un moteur à génération instantanée de vapeur sous le piston.
- A suivre.
- (1) Voir nos précédents numéros
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- Paris LE CONSTRUCTEUR 56, rue Blanche.
- Supplément au n° 313. —Lundi 19 août 1878.
- REVUE DE L EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de PEcole polytechnique.
- f MM. DEBJÉ, Ingénieur civil, l L. POILLON, ingénieur civil.
- RÉDACTEURS....................J BOUVET, Ingénieur civil.
- ! E. LENEVEU, Ingénieur civil,
- f ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- La Direction du journal n’est pas responsable des opinions émises par ses rédacteurs spéciaux. C’est à la direction même que les communications et observations doivent être adressées; elle seule a le droit de juger de leur opportunité. — Réciproquement, les rédacteurs spéciaux ne sont pas solidaires des opinions émises en dehors de leurs articles.
- LES GÉNÉRATEURS
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- (10e ARTICLE).
- Voir nos numéros des 18 et 25 mars, 8 avril, 20 mai, 21 juin, 22 et 29 juillet, 5 et 12 août).
- MM. Chevalier et Grenier, constructeurs,
- à Lyon (Rhône). Ingénieur à Paris :
- M. Léon Droux.
- A la suite des générateurs de MM. Belleville et Ci(q décrits dans notre chronique du 5 août, se trouvent deux chaudières fournies par M. Villette, de Lille, pour le compte de M. Boyer, entrepreneur de force motrice.
- Nous avons déjà décrit ces chaudières dans un numéro précédent; nous n’avons donc pas à y revenir.
- Nous arrivons alors au cinquième groupe, celui de MM. Chevalier et Grenier, de Lyon, qui comprend trois générateurs de première importance.
- Ces trois générateurs, à deux foyers, de systèmes différents, fournissent la vapeur nécessaire au premier lot de force motrice, en partant de la Seine ou au cinquième en partant de l’Ecole militaire. Par suite de l’extension donnée à l’annexe des classes 52 et 53, ces générateurs sont obligés à une production considérable; du reste leur ensemble forme une surface de chauffe totale de A20 mètres carrés et la force représentative atteint près de 600 chevaux, la quantité d’eau vaporisée dans les moments de marche générale étant de plus de 6,000 kilogrammes à l’heure.
- Deux des générateurs sont du type simple à deux foyers intérieurs, dont l’un avec chambre commune d’inflammation des gaz, et sont pourvus tous les deux de réchauffeurs latéraux.
- Nous avons déjà décrit cette disposition bien connue de nos lecteurs, disposition appréciée parce qu’elle offre une alimentation méthodique et un nettoyage facile.
- Mais l’utilisation de la chaleur produite n’est pas parfaite dans ces premières chaudières, la combustion étant incomplète dans les foyers.
- C’est ce qui a conduit MM. Chevalier et Grenier à étudier leur type n° 3, dont nous allons donner la description.
- GÉNÉRATEUR A DEUX FOYERS INTÉRIEURS ET BOUILLEURS VERTICAUX, BREVETÉ S. G. D. G.
- La combustion se fait dans deux foyers intérieurs auxquels on ne demande que ce qu’ils peuvent produire : une combustion incomplète.
- A la suite, une chambre de grande dimension,
- entourée de briques réfractaires, et chaude par conséquent, reçoit les flammes produites dans ies deux foyers. L’accroissement de section de la chambre, par rapport à l’orifice, d’écoulement des flammes des foyers, étant énorme, il y a remout et mélange intime, par suite achèvement de la combustion sans excès d’air.
- Deux regards latéraux font lire le phénomène et montrent que tout se passe comme dans le brûleur d’un gazogène.
- Les gaz chauds produits et complètement oxygénés se rendent dans une grande chambre d’utilisation, composée de bouilleurs verticaux, où l’eau circule en sens inverse du mouvement des flammes, et cela sur des parois minces verticales, très-disposées, par la circulation facile de l’eau à l’intérieur, d’absorber des calories.
- Cette chaudière, qui possède des regards de tous côtés, fait toucher du doigt les phénomènes intéressants de la combustion et de l’utilisation.
- On voit d’abord que le foyer intérieur ne peut donner une combustion complète et qu'il ne faut pas commencer l'utilisation de la chaleur sitôt après le départ de la grille.
- Par les ouvreaux donnant sur la chambre chaude d’inflammation, on constate facilement que le mélange de deux foyers intérieurs suffit pour achever la combustion, parce qu’il y a toujours assez d'air venant sous les grilles pour la quantité de carbone et d’hydrogène à brûler.
- Enfin, par les ouvreaux sur la chambre (futilisation renfermant les bouilleurs verticaux, où l’eau circule en sens inverse des gaz chauds, on reconnaît que les flammes se refroidissent vite au contact de ces parois minces.
- Ainsi, la double condition d’une combustion complète sans excès d'air et d’une utilisation aussi absolue que possible de la chaleur des gaz brûlés sont remplies dans cette chaudière et en font un objet intéressant.
- Pour compléter la description de cette nouvelle chaudière, nous devons dire qu’elle est composée d’une calandre contenant les deux foyers légèrement inclinés, et de six longs cylindres parallèles, trois en haut communiquant avec la calandre et trois en bas servant de réchauffeurs; ces six cylindres sont réunis par trois séries de 12 tubes verticaux, soit en tout 36 tubes.
- Dans chaque chaudière les gaz chauds font deux parcours et se rendent ensuite par un carneau général dans la cheminée.
- Dans une disposition indiquée seulement en plan, MM. Chevalier et Grenier indiquent une forme de chaudière analogue à celle qui précède et destinée à être chauffée par les gaz chauds provenant de gazogènes ou de fours quelconques.
- Deux rangées, comprenant chacune k longs bouilleurs horizontaux parallèles, sont réunies entre elles par des tubes verticaux dont le nombre peut être plus ou moins considérable. Les deux rangées de bouilleurs viennent déboucher à l’avant dans deux calandres, celle du bas remplie d’eau et celle du haut formant dans sa partie supérieure un réservoir de vapeur.
- Avant de quitter l’Exposition de MM. Chevalier et Grenier, nous croyons utile, dans l’intérêt de la chaudronnerie, et intéressant pour tous nos lecteurs, de reproduire les passages suivants de la note préparée par ces constructeurs.
- LA CHAUDRONNERIE.
- La mécanique a trouvé dans la machine-outil le secours le plus puissant, le plus intelligent même,
- ce qui lui a permis d’en demander un peu moins à l’ouvrier.
- La chaudronnerie, cet art de bien coudre du fer, suivant l’expression pittoresque de notre ami M. Emile Trelat, est restée, avant tout, un art manuel; nous dirions volontiers, à cause de cela, un art noble, si la vulgarité du titre professionnel ne nous arrêtait.
- Sans doute, la machine-outil a apporté, en chaudronnerie, des améliorations dans le travail.
- Mais Y assemblage, cette opération toujours délicate, est devenu, en mécanique, grâce à la machine-outil, chose relativement facile, quand, en chaudronnerie, il est resté, le plus souvent, ouvrage purement manuel.
- Faire joindre, suivant l’expression du chaudronnier, deux parties tourmentées par la forge ou de configuration que la géométrie descriptive abandonne souvent, est toujours travail délicat et de grande observation.
- En un mot, faire que des parties, souvent de formes étranges, s’emboîtent comme des parties d’ajustage, pour arriver au résultat final, l’étanchéité, sera toujours un travail de grande difficulté que, seules, des mains habiles pourront aborder.
- Maintenant, la chaudronnerie est essentiellement de tradition et d’expérimentation. Il faut qu’un atelier en ait fait longtemps pour la bien faire. Elle serait donc noble encore par ce côté.
- Je m’explique de nouveau : La mécanique est justiciable avant tout des bonnes conceptions scientifiques et de la résistance des matériaux.
- Tout ingénieur qui aura bien étudié une machine et l’aura bien dessinée, la fera bien exécuter et obtiendra ainsi un objet d’allure certaine.
- Il ne pourra en faire autant quand il s’agira de construire une chaudière.
- La chaudronnerie, elle aussi, est de génie civil, mais l’objet produit doit jouer avec le feu et s’il est convenu que le feu purifie tout, c’est alors aux dépens des assemblages mal faits ou conçus sans expérimentation préalable.
- Ce phénomène de destruction parle feu est compagnon de celui que les dépôts, la mauvaise conduite des foyers et le manque de qualité des tôles employées, apportent en même temps.
- Puis tout se passe dans un milieu trouble, barbouillé de fumée, où l’examen est difficile et où le mot dilatation s’emploie par l’intéressé pour tout expliquer, comme le chimiste aux abois se sert des foi ces cataleptiques, pour ne plus rien dire.
- C’est entouré de toutes ces causes d’erreurs que les axiomes de bonne chaudronnerie se conquièrent.
- Aussi le temps et la répétition du même assemblage peuvent seuls vous amener à conclure, tout en habituant le chaudronnier à se défier des conceptions à priori.
- Donc, nous le disions avec raison, il faut la tradition ; il la faut surtout dans l’atelier, comme une atmosphère dans laquelle est plongée le riveur, le matteur, le chauffeur de rivets même, qui, tous, par des accidents survenus, qu’ils connaissent, ou ont réparés, ont. appris que telle rivure dans une chaudière doit être plus soignée qu’en tout autre endroit, et que ce sera là où les premières malfaçons s’accuseront s’il en existe.
- CORRESPONDANCE
- Au sujet de notre dernier article sur les chaudières à vapeur, nous recevons de M. Demenge la lettre suivante que notre impartialité nous fait un devoir de publier :
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- Paris. LE CONSTRUCTEUR 56, rue Blanche. 210
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- Schaerbeek, le 14 août 1878.
- « Monsieur le Directeur du journal le Constructeur,
- » Je viens de lire dans votre numéro du 12 août un article ayant pour titre « Les chaudières De-menge » et signé « La Direction », dans lequel, tout en émettant une opinion favorable sur mon idée d’incliner les chaudières tubulaires actuellement en usage, vous pensez qu’elles ne réalisent, qu’en partie, les avantages cités dans votre note.
- » Vous croyez en outre, ainsi qu’on le voit par la fin de cette note, que des chaudières tubulaires horizontales plus ou moins perfectionnées peuvent supporter la comparaison avec les chaudières inclinées et vous donnez comme exemple le type des grands générateurs tubulaires fournissant de la vapeur à l’Exposition universelle.
- » Mais, pour montrer la supériorité d’un système sur l’autre, il importe de comparer des appareils de même puissance.
- » Commençons par le type qui est de beaucoup le plus répandu, c’est-à-dire par celui des chaudières à enveloppe de tôle ou de bois.
- » A cet effet, je vous remets ci-joint les gravures des générateurs employés le plus souvent pour locomobiles et mi-fixes ; ils peuvent parfaitement être pris comme type des petites chaudières Péri-gnon ;
- » Maintenant, veuillez comparer ces appareils aux chaudières inclinées et vous reconnaîtrez immédiatement que les cinq avantages cités dans votre article sont réalisés, non en partie, mais absolument.
- » Passons maintenant aux grands générateurs.
- » Pour faciliter la comparaison je vous fais remettre le dessin d’une chaudière inclinée de 90. mètres de surface de chauffe totale. Vous verrez d’abord que cette chaudière est placée dans une maçonnerie et qu’elle est enveloppée totalement par les produits de la combustion avant leur pénétration dans la cheminée. C’est à peu près ce qui se fait, dans le même cas, par tous les constructeurs, à la différence que l’enveloppe de gaz, au lieu d’être totale, n’est que partielle, ce qui vaut certainement moins.
- » Quant aux entraînements d’eau, il est évident qu’ils augmentent quand diminuent les trois rapports du volume de la chambre de vapeur, de sa section et de la surface d’ébullition à la quantité d’eau vaporisée par seconde.
- » Or, ces trois rapports diminuent très-rapidement à mesure que la surface de chauffe d’un type de chaudière tubulaire déterminé va en augmentant.
- » Il en résulte donc que chaque mètre cube de vapeur entraîne d’autant plus d’eau que la surface de chauffe est plus considérable.
- » Les petites chaudières tubulaires à calandre donnant déjà lieu à de très-grands entraînements, il* a bien fallu trouver un moyen quelconque pour empêcher qu’ils n’augmentassent dans les grands générateurs ; aussi, depuis longtemps, plusieurs constructeurs ont-ils reconnu nécessaire l’emploi de récipients horizontaux qui surmontent les calandres.
- » Cette solution employée à défaut d’autre présente plusieurs inconvénients :
- » 1° Le niveau d’eau devant être au milieu du récipient auxiliaire, il n’y a qu’une moitié de ce réservoir qui contribue à atteindre le but proposé ;
- » 2° Toute la vapeur produite devant passer par les cuissards reliant la calandre au récipient, produit dans ce dernier des mouvements tumultueux qui favorisent les entraînements.
- » 3° Malgré l’adjonction de ce réservoir, les trois rapports dont j’ai parlé continuent à diminuer rapidement quand les surfaces de chauffe augmentent et rendent alors, surtout dans les grands générateurs, son emploi d’une efficacité plus que douteuse.
- » Au contraire, dans les chaudières inclinées, la question des entraînements d’eau se résout d’elle-même, sans qu’il soit nécessaire de recourir à aucune considération. Et, en effet, dans ce système le rapport de la surface de séchage à la surface de chauffe croît notablement avec les dimensions des générateurs.
- » Voilà quelques-unes des raisons pour lesquelles je maintiens que, dans tous les cas, le système de chaudière tubulaire inclinée est supérieur aux systèmes horizontaux.
- » Je vous prie, monsieur le Directeur, de bien vouloir publier cette lettre et d’agréer l’expression de mes sentiments distingués.
- Demenge.
- Nous faisons toutes réserves sur les opinions émises par cette lettre, opinions que nous ne saurions approuver entièrement.
- CONGRÈS INTERNATIONAL
- DU
- GÉNIE CIVIL
- — Suite (1) —
- (.Séance du mercredi 7 août 1878).
- Section III. — Machines.
- La troisième réunion du Congrès est présidée par M. le général Morin, assisté de MM. Davidson, Délia Voce, Pihet, Gargan et Testud de Beauregard, secrétaire du bureau.
- M. Cornut, rapporteur, présente, avec toute l’autorité qu’on lui connaît sur un tel sujet, les résultats obtenus par le fonctionnement des Sociétés de surveillance des appareils à vapeur qui se sont établies en France depuis quelques années.
- Laissant do côté l'importante question de l’économie de combustible, l’orateur s’attache principalement à mettre en évidence l'économie de vies humaines qui ressort de la comparaison des statistiques officielles anciennes et récentes publiées par l’administration sur les explosions de chaudières à vapeur.
- Il divise les causes de ces accidents en trois catégories principales :
- 1° Mauvais état des appareils ;
- 2° Négligence du personnel chargé de leur conduite -,
- 3° Causes inconnues ou fortuites.
- Et pense que les accidents dus aux causes indiquées dans les deux premières catégories peuvent être évités puisqu’ils peuvent être prévus.
- Citant l’opinion de sir W. Fairbain à la suite de l’enquête ordonnée par le Parlement anglais en 1871 sur les explosions de chaudières, M. Cornut expose le vœu que les visites intérieures des appareils deviennent obligatoires comme elles le sont déjà en Hollande, Suisse, Prusse, Grand-Duché de Bade, etc; on éviterait ainsi les deux tiers des accidents.
- M. Testud de Beauregard croit que les explosions provenant de causes dites inconnues sont dues à la caléfaction ou état sphéroïdal de l’eau des chaudières.
- En conséquence, il pense qu’un appareil thermique indicateur des variations d’intensité du calo-rique dans l’intérieur des chaudi ères prémunirait contre ces sortes d’accidents, car les appareils de sûreté imposés par la loi sont basés uniquement sur la pression de la vapeur et le niveau de l’eau et ne tiennent nullement compte du calorique, cause première des explosions.
- Un membre du Congrès répond que l’instrument préconisé par M. Testud de Beauregard n’aurait pas l’efficacité qu’on lui attribue. Les expériences de physique sur ce sujet montrent en effet que le phénomène est instantané. En cas de danger on serait prévenu par la sonnerie d’alarme, mais l’explosion aurait lieu en même temps.
- La seconde communication, celle de M. Casa-longa parlant au nom de la Chambre syndicale des mécaniciens, est relative à Y unification dans les dimensions des organes des machines, principalement en ce qui concerne les pas et diamètres des vis et boulons d’un usage si fréquent dans la construction. Chaque nation, chaque grande maison de construction emploie en effet une série différente, de sorte qu’il en résulte de grands inconvénients lorsqu’il s’agit de pourvoir au remplacement dés pièces accessoires dans les machines étrangères.
- La difficulté est d’autant plus grande qu’il est impossible de traduire exactement en mesures décimales les dimensions des vis et boulons établis dans le système duodécimal comme le sont les séries de Withworth, Seiiers, etc., usitées en Angleterre et en Amérique.
- Rappelant les efforts déjà faits en France par MM.
- (Il Voir notre dernier numéro.
- Armengaud aîné, Poulot, Ducommun et Steinlen, M. Casalonga pense que cette unification si désirable se fera lorsque notre système métrique aura prévalu chez toutes les nations industrielles.
- M. E. Bourdon traite ensuite la question de Yunification des formules servant à exprimer le travail des machines à vapeur. Il montre les écarts énormes que l’on rencontre entre la puissance effective des machines et leur puissance nominale calculée par les formules en usage, et analysant ces formules en détail, montre l’inconvénient d’un tel état de choses.
- Il demande en outre que la puissance des chaudières soit établie pour chaque système d’après le nombre de kil. d’eau vaporisés par mètre carré de ï surface de chauffe et par heure en spécifiant la quantité de combustible employée.
- M. Legavrian croit que l’on exagère beaucoup l’importance de ces questions. Il dit qu’actuelle ment, dans ie nord de la France tout au moins, on n’achète plus les machines à la puissance nominale mais à la puissance indiquée sur les pistons au moyen de l’appareil de Watt, ce qui annule les inconvénients précités. Quant à l’unification des diamètres et pas de vis il pense qu’il faut tenir compte de ce fait, que la série Withworth est adoptée presque partout, sauf en France, et’en considération de l’importance'de l’outillage à renouveler, il dit que c’est à nous qui faisons exception de nous rallier à cette série.
- Après une courte réponse de M. Casalonga les membres du Congrès se séparent à midi pour se retrouver à deux heures à la conférence de M. Ma-lézieux, ingénieur en chef des ponts et chaussées, sur les travaux publics aux Etats-Unis.
- (Séance du jeudi 8 août 1878). Section IV. — Routes, rivières et canaux.
- Président M. Boulé, ingénieur en chef des ponts et chaussées, assesseurs MM. Hans et Watson.
- On a traité dans cette réunion deux questions relatives aux travaux publics, celle de la construction des barrages mobiles en rivière, exposée par M. de Préaudeau, rapporteur, et qui donne lieu à des développements de la part de MM. Caméré, Hans et Boulé, et celle des nouveaux procédés de montage des grands ponts métalliques décrits par M. Seyrig.
- A deux heures le Congrès s’est encore réuni pour entendre la conférence de M. Antoine Bréguet sur les applications de l’électricité.
- A suivre.
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- La distribution solennelle des récompenses aux exposants aura décidément lieu le 18 septembre, entourée de tout l’éclat possible, au Palais de l’In-dustrie.
- D’autres projets avaient été agités ; on avait pensé au local de l’Hippodrome, qui permettait de réaliser une économie importante ; mais l’Hippodrome ne pouvait contenir que dix-huit mille personnes, et il faut compter sur un minimum de trente mille places.
- On avait proposé aussi de transformer. Long-champ en une sorte de champ de fédération universelle. Mais c’était une dépense de temps et d’argent, énorme ; on ne pouvait d’ailleurs fixer d’avance le jour de la cérémonie que la pluie pouvait faire ajourner.
- Enfin le perron du Champ de Mars, dont on avait aussi parlé, présentait l’inconvénient d’être en plein soleil l’après-midi, et nécessitait de plus l’interdiction de la circulation dans la plus grande partie de l’Exposition.
- C’est donc le Palais de l’Industrie qui a été choisi par M. le Ministre de l’agriculture et du commerce.
- M. Georges Berger, directeur des sections étrangères, qui a été l’un des principaux organisateurs de la cérémonie analogue en 1867, est chargé de présider l’organisation de celle-ci.
- Voilà pour la fête intérieure. Quant à celle du dehors, la population de Paris tout entière sera invitée à contribuer à son éclat.
- Une somme de cinq cent mille francs est provisoirement fixée pour la cérémonie de la distribution des récompenses.
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- Paris LE CONSTRUCTEUR 56, rue Rlanche. zn
- REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878 61
- LA FABRICATION DU PAPIER
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Les Machines à vapeur de M. Lhuilier, constructeur à Vienne
- (Isère).
- L’idée qui a conduit le comité directeur de l’Exposition à mettre sous les yeux du public la ma- . nière et les moyens de fabriquer le papier est une idée très-heureuse.
- Chaque jour la foule des visiteurs vient à la ligne de démarcation, qui limite l’emplacement occupé par la belle machine à papier et ses accessoires établis dans la classe 60.
- Les visiteurs sont admis par séries à suivre le travail de cette machine et leur admiration traduit parfaitement l’ignorance, où ils étaient, de ce que l’on fait aujourd’hui en papeterie.
- La machine à papier, en travail à l’Exposition, sort des ateliers de M.. Lhuilier, constructeur à Vienne (Isère) ; le travail lui est fourni par M. Dar-blay, fabricant de papier à Corbeil ; M. Everling, ingénieur à Paris, en a la surveillance ; il a sous la main un gouverneur et un ouvrier monteur parfaitement entendus.
- (La maison Lhuilier construit à Vienne depuis plus de 30 ans les machines et l’outillage de la papeterie, les appareils de cette maison sont toujours parfaitement étudiés, nous avons pu en juger maintes fois déjà.)
- Il ne fallait pas compter à l’Exposition s’occuper des opérations préliminaires de préparation du chiffon, telles que lavage, blanchissage, etc., etc.; plusieurs lessiveuses, de différents types, se trouvent groupées, il est vrai, dans la classe 60, mais elles sont, bien entendu, à l’état de repos.
- Les premiers appareils, que M. Lhuilier nous montre dans cet ensemble, sont ses deux tritu-reuses, élevées de k mètres au-dessus du sol ; elles prennent le chiffon à la suite de son traitement par les matières alcalines à haute température ; ce chiffon est suffisamment divisé pour éviter des soubresauts aux cylindres tritureurs, permettre plus de régularité au travail de réduction des fibres, sans trop absorber de force motrice.
- Les tritureuses fournissent au bassin d’encollage et ce dernier au réservoir à mélange intime de la pâte, qui sont dans un plan moins élevé ; le bassin d'encollage a un tourniquet mélangeur à mouvement lent, le réservoir un mélangeur hélicoïdal à axe horizontal, qui est en fer méplat de 0“01 sur 0m06 ou 0m08 ; son diamètre est lm50, largeur du réservoir, et son pas, 2 mètres.
- En avant de ce mélangeur, sur le même arbre, se trouve un élévateur à godets, aussi en fer mé- [ plat ; il prend la pâte au fond du grand réservoir j et remplit continuellement, à une certaine hauteur j de la paroi de face, qui est traversée par la con- I duite de distribution, un petit réservoir accolé à cette paroi ; ce petit réservoir débite à la conduite dont il forme la tête. Au bas, le débit est réglé par une vanne horizontale à coulisse et, s’il y a trop plein au sommet, la matière retombe dans le grand réservoir.
- A partir de ce point, on ajoute à la pâte de l’eau d’entraînement ; cette eau rend la pâte plus divisée, plus mobile ; on peut alors en disposer à son gré.
- Un robinet de pression de 0n,02 de diamètre permet de régler l’arrivée de l’eau ; elle frappe la pâte au sortir de la conduite, la divise et l’entraîne dans un petit canal ou rigole de 0œ30 de large sur 0m10 de profondeur, qui serpente jusqu’à cinq fois dans des limites de lm50 entre les coudes opposés, pour venir aboutir à la bâche de l’épurateur ; ce canal peut être formé, par parties, en ciment comprimé, offrant en dessous un tout, d’une surface, pleine et lisse, assis convenablement avec la pente légère qui lui est nécessaire.
- La bâche a 2ra50 de longueur, lm de largeur, 0m60 à 0m70 de profondeur, ses grandes arêtes sont perpendiculaires à l’axe de la machine à papier. Elle est accolée contre la partie droite du canal d’arrivée à laquelle on a laissé un léger rebord, pour que l’eau, gênée dans son écoulement à l’extrémité du canal, tombe par côté, en nappe de lm20 environ de large.
- % Dans la bâche le niveau reste constant à 0m10 environ du bord, le débit est réglé pour cela. Il se fait
- au travers de l’épurateur, qui n’est autre chose qu’un prisme quadrangulaire en bronze à minces parois, de 2m20 environ de longueur et 0m/t0 de largeur de face -, il est porté par des bouts d’arbres creux ou tourillons de 0mi0 de diamètre, passant au travers des têtes de la bâche ; il jouit d’un mouvement de rotation.
- Chaque face du prisme porte en travers des rayures à jour très-étroites, larges au plus de l’épaisseur d’une lame mince de scie à métaux ; ces rayures sont écartées de 15 m/ia environ sur toute la longueur des faces, elles en occupent toute la largeur. C’est au travers de ces petites rainures que doit passer le liquide chargé de transporter les seules particules de matière propre au papier.
- A cet effet, à l’intérieur du prisme se meut une tige longitudinale avec mouvement rapide de va-et-vient, qui lui est fourni par un excentrique ; cette tige porte en son milieu un ou deux disques servant d’agitateurs, elle met de plus en mouvement deux diaphragmes en cuir ou caoutchouc, masquant, aux deux têtes du prisme, l’orifice formé par le creux des tourillons ; si l’on admet que chaque diaphragme porte un petit clapet convenablement tourné et taillé dans la pièce même, on comprend qu’il y a alternativement aspiration de la bâche dans le prisme et refoulement dans le creux des tourillons. Ces tourilions sont logés chacun, aux deux bouts de la grande bâche, dans une tubulure à garniture, qui permet de relier cette bâche à une bâche plus petite, de même largeur, même profondeur, mais de 0m30 à 0m40 de longueur seulement.
- Donc aux deux bouts de la grande bâche se trouvent deux petites bâches, qui reçoivent les eaux aspirées et refoulées par les diaphragmes ; la petite bâche de droite est traversée complètement par le tourillon correspondant, il est percé en son milieu de trous de dégagement et va déboucher en dehors pour prendre une poulie nécessaire au mouvement de rotation du prisme et offrir un presse-étoupe à la tige d’agitation intérieure, cette tige est maintenue simplement par une douille à l’autre extrémité.
- Dans son mouvement de rotation, le prisme épurateur se trouve complètement noyé dans l’eau de la grande bâche, lorsqu’une de ses faces se trouve dans la position horizontale, mais il se dégage en partie de l’eau à mesure que deux de ses arêtes opposées viennent se placer dans le sens vertical ; alors on a deux moitiés de faces contiguës à découvert, et l’on peut vérifier, à chaque moment, si les rainures sont obstruées par des parties de matière trop grosses pour passer à l’intérieur du prisme 5 sans cet appareil cette matière viendrait faire des boutons sur le papier.
- Dans son mouvement de rotation le prisme va du côté de la nappe d’eau, qui tombe dans la bâche ; on serait tenté de croire que c’est à cette nappe d’eau, de 0m,l^ ou 0m,15 de chute, qu’est dû le mouvement. Il n’en est rien, le prisme est trop lourd pour obéir convenablement à une si faible action. S’il en était ainsi, l’appareil que nous avons décrit, on le comprend, pourrait être simplifié.
- Les deux petites bâches ou récepteurs des matières épurées sont réunies à leurs parties inférieures par un tuyau de communication, de 0m,12 de diamètre environ, du côté de la grande machine ; ce tuyau porte au milieu cinq petites tubulures espacées de cinq petits tuyaux verticaux en cuivre, (de Ora,025), à becs recourbés ; ils sont reliés au sommet, et servent à relever la matière presque au niveau des bâches et à la débiter dans une couche ou cuvette rectangulaire en bronze, qui fait corps avec la machine à papier.
- A la sortie des tuyaux verticaux le liquide et les matières à papier sont tellement intimes, qu’ils ont ensemble un aspect blanchâtre et forment un véritable lait.
- La cuvette, qui reçoit ce liquide laiteux, est montée en tête de la machine, à l’extrémité des bandes de fer horizontales, qui supportent tout l’ensemble de pièces mobiles, nécessaires à l’étalage ; elle subit le mouvement précipité de va-et-vient imprimé à ces bandes par un excentrique.
- Cette cuvette est divisée en 3 compartiments simples, sans barbotteur cylindrique, ni palettes agitatrices.
- Le 1er compartiment de cette cuvette est alimenté par les 5 tuyaux de l’épurateur ; il fournit au 2e, dont la surface du fond est telle, qu’un bouillonnement du liquide y est continuel pour maintenir l’intimité du mélange ; ce mélange est
- livré ensuite à la dernière section de la cuvette,
- 1 pour être abandonné à l’étalage sous la forme de la nappe liquide la plus uniforme.
- L’eau du mélange passe, je pourrais dire, au travers des pores de la toile métallique ; quant à la matière en suspension dans le liquide, elle forme sur cette toile sans fin une couche blanche et régulière, entre deux bandes de caouehouc, bien appliquées pour former des bords de retenue.
- Cette couche blanche de molécules réunies se forme régulièrement sans discontinuité et suit, à mesure, la toile sans fin dans son mouvement longitudinal.
- C’est elle qui, débarrassée peu à peu de son eau par l’effet de la pesanteur et le secouement de l’ensemble, puis de son trop d’humidité par la succion des aspirateurs, formera le papier, après que les cylindres eomprimeurs de la machine auront donné à toutes ces molécules de l’adhérence entre elles, et que ce nouveau tout humide aura été séché à l’entour de 8 ou 9 cylindres.
- Les cylindres sont chauffés à l’intérieur par de la vapeur qu’ils reçoivent graduellement ; les premiers cylindres, qui prennent le papier, sont à une température moins élevée que celle des derniers, que le papier est sur le point d’abandonner.
- En sortant de la grande machine, le papier est reçu sur les cylindres delà machine à enrouler; puis il passe, à plusieurs doubles, sur la table delà machine à couper, qui le rogne et le partage en long, au moyen de trois couteaux circulaires, et le divise aussi en travers à l’aide d’un fort couteau rectiligne ; l’on peut alors établir le papier en piles uniformes.
- Nous avons tenu à indiquer, aussi rapidement que possible, les divers états par lesquels passe la matière avant sa complète transformation ; nous n’avons insisté que sur ce qui nous a paru tout à fait abstrait pour les personnes étrangères à la fabrication du papier.
- Nous allons maintenant examiner l’un après l’autre tous les appareils que nous n’avons fait que citer.
- Nous nous occuperons aussi de leurs commandes, en faisant remarquer déjà que les divers éléments de la grande machine obéissent tous à des transmissions de mouvement indépendantes -, ces transmissions sont conçues et disposées de telle façon par le constructeur, qu’il obtient la plus parfaite régularité dans l’ensemble du travail.
- J. Elardin aîné.
- Ingénieur-constructeur, à Lyon-Mulatière.
- A suivre.
- LE CATALOGUE
- SECTION FRANÇAISE
- Classe 54 (Suite) (1).
- Machines et appareils de îa mécanique générale.
- LISTE DES EXPOSANTS.
- Duvergier, à Lyon (Rhône), 25, rue de St-Cyr. — Machine à vapeur de 50 chevaux, horizontale à condensation, actionnant l’une des transmissions de la section III, classe 59, dans la galerie française des machines; transmission en service dans la section III de la grande galerie.
- Dyckhoff, à Bar-le-Duc (Meuse). — Horloge mue par la transmission principale d’une usine, indiquant la vitesse, le retard ou l’avance de la machine.
- F.-L. Edoux, à Paris, 72, 74, 76 et 78, rue Le-courbe. — Ascenseurs, dont un en service au Trocadéro ; pompes diverses ; moteurs hydrauliques.
- Eiffel et Ce, à Levallois-Perret (Seine), 52, rue Fouquel. — Grue en tôle sans fondation en service.
- Engel, à Paris, 9, rue St-Fiacre. — Modèles d’appareils divers ayant pour but de prévenir les accidents de machines.
- Farcot, à St-Gratien (Seine-et-Oise), 3, Avenue de Catinat. — Appareil à comprimer Pair par la détonation des gaz ; ventilateur comprimant.
- A suivre.
- (1) Voir nos précédents numéros
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- 212
- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
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- DE MANIVELLES
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- à, bras et à vapeur.
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- AUTOMATIQUES
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- L. POILLON
- Ingéuienr des Arts et Manufactures
- 76, Boulevard St-Germain, PARIS
- POMPES GREINDL
- MACHINES A VAPEUR A DEUX CYLINDRES
- système DEMENCE
- Fixes, Demi-Fixes et Locomobiles
- (LES PLUS ÉCONOMIQUES D’ACHAT ET DE CONSOMMATION)
- PULSATEUR BRETONNIÈRE
- Aussi simple que le Pulsomètre et beaucoup plus économique.
- Reyivifleatioîi dix ÏNToix* animal
- FOURS BLAISE
- Breveté en France et à l’Etranger.
- Mlle BLAISE, à Signy-le-Petit (Ardennes)
- Ce système de four qui a obtenu les distinctions les plus honorables à l’Exposition universelle de 1867, à celle du Havre, et à celles de Beauvais, de Lyon et de Compiègne, réunit tous les avantages constatés d’ailleurs depuis des années par l’application industrielle dans un grand nombre de fabriques. Il est d’une construction très-simple ettrès-soli-de ; son entretien est pour ainsi dire nul ; et quand par hasard il y a une pièce à remplacer, n’importe laquelle, on peut faire cette opération sans toucher à la maçonnerie.
- 11 v a 8 numéros qui peuvent revivifier au minimum, suivant les grandeurs,
- 3.4hect., 51 hect., 69 hect,, 86 hect., 103 hect., 130 hect., 138 hect. et 155 hect. Il occupe très-peu de place, par conséquent il emploie peu de briques: 6,920 ordinaires, et 1,528 réfractaires ordinaires pour le plus grand numéro. L’emplacement est de lm60 à 3m de largeur;
- 3rn45 à âm15 de long. ; la hauteur est de 2m60 à hmk0 du côté de la touraille qui sèche le noir d’une manière parfaite par la chaleur perdue du four et sans aucuns frais.
- Un modèle de four BLAISE se trouve exposé à l’Exposition universelle, groupe VI, classe 52, n° 202, dans le bâtiment annexe faisant face à l’avenue de La Bourdonnaye.
- GARNITURES TURULAIRES
- Pour Tiges de Pistons à vapeur
- Brevetées S. G. D. G.
- les plus simples et les moins coûteuses.
- CVoir la Description n° 283, du 21 janvier 1878, p. 14)
- Q.Zmiuy
- CHAVANNE-BRUN i Fils
- Fondeurs-Mécaniciens
- A SAINT-CHAM0ND (Loire).
- p.62 - vue 65/176
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Blanche
- Supplément au n° 314. — Lundi 26 août 1878.
- REVUE DE L EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur^ ancien Elève de TEcole polytechnique.
- MM. DEB1É, Ingénieur civil.
- L. POILLON, ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- La Direction du journal n’est pas responsable des opinions émises par ses rédacteurs spéciaux. C’est à la direction même que les communications et observations doivent être adressées; elle seule a le droit de juger de leur opportunité. — Réciproquement, les rédacteurs spéciaux ne sont pas solidaires des opinions émises en dehors de leurs articles.
- LES GÉNÉRATEURS
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- (11e ARTICLE).
- Voir nos numéros des 18 et 25 mars, 8 avril, 20 mai, 21 juin, 22 et 29 juillet, 5,12 et 19 août.
- MM. Meunier et Cie, constructeurs, à Fives-Lille (Nord).
- Avant de passer en revue les chaudières à vapeur des sections étrangères fournissant la force motrice à l’Exposition universelle, nous devons parler des générateurs qui sont chargés d’alimenter les moteurs des pompes à eau du Trocadéro.
- Ces générateurs ont été fournis par M. Le Brun, de Creil, et par MM. Meunier et Cie, de Fives-Lille.
- Nous avons déjà mentionné les premiers; il nous reste aujourd’hui à décrire les seconds.
- L’importance de la maison Meunier est connue de tous nos lecteurs ; c’est elle qui livre chaque année la force la plus imposante de producteurs de vapeur -, sa bonne construction est appréciée par une clientèle nombreuse et suivie.
- Les générateurs Meunier sont semi-tubulaires avec bouiileurs. Les flammes dans un premier parcours enveloppent les deux bouilleurs ; au retour les gaz chauds traversent les tubes de la chaudière, dont ils lèchent les parois extérieures dans un troisième et dernier parcours.
- En dehors de leurs chaudières en action du Trocadéro, MM. Meunier et Cie exposent dans la classe 54, annexe de La Bourdonnaye, deux grands générateurs de 100 et 200 mètres de surface de chauffe, dont on admire les belles proportions et la perfection, le fini du travail.
- Voici les dimensions de cês appareils qui sont aussi semi-tubulaires avec deux bouilleurs et dôme de vapeur.
- Générateur de 100 mètres de surface.
- Chaudière, longueur........................ 4m,500
- diamètre......................» lm,700
- 2 bouilleurs, longueur................... 6m,140
- diamètre................... 0m,700
- 48 tubes, longueur........................ 4m,500
- diamètre.....-................. 0m,090
- Dôme de vapeur, hauteur................... 1111,10 0
- diamètre................. 0m,850
- Foyer, longueur........................... 1m,700
- diamètre........................... lm,500
- Surface de chauffe....................... 100m2
- — de grille........................... 2m2,55
- Générateur de 200 mètres de surface.
- Chaudière, longueur...................... 5m,150
- diamètre...................... 2m,200
- 2 bouilleurs, longueur................... 6m,690
- diamètre.................... 0m,900
- 90 tubes, longueur................... 5m,150
- diamètre....................... 0m,100
- Dôme de vapeur, hauteur.................. lm,200
- diamètre................ lm,000
- Nous ne mentionnons la locomobile exposée par MM. Meunier et Cie qu’au point de vue de la chaudière qui est, comme les précédentes, d’une excellente construction -, car nous n’avons pas à examiner en ce moment la partie mécanique.
- Mais en terminant cette revue très-sommaire, nous ferons remarquer que MM. Meunier et Cie ne se distinguent pas seulement par une construction vraiment supérieure. Tous les accessoires des chaudières sont des plus perfectionnés ; les appareils de sûreté sont placés sur des piétements qui en facilitent la vérification ; les indicateurs de niveau d’eau sont montés sur porte-tube séparateurs. Du reste, MM. Meunier et Cie ont si bien apprécié l’excellence de ces derniers appareils qu’ils en munissent tous leurs générateurs; ils ont, en cela encore, montré le bon exemple à leurs confrères.
- LES MACHINES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- (14e ARTICLE).
- Voir nos numéros des 20 et 27 mai ; 3, 10, 17, 24 juin, 1er, 8, 15, 22 et 29 juillet, 5 et 12 août.
- Les Machines Compounds ou à deux cylindres (suite).
- Machine Galloway.
- Une des machines qui attirent le plus l’attention des visiteurs dans la grande galerie des machines étrangères à l’Exposition, est la machine Galloway à six tiroirs. G’est du reste une machine remarquable par le caractère très-robuste et parfaitement harmonisé de toutes ses parties, par son aspect élégant et par sa marche douce et régulière en même temps que rapide. Gomme mérite de bonne exécution, on ne peut trouver mieux, et la construction du volant sur laquelle nous reviendrons dans un instant est même une espèce de tour de force; dont bien peu de constructeurs de notre pays pourraient se passer la fantaisie. Mais décrivons l’ensemble d’abord.
- Le grand et le petit cylindres sont placés côte à côte, et la vapeur agit dans le petit cylindre avec détente variable par le régulateur pour venir ensuite agir sur le grand piston dont l’axe coïncide avec celui de la pompe à air (disposition qui peut se modifier à volonté).
- Mais les mécanismes de distribution sont tout à fait particuliers. Il y a six tiroirs dont nous allons décrire les fonctions. Les orifices d’admission du petit cylindre sont ménagés dans deux-glaces plates» dont chacune occupe une extrémité -, et cette disposition réduit à leur minimum les espaces nuisibles puisqu’elle supprime toute la longueur du
- cylindre en conduits de vapeur. Sur chaque glace travaille comme tiroir une simple plaque ou registre commandée par sa tige spéciale et dont les fonctions consistent uniquement à ouvrir et intercepter l’admission sur chaque face du petit piston. Pour ouvrir chaque admission, le mécanisme de commande de la tige correspondante repousse celle-ci vers le fond de la boîte parce qu’à ce moment une sorte de verrou en relations avec le régulateur se trouve rabattu et permet cette poussée. Ce mouvement a lieu malgré la résistance que lui oppose la pression de la vapeur de la boîte, qui s’exerce sur un petit piston que porte la tige en un point de sa longueur.
- Quoi qu’il en soit, lorsque le piston a parcouru un certain chemin, le verrou se trouve soulevé par un système de leviers articulés ; et l’instant auquel cet effet se produit dépend de la position du régulateur. Alors la poussée exercée sur la tige par son mécanisme de commande cesse; et loin de continuer à tenir découvert l’orifice d’admission, cette tige revient brusquement sur elle-même obéissant à la pression de la vapeur de la boîte s’exerçant sur elle comme il a été expliqué plus haut. Ce mouvement brusque est arrêté et limité sans chocs par des coussins d’air réglés à volonté à l’aide de petits robinets.
- La glissière que porte la tige referme donc complètement l’admission.
- Voilà pour ce qui concerne les fonctions de l’admission et de l’interception de la vapeur au petit cylindre; et la description en sera complète quand nous aurons ajouté que le régulateur est un régulateur genre Porter à grande vitesse et à grande masse centrale, commandé par èngrenages et muni d’un modérateur à piston et à huile déjà plusieurs fois rencontré.
- Quant à l’échappement du petit cylindre, il correspond rigoureusement à l’admission dans le grand ; et il s’opère à l’aide de deux orifices distincts des précédents et placés de l’autre côté du petit cylindre correspondant à deux orifices placés à chaque extrémité du grand cylindre. Un tiroir ou registre manœuvre sur chaque orifice d’échappement du petit cylindre et en même temps sur l’orifice d’admission du grand, les découvrements des orifices étant bien entendu croisés, puisque les deux pistons marchent côte à côte. Un certain recouvrement est donné aux glissières du côté du grand cylindre de façon à permettre une certaine détente dans celle-ci, et cela a pour résultat d’annuler la chute de pression due au volume des conduits intermédiaires çui joueraient sans cela le rôle d’espaces nuisibles.
- Mais enfin il n’y a pas entre les deux cylindres de récipient intermédiaire de vapeur proprement dit.
- Sur la génératrice du grand cylindre opposée à celle sur laquelle fonctionnent ses deux glissières ou tiroirs d’admission, existent (toujours à chaque extrémité) deux orifices d’échappement sur lesquels manœuvrent deux tiroirs maintenus par des guides contre la pression intérieure qui tendrait à les décoller de leurs glaces. C’est par là que la vapeur d’échappement du grand cylindre se rend au condenseur.
- Tel est donc le but de cette troisième et dernière paire de tiroirs.
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- 218 Paris. LE CONSTRUCTEUR S6, rue Rlanche.
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- La bielle du petit piston agit sur un plateau-manivelle extrêmement robuste et celle du grand piston sur un coude de l’arbre.
- Les cylindres sont dépourvus d’enveloppes de vapeur et simplement garantis contre les refroidissements extérieurs par une chemise en bois. Deux tuyaux en cuivre mettent en communication les extrémités de chaque cylindre afin de pouvoir les échauffer avant la mise en marche.
- Un mécanisme simple et commode permet de manoeuvrer le volant dans le cas où la machine se serait arrêtée à un point mort. C’est un treuil à engrenages agissant sur une vis qui peut à volonté actionner une roue à dents hélicoïdales calée sur l’arbre de transmission et à côté de la poulie recevant la courroie du volant.
- L’exécution de ce volant est comme nous l'avons dit au début, une espèce de tour de force, non pas parce qu’il a 1 mètre de largeur de jante, qu’il est en deux pièces, pèse 14 tonnes et porte des bras droits doubles et parallèles, mais surtout parce que la jante tournée n’a que 15 millimètres d’épaisseur moyenne renforcée par des nervures. Or bien des pièces brutes de fonte de pareilles dimensions moulées chez des fondeurs médiocres présenteraient avant tournage plus de 15 millim. de faux-rond.
- La machine Galloway, de l’Exposition, a comme dimensions principales :
- Petit cylindre, 0.508; grand cylindre, 0.863; course, 0,914; nombre de tours par minute, 68; travail sur les pistons avec vapeur à 5 atmosphères, 280 chevaux.
- Les constructeurs affirment qu’elle ne consomme que 0.890 de charbon par heure et par cheval indiqué. La vapeur est du reste fournie à cette machine par des chaudières Galloway à tubes coniques, et la vaporisation économique et avantageuse de ces chaudières (que nous n’avons pas à décrire ici) est connue.
- En résumé, la machine Galloway est une belle et bonne machine très-solidement et élégamment construite, dont toutes les parties sont reliées par un bâtis inflexible et qui ne présente que des organes simples et faciles à réparer.
- Nous ne voyons absolument qu’une seule chose à lui reprocher : c’est l’absence d’enveloppe de vapeur aux cylindres et les pertes par condensations intérieures qui ne peuvent manquer d’en être les conséquences. L’utilité des enveloppes de vapeur révoquée en doute autrefois par des constructeurs trop préoccupés du point de vue commercial de leur affaire est devenue une chose incontestable depuis quelques années ; et les expériences de la Société industrielle de Mulhouse ont prouvé que l’économie procurée par le seul fait de l’emploi de l’enveloppe pourrait atteindre 20 ou 25 p. c. Nous préférons aussi (pour des raisons qui seront développées plus tard) les machines Compounds avec récipient intermédiaire entre le petit cylindre et le grand.
- Conclusion : les résultats de la machine Galloway seraient encore supérieurs à ce qu’ils sont, si les cylindres étaient entourés de vapeur vierge.
- Malheureusement la construction générale de la machine ne paraît pouvoir se prêter à cette amélioration qu’avec des difficultés très-grandes et peut-être même insurmontables. Telle nous paraît être la seule raison qui a pu déterminer des constructeurs aussi compétents et aussi éclairés à se priver d’enveloppes de vapeur aux cylindres de leurs machines ; et ce sont à l’Exposition les seules machines de ce mérite et de cette importance auxquelles ces enveloppes n’existent pas, croyons-nous.
- L. Poillon,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- CONGRÈS INTERNATIONAL
- DU
- GÉNIE CIVIL
- — Suite (1) —
- (.Séance du vendredi 9 août 1878)
- Section V. — Chemins de ier.
- L’ordre du jour appelle la discussion sur les freins continus pour chemins de fer qui sont en usage depuis un certain nombre d’années déjà en Amérique et en Angleterre et dont quelques-unes de nos grandes Compagnies de chemins de fer commencent à se servir.
- Après l’audition d’un travail dans lequel M. Bailly, rapporteur, décrit les trois principaux systèmes actuellement en présence : frein électrique, à air comprimé, et à air dilaté ou à vide, il est donné lecture d’un mémoire de M. Àchard (qui ne peut assister à cette séance par suite d’indisposition) sur son système de freins continus à embrayage électrique et les résultats obtenus par l’application qui en a été faite aux trains rapides des lignes de l’Est et du Nord.
- M. le capitaine Douglass Galton, que sa position d’inspecteur des chemins de fer pour le compte du gouvernement anglais a mis à même d’étudier tous les systèmes de freins qui ont été essayés, patronne vivement ensuite l’emploi des freins à fluide et parmi ceux-ci ie système à air comprimé de Westinghouse qu’il croit préférable au frein à air raréfié de Smyth. Le seul reproche que l’on puisse faire à ces sortes d’appareils est, dit-il, d’inspirer une trop grande confiance aux mécaniciens qui prennent l’habitude d’arriver à toute vitesse dans les gares, ce qui pourrait occasionner des accidents si, au moment où l’arrêt est nécessaire, le mécanisme se trouvait dérangé.
- M. Banderali, ingénieur de la Compagnie du Nord, répond que les inconvénients reprochés aux freins à air dilaté du système Smyth, qui ne sont pas aussi grands qu’on le pense, sont d’ailleurs compensés par certains avantages et fournit au Congrès d’utiles renseignements sur les expériences faites au chemin de fer du Nord avec cet appareil.
- La seconde partie de la séance est consacrée à l’étude des machines pour tramways.
- M. Mallet, rapporteur, donne lecture d’un long mémoire tout rempli de données intéressantes sur ce sujet.
- Il définit le tramway : « un très-maüvais chemin de fer », et passe en revue tous les modes de traction actuellement en usage, décrivant les systèmes de traction par chevaux, par câble sans fin (comme cela se fait depuis peu à la Nouvelle-Orléans), par locomotive ordinaire ou sans foyer du système Lamm et par l’air comprimé (système Mekarski.
- La lecture de ce mémoire est terminée à une heure trop avancée pour que MM. Franck et Mé-karski, qui devaient prendre la parole, puissent le faire. M. Tresca prie ees messieurs de vouloir bien remettre leurs communications à une prochaine visite que les membres du Congrès feraient à leurs usines de Marly et de Saint-Ouen, ce qui est accepté par eux avec empressement.
- La séance est levée à midi trois quarts.
- (-Séance du samedi 10 août 1878)
- Section VI. — Navigation fluviale et maritime.
- Cette réunion est présidée par M. Richard, ingénieur civil.
- M. le capitaine Taylor, au nom de M. Àbernethy, rapporteur, donne lecture d’une étude sur les Communications a travers le Pas-de-Calais.
- L’auteur montre le transit entre la France et l’Angleterre suivant une progression constamment croissante tandis que les moyens de transports sont restés presque aussi incommodes qu’ils l’étaient il y a une vingtaine d’années, malgré la création du Gastalia, du Bessemer, etc. Trois grands projets sont à l’étude pour améliorer cette situation : le
- (1) Voir nos deux derniers numéros
- tunnel soüs-marin, — un gigantesque pont jeté sur le détroit — enfin l’emploi de très-grands navires pouvant porter les trains d’une rive à l’autre sans transbordement des voyageurs. M. Abernethy croit que la question financière retardera encore longtemps la réalisation d’un des deux premiers projets ; il étudie donc le troisième moyen, celui des grands steamers porte-trains comme une solution provisoire.
- Un joli modèle du navire proposé est placé sous les yeux des membres du Congrès. Ce bâtiment de formes identiques à l’avant et à l’arrière qui aurait en réalité 6,000 t. de déplacement, une longueur de 137 mètres, 26 mètres de largeur, 7 mètres de creux, serait à roues indépendantes l’une de l’autre et pourrait atteindre la vitesse considérable de 23 milles anglais (37,000 mètres à l’heure).
- Deux voies parallèles placées au-dessous des roofs pourraient recevoir un train tout entier sans transbordement. Pour cela, deux vastes plateformes reposant sur des appareils hydrauliques seraient établies aux ports d’embarquement, et permettraient de mettre les voies de ces sortes de gares mobiles toujours de niveau avec celles du navire, quelles que soient les hauteurs des marées.
- Le port de Douvres, par la facilité de son accès et la profondeur de son tirant d’eau moyen, serait le plus convenable pour recevoir un tel navire sur la côte anglaise.
- Quant à l’accostage sur la côte française, il serait nécessaire d’établir des jetées et de faire des travaux importants à Andresselles, près le cap Gris-Nez, seul point trouvé favorable après une étude minutieuse. Des applaudissements répétés remercient MM. Abernethy et Taylor de leur intéressante communication.
- M. Bergeron lit ensuite une traduction qu’il â faite d’un mémoire de M. James Brunless, membre de la Société royale d’Edimbourg, sur une nouvelle méthode pour enfoncer les pilotis dans le sable des rivières.
- L’emploi de ce système par M. Steclin, à Calais, a fait réaliser une économie de 90 p. c. sur les anciens prix.
- Le louage sur chaîne noyée est ensuite l’objet d’un rapport très-substantiel de M. Imbert, que l’heure avancée contraint d'écourter son sujet pour permettre d’entendre M. Bertin, ingénieur des eon-. structions navales qui a été autorisé par M. le ministre de la marine à lire un mémoire sur le tangage et le roulis, résumé des études expérimentales auxquelles cet éminent ingénieur s’est livré depuis plusieurs années.
- La séance est levée à midi et demi.
- A trois heures, après la conférence de M. Roux, sur la dynamite et les substances explosives, les membres de la première section du Congrès (mines et métallurgie) ont une réunion complémentaire pour suppléer à l’insuffisance de celle du lundi 5 août.
- M. le général Morin préside et donne la parole à M. Taskin, qui décrit un nouveau procédé dont il est l’inventeur pour le percement de galeries horizontales dans les terrains aquifères à l’aide d’un appareil à air comprimé. La fin de la séance est remplie par une discussion entre MM. Brûll, Gué-neau et Mekarski, sur les avantages comparatifs du transport à la chaîne flottante ou par locomotion à air comprimé dans les galeries de mines.
- LES APPAREILS DE SUCRERIE
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE XÆ FOUH BINAIS®
- Pour la révivification du noir animal.
- Le nouveau four Biaise, dont un modèle très exact figure à l’Exposition universelle, classe 53 (annexe), est d’une construction simple, solide et élégante tout à la fois (1).
- C’est un des appareils les plus utiles et les plus
- (I) M. daise est l’un des premiers inventeurs des fours à revivifier ; il était aussi le premier constructeur des fours à feu continu. Ses usines, dont la direction est à Signy-le-Petit (Ardennes) ont rendu de grands services à l’industrie du sucre et ont regu des fabricants les témoignages les plus flatteurs,
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- Paris
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- remarquables de la sucrerie, puisqu’il permet la révivification du noir animal et par suite son emploi à nouveau.
- Disposition générale du four.
- La disposition générale du four a été faite pour remédier au grave inconvénient de toutes les voûtes en général, quelle que soit leur forme. En effet, l’expérience a démontré que les voûtes les mieux faites, que les voûtes les plus épaisses, fussent-elles construites avec du ciment extraordinaire, ne résistent pas à l’action du feu : on a beau les ancrer avec le fer le plus solide, on a beau les étayer à l’avance, il faut qu’elles s’ébranlent, il faut qu’elles se crevassent, il faut que le feu passe à travers.
- Dans le four Biaise il n’y a que de très-petits murs, et ces murs ne se crevassent pas ; ils résistent parfaitement, parce que chaque tuyau soutient une brique réfractaire d’une bonne composition ; par conséquent, chaque tuyau soutient sa partie de voûte ; cette brique ou manchon carré, percé de trous et possédant un arrêt, se pose sur chaque tuyau ; de sorte que, quand ils sont posés sur tous les tuyaux, ils forment un plancher très-solide au-dessus du four, et jamais il n’arrive que le four se fende ; car, quoiqu’on ne laisse pas d’ouvertures, le feu en trouve suffisamment pour s’échapper sans laisser de traces. Déplus, ces manchons sont inusables.
- Tour aille pour le séchage du noir.
- La touraille du n° 7 (1) est construite avec 138 tuyaux en fonte posés horizontalement, dans lesquels passe le feu ; cette touraille est disposée en forme de boîte dans laquelle on peut mettre le noir tout mouillé sortant du lavoir ; mais il est préférable qu’il ait été égoutté pendant douze heures ; il se sèche à l’extérieur des tuyaux ; quand il est suffisamment sec, on tire des plaques à coulisses pour le faire tomber; alors il est poussé sur le dessus du four, où il s’introduit dans les tuyaux qui servent à la cuisson ; cette touraille est chauffée par la chaleur perdue du four. Les tuyaux sont en fonte ; si la chaleur est suffisante pour sécher le noir d’une manière parfaite, elle est insuffisante pour détériorer ces tuyaux ; donc la touraille est inusable.
- Ces 138 petits tuyaux renfermés dans si peu d’espace équivalent à une plaque de fonte de k mètres carrés, sur laquelle on ferait sécher le noir ; seulement ces tuyaux ont l’avantage d’être chauffés par la chaleur perdue du four, de ne tenir que très-peu de place, et d’éviter l’emploi d’un ouvrier pour remuer le noir qui s’y sèche tout seul et d’une manière parfaite, chaque tuyau n’ayant à sécher qu’une épaisseur de 28 millimètres.
- Plancher formant le dessus du four.
- Le plancher du dessus du four, formé avec les manchons ou briques percées en terre réfractaire d’une bonne composition, résiste donc parfaitement au feu ; puis ce plancher a l’immense avantage de ne pas brûler le noir (comme le font toutes les plaques de fonte qui servent de touraille et qui datent du premier brevet Biaise (1841); le noir peut donc y séjourner sans inconvénient en sortant de la touraille. Ainsi, quand la touraille sèche trop vite le noir, on peut cesser de l’alimenter pendant quelque temps et mettre le noir en tas sur le four sans craindre de le brûler ; ce noir descend au fur et à mesure qu’on le tire du bas. Il vaut mieux que la touraille chauffe trop que pas assez; mais on peut régler le tirage.
- Tuyaux émaillés en terre réfractaire.
- Pendant plus de vingt années M. Biaise (qui est le premier inventeur des fours à feu continu) a travaillé à supprimer la fonte tant pour les tubes que pour toutes les fontes qui sont exposées à l’action du feu ; il a commencé en 1843 à mettre cette idée à exécution en enduisant les tuyaux de fonte de son premier brevet (1841) d’une composition de terre réfractaire et de terre glaise, pour les préserver du coup de feu ; depuis il est enfin parvenu à obtenir un résultat complet, en faisant ses tuyaux en terre réfractaire d’une composition parfaite puis-
- (1) Les usines Biaise construisent 9 numéros différents de fours, pouvant revivifier, par 24 heures, de 23 à 170 hectolitres de noir.
- qu’elle résiste au feu, tandis que la fonte s’y détérioré, fait qui esta la connaissance de MM. les fabricants. Tous ont fait cette fâcheuse expérience ; mais pour arriver à pouvoir se servir de ces tuyaux, il a eu beaucoup à lutter, car s’ils étaient parfaits pour la durée, ils étaient imparfaits pour la révivification. En effet, pour faire des tuyaux durables, il faut que la terre soit poreuse, afin d’éviter la casse, qui est si facile dans les objets les plus coûteux servant à faire fondre les métaux -, mais pour la révivification, ces pores livraient passage à l’air et blanchissaient le noir : il fallait remédier à ce grave inconvénient ou abandonner les tuyaux de terre. M. Biaise, après avoir beaucoup cherché, imagina de les émailler; il restait à savoir si l’émail résisterait au feu-, enfin, après bien des essais, M. Biaise réussit à émailler les tuyaux d’une façon tellement solide, que l’émail ne se détériore nullement, et cela se comprendra facilement quand on saura que, pour révivifier le noir animal, il suffit de chauffer au rouge cerise, tandis que, pour faire fondre l’émail, il faut chauffer à blanc; donc les tuyaux subissent dans le four à émailler une épreuve extraordinaire, et, quand ils sortent de là bien émaillés et sans gerçures, on peut les livrer sans crainte, on peut répondre de leur durée; le four Biaise ne posséderait que cet avantage, que cela serait immense ; mais on peut vraiment dire qu’il est combiné de façon à réunir toutes les conditions désirables de durée, d’économie et de bon service. Inutile d’observer que l’usage exclusif de ce procédé d’émaillage est assuré à M. Biaise par ses brevets.
- Il est bon d’ajouter ici que la qualité du noir qui a été révivifié dans la terre est bien supérieure à celle du noir qui a été révivifié dans la fonte ; cela est un fait bien reconnu.
- Composition.
- Quoique les tuyaux émaillés résistent parfaitement au feu, il arrive quelquefois, comme à toutes choses qui servent constamment, que, par suite de la maladresse des ouvriers, un tuyau vient à se casser ; dans ce cas, il suffit d’enlever le manchon qui le recouvre, puis le tuyau ; alors on remet un tuyau, puis le manchon, et l’affaire est faite ; mais le plus souvent il ne se produit qu’une fente, alors ou bouche la fente avec une composition préparée pour cet usage ; le tuyau se soude au contact de la chaleur et il est aussi bon qu’un neuf ; c’est une opération qu’il est impossible de faire sur la fonte, à la plus légère détérioration il faut remplacer les tuyaux.
- Second plancher.
- Ge second plancher, formé également de manchons en terre réfractaire, est placé entre les tuyaux cuiseurs et les tuyaux refroidisseurs -, il sert à les séparer. Les manchons reçoivent dans leur partie supérieure les tuyaux cuiseurs, et dans leur partie inférieure les tuyaux refroidisseurs, qui sont en fonte et qui les maintiennent à leur sommet sur des colliers destinés à cet effet. Ces manchons, comme les autres, résistent parfaitement au feu, et comme ils éprouvent la même dilatation que les tuyaux cuiseurs, le four ne se déforme jamais.
- Tuyaux refroidisseurs.
- Les tuyaux refroidisseurs, du même nombre que les tuyaux cuiseurs, sont en fonte, parce que, n’étant pas du tout exposés à l’action du feu, on n’a pas à craindre qu’ils se détériorent ; ils sont d’une dimension convenable pour refroidir naturellement à l’air libre, sans avoir recours à des courants d’air froid, et d’une manière parfaite, la grande quantité de noir que le four peut revivifier; ainsi, on peut le mettre en tas quand il sort du four sans craindre qu’il se rallume ; on peut également s’en servir de suite, puisqu’il est complètement refroidi.
- Tiroirs pour recevoir le noir.
- Ces tiroirs sont de la plus grande importance et jouent un très-grand rôle, car ils servent à régler la marche du four ; c’est au moyen de ces tiroirs qu’on peut promettre à MM. les fabricants la quantité de noir annoncée par chaque grandeur de four, et qu’on peut leur assurer une bonne révivification ; sans cela, ou le noir ne serait pas assez cuit ou il le serait trop ; il n’y aurait pas de régularité. Un tiroir sert pour toute une rangée de tuyaux, ce
- qui simplifie beaucoup les opérations ; on les tire régulièrement toutes les 20 minutes; leur contenance a été calculée afin qu’on ne puisse retirer ni trop ni trop peu de noir 5 par ce moyen la révivification se fait toujours uniformément et parfaitement, car la disposition du four permet au calorique de chauffer d’une manière égale tous les tuyaux, les premiers comme les derniers. Ces tiroirs ont encore l’avantage de remuer complètement le noir sur toute la longueur des tuyaux chaque fois qu’on les tire toutes les 20 minutes, ce qui produit un très-bon effet. Ainsi, le noir passe par , gradation à tous les degrés de cuisson, pour passer ensuite à tous les degrés de refroidissement.
- Registres ou tirettes.
- Au-dessus de chaque tiroir il y a une plaque de tôle percée de trous qui glisse sur une plaque de fonte également percée de trous sur laquelle reposent les tuyaux refroidisseurs qui font suite aux tuyaux cuiseurs ; toutes les 20 minutes on tire la plaque de tôle afin que les trous se rencontrent pour donner passage au noir qui tombe dans le tiroir : quand celui-ci est plein, on repousse la plaque de tôle pour recommencer 20 minutes plus tard.
- Tuyaux pour l’échappement de la vapeur et des gaz.
- Quand les noirs n’ont pas été complètement nettoyés, il arrive souvent que les gaz qui se rencontrent dans les tuyaux donnent au noir une odeur qui se communique aux sirops. Pour remédier à ce grave inconvénient, on place dans les tuyaux cuiseurs un petit tuyau en fonte percé de trous ; tous ces petits tuyaux se réunissent par le haut et forment, par chaque rangée de tuyaux, un tuyau horizontal effleurant le plancher qui correspond à la cheminée pour y attirer forcément tous les gaz et toute la vapeur. Ces tuyaux ont, non-seulement l’avantage d’enlever au noir toutes ses odeurs, mais encore ils servent à préserver les tuyaux de la casse, qui était quelquefois occasionnée par la concentration de la vapeur, puis à empêcher l’inconvénient de laisser beaucoup de noir sur le dessus du four ; car s’il ne s’y brûle pas, il ne faut pas non plus qu’il s’y imprègne de la vapeur et des gaz.
- Suppression de la fonte.
- Comme on vient de le dire, M. Biaise, qui a travaillé plus de vingt années pour arriver à supprimer la fonte dans ses fours, y est arrivé, ainsi que le démontre son brevet. Les tuyaux sont en terre réfractaire, émaillés ; les manchons sont aussi en terre réfractaire, de sorte que rien en fonte n’est exposé à l’action du feu ; aussi le Four est presque inusable, son entretien est pour ainsi dire nul, | ainsi que l’attestent MM. lesfabricants qui possèdent ces fours, en reconnaissant qu’ils obtiennent les résultats indiqués.
- Un dernier avantage que présente le four Biaise, c’est qu’on peut changer toutes les pièces sans toucher à la maçonnerie. Quand, par hasard, il y a un tuyau cuiseur de cassé (cela arrive très-rarement), il suffit d’enlever la brique percée qui le couvre et qui fait sa part de plancher ou de voûte, puis on enlève le tuyau et alors on en remet un autre, qu’on recouvre de la brique possédant un arrêt, afin qu’elle reste bien fixée ; toutes ces briques réunies dans le carré de maçonnerie forment, comme on l’a dit, un plancher des plus solides, quand, au contraire, les meilleures fontes se détériorent et se gondolent.
- Le but que s’était proposé l’inventeur était de composer un appareil simple, durable, peu coûteux à entretenir, facile à soigner, faisant beaucoup de besogne et ne brûlant que très-peu de combustible.
- Ce but a été atteint, ainsi que le démontrent les attestations très-favorables des fabricants qui emploient le four Biaise et les récompenses de premier ordre obtenues par cet appareil dans les Expositions.
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- 220 Paris LE CONSTRUCTEUR. 56, rue Blanche.
- 66 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- LA FABRICATION DU PAPIER
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Les Machines à vapeur de M. Lhuilier, constructeur à. Vienne (Isère).
- — Suite (1) —
- Tritureuses. — Les tritureuses de M. Lhuilier marchent parfaitement bien, leurs arbres ne subissent aucunes vibrations. En quelques mots, elles se composent chacune d’un bassin à parois parallèles, se raccordant en têtes par deux demi-cylindres, dont les deux axes sont unis par une cloison intermédiaire. L’arbre repose sur ces trois parties parallèles, il est pris par trois paliers -, un système de bascule permet de le lever facilement, même de régler par rapport aux autres parties de l’appareil.
- Entre la première paroi et la cloison, l’arbre porte le cylindre tritureur, formé de lames de fer ou d’acier doux bien équarries; elles ont un centimètre d’épaisseur avec quatre centimètres environ de saillie sur le corps cylindrique. Comme disposition, ces lames sont rapprochées l’une de l’autre, deux par deux ou trois par trois, mais sans se toucher ; elles forment un premier groupe après lequel vient un vide d’au moins son épaisseur, ensuite vient un deuxième groupe et ainsi de suite tout autour du cylindre. Le cylindre est évidemment cannelé, pour offrir aux lames des logements, dans lesquels elles sont fortement fixées à bloc,
- (Autrefois les cylindres étaient en bois avec lames enfoncées dur (2) ; on n’a pas renoncé d’une manière générale à ce système ; cependant aujourd’hui les bonnes machines, comme celles qui nous occupent, ont le cylindre métallique, préparé pour recevoir et maintenir les lames solidement -, leur ensemble est alors tout à fait régulier et tourne parfaitement rond.)
- Au-dessous du cylindre, dans le fond du bassin, sont établies des lames pareilles -, elles sont semblablement disposées, mais fixes, sur une certaine longueur d’arc"concentrique; le cylindre est réglé pour que ses lames viennent affleurer celles du fond.
- Le fond du bassin à la forme conchoïde ; il remonte en surface gauche allongée en avant du cylindre, jusqu’au 1/3 environ du diamètre vertical ; après il redescend en arc concentrique jusqne un peu au delà de cette verticale, pour devenir plat dans toutes les autres parties.
- On comprend alors que, dans la marche de la machine, les lames du cylindre faisant aussi palettes, impriment un mouvement de circuit à l’eau et aux matières qu’elle charrie dans l’espèce de canal sans fin, formé par les parois du bassin et la cloison intérieure.
- L’eau et toutes les matières remontent le fond en avant du cylindre ; elles doivent passer entre les lames, qui les pincent, les étirent, les coupent et les écrasent d’une façon continue, jusqu’à ce qu’elles soient réduites en parties ténues et légères, pouvant passer à travers un réseau métallique établi presque à fleur d’eau ; ce réseau forme la base d’un cône renversé, placé à la tête du tuyau d’échappement de l’eau et des matières préparées à point; l’eau d’arrivée débouche par le fond, avec une pression telle, que le niveau dans le bassin reste constant.
- Il est inutile de dire qu’un tambour recouvre complètement le cylindre tritureur, que la poulie de commande se trouve en dehors du bassin, calée contre la paroi, sur le bout d’arbre qui lui est nécessaire.
- La courroie a 0 m. U de largeur, la poulie a 0 m. 80 environ de diamètre; elle est actionnée par une poulie d’un diamètre double (lm60), placée directement au-dessous, et montée sur un arbre, presque à niveau du sol, qui reçoit le mouvement d’une machine ordinaire de Farcot de 30 à 40 chevaux nominaux, pour le fournir à toute la transmission des machines à papier (3).
- (1) Voir notre dernier numéro.
- (2) Terme d’atelier, pour à coup dur.
- (3) M. Farcot a, de son côté, de fort belles machines à vapeur à l’Exposition.
- L’exposition de M. Lhuilier est assez large pour qu’il n’ait pas voulu lui ajouter une machine à vapeur de sa construction.
- Aux cotes précédentes, prises' de visu, nous ajoutons que les bassins ont 3 mètres de long, 1 mètre 50 de large, et la vitesse des cylindres 120 tours environ.
- Pour relever l’arbre facilement, en cas de réparation, ou pour le régler de façon à compenser l’usure des lames, jusqu’au moment où il devient nécessaire de les changer, M. Lhuilier établit le premier palier de l’appareil sur un levier de largeur à face plane avec forte nervure en dessous. Ce levier, d’un côté, est fixé à la première paroi par une articulation; de l’autre, il peut être élevé ou abaissé par un jeu de vis sans fin et crémaillère, puis fixé à une coulisse par vis d’arrêt ; après un déplacement utile de l’arbre, produit par le levier, cet arbre est ramené de niveau à l’aide de vis de calage qui agissent sur les autres paliers.
- Les bassins des tritureuses sont en fonte, les brides de jonction de leurs diverses parties en forment les nervures -, et tout autour du bord se trouve une petite tablette intérieure, venue à la fonte. Nous croyons avoir remarqué qu’à l’intérieur les bassins sont garnis en ciment d’une épaisseur égale à la largeur de la tablette, pour éviter l’effet nuisible sur le métal des eaux légèrement acides.
- (Le chiffon divisé, qui a subi la décoloration, renferme malgré plusieurs lavages, presque toujours des traces d’eau acidulée ; elle se répand dans le liquide conducteur des matières soumises à la trituration.)
- Presque tous les bassins que nous avons vus, sont en ciment ou garnis en ciment ; nous en avons trouvé quelques-uns garnis en plomb dans les fabriques de papier ordinaires, mais pour le papier de choix l’on redoute toujours avec eux des effets de coloration.
- Dans une ou deux usines importantes, nous avons remarqué que l’on avait été assez minutieux pour garnir l’intérieur des bassins, déjà en ciment, avec des carreaux émaillés à grand feu -, il est vrai que dans ces usines, pour obtenir le beau papier, l’on ne se servait que d’eau filtrée pendant toute la deuxième partie du travail, depuis la préparation de la pâte jusqu’à son étalage.
- Esacfflllage. — Cette partie de la fabrication du papier est la moins intéressante pour le constructeur. Nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons dit des agitateurs utilisés dans les cuves et réservoirs des matières ; nous n’avons rien à dire de plus au sujet de l’ensemble de la distribution à l’épurateur.
- Qaunt à l’encollage, nous constructeurs, qui avons suffisamment dessiné, nous savons tous que, après un léger grattage sur le papier, la résine sandaraque, appliquée par frictions, rend le papier imperméable ou mieux non buvard à cette place ; que, si le grattage est assez grand par suite d’un faux trait, un lavage à l’eau d’alun permet la rectification, sans qu’il y ait bavures au nouveau trait ; nous ajoutons donc que la résine avec l’un des composants de l’alun entrent dans la formation de la colle à papier ; l’on forme à cet effet un savon insoluble de résine et d’alumine que l’on mélange à la pâte ; par son insolubilité il rend le papier imperméable et capable de maintenir l’encre où on l’a placée.
- (L’alumine n’a aucune action sur le papier, l’acide sulfurique étendu le parcheminé, l’eau d’alun ou sulfate d’alumine, sur le papier dans une partie passée au grattoir, doit donc ie parcheminer légèrement.)
- La résine par ses propriétés agglutinatives augmente l’adhérence des molécules du papier ; après le séchage elle lui donne aussi la consistance (comme dans les fibres des végétaux desséchés), elle le rend encore imperméable par l’action légère du corps gras qu’elle renferme dans sa composition.
- La résine appliquée seule à la pâte à papier ne saurait former avec elle un mélange intime, aussi facilement divisible; c’est, ce qui a conduit à l’employer à l’état de savon en lui adjoignant l’alumine, corps lourd de 3,5 de densité.
- La résine sandaraque, qui est blanche, est trop chère pour être employée à cette fabrication; on utilise les résines ordinaires en les décolorant préalablement.
- A cet effet, on profite de la propriété qu’ont les résines de se comporter comme les acides faibles
- avec les sels alcalins, on forme un résinate de soude soluble; de ce sel on précipite la résine par l’acide sulfurique étendu ; la résine apparaît alors en matière floconneuse, déjà blanche et un peu plus lourde que l’eau ; on la reçoit sur un tamis, on la lave et on la passe à l’hypochlorite de chaux qui la rend parfaitement blanche sans lui faire perdre ses propriétés.
- Quant à l’alumine on la précipite d’une dissolution d’alun par le carbonate d’ammoniaque en excès; elle se présente sous forme d’une matière gélatineuse, blanche, à l’état d’hydrate ; et, dans la formation du savon résineux, on ajoute à la composition un peu de fécule qui divise la matière savonneuse et permet de la répartir plus uniformément.
- La résine entre dans la formation du papier pour 2 0/0 à 3 0/0 de son poids.
- La matière à coller le papier est lourde, c’est ce qui a conduit le constructeur à établir dans les caves et les réservoirs des mélangeurs mécaniques qui doivent toujours être en mouvement.
- C’est aussi pour compenser la différence de densité entre l’eau et la pâte à papier ainsi préparée, que l’on a établi à l’intérieur de l’épurateur un agitateur aussi actif, qui permet d’obtenir toute la divisibilité possible et faire que chaque partie d’eau renferme une égale quantité de matière; elles arrivent ensemble, toujours agitées, à travers les difficultés des conduites jusqu’à la table d’étalage, où se produit la couche uniforme de pâte, facile à transformer en papier.
- (Cette méthode, donnée plus haut pour l’encollage, conduit à des manipulations nombreuses et ne s’emploie que pour le papier extya ; assez généralement ou se sert plus directement de la colophane et de l’alun dans la préparation des colles).
- Epurateor. — La description que nous avons donnée de cet appareil de M. Lhuilier, est plus que suffisante pour bien le faire comprendre. On pourrait peut-être nous objecter que, relativement aux diaphragmes, nous sommes un peu à côté de l’idée du constructeur ; à ceci nous pourrions répondre que nous n’avons pu voir l’appareil à nu et que, renseigné par des personnes peu au courant, nous ne voyons rien de plus simple que ce que nous avons indiqué ; nous ne supposons pas du reste que le constructeur ait pu mettre là des pompes à soufflets, plus coûteuses à établir et à entretenir que de simples diaphragmes marchant parfaitement bien et produisant très bien l’aspiration et le refoulement; nous pourrions admettre, par. exemple, un clapet à l’intérieur des tourillons, mais il ne nous paraît pas indispensable ni même utile.
- Il est bien entendu que les clapets des diaphragmes au repos restent toujours fermés, maintenus qu’ils sont par des bandes de caoutchouc faisant ressorts, ou par de légères bandes métalliques flexibles.
- Il est bien entendu aussi que le débit des petites bâches est réglé d’après le travail des diaphragmes ou réciproquement, et que le niveau dans la grande bâche et les petites reste toujours, à peu de chose près, le même.
- La tige qui anime les disques et les diaphragmes peut donner environ 200 coups de va-et-vient par minute.
- Les quatre faces du prisme épurateur offrent une surface de k mètres carrés ; l’appareil peut laisser passer, par journée de travail, 3,000 à 3,500 kilos de pâte à papier.
- Suivant les numéros ou épaisseurs de papier (1), le fabricant connaît les longueurs qu’il doit obtenir; il a du reste des appareils enregistreurs, qui lui fournissent des courbes et lui permettent de voir, à chaque moment, si le gouverneur n’a rien de déréglé dans ses appareils et de reconnaître la quantité de travail fait.
- J. Elardin aîné.
- Ingénieur-constructeur, à Lyon-Mulatière.
- A suivre.
- (1) Lo papier se pèse par unité de mesuré pour juger exactement do son épaisseur ; les appareils permettent de juger avec une certaine approximation et conduisent à faire l’opération du pesage.
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 36, rue Blanche
- Supplément au n° 315. — Lundi 2 Septembre 1878.
- REVUE DE L EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
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- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de PEcoie polytechnique.
- MM. DEBIÉ, Ingénieur civil.
- L. POILLON, ingénieur civil.
- RÉDACTEURS.....................I BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la'direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, a Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LE CONSTRUCTEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Le bronze blanc Bugniot.
- En parcourant les galeries de la classe 67 (section de la marine), nous avons remarqué, à l’Exposition de l’établissement national d’Indret, que tous les frottements des machines du Tonnant, même les fourreaux de rotation des hélices, sont garnis d’un alliage blanc, dit : bronze Bugniot.
- En examinant les modèles des petites machines exposées par le même établissement, nous avons vu que cet alliage y était aussi employé. Enfin, après quelques renseignements, nous avons appris que le bronze Bugniot, dont Remploi remonte à plus de vingt ans, était adopté d’une manière générale pour tous les frottements dans les navires de l’Etat.
- C’est là, sans doute, la meilleure recommandation ; et comme elle est appuyée par les certificats des chemins de fer et constructeurs qui ont fait l’application du bronze blanc Bugniot, nous pensons être utile à nos lecteurs en leur rappelant les propriétés de cet alliage.
- Le bronze blanc Bugniot a trois propriétés principales :
- 1° Une grande douceur de frottement qui, outre l’économie de graissage qui en résulte, préserve efficacement contre l’usure les arbres de transmission , les essieux ou autres pièces -,
- 2° La propriété de ne pas s’échauffer au frottement, et par conséquent de ne pas gripper, même lorsque le graissage est passagèrement négligé, ce qui assure une durée plus régulière et plus grande, non-seulement aux coussinets eux-mêmes, mais encore aux arbres et essieux.
- 3° Un poids spécifique inférieur d’environ 20 p. 0/0 à celui dubronze cuivre ordinaire, d’où résulte, relativement au bronze cuivre, une économie de matière.
- Outre les garanties que donne l’emploi du bronze blanc Bugniot contre les dangers d’échauffement et les grosses pertes qui en résultent, on y trouve donc comme résultats d’une appréciation journalière ou immédiate :
- 1° Une grande économie de graissage ;
- 2° Une économie de matière d’environ 20 p. 100.
- 3® Une très-grande économie sur le prix d’achat, inférieur à celui du bronze cuivre, et bien inférieur surtout à celui du Métal antifrictif anglais qui, malgré son prix de revient excessif, est également loin de posséder les mêmes qualités.
- M. Bugniot, dont l’usine est située à Lyon, 6, quai de Cuire, fabrique et vend son bronze blanc en lingots de 9 k. 500 environ. Cet alliage est aussi compacte que le bronze cuivre ordinaire -, il est à grain fin et blanc d’une parfaite homogénéité et il est susceptible d’un beau poli parles moyens ordinaires du brunissage.
- Voici comment on en fait usage pour la fabrication des pièces :
- Le bronze blanc Bugniot, soit en lingots neufs, soit en vieux morceaux provenant des pièces après leur mise hors d’usage, se fond au creuset de mine de plomb de la même manière et avec la même facilité que le bronze cuivre, à la température d’environ 500 degrés, et se coule également dans les moules en sable préparés avec les modèles des pièces à fondre. Dans le cas cependant d’un séjour
- trop prolongé sur le feu de la matière en fusion, par un oubli du fondeur, il pourrait arriver nue cette matière vînt à s’épaissir de manière à rendre moins facile le coulage dans les moules -, on y remédie alors facilement au moyen d’un fondant spécial qne fabrique M. Bugniot et dont une très-petite quantité suffit pour rendre la parfaite liquidité à un creuset entier de matière en fusionépaissie. Mais ce fondant n’est jamais nécessaire si l’on a soin de couler la matière dans les moules dès qu’elle a atteint le degré de fusion voulu. Pour obtenir des pièces bien saines, il est bon de faire l’ouverture de la coulée un peu forte. Les pièces fondues étant entièrement refroidies, doivent être ensuite finies et ajustées au burin, au tour et à la lime, de la même manière que toutes les pièces faites avec tout autre alliage.
- Le bronze blanc Bugniot demeure, du reste, parfaitement homogène et ne perd rien de ses propriétés après autant de refontes que l’on veut.
- LES GÉNÉRATEURS
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Nous avons passé en revue les divers générateurs qui fournissent la vapeur à la section française et au service des eaux, à l’Exposition universelle.
- Avant de faire l’étude des chaudières des sections étrangères et des divers types sans fonctionnement, iL nous paraît utile de résumer nos articles précédents.
- Le système Belleviile a appelé notre attention, parce qu’il constitue un type spécial que nous retrouverons dans les générateurs belges et anglais, et parce qu’il a subi, depuis 1867, bien des améliorations qui tendent 'a le rendre pratique.
- Les chaudières de la Compagnie de Fives-Lille et celles de MM. Chevalier et Grenier sont bien exécutées; mais, sauf l’une delà maison de Lyon, elles n’offrent aucune particularité saillante ; leur construction même ne saurait égaler celle des autres maisons, Meunier, de Fives-Lille ; Le Brun, de Creil; Société centrale de Pantin. C’est dans les détails surtout que cette infériorité se manifeste. Ainsi les appareils de sécurité, soupapes, indicateurs de niveau d'eau, ne présentent réellement les meilleures garanties que dans les générateurs des trois maisons que nous venons de citer; on ne s’explique même pas les appareils rudimentaires adoptés par la G'e de Fives-Lille et par MM. Chevalier-Grenier.
- Nous avons été amenés, par une circonstance incidente, à parler de la chaudière inclinée de M. Demenge ou plutôt de la chaudière Pérignon inclinée parM. Demenge.
- Nous croyons difficilement que cette disposition puisse lutter avantageusement avec les générateurs Meunier, Le Brun, Weyher et Richemond ; il faudrait voir au moins un spécimen en fonction. Nous croyons même plus : que le fait de placer une chaudière acquise sur un plan incliné au lieu de la placer sur un plan horizontal constitue un brevet dont la valeur est fort discutable.
- Nous renvoyons la question à notre rédacteur spécial en jurisprudence industrielle.
- Au prochain numéro, nous commencerons l’étude des générateurs des sections étrangères.
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- La cinquième série des conférences publiques du palais du Trocadéro est composée de la ma-_ nière suivante :
- Lundi 26 août. — Conférence sur les causes de la dépopulation, par M. le docteur Desprès, professeur agrégé de la Faculté de médecine, chirurgien de l’hôpital Cocliin.
- Mardi 27 août. — Conférence sur le Tong-King et ses peuples, par M. l’abbé Durand, archiviste bibliothécaire de la Société de géographie de Paris, professeur des sciences géographiques à l’université catholique.
- Mercredi 28 août. — Conférence sur l’utilité directe et industrielle de la chaleur solaire, par M. Albert Pifre, ingénieur civil.
- Samedi 31 août. Conférence sur Renseignement du dessin, par M. L. Cernesson, architecte, membre du conseil municipal de Paris et du conseil général de la Seine.
- Mardi 3 septembre. — Conférence sur l’unification des travaux géographiques, parM. de Chan-courtois, ingénieur en chef au corps des mines, professeur de géologie à l’école nationale des mines.
- Samedi 7 septembre. — Conférence sur la modalité dans la musique grecque avec des exemples de musique dans les différents modes, par M. Bourgault-Ducoudray, grand prix de Rome, membre de ia commission des auditions musicales de l’Exposition universelle de 1878.
- Les conférences ont lieu à deux heures précises dans la salle du pavillon gauche (côté de Passy).
- Sixième congrès séricicole international.
- Arrêté.
- Le sixième congrès séricicole international est autorisé à se tenir au palais du Trocadéro, le 5, 6, 7, 9, 10,11 septembre 1878.
- PROGRAMME
- I. — De l'embryologie.
- A. — Recherche et étude expérimentale des divers moyens propres à amener l’éclosion prématurée des graines de vers à soie.
- B. — Quel est le minimum d’abaissement de température, et le minimum de durée dé cet abaissement, qu’une graine de ver à soie avoir doit éprouvé pour devenir susceptible d’éclore, lorsqu’on la soumet dans la suite à une incubation régulière.
- II. — De la flacherie.
- A. --Contrôler par des observations nouvelles l’assertion relative à la corrélation entre le développement de la flacherie et la présence des organismes de la fermentation dans le canal intestinal des vers.
- B. — Etude de quelques circonstances dans lesquelles se développerait la flacherie.
- 1° Etudier directement l’influence de la température, de la durée de cette température et de l’état hygrométrique de l’air dans lequel la graine est conservée depuis la ponte jusqu’à l’éclosion, principalement à partir du moment où l’embryon est apte à se développer, sur la production de la flacherie pendant l’éducation de cette graine.
- 2° Rechercher si un abaissement prolongé de la température ambiante n’est pas de nature à déterminer ia flacherie.
- 3° Voir s’il n’en est pas de même d’une élévation de température, particulièrement aux mues.
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- 56, rue Blanche
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- 4° Un arrêt de développement de la feuille provoqué par un abaissement de la température extérieure et conduisant à diminuer le nombre des repas des vers, ne produit-il pas la flaeherie par le trouble qu’il amène dans les phénomènes de la nutrition ?
- 5° Etudier quelle est l’influence de l’humidité provenant soit de l’atmosphère, soit de la feuille mouillée par la pluie, les brouillards ou la rosée.
- C. — Recherche des moyens curatifs ou préventifs.
- 1° Expérimenter si l’on peut prévenir l’apparition ou arrêter la propagation de la flaeherie par des substances désinfectantes, vapeurs de chlore, d’acide sulfureux, d’acide phénique, etc.
- ' 2° Peut-on exercer sur le ver une action tonique qui le rende moins accessible à la flaeherie ou qui en neutralise les effets ?
- 3° En admettant que des germes de ferments soient la cause de la flaeherie pourrait-on agir sur la feuille de façon à les détruire ?
- D. — Etudier chez les papillons reproducteurs les différents caractères au moyen desquels on a proposé d’opérer des sélections en vue de produire des graines sairies et robustes, par exemple, la longévité, l’état du résidu stomacal, la conservation plus ou moins parfaite du cadavre.
- Congrès international de la propriété industrielle.
- _ Le Comité d’organisation1 du Congrès international de la propriété industrielle vient d’arrêter dans sa dernière séance l’ordre des travaux du Congrès. Il a été décidé que la séance d’ouverture qui aura lieu le jeudi 5 septembre prochain, serait consacrée à l’exposé général des travaux du Comité et à la lecture des rapports préparés par chacune des trois sections.
- La séance du vendredi 6 septembre sera dévolue à l’examen des questions d’ordre général, et parmi celles-ci, l’étude de la nature du droit de l’inventeur ; s’il est nécessaire, la discussion se continuera le lendemain 7 septembre.
- Les séances des 9, 10 et 11 seront consacrées à l’étude des questions relatives aux brevets d’invention; celles des 12 et 13, aux questions relatives aux dessins et modèles de fabrique, et celles des 14 et 16, aux questions qui concernent les marques de fabrique et les noms de commerce.
- La séance de clôture aura lieu le mardi 17.
- Les séances plénières, qui auront lieu à deux heures de l’après-midi, dans la salle duTrocadéro, seront préparées dans les réunions des sections, qui se tiendront le matin à neuf heures au pavillon de Flore (palais des Tuileries).
- Le Comité d’organisation vient de publier une première liste des adhérents au Congrès, qui comprend déjà près de 250 noms appartenant à l’élite de la magistrature, du barreau, des sciences et de l’industrie de la France et de l’étranger. Des délégués chargés de suivre les travaux du Congrès ont été désignés par plusieurs gouvernements étrangers et par un certain nombre de Chambres de commerce et de sociétés industrielles ; des journaux importants de l’étranger ont également demandé à envoyer des délégués à ce Congrès, qui, par l’intérêt d’ordre général des questions qui s’y traiteront, sera l’un des plus importants de la session ouverte au Trocadéro aux études économiques internationales.
- La cotisation a été fixée à 20 francs. Chaque membre adhérent recevra le volume contenant le compte-rendu des séances du Congrès, qui sera publié avec le concours du Comité d’organisation.
- Les adhésions doivent être adressées à M. Houette, président de la Chambre de commerce de Paris, place de la Bourse, trésorier du Comité d’organisation. Les mémoires, notes et documents que les adhérents se proposent de présenter au Congrès doivent être adressés à M. Ch. Thirion, secrétaire du Comité central des congrès et conférences de l’Exposition universelle de 1878, au palais des Tuileries, pavillon de Flore.
- Les Filtres naturels.
- (Conférence de i¥. G. de Passv, ingénieur en chef des ponts et chaussées, en retraite).
- Messieurs,
- Des diverses questions que soulèvent les distributions d’eau je ne retiens, pour la traiter devant vous, que celle des filtres naturels. J’exposerai le système, le plus généralement suivi, de galeries latérales, établies dans le but de filtrer naturellement les eaux de rivière, de manière à les rendre propres à l’alimentation publique. Je discuterai
- l’efficacité de ce système d’après les résultats qu’il produit. Et si, comme je l’espère, j’arrive à vous faire partager mon opinion sur la provenance des eaux de ces galeries filtrantes, il me sera facile de justifier la préférence à donner à un autre système plus rationnel et plus logique, beaucoup plus facile et beaucoup moins coûteux et dont l’application, pour la même nature de sous-sol, me paraît être la solution la plus complète de cette question de Veau fraîche en été et limpide en toute saison.
- Les eaux de rivière ne sont pas toujours claires et limpides. Elles se troublent lors de la fonte des neiges, à la suite des grandes pluies d’orage, aux moindres crues des affluents. Il n’en est pas qui puissent être dispensées d’un filtrage en grand lorsqu’elles doivent servir de base à la distribution d’eau d’une ville.
- Ce filtrage peut se faire naturellement ou artificiellement.
- Le choix dépend des circonstances dans lesquelles on se trouve placé.
- Mais le filtrage naturel doit être préféré, toutes les fois qu’on est en présence d’une rivière à fond de sable et de gravier et à forte pente.
- Un filtre naturel consiste dans l’établissement, latéralement à la rivière dont on veut clarifier les eaux, àmne distance de l’une de ses rives qui varie de 30 à 40 mètres, à une profondeur qui descend jusqu’à 3 mètres au-dessous de l’étiage, d’une galerie perméable dont le produit arrive au puisard de la machine, machine hydraulique ou machine à vapeur d’où les eaux sont aspirées par un jeu de pompes pour être refoulées en réservoir.
- C’est le système adopté aujourd’hui d’une manière presque générale.
- La galerie latérale a pour objet de recueillir les eaux de la rivière, débarrassées des matières solides qu’elles tiennent en suspension et ramenées à la température de celle des sources.
- La galerie de Toulouse est établie dans une allu-vion de la Garonne; celle d’Angers, dans une île de la Loire aux ponts de Gé ; celle de Lyon, dans la vallée du Rhône, au Petit-Drotteau ; celle de Nîmes, en amont de la ville, sur la rive droite du Rhône.
- De ces galeries de filtration, les unes, comme celles de Toulouse et d’Angers, sont complètement perméables. On a ouvert dans l’alluvion du fleuve une tranchée à la profondeur arrêtée d’avance, lra,14 au-dessous de l’étiage de la Garonne pour Toulouse, 2m,90 au-dessous de l’étiage de la Loire pour Angers.
- Au fond de cette tranchée, on a établi un petit aqueduc dallé, entièrement à pierre sèche, avec une section de 0m,60 sur lm,50 strictement nécessaire au passage d’un homme pour le nettoyer au besoin. Le vide compris entre l’aqueduc et les parois de la fouille a été rempli en cailloux ou en galets bien lavés et le dessus a été remblayé en ayant soin de rétablir, dans leur ordre naturel, les diverses couches de l’alluvion dans laquelle la tranchée a été ouverte.
- Les autres, comme celles de Lyon et de Nîmes, ne reçoivent l’eau que par le fond qui repose sur la couche de sable et de gravier dont le sous-sol est formé. Ce sont de véritables galeries d’égout, à très-grande section et à très-forte épaisseur. A Lyon, le radier a été descendu à 3 mètres au-dessous de l’étiage du Rhône et la galerie a 5 mètres de largeur dans œuvre; à Nîmes, le radier est au niveau de l’étiage du fleuve et l’ouverture de la galerie est de 11 mètres entre les culées.
- Dans la construction des galeries de filtration, on s’est attaché le plus souvent à leur donner de très-grandes largeurs. En ne les rendant perméables que par le fond, on a cru devoir augmenter considérablement la surface filtrante, afin d’élever dans une notable proportion leur produit par mètre courant. C’est là une erreur. Darcy et Dupuit, dans leurs études très-remarquables sur les lois d’écoulement de l’eau à travers les sables, ont établi que le débit d’une galerie filtrante est, pour ainsi dire, indépendant de sa largeur.
- Il ne suffit pas que la galerie donne de l’eau claire; il faut surtout qu’èlle fournisse d’une manière permanente le volume nécessaire à tous les besoins. C’est le développement, plus encore que la largeur, qui paraît être l’élément dominant dans ce système de galeries latérales. Mais cet élément principal conduit lui-même à de graves erreurs d’appréciation.
- _ À Toulouse, on a dû ajouter à la première galerie une seconde, puis une troisième, et porter ainsi,
- après coup, de 108 mètres à 400 mètres la longueur des galeries filtrantes. A Angers, on est arrivé, par des allongements successifs, à donner à la galerie 150 mètres de développement.
- A Lyon, la galerie de 120 mètres ayant été reconnue insuffisante, on lui a accolé un premier bassin filtrant de 44 mètres sur 38 mètres, et trompé une seconde fois dans les prévisions, on y a ajouté un deuxième bassin présentant une surface plus grande encore que celle du premier, ce qui répond, en longueur parallèle à la rive, à 360 mètres environ de développement. A Nîmes, on a tenu sans doute à escompter les mécomptes de l’avenir. C’est la seule justification de la longueur de 500 mètres donnée, du premier coup, à la galerie qui, de plus, présente, comme nous l’avons dit plus haut, cette , double particularité d’avoir une ouverture libre de 11 mètres et son radier placé au niveau de l’étiage du Rhône.
- Dans les conditions où elles sont établies, avec leur radier à un niveau invariablement fixé, les galeries de filtration sont soumises à toutes les variations du régime de la rivière.
- Les eaux de la rivière descendent-elles à l’étiage ? Elles cessent, sauf peut-être celles de Nîmes qui auraient tous les droits possibles à cette exception, de fournir, malgré leur nouveau développement, le volume d’eau correspondant à la dotation normale de l’alimentation.
- A Angers, le débit d’extraction descend de 4,000 à 1,000 mètres cubes par 24 heures. Il y a lieu de remarquer que cette diminution de débit se produit en été, pendant la période où les besoins étant plus impérieux, l’alimentation devrait être plus considérable.
- La rivière est-elle en crue? L’eau des galeries, sans excepter celle de Nîmes, se ressent du trouble des eaux de la rivière et devient plus ou moins louche.
- Quant à la température de l’eau dans la galerie, le peu de profondeur du radier au-dessous de l’étiage fait qu’elle tient le milieu entre la température des eaux de surface et la température des eaux de fond de la rivière.
- Tels sont les résultats obtenus, au prix d’énormes sacrifices, parles galeries latérales.de filtration.
- Ils se résument ainsi :
- Insuffisance du volume dé eau pendant la période d’étiage de la rivière;
- Insuffisance de limpidité pendant la période des crues;
- Température égale, en toute saison, à celle du milieu ambiant.
- Ces galeries répondent-elles du moins au principe même de leur établissement, qui est de filtrer les eaux de rivière ?
- Si l’eau recueillie dans la galerie était l’eau de la rivière, filtrée à travers le massif de sable et de gravier dans lequel elle est établie, cette eau aurait la même composition chimique que l’eau de la rivière et marquerait par conséquent le même degré hydrotimétrique.
- Or, à Toulouse, l’eau puisée dans la Garonne marquant 13°, l’eau de la galerie filtrante marquait 16° ; à Angers, l’eau puisée dans la Loire marquant 7°, l’eau de la galerie marquait 11°; à Lyon, l’eau puisée dans le Rhône marquant 15®, l’eau de la galerie marquait 23° ; à Nîmes, l’eau puisée dans le Rhône marquant 15°,5, l’eau de la galerie marquait 21°.
- L’eau qui arrive dans la galerie de filtration ne provient donc pas seulement de la rivière, elle provient surtout de la nappe souterraine que l’on rencontre dans tous les thalwegs à fond de sable et de gravier et à pente rapide.
- . H n’est pas un ingénieur qui, dans des fondations de pont ou de barrage, n’ait eu à lutter contre la puissance de cette nappe sous-fluviatiie par l’emploi de nombreux engins d’épuisement et qui n’ait été à même de constater que les épuisements faits sur l’une des rives abaissaient son niveau sur la rive opposée.
- Cette nappe souterraine est formée et entretenue par les eaux de sources qui descendent des versants de la vallée, s’introduisent dans la couche perméable formée de sable et de gravier, y cheminent en vertu de la pression due à leur altitude, avancent vers la rivière sous laquelle elles coulent comme les eaux de la surface, mais avec une vitesse peut-être moindre, malgré l’excessive largeur de leur lit, par suite des obstacles naturels qu’elles rencontrent dans la masse filtrante. Les
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- eaux de la nappe souterraine sont indépendantes de celles de la rivière. La galerie de filtration en recueille l’eau superficielle et une partie des eaux de la rivière. C’est ce qui explique la différence de degré hydrotimétrique qui existe entre l’eau de la galerie et l’eau de la rivière. Lorsque le niveau de la rivière s’élève, dès que la pression due à ce relèvement devient assez forte pour augmenter, au-delà d’une certaine limite, la vitesse d’écoulement à travers le filtre, les eaux de la rivière entrent dans la galerie avant d’avoir été débarrassés complètement de leur limon. C’est ce qui explique le trouble que l’on remarque, à l’époque des crues, dans les eaux des galeries de filtration.
- On comprenait difficilement comment les galeries de filtration continuaient à fonctionner sans avoir besoin d’être nettoyées. Les partisans de ce système sont d’accord pour soutenir que la clarification des eaux par filtration naturelle, comme par filtration artificielle, ne s’effectue pas à l’intérieur de la masse filtrante, mais bien à la surface extérieure ; que c’est là que reste le dépôt et sur une très-faible épaisseur et que, dans le régime des rivières à forte pente, ce dépôt est sans cesse entraîné et renouvelé par le courant, sans qu’il puisse en résulter le moindre encombrement intérieur. Cette explication n’est pas admissible ; s’il en était ainsi, comme l’a écrit, dans ses études sur le bassin de la Seine, M. Belgrand, dont la mort est une grande perte pour la science hydrologique et un véritable deuil pour la famille des ponts et chaussées, lorsque la rivière opère le nettoiement de.ce filtre naturel en remuant les sables et graviers qui en forment la surface, les matières limoneuses en suspension seraient entraînées par l’eau même qui se filtre, et pénétreraient plus avant dans la masse de ces sables et graviers, dont elles ne tarderaient pas à oblitérer complètement tous les petits canaux. Le filtre deviendrait rapidement imperméable.
- A suivre.
- LES APPAREILS DE CHAUFFAGE
- et de ventilation A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- (5e article).
- (Voir nos numéros des 24 juin, 8 juillet, 5 et 12 août).
- MM. Bourret frères, de Nancy, présentent quelques modèles de calorifère de cave, notamment un appareil tout en fonte qui ressemble beaucoup au calorifère exposé par la maison Geneste.
- Plusieurs autres constructeurs ont exposé quelques appareils, mais ceux-ci, tels que fourneaux de cuisine, poêles en fonte, etc., concernent plus spécialement l’économie domestique et sortent du programme que nous nous sommes tracé, nous n’en parlerons donc pas.
- En résumé, l’exposition des appareils de chauffage de 1878, comparée à celle de 1867, ne nous paraît pas présenter un grand progrès, du moins en ce qui concerne les appareils exposés, mais si nous considérons la tendance des esprits nous devons constater que depuis quelques années on attache une certaine importance à l’étude des questions hygiéniques auxquelles tout ce qui concerne la ventilation et le chauffage est si intimement lié.
- Actuellement, nous sommes dans une véritable période de transition. Les médecins, les hygiénistes aussi bien que les architectes et les ingénieurs reconnaissent l’utilité absolue d’aménager nos habitations pour y répandre à profusion l’air et la lumière.
- Nous espérons que dans les séances du Congrès du génie civil aussi bien que dans celles du Congrès d’hygiène, on discutera longuement ces questions qui intéressent à un si haut point la santé publique.
- De plus en plus, la population des grandes villes augmente, l’industrie enlève chaque année de nouveaux travailleurs à la campagne, mais en même temps les statistiques accusent de plus en plus le mauvais état de santé des habitants des villes comparé à celui des habitants de la campagne. Or, si nous ne pouvons enrayer ce mouvement des popula-
- tions qui tend à développer les grandes agglomérations, il est indispensable d’améliorer les conditions d’existence et d’habitabilité dans les grandes villes.
- Il y a longtemps que nous avons dit pour la première fois : « Pour conserver la santé aux habitants des villes, il convient de leur assurer dans les divers locaux qu'ils habitent, aussi bien dans leurs chambres que dans les ateliers, les écoles, etc., les conditions de la vie en plein air si favorable à la conservation de la santé des habitants des campagnes. » Or, ces conditions se réduisent à une seule chose, renouveler successivement l’air autour de l’individu en lui fournissant de l’air pur en remplacement de l’air vicié, par les causes multiples qu’il serait trop long de développer ici.
- La nature ne procède pas autrement : incessamment, quand nous sommes dehors, l’air se renouvelle autour de nous et nous vivifie; sommes-nous dans un espace clos, pas ou mal aéré, très-rapidement l’air devient lourd, odorant, il est vicié, et nous éprouvons un malaise général -, ouvrons-nous une fenêtre, même quand nous ne sentons pas de courant, l’air se renouvelle et presque subitement nous ressentons un sentiment de bien-être incontestable. Quelle meilleure démonstration de l’utilité de renouveler l’air abondamment dans tous les locaux habités.
- Actuellement, on cherche à rationner l’air aux habitants des villes, les plus hardis pensent que 10 à 15 mètres cubes dans les écoles, pour les enfants, 20 à 25 mètres cubes pour les adultes dans les ateliers, 60 à 100 mètres cubes pour les malades, dans les hôpitaux, etc., sont des quantités suffisantes.
- Nous sommes loin de partager ces idées. Que l’on compare l’intensité du renouvellement de l’air dans une pièce habitée par quelques personnes, quand une fenêtre est ouverte, alors même qu’on ne sent pas de courant appréciable, avec les chiffres que nous venons de citer plus haut, on trouvera une immense différence, et cette différence suffît pour expliquer l’état d’infériorité de la santé des habitants des villes dont une partie de la vie se passe dans des espaces clos et mal aérés.
- Cette question hygiénique a toute l’importance d’une question sociale ; pour la résoudre, ce n’est pas de trop que de compter sur le concours de tous.
- Il faut que les municipalités n’hésitent pas par de nombreuses expropriations à détruire toutes ces rues étroites, véritables impasses où i’air circule difficilement, où le soleil ne pénètre jamais.
- A Paris, grâce aux expropriations incessantes votées par le conseil municipal, on peut espérer que bientôt les rues étroites, les ruelles, etc., n’existeront plus qu’à l’état de souvenir, mais en province combien il reste encore à faire à cet égard ! Mais il ne suffit pas que l’air et la lumière soient ainsi mis à notre disposition par une édilité intelligente, il faut encore que nous fassions pénétrer cet air et cette lumière à l’intérieur de nos habitations, et c’est ici que les architectes, les ingénieurs, devront entreprendre une lutte à outrance contre la routine.
- Nous le déclarons avec toute la force d’une conviction basée sur plus de dix années d’expériences, rien n’est plus facile ni moins coûteux que de réaliser une abondante ventilation dans nos habitations, le jour comme la nuit.
- Nous le répétons, l’attention des esprits est portée vers l’étude des questions hygiéniques. L’initiative prise par quelques hommes éminents, parmi lesquels il convient de citer M. Em. Trélat, le savant directeur de l’Ecole d’architecture, sera couronnée de succès.
- Quand les deux Congrès d’hygiène et du génie civil auront terminé leurs travaux, nous ne manquerons pas d’en rendre compte et de rapporter, voire même de discuter (car il faut avoir le courage de son opinion) les conclusions qui seront prises.
- Dans notre prochain article, nous commencerons l’étude des appareils qui figurent dans les sections étrangères.
- àte Bouvet.
- P.-S. — Dans notre précédent article, nous avons omis de citer un industriel qui, bien que ne s’occupant pas directement de la construction des appareils de chauffage, mérite néanmoins une mention particulière. Nous voulons parler de M. Dan-gien, de Paris, qui fabrique spécialement les bouches de chaleur, de prise d’air, etc., nécessaire-dans l’installation des appareils de chauffage.
- Savoir construire ces petits appareils dont les fermetures, tout à la fois légères et solides, doivent pouvoir se régler à volonté, donner au cuivre, à la fonte, au fer, ces formes gracieuses qui s’harmonisent parfaitement avec des faïences artistiques, comme celles qu’exposent, par exemple, M. Lœb-nitz, l’habile céramiste de Paris; obtenir, en un mot, des résultats qui satisfont et le goût de l’artiste et les exigences naturelles du consommateur, tel est le résultat auquel est parvenu M. Dangien.
- Pour être juste, nous devons également citer les admirables faïences pour appareils de chauffage, poêles, cheminées, etc., qu’expose M. Lœbnitz dans la section de la céramique. Il est difficile de pousser plus loin la perfection dans une industrie qui exige de la part de celui qui l’exerce, l’habileté du praticien, la science de l’inventeur et le sentiment du beau. Ce sont là des qualités bien différentes, indispensables pourtant à celui qui comme M. Lœbnitz, expose des produits tels que son beau poêle gothique, ou bien l’admirable porte qui décore l’entrée de la section des beaux-arts à l’Exposition.
- Auguste Bouvet,
- Ingénieur civil, 17, rue Fontaine-au-Roi, Paris.
- LE CATALOGUE
- SECTION FRANÇAISE
- Classe 54 (Suite) (1).
- Machines et appareils de la mécanique générale.
- LISTE DES EXPOSANTS
- — Suite (1) —
- Farcot et ses fils, à St-Ouen (Seine). — Machine à vapeur, type Farcot, de 60 chevaux, actionnant l’une des transmissions de la section VI, classe 54, dans la galerie française des machines.
- Farinaux et 0e, 104, rue Saint-Maur, à Paris. — Chauffage automatique des chaudières ; pompe rotative.
- Fau, à Bordeaux— Machine rotative, système Martin.
- Favry frères, à la Souterraine (Creuse). — Bielle de machine.
- Fayet, à Saint-Etienne (Loire). — Un compteur à eau.
- Fayolle, 38, rue Quîncampoix, à Paris. — Modèles de moteurs hydrauliques.
- Félix, à la Garenne-Colombes (Seine). — Bélier hydraulique de démonstration en cristal ; pompe hydro-motrice.
- Férat, 27, rue de la Procession, à Paris. — Robinets indicateurs de la quantité de liquide écoulé.
- Feray et Cie, à Essonnes (Seine-et-Oise). — Jeu de 3 pompes horizontales, à double effet, conjuguées sur un arbre coudé vertical.
- Fernique, 31, rue de Irieurus, à Paris. — Photographies de machines.
- Ferret, 5, rue de Lyon, à Paris. — Instruments de jaugeage, compteur à eau.
- Flaud et Coitendet, 40, avenue de Suffren, à Paris. — Injecteurs Giffard ; machines à trois cylindres; pompes à eau, à air, etc.; locomobile, régulateur cosinus, système Buss.
- Fontaine, 52, rue Saint-Georges, à Paris. — Machine Gramme pour transmettre la force à grande distance; moteur électro-magnétique.
- Fontaine, à La Madeleine-les-Lille (Nord). — Générateur tubulaire.
- A suivre.
- (1) Voir notre numéro du 19 août et précédents.
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- Ce système de four qui a obtenu les distinctions les plus honorables à l’Exposition universelle de 1867, à celle du Havre, et à celles de Beauvais, de Lyon et de Compïègne, réunit tous les avantages constatés d’ailleurs depuis des années par l’application industrielle dans un grand nombre de fabriques. Il est d’une construction très-simple ettrès-soli-de ; son entretien est pour ainsi dire nul ; et quand par hasard il y a une pièce à remplacer, n’importe laquelle, on peut faire cette opération sans toucher à la maçonnerie.
- Il y a 8 numéros qui peuvent revivifier au minimum, suivant les grandeurs,
- 3&hect., 51 hect., 69 hect,, 86 hect., 103 hect., 130 hect., 138 hect. et 155 hect. Il occupe très-peu de place, par conséquent il emploie peu de briques : 6,920 ordinaires, et 1,528 réfractai-.. res ordinaires pour le
- Ils:. plus grand numéro.
- L’emplacement est de lm60 à 3m de largeur;
- 3m45 à 4m15 de long. ; la hauteur est de 2m60 à 4m40 du côté de la touraille qui sèche le noir d’une manière parfaite par la chaleur perdue du four et sans aucuns frais.
- Un modèle de four BLAISE se trouve exposé à l’Exposition universelle, groupe VI, classe 52, n° 20°2, dans le bâtiment annexe faisant face à l’avenue de La Bourdonnaye.
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- les plus simples et les moins coûteuses.
- (Voir la Description n° 283, du 21 janvier 1878, p. 14)
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
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- Supplément au n° 316. — Lundi 9 Septembre 1878.
- REVUE DE L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878 71
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien' Elève de PEcoIe polytechnique.
- (MM. DEBIÉ, Ingénieur civil.
- • L. POILLON, ingénieur civil.
- ju.£iwxnjucjujncî..............-, BOUVET, Ingénieur civil.
- i E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- \ ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- JS01A, Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LES GÉNÉRATEURS
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- M. Louis Fontaine, constructeur, à la Madeleine-ïez-Lille et à Roubaix.
- Le groupe des deux générateurs fournissant la vapeur aux machines d’Autriche-Hongrie et d’Espagne a été construit dans les ateliers de Louis Fontaine.
- Le problème consistait à loger dans un espace donné des appareils capables de produire 2,000 kil. de vapeur par heure.
- Exposé. — En considérant la nature des eaux de la Seine et le faible emplacement rnis à sa disposition, le constructeur a donné le choix à des générateurs semi-tubulaires à bouilleurs inférieurs et à réchauffeurs latéraux. L’application de réchauffeurs aux générateurs de ce genre, n’avait pas encore été faite aussi complètement, à cause du peu de résultat obtenu par ceux qui l’avaient essayé.
- Mais c’était le fait d’une disposition vicieuse, ou d’un mauvais rapport entre la surface de la chaudière et celle des réchauffeurs.
- C’est en tenant compte de la température des gaz à la sortie du faisceau tubulaire, de leur volume, de leur vitesse et de la perte de charge due à leur frottement dans les tubes, qu’on a établi, l’ensemble de l'appareil.
- La pratique a répondu point pour point au calcul théorique, comme il arrive toujours quand il est bien appliqué et les résultats ont été aussi complets que possible puisque la production de vapeur par kilogramme de houille brut n’a jamais été inférieure à 9 kilogrammes. Comme elle n’excède guère 10 kilogrammes par mètre carré de surface de chauffe et que la chambre de vapeur aussi bien que la surface de dégagement est considérable, on est dans les meilleures conditions pour éviter les entraînements d’eau. Le rendement est donc réel.
- Les eaux de la Seine sont légèrement chargées et accusent 18° hydrotimétriques; les réchauffeurs élèvent la température de l’eau à un degré qui permet la précipitation d’une grande partie des sels calcaires.
- La maison L, Fontaine s’est trouvée dans ce cas d’accord avec l’opinion de M. Tresca formulée depuis à l’une des dernières séances de la Société des ingénieurs civils : « qu’il fallait épurer les eaux d’alimentation, mais pas trop, afin d’éviter des dépôts qui, pour être moins considérables, étaient plus adhérents. » Le dépôt n’adhère pas et n’a pas d’importance.
- ©4?tall@ «le construction. — Les appareils sont rivés à double clouure dans tous les sens, chanfreinés et matés extérieurement et intérieurement. Les communications soudées, les bouilleurs, plaques tubulaires, dômes et réchauffeurs inférieurs sont en fer fort; les tubes sont amovibles et du système Bérendorf à l’exception de quatre qui sont bagués et rivés pour servir de tirants et maintenir, avec quatre goussets, l’écartement des plaques. Les efforts du travail de la dilatation joints à celui de la pression sont, avec ce dispositif, toujours inférieurs à la limite d’élasticité des tôles et des rivets. Par suite ni déformation permanente, ni cassure, ni fuite n’est à craindre. De plus, en vue non-seulement de dégagement de vapeur, mais surtout de la facilité de nettoyage, la masse des tubes est divisée en deux parties par un
- espace suffisant pour permettre à un ouvrier d’y passer une partie du corps et de faire dans la plupart des cas, un nettoyage complet, sans enlever de tubes. Les tubes de premier choix ont 100 millimètres de diamètre et présentent aux gaz de la combustion une section de passage plus grande que dans les appareils de ce genre construits ordinairement. On diminue ainsi la résistance au passage et l’utilisation est meilleure ; on peut marcher alors avec un moindre excès d’air, dont l’effet est d’ailleurs atténué par l’addition des réchauffeurs.
- Alimentation. — L’eau d’alimentation est amenée dans un compteur système Spanner, puis dans une bâche jaugée par fractions de 10 litres, où une pompe l’aspire pour l’envoyer dans chacun des réchauffeurs inférieurs.
- Elle se rend aux réchauffeurs supérieurs par des communications extérieures en cuivre de 100 millimètres de diamètre. Finalement, l’eau arrive à l’arrière des bouilleurs et pénètre dans chacun d’eux à la fois, toujours par l’extérieur. Un robinet placé sur le même tuyau laisse vider la chaudière. L’alimentation peut être continue ou intermittente, au moyen d’une soupape folle dont on règle la levée et qui sert en même temps de clapet de retenue.
- Circulation «les gaz. — Les produits de la combustion enveloppent à la fois les bouilleurs et le corps de chaudière, par une disposition spéciale, reviennent dans le faisceau tubulaire et se rendent autour des^ réchauffeurs supérieur, puis inférieur, pour aller à la cheminée.
- Appareils «te sûreté. — Les deux soupapes sont placées sur le dôme de vapeur; l’appareil magnétique, monté sur piétement rivé, est dis posé de manière que l’aiguille n’éprouve pas de trépidation ; le niveau d’eau présente cette particularité que le verre est simplement posé debout entre deux rondelles plates de caoutchouc, au centre desquelles est une petite bague en cuivre empêchant leur écrasement et dont une est mobile par un pas de vis.
- CoHMfeMstîoM. Le choix des barreaux a été donné au système Newbold. Après expériences et recherches, la maison Fontaine n’a pas craint de les recommander à ses clients dans une infinité de cas. Tous les visiteurs ont remarqué la blancheur des cendres; et la perte du fait des escarbilles, généralement de 6 à 9 p. c., n’est que de 1 1/2 à 2 p. c., grâce à l’emploi de ces barreaux combiné à l’ablure du foyer.
- _ Kn résumé, ce montage qui est assurément très-simple et très-économique fait honneur à la maison L. Fontaine, dont le nom est inséparable des progrès de la chaudronnerie depuis 1830. Maintenant encore c’est elle qui forme une grande partie des ouvriers chaudronniers du Nord, en les prenant à leur début et leur faisant parcourir toutes les étapes du métier.
- _ Enfin quand nous auronsdit que plus de 5,000 chaudières représentant environ 200,000 chevaux vapeur ont été installées par Louis Fontaine, on comprendra la somme d’expérience que cette maison a pu acquérir.
- Les chaudières ordinaires à bouilleurs et réchauffeurs de cette maison sont devenues classiques et sont tellement connues que nous n’en parlons que pour les citer.
- FAITS DIVERS
- Le Congrès international de la propriété industrielle.
- Jeudi, à deux heures, a eu lieu, au palais du Trocadéro, la séance d’ouverture du congrès international de la propriété industrielle. La séance était présidée parM. Teisserenc deBort, ministre de l’agriculture et du commerce.
- Le nombre des notabilités françaises et étrangères qui prennent part à ce congrès, la nature essentiellement internationale et l’importance des questions qui y sont traitées permettent d’en espérer des résultats importants.
- Souscription nationale d’encouragement aux beaux-arts et à l’industrie.
- La souscription nationale a un double but :
- Encourager les artistes et les industriels qui ont contribué au succès de l’Exposition, en leur facilitant la vente d’une partie des objets qu’ils ont exposés.
- Augmenter l’effet utile de l’Exposition en créant un fonds spécial destiné à défrayer de leurs frais de voyage à Paris les citoyens peu aisés de la province, que leur profession et leurs aptitudes désignent d’une manière plus particulière comme appelés à profiter de l’étude des produits et des appareils réunis au Champ de Mars.
- Elle est constituée :
- 1° Par l’émission de billets de loterie dont le produit net en argent sera intégralement consacré à ce double emploi dans la proportion de deux tiers pour les achats d’objets exposés et d’un tiers pour le fonds de subvention aux voyages à l’Exposition :
- 2° Par des dons volontaires destinés à s’ajouter aux lots achetés avec le produit de la vente des billets. (1)
- Les achats d’objets d’art et de produits industriels exposés sont effectués par une commission spéciale présidée par le ministre de l’agriculture et du commerce. Ils forment avec les dons les lots de la loterie qui seront répartis en séance publique entre les porteurs de billets par la voie du tirage au sort.
- Ils portent dans l’enceinte de l’Exposition une étiquette spéciale.
- Le prix du billet est de 1 franc.
- Le tirage au sort et la remise des lots aux porteurs des numéros gagnants seront effectués à la clôture de l’Exposition.
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Congrès international du Génie civil
- — Suite et fin (1‘). —
- Section VII. — Constructions publiques et particulières.
- La septième séance du Congrès, à laquelle assistent une soixantaine de personnes, est présidée par M. Trélat.
- La première question à l’ordre du jour est celle
- (1) L’administration des journaux le'' Constructeur et le Matériel agricole a fait le don volontaire de sept abonnements gratuits à la loterie nationale.
- (1‘) Voir nos précédents numéros.
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- 234 Paris,
- LE CONSTRUCTEUR
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- 72 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- de Y assainissement des villes, eaux, vidanges et égouts.
- L’exposé en est fait par M. Aifred Durand-Claye, rapporteur, qui aborde ce sujet par le côté historique et rappelle les travaux considérables des Romains pour l’assainissement de leur vaste cité par le célèbre cloaca maxima.
- Etudiant ensuite les systèmes de vidanges actuellement en usage, M. Durand-Claye, d’accord avec le congrès d’hygiène, pense que les procédés usités à Paris sont contraires à la salubrité. Depuis plus de sept ans cette question est à l’étude et n’a pas encore reçu de solution satisfaisante. L’orateur préconise le système d’écoulement direct dans les égouts tel qu’il est pratiqué dans plusieurs grandes villes telles que Londres, Bruxelles, Berlin, etc. Le système diviseur imposé par la Ville dans les nouvelles constructions de l’Avenue de l’Opéra lui paraît un moyen terme qu’il espère voir remplacer ultérieurement par le système d'écoulement direct lorsque les eaux seront distribuées avec plus d’abondance.
- L’irrigation de vastes plaines filtrantes par les eaux d’égoût forme le complément nécessaire de celte méthode ; M. Durand-Claye fournit des renseignements intéressants et très-détaillés sur les résultats satisfaisants obtenus ptr l’administration municipale de Pans dans les essais tentés depuis plusieurs annéesdanslaplaine de Gennevillierspour se rendre compte de la valeur de ce système.
- 11 pense que la question sera pleinement résolue, j pour Paris, par l’acquisition d’une surface d’environ 2,000 hectares de forêt domaniale irrigable près St-Germain.
- On a objecté jusqu’ici l’importance de la dépense, mai$ la question pour la municipalité est d’assainir le fleuve; elle ne doit pas viser à un résultat financier car c’est un service municipal et il peut être coûteux.
- M. Bourdais, l’éminent architecte du Trocàdéro, donne ensuite de très-intéressants détails sur les nouveaux procédés qui ont été employés pour doter la vëste salle des fêtes de ce palais de bonnes conditions d’acoustique et de ventilation.
- On avait dit que le hasard seul était le grand maître pour l’acoustique des grandes salles de concert et lors de la construction de l’Opéra, MM. Régnault, Tresca et plusieurs autres savants consultés avaient pensé qu’en l’absence de toute donnée bien certaine, on devait se borner à copier en l’agrandissant la disposition de l’ancienne salle de l’Opéra qui était satisfaisante à cet égard.
- M. Bourdais et ses collaborateurs, mettant à profit les récentes découvertes de la science sur ce sujet, ont prouvé d’une manière éclatante qu’on pouvait désormais compter sur une réussite certaine par l’application des principes théoriques actuellement établis.
- C’est en utilisant la lumière (qui suit les mêmes lois de réflexion que le son) dans dé petits modèles de la salle projetée construits en métal argenté que ces messieurs ont pu se rendre compte de la meilleure forme à donner à la conque acoustique placée au-dessus de l’orchestre pour que les sons réfléchis fussent plus ou moins renforcés suivant les places occupées par les auditeurs.
- La destruction des échos nuisibles a été aussi l’objet d’importantes innovations. Toutes îesparois du vaste amphithéâtre pouvant réfléchir le son d’une manière anormale'ont été capitonnées par des étoffes en bourre de soie de façon à étouffer ces échos aussi complètement que posVible.
- (Les toembres dti Congrès, dârtâ une visité faite à la salle des fêtes à l’issue de la séance sous la conduite de M. Bourdais, ont pu s’assurer par eux-mêmes des résultats satisfaisants obtenus par l’emploi de ces moyens nouveaux* Une promenade dans les sous-sols où sont placés les ventilateurs leur a permis, en outre, de se rendre compte des moyens employés pour assurer le renouvellement et le rafraîchissement de l’air de ce vaste amphithéâtre.)
- La dernière question à l’ordre du jour de cette séance, celle du filtrage naturel des eaux destinées à l’alimentation des villes, est l’objet d’un rapport de M. de Passy, ingénieur en chef des ponts et chaussées, qui décrit le mode d’établissement de ces filtres et établit en s’appuyant sur différents indices et notamment sur les essais hydrotimètriques que l’eau recueillie par ce.procédé n’est pas celle du fleuve, mais provient en général d’une nappe sous-fluviale située au-dessous du thalweg.
- Section VIII. —• Physique et Chimie industrielle.
- M. Battocci, ingénieur italien, après avoir remercié ses collègues de l’honneur qu’ils lui ontfait en le nommant président de cette section, donne la parole à M. Jules Avmengaud jeune, rapporteur, qui doit traiter de la Transformation du travail en chaleur et des machines frigorifiques.
- La théorie de la thermodynamique, la détermination de l’équivalent mécanique de la chaleur et les hypothèses sur la nature du calorique forment la première partie du travail de M. Àrmengaud qui a souvent l’occasion de citer les noms désormais célèbres des Carnot, Meyer, Joule, Glausius, Hirn, Régnault qui ont contribué à établir cette théorie, une des plus grandes découvertes de notre siècle.
- La seconde partie de son mémoire est consacrée à l’étude des moyens de production artificielle du froid. L’auteur passe successivement en revue les trois procédés actuellement usités :
- Dissolution de sels,
- Evaporation de liquides très-volatils,
- Détente des gaz,
- et se livre à l’examen comparatif, au point de vue du rendement, des différentes machines qui fonctionnent à l’Exposition.
- Un membre du Congrès, dont nous ignorons le nom, pense que M. Armengaud n’a pas assez insisté sur les applications industrielles du froid et donne des renseignements très-cireonstanciés sur ce sujet ainsi que sur les procédés employés pour obtenir de la glace transparente.
- On entend ensuite la lecture du mémoire de M. Fichet sur les appareils gazogènes et les progrès qui résultent de leur emploi dans une foule d’industries.
- La séance est levée à midi un quart.
- Section IX. — Industries diverses.
- La dernière réunion du Congrès est présidée par M. Brook, ingénieur suédois.
- Les nouvelles pâtes à papier et leur fabrication sont l’objet d’un rapport de M. Chatard et les détails qu’il donne sur cette industrie qui commence seulement à s’établir chez nous sont complétés par des communications faites par trois ingénieurs suédois pur la fabrication de la pâte de bois par les procédés chimiques en Suède et en Norwège.
- M. Fontaine lit ensuite un mémoire sur les moteurs domestiques. Il passe successivement en revue les petits moteurs à ressorts, à poids, électriques, à eau, à gaz, à air chaud et à vapeur qui figurent à l’Exposition elles apprécie en se plaçant surtout au point de vue du prix de revient. Il reconnaît qu’aucun de ces appareils n’est entièrement satisfaisant pour le but cherché et pense que les recherches devront' se porter sur la production d’un moteur à vapeur dans le genre de celui dont il s’était occupé il yja quelques années.
- M. Bourdais croit, qu’en ce qui concerne spécialement les machines à coudre, il ne serait pas nécessaire d’avoir recours à un moteur spécial si on faisait usage des pédales perfectionnées dont il est l’inventeur et qui n’exigent pas plus de 1 kilo-grammètre par seconde pour faire marcher une machine Howe ou Singer.
- L’ordre du jour étant épuisé, M. Tresca prend la parole pour retracer à grands traits les travaux du Congrès et remercier les ingénieurs étrangers qui ont bien voulu ajouter à l’importance de ses réunions par leur présence et déclare la session close.
- Les Filtres naturels
- (Conférence de M. G. de Passt, ingénieur en chef des ponts et chaussées, en retraite)
- Suite et fin (1)
- La véritable raison de la persistance de la filtration des galeries, c’est que ces galeries ne reçoivent que des eaux claires provenant de la nappe souterraine.
- Du moment où il est établi, d’une part, que les (D Voir notre dernier numéro.
- galeries filtrantes, non-seulement ne filtrent qu’en quantité insignifiante les eaux de la rivière, mais encore qu’elles sont troublées par elles en temps de crue et, d’autre part, qu’elles sont entretenues exclusivement par la nappe sous-fluviatile dont les eaux sont naturellement claires et limpides, elles perdent beaucoup de leur intérêt et de leur importance.
- Au drainage superficiel qui a pour conséquence l’insuffisance de débit, de limpidité, de pureté et de fraîcheur, il est plus rationnel, il est plus logique de substituer le drainage vertical qui remédiera certainement à ces inconvénients. Et ce système devra être préféré à la condition que les eaux de la nappe souterraine ne marqueront pas plus de 20 à 24 degrés à l’hydrotimètre, ce qui les classera parmi les eaux reconnues très-propres aux usages domestiques et industriels.
- il est facile de démontrer que la quantité d’eau qu’on peut obtenir d’uù puits est beaucoup plus considérable que celle qu’on obtiendrait d’une galerie filtrant d’une assez grande longueur.
- Supposons une galerie établie au milieu d’un massif filtrante d’une longueur indéfinie. Appelons 2 L l’épaisseur de ce massif, q, le volume d’eau extrait par seconde, H, la hauteur de l’eau dans la galerie lorsqu’on en extrait le volume q par seconde, 2 r la largeur de la galerie etp le coefficient de perméabilité de la masse filtrante, le produit de la galerie par mètre courant et par seconde sera donné par la formule de Dupuit :
- 1 H2—h2 ^ p L—r
- r étant très-petit par rapport à L, on voit que, comme nous l’avons, dit plus haut, le débit d’une galerie filtrante est pour ainsi dire indépendant de sa largeur.
- Le produit d’un puits dans les mêmes conditions de diamètre, pour la même dénivellation H—h, sous l’action de la pompe, sera, d’après la formule de Dupuit :
- , ,__ 7c H2—h2
- q " p iog (4)
- ce qui fait ressortir que le débit d’un puits est également presque indépendant de son diamètre. Négligeant r par rapport à L, on a
- qx
- ic L
- 3.14 q
- log L log L
- Pour L — 100m, on aurait q’ = 689 Pour L 200m, » q’ rr 1189
- Pour L “ 1000m, » q’— 4559
- On est donc fondé à conclure que le volume d’eau qu’on peut espérer par mètre linéaire d’une galerie filtrante n’est qu’une très-petite fractidn de ce que donnerait un puits dans les mêmes conditions de dénivellation.
- La position plus ou ihôihs excentrique du puits dans le massif filtrant est, comme son diaftiètre, sans influence appréciable stir son débit. On est donc libre du choix de son emplacement et il ne faut pas chercher à lui donner un diamètre plus grand que celui qui convient à la facilité du travail de creusement, lm à lm,50.
- Qu’on emploie une colonne métallique en fonte ou en tôle pour former les parois du puits, ou qu’on exécute ces parois en brique et ciment en montant les maçonneries au fur et à mesure que descend la couronne sur laquelle elles reposent, la dépense du puits sera toujours très-peu importante, quelle que soit sa profondeur.
- Elle sera notamment diminuée si on fait usage pour extraire les déblais de l’ingénieux appareil que M. Chanoit, ingénieur civil hydraulicien distingué, a imaginé et dont il a fait l’application à Dole au puits qu’il a ouvert pour l’alimentation de la vilte dans le massif filtrant de la rivière du Doubs plutôt que de recourir à l’établissement d’une galerie latérale.
- Cet appareil, qu’il appelle cloche à piston, se compose d’une cloche en fonte dans laquelle se meut un piston sans frottement et qui est terminée à sa base par un clapet dont le siège porte un trépan. Dès que l’on est arrivé à l’eau dans le fonce-ment du puits, on enfonce la cloche à piston, on fait monter brusquement le piston et la cloche se remplit de sable, de gravier, et même de galets ; .6 hommes, sur une chèvre à treuil, suffisent pour manœuvrer une cloche à piston de 0.30 c. de diamètre avec un piston de 0.70 c. de course. Et alors même que pour assurer dans la plus large mesure
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- as:
- 56, rue Rlanehe. 235
- REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878 73
- le service de l’alimentation, il deviendrait nécessaire de creuser plusieurs puits et de les relier entre eux par des tuyaux de fonte, voire même par de petits aqueducs en maçonnerie, les frais d’établissement de ces puits et de leurs raccords seraient insignifiants, comparativement aux frais d'établissement de galeries filtrantes suivant le système appliqué à Toulouse, à Angers, à Lyon et à Nîmes, qui grèvent de 1/2 centime à 1 centime chaque mètre cube d’eau qu’elles fournissent à l'alimentation.
- Conditions techniques et économiques d’une organisation rationnelle des chemins de 1er.
- Par M. L.-L. Vauthier, ingénieur des Ponts et Chaussées
- M. L.-L, Vauthier, ingénieur des ponts et chaussées, a fait, le 13 juillet, une remarquable conférence sur les conditions techniques et économiques d’une organisation rationnelle des chemins de fer. En voici le programme, tel qu’il a été présenté par l’auteur.
- PROGRAMME
- 1. —Nonobstant la similitude d’appaience extérieure et de fonctionnement mécanique, le chemin de fer est, en tant que machine à transport, un appareil souple, plus ou moins puissant, et dont la dépense d’établissement peut varier, sur un même terrain donné, depuis 100,000 fr. le kilomètre et même moins, jusqu’à 500,000 fr. et même plus.
- Cette souplesse tient principalement aux variations de force et de coût résultant du régime de pentes et de coihbès, surtout de pentes, adopté pour le tracé.
- 2. — Une souplesse analogue se retrouve dans les frais d’exploitation qui, suivant l’organisation du service, peuvent être régis par l’une ou par l’autre des formules ci-dessous :
- X = 6,000 fr. -f 0,25 P X’ = 3,000 » + 0,35 P’
- X”“ 1,500 » -f 0,50 P” • t
- P, P’, P” désignant les produits bruts et X, X’, X” lés frais d’exploitation correspondants.
- 3. — Les dépenses de traction croissent avec la raideur des pentes, et l’élément proportionnel au produit brut augmentant, dans les formules précédentes, quand la constante se réduit, c’est l'importance du trafic à desservir qui, logiquement, détermine à la fois le régime des pentes et le mode d’exploitation à adopter dans chaque cas.
- h. — Les propositions précédentes, quant à l’exploitation, ne sont applicables qu’à un réseau d’une certaine étendue.
- 5. —Justification technique du mouvement de concentration qui s’est produit en France, en 1852, et a constitué les grands réseaux.
- 6. — Détermination de la limite qu’il ne faut pas dépasser dans l’étendue à assigner à un réseau.
- 7. — Situation actuelle des réseaux français desservis par les grandes Compagnies. Leurs défauts techniques.
- (a) Ges réseaux sont en général trop étendus ;
- (0) Chaque réseàü est urt pêle-mêle de lignes à grand trafic et à faible trafic, soudées entre elles mais groupées sans ordre, ce qui conduit à construire les unes et les autres dans des conditions trop similaires, et ne permet pas aujourd’hui d’appliquer à chacune le mode d’exploitation qui serait le meilleur marché et le mieux en rapport avec les exigences de son trafic.
- 8. — Inconvénients économiques qui résultent de cet état de choses. Prix de revient élevé de l’unité de trafic* Dangers qu’il y aurait, pour la construction de voies ferrées nouvelles, à maintenir l’état de confusion actuelle des grands et petits services.
- 9. — Nécessité de passer à la seconde phase de toute organisation rationnelle et d’introduire, dans là question, un principe de différenciation et de classement, qui conduise h constituer des organes distincts pour des fonctions distinctes.
- 10. — Principes de classement à appliquer aux chemins de fer pour approprier la puissance de l’outil à l’importance du travail à produire, sans toucher à l’unité indispensable de largeur de voie, même de force de rails.
- 11. —Justification logique du système suivant, dans son application à la viabilité ferrée française.
- (a) Constitution, par le groupement des lignes de premier ordre actuelles, d’un réseau national, industriel et de transit, desservant les grands courants de trafic, reliant avec Paris les frontières terrestres et maritimes, rattachant entre eux les grands ports militaires et de commerce, ledit réseau complété en tant que de besoin par des lignes nouvelles assurant son unité stratégique et lui donnant l’aptitude de lutter contre la concurrence des lignes ferrées des pays limitrophes;
- (h) Constitution, dans les mailles du réseau national, de réseaux régionaux, parfaitement continus chacun, adaptés aux faibles trafics, suffisamment étendus sans l’être trop, homogènes dans leur assiette et appropriés par leur mode d’exploitation à leur destination secondaire;
- (c) Exploitation du réseau national aux compte et risques de l’Etat, avec des tarifs fixes, aussi bas que possible, faisant de ce réseau le grand régulateur des prix de transport à l’intérieur ;
- (d) Achèvement et exploitation des réseaux régionaux par l’industrie privée.
- 12. — Avantages économiques de ce système.
- 13. —Voies et moyens d’application.
- A suivre.
- LE MATÉRIEL DES CHEMINS DI FER
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Le wagon dynamomètre de îa Compagnie des chemins de fer de l’Est.
- Le wagon d’expériences exposé par la Compagnie des chemins de fer de l’Est est certainement un des appareils les plus remarquables de la classe 5h. Ce wagon renferme une série d’appareils ingénieux destinés :
- 1° A relever graphiquement les efforts produits sur la barre d’attelage simultanément avec la vitesse -,
- 2° A enregistrer à distance la pression dans les cylindres des machines locomotives.
- Ce wagon se trouve dans l’annexe qui longe l’avenue de la Bourdonnaye, entre la porte Rappet la porte Trouville.
- Lé premier résultat, c’est-à-dire le relevé graphique des efforts de traction ou de choc, s’obtient de la manière suivante : le châssis du wagon a été construit de façon à pouvoir installer convenablement les appareils que l’on se proposerait d’employer. Le ressort qui doit donner par sa flexion la mesure des efforts, est composé de U lames divisées en deux séries de 7 chacune. Ces lames reposent sur des supports à galets afin de diminuer autant que possible tout frottement. La tige du crochet de traction est clavetée dans la chappe du ressort d’avant. Au moyen d’une barre cintrée reliée aux ressorts d’arrière, les tiges de tampons agissent sur les ressorts en s’appuyant sur des mains de choc placées aux extrémités de cette barre. Entre les deux séries de ressorts on a fixé après le châssis une pièce solide dont les deux faces opposées servent de points d’appui aux ressorts lorsqu’ils fléchissent sous Faction des efforts de traction ou de choc.
- Ces flexions sont données par une ligne sinueuse marquée par un crayon commandé au moyen de bielles et de leviers, commande qui donne à ce crayon des mouvements de va-et-vient proportionnels aux flexions des ressorts. La courbe est tracée par le crayon sur une feuille de papier toujours proportionnellement à la distance parcourue par le train (38 cent, pour un kilomètre). Les ordonnées de la courbe sont proportionnelles aux efforts de traction.
- Un crayon fixe marque une ligne droite indiquant la position occupée par le crayon mobile, lorsque les efforts sont nuis. La surface limitée par la ligne courbe située au-dessus de la ligne marquée par le crayon fixe, moins celle limitée par la courbe située au-dessous, représente les efforts faits sur la barre d’attelage.
- L’arbre qui commande le déroulement du papier prend son mouvement sur un des essieux du wagon au moyen d’engrenages, d’arbres et d’une vis calée sur cet essieu.
- Avec une série d’appareils d’embrayage et de débrayage, on met les appareils en mouvement ou on les arrête à volonté, et cela à une vitesse de 80 kilomètres et plus.
- Quel que soit le mouvement de rotation de l’essieu en avant ou en arrière, au moyen d’encliquetages, on est arrivé à donner à l’arbre qui commande le déroulement un mouvement toujours dans le même sens.
- Cet arbre donne également le mouvement à des appareils enregistreurs et indicateurs de vitesse, totalisateurs des travaux, qui donnent par des points sur le pafiief où par des chiffres sur les cadrans les divers phénomènes de la traction.
- Une horloge électrique envoie toutes les dix secondes un courant faisant agir un petit cliquet qui y marque un point sur le papier.
- La distance et le temps étant inscrits, on a la vitesse, laquelle est également représentée par une courbe tracée sur le papier au moyen d’un crayon dont le mouvement est donné par l’indicateur de vitesse susénoncé.
- Comme on le voit, cette série d’appareils donné tout ce qu’il faut pour évaluer les résistances.
- En ce qui concerne la deuxième série d’appareils, c’est-à-dire ceux qui servent à mesurer à distance le travail de la vapeur sur les pistons : j Jusqu’ici, la mesure du travail producteur a été évaluée d)une façon très-imparfaite; pour relever les diagrammes des pressions on se servait de l’indicateur de Watt, avec lequel on ne pouvait opérer que sur une des faces des pistons : les chances d’erreurs étaient nombreuses surtout lorsque la vitesse des pistons était considérable ; les expériences étaient en outre difficultueuses et même dangereuses pour l’expérimentateur.
- Avec les appareils décrits ci-après, on est arrivé à relever à distance le travail de la vapeur dans les cylindres ; à supprimer les erreurs provenant de l’inertie des organes de l’indicateur et à relever le travail simultanément sur les quatre faces des pistons.
- Voici en quoi consistent ces appareils.
- Deux tableaux sur lesquels doivent s’inscrire les courbes manométriques ont un mouvement alternatif produit par l’essieu du wagon au moyen d’une combinaison de bielles, d’engrenages et de mani-• velles ; ce mouvement est synchrone avec celui des pistons.
- Le nombre de coups de piston variant avec le diamètre des roues d’une part; le diamètre des roues du wagon étant toujours sensiblement le même d’autre part; il a fallu se servir d’une combinaison d’engrenages qui font que l’on obtient la même quantité d’aller et venue des tableaux que le nombre de coups de piston donné par la machine. On obtient le synchronisme âu moyen d’appareils de correction, composés de trains différentiels, sorte d’assemblages d’engrenages; ce synchronisme est constaté par combinaison d’appareils électriques et optiques d'une extrême sensibilité : un écran se déplaçant à l’instant précis où le piston arrive à un point déterminé de sa course, laisse passer un rayon lumineux qui indique le synchronisme si la position de ce rayon est à un point déterminé.
- Ayant les courses des pistons, il reste à connaître les ordonnées de la courbe, c’est-à-dire les pressions dans les cylindres : ce résultat est obtenu en se servant d’un indicateur manométrique et en faisant agir des membranes placées de telle façon après les cylindres qu’elles supportent constamment : en dessous, la pression de la vapeur; en dessus, une pression d’air comprimé envoyé à volonté et variant de 10 atmosphères à 0, je suppose; la disposition de ces membranes est telle que toutes les fois que les pressions en dessus et en dessous sont égales, il y a production de courant qui fait agir des crayons électriques placés à l’indicateur et qui marquent un point sur les plateaux.
- Par cet exposé on conçoit facilement que puisque vous envoyez de l’air comprimé variant de 10 atmosphères à 0, et vice-versa, il est évident qu’à tout moment vous aurez d’une part équilibre entre les deux pressions et que d’autre part l’ordonnée du point obtenu sera l’expression vraie de la valeur dans le cylindre au moment précis où il a été produit, c’est-à-dire au moment où il y a eu équilibre.
- En opérant sur une série de coups de piston successifs, on aura une série de points dont la jonction par une ligne représentera le contour du diagramme figurant le travail de la vapeur dans les cylindres.
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- ' Il est facile de comprendre qu’en mettant autant d’explorateurs qu’on a de faces de cylindres, on aura simultanément tous les diagrammes désirables. Des expériences ont été faites, et malgré la précision, par conséquent la fragilité des appareils, elles ont donné des résultats inespérés. On peut facilement s’imaginer les services que ces appareils sont appelés à rendre et quels éclaircissements on pourra tirer des expériences futures.
- LA FABRICATION DU PAPIER
- La Machine à papier de M. Lhuilier, constructeur à, Vienne (Isère). 3me ARTICLE
- (Voir nos numéros des 19 et 26 août)
- Cette machine est établie dans de larges proportions; elle fournit à l’Exposition le papier rogné à lm,28, mais elle peut parfaitement le donner avec lm,50 de largeur; la longueur de son ensemble ne s’éloigne pas beaucoup de 20 mètres.
- Elle a 9 cylindres sécheurs, 3 cylindres compri-meurs, indépendamment d’un premier comprimeur humide, garni de feutre, qui produit une légère action à l’extrémité de la toile sans fin que le papier va abandonner.
- Cette toile offre une nappe de 6 mètres de longueur ; dans le même plan horizontal elle a le mouvement longitudinal continu et le mouvement alternatif rapide de va-et-vient ; l’amplitude de ce dernier est de un à deux centimètres pnviron, en tête à la table d’étalage ; il peut varier par l’effet d’un levier vertical, divisant en deux parties la tige de l’excentrique de commande.
- Ce- levier, de lm,10 à lra,20, est fixé au sol par un bout-, à l’autre, il porte une coulisse de Qm,20 de longueur, au bas de laquelle est articulée la tige de l’excentrique, qui lui imprime un mouvement oscillatoire; sur la coulisse peut glisser l’extrémité de la deuxième tige, qui transmet le mouvement; dans cette partie de coulisse le levier est arqué pour que la tige, faisant rayon, ne change pas la position normale de la table.
- La toile sans fin est en cuivre rouge ainsi que tous les cylindres qui la conduisent; elle est soumise à une tension assez forte par un tendeur à vis de pression ; son point de départ est situé assez avant sous la cuvette en bronze de distribution, dont nous avons parlé précédemment.
- Pour former table d’étalage, la toile métallique est supportée sur une longueur de 1^,20 par une série de petits cylindres de 0m,04 de diamètre espacés entre eux de 0m,03 ; ces petits cylindres reposent eux-mêmes, par leurs axes, sur des plaques de bronze,fouillées en forme de coussinets; enfin ces plaques sont établies sur de longues plates-bandes en fer, placées d’équerre avec le bâti, de chaque côté de la machine.
- Les bandes longitudinales ont 0m,10 à 0m,12 de large et 4m,50 de long : elles forment châssis mobile, et c’est sur l’une d’elles que se trouve fixé le point de commande du mouvement alternatif.
- En tête de la machine ce mouvement a l’amplitude que nous avons indiquée; il va mourir à âm,50 du parcours de la toile, où se trouve un cylindre de 0^,08 qui le paralyse.
- A ce point les bandes longitudinales s’articulent à charnières avec les bandes rigides venues de fonte, comme nervures, avec le reste du corps de bâti, qui est fixe et présente la plus grande stabilité.
- Là aussi se trouve la jonction de la partie antérieure du bâti, qui est mobile, et de la partie rigide ; le bâti mobile a les pieds articulés pour ne pas gêner à l’élasticité de tout l'ensemble, il porte les petits cylindres destinés à ramener la toile métallique.
- Quant aux plates-bandes, elles sont supportées par des leviers verticaux, dont les derniers sont seulement articulés en bas, mais dont les premiers sont articulés en bas et en haut pour suivre facilement l’amplitude entière du mouvement transversal.
- En cas de rupture de la tige de commande, le système mobile ne pourrait être entraîné ni faussé-, il serait maintenu entre les branches du bâti, qui sont reliées, en tête, par une entretoise de hauteur, à charnières mais à faibles échancrures.
- Voici comment sont établies les bandes sans fin de caoutchouc, de un pouce carré, pour former des bords à l’étalage au commencement de la formation du papier.
- Sur les plates-bandes, que nous avons décrites, et à côté de la partie où reposent les petits cylindres soutenant la table, sont fixées deux équerres en fer, à coulisses dans le dessus -, dans ces coulisses sont établies des boîtes à vis permettant de fixer, à une hauteur voulue au-dessus de la table, une plaque lisse de lm,10 de long, munie de galets à ses extrémités. Comme l’espace, entre la table et la plaque, est moindre que l’épaisseur du caoutchouc, ce dernier est donc serré sous cette plaque, et s’imprime dans les vides du réseau de la toile sans fin, qui l’entraîne de force et l’oblige à former un joint parfait, sur toute la longueur de la table.
- En quittant la plaque, le caoutchouc est relevé par un système de galets à joues, chargés de le reconduire à son point de départ. Ces galets ne le maintiennent pas horizontal-, car si le caoutchouc est tendu sous la plaque, il est lâche au-dessus et fouetterait assez fortement contre les joues des galets, montés sur les bandes de fer agitées transversalement; il pourrait même s’échapper des galets et arrêter le travail de fabrication.
- Pour obvier à cet inconvénient, les galets sont disposés sur leurs supports coudés, de façon à guider en serpentant de haut en bas les bandes de caoutchouc pendant leur retour -, ces bandes passent chacune, en même temps, dans une petite cuvette en bronze, à bords droits, qui sert à les maintenir toujours en ligne, à les laver au besoin et à les débarrasser des molécules de pâte, qu’elles auraient pu entraîner.
- Lorsque la toile métallique a parcouru Am,50, la couche de papier en formation, a été débarrassée de son excès d’eau; dans ce trajet, la toile a été soutenue par de plus gros cylindres que ceux de la table, des cylindres de 0m,08 espacés de Qm,30; il lui reste encore à avancer de lm,50 sans subir d’agitation ; c’est alors qu’elle passe sur deux aspirateurs, placés à la suite l’un de l’autre, entre des cylindres conducteurs.
- Ces aspirateurs sont des caisses rectangulaires en bronze, de 0m,30 de large et 0m,25 de hauteur, qui dépassent en longueur la largeur de la toile métallique ; sur ces caisses reposent d’abord des grilles métalliques, à trous carrés de 0m,01 sur 0m,015-, ces grilles sont un peu moins longues que la toile n’est large, elles laissent donc, à leurs extrémités, deux vides dans la partie supérieure de chaque caisse ; ces vides sont bouchés par deux plaques à rebords continuellement alimentés d’eau.
- En passant sur cette surface, la toile métallique forme par ses bords un joint d’eau avec les plaques, tandis que la couche de pâte à papier qu’elle entraîne sur les grilles est soumise à l’effet de succion, produit par une pompe pneumatique, aspirant dans chaque caisse.
- Ces aspirateurs fonctionnent bien. Nous en avons vu cependant de plus actifs, composés d’un buffle étroit de 0^,10 à 0œ,12 recouvrant une caisse longitudinale dans laquelle on faisait plus ou moins le vide ; en passant sur le buffle la couche de pâte perdait aussitôt l’éclat qu’elle devait à l’humidité, elle s’affaissait aussi, fortement appliquée qu’elle était, sur la toile par l’appel d’air extérieur.
- M. Lhuilier, qui construit depuis si longtemps des machines à papier, a-t-il cherché à éviter des difficultés de construction, en appliquant l’aspirateur que nous avons décrit?
- Nous le croyons. Le buffle, qui fournit ses pores à l’aspiration, est toujours difficile à bien établir hermétiquement; nous croyons encore qu’avec lui, l’appareil demande beaucoup plus d’effort d’aspiration.
- En quittant les aspirateurs, la toile sans fin commence à s’incliner; à 0m,20 de distance du cylindre, qui borde la dernière caisse, elle passe sur le cylindre tendeur, dont nous avons parlé-, ce cylindre est monté dans un châssis avec chariot à vis de tension; il a 0m,12 de diamètre environ.
- Après la toile arrive, en s’inclinant toujours, sur le dernier cylindre d’enroulement, qui le dirige vers son point de départ.
- Au retour, elle ne suit pas une direction parallèle au chemin qu’elle a parcouru, elle s’écarte beaucoup de cette direction, en se rapprochant du bas de la machine, ou elle est maintenue de distance en distance par de petits cylindres conducteurs.
- L'a, la toile est complètement levée à l’aide d’in -
- Ijecteurs, qui lui fournissent l’eau sous pression, en jets directs et en jets rayonnant dans tous les sens.
- Les eaux sont recueillies dans un double réservoir, établi entre les pieds droits de la machine; dans la première partie du réservoir sont recueillies les eaux chargées de colle, tombant de l'étalage; dans la deuxième partie sont ramassées les eaux de lavage, chargées de parties de pâte éliminées.
- Ces eaux sont remontées par des pompes dans de petits réservoirs supérieurs, pour en tirer les matières utilisables.
- Le dernier cylindre en cuivre rouge, qui change la direction de la toile métallique, est d’un diamètre beaucoup plus grand que ceux des autres, il a 0m,20 ou 0m,25 de diamètre.
- Un peu au-dessus de lui, en dehors de la verticale passant par son axe, se trouve un cylindre en bronze, de 0«i,35 de diamètre, qui vient le presser de biais; c’est celui qu’on appelle comprimeur humide; il est garni d’un feutre et joue librement dans des coulisses inclinées, prises au bâti.
- Eu égard à cette inclinaison, ce cylindre ne donne au papier qu’une pression égale à une partie de son poids; toütefois, le papier, devenu plus résistant, peut abandonner la toile métallique pour l s’avancer isolément de 0m,50 et venir se poser sur | un doublier sans fin en feutre, qui le conduit sous 1 le premier comprimeur à forte pression.
- 1 *
- (Le comprimeur humide est muni d un rateau,
- garni aussi en feutre, qui le débarrasse de toutes
- les matières entraînées).
- J. Elardin aîné.
- Ingénieur-constructeur, à Lyon-Mulatière.
- A suivre.
- LE CATALOGUE
- SECTION FRANÇAISE
- Classe 55 (Suite) (1).
- Machines et appareils de la mécanique générale.
- LISTE DES EXPOSANTS
- — Suite (1) —
- Fontaine et Cie, 53, rue de Châteaudun, à Paris. — Appareil pour comprimer l’air (compresseur hydraulique); pompe élévatoire à air comprimé.
- Foucault, à,Sèvres.— Appareil hydraulique fonctionnant par l’ammoniaque.
- Fouché et de Laharpe, 30, rue des Écluses-Saint-Martin, à Paris. — Moteurs à vapeur comprenant chaudière et machine ; machine mi-fixe actionnant l’une des transmissions de la classe 52.
- Fouletier frères, à Saint-Chamond (Loire). — Courroies de transmission en cuir soudées.
- Fraissinet et Cie, 36, rue Lafayette, à Paris. — Moteur à vapeur domestique d’un quart de cheval à 3 chevaux.
- François, 210, boulevard Voltaire, à Paris. — Machines à vapeur verticales.
- Fromage, à jDarnétal-lès-Rouen (Seine-Inférieure). — Courroies de transmission en cuir et métal placées sur la machine Corbran et Lemarchand.
- Gabert frères, à Lyon. — Pompe rotative.
- Garnier, 16, rue Taitbout, à Paris. — Compteurs divers ; indicateurs ; dynamomètres.
- Gaudefroy fils et Cie, 7 et 9, rue Saint-Joseph, à Paris. — Tissu feutre anti-rayonnant.
- Gautreau, à Dourdan (Seine-et-Oise). — Une machine à vapeur fixe et une mi-fixe à condensation.
- Gay, à Bergerac (Dordogne). — Moteur hydraulique système à retenue d’eau par courroie.
- Gignon, à Saint-Denis. — Courroies de transmission.
- Geneste, Herscher et C:e, 42, rue du Chemin-Vert, à Paris. — Appareils relatifs à la mise en mouvement et à la compression des gaz ; pompe à comprimer l’air, purgeurs automatiques ; compensateur de dilatation.
- A suivre.
- (1) Voir notre dernier numéro et précédents.
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- Paris LE CONSTRUCTEUR 56, me Blanche.
- Supplément au n° 317. — Lundi 16 Septembre 1878.
- REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE,
- Ingénieur, ancien Elève
- ( MM. DEBIÉ, Ingénieur
- de l’Ecole polytechnique.
- civil.
- REDACTEURS.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction Les articles de la Revue du. Constructeur devant être réunis et constituer un même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- L. POILLON, ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, a ouvrage qui est la propriété du journal, toute
- Paris.
- reproduction
- LES MACHINES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- (16e article).
- Voir nos numéros des 20 et 27 mai ; 3, 10, 17, 24 juin, 1er, 8, 15, 22 et 29 juillet, 5,12, 26 août et 9 septembre
- Les Machines Compounds ou à deux cylindres {suite).
- La machine Compound Hermann-Lachapelle est une simplification de la machine Compound et de la machine Woolf ordinaires, en ce sens que malgré la juxtaposition des deux cylindres dans une même enveloppe de vapeur, il n’y a qu’une seule manivelle, une seule bielle, une seule glissière, une seule crosse de piston à laquelle les tiges des deux pistons viennent s’assembler. Enfin, il n’y a qu’une seule boîte de distribution avec tiroir équilibré ou se mouvant entre deux parties dressées, faisant à la fois l’échappement et l’admission des deux cylindres. Il n’y a donc qu’un seul excentrique avec sa barre et sa tige; et lorsque l’on se trouve pour la première fois en présence de cette machine, on éprouve quelque difficulté à l’analyser et à la comprendre.
- Les deux pistons fonctionnent naturellement dans le même sens, puisque leurs tiges se rattachent à une crosse unique.
- La boîte à tiroirs unique est placée en contre-bas des cylindres de telle sorte que l’eau entraînée ou l’eau de condensation trouvent facilement leur écoulement du côté de l’échappement. La pression de vapeur appliquant le tiroir sur sa glace est compensée; et à l’aide de glissières analogues à celles employées dans la détente Farcot, l’introduction au petit cylindre peut varier de 0 à 0.80.
- L’introduction au grand cylindre a lieu pendant 0.80 de la course du grand piston; et cette légère détente dans le grand cylindre évite la perte due à l'espace nuisible intermédiaire.
- A la crosse unique ou joug réunissant les deux tiges, s’articule une bielle de forme spéciale qui transmet à un très-robuste tourillon de manivelle la somme des efforts exercés sur les deux pistons.
- On voit immédiatement :
- Que les difficultés provenant des efforts exercés sur les deux pistons, efforts variant, pour ainsi dire, à chaque instant,
- Et que le mouvement de lacet soit à la crosse du piston, soit au coussinet de la bielle sur le tourillon de manivelle,
- Ont été évités dans cette machine :
- Par l’emploi de la glissière circulaire à larges surfaces guidant la crosse aussi bien verticalement qu’horizontalement,
- Par la rigidité exceptionnelle de la bielle liant ensemble les deux pistons d’une façon absolument invariable,
- Enfin par l’emploi de larges surfaces latérales au coussinet tête de bielle.
- Les paliers sont très-larges, et le bâtis est du genre Coriiss avec glissière venue de fonte.
- Les pistons de pompe à air et de pompe alimentaire sont en prolongement des tiges des pistons à vapeur; et le condenseur placé au niveau du sol, est très-accessible.
- Le régulateur (agissant sur la détente par un pe-
- tit arbre commandé par un secteur denté) est un régulateur isochrone dûàM. Andrade, ingénieur de la marine.
- Dans ce système, les deux bras du régulateur à boules sont reliés entre eux par un losange articulé situé dans leur plan.
- La distance entre le sommet supérieur de ce losange et le point de rencontre sur l’axe du régula-lateur des axes des deux bras, est égale au côté du losange, et ce sommet supérieur est fixe.
- Le sommet inférieur est articulé sur un manchon susceptible de glisser le long de l’arbre, et les deux sommets latéraux sont maintenus par deux coulisses très-courtes sur les axes des bras.
- Le manchon qui vient d’être mentionné présente un rebord sur lequel un levier chargé d’un poids mobile s’appuie par une fourchette ou un anneau ; et ce levier commande l’appareil modérateur du mouvement de la machine.
- En calculant les conditions d’équilibre du régulateur Andrade, on trouve :
- 1° Qu’il est isochrone d’une façon aussi approchée qu’on peut le désirer;
- 2° Que malgré cela sa stabilité est assez grande-,
- 3° Qu’il est très-simple et a une très-grande course ;
- k° Qu’en changeant la position du contre-poids sur le levier, on.peut facilement changer en pleine marche la vitçsse de régime.
- Concluant en ce qui concerne la machine Compound Hermann-Lachapelle, nous dirons qu’elle présente des simplifications importantes de mécanisme, qu’elle est pourvue d’un excellent régulateur et que pour les petites et moyennes forces elle doit rendre de bon services. (
- Un bon point en passantà la machine Bolinder de Stockkolm, qui est une machine Compound à manivelles à angle droit et à détente variable à la main dans le petit cylindre et dans le grand. Les avantages de la détente variable dans le grand cylindre ont déjà été expliqués en parlant de la machine Claparède. Seulement dans la machine Claparède, le régulateur faisait toute la besogne. Nous n’avons pu recueillir du reste au sujet de la machine Bolinder aucune explication ni renseignement quelconques ; et nous devons donc nous borner à en signaler ce que nous avons pu en voir en passant.
- Indépendamment de leurs machines à un seul cylindre que nous avons décrites, MM. Sulzer frères de Winterthur (Suisse), ont exposé une machine Compound avec grand cylindre et petit cylindre en prolongement, c’est-^-dire ayant même axe et actionnant une bielle et une manivelle uniques. Chaque cylindre est pourvu d’une distribution à A soupapes, entièrement analogue à celle des machines Sulzer à un seul cylindre ; et les cylindres sont pourvus d’enveloppes de vapeur. La détente est variable au petit cylindre, et fixe au grand. Le seul avantage qui nous paraisse pouvoir résulter de cette substitution de soupapes aux tiroirs dans cette machine Woolf, est une certaine diminution d’espaces nuisibles, et nous verrons plus tard que même avec de simples tiroirs on peut obtenir mieux encore.
- Il est à peine nécessaire d’ajouter que la machine Compound Sulzer est traitée avec les mêmes soins d’exécution que les machines à un seul cylindre de cette maison justement réputée.
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- La sixième série des conférences publiques du palais du Trocadéro est composée de la manière suivante :
- Lundi 9 septembre. — Conférence sur l'habitation à toutes les époques, par M. Charles Lucas, architecte.
- Mardi 10 septembre. — Conférence sur la tachy-métrie. — Réforme pédagogique pour les sciences exactes. — Rectification des fausses règles empiriques en usage, par M. Lagout, ingénieur en chef des ponts et chaussées.
- Jeudi 12 septembre. — Conférence sur l’enseignement des sourds-muets dans les écoles d’enten-dants, par M. E. Grosselin, vice-président de la société pour l'enseignement simultané des sourds-muets et des entendants parlants.
- Samedi 14 septembre. — Conférence sur la fabrication du sucre, par M.Vivien, expert-chimiste, professeur de sucrerie.
- Lundi 16 septembre. — Conférence sur les institutions de prévoyance, d’après le Congrès international, au point de vue de l’intérêt français, par M. de Malarce, secrétaire perpétuel de la Société des institutions de prévoyance de France.
- Mardi 17 septembre. — Conférence sur l’Algérie, par M. Allan, publiciste.
- Les conférences ont lieu à deux heures pécises, dans la salle du pavillon gauche (côté de Passy).
- Le Congrès international pour l’unification des poids, mesures et monnaies
- M. Léon, ingénieur en chef des ponts et chaussées en retraite, à Aix-les-Bains, a adressé la lettre qui suit à M. le président du Congrès international pour l’unification des poids, mesures et monnaies.
- Monsieur le président,
- On n’a plus à chercher un système universel de poids,__ mesures et monnaies. Ce système est tout trouvé : il s’appelle le système métrique. Non-seulement le système métrique a été adopté, au moins en principe, par le plus grand nombre des nations commerçantes, mais un comité international a été installé à Paris, où il surveille la fabrication des étalons du mètre et du kilogramme, qui doivent être distribués dans tous les pays intéressés, afin d’assurer partout la parfaite concordance des mesures. Vous remarquerez, en effet, que le mètre et le gramme sont, à proprement parler, les seules unités du système métrique. Toutes les autres mesures, sans excepter les monnaies, ne sont que de simples dérivés de ces deux-là. Je dis : sans excepter les monnaies, parce que quelques personnes semblent tentées de faire une exception pour les monnaies et de les laisser en dehors du système métrique. Ce serait extrêmement regret-tabte et tout à fait contraire à la pensée des fondateurs. Or, ces fondateurs, vous le savez, étaient les membres les plus illustres de notre Académie des sciences. Rs ont voulu embrasser dans le système métrique les mesures de toute espèce, et ils y ont compris les monnaies en définissant l’unité monétaire : un poids de cinq grammes d’argent, au titre de 9/iO de fin. Si l’on retranche aujourd’hui les monnaies du système métrique, il n’y a pas de raison pour qu’on ne demande pas demain le retranchement de quelque autre mesure, et le système tout entier sera ébranlé. A la vérité, l’argent est peut-être moins propre que l’or à servir de monnaie universelle; mais rien n’empêche de substituer l’or à l’argent, sans toucher aux règles du système métrique. On peut prendre pour unité, à la place du poids de cinq grammes d’ar-
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- gent, un poids de cinq grammes d’or, au titre de 9/10 de fin. On pourrait également prendre un poids de dix grammes ou un poids de deux grammes. On serait toujours dans les conditions du système métrique, mais il vaudrait encore mieux prendre pour unité le gramme lui-même. En effet, dans des poids de deux grammes, de cinq grammes ou de dix grammes, c’est le gramme qui est la véritable unité, etril est inutile de chercher une unité complexe quand on peut s’en tenir à l’unité simple. Avec le gramme pris pour unité, les pièces d’or de tous les pays n’auraient plus besoin d’être désignées autrement que par leur poids, ce qui les rendraient toutes comparables entre elles. Au surplus les questions de détails ne peuvent guère se résoudre dans un congrès dont la durée sera fort courte. C’est à la question de principe que le congrès devra s’attacher, sauf à laisser aux délégués officiels des divers gouvernements le soin de discuter ensuite les détails. Je pense donc que les délibérations du congrès pourraient se résumer dans la proposition suivante :
- Le Congrès émet le vœu que le système métrique soit adopté par toutes les nations commerçantes et appliqué, à tous les poids, mesures et monnaies, sans exception.
- Conditions techniques et économiques d’une organisation rationnelle des chemins de fer.
- Par M. L.-L. Vauthier,
- Ingénieur des Ponts et Chaussées
- — Suite (l) —
- Après avoir en quelques mots constaté la situation dont quelques rares personnes s’obstinent encore à nier la gravité, M. Vauthier établit que le chemin de fer, malgré son apparente uniformité d’établissement, est une machine de transport d’une grande souplesse, dont le travail peut varier suivant les lieux et les circonstances dans une énorme proportion, mais qui, comme toutes les machines, doit être appropriée au travail qu’il a à effectuer. Si le trafic est considérable, il faut une machine puissante dont le prix d’installation peut être élevé. Si, au contraire, il est faible, la machine doit être de petite puissance et peu coûteuse d’établissement (2).
- Or, ce qui influe surtout sur la puissance d’une ligne, c’est le régime de ses pentes et de ses courbes, de ses pentes surtout.
- Avec une ligne à faibles pentes et à grandes courbes, le trafic peut être considérable et la traction se fait à peu de frais -, mais, d’un autre côté, comme la ligne est rarement établie sur un terrain plat, il a fallu racheter les accidents du sol par des remblais, des viaducs, des tranchées, des tunnels qui en augmentent beaucoup le prix de construction.
- Si au contraire on fait suivre à la voie toutes les ondulations du terrain, tous ces ouvrages coûteux sont évités, le prix d’établissement s’abaisse beaucoup, mais la traction devient plus difficile et plus chère, et l’on a un instrument de transport d’une puissance incomparablement moindre que dans le cas précédent.
- L’organisation de l’exploitation a également une certaine importance sur le résultat final. Une ligne où les trains seront nombreux, où le service des voyageurs sera complètement séparé de celui des marchandises, où les heures de nuit seront utilisées pour les transports, sera évidemment plus puissante que celle sur laquelle circuleront seulement un petit nombre de trains faisant à la fois le service des voyageurs et celui des marchandises.
- 11 semble donc rationnel de classer les chemins de fer suivant leur puissance, c’est-à-dire suivant le trafic qu’ils ont à desservir, et de construire et d’exploiter chaque ligne en raison de ce trafic.
- Si du reste on cherche à établir une formule qui permette d’évaluer les frais d’exploitation par kilomètre X pour un trafic détermine P, on se trouve conduit à donner deux termes à cette formule, l’un constant qui représente les frais généraux et ceux afférents au capital de construction, l’autre proportionnel au trafic,
- En établissant une semblable formule pour chaque ligne en particulier, on ne tarde pas à reconnaître que plus l’organisation est puissante, plus le trafic est considérable, plus le terme constant aug-
- (1) Voir noire dernier numéro.
- (2) M. de Ghavannes, ingénieur (Annules industrie lies).
- mente, mais plus le terme proportionnel diminue; de telle sorte que pour chaque cas il semblerait devoir y avoir une formule donnant le résultat le plus avantageux, et c’est en vue de réaliser cette formule qu’on doit construire et exploiter la ligne. En pratique, les choses ne peuvent évidemment pas se passer ainsi, et M. Vauthier estime que le nombre des formules applicabîes aux différentes lignes du réseau français devrait se réduire à trois.
- L’une pour les lignes à grand trafic pour lesquelles le rendement kilométrique brut est au moins de 30,000 fr.
- X r= 6,000 + 0,25 P
- L’autre pour les lignes de second ordre pour lesquelles le trafic est compris entre 10,000 et 30,000 francs.
- X = 3,000 + 0,35 P
- Et enfin une troisième pour les lignes dites d’intérêt local dont le trafic est inférieur à 10,000 francs.
- X= 1,500 + 0,50 P
- Quelques personnes trouveront peut-être que ces chiffres sont un peu faibles, surtout pour les deux premières formules, et objecteront que la formule qui représente les frais d’exploitation sur les lignes actuellement en exploitation devraient avoir des coefficients plus élevés. Mais M. Vauthier répond que cela tient à des causes sur lesquelles il reviendra tout à l’heure, et qu’en 1867, alors que la Compagnie d’Orléans, par exemple, n’avait qu’un réseau d’environ 3.000 k., lui donnant un produit brut en moyenne de 55 à 60,000, elle exploitait suivant une formule dont les coefficients étaient encore plusfaibles.
- X= 5,550 + 0,20 P.
- De même dans les années 67, 68 et 70, la Compagnie des Charentes, dont les recettes kilométriques étaient de 11,500, 15,000 et 12,000 fr., exploitait suivant une formule présentant également des coefficients plus faibles que ceux de la seconde.
- Si maintenant on veut faire produire à une ligne construite et exploitée de manière à répondre à l’une des formules ci-dessus un rendement qui sorte des limites que nous avons assignées, le prix d’exploitation augmente de suite beaucoup. Il faut donc que dans chaque cas la dépense de construction et le mode d’exploitation soient absolument appropriés au trafic à effectuer.
- C’est là du reste une chose qui paraît évidente par elle-même, mais qu’il a paru indispensable à M. Vauthier d’établir avec quelques détails, car elle semble avoir jusqu’ici été mise complètement en oubli en France. Toutes les lignes, surtout celles qui font partie du réseau des grandes Compagnies, ont été construites à peu près sur le même type et sont exploitées de la même manière.
- A suivre.
- Congrès de la propriété industrielle, tenu à Paris, du 5 au 17 septembre.
- Du discours d’ouverture prononcé parle ministre de l’agriculture, nous citerons le passage suivant :
- » Au point de vue pratique, les sociétés qui tiennent à mettre en honneur le travail et à le rendre fécond par les constatations utiles qui peuvent en découler, ont-elles à protéger les inventeurs et les inventions ?
- » Il semble que la sagesse des nations a résolu cette question par une sorte de force des choses, puisque vous savez tous comme moi que successivement nous avons vu tous les grands Etats arriver à faire des lois destinées à protéger la propriété industrielle.
- » On a remarqué, d’ailleurs, que dans les pays où la propriété industrielle n’était pas protégée, les inventeurs avaient quelquefois moins de zèle. Dans tous les cas, ils cherchaient à cacher les inventions qu’ils avaient faites, et cela au grand détriment du progrès et de l’industrie, qui a besoin de connaître les inventions nouvelles parce qu’elle en fait le point de départ de perfectionnements nouveaux.
- » Enfin, on a remarqué aussi que, lorsque certains Etats accordaient une protection qui était refusée dans d’autres, les inventeurs venaient naturellement se réfugier dans les Etats protecteurs, et, par conséquent, apporter le bénéfice de leur conception aux Etats qui avaient défendu leur travail.
- ’> C’est ainsi qu’on est arrivé à cette conséquence d’accepter presque partout la protection des brevets d’invention.
- » Mais une fois le principe admis, et lorsqu’on est convenu qu’il est nécessaire de protéger l’invention, il reste à savoir encore dans quelle mesure il sera possible de concilier deux intérêts qui sont considérables l’un et l’autre. Le premier est l’intérêt de l’inventeur, pour lequel il faut chercher une solution qui lui assure, d’abord, la possession, pendant un temps déterminé, de son invention, et lui évite, ensuite, les procès qui, comme vous le savez très-bien, sont en général la plaie, le fléau des inventeurs et transforment souvent en ruines regrettables les opérations dont ils espéraient retirer de grands avantages.
- » Le second intérêt, qui n’est pas moins considérable, c’est l’intérêt du progrès, qui demande que les inventions qui ont pu profiter pendant un certain temps à ceux qui les ont faites tombent dans le domaine public et appartiennent par con-j' séquent à tout le monde, »
- Résolutions votées par le Congrès.
- première séance. Vendredi 6 septembre 1818.
- 1. Le droit des inventeurs et des auteurs industriels sur leurs œuvres ou des fabricants sur leurs marques est un droit de propriété ; la loi civile ne le crée pas ; elle ne fait que le réglementer.
- (MM. Lyon-Caen, Pouillet, Droz, etc.)
- 2. Les étrangers doivent être assimilés aux nationaux.
- (M. Clunet, secrétaire du Congrès.)
- deuxième séance. — Samedi 7 septembre 1878.
- 1. Les stipulations de garantie réciproque de la propriété industrielle doivent faire l’objet de conventions spéciales et indépendantes des traités de commerce ainsi que des conventions de garantie réciproque de la propriété littéraire et artistique.
- (M. A. Grodet.)
- 2. Un service spécial de la propriété industrielle doit être établi dans chaque pays. — Un dépôt central des brevets d’invention, des marques de fabrique et de commerce, des dessins et des modèles industriels doit y être annexé pour la communication au public. — Indépendamment de toute autre publication, le service de la propriété industrielle doit faire paraître une feuille officielle périodique.
- (M. A. Grodet).
- 3. Il y a lieu d’accorder une protection provisoire aux inventions brevetables, aux dessins et modèles industriels ainsi qu’aux marques de fabrique ou de commerce figurant aux expositions internationales officielles, ou officiellement autorisées.
- (MM. A. Grodet,A. Rendu,secrétaires du Congrès.)
- 4. La durée pendant laquelle sont protégés les inventions, marques, modèles et dessins figurant aux expositions internationales officielles doit être déduite de la durée totale de la protection légale ordinaire, et non lui être ajoutée.
- (MM. A. Cahen, Ch. Lyon-Cayen, Pouillet, Droz, Huard.)
- 5. La protection provisoire accordée aux inventeurs et auteurs industriels qui prennent part aux expositions internationales officielles devrait être étendue à tous les pays qui sont représentés à ces expositions.
- (MM. Huard, Casalonga, Pouillet, Droz, Ch. Lyon-Caen.)
- 6. Le fait qu’un objet figure dans un exposition internationale ne saurait faire obstacle au droit de saisir réellement cet objet s’il est argué de contrefaçon.
- (MM. Bozérian, Couhin, Dumoustier de Fredilly, Pouillet, Droz, A, Rendu.)
- 7. Chacune des branches de la propriété industrielle doit faire l’objet d’une loi spéciale et complète.
- (MM. A. Grodet, comte de Maillard-Marafy, G. Lecocq, F. Tacon, C. Meissonnier, L. Jaubert.)
- 8. Il est â désirer qu’en matière de propriété industrielle la même législation régisse un Etat et ses colonies, ainsi que les diverses parties d’un même Etat. Il est également à désirer que les conventions de garantie réciproque de la propriété industrielle conclues entre deux Etats soient applicables à leurs colonies respectives.
- (M. Grodet'.
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- LA FABRICATION DU PAPIER
- La Machine à papier de M. Lhuilier, constructeur à. Vienne (Isère).
- 3me ARTICLE
- (Voir nos numéroâ des 19 et 26 août et 9 septembre,)
- La machine, avons-nous dit, possède trois paires de cylindres eomprimeurs ; ils sont montés dans trois cages, formées par îe bâti et placées à la suite les unes des autres, avec lm,20 d’intervalle environ. Dans chaque cage les deux cylindres sont superposés verticalement et réglés par des chariots de côté, munis de vis de serrage. Le cylindre inférieur est en bronze, le cylindre supérieur est en fonte serrée, voire dure ou très dure.
- (Nous reviendrons sur la construction de ces cylindres). Ils ont environ 0ia35 de diamètre, lm 70 de long et se raccordent par cônes à leurs tourillons.
- Chaque comprimeur pèse 900 kilogrammes ; il est en outre chargé aux collets par des poids, agissant aux extrémités de deux leviers, de 2m, 60 de longueur.
- Les poids ont la forme de rondelles suspendues à des tiges. Au 1er comprimeur, les leviers portent chacun une rondelle de 5 kilogrammes ; au 2e, ils en portent deux, et trois au troisième. Les points d’action des leviers sont dans le rapport de 0,20 à 2,60 • ils permettent d’établir une différence de 300 kilogrammes de charge entre le 1er comprimeur et le troisième.
- Le 1er feutre sans fin, qui reçoit le papier, obéit à l’action de traction produite par la pince des cylindres eomprimeurs ; il conduit le papier sous cette presse où il reçoit une pression de 1,100 kilogrammes environ et l’abandonne ; comme ce feutre est spécial à cette lre presse, il retourne à son point de départ, sous la conduite de petits cylindres, pareils à ceux que nous ayons vus appliqués à la toile métallique.
- Après cette lre pression, le papier, isolé, sent bientôt l’appel de traction des 2e* eomprimeurs ; il obéit, avance seul de 0,50 cent, pour venir se reposer sur le 2e feutre doublier, qui est affecté, spécialement aussi, au service de la 2e presse. Avec ce feutre le papier passe entre les nouveaux cylindres pour recevoir une 2e pression de 1,250 kilogr., à peu près ; puis, loin de quitter ce feutre aussi vite qu’il a quitté le précédent, il descend avec lui et le suit dans un profil sinueux, qui change et rétablit leurs positions respectives ; enfin il l’abandonne sous un angle très-aigu, d'un arc de 10 centimètres et de 1 mètre de rayon ; le feutre reprend son trajet sans fin et le papier qui, dans cette course au bas de la machine, a dépassé la position des derniers eomprimeurs, le papier, disons-nous, remonte jusqu’à eux et subit sa 3e pression en se joignant au 3e feutre, qui marche en sens contraire à celui des feutres précédents.
- Le contact du papier et du dernier feutre n’a duré que le moment de la pression ; celui-ci reprend son circuit sans fin dans le haut de la machine; celui-là, (le papier), reste adhérent, pendant une demi-révolution, au cylindre supérieur de la presse montante (3e presse).
- Des petits guides cylindriques, convenablement placés, détachent le papier de cette presse et le conduisent au doublier de l’appareil sécheur établi à la suite dans le même corps de bâti.
- Sous cette triple action des cylindres eomprimeurs, le papier doit subir de l’un à l’autre un certain allongement ; avec cet allongement, si l’on n’avait qu’un seul feutre doublier pour le service des trois presses, le papier serait forcé de se plisser de distance en distance en passant avec lui sous leurs cylindres; du reste dans ces conditions les cylindres ne pourraient avoir que la même vitesse; il y aurait alors mauvais travail.
- Il n’en est pas ainsi ; les trois séries de cylindres ont des vitesses différentes; ces différences, quoique peu sensibles, puisqu’elles ne doivent que compenser l’allongement du papier, qui n’est pas énorme, ont conduit d’abord à adopter trois doubliez; ensuite, à rendre les cylindres indépendants dans leurs mouvements, c’est-à-dire à leur donner pour commandes des transmissions indépendantes.
- Voici comment on les a établies ;
- Le grand arbre de transmission de tout l’ensem-
- ble commande par poulies, en face des presses, un 2e arbre, qui est au dessous de lui et qui traverse trois cages de bâti, fixées au mur où la transmission est prise ; dans chaque cage, cet arbre porte un cône lisse, au dessous duquel se trouve un 2e cône semblable, monté sur un petit arbre indépendant et tourné de façon que les cônes soient placés en sens opposé.
- Le cône supérieur de chaque cage commande par une courroie de 0U1,04 centim. seulement le cône inférieur correspondant ; on comprend alors qu’avec cette disposition, et suivant le travail, la courroie glissera d’elle-même longitudinalement sur les cônes et modifiera la vitesse du cône infé—
- 1 rieur, par suite celle de son petit arbre ; or, c’est cette dernière vitesse modifiée automatiquement et régularisée à tout instant qui est transmise par engrenages aux cylindres des presses ; ils pourront donc, à tout instant, jouir de vitesses nécessaires à un bon travail de fabrication.
- Pour bien fonctionner, ces cônes ne doivent pas être trop côniques ; leurs dimensions relatives doivent être les suivantes : longueur du cône, 2 fois 1/2 le grand diamètre : petit diamètre moitié du grand; dans notre cas le grand diamètre a 0m,25 ou 0m, 30.
- Nous avons quelques mots à dire sur la matière des cylindres eomprimeurs et sur leur construction.
- Dans toutes les machines à papier les cylindres eomprimeurs sont garnis de râteaux, pour les nettoyer et enlever les molécules de pâte désagrégée, qu’ils entraînent pendant le travail.
- Ordinairement ces râteaux sont animés d’un mouvement lent de va et vient, pour éviter que des corps érrangers, venant s’interposer entre le râteau et le cylindre et frottant toujours à la même place, rayent le bronze des cylindres. Dans cette machine, où l’on a établi les cylindres supérieurs des presses en fonte très-dure, ce mouvement des râteaux a été supprimé.
- Nous avions cru, un moment, que l’on avait trouvé une grande économie dans la substitution, au cylindre en bronze, d’un cylindre en fonte très-dure.
- Non ; si le cylindre en bronze pour ces presses vaut environ 2,000 francs, le cylindre en fonte est à peu près du même prix, eu égard aux difficultés que l’on rencontre dans sa construction, car, on nous l’affirme (M. Lhuilier et tout son personnel), ce cylindre est en fonte serrée, coulée en coquille. — Sur un échantillon de cylindre cassé à l’usine, nous trouvons bien l'indication de la fonte blanche à grain serré, c’est-à-dire de Ja fonte refroidie brusquement ; elle est un peu moins lamelleuse mais plus régulière de grain, moins miroitante mais plus blanche encore que la fonte qui a subi plusieurs fusions.
- Où l’on trouve de l’économie à employer de tels cylindres, c’est dans leur durée ; ils peuvent user deux ou trois manchons en bronze, avant que l’on songe ou à les retourner, (un 2e coup au tour), ou à les changer.
- Le seul inconvénient que ces cylindres présentent au point de vue de la construction, c’est qu’ils peuvent être plus cassants que les autres cylindres ; coulés entièrement en fonte blanche ces cylindres seraient très-cassants; mais en coquille, si l’effet de la coquille ne se produit qu’à une certaine profondeur de un à deux cent., l’épaisseur de fonte, qui vient après, reste de la fonte grise, qui est bien plus résistante.
- Ces cylindres ont environ cinq centim. d’épaisseur, quelquefois plus. Aujourd’hui, pour les grandes machines à laminer les métaux, on les emploie ; ils sont pleins alors, et nos moyens permettent de les tourner exactement.
- Pour la papeterie ces cylindres sont toujours suffisamment résistants ; ils sont libres dans leurs cages et ne supportent aux collets que les pressions que nous avons indiquées précédemment.
- Ils sont entraînés dans leur mouvement par les cylindres inférieurs, par la simple pression qu’ils exercent sur le drap qui les sépare; ces derniers sont établis de façon à avoir la commande par friction; nous dirons tout à l’heure un mot de leur construction.
- Nous n’avons pas à entrer ici dans les détails de la coulée en coquille, pour ces cylindres de 2ra,70 de longueur ; autrefois on se serait effrayé à l’idée de ce travail; aujourd’hui, les précautions, l’intelligence et l’expérience permettent de l’effectuer.
- Chacun sait que la coquille est le moule en métal, parfaitement tourné, lisse et propre à l’inté-
- rieur ; pour ces cylindres la coquille ne prend que la table, le reste est en fonte moins dure.
- De tout temps, pour les petites pièces, on a dit que la fonte en coquille remplissait mieux le moule que la fonte coulée au sable; il en est de même pour ces cylindres, qui peuvent venir assez réguliers et permettre le tournage en diminuant de beaucoup la quantité de matière à éliminer.
- Si la fonte remplit mieux le moule en coquille, cela tient aux effets de dilatation de la coquille, qui fournissent un peu de compensation dans le retrait.
- Pour ces pièces la coquille en fonte doit avoir de 0m,18 à 0m,20 d’épaisseur et, on le voit, la compensation est assez minime, car la coquille n’atteint pas une moyenne de température très-élevée ; cependant tous ceux qui ont démanché de grosses pièces à chaud, peuvent très-bien juger de Ta dilatation des coquilles, qui, eu égard à leur épaisseur comparée à celle de la pièce coulée, conservent très-longtemps leur chaleur.
- En remarquant la différence de dilatation qui existe entre la fonte et 1e fer, l’on est tenté de se demander si l’on ne pourrait procéder à cette coulée avec des coquillesen fer\ ces coquilles set aient moins épaisses, et l’effet de compensation du retrait serait bien plus grand, pour plusieurs motifs ; il est vrai qu’alors la fonte serait dure un peu moins profondément sur la pièce, mais elle aurait imité beaucoup mieux le moule en fer que le moule en fonte ; (aujourd’hui nous avons des arbres creux de marine de 0ra,60, voir à l’exposition).
- Comme le fer se dilate beaucoup plus que la fonte à la même température, une coquille en fer, ainsi dilatée, offrirait un bien plus grand diamètre et recevrait plus de matière en fusion : puis, comme cette épaisseur de matière est plus mince que la coquille, de la moitié ou des 2/3 environ, la fonte se prendrait dans une coquille dilatée, où s’effectuerait un retrait, différent pour les deux, mais qui permettrait à la fonte de remplir plus exactement le moule.
- Malheureusement la fonte bouillonne énormément lorsqu’elle est coulée dans le fer, elle en sort toujours piquée. Cela tient-il à l’oxyde de fer de moules non ajustés et malpropres ? En serait-il autrement avec uno coquille parfaitement en état ? C’est possible, mais nous ne risquons pas une affirmation.
- Cependant nous citons cette expérience :
- Quand on coule des poulies en deux pièces dans un même moule, pour former la jonction et intercepter la fonte, on place habituellement entre les deux parties, une tôle mince ; si la tôle est légèrement étamée, (fer blanc), les deux parties viennent très-propres de fonte ; si la tôle est nue, même nettoyée, ces deux parties de fonte sont toujours piquées ; (remarquons que cette tôle nue, même nettoyée, possèdetoujours une légère couche d’oxyde).
- Les coquilles en fer dureraient-elles plus que les coquilles en fonte ? En fonderie l’on dit : non, parce que la fonte en fusion attaqua plus vivement le fer que la fonte ; est-ce tout-à-fait prouvé ?
- Dans cette opération de la coulée en coquille, tous les cylindres ne viennent pas réussis ; l’intelligence du chef fondeur y est pouf beaucoup, ainsi que le choix et l’expérience des mélanges de fonte; les cylindres qui sont trop striés ou zébrés sont à rebuter, ils donneraient trop de travail au tour.
- Un cylindre, comme ceux qui nous occupent, bien propre de fonte, ne reste pas moins de trois semaines sur le tour -, comme les petits cylindres en fonte blanche, à laminer les métaux, il est mené très-lentement par multiplication d’engrenages.
- Bien centré, il a au plus un fort millimètre de faux rond ; l’ouvrier l’attaque à des distances très-rapprochées, en faisant plonger, jusqu’au rond, un solide outil ad hoc ; un micromètre le guide pour agir sur la vis du chariot. Quand le cylindre a été ainsi attaqué sur toute sa longueur, il présente tout au long une série de petites gorges contiguës-, leurs bords sont abattus plus aisément ; puis ce cylindre assez rugueux, est soumis à l’action de la meule k émeri.
- Cette meule est montée sur le chariot à la place de l’outil en acier, elle tourne à grande vitesse et atteint régulièrement le cylindre dans toutes ses parties; l'ouvrier suit à mesure le travail, compassé sa pièce et compense l’usure de la meule par un léger serrage.
- J. Elardin aîné,
- Ingénieur-constructeur, à Lyon-Mulatière A suivre.
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- H y a 8 numéros qui peuvent revivifier au minimum, suivant les grandeurs,
- 34 hect., 51 hect., 69 hect,, 86 heet., 103 hect., 130 hect., 138 hect. et 155 hect. Il occupe très-peu de place, par conséquent il emploie peu de briques : 6,920 ordinaires, et 1,528 réfractaires ordinaires pour le - plus grand numéro. L’emplacement est de lm60 à 3m de largeur;
- 3mà5 à 4m15 de long. ; la hauteur est de 2m60 à âmùO du côté de la touraille qui sèche le noir d’une manière parfaite par la chaleur perdue du four et sans aucuns frais.
- Un modèle de four BLAISE se trouve exposé à l’Exposition universelle, groupe VI, classe 52, n» 202, dans (e bâtiment annexe faisant face à l’avenue de La Bourdonnave.
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- Supplément au n° 318. — Lundi 23 Septembre 1878.
- REVUE DE L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de TEcole polytechnique.
- ( MM, DEBIÉ, Ingénieur civil.
- L. POILLON, ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LES MACHINES A VAPEUR
- A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- (17e ARTICLE).
- Voir nos numéros des 20 et 27 mai ; 3, 10, 17, 24 juin, 1”, 8, 15, 22 et 29 juillet, 5, 12, 26 août, 9 et 16 septembre .
- Les machines Compounds à double effet. (Suite).—La machine-pilon du Creusot.
- L’exposition du Creusot présente des machines de navigation très-remarquables et dignes de la réputation universelle des établissements Schneider. Nous ne nous y arrêterons pas néanmoins parce que les machines de navigation sortent du cadre que nous nous sommes tracé, et repondent à des conditions toutes spéciales. Mais nous avons remarqué également dans le pavillon du Creusot une machine motrice à deux cylindres verticaux Corn-pound du type dit machine-pilon.
- La machine-pilon est une machine relativement peu coûteuse, et nous avons été surpris de n’en avoir pasrencontré à l’Exposition de plus nombreux spécimens.
- Ce modèle est principalement applicable comme moteur d’ateliers. Il a l’avantage d’être établi complètement au-dessus du sol sur un simple bloc de maçonnerie. L’arbre moteur ou organe de fatigue principal est en bas et présente donc le maximum de stabilité. La superficie occupée est très-restreinte.
- ' Dans la machine-pilon du Creusot l’appareil de condensation est en contre-bas des cylindres. L’eau de condensation et l’eau d’entraînement y descendent donc tout naturellement. Il n'y en a que d’autant moins de chances de coups d’eau.
- La vapeur venant des chaudières est reçue dans un premier cylindre dit d’admission, comme dans toutes les machines Compound.
- Après y avoir fonctionné, elle passe dans un second cylindre, où son travail s’achève avec détente et condensation. L’admission de la vapeur aux cylindres est réglée par des tiroirs à introduction variable, et il est donc facile de régler toutes les conditions de marche pour réaliser le maximum d’économie.
- Les éléments principaux de cette machine sont les suivants :
- Cylindre d’admission 0,32;
- Cylindre de détente 0,54 ;
- Course commune 0,65 ;
- Nombre de tours variable de 0 à 80.
- En résumé, la machine-pilon du Creusot est une machine dont on peut attendre, comme système, des résultats aussi parfaits que ceux que peuvent donner les meilleures des autres machines Compound à double effet. Quant à la question de construction et d’exécution, inutile de s’y arrêter en présence de la provenance ou marque de fabrique.
- L. POILLON,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- LES CONGRÈS ET CONFERENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- 7e et dernière série des Conférences.
- La septième et dernière série des conférences publiques du palais du Trocadéro est composée de la manière suivante :
- Mercredi 18 septembre. — Conférence sur le droit international, par M. Ch. Lemonnier, président de la ligue internationale de la paix et de la liberté.
- Jeudi 19 septembre. — Conférence sur la céramique monumentale, par M. Sédille, architecte.
- Samedi 21 septembre. — Conférence sur la teinture et les différents procédés employés pour la décoration des tissus, par M. Blanche, ingénieur et manufacturier, membre du conseil général de la Seine.
- Mardi 24 septembre. — Conférence sur les chemins de fer sur route, par M. Chabrier, ingénieur civil, président de la compagnie des chemins de fer à voie étroite de la Meuse.
- Mercredi 25 septembre. — Conférence sur les conditions d’équilibre des poissons dans l’eau douce et dans l’eau de mer, par M. le docteur A. Moreau, membre de l’Académie de médecine.
- Jeudi 26 septembre. — Conférence sur l’usage alimentaire de la viande de cheval, par M. E. De-croix, vétérinaire principal, fondateur du comité de propagation pour l’usage alimentaire de la viande de cheval.
- Samedi 28 septembre. — Conférence sur les freins continus, par M. Banderali, inspecteur général du service central du chemin de fer du Nord.
- Les conférences ont lieu à deux heures précises, dans la salle du pavillon de gauche (côté de Passy).
- Conditions techniques et économiques d’une organisation rationnelle des chemins de fer.
- Par M. L.-L. Vaüthier,
- Ingénieur des Ponts et Chaussées
- — Suite (I) —
- il est également un autre facteur qui influe notablement sur les dépenses d’exploitation d’un réseau, c’est son étendue. Une ligne trop courte est grevée de frais généraux trop considérables et exploite chèrement.
- Aussi, en 1852, si on excepte les compagnies du Nord et celle de l’Est, déjà fortement constituées, les chemins de fer du territoire étaient partagés entre vingt-cinq ou vingt-six compagnies n’ayant pas chacune en moyenne 100 kilomètres à exploiter, aussi ne tarda-t-il pas à se manifester une tendance à la concentration qui aboutit à la constitution des six grandes Compagnies. Mais ce mouvement excellent dans l’origine dépassa le but; le réseau des compagnies s’étendit trop et aujourd'hui les frais d’exploitation augmentent dans une notable proportion. En 1857, par exemple, les six grandes compagnies dont le réseau avait une étendue totale de 6,000 kilomètres environ, exploitaient à 40 0/0 du produit brut, ce produit étant de 40,000 fr. environ par kilomètre. En 1869, l’étendue du réseau avait doublé et les lignes classées dans l’ancien ré-
- (I) Voir nos precedents numéros.
- seau étaient exploitées à 42 0/0 do produit brut, ce dernier s’étant élevé à 60,000 fr. par kilomètre.
- M Vaüthier pense en effet que lorsque l’étendue d’un réseau aux mains d’une même compagnie dépasse 1,500, 2,000 ou au grand maximum 2,500 kilomètres, les frais d’exploitation augmentent rapidement.
- Jusqu’à cette limite ils diminuent, car on peut pousser plus loin la division du travail qui, dans les chemins de fer comme dans toutes les autres industries, diminue le prix de revient. Mais cette division a une limite; au delà d’un certain point, on ne peut plus la pousser plus loin et on est conduit alors, peur rendre l’exploitation possible, à juxtaposer des administrations ou des ateliers de même nature, et il faut un état-major coûteux pour les réunir. C’est ce qu’ont dû faire les grandes Compagnies en créant sur leurs réseaux des centres de direction plus ou moins rattachés au centre principal et étendant leur pouvoir sur une région déterminée.
- La distinction faite dans chaque Compagnie d’un ancien et d’un nouveau réseau n’a pas de sens'au point de vue technique. Le nouveau réseau n’est qu’un ensemble de dignes en général de peu d’étendue, isolées les unes des autres et qui ne peuvent être exploitées séparément comme cela devrait être.
- Ni comme construction ni comme exploitation elles ne diffèrent bien sensiblement de celles de l’ancien réseau.
- •En 1874, la longueur totale des anciens réseaux des six grandes Compagnies était de 9,208-kilomètres, ayant coûté 535,500 fr. par kilomètre, et celle des nouveaux réseaux de 7,975 kilomètres, ayant coûté 414,000 fr.
- Si l’on tient compte d’autre part que plus des deux tiers des lignes du premier sont à deux voies, que pour le dernier tiers les terrassements et les ouvrages d’art ont été faits pour deux voles -, tandis qu'au contraire les 5|6 des lignes du second sont à une seule voie, et pour beaucoup d’entre elles les terrassements et les ouvrages d’art n’ont pas été prévus pour deux voies, on verra que, ramenés au même type, la dépense a été sensiblement la même pour l’un et pour l’autre.
- Mais comme le rendement moyen du premier est de 60,000 fr. par kilomètre et celui du second de 20,000 fr. seulement, on ne doit pas être étonné en constatant que tandis que l’ancien réseau donne un produit net de 6,86 0/0 du capital d’établissement, le nouveau ne donne que 1,30.
- Pendant cette même année, le prix de revient de l’unité de trafic (tonne kilomètre ou voyageur kilomètre) se décomposait ainsi :
- Ancien Nouveau réseau. réseau.
- Exploitation ..... 2e,66 4e
- Intérêt et amortissement. 2e,13 5e,45
- 4e,79 9e,45
- Les prix moyens qui ressortent des tarifs étant de 5,46 par voyageur et de 5,91 par tonne de marchandise, on voit que pour l’ancien réseau ce prix est rémunérateur, tandis que pour le nouveau il laisse un déficit considérable.
- 11 est donc impossible de réclamer des abaissements de tarifs dans cette situation ; au contraire l’Etat a été obligé d’intervenir pour parfaire à l’insuffisance des recettes du nouveau réseau, de là les garanties d’intérêt qui lui coûtent annuellement de 40 à 45 millions.
- En présence de cette garantie les Compagnies se sont trouvées à peu près désintéressées dans l’exploitation des lignes du nouveau réseau et
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- n’ont plus alors songé qu’à construire ces lignes dans les meilleures conditions de manière à s’en faire un instrument aussi commode, aussi perfectionné que possible. De là cette dépense énorme de 414.000 fr. par kilomètre pour des lignes dont le rendement brut dépasse à peine 20.000 francs.
- L’étendue de ce réseau étant d’environ 8.000 kilomètres, il aurait suffi d’économiser 100,000 fr. par kilomètre et de ramener le prix d’établissement à 314.000, chose évidemment facile pour des petites lignes à petit trafic, pour avoir un capital de 800 millions dont l’intérêt représente à peu près exactement la somme que l’Etat verse chaque année aux Compagnies à titre de garantie d’intérêt.
- Ayant rappelé tous ces chiffres pour bien établir la situation présente, M. Vauthier passe ensuite à l’examen du régime qui lui semblerait le plus rationnel.
- Il commence par déclarer qu’il ne veut altérer en rien l'unité du réseau de nos voies de transport, il ne veut donc toucher ni à la largeur de la voie ni même au poids des rails.
- Il propose simplement de constituer deux réseaux, l’un à grand trafic qu’il appelle réseau national, l’autre à trafic moindre qu’il désigne sous le nom de réseau régional. Le premier comprendrait les grandes artères de la circulation, toutes les lignes qui réunissent Paris aux grands centres manufacturiers, aux grands ports de commerce en feraient partie, ainsi qu’un certain nombre de lignes transversales, reliant les grands ports de l’Océan aux centres industriels de notre frontière de l’est. Ces dernières lignes n’existent aujourd’hui qu’à l’état de tronçons exploités isolément par des Compagnies différentes et sont loin dans ces conditions de rendre tous les services qu’on en peut attendre.
- Dans les mailles de ce premier réseau se constitueraient alors une série de réseaux régionaux de moindre importance, mais pouvant être exploités séparément, car au lieu de se composer comme aujourd’hui d’une série de tronçons isolés sans lien entre eux, ils constitueraient de véritables réseaux continus et indépendants, venant en un certain nombre de pointsverser leur trafic dans les grandes lignes nationales qui les entoureraient de toute part sans les pénétrer. On pourrait alors exploiter chacun de ces réseaux comme il doit l’être eu égard à la région dans laquelle il se trouve, à l'importance et à la nature du trafic qui doit l’alimenter.
- M. Vauthier a dressé une carte sur laquelle il a fait la répartition dans les deux réseaux de toutes les lignes actuellement existantes. Nous ne pouvons malheureusement la reproduire ici, l’auteur d’ailleurs ne la donne que comme un exemple, pour bien faire comprendre sa conception sans prétendre qn’il n’y ait pas de modification à y apporter. Elle lui sert en outre à montrer combien les réseaux régionaux sont encore incomplets et combien il est urgent de les achever par les lignes dont la construction fait actuellement l’objet des efforts de M. de Freycinet.
- Le premier réseau devrait à tous les points de vue rester entre les mains de l’Etat, M. Vauthier considère les transports sur ces grandes artères comme un service public qui devrait être rempli en dehors de toute préoccupation commerciale, uniquement en vu des intérêts économiques du pays. 11 voudrait en taire en outre une sorte de régulateur des transports.
- Mais l’Etat étant en général inhabile à effectuer un service de ce genre, l’exploitation de ces lignes serait faite pour son compte et à ses risques par des compagnies d’exploitation, en vertu de tarifs invariables fixés chaque année par la loi des finances comme les impôts eux-mêmes. Il serait alors possible à la France de lutter dans des conditions avantageuses contre la concurrence étrangère. Elle pourrait conserver sur son territoire la grande ligne de transit intereuropéen que l’Italie et l’Allemagne cherchent aujourd’hui à nous enlever au prix de tant d’efforts, efforts qui semblent malheureusement fne pas rester stériles dans l’état actuel de nos chemins de fer.
- Quant aux réseaux régionaux qui sont à compléter, il vaudrait mieux les laisser dans les mains de l’industrie privée ; ils pourraient alors vivre, car ils ne seraient plus comme aujourd’hui en guerre avec les puissantes compagnies qui les enserrent, mais deviendraient les affluents nécessaires des grandes lignes nationales.
- Telle est en quelques mots l’organisation rationnelle que voudrait voir adopter M. Vauthier. Cela
- serait facile si l’on se trouvait en présence d’un terrain vierge et que tous les chemins de fer fussent à construire, mais il n’en est pas ainsi, et si l’on croit sa conception susceptible de donner des résultats avantageux, on se trouve forcément amené en présence de ce grand fait qui depuis quelques années a donné lieu à tant de controverses : le rachat général par l’Etat de tous les chemins de fer.
- Cette opération est l’objet de grandes appréhensions, et on y a opposé de grands inconvénients. Mais presque toutes ces craintes viennent de cette conviction que l’Etat ne saurait exploiter économiquement les chemins de fer et que l’administration est impropre à toute entreprise industrielle. Cela est vrai -, mais si, par l’organisation proposée, on fait disparaître ces défauts, la question se simplifie et se réduit à ceci : Exploités rationnellement de la manière indiquée, les chemins de fer rapporteraient-ils autant, plus ou moins qu’actuellement?
- S’ils produisent autant, la situation ne sera pas changée. Comme aujourd’hui, il lestera chaque année un déficit de 40 ou 45 millions que l’Etat devra combler. Mais s’ils produisent plus l’Etat profitera de l’accroissement et verra sa part contributive diminuer. Enfin, s’ils produisent moins, sa situation serait aggravée.
- Or M. Vauthier est convaincu et semble avoir fait partager sa conviction à une grande partie de ses auditeurs, que grâce au système d’exploitation qu’il préconise le produit net augmentera notablement par suite de la diminution des frais d’exploitation. Il pense donc que le rachat ne pourrait qu’être avantageux à l’Etat.
- Les conditions mêmes de ce rachat sont déterminées par les cahiers des charges et ne présenteront aucune difficulté. L’opération lui semble donc non-seulement possible mais encore avantageuse, et il croit d’ailleurs que l’Etat sera amené, dans un avenir peu éloigné, à l’effectuer.
- Il termine en montrant l’importance capitale’ qu’il y a pour la France à organiser fortement ses moyens de transport, dans un moment où l’Europe est si profondément troublée tant au point de vue politique qu’au point de vue industriel et économique.
- ..«4»-------
- Congrès international de la propriété industrielle
- TENU A PARIS EN 1878.
- Nous reprenons, d’après le compte-rendu officiel, le résumé des séances du Congrès de la propriété industrielle.
- SÉANCE DU 5 SEPTEMBRE 1878.
- La séance d’ouverture du congrès international de la. propriété industrielle a eu lieu dans l’une des salles du palais du Trocadéro, sous la présidence de M. Teisserenc de Bort, ministre de l’agriculture et du commerce, l’un des présidents d’honneur du congrès. M. de Chlumetzky, ministre des travaux publics de l’empire d’Autriche, également l’un des présidents d’honneur du congrès, avait pris place au bureau à côté de M. Teisserenc de Bort.
- M. le ministre de l’agriculture et du commerce a ouvert la séance et prononcé l’allocution dont nous avons donné la partie principale dans notre dernier numéro.
- Après cette allocution chaleureusement applaudie, M. le ministre a donné la parole à M. Bozé-rian, l’un des vice-présidents du comité d’organisation, qui, dans un langage élevé, a retracé l’existence si bien remplie de l’illustre M. Renouard, que le comité d’organisation avait placé à sa tête et que la mort a enlevé au moment où il se préparait à diriger les travaux du congrès.
- Après ce juste tribut payé à la mémoire du savant jurisconsulte, M. Ch. Thirion, l’un des secrétaires du comité d’organisation a présenté, au nom de ce comité, un rapide exposé de la période préparatoire du congrès; il a constaté l’empressement avec lequel il avait été répondu aux invitations du comité ; plus de quatre cents adhérents, dont un cinquième de l’étranger, se sont déjà fait inscrire, et un grand nombre de gouvernements, de chambres de commerce, de sociétés savantes de la France et de l’étranger, ont désigné des délégués officiels chargés de suivre les travaux du congrès.
- MM. Barrault, Lyon-Caen, Bozérian et de Maillard de Marafy. rapporteurs des sections, ont ensuite donné lecture et déposé sur le bureau les rapports qu’ils avaient préparés au nom du comité d’organisation.
- Avant de se séparer, l’assemblée a procédé à la
- constitution du bureau définitif du congrès qui est composé de la manière suivante :
- Présidents d’honneur :
- MM. Teisserenc de Bort, ministre de l’agriculture et du commerce.
- de Chlumelzky, ministre du commerce et des travaux publics d’Autriche.
- C.-W. Siémens, ancien président du congrès des brevets d’invention, tenu à Vienne en 1873.
- Président :
- M. Bozérian, sénateur.
- Vice-Présidents :
- MM. Tranchant, conseiller d’Etat.
- Dumoustier de Frédilly, directeur du commerce intérieur au ministère de l’agricul-1 ture et du commerce.
- Meurand, directeur des consulats au ministère des affaires étrangères.
- Barbedienne, fabricant de bronzes.
- Bodenheimer, député au conseil des Etats, a Berne.
- Hegédüs, membre du parlement hongrois.
- Klostermann, conseiller intime à Berlin.
- Mullendorff, conseiller grand-ducal, à Luxembourg.
- de Nebolsine, conseiller d’Etat de Russie.
- Pollok, ingénieur civil, à Washington.
- Reuleaux, conseiller intime à Berlin.
- de Rosas, conseiller supérieur des finances d’Autriche.
- l’amiral Selwyn, Angleterre.
- Stoltz, ingénieur civil, Norwège.
- Torrigiani, membre du parlement d’Italie.
- Secrétaire général :
- M. Ch. Thirion, ingénieur à Paris.
- Secrétaires :
- MM. Clunet, avocat à la cour d’appel de Paris.
- Albert Grodet, secrétaire du comité du contentieux de l’Exposition.
- Ambroise Rendu, docteur en droit, avocat à la cour d’appel.
- Alexander, ingénieur à Londres.
- Biebuyck, avocat à Bruxelles.
- Kaupé, ingénieur à Saïnt-Pétersbourg.
- Cari Pieper, ingénieur civil à Dresde.
- Schmidt, ingénieur à Vienne.
- SÉANCE DU 6 SEPTEMBRE 1878.
- Questions générales.
- M. Bozérian, président; MM. Tranchant, Bodenneimer,
- Klostermann, Hegédüs, Mullendorff, de Nebolsine, Pollok,
- Reuleaux, de Rosas, amiral Selwyn, Torrigiani, vice-
- présidents.
- La discussion s’engage sur la nature du droit de l’inventeur, qui fait l’objet de la question n° i de l’ordre du jour, ainsi conçue : « Le droit des inventeurs et des auteurs industriels sur leurs ceur vres ou des fabricants sur leurs marques est un droit de propriété, qui a son fondement dans la loi naturelle ; la loi civile ne le crée pas ; elle ne fait que le réglementer. »
- M. Dupray de la Mahérie affirme que cette propriété est une propriété de droit commun au triple point de vue de l’histoire, de la philosophie et de l’expérience. Cette thèse est combattue par M. Couhin. M. l’amiral Selwyn, d’Angleterre, soutient que si l’inventeur a un droit de propriété reconnu par toutes les nations le public a des droits non moins importants. Ce sont ces droits qui doivent f servir de point de départ pour établir ceux qu’il convient d’accorder aux inventeurs.
- M. Droz trouve inutile de se livrer à des discussions métaphysiques ; il s’agit moins de rechercher d’où procède le droit* que de savoir ce qu’il est dans la législation positive. Les limitations dans la durée du droit, le défaut d’appropriation matérielle sont sans influence pour le caractériser; c’est une propriété d’une nature particulière, mais une propriété de droit commun. M. Jaubert soutient l’assimilation des deux propriétés. M. Limousin : l’invention est-elle le résultat d’un travail ? Oui, sans doute. Dès lors, elle est basée sur le principe même de la propriété tel qu’il est défini en économie politique.
- M. Wyse, s’exprimant en anglais, est du même avis.
- M. Turquetil soutient que la propriété industrielle est une propriété de droit commun.
- M. Gh. Lyon-Caen déclare que le congrès fera œuvre utile, au commencement de ses travaux en affirmant purement et simplement le droit de l’inventeur à la protection de la loi, sans entrer dans la discussion théorique du droit.
- M. Pouillet combat cet amendement. La question
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- théorique du droit a été posée au congrès, il faut qu’elle soit résolue par lui.
- M. Demeur, de Bruxelles, parle en sens contraire.
- Le congrès estime qu’il y a lieu de se prononcer sur la question de principe; il repousse la contre-proposition de M. Schreyer, de Genève, ainsi conçue : « Le droit des inventeurs et auteurs industriels est une création équitable et utile de la loi civile qui a concilié les droits de l’invention et de la société par la concession d’un monopole temporaire », et vote la question 1 dans les termes reproduits ci-dessus, toutefois avec le retranchement de ces mots « qui a son fondement dans la loi naturelle. »
- La question n° 2 est ainsi posée : « Les étrangers doivent être assimilés aux nationaux. »
- M. Glunet développe cette proposition.
- M. Imer-Schneider, délégué de la Confédération suisse, lit une déclaration au nom de son gouvernement. La Suisse estime qu’il faut exiger des étrangers la réciprocité de traitement.
- M. Ch. Lyon-Caen soutient la nécessité de la réciprocité.
- M.. Clunet insiste pour que le principe de la réciprocité soit écarté. Le bénéfice des lois nationales doit être assuré aux étrangers en dehors de toute condition. Ainsi le veut l’intérêt supérieur de la justice et de la morale. Ces principes du droit international moderne pénètrent déjà les lois positives. La France a donné l’exemple en 1819 (abolition du droit d’aubaine), en 1844 (brevets d’invention), en 1852 (propriété littéraire); l’Angleterre en 1862 pour les marques de commerce, etc.
- La répression de la fraude, au profit des propriétaires d’œuvres industrielles ou de marques, sans distinction de nationalité, est la base de tout accord international.
- M. Sève, consul de Belgique, appuie la proposition de M. Clunet.
- Le congrès adopte la question n° 2.
- A suivre.
- DIVERS
- Décret, du 11 septembre, relatif à l’application des fonds provenant de la loterie nationale.
- Art. 1er. — Il est institué près le ministre de l’agriculture et du commerce une commission chargée de répartir en quatre parts les fonds provenant de la loterie nationale, affectée à faciliter le voyage à Paris aux personnes peu fortunées qui, par leur profession et leurs aptitudes, peuvent être appelées à profiter de l’étude des produits et des appareils figurant à l’Exposition universelle de 4878.
- Art. 2. — Les demandes de subvention devront être adressées aux préfets, qui les transmettront au ministre avec leur avis. La commission instituée par l’article précédent classera ces demandes par ordre de mérite et elle arrêtera les listes qui seront soumises à la signature du ministre.
- Art. 3. — La commission étudiera les moyens les plus propres à rendre ces voyages aussi profitables que possible à l’instruction des délégués ; elle examinera dans quelles conditions des explications techniques pourraient être données à ces délégués pendant leurs visites dans l’enceinte de l’Exposition.
- ^ /Les membres de la commission sont MM. Arbel, Féray, Le Royer, Magnin, Martel, sénateurs; Con-stans, Gailly, Girerd, Laisant, Pascal Duprat, C. Sée, députés, et le préfet de police).
- La décoration du Palais de l’Industrie, pour la distribution des récompenses.
- Voici, d'après le journal le Temps, les dispositions adoptées pour la cérémonie.
- L’entrée du maréchal président aura lieu par la grande porte du salon des beaux-arts donnant sur les Champs-Elysées. Le cortège officiel se formera dans les salons qui s’ouvrent tout près de la grande porte d’entrée ; il s’avancera dans une vaste galerie jusqu’au milieu du Palais, puis il tournera à gauche et prendra place sur une estrade suivant la disposition qu’on va voir :
- GRANDS CORPS DE L’ÉTAT DÉPUTÉS — SÉNATEURS — DÉPUTÉS CORPS DIPLOMATIQUE CORPS DIPLOMATIQUE
- MARÉCHAL PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
- CONSEIL GÉNÉRAL CONSEIL MUNICIPAL
- DE LA SEINE DE PARIS
- Viendront ensuite :
- A gauche et A droite
- LES EXPOSANTS LES RÉCOMPENSÉS
- Au delà de la galerie dont nous avons parlé, se placera immédiatement le jury international des récompenses. Derrière le jury, un vaste emplacement sera occupé par le public. L’orchestre formidable composé de 1.675 musiciens sera placé sur une estrade, au fond de la grande nef, et fera ainsi face à l’estrade d’honneur.
- L’estrade réservée aux notabilités est située en face de l’entrée d’honneur dont nous avons parlé plus haut. Les loges du premier étage sont réservées aux dames. Disons tout de suite que chaque invité aura son numéro à une place déterminée et qu’il sera ouvert trente portes donnant accès au Palais sur toutes ses faces.
- L’estrade d’honneur contiendra environ 2,800 places. On a calculé que la salle pouvait recevoir 22,207 personnes.
- Quant à la décoration du Palais, disons que le vestibule d’honneur, par lequel le Président de la République fera son entrée, sera garni des plus riches tentures et de fleurs à profusion; les cinquante-six travées de la grande nef seront ornées d’immenses tapisseries de velours avec crépines d’or. En somme, tout ce que le luxe décoratif peut imaginer sera fait.
- Ajoutons que sur le grand dôme cintré et vitré de la grande nef sera placé un immense vélum destiné â protéger le public contre les rayons du soleil.
- Soixante-dix bannières aux armes de chacune des nationalités exposantes figureront dans l’intérieur où l’on verra de plus, comme en 1867, au milieu de la galerie centrale les trophées de chacun des groupes des produits exposés au Champ de Mars.
- LA FABRICATION DU PAPIER
- La Machine à papier
- de M. L’Huillier, constructeur à Vienne (Isère).
- 5me ARTICLE
- (Voir nos numéros des 19 et 26 août, 9 et 16 septembre).
- Après vient le travail à la meule en cuir, espèce de rodoir circulaire, agissant sur le cylindre par l’intervention de l’émeri fin ; le cylindre est imbibé d’huile pour maintenir cet émeri, qui enlève à la longue le trait formé par la meule précédente. — A la fin de toutes ces manipulations , l’ouvrier adroit et expérimenté peut livrer un cylindre très-bien calibré, à table parfaitement droite et parfaitement lisse.
- Comme nous l’avons déjà dit, le travail d’un pareil cylindre dure trois semaines ; l’on ne s’étonnera donc pas que sa valeur atteigne celle du cylindre en bronze, sur lequel il repose dans la machine et qui i’entrafne dans son mouvement de rotation.
- Nous avons dit que ce cylindre en bronze est commandé par friction; voici quelle est sa construction et. comment sont réunies ses diverses parties :
- Sa table est un fourreau en bronze de 2 à 2 1/2 centim. d’épaisseur, ajusté et fixé sur un cylindre en fonte ordinaire ; les têtes de ce cylindre portent un cordon, qui affleure le fourreau ; un peu en dedans sont les portées des cônes de friction.
- Ce cylindre est traversé par un arbre creux en fonte, qui porte avec lui, d’un côté, le 1er cône, et, de l’autre, le 2e cône emmanché à douille. — Dans cet arbre creux est établi un arbre en fer ; du côté du cône fixe, l’arbre en fer a une embase à son extrémité ; à l’autre extrémité, c’est une vis de serrage, qui agit sur la douille pour faire appliquer les cônes d’entraînement sur le cylindre ; c’est sur la douille qu’est monté l’engrenage de commande.
- L’ouvrier monteur est habitué à régler le serrage de Motion ; il doit être tel, qu’en cas d’accident, le cylindre soit paralysé dans son mouvement.
- Nous voyons, jusqu’à présent, la quantité énorme de travail qui entre dans la construction d’une machine à papier. Dans le prochain et dernier article nous nous occuperons des batteries de sé-cheurs, des lisseurs et des accessoires.
- Appareil séclieui*.
- Cet appareil se compose de neuf cylindres chauffés intérieurement par la vapeur ; ils sont établis
- sur un bâti à 2 étages, qui se raccorde avec le corps général de la machine. Ce bâti, dans ses deux parties latérales, est bridé par entretoises et tirants ; au bas sont pris six cylindres de même diamètre (0m90), et un 7e en queue, dont le diamètre est les 2/3 des autres ; ils ont tous leurs axes dans ie même plan horizontal; au-dessus se trouvent deux cylindres pareils de 0m90 de diamètre; l’un est en avant de l’appareil et la verticale de son axe passe au milieu de l’écartement laissé entre les deux premiers cylindres inférieurs, l’autre est à l’arrière dans la même position relativement aux deux cylindres inférieurs qui sont avant-derniers. La distance entre les cylindres du haut et du bas est de 0m80 environ.
- Le constructeur et le fabricant comptent ces cylindres par batteries ; la batterio est le nombre de cylindres desservis par un même feutre. Ici il y a 3 batteries, la lre comprend les deux premiers cylindres inférieurs, les cylindres supérieurs ne prenant pas le feutre, la 2e comprend les deux cylindres à la suite, enfin la dernière comprend les trois derniers cylindres. Dans cette dernière batterie le feutre s’enroule complètement autour au. petit cylindre, qui est appuyé contre le dernier des gros sécheurs avec lequel il pince le papier pour le livrer à la machine à enrouler avec une surface droite et uniforme.
- Entre la première et la deuxième batterie le bâti forme une arcade, ouvrant un passage entravers; ce passage est destiné à faciliter à l’ouvrier l’opération de l’amorçage au commencement de la fabrication.
- Amorcer la machine, c’est diriger sur chaque cylindre le bout du papier en formation ; on déchire ce bout en biais de façon à n’avoir que l’angle à présenter et accompagner à la main, après un tour ie reste suit dans toute sa largeur.
- Au-dessus de l’arcade en question se trouvent deux cylindres lisseurs destinés à unir le papier déjà chauffé légèrement ; ils n’ont rien de particulier.
- Il est à remarquer que les sécheurs supérieurs sont destinés à chauffer le papier du côté opposé à celui où il reçoit la chaleur des cylindres inférieurs; leur position que nous avons indiquée a dû le faire comprendre. Tous les cylindres inférieurs chauffent le papier d’un côté, les cylindres supérieurs le chauffent de l’autre et sur eux seuls le papier est isolé, c’est-à-dire sans doublier.
- (L’écartement des cylindres d’une même batterie est de 0m2O environ, ils ont tous la même longueur lm70.)
- Voici quelle est la marche du papier dans cet appareil. 11 aborde le 1er cylindre presque tangen-bellement à son intersection avec le plan horizontal des axes, le doublier vient i’y joindre sous un angle plus prononcé et le tient serré sous ce cylindre pendant à peu près la 1/2 révolution ; ensuite le papier monte isolément pour présenter sa face opposée au cylindre supérieur, il l’entoure 3/4 de révolution et redescend sous le 2e sécheur du bas où il retrouve le doublier ; de là il va au lissage.
- Le feutre a abandonné le 1er sécheur avec l’inclinaison qu’ii avait en l’abordant ; cet angle avec le plan tangent vertical sera toujours le même pour tous les feutres, soit qu’ils prennent ou qu’ils abandonnent un cylindre quelconque.
- Ce sont deux petits guides cylindriques qui dirigent ainsi le feutre ; ils sont placés sur le bâti au niveau supérieur des gros cylindres et assez rapprochés entre eux, c’est à cette hauteur qu’ils arrêtent le feutre pendant l'ascension du papier au 2e étage.
- A la 2e batterie, où il n’y a pas de cylindre supérieur, le papier se sépare néanmoins de son feutre entre les sécheurs, pour cela on a disposé, un peu au-dessus des guides du feutre, deux nouveaux guides pour le papier. Cette séparation intermittente du papier, et du feutre facilite l’évaporation et active le séchage.
- A la 3e batterie le papier refait le trajet qu’il a effectué à la lre batterie et quitte définitivement la machine.
- L’on a bien compris que, dans son mouvement, le papier, en dehors de l’action des cylindres, obéissait à l’appel de traction fait par les pinces des cylindres lisseurs et des derniers cylindres.
- Une commande à friction, placée en tête de l’appareil sécheur, donne le mouvement à tout son ensemble; ce mouvement, elle le reçoit de la transmission générale par les moyens ordinaires et le transmet à chaque cylindre par roues d’engrena-
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- 252 Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- !>(>, rue Blanche
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- ges et pignons droits ayant entre eux le même diamètre.
- Nous n’avons pas à insister sur ce mode de commande à friction, il est assez connu et s’applique, en dehors de la papeterie, à toutes machines à apprêter.
- Le chauffage des cylindres à la vapeur se fait de manière que chacun d’eux soit régulièrement chauffé. C'est là le point capital.
- Pour cela, tous les cylindres sont venus à la fonte avec des tourillons creux, la vapeur y pénètre en entrant d’un côté par un tourillon et sort du côté opposé par l’autre tourillon.
- Ges cylindres ne doivent pas avoir la même température, c’est-à-dire que chacun d’eux ne prend pas la vapeur sur une même conduite allant au générateur, comme dans, les machines à sécher les étoffes ^ ils se passent la même vapeur de l’un à l’autre, elle entre en queue de l’appareil et va ainsi d’un cylindre à l’autre jusqu’au premier : c’est le dernier cylindre du 2e étage qui reçoit la première vapeur, elle lui est abondamment fournie, il la distribue aux autres sans interruption.
- Les conduites en cuivre, qui relient les cylindres deux à deux, sont prises par des presses-étoupes établis aux bouts des tourillons; si la conduite des deux premiers cylindres est à droite de l’appareil, celle du 2e au 3e est à gauche et ainsi de suite ; elles offrent à la vapeur un chemin tout à fait sinueux. Chaque conduite a un profil cintré pour parer aux effets de dilatation.
- Nous avons dit que le dernier cylindre du haut recevait la première vapeur ; son semblable, en avant de l’appareil, reçoit aussi directement du générateur, car la vapeur, qui a déjà traversé 7 à 8 sécheurs, n’a plus de tension pour s’élever jusqu’à ce cylindre, il resterait froid; le jet qui lui est fourni est assez mince pour que sa température soit une moyenne entre celles des deux cylindres de la première batterie, au-dessus de laquelle il est placé ; il évacue à l’air libre.
- IL y a une limite à la température des cylindres : la chaleur ne doit pas arriver à attaquer les matières, qui sont entrées dans la préparation du papier.
- Les derniers cylindres ne doivent pas être à plus de 90 à 100 degrés et la chaleur des premiers cylindres doit être presque supportable à la main. De cette façon le papier n’est pas saisi, ni soumis à la rupture par de brusques effets de contraction, il conserve parfaitement sa blancheur..
- Par suite d’une évaporation lente et graduelle, il conserve sa souplesse et peut être obtenu très-régulier.
- La vapeur n’arrive guère au cylindre d’admission qu’à la tension de 1 k. 1 /2 soit environ 108° à 109°, elle est réglée de telle façon que, eu égard à la décroissance continuelle de température par le rayonnement, on obtienne la température constante de séchage que nous avons indiquée pour la fin de l’opération.
- La vapeur parcourt le cylindre d’un bout à l’autre pour que toute la table soit dans le même état calorifique, elle passe ensuite au 2e, puis au 3e et se condense en partie dans cette circulation en produisant l’économie énorme due à la chaleur latente dégagée pendant la condensation.
- Il résulte de ce qui précède que l’opération du séchage se fait d’abord à l’eau chaude puis à la vapeur et que cette méthode est de beaucoup la plus économique et la mieux appropriée à la fabrication.
- En raison de cette utilisation des eaux chaudes de condensation, l’on s’est beaucoup moins occupé de purge et purgeurs automatiques pour ces appareils que pour ceux destinés aux étoffes. Une Danaïde, croyons-nous, fonctionne dans le cylindre ie moins chaud.
- Sans autres explications le praticien comprendra comment tout se passe dans les cylindres ; il comprendra aussi que le conducteur, à chaque mise en marche, doit s’assurer d’abord de leurs températures ; il comprendra enfin que cette partie de la machine demande encore des perfectionnements pour obvier aux inconvénients des excès d’eau.
- La machine Verny à couper le papier, dont nous avons parlé déjà, est assez connue pour que nous n’insistions pas ; suivant nous, son patin d’appel doit être aussi large que possible, pour maintenir le papier, dans toute sa largeur, sous les couteaux circulaires et éviter tout refoulement de côté, par suite fausses coupes.
- La machine a enrouler brille par sa simplicité et marche parfaitement bien; les grands cercles porteurs sont manœuvrés à la main pour changer de place les cylindres enrouleurs au fur età mesure qu’ils sont garnis ; ces derniers obéissent, à tour de rôle, à une courroie très-lâche allant de l’axe des cercles à l’enrouleur en travail.
- Nous avons entendu bien des opinions au sujet de le machine L’Huillier ; les quelques critiques ne venaient que des parties intéressées à critiquer. Tel, par exemple, qui possède à l’Exposition un épurateur vieux modèle, un type délaissé, trouve à redire sur le nouvel épurateur de M. L’Huillier : « Il emmagasine trop les matières, il est sujet à des nettoyages fréquents. »
- A ceci nous répondons qu’avec les matières inférieures employées presque généralement aujourd’hui à la fabrication, l’épurateur à fort à faire et beaucoup à séparer. Les fabricants, du reste, ont reconnu la valeur de cet appareil et, dans les ateliers de M. L’Huillier, nous avons vu de nos yeux différents types d’épurateur, d’auteurs connus, qui y avaient été envoyés pour être transformés en modèle L’Huillier, à diaphragme intérieur faisant pompe double et divisant la caisse en deux parties, dans lesquelles s’agitent 3 disques d’appel à surfaces décroissantes dans les rapports de 1, 3/4,1/2 à partir du milieu.
- Nous remarquons dans cette machine à papier une longueur de toile métallique beaucoup plus grande que dans n’importe quelle machine. •
- Le constructeur a eu parfaitement raison ; le mouvement transversal de ia toile vient s’amortir sans effets de tension ou de contraction opposés et sans risque de désagrégation de matière, même dans les numéros les plus fins ; il assure d’autre part à sa toile métallique une durée beaucoup plus grande.
- Tout le mécanisme qui se trouve lié à cette première partie de la machine jouit, de la plus parfaite régularité.
- Quant aux presses, nous pouvons dire que M. L’Huillier excelle dans la fabrication des cylindres à papier ; ses cylindres, examinés minutieusement en détail à l’usine, présentent partout l’ajustage le plus fini.
- Au sujet des sécheurs nous dirons qne M. L’Huillier a toujours eu à s’applaudir de son mode de circulation de vapeur. Dans des types différents, où la vapeur arrive et peut s’échapper d’un même côté du cylindre par une conduite à double douille, on a reconnu que le papier qui sortait des sécheurs était assez souvent garni de godures, lisse à droite, godé à gauche suivant la position de la prise de vapeur.
- La cause de ce mauvais résultat est due simplement à la répartition irrégulière de la chaleur dans les cylindres ; les cylindres faisant alors fours de chaleur, ne sont pas chauffés au fond, car la vapeur cherche toujours à s’en échapper avant d’avoir pu atteindre ce fond. M. L’Huillier a été appelé maintes fois pour remédier à des inconvénients de ce genre et pour modifier ces appareils.
- L’installation à l’Exposition de la machine L’Huillier, fonctionnant et produisant le papier, doit surprendre, si l’on songe aux difficultés qu’il a fallu vaincre, en peu de temps, au milieu du bouleversement du Champ de Mars ; si l’on songe que dans la classe 60 il a fallu se créer jusqu’à des attaches de transmissions, des murs, et établir cette transmission, assez complexe déjà par elle-même, suivant la disposition des lieux : tout cela, en dehors des travaux de fondations des machines (30 mètres de longueur), transports, montage, branchements des eaux, etc., etc.
- Certes M. L’Huillier a eu confiance en lui ; il a su persuader MM. Darblay, nos grands industriels de Corbeil ; il a la satisfaction, tout en mettant sous les yeux de nos fabricants de belles machines, de leur montrer qu’au début d’une fabrication il n’est pas toujours besoin d’un local particulier pour recevoir les machines à papier, qu’un simple hangard peut suffire, jusqu’à nouvel ordre, comme à l’Exposition.
- J. Elardin aîné,
- ingénieur-constructeur, à Lyon-Mulatière.
- LISTE DES RÉCOMPENSES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- GRANDS PRIX
- V« GROUPE
- INDUSTRIES EXTRACTIVES
- CLASSE 43. — Produits de l’exploitation des mines et de la métallurgie.
- Autriche. — Société de Duneberg.
- Belgique. — John Cockerill; Société anonyme de la Vieille-Montagne.
- Grande-Bretagne. — Sir J. Whitworth et G»., Manchester ; sir John Brown et G0, Sheffield ; Cam-mel et G°, Sheffield; Johnson Mathey, London.
- France. — Schneider et Ge; Laveissière et fils; Société anonyme de Terre-Noire, Lavoulte et Bes-séges ; Marrel frères; Jacob Holtzer et C«; A. Du-renne ; Victor Thiébault et fils.
- Hongrie. — Société impériale et royale des chemins de fer de l'Etat.
- Russie. — Prince Demidofî, prince de San-Donato.
- Vie GROUPE
- outillages et procédés des industries mécaniques.
- CLASSE 50. — Matériel et procédés de l’exploitation des mines.
- Autriche. — Société impériale et royale des chemins de fer de l’Etat.
- Belgique. — John Cockerill; J. Chaudron. France. — Schneider et G°.
- CLASSE 52. — Matériel et procédés des usines agricoles et des industries alimentaires. Frange. — Linard; Gail et G«; Savalle fils et G».
- CLASSE 54. — Machines et appareils de la mécanique générale.
- Etats-Unis. — Wheelocq.
- Grande-Bretagne-. — Sir J. Whitworth et G0, Manchester ; Galloway et Sons, Manchester.
- France. — Engel ; Weyher et Richemond ; Tho-masset; Piat; Farcot et fils.
- Suisse. — Sulzer frères; Colladon; Société de Wintherthur.
- CLASSE 55. — Machines-outils. Grande-Bretagne. — Tweddell, London. France. — Warrall, Elwel et Middleton.
- CLASSE 56. — Matériel et procédés du filage et de la corderie.
- Grande-Bretagne. — Platt, Brothers et C>«, Oldam.
- CLASSE 57. — Matériel et procédés du tissage.
- Grande-Bretagne. — George Hodgson, Brad-ford.
- CLASSE 60. —- Matériel et procédés de la papeterie et des impressions.
- France. — Marinoni ; Lhuillier.
- CLASSE 64. — Matériel des chemins de fer. France. — Schneider et G«.
- CLASSE 65. — Matériel et procédés de la télégraphie.
- ETATs-Unis. — Edison; E. Gray. Grande-Bretagne. — Bell. Alex. G., London. France. — Baudot; Meyer.
- CLASSE 67. — Matériel de la navigation et du sauvetage.
- Grande-Bretagne, — Penn et Sons, Greenwich. Frange. — Société des forges et chantiers de la Méditerranée; Schneider et Ce; Farcot et fils.
- DIPLOMES D’HONNEUR
- VIe GROUPE
- CLASSE 54. — France : Association des propriétaires d’appareils à vapeur ; Société des ingénieurs civils.
- Hongrie. — Société impériale et royale des chemins de fer de l’Etat.
- Russie. — Ecole impériale technique de Moscou.
- CLASSE 55. — Grande-Bretagne : Sir J. Whitworth et G0, Manchester.
- Russie. — Ecole impériale technique de Moscou.
- (A suivre.)
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- Paris LE CONSTRUCTEUR 56, rue Rlanche.
- Supplément au n° 319. — Lundi 30 Septembre 1878.
- REVIE DE L EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
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- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de l’Ecole polytechnique.
- j MM. DEB1É, Ingénieur civil.
- \ L. P01LL0N, ingénieur civil.
- RÉDACTEURS.....................j BOUVET, Ingénieur civil.
- J E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ! ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LES MACHINES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- (18e ARTICLE).
- Voir nos numéros des 120 et 27 mai ; 3, 10, 17, 24 juin, 1er, 8, 15, 22 et 29 juillet, 5, 12, 26 août, 9, 16 et 23 septembre.
- Les machines Compounds à double effet. (Suite). — Les machines Dubuc.
- Nous terminerons notre revue des machines Compounds à double effet de l’Exposition par les machines Dubuc, dont est exposé un spécimen des-liné à une élévation d’eaux pour la ville de Dam-martin.
- Au moyen de dispositions spéciales employées dans la distribution, les machines Dubuc à deux cylindres peuvent fonctionner à volonté soit avec admission au petit cylindre seul et détente dans le grand, soit avec admission de vapeur dans les deux cylindres à la fois si l’on veut augmenter le travail développé. On peut également, si une réparation urgente est à faire au mécanisme de l’un des cylindres, marcher avec l’autre seulement.
- Les manivelles correspondant aux deux pistons sont à angle droit, ce qui augmente la régularité du mouvement.
- Les deux cylindres (fondus ensemble) sont surmontés d’une boîte à soupapes à laquelle aboutit le conduit d’amenée de vapeur, et c’est cette boîte à soupapes qui permet d’envoyer la vapeur soit à la boîte seule dé distribution du petit cylindre, soit en même temps à la boîte de distribution du grand cylindre et qui permet encore, en fermant cette dernière communication, d’envoyer la vapeur d’échappement du petit cylindre au grand cylindre comme vapeur d’admission (fonctionnement Woolf).
- Il faut ajouter que la vapeur vierge, avant, de passer aux cylindres, parcourt les enveloppes des deux cylindres et pénètre même dans les couvercles.
- Chaque cylindre est pourvu d’un échappement définitif particulier dont l’un est permanent et l’autre facultatif. Si le petit cylindre fonctionne tout seul, son échappement se fait par un conduit muni d’un robinet, et l’on ferme ce robinet lorsque la vapeur d’échappement du petit cylindre doit être envoyée au grand (ce qui est la condition normale).
- Les glissières de guidage des pistons sont cylindriques et ont de grandes surfaces.
- Chaque cylindre est pourvu d’un tiroir simple à coquille, avec détente par simple recouvrement. Les tiroirs glissent exactement entre leurs glaces et les couvercles de leurs boîtes, ce qui supprime en partie sur eux la pression de la vapeur et le travail de frottement qui en résulte. '
- Les guides des tiges de tiroirs sont cylindriques comme les guides des tiges de pistons.
- La machine compound, exposée par M. Dubuc, est sans condensation, parce qu’elle est destinée à un service spécial qui commande la simplicité et la facilité de conduite ; mais nous devons dire que cet ingénieur construit également des machines du même genre à condensation, ainsi que l’indiquent les plans qu’il a exposés.
- C’est une disposition utile que de pouvoir marcher avec l’un ou l’autre des deux cylindres, ou avec les deux recevant de la vapeur à la fois -, car les arrêts sont ainsi supprimés en cas de réparation de l’un ou l’autre des cylindres. Mais toutefois la marche économique ou normale est évidemment la marche Woolf, dans laquelle la vapeur n’entre au grand cylindre qu’après avoir commencé à se détendre dans le petit. C’est donc dans cette hypothèse que la machine Dubuc doit être étudiée si l’on veut se rendre compte des meilleurs résultats économiques qu’elle est susceptible de donner.
- Dans ce cas, la vapeur agit dans le petit cylindre, puis se répand (en s’échappant) dans une capacité intermédiaire où elle se réchauffe au contact de la vapeur vierge qui remplit les enveloppes -, enfin la vapeur se rend au grand cylindre en sortant de cette capacité intermédiaire. La vapeur éprouve une certaine détente dans le petit cylindre, puisque le tiroir a un certain recouvrement ; et elle éprouve ensuite une certaine détente dans le grand aussi (indépendamment de celle qui résulte du rapport des volumes des deux cylindres), puisque le grand cylindre a, lui aussi, du recouvrement.
- Dans la machine exposée par M. Dubuc, il n’y a pas de détente variable, pour ces motifs que la machine est sans condensation et qu’elle est destinée à un travail très-régulier, celui d’une élévation d’eau. Mais, dans ses machines à condensation, M. Dubuc ajoute la variabilité de la détente.
- En résumé, tout en présentant les meilleures conditions des compounds, les machines de M. Dubuc offrent le précieux avantage de pouvoir marcher avec un seul cylindre à volonté ou avec les deux à la fois soit rendus indépendants, soit suivant le principe de Woolf.
- LES APPAREILS DE SUCRERIE
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Etablissements de constructions mécaniques de MM. Brissonneau frères et G% à Nantes.
- MM. Brissonneau frères et Cie ont envoyé à l’Exposition universelle un puissant moulin à cannes a quatre pressions avec injection d'eau, de vapeur et de vesou entre chaque pression;
- Un petit moulin à cannes pour les pays de l’Amérique du Sud, dont chaque partie une fois démontée ne dépasse pas le poids de 80 kilogrammes ;
- Une machine a vapeur demi-fixe horizontale avec détente Meyer rendue variable par le régulateur au moyen d’une disposition spéciale ;
- Enfin une turbine à force centrifuge, avec appareil de clairçage à la vapeur, pour lequel ils ont pris un brevet en collaboration avec MM. Cosset Duval et Ce, raffineurs à Nantes.
- Nous allons entrer pour chacun de ces appareils dans les détails explicatifs nécessaires pour en faire apprécier les dispositions.
- GRAND MOULIN A HUIT CYLINDRES A PRESSION MULTIPLE avec injection d’eau, de vapeur et de vesou entre chaque pression.
- Ce moulin, que MM. Brissonneau ont exécuté de concert avec M. B. Lahaye, ingénieur à la Guade-
- loupe, est à 8 cylindres et se distingue par cette combinaison essentielle que les cannes ne sont pas seulement soumises à des pressions successives de plus en plus considérables, mais qu’elles sont encore pendant leur passage injectées, avant chacune des trois dernières pressions : « de vapeur, de vesou, ou d’eau pure », à la volonté du conducteur de la machine. Le vesou est emprunté aux derniers passages et dirigé sur les précédents dans le même ordre que leur degré de densité saccharimétrique.
- C’est ce système que les auteurs ont appelé « moulin à pressions multiples », et pour lequel ils se sont fait breveter tout récemment.
- D’après diverses analyses, on sait que la composition de la canne à sucre, à son état de maturité, au moment où elle est récoltée, est à peu près la suivante, pour 100 kilogrammes de canne : 18 de sucre, 72 d’eau, 10 de matières ligneuses et salines.
- Jusqu’ici, avec les appareils d’extraction connus et dans les meilleures années, on n’était pas parvenu à extraire plus de 8 1/2 à 9 kilog. de sucre des cannes par 100 kilog. écrasés, ce qui constituait les usines coloniales en état d’infériorité vis-à-vis des fabriques indigènes munies d’appareils nouveaux plus perfectionnés.
- Il était nécessaire de faire subir aux moulins à cylindres une transformation afin de retirer des cannes une proportion de sucre plus grande. C’est là le but cherché et atteint par MM. Lahaye et Brissonneau frères.
- Le moulin à pressions multiples qui nous occupe se compose de quatre paires de cylindres, montés entre les^ deux bâtis à la suite les uns des autres, de façon à produire quatre pressions successives et continues.
- Les cylindres de la première paire sont cannelés pour faciliter l’entraînement; ils viennent immédiatement à la suite de la table inclinée, sur laquelle une chaîne sans fin, animée d’un mouvement mécanique, amène les cannes que les ou-^ vriers ont disposées dans le sens perpendiculaire à l’axe des cylindres. Arrivées au point culminant de la chaîne, ces cannes se renversent, tombent sur le tablier et ne tardent pas à s’introduire entre les deux premiers cylindres; ainsi entraînées, elles s’engagent de la même façon entre les suivants et glissent ensuite, épuisées de leur jus, sur le plan incliné qui les déverse sur le tablier mobile disposé à la suite.
- Au-dessous de chacune des quatre paires de cylindres, la plaque de fondation du bâti est fondue en forme de cuvette présentant quatre compartiments, destinés à recevoir le liquide exprimé par les cylindres de pression correspondants.
- Or, la direction que l’on donne à ces quatre productions de vesou, et l'emploi particulier que l’on en fait, constituent, ainsi qu’on va le reconnaître, le caractère distinctif du système.
- Entre chaque paire de cylindres se placent deux boites en fonte superposées, dites bagassières, laissant entre elles la distance nécessaire pour le passage de la canne, et se raccordant par leurs extrémités avec deux longues barres en acier, présentant deux joues latérales parallèles- l’ensemble forme ainsi une véritable filière que la bagasse est obligée de suivre, dans son trajet, d’une paire de cylindres à l’autre.
- Ces bagassières sont creuses, et leurs parois intérieures percées de trous reçoivent : d’une part, la vapeur d’échappement des machines motrices, et, d’autre part, les produits de trois pompes, dont les deux premières puisent dans les bacs correspondant aux deux dernières paires de cylindres, et la troisième dans un réservoir d’eau pure.
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- Le principe de cet appareil reposant, comme il a été dit, sur l’idée d’opérer les pressions successives en injectant sur la bagasse de la vapeur et du liquide ou vesou de moins en moins riche, le travail d’extraction est conduit de la façon suivante ;
- Le jus résultant des deux premières pressions est envoyé immédiatement à la défécation ;
- Le jus provenant de la troisième pression passe du bac correspondant dans une cuvette extérieure; là il est puisé par une pompe qui le refoule dans la première bagassière supérieure d’où il est injecté dans la couche de bagasse qui va être soumise à la deuxième paire de cylindres ;
- Le jus provenant de la quatrième pression est de même puisé dans une cuvette par une pompe et renvoyé dans la seconde bagassière pour être injecté dans la bagasse qui va subir la troisième pression.
- Enfin la dernière pompe refoule de l’eau pure dans la troisième bagassière pour injecter la bagasse avant qu’elle ait à subir la quatrième pression.
- L’injection de vapeur d’échappement peut avoir lieu à volonté, par la manœuvre de valves, qui, suivant leurs positions, dirigent cette vapeur du côté du moulin ou dans l’atmosphère, ou partie d’un côté, partie de l’autre.
- Nous ne mentionnerons que sommairement, étant limité par l’espace, le moteur à vapeur qui consiste en deux appareils semblables accouplés, d’une puissance collective de 40 chevaux.
- Les machines sont horizontales; l’arbre coudé met en mouvement, à gauche les trois pompes d’injection; à droite un fort manchon le réunit à l’arbre du volant qui en forme le prolongement.
- Pour la transmission, nécessairement placée entre le moteur et le moulin, un pignon entraîne la grande roue 5 et sur l’arbre de celle-ci un deuxième pignon commande simultanément deux roues égales dont les arbres appuyés sur le bâti du moulin portent les pignons en acier qui transmettent enfin le mouvement aux cylindres inférieurs des quatre laminoirs.
- Le moteur est pourvu d’un mécanisme de changement de marche qui permet de faire tourner les cylindres du moulin en sens contraire, dans le cas où il serait nécessaire de les dégager.
- Dans ce compte-rendu rapide, nous ne pouvons entrer dans les détails de construction des bagas-sières ou des chaînes servant à l’alimentation et à la sortie de la matière; nous ne pouvons non plus faire les calculs de résistance et de proportion des engrenages et bâtis ; mais nous pouvons affirmer que toutes les conditions de bonne marche et de sécurité ont été remplies par les constructeurs.
- Avec le système Lahaye et Brissonneau, les avantages sont nombreux. D’abord, la disposition des bagassières fait que l’on ©père pour ainsi dire en vase clos. Le vesou sort des deux premières pressions très-chaud, il arrive par'conséquent à la défécation sans avoir subi la moindre altération, et en raison de cette chaleur acquise, exige moins de vapeur pour cette opération et, par suite, moins de combustible.
- La bagasse, après la quatrième pression, sort également très-chaude, et par ce fait seul, avant d’atteindre les générateurs, elle a perdu une grande partie de son eau, ce qui la rend plus propre à la combustion. Enfin, comme dernier avantage résumant tous les autres, ce moulin fait rendre à la canne tout le vesou qu’il est possible de lui faire rendre et sans augmentation de main-d’œuvre.
- Avec ses grandes dimensions et ses bonnes conditions de marche, ce moulin permet de passer normalement 11,000 kilogrammes de cannes par heure.
- Petit moulin a cannes divisible en colis de 80 KILOGRAMMES.
- Ces moulins sont construits tout spécialement pour les pays de l’Amérique du Sud qui produisent beaucoup de cannes dans les vallées, mais qui ne sont accessibles qu’en traversant des montagnes, et des mulets seuls peuvent transporter les appareils nécessaires à l’établissement des usines.
- Les moulins sont mis en mouvement par des chevaux, bœufs ou mulets, et on utilise cette force motrice, non-seulement à broyer les cannes, mais encore au moyen d’une transmission intermédiaire
- placée sur le bâti du moulin, à commander une petite turbine.
- . Les turbines ont des paniers de dimensions variables, et peuvent être actionnées à bras ou au moteur; le poids de chaque colis qu’elle forme devant toujours être inférieur à 80 ou 90 kilogrammes.
- Ces moulins, réduits à des dimensions si faibles, peuvent, à priori, sembler d’une efficacité douteuse; malgré cela, les contrées qui les utilisent les apprécient d’autant plus que, sans eux, elles ne pourraient extraire la matière sucrée qui se trouve dans les cannes, qui poussent seules, sans culture, dans des terrains d’une fertilité extraordinaire.
- MM. Brissonneau ont expédié, à plusieurs reprises, des usines complètes fractionnées, dont tous les moteurs et appareils ont été construits en pièces ne dépassant pas ce faible poids de 80 kilo- î grammes ; les résultats obtenus ont été très-satisfaisants.
- Détente variable par le régulateur, pour
- MACHINE A VAPEUR.
- Bien que nous ayons consacré une série d’articles spéciaux à l’étude des moteurs à vapeur, nous indiquerons ici la nouvelle détente variable imaginée par MM. Brissonneau et que ces constructeurs appliquent souvedt aux moteurs pour la sucrerie.
- Ce système de détente est basé sur la détente Meyer, c’est-à-dire que la fermeture des orifices s’effectue au moment nécessaire par le tiroir de détente qui se présente plus ou moins promptement devant elles. Mais tandis que la détente Meyer n’est variable qu’à la main, celle de MM. Brissonneau est variable par l’action directe du régulateur.
- Voici, sommairement, la disposition adoptée par ces constructeurs :
- Le tiroir de détente, de forme trapézoïdale, ou plutôt de forme triangulaire isocèle tronquée, est animé :
- D’un mouvement longitudinal de va et vient, parallèle à sa base, et d’un mouvement transversal : de telle sorte que ses bords (formés par ses côtés égaux), viennent recouvrir plus ou moins vite les lumières de forme correspondante, ménagées sur la face externe du tiroir de distribution. Ces lumières, sur cette face externe, sont donc obliques à l’axe du cylindre pour correspondre aux côtés du tiroir triangulaire de détente ; mais elles se redressent dans le corps de l’organe de distribution et deviennent, sur sa face interne, perpendiculaires à l’axe du cylindre pour se trouver en relation avec sa table. „
- Des deux mouvements du tiroir de détente : l’un longitudinal, lui est communiqué, suivant le mode ordinaire, par un excentrique claveté sur l’arbre moteur à l’opposé de la manivelle -, l’autre, transversal, alors perpendiculaire au premier et déterminant plus ou moins tôt la coupe de la vapeur, est transmis par le régulateur au moyen d’un pignon avec crémaillère en acier, et grâce à une disposition très-ingénieuse, qui permet aussi de régler à la main l’action de la détente.
- Les dispositions spéciales de cette détente, jointes aux soins apportés dans la construction générale, font que ia machine à vapeur demi-fixe exposée par MM. Brissonneau, peut être considérée comme remplissant toutes les conditions exigées pour ce genre de moteur comme rendement, fonctionnement et durée.
- La maison Brissonneau frères et Ce est assez connue pour qu’il nous soit inutile de rappeler les importants travaux qu’elle a exécutés, mais plus spécialement encore pour les raffineries de Nantes et les sucreries coloniales.
- Leurs usines, progressivement augmentées, comprennent aujourd’hui deux vastes ateliers, mis en mouvement par une puissance motrice de 40 chevaux et munis de machines-outils perfectionnés.
- Dans un article spécial nous nous proposons d’étudier l’organisation de ces établissements ; organisation qui mérite d’être citée, non pas seulement parce que le travail au marchandage y est parfaitement compris, mais aussi et surtout, parce que la question de l’apprentissage y a été étudiée et résolue d’une manière remarquable. Déjà du reste, en 1876, la Société de protection des apprentis a décerné à MM. Brissonneau frères une médaille
- d’argent à titre d’encouragement pour la bonne organisation des travaux confiés à leurs apprentis.
- FAITS DIVERS
- La Clôture de l’Exposition.
- On assure que la clôture de l’Exposition serait reculée du 31 octobre au 20 novembre.
- La raison qui aurait fait adopter cette mesure serait la nécessité d’accorder aux exposants récompensés le temps de profiter de leurs récompenses.
- Pendant les vingt jours de prolongation, il sera accordé aux exposants la faculté de vente, et les acheteurs pourront immédiatement emporter les objets qu’ils auront acquis.
- Les Congrès et Conférences
- L’œuvre des Congrès internationaux à l’Exposition universelle prendra fin le 10 octobre prochain avec le Congrès. Ces réunions, au nombre de plus de trente, n’ont obtenu qu’un très-faible succès ; cela tient au défaut d’organisation. Le service de sténographie n’a même pas encore livré les épreuves des premières conférences.
- Le Congrès de Géographie. /
- Lundi dernier, s’est ouvert le congrès international de géographie commerciale dans une des salles des conférences du Trocadéro. Environ 350 personnes y assistaient.
- M. Teisserenc de Bort, qui présidait, a souhaité la bienvenue aux nombreux délégués étrangers assistant au congrès, qui appartiennent à 125 sociétés différentes, et a montré l’importance de jour en jour plus grande de la géographie pratique.
- M. Meurand, directeur des consulats et président effectif du congrès, a rendu compte des travaux du congrès de 1875.
- M. Ferdinand de Lesseps a entretenu ensuite le congrès des grands travaux géographiques auxquels il a concouru; nécessairement donc il a parlé du Canal de Suez, du Grand-Central asiatique et du Canal inter-océanique.
- MM. Mendès Léal, ministre de Portugal ; Torrès-Caïcedo, délégué de l’Amérique du Sud ; Correnti, délégué de l’Italie ; Weil, délégué de l’Union française de la jeunesse ; le marquis de Crpizier, commissaire général du congrès, ont fait diverses communications, et l’amiral La Roncière Le Noury a terminé la séance en exprimant au congrès les vœux de la Société de géographie, dont il est le président.
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Congrès international de la propriété industrielle.
- (2e Article. — Voir notre dernier numéro).
- SÉANCE DU 7 SEPTEMBRE.
- M. Bozérian, président; MM. Tranchant, Bodeuheimer, Klostermann, Hegédüs, Mullendorff, de Nebolsine, Polîok, Reuleaux, de Rosas, amiral Selwyn, Torrigiani, vice-présidents.
- Question n° î de l’ordre du jour. « Les stipulations de garantie réciproque de la propriété industrielle doivent faire l’objet de conventions spéciales et indépendantes des traités de commerce, ainsi que des conventions de garantie réciproque de la propriété littéraire et artistique.»
- M. Albert Grodet développe cette proposition. M. Ch. Lyon-Caen l’appuie en expliquant toutefois qu’il est entendu que ces traités spéciaux n’auront pas une durée illimitée.
- Le Congrès adopte.
- La question n° 2 est ainsi conçue : « Un service spécial de la propriété industrielle doit être établi dans chaque pays. Un dépôt central des brevets d’invention, des marques de fabrique et de commerce,^ des dessins et des modèles industriels, doit y être annexé pour la communication au pu-
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- blic. Indépendamment de toute autre publication, le service de la propriété industrielle doit faire paraître une feuille officielle périodique. »
- M. Albert Grodet, auteur de la proposition, la développe. M. l’amiral Selwyn, rappelant l’exemple des Etats-Unis, fait observer que ce serait encombrer le bureau central que d’y déposer des modèles en nature. La reproduction parla photographie serait suffisante.
- M. Maillard de Marafy explique que la proposition ne vise que la constitution de dossiers. Aujourd’hui, l’administration centrale, malgré sa bonne volonté, ne peut faire exécuter la loi, à cause de l’éparpillement des dépôts. L’institution d’un dépôt central est absolument nécessaire pour la pratique des affaires.
- M. Wyse, de Londres, appuie la proposition. Déjà en Angleterre l’essai a été tenté; la Society of Arts avait étudié un projet de bill ayant un but semblable. Le fonds provenant des taxés devait, dans ce projet, servir à établir ce dépôt central. M. Beaudouin croit que ce projet entraînerait des dépenses énormes qui en rendraient la réalisation impossible.
- Le Congrès adopte la proposition de M. Albert Grodet.
- Question S: vil y a lieu d’accorder une protection provisoire aux inventions brevetables, aux dessins et modèles industriels ainsi qu’aux marques de fabrique ou de commerce figurant aux expositions internationales. »
- M. Ambroise Rendu soutient la nécessité de la protection provisoire des inventions figurant aux expositions au moyen de certificats provisoires ; l’Angleterre, l’Autriche ont déjà des lois semblables.
- Une discussion s’engage sur la qualification «expositions internationales officielles.»
- M. Pollok, délégué des Etats-Unis, fait observer que les expositions internationales de Londres, de Philadelphie n’étaient pas officielles, et qu’elles méritent cependant la même faveur.
- M. Wyse, de Londres, partage cet avis.
- MM. Pouillet, Barrault, demandent le maintien du mot «officielles», c'est-à-dire ayant l’appui du gouvernement.
- Deux votes consécutifs sur la suppression du qualificatif «officielles» sont déclarés douteux. Le Congrès adopte définitivement la formule suivante: «Expositions internationales officielles ou officiellement autorisées. »
- Le Congrès adopte successivement la question n* 4 : « La durée pendant laquelle sont protégés les inventions, marques, modèles et dessins figurant auxdites expositions internationales doit être déduite de la durée totale de la protection légale ordinaire, et non lui être ajoutée.» Et la question n° 5 : « La protection provisoire accordée aux inventeurs et auteurs industriels qni prennent part auxdites expositions internationales devrait être étendue à tous les pays qui sont représentés à ces expositions.»
- Au sujet de la question n° 6 : « Le fait qu’un objet figure dans une exposition internationale ne saurait faire obstacle au droit de saisir réellement cet objet s’il est argué de contrefaçon.»
- M. Demeur, de Bruxelles, demande si unedispo-sition quelconque de la loi française empêche de procéder actuellement à la saisie réelle des objets contrefaits figurant à l’exposition.
- M. le président Bozérian explique à la tribune qu’il n’y a aucune disposition positive dans la loi qui empêche la saisie; on ne se trouve qu’en présence des difficultés administratives ou de prétentions de bureaux. Cependant, le président du tribunal, de qui relève l’autorisation de saisir, hésite à l’accorder à cause de ces circonstances. Il est fâcheux que la loi ne suive pas son cours; de là, la nécessité d’affirmer dans une loi la faculté de saisir réellement: car, au nom de la morale, il importe que les expositions ne soient pas un asile pour la fraude.
- Le Congrès adopte la question n° 6.
- Question 7. — « Chacune des branches de la propriété industrielle doit faire l’objet d’une loi spéciale et complète. » — (Adopté.)
- Question n*8. — « ïl est à désirer qu’en matière de propriété industrielle la même législation régisse un Etat et ses colonies, ainsi que les diverses parties d’un même Etat. Il est également à désirer que les conventions de garantie réciproque de la propriété industrielle conclues entre deux Etats soient applicables à leurs colonies respectives.» — (Adopté.)
- (A suivre.)
- LISTE DES RÉCOMPENSES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- — Suite (1) —
- DIPLOMES D’HONNEUR
- # VI0 GROUPE
- CLASSE 64. — Autriche : Exposition corporative des chemins de fer de l’Autriche.
- Hongrie. — Chemins de fer hongrois de l’Etat.
- France. — Ministère des travaux publics; Compagnie des chemins de fer de l’Est ; idem du Midi ; idem du Nord;1 idem d’Orléans!; idem de l’Ouest; idem de Paris-Lyon-Méditerranée.
- MÉDAILLES D’OR
- 5e GROUPE
- CLASSE 43
- Autriche. — Usines de Innerberg; Usines d’EbiswaldetKrumbach; Prince deSchwarzemberg; Exposition collective des houillères d’Ostrou-Kar-win.
- Belgique. — Société des Aciéries d’Àngleur; Delhaye-Mathieu ; Fabriques de fer d’Ougréè ; Gaffin à Clabecq ; Riche et Ce; Blondiaux et Ce; Société anonyme des forges et hauts-fourneaux de Marchiennes-au-Pont (Ed. Bonehill); Société du Levant de Flénu ; Société des Charbonnages de Marihaye ; Société des charbonnages du Hasard ; Société des Charbonnages du Horloz.
- Chine. — Arsenal de Fou-Tcheou.
- Espagne. — Harra, Herman os et Ce; Guilhou à Miérès; Direction des Mines d’Almaden; Comp. de Rio Tinto; Société de Belmez; Neufville à la Cruz.
- Etats-Unis. — Warton; Barnum, Richardson et C°; Reading Coal and Iron C°; Dixon Crucible C°.
- France et Colonies. — Œschger, Mesdach et Ge; Compagnie de Commentry-Fourchambault ; Société anonyme de Montataire; Société royale asturienne; Manhès ; Compagnie des forges d’Au-dineourt; Société anonyme de Firminy; Haldy, Ruckling et Ce; Taylor, Parlier, Normand et Ce; Société française anonyme pour le traitement de minerais de Nickel, etc. (procédés Garnier) ; Mignon, Rouart et Delinières ; Bietrix et Ce; Société des fonderies du Val d’Osne; Dalifol ; Hubin ; Létrange et Ce; Wargny; Monchel ; Paris ; Vicaire; Griset et Schmidt; Dorémieux; Baraguet-Fouquet; Chris-tophle et C'; Comptoir Lyon-Alemand ; Daguin et Ce; Compagnie de Mokta el Hadid (Algérie); de Long; Mines de Pontgibaud; Em. Muller et Ce; Higginson (Colonies); Société anonyme des Houillères de l’Aveyron ; Compagnie des fonderies et forges de l’Horme; Trottier.
- Grande-Bretagne, Irlande et Colonies (Great Britain, Ireland and Colonies). — Exposition des mines et forges du Cleveland et du Nord de l’Angleterre ; Brown, Bayley et Dixon (Scheffield); Lan-dore Siemens Steel C° (London); the Earl Grandville et Shelton, Bar Iron Company; Lilleshal C° et Snedshill, Iron Company; Hopkins Gilkes C»; West Cumberland Iron and Steel C°; Seebohm and Dieck-stahl, Scheffield ; Baldwin E. P. et W.,near Stour-port-, Broughton Copper et C°, Manchester; Jessop et Sons, Scheffield ; Leeds Forge and C°, Leeds ; Wigan Goal and Iron C°, Wigan; Elkington et C°, Birmingham; Patent Plumbago Crucible C°, London; Ramsay George Heppel, Newcastle-upon-Tyne.
- Grèce. — Société française des mines de Lau-rium ; Société des mines du Laurium.
- Hongrie. — Goldschmidt; Exposition de la Société géologique de Buda-Pesth.
- Italie. — Société anonyme des mines de Mal-fidano ; Comte de Larderel ; Compagnie générale des Mines à Gênes.
- Norwège. — J. Aall et fils.
- Pays-Bas . — Comte de Pilliton ; Mines d’étain de Bangka ; Van Kampen.
- Portugal. — Mines de San Domingos.
- Russie. — Les héritiers de Yakosleff; comtesse de Stenback Fermor.
- Suède. — Ekmans, C. Finspong et de Mare ; A. Ankarsum; Société de Bafors Gullspang; Stora Kappersbergs Boigsberg.
- (.A suivre.
- (1) Voir notre dernier numéro.
- LE CATALOGUE
- SECTION FRANÇAISE
- Classe 55 (Suite) (1).
- Machines et appareils de la mécanique générale.
- LISTE DES EXPOSANTS
- — Suite —
- Gérard et fils, à Vierzon (Cher). — Locomo-biles ; machines à vapeur fixes horizontales.
- Giffard et Berger, 158, rue Monmartre, Paris.
- — Machine à air froid, système P. Giffard, pour la production de l’air froid et de la glace.
- Girard, 38, Quai de la Loire, Paris. — Générateur à foyer intérieur et tubulaire, avec trois bouilleurs réchauffeurs ; tubes amovibles à joints d’amiante; grille à mouvement automatique; chaudières verticales à tube de circulation ; chaudière locomobile ; chaudière siphoïde.
- Girodias, 77, faubourg St-Martin, Paris. — Pompes rotatives.
- Giroud, 27, rue des Petits-Hôtels, Paris. — Régulateur et rhéomètres pour tous les fluides.
- Goubet, île St-Denis (Seine). — Appareils de transmission.
- Granjon, 50, rue des Moines, Paris. — Robinet bonde.
- Granjon, à Chatonay (Isère). — Robinets pour transvasement des liquides.
- Gros, 94, rue de Montreuil, Paris. — Régulateur Larivière à détente, pour machines à vapeur.
- Guebhard et Tronchon, 137, boulevard Magenta. Contrôleurs de marche enregistrant le temps de repos et de mouvement d’une machine quelconque.
- Guenot, 183, rue St-Denis, Paris. — Appareils de levage et de pesage, grue, bascules, balances.
- Guichard et C®, 8, rue de Rocroy, Paris. — Manomètres à tube cintré, contrôleurs pour presses hydrauliques, pour vapeur directe ; indicateur du vide ; ventimètres ; petite robinetterie de précision, etc.
- Guillebeaud, à Angoulême. — Pompe double horizontale.
- Guyenet, 83, boulevard Magenta, Paris. — Grue roulante à vapeur ; appareil transbordeur à bras ; robinets et injecteurs, système Bohler.
- Guyon et Audemar, à Dôle (Jura). — Pompes diverses ; pompes à quatre pistons avec excentrique en cœur, système Baillet et Audemar.
- Halipré, à Rouen. — Niveau d’eau à réfrigérant tubulaire.
- Haller, à Thaon (Vosges).—Tuyau en tôle pour vapeur.
- Hamelle, 9, rue Fontaine-au-Roi. — Appareils de graissage pour machines.
- Hanrîau, à Meaux. — Appareil dé démonstration pour l’élévation automatique de l’eau à l’aide de chutes souterraines.
- Hédiard, à Rouen. — Presse hydraulique.
- Henry, 19, rue du Poteau, Paris. — Pompes à main, à manèges spéciaux ; machines à vapeur à mouvement intérieur, à détente variable ou à détente Compound.
- Henry-Lepaute fils, 6, rue de Lafayette, Paris.
- — Moulin à vent automobile, pour élever l’eau au moyen de pompes et de norias.
- Hermann-Lachapelle (J.), 144, faubourg Poissonnière, Paris. — Machine horizontale fixe à deux cylindres (genre Compound), de 30 chevaux à condensation, actionnant l'une des transmissions de la section X, classe 57, dans la galerie française des machines ; machines à vapeur verticales ; lo-comobiles horizontales ; machines horizontales mi-fixes' et fixes ; pompe à eau ; grue à vapeur ; locomobile actionnant l’une des transmissions de la classe 51.
- A suivre.
- (I) Voir nos précédents numéros.
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- Galets en porcelaine, pour éviter le frottement des courroies. Tuyaux Caoiitchouc, pour gaz, eau, etc.
- id. id. avec toiles et spirale métallique pour aspiration.
- Feuilles pour joints d’eau ou de vapeur.
- Rondelles — . — —
- Clapets, ronds, carrés, sphériques.
- Cordes pour garnitures de piston.
- — Lewis pour garnitures de boîtes à bourrage.
- — pour ressorts.
- Garnitures de Poulies de Scies à Ruban. — Seaux.
- Papier Caoutchouc, pour emballage imperméable.
- Tapis pour appartement, Escalier ou Passage.
- Tapis décrottoirs.
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- — — pour militaires, décision minis-
- térielle du 4 février 1876.
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- Pour Papeteries, Courroies de transmission, Tabliers de Machines, Couvertes-Guicles, Doigtiers.
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- ,10, rue Rlanche
- Supplément au n° 320. — Lundi 7 Octobre 1878.
- REVUE DE L EXPOSITION UMVERSELLE DE 1878
- Directeur : M. J.-P. DÂMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de PEcole polytechnique.
- (MM. DEBIÉ, Ingénieur civil.
- L. POILLON, ingénieur civil.
- __________________________________ BOUVET, Ingénieur civil.
- ! E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- 1 ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- La Direction du journal n’est pas responsable des opinions émises par ses rédacteurs spéciaux. C’est à la direction même que les communications et observations doivent être adressées ; elle seule a le droit de juger de leur opportunité. — Réciproquement, les rédacteurs spéciaux ne sont pas solidaires des opinions émises en dehors de leurs articles.
- LES MACHINES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- (19e ARTICLE).
- Voir nos numéros des 20 et 27 mai ; 3, 10, 17, 24 juin, 1er, 8, 13, 22 et 29 juillet, 5, 12, 26 août, 9, 16, 23 et 30 septembre. ______
- Les machines Çompounds à simple eiiet.
- Les machines çompounds (ou composées) sont des machines à deux cylindres inégaux dans lesquelles la vapeur, après avoir travaillé dans le petit cylindre, passe sans chute de pression dans un réservoir généralement réchauffé, puis se rend dans le grand cylindre, où elle achève sa détente.
- Nous avons déjà donné cette définition. Nous la répétons néanmoins, car dernièrement, en examinant le brevet d’un inventeur (que nous ne nommerons pas) nous avons remarqué qu’il s’étendait avec quelque complaisance sur les travaux de Monsieur Compound, se donnant ainsi une satisfaction d’autant plus grande d’avoir surpassé un personnage aussi célèbre. On ne devrait pas (même lorsque l’on est inventeur) prendre le Pirée pour un homme.
- Quoi qu’il en soit, l’adjonction d’un petit cylindre n’augmente en rien la puissance de la machine, puisque le volume de vapeur que l’on prend et que l’on détend est toujours le même que si le grand cylindre existait seul. Mais cette adjonction peut être faite sans compliquer sensiblement la machine ; et elle permet une répartition beaucoup meilleure des efforts développés sur les diverses pièces du mécanisme. Lorsque cette répartition meilleure est observée, une certaine réduction des pièces du mécanisme en est la conséquence. On réalise par suite une réduction correspondante des frottements et résistances passives.
- Mais ce n’est pas tout. Lorsqu’il y a enveloppe de vapeur au petit cylindre, la première moitié du travail de la vapeur s’effectue dans un cylindre dont la température des parois reste sensiblement constante. Elle n’est donc pas accompagnée de condensations appréciables. Les condensations intérieures totales sont donc considérablement atténuées et diminuées, d’autant plus que le grand cylindre est généralement pourvu lui-même d’une enveloppe de vapeur et que dans le récipient intermédiaire la vapeur partiellement détendue dans le petit cylindre et entourée d’un fluide plus chaud qu’elle-même éprouve un certain degré de surchauffe qui lui permet de subir 3 sans se condenser un certain refroidissement.
- Les fuites sont beaucoup moindres dans les machines çompounds que dans les machines ordinaires, parce que si un certain volume fuit dans le petit cylindre, il va encore développer néanmoins un certain travail dans le grand. Toutefois cela cesse d’être vrai s’il n’y a qu’une seule boîte de distribution, car alors le volume fui (que l’on nous passe ce néologisme), va se perdre au condenseur directement.
- De même aussi en principe et en thèse générale l’influence des espaces nuisibles est diminuée dans les machines çompounds. Mais cet avantage peut être complètement annulé si la machine est mal étudiée et si les déterminations fondamentales en sont mal faites.
- Résumons donc ces quelques réflexions et concluons en disant que si les machines çompounds sont en général préférables à tous autres systèmes, elles ne le sont que pour les raisons énoncées ci-dessus et cessent de l’être, si les conditions auxquelles elles doivent leurs avantages ne sont pas remplies (comme cela arrive assez fréquemment).
- Ceci posé, il y a avantage au point de vue de l’économie de combustible à faire les machines çompounds à simple effet et à grande vélocité. Que signifient ces expressions et pourquoi ces conditions énoncées sont-elles meilleures que d’autres? C’est ce que nous allons maintenant expliquer.
- On dit qu’un piston à vapeur travaille à simple effet lorsque la vapeur agit sur une face de ce piston seulement et non pas alternativement sur ses deux faces. On dit qu’une machine est à grande vélocité lorsqu’elle fait un grand nombre de révolutions par minute, ou que ses pistons sont animés d’une grande vitesse linéaire.
- De ce qu’une machine compound est à simple effet, résulte une première conséquence : c’est que l’on peut n’avoir par révolution qu’im' seul coup d'échappement. Cela réduit à leur minimum les condensations intérieures. En effet, si dans des machines diverses on suppose conservées les mêmes proportions de cylindres et le même degré d’introduction, les condensations intérieures sont proportionnelles aux produits des surfaces limitant les volumes de vapeur détendue, par le nombre de coups d’échappement par révolution.
- Voilà donc un premier avantage capital des machines çompounds à simple effet.
- Un second avantage non moins important, c’est que la vapeur n’agissant dans chaque cylindre que sur une seule face du piston, chaque bielle ne travaille jamais que par compression au lieu de travailler par compression et par traction alternativement. On peut donc tourner à de très-grandes vitesses sans aucuns chocs, puisqu’il n’y a plus de renversements de direction dans les efforts qui sollicitent les articulations, et puisque les chocs ne résultent généralement dans les machines que de ces renversements.
- Cette faculté d’atteindre sans inconvénients de grandes vitesses de rotation ou grandes vélocités, permet de réduire considérablement les dimensions, les poids et les prix des machines, et d’y restreindre non moins sensiblement les frottements et résistances passives et l’usure.
- Cette dernière affirmation, qui a tout l’air d’un paradoxe, sera justifiée dans un instant. Avant de nous y arrêter plus longuement, remarquons que
- lorsque dans une machine on augmente le nombre de coups de piston par minute, on augmente la puissance dans la même proportion et que l’on réduit la durée des refroidissements et réchauffements successifs des parois. On diminue donc la quantité de vapeur condensée dans l’enveloppe pour réchauffer les cylindres; et voilà donc encore un argument de plus en faveur des grandes vélocités.
- Nous avons dit que l’emploi des grandes vélocités permettait de réduire les frottements et l’usure ; et cela peut paraître au premièr abord une espèce d’énormité, puisque l’on dit généralement que les machines ou instruments qui tournent très-rapidement frottent davantage que les autres et s’usent plus vite.
- Que les organes qui frottent s’usent à peu près en raison directe de l'intensité du frottement (que l’on nous passe cette expression), cela est très-vrai ; mais dire que ce qui tourne vite frotte plus que ce qui tourne lentement, n’est que spécieux.
- Qu’est-ce, en effet, qu’un travail de frottement? C’est (comme tout travail quelconque) le produit du chemin parcouru par un point de la surface frottante par l’intensité de la résistance tangentielle du frottement. Lorsque l’on augmente la vélocité on augmente le premier facteur du produit. Mais on augmente aussi le travail développé par la machine, on diminue considérablement le poids des pièces et l’importance des efforts agissant sur les surfaces frottantes ; et à la seule condition de faire celles-ci assez grandes et d’avoir de bons moyens de graissage, le second facteur du produit est diminué dans de bien plus fortes proportions que le premier n’a été augmenté. La conclusion se tire d’elle-même, et dire qu’une machine s’use nécessairement plus qu’une autre quand elle tourne plus vite (des conditions différentes de marche ayant été étudiées) est donc un non-sens. Cela ne se dit que parce que la plupart du temps les machines à grande vitesse sont non pas des machines étudiées pour fonctionner dans ces conditions, mais des machines construites pour marcher lentement et que l’on force à tourner vite.
- Concluons en répétant que les machines Com-pounds à simple effet sont pour nous les machines de l’avenir et qu’elles déplaceront peu à peu bien des réputations usurpées. Nous en commencerons incessamment la revue en parlant de la machine Brotherhood, Flaud et Cohendet.
- L. Poillon,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- APPAREILS ET DISPOSITIONS
- Ayant pour but de prévenir les accidents de machines dans l’industrie.
- De grands efforts ont été faits par l’initiative privée dans le but d’assurer dans les ateliers la sécurité de l’ouvrier, si souvent compromise par l’usage d’un outiliage dangereux.
- La Société de protection des apprentis et enfants des manufactures de Paris et l’Association pour prévenir les accidents de machines, fondée en 1867 sous le patronage de la Société industrielle de Mulhouse, ont voué une attention toute particulière à cette importante question.
- Président de deux comités des accidents, de Paris et de Mulhouse, M. Frédéric Engel, 9, rue Saint-Fiacre, à Paris, expose :
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- 266 Paris. LE CONSTRUCTEUR 56, rue Blanche.
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- Un bâti sur lequel il a fait résumer 27 exemples de dispositions propres à prévenir des accidents très graves, dont la statistique a constaté la fréquence.
- IL est certain, l’expérience l’a prouvé, que des associations libres, composées d’industriels vivement pénétrés du sentiment qu’il faut à tout prix prévenir les accidents de machines, peuvent y parvenir dans la mesure du possible, en stimulant, en encourageant l'esprit d’invention et surtout en propageant les moyens reconnus les plus efficaces.
- Peut-être sera-t-on tenté d’objecter que la surveillance de l’Etat est maintenant organisée en Angleterre, en France, en Prusse, en Suisse, mais on remarquera bien vite que par la force des choses cette inspection s’appuie bien plus sur la coercition que sur l’esprit d’invention et de recherche persévérante des moyens préventifs qui pourront seuls atténuer le danger des machines.
- D’excellents résultats ont déjà été atteints, on est à la veille d’en recueillir des autres très-considérables; les moyens ingénieux que représente le bâti exposé sont exclusivement dus à l’initiative privée et à l’esprit inventif de personnes qui, de peur d’en entraver l’adoption, n’ont en général pas pris de brevets.
- L’exposant ne préconise aucun système en particulier, mais il recommande l’essai de tous (il en est bon nombre qui ont déjà reçu la sanction de très-nombreuses applications). Ce qu’il ne cesse de répéter depuis bien des années, c’est qu’on est resté trop longtemps passif, et que c’est manquer à un véritable devoir que de ne pas s’ingénier constamment à prévenir des morts ou des mutilations que, par une espèce de fatalisme, on a considérés pendant trop longtemps comme un tribut obligé payé au travail industriel; ce qu’il demande, c’est qu’on redouble de vigilance dans les ateliers, c'est que l'Etat récompense officiellement les inventeurs de dispositions propres à faire disparaître le danger des machines qui n'ont pas pris de brevets (car, dans ce cas, on peut assimiler leurs inventions à de véritables sauvetages), et que, lorsqu’il survient des accidents qu’on aurait peut-être pu prévenir, le manufacturier, le contre-maître ou l’ouvrier dont l’imprudence a pu occasionner un malheur ne se croie pas libéré vis-à-vis de sa conscience et de l’opinion publique par le paiement d’une simple indemnité.
- Nous allons passer en revue les principaux appareils exposés dans la classe 54 par M. Engel, dans le but de propager l’idée des précautions à prendre pour assurer la sécurité des ouvriers dans les ateliers.
- Tout d’abord nous rappelons que le Jury international des récompenses a décerné à M. Engel un grand prix, c’est-à-dire la plus haute récompense.
- Dans les inventions qui nous occupent, on peut établir quatre divisions, suivant la nature même des appareils dangereux dont il faut se préserver ;
- Transmissions de mouvement.
- Monte-courroies.
- Scies circulaires.
- Nettoyage et chargement des machines en marche.
- 1° Transmissions de mouvement.
- Les arbres qui courent sur le sol ou sur les planchers doivent être recouverts ; il en est de même de tous les engrenages, des courroies placées dans des endroits dangereux, de certaines machines ou parties de machines. Les couvertures peuvent, ou porter des inscriptions, ou présenter une disposition telle qu’elles ne puissent s’ouvrir pendant la marche. Pour le graissage et le nettoyage des transmissions, MM. Ed. Vaucher et Cie ont établi une galerie légère et peu coûteuse, avec échelle articulée qui se range le long du mur.
- Les manchons d’accouplement à clavettes peuvent être munis d’une capsule recouvrant ces clavettes.
- Le manchon Degroux, que nous avons déjà recommandé et qui consiste'en deux demi-cylindres légèrement coniques à l’extérieur et réunis par deux bagues d’acier chassées au marteau, devrait se trouver dans cette collection, car il ne présente aucune cause de prise au dehors.)
- Nous citons, pour mémoire :
- les embrayages à manivelle avec points morts ;
- les embrayages permettant l’arrêt et la mise en marche sur toute la longueur de la machine ;
- les débrayages électriques, déjà décrits au Constructeur -,
- les poulies folles montées sur douille indépendante ;
- les crochets pour le nettoyage des transmissions.
- Tous organes dont les modèles, parfaitement exacts, se trouvent à l’exposition de M. Engel.
- 2° Monte-courroies.
- Bien des systèmes de monte-courroies ont été proposés à l’Association.
- Ceux qui sont exposés sont dus à MM. Baudoin, Bidermann et Durand.
- Le monte-courroies Baudoin, construit par la maison Piat, consiste en un levier en bois dur placé aussi près que possible du bord de la jante de la poulie sans la toucher. Ce levier pivote autour d’un tourillon relié à un support fixé lui-même au poutrage. Il est placé entre les deux brins de la courroie quand celle-ci est en fonction.
- Quand la courroie tombe ou est mise en bas de la poulie, elle repose sur la douille du levier et sur un crochet fixé au support du tourillon; elle est isolée de l’arbre et ne peut être remontée sur la poulie que si l’on pousse le levier dans la direction de la marche de la courroie, après l’avoir étalée sur la jante delà poulie, du côté du levier.
- M, Baudoin a fait abandon de ses droits d’inventeur en faveur des établissements faisant partie de l’Association et de ceux du Haut-Rhin séparés de la France ; mais, ce qui nous paraît inexplicable, il cherche à tirer grand profit de son application en France.
- Le monte-courroie Durand se compose d’une came monte-courroie fixée sur une douille qui est folle sur l’arbre moteur, avec rebord destiné à empêcher la courroie de tomber sur l’arbre.
- Le système de M. Bidermann, directeur de la filature Ant. Herzog, auLogelbach, est le même pour tous les cas de courroies. Il consiste en une faucille de fer plat, concentrique à la poulie et d’un diamètre égal aux cinq sixièmes environ du diamètre de cette poulie. Cette faucille porte 5 ou 6 chevilles à crochet qui rentrent sous la jante de la poulie ; la première de ces chevilles se trouve au point où la courroie arrive sur la poulie, la dernière au point où elle la quitte!
- C’est cette couronne de chevilles qui reçoit la courroie et fait, pour ainsi dire, fonction de poulie folle. Pour la manœuvre on se sert d’une perche monte-courroie ordinaire et on fait prendre un peu la courroie sur la poulie.
- Ces appareils, très-simples, ne revenaient pas, à l’usine de Logelbach, à plus de A à 5 francs pour les plus grands.
- 3° Scies circulaires.
- Pour les scies circulaires qui sont cause de nombreux accidents, l’Association a cherché pendant longtemps un eouvre-scie général applicable à toutes dimensions de scies. Cette solution générale ne pouvant être que compliquée, coûteuse et par suite impraticable, on a dû y renoncer pour ne s’occuper que de la solution particulière à quelques cas spéciaux.
- Nous nous proposons nous-mêmes de revenir sur cette question très-intéressante et à laquelle doivent s’attacher nos grands constructeurs de scieries. Nous nous bornons donc à citer les appareils exposés : de M. Helier, inspecteur de l’Association ; de M. Fromm et de MM. Dollfus-Mieg et Ce.
- Cette dernière disposition, très-simple et très-ingénieuse, s’applique à une petite scie destinée à enlever des tranches de bois aux bobines.
- La scie complètement couverte ne se découvre que pour laisser passer l’objet à scier ei se recouvre immédiatement ; le bois ou l’objet à scier est présenté par une sorte de main s’ouvrant et se fermant automatiquement. Il en résulte que l’ouvrier, travaillant en toute confiance, fait le double de travail, sans aucun danger.
- 4° Nettoyage et chargement des machines en marche.
- On trouve, à l’Exposition de M. Engel, plusieurs dispositions très-utiles :
- Pour le nettoyage automatique des métiers ou transmissions ;
- Pour empêcher l’ouverture d’un couvercle, d’une porte, etc., ayant l’arrêt complet de la machine ;
- Pour engager sans risque d’entrainement de la main une nappe entre des rouleaux d’appel ;
- Pour couvrir sur le sol l’ouverture restée béante d’un monte-charge ;
- Etc.
- L’association pour prévenir les accidents de fabriques, fondée sous les auspices de la Société industrielle de Mulhouse, existe depuis 1867. Elle a déjà publié, en quatre volumes, les comptes-rendus de ses dix premières années.
- Malheureusement son influence est presque limitée à l’Alsace, presque nulle en France. Le concours du Constructeur lui est donc particulièrement utile pour faire le bien, comme elle se le propose.
- Ainsi que nous l’avons dit, nous reviendrons sur les dispositions les plus importantes des appareils préventifs d’accidents. Et en terminant nous regrettons que M. Engel n’ait pas pensé à réunir également les dispositions propres à assurer la sécurité dans l’emploi des générateurs à vapeur, et spécialement les appareils nouveaux pour l’indication certaine et sans danger du niveau de l’eau.
- C’est là sans doute l’œuvre spéciale d’une autre association ; mais l’utilité de ces appareils préservateurs est tellement grande qu’on ne saurait trop les recommander, lorsqu’on s’est donné pour mission la sauvegarde de l’humanité dans le travail.
- On lit dans le dernier rapport de M. Walther-Meunier, ingénieur en chef de l'Association alsacienne des propriétaires d’appareils à vapeur :
- « Tubes de niveau. — Le tube de verre ne doit jamais être placé directement sur la paroi de la chaudière -, les contractions et dilatations de celle-ci occasionnent la rupture du tube que nous recommandons de fixer sur une platine rigide en fonte, ou, ce qui est bien préférable, sur un barillet en fonte placé entre la chaudière et le tube de verre.
- » Cette disposition est perfectionnée encore par le porte tube séparateur Damourette, qui prévient toute obstruction du tube de verre et dont l’emploi y se recommande partout où les eaux sont très-char-gées de dépôts. »
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- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Congrès international de la propriété industrielle.
- (3e Article. — Voir nos numéros des 23 et 30 septembre).
- Brevets d’invention.
- M, Tranchant, conseiller d’Etat, président ; MM. de
- Nebolsine, Pollok, Reuleaux, de Rosas, Selwyn, Torri-
- giani, Barbedienne, vice-présidents.
- Le congrès adopte la question ne i de l’ordre du jour : « Toutes inventions, tous procédés ou produits sont brevetables, en dehors des combinaisons ou plans de finances et decrédit ou d’inventions contraires à l’ordre public ou aux bonnes mœurs. »
- Une discussion s’engage sur la brevetabilité des produits chimiques. M. Poirrier demande que les produits chimiques (produits et procédés) soient brevetables : « Si le brevet, dit-il, est utile d’une façon générale, il l’est pour les produits chimiques. Certaines législations admettent seulement le brevet du procédé. Pourquoi cette exception? Le brevet du produit est seul efficaçe ; le brevet du procédé n’a aucune efficacité. Le produit ne peut déceler le procédé employé pour l’obtenir. y> M Schreyer, de Genève, combat cette opinion.
- M. Schreyer, de Genève, fait remarquer au Congrès la gravité de la question. Breveter le produit chimique, c’est accorder un privilège, un monopole à l’inventeur pendant un temps donné ; c’est justifier, dans une certaine mesure, le reproche qu’adressait à la loi française M. Michel Chevalier. « Si vous brevetez le produit chimique, dit M. Schreyer, vous obligerez l’industrie nationale à s’expatrier. »
- Un brevet a été accordé à MM. Renard frères pour l’aniline. Les industriels français qui fabriquaient ce produit chez eux ont été obligés de se réfugier en Suisse. La France a ainsi rendu service à la Suisse.
- Si on donne seulement un brevet aux procédés, on trouve d’autres inconvénients signalés déjà par
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Blanche. 267
- REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878 89
- M. Pouillet à la société de législation comparée de Paris. Il n’est pas juste qu’un imitateur médiocre vienne imaginer un procédé plus ingénieux pour dépouiller l’inventeur du produit. Cependant, il paraît exorbitant que l’inventeur d’un procédé puisse rester en possession du monopole d’un produit nouveau pendant un temps donné, quinze ans par exemple. Mais, d’un autre côté, la solution de la nouvelle loi allemande n’est pas satisfaisante.
- Aussi M.,Schreyer,’propose-t-il de breveter le produit pour un temps modéré, moindre de quinze ans. Il croit que cette solution concilie les intérêts de la société et des inventeurs.
- M. Léon Lyon-Caen demande la brevetabilité des produits pharmaceutiques. Le sulfate de quinine, dit-il, pour ne citer qu’un exemple, ne méritait-il pas d’être breveté ? Ne rend-il pas assez de services? Aujourd’hui, le pharmacien, qui ne peut avoir de brevets prend une marque, et la contrefaçon, poursuivie, n’est plus celle du produit, mais celle du flacon !
- M. Pollok, délégué des Etats-Unis, répond à M. Schreyer. M. Schreyer a dit qu’en protégeant le produit chimique on chasse les auteurs de perfectionnements. M. Pollok pense que c’est une erreur ; on s’est réfugié en Suisse parce que la Suisse était le pays de la contrefaçon. Rappelant l’invention de la vulcanisation du caoutchouc, il fait connaître qu’elle a été brevetée en Amérique comme procédé, et il est arrivé qu’on a importé en Amérique des produits anglais. Le brevet américain portait sur le procédé uniquement, et tout le monde pouvait importer le produit. L’Anglais, fabriquant à meilleur marché, ruinait l’inventeur. Heureusement, la loi américaine permet la rectification du brevet. L’inventeur a dès lors, réclamé un brevet pour son procédé et le produit. Il s’est trouvé protégé.
- M. Pouillet insiste sur la brevetabilité du produit chimique, qui devraêtre protégé comme toutes les autres inventions et pour la même durée.
- Le Congrès décide que des brevets devront être accordés « aux produits chimiques et alimentaires. »
- La discussion continue sur la brevetabilité des produits pharmaceutiques.
- M. Turquetil s’oppose à la brevetabilité de ces produits ; il voudrait que la Faculté de médecine seule s’en occupât.
- On a parlé, dit M. Lecocq, des intérêts des pharmaciens. Il s’occupera de ceux de la société. Il lui semble que celui qui fera avec une matière un médicament utile méritera d’obtenir un brevet. De plus, en remplaçant les spécialités par des remèdes brevetés, on pourra rendre service aux classes peu aisées. Quipaie les annonces multiples de la concurrence? C’est le public. Quand le produit sera breveté, il n’y aura plus la même dépense. Avec un brevet, le produit tombera dans le domaine public au bout d’un temps donné, au grand avantage de la société.
- M. Genevoix parlant au nom du syndicat des pharmaciens, repousse la brevetabilité des produits pharmaceutiques. La concession de brevets ne ferait, à son avis, qu’augmenter la plaie du remède secret.
- M. Barrault répond qu’on ne veut breveter que les produits chimiques s’appliquant à la pharmacie. Quant aux mélanges pharmaceutiques, s’ils sont mauvais, ils seront abandonnés au bout d’une année. S’ils sont bons l’inventeur mérite un brevet, et ce brevet vivra.
- 46 membres contre 38 décident que des brevets doivent être accordés aux inventeurs de « produits pharmaceutiques. »
- L’ordre du jour amène la discussion de la question n° 2 relative à la délivrance des brevets d’invention « après ou sans examen préalable. »
- M. Barrault signale l’importance delà question. Aux Etats-Unis, l’examen préalable fonctionne depuis quatre-vingt-dix ans. En 1877, on a demandé 23,000 brevets et on enaaccordé 17,000. L’examen préalable y est devenu impossible ; des patentes ont été délivrées pour des inventions brevetées trente ans auparavant. Aussi, malgré la dépense énorme que nécessite le « Patent office » l’examen est-il dépourvu de toute certitude. En France, le régime de l’examen préalable n’a pas été adopté. Au bout d’un an, la moitié des brevets ne sont plus valables. Par conséquent, sans erreur possible de l’administration, le domaine public s’est enrichi de 50 p. 100 des brevets.
- En Angleterre, au bout de la septième année, il ne reste plus que 7 p. 100 des brevets.
- L’examen préalable n’est donc pas nécessaire, puisqu’on arrive à meilleur résultat sans aucun inconvénient.
- M. Klostermann, de Berlin, soutient l’amendement suivant qu’il présente de concert avec un certain nombre de ses collègues étrangers :
- « Les demandes de brevets sont soumises à un examen préalable-. Cet examen ne peut entraî-
- ner le rejet de la demande par le corps des examinateurs, mais le droit d’opposition doit être accordé aussi bien à l’administration qu’aux tiers, au moyen d’une publicité convenable. Les oppositions formées dans les termes fixés par la loi seront jugées par les tribunaux. »
- M. Pieper, de Dresde, déclare par l’examen préalable est excellent, à son avis. Le pays qui adoptera l’examen préalable aura de meilleur s inventeurs que les pays soumis à un autre régime. Il ajoute que les membres français du congrès s’occupent trop d’une loi à créer pour la France ; il leur demande de sinquiéter davantage des questions internationales.
- M. Pouillet combat l’examen préalable. Aura t-on des examinateurs ? Il croit pouvoir dire que l’expérience faite aux Etats-Unis a tourné contre l’examen préalable. La loi allemande est trop récente pour qu’on puisse arguer des résultats obtenus dans ce pays. Aux Etats-Unis, le système de l’examen préalable a amené la corruption. Il faut écarter l’examen préalable à ce point de vue. Mais, ajoute M. Pouillet, M. Klostermann dit que, lorsqu’il y a un examen préalable, le brevet attire les capitaux. Cela est inexact. Le titre délivré aux Etats-Unis est accordé aux risques et périls de l’inventeur. Les intéressés peuvent le discuter. Le seul résultat pratique de l’examen préalable est d’écarter les brevets futiles. Or dans les pays où il n’y a pas d’examen préalable, les brevetés se font justice eux-mêmes. L’expérience le prouve.
- M. Leboyer soutient que l’examen préalable est la conséquence du vote par lequel le Congrès a déclaré que le brevet est un droit de propriété. Il pense que, s’il n’y a pas d’examen préalable, il est préférable de né point donner de brevets.
- M. Charles Lyon-Caen expose le système particulier d’examen préalable présenté par M. Klostermann et un grand nombre de ses collègues. Les demandes de brevets seraient publiées. Cette publication serait large, à l’effet d’avertir tous les intéressés. Dans un délai à fixer, toute personne intéressée pourrait former opposition à la demande du brevet. S'il n’y a pas d’opposition, le brevet sera délivré. S’il y a opposition, il y aura procès entre le demandeur de brevet et l’opposant. Les juges refuseraient ou accorderaient la délivrance du brevet, et leur décision ne serait point sans appel.
- M. Léon Lyon-Caen présente des observations contre l’examen préalable: « En France, dit-il,les intéressés ont la faculté d’attaquer les brevets accordés. Ils n’en usent presque jamais ; il en sera de même pour la procédure provocatoire si elle est adoptée. Les oppositions ne seront faites souvent que dans un but de réclame. Enfin, les tribunaux n’auront pas la compétence nécessaire pour apprécier des inventions non encore exploitées. »
- M. Alexander, de Londres, déclare ne pas admettre le système de procédure provocatoire proposé par M. Lyon-Caen. Mais cette réserve faite, il se prononce pour l’examen préalable. Il se réfère à ce sujet aux décisions de l’association pour la codification du droit des gens. A son avis, l’examen préalable est nécessaire dans l’intérêt des inventeurs. Il ajoute que, si des examinateurs se sont quelquefois venduson ne saurait en rendre responsable le régime lui-même de l’examen préalable.
- Le congrès prononce le renvoi des débats à la séance suivante.
- (A suivre.)
- —------.........—
- LE GÉNIE CIVIL
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Les divers systèmes de barrage pour fortes altitudes. — Le vannage de M. l’ingénieur Caméré, appliqué au barrage de Poses.
- On a pris la décision d’augmenter le tirant d’eau dans les fleuves. Mais, comme nous l’avons montré dans ce journal, ce résultat ne peut être obtenu, pour la Seine au-dessous de Paris, que par des barrages.
- D’un autre côté, les modes de vannage jusqu’ici adoptés ne permettaient pas l’établissement dé marrages à grande profondeur. Par suite la décision prise était menacée de rester lettre morte, si de nouvelles dispositions n’avaient été proposées.
- Nous examinerons successivement ces projets, dont les modèles sont exposés au Champ-de-Mars ou au Trocadéro.
- Le premier d’entre eux, dû à M. Caméré, ingénieur des ponts et chaussées, vieut même d’être
- consacré par un arrêté ministériel, qui a décidé son application au barrage de Poses (1).
- Voici la description succincte du type de vannage Caméré.
- Description
- Le caractère distinctif de ce type de barrage consistant surtout dans son mode de vannage, nous allons commencer par la description de ce système de fermeture, en vue de l’application duquel ont du reste été spécialement étudiées toutes les autres parties de ce type.
- r Supposons que sur des montants verticaux ou légèrement inclinés, disposés au-dessus d’un radier de barrage, on vienne, en partant de ce radier et en s’arrêtant au niveau de la retenue, disposer horizontalement une série de lames en bois ou en métal, de faible hauteur, dont les abouts reposent sur des feuillures ménagées sur ces montants.
- Supposons que, de plus, sur la face amont de ce vannage, on vienne relier toutes ces lames par des articulations, et que la lame supérieure du rideau articulé ainsi constitué soit suspendue à deux chaînes prenant leur point d’attache sur une traverse horizontale reliant les montants au-dessus de la retenue.
- Supposons enfin qu’à la lame inférieure de ce rideau, lame à section rectangulaire, on en fixe une à section arrondie, autour de laquelle passe une chaîne sans fin, dont les deux brins s’élevant l’un à l’aval, l’autre à l’amont du rideau, viennent s’engager sur les roues à empreintes d’un treuil, d’une construction particulière, placé sur un pont de service dépendant des montants.
- Si le rideau se trouvant ainsi disposé, ce qui correspond à la retenue fermée, on vient à manœuvrer le treuil, de manière fà raccourcir la portion de chaîne qui se trouve à l’amont du rideau, le rouleau inférieur remonte en prenant un mouvement de rotation et provoque l’enroulement autour de lui de tout ou partie du rideau en démasquant une( plus ou moins grande portion de la travée considérée.
- La manœuvre inverse produit, par contre, le développement du rideau et la fermeture plus ou moins complète de la travée.
- Les principes sur lesquels reposent la construction et la manœuvre du vannage en question, se trouvant ainsi établis, nous passons maintenant à la description de la structure du barrage proprement dit.
- Sur un radier à surface pour ainsi dire unie, et qui règne sur toute la largeur de la rivière, s’élèvent des piles et des culées, qui partagent le débouché du barrage en un certain nombre de passes, suivant le débouché à conserver.
- Sur ces piles et culées, et à une hauteur convenable, est jetée une poutre en treillis, à laquelle se trouvent suspendus, sur la face amont, une série de montants également espacés, venant s’appuyer par leur extrémité inférieure sur une série de bornes encastrées dans le radier.
- Les montants portent, à 1 mètre au-dessus du niveau de la retenue projetée, des éléments de plancher, dont l’ensemble constitue un pont de service continu, tout le long du barrage.
- C’est sur ce pont de service que circulent les treuils destinés à la manœuvre des rideaux, lesquels viennent former vannage entre les montants, en prenant leur point d’appui sur eux.
- Telles sont les dispositions essentielles, au point de vue de la fermeture, du barrage et de sa manœuvre pendant les eaux ordinaires. Quant à celles prévues pour la période des crues et des eaux navigables par les passes du barrage, voici en quoi elles consistent :
- Entre chaque montant et au niveau de la passe-
- (1) Le barrage qui doit être établi à Poses sur la Seine a été étudié par M. Caméré, ingénieur des ponts et chaussées, sous la direction de M. de Lagréné, ingénieur en chef. 11 permet, grâce à l’altitude obtenue à Poses, de supprimer le barrage d’Audé.
- Une enceinte en blocs artificiels a donné la faculté de réduire de 350,000 fr. les travaux qui sont prévus comme
- suit :
- Entreprise.................—............... 2.640.500 fr.
- Régie................................... 309.500 fr.
- Total ............. 2.950.000 fr.
- Indemnités de terrain et autres......... 105.000 fr.
- Ensemble ...... 3.055.000 fr.
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- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Blanche.
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- relie se trouvent disposés des cadres verticaux portant de chaque côté des galets engagés dans des coulisses ménagées sur les faces latérales des montants entre leurs extrémités supérieures et le pont de service.
- Sur ces cadres, sont disposées des poulies de renvoi pour les chaînes de manœuvre des rideaux, des arrêts pour ces chaînes, une caisse en tôle pour les recevoir, enfin des logements pour les rideaux, une fois leur relèvement complètement opéré.
- Dans ces conditions, on comprend facilement que tout le matériel relatif à la fermeture d’une travée, au moment où la rivière doit être rendue à elle-même, se trouvant réuni sur ce cadre, il suffit pour se débarrasser de ce matériel, de hisser ledit cadre entre les montants qui lui servent de guides, jusque sur la face amont de la poutre en treillis, où dûment accroché, il se trouve tout naturellement emmagasiné pendant l’ouverture du barrage.
- Quant aux montants, voici de quelle manière est assuré leur enlèvement au moment voulu .*
- Chacun d’eux n’est fixé à la poutre à laquelle il est suspendu que par un axe reposant sur un palier double, boulonné à cette poutre, ce qui permet à ces montants de tourner autour de leur axe de suspension, et de prendre une position horizontale, au-dessus de la rivière, parallèlement au cours de cette dernière, et au niveau de la poutre en treillis.
- Pour faire„exécuter ce mouvement aux montants, on a recours à l’emploi d’une seconde passerelle, placée en amont de celle destinée à la suspension proprement dite des montants. Sur cette seconde passerelle circulent des treuils pouvant agir sur des chaînes qu’au moment de la manœuvre on accroche aux chaînettes fixées sur les faces latérales des montants, à peu près vers leur centre de gravité.
- Cette seconde passerelle sous laquelle les montants viennent se ranger après leur relèvement, porte en outre des crochets de sûreté, qui en assurent le maintien dans la position horizontale, qu’ils doivent occuper.
- Pour ce qui concerne la fermeture du barrage, les opérations que nous venons de décrire doivent être exécutées dans un ordre inverse et par conséquent comme suit :
- 1° Abaissement des montants ;
- 2» Descente des châssis porte-rideaux au niveau du pont de service ;
- 3° Déroulement des rideaux suivant les besoins de la retenue.
- A suivre.
- LISTE DES RÉCOMPENSES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- — Suite (1) —
- MÉDAILLES D’OR
- VI» GROUPE
- CLASSE 5t. France. — Albaret et Cie, Arbey ; Gautréau; Hidien; Brouhot; Gérard; Henry.
- CLASSE 55. Etats-unis. — Sloan, T. J.; Brown and Sharpe Manufacturing Company; Bliss and Williams.
- France. — Bouhey; Prat; Donnay; Kreutzber-ger.
- Grande-Bretagne. — Greenwood and Batley, Leeds; Sharp, Stewart et Co., Manchester.
- CLASSE 56. Belgique. — Martin Célestin; Ver-tongen; Goens.
- France. — Hubner, E.; Aubert, G.; Pierrard Parpaite et fils; Commission des Ardoisières; C. Peugeot et Cie. ; Bourgeois-Botz, E.; Le Coutelier; Besnard (F.) Geneste père et fils et Bessonneau Mercier (Vve. A.) et Mercier (L.).
- Grande Bretagne. — Dobson and Barlow, Bolton; Fairbairn, Kennedy and Naylor, Leeds; Howard and Bullough, Accrington, Lancashire; Lawson S. and Sons, Leeds.
- CLASSE 57. Etats-Unis. — Reed, J. V. D.
- France. — Tailbouis;Renevey,Touzé et Bonamy; Poron frères ; Tulpin frères; Desplas fils; Orelle Ainé.
- (1) Voir notre dernier numéro et précédent.
- Grande-Bretagne. — Hall, Robert, Bury, Lancashire; Hattersley George et Sons, Keighley, Yorkshire; Hodgson George, Bradford.
- Suisse. — Honegger, Gaspard.
- CLASSE 60. Belgique. — Dautrebande et Thiry; De Nayer et Cie.
- France. — Beaudoire, Traverse et Cie.; Guy; Lorilleux fils ainé; Ravasse, Génissieu fils et Cie.; Tulpin frères; Derriey-Dalloz; Voirin; Corron; Buf-faud frères; Le Tellier et Verstraët; Lefranc; De-berny; Dutartre; Alauzet et Cie.
- Grande-Bretagne. — Reed et Fox, London.
- Suisse. — Escher, Wyss et Cie.
- CLASSE 64. Autriche. — Société par Actions de la Fabrique de Locomotives à Fl'ousdorff.
- Belgique. — Compagnie Belge pour la Construction de Machines et de Materiel de Chemins de fer; Société John Cockerill ; Société Saint-Léonard.
- Etats-Unis. — Westinghouse Air Brake Company; Stephenson’s (J.) Company.
- France. — Cie. de Fives-Lille; Arbel (L.); Cail et Cie.; Cie Française de Matériel des Chemins de fer; Cie Générale des Omnibus; Deflassieux.
- Grande Bretagne. — Saxby and Farmer, London; Sharp, Stewart et Co., Manchester; Smith’s Vacuum Brake Company, London; London, Brigh-ton, and South Coast Railway Company, Brigh-ton.
- Hongrie. — Ganz et Gie.
- Suède. — Compagnie et Forges des Ateliers de Motala; Compagnie des Usines de Kockum.
- Suisse. — Société Suisse pour la Construction de Locomotives et de Machines, à Winthertur; Riggenbach (N.).
- CLASSE 65. Autriche. - Schaffle (O.).
- France. — Hardy ; Dumoulin-Froment ; Deschiens; Ménier; Bréguet; L. d’Arlincourt; Rattier et Cie.; Digney frères et Diverneresse.
- Grande Bretagne. — Siemens Brothers, London The Télégraphe Construction and Maintenance Co., London.
- Norvège. — Olsen.
- Récompenses décernées à la nation américaine.
- GROUPES V ET VI.
- GRANDS PRIX.
- Memphis coton Ëxchange Memphis Tenn, class 46.
- Wheelock Jérome, Worcester, Massachusets, class 54.
- Wheeler and Wilson, manufacturing Co N. Y-, class 58.
- Edison, Thomas, A. Menls Park New Jersey, class 65.
- Gray, Elisha, Chicago, Illinois class 69.
- Bergner and Engel, Philadelphia, class 75.
- Mc Cormick, C. H. and L. J., Chicago, Illinois, | class 76.
- MÉDAILLES D’OR.
- Barnum, Richardson and Co., Lime Rock, Conn, class 43.
- Collins and Company, Hartford , Connecticut, class 43.
- Disston, Henry and Sons, Philadelphia, class 43.
- Dixon Joseph, Crucible C ompany, Jersey City, M. J--, class 43.
- Globe Horse Shoe N ail Company Boston, class 43.
- Hines and Ginna, New-York, class 43.
- Hoopes and Townsend, Philadelphia, class 43.
- Lalance and Grosjean, manufacturing Co, M. Y. class 43.
- Mallory, Wheeler and Company, New Haven, Conn., class 43.
- Philadelphia and Beading Coal and Iron Co, Phil., class 43.
- Bussel et Erwin manufacturing Co New Britain, Connecticut, class 43.
- Hanock inspirator Company Boston, class 54.
- Howe Scale Company, Rutland Vermon, class 54.
- Bud, Joh n Van D. New-York, class 54.
- St-Louis Stamping Company, Saint-Louis, class 43.
- Wharthon, James, Philadelphia class 43.
- Wilson D. H. and Company New-York class 44.
- Booss F. and Brothers New-York class 45.
- Dease F. S. Buffalo, New-York class 47.
- Striedinger and Doerflinger, Brooklyn New-York, class 50.
- Fairbanks (E. and T.) and Go, St. JohnsburgVt.., class 54.
- Brown and Sharpe Manufac. Co, Providence, R. J,, class 55.
- Ilvan Thomas J., New-Vork, class 55.
- Bliss and Williams, Brooklyn, New-York, class 55.
- Reed, John Van D., New-York, class 58.
- Fay J. A. and Go Cincinnati, Ohio, class 59.
- Type Writer Company, New-York, class 61.
- Brewster and Company, New-York, class 62>
- HoopersBros etDarlington, Westchester, Penn., class 62.
- Stephenson (John) Company, New-York, class 64.
- Westinghouse Airt-Break Co, Pittsburgh Penn., class 64.
- Russell et Erwin manufac. Co, New Britain Conn., class 66.
- Yale Lock Company, Stamford Connecticut, class 66.
- Case J.-J and Company, Racine, Wisconsin, class 67.
- Pratt Whitney and Gompagny, Hartford Conn., class 68.
- Providence Tool Company, Providence R. J., class 68.
- Bemington E. and Sons, New-York, class 68.
- Bidwell John, Chicago-Illinois, class 69.
- Glen Cove Starch, Manufac, Co Glen Cove, N. Y., class 69.
- Indianapolis Board of Trade, Indianapolis, Ind., class 69.
- Thurber (H. K, and F. B.) and Company, New-York, class 69.
- Woodward and Dwight, St-Louis Mo, class 69.
- Larrabee E. J. and Company, Albany N. Y., class 70.
- Thurber (H. K. and F. B), and Company, N. Y.> class 71.
- Wilcox W. J. and Company, New-York, class 71.
- Burham and Morrill, Portland Maine, cl. 72.
- Mc. Murray Louis and Company, Baltimore, class 72.
- Libby Mc. Neal and Libby, Chicago Illinois, class 72.
- Richardson and Bobbins Dover, Delaware, cl. 72.
- Wilson Packing Company, Chicago Illinois, cl. 72.
- Anheuser E. et Go Brewing Assor, St-Louis Mo, class 75.
- Bechtel Mr. class 75.
- Best (Philip) Brewing Company, Milwankee Wis.,' class 75.
- Shufeldt H. G. Chicago Illinois, class 75.
- Dederich P. K. and Company, Albany N. Y. cl. 76.
- Deere and Co., Moline III, class 76.
- Dodd, John, Dayton, Ohio, class 76.
- Fairbancks (E and T) and Co.
- St-Johnsburg, Vt.. class 76.
- Farmer’s Friend Manufacturing Co Dayton, Ohio', class 76.
- Gale Manufacturing Company Albion, Michigan, class 76.
- (A suivre.)
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 36, rue Blanche.
- Supplément au n° 321. — Lundi 14 Octobre 1878.
- REVU DE L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 187$ 91
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de l’Ecole polytechnique.
- MM. DEB1É, Ingénieur civil.
- L. POILLON, ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LES MACHINES DE TANNERIE
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Établissement BÉRENDORF FILS
- 75, avemie d’Italie, à Paris.
- Bien que la section de la classe 53 réservée aux appareils et machines des industries du cuir dans le Palais du Champ-de-Mars soit insuffisante, on peut en visitant l’Exposition de M. Bérendorf fils, se rendre compte, avec quelques explications, de la valeur des appareils mécaniques employés par la tannerie, la corroierie ou les industries qui s’y rattachent.
- M. Bérendorf, en outre de deux moteurs à vapeur, expose quinze machines, et cependant il n’a pu, faute d’espace, placer que ses principaux modèles.
- Nous allons les examiner successivement.
- Pour le tannage des cuirs, les tanneurs, en France, employaient autrefois l’écorce de chêne presque exclusivement ; aujourd’hui on fait aussi usage du bois de châtaignier et de diverses essences riches en tannin et provenant de l’Amérique du Sud, principalement d’un bois appelé quebraelîo.
- Pour les écorces de chêne, les machines les plus employées sont le hachoir et le moulin à tan.
- Le hachoir se compose d’un tambour porte-lames animé d’une grande vitesse et d’un appareil alimentaire à vitesse modérée, réunis ensemble sur un bâti double en fonte.
- Le tambour porte-lames ou travailleur est formé de deux disques ou plateaux en fonte portant quatre ou six couteaux en acier trempé, inclinés et tordus en hélice ; ce tambour est fixé sur l’arbre moteur, lequel est muni de poulies fixe et folle et d’un engrenage à mouvement ralenti pour la commande de l’alimentation. L’appareil alimentaire est formé de deux rouleaux cannelés placés horizontalement l’un au-dessus de l'autre et tournant en sens inverse, de manière à attirer tout corps libre, des brins d’écorces par exemple, qui serait engagé entre eux.
- Les deux hachoirs exposés par M. Bérendorf sont remarquables par leur construction simple et soignée et par leur grande solidité. Cette dernière qualité est rendue nécessaire par la négligence des ouvriers chargés de présenter les écorces et qui souvent y laissent des pierres ou des bouts de fer incorporés dans les paquets (nous avons vu passer dans le grand hachoir Bérendorf des débris de hachette qui n’ont donné lieu à aucune détérioration).
- Pour serrer les écorces entre les rouleaux d’appel, M. Bérendorf emploie un robuste ressort à lames, préférable aux anciens ressorts à boudin. Ce constructeur a supprimé le volant ; il a écarté ainsi une cause d’accidents fréquents occasionnés par le bris de cet organe ; (lorsque la machine lancée à toute vitesse rencontrait un obstacle capable d’arrêter les disques porte-lames, le volant entraîné par soninertie continuait à tourner et cassait).
- Les deux hachoirs exposés produisent à l’heure : l’un 2,000 kilogrammes, l’autre 1,000 kilogrammes d’écossons, c’est-à-dire de bouts d’écorces de 2 centimètres environ, prêts à passer au moulin pour être réduits en poudre.
- Le moulin à tan exposé par M. Bérendorf se compose d’une clocle en fonte fixée sur un arbre vertical animé d’un mouvement de rotation qui lui est transmis au moyen d’un engrenage par un arbre
- horizontal portant poulies fixe et folle, et d’une enveloppe fixe ou boisseau également en fonte.
- La cloche et le boisseau, en fonte demi-dure afin de ne pas s’user trop vite et de pouvoir être retaillés, portent à leur partie supérieure de grosses dents de diverses longueurs, et à leur partie inférieure des dents beaucoup plus fines. Ces dents sont inclinées, celles rie la cloche dans un sens, celles du boisseau en sens contraire, et leur arête doit être taillée en biseau trapu.
- La noix étant de forme conique, tandis que le boisseau est cylindrique dans le haut et conique seulement dans le bas, on comprend que l’écartement des dents est d’autant plus faible qu’on s’approche davantage de la partie inférieure, où elles viennent presque au contact.
- Les écossons jetés dans le boisseau sont entraînés par le mouvement de la cloche, s'engagent entre les deux pièces, se désagrègent à la partie supérieure sous l’action des grosses dents et se réduisent en poudre à la partie inférieure sous l’action des petites dents.
- Le moulin que nous venons de décrire est le plus simple et le plus généralement employé par la tannerie. C’est aussi celui qui donne la plus grande quantité eu égard à la force employée ; il est de grande durée et peut subir A ou 5 retaillages. Nous devons ajouter que la maison Bérendorf est la première qui a appliqué ce système à la mouture du tan.
- Pour le bois de châtaignier ou de quebrako, on se sert d’une machine à triturer dont un spécimen est aussi exposé par M. Bérendorf.
- Cette machine se compose d'un fort disque en fonte à couronne tronc-conique ou inclinée armée de couteaux; l’arbre de ce disque animé d’une grande vitesse est muni d’un volant et de poulies de commande $ le tout est monté sur un fort bâti en bois ou <--n fonte.
- Les bûches de bois sont présentées à l’action des couteaux à la main, mais sont appuyées par une palette métallique, sur laquelle l’ouvrier agit plus ou moins fortement par un levier qu’il commande avec le pied, On peut à volonté varier la finesse du produit; on peut même, en changeant les lames, réduire directement en poudre ou simplement en copeaux les bois employés aussi bien en tannerie qu’en teinture. Dans ce dernier cas, pour les bois de-tannerie, on peut faire repasser les copeaux au moulin à tan, ce qui donne un produit très fin et très régulier.
- Après l’échauffe pour les gros cuirs et après le passage à la chaux pour les autres peaux, il faut enlever le poil. Cette opération, toujours repoussante pour l’ouvrier, est en outre très pénible pour les cuirs préparés à l’échauffe. Aussi la machine à ébourrer a-t-elle été longtemps cherchée.
- La machine à ébourrer présentée par M. Bérendorf agit, au moyen de couteaux ou grattoirs disposés en hélice sur un cylindre; ces couteaux viennent attaquer toutes les parties de la peau qui est étendue sur un cadre garni d’une forte feuille de caoutchouc ; un clavier formé de lames-ressorts en bois, placé à l’arrière du cadre, permet de faire appuyer plus ou moins fortement la peau en travail contre le cylindre travailleur.
- La machine est d’ailleurs très complète; les couteaux peuvent à volonté recevoir deux vitesses différentes et tous les mouvements sont bien à la portée des ouvriers.
- D’après les renseignements qui nous sont donnés, la machine de M. Bérendorf est la seule qui puisse ébourrer les cuirs à l’échauffe. Les autres machines n’enlèvent le poil que des peaux préparées à la
- chaux. Cette machine a même servi à ébourrer des peaux sortant de boucheries, c’est-à-dire n’ayant reçu aucune préparation. 11 reste à peine une demi-heure de travail à la main sur chaque peau au sortir de la machine.
- L’étude de cette machine a dû présenter à son auteur de grandes difficultés, dont il est habilement sorti; nous devons le féliciter pour sa persévérance et sa réussite.
- Le marteau à battre les cuirs ne sert pas seulement, comme son nom l’indique, à battre les cuirs forts pour semelles, afin de leur donner du corps, de la fermeté, de la régularité ; il sert aussi à comprimer et lisser d’autres cuirs, opérations qui ont pour but de les raffermir, de les égaliser et de leur donner un beau coup-d’œil nécessaire à la vente.
- 11 est peu de tanneries qui ne possède un ou deux marteaux à battre les cuirs et nous devons rappeler que cette machine, si indispensable aujourd’hui, est de l’invention de M. Bérendorf, grand’père de l’exposant de 1878.
- Le marteau Bérendorf se compose :
- 1° D’un poinçon vertical mobile par lequel la pression s’effectue; 2° d’une enclume fixée sur un fort sommier élastique en bois et sur laquelle se place le cuir qui reçoit l’action du poinçon; 3° d’un balancier qui met en mouvement le poinçon; k° d’un arbre à manivelle et d’une bielle pour commander le balancier.
- L’ensemble de ces organes est porté par un bâti dont l’importance est très-grande. Car sa dimension doit être telle que le cuir puisse y manœuvrer aisément dans toute son étendue, et sa rigidité doit être suffisante pour résister sans fatigue aux efforts considérables déterminés par le travail.
- Les bâtis des marteaux de M. Bérendorf sont en fonte et ont la forme d’une cage fermée qui se corn» pose : d'une grande poutre horizontale inférieure et servant d’assise à toute ia machine; d’une deuxième poutre supérieure également horizontale, et de deux colonnes reliant ces deux poutres. Autrefois ces colonnes formaient des pièces séparées; aujourd’hui on les fait venir de fonte avec les poutres, partie avec l’une, pat tie avec l’autre.
- De grands et forts tirants en fer, portant tête dans le haut et clavette dans le bas, passent au milieu des deux colonnes et forment ainsi, des poutres du bâti, un ensemble parfaitement lié.
- La poutre inférieure supporte le sommier en bois, le guide de l’enclume et lès chaises de l’arbre à vilebrequin. La poutre supérieure supporte l’axe d’oscillation du balancier et le guide du poinçon.
- Le cuir repose sur une grande table en bois horizontale, dans laquelle une partie évidée permet à l’ouvrier de s’approcher du centre, c’est-à-dire du point où le travail s’effectue.
- Une vis triangulaire servait autrefois à remonter l’enclume suivant l’épaisseur du cuir et d’après le serrage à donner ; cette vis est aujourd’hui remplacée par un coin en acier actionné par crémaillère et pignon; dans les deux cas c’est la main de l’ouvrier qui agit sur ces organes.
- M. Berendorf expose deux modèles de marteaux à battre, l’un pour cuirs entiers, l’autre pour cuirs coupés par moitié; ce dernier a déjà été vendu dix fois depuis l’ouverture de l’Exposition, et le plus bel éloge qu’on en puisse faire, c’est que tous les constructeurs de machines de tannerie l’ont imité, après quelques essais infructueux de dispositions différentes.
- On appelle, dans le travail de la corroierie, cré-pinage l’opération qui consiste à frotter fortement un cuir chair contre chair, et rebroussage la même
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- façon effectuée du côté de la fleur. On comprend que ces deux opérations se fassent de la même manière, soit manuellement, soit mécaniquement ; seulement la deuxième est plus délicate, parce qu’il faut éviter surtout d’abîmer la fleur des cuirs.
- Le travail du rebroussage à la main est difficile et pénible -, il est remplacé depuis quelques années par le travail mécanique grâce aux études persévérantes des constructeurs.
- Toutes les rebrousseuses mécaniques consistent en un organe de travail, sorte de secteur circulaire à cannelures en bois dur ou en métal tendre qui reçoit d’une bielle un mouvement longitudinal en avant et en arrière, avec relèvement entre les deux; cet organe, appelé marguerite, travaille, dans son mouvement de retour, la peau qui est placée en dessous d’elle sur une table.
- Dans la machine à rebrousser de M. Bérendorf, la marguerite ne tombe pas avec choc sur la peau ; son mouvement est doux et énergique et la régularité du travail est remarquable.
- M. Bérendorf expose encore une machine à façonner les peaux d’une grande simplicité et d’un excellent travail. Cette machine sert à butter, lisser et mettre au vent ; elle est de l’invention de M. Césaire Bénard ; M. Bérendorf en est le concessionnaire et le constructeur.
- La façonneuse dont il s’agit consiste en une grande roue verticale dont l’axe entraîné par poulies de commande prend un mouvement de rotation. La roue est armée d’organes divers suivant le travail à effectuer (couteaux, queurses, étires, etc.) ; et ces organes, répartis sur la circonférence de la roue, viennent agir successivement sur la peau étendue en dessous sur une 'table qui est mobile en tous sens. Les organes du travail sont munis, à l’arrière, d’un ressort pour amortir, assouplir leur action ; en outre l’arbre est monté sur chariot vertical, ce qui permet d’augmenter ou de diminuer l’énergie de la machine suivant le travail à effectuer. Celte façonneuse butte parfaitement parce que son action est énergique, et rapidement, parce qu’il n’y a pas de temps perdu par le retour de l’étire.
- Nous mentionnons rapidement le foulon de pelleterie, le foulon de mégisserie, la machine à essorer le maroquin, connues de nos lecteurs et qui n’offrent pas de dispositions spéciales. Cependant le soin apporté à leur construction, la simplicité, la facilité de démontage et de réparation, la commodité du travail pour l’ouvrier les rendent particulièrement recommandables.
- Les mêmes observations s’appliquent à la pompe centrifuge pour tannerie. Ce genre d’appareil remplace avantageusement les pompes à piston poulies tanneries, dans la plupart des cas du moins ; parce que les eaux sont presque toujours très-chargées et ne sont pas aspirées à très-grande profondeur.
- M. Bérendprf a aussi la spécialité du matériel pour la fabrication de la colle forte. C’est ce qui explique la présence, dans son exposition, de plusieurs machines destinées à cette industrie.
- Le lavoir à rognures, système-Beaux, sert à vider de chaux les débris de tannerie ; il est de la plus grande commodité pour le travail. Les rognures jetées dans l’appareil d’un côté sont nettoyées parfaitement dans la bassine et évacuées de l’autre côté. Ce lavoir purge entièrement 3 à 4,000 kilog. de rognures sèches par jour.
- ^ La presse à rognures a pour but, comme son nom l’indique, d’égoutter les rognures sortant du lavoir avant de les mettre dans les chaudières à cuire, c’est une presse à colonnes et à vis d’une grande solidité, qui opère sa pression vivement d’abord, puis avec lenteur quand la pression augmente. Elle est à retour rapide et à débrayage automatique.
- Dans la machine à marquer la colle forte, un dispositif inventé par l’exposant permet d’augmenter facilement la pression suivant les besoins.
- Les moteurs à vapeur qu’expose M. Bérendorf fils dans la classe 54 consistent en : une machine à vapeur horizontale â condensation de la force de 15 chevaux ;
- Une locomobile d’une force de 10 chevaux dont la chaudière est munie des tubes mobiles qui sont si connus sous son nom et dont son grand-père fut l’inventeur.
- Nous aurons à examiner plus longuement ces moteurs. Mais, puisque nous sommes dans le
- domaine de la tannerie, nous ne devons pas oublier que la maison Bérendorf a puissamment contribué, par le grand nombre des installations qu’elle a été chargée de faire, à propager le chauffage par la tannée, qui a opéré une véritable révolution dans la tannerie ; puisqu’il a permis d’utiliser une matière qui jusque là n’était qu’encombrante. Grâce à ce mode de chauffage si économique, les tanneurs se sont décidés à installer mécaniquement leurs établissements, c’est-à-dire à progresser.
- I
- —... ' ...............
- FAITS DIVERS
- Les nominations dans la Légion d’honneur.
- On vient de terminer au ministère du commerce le travail concernant les diverses promotions à faire dans l’ordre de la Légion d’honneur à l’occasion de l’Exposition universelle.
- .Le chiffre total des nominations ou promotions s’élève à 568, ainsi réparti : 260 croix de chevalier et 40 d’officier aux exposants français ; 208 croix de chevalier et 60 d’officier aux exposants étrangers.
- Cérémonie de la distribution solennelle des récompenses.
- MM. les membres étrangers et français du jury international des récompenses sont invités à venir retirer la carte d’invitation personnelle à laquelle chacun d’eux a droit pour assister à la distribution solennelle des récompenses, qui aura lieu le lundi 21 octobre, dans le palais des Champs-Elysées.
- Ces cartes, essentiellement personnelles, seront délivrées dans les bureaux du commissariat général (Champ-de-Mars, porte-Rapp, bâtiment de l’administration), tous les jours, de neuf heures à onze heures du matin, et de une heure à six heures de l’après-midi, à partir du lundi 14 octobre.
- L’administration disposera de toutes les cartes qui n’auront pas été retirées par les ayants-droit avant le vendredi 18 octobre, à six heures du soir.
- Les exposants français titulaires des hautes récompenses (grand prix, diplômes d’honneur, médailles d’or) ont été invités par lettres individuelles à venir retirer la carte d’invitation personnelle et nominative à laquelle chacun deux a droit.
- Les présidents, ou, à leur défaut, les secrétaires des jurys des classes seront pourvus d’un certain nombre de billets d’entrée à répartir entre les autres exposants récompensés de leurs classes.
- LES APPAREILS HYDRAULIQUES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- liés pompes universelles à vapeur
- De MM. Tyler (Hayward) et O, ingénieurs, A Paris, chez M. J. Daulton,
- 37 et 38, rue des Vinaigriers.
- On connaît depuis longtemps les pompes universelles à vapeur à action directe de MM. Hayward Tyler et G0, dans lesquelles l’action est obtenue au moyen du mouvement de va et vient imprimé par la vapeur dans l’intérieur d’un piston. Ce piston aurait pu faire tourner un volant comme dans les machines ordinaires ou actionner un marteau-pilon tout aussi bien que mettre en mouvement le plongeur d’une pompe.
- Ces constructeurs ont remplacé le tiroir cylindrique de distribu don par un petit cylindre à vapeur « universel » qui sert de tiroir à un cylindre beaucoup plus grand.
- Le petit cylindre « Universel » est placé sur le grand cylindre et contient un piston qui,*mis en mouvement par un tiroir intérieur, constitue par lui-même le véritable tiroir de la grande machine.
- Pour régler l’admission de la vapeur au moment voulu, il se trouve près de chaque extrémité du cylindre principal une petite ouverture ; dès que cette ouverture est découverte par le piston passant au-dessus, le petit tiroir de « l’Universel » est renvoyé, et la vapeur admise à une extrémité ou à l’autre du piston Universel, le met à son tour en mouvement et par là est admise à l’une des extrémités du cylindre principal et s’échappe par l’autre.
- Tout ce mécanisme est des plus élémentaires. Par suite de la disposition particulière des deux petits orifices d’introduction, le piston rencontre un matelas de vapeur à chaque fin de course et les chocs sont évités.
- Le mouvement du tiroir est assuré, et par là rend impossible l’arrêt de la pompe quelle que soit la lenteur de la marche.
- Le journal « Y Ingénieur, » de Londres, rend compte, ainsi qu’il suit, d’expériences auxquelles il a assisté sur deux pompes du systèmes Tyler et C°.
- « Des deux pompes que nous avons examinées à Luton, la première a un cylindre vapeur de 304 m/ra avec bélier ou plongeur à double effet de 127 m/req la course du piston est de 0m,660 et elle dorme 18 à 27,000 litres à l’heure à une hauteur de 73 mètres sous une pression de 30 livres : cette pompe avait été commandée pour une mine de ^charbon de Wakefleld, Yorkshire.
- » La seconde, plus forte, a un cylindre vapeur de 380 m/m avec un bélier à double effet de 178 m/m et une longueur de course de 0,915 ; elle a été construite pour refouler environ 55,000 litres d’eau par heure à une hauteur de 60 mètres.
- » Les deux pompes placées libres et côte à < côte sur des madriers de bois, la résistance pour représenter la pression verticale de l’eau était obtenue par la fermeture partielle d’un robinet adapté au tuyau de refoulement.
- » Sous 60 livres de pression de vapeur, les deux pompes ont fonctionné avec une extrême facilité quoiqu’elles eussent à vaincre au refoulement une résistance de 280 à 300 livres par pouce carré ce qui équivaut à une colonne d’eau de 170 à 183 mètres.
- » La solidité de ces pompes est remarquable.
- » La petite pompe est munie de clapets ordinaires, mais les sièges sont garnis d’un anneau de caoutchouc, de sorte que, même à grande vitesse, la marche de la pompe est opérée presque sans bruit. La grande pompe a ses clapets d’aspiration et de refoulement divisés en quatre sections dans des chambres convenables : les sièges ne sont pas garnis de caoutchouc, de sorte que lorsqu’il y a de l’air dans l’aspiration les clapets font 1 beaucoup de bruit; mais dans le cas contraire la marche en est presque silencieuse.
- » Ces deux pompes sout parfaitement adaptées pour mines, bien construites, d’une force plus que suffisante, et soigneusement ajustées et finies.
- » Dans le cas de la rupture de la colonne d’aspiration aucun danger n’est à craindre par suite de la marche rapide de la machine à cause de la disposition des orifices d’introduction qui forment un matelas de vapeur.
- » Comme perfectionnement important, nous citerons l’addition d’un petit levier manœuvré à la main, au moyen duquel la pompe est mise en I marche ou arrêtée instantanément.
- » Les expériences qui ont été faites avec ces pompes ont donné des résultats des plus satisfaisants. »
- Nous ajouterons que les pompes universelles de MM. Tyler et Co, que l’on peut voir exposées dans la section anglaise, peuvent être employées non-seulement pour les mines et carrières, mais aussi pour les travaux publics, l’alimehtation des chaudières, la marine et toutes les industries.
- La vapeur peut y être remplacée par l’air comprimé.
- Ces pompes sont surtout commodes dans tous les cas urgents, parceque leur installation ne nécessite pas l’emploi de fondation.
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Congrès international de la propriété industrielle.
- (4° Article. — Voir nos numéros des ^3, 30 septembre et 7 octobre).
- SÉANCE DU 10 SEPTEMBRE.
- M. Bozérian, sénateur, président; MM. Reuleaux, Ilegédus, Sehvyn, de Nebolsine, Torrigi^ni, Pollok, Tranchant, Barbedienne, vice-présidents.
- La discussion continue sur la nécessité de l’examen ou ' du non-examen préalable à la délivrance des brevets d’invention.
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- REVUE DE
- Sur la proposition de M. le président, le Congrès vote sur le principe de l’examen préalable.
- L’examen préalable, d’une façon générale, est repoussé.
- M. Wyse, de Londres, présente la proposition suivante : « Il est nécessaire de soumettre les demandes de brevets à un examen préalable portant sur la seule question de nouveauté, par rapport aux brevets délivrés antérieurement, » — (Rejeté. )
- MM. Bodenheimer et Imer, délégués de la Suisse, proposent la motion suivante : v Les brevets ne seront enregistrés qu’après publication. En cas d’opposition, les brevets seront soumis à un examen préalable portant sur le degré de nouveauté de l’invention. Cet examen se fera par un office dont les décisions pourront être frappées d’appel devant une juridiction supérieure de l’ordre judiciaire. »
- M. Barrault signale de nouveau les inconvénients de l’examen préalable, l’impossibilité de rechercher une antériorité dans les 500,000 brevets qui existent dans les divers pays du monde.
- M. de Rosas, parlant au nom de la Société des ingénieurs et de la Société industrielle de Vienne (Autriche), défend la proposition de M. Bodenheimer, Il demande au Congrès de voter une résolution qui serve de base pour une entente internationale.
- La proposition de MM. Bodenheimer et Imer est rejetée.
- MM. Reuleaux, de Berlin, Poirrier et plusieurs membres présentent la formule suivante : « Les demandes de brevets sont soumises à un examen préalable. Cet examen ne peut entraîner le rejet de la demande par le corps des examinateurs; mais le droit d’opposition doit être accordé aussi bien à l’administration qu’aux tiers, au moyen d’une publicité convenable.
- « Les oppositions formées dans les termes fixés par la loi seront jugées par les tribunaux. »
- (Rejeté.)
- MM. Wyse, de Londres, Reuleaux, de Berlin, Thirion, secrétaire général, Périssé, proposent cette autre formule ;
- « Le brevet d’invention doit être délivré à tout demandeur, à ses risques et périls.
- a Cependant il est utile que le demandeur reçoive un avis préalable et secret, notamment sur la question de nouveauté, pour qu’il puisse à son gré maintenir, modifier ou abandonner sa demande. »
- M. Droz fait remarquer au Congrès qu’il y a sept ou huit modes particuliers d’examen préalable, e-qu’il n’y a par conséquent qu’un moyen de s’entendre, celui de s’en tenir au principe, de rejeter l’examen préalable. Revenant à la proposition, il pense que l’avis donné par l’administration serait une cause de conflit entre celle-ci et les tribunaux : l’industrie privée suffit pour éclairer les inventeurs.
- M. Schreyer, de Genève, après avoir présenté des considérations générales sur le régime de l’examen préalable, demande au Congrès de voter la résolution relative à l’avis à donner aux auteurs d’inventions. .
- M. Couhin appelle l’attention du Congrès sur le véritable caractère de la résolution, et il explique comment elle constitue une transaction entre le système de l’examen préalable et celui du non-examen préalable.
- M. Pouillet déclare se rallier à la proposition de MM. Wyse, Reuleaux, Thirion, Périssé, etc., mais en faisant observer que la question du non-examen préalable reste entière.
- MM. Albert Grodet, Meissonier, Barbedienne, demandent que cet avis ne soit délivré que si les intéressés le réclament. Cette addition est rejetée.
- M. Reuleaux, de Berlin, qui avait demandé le retranchement du mot « secret », appliqué à l'avis préalable dans le projet de résolution en discussion, déclare ne pas s’y opposer.
- La résolution est définitivement adoptée dans les termes suivants :
- « Le brevet d’invention doit être délivré à tout demandeur, à ses risques et périls.
- « Cependant, il est utile que le demandeur reçoive un avis préalable et secret, notamment sur la question de nouveauté, pour qu’il puisse, à son gré, maintenir, modifier ou abandonner sa demande. » (Question n° 2 de l’ordre du jour.)
- L’examen préalable, demandé par M. Genevoix pour les préparations pharmaceutiques, est aussi repoussé.
- Le Congrès adopte encore la résolution suivante :
- « Les brevets doivent être soumis à une taxe. (Question n®3). Contrairement à l’avis de M. Ch. Limousin, qui avait développé la contre-proposition : « Les brevets d’invention doivent être
- exempts de tout impôt. »
- L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878 93
- Le Congrès décide que « la taxe des brevets doit être périodique et annuelle ». — (Question n° 4. )
- M. l’amiral Selwyn (Angleterre) avait demandé que la taxe fût quinquennale.
- La question 5 est ainsi conçue :
- « La taxe doit être progressive, en partant d’un chiffre modéré au début. » — (Adopté.)
- Sur cette question, M. Alexander, de Londres, avait présenté l’amendement suivant, qui a été rejeté.
- « Les taxes prélevées ne devront pas dépasser la somme nécessaire pour couvrir les frais d’administration du bureau des brevets. »
- La question 6 est rédigée ainsi : « Les inventeurs qui justifient de leur indigence doivent obtenir, de plein droit, la dispense provisoire de payer la taxe, sous réserve du droit pour l’Etat d’en poursuivre le recouvrement s’il survient au breveté des ressources reconnues suffisantes. »
- M. Pataille fait observer qu’il est inutile de créer une nouvelle catégorie d’assistés judiciaires; car la preuve de l’indigence donne lieu à de nombreux abus. Si l’invention est bonne, son auteur trouvera facilement la faible somme nécessaire pour acquitter la taxe; ce qu’il faut lui donner, c’est du temps.
- M. Pataille propose la formule suivante, qui est adoptée par le Congrès :
- « La taxe ne sera exigible que dans le cours de l’année. »
- Le Congrès renvoie à sa séance du 11 septembre l’examen des questions relatives à une entente internationale et au voeu à émettre par une action commune des gouvernements.
- (A suivre.)
- LE GÉNIE CIVIL
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Les divers systèmes de barrage pour fortes altitudes. — Le vannage de M, l’ingénieur Caméré, appliqué au barrage de Poses.
- —
- (2e Article. — Voir notre numéro précédent).
- M. l’Ingénieur en chef de Lagréné, apprécie le système Caméré de la manière suivante :
- Nous avons justifié d’une part le niveau de la retenue à l’altitude 8 m. 45 et d’autre part le niveau du seuil des passes profondes à l’altitude 3 m. 45. Les engins de fermeture doivent donc être susceptibles de tenir l’eau à 5m00 au-dessus du seuil. Il ne serait pas impossible de projeter des fermettes ou des hausses remplissant cette condition, mais, outre les difficultés sérieuses de manœuvre de ces grands appareils, nous voyons toujours un inconvénient à fixer sous l’eau les engins mobiles qui composent une retenue. Nous trouvons au contraire un avantage considérable à fixer ces engins à une passerelle supérieure; leur entretien ne présente plus aucune difficulté ; les manœuvres se font sans danger, et enfin elles sont faciles, si on divise le système de fermeture en un certain nombre d’éléments de peu de volume et se mouvant les uns après les autres.
- Ce qui précède explique comment nous avons été conduits à rechercher et a étudier le système exposé en détail dans le rapport de M. Caméré. Nous ne répéterons pas ici la description de ce système ; nous dirons seulement que l’idée d’attacher les engins mobiles de fermeture à une passerelle supérieure nous a été indiquée en août 1873 par M. l’ingénieur en chef Tavernier, lors d’une visite que nous lui avons faite avec M. l’ingénieur Boulé. Nous y avons longuement réfléchi depuis cette époque et nous avons la conviction que cette idée sera féconde en applications.
- Quant aux rideaux articulés qui se déroulent devant les montants pour s’opposer à l’écoulement de l’eau, l’invention en appartient^ complètement à M. l’ingénieur Caméré qui mérite à ce sujet les félicitations de l’administration supérieure. Ce système de rideau fonctionne très-régulièrement depuis 2 ans devant des fermettes de 2 m. 85 de hauteur et avec une chute qui atteint parfois 2 m. 70; il est permis d’en conclure que le même mode de fermeture réussira pour une hauteur de 5 m. et avec une chute qui pourra atteindre 4 m.
- Qualités et avantages du système de barrage proposé.
- Type de barrage mobile adopté par l’administration supérieure pour la Seine entre Paris et Rouen.
- Il résulte des décisions des 14 juillet 1876 et 25 mars 1877, que l’administration supérieure a admis pour la fermeture du barrage de Port-Villez, l’emploi de fermettes soutenant des aiguilles ou des vannes semblables à celles employées au barrage du Port à l’Anglais, de préférence à tout autre système de barrage mobile.
- C’est donc à ce type de barrage qu’il nous suffira de comparer le nouveau système que nous présentons, pour établir la convenance de l’adopter au lieu et place du premier.
- Barrage à aiguilles.
- Du moment où l’on dépasse comme retenue, des hauteurs de 3 m. à 3 m. 50, l’application du système Poirée entraîne l’emploi de fermettes très-pesantes et d’aiguilles d’un équarissage qui ne les rend plus maniables sans engins mécaniques.
- C’est ainsi, en effet, que pour le barrage de Port-Villez, qui présente une retenue de 4m00, on est arrivé à des fermettes ayant comme hau-
- Iteur..................................... 5ra50.
- et pesant............................... 1700 k.
- Et a des aiguilles ayant............5m50.
- Un équarissage de.......„.............. •§-§
- Et un poids, une fois mouillées, de____ 175 k.
- I Outre ces inconvénients qui, pour un barrage de 5 m. de retenue, suffiraient pour en faire écarter l’emploi, le système de barrage à aiguilles présente également, les défauts suivants, surtout lorsqu’il s’agit de grandes retenues :
- 1° Obligations pour ne pas exagérer la longueur des aiguilles et par suite leur poids, de placer les ponts de service très-peu au-dessus de la retenue, d’où, chance d’être surpris par les eaux avant d’avoir pu coucher le barrage ;
- 2° Dangers à courir par les hommes employés aux manœuvres, par suite du peu de largeur des passerelles, du manque de point d’appui, des chutes soudaines de fermettes mal accrochées, etc., etc., dangers qui se trouvent augmentés considérablement pendant l’hiver et les ouragans *,
- 3° Inconvénient présenté par les aiguilles qui, en dépassant forcément le niveau de la retenue, empêchent tout déversement de surface, déversement qui suffirait souvent, en basses eaux, pour régler les retenues et éviter d'être surpris par une petite crue ;
- 4° Manque d’étanchéité en basses eaux, défaut qui va forcément en s’accentuant avec la hauteur des retenues et laisse supposer qu’avec un débit déterminé, il existe une limite de hauteur de retenue que l’on ne saurait dépasser. A titre d’exemple de ce fait, nous citerons le barrage de N.-D. de l’Isle, qui en basses eaux ne peut maintenir une retenue effective de 2m60.
- 5° Inconvénient de coucher au fond de la rivière toutes les fermettes, qui malgré les encuvements sont sujettes à toutes sortes d’accidents, qu’il est d’autant plus difficile de voir et de réparer que tout est sous l’eau.
- 6° Inconvénient d’être obligé de transporter en magasin sur les rives et vice versa, toutes les griffes, passerelles, aiguilles, au moment du couchage ou relevage des barrages ;
- 7° Inconvénient de ne pouvoir commencer le couchage ou le relevage des fermettes en un point quelconque d’une passe, ce qui, en cas d’avarie à une fermette, peut suspendre les opérations, au grand détriment, soit des ouvrages, soit de la navigation et limite en tous les cas la rapidité de ces manœuvres ;
- 8° Inconvénient d’exiger des radiers à formes compliquées dans lesquels entrent des ferrures d’un poids considérable, d’une visite impossible, et qui sont un sujet de préoccupation pour l’avenir.
- Dans le barrage de Port-Villez, ces ferrures représentent par mètre courant un poids en nombre rond de 2,600 k.
- 9e Enfin, obligation d’avoir des ouvriers habitués aux manœuvres des aiguilles, lesquels, en dehors des barragistes, sont en très petit nombre dans les localités voisines des retenues.
- A suivre.
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- Il y a 8 numéros qui peuvent revivifier au minimum, suivant les grandeurs,
- 34 hect., 51 hect., 69 hect,, 86 hect., 103 hect., 130 hect., 138 hect. et 155 hect. 11 occupe très-peu de place, par conséquent il emploie peu de briques : 6,920 ordinaires, et 1,528 réfractai-i.. res ordinaires pour le
- ,* ' plus grand numéro.
- L’emplacement est de lm60 à 3m de largeur; 3m45 à 4m15 de long. ; la hauteur est de 2m60 à hmhO du côté de la touraille qui sèche le noir d’une manière parfaite par la chaleur perdue du four et sans aucuns frais.
- Un modèle de four BLAISE se trouve exposé à l’Exposition universelle, groupe VI, classe 52, n° 20% le bâtiment annexe faisant face à l’avenue de La Bourdonnaye.
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- Supplément au n° 322. — Lundi 21 Octobre 1878.
- REVUE DE L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- 93
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de PEcole polytechnique.
- f MM. DEB1É, Ingénieur civil.
- 1 L. POILLON, ingénieur civil.
- RÉDACTEURS.....................j BOUVET, Ingénieur civil.
- ! E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- I ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LES MACHINES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- (20e ARTICLE).
- Voir nos numéros des 20 et 27 mai ; 3, 10, 17, 24 juin, 1er, 8, lo, 22 et 29 juillet, 5, 12 et 26 août, 9, 16, 23 et 30 septembre, et 7 octobre.
- Le Moteur à, vapeur
- de MM. Fouché et Delaharpe,
- INGÉNIEURS-CONSTRUCTEURS
- à Paris, 30, rue des Ecluses Saint-Martin.
- Ce moteur donne le mouvement à la transmission générale de la Classe 52 (Annexe de l'Avenue de La Bourdonnais).
- Ce moteur se compose d’un générateur de 20 mètres carrés de surface de chauffe, et d’une machine verticale de 12 chevaux nominaux. Le générateur est en feu, et produit, à une pression de 6 à 7 3s.il., ia vapeur nécessaire au service.
- Le travail produit est en moyenne de 12 à 15 chevaux-, à de certains moments il dépasse 25 chevaux, et on peut remarquer combien l’emplacement occupé est relativement réduit.
- Le type des générateurs Fouché et Delaharpe est assez connu, cependant nous eh rappellerons brièvement les principes et la construction.
- 1° Circulation de la flamme en descendant, pour n’évacuer à la cheminée que les gaz les plus refroidis.
- 2° Circulation méthodique de l’eau, en sens inverse du courant de flamme.
- 3° Circulation forcée, très-active, de l’eau contre les parois chauffées, chaque élément de surface produisant ainsi un effet considérable.
- Ces trois desiderata sont atteints de la manière
- la plus complète, comme le prouvent la production exceptionnelle de ces générateurs (9 à 10 kil. de vapeur par kil. de charbon), et la température très-basse de la cheminée.
- Et ce chiffre de production est d’autant plus remarquable, que la vapeur produite est absolument exempte d’eau entraînée; la proportion ordinaire d’entraînement est évaluée par les meilleurs auteurs de 15 à 25 0/0 du poids total, et c’est une perte de chaleur, mais bien plus un danger pour les machines : on sait combien les coups d’eau sont redoutés et quels graves accidents ils produisent, brisant les cylindres, faussant les arbres, etc.
- Le sécheur, adopté par MM. Fouché et Delaharpe, est un perfectionnement de la plus haute importance. Il se compose d’un faisceau de tubes en U, suspendus par leurs extrémités dans le courant de fumée, et traversés constamment par le courant de vapeur recueilli en E au haut du dôme. Sortant des tubes en U, à une température un peu supérieure à celle de saturation, la vapeur est aussitôt dirigée hors de la chaudière par le tuyau G. Il est clair que l’emploi de ce procédé permettrait de surchauffer notablement la vapeur, mais on cherche seulement à l’amener jusqu’au cylindre sans eau entraînée ou condensée, et le faible degré de surchauffe qu’on observe au sortir de la chaudière (15° environ) suffit évidemment pour donner une certitude absolue à cet égard.
- A l’intérieur du générateur se trouve un faisceau de tubes verticaux B, ouverts aux deux bouts dans l’eau; les visiteurs sont souvent surpris de voir par dessus la grillé, à travers le foyer, ces tubes exposés en plein au coup de feu le plus violent. Il n’en résulte aucune altération, la circulation très-rapide qui s’y produit suffit à les tenir propres, comme le prouve l’expérience de plusieurs années, sur un grand nombre de générateurs placés dans les conditions les plus diverses. Même avecdes eaux très-chargées, les tubes ne courent aucun risque, surtout en pratiquant journellement des extractions d’eau, par le tuyau de vidange K. Les dépôts solides se rassemblent naturellement en masse boueuse à la partie inférieure du générateur, où ils ne peuvent durcir, n’étant pas chauffés. Ils sont, expulsés avec l’eau lors des extractions. A l’Exposition, après k mois de service et sans l’emploi d’aucun tartrifuge le générateur est encore absolument exempt d’incrustations.
- Dans le cas où par suite de circonstances imprévues, un nettoyage complet deviendrait nécessaire, il est toujours facilement praticable, car on peut ouvrir la chaudière en haut et en bas, en défaisant les deux joints boulonnés R R, et en rendre toutes les parties facilement accessibles.
- Ainsi avec ces générateurs, on peut actuellement obtenir, dans un espace très-restreint et sans constructions coûteuses de fumisterie, etc., des résultats économiques tout à fait supérieurs.
- La machine est fixée sur un bâti robuste, largement assis spr le massif de maçonnerie qui borde la fosse du générateur, au niveau du sol. Ce bâti, entièrement creux, est formé de deux piliers rectangulaires, reliés par deux traverses dont l’inférieure sert de support au foyer du générateur, situé en avant. Il n’y a d’ailleurs aucune liaison de la machine avec la chaudière, dont la dilatation peut se faire en toute liberté.
- Le cylindre moteur n’a aucune attache directe avec le bâti, il n’y est relié que par l’intermédiaire d’une forte glissière, formant en même temps le couvercle du cylindre-, cette glissière est fortement boulonnée à des portées du bâti. Le cylindre étant suspendu à la glissière par son joint boulonné, et les deux pièces étant exactement tournées et s’em-
- boîtant, le centrage parfait est assuré; et en effet une seule garniture de presse-étoupe de la tige du piston, faite en chanvre à la manière ordinaire, a duré k môis. Cette liaison unique est d’ailleurs logiquement indiquée par la direction de l’effort exercé, toujours suivant l’axe du piston.
- La manivelle est remplacée par un plateau circulaire, en fonte, ce qui a permis d’équilibrer les actions perturbatrices de la bielle au moyen d’un contrepoids situé sur le revers. Cette pièce est d’ailleurs d’un aspect satisfaisant, et par sa forme ne. peut qu’ajouter à la régularité du mouvement.
- La distribution est ce qui attire le plus les regards. Elle est faite avec détente au tiers, par simple recouvrement, mais dans un nouveau système, dit à répétition, par lequel le mouvement du tiroir, avec toutes les circonstances de la distribution, sont rendus apparents au dehors, de manière qu’on peut toujours en vérifier le fonctionnement,le régler s’il le faut, sans rien démonter. Pour cela, le tiroir est conduit par un bras faisant partie d’un fort coulisseau qui se meut sur le dos de la boîte à tiroir, parallèlement à la glace du cylindre, servant ainsi de guidage pour la tige du tiroir. Au coulisseau est également fixé le pied de la barre d’excentrique, sans articulation, mais avec une partie flexible, comme une lame de ressort, qui permet l’oscillation de la barre, sans causer aucun jeu. Le coulisseau ayant ainsi constamment le même mouvement que le tiroir, auquel il est rattaché d’une façon invariable, on a figuré sur sa face antérieure la coupe exacte du tiroir. Sur la face adjacente de la glissoire fixe qui maintient le coulisseau, on a de même figuré la coupe exacte de la glace du cylindre. Les pièces intérieures correspondant exactement à leurs reproductions extérieures, il en résulte qu’on peut régler l’intérieur en réglant _ le mouvement du coulisseau, sans pour cela défaire aucun joint, et en faisant faire un seul tour à la machine. Cette disposition nouvelle, qui est brevetée, constitue ainsi un règlement permanent des tiroirs, et permettra d’éviter le gaspillage de vapeur qui se produit si souvent par suite de l’altération de la marche du tiroir, résultant de l’usure des articulations et des paliers. On néglige trop souvent de faire corriger ces défauts, parce qu’il faut pour cela démonter les machines et réclamer le concours de monteurs habiles.
- Dans toute cette machine, les réglages des parties frottantes — coulisseaux, paliers, — sont traités avec le plus grand soin, étant effectués par des coins commandés par des vis. L’un des paliers principaux, coupé en trois coussinets, est monté sur trois de ces coins, ce qui permet de régler avec la plus grande précision la position de l’arbre.
- Le volant sert de poulie motrice, et au bout de l’arbre, au-delà du volant, est placé un excentrique qui commande la pompe d’alimentation et la pompe à air du régulateur Larivière. Celui-ci agit sur la valve d’entrée de vapeur, par une disposition nouvelle et extrêmement sensible.
- Ce moteur marche très-rondement; toutes les pièces étant serrées à fond, il n’y aurait aucun inconvénient à le pousser à une très-grande vitesse au besoin. 11 fait actuellement 95 tours par minute. Son aspect général est robuste, et toutes les pièces du mouvement sont en acier forgé.
- 11 a été fait sur cette machine de nombreuses expériences à l’indicateur de Watt, et les diagrammes obtenus montrent le parfait fonctionnement de la distribution, où la compression est mise à profit de la façon la plus complète, réchauffant ainsi à chaque coup le cylindre k une température sensiblement égale à celle de la vapeur qui va y pénétrer. On atténue en grande partie par là la conden-
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- sation intérieure, et en fait la consommation moyenne de charbon est de 150 kil. par jour seulement, soit lk.40 environ par heure et par force de cheval développée sur la jante. Ce résultat, très-remarquable pour une machine sans condensation, paraît dû, d’abord au rendement considérable de la chaudière, au réchauffement énergique de l’eau d’alimentation par l’échappement, puis à l’emploi judicieux de la compression, et enfin aux précautions particulières prises pour isoler la vapeur en pression de la vapeur d’échappement; le tiroir est à double paroi, et un espace vide, absolument fermé, sépare les deux parois et intercepte la transmission de chaleur. De même le conduit d’échappement est tout à fait isolé du cylindre, avec lequel il n’a aucun contact.
- HUILES ET APPAREILS DE GRAISSAGE
- M. Léon AMENC, ingénieur, à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).
- La question des huiles et appareils de graissage est certainement capitale pour tous les établissements industriels.
- Elle a été longtemps négligée, mais, aujourd’hui, que l’on doit s’attacher à produire dans les conditions les plus économiques, il n’en est plus de même ; l’industriel, aussi bien que l’ingénieur, se préoccupe de la lubrification rationnelle de ses appareils en mouvement.
- Le travail utile d’une machine, suivant qu’elle est graissée avec de bonnes ou de mauvaises huiles, se traduit par des chiffres qui ont leur éloquence.
- Le coefficient du travail absorbé par les frottements est, dans une machine bien graissée, 5 à 6 pour cent du travail total, et en mauvais état de graissage il monte à 25 et 30 pour cent, et même le frottement va plus loin -, il arrive au point de roder les métaux, action qui s’appelle en termes d’atelier gripper, et par cela détériore rapidement une machine et la met hors de service.
- Pour un bon graissage, l’huile doit réunir trois qualités essentielles, qui sont: i° d’être grasse, de manière à ne point sécher à l’air quand elle est sur les machines, et les emplâtrer au point qu’on ne puisse enlever le cambouis qui se forme par la légère usure des métaux frottants les uns sur les autres ; 2° de n’avoir aucune action chimique sur les métaux, et d’être entièrement neutre, c’est-à-dire qu’il faut que l’huile mise en contact avec du papier de tournesol ne le fasse pas rougir ; qu’étendue sur une plaque de métal propre, elle ne produise pas d’oxyde en se combinant avec ce métal ; 3° l’huile doit être assez fluide pour passer par le trou du coussinet, de manière à pénétrer entre toutes les parties frottantes, et assez adhésive pour ne point se répandre et couler en pure perte.
- L’huile qui réunit ces trois qualités est la meilleure pour graisser les machines ; mais il faut que ces qualités persistent toujours, sans cela l’huile n’est que de qualité secondaire, ou tout à fait inférieure. C’est ce qui rend les essais d’huile difficiles à faire, car il ne faut pas se contenter d’une épreuve de quelques heures ou d’une journée. 11 faut une expérience continue pendant plusieurs semaines et même des mois entiers.
- M. Léon Amène, qui est un de nos fabricants connaissant le mieux les propriétés deshuiles de graissage, qui a du reste été admis à l’Exposition universelle, à la classe 46 pour ses produits et à la classe 54 pour ses appareils, explique, ainsi qu’il suit, les effets mécaniques des huiles de graissage :
- La constitution chimique de l’huile est d’être un oléo-stéaro-mcirgarate de glycérine, renfermant une petite quantité d’huile essentielle, qui lui donne une odeur sui generis, différente suivant la provenance.
- Beaucoup de causes peuvent renverser l’équilibre de ce sel neutre ; une des plus communes est l’absorption de l’oxygène par le contact prolongé de l’huile et de l’air; l’on dit alors que l’huile est rance.
- La conséquence de cette constitution chimique est un état physique par lequel l’huile est le corps le plus propre au graissage des machines. L’huile, comme tous les sels, doit avoir un système cristallin particulier. En se fondant sur ce phénomène que plus les arêtes d’un sel sont vives, mieux ce sel ou
- L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- ses solutions conduisent l’électricité, on doit conclure que l’huile, qui est mauvaise conductrice de l’électricité, est formée de cristaux sphériques ou tout au moins polyédriques. Ces cristaux doivent être des molécules infiniment petites, si ténues qu’elles sont invisibles même avec les meilleurs instruments. Ces molécules, se glissant par suite de leur petitesse entre les parties frottantes, transforment le frottement de glissement en frottement de roulement, qui est très-doux et qui produit un effet comparable à celui que produirait du plomb de chasse très-fin roulant entre deux plateaux que l’on ferait mouvoir. C’est sur ces données théoriques que M. Amène a basé sa fabrication d’huile à graisser : produire le plus possible de molécules sphériques, et par conséquent une huile abaissant le plus possible l’angle limite de frottement.
- ? L’huile ne peut servir indéfiniment : au bout d’un certain temps, dont la durée dépend de la surface des frottements, de la vitesse et de la charge, ces petites molécules se trouvent laminées et ne peuvent plus par conséquent transformer le frottement, qui alors augmente aux dépens du travail utile de la machine; de plus il se produit une usure dont on s’aperçoit difficilement, car elle se fait sans bruit, et elle est par cela même bien plus dangereuse. Dans les coussinets ordinaires graissés en dessus, cet inconvénient ne se présente guère, l’huile s’écoulant à droite et à gauche des coussinets, au fur et à mesure qu’elle a servi ; il se présente bien plus souvent dans les paliers à réservoir d’huile, et il a été la cause que souvent de très-bons systèmes de paliers graisseurs ont été mis de côté, ainsi que l’huile qui avait servi à les graisser, uniquement parce que l’on n’avait pas renouvelé l’huile en temps opportun. Pour éviter cet inconvénient, il faut visiter de temps en temps les paliers, et changer l’huile quand on s’aperçoit qu’elle commence à entraîner des parties métalliques.
- Pour que les molécules de l’huile ne soient pas trop vite déformées et puissent donner tout leur travail utile, il ne faut pas que la charge par centimètre carré soit trop forte. Le maximum de charge ne doit pas dépasser vingt kilogrammes par centimètre carré, et les meilleures conditions sont de huit à dix kilogrammes.
- Jusqu’à ce jour, différents moyens ou systèmes ont été employés pour lubrifier les mouvements des machines. Ils laissent presque tous à désirer. Avec les uns (ce sont les plus anciens), l’on ne graisse que d’une manière intermittente. Une fois ou deux par jour, on verse de l’huile sur les parties frottantes, et on s’en tient la ; si l’ouvrier a mis trop d’huile, c’est une perte sèche; s’il n’en a pas mis assez, les surfaces frottantes ne sont pas lubrifiées et courent le risque de gripper. Cet inc onvénient existe même, quelle que soit la quantité d’huile qu’on a versée, si par une cause ou une autre l’huile a disparu promptement. Un autre système, qui s’applique de diverses manières plus ou moins ingénieuses, consiste à faire remonter l’huile qui a déjà servi, de façon que les surfaces frottantes soient constamment arrosées par une grande quantité d’huile. En théorie, ce système paraît satisfaisant; mais en pratique l’on ne tarde pas à s’apercevoir que l’huile, en passant sur les frottements, s’altère promptement, et que, remontée dans le réservoir supérieur, elle altère la qualité de l’huile qui s’y trouve; de sorte qu’un graissage parfait d’abord ne tarde pas à devenir insuffisant, puis très-mauvais, par la détérioration qu’éprouve l’huile. Aussi est-il reconnu qu’un bon graissage ne peut être fait qu’avec l’huile qui conserve les qualités de l’huile neuve.
- 11 sa fait aussi des graissages au moyen de graisses plus ou moins compactes, et qui offrent l’avantage de ne pas graisser pendant les chômages; mais cet avantage est grandement atténué par les inconvénients que présente ce genre de graissage pendant la marche. 11 faut, pour que la graisse puisse couler pour remplir ses fonctions, que la température des parties frottantes s’élève au degré de fusibilité de la graisse, qui est au moins de trente-cinq degrés centigrades au-dessus de zéro. Il y a donc un travail perdu pour arriver à cette température, par la perte de force et l’usure des métaux.
- Aussi le graissage à l’huile est-il bien préférable, à condition de graisser avec de l’huile renouvelée goutte à goutte, et cessant de couler avec la cessation de travail.
- C’est pour arriver à la solution de ce double problème que M. Amène a construit le godet graisseur intermittent qu’il expose dans la classe 54.
- Ce godet se compose d’un réservoir en verre, en forme de boule, dont l’orifice est scellé dans une garniture destinée à recevoir le bouchon auquel est fixé le tube, qui doit pénétrer dans le trou du coussinet à graisser. A la partie supérieure du tube est percé un trou que l’on peut fermer plus ou moins par une vis de réglage. Un tube plus petit est placé au milieu du premier ; il s’élève au-dessus du niveau de l’huile, et est destiné à la rentrée de l’air dans le réservoir.
- Le fonctionnement de ce godet est très-simple. Après avoir rempli jusqu’aux trois quarts la boule en verre en la renversant, on revisse le bouchon que l’on avait au préalable enlevé. Ceci fait, on place le tube dans le trou du coussinet en ayant le soin que ce tube soit assez long pour que son extrémité inférieure s’arrête à une fraction de millimètre de l’arbre à graisser. Dans cette position l’huite passera par l’orifice percé dans la partie supérieure du tube, en plus ou moins grande quantité, suivant que la pointe de ia vis sera plus ou moins enfoncée dans cet orifice, ce qui permet de régler la consommation d’huile comme on le désire, et suivant le travail accompli.
- Quand l’arbre est en mouvement, l’huile est absorbée au fur et à mesure de son arrivée et l’air pénétrant dans le réservoir par le tube central, permet à l’huile de s’écouler ; aussitôt que l’arbre s’arrête, l’huile s’accumule au bout du tube, et suspend ainsi l’entrée de l’air extérieur dans le réservoir par ledit tube. L’huile ne peut, par conséquent, pas s'écouler tant que l’arbre reste immobile ; l’arbre étant mis en mouvement, l’huile qui est au bout des tubes se trouve consommée de suite, et l’air extérieur pouvant pénétrer dans le réservoir, le graissage recommence.
- M. Amène s’est appliqué à préparer les huiles les plus aptes au graissage des machines : huile de piecl de bœuf, huile animale dite stéaroléine, huile d’olive lampante. Il fabrique aussi les suifs fondus à la vapeur, les graisses pour pistons, saponines, etc.
- Ce qui doit encore attirer l’attention des constructeurs est la burette pneumatique de cet ingénieur.
- Cette burette se compose d’un boîte cylindrique en métal, feirmée dans le bas par un fond et dans le haut par fine pièce flexible aussi en métal, laquelle porte à son centre un bouchon en laiton. Un ressort aide à cette pièce à se relever quand on a pressé dessus, et le fond sert à la garantir des détériorations; un petit tube placé sur le côté de la boîte sert de bec à la burette.
- Le fonctionnement de cette burette est très- sirft-ple. L’ayant au préalable remplie d’huile par le bouchon, il suffit de la prendre dans une seule main, les doigts placés sur le fond de dessous et sur le bouchon, de presser sur ce bouchon en inclinant en bas le bec de la burette; l’huile jaillit immédiatement au bout de ce bec par suite de la pression que le fond flexible a exercé sur elle. Si l’on veut faire sortir une nouvelle quantité d’huile, il suffit de cesser d’abord de presser sur le bouchon, la pièce mobile se relève, de l’air est aspiré par le bec et une nouvelle pression fait de nouveau jaillir l’huile; autant de fois que l’on répète cette manœuvre, autant de fois l’huile est projetée par le bec. On a donc l’avantage avec cette burette de pouvoir graisser très-promptement, et l’on n’a pas à craindre, quelle que soit la position dans laquelle elle peut se trouver placée, que l’huile qu’elle renferme se répande. De plus, elle a encore l’avantage, en la retournant, de pouvoir graisser une pièce appliquée contre un plafond et que l’on ne peut atteindre par dessus.
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- SÉANCE DU 11 SEPTEMBRE
- Entente internationale.
- Conférence officielle.—Délégation au ministre. Brevets d’invention (suite)
- Présidence de M. Bozérian, sénateur.
- L’ordre du jour appelle la discussion des propositions relatives à une entente internationale
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- Paris
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- pour la protection des œuvres industrielles et des marques de commerce et aux vœux à émettre pour amener sur ce point une action commune du gouvernement.
- M. Romanelli, délégué d’Italie, développe une proposition tendant à la création d’une commission permanente chargée d’assurer la réalisation des résolutions du .Congrès.
- Le Congrès adopte la proposition de M. Romanelli dans les termes suivants :
- « Il sera créé une commission permanente chargée d’assurer, dans les limites du possible, la réalisation des résolutions adoptées par le Congrès de la propriété industrielle. »
- M. Cari Pieper, de Dresde, secrétaire général du Congrès international des brevets d’invention tenu à Vienne (Autriche) en 1873, donne lecture d’une déclaration ainsi rédigée :
- « Les résolutions finales du Congrès de Vienne ont eu pour but d’élire une commission exécutive ayant pour mission de poursuivre la réalisation de toutes les résolutions qui avaient été votées, et en même temps de donner toute la publicité désirable à ces motions, de les faire passer dans la pratique des nations, et de prendre les mesures nécessaires pour la réunion de Congrès ultérieurs.
- « En ma qualité de secrétaire général de cette commission, j’ai l’honneur, au nom et sur l’invitation des membres ici présents, de déposer notre mandat entre les mains du Congrès actuel. Nous exprimons à ceux d’entre eux qui ont poursuivi le même objet tous nos remerciements les plus vifs, et nous nous adressons spécialement au comité d'organisation et d’exécution de Paris, en le priant de poursuivre le but qui nous a amenés ici.
- « S’il est certain qne ce Congrès nous a démontré d’une façon incontestable, que les intérêts de toutes les nations peuvent être sauvegardés par une entente amiable dans le domaine de la propriété industrielle, le moment est venu de donner libre cours à ce vœu, et je vous prie de continuer à témoigner à ce nouveau comité exécutif la bienveillance dont a été entouré l’ancien.
- « Si vous agissez de la sorte, alors le Congrès de Paris sera le point de départ d’une période féconde dans la voie de cette entente internationale, que nous sommes venus poursuivre de tous nos efforts en répondant à votre gracieux appel, et nous espérons assurer ainsi les bases de la y paix et du bonheur des nations. »
- M. Clunet a la parole sur la question suivante :
- « Le Congrès émet le vœu que l’un des gouvernements provoque la réunion d’une conférence internationale officielle à l’effet de jeter les bases d’une législation uniforme. »
- M. Clunet explique que cette résolution ne saurait être considérée que comme le complément de celle que le Congrès vient d’adopter pour la création d’une commission permanente.
- Après une longue discussion, M. Clunet propose la formule suivante, qui devra former le deuxième paragraphe de la résolution du Congrès relative à la création d’une commission permanente :
- « Un des buts de cette commission, créée par l’initiative privée, sera d’obtenir de l’un des gouvernements la réunion d’une conférence internationale officielle, à l’effet de déterminer les bases d’une législation uniforme. »
- La proposition, mise aux voix par M. le président, est adoptée.
- M. l’amiral Selwyn demande qu’une délégation aille porter au ministre du commerce de France les vœux du Congrès et les résultats de ses travaux.
- La proposition suivante est adoptée :
- « Le Congrès décide qu’une délégation se présentera chez M. le ministre du commerce et de l’agriculture de France, afin de le prier de prendre l’initiative pour qu’une commission internationale soit appelée à traiter officiellement les questions relatives à une législation uniforme sur la propriété industrielle. »
- M. le président rappelle qu’il ne peut accepter, comme l’a proposé M. Romanelli, la mission de désigner les membres de la commission permanente. Il propose de confier ce soin au bureau. (Adopté).
- Sur une observation de M. Turquetil, le Congrès dé eide que le bureau portera au ministre du commerce les vœux du Congrès.
- M. Colfavru, du Caire, présente la proposition suivante :
- « Le Congrès émet le vœu que, au regard des pays d’Orient qui n’ont point pourvu par des lois à la protection de la propriété industrielle, et notamment au regard de l’Egypte, où fonctionne une juridiction mixte internationale, l’action diplomatique intervienne pour obtenir des gouvernements de ces pays qu'ils prennent des mesures efficaces qui assurent aux inventeurs et auteurs industriels le respect de leur propriété. » (Adopté).
- M. Charles Lyon-Caen demande que la proposi-
- tion de M. Colfavru soit complétée par une disposition relative aux marques.
- M. de Maillard-Marafy fait remarquer que dans l’empire ottoman, il y a déjà une excellente loi sur les marques, et qu’elle est applicable à l’Egypte.
- La discussion s'engage sur la question suivante :
- « Il est à désirer que le dépôt des demandes de brevet, des marques et dessins, puisse s’effectuer simultanément à l’autorité locale compétente et aux consulats des diverses nations étrangères. »
- MM. Barrault et Pollok combattent la proposition ; elle est soutenue à la tribune par M. le président Bozérian, qui déclare en avoir soumis le texte, de concert avec plusieurs membres de l’assemblée, à l’approbation de l’association pour la codification du droit des gens, dans sa session d'Anvers, en 1877; il indique les. difficultés que l’inventeur éprouve pour obtenir simultanément des brevets dans les divers pays pour une invention. Il explique que les consuls n’auront qu’à prendre acte de la déclaration de l’inventeur qui sollicitera un brevet. L’entente internationale n’est, d’ailleurs, point faite. Il faut donc se préoccuper de l'intérêt des brevetés , pendant la période intermédiaire.
- Le texte de la résolution ci-dessus rapportée est adopté.
- Le Congrès passe à l’examen du droit appartenant à l’inventeur. Y a-t-il lieu de lui accorder un droit exclusif d’exploitation pendant la durée de son brevet, ou Un droit exclusif pendant une durée déterminée, et de l’obliger pour le reste du temps à ne recevoir qu’une redevance de la part des tiers qui voudraient exploiter ? Faut-il au contraire permettre à toute personne d’exploiter l’invention brevetée, moyennant paiement d’une redevance à l’inventeur ?
- Les trois propositions sont en présence.
- M. Ch. Lyon-Caen soutient la thèse du droit exclusif de l’inventeur. Il fait remarquer, entre autres considérations, que si le Congrès ne la vote point, il prendra une décision contraire à celle par laquelle il a reconnu à l’inventeur un droit de propriété sur son invention.
- M. Poirrier, partisan de l’exploitation libre moyennant redevance à l’inventeur, répond à M. Lyon-Caen ; il signale les dangers et les inconvénients du monopole temporaire accordé actuellement au breveté par la loi française. Il soutient que ce monopole est contraire aux intérêts du public, de l’industrie.
- Il ajoute que le monopole d’exploitation n’est pas moins contraire aux intérêts bien entendus de l’inventeur. Quinze années d’exploitation exclusive sont pour lui un présent funeste ; ce sont quinze années de procès. Il discute ensuite les objections présentées par M. Charles Lyon-Caen contre le système des licences obligatoires. Il indique, enfin, les moyens qui peuvent être adoptés pour la mise en pratique de ce système.
- M. l’amiral Selwyn répond à M. Poirrier que, si on accorde au breveté un droit de propriété, on ne peut le lui retirer d’une manière indirecte en lui reconnaissant ensuite un simple droit à une redevance.
- M. Ch. Limousin soutient l’opinion de M. Poirrier.
- M. Wirth, de Francfort, déclare que la résolution de Vienne, relative aux licences obligatoires, n’était qu’une concession faite aux adversaires des brevets.
- La proposition de MM. Poirrier, Limousin, Tor-rigiani, est ainsi conçue : « Dans le but de concilier l’intérêt public avec celui du breveté, chacun pourra exploiter l’invention brevetée moyennant le paiement d’une redevance proportionnelle. »
- Le Congrès la rejette.
- Le Congrès rejette également la proposition intermédiaire de MM. Gaertner et de Rosas (Autriche) : « Les brevets doivent assurer aux inventeurs un droit exclusif d’exploitation pour la moitié de la durée totale et, pour le reste du temps, l’inventeur n’aura droit qu’à une redevance déterminée qui sera payée par toute personne qui voudra exploiter ladite invention. »
- Le Congrès a dopte l’opinion suivante : « Les brevets doivent assurer pendant toute leur durée, aux inventeurs ou à leurs ayants cause, le droit exclusif d’exploiter l’invention et non un simple droit à une redevance qui leur serait payée par les tiers exploitants. »
- Le Congrès décide que la séance suivante sera consacrée à l’étude des questions relatives aux dessins et modèles de fabrique. Les questions de brevet d’invention non encore discutées viendront à la suite de l’ordre du jour de la séance.
- A suivre.
- LE GÉNIE CIVIL
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Les divers systèmes de barrage pour fortes altitudes. — Le vannage de M. l’ingénieur Caméré, appliqué au barrage de Poses.
- (3® Article. — Voir nos numéros précédents).
- Barrage à fermettes et vannes.
- Le barrage à fermettes et à vannes, par suite du poids que présentent les fermettes, au fur et à mesure que la retenue s’élève, a naturellement une limite, au point de vue de la hauteur de retenue, à laquelle il peut être appliqué en pratique, et d’après le poids de 1,700 k. que présentent les fermettes de Villez, il nous semble que la hauteur de h mètres est bien voisine de cette limite.
- Cette observation faite, il est certain que l’emploi des vannes, au lieu d’aiguilles, fait disparaître les inconvénients signalés ci-dessus aux articles 1, 3, lx, 9 ; mais, ceux indiqués aux articles 2, 5, 6, 7, 8 subsistent et l’on peut ajouter à ces inconvénients :
- A. La non-réalisation sanctionnée par la pratique des engins de manœuvre qui paraissent devoir exiger un déploiement de force notable ;
- B. Les chances, que présentent les vannes, de se trouver par une traction tant soit peu oblique, coincées entre les fermettes à la façon des tiroirs de table, ce qui présenterait un grave embarras pendant les manœuvres:
- C. Les difficultés qu’offrira l’accrochage des vannes inférieures au moyen d’un crochet de 6 m. au moins de hauteur dans un courant violent ; car, si en principe, les retenues ne doivent être ma-nœuvrées que lorsque la différence de niveau entre les eaux en amont et en aval, est faible, il n’en est pas moins certain que les engins doivent être tels, que leur manœuvre soit possible en toutes circonstances, même les moins à prévoir, comme par exemple, l’existence de la chute totale.
- Barrage à rideaux articulés et passerelles supérieures.
- Avec le système de barrage et de vannage adopté pour le barrage projeté de Poses, la hauteur des retenues n’a plus qu’une influence secondaire, et il faudrait certainement atteindre des limites non susceptibles d’être rencontrées en pratique pour arriver à des impossibilités de construction ou de manœuvre.
- A cet avantage important, ce système joint les suivants :
- 1° Possibilité de placer les ponts de service assez au-dessus de la retenue pour se mettre à l’abri de toute surprise^,
- 2° Sécurité complète de manœuvres pour les hommes, même de nuit, en employant quelques fanaux pour éclàirer les abords des treuils ;
- 3° Déversement possible des eaux tout le long du barrage, ce qui permet d’éviter les manœuvres incessantes réclamées par les aiguilles et met le barrage à l’abri des effets d’une crue subite ;
- h° Etanchéité pour ainsi dire absolue du vannage;
- 5° Facilité de surveillance et de réparation des engins mobiles, par suite de leur relèvement au-dessus des eaux pendant l’ouverture des barrages;
- 6° Suppression du transport en magasin et vice versa, de tout le matériel des vannages et des ponts de service, sauf la nécessité de réparation ;
- 7e Possibilité d'attaquer la manœuvre du barrage en un point quelconque, ce qui, en cas d’avarie survenue à un montant mobile par exemple, n’empêche pas de continuer, soit l’ouverture, soit la fermeture, pendant que l’on s’occupe de faire disparaître l’obstacle rencontré, et possibilité d’augmenter au besoin la rapidité de manœuvre dans une large proprotion ;
- 8° Simplification considérable dans la construction des radiers, et suppression des masses de fer enclavées, dont l’emploi à l’abri des eaux est évidemment beaucoup plus logique.
- 9° Possibilité d’employer des'ouvriers quelconques pour les manœuvres ; celles-ci ne consistant qu’en accrochage de chaînes et mise en mouvement de treuils.
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- Il y a 8 numéros qui peuvent revivifier au minimum, suivant les grandeurs,
- 34 hect., 51 hect., 69 hect,, 86 hect., 103 hect., 130 hect., 138 hect. et 155 hect. Il occupe très-peu de place, par conséquent il emploie peu de briques: 6,920 ordinaires, et 1,528 réfractaires ordinaires pour le ïïe- plus grand numéro. L’emplacement est de lm60 à 3m de largeur; 3m45 à 4m15 de long. ; la hauteur est de 2m60 à 4“40 du côté de la touraille qui sèche le noir d’une manière parfaite par la chaleur perdue du four et sans aucuns frais.
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- dans
- GARNITURES TUBULAIRES
- Pour Tiges de Pistons à vapeur
- Brevetées S. G. D. G.
- les plus simples et les moins coûteuses.
- {Voir la Description m 283, du 21 janvier 1878, p. 14)
- Fig. 2
- a.&itiiisiy
- CHAVANNE-BRUN & Fils
- Fondeurs-Mécaniciens
- A SAINT-CHAMOND (Loire).
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-
- Paris
- 56, rue Blanche
- LE CONSTRUCTEUR
- Supplément au n° 323
- — Lundi 28 Octobre 1878.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- LISTE OFFICIELLE DES RÉCOMPENSES
- GROUPE VI.
- Outillage et procédés des industries mécaniques.
- CLASSE 50.
- Matériel et procédés de l’exploitation des Mines et de la Métallurgie.
- LISTE DU JURY.
- MM.
- Phillips (J.-A.), S CH WIN G (P.), Habets,
- Don Pedroso, Burat (Am.), Degousée, Marmottan, Ledoux (Ch.), Pernolet (A.), Valton,
- Angleterre.
- Autr.-Hong.
- Belgique.
- Espagne.
- France.
- »
- »
- »
- »
- »
- GRANDS PRIX
- Diplômes d’honneur équivalant à une grande médaille.
- Administration royale des mines de l'État, à Budapest,
- Comité des houillères du Nord et du Pas-de-Calais,
- Comptoir des forges,
- Direction royale de la fabrication de machines du Chemin de fer de l’État, à Budapest,
- Houillères de Karwin-Ostrau,
- Indes Néerlandaises (Exposition collective des),
- Ministère des travaux publics,
- Ministère des travaux publics,
- Ministère I. R. de l’agriculture,
- Autr.-Hon.
- France.
- Suède.
- Autr.-Hon.
- »
- Pays-Bas.
- Belgique.
- France.
- Autr.-Hon.
- Grandes médailles.
- Chaudron (J.), (Rappel), Belgique. Schneider et Ce. (Rappel), France. Société I. R. autrichienne des Chemins de fer de l’État, Autr.-Hon.
- Société John Cockerill, Belgique.
- MÉDAILLES D’OR
- Beer (C.),
- Biétrix et Ce,
- Compagnie de Fives-Lille,
- Compagnie de Roche-la-Molière et Firminy, Compagnie des fonderies et forges de l’Horme, Compagnie des fonderies et forges de Terre-Noire, la Youlte et Bessè-ges,
- Compagnie des hauts fourneaux, forges et aciéries de la marine et des chemins de fer, Compagnie des houillères de Bessèges,
- Belgique.
- France.
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- Compagnie des mines d’Anzin. {Rappel), France. Compagnie des mines de Béthune, »
- Compagnie des mines de la Grand’Combe.
- [Rappel.), »
- Compagnie de Vigoigne, »
- Compagnie de Yillefort et Vialas-du-Rouergue et de Comberedonde.
- [Rappel], »
- Compagnie du chemin de fer d’Orléans (Mines et usines d’Aubin). [Diplôme.), »
- Dru (L.). [Rappel.), »
- Dubois (G.) et François (J.), Belgique.
- Évrard (M.), France.
- Houillères d’Aniche, »
- Huet et Geyler. {Rappel), » Lippmann et Ce, »
- Luce fils et Rozan, »
- Mahler et Eschenbacher Autr.-Hon. Sautter, Lemonnier et Ce, France. Société anonyme de constructions mécaniques d’Anzin. [Rappel), »
- Société anonyme des aciers Martin, »
- Société anonyme des charbonnages de Mari-haye, ' Belgique.
- Société anonyme des charbonnages du Levant du Flenu, Belgique.
- Société anonyme des houillères et chemin de fer d’Épinac, France.
- Société anonyme des mines de la Loire »
- Société anomyme des houillères deMontram-bert et de la Bérau-dière, »
- Société de Commentry-Fourchambault, »
- Société des mines de Blanzy (Jules Chagot et Ce,
- Société des mines de Lens, »
- Société générale pour la fabrication de la dynamite, »
- Société nouvelle des forges et chantiers de la Méditerranée, »
- Striédinger et Dorfllin-ger, Etats-Unis.
- Sulzer frères, Suisse.
- Whitwell (T.j, Angleterre.
- MÉDAILLES D’ARGENT
- Bazin,
- Besnard, Genest et Bes-sondeau,
- Brunton et Thier, Combescot et Langlade (de),
- Commission des ardoisières d’Angers, Compagnie des fonderies, forges et mines d’Alais,
- Compagnie des houillères d’Auchy-au-Bois, Compagnie des mines de Ferfay,
- Compagnie des mines de Soumah et de la Tafna, Coquillon, Cosset-Dubrulle,
- Davey, Bickford, Watson et O,
- France.
- »
- Angleterre.
- France.
- »
- y>
- Algérie.
- France.
- »
- »
- Diamond Rock Boring
- Cos, Angleterre.
- Dor (M.-J.), Belgique.
- Ferry Curicque et Ce, France.
- Fowler (John) and C°, Angleterre.
- Gaillard, Haillot et Ce, France.
- Hathorn and C°, Angleterre.
- Houillères de Maries, France.
- Koerting frères, Lemut (Rappel), »
- »
- Leroy (0), »
- Libotte (N.), Malherhe (R.), Belgique.
- Belgique.
- Matthiessen (J.) et Ce, Mines de mercure de France.
- Neumarktl, Autr.-Hong.
- Muller (E.) et Ce, Perrigault etMacé (Rap- France.
- pel), »
- Piquet (A), Espagne.
- Revue industrielle des mines et de la métallurgie, publiée à Liège (Baudry, éditeur). France et Belg. Société anonyme des carrières de porphyre de Quenast, Belgique.
- Société anonyme des charbonnages de Mont-ceau, Fontaine et du Martinet, Belgique.
- Société anonyme des corderies et clouteries de Châtelet, Belgique.
- Société anonyme des houillères et fonderies de l’Aveyron, France.
- Société anonyme des mines de Carmaux, »
- Société anonyme des spécialités mécaniques réunies, . »
- Société de carbonisation de la Loire,
- Société de l’asphaltéine,
- Société des machines Gramme,
- Société générale de métallurgie (procédés Ponsard),
- Stiévenart Cambier et fils,
- Tangye frères,
- Taverdon (Auguste),
- Yertongen Goëns,
- Yoruz aîné,
- Wincqz (G.),
- Zsgimondy Bila,
- »
- Italie.
- France.
- Angleterre.
- Belgique.
- Belgique.
- France.
- Belgique.
- Hongrie.
- MÉDAILLE DE BRONZE
- Aiken et Drummond, Andry (A.),
- Appleby frères,
- Arnould (G.),
- Avecilla et Ce,
- Banque franco-italienne, Beernaert (A.), Bergstrom (G.-J.),
- Berten Nolf et Société anonyme des ateliers de construction, fonderies et chaudronnerie de Lodelinsart, Bichon et Ce,
- Bréguet,
- Cador,
- Canelle,
- Charbonnages du Horloz Chenot aîné,
- Gliff (J.), et fils, Compagnie anonyme des mines deBoubier, Couillard,
- Dehulster,
- Dixon Crucible Company
- Etats-Unis.
- Belgique.
- Angleterre
- Belgique.
- Espagne.
- Russie.
- Belgique.
- Suède.
- Belgique.
- France.
- France.
- Belgique.
- France.
- Belgique.
- France.
- Angleterre.
- Belgique.
- France.
- »
- Etats-Unis.
- Doulton^et Ce,
- Galibert,
- Godard,
- Goto (S.), mine de Takashima,
- Granstrom (G.-A.),
- Guihal (Th.),
- Guyenet,
- Guzzi (P.) et Ravizza (Y.), Houillères et fabrique de ciment de Trifail, Humble (S.),
- Justice (P.-S.), Laurent-Decamp et fils, Le Grès, Mayne, Leaver et Ce,
- Lloyd (F.-H.),
- Mailfert et Ce,
- Massey (B. et S.),
- Mather et Platt,
- Mégy, Écheverria et Ba-zan,
- Patent plumbago cruci-bie C°,
- Piat,
- Protector lamp and ligh-ting Company limited, Robert (J.),
- Bobey et Ce,
- Rosa (N.),
- Savile Street Foundry and engineering Company limited,
- Schwann (T.),
- Sinopoli (F.),
- Société anonyme de construction de Passy, Société anonyme des charbonnages de Bonne-Espérance et Batterie,
- Société anonyme des charbonnages des Bouches-du-Rhône, Société anonyme des charbonnages du Nord de Charleroi,
- Société anonyme du charbonnage de Sacré-Madame,
- Société chai’bonnière du
- Angleterre.
- France.
- »
- Japon.
- Suède.
- Belgique.
- France.
- Italie.
- Autr.-Hon.
- Angleterre.
- Etats-Unis.
- Belgique.
- Angleterre. ' »
- France.
- Angleterre.
- »
- France.
- Angleterre.
- France.
- Angleterre.
- Belgique.
- Angleterre.
- Belgique.
- Angleterre.
- Belgique.
- Italie.
- France.
- Belgique.
- France.
- Belgique.
- Belgique.
- Trieu-kaisin,
- Société civile des charbonnages du Hasard, Société civile des charbonnages de la Lou-vière et de la Paix, Société du charbonnage de Hasard et Yale-resse,
- Société du charbonnage d’Ormont,
- Société générale de chauffage,
- Société Suisse pour la construction de locomotives et de machines,
- Vavin,
- Western et Ce,
- Weston dynamo-élec-tric machine Company, Willett (R.),
- »
- »
- »
- »
- France.
- Suisse.
- France.
- Angleterre.
- États-Unis.
- France.
- MENTIONS HONORABLES
- Antoni,
- Audoin,
- Austruy fils,
- Bourry (G.-E.), Broadbent Robert et fils, Brunin (E.),
- Brunton, William et Ce, Burette et Delcourt, Burton et fils, Caro-Ortega,
- France.
- »
- »
- »
- Angleterre.
- Belgique.
- Angleterre.
- France.
- »
- Espagne.
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-
- 290 Paris.
- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Blanche
- II Exposition universelle de 1878. — Liste des récompenses.
- François (N.), société JohnCockeril, Belgique.
- Gault, maison Lippmann et Gi% France.
- Graillot, société de Blanzy, France.
- Grèiner, société John Cockerill, Belgique.
- Heusser, société de Terre-Noire, la Voulte et Bességes, France.
- Martin, société de cons-
- tructions mécaniques d’Anzin, »
- Pinel, compagnie de Montrambert, »
- Roy (C.), maison Lemut, Trimollet, compagnie de Terre-Noire, la Voulte et Bességes, »
- »
- Van Dyk, Indes néerlandaises. Pays-Bas,
- Médailles de bronze.
- Brice (C.), compagnie des mines de Vicoigne, France.
- Chastelain, maison J. Chaudron. Belgique.
- Claudel (Ch.), société I. R.A. des chemins de fer de l’Etat, Autr.Hong.
- Clôre, compagnie de Terre-Neuve, la Voulte et Bességes, France.
- Duhayon, compagnie de Béthune, »
- Friedrich, société I. R. des chemins de fer de l’Etat Autr.-Hong.
- Godin, société de Mari-hage, Belgique.
- Gorry, Creuzot, France.
- Guenez, compagnie des mines de Vicoigne, »
- Hopfgarten, société I.R. des chemins de fer de l’Etat, Huss (S.), société I. R. A. des chemins de fer de l’Etat, Aulr.-IIong.
- »
- Jalabert, mines de la Grand’Combe, France.
- Jong (D.De), Indes néerlandaises, Pays-Bas.
- Jouve, maison Dru, France.
- Levôque, compagnie de l’Horme, »
- Macoir, carrières de Quenast. Belgique.
- Marlartre, houillères de Bességes, France.
- Mathelin, compagnie de Fives-Lille »
- Picot, Creuzot, »
- Platon (H.), mines de la Grand’Combe, 3
- Schmit (J.P.), carrières Quenast, Belgique.
- Sevin (A.), mines de C arm aux, France.
- Steger (Ad.), société l. R. des chemins de fer de l’Etat, Autr.-Hong.
- Suard, mines d’Aubin, France.
- Van Cranem, maison J. Chaudron, Belgique.
- Mentions honorables.
- Bergaud, mines de Bruay, France.
- Bougnet, maison Dubois et François, Belgique.
- Breuil, maison Sautter Le-monnier et Ce France.
- Capron, société de Mark hage, Belgique.
- Crétin, maison Sautter Lemonniér et Cîe, France.
- Damas (Hubert), société John Cockerill, Belgique.
- Fayol (P.), mines de Carmaux, France.
- Henrotte, société civile du Hazard, Belgique.
- Jamart (E.), société du Levant du Flénu, »
- Lecat, compagnie de Vicoigne, France.
- Leclaire, mines de Blanzy, »
- Naissant, compagnie de@ mines de Lens, »
- Paladan (J.), compagnie de Terre-Noire, »
- Pirlet (G.), société John Cockerill, Belgique.
- Charbonnages d’Abhooz et de Bonnefoi hareng Charbonnages des Six-Bonniers,
- Charbonnage du Grand-Mambourg dit pays de Liège,
- Charbonnage du Poirier, Cléchet et Kinsmann, Closson,
- Compagnie des mines de fer de Camerata,
- Cooke (J.) and G0,
- Crozet et Ce,
- Dehaynin (F.),
- Didier,
- Enfer (A.) jeune,
- Enfer (E.),
- Erichsen et Maardt,
- Florio (J.),
- Garéneaux,
- Houdailie,
- Houillères de Bézenet (Cie de Ghâtillon et Gommen-, trY-),
- Houillères de Dourges, Huchet,
- Jaspart fils,
- Jus,
- Lambert (E.) des Charbonnages de Noël Sart Culpart,
- Le Blon, .
- Legrand et Sutcliff,
- Maag (H.)
- Macnab (J.),
- Marsden (H.-R.),
- Mattioda (J.),
- Petiton,
- Plumbago Company,
- Belgique.
- »
- Suisse.
- France.
- Algérie.
- Angleterre.
- France.
- F. Belgique France.
- Danemark.
- Italie.
- France.
- Belgique.
- Algérie.
- Belgique.
- France.
- Angleterre.
- Suisse.
- Angleterre.
- Ponsard,
- Riverain,
- Rivière-Dejean,
- Rousseau,
- Roussigné,
- Ruggieri,
- Salmon Barnes et Cie, Sanders (W.),
- Italie.
- France.
- Canada.
- (Angleterre)
- France.
- »
- »
- »
- J»
- »
- Angleterre. Australie Sud (Angleterre) France.
- Schooman,
- Société anonyme de Bley-Berg-ès-Montzen, Belgique. Société anonyme des Charbonnages de Noël Sart Culpart, »
- Société anonyme des Charbonnages réunis de Char-leroi, »
- Société anonyme des Charbons de la Haye, »
- Société anonyme des Charbons et hauts-fourneaux d’Ougrée, »
- Société anonyme des houil-lières unies de Charleroi, » Société anonyme des Plombs argentifères de la Haute-Loire, France.
- Société Charbonnière du Petit-Try, Trois-Sillons, Sainte-Marie et Défon-cement réunis, Belgique.
- Société civile des Charbonnages d’Amercœur, Belgique. Société de Monteponi, Italie. Société des viviers réunis, Belgique. Société du Charbonnage d’Aiseau-Presle, »
- Tacquenier, «
- Taskin, »
- Taylor (H.-E.) Angleterre.
- Taylor (R.) et 0e, Etats-Unis,
- Wackernie, France.
- COLLABORATEURS.
- Médaille d’or.
- fcayol (Société de Corn-mentry-Fourcham-bault,} France.
- Médailles d’argent.
- Alayrac, compagnie de Counières, France.
- Beaudet, compagnie de Fives-Lille, »
- Belhazy (J. De), vice-président de la Société géologique de Budapest. (Diplôme.), Autr.-Hong. Dumont (D.), compagnie des mines de Béthune, France. Fougerat, compagnie des mines de Bruay, »
- Sulfourt, mines de Bruay, France. Vosmaër, mines de Banca, Pays-Bas.
- CLASSE 51
- Matériel et procédés des exploitations rurales et forestières.
- CLASSE 52
- Matériel et procédés des usines agricoles et des usines alimentaires.
- Nota. — Pour les récompenses de ces deux classes, voir le Journal le « Matériel agricole » 56, rue Blanche, à Paris (numéro 59).
- CLASSE 53
- Matériel des arts chimiques, de la pharmacie et de la tannerie.
- LISTE DU JURY.
- MM.
- Leblanc, France.
- Limousin, France.
- Spence (B.), esq, Anglreetses
- Colonies.
- Schmitz, France.
- Truelle, France.
- GRANDS PRIX
- Diplômes d’honneur équivalents à, une grande médaille.
- Ministère des Finances.
- (Laboratoire d’analyses pour les sucres, les spiritueux, etc.), Pays-Bas.
- Ministère des Finances.
- (Laboratoire de la Direction générale des Manufactures de l’Etat), France.
- Grandes médailles.
- Compagnie Parisienne de chauffage et d’éclairage par le gaz, Johnson, Matthey and
- r Co,
- Lecoq de Boisbaudran, Morane jeune,
- Pictet (Raoul),
- France.
- Angleterre.
- France.
- »
- Suisse.
- MÉDAILLES D’OR
- Alvergniat frères, Anduze,
- Bérendorf,
- Beyer frères,
- Compagnie continentale des compteurs et appareils à gaz,
- Doulton et Watts, Duboscq. {Rappel.), Egrot,
- Faure (P.),
- Faure et Kessler,
- Girard et de Laire, Hargreaves et Robinson, Hugdn et Cle,
- Huyard,
- Laurent,
- Mallet et fils,
- Morane aîné,
- Müller (E.) et Cie,
- Müller (E.) et Fichet, Nicolas et Chamon, Pardailhê et Galabrun, Pelouzé et Audoin, Plazanet (De),
- Schneider et Cie,
- Siry, Lizars et C^, Société du verre trempé (De la Bastie),
- Somzée (L.),
- Sugg (William),
- Vigreux et Leroy Desclo-sages Wiesnegg,
- France.
- »
- »
- »
- »
- Angleterre.
- France.
- »
- »
- »
- »
- Angleterre.
- France.
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- Belgique
- Angleterre
- France
- »
- MÉDAILLES D’ARGENT
- Adrian et Ce, Allard frères, Alsing (J.-R.), Bardelle,
- Barff (F.-S.),
- France
- »
- Suède
- France
- Angleterre
- Berqmer,
- Bontemps,
- Bousquet (Rappel), Bradfort et Ce,
- Brehier fils,
- Bréval,
- Chameroy (Rappel), Champs,
- Ghapuis (II.) (Rappel), Chevalet,
- Cliff (J.) et fils, Compagnie de l’établissement thermal de Vichy et Deriey, constructeur (Rappel), Compagnie de la Plombagine du Canada, Constantin frères et Ce, Cucurny (Rappel), Dalifol,
- Deroyfils aîné, Desmoutis, Quennessen et Lebrun (Rappel), Deyeux et Debliquy, Dorgé-Heuzé,
- Droux,
- Falconetti,
- Farinaux,
- Gadrat,
- Gaillard, Haillot et Ce, Goyard,
- Jacobson,
- Jamison (S.-W.), Lebaigue,
- Le Blanc (J.) et Ce, Lespadin,
- Lionnet (Rappel), Mactear (J.),
- Marsden (H.-R.), Molinier,
- Moret et Broquet, Munktell (J.-H.)
- Orsat,
- Patent Plumbago Cruci-ble Company,
- Péchar (J.),
- Piet et Ce,
- Plauchud,
- Poirier,
- Poisson (Rappel),
- Raspail (E.),
- Rigollot et Ge,
- Rouget de Lisle,
- Salet,
- Solvay et Ce,
- Sourdat,
- Société anonyme de fabrication de produits chimiques (Rousseau, administrateur), Tourin,
- Wauthier,
- Williams,
- France
- »
- »
- Angleterre
- France
- »
- »
- »
- »
- Angleterre
- France
- Angleterre
- France
- Espagne
- France
- »
- !»
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- Norwége
- Etats-Unis
- France
- »
- P
- P
- Angleterre
- ï>
- France
- »
- Suède
- France
- Angleterre
- Aut.-Hong.
- France
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- Belgique
- France
- France
- »
- »
- MÉDAILLES DE BRONZE
- Balland, France
- Beaume (Mme), »
- Bell (J.-M) et Ce, Angleterre
- Bernadotti, France
- Blanchard, »
- Blavier, »
- Bloch, »
- Blumenthal, Aut.-Hong.
- Boissimon (De), France
- Bravais, »
- Brewer frères, »
- Brochant, »
- Carpentier frères, »
- Cerf, «
- Ghapuis (F.), »
- Chenaillier, »
- Colombier, »
- Collin, »
- Commerson et Laugier, »
- Cowan (W.-B.), Angleterre
- Crespe, France
- Daulay, »
- Davannë, »
- Delaunay, »
- Desnoyers, ))
- Doulton et C°, Angleterre
- Drouot, France
- Dubois, »
- Dufour, B
- Egasse, »
- Elliot, Angleterre
- Fumouze frères, France
- Gallien (V.), »
- Gannal (Docteur), »
- Garnaud, »
- Gasnais, »
- Gastoud, »
- Goodyear, »
- Godart et Contenau, »
- Goyard, »
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-
-
-
- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Rlanehe. m
- Exposition universelle de 1878. — Liste des récompenses. III
- Guichard, France.
- Gwynne et Ce, Angleterre
- Hermann, France
- Hornsby (R) et fils, Angleterre
- Hoton frères, »
- Hottelart, »
- Issanjou, »
- Joulie, »
- Klingmüller, Aut.-Hong.
- Komgen, Lacroix, France
- »
- Lagorse, »
- La Quintinie, »
- Laurent père et fils, »
- Léard, »
- Lefèvre, »
- Legrand, »
- Legrip, »
- Le Treust, »
- L’Hôte, »
- Loisy, »
- Luca Porto, Espagne
- Mœglin aîné, France
- Mœglin (L.), jeune, »
- Magne-Lahens, »
- Messmer (E.), Suisse
- Michel, France
- Mondollot fils, »
- Müntz et Rampscher, »
- Nardi, »
- Ott, »
- Pelletier, »
- Picheloup, »
- Pincbon, »
- Poiret et fils,
- Rowson Drew et Ce, Angleterre
- Samain, France
- Schreiber, »
- Serrin, )>
- Société anonyme des manufactures de Marie-mont et Val-Saint-Lambert, Belgique
- Société autrichienne des
- chemins de fer, à Ora-
- vicza, Âut.-Hong.
- Suc, France
- Sulzer frères, Suisse
- Tavan et Charrier, France
- Thomas, »
- Trischler, »
- Tyler (P.-H.), Angleterre
- Vergely, France
- Vial, »
- Viel, Walocque et C®, »
- »
- Weinzierl (J.), Aut.-Hong.
- Wenger (A), Angleterre
- Wolstencroft (T) et Ce, »
- Wright (W), »
- Yvon, France
- MENTIONS HONORABLES
- Mousset et Bedin, Muller,
- Nanquette,
- Newton et Ce,
- Picq,
- Piéplu,
- Pollard,
- Rangod,
- Ricbourg,
- Richard et Artige, Rousset,
- Simoneton,
- Souvain (Le Frère,,
- Sun auto - pneumatic Lighting and Heating C° (The),
- Tice (W.),
- Toleman (J.), Valabrègue,
- Vaudin,
- Wilson,
- Willet,
- France.
- Angleterre
- France
- Angleterre
- France
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- Angleterre
- »
- y>
- France
- »
- Angleterre
- »
- COLLABORATEURS
- Médailles d’or.
- Dargniès, manufactures de l’Etat (Diplôme), France
- Demondésir, manufactures de l’Etat (Diplôme), »
- Médailles d’argent.
- Hucrourt (D’), maison Si-ry Lizars et Ce, France
- Letixerand, manufactures de l’Etat (Diplôme), » Mérijot, manufactures de l’Etat (Diplôme), »
- Médailles de bronze.
- Cellerin, maison Muller (E) et Ce, France
- Fialon, maison Adrian et Ce, »
- Gagnebien, manufactures de l’Etat (Diplôme), » Landry, maison Berquier » Peignaud, maison Piet et Ge, »
- Mentions honorables.
- Gastoud (Neveu), maison Gastoud, France
- CLASSE 54.
- Machines et Appareils de la mécanique générale.
- Amand,
- Biard et Ge,
- Blacquière,
- Breuil,
- Bourdon (W.), Buisset-Hanze,
- Burnard, Lack et Alger, Caillas,
- Catillon,
- Chambers,
- Chauveau,
- Gorpet et Bourdon, Damourette,
- Devoir et Mangez, Digne,
- Dulac,
- Duvaldestin,
- Ferrand (E.),
- Fournier,
- Frémont,
- Frisson,
- Gapiaud,
- Gobbe,
- Gowen,
- Guéroult,
- Guillaume (A.),
- Henry,
- Jost,
- Jousseaume,
- Katz,
- Langlais,
- Launois,
- Lecourt,
- Lejeune,
- Lutz,
- Maillard frères,
- Marie,
- Masson Durand, Melliès,
- Ménard,
- Mollet-Fontaine,
- Monnier,
- France
- »
- »
- »
- »
- »
- Angleterre
- France
- »
- Angleterre
- France
- »
- »
- »
- »
- »
- »
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- Angleterre
- France
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- »
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- »
- »
- LISTE DU JURY.
- MM.
- Rolland, France.
- Hirsch, »
- Périsse, »
- Davidson (Le professeur
- G.) États-Unis.
- Robinson (J.) esq. Angleterre et ses colonies.
- Anderson (J.) esq. James Sloan, ' Alessandro Mantese, Munter (A.-B.), Meliton (M.),
- Pfaff (C.),
- Della-Vos, Autenheimer, Dwelshauwers Derg, Kapteyn (A.),
- Résal,
- Collignon fils, Paucellier,
- De Comberousse, Gargan,
- Bourdon,
- Leclère, n Henry,
- »
- États-Unis.
- Italie.
- Suède et Nor.
- Espagne.
- Aut.-Hong.
- Russie.
- Suisse.
- Belgique.
- Pays-Bas.
- France.
- »
- »
- »
- D
- »
- »
- »
- GRANDS PRIX.
- Diplôme d’honneur équivalant à une grande médaille.
- Association des Propriétaires d’appareils à vapeur, France.
- Grandes médailles.
- Colladon (D.), Suisse.
- Engel (F.), France.
- Farcot et ses fils, France.
- Galloway (W. et J.) et fils, Angleterre.
- Piat (À.), France.
- Société suisse pour la fabrication de locomotives et de machines de Winterthur, Suisse.
- Sulzer frères, »
- Thomasset, France.
- Wheelock (J.), États-Unis.
- Weyher et Richemond, France.
- Rappel.
- Whitworth (Sir Joseph) ) et Ce, Angleterre.
- MÉDAILLES D’OR.
- Àlbaret et Ce, France.
- Alexander frères, Espagne.
- Armengaud (C.-E.)aîné, France. Ateliers de construction des chemins de l’Etat de Buda-Pesth, Hongrie.
- Beer(C.), Belgique.
- Belleville et Ce, France.
- Bellino-Fendrich, Russie.
- Bethouard et Brault (Rappel), France.
- Boudier frères, »
- Bourdon (Edouard), »
- Boyer (E.). (Rappel), >
- Bréval (L.), »
- Bufl’aud frères, »
- G ail et Ce, »
- Chameroy, »
- Chevalier, Grenier et Droux, »
- Ghiazzari de Torrès, Italie.
- Claparède (F.), France.
- Clayton et Shuttlleworth, Anglelerre. Collman (A.), Aut.-Hongr.
- Compagnie de Fives-Lille (Rappel), France.
- Compagnie des fonderies et forges de l’Horme, »
- Compagnie de l’usine de Gothembourg, Suède.
- Compagnie des usines de J. et C.-G. Bolinder, »
- Cordier aîné, France.
- Durenne (J.), »
- Duvergier (A,), »
- Ecole Impériale technique de Moscou (Diplôme), Russie.
- Escber, Wyss et G®, Suisse.
- Fairbanks (E. et T.)etCe, Etats-Unis. Garnier, France.
- Garrett (R.) et fils, Angleterre.
- Hall (H.), Etats-Unis.
- Hancock Inspirator Go, »
- Hathorn, Davis et Davey, Angleterre. Hornsby (R.) et fils, »
- Howe Scale Co, Etats-Unis.
- Imbert frères, France.
- Lebrun (L.), »
- Lecointe et Villette, »
- Lecouteux et Garnier.
- (Rappel), »
- Leeds Forge Co (Limited) Angleterre. Le Gavrian et fils (Rappel) France. Marshall fils et Ce, Angleterre.
- Mégy, Echeverria et Bazan France. Merryweather et fils.
- (Rappel.), Angleterre.
- Mouchot, Algérie.
- Powell (Thomas et T.).
- (Rappel.), France.
- RansomeSjSimsetHead, Angleterre. Robey et Gie, »
- Sagebien (A.), France.
- Satre et Averly, »
- Schemioth, Angleterre.
- Schneider et Cie, France.
- Schmid (A.), Suisse.
- Société anonyme de constructions mécaniques d’Anzin, France.
- Socin et Wick, Suisse.
- Stork frères et Ce, Pays-Bas.
- Tangye frères, Angleterre.
- Turck, France. ‘
- Walschaerts (E.), Belgique.
- Windsor et fils, France.
- MÉDAILLES D’ARGENT
- Abt (R).
- Angely (A.),
- Appleby frères (Rappel.), Artige et Ce. (Rappel.), Ateliers de Porsgrund, Baillet et Audemar,
- Berg (V.-I.),
- Bollée (E,). [Rappel.],
- Suisse.
- France.
- Angleterre.
- France.
- Norwège.
- France.
- Danemark.
- France.
- Bon et Lustremant, Bougarel (F.), Bourgougnon (J.),
- Brand et Lhuillier, Breloux (B.),
- Brisson, Fauchon etCe, Brissonneau frères, Broquin, Lainé et Muller, Brotherhood (P.), Brouhotet Ce,
- France.
- »
- ))
- Autr.-Hong.
- France.
- Angleterre.
- France.
- France.
- »
- Belgique.
- France.
- Brown Calorie Engine C°, Etats-Unis. Burguy(E.),
- Buss, Sombart et Ce,
- Cail, Halot et Ce,
- Caillard frères,
- Casse (C.),
- Cazaubon (J.),
- Chaligny et Guyon-Syon-nest,
- Chaudré (F.),
- Claudel,
- Cleuet (Y.),
- Cochot (A.). (Rappel),
- Compagnie de l’usine de Skoëfde,
- Compagnie parisienne du gaz. (Rappel),
- Corbran et Lemarchand.
- (Rappel),
- Corcoran,
- Crespin et Marteau,
- Crichton (W.) et C®,
- Cumming (J.),
- Daix (V.),
- Damey (J.). (Rappel),
- Danks (J.). (Rappel),
- Suède.
- France.
- Etats-Unis.
- France.
- Russie.
- France.
- Victoria. (Angleterre). Decoeur (P.), France.
- Deiahaye et Renard, »
- Denfer (J.), »
- DepisjG.j, »
- Deschiens (J.), »
- Domange-Lemierre et Ce, »
- Dubuo (M.), »
- Ducomet (J.), »
- Dumont et Ce. (Rappel), »
- Duvallon et Lloyd, Angleterre.
- Ecole dos arts et métiers du Caire. (Diplôme), Egypte.
- Edoux (F.-L.). (Rappel). France.
- Fagel (È.), Belgique..
- Faller, Autr.-Hong.
- Fétu (A.) et Deliége, Belgique.
- Flaud et Cohendet. (Rappel), France.
- Fonderie Oretea de Florio Italie. Fontaine (Louis), France.
- Fouché et Delaharpe, »
- Fouletier frères, »
- Gautreau (T.), »
- Geneste, Herscher et C®,
- Gérard et fils, »
- Giffart et Berger, »
- Girard (A), »
- Green (E.) et fils, Angleterre.
- Guyenet (C.), Frai^ce.
- Guyon et Audemar, »
- Gwynne (J. et H.), Angleterre.
- Hanriau, France.
- Ilarant, »
- Hartnel, Angleterre.
- Heim (A.), Etats-Unis.
- Hermann - Lachapelle,
- (Rappel), France.
- Heurtebise, »
- Hoek (J.) et C’, Autr.-Hong.
- Hopkinson (J ) et O, Angleterre.
- Hoyt (J.-B.) et Ce, Etats-Unis.
- Humphires (E.). Angleterre.
- Hydraulic Engineering Company (The), »
- Kennedv (W.) et fils, Angleterre.
- Klem, Hansen et Ce, Norwége.
- Laubereau, France.
- Lecornu (A.), »
- Légat (D.), »
- Leloutre, »
- Letestu (M.-A.E.) (Rappel), » Lethuillier et Pinel, »
- Mallin son, Angleterre.
- Mekarski, France.
- Meunier et C®, »
- Ministère des finances.
- (Diplôme). Italie.
- Moret et Broquet, France.
- Muller et Fichet, »
- Olry et Granddemange, ».
- Onsum(0.), Norwége.
- Paupier (L.), France.
- Perreaux )L.), »
- Pihet (A.), »
- Placide Peltereau (veuve)
- Lejeune frère, »
- Poulain frères,, »
- Pulsometer Enginering Company (The), Angleterre
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-
-
-
- 292 Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Blanche
- IV Exposition universelle de 1878. — Liste des récompenses.
- Renaud (P.),
- Ribourt (L.),
- Richards (C.-B.),
- Rider,
- Russell (J.) et Ce,
- Ruston Proctor et C% Salin et C%
- Sautter, Lemonnier et C% Schember (C.) et fils.
- {Rappel),
- Schmitz,
- Scholtze, Réphan et Ce, Schreiber Salomon et C% Simon (L.) et fils,
- Skoda (E.),
- Société de construction des Batignolles,
- Stapfer de Duclos et O, Stow flexible Shaft C°, Tenbrinck (G.),
- Thomas (G.) et Cornet (J.-B.),
- Trayvou (usine de la Mu-latière,
- Tullis (J.) et fils,
- Turner (E.-R. et F.),
- Tyler (Haward) et G% United States Wind mill, Engine and Pump Ce, Van Gcethem (W.) Reallier (J.) et Gc,
- Villette (P.),
- Voruz aîné. (Rappel), Westin (O.-E.),
- Winter (I.),
- Zimmermann (de Mar-chiennes),
- France.
- »
- Etats-Unis.
- Angleterre.
- Angleterre.
- »
- France.
- »
- Autr.-Hong.
- France.
- Russie.
- Autr.-Hong.
- Angleterre.
- Autr.-Hong.
- France.
- »
- Etats-Unis.
- France.
- Belgique.
- France.
- Angleterre.
- »
- »
- Etats-Unis.
- Belgique.
- France.
- »
- Suède.
- Autr.-Hong.
- France.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- Achard (F.-A.), France.
- Adeline (E.), »
- Allen, »
- Andrade, »
- Askenasy (A.), Autr.-Hong.
- Aubry et Ce, France.
- Avanzi (A.), Italie.
- Bailly et Roche frères, Barthum et Pauwels, France.
- »
- Basiliades, Grèce.
- Bataille et Bloom, France.
- Beaume (L.), »
- Berendorf (J.), France.
- Bergerat (L.), »
- Bernays (J.), Angleterre.
- Bernier et Ce, France.
- Blazioski (E.), »
- Bohler, »
- Bolzano Tedesco et Ce, An tr.-Hong.
- Borius (J.), France.
- Bosisio (P.) et Ce, Italie.
- Boué (J.), Bowing’s patent filter France.
- Press G°, Augleterre.
- Bretonnière, Algérie.
- Brossard (J.), France.
- Brunot (A.), Burrows, Steward et »
- Milne, Angleterre.
- Gasassa, France.
- Gassagnes, »
- Castrup (I.-I.), Danemark.
- Cauchoix (E.), France.
- Chambault (G.), »
- Chauvin et Marin-Darbel, »
- Chenon (P.), »
- Chetou (L.), »
- Chevallier (E.), France.
- Chouanard (J.), » *
- Chrétien (J.), »
- Cochard (E.), »
- Collin (A.), Compagnie de la fonderie et de l’usine de »
- Landskrona, Compagnie de Lilljedal Suède.
- (J.-F.), . Compagnie des fabriques »
- de Jonsered, »
- Coqne (A.), France.
- Gorpet et Bourdon, Y)
- Correy, y>
- Cossa, Angleterre.
- Davey, Paxman et Ge, »
- Debauve, France.
- Dedieu (G.L »
- Del (F.), Demenge, »
- »
- Dervaux, Belgique.
- Desborcles (L.), France.
- De Ville, Ghatel (H.) et Ce, Belgique.
- Dewrance (J.) et Ce, Angleterre.
- Donnadieu (A.), France.
- Dormoy, »
- Douglas (W. et B.), Etats-Unis.
- Dudon-Mahon, France. Société de constructions
- Dulac frères, » navales du Havre, France.
- Dupuch (G.), » - Société industrielle de
- Desaux (C.), Ecole des arts et mé- France. Rouen., [Diplôme). Société des sciences in- »
- tiers. (Diplôme), » dustrielles de Lyon.
- Edwards (W.-J.), Angleterre. (Diplôme), ))
- Eiffel et Ge, France. Soyer (B.), ))
- Faij (H.), Angleterre. Spanner (A.-G.), Autr. -Hon.
- Farcot(É.), France. Suc (E.-A.), France.
- Ferréria dé Hérédia, Espagne. Taurines, Belgique.
- Ferrero (V.), Italie. Taverdon (A.), »
- l'erret (E.-A.), France. Thévenin frères, France.
- Florenz (J.), Autr.-Hong. Thiébaut et fils, »
- Fontaine et Buquet, France. Thiollier, Gueraud et
- Fourneaux (J.), Belgique. Macabies, »
- Frich (S.), Danemark. Torrilhon, Verdier et Ce, »
- Goubet (D.), France. Tulpin frères, »
- Greenwood et Batley, Angleterre. Twibill (J.), Angleterre.
- Greindl, Belgiqne. Underwood Belting Go, Etats-Unis.
- . Guebhard et Tronchon, France. Vabe, France.
- Guichard et C% » Valdelièvre (P.), R
- Gwyne et Ce, Angleterre. Varrot (H.-V.) »
- Gyürky (A), Autr.-Hong. Velliet frères et Lescube, »
- Hanl (L.), Autriche. Versé Spelmans, A. Bri- Belgique.
- Hédiard (E.), France. chot et G”,
- Henry Lepaute fils, » Victoor, FourcyetCe, France.
- Henzei (N.), Autr.-Hong. Wigzell et Halsey, Angleterre.
- Hercules Lewer Jack C°, Etats-Unis. Wilians, Angleterre.
- Hidien (A.), France. Wimmerlin (J,), France.
- Hignette (J.), Houyoux (J.-B.), Belgique. Woods, Gocksedge et C°, Angleterre.
- Hugon et Ge, Hunter et English, Japy frères et Ce, France. Angleterre. France. MENTIONS HONORABLES.
- Jaspar (J.), Belgique. Adair et Cio, Alley et Maclellan, Angleterre.
- Jouffray Cadet et fils, France. Angleterre.
- Kennedy patent Water Anschütz (A.), Autr.-Hong.
- Meter C°, Angleterre. Ateliers mécaniques de
- Knudsen (C.), Danemark. Christiania, Norwége.
- Korosi (J.), Autr.-Hong. Aubert (A.), France.
- Lainé (E.), France. Aubry (E.-A), »
- Lebeau (J.), » Auguet et Lefèvre, »
- Le Blanc (J.) et Ce, » Aultman et Gi<:, Etats-Unis.
- Lefèvre et Ce, France. Babonaux (J.-B.', France.
- Le Grand et Sutcliff, Angleterre. Barbe (G.), »
- Lehmann frères, France. Bède (E.), Belgique.
- List (G.-J.), Russie. Beffa (A.) et C^ France.
- Locoge et Ge. France. Bellefroid et Leveque, Belgique.
- Mac Kenzie (T.) et fils, Angleterre. Bernard (V.), France.
- Mac Nicol (J), Belgique. Billes, Algérie.
- Magniat (L.), France. Blanc (J.), France.
- Magnin et Ge, » Blondel et fils »
- Manet (G.), )> Blunck (G.), Norwége.
- Mariolle frères, » Bordone (J.), France.
- Martel et Bousselet, » Bossière (H.). »
- Martin (A.), » Bourdin (A.), »
- Mason, Volney(W.)et G”, Etats-Unis. Bourelly, Raynaud et
- Mather et Platt, Angleterre. Laugier, »
- Mathieu, France. Bourne (J.) et Gie, Angleterre.
- Michel (J.), » Brossement (A.), France.
- Michèle (V.-D. de), Angleterre. Brunius VH.), Suède.
- Miquel (J.), France. Bunel (E.), France.
- Molard, » Caen (L.), »
- Molière (A.), Moncrieff (J.), Algérie. Canoë (A.), »
- Angleterre. Carnaire et Montellier, »
- Moyse et G®, France. Carver (H.-G.), Angleterre.
- Naeff frères, Pays-Bas. Gasalonga (D.), France.
- Napier (D) et fils, Angleterre. Caudron (J.) »
- Nathan (D.), » Ghalléat (J.). »
- Nicholson (W.-N.) et fils, Angleterre. Christof (W.) et Gie, Autr.-Hong.
- Nînes, France. Glausollés (E.), Espagne.
- Noël (N.), )) Collet (Ve E.) née E.
- Odero (N.), Italie. David, France.
- Ortmans, Belgique. Colombier (F.), »
- Payre fils jeune, France. Commission des eaux
- Pécard. » courantes. Rép. Argent.
- Perin Panhard et Ce, France. Compagnie canadienne
- Petit (J.), » de caoutchouc, Angleterre.
- Piau, » Coux (De la) des Ro-
- Pickering (T.-R.) et C®, Etats-Unis. seaux/ France.
- Planas Junoy et Ce, Espagne. Craig (A.-F.) et G' Angleterre.
- Portilla White et Ge, » Cresson (G.-V.), Etats-Unis.
- Pottin (Henry), France. Cuau aîné et Ce, France.
- Pouplier et Ce, » Damourette (J.), France.
- Priestman frères, Angleterre. Dardel (A.), »
- Puvilland (J.), France. David l'H.), ))
- Ransome (A.) et Ge, Angleterre. Debray, »
- Révillon (H.), Rikkers (A.), France. Deck (E.), Suisse.
- )) Dégramont et G°, France.
- Rous (E.), » Delettrez (G.), »
- Roux fils, » Depeire (F.), »
- Roy (B.) et G», Suisse. Digeon (J.), »
- Saive (A), France. Dodman (A.), Angleterre.
- Samain, » Douanes chinoises de
- Schabaver et Fourèsj » Canton, Chine.
- Schick (G.), » Dufilhot (V.-P.), France.
- Shanks (A.) et fils, Angleterre. Dufort (H.), »
- Simon-Perret frères, France. y Edson (M.-B.), Etats-Unis.
- Sinson Saint-Albin, » Ervien (C.-W.), Etats-Unis.
- Société anonyme de Ermiloff, Ézéquiel (Oca), Russie.
- Gommentry et Four- Rép. Argne.
- chambault, » Faitot frères, France.
- Société anonyme des Fayet, »
- lièges appliqués à l’in- Foucault (T.l, »
- dustrie, » François (S.), »
- Freissler (A),
- Gay (P.-T.),
- Girodias (L.),
- Giroud (H.),
- Gokmann,
- Goria (G.),
- Green (D.-C.), Guillebeaud (T.;, Gunzbürger,
- Haller (J.),
- Hanarte et Balant, Harrington (E.) et Fil, Henry (E.),
- Hindley (E.-S.)
- Hirt frères,
- Holmes et fils,
- Howe Machine Go (The), Huron aîné,
- Jacobs (W.-H.),
- Kohler (J.),
- Koopman (H.-J.),
- Autr.-Hon.
- France.
- Russie.
- Italie.
- États-Unis.
- France.
- Belgique. Etats-Unis. France. Angleterre. France. Angleterre.
- »
- France. Pays-Bas. Suisse. Pays-Bas. Kuhn frères et Hoffmann, France. Kurtz (A.), »
- Lacour (G.), »
- Lagache (H.), France.
- Lamarre (J.-B.), »
- Larochaymond (A.), Belgique.
- Lartigue (H.), France.
- Laurent (J.), »
- Lawrence et Porter, Angleterre.
- Lefèvre et fils et Denis, France. Legrand (A.) France.
- Legrand (A.), »
- Legrand (L.), »
- Legrand (P.-A.), »
- Letellier (E.), »
- Levasseur (L.-F.), »
- Lichtenstein, »
- Liénard-Benoît, »
- Louis (G.), »
- Maiche (L.), »
- Major (V.), Danemark.
- Mancini (G.), France.
- Manzanedo (Don Este-ban), Espagne.
- Maréchal (G.), France.
- Maria (S. de), Italie.
- Marion (J.), France.
- Marshall (A.) et Ce, Angleterre.
- Martin (P.), France.
- Martineau et Smith, Angleterre.
- Masson (A.), France.
- Mast (P.), »
- Mathelin et Garnier, »
- Mayer fE.), Autr.-Hong.
- Mikkelsen (N.), Danemark.
- Milesi (A.), Italie.
- Millis (R.), Angleterre.
- Moison, France.
- Monnier (P.), »
- Monroy et Ce, »
- Mouîard (L.), »
- Nathan et Dreyfus, Etats-Unis.
- Nielsen (J.-F.), Norwège.
- Noël (A.), France.
- Norris (S.-E.) et Ge, Angleterre.
- Northey, »
- Oriolle(P.), France.
- Oscillating Pump Go, Etats-Unis.
- Pavoux (E.) et Ce, Belgique.
- Pernolet (AJ, France.
- Perret (M.j) France.
- Perrier (L.), France.
- Perronce 1 aine (Ve) et Ce, »
- Perrotte et Tatin, »
- Petit (E.), »
- Pézerat, »
- Pilter (T.), »
- Poillon, »
- Poirot, »
- Rachel (H.), »
- Raffard (N.), »
- Rampon, Algérie.
- Regnard (P.), France.
- Roser (N.), »
- Rowson Drew et C«, Angleterre.
- Rucher frères, France.
- Sainte (A.), »
- Salomon et Touchais, „ »
- Saurel, »
- Schrabetz (E.), Autr.-Hong.
- Sculfort, Maillard et Meurice, France.
- Séraphin frères, »
- Siry, Lizars et Ce, »
- Société anonymepour l’épuration et le filtrage des eaux, Belgique.
- Société des hauts-fourneaux et ateliers de construction de Mar-quise> France.
- Strube (A.), »
- A suivre.
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-
-
-
- Paris LE CONSTRUCTEUR «16, rue Blanche, 20?
- Supplément au n° 324. — Lundi 4 Novembre 1878.
- REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- 99
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de PEcole polytechnique.
- \ MM. DEBIÉ, Ingénieur civil.
- I L. POILLON, ingénieur civil.
- RÉDACTEURS.....................J BOUVET, Ingénieur civil.
- ( E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ] ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées a la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.*
- LES MACHINES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- (21* ARTICLE).
- Voir nos numéros des 20 et 27 mai ; 3, 10, 17, 24 juin, 1»*-, 8, 15, 22 et 29 juillet, 5, 12 et 26 août, 9, 16, 23 et 30 septembre, 7 et 21 octobre.
- La machine Vallet. — Constructeur : M. Walck-Virey, de Saint-Dié (Vosges).
- La machine, du système Vallet, exposée par M. Walck-Virey, est une machine à fourreau avec quelques modifications plus ou moins heureuses.
- Dans un cylindre horizontal unique entouré d’une enveloppe de vapeur, voyage un piston qui, du côté du fonds de droite, se termine par une face plane, mais qui, du côté du fonds de gauche, se prolonge par un fourreau ou partie cylindrique plus mince. Autour de ce fourreau, il règne naturellement dans le cylindre un espace vide annulaire. Le fourreau se prolongea travers le couvercle; et celui-ci se prolonge lui-même pour former glissière de guidage. Des segments ou cercles de pistons existent en un certain endroit sur le fourreau comme sur le piston, pour faire joint contre la pression de la vapeur.
- L’intérieur du fourreau est creux, mais hermétiquement fermé. La tige du piston y passe suivant son axe; et après avoir traversé une cloison venue de fonte avec le fourreau, elle s’articule à la bielle. Articulation, bieiie, arbre, excentrique de tiroir, tout le mécanisme en un mot barbote dans un grand coffre formant bâtis placé à la suite du cylindre et rempli d’eau de savon. C’est là un mode de lubrification d’une simplicité primitive mais assurément médiocre. L’ensemble formé par le couvercle-glissière et le cylindre moteur est attaché (en porte à faux)-sur le côté du coffre. Il n’y a qu’une seule boîte à vapeur latérale et un seul tiroir de distribution simple à coquille, ce qui fait perdre à la machine les avantages de diminution et atténuation des fuites que l’on réalise avec deux distributions distinctes.
- Les orifice» sont disposés pour que les effets suivants se produisent :
- La vapeur arrive à pleine pression sur la surface annulaire du piston et le repousse de gauche à droite pendant toute sa course. A la fin de ce mouvement, le tiroir ferme l’admission dans cet espace annulaire et ouvre i’echappement. Par l’échappement, la vapeur vient agir sur la face de droite ou externe du piston, en remplissant la plus grande capacité du cylindre et en se détendant ; de là, elle s’échappe à Pair libre ou au condenseur quand il y en a.
- Le rebord annulaire du piston travaille seul pendant que le. piston va de gauche à droite ; et la face externe du piston travaille seule pendant qu’il s’en va de droite à gauche. Chacune de ces actions successives ne se produit qu’à simple effet, c’est-à-dire que chaque surface travaillante retourne à vide au demi-tour suivant.
- La machine Vallet n’est donc, comme nous le disions, que l’ancienne machine à fourreau transformée en machine Woolff d’une manière plus ou moins ingénieuse ; les éléments caractéristiques des machines Compound ou Corliss lui font défaut.
- Il n’y a là, en effet, ni récipient intermédiaire
- avec réchauffage de la vapeur produisant une légère surchauffe, ni détente variable au petit cylindre (représentée ici par l’espace annulaire), ni diminution et atténuation des fuites de vapeur.
- LES MACHINES-OUTILS
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- (2me ARTICLE.)
- Les constructeurs de machines-outils se plaignent fréquemment de la concurrence que leur font leurs clients, qui souvent préfèrent exécuter dans leurs ateliers certaines machines dont iis ont besoin Ces constructeurs doivent surtout s’en prendre à eux-mêmes, parce qu’ils n’ont point assez développé leur spécialité ou qu’ils n’ont pas adopté des types assez pratiques et assez résistants, enfin parce que leurs prix sont trop élevés : il faut dire de suite que ce prix élevé résulte surtout du nombre trop limité des ventes.
- Le prix des modèles, dans une machine-outil, doit être très-largement suffisant, pour compenser les bénéfices et une partie des frais généraux ; en sorte qu’il n’y a pas de raison, si les constructeurs de machines-outils entendaient bien leurs véritables intérêts, pour que leur clienlèie ne leur restât pas entièrement fidèle.
- Nous sommes obligés, pour être exacts et consciencieux, de passer en revue quelques rnabons qui doivent, aux défauts que nous venons de signaler, la stagnation dans laquelle elles végètent ; nous reconnaîtrons cependant qu’il y a, dans les dispositions qu’elles ont adoptées, quelques bonnes idées et dans leur construction même, quelques parties bien exécutées.
- SIM. Clialliot et tSratiot,
- ingénieurs-constructeurs, à Paris, 28, rue d’Aubervilliers.
- MM. Challiot et Gratiot ont pris la suite d’un petit atelier qui avait fait sa fortune avec les seules machines à percer, et peut-être ont-ils eu tort de vouloir embrasser toutes les spécialités de la machine-outil.
- On doit rendre justice aux efforts de ces jeunes constructeurs. Les petits modèles qu’ils exposent sont bien exécutés et présentent quelques dispositions ingénieuses; cependant, si l’on tient compte que les conducteurs de machines exigent toujours de leurs outils un peu plus que la force indiquée, on regrettera que les pièces et bâtis ne présentent pas une rigidité supérieure.
- MM. Varrall, Elwell et Middleton,
- Constructeurs-mécaniciens à Paris.
- MM. Varrall, Elwell et Middleton viennent d’obtenir un grand prix pour leur exposition. Cette récompense est bien mériiée par la supériorité du travail. Malheureusement les prix de ces constructeurs sont trop élevés pour être abordés par les j ateliers privés; les administrations nationales for-î ment leur principale clientèle, i Nous allons passer en revue leurs principaux outils.
- La machine à raboter, à quatre outils de MM.
- Varrall, Elwell et Middleton, présente les dimensions suivantes :
- Longueur du banc, 9m,000 Longueur rabotée, 6m 000 Largeur id. 2m,320 Hauteur id. 2m, 300
- Son poids est de 58,000 kil.
- La crémaillère qui entraîne le chariot est actionnée par une grande roue placée en fosse avec son mécanisme de commande. Cetie disposition permet de disposer les poulies motrices à l’arrière des montants, ce qui est essentiel pour la facilité et la sécurité des manœuvres. Le mouvement en travail est donné par l’intermédiaire d’une grande roue dentée intérieurement; le mouvementée retour,plus rapide, est donné par un engrenage d’un rapport trois fois plus faible.
- La régularité de la marche est assurée par la bonne construction du chariot, dont les surfaces guidantes, les V, sont assises sur des voies larges; la lubrification est entretenue d’une manière constante par des double-»-çônes roulant librement dans des cuvettes remplies u’huile.
- Des quatre porte-outils, deux sont placés sur le chariot transversal et deux sur les montants, un de chaque côté.
- Les mouvements automatiques transversal,vertical et oblique pour chacun des porte-outils placés sur le chariot transversal sont indépendants; la commande de ces mouvements est prise d’un même côté de la machine.
- Chacun des porte outils sur les montants est également muni des mouvements automatiques transversal, vertical et oblique. Enfin le chariot transversal et chacun des pone-outils sur les montants sont pourvus d’un mouvement mécanique de montée et de descente ; et les divers leviers de débrayage sont placés de chaque côté de la machine à portée de l’ouvrier.
- Le grand tour à fileter et à charioter portant deux chariots indépendants de MM. Varrall, Eiwell et Middleton est, avec leur machine à raboter, et au point de vue de l’outillage, un des beaux appareils de l’Exposition.
- Le banc a une longueur de 12 mètres, le poids total atteint 47,000 kilos ; la hauteur des pointes est de 85 centimètres, la longueur entre pointes mesure 8 mètres.
- La poupée fixe a 15 vitesses, des mandrins et arbres intermédiaires en acier, collets avec chapeau et coussinets cylindriques en bronze. Le grand plateau est à quatre griffes avec denture intérieure.
- Le banc est double, présentant quatre larges assises longitudinales.
- Les deux chariots porte-outils complètement indépendants, circulent ainsi chacun sur deux voies distinctes. Ces deux chariots sont munis chacun de mouvements automatiques, dans les deux sens; ces mouvements donnent à volonté, au moyen d’une crémaillère placée de chaque côté du banc et des vis transversales, le chariotage cylindrique ou conique, ainsi que l’avancement de l’outil.
- L’un des chariots est en outre muni d’une vis-mère en acier, qui sert pour le filetage et qui peut aussi donner un deuxième mouvement de chariotage conique. Le banc est d’ail.eurs disposé pour recevoir une seconde vis-mère.
- Les chariots portent les leviers de débrayage du tour, ainsi que les leviers d’ariêt et de changement de chariotage indépendants l'un de l’autre pour chacun des chariots. Les crémaillères servent également pour les déplacements à la main des chariots. Les crémaillères servent également pour
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- 298 Paris,
- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Rlanehe
- 100 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- les déplacements à la main des chariots, de la poupée mobile et de la lunette.
- A côté du gros tour à chariots indépendants, on remarque dans l’exposition de MM. Varrall, Elwell et Middleton, un tour à fileter et à charioter à deux outils, d’une longueur égale, mais d’une plus grande simplicité. Le chariot est muni de deux porte-outils placés en regard l’un de l’autre- grâce à un système d’embrayage très-simple, ces deux porte-outils peuvent marcher ensemble en sens contraire ou séparément. Le mouvement automatique de chariotage et de filetage s’opère au moyen d’une vis-mère placée à l’intérieur du banc; mais le déplacement du chariot peut aussi se faire à la main au moyen d’une crémaillère placée à l’extérieur.
- Nous ne nous arrêterons pas sur les autres machines de MM. Varrall, Elwell et Middleton ; elles sont moins importantes.
- Raboteuse courante de 2m X 0ra,80 X 0ra,80";
- Tour à charioter les tiges de boulons ;
- Machines à mortaiser-,
- Etau-limeur;
- Perceuse à pédales.
- Une grosse machine à aléser devrait plutôt attirer notre attention.
- Dans cette machine le cône de commande est fixe à la partie inférieure, placée dans un évidement du banc. Sur ce banc on saisit la pièce à aléser et on place en conséquence les deux supports des porte-lameset la grande poupée, dont le mécanisme doit donner 1 entrai mment à la barre. Le mouvement d’avance* de cette barre est donné automatiquement au moyen d’une transmission actionnée par le cône et une disposition spéciale permet à l’axe d’entraînement un petit déplacement par rapport à la ligne d’axe des porte-lames.
- Cette machine est parfaite d’assise et de travail. Mais nous n’aimons pas sa disposition.
- Le travail, assez limité, doit être lent. C’est un joli meuble dont les grandes administrations peuvent seules se permettre le luxe.
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Le congrès international de Géographie commerciale.
- Voici l'énumération sommaire des voeux les plus importants émis par les sections et adoptés en assemblées générales, en suivant l’ordre dans lequel ils ont été ratifiés :
- Qu’il soit créé une chaire de géographie commerciale au Conservatoire des arts et métiers.
- Que le comité international pour le percement du canal interocéanique fasse connaître le plus tôt possible le choix qu’il a fait du meilleur tracé.
- Que les gouvernements donnent aide et subvention pour l’impression et la diffusion du questionnaire de géographie commerciale adopté par le congrès.
- Que les gouvernements autorisent leurs commissaires généraux à l’Exposition universelle à donner aux diverses Sociétés de géographie commerciale les échantillons de tous les documents nécessaires à l’établissement de musées de géographie commerciale.
- Que toutes les Sociétés de géographie se donnent un mutuel appui pour l’établissement de ces musées.
- Que les divers délégués veuillent bien appeler, à leur retour dans leur pays, l’attention des administrations, des associations et de l’opinion sur l’importance d’une solution prompte delà question du percement du canal interocéanique.
- Que les consuls des divers pays soient autorisés à répondre aux questions que peuvent leur adresser les Sociétés de géographie commerciale, par l’intermédiâire du ministère dont ils relèvent.
- Que la Société de géographie de Lisbonne élabore un plan d’études commerciales pour le soumettre au prochain congrès.
- Que les chambres de commerce envoient des
- jeunes gens étudier les questions commerciales
- dans les différents pays avec l’aide et l’appui des consuls auxquels ils seraient recommandés par les chambres de commerce et les ministères des affaires étrangères.
- . Que les différents pays constituent des conseils d’émigration analogues à ceux que les Sociétés de géographie commerciale de | Paris et de Rome organisent en ce moment.
- Que l’émigration soit protégée dans tous les pays par des lois spéciales ; et que dans ceux où ces lois protectrices existent déjà, elles soient efficacement appliquées.
- Que les agents maritimes dans les ports de départ et les agents consulaires dans les ports d’arrivée fournissent aux émigrants tous les renseignements nécessaires sur les pays où ils veulent s’établir et que ces agents adressent à leur gouvernement des rapports qui seraient communiqués le plus tôt possible aux Sociétés de géographie.
- Que dans chaque pays les gouvernements constituent un bureau chargé de centraliser, échanger et publier régulièrement et méthodiquement les renseignements et documents relatifs à la géographie, à la statistique, à la législation et, la l’histoire du commerce du pays.
- Qu’une révision générale des dénominations géographiques soit faite par des délégués des différents ports et que les Sociétés de géographie corn-courent à ce travail.
- Que pour obvier aux inconvénients de tout genre qui résultent de la multiplicité des méridiens, on adopte un méridien initial unique.
- Que dans les établissements primaires ou secondaires, une carte topographique à la plus grande échelle du pays soit placée dans les classes et expliquée aux élèves.
- Qu’une école de missions scientifiques soit fondée dans toutes les capitales pour donner aux voyageurs une instruction conforme aux résultats qu’ils sont appelés à fournir.
- Que la voie du Tongking vers le sud-ouest delà Chine, découverte par M. Dupuis, soit signalée à l’attention du commerce international et que la France prenne des mesures pour assurer l’exécution du traité du 15 mars 1874 qu’elle a conclu avec l’empire d’Annam.
- Que les gouvernements des diverses nations pu- \ blient à bon marché et répandent, autant que possible, les rapports de leurs consuls et des consuls étrangers sur le commerce des pays où ils résident.
- Que l’association internationale africaine étudie » la question de l’émigration des populations africaines, par voie d’engagement et en vue du développement colonial international.
- Que l’attention des sociétés de géographie commerciale se porte sur la création de cours de géographie commerciale en faveur des instituteurs et des institutrices.
- Que la statistique du commerce et de l’industrie de chaque localité et de ses environs soit placée dans les classes des écoles primaires ou secondaires de la localité.
- Que l’enseignement de la géographie commerciale, soit encouragé par les gouvernements dans les écoles primaires, soit en l’introduisant dans les programmes d’examen, soit par la distribution en prix d’ouvrages géographiques, soit par la création de musées scolaires cantonaux.
- Que les différentes écoles commerciales des divers pays échangent entre elles un certain nombre de leurs élèves pour faciliter à ces derniers l’étude des langues.
- A la séance de clôture, présidée par M. Meu-rand, les délégués étrangers ont remercié la France de l’hospitalité qu’ils avaient reçue.
- Le Congrès s’est déclaré en permanence, et, sur la proposition de M. le docteur Barboza du Bocage, président de la société de géographie de Lisbonne, il a choisi la Belgique pour y tenir sa seconde session en 1879, en exprimant le désir que sa troisième session pût se tenir à Lisbonne eu 1880.
- Congrès international de la propriété industrielle.
- — Suife (1) —
- SÉANCE DU JEUDI 12 SEPTEMBRE
- Modèles et Dessînss industriels. — Brevets d’invention
- Présidence de M. Bozérian, sénateur.
- L’ordre du jour appelle la discussion des résolutions relatives aux dessins et modèles industriels.
- M. A. Grodetpropose la résolution suivante, qui est adoptée.
- « Une définition des dessins et modèles industriels doit être donnée par la loi qui les régit. » (Question n° 1.)
- Une discussion approfondie s’engage sur la définition des dessins et modèles industriels.
- Le Congrès adopte la formule suivante :
- « Sont réputés dessins industriels tout arrangement, toute disposition de traits ou de couleurs destinés à une production industrielle et tous effets obtenus par des combinaisons de tissage ou d’impression.
- « Sont réputés modèles industriels toutes oeuvres en relief destinées à constituer un objet industriel.
- « Ne sont pas compris dans ces catégories, encore qu’ils soient destinés à une réproduction industrielle, tout dessin ayant un caractère artistique, tout objet dû à l’art du sculpteur.
- « Quant aux inventions dans lesquelles la forme n’est recherchée par l’auteur qu’à raison du résultat industriel obtenu, elles seront également régies par la loi spéciale sur les brevets » (Question 2.)
- La proposition suivante est mise en discussion et adoptée.
- « La durée du droit de propriété garanti par l’article 1* sera de 2, 3, 4, 5, 10, 15, 20, 30 années, à la volonté du déposant.
- « Si ce droit a été réclamé pour une durée moindre de trente années, il pourra être prorogé jusqu’à l’expiration de ce délai, moyennant l’acquittement des droits. » (Question 3.)
- L’ordre du jour relatif aux dessins et modèles industriels étant épuisé, le Congrès consacre le reste de la séance aux questions relatives aux brevets d’invention, que le Congrès n’a pas pu examiner dans la séance précédente.
- La première question est ainsi conçue :
- « L’introduction dans le pays du brevet, dé la part du breveté, d’objets fabriqués à l’étranger ne doit pas être interdite par la loi.
- La proposition est adoptée.
- La proposition n°5 est ainsi conçue :
- « La déchéance pour non-payement de la ftaxe ne doit être possible qu’après avertissement donné au breveté. »
- Après une importante délibération, le Congrès adopte la résolution dans cette forme : « U y a lieu d’admettre la déchéance pour défaut d’exploitation dans un délai à déterminer, à moins que le breveté ne justifie des causes de son inaction. »
- M. Clunet demande que la prononciation de cette déchéance ne soit pas laissée au pouvoir de l’administration-, il propose l’addition suivante : « Cette déchéance sera prononcée par les tribunaux ordinaires et non par l’administration. » (Adopté.)
- L’ordre du jour appelle la discussion de la proposition suivante :
- « Le principe de l’expropriation pouf cause d’utilité publique ne saurait être apoliqué aux brevets d’invention qu’en vertu de lois spéciales. »
- M. Léon Lyon-Caen combat le principe de l’expropriation. qui ne sauvegarde pas le droit du breveté.
- La suite delà discussion est renvoyée à la séance suivante.
- (1) Voir nos numéros du 21 octobre et précédents.
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- Parts LE CONSTRUCTEUR 56, rue Blanche.
- Supplément au n° 324.— Lundi 4 Novembre 1878.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- V
- LISTE OFFICIELLE DES RÉCOMPENSES
- Suite. — (Voir notre dernier numéro).
- CLASSE 54.
- Machines et Appareils de la mécanique générale.
- MENTIONS HONORABLES
- [Suite)
- Tavernier (H.), »
- Taylord manufacturing C° , Etats-Unis.
- ThauvoyeetDernoncourt, France.
- Theiss, Italie.
- Thiébault (G.), France.
- Toulet aîné, »
- Touzelin (C.), »
- Turner (F.-W.), Angleterre.
- Tylor (J.) et fils, »
- Vaissier et fils aîné, France.
- Valck-Virey, »
- Varale (A.), Italie.
- Verdié (J.), France.
- Verrier, »
- Viklund (W.), Suède.
- Vivet et fils, France.
- Wackernie, »
- Wibart (P.-F.-E.), »
- COLLABORATEURS
- Diplôme équivalant à. une médaille d’or.
- Zimmerman Frigyes (Directeur des ateliers de chemins de fer de l’Etat de Hongrie), Aut.-Hongr.
- Médailles d’argent.
- Beaudet (E.), ingénieur de la Compagnie de Fives-Lille, France.
- Monneins, ingénieur de la maison A. Fiat, »
- Stierlin (E.), ingénieur de la maison Escher Wiss et C8, Suisse.
- Tavernier (W.), maison Imbert frères, France.
- Tissot - Bresson , ingénieur de la maison Far-cot et ses fils, »
- Zublin, ingénieur de la maison Sulzer frères, Suisse.
- Médailles de bronze.
- Barat (E. X.), monteur-mécanicien de la maison E. Windsor et fils, France. Chatelat, ouvrier chef de la maison A. Gérard, » Courtois (C. J.), contremaître de la maison Belleville et Ce, »
- Fauvel, ouvier de la maison Farcot et ses fils, »
- Parent (J.-F.), chef des^ travaux de la maison Chevalier, Grenier et Droux, »
- Pfau, contre-maître de la Société Suisse, Suisse*
- Piat (C.), contre-maître de la maison E. Bour-o don, France.
- Secourjeon (L.), condue*
- teur de machines de la maison Lecouteux et Garnier, »
- Somasco (C.), ingénieur de la maison Geneste,
- Herscher et Ce, »
- Stoessel (M.j, ingénieur de la maison Socin et Wick, Suisse.
- Violette, maison Lecouteux et Garnier, France.
- Mention honorable.
- Platonoff (À.), attaché à l’Ecole Impériale de Moscou, Russie.
- CLASSE 55.
- Machines-Outils.
- LISTE DU JURY.
- MM.
- Goodwin (R.-C.), Regray, ' Rault,
- Probst (M.), Richardson (W.)
- Etats-Unis.
- France.
- »
- Suisse. Angleterre et ses Colonies. Etats-Unis. Suède et N. Belgique. France.
- »
- Hotchkiss (B.-B.). Frankel (E.),
- Schaar,
- Kretz. CrOSSET-BOÜSSINGAULT; PlHET,
- Fret,
- Léon,
- GRANDS PRIX.
- Diplôme équivalant à, une grande médaille.
- Ecole Impériale technique de Moscou, Russie.
- Grandes médailles.
- Tweddell (R.-H.),- Angleterre.
- Varral, Elwell et Middle-ton, France.
- Rappel.
- Whitworth (Sir Joseph), Angleterre.
- MÉDAILLES D’OR.
- Bliss et Willams, Etats-Unis.
- Bouhey, Brown and Scharpe Ma- France.
- nufacturing Go, Etats-Unis.
- Donnât, France.
- Gre^iwood et Batley Angleterre.
- Kreutzberger, [Rappel), France.
- Prat (A.), Sharp, Stewart et Ce, »
- [Rappel), Angleterre.
- Sloan (T.-J.), Etats-Unis.
- MÉDAILLES D’ARGENT
- Allen et Rœder, Etats-Unis.
- Blake Crusher et G6, Etats-Unis.
- Bouchacourt et Ce, France.
- Cail, Halot et C<=, Chaligny et Guyot- Belgique.
- Syonnest, France.
- Chenot, »
- Clough et Williamson, Etats-Unis.
- Colas, France.
- Ce Fives-Lille. »
- Cucherat (P.), Dandoy, Maillard, Lucq Belgique.
- et C0, [Rappel), France.
- Davies (D.), (Rappel), Angleterre.
- Delamater et C% Deneffe (J.) et Ce (Société Etats-Unis.
- de Longdoz), Belgique.
- Detombay (A.), (Rappel), »
- Devens (H.), Etats-Unis.
- Dor (N.-J.), Fabrique d’outils et de Belgique.
- machines d’Oerlikon, Fétu (A.) et Deliège, Suisse.
- (Rappel), Belgique.
- Gustafsson (C.-G.l, Suède.
- Hall (J.), Hanctin, Angleterre.
- France.
- ITurtu et Hautin, »
- Le Blanc (J.) et Ce, »
- Lebrun et Derly »
- Lozai (A.), »
- Mathieu et Bourse, Morse Twist, Drill, and >>
- Machine Co, Etats-Unis.
- Oschger et Mesdach, France.
- Piat (A.-C.), »
- Poulot, France.
- Qurin (G.) et C®, Belgique.
- Rheins, France.
- Roger (G.), »
- rSage, »
- Sayn, »
- Sculfort, Maillard et Meu-
- rice, (Rappel), »
- Sibillat et Ce, »
- Smith et Coventry, Société anonyme des Lièges appliqués à Angleterre.
- l’industrie, France.
- Thomson, Sterne et Ce, Angleterre.
- MÉDAILLES DE BRONZE
- Alsing (J.-R.), Suède.
- Anduze, France.
- Bolmann (L.) et Ce, Bourelly-Raynaud et Autr.-Hong.
- Langia, France.
- Bruchet, »
- Champion, »
- Challiot et Gratiot, ))
- Clément, ))
- Dard, ))
- Dejouy, »
- Déplechin (J.-B.), Belgique.
- Devouges, France.
- Dubos (T.-G.), »
- Dumas Gardeux, »
- Durand et Chapitel (E.), Embleton,Mac Kensiej »
- et Ce, Angleterre.
- Flanders (L.-B.), Etats-Unis.
- Gaubert Baville et Bara France.
- Godisiabois, »
- Guiol, »
- Guinier, »
- Guyenot, »
- Henry (P.), »
- Jackson et frère, Angleterre.
- Jalegeas, France.
- Jamelin, »
- Jannot, »
- Kühne (E. de), Autr.-Hong.
- Launoy, France.
- Lecacheux, »
- Lefebvre (H.), » *
- Lomont, »
- Lucq, »
- Magaud-Charf, »
- Maillard, »
- Mondon, »
- Nielsen et Winther, Northampton Emery Danemark.
- Wheel Company, Etats-Unis.
- Nowé-Derbuel, France.
- Perin Panhard et Ce, »
- Pernet Joufïroy (G.), »
- Perrier, »
- Ravasse, Genessieu,
- Boutmy et Ce, »
- Reh (F.), Autr.-Hong.
- Pugot aîné (L.), France.
- Robelet, »
- Rous, Société anonyme des fonderies et ateliers de construction de »
- Tergnier, »
- Soyer, Stephen’s Patent Vise ))
- Co, Etats-Unis.
- Stotzer (E), Autr.-Hong.
- Tangye frères, Angleterre.
- Valangin, Victor Sewing Machine France.
- Co, Etats-Unis.
- Whiton, France.
- Wolff (C.), »
- MENTIONS HONORABLES
- Aemmer et Ce, Suisse.
- Artige et Ce, France.
- Balland (J.-M.), »
- Carmien, »
- Casalonga, »
- Castillac, »
- Charlet (A.) etPierret, Belgique.
- Claparède, France.
- Ce dentellière de France, »
- Cuizinier, »
- Debatiste, »
- Deplanque jeune fils (C.-J.) »
- Deplanque aîné (L.-A.), «
- Deville-Châtel (H.), et C«, Belgique.
- Devilliers, France.
- Dollorre, • î>
- Drevelle, »
- Feltin, »
- Frydensberg, Suède.
- Gadot, France.
- Goldsworthy (T.) et fils, Angleterre.
- Gindraux, France
- Hignette (J.), »
- Jacobson, Norwége.
- Jarpar (J.), Belgique.
- Korbuly (J.), Autr.-Hong.
- Lefebvre (J.-B.), Leroy et Breibach, France.
- »
- Maguet, ))
- Marchand fils (J.), »
- Mauvy (D.), Michel et Besançon, Belgique.
- France.
- Millot (A.), Suisse.
- Morez, France.
- Riehter (F.), 4utr.-Hong.
- Sauvan, Société générale des agglomérés magné- France.
- siens, Stenbock Fermor (Com- France.
- tesse N.), Russie.
- Thévenet, France.
- Touffln, »
- Triggs et Benson, Angleterre.
- Troubget, France.
- Walch, »
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- 300 Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 86, rue Blanche,
- VI Exposition universelle de 1878. — Liste des récompenses.
- Western et O, Angleterre.
- Wright (J.) et G*, »
- COLLABORATEURS.
- Médailles d’argent.
- Hamming, maison Var-rall, Elwell et Middle-ton, France.
- Keats, maison Greenwood et Batley, Angleterre.
- Médailles de bronze.
- Fraxage, maison Varrall,
- Elwell et Middleton, France.
- Lejeune, maison Don-nay, »
- Ling, Compagnie de Fi-ves-Lille, »
- Robert (A.), société anonyme des lièges appliqués à l’industrie, »
- CLASSE 56
- Matériel et procédés du filage et de la corderie
- LISTE DU JURY.
- MM.
- Gros-Hartmann, Tonge (R.), esq.
- Simon (E.), SlDEBOTTOM (T.-H., M. P.),
- Lecomte,
- Buxtorf (E.) Turgan,
- France. Angleterre et ses colonies. France.
- Angleterre et ses colonies. France.
- »
- »
- GRAND PRIX
- Grande médaille.
- Platt frères et Ce, Angleterre.
- MÉDAILLES D’OR.
- Aubert (G.), Besnard, Genest père et fils et Bessoneau (Rap- France.
- pel), »
- Bourgeois-Botz, Commission des ardoisières d’Angers (C. »
- Larivière, gérant), »
- Dobson et Barlow, Fairbairn Kennedy et Angleterre.
- Naylor, »
- Howard et Bullough, »
- Hubner (É.), Lawson Samuel et fils. France.
- {Rappel), Angleterre.
- Le Coustellier, France.
- Martin 'C.), Mercier (Ve A.) et Mer- Belgique.
- cier (L.). (Rappel), France.
- Peugeot (Célestin) etCe, »
- Pierrard-Parpaite et fils, »
- Vertongens, Belgique.
- MÉDAILLES D’ARGENT
- Angeli (G.), Autr.-Hong.
- Arsenal de Garthagène, Espagne.
- Bisson et Guilbert, France.
- Brenier et Ce, Compag. générale chari- »
- vrière, Corderie nationale Jun- France.
- queira. (Rappel), Dandoy, Maillard, Lucq Portugal.
- et Ce, Delahaye-Bougère père France.
- et fils et Riobé, Deiamare-Debouteville »
- fils aîné, »
- Duesberg-Delrez (M.), Belgique.
- Dufrien (G.), France.
- Flécheux-Lainé [Rappel], »
- Gadeau de Rerville, »
- Goodall (A.) et fils, Angleterre.
- Harding-Cocker, France.
- Holm-Jacob et fils, Danemark.
- Houlbrèque (A.-G.', France.
- Imbs (J.), »
- j_efebvre-Gaviel, »
- Mac-Naught (J. et W.), Masurel jeune,
- Nœss (Joh.j,
- Péan frères,
- Perreaux {Rappel), Poullain frères, Ryo-Catteau [Rappel), Snoeck (Mme Ve Math), Villain (S.),
- Vimont (A.),
- Wilson frères.
- Angleterre.
- France.
- Norwège.
- France.
- »
- »
- »
- Belgique.
- France.
- »
- Angleterre.
- MÉDAILLES DE BRONZE
- Aubert et Marquiset, Bateman (D.) et fils, Bellamore, Luxardo Do-menico et fils, Blanchard (R.). Calvet-Rogniat,
- Carue,
- Chardon frères, Ghaufourier,
- Combe-Barbour et Combe, Compagnie des filatures et Corderies du Maine, Gotton (S.)
- Crignon fils,
- Dalmau (José-M.), Dartmouth-Rope Co, Dauphinot, Martin et Desquilbet,
- Dubus fils,
- Duesberg-Bosson (H.), Fabrique de ficelle de Schaffouse,
- Fortin (Ve L. ),
- Frêné (C.),
- Frété et Ce,
- Garriga (L.),
- Gottmann et Lecomte, Greenwood et Batley, Hallam frères,
- Helle (C.),
- Hoffman (H.),
- Honegger-Amsler,
- Jean et Peyrusson, Laberie et Berthet, Ledran (C.),
- Mackintosh et Ce,
- Macquet aîné,
- Mahon frères,
- Martin (J.-B.),
- Mandre (Ve C. de), Metcalfe (W.),
- Meunier (E.),
- Miroucfe (Ve) et Blois (A.), Motiron et C%
- Muller et Koradi,
- Nielsen (T.-M.) et fils, Pericas et Sastre (J.), Perret (A),
- Persoz (J.),
- Plantrou frères et Dela-mare fils,
- Prat (E.),.
- Raynaly et fils,
- Renouard (A.),
- Rousseau,
- Schelling (G.),
- Société anonyme des forges de Franche-Comté,
- Wegmann et Ce,
- White (J.) et fils,
- France.
- Angleterre.
- Italie.
- France.
- »
- »
- Angleterre.
- France. Angleterre. France. Espagne. Angleterre.
- France.
- »
- Belgique.
- Suisse.
- France.
- Espagne.
- France.
- Angleterre.
- »
- Àutr.-Hong.
- Suède.
- Suisse.
- France.
- »
- »
- Angleterre.
- France.
- »
- »
- »
- »
- »
- Suisse.
- Norwége.
- Espagne.
- France.
- Italie.
- France. Suisse. Angleterre ;
- MENTIONS HONORABLES
- Alvarez (E.), Espagne.
- Alexandre père et fils, France.
- Amette fils, »
- Aemmer et Ce, Suisse.
- Arsenal de Turin, Italie.
- Battaglia (G.), »
- Boucaud, France.
- Bourgeois, »
- Briggs (S.), Canada. (Angleterre).
- Casado et Febrero (F.), Espagne.
- Caudron, France.
- Chambon, »
- Clément, »
- Cockill (J.) et fils, Commission centrale de Angleterre.
- Lisbonne, Portugal.
- Coulon, France.
- Debray-Caron et fils, Delalande fils, »
- Erik s s on, • Russie.
- Fikker (J.), Autr.-Hong.
- Filippi (A. de) et frères, Italie.
- Glover (W.-J ) etCe, Angleterre.
- Haley (J.), France.
- Haller, »
- Honegger (R.), Suisse.
- Hottinger et Ce, »
- Laboulais frères, France.
- Lacour (Z.), »
- Lamaure (L.), »
- Legris (E.), Llaurado et Rivera (Ve »
- de), Espagne.
- Lenôtre (E.), France.
- Leroy (L.), »
- Maiffredy, »
- Manuel et Natal (A.), Manufacture de cardes Espagne.
- de Rüti, Suisse.
- Monseran, France.
- Noiseux, »
- Perbost (J.), »
- Pérujo (F.), Roland et Ce, Espagne.
- France.
- Saint-Martin frères, »
- Sassi (I), Italie.
- Schjott (H.-E.), Société anonyme des corderies et des clou- Norwége.
- teries de Châtelet, Belgique.
- Tasset (D), France.
- Turques, ))
- White (J.) et fils, Angleterre.
- COLLABORATEURS
- Médailles de bronze.
- Boucher, maison Aubert, France.
- Gaulier (Ve), maison Le Coustellier, »
- Descbamps (J.), maison Ryo-Catteau, »
- Delespierre (D.), maison Harding-Cocker, »
- Goss (L.), maison Mercier, «
- Lambert (H.), maison Mercier, »
- Mentions honorables.
- Baiwir, maison Dues-berg-Delrez, France.
- Delesalle (H.-L.), maison Harding-Cocker, »
- Deryk (P.), maison Harding-Cocker, »
- Henry, maison Aubert, »
- Hespel (F.), maison Harding-Cocker, »
- Lebrun, maison Aubert, »
- Leduc, maison Aubert, »
- CLASSE 57
- Matériel et procédés du tissage.
- MÉDAILLES D’OR
- Desplas fils Hall (R.),
- Hattersley (G.) et fils, Hodgson (G.), Honegger (G.),
- Orelle (A.),
- Poron frères,
- Reed (J.V.D.), Tailbouis, Renevey, Touzé et Bonamy, Tulpin frères,
- France.
- Angleterre.
- Angleterre.
- Angleterre,
- Suisse.
- France.
- Etats-Unis.
- France.
- »
- MÉDAILLES D’ARGENT
- Aîberich Carrera (Ve et fils de H. José), Bachelart (T.),
- Bons (P.),
- Bosche (L.-J.), Carbonnier et Ce, David-Ètrois et Ce,
- David (J.-B.),
- Gand (E.), [Rappel), Grosselin père et fils, Hacking et Ce,
- Hertzog,
- Jouannin et Ce [Rappel] Leclère et Damuzeaux père et fils,
- Livesey (H.),
- Longtain (J.),
- Martinot frères,
- Mather et Platt,
- Mèghe et Cc,
- Meunier et Ce,
- Radiguet,
- Roger-Durand,
- Sallier (J.-A.). [Rappel),
- Espagne.
- France.
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- Angleterre.
- France.
- »
- »
- Angleterre.
- Belgique.
- France.
- Angleterre.
- France.
- »
- »
- »
- Saurer (F.) et fils, Suisse.
- Sée (E. et P.), France.
- Souton (F.), »
- Sowden (D.) et fils, Angleterre.
- Sulzer frères, Suisse.
- Tilt et Fil, Etats-Unis.
- Tournier (P. et A.), France.
- Verdol et Ce, »
- Wahl frères, Suisse.
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- Berchon (D.), France.
- Chambeau (Mme) et Ce, »
- Coint, Bavarot et Ce, »
- Coué et Ce, ))
- Craig (A.-F.) et Ce, Angleterre.
- Daltroff, France.
- Dalmau J.-M.), Espagne.
- Delporte (P.), France.
- Devilder, »
- Dusseaux, »
- Elmering père, fils et Ce, »
- Ebneter (J.),
- Fouquier-Dubard, France.
- Fribourg (S.), A
- Fürth-Moritz (W.), Àutr. -Hong.
- Gallet (F.), France.
- Grange et Ce, »
- Hallet (J.-M.), ï)
- Irvin et Sellers, Av.u-r terre.
- Lacroix (E.), France.
- Leprince (H.), )>
- Leroudier et Raton, »
- Marcadier (E.), »
- Mariolle frères, »
- Mary (T.), »
- Mollière (J.-P.), M
- Odero (N.), Italie.
- Pehose et Dardart, France.
- Sainton (L ), »
- Simon Félix, »
- Smith (J.-W.), Angleterre.
- Surber (J.-J.)) Autr.-Hong.
- Tierce frères, France.
- Tresca (Ed.), Xhoneux (G.), et Derrez- »
- Debial, »
- MENTIONS HONORABLES.
- Beau (J.-B.), France.
- Bellavoine, »
- Bellion, »
- Berchoud, ))
- Carpentier et fils, Company pour la confection des tissus, »
- Dite Sparre Patent, Suède.
- Cuau aîné et Ce, France.
- Dacier (L.), Dartois (Ch.), Belgique.
- »
- D’Hœmens-Gathier, »
- Diebold (F.), Suisse.
- Fayet, France.
- Gadel (A.), »
- Garlandat (J.) »
- Ingham (J.) et fils, Angleterre.
- Joyot, France.
- Laplante et Cc, Lemaître-Demestère et »
- fils, »
- Lemonnier (T.-E.), »
- Lucas (E.), »
- Mitchell (W.) Angleterre.
- Percheron (E.), France.
- Peter-Delpeuch, France. '
- Raze (L.), »
- Régnault, »
- Richard et Ce, »
- Rivette (G.) »
- Schmida (A.), Autr.-Hong.
- Schram-Willibald, Autr.-Hong.
- Simon (Jacques), France.
- Société anonyme Janus, Belgique.
- Sommerhalder (P.), Suisse.
- Soret (H.), France.
- Touilleux, »
- Voûtât (J.-B.) »
- Wallet, »
- COLLABORATEURS.
- Médailles de bronze.
- Cartel, maison J. Longtain,
- Chauvier, maison Meunier et Ce,
- Claudel, maison E. Tresca,
- Coltmann (G.), maison Tailbouis, Renevey, Touzé et Bonamy,
- Belgique.
- France.
- »
- ))
- A suivre.
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- Paris LE CONSTRUCTEUR 56, rue Blanche. 305
- Supplément au n° 325. — Lundi 11 Novembre 1878.
- c, 103
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de TEcole polytechnique.
- \ MM. DEB1É, Ingénieur civil.
- ' I L. POILLON, ingénieur civil.
- RÉDACTEURS....................... \ BOUVET, Ingénieur civil.
- ( E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ] ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. —- Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être., réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LES GÉNÉRATEURS
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Générateur à circulation Système Sinclair, breveté s. g. d. g.
- Ce générateur, dont on pouvait voir un petit modèle en verre en fonction, faisait partie du groupe des chaudières belges à l’Exposition universelle.
- Le générateur Sinclair est une chaudière à tubes chauffés extérieurement et se compose :
- 1° A l’avant et à l’arrière, d’une chambre d’eau placée verticalement, aplatie, et formant dans le milieu de la hauteur un angle obtus très-ouvert;
- 2° De deux faisceaux tubulaires légèrement inclinés sur l’horizon, les extrémités de chaque tube venant s’assembler dans les plaques intérieures des chambres d’eau;
- 3° D’un réservoir de vapeur placé horizontalement au-dessus des tubes et des chambres d'eau et relié à celles-ci ;
- 4° D’un réservoir d’eau placé latéralement relié avec les chambres d’eau.
- Les chambres d’eau sont soigneusement rivées et renforcées par des entretoises rivées et filetées. Les tubes aboutissent dans les parois intérieures des chambres d’eau et y sont fixés sans ri-vure à l’aide d’un outil très-simple.
- En face des extrémités de chaque tube les plaques extérieures des chambres d’eau sont munies d’ouvertures circulaires assez grandes pour permettre l’introduction des tubes au moment du montage ou en cas de réparation. Ces ouvertures servent aussi pour nettoyer les tubes ; elles sont fermées au moyen de bouchons coniques. Le sommet du cône étant tourné vers l’extérieur, l’obturation est d’autant plus parfaite que la pression est plus élevée dans la chaudière. Ces bouchons ne reçoivent ni mastic ni garniture et l’étanchéité est obtenue simplement fer contre fer.
- Le foyer est muni d’une grille plate ou inclinée large et longue ; les barreaux en sont dentelés pour qu’un tirage modéré développe, même avec le mauvais combustible, une quantité de chaleur suffisante pour la vaporisation. La flamme monte presque tout droit et des brise-flammes en réfractaire et en plaques de fonte sont disposées de manière à la diriger autant que possible en sens contraire du courant d’eau et de vapeur dans les tubes. Arrivés au point le plus haut, les gaz chauds redescendent derrière la chambre d’eau postérieure pour s’écouler dans la cheminée.
- L’inclinaison de l’avant vers l’arrière du faisceau tubulaire inférieur provoque un mouvement ascensionnel de l’eau et de la vapeur vers la caisse postérieure tant à cause du frottement de la vapeur qui traverse la masse d’eau que de la tendance que beau chaude a naturellement à monter du point le plus bas au point le plus élevé. La pente du faisceau supérieur dirige le courant vers la caisse antérieure vers laquelle l’eau redescend à l’entrée des tubes tandis que la vapeur monte directement par chacune des caisses dans le réservoir de vapeur. L’inclinaison des tubes permet l’écoulement rapide de la vapeur, les bulles n’y séjournant pas comme il arrive dans des tubes horizontaux. — Dans le réservoir de vapeur la vapeur est sèche parce que la circulation a facilité la séparation de l’eau et que le réservoir n’est en relation avec l’eau que par les
- tubulures de raccordement et que l’eau condensée retombe dans les caisses par ces tubulures.
- Nous n’insisterons pas davantage sur ce générateur qui n’est qu’une dérivation des chaudières Beileviüe. On voit de suite que le dernier modèle de l’ingénieur français, décrit dans un de nos précédents numéros, est mieux étudié que celui de M. Sinclair ; il lui est préférable à tous égards.
- LIS APPAREILS BE PAPETERIE
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- 6e ARTICLE
- (Voir nos numéros du 23 septembre et précédents).
- ISroyeurs et épurateurs
- Broyeurs.
- Après avoir rappelé les deux piles raffmeuses qui alimentent la machine Lhuülier et la pile raffi-neuse à élévateur de pâtes avec cuve en béton de ciment du système E. Debié, Granger et Pasquier, notre confrère, M. E. Debié, dans son journal/a Papeterie, passe en revue, ainsi qu’il suit, les divers broyeurs de l’Exposition universelle.
- Broyeur Labrousse pour la trituration de la paille.
- Cet appareil se compose de plusieurs organes :
- 1° Un alimentateur, toile sans fin plongeant, d’un bout, dans une auge recevant la paille macérée ou cuite et la déversant, à sa partie supérieure, dans le broyeur.
- 2° Un broyeur consistant en une enveloppe cylindrique et horizontale, renfermant un arbre, portant un grand nombre de lames d’acier, tandis que, sur deux points diamétralement opposes, l’enveloppe porte des lames ou dents fixes, entre lesquelles passent les lames de l’arbre. On se fera facilement une idée de ia disposition en se rappelant la barbotte employée dans les cartonnenes pour broyer les vieux papiers. Une barbotte dont on aurait rapproché les bras à se toucher, et qu’on aurait placé horizontalement, tel est le broyeur Labrousse.
- 3° Un défibreur à force centripète. La pâte sortant de la broyeuse tombe dans le défibreur, d’où elle sort raffinée. On se figurera facilement cet appareil en se rappelant le Pulp-Engine, dont il diffère cependant en ce qu’il se compose d’un plateau mobile et d’un seul plateau fixe, tandis que le Pulp-Engine avait un plateau mobile, garni de lames des deux côtés et tournant entre deux plateaux fixes. Dans le Pulp-Engine, la matière entrait par le centre d’un des plateaux, pour ressortir par le centre du deuxième, tandis que dans le défibreur Labrousse elle entre à la périphérie des deux plateaux pour sortir par le centre du plateau fixe.
- Broyeur Anduze.
- Uu autre broyeur, dit Universel, est celui de
- M. Anduze, exposé dans plusieurs classes et en particulier dans la classe 60, spéciale aux machines de papeterie, où il figure comme appareil de trituration des pâtes à papier. Une récente note dans le Moniteur de la papeterie réclame pour lui le rôle de remplaçant des défileurs ; elle ne nous dit rien du lavage du chiffon pendant cette opération. Nous voulons cependant supposer que l’auteur de cette note, connaissant sans doute la fabrication, n’aura pas perdu de vue cette fonction indispensable pour le travail qu’il s’agit de faire. Car personne n’ignore que dé filage et lavage sont deux opérations connexes, inséparables.
- Le broyeur Anduze consiste, en principe, en deux couronnes de fonte, dont l’une est fixe, tandis que l’autre est douée d’un mouvement circulaire très-rapide. Les deux surfaces en contact sont garnies de dents rangées circulairement, de façon que celles de l’une passent dans le vide des rangées de l’autre. v
- La matière est introduite par une ouverture latérale pratiquée dans la caisse qui recouvre l’appareil.
- Epurateurs
- Les épurateurs exposés sont en assez grand nombre, tant dans les sections étrangères que dans la section française.
- 1° Epurateurs Plans.
- La machine à papier exposée, dans la section belge, par MM. Dautrebande et Thiry, comprend un Epurateur à double effet, qui se distingue des épurateurs généralement employés en ce qu’il n’y a qu’une seule caisse et qu’un seul cadre pour obtenir le double courant de la pâte. Les deux épurateurs, descendant et ascendant, sont réunis en un seul. La surface du premier est double de celle du second, et les fentes de celui ci sont beaucoup plus fortes que celles de l’autre. La caisse, ainsi que le cadre des plaques, sont en fonte, et un mécanisme particulier de pignons et crémaillères circulaires permet de lever les cadres facilement -, l’arbre des rochets est fixé à l’arrière de la caisse.
- Dans la section suisse, sur un presse-pâte destiné à la fabrication des pâtes de bois, MM. Bell frères ont appliqué un épurateur ordinaire qui ne présente rien de particulier. Us exposent en même temps un échantillon de plaques qui est loin d’atteindre la perfection qu’offrent les plaques de MM. Watson et fils.
- 2° Epurateurs rotatifs.
- Dans les sections étrangères ne figure que l'épurateur rotatif àe M. Watson.
- Nous trouvons, sur la machine à papier de M. Lhuülier, un épurateur du même genre que celui de M. Watson, c’est-à-dire à aspiration intérieure. Cet épurateur, immergé dans une caisse qui reçoit la pâte, est de section carrée ; il est partagé en deux par un diaphragme transversal en caoutchouc, relié à un piston qui reçoit un mouvement rapide de va-et-vient par un mécanisme placé sur le côté de la caisse. La tige du piston qui traverse tout l’épurateur porte, eu outre, des petits disques
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- 306 Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 36, rue Rlanche
- 104 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- dont l’effet s’ajoute à celui du piston proprement dit, pour produire le passage de la pâte dans les conditions que nous avons indiquées en parlant de l’épurateur Watson. La pâte épurée sort des deux côtés de l’épurateur pour se rendre sur la machine.
- Cet épurateur a, comme celui de Watson et tous ceux du même genre, l’inconvénient d’accumuler les impuretés dans la caisse et d’obliger, dès lors, à une extraction régulière de pâte pour en diminuer les effets, d’exposer à des pertes de pâte notables et à des lavages fréquents, voire même au démontage des plaques d’un côté du carré, si la machine doit répondre à des changements fréquents dans la nature et la qualité des papiers.
- D’un autre côté, ces épurateurs, occupant peu de place tout en offrant une très-grande surface d’épuration, conviennent pour de fortes productions et des fabrications de longue haleine sur une même pâte.
- On trouve également, dans la section française (annexe de la classe 60), un épurateur tournant de MM. Chassin frères, de la Couronne, et le nôtre du même système. Dans ces deux épurateurs, la pâte passe, cie l’intérieur à l’extérieur, sous l’action de la seule différence de niveau et de la trépidation communiquée au cylindre par le mouvement à ro-chets ordinaire.
- Disons, au sujet de ces épurateurs, que l’idée première de leur disposition est toute française, comme le constate un brevet pris par MM. Ches-neau et Laboureau, et dont l’original est aux archives du Conservatoire des Arts-et-Métiers. (Brevets expirés.)
- Les constructeurs actuels de ces appareils ne peuvent donc revendiquer que le mérite d’avoir repris cette machine pour la modifier, plus ou moins heureusement, et d’y avoir apporté des améliorations assurant un bon fonctionnement qu’elle ne réalisait pas à son début.
- Le cylindre de l’épurateur de MM. Chassin est fait d’une seule pièce, ce qui lui donne une grande rigidité, mais lui enlève la propriété essentielle, pour la conservation de l’outil, celle d’une grande flexibilité. Le mouvement de secousse est à rochet, le mouvement de rotation du cylindre est à vis sans fin; un système de crémaillère permet de soulever le cylindre.
- Dans l’épurateur que nous avons exposé, le cylindre est en plaques minces, cintrées et solidement attachées; il est porté par deux anneaux formant colliers et se prolongeant par une tige verticale recevant les secousses de rochets, dont l’arbre est placé au-dessous des bâtis ; l’amplitude de la secousse se règle au moyen de coins de buttée. Le mouvement de rotation est donné au cylindre au moyen d’une roue à rochet et d’un déclic à ressort mû par excentrique, disposition fréquemment usitée dans les machines-outils et dans les scieries à mouvement alternatif pour l’avancement du chariot.
- La caisse de l’épurateur est indépendante et seulement attachée aux bâtis. L’entrée de la pâte se fait des deux côtés à la fois ou d’un seul côté, suivant la convenance, au moyen d’un tuyau, lequel est fendu en dessous sur toute sa longueur, de façon à déverser la pâte sur- toute la largeur de l’épurateur.
- L’eau de lavage du rinceur, au lieu d’être retenue par des baguettes en saillie sur le tambour, est retenue par deux rouleaux en feutre ou en caoutchouc, bien appuyés sur le tambour qui offre alors une surface parfaitement unie.
- Les avantages que nous avons espéré réaliser par ces diverses dispositions sont :
- 1° Une grande flexibilité du cylindre, nécessaire pour qu’il résiste aux vibrations dues aux secousses ;
- 5 .2° Malgré la présence des baguettes extérieures, l’eau projetée par le rinceur suit la surface du cylindre et se rend dans la caisse, où sa présence devient gênante, surtout pour les papiers de couleur, nous comptons éviter cet inconvénient par l’emploi des rouleaux de caoutchouc dont nous avons parlé ci-dessus*
- L’épurateur exposé présente à la pâte une surface immergée de 1 mètre carré, et cette surface étant constamment tenue propre par le rinçage pourra suffire à l’épuration de la pâte nécessaire à une production de 2,000 kilos de papiers.
- (A suivre.)
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Congrès international de la propriété industrielle.
- Suite (Voir notre dernier numéro et les précédents).
- SÉANCE DU VENDREDI 13 SEPTEMBRE
- Dessins et Modèles industriels.
- j ____
- Présidence deM. Bozérian et de M. Tranchant.
- Le Congrès décide les points suivants :
- « 1° La protection accordée par la loi aux auteurs de dessins et modèles doit être subordonné© à la condition d’un dépôt préalable;
- « 2<> Le dépôt restera secret pendant la durée de deux ans ;
- « 3° Le certificat de dépôt devra être délivré aux risques et périls des exposants. »
- Les résolutions suivantes sont ensuite acceptées :
- « 4. A l’expiration du délai déterminé pour le dépôt à couvert, les dessins et modèles doivent être mis à la disposition du public, mais ne doivent pas être publiés officiellement. »
- « 5. Néanmoins, la feuille officielle du service de la propriété industrielle de chaque pays doit publier périodiquement le nom des déposants et l’indication de l’objet des dépôts. »
- « 6. Il est à désirer que, dans tous les pays, la loi prescrive la radiation des enregistrements reconnus frauduleux pat l’autorité ou la juridiction compétente, ainsi que la substitution du nom du véritable propriétaire sur les registres du dépôt. »
- « 7. Le poids du pli cacheté ne doit pas dépasser dix kilogrammes. ».
- Après avoir voté le principe de la taxe : « 8. Les enregistrements de dessins ou de modèles industriels doivent avoir lieu moyennant le payement d’une taxe » le Congrès en rejette l’uniformité et l’acquittement progressif et périodique, afin d’accorder plus de liberté à chaque Etat.
- Les propositions suivantes sont ensuite adoptées :
- « 9. U n’y a pas lieu de soumettre les auteurs de dessins et modèles à la déchéance pour défaut d’exploitation. »
- « 10. Pour bénéficier de la protection légale, les auteurs de dessins ou modèles industriels enregistrés doivent, autant que possible, les marquer d’un signe spécial indiquant l’enregistrement ainsi que la date et la durée du dépôt. »
- « 11. La contrefaçon d’une invention brevetée, d’une marque de commerce, d’un dessin ou d'un modèle industriel déposé est un délit de droit commun. »
- M. le président met aux voix la question de savoir s’il y a lieu de définir la contrefaçon.
- Le Congrès se prononce pour la négative.
- Brevets d’invention.
- Présidence deM. Bozérian.
- _ La discussion s'engage sur les questions relatives à l’expropriation des brevets.
- M. Pouillet explique que, dans certains cas, l’intérêt privé doit céder devant l’intérêt public. C’est un principe admis par toutes les législations. En France, on l’a fait pour le daguerréotype, et si on l’avait fait pour la fuchsine on aurait obtenu de merveilleux résultats. Il y a donc des cas ou l’intérêt public doit dominer; on aura d’ailleurs les garanties ordinaires. Il propose une double indemnité payable en deux: époques.
- Plusieurs membres sont opposés à l’expropriation et la discussion est renvoyée à la séance suivante.
- SÉANCE DU 14 SEPTEMBRE
- Marques de Commerce et de Fabrique
- Présidence de M. Reuleaux, Directeur de la’ Gewerbe-Akademie, de Berlin.
- Les propositions suivantes sont adoptées par le Congrès :
- « 1. — Une marque ne peut être revendiquée en justice, si elle n’a été régulièrement déposée. »
- « 2. — Toute marque déposée dans un pays doit être également admise telle quelle, au dépôt, dans los pays concordataires. »
- « 3. — Tout dépôt fait régulièrement dans l’un quelconque des États concordataires est attributif de priorité d’enregistrement dans tous les autres États, à charge par le déposant d’en faire opérer te transcription, dans un délai à déterminer, au dépôt central de chaque État.
- « 4. —> La marque de fabrique ou de commerce est facultative. »
- « 5. — Toutefois, des décrets rendus en 1a forme des actes du pouvoir exécutif peuvent, exceptionnellement, 1a déclarer obligatoire pour les produits qu’ils déterminent. »
- « 6. — Sont considérés comme marques de fabrique et de commerce les noms de lieu de fabrication, les lettres, chiffres ou mots sous une forme distinctive, les dénominations (si 1a dénomination n’est pas 1a désignation nécessaire du produit), enseignes, emblèmes, empreintes, timbres, cachets, étiquettes, vignettes, reliefs, combinaisons de couleurs, enveloppes, liserés, formes du produit ou de son contenant, et tous autres signes servant, dans leur ensemble ou séparément, à distinguer les produits d’une fabrique, d’une exploitation agricole, ou les objets d’un commerce. »
- « 7.—Nul ne peut revendiquer 1a propriété exclusive d’une marque s’il n’en a fait personnellement ou par fondé de procuration, le dépôt régulier au dépôt établi par 1a loi ou les règlements. »
- V « 8. — Le dépôt d’une marque de fabrique ou de commerce est simplement déclaratif de propriété. »
- Les restrictions à ce principe contenues dans les paragraphes suivants sont mises aux voix. Après une épreuve douteuse, le rejet en est prononcé par 40 voix contre 37.
- « 9. — Toute marque doit être admise aux risques et périls du requérant, quels que soient 1a nature du produit et le choix des signes distinctifs. Cependant le requérant recevra un avis préalable et secret, notamment sur 1a question de nouveauté, pour qu’il puisse, à son gré, maintenir, modifier ou abandonner sa demande. Cet avis sera donné par le service spécial de 1a propriété industrielle, auquel le dépôt central est annexé. »
- « 10. -- Les pièces requises pour 1a validité du dépôt sont les suivantes ; elles devront être remises par l’ayant droit au dépôt central :
- « A. Trois exemplaires des signes distinctifs, lesquels seront accompagnés de la désignation des marchandises auxquelles ils sont destinés, des observations, du nom, de l’adresse et de 1a profession du déposant. »
- « B. Un cliché de 1a marque.
- « Les trois exemplaires de 1a marque, frappés du timbre du dépôt local, seront affectés aux destinations suivantes :
- « L’un sera conservé au dépôt local ;
- « Un autre sera remis au déposant ;
- « Le troisième sera adressé au dépôt centrai pour être mis sans frais à 1a disposition du public.
- « 11. Le dépôt, enregistré, sera publié dans 1a feuille officielle du service de 1a propriété industrielle dans le délai de quinzaine.
- « 12. — Le déposant ne pourra exercer le droit de revendication que dix jours francs après l’insertion du dépôt dans 1a feuille officielle.
- « 13. — Le dépôt enregistré sera publié dans le journal commun à tous les États de l’Union.
- « 14. —Les dépôts sont renouvelables par périodes décennales, à partir de 1880. Tout dépôt fait dans l’intervalle de ladite période ne vaut que jusqu’à 1a date du renouvellement général. »
- « 15. — Sauf convention contraire et publiée, la marque suit le sort de l’entreprise dont elle sert à caractériser les produits. »
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 86, rue Blanche
- Supplément au n° 325.—Lundi 11 Novembre 1878.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- LISTE OFFICIELLE DES
- JJ
- Suite. — (Voir nos derniers numéros).
- VII
- CLASSE 57
- MÉDAILLES D’ARGENT
- Matériel et procédés du tissage. (Suite)
- COLLABORATEURS.
- Médailles de bronze. (Suite).
- Egli (Ad.), maison G.
- Honegger, Suisse.
- Gommerets (F.), maison Poron frères, France.
- Lohrmann, maison Tul-pin frères, »
- Morris, maison Tail-bouis,Renevey, Touzé et Bonamy, »
- Salmé, maison Meunier et C®,
- Séquin (Ch.), maison Honegger, Suisse.
- Weidknecht (F.), maison Tulpin frères, France.
- Mentions honorables.
- Bouvier (Mlle G.), maison Mollière, France.
- Kesselring (G.), maison G. Honegger, Suisse.
- Pétremant (A.), maison Coint, Bavarot et Ce, France.
- Ségard, maison Tailbouis, Renevey, Touzé et Bo-naray, »
- CLASSE 58
- American Button Hole Sewing Machine Company [Rappel), Bouriquet, ,
- Bradbury et C0,
- Cornely,
- Demant,
- Lemercier. {Rappel), Manquât,
- Reimann,
- Smith, Starley et Ce, Strock,
- Thabourin et Ce. Belvallette,
- Etats-Unis.
- France.
- Angleterre.
- France.
- Danemark.
- France.
- »
- »
- Angleterre.
- France.
- »
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- Bonnot,
- Coignard,
- Fourmentin,
- Hayem,
- Jeansaume,
- Kaulek,
- Lambert et Garnier, Langlois,
- Leconte et ses fils, Lippert,
- Martin,
- Mason (A.^
- Monnier,
- Onfray,
- Pinède,
- Quesnel,
- Raymond (G.),
- Sanson (R.-B.),
- Société anonyme Janus, Wardwell Manufactu-ring Company,
- France.
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- Etats-Unis.
- France.
- »
- J>
- )>
- Canada.
- (Angleterre)
- Angleterre.
- Belgique.
- Etats-Unis,
- Matériel et procédés de la couture et de la confection des vêtements.
- LISTE DU JURY.
- MM.
- Paget (F.-A.),
- Fanien, Bariquand fils, Littefield (D.-G.), Gingembre (L.), Boussard,
- Angleterre et ses colonies. France.
- »
- Etats-Unis.
- France.
- »
- GRAND PRIX.
- Grande médaille,
- Wheeler et Wilson, Etats -Unis.
- MÉDAILLES D’OR
- Bonnaz,
- Coq fils et Simon, Goodyear (H.-B.), Henriksen (H.-P.),
- Hurtu et Hautin,
- Légat,
- Howe Machine company (The),
- Peugeot et C0,
- Singer Manufacturing Company,
- France.
- Fr.&Ét.-U,
- Danemark.
- France.
- »
- Angleterre.
- France.
- Angleterre.
- MENTIONS HONORABLES.
- Baldi (G.) Italie.
- Bertin, France.
- Ber ton, »
- Boucherat, Bown (William), Brion frères, »
- Angleterre. France.
- Cabourg, »
- Gazes, Compagnie de la fabri- »
- que de Husqwarna, Suède.
- Cordelat, France.
- Dahmen, »
- Dailloux et Ce, »
- Daudé, »
- Delvert, »
- Desireau (G.-B.), Italie.
- Duplessis, France.
- Escuder (M.), Espagne.
- Froger, France.
- Gérard, »
- Hachée, »
- Jacob et Gaulard, »
- Jacquet, »
- Journaux, »
- Klotz, France.
- Klug et Schultheiss, Autr.-IIong.
- Kraszewski, Russie.
- Ligniel, France.
- Lehmann et fils, Suisse.
- Maillet, France.
- Maloire, Manufacture d’équipe- »
- ments militaires, Italie.
- Mutel et Dupont, France.
- Perrare-Michal, »
- Potelune, »
- Ratouis, »
- Ruger,
- Schmidt et C6, Ségaux, Tournier, Vigneron,
- France.
- »
- »
- »
- »
- CLASSE 59.
- Matériel et procédés de la confection des objets de mobilier et d’habitation
- LISTE DU JURY.
- MM.
- Haret père,
- The Hon. Edward Combes,
- Cousté,
- Grimshaw (R.),1 Armëngaud jeune, Chevalier,
- France.
- Angleterre
- et ses colon.
- France.
- Etats-Unis.
- France.
- France.
- GRAND PRIX Grande médaille. Périn, Panhart et Ce, France.
- MÉDAILLES D’OR
- Arbey,
- Boulet frères jeunes Fay (J.-A.) et Ce, Guillet,
- Joly-Barbot,
- Ransome (A.) et Ce, Robinson (T.) et fils, Roulina,
- Worssam (S.) et C%
- France.
- France.
- Etats-Unis.
- France.
- »
- Angleterre.
- »
- France.
- Angleterre.
- MÉDAILLES D’ARGENT
- Blondelet,
- Brethon,
- Camus,
- Chambrette-Bellon, Durand et Marais, Gérard,
- Gerinière (De la), Goudard et Grosfillex, Gregg (W.-L.), Jaubert,
- Jensen et Dahl, Jonsereds Fabrikers Aktiebolag,
- Monjin,
- Pinette,
- Powis (C.) et Ce, Quétel-Trémois, Reynolds (F.-W.) et C6 Western et Ce, Whitehead et Ce,
- France.
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- France.
- Etats-Unis.
- France.
- Norwége.
- Suède.
- France.
- »
- Angleterre.
- France.
- Angleterre.
- »
- »
- MÉDAILLES DE BRONZE
- Bailey et Ce, Berthoud,
- Bolinders Aktiebolag (J. et G.),
- Bosshard et Ce, Brunton et Trier, Chouanard,
- Cousin,
- Dartigues,
- Suède,
- France.
- Suède.
- Suisse.
- Angleterre.
- France.
- »
- »
- Disston et fils, Etats-Unis.
- Fau, France.
- Fiole, »
- Frankinet et Ce, Belgique.
- Gautier, France.
- Grange, »
- Lauzet, »
- Lebesgue, »
- Marquet, »
- Martinier, »
- Muller (E.) et Ce, »
- Ohio Tool Company, Etats-Unis.
- Pauliac, France.
- Pesant frères, »
- Petitpierre, »
- Poudra, »
- Pouîllot, »
- Smyers-Rang et Ce, Stanley Rule and Leveî Belgique.
- Company, Etats-Unis.
- Tiersot, France.
- Touttain, »
- Weiss et fils, Autr.-Hong.
- Villeneuve, France.
- Woelfi'ling et Daltroff, )>
- MENTIONS HONORABLES
- Addis et fils, Angleterre.
- Allemand, Atelier de construction des chemins de fer France.
- de l’Etat à Budapest. Autr.-Hong.
- Balland, France.
- Bourry, »
- Cauchois, »
- Claudet, »
- Courtioux, »
- Dumas, î>
- Eagles (T.-D.), Angleterre.
- Fège, France.
- Fouyssat et Martin, »
- Ganne, »
- Gilet
- Hoton frères, »
- Huchot,\ »
- Jonkoping (Usine de), Knapp Dovetailing Ma- Suède.
- chine Company, Etats-Unis.
- Kollmann, France.
- Lang (J.rA.) »
- Langet frères, »
- Lorin-Delacoür, »
- Macquet, »
- Mahler fils, »
- Ménard, »
- Montigny, »
- Morier, »
- Pacault, »
- Petot, »
- Pierret, »
- Poinsignon, »
- Ricbourg, »
- Richard, Autr.-Hong.
- Richter (F.),
- Rogers et Ce, Etats-Unis.
- Romary, France.
- Roy (G.), Russel and Erwin Manu- Autr.-Hong.
- facturing Company, Snell Manufacturing Etats-Unis.
- Company, y>
- Tower (J.J.), »
- Trump frères, »
- COLLABORATEURS
- Médailles de bronze.
- Ameline (J.), maison Perin Panhart et Ge, France.
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-
-
-
- 308 Paris LE CONSTRUCTEUR 56, rue Blanehe.
- VIII Exposition universelle de 1878. — Liste des récompenses.
- Huff (C.-J.-H;, Maison Fay et Ge, Etats-Unis.
- Smith (W.-A.)j maison Ransome et Ce, Angleterre.
- Mentions honorables.
- Benistant, maison Gérard,
- Lacroix (G.) maison Boulet frères,
- Moris, maison Snvers et Ge,
- Smith (J.), maison Ran-some et Ge,
- Vital (G.), maison Weiss et fils/
- France.
- »
- Belgique.
- Angleterre.
- Autr.-Hong.
- CLASSE 60.
- Matériel et procédés de la papeterie, des teintures et des impressions.
- LISTE DU JURY.
- MM.
- Waterlow (Sir Sydney Bart), Laboulaye (Ch.), Ermel,
- Anderson,
- Uuysberg,
- Turquetil,
- Angleterre.
- France.
- France.
- Suède et
- Norwége.
- Belgique.
- France.
- GRANDS PRIX
- Grandes médailles.
- Lhuillier, France.
- Marinoni, France.
- MÉDAILLES D’OR.
- Alauzet et C«, {Rappel), Beaudoire, Traverse France.
- et Ce, »
- Ruffaud frères, Collectivité des fabricants de pâte de »
- bois (Diplçme), Norwége.
- Corron, France.
- Dautrebande et Thiry, Belgique.
- Deberny, France.
- Dutartre {Rappel), »
- Derriey-Daloz, , »
- Escher, Wyss et G6, Suisse.
- Guy, Ingram (W.-J.) (Illustra- France.
- ted London News, Angleterre.
- Lefranc, Le Teliier et Vers- France.
- traet, »
- Loriiieux fils aîné, »
- Naeyer (De) et Ce, Belgique.
- Pierron et Dehaitre, Ravasse, Génissieu France.
- fils et Ce, »
- Reed et Fox, Angleterre.
- Tulpin frères, France.
- Voirin, France.
- MÉDAILLES D’ARGENT
- Alissof (M.-J.), Russie.
- Appel, France.
- Bell (Th.), Suisse.
- Bichèlberger et Ce, Blades, East et Blades, France.
- Angleterre.
- Bodel et Ge, France.
- Boildieu et fils, (Rappel), »
- Brendler et Ilarler, Autr.-Hong.
- Bruge fils etc®, Etats-Unis.
- Chrétien (Ve), Dêbou-chaud et Ce, France.
- Coblence, »
- Compagnie de Mun-kedal, Suède.
- Compagnie de Tors-pshammar, »
- Debié, France.
- Dupuy et fils, (RappelJ, »
- Enschédé (A.) et fils, Pays-Bas.
- Fabrique de Forssa, Suède.
- Foucher frères, France.
- Goodall (C.) et fils, Angleterre.
- Joniot, France.
- Jouandon, »
- Jullien, Deplaye etCe, »
- Kastenbein. »
- Karig (H.), Autr.-Hong.
- Leboyer, {Rappel), France.
- Lemercier et Ce, (Rappel), »
- Lhermite, »
- Lobdell Car Wheel Company, Etats-Unis.
- Mac-Kellar, Smiths et Jordan, »
- Marshall (T.-G.) et Ge, Angleterre.
- Michel, Pfefïer (J.) et Ce, France.
- Belgique.
- Poirier [Rappel), France. ,
- Renault et Robcis fils, »
- Routledge (T.), Angleterre.
- Schmantz et J'acquart, France.
- Sihei-Kiokou, Japon.
- Société des pierres lithographiques de Diano Marina, Italie.
- Stephenson Blake et Ge (Rappel), Angleterre.
- Trouillet, France.
- Turlot, »
- Uytterelst (F.), Belgique.
- Vanderborght (A. et F.), »
- Watson (H.), Angleterre.
- Wibart, France.
- MÉDAILLES DE BRONZE
- Alcan-Lévy et Lavater, France.
- Anduze, »
- Balech, »
- Barteri, Italie.
- Breton et O, France.
- Civelli (J.), Italie.
- Coisne, France.
- Compagnie des pierres lithographiques, »
- Gorcoran Witt et Ge, Angleterre.
- Daughaday et G0, Etats-Unis .
- Delacroix) France.
- Devienne, »
- Dutrois, „
- Fabrique de pâte de bois de Nynas, Suède.
- Fabrique de pâte de bois de Backhammar, »
- Fernique, France,
- Gally (M.) Etats-Unis .
- Girard, France.
- Greaves (W.J, Angleterre.
- Greenwood et Batley, »
- Haas, Suisse.
- Hoyt (A.-C.). Etats-Unis.
- Hermann, France.
- Hutter et Schrantz, Autr.-Hong.
- Kientzy frères, France.
- Labrousse frères, »
- Ladd (J.) et Ce, Angleterre.
- Laflèche-Breham, France.
- Landa, »
- Legrand, »
- Leheu, »
- Lespermont, »
- Lichtenstein (Princesse de), Autr-.IIong.
- Magand (A.), France.
- Mayeur, »
- Montgolfier (de), »
- Newsum, Wood et Dyson, xingleterre.
- Nouvelle, France.
- Obermeyer, »
- Prudon et Ce, h
- Ravenel, »
- Roos et Ge, »
- Royer, »
- Rust (J.-H.) et G^ Autr.-Hong.
- Schoumacher, France.
- Société anonyme de Visé, Belgique.
- Société de Norkia, Russie.
- Stoesser, France.
- Stouvenaut, »
- Weller, Labrousse et Ce, »
- MENTIONS HONORABLES.
- Adie (P.), Angleterre.
- Albert, France.
- Américan Model Job Office (M. Kelly, directeur). , Etats-Unis.
- Aubert, France.
- Baclain, f>
- Bauer (M.) et Ge, Autr.-Hon.
- Bavard et Pasteur, France.
- Benza, »
- Bergès, »
- Bernhart (G.), Àutr. -Hon.
- Berthier et Ge, France.
- Binet, »
- Bonnet (Ch.) et Ce, Suisse.
- Briet, . France.
- Cauderon, B
- Chassin frères, >
- Gompag. française pour la fabrication de la cellulose,
- Compagnie de la fabrique de pâte de bois de Vermbohl,
- Compagnie de pâte de bois de Malmo,
- David,
- Decauville aîné, Delamare et Leroy, Démangé et Boulay, Descombes,
- Diétrich,
- Diot,
- Doublet,
- Durr,
- Estrada,
- Fabrique de Hafslund, Fabrique de Hinnerup, Féry,
- Fonderie du Canada, Fougéadoire,
- Güdel et Kocher,
- Guerry et C®,
- Guillot,
- Horteur,
- Hutinet,
- Jeanrenaud et Ce, Krause,
- Légat,
- Lemoine,
- Lorigien,
- Mattard et Bernier, Menuel (E.),
- Montebello (Ge de), Morane aîné,
- Munier,
- Nicolet,
- Olive,
- Orioli-Escoffier,
- Orsenigo (F.),
- Oudart,
- Page Wood Type Company,
- Patent Printing surface Company,
- Peignot,
- Perichet,
- Plain,
- Putel,
- Rabot,
- Reh Franz,
- Saint-Martin,
- Salendre et Éorri,
- Savary,
- Schmitt,
- Société par actions de Tammerfors,
- Squintani et Ge, Tambeur,
- Teillac,
- Terpinz et Zeschko, Vanderburg, Wells et Ge, Vianello (J.),
- Vincent,
- Vital,
- Zuccato and Wolff,
- »
- Suède.
- »
- Etats-Unis.
- France.
- »
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- »
- »
- »
- »
- »
- Rép. Arg.
- Norwége.
- Danemark.
- France.
- Angleterre.
- France.
- Suisse.
- France.
- »
- »
- »
- Autr.-Hon,
- Russie.
- France.
- »
- »
- »
- Angleterre.
- France.
- »
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- »
- »
- France.
- Italie.
- France.
- Etats-Unis.
- Angleterre.
- France.
- »
- »
- »
- »
- Autr.-Hong.
- France.
- »
- »
- »
- Russie.
- Angleterre.
- France.
- France.
- Autr.-Hong.
- États-Unis.
- Italie.
- France.
- »
- Angleterre.
- COLLABORATEURS
- Médaille d’argent.
- Gauchot, maison Dupuy et fils, France.
- Médailles de bronze.
- Dehuot, maison Voirin, France.
- Dupont, maison Mari-noni, »
- Gontard, maison Tulpin frères., »
- Heckendorn, maison Appel, »
- Keller, maison Escher,
- Wyss et Ce, Suisse.
- Kronert, maison Bell, »
- Régnault, maison Kas-teinbein, France.
- Touchard, »
- CLASSE 61.
- Machines, instruments et prooédés usités dans divers travaux.
- LISTE DU JURY.
- MM.
- Philipps, France.
- Edward Woods, Angleterre.
- Lévy, • France.
- Pierret, »
- Tourette, »
- MÉDAILLES D’OR
- Deny (L.), Fairbanks et Ce, Gauchot (H.-G.), Goodallc fils, Jacobsohn (S.), Jonker (H.) et fils, Ledeuil, Mailing-Hansen,
- France.
- Etats-Unis.
- France.
- Angleterre.
- Autr.-Hong.
- Pays-Bas.
- France.
- Danemark.
- MÉDAILLES D’ARGENT
- Ardin Pagès et Ploquin, Bennett et fils,
- Chéret (M.-J.),
- Claude,
- Clément,
- Duguet (Ve), et fils, Ferron (A.),
- Gras (Doubs) (Exposition collective des fabricants d’outils d’horlogerie des),
- Huard fils (A.),
- Janiot (J.-B.),
- Ladd (J.) et G»,
- Larue frères,
- Legras (L.-A.-M),
- Mays frères,
- Michela (A.) et de Petro
- (G.),
- Mont (De),
- Parent (E.),
- Sainte-Marie Dupré frères
- Schœller (A.) et Ce, Steinmetz (B.) (Rappel), Virey et C®,
- France.
- Angleterre.
- France.
- »
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- »
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- »
- Angleterre.
- France.
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- »
- Italie.
- France.
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- »
- Luxembourg
- France.
- »
- MÉDAILLES DE BRONZE
- Amstutz,
- Azambre (H.),
- Bellair et Ce,
- Besançon et Bainier, Bidault (A.),
- Blancan,
- Bourse (G.),
- Bignon,
- Chenel (L.-F.),
- Claude (Ve), Courchaussé,
- Czettel (J.),
- Daudé (F.-G.), Ducourneau,
- Dumouchel (E.),
- Erlach (J.), *
- Faivre (A.),
- Garnache (E.),
- Gehrig,
- Gueutal-Schomm, Guichard (E),
- Harlé (E.),
- Henry (E.),
- Kennedy Patent Water Meter C°,
- Laneuville (V.-J.-B.), Lemaire et Ce, Maillet-Valser et Ams-ler-Jundt, Mariani(J.-S.),
- Mestre (de),
- Mey et Ce,
- Mortelette (L.),
- Noël (F.-J.),
- Pelletier (L.-H.),
- Poudra (A.-P.),
- Sénéchal (H.) aîné, Strube (H.),
- Thémar (L.),
- Tricoche,
- Tricout (A.-H.),
- Verrier (A),
- France.
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- Autr.-Hong.
- France.
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- Autr.-Hong.
- France.
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- »
- Angleterre.
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- MENTIONS HONORABLES
- Audoy,
- Borelio (S. et Ch.), frères,
- Bouché,
- Ghalopin,
- Chertemps (A.-D.), Ghevriau (L.^
- Coudron,
- Courtier,
- Dailly,
- Delahaye,
- Dollone (J.),
- Doublier et Gérard, D'uggan (T.),
- France.
- Italie.
- France.
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- »
- Angleterre.
- A suivre.
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- Paris LE CONSTRUCTEUR 86, rue Blanche. 3is
- Supplément au n° 326. — Lundi 18 Novembre 1878.
- REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DI 1878
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de l’Ecole polytechnique.
- MM. DEBIÉ, Ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LE MATÉRIEL DES FILATURES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- A PI» areBl Bhrlse-ftEariages
- applicable aux métiers à filer les matières textiles
- de MM. Dauphinot, Martin, et Desquilbet
- Manufacturiers, à Reims (Marne), brevetés s. g. d. g. en France et à l’étranger.
- Depuis que les métiers self-acting atteignent la longueur de 500 à 1,000 broches et que le tissage mécanique exige la filature en cannettes, avec des écartements de broches plus rapprochés qu’autre-fois et une torsion plus grande du fil, il se produit considérablement de mariages, c’est-à-dire qu’un fil se rompant se soude au fil voisin et continue à se filer avec lui jusqu’à ce que le rattacheur s’en aperçoive et refasse la rattache; celui-ci ne se donne généralement pas la peine d’enlever le fil double qui produit dans le tissu des barres très-marquées et plus ou moins larges, suivant la longueur du fil doublé.
- On ne se fait pas une idée suffisante des rabais, des procès et des pertes auxquels donne lieu ce défaut qui, lorsqu’il est nombreux, rend certains tissus tout à fait invendables.
- Le brise-mariages a précisément pour objet d’enlever sur le métier à fil ces fils accidentellement doublés.
- Cet appareil, d’un mécanisme très-simple, d’une application facile 'a tous les métiers à filer, ne charge aucun organe essentiel du métier, ne gêne pas le travail des rattacheurs et brise le mariage infailliblement avant le renvidage du fil.
- Le brise-mariages se compose d’un système de crochets fonctionnant automatiquement.
- Pendant la sortie du chariot, le brise-mariages étant au repos, les crochets sont relevés au-dessus des cylindres étireurs.
- Quand le chariot est arrivé aux deux tiers de sa course, tout le système s’abaisse lentement entre les fils.
- S’il y a un mariage, il sera saisi par l’un des crochets, et lors de la rentrée du chariot, l’arbre de main douce tournant en sens contraire, déroulera la chaîne de commande ; à ce moment les crochets, ramenés vivement dans leur position primitive par l’action du contrepoids, enlèveront les fils saisis et les briseront.
- Le brise-mariages fonctionnait à l’Exposition universelle de 1878, galerie des machines, classe 56, sur un métier à filer self-acting de MM. Pier-rard-Parpaite et fils, de Reims. — Oh peut le voir chez les inventeurs et dans un grand nombre d’établissements de Reims et de la région de Four-mies.
- Du reste, depuis un an que MM. Dauphinot, Martin et Desquilbet s’occupent de l’exploitation de leur brevet, ils ont déjà garni 150,000 broches. Quelques établissements importants sont entièrement montés et ceux qui sont dans la période d’es-
- sai ont déjà prévenu de leur intention d’appliquer .partout cet appareil absolument infaillible et qui, dans un avenir prochain, sera le complément de tout métier à filer, comme le casse-trame l’est de tout métier à tisser.
- Les métiers renvideurs commandés à MM. Pier-rard-Parpaite et fils et qui sont en construction l’ont tous été avec brise-mariages. L’installation sur les métiers en marche est très-facile et, quel-qu’en soit le système, se fait sans aucune gêne.
- Nous croyons donc que la vulgarisation des brise-mariages ne peut être que très-utile aux filateurs et fabricants.
- LES MACHINES DE TANNERIE
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- (2m0 ARTICLE.)
- MM. Allard frères, fondeurs et constructeurs à Chateaudun (Eure-et-Loir).
- MM. Allard frères ont suivi le conseil que nous avons souvent donné à nos lecteurs. Us ont adopté une spécialité, celle des machines-outils pour tannerie et coiToierie et ils n’ont pas tardé à y acquérir une grande notoriété, qui est justifiée par le rendement pratique de leurs appareils et par leurs prix modérés.
- MM. Allard frères construisent toutes les machines nécessaires à la fabrication des cuirs : hachoirs et moulins à tan, machines à triturer les bois et radulateurs, machines à vapeur, générateurs se chauffant à la tannée, presses à essorer la tannée, machines à façonner les cuirs, marteaux à battre, machines à refendre en tannée, machines, à crépir et rebrousser. L’espace, trop faible pour l’importance de leur maison, qui leur a été accordé, ne leur a permis d’envoyer à la classe 53 que trois .de ces appareils que nous allons examiner successivement.
- Marteau à battre les cuirs.
- On sait que les principes du marteau généralement employé par les tanneurs pour battre ou plutôt comprimer les cuirs forts et les vaches lissées ont été brevetés au nom de M. Bérendorf, le grand’-père du constructeur actuel. Ce brevet est tombé depuis plus de quinze ans dans le domaine public et il en est résulté cet avantage que leur construction, au point de vue mécanique, a été améliorée par des idées d’une origine étrangère à celle de l’invention et que leur prix a pu être abaissé dans une proportion qui dépasse 30 p. c.
- Le marteau, présenté par MM. Allard frères, est identique au marteau Bérendorf. L’enclume, sur laquelle repose le cuir, peut être élevée ou abaissée au moyen d’un coin en acier. Le marteau, bien guidé, est mis en mouvement par un balancier en fer forgé contre lequel il est maintenu par un ressort. Le bâti est solide et toutes les pièces sont bien exécutées.
- MM. Aliard frères, ayant une fonderie adjointe à leurs usines, ont pu abaisser considérablement le
- prix de leurs marteaux à battre, qu’ils livrent aujourd’hui à 2,200 francs.
- Machine à façonner les cuirs.
- La machine à façonner de MM. Allard frères est, au dire de leurs confrères eux-mêmes, la plus simple et la plus pratique.
- Sous ce nom de façons du cuir, on comprend : le queursage qui a pour but d’assouplir la peau au moyen d’une pierre douce à aiguiser, appelée queurse; le contre-écharnage, ou complément du travail d’écharnage (enlèvement des débris de chair); le battage ou étendage de la 'peau sur une table pour en supprimer tous les plis et en ouvrir les pores.
- MM. Allard frères placent la peau à façonner sur une table qui roule sur un petit chemin de fer. La peau est retenue, sur un de ses côtés, par une barre circulaire et le mouvement de la table permet d’en présenter toutes les parties au travail de l’outil.
- Cet outil varie d’ailleurs suivant l’opération que l’on veut accomplir ; il est queurse, couteau à chair, racloir, étendeur. Dans tous les cas, il est animé d’un mouvement alternatif d’avant en arrière et d’arrière en avant ; ce mouvement, guidé par des coulisseaux, est commandé par un arbre moteur à vilebrequin et par une bielle. Le travail de l’outil, modéré par des ressorts et dont l’énergie est à la discrétion de l’ouvrier, agit sur la peau en s’écartant de la barre de retenue, de manière à en développer tous les plis.
- La machine à façonner de MM. Allard frères, et c’est là sa meilleure recommandation, fonctionne dans les tanneries les plus perfectionnées de France.
- La machine à rebrousser et crépir les cuirs est aussi l’une des plus remarquables de la classe 53.
- Cette machine a pour but d’assouplir la peau, d’en rompre le nerf, de lui donner souplesse et régularité; elle est indispensable pour la corroierie.
- La machine à rebrousser de MM. Allard frères, qui présente des analogies de forme avec leur machine à façonner, se compose, comme celle-ci : 1° d’une table roulante sur laquelle la peau est étendue et saisie par un de ses côtés au moyen d’une barre arrondie; 2° d’une marguerite ou outil travailleur en bronze animé d’un mouvement alternatif de va-et-vient. La marguerite, cannelée et circulaire, frotte le cuir replié, fleur contre fleur (crépissage) ou chair contre chair (rebroussage). La table est montée sur ressorts et l’action de l’outil, commandé par vilebrequin et bielle, peut être plus ou moins énergique.
- Ces descriptions succinctes suffisent pour faire comprendre les perfectionnements apportés par MM. Allard frères à la construction du matériel des industries du cuir.
- Le Jury des récompenses a accordé à cette maison une médaille d’argent ; nul doute que si un plus grand espace lui eût permis d’envoyer à l’Exposition universelle tousses types,une récompense plus élevée ne lui eût été décernée.
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-
-
- 314 Paris.
- LE CONSTRUCTEUR.
- 56, rue Planche.
- 108 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Conférence de M. Brull, ingénieur civil, sur le transport par chaîne flottante dans les mines.
- M. Brüll rend compte, ainsi qu’il suit, du mode de transport par chaîne flottante employé dans les mines du district de Burnley.
- Pour établir un chemin à chaîne flottante d’un point à un autre, on trace d’ordinaire un plan vertical passant par le point de départ et par le point d’arrivée. Ce plan dessine sur le sol une ligne plus ou moins ondulée. S’il ne se présente pas d’obstacle trop difficile, on se borne à rectifier par des terrassements insignifiants les creux et les bosses du terrain, et l’on pose sur toute la longueur une double voie. S’il y a quelque chemin, chemin de fer ou canal, à traverser, on fait passer le chemin pardessus ou par-dessous soit à i’aide de ponts, via-ducs ou estacades d’une grande légèreté, soit en 1 s’enfonçant en galerie aux abords de l’obstacle et | en se relevant ensuite de l’autre côté. Les fortes inclinaisons qu’on peut admettre et la faible section 1 nécessaire au passage des berlines rendent ces travaux fort peu importants.
- Si le tracé suivant un seul plan vertical traverse soit des terrains dont on ne peut disposer, soit des parties trop accidentées, on le modifie suivant deux ou trois directions faisant entre elles un angle quelconque.
- Les voies ont d’ordinaire une largeur de 0u\5ô ; l’entre-voie n’est que de 0m,225, de sorte que la largeur totale de la plate-forme n’est que de lm,850. Telle est aussi en général la largeur des galeries où passent les voies à chaîne flottante. Leur hauteur ne dépasse pas lm à lm,20,de sorte qu’elles ne coûtent qu’un prix modéré.
- Les rails sont en fonte, en forme de cornière.
- Ils pèsent 14 kilog. le métra. Chaque rail a lm,82 de longueur et porte six trous pour le fixer à l’aide de clous sur trois traverses. Mais sur deux traverses par rail on en supprime souvent une, de sorte que les traverses sont écartées de im,83 d’axe en axe. Chaque traverse reçoit les quatre üles de rails.
- Depuis quelques années on préfère aux rails en fonte des rails cornière et des rails Vignole en fer, pesant de 7 à 12 kilogrammes le mètre et assemblés par des éclisses. On emploie môme des rails Bçssemer et on pose les voies avec plus de soin, surtout lorsqu’il y a de fortes rampes et un travail fatigant.
- Mais c’est encore le vieux rail de fonte qui domine. Les voies sont très-peu entretenues. Ces rails durent î5 à 20 ans et on en voit de plus vieux, creusés de trois ou quatre millimètres par l’usé à l’endroit où passent les roues.
- Les berlines sont le plus souvent en tôle, de la contenance de 150 kilogrammes de houille, du poids de 112 k. 5, du prix de 32 francs environ.
- Les dimensions de ces wagons sont : longueur 0ra,60, largeur 0,60, profondeur 0m,48, hauteur au-dessus du rail 0m,70,
- On emp’oie aussi des berlines de bois, ferrées, de même contenance. Dans ces derniers temps on a fait des berlines en fer et des berlines en bois de 300 kilogrammes et de 450 kilogrammes de contenance.
- On place les wagons à une distance l’un de l’autre de 10 à 30 mètres. Le plus souvent on n’attache pas d’importance à la régularité de l’espacement. Il est quelquefois de 40 à 50 mètres ; la chaîne frotte alors sur le sol, coupe les traverses et s’use. Pour éviter ces inconvénients on pose, sur les traverses, des fourrures en bois ou bien des pièces en fonte, ou Ton établit dans Taxe de la voie des morceaux de vieux rails sur lesquels vient glisser la chaîne et que la boue graisse suffisamment. D'autres fois les wagonnets sont trop près l’un de l’autre et trois ou quatre se touchent. Mais dans quelques mines on tient plus à la régularité et on l’obtient assez facilement.
- La chaîne est une chaîne ordinaire en fer, à maillons non renforcés, depuis 12 jusqu’à 23 millimètres de diamètre. Elle repose sur des wagons et passe dans une fourchette forgée sur Tune des traverses de la ceinture en fer plat qui entoure la
- partie supérieure du wagonnet. Quand la berline est en bois, la fourche prend la forme d’une ferrure boulonnée sur Tune des faces transversales de la caisse.
- Pour faciliter l’accrochage automatique des berlines, M. Landless, ingénieur des mines à Burnley, a imaginé une fourche à quatre dents qui permet à la chaîne de toujours tomber d’elle-rnême en prise, malgré les légères déviations transversales des berlines ou delà chaîne.
- La chaîne s’enroule, aux deux extrémités de la voie, sur deux poulies de 0 m. 915 de diamètre à axe vertical. L’un est simplement une poulie de renvoi et la chaîne l’embrasse seulement suivant un demi-tour. L’autre est la poulie motrice, et la chaîne y fait deux tours et demi ou trois tours et demi. De plus des barres verticales de fer ou d’acier, d’assez forte section, garnissent le pourtour de cette poulie, de façon à produire une adhérence suffisante pour l’entraînement de la chaîne,
- Le moteur le plus ordinaire employé est une machine à vapeur à un ou à deux cylindres verticaux de 0 m. 320 de diamètre et 0 m. 610 de course.
- Les wagons pleins sont engagés sous la chaîne par un ouvrier envoyeur. La voie est en pente . douce, l'accrochage se fait seul le plus souvent; s’il no réussit pas, l’ouvrier va soulever la chaîne et la poser sur la fourche. Quand le wagon a atteint un piquet marquant l’espacement normal, on en engage un autre. Au fond, on emploie un signal à sonnette pour indiquer les distances.
- Les wagons vides sont livrés par la chaîne sur un parquet dallé et enlevés par un receveur.
- Au point d’arrivée la manœuvre inverse se fait de même par deux ouvriers.
- Un fil de fer, tendu tout le long de la voie, permet de faire les signaux au mécanicien de tous les points du parcours ; quelquefois on emploie des signaux télégraphiques.
- La vitesse varie ordinairement entre 2 et 6 kilomètres à l’heure.
- Tels sont, dans leur ensemble, l’installation et , le fonctionnement du système lorsque les berlines ^ doivent aller en ligne droite, du départ à T arrivée.
- Si Ton veut, en chemin, prélever tout ou partie du.charbon qui passe, on installe simplement en ce point, un peu au-dessus de la ligne de la chaîne, une roulette en fonte sur laquelle on pose la chaîne quand on veut retirer des wagonnets. La voie des chariots pleins est interrompue sur quelques mètres et on établit un plancher en plaques de fonte. Tous les chariots pleins quittent la chaîne ainsi soulevée quelques mètres avant la roulette, arrivent doucement sur les plaques. Là les uns sout poussés vers la suite de la voie, qui doit être un peu en pente, et reprennent la chaîne pour continuer leur route, tandis que ceux que Ton veut retirer sont tournés sur les plaques et remplacés par des wagonnets vides.
- Le même moyen est employé pour livrer du charbon à la chaîne sur un point de son parcours.
- Si le tracé comporte un changement de direction, on le produit soit au moyen de courbes très-douces, en relevant le rail intérieur pour combattre l’action latérale de la chaîne, soit au moyen d’un coude brusque qui peut alors présenter un angle quelconque, même un angle aigu.
- Dans ce cas on peut, ou bien terminer en ce point la chaîne et en établir une seconde qui reçoit son mouvement d’une seconde poulie calée sur le même arbre que la poulie de la première chaîne, ou bien infléchir les deux brins de la chaîne sur deux poulies de renvoi horizontales posées un pou au-dessus du niveau supérieur des berlines.
- A ces angles on peut intercepter les deux voies et poser un plancher en fonte. Il faut alors deux hommes pour faire passer les wagons pleins et les wagons vides d’une section sur l’autre en les tournant sur les plaques.
- Mais on peut aussi se dispenser de couper les voies, relier les deux alignements par une courbe de 4 à 5 mètres de rayon. Il faut alors ménager sur chaque voie une légère pente dans le sens du mouvement, de sorte que les berlines, quittant la chaîne quelques mètres avant la poulie, parcourent la courbe et reprennent l’autre chaîne d’eux-mêmes. On se contente alors de poster à cette station un surveillant qui peut être occupé de quelque autre travail.
- Un embranchement est très-facile à organiser. II
- suffît de poser une poulie sur laquelle un des brins de la chaîne fait un tour ou deux. L’arbre vertical de cette poulie devient moteur à son tour, et par une seconde poulie, qu’on peut embrayer et débrayer à volonté, commande la chaîne de l’embranchement. Par le moyen qui vient d’être décrit on fait passer sur l’embranchement les berlines qu’on veut retenir et on laisse continuer aux autres la ligne principale, ou bien encore on reçoit sur celles-ci les charbons provenant de l’embranchement.
- On communique le mouvement des chaînes, du jour au fond des puits de faible profondeur, à l’aide d’une chaîne formant courroie autour de cleux poulies verticales, et d’engrenages appropriés.
- Souvent aussi on amorce une chaîne flottante à quelque distance du point d’arrivée d’une autre, à l’aide d’arbres de couche et de transmission par engrenages ou par chaînes-courroies.
- Les pentes et les rampes ont souvent de 1 sur 6. On va quelquefois jusqu’à 1 sur 4, et on voit dans les mines de Rowley unejdescente de 70 mètres de long, à la pente de 1 sur 3.
- Au bas de ces pentes la chaîne tend à se soulever et on y pose quelquefois une poulie de 60 centimètres de diamètre reposant par son poids sur la chaîne.
- On peut compter les wagons pleins au passage par des dispositions mécaniques faciles à concevoir.
- Les applications de ia chaîne flottante à Burnley sont très-variées. Il y a à ce jour plus de 120 kilomètres de ces voies. Les unes montent le charbon exploité en vallée sur des distances de 12, 15 et 1,800 mètres, ou bien le descendent suivant le pendage des veines sur des distances non moins grandes. Ces chaînes font mouvoir d’autres chaînes transversales à droite et à gauche suivant rallongement des couches et à divers niveaux.
- _ Les voies qui extraient la houille des descende-ries s’ouvrent souvent au jour et sont continuées soit en ligne droite soit avec les angles nécessaires pour porter les produits au chemin de fer, au canal ou au lieu de vente. Le chargement des wagons, des bateaux et des charrettes se fait par des bascu-leurs auxquels ia chaîne livre les berlines.
- Sur le parcours on relève les charbons destinés à la consommation des usines du pays transversé. C’est de la même manière qu’on alimente les criblages, les fours à coke, les chaudières des grandes machines d’extractien, de ventilation ou d’épuisement.
- C’est encore avec la chaîne flottante qu’on conduit les terres extraites de la mine et qu’on peut même les déplacer au besoin, en cas d’encombrement.
- On s’en sert aussi pour envoyer dans la mine les bois, matériaux et approvisionnements nécessaires.
- Tous ces transports fonctionnent sans accidents et même avec la plus grande aisance. Ils atteignent facilement un tonnage journalier de cinq à six cents tonnes. Il est frappant de voir ces petits chariots, égrenés en chapelets dans la campagne, circulant pour ainsi dire seuls, par monts et par vaux, marchant doucement et d’une allure régulière, sans s’accélérer en descendant, sans se ralentir sur les montées, disparaissant sous le sol dès qu’il se présente un obstacle, pour émerger de nouveau quelques mètres plus.loin, en desservant, dans toute la contrée, les besoins les plus divers avec une égale facilité.
- La dépense de premier établissement est moyennement d’une vingtaine de mille francs par kilomètre. Les prix de revient des transports sont natu-rellementtrès-bas.La solidarité que la chaîne établit non-seulement entre les berlines pleines et les berlines vides, mais entre les wagons qui montent et ceux qui descendent est un des facteurs les plus puissants de l’économie du transport. On peut dire que le prix de revient varie de 4 à 16 centimes par tonne de charbon portée à 1 kilomètre. Ce prix change surtout d’après le profil de la voie.
- Quand ce profil descend dans son ensemble de plus de 6 pour cent, le sytème devient automoteur et si la pente moyenne est plus grande, on peut encore recueillir aisément le travail mécanique disponible soit pour exécuter d’autres transports, soit même pour d’autres applications.
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 36, rue Blanctie.
- Supplément au n° 326.
- —Lundi 18 Novembre 1878.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 187S
- i »"' »mii ma i* -i— ,
- LISTE OFFICIELLE DES RÉCOMPENSES
- Suite. — (Voir nos derniers numéros). '3
- CLASSE 61.
- Machines, instruments et procédés usités dans divers travaux.
- {Suite)
- MENTIONS HONORABLES
- {Suite)
- Dupont /A.), France.
- Edeline, »
- Ferrari frères, »
- Frécassi (k.J, »
- Ganderth, »
- Gauriaud (E.), »
- Gautier (S.), »
- Gervais (E.), »
- Grellet, »
- Henry (A.), »
- Jacob (j.-R.), Belgique.
- Joliot (A.), France.
- Malizard, »
- Mégret et Ce, »
- Neveu (J.-M.), »
- Nicoud (M.), »
- Perdreau (H.-A.), »
- Peltier (S.), »
- Port, »
- Revert, »
- Rival, »
- Rollet (J.-L.), »
- Salomon et Touchais, »
- Simoulin jeune, »
- Southall (G.-H.), Angleterre.
- Taylor et G% »
- Zuca (J.F.), Portugal.
- COLLABORATEUR
- Médaille de bronze.
- Demander (N.), collaborateur de MM. Schoel-ler et Ce, Luxembourg
- CLASSE 64
- Matériel des chemins de fer.
- LISTE DU JURY
- MM.
- Couche,
- Douglas-Galton (Le capitaine), Jacqmin,
- Delaplain (R.-M.), Almgren (A.),
- Hornbostel (G.),
- De Szent-Gyorgyi (A.) Belpaire,
- Delaistre,
- SOLACROUP,
- Mantion,
- Marié,
- Mathieu,
- Banderali,
- Olliyier,
- France.
- Angleterre.
- France.
- Etats-Unis.
- Suède et
- Norwège.
- Autr.-Hong.
- Autr.-Hong.
- Belgique.
- France.
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- »
- GRANDS PRIX MÉDAILLES D’ARGENT.
- Diplômes d’honneur équivalant
- à une grande médaille. Aktiebolaget Atlas, Suède.
- Appleby frères, Angleterre.
- Atelier de construction Aveling et Porter, »
- des chemins de fer Black, Hawthorn et C°, »
- de l’Etat de Budapest, Autr.-Hong. Blondiaux et Ce, (Rap-
- Compagnie des chemins pel), Belgique.
- de fer de l’Est, France. Brill (J.-G.), Etats-Unis.
- Compagnie des chemins Brunon, France.
- de fer de l’Ouest, » Boilée, »
- Compagnie des chemins Cabany (A.) et Ce, et
- de fer de Paris à Société anonyme des
- Lyon et à la Méditer- ateliers de Boussu, Belgique.
- ranée, » Chevalier (E.), France.
- Compagnie du chemin Compagnie continen-
- de fer d’Orléans, » tale d’exploitation
- Compagnie des chemins des locomotives .
- de fer du Midi, » sans foyers, »
- Compagnie du chemin Corpet et Bourdon, »
- de fer du Nord, » Decauville aîné, »
- Exposition collective Desouches, David et
- des chemins de fer Ce, »
- de l’Autriche, Autr.-Hong. Fox, Walker et Ce, Angleterre,
- Ministère des travaux Hughe’s Locomotive
- publics, Belgique. and Tramway En-
- Ministère I. R. des gine Co, »
- travaux publics à Bu- Lobdell Car Wheel Co, Etats-Unis. '
- dapest, Autr.-Hong. Mallet, France.
- Nydqvist et Holm, Suède.
- Grande médaille. Paupier, France.
- Philadelphia and Rea-
- Schneider et Ce, France. ding Railroad Co, Etats-Unis.
- Pullman Palace Car Co, »
- Ravasse Génissieu fils
- MÉDAILLES D’OR. et Ce, France.
- Rinhgofer (F.), Autr.-Hong.
- Arbel (L.), France. Salin et Ce, France.
- Cail et Ce, » Société anonyme des
- Compagnie belge pour ateliers de la Dyle, Belgique,
- la construction de Société de construction
- machines et de ma- des Batignolles, France.
- tériel de chemins de Societa delle strade
- fer, Belgique. ferrate dell’Alta Italia, Italie.
- Compagnie de Fives- Societa delle strade
- Lille, France. ferrate Romane, Italie.
- Compagnie française Société générale des mo-
- de matériel des che- teurs a air comprimé
- mins de fer, » (système L. Mékarski), France.
- Compagnie générale Stilmant, (Rappel), »
- des Omnibus, 9 Usines et aciéries, et
- Deflassieux, )) fabrique de wagons
- Ganz es tarsa Gep- et machines (Gratz), Autr.-Hong.
- gyara, Autr.-Hong. Weyher et Riche-
- Kockums Mekaniska mond, France.
- Verstads-Aktiebolag, Suède.
- London Brighton and South-Coast-Railway MÉDAILLES DE BRONZE.
- Company (The), Angleterre.
- Motala Mekaniska Vers- Albaret et Ce, France.
- tads Aktiebolag, Suède. Ateliers de Labou-
- Riggenbach (N.), Suisse. heyre et Dax, »
- Saxby et Farmer,- Angleterre. Bailly et Roche, »
- Sharp, Stewart et G0, » Barnum, Richardson
- Smith’s Vacuum et Ce, Etats-Unis.
- Brake Co, » Boistel et Coignet, France.
- Société de Saint-Léo- Bouchacourt, »
- - nard {Rappel), Belgique. Boutmy etCe, »
- Société John*Cocke- Broquin, Lainé et
- rill, [Rappel), » Muller, »
- Société par actions Cabany (A.) et Ce, Belgique.
- pour la construction Capitain Gény et C°, France.
- des locomotives (Flo- Chanteloup, Canada.
- ridsdorf) Autr.-Hong. (Angleterre).
- Société suisse pour la Chauvin et Marin-
- construction de lo- Darbel, France.
- comotives et machi- Chemin de fer de l’ar-
- nes, Suisse. chiduc Albert, Autr.-Hong.
- Stephenson (J.) Co, Etats-Unis. Collectivité : Fontaine
- Westinghouse Air- (E.), Henricot. — So-
- Brake Co, » ciété anonyme des
- usines et fonderies de Baume. — Société anonyme. (Cie centrale de construction.) —• Baume-sous-Haine. — Saint-Pierre {Diplôme),
- Collin,
- Compagnie Carris de ferro de Porto, Compagnie des hauts-fourneaux, forges et aciéries de la marine et des chemins de fer,
- Compagnie internationale des wagons-lits, Delettrez (L. et E.), Dervaux-Ibled, Fairbanks (E. et T.) et Ce,
- Fairlie Engine Co, (The),
- Faucille,
- Folie et Denamur, Fowler (J.) et Ge, Garnier,
- Graftiaux,
- Hardy Capitaine et Ce, Henry Lepaute fils, Howard (J. et F.),
- Howe Scale Go,
- Joseph, Maré et Gérard frères,
- Le Boulengê (P.-E.), Lepage jeune,
- Lilpop, Rau et Lœq-wenstein,
- Luchaire,
- Mabille (V.),
- Mac-Dougal (John, et Ce, (L.),
- Mac Lellan (P. et W.), Manier (E.) Merrywëather et fils, Meyer (A.), Morel-Thibaut,
- Mors,
- Muller fils aine,
- Neveu,
- Patent Nut and Boit Co (The),
- Raynaud Bachade et Ce,
- Ransomes, Sims et Head,
- Rous,
- Rothmüller (S.), Sandberg (C.-P.),
- Serres (A. de) et Bat-tig (A.),
- Société anonyme de l’embrayage et du frein électrique. Société anonyme des forges de Franche-Comté,
- Société anonyme des hauts-fourneaux de Maubeuge,
- Société anonyme des hauts-fournaux, fonderies et ateliers de construction de Marquise,
- Société anonyme de traction mécanique Société anonyme métallurgique et charbonnière belge,
- Belgique,
- France.
- Portugal.
- France.
- Belgique
- France.
- Etats-Unis.
- Angleterre.
- France.
- >).
- Angleterre.
- France.
- Russie.
- France.
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- Etats-Unis,
- France.
- Belgique.
- France.
- Russie.
- France.
- Belgique.
- Canada.
- (Angleterre).
- Angleterre,
- France.
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- France.
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- Angleterre.
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- Angleterre.
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- Suède.
- Autr.-Hong.
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- Belgique.
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- 316 Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Blanche
- X Exposition universelle de 1878. — Liste des récompenses.
- Société industrielle Suisse (Neuhausen), Suc,
- Surahammar Co, Thoméet Genot, Usines et aciéries d’Ei-biswald et Krumbach (Gratz),
- Whitney et fils,
- Yvose (L. et Ce) et Yvose-Laurent et C%
- Suisse.
- France.
- Suède.
- France.
- Autr.-Hong.
- Etats-Unis.
- France.
- MENTIONS HONORABLES
- Arboga Mekanisk-Yeskstads Aktie-bolay,
- Banovics-Kajelan,
- Baradat,
- Barychar-Wenzel,
- Baudet,
- Belleroche (E.),
- Bosson et G®,
- Boué,
- Boulengé,
- Bréval,
- Broise et Courtier, Brown, Bailey et Dixon, Brown (John) et G®, Casse (C.),
- Chaix (A.) çt Ce, Chevallet,
- Claparède (F.-M.), Clayton et Shuttleworth, Compag. des tramways de Paris-Sud,
- Coûtant,
- De Masy de la Croix, Dorré,
- Dufrane Macart,
- Edoux,
- Ferrero,
- Fétu aîné (J.),
- Fleury,
- Gagin et Ce,
- Garett (R.) et fils,
- Gillet, '
- Guébin,
- Heshuysen (W.-F.), Kincaid (J.),
- Laminoirs et aciéries (Teplitz),
- Larsen,
- Mac-Laren(J. et H.), Majolini (F.),
- Maré (A. de),
- Marshall fils etc®,
- Masui,
- Moreau,
- National car Spring Co, Perrousset et Samuel, Pignel,
- Plasson,
- Reishauer et Bluntschli, Robeyet Ce,
- Rouvière et Bula (A.), Roy,
- Ruston, Proctor et Co, Saint frères,
- Saint-Yves,
- Sakhnowski (A.-N.) et Terris (J.-A.), Schrabetz (E),
- Schwartz (G.), Sidebotham,
- Société de clôtures pour chemins de fer,
- Société des ateliers de construction de Passy, Société du tramway de Vienne,
- Stous-Sloot (J.-W.), Vicaire,
- Vidal,
- Waterlow et fils, Weickumg (G.),
- Zawadil (E.),
- Suède.
- Autr.-Hong.
- France.
- Autr.-Hong.
- France.
- Belgique.
- France.
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- Angleterre.
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- France.
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- Angleterre.
- France.
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- Belgique.
- France.
- Belgique.
- France.
- Italie.
- Belgique.
- France.
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- Angleterre.
- France.
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- Pays-Bas.
- Angleterre.
- Autr.-Hongr.
- France.
- Angleterre.
- Belgique.
- Suède.
- Angleterre.
- Belgique.
- France.
- Etats-Unis.
- France.
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- Suisse.
- Angleterre.
- Espagne»
- France.
- Angleterre.
- France.
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- Russie.
- Autr.-Hong.
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- Egypte.
- France.
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- Autr.-Hong.
- Pays-Bas,
- France.
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- Angleterre.
- Autr.-Hong.
- Autr.-Hong.
- COLLABORATEURS Médailles d’or.
- Becker (Nordbahn), Chobrzynski (C.)(Nord), Deprez (M.) Napoli, et Gerhardt (Est), Gottschalk (Sudbahn), Lartigue et Tesse (Nord), Léon (Paris-Lyon-Méditerranée),
- Autr.-Hong.
- France.
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- Autr.-Hong.
- France.
- »
- Médailles d’argent.
- Abt (Ateliers d’Aarau), Suisse. Audebert (Creusot), France.
- Beuthe (A.) (Ge St-Léo-
- nard),
- Bika (État),
- Bouissou (Ouest), Bricogne (Nord),
- Brown (Vinterthur), Cornesse (Creusot), Courant (Westbahn), Deloy (Paris-Lyon-Méditerranée) {Rappel), Douillet (Ce belge pour la construction du matériel de chemin de fer),
- Fedou (Orléans), Flamand et Brisse (Est), Fontenay (de) (Orléans), Guillaume (Est) {Rappel), Kraft (Société John Coc-kerill),
- Lelarge (Paris-Lyon-Méditerranée),
- Maréchal (Ouest),
- Mathey (Ce belge pour la construction du matériel de chemin de fer),
- Mathias (Ferdinand) (Nord),
- Menars (Cail et Ce), Œlwein (Westbahn), Rousseau (Ce belge pour la construction du matériel de chemin de fer),
- Schor (Midi),
- Wissock (de) (Nord), Zimmermann Frigyes (Etat),
- Belgique.
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- France.
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- Suisse.
- France.
- Autr.-Hong.
- France.
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- Belgique.
- France.
- Belgique.
- France.
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- Autr.-Hong.
- Belgique.
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- France. • Autr.-Hong.
- Médailles de bronze.
- Anschutz (Nordbahn), Baillet (Midi),
- Barbey (Est),
- Bergniac (Est),
- Bossu (Ouest),
- Breteau (Ce générale des Omnibus),
- Brunet (C* générale des Omnibus),
- Gazes (Midi),
- Chiazzari (Alta Italia), Colette (Creusot),
- Dejaer (Etat),
- Donay (Ouest),
- Douillet (Ge belge pour la construction du matériel de chemin de fer),
- Dujour (Paris-Lyon-Méditerranée,
- Durur (Creusot),
- Forest (Nord),
- Goldsdorf (Südbahn), Lebasteur (Paris-Lyon-Méditerranée), Lilliehook (Usine de Kockum),
- Mazza Ferrovie. (Alta Italia,
- Meudt (Orléans),
- Morard (Paris-Lyon-Méditerranée),
- Monteilh (Midi),
- Salomon (Est),
- Sand (Paris-Lyon-Méditerranée),
- Têtard (Orléans), Waldmann (État), Wenger (Paris-Lyon-Méditerranée),
- Whaley (Ouest),
- Autr-Hong.
- France.
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- Italie.
- France.
- Belgique.
- France.
- Belgique.
- France.
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- France.
- Suède.
- Italie. France.
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- Autr.-Hong.
- France.
- Mentions honorables.
- Lassence (Midi), France.
- Loiseau (Ouest), »
- Petit (D.), Mabille (V.), Belgique. Thomas (Ouest), France.
- CLASSE 65.
- Matériel et procédés de la télégraphie.
- LISTE DU JURY.
- MM.
- Becquerel (E.), Webber (Le Major R.-E.),
- Bergon,
- Baron,
- HocQ',
- France.
- Angleterre.
- France.
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- GRANDS PRIX.
- Diplômes d’honneur équivalant à, une grande médaillé.
- Direction générale des télégraphes, Ministère de la guerre, Ministère de la marine, Ministère des finances. (Administration des télégraphes), Ministère des travaux publics. (Direction des télégraphes), Ministères du Waters-taut, du commerce et de l’industrie,
- Portugal.
- Espagne.
- Italie.
- France.
- Italie.
- Pays-Bas.
- Grandes médailles.
- Lucchesini (A.)
- Mildé et C°,
- Morris,
- Mors,
- Pelletier,
- Perrin (Ad.),
- Petit,
- Petsch,
- Pillivuyt (C.) et C°, Roncalli (A.)
- Roussy,
- Société des forges de Franche-Comté, Sortais,
- Tomasi,
- Vianisi (L.),
- Walker,
- Zimdars (C.-E.),
- Italie.
- France.
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- Russie.
- France.
- Italie.
- France.
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- Italie.
- France.
- Angleterre.
- MENTIONS HONORABLES
- Baudot,
- Bell (A.-G.), Edison (T.-A.), Gray (E.), Meyer,
- France.
- Angleterre.
- Etats-Unis.
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- MÉDAILLES D’OR
- Àrlincourt (D’), Rappel, Bréguet, [Rappel), Deschiens,
- Digney frères et Diverne-resse, {Rappel), Dumoulin-Froment, Hardy,
- Ménier,
- Ois en (C.-F.-G.-H.) Rattier et Ce, {Rappel), Schaffler (O.),
- Siémens (frères),
- Stroh, Bristish telegraph Manufactory, Limited, Telegraph construction and Maintenance Company,
- France.
- France.
- Norwége.
- France.
- Autr.-Hong.
- Angleterre.
- MÉDAILLES D’ARGENT
- Ailhaud, France.
- Bontemps, »
- British telegraph Manufactory, Angleterre.
- Carlandier (L.), Suède.
- Chambrier, France.
- Charles, »
- Chauvin et Marin-Darbel, »
- Chemin de fer de l’Etat, [Diplôme), Autr.-Hong.
- Desgoffe, France.
- Devos, Belgique.
- Dujardin, France.
- Felbinger, Grespin et Marteau, »
- Gaiffe, »
- Lartigue, »
- Lenoir, (Rappel), ))
- Pellegrini, Italie.
- Postel-Vinay, France.
- Rault et Ghassan, »
- Sauteur frères, »
- Sieur, »
- Terrai et Mandroux, »
- MÉDAILLES DE BRONZE
- Barbier (E.-F.)
- Beau,
- Beaufils,
- Bernier,
- Bigeon,
- Boivin,
- Bonis (Me),
- Gacheleux,
- Callaud,
- Ganson frères et Mont-golfler,
- Ghanteloup,
- Debayeux, *
- Delaurier,
- Girardon,
- Grassi et Beux,
- Hache et Pépin Lehal-leur frères,
- Hasler et Escher, Iléquet,
- Ilouzeau,
- Jamieson, Andrew, Jarriant aîné,
- Laffolye (De),
- Lagarde,
- La Taille (De),
- Leblan,
- Leclanché,
- Legay (J.),
- Lorin,
- France.
- France.
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- »
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- Canada.
- France.
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- Suisse.
- France.
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- Angleterre.
- France.
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- » .
- »
- » .
- France.
- »
- Barbier (M.), France.
- Brunius, Suède.
- Casanova, France.
- Castelli (B.), Chemins de fer de la Italie.
- Haute-Italie, Chemins de fer de l’im- Italie.
- pératrice Elisabeth, Chemins de fer du nord Autr.-Hong.
- de l’Autriche, Chemins de fer du sud »
- de l’Autriche, ))
- Clément, France.
- Gombettes (De) et Ce. »
- Day (A.-G.) Etats-Unis.
- Douce et G®, France.
- Douillard, »
- Dusseau, »
- Dutertre, )>
- Ericson (O.-A.), Suède.
- Guérin et G% France.
- Hervarth (Baron), Russie.
- Kuntze et Ce, Suède.
- Létourneau, France.
- Papin, »
- Pardon (L.), Italie.
- Paris, Patent Nut and Boit Com- France.
- pany (The), Angleterre.
- Recin et Bratt, Société des chemins de Suède.
- fer romains, Sommatis di Mombello Italie.
- (J-), »
- Varley (S.-A.), Angleterre.
- Vauzelle (J.-B.-S.) et fils, France.
- COLLABORATEURS Médailles d’argent.
- Bréguet (Antoine), maison Bréguet, France.
- Cartier (V.), maison Dumoulin-Froment, ' »
- Dini (U.), maison Dumoulin-Froment, »
- Niaudet-Bréguet, maison Bréguet, »
- Rychlowski (L.), maison Rattier, ’ »
- Tessier (J.), maison Me-nier, »
- Médailles de bronze.
- Bailleux (A.), maison .
- Bréguet, France.
- Bara (L.-L.), maison Digney frères et Diverne-resse, »
- Gazésus, collaborateur de M. d’Arlincourt, »
- Constant (P.), collaborateur de M. Baudot, »
- Grousteau, maison Pos-tel-Vinay, »
- Guillaume (E.), collaborateur de M. Baudot, »
- Hartmann (H.), maison Deschiens, »
- Juteau (A.), maison Walker, »
- Kranner, collaborateur de M. Olsen, »
- Martin (M.), maison Bréguet, »
- Maugeot (E.), maison Deschiens, x»
- Oudin, maison Menier, »
- Patriarche, maison Har-
- „ dy> 9
- Petit (A.-F.), maison Digney frères et Diver-neresse, »
- A suivre.
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- Paris LE COMSTEPCTECE_______86, me Manche, _a«
- Supplément au n° 327. — Lundi 25 Novembre 1878.
- REVUE DE IMPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de PEcole polytechnique.
- ] MM. DEBIÉ, Ingénieur civil.
- RÉDACTEURS.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LES MACHINES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- (22me ARTICLE.)
- (Voir nos numéros des 20 et 27 mai, 3, 10, 17, 24 juin, 1% 8, 15, 22 et 29 juillet, 5, 12 et 26 avril, 9, 16, 23 et 30 septembre, 7 et 21 octobre et 4 novembre).
- La machine à vapeur à grande vitesse, système Elwell fils, construite par MM. Varral, Elwell et Middleton.
- On voyait, à l’Exposition universelle, dans une partie assez ignorée de la section maritime (classe 67), deux boîtes métalliques presque toujours fermées et dont la plupart des visiteurs ont ignoré le contenu.
- L’une enveloppait une machine à vapeur, de dimensions minuscules, mais qui pouvait s’animer à la vitesse rotative de mille tours, et cette machine mettait directement en mouvement un ventilateur renfermé dans la deuxième boîte.
- La machine à vapeur était à deux cylindres égaux et opposés, dont les pistons actionnaient, par bielles et manivelles placées à 45 degrés, l’arbre moteur.
- La boîte à tiroir, les tiroirs, les lumières pour la vitesse demandée étaient proportionnellement de grande dimension.
- Rien de particulier d’ailleurs comme disposition d’organes, sauf en ce qui concerne leur équilibre, leur légèreté et le mode de graissage.
- Toutes les pièces, étant en acier de premier choix, pouvaient être de la plus grande légèreté. Elles étaient, en outre, équilibrées, non plus par des contrepoids, mais bien par des pièces semblables et symétriquement placées. — Les contrepoids ne peuvent agir, en effet, que pour la vitesse pour laquelle ils ont été calculés ; tandis que des pièces égales et exactement symétriques s’équilibrent dans tous les cas.
- Le graissage était partout continu, grâce à un réservoir d’huile supérieur distribuant goutte à goutte le liquide lubrifiant en chaque point ; ce liquide, projeté contre les parois de l’enveloppe, finissait par retomber dans une cavité inférieure dont il était extrait. L’arbre était graissé intérieurement au moyen d’un conduit aboutissant aux coquilles des paliers.
- Nous avons vu fonctionner cette petite machine qui était, nous devons le dire, merveilleuse de précision ; dans sa marche à mille révolutions elle ne provoquait aucun ébranlement sensible à la main posée sur l’enveloppe.
- Nous devons dire la destination de ce petit moteur. i
- Il sert à actionner un ventilateur chargé, dans les cales des navires, d’envoyer l’air utile aux chambres de chauffage. Pour cela les deux appareils sont suspendus sur consoles dans la salle des chaudières, ou mieux dans celle des machines où se fait la prise d’air.
- Une autre disposition, qui est peut-être aussi bonne, qui, dans tous les cas, est plus simple et plus économique, consiste à actionner le ventilateur par la machine motrice elle-même, grâce à une transmission accélératrice dans laquelle l’entraînement est fait au moyen de cordes spéciales.
- LES MACHINES-OUTILS
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- 5° ARTICLE
- MM. Chaligny et Guyot-Sionnest,
- Constructeurs à Paris.
- MM. Chaligny et Guyot-Sionnest sont les successeurs de la maison Calla.
- La maison Calla, créée vers l’année 1788 par M. Calla père, est l’un des plus anciens établissements industriels de Paris. A l’origine, M. Calla père s’occupa de l’outillage des filatures. Vers 1820, il adjoignit à son atelier de construction une fonderie. Dès 1825, la maison s’occupa de la construction des machines à vapeur à haute pression et des machines-outils.
- En 1835, M. Calla fils succéda à son père et pendant les premières années de sa direction, il installa de nombreux moulins à blé et des scieries importantes. En 1841, il revint à la fabrication des machines-outils, dont la plupart des modèles furent à l’époque pris en Angleterre. En 1848 les ateliers qui étaient situés faubourg Poissonnière furent transférés rue Philippe-de-Girard, où ils sont encore aujourd’hui.
- M. Calla établit, en 1852, d’après le type anglais, une machine à vapeur locomobile, qu’il prétend être la première établie en France. Suivant nos renseignements, cette prétention n’est pas exacte, M. Rouffet, constructeur à Paris, étant le premier qui ait construit la locomobile en France.
- C’est en 1868 que MM. Chaligny et Guyot-Sionnest ont succédé à M. Calla.
- Nous analyserons rapidement leurs principales machines.
- Tour à fileter et à surface,
- Ce tour est à poupées excentriques sur banc échancré,avec mouvement mécanique transversal, support d’outil pivotant à double glissière, contre-pointe déplaçable transversalement pour tourner les pièces coniques, plateau à tocs, plateau universel, jeu d’engrenages pour le filetage, lunette à suivre, etc.
- Le renversement des poupées, en éloignant les pointes de la grande vis, permet d’échancrer le banc pour user de la hauteur restée libre à l’aplomb de la pointe, tout en conservant la disposition d’un tour à chariot simple, c’est-à-dire la commande directe de la grande vis par la poupée. Quand l’outil travaille sur le bord extrême du grand plateau, le chariot porte-outils est encore soutenu tout entier sur le banc, la mise en pointes de lourdes pièces par derrière le tour est facilitée.
- Dimensions principales :
- Hauteur des pointes, 0m,420 Longueur du banc, 7m,000 Distance entre pointes, 4m,800
- Machine à percer et a aléser.
- Cette machine est à deux tables pivotantes et avec une semelle rainée, porte-outils à fourreau avec descente automatique.
- Le tablier portant les deux tables pivotantes a un mouvement vertical à la main; l’une des tables porte une paire de mordaches pour le perçage des petits trous, l’autre porte des rainures et °un trou central pour l’alésage. Ces deux tables tournant sur leurs axes, dégagent entièrement l’outil de façon à ce que l’on puisse monter une grande pièce sur la semelle rainée.
- Machine à raboter à table mobile.
- Dans cette machine à engrenages et à crémaillère avec porte-outil pivotant, à une glissière, les avances transversales, verticales ou obliques de l’outil s’effectuent mécaniquement dans toutes les positions; le mouvement de la table est accéléré au retour ; la crémaillère en triple rangée de dents est en acier moulé et son pignon en fer forgé ; les V de la table portent un mode de graissage auto- ' matique par galets.
- Voici les principales dimensions :
- Course de la table. .... 4ra,000
- Largeur rabotée................lm,300
- Hauteur rabotée................lm,450
- Rapport de la vitesse de la table à celle de la courroie . . . 1 à 56.
- Un étau limeur, à double relai d’engrenages, pouvant tailler des surfaces planes et circulaires, présente un tablier vertical avec mouvement mécanique transversal et circulaire.
- Machine à tailler générale.
- Cette machine à engrenages, pouvant raboter des surfaces planes et circulaires, présente deux tables-équerres déplaçables longitudinalement et verticalement, un porte-outil pivotant à une glissière ; l’avance longitudinale du chariot, l’avance verticale et circulaire de l’outil, l’avance circulaire des deux mandrins coniques se font mécaniquement ; la vitesse de l’outil est accélérée au retour.
- La vis sans fin du mouvement circulaire du porte-outil est coupée de façon à rattraper l’usureA de la denture.
- Course du porte-outil variable jusqu’à 0.m,650.
- Course horizontale du chariot, 3m,500.
- Course verticale des tables, 0m,300.
- Diamètre des surfaces cylindriques variant de 0m,080 à lm,200.
- Rapport de la vitesse de l’outil en travail à la vitesse de la courroie, 1 à 57.
- En résumé, lorsqu’on compare les machines-outils de MM. Chaligny et Guyot-Sionnest à celles que nous avons décrites précédemment, ainsi qu’à plusieurs des sections étrangères, on ne peut s’empêcher de regretter que cette maison n’ait pas apporté plus de soin au perfectionnement de ces appareils. La maison Calla était, en son temps, l’une des premières et aussi l’une des seules en France ; mais nous l’avons dit souvent : qui ne progresse pas recule.
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- 322 Paris,
- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Rlanche
- 112 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- LE CERCLE A CALCUL
- de M. Boucher, du Havre.
- Parmi les instruments scientifiques de toute^ nature que nous avons remarqués et examinés à l’Exposition universelle se trouve le cercle à calcul de M. Boucher. Nous nous faisons un plaisir d’en donner une succincte description.
- Ce petit instrument a la forme et la dimension d’une montre à remontoir ; son mode d’emploi est d’une simplicité qui le met à la portée de tous ; il sert à effectuer toutes les opérations d’arithmétique et de trigonométrie avec une grande rapidité et une précision généralement suffisante dans les cas ordinaires de la pratique.
- La montre ou le cercle porte deux cadrans divisés d’une façon particulière ; l’un mobile, au moyen de la couronne du remontoir est destiné aux calculs arithmétiques -, l’autre, fixe, permet d’introduire les lignes trigonométriques dans les opérations qui se font avec le premier. Trois aiguilles servent à indiquer les nombres ; l’une est fixe et est appelée index ; les deux autres sont mobiles au moyen d’un bouton placé à. côté du pendant ; elles sont fixées sur le même axe, ce qui rend solidaires leurs ! positions respectives sur l’un et l’autre cadran.
- Toute personne sachant lire sur un mètre gradué les divisions en centimètres et millimètres apprendra immédiatement à lire des nombres sur les circonférences divisées des cadrans du cercle à calcul, et, au bout de quelques instants, familiarisée avec ce mode de lecture, elle sera en mesure de se servir avec fruit de cet instrument.
- Ingénieurs et statisticiens, négociants et industriels, agents de change et commerçants, capitaines et mécaniciens, entrepreneurs et conducteurs de travaux, etc., etc., tous ceux en un mot qui ont des calculs à faire trouveront dans le cercle à calcul un auxiliaire sûr et éminemment utile : pour le temps immense qu’il leur fera gagner et aussi parce * qu’il leur permettra de résoudre en un instant, et au moment précis où ils en auront besoin, des problèmes dont la solution ou intéressante ou utile leur demanderait sans son secours beaucoup de temps et devrait souvent être remise à plus tard, ce qui pourrait entraîner la perte pour les uns du fruit d’une observation intéressante, pour les autres du bénéfice d’une affaire productive.
- L’une des propriétés du cercle à calcul pour le cadran arithmétique est qu’un nombre étant indiqué par l’index et un autre l’étant par l’aiguille mobile, si on fait tourner le cadran, tous les nombres qui passent sous ces aiguilles sont deux à deux dans le même rapport que les deux premiers : par exemple, l’index marquant 1.25 et l’aiguille 1, on fait tourner le cadran pour amener 28 sous l’aiguille, alors l’index indique 35, qui est à 28 comme 1.25 est à 1 ; et si 1 fr. 25 est le prix d’un objet quelconque,
- 38 fr. sera le prix de 28 objets semblables.
- Autre exemple : l’index marquant 63 et l’aiguille 14, on fait tourner le cadran pour amener 1 sous l’aiguille, alors l’index indique 4 fr. 50, qui est à 1 comme 63 est à 14 ; et si 63 francs est le prix de 14 objets, 4 fr. 50 sera le prix d’un seul.
- Il est impossible de donner ici des exemples de tous les cas où le cercle à calcul peut être utilement employé -, ce qui précède montre en même temps comme on peut avec cet instrument multiplier et diviser et résoudre les proportions, car la multiplication et la division sont des proportions dont l’un des termes est l’unité -, nous nous contenterons de dire qu’avec ce cercle on peut faire instantanément toutes les opérations d’arithmétique et de trigonométrie même les plus compliquées.
- Nous donnerons, pour terminer, un seul exemple de calcul trigonométrique. Déterminer la distance de deux points séparés par une rivière, ces points étant deux des sommets d’un triangle rectangle dont on a mesuré un côté de l’angle droit de 150 mètres sur la rive où l’on se trouve, en même temps que l’angle adjacent à ce côté a été trouvé de 32°20’. Pour répondre à cette question, on portera l’aiguille côté du cadran trigonométrique sur la division de la spirale des tangentes indiquant l’angle de 32°20’, puis, retournant l’instrument du côté du cadran arithmétique, on amènera 150 sous l’index ; l’aiguille alors indiquera 95 mètres qui sera la distance cherchée. Le calcul exact qui eût nécessité l’emploi d’une table de logarithmes eût donné 94 m. 95.
- Comme on le voit par ces seuls exemples, le
- cercle à calcul, malgré sa petite dimension, donne des résultats d’une exactitude bien suffisante et son prix modéré (30 francs), le met à la portée de tous. (1)
- Un cercle à calcul de 0,12 de diamètre est également exposé ; cet instrument est spécialement destiné à être employé dans les bureaux ; les résultats qu’il donne sont encore plus approchés de l’exactitude absolue nécessaire dans certains cas; il donne aussi instantanément les carrés, cubes, racines carrées et racines cubiques.
- Un cercle à calcul de poche intermédiaire de 0,08 est en construction et il donnera les mêmes résultats que celui pour cabinet.
- M. Boucher a obtenu une médaille de bronze -si le grand cercle pour cabinet eût été exposé au moment de l’examen du jury, il est probable que cet instrument aurait eu une récompense plus élevée.
- (L’Ingénieur universel).
- L'ARCHITECTURE
- à l’Exposition universelle de 1878. l^Aweaaue des Nattons*
- L’Avenue ou rue des Nations, qui présente la succession des façades internationales de tous les styles, depuis le grand vestibule du pont d’Iéna jusqu’à la galerie du Travail, est certainement la conception la plus originale et la plus curieuse du palais du Champ-de-Mars.
- Quoique la rigueur historisque et archéologique n’ait pas toujours été strictement observée dans les imitations des modes de construction des divers pays, l’ensemble de ces pavillons n’en constitue pas moins une œuvre tout à fait remarquable et sui generis, car elle montre ce que l’on peut faire dans un style donné pour produire le maximum d'effet avec des matériaux souvent provisoires et des procédés de décoration artificiels.
- A ce titre, les moyens d’exécution rapide qui ont été employés constituent un véritable tour de force : ce serait réellement dommage si certaines de ces façades, notamment la façade espagnole, la façade belge, la façade des Pays-Bas, la façade autrichienne devaient de nouveau être démolies après la clôture de l’Exposition.
- Description générate. — Voici l’ordre dans lequel se présentent les pavillons successifs, à la droite du visiteur, en allant du pont d’Iéna à l’Ecole militaire :
- 1. Angleterre : Maison-type en plaques de bé-
- ton-ciment ;
- 2. Pavillon du Prince de Galles ;
- 3. Fragment de façade, style Westminster ;
- avec grille en fer forgé ;
- 4. Cottage écossais ;
- 5. Pavillon du Canada ;
- 6. Pavillon des Etats-Unis ;
- 7. Suède et Norwége ;
- 8. Italie ;
- 9. Japon;
- 10. Chine ;
- 11. Espagne;
- 12. Autriche-Hongrie;
- 13. Russie et Pologne ;
- 14. Suisse ;
- 15. Belgique ;
- 16. Grèce ;
- 17. Danemark;-
- 18. Amérique centrale et méridionale ;
- 19. Gouvernement d’Annam ;
- 20. Perse ;
- “ 21. Royaume de Siam ;
- 22. Empire du Maroc ;
- 23. Tunisie ;
- 24. Républiques de Saint-Marin, de Monaco et
- du Val-d’Andorre ;
- 25. Grand-Duché du Luxembourg ;
- 26. Portugal ;
- 27. Hollande.
- (1) On peut demander les csrcles à calcul de M. Boucher au bureau du journal le Constructeur.
- Parmi ces vingt-sept pavillons, ou ordres de façades, il en est de véritablement intéressants.
- 1. Maison anglaise en béton-ciment.
- Cette première construction n’est qu’un spécimen-type, d’un mode de construction économique, composée par l’entrepreneur Cubitt, bien connu par les nouveaux quartiers de Londres, qu’il a établis depuis une trentaine d’années.
- Elle se compose de plaques de béton-ciment, qui se fixent dans des châssis en bois, et l’on y trouve l’avantage de pouvoir monter et démolir sa maison avec la plus grande facilité.
- On conçoit que, pour les nombreuses colonies de l’Angleterre et en présence du besoin prononcé qu’éprouve tout Anglais d’habiter une maison isolée, à lui seul, avec sa famille, et de changer souvent de place, ce genre de bâtiment, qui ne coûte que 2,500 à 4,500 francs, soit une combinaison utile et pratique.
- En la garnissant d’un balcon et de quelques accessoires décoratifs en bois découpé ou en mosaïque de couleur, on peut arriver à peu près à obtenir quelque chose de suffisamment élégant pour le prix.
- 2. Pavillon du prince de Galles.
- Ce pavillon reproduit la façade d’un petit castel anglais du seizième siècle, style Tudor et château de Windsor combinés.
- Une grille en fer ouvragé, formant porte centrale, donne accès aux appartements dn prince-héritier, qui sont luxueusement décorés. La salle à manger, toute en chêne sculpté et ornée de buffets, de poteries, de majoliques et de tapisseries de. haute-lisse, est très-riche d’aspect.
- Derrière cette salle principale se trouvent un fumoir, une chambre à coucher et un très-beau cabinet de travail.
- La décoration de l’appartement est complétée par une petite serre avec plantes exotiques et jet d’eau.
- 3. Pavillon Westminster.
- ( A la suite de cet édifice vient un spécimen un peu simplifié et de proportions passablement réduites d’une des façades latérales de Westminster. En réalité, c’est plutôt un style de fantaisie que ! d’imitation.
- On ne peut guère le prendre pour un modèle de l’architecture gothique courante ou, si l’on veut, usuelle en Angleterre.
- Le dernier genre adopté par les architectes anglais est beaucoup plus lourd et plus écrasé, avec des ogives surbaissées qui se terminent presque en angle obtus, et surtout avec une prodigalité de ' créneaux et de redons qu’ils semblent avoir copiés des architectes militaires de la Prusse,
- 4. Le cottage écossais.
- Nous aimons beaucoup mieux cette construction originale et réellement semblable à ce qui se fait aujourd’hui dans les comtés écossais.
- Les petits vitraux encastrés encastrés dans un canevas de plomb, les colonnettes et les cadres en bois sculpté, les étages en avant-corps et en pignons sont d’un mouvement heureux à l’œil et indiquent bien la distribution intérieure, à la fois pittoresque et pratique.
- 5. La maison du Canada.
- C’est une habitation très-simple en bois et brique, avec portique surmonté d’un balcon.
- 6. Le pavillon des Etats-Unis.
- La façade en est très-simple et son caractère particulier.
- De nombreux écussons, correspondant aux différents Etats de l’Union, en forment la décoration naturelle.
- Du reste, pour avoir une construction américaine, eu égard à l’infinie variété du goût dans toutes les régions de cette vaste agglomération d’hommes actifs, il suffit de construire un bâtiment quelconque, rectangulaire, avec ou sans coionnes, et de le surmonter d’un grand drapeau rayé de blanc et de rouge, avec les étoiles et l’aigle aux ailes déployées.
- Le drapeau, c’est le pays même.
- (A suivre).
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- Paris LE CONSTRUCTEUR 56, rue Blanche.
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- Supplément au n° 327.—Lundi 25 Novembre 1878.
- EXPOSITION ÜNIVEBSELLB DE 1878
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- Suite. — (Voir nos derniers numéros).
- CLASSE 66.
- Matériel et procédés du géuie civil, des travaux publics et de l’architecture.
- LISTE DU JURY.
- MM.
- Mans,
- Kleitz,
- Bailly,
- Voisin-Bey,
- Mighau,
- PONSIN,
- Fleeming-Jenkin, Keefer (T.-C.),
- Watson (W.),
- Stach (Frédéric), Moser,
- Waldrop,
- Betocghi,
- De Castro (Carlos-Ma-ria),
- Watel,
- Richard (Louis), Trélat (Emile), Croizette-Desnoyers, Baudet (Emile),
- Mozet,
- Vée (Léonce), Boutillier,
- Belgique.
- France.
- »
- »
- »
- »
- Angleterre.
- »
- Etats-Unis.
- Autr.-Hong.
- Suisse.
- Pays-Bas.
- Italie.
- Espagne.
- France.
- »
- »
- »
- »
- »
- »
- • »
- GRANDS PRIX
- Diplômes d’honneur équivalant à une grande médaille.
- Association du tunnel sous-marin entre la France et l’Angleterre, Buda-Pest (Ville de), Commission I. et R. de l’agrandissement de Vienne,
- Commission royale pour l’Exposition,
- Corps des ingénieurs des canaux, chemins et ponts d’Espagne, Corps national des ponts et chaussées, Département fédéral des chemins de fer, à Berne,
- Département fédéral des travaux publics, à Berne,
- Direction générale des travaux publics du royaume de Portugal, à Lisbonne,
- Inspection générale I.-R. des chemins de fer d’Autriche, à Vienne, Institut royal des ingénieurs civils,
- Ministère des travaux publics, à Ottawa (Canada),
- Ministère des travaux publics,
- Ministère des travaux publics et exposition collective des chemins de fer hongrois, à Buda-Pest,
- France.
- Autr.-Hong.
- Autr.-Hong.
- Pays-Bas.
- Espagne.
- France.
- Suisse.
- »
- Portugal.
- Autr.-Hongr
- Angleterre.
- »
- Belgique.
- Autr.-Hong.
- Ministère des travaux publics,
- Ministère des travaux publics,
- Paris (Ville de),
- Société américaine des ingénieurs civils, Société des ingénieurs civils de France, Société suisse des ingénieurs et architectes, à Zurich,
- Vienne (Commune de), Zurich (Ville de),
- France.
- Italie.
- France.
- Etats-Unis.
- France.
- Suisse.
- Autr.-Hong.
- Suisse.
- Collaborateurs.
- Alphand (collaborateur de la ville de Paris), France. Belgrand (collaborateur de la ville de Paris), »
- Grandes médailles.
- Cail et Cie,
- Compagnie de Fives-Lille,
- Couvreux,
- Doulton et Cie,
- Eiffel et Cie,
- Hersent (H.-P.),
- Legrand (A.),
- Lonquéty et Ce, Monduit, Gaget, Gauthier et Ce,
- Muller (E.) et Ce, Poliakoff (S.-S.), Schneider et Ce,
- Société anonyme deCom-mentry - Four ch am-bault,
- Société de construction des Batignolles, Torionia (Prince), Tuilerie et Société de construction de Wïe-nenberg,
- Rappel.
- France.
- »
- »
- Angleterre.
- France.
- »
- »
- »
- »
- »
- Russie.
- France.
- »
- »
- Italie.
- Autr.-Hong.
- Compagnie du canal maritime de Suez, Egypte.
- MÉDAILLES D’OR.
- Âlvear (Don F. de), Atelier central des phares [Diplôme),
- Ateliers de construction des chemins de fer magyars de l’Etat, à Buda-Pest (Diplôme), Barbier et Fenestre, Bergh (J.-G. Van den), Bex,
- Blondel,
- Bomghes (F.), Bonnet-Fichet et Ce, Brunton et Trier,
- Bureau d’architecture du ministère de l’intérieur (Diplôme),
- Bureau de construction de la ville devienne (Diplôme),
- Caland (P.) (Diplôme), Canevari (R.),
- Cantini,
- Chatwood (S.),
- Chemins de fer de la Haute-Italie (Diplôme),
- Espagne.
- France.
- Autr.-Hong.
- France.
- Pays-Bas.
- France.
- »
- Autr.-Hong.
- France.
- Angleterre.
- Autr.-Hong.
- »
- Pays-Bas.
- Italie.
- France.
- Angleterre.
- Italie.
- Chemins de fer de la Suisse occidentale (Diplôme), Suisse.
- Chemin de fer du Nord-Est (Diplôme), »
- Civet fils et Ce, France.
- Claparède et O, »
- Collinson et Lock, Angleterre.
- Comité consultatif des chemins, canaux et ports (Diplôme), Espagne.
- Commission administrative du canal Cavour (Diplôme), Italie.
- Commission de la Diète provinciale de la Basse-Autriche (Diplôme), Autr.-Hong. Commission des ardoisières d’Angers, France.
- Commission des études pour la régularisation du Tibre (Diplôme), Italie.
- Commission des études sur le Pô fCr Barilari, directeur) (Diplôme), »
- Compagnie de la Fabrique de menuiserie et parqueterie Ekman, Suède. Compagnie des chemins de fer de l’Ouest (Diplôme), France.
- Compagnie du chemin de fer du Simplon (Diplôme), Suisse.
- Compagnie du chemin de fer du Saint-Gothard (Diplôme), »
- Compagnie franco-algérienne, ‘ Algérie.
- Compagnie générale des eaux (Diplôme), France.
- Compagnie générale des mines d’asphalte de Seyssel, »
- Compagnons charpentiers (Dipôme), »
- Corps royal du génie civil (Diplôme), Italie.
- Crochet (P.), France.
- Delong (Vve) et Ce, . »
- Delune et Ce, »
- Départementdes travaux publics du canton de Bâle-Ville (Diplôme), Suisse. Dervillé et C«, France.
- Diesen (M.-G. Van), Pays-Bas.
- Direction de l’agriculture (Diplôme), Italie.
- Direction générale des chemins de fer (Diplôme), »
- Direction générale des routes et ponts (Diplôme), . »
- Direction générale des postes (Diplôme), »
- Direction générale des ' travaux hydrauliques (Diplôme), »
- Direction générale des travauxfpublics (Dipm*) Espagne. Dirks(M.-L), Pays-Bas.
- Dubos (A.-P.) et Ce, France. Ecole des chemins, canaux etports(lKp/dme) Espagne. Ecole nationale des ponts et chaussées (Diplôme) France. Entreprise industrielle de constructions métalliques Italie.
- Facchina, France.
- Fanchon et Ce, France.
- Fichet, »
- Gelder (J.-A. de), Pays-Bas.
- Geneste-Herscher etCe, France.
- Gosset (A.), »
- Gournerie (De la), y>
- Grados et Perin, »
- Gutierez (J.-J.) et Ce, Mexique.
- Haffner (P.), France.
- Harlacher (H.-R.), Aut.-Hong.
- Henry-Lepaute fils, Herring, Farrell et Sher- France.
- man, Etats-Unis.
- Heukelum (N. Van), Pays-Bas.
- Hobbs, Hart et Ce, Jaulet (E.), Angleterre.
- Belgique.
- Jilinski, Joly, César Jollyet Dela- Russie.
- foy, France.
- Joret et Ce, »
- Kalff (J.), Pays-Bas.
- Keefer (S.), Canada.
- - Angleterre.
- Lascelles (W.-H.), Malher (J.)(Malher etEs- »
- chenbach), Manufacture de marbres travaillés à la machine, Aut.-Hong.
- à Vérone, Italie.
- Marsden (H.-R.), Angleterre.
- Martin (G.), France.
- Mathelin et Garnier, »
- Menier (E.), Michaélis (M.-Th.), »
- Pays-Bas.
- Milde (A.), Aut.-Hong.
- Moisant, France.
- Monteil et Cassagnes, »
- Mousset-Bédin et Ce, »
- Muller et Cacheux, »
- Ortiz de Villajoz (M. et A.) Espagne.
- Parmentier (P.), Participation entre la France.
- Compagnie générale des travaux publics et
- MM. Dupuy et Magnae
- „ (PO, PavindeLafarge(L. et G.), »
- »
- Pelloux, »
- Perrichont, »
- Perrusson-Perrusson, »
- Porta (P.), Préfet du département de la Manche (Le) (Di- Italie.
- plôme), France.
- Puissant frères, Belgique.
- Quillot frères, France.
- Rode (G.), Aut.-Hong.
- Rose (H.), Pays-Bas.
- Roussel, France.
- Royaux fils, Russell et Irwin Manufae- »
- turingCo, Sancholle - Henraux Etats-Unis.
- (J.-B.), Italie.
- Sautter, Lemonnier et Ce, France.
- Schmidt (C.-C.), Russie.
- Serre (A. de), Aut.-Hong,
- Simon (M.-G.), Pays-Bas.
- Sinson Saint-Albin, Société centrale des ar- France.
- chitectes (Diplôme), Société civile de Hasard »
- (Diplôme), Société de commerce de Belgique.
- Rotterdam (Diplôme), Société des compagnons du devoir des libertés Pays-Bas.
- (F. Galber). (Diplôme), Société italienne des chaux et ciments de France.
- Bergame, Italie.
- p.r11 - vue 120/176
-
-
-
- eu Parts LE COMSTEUCTEPE M, me Blanche.
- XII Exposition universelle de 1878. — Liste des récompenses.
- Sociétéitaliennr des chemins de fer méridionaux {Diplôme), Société Joh Cockerill, Société nouvelle des forges et chantiers de la Méditerranée,
- Société par actions pour la fabrication des coffres-forts,
- Stocquert (F. de), Tobler,
- Türr (E.),
- Vicat et Ce,
- Waagner (R.-P.), Wanters-Kceckx, Wilhelm (L.),
- Yale Lock Go,
- »
- Belgique.
- France.
- Aut.-Hong.
- »
- Suisse.
- Aut.-Hong.
- France.
- Aut.-Hong.
- Belgique.
- Aut.-Hong.
- Etats-Unis.
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- AbernantlronWorks and Collieres Co (The), Angleterre.
- Administration locale du Sénégal {Diplôme), Sénégal.
- Administrations diverses du Japon. [Diplôme], Japon.
- André (O), France.
- Appleby frères, Angleterre.
- Aveling et Porter, »
- Avril, France.
- Baatard (F.), Franck (M.),
- Mathelot (E.), Belgique,
- Bapterosses (F.), France.
- Bast (E.), »
- Baudrit, »
- Bavier, Suisse.
- Bernier (Vve) et Ce, France.
- Bertrams (H.), »
- Bertrand (F.), »
- Biro (A.), Autr.-Hong.
- Biron et Ce, France.
- Blot (C.-L.), »
- Blunck (G.), Norwége.
- Bocuze, France.
- Boucneau (L.), . Belgique.
- Bouilliant, France.
- Boulenger, »
- Bourgeois (Vve), France.
- Bower (B.-P.), Etats-Unis.
- Brassart, - France.
- Brault, »
- Brink (J.-A. Van den), Pays-Bas.
- Bruère, Gibert (L.), et Ce, France. Brun-Cottan frères, »
- Bûcher et Durer, Suisse.
- Camuzat, France.
- Carré (J.) et fils, »
- Carrera(P.), Italie.
- Cercle des maçons et tailleurs de pierre {Diplôme), France.
- Chambre syndicale des entrepreneurs de bâtiments de Chambéry.
- {Diplômé), »
- Chameroy et C®, »
- Chantemille et Poisson, »
- Chemin de fer Arth-Ri-ghi. [Diplôme), ' Suisse.
- Chemins de fer Jura-Berne-Lucerne. [Di-
- Chenot aîné, France.
- Chevalier et Bouju, »
- Choisy (Aug.), »
- Chubb et fils, Angleterre.
- Cicaglia, Italie.
- Ciechanowski, Russie.
- Clark et C°, Angleterre.
- Clarke Purdon, »
- Cliff (J.) et fils, »
- Goello (Don F.), Espagne.
- Colin (P.-J.), France.
- Collin (H.-P.-L.), Comité d’administration »
- des travaux du port artificiel de Ponta-Del-gada, aux îles Açores.
- {Diplôme), Portugal.
- Comité des travaux publics de la principauté de Monaco. {Diplômé), Monaco.
- Comité exécutif de la Diète provinciale de Bohême. {Diplôme). Aut.-Hong.
- Commission centrale à Athènes. [Diplôme), Grèce.
- Commission des ardoisières de Renazé. (Diplômé)i, France.
- Commission des chemins de fer (province de Québec, Canada. [Diplôme), Angleterre.
- Commission des eaux courantes, à Buenos-Ayres. [Diplôme), Commission géologique du Canada. [Diplômé), Compagnie de la Houillère, à Esloff, Compagnie des houillères-d’Hogonas, Compagnie du chemin de fer de l’Ouest de la République
- Rép. Arg.
- Angleterre.
- Suède.
- [Diplômé), Compagnie générale des Rép. Arg.
- asphaltes de France, Compagnie générale des chaux hydrauliques naturelles de France.
- l’Ouest, Compagnie générale des conduites d’eau, France.
- à Liège, Compagnie pour la fabrication du ci- Belgique.
- ment de Malmo, Suède.
- Conrad (J.-F.-W.j, Corporation des tailleurs de pierrres, Pays-Bas.
- {Diplôme), France.
- Cottrau (A.), Italie.
- Cousin (L.) et soeurs, Crabtrée, directeur de la Ce des che- Belgique.
- mins de fer du Nord de la République Argentine, (Diplôme),
- Croppi (P.-B. de),
- Cubitt (W.) et Ce, Dascotte et G”, Debernardy,
- Decauville,
- Défontaine,
- Del (F.),
- Délia Casa (N.),
- Del Monte,
- Denfer,
- Département des ingénieurs de la province, (Diplômé), Département des travaux publics du canton de Saint-.Gall, {Diplômé), Deslignières,
- Desplats (M.),
- Direction des travaux de la barre du Mon-dego, (Diplômé), Direction des travaux publics de la ville de Wintherthour, (Diplôme),
- Direction spéciale des routes communales obligatoires (Dipme), Direction technique des travaux du port artificiel de Horta, [Diplômé), Doret (D.)
- Douanes impériales maritimes, (Diplôme), Dubois-Desrousseaux, Ducournan,
- Ducros,
- Dumont (A.),
- Dumont (E.),
- Dunnache (J.),
- Durenne (J.),
- Dussert frères et Labaî, Dutoit (J.-B.) frères, Duverne,
- Duvillers,
- Egger (J.-B.J,
- Eguillon (L’abbé), Etienne jeune et Ce, Exposition permanente de l’Algérie, {Diplômé),
- Fabrique de parquets, à Interlaken, Fabrique de portes-fenêtres et parquets,
- Fabrique royale de machines (directeur : J.-H. van der Made), [Diplôme),
- Ferry (A.-H.),
- Fijnje van Salverda (H.-F.),
- Fischer,
- Flattich (Z.)
- Forsyt (Robert),
- Rép. Arg.
- Italie.
- Angleterre.
- Belgique.
- France.
- »
- »
- »
- Italie.
- Algérie.
- France.
- Rép. Arg.
- Suisse. France. Rép. Arg.
- Portugal.
- Suisse.
- Italie.
- Portugal.
- Suisse.
- Chine.
- France.
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- Angleterre. France.
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- Belgique.
- France.
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- Autr.-Hong.
- France.
- Algérie.
- Suisse.
- Autr.-Hong.
- Pays-Bas.
- France.
- Pays-Bas.
- Suisse.
- Autr.-Hong.
- Canada.
- Angleterre.
- Fondu (J.-B.),
- Fouillier el Brunot, Fraigneux (H. et L.) Francis et Ce,
- Franken (S.),
- Froudière et Ce,
- Gardner (A.) et fils, Gemy,
- Géruzet,
- Glenboig Fire Clay Co, Godfroi Stierlin Goodyear (Harry), Gouvernement portugais {Diplôme), Grégoire,
- Gridl (I.),
- Grove (G.-F.), Guilhen-Puylrgarde, Guillemain et Ge, Gunesch (R. de ), Guruchaga (E.),
- Guyer,
- Harquart,
- Hafïner (B.) aîné, Hamblet (J.),
- Haneborg (A.-O.), Hardon,
- Harper et Moores, Harrison (G.-K.),
- Havard frères,
- Hayward (G.-I.-H.), Helwag (W.) et Ce, Hermann,
- Hill et Smith,
- Hoorickx (G.),
- Huby (Ve),
- Ingénieur en chef des mines de Valencia, (L’,) {Diplôme),
- Jaeger,
- Jaifîe-Devroye (T. de), Jennings (G.), Joly-Barbot,
- Jomain et Sarton,
- Jones et Willis,
- Kaeffler et C% ' Kaltenheuser, ' Kerkwyk (L.-C. van), King frères,
- Kullgren (Ve),
- Laffaille (P.),
- Landry frères et Dubois, Lapierre (V.),
- Larcher,
- Larchevêque,
- Lasnier (.J.-A.),
- Lauer (Capitaine J.), Laureau (J.-B.-J.), Lazon (A.),
- Lebeau (P.),
- Le Goff,
- Lelubez,
- Leroyer,
- L’Hermitte (R.), Lichtenfelder,
- Ligue industrielle de Vérone, [Diplôme), Lisch,
- Lopez (A.) et C%
- Louët frères,
- Luciani,
- Mabille (P.),
- Mac Donald, Field et Ce, Maillard,
- Maire de Rouen (Le) Diplôme),
- Maison,
- Manach (S.),
- Martinori (E.)
- Michèle (V.-D. de), Milinaire frères,
- Mitgen,
- Mitsui,
- Mœstue et Ce,
- Mo.isy fils,
- Moreau, Porteret, Ber-thelot et C°,
- Morel,
- Murait (H. de),
- Oustan,
- Oxelberg (F.), Papadopoli (ComtesN.
- et A,),
- Papin,
- Paradies (J.-D.), Parmentier (N.-E.), Paublan,
- Paupier (L.),
- Pelletier fils,
- Peschar (J.),
- Peterhead Granité Po-lishing Co (The),
- Petit (V.) et G«, Petitjean (E.),
- Picard,(F.) et Bryndl (F.), P eyer
- Belgique.
- France.
- Belgique.
- Angleterre.
- Belgique.
- France.
- Angleterre.
- France.
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- Angleterre.
- Suisse.
- Etats-Unis.
- Portugal.
- France.
- Autr.-Hong.
- Danemark.
- France.
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- Autr.-Hong.
- Espagne.
- Suisse.
- France.
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- Angleterre.
- Norwège.
- France.
- Angleterre.
- Angleterre.
- France.
- Pays-Bas.
- Autr.-Hong.
- Autr.-Hong.
- Angleterre.
- Belgique.
- France.
- Espagne.
- Suisse.
- Belgique.
- Angleterre.
- France.
- France.
- Angleterre.
- France.
- France.
- Pays-Bas.
- Angleterre.
- Suède.
- France.
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- Russie.
- Autr.-Hong.
- France.
- France.
- Rép. Arg.
- France.
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- Italie.
- France.
- Espagne.
- France.
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- Angleterre.
- France.
- »
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- Espagne.
- Italie.
- Angleterre.
- France.
- France.
- Japon.
- Norwège.
- France.
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- Suisse.
- France.
- Danemark.
- Italie.
- France.
- Pays-Bas.
- France.
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- Autr.-Hong.
- Angleterre.
- France.
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- Autr.-Hong.
- France.
- Pierlot et Heynen,
- Pinay,
- Pincherat,
- Preminger,
- Proveux,
- Radenne (Ve) et Bus-sières,
- Raoult (J.-E.),
- Reiter (J.-V.),
- Révoil,
- Ronssin etDuvoir frères, Rothschild,
- Rotterdam (commune de). {Diplômé), Rouillard père et fils, Royou (De) et Haranger, Rubio Perez (I.), Ryperman (G.),
- Rziha (F.),
- Sacqueleu (F.),
- Salmon, Barnes et Ce,
- Sa Majesté impériale le Schah de Perse. (Diplômé),
- Saunier,
- Sauvageot,
- Schlimpfï frères,
- Schroo.
- Schryvers (Prosper), Scott’s Sewage C°, Sebille,
- Sigaud,
- Simon (J.-M.) et Ce, à Rochefort-en-Terre, Simon ét Ce, à Rouma-zières,
- Société anonyme de métallurgie de Saint-Sauveur-lez-Arras, Société anonyme des anciennes tuileries Martin frères,
- Société anonyme des ateliers de Fécamp, Société anonyme des carrières de Porphyre de Quenast,
- Société anonyme des carrières de Villebois et Hauteville,
- Société anonyme des chaux éminemment hydrauliques de l’Homme d’Arme,
- Société anonyme du Moulin Sainte-Anne, Société anonyme métallurgique du Périgord et de Larivière,
- Société anonyme romaine pour 1 le commerce des marbres, Société minière et de briques de Pest, Société d’Arni,
- Société de HolmensBrug, Société générale desplâ-trières de Tarascon, Société italienne pour le dessèchement des marais de Ferrare, Société italienne pour le dessèchement des marais de Vérone et d’Os-tiglie,
- Société des carrières Wincqz (P.-J.) et Société anonyme des carrières Rombaux, Solvay et O,
- Somzée (L.),
- Spaeth,
- Squirion et Grisel,
- Stang (T),
- Stiff (J.) et fils, Strootman (J.),
- Suc,
- Suive,
- Sumerville,
- Suy (E.),
- Tagleicht (Cari),
- Taillard,
- Tardy, Galopin-Sue et Jacob,
- Thorrand et C9,
- Town (J.-H. van der), Tronchon,
- Utzschneider, Jaunez et Ce,
- Vallet,
- Vaudoyer,
- Vautier,
- Velge-Cornet et Ce,
- Belgique.
- France.
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- Autr.-Hong.
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- Pays-Bas.
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- Pays-Bas.
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- Norwége.
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- Autr.-Hong.
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- Pays-Bas.
- Angleterre.
- Pays-Bas.
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- Canada.
- (Angleterre).
- Belgique.
- Autr.-Hong.
- France.
- Italie.
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- Pays-Bas.
- France.
- Belgique.
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- Belgique.
- A suiime.
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-
-
- i’atfs
- LE GONSTRlJCTEtîll
- 86, rue Manche. sa»-
- Supplément au n° 328. — Lundi 2 Décembre 1878.
- BEVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de l’Ecole polytechnique.
- MM. DEBÎÉ, Ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civii.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LES CHAUDIÈRES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Les Chaudières Galloway.
- Le groupe des trois chaudières Galloway, dans la section anglaise, formait les plus puissants générateurs de l’Exposition étrangère.
- Les chaudières Galloway consistent en un long corps cylindrique de grand diamètre avec foyer intérieur prolongé par un carneau dans lequel sont disposées des séries de tubes coniques verticaux ou légèrement inclinés. Ces tubes réunissent donc Je haut et le bas du cylindre-chaudière, et comme le niveau de l’eau dépasse toujours celui du carneau, les tubes sont pleins d’eau et entourés de toutes parts par les flammes et les gaz chauds; la forme cone-renversée (le diamètre le plus bas étant à la partie inférieure) favorise le dégagement de la vapeur formée.
- Ajoutons que les flammes s’échappant du foyer et traversant le carneau en entourant les tubes, reviennent ensuite à l’état de gaz chauds de chaque côté de la chaudière, puis retournent par un autre carneau sous la partie inférieure ; en sorte que le corps cylindrique est chauffé dans toutes ses parties baignées par l’eau.
- La chaudière qui nous occupe est connue depuis longtemps. Mais ses auteurs l’ont perfectionnée et ont pris, en 1875, un nouveau brevet pour la forme du foyer et du carneau intérieur dont la section n’est plus ovale comme autrefois, mais composée de chaque côté par deux demi-cercles raccordés par des segments de.circonférences; alors les tubes coniques sont plus écartés, de même longueur et se raccordent normalement avec le carneau.
- Trois générateurs, du système Galloway, étaient en feu à l’Exposition et nous devons dire qu’ils étaient d’une bonne construction et parfaitement montés ; en particulier ils présentaient, comme indicateurs, deux tubes de niveau d’eau, ainsi qu’il se pratique presque toujours en Angleterre.
- Chacun de ces trois générateurs pouvait évaporer 90 pieds cubes d’eau par heure. L’un d’eux fournissait la vapeur à la machine motrice des mêmes constructeurs que nous avons déjà décrite; les deux autres donnaient la vapeur nécessaire aux machines et aux divers services de la grande galerie et de la halle de l’agriculture. Ces chaudières, timbrées à 5 kilogrammes, avaient en longueur 28 pieds anglais et en diamètre 7 pieds. L’enveloppe était en tôle premier choix du Staffordshire avec double rang de rivets dans le sens longitudinal. Les tubes, au nombre de 33, avaient environ 5 pouces 1/2 dans le bas et 10 pouces 1/2 dans le haut.
- La maison Galloway and sons, de Manchester, est l’une des plus importantes de ia Grande-Bretagne pour la construction des chaudières. Elle peut, assure-t-on, livrer 12 grands générateurs par semaine et occupe plus de A00 ouvriers, bien que presque tous les travaux, et spécialement ceux de rivetage, soient faits mécaniquement.
- Nous nous attachons surtout à la qualité du système dont la disposition paraît être favorable à la production de la vapeur et à sa circulation ; cette circulation s’opposerait au dépôt du tartre.
- MM. Brissonneau frères, constructeurs à Nantes, ont traité avec MM. Galloway pour la fabrication en France de leurs chaudières.
- L’ARCHITECTURE
- à l’Exposition universelle de 1878.
- 2e ARTICLE
- (Voir noire numéro du 25 novembre 1878.)
- 1/Avenue des Mations»
- — Suite (1) —
- 7. Suède et Norwége.
- Voici une façade caractéristique : construction toute en bois, mais avec un peu plus de style que les chalets suisses.
- Au rez-de-chaussée, les poutres ou madriers sont placés horizontalement les uns au-dessus des autres. Leurs joints forment ainsi des assises analogues aux assises de pierre des monuments en maçonnerie.
- Au premier étage, les madriers sont assemblés verticalement, à rainure et languette, de manière à parer aux effets du gonflement ou du séchage des pièces.
- Une frise finement découpée couronne le bâtiment.
- En revêtant le.s panneaux à l’intérieur au moyen de lames de papier (de bois) ou de peintures, on •peut préserver très-complètement les appartements des variations de la température, du degré d’humidité ou des effets de la neige,
- 8. Pavillon-galerie de l’Italie.
- L’arcade en plein cintre retombant sur colonnes, c’est-à-dire l’invention romaine par excellence,, devait être logiquement l’élément principal de la façade italienne.
- Les arcades sont ici redoublées à jour, et la double archivolte est séparée par des tasseaux carrés en marbre sculpté.
- Cette disposition originale doit être de l’invention de l’architecte; car nous ne nous rappelons pas l’avoir vue en Italie, si ce n’est peut-être à Venise, où les découpages de pierres à jour sont combinés de toutes les façons possibles et imaginables.
- Quoi qu’il en soit, classique ou non, l’effet en est agréable à la vue.
- La pureté des lignes, la finesse de la matière, marbre, mosaïques et terra-cotta, composent un ensemble harmonieux et bien italien.
- Les nombreuses statues, de marbre surtout, qui ornent les galeries italiennes, donnent d’ailleurs à elles seules un cachet des plus marqués à ce pavillon, qui est parmi les plus élégants de l’avenue.
- 9. Pavillon du Japon.
- On ne s’attend guère à passer brusquement de l’Italie au Japon et à la Chine pour revenir ensuite à l’Espagne et à l’Autriche-Hongrie ; mais il faut croire que l’on a voulu réunir dans cette région centrale du palais, en face du pavillon de la ville de Paris, les styles les plus pittoresques, qui dé-
- fi) L’étude que nous publions sur l’architecture de l’Avenue des Nations est due à notre ami et collègue, M. G.-À. Oppcrmann, ingénieur-directeur (Nouvelles Annales de la Construction A
- valent d’ailleurs, dans l’origine du projet, correspondre à un jardin central depuis supprimé.
- Nous avons déjà exprimé, plus haut, notre regret que l’on n’ait pas su choisir, pour caractériser le Japon, ce pays de tant de goût et d’élégance, un motif plus caractéristique et moins barbare que cette absurde porte carrée, en grosses poutres lourdes et massives, qui rappelle le Japon à peu près comme un pavé rappelle une fleur.
- L’intérieur, toutefois, vaut mieux que la façade, et il y a quelques jolies combinaisons de cloisons à jour, de portes ornées et découplées, de meubles originaux, quoique en réalité peu confortables, qui compensent largement la pauvreté de l’entrée.
- 10. La Chine.
- Même observation concernant la façade chinoise.
- Jamais ces vulgaires damiers carrés et ces fenêtres rectangulaires et monotones n’ont été de l’art chinois.
- C’est évidemment un Chinois de l’école néoarchaïque qui les aura élaborés à coup de T grand aigle et d’équerre à A5 degrés.
- Quand on compare cette massive élucubration, sans art et sans variations, aux merveilles de légèreté et de grâce capricieuse que les artistes de l’Empire du Milieu créent avec tant de facilité, on se figure la déception qu’ont dû éprouver les mandarins délégués à l’Exposition lorsqu’on leur aura montré ces lourdeurs maladroites, comme étant « pour nous autres barbares » les spéciméns officiels et authentiques de l’art chinois.
- 11. Façade de l’Espagne.
- A la bonne heure 1 voici qui repose l’esprit des inventions ridicules des deux façades précédentes, et qpi remet en honneur le véritable art et la véritable architecture.
- Sans doute, l’Espagne moderne aurait pu se symboliser par quelque monument qui ne fût pas entièrement inspiré par l’art mauresque, mais on aura beau dire :
- L’art arabe est et sera toujours le véritable art espagnol.
- Le style rococo et chiruguerresque des églises espagnoles de ia conquête et de l’inquisition n’est pas plus espagnol qu’italien ou français.
- On est frappé d’étonnement de voir, au milieu de la mosquée de Cordoue, se dresser une nef du style Louis XIV et Pompadour mélangés.
- La Giralda de Séville elle-même, tour mauresque du plus beau style, a été coiffée d’un couronnement à clochetons et à arcatelles renaissance, avec panneaux de marbre, rinceaux fioriturés, etc.
- Quand on a vu Tolède, Cordoue, Séville et Grenade, ces quatre capitales artistiques de la Péninsule, on a la certitude que l’art arabe est celui qui, pour l’Espagne méridionale surtout, correspond le mieux au climat, aux mœurs, aux costumes et aux idées artistiques de la population.
- 12. Autriche-Hongrie.
- La belle galerie en stuc et ornements de l’Au-triche-Hongrie est aussi une des plus remarquables de l’Avenue.
- Au centre est une série de neuf arcades blanches, de proportions très-heureuses, retombant sur des doubles colonnes, surmontées de riches tympans ornés avec des renommées aux ailes déployées.
- A droite et à gauche, formant légèrement avant-
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-
- 330
- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Blanche
- 116 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- corps, sont deux pavillons à trois fenêtres de façade chacun surmontés d’une terrasse à balustrade au-dessus du premier étage.
- Le double aigle d’Autriche, des trophées et une rangée de statues décorent^très-heureusement cet élégant édifice.
- La ville de Vienne n’en est pas d’ailleurs à faire ses preuves de bon goût et de sentiment artistique.
- Elle a su s’assimiler de la manière la plus heureuse la Renaissance italienne de Milan et les innombrables ressources artistiques de Venise et de Florence.
- C’est de ces trois villes que procèdent surtout les nouvelles constructions de Vienne.
- Il faut y ajouter naturellement le style ogival, dont la cathédrale de Saint-Etienne est un des plus riches modèles, et qui est restée classique dans toute l’Allemagne (méridionale surtout) pour les édifices religieux.
- Nous ne connaissons pas de type plus parfait de beau style ogival rayonnant que la nouvelle église Votive de Vienne, avec sa double flèche élégante et richement sculptée.
- 11 est bien étonnant que l’Exposition autrichienne renferme si peu d’objets ou d’éléments décoratifs de ce style dont les architectes Ferstel et Muller sont des maîtres véritablement hors ligne, et que les ouvriers allemands traitent avec une facilité et un goût non moins purs qu’au douzième siècle même.
- 13. Pavillon russe.
- C’est une large et assez lourde construction en bois, qui tient à la fois de l’Isba pour les détails de sculpture et de décoration et des édifices de Moscou pour les formes supérieures.
- Les énormes consoles qui supportent la corniche ne sont pas en proportion avec le reste : elles sont trop hautes, et il faut se reporter aux mâchicoulis du Kremlin, pour retrouver quelque chose de semblable.
- Il eût été bien facile aux architectes russes de nous donner autre chose que cette trop vague réminiscence de la fameuse maison de bois de Pierre le Grand ; Kiew, Novogorod, Kasan et Moscou sont remplis de constructions d’un, style infiniment plus riche et d’une plus heureuse proportion.
- Déjà les architectes russes n’ont su trouver pour l’église russe de Paris (avenue de la reine Horten-se), comme pour la chapelle russe de Baden-Baden, que les formes les plus lourdes, des cônes à pans coupés et des clochetons à arcades atrophiées.
- Il n’est pas compréhensible que l’on fasse si pauvrement les choses, lorsqu’on a pour choisir tant de beaux types du style moscovite pur, qui se rapproche beaucoup plus du style byzantin et même de l’arabe, et où les ornements les plus délicats fournissent des motifs comparables comme richesse à la dentelle et à l’orfèvrerie.
- Il est absolument impossible de s’en faire la moindre idée d’après le massif chalet russo-scandi-nave qu’on nous a donné à l’Exposition.
- 14. Pavillon de la Suisse.
- Ici, au moins, le chalej; proprement dit est à sa place.
- Un balcon en bois découpé recouvert d’une grande arcade formant avant-corps et vérandah ;
- Une horloge, également à ornements en bois découpé, un petit clocheton aigu couronnant le tout, comme on en trouve à chaque pas dans les villages de Suisse, et notamment sur la fameuse chapelle de Guillaume Tell ;
- Enfin la collection complète des vingt-deux écussons coloriés des cantons (ceci était inévitable) : tels sont les éléments de cette gracieuse et pimpante construction, dont les couleurs claires et riantes rappellent aux yeux les tons toujours gais des villes suisses.
- 15. Belgique.
- La façade de la Belgique est, de l’avis unanime des visiteurs, la plus remarquable et la plus sérieusement traitée ; c’est une véritable construction définitive, finie, soignée comme si elle devait orner une des places d’Anvers, de Liège ou de Gand, car c’est plutôt le style de l’ancien Brabant ou celui des Hôtels de ville et des maisons de corporation si remarquables de l’art flamand.
- Le mélange, toujours agréable à l'œil, de la pierre de taille et de la brique, l’harmonie générale des proportions, les alternances d’avant-corps et de galerie en retraite, donnent à cette façade un très-heureux caractère.
- Sans doute, on pourrait bien signaler en détail, quelques petites lourdeurs dans les pyramidions et les volutes de pierre du couronnement, mais « c’est le style qui veut cela. »
- L’ensemble étant d’une facture très-jeune, il eût peut-être été difficile de rappeler ici toutes les richesses que nous montrent en ce genre les admirables hôtels du seizième et du dix-septième siècle, qui abondent dans les villes flamandes.
- Le style qu’on nous présente ici est bien celui qui caractérise la région nord-ouest de l’Europe : c’est l’architecture qui a fait école pour toute la Hollande, le Rhin (inférieur, Brême, Lubeck et jusqu’à Hambourg et Kœnisgberg.
- Ce qui est surtout remarquable dans la façade belge de l’Exposition, c’est le soin et la perfection de la main-d’œuvre : tout est admirablement fait et de bonne main d’ouvrier.
- 16. Grèce,
- On aurait pu écrire sur cette façade : « Grèce ancienne et moderne », car ce petit édifice polychrome,, à colonnettes, à bas-reliefs et à encadrements de mosaïque, pourrait être tout aussi bien la maison de Périclès ou de Thémistocle qu’une habitation appartenant à quelque banquier allemand établi à Athènes, à la suite du roi Othon, d’hélléni-que mémoire.
- _ Nous n’aimons pas le style gréco-romain, surtout si l’on voulait en faire un type à reprendre pour nos constructions modernes.
- Malgré cela, il faut reconnaître que cette petite façade pseudo-antique est gaie d’aspect et doit se marier heureusement, dans son pays et sous le beau ciel bleu de l’Attique, avec les orangers, les figuiers, les myrtes et les pins de l’Hellade.
- LES CONSTRUCTIONS NAVALES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Nous avons déjà, dans plusieurs articles, examiné divers appareils de la classe 67.
- Le résumé suivant, de la Revue scientifique, touchant aux principales parties des Constructions navales, nous a paru devoir intéresser nos lecteurs.
- I. —- Les coques de fer et d'acier. — Depuis l’Exposition de 1867 une nouvelle révolution s’est produite dans la construction navale. A cette époque on signalait déjà l’abandon dans lequel on laissait pour la marine la construction en bois, et on constatait les progrès réalisés dans un système particulier, le système composite, dans lequel la charpente proprement dite est en fer et le bordé extérieur en i bois. On trouve à cela l’avantage d’une construction plus solide, plus rigide, mais exposée à dépérir ; en même temps on conserve la précieuse qualité des navires en bois de pouvoir être revêtus d’un doublage en cuivre. Celui-ci les empêche d’être attaqués par les tarets, de se salir, de se couvrir de ces chevelures d’herbes, de ces incrustations madré-poriques, compagnons obligés du navire en fer ; en outre, il diminue la résistance que subit le navire dans son mouvement à travers l’eau.
- Cette année, on peut constater que des progrès très notables ont été réalisés dans la construction mixte ; si d’une part, certains navires, comme le Tourvüle, sont construits avec une coque métallique complète sur laquelle on est venu fixer un double bordé en bois, on voit sur les plans de YAn-namite un système de construction dans lequel le fer et le bois paraissent se marier de la manière la plus rationnelle et la plus simple. Nous ne citerons que pour mémoire des modèles de charpente proposés par le port de Toulon et qui, paraît-il, n’ont pas été exécutés ^ ce système paraît très compliqué.
- En dehors de ces dispositifs particuliers, le fait essentiel est l’adoption de l’acier, d’une manière qui tend à devenir générale, pour remplacer le fer dans la construction. Du fer à la fonte, la transition est maintenant insensible et les métallurgistes par-
- viennent à fabriquer l’acier qu’on désire obtenir, répondant à des conditions déterminées d’avance de résistance et d’élasticité.
- Grâce à ces progrès dans la métallurgie, on a pu fabriquer des cornières, des fers à profils spéciaux, des tôles en acier, ayant toutes les qualités requises pour être employés dans la construction des navires. Par suite de la résistance plus grande de l’acier, on peut diminuer notablement les dimensions, les échantillons des différentes pièces composant la coque, et alléger d’autant celle-ci. Ainsi, pour un navire très solidement construit, de 2,000 tonnes de déplacement, une coque en bois pèserait environ 1,000 tonneaux ; construite en fer, le poids descend à 800 tonneaux, et en acier à 700 tonneaux. En passant du navire en fer au navire en acier, on obtient donc un allégement de 100 tonneaux, que l’on peut reporter sur le chargement.
- Quant au prix, celui de l’acier diminue chaque jour. Il y a quatre ans, les tôles d'acier coûtaient encore 7 0 francs; elles coûtent maintenant 35 francs, et les cornières en acier ne valent plus que 30 à 32 francs. C’est encore un peu plus cher que le fer ; mais comme l’acier permet de réduire notablement le poids de la coque, il en résulte que le prix total est à très peu près le même et deviendra bientôt inférieur ’ pour les constructions en acier. Aussi, voit-on peu à peu les nouveaux navires se construire exclusivement en acier, même le bordé extérieur que l’on avait craint tout d’abord voir s’user trop rapidement sous l’action de l’eau de mer, mais que l’expérience a démontré, paraît-il, être l’équivalent du bordé en fer.
- Un des progrès qu’il faut noter en passant est l’introduction dans les chaudières du tirage forcé ; s’il importe, en effet, qu’un navire puisse faire campagne d’une manière économique en brûlant le moins de charbon possible pour une traversée déterminée, il est bien plus nécessaire encore, surtout pour la marine de guerre, que ce navire, à un moment donné, développe le maximum de puissance et de vitesse, sans se préoccuper de la quantité de charbon consommé. C’est la raison d’être du tirage forcé qui, produit par l’action d’un ventilateur lançant de l’air dans les foyers, ou mieux, dans la chambre de chauffe hermétiquement close et maintenue à une pression un peu supérieure à celle de l’atmosphère, active la combustion du charbon et permet de brûler sur la même grille, sans fatiguer la chaudière, 150 kilogrammes, au lieu de 100 kilogrammes. On arrive ainsi à augmenter momentanément la puissance d’une machine de près de A0 0/0.
- Les progrès réalisés d’une manière générale dans la fabrication des appareils à vapeur ont eu comme conséquence dans la marine l’allégement des machines, ce qui est très important quand on voit d’une part les différents facteurs de la puissance d’un navire se disputer quelques tonnes de déplacement, quand on considère d’autre part que toute économie sur le poids de la machine est autant de gagné pour le chargement, par suite pour le fret. Aussi, tout en ne s’écartant pas desconditions de solidité, plus essentielles peut-être encore pour les machines marines que pour les autres (car elles ont à résister à toutes les fatigues des navires, à leurs mouvements desordonnés), les constructeurs ont-ils pu réaliser de notables économies. En 1867, le poids par cheval développé était d’au moins 200 kilos; actuellement ce poids est tombé à 160,170 kilos, et, si l’on tient compte de l’augmentation temporaire de puissance que l’on obtient par le tirage forcé, à 110 kilos. On trouvera peut-être ces chiffres supérieurs à ceux qui sont indiqués par certains fabricants; mais il faut toujours douter un peu . d’indications qui n’ont pour tout contrôle qu’une affirmation parfois intéressée, pour tout moyen de constatation de la puissance qu’une expérience de quelques minutes faite dans des conditions exceptionnelles.
- Il faut être aussi sceptique quand on se rapporte aux indications sur la consommation du combustible ; sans doute, il y a de très grands progrès et on peut dire que d’une manière régulière, avec du charbon assez bon et des chauffeurs exercés, on doit brûler moins d’un kilogramme de houille par heure et par cheval développé. Mais quand on parle de consommations de 69A grammes, il y a lieu d’être surpris ; c’est cependant ce chiffre qui est indiqué et qui paraît d’ailleurs justifié, pour la machine d’un paquebot appartenant à l’usine de Se-raing, le Coucha.
- (.A suivre).
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-
- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Blanche
- Supplément au n° 328. — Lundi 2 Décembre 1878.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- XIII
- LISTE OFFICIELLE DES RÉCOMPENSES
- Suite. — (Voir nos derniers numéros).
- CLASSE 66.
- Matériel et procédés du génie civil, des travaux publics et de l’architecture.
- (Suite)
- MÉDAILLES D’ARGENT.
- (Suite)
- Verdier, France.
- Verrine (L.-J.L »
- Vidal, Etats-Unis.
- Vion, France.
- Volny-Laboure, Etats-Unis.
- Waasser et Bougleux, France.
- Waldman (Charlel). Autr.-Hong.
- Wang Taï, Cochinchine
- Wengstrom (J.-D.), Suède.
- Wittop Koning (D.-A), Pays-Bas.
- Wood et Ivery, Angleterre.
- Yvon, France.
- Ziegler, Suisse.
- MÉDAILLES DE BRONZE,
- Ambrosfusen (O.-P.), Danemark.
- Arpé, France.
- Aurran, »
- Bainbridge et Crimson, Angleterre.
- Ballauff, France.
- Bastien, »
- Bauer (Fr.), Suisse.
- Baumann (J.), »
- Baxter (R.-C.), Angleterre.
- Beaugrand (F.), Rép. Arg.
- Beetz (A.) et Ce, Belgique.
- Bernard, Angleterre.
- Bernard (J.}, France.
- Bertrand, »
- Bessbrook Granité Go, Angleterre.
- Bethell (J.) et Ce, »
- Bidez (J.) France.
- Bivort (J.) et Wilmet, Belgique.
- Blaton-Aubert, »
- Bock (G.-F.), Danemark.
- Boileau père, France.
- Bonnefille, »
- Bosc, »
- Bossi, Suisse.
- Bossot, France.
- Botson (N.) et Brassine, Belgique.
- Boué (J.-B.), France.
- Bourelly, »
- Bourry, »
- Bouziat, »
- Breuzin, »
- Breuzin (Lelong), »
- Brière, »
- Broeke (G. vanden), Pays-Bas.
- Brooke (Edward) et fils, Angleterre.
- Bulnor et Sheppard, »
- Burel et C% France.
- Cabany (Armand) et Ce, Belgique.
- Cahen, France.
- Campbele (Hugh) et fils, Angleterre.
- Camus (L.), France.
- Candy et Ce, Angleterre ~
- Carlssons-Afvingar, Suède.
- Caron, France.
- Carré (E.), »
- Carteaux, »
- Catoire, »
- Chabert, »
- Chalmandrier (IL), »
- Champion, »
- Charvoz (G), »
- Chedeville, »
- Chesneau et Desnos, »
- Chevreau et Menier, »
- Ghristillin frères et Ce, »
- Clausel, France. Joest (Baron de), France.
- Colin, » Josson (N.) et de Lan-
- Colomb, Suisse. gle, Belgique.
- Comité des Ardoisières Journet, France.
- de Rimogne, France. Junor (G.), Rép. Arg.
- Commissaire du port de Laborde et Ce, France.
- Montréal [Diplôme), Canada. Lacour, »
- (Angleterre). Lampe, Agache et Ce, »
- Commission de l’Austra- Landois (E.), Rép. Arg.
- lie du sud, Angleterre. Landolt, Suisse.
- Commission provinciale Laporte, France. «
- d’Alméria [Diplôme), Espagne. Lauzun et Ge, »
- Compagnie d’Atlas, Suède. Lebreton, »
- Compagnie de Montataire, France. Leeuw (J.-G. de) et Pays-Bas.
- Conseil (H.), » Beljerinck,
- Cornet, » Lefèvre (G.), Belgique.
- Courtois (A.-J.-T.), » Léonard (F.-J.) Belgique.
- Cousté, ' » Lesueur (G.), Algérie.
- Dalmas, » Letellier, France.
- Darce, » Lombard, »
- Decondé frères, Belgique. Mâchefer, »
- Dehm et Olbricht, Autr.-Hong. Mac Lean et Ce, Angleterre.
- Delange (H.), Italie. Mainfroy, France.
- Demany (É.), Belgique. Manier (A.), »
- Demet (H.) et fils, » Manterola et Ce, Espagne.
- Denans, France. Manzel, Russie.
- Dienheim-Brochocki (De), » Masbon, France.
- Doucet, » Masselin, »
- Dubreuiî, » Masson (G.), »
- Dumas, » Melinge (E.), ¥ »
- Dumesnil et O, » Melzessart (Ve, L.-V.), »
- Ecole Polytechnique de Méresse (J.) et Ronde-
- Delft, (diplôme), Pays-Bas. Pierre, »
- Elluin, France. Mesada, (J.) Espagne.
- Epstein, Russie. Mesnard, France.
- Etchegaray, France. Meunier et Ce, »
- Exposition collective Michaud (L.) et Blase, Belgique.
- des asphaltes de L/île Millet, France.
- de Cuba, (Diplôme), Espagne. Mingels et Bodier, »
- Fabrique de carton-tôle, Russie. Ministère des travaux publics du Canada,
- Fabrique de pierres à (Diplôme), Angleterre.
- bâtir (Soleure), Suisse. Miralles et Viralta, Espagne.
- Fiévé (G.), Belgique. Mojsisovics Vilmos, Autr.-Hong.
- Figarol frères, France. Morbitzer et G®, Autr.-Hong.
- Follows et Bâte, Angleterre. Morel et Thomas, Nouv.-Calé.
- Fritschin-Woeffler (I.), Suisse. Nautré, France.
- Galitzine (Prince), France. Neville (Jackson) Angleterre.
- Gallander et Larrin, Suède. New-England granité Go, Etats-Unis.
- Gastellier et Lemonnier, France. New-Rockland State Co, Angleterre.
- Gaston (F.), » Newman et Médicis, Rép. Arg.
- Gauché et Desnos, » Obach (T.), Autr.-Hong.
- Gavaud, .» Odriozola (M. de), Espagne.
- Gerbault, » Ossola, Uruguay.
- Gils-Delvique (A.), Belgique. Munksjo Pappersbruk, Suède.
- Gimenez de Lallar, Espagne. Paris (A.), France.
- Gollot frères, France. Paris-Isaac (J.). Belgique.
- Gomez Réal, Espagne. Parisod-Dunaud, Suisse.
- Guattard, France. Patent Selenitic Cernent
- Gnibal (T.), Belgique. Go, Paulin (L.), Angleterre.
- Guiraud (A.), France. France.
- Hamilton (J.), Angleterre. Pavy, »
- Hanoteau, France. Pedretti, ))
- Head, Wrighston et Ce, Angleterre. Pepi (B.), Italie.
- Heinrich (J.-N.-V.), Autr.-Hong. Périn frères, France.
- Hennebique-Gernay (F.), Belgique. Petitjean et Ce, »
- Herwarth (Baron), Russie. Préfet du département
- Hofhapser (L.), Autr.-Hong. du Finistère, (Diplôme), France.
- Howorth (J.), Angleterre. Province d’Entrerios, Rép. Arg.
- Humbert (G.), fils, France. (Diplôme),
- Hunter (J.), Angleterre. Punzi (A.), Italie.
- Ingénieurs des mines Rato (A.) et fils, Portugal.
- des Asturies, (Di- Renaudet, France.
- plôme), Espagne. Richard frères, »
- Institut de Lugo, (Di- Rogier et Mothes, »
- plôme), » Rohn, Suisse.
- Ives (H.-R.), France. Ronco (J.), Italie.
- Jankoswski, Russie. Rops frères, Belgique.
- Jaspard (J.), Belgique. Roquet, France.
- Jeannin frères, France. Rosen, Danemark.
- Jémot, » Rothenbuhler, Suisse.
- Roussel,
- Russell (J.) et Ce,
- Sacré( E.)
- Santos (J.-A.),
- Saurot Défrisé,
- Scott (Général),
- Séné,
- Service local de Sadec, Sicker Sap and Strong Room-Go (The), Sinion,
- Société anonyme de construction et des ateliers de Wiîle-broeck,
- Société anonyme des ateliers de la Dyle, Société anonyme Schlich,
- Société ardoisière l’Espérance,
- Société civile des ar-- doisières de Gevins, Société civile en participation des carrières réunies de Blammont, Chastre et Trois-F on-taines,
- Société (Junta) de l’agriculture et de l’industrie de Burgos, Société de la tuilerie et briqueterie de Beersselez-Turn-hout,
- Société des enduits Moller,
- Société des tailleurs de pierre (Diplôme), Société par actions pour la fabrication du papier pour couvertures.
- Son Altesse Royale le Bey de Tunisie, (Diplôme),
- Steib frères,
- Steiner (F.),
- Stiassny CW.),
- Stigell,
- Swadlo (S.),
- Tacon,
- Taskin (L.),
- Tylor (J.) et fils,
- Thaï,
- Theiler,
- Théry,
- Thomlinson et Salkeld, Thompson (N.),
- Tollet,
- Trits chier,
- Truffy et Pierka, Untersteller,
- Union céramique et chaufournière de France. (Exposition collective), (Diplôme), Yago (F.),
- Von Essen (H.-H.), baron),
- Vprnaud
- Vestphal-Thédin et Ce, Yestraten,
- Vincent,
- Vincent fils et Van-Brabant,
- Virollet et Dreverne, Voeykofî frères, Wilmart et Baudouin, Winkler (M). Wouldham Cernent Go, Wright, Sutcliffe et fils,
- Nouv.-Calé.
- Angleterre.
- Belgique.
- Portugal.
- France.
- Angleterre.
- France.
- Cochinch.
- Angleterre.
- France.
- Belgique.
- Belgique.
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- Espagne.
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- GONSTJMUGTfitJlI
- 50, rue IManehte,
- XIV Exposition universelle de 1878. — Liste des récompenses.
- Zari et G% Ziegkowicz (A.) et Bril- Italie.
- louin, France.
- MENTIONS HONORABLES
- \iexandre, France.
- Allard, »
- Alphonse, »
- Ancian, »
- Anderson (David) et fils, Angleterre.
- Anderson, Abbott et An -
- derson,' »
- Angibaud, France.
- Arnaud, »
- Arthuv, »
- Aubry, »
- Bachelerie, »
- Baillet-Gharlieret G“, •»
- Baker (T), Angleterre.
- Bally, . France.
- Bart (L ), >j
- Basset, »
- Bastyns, Belgique.
- Bauche(A.;, France,
- Bazille, »
- Beaume, »
- Bennert, Algérie.
- Bernard. France.
- Bigot-Rénaux, » ,
- Blanchon, »
- Blandin, »
- Blavier, »
- Blondeau frères et sœurs Belgique.
- Bîot (V.-M.), France.
- Bobo-Pascot, » . [
- Boffi, Italie. |
- Bonnaud frères, France.
- Bordes (J.-Ph. de), Pays-Bas. ;
- Bordiau (G.), Belgique. j
- Bouchet, France.
- Boudinot, >> il
- Bourdu, »
- Boussard, »
- Boutmy, »
- Brascher, Etats-Unis.
- Briand, France.
- Brunfaut, »
- Buhrer, Suisse.
- Bullivant (T.), Angleterre.
- Bundey (W.), »
- Burdallet, Burgh Castle Portiand France.
- Cernent Go, Angleterre.
- Bussière, France,
- Cabanel, 75
- Gachois, »
- Cail, Halot et Ge, Galigny (Marquis de), Belgique.
- France.
- Gandelot, »
- Carette-Gobbels, Belgique. France.
- Carpentier,
- Carrière, »
- Gasella (Guiseppe), Italie.
- Cassart (W.) et Ce) Belgique,
- Gaumont, France.
- Gavis Gélard, »
- Ghabat (Pierre). »
- Chambres de commerce et de fabriques de Mid-delbourget de Flessin-
- gue, Pays-Bas.
- Chantier Cockeril, Belgique.
- Charbonnages de Trîfail, Autr.-Hong.
- Charrière (Colonel), Nouv.-Caléd.
- Ghavoutier, France.
- Chipiez, »
- Chrétien, »
- Ciani (GA, Collège dit des Dijlcgraa-fen Hoogheemra-den van den Dykgraaff et Italie.
- Lekdykbovendams, Comité (Junta) de l’agriculture, de l’industrie et du commerce de Pays-Bas.
- Victoria, Comité départemental de Espagne.
- la Savoie, Commission centrale de France.
- Buénos-Ayres, Commission provinciale Rép. Arg.
- d’Almeria, Compagnie pour l’exploitation du marbre de Espagne.
- Uielce, Russie.
- Comté de Metcalfe, Victoria. Angleterre.
- Courtois, France.
- Cousin fils et Lavalieiv y
- Coutures, >)
- Culot ,'D.), Belgique.
- Cuquenelle et Lhotel, .France.
- Curot fils, Cwmorthin Slate Compa- » i
- ny 'The), Angleterre, i
- 1-
- Cyr Mignot, France.
- Damery, »
- Damon, »
- David et Manceau, »
- Dechilette, >
- Deconchy et Pierron, »
- Deilles, »
- De la Morinière, »
- Delarue, »
- Delcros, »
- Delmas, »
- Delperoux, »
- Denis, »
- Département des travaux
- publics de la ville de
- Neuchâtel, Suisse.
- Derlon, France.
- Desbains-Thomas, »
- Desfeux, . »
- Després, »
- Desvignés, »
- Devellenne, »
- Devillier, »
- Dolecsko (M.), Autr.-Hong.
- Droessel, Suisse.
- Dubois-Oudin, France.
- Dumas, 0
- Duprey-Rommy, »
- Edwards (G A, ” Angleterre.
- Ester, France.
- Farnoux, »
- Feketehazy Janos, Autr.-Hong.
- Flamant et Perron, France.
- Flicotaux, ;)
- Folacci, )>
- Foliot, »
- Fontaine. »
- Fontana (J. et A.) frères et fils, Italie.
- Fourcade, France.
- Franken, »
- Freissler (A.), »
- Fresnoy, Suisse.
- Frollo (G.) et G% Italie,
- Galinièr, France.
- Gassier, »
- Gauthier, »
- Gay, »
- Gennotte (L.) père, Belgique.
- Ghilain (À.). »
- Glaise, France.
- Classer (H.-Pi.i, Autr.-Hong.
- Goffin (J.), Belgique.
- Gomez-Rubio, Espagne.
- Gosteau père et fils, France.
- Grenan, »
- Guilhaumon fils, »
- Guiraud fils aîné, »
- Ballet, »
- Hasenberg (G.), Autr.-Hong.
- Hatzfeld et Ce5 France.
- Hayes (G.), Etats-Unis.
- Heard (J.), Angleterre.
- Helen, France.
- Hénaut, »
- Hernot, »
- Hitchins (R.-W.), Angleterre.
- Hodler, Suisse.
- Hollick et C% Angleterre.
- Hoogheemraden van den Lekdijk covendam, Pays-Bas.
- Houillère de Trifail, Autr.-Hong.
- Huart (L.), Guatémala.
- Hugedé, . France.
- Ijsbrandsz et fils (L.), Pays-Bas.
- Ingénieur des mines de Bilbao, Ingénieur en chef du district de Guadalajara, Espagne.
- Espagne.
- Institut des îles Baléares, Espagne.
- .Taccoux, France.
- Jarocki, Russie.
- Jenkins (W.-H.) et fils, Etats-Unis.
- Joliot, France.
- Jowa (J.), Belgique.
- Kalff van Rey et Sciieins, Pays-Bas.
- IGncaid (J.), Angleterre.
- Laeour, France.
- Lacroix, . »
- Lambert (L.) »
- Lecardeur et Bierge, »
- Leclercq (D.), Belgique.
- Ledieu, France.
- Lefèvre, '»
- Legay et Gorpateaux,
- Lemoine, »
- Lesecki, »
- Letacq (E.), France.
- Libert de Paradis, Autr.-IIong.
- Liênard, France.
- Liger, »
- Liot, »
- Lombard, »
- Long fils aîné, »
- Lopez Seoane, Espagne.
- Louvencourt (Comte de), Belgique.
- Loyer,
- Lummerzheîm s H.) et Ge,
- Machabée père et fils, Magny,
- Maingauld,
- Mattéi (F.),
- Menant jeune (A.-J.), Meyer,
- Meyers (A.-G.),
- Michel fils et Ge,
- Milliat (A.),
- Mines et usines de la G13 de Y. Michel de Sordiore,
- Morosini (G.) et frères, Moseucci,
- Motte,
- Mouton,
- Municipalité de Cabra, Oberholtzer (F.), Oederlin,
- Olmstead (F.-L.), Onderwater et C,°. Pauwels (E.) et de Roy (A.),
- Payen,
- Pennypacker et frère, Pen Yr Orsedd Slate
- France.
- Belgique.
- France.
- Italie. France. Suisse.. Etats-Unis. France.
- Italie.
- France.
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- France.
- Espagne.
- Italie.
- Suisse.
- Etats-Unis.
- Pays-Bas.
- Belgique,
- France.
- Etats-Unis.
- Quarry Co, Angleterre.
- Pepi Ubaldo, Italie.
- Ferez Moneo, Espagne.
- Petit (G.), France.
- Pii ter, »
- Plagniol (De), »
- Polignac (Duc de), »
- Pombla, »
- Ponsardin et Cc, »
- Pouchaudjeune, »
- Pradel, »
- Quentin (P.), »
- Raedemeckers (S.), Belgique.
- Recchi (NA, Italie.
- Rey, France.
- Richards, »
- Richet et Fiole, 3
- Riese, Suisse.
- Ri vain, Bezault et C°, France.
- Robert, à Pau, »
- Robert (TA, à Paris, »
- Roberts et C°, Etats-Unis.
- Rocle, France.
- Rolier fils, »
- Rolier (P.) et Cc, Belgique.
- Rosset et Buttoud, France.
- Roth (S.) Iluidant (A.) et de Autr.-Hong.
- Wilde (F.), Belgique.
- Ruprich (Robert), France.
- Sachot, »
- Savy, :»
- Scala (C.), Algérie.
- Schaffer (Fr.), Autr.-Hong,
- Schelling (P.), Pays-Bas.
- Schuberth (J.), Autr.-Hong.
- Seidel et Decroix, France.
- Seurot et Défrisé, »
- Short (IL-B.) Etats-Unis.
- Simpson (AA, Autr.-Hong.
- Slowak (J.), »
- Smeaton (W.), et fils, Société anonyme des Angleterre.
- carrières et fours à chaux, de Chercq-lez-Tournay et de la Baguette,
- Société anonyme des charbonnages de Marihaye,
- Société anonyme des charbonnages et hauts - fourneaux d’Ougrêe. (Directeur : M. L. Che-neux)
- Belgique.
- Société du chemin de fer et des mines de Saint-Juan de las Abadesas,
- Société Moravia, à Hombocket Marien-thal,
- Société Union minera, Streinmetz (F.),
- Stone (J.) et Ce,
- Taïani (J.;,
- Tardif,
- Tazin,
- Tastu-Gollet,-Tomei (A.-P.),
- Tour du Breuil (de la), Travaux publics du canton de Fribourg, Travaux publics du canton de Zurich, Turini, ïyrode et Ce,
- Yàgo (I.),
- Varelle,
- Yatier,
- Yattré,
- Yaumeron et Gc, Villafone (M.),
- Violet,
- Yogt (L),
- Vuillemont,
- White (W.-G.), Wiosckelmans et G6,
- Y’vernel,
- Espagne.
- Autr.-IIong.
- Espagne.
- Autr.-Hong.
- Angleterre.
- Italie.
- France.
- »
- »
- Italie.
- France.
- Suisse.
- Suisse.
- Uruguay.
- France.
- Autr.-Hong.
- France.
- Rêp.-Arg,
- France.
- Nonvége.
- France.
- Angleterre.
- France.
- COLLABORATEURS.
- Médailles d’oi5.
- Brisse (A.), Dessèchement du lac Fucino par le prince Torlonia, Italie.
- Daniloff. Service Polia-koff, Russie.
- Flachat (I.) Société Gom-mentry - Fourcham-bault, France.
- Gerlotzy (K.). Yille de Buda-Pest, Autr.-Hong.
- Godfernaux. Société de construction des B a- . tignolles, France.
- Ilalaesy (S.) Ville de Buda-Pest, Autr.-Hong.
- Janlet (E.) Architecte de la Façade belge, Belgique.
- Lagave. Société des forges et chantiers de la Méditerranée, France.
- Lautrac. G* de Fives-Lille, »
- Marie. Creuzot, »
- Mauguin. Maison Joret et Ge, »
- Poëlart. Ministère des travaux publics, Belgique.
- Pradel. Greuzot, France.
- Seyrig. Maison Eiffel et C°, »
- Stevenson. Maison Barbier et Fenestre,
- TolnayfL. De). Directeur général des chemins de fer de l’Etat. {Diplôme), Autr.-Hong.
- Zsigmondy (V.). Ville de Buda-Pest, »
- Médailles d’argent.
- Adhémar. Société anonyme de Commentry-Fourchambault, France.
- Barbaroux. Société des forges et chantiers de la Méditerranée,
- ; ? Société anonyme des ciments de la Seine, France. Berger. Commune de Vienne, Autr.-Hon,
- Société anonyme pour la fabrication du ci- Beyaert. Ministère des travaux publics, Belgique.
- ment, de la chaux hydraulique et des plâtres Reggio, Italie. Département des travaux publics à Vienne. (Di-plôme), Autr.-Hon.
- Société de l’ardoi- Duvillard. Creuzot, France.
- sière Ste-Marie, France. Fackert. Nordbahn. (Di-
- Société des ardoi- plôme), Autriche.
- sières de Chate-mone, y Gaudu. Maison E. Muller et Ce, France.
- Société des bétons agglomérés, » Gentille. Maison Sinson et Saint-Albin, »
- Société des carrières de Cannes, » Ilenriot. Maison Henri Roussel, ;)
- Société des carrières et fours à chaux de Tournay (Dumont Jonty (E.). Comité des travaux publics de la principauté de Monaco, Monaco.
- et Cc>, Belgique. A suivre.
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Blanche. 337
- Supplément au n° 329. — Lundi 9 Décembre 1878.
- REVUE DE L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de l’Ecole polytechnique.
- MM. DEB1É, Ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LES COURROIES DE TRANSMISSION
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Les courroies de transmission ont une grande importance pour le manufacturier et le directeur d’usines. Non-seulement une bonne courroie, bien établie, a une durée beaucoup plus grande que cellp d’une courroie défectueuse; mais en outre elle n’exige pour ainsi dire pas d’entretien et absorbe une force beaucoup moins considérable. Les ingénieurs et constructeurs négligent, généralement, trop cette question des transmissions et des courroies; c’est à eux cependant à donner, à cet égard, les renseignements dont leur clientèle a besoin.
- A l’Exposition universelle, les courroies étaient placées dans la classe 54 (mécanique générale) et dans la classe 49 (cuirs et peaux).
- Nous ne passerons en revue que les principales maisons ou plutôt les meilleurs produits. Nous mentionnerons cependant les articles nouveaux, combinaisons du cuir avec divers articles plus ou moins bien choisis.
- La maison Poullaïn frères, de Paris, a une exposition remarquable dans les classes 49 et 54, et dans les classes 56 et 57 (appareils pour tissage et filature).
- Tous les genres sont là réunis : courroies simples, doubles et triples, courroies bordées, cousues, vissées, soudées ; grande variété de manchons pour filature de toutes sortes, en buffle et en cuir. Les types sont nombreux et tout le travail est fait avec le soin qui distingue cette maison, l’une des plus importantes dans ce genre de fabrication.
- La maison Vve Placide Peltereau, de Château-Renault, est une des plus anciennes et des mieux connues ; sa marque de fabrique consiste en bandes alternatives, noires et jaunes, d’un effet très-distinctif.
- Ses courroies sont de toutes largeurs, simples, doubles et triples, vissées et cousues.
- Dans le nombre sont des courroies à couture inusable en fil et lanière et ne prenant que la fleur du second cuir, et d’autres à couture invisible qui sont employées pour les machines avec tendeur.
- MM. Dornange, Lemierre et C® (ancienne maison Scellos) visaient surtout à l’effet.
- Leurs courroies de différents systèmes étaient mises en mouvement comme dans une transmission, et pour cela s’enroulaient sur deux longs tambours parallèles.
- La courroie triple vissée de 65 centimètres de largeur, destinée aux forges de la Basse-Indre, laissait à désirer comme principe d’exécution, ainsi que nous l’expliquerons plus loin.
- Citons encore, parmi les plus importantes expositions, celles de :
- MM. L. Dezaux, de Guise;
- Les fils de Herrenschmîdt, de Paris ;
- G. Paillard, de Paris.
- Comme particularités, l’Exposition était assez pauvre.
- M. Villaîard, de Bordeaux, exposait des courroies avec tresses de chanvre, dites inextensibles, d’autres courroies dites végéto-minérales qui ont bien fonctionné au four à noir de M. Schreiber (classe 52).
- Les courroies de MM. Auguet et Lefebvre, de Vincennes, étaient aussi doublées de tresses de chanvre. Celles de M. Renoult, de Maisons-Alfort, étaient en cuir avec talons et lame mince de métal -, elles étaient, malgré cela, assez souples.
- Les étrangers nous montraient dps courroies de dimensions considérables.
- En Belgique, Fétu aîné, de Liège, avait une courroie double rivée de 90 centimètres ;
- Aux Etats-Unis, Antoine Heim et C®, de New-York, avaient une courroie triple de 39m,50 de longueur sur 1®,7.5 de largeur, destinée à servir une machine à vapeur de la force de 1,000 chevaux -,
- J.-B. Hoyt et C®, de New-York, présentaient une courroie double de la largeur de 1“,82, cousue et vissée, destinée à une machine de 750 chevaux, puis plusieurs autres courroies de 90 centimètres de largeur-,
- En Angleterre, W.-J. Edwards, de Manchester, avait une courroie double de lra,63 de largeur, pesant 1,344 kil. et destinée à une machine de la force de 600 chevaux.
- Après avoir noté qu’un grand nombre de courroies anglaises sont cousues au fil de laiton, nous remarquerons que, si en France le produit lui-même, le cuir, est supérieur, la façon des larges courroies laisse à désirer.
- Cela tient à ce que nos fabricants emploient des bandes trop larges qui présentent par places des épaisseurs et des qualités différentes ; tandis que les Anglais et les Américains forment leurs courroies de bandes étroites de 3, 4 ou 5 centimètres. Ces bandes étroites sont bien plus homogènes et donnent lieu à une courroie-plus régulière et moins susceptible de se déformer.
- LES CONSTRUCTIONS NATALES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- — Suite (l) —
- II. — Les machines à vapeur. — Nous ne décrirons pas en détail les machines à vapeur marines; nous, n’avons qu’à indiquer ici les faits principaux relatifs à l’emploi de ces appareils dans le service maritime.
- Le type généralement adopté aujourd’hui est la machine Compound à pilon. Dans ce système, les cylindres sont deux à deux, placés verticalement au-dessus de l’arbre moteur ; une même tige réunit les deux pistons, la vapeur arrive dans le petit cylindre et se détend dans le grand, avant de se rendre dans le condenseur ; celui-ci est exclusivement à surface, c’est-à-dire formé d’un faisceau de tubes à l’extérieur desquels se condense la vapeur, pendant qu’à l’intérieur circule un courant d’eau froide puisée à la mer et refoulée par une pompe spéciale, dite de circulation 5 cette pompe est en général un petit appareil à vapeur indépendant. Les groupes, formés de deux cylindres, comme nous venons de l’indiquer, sont réunis par deux ou par trois, de manière à régulariser l’action sur l’arbre moteur. Parfois, mais rarement, les cylindres sont horizontaux, par-
- (1) Voir notre dernier numéro.
- Nota. — Une transposition ayant amené la suppression d’une partie de cette étude, nous la reprenons à la section II : Les machines à vapeur.
- ticulièrement sur les navires de guerre à faible tirant d’eau, où Ton est obligé de réduire autant que possible la hauteur occupée par l’appareil.
- Quant aux chaudières, on les fait fonctionner à des pressions de plus en plus fortes ; sans parler des appareils spéciaux destinés à de petites embarcations, on emploie actuellement d’une manière régulière des appareils dont les soupapes sont chargées de 6 kilogrammes par centimètre carré, c’est-à-dire près du triple de ce qu’était le régime normal en 1867.
- Les chaudières sont presque toutes formées de corps cylindriques ou ovales, avec deux ou trois foyers par chaque corps ; la nécessité, soit pour les marines de guerre d’obtenir rapidement de la pression, de pouvoir faire fonctionner les pompes en cas de voie d’eau, soit pour les marines commerciales de ne pas dépenser inutilement du charbon et de ne chauffer ces chaudières qu’au moment où leurs services sont nécessaires, a fait rechercher des appareils dans lesquels la quantité d’eau est très-réduite; on a ainsi des chaudières légères, peu encombrantes, réunissant ainsi deux qualités essentielles dans le service maritime.
- Dans cet ordre d’idées, à côté des appareils du système Belleville, qui ont réalisé depuis la dernière Exposition des progrès de la plus haute importance, on remarquait dans la section française la chaudière de M. Penelle, qui est composée d’un faisceau de tubes inclinés et d’un réservoir cylindrique aboutissant à deuxlames d’eau. Le réservoir communique avec deux coffres à vapeur qui portent les accessoires ; le tout est enveloppé de tôles rèvêtues de briques réfractaires. Ce système se distingue par sa légèreté et a reçu de nombreuses applications dans la marine militaire.
- Un des progrès qu’il faut noter en passant est l’introduction dans les chaudières du tirage forcé ^ s’il importe, en effet, qu’un navire puisse faire campagne d’une manière économique en brûlant le moins de charbon possible pour une traversée déterminée, il est bient plus nécessaire encore, surtout pour la marine de guerre, que ce navire, à un moment donné, développe le maximum de puissance et de vitesse, sans se préoccuper de la quantité de charbon consommé. C’est la raison d’être du tirage forcé qui, produit par l’action d’un ventilateur lançant de l’air dans les foyers, ou mieux, dans la chambre de chauffe hermétiquement close et maintenue à une pression un peu supérieure à celle de l’atmosphère, active la combustion du charbon et permet de brûler sur la même grille, sans fatiguer la chaudière, 150 kilogrammes, au lieu de 100 kilogrammes. On arrive ainsi à augmenter momentanément la puissance d’une machine de près de 40 0/0.
- Les progrès réalisés d’une manière générale dans la fabrication des appareils à vapeur ont eu comme conséquence dans la marine l’allégement des machines, ce qui est très important quand on voit d’une part les différents facteurs de la puissance d’un navire se disputer quelques tonnes de déplacement, quand on considère d’autre part que toute économie sur le poids de la machine est autant de gagné pour le chargement, par suite pour le fret. Aussi, tout en ne s’écartant pas desconditions de solidité, plus essentielles peut-être encore pour les machines marines que pour les autres (car elles ont à résister à toutes les fatigues des navires, à leurs mouvements désordonnés), les constructeurs ont-ils pu réaliser de notables économies. En 1867, le poids par cheval développé était d’au moins 200 kilos; actuellement ce poids est tombé à 160,170 kilos, et, si l’on tient compte de l’augmentation temporaire de puissance que Ton obtient par le
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- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Rlanche
- 120 REVUE DE L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- tirage forcé, à 110 kilos. On trouvera peut-être ces chiffres supérieurs à ceux qui sont indiqués par certains fabricants; mais il faut, toujours douter un peu d’indications qui n’ont pour tout contrôle qu’une affirmation parfois intéressée, pour tout moyen de constatation de la puissance qu’une expérience de quelques minutes faite dans des conditions exceptionnelles.
- Il faut être aussi sceptique quand on se rapporte aux indications sur la consommation du combustible ; sans doute, il y a de très grands progrès et on peut dire que d’une manière régulière, avec du charbon assez bon et des chauffeurs exercés, on doit brûler moins d’un kilogramme de houille par heure et par cheval développé. Mais quand on parle de consommations de 694 grammes, il,y a lieu d’être surpris ; c’est cependant ce chiffre qui est indiqué et qui paraît d’ailleurs justifié, pour la machine d’un paquebot appartenant à l’usine de Se-raing, le Coucha.
- HL •— Les propulseurs, les formes des carènes. — Après le moteur, il conviendrait d’examiner le propulseur; mais si l’on renonce à discuter et même à citer les idées irrationnelles d’inventeurs souvent peu au courant de la question, on ne peut que constater le remplacement à peu près absolu des roues parles hélices, transformation prévue et nécessaire. Quant aux formes des hélices, il est inutile de dire que l’on en voit de tous les systèmes, chacun accompagné d’une théorie démontrant que la forme donnée est la seule bonne, qu’elle permet d’obtenir d’immenses j avantages de vitesse ; il est vrai qu’à l’expérience ces formes se valent presque toutes et que, du moment où la courbure d’une hélice est régulière et ne s’écarte pas trop des données de l’expérience, la forme la meilleure eët le plus souvent un produit du hasard.
- Il en est de cela comme des formes de navires : quand on veut les déterminer, comme un exposant des Philippines, par des considérations mathématiques, on arrive le plus souvent à de bien grands mécomptes comme vitesse et surtout comme qualités nautiques : ce qui vaut le mieux, ce sont les expériences aussi multipliées que possible exécutées sans idée préconçue à la recherche de faits qu’on essaiera plus tard d’expliquer par quelque formule bien savante.
- La marine de guerre française a exposé le modèle des installations faites au port de Brest pour déterminer la résistance de petits modèles représentant les formes des navires -, des expériences faites en Angleterre ont démontré, dit-on, qu’on pouvait déduire de la résistance constatée pour les petits modèles, celles des navires eux-mêmes aux différentes vitesses. On pourra, si les prévisions sur le succès de cette méthode se réalisent, éviter ainsi bien des mécomptes dans la construction navale.
- IV. — Les compteurs.— Les grandes vitesses qu’atteignent aujourd’hui les navires et surtout les conditions dans lesquelles ils doivent manœuvrer dans les escadres, serrés les uns contre les autres, rendent très nécessaire l’emploi d’appareils qui autrefois n’avaient pas une aussi grande importance, pour transmettre les ordres dans les machines ou pour enregistrer leur vitesse exacte et par suite celle du navire. Il y avait à l’exposition française deux appareils très ingénieux et d’une grande exactitude : l’un, de M. Valessie, capitaine de frégate, permet à un commandant non-seulement de régler la vitesse de la machine à volonté, mais de maintenir son poste dans une escadre en accélérant ou retardant la vitesse de la quantité strictement nécessaire pour reprendre son poste s’il s’en est écarté -, l’autre, de M. Madamet, ingénieur de la marine, indique à chaque instant la vitesse de la machine et ses moindres variations.
- V. — La mâture et la voilure. — Les navires à vapeur ont dû nécessairement conserver, tout en la réduisant, la mâture des anciens bâtiments à voiles; et si pour certains paquebots suivant une ligne régulière la voilure n’est qu’un accessoire, précieuse ressource cependant en cas d’avarie dans la machine, pour d’autres navires, les croiseurs des marines de guerre, par exemple, la mâture est à peine plus faible que sur les grands voiliers d’autrefois. Cependant on se préoccupe peu des progrès à réaliserjde ce côté ; on peut cependant noter la fabrication des mâts en tôle dont on a vu de très curieux spécimens dans l’exposition hollandaise et qui ont l’avantage de faciliter l’aération des parties inférieures du navire, ainsi que quelques dispositions ingénieuses de l’amiral Mottez pour la manœuvre des vergues.
- Les accessoires de la mâture, gréement, toiles à voiles, semblent avoir donné lieu dans ces dernieres années à d’importants progrès ; on remarquait dans les sections française et anglaise des cordages en fil de fer d’une remarquable fabrication, et surtout des cordages en fil d’acier qui par leurs grandes résistances, permettent de réaliser des économies de poids dans le gréement et n’offriront plus au vent qu’une résistance moins grande. Quant aux toiles à voiles, il y avait dans l’exposition des manufactures française des produits d’une régularité extraordinaire ; on assure que pour la résistance ils sont également supérieurs aux produits étrangers.
- W.—Servo-moteurs; évolutions. — Il est impossible, dans une étude aussi rapide que celle que nous avons entreprise, de passer en revue les détails d’installation des navires, les cabestans à vapeur, les appareils pour hisser les escarbilles des chambres de chauffe et les jeter à la mer, les treuils qui facilitent les manœuvres de chargement etdedéchargement des marchandises, tous ces appareils qui ont pour but, en remplaçant la force humaine par des machines, la réduction des équipages et des dépenses qu’ils entraînent. Nous n’avons pu cependant passer, sans les signaler, devant les servo-moteurs, appareils inventés par MM. Farcot d’une part, par M. Duclos ; de l’autre, ayant pour but de diriger à la volonté d’un homme les poids les plus considérables. Qu’on les emploie sur les navires de guerre à la manœuvre de l’artiîllerie, sur les paquebots à la mise en marche de la machine ou à la conduite du gouvernail, le principe est toujours le même, le suivant : l’objet à déplacer d’une certaine quantité est conduit par une machine à vapeur « asservie au gouvernement absolu d'un conducteur en faisant cheminer directement ou par un organe quelconque la main de celui-ci avec l’organe sur lequel agit le moteur de telle sorte que tous deux marchent, s’arrêtent, reviennent ensemble et que le moteur suive pas à pas le doigt indicateur du conducteur dont il imite servilement tous les gestes ».
- Pour le gouvernail, le servo-moteur est employé maintenant d’une manière presque constante quand il s’agit de grands navires ; c’est qu’en effet les efforts à vaincre sont très considérables, et que malgré les masses énormes des nouveaux bâtiments on cherche à tourner dans des cercles de plus en plus resserrés ; la notice de la marine française contient sur ce point des renseignements très intéressants, car ils montrent que les navires de notre flotte.tournent dans des cercles beaucoup plus petits que ceux que l’on admettait autrefois ; ainsi le Suffren fait une évolution complète en moins de six minutes, dans un cercle de 430 mètres de diamètre.
- La mesure de ces cercles d’évolution ou plulôt le tracé des courbes décrites par les navires présente au point de vue militaire un très grand intérêt, car la connaissance du chemin que peut décrire un navire, selon que l’on agit plus ou moins sur le gouvernail, est indispensable pour le commandant sur le point de donner un coup d’éperon. Dans ce but,
- M. Risbec, ingénieur de la marine, a exposé un appareil servant à relever à intervalles rapprochés les données nécessaires pour construire graphiquement et rapporter à la place relative qui leur convient une série de triangles dépendant du mouvement de giration ; le sommet commun de ces triangles est un point convenablement choisi en repos relatif sur la surface de la mer et déterminé par une bouée.
- Les appareils scientifiques, d’ailleurs, tendent à devenir un accessoire des recherches maritimes : \ nous avons déjà signalé les expériences sur la résistance des carènes; la question du roulis, de son côté, offre un champ très vaste aux investigations, et l’exposition de la marine de guerre (car c’est là toujours qu’il faut revenir pour trouver quelque chose d’intéressant, tellement les questions maritimes ont peu d’importance en France):renfermait les modèles des appareils ayant servi à des expériences très intéressantes. Tantôt c’est un double pendule inventé par M. Bertain pour indiquer simultanément le mouvement des vagues et celui du navire, tantôt c’est un instrument des plus ingénieux, imaginé par * un autre ingénieur, M. Huet, pour enregistrer par des épreuves photographiques les oscillations du navire : :la démarcation du ciel et de la mer à l’horizon constitue en effet un trait nettement indiqué dont on peut marquer la trace sur un papier photographique passant derrière une fente verticale et animé d’un mouvement régulier de translation.
- Mais le point vraiment important de ces recher-
- ches est l’étude complète entreprise par MM. de Bénazé et Risbec sur les mouvements d’un petit navire VElorn; tous les appareils si ingénieux qu’ils ont employés,les résultats de leurs recherches ont été exposés par le département de la marine : l’essai le plus curieux est celui dans lequel, avec une hardiesse peu commune, les expérimentateurs se sont décidés à faire osciller sur sa quille VElorn, mis à sec dans un bassin ; on est parvenu ainsi à déterminer exactement le moment d’inertie du navire. L’influence de cette qualité sur les mouvements du navire se comprend facilement si on songe qu’un corps flottant, dont la masse est surtout répartie sur la muraille (un cuirassé, par exemple), met nécessairement beaucoup plus de temps à exécuter une oscillation qu’un autre corps . de même force dont toute la masse serait (concentrée à l’intérieur.
- Toutes ces expériences ont fourni sans doute de précieux renseignements dont on a dû user dans la confection des nouveaux navires ; mais si l’on réfléchit aux conditions si diverses dans lesquelles ceux-ci peuvent se trouver, aux besoins variés .et souvent contradictoires auxquels ils doivent satisfaire; on se demande si ces recherches ont conduit ou peuvent conduire à des perfectionnements importants, et sans négliger absolument les indications de la science, on arrive à cette conclusion que les meilleurs guides en marine sont toujours la pratique et l’expérimentation et qu’un type nouveau* doit être toujours construit et essayé aussi rapidement que possible de manière à fournir des indications précises pour les navires de type analogue que l’on peut avoir à mettre en chantier.
- L'ARCHITECTURE
- à rïïxposition universelle de 1878.
- 3e ARTICLE
- Avenue des Mations.
- — Suite (1) —
- 17. Danemark.
- Petite façade en briques et en pierres de taille, avec colonnes imitant le marbre et le porphyre ; même style que la façade belge, mais beaucoup plus simple, et il faut ’le dire aussi beaucoup plus lourde ; quelques guirlandes sculptées en relief, quelques mascarons et têtes de modifions, avec deux statues dans des niches, à droite et à gauche de la porte, agrémentent cependant encore assez ce petit ouvrage.
- Mais pour se rendre compte du style danois, de Copenhague et d’Altona, qui a produit, à Copenhague surtout, de si remarquables édifices, c’est à l’intérieur qu’il faut chercher les tableaux, les photographies et les albums de ce très-intelligent et très-actif pays.
- Il ne faut pas oublier que de toute l’Europe — et même du monde entier — le Danemark est le pays où l’instruction publique est la plus avancée.
- Les statistiques le montrent toujours, avec la Suède, sa voisine, à la tête de tous les progrès in-1 tellectuels. C’est un titre qui en vaut bien un autre.
- Il faut rappeler aussi que l’on voit des navires danois dans tous les ports de mer, depuis le fond de la Baltique jusqu’à Lisbonne, depuis Rio-de-Ja-neiro jusqu’aux Indes.
- A ce point de vue, le Danemark est incontestablement resté une puissance maritime et commerciale de premier ordre, et l’on reconnaît bien dans les marins danois, les courageux descendants de ces Scandinaves qui, au début du moyen-âge, étaient les véritables souverains de la mer, bien avant le développement de la puissance maritime de l’Angleterre.
- (A suivre).
- (1) Voir nos derniers numéros.
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- $6, rue Blanche
- Supplément au n° 329.
- — Lundi 9 Décembre 1878.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- -—I» " t •
- XV
- LISTE
- RÉCOMPENSES
- Suite. — (Voir nos derniers numéros).
- CLASSE 66
- Matériel et procédés du génie civil, des travaux publics et de l’architecture,
- (Suite)
- Kriesis (B.;, Grèce.
- Krantz (Vice-amiral), France,
- Mangin, »
- Mazeline, »
- Maigret (Vicomte de), »
- Belmontet (Alf.), »
- COLLABORATEURS
- Médailles d’argent. (Suite)
- GRANDS PRIX
- Diplômes d’honneur équivalant à une grande médaille.
- Léger. Maison Joret et Ce, Lucas (C.). Société centrale des architectes, Malo. Ce générale des mines d’asphaltes de Seyssel,
- Martaux. Mais. Joret et G*,
- Matzinger (De). Commission Impér. et Royale de l’agrandissement de Vienne. (Diplôme), Peignot. Société des forges et chantiers* de la Méditerranée, Padhayski. Commission de la Diète delaBasse-Autriche,
- Ranlin. Creusot,
- Rose (V.). Creusot, Roussel (A.). Ministère des travaux publics, Samasco. Maison Ge-neste, Herscher et G6,
- France.
- »
- »
- »
- Autr.-Hon.
- France.
- Autr.Hon.
- France.
- »
- Belgique.
- France.
- Médailles de bronze.
- Lenoble. Maison E. Muller et O, France.
- Luzeux. Creuzot, »
- Pallot. Creuzot, »
- Poupat. Maison Louet frères, »
- Prudon. Mais. Joret et C», »
- Mentions honorables.
- Schidecker. (Mais. Hafï-ner), France.
- (Suit la liste des récompenses accordées aux collaborateurs du Ministère des travaux publics).
- CLASSE 67.
- Ministère de la marine, Espagne. Ministère de la marine, France.
- Grandes médailles.
- Penn (J.) et fils, Angleterre.
- Schneider et Ce, France.
- Rappels
- Farcot et ses fils, France.
- Société nouvelle des forges et chantiers de la , Méditerranée, France.
- MÉDAILLES D’OR.
- Charpentier, France.
- Claparède, Comp. générale trans- »
- atlantique, Cunard Burns et Mac B
- Iver, David Damoizeau, Angleterre.
- France.
- Denayrouze, »
- Dossunet, B
- Hauge (J.), Inman Steamship company (The), Norwége.
- Angleterre.
- Laird frères (Rappel), Maudslay fils et Field »
- (Rappel), »
- Merryweather et fils, »
- Messageries maritimes, France.
- Normand, »
- Philippe, »
- Silas (F.), Société Ventrale de sauvetage des nau- Autriche.
- fragés, France.
- Stapfer de Duclos, »
- Texier fils aîné, )>
- Thirion, ))
- Thomson (Sir W.), Angleterre.
- White star Line, B
- Yacht-Club de France, France.
- Matériel de la navigation et du sauvetage.
- MÉDAILLES D’ARGENT
- LISTE DU JURY.
- MM.
- Glyn (Hon. II. Carr), Angleterre.
- Brin (B.), Italie.
- Pérignon (E.), France.
- Dekke (A.), Suède et N.
- Arentz (IL),
- Barbier et Fenestre, Barow Shipbuilding C° (The),
- Bazin,
- Berthon Boat Company (The),
- Bosselut,
- Norwége.
- France.
- Angleterre.
- France.
- Angleterre.
- France.
- Brandi (J.),
- Cail et Ce,
- Gaillard frères,
- Chadburn et fils, Chantiers d’Abo,
- Collin,
- La France manufactu-ring Ce,
- Dalstrôm et Lohmann, Dienert (F.-B.),
- Dupont,
- Een (Ih.),
- Ferras (Rappel),
- Fiage (K.),
- Flaud (Rappel), Gran(Jean),
- Guyon et Audemar, IJunter et English, Kockums mekaniska verstads Aktiebolag, Lamy,
- Lavergne et Delbeke,
- Le Marchand,
- Letestu (Rappel),
- Lewin (D.-J.),
- List,
- London and Glasgow engineering and Iron Shipbuilding Co (The), Losserand,
- Marrel frères,
- Martin (C.) et Ge (Rappel), Mildé,
- Orlando frères,
- Payrol,
- Samassa (A.),
- Sautter, Lemonnier et Ce Searle et fils,
- Seyler,
- Siebe etGorman,
- Simon,
- Société anonyme des usines et chantiers de construction de la Seine,
- S ociété de navigation du Danube (Rappel), Société des Grandes Régates du Havre, Société des Régates internationales de Nantes,
- Szeltenhofer (F.),
- Tellier,
- Tixi,
- Varrall, Elwell et Mid-dleton,
- Vuillaume et Gotendorf,
- Norwége.
- France.
- »
- Angleterre.
- Russie.
- France.
- Etats-Unis.
- Danemark.
- France.
- »
- Suède. *
- France.
- Norwége.
- France.
- Norwége.
- France.
- Angleterre.
- Suède.
- France.
- »
- »
- »
- Angleterre.
- Russie.
- Angleterre. France.
- »
- Angleterre.
- France.
- Italie.
- France.
- Autriche.
- France.
- Angleterre.
- France.
- Angleterre.
- France.
- »
- Hongrie.
- France.
- »
- Hongrie.
- France.
- Italie.
- France.
- »
- MÉDAILLES DE BRONZE.
- Adair et Ce, Ammann,
- Arsenal du Ferrol, Ballardie (D.), Banolas (R.), Batifoulier,
- Bernier (Ve) et C8, Bertrand,
- Biard et Cc,
- Brown,
- Celler,
- Cercle de la Voile, Ciotti (II.),
- Angleterre.
- Suisse.
- Espagne.
- Angleterre.
- Belgique.
- France.
- France.
- »
- »
- Amérique.
- France.
- )>
- Italie.
- Commission des Ardoisières d’Angers, Compagnie de touage de la basse Seine et de l’Oise,
- Compagnie de touage et transports de la Seine, de Conflans à la mer,
- Corpet et Bourdon, Couadoux,
- Couvert (R.),
- Crichton et C®, Cuningham Shaw et C°, Davis (W.),
- Dunod,
- English (NV.),
- Evrard, ' '
- Florenville,
- Frecot,
- Gaiilardon,
- Girard et C®,
- Hansen (C. A.)
- Havas (A.),
- Hoogendijk (A.), Hutschinson,
- Jacob et Ce,
- Jérusalémy,
- Julienne,
- Karrown (S.),
- Lipman et Ce,
- Livie (D.),
- Loudouze,
- Ministère de la marine Ministère des travaux publics du Canada, Noël,
- Nordfors et Lofhjeim, Oestberg, (J.-NV.), Palmer’s Schipbuilding and Iron C°,
- Razeto (J.),
- Richard,
- Richelieu and Ontario Navigation Company,
- Schwartzenbach,
- Shand, Mason et C®, Simoneton,
- S mit et fils,
- Société des régates de la Rochelle,
- Société humaine et des naufragés,
- Sunderland Shipbuilders association,
- Tbiébault et fils,
- Tissier,
- Toselli,
- Valin,
- Van Imschoot-Roos, Vasseur,
- Vauthelet,
- Williams,
- France.
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- Belgique.
- Russie.
- Angleterre.
- Etats-Unis.
- France.
- Canada.
- Angleterre.
- France.
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- ))
- Norwége.
- Autr.-Hong.
- Pays-Bas.
- France.
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- Russie.
- Angleterre.
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- France.
- Pays-Bas.
- Angleterre.
- France.
- Russie.
- Suède.
- Angleterre.
- Italie.
- France.
- Canada.
- Angleterre.
- Suisse.
- Angleterre.
- France.
- Pays-Bas.
- France.
- Angleterre.
- France.
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- »
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- B
- »
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- Angleterre.
- MENTIONS HONORABLES
- Alessandro (B. d’),
- Allô (A.-J.-D.),
- Andreux jeune,
- Arentz (H. et B..), Armit (R.-H.),
- Arsenal de Yokocouka, Aubry,
- Italie.
- Belgique.
- France.
- Norwége.
- Angleterre.
- Japon.
- France.
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- 340 Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Rlanehe
- XVI Exposition universelle de 1878. — Liste des récompenses.
- Sa Majesté le roi de Siam,
- Beaume,
- Benza,
- Béer,
- Biffen (W.-II.),
- Boiarsky et Khokhloff, Bonifacio,
- Brice (W.-A.),
- Bruet,
- Buhler-Wuest,
- Bukler (J.),
- Galnagno (A.),
- Calcagno (B.),
- Cartier,
- Cialdi (Gomm. Y.), Damien Thiébaut et Ivis-fer,
- Desaulle,
- Douanes impériales maritimes chinoises, Dumont,
- Dunlop (R.-H.-W.), Dupuy,
- Duranty,
- Ekebom,
- Erlandsen (S.),
- Fleuret,
- François (E.),
- Girard (F.),
- Gleizes,
- Grin,
- Gros,
- Groult,
- Hansen (Randolphe), Heu,
- Henriksen (H.),
- Herbaut,
- Holthausen,
- Jacquet,
- Siam.
- France.
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- Belgique.
- Angleterre.
- Russie.
- Italie.
- Angleterre.
- France.
- Suisse.
- Suisse.
- Italie.
- »
- France.
- Italie.
- France.
- Chine.
- France.
- Angleterre.
- France.
- »
- Russie.
- Norwége.
- France.
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- »
- »
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- Norwége.
- France.
- Norwége.
- France;
- »
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- Jacquin (A.),
- Jourdain,
- Jouvin,
- Laffitte,
- Laffite,
- Legrand,
- Level,
- Meyer (F.),
- Meyer (F.-J.),
- Monnier,
- Oriolle,
- Page (E.-W.),
- Pavoux (E.) et Ce, Perreaux,
- Perrotin,
- Power (W.) et Ce, Raveneau,
- Rikkers,
- Ruggieri (G.),
- Schnabl et Ge,
- Seurin,
- Somzée (L.),
- Steedman et Mc Alisier, Thiriard (G.), et Ce, Thompson (W.-B.), Thorilhon, "Verdier et Cc, Vallino (P.),
- Vansittart (Mrae),
- Belgique.
- France.
- Danemark.
- Angleterre.
- France.
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- Etats-Unis.
- Belgique.
- France.
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- Angleterre.
- France.
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- Autr.-Hong.
- »
- France.
- Belgique.
- Angleterre.
- Belgique.
- Angleterre.
- France.
- Italie.
- Angleterre.
- COLLABORATEURS.
- Médailles d’or.
- Bertin, sous-ingénieur (Ministère de la marine). {Diplôme), France.
- Filoz, capitaine d’infanterie de marine (Ministère de la marine). {Diplôme), »
- Jossel, sous-directeur d’Indret (Mnistère delà marine). {Diplôme), »
- Lagane (Société nouvelle des forges et chantiers de la Méditerranée), »
- Mathieu (Creuzot), >
- Valessie, capitaine de frégate (Ministère de la marine). {Diplôme), »
- Médailles d’argent.
- Berrier-Fontaine, ingénieur (Ministère de la marine). {Diplôme), Festa (Greuzot),
- J aekson-Murray (Société de navigation du Danube),
- Marzari (Maison Farcot et ses fds),
- Maupeou (S. de), ingér nieur (Ministère de la marine), {Diplôme), Orsel, ingénieur (Société nouvelle des forges et chantiers de la Méditerranée) ,
- Penelle, ingénieur, (Ministère de la marine), (Diplôme),
- Risbec (S.), ingénieur (Ministère de la marine), (Diplôme), Toussaint (V.), (Creusot),
- France.
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- Hongrie.
- France.
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- »
- »
- »
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- Médailles de bronze.
- Balizeaux (Société de sauvetage de naufragés, Fran
- ^Barbaroux (Société nouvelle des forges et chantiers), »
- Bon (T.), (Greusot), »
- Boulogne (Maison Claparède et Ce), »
- Clauzel, sous-ingénieur (Ministère de la marine), (Diplôme), »
- Cousin, sous-ingénieur (Ministère de la marine), (Diplôme). »
- Hetet (Ministère de la marine) {Diplôme), »
- Melay (Greusot), »
- Peignot (Société nouvelle des forges et chantiers), »
- Ragiot (Société de sauvetage des naufragés), »
- Roubet (Société de sauvetage des naufragés), »
- Mentions honorables.
- Comefroy ( Compagnie transatlantique), Fran
- Guchetet ( Compagnie transatlantique), »
- Flambart (Ministère de la marine), {Diplôme), »
- Gauthelme (Ministère de la marine),(Diplôme), »
- Page (Ministère de la marine), {Diplôme), »
- (Voir ?e Matériel agricole pour les
- classes concernant l’agriculture.)
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- S 6, rue Rlanche. 845
- Supplément au n° 330. — Lundi 16 Décembre 1878.
- L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- 123
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de l’Ecole polytechnique.
- MM. DEB1É, Ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées a la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal; toute reproduction (même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LA FONDERIE
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- LES FOURS PORTATIFS OSCILLAIS
- Brevetés s. g. d. g. en France et a l’Étranger, de M. A. MAT, fondeur à Paris.
- Les fourneaux dans les fonderies de cuivre n'ont subi aucun perfectionnement : tels ils étaient il y a cent ans, tels ils sont encore aujourd’hui dans presque tous les ateliers. — Un massif en briques avec plusieurs trous garnis de réfractaires ; à la partie supérieure un carneau conduisant à la cheminée commune les produits de la combustion ; une grille dans le bas, un couvercle dans le haut5 voilà pour les fourneaux à creusets dits à air libre.
- Pour les fourneaux à creusets dits à vent forcé, un conduit amène en-dessous de la grille de l’air avec pression ; le carneau et la cheminée de tirage sont supprimés.
- Avec ces derniers on obtient naturellement plus de chaleur et une fusion plus active ; mais dans l’un comme dans l’autre de ces deux systèmes, les pérations nécessaires pour la manœuvre du creuset sont les mêmes et présentent les mêmes inconvénients et les mêmes dangers.
- Le fondeur doit avoir soin d’asseoir son creuset bien au centre du fourneau, éviter qu’il se jette d’un côté ou de l’autre; il doit veiller de plus à ce que la grille ne s’encrasse pas.
- Une fois le métal fondu, le fondeur, qui doit être un homme fort et adroit, dégage le coke tout à l’entour du creuset, après quoi, au moyen de pinces spéciales appelées happes, il le saisit, l’enlève du fourneau, le porte devant les moules et verse le métal dans les coulées. Si le creuset contient plus de 35 kilogr. de matière, un homme ou deux l’aident dans cette opération.
- De sa sortie du fourneau aux moules à couler, le creuset et par suite le métal se refroidit ; le creuset risque aussi de se rompre entre les mains du fondeur qui peut alors être brûlé d’une manière terrible.
- Puis, l’opération terminée, il faut de nouveau équilibrer le creuset refroidi dans le feu désorganisé et le rechauffer à grand renfort de combustible.
- Une fois le four en train, la moyenne des fontes de bronze est de une à l’heure lorsqu’il n’y a aucun arrêt anormal, et la quantité de combustible employée varie entre 50 et 100 pour 100 (beaucoup de fondeurs, en effet, comptent poids pour poids).
- Pour l’acier on fait 3 ou h fontes de 20 kilogr. en 10 heures avec une consommation de coke de 250 à 300 pour 100.
- La durée des creusets en terre réfractaire est, pour le bronze, de toute une journée, soit 10 à 11 fontes lorsqu’ils ont une fois résisté et de 30 à A0 fontes pour les creusets en plombagine. Pour l’acier les creusets ne font que 3 ou A fontes.
- Comme on le voit, l’organisation générale des fourneaux à creusets pour la fonte du cuivre et de l’acier n’est pas seulement incommode et coûteuse ; elle est aussi dangereuse et presque barbare.
- Les fours portatifs oscillants de M. A. Piat apportent une amélioration considérable à l’ancien état de choses, en ce sens qu’ils réalisent : économie dans le travail et sécurité plus grande pour le travailleur.
- Le four portatif, comme son nom l’indique, s’en-
- lève avec le creuset qu’il contient -, de plus il est oscillant, c’est-à-dire qu’il peut s’incliner dans tous les sens pour la verse.
- Les fours portatifs oscillants sont en tôle, de forme carrée.
- Une ceinture en fer portant deux tourillons, embrasse le four à la hauteur convenable pour que la bascule se fasse aisément, à l’aide d’un levier, dans un sens ou dans l’autre'. Au moyen de ces tourillons on enlève le four, à bras avec des leviers ou à l’aide d’une grue ; ou peut aussi le faire osciller et verser son contenu dans une poche de fonderie.
- La garniture intérieure se fait, soit en briques réfractaires de la meilleure qualité (surtout dans la partie inférieure), soit en sable réfractaire fortement damé autour d’un mandrin.
- La forme du four doit être légèrement conique dans le bas. Sur la face de devant est ménagé un orifice en forme de bec pour la sortie du liquide, un autre plus grand rectangulaire existe à la partie opposée pour la sortie des gaz chauds. Le couvercle est celui généralement employé en fonderie.
- Voici pour le four proprement dit. Quant au creuset qui doit être fixé daus le four d’une manière invariable, on arrive à ce résultat à l’aide :
- 1° du fromage, pièce en terre réfractaire posée sur la grille -,
- 2° du bec, autre pièce en terre réfractaire qui relie le goulot du creuset au bec ménagé à l’extérieur du four ; ,
- 3° du coin, fait toujours dé la même matière, qui est placé à l’opposé du bec et force le creuset à s’y adapter parfaitement.
- Toutes ces pièces rië se détériorent que fort peu
- au feu et sont dans tous les cas d’un remplacement facile et peu dispendieux; après le premier coup de feu le creuset ne forme qu’un tout solide avec le four et ne se dérange jamais, qu’il soit en plombagine ou en terre réfractaire.
- Cet ensemble si simple se pose sur deux supports avec un récipient en brique ou en fonte pour recevoir le vent par en-dessous, si l’appareil est à vent forcé; et, dans le cas où il doit marcher à l’air libre, le tirage a lieu comme dans les fourneaux ordinaires, les produits de la combustion s’échappant dans le haut par l’ouverture déjà mentionnée, sans que le chargement du creuset, la mise du combustible, la conduite du feu interrompent le tirage. Le décrassage de la grille se fait de la façon la plus commode et la plus simple, toutes les deux ou trois fontes, en faisant légèrement basculer le four.
- Pour le bronze et les matières d’unè fusion facile, la dimension des fours n’a de limites que celle des creusets et l’on peut en faire pour couler 200 et 300 kilogrammes de matière.
- Pour l’acier, dans le cas de pièces à coulet* d’un poids dépassant A0 kilogrammes, l’on peut s’imaginer un four spécial, placé à côté des* autres et chauffé comme eux, qui recevrait le contenu des autres creusets pour le verser, d’une fois et sans refroidissement appréciable, dans le moule à remplir.
- Les fours portatifs oscillants de M. Piat, qui sont, comme on le voit, de la plus grande simplicité, peuvent être disposés, suivant divers types et avoir telle grandeur que l’on désire.
- Les figures ci-dessous montrent une disposition utilement employée dans l’établissement de l’in-ventëiir, et ia manœuvre des fours de petite et grande dimension.
- Four «le 3© à ©© Mlog. à aîr libre.
- Avec un système de tirage permettant la manœuvre du four sans que le tirage soit arrêté; il peut être posé sur deux
- supports ou sur le sol même.
- Four de 30 à 35 kilog. porté par 3 ou 3 hommes.
- Pour pouvoir au besoin aller couler les moules sur place, cependant il est toujours préférable d'avoir une petite
- grue à portée du four.
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- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Rlanche.
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- Les fours portatifs oscillants donnent les résultats les plus satisfaisants, au double point de vue de l’économie et de la sécurité.
- Cependant il y avait encore mieux à faire pour obtenir des coulées plus rapides et arriver à dépenser le moins de coke pour un poids déterminé de fonte coulée. L’expérience a prouvé que ce résultat peut être obtenu par l’adjonction d’un récupérateur de chaleur, permettant d’employer les gaz qui s’échappent du four pour chauffer l’air que l’on introduit sous pression (système Piat-Sagnes combiné).
- Que le four marche à air libre ou à vent forcé, il
- est toujours nécessaire qu’il soit muni de l’orifice conduisant les gaz chauds dans la cheminée, afin de faciliter le dégagement de l’oxyde de carbone et de l’acide carbonique produits par la combinaison de l’air et du carbone.
- Ce sont ces gaz très-chauds, dont on débarrasse le foyer, qui servent pour chauffer l’air froid, et la température que l’on peut obtenir de la sorte égale 300 degrés environ.
- On peut se servir dans ce but d’un récupérateur de chaleur tel qu’il est représenté dans la figure ci-dessous.
- Les résultats que l’on obtient avec les fours portatifs sont parfaitement conformes à ce que l’on était en droit d’espérer, dès que l’on supprimait les inconvénients inhérents à l’ancien système.
- Ils permettent en effet, chose très-importante, de couler le métal avec toute la température qu’il a acquise dans le four et qu’on veut lui donner, et c’est l'a un point capital pour certains métaux qui ont besoin d’être coulés à une très-haute température, comme l’acier. Ils sont des plus commodes lorsque l’on a des pièces d’un certain poids à couler et évitent souvent l’usage du four à réverbère. Maintenant les fontes sont beaucoup plus fréquentes et peuvent avoir lieu, lorsqu’il s’agit de bronze, environ toutes les 35 minutes pour les fours de 30 kilogr.; toutes les 40 minutes pour les fours de 60 kilog. et quelquefois moins; pour les fours de 120 kilo g. toutes les 50 minutes. Les coulées se font à l’aide du four lui-même, le plus souvent suspendu à une grue, de la manière la plus commode et jusque dans les moules de faible contenance; l’ouvrier acquiert très-vite l’habileté de main nécessaire pour cela.
- Les creusets en terre réfractaire, qui vont tant que dure la fonte, font par conséquent un nombre pins considérable de coulées. Les creusets en plombagine, n’étant pas autant fatigués, peuvent fournir de 60 à 70 fontes, la consommation du coke étant de 18 à 25 p. c. selon les fours que l’on emploie.
- Lorsqu’il s’agit de l’acier, la manœuvre se fait tout aussi facilement; la consommation de coke peut descendre jusqu’à 80 p. c., et les creusets en général font au moins une ou deux fontes de plus qu’avec l’ancien système.
- Le métal a toute la chaleur requise et permet le coulage à la grue des plus petites pièces.
- En résumé, les fours portatifs oscillants de M. A. Piat, présentent les avantages suivants :
- Economie de combustible ;
- Economie dans la main-d’œuvre ;
- Economie dans les creusets ;
- Economie dans les déchets ;
- Sécurité et hygiène pour les fondeurs ;
- Célérité dans la production.
- Tous ces avantages incontestables ne devraient laisser aucun doute sur l’adoption, dans la généralité des fonderies de cuivre ou d’acier, des fours portatifs oscillants de M. A. Piat. Malheureusement, nous connaissons la difficulté qu’il y a de faire accepter en pratique les inventions, si simples et si rationnelles qu’elles soient ; difficulté qui provient de l’esprit de routine, de la part surtout des ouvriers, mais aussi de celle des maîtres fondeurs.
- Pour les maîtres fondeurs, ils sont inexcusables ; car, sans parler de la facilité de production plus grande et plus rapide, de la suppression des causes principales d’accident, l’économie du combustible est telle qu’en une année leur appareil serait remboursé.
- Quant aux ouvriers, la chose est plus délicate ; car à côté de la question routine se place la question salaire. Ils sentent fort bien qu’avec les l'ours portatifs ils ne pourraient plus gagner 13 à 15 francs par jour, comme c’est le cas maintenant -, puisqu’il faut être bien moins fort et bien moins adroit pour manœuvrer ces fours, puisque l’on a bien moins de danger à courir.
- Nous croyons que lafdétermination du prix de la j| main-d’œuvre, basée sur les difficultés ou sur les dangers des manœuvres, doit être combattue par les perfectionnements pratiques comme celui qui vient d’être décrit et doit tendre à disparaître.
- La conversation suivante de deux ouvriers fondeurs visitant les nouveaux fours rotatifs dans l’établissement de M. Piat, prouve au moins que les idées sur ce point sont partagées, même parmi les travailleurs. — L’un de ces ouvriers exprima très-nettement sa pensée ; apprenant que ses patrons se proposaient de monter un de ces appareils dans leur fonderie, il conclut que « cela allait lui couper le pain. » Mais l’autre, qui était son chef et avait par suite plus de craintes à avoir d’une diminution de salaire, lui repartit : « Pour moi j'aime mieux gagner un tiers en moins et vivre dix ans déplus. »
- Cette conclusion montre, de la manière la plus évidente, le caractère humanitaire de l’invention de M. Piat. — Quant aux salaires, on ne saurait mettre en doute que les perfectionnements utiles n’en ont jamais déterminé l’abaissement d’une manière générale; ils ont pu seulement les régulariser ; mais en définitive, ces dernières années ont vu tout à la fois la transformation mécanique du travail dans les usines, la suppression, des grands efforts demandés précédemment à l’ouvrier et l’amélioration constante de sa situation.
- Four de 30 à 150 kilog. et plus, à air forcé, arec adjonction du récupérateur.
- On peut encore ( employer le rayonnement du four lui-même, lorsqu’on ne peut faire autrement.
- M[Hii»innn)îüin^ïïïïïîTnîTnTîBr|
- Disposition d’un four au cas où les fondeurs, ne possédant pas de grues, ont cependant besoin de se servir de creusets d’une certaine contenance.
- La coulée est fixe et le support est mobile en tous sens, pour pouvoir aller chercher l’axe de coulée. Le vent arrive par en dessous ; ou bien on peut le faire pénétrer par des ouvertures pratiquées latéralement, en employant à cet effet une enveloppe de télé.
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- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Blanche
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- Nous espérons donc que, grâce à la recommandation du Constructeur, qui ne s’attache qu’aux inventions les plus méritantes, les nouveaux appareils de M> A. Piat, constituant à tous les points de
- vue un progrès réel sur l’ancien état de choses, remplaceront avant peu, dans la plupart des fonderies, les anciens fours à creusets d’une construction si rudimentaire.
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- LES MACHINES
- A VAPEUR
- M*a métallurgie moderne,
- Par M. Gruner.
- (Discours prononcé au Congrès des industries minérales.)
- .A. L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- MACHINE A VAPEUR COMPOUND
- Système BROTERHOOD
- Constructeurs : MM. G. FLAUD et A. COHENDET
- INGÉNIEURS
- 40, Avenue Suffren, à PARIS.
- La machine à vapeur que nous nous proposons de décrire et qui est représentée par la figure ci-dessus a été exposée, cl. 54, par MM. G. Flaudet A. Gohendet.
- Le but que l’inventeur s’est proposé est la construction d’une machine à vapeur, réunissant les avantages dus à la grande vitesse sous le rapport de la réduction de volume, de poids, etc., etc., avec ceux résultant du meilleur emploi possible de la vapeur par le fonctionnement Compound.
- Cette machine se compose d’un cylindre central et d’un cylindre annulaire concentrique au premier. Le piston du cylindre central transmet son effort à l’arbre moteur au moyen d’une bielle et d’une manivelle ; et le piston du cylindre annulaire transmet son mouvement au même arbre, au moteur de deux bielles et de deux manivelles calées à l’opposé de celle du cylindre central. La distribution est faite par un seul tiroir forme Corliss. Les lumières sont disposées de telle sorte que la vapeur sortant du cylindre central entre dans le cylindre annulaire pour agir sur le piston de ce dernier.
- La distribution se trouvant sur le fond même des deux cylindres, les conduits de vapeur allant de l’un à l’autre se trouvent aussi courts que possible et par cela même les espaces nuisibles sont excessivement réduits.
- L’échappement se fait du grand cylindre dans la boîte inférieure renfermant le mouvement.
- Le régulateur d’une forme particulière est à vitesse variable, ce qui permet de régler la machine à un nombre donné de tours par minute, quel que soit la force à dépenser.
- Les deux pistons se meuvent en sens contraire, de sorte que les parties mobiles se trouvent équilibrées à tous les points ; en outre, les cylindres étant à simple effet, l’effort sur les bielles est toujours dans une même direction, ce qui permet de marcher à de très-grandes vitesses sans le moindre choc.
- Toutes les pièces en mouvement du mécanisme sont complètement renfermées dans l’enveloppe en fonte recouverte de bois, ce qui les met à l’abri de la poussière, des chocs et des accidents.
- Le graissage des organes en mouvement se fait par la vapeur elle-même au moyen d’un robinet graisseur situé à l’arrivée de la vapeur dans la boîte de distribution. Ce mode de lubrification employé depuis longtemps dans les machines à 3 cylindres du même inventeur a donné les meilleurs résultats, quelle que soit la vitesse.
- La machine exposée mesurait lm,20 de hauteur, 1 mètre sur 1 mètre d’emplacement et sa force à 500 tours par minute avec de la vapeur à 5 kilog. était de 50 chevaux de 75 kilogrammètres disponibles sur l’arbre.
- Le siècle dernier a été marqué, dans le domaine de la métallurgie, par deux faits considérables :
- La substitution du combustible minéral au combustible végétal ; et l’invention du four à réverbère chauffé à la houille.
- Les réverbères sont, à la vérité, déjà mentionnés, par Àgricola, comme four de coupellation, en 1550, et ils furent même proposés en 1640, par l’Espagnol Barba, pour le grillage et la fusion des minerais d’or et d’argent au Mexique. Mais ce n’est réellement que depuis le commencement du xvm9 siècle que les réverbères, chauffés à la houille, servirent en Angleterre, pour la fusion des minerais de plomb, et peu après, pour le traitement du cuivre et de l’étain. Son emploi dans les forges à fer ne remonte même pas au-delà de 1784, date de l’invention du puddlage et des laminoirs à cannelures par Cort.
- D’autre part, les nombreux essais entrepris en Angleterre, pour la fusion des minerais de fer au combustible minéral dans les hauts-fourneaux, ne réussirent que vers 1740, et pourtant, dès la fin du siècle, l’usage du coke fut général dans les usines anglaises. Il y eut alors un arrêt momentané, amené sans doute par les guerres de l’empire; mais, à partir de l’année 1825, on peut signaler daqs l’art métallurgique quatre inventions d’importance majeure :
- 1° Le chauffage du vent, dont l’emploi remonte à 1828;
- 2° La gazéification des combustibles solides, vers 1840, à la suite des études auxquelles furent soumis les gaz des hauts-fourneaux ;
- 3° U accumulateur de chaleur de M. W. Siemens, pour la production de très-hautes températures, dans les années 1855 à 1861 ;
- ! Enfin 4° l’affinage Bessemer, qui remonte aux années 1855 à 1862.
- De ces inventions, les trois premières intéressent non-seulement tous les métaux, mais encore la plupart des industries basées sur l’emploi du feu. Aces quatre inventions capitales viennent d’ailleurs se joindre divers perfectionnements de moindre importance, que je ne puis passer sous silence. Ce sont les modifications successives du puddlage et des fours à cuve, les fours annulaires pour le grillage des minerais et la cuisson des briques, les divers modes de désargentation des plombs d’œuvre, le traitement des minerais d’argent par voie humide, etc., etc.
- La plupart des inventions, que je viens de rappeler, ont eu surtout pour but de réduire, dans une notable proportion, le poids des combustibles consommés. Outre cela on a aussi recherché l’amélioration du produit fabriqué et la diminution delà main-d’œuvre. Pour pouvoir apprécier les effets produits par l’ensemble de ces modifications, je vais citer quelques chiffres :
- Dans nos études sur l’Angleterre, en 1861, nous avons constaté, avec M. Law, qu’en 1830 on consommait en Angleterre douze à quinze tonnes de ' houille par tonne de gros fer fin, et qu’en France, à la même époque, on en brûlait quinze tonnes au Creusot, et môme exceptionnellement jusqu’à vingt-six tonnes à Decazeville. De 1830 à 1861, grâce surtout à l’emploi de l’air chaud dans les hauts-fourneaux, la consommation fut ramenée en Angleterre à six ou sept tonnes, et en France, où le gaz des hauts-fourneaux et les flammes perdues des réverbères furent mieux utilisés, on atteignit, dès cette môme époque, les chiffres de quatre et demi à cinq tonnes.
- Jusque-là l’énonomie principale avait porté sur la fusion des minerais, tandis qu’à dater de 1862 les appareils Bessemer et Siemens ont surtout abaissé la consommation due à l’affinage. Grâce à ces procédés nouveaux, on fabrique aujourd’hui le gros fer fondu avec deux tonnes et demie de consommation dans le procédé Martin-Siemens. Ainsi, dans le cours des dix-sept dernières années, la consommation a été ramenée en France, de cinq tonnes à deux tonnes et demie, et en quarante-cinq années elle a été réduite au sixième du chiffre primitif. Ces réductions ont amené une baisse considérable sur les prix des fers. Il y a trente ans, la tonne de rails, en fers soudés, valent 300 à 360 fr. ; aujourd’hui les rails bien supérieurs, en fer fondu, se vendent 220 à 240 francs et même à l’étranger, 160 à 180 francs.
- Maintenant, messieurs, avant de poursuivre per-mettez-moi deux courtes digressions. En disant
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- 56, rue Blancfte.
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- REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878 126
- que la consommation est aujourd’hui ramenée à deux tonnes et demie pour les rails Bessemer, je i^entends pas affirmer qu’il en soit ainsi dans toutes les usines, mais uniquement dans les forges bien dirigées, car je pourrais citer tel établissement où la consommation est notablement supérieure, soit.à cause des dimensions et des profils déplorables des' hauts-fourneaux, soit par suite du vicieux mode de chargement.
- La seconde digression est relative aux mots fers soudés et fers fondus, dont je viens de me servir. Je dois vous confesser, messieurs, — c’est peut-être une faiblesse de vieillard, mais n’importe — qu’il m’est réellement impossible d’adopter la nomenclature nouvelle des forges et de la marine, d’après laquelle l’ancien acier de forge ne serait plus de l’acier proprement dit, tandis que le fer doux deviendrait de l’acier par le seul fait de sa fusion.
- •Je maintiens donc la nomenclature, adoptée par le comité intei’national de Philadelphie en 1876, et distinguerai, à l’avenir, aussi bien le fer doux fondu de l’acier fondu que le fer doux soudé de l’acier soudé. Le fer, qui se trempe et se forge, sera toujours pour moi de Y acier, qu’il soit d’ailleurs fondu ou simplement soudé, tandis que le fer, qui ne se trempe pas, doit conserver le nom de fer doux, qu’il ait, lui aussi, subi la fusion ou non.
- Cela dit, je reviens à mon sujet et vais passer en revue les diverses inventions qui ont renouvelé depuis cinquante ans, le domaine de la métallurgie.
- Je ne m’arrêterai guère à la plus ancienne de ces inventions, le chauffage du vent. Tout le monde sait qu’elle prit naissance en Ecosse en 1828 et que dès 1835, tous les hauts fourneaux de ce pays étaient soumis au régime nouveau. Je rappellerai seulement que si à l’origine, et même durant plusieurs années, on a discuté à perte de vue sur le mode d’action de l’air chaud, personne ne contestera plus aujourd’hui que les effets du vent chaud s’expliquent sans peine par le simple surcroît de chaleur que l’air chaud apporte avec soi, et par la température de combustion plus élevée qui en résulte, ou-plutôt, par la plus haute température moyenne de la région où s’opère la combustion. Tout le monde aussi connaît les ingénieux appareils Siemens, à l’aide desquels on peut, pour ies hauts fourneaux comme pour les réverbères, chauffer l’air de combustion jusqu’au rouge.
- En ce qui concerne les hauts-fourneaux, je me borne à relever les avantages des appareils mixtes, dans le genre de celui de M. Lévêque du Pouzin, c’est-à-dire d’un appareil qui évite le long parcours des fours Whitwell, sans présenter les inconvénients du four Cowper-Siemens à tirage extraient.
- La seconde invention féconde du siècle est la gazéification des combustibles solides. Ebelmen y fut conduit par l’étude des gaz des hauts-four-naux. On commença à pratiquer cette gazéification dans les forges en 1840, et depuis lors, quoique lentement, cette transformation préalable des combustibles ordinaires a fait d’année en année quelques progrès. j
- Une première question se présente ici tout d’a- | bord à l’esprit. Cette transformation est-elle vrai- j. ment utile, et si elle l’est dans quelles circonstan- j ces ? Avant de répondre à cette double question f rappelons que les fourneaux employés dans les ( usines sont de deux sortes : les fours à cuve et | les fours à chauffes indépendantes. J’ai montré, il y I a peu d’années, que les premiers utilisent beaucoup mieux la chaleur développéerpie les seconds, que, dans lés hauts-fourneaux, on peut atteindre le rapport de 70 à 80 pour 100 de la chaleur engendrée, tandis que dans les réverbères les mieux établis, même pourvus d’accumulateurs Siemens, on arrive au maximum à 20 pour 100. Il est vrai que les fours à cuve exigent l’emploi de combustibles maigres ou carbonisés ; mais, même en tenant compte de cette circonstance, il est positif que les fours à cuve seront toujours, au point de vue de la consommation, de beaucoup supérieurs aux fours à chauffes indépendantes. Seulement il est des opérations, comme le grillage des minerais et Y affinage des métaux bruts, qui ne peuvent se faire dans des fours à cuve; dans ce cas donc se présente la question : faut-il, pour ces réverbères indispensables, gazéifier les combustibles solides ?
- A cette question, déjà soulevée il y a vingt-cinq ans, je répondis en 1855, dans le premier volume de notre Bulletin, dans les termes suivants :
- « Il me sera permis de conclure que, dans une foule de circonstances, les fours à gaz présentent des avantages incontestables, sur les anciens fours à grille. » —- Aujourd’hui je serai encore plus affirmatif, je dirai que presque toujours la gazéification est profitable.
- (A suivre).
- L’ARCHITECTURE
- à l’Exposition universelle de 1878.
- 4e ARTICLE
- E^Avesme êtes nTattous*
- — Suite (1) —
- 18. Amérique centrale et méridionale.
- Cette construction est une combinaison mixte d’une verandah en encorbellement sur trois’arches en pierre formant porche et ombre, au rez-de-chaussée, et d’une construction d’un style assez bâtard, qui n’est ni la Renaissance, ni le Louis XIV, mais qui se retrouve partout où certaines sociétés religieuses ont établi leurs comptoirs. A ce point de vue, il est réellement caractéristique : ce sont toujours les mêmes lignes sinueuses en fronton, des frontons rompus au milieu, des coquilles de pèlerins, des pyramidions à base rétrécie, qui caractérisent les édifices de cette provenance.
- L’Amérique méridionale et aussi le Mexique en ont été couverts dans l’espace de trois cents ans, qui s’étend du quinzième au dix-huitième siècle.
- 19. Gouvernement d’Annam.
- Une grande porte ou arcade en ellipse surbaissée, ornée de dragons dans ies demi-tympans, donne entrée aux galeries où sont exposés les produits de ce pays, voisin de notre Cochinchine. La porte est d’ailleurs plutôt chinoise qu’autre chose.
- Le gouvernement annamite n’a pas d’autre style que celui des temples boudhistes de l’empire chinois, plus ou moins exactement reproduits. Il y a, d’ailleurs, la plus grande analogie entre les deux populations, et un échange perpétuel de produits et d’ouvriers explique cette grande analogie de style.
- 20. Perse, Siam, Maroc, Tunisie.
- Ce n’est pas dans cet espace de dix mètres de largeur, divisé en quatre parties inégales, et où chaque nationalité n’est représentée que par une porte étroite surmontée d’une fenêtre et d’un pignon, ou fronton à clocheton, qu’il faut chercher les spécimens de l’architecture locale de ces trois pays.
- C’est une fantaisie de décorateur, ni plus ni moins, exécutée avec beaucoup de rapidité, et des matériaux plus ou moins artificiels, sur des croquis pris au hasard dans quelques photographies. Passons.
- Si l’on veut voir quelque chose de plus sérieux, tout en faisant encore la part du décor et de la brosse, il faut plutôt voir le Pavillon persan du Trocadéro et les Pavillons de Tunis et du Maroc qui sont à gauche de la cascade, dans une position symétrique de celle du palais algérien.
- 24. Les Trois Républiques de Saint-Marin, de Monaco et du Val d’Andorre.
- Une idée originale a été de réunir, en une seule façade correspondant à une modeste tranche de 5 mètres de longueur environ, ces trois Républiques minuscules, dont la plus importante est celle de San-Marino, célèbre par son activité, par les curieuses fonctions qu’elle crée et surtout par les innombrables décorations qu’elle décerne urbi et orbi.
- On lui devait bien un petit portique d’honneur sur la rue des Nations.
- 25. Bûché du Luxembourg.
- Une tourelle à clocheton saillant pour mémoire. Le duché du Luxembourg aussi a mérité d’avoir pignon sur rue.
- Beau et bon pays d’ailleurs, dont les produits et l’architecture ont beaucoup d’analogie avec ceux de la Belgique et de la Westphalie, entre lesquelles il est enclavé.
- 26. Portugal.
- Il est assez curieux que le Portugal soit, de tous les pays de l’Europe, celui où le style ogival flamboyant, à rinceaux sinueux, à crossettes fleuries,
- à rosaces tourmentées en s, et en palmes, ait atteint son maximum de développement.
- On dirait que les formes luxueuses et tourmentées de Java, de Bornéo et de Sumatra aient influé sur le goût des architectes portugais, pour leur faire préférer, de toutes les formes de l’architecture en pierre, la plus refouillée d’ornements et la plus chargée d’accessoires, de clochetons et de statuettes.
- Il y a, dans certains édifices de Coimbre et de divers couvents portugais, des spécimens encore bien plus riches et plus compliqués de cette phase ' spéciale de l’architecture ogivale.
- La façade portugaise de l’avenue des Nations représente une partie de la façade du célèbre couvent de Belem, qu’on trouve ainsi que la tour de ce nom à gauche, en entrant, dans la rade de Lisbonne.
- La tour eût été plus pittoresque encore à reproduire, avec ses clochetons et ses dentelles de marbre ; on en voit des photographies à l’intérieur des galeries, où l’on a reproduit aussi les arcades qui existent dans le cloître correspondant.
- Ce que nous eussions voulu voir encore reproduire, comme bien caractéristique du Portugal, ce sont les belles parties du palais du Cintra, résidence d’été des rois de Portugal.
- C’est un mélange curieux de style mauresque, de style ogival et de velléités modernes.
- Nous y avons relevé plus de cinquante modèles de mosaïques en faïence, toutes plus originales les unes que les autres.
- La publication de ces dessins si variés et si ingénieux serait une bonne fortune pour les mosaïstes et les fabricants de revêtements en céramique polychrome.
- 27. Hollande.
- L’avenue des Nations se termine par l’importante façade des Pays-Bas. Elle est, comme celle de la Belgique, en briques et pierres de taille (imitation). Mais, comme elle ne présente pas de galeries à jour, ni de mouvements d’avant-corps ou d’arrière-corps dans le plan, elle paraît moins heureuse d’aspect.
- Elle a cependant été exécutée avec beaucoup de soin.
- Les lignes en sont seulement un peu turbulentes, , notamment dans les dessus de fenêtre et dans les corniches.
- Il y avait mieux à choisir dans les belles constructions du dix-septième siècle d’Amsterdam, de Rotterdam et de La Haye.
- Ici, comme pour plusieurs autres des façades que nous venons de décrire, on a été pris un peü trop à court par le temps, et plusieurs pavillons, dont les pays intéressés n’avaient pas fourni eux-mêmes les plans, ont dû être fabriqués à la hâte, d’après des croquis plus ou moins sérieusement étudiés.
- Quoi qu’il en soit, et malgré ces quelques légères imperfections inévitables, l’avenue des Nations n’en est pas moins une œuvre tout à fait originale, et il est vraiment regrettable que ces intéressants spécimens d’architecture soient voués à la démolition par suite du contrat fondamental de l’Exposition avec le génie militaire, qui parle déjà de revendiquer la place nette, comme il l’a fait en 1868.
- Disons, une fois de plus ici, que, puisqu’il existe à l’ouest de Paris, dans la plaine de Longchamps, et à l’est sur l’esplanade de Vincennes, deux champs de manœuvre bien suffisants pour toutes les évolutions de troupes de l’armée de Paris, on devrait bien, tout au moins, conserver les quatre grandes galeries du pourtour du palais formant un quadrilatère couvert, dont le centre pourrait être de nouveau rendu libre.
- On démonterait alors seulement les constructions de la ville de Paris et les divers pavillons par pièces numérotées (comme nous l’avons fait en 1868 pour transporter et remonter l’Isba russe dans la ferme des Tirés de Saint-Germain.)
- On utiliserait les galeries intermédiaires, dont la portée de 25 mètres est assez courante, pour toute espèce d’applications (halles de chemins de fer, ateliers, marchés couverts, gymnases, salles de fêtes, etc.
- Et l’on pourrait alors approprier la région centrale du Champ-de-Mars (restée bien assez large encore) soit à des manœuvres, soit à des fêtes nationales ou aux nouveaux bâtiments centraux des futures expositions universelles.
- « G.-A. Oppermann, ingénieur.
- (.Nouvelles Annales de la Construction.)
- (1) Voir nos derniers numéros.
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- LE CONSTRUCTEUR
- Paris
- 36, rue Blanche. 357
- Supplément au n° 332. — Lundi 30 Décembre 1878.
- REVUE DE L EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
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- RÉDACTEURS.
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de TEcole polytechnique.
- MM. DEB1É, Ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction (même avec indication de la provenance) en'est absolument interdite.
- LES MACHINES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Nous avons trouvé plusieurs industriels français qui en sont encore à penser que les machines à vapeur des constructeurs anglais sont supérieures à celles de France.
- Il est peut-être inutile de les rappeler au sentiment patriotique ; mais il est intéressant pour eux d’étudier l’opinion de nos concurrents eux-mêmes.
- Voici ce qu’on lit dans le journal technique anglais, The Engineer, à la date du 22 novembre dernier :
- « L’Exposition française de 1878 nous a démontré que nous avons à nos portes des concurrents avec lesquels il sera bientôt impossible de lutter victorieusement dans différentes branches de l’industrie que nous regardions jadis comme des spécialités anglaises.
- » La même conclusion était mise en lumière par les Expositions de Vienne et de Philadelphie; toutefois, les enseignements de cette dernière étaient fort affaiblis par la distance. Quant à la première, elle jeta un jour moins éclatant sur cette vérité que celle de Paris. Il est impossible et inutile de nous étendre longuement sur cette démonstration ; une seule catégorie d’exemples suffira pour l’établir : prenons les machines à vapeur.
- » On ne pouvait, croyons-nous, passer quelques jours au Champ-de-Mars, sans être convaincu que les machines à vapeur exposées par la France et la Belgique étaient, à peu d’exceptions près, admirables quant à la conception, la forme, l’extension et la qualité des matériaux. Il y avait très-peu de mauvaises machines. Il est pénible de l’avouer — mais il vaut mieux ne pas le cacher, — sous tous les rapports, ces machines étaient égales à ce que l’Angleterre avait produit de meilleur. Nous n’avons pas de raison de croire qu’elles n’étaient que des spécimens exceptionnellement soignés et construits pour la circonstance; nous avons pu nous assurer du contraire, et nul doute ne peut subsister à cet égard, que la plupart d’entre elles étaient exécutées d’après les plans et sur les modèles de types en usage depuis des mois et même des années en France, en Belgique ou en Allemagne. Il est probable que les constructeurs avaient apporté plus de soins que de coutume dans le fini des détails tels que la peinture et le poli, et qu’ils avaient rendu leurs produits plus flatteurs à l’œil, mais ceci n’infirme en rien ce que nous avançons.
- » Sous le rapport de la disposition, de la qualité des matériaux, de la bonne exécution et de tout ce qui constitue la vraie supériorité, l’exposition des machines à vapeur formait le plus bel ensembl e que l’on eût jamais vu. 11 est regrettable que les constructeurs anglais aient été si mesquinement représentés ; ce n’était certes pas encourageant de trouver une firme aussi éminente que celle de Messieurs Galloway et fils, tenir à peine son rang parmi les autres fabricants, tout en faisant probablement de son mieux. C’est sans esprit de dénigrement que nous constatons ce fait, que leur machine Compound, si admirable qu’elle soit, n’est pas supérieure aux moteurs présentés par des ingénieurs belges et français. Personne moins que messieurs Galloway ne contestera cette assertion. Nous pouvons même aller plus loin et affirmer qu’il n’existe en Angleterre qu’une demi-douzaine d’ateliers dont les produits puissent être comparés à ceux de messieurs Galloway, tandis que les exposants du
- Continent se comptaient par vingtaines, dont les machines étaient toutes si parfaites, qu’il était presque impossible de décerner la palme. Bien plus, les progrès réalisés sur le Continent sont de date relativement récente et depuis 1873, l’on y a continué à marcher à pas de géant.
- » Si autrefois les bonnes machines à vapeur se construisaient en Angleterre seulement, aujourd’hui l’on en produit partout. Les Français, les Allemands et les Américains trouvent à se procurer chez eux ce qu’autrefois ils devaient se procurer chez nous. Il en résulte que là où nous pouvions toujours, malgré nos prix élevés, écarter nos concurrents, grâce à la supériorité de nos produits, nous rencontrons aujourd’hui les ingénieurs étrangers placés au milieu de leurs propres ressources et la lutte ne porte plus que sur la question de prix. Sous ce rapport, nous craignons bien que le constructeur anglais n’en soit encore qu’à ses premiers pas.
- » Sur le Continent, en effet, le salaire est moins élevé et la journée de travail est plus longue qu’en Angleterre ; nous luttons donc à armes inégales et le manufacturier anglais aurait, probablement, plus de bénéfice à commander une machine à vapeur en Belgique et à la faire monter par des ouvriers belges, qu’à l’acheter à Manchester ou à Birmingham.
- » On nous reprochera, peut-être, de voir les choses sous un jour trop sombre -, cela se peut, mais nous ne pouvons rien gagner à fermer les yeux à l’évidence et à nous persuader que la situation est moins mauvaise qu’elle ne le paraît. Reconnaître un danger, c’est déjà le conjurer à moitié.
- » Faisons donc notre profit de cette leçon que nous donne l’Exposition de 1878 : si le constructeur anglais veut garder son rang sur le marché, il est plus que jamais indispensable qu’il ne livre que des produits extrêmement soignés.
- 7> Il est impossible de soutenir un instant de plus que le constructeur anglais fournit les meilleures machines à vapeur du monde.
- » On peut se procurer à meilleur compte, en France et en Belgique, des machines fixes de toute ,nature, aussi bonnes que n’importe quelle machine anglaise.
- » L’Angleterre n’a pas encore commencé à importer des machines motrices, mais peut-on dire qu’elle n’en importera pas bientôt ? »
- LES ATELIERS DE CONSTRUCTION
- Forges et Aciéries de La Chaléassière
- MM. V. B1ÉTBIX et C;*
- Constructeurs à Saint-Etienne (Loire).
- L’Exposition des ateliers de construction de la Chaléassière, à la classe 50, comprenait trois appareils principaux.
- Dans le tube atmosphérique de M. Rîanchet, dont nous avons donné la description dans ce journal, toutes les parties mécaniques avaient été construites par MM. Biétrix et Cie. Ce sont eux également qui font en ce moment la machine pneumatique colossale (les cylindres ont 2 mètres 900 de diamètre) , dont l’aspiration fera monter en deux minutes les bennes à la hauteur de 650 mètres, laquelle est maintenant franchie avec peine en vingt minutes.
- Le second appareil exposé était le lavoir, système Evrard, du type de Roche-la-Molière.
- Enfin une machine à agglomérer très-perfec-tionnée était exposée par MM. Biétrix et Ce ; en voici la description sommaire.
- Cette machine porte un moteur unique qui comprime la briquette, donne en même temps le mouvement de rotation au plateau à alvéoles et au malaxeur, et conduit les norias et soles distributrices. Les deux points particulièrement remarquables de la machine sont la came qui donne avec douceur au plateau un mouvement intermittent interrompu au moment de la compression, et la disposition qui assure, quoi qu’il arrive, la régularité absolue de la pression due. à la briquette. Ge résultat est obtenu par la disposition du levier coudé comprimeur dont l’axe, au lieu d’être relié à un bâti fixe, est porté par le piston d’un pot de presse hydraulique muni d’une vraie soupape de sûreté s’ouvrant de dedans en dehors et d’une autre soupape s’ouvrant de dehors en dedans. Tant que la briquette n’est pas comprimée à la pression voulue pour laquelle est réglée la soupape de sûreté, le piston résiste et la pression augmente. Dès qu’elle est arrivée au maximum fixé, l’eau s’échappe et la pression reste constante. Après la compression de chaque briquette, l’eau sortie du pot de presse y rentre par la seconde soupape. On réalise ainsi avec un très-petit appareil ce desideratum que l’on n’avait qu’incomplètement obtenu jusqu’ici avec des mécanismes très-coûteux, des contrepoids énormes ou des appareils hydrauliques complets munis de leurs pompes et accumulateurs. La briquette est également comprimée, quel que soit le remplissage des alvéoles, et une rupture devient impossible, alors même qu’un corps étranger y tomberait avec le charbon. Le piston hydraulique ne ferait dans ce cas que se soulever de quelques centimètres de plus.
- Dans cette machine, qui a obtenu une médaille d’or et dont un grand nombre ont été acquises par l’industrie houillère, la consommation de vapeur employée à la compression de la briquette est excessivement réduite.
- Il est utile et intéressant pour nos lecteurs d’étudier l’origine et les autres travaux ' auxquels se livrent les usines de la Chaléassière. Nous empruntons pour cela quelques lignes à notre confrère, le Mémorial de la Loire.
- Les ateliers de la Chaléassière ont été fondés, en 1838, par Jean-François Revollier.
- Après des débuts dans lesquels il fit preuve d’une grande intelligence et d’une rare énergie, Revollier obtint, en 1852, à la suite d’un concours où furent appelés de nombreux constructeurs, l’exécution de plusieurs machines d’extraction et d’épuisement de grande puissance pour la Société générale des mines de la Loire.
- A partir de ce moment, la prospérité de la maison ne se démentit pas sous les efforts constants de son chef; en 1866 elle prit plus d’extension et devint la Société Revollier, Biétrix et Ce. Enfin, depuis la mort de Revollier survenue en 1877, l’établissement est dirigé par MM. Biétrix et Considère, ingénieur des ponts et chaussées.
- Les ateliers, qui comptent parmi les plus considérables du bassin de la Loire, sont pourvus d’un outillage complet. Us comprennent une fonderie de fonte, une forge, des marteaux-pilons, une chaudronnerie, des ateliers d’ajustage et de montage. Us occupent de quatre à six cents ouvriers et peuvent exécuter les machines les plus puissantes :
- Ils ont livré depuis 1856 :
- 66 Machines d’extraction pour mines,
- 33 grandes Pompes d’épuisement pour mines,
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- 358 Paris,
- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Planche
- 128 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- 113 Machines à vapeur fixes pour usines ou ateliers,
- 15 Machines soufflantes,
- 82 Machines à agglomérer,
- 38 Lavoirs à charbon,
- 152 Machines diverses telles que repoussoirs à vapeur pour fours à coke, cabestans à vapeur, loco-mobiles, machines alimentaires, etc.
- 469 Chaudières à vapeur,
- A Gazomètres.
- Parmi tous ces appareils il faut citer les suivants :
- Les machines d’extraction des puits Neyron et Ambroise, à soupapes conduites par les cames Audemar, se distinguent de toutes les machines analogues par une simplicité remarquable.
- Les pompes d’épuisement des mines de Tretz donnent 10 mètres cubes d’eau par minute ; elles sont actionnées par des machines Compound à faible consommation de' vapeur. La perfection des équilibres permet de marcher à 13 coups par minute.
- Les forges et aciéries de la Chaléassière datent de 1868. Elles ont été créées pour la fabrication des bandages, et peu à peu transformées en une usine complète qui comprend aujourd’hui des fours Siemens-Martin pour la production de l’acier, des fours à puddler ; un train de laminoirs pour bandages, un train de grosse et petite tôlerie; un moyen-mill, un petit mill et des marteaux-pilons.
- L’usine occupe de trois à cinq cents ouvriers.
- Actuellement ces forges prennent leur large part de tous les grands travaux et outre ce qu’elles livrent à l’industrie privée, fournissent des tôles, bandages, essieux, canons d’acier, etc., à la marine, à l’artillerie et aux chemins de fer.
- Parmi les progrès qui y ont été réalisés, il faut citer la production de l’acier sans soufflures, au moyen de la compression.
- L’exposition métallurgique de MM. V. Biétrix et G®, occupait. l’angle d’une des salles de la classe A3. Le pan coupé était formé par une tôle d’acier Martin de 8ra00 de longueur, 2m,G0 de largeur et 10m,00 d’épaisseur.
- En avant étaient placés des bandages de tramways, de wagons et de locomotives, depuis les plus petits jusqu’aux plus grands diamètres de 0m600 à 3m100 ; et devant, des essieux de chemins de fer.
- A droite et à gauche étaient posés debout un gros tube en acier pour canon de 19 c/m et fun canon de campagne de 90 m/m également en acier. Ces pièces, comme la plupart des deux cents et quelques canons sortis de ces forges, ont été faites avec des lingots d’acier sans soufflures.
- Deux énormes morceaux d’acier puddlé pesant chacun 380 kilos étaient exposés, l’un brut tel qu’il est sorti du four à puddler, l’autre cinglé au pilon.
- Des barres d’acier de toutes dimensions, des tôles profondément embouties, travaillées, retournées en tous sens, montraient la variété des fabrications et la qualité des matières employées.
- LES liÉCOIPENSES ACCORDÉES
- Plu* le Ministre de l’Intérieur à l’Exposition universeîe.
- Le ministre de l’intérieur vient de décerner des récompenses aux personnes, aux œuvres et institutions, aux- services, dont un jury spécial lui a signalé les mérites et la participation remarquable à l’exposition collective organisée par le ministère de l’intérieur à l’Exposition universelle de 1878, et honorée par le jury international des récompenses de la plus haute distinction : de la grande médaille.
- Des médailles d’or et des diplômes, des médailles d’argent et de bronze ont été accordés aux exposants.
- Les directeurs et chefs de service exposants, les membres du jury d’admission et des récompenses, les services de la ville de Paris représentés dans une exposition spéciale, ont été déclarés hors concours.
- Nous citerons parmi les lauréats de la médaille d’or et du diplôme d’honneur : MM. Desjardins, Garnier, Merlet, archivistes ; les institutions nationales des Jeunes-Aveugles et des Sourds-Muets
- de Paris, l’institution nationale des Sourdes-Muettes de Bordeaux ; MM. Etcheverry, Levitte, Naïade, Mme la supérieure directrice de l’enseignement à l’institution des Sourdes-Muettes de Bordeaux, M118 Cailhe, MM. Denis, Trigant de Beaumont, Trouillet, les Sociétés de secours mutuels, M. Perrin, les sociétés de Charité maternelle et des Crèches de Paris.
- Des récompenses du même ordre ont été données dans les importants services de l’administration départementale, communale et hospitalière à MM. les docteurs Baume, Laffitte, Auzouy, Rous-selin, Fuzier ; à M. Labitte ; à MM. Marteau, Des-marest, Mourcou, Lavezzari, Denfert, architectes ; à la Société austro-hongroise de bienfaisance ; à M. de la Batut, à M. Vala de Gabel, à M. Bontoux, aux sociétés protectrices de l’EnfanGe de Paris, Lyon et Tours.
- _ La médaille d’or a été attribuée dans le service vicinal à MM. Guillot, Delmas, Fenouil, Ricard, Anthoine, Prevoteau, Lesguillier, Erhard.
- Un diplôme d’honneur a été accordé aux vingt-deux villes dont l’exposition a été jugée la plus remarquable : Amiens, Auxerre, Arras, Besançon, Bordeaux, Boulogne-sur-Mer, Bourges, Caen, Calais, Cambrai, Dijon, Grenoble, Le Havre, Lille, Lyon, Montpellier, Nancy, Nice, Reims, Rennes, Versailles.
- Les lauréats de l’exposition de l'administration pénitentiaire . sont MM. Normand, Vaudremer, Borne, architectes; M. Gay, ingénieur en Corse. Un diplôme d’honneur a été décerné à la colonie de Mettray, aux pénitenciers de Casabianda, de Chiavari, à la colonie des Douaires, aux sociétés générales des prisons, des jeunes détenus de la Seine, à la société de patronage des libérés.
- Le ministère de l’intérieur avait pris l’initiative d’une grande enquête sur les institutions et œuvres d’assistance, de prévoyance, d’épargne et de mutualité créées en faveur des ouvriers pour améliorer leur condition physique et morale. Nous indiquerons parmi les chefs d’industrie récompensés : la compagnie des mines d’Anzin, la compagnie de Châtillon-Commentry ; M. Schneider, M. Jules Siegfried; MM. Pouyer-Quertier, Menier, Vieillard-Migeon, Marne, Chaix, Japy, Seydoux, Peugeot, Redouly, Boucicaut ; la caisse d’épargne de Paris, la compagnie d’assurances générales de Paris, la compagnie de Fourchambault-Commentry, la compagnie des mines de Blanzy ; MM. Saint, Thiriez, Laroche-Joubert’; l’usine de la Seyne ; MM. Bapterosses, Badin, Octave Fauquet.
- Le ministère a donné, en outre, 60 médailles d’argent et 80 médailles de bronze. Le nombre des admissions à l’exposition collective du ministère de l’intérieur dépassait 2,700.
- LES MACHINES-OUTILS
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Les machines à river américaines.
- Ainsi que nous l’avons déjà rappelé lors de nos articles sur l’Exposition de Philadelphie, les Américains sont excités, plus que tout autre peuple, et | par la cherté de la main-d’œuvre et par leur nature pratique, à employer le plus possible les machines-outils.
- Nous pouvons ajouter que, pour la chaudronnerie, les qualités du travail produit par les machines sont tellement supérieures à celles des pièces ajustées à la main, surtout pour l’opération de la ri-vure, que, à prix égal, il y a grand avantage à employer les machines au point de vue de la résistance, de la durée et de l’étanchéité, sans parler de la rapidité du travail et de tous les avantages subsidiaires qui en découlent.
- Si l’on veut se rendre compte des causes de la supériorité de l’emploi des machines sur le travail à la main pour effectuer les rivures, il faut se rap-eler que le rôle d’un rivet consiste généralement former un joint rigide, résistant et étanche entre deux tôles, qu’il cale solidement entre ses deux têtes, par suite de sa résistance à la tension; en même temps, le rivet empêche le jeu latéral des tôles-par sa résistance au cisaillement. L’emploi des rivets placés à chaud permet de se servir d’un fer de qualités moindres que dans le cas contraire -, il augmente aussi l’action calante des têtes du rivet, par suite de la contraction de la tige dans le sens longitudinal ; mais il donne moins de résistance au cisaillement, en empêchant la tige de remplir complètement les trous. La rivure à la main à l’aide de
- marteaux doit être suivie d’une opération complémentaire pour finir le joint, il n’y a pas assez de force pour que le corps du rivet remplisse le trou conique percé dan^ la tôle, ni pour donner aux têtes une forme régulière en formant un joint étanche entre leurs faces inférieures et les tôles. En outre le rivet est fréquemment refroidi, avant que l’opération soit complètement achevée
- L’emploi de la vapeur, de l’air comprimé, de l’eau ou .d’une autre force motrice permet d’opérer à froid sur des rivets formés d’un métal de bonne qualité, ou bien, si l’on rive à chaud, comme c’est généralement le cas, d’achever le travail pendant que le rivet est encore chaud et d’utiliser ainsi entièrement la contraction qui a lieu pendant le refroidissement. Les têtes sont exactement façonnées, leur joint est parfait et les tiges remplissent bien les trous des tôles.
- Depuis qu'on a introduit l’emploi des machines pour river les chaudières et autres pièces mécaniques, toutes les machines en usage ont été basées sur le principe général de la machine à estamper, mise en mouvement soit par la vapeur, soit par l’eau. Les machines devaient donc être construites très-solides et massives ; elles exigaient des maçonneries considérables pour les fondations, des engins pour suspendre les pièces à river près de la machine et occasionnaient des frais énormes pour faire mouvoir et mettre en place des objets aussi volumineux.
- Pour cette cause, peu de constructeurs ont voulu adopter le nouveau système de rivetage à la machine, en France surtout où l’on hésite si longtemps avant d’adopter un nouvel engin mécanique.
- Nous avons remarqué, dans la section américaine, à l’Exposition universelle, des machines à river de la plus grande simplicité qui iprésentent à la fois les avantages du travail à la main et du travail mécanique.
- Telle est, par exemple, la machine Allen qui fonctionne d’après le principe du travail à la main ; elle forme la tête du rivet par une succession de coups rapides donnés tout autour du rivet jusqu’à ce que la tête ait la forme voulue.
- L’appareil se compose de deux leviers parallèles. Toutefois, le levier supérieur étant, articulé autour d’un axe porté par celui du dessous, peut osciller sous l’action d’un cylindre de pression placé à une extrémité de l’appareil et qui a pour but de fermer ou d’ouvrir les deux branches.
- L’axe d’oscillation divise ainsi les leviers en deux bras, dont les plus grands sont assez longs pour embrasser les tôles les plus larges employées dans la construction ; ces mêmes bras portent, l’un la machine à river, l’autre une étampe ou enclume convenable avec un porte-poids.
- L’appareil est suspendu à une barre placée à une certaine hauteur, afin de permettre son déplacement dans le sens de la longueur de la chaudière quand on fait des rivures en ligne droite ; on peut donc employer la machine pour chaque rivet sur toute la largeur de la tôle.
- La machine à river proprement dite consiste en un petit cylindre dont le piston est activé par la pression atmosphérique ; le marteau est attaché à la tige du piston. La soupape est actionnée directement par la pression dans le cylindre sans aucun mécanisme supplémentaire et disposée de façon que la longueur de la course se règle d’elle-même automatiquement de manière à correspondre à la diminution de longueur qui se produit à mesure que la tête se forme. La tête du marteau tourne d’une certaine quantité à chaque course, afin de donner à la tête du rivet un fini régulier.
- La machine travaille avec une pression de 1 à 1 1/2 atmosphère et fait 300 à A00 courses par minute. Le temps nécessaire pour former une tête de rivet de 0m,018 est d’environ 6 secondes; et en marche normale, en tenant compte des pertes de temps, on peut achever quatre rivets en une minute.
- Après avoir introduit le rivet chauffé dans le trou, on fait avancer l’étampe et on la place sur le bout de la tête du rivet; l’ouvrier donne alors la pression dans le cylindre, en mettant immédiatement la machine à river contrôla tôle et au-dessus du rivet, puis il ouvre la soupape, afin de donner la pression dans l’appareil à river. On voit qu’il ne faut qu’un sel homme pour manœuvrer la machin®.
- Le poids de l’appareil avec les leviers n’est que de 150 kil. environ, de sorte qu’on peut le trans-
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- porter aisément à l’endroit où le travail doit s’effectuer. Le seul moyen de fixage nécessaire se compose d’une tige pour suspendre la machine et sur laquelle elle peut se déplacer dans le sens longitudinal; un tuyau de 0m, 05 convient très-bien dans ce but. La machine es! disposée le plus avantageusement, de manière à travailler horizontalement sur le côté de la chaudière ; ceci est surtout avantageux pour les grandes chaudières ; mais la machine peut, au besoin, fonctionner dans toute autre position.
- Quand l’appareil agit sur des joints circulaires, on doit tourner la chaudière de façon à amener le rivet devant la machine à river. M. Allen a imaginé à cet effet un support nouveau pour chaudières, qui permet à l’opérateur de faire tourner aisément les plus grandes chaudières et les maintient solidement en place sans travail manuel supplémentaire,
- Ce support est formé de deux fortes semelles en bois ou mieux en fonte soutenant chacune les axes de deux roues ou galets. Pour chaque semelle l’un des axes de galets est fixe, tandis que l’autre peut se placer à une distance plus ou moins grande du premier suivant le diamètre de la chaudière; celle-ci, en effet, repose sur les quatre galets ou roues, ainsi qu’on l’a déjà compris.
- L’une des roues est munie de chevilles pénétrant dans les troüs de la chaudière (formant ainsi une espèce d’engrenages) et de creux correspondant aux têtes des rivets ; ces creux forment un second engrenage dont on se sert dans le cas où le support est placé sous un joint circulaire dans lequel les rivets ont déjà été chassés.
- Une roue héliçoïdale, mise en mouvement par un petit volant à main, agit sur cette roue, la fait tourner et entraîne par suite la chaudière.
- Après eette indication de la machine à river d’Al-len, notre confrère belge, le Moniteur industriel, en rappelle les avantages : facilité de transport, rapidité de travail et économie de main-d’œuvre.
- Ces avantages sont expliqués par la description même que nous venons d’en donner.
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Métallurgie moderne
- — Suite (î) —
- On connaît les inconvénients des chauffes ordinaires : on ne peut diriger la combustion ; tantôt l’air est en excès, tantôt en proportion insuffisante, et avec cela, dans les deux cas, on perd une partie delà matière combustible, dans le cendrier, sous forme d’escarbilles, et dans la fumée, sous forme de gaz.
- D’autre part, il est facile de régler, d’une façon invariable, la combustion des gaz, d’avoir à volonté, selon les besoins, une flamme plus ou moins oxydante ou réductive.
- Mais la gazéification n’entraîne-t-elle pas nécessairement une certaine perte de chaleur? je répondrai oui ou non, selon les circonstances.
- Tout combustible, solide ou liquide, peut être brûlé intégralement d'un seul coup ou en deux temps.
- Dans le premier cas, on obtient de l’eau et de l’acide carbonique; dans le second, d’abord de l’oxyde de carbone et de l’hydrogène libre ou plus ou moins carburé ; puis ces produits gazeux sont à leur tour transformés en eau et acide carbonique ; or, dans les deux cas, la chaleur totale est la même. Si donc, dans les deux modes de combustion, les pertes de chaleur, par rayonnement et par contact, étaient identiques, il y aurait tout avantage à transformer d’abord le combustible solide en gaz. Mais, dès que le gazogène se trouve à une certaine distance du fourneau [dans lequel le gaz devra être brûlé, la perte sera d’autant plus grande que le refroidissement sera plus complet dans ce trajet. Remarquons toutefois que ce refroidissement préalable peut devenir nécessaire lorsqu’on désire produire de très-hautes températures avec des combustibles chargés d’eau, tels que le bois, la tourbe, les lignites, etc. Avant de
- (i) Voir notre numéro du 16 décembre.
- brûler les gaz, il faut alors les débarrasser de la vapeur d’eau. Dans ce cas, la gazéification, avec condensation des vapeurs entraînées, devient une nécessité malgré la perte réelle qui'en résulte.
- Au reste, en tout état de chose, il importe de savoir à quelle perte maximum on s’expose par le fait de la gazéification. Pour cela il suffit de calculer les chaleurs produites par la combustion intégrale et par celle du combustible gazéifié. Prenons, comme exemple, une houille grasse ordinaire, dont le pouvoir calorique absolu est d’environ 9,000 calories, si nous la supposons sans traces de cendres.
- La composition moyenne d’une pareille houille
- est de ;
- Carbone.............. . 0,87
- Hydrogène...............0,85
- Oxygène et un peu d’azote. 0,08
- En gazéifiant cette bouille, on aura surtout, outre l’oxyde de carbone, de l’hydrogène libre et du gaz des marais. Si nous admettons successivement les deux cas extrêmes, c’est-à-dire uniquement de l’hydrogène libre, ou exclusivement du gaz des marais, on trouve, d’après les pouvoirs calorifiques bien connus de ces gaz :
- Dans le premier cas . . 6,601 calories.
- Dans le second cas . . 6,650 —
- Ce serait, en admettant le refroidissement complet des gaz jusqu’à zéro, une perte de 2,399 calories, ou de 0,266 dans le premier cas, et une perte de 2,350 calories, ou de 0,261 dans le second cas; -c’est par suite comme perte maximum, une moyenne très-approchée de 26 p. c. Or la houille grasse est de tous les combustibles celui qui brûle le mieux sur une grille. Les 26 p. c. représentent donc un maximum exagéré, même en admettant que les gaz soient entièrement refroidis, ear, des 26 p. c., il faudrait en tout cas retrancher les pertes ordinaires par la fumée et les escarbilles. D’autre part, ces 26 p. c. disparaissent complètement là où les gaz sont brûlés chauds, au sortir même des gazogènes, comme dans les fours Poëtius, Biche-roux, Ponsard et leurs analogues. Les avantages de la gazéification sont alors évidents, puisque non-seulement on peut rigoureusement régler la combustion, mais encore éviter la perte par les escarbilles et la fumée. Seulement, et c’est là le point capital, il s’agit de bien opérer la gazéification; Il faut qüe les gaz renferment le moins possible d’acide carbonique, d’hydrocarbures liquides et de vapeur d’eau, et que les gazogènes ne produisent pas des escarbilles comme les fours à grilles. Sous ces divers rapports, les gazogènes n’ont pas dit, bien certainement, leur dernier mot. On ne saurait encore dire s’il faut donner, d’une façon générale, la préférence aux gazogènes à tirage naturel, ou aux gazogènes soufflés, et s’il faut, dans ce dernier cas, fondre ou non les cendres du combustible. Dès l’origine, on s’est servi des deux modes d’alimentation ; en Carinthie, on a gazéifié le bois au courant d’air naturel et au courant d’air forcé, et dans plusieurs forges de France et d’Allemagne, on a gazéifié de même, par les deux procédés, la tourbe et les houilles.
- A suivre,
- LA FABRICATION Dü VERRE
- (Conférence de M. Clémaudot).
- Le verre est du sable, ou mieux de la silice fondue. Pour rendre la silice fusible, on emploie des fondants, et avec la nature des fondants, les propriétés du verre sont différentes. Si les fondants sont de la soude et de la chaux, on a le verre ordinaire ; — si les fondants sont la potasse et la chaux, on a le verre de Bohême. Enfin, si dans ce dernier, on remplace la chaux par le plomb, on a le cristal. En rendant le cristal opaque au moyen d’un sel d’étain, on obtient Vémail. On a même fait des verres avec du zinc, et ils ont une pureté, et un éclat remarquables. Dans tous ces verres, la proportion de silice est de 75 o/O.
- L’art de la verrerie était autrefois un art noble. C’était un privilège reconnu et un moyen de refaire des fortunes souvent très compromises. On installait la verrerie dans un bois et on chauffait les fours avec les arbres abattus. La place une fois nette, on allait plus loin installer un nouveau four. Beaucoup d’appellations usitées dans les verreries conservent le souvenir de l’action exer-
- cée [sur cette industrie par les gentilshommes verriers.
- Aujourd’hui, ce n’est plus avec du bois que l’on chauffe. On se sert du charbon de terre et même des gaz combustibles extraits de ce charbon.
- Mais si les procédés ont changé, on n’a fait cependant que suivre la voie si largement ouverte depuis les temps les plus reculés pour la décoration de la verrerie Le verre décoré peut être taillé, gravé, coloré ou peint. ;
- Pour le tailler on se sert de meules en grès, puis on finit avec des meules en pierre recouvertes de sable : enfin on le polit avec des meules en bois et même en liège.
- Si on ne laisse que certaines parties sans les polir, on peut obtenir des dessins sur le verre ; mais, en général, pour le graver on se sert d’un acide qui attaque rapidement les portions de la surface avec lesquelles on le laisse en contact et qui permet d’obtenir ainsi des dessins très fins. L’acide employé le plus souvent est l’acide fluorhydrique.
- Pour colorer le verre ou l’émail, on se sert de différentes matières introduites dans la [masse en fusion. Nous ne pouvons ici les passer en revue, bornons-nous à citer les deux belles couleurs rouge et jaune des verres de Bohême, qui sont obtenues, la première avec de l’or, la seconde avec du charbon.
- Pour peindre le verre on se sert de couleurs vitrifiables, placées d’une façon particulière sur l’objet à décorer.
- Il serait impossible de citer ici la multitude infinie de procédés suivis pour la décoration de la verrerie. Qu’il nous suffise de savoir que le mérite de cette décoration dépend absolument de la valeur et du tour de main de l’ouvrier. Qu’il s’agisse d’obtenir des formes tourmentées ou des nuances particulières, les procédés sont excessivement simples, et nous ne nous y arrêterons pas plus longtemps.
- Il est préférable de reporter son attention sur trois ou quatre produits plus actuels pour lesquels les méthodes suivies ne sont pas très-répandues. — Et tout d’abord l’industrie des glaces doit attirer notre attention.
- Il y a à l’Exposition une glace de Saint-Gobain, qui a 27 mètres carrés de surface et qui est considérée comme la limite de ce que peut produire l’usine, car les tunnels de chemins de 1er seraient trop petits pour laisser passer celles qui auraient des dimensions plus grandes. Mais c’est là le seul obstacle mis à la construction de glaces plus considérables. La longueur surtout en pourrait varier dans de grandes proportions. La difficulté principale est la largeur. La glace de l’Exposition a 4 mètres 10 de large ; mais ce n’est pas une limite absolue.
- Les glaces sont coulées d’un seul coup. La matière s’étend sur une table de fonte, un rouleau la répartit également en laissant au verre assez d’épaisseur pour la taille et le polissage. C’est donc un véritable laminage’qu’elle subit ainsi, et l’on conçoit la difficulté de répartir également la matière sur une grande largeur.
- On remarque depuis quelque temps à certaines vitrines des objets en verre transparent sur lesquels il semble qu’on ait déposé une vapeur légèrement violette. Ce n’est qu’une vapeur, en effet, car un frottement un peu énergique le fait disparaître. Mais l’effet obtenu est assez joli, et la façon dont la découverte a été faite vaut la peine d’être racontée. Il y a quelque part, à l’étranger, un verrier qui descend sans doute des gentilshommes dont nous parlions tout à l’heure, ou qui, tout au moins, a conservé quelque chose de leurs manières. Quoi qu’il en soit, ce verrier n’allait sans doute pas souvent à son usine, car, un jour qu’il avait annoncé sa visite, on résolut de le fêter par des réjouissances et des feux d’artifices. On ne marchande pas dans ce pays les témoignages de sa joie, et l’on avait mis des flammes de bengale jusque dans le four à recuire !
- Vous jugez de la stupéfaction du contre-maître qui vint le lendemain retirer du four les pièces qu’il y avait mises, en les trouvant couvertes de la vapeur dont nous venons de parler ? — Enquête, analyse, bref on travailla la question et l’on parvint à formuler une méthode pratique pour la production de cet effet décoratif.
- Nous venons de prononcer le mot de : four à recuire. C’est que, en effet, les pièces une fois fabriquées, il est nécessaire, pour les laisser refroidir lentement, de les placer dans un four spécial ; mais cela nous amène à parler du verre trempé.
- Depuis deux cents ans environ, on a essayé de tremper le verre, c’est-à-dire de le refroidir brusquement de façon à augmenter sa dureté. On obtient, en versant une goutte de verre dans l’eau froide, une larme très-dure, mais qui offre ce caractère particulier qu’en en cassant la pointe, la larme entière se réduit en poussière. Si, au lieu de verser le verre dans l’eau froide on le verse dans un, liquide dont la température soit la plus voisine
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- LE COMSTRÜCTEUR
- 56, rue Blanche.
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- 130 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- de celle à laquelle le verre passe de l’état solide^ à l’état pâteux, obtient le verre trempé.
- Donc, si l’on façonne un verre et qu’on le plonge ensuite dans un bain de margarine, — graisse avec laquelle on prétendait détrôner le beurre d’Isigny, et qui a seulement le mérite de permettre d’obtenir une température constante, — on aura un objet en verre trempé.
- Le verre trempé est-il incassable? Non. — Est-il moins cassable que le verre ordinaire ? Oui. — Il y a des sceptiques qui prétendent que le verre trempé casse spontanément quelques heures après avoir reçu un choc, et qui vont jusqu’à'nier la possibilité d’arriver à un résultat sérieux. — Il ne faut prendre à la lettre ni les louanges de l’inventeur, ni les critiques des rivaux. Il ne faut surtout décourager personne, ni juger un produit qui n’est pas encore arrivé à son point de développement pratique. Les études continuent, attendons.
- Le verre filé est aussi une forme sous laquelle cette matière peut avoir des applications nombreuses. Pour filer le verre, on en prend une baguette dont on expose une extrémité à la flamme d’un chalumeau. Le verre devient pâteux. On l’étire et on en fixe le bout sur un rouet, en laissant toujours à la flamme le bâton primitif. Le fil se forme seul par la traction qu’exerce le rouet en tournant, et l’on peut ainsi fabriquer des fils tellement fins qu’avec 100 grammes de verre on obtient 25 kilomètres de fil.
- Ce fil sert pour faire des perruques, des brocards, et même, tissé en étoffe serrée, jl sert à confectionner des filtres pour les acides.
- Mais on obtient encore des fils plus fins que ceux dont nous venons de parler en laissant couler du verre par l’orifice d’un creuset et en faisant arriver dans le fil liquide un violent jet de vapeur ou d’air chaud. On obtient ainsi une véritable ouate. Nous avons entre les mains de cette neige de verre, légère, fine, soyeuse, et dont chaque brin est 45 fois plus fin que le fil de soie d’un cocon !
- Mais, direz-vous, comment mesurer ces diamètres infiniment petits ? C’est encore le verre qui nous le permet ; mais c’est un verre spécial, fabriqué par des procédés particuliers et qui est tellement fin, tellement pur, tellement homogène, qu’en plaçant un morceau de ce verre, sur lequel on a tracé un espace d’un millimètre, sous un microscope puissant, on est parvenu à partager ce millimètre en dix mille parties égales !
- On a dès lors une échelle métrique pour mesurer les infiniment petits, et l’instrument a pris le nom de micromètre. Devant de pareils résultats, obtenus avec une matière fabriquée, on ne sait ce que l’on doit le plus admirer, du verre qui l’a produite ou du graveur qui l’a travaillée.
- (La France.)
- LES TRANSMISSIONS
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Nous avons examiné, dans notre numéro du 9 décembre dernier, les principales courroies de transmission admises à l’Exposition. universelle de 1878. Précédemment nous avions décrit les tractions par câbles dont plusieurs machines motrices étaient munies. Ce nouveau mode de transmission étant généralement peu connu et appelé peut-être à de nombreuses applications, nous croyons devoir, dans l’intérêt de nos lecteurs, transcrire, d’après le Bulletin de la Société industrielle de Marseille, la communication faite par M. James Durié, de Manchester, à la Société des ingénieurs-mécaniciens de Londres.
- Jusqu’à présent les roues dentées étaient seules employées pour les grandes forces et les courroies pour des puissances plus faibles.
- Aux Etats -Unis, cependant, on avait essayé de larges courroies pour transmettre de grands efforts. On évitait ainsi le bruit et les vibrations inhérents à la transmission par engrenage.
- Cet essai ayant réussi, l’emploi des courroies pour grandes puissances s’est généralisé en Amérique. On a pu voir à l’Exposition de Philadelphie une courroie de 1.525 de largeur (5 ft) et de 56 mètres de longueur (186 ft). D’autres courroies de 0.915 de largeur sont employées à Lowell. On a même essayé de remplacer ces courroies par des bandes d’acier semblables à des rubans de scie, mais cette modification n’a pas été heureuse.
- MM. Combe et Barbour, de Belfast, et après eux, les industriels de Manchester, ont employé depuis longtemps un autre mode de transmission qui jouit
- des avantages de la transmission par courroies. Celles-ci sont remplacées par des cordes, enroulées sur la jante du volant de la machine et s’enroulant ensuite sur des poulies. Les jantes, dont on augmente considérablement la largeur, portent un certain nombre de rainures en V, parallèles, dans lesquelles les cordes s’engagent ; chaque corde est indépendante des autres.
- Les cordes employées sont en chanvre, soigneusement choisi et bien tordu, les fibres étant aussi longues que possible. Les cordes doivent être souples et élastiques.
- L’épissure doitjêtre très-uniforme et ne doit pas augmenter notablement le diamètre de la corde, elle est pour une corde 53 m/m de diamètre, d’une longueur de 2.800 à 3.000 ordinairement.
- La puissance qu’une corde peut transmettre dépend de sa dimension et de la vitesse à la circonférence du volant. Le nombre des cordes est réglé par l’effort à transmettre.
- Les cordes employées ont 53 m/m et 43 m/m de diamètre pour les grandes et 34 ®/m pour les petites, il n’y a d’ailleurs rien d’absolu dans ces dimensions.
- La vitesse à la circonférence des poulies varie de 15m,00 à 30m, par seconde.
- , Une condition essentielle : c’est d’avoir entre le diamètre des cordes et celui des poulies un rapport convenable. On prend ordinairement comme diamètre de la poulie, trente fois celui de la corde ; cette proportion a été déterminée par la pratique et n’est pas indifférente, car de la dimension des poulies dépend en grande partie la durée de la corde.
- La distance entre les arbres peut varier de 6 à 18 mètres.
- Voici quelques exemples de transmissions qui fonctionnent actuellement :
- MM. Pearce frères, de Dundee, ont construit, dans leurs ateliers de Lilybank-Foundry, une transmission par cordes pour les établissements de filature et de tissage de MM. A. et J. Nicoll.
- Elle fonctionne depuis le mois de juin 1870.
- Le volant de la machine a 6“,710 de diamètre, 18 rainures sont taillées au tour sur sa jante dont la longueur est de lm,470.
- La machine fait 43 tours par minute, la vitesse à la circonférence du volant est donc : 15 mètres par seconde.
- Effort en kilogrammètres que les cordes transmettent.
- La force de la machine varie de 400 à 425 chevaux de 75 kilogrammètres.
- La puissance transmise par chaque corde de 53 m/m de diamètre.est environ de :
- 425 chevaux 18 “
- 23 chev. de 75 kilogram.
- La vitesse à la circonférence étant de 15 mètres par seconde, l’effort en kilogrammètres sera :
- 23 chevaux X 75 kilogram. , „ „ .
- ---------15 mèïres"-------- = 1,5 kllo«ram'
- Et l’effort par centimètre carré :
- 115 kilogrammètres
- -----Sefes--------- =5M2
- ce qui correspond à environ 1/100 de la charge de rupture.
- L’angle de 40° des deux faces de la gorge est celui qui a donné les meilleurs résultats. Si cet angle est trop obtus, les cordes glissent ; s’il est trop aigu, les cordes se coincent et s’usent très-rapidement.
- La force motrice est transmise :
- 1° Au rez-de-chaussée, par 5 cordes, les poulies ont 2.300 de diamètre, la puissance étant de 115 chevaux de 75 kilogrammètres ;
- 2° Au premier étage, par 4 cordes, les poulies ont 1.680 de diamètre. Elles transmettent 92 chevaux de 75 killogrammètres.
- De l’autre côté de l’arbre de la machine 5 cordes transmettent 115 chevaux de 75 kilogrammètres à l’atelier de tissage, la poulie a 2.300 de diamètre.
- Afin d’avoir sur les poulies le plus grand arc embrassé, on a, lorsque l’on a pu le faire, disposé la transmission de manière à ce que le brin moteur, c’est-à-dire le brin tendu, se trouve en bas, le mou de l’autre brin se reporte sur les poulies et l’arc embrassé est augmenté d’autant. Il n’est pas tou-
- jours possible d’arranger ainsi le mouvement, mais il est très-important de le faire lorsque la transmission est horizontale, car l’arc embrassé est augmenté et l’on sait que la tension d’une courroie varie comme Aa (a étant l’angle de contact avec la poulie).
- Une observation à faire c’est qu’aucun arbre de transmission principale n’est conduit par moins de 4 cordes; chacune d’elles ne transmettant que 115 kilogrammètres, on peut accidentellement leur faire supporter un plus grand effort, ce qui arrive si une corde a besoin d’être tendue ou si elle casse ; dans ce dernier cas, la corde tombe à terre et les autres sont plus que suffisantes pour transmettre accidentellement toute la puissance, étant donné le faible coëfficient de résistance auquel elles travaillent (1/100 de la rupture).
- La corde cassée est remise en place au prochain arrêt de la machine.
- Un autre exemple de cette transmission se trouve dans les usines de filature et de tissage Samnuggur Jute Factory, de Calcutta. Ici toute la transmission est au rez-de-chaussée.
- La machine est au centre de la construction, d’un côté se trouve l’atelier de filature, de l’autre l’atelier de tissage. La machine est de la force de 1,000 chevaux de 75 kilogrammètres et fait 43 tours par minute. Le volant a 8.540 de diamètre sur 2.000 de largeur, la vitesse à la circonférence est de 19m22. Le diamètre des cordes est de 53 mjm. 18 cordes transmettent la force motrice à la filature et 7 au tissage. 25 cordes transmettent donc 1,000 chevaux de 75 kilogrammètres, soit 40 chevaux par corde.
- L’effort supporté par chaque corde est donc :
- 75 kilogram. X /iQ chev. =152kil 19m,22 6
- 152
- par ce2 7T-«fôvst- = 6k,9 ; c'est un coefficient un S. 53 “/ra
- peu plus fort que dans l’usine'de Dundee. Comme dans cette usine, tous les arbres sont commandés par plus d’une corde, excepté quelques transmissions de métier à tisser. Cette transmission a donné d’excellents résultats, quoique le climat chaud et humide de Calcutta pouvait en rendre la marche moins sûre.
- A Calcutta on trouve encore les usines de filature et tissage Howrah Jute Spinning and Weaving Mili, conduite par une paire de machines Compound de 800 chevaux de 75 kilogrammètres. A la vitesse de 40 tours par minute, un volant de 57 tonnes transmet par 22 cordes la force motrice aux différents étages de l’usine.
- Son. diamètre est de 8“,54, sa largeur lm,75. Les cordes ont de 53 à 57 m/m de diamètre. La vitesse à la circonférence par seconde est de 17m, 90.
- L’usine a quatre étages, la force est distribuée directement à chaque étage par deux cordes qui transmettent 7.0 chevaux de 75 kilogrammètres. Les poulies ont lm,830.
- L'effort supporté par une corde est de :
- d’
- 800 X 75 17,90 X 22
- = 152 kilogrammètres.
- où le coëfficient de résistance est égal à 152
- -g—^= 6,4 kilogrammètres par c2.
- Ce système de transmission a également été employé dans la manufacture de cordes de Harris Smith et Ce, au Great Grimsby,dans le Lincolnshire. Construite vers 1830, la machine était de 100 chevaux de 75 kilogrammètres.
- La préférence avait été donnée à la transmission par cordes, à cause de l’avantage qu’elle offre de ne pas donner de vibrations ; cela était très-important, car l’usine étant construite sur les bords de l’Humber, le terrain sablonneux des rives n’inspirait pas une très-grande sécurité pour la résistance des maçonneries. Dans cette usine la forme des rainures était demi-circulaire ou en U. Mais le frottement étant moindre, on était obligé d’employer plus de cordes. Celles-ci s’usaient naturellement moins vite ; il n’y avait donc aucun avantage, quant à la transmission.
- De plus, le système était plus embarrassant. La pratique a définitivement adopté la forme en V.
- (A suivre.)
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- Paris LE CONSTRUCTEUR 56, rue Blanche. n
- Supplément au n° 334. — Lundi 13 Janvier 1879.
- REVUE DG L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
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- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de l’Ecole polytechnique.
- MM. DEBIÉ, Ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA, — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction (même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LES APPAREILS INDICATEURS
- de sécurité et de précision
- de M. Edouard Bourdon,
- Ingénieur-Constructeur, 74, faubourg du Temple,
- A PARIS
- M. Edouard Bourdon exposait dans la classe 5 une série d’appareils du plus grand intérêt dont la plupart étaient relatifs aux moteurs à vapeur et que nous réunissons dans une même étude ; on jugera mieux ainsi de l’importance de cette maison, fondée en 1832, par M. Bourdon père dont la réputation si justement méritée est universelle..
- Manomètres et indicateurs du vide.
- Les manomètres de M. Bourdon étaient les seuls appliqués aux 5 groupes de chaudières fournissant la vapeur dans la section française ainsi qu’aux générateurs des sections anglaise et belge: Nous avons constaté que sur un nombre total de 860 manomètres appliqués sur les différentes machines françaises et étrangères qui figuraient à l’Exposition, 360 venaient des ateliers de M. Bourdon, les 500 autres se répartissant entre 26 fabricants de manomètres tant français qu’étrangers. Les vitrines d’exposition de cet ingénieur renfermaient :
- 1° La collection des différents modèles que la maison fournit à la Marine de l’Etat et à l’Amirauté anglaise, aux Compagnies de chemins de fer, aux constructeurs de machines français et étrangers ;
- 2° Les modèles spéciaux, tels que : Enregistreurs; contrôleurs simples et doubles ; avertisseurs à sonnerie ; manomètres combinés pour le vide et la pression; appareils de démonstration; manomètres à cadran lumineux ; manomètres à tube d’argent pour Vammoniaque ; manomètres à plusieurs cadrans ;
- 3° Un manomètre-indicateur et enregistreur de pression ; c’est une application toute nouvelle de l’appareil Redier qui permet d’obtenir avec un tube manométriqne de très-petites dimensions : 1° l’indication de la pression à distance et sur un cadran de grand diamètre ; 2° le tracé très-visible et amplifié de la courbe des variations de la pression. Cet appareil était mis en communication avec les conduites d’eau de la galerie des machines et l’on obtenait chaque jour, le tracé de la courbe des pressions.
- L’organe essentiel de ces manomètres est le Tube métallique cintré et à section elliptique dont l’invention est due à M. Eugène Bourdon ; la supériorité reconnue des manomètres construits dans les ateliers de l’inventeur, tient aux soins apportés dans la fabrication de ces tubes qui sont de trois espèces : tubes simples en laiton ou maillechort pour basses et moyennes pressions ; tubes doubles, triples ou quadruples agissant comme des ressorts à plusieurs feuilles et résistant à des pressions de plus en plus élevées ; tubes en acier trempé pour pressions allant jusqu’à 2,000 atmosphères.
- Appareils de sûreté pour chaudières à vapeur.
- Parmi ces appareils, il faut noter :
- 1° Les flotteurs (système Eug. Bourdon), à sifflets d’alarme pour le manque d’eau et le trop
- d’eau. L’avantage de ces appareils consiste dans la suppression des garnitures en étoupe ; l’axe qui relie le flotteur intérieur à l’aiguille indicatrice placée extérieurement, est ajusté à rodage conique ; il tourne librement et ne laisse passer aucune trace de vapeur ;
- 2° Les niveaux (système Daniel), dans lesquels on remarque un serpentin qui relie la partie supérieure du tube indicateur à la chambre de vapeur de la clarinette ; ce serpentin renferme une masse d’air comprimée et condense la vapeur qui tendrait à pénétrer dans le tube ;
- 3° Les sifflets d’alarme sans flotteurs (brevet Kenyon).
- Cet appareil se compose d’un réservoir muni d’un couvercle boulonné portant un sifflet, le tout monté sur une colonne placée sur la chaudière. Une capsule en cuivre mince et assez profonde est placée à l’intérieur du réservoir ; elle est traversée en son milieu par une tige qui est boulonnée avec elle et qui sert aussi de soupape au sifflet -, cette tige-soupape est pressée sur son siège par un ressort. Un tuyau, traversant la colonne-support, vient présenter son ouverture inférieure à la surface du niveau de l’eau qui est considérée comme limite de sécurité; ce tuyau établit la communication entre la chaudière et le réservoir.
- En marche normale, le niveau de l’eau étant au-dessus de la surface-limite, rappareil est complètement plein d’eau, la soupape est appuyée sur son siège par le ressort et le sifflet ne peut fonctionner. Mais si le niveau dans la chaudière s’abaisse au-dessous de la ligne de sécurité, la vapeur remplit l’appareil ; le poids de l’eau que contient la capsule la force à descendre en même temps que la tige qui livre passage à la vapeur pour faire résonner le sifflet. Un robinet, mettant en communication le réservoir et la colonne, est destiné à reproduire, par l’évacuation de l’eau, le mouvement de la capsule, soit pour s’assurer que l’appareil fonctionne bien, soit pour utiliser le sifflet comme avertisseur.
- Régulateur de pression.
- Ce nouvel appareil est une application faite par M. Allmann du tube des manomètres Bourdon; il est indispensable à toutes les industries dans lesquelles on a besoin de vapeur à une pression constante, quelle que soit la pression dans les générateurs.
- Il se compose d’un récipient muni de deux tubulures de raccord et contenant un tube manomé-trique. Ce tube agit sur une soupape double et est équilibré par un contre-poids dont la position est variable sur le levier qui le porte. Un couvercle boulonné ferme le récipient. La vapeur arrivant par la première tubulure avant de se rendre aux appareils de l’usine, entre dans le récipient en passant par la soupape. A mesure que la pression dans ce récipient augmente, le tube s’enroule et ferme de plus enplus la soupape, qui finit par s’opposer tout à fait à l’entrée de la vapeur au moment où la pression limite dont on a besoin est atteinte. Si alors, la pression dans les appareils et par suite dans le récipient diminue, le tube se déroule et ouvre la soupape qui laisse passer une nouvelle quantité de vapeur.
- Ventilateurs et aspirateurs.
- Les ventilateurs exposés agissant par insufflation étaient :
- 1° Les ventilateurs à siphons. — L’enveloppe extérieure animée d’un mouvement de rotation et
- les tuyaux fixés présentant leur ouverture en sens inverse du mouvement forment un ensemble qui a pour but d’obtenir une pression d’air double de celle que donnerait un ventilateur à ailettes de même diamètre, et tournant à la même vitesse. Cette pression peut s’élever jusqu’à 1 mètre de hauteur d’eau.
- 2° Les ventilateurs à ailettes, destinés à souffler des feux de forges, des cubilots. La plus grande pression possible et le fonctionnement sans bruit sont obtenus par la bonne proportion des organes, résultat de nombreuses expériences.
- 3° Un ventilateur portatif mis en mouvement à bras d’homme sans autre orgaue de transmission qu’une vis sans fin actionnée par une roue à galets. Cette disposition réduit beaucoup le frottement que produirait une roue à denture hélicoïdale.
- Les aspirateurs, dont deux spécimens (l’un de grande dimension et l’autre portatif) étaient exposés, sont des ventilateurs aspirants et soufflants; ils sont disposés pour donner de grands volumes d’air avec une faible pression. On les emploie pour l’aération des séchoirs d’usines, des entreponts de navires, des galeries de mines, etc.
- Paliers graisseurs.
- M. Eugène Bourdon s’est spécialement occupé de la question si importante du graissage des pièces en mouvement. Un tableau représentait toutes les dispositions qu’il a imaginées pour obtenir un graissage automatique.
- Deux modèles de paliers, l’un pour arbre horizontal, l’autre pour arbre vertical, permettaient de voir la manière dont l’huile entraînée par une rondelle se déverse sur le coussinet qui doit être lubrifié. Ces paliers complètement fermés mettent l’huile et les coussinets à l’abri de la poussière ; les réservoirs peuvent contenir de l’huile pour plusieurs mois.
- Pompes hydrauliques et moteurs à colonne d’eau.
- Les pompes hydrauliques exposées par la maison Bourdon consistaient en deux appareils :
- 1° Pompe pour graduer les manomètres à haute pression (système Eug. Bourdon).—Voici sur quel principe elle est basée : Un piston de section déterminée, pouvant se mouvoir librement dans un cuir embouti, est chargé de poids par l’intermédiaire d’un levier équilibré oscillant sur des couteaux. En comprimant de l’eau à l’intérieur d’un corps de pompe, on soulève le piston ainsi que le levier ; alors au moyen de poids placés à l’extrémité du levier on le ramène dans la position horizontale et on connaît ainsi la pression exercée par centimètre carré sur la surface du piston. La particularité intéressante de cet appareil consiste dans la suppression du frottement du piston sur le cuir embouti, frottement que l’on annule en animant ce piston d’un mouvement de rotation au moyen d’une manivelle et de deux engrenages.
- 2° Pompe pour diviser les manomètres. — Cet appareil est le modèle des compresseurs hydrauliques de petites dimensions employés dans les ateliers de M. Bourdon pour la graduation des manomètres par comparaison avec un manomètre étalon à tube métallique, lequel a été divisé lui-même comparativement avec une colonne de mercure à air libre.
- Aujourd’hui que la question des moteurs domestiques est à l’ordre du jour et que toutes les villes
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- LE CONSTRUCTEUR
- 36, rue Blanche
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- de quelque importance s’attachent à avoir un service d’eau, il faut noter les petites machines breve- I tées de M. Coque et construites par M. Bourdon, lesquelles fonctionnent simplement en les mettant ! en communication avec une conduite d’eau sous pression ; ces machines peuvent actionner, soit des machines à coudre, soit de petits outils.
- Dynamomètres et appareils de précision
- Le système de dynamomètre à mouvement de rotation exposé par la maison qui nous occupe a été étudié par M. Eugène Bourdon qui s’est proposé d’utiliser la poussée longitudinale exercée sur les dents des roues d’engrenages à dentures hélicoïdales pour obtenir l’indication de la force transmise entre deux arbres se commandant l’un par l’autre. Une aiguille se meut sur un cadran divisé expérimentalement et indique le nombre de kilo-grammètres transmis par chaque tour de l’arbre mobile du dynamomètre. On peut compléter l’appareil par l’addition d’un système qui enregistre les variations de la force transmise.
- M. Ed. Bourdon exposait aussi des indicateurs de Watt d’un nouveau système breveté, dont l’organe essentiel est encore un tube manométrique ; on évite ainsi les inexactitudes produites dans le tracé des courbes par la lancée du piston. Avec ces nouveaux appareils on peut prendre des diagrammes sur des machines locomotives donnant jusqu’à trois tours de roue par seconde.
- Enfin, il nous faut aussi citer l’appareil breveté par M. Manet, mais construit dans les ateliers Bourdon. Il sert à mesurer directement les allongements ou raccourcissements des barres soumises à des efforts de traction ou de compression, ainsi que le sens et l’intensité de ces efforts.
- La maison E. Bourdon, créée en 1832 par M. Bourdon père, a été dirigée par lui pendant une période de 40 années c’est-à-dire jusqu’en 1872, époque à laquelle M. Bourdon fils lui a succédé. Tout en conservant la fabrication supérieure qui a fait la réputation de la maison, le successeur s’est efforcé de perfectionner les procédés de fabrication pour les rendre aussi économiques que possible; il en est résulté une production plus grande que les chiffres ci-dessous relatifs aux manomètres attestent suffisamment. Le nombre des manomètres et indicateurs du vide, vendus pendant l’année 1871, a été de 7,200; il s’est élevé en 1874 à 9,550, en 1877 à 12,000 et en 1878 à 13,500. Le numéro de fabrication dépasse actuellement 250,000.
- La maison livre, en outre, un grand nombre d’appareils de sûreté pour chaudières à vapeur, de niveaux d’eau, de régulateurs de pression, de ventilateurs et de tous les instruments désig nés dans cette notice.
- Les ouvriers occupent des ateliers aérés, bien éclairés et chauffés pendant l’hiver ; des aspirateurs enlèvent les poussières de cuivre des tours à polir et les vapeurs acides des bains de soudure. En cas de maladie, les ouvriers ont droit gratuitement aux soins du médecin et aux médicaments; ils' reçoivent en outre une indemnité de 2 fr. par journée de maladie, sans qu’il leur soit fait aucune retenue sur leurs salaires.
- Les récompenses obtenues aux Expositions universelles jusqu’en 1872 par M. Bourdon père et depuis par son fils sont les suivantes :
- Médailles d’argent, Paris, 1834-1839-1844. Médaille d’or Paris, 1848.
- Council Medal, Londres, 1851, et croix de la
- Légion d’honneur. Médaille d’honneur, Paris, 1855.
- Grande Médaille, Londres, 1862.
- Médaille d’or, Paris, 1867.
- Médaille de progrès, Vienne, 1873.
- Médaille d’or, . Paris, 1878.
- LES GÉNÉRATEURS A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Rapport «le M. Aîlart,
- délégué de la Société des Ingénieurs civils, sur les
- générateurs fixes à l’Exposition universelle.
- Bien que nous ayons donné, dans notre Revue de l’Exposition, une série très-complète d’articles sur les générateurs, nous publions le rapport ou -
- résumé présenté par M. Allart, délégué de la Société des Ingénieurs civils :
- L’étude des générateurs de vapeur à l’Exposition de 1878 n’est pas sans offrir quelque difficulté; les modèles présentés sont nombreux ; chaque ingénieur a sa manière de voir personnelle ; enfin les conditions de fonctionnement d’une chaudière à vapeur diffèrent avec les industries auxquelles elles fournissent la force motrice. Aussi mettons-nous simplement sous vos yeux une sorte d’encyclopédie où nous avons réuni, collationné tous les renseignements, tous les chiffres que nous avons pu recueillir.
- La France, l’Angleterre, la Belgique, la Suisse ont principalement fourni les différents spécimens dont nous avons à parler. Les Etats-Unis, la Suède et l’Autriche offrent quelques types de chaudières marines ou de locomotives, et je laisse aux sections spéciales le soin de vous en entretenir.
- Nous étudions aussi les chaudières fixes sous les trois points de vue suivants :
- 1° Combustion, 2° Utilisation de la chaleur, 3° Constructions et accessoires.
- lrc PARTIE. — Combustion. —- Foyers.
- M. Allart développe ici quelques considérations qui expliquent la faveur marquée dont jouissait à l’Exposition le foyer genre locomotive. Nous trouvons le foyer extérieur sur les chaudières Boyer et Villette, Fontaine, Durenne, Lebrun et Meunier ; sur ces dernières avait été faite une application du chauffage Verdié. Sur les générateurs Belleville, Barbe et Pétry de Nayer, Mac Nicol, se trouve une sorte de foyer qu’on peut appeler mixte ; il est extérieur à la chaudière et offre cependant les dispositions générales du foyer de locomotive. Le foyer intérieur était employé sur les chaudières Chevalier et Grenier (générateur à chambre de combustion) ; Weyher et Richemond, Galloway, Escher Wys et Ce et Sulzer, ces deux dernières étaient munies du foyer Ten Brink. Toutes les chaudières à vaporisation rapide ont des foyers de locomotive : générateurs de Fives-Lille, Colombier, Field, etc., etc. Parmi les appareils accessoires des foyers, citons le tisonage Wackernie, l’injecteur d’air Turck, les registres automatiques Thauvoye et Dernon -court, Cleuet, Belleville ; la porte de foyer Howas-ton ; les grilles Belleville (barreaux ondulés), la grille Dobson (barreaux réticulés et percés) ; les grilles Michel Perret, Newbold, etc. Terminons enfin par les foyers gazogènes de MM. Muller et Fichet.
- Uma PARTIE. — Utilisation de la chaleur. — IMs-positions générales «les générateurs.
- L’Exposition ne nous a fait connaître aucun type nouveau de chaudière à proprement parler ; il faut seulement constater une étude plus approfondie des modèles connus ; une augmentation générale de la production de vapeur qui atteint en moyenne 8 kilog. Tous les chiffres relatifs à cette question ont été donnés par les exposants et sont cités sous toutes réserves : ils méritent une juste interprétation.
- Les chaudières à bouilleurs sont uniquement représentées par celles de MM. Boyer et Villette.
- Les générateurs Durenne, Fontaine, Victor Faur-cy, Lebrun et Meunier offrent différentes dispositions de chaudières semi-tubulaires.
- Des chaudières à foyer intérieur sont exposées par MM. Chevalier et Grenier (chaudières à boui-leurs verticaux) ; Weyher et Richemond, Galloway, Escher Wys et Farcot.
- La famille des générateurs à vaporisation rapide a de nombreux représentants ; les chaudières Belleville, Bordone, Berrerry, Colombier (tubes cintrés), Fives-Lille, Fouché et Delaharpe ; chaudières Field et Duchesne, construites par MM. Imbert de Saint-Chamond ; les chaudières Liénard-Benoît, Roser, Rikkers, Séraphin, Thirion. Dans les sections belge et suisse, les chaudières Barbe et Pétry, De Naeyer, Mac Nicol et Sulzer.
- IIIme PARTIE. — Construction des chaudières. — Accessoires.
- La tôle de fer est encore généralement employée ; on commence cependant à faire usage de l’acier (chaudières Galloway, chaudières de locomotive de Creusot et chaudières autrichiennes, chaudière du canot Durenne, chaudière de tramway Brown), L’acier employé est l’acier Martin. Parmi les pièces soudées il faut citer les foyers en tôle ondulée de Fox ; la boîte à feu Durenne ; les pièces soudées de MM. Imbert.
- Les systèmes d’emmanchement et d’amovibilité des tubes sont assez nombreux ; nous voyons, en
- effet, le simple sertissage, le tube bagué, le joint à l’amiante Girard, le tube Berendorf, l’appareil Brisse et le système Gantelme.
- Parmi les systèmes d’épuration des eaux, notons les tartrivores Dulac. Les appareils d’alimentation sont très-nombreux; nous voyons les injecteurs Giffard, Turck, Wabe, Friedman, Bouvret, Kœrting, Hancooch, etc. ; les pompes Chiazzari, Belleville, Tangye, Appely, Sulzer, Brown, Stapfer, deDuclos ; ces derniers appareils conviennent surtout aux générateurs fixes.
- Parmi les appareils réchauffeurs, le plus remarquable est, sans contredit, l’économiseur Green.
- Nous avons vu de nombreux exemples de mastics calorifuges ; il faut donner la préférence à la ouate minérale et aux lièges agglomérés.
- Terminons par les appareils d’analyse Orsat -, l’appareil Déchamp, et n’oublions pas la belle exposition de l’Association des propriétaires d’appareils à vapeur.
- A suivre.
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Métallurgie moderne
- — Suite (I) —
- Depuis 1861, à l’exemple de M, Siemens, on semble avoir donné la préférence au tirage naturel, mais sans avoir, je crois, sérieusement comparé les deux systèmes. Aujourd’hui on voit dé nouveau reparaître des gazogènes soufflés, mais, en réalté, je le répète, la question me paraît entière. Aucune comparaison raisonnée n’a encore été entreprise, du moins à ma connaissance. Tout ce que je puis dire sur ce point, c’est que, quel que soit le système adopté, il faut que les gazogènes soient assez vastes et à courant d’air lassez modéré, pour que l’acide carbonique ait le temps de se transformer , intégralement en oxyde de carbone, et que, dans J le cas de combustibles oxygénés ou chargés d’eau, on les torréfie au préalable et on se serve en outre de gazogènes à flamme renversée avec condenseurs à la suite, pour se débarrasser de l’excès d’eau.
- Il semblerait même, d’après de récentes observations de M. de Langlade, qu’il peut y avoir avantage à laver les gaz, n’importe leur origine, dès qu’ils doivent être brûlés dans un four à puddler. Mais je n’insiste pas sur ce point encore obscur, et me borne à constater que la gazéification des combustibles fait maintenant des progrès constants dans les forges et dans un grand nombre , d’autres industries, tels que le travail du cuivre, les verreries, les fabriques de porcelaine, les briqueteries, etc. Bref, je ne crois pas m’avancer trop en disant que, tôt ou tard, et même dans un avenir prochain, on substituera, dans la plupart des grandes industries, les fours à gaz aux fours à grille, en sorte que bientôt on n’aura plus à choisir qu’entre les fours à cuve et les fours à gaz.
- Observons maintenant que le combustible gazeux, dont je viens de parler un peu longuement, peut être chauffé avant la combustion, et que celle-ci peut aussi se faire à l’air chaud ou à l’air froid, comme dans les hauts fourneaux. J’ajouterai même que la combustion à l’air chaud fut pratiquée sur les gaz, dès 1840, par Faber du Faur en Allemagne et par Fleben en France.
- Cependant la pratique du chauffage simultané des gaz et de l’air ne date réellement que de l’invention de Y accumulateur Siemens. De même que l’on accumule la force en comprimant l’eau ou l’air, M. Siemens accumule, dans une chambre à briques, la chaleur que l’on perdait jadis par les cheminées. La première idée date de 1856, le dernier brevet de 1861. Depuis cette dernière époque, grâce à ce mode si simple de recueillir la chaleur perdue, les gazogènes se sont partout multipliés. Mais on peut abuser des meilleures choses ; on applique souvent les fours Siemens même là où réellement ils n’ont que faire. Pourquoi réchauffer les gaz, après les avoir refroidis, lorsque ni le refroidissement ni le réchauffage ne sont nécessaires? On conçoit que l’on ait recours aux fours Siemens pour les très-hautes températures, pour la fusion du verre, du cuivre et surtout pour celle de l’acier et du fer doux, mais pourquoi se servir des fours Siemens là où les appareils Boëtius et ses analogues suffisent largement? Pourquoi employer les ours Siemens pour le simple réchauffage des lingots destinés au laminage ? C’est un luxe et une faute que je ne comprends pas.
- A suivre.
- (1) Voir nos numéros du 16 et du 30 décembre 1878.
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- Paris LE CONSTRUCTEUR __ 36, rue Blanche.
- Supplément au n° 335. — Lundi 20 Janvier 1879.
- REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de l’Ecole polytechnique.
- \ MM. DEB1É, Ingénieur civil.
- RÉDACTEURS
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- J ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées a la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction (même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LA SOCIÉTÉ GÉNÉRALE
- DES
- MOTEURS A AIR COMPRIMÉ
- (Système L. Mékarski)
- 6, rue du Havre, à PARIS
- La Société générale des moteurs à air comprimé exposait dans les classes 50, 54 et 64 divers appareils constituant des applications des brevets L. Mékarski. Ces appareils ont donné lieu aux perfectionnements les plus remarquables apportés à l’exploitation des tramways et sont, en outre, une des inventions les plus ingénieuses de ces dernières années.
- Exposé dit système.
- Depuis longtemps on a songé à comprimer l’air dans des réservoirs au moyen de machines, puis à utiliser sur un organisme moteur, soit après un temps plus ou moins long, soit après transport dans un autre lieu, le travail contenu dans cet approvisionnement. Telles ont été, par exemple, les tentatives nombreuses faites pour la locomotion par l’air comprimé. On s’est immédiatement heurté contre des difficultés sérieuses.
- L’air, au fur et à mesure qu’il produit du travail par sa détente dans un organisme moteur, absorbe de la chaleur ou, comme on dit vulgairement, produit du froid. Cet abaissement de température a des inconvénients de diverses sortes. Au point de vue dynamique, il y a une différence considérable entre le nombre de’kilogrammètres que peut fournir un même approvisionnement d’air comprimé, suivant qu’on calcule ce travail en appliquant les formules de la détente à température constante ou celles de la détente sans addition de chaleur. Au point de vue physique, le refroidissement détermine la congélation de l’eau et des graisses et la formation entre ces deux substances d’une sorte de mastic qui vient entraver les mouvements.
- Tous les moyens employés jusqu’ici pour lutter contre ces inconvénients ont. été tellement inefficaces que l’on avait presque renoncé à la détente dans les machines à air comprimé, et par suite on n’utilisait que fort mal le travail contenu dans un approvisionnement donné. Dans le système Mékarski on évite tous ces inconvénients par un artifice qui consiste à admettre aux cylindres moteurs non pas de l’air sec et froid, mais de l’air saturé de vapeur à haute température. Ce mélange s’obtient d’ailleurs facilement en faisant traverser à l’air divisé en bulles fines une colonne d’eau chaude emmagasinée à 150 degrés environ au début de l’opération, et dont le volume est calculé par rapport à celui de l’air de telle sorte que les proportions du mélange restent constantes pendant toute la période de travail. (La proportion de vapeur dans le mélange varie entre 1/5 et 1/6). On conçoit immédiatement que cette condition soit facile à réaliser, puisque, pendant la période de dépense, la pression de l’air diminue dans le réservoir, tandis que la température de l’eau et, par suite, la tension de sa vapeur diminuent dans l’appareil saturateur.
- Il est inutile d’insister ici sur le rôle que joue par sa condensation la vapeur pendant la période de détente-, les notions les plus simples de la théorie mécanique de la chaleur en rendent compte. Il suffira de dire que, si l’on calcule Je travail fourni par un kilogramme d'air employé sec et froid et avec une détente telle que le froid produit ne dépasse pas la limite où le fonctionnement devient
- impossible, on trouve 9,500 kilogrammes es théoriques, tandis que, si l’on calcule le travail produit par le même poids d’air dans les conditions du système et avec l’admission pendant un tiers de la course, on trouve 19,500 kilogrammètres théoriques, soit en pratique, sur la roue motrice, de 12,000 à 15,000 kilogrammètres.
- La question de la quantité de travail ainsi résolue, il a fallu imaginer un procédé permettant d’envoyer le mélange gazeux aux cylindres moteurs, non pas à la pression même des réservoirs, pression qui est essentiellement décroissante, mais à une pression de régime automatiquement constante, et cependant variable suivant les résistances h vaincre. De là l’emploi d’un régulateur spécial de détente.
- Réchauffeur-saturateur (Bouillotte)
- Réchauffeur-saturateur installé sur la plate-forme d'une voiture automobile.
- L’appareil employé pour obtenir le mélange indiqué ci-dessus s’appelle réchauffeur-saturateur ou bouillotte. Il consiste en un récipient cylindrique placé par exemple verticalement comme le représente la figure ci-dessus et rempli d’eau chaude à 150 ou 160 degrés, jusqu’à un niveau déterminé. L’air comprimé est débité au pied de la colonne d’eau par une plaque perforée, en sorte qu’il traverse l’eau chaude en filets minces, se réchauffe et se sature de vapeur. La partie supérieure forme une chambre d’emmagasinement du mélange; une sorte de bouclier l’y dépouille de l’eau d’entraînement. L’appareil est sans foyer, il est rempli d’eau chaude au début de la période du travail en même temps que les réservoirs sont remplis d’air. Lorsque l’on veut après épuisement entamer une nouvelle période de travail, on relève au point voulu la température de l’eau par une injection de vapeur.
- Au sortir de la bouillotte le mélange gazeux passe par le régulateur.
- Régulateur.
- Régulateur de détente pour locomotives à air comprimé monté sur un réchauffeur vertical.
- Le mélange, pour passer du réchauffeur aux cy-lyndres moteurs, traverse un orifice obturé par un clapet conique (voir figure ci-dessus), ce clapet est disposé de telle sorte qu’il se ferme par l’effet de la pression de l’air dans le réchauffeur. Il ne s’ouvre que si l’on exerce une pression sur lui en sens contraire. On peut produire cette pression en agissant sur un volant qui conduit le piston d’une petite presse hydraulique à ressort d’air, La pression est transmise au clapet conique par un diaphragme en caoutchouc qui sépare les deux parties de l’appareil. On conçoit immédiatement qu’une fois l’écoulement ainsi ° déterminé (et si l’on néglige l’action du fluide sur la petite surface du clapet) l’équilibre s’établira de lui-même, lorsque la pression sera la même au-dessous et au-dessus du diaphragme. Or, la pression qui agit au-dessus du diaphragme est celle du ressort d’air de la presse hydraulique, tandis que la pression qui agit au-dessous de lui est la pression même d’écoulement du mélange. Cette dernière restera donc automatiquement constante aussi longtemps qu’on laissera le ressort d’air bandé à la même pression; elle variera d’ailleurs à la volonté du mécanicien, qui peut plus ou moins comprimer le ressort d’air en agissant sur le volant supérieur.
- Conditions réalisées.
- En résumé, on voit que les deux appareils : réchauffeur-saturateur et régulateur permettent
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- de réaliser les diverses conditions de marche indiquées plus haut.
- Si l’on considère un approvisionnement donné d’air comprimé à haute pression et un organisme moteur à détente, et qu’on interpose entre ces deux
- parties l’appareil double composé du réchauffeur-saturateur (bouillotte) et du régulateur, on obtiendra les avantages suivants :
- Augmentation du travail produit par cet approvisionnement dans la proportion de 1 à 2 au moins ; i
- Suppression des congélations d’eau, graisses, etc.;
- Indépendance complète entre les variations du travail produit aux diverses périodes de la marche et les variations de la pression dans les réservoirs.
- Compresseur d’air à haute pression
- (30 atmosphères).
- Compresseur à haute pression produisant par heure et par fôrce de cheval 6 hilog. d'air comprimé à la pression de 30 kilog. par cent, carré.
- Le système étant fondé sur l’emploi de l’air à haute pression, il a paru utile d’exposer une machine du type spécial étudié par la Société pour produire industriellement de l’air comprimé à 30 atmosphères.
- Le compresseur représenté par la figure ci-dessus se compose de deux corps de pompe à simple effet, placés à la suite l’un de l’autre. Le premier à 0m,28Q de diamètre, le second à 0m,130; la course commune des pistons est de 0m,320.
- L’air aspiré par le premier corps de pompe est refoulé dans un réservoir intermédiaire où sa pression atteint 5 ou 6 atmosphères ; le second corps de pompe aspire l’air dans ce réservoir et le porte à la pression finale de 30 atmosphères. La pression dans le réservoir intermédiaire se maintient à la valeur fixe déterminée par le rapport établi entre les volumes utiles des deux cylindres ou, ce qui revient au même, entre les surfaces des deux pistons, puisqu’ils ont même course. Le second cylindre, bien qu’à simple effet, est fermé à l’avant et communique de ce côté avec le réservoir intermédiaire. De cette manière les pressions exercées sur les deux faces du second piston sont sensiblement dans le même rapport que celles qui sont exercées sur les deux faces du premier; les conditions d’étanchéité sont donc les mêmes. Enfin le rapport des surfaces des deux pistons est déterminé de telle sorte que le travail effectif soit à peu près le même dans la course avant que dans la course arrière.
- , Les clapets sont ^ à grands ressorts et du type
- usité sur les compresseurs Colladon employés aux travaux du Saint-Gothard.
- L’échauffement produit par le travail de compression de l’air est combattu, dans le grand cylindre, par une injection d’eau pulvérisée, et dans le petit cylindre par une circulation d’eau froide dans une double enveloppe. L’échauffement total ne dépasse pas 25°. (Dans les machines très-puissantes du même type, l’air est refroidi dans le premier cylindre par une injection d’eau pulvérisée et desséché mécaniquement avant d’arriver dans le second où il reçoit de l’eau pulvérisée fraîche). L’air est envoyé en dernier lieu dans un réservoir d’accumulation. Il traverse sur le parcours une colonne de disques perforés destinés à arrêter l’eau entraînée mécaniquement • cette dernière est évacuée par un robinet de purge.
- Le compresseur qui était exposé dans la classe 50 marche normalement à la pression de 30 atmosphères. Son rendement en volume est de 78 à 80 % ; il absorbe à la vitesse de 60 tours une force de 10 chevaux et débite dans ces conditions, par heure de marche, environ deux mètres cubes d’air comprimé à la pression moyenne de 25 atmosphères (variable entre 20 à 30), ce qui correspond à une production de 6 kilogrammes d’air comprimé par cheval et par heure (1).
- (1) Nota.—A la classe 50 (galerie des machines) un grand réservoir placé sous le plancher recevait l’air comprimé fourni par la machine. Cet air comprimé était conduit par une canalisation à divers appareils de la même classe tels que : perforatrices, haveuses, etc., mais comme ces ma-
- La Société générale des moteurs à air comprimé exposait plusieurs appareils destinés à montrer les diverses applications du système L. Mékarski.
- Ces appareils consistaient en :
- 1° Compresseur d’air à haute pression (30 atmosphères) (classe 50, galerie des machines dans le Palais) ;
- 2° Bouillote et régulateur (classes 80 et 5h à l’état isolé, classe 50 sur locomotive de mines, classe 64 sur voitures automobiles et remorqueurs de tramways) -,
- 3° Voiture automobile pour tramways (classe 64, annexe n° 1 du Trocadéro) ;
- 4® Remorqueur pour tramways (classe 64, annexe n° 1 du Trocadéro) ;
- 5° Locomotive de mines (classe 50, galerie des machines dans le Palais) ;
- 6° Appareil pour distribution de force motrice à domicile (classe 54, galerie des machines dans le Palais).
- Dans notre prochain numéro, nous décrirons les voitures automobiles, remorqueurs et locomotives de la Société générale des moteurs à air comprimé, laquelle a obtenu, pour ses diverses expositions, trois médailles d’argent à l’Exposition universelle.
- chines étaient disposées pour marcher à des pressions initiales de 3 à 5 atmosphères, elles recevaient l’air comprimé par l’intermédiaire d’un régulateur du type décrit ci-dessus qui débitait à chacune d’elles le fluide à la pression qui lui convenait spécialement; ce régulateur a donc trouvé ainsi, à l’Exposition même, une application immédiate.
- LES MACHINES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Machines Boudier frères, Constructeurs-Mécaniciens à Rouen.
- Avant de clore notre Revue des machines à vapeur, nous devons encore un article spécial à la maison Boudier frères qui exposait deux moteurs à vapeur, l’un à balancier dont nous avons parlé et l’autre horizontal.
- La machine horizontale de MM. Boudier frères est à deux cylindres juxtaposés et à marche inverse des pistons. EGe a été décrite en 1862 par M. Ar-mengaud dans son Traité des moteurs.
- Depuis 1862, elle a régulés perfectionnements suivants ;
- 1° Les cylindres à vapeur étaient autrefois fondus avec leurs enveloppes et cela entraînait la nécessité de tout changer en cas d’avarie. De plus l’expérience a démontré qu’il était préférable de ne pas employer les mêmes natures de fonte pour les cylindres que pour les enveloppes.
- Les cylindres doivent être coulés en fonte très-dure. Les enveloppes doivent être constituées de fonte plus douce pouvant résister à des effets de dilatation et de contraction.
- Pénétrés de l’importance de ces considérations, MM. Boudier frères ont non-seulement séparé les cylindres des enveloppes, mais ont aussi fondu chaque enveloppe de cylindre isolément.
- Chacun des cylindres est-emmanehé à frottement doux dans son enveloppe et en est rendu solidaire par un mastiquage de fonte à chaque extrémité. Cette disposition évite les ruptures auxquelles expose l’emmanchement à chaud, et ne nécessite pas les complications [d’outillage de l’emmanchement
- à la presse hydraulique. Les plateaux des cylindres recouvrent et protègent les mastiquages de fonte.
- Malgré l’engouement qui a mis en vogue les soupapes et les obturateurs cylindriques (que peu d’ouvriers sont habiles à réparer), MM. Boudier frères ont cru devoir conserver les tiroirs plats. Placés au-dessus des cylindres ces tiroirs reposent tout naturellement sur leurs glaces, et se rodent d’eux-mêmes à la marche. Le premier ouvrier mécanicien venu les redresse au besoin.
- Les corps lubrifiants restent tout naturellement au bas des cylindres et ne peuvent en être expulsés comme cela arrive lorsque les tiroirs sont placés en bas. Cette disposition empêche donc toute usure ou ovalisation.
- Un seul déclic d’une grande simplicité, manœuvré par le régulateur, et se fermant à un instant variable de la course du petit piston, permet l’admission et l'interception brusques de la vapeur. Ce déclic est actionné par une came à double mouvement.
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR 56, rue Blanehe. is
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- Le régulateur est commandé par engrenages, ce qui supprime toute hésitation de fonctionnement. Faut-il encore parmi les améliorations pratiques, peu à peu introduites, signaler les glissières rapportées sur le bâti, faciles à réparer, le bâti creux, très-rigide, le condenseur vertical d’un accès commode, l’arbre moteur en deux pièces ne pouvant se rompre même dans le cas d’une légère dénivellation des paliers ?
- L’ensemble de ces divers perfectionnements fait de la machine Boudier frères l’une des très-bonnes machines, simples et pratiques, de l’Exposition. — Aussi ne peut-on que féliciter le Jury international de sa décision à l’égard de ces constructeurs, auxquels il a attribué une médaille d’or .
- Avant de quitter la maison Boudier frères, nous devons noter l’application qu’ils avaient faite, à chacune des deux lignes d’arbres de transmission, d’une poulie-encliquetage, à frein, permettant d’arrêter à volonté l’un ou l’autre des moteurs, sans débrayer les courroies, tout en conservant le mouvement à chacune des lignes de transmission.
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- LES PRODUITS DE LA MÉTALLURGIE
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Société française anonyme de Nickel, Cobalt, Cuivre, {système Jules Garnier, breveté s. g. d. g.)
- 38, Chaussée d’Antin, a Paris.
- Jusqu’à ces dernières années, le nickel, qu’on retirait de minerais à composition très-complexe, était resté un produit de laboratoire et n’avait pu, à cause de son prix de revient très-élevé, se placer parmi les métaux usuels.
- En effet, les minerais d’où l’on retirait ordinairement ce métal, contenaient différentes matières, dont on ne pouvait extraire le nickel qu’après des opérations très-lentes et coûteuses et, par suite, nullement industrielles.
- On avait essayé de vulgariser l’emploi du nickel, non pas à l’état pur, mais sous la forme de l’alliage au cuiyre, bien connu sous le nom de maülechort.
- Mais le prix encore plus élevé des objets fabriqués en maillechort, avait fait préférer aux alliages du nickel, le nickélisage du laiton que l'on obtient par des procédés galvaniques.
- Ce n’est qu’à la suite des découvertes de M. J. Garnier que la métallurgie du nickel et de ses alliages est devenue une opération vraiment industrielle.
- M. J. Garnier, chargé par le gouvernement français, vers 1864, de l’exploration, au point de vue minéralogique, de la Nouvelle-Calédonie, découvrit parmi les roches serpentineuses, une substance verte, qui fut étudiée par plusieurs savants anglais et américains et reçut le nom de Garniérite.
- Cette substance n’est autre chose qu’un minerai de nickel renfermant une proportion considérable de métal à l’état d’oxyde. Les corps étrangers qu’il contient diffèrent en grande partie de ceux que renfermaient les minerais connus jusqu’alors et qui rendaient leur traitement si coûteux.
- Le développement rapide de l’exploitation des mines de nickel dans notre colonie est dû, en grande partie, à l’initiative de M. John I-Iigginson, l’un des principaux colons de Nouméa. Les magnifiques spécimens de minerais calédoniens qu’il a exposés, lui ont valu une médaille d’or.
- En outre, M. Higginson a établi à Nouméa, d’après les systèmes brevetés de M. Garnier, d’importantes fonderies de nickel, placées sous la direction de l’ingénieur M. G. Caulvy.
- M. Garnier a imaginé en effet un procédé fort simple pour le traitement de son nouveau minerai, par la voie sèche. Les fonderies de Nouméa expédient les matières premières à l’état de fonte de nickel, dont la richesse varie de 40 à 80 pour cent de métal. Ces fontes de première fusion sont ensuite affinées et transformées en nickel pur à l’usine que la Société possède à Septèmes, près de Marseille, et qui est dirigée par l’ingénieur M. A. Thiollier.
- L’usine de Septèmes fabrique également toutes les autres matières premières de l’industrie du nickel, parmi lesquelles : l'alliage moitié nickel moi-
- tié cuivre pour lamineurs et fondeurs -, les Anodes ou plaques de nickel pur et les Sels solubles de nickel pour la galvanoplastie.
- Cette simplicité dans le travail devait conduire nécessairement à un grand abaissement du prix des produits fabriqués. Cet abaissement est tel qu’au-jourd’hui ce métal commence à entrer dans la consommation.
- Les qualités du nickel doivent d’ailleurs faire préférer son emploi à celui de tout autre métal pour les pièces ou garnitures qui doivent résister aux influences atmosphériques ainsi qu’à l’action de l’eau de mer. C’est ainsi que l’usage du nickel et de ses alliages, tend à se généraliser pour les pièces de la serrurerie, du bâtiment, pour les garnitures intérieures des paquebots, etc.
- Les pièces en laiton nickélisées que l’on obtient par des procédés galvaniques ne sauraient, en aucun cas, remplacer les objets complètement en nickel, c’est-à-dire en métal blanc massif. Ces derniers restent en effet constamment blancs, tandis que les autres sont sujets à s'écailler très-facilement; la couche blanche toujours très-mince, qui les recouvre, disparaît rapidement laissant à nu le laiton imparfaitement poli et très-oxydable.
- D’ailleurs la faveur dont jouissaient les objets en cuivre nickelé n’a plus la même raison d’être, puisqu’aujourd’hui, grâce au traitement des minerais de la Nouvelle-Calédonie, par la méthode de J. Garnier, la Société'ifrançaise anonyme de nickel livre au commerce des matières premières de nickel avec lesquelles les fondeurs sont parvenus à fabriquer des objets en nickel compacte, aux mêmes prix que ceux fabriqués en laiton doré, argenté et nickelé.
- Les découvertes de M. Garnier et son système de traitement de la Garniérite ont donc doté notre pays d’une industrie métallurgique toute nouvelle.
- La France était, avant l’exploitation des minerais néo-calédoniens, tributaire de l’Angleterre et de l’Allemagne. Aujourd’hui les rôles sont changés, et le jury des récompenses à l’Exposition universelle a reconnu les services rendus à ce sujet à l’industrie nationale par M. Garnier, en accordant la médaille d’or à la Société française anonyme de nickel.
- Les précieuses qualités des objets en nickel, ou en bronze de nickel, en recommandent particulièrement l’emploi dans une foule d’applications où, jusqu’ici, le cuivre et le laiton étaient seuls employés, teis que •: dans les pièces de machine, les instruments de précision, les appareils d’électricité, les timbres et cloches, les bronzes d’art, la quincaillerie du bâtiment et de l’ameublement, la serrurerie, la robinetterie, la carrosserie, la sellerie, les garnitures de navires, de wagons et voitures à voyageurs, etc., etc... en un mot, pour tout ce qui doit présenter un beau poli, tout en étant d’un entretien facile.
- Les ingénieurs et les architectes ont ainsi aujourd’hui tous les moyens d’utiliser le nickel dans une foule d’applications nouvelles.
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- LES GÉNÉRATEURS A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Chaudières et appareils de MM. Dulac frères.
- La chaudière de MM. Dulac frères n’avait pu trouver place au Champ-de-Mars ; elle était placée sur la berge et avait pour mission de fournir la vapeur nécessaire à la section des pompes; sa force était de 50 chevaux.
- Ce générateur présente au moins un caractère de curiosité; bien qu’il soit peu pratique, nous devons, à ce titre, en faire mention.
- La base du système ce sont les appareils dits tartrivores.
- Les tubes Field, qui ont eu un moment de grand succès, présentent l’inconvénient de s’obstruer à la partie inférieure, ce qui annule leur effet et amène leur destruction.
- MM. Dulac se sont proposés de remédier à cet inconvénient. Ils ont prolongé la partie supérieure du tube central, et disposé concentriquement à ce tube un collecteur cylindrique où les dépôts entraînés par le courant ascendant viennent s’accu-
- muler. C’est à la suite d’essais et de tâtonnements qui ont duré plusieurs années, que MM. Dulac frères, qui sont d’ailleurs manufacturiers et non ingénieurs, sont arrivés à donner à ce collecteur la forme et les dimensions convenables.
- Ils ont obtenu un certain résultat qui n’explique pas toutefois l’accès de lyrisme qui se manifeste dans leur circulaire où ils s’expriment ainsi qu’il suit :
- a Le problème est enfin résolu!... Grâce à nos appareils, les parois internes des chaudières à vapeur sont indéfiniment préservées des incrustations.
- » Le but des tartrivores est d’épurer méthodiquement le liquide à vaporiser. Le principe de leur fonctionnement repose sur la circulation du liquide et la séparation des corps solides, par différence de densité pendant la vaporisation.
- » Le pouvoir absorbant des tartrivores étant supérieur à la production des sédiments calcaires, il en résulte que l’eau est maintenue à l’état de saturation sans corps solides en présence, pendant une période correspondant à la capacité des tartrivores. Les parois chauffées conservant leur maximum de conductibilité, le maximum d’économie de combustible, le minimum d’entretien et une sécurité complète, sont des conséquences logiques de l’application des tartrivores aux générateurs à vapeur. C’est en un mot le générateur indéfiniment conservé à l’état neuf.
- » Le rôle des tartrivores est indépendant de Faction des tartrifuges. Ges derniers ont pour objet d’empêcher la formation de cristaux durs et adhérents, de former des boues sans consistance, faciles à éliminer. Ges boues quoique peu adhérentes, n’en sont pas moins nuisibles à la vaporisation. Se déposant mécaniquement, elles obstruent certaines parties des générateurs et peuvent, comme les incrustations, causer des accidents locaux.
- » Les tartrivores complètent l’action des tartrifuges en opérant l’absorption des corps solides en suspension ; qu’ils soient introduits à l’état insoluble dans le générateur ou devenus insolubles par l’acte de la vaporisation.
- » L’emploi des tartrifuges, sans être indispensable, peut être conservé dans la généralité des cas et favoriser l’épuration. »
- MM. Dulac auraient dû se borner à placer leur tartrivore sur les tubes Field. Ils ont voulu aussi inventer une chaudière. Gomme nous l’avons dit, ce générateur est peu pratique et il a fallu l’habileté de la maison Imbert pour en venir à bout.
- Le générateur Dulac consiste en un grand cylindre vertical dont le fond inférieur est garni d’un faisceau 'de tubes Field (avec la collerette) ; au-dessus trois étages d’augets circulaires forment autant de réservoirs pour l’eau ; ces augets s’appuient sur le cylindre enveloppe, dont le centre reste libre pour le passage de la vapeur. L’eau d’alimentation arrive dans l’auget supérieur, retombe par trop-plein dans le deuxième, de là dans celui du dessous, et enfin dans le réservoir du fond où elle dépasse le niveau supérieur des tubes Field. Il faut, par conséquent, des indicateurs de niveau d’eau pour tous ces appareils, ce qui n’est pas un petit inconvénient. Ajoutons que dans les augets MM. Dulac placent encore des tartrivores coniques chargés de recueillir les dépôts ; et en fait, ces appareils sont plus utiles en haut qu’en bas. Pour terminer cette description, nous devons dire que le foyer se trouve en dessous du cylindre enveloppe et des tubes Field et que les flammes et gaz chauds montent par un carneau hélicoïdal jusqu’au sommet de la chaudière dont ils lèchent les flancs. En dehors des tubes Field la surface de chauffe est relativement peu considérable.
- De cet examen, on peut conclure que le générateur Dulac présente les inconvénients des hautes chaudières verticales, que l’on n’emploie que pour l’utilisation des gaz chauds des fourneaux; elle est en outre difficile à construire et d’un prix élevé ; sa durée ne nous paraît pas assurée.
- Nous ne pouvons donc engager nos lecteurs à en faire l’essai.
- Quant à la collerette des tubes Field, aux tartrivores, c’est une idée ingénieuse qui peut être utile à ceux qui emploient encore ces tubes ; nous doutons cependant qu’elle soit capable de leur faire retrouver leur antique vogue.
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- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- &a Métallurgie moderne
- — Suite (1) —
- Cette observation sur l’emploi des fours Siemens nous amène tout naturellement à l’application la plus importante de l’accumulateur Siemens, celle qui consiste à fabriquer le fer et l’acier fondus sur sole. Cependant, avant d’aborder cette méthode nouvelle, disons quelques mots des perfectionnements que les deux grandes inventions du siècle dernier ont éprouvés dans le cours du siècle présent ; ce sont, comme je l’ai dit en commençant, la substitution du combustible minéral au combustible végétal et le travail des minerais et des métaux dans les réverbères.
- L’emploi du coke était général dans les hauts fourneaux, en Angleterre, dès la fin du siècle dernier ; mais ces fourneaux étaient encore peu élevés et d’un faible volume. Vers 1830, leur production moyenne n’était pas supérieure à 8 ou 9 tonnes par vingt-quatre heures et leur volume intérieur ne dépassait guère 50 mètres cubes. Mais à partir de cette époque on eut recours à l’air chaud, et l’on agrandit en même temps progressivement les hauts fourneaux. On constata que leur production croissait à peu près proportionnellement à leur volume ; que, pour chaque tonne de fonte produite par vingt-quatre heures, il fallait un volume intérieur de 4 à 5 mètres cubes, en fournissant d’ailleurs, bien entendu, au fourneau un volume de vent en rapport avec sa production. Ainsi un haut fourneau de 100 mètres cubes dé vidé intérieur produit facilement 20 à 25 tonnes de fonte de forge par vingt-quatre heures, et un haut fourneau de 200 mètres cubes 40 à 50 tonnes. Partant de là, nos hardis voisins d’outre-Manche ont pensé que cette proportionnalité devait se maintenir indéfiniment ; aussi ont-ils porté brusquement les hauteurs à 20, 25 et 30 mètres et le volume intérieur à 300, 500, 1,000 mètres cubes et plus. Ils furent cruellement détrompés. Au lieu de 5 mètres cubes, il fallait 8,10 et même 14 mètres cubes de volume intérieur pardonne produite dans les vingt-quatre heures. Ils reconnurent, à leurs dépens, qu’en poussant la marche plus activement l’allure devenait irrégulière et la consommation plus forte. Il ne pouvait en être autrement. Pour qu’un four à cuve marche bien, il faut que les: gaz puissent traverser également toutes les parties de la cuve, la colonne centrale aussi bien que les bords. Or, dès que l’on exagère la hauteur des fours, les charges se compriment outre mesure sous leur propre poids, en sorte que ni le vent ni -les gaz ne peuvent pénétrer jusqu’au centre; et si l’on examine la largeur, c’est-à-dire si le profil s’éloigne trop de celui d’un cylindre, les charges ne sont pas non plus uniformément tassées ; la colonne centrale l’est plus que les bords, où la masse se désagrège par le fait de sa descente progressive. Bref un excès de hauteur comme un excès de largeur ont tous deux pour résultat la répartition inégale des gaz, et, par suite, la réduction imparfaite de la colonne centrale. Celle-ci ne s’achève finalement que dans le bas du fourneau, sous l’action du charbon solide incandescent. Il en résulte une grande irrégularité de marche et un sensible accroissement de consommation. Je ne puis assez le redire, il ne faut donner, aux hauts-fourneaux, ni une hauteur de plus de 18 à 20 mètres, ni un volume de plus de 200 à 250 mètres cubes. On a abusé des hauts-fourneaux comme on abuse des Siemens ; or, l’exagération est fâcheuse, en industrie comme ailleurs.
- Ajoutons maintenant que les expériences faites dans les usines à fer ont profité au travail des autres métaux. Depuis vingt-cinq ans, on a simplifié et agrandi le profil des fours servant au traitement des minerais de plomb, de cuivre et d’argent. Là aussi les fours cylindriques de 8 à 10 mètres se sont montrés supérieurs aux anciens demi-hauts-fourneaux à profil irrégulier, et là aussi, on a constaté les avantages de la réfrigération des parois extérieures de la région de fusion.
- Des fours à cuve, passons maintenant aux réverbères, cette seconde invention capitale du siècle dernier.
- La fusion des minerais de cuivre et de plomb au réverbère date, comme je l’ai dit, des premières années du siècle dernier, mais le travail économique de ces métaux est fort récent, et n’est dû qu’à l’agrandissement successif des fourneaux et des charges, et aussi, en partie, à l’emploi des Siemens.
- fl) Voir nos numéros des IG et 30 décembre 187$ et du 13 janvier 1870.
- Quant au four à pudcller, il fut inventé, nous l’avons dit, en 1784, mais il ne donna de bons fers, avec déchets modérés, qu’à partir du moment où les soles en sable firent place aux soles en fonte. Celles-ci furent essayées vers 1820 à 1825, mais leur usage ne devint général qu’en 1835. Alors seulement on parvint à oxyder, sans mazéage préalable, le silicium et le phosphore des fontes communes, grâce aux riblons grillés dont furent garnies les soles en fonte.
- De cette même année 1835 datent les premiers essais de puddlage pour acier en Autriche ; mais ce ne fut que dix ans après, en 1845, que l’on parvint à produire industriellement, à Saint-Cha-mond, le premier for à grains et en 1850, en Westphalie, l’acier puddlé proprement dit.
- Au puddlage pour acier ont succédé les essais de puddlage mécanique, que tout le monde connaît et dont se préoccupent encore beaucoup de maîtres de forge. Je dirai même que le puddlage pour acier a déjà disparu presque entièrement, grâce aux procédés Bessemer et Martin-Siemens, le puddlage pour fer doux est également destiné à céder le pas, dans un avenir prochain, à la fabrication du fer doux fondu. Je ne puis donc attacher qu’une médiocre importance au récent procédé Godfrey et Howson ; et si je le cite, malgré cela, c’est plutôt à cause du mode de chauffage de cet appareil. L’emploi des fours à chalumeau se répandra certainement dans les forges, et déjà on peut citer les fours à platine de M. Deville, le four d’affinage pour cuivre brut de M. Tessié du Motay, le four à puddler de M. Oestlund et le four pour la trempe de l’acier récemment adopté dans les usines Holtzer de Firminy.
- Revenons maintenant du fer soudé au fer fondu, c’est-à-dire du puddlage aux deux inventions capitales de la métallurgie moderne, le procédé Bessemer et le procédé ^Martin-Siemens. Le procédé Bessemer est certainement la transformation la plus radicale de la métallurgie du fer, depuis son antique origine. L’idée d’affiner la fonte par l'air froid, sans le concours du combustible proprement dit, devait paraître à tout homme sensé, plus que paradoxal, et pourtant le procédé réussit, grâce à l’indomptable ténacité de l’inventeur. Les premiers essais remontent à l’année 1855, le dernier brevet, le vingt-deuxième pris en Angleterre, est de 1862. A partir de cette époque le procédé nouveau s’est rapidement développé en tous pays, et fut partout appliqué, pendant dix ans, sans modifications majeures selon la formule du dernier brevet. Quelques tentatives, faites en Autriche, pour réchauffer le bain de fonte par du vent chaud, ou par des injections de charbon en poussière fine, n’eurent pas de suite.
- Une modification plus sérieuse fut la substitution du ferro-manganèse en morceaux à la fonte spéculaire fluide. On obtient ainsi plus facilement du fer peu carburé. Mais on doit surtout raen-Jionner, comme source d’économie nouvelle, la prise directe de la fonte au haut-fourneau, qui se pratique spécialement en France et en Allemagne. Cependant, lorsqu’on veut arriver, avec une paire de convertisseurs, aux fortes productions de trente à trente-cinq opérations par vingt-quatre heures, la prise directe au creuset du haut-fourneau devient impossible. C’est le motif qui a fait adopter en Amérique les cubilots à faible consommation, qui offrent en outre le grand avantage de pouvoir donner au métal fondu un très-fort excès de température. On peut alors affiner au convertisseur, sans crainte d’explosions, des fontes peu siliceuses. Pour arriver à ces fortes productions de trente à trente-cinq opérations, ou cent cinquante à deux cents tonnes par vingt-quatre heures, il a fallu modifier le remplacement des tuyères dégradées. Au lieu de les échanger isolément, on remplace d’un seul coup, dans les usines américaines, le fond entier de la cornue, moulé et recuit au préalable avec soin.
- Les Américains ont d’ailleurs apporté, tout récemment, d’autres perfectionnements au travail du fer. La main-d’œuvre étant chère dans leur pays, ils ont cherché à remplacer, autant que possible, l’effort de l’homme par le travail mécanique. C’est ainsi qu’ils chargent les hauts-fourneaux automatiquement et que, dans les forges, les plus grosses pièces se présentent pour ainsi dire d’elles-mêmes aux cylindres étireurs. Deux hommes et deux gamins suffisent pour le service d’un trio à rails.
- Dix années après la première tentative de M. Bessemer, MM. Martin père et fils enfoeprirent, de 1865 à 1867, leurs essais de fabrication d’acier fondu sur sole. On sait que d’autres inventeurs les avaient précédés dans cette voie dès 1860 ; mais ils échouèrent parce qu’ils se servaient du réverbère ordinaire. MM. Martin réussirent, grâce h Y accumulateur de M. Siemens. C’est, par suite, aux efforts réunis de M. Siemens en Angleterre et de MM. Martin en France que l’on doit îa fabrication de l’acier fondu sur sole. Mais ce procédé, pas plus que le puddlage, n’est arrivé à la perfec-
- tion du premier coup, et même on ne saurait affirmer qu’il ait déjà dit son dernier mot.
- Le procédé consistait d’abord à décarburer la fonte pure par du fer doux pur. Plus tard, on a partiellement substitué au fer doux du minerai riche ou des éponges ferreuses, partiellement réduites dans le four Chenot. Ensuite, au lieu de fontes et de fers purs, on a graduellement essayé des matières communes. On savait, par les produits du procédé Ileaton, que le phosphore rehaussait la résistance statique des aciers, mais qu’en même temps il les rendait aigres, c’est-à-dire susceptibles de se briser, sans allongement préalable, par le fait d’un léger choc ou même d’une simple vibration. Cependant les nouveaux essais, entrepris surtout à l’usine de Terre-Noire, démontrèrent la possibilité de produire de bons rails à l’aide de matériaux phosphorés très-peu carburés. Il faut pour cela que la teneur en carbone soit au-dessous de 0,0015 à 0,0020 et celle du phosphore au-dessous de 0,0025.
- Tandis qu’on fabriquait ainsi en France, au four Siemens, des rails en fers fondus phosphorés, on était arrivé en Allemagne à un résultat semblable dans la cornue Bessemer.
- C’est aussi par une modification du procédé Martin-Siemens que l’on est parvenu à la fabrication de l’acier fondu sans soufflures. Il fallait à cet effet enlever l’oxygène en excès, que retient le fer fondu à la fin de tout- affinage poussé à outrance.^ On y parvint à l’aide d’un réductif peu carburé, tel que le ferro-manganèse ou le siliciure de fer et de manganèse, lorsqu’on veut obtenir du fer doux, et la fonte spéculaire lorsqu’il ' s’agit de produire de l’acier dur. C’est le procédé adopte avec succès par l’usine de Terre-Noire. Le siliciure est préparé en grand au hautfourneau comme le ferro-manganèse. Il ne m’appartient pas d’entrer dans le détail des opérations; je laisse ce soin à l’habile directeur de ce bel établissement^ J’ajouterai seulement que le dosage doit être fait avec la plus grande précision, pour ne pas laisser dans le lingot au-delà d’une minime proportion de manganèse et de silicium. Disons, au reste, qu’on voyait déjà en 1867, des aciers sans soufflures dans les expositions allemandes et autrichiennes.
- ——...
- Congrès international de la propriété industrielle.
- Nous avons résumé, dans nos numéros précédents (1), les séances du Congrès de la propriété industrielle, qui fut le plus important pendant le cours de l’Exposition.
- Nons donnons ci-dessous l’ensemble des résolutions votées par le Congrès :
- QUESTIONS GÉNÉRALES
- 1. — Le droit des inventeurs et des auteurs industriels sur leurs œuvres, ou des fabricants et des négociants sur leurs marques est un droit de propriété ; la loi civile ne le crée pas : elle ne fait que le réglementer.
- 2. — Les étrangers,doivent être assimilés aux nationaux.
- 3. Les^ stipulations de garantie réciproque de la propriété industrielle doivent faire l’objet decon-ventions spéciales et indépendantes des traités de commerce ainsi que des conventions de garantie réciproque de la propriété littéraire et artistique.
- 4. — Un service spécial'de la Propriété industrielle doit être établi dans chaque pays. Un Dépôt central des brevets d’invention, des marques de fabrique et de commerce, des dessins et des modèles industriels, doit y être annexé pour la communication au public. Indépendamment de toute autre publication, le Service de la Propriété industrielle doit faire paraître une Feuille officielle périodique.
- 5. — Il y a lieu d’accorder une protection provisoire aux inventions brevetables, aux dessins et modèles industriels, ainsi qu’aux marques de fabrique ou de commerce figurant aux expositions internationales, officielles ou officiellement reconnues.
- 6. — jLa durée pendant laquelle sont protégés les inventions, marques, modèles et dessins figurant aux dites expositions internationales doit être déduite de la durée totale de la protection légale ordinaire, et non lui être ajoutée.
- 7. —La protection provisoire accordée aux inventeurs et aux auteurs industriels qui prennent part auxdites expositions internationales devrait être étendue à tous les pays qui sont représentés à ces expositions.
- (A suivre).
- (1) Voir nos numéros du 11 novembre et précédents.
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- Paris________LE CONSTRUCTEUR 86, rue Manche. 21
- Supplément au n° 336. — Lundi 27 Janvier 1879.
- REVUE DE L EXPOSITION
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- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de TEcoIe polytechnique.
- MM. DEB1É, Ingénieur civii.
- BOUVET, Ingénieur civii.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civii, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction (même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
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- LES MACHINES A VAPEUR A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- MM. BÜFFAÜD
- FRÈRES, In génieurs - M écaniciens
- Chemin de Baraban, à LYON (Rhône)
- Des deux machines de MM. Bufîaud frères, installées dans,1a classe 5A, l’une était à condensation et à détente Farcot, variable par le régulateur Buss ; l’autre était sans condensation ,et à détente Rydel (ou Meyer perfectionnée), variable aussi par le régulateur Buss.
- Toutes deux étaient horizontales, de la force de 25 chevaux et d’une disposition semblable.
- Notre attention se portera.plus spécialement sur la machine à condensation que représente la figure ci-dessus.
- Le bâti creux et demi-circulaire, d’une grande rigidité, est boulonné au cylindre avec un emboîtement particulier; il porte à son extrémité le palier manivelle reposant sur une base large et solide.
- Le cylindre est entouré, sur son contour ainsi que sur ses deux fonds, d’une double enveloppe de vapeur et d’air chaud ; cette vapeur est prise directement sur la chaudière.
- La machine complète repose sur deux massifs, d’un côté par le cylindre et de l’autre par le palier manivelle ; par suite il existe entre ces deux massifs un espace entièrement libre pour placer la pompe à air, la pompe alimentaire ou bien encore la pompe de puits Un balancier, articulé à la tête du piston, leur donne le mouvement; le point d’oscillation du balancier nécessite une profondeur totale , de fosse de lm20 pour une machine de 25 chevaux; généralement une tôle striée recouvre cette fosse et peut s’enlever à volonté pour permettre le nettoyage des appareils.
- La pompe à air n’offre rien de particulier, elle est d’une visite et d’un nettoyage simples et faciles, les clapets sont en caoutchouc, la. tige de piston est reliée à celle de la pompe alimentaire au moyen d’une forte chappe en fer, où est pris le mouvement par l'intermédiaire d’un coussinet oscillant commandé par le balancier cité plus haut.
- Les glissières de la tête du piston sont rapportées
- et peuvent se régler à volonté, des cales guides-coulisseaux servent à rectifier complètement le peu de jeu qui pourrait se produire. Les surfaces glissantes sont larges et la coquille en fonte-est ajustée de façon que Tusure puisse aisément être compensée.
- La manivelle et l’arbre moteur sont en fer forgé ; la tige de piston, le tourillon de manivelle sont en acier fondu ; le coussinet à large portée du palier principal est en trois pièces avec cales de serrage pour compenser le jeu pouvant provenir de l’usure.
- La bielle en fer forgé est terminée par deux têtes, l’une fermée, l’autre ouverte, mais présentant tous les avantages de la tête fermée ; par la disposition des clavettes de serrage des coussinets, leur distance des centres est invariable.
- La détente Farcot, qui est appliquée à cette machine, est trop connue pour qu’il soit nécessaire d’en parler ; nous ferons seulement remarquer que
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- *s Paris. LE CONSTRUCTEUR M, rue Blanche.
- 138 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- les espaces nuisibles sont réduits autant que possible et que la disposition des lumières en contre-bas du cylindre permet la purge naturelle.
- La deuxième machine ne diffère de la première que parce qu’elle est sans condensation et qu’elle possède la détente Rydel, dont voici la description :
- Comme dans la détente Meyer, les deux tiroirs sont conduits par des excentriques distincts; l’un de ces tiroirs, celui de distribution, a le dos creusé d’une portion cylindrique ayant pour centre l’axe du tiroir de détente, l’autre tiroir est formé de tuiles de détente qui sont également cylindriques et viennent exactement appliquer sur le tiroir de distribution ^ ces tuiles dans leur mouvement longitudinal peuvent donc prendre aussi un mouvement de rotation, guidées par le régulateur. —• Les lumières du tiroir de distribution sont inclinées sur la face cylindrique et les tuiles de détente le sont également, de telle sorte que la rotation de ces dernières détermine à l’admission une ouverture plus ou moins longue des lumières et fait, en conséquence, varier la détente dans d’excellentes conditions, ce qui permet à un moment donné une forte admission.
- Ces deux machines sont également remarquables par leur élégance et leur bonne construction. — Leur régularité de fonctionnement est assurée par l’application du" régulateur Ætm, qui est un des meilleurs régulateurs connus.
- En outre des machines motrices que nous venons de décrire, MM. Buffaud frères exposaient aussi, dans la classe 54 du palais : un cheval alimentaire de 300 chevaux, type horizontal, et un cheval alimentaire de 50 chevaux, type mural, c’est-à-dire pouvant s’installer contre un mur, si celui-ci présente les conditions de solidité voulue. Dans ces appareils la vitesse est réglée, au moyen d’un robinet, par les soins du chauffeur, suivant les besoins de l'alimentation ; la conduite et l’entretien sont simples et faciles. Le cheval alimentaire peut être employé comme pompe à élever l’eau ; cette pompe est dite alors à moteur direct.
- Egalement dans le palais, MM. Buffaud avaient exposé une série complète de régulateurs du système Buss, pour lesquels ils ont obtenu de l’inventeur la concession exclusive de construction en France.
- Puis, dans la même classe 54 (annexe de l’Avenue de La Bourdonnaye), ces constructeurs avaient établi 4 moteurs transportables de 1, 2, 4 et 6 chevaux.
- Dans ces moteurs, l’emploi des tubes Field a permis de réduire beaucoup le volume, tout en donnant de lm25 à lm50 de surface chauffée par cheval. Une grande facilité est réservée, suivant les exigences des emplacements dont on dispose, de changer à volonté la position du foyer, qui, par rapport au moteur, peut se placer indistinctement à droite, à gauche ou en arrière.
- Le cylindre à vapeur, en partie enveloppé d’une chemise d’air chaud pour empêcher le refroidissement de la vapeur, est en outre préservé du côté du bâti par la vapeur passant dans le réchauffeur.
- ' Ce réchauffeur est à caisse mobile,, avec tubes transversaux, de manière à permettre son démontage pour vérification, réparation ou nettoyage ; il chauffe l’eau d’alimentation au moyen de la vapeur de l’échappement.
- Avant de quitter l’Exposition de MM. Buffaud frères, nous pouvons rappeler qu’elle fut fondée en 1830 par M. Buffaud père, qui ne s’occupait alors que de la construction des moulins. En 1860, ses fils lui succédèrent et donnèrent à cette usine une telle extension qu’aujourd’hui elle couvre 10,000 mètres carrés, est munie de 80 machines-outils et occupe 200 ouvriers.
- LES APPAREILS DE TEINTURERIE
- I
- de MM. Buffaud frères
- Ingénieurs-Mécaniciens à Lyon.
- MM. Buffaud frères, de Lyon, se sont fait une spécialité des appareils de teinture et surtout des essoreuses.
- Ainsi que leur nom l’indique, les essoreuses ou hydro-extracteurs sont destinés à enlever l’eau 1 contenue dans certaines matières. Leurs applications les plus générales et les plus nombreuses ont lieu en teintureries, sucreries, blanchisseries, fabriques de tissus et filaments; mais en outre MM.
- Buffaud ont fait l’applicat on particulière des essoreuses à l’extraction des liquides contenus dans les garances et fuschines, les bleus d’outre-mer et poudres végétales des papiers peints, les lactates de chaux, les cristaux de soude et sulfates de chaux, l’hématosine, les lichens d’orseille, les feuilles de tabac.
- Il importe de diviser les essoreuses en deux grandes catégories : Essoreuses à mouvement en dessus et Essoreuses à mouvement en dessous.
- Sur l’un et sur l’autre de ces systèmes, on construit trois types différents pour applications distinctes :
- 1° Celui à moteur direct;
- 1° Celui à courroie et débrayage instantané;
- 1° Celui à engrenages et manivelles pour marcher à bras.
- Un ou plusieurs modèles de chacun de ces types étaient exposés par MM. Buffaud.
- Appareils à mouvement en dessus
- 1° Essoreuses à moteur direct.
- Les essoreuses à moteur direct ne nécessitant l’emploi d’aucune transmission intermédiaire, les frottements et glissements des courroies sont supprimés, l’entretien est plus économique et le lieu d’installation n’est pas subordonné à la direction de la transmission motrice. — De plus, l’introduction de la vapeur se réglant très-exactement au moyen d’un robinet à soupape, on la diminue progressivement au fur et à mesure que l’opération avance et et l’on ne dépense que la quantité de vapeur strictement nécessaire. *
- Ces machines sont d’une construction solide et se distinguent surtout par l’heureuse application, la simplicité et le fini d’exécution du moteur adhérent. Elles sont parfaitement étudiées dans leurs moindres détails et comportent les principaux perfectionnements ci-après indiqués :
- 1° Rebord supérieur à recouvrement dans la poê-lette pour empêcher la projection des huiles;
- 2° Rainure en hélice dans la grenouille du pivot pour la régularité de la lubrification ;
- 3° Superposition dans le fond de la poêlette de trois grains en acier indépendants les uns des autres, pour empêcher réchauffement ;
- 4° Disposition du bas de la poêlette avec forme concave et mamelon central pour faciliter le dépôt des huiles et parcelles métalliques ;
- 5° Addition d’une porte de vérification et de nettoyage;
- 6° Isolement du cylindre à vapeur au moyen d’une plaque en tôle;
- 7° Application, aux portées de l’arbre horizontal,
- Dans celte essoreuse, représentée ci-dessus, les constructeurs ont maintenu pour la poêlette le coussinet compensateur, les paliers, le frein, tous les perfectionnements en un mot relatés dans la description de l’essoreuse à mouvement en dessus. — Le moteur est renversé ; mais il est aussi simple et la même régularité de marche est assurée.
- Le plateau à moyeu conique du tambour mobile est concave, de manière à permettre à la cuve de rentrer et de maintenir l’arbre vertical à peu près dans l’axe du centre de gravité transversal du panier. Cette disposition a pour but d’éviter les vibrations qu’entraînerait l’isolement du panier par rapport au coussinet central compensateur.,
- L’action du frein s’exerce facilement au moyen d’une poignée double placée du côté opposé au moteur ; et toutes les précautions sont prises pour la facilité du graissage.
- 2° Essoreuses à courroie, ou à bras.
- Ces appareils sont disposés comme celui qui
- de paliers graisseurs et de cuvettes servant de récepteurs aux huiles;
- 8° Emploi d’un palier vertical, compensateur de l’usure avec graisseur continu à siphon;
- 9° Frein circulaire sur l’arbre vertical, en forme de vase pour retenir les huiles, avec addition d’un manchon mobile servant de garde-graisse.
- La construction du tambour mobile est faite en vue d’obtenir un centrage parfait, une solidité plus grande et un équilibre irréprochable, conditions essentielles du bon fonctionnement. La calandre, ou enveloppe cylindrique perforée, est en tôle d’acier, agrafée et brasée, et ajustée à dilatation. Le pignon, ou cône de friction, afin d’obtenir une adhérence plus complète et moins de chances d’usure, est composé de rondelles en carton, comprimées à la presse hydraulique.
- 2° Essoreuses à courroie.
- Dans ces machines qui profitent des perfectionnements énoncés ci-dessus, le moteur est supprimé et le mouvement est transmis par une courroie.
- MM. Buffaud ont ajouté un débrayage instantané qui est leur propriété.
- L’adhérence est toujours produite par un ressort de butée pressant contre l’arbre horizontal de la roue de friction. Lorsque l’on veut opérer le débrayage, on serre une vis taraudée dans ledit ressort, en tournant au volant ajusté sur son extrémité. Sous l’effort exercé, le ressort fléchit, tandis que du côté opposé de l’arcade se trouve un boudin en caoutchouc établissant la contre-pression suffisante pour écarter les engrenages de friction. Ce débrayage opère instantanément et laisse l’arbre horizontal libre sans frottement entre ses butées en acier.
- - 3° Essoreuses à bras.
- Ces appareils sont employés seulement par les ateliers de petite importance ou dans les laboratoires. Un arbre additionnel, à manivelle, commande, par engrenage accélérateur, l’arbre horizontal de la roue de friction.
- Essoreuses à mouvement en dessous.
- Les essoreuses à mouvement en dessous présentent deux avantages importants :
- i° Facilité de chargement et de déchargement, et par conséquent économie de temps;
- 2° Propreté assurée, par suite de la suppression de tout mouvement et de tout graissage, au-dessus du panier.
- Mais il faut aussi que ces appareils offrent une solidité suffisante.
- Voici comment MM. Buffaud frères ont obtenu ces résultats:
- vient d’être décrit, avec cette différence que le moteur est remplacé, soit par une poulie additionnée d’un débrayage, soit par un arbre à manivelle avec transmission ; dans ce dernier cas, sur l’arbre des manivelles est fixée une roue à vis sans fin qui commande un arbre vertical, et celui-ci commande lui-même, par engrenage conique, l’arbre horizontal de la roue de friction.
- Avant de quitter l’exposition de MM. Buffaud frères à la classe 60, nous devons rappeler que ces constructeurs garnissent leurs essoreuses d’enveloppes ou de matières préservatrices suivant les applications auxquelles elles sont destinées,
- Nous devons aussi citer leurs autres appareils : Machine à secouer les soies, machine à cheviller les soies à moteur direct, machine à lustrer et étirer les soies.
- - .....
- 1° Essoreuses à moteur direct.
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 27
- 56, rue Blanche.
- Supplément au n" 337. — Lundi 3 Février 1879.
- REVUE DE L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1S78
- 139
- RÉDACTEURS.
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de l'Ecole polytechnique.
- MM. DEBIÉ, Ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction (même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LA SOCIÉTÉ GÉNÉRALE
- DES MOTEURS A AIR COMPRIMÉ
- Système L. MÉKARSKI
- ©, HUE DU HAVRE, A PARIS
- Dans notre numéro du 20 janvier, nous avons décrit les appareils de M. l’ingénieur Mékarski, dont l’exploitation appartient à la Société générale des Moteurs à air comprimé. Nous devons, pour compléter notre étude sur ce sujet, parler aussi des applications faites au moyen de ces appareils.
- Voiture automobile pour Tramways.
- La traction sur les tramways présente, au point de vue mécanique, des caractères tout à fait spéciaux 5 l’effort de traction, qui est environ de 10 kilogrammes par tonne en palier, augmente de la même quantité pour chaque centimètre de pente par mètre, et comme on rencontre fréquemment des pentes de 1, 2, 3, et même A et 5 centimètres par mètre, la traction sur ces pentes est double, triple, quadruple, et même quintuple et sextuple de ce qu’elle est en palier.
- Des courbes de très-petit rayon viennent encore, en certains points, augmenter l’effort de traction.
- Sans approfondir cette question, on peut dire que le moteur pour tramway doit réaliser les conditions mécaniques suivantes :
- 1° Pouvoir varier le travail produit par tour de roue entre de très-larges limites, quelquefois du simple au sextuple ;
- 2° Pouvoir fournir à ce travail sans diminuer la
- vitesse pendant un parcours souvent assez long ;
- 3° Pouvoir marcher à toutes les allures et arrêter rapidement.
- En dehors de ces conditions mécaniques, les moteurs pour Tramways doivent satisfaire à certaines convenances, ainsi :
- . 4° Ne pas effrayer les chevaux par le bruit ou un panache de vapeur ;
- . 5° Ne pas présenter de dangers d’explosion ;
- 6» Ne déverser dans l’atmosphère ni flammèches, ni escarbilles, ni fumée.
- On peut dire que l’emploi de l’air comprimé (système L. Mékarski) réalise toutes ces conditions d’une manière7absolue. Nous en donnerons comme preuves les Résultats des essais faits sous les yeux du public pendant une année entière avec la voiture automobile qui a fonctionné sur la ligne des Tramways-Nord entre l’Arc de Triomphe et le pont de Neuilly. Ces essais prolongés ont été la base des exploitations qui s’installent en ce moment avec ce système.
- La Société exposait à la classe 64 l’une des voitures automobiles construites pour la Compagnie des Tramways de Nantes et représentée par la figure ci-dessous.
- Cette voiture, qui présente réunis en un seul appareil le moteur et le véhicule, contient sous son châssis un approvisionnement d’air comprimé à 30 atmosphères emmagasiné dans dix réservoirs de 0m,50 de diamètre construits en tôle d’acier doux pour chaudières. L’épaisseur de la tôle est de 0m,008 et l’épreuve a été faite à 35 atmosphères. La contenance totale est de 2,800 litres, soit, en poids, environ 100 kilogrammes d’air. Les réservoirs sont divisés en deux capacités distinctes *. l’une, la Batterie principale (2,000 litres), destinée à servir pendant tout le parcours; l’autre, la Réserve (800 litres), destinée à conserver de l’air à la pression maximum jusqu’à la fin du trajet. L’organisme moteur, analogue à celui d’une petite locomotive, est suspendu extérieurement aux longerons du châssis et complètement enfermé dans deux caissons en tôle. La détente normale commence au tiers de la course.
- Sur le parcours de l’air entre les réservoirs et les cylindres moteurs est interposée la bouillotte, surmontée de son régulateur (1). Ici, la bouillotte contient 120 litres d’eau chaude ; elle est installée verticalement sur la plate-forme de devant, exclusivement réservée au mécanicien.
- Un frein Stilmant, actionné par l’air comprimé, produit un arrêt extrêmement rapide par l’enrayage des quatre roues.
- La voiture porte 30 voyageurs, dont 17 assis dans la caisse et 13 debout sur la terrasse formée par l’arrière du châssis. (Le large couloir central peut facilement contenir en sus, les jours de presse, dix autres voyageurs debout.)
- Chaque fois que la machine a épuisé sa provision d’air elle vient s’aboucher :
- 1° A une prise d’air comprimé où elle se charge d’air à 30 atmosphères ; (2)
- 2° A une prise de vapeur qui relève à 150° la température de l’eau contenue dans la bouillotte.
- Sur une voie de tramways ordinaire dont la résistance est de 10 à 12 kilogrammes par tonne, la dépense en charge complète est d’environ 8 kilogrammes d’air par kilomètre. La voiture peut donc, sans se recharger, fournir une course de 10 à 12 kilomètres.
- Remorqueurs pour tramways
- Sur les lignes de tramways qui ne présentent pas de pentes extrêmement rapides, où les parcours à effectuer sont très-longs et où l’on veut à chaque voyage pouvoir transporter un très-grand nombre de voyageurs, il peut y avoir avantage à dédoubler la voiture automobile en un remorqueur et une voiture ordinaire, ainsi qu’on le voit dans la-figure ci-après.
- (1) Voir la description de ces appareil» à notre numéro du 20 janvier.
- (2) Il est bon de remarquer que cette opération constitue, à chaque passage au dépôt, une véritable épreuve des réservoirs dont la pression, en marche, va toujours en décroissant.
- Voiture automobile
- NOMBRE DE PLACES
- Intérieur.
- Terrasse.
- 17'
- 13
- Total.
- Approvisionnement d’air comprimé : 100 kil.
- Poids de la Machine avec charge complète. ...»...........................
- Dépense d’air comprimé par kilomètre, en palier .........
- 30
- 8 tonnes. 8 kilo
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- 28 Paris LE CONSTRUCTEUR 56, rue Blanche.
- 140 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
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- Locomobile-’ïraïuwaj
- Remorquant une voiture à impériale de 46 places Approvisionnement d’air comprimé : 200 kilog.
- Poidi de la locomotive : 7 tonnes. — Charge totale mise en mouvement .* 1S tonnes.
- La Société exposait; à la classe 64, le remorqueur destiné à l’exploitation de la ligne de Saint-Denis à la place Moncey. Ici l’approvisionnement d’air est contenu dans des réservoirs placés sur le châssis. La bouillote et le régulateur occupent la plate-forme d’avant. L’organisme moteur est complètement enfermé à l’intérieur des longerons.
- Les réservoirs contiennent 200 kilogrammes d’air. La bouillotte renferme 250 litres d’eau chaude.
- La dépense, sur une voie de tramways ordinaire, pour le remorqueur traînant une grande voiture à impériale de 46 places en charge, est de 12 kilogrammes d’air par kilomètre. L’approvisionnement contenu peut fournir sans nouveau chargement une course de 12 à 15 kilomètres.
- Locomoiive de mines
- La question des grands transports à l’intérieur des mines est une de celles qui préoccupent le plus les exploitants, lorsque les champs d’exploitation s’étendent.
- Une locomotive de mines, pouvant fournir une longue course avec une forte charge, possédant d’ailleurs la souplesse d’allure des moteurs à air comprimé et tous leurs autres avantages au point de vue de l’aérage des galeries, est appelée à rendre de grands services.
- La Société exposait à la classe 50 une machine de ce genre établie pour la voie de Om,60 et qui ne dépasse pas un gabarit de lm,10 de largeur sur 1“,55 de hauteur ; la figure qui suit représente cette locomotive.
- Locomotive de Mines
- Approvisionnement d’air comprimé : j ^ __s*
- Dépense d’air comprimé sur une voie résistant à 12k,5 par tonne : 1 kilog. par tonne kilométrique, en palier • POIDS DE LA MACHINE EN CHARGE : 2,300 KILOG..
- Le réservoir d’air comprimé en acier doux a une capacité de 1,500 litres. Il contient 56 kilogram-
- Dépense d’air comprimé, par kilomètre, en palier : 12 kilog.
- mes d’air sous la pression de 30 atmosphères. La bouillote a une forme spéciale ; elle est constituée par un cylindre horizontal placé à l’arrière du châssis et dans lequel l’air est débité par un tube longitudinal percé de trous. Elle contient 75 litres d’eau chaude.
- L’organisme est extérieur aux longerons. Les deux essieux sont accouplés et écartés de 0m,80. Le diamètre des roues est de 0m,45.
- Le poids total en charge est de 2,300 kilogrammes.
- Le travail que peut fournir cette machine sans se recharger avec un train de poids donné est. facile à calculer. Chaque kilogramme d’air permet de transporter une tonne à un kilomètre en palier sur une voie de mine résistant à 12k,5 par tonne. Par exemple, si le chemin à parcourir est de 2 kilomètres et demi, le poids total du train pourra être de 20 tonnes (machine comprise). Si l’on tient compte de ce que dans les mines on descend en général en charge pour remonter à vide, on conçoit quel important transport on peut faire sans décharger. Le chargement s’effectue d’ailleurs comme pour les voitures automobiles ou remorqueurs de tramways, avec cette seule différence que, si la mine n’a d’accès que par les puits, une canalisation à haute pression descendant au fond relie les accumulateurs placés dans la galerie de roulage aux compresseurs qui restent placés au jour, tandis qu’une conduite de vapeur alimente une chaudière sans feu, au moyen de laquelle se réchauffe la bouillotte.
- Distribution de force motrice à domicile.
- La Société exposait, dans la classe 54, à titre d’exemple, un petit moteur à air comprimé actionnant une machine à coudre. Un régulateur semblable à celui qui a été décrit ci-dessus, avec cette différence que le jeu du piston plongeur n’est olus commandé par un volant, mais par une pédale, permet à l’ouvrière de faire varier à volonté et instantanément la vitesse de la machine par un simple mouvement du pied. La Société n’a eu pour but que de donner mÿ’exemple du parti que l’on pourrait tirer d’une canalisation d’air comprimé dans les quartiers ouvriers, pour la mise en mouvement' de machines-outils, tours, machines à coudre, etc. L’emploi de l’air comprimé entraînerait dans ces conditions une très-faible dépense de combustible (environ 3 centimes par heure et par machine de la force d’un homme) et écarterait tous les dangers ou inconvénients des machines à vapeur ou à gaz.
- Résultats économiques du système Mékarski.
- Moteurs pour tramways.
- Les compresseurs d’air installés au dépôt sont
- actionnés par des machines à détentê et condensation, brûlant lk,5 par cheval et par heure. Ces appareils débitant 6 kilogrammes d’air par cheval et par heure, il en résulte que un kilogramme d’air coûte 250 grammes de houille. La voiture automobile, dont le poids est de moins de 8 tonnes en charge et qui consomme 8 kilogrammes d’air par kilomètre, dépense donc 2 kilogrammes de charbon par kilomètre parcouru.
- Le remorqueur avec sa grande voiture à impériale constitue un ensemble du poids de 12 tonnes en charge et dépense, par conséquent, dans les mêmes conditions, 3 kilogrammes de charbon par kilomètre parcouru.
- Ces chiffres sont inférieurs à ceux qui ont été constatés pour les machines essayées jusqu’à ce jour sur les tramways. Encore faut-il ajouter que ces dernières brûlent du coke, dont le prix est supérieur à celui de la houille que brûlent les machines fixes.
- Quant aux dépenses nécessitées par la surveillance et l’entretien sur les machines fixes, il faut mettra en regard :
- 1° La suppression du chauffeur qu’il faut adjoindre au mécanicien sur les petites locomotives à vapeur de tramways ;
- 2° La grande différence qui existe entre l’entretien de deux ou trois grandes chaudières fixes de forme simple et celui de petites chaudières de forme nécessairement complexe, placées sur chaque locomotive.
- Locomotives de Mines.
- La dépense d’air calculée sur les bases indiquées ci-dessus correspond à un kilogramme d’air, soit à 250 grammes de houille par tonne transportée à un kilomètre. Pour les houillères où l’on brûle dans les machines fixes des déchets presque sans valeur, cette dépense est insignifiante et elle remplace la nourriture des chevaux, Une économie d’une autre nature est réalisée sur le personnel, car un mécanicien mène par jour un beaucoup plus grand nombre de wagons que ne peut le faire un conducteur avec la traction par cheval. Dans les évaluations faites par les houillères françaises, avec des conditions normales d’exploitation, le prix total du transport par tonne utile revient à environ 3 centimes par kilomètre.
- Distribution de force motrice à domicile.
- L’emploi de l’air comprimé dans ces conditions et avec des moteurs très-élémentaires correspond à Paris, a une dépense de combustible de trois centimes par heure et par homme (1/12 de cheval).
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- Paris LE CONSTRUCTEUR_________50, rue Blanche. 20
- REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878 141
- LES MACHINES A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Les machines Çompoimd comparées aux machines des systèmes Corliss ou autres dérivés.
- M. de Fréminviile, professeur à l’Ecoîe centrale des arts et manufactures, a fait une conférence sur les machines Compound comparées aux systèmes Corliss et dérivés.
- Les avantages du système Compound consistent :
- 1° Dans l’emploi de deux cylindres, l’un de petite et l’autre de grande dimension (relatives) ayant dans certains cas leurs pistons montés sur une tige commune ;
- > 2° Dans l’application d’un récipient intermédiaire aux cylindres, recevant sa vapeur à sa sortie du petit cylindre et la transmettant au grand cylindre ;
- 3° Dans la distribution de la vapeur, tant à l’admission qu’à l’échappement, qui permet d’obtenir en même temps un travail égal dans chaque cylindre ;
- 4° Dans l’emploi du modérateur pour faire varier la détente en raison du travail à effectuer ;
- 5° Dans la disposition des tiroirs de la distribution, qui supprime les espaces nuisibles à la vapeur avant son admission dans les cylindres.
- L’emploi des deux cylindres dans le système Compound est une variété de la machine Wolf ; mais, ce qui caractérise ce système, c’est l’application d’un récipient intermédiaire, recevant la vapeur à sa sortie du petit cylindre où elle a travaillé à haute pression, et la transmettant ensuite dans le grand cylindre où elle continue à travailler par expansion, après quoi elle se rend au condenseur. Ce récipient, qui est entouré d’une enveloppe de vapeur, maintient à la vapeur, qui doit être admise dans le grand cylindrê, une température et une tension en rapports constants ayec la température et la tension qu’elle possédait à sa sortie du petit cylindre.
- La distribution est réglée de manière à ce que le travail effectué dans chaque cylindre soit exactement le même, et en même temps, tout en faisant produire à l’expansion de la vapeur le plus grand effet utile. D’après M. de Fréminviile ce rendement pour les machines Compound serait obtenu par une dépense de combustible de 0k,600 par heure et par force de cheval, tandis que la machine Farcot et la machine Corliss dépensent l’une et l’autre environ 0k,900.
- Si on ajoute que les boîtes des tiroirs de distribution sont placées immédiatement contre les cylindres de manière à éviter les espaces nuisibles entre les tiroirs et les orifices des cylinnres, et que l’admission de la vapeur est réglée par le modérateur à boules, on aura résumé les avantages que M. de Fréminviile attribue à la machine Compound.
- Les avantages attribués à la machine Corliss consistent principalement dans la disposition de la distribution de vapeur qui se fait par quatre tiroirs, en forme de secteurs, placés sur, un même cylindre, deux pour l’admission et deux pour l’échappement, et surtout par la manière dont ces tiroirs sont disposés et actionnés, ce qui permet d’obtenir des ouvertures d’orifice relativement plus grandes que dans les autres systèmes de distribution, quoique variant selon la durée de l’admission.
- Ces résultats sont obtenus par l’emploi du régulateur agissant sur un déclic, qui permet aux ressorts disposés à cet effet, d’opérer la fermeture brusque des tiroirs, après une admission plus ou moins prolongée en faveur du travail à effectuer par la machine.
- Les boîtes à vapeur qui contiennent les tiroirs de distribution étant placées immédiatement sur les cylindres, on a évité les espaces nuisibles de telle sorte que la vapeur arrive sur le piston avec la pression de la chaudière.
- L’éminent professeur ajoute :
- « A propos des machines à quatre distributeurs, je crois devoir donner ici une description sommaire de machines qui ont été construites, il y a trente-trois ans, sur un principe absolument semblable, et qui comportaient même quelques dispositions avan-
- tageuses, qui n’ont pas été reproduites dans les machines Corliss et les machines similaires de ce système qui fonctionnent à l’Exposition.
- » En 1846, j’ai installé à Saint-Germain-en-Layes (sous la direction de M. Eugène Flachat) deux grandes machines à vapeur construites par la maison Mallette, d’Arras, pour le service du chemin de fer atmosphérique.
- » Chacune de ces machines, de la force «le 200 , chevaux environ, était à deux cylindres (indépendants quant à l’action de la vapeur). Les tiges des pistons agissaient sur un arbre à manivelles calées à angle droit. Chaque cylindre avait 0m,80 de diamètre et la course des pistons était de 2 mètres, l’arbre des manivelles faisant trente révolutions par minute.
- » La distribution de vapeur dans les cylindres se faisait de la manière suivante •;
- » Chaque cylindre était muni de quatre soupapes, deux pour l’admission et deux pour l’échappement ; ces soupapes étaient placées immédiatement au-dessus et au-dessous des cylindres, ne laissant aucun espace nuisible entre leurs orifices et les cylindres.
- » Les soupapes d’échappement étaient en communication directe avec le récipient d’un condenseur, dont la pompe à air était actionnée par une machine à vapeur spéciale de la force de 30 chevaux.
- » Le mouvement des soupapes pour l’admission était donné par deux cames mobiles, et pour l’échappement par deux cames fixes , les deux cames d’admission étaient montées à rainure sur un arbre horizontal portant une clavette longitudinale qui servait à entraîner ces cames dans son mouvement de rotation et leur déplacement était fait par le régulateur de manière à régler l’admission et par conséquent la détente en raison du travail à effectuer ; travail très-variable, puisque dans l’espace de six minutes l’admission passait du quinzième à la totalité de la course du piston et la pression de la vapeur descendait de 5 atmosphères à 1 atmosphère. Toutes ces variations de la puissance et de la résistance s’opéraient sans changement sensible dans la vitesse normale.
- » Les cames donnaient une levée maxima constante aux soupapes, le régulateur ne faisant que varier le temps d’admission en les déplaçant. On voit par ce qui précède qu’il y a identité presque complète entre ces machines qui fonctionnaient il y a trente-deux ans et les machines actuelles du système Corliss ; mais dans la plupart des machines de ce système la distribution est faite par des tiroirs, tandis que la distribution par soupapes, quoique excellente en principe, présenterait peut-être quelques inconvénients et des causes fréquentes de détérioration par la multiplicité des machines animées d’une grande vitesse.
- » Les soupapes de distribution dont je viens de parler présentant quelques particularités intéressantes, je crois devoir en donner une courte description.
- » Le mérite de cette soupape consiste dans la neutralisation (en grande partie du moins) de la pression de la vapeur sur sa surface, pour sa disposition à deux sièges.
- » La. soupape étant entièrement entourée par la vapeur, la pression s’exerçant sur toutes les parties de la cloche clapet n’a pour résultat qu’à vaincre l’effort exercé sur sa surface annulaire, ce qui leur a fait donner la dénomination de soupapes équilibrées.
- » Je ferai aussi remarquer que la distribution faite par des lames mobiles à levée constante et à durée variable, manœuvrées' p» un régulateur isochrone, donne toujours l’ouverture maxima des soupapes ou tiroirs d’admission quelle que soit la durée, en ramenant exactement la vitesse normale, ce qui est le désideratum cherché pour 1 e meilleur emploi dans les cylindres ; tandis que la distribution faite par des excentriques fixes donne des rétrécissements d’orifice à l'ouverture des lumières lorsqu’il est nécessaire de réduire ^admission, l’application du déclic et du ressort aux machines Corliss ne donnant que la fermeture brusque des tiroirs, ne remédie qu’en partie au laminage de la vapeur à son entrée dans le cylindre pour les faibles admissions. »
- Nous ferons remarquer que, si la disposition Corliss peut s’appliquer aux machines Compound et augmenter leur rendement utile, il est juste de
- reconnaître que ces deux inventions constituent chacune un progrès et qu’on doit leur attribuer les principaux perfectionnements apportés, pendant ces dernières années, aux moteurs à vapeur.
- LES GÉNÉRATEURS A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
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- LES FOYERS FUMIVORES
- Système Ten-Brink.
- Les foyers fumivores, système Ten-Brink, étaient appliqués sur deux chaudières suisses à l’Exposition universelle, l’une de MM. Sulzer frères, de Winterthur, l’autre de MM. Escher, Wyss et Cie.
- Nous rappellerons très-sommairement en quoi consistent ces foyers, car ils ont déjà été décrits au Constructeur (1).
- Le fumivore Ten-Brink, appliqué à un corps cylindrique, consiste en un gros tube incliné renfermant le foyer. Une grille divise ce tube en deux parties à peu près égales. Le combustible arrive par la partie supérieure sur la grille et descend au fur et à mesure qu’il se consume ^ les cendres et détritus tombent à la partie inférieure. Les flammes qui sont produites par le combustible en ignition et les gaz chauds remontent le tube, contournent le cylindre et viennent envelopper la chaudière proprement dite qui se trouve au-dessus. L’air froid ne pénètre jamais au-dessus de la grille ; car la porte de charge, de petite section, est toujours garnie de combustible qui descend graduellement. Cette descente du combustible, déterminée par l’inclinaison de la grille, est bien calculée pour que la combustion soit complète. En outre, la fumivorité est parfaite, parce que ce sont les parties les plus enflammées qui se trouvent au bas de la grille et que les premiers gaz charbonneux sont obligés, pour se rendre dans le carneau supérieur, de traverser les flammes incandescentes qui les brûlent ; pour compléter la fumivorité, une petite porte, ménagée en haut, permet une légère introduction d’air.
- L’eau qui remplit le cylindre et entoure le Ten-Brink est promptement vaporisée. En haut du cylindre un tube prend la vapeur et la conduit à la partie supérieure de lia chaudière dans le réservoir de vapeur, tandis qu’un autre tube ramène l’eau de la chaudière à la partie inférieure du cylindre. De cette disposition résulte une circulation très-active.
- Nous avons indiqué en quoi consiste le fumivore Ten-Brink, mais il est difficile de décrire les diverses formes et applications dont il est susceptible. Souvent il est conique pour favoriser le dégagement des gaz chauds. Les cylindres peuvent être munis, suivant leurs dimensions, de un, deux ou trois appareils Ten-Brink, et l’arrivée de l’air sous les gril-'ies peut se faire, soit par une porte spéciale à chaque appareil, soit par une entrée générale. Le tube fumivore Ten-Brink peut être ouvert à sa partie inférieure, en sorte que les résidus tombent dans un cendrier général sous le cylindre, ou ce même tube peut être fermé, et alors c’est pars une porte spéciale que l’on retire les cendres.
- Les appareils Ten-Brink ont été appliqués aux locomotives de plusieurs chemins de fer -, ils peuvent être aussi employés pour les chaudières marines, et voici la disposition qu’on peut alors donner à ces dernières.
- Chaque corps de chaudière se compose de deux cylindres à la partie inférieure, de deux cylindres au milieu, de quatre cylindres plus petits au-dessus.
- Les cylindres du bas ont chacun trois fumivores Ten-Brink ; ce sont les vaporisateurs. Les cylindres du milieu, remplis d’eau aux trois-quarts, avec vapeur en-dessus, sont les chaudières proprement dites ; ils sont munis de tubes transversaux légèrement inclinés. Quant aux cylindres plus petits du haut, qui sont aussi munis de tubes horizontaux ou légèrement inclinés, ils ont une double fonction, les premiers étant des surchauffeurs de vapeur et les seconds des réchauffeurs.
- On comprend, dans cette disposition, quelle est la circulation des gaz. Ils sortent des Ten-Brink, ccauffent le dessous des chaudières, pénètrent dans
- (1) Voir notre numéro du 8 janvier 1877,
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- 80 Paris. LE CONSTRUCTEUR 56, rue Rlanche.
- 142 REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- leurs tubes, puis arrivent aux surchauffeurs et aux réchauffeurs dont ils traversent également les tubes ; en dernier lieu, ces gaz s’échappent par une cheminée centrale.
- Il est inutile de dire que dans la chaudière marine tous ces cylindres sont compris dans une seule enveloppe, de manière à ne former qu’un corps, tout en laissant accessibles les portes nécessaires pour le service des foyers.
- Les premiers appareils du système Ten-Brink ont été appliqués en 1860 à des machines locomotives du chemin de fer de l’Est, où M. Ten-Brink était alors attaché en qualité d’ingénieur-adjoint du matériel et de la traction. Après la construction de 200 appareils de ce genre, la Compagnie de l’Est, ne trouvant pas les résultats assez supérieurs, les abandonna. Mais, en même temps, la Compagnie d’Orléans avait fait l’application du système Ten-Brink sur une vaste échelle, et depuis, reconnaissant ses avantages, elle en a généralisé l’emploi ; aujourd’hui cette compagnie possède 720 de ces appareils en service.
- Le générateur exposé par MM. Escher, Wyss et C® se composait : 1° de deux chaudières de 6 m. 75 de longueur sur 75 centimètres de diamètre, avec cylindre et foyer Ten-Brink en avant et en dessous et avec réservoir de vapeur en arrière et au-dessus ; 2° de deux bouilleurs, de /un. 70 de longueur sur 65 centimètres de diamètre, placés en dessous des chaudières.
- Une autre disposition remarquable est celle des batteries de Cuorgne, près Turin, qui. sont de la force de A00 chevaux. Chaque batterie comprend :
- 1® Trois chaudières parallèles de 6 m. 500 de longueur sur 75 centimètres de diamètre, portant chacune un dôme de vapeur à l’arrière et communiquant à l’avant avec un gros cylindre à double foyer Ten-Brink ;
- 2* Trois bouilleurs de h m. 30 sur 0 m. 60 placés sous les chaudières;
- 3° Trois réchauffeurs de mêmes dimensions que ces bouilleurs et placés en dessous.
- MM. Jülg et Ce, de Bâle, MM. Sulzer frères, de Winterthur, ont aussi fait du foyer Ten-Brink des applications très-variées et très-ingénieuses.
- Nous nous proposons de décrire au prochain numéro le générateur exposé par MM. Sulzer.
- Quant aux résultats économiques de l’appareil Ten-Brink ils sont relatés dans notre numéro précité de 1877. Ils ont toujours été favorables.
- Pourquoi alors cet appareil ne s’est-il pas propagé en France comme en Suisse? Cela tient peut-être à ce que nous possédons déjà des dispositions de chaudières supérieures et que nos bons constructeurs sont plus avancés que leurs voisins.
- LES APPAREILS
- de Sécurité et Accessoires
- DES CHAUDIÈRES A VAPEUR
- A. L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Condensateur automatique de vapeur. — Régulateur d’alimentation. — Registre pyrométrique automoteur.
- Systèmes V. CLEUET,
- Constructeur, 496, rue d’JUemagne, à Paris.
- Condensateur et Régulateur.
- Le journal le Constructeur, qui est toujours le premier à décrire à ses lecteurs les inventions méritantes, a déjà fait connaître le condensateur et le régulateur de M. Cleuet (1).
- Le condensateur se compose :
- 1° D’une boîte rectangulaire, ouverte à la partie inférieure et qui plonge dans une bâche contenant de l'eau et formant joint hydraulique ;
- 2° D’une caisse à eau placée au-dessus de la boîte rectangulaire dont elle forme le fond supérieur et alimentée automatiquement par un réservoir quelconque parle moyen d’un robinet à flotteur;
- 3* De tuyaux cylindriques d’évaporation en métal mince, de préférence en cuivre, échancrés aux deux extrémités et traversant les parois antérieures et postérieures de la boîte rectangulaire.
- Dans cette boîte, que nous pouvons appeler
- (t) Voir nos numéros du 7 janvier et du 15 mai 1876.
- chambre de condensation, arrive la vapeur d’échappement au moyen d’un tuyau incliné ét de tubulures placées à diverses hauteurs; la vapeur se condense et retombe liquéfiée dans la bâche. Une chambre d’appel qui forme l’une des extrémités de la chambre de condensation, communique avec la cheminée générale de l’usine ou avec une cheminée spéciale de hauteur suffisante pour produire un bon tirage.
- Les tuyaux d’évaporation sont superposés par séries horizontales de 2, 3, £... suivant la quantité de vapeurs à condenser et disposés de telle sorte que l’eau fournie par la caisse supérieure circule dans toute leur longueur en tombant successivement de l’un dans l’autre ; les échancrures de ces tuyaux permettent la circulation de l’air en vue du rafraîchissement de l’eau qu’ils contiennent.
- Voici maintenant en quoi consiste le régulateur :
- Deux tubes métalliques, de petit diamètre et à peu près parallèles, sont placés latéralement à la chaudière, de telle sorte que le tube supérieur soit légèrement incliné et que son milieu soit à la hauteur du niveau normal de l’eau dans le générateur.
- Par une extrémité, ces deux tubes sont fixés sur une bouteille métallique à l’intérieur de laquelle ils viennent déboucher, et cette bouteille est en communication avec la chaudière par un double tuyau d’eau et de vapeur. A l’autre extrémité les deux tubes se raccordent, soit par une seconde bouteille, soit directement, celui du dessous sur celui du dessus.
- Si le niveau reste absolument constant et à son point normal dans la chaudière, l’appareil, qui prend ce même niveau, restera lui-même invariable. Mais si l’eau diminue dans la chaudière, elle abandonne rapidement le tube supérieur, qui se remplit de vapeur, s’échauffe et s’allonge ; et si, au contraire, l’eau monte dans la chaudière, elle remplit la totalité de ce même tube qui se refroidit et se contracte. Or ce sont précisément ces dilatations et contractions du tube que M. Cleuet a utilisés pour la manœuvre du robinet régulateur d’alimentation.
- La pompe alimentaire marche constamment et fournit un peu plus que le nécessaire ; il suffit donc, pour obtenir un niveau constant, de lui enlever constamment son excès d’eau qui retournera dans une bâche de trop plein en communication avec le réservoir de prise ou destinée à tout autre usage.
- Pour obtenir ce résultat, un robinet spécial (placé sur le tuyau de refoulement de la pompe) qui est soit fermé, soit plus ou moins ouvert, permet une décharge d’eau ou nulle ou proportionnée à l’excédant à prélever sur l’alimentation.
- Ainsi tout se réduit à la manœuvre d’un robinet, manœuvre qui est opérée, on le prévoit déjà, par le tuyau supérieur de l’appareil, qui est en réalité une véritable barre pondératrice reproduisant sur le robinet tous les mouvements de l’eau dans la chaudière. Ainsi, plus l’eau monte dans le générateur, plus le robinet de décharge s’ouvre ; et plus l’eau se rapproche du niveau normal, plus ce robinet se ferme.
- L’action de la barre n’est pas directe, elle se produit par l’intermédiaire d’un petit levier du premier genre, ce qui permet de rendre l’appareil plus sensible et par suite d’en diminuer les proportions.
- En résumé, le Condensateur a pour objet :
- 1° De condenser la totalité de la vapeur d’échappement des machines à haute pression ;
- 2° De fournir à l’alimentation des générateurs de- l’eau presque chimiquement pure, exempte de molécules grasses, et possédant une température de 85 à 90° ;
- 3° De supprimées incrustations dans les chaudières, ainsi que les dépenses occasionnées par les nettoyages fréquents et l’emploi des substances antitartriques ;
- h° De réaliser une économie d’environ 20 p. c. sur le combustible, ainsi que sur la consommation de l’eau nécessaire à la production de ia vapeur.
- Cet appareil, légèrement modifié, peut être avantageusement appliqué pour la concentration sans frais des dissolutions salines ou autres, en employant soit la chaleur perdue des vapeurs d’échappement, soit la chaleur des gaz ou fumées provenant de la combustion dans les foyers ordinaires.
- Le Régulateur d’alimentation est, pour ainsi dire, le complément naturel du condensateur, car il convient de renvoyer à la chaudière l’eau con-
- densée au fur et à mesure de sa production, et en alimentant avec de l’eau très-chaude, la pompe marchant d’une manière continue, ne se désamorce pas par le dégagement des vapeurs à l’aspiration, ainsi qu’il arrive pour l’alimentation intermittente.
- Il peut aussi exister seul sans le condensateur, car en adoptant un mode d’alimentation continue, on se met, grâce à son emploi, à l’abri d’une baisse de niveau toujours dangereuse, que l’imprudence d’un chauffeur peut entraîner. Il prévient également les abaissements de pression dus à l’alimentation intermittente, ainsi que le refroidissement brusque des parois des bouilleurs et leur contraction qui fatigue les assemblages des tôles.
- Tous ses organes étant placés à l’extérieur du fourneau, cet appareil évite les inconvénients résultant de l’emploi des flotteurs, du percement des chaudières, des garnitures, etc. Ses dimensions restreintes et son faible poids permettent son transport et son installation sans nécessiter aucun démontage.
- Son action de réglage s’effectue sans mouvements appréciables et ne donne lieu à aucune chance d’usure des pièces qui le composent.
- M. Cleuet a obtenu une médaille d’argent pour ces appareils exposés dans la classe 54.
- Registre pyromètripe automoteur.
- Le Registre pyrométrique a pour but :
- 1® D’indiquer à chaque instant la température des fumées et des gaz produits par la combustion ;
- 2° De maintenir cette température dans des limites aussi étroites qu’on le désire, en réglant automatiquement le tirage du foyer.
- Cet appareil, qui fonctionne sans frottements ni temps perdu, constitue, pour ainsi dire, une balance de chaleur, dont les diverses positions d’équilibre sont déterminées par les dilatations inégales de deux métaux différents (fer et cuivre, par exemple) pour une même température. 11 peut fournir des indications aussi exactes que possible depuis 0 jusqu’à 700* et fonctionner sous une différence de 10°.
- . Description. — L’appareil se compose simplement :
- 1° D’un fléau en fonte, oscillant sur le couteau d’un support, lequel repose sur le sol de la galerie de tirage. Il porte à une extrémité le registre et à l’autre un contre-poids, suspendu à un tourillon par une tige dont le prolongement supérieur indique les températures sur un cadran, qui est solidaire du fléau et oscille avec lui ; *
- 2° D’un tirant, en cuivre rouge, fixé d’une part au fléau près du registre, et relié d’autre part à la tige, au-dessus et très-près de l’axe, par l’intermédiaire d’une chape et d’une vis de pression, dont le serrage a pour effet d’écarter de la verticale le centre de gravité du poids, et de maintenir le tirant en état de tension constante.
- 3° D’un poids additionnel qui, par sa position sur le fléau, détermine la température au-delà de laquelle le registre peut s’abaisser et obturer plus ou moins le carneau.
- Fonctionnement. —- Au fur et à mesure que la chaleur augmente, le tirant en cuivre, s’allongeant davantage que le fléau en fonte, permet au poids de se rapprocher de la .verticale, en même temps que l’aiguille indique sur le cadran les accroissements successifs de la température. Lorsque la température correspondante à la position du poids additionnel est atteinte, l’équilibre du système devient instable et quelques degrés en plus déterminent l’abaissement du fléau et du registre qui réduit le passage de la fumée.
- Le tirage est alors moins vif ; la chaleur des gaz diminue, et le tirant se contracte en écartant de nouveau le poids de la verticale ; le levier du poids devient plus lourd et relève le fléau et ie registre. — On voit que le système prend de lui-même la position la plus convenable pour maintenir la température des gaz ou fumées dans des limites aussi étroites qu’on le désire, et par suite, éviter les excès de consommation du combustible.
- Le registre pyrométrique automoteur deM. Cleuet a déjà obtenu les récompenses suivantes :
- Médailles d’argent de la Société industrielle du Nord et à l’Exposition universelle de 1878 ;
- Médaille de vermeil de la Société industrielle d’Amiens.
- Il mérite les encouragements des ingénieurs et des constructeurs.
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- Paris
- 56, rue Blanche
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- LE CONSTRUCTEUR
- Supplément au n° 339. — Lundi 17 Février 1879.
- REVU DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 187$
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de FEcole polytechnique.
- MM. DEB1É, Ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction (même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LE MATERIEL DES MINES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE X>33 1878
- Machine hydraulique à agglomérer les briquettes de charbon
- Système breveté de la Société des Forges et Chantiers de la Méditerranée
- La nouvelle machine à agglomérer les briquettes était exposée, par la Société nouvelle des Forges et Chantiers delà Méditerranée, dans la classe 50 du groupe VI, où elle obtint une médaille d’or.
- Dans cette machine, représentée par la'.’figure ci-dessus, la pression est hydraulique et le fonction-
- nement s’opère d’une manière continue sans le secours d’aucune machinerie auxiliaire, pompe, accumulateur, etc.
- Les nouveaux appareils, comme les précédents brevetés par MM. Mazeline et Cody, ont une forme tournante qui permet un démoulage et une produc-
- tion continus ; ils présentent tous les perfectionnements de détail qu’une longue pratique et une élude approfondie des résultats industriels ont fait reconnaître nécessaires. Au moyen d’un dispositif spécial également breveté, ils peuvent utiliser, pour la compression des briquettes, toute distribution d’eau sous pression continue qui serait à la disposition de l’usine de fabrication.
- Les machines hydrauliques à agglomérer de la Société nouvelle des Forges et Chantiers comprennent quatre types différents fournissant des briquettes de 10 k., 5 k., 2 k. 50 et 1 k. 25 ; leur production par 24 heures varie de 48 à 580 tonnes suivant le poids des briquettes. La pression peut varier de 50 à 350 kilogr. par centimètre carré de surface horizontale de la briquette. La proportion de brai à employer varie entre 5 et 8 pour cent suivant la nature des charbons et l’énergie de la compression. Les machines de ce système, qui fonctionnent déjà dans plusieurs usines, donnent les meilleurs résultats sous le rapport de la rapidité du travail, de la puissance de compression, de la solidité des briquettes, de l’économie dans l’emploi du brai et surtout dans la consommation de la vapeur qui, par suite d’une nouvelle disposition brevetée, récemment apportée à ces appareils, se trouve réduite de près de moitié.
- La machine exposée dans la classe 50 était un appareil double, à compression hydraulique, se fournissant à lui-même son eau comprimée et fabriquant des briquettes de 5 kilog. La compression qu’elle donne aux briquettes peut aller jusqu’au triple de la compression fournie par la machine Mazeline ; elle est forte ou faible, variant à volonté, selon les besoins, en raison de la nature de la pâte ; elle est soutenue et régulière, ce qui permet d'obtenir des produits irréprochables.
- L’appareil se compose d’un malaxeur ou mélangeur de brai et de menu de houille, distribuant ses matières, convenablement préparées, dans une cuve en fonte placée au-dessous du malaxeur, sur le même arbre vertical. A chaque tour de cet arbre, deux linguets en fer actionnent la forme tournante de chacun des appareils et la font avancer d’une dent ou d’un moule, qui est immédiatement rempli du mélange à comprimer.
- La forme tournante est folle autour d’un axe vertical sur lequel sont superposés deux cylindres à vapeur et un cylindre hydraulique. Un plan incliné, placé au-dessous de la couronne inférieure de la forme tournante, permet d’obtenir automatiquement une compression initiale pour amener la pâte à l’état compacte avant la compression hydraulique et le démoulage de la briquette après qu’elle a été comprimée.
- Les trois cylindres superposés et ayant une tige commune sont :
- Un petit cylindre à vapeur placé à la partie supérieure ;
- Un grand cylindre à vapeur immédiatement au-dessous du petit cylindre -,
- Un cyiindre hydraulique fixé sur la plaque de fondation et communiquant avec la presse hydraulique proprement dite, dont le piston correspond exactement à l’axe de chacun des moules de la forme tournante qui se présente successivement au-dessus de lui.
- Le petit cylindre à vapeur sert à ramener en haut de leur course les trois pistons à vapeur et hydraulique enfilés sur la même tige verticale.
- Ces trois pistons étant au haut de leur course, la vapeur amenée sur la face du piston du grand cylindre entraîne tout le système à bas de course ; le piston hydraulique descend, et la pression de l’eau,
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- transmise intégralement sous le plongeur de la presse hydraulique « compresseur », opère la compression de la briquette.
- La distribution de la vapeur dans les deux cylindres à vapeur est établie de telle sorte que les orifices d’admission de la vapeur sur le grand piston et les orifices d’évacuation de la vapeur hors du petit cylindre sont ouverts simultanément ; et, inversement, les orifices d’admission de la vapeur sous le petit piston sont ouverts en même temps que les orifices d’évacuation de la vapeur hors du grand cylindre.
- Aussitôt que le relevage des pistons commence, la pression de l’eau est annulée, et le piston « compresseur » revient au bas de sa course, tandis que la forme tournante avance d’une dent, c’est-à-dire d’un moule, et vient présenter une seconde briquette à la compression de la presse hydraulique.
- Grâce à des boîtes à ressorts convenablement disposées dans les cylindres à vapeur et à un jeu de soupapes entre le cylindre hydraulique et la presse hydraulique, ces mouvements alternatifs se font sans choc et sans bruit.
- Les briquettes, démoulées au fur et à mesure de l’avancement de la forme tournante sur le plan incliné, sont saisies par une main de fer qui débarrasse l’appareil de ses produits fabriqués.
- Nous croyons inutile d’ajouter que la Société construit toute la machinerie auxiliaire qui concourt à l’instaliation d’une usine à agglomérés : générateurs de vapeur, machines motrices, broyeurs, mesureurs, mélangeurs, chaînes à godets, etc. — Elle livre aussi les appareils type Mazeline-Cody, qui donnent des résultats excellents lorsque la nature des charbons ne réclame pas une puissante compression.
- Nous regrettons que le défaut d’espace ne nous permette pas de décrire les immenses travaux maritimes exécutés par la Société nouvelle des Forges et Chantiers de la Méditerranée, dans ses chantiers et ateliers du Havre, de la Seyne et de Marseille.
- Cent soixante-huit bâtiments de guerre, soixante-neuf paquebots à vapeur, de commerce, soixante voiliers, soixante grandes dragues et cent quatorze porteurs représentant une force totale de 185,000 chevaux-vapeur, sont sortis des chantiers de cette Société depuis 1855, époque de sa fondation.
- Outre le matériel naval proprement dit, la Société des Forges et Chantiers a livré pendant la même période un nombre considérable d’engins et de machines de toutes sortes pour l’art militaire, l’industrie et le commerce -, tels que :
- Artillerie de gros calibre, canons de campagne, affûts et projectiles, phares métalliques, machines-outils, appareils hydrauliques, grues, presses à cintrer les blindages, matériel de dragage, bateaux porteurs de déblais, chalands, matériel pour la fabrication et la manutention de blocs artificiels pour la construction des digues et jetées, machines d’épuisement, machines de terre fixes et locomobi-les, générateurs, locomotives, matériel dés travaux publics, machines à fabriquer les agglomérés, machines à faire la glace, etc.
- Parmi ces travaux, citons : VAmiral-Duperré, vaisseau cuirassé de premier rang, le Tourville, croiseur de première classe, les transports Tonquin, Shamrock et Bien-Hoâ, tous dépendant de la marine nationale de France ; le navire-atelier Cyclop à hélice de 1,000 chevaux, commandé, en 1871, par le gouvernement autrichien pour réparer et ravitailler une escadre ; ce bâtiment comprend trois ateliers complets de fonderie, de forge et de chaudronnerie et d’ajustage, lesquels sont actionnés par une machine à vapeur à deux cylindres accouplés ; une chaudière auxiliaire alimente un marteau-pilon, et sur le pont une grue tournante à vapeur sert à l’embarquement et au débarquement des pièces; le paquebot en fer à hélice de 1,800 chevaux, la France, construit pour le compte de la Société générale des transports maritimes à vapeur, le plus long de notre marine, mesurant 130 mètres au pont supérieur.
- En dehors de ces travaux pour la marine, la Société nouvelle des Forges et Chantiers a construit douze phares en tôle avec haubans, des appareils hydrauliques de grande puissance et le pont-tournant de la passe d’entrée des bassins de radoub à Marseille, le plus lourd et le plus large qui existe dans ce genre.
- Cette Société est, sans contredit, avec les Usines
- du Creusot, la plus puissante et la mieux outillée de France -, en ce qui concerne les constructions maritimes, elle rivalise avantageusement avec les plus grands établissements de l’Angleterre.
- — 1 1 .................-
- LES EXPOSITIONS
- DE MM. L. SAUTTER, LEMONNIER & Ce Ingénieurs-Constructeurs 26, Avenue Suffren, à Paris.
- MM. Sautter, Lemonnier et C° exposaient dans la classe 66 (Matériel des travaux publics), des phares, feux flottants, tours en fer, appareils sonores pour signaux de brume, machine électrique de Gramme pour phares.
- Nous regrettons de ne pouvoir décrire, en ce moment à nos lecteurs, ces appareils qui présentent tous un intérêt de premier ordre et qui ont obtenu une médaille d’or.
- L’établissement de MM. Sautter, Lemonnier et Ce a construit 769 phares et 646 feux divers ; ces appareils ont été livrés dans tous les pays; les Etats-Unis en ont demandé 325, la Grande-Bretagne, 164, la France, 373.
- Les phares éclairés à l’électricité ont une intensité lumineuse plus grande ; ils ont tous, sauf ceux d’Angleterre, été établis par MM. Sautter, Lemonnier et Ce.
- Les appareils sonores pour signaux de brume peuvent être mus à la vapeur ou à l’air comprimé.
- L’appareil dit : trompette du Havre, se compose d’un compresseur d’air mû par machine à vapeur et d’un réservoir d’air comprimé sur lequel est montée la trompette ; le réservoir et le compresseur peuvent être placés à une distance quelconque l’un de l’autre et sont réunis par un tuyau. Le son est produit par la vibration d’une épaisse lame d’acier, vibration déterminée par le passage de l’air comprimé.
- La sirène à vapeur se compose d’un cylindre en bronze, tournant avec très-peu de jeu à l’intérieur d’un autre cylindre semblable. Lés deux cylindres sont percés, suivant leurs génératrices, de fentes qui, successivement, correspondent et ne correspondent pas. La forme de ces fentes est telle que le passage, de la vapeur détèrtnitte la rotation du cylindre intérieur et provoque, par suite, une série d’explosions produisant un son très-intense.
- Dans la classe 67 : navigation et sauvetage, où ils ont obtenu une médaille d’argent, MM. Sautter, Lemonnier et Ce présentaient plusieurs applications de la lumière électrique à bord des vaisseaux, navires et canots à vapeur, en vue d’éclairer la marche et de prévenir les accidents dus aux rencontres en mer.
- Nous retrouvons MM. Sautter, Lemonnier et C® dans la classe 27, appareils d’éclairage et de chauffage, où une médaille d’or leur a été attribuée.
- L’éclairage des ateliers par l’électricité est à l’ordre du jour ; nous n’avons plus à l’apprendre à nos lecteurs, puisque nous avons pris soin de les tenir au courant de cette question.
- Sans parler des appareils spéciaux pour la défense des places, des navires, des corps d’armée * nous citerons plus particulièrement les dispositions d’éclairage pour chantiers à ciel ouvert, ateliers de mécanique, filatures, tissages ou autres industries.
- Les principales installations d’éclairage à l’électricité sont au nombre de 30.
- Parmi les relevés d’expériences faites sur ces installations, nous citerons l’extrait suivant de la lettre de M. Thomas-Powell, ingénieur-mécanicien à Rouen, parce qu’elle se rapporte davantage à l’industrie de la généralité de nos lecteurs.
- « Ma halle de montage, à éclairer, avait 40 mètres de longueur, 13 mètres de largeur et une grande hauteur, j’y installai deux machines Gramme, modèle d’atelier, et deux régulateurs Serrin. Ces derniers sont placés à 8 mètres du sol, ce qui est un peu haut ; mais le service des ponts 'roulants l’exigeait.
- » L’installation totale a coûté 5,000 francs.
- » La lumière diffuse équivaut à 500 becs Carcel. Le coût, par heure d’éclairage, est de O fr. 98, tout au plus 1 fr.; et l’entretien est à peu près nul.
- » Si j’avais employé le gaz, je me serais contenté de 60 becs, dont la dépense d’installation
- eût été de 3,000 francs, mais dont la consommation par heure se fût élevée à 2 fr. 30, non compris les chandelles ou chandeliers à gaz pour le travail sur les pièces au milieu de l’atelier.
- » Je travaille de nuit comme en plein jour; les manœuvres les plus compliquées, les chargements, se font avec la plus extrême facilité. Après deux hivers, pas un ouvrier ne s’est plaint, et pourtant les lampes ne sont entourées d’aucun globe.
- » Je suis tellement satisfait de mon essai, que j’appliquerais partout cet éclairage, si la disposition de mes ateliers s’y prêtait. Si j’avais à construire un atelier de construction, je le disposerais pour utiliser cet éclairage ; et la question d’économie n’existât-elle pas, que je le ferais, tant j’apprécie Davantage sérieux qui résulte de l’abondance de la lumière et de l’absence de tout danger de fuites et par suite d’explosion. »
- En 1877, un grand perfectionnement a été apporté dans l’éclairage des ateliers bas, encombrés de colonnes et de courroies, dans lesquels les ombres sont à craindre. La solution, imaginée par le contre-maître de l’atelier de retordage de Mme veuve Dieu-Obry, étudiée et perfectionnée par MM. Sautter, Lemonnier et Ce, consiste à employer la lumière électrique par réflexion indirecte en la lançant au plafond.
- Ce mode d’éclairage, appliqué dans la mahufac-ture de tissage de M. Manchon, à Rouen, est sans ombre, n’altère pas les couleurs, n’élève pas la température de la pièce et procure une économie de 30 p. c. en moyenne sur l’éclairage au gaz.
- Ajoutons que pour assurer à leur clientèle une lumière uniforme, MM. Sautter et Ce ont tenu à créer une usine pour la fabrication des crayons artificiels.
- Nous devons maintenant passer aux classes 50 et 54 relatives aux appareils mécaniques.
- Dans h classe 50, la maison qui nous occupe exposait, en outre, des appareils d’éclairage pour halles, des compresseurs d’âir et des appareils d’extraction et de levage du système Mégy, Eche-verria, Bazan.
- . Un compresseur à deux cylindres permet de comprimer l’air à cinq atmosphères: cét appareil est simple, de faible poids (2,900 kilôg. avec les volants), et petit se déplacer facilement. Les bâtis sont en tôle avec cornières ; les soupapes sont en acier forgé y les deux cylindres, à double effet, sont fondus ensemble et enveloppés d’uiie bâche dans laquelle oh verse de l’eau froide pour le rafraîchissement.
- Le compresseur de 200 chevaux pottf les Mines de Lens, actionné directement par une machine à vapeur, a été construit par MM. Sautter, Lemonnier et Ce. Une des têtes de cylindfes, montrant la disposition des soupapes et l’injection de l’eau d’après le système Colladon, était seule exposée.
- Les appareils d’extraction et de levage delà classe 50 peuvent être étudiés en même temps que ceux de la classe 54-, car tous sont du système Mégy, Echeverria, Bazan.
- Ces appareils comprenaient :
- Pour la classe 50, une machine d’extfàctlbn, divers treuils, un pont roulant, un freirl de balance sèche ;
- Pour là classe 54 :
- 1° Un ascenseur, monte-charges, mû par transmission avec arrêts automatiques, avec commande des manœuvres à l’intérieur et à l’extérieur de la benne à volonté ;
- 2° Une poulie-parachute appliquée à cet ascenseur et laissant descendre la benne à üiie vitesse réglée en cas de rupture du câble de levage.
- 3° Une série de treuils à vapeur et à bras, munis de freins automoteurs et régulateurs de vitesse ;
- 4° Deux modèles de grue à potence ;
- 5° Un pont roulant;
- 6° Un tire-sac et un monte-plats.
- Dans tous ces appareils l’organe important est Y embrayage-frein, dont le principe original consiste à utiliser la pression normale produite par un ressort à lame plate de dimensions et de forme déterminées, et à se servir de l’adhérence qui en résulte entre la couronne intérieure d’une poulie dans laquelle il est enfermé pour produire un embrayage élastique.
- De la sorte, on annule totalement ou partiellement la pression du ressort pour obtenir un débrayage complet ou partiel.
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- Ce principe donne lieu à des applications multiples, comme on peut le voir en examinant sur place les nombreux appareils que nous venons d’énumérer ci-dessUs.
- Lesformules,établies par MM. Sautter,Lemonnier et C9, pour le calcul des ressorts, leur permettent de construire sans tâtonnements et avec toute Inexactitude désirable, un ressort devant remplir des conditions déterminées à l’avance.
- Les applications de Y embrayage-frein sont fort nombreuses.
- Parmi les plus remarquables nous mentionnerons :
- 1° Le treuil à grande vitesse, qui fonctionne actuellement à l’Opéra pour la manœuvre du rideau. On règle à volonté et d’avance la vitesse de ce treuil, depuis 0 m. jusqu’à 8 m. par seconde. L’arrêt est instantané en 0m60 et sans choc ;
- 2° Le treuil à grande vitesse (14 m. par seconde) pour la manœuvre des torpilles divergentes. Dans ce treuil, la tension maximum du câble est de 300 kil. Si on dépasse cette limite, le frein glisse complètement et n’entraîne plus la charge ;
- 3° Le plan incliné de Briançon établi au fort de la croix de Bretagne. Sa hauteur d’élévation totale est de 650 m., son développement de 1,500 m. et le câble employé a 3,000 m. de longueur totale. Les pentes varient et atteignent quelquefois 90°. Les wagons qui s’attèlent au câble au moyen de mordaehes automatiques, roulent sur deux voies, l’une montante, l’autre descendante. Leur arrêt en haut en en bas du plan incliné se fait automatiquement par un déclanchement commandant un débrayage du système Sautter et Ce de la force de 25 chevaux. Le moteur de même puissance fonctionne continuellement.
- Nous venons de citer, parmi les applications de l’embrayage Mégy, quelques-unes de celles qui donnent surtout une idée des problèmes difficiles qu’il résout. Il convient d’ajouter qu’employé dans des appareils courants, treuils, ponts tournants, grues, il constitue des appareils dans lesquels les retours de manivelles, si dangereux pour les ouvriers malhabiles, sont supprimés. Une disposition spéciale règle automatiquement la vitesse de la charge qui descend lorsque l’on desserre le frein. Ces appareils sont particulièrement appréciés de nos principaux constructeurs pour le levage des ponts. MM. Eiffel etC8, Fives-Lille, Cail etCe,Baudet, etc.,etc., s’en sont servis pour faire les beaux levages de charpente de l’Exposition.
- Les appareils Mégy, appliqués aux ascenseurs, font disparaître les dangers qui résultent de la rupture d’une chaîne ou d’un câble ; ils réduisent cet accident à une avarie de machine : la vie des personnes est sauvegardée. L’hôtel du Louvre et le Grand-Hôtel en font journellement l’emploi dans leur monte-bagages.
- Le principe de ces poulies-parachutes est d’ailleurs fort simple à comprendre, elles sont disposées de manière à régler la vitesse de descente sans lui laisser dépasser un certain maximum arrêté, à l’avance.
- Lorsque la corde ou le câble qui retient la benne ou le contre-poids dans un ascenseur vient à se rompre, la charge redescend* mais elle le fait avec la vitesse que permet la poulie-parachute, vitesse qui a été calculée pour être très-peu supérieure à la vitesse normale ; par conséquent, cette vitesse n’est nullement dangereuse.
- La machine d’extraction, de la classe 50, est à grande vitesse avec arrêt automatique et peut être actionnée à l’air comprimé ou à la vapeur ; il en est de même du treuil d’exploitation en vallée qui est muni d’un limiteur de vitesse.
- En terminant, rappelons que MM. Mégy, Eche-verria et Bazan ont obtenu une médaille d’or dans la classe 54, tandis que MM. Sautter, Lemonniér et C0 ajoutaient encore, dans ces deux classes 54 et 50, une médaille d’argent et une médaille d’or à leurs récompenses déjà citées.
- Par cette description rapide, on peut se convaincre de l’importance de l’établissement de MM. Sautter, Lemonnier et Ce. Nous devons tous éloges à ces constructeurs pour les perfectionnements qu’ils ont apportés dans l’installation des phares et des appareils électriques ; mais nous appelons plus particulièrement l’attention de nos lecteurs sur l’éclairage des ateliers par l’électricité et sur les applications de l’embrayage-frein ; ils sauront en comprendre tout l’intérêt.
- LES APPAREILS DE LEVAGE
- A. L’EXPOSÏTION UNIVERSEPLE DE 1878
- filme à vapeur et à feras, à pivot fixe
- DE M. J. VORUZ AÎNÉ, A NANTES
- M. J. Voruz aîné, l’un des plus anciens et des plus importants constructeurs de France, avait envoyé à l’Exposition universelle : dans la classe 50, des appareils très-remarquables pour le moulage des obus, des coussinets de chemins de fer et pièces diverses d’une grande consommation; dans la
- classe 51, des machines à vapeur locomobiles et des pièces de fonte brute pour mécanique ; enfin dans la classe 54 une grue à vapeur et à bras de la force de 10,000 kilogrammes, dont nous devons donner la description et qui est représentée par la figure ci-dessous.
- La grue de M. Voruz, destinée au service des quais de Rouen, a largement contribué, pendant le cours de l’Exposition, à l’enlèvement des lourds colis arrivant par camions et devant être menés par wagons à leur emplacement.
- Le poids total de l’appareil, y compris la plaque de fondation, est d’environ 32 tonnes; le pivot seul pèse 8,000 kilogrammes.
- Les fondations varient suivant la nature du sol. Au Champ-de-Mars elles avaient environ 5 mètres de diamètre sur 5 mètres de profondeur, avec couche de béton au centre et dé en pierre de taille sous la plaque du pivot, avec ceinture de pierres de taille à la partie supérieure ; c’est sur cette ceinture que reposait la plaque d’appui général.
- Les différentes parties dont se compose ce remarquable engin se distinguent facilement sur la figure qui précède.
- Ils consistent en :
- 1° Un pivot, en fonte, reposant, comme il vient d’être dit, sur une plaque fixée au fond d’un puits en maçonnerie et maintenu au niveau du sol par un
- plateau fixé à la couronne de pierres de taille, au moyen de boulons verticaux;
- 2° Deux flasques en fonte, supportant les divers organes du mouvement, et reliées par deux entretoises; l’entretoise supérieure forme crapaudine, et celle du bas contient un chapelet de galets entourant le pivot ;
- 3° Une flèche en fers plats et cornières et ses tirants;
- 4° Une chaudière à vapeur verticale, reposant sur une plateforme fixée sur un prolongement des flasques ;
- 5° Une machine à vapeur à deux cylindres obliques et changement de marche, fixée contre l'une des flasques ;
- 6° Un treuil élévatoire à chaîne ordinaire, à deux vitesses, actionné par l’arbre moteur de la machine à vapeur ou par des manivelles, pourvu d’un frein,, d’un rochet et d’un débrayage ;
- 7° Un treuil de mouvement d’orientation, commandé par un embrayage à cônes de friction.
- La chaudière, d’un type nouveau vertical, avec disposition amovible, se compose d’un corps de
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- foyer avec tuyaux obliques dans lesquels l’eau circule au milieu de la flamme. Cette chaudière, tout en étant plus solide que celles 'h tuyaux pendentifs, est aussi facile à nettoyer que les chaudières tubulaires ordinaires.
- Le mouvement d’orientation et celui d’ascension ou de descente de la charge peuvent être produits, à volonté, simultanément ou successivement.
- Tous les leviers et volants de manœuvre des divers mouvements, étant groupés dans un petit espace à portée du mécanicien, la conduite de l’appareil peut être faite par un seul homme.
- Les dispositions adoptées pour la construction de cet appareil, lui procurent des avantages très-remarquables sous le rapport de la facilité et de la sécurité de manœuvre.
- Ces avantages peuvent se résumer ainsi qu’il suit :
- La faculté de manœuvrer à bras aussi bien qu’à vapeur, permet d’utiliser économiquement l’appareil lorsqu’il ne s’agit d’opérer que sur un petit nombre de colis.
- Le mouvement d’orientation et celui du treuil élévatoire peuvent avoir lieu simultanément ou séparément. Le premier cas convient surtout au déchargement rapide de colis nombreux et d’un faible poids. Le second est préférable pour les objets lourds qu’il s’agit de manœuvrer avec une grande précision : dans ce cas, le colis étant amené à la hauteur convenable, après avoir serré le frein ou débrayé le manchon, l’on fait orienter la grue aussi lentement qu’on le désire, en modérant la vitesse de la machine.
- Le frein et la marche à contre-vapeur peuvent concourir ensemble à modérer la descente des charges très-lourdes.
- L’addition d’un rochet donne toute sécurité, lorsqu’il s’agit de maintenir un colis suspendu pendant un temps prolongé.
- L’embrayage à frictionne produit que graduellement le mouvement d’orientation et empêche les chocs qui pourraient provenir d’une mise en marche ou d’un arrêt trop brusque.
- Le système adopté pour la chaudière, procure une abondante production de vapeur avec des dimensions restreintes et une assez faible consommation de combustible. La disposition des tubes fortement inclinés et traversant le foyer en tous sens, produit une circulation assez rapide pour empêcher le dépôt des matières incrustantes sur la surface intérieure des tubes. La partie cylindrique et le dôme du corps de chaudière sont assemblés au foyer par des joints boulonnés, et peuvent facilement se démonter pour permettre le nettoyage ou la. réparation de l’intérieur de la chaudière.
- En résumé, il a été apporté un grand soin dans l’étude de l’ensemble et des détails de construction de cet appareil : tous les organes essentiels sont facilement accessibles, très-robustes et bien ajustés, et la grue, quoique relativement légère, présente toutes les conditions de solidité désirables pour un appareil de ce genre.
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- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Congrès international de la propriété industrielle.
- — Suite (1) —
- 8. — Le fait qu’un objet figure dans une exposition internationale ne saurait faire obstacle au droit de saisir réellement cet objet s’il est argué de contrefaçon.
- 9. — Chacune des branches de la propriété industrielle doit faire l’objet d’une loi spéciale et complète.
- 10. — Il est à désirer qu’en matière de propriété industrielle la même législation régisse un Etat et ses colonies, ainsi que les diverses parties du même Etat ; il est également à désirer que les conventions de garantie réciproque de la propriété industrielle conclues entre deux Etats soient applicables à leurs colonies respectives.
- (1) Voir notre numéro du 27 janvier.
- 11. — La contrefaçon d’une invention brevetée, d’une marque de fabrique ou de commerce, d’un modèle industriel déposés, est un délit de droit commun.
- 12. — Il est à désirer que le dépôt des demandes de brevets, de marques, de dessins et de modèles puisse s’effectuer simultanément à l’autorité locale compétente et au consulat des diverses nations étrangères.
- 13. — Le Congrès émet le voeu que, au regard des pays d’Orient qui n’ont point pourvu par des lois à la pro tection delà propriété industrielle, et notammene au regard de l’Egypte, où fonctionne une juridiction mixte internationale, l’action diplomatique intervienne pour obtenir des gouvernements de ces pays qu’ils prennent des mesures efficaces qui assurent aux inventeurs et auteurs industriels le respect de leur propriété.
- BREVETS D’INVENTION
- 1. — Les brevets doivent assurer, pendant toute leur durée, aux inventeurs ou à leurs ayants cause, le droit exclusif d’exploiter l’invention et non un simple droit à une redevance qui leur serait payée parles tiers exploitants.
- 2. — Le principe de l’expropriation pour cause d’utilité publique est applicable aux brevets d’invention.
- Le caractère d’utilité publique doit être reconnu par une loi.
- 3. — Le brevet d’invention doit’être délivré à tout demandeur, à ses risques et périls.
- Cependant, il est utile que le demandeur reçoive un avis préalable et secret, notamment sur la question de nouveauté,pour qu’il puisse, à son gré, maintenir, modifier ou abandonner sa demande.
- 4. — Les brevets doivent être soumis à une taxe.
- La taxe des brevets doit être périodique et annuelle.
- 5. — La taxe doit être progressive, en partant d’un chiffre modéré au début.
- 6. — La taxe ne sera exigible que dans le cours de l’année.
- 7. — L’introduction dans le pays où le brevet a été délivré, de la part du breveté, d’objets fabriqués à l’étranger, ne doit pas être interdite par la loi.
- 8. — La déchéance pour défaut de payement de la taxe ne doit pouvoir être prononcée qu’après l’expiration d’un certain délai depuis l’échéance.
- Même après l’expiration de ce délai, le breveté doit être admis à justifier des causes légitimes qui font empêché de payer.
- Cette déchéance sera prononcée par les tribunaux ordinaires et non par l’administration.
- 9. — Il y a lieu d’admettre la déchéance pour défaut d’expiration dans un délai à déterminer, à moins que le breveté ne justifie des causes de son inaction.
- 10. — Les droits résultant des brevets demandés ( ou des dépôts effectués dans les différents pays ) sont indépendants les uns des autres et non pas solidaires en quelque mesure que ce soit, comme cela a lieu aujourd’hui pour beaucoup de pays.
- 11. — Les gouvernements sont priés d’apporter la plus grande célérité possible à la délivrance des brevets demandés, et le congrès émet le vœu que le délai entre la demande et la délivrance des brevets n’excède pas trois à quatre mois.
- DESSINS ET MODÈLES INDUSTRIELS
- 1. —Une définition des dessins et modèles industriels doit être donnée par la loi qui les régit.
- 2. —Sont réputés modèles industriels tout arrangement, toute disposition de traits ou de couleurs destinés aune production industrielle et tous effets obtenus par des combinaisons de tissage ou d’impression.
- Sont réputés modèles industriels toutes œuvres en relief destinées à constituer un objet ou à faire partie d’un objet industriel.
- Ne sont pas compris dans ces catégories, encore qu’ils soient destinés à une reproduction industrielle, tout dessin ayant un caractère artistique, tout objet dû à l’art du sculpteur.
- Quant aux inventions dans lesquelles la «forme n’est recherchée par l’auteur qu’à raison du résultat industriel obtenu, elles seront régies par la loi spéciale sur les brevets.
- 3. — La durée du droit de propriété sera de 2, 3, 4, 5, 10, 15, 20, 30 années, à la volonté du déposant. Si ce droit a été réclamé pour une durée moindre de trente années il pourra être prorogé jusqu’à l’expiration de ce délai, moyennant l’acquittement des droits.
- La durée doit être uniforme pour tous les dessins et les modèles industriels.
- 4. — La protection accordée par la loi aux auteurs de dessins et modèles doit être subordonnée à la condition d’un dépôt préalable.
- Ce dépôt restera secret pendant la durée de -deux ans.
- Le certificat de dépôt devra être délivré aux risques et périls du déposant.
- 5. — Le poids du pli cacheté ne doit pas dépasser 10 kilogrammes.
- 6. — A l’expiration du délai déterminé pour le dépôt à couvert, les dessins et modèles doivent être mis à la disposition du public, mais ne doivent pas être publiés officiellement.
- Néanmoins, la Feuille Officielle du Service de la Propriété industrielle de chaque pays doit publier périodiquement le nom des déposants et l’indica-tion de l’objet des dépôts.
- 7. — Il est à désirer que dans tous les pays, la loi prescrive la radiation des enregistrements reconnus frauduleux par l’autorité ou la juridiction compétente, ainsi que la substitution du nom du véritable propriétaire sur les registres de dépôt.
- 8. — Les enregistrements de dessins ou de modèles industriels doivent avoir lieu moyennant le payement d’une taxe minime.
- 9. — Il n’y a pas lieu de soumettre les auteurs de dessins et modèles industriels à la déchéance pour défaut d’exploitation.
- 10. — Pour bénéficier de la protection légale, les auteurs de dessins ou de modèles industriels enregistrés doivent, autant que possible, les marquer d’un signe spécial indiquant l’enregistrement ainsi que la date et la durée du dépôt.* *
- ŒUVRES PHOTOGRAPHIQUES
- Une loi spéciale doit protéger les œuvres photographiques.
- MARQUES DE FABRIQUE ET DE COMMERCE
- 4. — Une marque ne peut être revendiquée en justice si elle n’a été régulièrement déposée, y
- 2. — Toute marque déposée dans un pays doit être également admise telle quelle, au dépôt, dans les pays concordataires.
- { 3. — Tout dépôt fait régulièrement dans l’un
- quelconque des Etats concordataires est attributif de priorité d’enregistrement dans tous les autres Etats, à charge par le déposant d’en faire opérer la transcription, dans un délai à déterminer, au Dépôt central de chaque Etat.
- 4. — La marque de fabrique ou de commerce est facultative.
- Toutefois des actes du pouvoir exécutif peuvent,
- ! exceptionnellement, déclarer la marque de fabrique ou de commerce obligatoire pour les produits qu’ils déterminent.
- 5. — Sont considérés comme marques de fabrique et de commerce, les noms et raisons de commerce, noms de lieu de fabrication, lettres, chiffres ou mots sous une forme distinctive, — les dénominations, si la dénomination n’est pas la désignation nécessaire du produit, — enseignes, — emblèmes, — empreintes, — timbres, — cachets, — étiquettes, — reliefs, — combinaisons de couleurs, — enveloppes, — liserés, — forme du produit ou de son contenant, — et tous autres signes servant, dans leur ' ensemble ou séparément, à distinguer les produits. d’une fabrique, d’une exploitation agricole, ou les objets d’un commerce.
- 6. — Le dépôt d’une marque de fabrique ou de commerce est simplement déclaratif de propriété.
- 7. — Toute marque doit être admise aux risques et périls du requérant, quels que soient la nature du produit et le choix des signes distinctifs. Cependant le requérant recevra un avis préalable et secret, notamment sur la question de nouveauté, pour qu’il puisse, à son gré, maintenir, modifier ou abandonner sa demande. Cet avis sera donné par le service spécial de la propriété industrielle, auquel le Dépôt central est annexé.
- 8. — Les pièces requises pour la validité du dépôt sont les suivantes ; elles devront être remises par l’ayant-droit au dépôt local.
- A. — Trois exemplaires des signes distinctifs, lesquels seront accompagnés de la désignation des marchandises auxquelles ils sont destinés, des observations,, du nom, de l’adresse et de la profession du déposant.
- A suivre.
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- s, nie Blanche.
- Supplément au n° 340. — Lundi 24 Février 1879.
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- RÉDACTEURS.
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur^ ancien Elève de l’Ecole polytechnique.
- MM. DEBIÉ, Ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la 'direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction (même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LES APPAREILS, MODELES & PROJETS
- Exposés par MM. G. EIFFEL & Cie
- INGÉNIEURS-CONSTRUCTEURS A UEVAUJLOIS-PERRET (Seine)
- Font Maria-Pia sur le fiïouro, à Porto.
- C’est à la suite d’un concours entre les principales maisons de construction de France et de l’étranger, que le projet de MM. Eiffel et Ce fut préféré pour le pont qui devait être établi, à Porto, pour le passage de la ligne de la Compagnie royale des Chemins de fer portugais.
- Les difficultés pour rétablissement d’une pile en rivière étant considérables, on fut conduit à franchir le fleuve par une travée centrale de 160 mètres d’ouverture, la plus grande qui ait encore été réalisée pour des ponts autres que des ponts suspendus. (1)
- (1) Les plus grandes ouvertures connues sont :
- Pont Britannia, poutres droites . . . 140 mètres.
- Pont de Kuilenbourg, poutres droites. . 150 »
- Pont dè Saint-Louis, sur le Mississipi, en arc. 158“,50.
- HEn raison de la grande hauteur (le rail se trouve h 61m,28 au-dessus des basses mers), on put donner à cette travée la forme d’un arc de cercle ; le tablier horizontal portant la voie repose sur cet arc et sur des piles métalliques de hauteur variable.
- Les tympans ont été supprimés et on a donné à - l’arc une rigidité suffisante pour résister par lui-même aux efforts de déformation ; sa hauteur à la clef est de 10 mètres.
- La forme de l’arc est celle d’un croissant ; il se termine par des rotules sur lesquelles il repose, ce qui lui permet de prendre librement ses mouvements; l’intrados et l’extrados sont reliés entre eux par un système de pièces verticales et de pièces obliques.
- En outre, pour que l’ouvrage pût résister à la violence du vent, les deux arcs furent placés dans des plans inclinés par rapport au plan vertical ; ils sont distants de 3m,95 à la partie supérieure et de 15 mètres à la base. Ils sont réunis par un système .de cadres transversaux -, et dans les plans d’intrados et d’extrados des contreventements consolident la liaison.
- Les arcs viennent buter sur des piles-culées implantées sur les rochers des deux rives qui donnent des points d’appui d’une sécurité absolue.
- Toutes ces dispositions sont indiquées dans les figures ci-dessous, qui représentent en plan, élévation et profils les charpentes métalliques du pont sur le Douro.
- Le tablier, formé par deux poutres droites de 3m,50 de hauteur et de 3™,10 d’écartement (comprenant entre elles la voie), s’appuie par une palée sur les reins des arcs ; il se prolonge jusqu’aux culées en reposant sur des piles métalliques de
- hauteur variable suivant le terrain, comme il a été dit ci-dessus ; il y a deux piles du côté Porto et trois piles pour le côté Lisbonne.
- Pour rendre le mouvement de l’arc parfaitement libre et indépendant de ceux des tabliers dans le
- sens horizontal, ces tabliers s’interrompent à leur rencontre avec l’extrados, et s’y appuient par l’intermédiaire de rouleaux ; les appuis sur les palées des reins se font par l'intermédiaire de rouleaux semblables ; les appuis des grandes piles sont, au
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- contraire, fixes, de sorte que, sauf en ces points les tabliers reposant sur des appuis mobiles, peuvent obéir aux mouvements de dilatation.
- En résumé, la partie métallique de l’ouvrage a une longueur de 352m,875 et se compose :
- 1° D’un grand arc métallique de 160 mètres de corde et de 42m,60 de flèche moyenne, soutenant à 25m,25 des culées deux paléesmétalliques;
- 2° D’un tablier central de 51m,88 de longueur, solidaire avec l’arc ;
- 3° D’un tablier latéral du côté de Lisbonne de 169m,87 de longueur, divisé en deux travées de 28^,75 et en trois travées de 37m,375, qui reposent sur trois piles métalliques ;
- 4° D’un tablier latéral du côté de Porto de 132»»,80 de longueur, divisé comme le premier, sauf une travée de rive en moins ; les piles métalliques sont au nombre de deux.
- En raison de l’impossibilité absolue d’établir aucun échafaudage en rivière, le montage de l’arche centrale fut exceptionnellement difficile ; il a dû, se faire, tout entier, en utilisant, comme point d’appui, la partie même déjà construite de l’ouvrage. Les pièces étaient successivement montées par un cheminement en porte-à-faux, en s’avançant, des deux côtés, à partir des culées ; elles se rattachaient au fur et à mesure l’une à l’autre et formaient un ensemble que l’on suspendait par des haubans aux
- piles voisines, jusqu’à ce que l’on fût arrivé à la jonction à la clef des deux moitiés d’arc.
- Les cables de retenue qui maintenaient en position les parties d’arc déjà montées, étaient attachés au sommet de la grande pile des naissances. 'Ces cables, au nombre de 16 par demi-arche, étaient en fil d’acier et formés chacun de 6 torons de 19 fils de 2m,7 de diamètre. Ils ont été essayés ' jusqu’à la rupture qui s’est produite sous un effort de 80,000 kilogrammes, correspondant à 120 kilogrammes par millimètre carré de section.
- Les essais de l’arc furent faits environ cinq semâmes après l’achèvement du pont. Le résumé de ces essais est le suivant :
- 1° Surcharge générale de la grande travée centrale-, poids delà surcharge: 3,000 kilogrammes par mètre courant, flèche à la clef, 10 millimètres ;
- 2° Surcharge sur la moitié de la travée (de la pile culée à la clef) ; flèche à la clef, 15 millimètres; abaissement aux reins, du côté chargé, 20 millimètres ; relèvement aux reins, du côté non chargé, 15 millimètres ;
- 3° Surcharge sur la moitié de la travée (partie centrale) ; abaissement à la clef, 20 millimètres ; relèvement aux reins, 6 millimètres ;
- 4° Epreuves par poids roulant : train de 355 tonnes marchant à 31 kilomètres : flèche à la clef,
- 15 millimètres, flèche aux reins, 10 millimètres.
- Les travaux sur place, commencés en janvier 1876, furent terminés en septembre pour les ma-, çonneries, les piles et les tabliers droits. Interrompus pendant l’hiver par les inondations, ils furent repris en,mars 1877, par le montage de l’arc-, la clef d’intrados fut posée le 27 août 1877 et la clef d’extrados le 24 septembre. Le pont complet fut terminé le 21 octobre 1877.
- L’inauguration eut lieu le 4 novembre 1877.
- Le poids des fers de cet ouvrage est de 1,450 tonnes, dont 750 tonnes pour l’arc et 700 tonnes pour les tabliers et les piles. Le cube des maçonneries est de 4,000 mètres cubes.
- Les collaborateurs de M. G. Eiffel ont été :
- MM. T. Seyrig et H. de Dion pour l’établissement des calculs et du projet, et MM. E. Nouguier, J. Collin et Angevère pour le montage et les travaux sur place.
- Le pont Maria Pia, sur le Douro, est une des œuvres les plus considérables, les mieux comprises et les mieux exécutées qui existent sur la surface du globe. Il fait honneur à son constructeur et à la France. Son aspect est hardi, grandiose et élégant et nous n’hésitons pas à donner à nos lecteurs le dessin figuratif de ce magnifique ouvrage après son achèvement et avec la vue de la vallée du Douro.
- Pont Maria-Pia sur lé Douro.
- MM. Eiffel et C« exposaient, en outre de leur pont Maria Pia, plusieurs projets de travaux fort remarquables que, malheureusement, nous ne pouvons qu’indiquer d’une manière sommaire.
- Pont-route projeté pour le port de Porto.
- Dans ce projet, un arc rigide de 155 mètres est établi sur le Douro et le tablier du pont est suspendu à cet arc au moyen de tiges rigides composées de poutrelles à treillis. La partie centrale du tablier est rendue mobile et disposée en forme de pont-levis à double volée.
- Cette disposition permettrait aux navires du plus fort tonnage de remonter le fleuve. Elle paraît préférable aux ponts tournants ordinaires, qui nécessitent au milieu des rivières des piles considérables constituant un obstacle pour la navigation.
- Pont pour route et chemin de fer sur le-Lima à Vianna do Castello (Portugal).
- C’est encore à la suite d’un concours international que MM. G. Eiffel et Ce furent chargés de l’exécution de ce grand travail.
- L’ouvrage d’art, d’une longueur totale de 736 mètres, comprend un grand pont de 563 mètres et deux viaducs, l’un de 81m,50, l’autre de 91m,50.
- Le pont a 10 travées, dont toutes les piles, sauf une, ont été fondées sur des caissons enfoncés au moyen de l’air comprimé. Les travaux de fonçage n’ont duré que 164 jours malgré de grandes difficultés.
- Les travées de rive ont 46m,960; les huit travées intermédiaires ont 58m,440.
- Les deux poutres principales, d’une hauteur de 7m50, sont écartées de 5m200 d’axe en axe.
- Le pont a été mis en place d’une seule pièce par voie de lançage ; la masse mise en mouvement était d’environ 1,600 tonnes, répartie sur .9 appuis.
- L’opération a parfaitement réussi et les épreuves ont donné des résultats très-satisfaisants.
- Bâtiment principal de la nouvelle gare de Buda-Pest (Hongrie).
- Ce bâtiment, qui comprend le côté du départ, le côté de l’arrivée et la grande halle, le tout couvrant près de 13,000,000 mètres, fut exécuté par MM. Eiffel et Ce, à la suite d’un concours-, la moyenne du prix de revient ne s’élève qu’à 218 fr. 50 par mètre carré.
- Travaux exécutés a l’Exposition universelle.
- Nous avons déjà parlé dans cette revue des tra-
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- vaux exécutés au Champ-de-Mars par MM. Eiffel et C6; nous ne ferons donc que les citer.
- Le grand vestibule d’Iéna, le pavillon d’exposition de la ville de Paris et celui de la Compagnie parisienne du gaz ont* été fournis et établis par ces constructeurs,
- MM. Eiffel et Ce ont obtenu un grand prix, dans la classe 66, du génie civil, pour les divers travaux que nous venons de rappeler.
- ©rue à pivot tournant en fer sans fondation.
- MM. Eiffel et C0 étaient aussi exposants dans la classe 54 de la mécanique générale, pour des grues sans fondation.
- Les grues sans fondation qui possèdent l’avantage si important de pouvoir être, à peu de frais, changées de place, sont maintenant partout préférées, parce que le système métallique qui établit leur stabilité n’est pas d’un prix plus élevé que la maçonnerie qu’il épargne.
- Jusqu’ici ces grues ont été établies au moyen d’un pivot fixe en fonte emmanché dans une plaque dont la stabilité était obtenue soit au moyen d’un contre-poids important, soit par la profondeur à laquelle la plaque était enfouie pour porter le poids de lest nécessaire.
- De ces dispositions résultent les inconvénients suivants :
- L’emploi de la fonte dans un long pivot soumis à des efforts transversaux et à des chocs, offre peu de sécurité.— Le relevage et le bourrage déjà plaque, nécessaires pour maintenir la verticalité du pivot, sont très-difficiles pour les plaques profondément enfouies. — Le contre-poids qui permet d’éviter ce dernier inconvénient est gênant pour le service autour de l’appareil.
- • En employant ici un pivot en fer tournant dans un cuvelage qui repose sur une couronne extérieure de grand diamètre, à fleur du sol, on évite tous ces inconvénients.
- Le pivot en fer offre une sécurité complète. —-Le bourrage et le relevage du cuvelage sont des plus faciles ; la verticalité du pivot est doric toujours maintenue. — L’emploi du contre-poids est évité.
- Le plateau supérieur, le cuvelage intérieur et chacune des parties du cuvelage extérieur forment des colis d’une manœuvre et d’un transport faciles.
- Trois grues de ce système ont fonctionné dans le Champ-de-Mars pour le service de la Manutention, à la complète satisfaction des ingénieurs de ce service.
- Elles étaient installées àleur lieu d’emploi où elles figuraient comme objets exposés, savoir : un type de 10 tonnes et un type de 6 tonnes, près de la marquise (section de l’Autriche-Hongrie) et un. type de 6 tonnes près de la porte La Bourdonnaye, en face du bâtiment de la Compagnie parisienne du gaz.
- LES GÉNÉRATEURS A VAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- ©Iim* «Mères
- Sulzer frères avec foyers Ten-Brlnk.
- Dans notre dernier article, après avoir décrit les foyers Ten-Brink, nous avons promis à nos lecteurs de leur indiquer la disposition adoptée par MM. Sulzer frères, les grands constructeurs de Winter-thur, dont les machines ont obtenu un immense succès aux Expositions universelles de Vienne;(1873) et de Paris (1878) (1).
- Voici quelle est cette disposition.
- La chaudière se compose d’un corps cylindrique incliné renfermant le foyer et à la suite les tubes ; en avant du foyer se trouve un appareil Ten-Brink, ou aussi une grille, soit ordinaire, soit mécanique.
- En appliquant le foyer Ten-Brink, ce dernier fait lui-même partie de la chaudière et n’est pas renfermé dans un appareil séparé, de sorte que toutes tubulures entre chaudière et appareil sont supprimées, ce qui simplifie considérablement la construction, augmente la solidité et la circulation, et
- (1) MM. Satreet Averly, pour le Centre-Est ; MM. Quil-lacq et C°3 pour le Nord, construisent en France les machines Sulzer.
- rend la chaudière plus accessible pour le nettoyage.
- L’inclinaison de la chaudière est de près de 45 degrés^). La production de chaleur a lieu dans l’intérieur de la chaudière, et les gaz de combustion ne la quittent qu’à une température très-réduite ; puis ces'gaz circulent autour du corps de la chaudière et peuvent encore être utilisés pour un réchauffeur.
- La proportion de la surface mouillée à la surface sèche est d’environ 3 à 2 ; une grande chambre qui se trouve naturellement sous la partie inclinée de la calandre, favorise le tirage.
- La vapeur n’est pas seulement tout-à-fait séchée ; elle est encore assez surchauffée.
- Il n’y a rien à craindre au point de vue d’un réchauffement trop grand des tubes, la surface de chauffe mouillée, touchée auparavant par les gaz, étant environ 25 fois plus grande que la surface de la grille.
- Le nettôyage des tubes à feu, par jet de vapeur, se fait par le haut, donc la chaudière ne demande que peu de place et est partout accessible.
- La boîte à feu est construite en tôle d’acier, le corps de la chaudière en tôle de fer ettous les joints sont doublement rivés.
- D’après des expériences très-sérieuses, la température de surchauffage, c’est-à-dire l’excès de la température de la vapeur sur celle qui correspond à la saturation pour la pression indiquée, s’est trouvée être de 20 degrés dans les chaudières Sulzer. Dans ces conditions, un kilogramme de houille de la Saar (lra qualité) a produit en moyenne 9 kilos 600 d’eau évaporée sans déduction des scories.
- Uénérateur vertical à circnlation
- Système N. Roser, breveté s. g. d. g.
- 3, rue des Chaumettes, à Saint-Denis (Seine.)
- Comme on le voit par le dessin ci-dessous, ce générateur se compose de deux enveloppes ; l’une, extérieure, supportant tous les accessoires, prise de vapeur, niveau d’eau, etc. ; l’autre, intérieure, renfermant le foyer et des serpentins triples ou doubles, réunis au moyen d’un joint fusible, afin d’obtenir l’inexpîosibilité en cas d’excès de température. Ces serpentins, à travers lesquels se fait la circulation de l’eau, fournissent une surface de chauffe considérable.
- Au-dessus de l’enveloppe extérieure et autour de la cheminée se trouve le réservoir d’eau d’alimentation qui utilise le calorique s’échappant par cette voie.
- Ainsi qu’on le voit, le principe théorique sur lequel s’est appuyé M. N. Roser, consiste dans la division liquide au sein de la chaleur même dégagée par le foyer.
- En raison de la densité différentielle que prend
- (1) D après cela, on comprend encore plus facilement quelle peut être la valeur du brevet Demeuge pour demi-fuos inclinées.
- aisément le liquide en s’emparant du calorique, il résulte, tant que fonctionne la chaudière, un courant ascendant continu qui dote l’appareil de conditions précieuses au point de vue pratique : 1° la vitesse du courant s’oppose à l’agglomération des sels terreux -, 2° le travail des liquides est des plus propices à la vitesse de vaporisation; 3° enfin, ce mouvement incessant est une cause certainement très-puissante de sécurité et de conservation.
- Il suffit d’examiner cette ingénieuse construction pour reconnaître qu’elle est d’une grande simplicité, condition indispensable pour le succès de tout appareil à vapeur. La dilatation métallique étant soigneusement calculée, garantit la durée de l’appareil, et la marche usuelle se fait dans les meilleures conditions de stabilité;
- Nous croyons inutile de faire remarquer que'les générateurs Roser sont rapidement mis en pression -, mais nous devons ajouter qu’ils sont construits avec soin et que leurs bons résultats sont constatés chaque jour. Depuis l’ouverture de l’Exposition, le nombre des commandes dépasse 80 ; c’est là une recommandation très-appréciée.
- SYSTÈME ATMOSPHÉRIQUE D'EXTRACTION
- Pour l’exploitation «les Mines
- Far M. l’ingénieur Z. Blanchet
- Directeur do la Société des Houillères et du chemin de fer d’Epinac
- La Société des houillères d’Epinac se distingue par la hardiesse avec laquelle elle marche dans la voie du progrès. Appelée à descendre ses exploitations aux plus grandes profondeurs, elle a à la fois assuré l’extraction facile des produits et le bon aérage des mines, en installant l’extraction pneumatique du système Z. Blanchet.
- Nous avons déjà décrit, dans le « Constructeur », le système atmosphérique de M. Blanchet ; nous ne ferons donc que résumer ses dispositions et ses avantages.
- Jusqu’ici le service des puits de mine s’est opéré par des câbles auxquels sont suspendues les cages à chariots. A mesure que la profondeur augmente, le poids des câbles et l’effort qu’ils supportent augmentent avec elle; les tambours sur lesquels ils s’enroulent deviennent de plus en plus encombrants ; les machines qui les commandent ont besoin d’être de plus en plus puissantes; les chances de rupture se multiplient. On peut dire qu’au delà d’une certaine limite l’exploitation par les câbles devient impossible.
- Ayant à organiser le service d’un puits dont le premier étage est à 558 mètres, M. Z. Blanchet se préoccupa d’échapper à ces difficultés, Il songea au système atmosphérique comme supprimant les câbles et permettant l’exploitation à toute profondeur.
- En 1853 on montait déjà, au moyen de l’air comprimé, les charges des hauts-fourneaux aux usines de Saint-Jacques, à Montluçon, mais ce premier appareil était imparfait et fut abandonné. Le tube atmosphérique de M. Blanchet, au contraire, ne laisse rien à désirer, comme conception et comme exécution.
- L’appareil adopté par M. Blanchet, fondé sur les théorèmes de Torieelii et de Pascal, les lois de Mariotte et de Dalton, utilise la pesanteur et la force élastique dé l’air.
- Son organe principal consiste dans un tube métallique librement suspendu dans le puits comme les colonnes de pompes et contenant un piston remorquant directement un train d’un nombre déterminé de chariots placés dans une cage.
- A son extrémité supérieure, le tube peut être mis en communication soit avec une machine pneumatique chargée de faire le vide dans son intérieur, soit avec l’air extérieur, au moyen d’orifices qui peuvent être ouverts ou fermés à volonté à l’aide de vannes.
- A son extrémité inférieure la colonne est en communication avec l’atmosphère, soit pour prendre l’air, soit pour l’expulser. Quand on raréfie l’air dans l’intérieur du tube, le piston et le train qui y est relié montent et l’air libre pris au fond du puits entre dans le tube. Quand le train descend
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- par suite de l'admission de l’air sur la face supérieure du piston, l’air entré dans le tube pendant l'ascension est refoulé au dehors.
- Des portes et des loquets, des registres et des robinets, correspondant aux recettes du fond et de l’extérieur, permettent de faire entrer dans la cage et d’en faire sortir à volonté des chariots pleins ou vides.
- Enfin, des appareils de sonnerie, des compteurs, des baromètres et des chronomètres permettent de savoir exactement où se trouve le train pendant sa descente et pendant sa montée.
- Le système dont nous venons d’indiquer le principe peut être simple ou conjugué, c’est-à-dire admettre une seule colonne dans laquelle monte alternativement un seul train, chargé ou vide, ou bien comprendre deux colonnes conjuguées entre elles de façon qu’un train vide descend dans l’une pendant qu’un train plein monte dans l’autre.
- Dans le premier cas, la machine pneumatique enlève l’air qui se trouve dans le tube au-dessus du piston, et le refoule directement dans l’atmosphère ou dans un réservoir qui sert de régulateur.
- Dans le second cas, l’air enlevé par la machine pneumatique au-dessus du piston, dans le premier tube, est refoulé au dessus du piston contenu dans le deuxième tube, afin de provoquer sa descente.
- On voit donc que, quel que soit le système d’appareil, simple ou conjugué, les pistons et les trains qui y sont attelés sont constamment tenus en équilibre sur des dépressions calculées en raison de leur poids. La descente peut s’effectuer par l’action seule de la gravité, et la montée peut se faire sous l’action du vide produit par la machine pneumatique, la vitesse des trains étant réglée mathématiquement : à la descente par le volume d’air admis sur le piston, à la montée par le volume d’air enlevé de dessus le piston.
- Quand un train descend, il chasse au-dessous de lui l’air contenu dans le tube, et cet air est reçu dans la mine s’il est frais, ou rejeté à l’extérieur s’il est chaud.
- Quant à l’air admis sur le piston à la descente et retiré à l’ascension du train, il vient de l’atmosphère, et il y est renvoyé si le tube est simple ; dans le cas contraire il va d’un tube à l’autre.
- ^ Il suit de là que le système atmosphérique fait egalement l’aérage d’une façon intermittente. Il ne suffit pas entièrement à l’aération de la mine, mais: il y contribue très-puissamment.
- A côté de ce rôle il en remplit un non moins efficace et qui consiste à retirer delà mine le grisou qui s’y trouve accumulé.
- Il suffit pour cela de disposer les mines de façon à pouvoir les fermer en l’absence des ouvriers. On met alors en marche la machine pneumatique, ce qui produit à l’intérieur des galeries une dépression capable de déloger le grisou des espaces qu’il occupe, et même de ie soutirer par les fissures et les pores de la houille des massifs dans lesquels il est é comprimé.
- Après cette opération, la mine est mise en communication avec l’extérieur par un orifice réglé de façon à introduire dans les travaux une venue et un courant d’air correspondant à l’avalement de la machine pneumatique. Après quelques instants de marche de cette dernière, les galeries et les espaces environnants se remplissent d’un air nouveau et pur, remplaçant l’air vicié et chargé de grisou.
- La seule précaution à prendre avant la rentrée des ouvriers est d’arrêter la marche de la machine pneumatique pour ramener l’air à la pression ordinaire. En un mot, celte méthode consiste à convertir la mine en une véritable cloche pneumatique.
- Le système imaginé par M. Blanchet obéit aux lois suivantes du tonnage et de la vitesse des trains.
- Sous une même dépression le poids total élevé dans le tube est proportionnel à sa section, et pour ; une même section il est proportionnel à la dépres- ! sion. !
- Le train comporte donc un tonnage proportionnel ! à la section du tube et sa vitesse de translation est ! proportionnelle à la force de la machine pneuma- i tique. I
- Il nous semble inutile d’entrer ici dans la des- ‘ cription détaillée des divers organes métalliques ï des tubes, qui sont composés de viroles de diverses sortes, en fer, acier et fonte, assemblées à l’aide de boulons, et qui comprennent les portes, les taquets, les robinets, les registres, les clapets, les tuyaux de manœuvre, d’équilibre, etc ; ces tubes ont un diamètre de lm60. ;
- Le train se compose d’un piston supérieur, d’une cage contenant les chariots et d’un piston inférieur, dont le rôle consiste à guider le train, à opérer la fermeture et à permettre enfin les diverses manœuvres aux recettes.
- Quant au piston supérieur, il est composé de deux pistons distants entre eux d’une longueur un peu plus grande que la hauteur des portes du tube, et plus petite que la distance existant entre ces deux portes, afin de permettre au train de franchir ces dernières où le tube n’a plus sa cylindri-cité.
- La cage à 9 étages qui reçoit les 9 chariots, est construite en acier pour que son poids soit le plus réduit possible ; elle est attelée aux pistons par une tige à suspension autour de laquelle elle tourne librement sur des anneaux sous un faible effort, de façon qu’on puisse facilement la ramener à la main dans une position convenable pour la sortie des chariots.
- Les pistons, construits partie en bois, 1 partie en acier, sont garnis d’un cuir derrière lequel agissent 48 segments de bois ou de métal creux pressés par 96 ressorts en fil de laiton.
- Cette belle installation, qui supprime les câbles et permet d’exploiter les mines à toute profondeur, réalise un progrès considérable. Elle utilise mieux que les machines à câbles, avec un seul tube, la force dépensée, et avec deux tubes conjugués, elle donne un rendement d’autant meilleur que le poids mort des trains disparaît dans ce cas, pour ne laisser èn jeu que le poids utile qu’ils renferment.
- Au printemps prochain l’installation pneumatique du puits Hottinguer sera pourvue d’une machine pouvant avaler 12 m. c. d’air, imprimant aux trains une vitesse de 6m par seconde.
- En attendant, il a été constaté par le roulement continu des appareils du 1er décembre 1876 à ce jour, que le moteur à vapeur qui fait provisoirement le service du puits, et qui élevait avec des câbles un poids utile de 500 kilog. en 8 minutes, de la profondeur de 600 m., élève aujourd’hui en 20 minutes, de la même profondeur, un poids de 3,000 kilog. Le travail de la machine est donc devenu trois fois meilleur, le rendement de la vapeur étant augmenté de 66 0/0. La machine définitive brûlera, à la profondeur de 600 m., 1,8 0/q du charbon extrait de cette profondeur ; avec les câbles, la consommation était 5 à 6 0/q à 500 m.
- Ainsi le système appliqué aux mines d’Epinac offre à la fois économie et sécurité, soit pour le transport des hommes, soit pour celui des choses, et réalise un progrès considérable dans le matériel des mines.
- LES CONGRÈS ET CONFÈRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Congrès international de la propriété industrielle.
- — Suite (1) —
- B. — Un cliché de la marque.
- Les trois exemplaires de la marque, frappés du timbre du dépôt local, seront affectés aux destinations suivantes :
- L’un sera déposé au dépôt local;
- Un autre sera remis ru déposant ;
- Le troisième sera adressé au Dépôt central pour être mis sans frais à la disposition du public.
- Le dépôt enregistré sera publié dans la Feuille Officielle du Service de la Propriété industrielle de chaque Etat, dans le délai de quinzaine.
- Le déposant ne pourra exercer le droit de revendication que^dix jours francs après l’inscription du dépôt dans la Feuille officielle.
- Le dépôt enregistré sera publié dans un journal commun à tous les Etats de l’union.
- 9. — Sauf convention contraire, et publiée, la marque suit le sort de l’entreprise dont elle sert à caractériser les produits.
- 10. — La taxe consiste dans un droit d’enregis-
- trement proportionnel au nombre des signes distinctifs à protéger, mais indépendant du nombre des produits. *
- Des marques se distinguant seulement par la dimension ou la couleur, ne seront comptées que pour une seule.
- (I) Voir notre dernier numéro et précédents.
- 11. — Les marques seront réunies et mises à la disposition du public sans frais et en la forne déterminée par les règlements dans le Dépôt central de la Propriété industrielle.
- Les marques seront classées dans des registres, par nature de produits et par ordre de réception.
- Des catalogues alphabétiques, tenus constamment à jour, seront également mis à la disposition du public dans les mêmes locaux.
- 12. — On devra imprimer des fac-similé des marques de fabrique, pour faire une publication périodique qu’on enverra aux chambres de commerce ou autres corps locaux pour y être mis à la disposition 'du public.
- 13. — L’exercice des actions civiles relatives aux marques n’exclut pas l’action pénale.
- 14. — Les acheteurs trompés doivent avoir une action comme les propriétaires des marques contrefaites on imitées.
- 15. — Tous les produits étrangers, portant 'illicitement la marque d’un fabricant résidant dans le pays d’importation, ou une indication de provenance dudit pays, sont prohibés à l’entrée et exclus du transit et de l’entrepôt, et peuvent être saisis en quelque lieu que ce soit, soit à la diligence de l’administration des douanes, soit à la requête du ministère public ou de la partie lésée.
- 16. — Sont assimilés aux contrefacteurs et imitateurs frauduleux de marques :
- 1° Ceux qui ont fait un usage illicite d’une marque portant des mentions telles que : façon
- de... système de..... procédé de....à la....., ou
- toutes autres propres à tromper l’acheteur sur la provenance du produit ;
- 2° Ceux qui, sans autorisation de l’intéressé, auront fait intervenir le nom ou l’imitation du nom, ou l’adresse d’un tiers, de nature à tromper le public, dans le libellé de leurs étiquettes, marques, prospectus, réclames, circulaires, enseignes ou autres manifestations écrites, faites publiquement à l’occasion de la mise en vente ou de la vente d’un produit;
- 3o Ceux qui, ayant vendu ou mis en vente des marchandises dont la marque a été usurpée, auront refusé de fournir au propriétaire de ladite marque des renseignements complets, par écrit, sur le nom de leur vendeur et sur la provenance des marchandises, ainsi que sur l’époque où la vente a eu lieu.
- 17. — Sont punis ceux qui auront indûment inscrit, sur leurs marques ou papiers de commerce, une mention tendant à faire croire que leur marque a été déposée.
- 18. La fabrication ou l’emploi d’une marque . non déposée ne donne ouverture à aucune action.
- 19. — Tout acte de dépôt d’une marque peut être annulé, soit en vertu d’une demande légalisée du déposant ou de son ayant-droit, soit en vertu d’une décision judiciaire devenue définitive.
- Cette annulation est mentionnée : 1° en marçe de l’acte de dépôt; 2» en regard de la marque déposée.
- 20. — La radiation de tout acte de dépôt peut être poursuivie par un intéressé quelconque.
- 21. —-Le Congrès émet le vœu que la formalité du dépôt des marques de fabrique soit soumise à une réglementation internationale, en vertu de laquelle il suffirait au possesseur d’une marqué d’effectuer un seul dépôt dans un Etat, pour assu-xer la protection de cette marque dans tous les autres Etats concordataires.
- NOM COMMERCIAL.
- Le nom commercial constitue une propriété du droit des gens qui doit être protégée partout, sans distinction de nationalité et sans obligation de dépôt.
- RÉCOMPENSES INDUSTRIELLES.
- 1. — L’usurpation ou la fausse application, sous quelque forme que ce soit, d’une récompense industrielle accordée à l’occasion d’une exposition, à l’organisation de laquelle l’autorité supérieure a pris une part manifeste, doit être considérée comme un acte illicite relevant de la juridiction pénale.
- 2. — Doit être également considérée comme illicite, l’usurpation des prix, médailles et approbations par les corps scientifiques officiels.
- 3. — Si le fait d'usurpation a été commis dans l’enceinte d’une exposition ouverte dans les conditions ci-dessus indiquées, la peine devra être élevée au maximum.
- 4. — Indépendamment de l’action publique, il devrait être reconnu à toute partie lésée une action en justice réglée conformément aux dispositions delà loi sur les marques de fabrique.
- I A suivre.
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- Supplément au n° 341. — Lundi 3 Mars 1879.
- REVUE DE LEXPDSITION UNIVERSELLE DE 1878
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- RÉDACTEURS.
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de l’Ecole polytechnique.
- MM* DEBIÉ, Ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction (même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LES APPAREILS EXPOSÉS
- Par la Maison FARCOT et ses Fils à Saint-Ouen (Seine).
- MM. Farcot et ses fils exposaient dans le
- VI* groupe :
- Classe 54. 1° Une machine à vapeur horizontale à condensation de 60 chevaux, du type Farcot ordinaire à un seul tiroir, à grande détente variable par le régulateur à bras et bielles croisés. Cette machine actionnait au moyen de son volant denté et par l’intermédiaire d’une transmission souterraine une partie de la transmission générale de la galerie des machines.
- 2° Deux machines horizontales à condensation, à quatre tiroirs, du type Farcot, genre Corliss perfectionné, d’une puissance nominale de 350 chevaux chacune (ensemble 7 00 chevaux) couplées sur un arbre de volant et munies àe régulateurs à bras et bielles croisés, également couplés, suivant une disposition récemment brevetée.
- 3° Un générateur tubulaire à foyer et faisceau tubulaire amovibles pour le nettoiement, avec réchauffeur latéral.
- 4° Une machine horizontale demi-fixe de 10 chevaux à condensation ou sans condensation, avec régulateur à bras et bielles croisés, foyer et faisceau tubulare amovibles pour le nettoiement.
- 5° Un marteau pilon de 300 kilogrammes à action directe de la vapeur au-dessus du piston et contre-pression constante au-dessous pour le remonter.
- 6° Un modèle d’appareil servo-moteur à vapeur, de l’un des types employés pour manœuvrer les organes très-résistants (tiroirs, freins, etc.), des grandes machines de mines.
- Classe 60. Une machine a vapeur horizontale à condensation de 20 chevaux, avec régulateur isochrone à bras et bielles croisés et à variation facultative de la vitesse normale, mettant en mouvement les appareils de papeterie de MM. Darblay père et fils et Béranger.
- Classe 67. 10 Pompes différentielles à vapeur avec compensateur régulateur produisant de l’eau à haute pression (550 mètres), et donnant, sans accumulateur, le maximum de puissance en eau pour le minimum de poids et de travail moteur dépensé. Ces pompes étaient destinées à alimenter d’eau sous pression tous les appareils hydrauliques manœuvrant la tour et l’artillerie du garde-côtes cuirassé le Tonnant.
- 2° Servo-moteur hydraulique à haute pression (550 mètres), avec disposition spéciale des tiroirs de distribution supprimant tout organe intermédiaire entre le tiroir et sa glace, ce qui conserve un calage constant. Cet appareil était destiné à manœuvrer la tour du garde-côtes cuirassé le Fulminant.
- 3° Treuil servo-moteur à vapeur à décalage spé-* cial d’excentriques, à course et à avance variables -, destiné à manœuvrer le gouvernail du garde-côtes cuirassé le Tonnant.
- 4° Mise en train à vapeur par servo-moteur, destinée à la machine du garde-côtes cuirassé le Vengeur. La disposition de cet appareil permet de renverser la marche, à vapeur, à bras, et à vapeur et bras réunis.
- fondée en 1823 par M. Farcot père, la maison Farcot et ses fils était dirigée parM. Joseph Farcot, son ingénieur en chef depuis 1853, qui fut l’auteur de presque tous les perfectionnements et appareils nouveaux qu’elle a fait breveter depuis cette époque et auquel elle appartient aujourd’hui.
- M. Joseph Farcot a été appelé à l’honneur de présider la Société des Ingénieurs civils en 1879.
- Voici quelques détails sur les éléments les plus nouveaux et les plus importants de l’exposition de la maison Farcot.
- Machines couplées de 900 chevaux.
- Les machines couplées de 700 chevaux, commandées par la ville de Paris, sont semblables à celle qui lui a été fournie précédemment pour élévation d’eau à l’usine hydraulique municipale de Saint-Maur, et qui a donné les résultats suivants :
- La consommation de houille brute par cheval et par heure en eau montée est'descendue, dès la mise en marche, au chiffre de 0 k. 900 à 0 k. 950, ce qui correspond à 0 k. 800 environ par cheval disponible sur l’arbre du volant, et à environ 0 k. 700 par cheval indiqué dans le cylindre.
- Evaluée en vapeur, la consommation est réduite à environ 5 k. 5 par cheval indiqué.
- Ces chiffres sont le résultat de constatations journalières d’expériences faites par MM. les ingénieurs de la ville de Paris sans le concours du constructeur, avec les chauffeurs ordinaires et du charbon du commerce pris dans la cour. On remarquera que ces chiffres ne sont pas comptés en charbon pur, suivant un mode d’évaluation souvent employé depuis quelques années, mais en charbon brut, c’est-à-dire réellement payé et sans déduction de cendres, d'escarbilles ou de scories.
- Ces résultats exceptionnels s’expliquent par le soin avec lequel ont été réunies dans ce type de moteur toutes les conditions d’un bon rendement.
- Ces machines sont, comme il est dit plus haut, des machines à quatre tiroirs genre Corliss ; mais M. Joseph Farcot ne s’est pas contenté de reproduire presque identiquement l’un des anciens types Corliss. Les perfectionnements importants qu’il a apportés ont fait de ce moteur Farcot à quatre tiroirs un type tout nouveau, dont les principaux avantages sont les suivants :
- 1° Suppression presque radicale des espaces nuisibles par la disposition -spéciale des tiroirs d’admission et d’échappement dans les fond et cou vercle du cylindre. L’espace nuisible est réduit à 1/120 environ du volume du cylindre, tandis qu’il en est encore le 1/32 environ dans les machines Corliss ordinaires -,
- 2° Constitution. d'une enveloppe de vapeur efficace et puissante remplie à haute température de la vapeur même de travail, sans que le parcours de la vapeur soit moins direct que dans les machines Corliss. Une pompe de purge spéciale entretient cette enveloppe constamment sèche et en retire toute l’eau et la vapeur humide qui peuvent s’y trouver, pour les refouler avec utilisation complète de la chaleur dans la chaudière par le tuyau même d'alimentation. Le mode spécial et nouveau d’assemblage de cette enveloppe la met à l’abri de toute rupture par dilatations trop brusques ou inégales.
- 3° Ressorts vapeur, facilement réglables, assurant la fermeture rapide des tiroirs tout en supprimant les chances de rupture qui peuvent se produire avec les ressorts métalliques quand ils sont bien tendus.
- 4°Admission variable automatiquement parle
- régulateur isochrone Farcot, à bras et bielles croisés, depuis zéro jusqu'aux 8/10 de la course du piston.
- 5° Mise en train à détente aussi lente et progressive qu’on le désire et arrêt immédiat de l’introduction, au moyen d’un système très-simple qui permet de dominer complètement la machine et d’empêcher tout emportement.
- Ces machines sont de plus munies d’un autre perfectionnement consistant dans la conjugaison des régulateurs, qui assure leur marche concordante et répartit le travail également entre les deux moteurs de manière à réduire au minimum la fatigue de chacun d’eux et à rendre la régularité plus parfaite encore.
- La machine de Saint-Maur, dout on a indiqué plus haut les résultats économiques, est une machine élévatoire à action directe et à grande vitesse de piston, résolvant par conséquent un des problèmes les plus difficiles de l’hydraulique pratique.
- Les machines couplées de 700 chevaux exposées sont également destinées à l’élévation des eaux et seront munies de pompes identiques à celles de Saint-Maur, si les conditions d’aspiration le permettent.
- Le volant denté servirait au contraire à actionner des pompes centrifuges si ces machines étaient installées, comme dèux autres analogues établies par la maison Farcot, sur l’égout d’Asnières.
- Tout en constituant ce type nouveau, la maison Joseph Farcot n’a pas renoncé à construire des machines horizontales ou verticales des types Farcot ordinaires à un seul tiroir et à grande détente, qui ont remporté en 1867 le grand prix pour mérite hors ligne, et qui ont reçu depuis quelques perfectionnements de détail. L’une de ces machines actionnait, ainsi qu’il a été dit plus haut, une partie de la transmission générale.
- Régulateurs isochrones.
- Toutes les machines construites par la maison Farcot et ses fils sont munies du régulateur isochrone Farcot à bras et bielles croisés, qui règle automatiquement la détente, et dont il est inutile d’exposer ici les principes actuellement bien connus et lès applications. On trouvait ce régulateur à bras et bielles croisés reproduit sur plusieurs machines exposées cette année.
- On remarquait, classe 60, le régulateur isochrone a variation facultative de la vitesse normale,-installé sur la machine de 20 chevaux conduisant les appareils de papeterie de MM. Darblay père et fils et Béranger. Ce régulateur permet de varier dans une assez grande mesure, en marche et par une manœuvre très-simple, la vitesse normale de la machine ; il maintient du reste, pour chaque vitesse normale, la régularité absolue du moteur.
- ftrénérateup tubulaire.
- Le générateur tubulaire, à foyer et faisceau tubulaire amovibles et avec réchauffeur, du type Farcot, est constitué ainsi qu’il suit :
- Une chaudière supérieure, horizontale, sert de réservoir à la vapeur et à l’eau dont le niveau atteint à peu près la partie médiane. Un dôme de vapeur surmonte ce réservoir, qui est du reste muni des appareils de sûreté et indicateurs. Au haut du réservoir un long tube, fendu longitudinalement suivant sa génératrice supérieure, recueille la vapeur aussi sèche que possible et la transmet dans le dôme par un orifice. C’est encore du haut
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- de ce dôme que partent les tubulures sur lesquelles s’attachent les robinets de prise de vapeur, qui sont manœuvres du bas au moyen d’une tringle verticale pendante et d’un volant à main.
- Le générateur proprement dit consiste en une chaudière placée en dessous du réservoir sus-indiqué et auquel elle se rattache par trois communications. Cette chaudière est à foyer et faisceau tubulaire intérieurs ; ce foyer et ce faisceau tubulaire, placés à la suite l’un de l’autre, sont assemblés avec l’enveloppe au moyen de joints métalliques.
- L’ensemble de ces deux chaudières est entouré d’une enveloppe extérieure formant four et constituée, soit au moyen de deux parois de tôle renfermant un enduit plastique, ssit en simple maçonnerie de briques.
- Les gaz chauds pénètrent du foyer dans le faisceau tubulaire, passent dans ce four en léchant les parois extérieures des deux chaudières (celle du haut dans sa partie mouillée seulement) et retournent par un carneau souterrain à la cheminée. C’est dans ce carneau souterrain que se trouve un bouilleur réchauffeur de l’eau d’alimentation, où se déposent les matières en suspension ou en disso-. lution dans l’eau.
- Le système tubulaire et le foyer liés ensemble sont supportés dans leur longueur par des galets qui roulent sur deux cornières rivées au corps de la chaudière.
- Pour effectuer le nettoyage, après avoir défait lés jdints, on tire le système tubulaire jusqu’à ce que les tubes soient presque entièrement sortis du corps de chaudière en soutenant le devant du foyer par un galet accessoire que l’on boulonne avec sa bride ; on peut alors désincruster toute la chaudière. Pour atteindre tous les tubes, on passe un outil particulier dans toutes les lignes d’intervalles disposées de façon à engendrer un hexagone autour de chacun, des tubes qui se trouvent ainsi tous nettoyés sans que l’opérateur ait besoin de les voir.
- Ce générateur réunit les avantages cherchés pour les chaudières tubulaires employées dans les usines, savoir : nettoiement facile, grande réserve d’eau et de vapeur, grande chambre de combustion, grande section tubulaire de passage de fumée, et comme résultat grande économie de combustible.
- Marteau-pilon à action directe de la vapeur au-dessus du piston.
- Pour que les marteaux ordinaires produisent de grands effets, il est nécessaire, comme on le sait, qu’ils aient de grandes levées et que le pilon soit très-pesant.
- Le nouveau système de marteau, exposé par la maison Farcot, permet d’obtenir des effets puissants sans beaucoup de chute, parce qu’il est lancé par de la vapeur agissant à 5, 6 et 7 atmosphères sur une grande surface de piston.
- La diminution de course du marteau et l’énergie de la pression initiale sur le piston lui donnent la facilité de frapper plus vite et plus énergiquement que les autres, tout en économisant la vapeur, parce qu’elle agit par expansion.
- Dans le système de pilon qui nous occupe, le corps du bâti est creux; il forme un réservoir où la vapeur est entretenue à une pression d’environ 2 atmosphères, au moyen d’une soupape d’équilibre fonctionnant seule ; ce réservoir est constamment en communication avec le dessous du piston; la vapeur qu’il contient produit la contre-pression qui remonte le pistcn dès que le dessus du piston est en communication avec l’atmosphère. Cette vapeur n’est pas dépensée : elle agit comme un simple ressort.
- Il résulte encore de cette disposition que l’espace libre de la partie inférieure du cylindre est supprimé; cet espace libre occasionne une grande perte de vapeur dans les anciens marteaux-pilons.
- La force des coups de marteaux se règle par la pression et la durée d’introduction de la vapeur au-dessus du piston ; au moyen d’un tiroir, que l’on manœuvre très-facilement et, si l’on veut, très-rapidement, on peut intercepter l’arrivée de la vapeur dans le cylindre à tous les points de la course du piston ; ce qui permet d’utiliser la détente de la vapeur et de se rapprocher des conditions économiques des machines à vapeur à détente, ce que l’on ne peut réaliser avec les marteaux-pilons du
- système ordinaire, qui ne permettent pas de jouir en au cune façon des bénéfices des pressions éle vées, puisqu’on ne peut pas frapper plus fort qu’avec de basses pressions, ni utiliser l’expansion de la vapeur.
- Les ruptures de fonds de cylindre sont rendues impossibles par un matelas de vapeur servant de heurtoir, et disposé dans le fond du cylindre de manière à ne pas produire d’espace libre inutile ni de perte de vapeur.
- Les exemples suivants feront connaître la valeur comparative de ce système de marteau par rapport aux marteaux du système ordinaire :
- Un pilon ordinaire du poids de 1,000 kil., tombant d’une hauteur de lm,50, produit un effet correspondant à 1,000 k. X lm,50 = 1,500 kilogrammètres.
- Avec un pilon de 1,000 kil. du système Farcot ayant une levée de 0m,70 et un piston de 0m,50 de diamètre, on obtient, avec 5 atmosphères de pression dans la chaudière, une pression utile sur le piston de 7,000 kilog., en y comprenant celle due à la pesanteur. L’effet comparé au cas précédent sera de 7,000 k. X 0m,70 ” 4,900 kilogrammètres, soit trois fois 27/100e* plus que précédemment. On suppose que la vapeur est employée sans détente dans les deux cas.
- Si l’on utilise la détente pendant les 2/3 de la course seulement, on aura encore 3,265 kilogrammètres, un peu plus du double que par l’ancien pilon de 1,000 kil. tombant d’une hauteur double.
- On aura avantage à employer des pressions plus' élevées que 5 atmosphères, parce qu’on peut marcher avec plus de détente et d’économie de vapeur, et en même temps frapper plus fort. Ainsi, pour une pression de 6 atmosphères, l’effet correspondant à une pleine introduction sans détente serait de 9,000 k. X 0,70 rr 6,300 kilogrammètres ; et si i’on utilise la détente pendant les 2/3 de la course, on a encore 4,200 kilogrammètres au lieu de3,265 kilogrammètres pour 5 atmosphères.
- La progression sera la même pour des pressions de 7 atmosphères.
- Serro-moteiurs et appareils hydrauliques.
- L’appareil servo-moteur, dont la maison Farcot exposait un petit modèle dans la classe 54, représentait l’une des nombreuses dispositions de cet engin nouveau créé par M. Joseph Farcot, et dont les applications possibles s’étendent à tous les cas où l’on a besoin de vaincre une résistance considérable en réunissant la rapidité à la précision.
- Nous avons décrit, dans notre numéro du 30 mars 1874, les principes et les principales dispositions du servo-moteur. Nous n’y reviendrons aujourd’hui que pour rappeler que, depuis, un grand nombre d’applications du servo-moteur ont été faites dans les conditions les plus diverses à des moteurs à vapeur ou hydrauliques, pour mouvements alternatif, rectiligne ou angulaire, et pour rotation continue.
- La disposition exposée dans la classe 54 est plus particulièrement appliquée à mouvoir les organes résistants de grandes machines, dans les mines, par exemple. Elle a donné les meilleurs résultats, notamment aux mines d’Anzin, dans le bassin de Saint-Etienne, en Belgique, etc. On pouvait voir également des appareils analogues dans l’exposition de MM. Stapfer de Duclos et Ce, concessionnaires et collaborateurs de la maison Farcot.
- On remarquait enfin, à la classe 67, diverses applications du Servo-moteur à des appareils de marine, tels que : mises en train à vapeur pour machines motrices de grands navires, treuils servo-méteurs actionnant les gouvernails, servo-moteurs hydrauliques pour manœuvre de tours cuirassées et de gros canons.
- Les récompenses attribuées par le jury international à la maison Farcot sont, comme on le sait, de l’ordre le plus élevé : grand prix dans la classe 54, rappel de grand prix dans la classe 67. M. Joseph Farcot a en outre été promu officier dans l’Ordre de la Légion d’honneur.
- LES PRODUITS DE LA METALLURGIE
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- lia Compagnie des Fonderies et Forges de Terre-Noire, la Voulte et llessèges.
- La Compagnie des fonderies et forges de Terre-Noire, la Voulte et Bessèges, créée en 1819 (par ordonnance royale du 13 novembre 1822) s’est successivement appelée : Compagnie des fonderies et forges de la Loire et de l’Isère, puis Compagnie des fonderies et forges de la Loire et de VArdèche ; ce fut seulement en 1859, qu’à la suite d’importantes acquisitions et de fusion avec la Société de Bessèges, la Compagnie prit le titre qui la désigne actuellement.
- Aujourd’hui elle est propriétaire de nombreuses usines et mines de houille, et exploite à bail les usines ainsi que les mines de Tamaris près d’Alais. Elle représente ainsi la partie la plus importante de la métallurgie du Midi de la France.
- L’exposition des produits de cette Compagnie fournit notamment une série d’études entreprises depuis quelques années avec succès, et relatives à la fabrication de l’acier sous toutes ses formes, et à la création des alliages de manganèse.
- La Compagnie s’était bornée, jusqu’en 1862, à fabriquer de là fonte et des fers ordinaires avec la production des minés de l’Ardèche et de Bessèges.
- C’est à cette époque qu’elle créa, à Terre-Noire, la fabrication de l’acier Bessemer.
- A partir de 1867, la fabrication des rails d’acier prit un rapide développement ; la Compagnie de Terre-Noire, la première en France, conclût, dès 1868, d’importants marchés de rails avec la Compagnie des chemins de fer de Paris-Lyon-Méditer-ràhée.
- C’est également à partir de la même époque que la fabrication de l’acier par les procédés Bessemer et Siémens-Martin fut installée à Bessèges.
- Depuis lors l’extension de la fabrication de l’acier a été constante.
- La fabrication des aciers extra-doux datait de 1868, grâce à l’emploi des alliages riches en manganèse, dont la Compagnie a eu l’initiative. En 1873, toujours par l’emploi de cet alliage, la Compagnie introduisait dans l’industrie, l'emploi des vieilles matières phosphoreuses pour la fabrication des rails d’acier.
- Pendant cette même période, de longues et fructueuses études faites dans les usines de la Compa-pagnie, si habilement dirigées par M. Julien, secondé par M. Ducoin et par MM. les ingénieurs Euverte, Jouguet et Jacquet, aboutissaient à la création d’une fabrication courante et pratique, d’aciers coulés sans soufflures, destinés à rendre d’éminents services à l’artillerie et à l’industrie.
- Cette fabrication nécessitait l’emploi de fontes siliceuses que l'on est parvenu à obtenir, par le haut-fourneau, à l’aide d’ajliages de fer, de silicium et de manganèse; on a obtenu en 1875 des alliages contenant jusqu’à 80 pour 100 de manganèse.
- Avant d’entrer plus avant dans l’étude de ces nouveaux produits, nous examinerons d’une façon succincte la situation des diverses usines de la Compagnie, leur puissance de production et leur installation mécanique.
- Les établissements de la Compagnie se divisent en trois groupes : celui de la Loire, celui de l’Ardèche et celui du Gard.
- Le groupe de la Loire a son centre à Terre-Noire, près Saint-Etienne. Plus de 2,000 ouvriers sont employés dans les houillères, hauts-fourneaux, forges et ateliers qui forment ce groupe important.
- La force motrice est fournie par 35 machines d’une puissance totale de 2377 chevaux. Les chaudières ont une surface de chauffe de 3355 mètres carrés ; le service des usines se fait sur une voie ferrée de 46 kilomètres ; les constructions affectées à ces travaux couvrent une superficie de 38,500 mètres carrés.
- Le groupe de l’Ardèche a son centre à la Voulte et occupe 1,700 ouvriers. La force est fournie par 19 machines d’une puissance totale de 1,340 chevaux, — surface de chauffe 2,266 mètres carrés ; la yoie ferrée est établie sur une longueur de 32 kilo-
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- mètres; les constructions couvrent 25,000 mètres carrés de terrain.
- Le groupe du Gard a son centre à Bessèges ; son personnel comprend plus de 2,500 individus ; la force, fournie par 65 machines, est d’une puissance totale de 3,214 chevaux ; l’étendue du réseau de voies ferrées est de 55 kilomètres et demi ; la surface de ses constructions s’élève à 30,400 mètres carrés.
- Cette simple énumération montre l’importance des établissements de cette Compagnie.
- Le tableau ci-dessous donnera une idée de la production totale comparée en 1867 et 1877 :
- 186? 18??
- Houilles 150.000 tonnes 106.000 tonnes.
- Minerais de fer. . . 160.000 id. 200.000 id.
- Foutes brutes . . . 94.000 id. 158.000 id.
- Fontes moulées. . . 19.5001 22.500\
- Produits finis eu fer . 50.0001 tonnes 74.500 48.600/ tonnes 147.600
- Produits finis en acier. Acier coulé sans souf- 5.000) 75.000J
- flures ..... » J 1.500J
- Les chiffres contenus dans ce] dernier tableau montrent que, si la production de la houille a diminué depuis la dernière exposition, celle des minérais de fer s’est accrue de près d’um quart, et que les fontes moulées sont en croissance rapide.
- Objets exposés.
- Ces objets peuvent se classer en sept catégories, comprenant :
- 1° Les minerais de fer et de manganèse et les castines ;
- 2° Les fontes de diverses qualités, alliages de manganèse, de silicium, etc. ;
- 3° Les fers et aciers 5
- 4° La série continue des fontes, métal mixte, et aciers sans soufflures obtenus par la fusion ;
- 5° Les produits fabriqués ;
- 6° Les machines (Exposition spéciale à la classe 50);
- 7° Enfin, le relief hypsométrique et à jour, de la surface et des travaux intérieurs des mines de houille de Lalle et des mines de fer de Travers et Côte-de-Long.
- Examinons rapidement ces divers produits :
- Minerais, — On trouve dans la nomenclature des séries de minerais de fer et de manganèse que la Compagnie emploie pour ses diverses fabrications de fontes, fers et aciers, la teneur moyenne de ces minerais, ainsi que de nombreux échantillons.
- Ces échantillons proviennent des concessions de la Voulte, de Privas, de Bessèges, d’Alais et aussi des pays étrangers et des mines de divers bassins français.
- Fontes et alliages. Fers et aciers. — Ces minerais donnent des fontes de diverses qualités. Certains d’entre eux provenant des usines de la Compagnie contiennent environ 2,88 pour 100 de manganèse, mais cette proportion s’élève jusqu’à 53,78 pour 100 de ce dernier métal pour les minerais de Huelva (Espagne), qui sont traités dans les usines de la Société.
- Le développement donné à partir de 1865 à la fabrication de l’acier, et la nécessité de produire le métal fondu très-doux, conduisirent à étudier les moyens de fabriquer, en France, les fontes manga-nésées qui, on le sait, formaient jusqu’alors le monopole à peu près ëxclusif du pays de Siegen, pour les spiegel à faible teneur en manganèse.
- En 1865, les usines de Terre-Noire employaient déjà du ferro-manganèse à 25 pour 100, fabriqué par le procédé Henderson, en Angleterre, et un alliage à la teneur de 75 à 80 pour 100 de manganèse fabriqué au creuset par le procédé de M. Oscar Prieger, aux environs de Cologne; mais elles devinrent propriétaires des brevets pris en France pour ces deux genres de fabrication, et des études suivies leur ont permis de produire pendant plusieurs années, avec le four Siémens-Martin, le ferro-manganèse jusqu’aux teneurs les plus élevées.
- L’emploi des appareils à air chaud Siémens-Coiv-per fut le point de départ d’une nouvelle modification économique, puisque, grâce à une température plus élevée, le haut-fourneau, appareil réducteur par excellence, put alors être appliqué à la production du ferro-manganèse.
- Les nouvelles études poursuivies à Terre-Noire
- conduisirent aux alliages de fer-manganèse-silicium, de fer-manganèse-tungstène et de fer-manganèse-chrome qui font apparition, sous forme d’échantillons variés, en 1878.
- Toutes ces fontes, fers et aciers présentés par la Compagnie jouissent de propriétés physiques et de diverses qualités qu’il importe défaire ressortir.
- Les fontes pour moulages, représentées par un grand nombre d’échantillons, ont subi une série d’épreuves au choc, à la flexion et à la traction, d’où il résulte que les flèches et allongements sont très-minimes et difficiles à apprécier.
- Fers ordinaires. — De qualité courante du commerce, ces fers sont fabriqués avec les fontes de l’Ardèche et du Gard sans mélange.
- Fers forts. — Etant très-beaux à froid, ils peuvent être appliqués à chaud, pour certains emplois, notamment pour la fabrication des fers à cheval, pour la serrurerie artistique, les rivets de ponts, etc. ; ils donnent des tôles de chaudière d’excellente qualité.
- _ Fers supérieurs. — Ils sont d’une qualité supérieure, employés à froid et à chaud.
- Fers fins et aciers puddlés. —Ils sont aussi d’un emploi recherché dans les constructions, soit à l’état froid, soit à l’état chaud.
- Les nombreux échantillons de ces différents produits exposés dans le pavillon de la Compagnie ont été éprouvés à la flexion, au choc et à la traction. Les tableaux très-complets donnant les résultats de ces épreuves permettent d’apprécier l’excellence des produits.
- Il existe en outre une série d’échantillons d'aciers martelés et laminés à doses variables de carboné qui prouvent les différences qui peuvent se produire dans les qualités physiques de l’acier suivant que sa teneur en carbone est plus ou moins considérable.
- Nous ferons remarquer que dès 1874, à suite de longues et sérieuses études faites dans les usines de Terre-Noire, on pouvait poser en principe : « que le phosphore peut être introduit dans l’acier » fondu à la condition dééliminer le carbone et
- que, moins l’acier contiendra de carbone, plus il » pourra contenir de phosphore. »
- C’est là un fait d’une grande importance au point de vue économique, attendu qu’il en résulte la possibilité d’employer couramment dans le four Siemens-Martin une certaine proportion de vieux rails phosphoreux pour la préparation des lingots destinés à la fabrication des rails d’acier et enfin qu’on pe ut obtenir des aciers très-malléables et de qualité suffisante pour rails avec une proportion de 25/0000°, soit 5 fois plus que le chiffre primitivement admis par M. Bessemer.
- A ciers martelés et laminés à doses variables de carbone. — Les épreuves faites sur les cinq coulées d’acier à doses croissantes de carbone montrent que, lorsque la teneur en carbone ne dépasse pas 0,150 pour 100, le métal fondu est un fer homogène d’une qualité bien supérieure à celle de tous les autres fers connus.
- Les propriétés élastiques du métal se développent en proportion directe des doses de carbone qu’il contient, et la difficulté de fléchir se traduit pour les aciers à haute dose de carbone en fragilité au choc.
- En ce qui concerne l’introduction du phosphore dans les aciers, il paraît résulter de la série d’épreuves faites sur les différentes coulées que cette matière n’altère pas sensiblement les propriétés physiques des aciers de bonne qualité.
- Nous voyons donc, par cet exposé, que les fers et aciers sont traités par la Compagnie de Terre-Noire avec un succès croissant qui dénote une haute intelligence de la part des ingénieurs chargés de la direction des usines, et un immense progrès dans la métallurgie française.
- Nous ne rappellerons pas l’intérêt que la Compagnie prend au bien-être de ses nombreux ouvriers ; elle a montré l’exemple à toutes les grandes Sociétés industrielles, désireuses de s’attacher un personnel dévoué et elle a, à cet effet, multiplié les mesures de prévoyance.
- Mentionnons seulement : ses caisses de secours, caisses d’épargne, magasins affectés aux comestibles, écoles gratuites, salles d’asile, caisses de retraite, etc., en un mot toutes les mesures philanthropiques et humanitaires qui ne peuvent qu’accroître le dévouement et l’attachement des personnes employées, et en conséquence donner à la pro-
- duction des résultats aussi satisfaisants et aussi progressifs que ceux exposés par la Société des fonderies et forges de Terre-Noire, la Voulte et Bessèges.
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Congrès international de la propriété industrielle.
- — Suite et fin {1) —
- COMMISSION PERMANENTE INTERNATIONALE DO
- .CONGRÈS DE PARIS POUR LA PROPRIÉTÉ INDUSTRIELLE.
- 1. — Le Congrès institue une commission internationale permanente, chargée d’assurer dans les limites du possible, la réalisation des résolutions adoptées par le Congrès de la propriété industrielle.
- La commission permanente est composée des membres du bureau du Congrès, des rapporteurs, des présidents, vice-présidents et secrétaires des sections et des délégués officiels des gouvernements.
- Les membres de cette commission sont répartis en sections nationales, suivant la nationalité qu’ils représentent.
- Les nationalités non représentées au Congrès pourront également nommer une section locale.
- 2. — Chaque section nationale aura le droit de s’adjoindre cinq membres.
- Chacune de ces sections, quel que soit le nombre de ses membres, n’aura droit qu’à une voix dans le vote des résolutions de la commision permanente.
- 3. — Un des buts de la commission permanente, créée par l’initiative privée, sera d’obtenir de l’un des gouvernements la réunion d’une conférence internationale officielle.
- Conférence sur les sous-produits dérivés de ia Houille
- ParM.Bertin,
- Professeur à l’Association polytechnique.
- En essayant de grouper les principaux faits qui établissent que, dans un avenir peut-être peu éloigné, le principal but de la distillation de la houille ne sera plus le gaz d’éclairage, devenu alors l’accessoire, mais bien les sous-produits qui en dérivent, je n’ai pas tardé à m’apercevoir combien la tâche que j’avais assumée était difficile et ardue, surtout venant après les hommes éminents qui m’ont précédé dans cette enceinte ; mais j’ai pensé pouvoir compter sur beaucoup d’indulgence en échange d’une grande bonne volonté.
- La houille, vous le savez, est employée :
- — Dans les appareils de chauffage pour élever la température.
- — Dans les foyers de machines pour obtenir une force ; c’est une transformation de la chaleur en force mécanique.
- — Dans les usines à gaz pour produire le gaz d’éclairage.
- C’est exclusivement sur les résidus de la distillation de la houille dans les usines à gaz que j’ai l’intention de donner quelques détails. Ces résidus sont connus sous le nom de sous-produits dérivés de la houille, le produit principal étant le gaz.
- Les éléments qui constituent les houilles sont, à proprement parler, ceux de la végétation qui ont donné naissance à la formation houillère, c’est-à-dire des éléments de nature organique : carbone, hydrogène, azote, oxygène, soufre et eau. Nous ne devons donc pas trouver autre chose dans la distillation. L’analyse des houilles ne permet d’ailleurs pas de préciser, d’une manière absolue, leur composition élémentaire. Il faut, la plupart du temps, s’en tenir à des moyennes, car il n’est pas rare qu’analysant successivement deux morceaux provenant d’un même bloc on y trouve des différences de plus de 5 0/o de carbone.
- Enfin, comme tous les corps d’origine végétale,
- (1) Voir notre dernier numéro et précédents.
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- LE CONSTRUCTEUR
- Paris.
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- la houille, en raison même des faibles^résistances que les composés organiques offrent aux actions extérieures, est un corps facile à décomposer, et des divers produits qui prendront successivement naissance nous dirons qu’ils dépendent de la plus ou moins grande élévation de température.
- La distillation de la houille donne un produit fixe, le Icoke, et des produits volatils, qui, après refroidissement et condensation, se séparent, les uns en liquides ammoniacaux et matières oléo-résineuses (les goudrons) ; les autres, en gaz permanents. Cé sont ces derniers qui constituent le gaz d’éclairage.
- Le coke qui reste dans les cornues et dont vous , voyez ici un des plus beaux échantilons que Von puisse trouver, le coke conserve cette forme bour- ‘ souflée, elle est due à la fusion des bitumes et au gonflement opéré par le dégagement des gaz et des vapeurs.
- Et comme il faut bien noup rendre compte qu’aucun des résidus de la fabrication du coke et par conséquent de la distillation de la houille n’est
- erdu et ne trouve son emploi, nous verrons, tout
- l’heure, comment ces immenses amas de poussier de coke restant dans les usines ont pu être utilisés, alors que pendant longtemps ce poussier était, aussi bien que le goudron de gaz, regardé comme une matière inutile et encombrante.
- En sortant des appareils de distillation, le gaz de houille traverse des récipients .remplis d’eau où il commence à se purifier en abandonnant successivement des matières nuisibles à l’éclairage et dont l’odeur désagréable ne permettrait pas d’ailleurs l’emploi dans ces conditions. Ces eaux de condensation contiennent principalement du carbonate, du sulfhydrate et du chlorhydrate d’ammoniaque.
- Dans certains cas, suivant les dispositions et l’agencement des usines, suivant leur plus ou moins grande facilité de transport et l’écoulement de leurs produits, il y a avantage, on trouve intérêt à employer directement ces eaux ammoniacales comme engrais liquide pour les champs et les prairies. Plus généralement elles servent à la fabrication du sulfate d’ammoniaque qui, jusqu’à présent, est à peu près le seul sel d’ammoniaque utilement employé comme engrais.
- Enfin ces eaux ammoniacales servent aussi à la préparation industrielle de l’ammoniaque dont vous connaissez tous l’odeur pénétrante et désagréable. L-’ammoniaque caustique du commerce, ou alcali volatil, présente parfois une teinte ambrée qui est due à l’altération des substances organiques mises en contact avec elle. Pour la purifier, il suffit de la distiller en présence de la chaux éteinte et on l’obtient alors absolument blanche ainsi que vous pouvez en juger par ces deux échantillons.
- Voici l’alcali ambré, voici l’alcali distillé en présence de la chaux éteinte et qui, comme vous le yoyez, est absolument blanc. En médecine on emploie l’ammoniaque comme caustique ; vous savez également, ou plutôt vous avez entendu dire qu’administré avec prudence,—-quelques gouttes dans de l’eau, — c’est un puissant moyen de combattre l’ivresse alcoolique ; enfin l’ammoniaque est un des principaux réactifs employés dans les laboratoires de chimie.
- Nous arrivons maintenant à la partie la plus intéressante comme la plus vaste de cettê étude, je veux parler des goudrons de houille.
- Quand on distille la houille, la température joue un très-grand rôle dans la production du goudron dont la densité est plus ou moins grande que celle de l’eau, suivant que la température est plus ou moins élevée ; la proportion obtenue est d’autant plus grande que l’on a chauffé progressivement, graduellement.
- Au sortir des appareils de condensation, le goudron est dirigé dans de vastes citernes où on l’abandonne à lui-même jusqu’à ce qu’il soit séparé des eaux ammoniacales auxquelles il était mélangé.
- Jusqu’à ces dernières années, on éprouvait de grandes difficultés à débarrasser le gaz des matières goudronneuses qui avaient échappé à l'action des réfrigérants. Vous pouvez voir aujourd’hui, à l’Exposition universelle, dans la classe 53, un condensateur fort ingénieux imaginé par MM. Pelouze et Àudouin. Le gaz y passe par une série de trous de 0m,0015 de diamètre et se trouve projeté sur un plan incliné. L’aplatissement des globules goudronneux, leur contact intime, enfin leur réunion en une masse liquide, sont la conséquence des chocs successifs auxquels ces globules sont soumis. Avant son passage dans le condensateur, le gaz offre l’as-
- pect d’une colonne noirâtre. îi en sort complètement incolore et le goudron s’écoule d’une manière continue.
- Le goudron de houille est une matière des plus complexes. Quand on le distille, la partie qui distille au-dessous de 300 degrés est composée de trois groupes de corps : des carbures d’hydrogène indifférents, des bases organiques et des acides); et le traitement industriel du goudron consiste précisément à séparer les bases et les acides des carbures.
- Les premiers produits de la distillation du goudron sont les. huiles lourdes et les huiles légères, et le résidu forme une masse très-dure, très-noire et très-brillante, qu’on appelle le brai. Le brai peut être gras ou sec suivant que la distillation a été poussée plus ou moins loin.
- Voici un échantillon du brai qui est le résidu de la distillation du goudron.
- Le brai est à environ 110° quand il sort des appareils pour se rendre dans de grandes fosses creusées dans la terre où il se solidifie au contact de l’air. Nous reviendrons dans peu d’instants sur les huiles lourdes et les huiles légères ; voyons d’abord comment on peut utiliser le brai afin de ne pas laisser en arrière un seul sous-produit sans voir l’utilité qu’on a pu en tirer.
- Le brai sert à faire des agglomérés.
- En dehors des combustibles naturels, on utilise encore dans la pratique des déchets de toute nature pour en former des combustibles artificiels, en les mélangeant avec des corps formant ciment. C’est ce qui constitue la fabrication des agglomérés, connus plus généralement sous le nom de briquettes et dont voici un échantillon.
- Le goudron brut, le brai gras et le brai sec sont les seuls ciments que la pratique ait consacrés et qui soient encore employés aujourd’hui. Un bon aggloméré doit remplir plusieurs conditions : être peu hygrométrique, dépourvu d’odeur, s’allumer facilement sans se désagréger au feu et enfin ne donner que 7 à 10 'p. c. de cendres. La production des agglomérés dépasse annuellement 700,000 tonnes, en France, et elle se trouve encore au-dessous de la consommation, car, dans une certaine proportion, les chemins de fer sont obligés de s’adresser à l’Angleterre et à la Belgique. La marine française s’en sert également.
- Je n’ai pas à vous décrire les procédés en usage pour la fabrication des agglomérés dont vous pouvez vous rendre compte facilement, en obtenant l’autorisation de visiter l’usine des goudrons de la Villette ; visite également intéressante pour les dames qui peuvent être assurées d’y trouver le sol pouvant rivaliser comme propreté, je dirai presque avec bieh des appartements.
- Vous y verrez utiliser, pour la fabrication des agglomérés, ce poussier de coke si encombrant jusque dans ces dernières années. On mélange avec du brai concassé, le tout passe à la noria, et, après avoir été placé dans des moules, on le soumet à une pression de 100 kil. par centimètre carré.
- Revenons aux produits de la distillation du goudron, c’est-à-dire aux huiles lourdes et aux huiles légères.
- Avant de passer en revue les différents traitements que l’on fait subir à ces huiles pour en extraire les corps nombreux qu’elles contiennent, je m’arrêterai, un moment, sur l’emploi des huiles lourdes de goudron pour la conservation des bois et, comme exemple, je prendrai, si vous le voulez bien, les traverses de chemins de fer.
- Quand les huiles lourdes de goudron, connues sous le nom de tout venant, ne sont pas purifiées, elles contiennent généralement, en grande abondance, de la naphtaline, dont on peut les débarrasser suffisamment en les abandonnant à elles-mêmes, en les laissant reposer à une température un peu basée.
- Vous savez que, précédemment, on conservait les bois en les injectant de sulfate de cuivre. Pourquoi a-t-on remplacé le sulfate de cuivre par l’huile de goudron?
- D’abord, dans le premier système les bois ne se conservaient pas suffisamment longtemps ; on ne fait encore, il est vrai, qu’expérimenter le nouveau mode d’opérer, mais il y a tout lieu de croire que les résultats seront meilleurs.
- On a commencé à injecter d’huiles lourdes de goudron les traverses de chemins de fer, au lieu de sulfate de cuivre, en même temps qu’on établissait des voies en acier. On pense que ces traverses
- dureront aussi longtemps que des rails d’acier. Cette substitution troùve sa raison dans les considérations Suivantes.
- Le sulfate de cuivre, en contact avec les matières organiques, se décompose puis reprend à l’air une partie de son oxygène pour se reconstituer.. Il y a, en un mot, un mouvement chimique qui s’opère dans le bois et qui le désagrège.
- De plus, pour les traverses de chemins de fer spécialement, il se produit auprès des tire-fonds en fer, un petit courant galvanique. Ajoutez à cela que le sulfate de cuivre du commerce est presque toujours trop acide.
- Pour ces différents motifs on a remplacé le sulfate de cuivre par l’huile lourde de goudron, et alors des matières organiques se trouvant en présence, par injection, d’autres matières organiques, la désagrégation ne semble pas devoir se produire, tout au moins aussi rapidement.
- On injecte, en moyenne, 250 litres d’huile lourde par mètre cube de bois ; en peu de mots voici comment se conduit l’opération.
- On chauffe préalablement les traverses à la vapeur d’eau, à environ 60 à 65°, puis on les place dans des étuves dont la température est de A5 à 50°. De là on les empile dans un cylindre où on fait le vide, et l’on ouvre un robinet qui laisse monter l’huile lourde, alors on foule à 5 ou 6 atmosphères.
- 11 faut que ces huiles lourdes soient débarrassées de naphtaline autant que possible, parce que, à là température ordinaire, la naphtaline, — que vous voyez ici, en couche inférieure dans ce vase, — se solidifie et cristallise dans les pores du bois, dans les cellules qu’elle obstrue, empêchant ainsi l’huiie de pénétrer plus avant.
- Voici deux échantillons de traverses injectées d’huile lourde. L’un est un morceau de sapin. On peut y suivre, facilement, ia pénétration de l’huile lourde, mais le cœur du bois reste intact-, les cellules, trop rapprochées, ne permettent pas à l’huile d’y pénétrer. L’aubier seul du bois se trouve1 injecté, mais c’est suffisant pour la conservation de la traverse.
- Vous voyez également que, dans ce morceau de chêne, l’huile lourde s’arrête à l’aubier -, c’est suffisant pour la conservation du bois.
- Voyons comment on traite les huiles de goudron de houille.
- Des huiles lourdes on commence par extraire la naphtaline qui, en somme, est peu employée relativement aux autres sous-produits. Elle est utilisée pour préserver les plantes des insectes qu’elle ne détruit pas, mais qu’elle fait fuir. En médecine, on 1’emploie dans certaines maladies de la peau ; ce sont là des usages un peu restreints, nous allons en voir une application plus industrielle. Malgré de nombreuses tentatives, faites en vue de préparer des matières colorantes, en partant de cette substance, on ne connaît jusque aujourd’hui qu’un certain nombre très-restreint de couleurs qui trouvent réellement leur application industrielle et qui soient dérivées de la naphtaline.
- Je vais vous montrer une de celles qui sont le plus stables, le brun Bismarck. Si j’en projette quelques parcelles dans cette eau bouillante, et que j’y plonge ce morceau de laine, j’obtiens cette belle coloration, sans mordant et sans préparation de l’étoffe.
- On retire aussi, des huiles lourdes de goudron, le phénol ou acide phénique dont les applications sont nombreuses et qui sert, principalement, à prévenir la putréfaction des matières animales. Le procédé d’extraction est basé sur ce fait que le phénol se dissout dans les alcalis tandis que les huiles neutres ou basiques y sont insolubles.
- Les dérivés du phénol sont l’acide rosolique ou coraline, la péonine, l’azaline, la phéricine, qui sont employées comme matières colorantes, et l’acide picrique dont le pouvoir tinctorial est si grand qu’un gramme de cet acide permet de teindre en jaune un kilogramme de soie. ‘
- Cet acide picrique combiné à la potasse forme un corps éminemment explosible -, vous vous souvenez de l’épouvantable catastrophe dont le laboratoire de la maison Fontaine, sur la place de la Sorbonne, a été le théâtre à la suite d’une manipulation de picrate de potasse.
- (A suivre.)
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- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Rlanche
- 63
- Paris
- Supplément au n° 342. — Lundi 10 Mars 1879.
- REVUE DE LEXP0S1TI0N UNIVERSELLE DE 1878
- 55
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE. Ingénieur^ ancien Elève de FEcole polytechnique.
- RÉDACTEURS
- MM. DEBIÉ, Ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction (même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LES GÉNÉRATEURS A TAPEUR
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- LES CHAUDIÈRES MULTITUBULÀIRES
- Système de N A E Y E R et Cle
- à Willebroeck (Belgique)
- Nous avons fait ressorti!', dans nos études successives, les avantages qui distinguent les chaudières à tubes chauffés extérieurement.
- De ce genre sont les chaudières multitubulaires du système de Naeyer et Ce, dont l’une, de la puissance de .100 chevaux, fournissait la vapeur aux machines belges à l’Exposition universelle.
- La chaudière de Naeyer se compose d’un nombre plus ou moins grand de tubes dans lesquels la vapeur est produite. Ces tubes o.nt 3 mètres de long et 0m,120 de diamètre; l’épaisseur du fer est de 5 millim.
- Les tubes sont accouplés au moyen de boîtes en fonte ou en fonte malléable et même en fer battu. Cet assemblage de deux tubes forme un élément.
- La superposition d’un certain nombre d’éléments forme une série. Plus il y a d’éléments dans les séries, plus la chaudière est économique. Les éléments sont reliés entre eux au moyen de communications et de petits tubes en fer à joints précis et à emboîtement conique. Ce joint, fixé par un simple boulon, est parfaitement étanche et se fait saiis interposition de mastic ni caoutchouc.
- La chaudière est formée d’un certain nombre de séries. Les tubes sont inclinés vers l’arrière. Cette disposition facilite l’évacuation de la vapeur par les communications.
- La vapeur des différentes séries se réunit dans un collecteur placé à la partie supérieure de la chaudière; de là elle se rend dans un réservoir cylindrique surmonté d’un dôme qui offre la même inclinaison que les tubes-(environ 13 degrés).
- Le réservoir cylindrique contient de l’eau à sa partie basse. Cette eau sert à l’alimentation; et à cet effet le réservoir communique avec un second collecteur qui se trouve au bas et à l’arrière de la chaudière. Ce collecteur sert non-seulement à la répartition de l’eau dans les différentes séries, mais aussi à la purge de la chaudière ; il est pour cela muni d’un robinet à grande section à l’une de ses extrémités.
- Les tubes producteurs de vapeur sont placés en quinconces et séparés de distance en distance par des chicanes parallèles; ces dispositions forcent les produits de la combustion à se transmettre divisés en couches minces, ce qui procure une utilisation plus complète du calorique.'
- La grande section des communications permet une évacuation rapide de la vapeur formée et une répartition uniforme de l’eau d’alimentation. On évite ainsi des entraînements d’eau, qui se produisent généralement dans les chaudières multitubulaires à circulation.
- Ces chaudières ayant leurs tubes reliés entre eux par des communications devant et derrière, le dégagement de la vapeur se fait au fur et à mesure de sa production. Chaque tube constitue un petit
- générateur recevant l’eau d’alimentation à sa partie la plus basse et dégageant la vapeur par l’extrémité la plus élevée.
- Le réservoir avec dôme, placé au-dessus de la chaudière, a pour effet de constituer une large réserve de vapeur sèche et une provision d’eau qui permet une alimentation intermittente, comme dans les générateurs ordinaires.
- Les chaudières multitubulaires de MM. de Naeyer étant composées d’un grand nombre de tubes en fer d’un diamètre relativement faible et reliés entre eux par des boîtes en fer, sans le secours de joints artificiels, offrent une très-grande résistance pour n’importe quelle pression désirée. La circulation rapide de l’eau dans tous les tubes assure une température égale dans toutes les parties ; les affaiblissements dus aux dilatations inégales ne peuvent donc avoir lieu.
- Les explosions, comme dans les appareils du même genre, se réduisent à la rupture d’un tube et n’ont pas, par suite, de conséquences désastreuses.
- La conduite des chaudières multitubulaires est facile et il en. est de même du nettoyage, grâce à la disposition des boîtes et tubes qui ne portent aucune espèce de joints.
- Nous ne parlons pas de la facilité de transport, ni du faible emplacement nécessaire, parce que ces avantages sont évidents ; mais il faut remarquer qu’en même temps, et grâce au réservoir supérieur d’un grand volume relatif, la régularité du travail se trouve assurée.
- Quant à la consommation, M. Watrin, garde-mines à Mézières, a pris soin de la relater dans une note qui résume les conditions et résultats d’essa is faits par lui à Willebroeck.
- Il obtint ainsi :
- Par kilogramme de charbon brut, 8 litres 55 d’eau (à 36 degrés) vaporisée, ou 8 litres 23 d’eau (à 0 degré).
- Ces nombres correspondent, pour du charbon pur, à 9 litres 88 (pour eau à 36 degrés) et 9 litres 34 (pour eau à 0 degré).
- Ces résultats sont d’autant plus remarquables que les essais ont été faits sur un générateur en service depuis quatre ans et qui n’avait pas été nettoyé depuis six jours.
- LES APPAREILS
- DE SÛRETÉ ET INDICATEURS
- pour Chaudières a vapeur.
- Nous avons pris le soin de tenir nos lecteurs au courant de tous les perfectionnements apportés à ces appareils si importants pour tous industriels qui font usage de la vapeur, puisqu’ils marquent la pression, le niveau de l’eau et permettent la s ortie de l’excédant de vapeur.
- Nous passerons donc rapidement sur les appareils de ce genre envoyés à l’Exposition universelle, en nous arrêtant principalement sur ceux qui n’ont pas encore été décrits dans le Constructeur.
- La maison Lethuillier et Pinel, à Rouen
- Les indicateurs magnétiques de MM. Lethuillier et Pinel sont maintenant universellement connus. Toutefois quelques perfectionnements de détail ont été ajoutés. La boîte en bronze a été renforcée par une nervure longitudinale, et l’argenture qui formait le fond du cadre indicateur a été remplacée par un émail blanc inaltérable qui permet de distinguer à une plus grande distance les mouvements de l’aiguille.
- MM. Lethuillier et Pinel exposaient un régulateur automatique du niveau de l’eau dans les chaudières.
- Voici en quoi il consiste :
- La tige d’un flotteur commande un levier qui fait mouvoir un axe sur lequel est monté un disque, avec ouvertures, mobile comme son axe ; ce disque tourne en face d’un autre fixe et présentant des ouvertures similaires.
- Quand le flotteur descend, les vides se trouvent vis-à-vis les uns des autres, et l’eau s’introduit dans la chaudière en soulevant le clapet de. retenue ; si au contraire le flotteur remonte, les vides se présentent en face des pleins ; l’eau ne trouvant plus de passage, retourne par la soupape de retour d’eau, fixée entre la pompe alimentaire et l’appareil.
- Le chronographe électrique, nouvel appareil de MM. Lethuillier et Pinel, sert à constater à distance les variations du niveau de l’eau dans les chaudières à vapeur.
- Il consiste en un tableau indicateur, que l’on peut placer en un endroit quelconque de l’établissement, soit dans son bureau, celui dé l’ingénieur, ou à proximité du surveillant des chaudières,
- Ce tableau est relié à l’indicateur magnétique par deux fils électriques.
- A la partie inférieure du cadre de l’indicateur magnétique sont appliquées deux petites bornes en cuivre, sur chacune desquelles est fixée une lame de platine. Ces lames sont superposées à une distance d’environ 2 millimètres.
- Quand l’aiguille indicatrice descend, elle appuie sur la lame supérieure et la met en contact avec celle inférieure. Le courant électrique a lieu aussitôt, un timbre sonne, en même temps qu’apparaît au tableau l'indication manque d'eau.
- Des bornes identiques sont fixées à la partie supérieure ; quand l’aiguille atteint cette limite, l’indication trop d'eau apparaît également au tableau.
- Un petit bouton sert à faire disparaître les indications.
- Nous trouvons cette indication incomplète, puisqu’elle ne marque que les points extrêmes du niveau d’eau ; nous préférerions, tout en conservant la sonnerie, une seconde aiguille marquant sur un tableau toutes les variations de la première, c’est-à-dire du niveau de l’eau.
- MM. Lethuillier et Pinel ont obtenu à l’Exposition une médaille d’argent.
- M. Chaudré, constructeur,
- Boulevard Vaugirard, 79, à Paris.
- Les indicateurs de M. Chaudré ne sont pas magnétiques ; mais ils suppriment aussi toutes garni-
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- Paris LE CONSTRUCTEUR 30, rue Blanehe. 64
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- tares, sources de fuites ou d’insensibilité lorsqu’elles sont trop serrées.
- Nous avons décrit déjà dans le Constructeur les principes des appareils Chaudré, qui sont non-seulement très-ingénieux, comme tout le monde le reconnaît, mais aussi très-sensibles et essentiellement pratiques.
- Voici comment M. Meugy, ingénieur des mines, résume, dans les Annales des mines (1), les avantages de ces appareils.
- M. Chaudré, constructeur, ancien chef-mécanicien au chemin de fer de l’Est, demeurant boulevard de Vaugirard, 79, a imaginé un nouveau système de flotteur qu’il peut être utile de faire connaître aux fabricants de chaudières ainsi qu’aux propriétaires d’appareils à vapeur.
- Cet instrument, où toute boîte à étoupes est supprimée, possède une grande sensibilité et fonctionne très-jrégulièrement sans aucune perte de vapeur.
- Le principe sur lequel il est fondé consiste à imprimer à un tube en cuivre fixé à l’un de ses bouts et traversé dans toute sa longueur par une tige d’acier soudée à son autre bout, une légère torsion, au moyen d’un levier transversal à ce tube et mû directement par le flotteur. Une fourchette, fixée à l’extrémité de la tige, transmet son mouvement par une chaînette à l’axe d’une aiguille mobile sur un cadran.
- Il résulte de cette disposition que la plus légère oscillation du flotteur se traduit extérieurement par un arc d’une certaine amplitude décrit par l’aiguille.
- Les pg. 8 à 12, PL II, montrent l’appareil dans tous ses détails, placé horizontalement (fig. 8 et 9) ou verticalement (fig. 10 à 12).
- Le flotteur, équilibré par un contre-poids, agit par l’intermédiaire d’une portion d’hélice sur un levier, fixé à angle droit sur le tube en cuivre, à l’intérieur duquel est soudée la tige d’acier, qui sort librement à l’autre extrémité du tube. Ce tube, entouré d’un fourreau en fonte, ou en cuivre, servant à la fois d’enveloppe et de support, auquel il est goudé lui-même, est donc absolument fixe en ce point. D’un autre côté, l’ensemble de la tige, du tube et du manchon en acier, qui entoure ce dernier, auquel il est aussi soudé, repose sur le fourreau-enveloppe avec un jeu de 1 millimètre. Cette enveloppe, à laquelle on peut adapter en même temps un sifflet d’alarme, un manomètre et une ou deux soupapes de sûreté, s’adapte sur la chaudière au moyen d’un joint ordinaire. L’eau résultant de la condensation de la vapeur qui remplit l’intérieur de l’enveloppe, fait retour au générateur. La fourchette, adaptée à l’extrémité de la tige d’acier, transmet son mouvement de rotation à l’aiguille par l’intermédiaire d’une petite chaîne qui s’enroule sur un tambour fixé sur son axe.
- Pour une différence de 20 centimètres dans le niveau de l’eau, le tube se tord de 5° dans les deux sens et la fourchette se déplace d’un angle égal, à droite comme à gauche de la verticale, en entraînant l’axe de l’aiguille qui parcourt sur le cadran un arc total de 240° environ.
- L’amplitude de l’oscillation de l’aiguille ne dépend d’ailleurs que du rapport entre le diamètre du tambour et la longueur de la fourchette.
- M. Chaudré, en dehors de l’invention qui lui est propre, a appliqué à son flotteur une sonnerie électrique destinée à prévenir le directeur de l’établissement du manque ou de l’excès de l’eau dans le générateur. Pour cela, il suffit de fixer l’un des pôles d’une pile aux limites de l’arc décrit par l’aiguille à laquelle on fait aboutir l’autre pôle. Dès qu'a lieu le contact de l’aiguille avec le pôle opposé, le courant s’établit et la sonnerie marche. On peut s’arranger de manière à indiquer l’excès et le manque d’eau par sonneries d’un timbre différent en disposant deux fils entre la pile et le cadran. ,
- M. Chaudré a construit un flotteur d’une autre espèce, fondé, non plus sur la torsion, mais sur la flexion d’un tube métallique. Ici, il n’y a plus de
- (1) Tome IX, 18761
- levier coudé et le mouvement se communique par des artifices semblables aux précédents, du flotteur au tube qui est fixé d’un côté à une enveloppe reposant sur la chaudière et libre de l'autre côté. La marche de cet instrument se comprend d’elle-même sans qu’il soit besoin d’entrer dans de nouveaux détails.
- Les avantages que présentent ces systèmes de flotteurs sont une grande mobilité résultant de l’absence presque complète de frottements, par conséquent l’inutilité d’un flotteur de gros volume, et de plus une complète imperméabilité par suite de la suppression de toute garniture et de tout calfat.
- M. Chaudré a obtenu à l’Exposition universelle une médaille d’argent.
- LES MACHINES DE TANNERIE
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Dans deux articles précédents, nous avons décrit les appareils exposés par les maisons Bérendorf et Allard.
- Nous devons aussi une mention aux autres exposants et surtout aux industriels et ingénieurs qui ont contribué aux progrès du matériel de la tannerie.
- M. Anduze offrait son triturateur qu’il veut, comme le Carr-Toufflin, appliquer à tous produits Cet appareil, qui n’a pas réussi à détrônerles autres systèmes, consiste en deux tourteaux de fonte, l’un fixe, l’autre mobile, terminés sur leur pourtour extérieur par deux couronnes formées de dents d’une finesse croissante ; les écossons arrivent par le centre et passent entre les deux couronnes, où ils sont broyés. Quand les couronnes sont usées, on les remplace.
- M. Breval est connu pour sa presse à essorer la tannée, qui consiste en trois cylindres comprimant entre eux la tannée dont ils expriment une grande partie de l’eau ; mais aujourd’hui cette presse est dans le domaine public et tout le monde peut la construire, suivant du moins le brevet originaire.— M. Breval exposait aussi une machine à drayer les peaux qu’on ne peut juger qu’à l’épreuve ; nous doutons qu’elle donne entière satisfaction.
- Les machines-outils de M. Dorgé-Heuzé, pour le buttage, le lissage et le lustrage des peaux nous ont paru bien comprises et susceptibles de donner un bon résultat.
- Nous ne pouvons en dire autant de la machine à palissonner de M. Le Blanc. Ce constructeur habile a imaginé un appareil très-ingénieux, mais qui nous paraît dangereux pour l’ouvrier et peu pratique.
- Sans nous arrêter aux expositions de MM. Kom-gen et Tourin, puisqu’elles comprenaient surtout des outils semblables à ceux de MM. Bérendorf et Allard que nous avons décrits, nous devons reconnaître qu’il y a chez ces constructeurs amélioration comme fabrication.
- La machine Ott, qui ne porte pas, croyons-nous, le nom de l’inventeur, mais celui de l’exploitant et qui doit d’ailleurs être dans le domaine public, était, en 1867, l’une des plus remarquables de sa classe. Elle sert à travailler les petites peaux au moyen de rouleaux à double hélice animée d’un mouvement de rotation; les peaux sont étendues sur une table recouverte d’une forte nappe de caoutchouc et entraînées dans le mouvement de cette table, en sorte que toutes les parties de la peau passent sous l’action des rouleaux, dont on chang-e la forme et la nature suivant le travail à effectuer.
- Les diverses machines à cambrer pour la chaussure, ainsi que les machines à coudre les cuirs intéressent plus la corroierie que la tannerie. Nous nous bornerons à citer, en terminant, les machines à refendre en tanné de M. Poisson, qui sont devenues très-pratiques et d’une grande utilité.
- Parmi les industriels qui ont le plus contribué au progrès du matériel de la tannerie, nous devons placer en première ligne : M. Placide Peltereau, M. Sueur, M. Lesaulnier, M. Lepelley.
- M. Placide Peltereau, mort depuis dix ans, n’a rien innové ; mais il n’a cessé, ce qui vaut peut-être mieux, de donner des encouragements aux constructeurs et l’exemple à ses confrères, en employant dans sa magnifique tannerie de Château-Renault, toutes les machines nouvelles.
- C’est dans l’établissement de M. Sueur, et grâce à son concours, que la presse à essorer la tannée a pris naissance.
- Comme M. PL Peltereau, M. Lesaulnier a donné l’exemple de l’emploi des appareils mécaniques dans les manufactures de cuirs ; c’est lui qui, le premier, s’est servi de la machine Fitz Henry, pour mettre au vent.
- M. Lepelley a su apporter des améliorations dans le travail des cuirs de Hongrie ; plusieurs perfectionnements aux scies à refendre en tripes ont pris naissance dans ses ateliers ; la première idée de la machine à travailler de rivière paraît même lui appartenir.
- La plus large part dans le travail mécanique des cuirs appartient certainement à l’ingénieur Damou-rette ; on retrouve, en effet, à l’Exposition de 1878, tous les perfectionnements qu’il avait indiqués quinze années auparavant.
- Les hachoirs, suivant son exemple, ont été munis : d’appareils alimentaires plus petits mais plus entraînants ; de ressorts à lames avec vis ; de plaques de défense empêchant l’ouvrier d’approcher les mains des cylindres.
- Les moulins à noix ont été fondus pleins avec dents taillées dans la masse ; leur vitesse a été augmentée.
- C’est à l’ingénieur Damourette que l’on doit le moulin à scies chevauchées, qui donne des produits supérieurs à ceux de tous autres systèmes et qui défibre directement les branches d’écorces sans le secours du hachoir.
- Pour les marteaux à battre le cuir, la vis de l’enclume si imparfaite a été remplacée par un coin en acier ainsi que M. Damourette en avait donné l’exemple ; c’est aussi cet ingénieur qui a imaginé les bâtis en tôle et fer, d’une seule pièce, qui présentent une sécurité supérieure à celle des bâtis en fonte.
- C’est surtout dans les machines à travailler de rivière, à refendre, à drayer que l’ingénieur Damourette a poussé le plus loin ses études, soit seul, soit en collaboration avec plusieurs tanneurs. Tous les genres de machines à façonner les peaux à sim> pie ou double queurse, avec ou sans clavier à tension variable, avec tablier oscillant ou à chariot, ont été établis par lui. Il a montré que l’égalisation des peaux, avant leur travail, avant leur sciage surtout, devait être obtenue par un rouleau tendeur à double hélice animé d’une certaine vitesse et formé de spires plus ou moins allongées. C’est encore lui qui a fait établir, par la maison Thiébault, les premiers cylindres travailleurs avec spires rapportées, que l’on commence maintenant à imiter.
- Nous aurions enfin à citer plusieurs autres inventions de l’ingénieur Damourette : le pèse-tan métallique, la nettoyeuse d'écorces, le déclanchement automatique des moulins à coudrer, la commande des scies à refendre par plateau ondulé avec roulette et ressort de renvoi.
- Mais nous serions entraînés trop loin dans des détails qui n’intéressent qu’une partie de nos lecteurs et nous préférons renvoyer à l’ouvrage intitulé : « Matériel des industries du cuir » (1).
- Rappelons seulement que l’ingénieur Damourette a fourni les plans d’installation de tanneries importantes en France et à l’étranger.
- (1) Le Matériel des industries du cuir. Tannerie, Corroierie, Mégisserie, Maroquinerie,Fabriques de courroies et de chaussures. — Un volume in-8“. 5 fr. aux bureaux du Constructeur; 5 fr. 50 par poste.
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- Paris LE CONSTRUCTEUR 36, rue Manche. «s
- Supplément au n 343. — Lundi 17 Mars 1879.
- REVUE DE (/EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Directeur : M. J.-P. D AMOURETTE, Ingénieur, ancien Elève de TEcole polytechnique.
- MM. DEBIÉ, Ingénieur civil. v
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction (même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- ORGANES DE TRANSMISSION
- LES PALIERS GRAISSEURS
- Système HIGJNETTE
- Ingénieur, 162-164, boulevard Voltaire, Paris,
- Le caractère essentiel qui distingue les paliers de M. Hignette consiste dans la suppression complète de tout accessoire capillaire tendant au relevage de l’huile et dans l’addition d’un réservoir latéral supérieur, mis en communication avec celui du bas par une circulation continue, déterminée par le mouvement de l’arbre.
- Ces paliers fonctionnaient à l’Exposition universelle, classe 5k et classe 56, pour une partie de la transmission.
- Palier vertical.
- Coupe d'un palier vertical.
- - Supposons les réservoirs R et E remplis d’huile et l’arbre commençant son mouvement de rotation dans le sens voulu. Dans le réservoir R le niveau mn de l’huile couvrant l’extrémité supérieure du tube O, l’huile est en contact avec l’arbre, et est entraînée par ce dernier.
- Lorsque l’arbre est mis en mouvement, l’air confiné dans la rainure est chassé par l’effet de la force centrifuge, et entraîné par une force ascensionnelle, proportionnée à la composante verticale qui dépend de l’inclinaison de la tangente à l’hélice et de la vitesse de rotation. Il en résulte une aspiration à la partie inférieure, qui favorise l’ascension de l’huile.
- Mais cette aspiration n’est jamais assez puissante pour que l’huile s’élève à une hauteur suffisante. Comment dès lors lui faire atteindre le sommet du coussinet, pour se déverser dans la creusure circulaire supérieure, et de là redescendre à la partie inférieure. C’est ici qu’intervient indispensablement le réservoir latéral supérieur R, mis en communication avec un point déterminé de l’hélice par un tube abducteur O.
- Ce réservoir a pour but, d’abord d’effectuer l’amorçage de l’hélice, ensuite de le maintenir, et par suite d’assurer un graissage constant,
- Ainsi, au moment de la mise en train, le niveau étant k. I. dans le réservoir inférieur, et m’ n’ dans le réservoir supérieur latéral, l’aspiration se fait
- sentir à la fois sur les deux tubes-E et O, et l’huile venant par ces deux conduits, ne tarde pas à se joindre au point commun. La première huile provenant du tube abducteur, une fois engagée dans la rainure, remplit l’office d’un piston hydraulique, faisant le vide en-dessous et appelant l’huile inférieure, qui vient bientôt se joindre à celle qui vient du réservoir latéral. L’hélice est aussitôt totalement envahie, et l’huile se déverse dans la cavité supérieure pour de là redescendre en R, par le tube de retour O’ et dans le réservoir inférieur, par le tube de trop plein S’.
- La circulation ainsi établie est maintenue définitivement tant que le mouvement existe. Dès que le mouvement cesse, le graissage cesse de même, et
- les niveaux de l’huile prennent dans chaque réservoir leur position normale.
- Les impuretés qui pourraient exister ou se former dans le lubrifiant se déposent au fond de l’un et de l’autre réservoir, dont la capacité est suffisante, de sorte que l’huile en circulation peut être tenue à un degré convenable de fraîcheur et de pureté, pour effectuer un bon graissage.
- Comme le graissage est très-abondant, l’excès d’huile qui descend le long de l’arbre est rejeté dans le réservoir inférieur par une collerette en glacis, formée par un cuir légèrement embouti au centre et pinçant l’arbre. Ce cuir est soutenu par une bague ; on n’a donc à craindre ni fuite, ni ex-travasement, ni projection du lubrifiant.
- Palier horizontal.
- Élévation
- Vue en plan.
- LÉGENDE.
- A. — Corps du palier.
- B. — Chapeau du palier.
- CÇ. — Coussinets.
- G. — Rainure héliçoïdale creusée dans le coussinet en bronze ou en fonte.
- TT. — Bifurcation assurant un graissage parfait, quelque soit le sens de rotation de l’arbre.
- B. — Réservoir inférieur à fond incliné vers un bouchon de vidange communiquant avec la rainure G par les tubes FF’ dans le palier horizontal, par le tube F, dans le palier vertical.
- R. — Réservoir latéral communiquant avec la rainure G par les tubes 00’ dans le palier horizontal, par le tube 0, dans le palier vertical.
- Les moyens appliqués dans ces paliers sont à peu près les mêmes que ceux qui viennent d’être décrits pour les paliers verticaux. 7 Le point de départ de la rainure héliçoïdale est, comme dans la disposition verticale, à une certaine distance du bord du coussinet. Par les orifices inférieurs du coussinet et des tubes plongeants, l’hélice communique avec le réservoir inférieur par ses deux extrémités. A peu de distance de ces orifices,
- l’hélice rencontre ceux de l’aspiration complémentaire latérale, munis de tubes abducteurs.
- Dans le cas tout-à-fait exceptionnel où l’arbre doit tourner indifféremment dans un sens ou dans l’autre, alors la rainure héliçoïde, au lieu d’être continue d’un orifice inférieur à l’autre, se bifurque vers une de ses extrémités en forme d’aiguillage, ce qui assure le graissage dans les deux sens.
- A la naissance du mouvement, et de même que
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- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Rlanehe. 70
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- dans le palier vertical, l’amorçage s’opère à la fois par les deux tubes aspirate’urs F et O. Le niveau baisse dans les deux réservoirs. L’hélice se remplit au-dessus de l’orifice intermédiaire, et l’air confiné dans la partie inférieure est désormais entre deux pistons hydrauliques, s’élevant ensemble jusqu’à ce que celui inférieur se soude à la source de celui d’en haut. A ce moment l’amorçage intégral est opéré, et la colonne liquide, qui entoure l’arbre de ses spires, s’écoule en partie par l’orifice inférieur opposé, mais, pour la plus grande part, par l’orifice latéral opposé, alimentant ainsi sans cesse le réservoir supérieur latéral, dont le trop plein est versé dans le réservoir inférieur.
- Dans ce système, comme on le voit, les réservoirs d’huile sont fixes. L’huile y est toujours à l’état de repos, les boues se déposent au fond et peuvent en être extraites facilement.
- Il n’y a, de plus, aucune mèche, aucun organe mobile ou de relevage. Le graissage commence et s’arrête avec le mouvement de l’arbre. Ce n’est pas trop dire que l’huile n’a besoin d’être renouvelée que tous les 5 à 6 mois.
- La pratique a déjà sanctionné le bon fonctionnement de ces paliers. En effet, depuis le l®r janvier 1878, plus de 1,500 applications ont été faites ou concédées. En effet, M. Darblay à sa minoterie de Corbeil, les maisons Cail et Ce, Fives-Lille ont adopté ces nouveaux paliers, qui sont également employés par le ministère de la guerre, aux ateliers des ouvriers d’art d’administration, à Vincennes, par les manufactures de l’Etat et la plupart des principaux industriels, tels que la Société centrale de construction de machines, etc., etc. En Belgique, la maison Cail, Halot et Ce les a adoptés, et de même en Italie, la maison Calzoni, à Boulogne.
- M. Hignette a même utilisé, d’une manière plus étendue, la disposition verticale, en s’en servant comme d’un moyen pour soulager les grains trop chargés des crapaudines.
- Pour cela, il évase le coussinet, à sa partie supérieure, suivant un tronc de cône sur lequel s’appuie une embase de même forme venue à l’arbre. L’hélice traverse, en la contournant, cette surface tron-conique qui se trouve ainsi abondamment lubrifiée.
- Quand la vitesse n’est pas trop grande et que la charge unitaire n’est pas exagérée, les surfaces en contact se maintiennent en parfait état, et le mouvement est très-doux, sans échauffement.
- M. Hignette a aussi appliqué les dispositions que nous venons de faire connaître, à la confection d’une boîte à huile pour fusées d’essieux de wagons.
- C’est même à la suite d’une application faite aux véhicules roulants de la Compagnie du chemin de fer d’Orléans, que M. Hignette vient d’apporter un nouveau perfectionnement à ses graisseurs. Il a reconnu, dans cette application, qu’il n’était pas nécessaire que la rainure creusée dans les coussinets ait la forme d’une hélice, pour assurer dans tous les cas l’amorçage.
- Dans sa nouvelle disposition, deux tubes amor-ceurs, l’un supérieur, l’autre inférieur, fonctionnent
- successivement.
- Aussitôt que l’arbre est mis en mouvement, le liquide lubrifiant remplissant le tube supérieur jusqu’au contact de l’arbre, est entraîné par laminage*, le niveau baisse dans le réservoir latéral *, mais en même temps le tube inférieur s’amorce et continue la lubrification. Le niveau du réservoir latéral cesse de baisser, car l’excès d’huile y est refoulée et retourne ensuite en bas par un orifice de trop plein ; l’équilibre des niveaux s’établit.
- La position relative des deux tubes successivement amorceurs, aboutissant à un point d'amorçage contre l’arbre, a une importance capitale, et c’est surtout cette position relative, autant que la position particulière à chacun d’eux, qui constituent les plus importants perfectionnements.
- Lorsque l’arbre ne fonctionne pas, il repose naturellement sur la partie inférieure du coussinet ; les orifices des tubes sont masqués et l’huile sous charge du réservoir latéral ne peut s’écouler dans le réservoir inférieur.
- Grâce à cette nouvelle disposition, qui s’applique tout aussi bien aux arbres verticaux, le graissage et la circulation continue de l’huile se font toujours abondamment, quelle que soit l’usure dés coussinets, et que l’arbre soit, ou non, recouvert d’un chapeau ou d’une coquille supérieure.
- LES TRANSMISSIONS
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- — Suite (1) —
- M. T. Beely a transformé la transmission par engrenage d’une filature de coton, en transmission par cordes. La machine développait 300 chevaux de 75 kilogrammètres. Le volant avait 6m,710 de diamètre ; 12 cordes de 49 "7» conduisaient, un en avant et l’autre en arrière, deux tambours de lm,525.
- La distance entre chaque tambour et le volant était de 9m,405.
- La section adoptée pour les rainures avait la forme d’un V.
- La vitesse des cordes était de 17»,80 par seconde.
- L’effort en kilogrammètres transmis était donc de :
- 300 X 75
- 106 kilogrammètres.
- 17,80 X 12 La résistance par cc2 était donc :
- Beely avait fait le devis pour une transmission par courroie, le prix aurait été de 8,100 francs, soit 27 francs par cheval de 75 kilogrammètres. Avec les cordes le prix de la transmission n’a été que de 1,825 francs, soit 6 fr. 10 par cheval de 75 kilogrammètres. .
- M. Preston a visité un très-grand nombre d’usines pourvues de cette transmission et il a obtenu les renseignements suivants des propriétaires eux-mêmes.
- Les meilleurs résultats sont obtenus quand la vitesse des cordes n’est pas moindre de 15 mètres par seconde-, le rapport des poulies ne doit pas descendre'au-dessous de 1/3. En la mesurant avec un dynamomètre, la puissance transmise par corde variait de 18 à 30 chevaux de 75 kilogrammètres. Dans une filature où. la force de la machine était de 560 chevaux et le nombre de cordes de 18, on obtenait 31 chevaux par corde.
- Les courroies en caoutchouc.
- Les courroies en caoutchouc sont surtout employées dans les machines qui sont appelées à fonctionner au milieu de vapeurs acides, dans l’eau, au soleil et à la pluie, comme dans les papeteries, les sucreries et brasseries, etc.
- Nous résumerons leurs avantages et leurs inconvénients.
- La courroie en caoutchouc peut être fabriquée sur une longueur indéfinie et suivant une épaisseur voulue, uniforme en tous ses points. Elle n’a donc qu’une jonction, celle de la fermeture et est parfaitement homogène. La courroie en caoutchouc a aussi une grande souplesse ; elle enveloppe parfaitement les poulies.
- Pour savoir quelle est la résistance à la traction de la courroie en caoutchouc, et en connaître la limite d’élasticité, de nombreuses expériences ont été faites au Conservatoire national des arts et métiers, au moyen du dynamomètre, sur plusieurs échantillons, ainsique sur du cuir de la meilleure fabrication. On a pu se convaincre que, sous ces deux points de vue, la courroie en caoutchouc avait, à section égale, une résistance à la traction à peu près égale à celle du cuir.
- 11 est certain que ces avantages n’existent que pour les courroies en caoutchouc de bçnne fabrication.
- On doit dire aussi que les courroies en cuir ne sont pas d’un prix plus élevé que celles en caoutchouc et qu’elles durent plus longtemps.
- Cependant bien des progrès ont été accomplis dans les manufactures de courroies en caoutchouc.
- Au début, elles étaient confectionnées d’une manière défectueuse : la vulcanisation en chaudière, c’est-à-dire sous l’influence directe de la vapeur d’eau, laissait beaucoup à désirer. Cette façon d’opérer donnait naissance à de graves inconvénients, dont le résultat était que la pression tendait
- à faire pénétrer la vapeur dans l’intérieur de la courroie et empêchait l’adhérence des toiles, sur lesquelles le caoutchouc se collait imparfaitement. Mais le procédé actuel, de vulcanisation par la vapeur sèche, a tout changé, et les diverses parties de la courroie ne forment plus qu’un seul corps homogène.
- Peut-être le moment n’est-il pas éloigné où les courroies en caoutchouc feront aux courroies en cuir une véritable concurrence.
- LES LOCOMOTIVES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- (Rapport de la Commission spéciale de la Société des Ingénieurs civils)
- La classe 64 comprenait 57 locomotives et véhicules automobiles, à savoir :
- 16 locomotives pour trains de voyageurs dont 8 exposés par la France et 8 par l’étranger ;
- 16 locomotives ou voitures à vapeur pour trains de marchandises et services spéciaux dont 7 exposées par la France et 9 par l’étranger.
- 14 locomotives pour chemins secondaires, industriels ou agricoles à voie étroite dont 9 exposées* par la France et 5 par l’étranger.
- 10 locomotives et voiture automobile pour tramways et 1 locomotive routière dont 7 exposées par la France et 4 par l’étranger.
- M. Gottschalk résume, ainsi qu’il suit, les faits saillants de l’Exposition et en déduit quelques indications générales sur les dispositions d’ensemble des locomotives.
- Aucune découverte importante n’est venue modifier la construction des locomotives depuis les deux Expositions de 1867 et 1873. Nous devons cependant signaler à l’attention générale l’application du système Compound aux locomotives dont M. Mallet a exposé un spécimen très-intéressant.
- A en augurer par les progrès réalisés dans la construction des machines de bateaux depuis l’Exposition de 1867, où figurait pour la première fois l’application à ces machines du système Compound, on peut espérer que l’application de M. Mallet sera pour l’avenir une source de progrès féconds en résultats.
- Comme observation générale, nous dirons également que l’Exposition de 1878 a permis de constater des progrès réels sur ses devancières au point de vue de la substitution de l’acier au fer, dans la construction des locomotives. Il n’y a d’exception que pour les chaudières que la plupart des grandes Compagnies continuent à fabriquer de préférence en tôle de fer.
- Nous devons cependant signaler les beaux échantillons de chaudières en tôle d’acier exposés, d’une part, par le Creusot, et de l’autre, par la Compagnie du Nord autrichien qui possède déjà plus de 200 chaudières en acier et n’en construit plus d’autres depuis 1871. Nous-mêmes pouvons citer l’emploi de 10 chaudières en tôle d’acier qui fonctionnent, d’une manière satisfaisante, au Brenner depuis bientôt 12 ans ; nous savons de plus que les chemins français possèdent à titre d’essai une centaine de locomotives en tôle d’acier; de même la grande Compagnie anglaise du « London and North Western » ne fait plus que des chaudières en acier dont elle fabrique elle-même les tôles à Crewe.
- Nul doute que les procédés perfectionnés de fabrication de l’acier et les nombreux essais de résistance qui se font dans ce moment par toute l’Europe dans le but d’arriver à une classification méthodique ne favorisent de plus en plus la substitution de l’acier au fer dans la plupart des applications.
- Après ces considérations générales nous passerons en revue chacun des groupes de machines exposées.
- En 1867, les grandes Compagnies de chemins de fer semblaient s’appliquer à faire connaître les progrès réalisés dans la construction des machines à marchandises puissantes pour fortes rampes ; en 1878, les mêmes Compagnies exposaient de préférence des machines à voyageurs : on remarquait en effet à l’Exposition, 16 machines à voyageurs contre 6 à marchandises et 9 pour services spéciaux dont plusieurs s’appliquent également pour trains de voyageurs.
- A suivre.
- (1) Voir notre numéro du 30 décembre 1878.
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Blanche
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- Supplément au n° 344. — Lundi 24 Mars 1879.
- REVUE DE L EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
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- REDACTEURS.
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur^ ancien Elève de FEcole polytechnique.
- MM. DEBIË, Ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. — Toutes les communications doivent être adressées à la direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du. Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction (même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LES APPAREILS
- de M. D. LEGAT, Ingénieur civil,
- Rue de Chalons, 42, a Paris.
- Les inventions de M. D. Légat, ingénieur civil, sont nombreuses -, et, nous pouvons le dire, toutes sont dignes de fixer l’attention de ceux qui s’intéressent aux progrès de la construction et particulièrement à la régularité, ainsi qu’à la sécurité du mouvement mécanique dans les usines.
- Le jury international, malgré les oublis qu’on peut lui reprocher, a su reconnaître le mérite de M. Légat et lui a accordé plusieurs récompenses, médailles de bronze, d’argent et d’or.
- Nous allons passer en revue les principaux appareils exposés par M. Légat, regrettant que le défaut d’espace ne nous permette pas de nous arrêter plus longtemps à chacun d’eux.
- Graisseur automatique.
- La base de ce graisseur a une face verticale dressée ; cette face offre deux canaux communiquant, celui du dessus avec le réservoir d’huile et celui du dessous avec le conduit qui mène au coussinet et à l’arbre de transmission. Un petit plateau mobile, recevant un mouvement intermittent d’une came placée sur l'arbre à lubrifier, vient présenter, à intervalles réglés, de petites cavités en face des canaux du graisseur ; ces cavités se remplissent d’huile au canal supérieur et viennent la déverser dans le canal inférieur.
- La vitesse du plateau est réglée à la demande de l’huile à fournir au moyen d’une vis qui permet d’utiliser à volonté tout ou partie de la course de la came.
- Avec ce graisseur, on obtient une lubréfaction toujours régulière qui cesse lorsque l’arbre est au repos, par la raison que les canaux ne peuvent jamais communiquer directement ; de là une économie d’huile et une sécurité de graissage tant recherchée par les industriels.
- Le purgeur automatique de M. Légat est représenté, en élévation, par la figure ci-dessus.
- Cet appareil repose en principe sur l’emploi d’un obturateur équilibré, agencé sous forme de robinet dont la clé creuse est actionnée par un flotteur ; ce flotteur, sorte de réservoir cylindrique ouvert à la partie supérieure, est fixé à l’extrémité d’un levier creux qui fait lui-même partie de la clé ; en sorte que l’eau du flotteur s’écoule par la clé creuse du robinet, quand la communication des regards du
- boisseau et de la clé est établie. Ajoutons que cet ensemble est placé dans une bâche hermétiquement fermée, dans laquelle un orifice supérieur amène la vapeur et l’eau de condensation, tandis que le boisseau du robinet précité est lui même en communication, par une cheminée, avec l’orifice de sortie.
- La clé creuse est montée sur pointes, de façon que l’ensemble puisse se mouvoir librement et indépendamment de la pression quelconque du milieu à purger.
- En outre, les orifices d'entrée et de sortie sont reliés entre eux par un robinet à deux boisseaux pouvant conduire la condensation directement dans le tuyau de sortie et permettant ainsi, sans arrêter le chauffage, d’isoler complètement et de visiter l’appareil quand besoin est.
- Enfin, sur l’extrémité de la clé du robinet est fixé un levier à aiguille qui sert à indiquer du dehors le mouvement du flotteur ; ce levier porte aussi une petite manette, qui permet de faire manœuvrer à la main le robinet équilibré pour s’assurer de sa bonne marche.
- Le purgeur automatique Légat, qui est appelé à rendre de grands services partout où la vapeur doit être employée avec économie, soit comme force motrice, soit comme chauffage, a fonctionné pendant toute la durée de l’Exposition sur les conduites de vapeur établies par MM. Chevalier-Grenier et Droux.
- Purgeur reniüard automatique par dilatation.
- Ce purgeur reniflard est automatique et fonctionne par dilatation et leviers différentiels.
- Comme on le voit par la coupe ci-dessus, l’appareil, en bronze, est cylindro-sphérique ; la vapeur arrive à la partie supérieure et l’eau de condensation doit s’écouler par le bas.
- Une soupape équilibrée à deux sièges permet, lorsqu’elle est déplacée, le passage de l’eau de condensation.
- C’est par un effet de dilatation et grâce à des leviers différentiels à grand rapport, qui ont pour but d’augmenter la sensibilité de la dilatation, que le déplacement de la soupape est obtenu. La tige que l’on voit latéralement au cylindre, et qui est en acier ou en un métal autrement dilatable que celui du cylindre, produit l’effet moteur de la dilatation ; puis quand cet effet disparaît, un ressort ramène la soupape sur ses sièges.
- Cette soupape peut être rodée en marche à l’aide d’un petit volant, et une vis permet de régler l’ouverture de la soupape suivant la dilatation de la tige d'acier.
- Ce petit appareil fonctionne indépendamment de la pression avec une grande sensibilité ; il permet de purger à une température déterminée.
- M. Légat a imaginé plus récemment un nouveau purgeur reniflard avec robinet équilibré pour obturateur, qui donne encore de meilleurs résultats ; il possède, comme fermeture, les mêmes avantages que son purgeur à flotteur.
- Condenseur automoteur.
- Dans le condenseur automoteur du système Légat, la vapeur pénètre à travers des orifices dans un récipient terminé par deux ajutages circulaires. L’eau froide entoure ces ajutages et la vapeur condensée ou l’eau de condensation se rend soit à l’alimentation, soit au trop plein.
- Cet appareil joint, à l’avantage de condenser au degré voulu avec une grande régularité, celui d’éviter l’usure et les temps d’arrêt causés par les frottements dans les pompes à air.
- Détenteur-régulateur automatique de pression de vapeur.
- Ainsi que l’indique son titre, le but dù détenteur est de pouvoir automatiquement prendre de la va-
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- peur sur un générateur à pression plus ou moins variable et de la détendre à une pression fixe en l’y maintenant régulièrement, malgré les différences plus ou moins grandes dans le débit.
- Le principe du détenteur-réguiateur automatique de M. Légat, représenté, en élévation et coupe, dans la figure ci-dessus, consiste dans l’emploi d’une soupape équilibrée, complètement insensible aux variations de pression de la vapeur et reliée par une tige centrale à un piston sensibilisateur qui reçoit de l’extérieur, au moyen de contre-poids, une pression constamment en rapport avec la pression de la vapeur détendue ; le tout agencé sans presse-étoupe et se mouvant sans frottement.
- La capacité sphérique du haut contient la soupape régulatrice à deux sièges et est munie de deux tubulures, l’une d’entrée de vapeur à détendre, l’autre de sortie de vapeur détendue. Au-dessus du couvercle se trouve, par surcroît de sécurité, une soupape de sûreté réglée à une pression légèrement supérieure à celle de régime.
- Dans le bas, une membrane spéciale en caoutchouc fait joint tout en laissant la plus grande mobilité au piston sensibilisateur ; cette membrane est protégée contre l’action de la vapeur par l’eau contenue dans la colonne.
- En raison de ce que cet appareil est agencé sans pièces frottantes et que l’ensemble des pièces mouvantes est monté sur couteaux, d’une façon analogue à une bonne balance dont il a toute *la sensibilité, il permet d’assurer la constance de la pression de la vapeur détendue et de la température y relative.
- Son fonctionnement régulier dispense de toute surveillance. Il assure un résultat supérieur, dans toutes les opérations où la vapeur doit être employée à une pression régulière, et apporte une sérieuse économie en même temps que la plus grande sécurité dans les applications multiples de la vapeur.
- Régulateur automatique de température par pression
- Parmi les nombreuses et délicates opérations qu’on rencontre en distillerie, celles de ,1a distilla-
- tion et de la rectification sont, sans contredit, les plus importantes, et celles qui demandent à être conduites avec le plus de soin et de régularité.
- C’est en vue d’assurer la marche régulière de ces opérations que M. Légat a créé un appareil automatique dont le but est de modifier le débit de la vapeur de chauffage, de façon à maintenir parfaitement constante la pression et conséquemment la température des vapeurs d’alcools à distiller ou à rectifier, quelles que soient d’ailleurs les variations qui tendent à se produire.
- Ce régulateur, représenté dans la figure ci-des- f sus, repose en principe sur l’emploi d’un obturateur équilibré livrant passage au calorique de chauffage et actionné par un piston sensibilisateur,
- parfaitement équilibré à la pression de régime et se mouvant sans frottement sous l’action de la pression ou de la température du milieu à régulariser.
- Agencé comme il vient d’être dit, ce régulateur fonctionne avec une précision remarquable. Il permet de maintenir la pression des vapeurs de distillation et de rectification, dans des limites ne dépassant pas 1/1000e d’atmosphère, c’est-à-dire bien au-delà des exigences de la pratique, et donne ainsi le plus fort rendement avec le maximum de produits supérieurs. Ces appareils sont munis du nouveau système de robinet sans presse-étoupe, ni fuite, lequel évite les pertes d’alcool en distillerie.
- En dehors de la distillerie, cet appareil peut être avantageusement appliqué dans tous les cas où il faut, pour la bonne marche des opérations, conserver aux milieux chauffés une température régulière et déterminée par le réglage du calorique de chauffage.
- Appareils régulateurs de vitesse*
- 1° Appareil isochroneurpour régulateurs à boules.
- Les régulateurs à force centrifuge ne régularisent généralement la vitesse que dans une certaine mesure.
- Pour atteindre le but complètement, il faut pouvoir, à temps voulu, agir sur le distributeur quelconque, valve, came ou taquet de détente, de façon à ne laisser passer que la quantité nécessaire du fluide moteur en rapport avec la force variable à transmettre, et permettre cependant toujours le retour du régulateur dans sa position moyenne qui, seule, correspond à la vitesse normale.
- M. Légat obtient ce résultat par une disposition simple et ingénieuse.
- Une roue à rochet, à dents taillées en sens opposé (à droite et à gauche), commande l’arbre de la valve ou de la came de détente sur lequel elle est montée. Cette roue est mise en action, dans un sens ou dans l’autre, par deux cliquets montés sur un levier à branche, lequel est commandé par le régulateur à boules.
- Chacun des cliquets amené par le régulateur, en dehors de sa position moyenne, agit à son tour sur le rochet pour entraîner le distributeur dans le sens et de la quantité voulus ; et le retour des cliquets à la position moyenne se fait sans action sur le distributeur parce que les cliquets ne peuvent pendant ce temps actionner le rochet.
- 2® Régulateur universel de vitesse (système hydraulique), à effort illimité et sans choc).
- Le principe de cet appareil repose sur l’emploi d’un flotteur équilibrant dans une première capacité la pression d’un fluide liquide ou gazeux envoyé et maintenu en circulation par une pompe dont le débit est proportionnel à la vitesse de la machine, et actionnant au moyen de sa tige centrale, un système de valve ou tiroir équilibré placé dans une autre capacité recevant également un fluide liquide ou gazeux envoyé par une autre pompe, et pouvant diriger ce fluide soit directement dans le réservoir où il a été puisé, soit d’un côté ou de l’autre d’un piston régulateur relié par sa tige au système de modérateur, valve ou autre, choisi pour tenir en rapport la puissance et la résistance.
- Avec cet appareil, la résistance quelconque opposée au mouvement du piston régulateur est toujours vaincue; puisque, dès que son tiroir, mû par le flotteur, n’est plus dans la position moyenne, le fluide refoulé ne pouvant trouver d’autre issue que le cylindre de ce piston, devra s’y emmagasiner et forcément atteindre la pression nécessaire au déplacement de ce piston.
- De plus, une disposition particulière assure le fonctionnement de ce régulateur sans crainte d’accident; attendu que si le piston arrivait à fin de course avant que son tiroir soit revenu dans la position moyenne, le fluide continuerait à affluer du même côté du piston et ferait lever le clapet de sûreté que le piston démasquerait, pour permettre l’écoulement par l’autre côté, alors en communication forcée avec l’échappement dans le réservoir.
- Joint universel à garniture prisonnière.
- Le joint universel, inventé par M. Légat, repose sur l’emploi d’une bague ou gaine mobile, laquelle enveloppe les parties à assembler et leurs collets,
- de manière à ménager entre elles et leur contour intérieur une gorge dans laquelle on emprisonne une matière compacte et élastique que l’on y comprime au moyen de presse-étoupes.
- Ce système de joint supprime complètement'les fuites et permet le démontage facile et séparé des tuyaux assemblés.
- Robinets à membrane métallique.
- Ces robinets, exposés par M. Légat, peuvent être simples ou servir à la détente de la vapeur ou autres fluides; ils sont, comme leur nom l’indique, à garnitures métalliques, extensibles et sans fuite.
- Ces garnitures ou membranes métalliques sont formées de plusieurs disques flexibles raccordés entre eux, le disque supérieur étant fixé à l’enveloppe du robinet, ou inversement.
- La membrane métallique de ces robinets remplace très-avantageusement les presse-étoupes; de plus, employée dans les robinets à détente, elle y sensibilise la pression maintenue constante et équilibrée au degré voulu par l’action de ressorts, contrepoids ou autres, et en reporte automatiquement les effets sur l’obturateur devant être actionné ainsi.
- I L’emploi des robinets simples est très-avantageux dans tous les cas, notamment pour les alcools, les éthers, etc., dont les pertes sont considérables avec les robinets ordinaires. Celui des robinets de détente, outre les fuites qu’il empêche, permet d’obtenir de la vapeur à une pression régulière, sans autre installation que celle que nécessite la pose d’un robinet ordinaire.
- Accumulateur automatique de pression hydraulique.
- M. Légat s'est proposé, en construisant son accumulateur hydraulique, d’emmagasiner l’eau à une pression déterminée pour, selon les besoins et sans autre fatigue que la manœuvre de robinets, la distribuer et utiliser son effet considérable sur les machines avec lesquelles on la met en communication.
- Cet accumulateur, représenté par la figure ci-dessus, se compose d’une cloche supérieure contenant de l’air comprimé à la pression voulue et d’un récipient inférieur qui renferme l’eau à utiliser; une membrane en caoutchouc, formant joint, sépare ces deux capacités.
- Dans son mouvement vertical, cette membrane actionne une soupape, laquelle arrête la sortie de l’eau à temps voulu, tandis qu'un taquet de déclanchement suspend l’aspiration des pompes, lorsque les machines ne prennent plus d’eau.
- Cet appareil, qui n'exige qu’une très-petite force et qui supprime les énormes contrepoids de l’accumulateur Armstrong, sera employé avantageusement dans toutes les industries où une forte pression doit être obtenue vivement et sans fatigue.
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- Pompe aérohydraulique pour l’épuisement et
- l’élévation des liquides à toutes profondeurs.
- Le problème de l’élévation des liquides à de grandes profondeurs offre pratiquement des difficultés d’autant plus grandes que la profondeur est plus grande elle-même, surtout par le placement dans les puits des corps de pompe et de tout l’attirail de commande, dont la pose et l’entretien sont souvent la cause d’accidents graves.
- M. Légat, en se servant d’air comme intermédiaire entre le moteur et le liquide, supprime ainsi tout l’attirail précité.
- Voici en quelques mots la description de son appareil :
- Au fond du puits se trouve une boîte à clapets à deux compartiments, ayant chacun clapet de prise et clapet de refoulement du liquide.
- A la partie supérieure, sur le sol et à proximité de la force motrice, se trouve le compresseur d’air 5 il est formé d’un cylindre dans lequel se meut un piston pour comprimer et détendre l’air qui y est contenu.
- Si l’on ajoute deux tuyajjx de refoulement de l’air faisant communiquer les deux extrémités du compresseur avec les deux parties de la boîte à clapets, puis un tuyau ascensionnel branché au-dessus des clapets de refoulement, et enfin un petit reniflard automatique pour compenser, dans le compresseur, les fuites ou entraînements de l’air, on aura tout l’ensemble de l’appareil.
- Par l’avancement du piston, l’air qu’il refoule devant lui se trouvant resserré dans l’espace réservé du compresseur, dans les tuyaux et la boîte à clapets, se comprime de plus en plus jusqu’à atteindre et même dépasser la pression de résistance dans la colonne ascensionnelle; alors l’air force l’eau.à soulever le clapet de refoulement pour s’élever dans la colonne.
- Par le retour du piston, l’air qui vient d’être refoulé se détend de plus en plus pour revenir à la pression minima et permettre ainsi à l’eau de rentrer par le clapet de prise ou d’aspiration dans le compartiment correspondant de la boîte, lequel se remplira pour se vider de nouveau et ainsi de suite.
- L’air peut agir directement sur l’eau à élever. Mais on peut aussi placer des pistons différentiels dans la boîte à clapets ; ce qui permet, en recevant l’action de l’air sur la grande face du piston et en la communiquant à l’eau par la petite face, de multiplier les pressions dans le rapport inverse des surfaces et conséquemment de pouvoir, avec de l’air à basse pression, refouler de l’eau à une pression considérable pour l’élever à une hauteur quelconque. Le grand piston différentiel peut être un piston ordinaire ou un piston sans frottement, tel que ceux à membrane métallique décrits précédemment.
- Pour ne pas donner de trop grandes dimensions au compresseur, on peut le remplacer par une pompe à air de plus petit volume et à vitesse convenable, disposée pour que la distribution se fasse automatiquement. _____
- Aspirateur hydropneumatique automoteur.
- L’aspirateur hydropneumatique de M. Légat, destiné à la fabrication du papier sans fin, est basé sur le principe de la communication latérale du mouvement des fluides, il se compose de parties cylindro-coniques terminées par des ajutages concentriques pouvant être réglés les uns par rapport aux autres, de façon à ménager entre eux l’espace voulu et à donner la direction convenable à l’eau employée pour produire le vide et à l’eau aspirée ainsi qu’à l’air entraîné venant de la caisse d'aspiration de la machine.
- Son but, ainsi que l’indique son titre, est d’aspirer d’une façon régulière l’eau et l’air que contient la pâte de papier avant son passage sur les cylindres séeheurs.
- Ses avantages consistent en :
- 1° Son aspiration sans intermittence et rigoureusement régulière, puisque la vitesse de l’eau d’aspiration est uniforme;
- 2° Un réglage facile par la seule manœuvre d’une manette et d’un petit volant, et à la seule ,vue de l’état de la pâte sur la toile métallique -,
- 3° Son fonctionnement sans le secours de pièces mobiles évitant ainsi l'usure et les dépenses d’entretien ;
- k° Sa pose simple et peu coûteuse, n’exigeant aucun travail de fondation, et permettant d’en faire
- l’application à toutes les machines sans . aucun changement.
- Machines pour le travail des chapeaux.
- M. Légat a appliqué le principe de la transmission des efforts hydrauliques à la confection des chapeaux.
- La figure ci-dessus est une presse hydraulique dans laquelle le piston est remplacé par une membrane élastique pouvant épouser tous les contours de l’objet quelconque à presser et lui transmettre la pression considérable facilement obtenue au moyen d’une pompe y adaptée.
- Cette machine sert spécialement pour la confection des chapeaux.
- Les machines à coudre de M. Légat qui sont employées pour les chapeaux de paille, réalisent avec un seul fil la couture à points noués distancés, indécousable et d’une grande solidité ; elle permet de faire des points aussi petits que possible et coud toutes espèces de tresses.
- En résumé, comme nous le disions en commençant, les inventions de M. Légat sont nombreuses ; toutes ont rendu des services et sont dignes de fixer l’attention des industriels et des constructeurs.
- LES LOCOMOTIVES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- (Rapport de la Commission spéciale de la Société des Ingénieurs civils)
- Suite (1)
- Machines à voyageurs pour trains rapides et lourds. — Les six grandes Compagnies françaises exposaient en première ligne leurs nouveaux types de locomotives à quatre roues couplées pour trains de voyageurs rapides et lourds; l’Italie, voire même l’Angleterre qui presque seule aujourd’hui construit encore des machines à roues libres, exposaient également des machines à quatre roues couplées, témoignant de la sorte du besoin qui s’impose de plus en plus aujourd’hui aux grands réseaux d’accorder aux voyageurs de toutes classes le bénéfice de la grande vitesse.
- A en juger par la diversité des types qui peuvent se ranger en quatre catégories, les ingénieurs du matériel sont loin d’être d’accord sur les meilleures dispositions à adopter.
- Nous laissons à la discussion le soin d’éclairer !a question, en remarquant toutefois que quelques ingénieurs paraissent vouloir augmenter le diamètre des roues motrices, tandis que d’autres et les ingénieurs étrangers notamment semblent, au contraire, vouloir revenir des trop grands diamètres primitifs. C’est aussi la première fois que
- (1) Voir notre dernier numéro.
- nous voyons une Compagnie française (le Nord entrer dans la voie des machines avec truck d’avant à l’Américaine.
- Une chose est positive, c’est que la machine à voyageurs à roues libres qui tendait déjà à disparaître en 1867 ne figurait plus à l’Exposition de 1878.
- Toutes ces machines pour trains lourds et rapides possèdent des tenders de grande capacité dont quelques-uns contiennent jusqu’à 10“» d’eau dans le but de réduire autant que possible les arrêts en route pour l’alimentation.
- Machines pour trains de voyageurs. — Parmi les 8 machines ordinaires, dont une grande partie étaient des machines-tenders, nous signalerons :
- 1° L’excellent type des Dombes exposé par le Creusot, pour chemins secondaires ;
- 2° Le type Fairlie qui figurait pour la première fois dans une Exposition universelle et que son auteur semble avoir cherché à simplifier en réduisant de 4 à 2 le nombre des cylindres ;
- 3° Les types adoptés par le Grand-Central et l’Etat Belge de machines-tenders à deux ou trois essieux couplés compris entre deux essieux porteurs pouvant se déplacer; types très-acceptables pour des parcours relativement faibles et dans le cas où l’on doit faire de nombreux arrêts et stationnements, sans s’astreindre à tourner la machine aux points extrêmes de la ligne, mais qu | paraissent moins applicables pour de longs parcours ou pour des lignes à grands alignement s droits dont l’entretien laisserait à désirer ;
- 4® Le type des machines très-puissantes, à six roues couplées du Sud de l’Autriche, pour trains de voyageurs pouvant aller jusqu’à 150 tonnes sur rampes de 25 millimètres et également applicables aux trains de marchandises dans les sections à petites déclivités ;
- 5° Enfin le type à six roues couplées de l’Etat hongrois qui se distingue par l’application, non encore expérimentée de tiroirs cylindriques équilibrés placés sous les cylindres et dont la disposition d’ensemble peut être considérée comme le type des machines de l’avenir pour les trains de voyageurs ordinaires très-chargés.
- Machines à marchandises. — Les machines à marchandises étaient représentées par trois machines à six roues et trois à huit roues couplées parmi lesquelles nous avons à signaler :
- 1° L’ancien type dit du Bourbonnais adopté et perfectionné par la Compagnie de Paris-Lyon-Méditerranée et qui, suivant nous, est un des meilleurs types connus pour machines à marchandises à six roues couplées à preuve que la Compagnie de Lyon en possède plus de neuf cents exemplaires;
- 2° La machine américaine à six roues couplées et bogie d’avant qui mérite au point de vue de sa boîte à feu pour anthracite une mention spéciale ;
- 3° Les belles machines à huit roues couplées des Compagnies de Paris-Lyon-Méditerranée, d’Orléans et de Cockerill pour l’Espagne qui ne sont que des types anciens perfectionnés dans les détails et rendus encore plus puissants qu’autrefois.
- Il est à noter que, contrairement à ce qui se passait en 1867, l’Exposition de 1878 ne présentait aucune machine ayant plus de huit roues couplées comme si les Compagnies s’étaient donné le mot pour reconnaître que, passée cette limite de puissance, il. était préférable de dédoubler les trains ou bien d’employer deux machines dont l’une en tête, l’autre en queue dans les sections les plus difficiles.
- Machines pour services spèciaux. — Les machines pour services spéciaux, toutes machines-tenders, comprenaient quatre machines à quatre roues et cinq à six roues couplées, parmi lesquelles il y a lieu de signaler :
- 1° La machine de la Société de construction de Passy, uniquement à cause de l’application intéressante faite par M. Mallet du système Com-pound;
- 2° La machine de la Société de construction de Winterthur remarquable par une distribution nouvelle, sans excentrique ni coulisse, du système Brown et une appropriation du balancier que nous avons déjà vu figurer à l’Exposition de Vienne sur une machine de M. Belpaire, dispositions qui permettent de remonter les cylindres et de laisser les distributions extérieures, même avec des roues de petits diamètres, sans s’exposer à dépasser les limites du gabarit et en mettant, autant que possible, le mécanisme à l’abri de la poussière et de la boue;
- 3° La machine du type Riggenbach perfectionnée pouvant également bien fonctionner par adhérence sur voie à faibles déclivités et au moyen d’un pignon en acier engrenant une voie à crémaillère sur des rampes variables de 50 à 270 millimètres par mètre. C’est la première fois qu’une _ machine de ce système figurait dans une Exposition universelle. Nous n’hésitons pas à dire qu’après
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- expérience faite en Suisse, comme en Autriche-Hongrie, les machines du système Riggenbach sont les seules qui offrent toute sécurité à la descente sur des chemins à rampes dépassant 50 millimètres bien que le chemin de l’Utliberg exploite avec des machines ordinaires à adhérence des rampes de 70 millimètres, en empruntant, il est vrai, aux machines Riggenbach leur puissant frein à air ;
- 4° La petite locomotive treuil du chemin de fer du Nord pour manutention dans les gares.
- Il n’y a pas de conclusion à tirer au point de vue de la disposition d’ensemble des machines pour services spéciaux, chaque machine devant satisfaire à des conditions toutes particulières et bien différentes suivant les cas.
- Voiture à vapeur, système Belpaire. — A la suite de ces machines, nous avons inscrit dans notre deuxième tableau, la voiture à vapeur de M. Rel-paire, que son auteur, toujours à la tête du progrès, a fait revivre de ses cendres en la rendant pratique et applicable au début de l’exploitation d’une foule de lignes secondaires.
- Comme il était facile de le voir, le point caractéristique de l’Exposition de 1878 était la présentation des machines et véhicules pour trains de voyageurs et notamment de ceux destinés aux trains lourds devant marcher à plus de 65 kilomètres à l’heure, vitesse limite des express d’autrefois.
- L’avenir seul pourra décider si les avantages de la grande vitesse compensent les inconvénients qui en résultent au point de vue de la sécurité, de l’économie du combustible et de l’usure du matériel et de la voie. Toujours est-il qu’une fois lancées sur cette pente les Compagnies ont dû approprier, autant que possible, leur matériel aux nouvelles conditions de vitesse et de charge en augmentant à la fois la puissance et l’adhérence de leurs locomotives nouvelles ou reconstruites, cherchant enfin à les mieux attacher à leurs ten-ders pour éviter, autant que possible, le mouvement de lacet si sensible dans les machines ayant les boîtes à feu en porte-à-faux quand on dépasse les vitesses de 60 kilomètres à l'heure. Aussi voyons-nous ces préoccupations se traduire par des dispositions spéciales dans les nouveaux types exposés.
- Attelages. — En ce qui concerne les attelages \ notamment, nous citerons : l’attelage perfectionné de la Compagnie de l’Ouest, l’attelage triangulaire de Rotter, ingénieur du Nord autrichien, et enfin la disposition plus perfectionnée encore de M. Té-risse, ingénieur français, au service de la grande Société des chemins de fer russes.
- Freins continus. — Les grandes Compagnies de chemins de fer et les Compagnies anglaises et américaines à la tête ayant également reconnu qu’il ne suffisait pas pour aller vite d’un point à un autre d’avoir recours à des vitesses exagérées, mais qu’il fallait encore gagner du temps, sur les ralentissements et les arrêts au passage et à l’arrivée des gares et stations, ont eu recours, dans ces dernières années, à l’application de freins puissants pouvant être manœuvrés de la machine et permettant, à un moment donné, au mécanicien de modérer la vitesse ou d’arrêter promptement devant un obstacle.
- Aussi la plupart des machines exposées se trouvaient-elles munies de freins, sans compter que presque toutes présentaient la disposition Le Châ-telier pour utiliser la contre-vapeur. L’exposition, répondant à un besoin du moment, accordait en outre une large place aux différents systèmes de freins continus tels que :
- Le frein automatique de Westinghouse à air comprimé ;
- Le frein pneumatique d’origine française repris par Smith et perfectionné par Hardy ;
- Le frein électrique de M. Achard ;
- Le frein à chaîne perfectionné par MM. Héber-lein et Becker.
- La pratique qui ne semble pas s'être suffisamment prononcée à cet égard montrera quel est le système préférable dans chaque cas et lequel d'entre eux devra, dans un avenir plus ou moins prochain, être adopté d’une manière presque générale pour le matériel à voyageurs afin de faciliter l’échange des véhicules entre les différentes Compagnies, voire même entre les Etats voisins.
- . Nous renverrons les ingénieurs que cette question pourra spécialement intéresser aux communications très-bien faites sur ce sujet par M. Ban-dérali.
- Locomotives pour voies secondaires, chemins industriels et agricoles à voie étroite. — Si nous passons maintenant aux locomotives pour voies secondaires, chemins industriels et agricoles à voie étroite, nous voyons que l’Exposition nous offrait quatorze exemplaires très-différents les uns des autres en général et peu comparables par conséquent, dont six pour voie d’un mètre et huit pour voie de moins d’un mètre de largeur. j
- Parmi les six premières et en mettant de côté la machine Larmenjat applicable dans certains cas très-spéciaux, il y avait lieu de remarquer :
- 1° La machine à six roues couplées et essieu d’avant mobile du système Bissel très-judicieusement étudiée et établie sur des dispositions américaines par la Compagnie de Fives-Lille, pour le chemin de fer de Pernambuco au Brésil;
- 2° La machine à six roues de MM. Cail et Ge, à laquelle se trouve appliquée la pompe Chiazzari;
- 3° Les machines des Sociétés de construction des Batignolles, dePassy et de Corpet et Bourdon, qui méritent toutes d’être signalées pour leurs dispositions pratiques et relativement peu compliquées.
- Toutes ces locomotives sont très-différentes l’une de l’autre et pour n’en donner qu’une idée, disons que la charge sur leurs essieux varie de 4 à 8 tonnes.
- Parmi les locomotives pour voie au-dessous de 1 mètre de largeur, citons : la locomotive-grue du système Brown répondant d’une manière plus ou moins pratique à l’objection des transbordements; la locomotive Cail avec chaudière Field et un seul cylindre vertical, pour voie de Qm,600; celle de Gouillet pour même voie et enfin la locomotive construite dans les ateliers de la Compagnie autrichienne des chemins de fer de l’Etat pour ses mines et usines du Banat et qui se recommande par sa simplicité, qualité principale, suivant nous, de ces petites machines.
- La grande diversité des types correspond aux conditions de chaque cas particulier et leur nombre fait voir le prix qui s’attache aujourd’hui dans toute l'Europe à relier les grandes lignes au centre de productions industrielles et agricoles, en cherchant à assurer une rémunération convenable aux capitaux qui s’engagent dans ces petits chemins. *
- Une chose à noter cependant, c’est que toutes ces machines ont de deux à trois essieux couplés et toutes sont faites pour circuler dans des chemins à faibles rayons de courbure.
- _ Locomotives pour tramways. — Enfin l’Exposition universelle de 1878 est la première à laquelle nous voyons figurer autant de locomotives pour tramways ; neuf machines dont cinq exposées par des constructeurs français témoignent de l’intérêt qu’on attache partout à remplacer les moteurs animés par un système de traction moins onéreux.
- Trois systèmes se disputent la palme : les locomotives à foyer, celles sans foyer du système Francq et celles à air comprimé du système Mé-karski. Parmi les premières, celles des systèmes Harding et Brown paraissent les plus simples et .les plus répandues en Europe. Les locomotives sans foyer si séduisantes à tant de points de vue et celles à air comprimé n’ont pas encore été suffisamment éprouvées par la pratique ; on ne peut, pour le moment, qu’admirer leurs dispositions si judicieusement étudiées par M. Mesnard, ingénieur de la maison Cail d’une part, et par M. Mékarski, de l’autre, laissant au temps le soin de prononcer sur l’économie de ces appareils.
- Wagon d’expériences du chemin de fer de l’Est. — Nous ne pouvons mieux terminer ce très-court résumé qu’en citant le wagon d’expériences construit par la Compagnie de l’Est, pour étudier simultanément les efforts développés sur les barres d’attelage et le travail de la vapeur dans les cylindres de la machine en marche (1). On ne saurait pousser trop loin la précision des appareil^ de ce genre.
- En dehors des locomotives, voitures automobiles, appareils de frein et autres, les Compagnies de chemins de fer et notamment les Compagnies étrangères ont exposé un grand nombre de plans et de collections de leurs types de matériel et de leurs cahiers des charges.
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Conférence sur les sous-produits dérivés de la Houille
- ParM. Bertin,
- Professeur à l'Association polytechnique.
- — Suite (2) —
- Voici cet acide qui a une teinte jaune très-accentuée, et voici l’acide phénique qui est absolument blanc.
- (1) Ce wagon d’expériences a déjà été décrit dans la Revue technique de l'Exposition.
- (2) Voir notre dernier numéro.
- En oxydant le tétrachlordre de naphtaline par l’acide azotique on obtient l’acide phtolique.
- Parmi les combinaisons de cet acide avec les phénols, il faut signaler la fluorescéine, découverte il y a quelques années et qui donne une très-belle couleur jaune rouge. La fluorescéine tétrabromée est connue sous le nom d’éosine que vous voyez dans ce flacon.
- La fluorescéine sert à faire de l'encre rouge, et est employée surtout pour régler les livres de commerce et faire ces lignes verticales, que vous connaissez.
- Voilà les principaux corps que l’on retire des huiles lourdes de goudron. Nous allons trouver, dans le traitement des huiles légères, des matières plus répandues dans l’industrie et dont les applications sont beaucoup plus nombreuses.
- Le traitement que l'on fait subir aux huiles légères consiste à les mélanger d’abord avec de l’acide sulfurique, puis avec de la soude caustique et on obtient ainsi la benzine.
- Cette matière vous est bien connue. Elle jouit de la propriété de dissoudre les corps gras et peut, par conséquent, servir à détacher les tissus qui en sont imprégnés.
- Le benzol, par une série de transformations remarquables, va nous conduire, en quelque sorte, à la préparation de toutes les couleurs.
- # Et, d’abord, cette benzine dont l’odeur si forte et si désagréable vous poursuit avec tant de persistance, comme pour attester que la tache de votre vêtement n’existe plus, cette benzine sert à la préparation d’un parfum connu sous le nom d’essence de mirbane ou de nitrobenzine, matière huileuse qui, à cause de l’analogie d’odeur, sert à remplacer l’essence d'amandes amères dans la parfumerie commune.
- Un emploie le benzol pour dissoudre le caoutchouc et le gutta-percha et produire des feuilles très-minces de ces deux substances ; pour rendre le papier transparent, sans laisser aucune trace de son passage après la volatilisation ; pour dissoudre les corps gras, les résines, et enfin, pour former la nitrobenzine.
- Réduite par l’hydrogène naissant, la nitrobenzine donne une nouvelle substance, l’aniline.
- L’aniline est la base d’une industrie florissante qui, née d’hier, est remarquable non-seulement par le chiffre des capitaux qui y sont engagés et la multiplicité des intérêts qui s’y rattachent, mais encore par la beauté des produits, la variété des recherches qu’elle a amenées et l’importance des travaux scientifiques auxquels elle a donné lieu.
- C’est avec l’aniline que sont produites ces couleurs éblouissantes qui. frappent nos yeux depuis quelques années et qui, au mérite incontestable d’une pureté et d’un éclat inconnus jusqu’alors, joignent encore celui d’un bon marché remarquable.- Malheureusement, à la fin de 1872, dans un rapport adressé à l’Académie des sciences, M. Che-vreul appelait l’attention du public sur l’instabilité des couleurs d’aniline. Elles sont, en effet, excellentes pour ces étoffes de mode qui sont destinées à être remplacées fréquemment, mais il n’en est pas de même, à cause de leur fragilité, pour les étoffes d’ameublement qui doivent durer plus longtemps.
- Nous allons, si vous le voulez bien, passer en revue les principales matières colorantes dérivées de l’aniline. Elles sont nombreuses *, quelques-unes d’entre elles sont bien étudiées ; d’autres sont à peine connues scientifiquement.
- Nous avons vu la teinture que l’on obtient avec le brun Bismarck dérivé de la naphtaline. On obtient directement le violet d’aniline en mélangeant, dans des proportions convenables, de l’aniline avec de l’acide sulfurique et du bichromate de potassium. Au bout de quelque temps la liqueur est troublée et, si on l’abandonne à elle-même, on trouve, au fond du vase, un dépôt pulvérulent noirâtre qui, traité par l’alcool, lui cède une belle couleur violette, c’est le violet d’aniline.
- Voici de l’aniline, voici du violet d’aniline ; vous voyez que cette dissolution est d’une pureté et d’une beauté remarquable.
- A suivre.
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- Paris LE CONSTRUCTEUR o(i, rue RIanche. §3
- Supplément au n° 345. — Lundi 31 Mars 1879.
- BEVUE DE L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- Directeur : M. J.-P. DAMOURETTE, Ingénieur^ ancien Elève de TEcole polytechnique.
- MM. DEBIÉ, Ingénieur civil.
- BOUVET, Ingénieur civil.
- E. LENEVEU, Ingénieur civil.
- ELARDIN Aîné, Ingénieur civil, constructeur.
- NOTA. —Toutes les communications doivent être adressées à la ‘direction du journal Le Constructeur, 56, rue Blanche, à Paris.
- Les articles de la Revue du Constructeur devant être réunis et constituer un ouvrage qui est la propriété du journal, toute reproduction (même avec indication de la provenance) en est absolument interdite.
- LES PRODUITS EXPOSÉS
- Par MM. Iliu tii et Hautin,
- Constructeurs-Mécaniciens, a Paris,
- Hue Saint-Maur, 54, et boulevard Sébastopol, 33.
- 1 La maison Hurtu et Hautin se faisait remarquer, à l’Exposition universelle de 1878, par une série de machines fort appréciables au point de vue de la bonne construction et du progrès de la mécanique. ‘
- Nous devons, avant de clore Cette revue, exa-Tniner ces machines et en faire connaître les avantages.
- Machine à tailler les forets ou mèches à spires, dites mèches américaines.
- Les dimensions de cette machine permettent de tailler à la fraise des forêts depuis 6/10 de millimètre jusqu’à 7 millimètres de diamètre.
- Entre autres avantages, nous remarquons :
- 1° L’emploi des deux fraises agissant simultanément et leurs dispositions toutes spéciales permettant d’effectuer les deux rainures héliçoïdales dont se compose chaque foret, dans une seule opération ;
- 2° L’art essentiel de maintenir constamment pendant l’opération, la pièce en œuvre parfaitement au centre, les deux fraises formant lunette et agissant l’une à droite, l’autre à gauche. L’inclinaison de la machine est fixe, elle mesure 24 degrés pour les forets de 6/10 de millimètre à 7 millimètres de diamètre. — Le pas de l’hélice est donné par l’avancement du chariot transversal au moyen d’une vis actionnée elle-même par une tête dite tête de cheval, qui porte une combinaison d’engrenages gradués suivant le développement du foret que l’on veut produire -,
- 3° L’existence d’un appareil destiné : à conserver une épaisseur toujours égale, pendant l’opération du fraisage, et cela sur une longueur que l’on détermine à l’aide d’une vis de réglage, suivant les dimensions voulues ; puis à partir de cette limite, à écarter également et progressivement les fraises du centre à mesure que le chariot avance, pour laisser à la fin du fraisage une épaisseur graduellement plus forte jusqu’au bout des rainures, ce qui permet d’établir le foret dans de bonnes conditions de solidité.
- MM. Hurtu et Hautin ont imaginé, pour des machines d’une force supérieure : de disposer les deux chariots à coulisse porteurs des arbres à fraises au moyen de deux crémaillères courbes et de deux vis sans fin et d’incliner les fraises à volonté d’après un angle plus ou moins grand, ce qui permet les changements de forme dans les rainures héliçoïdales.
- Deux machines à fraiser, l’une horizontale l’autre verticale,
- Ces deux machines, montées sur un même banc en fonte, ont leur arbre porte-fraise, l’une verticalement, l’autre horizontalement, et sont destinées à fraiser de petites pièces détachées pour tous les travaux de mécanique en général.
- Dans chacune de ces deux machines, le chariot
- horizontal comme le chariot vertical est oscillant et peut s’incliner dans tous les sens. La matièrejà faire mordre en hauteur par la fraise se donne au centième de millimètre par le moyen d’un plateau divisé, et, en plus, en longueur dans chaque coulisse des chariots, au moyen de butées fixes et de butées à vis également divisées en centièmes de millimètres.
- Par suite de la rapidité avec laquelle on opère sur ces machines, il n’y avait aucun avantage à leur donner un mouvement automatique. MM. Hurtu et Hautin n’appliquent ce principe qu’aux machines fortes, qui opèrent plus lentement, ou aux machines spéciales pour lesquelles il y a nécessité de le faire.
- Il faut remarquer que les arbres porte-fraises, dans ces deux machines, sont trempés d’abord et rectifiés ensuite à la, meule. Les parties tournantes sont ajustées dans toute la longueur par une partie cylindrique, et à un des bouts de l’arbre par un arrondi régulier en 1/4 de cercle. Cette disposition à égal frottement permet, au moyen d’une bague également en 1/4 de cercle fixée sur l’arbre et serrée par deux contre-bagues filetées, de rappeler le jeu produit par l’usure et le porte-fraise toujours au centre.
- Deux tours, l’un à cône et à pointe tournante l’autre à pointe fixe
- L’un de ces tours esta cône et à pointe tournante avec l’arbre ; sa contre-pointe peut s’excentrer ce qui permet de tourner automatiquement des parties côniques.
- L’autre tour est à pointe fixe et peut cylindrer des tiges parfaitement rondes.
- La disposition à coulisse de l’entraînement du toc à double butoir, permet, quel que soit le diamètre de la pièce à cylindrer et la différence d’ouverture du toc, d’entraîner la tige en venant buter également sur les deux extrémités du toc en se déplaçant, la pièce montée en pointe, quelle que soit sa position dans le toc. Cet entraînement a le grand avantage d’empêcher la flexion des tiges qui sont cylindrées sur ces tours et de conserver ces tiges, à leur sortie des pointes, parfaitement rondes et non faussées après le cylindrage, défaut que l’on ne peut éviter avec un toc à simple entraînement. s
- Les bancs de ces tours sont à baguettes en V renversés fraisées sur le même calibre en hauteur et en écartement.
- La poupée, contre-pointe et tablier supportant les chariots porte-outiis, sont aussi en V creux s’ajustant exactement sur les baguettes des bancs. Ils sont, en outre, percés et alésés sur montages et calibres spéciaux, et peuvent se déplacer d’un tour à l’autre en conservant la même hauteur et la même concentricité.
- Les arbres de ces tours sont trempés et rectifiés après trempe à la meule. Mais les parties tournantes ajustées sont à cônes rapides et à butée par derrière pour éviter la poussée de la contre-pointe.
- Collection de fraises.
- La fraise, outil d’une grande utilité, qui supplée si avantageusement à une foule d’opérations manuelles, d’ajustement, etc., a déjà pris une grande
- extension. Elle est dès k présent fort en usage non-seulement dans un grand nombre d’ateliers de mécanique, de fabricants de coutellerie, de crics, d’instruments agricoles, de fabricants de boutons, de boucles, etc., mais aussi dans des manufactures de chaussures, d’articles en ivoire, en os, etc. Ses applications sont infinies, et l’on peut dire que MM. Hurtu et Hautin ont beaucoup contribué à sa vulgarisation.
- La fabrication" de la fraise exige de très-grands soins -, le choix de l’acier, la perfection du recuit et l’excellence de la trempe sont autant de points essentiels à recommander en vue des bons résultats qu’on doit attendre de l’emploi de cet outil.
- Des expériences étudiées, suivies et sans cesse renouvelées permettent d’apprécier les services que la fraise peut rendre dans la transformation des métaux et d’une quantité d’autres matières.
- La maison Hurtu et Hautin ne voulant rien négliger de ce qui doit constituer les qualités de la fraise, veille surtout à ce que la trempe soit faite dans de parfaites conditions.
- Les formes de cet outil varient, comme nous l’avons déjà dit, à l’infini, puisqu’elles sont subordonnées à la forme des pièces que l’on veut ouvrer.
- La plus petite des fraises exposées n’avait que 2 m/m de diamètre, et la plus grande en avait 350.
- Rappelons, comme mémoire, les récompenses accordées aux produits de MM. Hurtu et Hautin.
- Saint-Etienne, 1867 Médaille d’argent.
- Le Havre, 1868 Médaille d’or.
- Lons-le-Saulnier, 1868 Prix unique. Diplôme d’honneur.
- Beauvais, 1869
- Chartres, 1870 Prix unique.
- Lyon, 1872 Hors conc. (jury).
- Paris, 1872 Médaille de vermeil.
- Vienne, 1873 Médaille de mérite.
- Paris, 1875 Diplôme d’honneur et médaille d’or.
- Carcassonne, 1876 Médaille d’argent (1er prix).
- Philadelphie, 1876 Diplôme avec rapport du jury.
- Paris, 1878 Médaille d’or et médaille d’argent.
- Passons maintenant une revue rapide des machines à coudre exposées par MM. Hurtu et Hautin.
- Voici, dans l’ordre du catalogue, la nomenclature des couseuses :
- 1° La Merveilleuse -,
- 1° La Productive ;
- 3° L'Abeille, employée dans les ateliers de robes et confections}
- 4° La machine a point de chaînette employant un ou deux fils à volonté, usitée surtout dans la ganterie ;
- 5° Une série de machines à navette et à pied de biche, applicables aux professions diverses. Toutes ces machines sont remarquables par leur exécution et par la netteté et la solidité des travaux qu’elles opèrent.
- 6° Machine à griffe ou à roue spéciale pour la cordonnerie.
- 7° Machine à grande navette pour la couture de sacs, bâches, tentes, etc., avec de la ficelle goudronnée ou non goudronnée.
- 8° Machine à fil poissé en usage dans la sellerie
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- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Blanche
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- et dispensant l’ouvrier d’une foule d’opérations connues sous le nom d’apprêts qui absorbaient une bonne partie de son temps ; cette machine peut en J 6 heures de temps, toutes opérations comprises, faire le travail qui demandait 68 heures de travail manuel,
- 8° Machines suspendues pour broder, l’une à navette, l’autre à chaînette.
- Les effets produits par l’apparition de ces machines ne sont pas moins merveilleux ni moins nouveaux. Ce sont des instruments d’une importance considérable puisqu’avec leur aide l’on peut imiter d’une façon surprenante les points de broderie les plus renommés : points d’Alençon, de Valenciennes, de Chantilly, etc., les tentures de Venise, les broderies de Nancy.
- 9° Une machine suspendue, disposée pour réaliser les contours les plus capricieux.
- 10° Une machine à 39 aiguilles et à chariot-intraîneur, pour le piquage des pièces ouatées.
- 11° Machine à roue. Dans les machines de ce genre la roue s’use très-vite; ce défaut n’existe pas dans cette machine grâce à une heureuse combinaison de surfaces rondes dont le jeu s’opère sans aucune secousse.
- Nous terminerons cette revue en parlant de la pédale hygiénique avec laquelle tout l’effort réside dans le pied, ne laissant, par suite, plus subsister pour les femmes les incohvénients redoutés des machines à coudre.
- L’espace dont nous disposorfs nous oblige à passer sous silence les autres machines dont l’innovation est récente, mais qui sont appelées à jouer un grand rôle dans l’industrie et le commerce. Telles sont les machines à trouer les fromages, les machines à capsuler les bouteilles, les machines à remailler les bas, etc.
- Nous voyons que, soit comme vulgarisateurs, soit comme inventeurs ou perfectionneurs, MM. Hurtu et Hautin ont donné à l’art de la mécanique un essor nouveau qui leur vaudra certainement l’éloge sincère des hommes amis du progrès.
- tes GÉNÉRATEURS A VAPEUR
- A L’EXPOSÎTIOÏsr UNIVERSELLE
- ’ 'V'' '
- CHAUDIERE VERTICALE AVEC VAPORISATEUR
- dë ]É. dé Valsuzenay,
- Maître se forges et constructeur a Froncées (Haute-Marne.)
- Comme toutes les Chaudières verticales de la même catégorie, la chaudière de M. de Valsuzenay se compose d’ühë enveîbppe extérieure en tôle, cylindrique et verticale et d’une enveloppe intérieure, également vèrticàië et Cylindrique, constituant le pourtdUr du foyer et réunie à la première par une rivure sur le cercle de base qui est en fer. En haut cette enveloppé intérieure se trouvé fermée par le ciel du foyer, du Centre duquel part la cheminée qui traverse alors toute la partie supérieure.
- Entre les enveloppes existe, comme d’ordinaire, un espace annulaire qui entoure le foyer et où circule l’eau.
- Dans le foyer, entre la grille et le sommet, suivant l’axe de la chaudière, est disposé le vaporisateur, c'est-à-dire une capacité cylindrique construite de préférence d’une seule pièce, sans rivure et d’un diamètre sensiblement moindre que celui du foyer.
- Le vaporisateur se rattache à l’enveloppe intérieure (tous deux étant percés d’une ouverture semblable) par un bon joint à boulons. Il se réunit encore au ciel du foyer par une communication qui, dans l’espèce, consiste en un fort tube en cuivre fileté extérieurement et fermement maintenu à la paroi supérieure du vaporisateur ainsi qu’au ciel du foyer par le serrage d’ecrous intérieurs et extérieurs.
- De cet arrangement résulte une communication permanente entre la chaudière et le vaporisateur ; l’eau circulé donc constamment de l’un à l’autre.
- Le vaporisateur est traversé, dloutre en outre, par une série de tubes qui relient de la sorte le bas dû foyer avec l’espace vide réservé entre le dessus de ce vaporisateur et le sommet du foyer ; de manière qu’en dessous de ce dernier a lieu le mélange des gaz qui ont traversé les tubes avec ceux qui ont circulé autour du vaporisateur.
- Un regard ménagé dans l’enveloppe extérieure permet de monter, démonter et visiter le joint du vaporisateur. Un autre regard percé dans le dôme de la chaudière facilite la pose et le démontage de la communication.
- En résumé, la chaudière de M. de Valsuzenay est remarquable par sa nouvelle construction, et plus particulièrement par l’arrangement et la disposition du vaporisateur.
- Celui-ci se trouve dans le foyer même -, il a comme propriétés essentielles la concentration d’une grande surface de chauffe et la division de la masse liquide, de manière à n’offrir à l’action du foyer qu’un volume d’eau restreint, étendu sur une surface de chauffe considérable et directement soumise à l’action du foyer.
- Il résulte de Cette disposition particulière que la circulation de l’eau, de la chaudière au vaporisateur, se fait très-rapidement et que la vaporisation est des plus actives.
- Le vaporisateur, placé directement au-dessus du foyer, entouré de toutes parts des gaz de la combustion, traversé par eux, absorbe la plus grande somme de calorique et provoque un mouvement rapide et continuel de l’eau.
- La vaporisation de cette chaudière est excellente ; elle atteint en moyenne de 6 à 7 kilogrammes d’eau par kilogramme de houille, résultat très-supérieur pour une chaudière verticale.
- Ajoutons aussi que les chaudières de M. de Val-suzenày sont munies de tous les appareils de sûreté ou indicateurs et de tous les accessoires néces-sairës à une marche régulière ; ie niveau d’eau et les jauges sont montés sur un porte-tube séparateur.
- Enfin ces générateurs sont, suivant leur destination, pourvus de trois sabots pour leur fixation, d’un socle ou de toutes autres pièces de fonte nécessaires à leur assise.
- Quant au vaporisateur, on comprend bien, d’après la description qui précède, qu’il peut s’appliquer aux chaudières verticales ordinaires dont la force se trouvera par là presque doublée, tandis que la production de vapeur sera notablement plus rapide et plus économique.
- LE MATÉRIEL
- 0ES EXPLOITATIONS DE MINES
- BASCULEUR HYDRAULIQUE
- pour décharger directement des wagons de
- 10 tonnes de houille dans les bateaux.
- V
- Cet appareil, breveté s. g. d. g., était exposé par la Compagnie des mines de Bruay (Pas-de-Calais), qui l’exploite ; il est dû à M. Fougerat, ingénieur des travaux du jour à cette Compagnie.
- Le basculeur hydraulique se compose d’une plate-forme placée dans le même axe que la voie ferrée parallèle au quai.
- Les fers transversaux des extrémités de la plateforme sont recourbés verticalement et viennent s’appuyer sur deux tourillons portés par des supports. La partie supérieure de ces montants verticaux est terminée par un mouvement à vis sans fin, qui permet de rapprocher ou d’éloigner de l’axe de la voie, deux taquets' qui ont pour but de maintenir la caisse du wagon dans son mouvement d’inclinaison. Ce dispositif est un des points importants du
- système puisqu’il a pour but d’empêcher la déformation du wagon.
- En-dessous de la plate-forme, se trouve une presse hydraulique ordinaire qui reçoit l’eau d’une pompe de compression ou, ce qui vaut mieux, d’un accumulateur-régulateur de pression. Le piston de cette pompe hydraulique est réuni à la plateforme par l’intermédiaire de deux bielles.
- Une trémie s,ert à conduire le charbon du wagon dans le bateau ; elle est de forme trapézoïdale. Sa plus grande largeur est égale à la longueur de la caisse d’un wagon, et l’extrémité du côté du bateau est assez étroite pour pénétrer dans les orifices extrêmes des bateaux de capacité moyenne. Cette extrémité offre une disposition spéciale qui permet de retenir le charbon sur la trémie et de le distribuer sur tous les points de la largeur du bateau ; la manœuvre de ce bout de la trémie se fait à l’aide d’un treuil à vis sans fin.
- La partie supérieure de la trémie est formée d’un tablier mobile, articulé sur les montants verticaux de la plate-forme et qui s’appuie sur la trémie proprement dite. Ce tablier mobile suit le même mouvement oscillatoire que la plate-forme.
- La trémie est supportée par un axe reposant sur deux paliers fixés sur le bord du quai; à l’aide d’un treuil, on peut la ramener horizontale pour faciliter les manœuvres des bateaux. Ce treuil permet aussi de régler l'inclinaison de la trémie pour que le charbon glisse convenablement.
- Voici comment fonctionne l’appareil :
- Un wagon ordinaire, plein de charbon, étant placé sur la plate-forme, on presse la caisse en manœuvrant les taquets, puis on ouvre les portes du wagon en même temps qu’on ouvre le robinet qui met la presse hydraulique en communication avec la pompe de compression. Dès que le robinet est ouvert, la plate-forme et le wagon se soulèvent en tournant autour des tourillons ; les portes du wagon, qui sont articulées à leur partie supérieure, s’ouvrent naturellement à mesure que le wagon s’incline, et le charbon coule lentement dans la trémie pour venir tomber dans le bateau avec une faible vitesse. On continue à soulever le wagon jusqu’à ce que le fond ait pris une inclinaison d’environ 32 degrés, suffisante pour que tout le charbon s’écoule. Quand le wagon est complètement vide, on le descend pour le remplacer par un autre.
- Comme avantages, cet appareil est d’une très-grande simplicité -, il peut s’installer sur tous les quais, qu’ils soient de grande ou de faible hauteur, avec trémie réservoir ou avec trémie simple conduisant le charbon directement au bateau. La manœuvre en est extrêmement simple, et se fait avec la plus grande précision. On peut arrêter le wagon instantanément et le maintenir dans n’importe quelle position inclinée ; ce qui permet de fractionner son contenu en plusieurs endroits du bateau.
- Cet appareil a encore sur les autres systèmes, l’avantage énorme de coûter beaucoup moins cher à installer et de ne pas exiger un matériel roulant spécial.
- La Compagnie de Bruay a son port d’embarquement à Béthune (Pas-de-Calais), à 13 kilomètres de son siège d’exploitation. Elle doit faire des trains spéciaux pour conduire ses charbons au rivage.
- Avant l’installation du basculeur hydraulique, cette Compagnie embarquait ses charbons en déchargeant les wagons à la pelle, à raison de 0,12 c. par tonne, tous frais compris ; et avec un matériel de 50 wagons spécialement affectés à ce service, elle ne pouvait embarquer régulièrement plus de 15 à 20 wagons par jour.
- Aujourd’hui deux basculeurs hydrauliques sont installés au rivage de la Compagnie de Bruay-, ils donnent des résultats de plus en plus satisfaisants. Avec un de ces appareils on décharge régulièrement 15 wagons à l’heure avec trois hommes de service ; et on pourrait facilement en décharger 20.
- La pression hydraulique est fournie par deux pistons à simple effet -, la pression dans les presses est de 40 atmosphères.
- La facilité et la rapidité dans le déchargement ont réduit à 3 centimes par tonne le prix de ce travail, qui coûtait 12 centimes avec la pelle.
- En résumé, avec un appareil dont le prix est peu élevé (10 à 12,000 francs environ), la Compagnie des mines de Bruay a plus que doublé l’importance de son matériel, et elle a réduit considérablement ie prix du déchargement d’un wagon. La composition du charbon n’est plus altérée, puisqu’il ne
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- Paris
- LE CONSTRUCTEUR
- 56, rue Blanche. 85
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- subit plus la manipulation de la pelle. L’embarquement beaucoup plus rapide devra faire baisser le prix du fret, puisque les bateliers auront moins à attendre pour être chargés, et il favorisera, par conséquent, les relations avec la clientèle qui s’approvisionne par les canaux.
- Ce système de déchargement n’est pas seulement applicable à la houille, il est aussi applicable au déchargement des minerais, du gravier, du sable, etc.
- Il serait particulièrement bien approprié au déchargement du charbon dans les gares du Nord et de l’Est, à Paris.
- LES CONGRÈS ET CONFÉRENCES
- A L’EXPOSITION UNIVERSELLE
- Conférence sur les sous-produits dérivés de la Houille
- Par M. Bertin,
- Professeur à l'Association polytechnique.
- — Suite (i) —
- Pour produire du rouge d’aniline, le procédé consiste à faire réagir sur l’aniline du bichlorure d’étain anhydre (liqueur de Libarius). Les deux
- (1) Voir notre dernier numéro.
- liquides’ incolores se mélangent, puis on chauffe, une ébullition violente se produit, la masse se solidifie par suite de la formation de cristaux abondants qui fondent sous l’action de la chaleur, puis cette masse brunit peu à peu, augmente d’intensité et finit par devenir d’un beau rouge foncé. Le procédé le plus employé est le procédé de l’acide arsénique ; mais il serait désirable qu’on trouvât un moyen différent de transformer économiquement l’aniline en matière colorante rouge, car l’emploi d’une substance aussi toxique que l’acide arsénique a déjà donné lieu à des accidents terribles.
- Cependant disons que, dans des usines dirigées par de véritables chimistes, ces accidents ne se produisent pas, ou du moins, ne se produisent que très-rarement.
- Le rouge d’aniline est aussi connu sous le nom de fuchsine, rouge solférino, rouge magenta, ro-séine, etc.
- En chauffant pendant quelques instants ce rouge d’aniline avec l’aniline même qui a servi à la produire, la matière devient violette et, en continuant l’opération pendant un temps suffisant, la masse deviendra complètement bleue.
- C’est ainsi qu’on obtiendra ce beau bleu d’aniline dont l’éclat ne le cède en rien à celui du rouge dont nous venons de parler. Je vais vous en montrer une dissolution dans l’eau. Voici encore l’orange d’aniline, dont le ton est d’une douceur extraordinaire. Là ne s’arrêtent pas les transformations de l'aniline. Placée dans des circonstances convenables, elle permet d’obtenir, outre les couleurs que je viens de vous citer, le vert, le jaune, le noir, en quelque sorte toute la gamme des couleurs.
- Vous pouvez voir aussi sur ce tableau la plupart des couleurs obtenues avec l’aniline comme base ; cet ensemble constitue une série à peu près complète des couleurs connues.
- Si la préparation de toutes ces couleurs est facile, leur emploi n’en est pas moins simple ; la laine et la soie se teignent directement sans mordant par une immersion dans le bain coloré de telle sorte que, si les couleurs dérivées du goudron de houille avaient été les seules connues jusqu’à présent, on pourrait dire que l’art de la teinture serait encore à créer.
- La plus grande partie des matières colorantes dérivées de l’aniline est consommée par l’industrie de la teinture et de l’impression -, les papiers peints en consomment également uae grande proportion. Elles servent aussi, à l’état de laques, dans la lithographie et dans l’imprimerie.
- Enfin, on les emploie encore, en raison même de leur prix très-bas, dans la coloration d’une foule d’objets, tels que sayons, vinaigre de parfumerie, etc.
- L’aniline est un poison énergique. De trop fréquents accidents ont démontré combien il est indispensable de prendre de grandes précautions pour éviter l’intoxication lente des ouvriers qui sont soumis à l’action de ses vapeurs.
- L’absorption de l’aniline ou de ses sels est promptement accusée par la coloration violette des ongles et des gencives des personnes intoxiquées.
- Dans les fabriques dirigées par des chimistes sérieux, la préparation des couleurs d’aniline, quoique exigeant dans de certains cas de grandes quantités d’acide arsénique, ne cause, comme je le disais tout à l’heure, aucun accident grave.
- FIN
- i
- CHARLEVILLE, IMPRIMERIE C. COLIN, ROUTE DE FLANDRE.
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- TABLE REPERTOIRE
- OE LA
- REVUE DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
- DOCUMENTS OFFICIELS
- Pages,
- Réglement relatif à l’envoi, à la réception, à l’installation, et à la réexpédition des produits
- exposés. . ..................... • 1
- Décret instituant les Congrès à' l’Exposition, 2 Service des entrées. — Délivrance des cartes
- d’exposants. ........................ . . 4
- Le service des installations 7
- Décret instituant la commission royale anglaise ............................................ 8
- Arrêté ministériel organisant les congrès et les conférences. — Service des entrées. — Vente des tickets .......... 50
- Loi sur les brevets d’invention. .... 10
- Décret relatif aux récompenses et au Jury international. ........................................D
- Liste officielle des fonctionnaires de l’administration à l’Exposition universelle .... 12
- Les entrées ......................................14
- Décrets relatifs aux récompenses et au Jury -international, 16 et . ....... 17
- La comimssion supérieure des Expositions internationales. — Augmentation des membres. 18
- Le Jury des récompenses. — Augmentation
- des membres........................................ 18
- Arrêté ministériel du 12 mai autorisant un congrès international . ' . ' , . . • . 20
- Nomination des membres de la Commission chargée de la préparation et de l’organisation des Congrès et Conférences, 26 et. 30
- Décision ministérielle nommant une Commission chargée,des études maritimes. — Vote d’un crédit destiné aux fêtes pendant la durée de l’Exposition. ......... 28
- Autorisation concernant l’association d’excursions artistiques, scientifiques et industrielles . 31
- Décret présidentiel nommant les membres du
- Jury des récompenses................................32
- Lois diverses.....................................37
- Réglement ministériel concernant les essais des machines agricoles. ...... 44
- Décret relatif à l’application des fonds de la Loterie nationale...................................81
- «MOUES SUR L’EXPOSITION
- Le Constructeur à l’Exposition, 1 et . . . 3
- Les moteurs de M. Lebrun, de Creii et les
- transmissions................................5
- Les exposants français dans la Galerie des
- machines, 7 et. ' . ....................... la
- L’inauguration de l’Exposition .... H
- La Fête de l’Inauguration . . . . . 15
- Les façades architecturales ..... 17
- ----------
- LES MACHINES A VAPEUR .
- Les machines à vapeur à l’Exposition, par
- M. L. Poilldn, Ingénieur........................ 19
- Les machines genre Corliss, 21, 23, 27 et . . 31
- Systèmes divers de machines.................... 33
- Le Pulsomètre de Halle........................ 39
- Machines horizontales ordinaires............... 43
- Machines Woolf à balancier et autres — les' machines Compound — Généralités .... 45
- Les machines à balancier du système Woolf . 49
- Les machines à deux cylindres genre Compound, 52 et................................... Ta
- Pages. r
- La machine de MM. Claparède et Ce. ... 55
- La machine de M. Galloxvay and sons ... 63
- Les machines Compound à double effet et à
- simple effet 79 et. ................... 87
- La machine pilon du Creuzot ...... 79
- Les machines Dubuc ......... 83
- Le moteur de MM. Fouché et Delaharpe . . 95
- La machine Vallet. ..................... 99 |
- La machine système Elwel, fils..........111
- Les machines système Brotherood. ... 125
- Les machines à l’Exposition ...... 127
- La machine de MM. Boudier frères ..... 134
- La machine de MM. Buffaud frères .... 137
- Les machines Compound comparées aux ma- ,
- chines Corliss ou autres dirivées......141 ,
- Les machines couplées de la maison Farcot. . 151 j
- - . i— — 11 h i
- LES GÉNÉRATEURS A VAPEUR
- Les Générateurs de M. P- Villette ... 7
- Les chaudières exposées parM. Le Brun . . 33
- Les Générateurs de.la compagnie de Fives-
- Lille. ..........................................46
- Les Générateurs de la Société Centrale dë
- constructions de Pantin..........................49
- Les Générateurs Belleville ..... 5i
- Les chaudières Demenge..........................55
- Les générateurs de MM. Chevalier et Grenier. 69 Les générateurs de MM. Meunier et G1*. . • 63
- Les générateurs à l’Exposition .... 67
- Les générateurs dé M. L. Fontaine ... 71
- Générateur à circulation, système Sinclair . 103
- Les chaudières Galloway.........................D5
- Les chaudières de MM. Duiac frères ... 135
- Les chaudières Sulzer frères avec foyers Ten-
- Brink.............................................149
- Générateur à circulation rapide * (système
- Roser)................. . . . . . 149
- Le générateur tubulaire de MM. Farcot . . 151
- Les chaudières multitubulaires, système
- Naeyer et Ce . . .' . . . . . . 155
- Les chaudières” verticales avec vaporisateur de M. de Valsuzenav............................ 164
- Transmissions, Machines-outils et Machines de Tannerie.
- Transmissions.
- Les transmissions ....... 5
- Les transmissions par câbles..............9
- Les courroies de transmissions . . . . 119
- Organes de transmissions. — Les paliers grais- .
- seurs (système Hignette)..................157
- Les transmissions, 130 et...............158
- Machines-outils.
- Considérations générales, 24 et.......28
- Les machines-outils de M. Bouhey ... 56
- Les machines-outils de MM. Varral, Ehvell
- et Middleton............................99
- Les machines-outils de MM. Chaligny et
- Guyot-Sionnest............................... 111
- Les machines américaines à river. . . . 128 Les machines-outils de MM. Hurtu et llautin. 163
- Machines pour Tannerie.
- \ Pages.
- Les machines de tannerie de M. Bérendorf lils. 91 Les machines de tannerie de MM. Allard frères. 107 Les machines de tannerie en général. . . 156
- Appareils de chauffage et de ventilation.
- Le chauffage et la ventilation du Palais du Trocadéro (communication de M. Bourdais). : 13
- Les appareils de chauffage à l’Exposition par M. Bouvet, ingénieur, 3i, 40, 53, 58 et. . . 59
- Appareils pour Papeterie et pour Filature.
- Appareils pour Papeterie.
- L’Exposition du papier à Berlin. ... 57
- La fabrication du papier à l’Exposition. — Machines de M. Lbuillier (de Vienne). — Etude , de M. J. Elardin aîné, ingénieur-constructeur,
- 61, 66, 74, 77 et................. 81
- Broyeurs et épurateurs ...................103
- Appareils pour filature.
- Appareil dit : brise-mariage, de MM. Dau-phinot, Martin et Desquilbet. . . . . . 107
- APPAREILS DE SUCRERIE
- Le Four Biaise pour la révivilication du noir
- animal. ..................................64
- Grand moulin à huit cylindres et à pression multiple de MM. Brissonneau frères, i . .• 83
- ...... ..........
- Appareils de sécurité et acccessoires de Moteurs à vapeur.
- . .. Pages.
- Appareils et dispositions prévenant les accidents des machines dans l’industrie ... . «7
- Détente variable par le régulateur pour machines à vapeur....................................g4
- Appareils indicateurs de sécurité et de précision de M. E. Bourdon..............................yj
- Appareils de locomotion par l’air comprimé (système L. Mekarski), 133 et . . . . . 139
- Condensateur, automatique. — Régulateur d’alimentation. — Registre pyrométrique automoteur par M. V. Cleuet...........................142
- Régulateurs isochrones et servo-moteurs de la maison Earcot'....................................j52
- Indicateurs de la maison Lethuillier et Pinpl. 155 Appareils indicateurs de M. Chaudré. — Appareils divers de sécurité et de régulation de M. Légat............................................
- Mines. — Métallurgie. — Fonderie.
- Conférence sur le transport dans les mines au moyen de chaîne flottante, par M. Brui 1 . . J08
- Les fours portatifs oscillants de M. A/Piat . 123
- La métallurgie moderne (par M._ Gruner au Congrès des industries minérales, 125, 129, 132 et 136
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-
-
- Table répertoire de la Revue de l’Exposition universelle de 4878 (suite).
- Pages.
- Le nickel par le système Garnier. . . . 135
- Locomotives pour mines (système L.Mékarski), marchant au moyen d’air comprimé, 133 et . 140
- Machine hydraulique à agglomérer les briquettes, de la Société des Forges et Chantiers de la Méditerranée. ........ 143
- Système atmosphérique d’extraction pourl’ex-ploitation des mines par M. Blanchet ... 149
- Basculeur hydraulique pour décharger les wagons, système Fougerat.........................164
- --«♦>------
- MATÉRIEL ET TRAVAUX DU GÉNIE CIVIL
- Matériel.
- Les constructions métalliques au Palais du
- Champ de Mars, 3 et............................ 5
- Echafaudages roulants du Creusot ... 6
- Echafaudages mobiles et roulants de la Compagnie de Fives-Lille, 6 et.....................7
- Echafaudages mobiles de M. Moisant. . . 7
- Les ascenseurs du Palais du Trocadèro . . 17
- Grue à vapeur de dix tonnes, de M. J. Voruz
- aîné . 145
- Les ponts métalliques et grues de MM. G.
- Eiffel et G*..................................147
- Travaux.
- Moteur hydraulique pour le drainage en Hollande .........................................32
- Dessèchement du lac de Harlem. . . . 32
- Barrage de l’Escaut..........................32
- Les divers systèmes do barrages pour fortes altitudes. — Le système de vannage de M. d’ingénieur Caméré, appliqué au barrage de Poses,
- 89, 93 et......................................97
- INDUSTRIES DIVERSES
- l^e service hydraulique, 21 et.............
- Les eaux et égouts au pavillon de la ville de
- Paris . '.....................................
- Fabrication des fers à cheval (système Sibut). Le bronze blanc Bugniot. ..... Le wagon dynamométrique de la Compagnie
- des Chemins de fer de l’Est...................
- Les pompes Tyler et C‘e....................
- Les huiles et appareils de graissage .
- Le cercle à calcul de M. Boucher.
- Les constructions navales, 116 et.
- Les usines et ateliers de MM. Biétrix et Cie, à
- La Chaléassîère...............................
- Les appareils pour teinturerie de MM. Buffaud
- frères........................
- Les appareils de MM. Sautter, Lemonnier et Gu.
- 23
- •28
- 46
- 67-
- 73
- 92
- 96
- 112
- 119
- 127
- 138
- 144
- , Pages.
- : La Compagnie des Forges et F’onderies de
- Terre-Noire........................................152
- Les locomotives (rapport à la Société des Ingénieurs civils), 158 et.............................161
- Les appareils de M. Légat.......................159
- Les machines et appareils de MM. Hurtu et Hautin ............................................163
- CONGRÈS ET CONFÉRENCES.
- Les Congrès et Conférences, 9, 39,40, 44, 48 et. 50 Congrès de la propriété industrielle, 20, 44, 68,
- 71, 76, 80, 84, 88, 96, 100, 102, 104, 136, 146, 150 et 153
- Congrès d’agriculture...................' . 22
- Congrès d’unification pour le numérotage des
- fils, 22 et........................................40
- La Commission des Congrès et des Conférences
- 26 et..............................................30
- Ordre des Congrès...............................31
- Congrès des moyens de transport ... 37
- Congrès d’Architecture, 35 et . . . 56
- Congrès du commerce et de l’industrie, 40 et. 44
- Congrèsi de météorologie........................48
- Congrès de géométrie.......................... 48
- Congrès de la propriété artistique ... 53
- Congrès de géographie commerciale, 53 et . 100
- Congrès de botanique et d’horticulture . . 57
- Congrès d’unification des poids, mesures et
- monnaies, 57 et....................................75
- Congrès du Génie-civil. — Comptes-rendus des
- séances, 57, 60, 64 et ............................71
- Conférences publiques du Palais du Troca-
- déro...............................................58
- Congrès séricicole. . 67
- Congrès de géographie...........................108
- Conférences.
- DIVERS.
- Pages.
- Le service d’installation..........................7
- Les grands vestibules au Champ de Mars. . Il
- L’inauguration de l’Exposition .... H
- Les façades architecturales ..... 17
- La Commission des Expositions internationales ...................................... ... 18
- La Galerie des machines...........................19
- Les appareils de la mécanique générale . . 22
- Les fêtes de l’Exposition universelle ... 24
- I/Exposition collective ouvrière .... 27
- Les excursions industrielles......................31
- Les essais des machines de l’agriculture . . 44
- Les récompenses...................................52
- L’Avenue des Nations, 412,115,120 et. . . 126
- Le Jury international des Récompenses
- Groupe VI.
- Classes 50 et 51.........................32
- Classes 52, 53, 54, 55, 56, 57, 58 et 59 . . 36
- Classes 60, 61, 62, 63, 64, 65 et 66 . 1 . . . 38
- Classes 67 et 68 . . . . . . . . 42
- LES CATALOGUES.
- Le Catalogue officiel, 18 et.................20
- Le Catalogue de la Section anglaise. . . 20
- Le Catalogue du Groupe VI, (outillage et procédés des industries de la mécanique) puges 2,
- 4, 6, 42, 44, 48, 54, 58, 61, 69 et............70
- Conférence sur le chauffage et la ventilation
- au Trocadèro par M. Bourdais................................13
- Conférence sur les filtres naturels par M. G. de Passy, ingénieur en chef des ponts et chaussées, 68 et . . . . . ... . . 72
- Conférence sur les conditions techniques et économiques d’une organisation rationnelle des chemins de fer, parM. Vauthier, ingénieur des
- ponts et chaussées, 73, 76 et...............................79
- Conférence sur le transport par la chaîne flottante dans' les mines......................................108
- Conférence sur la fabrication du verre, par
- M. Clémandot..................................... 129
- Confèrence sur la métallurgie moderne par 'M. L. Grüner, 125, 129, 132 et . ' . . . . 136
- Conférence sur les sous-produits de la houille par M. Ber tin, 153,162 et • • • • * • 165
- Listes des Récompenses obtenues à l'Exposition-universelle.
- Grands prix, 82 et ...... 90
- Diplômes d’honneur, 82 et . . . . . 85
- Médailles d’or......................... 90
- Suppléments à la Revue de l’Exposition consacrés aux récompenses accordées, numéros 323,
- 324, 325, 326, 327,328 et 329. (Pagination romaine de I à XVI).
- CHARLEYILLE, IMPRIMERIE ET LITHOGRAPHIE H. COLIN, ROUTE DE FLANDRE.
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